Mauritanie: le retour en grâce progressif de Mohamed ould Bouamatou se confirme

Mauritanie: le retour en grâce progressif de Mohamed ould Bouamatou se confirme

Le360 Afrique - Opposant à l'ex-président mauritanien, Mohamed ould Abdel Aziz, le banquier et homme d'affaires Mohamed ould Bouamatou revient progressivement dans les bonnes grâces du palais présidentiel.

Signe patent: sa banque, la Générale de Banque de Mauritanie (GBM), est relancée en Mauritanie. Mohamed ould Bouamatou semble progressivement revenir en grâce en Mauritanie.

Ce banquier et homme d'affaires était devenu un opposant, durant plusieurs années, au régime de Mohamed ould Abdel Aziz, et s'était retrouvé sous le coup d’un mandat d’arrêt international, émis le 1er septembre 2017, pour un chapelet de chefs d’inculpation.

Même si l'annulation de ce mandat n’a pas été officiellement notifiée à ses avocats par la justice mauritanienne, une évolution positive de sa situation auprès du palais présidentiel de Nouakchott est attestée par plusieurs signaux.

Le dernier en date est la relance des affaires du banquier dans ce pays, à travers une entité qui fût jadis le fleuron des institutions financières privées de Mauritanie.

En effet, la Générale de Banque de Mauritanie (GBM), entièrement dédiée aux affaires, et dont Mohamed Ould Bouamatou est l'actionnaire principal, a inauguré hier, samedi 12 janvier, une nouvelle agence à Nouadhibou, capitale des activités halieutiques.

Cet évènement intervient quelques semaines après la levée, par l’administration Ghazouani, d'une interdiction qui avait été notifiée aux opérateurs hauturiers de traiter avec la banque de Bouamatou.

Dans une allocution prononcée à l’occasion de la cérémonie d’inauguration, Leila Bouamatou, PDG de la GBM, et qui est aussi l'une des filles de Mohamed ould Bouamatou, a tenu à rappeler ce passé récent, selon elle extrêmement difficile: «notre banque a été frappée et a souffert de plusieurs mesures arbitraires depuis 2012. Toutefois, la situation est désormais sous contrôle. Avant cette crise, nous contrôlions 30% du marché du secteur de la pêche au niveau de la capitale économique, Nouadhibou. Un élan qui été fortement affecté par des mesures injustes et même totalement arbitrées imposées», a-t-elle dénoncé, alors même que cette institution financièrere était en pleine croissance.

Durant le dernier mandat de Mohamed ould Abdel Aziz, ordre avait en effet été donné à toutes les entreprises à capitaux publics de retirer leurs dépôts auprès de la GBM.

Aux commandes de cette institution bancaire, la fille de Mohamed ould Bouamatou a ajouté dans son allocution qu'aujourd'hui, «cette situation est dépassée. Nous sommes désormais concentrés sur les voies et moyens à même de permettre une relance des activités et redonner à l’institution sa santé d’antan».

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya
Source : Le360 Afrique (Maroc)