Birame Dah Abeid : « le G 5 Sahel, c’est le choix entre les dictatures d’Etat et le terrorisme, et je refuse de choisir entre le choléra et la peste »

Birame Dah Abeid : « le G 5 Sahel, c’est le choix entre les dictatures d’Etat et le terrorisme, et je refuse de choisir entre le choléra et la peste »

Au cours d’une conférence de presse animée lundi 8 avril 2019 au siège du parti Sawab qui soutient sa candidature à la Magistrature suprême dont l’élection est prévue en juin 2019, l’antiesclavagiste et député Birame Dah Abeid a décrit le G 5 Sahel comme le club des dictatures imposées aux peuples de la sous-région au nom de la lutte contre le terrorisme.

Selon lui, ce regroupement informel qui navigue hors des structures des Nations-Unies et de l’Union Africaine sert comme marketing politique à des Chefs d’Etat honnis par leur peuple dont ils sont loin des préoccupations. « Pourquoi les pays du G 5 Sahel n’ont pas dénoncé le génocide des Peuls au Mali, ou la situation des esclaves et la question négro-mauritanienne en Mauritanie ? » s’est-il interrogé.

Au cours de cette rencontre avec la presse, Birame Dah Abeid a abordé plusieurs autres questions, dont la détention des deux blogueurs Ould Wedadi et Ould Jidou, « des détenus d’opinion dont le seul tort est d’avoir répercuté des informations faisant état du gel aux Emirats Arabes Unis de plus de 2 milliards de dollars déposés par des proches du locataire du Palais présidentiel », a-t-il souligné.

Il a évoqué l’élection présidentielle à venir et l’impérieuse nécessité pour les candidats de l’opposition de coordonner leurs actions dès maintenant en vue du second tour qui serait selon lui, inéluctable. « Aucun des candidats en lice ne peut passer au premier tour, si le scrutin se déroule dans la transparence et l’équité », a-t-il déclaré.

« Avec ma candidature, celle de Sidi Mohamed Ould Boubacar, de Mohamed Ould Maouloud et de Kane Hamidou Baba, la boucle est bouclée pour les candidats de l’opposition » a-t-il énuméré. Selon Birame, l’opposition doit planifier sa participation de sorte à se faire représenter dans l’ensemble des bureaux de vote et sur toute l’étendue du territoire, soulignant que les populations ont un grand rôle à jouer dans la lutte contre la fraude électorale et la transparence du scrutin. « Le peuple doit barrer le chemin au candidat du pouvoir qui n’est en réalité que le prolongement d’un système qui veut se perpétuer sous la fausse couverture d’un candidat nouveau derrière lequel il va continuer à tirer les ficelles » a-t-il prévenu.

Pour Birame, il n’y a pas eu de coup d’Etat blanc de la part de l’armée contre Mohamed Abdel Aziz, comme le prétend ses soutiens. « Mohamed Abdel Aziz continue d’avoir les pleins pouvoirs de nuisibilité, lui qui vient d’apporter un nouveau coup dur contre des associations qui œuvrent pour la cohésion sociale, l’unité nationale et les actions humanitaires, comme « Main dans la Main » et « El Islah » qu’il vient de faire interdire » a-t-il ajouté.

Sur la question des parrainages imposées par la loi électorale aux candidats à la présidentielle, à savoir la caution morale d’au moins cent conseillers municipaux dont cinq maires, Birame Dah Abeid a déclaré détenir plus que ce que la loi exige. « Le problème, ce ne sont pas les parrainages, mais le refus des autorités compétentes à recevoir les parrainages à mon profit, comme les quatre conseillers municipaux de Mâle (Brakna) qui se sont vus refoulés par le commandant de brigade de gendarmerie lorsqu’ils se sont présentés à lui pour cautionner ma candidature » a-t-il mentionné. « La logique actuelle du pouvoir est de m’empêcher de participer à l’élection présidentielle en vue, mais je vous dis que cela ne se passera pas aussi facilement comme le veut les tenants du système » a-t-il prévenu.

Birame est revenu une nouvelle fois sur la Commission électorale nationale indépendante (CENI) qu’il qualifie de structure dépendante, avec un directoire acquis au candidat du pouvoir. Selon lui, les tenants du système sont aux abois, car ils ne font confiance ni aux prétendus soutiens qui les entourent actuellement ni aux membres du parti-Etat qui ont déployé tout leur arsenal pour accueillir leur candidat au cours de sa récente tournée, qui se poursuit encore. « Sinon, pourquoi refuser de faire de la CENI, une structure réellement crédible pour gérer en toute impartialité et transparence l’élection présidentielle, comme ce fut le cas en 2009 et en 2013 où la présidence de la CENI a été confiée à l’opposition ? » s’est-il interrogé.

Cheikh Aïdara
Source : L'Authentique (Mauritanie)