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Faits Divers

Maroc – Affaire Khadija : report du procès du viol collectif de la jeune fille

Le procès de douze hommes accusés de la séquestration et du viol collectif de Khadija, une adolescente marocaine, en août dernier dans son village, une affaire qui avait suscité l'émoi au Maroc, s'est ouvert mardi devant un tribunal de Beni Mellal (centre), avant d'être immédiatement reporté.

Les avocats de la défense et celui de la victime, qui s’est portée partie civile, ont demandé davantage de temps pour se préparer, et le juge a reporté le procès au 25 juin, a déclaré le conseil de la jeune fille, Me Ibrahim Hachane.

Dans une vidéo diffusée en août et devenue virale, Khadija, une adolescente issue d’une famille défavorisée âgée de 17 ans au moment des faits, avait raconté avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée pendant deux mois par des jeunes hommes de son village d’Oulad Ayad, près de Beni Mellal.

Son témoignage filmé, dans lequel elle montrait des traces de brûlures de cigarettes et des tatouages que ses agresseurs ont, selon elle, gravé de force sur son corps pendant sa séquestration, avait soulevé un tollé dans le royaume et suscité une forte mobilisation.

Briser le silence

Les 12 accusés, âgés de 19 à 29 ans, comparaissaient mardi devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Beni Mellal, instance qui les jugera en première instance pour les chefs de « traite d’être humain », « viol », « constitution d’une bande organisée » ou « enlèvement et séquestration ».

La « traite d’être humain » est passible d’une peine maximale de trente ans. Un autre prévenu sera jugé séparément à huis clos le 11 juin, son dossier ayant été disjoint des autres puisqu’il était « mineur au moment des faits », a indiqué Ibrahim Hachane, l’avocat de Khadija.

Je suis encore traumatisée, ce qui m’est arrivé n’est pas facile à supporter

« Les accusés ont avoué les faits qui leur sont reprochés pendant l’interrogatoire de police, mais ont pour la plupart nié devant le juge d’instruction », selon Hachane. « Je suis encore traumatisée, ce qui m’est arrivé n’est pas facile à supporter », avait confié la jeune fille au lendemain des faits. « J’attends avec impatience le début des traitements pour me faire détatouer. Je ne peux même pas regarder mes mains, car je me souviens chaque jour de ce qui m’est arrivé », avait-elle dit.

Elle ne s’est toujours pas fait détatouer, le juge pouvant demander à voir ses tatouages pendant le procès, selon son avocat. « Son état psychologique est encore fragile », a confié son père Mohamed. Le choix de sa fille de briser le silence en s’exposant publiquement est une démarche rare, tant la peur pour leur image et pour la réputation de leur famille est grande pour les victimes. Plus de 90 % des Marocains ayant subi une forme de violence n’ont pas porté plainte contre leurs agresseurs, selon une récente enquête officielle.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : désolation à Bamako après des inondations meurtrières

Après l'orage qui a surpris Bamako jeudi, au tout début de la saison des pluies, l'eau continue à dévaler des collines entourant le quartier populaire de Niamakoro, où décharges sauvages et urbanisation anarchique ont alourdi le bilan d'un phénomène météo pourtant habituel au Mali.

 

Les caniveaux très étroits et encrassés ne parviennent pas à absorber les torrents d’eau qui font déborder les marigots, nombreux dans ce quartier du sud de la capitale malienne bâti dans une cuvette.

Trois des 16 victimes décédées dans les inondations, provoquées par les fortes pluies qui se sont abattues jeudi à l’aube, y habitaient.

Les rues boueuses sont envahies de tôles de toits arrachées, de tables, de chaises ou encore de morceaux de poupées démembrées. Vendredi 17 mai, deux enfants pleurent dans les bras de leurs mères, tous désormais des « sans abris ».

« Nous n’avons plus rien, la pluie a tout emporté. C’est vraiment Dieu qui nous a sauvé. Il fait des miracles, nous sommes un de ses miracles », dit Oumar Bagayoko, 45 ans, enseignant.

À l’angle d’une rue, deux voitures emportées par les eaux sont accrochées au flanc d’un mur. Les propriétaires tentent avec des mécaniciens de récupérer leurs biens. « J’ai acheté la voiture à crédit, je n’ai même pas terminé de payer la totalité et voilà qu’elle est fortement accidentée », se lamente l’un des propriétaires, Georges Kana.

« Changer les comportements »

Le Mali, pays sahélien, connaît souvent des inondations meurtrières dues à de fortes pluies. Ces inondations résultent notamment du mauvais état de maisons souvent en pisé ou bâties dans le lit de marigots, selon des spécialistes.

« ll faut que nous changions de comportement. Il est évident que face à la force de la pluie, des maisons ne pouvaient pas résister. Il nous faut tenir compte de l’environnement », dit Adama Sangaré, le maire du district de Bamako, qui regroupe les six communes de la capitale, lors d’une visite de terrain.

Il montre du doigt les dépôts d’ordures sauvages qui bouchent les canalisations et la construction d’habitations dans des zones inondables. Le maire a promis qu’une « prochaine réunion extraordinaire du conseil municipal » examinerait ces questions.

Près d’une école où se sont réfugiées une quinzaine de personnes ayant perdu leur maison, Maïmouna, une ménagère de 52 ans, fait chauffer une marmite pour préparer le repas. Un peu de riz, un peu de sauce. Le gouvernement a procédé vendredi à une distribution de vivres.

Le Premier ministre, Boubou Cissé, s’est rendu dans un autre quartier de Bamako, Daoudabougou.

« Dérèglement climatique »

Ces dernières années, le Mali a été régulièrement touché par des inondations – plus de 30 morts et des milliers de sans-abris en 2013, au moins cinq morts en 2015 et encore une quinzaine en 2016.

Les pluies diluviennes pourraient se multiplier « abruptement » au Sahel avec le dérèglement climatique et la modification du régime de la mousson africaine, indiquait en juillet 2017 une étude scientifique.

Le centre du Mali, le Niger, le Tchad pourraient recevoir autant d’eau que le nord du Cameroun ou le centre du Nigeria aujourd’hui, qui se caractérisent par un climat tropical, selon cette étude publiée par la revue Earth System Dynamics.

Source : jeuneafrique.com

 

Une adolescente kidnappée

Une jeune fille âgée de seize ans, qui semble ne pas jouir de toutes ses facultés mentales, quitte, il y a quelques jours, le domicile familial à Ten Soueïlim, pour des achats à la boutique voisine. Elle n’en revient pas. Sa famille la recherche en vain. Vingt-quatre heures plus tard, un habitant de Toujounine remarque une adolescente apparemment égarée. Yeux vitreux, elle erre dans les rues, sans destination précise. « Je veux rentrer chez moi », lui dit-elle, « à Tin Soueïlim ». Elle ne sait ni pourquoi ni comment elle se retrouve si loin de chez elle. Compatissant, l’homme arrête un taxi et la raccompagne. Grande joie des parents et des voisins en les voyant débarquer. On pose à la jeune fille des tas de questions, elle ne sait quoi dire, elle a seulement la tête lourde. Lorsque son bienfaiteur veut prendre congé, on le retient. « Tu as kidnappé notre fille ! », l’accusent les parents. « Hé ! », se défend-il, « Je l’ai seulement trouvée en train d’errer, je vous l’ai ramenée, je ne sais rien de plus, moi ! ». Le voilà mis en garde à vue au commissariat de Dar Naïm 2. L’enquête de la police tire l’affaire au clair : la jeune fille a été droguée et enlevée par un maçon qui travaillait pour ses parents. Il a profité de son état mental et de l’absence de ses parents pour lui faire boire un somnifère, avant de l’embarquer à bord de la voiture d’un complice, jusqu’à une cabane abandonnée sur l’axe Aziz. Après avoir passé la nuit avec elle, il la laisse en compagnie de son comparse et retourne à son boulot, comme si de rien n’était, au domicile de la gamine. Entretemps, son compère décide de la libérer… Les deux fautifs ont été coffrés et le bienfaiteur relâché, avec les plus plates excuses de la famille de la victime.

Un voleur de sac sous les verrous

La circulation bat son plein au quartier Carrefour Madrid, non loin du fameux complexe commercial : Moujamaa El Beït. Un groupe de femmes passe dans la rue  parallèle à l’axe goudronné. Une Toyota Carina grise aux vitres fumées les frôle. Une main en jaillit soudain, s’empare du sac à main d’une des dames et la voiture de filer aussitôt, dans un nuage de poussière. Les femmes hurlent, la foule s’agglutine. « D’autres sacs ont été volés », informe un passant, « tout près d’ici, il y a moins d’une heure ». La nuit suivante, c’est par le même procédé et la même Carina qu’un vendeur de lots de cartes de recharge se voit arracher le sac qu’il portait en bandoulière, avec toute sa fortune. La voiture l’a trainé sur une longue distance, le blessant légèrement. Des dizaines de personnes ont également été victimes de ces bandits, un peu partout dans la ville.

La brigade des recherches du banditisme (BRB) arrête un suspect, la semaine dernière, à El Vellouja. Tourad est un récidiviste notoire, depuis peu relâché de prison. Il avoue avoir utilisé une Carina grise pour plusieurs opérations similaires. Le voilà déféré puis écroué à la prison centrale de Dar Naïm. La Carina avait été déclaré volée voici deux mois.

Mosy

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Attaques de drones contre le pétrole saoudien

mediaDes drones armés ont ciblé des installations pétrolières près de Riyad, en Arabie saoudite. Les rebelles houthis du Yémen revendiquent cette opération qui est « une réponse aux crimes » saoudiens. Le royaume saoudien mène une guerre meurtrière au Yémen depuis 2015.

L’attaque aurait été menée à l’aide de sept drones armés, selon la chaîne de télévision al-Massirah, contrôlée par les rebelles houthis. Tôt ce mardi matin des engins explosifs sont lâchés sur deux stations de pompage de pétrole. L’une d’elles prend feu, mais les autorités saoudiennes minimisent rapidement les dégâts.

Certes, ces stations alimentent l’un des plus importants oléoducs du royaume, mais pas d’inquiétude à avoir : le pétrole saoudien continue de couler à flots, l’exportation de l’or noir n’est pas affectée.

Toutefois, cet évènement soulève nombre d’interrogations. Comment les rebelles houthis ont pu réussir une telle opération ?  Plus de 800 kilomètres séparent leurs positions au Yémen des lieux de l’attaque près de Riyad, la capitale.

Pourquoi la couverture radar saoudienne n’a rien détecté ?  Et enfin est-il possible que cette nouvelle attaque et celle perpétrée dimanche contre des pétroliers saoudiens soient liées ? Les autorités du royaume ont condamné de « mystérieuses tentatives de sabotage » contre leurs navires dans le Golfe.

Source : RFI

 

Mali : Kayes, l'esclavage en héritage

Vidéo. Mali : Kayes, l'esclavage en héritageTV5 MONDE - L’esclavage est très répandu dans les zones sahéliennes. Contrairement à la Mauritanie, au Tchad, au Niger ou au nord du Mali, ce n’est pas un groupe ethnique qui en asservit un autre dans la région de Kayes et dans le reste du sud du Mali.

C’est un esclavagisme par ascendance, lié à l’hérédité, qui s'apparente à un système de castes. Dans la région de Kayes, des communautés entières sont victimes de violations de leurs droits. Depuis près d’un an, des « esclaves » ont décidé de s’élever contre l’ordre établi.

Victimes d’agressions physiques, de tortures ou de confiscations de biens, ils mènent une campagne de dénonciation auprès des Autorités. Reportage Kaourou Magassa.

Le jour se prépare à naître sur Bamako. Hamé Coulibaly n’a pas changé ses habitudes, malgré la fuite et la solitude. Et c’est loin de la mosquée de son village et de ses enfants qu’il commence sa journée.

Hamé Coulibaly, membre de l’association Gambana :

"Je suis ici car des gens m’ont dit qu’ils allaient me tuer et que s’ils ne me trouvaient pas sur place, dans mon village, ils me tueraient. Mes femmes sont à Diema, mes enfants aussi et ma mère est restée au village. Mais sans décision de justice comment puis-je rentrer ? J’y retournerai si la loi me garantit que je peux rentrer."

Hamé Coulibaly a été molesté, torturé et spolié dans sa localité de Kérouané dans la région de Kayes. Il vit dans un lieu tenu secret. Il est aujourd’hui la cible principale d’esclavagistes : "Je suis né dans une grande famille. Une famille avec beaucoup de charges. Mais les problèmes que je vis les ont tous impactés. Tous ont été frappés, au village. Certains ont été blessés au point de se rendre à l'hôpital. Nous nous sommes soulevés disant que nous ne sommes pas des esclaves, que nous ne voulons plus de l’esclavage. Cela ne nous plaît pas de l’être, on ne pratiquera plus l’esclavage et les traditions qui en découlent. C’est notre principale revendication."

Réfugié dans son propre pays, il reçoit le soutien d’organisations de défense des droits humains. L’association Temedt lutte depuis 2006 contre l’esclavage par ascendance au Mali.

Abdoulaye Mako, Président d’honneur de Temedt :

"Il y a une rivalité entre deux tendances. Ceux qui pensent que l’esclavage est une coutume, une tradition qu’il faut perpétuer, et ceux qui disent, « on en a assez, on refuse de s’adonner à l’esclavage ». La différence dans la région de Kayes, c’est que ceux qui ne veulent pas de cet esclavage-là, ils sont souvent violentés, ils sont battus, ils sont chassés de leurs maisons, ils sont stigmatisés, ils sont exclus de la société. Alors qu’au nord, si tu ne veux pas être avec quelqu’un, l’esclave de quelqu’un, on ne va pas t’empêcher de partir, ou se mettre à te battre. En tout cas, je n’en ai pas vu moi."

Au premier coup d’oeil, Mambry est un village comme les autres. Pourtant, plus de 1000 déplacés y vivent aujourd’hui. Lassim Konaté, membre d’une association anti-esclavagiste vient s'enquérir de leur sort. La famille de Hona est installée à Mambry depuis 4 mois.Ils sont une trentaine, femmes, vieillards et enfants. Eux sont des djons, "djons" veut dire esclave. Avant leur départ, ils étaient soumis aux « horons », les nobles selon le système de caste au Mali.

Moussokoura Hona, déplacée à Mambry :

"Je n’ai pas peur de la mort, mais mon mari a préféré partir. Des personnes ont été expropriées, nous étions ostracisés dans le village, nous ne pouvions pas sortir, nous ne pouvions pas aller au puits puiser de l’eau. Une personne âgée sera forcément affectée de cette situation. Surtout pour les enfants."

« La première fois que je suis venu, l’endroit était vide, il n’y avait rien. Mais aujourd’hui je vois que des maisons ont été construites. Je suis joyeux, je suis content. C’est la raison pour laquelle je prends des photos. A mon retour, je les montrerai aux membres l’association Gambana. Ils verront que l’endroit est en train d’avancer. Les gens qui sont ici ne souhaitent plus rentrer dans leur localité. C’est pour ça que les maisons ont été construites. Depuis qu’ils sont arrivés, le chef de village les a bien accueillis, ils disposent de tout ce dont ils ont besoin ici », explique Lassim Konaté, membre de l’association Gambana.

Maitre Modibo Sylla est lui avocat à la Cour du Mali, il défend les droits de ces personnes : « Toutes les Autorités de ce pays ont été saisies. Du Président de la République, au dernier citoyen. Tout le monde est informé aujourd’hui au Mali de ce problème. Nous avons saisi le Ministère de la Justice, le Ministère de l’Administration territoriale, de la Sécurité, malgré tout, on a l’impression que ça ne bouge pas ! »

Hamé Coulibaly explique à son avocat : "L’esclavage est aboli au Mali, et même si cela était toujours dans la Constitution, nous n’en voudrions plus. Nous avons besoin de notre liberté et cela en dérange certains, que la justice tranche !"

Au Palais de Justice de Diema, Hamé Coulibaly sort d’une audience avec son avocat. Accusé d’injure non publique, il est également plaignant dans une autre affaire pour avoir été menacé de mort.

« Pour décourager ces esclaves dans leur lutte, et c’est une lutte pacifique, on le dit, ce n’est pas avec violence, à travers la sensibilisation, donc on essaie de les décourager dans cette lutte, à travers des procédures qui ne tiennent pas comme vous l’avez vu ce matin, comme injure non publique. Hamé a dit qu’il n’a insulté personne. Si les audios existent, qu’on les fasse sortir, ça n’existe pas», raconte Maitre Modibo Sylla.

« Ma situation est très fâcheuse, les gens qui sont en train d’attendre dans les voitures, sont venus pour m’agresser car je suis là aujourd’hui. Ils ont fait des appels pour venir en nombre. Ces gens ne sont pas venus pour suivre l’audience, mais bien parce que je suis là. S’ils peuvent faire quoi que ce soit, ils le feront », répond Hamé Coulibaly, membre de l’association Gambana.

Hamé Coulibaly a finalement été exfiltré de la ville de Diema par la garde personnelle du président du tribunal. Remonté, il pourfend tout un système.

Hamé Coulibaly, membre de l’association Gambana :

"Sur 100 plaintes liées à des différends sur l’esclavage, aucune n’aura la mention d’esclavagisme. Les autorités préfèrent invoquer des différends, des coups et blessures, des problèmes de terre, ainsi que plein d’autres justifications, alors que le fond du problème entre les protagonistes est l’esclavage. Des gens se font tout arracher parce qu’ils sont esclaves, mais au lieu que ce soit inscrit sur les plaintes, les agents de la police judiciaire au lieu de prendre toutes les mesures, minimisent les choses en ne mentionnant pas l’esclavage."

La ville de Kayes est la capitale régionale. Le centre névralgique administratif et économique d’une région de 2 millions d’habitants. Waly Traoré s’y rend régulièrement. Elu communal, il est ressortissant du village de Bouillagui. C’est aussi un descendant d’une communauté d’esclaves affranchis.

Soumaguel Ouyahi, secrétaire général de l’association Temedt :

"Tous les soninkés doivent s’inspirer de votre exemple, parce que nous, on pensait que l’esclavage n’existait qu’au nord, mais on a découvert que l’esclavage est une réalité au Mali, et que si vous vous êtes soninkés, et qu’il y a l’égalité chez vous, pourquoi pas, les soninkés vont pas s’inspirer de votre exemple."

« Chez moi, il y a l’égalité totale, tout le monde a le droit d’être chef. Le plus vieux du village est le chef » selon Waly Traoré, élu communal. « Les grands-parents qui ont été capturés par certaines tribus, ce sont ces descendants qui sont là aujourd’hui et qui continuent à être des esclaves. Quand à nous, chez moi à Bouillagui, nos grands parents ont combattus. Nous avons fondé notre village en 1914. Et de nos jours, on dépend de nous-mêmes. Nos grands-parents ont pu combattre ce fléau, et ca n’existe plus » poursuit Waly Traoré, élu communal.

L’esclavage est officiellement aboli en 1905 par l’administration coloniale. Les traditions empêchent l’application de ce principe. L’association Temedt milite pour l’adoption d’un projet de loi portant répression de l’esclavage. Une grande conférence se tient au gouvernorat de Kayes.

Soumaguel Ouyahi, Secrétaire général de l’association Temedt :

"Qu’ils soient esclavagistes ou esclaves, ils sont tous des victimes, maintenant la sensibilisation va à l’endroit de toutes les deux catégories. Chacun a des compétences, mais seules les compétences de l’esclave sont exploitées. Du coup, ce qui va venir, c’est la disette, c’est le déplacement massif de population, c’est le déplacement des Autorités, et les maîtres qui restent là-bas, ils ne savent ni cultiver, ni faire du thé, ce sont les esclaves qui le font."

Waly Traoré tient à nous emmener dans son village. Situé à quelques encablures de la frontière mauritanienne, il est isolé dans un paysage semi désertique. 70 familles ont fondé ce village de liberté. Il en existe une dizaine dans les environs.

Waly traoré, élu communal :

"Depuis l’arrivée de nos grands-parents sur ces lieux jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous vivons dans la paix et dans la cohésion. C’est une fierté pour moi. Mon père a immigré et je suis né ailleurs. Mais quand je suis revenu dans le village, j’ai rencontré les autres membres de ma famille. Ils étaient heureux et je suis resté. Je travaille ici comme enseignant. Mon rôle est de partager mes connaissances aux enfants. Ce sont eux qui seront les adultes de demain. La destinée de ce village leur appartiendra un jour. Ils doivent suivre nos traces pour vivre en paix."

C’est tout un héritage qu’il souhaite transmettre. Originaires du nord de la Côte d’Ivoire, des régions de Sikasso et de Ségou, les habitants de Bouillagui sont les descendants des captifs fait prisonniers lors des conquêtes de Samory Touré au 19e siècle.

Hamé Coulibaly poursuit sont combat. Il diffuse chaque vendredi des messages sur une multitude de groupes Whatsapp de son association. C’est sa seule arme pour continuer à sensibiliser contre l’esclavage.

« Nous menons nos campagnes de sensibilisation par téléphone pour que les gens comprennent ce qui se passe. Ils nous refusent le fait d’avoir des délégations qui puissent se rendre dans les villages, rencontrer les maires pour travailler ensemble afin qu’il n’y ait pas de violences. Mais comme ça avec le téléphone, toute personne peut entendre le message sans que l’on se déplace. Je vais continuer parce que si je ne le fais pas, cela montrera que notre lutte a été vaine. Je vais continuer jusqu’au bout. Je ne sais pas si l’esclavage se terminera de mon vivant. Cela peut prendre beaucoup de temps si le gouvernement ne prend pas les mesures adéquates » raconte Hamé Coulibaly, Membre de l’association Gambana.

De Bamako à Kayes et de Kayes à Kidal, plus de 800 000 maliens vivent toujours dans une forme d’asservissement.

La société malienne est castée. Il exist trois principaux groupes :

- Les « horons », les nobles majoritairement issus des familles de chefferie, ou de cultivateurs.

- Les « nyamakalas », qui regroupent les familles de griots, de forgerons, c’est leur nom de famille ou leur fonction sociale qui les définit.

- Les « djons », les esclaves, ils sont encore aujourd’hui dans certains villages au service du premier groupe social. Ils sont réduits au rang de citoyens inférieurs.

Malgré la signature par le Mali de tous les accords internationaux condamnant l’esclavage où les violations des droits de l’homme. Malgré aussi la constitution du pays qui déclare que « tous les maliens naissent libre et égaux en droit et en devoir », le pays est à la peine dans ces applications.

L’esclavage est tabou. Mais c’est une histoire ancienne. Durant tout le 20ème siècle, certaines populations ont réussi à se libérer du joug de l'esclavage mais la classe dominante a tout fait pour isoler les populations émancipées pour être sure que les autres ne suivent pas leur pas. Au Mali et selon les associations anti-esclavagistes, plus de 800 000 maliens vivent dans l’asservissement.



Kaourou Magassa, Arouna Sissoko, Kader Ouattara et Hamza Ouhbi
Source : TV5 MONDE (France)

 

Un malchanceux nouveau marié

Faits divers… Faits divers… Faits divers…Le jeune A.A. a cet avantage ambigu d’avoir, très tôt, réussi dans les affaires, grâce à des transactions entreprises dès l’adolescence. Devenu riche, nanti de somptueuses villas et de luxueuses voitures, ne passant ses vacances qu’à l’étranger, il se décide enfin à se marier. Il demande la main d’une belle jeune fille et fixe la date de l’heureuse cérémonie au samedi 5 Mai.

Les préparatifs vont bon train. Il loue un appartement de standing, au quartier Module E, et tient, à toutes fins utiles, la coquette somme de six millions d’ouguiyas dans le coffre de sa Toyota Prado. Mais une telle facilité à dépenser beaucoup, en un clin d’œil, le fait vite remarquer et le voilà bientôt filé.

Jeudi 4 Mai, vers vingt-deux heures, il quitte son appartement pour se rendre chez sa future épouse. Au moment de démarrer son véhicule, il est abordé par un homme portant un bidon. « S’il vous plaît, conduisez-moi à la plus proche station-service, ma voiture est tombée en panne sèche. – Bien sûr, montez à bord ! »

Mais alors qu’il vire dans une rue non éclairée pour prendre l’axe goudronné, son passager tire de sa poche une petite bouteille d’acide dont il jette précipitamment le contenu au visage de son bienfaiteur. Atteint cruellement à la joue et au bras, il hurle, freine brutalement et se jette hors de la voiture dont le moteur tourne encore. Le malfaiteur en profite pour prendre le volant et filer. Un autre véhicule passe, s’arrête et évacue sans tarder la victime vers une clinique proche où la voilà secourue et soignée. La Toyota Prado est retrouvée le lendemain. Vidée, bien évidemment, de sa précieuse cargaison ainsi que de quelques flacons de parfum et d’un lot de cartes de recharge.

La police ne tarde pas à mettre la main sur un suspect, déjà connu de leurs fichiers. Mais s’il reconnaît avoir un compte à régler avec A .A. qui aurait, affirme-t-il, « violé sa sœur, il y a deux ans, avant de fuir au Sénégal », il nie farouchement lui avoir volé de l’argent dans son véhicule. Quoiqu’il en soit, l’enquête continue au CSPJ.

Le sadique criminel

Mai-Mai est un village du Fouta, à côté de Dar El Barka. Peu nombreux, ses habitants se connaissent tous et ont toujours vécu sans problèmes. Les crimes et meurtres qu’on leur dit banals dans les grandes villes ne leur paraissent que des rumeurs, vivant, eux, en paix, comme la plupart des ruraux, ignorant la violence et le crime.

Une tragédie vient, hélas, de les accabler. Sa victime n’est pas n’importe qui. C’est la personne la plus pieuse et la plus respectée du village, le vieil imam de la mosquée, un septuagénaire sans problème. Le vieux moine a reçu, très tard la nuit, la visite d’un mystérieux et sinistre personnage que nul n’a jamais aperçu auparavant. Apparemment un halpulaar, comme eux. Il porte soudainement plusieurs coups de couteau au vieil imam !

Fort heureusement, des voisins ont perçu le drame et accourent pour empêcher l’intrus d’achever leur guide. Voilà l’insensé ligoté et remis aux soins de la brigade de gendarmerie de Boghé. Au cours de son audition, il déclare avoir reçu l’ordre de supprimer trois personnes. Les deux premières, dit-il, sont mortes depuis longtemps, il ne lui restait plus que le pauvre imam. L’homme semble souffrir de troubles psychiques. Il ne cesse de répéter qu’il n’a agi que sur l’ordre de « son maître ». Al Hamdoulillahi, le blessé a été opéré au CHN et commence à se rétablir.

Un jeune homme tue son ami lors d’une danse

Voici Tadreissa, un hameau à une quinzaine de kilomètres à l’Est de Sélibaby. Il est habité par quelques familles d’agriculteurs et éleveurs. Le taux de scolarité peine à y dépasser cinq pour cent car les parents préfèrent envoyer leurs enfants aux champs ou aux pâturages, plutôt qu’à l’école. On ne délaisse l’agriculture ou les animaux que durant les grandes cérémonies : visite d’une autorité ou d’un guide spirituel, cérémonie de mariage ou baptême.

Il y a deux jours, c’est un mariage, en grandes pompes. Les danses, chants et youyous ont commencé très tôt le matin. Une grande foule accourt des campements et villages voisins, pour assister au spectacle. Jeunes garçons et filles rivalisent à danser, en groupes distincts, sous les applaudissements et encouragements des spectateurs. Un esprit de fête malheureusement de courte durée. Hassen ould Beibou est beaucoup admiré par la foule, ce n’est pas du goût de son ami et néanmoins rival. Celui-ci s’échauffe et ne peut pas se retenir de lui planter son couteau en plein cœur, le tuant sur le coup. Voilà la fête aussitôt transformée en deuil. La police vient arrêter le meurtrier.

Mosy
Source : Le Calame (Mauritanie)

Niger : au moins 58 morts dans l’explosion d’un camion-citerne à Niamey

Au moins 58 personnes sont mortes après l'explosion d'un camion-citerne à quelques centaines de mètres de l'aéroport international de Niamey. Un « riverain » qui aurait « laissé sa moto en marche » près du véhicule serait à l'origine de l’exposition, selon le ministre de l'Intérieur nigérien, Mohamed Bazoum.

Le bilan est lourd après l’explosion d’un camion-citerne à Niamey, intervenue dans la nuit de dimanche à lundi aux environs de 1 heure. Cinquante-cinq personnes ont été tuées par l’explosion de ce véhicule transportant de l’essence, à quelques centaines de mètres de l’aéroport international de Niamey. Trois autres personnes ont succombé des suites de leurs blessures à l’Hôpital national de Niamey (HNN), selon le porte-parole du gouvernement, Abdourahamane Zakaria.

Joint par Jeune Afrique, le ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum a confirmé ce bilan provisoire, faisant également état de « 37 personnes brûlées évacuées vers les centres médicaux » et de « 5 véhicules et 25 motos calcinés » durant l’explosion.

D’après le ministre de l’Intérieur, qui s’est rendu sur place ce lundi matin aux côtés du Premier ministre, Brigi Rafini, un « riverain serait à l’origine de l’explosion ». L’homme en question, « un motard venu pour siphonner l’essence avec un bidon », aurait « laissé sa moto en marche », a précisé Mohamed Bazoum, citant des témoignages.

Selon des témoins interrogés par un journaliste de l’AFP, le camion s’est renversé sur les voies de chemin de fer à la sortie de la ville. Des badauds tentaient de récupérer l’essence qui fuyait lorsque l’explosion s’est produite.

Mahamadou Issoufou sur place

Le président Mahamadou Issoufou s’est rendu lundi à l’Hôpital national de Niamey, où 31 blessés ont été transférés, 3 victimes étant soignés à l’Hôpital de référence de Niamey, 2 autres à l’Hôpital national de Lamordé et une victime au Centre hospitalier régional (CHR) de Poudrière.

Source : jeuneafrique.com

 

Un grand récidiviste coffré

Au lever du jour, les vendeurs de cartes de recharge convergent de tous les coins de Nouakchott vers le cœur du quartier Capitale. Ils s’installent, très tôt le matin, aux pourtours du marché GSM : « Nokta sakhina ». Certains passent la journée à l’ombre de la BMCI ou « Afarco ». D’autres prennent d’assaut les immeubles avoisinants, pour profiter également de leur ombre et passer ainsi le maximum de transactions. Souvent vêtus de haillons, on peut les prendre, a priori, pour des mendiants. Une impression aussitôt effacée quand un de ses pauvres d’apparence ouvre sa valise sous vos yeux. Elle contient fréquemment beaucoup de lots de cartes dont la valeur dépasse parfois les dix millions d’UM.

Ces vendeurs passent donc de longues heures dans la rue, avec de véritables fortunes entre leurs mains. Ils ne se soucient point du risque encouru. On les voit souvent somnolant, à côté de la valise au trésor, quand elle ne leur sert pas de coussin, alors que des dizaines de malfaiteurs passent et repassent, toujours aux aguets dans cette zone.

Une grosse somme disparaît

La semaine passée, Abdallahi, vendeur en gros de telles cartes, sis en la véranda de l’immeuble en face de la vieille station Star, part prier Dhor, l’office de la mi-journée, à la mosquée saoudienne. Il a laissé, à son partenaire, le soin de veiller sur sa valise forte de quelque dix-neuf millions d’anciennes ouguiyas en cartes. Et ledit gardien, extenué de fatigue, de piquer un petit roupillon, valise entre les bras…

Abdallahi revient bientôt de la mosquée et s’inquiète de voir son coéquipier endormi… sans plus de valise. Il le réveille de façon pas vraiment douce. « Hé ! Où est mon bien ? –  Ben, je l’avais dans mes bras et, là, elle n’y est plus… – Tu vas me remettre mes cartes de gré ou de force ! », hurle Abdallahi, fou de colère. Une foule se forme autour d’eux. Abdallahi s’enrage, accusant son ami de vol et le voilà sur le point d’entamer bagarre. Des personnes de bonne volonté s’interposent heureusement pour les ramener à la raison. Des témoins affirment avoir vu des « Mellaha » (voyous) tourner autour de l’homme endormi.

Le vendeur qui n’en revient pas d’avoir perdu une si importante somme décide enfin d’aller déclarer la perte au commissariat de police Tevragh Zeïna 1. Des agents de la PJ viennent dresser constat puis le vendeur et son partenaire sont longuement interrogés. On arrête, le lendemain, quelques suspects, sans grand résultat, au grand dam de la victime qui ne cesse de se mordre les doigts de regrets et de fureur.

L’enquête menée par le commissariat Tevragh Zeïna 1 piétine. Les suspects ont été relâchés sans qu’aucun indice susceptible d’ouvrir une piste ne soit trouvé. Le pauvre vendeur n’a plus qu’à chercher le concours d’enquêteurs plus rôdés. Aussi s’adresse-t-il au commissariat spécial de la police judiciaire, le fameux CSPJ.

La BRB en action

Celui-ci charge aussitôt des agents de sa section d’élite, la célèbre Brigade des Recherches du Banditisme – BRB – de voir clair en ce difficile dossier. Nouveaux constat et interrogatoires du vendeur et de son ami, quête élargie de renseignements, notamment auprès des pompistes de la station star et d’autres vendeurs ambulants qui vaquaient, le jour J, aux alentours du lieu où la valise avait disparu. Ils dressent une liste de potentiels suspects à questionner au plus tôt.

Et les voilà à demander, au propriétaire de l’immeuble impliqué, l’autorisation d’examiner les images des caméras de surveillance. Remontant leur enregistrement jusqu’à l’instant t du vol, 14 h 25, les enquêteurs y découvrent un colosse de teint foncé en train de s’emparer de la valise. Son visage, couvert de cicatrices, est clairement visible. La solide piste demande tout simplement d’identifier l’homme filmé la main dans le sac. Moins d’une heure plus tard, les fichiers photos de la BRB rendent leur verdict. Le voleur s’appelle Mohamed Ali, un grand récidiviste fraîchement relâché de la prison de Dar Naïm.

Sa traque commence aussitôt e til est arrêté, deux jours plus tard, dans une maison de Dar El Beïdha dont il est issu. Après quelques jours en garde à vue au CSPJ, Mohamed Ali  reconnaît son forfait. La fouille de son repaire permet aux policiers de retrouver, intact, le sac volé. Le larron attendait la semaine prochaine, a-t-il dit, pour écouler son butin. Déféré sans attendre, le voilà de retour en prison.

Mosy

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Le Calame - Psychose à Tin Soueïlim

Faits divers… Faits divers… Faits divers…Tin Soueïlim est le plus vieux quartier de l’Est de Nouakchott. Une zone populeuse et peuplée où transitent ceux qui viennent de Toujounine, Mellah, Tarhil, la plupart des quartiers d’Arafat et de Dar Naïm. Sa surface n’atteint pas deux kilomètres carrés. Le commissariat de police de Toujounine 2 lui fait face, coté Est.

Celui de Dar Naïm 2 le flanque au Nord-est, non loin de la brigade de gendarmerie de Dar Naïm. La direction régionale de la Sûreté de Nouakchott-Sud et le commissariat spécial chargé des mineurs jouxtent sa limite Sud-est. Enfin, le commissariat de police Arafat 2 a ouvert son siège, ily a peu, à l’Ouest.

En somme, une très grande présence sécuritaire. Malgré cela, le quartier est celui qui souffre le plus de la criminalité et de ses conséquences. Nous n’avons cessé de le souligner : des malfaiteurs à l’arme blanche s’y éparpillent, très tôt chaque nuit, en quête de proies, des gens sont braqués ; plus souvent agressés. La « bande des douze » et celle des « motoristes » font ravage, au vu et su de tous.

Il y a quelque nuit, un jeune circulant, très tôt, dans un lieu gardé et lumineux, est pris à partie par quatre gaillards armé de couteaux. Ils lui en assènent plusieurs coups aux bras, avant de lui vider les poches et fuir. Des passants et un gardien ne sont pas intervenus et voilà le pauvre jeune homme à baigner dans son sang.

Heureusement, des bonnes volontés l’évacuent à l’hôpital où il est sauvé. La police n’a même pas cherché à arrêter ses agresseurs. La même nuit, un autre jeune garçon est, lui aussi, grièvement blessé au couteau, par une bande composée, elle aussi, de quatre éléments, à deux cents mètres du lieu de la première agression.

Le lendemain, les urgences de l’hôpital Cheikh Zayed reçoivent trois personnes qui ont été poignardées en des lieux séparés de Tin Soueïlim. L’un d’eux s’est présenté en tant que gendarme, il dit avoir été agressé en son propre domicile.

Au sortir d’une épicerie du quartier, vers vingt-trois heures, un couple a failli passer un mauvais moment. Un groupe de « djenks » les ont pris en filature. Les ayant remarqués, l’homme a prié son épouse de hâter le pas, pour se réfugier dans une maison voisine.

Tout récemment, le fameux restaurant El Arabi a été attaqué, à une heure tardive, par une bande se déplaçant en véhicules sans plaques. Pris à partie sous la menace de machettes, clients et restaurateurs ont été déplumés.

Un voleur lynché à sang

Il y a quelques nuits, les urgences de l’hôpital Cheikh Zayed grouillent de monde, vers minuit, comme d’habitude. Des dizaines de patients et accompagnateurs se pressent en brouhaha, dans les salles et couloirs. Tous les lits de consultation sont occupés, des gens y sont soignés, d’autres attendent leur tour. Soudain, une voiture de la gendarmerie s’arrête en face de la porte d’entrée.

Les pandores en font descendre un homme, le corps en sang et à peine habillé d’une culotte. Il semble avoir été bien tabassé. Main sur son crâne saignant, il pleure. On le fait entrer dans une petite salle de garde et deux médecins se présentent. « Celui-là est accusé de vol », explique un gendarme, « une famille de Dar Naïm l’aurait pris « la main dans le sac », a-t-elle dit.

– Mais que lui est-il donc arrivé ? », demande un médecin. « Il a été pris à partie par la foule déchaînée, trop souvent victime des malfaiteurs à Dar Naïm », répond le gendarme.

Les médecins exigent alors une réquisition. Les gendarmes s’y refusent, prétendant ne pas être concernés. « Nous avons empêché la foule de le tuer, nous l’avons évacué et basta ! », lancent-ils en remontant à bord de leur véhicule.

La tête du blessé a été complètement scalpée. Il souffre beaucoup. Comment faire administrativement face à cette situation ? Pour établir ladite procuration, Les médecins entrent en contact avec la police qui s’y refuse à son tour, arguant de ce que c’est à la gendarmerie qui a évacué le blessé d’établir le document. L’homme passe quatre heures à souffrir, sans que personne ne lui vienne en aide. « Si j’avais les moyens, j’aurai soigné ce malheureux », déplore un médecin stagiaire.

On demande en vain à tous ceux qui passent s’ils peuvent contribuer à identifier l’infortuné voleur et trouver ainsi quelqu’un qui puisse prendre en charge ses soins. Vers trois heures du matin, l’homme s’éclipse discrètement. On l’a vu sortir de l’hôpital et disparaître dans l’obscurité.

Mosy
Source : Le Calame (Mauritanie)