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Un père viole ses 7 filles au Hodh El Garbi

Un père viole ses 7 filles au Hodh El GarbiLes forces de l'ordre à la Willaya du Hodh El Garbi ont arrêté un homme soupçonné de violer ses 7 filles après une plainte déposée par sa femme auprès du procureur qui a ordonné l'arrestation du suspect et de faire une enquête qui a révélé l'authenticité des faits qui ont été également confirmés par le juge d'instruction.

La plainte est venue suite à un contact de cette mère de famille avec l'Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l'Enfant AMSME à Nouakchott et qui a assisté la plaignante dans les démarches à suivre et a transmis cette plainte au Procureur de la République du Hodh El Garbi.

La mère des victimes confirme dans sa plainte que son mari a violé ses 7 filles et pendant une longue période après avoir forcé toute la famille à habiter dans des quartiers lointains et isolés privant les filles de leur droit d'aller à l'école.

L'AMSME qui a fait accompagner la plaignante par un assistant social a exprimé sa satisfaction au processus judiciaire entamé contre ce père et la qualité des entretiens menée avec les victimes mineures et adultes ainsi que le respect du droit du père au moment de son arrestation et sa traduction devant le procureur et le juges d’instruction.

La présidente de l'AMSME, Zeinebou Taleb Moussa a demandé au procureur dans un communiqué de presse de protéger ces 7 filles victimes de toutes formes de représailles qui peuvent découler du père ou de ses éventuels protecteurs. Elle lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté d’aider ces filles et leur maman à reprendre une vie normale parce que la seule source de satisfaction de leurs besoins vitaux était leur père et depuis son arrestation leurs conditions de vie sont devenues pénibles.

Mint Taleb Moussa demande à ceux qui cherchent à intervenir pour perturber le déroulement de la procédure judiciaire d’avoir honte de protéger une personne qui commet ce genre de crime odieux et les avertit qu’ils vont les dénoncer fortement et par tous les moyens possibles.

L'AMSME avait adressé, au procureur le 20 juin 2017, une lettre dans laquelle, elle renouvelle son soutien et accompagnement aux victimes jusqu'à l'apparition de la peine maximale sur l'auteur de ces faits.

Source : AMSME

 

 

El Mina : les habitants font leur propre loi

El Mina : les habitants font leur propre loi À l'approche de la fête de Korité et juste pendant la fête, la ville de Nouakchott connait une forte recrudescence de vols et de viols surtout dans les banlieues.

Derrière juste le marché qui jouxte la station de service Arrêt Bus à El mina, les habitants de la zone se font passer des policiers en prenant le voleur malchanceux pour lui infliger toutes sortes d'humiliations, voire exécuter en pleine rue.

La police et la garde nationale au lieu de sécuriser la population la laissent en proie à des criminels et des ivrognes qui sèment la terreur dans les quartiers. Une fois le criminel attrapé, le lendemain on le retrouve en tout sourire dans les rues sirotant délicieusement son eau de Cologne ou d'autres produits psychotropes.

Depuis hier vers 22h à l'heure où on écrit l'article, plus de 05 (cinq) voleurs ont commis des forfaits irréparables à des passants innocents en leur blessant par des armes blanches et en leur dépouillant aussi de leurs maigres miettes.

Moi personnellement, j'ai remis à la police ce matin à 01h un voleur tabassé à mort par des habitants du quartier.

Nous demandons à la police et la garde nationale de bien maintenir leur rafle et rentrer dans les coins et les recoins et surtout de nous installer des lampadaires dans les endroits sombres où se cachent les voleurs.

Source : Souleymane Kide

 

De grâce, Monsieur le Président, n’écoutez pas les pyromanes !

De grâce, Monsieur le Président, n’écoutez pas les pyromanesL'Authentique - Monsieur le Président,

Notre scène politique connait une effervescence sans précédent depuis le Vendredi 17 Mars 2017, jour du rejet du sénat du projet de loi de révision constitutionnelle proposé par le gouvernement. "Cataclysme", "Séisme politique", "Tournant historique", les titres fusent et l’expectative au sein de l’opinion publique est à son paroxysme.

Les sénateurs sont cloués au pilori, livrés à la vindicte populaire pour haute trahison et insultés pour la simple raison qu’ils ont exercé un droit naturel qui, de surcroît, ne fait que raffermir notre jeune démocratie dont la crédibilité est largement entachée par la succession des régimes monolithiques et totalitaires.

Nous pensions que les périodes des chambres d’enregistrement sont à jamais révolues et que cet acte hautement démocratique des sénateurs allait être comptabilisé dans la rubrique des "bonus politiques" pour donner une bonne image de notre démocratie, surtout, nous souffrions de la comparaison avec nos voisins de la sous-région. Vous qui aimez bien faire ce parallèle.

Mais Hélas, des baltagiyas épaulés par des apprentis juristes sont montés au créneau avant votre intervention télévisée en occupant le terrain médiatique et en jetant l’huile sur le feu.

Ils n’ont eu de cesse de diaboliser les sénateurs et de les traiter de tous les maux comme pour parachever cette campagne de dénigrement et de calomnies savamment orchestrée contre ces mêmes sénateurs depuis le discours de Néma. Permettez-moi de vous présenter un panel de ces baltagiyas, dont je ferais les portraits circoncis pour montrer combien il est dangereux de suivre leurs conseils suicidaires :

- Vadily Ould Raiss, ex directeur de la synthèse (actuelle Direction des affaires politiques et des libertés publiques du Ministère de l’intérieur) durant la période d’exception de Djibril Ould Abdellahi. L’homme est connu pour ses basses œuvres, à ses heures perdues, pour le compte de son patron. Il est aussi connu pour être le véritable artisan de la déportation de nos frères négro-africains en 1989. Comme vous ne l’ignorez sans doute pas, après le limogeage de Djibril Ould Abdellahi par Ould Taya, la carrière de Vadily a connu un tumultueux parcours en dents de scie. Aujourd’hui, il est revenu sur le devant de la scène, s’autoproclamant spécialiste du droit constitutionnel, statut auquel rien ne le prédestine.

- Abdellahi O/ Hormattallah : Maitre d’œuvre de la campagne de lynchage médiatique des sénateurs, les micros-trottoirs qu’il organise et dont les comparses sont certainement choisis à l’intérieur de la radio, dressent les mauritaniens les uns contre les autres et menacent dangereusement la paix civile dans notre pays. Abdellahi Ould Hormettalah est lui aussi un homme aux basses œuvres connu surtout pour exceller dans les mariages d’intérêt ratés qui ne durent que le temps de l’opportunité attendue. Faites le répertoire de ses nombreuses unions, et vous mesurerez combien cet homme est calculateur dans ses cibles. On se rappelle que l’une des ses épouses, grande diva de la chanson mauritanienne, l’avait traité de voleurs de bijoux dans une manifestation organisée dans le centre de conférences International de Nouakchott.

- Daoud Ould Ahmed Aicha : le Président du Parti "Nidaa El Watan" a pour seul projet politique de transformer notre pays en poudrière. Daoud dont le parti est un pur produit des officines de renseignements promet de bouffer du "Hartani" à tout bout de champ. Son discours chauvin, sectaire et féodal risque d’embraser le pays et retourner les communautés nationales les unes contre les autres. Le soutien affiché de l’État à ce parti à travers l’organisation en grande pompe de sa cérémonie de lancement au Palais des congrès et l’organisation de ses meetings à l’intérieur laissent plus d’un perplexe.

Monsieur le président de la République, revisitez le passé des ces hommes. Informez vous davantage sur ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent et ce qu’ils veulent. Les conseils qu’ils vous donnent et le chemin vers lequel ils veulent vous mener sont suicidaires. Pour vous et pour le pays. Réagissez, pendant qu’il est encore temps.

Source : L'Authentique (Mauritanie)

 

 

Nouvelles d’ailleurs : Absurdités

C’est drôle (façon de parler), cette peur de l’autre qui justifie tous les décrets, toutes les exclusions. C’est drôle, cette nouvelle manie d’élire des bouffons, des étrangetés, à la tête de pays. Quand on confond champ politique et cirque, c’est que rien ne va plus.  Ou, alors, que le pire est toujours pire. Qu’au pire, il y a toujours un « plus » pire. Quand l’Amérique tousse, c’est la planète qui attrape la crève. Et quand un Trump nous la joue grand Barnum, nous ne sommes pas loin des jeux du cirque et du temps où le pouce baissé d’un empereur en mal d’amusement décidait de la vie ou de la mort de pauvres types qui n’en demandaient pas tant.

Nous voilà donc affublés d’un gag devenu président. Il n’est pas le premier. Nous, Africains, en avons connu, des gags investis présidents. Ce fut, même, notre marque de fabrique, pendant des décennies.  Idem dans le monde arabe… Ubu Roi ou l’art de la dangerosité mortifère à usage des citoyens. Mais, voilà, nos bouffons à nous sévissaient dans des pays qui n’étaient pas, loin s’en faut, des puissances mondiales. Ils exerçaient leur tyrannie à l’échelle d’un pays, massacraient, décrétaient, emprisonnaient, refoulaient, bannissaient, assassinaient, pillaient, entre soi et pauvres de nous, petite sauterie sur fond de grandes compagnies internationales qui savaient fermer les yeux, tant que le business marchait…

Ils n’étaient dangereux que pour leur peuple. Oh, parfois, dans une crise d’eczéma, ils s’en prenaient au pays voisin. Juste histoire de secouer un peu la parenté à plaisanterie. De temps à autre, une ancienne puissance coloniale déployait ses soldats, chicotait, de ci, de là, s’assurait que le business fonctionnait toujours et tout rentrait pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Les Ubu Roi mouraient sur leurs trônes. Ubu Junior prenait la place, le soleil pouvait continuer à se lever sur nos brousses.

Mais voilà qu’au pays du massacre des autochtones et de l’immigration, vient d’être inventé le concept du bannissement selon la religion et le lieu géographique de naissance. Dans une nation construite dans le ventre des bateaux d’immigrants, dans une puissance qui a élu, il y a quelques années, un métis, dans une nation où le communautarisme est une religion, où la Saint Patrick voit défiler des hordes d’Irlandais, où l’Italie s’est trouvée une extension, où les hispaniques sont la force vive de certains Etats, où un syrien, Steve Jobs, a bâti un empire, etc., etc., c’est un peu nier la colonne vertébrale du développement américain.

Musulmans de certains pays, vous êtes donc priés de rester chez vous. « Belle » généralisation du « Musulmans ? Tous terroristes ! » Oubliant, par-ci, que les Etats-Unis furent (sont ?) le plus grand Etat terroriste au monde, défaisant et faisant les pays, les hommes ; massacrant, espionnant, écrasant tout sur leur passage. Que la force américaine, son leadership, s’est faite, non pas dans la propagation de modèles démocratiques, mais dans le sang et la négation de la dignité humaine. Oubliant, par-là, qu’il est toujours « risible » de voir des terroristes accuser d’autres de terrorisme, sur la seule base empirique qu’une génétique prédisposerait certains peuples à plus de violences que d’autres.

Mais il faut reconnaître, dans cette folie instituée par Trump, ce non-sens et non-humain et, surtout, non-politique, qu’il faut aussi compter sur ce que l’Amérique a de beau : ces centaines de milliers de femmes et  d’hommes qui protestent contre le fameux  décret interdisant l’accès au territoire américain de citoyens de pays arabes ciblés ; des avocats, des procureurs, des juges qui rappellent que, dans ce pays, la justice n’est pas inféodée au pouvoir et qu’il existe des  valeurs que même un clown ne peut fouler aux pieds. C’est cette Amérique là que nous aimons, qui attire tant, qui nous réconcilie avec elle… Qui nous dit que l’Humanité est. Que la résistance est un droit et un devoir.

Mais, pendant que nous nous indignons contre Trump, pendant que l’anti-américanisme primaire refait surface, pendant que nous déclinons, sur tous les tons, notre indignation justifiée et nécessaire, un autre pays, beaucoup plus petit mais qui a justifié le déclenchement d’une des guerres les plus meurtrières au Proche- Orient, l’implosion de la région, l’anarchie actuelle, Daesch, les massacres, les attentats quotidiens, les centaines de milliers de morts, l’horreur banalisée, un petit pays, donc, a, lui aussi, décrété, pour une durée de  trois mois, renouvelable, l’interdiction d’entrée sur son territoire des ressortissants de cinq pays : Irak, Iran, Afghanistan, Pakistan, Syrie, pour motifs sécuritaires.

Ce petit pays c’est le Koweït. Même indignité, même méthodes, même ostracisme, mêmes stigmatisations, mêmes peurs mais… pas même indignation. Silence assourdissant de nos media, sur ce qui se passe dans un pays arabe. Comme si un décret revêtait moins d’importance qu’un autre. Comme si c’était plus grave pour les Etats Unis que pour le Koweït. Comme si, tout compte fait, nous étions tant dans la victimisation permanente que dénoncer l’attitude, AUSSI, du Koweït reviendrait à nous auto-juger. Exercice délicat et impossible, tout englués que nous sommes dans la posture de la victime.

Et pendant que nous décidons, sélectionnons nos indignations, pour x et y motifs qui nous déculpabilisent – et où l’anti-américanisme est plus porteur : il permet d’évacuer nos frustrations et nos colères, de façon confortable, intellectuellement parlant – l’humain est bafoué dans sa dignité, dans son droit à voyager, dans son droit à choisir son lieu de vie, dans son droit à la différence, à l’acceptation, à la tolérance, à être Autre, sans être cet Autre que l’on caricature.

Alors, moi, je ne fais pas de différence entre le décret Trump et le décret koweïtien.  Ils sont, tous deux, synonymes d’une époque de tensions et d’ignorance. Ils sont, tous deux, terreau fertile pour tous les apprentis kamikazes du monde, pour tous les groupes terroristes qui surfent sur le désespoir du monde arabe.

Ils sont, tous deux, ignominies. Et ils doivent être, tous deux, dénoncés. Sinon, nous n’avons plus rien d’humain. Salut.

Mariem mint Derwich

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Lettre ouverte à Tasiast Mauritanie et Tasiast_Communications@kinross.com (1) par Brahim Ould Boïdaha

Lettre ouverte à Tasiast Mauritanie et 
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 </script>(1)/par Brahim Ould BoïdahaObjet : Risque Santé populations Tasiast et cheptel

Chers messieurs,

Tout d’abord, un court aperçu, pour nous rafraîchir la mémoire et nous édifier davantage sur l’or, notamment en ses valeur et risques liés à son traitement. Nous avons besoin, préalablement, de connaître, avec précision, son importance et son rôle, dans l’économie mondiale. Ceci nous amène à dire qu’il est la matière la plus chère et prisée, aujourd’hui, sur notre planète. Voici, en quelques mots, son rôle dans l’économie mondiale.

En un, son dépôt, dans les banques d’émission des Etats et de la Banque mondiale, garantit la convertibilité de leurs monnaies en devises, pour satisfaire et favoriser les fluctuations, sur des bases solides, des échanges, les équilibres des balances de paiement et les financements des investissements extérieurs inter-états et de la Banque mondiale.

En deux, c’est de l’importance de son dépôt, dans les banques précitées, que découle la valeur monétaire de chaque pays déposant. En trois, voici sa cotation actuelle sur le marché de l’euro : le lingot d’un kilo d’or brut est à 39.000 livres et le gramme à 39 livres ; pour l’or fin, 40.000 livres le kilo et 40 livres, le gramme. Sa pureté est exprimée en carat (mesure historique).

D’une façon très raccourcie, rappelons, à ce sujet, la déclaration historique du Général de Gaulle, le 4 Février 1965. Elle indiquait que le volume circulant de dollars, sur le marché mondial, était beaucoup trop supérieur aux réserves américaines en or, entraînant, en conséquence, d’importantes inflations dans tous les pays. Et, qu’à partir de cette date, la France demandait le remboursement, en or, de ses avoirs en dollars.

La France fut suivie par les cinq autres pays européens, ainsi que l’avait prévu de Gaulle. C’est à partir de cette position française, courageuse et difficile à prendre, à l’époque, que des équilibres internationaux ont commencé à s’installer, dans les rapports économiques mondiaux.

Rappelons, enfin, pour votre enseigne, que Tamaya, symbole du projet, est un arbre généreux, dans le pays, par ses trois bénéfiques apports ; à savoir : ses fleurs et ses feuilles sont une excellente nourriture, pour toute espèce animale, et un heureux secours, surtout en période de soudure ; sa gomme est de qualité supérieure ; ses écorces sont le meilleur produit pour tanner les peaux. Ceci dit, nous craignons fortement que votre projet ne soit pas à la hauteur de la générosité de notre arbre.

Des procédures bafouées

Chers messieurs, après ce prélude impératif à meilleure compréhension du sujet, nous avons bien reçu, par voie de presse, votre dernier communiqué qui annonce, au-delà del’imposture, le démarrage de l’enquête commodo-incommodo, sur le projet Tamaya, omise dans le communiqué de Benechab, et révèle, en même temps, des zones d’ombre.

Le commentaire est idéaliste sur tous les problèmes qui peuvent se poser ou surgir sur le projet et leur identification, dans le processus de l’EIE. Pourtant et pour raisons environnementales, l’EIE semble omettre la nécessité de retourner les stériles à leur terre initiale, en fin d’exploitation, au lieu de les stocker de manière permanente.

Poursuivant les analyses de cette imposture, on constate les erreurs suivantes de procédure. Elles constituent bien des infractions à notre réglementation. Primo, la consultation secrète de Benechab, le 9/11/2016 ; secundo, le communiqué, antérieur à l’événement censé l’avoir précédé ; tertio, absence d’enquête commodo, pourtant première obligation de la procédure ; quarto, dépôt du dossier EIE (contenu ignoré) à l’approbation du MEDD, avant les résultats de l’enquête ; quinto, probabilité d’un même dépôt aux Mines. Il est donc démontré que la consultation de Benechab était bel et bien la charrue avant les bœufs, comme le dépôt, sans date, du dossier du projet Tamaya, pour approbation au MEDD.

Zones d’ombre et leçons d’une belle prose

Nous relevons, tout d’abord, que le permis d’exploration N°428 est dénué de la date de son obtention qui devait, normalement, figurer, avec ses références juridiques. Par ailleurs, si l’impact négatif a été reconnu, enfin, il a été minimisé au maximum, pour le traitement de quinze millions de tonnes de minerai aurifère, alors que les réactifs séparateurs sont nécessairement utilisés, en abondance, pour une quantité aussi importante.

Est-ce que l’étude de l’état initial annoncée couvre la période d’Août 2010 à fin 2016 ou uniquement l’incidence toxique de Tamaya ? S’agissant de la sécurité des vies humaines et leurs biens, l’état actualisé des lieux, sur le niveau de la pollution du site de la mine de Tasiast, après six ans d’exploitation, est une condition sine qua none à toute approbation.

Ce qui pose, à la fois, les problèmes de la fraîcheur de l’étude et de la notoriété de ses auteurs, en la matière. Ce constat rafraîchi dudit site doit être un préalable à l’approbation de l’EIE du projet Tamaya, pour mesurer, en temps utile, le niveau résiduel du risque mortel, après une expérience suffisante d’exploitation, « compte-tenu que l’apparition de son risque est latente ».

Cette contrainte devrait être même une « curiosité technico-intellectuelle » et une référence d’expérience en ce domaine, pour vous et les ministères concernés. Il est à retenir, pour les mémoires et l’histoire, que tant qu’il y aura un gramme d’or, en Mauritanie, à traiter, le risque mortel sera systématiquement posé.

Par ailleurs, la fusion préméditée, entre TML-SA et TML est-elle approuvée par les ministères des Mines et le fisc (les finances) ? Si oui,l e pays sera confronté à une perte de maîtrise sur sa plus importante richesse. Pourquoi ? Parce que c’est le signal, fort, que l’or mauritanien a émargé sur le marché de thieb thieb cette ingénieuse production de l’intelligence mercantile mauritanienne où se recycle, à l’heure actuelle, tous les produits de vols dans le pays, y compris l’esclavage.

L’avis signé, le 11/01/2017, par le préfet d’Akjoujt affirme qu’il n’y a pas de conflit de compétences avec Chami mais aucune carte géographique n’est présentée, pour lever le doute, d’autant plus que le gisement se situe à plus de quinze kilomètres au Sud de celui TML-SA. Il précise aussi que son avis n’est pas domicilié à sa mairie d’Akjoujt.

Nous remarquons, également, que le projet Tamaya a une durée de vie de trois ans d’exploitation intensive, sans précision, ni de la quantité d’or, en lingot, ni de sa qualité, en carat, bien que le gisement, qualifié de fosse ou puits, soit à ciel ouvert, avec une séparation naturelle entre l’or et le stérile. A cet égard, il est important que les Mauritaniens connaissent, avec précision, la quantité réelle et la teneur en carat de l’or qui sortira de leur précieux gisement à ciel ouvert, d’autant plus que la teneur est la seule base de la valeur commerciale.

Il est aussi rappelé que la durée de ce projet dépend, exclusivement, de la compétence de l’Etat et non du désir de l’opérateur-commerçant. C’est aisément compréhensible : l’Etat planifie sa politique économique sur une stratégie de développement répondant à ses besoins à court et long termes.

A partir de cette stratégie, il fixe les besoins de financement, directs et indirects, assis d’abord sur ses possibilités nationales où entrent, en priorité, ses richesses naturelles. A partir de là, il définit, annuellement, leurs apports, répartis entre ces différentes richesses et les quantités exportables, pour satisfaire les nécessités du financement de sa politique de développement.

Il est naturellement évident que ledit projet Tamaya s’inscrit bien sur cette plage : la ductilité de la durée de son exploitation dépend, donc, exclusivement de l’appréciation de l’Etat qui mesure, à la fois, les nécessités économiques et sociales. Cette durée est une décision souveraine qui peut être prorogée à dix, quinze ans ou plus, selon les besoins mesurés de l’Etat, à partir desquels il opère les ajustages, limite et harmonise, graduellement ; les exportations annuelles de ses ressources à ses besoins.

Impact économique

Aucun chiffre n’est donné, pour corroborer l’augmentation des revenus de l’Etat mauritanien, à l’heure où tout est mesurable préalablement. S’il ne s’agit, uniquement, que des 3% de redevances, après déduction des amortissements et des frais d’exploitation non suivis ni contrôlés, par les Mauritaniens, comme dans les cas de MCM et TML-SA, nous ne pouvons certainement pas nous réjouir d’être arnaqués à ciel ouvert, dans un passé relativement récent et le présent.

C’est une « Porte béante » (réf : Le Prélude). Les 3% sont moins qu’une pitance et inférieurs à une aumône charitable, surtout quand il s’agit d’or 24 carats, sommité de pureté du métal jaune. Or, l’or mauritanien est, précisément, reconnu de 24 carats, ce qui porte le manque à gagner du pays à 93%, par estimation relative.

Si le projet Tamaya est autorisé pour une exploitation triennale, il sied, au ministère des Mines, de prendre les précautions nécessaires pour préserver le pays du risque de brader une partie importante de sa richesse de bonne teneur, comme les mines d’or d’Akjoujt et de Tasiast dont la teneur déclarée, par les opérateurs, est de 24 carats, paraît-il.

Avant de donner son aval à l’exploitation de la mine de Tamaya, il doit, nécessairement, exiger la fourniture d’un compte d’exploitation et un bilan prévisionnels, à auditer pour certification de leur sincérité, par au moins trois experts différents, aux fins d’avoir un tableau de bord pour le suivi et le contrôle des postes de charges et d’amortissement duditprojet. L’usine de TML-SA est déjà largement amortie.

La modération usuelle, en prévisionnel, est de 10 à 15% de marge d’erreur, en plus ou en moins, mais son montant conventionnel doit être arrêté en accord préalable, entre les parties. Après ces formalités, la partition des intérêts est également à fixer, sans référence aux pratiques revêches précédentes, car les exploitations permanente et temporaire n’ont pas les mêmes seuils de tolérances.Toute autre adéquation ne peut s’expliquer d’une façon recevable et il ne restera que s’esbigner sur le manque de préservation de l’intérêt supérieur du pays, chose historiquement grave.

Impact économique régional

Sinon préciser que régional est au singulier, pour marquer l’exclusion de Chami et annoncer l’agrandissement d’El-khoubra, tirée du milieu de la nappe du territoire de ce dernier vers Benechab, il n’y a pas d’augmentation prouvée, spectaculaire régionale. Il indique aussi que l’économie régionale est au singulier, ce qui veut dire que Chami est exclu, d’office, des retombées économiques d’une richesse au centre de son territoire. Voilà qui est juste ? Quels sont, finalement, les périmètres de TML-SA et TML ? Chami, parent pauvre, est exclu de la seule ressource qui assurerait sa survie.

Larmes aux yeux, il supportera, tout seul, les souffrances de ses administrés et de leur cheptel, menacés des effets mortels du traitement du minerai au cyanure, et le poids de la sécurité de TML-SA et TML. Il ne sera même pas accompagné aux cimetières, pour l’enterrement de ses morts cyanurés. Mais, il a la promesse, non ferme, qu’il sera, à la fin de l’exploitation de TML, dans trois ans, décoré du mérite national.

Chers messieurs, ce tripatouillage, dans l’irrespect total du cheminement normal des procédures du pays, accompagné du si peu d’attention accordée, aux populations environnantes, sur les plans de la santé et du social, est de nature, à peine voilée, de démontrer et minimiser la maturité du mauritanien.

Au lieu d’expier,vous tentez de le rendre imperceptible ; sinon, de le feindre inaperçu. C’est tout de même surprenant et contraire aux plus élémentaires règles universelles de courtoisie, même, si l’aveuglement du gain facile, en Mauritanie, est bien présent.

Scandale à ciel ouvert ?

L’analyse fine des contenus des deux communiqués du 9/11/2016 et du 13/01/2017 nous offre, en lecture, une bonne littérature platonique, sans arguments crédibles, ni chiffres convaincants, nous rappelant les promesses, non tenues, de «l’expansion de TML-SA de 8.000/tj à 38.000/tj », annoncées, par communiqué Kinross du 29/04/2013, toujours lettre morte, à ce jour.

En somme, voilà votre comportement, peu chevaleresque, dans le pays ; la faiblesse du revenu de l’Etat, sur l’or ; le silence des intellectuels, particulièrement des économistes et de leurs auxiliaires financiers et statisticiens ; réunis dans la marmite bouillante de la Mauritanie, avec des relents, de plus en plus perceptibles, ces derniers temps, d’un scandale probable de l’or mauritanien.

Et voilà comment nous, en tant que partie doublement concernée, réitérons nos appels, nos observations et nos remarques, déjà publiés dans Le Calame n°1050 du 23 Novembre 2016. Nous réservons, de surcroît, tous nos droits d’ester, au moment le plus approprié, pour défendre les intérêts des populations Tasiast menacées, dans leur vie et celle de leur bétail, seule source de leur subsistance, et leur droit au dédommagement, comme nous le rappelions déjà, dans l’article précité du Calame.

En conclusion, la responsabilité historique des ministères MEDD et des Mines est engagée, sur les risques mortels des populations et de leur cheptel à Tasiast, et les intérêts supérieurs du pays, sur l’or de cette région. Les mémoires et l’histoire retiendront que l’avenir de l’or mauritanien dépend du résultat du traitement du projet Tamaya. A demain, donc.

Brahim Ould Boïdaha

Document amplifié au MEDD et MINES, au wali de Nouadhibou et au Calame.

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

A Mohamed Lemine Ould Ghaly Ould Abdel Hamid, in memoriam: un mois, jour pour jour

Les africains ont l’habitude de dire qu’il est difficile de porter un jugement de valeur sur un homme de son vivant. Je dirais, pour ma part, qu’il est encore plus difficile de le faire sur quelqu’un qui vient de quitter, tout récemment, ce bas monde, sans tomber dans les travers.

Mohamed Lemine Ould Ghaly Ould Abdel Hamid n’avait pas encore 27 ans. C’était un jeune homme pétillant de vie, plein de vigueur, propre à toute jeunesse, et hyperactif. Eduqué par ses parents dans la pure tradition mauritanienne islamique, il en a acquis les qualités principales : généreux d’âme, altruisme, sensibilité, hospitalité et politesse. Au point que, tout jeune qu’il est, il a très vite embrassé la cause des faibles et des démunis. Donner tout de soi-même, avec abnégation, aux autres qui vivent dans la détresse, était, pour lui, un sacerdoce, une exigence humanitaire et morale.

J’ai vu le jeune Mohamed Lemine Ould Ghaly Ould Abdel Hamid, pour la dernière fois, en septembre 2016, alors qu’il s’apprêtait à retourner en France pour terminer son  cycle de Master en gestion des ressources humaines. Il avait un bel avenir tout tracé. Malgré les aléas et les vicissitudes de la vie, en bon croyant, il restait toujours optimiste, se battait pour décrocher son diplôme, et revenir servir son pays, en bon patriote qu’il est.

Mohamed Lemine est à l’image de ses parents, qu’il aimait et chérissait. Son père feu Ghaly Ould Abdel Hamid a, à une période de l’histoire de la Mauritanie, consacré sa vie à la défense des droits de l’homme, à ses risques et périls, et ce dans un univers politique très hostile marqué par le règne absolu de régimes d’exception. Encore, chose rare en Mauritanie, Ghaly a quitté ce bas monde sans la moindre fortune, preuve que, malgré la possibilité, il ne s’est jamais laissé distraire par la frénésie de l’accumulation de richesses qui gangrène le pays. Sa mère, Hindou Mint Mohameden Baba Fall, est une femme connue pour son engagement pour les causes humanitaires. Derrière une silhouette frêle et une allure juvénile, se cache une femme très forte, au caractère trempé, généreuse et modeste jusqu’à l’excès. Par mon amitié d’avec la mère, j’ai eu la chance de fréquenter une famille pétrie d’une grande Foi en Allah, soudée, disponible et ouverte aux autres. Il n’est pas donné à tout le monde d’être comme elle.

Aujourd’hui, c’est une famille durement éprouvée par la perte d’un être cher. Malgré sa douleur indescriptible ; elle a fait montre d’une grande force et d’une admirable dignité face à l’épreuve. En se remettant à la Volonté d’Allah, le Tout Puissant. Perdre un fils qui bouclait son cycle d’études universitaires par un Master, après tant d’années passées sur les bancs des écoles, c’est comme voir la terre se dérober sous ses pieds.

J’ai été particulièrement peiné et choqué par les insinuations malveillantes d’une certaine presse mauritanienne, en mal du sensationnel, à l’égard de la famille, à l’annonce du décès de Mohamed Lemine. C’est très mal la connaître, elle, dont la Foi en Allah, l’Unique et le Créateur, a toujours été une conduite dans la vie. Chez elle, aussi, les livres coraniques sont partout, et aident, chaque jour, à fortifier cette Foi, sur le chemin de la droiture.

Mohamed Lemine a été arraché à l’affection de toutes et de tous ceux qui l’aimaient, le 16 Novembre 2016, dans un hôpital Parisien. Il n’avait pas survécu à ses graves blessures, à la suite d’un tragique accident. C’est, en effet, un conducteur automobile qui l’avait percuté violemment en plein Paris, alors qu’il était en compagnie de deux jeunes autres mauritaniens. La gravité du choc est telle que cinq jours, à peine, à l’hôpital, il rendit l’âme.

Le plus choquant dans ce tragique accident qui l’a emporté, est que son auteur, une fois son forfait accompli, a pris la fuite, ce qui dénoterait un acte prémédité. Et que la police française, malgré que la ville de Paris soit truffée de caméras, à chaque coin de rue ou de ruelle, a été incapable jusqu’ici d’identifier le meurtrier et l’arrêter. Comme si, pour elle, la douleur indicible de la famille est négligeable. Il faut que justice lui soit rendue.

Le 20 Novembre, c’est une foule immense qui s’est déployée à l’aéroport international de Nouakchott pour accueillir le de Mohamed Lemine, ramené en Mauritanie, en l’accompagnant jusqu’à sa dernière demeure. Cette  importante mobilisation autour du décès d’un jeune homme qui n’était qu’un étudiant en France, prouve, si besoin était, la forte impression que Mohamed Lemine avait laissée dans les cœurs et les esprits, de par sa personnalité exceptionnelle. Désormais, il repose au cimetière du Ksar.

A toute sa famille, ses proches parents et amis, je renouvelle mes condoléances les plus attristées. Qu’Allah l’enveloppe de Son Saint, Immense et Voluptueux Paradis ! Repose-toi en paix !

Inna lillahi wa inna ileyhi raajioune !

Mamadou Alassane THIAM

Journaliste

 

Nouvelles d’ailleurs : Touche pas à mon drapeau....

Nouvelles d’ailleurs : Touche pas à mon drapeau....Je suis d'un naturel peu porté aux drapeaux et aux hymnes nationaux, considérant que cette identification extrême n'a pas de sens si l'homme se souvient qu'avant d'être de tel ou tel pays il est d'abord à l'humanité, sans frontières, sans barrières, sans patriotismes et nationalismes. Au nom de ces derniers, des millions d'hommes sont morts...

Mais je me sens, paradoxalement, touchée par la volonté affichée de changer notre drapeau en y ajoutant deux bandes rouge sang, afin de, comme l'ont si bien clamé les chantres du changement, de glorifier nos « martyrs »... Je ne suis pas à une contradiction prés et je l'assume.

Ne me demandez pas de quels martyrs il s'agit, ni à quelle histoire « rectifiée » nous allons devoir dire oui ou non.... C'est le grand flou « historique » qui permet de nous inventer une Histoire de quasi guerre anti-coloniale...

Mais notre drapeau j'y tiens. Il est notre. Il nous a été légué et nous rappelle que nous avons reçu un pays en héritage, là où il n'y avait aucun pouvoir centralisé. Ce drapeau est nous.

Oh, notre pays est un pays « petit pois », entendez par là qu'il ne fait pas partie des grandes puissances. Il ne décide pas de la vie ou de la mort de centaines de milliers de gens de par le monde. Il ne fait pas la guerre pour le pétrole, ne renverse pas des présidents, ne déchire pas des pays.

Mais il est.

Nous sommes nés avec lui. Il est né avec nous. Il est nous.

Il est cette joie immense quand notre pays bat le Sénégal au football, cette marée verte et jaune qui colorie notre pays jusqu'au plus reculé de ses multiples coins ( j'en ai encore des frissons quand je repense à ce moment où j'ai participé à cette joie collective qui abolissait les barrières communautaires, dans les rues d'un Nouakchott qui se redécouvrait un seul et même peuple, une seule et même fierté).

Il est ce frisson aux Jeux Olympiques, brandi par nos athlètes qui, même s'ils ne gagnent jamais de médailles, rappellent au monde qu'il est un pays qui s'appelle Mauritanie. Un petit pays mais un pays quand même, avec ses femmes et ses hommes. Et ce magnifique vert et jaune qui flotte soudain face à des millions de téléspectateurs.

Il flotte au fronton des institutions internationales.

Il est ce lever des couleurs dans chaque caserne.

Il est ce frisson, cet orgueil des sans rien à la fierté bien assise, cette fierté que personne ne peut nous enlever.

Il est ces soldats morts dans une guerre absurde et ces soldats victimes du terrorisme.

Il appartient à chacun d'entre nous. A chaque citoyen de ce pays. Il n'appartient pas aux politiques en mal d'inspiration. Ceux-là, le drapeau ne leur sert que quand la pauvreté de leurs propositions politiques tient lieu de Dialogue.

Ce drapeau n'a aucune raison d'être ainsi dénaturé, enjeu d'une bataille misérable.

Il n'est pas qu'un tissu qui flotte, délavé, souvent effiloché, dans nos rues. Il est notre histoire. Le dernier rappel de ceux qui nous ont porté au monde, sur la scène internationale quand beaucoup ne voulaient pas de nous en tant que Nation.

Chaque Mauritanien l'emporte dans son cœur en quittant le pays.

Ce drapeau n'a jamais tué personne mais sert de prétexte pour toutes les exclusions et toutes les fanfaronnades nationalistes.

Il n'a pas de couleur ethnique et est le véritable symbole de notre pays qui se cherche encore, et encore, perclus d'idéologies nationalistes importées de pays lointains.

Cette étoffe n'a aucun sens si on lui rajoute du sang. Le sang appelle le sang pas la paix. Le sang appelle le malheur pas le souvenir.

On ne se souvient pas avec le sang. La mémoire a d'autres canaux que de vouloir pervertir un morceau de tissu qui porte en lui tant d'affectif et tant de souvenirs.

Faut-il que la misère intellectuelle soit bien grande pour s'attaquer à ce qui est nous.

Je n'aime pas les nationalistes étroits, les va-t-en guerre, les découpeurs, les lamineurs qui sont tentés de ré écrire l'Histoire à leur convenance comme si cette dernière leur appartenait.

Comme si le drapeau, notre drapeau, leur appartenait.

Ils n'ont pas le droit de nous ôter la dernière dignité qu'il nous reste, à nous qui sommes pauvres, à nous qui trimons, à nous qui nous accrochons à ce pays de vents et de sable, ce pays de misères, de douleurs, à nous qui tenons ce pays à bout de bras, chaque jour, dans chaque souffle, dans chaque survie, dans chaque petite victoire contre le chômage, contre la faim, contre le manque de tout, contre la précarité quotidienne, contre la fatalité.

Nous avons été dépossédés de tout. Laissez nous ce drapeau qui nous rappelle notre existence et ce moment qui nous fit en tant que pays contemporain, le 28 Novembre 1960.

Laissez nous ce drapeau vert et jaune, rêvé à la Closerie des Lilas quand l'existence de notre pays fut décidée dans ce café parisien.

Laissez nous l'offrir à nos enfants et aux enfants de nos enfants.

Je ne suis pas nationaliste mais ce drapeau, comme pour nous tous, est notre regard, notre sentiment d'appartenance à quelque chose.

Vert et jaune, pas vert, jaune et affublé de deux bandes rouges.

Si vous, ceux qui avez réclamé ces deux affreuses bandes rouges, vous sentez l'âme créatrice, allez donc acheter un pot de peinture rouge et barbouiller les murs de vos maisons. Mais fichez nous la paix avec votre tralala pseudo historique.

On ne crée pas un sentiment d’appartenance en dénaturant un drapeau. On le crée par des actes politiques autrement plus forts et courageux que cette honte qu'est cette proposition de toucher au drapeau, le seul que nous ayons et qui nous convient très bien.

La politique demande du courage. Changer le drapeau n'est qu'un acte vide de sens politique.

Nous crevons de la corruption, de l'hypocrisie, de la norme, de l'apathie, du mensonge, de la courtisanerie, de la misère, de la bêtise, du non sens, de l'absurde, de la violence, de tant de colères, de désespoirs.

Pas de notre drapeau.

Salut

Mariem Mint DERWICH
Source : Le Calame (Mauritanie)