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Chronique

«Terminal F» à la découverte de la Mauritanie

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Vidéo. Revivez «Terminal F» à la découverte de la MauritanieLe magazine des voyages du Figaro vous fait découvrir un pays niché au cœur des dunes, avec un récit de voyage de journalistes qui en reviennent et l'expertise du PDG du tour-opérateur Terres d'Aventure Lionel Habasque, ainsi que du spécialiste du Sahara, Michel Pierre.

Pour Le Figaro Magazine, le journaliste Stéphane Dugast et le photographe Stéphan Gladieu ont parcouru les oasis de l'Adrar, en Mauritanie.

Sur le plateau de «Terminal F», l'émission des voyages du Figaro Live, ils racontent leur expérience de ce «trésor caché au cœur des dunes», où se trouvent Chinguetti, «la Sorbonne du désert» et Ouadane, haut lieu historique du pays. Après une décennie de crise, le tourisme , sort des sables en Mauritanie, comme une arme de paix.

Sur le plateau également de ce numéro de «Terminal F», Lionel Habasque, PDG du tour-opérateur Terres d'Aventure et Michel Pierre, spécialiste du Sahara.

Tous deux apportent leur expertise de ce joyau du Sahel, que les voyageurs peuvent redécouvrir avec la réouverture, après dix ans d'arrêt, des vols charters entre Paris et Atar, du Point Afrique, grâce à la pugnacité et l'obstination de Maurice Freund, son dirigeant passionné. La Mauritanie se positionne au top des destinations pour 2018.

Source : le Figaro

 

 

Loupe : Mauritanie/ Sénégal : il faut savoir raison garder

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Loupe : Mauritanie/ Sénégal : il faut savoir raison garder La mort d’un pécheur sénégalais tombé sous la gâchette facile d’un garde des côtes mauritaniennes loin d’être un fait divers, est un incident malheureux qui a affligé deux pays frères condamnés à vivre ensemble. Paix à l’âme du disparu.

Très vite les présidents Mohamed Ould Abdel Aziz et Macky Sall qui se trouvent à Adis Abeba ont pris la mesure de ce drame pour calmer la situation et parer à tout dérapage. Des émissaires seront dépêchés réciproquement pour jouer aux bons offices. Pour que ces genres d’incidents ne se reproduisent plus.

Entre voisins, la moindre étincelle peut réveiller les vieux démons. Eviter de jouer aux pyromanes pour agir en pompier est la seule conduite qui vaille pour fermer le passage aux sirènes de la discorde. Il appartient d’abord à la presse de faire preuve de mesure et de responsabilité.

Devants les faits, refuser de céder aux colportages de fausses nouvelles et dans la pratique ne pas se faire l’écho des chantres de la haine. A ce prix les médias auront rempli leurs engagements professionnels et honoré leur profession de foi.

Nous osons espérer que ce comportement sera le seul qui accompagnera le travail des chevaliers de la plume ainsi que celui de tous les autres de cette noble profession. Notre degré de responsabilité se mesure à l’aune de notre sens d’élévation devant de telles épreuves fâcheuses.

La presse est le miroir par lequel se reflètent les bons comme les mauvais comportements. C’est avec la presse que les événements dramatiques prennent ou non du relief, que réussissent ou échouent les médiations. Surtout c’est par son biais que les peuples arrivent à se comprendre ou se haïr.

Entre la Mauritanie et le Sénégal c ’est l’incontournable marche d’un destin commun où la frontière n’est qu’un artificiel héritage que l’absurdité des hommes a réduit en tristes territoires séparés par des lignes de démarcation fragilisées par des incidents sporadiques capables d’être évités par la raison humaine.

La sagesse des anciens a toujours pris le dessus sur les pulsions morbides promptes à enfumer les relations entre les peuples. Les conventions et autres accords politiques n’ont de sens que quand les hommes chargés de les mettre en œuvre sont animés des motivations sincères. Nos gouvernants sont la première colonne qui doit veiller à respecter et faire respecter de tels engagements.

Ceux qui au final en sont les garants n’ont pas droit à l’erreur. Mais encore faudrait-il qu’ils sont bien imprégnés de la mission qui leur est confiée. Qu’un garde côte tient une arme comme la seule réponse à la surveillance des eaux territoriales, c’est s’assimiler en robot de la violence et de la barbarie.

L’usage de l’arme a ses règles et ses limites que ceux qui s’en servent ne doivent pas en abuser tant qu’ils sont capables de recourir à des moyens civilisés. Pourvu que le calme et la raison imposent leur loi sur la violence aveugle et génératrice de l’hystérie collective. Qu’Allah nous en préserve !

CTD
Source : Le Rénovateur Quotidien (Mauritanie)

 

 

Autour d’un thé : Faussaires

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Autour d’un thé : FaussairesLe Calame - Nul ne meurt, dit-on, sans avoir eu son jour. De gloire s’entend. Et le doigt, aussi, ne fait pas comme ça, mais comme ci. Je commence à commencer à aimer les députés ou, du moins, certains d’entre eux, puisque « d’autres certains » ne traient pas le lait « sur leur tête » et se retrouvent, alors, difficilement « aimables ».

Qui veut le respect, ne dit-on pas encore, n’a qu’à monter avec, sur la « tête » d’un arbre… Pour une fois qui n’est pas coutume, les honorables ont discuté d’une bonne affaire. Ah ça, oui, Une vraie de vraie affaire, les faux diplômes ! Et toute la fausseté qui va avec.

Faux et usage de faux diplômes, « c’est un secret de Polichinelle », s’est écrié l’un de ces messieurs. Moi, je le savais depuis longtemps : pour rédiger une lettre de motivation en vue d’un poste de directeur central d’un ministère de souveraineté, tel postulant, docteur ès-Lettres, titulaire d’une agrégation en linguistique, agrémentée d’une licence en chimie et d’un master en langues étrangères, recourt aux services d’un nègre.

Or c’est bien connu : tout ce qui est fondé sur du faux est faux. Chamboulement total, véritable remise en cause de tout le processus : de 1978 à nos jours, tout l’édifice s’écroule. Car, en toute logique, faux diplôme signifie faux diplômé et faux diplômé, faux fonctionnaire.

C’est comme les faux billets de banque. Qui, non seulement, ne servent à rien mais peuvent, aussi, directement conduire en prison. Les faussaires de diplôme et leurs complices sont, à ce titre, plus dangereux que les faussaires d’argent.

Ceux-ci n’en usent que pour se payer des voyages, aller danser au Teroubi ou au Café de Rome, changer de mehlefa, séroual ou boubou, au féminin comme au masculin, et flamber au Casino, quelque part à Dakar, Abu Dhabi ou aux confins du Tiris Zemour, histoire de faire diversion et tenter d’effacer leurs traces.

Ce qu’on appelle « tirer les branches ». Mais ceux-là falsifient, eux, les diplômes, falsifient les fonctions, falsifient les nominations, falsifient l’administration, falsifient la démocratie, falsifient l’armée, falsifient la justice, falsifient le pays.

Mon ami, consultant international en « affaires et climatologie, changements de la stratosphère et marche sur la lune, vision approchée du soleil levant et études sécuritaires », polyglotte fort de huit langues (hassanya ancien et moderne, tamachek, bambara, wolof, pulaar, soninké, haoussa, amazigh).

Français, un pé ; arabe, choueiy choueiya ; anglais, small small ; gros mais vrai diplôme, donc ; me dit souvent : « C’est moi qui ‘’a’’ fait ça. C’est moi qui ‘’est’’ parti sur la lune avec Gagarine ». Mais, comme, chez nous, on ne va pas aller de sitôt sur la lune, comme les changements climatiques ne concernent que les autres et qu’il doit, lui, travailler, il a accepté la direction des mahadras, au ministère des Affaires islamiques et de l’enseignement originel.

C’est, effectivement, assez original. Pour autant, les députés doivent pousser beaucoup plus loin leur courage car il n’y a pas que les faux diplômes. Il y a, aussi, les faux hommes. Les fausses femmes. Les fausses fortunes. Les fausses annonces. Les faux démocrates.

Les faux opposants. Les fausses intentions. Les fausses professions de foi. Le faux est presque partout. Envahissant. Etranglant. Réduisant. Jusqu’à, même, de faux présidents. De ceux qui trompent leur peuple. Volent leur peuple. Méprisent leur peuple. Anecdote.

Il y a fort longtemps, je dirai même jadis, au temps où les animaux parlaient encore, bref, il y a au moins quinze ans, avant, donc, l’avènement de la Mauritanie nouvelle ; en réalité, bien avant ; un wali – je dis bien, un wali – reçoit son relevé de compte bancaire, libellé en français. Un vrai casse-tête, du véritable chinois.

Après avoir beaucoup réfléchi, il se résout à appeler un de ses subordonnés : « Ya khouye [mon frère], j’ai oublié mes lunettes à la maison », lui dit-il, « ces gens de banque, leur français est mélangé et d’ailleurs, moi, je suis arabisant : regarde-moi combien j’ai sur mon compte ». Un wali bilingue, c'est-à-dire qui ne connaît ni le français ni l’arabe. Assurément, les faux diplômes ne sont pas un faux problème ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Qu’attendre de 2018 ? Par Béchir Ben Yahmed, fondeur de Jeune Afrique le 17 octobre 1960 à Tunis, président-directeur général du groupe Jeune Afrique.

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« Prévoir est très difficile. Surtout lorsqu’il s’agit de l’avenir. » On attribue cette saillie à l’humoriste et réalisateur américain Woody Allen. Elle me revient en mémoire alors que débute l’année 2018. Que nous réserve celle-ci ?

Essayons d’en avoir une idée en gardant à l’esprit que les événements les plus importants, ceux qui ont changé le monde, n’ont jamais été prévus par personne. Qui aurait cru que le mur de Berlin tomberait soudainement un jour de 1989, entraînant la dislocation de l’URSS l’année suivante ? Qui aurait pensé que le plus spectaculaire des actes terroristes, celui du 11 septembre 2001, frapperait New York et Washington, secouant l’Amérique et influant sur son comportement jusqu’aujourd’hui ?

Trump, l’usurpateur dangereux

A-t-on jamais vu, dans l’histoire contemporaine, des chefs d’État s’apostropher de manière aussi puérile ?

Cette année commence mal, et c’est encore Donald Trump, inénarrable président des États-Unis depuis près d’un an, qui la traîne dans le caniveau. Au dictateur de la Corée du Nord, Kim Jong-un, qui se glorifiait d’avoir sur son bureau un bouton atomique qu’il pouvait actionner à tout moment pour défendre son régime, le président de la plus grande démocratie d’Occident a cru pouvoir rétorquer : « Moi aussi, j’ai un bouton atomique. Et beaucoup plus gros que le tien. »

A-t-on jamais vu, dans l’histoire contemporaine, des chefs d’État s’apostropher de manière aussi puérile ? Simultanément et publiquement, le même Donald Trump a claironné qu’il coupait l’aide financière au Pakistan « parce qu’il ne fait pas tout ce que les États-Unis lui demandent de faire ». Et, plus brutalement encore, il en fera de même avec la Palestine parce qu’elle rechigne à s’incliner devant la volonté du tandem Netanyahou-Trump.

Troisième sortie de la semaine, cette fois contre son ancien bras droit et stratège en chef, Steve Bannon, qui n’a quitté cette haute fonction à la Maison-Blanche qu’en août dernier : « Steve Bannon n’a rien à voir avec moi ou ma présidence. Lorsque je l’ai renvoyé, il a perdu non seulement son job, mais aussi sa raison. »

L’auteur de ces insultes et de ces menaces a, en un an, montré qu’il n’est pas digne de la fonction à laquelle il a été élu. Narcissique, faible devant les flagorneurs, il ne sera, pour le temps qui lui reste à passer à la Maison-Blanche, que l’usurpateur dangereux du poste qu’il occupe.

Cinquantenaire du traité de non-prolifération

L’année 2018 marquera le cinquantenaire du traité de non-prolifération (TNP) des armes nucléaires. Il en sera beaucoup question pour rappeler que tous les pays du monde l’ont signé bon gré mal gré. Tous sauf trois : l’Inde, le Pakistan et Israël, qui voulaient être des puissances dotées de la bombe, et le sont devenues.

Son régime se sentant menacé, la Corée du Nord a quitté le TNP pour se déclarer, dès qu’elle l’a pu, membre du club des puissances nucléaires.

Cinq grandes nations sont « membres de droit » de ce club : États-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France ; quatre autres sont des outsiders : Inde, Pakistan, Israël et Corée du NordL’Iran a renoncé, en 2015, à porter à cinq le nombre des outsiders. On peut craindre que la coalition États-Unis - Arabie saoudite - Israël, qui rêve de renverser le régime iranien, ne contraigne ce dernier à se protéger par l’acquisition de l’arme nucléaire.

« Scandale géologique » et gouvernance en RDC

 

La RD Congo suivra-t-elle le mauvais exemple du Burundi ? On espère que non.

En Afrique, deux grands pays dont le sous-sol est très riche – on a parlé de « scandale géologique » – vont défrayer la chronique en 2018 : la République démocratique du Congo (86 millions d’habitants) et l’Afrique du Sud (56 millions).

Comparables par la démographie, elles totalisent à elles deux plus de 10 % de la population du continent, mais se distinguent l’une de l’autre par leur PIB (344 milliards de dollars seulement pour l’une, la moins peuplée, 40 milliards pour l’autre) et par le revenu par habitant : celui de l’Afrique du Sud, 6 000 dollars par an, est treize fois supérieur à celui de la RD Congo, qui n’est que de 466 dollars.

Inférieure à la croissance démographique, l’anémique croissance économique de la RD Congo a fait reculer ce pays mal gouverné et a appauvri ses citoyens.

L’énorme différence entre ces deux nations va- t-elle s’atténuer ? La RD Congo a-t-elle une chance de se développer ? Tout indique que non, car ses institutions fonctionnent mal, et sa Constitution n’est ni respectée ni appliquée.

La RD Congo suivra-t-elle le mauvais exemple du Burundi ? On espère que non. Mais elle a besoin d’aide pour s’en sortir et appelle au secours.

Et les dirigeants ?

Ils sont donc quatorze à avoir été renversés et, pour certains, tués, en dix ans, soit un à deux par anL’Afrique du Sud, dont les institutions fonctionnent assez bien, est en revanche sur le chemin du redressement. Mais il lui faut écourter le mandat de son président actuel, Jacob Zuma, qui aura dévoyé la fonction, et transmettre au plus vite le relais à Cyril Ramaphosa, dont on attend beaucoup. Vu ce que l’on sait de lui et ce que lui prêtent ceux qui l’ont vu et entendu, l’espoir est permis.

Passons aux dirigeants. La fonction de chef d’État est désirée par ceux et celles qui l’assument, enviée par ceux et celles qui regardent ou subissent ces derniers.Depuis l’assassinat de John F. Kennedy, il y a cinquante-quatre ans, ses homologues dans les pays où la démocratie est installée quittent le pouvoir à la date impartie et terminent leur vie paisiblement, dans leur pays.

Mais quid des chefs d’État des nations dites sous-développées ou émergentes ? Leur sort est plus incertain, comme le montre le tableau ci-contre.

Ils sont donc quatorze à avoir été renversés et, pour certains, tués, en dix ans, soit un à deux par an.Au cours de 2018, quels chefs d’État du Tiers Monde seront forcés au départ, victimes de vouloir s’éterniser dans une fonction à haut risque ?

Source : jeuneafrique.com

 

Les deux Nouakchott, entre luxe, misère, rigorisme et excès

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Les deux Nouakchott, entre luxe, misère, rigorisme et excès La ville de Nouakchott frôle actuellement le million d’habitants. Il y a cinquante ans, elle abritait moins de cinq mille âmes. Tous les maux et contrastes s’y entassent aujourd’hui.

Des mauvaises influences, des mœurs en dépravation, du mimétisme et des comportements les plus extrêmes tapent aux portes de toutes les maisons et de tous les quartiers et communautés sans exception aucune. Meurtres, vols à l’arraché, cambriolages, prostitution, mendicité, adultère, trafic de drogue, gangstérisme, sont à l’assaut des quartiers riches ou pauvres.

Les couches les plus riches s’installent davantage dans l’opulence, tandis que les déshérités sombrent dans l’inconnu risqué et les contre-valeurs éthiques. Radioscopie d’une société urbaine en transformation. La ville compte plus d’une quarantaine de quartiers officiels et non officiels.

Toutes les composantes nationales s’y empilent : Beïdanes, Harratins, Poulars, Soninkés, Wolofs, non nationaux- maghré- bins, ouest-africains et subsahariens, etc. Suivant son origine, chaque communauté marque d’une pierre blanche son quartier ou son arrondissement par les couleurs de son terroir, un mode de vie qu’on peut qualifier de « rirurbanisation ».

Associations et activités culturelles aux couleurs du village s’installent, témoignant de l’attachement à la ville, au village ou campement d’origine. Comme toutes les capitales du sud, Nouakchott crée, hélas, une communauté d’habitants urbains en perte de valeurs du terroir.

Une bombe à retardement pour le pouvoir central. La capitale donne l’image d’une mégalopole, mais conçue avec le dessin d’une épée de Damoclès. Tel dans le film Blade Runner de Ridley Scott, dans sa croissance, Nouakchott devient le centre de tous les crimes, de dépravations des mœurs.

Pas un jour ne passe sans que la police n’enregistre des cas de viol, trafics de drogue, de vols, ou ne coffre de prostitués. Faits de société ou simple influence exogène, en traversant la capitale, on ne peut empêcher nos regards de se river sur des femmes tirant des paquets de cigarettes de leurs soutiens-gorges, ou de leurs voiles, des jeunes filles portant des pantalons serrés, mais également celles portant des pantalons sous des des voiles trop transparents.

Quand aux adolescents, leur modernité serait de tomber le pantalon au beau milieu des fesses, slip dehors. La ruée vers les smartphones de luxe, les belles voitures, serait une sorte de cache-sexe de la misère sociale.

La ville de Nouakchott n’est certes ni Brasilia, ni Mexico, ni non plus Los-Angeles, avec leurs dizaines de millions d’habitants et leurs cortèges de suicides, de cartels de drogue et de mafias, mais elle est sur la voie de reproduire la même typologie de phénomènes sociétaux des méga-villes de ce siècle.

Ville-carrefour des «grands maux sociologiques de notre temps», selon la belle formule d’Ignacio Ramonet, Nouakchott abrite des quartiers périphériques, devenus le berceau de la pauvreté, de la marginalité, de l’insécurité, de la pollution, du désarroi, etc.

Le conglomérat des quartiers périphériques tels Mellah, Hay Saken, PK, Kebba, Tarahil, Kouva, Kossovo, et bien d’autres cités, témoigne, à bien des égards, de la croissance démographique et de l’occupation spatiale hallucinante de la ville.

Drôle d’histoire ; ces cités foncièrement pauvres, réputées dangereuses et regorgeant de tous les comportements déviant implacablement les mœurs sociales et les valeurs du terroir, portent en leur sein, une nouvelle idéologie ; celle de l’anticapitalisme, de l’antirichissime et de l’anti-libertinage mais également les contrevaleurs traditionnelles, « les excès des mœurs légères ».

Raison pour laquelle, il est désormais facile de recruter dans ces quartiers des jeunes orthodoxes fanatiques islamistes « prêts à se faire exploser », comme des prostituées, de trafiquants de drogue, de gangs, de voleurs et de casseurs de biens publics, entre autres ; parce que la pauvreté fabrique des proies faciles pour les malfrats.

De l’autre coté, Tafragh Zeina, Ilot K, Socogim, Lixar…. constituent les quartiers luxueux où habitent des citoyens « aisés » ravitaillés régulièrement en eau et en électricité et dont la plupart des villas somptueuses sont protégés par les patrouilles de la police et surveillés par les vigiles. Le fossé entre les riches et les pauvres, entre quartiers chics et cités bâties dans des endroits squattés « Gazra», s’approfondit.

La liaison entre quartiers du centre-ville et ceux périurbains est quotidienne. Elle crée l’échange classique entre le poumon économique de la capitale et sa périphérie. Toutefois, elle ne permet pas le transfert des activités et des services sociaux de base vers les quartiers périphériques.

Ceux-ci abritent d’ailleurs les taux les plus élevés de la déperdition scolaire, de l’analphabétisme, le plus grand nombre de violence, de vols, de prostituées, d’escrocs, etc.

Tant que de vraies politiques sociales ne seront pas mises en place ou renforcées dans ces espaces périurbains, la ville de Nouakchott, continuera à souffrir de sa croissance informelle, à suffoquer, comme attaquée par une peste, de ses maux sociétaux et, enfin, à vomir les souffrances de ses habitants pauvres qui s’entrechoqueront avec les plus aisés et le pouvoir central. Tous les ingrédients d’un télescopage social et d’une révolte des « damnés urbains » sont plus que jamais réunis.

Dr Ousmane Wagué

Source : Les Mauritanies