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Ghazwani ne se fait pas vacciner contre le Corona

En première ligne dans la lutte contre le coronavirus en Mauritanie, les professionnels de la santé ont reçu, vendredi 26 Mars, les premières doses du vaccin chinois Sinopharm. Amadou Mamadou Ndiaye, figure de la lutte anti-Covid et responsable du site d’isolement du Covid-19,  et le spécialiste en anesthésie-réanimation, Mohamed ould Bebaha,« deux références dans le domaine », ont été les premiers mauritaniens à se faire vacciner, certifiant par la suite que « le vaccin ne présentait aucun danger ».

C’est par contre sans se faire lui-même vacciner que le président Ghazwani  a lancé la campagne de  vaccination. Ce qui a suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion. Pour dissiper d’éventuels malentendus et équivoques, le ministre de la Santé est monté sur ses grands chevaux pour « justifier »cette étonnante attitude. « Le président de la République n’a pas pris le vaccin », estime-t-il dans une interview accordée à la chaîne El Mouritaniya, « par respect aux dispositions du plan de la campagne ».Mohamed Nedhirou ould Hamed a affirmé que la priorité de vaccination sera donnée au personnel médical puis aux personnes âgées, notamment les malades.

Après les professionnels de la santé, la deuxième phase d’immunisation de la population mauritanienne va donc cibler les personnes âgées, les malades souffrant d’affections chroniques et les couches vulnérables. La campagne commencera à Nouakchott et s’étendra sur le reste du pays dans quelques jours.

« Seuls ceux qui le souhaitent seront vaccinés contre le virus », affirmait, fin Janvier 2021, le directeur général de la Santé publique, Sidi ould Zahaf. Et Nedhirou d’attester, lui aussi, que « ce vaccin ne comporte aucun risque pour la santé, n’a pas de complications négatives et son efficacité est reconnue au niveau mondial. Tout le monde doit se rassurer ».La Mauritanie avait reçu, de Sinopharm, un premier lot de vaccins composé de 50.000 doses ARM suffisantes pour vacciner 25.000 personnes. Elle doit en recevoir 800.000 doses dans le cadre de l’initiative internationale COVAX.

Mystère autour de la tentative ratée d’un pirate de l’air

Souleymane ould Sidi Baba, l’homme qui s'est emparé,  jeudi 25 Mars,  d'un avion de type Embraer de Mauritania Airlines International, sur le tarmac de l’aéroport international de Nouakchott-OumTounsy, menaçait d'y mettre le feu. On avait, dans un premier temps, annoncé qu'il s'agissait d'un citoyen américain. En fait bel et bien de nationalité mauritanienne, Souleymane ould Sidi Baba  aurait posé cet acte après plusieurs tentatives infructueuses de se rendre aux États-Unis, révèle sa famille. Animé par ce désir, il aurait, après des années d'apprentissage de la langue anglaise, sillonné beaucoup de pays africains pour trouver un moyen d'aller en Amérique par voie maritime dans une embarcation de fortune. En vain, précise sa famille citée par Alakhbar. Écartant toute piste criminelle, elle a indiqué que « le jeune homme n’était pas armé, mais simplement animé par un fort désir d’émigrer vers les États-Unis d’Amérique. […] Il ne présente aucun trouble mental ».Le ministre de l’Equipement et des Transports avait avancé l’état mental déficient du pirate pour justifier  son acte désespéré.

Selon l’AMI, Souleymane a été maîtrisé sans aucun dégât, grâce à la preste intervention du Groupement d'Intervention et de Sécurité de la Gendarmerie Nationale (GISGN).Selon le site « Essahra », c’est un des ingénieurs en service au département technique aéronautique mauritanien  qui fut le premier à mettre à nu la tentative de piratage déjouée de l'avion, dont tout Nouakchott, voire le monde entier, suit avec suspens les tenants et les aboutissements, pour cerner ses vrais contours.

« Se rendant près de l’appareil, ledit ingénieur s’est étonné de constater que le cockpit était fermé de l'intérieur », indiquent des sources présentes à l’aéroport. « Il a même entendu des bruits inhabituels provenant de l’intérieur de la cabine, ce qui ne peut se produire si l’avion n’est pas électriquement alimenté, d’où le doute qui a commencé à le hanter sur une probable tentative de détournement de l’engin », ajoute la publication. « Il décida alors de débrancher immédiatement les câbles de la batterie, afin que le pirate de l'air ne puisse décoller, et informa aussitôt les services sécuritaires présents à l’aéroport ».

Certains témoignages évoquent l’arrivée de l’intrus le lendemain (mercredi 24 Mars), à l'aéroport de Nouakchott en provenance de Conakry, précisant qu’il était resté sur les lieux, avant de parvenir auprès de l’avion ce jeudi 25 Mars. Une autre version estime que le pirate n’est autre qu’un employé de la société des aéroports, autorisé à entrer après avoir présenté sa carte professionnelle. Une troisième tient plutôt à la thèse du trouble mental et de circonstances d’accès à l’aéroport encore mystérieuses.

L'avion objet de la tentative de piratage avait atterri à OumTounsy la veille à 17h en provenance de Conakry, via Dakar, et il n’était pas prévu qu’il  effectue un vol dans la journée Il s'agit d'un Embraer E175 5T-CLO, bien connu sous le nom de Wompou, selon une source interne de l'aéroport.

Source : Le Calame

La sextape du chef de file de l’opposition secoue la Toile

La vidéo compromettante mettant en scène Brahim Bekaye Messaoud, haut cadre du parti Tawassoul et chef de file de l’opposition démocratique, fait des vagues dans le pays. Les supputations vont bon train sur les réseaux sociaux quant à l’authenticité de la sextape. Selon diverses sources, le Parquet se serait autosaisi de cette affaire en ouvrant une enquête confiée à la police judiciaire. Mais, suivant une politique semble-t-il adoptée ces derniers temps, il n’a publié aucun communiqué à ce sujet. Le journaliste Moussa Bouhli attribue le chantage à des bandes criminelles béninoises qui auraient déjà piégé d’autres personnalités mais c’est la première fois qu’un homme politique mauritanien est pris dans leurs filets.

Pour le leader abolitionniste et député à l’Assemblée nationale, Biram Dah Abeid, le chef de file de l'opposition fait l’objet d’un « ciblage pernicieux et hypocrite. […] Les bonnes et vives consciences doivent se lever comme un seul homme pour que l'État mette fin à ce genre de pratiques, en menant des enquêtes sérieuses et en infligeant des sanctions sévères aux auteurs de ces montages, à ceux qui les véhiculent, ainsi qu’aux responsables des fuites et à ceux qui s’en servent pour nuire et porter préjudice à autrui ».Artifice « fabriqué de toutes pièces », comme le dénonce Biram  suite à la visite rendue à Neteg au chef de file de l’opposition ? Une opinion que partage également le parti Tawassoul, tandis que le principal concerné n’a toujours pas réagi.

Sur sa page Facebook, Ould Bouhli affirme de son côté que la vidéo n'est pas fabriquée. Le président de l'Association des journalistes mauritaniens réitère que le chef de l'opposition a été séduit par un gang international spécialisé dans la cybernétique et qui est passé à l'offensive, suite à un refus de paiement de rançon. Ould Bekaye, conseille-t-il, doit se rendre à la réalité du scandale et l’accepter  dans un esprit sportif. Tenter de surfer sur les vagues compliquerait la question. Un autre journaliste, Ahmedou ould  Weddia, a tenu pour sa part à manifester sa solidarité envers le chef de file de l’opposition, lors d'une visite à son domicile.

Présidence de la CAF : Ahmed ould Yahya se désiste

Ce ne sera donc pas le 12 Mars prochain qu’un mauritanien prendra les commandes de la CAF. Le président de la fédération mauritanienne de football, Ahmed ould Yahya, a en effet annoncé, samedi, le retrait de sa candidature à ladite présidence confédérale, en vertu d’un accord intervenu entre les différents candidats au poste parrainé par la fédération internationale de football (FIFA).

Dans un communiqué publié à l’issue d’une rencontre le même jour à Nouakchott entre les quatre candidats, Ould Yahya s’est réjoui de leur entente à constituer une liste unique et commune pour assurer la gestion optimale de la CAF.« Ma décision », a-t-il précisé,« a été prise en concertation avec les hautes autorités de la Mauritanie et tous les autres soutiens à ma candidature, après une étude pesée des différentes possibilités et une analyse approfondie de la situation ». Et de saluer plus particulièrement l’appui du président Mohamed ould Cheikh El Ghazwani et du gouvernement mauritanien, qui « m’ont soutenu dès le premier jour […]. J’adresse à tous mes sincères remerciements et ma profonde gratitude car ils m’ont offert une grande volonté et une force sans commune mesure. […] Œuvrer pour que le football africain obtienne le respect qu’il mérite dans le Monde, voilà la plus importante aspiration de notre cher continent, et je continuerai à m’y engager sans relâche. »

Le protocole de Nouakchott propose de répartir les postes de président de la CAF au sud-africain Patrice Motsepe, premier et deuxième vice-présidents respectivement à  Augustin Senghor et Ahmed ould Yahya. Celui de conseiller du président à l’ivoirien Jacques Anouma. « Cette alliance historique est le plus grand honneur qu’on puisse rendre à l’avenir de la confédération africaine de football et au football africain », a tenu à saluer Gianni Infantino, le président de la FIFA.

Ségrégation quasi-totale à la SOMELEC

Les feux des projecteurs sont braqués sur la SOciété Mauritanienne d’ELECtricité (SOMELEC), avec  son nouvel organigramme fortement teinté de discrimination. Sur la quarantaine de postes pourvus, un seul est en effet attribué à un noir :un halpulaar chargé de mission. Aucun soninké ni  wolof. La consternation dans les milieux négro-mauritaniens a atteint son paroxysme.

Deux entités distinctes : une direction de production et transport et une autre de distribution et commercialisation, seront mises sur orbite en Septembre prochain. Plus six directions centrales, faisant passer ainsi le nombre de directeurs d’onze à dix-neuf, abstraction faite des postes de directeur général et directeur général adjoint. Le nombre de conseillers passe de six à onze et les chargés de missions de six à dix. Tous sont issus de la même communauté, comme dit tantôt. Ces derniers mois, l’exclusion et la marginalisation se sont accentuées au sein de l’administration ainsi que des forces de sécurité et de défense mauritanienne dont les cadres négro-mauritaniens sont bannis.

TM

 

Mauritanie : le conseil national de l’éducation controversé

Mauritanie : le conseil national de l’éducation controverséKassataya - L’exclusion de la coordination des associations culturelles mauritaniennes au conseil national de l’éducation qui compte 23 membres suscite des interrogations sur la crédibilité de la réforme de l’éducation nationale engagée par le gouvernement de Ould Bilal.


C’est une mauvaise nouvelle pour les défenseurs des langues nationales dans un pays à vocation multiculturelle. Une exclusion considérée par les observateurs comme une volonté politique du gouvernement d’écarter les véritables acteurs de la diversité culturelle en Mauritanie.

Le flop au niveau de la désignation des membres est assez révélateur de la nature du régime de Ould Ghazouani. Trois anciens ministres font partie des conseillers nommés par le président et quatre autres par le premier ministre.

Des nominations dès le départ qui obéissent à des critères politiques et qui ne sont que la face émergée d’une politique éducative à plusieurs vitesses. La proximité de la présidence et de la primature contribue au verrouillage d’un conseil national de l’éducation qui ne garde que le nom en faisant fi à la diversité culturelle.

Entre des formules pas claires pour désigner l’urgence d’une réforme de l’éducation et des intentions du président Ould Cheikh Ghazouani de construire un nouvel état et son ministre de l’éducation nationale dépassé par l’ampleur de la réforme, ce conseil national remet en cause l’école de la république par conséquent la chance à tous les mauritaniens de réussir.

L’exclusion de la coordination des associations culturelles ainsi que celle des enseignants est une erreur de casting politique.

La promesse électorale du président mauritanien d’unité nationale, l’utilisation désormais des langues nationales à l’assemblée nationale débouchant à la création d’un groupe parlementaire pour la défense des langues nationales, l’introduction des langues nationales dans un cycle de l’Ecole nationale d’Administration de la Magistrature et du Journalisme.

Autant de repères qui deviennent un écran de fumée masquant l’exemple de réussite dans la sous-région de l’expérience mauritanienne en matière d’enseignement des langues nationales mené par l’institut des langues nationales.

Cherif Kane

 

 

Autour d’un thé : Impact….nul

Autour d’un thé : Impact….nulLe Calame - Bon, il faut dire que sans être ni de nous ni d’eux, il ya quand même quelque chose : si l’on regarde de près, de tout près, on va croire qu’Octobre passé n’est pas comme Octobre présent. Que même le Premier ministre parti est comme le nouveau venu et que tous les deux ressemblent à la centaine d’autres, voire plus, que le pays a connu depuis son indépendance. Je m’explique.

Par exemple, il y a une semaine, le président de la République est allé en Guinée-Bissau et aujourd’hui au Koweït. Soit dit en passant, il commence à aller. Chaque fois qu’il part et revient, il est accompagné d’une délégation variablement composée, par la direction de son cabinet, de conseillers, chargés de mission et ministres.

Et, à l’aller comme au retour, le Premier ministre escorte le Président jusqu’à la passerelle, ils se disent quelque chose sans qu’on ne sache jamais quoi, puis, juste avant d’entrer dans l’avion, le Président se retourne et fait un grand au revoir auquel le Premier ministre répond par un aussi grand au revoir, balançant sa main dans le sens du vent.

Un protocole universel, paraît-il… Ensuite, le Parlement et ses sessions. Ordinaires sur extraordinaires. Et vice-versa. Examen de projets de lois. Discussions en plénières ou en commissions. Parfois très très chaudes empoignades entre les députés, au point que nous ayons peur qu’ils n’en viennent aux mains.

Surtout qu’ils en sont déjà venus aux bouches. Il paraît aussi que c’est un protocole universel et que les honorabilités sont ainsi dans leur rôle. Vingt-huit ans que les nôtres y sont. Pas toujours exactement les mêmes, certes, même si l’un d’entre eux y est depuis le premier parlement.

Enfin bref, voici, moi, ce que je veux savoir, en fait : quand le Président voyage, le Parlement se réunit ou les ministres « se conseillent », c’est en réalité quoi, en termes d’impact sur la vie des citoyens ? Je sais que ça peut paraître ringard, voire un peu con, de s’interroger de la sorte mais c’est ainsi !

Parce que, nous, le peuple ou une partie du peuple dont moi-même, cela fait tout de même plus d’un an que nous attendons. Nous avons « entendu », comme dit l’adage arabe, « un grand bruit » mais n’avons vu aucune farine.

Nomination d’un gouvernement. Puis renomination d’un autre gouvernement, avec changement de Premier ministre. Puis commission d’enquête parlementaire avec toutes les péripéties qui s’en suivirent : convocations et reconvocations de la junte de la dernière décennie, insultes croisées, manœuvres de dédouanement, accusations des uns aux autres. Toi t’as menti, moi j’ai raison.

Toi grand voleur, toi petit escroc. On dit ici, chez nous, au pays des millions de cités dans le rapport de la CEP, que « beau ton argument, s’il échappe à celui de ton ami ». Nominations. Puis dénominations. Concours d’officiers ou de sous-officiers puis compositions et examens nationaux, fuite encore d’un sujet sans pouvoir en trouver l’instigateur(trice).

L’hivernage bon ici, mauvais là-bas ; vaste mouvement au sein de la police ou dans les régions militaires ; un coordinateur général nommé pour le programme national de la Relance doté de plus de deux cents milliards, et que ceci ou que cela.

Comme quoi les ex-ministres et leur ex-Président se sont copieusement et à qui mieux mieux arrachés les cheveux pour se disculper des lourdes charges dont on les a accablés ou que les ministres et leur cabinet, les directeurs généraux et leur conseil d’administration, les états-majors et leurs généraux, les bureaux de renseignements et leurs maquereaux et bien d’autres encore continuent à faire exactement semblant de bien faire aller les choses.

Mais toujours sans le moindre impact perceptible sur la vie des gens. Le peuple s’impatiente... Salut.

Sneiba El Kory



 

Autour d’un thé : Dîner

Autour d’un thé : DînerLe Calame - « Impossible de faire une omelette sans casser des œufs », dit le vieux dicton français. C’est tellement simple, tellement évident, tellement comme ça que c’est ça. Et si c’est ainsi, comment le Premier ministre pourrait-il donner dîner sans dépenser un sou ? Hé, dîner premier ministériel n’est pas n’importe quel dîner !

Tout comme Messieurs, Mesdames les convives, députés du peuple qui viennent juste d’adopter la politique générale du Premier ministre. « Un cheval incapable d’en retourner un autre n’est pas noble ».

Et « qui ne reconnaît pas le bien qu’on lui fait est un hrami » (un peu comme un bâtard…). Quand un Premier ministre donne dîner, il s’y trouve tout ce qu’«un œil n’a vu, ni une oreille entendu ni passé par l’esprit d’un humain ».

Attention, les cent vingt millions dont parlent certains ou la fameuse facture de quelque cinquante-cinq millions que les services ont fait fuiter, il y a tout là-dedans !

Faites bien vos comptes : boubous et pantalons, retournés ou pas retournés, de tous les députés, opposants et majoritants ; leurs montres, chemises, parfums, caftans ; turban du président de l’Assemblée et ses babouches made in Morrocco ; voiles, robes, colliers, bijoux et autres petites indiscrétions des honorables Mesdames les députées.

Ensuite, les petits quelques choses de tout celui ou celle qui a participé, de près ou de loin, à la préparation dudit dîner. Depuis le secrétaire à quelqu’un de là-bas, en passant par le chauffeur, le planton, le comptable, le directeur administratif et financier, le directeur de cabinet et Madame, plus encore quelqu’autre...

Bref, tout ça pour dire qu’un dîner de Premier ministre, Ce n’est pas n’importe quel dîner. Et je vais vous révéler un gros secret. Bon, en fait un gros secret de Polichinelle.

Vous savez, ce qui a tué la Mauritanie, des indépendances à aujourd’hui, ce qui l’a laissée « sur la trace » des nations, ce qui fait qu’aujourd’hui ses plus grandes villes n’ont pas d’assainissement et nagent honteusement à la moindre intempérie, que nos écoles ne sont plus rien, que nos dispensaires et simulacres d’hôpitaux ne ressemblent à rien de sérieux ou que nos administrations sont exactement comme nous, vous savez c’est quoi ?

Ben justement les dîners, petits déjeuners, déjeuners, thés, cafés, kinkélibas, tisanes, méchouis, couscous, zrig « en chaque bureau, s’il vous plaît ! » Un sandwich-bureau, ça coûte beaucoup, un thé bureau aussi.

Et c’est comme ça sur tout projet de construction de pont, route, école, établissement sanitaire, stade ou digue de rétention des eaux de pluie. Selon vous, combien ont coûté la chemise, le képi griffé Lacoste du président de la République, son pantalon avec lesquels il a visitationné Bassiknou et Adel Bagrou ?

Et sa montre qui ne devait surtout pas craindre de tomber à l’eau ? Chaque président mauritanien a son style, comme il a ses proches, ses hommes et femmes d’affaires, conseillers, amis, confidents…La tradition des dîners officiels, c’est toute une histoire… qui ne date pas que de ce denier Premier ministre.

Cent vingt millions engloutis en boissons, thés, viandes, poissons, poulets, fruits, eaux et l’on ne sait quoi encore…

Ça pèse combien en tables-bancs, masques chirurgicaux, de lits d’hospitalisation, ambulances, forages, camions-citernes, pelles, brouettes, charrettes, ânes, vaches ou chèvres ? Un diner à cent vingt millions ou même juste cinquante-cinq millions, « ça sonne très mal à l’oreille », comme disait feu mon illustre instituteur.

C’est comme un stylo vendu 10 MRU à la boutique du coin qui se retrouve surfacturé outrageusement à 100 MRU par le comptable ou le fournisseur de n’importe quel département. Bon appétit aux convives du dîner du Premier ministre ! Salut.

Sneiba El Kory

Mauritanie : le plébiscite de Ould Djay par la SNIM fait polémique

Mauritanie : le plébiscite de Ould Djay par la SNIM fait polémiqueKassataya - Le conseil d’Administration de la SNIM vient de renouveler sa confiance à son ADG à l’issue de son assemblée générale annuelle dans un contexte politique tendu où Ould Djay est placé en contrôle judiciaire par la police des crimes économiques et financiers.

Pour les observateurs c’est un camouflet au rapport de la commission d’enquete parlementaire qui cite l’ancien argentier de Ould Aziz dans plusieurs scandales financiers et fonciers. Un pied de nez au parquet général qui sait que cet ancien bras droit de l’ancien président est au cœur de l’empire économique de l’ex-president.

C’est l’ancien ministre des finances le plus cité dans plusieurs contrats juteux des marchés de gré à gré dénonces régulièrement par la presse et l’opposition. Les observateurs s’interrogent sur ce blanc-seing des administrateurs de la SNIM qui ne sont pas sans savoir que leur patron est placé sous contrôle judiciaire.

Ce qui a déclenché la suspicion de la Banque européenne d’investissement et le blocage du prêt de 59 millions de dollars. Une enveloppe que le fleuron de l’industrie mauritanienne risque de perdre à moins que son ADG soit lavé de tout soupçon.

Ce renouvellement de confiance suscite même d’autres inquiétudes des observateurs qui pointent déjà après un mois d’enquêtes préliminaires du parquet un blocage juridique qui pourrait relever de la procédure de l’enquête parlementaire.

Cherif Kane

Pandémie Covid-19 Mauritanie : le contrat mirobolant de tricycles de l’intérieur refait polémique

Pandémie Covid-19 Mauritanie : le contrat mirobolant de tricycles de l’intérieur refait polémiqueKassataya - Au moment où la traque des crimes économiques bat son plein à Nouakchott les observateurs ne manquent pas l’occasion de revenir sur un contrat du ministère de l’intérieur en pleine pandémie relatif à l’acquisition de 100 tricycles avec la société Waw international Mauritanie.

Les observateurs sont surpris par la rapidité avec laquelle s’est passée ce contrat juteux de plus de 2 millions nouvelle monnaie l’unité alors que le prix réel est estimé sur le marché à moins de 800 000 nouvelle monnaie.

Malgré ce surcoût la commission de contrôle des marchés publics a donné son feu vert. C’est la gestion des choses publiques qui est pointée du doigt dans un contexte de la covid-19 qui ne cesse de progresser malgré toutes les mesures de prévention.

Cette polémique refait surface au moment où la traque des crimes économiques du régime de Ould Aziz avance à grands pas avec au moins une dizaine d’anciens ministres placés sous contrôle judiciaire.

Comment les nouvelles autorités peuvent-elles faire croire aux mauritaniens qu’elles ont tourné la page de la gabegie et de la corruption avec un contrat aussi juteux de gré à gré qui souffre de transparence.

Le ministre de l’intérieur est appelé donc à donner plus d’explications sur les tenants et les aboutissants de ce marché qui pourrait ternir l’image d’un gouvernement qui se veut propre.

Cherif Kane

Source : Kassataya

Commission… médicale ?

Alors qu’on la croyait morte et enterrée, la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur un certain nombre de dossiers et d’affaires louches qui ont émaillé la dernière décennie refait à nouveau surface. Devant les atermoiements du gouvernement, très hésitant avant de sauter le pas, on avait fini par croire qu’elle ne verrait jamais le jour. Et que les menaces d’Ould Abdel Aziz lors de sa dernière conférence de presse n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. L’ex-Président avait en effet laissé entendre que la mise en place d’une telle commission risquait d’avoir un effet boomerang préjudiciable à beaucoup de monde, y compris parmi ceux qui entendaient fouiner d’un peu trop près dans sa gestion ; catastrophique, soi dit en passant. La commission a été finalement portée sur les fonts baptismaux la semaine dernière, après de longs et houleux débats sur sa composition. L’UPR, le parti ayant la plus forte représentation parlementaire, cherchait à en avoir, non seulement, la présidence mais, aussi, la majorité des membres. Un vœu exaucé (5/9), tandis que la tête de file échoit à Yahya ould El Waghf, frais émoulu de l’opposition. Un choix loin d’être fortuit. Dernier Premier ministre de Sidioca renversé par Ould Abdel Aziz en 2008, Yahya fut en effet envoyé en prison par celui-ci, lors de l’affaire dite du « riz avarié ». Puis libéré sans que sa responsabilité ne soit établie et avant qu’il ne soit jugé dans le cadre d’un arrangement consécutif aux accords de Dakar. Si le moins qu’on puisse dire est qu’il a une vieille dent contre celui qui le jeta en prison et ruina sa réputation, il ne veut pourtant pas voir les choses sous cet angle. Dans une déclaration à la presse, Ould El Waghf tient à préciser que la commission n’a pas vocation à faire le procès de la décennie mais à juste se pencher sur divers secteurs, conformément à la mission du Parlement. Elle ne passera donc au peigne fin que le Fonds des revenus pétroliers, la vente des domaines de l’État à Nouakchott, les activités de la société de pêche Poly Hondong, la gestion de la fondation de bienfaisance de la SNIM, le marché d’électrification publique à partir de l’énergie solaire, celui de la gestion du quai des conteneurs du Port Autonome de Nouakchott et la liquidation de  la SONIMEX. Elle aurait pu s’intéresser aussi à Afroport à qui fut cédé gracieusement l’aéroport de Nouakchott, au foncier de Nouadhibou, au marché de la centrale duale de Nouakchott, au canal d’irrigation de Keur Macène, au barrage de l’Oued Seguelil, à la voirie de Nouakchott, à la liquidation de l’ENER, aux avions de la MAI, etc. La liste est longue des méfaits d’un pouvoir qui, tel un cyclone, a tout ravagé sur son passage, laissant, derrière lui, une ardoise salée – plus de cinq milliards de dollars de dettes ! –dont l’encours risque de grever sérieusement le budget de l’État au détriment des secteurs sociaux.

Les six mois impartis à cette commission pour éclairer notre lanterne seront-ils suffisants ? Aura-t-elle droit à un délai supplémentaire pour finaliser son travail ? Et, dans l’hypothèse où le rapport voit enfin le jour, sera-t-il suivi d’effet s’il s’avère que certains de ceux encore aux affaires ont trempé dans des malversations ? En attendant, prions pour qu’il ne subisse pas le sort des précédents : Cour des comptes et IGE ; qui ont clairement montré du doigt des prédateurs apparemment recyclables. À y voir de près, ce n’est pourtant plus du recyclage mais de…l’acharnement thérapeutique !

Ahmed Ould Cheikh

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Mauritanie : Nouakchott supprime le visa avec les émirats

Mauritanie : Nouakchott supprime le visas avec les émiratsKassataya - La suppression de visas entre la Mauritanie et les Émirats arabes unis est considérée par les observateurs comme une diplomatie gagnante perdante de Nouakchott et une réponse à Abu Dabi pour son aide de 2 milliards de dollars pour des projets d’investissement et de développement.

Pour sa première sortie officielle dans un pays arabe depuis son élection c’est un succès diplomatique pour Ould Ghazouani.Le choix des Émirats arabes unis n’est pas du au hasard. Les relations bilatérales entre les deux pays sont au beau fixe depuis des années.

Et puis Abu Dabi est le plus grand investisseur en Mauritanie avec l’Arabie saoudite. C’est à fois un choix diplomatique et stratégique pour les 2 deux dirigeants.

Dans un contexte où la Mauritanie se trouve dans une impasse économique qui résulte de 11 années de gabegie et de corruption de son prédécesseur l’aide de 2 milliards de dollars des Émirats est un ballon d’oxygène pour faire face aux difficiles réformes déjà engagées par le gouvernement. Une manne financière qui va soulager le trésor public mauritanien quasi vide depuis quelques années.

En contrepartie les émiratis pourront venir en Mauritanie sans visas pour y investir ou y séjourner alors que la carte de séjour est obligatoire pour les ressortissants de l’Afrique subsaharienne. Les observateurs dénoncent une politique étrangère de Nouakchott à deux visages.

Mais c’est surtout le domaine militaire qui intéresse les Émirats qui envisageraient de construire une base militaire au Nord du pays bien que démenti par Nouakchott avant la visite du président. Un vieux rêve d’Abu Dabi qui entend jouer une première place en Afrique saharienne et subsaharienne.

C’est gagnant pour Abu Dabi en quête d’une position stratégique entre la Mauritanie l’Algérie et le Mali et perdant pour Nouakchott qui devra se souvenir de l’Algérie visée par l’installation de cette base et la Tunisie qui se méfie des visées hégémoniques d’Abu Dabi au Maghreb.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)