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Chronique

L'Editorial du Calame: Gabegistes sous tous rapports

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L'Editorial du Calame: Gabegistes sous tous rapportsLe Calame - Accablants. Et fort révélateurs, les derniers rapports de la Cour des comptes qui ont fuité (à dessein?). Ils ont remis sur terre ceux, très peu nombreux, estimant encore que les slogans de lutte contre la gabegie et les détournements de deniers publics, si galvaudés au cours de la dernière décennie, étaient autre chose que de la poudre aux yeux.

L’étude a révélé, à la face du Monde, que malgré les « bonnes » intentions, aucun ministère ou société publique n’a échappé à cette entreprise de prévarication à ciel ouvert. Tout y est passé : surfacturations outrancières, dépenses incongrues, contrats léonins, marchés de gré à gré injustifiées...

Les contrôleurs de la Cour des comptes en sont restés bouche bée. Seules la Présidence et la Primature ont été épargnées. Savez-vous pourquoi ? Tout simplement parce qu’elles n’ont pas été contrôlées. Rien n’indique pourtant qu’elles se révèleraient des îlots de bonne gestion dans un océan de forfaitures.

Le mal est beaucoup plus profond qu’on ne le pense. Certes, la presse et les réseaux sociaux n’ont cessé de lancer des alertes sur tel ou tel cas de mauvaise gestion ou de marchés de complaisance mais personne ne pouvait imaginer l’ampleur du gâchis.

Il en serait ainsi resté, si la Cour des comptes n’avait pas publié (par inadvertance ?) ses rapports couvrant dix ans (2007-2017) de gabegie sans nom. La preuve ? Ils ne sont plus accessibles. Comme si l’on voulait réparer une faute, en donnant l’impression qu’elle fut involontaire.

Mais en tout état de cause, elle a douché les ardeurs des plus convaincus partisans de l’ex-Président Ould Abdel Aziz et sans doute de ce dernier qui, après trois mois d’absence, commençait à se faire un peu trop bruyant.

Il fallait bien lui envoyer un signal fort pour lui rappeler qui était aux commandes lorsque les maigres ressources du pays étaient dilapidées par ceux-là mêmes qu’il avait choisis.

Et, à part quelques malchanceux qui ont été épinglés sous son magistère (avant d’être rapidement réhabilités), rien ne donnait l’impression que sa démarche dans la lutte contre la gabegie était empreinte de sérieux. Elle était même très sélective.

Le clan avait droit à tout et ceux qui servaient ses intérêts étaient intouchables. Les rapports de la Cour des comptes ou de l’IGE qui les épinglaient étaient mis sous le boisseau. Certains d’entre eux gardent même (haut) pignon sur rue. D’autres sont encore aux commandes.

Dans n’importe quel autre pays du Monde, de telles révélations donneraient lieu à un branlebas de combat, démissions en cascade, procès à la pelle, peines de prison et fortes amendes.

Mais nous sommes en Mauritanie. Où la superbe, aussi cynique soit-elle, suffit à balayer toute objection. Ainsi le clan d’Ould Abdel Aziz se targue-t-il aujourd’hui d’avoir fondé et dynamisé la Cour des comptes afin d’éradiquer la mauvaise gestion ; mais il omet « naturellement » de citer ce qui s’est passé et se passe autour de son chef.

La réalité était que les « commissions et la corruption furent l’exclusivité d’Ould Abdel Aziz et du clan » : le marché de l’aéroport, les ventes des écoles, celles du stade olympique et de l’école de police, la caserne de la gendarmerie d’escorte, la cite fanfare et... cie, en passant par Polyhondone, Sunrise, sans oublier, bien sûr, les comptes bloqués par les Américains à Dubaï et le pactole caché au Swaziland avec lequel nos rapports se sont subitement réchauffés, alors que rien ne nous lie : ni l’histoire, ni la géographie, encore moins l’économie…

Des « placements » négociables, donc, à l’heure des comptes en Cour ? On en est probablement là.

Ahmed Ould Cheikh
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Autour d’un thé : Ex-président

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Autour d’un thé : Ex-présidentLe Calame - Au pays des Nou’z’autres, les gens vivent de rien. De futilités. Sinon comment comprendre que depuis maintenant tout ce temps – je ne sais pas combien – tout le monde : le Président, les ministres, les hauts fonctionnaires, les militaires, les civils, les opposants, les « majoritants », les petits et les grands, les malhonnêtes et les honnêtes, les hommes et les femmes d’affaires, les agriculteurs, les éleveurs, les gens des quatre points cardinaux, les diables et les diablesses et tout ce que chacun de nous peut imaginer ; en sont toujours à parler d’un ex-président ?

Pour dire quoi de lui ? Que c’est un démocrate qui a accepté de faire passer pacifiquement le pouvoir…. « Ya khouti » (Ô mes frères), vous êtes morts de mensonge ! Et vous savez pourquoi ? À blatérer sur cette histoire de décennie qui ne finit pas.

On sait, chez nous, que les retraités passent leurs premiers mois de retraite à radoter, à délirer, à raconter n’importe quoi. Mais que toute une république radote, délire, déraisonne, ha ! Un peuple fatigué qui s’occupe de choses à ce point inutiles !

Le nouveau Président parle bien français : cela ne règle pas les problèmes. Il est bien poli et bien éduqué : est-ce justement cela qu’il nous faut ? Ni la politesse, ni l’éducation, ni encore moins l’intelligence n’ont jamais construit les États. Laissez l’ex-Président dire et faire ce qu’il veut.

Le temps lui apprendra rapidement qu’il n’est qu’un ex-Président. Laissez-le faire ses dîners avec qui il veut et passer ses fins de semaine là où il veut. Laissez-le faire la politique comme il veut. Il saura, à ses dépens, que la fin justifie les moyens et qu’il n’est, en réalité, qu’un ex-Président.

N’insultez pas l’histoire, s’il vous plaît. Les « gens » qui appellent à une commission d’enquête sur la gestion des dossiers de la décennie sont, à quelques personnes près, ceux-là mêmes qui faisaient le panégyrique du Président-fondateur, après avoir appelé à la formation de plusieurs autres commissions, pour éplucher les gestions de bien d’autres ex-Présidents.

Allah fasse que nos connaisseurs meurent ou oublient ! Les « gens de Toueimirtt » se connaissent. Taisez-vous et laissez le temps faire entendre à l’ex-Président qu’il n’est plus qu’un ex- Président. « Ghazouani la twelli » : Ghazouani ne recule pas.

Nos Présidents se suivent et se ressemblent. Moi, je ne comprends pas pourquoi préfèrent-ils toujours réserver leur première sortie médiatique à des organes de presse étrangers. Comme si nos journalistes nationaux étaient comme nos médicaments nationaux : périmés et contrefaits.

Si un peuple n’a confiance ni en sa presse, ni en son système de santé, ni en son système d’éducation, comment cela peut-il aller ? Je ne comprends pas pourquoi faille-t-il appeler un journaliste du Monde pour lui dire que les derniers mouvements au sein de notre armée sont une mesure de routine, qu’il y a effectivement une petite divergence de points de vue entre un nouveau et un ex-président, que l’opposition doit rester l’opposition ou qu’un dialogue politique n’est pas d’actualité et pas si opportun que le pensent certains.

Moi, je suis poli et bien éduqué, si tant est que cela soit important. Je n’irai donc pas jusqu’à dire que nos Présidents sont complexés. Mais, en tout cas, il y a problème. Certes, l’opposition existe, jusque dans la presse.

Tous comme les ennemis, nationaux et internationaux. Ceux-là qui peuvent augmenter, diminuer ou même carrément détourner. Mais il y a, quand même, l’AMI, la Mauritanienne, Radio-Mauritanie. Et c’est avec tambours et trompettes qu’on a fêté, voici à peine quelques jours, notre indépendance ! Souveraineté, souveraineté…

A-t-on jamais vu un Président français annoncer des choses françaises via Le Calame ou Al Akhbar ? Voilà tout un programme, monsieur l’ex-Président : reviens, ils sont en train de nous brader à l’Occident ! Recrutement de quatre cents imams et de quatre cents muezzins ! C’est depuis quand qu’on est payé pour appeler à la prière ou la diriger, dans une République islamique ? Signe des temps… Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

De plus en plus isolé, Aziz refuse de rendre les armes…

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De plus en plus isolé, Aziz refuse de rendre les armes…Le Rénovateur Quotidien - L’ex- président Mohamed Ould Abdel Aziz est de plus en plus éloigné de l’épicentre de son Parti faute d’avoir réussi à maitriser la situation.

Refusant de se résoudre à l’évidente réalité du jeu politique et de se ranger sans orgueil, en bon perdant, il s’obstine à engager une bataille perdue d’avance et qui risque de précipiter son naufrage politique.

Seul abandonné comme un caïman loin des eaux, il ne doit son salut qu’à la soumission à la sagesse qui commande aux hommes de raison convaincus que le pouvoir est périssable et qu’une fois qu’on le quitte, on doit tourner la page et s’occuper d’autres affaires plus personnelles.

Autrement c’est courir à sa perte. Quand le virus politique hante un président qui vient de quitter fraichement le palais, soit il a des remords prématurés, soit il se croit toujours dépositaire de « l’ordre national du changement ». L’histoire ne bégaiera pas cette fois au sommet.

Les deux hommes qui se sont fait passer le flambeau se connaissent bien. Ils ont ensemble échafaudé des plans réussis pour présider aux destinées du pays. Le deal a marché jusqu’au jour où l’un ne trouva pas meilleur successeur que l’autre. Ce tandem allait-il rompre les amarres quelques mois seulement après la passation du pouvoir fêtée en grande pompe comme pour immortaliser une fidélité réciproque. Qui a semé les germes de la discorde ?

Quand un homme décide de quitter paisiblement le pouvoir même avec amertume, il doit éviter de tomber dans les travers de la tentation d’y revenir sans moyens pour ne pas s’exposer au ridicule. Mieux serait alors de s’y agripper fatalement pendant qu’il régnait en seigneur sachant bien que la chute n’était pas loin que de se cabrer sur une scène politique où les laudateurs d’hier deviennent les snipeurs impitoyables.

Le dernier carré des fidèles de l’ancien président n’a que quelques jours pour se rendre armes et bagages chez Ghazouani devenu maitre de la situation. Aziz est-il aussi impertinent pour croire qu’il a toujours la même autorité sur les cercles du pouvoir qu’il a laissés à son successeur ? C’est tout comme…

Source : Le Rénovateur Quotidien (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : Ould Ghazouani rate l’occasion de réconcilier tous les mauritaniens

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Mauritanie : Ould Ghazouani rate l’occasion de réconcilier tous les mauritaniensKassataya - C’est un président mauritanien retranché dans le traditionnel message à la nation à l’occasion de la fête de l’indépendance et derrière lequel les observateurs pointent une absence de geste politique sur le règlement du passif humanitaire qui empoisonne la vie des mauritaniens depuis presque 30 ans.

Ould Ghazouani s’est contenté de lancer la locomotive de mise en œuvre de son programme électoral selon ses propres termes.

Les observateurs tout comme l’opposition mauritanienne, les organisations de la société civile, des droits de l’homme n’ont pas apprécié sur le fond le premier discours de Ould Ghazouani pour souffler les 59 bougies de l’accession du pays à la souveraineté nationale.

Un message au peuple mauritanien qui ne rompt pas fondamentalement avec les habitudes manœuvrières de son prédécesseur sur le règlement du passif humanitaire comme l’a reconnu auparavant l’UFP dans sa déclaration à l’occasion de l’anniversaire des crimes commis contre les 28 soldats noirs en 90 à Inal au Nord du pays pour célébrer le 28 novembre. Un silence révélateur de deux commémorations.

L’indépendance et une journée de deuil national pour la communauté négro-africaine dont les blessures profondes n’ont pas trouvé un écho dans le message à la nation. Ould Ghazouani se contentant de lancer la locomotive de mise en œuvre de son programme électoral comme en témoignent les 100 premiers jours de sa mandature.

Pas de geste politique mais le changement dans la continuité d’une gouvernance plus technocratique donc de résultats.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Édito - Présidentielle en Algérie : comment sortir de l’impasse ?

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Édito - Présidentielle en Algérie : comment sortir de l’impasse ?Jeune Afrique - Obstination et aveuglement, côté pouvoir. Intransigeance et mobilisation, côté population. Alors que la campagne pour l'élection présidentielle du 12 décembre a débuté depuis plus d'une semaine, la situation ressemble fort à une impasse, que le pays n’a guère le loisir de s’offrir.

« Notre peuple, toutes catégories confondues – hommes, femmes, étudiants et vieux [sic] – , est sorti dans la cohésion et la solidarité avec son armée pour exprimer sa volonté de voter massivement le 12 décembre. » Chef d’état-major de l’armée et véritable homme fort de l’Algérie, Ahmed Gaïd Salah est passé maître dans l’art du dithyrambe quand il s’agit du peuple algérien.

À moins qu’il ne soit un fervent sectateur d’Émile Coué de la Châtaigneraie (1857-1926) et de sa célèbre méthode.

À force de seriner qu’un formidable « élan populaire » en faveur de la présidentielle balaie le pays, que se multiplient spontanément à travers tout le territoire « les marches populaires » (la répétition est capitale dans le registre de l’autosuggestion) pour soutenir l’armée, sans doute finira-t-il par s’en convaincre lui-même. Quant à la rue, la vraie, c’est une autre affaire…

Situation alarmante

Vendredi 15 novembre, pour la trente-neuvième fois d’affilée, des millions d’Algériens ont défilé pour réaffirmer leur détermination absolue. Ils exigent la fin du système politique en vigueur depuis l’indépendance, le départ de tous ceux qui en sont issus – parmi lesquels Gaïd Salah lui-même, Abdelkader Bensalah, le président par intérim, et toute l’équipe gouvernementale – , la mise en place d’un régime civil et d’une transition gérée par des personnalités indépendantes.

Autant dire un reset total, à la vérité peu probable. Et ne parlons même pas, dans le peuple algérien, du rejet absolu de la présidentielle du 12 décembre ! Obstination et aveuglement, côté pouvoir. Intransigeance et mobilisation, côté population. Cela ressemble fort à une impasse, que le pays n’a guère le loisir de s’offrir, tant la situation économique est alarmante.

Défiance générale

Cinq prétendants sont pourtant entrés en campagne ce 17 novembre. Avec les moyens du bord et dans un climat de défiance générale. On a rêvé meilleure séquence démocratique, pour un pays qui traverse une période charnière et aspire à repenser de fond en comble son modèle politique et son projet de société. Aucun ne vient de la société civile. Encore moins des rangs des contestataires. De près ou de loin, tous sont liés à Abdelaziz Bouteflika.

Comment aurait-il pu en être autrement, dans un pays dirigé, vingt ans durant, par le même zaïm ? Ali Benflis et Abdelmajid Tebboune font figure de favoris. L’un et l’autre ont été les Premiers ministres de « Boutef ». Mais le premier a au moins eu le mérite de claquer la porte dès 2003. Il a même été, à cette époque, le seul à alerter l’opinion sur les dérives monarchiques du pouvoir.

Depuis, il est un opposant constant, qui en est à sa troisième candidature présidentielle. Inutile de préciser qu’en 2004 et en 2014 ses campagnes n’eurent rien d’une sinécure. Benflis dut se mesurer à la machine infernale d’un système tout entier dévoué à sa propre survie.

Les autres, Azzedine Mihoubi (ex-ministre de la Culture), Abdelkader Bengrina (ancien ministre du Tourisme) et Abdelaziz Belaïd (ex-membre du comité central du FLN), partent de – beaucoup – plus loin. Sauf coup de théâtre (mieux vaut rester prudent avec les Algériens : jamais au cours de leur histoire ils n’ont cédé un pouce de terrain à un ennemi intérieur ou extérieur), l’un de ces deux-là sera élu président. Mal élu, sans doute, contesté, probablement, mais élu tout de même.

Stratégie des petits pas

Dans l’interview qu’il nous a accordée, Ali Benflis explique les raisons qui l’ont amené à participer à ce scrutin voué aux gémonies par tous les acteurs du Hirak (mouvement de contestation) qui secoue l’Algérie depuis neuf mois. Elles peuvent se résumer à un mot : urgence !

Rien ne semblant pouvoir réconcilier les deux camps, aucune troisième voie ne se profilant, Benflis a fait un choix logique : se lancer à la conquête d’El-Mouradia pour, ensuite, être en position d’agir, de réformer, d’influer sur le cours des événements et, espérons-le, de répondre aux attentes des Algériens, ceux qui occupent la rue comme les autres.

Une stratégie des petits pas, en somme, en lieu et place de l’immobilisme prôné par les uns (pouvoir) et du « blitzkrieg (“guerre éclair”) institutionnel et humain » souhaité par les autres (la rue). Une sorte de transition qui ne dirait pas son nom.

Ce n’est sans doute pas la panacée, mais peut-être la moins mauvaise solution. Le choix de la raison plutôt que de la passion.

Par Marwane Ben Yahmed
Source : Jeune Afrique

 

 

Mauritanie : Ould Aziz sur le banc des accusés

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Mauritanie : Ould Aziz sur le banc des accusésKassataya - A peine rentré en Mauritanie après un séjour de 3 mois à l’étranger, Ould Aziz est dans le viseur des forces démocratiques pour le changement qui montent au créneau cette semaine à Nouakchott pour capitaliser sur le caractère controversé de la mal gouvernance de l’ancien chef d’Etat et relancer le dialogue politique inclusif.

Les mauritaniens ne sont pas amnésiques. Ils gardent toujours en mémoire ce départ suspect de leur ancien président avec 300 valises dans les soutes de la compagnie internationale mauritanienne considéré par les observateurs comme une fuite au lendemain de l’investiture de son successeur.

Tout le monde avait crié scandale et l’opposition remontée contre le silence de Ould Ghazouani sur les conséquences de cette mal gouvernance. Secret de polichinelle.

Le retour à Nouakchott cette semaine de Ould Aziz est mal accueilli par les Forces démocratiques du changement qui regroupent l’UFP, le RFD et l’INAD et qui réclament toute la justice contre celui qui a gouverné le pays pendant 11 ans en faisant des biens de l’Etat une propriété privée comme en témoignent le bradage de l’école publique au privé, le bradage des terres agricoles du Sud au profit des investisseurs étrangers, le bradage de la SNIM à son gendre et à une société australienne.

Ould Aziz devra répondre également à la faillite des sociétés d’Etat responsable du trou des finances publiques.

La coalition présidentielle de l’opposition ne rate pas l’occasion pour remettre à l’ordre du jour la corruption du régime de Ould Aziz et l’impunité des responsables. Une sortie médiatique qui permet au front de relancer le dialogue politique avec le pouvoir après les récentes concertations du président mauritanien avec l’ensemble de la classe politique mauritanienne.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

L'Editorial de RMI Biladi

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L'Editorial de RMI BiladiRMI Biladi - Le président Ghazouani ne cesse de charmer et de marquer des points. Aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. Invité d’honneur de la sixième édition du Forum de Dakar sur la paix et la sécurité, Ghazouani a prononcé, avec force et humilité, un discours qui a été bien apprécié et très applaudi par une assistance composée de centaines de personnalités venues de tous les coins de la planète.

A tel point qu’il a été sans conteste la vedette de cette réunion internationale de Dakar. Son nom était sur toutes les lèvres après ce baptême de feu réussi de sa carrière internationale.

Sur le plan sous régional, il a marqué plus d’un point dans le renforcement de la relation vitale de la Mauritanie avec le voisin sénégalais. Cela s’est révélé dans son discours et dans celui de son hôte le président Macky Sall.

La presse sénégalaise, généralement pas très tendre vis à vis des pouvoirs de Nouakchott, paraissait être, elle aussi, séduite par ce ‘’Nar Guénnar’’ courtois et pertinent. Le journal Le Soleil, qui a publié, mardi, un long entretien avec lui, lui a consacré un édito élogieux…

Avec de simples propos et une certaine ouverture d’esprit, Ould Ghazouani est en train de réussir là ou ses prédécesseurs ont échoué : normaliser nos rapports avec le Sénégal. Un pays avec lequel la Mauritanie est liée par le sang, l’histoire, la géographie, l’OMVS et, tout dernièrement, par l’exploitation en perspective du gaz.

En attendant de voir cette bonne et généreuse attitude s’élargir aux autres voisins, il serait opportun pour Ghazouani, qui bénéficie encore de beaucoup d’indulgence et de compréhension au sein du camp de l’opposition, de faire un peu plus vite que son rythme habituel dans la concrétisation de cette entente nationale par des actes palpables : le lancement d’un véritable dialogue entre les différences forces politiques afin de s’entendre sur l’essentiel vital pour raffermir notre système de gouvernance et nous prémunir des dangers sécuritaires qui irritent et déstabilisent déjà notre région.

Cela est d’autant faisable qu’il ne requiert pas de lourds financements de l’extérieur. Tout juste une initiative politique du président ardemment réclamée par tout le monde politique.

Source : RMI Biladi (Mauritanie)

 

Calam(ités) | El Kory Sneiba

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Calam(ités) | El Kory SneibaLe Calame - Les Mauritaniens se préparent à célébrer cinquante-neuf ans d’indépendance dans quelques jours. Il va sans dire que six décennies, c’est a priori bien peu dans la vie d’une nation. Mais, pour des pays comme la Mauritanie, c’est tout de même le temps qu’il a fallu pour poser les jalons essentiels à la construction d’un État moderne départi des préjugés et anachronismes sources de tensions et animosités tous azimuts.

Et qui détournent les peuples et les gouvernants des véritables défis à relever ensemble pour lancer un développement harmonieux et durable au profit équitable de tous les citoyens. Parole « réitérée » que ces propos de circonstances ? Certes mais elle servira au moins à démontrer que les déclarations d’intention et les vœux pieux n’ont jamais servi à grand-chose.

Il est vraiment largement temps de comprendre que « si l'on ment, on ne doit pas mentir aux gens ». Toutes les réformes possibles et imaginables ne servent à rien si les dysfonctionnements structurels ne sont pas corrigés. Il faut des mesures et des actes très forts qui requièrent volonté ferme et grand courage.

Disons-nous la vérité. Arrêtons de nous voiler la face et de nous laisser endormir par de merlinesques enchanteurs aux discours exquis et raffinés tout juste bons à amuser la galerie.

Ce que nous constatons aujourd’hui, à chaque cérémonie officielle, ne sert pas l’intérêt supérieur de la Nation. Les rencontres publiques devraient refléter l’image d’une Mauritanie plurielle, fière de ses différences et riche de sa diversité.

Or ce qui est présenté, lors de ces évènements, me semblent bien plutôt de nature à rougir de honte et d’irresponsabilité.

Loin de raffermir l’unité nationale, les derniers mouvements des officiers de l’armée nationale, des responsables de la police, des hauts fonctionnaires de l’administration civile et autre gradés du Groupement général de la sécurité routière donnent, une fois encore, des arguments providentiels à ceux qui estiment, à variablement juste raison, que la Mauritanie est aux mains d’une seule communauté.

J’étais, un de ces jours derniers, à la fac pour en ramener mon fils. Un jeune étudiant négro-africain me fit la remarque suivante : « Il n’y a pas beaucoup de ‘’nous’’, ici. C’est à peine si tu y croises un négro ».

Et mon fils à qui je rapportais cet avis : « Oui, il n’y sont pas admis », reconnaissait-il, « Comment faire ? Les prendre de la rue, comme ça, au hasard, et les faire asseoir dans les amphis ? » Tout cela pour dire que personne n’est comptable de cette vilaine situation mais nous sommes, tous ensemble, tenus à lui trouver une solution.

Et commencer déjà par éviter, tant que peut se faire, d’offrir au monde tant d’images de marginalisation, exclusion et iniquité. « Évoquer de telles choses menacent la cohésion sociale ! », glapissez-vous ? Vous n’avez donc absolument rien compris.

Le vrai danger, c’est justement de ne pas en parler. L’égalité entre les citoyens et la consolidation de la justice sociale ne se décrètent pas. Elles sont la conséquence de politiques et de programmes bien élaborés qui ne souffrent ni du tempérament des uns ni des humeurs partisanes et frileuses des autres.

Les discours ne suffisent pas. Seuls les actes comptent et c’est eux seuls qui valent la peine d’être entrepris. Du premier discours fondateur, fin des années cinquante, de feu Moktar ould Daddah, à celui du président Mohamed ould Cheikh El Ghazwani, prononcé il ya quelques jours à Chinguetti lors du festival des villes anciennes, rien n’a véritablement bougé.

Les réalités sont d’autant plus têtues que rien n’est fait pour les modifier. Les changements structurels sont tributaires de la volonté de ceux qui ont la légitimité de les entreprendre.

Sans s’embarrasser des caprices de ceux qui veulent entretenir le statu quo on ne sait à quel dessein. Soixante ans: il est vraiment temps que la Mauritanie démarre sur des chapeaux de justice, d’égalité et de fraternité.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie-Sénégal : ce que cache la participation de Ould Ghazouani au forum sur la paix à Dakar

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Mauritanie-Sénégal : ce que cache la participation de Ould Ghazouani au forum sur la paix à DakarKassataya - Le président mauritanien est l’invité d’honneur du président sénégalais Macky Sall au forum sur la paix et la sécurité en Afrique les 18 et 19 novembre prochain à Dakar. Un déplacement de Ould Ghazouani très attendu par les observateurs et notamment par la France qui abrite à partir d’aujourd’hui à Paris la deuxième édition de ce forum.

Le forum de Dakar auquel participeront les chefs d’Etat africains, de hauts gradé militaires français et africains et des chercheurs, vient à point nommé au moment où le Mali connaît une spirale d’attaques meurtrières contre des camps militaires par les Jihadistes.

Le bilan de la dernière attaque est très lourd. 49 soldats maliens tués et un soldat français et pour la première fois revendiquée par l’EI. Ajouter à cela la dernière attaque au Burkina Faso qui a fait plus d’une trentaine de morts.

Cette situation grave qui menace le Sahel et au-delà toute l’Afrique occidentale sera au centre des discussions les 18 et 19 novembre prochain à Dakar qui accueillera les chefs d’Etat africain dont le président mauritanien très attendu dans la capitale sénégalaise.

Ould Ghazouani qui vient d’être élu est avant tout un invité d’honneur mais il est plus que ça compte tenu du fait que la Mauritanie est leader du G5 dans la lutte contre le terrorisme.

Pour la première fois Nouakchott vient d’abriter le comité de pilotage Interpol du G5 Sahel. Ce partenariat fait suite à un deal passé entre les deux organisations pour le partage de renseignements sur le terrain et l’échange d’outils de surveillance ultra sophistiqués.

Par ailleurs la première promotion d’officiers supérieurs des armées du G5 Sahel est sortie le 27 septembre dernier à Nouakchott. En outre la Mauritanie c’est le seul pays dans cette bande sahélo-saharienne qui a signé un pacte de non -agression avec la nébuleuse Al Qaïda.

Nouakchott également joue un rôle important dans la paix au Nord du Mali comme en témoigne l’accord récent de cessez-le feu de deux factions rivales incluant une démilitarisation de la zone du Lemeb près de la frontière mauritanienne.

Et enfin la Mauritanie pourrait jouer un grand rôle dans la résolution de l’irrédentisme des touareg au Mali avec le projet de protectorat de l’AZAWAD entre le Mali l’Algérie et la France et sous tutelle de Nouakchott. Ould Ghazouani détient ainsi plusieurs cartes sous régionales qui font de lui un négociateur incontournable.

La présence mauritanienne est importante pour la France qui soutient ce genre de rendez-vous très utile pour la sécurité de ses soldats de la force Barkhane. Paris qui abrite à partir d’aujourd’hui la deuxième édition de ce forum est la cible principale au Sahel des Jihadistes par ricochet le Mali et le Burkina Faso, les deux maillons faibles du G5 Sahel.

Ce forum permet également à Paris de vendre ses armes. C’est l’autre face de la puissance militaire française dont l’appétit dans ce domaine n’est plus à démontrer.

Enfin pour le président sénégalais qui accueille ses homologues africains c’est une belle occasion de redorer son blason pour l’élargissement du G5 Sahel à son pays et le Maghreb pour des raisons évidentes géopolitiques et ensuite la Libye et la Tunisie d’où partent les jihadistes disséminés dans le sahel et dans l’EI.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)