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Chronique

Nouvelles d’ailleurs : Astaghfiroullah !

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Nouvelles d’ailleurs : Astaghfiroullah !

Je ne veux pas plomber l'ambiance mais il se passe apparemment des choses bizarres à Nouadhibou. Et quand je dis bizarres, entendez Vraiment  bizarres, des choses qui effrayeraient le plus courageux des Tartatin de Mauritanie. Franchement bizarres ; bizarres à tel point que voilà emballée la machine à « investiguer ».

Et comme le dit une amie : « Nous sommes le pays au million de détectives » ; attendons-nous, donc, à, un million de résultats d'enquêtes, au moins, menées t'bol battant. C'est pas rien, ça, cette propension à donner dans la « police technique et scientifique ».

Ok, chez les Nous Z'Autres, enlevons et « technique » et « scientifique », dès lors que nous parlons du mauritanien soudain devenu Tintin détective au pays des mille et une rumeurs... En l'espace de quelques jours, la belle et douce capitale économique s'est réveillée avec une histoire de castration et de meurtres, une autre, encore plus croustillante, de pénis coincé, d'amants « collés », de partie de jambes en l'air mal engagée et mal terminée...

A peine « l'info » diffusée, partagée à coups de « Oh ! » et de « Ah ! » et d'« Astaghfiroullah ! », voilà notre million de détectives en branle. Les premiers résultats des enquêtes à la sauce Nous Z'Autres donnent, dans le désordre, comme au tiercé : il s'agirait – là, c'est moi qui emploie le conditionnel.

Ok, ça casse le film mais, ça, c'est moi – d'une histoire d'adultère – Astaghfiroullah, astaghfiroullah…

– entre un encore jeune et guilleret amant et une jeune et non moins guillerette amante

– la rumeur nous dit trente et trente-trois ans

– pris soudain de désir de « fornication »

– Astaghfiroullah, astaghfiroullah…

– et « punis », de leur partie de jambes en l'air, par une expérience fort douloureuse et inconfortable pour le couple d'amoureux : un pénis

– Astaghfiroullah, astaghfiroullah…

– refusant, catégoriquement, de sortir d'un vagin– Astaghfiroullah, astaghfiroullah, tfou, tfou, tfou, tfou...

– Direction l'hôpital mais « on » ne nous dit pas de quelle manière le jeune couple amoureusement lié a pu être exfiltré de l'appartement. En tous les cas, astaghfiroullah, astaghfiroullah, et re-astaghfiroullah..... Et tfou, re-ettfou, et re-re-re-ettfou...

Vous vous demandez le pourquoi de ce nombre impressionnant d'astaghfiroullah ? C'est que je me mets à la couleur locale qui veut que tout ce qui touche au sexe et, surtout, au sexe adultère, provoque, chez ceux qui ouïssent ces mots, des crises subites de moralisme.

Comme quoi vous voyez que je peux être sage et bon-chic-bon-genre, moi Z'aussi… De là à ce que je me mette à brailler, comme la vox populi émoustillée par cette croustillante affaire de pénis, vagin, « coinçage » et d'adultère : « Bien faiiiiiiit ! » ou « Ils [les affreux fornicateurs] ont été punis par là où ils ont péché ! » ; il n'y a qu'un pas.

Mais qu'est-ce qu'ils ont donc mangé nos Stéphanois ? On passe d'une affaire qui a tout de l'affaire d'honneur avec castration à un Penis Captivus. Moi, je vois un lien, entre toutes ces affaires de pénis parti et de pénis caché...

Sûrement que le second a dû entendre parler de ce qui est arrivé à son malheureux confrère et qu'il a, catégoriquement, refusé de sortir...Vous seriez lui, vous feriez quoi ? Ok, j'exagère, vous n'êtes pas lui...Mais, avec un peu d'empathie et si vous étiez lui ?

De là à ce que Nouadhibou, auparavant fort tranquille, devienne Sodome et Gomorrhe, notre lieu à nous de tous les péchés et fornications, il n'y a qu'un pas... On finira, faites confiance à notre million de détectives, par connaître les dessous de ces deux affaires.

Vu que, chez nous, rien ne reste secret, que tout est sujet à débats, interprétations, argumentations et contre

-argumentations, nous en saurons le fin mot. A coup de « Wallahi, je te juuuuure ! Ce que je te dis est la vérité vraie, la seule, l'unique. Je la tiens du beau-frère du cousin de l'oncle du grand-père de la tata de mon frère

-même-mère mais pas même-père »
et de « Wallahi, mon imam a dit que... », « mon boutiquier... », « mon policier du carrefour X.... », « mon oncle planton à l'Hydraulique... », « ma sœur qui connaît la sœur de la sœur de la sœur de la fille de la bonne de telle... », nous arriverons, non seulement, à connaître les noms des deux « coincés », leur généalogie, la couleur du dentier de leur arrière-grand-père et les péchés de gourmandise de leurs mamans... mais, aussi, avec un peu de patience – et ça viendra, croyez-moi

– la taille de l'objet du délit, lui qui ne demandait rien à personne et qui voulait juste rester tranquille et au chaud... Bref, soyez sûrs d'une chose : rien, chez nous, n'échappe à rien. Rien. Car, en plus d'être le pays au million de détectives, nous sommes, aussi, le pays au million de bavards, rois du commérage, du cancan, du scandaleux, du jugement express de valeurs. Notre credo : ce qui se passe chez le voisin m'appartient. Nous sommes le pays qui ne possède qu'un œil immense et des oreilles encore plus grandes. Tout cela assorti à une langue fort bien pendue.

Un gigantesque service de « renseignements à tous les étages, coquillages et dattes, expertises jour et nuit, moralité en prime ».

C'est à ça qu'on nous reconnaît. En attendant les résultats du million d'enquêtes, je ne peux que déconseiller, au vu des mauvaises mœurs des Stéphanois, d'éviter cette ville apparemment saisie par le diable, ville de la fornication

– Astaghfiroullah, astaghfiroullah

– et de la dépravation. Si vous ne me croyez pas au sujet de la morale, pensez, au moins, à vos attributs. Salut !

Mariem mint Derwich
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Interventions armées : l’Afrique de papa revient, vive l’ingérence ?

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De la Mauritanie à Djibouti, leur présence ne fait plus grincer des dents. Américains, Français ou Britanniques, on se les arrache au nom de la lutte contre le terrorisme. Résultat : les soldats étrangers n'ont sans doute jamais été aussi nombreux en Afrique depuis les indépendances.

La scène se déroule le 19 juillet dans la fournaise de N'Djamena, quelques minutes après un entretien aussi long que fructueux avec Idriss Déby Itno. Dans l'un des hangars surchauffés de la base aérienne Adji-Kosseï, François Hollande, devant ses troupes et au milieu de quelques-uns des fleurons de la force de frappe française (avions de chasse Rafale, hélicoptères Puma, chars Sagaie et VAB), refait l'histoire de la présence militaire française au Tchad et énonce une vérité qui, pour certains, n'en est pas vraiment une : "Nous ne sommes pas ici chez nous."

Un peu tout de même. Dans ce pays qui a été le théâtre d'opérations gravées dans les annales de son armée, la France compte depuis le mois d'août 1 200 à 1 300 de ses soldats, parmi lesquels quelques-uns de ses officiers les plus chevronnés.

C'est d'ici, désormais, que seront conduites l'ensemble des opérations menées dans le Sahel, des côtes atlantiques de la Mauritanie aux dunes roses du désert libyen, dans le cadre du dispositif Barkhane : 3 000 hommes répartis dans cinq pays et une dizaine de bases, 400 véhicules, 20 hélicoptères, 6 avions de chasse, 3 à 4 drones... "Un truc énorme !" glisse un officier en poste dans la région. Qu'on se le dise : avec une douzaine de bases plus ou moins tenues secrètes, la France est de retour en Afrique.

Officiellement, il n'y a aucun soldat américain au Tchad. En réalité, on en dénombre quelques dizaines...

Elle n'est pas la seule. Ce 19 juillet sur la base Kosseï, quatre treillis gris attirent l'oeil dans la forêt des treillis vert kaki. Quatre Américains. Des agents de liaison, nous dit-on, qui font le lien avec Vicence, en Italie, la base de l'US Air Force qui "chapeaute" l'Afrique. Officiellement, il n'y a aucun soldat américain au Tchad. En réalité, on en dénombre quelques dizaines : récemment, l'US Army s'est mise en quête d'un contractant pouvant assurer le soutien de 35 personnes pendant six mois, "près de N'Djamena", indique l'appel d'offres. Aujourd'hui, la capitale tchadienne, c'est the place to be pour les armées étrangères.

On est certes encore loin du hub militaire que représente Djibouti. À elle seule, la capitale du pays compte près de 7 000 soldats étrangers - soit presque 1 pour 100 habitants. Il y a là les Français, bien sûr, qui font partie du paysage. La France y possède une base considérée comme essentielle depuis l'indépendance, en 1977. Il y a les Américains, plus nombreux mais plus discrets : ils ne sortent quasiment jamais, et toujours avec les plus grandes précautions.

Aux États-Unis, le camp Lemonnier revêt une importance particulière : il s'agit de la seule base officielle dont dispose la première puissance mondiale sur le continent (si l'on excepte celle de Diego Garcia, dans l'océan Indien). Mais quelle base ! Quatre mille hommes, des avions de chasse, des drones, une surface multipliée par six en quelques années et des travaux faramineux depuis que les Américains en ont pris possession, en 2002. Le Pentagone prévoit de dépenser 1 milliard de dollars sur les vingt-cinq prochaines années pour l'agrandir. En mai dernier, Washington et Djibouti ont signé un nouveau bail de dix ans renouvelable qui satisfait tout le monde.

Bientôt des Chinois et des Russes ?

Dans la ville, il y a aussi des Japonais (les premiers déployés hors de leur pays depuis... 1945), des Italiens, des Allemands (quelques dizaines) et, qui sait, peut-être y croisera-t-on un jour des Chinois et des Russes. Pékin en a fait la demande l'année dernière. Moscou aussi. Ce qui n'est pas vraiment du goût des Américains...

Rien à voir avec l'époque de la guerre froide, quand les deux blocs, Est et Ouest, se disputaient les alliés sur le continent. Mais jamais peut-être depuis ce temps-là l'Afrique n'avait été à ce point convoitée par les états-majors des puissances de ce monde. Le Tchad et Djibouti donc, mais aussi le Mali, le Niger, le Sénégal, l'Éthiopie, le Kenya ou encore les Seychelles - liste non exhaustive et en perpétuelle évolution (voir carte).

Pour la France, il s'agit en quelque sorte d'un retour vers le passé. Paris disposait, aux indépendances, de 30 000 soldats sur le continent. Ils n'étaient plus que 15 000 en 1980 et 5 000 en 2012. Mais après une vaine tentative de désengagement impulsée en 2008 par Nicolas Sarkozy, l'armée a retrouvé le chemin de l'Afrique, son terrain de jeu préféré. Ils sont aujourd'hui près de 9 000 soldats tricolores sur le continent à pouvoir reprendre le célèbre chant des légionnaires : "Sous le soleil brûlant d'Afrique / Cochinchine, Madagascar / Une phalange magnifique / A fait flotter nos étendards..."

Lutter contre les trafics et le terrorisme

Cependant, il est fini le temps des bases imposantes qui trônaient au milieu des "autochtones" telles des miasmes hérités de l'époque coloniale. La mode est à la base discrète et sans prétention, souvent nichée dans un coin d'aéroport, parfois même perdue au fin fond d'un désert. Les bases historiques (Dakar, Libreville, Djibouti) ont perdu de leur superbe et de leurs effectifs.

"Notre mission a évolué, note un officier basé à Paris. Nous n'avons plus pour fonction de soutenir un État ou un régime contre des agressions extérieures ou intérieures, mais de lutter contre les trafics et le terrorisme. Pour cela, on n'a pas besoin de grosses bases." Certaines, que l'on appelle à Paris des "postes avancés" et qui se situent au plus près du front jihadiste, n'abritent pas plus de 50 hommes, pour la plupart des "forces spéciales". Plus discrètes, plus efficaces.

La réflexion est la même à Washington. Longtemps, les États-Unis ont ignoré le continent, jusqu'à ce que l'administration Bush l'intègre en 2002 dans sa "guerre globale contre la terreur". "Cette importance stratégique nouvelle est entérinée en 2007 par la création d'un commandement militaire régional pour l'Afrique : l'Africom", indique Maya Kandel, spécialiste de la politique étrangère des États-Unis et chercheuse à l'Institut de recherche stratégique de l'École militaire (Paris). Un chiffre illustre la nouvelle donne : entre 2009 et 2012, l'aide militaire aux pays africains a doublé, passant de 8 à 16 milliards de dollars. L'Afrique, "c'est le champ de bataille de demain", affirme le général James Linder, qui commande les "forces spéciales" affectées à Africom.

Aujourd'hui, on compte sur le continent entre 5 000 et 6 000 soldats américains. "Du nord au sud, de l'est à l'ouest, de la Corne de l'Afrique au Sahel, du coeur du continent aux îles situées au large de ses côtes, l'armée américaine est à l'oeuvre", constate Nick Turse, un journaliste américain qui a fait de l'Africom sa spécialité. Mais hormis à Djibouti et bientôt au Liberia, où l'arrivée de 3 000 soldats pour lutter contre l'épidémie Ebola ne devrait pas passer inaperçue, les troupes se font discrètes.

Les hommes se comptent par dizaines seulement sur la douzaine de bases qu'a investies l'US Army ces dernières années. Baptisés lilypads ("nénuphars"), il s'agit de dispositifs de petite taille qui se résument à un hangar, quelques tentes et une flotte de petits avions de tourisme truffés d'électronique ou de drones décollant la nuit...

L'Afrique est ainsi devenue, selon Maya Kandel, le laboratoire de la nouvelle approche dite d'empreinte légère - light footprint - et de leadership en retrait chère à Obama.

L'Afrique est ainsi devenue, selon Maya Kandel, "le laboratoire de la nouvelle approche dite d'empreinte légère - light footprint - et de leadership en retrait" chère à Obama, qui repose sur l'usage des drones et de forces spéciales. "Une présence directe et manifeste des forces américaines sur le continent africain peut être source de contestation", expliquait récemment un colonel dans Special Warfare, une revue de l'armée américaine.

Le cas burkinabè illustre la discrétion dont font preuve les armées étrangères, souvent à la demande de leurs hôtes. Longtemps, la présence d'éléments commandos français et américains a été tenue secrète à Ouagadougou, jusqu'à ce qu'il ne soit plus possible de nier l'évidence. L'installation américaine remonte à 2008, après le coup d'État, à Nouakchott, de Mohamed Ould Abdelaziz. "Les Américains ne pouvaient plus mener leurs opérations depuis la Mauritanie, explique un officier burkinabè. Ils se sont rabattus sur le Burkina." À l'époque, le ministre de la Défense, Yéro Boly, avait proposé une zone retirée de la base aérienne de Ouagadougou pour rendre discrète la présence des avions américains. "Le problème, avait-il expliqué aux Américains, n'est pas la présence de ces avions, mais la publicité qui pourrait être faite autour."

Le même dilemme se pose deux ans plus tard, quand la France cherche une base dans la région pour y faire stationner une force d'intervention rapide - celle-là même qui, début 2013, mettra un frein à l'offensive des jihadistes au Nord-Mali. Le Niger et le Mali ayant poliment refusé, Paris se tourne vers Blaise Compaoré. Celui-ci accepte, à trois conditions : que cela reste secret, que les Français forment l'unité antiterroriste burkinabè et qu'ils s'installent dans un camp situé à l'abri des regards, à dix kilomètres de la capitale.

Le président ivoirien s'est montré soulagé

Qu'il est loin, cependant, le temps où l'on jurait, la main sur la Bible ou sur le Coran, qu'aucune armée étrangère ne s'installerait dans le pays. "Il y a trois ans, témoigne un conseiller de Hollande, Mahamadou Issoufou ne voulait pas entendre parler d'une présence étrangère sur le sol nigérien malgré des demandes répétées. Aujourd'hui, il s'en félicite." La base aérienne 101 de Niamey, où l'on compte près de 300 soldats français, trois à quatre drones, des avions de chasse de passage et des ravitailleurs, est un pion essentiel dans le dispositif Barkhane. C'est du Niger également que décollent les drones américains volant au-dessus du Sahel. Mais, comme au Burkina, les autorités nigériennes ont exigé que les effectifs déployés soient peu nombreux et peu visibles.

"Aujourd'hui, témoigne un proche de Jean-Yves Le Drian, nombreux sont les chefs d'État qui veulent "leur" contingent de soldats français." Quand, le 9 mai dernier, le ministre français de la Défense a confirmé à Alassane Ouattara que les soldats tricolores ne quitteraient pas le camp de Port-Bouët et que leur effectif serait gonflé (800 en 2016, contre 450 aujourd'hui), le président ivoirien s'est montré soulagé.

Deux jours plus tard, Macky Sall était tout aussi radieux : la France venait de lui promettre qu'elle ne toucherait pas aux effectifs des éléments français au Sénégal (EFS) basés à Dakar. Il y a trois ans, son prédécesseur, Abdoulaye Wade, se vantait avec des accents anticolonialistes d'avoir obtenu le départ des deux tiers du contingent.

Même le Nigeria, jadis si jaloux de sa souveraineté, accueille depuis cinq mois (et à sa demande) quelques dizaines d'agents de renseignements et de forces spéciales américains, britanniques et français, dans le cadre de la lutte contre Boko Haram et de la quête des lycéennes enlevées à Chibok. Et Africom, dont aucun État africain n'avait voulu accueillir le siège en 2007 (ce qui avait contraint son état-major à se rabattre sur la ville de Stuttgart, en Allemagne), ne fait plus office d'épouvantail.

À tel point que, comme l'a mentionné l'ancien commandant de la force, le général Carter Ham, "certains pays africains ont discrètement fait savoir que si les États-Unis voulaient établir une base en Afrique, ils seraient sans doute disposés à leur faire une place".

Les griefs de ceux qui dénoncent cette présence, comme l'association Survie en France ou des franges de la société civile en Afrique, et qui jouent sur la dialectique anticolonialiste pour se faire entendre sont nombreux : flou juridique, opacité autour des accords militaires, perte de souveraineté... Comme le souffle un officier français : "Une base, c'est comme une guerre : on sait quand ça commence, mais on ne sait jamais quand ça s'arrêtera." Malgré tout, constate un proche de Le Drian, la plupart des chefs d'État se sont débarrassés de leurs réticences.

D'autres enjeux moins avouables

Il y a plusieurs raisons à ce phénomène. En premier lieu, l'aspect sécuritaire. "Nous avons besoin de cette présence militaire étrangère, ne serait-ce que pour assurer notre sécurité. C'est indispensable. Il y a quelques années, nous ne voulions pas en entendre parler, mais l'effondrement du Mali en 2012 a changé la donne", admet le chef d'état-major particulier du président d'un État sahélien. "Nos armées ont été laissées à l'abandon ces vingt dernières années, notamment en raison des ajustements structurels imposés par le FMI, ajoute le ministre de la Défense d'un pays voisin. Et elles n'ont jamais été formées pour combattre le terrorisme. Il nous faut du temps et de l'aide pour les y préparer."

Mais il y a d'autres enjeux, parfois moins avouables, qui poussent les États africains à brader un pan de leur souveraineté, notamment un enjeu financier : les bases sont bénéfiques pour l'économie nationale. Les Sénégalais s'en sont rendu compte en 2011 : quand 800 des 1 200 soldats français ont quitté le territoire, ce sont des milliers d'emplois directs et indirects qui ont disparu. À Djibouti, la manne est plus importante encore. Américains, Français et Japonais paient en effet un loyer (pratique peu répandue dans les autres pays) qui représente en tout près de 120 millions d'euros par an...

Un enjeu politique, enfin. Comme le note un officier français en poste en Afrique : "Certains régimes sont tentés d'utiliser cette présence pour anéantir des rébellions qu'ils présentent comme terroristes." D'autres peuvent être tentés de "monnayer" une "base" contre, sinon un soutien, du moins le silence de Paris ou de Washington sur des cas de politique intérieure gênants.

Au Tchad, des leaders de l'opposition se désolent de voir l'aspect militaire primer sur les droits de l'homme. Ils s'en plaignent régulièrement aux diplomates français. Il est vrai que Déby, qui était persona non grata à l'Élysée juste après l'élection de Hollande, est aujourd'hui perçu comme un intouchable à Paris. "Il est au cœur de notre dispositif", explique simplement un diplomate français.

Source : Jeuneafrique.com

 

Éditorial par François Soudan : Satan is back

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ÉditorialMême si l'on reproche aux journalistes - souvent à raison - de ne parler de l'Afrique subsaharienne que sous l'angle de ses échecs, lesquels masquent le foisonnement de ses réussites quotidiennes, Dieu sait combien il est difficile, en ce mois de septembre 2014, d'être afro-optimiste. De Yaoundé à Dakar, en effet, la question du moment ressemble à l'alternative du diable : quel est le pire des virus, Ebola ou Boko Haram ?

De passage à Paris cette semaine, notre confrère Guibaï Gatama, directeur de publication de L'OEil du Sahel, l'un des meilleurs journaux camerounais et sans doute le mieux informé, a ouvert dans mon bureau son ordinateur portable. Sur l'écran défilent des spots de propagande en arabe de la secte mortifère d'Abubakar Shekau, exclusivement destinés à ses généreux donateurs saoudiens, soudanais ou qataris, histoire sans doute de leur démontrer que leur argent est aussi saintement utilisé à Maiduguri et Kousseri qu'à Raqqa et Fallouja. Insoutenable. Irregardable et pourtant regardé, pour tenter de comprendre comment l'horreur peut fasciner les milliers d'adeptes d'une secte qui recrute désormais de façon exponentielle hors de son foyer infectieux nigérian, du nord du Cameroun au sud du Niger - et comment elle peut attirer des sponsors aux cerveaux malades.

On y voit un adolescent d'à peine 12 ans décapiter avec application au couteau de cuisine deux policiers en uniforme, puis brandir leurs têtes en hurlant "Allahou akbar !" Capturé lui aussi lors de la prise de la ville nigériane de Gwoza, fin août, un troisième est écartelé entre deux véhicules 4×4. Son démembrement s'achève à coups de machette. Autre séquence, longuement filmée et sans doute inédite au palmarès de la barbarie : le massacre d'enfants.

Ils sont une douzaine, à genoux, les mains liées. Des membres de la secte en treillis, barbes folles et visages découverts, les haranguent. Puis passent à l'acte. Rafales de kalachnikovs à bout portant, balles dans le crâne pour finir. Un gamin tente de s'enfuir, se prend les pieds dans sa djellaba, tombe, se relève, est atteint dans le dos, s'effondre, rampe, puis meurt. Éclats de rire des bourreaux sur fond de chants jihadistes et fin de la vidéo.

Ebola, Boko Haram : deux épidémies dont la virulence laisse pantois et qui ont en commun d'être à la fois éradicables, pour peu que l'on s'en donne les moyens, et africaines, donc trop longtemps considérées comme négligeables par le monde riche. Le virus Ebola a été mis au jour en 1976 dans ce qui s'appelait alors le Zaïre : rien, depuis, n'a été fait pour y trouver un remède, aucun laboratoire n'a mis 1 dollar pour élaborer un vaccin.

Quant à Boko Haram - dont les victimes ont le désavantage d'être africaines, à mille lieues de l'émotion suscitée par le meurtre abject de ressortissants occidentaux -, l'ersatz de coalition décrété lors du sommet de l'Élysée en juin dernier pour la circonscrire n'est que l'ombre de l'armada mise en oeuvre pour effacer de la carte le califat syro-irakien d'Abou Bakr al-Baghdadi.

Sur ces deux fronts, l'heure est désormais aux prévisions apocalyptiques, comme si les virus africains ne s'éliminaient qu'une fois leur œuvre accomplie.


Soucre : Jeuneafrique.com

 

Le nassérisme dévoyé en Mauritanie

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Le nassérisme dévoyé en Mauritanie

Voilà un (grand) monsieur dont la vision socialiste, panarabe et panafricaine, a été dévoyée de ses origines et de son objectif unitaire, pour se muer en Mauritanie entre autres, en une idéologie de circonstance, bassement matérialiste, exclusive et raciste. Parcours d'une idée en cette ocre contrée.

Les nationalistes arabes mauritaniens du courant nassériste ont estimé lors d'une assemblée tenue à la fin du mois de juillet dernier, que la Mauritanie "perdait son identité arabe et que la langue arabe et ses adeptes y étaient marginalisés sur tous les plans".

Dans le même temps il déplorait le fait que la pensée nassériste "peine à se faire une place dans la société mauritanienne".

Si la deuxième affirmation peut être discutée, la première est tout simplement mensongère, au vu de la politique d'arabisation à outrance menée par les autorités actuelles, depuis des décennies, et qui se découvre un souffle nouveau depuis trois ans maintenant.

"Cela relève d'une forme de terrorisme intellectuel pour réclamer mieux en dénonçant un supposé pire" s'indigne un étudiant en sociologie à l'université de Nouakchott. Et surtout, opine un autre à côté de lui, "c'est encore et toujours jouer la carte de la division entre mauritaniens".

Une vision bipolaire du pays des nasséristes mauritaniens, qui depuis 1955 porte les germes d'une division communautaire du pays. "Quand les partis politiques commencèrent à se multiplier aux aurores des premières velléités d'indépendance, l'association de la jeunesse mauritanienne (AJM) vit le jour, pro-arabe et fortement influencée par le nassérisme, dont ils ne retiennent que la part de la lutte panarabe" souligne un éditorialiste.

Cette perspective bipolaire serait innée par rapport à leur vue du monde : Les nasséristes mauritaniens ne voient le monde qu'en une éternelle dialectique irréductible: l’homme blanc/l'homme noir; l'esclave/le libre,"khayma kabir/kayma sagkir....

De surcroît, ils ne placent la vérité et les valeurs absolues que dans leur «Je» personnel et dans l'unique nombril de leur culture, et de leur communauté, tout le reste n'étant que manifestation basique et vocifération animalière. Par conséquent ne méritant aucun respect et considération humaine" écrit Jamal Sow, dans un article intéressant sur la question.

«Les militaires ont depuis longtemps été sous influence nassériste et/ou baasiste, bien que ces deux mouvements aient été vidés de leur idéologie de départ, en Mauritanie en tout cas. Comprenez que le nassérisme n'est pas un mouvement exclusivement arabe, ni raciste. Nasser avait pour vision un tiers-monde fort. Contrairement au baasisme qui est replié sur l'identité arabe, influencé par le socialisme.

Maouiya à un moment s'en est réclamé, galvanisé par le sommet sur la sécurité arabe en 1990, organisé par Saddam Hussein à Damas. C'est dans l'esprit de ce mouvement que Saddam visait la reconstitution de l'empire des Abbassides»
narrait sur Noorinfo, Ely Ould Allaf, plusieurs fois ministre, notamment des affaires étrangères.

Le nassérisme, ce trait-d'union des mondes arabe et africain

L’idéologie nassérienne telle qu’elle est définie dans "Philosophie de la révolution", ouvrage écrit par Gamal Abdel Nasser en 1953, explique que "l’Égypte possède trois cercles d’appartenance fondamentale : la nation arabe, l’Afrique et le monde musulman". Gamal Abdel Nasser développe donc originellement sa politique dans cette triple dimension, chacune étant égale à l'autre.

Une triple dimension qu'honnêtes intellectuels, et pragmatiques diplomates s'échinent depuis des décennies à faire appréhender aux autorités de ce pays, qui refusent obstinément d'embrasser la nature "nassériste" primale, dans son sens originel, de la Mauritanie.

C'est dans cette symbiose tri-dimensionnelle que Nasser participa activement à la fondation du mouvement des non-alignés durant la guerre froide, qui érigeait un système parallèle et qui se voulait en dehors de la guerre indirecte, que se livrait le bloc de l'ex-URSS, et les états-unis, au détriment de leurs pays satellitaires. Il démontrait ainsi dans cet activisme son opposition à toute forme d'impérialisme et de colonialisme.

C'est cet acharnement à démontrer la singularité et l'égalité des peuples dits alors du "tiers-monde", qui vaut encore à Nasser son image de grand parmi les grands du continent, au même titre qu'un Patrice Lumumba, ou un Nkwame Nkrumah. De la même façon qu'il se riait de l'obscurantisme des frères musulmans en 1953 (c-f vidéo ci-dessous), il se moquerait très certainement aujourd'hui de cette étroitesse d'esprit, et de cette malhonnêteté intellectuelle.

Source : MozaikRIM (Mauritanie)

 

Le clin d’œil de Sneiba : Prendre les mêmes ou choisir d’autres : that is the question…

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Deux semaines après son investiture, le président réélu prend encore tout son temps pour former le premier gouvernement de son nouveau mandat. En attendant le verdict, les Mauritaniens peuvent aller de toute leur fantaisie, en combinant, selon leurs humeurs et désirs, les noms des hommes et des femmes qu’ils voudraient voir, pour des considérations personnelles, à la future équipe gouvernementale. Sites et journaux de la place ont proposé leur propre composition. Une vieille méthode visant à influencer les décideurs qui ne fait plus recette. De fait, la chose apparemment la plus sûre, aujourd’hui, est qu’on peut tout prévoir, sauf ce qui se trame dans la tête du Président. Côté Premier ministre, tout peut arriver. De la reconduction, pour la énième fois, de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, à la promotion d’un quelconque inconnu, sorti de n’importe où et auquel personne ne s’attendait. Exactement comme lorsque le candidat décida, contre toute attente, de choisir un ancien cadre du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD) comme directeur national de sa campagne électorale pour la dernière présidentielle. Côté ministres, seules les évidences valent quelque chose. Ce sera une équipe de femmes et d’hommes mauritaniens, en principe issus des rangs de ce que les « politicards » appellent, pompeusement, la « majorité présidentielle ».

A l’instar d’Ould Raïss, certains hommes de confiance seront maintenus. Normalement, les dosages convenus, liés à la communauté, à la région et autres petites considérations anodines et sans grande importance, seront respectés. La technocratie ne comptera pas pour beaucoup dans le choix. En tout cas, beaucoup moins que l’allégeance ou la flagornerie. L’histoire, typiquement africaine, de portefeuilles des jeunes et des femmes prévaudra. Les traditionnels postes de souveraineté (Justice, Intérieur, Défense, Affaires étrangères et Finances) seront confiés aux plus manipulables et corvéables à merci. On verra, peut-être, la promotion de quelques hommes valables mais à des postes sans aucun rapport avec leur formation. Des hommes et des femmes qu’il faut, à la place où il ne faut pas. Pas impossible de voir un chirurgien-dentiste à l’Education nationale ou un professeur de philosophie à la Santé. Plusieurs promotions porteront la griffe de mains invisibles, civiles ou militaires. Certaines seront le reflet, éloquent, de la puissance de l’oligarchie militaro-affairiste qui s’implique dans toutes les activités du pays, depuis pas mal de temps. Le retard, dans la formation du gouvernement, pourrait, même, être un indicateur des manœuvres au sommet, afin de colmater habilement les brèches et faire le minimum de mécontents. Des affaires comme ça sont tellement sensibles qu’il vaut mieux faire attendre le peuple que fâcher les amis des moments difficiles. Evidemment, tout le monde ne sera pas ministre. Mais d’autres hautes fonctions sont là pour rétablir les équilibres et réparer les torts. Séchons les larmes de la juteuse Banque Centrale de Mauritanie. Si sensible et importante qu’elle ne peut être confiée qu’à un fidèle. Voilà, c’est fait. La gestion des devises et des business de la République s’accommodent mal des langues fourchues et des grandes gueules.

Le prochain gouvernement n’aura donc rien d’exceptionnel. Beaucoup de ses membres ne seront, peut-être, même pas totalement nouveaux. Certains anciens ministres peuvent revenir. Grand art que de faire du neuf avec du vieux. Peut-être même que d’anciens pensionnaires de la prison de Dar Naim et autres opposants farouches feront leur entrée au gouvernement. Ce n’est pas impossible. L’allégeance absout ce qui la précède. L’essentiel est que la Mauritanie toute nouvelle se dotera, dans quelques jours, d’un nouveau gouvernement. Prendre les mêmes ou promouvoir d’autres ? Le problème n’est pas dans les hommes, mais dans les méthodes. Qui a dit que l’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes ?

Sneïba El Kory

Source : Le Calame (Mauritanie)

Un ancien agent double au service d'Al-Qaida et des occidentaux passe aux aveux

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Un ancien agent double au service d'Al-Qaida et des occidentaux passe aux aveux

« Ramzi », l’ancien messager d’Al-Qaida, dévoile les secrets de Ben Laden. Dans un entretien au quotidien arabophone Al Hayat, un ancien combattant d'Al-Qaida ayant également travaillé pour l'occident revient sur neuf ans d'histoire en tant qu'agent double.

A travers ses expériences, il livre des informations cruciales sur l'organisation terroriste et sur plusieurs attentats menés en Europe et aux Etats-Unis.

C’est sous le pseudonyme de « Ramzi » que l'ancien moudjahid dévoué à Oussama Ben Laden accorde sa très longue confession au journal Al Hayat. «Ramzi» a été l’un des rouages d’Al Qaïda avant de devenir un agent double, travaillant à la fois pour Ben Laden et pour un service occidental, dont l’ancien guerrier n’a pas révélé l’identité. Quand on accuse « Ramzi » d’avoir trahi, il répond : « non, je me suis retourné »...

« Ramzi » a commencé sa carrière en combattant dans les rangs des moudjahidines arabo-afghans. Il va ainsi faire le coup de feu pendant 18 mois avant d’accepter de collaborer avec l’Occident. Un espionnage intime qui va durer 9 ans avant que l’agent double ne soit grillé. Voyage sur la planète Ben Laden.

Le facteur de Ben Laden

« Ramzi » est d’abord formé par les guerriers d’Al Qaïda qui font figure de vétérans. Tous, appuyés par la CIA, ont combattus les soviétiques en Afghanistan. C’est donc sous la férule d’Ayman al Zawahiri celui qui, après la disparition de Ben Laden, va devenir le numéro un d’Al Qaïda. Né en 1951, Al Zawahiri, lui même médecin, est le fils d’un pharmacien du Caire. « Ramzi » est d’autant à bonne école que son autre « maître » est Abou Hamza Al Ghamidi, le chef de la garde personnelle de Ben Laden.

Dans le panel des enseignants où se mélange l’art de la guerre à l’interprétation du Coran, « Ramzi » est également pris en main par Abou Zoubeida Al Falastini et Abou Moussa’ab Al Zarkaoui, des experts en sabotage qui initient leur jeune disciple à la pose de mines mais aussi à la balistique. Pour faire image, « Ramzi » est le conscrit d’une sorte de West Point façon Ben Laden.

C’est en 1994, à 16 ans, que « Ramzi » dont on ignore la nationalité, rejoint le jihad en Bosnie Herzégovine. Là il est sous la gouverne de Khaled Cheikh Mohamad, celui qui va devenir le maitre d’œuvre des raids du 11 septembre 2001 à New York. Mais, signés sous l’égide américaine, les accords de Dayton entre les parties du conflit yougoslave désappointent les combattants d’Allah puisque les jihadistes sont, d’entrée persona non gratta.

En Bosnie, «Les accords de Dayton nous ont placé hors-jeu, nous les djihadistes arabo afghans. Khaled Ben Cheikh nous a alors promis de nous venger des Américains. Furieux, nous avons tout de suite cherché à renverser le président bosniaque Alija Izetbegovićh, pour empêcher la signature de l’accord. Mais ça ne c’est pas fait».

« Ramzi » fait donc son paquetage pour l’Afghanistan et s’enrôle sous la bannière de Gulbuddin Hekmatyar. Dans l’histoire de l’humanité Hekmatyar restera comme une « ordure absolue », dixit un diplomate qui l’a bien connu à Kaboul. D’un côté il appelle les jeunes musulmans à la guerre sainte contre les USA, de l’autre il a empoché plus de trois milliards de la CIA pour lutter contre les soviétiques… Puis Hekmatyar expédie son jeune soldat au Haut Karabagh pour, aux côtés du chef tchétchène Khattab, lutter contre les Arméniens qui sont des chrétiens.

En Azerbaïdjan « Ramzi » est Incarcéré pour « immigration clandestine », mais il est vite libéré sur intervention d‘Ayman Al-Zawahiri l’ancien médecin du Caire. Libre, « Ramzi » est désigné comme le messager de Ben Laden. Aussi bien auprès de ses interlocuteurs du Pakistan et des autres pays arabes et que de ses correspondants européens.

Atteint d’une grave maladie, une typhoïde doublée d’un paludisme, le facteur d’Al Qaïda est soigné aux frais de Ben Laden qui lui a promis le paradis. Cette prodigalité ne l’empêche pas de virer sa cuti, de passer symboliquement à l’ouest en 1998. Le repenti explique que les attentats anti américains de Nairobi et de Dar es Salam lui « ont ouvert les yeux ».

Initié aux techniques du renseignement par ses nouveaux maîtres occidentaux, il va désormais infiltrer le cœur d’Al Qaida. Désormais, c’est du moins ce qu’il affirme, « Ramzi » va « s’appliquer à déjouer de nombreux attentats »… avant d’être démasqué et d’être condamné à mort par une fatwa d’Abou Yahya Al Libye. Trop tard, le messager a eu le temps de s’enfuir et peut maintenant raconter ses aventures de jihadiste pas comme les autres.

Aujourd’hui, tenu au secret avec une fausse identité, le terroriste en retraite revient sur sa « carrière :

L’attentat du RER B à Paris en 1995

« Suis-je traitre? Traitre à qui ? Je n’ai ni trahi mon pays, ni espionné contre lui. Je n’ai pas trahi mon organisation, mais mon organisation a dévoyé sa mission. J’étais atteint de typhoïde et de paludisme. J’emprunte alors le téléphone d’Abou Zoubeida Al Falastini pour prendre un rendez-vous avec un médecin. Le premier décembre 1998 je quitte l’Afghanistan pour me rendre dans le pays où j’avais été précédemment soigné. En fait, j’avais été suivi pas à pas par à travers le téléphone d’Abou Zoubeida qui était écouté. Les gens du renseignement n’avaient plus qu’à me cueillir.

Je peux vous révéler que, contrairement à ce qui a été affirmé, c’est bien Al-Qaïda qui est derrière les attentats de Paris en 1995. L'attentat du RER B s'est déroulé le 25 juillet vers 17 heures, faisant 8 morts et 117 blessés à la gare Saint Michel. Il a été revendiqué par le GIA algérien (Groupe Islamique Armé). Deux poseurs de bombes ont été identifiés grâce à leurs empreintes digitales: Khaled Kelkal et Boualem Bensaïd. Mais, je le réaffirme, c’est bien Al Qaïda qui est derrière cette action.

Après avoir été incorporé dans l’organigramme du service occidental, mes nouveaux interlocuteurs voulaient absolument que je leur livre Abou Zoubeida, celui qui, dans notre organisation a géré cette affaire de Paris avec ses relais algériens. C’est lui qui a donné l’argent. Si je n’ai pas pu coincer Abou Zoubeida, je les ai aidés à démasquer un autre réseau, celui d’Abou Qtada le patron d’Abou Zoubeida Al Falastini, une organisation responsable de la mort d’innocents… Jadis j’étais un élément du problème, je suis devenu un élément de la solution... Je n’avais pas d’état d’âme, ces attentats desservaient l’islam.

J’ai été interpellé et au terme de longues interrogations, mon aide a été sollicitée. J’ai fait l’objet d’un transfert médical vers un pays européen pour soigner une hépatite.

J’ai été pris en main par un service de lutte contre le terrorisme qui m’a initié à l’observation de l’environnement, à l’analyse de la gestuelle un art qui permet l’identification des gens. J’ai appris à observer et à ne jamais poser des questions… Une fois par mois je rendais compte à mon officier traitant, en dehors du Pakistan. Ma cible restait Abou Abdel Aziz Al Maghrébi, le spécialiste des explosifs.

Chronique d'un retournement

« En Bosnie, nous étions au nombre de 480 combattants d’origine arabe, des «Ansars» (partisans), un chiffre qui connaissait une inflation considérable en été, du fait du «djihad touristique», un afflux considérable de ressortissants des pétromonarchies et autres pays musulmans ou pas, venus «faire le coup de feu pendant la saison estivale».

Rendu en Afghanistan, les choses ont commencé à changer. Nous ne faisions plus la guerre avec des fusils contre des soldats. Notre entrainement a dévié vers les cibles civiles, (sabotage des barrages de retenue d’eau, empoisonnement des cours d’eau, dynamitage des salles de cinéma). C’est là que les attentats contre les ambassades des Etats Unis au Kenya et en Tanzanie, en 1995, m’ont fortement secoué.

Le fait de se donner la mort soi-même, dans un attentat suicide, équivaut à un suicide. Un acte pourtant formellement prohibé par la religion musulmane. Mais pour justifier les attentats suicide, les dirigeants d’Al Qaida invoquaient le précédent de la bataille d’Al Yammama, en Arabie Saoudite juste après la mort du Prophète, et l’exploit de Barrak Ben Malek qui s’était lancé, en solitaire, dans une opération commando.

Pour justifier sur le plan religieux ces suicides et ces attaques contre des civils, Ben Laden avait créé la « Faculté de la Législation Islamique d’Al Qaida », confiant son programme d’enseignement à Abou Abdallah Al Mouhajer. En fait c’était un instrument de propagande chargé de déculpabiliser à bon compte les djihadistes qui se lançaient dans ces projets criminels.

Je me posais la question : quelle est notre légitimité ? Qui sommes-nous, nous, 400 combattants d’Al Qaida en Afghanistan, pour décider de la guerre et de la paix et engager, par délégation, le destin d’un milliard et demi de musulmans? Nous ne dispositions dans nos rangs d’aucun véritable savant religieux (faqih). Les justifications que l’on nous donnait ne relevaient que de l’interprétation personnelle de chacun des responsables.

Après l’attentat de Nairobi, qui a couté la vie à 12 américains et 250 africains, dont le quart était de confession musulmane, j’ai interrogé Abou Abdallah Al Mouhajer, le responsable de la « faculté »:

«Est-il licite de tuer des musulmans et des africains qui n’ont aucun rapport avec nos guerre?

«Oui, répondit-il, en vertu de la jurisprudence «Al Tataross» qui absout le meurtre accidentel de musulmans (le dégât collatéral) lorsqu’il est fait usage de musulmans en guise de boucliers humains ».

Face à mon air dubitatif, il a écourté la conversation en ces termes : Ies diplomates n’étaient rien d’autre que des espions ».

J’étais hésitant à poursuivre dans cette voie. Au camp Farouk frappé d’une nouvelle crise de paludisme, cette nuit-là, pris de malaise, je sortis de ma tente pour prendre l’air et me soulager Quelle ne fut ma surprise de constater que des boules de feu s’abattaient sur le camp. Il s’agissait en fait de missiles Cruse, qui ont tué six personnes. Ce raid fut mon point de basculement. J’ai quitté l’Afghanistan et Al Qaida. »

Les néoconservateurs, Clinton et la guerre en Irak

« La fréquentation des responsables d’Al Qaida m’a permis d’entendre pas mal de secrets. Ainsi, dès 1999 je savais que les Américains voulaient faire la guerre en Irak. Un soir, lors d’un dîner regroupant une quarantaine de personnes, Abou Mousa’ab Al Soury, un syrien né à Alep, théoricien du « djihad global » et qui est aujourd’hui le vrai successeur de Ben Laden, tire de sa poche un texte en arabe intitulé «American Century Project» et nous annonce à voix haute:

«Les Américains préparent une invasion de l’Irak et le renversement de Saddam Hussein pour faire de l’Irak un exemple de démocratie et assurer l’expansion des intérêts américains dans la zone ». Le texte de cette lettre, adressée à Bill Clinton président des États Unis, portait la signature de George Bush jr, Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Condoleeza Rice et Paul Wolfowitz . C’est dire que de hauts responsables politiques, ceux qui allaient succéder à Clinton, préparent déjà la guerre contre l’Irak.

Et Abou Mousa’ab Al Soury avait aussi dans sa poche la réponse de Clinton. Il disait « Je ne saurais me lancer dans de telles opérations, sauf en cas d’attaque similaire à celle de Pearl Harbour. »

Abou Fahs Al Masry
enchaîne alors: « C’est vrai, alors nous leur assénerons un nouveau Pearl Harbour »…

En septembre 2001, j’ai compris ce dont il était question à l’époque. Al Qaida songeait de longue date à une grande opération. En juillet 2001, j’étais au Kandahar. Abou Fahs al Masry me réclame et me charge d’une mission: «Je te charge de faire parvenir ce message à quatre personnes de Londres et de Birmingham: « quittez le Royaume Uni et revenez en Afghanistan, avant début septembre. Sinon restez sur place et ne bougez plus ».

Surpris je pose cette question à Abou Hafs: « Cette attaque sera plus forte que celle des missiles Cruse qui nous ont touché l’an dernier ? »

Il m’à répondu : « Rien à voir. Ce sera un théâtre de guerre. L’évènement sera énorme. Toi tu resteras en Europe».

Le Pearl Harbour, ce fut le raid du 11 septembre 2001 ».

Ben Laden, « un lion entouré d'ânes »

A la fin de son entretien avec Al Hayat, Ramzi revient sur une partie des aventures de Ben Laden au Soudan : « Hassan Tourabi et Omar Al-Bachir (actuel président du Soudan) ont trahi Ben Laden. D’ailleurs il les qualifiait de «Frérots caméléons». Oussama Ben Laden disposait d’une forte escorte égyptienne. Ils ont été à l’origine de tous ses maux. C’est eux qui lui ont soufflé l’idée de s’installer au Soudan pour y fomenter un coup d’état. Or, il n’a pas pris le pouvoir et perdu 165 millions de dollars d’investissements.

Le tandem Tourabi-Bachir a mis la main sur ses plantations et l’a roulé dans la farine. Ben Laden n’était pas fait pour la politique quotidienne, politicienne. Il vivait en compagnie de trois de ses épouses et de leurs enfants, menant une vie frugale, chasse, natation et équitation, se réservant le prêche du vendredi. Comment pouvait-il monter un coup d’état ? Autour de lui ses amis Ayman Al Zawahiri et Abou Fahs Al Masri, manquaient tout autant de bon sens. En fait, Ben Laden n’était qu’un lion entouré d’ânes».

Ses passionnantes confessions de Ramzi, avec leur part d’omission et de mensonge, nous conduisent à tenter de comprendre le nouveau rapport de forces qui traverse le Al Qaïda de l’après Ben Laden. L’organisation djihadiste se débat maintenant dans des conflits internes en raison des difficultés qu’ont ces guerriers d’Allah à trouver un incontestable successeur à leur maître disparu, à former une nouvelle génération de djihadistes. Ce qui est certain c’est qu’Al Zawahiri, qui se veut le nouveau calife, est en but à une solide opposition et à de la surenchère.

Pour se remettre en selle, Zawahiri a décidé de tourner son haut parleur vers l’Occident et d’éditer une revue en langue anglaise «Resurgence». Cette publication s’adresse aux musulmans qui résident ou sont nés des pays occidentaux. La raison de cette croisade de recrutement lancée en Europe ?

Le fait que les djihadistes venus de pays arabes soient de moins en moins nombreux et motivés. Ce nouveau marketing explique que Zawahiri, dans ses interventions, emprunte maintenant de longs passages des discours de Malcolm X, le leader des «Black Muslims», assassiné il y a quarante ans. Même avec Al Qaida, l’histoire tourne en rond.

Source : MondAfrique

 

 

Autour d’un thé

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Autour d’un thé

Il ya une chose dont les Mauritaniens parlent peu. Ou ne parlent même pas. Pourtant, il est important d’en parler, surtout en cette période de lutte contre la gabegie, puisqu’il s’agit, justement, d’une forme élaborée de gabegie. Un phénomène qui a pris tant d’ampleur qu’il en est, tout simplement, banalisé.

Partout. Rien à faire. L’usurpation des titres qui a entrainé la banalisation de tout. Cheikh par ci, Oustaz par là. Excellence ou Honorable. Des titres distribués à tout va, au point qu’ils ne veulent plus rien dire. Je connais un respectable imam pour qui tous ceux qui prient derrière lui sont soit des cheikhs ou des oustaz.

Docteurs ès n’importe quoi, raconte-t-on sans ambages ni gêne. Usurpation. Dévalorisation. Accommodation. Comme ça, le petit vendeur de boîtes d’allumettes et d’un ou de deux paquets de cigarettes devient, illico, un homme d’affaires.

L’éplucheur de poisson, au marché de la plage, est un armateur. Celui qui sait à peine agencer quelques strophes, un éminent poète. Le restaurateur d’ordres, au bureau du moindre avocat, est affublé de Maître. Tous ceux qui se lèvent et marchent sont des experts en tout. Toute prestation à la TVM ou à la radio, la plus indigeste et médiocre soit-elle, vaut, à son auteur, de devenir spécialiste des groupes armés, au Nord-Mali ou au sud de la Mauritanie.

Comme ça, on se retrouve très en avance, sur tous les pays du Monde, en termes d’experts en tout. Des experts en sport, en ski, en golf, en tennis, en yoga, en triple saut, en judo, en karaté, en natation, en possible et en inimaginable. Et puis, tout ça en ayant la peau très dure.

Des gens qui n’ont jamais pu finir le cycle secondaire se permettent de se présenter au public comme sortants de grandes écoles : ne sont-ils partout, aujourd’hui, directeurs centraux, administrateurs régionaux, inspecteurs de département ministériel, officiers de corps constitués, députés, journalistes prétendument talentueux, banquiers bien « sapés », hommes d’affaires ayant le vent en poupe, présidents de formation politique « incontournable » ?

Bref, tout ne veut plus rien dire, puisque rien se permet de tout dire. A cause de cela, la fonction a perdu sa sacralité d’antan. Il ya juste une décennie ou deux, les oulémas se comptaient sur le bout des doigts. Combien s’en réclament, aujourd’hui ? Même pas, on n’est plus seulement « alem », on est « alama » (forme d’exubérance) dont se réclame, publiquement, tout celui ânonnant, souvent maladroitement, quelques sourates et hadiths. Et les experts ? Ecole fondamentale. Collège d’enseignement général, Brevet : échec. Lycée, Bac : échec et mat.

Centre de formation en gestion et comptabilité, à Sebkha, Médina 3 ou sis en une ruelle étroite, quelque part à l’Ilôt K ou Tevragh Zeïna. Et hop ! BT… BTS… Expert-comptable, expert en gestion des ressources humaines, fluviales ou maritimes, expert en droit international, en monétique ou en économétrie ; expert en sciences de l’espace ou en physique nucléaire, en tout ou bien en rien, peu importe, mais expert, surtout, ah, expert !

Les spécialistes et les analystes. Ceux-là sont légion. Tout a ses spécialistes : La poésie populaire et arabe, les télécommunications, le transit, l’édition, les groupes islamistes armés, l’espace, l’air, le vent, les oracles et les ouragans, l’Union Africaine et les putschs, la politique et l’économie, les tsunamis. Spécialiste en AQMI, spécialiste en Chine, en Japon, en Inde, en Grèce antique, en ping-pong, en jonglage, en lutte simple et en lutte avec frappe… Ici, tout y en a, yan na bon.

Les députés d’autrefois ne sont plus comme ceux d’aujourd’hui. Un ministre d’avant 2008, ce n’est pas comme un ministre d’après. Cherchez la différence. Instituteur, professeur, directeur, avocat, député, ministre et même Président, ce n’est plus comme avant. Ça n’a plus la même saveur, ni la même connotation, ni la même envergure. Instituteur, professeur, directeur : savoir, rigueur et exemplarité. Député et ministre : droit et autorité. Président : ambition et référence. Est-ce toujours la même incarnation ?
La même sacralité, le même regard?

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Dubaï ou le royaume de la démesure

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Vue du Dubaï du haut de Burj Khalifa, le building le plus haut du monde

 

 

Dubaï surprend même le voyageur qui la visite régulièrement. Plongée au cœur d'une ville à nulle autre pareille.

Un cinquième séjour à Dubaï m'a permis de prendre la mesure de la métamorphose de la ville, devenue une quasi-mégapole. De jour en jour, cet émirat caméléon ne cesse de changer de visage, subissant un lifting continu telle une starlette à la conquête de Hollywood. Voici la tour dite Burj Khalifa, qui tutoie les cimes : c'est le gratte-ciel le plus haut du monde (828 mètres), soit deux fois et demie la tour Eiffel, où Giorgio Armani s'est taillé la part du lion avec ses boutiques, ses appartements (griffés) et son hôtel cinq étoiles aux tarifs exorbitants. Tout comme les Kenzo, Hermès, Versace, etc. Ce building pourrait pourtant être bientôt dépassé par Sky City One, construite en Chine par le milliardaire Zhang Yue.

Au pied de la tour, à partir de 19 heures, une fontaine musicale géante offre un spectacle gratuit et hallucinant fait d'eau, de lumière et de musique. On peut y accéder par le (nouveau) métro ultramoderne, dont le réseau se compose de deux lignes. Automatisé à la japonaise, propre comme un miroir chinois, il dessert toute la ville, de Jebel Ali jusqu'à l'aéroport en passant par tous les points névralgiques. Y boire ou y manger vous coûtera une amende de 100 dirhams (20 euros). Y fumer une clope, 200 DH. Aux heures de pointe, pour éviter les "corps à corps", des rames sont réservées aux femmes sous l'oeil vigilant de policiers qui veillent au grain. Le métro est géré par le jeune prince Hamdan Al Maktoum, frère de la belle Meriem, cavalière émérite qui organise chaque année le Festival international d'équitation sous le regard d'aigle de son père, l'émir de Dubaï.

Tous ces princes, voire certains roturiers de l'émirat, mènent grand train : palaces, bijoux, bolides rutilants dont le coût pourrait couvrir les besoins en nourriture du Yémen et du Niger réunis. Tout est démesuré dans cette ville en quête permanente de superlatifs. À titre d'exemple, le Dubai Mall, plus grand centre commercial de la planète, et son aquarium géant, le plus vaste au monde, qui abrite 300 requins (dont 30 requins taureaux) et une faune de 33 000 animaux marins ! Autre record : d'après le Global Property Guide, Dubaï est le premier marché immobilier (d'habitations) au monde.

 

L'aquarium du centre commercial Dubaï Mall, abritant des milliers d'espèces

 

Avec 39 millions de personnes transportées à travers le globe, Emirates Airlines annonce, de son côté, pour l'exercice écoulé, des bénéfices de l'ordre de 2,3 milliards de dirhams. Quand cette compagnie, chère aux Maktoum (famille régnante), est née, en 1985, sa flotte ne comptait que deux avions utilisés en leasing. Que de chemin parcouru !

 

Dire de Dubaï que c'est une ville arabe, c'est se tromper d'adresse. On n'y entend guère parler arabe mais bengali, indu, anglais en raison de la présence massive d'ouvriers venus de Bombay, Lahore, Manille, Sanaa ou Kuala Lumpur. Ils s'y accrochent malgré des conditions de vie déplorables, parfois inhumaines. Les tours et les palaces de Dubaï, ils les ont construits presque à la force du poignet par un taux d'humidité unique au monde et sous un soleil de plomb. Ici, c'est la fournaise continue. Et pour y échapper, le touriste doit se terrer dans sa chambre d'hôtel jusqu'à 18 heures. Accomplir de longues distances à pied relève de la gageure.

Les avenues sont larges, rectilignes et très propres. Çà et là jaillissent des jets d'eau, des fontaines, des plans d'eau. Jardins avec bancs publics et plantes aromatiques embellissent cette ville aux allures à la fois de Singapour et de Miami. Tel Monaco, Dubaï est entièrement surveillé par des caméras de sécurité. Seule ombre à la carte postale, la présence envahissante et permanente de grues et de bulldozers, rançon d'un émirat en éternel chantier.

Source : Jeune Afrique

 

D'importantes quantités de pluies dans les 2 Hodhs, l'Assaba et le Guidimakha

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Les quantités de pluies suivantes ont été enregistrées dans diverses zones du Hodh El Charghi, du Hodh El Garbi, de l'Assaba et du Guimakha, selon le service du réseau administratif de commandement du ministère de l'intérieur et de la décentralisation.


Hodh El Charghi:


Bassiknou: 32,7 mm
Fassala: 07 mm
Bousteila: 55,7
Ouma Avnadech: 25mm
Oum Gouffe: 50 mm
Timbedra: 30 mm
Adel Begrou: 11,5 mm
Hassi Ehel Adebe: 32 mm
Taroumene 58 mm
Djiguenni 19,5 mm

Hodh El Garbi:


Kobenni: 24,5 mm
Guogui: 19 mm
Modibougou: 04 mm
Leghlig Ehel Ewdja: 35 mm
Ain Farba: 08 mm
El Voullanye: 04,5 mm
Touil: 17,5 mm

Assaba:


Tenaha: 07 mm

Guidimakha:


Ghabou: 10 mm
El Melga: 02 mm.

Source : AMI