Sun09222019

Last update04:23:29 PM GMT

Back Economie Economie

Chronique

[Chronique] Malawi : Miss albinisme à l’assaut de l’ostracisme par Damien Glez

  • PDF

Décomplexés, des albinos du Malawi viennent d’afficher leur beauté dans une élection de miss. Une manière de lutter contre les discriminations et les violences.

Elles fuient habituellement la lumière, à la fois parce qu’elles sont victimes des effets nocifs du soleil sur leur peau dépourvue de mélanine, mais aussi car elles sont la cible des stigmatisations sociales et les martyres des convoitises criminelles. Quel meilleur pied de nez à l’ostracisme que de s’afficher, pour une fois, sous les projecteurs ? Et quel message plus efficace, pour ces physiques jugés insolites, qu’un concours de beauté ?

C’est à Lilongwe que s’est tenue l’élection de « Miss Albinism 2019 » samedi 7 septembre. Si la compétition n’est pas inédite sur le continent – l’Albinism Society of Kenya a organisé l’élection de « Miss et Mister Albinos » à Nairobi en 2018 -, elle prend un sens tout particulier au Malawi, où la chasse aux albinos s’est intensifiée ces dernières années.

Rejet inculte et convoitise malsaine

Dans ce pays, le nombre de personnes atteintes de cette anomalie génétique et héréditaire est évalué entre 7 000 et 10 000. Depuis novembre 2014, une vingtaine d’albinos aurait été tués, et près de 150 cas de violences à leur encontre ont été recensés, selon l’Association des personnes albinos au Malawi (Apam). Souffrant d’un rejet inculte et d’une convoitise malsaine, ils vivent dans une peur constante.

La menace la plus tragique est celle d’agressions motivées par des pratiques rituelles. Réduits en poudre par des sorciers et des guérisseurs traditionnels qui leur prêtent le pouvoir d’attirer la chance et la richesse, leurs os broyés sont intégrés dans des potions prétendument magiques. Pour certains, ces ossements contiendraient même de l’or, et c’est pourquoi certains cimetières sont le théâtre d’exhumations sauvages.

Sensibilisation et solidarité

Quand ils ne sont pas traqués, les albinos sont victimes de discrimination de la part de l’institution scolaire, mais aussi en matière de soin, dans un système de santé peu achalandé en soins spécifiques. Des ONG comme Amnesty international dénoncent régulièrement cet état de fait, comme dans un rapport de 2016 intitulé « Nous ne sommes pas des animaux que l’on chasse ou que l’on vend ».

Pour protéger les albinos, la justice du Malawi a tenté d’interdire l’exercice de la sorcellerie, mesure forcément dérisoire, au regard du caractère occulte d’une activité qui s’embarrasse peu d’autorisation d’exercer. La police n’ayant pas suffisamment de moyens pour quadriller les zones à risque, il reste donc le levier de la sensibilisation et de la solidarité, principalement en direction de la jeunesse, pour démonter ces mythes ancestraux.

Source : jeuneafrique.com

 

Mauritanie : vers un gouvernement de Ould Cheikh Sidya plus technocratique que politique

  • PDF

Mauritanie : vers un gouvernement de Ould Cheikh Sidya plus technocratique que politiqueKassataya - Un mois après la formation du premier gouvernement de Ould Ghazouani dirigé par Ould Cheikh Sidya les observateurs ne sont pas indifférents à la volonté de l’équipe gouvernementale d’être plus lisibles et à l’écoute des citoyens.

Les ministres semblent montrer un nouveau visage et une ambition pour changer leur département. C’est très positif pour un gouvernement à peine installé. C’est un nouvel état d’esprit qui n’échappe pas aux observateurs. Tous les départements jouent la même musique. Les ministres sont au taquet. Le citoyen est au cœur des réformes.

Les ministères les plus problématiques comme la santé, l’emploi, l’éducation nationale et l’habitat sont dans le collimateur du chef du gouvernement désormais l’interlocuteur direct des ministres auprès du président. Un changement de style qui va dans le sens de privilégier d’abord les diagnostics et les solutions avant les décisions.

C’est un gouvernement d’action pour l’instant pour sortir de l’impasse économique. Tous les secteurs seront revus et corrigés surtout dans l’agriculture et l’élevage dans un contexte où la campagne agricole s’annonce difficile notamment dans la vallée avec les inondations récentes qui ont fait beaucoup de dégâts humains et matériels.

Les accords litigieux sous Ould Aziz au niveau de la santé sont annulés notamment celui de Nouakchott Medical Center et la CNAM. De nouvelles mesures sur l’autonomie des hôpitaux et les conditions des médecins et le personnel de la santé vont permettre à ce secteur délaissé depuis longtemps de repartir sur de nouvelles bases et d’offrir des soins gratuits aux populations les plus démunies.

De même de nouveau signes encourageants pour lutter contre le chômage endémique notamment des jeunes. Ils sont plus 371 000 en grande partie des filles en milieu rural et près de 70 000 diplômés chaque année.

Un plan Marshall est en cours d’élaboration pour éradiquer le fléau. Le logement c’est un des parents pauvres des politiques gouvernementales précédentes.

Le gouvernement de Cheikh Sidya va restructurer les quartiers populaires où vivent plus de la moitié de la population de Nouakchott. Et la réforme s’inspira de l’exemple marocain en matière d’aménagement du territoire. Au final un gouvernement plus technocratique qui entend avoir des résultats.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : la loyauté de Ould Ghazouani envers Ould Aziz fait polémique

  • PDF

Mauritanie : la loyauté de Ould Ghazouani envers Ould Aziz fait polémiqueKassataya - Le limogeage de Ould Ely patron de la SNIM suite à un rapport accablant sur la gestion de Ould Aziz et son remplacement par l’ancien ministre des finances et de l’économie Ould Djay c’est l’arbre qui cache la forêt.

Autant d’indicateurs pour les observateurs qui révèlent la méthode de pillage de l’ancien président sur la vente du fer et la complicité de son ministre de l’économie et des finances.

C’est surtout le laxisme du président mauritanien qui inquiète les observateurs. Cette affaire de limogeage du patron de la plus grande société d’Etat qui intervient dans un contexte où les observateurs et l’opposition mauritanienne ne sont pas dupes des difficultés financières du pays, suscite des interrogations sur la posture du président Ould Ghazouani à peine investi dans sa nouvelle fonction.

En effet Ould Ghazouani a annoncé de bonnes intentions pour sortir le pays de l’impasse économique léguée par son prédécesseur. Et depuis deux semaines la révision de certains accords conclus par Ould Aziz va dans ce sens mais dans une moindre mesure. La raison est simple.

Le cœur du redressement économique réside avant tout dans un audit de toutes les sociétés d’Etat au bord de la faillite dont certaines sont liquidées comme la SONIMEX et l’ENER pour ne citer que celles-ci.

En nommant un ancien ministre de l’économie et des finances nouveau patron de la SNIM, une personnalité décriée par la classe mauritanienne toutes tendances confondues Ould Ghazouani tente de couvrir son frère d’armes et sa méthode de pillage des ressources du fleuron de l’industrie mauritanienne notamment dans la vente du fer de 2011 à 2015.

C’est cette vérité amère qui résulte du rapport de Ould Ely qui est à l’origine de ce nouveau feuilleton. Et c’est Ould Aziz qui serait même à l’origine de cette pression une fois averti de cette révélation.

Et les tapages médiatiques sur la fronde des caciques de l’UPR après la formation du gouvernement de Ould Cheikh Sidya font partie de ce plan machiavélique pour empêcher le nouveau président d’agir.

L’ancien chef d’Etat serait même en possession de toutes les preuves de la casse de dix années au pouvoir. Une difficulté supplémentaire pour Ould Ghazouani et son gouvernement de procéder à des audits réclamés aujourd’hui par l’opposition.

Devant ce casse-tête le président mauritanien a choisi la loyauté chère aux généraux de l’armée en laissant partir son ami avec près de 300 valises et d’autres biens incommensurables dont le fugitif a le secret. Ould Ghazouani a prêté serment.

Ce qui l’oblige à agir sur la base de preuves. Cette difficulté est surmontable. Dans le cas échéant c’est une complicité synonyme de haute trahison condamnable par la justice.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : la gouvernance de Ould Aziz au banc des accusés

  • PDF

Mauritanie : la gouvernance de Ould Aziz au banc des accusésKassataya - Incontestablement l’affichage du gouvernement de Ould Cheikh Sidya comme le prolongement du régime de Ould Aziz a suscité des polémiques au sein de l’opposition mauritanienne et des observateurs qui remettent sur la sellette la gestion catastrophique de l’ancien régime.

Le tombeur du premier président élu démocratiquement depuis 78 Sidi Ould Cheikh Abdallahi le général Ould Aziz est élu en 2009. Le président mauritanien a fait de la lutte contre la gabegie et la corruption son cheval de bataille et s’est autoproclamé le « président des pauvres ».

En une année il s’est accaparé de tous les leviers économiques du pays dont les plus importants, la SNIM, les infrastructures portuaires et maritimes, l’aéroport, la pêche, le pétrole et l’immobilier. Et avant la fin de son premier quinquennat il est devenu le président le plus riche de ses homologues africains avec un salaire qui dépasserait la plupart de ses homologues occidentaux.

Et l’accaparement des terres agricoles au profit des investisseurs arabes et des terrains à Nouakchott ont profité au locataire du palais de Nouakchott.

Réélu en 2014 sa politique est comblée par des forces extraconstitutionnelles qu’il a favorisées au sein du palais grâce à des marchés publics de gré à gré.

Conséquences de cette mauvaise gestion, l’économie du pays connaît un état de dégradation avancé, handicap sérieux à une reprise normale des activités des principales sociétés d’Etat en faillite dont certaines ont été purement et simplement liquidées comme la SONIMEX, l’ENER et d’autres agences nationales de développement.

C’est cette mal gouvernance qui s’invite dans les débats aujourd’hui à la veille de la présentation de la politique générale du premier ministre devant l’assemblée nationale. Et c’est l’opposition depuis plus deux semaines qui est montée au créneau pour éclairer l’opinion publique sur les malversations de l’ancien président et dénoncer sa fuite rocambolesque avec sa famille en emportant dans ses 300 valises les biens de l’Etat.

Les leaders de l’opposition réclament au gouvernement un audit des sociétés et agences d’Etat. C’est la priorité des priorités face à la situation économique gravissime.

Le cœur de l’économie mauritanienne la SNIM est passée entre les main du gendre de Ould Aziz qui détient 80 pour cent du capital sur fond d’un accord avec une société australienne. Au-delà de cette mauvaise gestion économique du pays c’est l’autoritarisme de l’ancien président qui est pointé du doigt.

Durant 11 ans de pouvoir Ould Aziz s’est attaqué à la liberté d’expression, verrouillé les médias publics. Et pour des règlements de compte politique avec l’opposition en exil ou dans le pays il a exercé des pressions sur la presse privée indépendante et les syndicats libres en instrumentalisant la justice.

Après un mois de gouvernance Ould Ghazouani a compris que pour sortir de cette impasse économique il faut commencer par dénoncer les accords conclus par son prédécesseur dont bénéficie en général son clan. A l’actif 4 accords sont sur la voie d’être annulés.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : vers l’annulation des accords conclus sous le régime de Ould Aziz

  • PDF

Mauritanie : vers l’annulation des accords conclus sous le régime de Ould AzizKassataya - Le gouvernement de Ould Cheikh Sidya vient d’annuler tous les accords de licences de pêche au cours de l’année en cours et non encore exécutés. Une décision qui intervient après les révélations de la presse nationale sur les réseaux sociaux de l’annulation de trois autres accords relatifs à la 4ème licence dans le domaine des communications, à la fourniture de produits pétroliers en haute mer et entre Nouakchott Medical Center et la CNAM.

La quasi-totalité de ces accords étaient en faveur des proches de l’ancien président. C’est la politique qui prévaut au sommet de l’Etat depuis plusieurs années notamment depuis l’avènement au pouvoir des militaires en 78. Toutes ces sociétés agissent dans la proximité de la présidence. Le nouveau président Ould Ghazouani entend nettoyer l’écurie de son prédécesseur.

Les observateurs saluent ce début de volonté politique qui s’inscrit dans le cadre d’assainissement des finances publiques, objectif numéro un pour traduire dans les faits son ambition de redresser un pays à genou et fortement endetté.

Les observateurs attendent encore que le chef de l’Etat aille plus loin en révisant en particulier les accords qui appauvrissent les caisses de l’Etat par exemple l’accord de la SNIM et une société australienne pour l’exploitation des mines de F’Dérick dont 80 pour cent du capital reviennent au gendre de Ould Aziz. Aussi concernée la société chinoise Poly Hondong qui continue de piller les richesses halieutiques.

Les mauritaniens attendent également des explications sur les milliards d’ouguiya du pont de Rosso un projet avec le Sénégal, de l’échangeur du carrefour Madrid à Nouakchott, et du projet sucre de Foum Gleita dont personne n’a vu le produit fini pour ne citer que ceux-là.

La liste des biens de l’Etat vilipendés par Ould Aziz est très longue. Et l’opposition attend un audit de toutes les sociétés d’Etat. Ce nouveau régime a depuis le 1er août dernier toute la légitimité à mener des réformes qui s’imposent.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Autour d’un thé : Déclarez, déclarez, il en restera toujours quelque chose...

  • PDF

Autour d’un thé : Déclarez, déclarez, il en restera toujours quelque chose....Le Calame - Dans notre imaginaire populaire, les animaux nous sont maîtres en sagesse.

Pas seulement en cette histoire de phacochère ; je n’entre pas là-dedans, pas du tout, c’est du passé : les animaux nous ont appris à ne pas tirer sur les charognes. On peut les manger mais pas tirer dessus. Question de décence et de respectabilité. La roulette du phacochère, motus et bouche cousue, complètement, définitivement !

Maintenant, revenons-en un peu à ce loup qui précède le troupeau à l’étable ou cette hyène qui se roule (elle aussi ! Mais chut ! Ai-je dit…) par terre, toute en pleurs qu’on lui ait demandé de garder les animaux.

Sur les raisons de son étonnant découragement, la très sage hyène dira, tout simplement, qu’elle sait que ça « n’est pas vrai en eux ». Quant à cette histoire, très à la mode, de déclaration de patrimoine qui vient, visiblement, après coup, le Président sortant a déclaré, hors du pays, qu’il en avait remis toutes les informations, dans une petite enveloppe remise à qui de droit, de la main à la main. Serait-ce que tout ce que les gens racontaient (opposition, presse, ennemis et autres criminels transfrontaliers…) n’était que diffamation ? Une petite enveloppe…

Où sont alors toutes ces villas dont vous parliez ? Ces banques ? Ces comptes ? Ces sociétés de construction ? Ces bateaux de pêche ? Ces marchés de gré à gré ? Ces grosses fortunes accumulées ? Tout ça dans une si petite enveloppe ? Quand même, une seule feuille A4, même noircie recto/verso, ça ne peut pas décrire tout ce que vous racontiez ! Cette histoire d’avion loué pour quelques plusieurs millions d’ouguiyas, colis et personnel de maison ?

Mais, quand on va, on ne part pas les mains vides ! Quelles conneries, tout ça ! J’ai, moi-même, un patrimoine que je m’empresse de déclarer : moi, tout d’abord et tout debout, 1,87 met quelques dizaines de kilogrammes. Une modeste – très modeste – maison, loin – très loin – là-bas vers « Rue Messaoud » acquise par je ne sais trop quelle grâce du Seigneur des pauvres, béni soit-Il.

Un salaire aléatoire au Calame. Un compte rouge-sang dans une banque menacée de faillite. Zéro chèvre. Zéro vache. Zéro chameau. Zéro charrette. Zéro terrain. Zéro palmeraie. Zéro âne. Zéro cheval. Zéro boubou Ezbi. Zéro iphone. Les ministres sont comme le loup qu’on pense toujours rassasié.

Mais si la pierre dit : « je suis mouillée » ; le morceau d’argile lui répond : « moi, je ne pipe mot ». Quand le ministre des Finances et de l’économie dit qu’il n’a « presque rien » ; juste quelques petites choses, genre modeste maison à Magta Lahjar, quelques boutiques louées à Tevragh Zeïna ; deux voitures : une pour lui et une pour quelqu’un de la maison ; quelques petits terrains désespérément nus ; à peine « quelques ouguiyettes » qui ne dépassent pas la vingt-huitaine de millions très anciens et quelques créances avec des gens au dos long ; cela veut dire que les autres anciens ministres sont presque comme moi ou « plus pires » même, pour parler bon français.

Mais, quand même, la déclaration de patrimoine, c’est quand on rentre et quand on sort. Sinon ça veut dire quoi ? Si, quand tu viens, on ne sait pas ce que tu avais, à quoi ça sert de savoir ce que tu détiens quand tu pars ? Monsieur le nouveau Président, messieurs les nouveaux et anciens ministres, tous les messieurs et mesdames quelque chose, montrez-nous ce que vous avez aujourd’hui.

Comme ça, nous pourrons juger, demain, si vous êtes bien ou mal partis. Les hommes doivent montrer ce qu’ils ont et les femmes aussi. Combien de comptes ? Combien de femmes ou d’hommes ? Combien de seconds bureaux ? Combien de terrains à Tevragh Zeïna ou en zones populaires? Combien de maisons ? Combien de boutiques louées ou pas louées? Combien de cheveux sur la tête ? Combien de grandes ou de petites palmeraies ? Combien de voitures et de quelle marque ? Combien égorgez-vous de moutons par semaine et combien de casse-croûte par jour ?

Où passez-vous vos vacances ? Combien de boubous, costumes, paires de chaussures, cravates, sous-vêtements et téléphones ? Quels parfums, quelles cigarettes ? Combien d’argent en poche, en compte(s), dans les malles, sur et sous les tables ? Responsables de tous les gouvernements, déclarez, déclarez…on vous croira… peut-être. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : l’ambivalence de Ould Ghazouani pointée par les observateurs

  • PDF

Mauritanie : l’ambivalence de Ould Ghazouani pointée par les observateursKassataya - L’omerta sur les malversations de Ould Aziz ne donne pas une bonne image du président Ould Ghazouani investi depuis le 1er août dernier encore moins le nouveau gouvernement qui nie toute difficulté économique alors que les caisses de l’Etat semblent vides.

En même temps les observateurs s’interrogent sur l’engagement timide du chef de l’exécutif à lutter contre la corruption. Cette ambivalence inquiète les observateurs qui pointent un nouveau chef d’Etat qui a laissé partir tranquillement son prédécesseur à l’étranger dans des conditions rocambolesques.

En effet Ould Aziz a pris le soin de quitter le pays en affrétant la compagnie internationale mauritanienne. Dans les soutes de l’avion plus de 300 bagages signalés par la presse nationale et sans doute des millions de devises. Cette fuite laisse entendre un deal entre les deux hommes bien avant les présidentielles du 22 juin dernier.

Vu sous ce regard l’omerta sur les malversations de son prédécesseur est considéré par les observateurs comme une complicité. Et les nombreuses demandes de l’opposition pour des enquêtes sont peine perdue. Non seulement Ould Aziz est parti avec une déclaration de patrimoine gardée secrètement par le président de la cour suprême et dont la teneur sera difficilement révélée au grand public.

Les mauritaniens ne se font pas non plus d’illusion dès lors qu’ils constatent que depuis son investiture Ould Ghazouani n’a pas fait de déclaration de patrimoine comme l’exige la loi ainsi que son premier ministre et son gouvernement et d’autres personnalités concernées par la commission de transparence.

Cette position attentiste contraste avec les bonnes intentions du locataire du palais de Nouakchott de sortir du pays de l’impasse politique à laquelle est confrontée le pouvoir pour un dialogue inclusif avec l’opposition.

A trois semaines de pouvoir aucun signal n’est envoyé dans ce sens. Il s’agit également de sortir de l’impasse économique dans un contexte d’endettement publique qui dépasse les 100 pour cent du PIB et une nouvelle monnaie qui n’arrive pas à décoller.

Les finances publiques se portent mal compte tenu de la mauvaise santé des sociétés d’Etat, d’une banque centrale en quête de stabilité et un trésor public à genou. Pour réussir son programme Ould Ghazouani est appelé à lutter d’abord contre la corruption.

C’est le défi le plus urgent compte tenu des nombreux accords de son prédécesseur signés avec des sociétés fictives ou gérées par des proches de l’ancien régime et qui coûtent.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : les premières difficultés financières de Ould Ghazouani

  • PDF

Mauritanie : les premières difficultés financières de Ould GhazouaniKassataya - Au moment où le gouvernement de Ould Cheik Sidya fait des pieds et des mains pour mettre en œuvre le programme du président, les observateurs sont perplexes face aux emprunts financiers du chef de l’exécutif.

Des emprunts qui font polémique parce qu’ils remontent une semaine seulement après l’investiture du président mauritanien qui avait fait appel aux banques commerciales pour un montant de plus de 13 milliards d’ancienne ouguiya et un autre prêt de la banque d’Import-Export de Chine estimé à plus de 3 milliards de nouvelle monnaie.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le premier gouvernement de Ould Cheikh Sidya qui aurait certainement préféré puiser sur les propres fonds du trésor public. Au total et pour deux semaines d’existence plus de 43 milliards d’ancienne monnaie à rembourser. Pas encourageant pour faire face aux défis titanesques sur l’emploi, la sécheresse, la fracture sociale.

Dans ces conditions de démarrage, la promesse des 20 milliards pour la création d’une agence nationale d’inclusion sociale pourrait être compromise. A moins encore de s’endetter davantage.

De même les réformes de l’éducation nationale et le redressement des sociétés d’Etat en faillite pourraient être remis aux calendes grecques. Après avoir vidé les caisses de l’Etat l’ancien président Ould Aziz laisse une ardoise de plus de 5 millions de dollars. L’opposition demande des enquêtes sur ces malversations.

Les observateurs s’interrogent sur ce silence au plus haut sommet de l’Etat synonyme de complicité et redoutent dès maintenant des perspectives d’un plan d’austérité imposé par les gendarmes financiers le FMI et la Banque mondiale.

Les mauritaniens ne font plus confiance à une nouvelle monnaie qui déclenche une inflation galopante et impacte sur les ménages les plus modestes. Ces premières difficultés de trésorerie du gouvernement risquent également d’impacter sur les entreprises notamment d’import-Export.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

[Chronique] RDC : cuisine politicienne au royaume du « glissement » par Damien Glez

  • PDF

Les Congolais découvrent qu’il faut parfois des mois pour constituer une équipe gouvernementale. Esquive salvatrice de la précipitation ou trompe-l’œil politicien ?

C’est bien connu, plus on progresse vers l’horizon, plus celui-ci semble s’éloigner. Sept mois et demi après l’élection présidentielle congolaise, trente semaines après l’investiture du chef de l’État Félix Tshisekedi, et 96 jours après la nomination du Premier ministre Sylvestre Ilunga Ilunkamba, les citoyens de RDC se réveillaient toujours sans gouvernement. Et les promesses de fumée blanche de se succéder, chacun tentant de décrypter une déclaration officielle ambiguë ou la convocation d’une session législative extraordinaire…

Comme dans un tutoriel de cuisine approximatif où les « pas assez de sel » succèdent aux « trop de pili-pili », la composition du gouvernement congolais résonne de « pas assez de femmes ministrables » et « pas assez de jeunes ». Une manière pour le cuistot Ilunga de montrer qu’il est à la manœuvre des ustensiles, même si, en amont, il a dû se plier aux « ingrédients » fournis par le FCC (Front commun pour le Congo) et le Cach (Cap pour le changement). Et même si, en aval, c’est bien Son Excellence Tshisekedi qui arbitrera officiellement la mouture finale de l’équipe.

Le glissement, nouveau sport national

Pour l’heure, à l’évocation de l’arlésienne gouvernementale, on répond « bientôt » à l’envi… Il faut dire que le « glissement » d’agenda politique est devenue une discipline quasi olympique en RDC, singulièrement depuis le round ultime du dernier mandat constitutionnel de Joseph Kabila. Même lorsqu’il s’agit d’ensevelir un opposant historique, on « glisse ». Si l’on met vingt-huit mois à inhumer, pourquoi n’en mettrait-on pas huit à accoucher ?

Le record de blocage politique sans gouvernement est toujours détenu par une démocratie européenne expérimentée : la mère Belgique

Faut-il pour autant se moquer des atermoiements congolais ? Primo, en matière de rythme, le Zaïre indépendant est né sur un cha-cha-cha, danse réputée pour sa subtile succession de pas en arrière et de pas en avant. Secundo, c’est un virage inédit que le pays a initié avec la première alternance par les urnes, nouveauté qui mérite un parcours aux envergures de transition. Tertio, la majorité issue des urnes relève d’une cohabitation, avec ou sans accord apaisé des coalitions kabilistes et tshisekedistes.

Quarto, le record de blocage politique sans gouvernement – 249 jours – est toujours détenu par une démocratie européenne expérimentée : la « mère » Belgique. Enfin, les sceptiques de l’accord de la Saint-Sylvestre 2016 doivent reconnaître que, même à vitesse d’escargot, Joseph Kabila a fini par quitter le pouvoir. A glissé de poste, pour être plus précis…

Source : jeuneafrique.com