Sun10172021

Last update09:23:53 AM GMT

Back Economie Economie

Chronique

Mauritanie : la nomination des délégués régionaux du développement rural fait polémique

  • PDF

Mauritanie : la nomination des délégués régionaux du développement rural fait polémiqueKassataya - La discrimination au niveau de l’administration mauritanienne se poursuit à grande vitesse depuis l’accession au pouvoir de Ould Ghazouani. Les nominations des délégués régionaux du développement rural tous issus d’une seule communauté, suscitent encore une fois des polémiques sur les réseaux sociaux.

Le développement rural est un secteur prioritaire du programme quinquennal de Ould Ghazouani qui en a fait son cheval de bataille en le scindant en deux départements : l’Agriculture et l’Élevage. Un changement intervenu dans le cadre de la relance économique qui résulte des implications sociales et économiques de la covid-19.

La mise en place de cette nouvelle politique du développement agricole est suivie de nouvelles nominations du personnel aux ministères de tutelle. Les régions ne font pas exception à ce mouvement. Le dernier en date concerne les 10 représentants régionaux du secteur rural. Tous issus d’une seule communauté.

Une discrimination dénoncée par les réseaux sociaux qui publient la note de service qui a pris effet depuis le 3 septembre dernier. Les observateurs sont surpris de cette absence de rupture du régime de Ould Ghazouani avec son prédécesseur dans un domaine aussi sensible que les postes de responsabilité dans l’administration.

Après deux ans de gouvernance, les nominations et concours ou examens au niveau des forces armées et de sécurité, de l’administration centrale et territoriale, de la diplomatie ont tendance à obéir à des critères tribalistes et clientélistes en faveur d’une seule communauté.

C’est la politique d’antagoniser la société mauritanienne qui est pointée du doigt. Et plus encore que ce racisme d’Etat qui ne date pas d’aujourd’hui est banalisé par un chef de l’exécutif, fort de ses pouvoirs et pourtant qui semble négliger qu’il a été élu par tous les Mauritaniens. Les discours sur l’unité nationale et la cohésion sociale, la lutte contre l’exclusion et la marginalisation, c’est du pipeau.

Cherif Kane

 

Mauritanie : le passif humanitaire divise la coalition de l’opposition

  • PDF

Mauritanie : le passif humanitaire divise la coalition de l’oppositionKassataya - Le retrait des verts de la coalition de l’opposition cette semaine à Nouakchott relance le débat sur le passif humanitaire sur la scène nationale.

La coalition de l’opposition mauritanienne regroupe les partis Al Mustaqbal, APP, CVE, CVE-VR, le RAG, le RNRD-TAWASSOUL et le parti mauritanien pour la Défense de l’Environnement. L’image de mélange de choux et de chèvres est bien réelle avec ses sept partis dont les leaders entendent peser sur la concertation politique conduite par la coordination parlementaire et des forces nationales extraparlementaires derrière une feuille de route approuvée par le président Ould Ghazouani.

Mais ce rapprochement de circonstances ressemble fort à un condensé de partis qui n’ont pas les mêmes principes de valeur d’opposition contre un système qui perdure depuis plus de 60 ans.

Malgré la présence du premier parti de l’opposition Tawassoul et les forces dites patriotiques symbolisées par la CVE-VR, la CVE et le RAG , cette coalition semble être tirée vers le bas en particulier par l’opportuniste président de l’APP qui est maître dans l’art de dialoguer avec le pouvoir. Ould Boulkheir est pris au piège avec ses sorties médiatiques qui flinguent le chef de l’Etat mauritanien.

Les observateurs ne sont pas surpris de cette tournure des évènements. Ainsi l’annonce d’une concertation nationale imminente par le pouvoir bouscule les leaders qui étalent au grand jour leurs divergences sur l’esprit et la lettre de la feuille de route qui ne laisse aucune chance aux participants de traiter du passif humanitaire dont le règlement est mis en sourdine par Ould Ghazouani et considéré définitivement soldé par son prédécesseur.

Un silence dénoncé par le président du parti mauritanien pour la Défense de l’Environnement qui prend ses distances à partir de maintenant. Les verts entendent que les veuves et orphelins et les rescapés civils et militaires du génocide des noirs en 1989 soient invités à la prochaine concertation nationale comme le dit un sage dicton africain « Quand la chèvre est présente, il ne faut pas bêler à sa place ».

En se démarquant des forces de l’opposition, le parti écologique envoie un message d’unité nationale et de cohésion sociale au pouvoir.

Cherif Kane

 

Mauritanie : les mauvais résultats du Bac relancent le débat sur les langues nationales

  • PDF

Mauritanie : les mauvais résultats du Bac relancent le débat sur les langues nationalesKassataya - Des associations culturelles nationales aux partis de l’opposition en passant par les réseaux sociaux, tout le monde s’accorde à dire qu’il est urgent de changer le système éducatif mauritanien à bout de souffle dont les résultats d’année en année suscitent des inquiétudes.

Les mauvais résultats du BAC confirmés même par le ministre de l’Éducation nationale relancent l’impérieuse nécessité d’enseigner les langues nationales dans un pays où cohabitent des communautés linguistiques différentes.

Après 60 ans d’indépendance et six réformes, ce n’est pas la pandémie qui est aujourd’hui la seule responsable d’un système éducatif qui aboutit à 8 pour cent de réussite toutes séries confondues en 2021.

Ce système moribond qui continue de fournir des abandons massifs à l’école publique qui forme depuis des années, des milliers de jeunes chômeurs en difficulté sur le marché du travail et des cancres en terminales et dans les universités mauritaniennes. C’est ce système à deux vitesses qui favorise l’excellence des écoles militaires et les écoles privées qui est pointé du doigt par les observateurs.

Un système éducatif à bout de souffle tournant le dos à la diversité socioculturelle. L’histoire retiendra la seule tentative d’enseigner les langues nationales (arabe, pulaar, soninké et wolof) en 1979 et qui sera interrompue en 1989 sous le régime de Ould Taya qui va accélérer le processus d’arabisation du pays et initier le génocide des négro-mauritaniens de la vallée.

La constitution de 1991 avait tranché en faveur de la langue arabe devenue la seule langue officielle et le pulaar, le soninké et le wolof comme étant des langues nationales Il s’agit d’un non-retour à la réintroduction des langues nationales dans le système éducatif écornant ainsi la cohabitation.

L’hécatombe des résultats de cette année est la résultante d’une politique négationniste de la culture négro-africaine portant ainsi atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale.

Face à cette politique d’exclusion et de marginalisation, l’opposition et les associations nationales culturelles tirent la sonnette d’alarme pour une refonte de l’Education nationale qui devra passer par l’apprentissage des langues nationales à l’école.

Cherif Kane

 

Mauritanie : l’arrestation d’un journaliste remet à l’ordre du jour la loi sur la cybersécurité

  • PDF

Mauritanie : l’arrestation d’un journaliste remet à l’ordre du jour la loi sur la cybersécuritéKassataya - L’arrestation du journaliste Ould Atfagha cette semaine à Nouakchott pour avoir diffusé en direct sur sa page Facebook des images de gendarmes, relance le débat sur la loi sur la cybersécurité.

Les observateurs ne sont pas surpris de l’interpellation cette semaine à Nouakchott du journaliste mauritanien qui a publié sur sa page Facebook des photos de gendarmes à Nouakchott.

C’est un des gendarmes qui s’est reconnu sur cette vidéo qui a porté plainte avant de la retirer après des polémiques sur les réseaux sociaux qui pointent une atteinte aux droits d’expression et d’opinion garantis par la constitution mauritanienne.

Cette arrestation survient plus d’une semaine après le débat à l’Assemblée nationale sur la loi controversée relative à la cybersécurité dont la promulgation poserait des problèmes sur les offenses du chef de l’Etat et le moral des forces armées et de sécurité.

Le trublion blogueur Ould Atfagaha vient de faire ainsi les frais d’une loi liberticide qui n’est pas encore entrée en vigueur et dont les grands contours ne respectent pas la liberté démocratique. Le chef de l’Etat premier magistrat du pays ne peut échapper à des critiques parce qu’il est élu par le peuple. Les forces armées et de sécurité n’échappent pas non plus à la règle.

Le cas contraire fait basculer la Mauritanie dans une monarchie. Sans amendements à cette loi, les journalistes, défenseurs des droits de l’homme, militants anti-esclavagistes et les chefs de partis de l’opposition dits anti systèmes sont condamnés au silence ou la prison en critiquant le tribalisme, le clanisme, le racisme, le régionalisme ou le chef de l’Etat. C’est la porte ouverte à tous les excès de zèle du pouvoir sur les citoyens sans leur donner la possibilité de se défendre.

L’histoire judiciaire retiendra l’affaire du blogueur Ould Mkheitir qui a fait couler beaucoup d’encre et dont certains magistrats ont dénoncé les errements avant sa libération sous la pression de la communauté internationale. Dans un pays où ceux qui sont censés appliquer la loi font leurs propres lois on aboutit à une justice essentiellement punitive et répressive.

Cherif Kane

Guerre du Sahara : La Bataille de Ain Bintili (2ème Partie) / Colonel (E/R) Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

  • PDF

Guerre du Sahara : La Bataille de Ain Bintili (2ème Partie) / Colonel (E/R) Mohamed Lemine Ould Taleb JeddouAdrar-Info - Dès son arrivée, le capitaine Soueidatt s’attèle à la formation des hommes et ouvre un stage de perfectionnement de deux semaines pour les tireurs et chargeurs des armes collectives.

Pendant la durée de son court séjour à Ain Bintili, le capitaine veille au fonctionnement du dispositif sécuritaire par des rondes, surtout aux heures les plus tardives de la nuit. La présence du fondateur de la 1CCP, son engagement et son souci permanent du bien-être de ses hommes et de la sécurité remontent le moral des unités.

18/01/76, au cours de l’après-midi, un détachement composé, d’un peloton de quatre Land-Rovers et de deux GBC 8, sous les ordres du sous-lieutenant Sidi Aly Ould Jeddeine, est envoyé en reconnaissance en direction du « Borj Espagnol » à un kilomètre à l’est du fortin. A mi-chemin, la patrouille en éclairage rend compte de la découverte sur le terrain d’une caisse à sable.

A sa vue, le chef du détachement réalise qu‘il s’agit d’une représentation de la préparation d’une attaque contre le fortin.

Pendant l’arrêt, un véhicule ennemi se manifeste et se dirige vers l’oued Bintili. Le détachement refuse de le suivre et fait mouvement en direction de sa base. Quelques minutes plus tard, des véhicules ennemis sortent de l’oued et se lancent sur les traces du détachement. Une escarmouche éclate entre les deux éléments. Après un bref accrochage, les véhicules ennemis s’esquivent et le détachement rentre à sa base.

Le lendemain, très tôt le matin, le même détachement de reconnaissance de la veille part pour reconnaître Ouad Bintili dans la direction de Tindouf mais, cette fois sous le commandement du Cne Soueidatt Ould Weddad.

Après un bond de quatre kilomètres, le détachement s’arrête, effectue des coups de sonde et continue son mouvement. Aux environs de 08H00, à peine le deuxième bond entamé, le détachement tombe dans une embuscade.

Le capitaine Soueidatt réalise que l’ennemi auquel son détachement fait face n’est pas n’est pas le Fpolisario, mais des unités d’une armée régulière bien structurée, bien encadrée et bien équipée. L’accrochage dure près de deux heures, l’ennemi se replie vers le nord et le détachement retourne au fort avec deux blessés, le sgt Diaw Abdoullaye au bas ventre et le soldat de 2Cl Boubacar Khalidou Youba au bras.

De retour au fort vers 09H00, Le Capitaine Soueidatt réunit les cadres pour faire un point de situation et donner son ordre de conduite pour la suite des opérations.

A l’issue de la réunion des cadres, le capitaine se dirige vers le portail avec des jumelles et scrute l’horizon. Un obus tombe à côté de lui, l’atteignant mortellement et ses éclats blessent sans gravité le sergent Ba El Hadj et le Sergent Ely.

La bataille, qui va durer plus de trois jours, a commencé, avec le décès du mythique commandant des unités commandos aéroportées mauritaniennes, le Capitaine Soueidatt Ould Weddad.

Le soldat Mohamed Ould Boubacar arrive en grandes foulées pour informer l’infirmier de la garnison, le sgt Daouda Ould Mbareck, que le Capitaine est décédé.

L’infirmier se rend rapidement sur les lieux et constate le décès du Capitaine.

Les hommes, bien que très affectés par cette terrible nouvelle, continuent le combat. Selon des témoins oculaires, avant de rendre son dernier souffle, le Capitaine Soueidatt, dans le souci de préserver la vie de ses hommes, aurait informé ses cadres que l’ennemi auquel ils font face leur est numériquement et techniquement supérieur et aurait ordonné aux unités de s’esquiver pour éviter l’anéantissement.

Un Defender piloté par le Lieutenant Sidi Mohamed Ould Heyine, dépêché de Bir Moghrein pour l’évacuation du Cne Soueidatt atterrit sur la piste à côté du fortin alors que la bataille faisait rage.

Le Cne étant décédé, le commandant de bord de l’avion fait embarquer la femme du caporal Baba Ould Khayna, le sergent Diaw Abdoullaye et le soldat de 2Cl Boubacar Khalidou Youba.

Malgré les présages des événements qui se profilent à l’horizon, la femme du 2 Cl Hamma Ould Bouzouma refusera de quitter son mari. Elle ne sortira d’Ain Bintili que le 24 janvier 1976, après avoir donné naissance à un enfant sous les déflagrations des roquettes, des missiles, des obus et la pluie diluvienne des munitions des armes individuelles et collectives de l’ennemi avec le dernier élément qui évacuera le fort, après que son mari ait été fait prisonnier.

Après le décès du Capitaine Soueidatt, Le lieutenant Mohamed Vall Ould Lemrabott prend le commandement du Sous-groupement et continue le combat.

Dès le lendemain de la mort du Capitaine Soueidatt, le fortin et Dcheira Elhamra seront totalement encerclés et soumis pendant trois jours d’affilée aux tirs et aux bombardements d’une artillerie blindée lourde et d’armes antichars performantes. Ensuite, deux puissants régiments s’intercalent entre le 1 ER et le 8 EDC et les isolent l’un de l’autre.

Deux unités envoyées en renforts de Fdérick et de Bir Moghrein n’arriveront jamais à destination. L’une d’elles tombe dans une embuscade au niveau de Rich Enagim et ses rescapés retourneront à leur base de départ. La deuxième flottera pendant quarante huit heures entre ordres et contre-ordres et n’arrivera aux environs de Ain Bintili que le 22 en fin de journée pour recevoir l’ordre de se rabattre sur Bir Moghrein.

Les unités du Sous-Groupement 22, fortement affaiblies par les lourdes pertes subies, sans liaisons entre elles et cloisonnées par un ennemi fortement armé, bien structuré et logistiquement bien soutenu, continuent leur résistance désespérée.

Après un baroud d’honneur de quarante huit heures, le sous-groupement 22 perd pied et ses rescapés, mettent à profit l’intervention de l’aviation marocaine, pour décrocher en éclatant dans toutes les directions.

Tard dans la journée du 24, le Lt Mohamed Vall Ould Lemrabott arrive avec un élément réduit à Bir Moghrein, alors que le S/lt Sidi Aly Ould Jeddeine et un petit élément, ayant perdu l’orientation, seront interceptés et faits prisonniers par l’ennemi.

Zeinebou, la femme du soldat Hama Ould Bouzouma, restée au fortin, accouchera sous les missiles, les roquettes, les obus et la pluie diluvienne des armes individuelles et collectives de l’ennemi.

Son mari ayant été fait prisonnier, elle ne quittera le fortin qu’avec les derniers combattants La Land-Rover dans laquelle Zeinabou avait pris place tombera en panne. Elle passera trois jours à marcher pour rejoindre Bir Moghrein, accompagnée par le Soldat de 2 Cl Ethmane Ould Soueid Ahmed qui portait son enfant.

Le 24 janvier 1976, Ain Bintili tombe définitivement aux mains de l’ennemi.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de « La Guerre sans Histoire »

Protection des symboles de l’Etat : Ghazouani « otage » des conseillers du soir !

  • PDF

Protection des symboles de l’Etat : Ghazouani « otage » des conseillers du soir !  Le Rénovateur Quotidien - Quels conseillers du soir ont soufflé à l’oreille de Mohamed Ould Ghazouani pour que tout d’un coup de tête il se fende un discours au cours d’une visite au Trarza où la misère des populations méritait plus d’être évoquée qu’une tentation très vive de légiférer sur le contrôle des libertés.

Du conseil des ministres au parlement le « thé est infusé ». Faut –t-il le boire ? A tous points de vue, faire entériner ce projet de loi vachement liberticide c’est museler l’espace des libertés déjà sous surveillance. Dans un parlement dominé par une majorité fidèle aux désidératas du prince, rien ne fera obstacle pour que ce projet de loi passe sans coup férir.

Au grand dam des libertés d’opinion et du droit d’expressions indépendantes. Ce ne sont ni les quelques voix discordantes dans la chambre d’’enrégisteement ni les communiqués des Ongs des droits de l’homme ou des partis d’opposition qui vont changer le cours de cette décision.

Ce projet de loi est d’autant plus inapproprié pour le magistère de l’homme fort du pays que ses rapports avec les acteurs de tous bords sont normalisés. Dans un Etat qui aspire à une démocratie moderne et civilisant les mœurs politiques et sociales, on ne doit pas bâillonner les libertés par quelques motifs que ce soit fussent ils pour le prétexte fallacieux de protéger les symboles de l’Etat. D’ailleurs en Mauritanie aucun symbole de l’Etat n’a, dans l’historie du pays été profané.

Ni le drapeau, ni l’hymne national, et tout autre sceau de l’Etat pour qu’il urge de contenir le danger ! La personne du chef de L’état est dotée de « balises » de protection sans pour autant qu’elle soit « sanctifiée » par la constitution comme dans un régime monarchique. Notre constitution inspirée par celle de la France n’a pas attribué des exceptions au chef de l’Etat au point qu’il soit exempt de critiques ou de griefs, tant que cela ne soit un affront moral ou dans sa vie privée. des actes récriminés par la loi même quand il s’agit d’un citoyen lambda.

Le président de la République comme incarnation des symboles de l’Etat, garant des libertés et de la sécurité tel que consacré par la constitution est élu par la volonté du peuple. A ce titre et conformément aux prérogatives que lui confèrent la constitution il doit en vertu de tous ces attributs et pouvoirs rendre au peuple ce que le peuple lui a prêté tout en respectant ce que celui -ci a de plus cher : la liberté. Une valeur dont nul n’a un droit de prééminence. Déjà l’arsenal juridique mauritanien est assez fourni pour en définir les contours en précisant où commence la liberté et où elle s’arrête.

Depuis son arrivée au pouvoir, le régime de Ghazoauni n’a été ni ébranlé par un quelconque activiste notoire, moins encore par une classe politique devenue aphone après les dernières élections. Le feuilleton Aziz est-il donc pour quelque chose dans le cours actuel des événements pour remettre le fer au feu ? Ou encore les dossiers de l’esclavage et du passif humanitaire loin d’être soldés. Ce dernier qui porte l’indexe des crimes de sang fait-il peur encore à ceux qui se reprochent quelque chose !

Peut-on bannir des survivances de l’histoire au cœur d’un système politique, prolongement naturel de reflexes tribalo- communautaristes, érigés en mode de gouvernement que nulle loi ne bannira si facilement. Comment dès lors empêcher des modes d’expression qui ne peuvent que se nourrir de ces excroissances anachroniques de s’exprimer autrement comme si on était arrivé à un niveau de maturité d’une démocratie elle –même moulée dans ses références archaïques et qu’un coup de baguette magique vienne tout changer.

Ghazouani est-il mal conseillé par ces inconditionnels de l’amalgame qui ont ce don d’ubiquité de rebondir dans tous les régimes et dont le secret de longévité est dans leur pouvoir d’entretenir l’illusion d’être les bons idéologues, eux qui excellent dans l’art de l’amalgame et des complots sournois permanents. Ces mange-mil investissent les officines occultes pour dicter leurs lois.

Ghazouani en homme averti doit rester vigilant et laisser dormir les vieux démons que ne sauraient dissuader ni l’embastillement moins encore les matraques. Restreindre les libertés, c’est inexorablement ouvrir les portes des geôles. Et ce sera parti pour que les jugements sur des crimes de lèse-majesté soient bien fréquents dans les tribunaux !

CTD

Guerre du Sahara : La bataille de Boulanouar

  • PDF

Guerre du Sahara : La bataille de BoulanouarLe Calame - Le 02 Décembre 1977, vingt-six jours après l’attaque de BirGendouz, le Front Polisario attaque la Base de Boulanouar. La base militaire de Boulanouar, au moment de l’attaque, est composée de deux escadrons statiques et d’un escadron motorisé réduit soit un effectif de cent cinquante-six hommes.

La mission de la base militaire est d’assurer la sécurité du Chantier de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) installé par la MIFERMA sur un forage équipé en charge d’assurer le ravitaillement en eau de Nouadhibou, Zouerate et d’autres chantiers éparpillés sur les six cent cinquante kilomètres de la voie ferrée reliant Zouerate à Nouadhibou.

Le dispositif de défense de la base est articulé en trois positions statiques et deux pelotons motorisés. Les positions statiques, armées de mitrailleuses (Mit 50 et Mit 30)et de mortiers (81m/m et 60m/m) et bien aménagées avec des fortifications à base de rails et de traverses, sont installées sur trois élévations points –clés au nord-ouest, au sud-ouest et au sud-est de la localité, leur permettant de contrôler la quasi-totalité du terrain.

Les positions sont distantes d’un kilomètre de la localité chacune avec des secteurs de tirs qui se recoupent sans angles morts. Les deux pelotons motorisés sont pré-positionnés, respectivement à l’extrémité de la piste d’atterrissage au nord de la voie ferrée et à l’est de la localité.

Le Lieutenant Attih Ould Sid’Ahmed et le Sous-lieutenant Youssouf Ould Mamady, qui venaient de finir la passation de consignes et de commandement, attendaient sur la piste d’atterrissage l’avion qui devait amener ce dernier à Tmeimichatt, son nouveau poste d’affection. Vers dix heures, l’avion passe en battant des ailes comme pour signaler un danger.

Quelques minutes après, l’opérateur du Commandant de Base, le soldat de 2 Cl Dioulde Malick arrive en courant pour les informer que l’avion signale un ennemi en attaque venant du Nord et de l’est. Les deux officiers se rabattent aussitôt sur les positions, le Lieutenant Attih se rend sur la position nord-ouest et le S/lieutenant Youssouf sur la position sud-est.

Terrible méprise

Dans son attaque, l’ennemi a axé son effort, dans un premier temps sur les deux pelotons motorisés qu’il tenait à mettre hors de combat pour détruire le potentiel de mobilité de la base. Le peloton motorisé à l’extrémité de la piste est vite encerclé, toutes ses voies de retraites sont coupées et sera complètement anéanti en moins d’une trentaine de minutes.

Par contre, le deuxième peloton motorisé qui se trouvait à l’est de la localité a réussi à rompre le contact avec l’ennemi et s’est esquivé en direction de la base en passant entre la positon sud-est tenue par le s/lt Youssouf et la position sud-ouest tenu par le brigadier Mohamed Ould Bowbaly.

En l’absence de liaison radio, une terrible méprise fit croire aux deux positions qu’il s’agissait d’un élément ennemi forçant une pénétration du dispositif et elles le prirent à partie, lui interdisant l’accès de la base. Le peloton alors contourne par le sud et s’esquive en direction de Nouadhibou où il arrive vers onze heures.

L’ennemi met à profit le déséquilibre tactique créé par le vide laissé par les pelotons motorisés, qu’il exploite pour exercer sa pression sur les positions en particulier les positions nord-ouest et sud-est, la position sud-ouest étant un ilot imprenable du fait du glacis l’entourant sur plus de cinq cents mètres, sauf à un prix que l’ennemi ne semblait pas disposé à payer dans l’immédiat.

L’artillerie ennemie concentre ses feux sur les positions et les éléments d’assaut multiplient leurs attaques, mais les positions résistent grâce à leurs avantages tactiques, positions bien aménagées dominant le champ de bataille et un terrain mou peu favorables aux mouvements des véhicules, mais qui présente tout de même quelques récifs qui seront mis à profit par l’ennemi pour s’accrocher au terrain.

Devant la détermination des positions, l’ennemi numériquement supérieur joue la carte de l’usure. Pendant plus de deux heures, les positions alternent les tirs des mitrailleuses et des mortiers pour repousser les attaques ennemies et lui interdire l’accès de la localité.

Vers 12 heures, la position nord-ouest que tenait le commandant de base, le LtAttih, qui n’avait plus que six hommes sur la vingtaine qu’elle comptait, perd pied et, bénéficiant de l’appui des armes de la positon sud-ouest, se replie en direction de la position sud-est, tenue par le S/lt Youssouf.

La tactique de « la tâche d’huile » faisait son inexorable œuvre d’enveloppement. La position sud-ouest, malgré son combat farouche, succombe une demi-heure après la position nord-ouest. Le brigadier Mohamed ouldBowbaly sera fait prisonnier avec une dizaine de ses hommes.

Il ne restait plus que la « Citadelle » du sud-est, au milieu des forces ennemies qui l’entouraient sur les trois cent soixante degrés. Entre la soumission et l’anéantissement, les occupants de la position sud-est avaient fait le choix que dictait la dignité : jusqu’à la dernière goutte de sang.

A deux reprises l’ennemi pénètre dans la localité, à deux reprises il est refoulé. Malgré sa supériorité numérique et sa mobilité tout de même réduite par la nature du terrain, l’ennemi n’arrive pas à briser la résistance de l’imprenable « Citadelle ».

Une citadelle imprenable

Les combats font rage. La consommation des munitions est hallucinante. Les rejets de gaz et la poussière s’élèvent en nuages. Les hommes, ayant épuisé très tôt leurs réserves d’eau, suffoquent et se déshydratent. La soif devient insupportable. Il devient impératif de se procurer de l’eau. Les officiers demandent des volontaires pour franchir le déluge du feu ennemi vers la localité pour un ravitaillement en eau.

Le garde de deuxième échelon Bounena Ould Ely Zeine se porte volontaire. Le Brigadier Ahmedou Ould Ely Zeine, l’oncle maternel de Bounena refuse de laisser son neveu partir tout seul et se porte volontaire. Un deuxième combattant, le garde de deuxième échelon, Ahmed Ould M’bareck se porte également volontaire. Les trois hommes, les armes à la main, descendent vers la localité en utilisant le terrain, sous la protection des feux amis.

Une quarantaine de minutes plus tard, les trois hommes reviennent transportant des jerricans pleins d’eau. A une vingtaine de mètres de la position, Ahmed Ould M’bareck est touché. Bounena transportera l’un des jerricans de son camarade et continuera àle soutenir, jusqu’à la position où le garde de 2ème échelon Ahmed Ould M’bareck matricule 3030 rendra son dernier soupir, donnant un exemple sublime du sens élevé du sacrifice et de l’abnégation.

A cause du rythme infernal des combats, les munitions des positions commencent à s’épuiser, leur imposant une drastique économie de consommation. Les tirs amis se réduisent et deviennent de plus en plus sporadiques. L’ennemi, s’apercevant que sa stratégie d’usure commence à produire ses effets, investit la localité et s’avance vers la « Citadelle » qui continue son baroud d’honneur, la prenant en tenaille.

A treize heures vingt, un avion de type Jaguar survole le champ de bataille. Les belligérants étaient si proche les uns des autres et, la confusion était telle que le pilote, ne pouvant distinguer les amis des ennemis, s’abstint d’intervenir. Dès le passage de l’avion, l’ennemi lève le siège et se replie vers le nord, en direction d’Adrar Souttouf. Les hommes de la « Citadelle » ont tenu leur serment.

La colonne ennemie sera rattrapée, vers quinze heures trente minutes, par les jaguars français à Jeloua où ils lui infligeront d’énormes pertes.

De son côté, le bilan de la base militaire de Boulanouar est lourd: 30 morts, 16 blessés et 35 disparus.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de « La Guerre sans Histoire »

 

Guerre du Sahara : L’attaque de Tidjikja (1ère Partie) /par Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

  • PDF

Guerre du Sahara : L’attaque de Tidjikja (1ère Partie) /par Mohamed Lemine Ould Taleb JeddouLe Calame - Sortie du néant des Majabatt El Koubra, par cette journée grise du 03 Février 1977, la colonne d’une trentaine de véhicules s’infiltre en passant par Edavre et Lekhcheb. Au niveau du campement de Ehl Elvilali sur le côté Est de l’oued Keyal, un groupe d’hommes tente de s’interposer entre la colonne et le campement.

Le Chef du groupe Baddah Ould Vilali et l’un de ses membres tomberont sur le champ de bataille, alors que les autres seront faits prisonniers. La colonne de véhicules continue son infiltration en passant par Mreiba puis Nouag El Mich pour arriver à Timbahra.

Située sur le plateau du Tagant, la ville de Tidjikja s’est développée de part et d’autre d’une batha dont les deux affluents Arzak et Timbahra se rejoignent à Ndaghak avant de converger avec Iziv et Erchel Mowje à Melga Lebtah. Au nord-est, Tarev Ederg, une longue chaine de montagnes surplombe la ville. Au sud-est, Hnouk Baghdada, des falaises, canalisent l’accès de la ville par la route Tidjikja-Tichitt qui descend de Legréa.

Au sud, la ville est bordée par des récifs dont affleurent deux petits mamelons, JmeilattEdbech traversés par la pénétrante Nouakchott-Tidjikja. Au nord, où se trouve l’aéroport, le terrain est dégagé.

Le Secteur 9 qui couvre tout le Tagant, commandé par le capitaine de la Gendarmerie Jeddou Ould Hakki, est composé de trois escadrons: deux escadrons de la gendarmerie dont l’un est motorisé et l’autre statique à Tidjikja et un escadron amputé de la Garde Nationale dont un peloton est implanté à Tichitt.

L’escadron motorisé est en réserve au niveau du Poste de Commandement (PC) du Secteur 9, au Collège de Tidjikja. L’escadron statique de la Gendarmerie est réparti en trois positions: la première à Breikima (P1), à l’Est de la ville, la deuxième à RoussNoueiligatt (P2) sur TarevEderg et la troisième à Sambatali (P3) au nord-est du Collège.

Elan cassé

Un peloton renforcé de l’escadron de la Garde Nationale, en statique sur JmeilattEdbech, sous les ordres de l’Adjudant Da’ive de son vrai nom Mamadou Harouna Kane, occupe deux positions statiques, l’une à l’Est de la pénétrante (P4) avec une Mitrailleuse 50 et l’autre à l’ouest (P5) disposant d’un groupe de mortiers de 81m/m.

Apres avoir installé son Poste de Commandement Tactique (PCT) au niveau de l’oued Timbahra, l’ennemi déploie sa manœuvre.

L’élément d’appui est installé à l’Est de Tarev Ederg. Un élément de couverture est placé à Ledheim, sur le côté Est de Ndaghak avec pour mission de prendre en enfilade la bathaet d’interdire toute intervention en provenance de Tichitt. L’élément d’assaut progresse jusqu’à sa ligne de débouché, fixée au niveau du mausolée de Limam ElGhazouani, à l’extrémité Sud de Tarev Ederg.

A 16H00, deux éléments ennemis montent l’assaut, l’un motorisé dévalant la plaine à partir du cimetière, l’autre progressant à pied venant de l’embouchure de Timbahra. Lorsqu’ils furent à la portée pratique des armes, la position P1 ouvre le feu et casse net l’élan des assaillants.

Sous l’effet de la surprise et à découvert, les deux éléments ennemis se replient sous le feu intense de P1 et reprennent leurs positions initiales. L’accrochage continue, et l’ennemi, croyant avoir affaire à une seule position manœuvre pour l’occuper.

Un peloton motorisé de la Gendarmerie, commandé par le Quatrième Echelon Konaté Harouna doté de trois Mitrailleuses de 12,7m/m (Mit 50,) intervient au profit de la position sous la pression de l’ennemi. Simultanément, la position P5 déclenche un tir de barrage devant la position P1, devenue très tôt pour l’ennemi un objectif à conquérir au mieux ou au minimum à détruire.

Le peloton d’intervention se révèle particulièrement manœuvrier, changeant en permanence de position et engageant ses véhicules par alternance. L’ennemi, qui continuait son forcing pour effectuer un débarquement sur objectif,recule de nouveau sous l’effet de la boule de feu et campe derrière sa ligne de débouchéinitiale.

La position P1 profite de la neutralisation de l’ennemi et met à profit la couverture feu combinée des tirs tendus et courbes amis pour s’exfiltrer. L’accrochage tourne à la guerre des tranchées, chaque partie se barricadant dans ses positions.

Un groupe d’Ehl Meihimid, dont l’instinct belliqueux a été réveillé par les crépitements des balles et le bruit des explosions, armé de Mas 34 et de Mas 36, dirigé par un ancien sous-officier supérieur de la Garde Nationale à la retraite, Tfeil Ould Meihimid, profite de l’accrochage, pour sortir à pied de la ville par le nord-est de la ville.

Utilisant le maigre couvert végétal, essentiellement à base de Guendvor, pour se soustraire aux vues de l’ennemi, les hommes s’infiltrent par Elbehga à travers Tarev Ederg, en vue d’occuper ce passage stratégique et d’interdire à l’ennemi l’accès de la ville à partir de ce col. En plus de son chef, le groupe comprend Saleck Ould Ely Beibou, Lemdeirmez Ould Sid Elemine, ElMoctar Ould Ely Salem et Soueilem Ould Tfeil.

Instinct guerrier

Vers 13H00, en atteignant la crête topographique du versant Est de la montagne qu’il voulait occuper, le groupe se retrouve à l’improviste en face du Poste de Commandement de l’ennemi, installé dans l’oued Timbahra sous les acacias. N’ayant pas été repéré, il s’installe et s’organise. Le chef du groupe donne des instructions très précises qui seront respectées à la lettre: approvisionner les armes, attendre le signal pour tirer, changer de place après chaque tir.

C’est ainsi que le commandement de la colonne ennemi se trouve inopinément et, à bout portant sous les tirs nourris du groupe qui lui infligent des pertes importantes. Les échanges de tirs entre le groupe et l’ennemi continueront jusqu’au retrait de l’ennemi, juste avant le crépuscule.

L’accrochage n’avait pas duré plus d’une trentaine de minutes entre le groupe d’Ehl Meihimid et l’ennemi que des obus commencent à pleuvoir sur les emplacements de l’élément d’appui de l’ennemi. C’est ainsi que l’ennemi se trouve pris entre deux feux, le groupe d’Ehl Meihimid qui le domine à partir des hauteurs qu’il tient et les coups des obus à grande capacité des mortiers 81m/m qui font de véritables ravages parmi ses rangs.

Le Capitaine Jeddou Ould Hakki, très actif, coordonne et combine les actions de ses différents éléments.

Malgré les quatre roues à plat de son véhicule, le 4e Echelon Konate Harouna, renforcé par les tirs des hommes de la position de Breikima, fixe l’ennemi dans ses positions et lui interdit tout mouvement en direction de la ville. De son côté l’adjudant Da’ive continue le travail dévastateur de son groupe de mortiers.

L’action surprise du groupe d’Ehl Meihimid sur son centre névralgique, à Timbahra, semble avoir perturbé les prévisionsde l’ennemi, qui, attaqué sur ses arrières et bloqué à l’avant, tente de colmater les brèches en modifiant son plan d’attaque initial pour investir la ville, mais en vain.

Après plus de six heures d’accrochage, ne trouvant aucune solution pour investir la ville, l’ennemi se regroupe et s’esquive par son itinéraire d’arrivée. Sur son chemin de retour, il emporte avec lui une quinzaine de citoyens, qui resteront prisonniers à Tindouf jusqu’au retrait de la Mauritanie du Sahara Occidental, et le bétail du campement de Ehl ElVilali qui sera intercepté par les unités du Commandant Mohamed Khouna Ould Haidalla à Boujertala.

Le lendemain de l’attaque, un combattant du Polisario, du nom de Hemine de la tribu Rgueibatt, est trouvé blessé dans l’oued de Timbahra parmi les acacias par Sid’Ahmed Ould Soueilim qui le transporte sur un chameau au PC du Secteur 9, avec quelques armes et des munitions trouvées sur place.

Il s’avère selon les déclarations du blessé, qui rendra son dernier souffle dans l’après-midi de la même journée, qu’il a été laissé sous un arbre par son oncle maternel, le chef de la Katiba, qui lui a notifie de ne pas quitter sa place en attendant son retour. N’étant pas revenu le chercher et convaincu qu’il ne pouvait l’avoir oublié, le blessé en déduisit que son oncle était mort, ce que confirmeront les personnes enlevées ce jour-là après leur libération.

Le bilan du côté ami s’élève à six blessés : Gendarme de 1 échelon Kabrou, Gendarme Stagiaire (G/S) Kébé Ousmane, G/S Bara, G/S Maouloud, G/S Harouna, G/S Ould Talmoudane et le G/S Beina. Du côté civil, deux morts du campement d’Ehl Elvilali, 15 personnes enlevées dont une femme et deux enfants, 11 civils blessés à Tidjikja dont 6 femmes.

De son côté, l’ennemi a laissé sur le terrain, un blessé, quatre morts, des munitions et des armes individuelles et antichar. Au cours de leur ratissage, les unités du Secteur 9 découvriront une tombe collective.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de “La Guerre sans Histoire”

 

Mauritanie : le recul des libertés, une réalité constante du régime de Ould Ghazoauni

  • PDF

Mauritanie : le recul des libertés, une réalité constante du régime de Ould GhazoauniKassataya - La non autorisation d’une marche de l’opposition pour cette fin de semaine à Nouakchott au lendemain du refus des autorités administratives d’un meeting d’un député de l’opposition, la dispersion de la manifestation des islamistes la semaine dernière, sont autant de signaux contre la démocratie du régime autoritaire de Ould Cheikh Ghazouani.

C’est la continuité d’un régime autoritaire qui communique en intimidant et en s’attaquant à la liberté d’expression. En interdisant les manifestations de l’opposition et d’autres marches citoyennes, le régime de Ould Ghazouani s’attaque aux libertés et à la citoyenneté.

Contrairement à ce qu’a annoncé le porte-parole du gouvernement, il s’agit bien d’un recul de la démocratie et une atteinte à la constitution. C’est l’absence d’un Etat de droit qui est pointé du doigt.

Ce verrouillage des libertés est un signal fort à l’opposition qu’il n’y aura pas de dialogue inclusif. Le seul dialogue possible c’est au sein de l’assemblée nationale avec les partis représentés.

Une concertation est envisagée au palais dans les prochains jours avec la coordination parlementaire. Ould Ghazouani est affairé à préparer sa reproduction.

Et il entend bien mener cet objectif à l’abri des critiques de l’opposition et des observateurs. Presque deux ans de gouvernance qui brisent ainsi l’espoir des mauritaniens qui aspirent à la modernité politique, économique et sociale.

Cherif Kane