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Dossier

Groupe 5 du Sahel : Le Conseil de sécurité pourrait réviser sa position

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G5 Sahel: «Le Conseil de sécurité peut peut-être réviser sa position»Au Mali, le représentant spécial de l'ONU a présenté le contenu de la nouvelle résolution de l'ONU qui prolonge le mandat de la mission onusienne dans le pays, la Minusma.

La résolution évoque, notamment, une collaboration renforcée avec la force antiterroriste du G5 Sahel. Lancée il y a quelques semaines, cette armée transnationale a bien du mal à trouver les financements nécessaires.

Un peu plus de 420 millions d'euros par an, c'est ce que va coûter cette force transnationale du G5 Sahel, qui, sur le papier, a tout pour être un outil efficace de lutte contre le terrorisme.

Mais l'ONU, sous la pression des Etats-Unis, ne donnera pas un sous à cette nouvelle armée. La résolution 23 59 ne fait que saluer la création de cette force et ne lui concède, en aucun cas, un mandat onusien.

Pour le représentant de l'ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, tout n'est pas perdu et le Conseil de sécurité pourrait réviser sa position. « En lisant la résolution, le paragraphe 8 demande au secrétaire général des Nations unies de lui faire rapport dans les quatre mois qui suivent pour lui dire quelles sont les difficultés et quels correctifs est-il possible de faire pour que cette force puisse réellement répondre à ses objectifs. C’est vrai que, jusque-là, ce qu’on a dit aux pays du G5 Sahel, c’est de commencer avec ce qu’ils ont. Après les quatre mois, le Conseil de sécurité peut peut-être réviser sa position. Je reste optimiste », a-t-il déclaré.

Le Conseil de sécurité réexaminera donc le cas de la force du G5 Sahel avant la fin de l'année. Avant cela, une conférence des donateurs aura lieu, les dates restent à préciser. Pour l'instant, il reste 90 % du budget du G5 Sahel à financer.

Source : RFI

 

Sur la piste des armes de Daech

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De nombreuses armes utilisées par Daech proviennent des Balkans.ENQUETE - Des experts européens inventorient le matériel abandonné par le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. Ce travail met en lumière le rôle trouble joué par l’Arabie saoudite, qui a acquis une partie de cet arsenal dans les Balkans.

Berlin, quartier de Wedding, refuge de nombreuses familles venues du Moyen-Orient. Au coin d’une rue, dans un immeuble des années 1970, plusieurs dissidents des forces de Damas sont réunis ce lundi 19 juin. Dans l’appartement, une carte de Syrie ainsi que des photos de sites archéologiques ont été scotchées aux murs et la télévision diffuse les chaînes d’information arabes. Autour d’une table, nous retrouvons ces anciens militaires, exfiltrés ici, en Allemagne : Montasser Darwish, ex-général de l’armée de l’air syrienne ; Mohamed Al-Kasim, chef de l’Armée syrienne libre pour la zone sud du pays ; et Mahmoud Saudi, ancien patron des services de sécurité pour la ville de Hama. Tous trois connaissent le régime de Bachar El-Assad de l’intérieur et souhaitent ardemment le départ du président syrien mais aussi la défaite de Daech. Ces jours-ci, les forces démocratiques syriennes arabo-kurdes participent à l’offensive pour libérer Raqqa, fief de l’organisation islamiste dans le pays. Au détour de la conversation, le trio évoque la crise entre l’Arabie saoudite et le Qatar, la première accusant avec solennité son rival d’avoir équipé, et peut- être armé, l’organisation Etat islamique (EI). Des éclats de rire résonnent, renvoyant ces deux États dos à dos, à leurs stratégies, à leur cynisme.

Sur les armes, une histoire indélébile

Les armes trouvées sur les champs de bataille sont comme des livres ouverts. Elles portent, inscrites dans l’acier, une histoire indélébile. Laquelle contredit les versions simplistes, en révèle parfois une autre, plus complexe, et ici, plus embarrassante pour les Saoudiens. Depuis des mois, les légions de Daech perdent du terrain, évacuent des faubourgs, des villages. Dans leur précipitation, les combattants abandonnent des caisses de munitions, encombrantes, impossibles à transporter dans l’urgence. Alors, en Irak comme en Syrie, les Kurdes de la milice YPG ou les forces antiterroristes du gouvernement de Bagdad les saisissent dans des caches improvisées, des caves, des garages, des cuisines. Le grand public l’ignore : les fusils d’assaut, les lance-missiles portatifs ou les obus possèdent un numéro de série frappé dans le métal, un pedigree, une signature riche de significations.

Pour faire parler cet ADN, des enquêteurs sont dépêchés sur le terrain au gré de l’évolution des combats et des stocks abandonnés par le groupe djihadiste. Ces experts en équipements militaires et en balistique identifient avec minutie les matériels, les évaluent et les inventorient, reconstituent leur parcours, sollicitent les fabricants et les gouvernements des pays dans lesquels ils sont produits. Leur but : mieux connaître Daech et dévoiler les trafics grâce auxquels l’organisation a prospéré sur le plan militaire, au point de longtemps tenir en échec la coalition internationale. Depuis juillet 2014, la société Conflict Armament Research alimente ainsi une base de données spécialisée. Ou comment ficher les armes utilisées par l’EI. Cette plateforme baptisée iTrace a été créée à l’initiative de l’Union européenne. James Bevan, le fondateur de Conflict Armament Research, s’intéresse plus particulièrement aux conditions dans lesquelles ces engins ont pu passer à l’ennemi. Ses onze experts en balistique écument l’Irak, la Syrie ou la Libye. En trois ans, ils ont déjà étudié et indexé 75.000 armes appartenant aux terroristes.

Des armes venues des Balkans

Partout, leur constat est le même. Certes, une partie de cet arsenal date des années 1980 et de la guerre Iran-Irak. Plus surprenant, les soldats de l’organisation terroriste manient aussi du matériel performant produit entre les années 2004 et 2015 par des industriels de la défense installés dans les Balkans. Au moment où l’agglomération de Mossoul est progressivement libérée, le général Yahya Rasool, porte-parole du ministère de la Défense à Bagdad, explique au JDD que les forces spéciales irakiennes n’ont pas achevé de lister les armes prises à Daech depuis le début de la bataille. Cependant, "il y en a une grande quantité, de toutes les origines", confirme-t-il, avant de préciser : "Et parmi elles, certaines sont de fabrication très récente." Dans la cité même, un journaliste de la chaîne libanaise AlMayadeen signale la présence de matériel en bon état, venant d’Europe centrale, dans les immeubles et les pâtés de maisons abandonnés depuis peu. À 3.000 kilomètres de là, en Libye, où les groupes de l’EI reculent, les observations ne varient guère. Les adjoints du général Abdulraziq Nadori, commandant les troupes du gouvernement de Tobrouk, assurent avoir fait de pareilles trouvailles, en particulier lors de la bataille pour la libération de Benghazi. Avec le temps, l’histoire des engins de mort se révèle aux experts.

« Il y a une grande quantité d'armes, de toutes les origines »

Selon des données de la base iTrace, près de la ville de Baqr, en Irak, ce sont des roquettes antichars PG-7VM qu’utilisaient les soldats du califat. De manière certaine, ces projectiles modernes capables de percer le blindage des véhicules de la coalition ont été produits en 2010 en Bulgarie, à 250 kilomètres de Sofia. Leur numéro de série a permis de remonter jusqu’à l’usine du groupe Arsenal JSCo, près de la ville de Kazanlak. Dans les environs de Tikrit, en Irak, les armureries désertées par Daech recèlent des balles confectionnées en Serbie. Un poinçon atteste qu’elles proviennent de l’entreprise serbe Prvi Partizan AD, basée à Uzice, à 200 kilomètres au sud de Belgrade, et ont été fabriquées en 2009. Ces munitions-là, de type 7,62 X 54 mm R, imaginées au temps de l’Union soviétique, sont prisées des snipers en raison de leur longue portée et peuvent également approvisionner des mitrailleuses.

Ailleurs, les forces de la coalition ont confisqué des centaines d’AK-47, l’arme la plus répandue au monde. Depuis des décennies, l’entreprise russe Kalachnikov Group, à l’origine de sa mise au point en 1947, n’en produit plus. Mais nombre de sociétés la copient, en proposent des versions améliorées. Certains de ces fusils d’assaut pris à Daech, en particulier dans le nord de l’Irak, ont été assemblés dans les ateliers d’Arsenal JSCo, la société bulgare, en 2004. Sollicité par le JDD, son responsable, Hristo Ibouchev, un entrepreneur formé à HEC en région parisienne, n’a pas donné suite. L’un de ses cadres nous a cependant confié qu’il avait une grande habitude des commandes de Riyad à acheminer, "officiellement", en Arabie saoudite, même si personne n’était dupe de leur destination finale.

Des contrats saoudiens, des intermédiaires du Qatar

La présence de ces équipements récents entre les mains des terroristes n’étonne pas les spécialistes. La société britannique Armament Research Services emploie des experts en matériel de guerre et effectue régulièrement des missions pour le compte des Nations unies ou d’Amnesty International. Son directeur, Nic Jenzen-Jones, atteste lui aussi l’utilisation par Daech d’armes récentes fabriquées en Europe centrale. La plupart du temps, celles-ci arrivent jusqu’aux frontières des zones de guerre à la faveur de contrats signés entre les entreprises des Balkans et des représentants de l’Arabie saoudite, pour la majorité d’entre eux, mais aussi, dans une moindre mesure, d’intermédiaires venus du Qatar. Dans les pays d’Europe de l’Est, les proportions prises par ce commerce inquiètent. En Bosnie Herzégovine, les journalistes du site Organized Crime and Corruption Reporting Project se sont les premiers penchés sur ces activités générées par Riyad et portant sur des engins aux normes des armées du pacte de Varsovie, tels les AK-47. Jamais auparavant les monarchies du Golfe n’avaient pris l’habitude de faire leurs emplettes dans ces contrées en sélectionnant ce type de produits. Les régiments réguliers d’Arabie saoudite et du Qatar s’entraînent et se battent, en effet, avec des systèmes différents, aux normes de l’Otan.

« Les délais sont trop courts et les quantités trop spécifiques entre le moment où ces stocks quittent des entrepôts d’Europe centrale et celui où ils sont identifiés sur le terrain entre les mains de Daech »

Sur leur site, les investigateurs de Sarajevo ont mis en ligne un reçu signé du ministère saoudien de la Défense, daté du 28 mai 2013, qui valide la réception de plusieurs tonnes de ces armes confectionnées en Serbie – on y voit notamment transiter deux millions de cartouches de type 7,62 X 54 mm R, semblables à celles utilisées par les snipers de Daech près de Tikrit. Pour les organismes chargés de surveiller les transferts d’armes au niveau mondial, la multiplication des contrats entre l’Europe de l’Est et le Golfe relève d’une tendance de fond. Le 6 mars, à Bruxelles, le Conseil de l’Union européenne publiait ses traditionnels tableaux des exportations de matériels de guerre pour chaque pays membre. À cause du délai de certification des chiffres, ce document aride de 505 pages fournit des données validées jusqu’en 2015 seulement. Mais avec un souci d’exhaustivité. À sa lecture, on note, au chapitre de la Bulgarie, une hausse spectaculaire des ventes vers les pays du Golfe, Arabie saoudite en tête.

Les commandes de Riyad à Sofia, qui plafonnaient en 2013 à 1,2 million d’euros, ont grimpé à 85 millions d’euros en 2014, pour atteindre 92 millions en 2015. Soit une hausse de 7.500 % en trois ans, pour les seuls échanges saoudo-bulgares. Les achats portent sur des armes légères, fusils d’assaut, fusils longue portée, lance-grenades, lance-roquettes personnels. Globalement, entre 2014 et 2015, le ministère de la Défense bulgare a enregistré une croissance de 59 %, en lien avec le conflit en Irak et en Syrie. Sur la même période, la Serbie, qui ne compte pas parmi les membres de l’Union, n’a pas communiqué de données aussi précises. Mais les autorités de Belgrade ont reconnu un essor des ordres d’achats de Riyad, à travers 35 contrats passés en 2015.

Des stocks d'armes qui posent question

Ces transactions épousent la logique de la politique prônée par Washington. En 2009, un ancien militaire et ex-ambassadeur des États-Unis en Bulgarie, James Pardew, coordonnait auprès de l’Otan les programmes d’assistance pour l’Irak. À cette période, il suggérait déjà de se tourner vers les entreprises bulgares pour outiller les milices adoubées par la coalition. Dans un télégramme diplomatique confidentiel dévoilé par WikiLeaks, il invitait à prendre attache avec Arsenal JSCo et transmettait même les coordonnées téléphoniques des bureaux. Parce que "la société est reconnue pour la production des fusils d’assaut de type kalachnikov", écrivait-il. Les monarchies pétrolières du Golfe, en passant massivement des ordres d’achats en Bulgarie et dans les Balkans, ont, semble-t-il, suivi le conseil. Mais la possession par les soldats de Daech d’armes provenant de ces transactions soulève la question de leur distribution sur le terrain, et de leur suivi, à partir des localités proches des postes-frontières turcs, jordaniens et saoudiens, où elles sont transmises. Affrontements, embuscades, braquages sur la frontière turque, saisie d’arsenaux de l’armée irakienne ou des milices chiites… On songe naturellement à du matériel tombé accidentellement entre de mauvaises mains, à la faveur du chaos régnant sur place. Mais pour certains chargements, un autre scénario prévaut.

James Bevan confirme que ses experts de terrain réussissent à retrouver un grand nombre de documents contractuels, dès lors qu’il s’agit de produits fabriqués à partir des années 2000. "Nous avons commencé à voir des choses étranges il y a environ deux ans, avec des armes récentes provenant de pays d’Europe centrale et commandées par des agences saoudiennes." Le spécialiste exclut, dans plusieurs cas, des transferts accidentels ou des prises de guerre au coup par coup : "Les délais sont trop courts et les quantités trop spécifiques entre le moment où ces stocks quittent des entrepôts d’Europe centrale et celui où ils sont identifiés sur le terrain entre les mains de Daech." À Berlin, dans le quartier de Wedding, les militaires proches de l’Armée syrienne libre ne sont pas surpris. Mohamed Al-Kasim a personnellement assisté à des livraisons sur la route qui relie la frontière jordanienne à la région de la Ghouta, près de Damas. Il balaie l’éventualité d’une responsabilité de la famille royale saoudienne. Mais ses compagnons nuancent : "Au sommet de l’État saoudien, dans le premier cercle de pouvoir, les responsables veulent vraiment écraser Daech, c’est net. En revanche, au-dessous, il y a des soutiens. Certaines tribus ainsi que des hommes d’affaires considèrent ces gens comme des frères. Ils interviennent pour les aider et leur envoient de l’argent."

« Nous avons besoin d’exercer des pressions sur l’Arabie saoudite et le Qatar qui continuent à apporter un soutien financier et logistique à l’État islamique »

Voici résumé, en quelques mots, le paradoxe des accusations de l’Arabie saoudite envers le Qatar. Ces deux pays sont les seuls à adhérer au wahhabisme, version archaïque d’un islam prétendument pur, adepte d’une application stricte de la charia, diffusé dans la péninsule arabique par un extrémiste religieux du XVIIIe siècle, Abd El-Wahhab. Mais depuis 2013, une autre organisation, aux velléités étatiques, se réclame également du wahhabisme : Daech. Faisant planer le risque d’une sécession à l’intérieur de cette branche de l’islam radical. Dans une interview télévisée en janvier 2016, Adel Al-Kalbani, une personnalité religieuse saoudienne, imam de la mosquée du roi Khaled à Riyad, a reconnu la nécessité d’un examen de conscience : "Ces terroristes ont défini leur idéologie à partir de ce qu’il y a écrit dans nos propres manuels, à partir de nos propres principes." Ses déclarations suivaient de quelques jours la publication du n° 13 de Dabiq, l’organe de propagande de Daech, qui appelait les wahhabites à se détourner de la monarchie saoudienne. De quoi séduire des chefs de tribu et des personnalités du monde des affaires, critiques à l’égard de la famille régnante. Sur les champs de bataille, ces subtilités expliquent comment des groupuscules djihadistes, tel le Front Fatah Al-Cham composé d’anciens d’Al-Qaida, ont pu obtenir quantité d’armes récentes, avant de rejoindre plus tard les rangs de l’État islamique. Au point d’être mieux équipés que les légions de l’Armée syrienne libre ou des milices kurdes YPG, pourtant alliés des Occidentaux au sol.

La légèreté coupable des Américains

Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, à l’automne 2016, le piratage de la messagerie de Hillary Clinton avait dévoilé des e-mails dans lesquels ces dangereuses accointances étaient mises en question. Dans un mémo privé consacré à la situation au Moyen-Orient, John Podesta, ex-chef de cabinet de Bill Clinton et ancien conseiller de Barack Obama à la Maison-Blanche, écrivait à l’ancienne secrétaire d’État : "Nous avons besoin d’utiliser notre diplomatie et aussi les moyens plus classiques des services de renseignement pour exercer des pressions sur l’Arabie saoudite et le Qatar, qui continuent à apporter un soutien financier et logistique à l’État islamique." À Washington, le 6 juin, au  lendemain des contrats faramineux (400 milliards de dollars) annoncés entre Donald Trump et le roi Salman et quelques jours avant les accusations de Riyad contre le Qatar, le service de recherche du Congrès a rendu un rapport de 42 pages sur l’allié saoudien. Citant des sources diplomatiques américaines, l’auteur note que, en dépit des efforts sérieux de la famille Al Saoud, "l’Arabie saoudite abrite encore des individus et des entités qui servent de soutiens financiers aux groupes extrémistes sunnites". Mais le royaume n’est pas le seul fautif.

Dans son rôle de chef d’orchestre des opérations alliées contre l’EI, le département américain de la Défense fait preuve, lui-même, d’une coupable légèreté. Ainsi, un audit parlementaire du 25 mai attire l’attention des élus sur la gestion peu scrupuleuse de l’aide militaire aux Irakiens et aux Kurdes. Au cours des années budgétaires 2015 et 2016, le Pentagone a dépensé 2,3 milliards de dollars à ce titre, alloués par la Chambre des représentants et le Sénat. Or, si la plupart des acquisitions de matériel militaire sont correctement renseignées, leur livraison et leur répartition sur le terrain, en Irak ou au Kurdistan, demeurent pour l’essentiel inconnues. Un portail Web créé pour la circonstance, dont l’accès est restreint, a pourtant été mis en fonction afin que les élus américains puissent avoir une visibilité sur ces transports. Sans résultat. Au Pentagone, les responsables des opérations en Irak s’en sont excusés, invoquant la complexité d’utilisation de la plateforme Internet. Avec le plus grand sérieux, ils reconnaissent leur difficulté à en comprendre le mode d’emploi.

Par Guillaume Dasquié

Source : JDD (France)

 

La Mauritanie déclare sa frontière avec l’Algérie zone militaire interdite aux civils

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Vidéo. La Mauritanie déclare sa frontière avec l’Algérie zone militaire interdite aux civilsFace aux multiples incidents qui surviennent au nord-est de la Mauritanie, dont tout dernièrement l’arrestation d’orpailleurs mauritaniens par l’armée algérienne et les multiples arrestations de trafiquants de toute sorte à la frontière avec l’Algérie et aux menaces que suscitent des groupes terroristes que essaiment au niveau du triangle constituant la frontière Mauritano-algéro-malienne, le gouvernement mauritanien a pris une décision radicale.

Le ministère de la Défense a ainsi diffusé hier soir un communiqué qui a surpris nombre de Mauritaniens par le ton utilisé, qui ne peut qu’attester certaines craintes.

«Le ministère de la Défense nationale porte à la connaissance de l’ensemble de la population, et en particulier celle résidant ou visitant le nord de la Mauritanie, que la zone définie ci-après est une zone militaire : quadrilatère compris entre Cheggat au nord-est, Ain Ben Tili, au nord-ouest, Dhar Tichitt au sud-ouest et Lemreyya au sud», souligne le communiqué. En clair, c’est quasiment toute la frontière mauritano-algérienne qui est déclarée zone militaire et donc interdite aux civils de façon absolue.

Selon le ministère de la Défense, «tout individu circulant ou transitant dans cette partie du territoire national sera traité comme cible militaire».

Partant, le ministère de la Défense mauritanienne "demande à l’ensemble des Mauritaniens d’éviter de mettre leur vie en péril en accédant à cette zone."

Pour les autorités de la Défense, cette interdiction est justifiée par le fait qu’il est impossible pour l’armée de distinguer les paisibles citoyens des trafiquants de toutes sortes qui pullulent dans cette région.

Cette région est marque par des flux de trafics nombreux de contrebandiers (carburants, cigarettes, marchandises, etc.), de drogues, etc., et la proximité de cette zone avec le Mali où sévissent des groupes terroristes qui constituent une menace pour la région.

Cette interdiction intervient quelques jours après l’annonce du lancement du G5 Sahel, organisation censée lutter contre le terrorisme au niveau de la région et à laquelle s’est associée la Mauritanie, épargnée depuis 2011 par les attaques terroristes et qui avait préféré ne pas intervenir dans la lutte que mène la France et les pays d’Afrique de l’ouest et centrale contre les terroristes au Mali.

Pour rappel, en 2005, une attaque du GSPC algérien contre une unité de l'armée mauritanienne avait fait 15 morts, 2 disparus et 17 blessés des rangs de l'arme mauritanienne dans la localité de Lemgheity, située dans cette zone déclarée désormais militaire. Cette attaque avait précipité la chute du régime de l'ancien président Ould Taya.

Il faut aussi souligner que cette région fait l’objet de recherches d’or de la part d’orpailleurs mauritaniens. Tout dernièrement, une dizaine de Mauritaniens avaient d’ailleurs été capturés par l’armée algérienne qui les accusait de s’être introduits dans le territoire algérien, ce que réfutaient les Mauritaniens.

Autre conséquence de cette déclaration de zone militaire, avec interdiction absolue de circulation et de transit aux civils, aussi bien les Mauritaniens que des non Mauritaniens: elle va porter un coup d'arrêt aux échanges de toutes sortes et déplacements fréquents entre les populations de Tindouf et celles des régions nord-mauritaniennes.

Source : Le360 (Maroc)

 

Mali: un convoi de l’armée disparaît après une attaque près de Ménaka

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Au Mali, l’armée reste sans nouvelle d’une partie d’un de ses convois. Il est tombé, ce dimanche, dans une embuscade à une soixantaine de kilomètres de Ménaka dans le nord-est du pays. Il y a eu ensuite un accrochage et depuis plusieurs véhiculent manquent toujours à l’appel.

« Nous faisons tout pour avoir des nouvelles précises de nos hommes qui sont pour le moment portés disparus », confie un officier de l'armée malienne. Et il évoque l'accrochage survenu ce dimanche, au sud de la localité de Ménaka dans le nord du Mali.

Tout a commencé par une embuscade tendue à un convoi de l'armée malienne par de présumés jihadistes. Une embuscade, suivie d'un accrochage. D’après nos informations, des coups de feu ont été tirés par les deux camps.

Après les faits, une partie du convoi de l'armée malienne est arrivée dans la ville de Ménaka avec quelques blessés visibles parmi les hommes en uniformes. Mais depuis, personne n’a eu de nouvelle des militaires du reste du convoi ainsi que de leurs quatre véhicules.

Se sont-ils repliés vers une autre position ? Pas de précision pour le moment. Sur l'axe qui mène de Ménaka vers la frontière avec le Niger voisin, plusieurs groupes d’hommes armés se réclament d'un certain « Walid ».

Source : RFI

 

Sahel: le changement climatique fait craindre des pluies diluviennes

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Sahel: le changement climatique fait craindre des pluies diluviennesLes pluies diluviennes pourraient se multiplier "abruptement" au Sahel avec le dérèglement climatique et la modification du régime de la mousson africaine, selon une étude publiée mercredi.

Le réchauffement pourrait entraîner l'arrivée "soudaine" d'une saison des pluies très intense sur la région, une fois passée la barre des +2°C, voire même +1,5°C, indiquent ces recherches basées sur des simulations et publiées par la revue Earth System Dynamics.

"Bien que franchir ce point de bascule puisse être potentiellement bénéfique, le changement pourrait être si énorme que cela serait un défi d'adaptation majeur pour une région déjà instable", souligne dans un communiqué le Postdam Institute for climate impact research (PIK).

"L'ampleur du changement nécessite une attention urgente", prévient Anders Levermann, chercheur au PIK.

Le centre du Mali, le Niger, le Tchad pourraient recevoir autant d'eau que le nord du Cameroun ou le centre du Nigeria aujourd'hui, qui se caractérisent par un climat tropical.

Ce changement est lié au réchauffement des océans voisins, qui génère une évaporation, tandis que les vents de mousson venus de l'Atlantique se renforcent et se décalent vers le nord. La pluie, en tombant, relâche à son tour de la chaleur, transformant le processus en cercle vicieux.

Selon une autre étude parue en avril, la fréquence des tempêtes extrêmes a déjà plus que triplé ces 35 dernières années au Sahel du fait du réchauffement planétaire.

Les tempêtes sahéliennes sont "parmi les plus explosives de la planète", avaient alors souligné les chercheurs, insistant sur le risque d'inondations et d'impact sanitaire dans des villes souvent dépourvues d'infrastructures, mais aussi sur l'inefficacité pour l'agriculture de pluies qui érodent les sols.

Vaste bande de terre semi-aride collée au sud du Sahara, cette région fragile a déjà été mise à mal par 20 ans de sécheresse historique dans les années 1970-80.

Globalement, la planète se réchauffe à une vitesse inédite sous l'effet des gaz à effet de serre émis par l'Homme, avec parmi les conséquences à prévoir une recrudescence des catastrophes météorologiques dans le monde.

Les États ont adopté fin 2015 un accord visant à limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C par rapport à la révolution industrielle, un objectif qui apparaît chaque année plus difficile à tenir.

Source : Le360 (Maroc)

 

 

Au moins 37 femmes enlevées et 9 personnes tuées par Boko Haram au Niger

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Au moins 37 femmes enlevées et 9 personnes tuées par Boko Haram au Niger L’enlèvement a été annoncé mardi. Selon le gouverneur de la région de Diffa (sud-est), il s'est produit dimanche.

Des "éléments" du groupe islamiste nigérian Boko Haram ont enlevé dimanche 37 femmes et tué 9 personnes dans un village du sud-est du Niger, près de la frontière avec le Nigeria, a annoncé mardi le gouverneur de la région de Diffa (sud-est).

"Les éléments de Boko Haram (...) ont égorgé neuf personnes (...) Ils ont pris des femmes, 37 femmes, et sont partis avec elles", a affirmé le gouverneur Laouali Mahamane Dan Dano à la télévision publique nigérienne.

"Des poursuites sont déjà engagées par les Forces de défense et de sécurité (FDS) et nous espérons que dans les prochaines jours ces femmes seront retrouvées et seront libérées", a-t-il ajouté.

Le gouverneur qui s'est rendu lundi à Ngalewa, le village attaqué, a expliqué que "les éléments de Boko Haram sont venus à pied" pour "mieux se faufiler" à travers le lac Tchad et le dispositif sécuritaire.

Ngalewa est situé à quelques kilomètres de la ville de Kabaléwa au nord de Diffa, théâtre d'un attentat suicide mercredi. "Ngalewa s'est toujours opposé à Boko Haram, voilà pourquoi ils sont venus s'en prendre à ses paisibles citoyens", a expliqué le gouverneur.

Joint par l'AFP par téléphone, le maire du village, Abari El Hadj Daouda, avait indiqué lundi que l'attaque avait eu lieu dimanche soir "entre 22h00 et 2300 (21h00 et 22h00 GMT)". Il avait aussi parlé "d'une trentaine ou quarantaine de femmes et enfants enlevés par les assaillants" ainsi que de "neuf morts".

La région de Diffa, qui compte quelques 600.000 habitants, subit depuis 2015 des attaques récurrentes de Boko Haram. Elle abrite plus de 300.000 réfugiés et déplacés, dont des milliers vivent au milieu d'une population locale déjà très pauvre, selon l'ONU qui demande à la communauté internationale d'accroître son soutien financier.

Mi-avril, l'armée nigérienne a repoussé une offensive de Boko Haram, tuant une cinquantaine de ses combattants près de la localité de Gueskérou, dans la même région. Depuis décembre, 150 combattants nigériens de Boko Haram ont déposé les armes et se sont rendus aux autorités nigériennes, selon les autorités.

Source : VOA Afrique Avec AFP

Le désert nigérien, « un cimetière à ciel ouvert » pour les migrants africains

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Une trentaine d'élus de la région d'Agadez, au nord du Niger, se sont alarmés lundi de la situation dans le désert du Ténéré nigérien, devenu d'après eux un "véritable cimetière à ciel ouvert" pour les migrants africains.

Les drames se multiplient dans le désert du Ténéré nigérien. Au début du mois de juin, une quarantaine de migrants, parmi lesquels des bébés, y avaient été retrouvés morts, à proximité d’Agadez, dans le nord du Niger, alors qu’ils tentaient de se rendre en Libye voisine, puis probablement vers l’Europe. Face à cette situation, 37 élus du conseil régional d’Agadez ont tiré la sonnette d’alarme lundi 3 juillet dans un communiqué commun relayé par l’AFP. Le désert du Ténéré nigérien est devenu un « véritable cimetière à ciel ouvert pour les bras valides d’Afrique de l’Ouest et du centre, attirés par le mirage européen », pointent les élus. Ils estiment ainsi que « des centaines de migrants ouest-Africains ont été retrouvés morts, portés disparus ou sauvés in extremis dans le Sahara nigérien » depuis le début de l’année.

Des routes de plus en plus dangereuses

Porte du Sahara, Agadez est la plus grande ville du nord nigérien, et représente une plaque tournante du trafic d’êtres humains voulant gagner l’Europe. Pour lutter contre les trafiquants, Niamey a voté en 2015 une loi rendant leurs crimes passibles de peines allant jusqu’à 30 ans de prison.

Pour éviter les patrouilles de l’armée qui tentent d’intercepter les convois transportant des clandestins, les candidats à l’immigration empruntent des routes de plus en plus dangereuses. Dans leur communiqué, les élus expliquent notamment que « les passeurs contournent » désormais les pistes habituelles menant en Libye où se trouvent les « points d’approvisionnement en eau ».

Un appel à l’aide à la Cedeao

Face à cette situation, les 37 élus « exhortent » la Communauté économique des État d’Afrique de l’Ouest (Cedeao, 15 États) « à mettre en place des mécanismes consensuels » qui « empêcheraient » ces migrants « d’arriver jusqu’à Agadez » et de « continuer leur périple périlleux ».

En juin dernier, le ministre de l’Intérieur, Mohamed Bazoum avait déjà regretté que le désert nigérien soit « plein de corps des migrants », lors d’une tournée de sensibilisation dans le Nord sur la migration irrégulière.

Source : Jeuneafrique.com

 

La force conjointe du G5 Sahel: autant de questions que de réponses

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C'est ce dimanche à Bamako que la force conjointe des pays du G5 Sahel devrait prendre forme lors du sommet des chefs d'Etat des 5 pays membres de l'organisation en présence du président français Emmanuel Macron. Reste que plusieurs points d'interrogation demeurent encore sans réponses.

La création d'une force conjointe des pays du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) vise à combler les lacunes des dispositifs militaires nationaux et multinationaux dans la région, impuissants à enrayer l'expansion des groupes jihadistes, selon des experts.

De quelles expériences peut-elle s'inspirer?

Le précédent le plus pertinent est la Force d'intervention conjointe multinationale (MNJTF), lancée en 2015 par les pays riverains du lac Tchad pour lutter contre le groupe jihadiste nigérian Boko Haram, explique Rinaldo Depagne, responsable pour l'Afrique de l'Ouest du groupe de réflexion International Crisis Group (ICG).

"Ce qu'on disait de la MNJTF il y a deux ou trois ans était très négatif", rappelle-t-il. Malgré les critiques, "elle a réussi une partie de sa mission, qui est de réduire le territoire contrôlé par Boko Haram et de limiter ses actions", même si "Boko Haram est loin d'être vaincu"

Quels seront ses principaux défis?

"Le G5 a des problèmes que la MNJTF n'avait pas", à commencer par les capacités militaires des Etats membres, souligne le responsable d'ICG. "Il y a au moins deux armées sans capacités ou à capacités réduites: le Mali et le Burkina Faso", alors que celles du Niger et du Tchad sont déjà mobilisées sur plusieurs fronts.

"Autre problème: la multiplicité des cibles", ajoute Rinaldo Depagne. La résolution de l'ONU vise les entités liées à Al-Qaïda ou au groupe Etat islamique. "Mais est-ce que ça comprend tous les groupes armés actifs dans le Sahel et est-ce que tous les pays sont d'accord sur des cibles communes, sachant qu'il y en a beaucoup?", s'interroge-t-il.

"Ils vont devoir courir beaucoup de lapins en même temps", relève l'expert, citant l'exemple du groupe de Malam Dicko, dans le nord du Burkina Faso, autonome de la principale alliance jihadiste du Sahel, liée à Al-Qaïda.

De quels moyens disposera-t-elle?

L'Union européenne (UE) a annoncé le 5 juin une aide de 50 millions d'euros, disant vouloir montrer l'exemple "aux autres partenaires du G5 Sahel".
"Les 50 millions d'euros que promet l'UE, c'est se moquer du monde, c'est 500 qu'il faut mettre", soit environ la moitié du coût annuel de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma), estime Serge Michailof, chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

"Il faut que l'UE plonge ses mains dans ses poches, qui sont très profondes, pour allonger les 300-400 millions au bas mot que va coûter cette force", à raison de 15 à 20 millions de dollars par an pour un bataillon (700 hommes) du G5, alors que "ces pays sont étranglés par les dépenses militaires", indique-t-il.

Où et dans quels délais pourra-t-elle intervenir?

Le "concept d'opération" de cette force, a affirmé en mai le chef des opérations de maintien de la paix de l'ONU, Jean-Pierre Lacroix, en visite au Mali, prévoit dans un premier temps "une concentration des efforts sur certaines zones frontalières", aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger.

Selon Serge Michailof, "il faut bien compter deux à trois ans" pour recruter et entraîner les 5.000 hommes prévus, "d'autant qu'il y a une pénurie de sous-officiers et d'officiers subalternes expérimentés et bien formés dans toutes ces armées".

Pourra-t-elle coordonner efficacement ses contingents et ceux des autres forces existantes, en évitant le risque d'engorgement?

"Une force multinationale encadrée et formée par Barkhane" aurait l'avantage de démultiplier les capacités d'action de cette opération anti-jihadiste française, souligne le chercheur à l'IRIS.

Pour Rinaldo Depagne, le G5 pourrait "commencer par des actions bilatérales ou trilatérales qui permettent à la force de démarrer, au lieu d'essayer de bâtir une architecture parfaite et idéale, une montre suisse dont tous les rouages fonctionneraient ensemble".

Selon lui, le Liptako-Gourma, région à la frontière entre Mali, Burkina Faso et Niger, constituera "un laboratoire où les Français vont essayer d'abord de faire marcher les trois ensemble avant de faire marcher les cinq ensemble".

Source : m.le360.ma

 

Longtemps taboue en Algérie, la question du racisme provoque un vif débat public

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Longtemps taboue en Algérie, la question du racisme provoque un vif débat publicL’intellectuel algérien Kamel Daoud a joint sa voix à toutes celles qui ont dénoncé le racisme en Algérie, suite à une violente campagne qui a visé les migrants subsahariens la semaine dernière.

La semaine dernière, un hashtag viral rédigé en arabe sur Twitter (#لا_للافارقه_في_الجزاير, Non aux Africains en Algérie) a enflammé les réseaux sociaux algériens. Le Point Afrique a traduit certains de ces tweets, parfois accompagnés de photos de migrants subsahariens : "Rentrez chez vous", "Chassons-les pour préserver nos enfants et nos sœurs", "Ils violent et répandent le sida dans nos villes."

Cette violente campagne xénophobe s’est poursuivie jusqu’à dans les colonnes de certains médias locaux, rapporte le site en question, alors que les tweets incriminés feraient l’objet d’une enquête selon plusieurs journaux algériens.

"Nous devons réagir et montrer que les personnes qui tiennent ces propos ne reflètent pas l’ensemble de la société algérienne. Nous sommes un pays africain. Nous avons des compatriotes qui ont une couleur de peau plus foncée. Il est important que nous travaillions sur la tolérance et l’acceptation de nos différences", avait riposté Hassina Oussedik. La directrice d’Amnesty International Algérie a également appelé les autorités à prendre des mesures contre le racisme et les appels à la violence.

Parmi les nombreuses autres voix qui se sont élevées, dans la presse ou sur les réseaux sociaux, pour dénoncer ce phénomène et cette campagne, celle de Kamel Daoud. Dans une tribune intitulée "Une extrême droite arabe", l’intellectuel et écrivain algérien, menacé de mort dans son pays d'origine, s’est attaqué dans sa chronique hebdomadaire publiée dans le magazine Le Point, à cette "vague de racisme qui traverse l’Algérie ces jours-ci".

"Le racisme se durcit, devient violent, s’exprime sans tabou"

Estimant que "le racisme se durcit, devient violent, s’exprime sans tabou", le lauréat du prix Goncourt du premier roman en 2015 pour "Meursault, contre-enquête", regrette le fait que le racisme, généralement associé à un vice occidental, soit nié en Algérie et dans le monde dit "arabe".

Et ce, à cause d’un "refus d’admettre le racisme chez soi, en soi, pour le dénoncer sans cesse chez l’autre, derrière la Méditerranée". Et d’ajouter : "à cause de l’effet écran, vaniteux, du héros de la décolonisation, peut-être. Ou de la victimisation abusive".

Selon "Médecins du monde", les personnes originaires d’Afrique subsaharienne présentes sur le sol algérien, "qu’elles soient installées définitivement ou en attente de partir vers l’Europe", sont "stigmatisées, souvent victimes de violence".

Ces dernières années, les Observateurs de France 24 ont rapporté à plusieurs reprises des cas de mauvais traitements, d’expulsions arbitraires et de discriminations raciales basées sur l’origine ou la couleur de peau des victimes, des migrants souvent livrés à eux-mêmes dans le centre ou en périphérie des villes algériennes.

Texte par Marc DAOU
Source : France24