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Dossier

Hivernage 2018 : Évolution et déficits

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Cette année, l'hivernage a démarré à la deuxième décade du mois de Juin, avec des pluies en majorité faibles, dans les wilayas du Guidimakha et des deux Hodhs, informe le Bulletin Agrométéorologique Décadaire (BAD) du service agrométéorologique de la Direction de l'aménagement agricole du ministère de l'Agriculture. Les pluies se sont poursuivies à la troisième décade du mois de Juin, dans presque toutes les wilayas de la zone agropastorale, occasionnant parfois des cumuls dépassant 50 mm en un jour de pluie.
La première décade de Juillet a connu le passage de lignes de grain qui provoqué des pluies en presque toutes les wilayas de la zone agropastorale. Tandis que la deuxième décade été marquée par cinq jours de pluies.

Les précipitations ont été dans l'ensemble bien réparties, dans l'espace et dans le temps, et sont, en majorité, à tendance moyenne. La quasi-totalité des wilayas agropastorales ont été arrosées. Environ 70% des postes suivis ont recueilli un cumul décadaire, excédent 20 mm permettant de réaliser des semis, estime le bulletin. Le seuil pluviométrique susceptible de déclencher les opérations de semis
(20mm sans séquence sèche de plus de dix jours consécutifs) a été enregistré en plusieurs postes et localités.

Comparée à l'an passé et à la même période, le bulletin note qu'environ 60% des postes et stations suivis présente une situation pluviométrique normale à excédentaire (voir tableaux en annexe). Par rapport à la normale 1981-2010, environ 85 % des postes pluviométriques suivis présente une situation normale à excédentaire. Il est à noter qu'au vu de l'évolution des pluies et malgré les déficits constatés dans quelques localités, l'hivernage s'est installé dans la quasi-totalité des localités de la zone agropastorale du pays. Les semis se poursuivent normalement dans toute cette zone.

Cumuls pluviométriques excédentaires à normaux

Des cumuls pluviométriques excédentaires à normaux sont attendus, durant la période Juin-Juillet et Août 2018, dans les zones situées au Sud de la Mauritanie, l'Est du Sénégal, la moitié Sud du Mali, le Burkina Faso (excepté l'extrême Sud), l'Ouest et l'Est du Niger, l'extrême Nord du Nigéria, le Centre du Tchad et les parties Nord du Bénin et du Togo. "Cette situation pourrait se persister jusqu'en Septembre", à en croire le BAD.

Des cumuls normaux à déficitaires sont attendus, en Juin-Juillet-Août, dans la zone littorale du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau, au Sud- Est Nigéria et Sud-Ouest Cameroun, et, de Juillet à Septembre, au Sud de la Guinée, l'extrême Ouest de la Côte d'Ivoire, au Libéria et en Sierra Léone.

Des dates de début de saison équivalentes à plus tardives, par rapport aux moyennes, sont attendues sur toute la bande soudano-sahélienne de l'Afrique de l'Ouest et du Tchad, excepté le Sud de la Mauritanie, le Nord du Sénégal et le Nord-Ouest du Mali où des dates de début équivalentes à plus précoces sont attendues.Situation phytosanitaire

Globalement, la situation est calme. Aucune attaque d'ennemis des cultures n'a été signalée. Relativement à la lutte anti-aviaire, les préparatifs de la campagne hivernale se poursuivent normalement (réparation des véhicules, acquisition des produits de lutte, etc.). Quant à la situation des cultures, les activités liées à la campagne de saison hivernale, se poursuivent aussi normalement. Les travaux de préparation du sol et la mise en eau sont toujours en cours, renseigne le bulletin. Également les intrants sont disponibles, au niveau des magasins de la SONIMEX. Concernant les cultures pluviales, les préparatifs se poursuivent (travaux de sol, nettoyage et défrichement). Des quantités de semences traditionnelles sont distribuées au profit des agriculteurs dans toutes les zones agropastorales.

Au vu de l'avancement de l'hivernage et des pluies enregistrées, des semis sont réalisés dans les wilayas des deux Hodh, Guidimakha, Gorgol et Assaba. L'indice de satisfaction des besoins en eau des cultures reste globalement satisfaisant, se félicite le BAD.

SYNTHÈSE DE THIAM MAMADOU

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Mali : au moins onze morts dans une attaque contre des Peuls près de Mopti

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Au moins onze civils peuls ont été enlevés et tués mardi dans la région de Mopti, dans le centre du Mali, au cours d'une attaque attribuée à des chasseurs de l'ethnie dogon, ont alerté des associations communautaires.

« Onze civils peuls ont été enlevés mardi vers le fleuve Bani [un affluent du Niger, ndlr] alors qu’ils allaient à la foire de Sofara par des miliciens dogons venus à motos », a déclaré Abdoul Aziz Diallo, président de « Tabital Pulaaku », principale association peule au Mali. « Ce jeudi, nous avons la preuve qu’ils ont été exécutés par la milice des chasseurs « , a-t-il affirmé.

Cette information a été confirmée par Ousmane Cissé, membre de Tabital Pulaaku Afrique, une autre association peule, qui a lui aussi alerté sur « l’assassinat de onze civils peuls (…) qui se dirigeaient vers la foire de Sofara », à quelque 80 km au sud de Mopti.

Incertitudes sur le bilan

Le bilan serait plus élevé, selon un élu de cette région, qui a évoqué sous couvert de l’anonymat « quatorze civils peuls, tous mariés et chefs de famille, enlevés et froidement assassinés », attribuant ces meurtres aux « chasseurs basés dans le village Tréta ». Outre les onze personnes enlevées près de la rivière, « quatre autres civils peuls ont été arrêtés ensuite », a poursuivi cette source, selon laquelle « tous ont été conduits dans le village de Kunti » où ils « ont été assassinés ». « Mais un civil a pu s’échapper en faisant le mort » et a « donné tous les détails », a ajouté l’élu.

Les familles des défunts ont reçu mercredi soir « des bouts de vêtements » pour leur permettre « de faire les cérémonies de deuil », a-t-il dit. Une précédente attaque avait entraîné la mort de 17 civils peuls le 25 juillet. Elle avait été attribuée à des chasseurs de l’ethnie Dogon.

Depuis le début de l’année, la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a recensé une centaine d' »incidents de violence intercommunautaire qui ont fait au moins 289 morts parmi les civils », selon un bilan de l’ONU publié le 17 juillet. Près de 77% de ces incidents « se sont produits dans la région de Mopti », avait-il été précisé.

Les Peuls dénoncent régulièrement des exactions à leur encontre, au nom de la lutte contre les jihadistes, de la part de groupes de chasseurs armés, tolérés voire encouragés selon eux par les autorités ou l’armée.

Source : jeuneafrique.com

 

Annonce de la création d’une nouvelle institution de lutte contre la mendicité

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Annonce de la création d’une nouvelle institution de lutte contre la mendicité Les walis de Nouakchott, MM. Mahi Ould Hamed, Zayed Ledhan Ould Val Oumou et Mrabih Ould Bounena Ould Abidine, ont annoncé, mardi soir à Nouakchott, la création d’une institution de bienfaisance chargée de traiter le phénomène de la mendicité qui envahit quasiment toutes les rues principales de la capitale.

Lors de cette réunion tenue dans les locaux de la wilaya de Nouakchott-Ouest, les wali ont indiqué que cette nouvelle institution vise à lutter contre ce phénomène à travers la mise en œuvre d’une stratégie nationale qui tient compte de façon objective de la situation des mendiants dans le cadre de l’élaboration d’une étude globale en vue de déterminer leur nombre et d’exécuter des programmes appropriés pour en finir avec ce phénomène.

Cette nouvelle institution va tirer profit de l’expérience de toutes les structures passées qui ont eu à intervenir dans ce domaine dans le cadre de la lutte contre la mendicité.

De son côté, le secrétaire général de cette nouvelle institution de lutte contre la mendicité, M. Chighali Ould Mohamed El Moustapha, a passé en revue lors de la réunion les objectifs visés, soulignant la position de la religion qui juge que la mendicité est un comportement inconvenable.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Des migrants sénégalais, recherchés dans le désert, retrouvés en ville en Mauritanie

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Mauritanie : 75 migrants illégaux arrêtés, 28 autres recherchés Recherchés dans une zone désertique du nord-ouest de la Mauritanie, la plupart des membres d'un groupe de 26 ou 27 migrants sénégalais qui s'étaient échoués sur une plage ont été retrouvés dans la grande ville de la région, Nouadhibou, selon une source sécuritaire.

"Vingt ont été retrouvés à l'entrée de la ville ou dans certains quartiers où ils avaient trouvé refuge, alors que les autres sont encore recherchés", a déclaré cette source, en estimant que les six ou sept personnes manquantes "doivent se cacher ici, parmi la population".

Partie du Sénégal avec une centaine de personne à bord, leur embarcation, qui tentait de rejoindre les Canaries (Espagne), a été "emportée par la houle vers les eaux mauritaniennes, où elle a fini par s'échouer" le 16 juillet, avait raconté un jeune migrant sénégalais dans une conférence de presse organisée par la police de Nouadhibou.

La majorité des migrants avaient été trouvés sur une plage située au nord de la ville, près de leur embarcation.

Mais certains des naufragés avaient tenté de gagner la ville, avant d'être interceptés par la gendarmerie, tandis que d'autres étaient soupçonnés d'avoir trouvé refuge dans des grottes de cette région désertique.

Plusieurs passagers étaient dans un état de "fatigue extrême" et ont reçu des soins, dans l'attente de leur rapatriement au Sénégal, selon la police.

Dimanche dernier, les garde-côtes mauritaniens avaient déjà remorqué une embarcation, saisie avec 125 migrants à bord, tous de nationalité sénégalaise.

Au Sénégal même, 25 candidats à l'émigration ont été interpellés mardi alors qu'ils attendaient d'embarquer dans une maison d'un quartier populaire de la banlieue de Saint-Louis (nord-ouest), selon la police locale.

Les Canaries, à une centaine de km des côtes marocaines, avaient été au milieu des années 2000 l'une des principales routes de l'immigration clandestine vers l'Union européenne.

Les migrants africains ont ensuite davantage emprunté la route de la Méditerranée pour gagner l'Espagne ou l'Italie à bord d'embarcations de fortune.

Ces derniers temps, alors que les migrants font face à d'énormes difficultés dans la traversée de la Libye, le nord du Sénégal connaît une "recrudescence du nombre de départs", selon la police des frontières sénégalaise.

Avec AFP
Source : VOA Afrique

 

Contrôle de l’opérationnalité du contingent mauritanien au sein de la force commune du G5 Sahel

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Contrôle de l’opérationnalité du Contigent  mauritanien au sein de la force commune du G5 SahelL’armée mauritanienne a dépêché une mission de contrôle de son Contingent formé pour participer à la force conjointe des États du G5 Sahel. Objectif : évaluer son opérationnalité avant son déploiement sur le terrain.

La mission était dirigée par le Colonel Zein Ould Soueidatt, du 3e Bureau à l’Etat-major général des forces armées. L’inspection de trois jours s’est déroulée du 16 au 18 juillet courant. Rappelons que la force commune du G5 Sahel a été mise en place par la Mauritanie, le Mali, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger, pour faire face à la recrudescence des attaques terroristes meurtrières et dévastatrices du groupe terroriste Boko Haram et des mouvements djihadistes armés basés dans le nord du Mali dans l'espace sahélo-saharien.

Elle a pour objectif de combattre les djihadistes dont les attaques visent le Mali et gagnent les États voisins, avec possibilité de poursuite au-delà des frontières nationales.

Elle devait démarrer avec environ 5.000 hommes fournis par les cinq pays, l'effectif est appelé à doubler à terme.

Traduit de l’Arabe par Cridem
Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

 

Arrestation de 75 migrants clandestins qui partaient pour Las Palmas

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Arrestation de 75 migrants clandestins qui partaient pour Las PalmasUn groupe de migrants clandestins a été arrêté mardi soir en bordure de la côte Atlantique à Nouadhibou. Ce groupe venait du Sénégal et se rendait à Las Palmas. Un autre groupe a été aussi arrêté à 17 km de Nouadhibou.

Le premier groupe, au nombre de 58 migrants clandestins, a été arrêté par l'armée nationale en bordure de la côte Atlantique alors que le second groupe qui compte 17 migrants clandestins a été arrêté au point de contrôle relevant de la gendarmerie nationale.

Les autorités administratives, sécuritaires et municipales ont commencé sur le champ à donner les premiers secours à certains éléments du groupe. Ainsi, certains d'entre eux ont été transférés à l'hôpital régional de Nouadhibou pour recevoir les premiers soins, alors que les autres ont été transférés à la direction régionale de la sûreté où ils ont bénéficié d'aliments et de couvertures.

Le wali de Dakhlet Nouadhibou, M. Mohamed Ould Ahmed Salem Ould Mohamed Raré, a effectué, en compagnie du hakem de la moughataa de Nouadhibou, et des autorités militaires et sécuritaires, une visite au groupe pour s'informer sur ses conditions et sur les efforts déployés pour lui assurer aliments, médicaments et couvertures en attendant son évacuation vers son pays d'origine.

Le directeur régional de la sûreté, M. Mohamed Abdallahi Ould Taleb, a déclaré à l'AMI que l'opération d'arrestation du groupe a été menée à l'occasion des patrouilles effectuées par l'Armée nationale.

Il a précisé que le groupe, au nombre de 75 éléments, se trouve actuellement dans les locaux de la direction de la sûreté régionale où tous les moyens nécessaires lui ont été fournis par les autorités administratives, sécuritaires et municipales en attendant la fin des investigations en cours pour l'évacuer vers son pays d'origine.

Il a par ailleurs précisé que 28 autres migrants clandestins de ce groupe qui vient du Sénégal et qui se rendait à Las Palmas sont actuellement recherchés.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

 

Niger: près de 600 nouveaux migrants expulsés d’Algérie arrivés à Agadez

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Près de 600 de migrants sont arrivés à Agadez au cours de la deuxième semaine de juillet. Ces ressortissants africains ont été refoulés d'Algérie et abandonnés dans le désert.

180 Nigériens sont d'abord arrivés à Agadez vers le 9 juillet, suivis vendredi 14 juillet par près 391 ressortissants ouest-africains, selon l'Organisation internationale pour les migrations. En tout, 16 nationalités différentes sont représentées, avec beaucoup de femmes et d'enfants.

Des expulsions massives dont les conditions interrogent une fois encore. Début juillet l’Algérie avait invité des médias à participer à une opération d'expulsion, pour démentir les accusations de mauvais traitements des migrants subsahariens.

Cette fois-ci, les témoignages sont difficiles à obtenir et confirmer, mais selon l'Organisation internationale des migrations et un responsable à Agadez joint par l'AFP, les migrants ont été abandonnés tout près de la frontière entre l'Algérie et le Niger.

Ils ont ensuite dû marcher une cinquantaine de kilomètres dans le désert nigérien avec un minimum d'eau et de nourriture, avant d'être secourus. Il faut faire plus de 200 kilomètres pour arriver à la première ville d'Arlit, plus de 400 pour arriver à Agadez.

« Toutes les semaines il y a des migrants qui arrivent »

Ces migrants, des Sénégalais, Guinéens, Ivoiriens et Camerounais pour beaucoup d'entre eux, sont désormais pris en charge par l'OIM qui va les renvoyer dans leurs pays d'origine. Les Nigériens, eux, doivent retrouver le chemin de chez eux.

A Agadez on constate une certaine lassitude du côté des autorités. « Bien sûr que ça nous fait mal », nous confiait un responsable de la ville, « mais depuis le début de l'année c'est malheureusement monnaie courante, toutes les semaines il y a des migrants qui arrivent ».

Source : RFI

 

G5 Sahel : le Mauritanien Hanena Ould Sidi s’installe dans le fauteuil de Didier Dacko

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G5 Sahel : le Mauritanien Hanena Ould Sidi s’installe dans le fauteuil de Didier DackoChangement de tête au commandement de la Force conjointe du G5 Sahel. Didier Dacko, le Général malien qui en assurait le commandement et son adjoint le Burkinabé Yaya Seré ont été remerciés en marge de la rencontre entre Emmanuel Macron et ses cinq homologues africains.

Désormais le fauteuil de Commandant de la Force échoit au Mauritanien Hanena Ould Sidi. La lutte souterraine au sein du G5 Sahel n'a jamais été aussi féroce. Paris avait fini par appuyer la volonté de Mohamed Ould Abdel Aziz et d'Idriss Deby.

Pour les présidents mauritanien et tchadien qui entendent mettre en avant leur expertise armée, l'attaque du QG de la Force conjointe du G5 Sahel a été la goutte de trop après la bavure des Forces armées maliennes (Fama) sur des civils peuls en mai.

Ould Sidi dans le poste de commandement attend son adjoint tchadien

Alors lorsqu'Emmanuel Macron, en visite d'Etat à Nouakchott en marge du 31è Sommet de l'Union africaine (UA), rencontre les présidents du G5 Sahel à l'Ecole de guerre de la force sous-régionale, le sort de Didier Dacko est scellé. Lui et son adjoint burkinabé Yaya Seré sont éjectés de leur fauteuil respectifs de Commandant et de Commandant adjoint de la Force.

Au poste de pilotage du Commandement de la Force du G5 Sahel, c'est désormais le Général Hanena Ould Sidi, Chef de l'état-major général adjoint de l'armée mauritanienne, décrit comme « réservé, prudent mais efficace» par un fin connaisseur, qui prend les rênes. Le Mauritanien sera secondé par le Général de Division Oumar Bikimo Jean, commandant en second de la Force. C'est ce duo qui prend les commandes.

A l'analyse, une rivalité souterraine oppose les chefs d'Etats pour le contrôle du G5 Sahel. De fait ou en usant de moyens légaux, la Mauritanie et le Tchad semblent vouloir prendre le bâton de commandement de cette force sous-régionale antiterroriste. En perspective d'un retrait de la Force française Barkhane très décriée dans le pays, Paris serait favorable aux armées mauritanienne et tchadienne perçues comme plus aguerries pour les combats au sol. Pour les appuyer dans leur contre-offensive face aux hordes de terroristes, l'opération française de forces spéciales Sabre devrait se positionner en renfort.

Changement de tête mais toujours pas d'opérationnalisation du G5 Sahel

Pour l'heure, afin de ne pas mettre Ibrahim Boubacar Keïta en difficulté à la présidentielle dans deux semaines, une sorte d'officialisation officieuse confirme l'éviction du Général Didier Dacko. Dans tous les cas, la Mauritanie et le Tchad s'affirment de plus en plus comme des maillons essentiels de la Force du G5 Sahel. Ce qui nuit à l'équilibre d'une force que l'on présente comme coordonnée et préparée.

Plus que le jeu de chaises musicales et le changement de tête, c'est la problématique du financement qui est la véritable haie à franchir. Au moindre micro tendu ou à la moindre caméra allumée au Sommet de l'UA, le Nigérien Mahamadou Issoufou répétait à satiété que les promesses de financement de la collecte de Bruxelles devraient être concrétisées pour permettre à la Force de se mettre sur pied. Une difficulté que les interminables réunions n'ont pas encore permis de surmonter.

Les attaques sur le terrain n'ont pas cessé comme la mort ce mercredi 11 juillet de deux soldats maliens dans une embuscade à Mopti. L'impératif devrait sans doute être de repousser les forces terroristes... en coordonnant les composantes de la Force du G5 Sahel. Encore faut-il trouver le financement pour une opérationnalisation effective.

Par Ibrahima Bayo Jr.
Source : La Tribune Afrique (France)

 

Mali: la force conjointe du G5-Sahel change de commandement

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Mali: la force conjointe du G5-Sahel change de commandementLe général malien Didier Dacko, commandant du G5-Sahel, et son adjoint burkinabè, le colonel-major Yaya Séré, ont été remplacés à la tête de la force conjointe africaine en raison d’erreurs de commandement et d’un manque de résultats. Rapportée par les sites de Jeune Afrique et de la Deutsche Welle, l’information précise juste qu’ils doivent être remplacés par des officiers mauritanien et tchadien.

Réunis en marge du sommet de l’Union africaine (UA), le 2 juillet 2018 à Nouakchott, et en présence du président français Emmanuel Macron, les chefs des Etats membres du G5-Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad) ont pris la décision de changer le commandement de la force conjointe africaine destinée à lutter contre le terrorisme.

Des limogeages pour absence de résultats et erreurs de commandement

L’attaque du quartier général de cette force à Sévaré au Mali le 29 juin, qui a fait quatre morts quelques jours avant le sommet, suivie de celle contre les soldats français de Barkhane à Gao le 1er juillet, ont été déterminantes.

Le général malien, Didier Dacko, à la tête de la force du G5-Sahel depuis un an, et son adjoint burkinabè, le colonel-major Yaya Séré, payent ainsi une «absence de résultats», selon Jeune Afrique et «des erreurs de commandement», selon le site francophone de la Deutsche Welle, la radio internationale allemande.

«C’est fait, la décision est prise par les chefs d’Etat», a confirmé à cette dernière le ministre nigérien de la Défense. Ce n’est pas fait officiellement, mais «la Mauritanie a déjà proposé le général qui doit le remplacer et le Tchad son adjoint», a indiqué Kalla Mouari.

Un désaveu pour le général Didier Dacko nommé en juin 2017 commandant de la force conjointe. Agé de 50 ans, le chef d’état-major général des armées du Mali avait pourtant une riche carrière. Auréolé de la croix de la valeur militaire du Mali, il était qualifié de «fin stratège» par la presse nationale, selon la BBC.

Son limogeage rejaillit également sur le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, président en exercice du G5-Sahel lorsqu’il l’avait nommé et candidat à sa propre succession à la présidentielle du 29 juillet.

«Les terroristes ont frappé là où ils voulaient»

Interrogé par la Deutsche Welle, un ancien responsable de la communication du ministère malien de la Défense a déploré: «C’est le Mali qui met beaucoup en insécurité les autres pays limitrophes comme le Niger, le Burkina Faso et d’autres pays.»

«Nous pensons aujourd'hui qu'on pouvait gérer à partir du Mali parce que les terroristes se sont installés en masse sur la bande sahélo-saharienne surtout du côté malien, c'est pour cela que la responsabilité a été confiée au Mali. Mais cela ne veut pas dire qu'il a plus d'expertise que les autres», estime Nouhoum Togo, aujourd’hui proche de l’opposition.

«Nous reconnaissons qu'à l'intérieur ça n'a pas fonctionné parce que des cibles comme ça... normalement ça ne doit pas arriver. Ce n'est pas seulement ce qui s'est passé à Sévaré. Même à Gao nous avons remarqué qu'ils ont frappé là où ils voulaient. Donc il fallait prendre des dispositions pour dire tout simplement que ça doit s'arrêter», a toutefois précisé Nouhoum Togo au site allemand, soulignant l'ampleur de la tâche.

Des attaques terroristes «là où ils voulaient», tel est en tout cas le défi auquel se retrouveront confrontés à leur tour les officiers mauritanien et tchadien nommés en remplacement.

Par Alain Chemali
Source : Francetvinfo