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Algérie : Les généraux tentent de revenir au Sahel par la porte de la Mauritanie

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Algérie : Les généraux tentent de revenir au Sahel par la porte de la MauritanieYabiladi - Les militaires algériens tentent de revenir au Sahel en relançant la Coordination de Tamanrasset, mise en place en 2009. Un objectif qui nécessite l’adhésion des membres du G5 du Sahel lancé par la France.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’invitation adressée au chef des armées de la Mauritanie à se rendre en Algérie. Le 21 décembre, Nouakchott accueillait la deuxième session de la commission mixte militaire maroco-mauritanienne. Trois semaines après cette réunion, le chef des armées de la Mauritanie reçoit une invitation de son homologue algérien, Said Chengriha.

Le général de division Mohamed Bamba Ould Meguett a commencé son séjour algérien par une visite à une unité industrielle militaire, située à Tiaret, destinée à la fabrication des véhicules multifonctions et tout-terrain.

Ould Meguett s’est réuni, hier, avec son homologue algérien. «Cette rencontre a constitué une occasion pour les deux parties, de passer en revue l’état de la coopération militaire bilatérale et échanger les analyses et points de vue sur les questions d’actualité et d’intérêt commun», indique le ministère de la Défense algérien dans un communiqué.

«Votre première visite en Algérie permettra sans doute le développement de nos relations et constitue une opportunité pour hisser la coopération entre nos deux armées dans les domaines d'intérêts communs, notamment à la lumière de l’évolution du contexte sécuritaire dans la région», a déclaré Chengriha dans une allocution de bienvenue à son invité de marque mauritanien.

Relancer la Coordination de Tamanrasset dans une conjoncture économique difficile

Il a saisi cette occasion pour remettre au gout du jour la Coordination de Tamanrasset, en rade depuis quelques années.

Le cadre idoine, selon lui, «pour faire face aux défis sécuritaires qui s’imposent dans notre région, à travers la mise à profit des mécanismes de coopération sécuritaire déjà existants, notamment le CEMOC (Comité d'Etat-Major Opérationnel Conjoint)» des membres de la Coordination à savoir : l’Algérie, Mauritanie, Mali et le Niger.

Le général Said Chengriha a estimé qu’il est «judicieux de valoriser davantage les mécanismes de coopération sécuritaire déjà existants, à l’instar du CEMOC» mais tout en veillant à faire l’impasse sur le G5 Sahel, mis en place depuis 2014 par la France.

Les généraux algériens tentent de profiter d’une conjoncture marquée par la multiplication de la commission d’attentats de groupes terroristes, au bilan humain très lourd, dans les Etats membres du G5 pour revenir dans la région. La nouvelle constitution, signée le 1er janvier par le président Abdelmadjid Tebboune, autorise en effet le déploiement de troupes hors des frontières.

Si le verrou légal a sauté, le coût financier du projet de retour au Sahel pourrait constituer un obstacle, sachant que la création de la Coordination de Tamanrasset en automne 2009 a coïncidé avec une rente pétrolière au zénith. D’ailleurs, c’est l’Algérie qui finançait les actions et les exercices militaires des armées du bloc régional, jusqu’à ce que le G5 les suspende.

Le souhait des Algériens de revenir au Sahel risque de se heurter à la nouvelle stratégie des Etats-Unis visant à étendre son influence au Sahel, marquée par la nomination en mars 2020 de Peter Pham, envoyé spécial pour le Sahel.

En septembre, cet ancien lobbyiste du Maroc a effectué une tournée en Mauritanie, au Niger et en France. La semaine dernière il a assisté à la cérémonie d’investiture du président du Burkina Faso, Roch Kaboré. Un pays lourdement frappé par le terrorisme des antennes de Daesh et AQMI. Aujourd’hui, Pham se trouve au Ghana pour prendre part à la prestation de serment du président Nana Akufo Addo.

Source : Yabildi (Maroc)

Mali : Alger affirme avoir récupéré une « tranche de la rançon » des otages

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L’ex-otage Sophie Pétronin, accueillie en France à son retour de Bamako par Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian.L’armée algérienne assure avoir mis la main sur 80 000 euros issus de la « rançon » versée pour la libération de quatre otages en octobre.

Les négociations qui ont abouti, en octobre, à la libération de quatre otages – dont la française Sophie Pétronin et l’opposant malien Soumaïla Cissé, décédé le 25 décembre – contre 200 prisonniers, avait été très mal accueillies par Alger. Les autorités algériennes ont alors dénoncé le paiement d’une rançon et la libération de jihadistes comme autant de facteurs d’aggravation de la crise sécuritaire qui sévit dans le Sahel. Alger s’est également, à plusieurs reprises, inquiété des conséquences de ces libérations pour sa propre sécurité intérieure.

Ce lundi 28 décembre, le ministère algérien de la Défense a affirmé que l’armée algérienne avait « découvert et détruit cinq casemates pour terroristes et récupéré la somme de 80 000 euros » lors d’une opération menée à Jijel, dans le nord du pays, sans donner plus de détails. Une annonce qui est intervenu quelques heures avant que la présidence française n’annonce la mort de trois soldats déployés dans le cadre de l’opération Barkhane, victimes d’un attentat à la bombe artisanale dans la zone des « trois frontières », dans le centre du Mali.

« Première tranche de la rançon »

Cette somme de 80 000 euros, assurent les autorités algériennes, « s’est avérée être la première tranche de la rançon, objet du marché conclu au Sahel le mois d’octobre passé, et supposée être versée au profit des résidus des groupes terroristes traqués par les services de sécurité. »

Cette opération a pu être menée grâce aux informations obtenues après la capture, le 16 décembre,dans la même localité à Jijel, du « terroriste Rezkane Ahcene », précise par ailleurs le communiqué du ministère algérien de la Défense. C’est dans la même région que trois islamistes armés, des vétérans du jihad en Algérie, ainsi qu’un sergent-chef de l’armée avaient été tués dans un accrochage, début décembre.

Selon la presse algérienne officielle, l’armée aurait ainsi déjoué un plan de redéploiement d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) après la mort de son chef, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, tué en juin par les forces armées françaises dans le nord du Mali.

Négociée avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali, la libération en octobre de 200 prisonniers contre quatre otages, dont une Française, a alimenté les tensions entre Paris et Alger. Craignant notamment le retour de jihadistes sur leur sol, les autorités algériennes ont vivement critiqué les négociations et fustigé des « pratiques douteuses ».

Un jihadiste relâché au Mali en échange des otages et arrêté fin octobre en Algérie avait évoqué le versement d’une rançon de « millions d’euros », dans une vidéo diffusée sur la télévision publique algérienne, sans qu’il soit possible de corroborer ses dires ou de savoir dans quelles conditions les images avaient été enregistrées.

La « grande préoccupation » d’Alger

Début décembre, dans une référence implicite à la France, le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, avait indiqué que l’Algérie prenait « acte, avec une grande préoccupation, de la poursuite des transferts, au profit de groupes terroristes, de fonds colossaux au titre de rançons pour la libération des otages ».

Cette « démarche sape nos efforts de lutte antiterroriste », avait-il ajouté, selon des propos relayés par l’agence de presse officielle APS.

Les autorités algériennes font état de « résidus du terrorisme » depuis la fin de la sanglante guerre civile (1992-2002) qui a opposé des groupes islamistes aux forces de sécurité et fait au moins 200 000 morts.

L’Armée nationale populaire (ANP) fait régulièrement état de l’arrestation ou de la neutralisation de « terroristes », un terme utilisé par les autorités pour désigner les islamistes armés restés actifs dans le pays depuis le début des années 1990.

Paris nie toute implication

De son côté, la France a toujours démenti avoir été impliquée dans les négociations pour la libération des quatre otages et avoir payé une rançon pour l’otage française, Sophie Pétronin. « Nous n’étions pas partie de ces négociations », a affirmé le 12 octobre le Premier ministre Jean Castex, évoquant un « geste humanitaire » des jihadistes à propos de la libération de la Française.

Les paiements de rançon dans le cadre de libération d’otages occidentaux au Sahel sont réputés courants, sans que les détails ni la véracité de ceux-ci ne soient, dans la majorité des cas, officiellement confirmés.

Source : Jeune Afrique

Loi relative aux associations : Prémices d’une ère nouvelle pour la sociéte civile mauritanienne

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Loi relative aux associations : Prémices d’une ère nouvelle pour la sociéte civile mauritanienneAbdallahi Mohamed Abdallahi - Depuis vendredi dernier, la société civile mauritanienne jubile à l’idée de disposer, désormais, d’un cadre juridique et institutionnel garantissant à la fois : (i) la liberté et le droit d’association et d’organisation ; (ii) la pleine participation à la conception, à la mise en œuvre et au suivi-évaluation des politiques publiques.


En effet, nos honorables députés planchent actuellement sur un projet de loi relatif aux associations, aux réseaux et aux fondations, soumis à leur examen par le gouvernement.

Attendu depuis plus d’une décennie, ce projet de loi, composé d’une dizaine de grands titres et d’environ soixante-dix articles, présente les caractéristiques suivantes :

- Il est le fruit d’un dialogue inclusif issu d’une série de concertations entamées fin 2006-début 2007 et qui se sont poursuivies, par intermittence mais sans relâche ;

- Il rompt carrément avec les textes précédents, notamment avec la loi 64-098 et tous ses amendements et réajustements, en instaurant le régime déclaratif (régime de liberté) en lieu et place du régime d’autorisation (régime répressif) ;

- Il définit, clairement et nettement, les concepts, les droits, devoirs et obligations des associations.

La force du présent texte, il la tire surtout du fait qu’il a été soumis, au préalable sous forme d’avant-projet, au débat avec les représentants des OSC par le Département chargé des Relations avec la société civile.

C’était au cours d’un atelier organisé en début d’année, animé par deux juristes ayant travaillé souvent sur le droit relatif aux associations et qui a regroupé une centaine d’acteurs associatifs impliqués dans le processus il y a belle lurette.

Signe de l’intérêt qu’il accordait à cette loi, le Commissaire aux Relations avec la Société Civile ne s’était pas contenté d’ouvrir l’atelier et partir, comme c’est la tradition chez certains hauts responsables de l’Etat. Il avait tenu à suivre les travaux de l’atelier, assisté de tout son staff et s’était donné la peine de prendre part lui-même à la rédaction de la synthèse en collaboration avec les consultants et les rapporteurs, en présence de quelques experts de la société civile.

Ensemble, ils avaient revu et nettoyé le texte avant sa validation, en tenant compte des différents points de vue exprimés par les participants.

Mieux, le Commissaire a mené un plaidoyer soutenu auprès de ses pairs en vue de l’adoption du système déclaratif tel que nous l’avions, tous, recommandé et souhaité.

Aussi, peut-on dire, sans exagération, que ce projet de loi émane bel et bien de la volonté croisée des autorités compétentes et des associations concernées, comme l’a si bien indiqué Monsieur Mohamed EL Hacen Ould Boukhreiss, dit Hassenna, lors d’une émission télévisée mercredi soir.

Par conséquent, il va sans dire que les deux parties en tire des avantages réciproques considérables. En adoptant le système déclaratif, le gouvernement se sera aligné sur les standards universels des libertés publiques en se conformant aux conventions et pactes internationaux.

Il aura également respecté, à la lettre et dans son esprit, sa propre constitution (article 10), ainsi que les clauses de la Stratégie Nationale de Lutte contre la Corruption adoptée en Conseil des Ministres, le 9 décembre 2010, dont le paragraphe 41 dispose : « la loi sur les associations sera révisée pour faciliter l’action associative dans l’intérêt général. Les associations agrées disposeront d’un accès aux médias audiovisuels pour s’exprimer ».

Les Organisations de la Société Civile (OSC), jouiront, quant à elles, dans le cadre de la nouvelle loi, de plus de liberté et de marge de manœuvre car il est dit explicitement, en son article 5, Titre II : « les associations de personnes se constituent, librement, et sans autorisation préalable ». Or, leurs préoccupations essentielles, exprimées lors de l’atelier de 2015 se résumaient en ces deux points :

1)- l’instauration d’un régime déclaratif ;

2)- l’institutionnalisation de l’implication efficace et effective dans l’action publique.

Une ère nouvelle pour la société civile se pointe alors à l’horizon, surtout que cette loi sera suivie, selon le Commissaire, d’une série de mesures, dont notamment :

- L’élaboration d’une stratégie de promotion de la société civile ;

- La mise en place d’une banque de données relatives au mouvement associatif dans le pays ;

- L’évaluation de la Plateforme des acteurs non étatiques en perspective de l’émergence d’une structure faîtière propre à la société civile ;

- La réflexion autour de la création d’un mécanisme de financement pour la société civile. Autant dire qu’un avenir meilleur se dessine devant les associations nationales qui ont enregistré un développement spectaculaire, ces dernières années, tant sur le plan quantitatif que sur le plan qualitatif.

Abdallahi Mohamed Abdallahi Dit Bellil

 

 

Rétrospective 2020 : L’année Corona !

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Rétrospective 2020 : L’année Corona !Eveil Hebdo - Dans quelques jours, l’année 2020 se terminera comme elle avait commencé, en l’occurrence sous le signe de mesures restrictives partout dans le monde, en général et en Mauritanie, en particulier, à cause du Coronavirus, la COVID 19.

Une pandémie qui aura marquée cette année et dont on se souviendra incontestablement dans les annales de l’histoire, comme « l’année Corona ». Vous l’aurez compris, faire une rétrospective de l’année 2020, risque de se résumer aux différentes péripéties liées à la gestion de cette maladie apparue pour la première fois en décembre 2019 en Chine, avant de se répandre à travers le monde avec les conséquences que l’on connait.

Dans notre pays, dès le mois de mars, les autorités ont pris des mesures pour faire face à la propagation du virus : fermeture de toutes les frontières (aériennes et terrestres), imposition de mesures de distanciation sociale et/ou physique, interdiction de tous les rassemblements, instauration d’un couvre-feu sur tout le territoire national de 18 h jusqu’à 6 h du matin, limitation de la circulation entre les wilayas au seul transport de marchandises...

Parallèlement à cela, des mesures sociales ont été prises pour atténuer les effets de cette crise sanitaire mondiale sur les ménages les plus vulnérables. Le gouvernement a ainsi mis en place des mesures exceptionnelles pour faire face à la propagation du Coronas mais aussi d’en minimiser les conséquences sur les populations.

Le budget alloué à cet effet est d’un montant de 5 milliards d’ouguiyas anciennes pour soutenir 30 000 familles les plus pauvres du pays. Malheureusement, la mise en œuvre de cet ambitieux programme n’a pas été à la hauteur des espérances. L’interventionnisme et le favoritisme ont ainsi conduit à l’exclusion sans aucune explication de milliers de familles remplissant pourtant tous les critères et qui avaient été recensées.

Les déboires de Mohamed Ould Abdel Aziz

Malgré tout, l’année 2020 ne s’est pas résumée chez nous à cette pandémie. La vie a continué à suivre son cours « presque normal ». Ainsi, l’Assemblée Nationale a poursuivi ses activités habituelles et a même mis en place une Commission d’Enquête Parlementaire pour passer au peigne fin la gestion des dix années de pouvoir de l’ex-Président.

Là aussi, ce dossier puise son origine en 2019, lorsque Mohamed Ould Abdel Aziz a voulu reprendre les rênes de l’UPR, quelques mois après avoir quitté le pouvoir. Ce qui n’aurait pas été du goût de son successeur et ami de 40 ans, Ould Ghazouani. Très vite la machine s’est mise en marche. Après des semaines d’audition de plusieurs dizaines de responsables de l’ancien régime, l’enquête a été bouclée et le dossier transmis à la justice.

Et pour la première fois dans l’histoire du pays, un ex-Président de la République s’est retrouvé en garde-à-vue pendant plusieurs jours, interrogé par des hommes qui, quelques mois auparavant, tremblaient à la simple évocation de son nom. D’autres, qui l’adulaient et le suppliaient de se présenter à un troisième mandat, le considérant comme le « sauveur », se sont retournés contre lui en le qualifiant de tous les noms d’oiseaux.

Le plus zélé parmi ces « transfuges » a été incontestablement Sidi Mohamed Ould Maham, ancien chef de file des « députés frondeurs », surnommés « bataillon parlementaire », qui avaient contribué à l’arrivée au pouvoir de Ould Abdel Aziz, ancien ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, ancien secrétaire général de l’UPR, il s’est transformé à une vitesse d’éclair, en un opposant farouche contre celui qui l’a littéralement « créé ».

Création d’une Haute Cour de Justice

Sur le même registre, le Conseil constitutionnel a jugé conforme à la Constitution la création de la Haute Cour de justice (HCJ). Celle-ci complète l’arsenal juridique du pays au moment où l’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz fait l’objet d’une enquête pour corruption et mauvaise gouvernance. Ainsi, le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution, la loi organique du 27 juillet 2020, instituant la Haute Cour de justice (HCJ), à travers un arrêt rendu jeudi 5 novembre.

Le juge constitutionnel avait été saisi pour se prononcer sur la validité de cette loi le 10 août 2020, conformément à l’article 86 de la Constitution. En déclarant conforme la loi organique de juillet 2020, le Conseil constitutionnel a tenu à rappeler dans le dispositif de sa décision, la première du genre dans l’histoire judiciaire, politique et parlementaire du pays, « les règles en la matière fixées par le Code de procédure pénal (CPP), en particulier celles garantissant les droits de la défense ».

La Haute Cour de justice est prévue par l’article 92 de la Constitution mauritanienne adoptée en juillet 1991 et ses différentes retouches. Cette disposition stipule notamment « qu’il est institué une Haute Cour de justice. Celle-ci est composée de membres élus en leur sein par l’Assemblée nationale et des magistrats de l’ordre judiciaire. Une loi organique fixe la composition, les règles de fonctionnement et la procédure applicable devant la Haute Cour de justice ».

Cette juridiction est compétente pour juger le président de la République, en cas de haute trahison, et les membres du gouvernement, pour des infractions d’atteinte à la sûreté de l’Etat.

Retour des exilés

Comme souvent le « malheur des uns fait le bonheur des autres », les déboires de Ould Aziz sont concomitants au retour d’exil de ses opposants contre lesquels il avait émis des mandats d’arrêt internationaux. Ainsi Mohamed Ould Bouamatou et Limam Chavi ont pu revenir au pays après plusieurs années d’errance à l’étranger. Rentré le 18 octobre dernier à Nouakchott après douze ans d’exil Moustapha Ould Limam Chaavi a même été reçu en novembre par le Président de la République, Mohamed Ould Cheiklh Ghazouani.

Pénurie de Fruits et légumes

La Mauritanie a connu une pénurie sans précédent de fruits et légumes à cause de la fermeture de la frontière avec le Maroc. En effet, la Mauritanie qui importe ces produits à partir du Maroc a été une victime collatérale du conflit entre ce pays et le Front Polisario, dont des éléments ont fermé l’unique point passage entre les deux pays. Ce point de passage, appelé Guergarate, se trouve en plein Sahara Occidental, à 55 kilomètres de Nouadhibou.

Des dizaines de camions marocains, qui se dirigeaient vers la Mauritanie et d’autres pays de l’ouest africain, ont été ainsi bloqués durant plusieurs jours au grand dam des importateurs des pays destinataires. Il a fallu une opération de l’armée marocaine pour que les choses reviennent à la normale. Jusqu’à quand ? En tout cas cet incident a mis à nu la fragilité de notre système économique et l’échec des politiques agricoles mises en œuvre depuis des décennies qui n’ont même pas permis jusqu’à présent de garantir ne serait-ce que notre consommation domestique en fruits et légumes !

Candidature de Ould Yahya à la présidence de la CAF

Il y a encore quelques années, notre pays était un nain dans le monde du football. Sans devenir un géant, nous avons néanmoins franchi de grands pas dans le développement de ce sport dans notre pays. Ce serait donc l’apothéose et une véritable consécration si le principal artisan de ces progrès est élu à la présidence de la Confédération Africaine de Football pour laquelle il s’est porté candidat.

Ailleurs dans le monde

En Afrique, l’année a été marquée par les 3èmes mandats d’Alpha Condé en Guinée et d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoire, entrainant des manifestations qui ont causé des centaines de morts dans le deux pays. Mais, l’événement le plus marquant à l’internationale cette année 2020 aura été la défaite de Donald Trump aux élections présidentielles en Amérique, et surtout son refus de reconnaitre la victoire de son adversaire Jo Biden.

En effet, un candidat à l’élection présidentielle – président sortant de surcroit – qui refuse de reconnaitre sa défaite et qui crie à la fraude, ses enfants et sa famille qui attaquent son adversaire à travers les réseaux sociaux, ses partisans qui appellent à la mobilisation et parfois même à l’insurrection, des hommes armés dans les rues, des craintes d’une guerre civile de la part de la communauté internationale et des médias... est un scénario auquel on a fini par s’habituer en Afrique, ou dans une quelconque république bananière en Amérique Latine, mais pas aux Etats Unis d’Amérique où Donald Trump semble s’être trompé de continent.

Disparition d’anciens présidents

Cette année 2020 a été enfin marquée par la disparition de plusieurs anciens chefs d’Etats africains qui ont, chacun à sa manière, marqué l’histoire de leur pays : Moussa Traoré, le tombeur de Modibo Keita qui est resté au pouvoir de 1968 à 1991, et Amadou Toumané Touré, initiateur de la démocratie au Mali, Jerry Rawlings au Ghana, Sidi Ould Cheikh Abdallahi premier Président démocratiquement élu en Mauritanie, Mamadou Tandia inventeur d’une « rallonge de mandat » au Niger, Pierre Bouyoya au Burundi.

Sikhousso

 

Au Nigeria, Boko Haram revendique l’enlèvement de centaines de lycéens

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Au Nigeria, Boko Haram revendique l’enlèvement de centaines de lycéensLe Monde Afrique - Au moins 333 adolescents sont portés disparus depuis l’attaque de leur pensionnat à Kankara, dans le nord-ouest du pays.

Abubakar Shekau, leader de Boko Haram, a revendiqué mardi l’enlèvement de plusieurs centaines de lycéens dans le nord-ouest du Nigeria, dans une zone éloignée de leur bastion, marquant un tournant important dans l’expansion du groupe djihadiste. Au moins 333 adolescents sont portés disparus depuis l’attaque de leur pensionnat à Kankara, dans l’Etat de Katsina, dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 décembre.

Plus d’une centaine d’hommes armés à moto ont attaqué cette école publique rurale et alors que certains lycéens ont réussi à s’échapper, d’autres ont été rattrapés, séparés en plusieurs groupes et emmenés par des assaillants, selon des habitants contactés par l’Agence France-Presse (AFP).

Bien que ce kidnapping de masse ait ravivé le spectre de l’enlèvement de Chibok, en 2014, lorsque 276 jeunes filles avaient été enlevées lors d’un examen, il a d’abord été attribué à des « bandits » agissant a priori sans motivation idéologique ni religieuse.

En effet, les kidnappings contre rançon sont monnaie courante dans cette partie du Nigeria, où des groupes armés terrorisent les populations, volent leur bétail et leur village pour des raisons financières.

Mais mardi matin, dans un message vocal diffusé sur les canaux traditionnels du groupe, le leader historique de Boko Haram a revendiqué l’enlèvement des lycéens à Katsina. « Je suis Abubakar Shekau et nos frères sont derrière l’enlèvement à Katsina », a-t-il fait savoir.

De nombreux observateurs avaient mis en garde contre un possible rapprochement de ces « bandits » criminels avec les groupes djihadistes qui étendent leur influence dans toute la région sahélienne, du centre du Mali au lac Tchad (nord du Cameroun).

« Il y a eu des informations selon lesquelles des anciens combattants qui ont quitté Boko Haram ou l’Iswap [Etat islamique en Afrique de l’Ouest] ont désormais rejoint les rangs des bandits dans le nord-ouest » du Nigeria, explique Idayat Hassan, experte en sécurité au Centre pour la démocratie et le développement (CDD-West Africa), un think tank établi à Abuja : « D’autre part, nous avons vu certains groupes prêter allégeance à Shekau ces derniers mois. »

« Infiltration djihadiste »

Un constat partagé par Nnamdi Obasi, chercheur nigérian pour l’International Crisis Group (ICG), qui avait publié un rapport, en mai, s’inquiétant de l’expansion de l’influence des groupes djihadistes à travers tout le nord du Nigeria, et notamment dans les Etats du Nord-Ouest (Katsina, Zamfara, Sokoto, Kaduna…). « Depuis début 2019, les gouverneurs de ces Etats ont prévenu [le pouvoir central] de l’infiltration djihadiste du groupe de Boko Haram dans la région », rappelle M. Obasi.

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, qui est lui-même originaire de Katsina et qui était d’ailleurs en visite chez lui au moment de l’enlèvement, a condamné l’attaque et ordonné le renforcement de la sécurité dans toutes les écoles. Les établissements scolaires ont également été fermés. L’armée a affirmé lundi avoir localisé « le repaire des bandits », ajoutant qu’une opération militaire était en cours.

La situation sécuritaire s’est largement détériorée dans le nord du Nigeria depuis l’élection de M. Buhari, en 2015. Musulman originaire du nord du pays, il avait pourtant fait de la lutte contre Boko Haram sa priorité.

La semaine dernière, le chef de l’Etat, âgé de 77 ans, avait annoncé qu’il s’exprimerait devant l’Assemblée nationale pour s’expliquer au sujet de l’insécurité rampante qui gagne le pays, avant de faire marche arrière. « L’Assemblée nationale n’a aucun pouvoir constitutionnel pour faire la leçon au président en son rôle de commandant général des forces armées », a justifié le ministre de la justice, Abubakar Malami.

Le conflit djihadiste a fait 36 000 morts, essentiellement dans le nord-est du pays, sur les pourtours du lac Tchad, et plus de 2 millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer. Il s’est étendu au Tchad, au Cameroun et au Niger.

Le Monde avec AFP

Afrique de l’Ouest et centrale : l’OIM appelle à aider des milliers de migrants vulnérables

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Afrique de l’Ouest et centrale : l’OIM appelle à aider des milliers de migrants vulnérablesONU Info - L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé, lundi, un appel de 100 millions d’euros pour continuer à fournir une protection urgente aux migrants vulnérables originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale qui tentent souvent d’atteindre l’Europe en traversant la mer Méditerranée.

Cet appel de l’OIM intervient alors que le financement au titre du Fonds fiduciaire de l’Union européenne (UE) arrive à son terme et suscite « de vives inquiétudes quant au sort de dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vulnérables ».

Sans cette aide de l’UE, « ces migrants auraient pu être laissés dans des conditions très périlleuses, dans des centres de détention et laissés pour morts dans le désert, ou vivant dans des environnements extrêmement difficiles propices à la traite et au trafic, sans aucune alternative sûre pour améliorer leur vie et celle de leur famille », a déclaré le Directeur général de l’OIM, António Vitorino, dans un communiqué publié par l’agence onusienne.

Lancée en décembre 2016, dans le cadre du Fonds d’affectation spéciale d’urgence de l’UE pour l’Afrique, l’initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants rassemble 26 pays africains, l’UE et l’OIM autour d’un objectif commun : faire en sorte que les migrations soient plus sûres, mieux informées et mieux gérées, tant pour les migrants et leurs communautés que pour les pays d’accueil.

Depuis son lancement, au moins 77.000 ressortissants d’Afrique de l’Ouest et centrale ont bénéficié d’une aide au retour volontaire, dont quelque 68.000 ont reçu une assistance vitale à la réintégration adaptée à leurs besoins et à leurs vulnérabilités pour les aider à reconstruire leur vie, notamment ave un soutien économique, des conseils, un soutien en matière de santé mentale et psychosocial.

Le financement de cet appel de l’OIM permettra d’apporter une assistance directe à plus de 12.000 migrants et de leur permettre de retourner chez eux. Il aidera également à la réintégration d’au moins 24.000 personnes revenues d’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, et d’Europe.

L’aide permettra également des opérations de recherche et de secours humanitaire dans le désert du Sahara ainsi qu’une aide humanitaire après le débarquement le long de la route de la Méditerranée occidentale.

Déjà 500 morts en 2020 sur la route migratoire vers les îles Canaries

Pendant la période la plus difficile de la crise de la Covid-19 en avril, un fonds a été créé et a aidé près de 5.000 migrants en leur fournissant des soins de santé et des couloirs humanitaires lorsque les voies de mobilité ont été interrompues en raison de la pandémie.

Plus de 26.000 migrants bloqués ont été aidés par le programme de recherche et de sauvetage dans le désert de l’OIM. Au cours des quatre dernières années, l’agence onusienne a pu intervenir rapidement à la faveur de ses centres de transit situés au Niger, au Mali et au Burkina Faso, le long des principaux couloirs migratoires. L’OIM estime ainsi avoir « sauvé des vies et offert aux migrants des alternatives sûres et dignes ».

« De nombreux migrants n’ont pas les moyens financiers et administratifs de rentrer chez eux lorsqu’ils veulent terminer leur voyage », a indiqué Christopher Gascon, Directeur régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et centrale.

« Souvent, la seule option qui leur reste est de tenter la dangereuse traversée de la Méditerranée », a-t-il ajouté.

Or « de nouvelles routes vers l’Europe, souvent dangereuses, s’ouvrent ou se réactivent constamment », déplore M. Gascon. « Nous assistons aujourd’hui à un nombre croissant de départs vers les îles Canaries. Cette route maritime a déjà coûté la vie à plus de 500 migrants cette année ».

Source : ONU Info


Climat : le patron de l'ONU appelle à "réparer la planète"

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Climat : le patron de l'ONU appelle à Euronews - 2020 est l'une des trois années les plus chaudes jamais enregistrées sur terre.

C'est ce qui ressort du rapport annuel de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) publié ce mercredi. L'année n'est pas encore terminée, mais déjà, les climatologues tirent la sonnette d'alarme...

2016, 2019, 2020 : les températures moyennes ne cessent de grimper, ce qui éloigne un peu plus l'objectif fixé lors de l'Accord de Paris en 2015, à savoir limiter la hausse des températures à 1,5°C.

"C'est suicidaire"

Ce triste constat a amené, une nouvelle fois, le patron de l'ONU à lancer un appel planétaire.

António Guterres, secrétaire général de l'ONU : "Pour le dire simplement, l'équilibre de la planète est rompu. L'humanité fait la guerre à la nature. C'est suicidaire. La nature riposte toujours. Et elle le fait avec de plus en plus de force et de furie."

Le patron de l'ONU a fait un parallèle avec l'épidémie de coronavirus. Pour la pandémie, on finira pas avoir un vaccin, a-t-il dit. Mais pour le climat, "il n'existe aucun vaccin" ! Il appartient donc à chacun de "réparer la planète", selon ses termes.

Canicules, sécheresses, inondations, cyclones et ouragans... les signes du dérèglement climatique sont des plus en plus visibles, avec de lourdes conséquences : des populations obligées d'émigrer et une sécurité alimentaire compromise pour des millions de personnes.

Par Olivier Peguy avec AFP, AP

 

Le Global Terrorism Index 2020 classe la Mauritanie parmi les pays les plus sûrs

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Le Global Terrorism Index 2020 classe la Mauritanie parmi les pays les plus sûrsLa Mauritanie figure dans la catégorie des pays les moins impactés par le terrorisme, selon l’Indice mondial du terrorisme (GTI) qui est cette année à sa huitième édition.

Cet indice annuel est élaboré par le principal groupe de réflexion de l’Institute of Economics and Peace (IEP) et constitue la source d’information la plus complète sur les tendances mondiales du terrorisme.

La Mauritanie occupe la 135ème place sur 163 pays avec un score de 0, soit dans la catégorie des pays les plus surs. Alors que les pays du Sahel connaissent de très nombreuses attaques terroristes, la Mauritanie n'a pas été touchée depuis 2011, rappelle-t-on.

Selon le même rapport, classé à la 102ème place, le Royaume du Maroc voisin a gagné 10 places dans le classement mondial et figure en conséquence dans la catégorie des pays les moins impactés par le terrorisme.

L’Algérie se classe troisième (65e rang mondial) avec un score de 2,696, suivie de la Tunisie (49e avec un score de 3,858) et de la Libye (16e avec un score de 6,25).

Les pays les plus touchés par le terrorisme sont: l’Afghanistan qui arrive à la première place avec un score de 9,595 sur 10. Viennent ensuite l’Irak avec un score de 8,682, le Nigeria (8,314), la Syrie (7,778), la Somalie (7,645), le Yémen (7,581), le Pakistan (7,541).

À l’échelle mondiale, les décès attribuables au terrorisme ont diminué pour la cinquième année consécutive en 2019, pour s’établir à 13.826, soit une baisse de 15% par rapport à l’année précédente.

63 pays ont enregistré au moins un décès lié au terrorisme, le nombre le plus faible depuis 2013.

La baisse du terrorisme s’est accompagnée d’une réduction de l’impact économique mondial du terrorisme, qui a diminué de 25% pour s’établir à 16,4 milliards de dollars américains en 2019. Comparativement à d’autres formes de violence comme les homicides, les conflits armés et les dépenses militaires, le terrorisme représente un faible pourcentage du coût total de la violence à l’échelle mondiale, qui était de 14,5 billions de dollars américains en 2019.

Cependant, les véritables répercussions économiques du terrorisme sont beaucoup plus importantes car ces chiffres ne tiennent pas compte des répercussions indirectes sur les entreprises, les investissements et les coûts associés aux organismes de sécurité dans la lutte contre le terrorisme.

Rappelons que les pays sont classés du «pays le plus impacté» (score : 10) au «pays le moins impacté» (score: 0) par le terrorisme.

Les indicateurs comprennent le nombre d’incidents terroristes, de décès, de blessures et de dommages matériels.

Par La rédaction de Cridem, avec Agences

 

Sahara occidental: scènes de vie sur la route de la Mauritanie

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Sahara occidental: scènes de vie sur la route de la MauritanieTV5 MONDE - Trois motels, trois cafés, deux stations-services, trois épiceries et un coiffeur...

Dans le hameau poussiéreux de Guerguerat, à l'extrême sud du Sahara occidental, toute la vie tourne autour de la frontière avec la Mauritanie, sur la seule route reliant le Maroc et l'Afrique de l'Ouest. "Il n'y a rien d'autre ici", souligne l'épicier le plus prospère de Guerguerat, le Marocain Aziz Boulidane.

Cet homme entreprenant a aménagé une petite terrasse devant sa boutique pour servir des cafés aux routiers et aux voyageurs de passage, à proximité de la douane marocaine qui contrôle les poids-lourds en transit.

C'est ce point frontalier, situé au coeur d'une zone désertique aride et caillouteuse, proche du littoral atlantique, qui a récemment cristallisé les tensions entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario, nouvel épisode d'un long conflit sur le devenir de l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental.

L'armée marocaine s'est déployée le 13 novembre dans la zone-tampon contrôlée par l'ONU pour "sécuriser" un passage crucial pour le commerce. Un groupe de militants indépendantistes sahraouis bloquaient depuis environ trois semaines la route construite, selon eux, en violation de l'accord de cessez-le-feu de 1991 signé sous l'égide de l'ONU après 15 ans de combat.

Depuis, le Maroc a conforté ses positions sur le terrain en protégeant le passage par un mur de sable surveillé par les militaires et en terrassant le dernier tronçon de route qui se réduit à un entrelacs de pistes de sable.

L'opération a été menée "dans l'intérêt de l'Afrique, du Maroc et des pays du Nord", a assuré le Premier ministre marocain, Saad-Eddine El Othmani, qui s'est rendu sur place pour la première fois vendredi, en même temps qu'une délégation d'hommes politiques.

- "Porte sur l'Afrique" -

"Le poste-frontière a un important poids économique et génère d'importants revenus", explique El Fekir Khattat, un élu municipal qui décrit fièrement sa région comme "la porte du Maroc sur l'Afrique".

L'intervention de l'armée marocaine "va renforcer l'attractivité économique", dit-il.

L'élu table sur la construction de deux zones industrielles "pour valoriser l'activité commerciale" générée par la route et pour "créer de l'emploi" dans cette région désertique et peu peuplée.

Rabat a déjà mené plusieurs grands chantiers dans ce territoire riche en eaux poissonneuses et en gisements de phosphate.

Le Front Polisario, lui, dénonce "le pillage des ressources naturelles appartenant au peuple sahraoui".

C'est en 2017, année de la réintégration du Maroc dans l'Union africaine, que le roi Mohamed VI débloque sept milliards d'euros d'investissements pour transformer cette partie du Sahara en "hub économique".

Deux des projets, représentant chacun une enveloppe de près d'un milliard d'euros, concernent l'aménagement d'une "voie express" nord-sud sur un millier de km et la transformation du port de Dakhla en "hub maritime régional", pour desservir le nord du Maroc, les ports de l'ouest africain et les Canaries.

- "Point stratégique"-

Daouda Sene, le gérant de l'hôtel Barbas, le plus vieil établissement de la région de Guerguerat, se flatte de travailler dans "un point stratégique sur le plan international".

"C'est par là que passent tous les Européens et tous les Africains qui veulent partir en Afrique de l'Ouest", souligne le Sénégalais de 46 ans, qui a été recruté il y a quelques mois pour "améliorer l'image et le niveau" du motel, situé à Bir Gandouz, à 80 km au nord de la frontière.

En temps normal, son établissement accueille "toutes les nationalités": Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Mauritaniens, Gambiens, Marocains, pour ce qui concerne le transport et le commerce; Français, Espagnols, Portugais ou Chinois pour les voyages de loisirs, le tourisme ou la pêche.

Mais ces derniers mois, l'activité a pâti de la fermeture des frontières liée à la pandémie de Covid-19, puis des blocages du Front Polisario sur la route.

"Avant, l'hôtel marchait bien, mais le chiffre d'affaires a baissé", regrette le gérant.

Il reste cependant persuadé que le bourg de Bir Gandouz, qui compte actuellement un millier d'âmes, deviendra un jour un grand centre touristique et commercial, "plus grand que le port de Dakhla".

Actuellement, quelque 200 camions empruntent quotidiennement la "Nationale 1" que traversent parfois des dromadaires élevés librement dans le désert.

Par Fadel SENNA, Hicham RAFIH

AFP