Tue09262017

Last update04:41:52 PM GMT

Back Culture

Culture

Dossier

La police compte recruter 300 nouveaux agents

La police compte recruter 300 nouveaux agents La police mauritanienne compte renforcer ses effectifs, en préparant un nouveau concours de recrutement, destiné à enrôler 300 agents, rapportent des sources.

Trois (3) centres de dépôt des dossiers des candidats à la future promotion seront ouverts à l’intérieur du pays, indique-t-on.

Le centre de Kaédi réceptionnera ces dossiers du 4 au 8 septembre prochain, alors que celui d’Aïoun du 18 à 22 du même mois, tandis que celui de Nouadhibou, les accueillera du 2 au 6 octobre 2017.

La sureté nationale avait embauché dernièrement, 500 éléments, après avoir suivi leur formation professionnelle à l’Ecole Nationale de la Police à Nouakchott.

Traduit de l’Arabe par Cridem
Source : Essahraa (Mauritanie)

 

 

Maroc-Europe: une coopération policière efficace dans la lutte antiterroriste

Maroc-Europe: une coopération policière efficace dans la lutte antiterroristeQuatre fratries originaires du Maroc seraient au cœur des deux attentats qui ont touché la Catalogne.
Deux suspects ainsi qu'un imam sont toujours activement recherchés et pourraient tenter de trouver refuge dans leur pays d'origine. Si les autorités chérifiennes restent muettes sur la coopération supposée de leurs services dans l'enquête en cours, elles ont déjà, par le passé, activement contribué à la traque de terroristes d'origine marocaine en Europe.

En novembre 2015, le Maroc annonçait avoir permis la localisation à Saint-Denis, en France, d'Abdelhamid Abaaoud, belgo-marocain, cerveau des attentats de Paris.

Dans la foulée, les autorités belges avaient demandé le concours du Maroc pour les aider à affiner leurs recherches pour remonter la filière de Molenbeek. Il faut dire que le royaume dispose d'une certaine expertise en la matière. Doté d'un puissant système de renseignement et de contre-espionnage, le Maroc avait démantelé en 2008 le réseau Belliraj - opérant depuis la Belgique - et soupçonné de préparer des attaques d'envergure au Maroc.

Pas d’attaque terroriste majeure au Maroc depuis six ans
La coopération antiterroriste entre la France et le Maroc avait été au cœur du réchauffement des relations diplomatiques entre Paris et Rabat en 2015, alors qu’un an plus tôt le patron du contre-espionnage marocain avait été convoqué à Paris pour des faits de torture contre un opposant politique. La brouille entre Paris et Rabat avait duré un an, mais a semble-t-il été écourtée par l'urgence pour Paris de reprendre langue sur le volet de la lutte antiterroriste, peu après les attaques de Paris.

Avec un arsenal législatif impitoyable à l'encontre des prétendants au jihad, le Maroc assure qu'aucun de ses ressortissants de retour des zones d'Irak ou de Syrie ne circule libre sur son sol. Une politique qui se veut ferme et qui, selon Rabat, a porté ses fruits puisqu'il est le seul pays de la région à ne pas avoir connu d'attaque terroriste majeure depuis six ans.

Source : RFI

 

 

Al-Qaïda : l’ex-otage sud-africain Stephen McGown raconte sa détention

 Al-Qaïda : l’ex-otage sud-africain Stephen McGown raconte sa détention L'ex-otage sud-africain Stephen McGown a confié jeudi lors d'une conférence de presse à Johannesburg avoir "été très bien traité" par ses ravisseurs en particulier après s'être converti à l'islam de son "propre chef". Libéré fin juillet après six ans de détention aux mains d'Al-Qaïda au Mali, il avoue cependant "avoir eu peur à trois reprises pour sa vie".

Cheveux roux ondulés jusqu’aux épaules, retenus par des lunettes de soleil, et barbe épaisse poivre et sel, Stephen McGown, 42 ans, est apparu mince, mais très souriant et en forme, entouré de son épouse et de son père.

« On a été très bien traités. J’avais des habits, de la nourriture. Quand j’étais malade, ils (mes ravisseurs) me donnaient des médicaments, des médicaments de base mais des médicaments », a déclaré Stephen McGown, qui s’exprimait pour la première fois depuis sa libération, le 29 juillet dernier, à l’occasion d’une conférence de presse à Johannesburg, jeudi 10 août.

« Quand on a été kidnappés, on nous a dit qu’on ne nous ferait pas de mal », a encore raconté M. McGown. Mais « on a craint pour notre vie à trois reprises. Surtout les trois premiers mois, c’était très instable », a-t-il ajouté sans donner plus de précisions. Il s’est cependant plaint de forts maux de tête dans les jours qui ont suivi son retour en Afrique du Sud, où il a suivi des examens médicaux.

Une fois converti à l’islam, les choses ont changé de façon spectaculaire…

Stephen McGown a expliqué à l’AFP s’être converti de son « propre chef » du christianisme à l’islam pendant sa longue détention. Un statut qui a conforté sa captivité selon l’ex-otage d’Al-Qaïda. « Une fois converti, les choses ont changé de façon spectaculaire (…). Les gars voulaient laver mes vêtements, ils me donnaient de la bonne viande de gazelle », a-t-il ajouté.

Pour garder le moral, il a fait notamment « un peu d’exercice physique et observé pendant six ans les migrations des hirondelles », dévoile celui qui est « fan d’oiseaux ».

« Aucune rançon » pour la libération

Le 25 novembre 2011, Stephen McGown a été kidnappé avec trois autres touristes occidentaux dans la ville de Tombouctou, dans le nord du Mali. Ses début en captivité l’ont souvent poussé à essayer de résister. « Parfois, je dormais beaucoup, parfois j’étais très triste et voulais me battre contre toute le monde. Mais je ne voulais pas devenir un fardeau pour ma famille, je veux devenir une meilleure personne », a-t-il expliqué.

Un Allemand capturé au même moment que McGown, qui avait tenté de résister, avait été tué. Les deux autres touristes, le Néerlandais Sjaak Rijke et le Suédois Johan Gustafsson, ont été libérés respectivement en 2015 et fin juin 2017.

La semaine dernière, le ministre sud-africain de la Sécurité intérieure, David Mahlobo, a assuré que Pretoria n’avait payé « aucune rançon » pour la libération de Stephen McGown.

Source : Jeune Afrique

 

 

Mali : Gatia et CMA impliqués dans des violations des droits de l’homme à Kidal, selon l’ONU

Dans un rapport préliminaire d’enquête de la section des droits de l’homme de la Minusma, 34 cas de violation ont été confirmés dans la région de Kidal.

Le Gatia et la CMA, signataires de l’accord de paix d’Alger, sont pointés du doigt, alors que leur comportement sur le terrain paralysent le processus de paix.
Dans la région de Kidal, près de la localité de Anefis, la Minusma a pu confirmer 34 cas de violation des droits de l’homme sur les 67 allégations qui ont fait l’objet d’enquête. Celles-ci ont été commises après la reprise des hostilités, début juin 2017, entre le Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia), proche de Bamako, et les ex-rebelles indépendantiste de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

« Sur les 34 cas de violation des droits de l’homme confirmés, 23 ont été perpétrés par le Gatia et 11 par la CMA », explique à Jeune Afrique Guillaume Ngefa-a Andali, le chef de section droits de l’homme de la Minusma. Dans ce rapport préliminaire, la mission fait état d’exécutions sommaires, de torture, d’enlèvements de personnes, de destructions volontaires et de vols de véhicules.

Fosses communes

« Nous avons certifié huit cas d’exécutions sommaires, dans deux fosses communes et deux tombes individuelles, et j’ai peur que les enquêteurs trouvent d’autres cas similaire au cours de l’enquête », ajoute Ngefa-a Andali. De leur côté, les leaders des mouvements armés cités dans ce rapport reconnaissent certains cas de violation des droits de l’homme perpétrés dans la région de Kidal, mais disent qu’ils n’ont pas été commandités par leurs mouvements.

Les deux groupes se regardent depuis en chien de faïence, prêts en découdre à tous moment, paralysant ainsi le processus de la paix

« Il y a eu un conflit entre les communautés Idnan et les Imghad et effectivement durant ce conflit, il y a eu des violations des droits de l’homme de part et d’autre mais ces violations n’ont pas été commanditées par le Gatia », répond Fahad Ag Al Mahmoud, secrétaire général du groupe imghad. « La Minusma a envoyé des équipes de vérification qui ont vu des tombes et nous accusent d’être les commanditaires. Je pense que c’est une conclusion trop rapide », ajoute-t-il.

Forte tension entre la CMA et la Plate-forme

De son côté, la CMA reconnaît certains délits mineurs de ses combattants mais assure qu’elle a pris les mesures ad hoc et s’est dit prête à travailler avec la Minusma. « Nous avons dénombré de notre côté quatre cas de vol de véhicules par nos combattants. Les coupables ont été immédiatement radiés de nos rangs », affirme Ilad Ag Mohamed, le porte-parole de la CMA. « Il y a eu un cas où, au sein de la même famille, des jeunes partisans de la CMA ont malheureusement marqué au fer rouge leur frère partisan de la Plate-forme. C’est un problème familial auquel la CMA ne peut pas répondre », ajoute-t-il.

La section des droits de l’homme de la Minusma s’avoue très préoccupée par la forte tension qui règne en ce moment entre la CMA et la Plate-forme, d’autant que le Gatia a refusé de signer le cessez-le-feu et que les deux groupes se regardent depuis en chien de faïence, prêts en découdre à tous moment, paralysant ainsi le processus de la paix dans le nord du pays.

Source : Jeuneafrique.com

 

 

Groupe 5 du Sahel : Le Conseil de sécurité pourrait réviser sa position

G5 Sahel: «Le Conseil de sécurité peut peut-être réviser sa position»Au Mali, le représentant spécial de l'ONU a présenté le contenu de la nouvelle résolution de l'ONU qui prolonge le mandat de la mission onusienne dans le pays, la Minusma.

La résolution évoque, notamment, une collaboration renforcée avec la force antiterroriste du G5 Sahel. Lancée il y a quelques semaines, cette armée transnationale a bien du mal à trouver les financements nécessaires.

Un peu plus de 420 millions d'euros par an, c'est ce que va coûter cette force transnationale du G5 Sahel, qui, sur le papier, a tout pour être un outil efficace de lutte contre le terrorisme.

Mais l'ONU, sous la pression des Etats-Unis, ne donnera pas un sous à cette nouvelle armée. La résolution 23 59 ne fait que saluer la création de cette force et ne lui concède, en aucun cas, un mandat onusien.

Pour le représentant de l'ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, tout n'est pas perdu et le Conseil de sécurité pourrait réviser sa position. « En lisant la résolution, le paragraphe 8 demande au secrétaire général des Nations unies de lui faire rapport dans les quatre mois qui suivent pour lui dire quelles sont les difficultés et quels correctifs est-il possible de faire pour que cette force puisse réellement répondre à ses objectifs. C’est vrai que, jusque-là, ce qu’on a dit aux pays du G5 Sahel, c’est de commencer avec ce qu’ils ont. Après les quatre mois, le Conseil de sécurité peut peut-être réviser sa position. Je reste optimiste », a-t-il déclaré.

Le Conseil de sécurité réexaminera donc le cas de la force du G5 Sahel avant la fin de l'année. Avant cela, une conférence des donateurs aura lieu, les dates restent à préciser. Pour l'instant, il reste 90 % du budget du G5 Sahel à financer.

Source : RFI

 

Sur la piste des armes de Daech

De nombreuses armes utilisées par Daech proviennent des Balkans.ENQUETE - Des experts européens inventorient le matériel abandonné par le groupe Etat islamique en Irak et en Syrie. Ce travail met en lumière le rôle trouble joué par l’Arabie saoudite, qui a acquis une partie de cet arsenal dans les Balkans.

Berlin, quartier de Wedding, refuge de nombreuses familles venues du Moyen-Orient. Au coin d’une rue, dans un immeuble des années 1970, plusieurs dissidents des forces de Damas sont réunis ce lundi 19 juin. Dans l’appartement, une carte de Syrie ainsi que des photos de sites archéologiques ont été scotchées aux murs et la télévision diffuse les chaînes d’information arabes. Autour d’une table, nous retrouvons ces anciens militaires, exfiltrés ici, en Allemagne : Montasser Darwish, ex-général de l’armée de l’air syrienne ; Mohamed Al-Kasim, chef de l’Armée syrienne libre pour la zone sud du pays ; et Mahmoud Saudi, ancien patron des services de sécurité pour la ville de Hama. Tous trois connaissent le régime de Bachar El-Assad de l’intérieur et souhaitent ardemment le départ du président syrien mais aussi la défaite de Daech. Ces jours-ci, les forces démocratiques syriennes arabo-kurdes participent à l’offensive pour libérer Raqqa, fief de l’organisation islamiste dans le pays. Au détour de la conversation, le trio évoque la crise entre l’Arabie saoudite et le Qatar, la première accusant avec solennité son rival d’avoir équipé, et peut- être armé, l’organisation Etat islamique (EI). Des éclats de rire résonnent, renvoyant ces deux États dos à dos, à leurs stratégies, à leur cynisme.

Sur les armes, une histoire indélébile

Les armes trouvées sur les champs de bataille sont comme des livres ouverts. Elles portent, inscrites dans l’acier, une histoire indélébile. Laquelle contredit les versions simplistes, en révèle parfois une autre, plus complexe, et ici, plus embarrassante pour les Saoudiens. Depuis des mois, les légions de Daech perdent du terrain, évacuent des faubourgs, des villages. Dans leur précipitation, les combattants abandonnent des caisses de munitions, encombrantes, impossibles à transporter dans l’urgence. Alors, en Irak comme en Syrie, les Kurdes de la milice YPG ou les forces antiterroristes du gouvernement de Bagdad les saisissent dans des caches improvisées, des caves, des garages, des cuisines. Le grand public l’ignore : les fusils d’assaut, les lance-missiles portatifs ou les obus possèdent un numéro de série frappé dans le métal, un pedigree, une signature riche de significations.

Pour faire parler cet ADN, des enquêteurs sont dépêchés sur le terrain au gré de l’évolution des combats et des stocks abandonnés par le groupe djihadiste. Ces experts en équipements militaires et en balistique identifient avec minutie les matériels, les évaluent et les inventorient, reconstituent leur parcours, sollicitent les fabricants et les gouvernements des pays dans lesquels ils sont produits. Leur but : mieux connaître Daech et dévoiler les trafics grâce auxquels l’organisation a prospéré sur le plan militaire, au point de longtemps tenir en échec la coalition internationale. Depuis juillet 2014, la société Conflict Armament Research alimente ainsi une base de données spécialisée. Ou comment ficher les armes utilisées par l’EI. Cette plateforme baptisée iTrace a été créée à l’initiative de l’Union européenne. James Bevan, le fondateur de Conflict Armament Research, s’intéresse plus particulièrement aux conditions dans lesquelles ces engins ont pu passer à l’ennemi. Ses onze experts en balistique écument l’Irak, la Syrie ou la Libye. En trois ans, ils ont déjà étudié et indexé 75.000 armes appartenant aux terroristes.

Des armes venues des Balkans

Partout, leur constat est le même. Certes, une partie de cet arsenal date des années 1980 et de la guerre Iran-Irak. Plus surprenant, les soldats de l’organisation terroriste manient aussi du matériel performant produit entre les années 2004 et 2015 par des industriels de la défense installés dans les Balkans. Au moment où l’agglomération de Mossoul est progressivement libérée, le général Yahya Rasool, porte-parole du ministère de la Défense à Bagdad, explique au JDD que les forces spéciales irakiennes n’ont pas achevé de lister les armes prises à Daech depuis le début de la bataille. Cependant, "il y en a une grande quantité, de toutes les origines", confirme-t-il, avant de préciser : "Et parmi elles, certaines sont de fabrication très récente." Dans la cité même, un journaliste de la chaîne libanaise AlMayadeen signale la présence de matériel en bon état, venant d’Europe centrale, dans les immeubles et les pâtés de maisons abandonnés depuis peu. À 3.000 kilomètres de là, en Libye, où les groupes de l’EI reculent, les observations ne varient guère. Les adjoints du général Abdulraziq Nadori, commandant les troupes du gouvernement de Tobrouk, assurent avoir fait de pareilles trouvailles, en particulier lors de la bataille pour la libération de Benghazi. Avec le temps, l’histoire des engins de mort se révèle aux experts.

« Il y a une grande quantité d'armes, de toutes les origines »

Selon des données de la base iTrace, près de la ville de Baqr, en Irak, ce sont des roquettes antichars PG-7VM qu’utilisaient les soldats du califat. De manière certaine, ces projectiles modernes capables de percer le blindage des véhicules de la coalition ont été produits en 2010 en Bulgarie, à 250 kilomètres de Sofia. Leur numéro de série a permis de remonter jusqu’à l’usine du groupe Arsenal JSCo, près de la ville de Kazanlak. Dans les environs de Tikrit, en Irak, les armureries désertées par Daech recèlent des balles confectionnées en Serbie. Un poinçon atteste qu’elles proviennent de l’entreprise serbe Prvi Partizan AD, basée à Uzice, à 200 kilomètres au sud de Belgrade, et ont été fabriquées en 2009. Ces munitions-là, de type 7,62 X 54 mm R, imaginées au temps de l’Union soviétique, sont prisées des snipers en raison de leur longue portée et peuvent également approvisionner des mitrailleuses.

Ailleurs, les forces de la coalition ont confisqué des centaines d’AK-47, l’arme la plus répandue au monde. Depuis des décennies, l’entreprise russe Kalachnikov Group, à l’origine de sa mise au point en 1947, n’en produit plus. Mais nombre de sociétés la copient, en proposent des versions améliorées. Certains de ces fusils d’assaut pris à Daech, en particulier dans le nord de l’Irak, ont été assemblés dans les ateliers d’Arsenal JSCo, la société bulgare, en 2004. Sollicité par le JDD, son responsable, Hristo Ibouchev, un entrepreneur formé à HEC en région parisienne, n’a pas donné suite. L’un de ses cadres nous a cependant confié qu’il avait une grande habitude des commandes de Riyad à acheminer, "officiellement", en Arabie saoudite, même si personne n’était dupe de leur destination finale.

Des contrats saoudiens, des intermédiaires du Qatar

La présence de ces équipements récents entre les mains des terroristes n’étonne pas les spécialistes. La société britannique Armament Research Services emploie des experts en matériel de guerre et effectue régulièrement des missions pour le compte des Nations unies ou d’Amnesty International. Son directeur, Nic Jenzen-Jones, atteste lui aussi l’utilisation par Daech d’armes récentes fabriquées en Europe centrale. La plupart du temps, celles-ci arrivent jusqu’aux frontières des zones de guerre à la faveur de contrats signés entre les entreprises des Balkans et des représentants de l’Arabie saoudite, pour la majorité d’entre eux, mais aussi, dans une moindre mesure, d’intermédiaires venus du Qatar. Dans les pays d’Europe de l’Est, les proportions prises par ce commerce inquiètent. En Bosnie Herzégovine, les journalistes du site Organized Crime and Corruption Reporting Project se sont les premiers penchés sur ces activités générées par Riyad et portant sur des engins aux normes des armées du pacte de Varsovie, tels les AK-47. Jamais auparavant les monarchies du Golfe n’avaient pris l’habitude de faire leurs emplettes dans ces contrées en sélectionnant ce type de produits. Les régiments réguliers d’Arabie saoudite et du Qatar s’entraînent et se battent, en effet, avec des systèmes différents, aux normes de l’Otan.

« Les délais sont trop courts et les quantités trop spécifiques entre le moment où ces stocks quittent des entrepôts d’Europe centrale et celui où ils sont identifiés sur le terrain entre les mains de Daech »

Sur leur site, les investigateurs de Sarajevo ont mis en ligne un reçu signé du ministère saoudien de la Défense, daté du 28 mai 2013, qui valide la réception de plusieurs tonnes de ces armes confectionnées en Serbie – on y voit notamment transiter deux millions de cartouches de type 7,62 X 54 mm R, semblables à celles utilisées par les snipers de Daech près de Tikrit. Pour les organismes chargés de surveiller les transferts d’armes au niveau mondial, la multiplication des contrats entre l’Europe de l’Est et le Golfe relève d’une tendance de fond. Le 6 mars, à Bruxelles, le Conseil de l’Union européenne publiait ses traditionnels tableaux des exportations de matériels de guerre pour chaque pays membre. À cause du délai de certification des chiffres, ce document aride de 505 pages fournit des données validées jusqu’en 2015 seulement. Mais avec un souci d’exhaustivité. À sa lecture, on note, au chapitre de la Bulgarie, une hausse spectaculaire des ventes vers les pays du Golfe, Arabie saoudite en tête.

Les commandes de Riyad à Sofia, qui plafonnaient en 2013 à 1,2 million d’euros, ont grimpé à 85 millions d’euros en 2014, pour atteindre 92 millions en 2015. Soit une hausse de 7.500 % en trois ans, pour les seuls échanges saoudo-bulgares. Les achats portent sur des armes légères, fusils d’assaut, fusils longue portée, lance-grenades, lance-roquettes personnels. Globalement, entre 2014 et 2015, le ministère de la Défense bulgare a enregistré une croissance de 59 %, en lien avec le conflit en Irak et en Syrie. Sur la même période, la Serbie, qui ne compte pas parmi les membres de l’Union, n’a pas communiqué de données aussi précises. Mais les autorités de Belgrade ont reconnu un essor des ordres d’achats de Riyad, à travers 35 contrats passés en 2015.

Des stocks d'armes qui posent question

Ces transactions épousent la logique de la politique prônée par Washington. En 2009, un ancien militaire et ex-ambassadeur des États-Unis en Bulgarie, James Pardew, coordonnait auprès de l’Otan les programmes d’assistance pour l’Irak. À cette période, il suggérait déjà de se tourner vers les entreprises bulgares pour outiller les milices adoubées par la coalition. Dans un télégramme diplomatique confidentiel dévoilé par WikiLeaks, il invitait à prendre attache avec Arsenal JSCo et transmettait même les coordonnées téléphoniques des bureaux. Parce que "la société est reconnue pour la production des fusils d’assaut de type kalachnikov", écrivait-il. Les monarchies pétrolières du Golfe, en passant massivement des ordres d’achats en Bulgarie et dans les Balkans, ont, semble-t-il, suivi le conseil. Mais la possession par les soldats de Daech d’armes provenant de ces transactions soulève la question de leur distribution sur le terrain, et de leur suivi, à partir des localités proches des postes-frontières turcs, jordaniens et saoudiens, où elles sont transmises. Affrontements, embuscades, braquages sur la frontière turque, saisie d’arsenaux de l’armée irakienne ou des milices chiites… On songe naturellement à du matériel tombé accidentellement entre de mauvaises mains, à la faveur du chaos régnant sur place. Mais pour certains chargements, un autre scénario prévaut.

James Bevan confirme que ses experts de terrain réussissent à retrouver un grand nombre de documents contractuels, dès lors qu’il s’agit de produits fabriqués à partir des années 2000. "Nous avons commencé à voir des choses étranges il y a environ deux ans, avec des armes récentes provenant de pays d’Europe centrale et commandées par des agences saoudiennes." Le spécialiste exclut, dans plusieurs cas, des transferts accidentels ou des prises de guerre au coup par coup : "Les délais sont trop courts et les quantités trop spécifiques entre le moment où ces stocks quittent des entrepôts d’Europe centrale et celui où ils sont identifiés sur le terrain entre les mains de Daech." À Berlin, dans le quartier de Wedding, les militaires proches de l’Armée syrienne libre ne sont pas surpris. Mohamed Al-Kasim a personnellement assisté à des livraisons sur la route qui relie la frontière jordanienne à la région de la Ghouta, près de Damas. Il balaie l’éventualité d’une responsabilité de la famille royale saoudienne. Mais ses compagnons nuancent : "Au sommet de l’État saoudien, dans le premier cercle de pouvoir, les responsables veulent vraiment écraser Daech, c’est net. En revanche, au-dessous, il y a des soutiens. Certaines tribus ainsi que des hommes d’affaires considèrent ces gens comme des frères. Ils interviennent pour les aider et leur envoient de l’argent."

« Nous avons besoin d’exercer des pressions sur l’Arabie saoudite et le Qatar qui continuent à apporter un soutien financier et logistique à l’État islamique »

Voici résumé, en quelques mots, le paradoxe des accusations de l’Arabie saoudite envers le Qatar. Ces deux pays sont les seuls à adhérer au wahhabisme, version archaïque d’un islam prétendument pur, adepte d’une application stricte de la charia, diffusé dans la péninsule arabique par un extrémiste religieux du XVIIIe siècle, Abd El-Wahhab. Mais depuis 2013, une autre organisation, aux velléités étatiques, se réclame également du wahhabisme : Daech. Faisant planer le risque d’une sécession à l’intérieur de cette branche de l’islam radical. Dans une interview télévisée en janvier 2016, Adel Al-Kalbani, une personnalité religieuse saoudienne, imam de la mosquée du roi Khaled à Riyad, a reconnu la nécessité d’un examen de conscience : "Ces terroristes ont défini leur idéologie à partir de ce qu’il y a écrit dans nos propres manuels, à partir de nos propres principes." Ses déclarations suivaient de quelques jours la publication du n° 13 de Dabiq, l’organe de propagande de Daech, qui appelait les wahhabites à se détourner de la monarchie saoudienne. De quoi séduire des chefs de tribu et des personnalités du monde des affaires, critiques à l’égard de la famille régnante. Sur les champs de bataille, ces subtilités expliquent comment des groupuscules djihadistes, tel le Front Fatah Al-Cham composé d’anciens d’Al-Qaida, ont pu obtenir quantité d’armes récentes, avant de rejoindre plus tard les rangs de l’État islamique. Au point d’être mieux équipés que les légions de l’Armée syrienne libre ou des milices kurdes YPG, pourtant alliés des Occidentaux au sol.

La légèreté coupable des Américains

Lors de la dernière campagne présidentielle américaine, à l’automne 2016, le piratage de la messagerie de Hillary Clinton avait dévoilé des e-mails dans lesquels ces dangereuses accointances étaient mises en question. Dans un mémo privé consacré à la situation au Moyen-Orient, John Podesta, ex-chef de cabinet de Bill Clinton et ancien conseiller de Barack Obama à la Maison-Blanche, écrivait à l’ancienne secrétaire d’État : "Nous avons besoin d’utiliser notre diplomatie et aussi les moyens plus classiques des services de renseignement pour exercer des pressions sur l’Arabie saoudite et le Qatar, qui continuent à apporter un soutien financier et logistique à l’État islamique." À Washington, le 6 juin, au  lendemain des contrats faramineux (400 milliards de dollars) annoncés entre Donald Trump et le roi Salman et quelques jours avant les accusations de Riyad contre le Qatar, le service de recherche du Congrès a rendu un rapport de 42 pages sur l’allié saoudien. Citant des sources diplomatiques américaines, l’auteur note que, en dépit des efforts sérieux de la famille Al Saoud, "l’Arabie saoudite abrite encore des individus et des entités qui servent de soutiens financiers aux groupes extrémistes sunnites". Mais le royaume n’est pas le seul fautif.

Dans son rôle de chef d’orchestre des opérations alliées contre l’EI, le département américain de la Défense fait preuve, lui-même, d’une coupable légèreté. Ainsi, un audit parlementaire du 25 mai attire l’attention des élus sur la gestion peu scrupuleuse de l’aide militaire aux Irakiens et aux Kurdes. Au cours des années budgétaires 2015 et 2016, le Pentagone a dépensé 2,3 milliards de dollars à ce titre, alloués par la Chambre des représentants et le Sénat. Or, si la plupart des acquisitions de matériel militaire sont correctement renseignées, leur livraison et leur répartition sur le terrain, en Irak ou au Kurdistan, demeurent pour l’essentiel inconnues. Un portail Web créé pour la circonstance, dont l’accès est restreint, a pourtant été mis en fonction afin que les élus américains puissent avoir une visibilité sur ces transports. Sans résultat. Au Pentagone, les responsables des opérations en Irak s’en sont excusés, invoquant la complexité d’utilisation de la plateforme Internet. Avec le plus grand sérieux, ils reconnaissent leur difficulté à en comprendre le mode d’emploi.

Par Guillaume Dasquié

Source : JDD (France)

 

La Mauritanie déclare sa frontière avec l’Algérie zone militaire interdite aux civils

Vidéo. La Mauritanie déclare sa frontière avec l’Algérie zone militaire interdite aux civilsFace aux multiples incidents qui surviennent au nord-est de la Mauritanie, dont tout dernièrement l’arrestation d’orpailleurs mauritaniens par l’armée algérienne et les multiples arrestations de trafiquants de toute sorte à la frontière avec l’Algérie et aux menaces que suscitent des groupes terroristes que essaiment au niveau du triangle constituant la frontière Mauritano-algéro-malienne, le gouvernement mauritanien a pris une décision radicale.

Le ministère de la Défense a ainsi diffusé hier soir un communiqué qui a surpris nombre de Mauritaniens par le ton utilisé, qui ne peut qu’attester certaines craintes.

«Le ministère de la Défense nationale porte à la connaissance de l’ensemble de la population, et en particulier celle résidant ou visitant le nord de la Mauritanie, que la zone définie ci-après est une zone militaire : quadrilatère compris entre Cheggat au nord-est, Ain Ben Tili, au nord-ouest, Dhar Tichitt au sud-ouest et Lemreyya au sud», souligne le communiqué. En clair, c’est quasiment toute la frontière mauritano-algérienne qui est déclarée zone militaire et donc interdite aux civils de façon absolue.

Selon le ministère de la Défense, «tout individu circulant ou transitant dans cette partie du territoire national sera traité comme cible militaire».

Partant, le ministère de la Défense mauritanienne "demande à l’ensemble des Mauritaniens d’éviter de mettre leur vie en péril en accédant à cette zone."

Pour les autorités de la Défense, cette interdiction est justifiée par le fait qu’il est impossible pour l’armée de distinguer les paisibles citoyens des trafiquants de toutes sortes qui pullulent dans cette région.

Cette région est marque par des flux de trafics nombreux de contrebandiers (carburants, cigarettes, marchandises, etc.), de drogues, etc., et la proximité de cette zone avec le Mali où sévissent des groupes terroristes qui constituent une menace pour la région.

Cette interdiction intervient quelques jours après l’annonce du lancement du G5 Sahel, organisation censée lutter contre le terrorisme au niveau de la région et à laquelle s’est associée la Mauritanie, épargnée depuis 2011 par les attaques terroristes et qui avait préféré ne pas intervenir dans la lutte que mène la France et les pays d’Afrique de l’ouest et centrale contre les terroristes au Mali.

Pour rappel, en 2005, une attaque du GSPC algérien contre une unité de l'armée mauritanienne avait fait 15 morts, 2 disparus et 17 blessés des rangs de l'arme mauritanienne dans la localité de Lemgheity, située dans cette zone déclarée désormais militaire. Cette attaque avait précipité la chute du régime de l'ancien président Ould Taya.

Il faut aussi souligner que cette région fait l’objet de recherches d’or de la part d’orpailleurs mauritaniens. Tout dernièrement, une dizaine de Mauritaniens avaient d’ailleurs été capturés par l’armée algérienne qui les accusait de s’être introduits dans le territoire algérien, ce que réfutaient les Mauritaniens.

Autre conséquence de cette déclaration de zone militaire, avec interdiction absolue de circulation et de transit aux civils, aussi bien les Mauritaniens que des non Mauritaniens: elle va porter un coup d'arrêt aux échanges de toutes sortes et déplacements fréquents entre les populations de Tindouf et celles des régions nord-mauritaniennes.

Source : Le360 (Maroc)

 

Mali: un convoi de l’armée disparaît après une attaque près de Ménaka

Au Mali, l’armée reste sans nouvelle d’une partie d’un de ses convois. Il est tombé, ce dimanche, dans une embuscade à une soixantaine de kilomètres de Ménaka dans le nord-est du pays. Il y a eu ensuite un accrochage et depuis plusieurs véhiculent manquent toujours à l’appel.

« Nous faisons tout pour avoir des nouvelles précises de nos hommes qui sont pour le moment portés disparus », confie un officier de l'armée malienne. Et il évoque l'accrochage survenu ce dimanche, au sud de la localité de Ménaka dans le nord du Mali.

Tout a commencé par une embuscade tendue à un convoi de l'armée malienne par de présumés jihadistes. Une embuscade, suivie d'un accrochage. D’après nos informations, des coups de feu ont été tirés par les deux camps.

Après les faits, une partie du convoi de l'armée malienne est arrivée dans la ville de Ménaka avec quelques blessés visibles parmi les hommes en uniformes. Mais depuis, personne n’a eu de nouvelle des militaires du reste du convoi ainsi que de leurs quatre véhicules.

Se sont-ils repliés vers une autre position ? Pas de précision pour le moment. Sur l'axe qui mène de Ménaka vers la frontière avec le Niger voisin, plusieurs groupes d’hommes armés se réclament d'un certain « Walid ».

Source : RFI

 

Sahel: le changement climatique fait craindre des pluies diluviennes

Sahel: le changement climatique fait craindre des pluies diluviennesLes pluies diluviennes pourraient se multiplier "abruptement" au Sahel avec le dérèglement climatique et la modification du régime de la mousson africaine, selon une étude publiée mercredi.

Le réchauffement pourrait entraîner l'arrivée "soudaine" d'une saison des pluies très intense sur la région, une fois passée la barre des +2°C, voire même +1,5°C, indiquent ces recherches basées sur des simulations et publiées par la revue Earth System Dynamics.

"Bien que franchir ce point de bascule puisse être potentiellement bénéfique, le changement pourrait être si énorme que cela serait un défi d'adaptation majeur pour une région déjà instable", souligne dans un communiqué le Postdam Institute for climate impact research (PIK).

"L'ampleur du changement nécessite une attention urgente", prévient Anders Levermann, chercheur au PIK.

Le centre du Mali, le Niger, le Tchad pourraient recevoir autant d'eau que le nord du Cameroun ou le centre du Nigeria aujourd'hui, qui se caractérisent par un climat tropical.

Ce changement est lié au réchauffement des océans voisins, qui génère une évaporation, tandis que les vents de mousson venus de l'Atlantique se renforcent et se décalent vers le nord. La pluie, en tombant, relâche à son tour de la chaleur, transformant le processus en cercle vicieux.

Selon une autre étude parue en avril, la fréquence des tempêtes extrêmes a déjà plus que triplé ces 35 dernières années au Sahel du fait du réchauffement planétaire.

Les tempêtes sahéliennes sont "parmi les plus explosives de la planète", avaient alors souligné les chercheurs, insistant sur le risque d'inondations et d'impact sanitaire dans des villes souvent dépourvues d'infrastructures, mais aussi sur l'inefficacité pour l'agriculture de pluies qui érodent les sols.

Vaste bande de terre semi-aride collée au sud du Sahara, cette région fragile a déjà été mise à mal par 20 ans de sécheresse historique dans les années 1970-80.

Globalement, la planète se réchauffe à une vitesse inédite sous l'effet des gaz à effet de serre émis par l'Homme, avec parmi les conséquences à prévoir une recrudescence des catastrophes météorologiques dans le monde.

Les États ont adopté fin 2015 un accord visant à limiter le réchauffement à 2°C voire 1,5°C par rapport à la révolution industrielle, un objectif qui apparaît chaque année plus difficile à tenir.

Source : Le360 (Maroc)