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Environnement : La Mauritanie victime de l’exploitation abusive de ses forêts

Les autorités mauritaniennes constatent, dans une récente lettre circulaire, la « dégradation accélérée des forêts, engendrée par des coupes abusives d’arbres et une carbonisation illicites ». Ce qui sape, à leurs yeux, «  les efforts de reboisement et de restauration de milliers d’hectares de terres ». Et le ministère de l’Environnement et du Développement Durable (MEDD) de donner des chiffres : navrant résultat du déboisement de quelque 11.600 hectares de forêts, sans aucun effort de repeuplement compensatoire, environ 91 000 tonnes de charbon ont été transportées par  456 camions vers Nouakchott entre 2010 et 2019.

De surcroît, d’énormes quantités de charbon sont utilisées par la population en milieu rural – énergie de cuisson alimentaire… – au titre du droit d’usage mais ordinairement sans autorisation ni même concertation des services forestiers. Toujours selon les chiffres effarants du MEDD, plus de 2000 procès-verbaux ont été dressés au niveau national, entre 2010 et 2018, par les Délégations régionales du MEDD pour des infractions d’exploitation forestière frauduleuse. 19 758 tonnes de charbon ont été saisies et vendues aux enchères, surtout au Trarza, au Hodh El Gharbi et en Assaba.

La désertification et la dégradation de terres touchent environ 83 % du territoire mauritanien. Les zones forestières, terres boisées comprises, ne représentent guère plus, estime-t-on, de 9 % de la superficie du pays. Selon l’évaluation des ressources forestières (FAO 2019), les forêts mauritaniennes ne couvrent qu’environ 0,2% du territoire national. « Les défrichements non réglementés et l’exploitation forestière anarchique et illicite constituent les principales causes de la dégradation de ces zones. Cette situation nous exige de promouvoir, tous ensemble, une gestion intégrée et durable des ressources naturelles. Si « l’État a mis en place, depuis 1970, beaucoup de mesures politiques, réglementaires et institutionnelles pour lutter contre la désertification, la déforestation et le changement climatique », il reste beaucoup à faire pour éduquer la conscience citoyenne des impératifs environnementaux.

Sévir contre les coupeurs

Face à l’ampleur des dégâts, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation ainsi que celui de l’Environnement alarment leurs délégations et autorités régionales. Dans leur lettre circulaire conjointe en date du 4 Décembre 2019, ils leur enjoignent « d’entamer des actions de sensibilisation des populations sur l’importance de la préservation et la gestion durable des forêts ; […]  de prendre, sous le sceau de l’urgence, toutes les mesures nécessaires pour dissuader et réprimer sévèrement l’exploitation frauduleuse des ressources forestières du pays […] tous les produits forestiers délictueux ou les moyens d’exploitation ou le transport de produits délictueux seront saisis et confisqués au profit de l’État […] ».

Des mesures dissuasives à l’effet de décourager les promoteurs de ce business d’un autre genre ont été prises. Des amendes de 50.000 MRU sont infligées au transporteur coupable d’avoir transporté du charbon sans avoir exigé un permis de circulation de son propriétaire ; 50 000 MRU au propriétaire du charbon, si celui-ci a été exploité sans autorisation. […] En outre, le produit saisi et confisqué ne sera vendu qu’aux enchères », prévient la lettre circulaire, « par une commission composée de l’autorité administrative (préfet), du service chargé des forêts (DREDD), de la perception du Trésor et des services de sécurité territorialement compétents. Il est interdit de vendre, de par gré à gré à une tierce personne, le charbon saisi et confisqué à son propriétaire. Le prix minimum de vente du quintal métrique (100 kg) aux enchères ne sera pas inférieur à 300 MRU. Après la vente, « il est strictement interdit de faire circuler ce charbon par le même moyen de transport dans lequel il a été saisi ». Cet arsenal freinera-t-il le trafic et la coupe abusive des forêts ?

Source : lecalame.info (Mauritanie)

Synthèse THIAM Mamadou

 

 

Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque dans le Nord-Ouest

Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque dans le Nord-Ouest Un engin artisanal a explosé samedi au passage d'un véhicule de transport en commun, dans le nord-ouest du pays. Au moins 14 civils, dont les élèves d'un collège, ont été tués, selon des sources sécuritaires.

Au moins quatorze civils, dont des élèves, ont été tués, samedi 4 janvier, par l'explosion d'un engin artisanal au passage d'un bus dans le nord-ouest du Burkina Faso, selon des sources sécuritaires.

"Un véhicule de transport en commun a sauté sur un engin artisanal ce matin sur l'axe Toeni-Tougan (province du Sourou, frontalière du Mali), a indiqué une source sécuritaire. Le bilan provisoire est de 14 morts et quatre blessés graves qui ont été pris en charge."

"L'incident a eu lieu aux environs de 9 h et les missions de sécurisation et de secours ont été aussitôt déployées sur les lieux", a précisé cette même source.

Les attaques avec des engins artisanaux se multiplient

"Les victimes sont essentiellement des élèves (d'un collège) qui regagnaient leur localité d'études après avoir passé les fêtes de fin d'année en famille", a expliqué une autre source, confirmant le "bilan provisoire".

L'état-major général des armées burkinabè a par ailleurs fait cas, dans un communiqué, d'une attaque contre une unité de gendarmerie à Inata (nord) survenu "vendredi 3 janvier, vers 5 h du matin".

"Faisant preuve d'un sang-froid et d'une réactivité exemplaires, les éléments ont réussi à mettre en échec les assaillants. Le bilan fait état d'une dizaine de terroristes neutralisés", indique le document.

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est régulièrement confronté à des attaques jihadistes. Des attaques qui ont fait environ 750 morts et 560 000 déplacés depuis 2015.

Le Nord et l'Est sont particulièrement touchés. La capitale Ouagadougou a, elle, été frappée à trois reprises.

Les attaques avec des engins artisanaux, débutées en août 2018, se sont multipliées depuis.

Dans une adresse télévisée à la nation à l'occasion du Nouvel An, le président Roch Marc Christian Kaboré a assuré que la "victoire" sur le "terrorisme" était "certaine".

Avec AFP
Source : France24

 

Colonel Mohamed Lemin : Quelle strategie au Sahel?

Colonel Mohamed Lemin : Quelle strategie au Sahel?Adrar-Info - La dégradation de situation sécuritaire au sahel semble empirer comme le montrent les récentes attaques au Niger, au Burkina et l’enlèvement de treize mauritaniens a la frontière du Niger et du Burkina.

Une dégradation qui confirme les pronostics américains d’une situation sécuritaire dont les pays du G5S commencent à perdre le contrôle et qui préconise de l’effondrement précoce de certains pays. Le temps n’étant plus aux tergiversations, il s’avère désormais indispensable et urgent de réagir pour reprendre la situation en main.

Aux demandes répétées de l’admission de la FC-G5S au chapitre VII de la Charte des Nations unies et de l’octroi à la Minusma d’un mandat offensif, la réponse de l’ONU est on ne peut claire: “la lutte contre le terrorisme est un combat qui doit être portée par les armées nationales, elle ne rentre pas dans le cadre des missions de l’ONU. Les mandats déjà robustes des missions de maintien de la paix peuvent être adaptés mais ils sont indépendants de la lutte contre le terrorisme. J’insiste sur cela. Sinon, on fait de l’amalgame”, déclare la Guinéenne Bintou Keita, sous-secrétaire de l’ONU pour l’Afrique.

Il revient donc aux pays du Sahel de s’atteler et sans plus tarder à s’investir avec leurs propres moyens pour assurer leur sécurité. Toutes les mesures dilatoires utilisées jusqu’a ce jour n’ont fait que contribuer à l’accélération de la dégradation de la sécurité au Sahel.

Si les pays du G5 ne reconnaissent pas que la situation est hors de contrôle, ils admettent quand même sa gravité et son expansion à d’autre pays jusqu’à là épargnés.

Le déploiement de forces supplémentaires de la FC-G5S dans le ventre mou des pays du sahel (frontiers Burkina – Niger – mali) et une révision de la stratégie sont des actions qui peuvent se révéler salutaires dans la reprise en main de la situation.

Cette révision de la stratégie doit prendre en compte trois facteurs déterminants dans ce combat asymétrique, la présence indispensable de Barkhane, le déploiement prochain des forces spéciales européennes et le retrait probable des forces américaines du théâtre des opérations.

L’esquisse de la nouvelle stratégie doit se fonder essentiellement sur la mise en retrait de la force Barkhane et des forces spéciales européennes avec l’engagement en première ligne de la FC-G5S et des armées des pays du G5 avec un effort particulier sur la coordination des actions entre la FC-G5S, les forces des pays de Cedeao, la force Barkhane et les forces spéciales européennes d’une part, et d’autre part sur le renforcement de la coopération entre les différents services de sécurité et de renseignements, tout en axant l’effort sur la reconstruction des armées Burkinabé et malienne.

La FC-G5S doit privilégier la recherche du contact avec les groupes terroristes et se defaire de la tactique du cantonnement dans des positions statiques. Dans cette guerre, les facteurs de succès déterminants, sont la mobilité, la quête du renseignement sur le terrain, la souplesse dans l’action, une plus grande dispersion dans la recherche et un rapide regroupement au contact.

Les derniers tests même probants de la mise en œuvre de drones équipées d’armes n’apportent aucun changement majeur, mais constituent une capacité supplémentaire, permettant de traiter des objectifs ponctuels, dans une situation fugace.

En tout état de cause, il ne faut pas s’y tromper, l’élément déterminant dans cette guerre au terrorisme est l’homme et non le matériel. Les états du G5S doivent prouver que la FC-G5S est une réalité et non une idée.

Mohamed Lemin
Source : Adrar-Info (Mauritanie)

 

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général Lecointre

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général LecointreMaville - Le général Lecointre, chef d’état-major des armées françaises, estime que l’année 2020 sera cruciale en matière de sécurité au Sahel et qu’un échec de la stratégie retenue aura de graves conséquences.

En janvier, Emmanuel Macron réunira les chefs des 5 États du Sahel pour élaborer une position commune antiterroriste. L’avenir du Sahel se joue « dans l’année qui vient », a estimé le chef d’état-major français, le général François Lecointre, dans un entretien à France Info.

« C’est maintenant, dans l’année qui vient, que se joue l’avenir du Sahel », a-t-il prévenu lors d’un déplacement il y a quelques jours dans cette région. « C’est pour ça que nous nous engageons en avant-garde et que nous allons passer à la vitesse supérieure », a-t-il affirmé sans fournir de détails.

Peut-être faisait-il référence au projet français de faire déployer des forces spéciales européennes en soutien aux forces françaises pour épauler les armées nationales. Des armées bien à la peine depuis quelques mois et soumises à une très forte pression djihadiste. « Si nous loupons ce moment charnière, je suis assez pessimiste », a prévenu François Lecointre.

« Si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes »

Le chef d’état-major français a toutefois rejeté toute idée d’échec de la mission française Barkhane : « Ce qu’on demande à un soldat, c’est de permettre que le niveau de violences soit le plus bas possible, de façon à ce que des solutions politiques puissent être mises en œuvre sans que l’on ne sombre définitivement dans des situations de guerre civile », a-t-il relevé. « Nous évitons que le pire ne se produise et ça doit être porté à notre crédit ».

Mais si le travail de Barkhane « n’est pas complété par une action politique […] en partenariat entre les gouvernements des pays que nous venons aider et l’ensemble de la communauté internationale […], notre action ne servira à rien », a-t-il assuré.

Par ailleurs, « si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes, laisser la place à l’État islamique, ce qui provoquera une pression migratoire sur l’Europe, avec tous les risques populistes que cela entraînera », a-t-il averti, reprenant ainsi le discours tenu récemment par Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères.

Le sommet de Pau en janvier

Le sommet sur le Sahel voulu par Emmanuel Macron, annulé la semaine dernière après une attaque djihadiste contre une position de l’armée du Niger (71 morts et une trentaine de disparus), a été reprogrammé le 13 janvier.

Il aura lieu à Pau.

Ce sommet aura pour objectif « de réévaluer le cadre et les objectifs de l’engagement français au Sahel. Il permettra également de poser les bases d’un soutien international accru aux pays du Sahel », dit l’Élysée dans un communiqué diffusé lundi soir.

Les présidents des cinq pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) ont « confirmé leur accord et leur disponibilité pour cette date », a précisé l’Élysée. Devraient donc être présents les présidents du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, du Niger Mahamadou Issoufou et du Tchad, Idriss Déby ainsi que celui de Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, le président du Conseil européen, Charles Michel, le vice-président de la Commission européenne et Haut représentant pour les Affaires étrangères, Josep Borrel, ont également été conviés.

Philippe CHAPLEAU. Ouest-France
Source : Maville (France)

 

Niger: plus d'une centaine de morts dans l'attaque d’une garnison à Inates

Niger: plus d'une centaine de morts dans l'attaque d’une garnison à InatesRFI Afrique - Cette attaque est la plus meurtrière jamais enregistrée dans cette zone frontalière avec le Mali : au moins 70 militaires et 57 assaillants y ont perdu la vie, selon des sources militaires consultées par RFI.

Le poste militaire d’Inates a été attaqué mardi 10 décembre, dans la soirée, par plusieurs colonnes de véhicules, dont des blindés et des motos. Inates se situe à 250 km de Niamey et les assaillants sont des jihadistes en provenance du nord du Mali.

L’armée a été attaquée sur trois côtés et les combats ont été d’une rare violence. En témoigne la mort, les armes à la main, du chef de la garnison et de son adjoint, au milieu de leurs hommes.

L’arrivée de renforts militaires a permis de repousser les assaillants. Il n’y a pour l’instant aucun bilan officiel, mais des sources concordantes parlent de 70 soldats et de 57 terroristes tués.

Pas de revendication

C’est la seconde fois que ce poste est attaqué. En juillet dernier, 18 soldats nigériens avaient trouvé la mort dans un assaut mené par les hommes d'Abou Walid al-Sahraoui.

L’attaque de ce 10 décembre n’a elle pas encore été revendiquée, mais au Niger, les regards se tournent, vue l’ampleur des moyens utilisés, vers le groupe d’Iyad Ag Ghali, le consortium d’Aqmi, Ansar Dine et al-Mourabitoun. Celui-ci pourrait aussi avoir eu le renfort des combattants d'Abou Walid al-Sahraoui, au vu du nombre de motos utilisées.

Inates occupe une position stratégique pour l’armée nigérienne. Ce poste est situé à moins de 5 km de la frontière malienne et non loin de la réserve de faune d’Ansongo, qui abrite de nombreux terroristes du nord du Mali.

Cette localité se situe aussi non loin de deux bourgades maliennes qui servent de carrefour aux narcotrafiquants et aux terroristes, les villages d’Akabar et Tabankort. Et la présence militaire nigérienne gène ces trafiquants dans leurs acheminements vers la frontière algérienne.

Source : RFI Afrique

 

 

Mali: «inefficace» ou «indispensable», la présence de Barkhane fait débat

Mali: «inefficace» ou «indispensable», la présence de Barkhane fait débatRFI Afrique - Le président français a fait savoir ce jeudi 28 novembre qu'il allait réclamer à ses alliés une « plus grande implication » contre « le terrorisme » au Sahel. Mais au Mali, des voix s’élèvent contre la présence militaire française. Une fronde qui n'est pas partagée par tous les camps politiques et la société civile.

L’opposition modérée, comme le gouvernement, le martèle : la présence de la force Barkhane ne doit pas être remise en cause. Pour Moussa Mara, leader du parti d’opposition Yelema, la stabilité dépend de la présence militaire française.

« Ce n’est pas une question d’être dans l’opposition ou la majorité, c’est d’être conscient de la réalité de notre pays et donc du fait que nous avons absolument besoin de l’assistance internationale dans notre pays, et particulièrement de l’opération Barkhane », estime-t-il.

Son de cloche très différent sur l’aile gauche de l’opposition. Selon Oumar Mariko, président du parti SADI, la réponse doit être d’abord politique et unitaire. « Il faut aujourd’hui la réunion des forces politiques patriotiques pour remettre en cause le régime en place et son soutien qu’est la France… La question sécuritaire du Mali ne peut être résolue que par des dirigeants légitimes et légaux et non dans le sens des intérêts étrangers français. »

Pour Mahmoud Diko, l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali, la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical doit être menée par tous les moyens, à condition de trouver une porte de sortie. « Je pense que le Mali a encore besoin de l’aide, de l’accompagnement de tous ses partenaires… Une guerre sans fin n’existe pas, il faut trouver une solution pour en finir avec cette situation. »

Aujourd’hui, si un certain nombre de Maliens remettent en cause la pertinence de la force Barkhane, aucun dirigeant du pays n'a demandé son départ.

Source : RFI Afrique

 

 

Prisonniers de la guerre du Sahara : 44 ans d’oubli et de galère

« Nous n’avons bénéficié d’aucune attention, d’aucun geste de reconnaissance de l’Etat mauritanien pour les épreuves et sacrifices que nous avons endurés et consentis pour notre pays », écrivent les ex prisonniers.

Cela fait 44 ans que la guerre du Sahara occidental est dernière nous. Avec ses morts, ses larmes, ses veuves et orphelins. Mais aussi ses rescapés, prisonniers de guerre, qui se plaignent d’avoir été oubliés de l’armée et donc  de la  République. Ils ont combattu pour défendre l’intégrité du territoire lors de cette guerre  des sables. ‘’Mon mari est rentré d’Alger malade, après avoir subi une opération suite à des tortures dans une prison d’Alger. Il subira une deuxième opération à son retour au pays avant de succomber, me laissant, entre les bras, 11 enfants dont 4 handicapés, et une pension de 6000 UM’’, raconte au bord des larmes, N. Komé, épouse d’un ancien gendarme, prisonnier de guerre. Elle faisait partie d’un groupe  d’ex prisonniers de guerre, compagnons d’infortune de son défunt mari, venus, ce lundi matin, 25 novembre 2019, au Calame pour plaider leur cause. ‘’Voila 44 ans que nous courrons derrière l’état-major de l’armée et le ministère de la Défense pour réclamer, d’abord une reconnaissance de notre statut de prisonniers de guerre, ensuite pour obtenir les droits qu’il confère’’, raconte N’Dongo Amadou Ibra, président de cette association qui tente de se faire reconnaître par les autorités compétentes ; ‘’nous avons adressé une correspondance à ces autorités (N° 1215 en date du 22/8/2017) mais elle reste bloquée au niveau de la Défense’’, regrette M. N’Dongo.

Ces compagnons d’infortune se plaignent d’avoir été oubliés par l’Etat. « A notre retour, nous n’avons pas eu la récompense que nous méritons, pas de médailles d’honneur, pas de motivations ou de gratifications, pas d’augmentations de salaires, pas de prêts bancaires, pas de terrains à usage d’habitation,  même pas de réconfort moral…’’, tonnent les ex bagnards de Tindouf et d’Alger  qui racontent avoir  subi des travaux forcés et des tortures à Alger, à Tindouf et au Sahara. « Si ce n’étaient ces hommes, les combattants du Polisario auraient pris leur quartier à Rosso », affirme N. Kone.

Durant leur captivité, ces prisonniers de guerre, environ 700 personnes dont trois ont laissé leur vie en Algérie, sans que leur dépouille soient rapatriées, les familles percevaient une partie de leur traitement mensuel, très dérisoire, à l’époque. L’autre partie est gardée par l’armée en cas de retour  du prisonnier. Le soldat Diallo Abou, revenu sur un fauteuil roulant mendie aujourd’hui pour faire vivre sa famille ;  il a une pension de retraite de 3000 UM. ‘’Parce que nous n’avons pas bénéficié de revalorisation de nos salaires, nos enfants n’ont pas pu aller à l’école ; plus grave, certains comme le président de l’Association, M. Dongo  a été déporté au Sénégal pendant les évènements de 1989’’, déclare-t-il.

Aujourd’hui, les ex prisonniers de guerre s’interrogent sur ce qui ressemble à une politique de deux poids, deux mesures. ‘’Les pouvoirs publics ont remonté l’histoire pour rendre hommage aux combattants tombés lors de bataille d’Oum Tounsy contre les colons et qui date de près d’un siècle, alors que nous qui avons combattu en 75 -78, nous ne méritons pas la reconnaissance de l’Etat. Ce n’est pas juste’’, protestent nos visiteurs. Contrairement à d’autres militaires, les prisonniers de la guerre du Sahara tirent aujourd’hui le diable par la queue. Quelques uns ont pu décrocher des postes auprès de ce qu’on appelle des sociétés de gardiennage ou de sécurité, avec des traitements de misère, explique l’un des rescapés.

Les ex prisonniers de la guerre du Sahara ne réclament donc que justice dans leur correspondance adressée au gouvernement. Ils ont passé 5 ans dans les prisons  algériennes (Béchar, Blida, Boughar…) pour avoir défendu l’intégrité de leur territoire. Ils rêvent d’un Etat de droit, garant de la justice et de l’égalité depuis 1981. Certains trainent des handicaps pour le restant de  leur vie. Et au moment où ils quittaient le drapeau, presque tous leurs traitements oscillaient entre 3000 et 6000 Um. Une misère, même à l’époque!

Signalons que de nombreux soldats mauritaniens ont été faits prisonniers, lors des attaques  très meurtrières  d’Ain-Bintili (102) et  de la Guera. Les rescapés ont regagné leur pays à partir de 1981.

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

 

Mali : 13 soldats français tués dans l'accident de deux hélicoptères lors d'une opération contre des jihadistes

Mali : 13 soldats français tués dans l'accident de deux hélicoptères lors d'une opération contre des jihadistesFrance24 - Treize militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort lundi soir au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé mardi l'Élysée.

Treize militaires français ont été tués au Mali, lundi soir, dans l'accident de leurs deux hélicoptères alors qu'ils menaient une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé l'Élysée, mardi 26 novembre, dans un communiqué.

Ces soldats de l'opération Barkhane appartenaient à l'armée de Terre. Il s'agissait de six officiers, de six sous-officiers, et d'un caporal-chef, précise la présidence. Il s'agit de l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

Emmanuel Macron a salué "avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l'armée de terre [...] tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manoeuvre et d'assaut Cougar, selon des sources de la défense.

Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif.

Le dernier accident mortel d'hélicoptères dans l'armée remonte à février 2018, lorsque deux hélicoptères d'une école de l'armée de Terre s'étaient écrasés dans le Var, à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Tropez, après une collision en vol, faisant cinq morts.

Avec AFP et Reuters
Source : France24

 

 

L’ONU appelle la communauté internationale à soutenir le G5 Sahel

L’ONU appelle la communauté internationale à soutenir le G5 SahelBintou Keita, la sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, a demandé que les montants d’aide à la force antiterroriste soient « prévus et fixes ».

Alors que la force conjointe du G5 Sahel, qui regroupe cinq pays (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad), va bientôt fêter ses deux ans d’existence et que le climat sécuritaire s’est largement dégradé dans la zone, Bintou Keita, la sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, a présenté son dernier état des lieux, mercredi 20 novembre.

Un bilan exhaustif, recouvrant l’opérationnalité des missions, le budget et les relations entre la force du G5 Sahel et celles des Nations unies (la Minusma), de l’Union européenne et de la France (l’opération « Barkhane »). En appelant la communauté internationale à soutenir le Sahel et en insistant pour que les montants d’aide soient « prévus et fixes », la représentante du patron de l’ONU appuie la demande des pays concernés.

Bintou Keita a tout d’abord voulu exposer l’aggravation des « attaques terroristes » : 489 incidents ont été enregistrés cette année au Burkina, contre 151 l’an dernier ; au Niger, les incidents de ce type ont triplé, pour passer à 218 en 2019.

Et la violence s’étend désormais à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. « Le terrorisme est un problème partagé, un problème pour tous. Aucun pays ne peut y faire face seul », a déclaré Mme Keita devant le Conseil de sécurité.

Un nouveau commandant

Si la force du G5 Sahel a peiné à faire ses preuves lors des huit premières opérations militaires de l’année, elle a accueilli un nouveau commandant militaire en juillet, le général nigérien Oumarou Namata Gazama.

Celui-ci a accéléré le tempo : trois opérations ont été menées successivement entre septembre et novembre sur chacune des trois zones de frontières qui séparent les cinq pays – toujours avec la collaboration, indispensable, des hommes de « Barkhane ».

Les 5 000 soldats du G5 Sahel ont commencé à obéir à une meilleure organisation entre eux. A en croire Alpha Barry, le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso (qui assure la présidence tournante du G5 Sahel), la force est encore « en phase de montée en puissance » et souffre de difficultés structurelles récurrentes.

Par exemple, le matériel militaire lourd vient seulement d’être réceptionné et cette lenteur aurait donné l’avantage aux groupes terroristes, qui ont pu multiplier leurs opérations face à une force mal équipée et pas encore assez coordonnée.

Les Américains refusent toujours de modifier les financements et montages mis en place, au profit d’aides bilatérales avec chaque membre du G5 Sahel. Pourtant, Alpha Barry assure que des dispositifs de contrôle des dépenses et des achats auraient été mis en place grâce à un fonds fiduciaire ad hoc.

« Les bailleurs de fonds ont même été invités à y siéger », confie-t-il. Or les pays du G5 Sahel estiment que leur force conjointe est sous-financée et que si la communauté internationale désire la voir prendre son autonomie et exceller en matière de contre-terrorisme, elle aura besoin de plus de moyens.

Les promesses de la Cédéao

Bintou Keita l’a rappelé : « La plupart des pays du G5 consacrent déjà près de 20 % de leur budget national à la défense et à la sécurité. » Elle s’est félicitée des promesses faites par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) en septembre. L’organisation sous-régionale s’est engagée à mobiliser 1 milliard de dollars pour la lutte antiterroriste, juste avant de demander à la communauté internationale un plus grand soutien.

Pour assurer sa mission de développement, l’autre pilier pour endiguer le terrorisme, le G5 Sahel aurait besoin de plus de fonds. « Que leur faut-il pour bouger ? », se plaint à New York le représentant de la Guinée équatoriale à l’ONU : « Qu’un califat se mette en place ? » La France a annoncé mercredi une contribution de 522 millions d’euros pour le programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel pour les années 2019 et 2020.

Carrie Nooten (New York, Nations unies, correspondante)
Source : Le Monde Afrique (France)