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Crise des migrants: le silence assourdissant des responsables africains

Crise des migrants: le silence assourdissant des responsables africainsIl n’y a pas eu de réactions de responsables politiques africains à la triste odyssée des quelque 600 migrants, dont de nombreux Africains, pris en charge par l’Aquarius cette semaine et qui ont débarqué ce dimanche matin dans le port de Valence sur la côté méditerranéenne de l'Espagne.

Et ce, alors que cette triste épopée provoquait une tension politique en Europe. Pas un homme politique africain n'a réagi se désole Ali Bensaad, un des meilleurs connaisseurs des migrations dans les régions du Maghreb et du Sahel.

Ce silence d'un continent est assourdissant et n'est pas nouveau, nous explique le chercheur Ali Bensaad, un des meilleurs connaisseurs des migrations dans les régions du Maghreb et du Sahel. Et il illustre le mépris des gouvernants pour les populations, leurs populations...

« Lorsque Kadhafi réprimait très sévèrement les populations africaines, aucun dirigeant n’avait protesté. Ils étaient tous des clients bien rémunérés du dirigeant libyen. Ils avaient tous la langue - si je peux dire -, liée. Et si je peux dire, ce même silence qui se perpétue c’est en fait cette incapacité, finalement, à prendre en charge et à défendre leurs citoyens.

Cette immigration est d’abord la manifestation de l’incurie de ces dirigeants qui n’arrivent pas à retenir leurs jeunes. Et ce n’est pas seulement vrai de l’Afrique noire. C’est aussi vrai de tout le Maghreb. Et les chefs d’Etat africains ne peuvent pas se disculper de la responsabilité de la gestion de leur pays. C’est d’abord la vie des Africains qui n’a aucun prix par rapport à leurs dirigeants.

Regardez comment on en tue dans les affrontements ! C’est quasiment le quotidien !

Et il y en a qui meurent en bateau, mais il y en a qui meurent dans des bateaux pour traverser les fleuves à l’intérieur même de l’Afrique, par centaines. On tire sur les manifestants, etc.

Donc, la vie n’a pas de prix pour les dirigeants africains, effectivement, déjà en Afrique même et donc elle en a encore moins à l’extérieur. Et la façon dont tous ces dirigeants s’accrochent au pouvoir, aussi mourants soient-t-ils – nous avons l’exemple de l’Algérien Bouteflika –, montre le profond mépris.

A cette échelle-là on peut l’élargir dans cette façon de voir tout le reste du peuple. Un pays est vu comme un patrimoine, comme une propriété. Et donc, les gens qui vivent ou meurent, ça [passe] par pertes et profits ».


Source : RFI

 

 

Au Mozambique ensanglanté par des islamistes, la fin du ramadan a un goût amer

Le stade de football de Pemba, dans le nord du Mozambique, s'est transformé en mosquée pour l'occasion de l'Aïd. La pelouse grillée est noire de monde, mais le temps n'est pas à la fête pour la fin du ramadan dans cette région ensanglantée par des attaques attribuées à des islamistes.

« Comment est-ce possible que des musulmans tuent d’autres musulmans en période de jeûne ? », s’interroge incrédule le cheikh Faruk Juma de Pemba.

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« Ce n’est pas l’islam. On ne peut confondre l’action de certaines personnes avec l’islam », prévient-il, en dénonçant des amalgames entre les assaillants et la communauté musulmane.

Depuis fin mai, la province du Cabo Delgado, dont Pemba est la capitale, est plongée dans la terreur.

Une trentaine de civils vivant dans des villages reculés ont été tués en pleine nuit, certains décapités, et des centaines de maisons ont été pillées et brûlées dans la province. Des raids attribués à un groupe islamiste baptisé « shabab » qui a émergé en octobre dans cette région riche en ressources gazières.

« Nous appelons tous ceux qui professent cette religion de ne pas adhérer à ces événements », implore le délégué provincial du Conseil musulman de la province, Nzé Assuate.

« Ne rejoignez pas » ce mouvement, insiste-t-il. « Les musulmans doivent être pacifiques. L’islam est une religion prônant la paix. »

Sur la pelouse du stade de Pemba couverte de nattes colorées, des milliers de fidèles – des hommes, la plupart en tunique blanche avec un couvre-chef assorti – sont alignés face à La Mecque, et à un but sans filet.

‘Le temps du pardon’

Dans la foule, l’incrédulité l’emporte face aux opérations meurtrières non revendiquées.

« Dans la province, pratiquement tout le monde est musulman, en particulier ici dans les villages de la côte où ces choses ont eu lieu », explique Abdul Assane pudiquement.

« Si ces assaillants sont en colère contre d’autres, comment peuvent-ils en arriver à tuer leurs propres frères ? Ce n’est pas l’islam ! », s’indigne-t-il.

Aissa Rachide ne peut pas non plus cacher sa colère et son incompréhension. « Cette période de ramadan, c’est le temps du pardon. Chaque musulman se doit de faire plaisir à Dieu. Celui qui tue un frère à cette période ne connaît pas la doctrine de l’islam. »

Le gouverneur de la province, qui n’est pas de confession musulmane, saisit l’occasion de l’Aïd pour tenter de rassurer une communauté qui représente 17% de la population mozambicaine et se sent soudain stigmatisée.

« Restez calmes ! L’ennemi essaie de semer la confusion, mais nous sommes très clairs quant à l’intégrité de l’homme musulman », assure Júlio Parruque en prenant le micro face aux fidèles.

« Ce groupe n’appartient à aucune congrégation religieuse. Sa motivation première est de créer du désordre en se rendant coupable de crimes de haine », poursuit-il.

« Les assaillants utilisent le prétexte de la religion pour instrumentaliser les frères, les soeurs, les pères et les enfants, sans raison logique apparente, en prenant cruellement des vies, en détruisant des propriétés, et pillant les biens de notre population laborieuse », ajoute-t-il.

Ils visent à « contrer les efforts du président Filipe (Nyusi) pour une paix durable dans notre pays », prévient-il, alors que le Mozambique se relève péniblement d’une guerre civile meurtrière de 1976 à 1992.

Et le gouverneur d’appeler, devant la foule, à la collaboration de tous, via « la surveillance et la dénonciation », pour venir à bout des assaillants.

Source : jeuneafrique.com

 

Mauritanie : Quelques hauteurs de pluie sur 4 régions

Mauritanie : Quelques hauteurs de pluie sur 4 régionsAu cours des dernières 24 heures quelques hauteurs de pluies ont été enregistrées sur des localités de l’intérieur du pays, dans quatre wilayas, le Hodh El Gharbi, l’Assaba, le Brakna et le Guidimakha.

Ces hauteurs de pluie relevées par le réseau administratif de commandement du ministère de l’intérieur et de la décentralisation sont les suivantes :

Hodh El Gharbi

Lehreïjatt 8 mm
Ain Varba 2 mm
Touil 1 mm
Medbougou 2 mm
Voulaniya 2 mm
Assaba
Blajmil 10 mm
Kankossa 5 mm
Legleybiya 20 mm
Hamoud 3,5 mm
Guerou 4 mm

Gorgol

Kaédi 8 mm
Tifondé Civé 2 mm
Maghama 2 mm
M’Bout 7,5 mm
Tarekna 15 mm
Dolol 8 mm
Sanj 11 mm
Ouadji Boussabé 10 mm
Kob Jafar 15 mm
Niabina Gandéga 8 mm

Brakna

M’Bagne 1,5 mm

Guidimakha

Yabouli 3 mm
Wompou 23 mm
Arr 5 mm
Lemkhaila 5 mm
Sandiri 12 mm

Takoutala 10 mm
J’Reyba 9 mm
Kory 17 mm
Bordji 3 mm
Diaguili 6 mm
Hasi Chagar 10 mm
Dafor 20 mm
Laraj 2 mm
Oulyengé 5 mm

Source : Sahara Medias (Mauritanie)

 

Mauritanie: des migrants sénégalais renvoyés dans leur pays

Mauritanie: interception d'une barque de migrants faisant cap vers les CanariesEn Mauritanie, le gouvernement a ordonné l’expulsion de 53 migrants sénégalais arrêtés ces derniers jours à Nouadhibou alors qu’ils tentaient de gagner l’archipel des Canaries, en Espagne en pirogue.

Les migrants avaient quitté la ville sénégalaise de Thiès, lundi 28 mai dernier, à bord d’une embarcation de fortune pour les îles Canaries avant de tomber en panne non loin des côtes mauritaniennes de Nouadhibou. Le capitaine a pris la fuite et les passagers ont été récupérés par la marine mauritanienne avant leur transfert à Nouadhibou d’où ils ont été acheminés vers Nouakchott.

C’est là que la mesure d’expulsion a été exécutée. Un premier contingent vient de quitter le pays selon le président de l’association des ressortissants sénégalais en Mauritanie. « Lundi, un premier groupe de 21 migrants est parti pour le Sénégal, explique à RFI Assane Gueye. Les autres suivront bientôt. J’ai pu leur rendre visite, j’ai vu leurs conditions d’accueil. Elles sont acceptables ».

Assane Gueye est le seul contact direct avec ses compatriotes. Il s’est dit étonné de voir le nombre élevé de Sénégalais à bord d’une seule embarcation. « Avant, vous trouviez à bord d’une pirogue diverses nationalités, gambienne, guinéenne et malienne. Mais cette fois, il y avait 53 Sénégalais, vraiment je suis étonné ».
Les 32 autres Sénégalais du centre de rétention de Nouakchott seront rapatriés dans les prochains jours suivant la signature des arrêts d'expulsion les concernant.

Source : RFI

 

 

Sécurité : Alger et Rabat ne communiquent plus

Alors que la coopération est indispensable en matière de sécurité, il semblerait que le dialogue entre les services de renseignements algériens et marocains soit rompu.

« L’échange d’informations ? Nous y sommes prêts, dès demain. Encore faut-il qu’il soit réciproque. » C’est par cette litote que les responsables sécuritaires marocains répondent quand on les interroge sur l’absence totale de coopération avec l’Algérie dans le domaine de l’antiterrorisme. Une situation qui confine parfois à l’absurde.

Début décembre 2007, Abdellatif Hammouchi, patron de la DGST, fait parvenir au général Mediène, chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) algérien, une information sensible : deux véhicules 44 en provenance du Mali, avec à leur bord des individus fichés comme jihadistes, font route vers le nord. Hammouchi transmet à son correspondant les numéros des plaques minéralogiques et l’identité présumée des passagers. Réponse : « Merci, ne vous inquiétez pas, on a l’habitude. » Quelques jours plus tard, deux véhicules piégés explosent à Alger, faisant une cinquantaine de victimes. Depuis, les canaux de communication directe entre les deux voisins se sont bouchés un à un.

Des éléments incontrôlés du Polisario

Rabat s’en préoccupe d’autant plus que le phénomène de porosité entre une fraction de la jeunesse sahraouie des camps de Tindouf, en Algérie, et les réseaux jihadistes sahéliens est désormais une évidence. Certes, des éléments incontrôlés du Polisario ont été repérés depuis 2005 au sein de cellules islamistes armées, en Mauritanie tout d’abord, en Libye à partir de 2011 et surtout au Mali et au Niger.

Le plus connu d’entre eux est l’émir autoproclamé de l’« État islamique dans le Grand Sahara », franchise régionale de Daesh, Abou Walid al-Sahraoui, de son vrai nom Lahbib Ould Abdi Ould Saïd Ould El Béchir. À son actif : le raid sanglant sur Arlit en 2013, l’embuscade qui a causé la mort de quatre militaires américains à Tongo Tongo en octobre 2017 et sa récidive trois mois plus tard.

Apparition de cellules jihadistes et séparatistes

La nouveauté réside dans l’apparition de cellules mixtes, à la fois jihadistes et séparatistes, à l’intérieur même du Maroc et plus particulièrement dans ses provinces sahariennes. Leurs appellations – « combattants du califat au Maghreb, wilaya de Laayoune », « Front du jihad sahraoui », « Les nouveaux mourabitoune »… – sont significatives d’une volonté d’ancrage local.

L’arrestation il y a trois mois, à Laayoune, de l’un de leurs leaders, Ahmed Salek Tobali, natif de Tindouf, a permis d’en savoir plus sur leur genèse. Un imam de la tribu des Reguibat Souaad officiant dans une mosquée improvisée du camp dit de Boujdour, non loin de Tindouf, jouerait ainsi un rôle clé dans l’endoctrinement et l’envoi au front d’apprentis terroristes. Pour les services marocains, cet imam est désormais une cible.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Les acteurs publics se penchent sur le processus de révision du contenu de la SNPE …

"La réponse aux violences faites aux enfants nécessite des efforts concertés et l’implication effective de tous. Compte tenu de son impact sur les enfants, leurs familles, les communautés et les Etats, la réponse à la violence contre les enfants est une priorité mondiale», a soutenu le représentant résident de l’UNICEF en Mauritanie. Hervé Péries  s’exprimait à l’ouverture, ce mardi 22 mai, à Nouakchott, d’un atelier  technique de lancement du processus d’actualisation de la Stratégie Nationale de Protection de l’Enfance avec les acteurs publics, organisé conjointement par le MASEF et Save the Children.

En Mauritanie, selon l'Enquête par grappes à indicateurs multiples, MICS 2015, la violence contre les enfants se manifeste sous plusieurs formes. A titre d’exemple : 8 enfants âgés de 1-14 ans sur 10 ont subi une agression de type psychologique ou un châtiment corporel.
Quatre enfants âgés de 5-17 ans sur 10 sont impliqués dans le travail des enfants. Quatre femmes âgées de 20-49 ans sur 10 ont été mariées avant l’âge de 18 ans. « Les objectifs de Développement Durable incluent des cibles claires pour mettre fin à ce phénomène d’ici 2030», selon le représentant de l’UNICEF qui se dit ravi de « voir que les différentes institutions gouvernementales soient engagées à travailler ensemble en vue d’apporter une réponse durable à ce phénomène. » Pour lui, les actions menées à ce jour, en collaboration avec tous les acteurs clés impliqués dans la mise en œuvre de la Stratégie Nationale pour la protection de l’enfant en cours d’actualisation, ont abouti à des résultats encourageants.

La plupart des régions du pays ont mis en place des systèmes de protection de l’enfant. En 2017, plus de 4.000 enfants vulnérables, à risque ou victimes de violence, abus et exploitation ont été pris en charge. Cependant, les chiffres cités plus haut montrent que beaucoup reste à faire, a prévenu  Hervé Péries. La mise en œuvre de la stratégie actualisée va aussi nécessiter, rappelle-t-il, une allocation de ressources financières suffisantes et le renforcement du nombre de travailleurs sociaux, notamment au niveau du MASEF. « L’UE se veut un donateur soucieux et concerné par la protection de l’enfance », a indiqué Hans-Christian

Beaumond,chef de coopération de la Délégation de l’Union Européenne à Nouakchott.
Ainsi, explique-t-il, l’UE cherche à promouvoir et à protéger de façon identique les droits de tous les enfants(…) C’est la raison pour laquelle l’UE opte pour une approche fondée sur le renforcement des systèmes de protection de l’enfance. L’atelier s’inscrit pour l’UE dans le cadre du projet AFIA, avec un budget de 3 millions d’Euros, financé par le Fonds fiduciaire d’Urgence Sahel (FFU).

Le projet AFIA, mis en œuvre par Save the Children avec le MASEF, est  axé particulièrement sur le renforcement des institutions, de la législation et de la protection de l’enfance. L’actualisation de la SNPE doit être, de l’avis de  Beaumond, coordonnée  avec le processus d’actualisation de la Stratégie Nationale de Gestion de la Migration.
Il ressort des indicateurs de la protection  en Mauritanie  que « la violence contre la prévalence des enfants, y compris les pratiques néfastes, reste pratiquement très élevée dans le pays. Sans une stratégie claire, le pays risque de ne pas atteindre les ODD ».

L’objectif de cette rencontre qui entre dans le cadre de la révision de la Stratégie Nationale de la Protection de l’Enfance (SNPE), est,bavance Save the Children/UE de lancer le processus de révision du contenu de la SNPE et de réfléchir sur le fonctionnement du système national de protection de l’enfant ainsi que sur le mandat et le rôle de chaque acteur dans le système.
Cette phase participative de révision de la SNPE fait suite à un premier diagnostic du système national de protection de l’enfant fait par le MASEF avec l’appui des Partenaires Techniques et Financiers de la protection de l’enfant en Mauritanie.

La révision de la SNPE a lieu, poursuit-on, dans le cadre du Projet AFIA, financé par l’Union Européenne (UE) et mise en œuvre par Save the Children en Mauritanie.
Ce processus impliquera, font remarquer Save the Children en Mauritanie, chaque porteur de responsabilités dans la protection de l’enfant et doit aboutir à l’actualisation de la SNPE basée sur les leçons tirées du fonctionnement du système ainsi que les défis actuels de protection de l’enfant en Mauritanie.

Source : lecalame.info

 

Burkina : trois jihadistes présumés et un gendarme tués dans une opération à Ouagadougou

Burkina : trois jihadistes présumés et un gendarme tués dans une opération à Ouagadougou Les forces spéciales de la gendarmerie nationale sont intervenues cette nuit contre des jihadistes présumés retranchés dans une villa en périphérie de Ouagadougou.

Le bilan provisoire de cette opération antiterroriste est de trois individus et un gendarme tués. Leur cache, une villa de Karpala, un quartier périphérique au sud-est de Ouaga, avait été localisée par les services de renseignement burkinabè. Dans la nuit du 21 au 22 mai, l’unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN) a donc mené une opération pour tenter d’arrêter ces jihadistes présumés.

À leur arrivée vers 3h du matin, les gendarmes ont rapidement été visés par des tirs, qui ont duré une partie de la nuit.

Cellules dormantes

Mardi matin, l’opération était terminée et le secteur bouclé par les forces de sécurité. Selon des sources concordantes, le bilan provisoire est de trois individus et un membre de l’USIGN tués. Un autre occupant de la villa a par ailleurs été arrêté. « Il va être interrogé dès que possible », explique une source sécuritaire burkinabè. Du matériel et des armes ont également été saisis sur place.

Les enquêteurs n’excluent pas que ce groupe de Karpala soit lié aux deux commandos jihadistes qui ont attaqué l’état-major et l’ambassade de France le 2 mars. « Cette opération confirme aussi qu’il y a des cellules dormantes à Ouaga. C’est préoccupant », s’inquiète une source gouvernementale.

Un temps présent au Burkina, Ayouri al-Battar, combattant malien d’Al-Mourabitoune et coordonnateur des attentats du 2 mars, n’a jamais été arrêté.

Source : Jeune Afrique

 

 

Terrorisme au Sahel: le temps est-il venu de négocier avec les djihadistes?

Terrorisme au Sahel: le temps est-il venu de négocier avec les djihadistes? Au cœur du Sahel plongé dans la violence, des voix s’élèvent pour suggérer le dialogue avec les mouvements terroristes.

Des acteurs politiques maliens estiment que la voie de la négociation pourrait changer la donne et arrêter les dégâts. Est-il possible de négocier avec le diable? Géopolis a posé la question à Ahmedou Ould Abdallah, ancien diplomate mauritanien et fin connaisseur de la région.

L’opposant malien Tiebilé Dramé est parmi ceux qui ont osé briser le tabou en défendant le principe d’une solution négociée. Depuis 2016, l’ancien chef de la diplomatie malienne invite ses compatriotes à ouvrir les yeux sur une évidence: la stratégie du tout militaire a montré ses limites.

«L’armée malienne s’est effondrée. Elle a besoin de répit pour se reconstruire. Face au harcèlement, il faut trouver une porte de sortie, y compris en prenant langue avec l’ennemi», explique-t-il au journal Le Monde.

Comme lui, l’ancien diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah constate que le Sahel fait face à un ennemi invisible et cruel. Un ennemi qui se radicalise et un adversaire toujours déterminé. Mais il reste très sceptique quant à l’éventualité de négociations avec les djihadistes. Le problème, dit-il, est de savoir «avec qui négocier, comment, quand, où et avec quel ordre du jour». Puis il rappelle que le cas du Mali est extrêmement complexe.

«Le cas du Mali est plus compliqué que dans les autres pays de la région. Il y a d’un côté une revendication identitaire dans les régions du nord à dominante touarègue, et de l’autre, des groupes djihadistes. L’aspect irrédentiste devient difficile à gérer dans le nord quand on y ajoute l’aspect religieux dans une région où se sont installés des groupes djihadistes venus d’ailleurs.»

Ahmedou Ould Abdallah note par ailleurs que le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, a déjà déclaré son opposition à une quelconque négociation avec ceux qui ont choisi de verser le sang de ses compatriotes.

«C’est très difficile pour le président malien de dire qu’il va négocier officiellement. Parce que ses soldats se battent. Dès que vous négociez, les militaires qui se battent se sentent démoralisés. Pour eux, c’est une façon de leur planter un couteau dans le dos. Ceux qui parlent de négociations au Mali sont souvent considérés comme des traîtres ou des faiblards», analyse-t-il.

Dans ses mémoires, Plutôt mourir que faillir, publiées aux éditions Descartes et Compagnies, Ahmedou Ould Abdallah consacre un chapitre à ce dossier complexe de la crise du Sahel. Pour lui, l’enjeu du problème dépasse largement le cadre du Mali. Il estime que si négociations il y a, il faudra que tous les pays du G5-Sahel y prennent part. Parce qu’il faut un consensus de tous les Etats, à savoir le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Et probablement celui d’autres pays voisins.

«Ce qui complique la donne dans le Sahel, c’est qu’aucune partie n’a encore senti et exprimé le besoin de négocier. Je pense que les pays les plus exposés à la menace, le Burkina, le Mali et le Niger, comme les autres pays du bassin du lac Tchad, ne sont pas prêts à s’engager dans un tel processus. Pour le moment, je vois difficilement l’amorce d’une négociation. Les conditions ne semblent pas du tout remplies ni sur le plan politique, ni sur le plan militaire», explique-t-il à Géopolis.

Ahmedou Ould Abdallah observe que le même problème se pose dans le camp des groupes djihadistes qui ne disposent d’aucune coordination pour piloter un tel processus.

«Pour les djihadistes aussi, négocier n’est pas facile. Il faut qu’il y ait un accord entre les différents groupes. Il faut des garanties pour les rassurer qu’ils ne seront pas trahis. Et cela doit se conclure dans les phases préliminaires. C’est pour cela que je suis très sceptique.»

Il pense que le statut quo pourrait donc durer encore longtemps dans le Sahel, au profit de ceux qui en tirent des bénéfices dans l’ombre. C’est pour cela que je parle «d’un marathon dans le désert. Il faut voir celui qui tiendra le plus longtemps», conclut Ahmed Ould Abdallah.

Par Martin Mateso
Source : francetvinfo

 

 

Un soldat mauritanien tué en Centrafrique

Centrafrique - L'identité (photo) du soldat mauritanien de la Minusca tué par des miliciens Un soldat mauritanien (photo) a été tué et huit autres blessés, dont trois grièvement, dans une attaque menée, ce jeudi en Centrafrique, par les milices chrétiennes, les Anti-balaka au village d’Alindao. Quarante assaillants sont également morts.

L’attaque a ciblé une patrouille du bataillon mauritanien qui escortait un convoi des Nations unies au niveau du village d’Alindao, a précisé un communiqué de l’état-major des Armées mauritaniennes.

Il s’agit de la troisième perte dans les rangs des forces mauritaniennes engagées, depuis mai 2016, au sein de la MINUSCA, la Mission Multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique.

La Mauritanie compte quelques 750 hommes en Centrafrique. Il s’agit de la première participation du pays dans une force de maintien de la paix des Nations unies. Les soldats mauritaniens sont déployés à Ouaka et à Basse-Kotto dans le centre du pays.

Source : Alakhbar (Mauritanie)