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Mauritanie: un avenir en pointillés pour l'Imprimerie Nationale

Créée en 1969, et riche d’une histoire marquée par d’énormes services rendus à l’Etat et à toute la société mauritanienne, pour avoir imprimé les quotidiens gouvernementaux, et permis l’émergence d’une presse privée au début des années 1990, l’avenir de l'Imprimerie Nationale de Mauritanie s'écrit désormais en pointillés.

L’établissement n’imprime plus les quotidiens nationaux «Chaab» et «Horizons» et les quelques rares organes privés qui continuent à paraître. Ces journaux ont désormais recours à des imprimeurs privés, du fait d’une grève illimitée des employés de l’établissement, privés de leur salaire depuis plusieurs mois.

Interrogé hier, jeudi, dans l'après-midi, à l’occasion du point de presse consacré aux commentaires des résultats la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres, Sidi Mohamed ould Maham, porte-parole du gouvernement, n’a pas écarté l’hypothèse de l'éventuelle liquidation de ce qui est, de fait, un véritable patrimoine national.

«L’Imprimerie Nationale exploite un matériel désuet, datant des années 1960, donc du siècle dernier. De nos jours, une nouvelle politique dans le domaine de l’édition devient nécessaire. Celle-ci exige une mise à niveau de l’établissement pour qu’il soit doté des mécanismes et moyens à même de permettre un fonctionnement normal avec des garanties de rentabilité. Dans le cas de figure où le gouvernement choisirait l’option de la privatisation, naturellement l’Etat se retirera, mais les droits acquis et légaux des travailleurs seront intégralement payés», a souligné Ould Maham.

Le porte- parole gouvernemental a conclu son propos en affirmant que pour «le moment, aucune option claire n’a encore été dégagée quant à savoir si l’établissement va continuer à exister ou non». Mais cette sortie n'a fait que renforcer la sourde inquiétude des «défenseurs» de cet établissement national, dont l'avenir paraît décidément bien incertain.

Source : Le360 Afrique

 

 

La SNIM a mauvaise mine

La SNIM a mauvaise mineUn sale temps souffle sur le fleuron de notre industrie minière, la Snim, qui selon des sources internes à l’entreprise, aurait été amendé par l’un de ses clients étrangers à la suite dit-on d’une livraison de produits dont la teneur en fer serait jugée non conforme aux spécifications convenues.

Cette nouvelle tombe mal, au moment où notre géant minier plombé par la mauvaise conjoncture se trouve confronté à de nombreux défis dont on peut citer entre autres la pression des coûts de base dus à une diminution de la qualité et une augmentation des coûts d’investissement et l’optimisation des mines existantes.

On le savait déjà. Depuis 2015, la snim a mauvaise mine et essuie le plus discrètement possible les plâtres d’une conjoncture beaucoup moins resplendissante qu’elle paraissait dans les projections financières de ses dirigeants lors du lancement du projet guelb2 et du fameux programme baptisé Nouhoud.

En effet, faute d’avoir été en mesure de tenir les calendriers des travaux de construction du guelb2, ni d’ailleurs de définir les orientations stratégiques propices à la gestion durable de la ressource minière qui devait profiter à l’entreprise avant un retournement de conjoncture, la snim se trouve actuellement engluée dans d’inextricables problèmes d’endettement.

Selon certaines indiscrétions, la production annuelle du projet guelb 2 plafonne à présent à 2 millions de tonnes par an, au lieu des 4 millions de tonnes initialement projetées et avec un coût de production du reste élevé 39 dollars la tonne et des prix à l’export relativement bas, l’entreprise est dans une mauvaise posture financière et si la crise du fer perdurait, la survie du projet serait dangereusement compromise. Conçu pour être financé à hauteur de 400 millions.

Le projet Guelb 2 a été exécuté à plus de 115% de son coût initial soit 930 millions de dollars et avec plus de 2 ans de retard par rapport au calendrier initial. Or, il est admis que lorsque les délais de réalisation ne sont pas respectés, les coûts d’investissement augmentent inévitablement et comme le cours du fer a plongé, alors la société s’est retrouvée avec un retour minoré sur investissement.

Le constat est donc sans appel: les projets de la snim ont été exécutés tardivement et la déprime du marche minier depuis 2015 fait que l’entreprise peine toujours à résorber ses pertes abyssales. En donnant son aval à l’équipe aux manettes de financer le projet guelb2, jamais le conseil d’administration de la snim n’aurait pu prévoir un tel scénario. Au bout du compte, l’entreprise est encore loin, des retombées économiques de ce grand projet inauguré en grande pompe et qui sent encore les parfums enivrants de l’autosatisfaction et du triomphalisme de son ex ADG.

En débarquant à la SNIM, l’ADG sortant, Monsieur Ahmed salem Bechir a trouvé que la Société affichait une structure de coût ne lui permettant plus de générer des profits durant les années à venir et sa production tournait au ralenti. Il s’est employé rapidement à la sanctuariser, en commençant d’abord par renégocier sa dette avec sa banque conseil, Lazard frères, après que l’assureur français à l’export, Coface, ait décidé de ne plus couvrir ses nouveaux contrats, suite au transfert de cette dernière de ses comptes ouverts dans les banques étrangères vers la Banque Centrale (BCM).

Ensuite, il s’est attelé a raboter les coûts et booster la production pour résorber les pertes accumulées au cours des exercices antérieurs. Globalement, on peut dire sans exagérer que n’eut été la déprime du marché, l’entreprise serait actuellement sur de bons rails.

Déjà en 2017, l’on se souvient aussi, que les délégués du personnel qui menaçaient de procéder à un débrayage si leur plate-forme de revendication n’est pas satisfaite ont dit se rétracter quand ils se sont rendus à l’évidence que l’entreprise n’a pas affiché de bénéfice à la clôture de l’exercice. Aussi, les analystes estiment que l’année 2018 serait marquée par une performance mitigée pour l’industrie minière mauritanienne, avec le prix des matières premières en vrac qui a continué de grimper, après avoir connu des cours bas en 2016 et 2017, alors que la diminution des coûts et les difficultés liées à la production ont provoqué un affaiblissement des résultats opérationnels.

Le problème, c’est que quand la Snim est malade, les finances publiques de l’État souffrent aussi. Certes, l’entreprise peine depuis mai dernier a payé ses redevances fiscales à l’Etat. D’ailleurs, les autorités publiques tendent à faire amende honorable tant au niveau des recettes fiscales que des dividendes en exemptant la snim du paiement des redevances fiscales au cours de l’exercice 2019, tandis que son personnel ne sait plus à quel saint se vouer.

Une chose est sûre, la SNIM paie aujourd’hui chère ses erreurs de gestion et sa frénésie dépensière au cours des années fastes 2009- 2014.

Fall Mohamed

Source : Rimeco (Mauritanie)

 

 

Les orpailleurs admis dans les zones militaires : les conditions qu’il faut remplir

Les orpailleurs admis dans les zones militaires : les conditions qu’il faut remplirLes autorités mauritaniennes viennent d’autoriser l’accès des orpailleurs nationaux aux zones militaires, sous certaines conditions, onze au total.

Les orpailleurs qui rempliraient les 11 conditions pourront donc opérer dans les zones militaires, particulièrement la zone de « Gleïb N’dour », située à près de 700 kilomètres au nord est de la ville de Zouerate.

Dans un entretien téléphonique avec le correspondant de Sahara Medias, le directeur des mines Mohamed Lemine O. El Moustapha a dit que l’autorisation d’opérer dans la zone déterminée ne demande pour le moment qu’un document qui atteste que l’intéressé s’adonnait à l’activité d’orpailleur qui va lui permettre de disposer d’une autorisation moyennant le paiement d’un montant de 500 nouvelles ouguiyas.

Le directeur des mines a ajouté que l’intéressé devra porter en permanence sa pièce d’identité nationale et remplir onze conditions.

1er : porter en permanence sa carte professionnelle tout au long de sa présence dans la zone de prospection et ne pas faire travailler des étrangers

2ème : ne pas sortir des zones délimitées pour la prospection

3ème : respecter le trajet déterminé par les autorités pour accéder au lieu de prospection

4ème : utiliser les moyens de transport autorisés par les autorités administratives et sécuritaires

5ème : s’engager à ne pas se mouvoir après le crépuscule

6ème : s’abstenir d’utiliser les gros engins (chargeurs et foreuses)

7ème : considérer le lieu de traitement comme point de départ et de retour

8ème : s’abstenir de s’approvisionner en carburant et en produits alimentaires hors de la ville de Zouerate

9ème : écraser et traiter les pierres dans les centres prévus à cette occasion

10ème : vendre l’or obtenu dans les points autorisés par la banque centrale de Mauritanie

11ème : ne pas porter d’armes dans la zone d’activité artisanale.

Selon le responsable mauritanien, le manquement à une seule de ces obligations exposerait le contrevenant à la confiscation de son autorisation et tout ce dont il dispose de matériels et de biens.

Ces conditions ont été établies après des concertations entre une délégation du ministère des mines qui se trouve à Zouerate et les autorités administratives et sécuritaires de la wilaya.

Le responsable du ministère des mines a ajouté qu’il y aura une seconde étape pour la prospection où il sera autorisé de creuser des puits en dehors des mesures actuelles, précisant que ceux qui voudront en bénéficier doivent acquitter un montant d’un million d’anciennes ouguiyas.

Source : Sahara Medias (Mauritanie)

 

 

Le groupe cimentier français Vicat se renforce à Nouakchott

Le groupe cimentier français Vicat se renforce à NouakchottLe groupe cimentier français Vicat vient de nommer Hugues Delort-Laval. En acquérant 65% du capital de BSA Ciment SA, Vicat renforce sa présence en Afrique de l’Ouest et s’implante sur le marché mauritanien où il dispose désormais dans cette région d’une capacité totale de production de ciment de 4 millions de tonnes par an.

Le groupe Vicat poursuit son développement en Afrique en s’associant dans un partenariat stratégique avec M. Mohamed Hmayen Bouamatou à travers la société mauritanienne BSA Ciment SA, dont ce dernier assurera la présidence du Conseil.

Le Groupe a acquis, en octobre 2008, 65% du capital de cette entreprise située à proximité de Nouakchott, principale zone portuaire du pays et capitale de la République islamique de Mauritanie. La société BSA Ciment exploite un broyeur d’une capacité annuelle de 450 000 tonnes assorti d’une ligne d’ensachage et d’une centrale à béton.

Avec cette implantation, Vicat se positionne sur un marché en forte croissance, en moyenne de 7% par an, et à la consommation annuelle de ciment s’élevant à plus de 700 000 tonnes. Etant déjà fortement présent au Sénégal, ce groupe dispose d’excellents atouts pour s’imposer dans le marché mauritanien qu’il semble bien connaître.

Source : L'Authentique (Mauritanie)

 

Transparence des industries extractives : Le CNITIE au point-mort !

Transparence des industries extractives : Le CNITIE au point-mort !Le comité national de l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (CNITIE) en Mauritanie fait face à beaucoup de difficultés financières, apprend-on de bonne source.

Malgré sa mise en place suite à l'adhésion du pays en 2005 à l'ITIE, le comité national qui a élaboré plusieurs rapports sur la transparence dans le secteur de l'industrie extractive voit aujourd’hui son plan de travail en déphasage par rapport à son planning initial.

Parmi les raisons à ce déficit d'activités et de programmations, il y a outre le retard du décaissement prévu par la Banque mondiale, d'autres raisons qui seraient également liées au "suivi des mesures correctives de la validation en 2016/17, ainsi que le lancement du projet Données ouvertes" (Plan de travail 2018 - 2021).

On s'en rend compte sur le terrain où les activités du CNITIE sont en nette récession. "Depuis trois mois, le siège qui abrite l'organisation n'est même pas payé", explique une source pour donner la mesure des problèmes financiers traversés par la structure.

La Mauritanie, rappelle-t-on, a adhéré à l’Initiative de Transparence des Industries Extractives (ITIE) en 2005 et a été déclaré « pays candidat » en septembre 2007.

Source : Mauriweb (Mauritanie)

 

 

Mauritanie/Loi de finances 2019 : 4% de hausse sur le budget initial de l’état !

Mauritanie/Loi de finances 2019 : 4% de hausse sur le budget initial de l’état !Comme dans chaque pays où la crise économique fait son bonhomme de chemin, la Mauritanie n’échappe pas à la règle. Ce pays et à l’instar des autres pays maghrébin, la Tunisie, le Maroc et l’Algérie se voit dans l’obligation de voter une loi de finance et ce à l’approche de chaque nouvelle année. Ces projets de lois de finances sont importants pour faire face à la crise économique qui secoue ce pays.

Pour ce pays qui a vu le déroulement des élections municipales, régionales et nationales le 1er du mois de Septembre passé, une autre page devrait être tournée face à la crise économique qui le secoue, au même titre que ses voisins. Pour la lois de finances de 2019, le budget initial de l’état mauritanien va s’équilibrer en ressources en dépenses d’un montant de 68,87 milliards d’Ouguiya (MRU).

Une hausse de 4% en valeur relative et de 2,53 milliards en valeur absolue puisque c’était 66,34 milliards (MRU), précédemment. C’est donc au niveau de l’assemblée nationale et les réunions qui ont eu lieu les 10 et 11 Novembre entre la commission des finances de l’institution et le ministère de l’économie et des finances, Mokhtar Ould Diaye que ces chiffres ont été avancés.

Ce qui est à signaler, c’est que l’assemblée nationale de ce pays avait adopté l’année dernière un budget de 51,8 milliards ouguiyas (MRU), soit environ 1,4 milliard de dollars.

Les infos recueillies affirment qu’il y’avait passage en revue des grandes lignes du projet de loi et ce au cours de ces séances plénières, entre ladite commission citée en haut et le ministre, avec des changements relevés dans ledit budget par rapport à celui de 2018. On affirme également que l’argentier de l’état a apporté des éclaircissements sur le budget de 2018 certes, mais aussi sur celui de 2019.

Source : Africa Top Success

 

 

Mauritanie: OLAM jette l'encre au port de Nouakchott dans des conditions troubles

Mauritanie: OLAM jette l'encre au port de Nouakchott dans des conditions troublesLe gouvernement mauritanien a attribué un terminal à conteneurs à une mystérieuse entreprise appelée "Arise-Mauritanie SA" dans le Port autonome de Nouakchott (PANPA) pour une période de 30 ans, suivant une procédure sans appel d'offres, qui suscite de multiples interrogations.

Le gouvernement mauritanien a décidé de donner une concession pour un terminal à conteneurs à une entreprise dénommée «Arise-Mauritanie SA» sur 30 années, dans le port de Nouakchott. Cette affaire, évoquée depuis plusieurs mois dans les salons de la capitale mauritanienne, auparavant sans éléments concrets de référence, devient désormais une certitude.

Le document établi à l’issue de la rencontre annonce «l’attribution d’une concession portant sur le financement, la construction et l’exploitation d’un terminal à conteneurs et d’une jetée pétrolière au Port de Nouakchott sur une durée de 30 ans à compter de la date de mise en exploitation des infrastructures, à la société Arise-Mauritanie SA, désignée dans le contrat par le terme concessionnaire».

Derrière l’entité «Arise-Mauritanie SA» inconnue du grand public, on retrouve la multinationale «OLAM» géant mondial de l’agro-business. Il s’agit d’une société de droit singapourien, spécialisée dans le négoce et le courtage des denrées, créée en 1989, dont le chiffre d’affaires annuel dépasse actuellement les 20 milliards de dollars.

Bien que basé à Singapour, les activités de ce groupe, fondé au Nigeria en 1989, sont basées en Afrique. OLAM est aujourd'hui l'un des principaux fournisseurs de fèves et de produits à base de cacao, café, coton, riz, etc.

Cette nouvelle attribution est le résultat d’une réunion du Comité interministériel pour le développement du Partenariat Public-Privé (PPP) en Mauritanie, tenue le 05 octobre 2018, sous la conduite de Yahya ould Hademine, alors Premier ministre, et devenu depuis le dernier changement de gouvernement, chargé de mission auprès de la présidence, avec le rang de ministre d'Etat.

Le comité interministériel à l’origine du contrat «est un organe de décision, de validation et d’orientation du cadre institutionnel et de pilotage des PPP en Mauritanie», souligne t-on auprès des autorités.

Un contrat «bénéfique»

A travers cette démarche «l’Etat souhaite améliorer et développer le port de Nouakchott, en vue de capter une partie des volumes de marchandises pour le Mali (notamment le fuel, le bitume, les conteneurs et autres marchandises) qui transitent actuellement par d’autres ports régionaux, et entend confier au secteur privé la réalisation des investissements requis et la gestion du port (ensemble du projet)», selon les documents oficiels de l'Etat.

Cependant, au-delà de l’ambition légitime, visant à capter une partie des marchandises et denrées en transit pour le Mali, pays de l’hinterland relié à la Mauritanie par 2.000 kilomètres de frontières, l’objectif apparait comme un énorme défi.

Actuellement, Dakar et Abidjan, qui se trouvent à peu près à égale distance par rapport à Bamako, en partant de Nouakchott, sont les principaux ports par lesquels transite le trafic de marchandises vers le Mali. Ces 2 places disposent d’un indéniable avantage comparatif sur le plan des installations.

Il faut également noter que d’autres entités portuaires de la sous-région servent de points de transit aux opérateurs maliens: Conakry, Lomé, Cotonou, etc.

C'est dire que l'objectif fondamental cité ne peut, à lui seul, justifier un tel projet. Il est toutefois vrai qu'une telle infrastructure facilitera l'accostage de grand porte-conteneurs et de pétroliers à Nouakchott.

Présentant la nouvelle concession sur sa page Facebook, le ministre de l’Economie et des finances, Moctar ould Diay, affirme que le contrat prévoit «un investissement de 390 millions de dollars. Par ailleurs, la société payera au port 50 dollars pour chaque conteneur de 20 pieds, et 75 dollars pour un conteneur de 40 pieds. Deux dollars pour chaque mètre cube d’hydrocarbure débarqué, soit 550 millions de dollars par an. L’affaire va également générer 750 emplois pendant la durée des travaux et 500 emplois permanents, au-delà de la réalisation des infrastructures prévues par les termes contractuels».

Mais en dépit de l’enthousiasme de Ould Diay et des impacts positifs que pourrait générer une telle infrastructure, pour l’opinion publique, de nombreuses zones d’ombre subsistent au sujet de ce nouveau projet.

La première question, basique dans ce domaine, porte sur l’absence d’un appel d’offres international ouvrant la voie à la concurrence pour attribuer ce terminal.

Une autre interrogation concerne le profil de la société partenaire, laquelle, malgré son statut de grosse multinationale dans l'agroalimentaire et le négoce, n’a pas d'expériences dans le domaine des concessions portuaires, en dehors d’une attribution récente et également controversée au Gabon.

Enfin, sur le plan politique, le nouveau contrat est révélé à quelques mois d’une élection présidentielle à laquelle ne devrait pas se présenter le président Mohamed ould Abdel Aziz, pour cause de limitation constitutionnelle des mandats.

La précipitation qui a eu lieu dans la signature d'un tel contrat, engageant la Mauritanie sur 30 ans suscite des interrogations. D'ailleurs, commentant cette concession portuaire après lecture de ce contrat, une source avertie relève que celui-ci «laisse toute latitude à l’investisseur pour conduire les opérations à sa convenance, car les termes sont vagues et mal définis»...

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya


Liens utiles :

► Lire aussi : http://afrique.le360.ma/gabon/economie/2016/02/14/287-olam-gabon-cede-une-partie-de-son-projet-agro-industriel-ycap-asset-management-287

► Lire aussi : http://afrique.le360.ma/senegal/economie/2018/11/09/23796-senegal-negociation-des-concessions-des-gisements-de-fer-sur-fond-de-tension-23796

► Lire aussi : http://afrique.le360.ma/autres-pays/economie/2017/07/26/13752-cameroun-bollore-signe-le-contrat-de-concession-du-terminal-conteneurs-du-port-de-kribi

Source : Le360 (Maroc)

Déplacement vers le nouveau centre commercial : un exode urbain forcé en question

Déplacement vers le nouveau centre commercial : un exode urbain forcé en questionLes opérations de déguerpissement des commerçants et marchands du marché central de la capitale vont bon train.

Le marché de la capitale, l'unique centre commercial de Nouakchott, où, convergent chaque jour que Dieu fait des milliers de personnes risque de s'effacer de la carte des annales des années d'après l'indépendance et cela n’échappe pas à la réalité des faits vécus (...). Depuis plus d’une semaine, le déguerpissement apparaît comme une étape fondamentale dans le processus de restructuration de l’espace nouakchottois dont l’occupation des abords par les marchands se développe de manière rapide et anarchique.

L’explosion urbaine, consécutive au « boom », a entrainé la saturation des abords centraux et péricentraux, occupés en majorité par des cantines et des hangars précaires. Face à ce qu’elles considèrent comme des occupations illégales, les autorités publiques tentent d’éradiquer les taudis, en délogeant de force les commerçants qui sont expulsés vers le nouveau centre commercial composé de magasins et boutiques.

Un grand marché construit depuis plus d’une année sous la supervision du ministère mauritanien de l’habitat et de l’urbanisme. D’aucuns disent qu’il appartient à l’Etat et pour d’autres c’est une propriété privée.

Et un responsable gouvernemental joint par notre rédaction de déclarer qu’il s’agit d’un édifice bien fait et construit selon des normes sécuritaires et sanitaires. "Ce centre moderne est capable d’accueillir tous les commerçants de l’ancien marché", a-t-il ajouté. "Tandis que l’ancien marché est en état de délabrement très avancé et il n’est plus sûr d’y rester", martèle-t-il.

Alors que les mécanismes et les stratégies utilisés pour opérer ces délogements forcés ont été dénoncés par les commerçants qui jugent la location très coûteuse et la chute spectaculaire du pouvoir d'achat des citoyens. En somme, les affaires ne marchent plus comme avant, note un vendeur de tissu.

Face à la politique musclée employée par les autorités pour vider le plus ancien marché de Nouakchott de ses occupants, il n’a pas été question de résister : aller au nouveau marché ou ranger marchandises en attendant des jours meilleurs.

Après la coupure totale de l’électricité du marché depuis la semaine dernière, la saisie des marchandises, des patrouilles de la garde nationale et de la police municipale sont venues démonter les portes des boutiques.

"Nous étions victimes de toutes sortes de manipulations et d'intimidations pour qu'on déguerpisse ", explique Mahjouba, une commerçante qui vend du prêt à porter.

A noter que ce ne sont tous les commerçants qui peuvent louer une boutique du nouveau marché étant donné que la location passe de 10000UM-N à 20000UM-N, selon nos sources. En fait, ce coup de poing dans le milieu des affaires aura sans doute des répercussions négatives sur la vie des citoyens.

Alors quel sera le destin des vendeuses de voiles, de chaussures, des habits déjà usés (friperie) ne pouvant en aucun cas louer une boutique ?

Par A. SIDI
Source : Tawary (Mauritanie)

 

Mauritanie : Le gaspillage a mis la SNIM à genou

Mauritanie : Le gaspillage a mis la SNIM à genou Le Conseil d'Administration de la Société Nationale Industrielle et Minière de Mauritanie (SINIM) a approuvé jeudi la nomination de Hassan Ould Ely au poste de directeur général de la société, sur proposition du gouvernement mauritanien.

Le conseil d'administration s'est réuni jeudi - 8 novembre 2018 - à Paris, capitale française, à un moment où la dette de la société dépasse les 257 milliards d’ouguiyas avec une production qui stagne et des employés qui se plaignent de mauvaises conditions de travail.

Durant la période 2009-2013, les prix du fer ont bondi, sur les marchés mondiaux, de 60,8 dollars à 187 dollars la tonne. Une situation qui a permis à la Société Nationale Industrielle et Minière de Mauritanie (SINIM) de réaliser 4 milliards de dollars de bénéficie, soit le triple du budget 2014 de l’Etat mauritanien (1.2 milliards de dollars).

La SNIM n’a pas profité de la période de vache grasse

Une partie des bénéfices est allée directement gonfler la poche de riches particuliers. Une autre a servi de placements non profitables à la SNIM.

En effet, la SNIM n’a pas vu venir l’effondrement des prix du fer, la baisse de la production et son cout élevé et la colère des travailleurs. Pire, des courtiers sont entrés en lice pour doubler les pertes de la société.

Un des rapports obtenus par Alakhbar note : au lieu de diversifier les investissements dans l’industrie manufacturière et dans des secteurs productifs (…) la SNIM est devenue un instrument des autorités politiques qui l’ont surexploitée pour la construction de l’Aéroport International de Nouakchott et pour l’achat d’avions de la compagnie Mauritanian Airlines.

La SNIM a octroyé 15 milliards d’ouguiyas à la société "Nejah" pour la sauver de la faillite. Ce qui équivaut au capital initial réuni de trois établissement bancaires.

Fondation SNIM : 11 ans d’existence, 20 milliards de dépenses

La fondation de la SNIM a accordé 4 milliards d’ouguiyas au groupe Ghadda pour l’achat de foin pour bétail qu’elle va remettre gratuitement au Commissariat à la Sécurité Alimentaire. Ce foin était commandé par le Commissariat qui, par la suite, a refusé de le réceptionner pour non conformité aux critères requis. La SNIM à payé la commande pour sauver le groupe Ghadda.

Cette fondation qui n’a que 11 an d’existence a dépensé 20 milliards d’ouguiyas. Et sur le site électronique de la SNIM, le lien vers les activités de la fondation ne fonctionne pas.

La SNIM est le deuxième contributeur dans le capital de la compagnie Mauritanie Airlines (30.97%) après l’Etat mauritanien (51,64%). Mais la société ne fait pas partie des actionnaires.

Le SNIM a décaissé 20 milliards d’ouguiyas pour la construction d’un hôtel 5 étoiles près de l’ancien Palais de congrès à Nouakchott. La pose de la première pierre a lieu en novembre 2015. Mais le délai de réception de l’hôtel est dépassé d’un an sans avancée dans les travaux.

La SNIM a financé à 5 milliards d’ouguiyas la construction d’un immeuble au centre de Nouakchott qui est resté fermé.

La SNIM a dépensé 3.5 milliards d’ouguiyas pour la création d’une usine de fabrication de poteaux électriques à Kiffa, ville natale de son ex-directeur général. L’usine a été vendue à la Société Mauritanienne d'Electricité (SOMELEC) à 4,5 milliards d’ouguiyas dont le règlement a tardé.

Une société affilée à la SNIM, l’ATTM est allée en faillite après avoir décaissé 14 milliards d’ouguiyas pour financer les préparatifs du Sommet de l’Union Africaine à Nouakchott.

Source : Alakhbar (Mauritanie)