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Mauritanie : Un changement de base monétaire pour quoi faire ?

Mauritanie : Un changement de base monétaire pour quoi faire ?La banque centrale mauritanienne s’apprête à rappeler les billets de banque et pièces de monnaie en circulation pour les remplacer par de nouvelle. L’opération se passera avec un changement de base monétaire : une ancienne ouguiya ne vaudra qu’un dixième de la nouvelle.

A près un nouveau drapeau et un nouvel hymne controversés, la Mauritanie s’apprête à connaître un autre changement d’envergure économique, cette fois. L’ouguiya, devise nationale, en vigueur depuis la sortie de la Mauritanie dans la zone Franc, change de base, selon une décision de la Banque centrale.

La monnaie garde son nom actuel : "ouguiya", tous les anciens signes qu’il s’agisse de billets ou de pièces seront démonétisés pour être remplacés par de nouveaux.

Au passage, la “nouvelle ouguiya” qui sera reconnue dans les standards internationaux par le sigle MRU vaudra dix fois “l’ancienne ouguiya”, le MRO. “Aussi, cette nouvelle reforme, vise à restructurer et à moderniser notre monnaie fiduciaire à travers la démonétisation des différentes séries de billets de banque et de pièces de monnaie (MRO) actuellement en circulation et leur remplacement par de nouvelles séries ouguiya (MRU), plus fortes, plus sûres, plus durables et plus novatrices”, souligne de manière plus détaillée Abdelaziz Dahi, le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie.

Evidemment, beaucoup se posent des questions sur les raisons de ce changement. Et aux autorités monétaires et financières de se lancer dans une longue série d’arguments dont le premier “la circulation importante et l’utilisation excessive du cash”.

En réalité, dans une économie peu bancarisée, la quasi-totalité des transactions se font par l’intermédiaire des billets de banque et des pièces de monnaie. Rares sont les commerçants qui utilisent les chèques. Quant à la carte bancaire, au virement et au paiement par internet, ils n’interviennent que pour des opérations spécifiques. L’Etat mauritanien et les grands groupes comme la société minière SNIM, les banques et autres compagnies d’assurance ou opérateurs téléphoniques sont les seuls pratiquement à y recourir régulièrement dans leurs transactions ou lors du paiement des salaires. Même certaines transactions qui se chiffrent facilement en millions d’ouguiya se font en espèces. A chaque fois, il faut compter et recompter, ce qui ne facilite pas la vie aux agents économiques.

Le deuxième argument qu’évoque la Banque centrale est qu’elle a la lourde responsabilité de la “gestion d’une circulation simultanée de plusieurs séries de billets et de pièces de douze dénominations chacune avec des formats et des supports variés”. En somme, cette réforme permettra d’uniformiser les signes fiduciaires de l’émetteur central mauritanien. Cette simplification permettra une meilleure utilisation de la monnaie, il est vrai. Les étrangers qui se rendent souvent en Mauritanie peuvent en témoigner, pour chacun de leur voyage, ils sont obligés d’avoir un temps d’adaptation relativement long, avant d’acquérir les réflexes. La simple vérification de l’appoint rendu par un commerçant devient une gageure.

Il y a ensuite trois autres arguments que note la Banque centrale et qui sont inhérents à la rationalisation de la production des signes et de leur gestion. En effet, il est plus facile de gérer des séries de billets et pièces qui se limitent à des multiples de centaines. L’actuel système fiduciaire va des pièces de quelques unités aux billets de 2000 ouguiyas. La qualité des billets en circulation est devenue douteuse, de sorte que les faussaires peuvent facilement exploiter cette faille. Enfin, gérer autant de billets et de pièces entraîne des charges importantes pour la banque centrale, alors que le PIB mauritanien n’est que de 4,64 milliards de dollars en 2016.

Néanmoins, certains craignent que cette réforme n’entraîne une hausse des prix. En effet, la baguette de pain qui coûte actuellement 140 “anciennes ouguiyas” sera-t-elle vendue à 14 “nouvelles ouguiyas » ? C’est théoriquement ce qui est censé se passer. Mais ce qui risque de se produire c’est que beaucoup de commerçants feront des arrondis à la dizaine supérieure, ce qui fera que la baguette finira dans quelques mois coûter pas moins de 20 nouvelles ouguiyas. Il devrait en être ainsi avec tous les produits de premières nécessités qui sont vendus en détails dans le petit commerce.

A titre d’exemple, c’est ce qui s’est passé au moment du passage à l’euro dans tous les pays européens et le budget des ménages pourrait en prendre un sacré coup. Alors que les salaires, eux, resteront à leur niveau actuel avec un zéro en moins dans les bulletins de paie.

Par Mar Bassine Ndiaye, Comité EditorialCasablanca
Source : Afrimag (Maroc)

 

 

Mauritanie : 40 journalistes français arrivent à Atar pour booster l’image du tourisme national

Mauritanie : 40 journalistes français arrivent à Atar pour booster l’image du tourisme national40 journalistes français, issus de grands médias parisiens, sont arrivés samedi dernier, dans la ville d’Atar, la capitale de l’Adrar, à bord du 4e vol organisé dans le cadre de l’actuelle saison touristique.

Objectif : booster le tourisme national, après un marasme du secteur qui a duré plusieurs années. Le contingent des journalistes a visité le marché de la ville avant de prendre la route de Chinguitti, d’où il se rendra à Ouadane puis à l’oasis Tergit et certaines zones désertiques.

Le gouvernement mauritanien compte redynamiser le secteur touristique national et rétablir la situation d’avant 2007, en visant cette année la barre de 2000 touristes, dont plus de la moitié ont réservé des places pour se rendre cette saison à Atar.

Les années d’or du tourisme mauritanien avaient enregistré à l’époque des pics dépassant parfois 12.000 vacanciers.

Traduit de l’Arabe par Cridem
Source : Mourassiloun (Mauritanie)

 

Mauritanie: difficultés dans le changement d'unité de la monnaie nationale

Mauritanie: difficultés dans le changement d'unité de la monnaie nationale En Mauritanie, le changement d'unité de la monnaie nationale se fait avec difficultés. Depuis le 1er janvier, les ouguiyas ont perdu un zéro.

Les billets de 5 000, 2 000 ou 1 000 ouguiyas etc. sont remplacés par de nouveaux de 500, 200 ou 100. Ce changement d'unité n’a pas d'impact sur la valeur de l'ouguiya sur le marché international ni sur son pouvoir d'achat sur le marché national. Mais la population mauritanienne a du mal à s'habituer à ce changement.

Depuis près de deux semaines, de longues files d'attente s'observent devant les établissements bancaires de Mauritanie. Les Mauritaniens viennent changer leurs anciens ouguiyas pour les nouveaux qui ne plaisent guère.

« Il y a trop de pièces », confie Aminetou Mint el Moctar, présidente de l'Association des femmes chefs de famille. « Déjà qu'il est difficile pour le citoyen lambda de comprendre cette nouvelle monnaie, ces pièces n'ont aucun sens pour nous », conclut-elle.

De fait, la plupart des petits commerçants, les chauffeurs de taxi, les vendeurs de crédit de téléphone refusent la nouvelle monnaie. Ironie du sort, les Mauritaniens se mettent donc à rechercher avidement des anciens ouguiyas pour pouvoir faire leurs courses.

D'autre part, à la faveur de cette confusion, les commerçants en ont profité pour augmenter leurs tarifs. Le sac de 50 kilos de riz par exemple est ainsi passé de 14 000 anciens ouguiyas à 15 000. Le paquet de cigarettes de 800 à 1 000 ouguiyas.

Cette hausse des prix augmente la confusion générale, car les Mauritaniens ont le sentiment qu'en perdant un zéro, leur monnaie a aussi perdu du pouvoir d'achat. Certains parlent même de dévaluation cachée.

Source : RFI

 

 

Mauritanie : Anapej, l’organe qui n’a pas pu radier le chômage

Mauritanie : anapej, l’organe qui n’a pas pu radié le chômageCensé diminuer, voire éradiquer définitivement le chômage en Mauritanie, l’Agence Nationale de Promotion de l’Emploi des Jeunes (ANAPEJ) enregistre un bilan mitigé.

L’ANAPEJ est une institution publique, fondée en 2005, jouissant d’une autonomie financière et qui a pour mission de promouvoir l’emploi des jeunes en Mauritanie en collaboration avec des entreprises. Elle constitue cependant un gros challenge, dans un pays marqué par la rareté de l’emploi et la faiblesse d’une formation qualifiante.

Pour accomplir sa mission, l’ANAPEJ a monté plusieurs programmes. En premier lieu , elle a créé des Maisons de Services composées de petite et moyenne entreprise regroupant dix membres, sélectionnés sur la base de combinaisons entre sept diplômés sortant de l’enseignement professionnel et trois de l’enseignement général, associés autour d’un projet viable, dans un secteur d’activité donné, choisi en fonction des besoins spécifiques.

En deux, elle a mis en place le programme « Professionnels pour Chaque Cité » (PCC) qui s’adresse aux sortants des enseignements professionnels, regroupés en micro-entreprises, selon leur domaine de compétences et les besoins des localités-cibles concernés. Des opportunités d’insertion qui répondent aux besoins des localités en termes de maintenance, d’entretien et de réparations…

Et en trois, l’agence a créé un programme innovant, dénommé Khoutwa qui vise au développement des compétences, par l’immersion en entreprise et l’accompagnement, au profit des demandeurs d’emploi, pour multiplier leurs chances d’accès à l’emploi.

En dépit de toutes ces actions entreprises en collaborations avec plusieurs partenaires, l’anapej n’a pas su couper le cordon ombilical du ‘’chômage’’ pour enfin stopper son règne dans le pays.

Chaque jour, devant la place ( ANAPEJ), on aperçoit des groupes de jeunes, des diplômés-chômeurs, des non-diplômés mais tout aussi chômeurs, des handicapés physiques ; en somme des personnes cible de l’agence.

Ils attendent dans l’espoir de trouver un emploi, de voir le directeur qui ne cesse de recevoir des dossiers, mis après dans les oubliettes. Une situation sans suite qui encourage la fuite des cerveaux.

Source : Les Mauritanies

Transport interurbain: Déguerpissement des transporteurs au niveau du garage "Nouadhibou"

Transport interurbain: Déguerpissement des transporteurs au niveau du garage La station de regroupement des bus de transport interurbain de Nouadhibou, communément appelée "Garage Sabah", devrait être déguerpie par ses usagers, a-t-on appris auprès de ces locataires.

En effet, les petites entreprises de transport interurbain ont été sommées d'évacuer les lieux d'ici fin janvier 2018. Aucune explication n'a été donnée aux occupants du site sinon que le gouvernement leur demande de trouver une autre place pour leurs activités.

Selon certaines sources, cet endroit proche de l'hôpital national devrait servir à la création d'un édifice public. Pour d'autres, il s'agit d'une opération de cession prévue sur cet endroit devenu névralgique.

Source : Mauriweb (Mauritanie)

 

Si ce n’est une dévaluation… 10 UM de plus, ce sont 100 UM de plus !

Si ce n’est une dévaluation… 10 UM de plus, ce sont 100 UM de plus !Près d’une semaine après l’émission de la nouvelle ouguiya, les populations se sont rendues compte qu’il s’agit bien d’une dévaluation déguisée de la monnaie nationale.

En effet, au change, dans les banques primaires comme dans le marché noir, l’ouguiya a perdu de sa valeur : 1 Euro est à 45 NUM alors qu’il était à 432 MRO (c’est-à-dire 43,2 NUM), 1 $ US à 39,6 NUM contre 360 MRO (36 NUM).

Mais c’est spécialement dans le commerce que cette « dévaluation déguisée » est plus flagrante : dans le secteur du commerce en gros, le sac de riz importé de 50 kg est désormais à 1750 NUM alors qu’il était à 16.000 UM (1600 NUM), celui au même poids de sucre à 1550 NUM alors qu’il était à 13500 UM (1350 NUM).

Les dommages collatéraux sont gigantesques pour les ménages, surtout quand sait que la politique de libéralisme adoptée par le gouvernement, permet aux détaillants de décider eux-mêmes des marges bénéficiaires de leurs produits de vente.

Ainsi, dans les boutiques de quartiers, le kg de riz importé est commercialisé depuis le 2 janvier dernier à 45 NUM et celui du sucre à 35NUM. Dans un cas comme dans l’autre, les commerçants ont arrondi leurs prix, en les majorant de 5 à 10 NUM. En fait, il s’agit de leur toute première astuce commerciale qui consiste à revoir les prix de vente de leurs produits de 5 à 10 NUM.

Conscients du fait que pour le sens commun, une augmentation de 10 NUM est aléatoire voire négligeable, les commerçants jouent sur le mental des consommateurs. Il s’agit-là des plus grandes augmentations de prix jamais connues dans le pays.

En effet, la quasi-totalité des marchandises ont vu leurs prix majorés de 5 à 10 UNM, ce qui se traduit dans les faits à 50 et 100 UM. Depuis mercredi, le transport public est entré dans le jeu avec des taximan qui ont adopté de nouveaux tarifs fixés à 15 ou 20 UM la course, c’est-à-dire 150 et 200 UM (anciens), soit un augmentation de 50 à 100 % !

Dans nombre de quartiers de la capitale, des boulangeries ont revu leur commerce. Si certains boulangers ont revu le prix de la miche de pain en la commercialisant à 12 NUM (c’est-à-dire avec une augmentation de 20 UM, anciens), d’autres ont tout simplement revu à la baisse le poids de cette miche.

Pour l’heure, seuls échappent à cette envolée des prix, le marché de la volaille et de la viande rouge. Tout porte à croire cependant que cela ne saurait durer.

N.H
Source : L'Authentique (Mauritanie)

 

 

Mauritanie: des syndicats dénoncent l'élection "illégale" d'un nouveau président du patronat

Mauritanie: des syndicats dénoncent l'élection Après l'élection, le 28 décembre dernier, d'un nouveau président de l'Union nationale du patronat de Mauritanie (UNPM), les centrales syndicales proches de l'opposition ruent dans les brancards.

Les centrales syndicales proches du Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU, un vaste rassemblement de l’opposition) ruent dans les brancards après l’élection de Zeine El Abidine Ould Cheikh Ahmed, PDG de la Banque mauritanienne pour l’Industrie (BMI) à la présidence de l’Union nationale du patronat de Mauritanie (UNPM), à l’issue d’un vote organisé le 28 décembre dernier.

La Centrale libre des travailleurs de Mauritanie (CLTM) dénonce «une attitude arrogante, belliqueuse du gouvernement, en violation des dispositions légales et réglementaires et des conventions de l’Organisation internationale du travail (OIT), régissant le droit des individus à former des communautés, à élire des représentants de leur choix au sein des organisations et à vivre ensemble dans le respect de la dignité, de l’honneur et des valeurs».

En effet, pour Samory Ould Bèye, SG de la CLTM, le comportement des autorités à l’occasion de l’élection du nouveau bureau du patronat rappelle de forts mauvais souvenirs, avec «une immixtion des pouvoirs publics, entraînant une éviction pure et simple du président en exercice de l’organisation dans un contexte dépourvu de toutes les garanties d’indépendance, de transparence et d’impartialité, indispensables dans tout Etat de droit».

La centrale syndicale évoque ainsi le cas d’Ahmed Baba Ould Azizi ould El Mamy, président de l’UNPM jusqu’au 28 décembre dernier, mais en froid avec le pouvoir de Nouakchott depuis quelques années, qui vit désormais hors du territoire national.

Le nouveau président du patronat, Zeine El Abidine Ould Cheikh Ahmed, est présenté comme un "homme d'affaires" du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Pour sa part, le Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs de Mauritanie (CGTM), Abdallahi Ould Mohamed dit Nahah, rappelle que «la guerre entre le bureau du patronat et le gouvernement a débuté en octobre 2016, suite à un discours du président Ahmed Baba Ould Aziz, critiquant l’environnement des affaires dans le pays. Ainsi, les autorités se sont largement impliquées dans l’élection du nouveau bureau de l’UNPM, commettant au passage plusieurs infractions, entorses et irrégularités dans la convocation du congrès, qui ne pouvait se faire que par l’intermédiaire du président en exercice, ou par la justice, 2 conditions non remplies. Les cotisations de 6 des 11 fédérations ont été également versées de manière irrégulière».

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya


Source : Le360 (Maroc)

 

 

 

Nouvel ouguiya en Mauritanie: «aucune crainte à avoir» selon la Banque centrale

Nouvel ouguiya en Mauritanie: «aucune crainte à avoir» selon la Banque centraleLa Mauritanie change l'unité de sa monnaie aujourd'hui. L'ouguiya passe d'une échelle de 10 à 1.

En clair, cela signifie qu'à partir d'aujourd'hui 10 ouguiyas deviennent 1 ouguiya. De nouveaux billets sont donc émis, mais la monnaie conserve le même nom. Cela ne devrait pas avoir d'impact sur la valeur de l'ouguiya sur le marché national mais aussi international : 1 euro valait avant 420 ouguiyas, il en vaut aujourd'hui 42.

Abdel Aziz ould Dahi est le gouverneur de la Banque centrale mauritanienne, il répond aux questions de Gaëlle Laleix.

« Il n’y a pas de craintes à avoir, parce que toutes les dispositions sont prises pour, d’une part, garantir que les prix ne vont pas subir une inflation injustifiée. On a déjà fait des réunions avec la Fédération du commerce pour les sensibiliser. A priori, nous ne nous attendons pas à ce qu’il y ait une flambée des prix, comme je l’entends souvent dire. »

Source : RFI

 

Nouvel Ouguiya : Le marché flambe

Il a fallu juste une semaine après la conférence de presse du gouverneur de la BCM sur la nouvelle ouguiya, pour que le marché de consommation du pays soit perturbé. Autant les devises ont vu leur côte monter au marché noir, autant les prix des produits de consommation sont montés en flèche.

Dans la seule journée de dimanche dernier, au marché noir de Nouakchott, l’Euro est passé de 405 ouguiyas le matin, à 415 UM en milieu de journée puis à 445 UM en début de soirée. Pour sa part, le Dollar américain est passé de 320 à 355 UM, l’espace de 24 heures ! Lundi, la tendance s’est stabilisée, mais les craintes étaient toutefois nombreuses de voir l’ouguiya chuter davantage les jours à venir.

Cette situation serait due à deux facteurs : l’émission dès le 1er janvier 2018, des nouvelles gammes de la monnaie nationale et la rareté des devises au marché noir. Elle serait aussi provoquée par des professionnels du change et des spéculateurs en quête de profit.

Il faut toutefois dire que pendant ces trois dernières années, la valeur de l’ouguiya a baissé de 241 à 370 pour un dollar et de 354 à 455 pour un euro Depuis l’annonce le 28 novembre dernier de l’émission de nouveaux billets de banque en lieu et place des billets en cours d’usage, les commerçants et autres hommes d’affaires se sont en effet rués vers les devises, tous persuadés qu’en transformant leurs réserves financières en devises, ils les protégeraient d’éventuelles crises financières à venir.

Mais le flux le plus important des candidats au change, provient sans nul doute du monde rural. En effet, les propriétaires de cheptel ont été nombreux à se rendre à Nouakchott, pour disent-ils sécuriser leur argent. Très lotis ces derniers mois pour avoir vendu nombre de leurs animaux puisqu’incapables de les entretenir au terme d’un hivernage avare, ils ont été aperçus devant les Agences de change comme devant les guiches de banque.

Soit pour s’approvisionner en devises, soit, pour placer des fonds, dans l’attente de les récupérer sous forme de nouveaux billets de banque. Le marché de change du pays connait ainsi une forte ébullition, marqué toutefois par la suspicion et la prudence.

En effet, une forte crainte est perceptible auprès des professionnels du change qui craignent l’intrusion de faux billets de l’ancienne monnaie à quelques semaines de l’introduction des nouvelles coupures. De tradition, ces faux billets proviendraient surtout des éleveurs, souvent arnaqués par des acheteurs qui ont l’habitude de se servir de faux billets de coupure de 5000 UM.

Dans le commerce, la spéculation a fait des ravages. Non seulement les produits de consommation se sont faits rares mais plus, ils ont vu leurs prix revus à la hausse. Le riz, l’huile, le lait en poudre ont particulièrement été visés, puisqu’importés.

La viande, le poisson, les fruits et légumes, les produits de chair ont gardé leur prix, mais sont de plus en plus rares. Tous les produits de ménagers, les matériaux de construction, les produits de luxe ont vu leur prix revus à la hausse ; dans les circuits du marché, une forte rumeur interprète le changement de monnaie à une dévaluation de l’ouguiya !

C’est fort de cette situation que le gouverneur de la Banque Centrale de Mauritanie a rencontré jeudi dernier les membres de l’union nationale du patronat mauritanien. L’occasion pour lui de réaffirmer en substance que la valeur de la monnaie nationale demeurait inchangée et qu’elle pourrait même connaître prochainement une amélioration. En vain ! Plus grave !

Quelques heures après la réunion, la spéculation a repris de plus bel, avec l’ouguiya qui a de nouveau chuté dans le marché noir, passant de 403 à 1 Euro à 405 à l’achat.

Source : L'Authentique (Mauritanie)