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Communiqué du Conseil des Ministres du Jeudi 25 Octobre 2018

Communiqué du Conseil des Ministres du Jeudi 25 Octobre 2018Le Conseil des Ministres s'est réuni, jeudi 25 Octobre 2018, sous la Présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République.

Le Conseil a examiné et approuvé les projets de lois suivants:

- Projet de loi de finances rectificative de l’année 2018.

- Projet de loi de finances initiale pour l’année 2019.

Le Conseil a également examiné et adopté les projets de décrets suivants:

- Projet de décret portant nomination du président du Conseil d’Administration de l’École Nationale de Santé de Néma.

- Projet de décret portant nomination du président et des membres du Conseil d’Administration de l’Office National d’Inspection Sanitaire des Produits de la Pêche et de l’Aquaculture (ONISPA).

-Projet de décret portant création des Écoles d’Enseignement Technique et de Formation Professionnelle.

- Projet de décret accordant une concession provisoire d’un terrain dans la Wilaya de Nouakchott Ouest au profit de la société Chinguetti Aluminium.

Le Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération, a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes:

Ministère des Affaires Islamiques et de l'Enseignement Originel

Cabinet du Ministre

Chargé de Mission: Abdellahi Ould Abdel Barka, précédemment Directeur des Établissements et des Instituts.

Conseiller chargé de la Communication: Sid Ahmed Ould Mahfoudh, précédemment Directeur du Centre Régional de l'Institut d'Enseignement Originel de Kiffa.

Administration Centrale

Direction des Établissements et des Instituts

Directeur: Mohamed Abderrahmane Ould Veten, précédemment Directeur du Centre de Formation Professionnelle

Direction de l'Alphabétisation et de l'Enseignement des Adultes

Directrice Adjointe: Mariem Bint Mohamed Lemhkeitir, précédemment Directrice Adjointe de l'Institut Supérieur des Études et des Recherches Islamiques Direction de l'Orientation Islamique

Directeur Adjoint: Sid Ahmed Ould Sid El Khalil, Vice-Président du Conseil Scientifique de la Radio du Saint Coran et de la chaîne Al-Mahdhera.

Établissements Publics

Institut Supérieur des Études et des Recherches Islamiques

Directeur Adjoint: Mohamed Mahmoud Ould Fah, précédemment Directeur de la Recherche au même Établissement.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

 

Affaire Khashoggi : « La Mauritanie et Djibouti, fidèles alliés de l’Arabie saoudite »

Affaire Khashoggi : « La Mauritanie et Djibouti, fidèles alliés de l’Arabie saoudite » Après la mort du journaliste à Istanbul, les deux Etats africains ont fait part de leur totale confiance en la justice saoudienne, observe notre chroniqueur. - Chronique. Nouakchott est un fidèle allié de l’Arabie saoudite.

A cinq jours d’intervalle, la diplomatie mauritanienne a publié des communiqués très proches des positions saoudiennes sur l’affaire Khashoggi, du nom de ce journaliste disparu au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le 2 octobre.

Lundi 15 octobre, elle dénonçait « la campagne d’allégations fallacieuses qui ne sert ni la transparence de l’enquête en cours ni sa crédibilité », en référence aux images distillées par la Turquie pour prouver que le journaliste n’était jamais sorti vivant du consulat. A l’époque du communiqué mauritanien, l’Arabie saoudite soutenait que ses services n’avaient pas porté atteinte à l’intégrité physique du journaliste.

Puis, le 20 octobre, soit le lendemain de la reconnaissance par Riyad de son implication dans la disparition de Jamal Khashoggi, un autre communiqué du ministère était transmis par l’Agence mauritanienne d’information (AMI), dans lequel Nouakchott se disait confiant « en la justice saoudienne, en sa capacité et en sa volonté de parvenir à dévoiler toutes les circonstances qui ont entouré l’incident et à punir ceux qui l’ont mené ».

Depuis l’arrivée du président Mohamed Ould Abdelaziz, la diplomatie mauritanienne est souvent alignée sur les positions de Riyad. En juin 2017, Nouakchott avait déjà été l’un des fers de lance de la stratégie contre le Qatar, suivant ainsi l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, qui avaient engagé un blocus contre l’émirat gazier, mettant en avant son supposé financement du terrorisme et sa relation avec l’Iran.

Mohamed Ould Abdelaziz avait alors rappelé son ambassadeur à Doha et avait agi, de concert avec son homologue tchadien Idriss Déby, pour convaincre certains de ses homologues africains de le suivre dans cette démarche.

En août, Nouakchott a aussi vigoureusement soutenu Riyad lors de sa brouille avec le Canada, après que ce dernier a critiqué le manque de respect des droits humains dans le royaume. Ce tropisme s’est renforcé avec l’arrivée en juin du nouveau ministre mauritanien des affaires étrangères, Ismaïl Ould Cheikh Ahmed.

Ce dernier était jusqu’en février le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Yémen, où il a eu l’occasion de côtoyer de près les autorités saoudiennes pendant trois ans. « Un Etat de valeurs, de principes et de justice »

Les intérêts saoudiens en Mauritanie sont importants, notamment dans le financement de projets via le Fonds saoudien pour le développement, mais ce n’est pas le seul pays africain à avoir adopté une dialectique tout en retenue sur la responsabilité saoudienne dans la disparition du journaliste. Outre une prise de position très pro-saoudienne de la part du Soudan du Sud, pourtant généralement peu disert sur les dossiers internationaux, Djibouti a publié un communiqué, le 22 octobre, dans des termes proches de ceux de la Mauritanie :

« La République de Djibouti félicite le gardien des deux saintes mosquées, le roi Salman Ben Abdelaziz, pour son vif intérêt et son étroit appui qui a permis d’aboutir, de manière transparente et objective, à l’enquête sur les faits relatifs au décès du journaliste saoudien. Il s’agissait pour le dirigeant saoudien d’instaurer par ce biais une justice équitable dans cette affaire.

A cet égard, la diplomatie djiboutienne se félicite des résultats des enquêtes menées par le royaume d’Arabie saoudite ainsi que des décisions qu’il a prises pour poursuivre légalement les responsables de cet incident. Ce grand pays restera un Etat de valeurs, de principes et de justice. »


Comme la Mauritanie, Djibouti a réduit sa présence diplomatique au Qatar lors de la crise avec l’Arabie saoudite. La Turquie, qui utilise l’affaire Khashoggi avec habileté dans sa relation avec Riyad, se trouve d’ailleurs être le principal soutien politique et militaire du Qatar.

Alors que la position stratégique de son port est fragilisée par le rapprochement entre l’Ethiopie, l’Erythrée et le Somaliland, Djibouti a besoin de conforter sa bonne relation avec l’Arabie saoudite, qui utilise son territoire pour sa guerre au Yémen et veut y investir massivement.

L’Arabie saoudite sait influencer certains Etats africains lorsqu’elle a besoin de leur soutien officiel. L’ambassadeur saoudien accrédité dans une capitale rencontre souvent le président et parfois le ministre des affaires étrangères. En cas de nécessité, le diplomate est parfois épaulé par des missi dominici – souvent des vice-ministres – envoyés depuis Riyad pour exercer une pression maximale. C’était le cas notamment au sujet du conflit avec le Qatar.

Issoufou et Déby préfèrent ne rien dire

Deux autres Etats africains réputés très proches de l’Arabie saoudite, le Niger et le Tchad, n’ont en revanche pas communiqué officiellement sur l’affaire Khashoggi. Malgré la pression de Riyad, Mahamadou Issoufou et Idriss Déby sont sur cette affaire plus soucieux de coller à l’opinion des grandes puissances occidentales qui ont appelé l’Arabie saoudite à s’expliquer – à l’exception de Donald Trump, qui a adopté une communication changeante. Les deux présidents sahéliens préfèrent donc ne rien dire.

La plupart des autres pays africains ayant subi une pression de la part de l’Arabie saoudite, dans le conflit avec le Qatar comme sur le dossier Khashoggi, n’ont pas souhaité prendre fait et cause pour le royaume. Si Riyad a mis les moyens pour emporter l’adhésion du Nigeria, le pays africain à la plus forte population sunnite, Abuja n’a pas pris parti, considérant qu’il n’a pas à s’immiscer dans des dossiers concernant la région du Golfe. Le Mali et le Burkina ont également été sollicités mais n’ont pas pris position.

Enfin, le Gabon, qui s’était pourtant prononcé pour l’Arabie saoudite dans son conflit avec le Qatar, n’a cette fois pas encore émis une quelconque position officielle. Cependant, le président Ali Bongo, comme le Sénégalais Macky Sall, s’est rendu au sommet Future Investment Initiative, organisé du 22 au 25 octobre à Riyad à l’initiative du prince hériter Mohammed Ben Salman. L’Afrique du Sud s’est quant à elle dite inquiète de cette disparition, appelant à une enquête.

Par Benjamin Augé
Source : Le Monde (France)

 

 

Un nouveau président de l'Assemblée élu en Algérie

L'Assemblée nationale algérienne (APN) a élu son nouveau président, mais le sortant, en conflit ouvert avec la majorité parlementaire, se proclame légalement toujours en fonction, laissant craindre un possible imbroglio institutionnel.

Mouad Bouchareb, 47 ans, a été élu sans surprise président de l'Assemblée populaire nationale (APN), par 320 voix et une abstention. Il était jusqu'ici chef du groupe parlementaire du Front de libération nationale (FLN), parti du chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika, qui détient 161 des 462 sièges à la Chambre basse.

Unique candidat, il était également soutenu par les 100 députés du Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia et par ceux de deux autres partis de la majorité présidentielle. L'opposition a boycotté la séance.

Le titulaire sortant du perchoir, Saïd Bouhadja, 80 ans, lui-même membre du FLN, a martelé mercredi qu'il "reste et demeure le président légal et légitime de l'APN" et dénoncé une "atteinte" à "l'Etat de droit", à "la séparation des pouvoirs" et au "respect des institutions".

Selon la Constitution, "le président de l'APN est élu pour la durée de la législature" et aucune procédure légale de destitution n'est prévue. Les députés de la majorité ont donc argué de "l'incapacité" de M. Bouhadja à "assurer ses fonctions, du fait de son désaccord avec les députés et son refus de démissionner" pour constater "la vacance" du poste.

L'accusant notamment de "mauvaise gestion", cinq partis de la majorité, dont le FLN et le RND, réclament en vain depuis fin septembre la démission de M. Bouhadja, élu au perchoir en mai 2017 par l'APN tout juste issue des législatives.

M. Ouyahia et le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès ont eux-mêmes réclamé publiquement sa démission. L'opposition a dénoncé une lutte politique entre clans du pouvoir et une atteinte aux institutions.

Pour la constitutionnaliste Fatiha Benabbou, M. Bouhadja reste "légalement le président" de l'APN, car le constat de vacance "n'a pas été établi juridiquement selon les règles".

"Nous risquons de nous retrouver avec deux présidents" à l'APN, "un président légal et un président de fait", craint cette professeure de droit à l'Université d'Alger, "c’est une situation délirante".

Avec AFP

Source : VOA Afrique

 

 

Mali : plusieurs blessés dans une bousculade à la Commission électorale

Au moins quatre personnes ont été légèrement blessées mardi 24 octobre à Bamako lors d'une bousculade au siège de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), au lendemain de la destitution contestée du président de cette institution chargée de veiller au bon déroulement des élections au Mali par des frondeurs.

« Le Président destitué de la Ceni voulait tenir une conférence de presse et nous voulions participer à cette conférence. Il y a eu refus, suivi d’une cohue qui a fait plusieurs blessés, dont moi », a déclaré un membre de la Ceni, Sanogo Issiaka, touché par des éclats de verre. Les autres blessés sont des membres du service d’ordre.

La veille, une réunion plénière de la Ceni avait décidé le « retrait des responsabilités de président à Amadou Bâ et de premier questeur à Beffon Cissé » pour « violation du principe de bonne conduite de la Ceni ».

Dans son communiqué, signé par le 2e vice-président, Moktar Mariko, l’institution faisait état d’un rapport pointant des « manquements, errements, ainsi que des indisciplines » dans l’exécution du budget de l’année en cours, marquée par l’élection présidentielle fin juillet et début d’août, remportée par le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta.

« Indiscipline budgétaire »

« Nous reprochons aux deux une indiscipline budgétaire. Il n’est pas normal que l’argent destiné à payer le salaire des travailleurs puisse servir à autre chose », a déclaré Moktar Mariko, chef de file des frondeurs, en ajoutant qu’à ses yeux, la Ceni « en l’état actuel ne marche plus ».

Réfutant ces critiques, Beffon Cissé a affirmé que lui et le président restaient à leurs postes parce que la décision prise par « les frondeurs est illégale ». « Notre règlement intérieur stipule que pour convoquer une réunion extraordinaire, il faut les 2/3 des 15 membres du bureau de la Ceni. Or, les deux-tiers n’étaient pas présents », a expliqué Beffon Cissé.

« Nous avions de l’argent et il fallait acheter des véhicules, ce que nous avons fait. Le ministère des Finances devait rembourser cette somme pour nous permettre de régulariser les choses. Ça n’a pas été fait. Voilà », a-t-il ajouté.

Source : jeuneafrique.com

 

Mauritanie : 7 nouveaux ambassadeurs présentent leurs lettres de créances

Mauritanie : 7 nouveaux ambassadeurs présentent leurs lettres de créances Le président mauritanien a reçu les lettres de créances de sept nouveaux ambassadeurs de pays d’Europe, d'Afrique et d'Asie.

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz a reçu les lettres de créances des ambassadeurs d'Allemagne, Gabriela Linda Guellil, de France, Robert Moulier, du Norvège, Andreas Lindeman, et du Vatican, Michael Wallace Banach.

Le chef de l’Etat mauritanien a reçu également les lettres de créances des ambassadeurs du Niger, Salissou Ada, de la Corée du Sud, Song Chang Sik, et de la Jordanie, HazemAl Khatib Tamimi.

Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

Mali : décès de Mahamadou Djéri Maïga, ancien vice-président du MNLA

Mahamadou Djéri Maïga est décédé dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 octobre à Bamako. Membre fondateur du MNLA, il en était une figure historique et œuvrait au sein du comité de suivi de l'Accord de paix d'Alger depuis 2015.

Pris d’un malaise à son domicile bamakois, Mahamadou Djéri Maïga est mort peu après son arrivée à l’hôpital dans la nuit du 22 au 23 octobre. Son décès reste pour l’instant inexpliqué. « Il ne se sentait pas très bien ces derniers jours, comme s’il couvait une sorte de paludisme, mais il continuait ses activités normalement », explique un de ses proches, qui était encore avec lui dimanche.

En 2010, Mahamadou Djéri Maïga, alors professeur d’anglais au collège de Kidal, fait partie des membres fondateurs du mouvement national de l’Azawad (MNA), qui affirme lutter pacifiquement pour les droits des populations de l’Azawad. Fin 2011, à la faveur du retour de combattants touaregs en provenance de Libye, le MNA mute en Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et s’engage dans la lutte armée contre les autorités maliennes. Djéri Maïga en est une des figures fondatrices et en devient officiellement le vice-président.

Au cœur des négociations

Mahamadou Djéri Maïga était un des rares chefs non-touaregs du MNLA

Début 2012, Mahamadou Djéri Maïga participe à la conquête du nord du Mali par le MNLA et ses alliés jihadistes. Il est désigné chef politique de la région de Tombouctou. Après que ses hommes aient été chassés de la cité aux 333 saints et des autres grandes villes du Nord par les jihadistes d’Ansar Eddine, d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le numéro 2 du MNLA prend la direction de Ouagadougou.

Il s’y installe pour négocier, au nom du MNLA, un accord de paix avec les autorités maliennes grâce à la médiation du régime de Blaise Compaoré. Cet accord sera signé en juin 2013.

Mahamadou Djéri Maïga retourne au Mali mais continue à se rendre régulièrement à Ouaga – il y sera notamment brièvement interpellé en 2015, après avoir été suspecté de soutien au putsch manqué contre les autorités de transition.

En juin 2015, c’est encore lui qui représente la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, qui regroupe les principaux groupes rebelles du Nord) durant la cérémonie de signature de l’accord de paix d’Alger organisée à Bamako. Symbole de cette réconciliation entre les rebelles et l’État, Mahamadou Djéri Maïga et le président Ibrahim Boubacar Keïta avaient alors échangé une longue accolade devant les objectifs des journalistes.

Comme chez lui à Bamako

Songhaï de la région d’Ansongo, près de Gao, Mahamadou Djéri Maïga était un des rares chefs non-touaregs du MNLA. Il était d’ailleurs souvent mis en avant par ses frères d’armes pour expliquer que le MNLA n’était pas une rébellion exclusivement touarègue. « C’était surtout un exemple en terme d’engagement et de convictions. Il ne se battait pas pour une communauté mais pour une seule cause, celle de l’Azawad », affirme Mossa Ag Attaher, le porte-parole du MNLA.

Depuis 2015, Djéri Maïga représentait la CMA au comité de suivi de l’accord de paix (CSA), chargé de superviser sa mise en œuvre. Comme chez lui à Bamako, il rencontrait régulièrement les autorités maliennes et était convié à des cérémonies officielles au palais de Koulouba. Un retour en grâce qui faisait grincer les dents de tous ceux qui réclament justice pour les nombreux crimes de guerre commis par le MNLA durant la crise de 2012-2013.

Source : jeuneafrique.com

 

Affaire Khashoggi: Erdogan parle d'un «crime politique» et «planifié»

mediaTrois semaines jour pour jour après la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan a prononcé ce mardi 23 octobre une déclaration très attendue, sa première depuis que Riyad a enfin reconnu la mort du journaliste en prétextant une bagarre qui aurait mal tourné. Après ces aveux accueillis avec le plus grand scepticisme par la communauté internationale, le chef de l’Etat turc avait promis de livrer en détails « toute la vérité » sur l’affaire. Ce mardi, il a finalement fait peu de révélations, mais a confirmé que le meurtre du journaliste avait été prémédité.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Pendant une vingtaine de minutes, en reprenant méthodiquement toute la chronologie des faits, le président turc a fait la démonstration que la mort de Jamal Khashoggi était un crime prémédité, « planifié » plusieurs jours avant. Un « crime sauvage », un « crime politique », a-t-il même dit.

Recep Tayyip Erdogan a longuement décrit les allers et venues entre Riyad et Istanbul des 15 Saoudiens accusés d’avoir assassiné le journaliste, parmi lesquels, a-t-il confirmé, figuraient des agents de sécurité et du renseignement saoudien, et même un spécialiste de médecine légale.

Recep Tayyip Erdogan a ensuite estimé que les autorités saoudiennes avaient fait un « pas important » en reconnaissant la mort de Jamal Khashoggi, mais ils les a appelées à répondre à toutes les questions qui restaient en suspens. Parmi elles : « De qui ces 15 Saoudiens ont-il reçu l’ordre de tuer Jamal Khashoggi ? » Ou encore : « Pourquoi, si sa mort est accidentelle, n’a-t-on pas encore retrouvé le corps de Jamal Khashoggi ? »

En clair le président turc n’est pas allé jusqu’à pointer un doigt accusateur vers le régime saoudien, mais il a adressé à Riyad toutes les questions embarrassantes qui suffisent à mettre en doute de manière implacable la version officielle des faits. Une façon de continuer à temporiser et de dire aux Saoudiens : la balle est dans votre camp.

Source : RFI