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Le responsable belge de l’immigration dépêché à Nouakchott

Le responsable belge de l’immigration dépêché à NouakchottLe premier ministre mauritanien Mohamed Salem O. Bechir s’est entretenu ce mardi avec le secrétaire d’état belge chargé de l’immigration Théo Franken à propos du dossier de la migration et la coopération qui s’y rapporte.

Interrogé après cette rencontre, le responsable belge a dit qu’il avait informé le premier ministre du contenu de l’accord signé entre la Mauritanie et la Belgique relatif à l’immigration et les domaines de la coopération qui s’y rapportent, ajoutant que l’immigration était l’un des défis les plus importants auxquels font face les pays européens et africains.

Il s’est déclaré optimiste quant à la capacité de la Mauritanie et la Belgique de relever ce défi eu égard au niveau de leur coopération. Le secrétaire d’état belge était arrivé dans la nuit de lundi à mardi et devra rencontrer, lors de sa visite des membres du gouvernement mauritanien.

Il est accompagné par une importante délégation de son pays et évoquera avec des responsables gouvernementaux mauritaniens les différents volets de la coopération entre les deux pays et les moyens de les développer.

Le secrétaire d’état belge s’était engagé l’année dernière à rapatrier tous les migrants clandestins dans leurs pays d’origine.

Dans une déclaration faite, Théo Franken avait dit qu’il n’y avait pas d’asile pour les migrants en Belgique qui ne cherchent pas refuge en Belgique, selon lui mais plutôt à se rendre en Angleterre.

Il avait réaffirmé que les migrants clandestins seront arrêtés et acheminés vers leurs pays d’origine.

Source : Sahara Médias (Mauritanie)

 

 

Donald Trump s'en prend avec virulence à la France et à Emmanuel Macron

Donald Trump s'en prend avec virulence à la France et à Emmanuel MacronLe président américain Donald Trump a raillé sur Twitter mardi la "très faible cote de popularité" de son homologue français, dans une série de messages assez agressifs contre son allié, deux jours après son retour de Paris pour le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

"Le problème est qu'Emmanuel Macron souffre d'une très faible cote de popularité en France, 26%, et un taux de chômage à près de 10%", a écrit le locataire de la Maison Blanche.

"Il n'y a aucun pays plus nationaliste que la France, des personnes très fières-à juste titre", a-t-il poursuivi avant d'écrire, dans un autre tweet et en lettres capitales, "MAKE FRANCE GREAT AGAIN", en écho à son slogan de campagne, "Rendre à l'Amérique sa grandeur".

La présidence française s'est refusée à commenter cette série de tweets.

Le président américain a tweeté à cinq reprises mardi à propos de la France et d'Emmanuel Macron, ironisant sur l'occupation allemande pendant la Seconde guerre mondiale pour justifier son opposition à la création d'une armée européenne et s'en prenant aux pratiques commerciales de son allié historique.

Une série de tweets acerbes, en contraste avec la proximité affichée autrefois par les deux hommes, notamment au cours de la visite d'Etat de M. Macron à Washington en avril.

"Emmanuel Macron a suggéré la création de leur propre armée pour protéger l'Europe contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Mais c'était l'Allemagne dans la Première et la Seconde Guerre mondiale", a écrit le président américain après avoir passé le weekend en France pour commémorer, avec de nombreux chefs d'Etat, le centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale.

"Comment ça a marché pour la France? Ils commençaient à apprendre l'allemand à Paris avant que les Etats-Unis n'arrivent", a-t-il ironisé, faisant référence, sur un ton moqueur, à l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le président Macron a proposé la semaine dernière la création d'une "véritable armée européenne" pour protéger le Vieux Continent. Il a également évoqué la nécessité de se "protéger de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis d'Amérique" dans le domaine du cyberespace.

Vendredi, à peine arrivé à Paris pour ces commémorations, il avait déjà dénoncé, avec virulence sur Twitter, cette idée du président français.

Dans sa série de message, M. Trump a également tenu à justifier l'annulation samedi d'un déplacement prévu au cimetière américain de Bois Belleau, dans le nord de la France en raison du mauvais temps, une décision qui avait suscité interrogations et critiques.

"Quand l'hélicoptère ne pouvait pas voler pour le premier cimetière en France à cause d'une visibilité proche de zéro, j'ai suggéré la voiture. Le Secret Service (le service de protection de la Maison Blanche) a répondu NON", a écrit M. Trump.

Le dirigeant américain s'en est aussi pris, sur le terrain commercial, à la France.

"Le problème est que la France rend la tâche très difficile aux Etats-Unis de vendre son vin en France et applique des tarifs élevés alors que les Etats-Unis rendent ça facile pour les vins français et appliquent de très bas tarifs", a-t-il accusé, appelant au changement.

Source : Romandie News

 

 

Conférence de Palerme sur la Libye : incertitude sur la présence d’Haftar et divisions entre les États

Une conférence internationale sur l'avenir de la Libye, en proie au chaos depuis 2011, s'ouvre lundi à Palerme, mais ses résultats sont d'ores et déjà menacés par l'incertitude entourant la présence en Sicile du maréchal Haftar, homme fort de l'est du pays.

Enième tentative pour lancer un processus électoral et politique censé sortir le pays de l’ornière, cette conférence suit celle de Paris en mai dernier qui avait abouti à un accord sur une date, le 10 décembre, en vue de tenir des élections nationales.

Les Nations unies, chargés de trouver une solution en vue de stabiliser la Libye, minée par les divisions et les luttes de pouvoir depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, ont toutefois annoncé jeudi que le processus électoral a été retardé et devrait finalement démarrer au printemps 2019.

Et cette nouvelle conférence est déjà fragilisée, avant même son coup d’envoi, par le refus du maréchal Khalifa Haftar d’y participer, selon des médias libyens proches de ce militaire dont les forces contrôlent la plus grande partie de l’est du pays.

Un haut responsable de l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal, a affirmé à l’AFP que le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte s’était rendu dimanche 11 novembre à Bengahzi dans l’est de la Libye pour y rencontrer Haftar.

A Rome, une source proche du gouvernement italien a toutefois catégoriquement démenti un tel voyage. Cette source n’a pas été en mesure de confirmer si Conte s’était en revanche entretenu par téléphone avec le maréchal Haftar, ou s’il avait pu avoir confirmation ou non de sa présence en Sicile. Comme lors du sommet de Paris en mai dernier, Haftar a été invité autour de la même table avec le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) internationalement reconnu, Fayez al-Serraj, le président du Parlement, Aguila Salah, et celui du Conseil d’Etat, équivalent d’une chambre haute à Tripoli, Khaled al-Mechri. Rome a aussi invité des dignitaires et représentants tribaux et de la société civile.

La conférence de Palerme, minée par les tensions entre factions libyennes, l’est aussi par les divisions entre les différents pays qui s’intéressent de près à la Libye.

« Unifier les positions de Paris et Rome »

Dans une interview à l’AFP jeudi, Serraj a ainsi souhaité que la conférence débouche sur « une vision commune vis-à-vis du dossier libyen », soulignant « la nécessité d’unifier les positions » de Paris et Rome.

L’Italie est surtout très préoccupée par le problème des migrants dont des dizaines de milliers cherchent chaque année à joindre ses côtes à partir de la Libye où les passeurs, profitant du chaos, sont très actifs.

« La conférence de Palerme est un pas fondamental dans l’objectif de la stabilisation de la Libye et pour la sécurité de toute la Méditerranée », a affirmé cette semaine Giuseppe Conte. Après la rencontre de Paris, Rome avait reproché à Paris de vouloir faire cavalier seul sur la Libye, dirigée aujourd’hui par deux entités rivales : le GNA, issu d’un processus onusien basé à Tripoli et une autorité installée dans l’Est soutenue par un Parlement élu en 2014 et une force armée dirigée par Haftar.

En mai dernier, Paris avait fortement plaidé pour la tenue d’élections en décembre, rencontrant très vite le scepticisme côté italien, mais aussi côté américain.

Salame enterre la perspective d’élections avant 2019

« Nous soutenons les élections le plus tôt possible, mais des délais artificiels et un processus précipité seraient contre-productifs », a déclaré jeudi David Hale, numéro trois de la diplomatie américaine, au Middle East Institute de Washington.

Un avis partagé par l’envoyé spécial des Nations unies Ghassan Salame qui a indiqué jeudi devant le Conseil de sécurité de l’ONU qu’une conférence nationale devrait se tenir début 2019, enterrant de facto la perspective d’élections avant la fin de l’année. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est attendu à Palerme, tout comme la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Ce nouveau rendez-vous en Sicile intervient après un regain de combats dans la capitale libyenne où au moins 117 personnes ont été tuées entre fin août et fin septembre.

Le retour au calme et la remise en marche de l’économie sont d’ailleurs deux des thèmes qui seront abordés lors de cette conférence, a-t-on indiqué de source diplomatique italienne.

Source : jeuneafrique.com

 

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le tonDes combats particulièrement meurtriers font rage lundi dans la ville portuaire de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, au moment où Washington, Londres et l'ONU font pression sur l'Arabie saoudite pour que la coalition qu'elle commande dans ce pays cesse les hostilités.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a, lui, mis en garde contre les conséquences "catastrophiques" d'une éventuelle destruction du port de Hodeida, point d'entrée de plus des trois-quarts des importations et de l'aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

Au moins 111 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans ces affrontements dans la région, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels de Hodeida, ont indiqué lundi à l'AFP des sources militaires et hospitalières.

Ce bilan a été donné alors que les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces progouvernementales appuyées par l'Arabie saoudite et réussissent à la ralentir, a admis une source militaire loyaliste.

Le chiffre de 32 combattants loyalistes tués en moins de 24 heures est le plus élevé depuis le début de cette phase de l'offensive sur Hodeida, il y a 12 jours.

Une source de la coalition antirebelles a indiqué que les Houthis avaient repoussé une tentative majeure d'avancée loyaliste en direction du port.

La coalition a de son côté visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des sources militaires loyalistes.

Dans la nuit, des corps carbonisés ont été amenés à l'hôpital militaire Al-Alfi, contrôlé par les rebelles depuis 2014, ont indiqué des sources de cet établissement.

Au pouvoir à Hodeida, grande ville stratégique sur la mer Rouge, les Houthis ont commencé à évacuer leurs blessés vers la capitale Sanaa dont ils sont maîtres également depuis quatre ans.

"Si à Hodeida, il y a une destruction du port, ça peut engendrer une situation absolument catastrophique", a mis en garde M. Guterres, rappelant que le Yémen se trouve déjà dans une situation humanitaire "désastreuse". Il a réitéré un appel pressant à "l'arrêt des combats".

- Pompeo et Hunt montent au créneau -

L'offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s'est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d'au moins 593 morts jusqu'ici dans la région (461 rebelles, 125 loyalistes et 7 civils), selon des sources militaires et hospitalières.

L'Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par l'affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Elle était déjà vivement critiquée pour des "bavures" à répétition ayant fait des centaines de victimes civiles lors de frappes aériennes depuis 2015 au Yémen.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue britannique Jeremy Hunt ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Lors d'un entretien dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, M. Pompeo a explicitement appelé à "la fin des hostilités" au Yémen, demandant que "toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit".

L'administration américaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du Congrès, a confirmé l'annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait désormais effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu'ici par les Etats-Unis.

De son côté, M. Hunt a évoqué le coût humain "incalculable" du conflit yéménite, estimant que sa résolution passe par une solution "politique".

Le ministre britannique, qui doit être reçu au plus haut niveau lundi en Arabie saoudite, est favorable à une "nouvelle action" au Conseil de sécurité pour soutenir les efforts du médiateur de l'ONU au Yémen Martin Griffiths qui cherche à organiser un nouveau round de négociations "d'ici la fin de l'année".

- Inquiétudes pour les civils -

Dimanche, des premiers combats de rue ont éclaté dans un quartier résidentiel de l'est de Hodeida. Un responsable militaire progouvernemental a affirmé que l'objectif était de "purger" ces rues de toute présence rebelle.

Les Houthis ont positionné des snipers sur les toits des bâtiments et ont posé de nombreuses mines pour freiner l'avancée de leurs adversaires, tandis que des avions de combat et des hélicoptères d'attaque de la coalition sous commandement saoudien pilonnent régulièrement les positions rebelles.

Paradoxe de la situation, le port de Hodeida, situé dans le nord de la ville, est "jusqu'à présent ouvert" et opère "normalement", selon son directeur adjoint Yahya Sharafeddine.

De son côté, Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que les combats n'avaient pas affecté jusqu'ici ses opérations.

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l'ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.

"La situation est vraiment mauvaise", a déclaré à l'AFP Mariam Aldogani, coordinatrice des opérations de terrain de l'organisation humanitaire Save the Children à Hodeida.

Selon elle, "il y a beaucoup de peur parmi les habitants" et les installations médicales "reçoivent un nombre croissant de civils blessés".

Source : Romandie News

 

 

Mauritanie : Quelle couverture santé pour les femmes enceintes ?

Mauritanie : Quelle couverture santé pour les femmes enceintes ?The Conversation - La Mauritanie a longtemps été caractérisée par des niveaux parmi les plus alarmants de mortalité maternelle. Selon les projections de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), celle-ci serait en 2015 de 602 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes.

Ce taux est très supérieur à celui de pays voisins, pourtant plus pauvres, comme le Burkina Faso ou le Sénégal (respectivement 371 et 315 décès pour 100 000 naissances selon la même source). À titre de comparaison, la mortalité maternelle se situe en France autour 10 pour 100 000 naissances.

En Mauritanie, la plupart des patientes doivent toujours systématiquement payer l’intégralité des actes pour être soignées. Pour favoriser la couverture de la prise en charge et du risque obstétrical, la coopération française pour le développement international soutient depuis 1998 un dispositif de financement de l’accès aux soins maternels et infantiles, qui progressivement s’est étendu sur la majeure partie du territoire. Une évaluation d’impact a servi à mesurer son efficacité et à mieux comprendre sa mise en œuvre.

Un prépaiement forfaitaire qui couvre les complications

L’accès aux soins et la réduction de la mortalité pour les femmes et les nouveau-nés sont au cœur des objectifs de développement durable de l’ONU. Les mécanismes de protection sociale sont considérés comme des leviers pour améliorer l’accès aux soins et une prise en charge plus équitable. En Mauritanie, le « forfait obstétrical » est un dispositif volontaire couvrant les frais de santé maternelle dans les formations sanitaires publiques.

Lors de leur première consultation prénatale, les femmes qui le souhaitent payent entre 15 et 17 €, en un ou deux versements. Ce montant représente environ 20 % du revenu mensuel moyen par habitant.

Le forfait donne accès à tout un ensemble de services médicaux sans paiement supplémentaire : consultations prénatales, postnatales, examens biologiques, échographie, accouchement dans une formation sanitaire par du personnel qualifié, prise en charge des complications éventuelles. Ce dispositif, qui a été initié en 1998 à Nouakchott avec le soutien de la France, été progressivement étendu à la majeure partie du territoire national dans des établissements sélectionnés pour leur bon niveau de soins.

Il s’agit d’une approche originale, qui allie paiement des soins par les femmes, partage du risque et amélioration de l’offre de soins, dans un contexte où la plupart des pays sahéliens ont privilégié des politiques d’exemption du paiement des soins en matière de santé maternelle et néonatale. Restait à évaluer son efficacité.

Une approche pluridisciplinaire

L’évaluation d’impact a été lancée au démarrage d’une nouvelle phase d’extension géographique du dispositif du forfait obstétrical. Elle visait à mesurer les effets du forfait sur l’accès aux soins de santé maternelle et sur la qualité des soins.

Elle a combiné deux approches, l’une quantitative, l’autre plus qualitative. Une première équipe a associé des chercheurs en économie, en santé publique et en géographie. En 2015, ils ont utilisé les données disponibles de quatre enquêtes socio-sanitaires menées entre 2001 et 2012 par l’Office Mauritanien de la Statistique. Les informations disponibles à l’époque portaient sur la dernière grossesse de chaque femme, sans indiquer toutefois si elle avait souscrit au forfait obstétrical.

L’effet du forfait obstétrical a donc été étudié sur l’ensemble des femmes et des nouveau-nés résidant à proximité des établissements couverts par le forfait. Tout récemment, en 2018, une analyse plus poussée a été rendue possible grâce à de nouvelles données sur l’adhésion au forfait et des audits sur la disponibilité et la capacité opérationnelle des services dans l’ensemble des établissements de soin mauritaniens.

Un second groupe de recherche rassemblait des experts de santé publique, en anthropologie et sociologie. Cette équipe a étudié les données de gestion des établissements de santé et analysé le fonctionnement interne des établissements couverts. Elle a également mené une étude qualitative sur les pratiques du personnel soignant, sur l’incidence du forfait obstétrical sur l’interaction des soignants entre eux, sur la relation soignants-patientes, et sur la perception du forfait obstétrical par celles-là même qui en bénéficiaient.

Des résultats significatifs qui se heurtent aux dysfonctionnements structurels

La première phase d’évaluation a montré que la disponibilité du forfait obstétrical n’a pas eu d’impact significatif à l’échelle des territoires couverts sur l’amélioration du recours aux consultations pré- et postnatales ainsi que pour les accouchements. On constate cependant que le recours à ces soins a davantage augmenté pour les populations les plus vulnérables (femmes les plus jeunes, pauvres, non éduquées) dans les zones couvertes par le forfait que dans les zones non-couvertes.

Mais comme il s’agit d’échantillons assez petits, ces tendances ne sont pas d’une ampleur suffisante pour qu’on puisse les attribuer au forfait obstétrical. La disponibilité du forfait obstétrical a néanmoins eu un impact clair sur le type d’établissements de santé dans lequel les femmes sont prises en charge : elles ont plus recours à des structures de proximité (centres et postes de santé) et moins à l’hôpital.



L’analyse qualitative a pour sa part mis en avant la pertinence initiale du dispositif. Le forfait obstétrical a contribué à former du personnel de santé et à améliorer l’offre de soins, notamment par une meilleure prise en charge des complications et le transfert des patientes vers l’hôpital. Son efficacité s’est cependant essoufflée avec son extension, à mesure qu’il était confronté aux dysfonctionnements structurels du système de santé mauritanien. La supervision technique et le suivi de la gestion financière s’avèrent insuffisants compte tenu de l’ampleur prise par le dispositif.

Néanmoins, le forfait bénéficie d’une impression globalement positive selon les femmes, même si celles-ci relèvent cependant certains dysfonctionnements. Ainsi, certaines femmes n’ont jamais été au courant du dispositif alors qu’elles résident pourtant dans des zones couvertes.

D’autres signalent que des paiements additionnels leurs sont parfois réclamés et se plaignent d’une qualité des services insuffisante : indisponibilité de médicaments, manque d’attention du personnel de santé, attentes très longues, consultations trop courtes…

Le forfait obstétrical incite au recours aux soins

La dernière phase d’analyse est en cours d’achèvement. Elle montre un impact positif de l’adhésion au forfait obstétrical sur le recours aux soins et sur la prise en charge des femmes enceintes pendant leur grossesse. Les femmes qui ont adhéré ont accouché dans 84 % des cas dans des établissements de santé, contre 61 % pour celles qui n’ont pas adhéré.

Quand on tient compte de tous les facteurs qui interviennent dans cet écart pour isoler l’effet propre au forfait obstétrical, on constate que le fait d’y adhérer accroît la probabilité de 15 % d’accoucher dans un établissement de santé, de 11 % d’avoir au moins quatre consultations prénatales, de 9 % celle de passer au moins une échographie, de 12 % celle d’avoir une analyse sanguine et de 8 % celle d’être assistée par un personnel médical qualifié lors de l’accouchement.

De même, l’adhésion au forfait réduit de manière significative l’inégalité d’accès aux consultations prénatales selon le niveau de vie des patientes, qu’elles vivent en zones urbaine ou rurale. L’adhésion au forfait a contribué à la réduction des inégalités entre les plus riches et les plus pauvres dans l’accès à la césarienne en zone rurale ainsi que dans l’accès aux accouchements en établissement de santé en zone urbaine. Cependant, l’étude ne met pas en évidence d’impact du forfait obstétrical sur la qualité des soins.

Des enseignements pour avancer vers une couverture universelle en santé

L’évaluation montre que si l’on souhaite soutenir le recours aux soins maternels, il est important d’agir sur des leviers supplémentaires que le seul volet financier, comme le renforcement des ressources humaines, la disponibilité des produits médicaux, l’efficacité du système d’information, ou encore la supervision. Il est donc nécessaire d’intégrer le forfait dans la construction d’une couverture santé universelle en santé pour la Mauritanie et de refonder son ancrage institutionnel, pour une meilleure intégration au sein du ministère de la Santé.

Ces résultats ont directement influencé la conception, courant 2016, d’une nouvelle phase d’appui au forfait obstétrical en Mauritanie. Une approche plus globale a été mise en place au niveau régional pour améliorer la qualité et le recours aux soins, associant un travail sur les ressources humaines, la filière du sang et du médicament, ainsi que la sensibilisation communautaire.

Ces enseignements alimentent également le débat national et international sur le financement de la santé. Ils sont aussi utiles pour des expériences similaires, comme le chèque santé en cours d’implantation dans le nord du Cameroun. Enfin, cette étude démontre l’importance d’évaluer l’impact des interventions de santé publique avec des données quantitatives et qualitatives, mais aussi d’utiliser les systèmes d’informations statistiques nationaux, trop peu exploités et soutenus, afin de guider la décision publique.

Ce texte s’inscrit dans une série d’articles autour de la thématique « Santé publique », sujet du colloque de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF) qui se tient les 6 et 7 novembre, à Bruxelles avec plus de cent cinquante acteurs francophones : établissements universitaires, représentants gouvernementaux, représentants des agences nationales, experts des politiques de santé publique dans le monde francophone.

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Cet article a été co-écrit avec Zakaria Amar, Martine Audibert, François Boillot, Emmanuel Bonnet, Aïssa Diarra, Inès Dossa, Alexandre Dumont, Vincent Fauveau, Arnaud Laurent, Aline Philibert, Bertille Raffalli, Andrainolo Ravalihasy, Marion Ravit, Valery Ridde et Philippe Vinard.

Source : The Conversation (Afrique du Sud)

 

Meurtre de Khashoggi: Washington durcit le ton avec Ryad

Meurtre de Khashoggi: Washington durcit le ton avec RyadLe chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo a prévenu dimanche le prince héritier saoudien que Washington allait "demander des comptes à toutes les personnes impliquées dans le meurtre de Jamal Khashoggi", estimant "que l'Arabie saoudite (devait en) faire de même".

Dans un entretien téléphonique avec Mohammed ben Salmane, dit "MBS", M. Pompeo a également appelé à la "fin des hostilités" au Yémen ainsi qu'à des négociations, a indiqué la porte-parole du département d'Etat, Heather Nauert.

Ce nouveau message s'apparente à un changement de ton de Washington, qui avait déjà pressé Ryad d'élucider l'affaire Khashoggi mais semblait, jusqu'ici, accorder le bénéfice du doute à MBS, un puissant allié des Etats-Unis au Moyen-Orient.

Jeudi, Mike Pompeo s'était ainsi dit publiquement satisfait de la coopération des autorités saoudiennes pour faire la lumière sur ce crime.

Ce raidissement de Washington intervient au lendemain des déclarations du président turc Recep Tayyip Erdogan, qui a affirmé avoir communiqué aux Américains des enregistrements supposément réalisés au consulat saoudien d'Istanbul le jour de la mort de Jamal Khashoggi.

"Ils ont écouté les conversations qui ont eu lieu ici. Ils savent", a assuré samedi le président turc lors d'une conférence de presse télévisée.

Vendredi, M. Erdogan avait déjà soutenu, dans une tribune, que l'ordre d'assassiner le journaliste saoudien émanait "des plus hauts niveaux du gouvernement".

Le président turc avait écarté la responsabilité du roi Salmane, mais n'avait pas absous, en revanche, son fils, Mohammed ben Salmane, régulièrement mis en cause depuis plusieurs semaines par des responsables et des médias turcs.

Vendredi toujours, la fiancée de Jamal Khashoggi avait appelé, dans une tribune publiée dans plusieurs médias, à "prendre des mesures réelles, sérieuses et concrètes pour mettre au jour la vérité et traduire les responsables en justice".

Jamal Khashoggi a été tué le 2 octobre à l'intérieur du consulat saoudien à Istanbul.

Après avoir d'abord affirmé que le journaliste avait rapidement quitté le consulat, puis soutenu qu'il était mort dans une rixe, Ryad a fini par évoquer une "opération non autorisée" par le pouvoir.

- Désengagement au Yémen -

Lors de son entretien avec MBS, Mike Pompeo a également évoqué le dossier yéménite, renouvelant son appel à "la fin des hostilités" dans ce pays ravagé par une guerre civile.

Le chef de la diplomatie américaine a aussi demandé que "toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit".

La guerre au Yémen oppose des forces pro-gouvernementales aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran et qui se sont emparés en 2014 et 2015 de vastes régions du pays, dont la capitale Sanaa.

En mars 2015, une coalition sous commandement saoudien est intervenue militairement au Yémen en soutien aux forces pro-gouvernementales.

L'Arabie saoudite a été accusée, à plusieurs reprises, de bavures ayant coûté la vie à des centaines de civils.

Vendredi, le Washington Post avait rapporté que les Etats-Unis avaient décidé de cesser de ravitailler les avions de la coalition militaire sous commandement saoudien, mettant ainsi fin à leur soutien le plus concret en trois ans de conflit.

Une première manifestation d'un virage diplomatique, confirmée, semble-t-il, par le regain de fermeté de Mike Pompeo dimanche.

Le soutien logistique à la coalition était de plus en plus critiqué depuis le meurtre de Jamal Khashoggi.

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis avait déjà appelé récemment les belligérants au Yémen à cesser les hostilités.

M. Pompeo avait lui aussi demandé précédemment que cessent les frappes aériennes de la coalition menée par Ryad "dans toutes les zones habitées du Yémen", une reconnaissance en creux des pertes civiles causées par ces bombardements.

Source : Romandie News

 

 

Le Président de la République assiste à l’ouverture du Forum de Paris sur la paix

Le Président de la République assiste à l’ouverture du Forum de Paris sur la paixLe Président de la République, Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, a assisté, dimanche, à l’ouverture du 1er Forum de Paris sur la paix qui s’est tenu à la Grande Halle de la Villette, dans le nord-est parisien, en présence de dizaines de chefs d’Etat et de gouvernement, du secrétaire général des Nations Unies, de représentants d’organisation internationales et de centaines d’intellectuels, de chercheurs, de leaders d’opinion et de membres d’organisation de la société civile.

Ce forum organisé à l’occasion de la commémoration du centenaire de l’armistice de 1918, et qui a été coprésidé par le président français Emmanuel Macron et la chancelière allemande Angela Merkel, vise à mettre en lumière les obstacles à la paix dans le monde et les défis en matière de sécurité et du développement global.

L’ordre du jour de cette rencontre porte sur des sujets essentiels tels que la paix, la sécurité, l’environnement, le développement durable, les nouvelles technologies, qui feront l’objet de 120 projets, soumis à l’examen aux participants par la commission d’organisation.

Parmi ces projets figurent ceux présentés par des chercheurs africains dont des compatriotes, des tunisiens et des tchadiens.

Le président français a souligné que "ce forum de Paris pour la paix a pour vocation chaque année de réunir les uns et les autres pour promouvoir des actions concrètes, pour que ce travail de paix avance un peu plus chaque année pour promouvoir cet événement qui devrait avoir lieu désormais chaque année".

Pour sa part, la chancelière allemande Angela Merkel a aussi rappelé la période sombre qu'a vécu l'Europe, il y a cent ans : "cette guerre montre où conduit la suffisance nationale et l'arrogance militaire".

Cent ans après une guerre fratricide qui a déchiré l'Europe et fait près de 10 millions de morts parmi les soldats et plus de 8 millions chez les civils, le chef d'État français a voulu proposer un moment d'échanges pour rappeler la nécessité de défendre et de renforcer le multilatéralisme mondial.

Pendant trois jours, ce forum va rassembler tous les acteurs de la gouvernance mondiale : États, organisations internationales, ONG et fondations ou encore groupes de citoyens.

Les travaux du Forum de Paris sur la paix se poursuivront jusqu'à mardi prochain.

Source : Agence Mauritanienne d'Information