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Algérie: Bouteflika n'a pas reporté la présidentielle pour «rester au pouvoir»

A quoi pourrait ressembler la transition en Algérie après le retrait de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika et le report de la présidentielle ? Le nouveau vice-Premier ministre Ramtane Lamamra a tenté de répondre à cette question mercredi 13 mars en s'exprimant depuis la radio nationale.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika n'a pas reporté la présidentielle et prolongé de fait son mandat pour rester au pouvoir, mais parce que le scrutin était source de « division » des Algériens, a assuré mercredi 13 mars le nouveau vice-Premier ministre algérien.

Ramtane Lamamra a expliqué que le rôle de la conférence nationale serait de mettre sur pied une plate-forme complète de réformes. Certaines de ces réformes pourraient être incluses dans la Constitution, qui serait ainsi modifiée. La Constitution sera ensuite soumise à référendum.

Comment va se constituer cette conférence nationale ? Ramtane Lamamra explique que le gouvernement se lancera dans des consultations dès qu’il sera au complet. La conférence sera constituée de trois blocs, celui de la mouvance présidentielle, celui de l’opposition et celui de la société civile. Ramtane Lamamra a affirmé qu'elle devait refléter la démographie algérienne, il faudra donc une majorité de jeunes et une présence importante de femmes. Il a affirmé que si des membres de la société civile voulaient intégrer ce gouvernement, ils seraient les « bienvenus » ,  et a annoncé qu’il souhaitait faire contribuer les Algériens via les réseaux sociaux, mais aussi les Algériens installés à l’étranger.

Objectif : mettre sur pied des réformes. « Le message du président à la nation date du 3 mars. Il a indiqué qu'il était nécessaire de sortir de la conférence avec une plate-forme complète de réformes politiques, institutionnelles, économiques, sociales. Un certain nombre de ces réformes devraient avoir valeur constitutionnelle. Et ensuite, les politiques sectorielles et autres devront se faire dans le cadre normal. »

S’il n'a donné aucun délai, le nouveau vice-Premier ministre a affirmé qu’il souhaitait que le travail de cette conférence nationale se fasse rapidement et que le président avait demandé à ce qu’elle termine ses travaux avant la fin de l’année.

La société civile « bienvenue »

Enfin, de quoi pourra-t-on discuter au sein de cette conférence nationale ? De tout, affirme Ramtane Lamamra, à l’exception du caractère républicain et démocratique de l’Etat et des trois constantes nationales, l’islamité, l’arabité et l’amazighité.

Enfin, Ramtane Lamamra a expliqué que les consultations en vue de la formation d'un gouvernement étaient en cours. Ce gouvernement sera chargé d’appliquer la feuille de route présentée dans la lettre d’Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier restera en poste jusqu’à l’aboutissement du travail de la conférence nationale et jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la République. L’élection présidentielle du 18 avril supprimée, Ramtane Lamamra annonce que le mandat des institutions se prolonge : « Toutes les institiutions de la République continueront à fonctionner normalement, y compris l'institution présidentielle, jusqu'à ce que le peuple algérien ait librement choisi son successeur auquel il remettrait les charges de la présidence de la République. »

Mais du côté de la société civile, on regarde d'un mauvais oeil les mesures prises pour répondre à la contestation. Pour le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l'homme, le régime continue à imposer ses choix sans concertation. « Le problème, c'est que cette conférence aujourd'hui est déjà verrouillée, discréditée, a déploré Saïd Salhi après les annonces de Ramtane Lamamra. On avance déjà des noms qui sont déjà discrédités par la rue. Lamamra lui-même était ancien ministre. On ne peut pas faire de changements avec les mêmes personnages. On ne peut pas imposer un agenda, il faut qu'il y ait des concertations, un dialogue préalable avec les acteurs politiques, dégager des consensus pour arriver à de telles propositions. On veut un départ négocié du système, on veut une transition avec le peuple, en le concertant. C'est une offense de plus. »

Lakhdar Brahimi : « Ce n'est pas vrai »

L'ex-diplomate algérien Lakhdar Brahimi a démenti mercredi 13 mars, sans fermer la porte à cette éventualité, avoir été nommé président de la future conférence nationale que le président Abdelaziz Bouteflika veut charger d'élaborer une nouvelle Constitution et d'organiser la prochaine présidentielle. « Ce n'est pas vrai », a-t-il assuré lorsque la question lui a été posée lors d'un entretien d'une heure à la télévision nationale.


Opération villes mortes en Kabylie

Rideaux tirés, rues désertes, à part quelques boulangeries et pompes à essence ouvertes... Dans la région de Kabylie, le quatrième jour de grève était toujours suivi à presque 100%. Du petit commerçant au petit café du village, tout est fermé, témoignent les habitants.

Lacen Amghar, retraité à Seddouk, une localité de 50 000 habitants à un peu moins de 200 km de la capitale, confirme : « Tout est fermé, les mairies sont fermées, La Poste est fermée. Il n'y a que le commissariat. Bon, c'est normal, c'est la police, ils sont là. C'est vraiment suivi. »

Ville morte aussi du côté de Tizi Ouzou et Gardaïa, les deux plus grandes villes de Kabylie, où des manifestations d'enseignants ont aussi eu lieu hier. Pour Abdelmalek Azzi, enseignant à Gardaïa, c'est dans cette mobilisation tous azimut que réside la spécificité et la force de ce mouvement de contestation : « C'est le plus important, parce que c'est ça qui démontre que le peuple est uni et qu'il continue à revendiquer le départ de ce régime. Lorsqu'[est nommé] un ancien ministre de l'Intérieur, ça ne s'appelle pas du changement ça », observe le coordonnateur du Conseil national des enseignants du supérieur.

Toutes les grandes villes du pays promettent de nouvelles manifestations à venir.
Le principal rendez-vous est fixé à vendredi pour faire partir le régime en place, disent les manifestants.

Source : RFI

 

Bénin : le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji convoqué à la brigade criminelle

Convoqué à la brigade criminelle le 12 mars à 10 heures, le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji ne devrait pas s'y présenter, selon nos informations. Si aucun motif officiel n'a été donné pour justifier convocation, plusieurs hypothèses se dégagent.

Le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji a reçu lundi une convocation à la brigade criminelle à Agblangandan, le mardi 12 mars à 10 heures, sur instructions du procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Cotonou. Selon les informations de Jeune Afrique, Adrien Houngbédji ne devrait pas s’y présenter.

Aucun motif officiel n’a été donné pour justifier cette convocation largement partagée sur les réseaux sociaux. Y est toutefois mentionné l’article 14 du Code de procédure pénale du Bénin, qui rappelle le rôle de la police judiciaire, à savoir : constater les infractions à la loi pénale, en rassembler les preuves et en rechercher les auteurs.

Usage de faux ?

Deux hypothèses se dégagent pour justifier sa convocation à la brigade criminelle.

Pour certains, les raisons de la convocation d’Adrien Houngbédji seraient liées à la situation du dossier de candidature de son parti, le Parti du renouveau démocratique (PRD), en lice pour les législatives du 28 avril prochain mais dont le dossier a été rejeté, le 5 mars, par la Commission électorale nationale autonome (Cena), notamment pour usage de certificat de nationalité non légalisé et doublons de candidats avec une liste concurrente, celle du parti Moele-Bénin, proche de la mouvance présidentielle.

Y a-t-il eu un faux et usage de faux en écriture publique ? Depuis le rejet de son dossier comme cinq autres partis en lice, le PRD d’Adrien Houngbédji est accusé de fraude et de falsification de documents. Le sujet avait même fait l’objet de passe d’armes entre lui et le chef de l’État, Patrice Talon, lors d’une réunion de crise le 6 mars dernier. Le président Talon avait ouvertement soutenu que les chefs de parti ayant produit de faux documents à la Cena devraient être poursuivis. Ce à quoi le président de l’Assemblée nationale avait répondu que les partis n’avaient pas les moyens de savoir si les candidats étaient capables de fournir de faux documents ou de remettre leurs dossiers à deux partis différents.

Recel de documents ?

Pour d’autres, la convocation d’Adrien Houngbédji serait liée à sa ligne de défense depuis le rejet du dossier de candidature de son parti. Il a accusé la Cena de favoritisme vis-à-vis des deux partis de la mouvance présidentielle, le Bloc républicain (BR) et l’Union progressiste (UP), seuls partis ayant réussi à faire valider leurs dossiers pour les prochaines législatives.

Devant la Cour constitutionnelle lundi matin, le représentant du PRD, Laurent Gratien Ahouanmènou, a exposé avec force les irrégularités contenues dans les dossiers de candidature des partis BR et UP, indignant les ténors de ces derniers. « Comment le PRD a-t-il pu se procurer les dossiers de candidature des autres partis, qui sont censés être des documents confidentiels ? », ont ainsi voulu savoir Jean-Michel Abimbola et Abraham Zinzindohoué, représentants respectifs du BR et de l’UP, au cours de la séance.

Immunité parlementaire

Adrien Houngbédji pourra-t-il être poursuivi pour usage de faux ou pour recel de documents administratifs ? Le président de l’Assemblée reste couvert par une immunité parlementaire. Aux termes de l’article 90 de la Constitution béninoise, « aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale, sauf les cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnation définitive ».

Source : jeuneafrique.com

 

Dans les rues, les Algériens mitigés après les annonces de la présidence

Après l’annonce du report des élections en Algérie, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le centre d’Alger lundi 11 mars au soir. Si l’ambiance était à la fête, les avis sur cette décision sont très mitigés, voire pas satisfaits du tout. Une méfiance qu’on retrouve aussi en France, auprès de la diaspora algérienne.

« Il ne faut pas maintenant qu’ils nous disent qu’ils amènent quelqu’un de provisoire, et que le président, c’est fini, il n’est pas candidat et point final. Comment ça ? Les autres ils ne sont pas virés ? Ils doivent tous partir. Ouyahia, il faut qu’il rende des comptes. Les hommes de l’ombre qu’on ne connait pas, nous devons leur demander des comptes pour ce qu’ils ont fait pendant ces 10, 15 dernières années. Le président ne savait pas ce qu’il se passait. Ils l’ont utilisé. Alors que nous, nous allons en prison pour la moindre petite chose. Eux aussi doivent rendre des comptes. » Si tous les Algériens ne sont pas aussi remontés que cet homme, ils sont tout de même nombreux à estimer ce lundi que l’annonce de la présidence n’est pas suffisante.

« Nous demandons la chute du régime et nous demandons des comptes » appuie cet autre homme. Il retournera manifester cette semaine et cette fois « ça ne sera pas pacifique ». Sa crainte ? Que les autorités « nous ramènent un mini-Bouteflika ». Un autre, qui s’affiche « contre le système et pas contre le président » entend manifester « jusqu’à ce que le pays soit bien ».

D’autres, présents dans la rue ce soir, ne veulent pas entendre parler d’un report du vote. Ils souhaitent « qu’ils s’en aillent maintenant ». Afin d’empêcher les autorités de monter « un complot et qu’ensuite on le paye cher ».

« Toujours contre » un régime qui a « condamné 20 ans » les Algériens, cette Algéroise se montre « contente » mais ne croit pas à ce qu’elle qualifie de « pièce théâtrale politique », puisque le clan du président est toujours en place.

Une annonce à minima

Il faut dire que l'annonce du président ne dit rien sur son éventuel départ. Certes, il n’est plus question de 5e mandat, mais les propositions de cette lettre sont similaires à celles faites lors du dépôt de candidature du président le 3 mars. Pire, cette fois, en annulant l’élection, le président supprime la condition qui était celle de sa réelection.

Non seulement cette proposition n’entre pas dans le cadre de ce qui est prévu par la Constitution algérienne, mais surtout, pour les Algériens, elle ne correspond pas à leur besoin de changement à la tête de l'Etat. D'autant moins que nommer Nourredine Bedoui et Ramtane Lamara à la tête du nouveau gouvernement est plutôt un signe de continuité.

Ramtane Lamamra, 66 ans, est un diplomate de carrière, proche d'Abdelaziz Bouteflika. Sorti de l’Ena, il a été au service de presse de la Présidence de la République avant d’être ambassadeur, puis ministre des Affaires étrangères de 2013 à 2015. Nourredine Bedoui, 62 ans, est issu de l’administration algérienne. Plusieurs fois wali, c’est à dire préfet, il est ministre depuis septembre 2013, d’abord à la Formation professionnelle puis à l’Intérieur.

Nourredine Bedoui et Ramtane Lamamra nommés à la tête du gouvernement

12-03-2019 - Par Leïla Beratto

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Un homme à la voix souriante nuance : l’annonce d’Abdelaziz Bouteflika est tout de même « un bon début », même s’il « aimerait avoir plus ». Pour lui « c’est le début de la fête, car la victoire n’est pas loin inch’Allah ». « C’est une petite bataille qu’on a gagnée et on verra par la suite », conclut, philosophe, ce jeune homme.

« C’est tout un système qu’il faut changer »

De l’autre côté de la méditerranée, sur la Canebière, pas d’effusions de joie ou de klaxons ce lundi soir, juste une satisfaction toute en retenue, constate notre correspondant à Marseille, Stéphane Burgatt. Samir salue l’avancée du jour, mais « le problème c’est pas Bouteflika, c’est le régime en place, c’est tout un système qu’il faut changer ».

Fataliste, Mohammed s’attend, lui, « toujours au pire, parce que le président qui va venir ne va pas être mieux que Bouteflika. Ça sera toujours comme ça ». Pour Lila, qui suit la situation en Algérie grâce aux chaines de télévision locales et aux réseaux sociaux, le retrait de la candidature est une manœuvre : « Il reste là. Il reste là sauf qu’il saute le scrutin ». Alors, comme les autres, elle compte bien continuer de manifester, pour réclamer une nouvelle République.


■ Enthousiasme mesuré aussi sur les réseaux sociaux

Sur la Toile, c'est un peu la gueule de bois ce mardi matin après l'euphorie d'hier soir. « J'ai d'abord sauté de joie, écrit ainsi une Algérienne sur sa page Facebook, mais ce que j'apprends ensuite me donne froid dans le dos », poursuit cette enseignante à la retraite. Il y a aussi cet ingénieur en travaux publics qui appelle à la « vigilance ». Son Analyse de ce qui vient d'être annoncé : « Un subterfuge » pour « obtenir une année supplémentaire pour organiser la réincarnation du pouvoir mafieux ».

Dans un tweet, l'ex-diplomate et ancien ministre de la Culture, Abdelaziz Rahabi va même plus loin. Il affirme que « le président Bouteflika se moque du peuple ». « Son acharnement à rester au pouvoir (...) est un danger pour la stabilité de l'Etat et l'unité du pays », analyse cet opposant.

Résultat sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation ont très vite repris. Appel à manifester dès jeudi contre ce 4e mandat et demi, 4e mandat et plus, disent les internautes. A l'image de ce tweet d'un ex-candidat à la présidentielle de 2014 : « La première partie est gagnée », estime Soufiane Djilali, mais « il ne faut pas arrêter la mobilisation de la rue. Il n'est pas question que la présidence actuelle se prolonge jusqu'à la fin de 2019. Aucune confiance ». Autre message se propage sur la Toile : « Non à l'arnaque du peuple, rendez-vous le 15 mars » pour un quatrième vendredi consécutif de manifestations.

Source : RFI

 

Algérie : Abdelaziz Bouteflika reporte la présidentielle et renonce à un cinquième mandat

Dans un message adressé lundi à la nation, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu'il reportait l'élection présidentielle du 18 avril et qu'il ne serait pas candidat à un cinquième mandat.

Le président Bouteflika a annoncé la tenue de l’élection présidentielle dans le prolongement d’une “conférence nationale inclusive et indépendante” qui doit se tenir “avant fin 2019”, ainsi que la formation d’un “gouvernement de compétences nationales”. Voici le texte intégral de son message :

“Chères concitoyennes,

Chers concitoyens,

L’Algérie traverse une étape sensible de son Histoire. Ce 8 mars, pour le troisième vendredi consécutif, d’importantes marches populaires ont eu lieu à travers le pays. J’ai suivi ces développements et, comme je vous l’ai déjà annoncé le 3 de ce mois, je comprends les motivations des nombreux compatriotes qui ont choisi ce mode d’expression dont je tiens, une fois de plus, à saluer le caractère pacifique.

Je comprends tout particulièrement le message porté par les jeunes en termes, à la fois, d’angoisse et d’ambition pour leur avenir propre et pour celui du pays. Je comprends aussi le décalage qui a pu être source de préoccupation entre, d’un côté, la tenue de l’élection présidentielle à une date techniquement appropriée en tant que jalon de gouvernance dans la vie institutionnelle et politique et, de l’autre, l’ouverture, sans délai indu, du vaste chantier, politiquement hautement prioritaire, de conception et de conduite de réformes profondes dans les domaines politique, institutionnel, économique et social, avec la participation la plus large possible et la plus représentative de la société algérienne, y compris la juste part devant revenir aux femmes et aux jeunes. Je comprends enfin que le projet rénovateur de notre État-nation, dont je vous ai annoncé les principales articulations, gagnerait à bénéficier d’un surcroît de clarifications et être préparé, pour chasser tout doute des esprits, par la réunion des conditions de son appropriation par toutes les couches sociales et les composantes de la Nation algérienne.

Mon état de santé et mon âge ne m’assignent comme ultime devoir que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République

En toute fidélité au serment que j’ai fait devant le peuple algérien de protéger et de promouvoir en toutes circonstances les intérêts bien compris de notre Patrie, et après les consultations institutionnelles requises par la Constitution, j’invoque la grâce et le soutien de Dieu Tout-Puissant pour me prévaloir des valeurs supérieures de notre peuple dont nos glorieux martyrs et nos valeureux moudjahidine ont consacré l’immortalité pour présenter à l’adresse de vos cœurs et à vos consciences les décisions suivantes :

Premièrement : Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République en tant que cadre du nouveau système algérien que nous appelons de tous nos vœux. Cette nouvelle République et ce nouveau système seront entre les mains des nouvelles générations d’Algériennes et d’Algériens qui seront tout naturellement les principaux acteurs et bénéficiaires de la vie publique et du développement durable dans l’Algérie de demain.

Deuxièmement : Il n’y aura pas d’élection présidentielle le 18 avril prochain. Il s’agit ainsi de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé. Il s’agit aussi de faire prévaloir la noble finalité des dispositifs juridiques qui réside dans une saine régulation de la vie institutionnelle et dans l’harmonie des interactions socio-politiques, sur une observation rigide d’échéances pré-établies. Le report de l’élection présidentielle qui a été réclamé vient donc pour apaiser les appréhensions qui ont été manifestées afin d’ouvrir la voie à la généralisation de la sérénité, de la quiétude et de la sécurité publique, dans l’objectif d’entreprendre ensemble les actions d’importance historique qui permettront de préparer le plus rapidement possible l’avènement d’une nouvelle ère en Algérie.

Troisièmement : Dans la perspective d’une mobilisation accrue des pouvoirs publics et du rehaussement de l’efficacité de l’action de l’État dans tous les domaines, j’ai décidé de procéder tout prochainement à des changements importants au sein du Gouvernement. Ces changements constitueront une réponse adéquate aux attentes dont vous m’avez saisi, ainsi qu’une illustration de ma réceptivité à l’exigence de reddition de comptes et d’évaluation rigoureuse dans l’exercice des responsabilités à tous les niveaux et dans tous les secteurs.

Quatrièmement : La Conférence nationale inclusive et indépendante sera une enceinte dotée de tous les pouvoirs nécessaires à la discussion, l’élaboration et l’adoption de tous types de réformes devant constituer le socle du nouveau système que porte le lancement du processus de transformation de notre État-nation, que j’estime être ma mission ultime en parachèvement de l’œuvre dont Dieu Tout-Puissant m’a accordé la capacité et pour laquelle le peuple algérien m’a donné l’opportunité.

La Conférence nationale indépendante fixera souverainement la date de l’élection présidentielle à laquelle je ne serai en aucun cas candidat

Cette conférence sera équitablement représentative de la société algérienne comme des sensibilités qui la parcourent. Elle organisera librement ses travaux, sous la direction d’une instance présidentielle plurielle, avec à sa tête un président qui sera une personnalité nationale indépendante, consensuelle et expérimentée. La conférence doit s’efforcer de compléter son mandat avant la fin de l’année 2019.

Le projet de Constitution qui émanera de la Conférence sera soumis à un référendum populaire. La Conférence nationale indépendante fixera souverainement la date de l’élection présidentielle à laquelle je ne serai en aucun cas candidat.

Cinquièmement : L’élection présidentielle qui aura lieu dans le prolongement de la conférence nationale inclusive et indépendante sera organisée sous l’autorité exclusive d’une commission électorale nationale indépendante dont le mandat, la composition et le mode de fonctionnement seront codifiés dans un texte législatif spécifique qui s’inspirera des expériences et des pratiques les mieux établies à l’échelle internationale. La création d’une commission électorale nationale indépendante est décidée pour répondre à une revendication largement soutenue par les formations politiques algériennes ainsi qu’à une recommandation constante des missions d’observation électorale des Organisations internationales et régionales invitées et reçues par l’Algérie lors des consultations électorales nationales précédentes.

Sixièmement : Dans le but de contribuer de manière optimale à la tenue de l’élection présidentielle dans des conditions incontestables de liberté, de régularité et de transparence, il sera formé un Gouvernement de compétences nationales bénéficiant du soutien des composantes de la Conférence nationale. Ce Gouvernement assumera la supervision des missions de l’administration publique et des services de sécurité et apportera sa pleine collaboration à la commission électorale nationale indépendante. Pour sa part, le Conseil constitutionnel assumera, en toute indépendance, les pouvoirs que lui confèrent la Constitution et la loi en matière d’élections présidentielles.

Septièmement : Je m’engage solennellement devant Dieu le Tout-Puissant et devant le peuple algérien à ne ménager aucun effort pour que les Institutions, structures, démembrements de l’État et collectivités locales se mobilisent pour concourir à la pleine réussite de ce plan de travail. Je m’engage également à veiller à ce que toutes les Institutions constitutionnelles de la République poursuivent scrupuleusement l’accomplissement de leurs missions respectives et exercent leurs pouvoirs respectifs au service exclusif du peuple algérien et de la République. Je m’engage enfin, si Dieu m’accorde vie et assistance, à remettre les charges et les prérogatives de Président de la République au successeur que le peuple algérien aura librement élu.

Voici la voie du salut que je vous invite à emprunter ensemble pour prémunir l’Algérie contre des épreuves, des déchirements et des déperditions d’énergies

Chères concitoyennes,

Chers concitoyens,

Voici la voie du salut que je vous invite à emprunter ensemble pour prémunir l’Algérie contre des épreuves, des déchirements et des déperditions d’énergies.

Voici la voie d’un sursaut collectif pacifique pour permettre à l’Algérie de réaliser tout son potentiel dans une démocratie épanouie, digne des gloires de l’Histoire de notre Nation.

Voici la voie dans laquelle je vous demande de me suivre et de m’aider.

Gloire éternelle à nos vaillants martyrs.”

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle 2019: L'APP tâte les candidats en lice

Présidentielle 2019: L'APP tâte les candidats en liceMauriweb - L'Alliance populaire progressiste a mis en place un comité chargé de prendre contact avec les candidats en lice pour cette consultation.

La mise en place de ce comité intervient alors que le président du parti, Messaoud Ould Boulkher, atteint par la limite d'âge, ne peut se présenter pour la future élection de 2019. L'objectif de ce comité est rencontrer les différents protagonistes afin d'avoir les meilleures garanties avant d'annoncer le choix porté pour le soutien de l'un des protagonistes.

Pour l'heure, deux candidats seulement ont annoncé briguer le suffrage des électeurs. Il s'agit de Mohamed Ould Ghazwani, actuellement ministre de la défense, et Biram Dah Abeid, député Sawab et président de l'Ira-Mauritanie.

Notons qu'une élection présidentielle est prévue en Mauritanie en juin et pourrait consacrer une alternance pacifique au pouvoir avec l'impossibilité pour le président sortant, Mohamed Ould Abdelaziz, de briguer un troisième mandat de 5 ans.

Source : Mauriweb (Mauritanie)

 

 

Réunion extraordinaire de l’opposition après des révélations d’un dirigeant de Tewassoul

Réunion extraordinaire de l’opposition après des révélations d’un dirigeant de TewassoulSahara Médias - Les directions de l’alliance électorale de l’opposition a appelé vendredi soir à une réunion extraordinaire afin de s’entretenir à propos du communiqué distribué par un dirigeant du parti Tewassoul, Saleck O. Sidi Mahmoud dans lequel il avait évoqué la question du candidat unique.

Des sources propres à Sahara Medias lui ont rapporté la colère de certains dirigeants de l’opposition ayant considéré que le communiqué a été publié sans une concertation préalable avec elle, et trouve par ailleurs qu’il apportait certains détails non indispensables relatifs aux discussions lors du choix du candidat unifié pour les prochaines élections présidentielles.

Dans un communiqué publié vendredi O. Sidi Mahmoud avait révélé les débats de l’opposition sur le choix de son candidat en annonçant que deux personnes restaient en cours, Mahfoud O. Bettah président du parti CD et l’ancien premier ministre Sidi Mohamed O. Boubacar.

Ce communiqué est intervenu quelques heures après que les médias locaux annonçaient l’échec de l’opposition pour le choix d’un candidat unique aux prochaines élections présidentielles.

Source : Sahara Médias (Mauritanie)

 

 

76 partis rayés de la carte politique

76 partis politiques mauritaniens ont perdu leur récépissé de reconnaissance, et sont  dissous de plein droit, selon un arrêté du ministre de l’intérieur notifié à leurs responsables au cours des dernières heures.

La décision de l’administration rentre dans le cadre de la mise en œuvre  de la loi 2012-024, relative  aux partis politiques.

En son article 20, alinéa 01,05 et 06, le texte cité en référence stipule « qu’un parti qui n’a pas pris à deux (2) consultations électorales locales  successives, ou n’ayant pas totalisé  plus de 1% des suffrages exprimés dans les mêmes circonstances sera, par la force de la loi,  dissous ».

La loi de 2012 a fait l’objet d’un décret d’application pris au cours de l’année 2018.

Ce sont les  élections locales de novembre/décembre 2013 et de septembre 2018 qui ont servi de baromètre à la décision de l’administration.

La démarche « vise  à rationnaliser l’espace politique pour réduire le coût de l’organisation des élections »

Cependant, certains partis politiques de l’opposition touchés par l’arrêté, ayant boycotté les élections municipales de novembre/décembre 2013, dénoncent l’arrêté du ministère de l’intérieur comme une  mesure « arbitraire ».

Sur une centaine de partis politiques ayant présenté des listes aux élections municipales de septembre 2018, une vingtaine seulement  ont réussi à dépasser la barre fatidique des 1% en plaçant des représentants dans les assemblées locales.

Source : lecalame.info (mauritanie)