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Vers une normalisation des relations entre les pays arabes et la Syrie ?

Sept ans après le début de la guerre et de l’expulsion de la Syrie de la Ligue arabe, de nombreux pays de la région sont en train de rétablir leurs relations politiques et économiques avec ce dernier. Décryptage.

Jeudi 27 décembre. L’ambiance à l’aéroport de Monastir en Tunisie est à la réconciliation diplomatique. Au niveau des arrivées, des activistes venus pour l’occasion soulèvent des drapeaux syriens et tunisiens et même un portrait du président syrien Bachar al-Assad. Un accueil du moins festif, pour l’atterrissage du premier avion syrien en Tunisie depuis 2012, sur autorisation des ministères de l’Intérieur et du Transport.

Selon Cham Wings Airlines, la compagnie aérienne privée dont le siège est toujours à Damas, cet avion transportait 150 touristes syriens venus en Tunisie pour y passer les fêtes de fin d’année. Le décollage de l’avion a même été filmé depuis le cockpit et la compagnie aérienne promet le rétablissement de vols réguliers. Une mesure symbolique, sept ans après l’expulsion de l’ambassadeur de Syrie par l’ancien président Moncef Marzouki.

En Tunisie, la société civile mobilisée

Le 18 décembre dernier, suite à une polémique autour de la probable présence du président syrien lors du Sommet arabe qui se tiendra à Tunis le 31 mars 2019, le gouvernement a dû clarifier sa position. « Le choix des invités n’est pas du ressort du président de la République. C’est une décision commune des chefs d’État de la Ligue arabe », avait alors évacué Khemaies Jhinaoui, ministre des Affaires étrangères.

La Syrie avait été expulsée de l’organisation en novembre 2011, mais cette décision ne semble plus faire l’unanimité. Si cette autorisation d’atterrissage est le premier signe concret de l’aval des autorités pour une reprise des relations syro-tunisiennes, certaines organisations et syndicats n’ont pas attendu le feu vert du gouvernement pour renouer avec Bachar al-Assad.

Déjà durant l’été 2017, une délégation de 29 membres de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) s’était rendue à Damas pour une visite officielle. Tout juste après leur départ, une délégation de neuf députés de l’Assemblée tunisienne s’était à son tour rendue à Damas. À l’époque, le ministre tunisien des Affaires étrangères avait expliqué que la décision de l’ancien président n’avait pas été officialisée et que les relations diplomatiques entre les deux pays existaient au niveau consulaire.

Une position politique floue

Plus récemment, le 26 novembre dernier, une délégation du syndicat des journalistes tunisiens s’est rendue à Damas sur une invitation du président Bachar al-Assad, à l’occasion de la réunion de l’Union du syndicat des journalistes arabes. Au même moment, le syndicat menait une vaste campagne contre la visite de Mohamed Ben Salman en Tunisie. La volonté de la reprise des relations diplomatiques avec la Syrie n’est pas propre aux acteurs de la société civile. De nombreuses voix politiques se sont élevées dans ce sens, notamment celle du parti libéral Afek Tounes.

La restauration des relations avec la Syrie était l’un des points du programme de Béji Caïd Essebsi lors de la présidentielle de 2014. « Dans le pays, la question syrienne reste débattue et se reflète dans le miroir tunisien. La prétention de Bashar al-Assad à être laïc et opposé aux islamistes lui vaut un appui significatif au sein de la gauche tunisienne. Pourtant, les deux pays n’ont pas rétabli leurs relations officielles », décrypte Matthieu Rey, chargé de recherche au CNRS et auteur de Histoire de la Syrie XIXe-XXIe siècles (Fayard).

Si pour l’heure, aucun ambassadeur n’a été nommé à Damas, certains observateurs attribuent ce retard à la pression des dirigeants d’Ennahdha, fortement opposés au régime syrien. L’alliance entre Nidaa Tounes et le parti islamiste, aujourd’hui très fragilisé, pourrait encourager une reprise plus rapide des relations diplomatiques.

La réouverture de l’ambassade émiratie à Damas

Mais le cas tunisien n’est pas une exception. L’isolement de Bachar al-Assad, qui contrôle désormais deux tiers du pays, semble toucher à sa fin. « Il n’y a pas une véritable démarche active de la part de Bachar al-Assad, ce sont plutôt plusieurs pays arabes qui reviennent dans la course pour des intérêts politiques mais aussi économiques », explique Matthieu Rey.

À la suite de la rencontre entre le président soudanais Omar el-Bechir, premier chef d’État arabe à mettre un pied en Syrie, et Bachar al-Assad, les Émirats arabes unis ont annoncé la réouverture de leur ambassade à Damas le 27 décembre, après sept ans d’absence.

En effet, en février 2012, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) avait annoncé la fermeture des représentations diplomatiques de ses pays membres, qui dénonçaient d’une seule voix le « massacre collectif » commis par le régime après les premières manifestations. Sept ans après, les cartes ont tourné. Le départ de Bachar al-Assad n’est plus à l’ordre du jour. « Le Golfe a compris qu’il a un rôle à jouer dans la reconstruction du pays », commente l’expert.

La reprise des relations diplomatiques avec le Golfe

Anwar Gargash, ministre des Affaires étrangères, a justifié le choix d’Abou Dhabi sur Twitter, par une montée des tensions dans le contexte géopolitique régional : « Un rôle arabe en Syrie est devenu encore plus nécessaire face à l’expansionnisme régional iranien et turc ». « La reprise des activités à l’ambassade, c’est une invitation pour la reprise des relations et la réouverture des autres ambassades arabes », a ajouté Abdel Hakim al-Naïmi, chargé de la communication émiratie.

Ainsi, quelques heures après Abou Dhabi, le Bahreïn a réitéré la « poursuite des travaux » de son ambassade en Syrie, fermée depuis 2012. Pour ce qui est de l’Arabie saoudite, qui à ce stade n’a pas d’ambassade à Damas, Donald Trump a annoncé le 24 décembre sur Twitter que « Riyad a désormais accepté de dépenser l’argent nécessaire pour la reconstruction de la Syrie à la place des États-Unis ».

Pour le spécialiste, « les Émirats et l’Arabie saoudite voient en Bachar al-Assad un garant de l’ordre établi dans la région. Un ordre qu’ils veulent préserver. Au contraire du Qatar, qui ne soutient pas le régime syrien et ne participe pas à cette normalisation ». En effet, en 2011, le Qatar rompait ses relations avec Damas et prenait fait et cause pour la rébellion syrienne.

La rupture de l’isolement géographique

Mais la Syrie cherche surtout à renouer avec ses voisins. En octobre, la réouverture du poste-frontière de Nassib indique un rapprochement entre la Syrie et la Jordanie. Une délégation de députés jordaniens était reçue en grande pompe à Damas seulement un mois plus tard. « La réouverture de cette route est un pas en avant vers la réintégration économique de l’environnement syrien et la reconquête du rôle traditionnel du pays en tant que vecteur du commerce régional », déclarait Sam Heller de l’International Crisis Group à l’AFP.

Ce chemin routier ne se limite pas à relier Damas à Amman : par son voisin du Sud, la Syrie peut désormais commercer avec l’Irak (première destination des exportations syriennes avant la guerre) et le Golfe. Jusqu’à récemment, l’importation de marchandises se faisait par voie maritime et impliquait un détournement du port jordanien d’Aqaba, via le canal de Suez, jusqu’à un port dans le nord-ouest syrien.

Le chef des services de sécurité syrien au Caire

Des débats semblables commencent à voir le jour à Beyrouth, où un sommet économique de la Ligue arabe se tiendra en janvier 2019. Le Hezbollah libanais, allié de l’Iran et de la Russie, dont 8 000 combattants se trouvent en Syrie, a relancé la proposition de normalisation des relations syro-libanaises à plusieurs reprises. Surtout depuis que, en juillet 2018, les Russes ont annoncé un plan de rapatriement massif des réfugiés syriens installés au Liban et en Jordanie.

Côté égyptien, le chef des services de sécurité syrien Ali Mamlouk, qui s’était déjà rendu dans le pays en octobre 2016, s’est entretenu avec des hauts responsables égyptiens lors d’une visite au Caire le 22 décembre. Selon l’agence de presse officielle syrienne Sana, la visite a eu lieu « à l’invitation du chef des services de renseignements égyptiens » pour discuter de « questions politiques, de sécurité et de lutte contre le terrorisme ». Pour le spécialiste, « l’Égypte essaie de s’imposer comme intermédiaire. Al-Sissi utilise la question syrienne pour se présenter comme médiateur et jouer un rôle dans la région ».

Et met en garde : « la majorité des pays arabes soutiennent cette normalisation, qui est à la fois une stabilisation des équilibres régionaux et une restauration des anciens régimes (pré-2011). Pourtant la crise syrienne n’est pas terminée. L’avenir de la région dépend d’un facteur qu’on évoque très peu : la capacité de réintégrer les Syriens dans ces processus ».

Source : jeuneafrique.com

 

Troisième mandat oui, troisième mandat, non !

Troisième mandat oui, troisième mandat, non !La Mauritanie est à la croisée des chemins. Celle de l’insolite et du déjà vu. L’alternance en 2019 ou le statu quo.

Il faut reconnaître qu’actuellement, ce sont nos vieux démons qui reprennent le dessus avec les appels en chaîne au troisième mandat, faisant fi de la volonté mainte fois déclarée du premier concerné, Mohamed Ould Abdel Aziz de passer la main. À se demander si cette "folie" du troisième "verre" portée par des élus, des "cadres" et des "notables", au nom de wilayas où il y a de tout, n’est pas dirigée, d’abord, contre le président lui-même.

Ceux qui estiment, à tort ou à raison, que l’homme qui préside à nos destinées depuis 2009 à convenablement mené ses deux mandats constitutionnels voudraient-ils le soumettre, malgré lui, aux aléas d’une usure quasi inéluctable? Ne savent-ils pas que beaucoup de présidents, y compris leur ancienne "idole" Maaouiya, ont été victimes de cette incapacité de savoir dire : « j’arrête », comme dans le mythique jeu de "Questions pour un champion".

Manœuvrier émérite, Aziz sait qu’il y a un temps pour agir et un autre pour se reposer. Il sait aussi plus qu’aucune autre personne, la nature de ses "soutiens". Mise à part l’armée qui ne sait pas tricher (avec toi ou contre toi, par la force des putschs), les hommes politiques sont fidèles à un pouvoir, pas à un homme. Ceux qui vociférèrent aujourd’hui pour le troisième mandat se rangeront du côté du premier venu. Ils ne mettront pas beaucoup de temps à adopter et à s’adapter. Une affaire de mois, voire de semaines. Pire, la majorité construira son nouveau discours sur les "accumulations" pour justifier les errements et incapacités de leur nouveau champion !

Ce qui est sûr pourtant est que la Mauritanie résistera encore à l’onde de choc. Quelle que soit l’orientation que prendra le président.

Parce qu’il faut aussi reconnaître que l’option du troisième mandat est une tentation forte. Elle se reconstruit, à mesure que la "fin" (du monde) approche, autour du péché originel de 2008.

La peur de l’anéantissement d’un Idéal et d’une perception de Révolutionnaire peut être plus forte que celle consacrant un statut de démocrate. Et puis, il y a aussi cette absence de garantie. Elle découle aussi bien du rôle que prendra l’opposition, dans une éventuelle transition-transmission du pouvoir, que de la possibilité de dégradation d’une situation économique à l’état fragile.

La frénésie actuelle appelant à un troisième mandat peut n’être qu’une manière bien pensée de maintenir « sous tension » une majorité hétéroclite jusqu’au terme de ce deuxième mandat d’Aziz pour lui permettre de choisir, sans précipitation, celui qui le remplacera en 2019.

Sneiba Mohamed
Source : Elhourriya (Mauritanie)

 

 

Maghreb : L’Algérie aussi met le cap vers la CEDEAO

Maghreb : L’Algérie aussi met le cap vers la CEDEAOParalysée par le différend du Sahara, l’Union du Maghreb n’a jamais réellement réussi à séduire ses membres. L’Algérie est la dernière à manifester un intérêt pour la CEDEAO. Les pays du Maghreb font les yeux doux à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest.

Après le Maroc, la Mauritanie et la Tunisie, c’est au tour de l’Algérie de frapper à la porte de la CEDEAO. C’est du moins ce qu’a annoncé jeudi 27 décembre le ministre algérien du Commerce, Said Djellab, à l’occasion de la cérémonie d’ouverture d’une foire commerciale à Alger.

«Nous allons négocier sur un accord commercial préférentiel avec la Communauté économique des pays de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) permettant la facilitation d'accès des produits algériens à cette zone qui représente un marché de 300 millions de consommateurs», rapporte l’agence APS.

Le responsable gouvernemental du voisin de l’Est n’a pas pour autant donné une date précise pour le début de ces «négociations» entre les deux parties. Et il en est de même pour la nature précise de l’«accord».

Le Maghreb n’a jamais séduit

L’annonce du ministre Said Djellab ne devrait guère surprendre, d’autant qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une politique algérienne visant à marquer sa présence sur le marché économique africain. Une politique lancée depuis quelques mois via une offensive sur la Mauritanie.

Un autre pays qui a déjà mis le cap sur la CEDEAO. Le 19 décembre, les parlementaires mauritaniens ont adopté l'accord, signé le 5 mai 2017, portant sur l’établissement d’un partenariat entre la Mauritanie et le bloc Ouest-africain.

La Tunisie lorgne également le même objectif. En novembre 2017, la Communauté lui a accordé le statut d’observateur. Ce qui lui ouvre la voie à prendre part aux réunions de l’organisation. Une première étape qui donne au gouvernement des raisons d’espérer une prochaine intégration complète.

Contrairement à Rabat, Tunis a une expérience avec le processus d’adhésion aux groupes économiques continentaux. La Tunisie a en effet intégré le Marché commun de l'Afrique orientale et australe, sous son acronyme anglais Comesa, couronnant avec succès plus de deux années de négociations, ponctuées de quelques rebondissements. Le 18 juillet 2018, la Tunisie a été officiellement proclamée le 20e membre de la COMESA.

Si les Etats de l’UMA ont décidé de mettre le cap sur la CEDEAO ou la COMESA, c’est justement parce que le Maghreb ne séduit plus. Le marché, en principe, riche de presque 100 millions de consommateurs est pris en otage par le conflit du Sahara occidental entre les deux frères ennemis : le Maroc et l’Algérie.

Source : Yabiladi (Maroc)

 

 

Mauritanie: les partisans du président Aziz font le forcing pour un 3e mandat

Mauritanie: les partisans du président Aziz font le forcing pour un 3e mandatEn Mauritanie, la polémique s’accentue autour d’un éventuel troisième mandat du président mauritanien. Mohamed Ould Abdel Aziz a dit et répété qu’il ne sera pas candidat en 2019 après dix ans au pouvoir.

Mais ses partisans ne l’entendent pas de cette oreille. Pour le convaincre d’aller vers un troisième mandat, les ressortissants de toutes les régions multiplient depuis plusieurs semaines les meetings dans la capitale. Jeudi soir, ce sont les cadres de la région de l’Adrar qui se sont réunis à Nouakchott.

Les ressortissants de l’Adrar ont rempli le Palais des congrès de Nouakchott à la faveur d’une démonstration de force qui rappelle les ferveurs des campagnes électorales. Ils ont énuméré les réalisations du chef de l’Etat dans divers domaines, notamment en matière de sécurité et d’infrastructures.

Mais pour eux, l’œuvre entamée il y a dix ans n’est pas achevée. « La majorité présidentielle, présente dans cette manifestation et dans d’autres, pense que nous avons besoin de continuer ce programme-là et de continuer avec le président de la République actuel, qui est l’auteur, justement de ce changement-là. Ces changements que nous souhaitons ne sont pas encore terminés », estime le président du Conseil régional de l’Adrar Yahya Abdel Taha Ba.

Le président mauritanien ne peut se représenter sans amender la Constitution. C’est ce que rappelle le premier vice-président du Rassemblement des Forces démocratiques Mohamed Mahmoud Ould Lemat. « Les dispositions de la Constitution concernant la durée du mandat du président de la République sont verrouillées. Il est interdit au chef de l’Etat de les toucher par voie référendaire. »

Interrogé sur ses meetings qui appellent à un troisième mandat, le porte-parole du gouvernement mauritanien a précisé que le gouvernement ne se sentait pas concerné par ces déclarations et que la liberté d’opinion était garantie dans le pays.

Source : RFI

 

 

Initiatives pour le 3e mandat : Jusqu’où vont-elles mener la Mauritanie ?

Initiatives pour le 3e mandat : Jusqu’où vont-elles mener la Mauritanie ? Après le Trarza qui a ouvert le bal et l’Assaba, c’est le tour des cadres, des notables militants UPR de l’Adrar de se retrouver au Palais des congrès, ce 27 décembre pour réclamer un 3e mandat pour le président Ould Abdel Aziz dont le 2e et dernier mandat s’achève au premier semestre de 2019. Pour ces cadres, militants et autres notables, le président Ould Adbel Aziz est "le meilleur choix pour la présidentielle de 2019 parce qu’étant le seul garant de la paix et de la stabilité du pays, en un mot et en mille, de l’avenir de ce pays".

D’autres régions suivront, à coup sûr, parce que leurs élus et notables ne voudront certainement pas être taxés d’opposants au 3e mandat. Le pays est donc en forte ébullition ou agitation politique.

Et la question que l’on est en droit de se poser est savoir pourquoi ces initiatives, comme jadis des marches de soutien pour les amendements constitutionnels d’août 2017 poussent-elles comme des champignons, en cette période où les spéculations allaient bon train sur la désignation du dauphin du président.

Et de l’avis général des cercles du pouvoir et de l’opposition même, le successeur tout indiqué et bien coté reste le général Ghazwani, ex chef d’état major des armées et ministre de la défense depuis peu, réputé très proche du président Aziz. Même si certains informations relayées ça y est là, laissent croire que l’homme d’un silence olympien n’était pas intéressé par le fauteuil présidentiel.

Pour certains analystes, ceux qui agitent subitement la question du 3e mandat (ministres, conseillers à la présidence et proches du Rais) ne sont pas favorables a la désignation comme dauphin, de l’actuel ministre de la défense, issu d’un important ensemble tribal de l’est du pays. Pour ce groupe, l’intronisation de Ghazwani signerait la fin de la mainmise des gens du Nord sur le pouvoir central. L’homme pourrait même, une fois installé au feuil présidentiel refuser de jouer le Medvedev mauritanien.

Est-ce pour cette raison qu’une initiative soutenant la candidature de Ghazwani et celle de Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, ancien premier ministre, à la présidentielle de 2019 a été publiée dans la presse (site alaraby.info). S’agirait-il de manœuvres visant à créer une cassure dans la dynamique, objet de supputations depuis quelques mois ? Même si les auteurs de cette initiative sont qualifiés de « marginaux », il n’en demeure pas moins qu’une espère de tension est perceptible dans l’arène politique.

Les rivalités politiques historiques entre le Nord et le Sud, réchauffée après le baptême du nouvel aéroport international Oumoutounsy et la réécriture de l’hymne national et le changement de drapeau risquent de réapparaître de plus belle. Et gare aux pyromanes !

Jusqu’où peuvent-elles mener le pays, ces initiatives « téléguidées » par des proches du président ? Nulle part, répond un observateur averti de la scène politique mauritanienne ; elles ne vont pas prospérer prédit-il, parce que le contexte ne joue pas en faveur du troisième mandat. On raconte que le président, même s’il garde un silence assourdissant et troublant sur ces initiatives ne les cautionnerait pas. Ces initiatives constituent dès lors un test de l’opinion nationale, mais surtout internationale.

D’où le manque d’enthousiasme constatés par les certains observateurs lors du lancement de l’initiative des gens du Trarza. Les réactions des partenaires au développement, notamment la France, l’Allemagne et l’Espagne sont scrutées avec attention au Palais.

Pour nombre d’observateurs, ces initiatives résultent du flou entretenu par le président Aziz depuis quelques mois sur sa succession et donc son dauphin. Sa posture et ses déclarations multiples donnent l’impression de quelqu’un qui hésite encore ou doute de la tournure que pourraient prendre les évènements. Sa réponse dans jeune Afrique sur le choix du général Ghazwani comme dauphin, laisse songeur. Je n’ai pas arrêté mon choix, dit-il en substance.

Beaucoup continuent à douter de la sincérité des déclarations du président en fin de mandat. Tous croient qu’il veut partir mais veut, en même temps rester en gardant la haute main sur la direction des affaires du pays. C’est un jeu de haute voltige. D’où les difficultés, pour lui de trouver un dauphin loyal et docile.

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

RDC : le gouvernement demande le départ sous 48 heures de l’ambassadeur de l’Union européenne

Le ministre congolais des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, a donné 48 heures à l’Union européenne pour rappeler son ambassadeur à Kinshasa. Cette « mesure de rétorsion » intervient suite au renouvellement des sanctions de l’UE contre Kinshasa, le 10 décembre.

Le Belge Bart Ouvry va devoir faire ses valises en catastrophe. Le gouvernement congolais a en effet donné 48 heures à l’Union européenne (UE) pour rappeler son ambassadeur à Kinshasa.

Cette « mesure de rétorsion » a été annoncée à Kinshasa, jeudi 27 décembre, par le ministre des Affaires étrangère, Léonard She Okitundu – trois jours avant les élections cruciales censées se tenir le 30 décembre. Sa déclaration a été lue devant les ambassadeurs accrédités à Kinshasa et devant la presse.

Expulsion déguisée

Il l’a justifiée par le « principe de réciprocité », suite au renouvellement pour un an, le 10 décembre, des sanctions individuelles de l’UE contre plusieurs dignitaires du régime de Kinshasa, dont Emmanuel Ramazani Shadary, le candidat de la majorité présidentielle.

« C’est une manière diplomatique de dire qu’on l’expulse », souffle une source officielle congolaise.

Nous avons déjà été trop patients

« J’ai prévenu le Conseil de l’UE, il y a trois semaines, qu’il fallait qu’ils retirent leurs sanctions avant les élections, a expliqué Léonard She Okitundu à Jeune Afrique. Mais les Européens ont fait ce qu’ils appellent une “reconduction technique”, promettant de réexaminer le dossier après les élections. Pour nous, ce réexamen est un non-événement. Nous avons déjà été trop patients ».

Ingérence

Dans sa déclaration, le ministre congolais des Affaires étrangères a par ailleurs estimé que cette mesure sanctionnait « le comportement répréhensible de l’intéressé ». « Il faisait preuve d’activisme aux côtés de l’opposition et de la société civile, en particulier l’Église catholique, ce qui représentait une ingérence », explique à JA Barnabé Kikaya bin Karubi, le conseiller diplomatique du président Joseph Kabila.

Léonard She Okitundu a par ailleurs indiqué que de nouvelles mesures de rétorsion vis-à-vis de l’UE seraient annoncées « au fur et à mesure ».

Source : jeuneafrique.com

 

Après sept ans, les Emirats rouvrent leur ambassade en Syrie

content_imageLes Emirats arabes unis vont rouvrir jeudi leur ambassade à Damas, a indiqué un responsable gouvernemental syrien, sept ans après avoir rompu leurs relations diplomatiques pour protester contre la répression de manifestations par le pouvoir syrien, à l'origine du conflit meurtrier. "A la demande du ministère des Affaires étrangères (...) le ministère de l'Information syrien a invité les journalistes à couvrir la réouverture de l'ambassade émiratie à Damas aujourd'hui", a indiqué un responsable du ministère de l'Information s'exprimant sous le couvert de l'anonymat.

Après des années de mise au ban diplomatique, cette dernière initiative semble être un pas de plus en direction d'une normalisation des relations entre la Syrie, ravagée depuis 2011 par un conflit meurtrier, et les pays arabes. Le 16 décembre, le président soudanais Omar el-Béchir avait effectué une visite surprise à Damas pour rencontrer Bachar al-Assad. Il s'agissait de la première visite d'un chef d'Etat arabe dans la capitale syrienne depuis 2011.Depuis plusieurs semaines, la réouverture de l'ambassade émiratie était évoquée, alors que des travaux de rénovations étaient menés dans le bâtiment.

En février 2012, les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont font partie les Emirats arabes unis, avaient annoncé le rappel de leurs ambassadeurs de Damas pour protester contre la répression sanglante du pouvoir de Bachar al-Assad contre les manifestations pro-démocratie. Ce mouvement s'est graduellement transformé en conflit armé opposant le pouvoir de Damas à des groupes rebelles, avant l'intervention de mouvements djihadistes. Le conflit en Syrie a fait plus de 360.000 morts.

Source : 7 sur 7.be