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Tunisie : l’ex-président Ben Ali enterré à Médine en Arabie saoudite

Le président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, décédé jeudi, a été enterré samedi dans la ville sainte musulmane de Médine dans l'ouest de l'Arabie saoudite, ont rapporté des témoins.

L’ancien chef de l’État, qui est mort à Jeddah, au sud de Médine, a été inhumé dans le cimetière d’Al-Baqi, près du mausolée du prophète Mahomet, après la prière de l’après-midi, ont ajouté ces témoins.

Son enterrement à Médine avait été annoncé auparavant par un de ses gendres sur Instagram.

« Aujourd’hui, les funérailles du président Zine El Abidine Ben Ali auront lieu après la prière de l’après-midi à Médine et il sera enterré dans les lieux saints, près du tombeau du

Une partie de la famille de Ben Ali recevra par ailleurs des condoléances dimanche à Sidi Bou Saïd, banlieue huppée de Tunis, selon une annonce publiée dans le quotidien francophone tunisien La Presse.

Silence dans les médias saoudiens

Chassé par la rue le 14 janvier 2011 après avoir installé un régime policier en Tunisie deux décennies durant, Ben Ali est décédé jeudi en exil.

Son décès a été passé sous silence par les médias saoudiens.

Il n’a pas fait la Une de l’actualité ni des conversations en Tunisie alors que le pays s’apprête à élire ses députés le 6 octobre, puis à choisir un président entre deux outsiders, un homme d’affaires emprisonné et un universitaire prônant une décentralisation radicale.

Source : jeubneafrique.com

 

Algérie : des milliers de manifestants à Alger malgré un gros déploiement policier

Des milliers de personnes ont manifesté à Alger pour le 31e vendredi consécutif de mobilisation malgré un important déploiement des forces de l'ordre et quelques jours après l'annonce d'une présidentielle en décembre, un scrutin rejeté par le mouvement de contestation.

Ce mouvement exclut toute élection d’un successeur à Abdelaziz Bouteflika, poussé à la démission en avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée, sans un départ préalable du « système » au pouvoir depuis deux décennies.

Si en début d’après-midi – quand commencent habituellement des manifestations –les rues de la capitale algérienne étaient quasiment vides, elles se sont remplies au fur et à mesure, et des milliers de personnes s’étaient retrouvées dans les rues d’Alger en milieu d’après-midi.

« Le peuple ne s’arrêtera pas »

« Le peuple veut renverser Gaïd Salah », « Mettez-nous tous en prison », « Le peuple ne s’arrêtera pas », ont-ils scandé, en référence à Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et véritable homme fort du pays.

Avant le début de la manifestation, des photographes de l’AFP ont vu des membres des forces de l’ordre arrêter plusieurs manifestants à proximité de la place de la Grande Poste, point de rassemblement phare du mouvement de contestation, dans le centre-ville.

La police a multiplié ces dernières semaines les arrestations à Alger avant le début des manifestations hebdomadaires du vendredi. Trois figures de proue de la contestation ont été arrêtées récemment en l’espace d’une semaine.

La mobilisation était cependant au rendez-vous, et ce également en dépit d’un déploiement des forces de sécurité encore plus important que lors des vendredis précédents.

La police était fortement présente dans le centre de la capitale et sur les axes y menant. Elle a arrêté des véhicules dans les rues principales de la capitale menant notamment à la Grande Poste.

Un journaliste de l’AFP a vu des policiers en civil examiner les papiers d’identité de nombreux passants, et certains d’entre eux ont été interpellés puis mis dans des camions.

Circulation bloquée

À l’entrée sud-ouest de la capitale, des membres des forces de l’ordre ont stoppé des voitures venant de l’extérieur d’Alger.

Idir, manifestant venu de Tizi Ouzou, à environ 100 km à l’est d’Alger, a réussi à rejoindre la capitale.

« Je suis parti à cinq heures du matin de Tizi Ouzou, où les routes étaient vides, mais au niveau du point de contrôle, j’ai vu des dizaines de voitures se faire contrôler », a-t-il déclaré à l’AFP. « J’ai réussi à y échapper car ma plaque d’immatriculation est enregistrée à Alger », a-t-il ajouté.

Sur les médias sociaux, des militants ont fait état d’un embouteillage s’étendant sur « plusieurs kilomètres » aux entrées de la capitale. Un hélicoptère de la police a survolé la capitale depuis le matin.

Les manifestants se sont dispersés sans incident vers 17h00 (16H00 GMT), en scandant: « Nous reviendrons (manifester) mardi avec les étudiants. »

Des manifestations massives ont par ailleurs eu lieu dans plusieurs régions du pays, notamment à Constantine, Béjaïa, Tizi Ouzou et Oran, selon des images publiées sur les réseaux sociaux.

Faisant fi du refus du mouvement de contestation de la tenue d’une élection, le pouvoir a choisi le passage en force en annonçant dimanche une nouvelle date pour la présidentielle, fixée au 12 décembre.

Intégrité du processus électoral

La présidentielle pour élire un successeur à Abdelaziz Bouteflika, initialement prévue le 4 juillet, avait dû être annulée, aucun candidat ne s’étant déclaré, face à l’ampleur de la contestation.

« Il n’y a pas lieu, pour quiconque, de chercher des faux prétextes pour remettre en cause l’intégrité du processus électoral ou l’entraver », a lancé mercredi lors d’un discours Ahmed Gaïd Salah.

À cette occasion, il a indiqué que l’armée empêcherait désormais les manifestants des autres régions de se joindre aux cortèges à Alger.

Il a motivé cette décision par l’existence de « certaines parties (…) aux intentions malveillantes » qui drainent « chaque semaine des citoyens (…) vers la capitale afin d’amplifier les flux humains dans les places publiques, avec des slogans tendancieux qui n’ont rien d’innocent ».

« Leur véritable objectif est d’induire l’opinion publique en erreur (…) pour s’autoproclamer fallacieusement comme les porte-voix du peuple », a-t-il tonné.

Cette mesure a été dénoncée comme « illégale » par Me Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH).

Selon lui, il n’existe « aucune réglementation en ce sens, bien au contraire: la Constitution garantit aux Algériens l’égalité citoyenne et la liberté de circulation ».

Source : jeuneafrique.com

 

Communiqué du Conseil des Ministres du Jeudi 19 Septembre 2019

Communiqué du Conseil des Ministres du Jeudi 19 Septembre 2019AMI - Le Conseil des Ministres s'est réuni le jeudi 19 Septembre 2019 sous la présidence de Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani, Président de la République.

Le Conseil a examiné et approuvé les deux projets de lois suivants :

-Projet de loi modifiant certaines dispositions de la loi n°2015-032 abrogeant, modifiant et complétant certaines dispositions de la loi n°2000-005 du 18 janvier 2000 portant Code de Commerce.

Le présent projet de loi vise à lever certaines difficultés liées aux articles 116 bis et 205 du Code de Commerce tel que modifié en 2015.

Il devra permettre, d'une part, de conserver l'indépendance de la profession des notaires et d'attribuer aux avocats la compétence de rédiger les contrats relatifs au fonds de commerce, tout en simplifiant, d'autre part, les procédures de création des sociétés qui offrent le prototype adéquat des petites et moyennes entreprises.

-Projet de loi portant Code de la pêche et de l’aquaculture dans les eaux continentales.

Le présent projet de loi vise à combler un vide juridique ressenti comme une urgence pour l'organisation et la structuration du sous- secteur de la pêche et de l’aquaculture continentales.

La valorisation du potentiel que recèle ledit sous- secteur permettra de créer d'importantes opportunités d'emplois pour les jeunes et les femmes contribuant ainsi, de façon efficace, à la lutte contre la pauvreté, la malnutrition et la migration des populations de leurs terroirs.

Le Ministre des Affaires Étrangères, de la Coopération et des Mauritaniens de l’Extérieur a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.

La Ministre des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille et le Ministre de l’Économie et de l’Industrie ont présenté une communication conjointe relative à la prise en compte des besoins spécifiques des personnes handicapées dans l’enquête démographique et de santé.

Cette communication propose de saisir l'opportunité offerte par l'Enquête Démographique et de Santé (EDS), en cours de préparation, pour approfondir son module handicap pour y intégrer des données désagrégées prenant en compte les besoins spécifiques de cette importante catégorie des citoyens.

La disponibilité de chiffres désagrégés et fiables en la matière permettra de proposer des actions intégrées fixant les priorités du groupe social concerné et d'outiller les acteurs pour jouer leur rôle dans la mise en œuvre d'une véritable politique d'inclusion des personnes handicapées.

La Ministre des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille a présenté une communication relative à la promotion de l’autonomisation inclusive des monitrices formées au Centre de Formation de la Petite Enfance (CFPE).

Cette communication évalue le dispositif de formation en matière de la petite enfance et propose de transformer le centre dédié à cet effet en Centre de Formation des Affaires Sociales.

Ce nouveau centre devra assurer la formation continue du personnel du département chargé des Affaires Sociales, de l’Enfance et de la Famille et doter tous les acteurs de développement social de ressources humaines qualifiées.

La Ministre de l’Environnement et du Développement Durable a présenté une communication relative à l’impact environnemental des projets d’exploitation du Sable noir sur le littoral mauritanien.

Cette communication fait le point sur la situation et les enjeux de l'exploitation durable des réserves de nos zones côtières en sable noir qui constitue une substance minérale utilisée en quantité croissantes dans différentes industries de pointe.

Elle propose également un train de mesures tendant à garantir la mise en place des conditions nécessaires pour la valorisation de cette ressource de façon sûre et rentable aussi bien du point de vue environnemental qu'en termes économique et social.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Ben Ali, 23 ans de pouvoir de la chute de Bourguiba à la révolution tunisienne

Zine el-Abidine Ben Ali est mort ce jeudi 19 septembre à l'âge de 83 ans. Il avait été président de la République tunisienne de 1987 à 2011, une présidence de plus de 23 ans, marquée par des atteintes importantes aux droits de l’homme.

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi, un jeune vendeur ambulant de Sidi Bouzid, s’immole par le feu, pour protester contre la saisie de sa marchandise par les autorités. Dans un pays gangréné depuis des années par la corruption et le népotisme, ce suicide provoque une série de manifestations insurrectionnelles dans tout le pays.

Petit à petit les Tunisiens n'ont plus peur et sont de plus en plus nombreux à le dire haut et fort. Ces protestations ont même créé une onde de choc, à des degrés très variables, dans d’autres pays arabes, aboutissant à ce que l’on appelle le « Printemps arabe ».

La mobilisation est alors à la hauteur de la peur des Tunisiens de s'exprimer jusque-là dans la rue et de la répression de la contestation, qui fera 300 morts. Une pression populaire telle que Ben Ali doit quitter le pays le 14 janvier 2011. Son projet est de protéger sa famille en Arabie saoudite et de revenir dès le lendemain en Tunisie. Mais la situation politique est telle que Ben Ali est contraint de rester à Djeddah. Il est mort ce jeudi 19 septembre.

Depuis 2011, Ben Ali avait donc été réfugié en Arabie saoudite, avec son épouse Leïla Trabelsi, son fils Mohamed et sa fille Halima. Peu d’informations ont filtré sur son exil. En février 2011, une rumeur avait indiqué que Ben Ali souffrait d’un cancer de la prostate depuis plusieurs années et était tombé dans le coma après une attaque cardiaque. Des affirmations largement exagérées, Ben Ali ayant plutôt souffert d’une crise d’hypoglycémie, comme l’a rapporté RFI à l’époque.

Dans la ville portuaire de Djeddah, Ben Ali a pu profiter d’une « demeure bourgeoise », vivant avec des gardes du corps de l’armée saoudienne, de manière discrète, comme le lui ont demandé les autorités du pays. Des autorités qui ont refusé par deux fois les demandes d’extradition émises par la Tunisie. L'ancien président a été jugé par contumace, dans son pays, dans de nombreux procès. Il est notamment accusé dans des affaires de corruption, de malversations et lié à la répression des manifestations.

Un président qui a constitué une « quasi-mafia » à la tête du pays

Ben Ali laisse en effet la trace d’un président autoritaire qui, avec son entourage et en particulier la famille de sa seconde épouse, l'ex-coiffeuse Leïla Trabelsi, a généralisé la corruption dans le pays. Il est toujours difficile à ce jour d'évaluer avec précision la fortune du « clan ».

Avec sa seconde épouse Leïla Trabelsi, qui a progressivement étendu son influence sur le pays, Ben Ali s’est installé à la tête d’une « quasi-mafia », selon les mots de l’ancien ambassadeur américain Robert F. Godec (dans un mémo confidentiel révélé par WikiLeaks). Leur influence s’est illustrée par l’implication graduelle de certains membres de la famille Trabelsi dans plusieurs pans de l’économie du pays, sans compter les membres de la famille de Ben Ali. Le personnage le plus connu étant peut-être  Sakhr El Materi, son gendre, qui était à la tête d’une puissante holding présente dans le commerce automobile, l’immobilier, le tourisme de croisière, les finances, les médias, les télécommunications et l’agriculture. À la révolution, El Materi s’enfuit en France, au Qatar, puis aux Seychelles, et est aussi condamné par contumace dans plusieurs affaires de corruption et de malversations.

Le 7 novembre 1987 : le « Changement »

La présidence de Ben Ali avait pourtant commencé en 1987 avec des promesses de démocratisation. À l’époque, la Tunisie était en pleine crise de succession, le président Habib Bourguiba, vieillissant et malade, devant faire face à une crise économique et financière et à une importante contestation sociale et islamiste. Nommé Premier ministre le 2 octobre 1987, Ben Ali se confirme comme le possible successeur de Bourguiba. Le 7 novembre, il dépose le président pour sénilité dans un « coup d’État médical ».

Ben Ali rejetait ce terme de « coup d’État ». Lors d’une interview à la chaîne de télévision française Antenne 2 (ex-France 2) le 9 septembre 1988, il qualifiait sa prise de pouvoir comme un « acte de redressement, de salut national. […] Avant le 7 novembre [1987], la loi était bafouée, les institutions paralysées. Et je devais bien entendu rétablir l’état de droit. […] Et ça a été fait dans le strict respect de la Constitution et de la loi sans une goutte de sang et sans la moindre égratignure. »

ajoutant que Bourguiba « était malade, il n’était pas [en] état de gouverner ». Ce « putsch médical » a été plutôt bien accueilli par le monde politique, le nouveau président Ben Ali cherchant à apaiser le climat politique, en donnant des signes d’ouverture aux partis de l’opposition et aux associations.

Mais rapidement des atteintes importantes aux droits de l’homme sont constatées en Tunisie. Et la politique de Ben Ali a devient synonyme de répression, à l’emprisonnement et à la torture de ses opposants ainsi qu’à des atteintes à la liberté d’expression et à la liberté de la presse.

Le chiffre 7 (issu de la date du 7 novembre 1987) est devenu le symbole de sa présidence, faisant l’objet d’un culte. Le 7 novembre est un jour férié, et le chiffre 7 est visible dans la quasi-totalité des lieux publics : administrations, cafés, magasins, avenues, établissements scolaires, transports, stades, etc. L’image de Ben Ali était omniprésente dans le pays.

Un « homme de l’ombre » passé par l’armée avant la politique

Mais comme l’écrivait en 2002 le journaliste Jean-Pierre Tuquoi, Ben Ali restait un « inconnu » pour les Tunisiens : c’est « un personnage lisse. Il est à la fois omniprésent et absent. C’est un visage, mais pas une voix. […] Ben Ali reste aux yeux des Tunisiens un personnage lointain, inaccessible et difficile à cerner. » Avant la politique, Ben Ali a effectué l’essentiel de sa carrière dans l’armée et les services de sécurité, restant un « homme de l’ombre », comme le qualifie un de ses anciens compagnons de route.

Né le 3 septembre 1936, dans une famille modeste de Hammam Sousse, Ben Ali intègre très jeune les structures locales du Néo-Destour, le parti de Habib Bourguiba. Il entre dans l’armée après l’indépendance du pays en 1956. Quatrième enfant d’une famille qui en comptait onze, il est affecté au service du général Kéfi, un des plus hauts gradés de l’armée, dont il épouse la fille Naïma en premières noces en 1964.

En janvier 1978, il est nommé à la tête de la sûreté générale, avant de devenir ambassadeur de Tunisie en Pologne en 1980. Le 26 avril 1986, il obtient le poste de ministre de l’Intérieur. C’est alors qu’il commence à fréquenter Leïla Trabelsi, avec qui il se marie en 1992, quatre ans après avoir divorcé de sa première épouse.

Modernisation de l’économie tunisienne et promotion des droits des femmes

C’est autour de cette période que le processus politique de démocratisation, qui était promis et avait commencé à s’engager depuis 1987, a fortement ralenti. Mais du point de vue économique et social, Ben Ali a poursuivi la politique de Bourguiba. Libéralisme économique, privatisations dans le secteur touristique et ouverture envers les investisseurs étrangers étaient les mots d’ordre en économie.

D’un point de vue social, Ben Ali s’est inscrit dans le prolongement de Bourguiba pour la promotion de la laïcité et la place de la femme. Il a étendu le Code du statut personnel, la loi qui donnait à la femme tunisienne une place inédite dans le monde arabe, en donnant plus de droits aux femmes, et en particulier aux mères. La femme tunisienne a ainsi pu transmettre à son enfant sa nationalité, une nouveauté alors dans le monde arabe.

En son temps, les soutiens de Ben Ali le défendaient souvent en mettant en valeur la bonne santé économique du pays et le statut privilégié des femmes, qu’ils lui attribuaient. Mais l’historienne et journaliste franco-tunisienne Sophie Bessis se demandait si le régime de Ben Ali était féministe « par nécessité politique et pour masquer le déficit démocratique qu'il semble se plaire à creuser, ou par conviction moderniste ».

En tout cas, après la révolution de janvier 2011, le pays est passé par tant d’instabilités économiques et sécuritaires que certains Tunisiens ont un temps, souhaité le retour de Ben Ali en Tunisie. La nostalgie portait peut-être plus sur une période où l’économie allait mieux et où le pays était beaucoup plus verrouillé sur le plan sécuritaire qu'elle ne portait sur le personnage. Mais les nostalgiques, n'ont jamais été majoritaires. Quand le 14 mars 2016, Khaled Chouket, porte-parole du gouvernement, a demandé le retour de Ben Ali en Tunisie au nom de « la réconciliation » et de « la tolérance ». Aussitôt, cette déclaration a provoqué un tollé dans un pays où le nom même de Ben Ali reste un repoussoir.

Source : RFI

 

Mauritanie: le président Mohamed Ould Ghazouani reçoit l'opposition

Mauritanie: prémices d’un dialogue entre pouvoir et oppositionRFI Afrique - Après avoir reçu les acteurs politiques qui l'ont soutenu, Mohamed Ould Ghazouani reçoit depuis 15 jours les principales personnalités de l'opposition. Que se sont-ils dit et sur quoi peuvent déboucher ces entretiens ?

La dernière rencontre en date s'est tenue avec Mohamed Ould Maouloud, à la tête de l'UFP, l'Union des forces du progrès. Le président Mohamed Ould Ghazouani a fait le choix de recevoir les leaders de l'opposition un à un. Au menu, protocole et courtoisie pour ce qui est de la forme : « Nous avons ont été reçus avec beaucoup de considération », témoigne l'un d'eux.

Pour justifier la tenue de ses entretiens, le chef de l'État aurait rappelé à ses interlocuteurs que son expertise était le domaine militaire, d'où son désir de faire connaissance avec la classe politique.

Si le président a visiblement fait preuve d'une grande qualité d'écoute, et pris beaucoup de notes, il n'a manifestement rien laissé paraitre de ce qu'il pensait, notamment face à l'état des lieux du pays peu reluisant brossé par certains de ses hôtes.

Parmi les demandes formulées par les opposants, figure la nécessité d'ouvrir un dialogue politique, de renforcer la cohésion nationale, ou de lever les poursuites engagées contre plusieurs opposants poursuivis par la justice ou en exil à l'étranger.

Quelles seront les suites de cette première démarche globalement plutôt saluée par l'opposition ? Le chef de l'État a fait comprendre qu'il souhaitait avancer mais de manière progressive, pour ne pas heurter certaines sensibilités.

Mohamed Ould Maouloud : "J’ai beaucoup insisté sur la nécessité d’un dialogue national inclusif urgent où toutes les questions seront posées et où on pourra arriver à une entente, des accords, qui engageront tous les acteurs nationaux et qui permettront d’asseoir la stabilité politique et sociale dans le pays".

Source : RFI Afrique

 

 

Kidal, ville du nord, inquiète les voisins du Mali

Kidal, ville du nord, inquiète les voisins du Mali L'Express - La situation de Kidal suscite l'inquiétude des pays du Sahel, pour qui cette ville du nord-est du Mali en guerre sert de base arrière à des jihadistes pour semer la terreur dans la région.

Jusqu'alors prononcées sous le manteau, les accusations visant Kidal, à quelques centaines de kilomètres de l'Algérie et du Niger, ont été lancées haut et fort par le président nigérien Mahamadou Issoufou début septembre.

"Le statut de Kidal est une menace" pour la stabilité du Sahel, a déclaré M. Issoufou malgré la présence à ses côtés de son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta. Kidal fait partie de ces vastes zones du Mali qui échappent de facto à l'autorité de l'Etat.

Prise en 2012 par les rebelles salafistes, elle est aujourd'hui, malgré la présence de bases française et des forces onusiennes, sous le contrôle d'ex-rebelles séparatistes touareg qui se sont soulevés contre le pouvoir central en 2012 avant de signer un accord de paix à Alger en 2015.

Aujourd'hui, Kidal est devenue une "évidente base arrière et rampe de lancement de plusieurs opérations terroristes", a déclaré mi-septembre auprès de la presse burkinabè Maman Sidikou, secrétaire général du G5 Sahel engagée dans la lutte contre le jihadisme.

A l'origine de cette escalade verbale, selon le chercheur Ibrahim Yahya Ibrahim, du think-thank International Crisis Group (ICG), l'attaque menée en juillet par des jihadistes contre un camp militaire nigérien proche de la frontière. Dix-huit soldats ont été tués.

"Beaucoup au sein du gouvernement nigérien pensent que les assaillants sont partis d'une base de la Coordination des mouvements de l'Azawad", CMA, dont une des composantes contrôle Kidal, explique Ibrahim Yahya Ibrahim. Le Niger assure en avoir les preuves, mais ne les a jamais rendues publiques, ajoute-t-il.

"Se faire attaquer par des terroristes venant de la base d'un groupe signataire de l'accord d'Alger a agacé l'Etat" nigérien, poursuit le chercheur.

De fait, le président Issoufou se plaint que des groupes armés maliens signataires de l'accord d'Alger aient une "position ambiguë" vis-à-vis des jihadistes, faisant peser le soupçon d'alliances locales et opportunistes entre séparatistes et jihadistes.

Les informations indépendantes sont très difficiles à obtenir dans un secteur dangereux. Mais le CMA réfute les accusations nigériennes.

- "Chimère" -

Réunis à Ouagadougou samedi, les pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont lancé un appel aux Etats sahéliens pour "ne pas accepter que les terroristes utilisent leur territoire comme sanctuaire ou base de repli". Un apparent tacle au Mali pour son incapacité à restaurer son autorité étatique à Kidal, selon un observateur à Bamako.

Lors de la même conférence, une source haut placée du Tchad disait ne pas vouloir que les troupes tchadiennes déployées au Mali au sein de la mission de l'ONU "restent l'arme au pied". Elle souhaitait que ces troupes "aillent combattre là où ça se passe", laissant entrevoir la tentation éprouvée par certains d'intervenir militairement dans la zone.

Signe du sérieux de l'affaire, une réunion du comité de suivi de l'accord (CSA) d'Alger de 2015, initialement prévue à Kidal mardi, a été reportée. C'était la première fois qu'une telle réunion était délocalisée, dans ce qui devait symboliser un retour de l'Etat malien dans le nord et illustrer la mise en oeuvre de l'accord.

"Des éléments nouveaux (sont) intervenus", a justifié devant des diplomates le ministre malien des affaires étrangères Tiébilé Dramé, sans préciser lesquels. Selon un représentant d'un pays africain au CSA, tenir la réunion à Kidal revenait du point de vue malien à "conforter les indépendantistes dans leur chimère".

La CMA a demandé une réunion urgente en terre "neutre" pour "clarifier l'ensemble des questions" liées à la non-tenue de la réunion.

Le président du CSA, Ahmed Boutache, qui a quitté ses fonctions mardi, a estimé en réponse que cette demande de clarifications "n'augure pas de jours meilleurs pour l'application de l'accord menée si patiemment tout au long de ces cinq dernières années".

La mise en place de l'accord reste fastidieuse, tandis que les violences se multiplient au Mali et que les attaques jihadistes se sont étendues ces dernières années au Burkina Faso et au Niger.

Source : L'Express (France)

 

 

Arabie saoudite: des attaques venues du «Nord» et «parrainées» par l'Iran

mediaQuatre jours après la double attaque contre des installations pétrolières, l'Arabie saoudite a dévoilé ce mercredi 18 septembre les conclusions d'une enquête officielle, tandis que Washington a annoncé de nouvelles sanctions contre l'Iran.

La mise en scène a été soignée. Au milieu de débris de « drones » et de « missiles de croisière » présentés comme étant des restes de ceux ayant frappé les deux installations pétrolières d'Aramco, Turki al-Maliki a présenté à la presse les premières conclusions d'une enquête officielle menée au pas de charge. Moins de quatre jours après la double attaque, le porte-parole du ministère saoudien de la Défense a ainsi affirmé que celle-ci a été lancée « depuis le Nord » et qu'elle a été « incontestablement parrainée » par l'Iran.

Selon lui, les sites ont été frappés par 18 drones et sept missiles de croisière, tirés depuis un endroit qui n'est pas le Yémen, situé au sud de l'Arabie saoudite, où les rebelles houthis ont revendiqué les attaques. Turki al-Maliki n'a toutefois pas directement accusé la République islamique d'avoir lancé ses attaques depuis son territoire. Il s'est néanmoins dit certain que l'enquête menée par Riyad permettra de déterminer le lieu de lancement exact.

En visite dans la capitale saoudienne où il devait rencontre le prince héritier Mohammed ben Salman, le secrétaire d'État américain Mike Pompeo s'est quant à lui montré plus catégorique. « C'était une attaque iranienne », a-t-il déclaré, affirmant qu'elle portait « les empreintes digitales de l'ayatollah » Ali Khamenei, le guide suprême iranien. Le chef de la diplomatie américaine a qualifié ces attaques d'« acte de guerre ».

Washington durcit encore ses sanctions contre l'Iran

Moins affirmatif que ses ministres sur la responsabilité de l'Iran, tout en confirmant qu'il s'agissait du principal suspect, le président Donald Trump a annoncé sur Twitter avoir ordonné le durcissement des sanctions contre la République islamique. Ces mesures punitives, dont la nature doit encore être détaillée, viennent s'ajouter à celle d'une ampleur sans précédent que Washington impose à Téhéran depuis que les États-Unis se sont retirés de l'accord sur le nucléaire iranien.

Réagissant à cette annonce, le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a accusé Washington de « viser délibérément » les civils iraniens. Donald Trump « admet que les États-Unis ciblent délibérément des civils ordinaires », a-t-il tweeté, qualifiant les mesures américaines d'« illégales » et « inhumaines ».

Dans un échange téléphonique avec Mohammed ben Salman, le président russe Vladimir Poutine « a appelé à une enquête approfondie et objective », indique le Kremlin. Le président français Emmanuel Macron s'est lui aussi entretenu avec l'homme fort du royaume et va envoyer, selon l'Élysée, des experts pour participer à l'enquête saoudienne. Le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres a de son côté annoncé que des experts onusiens sont déjà partis pour travailler sur cette affaire.

Source : RFI (Avec AFP)