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Gabon : Ali Bongo Ondimba va poursuivre sa convalescence à Londres

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba va prochainement être transféré à Londres. Hospitalisé depuis le 24 octobre à la suite d'un accident vasculaire cérébral, il doit poursuivre sa convalescence dans un établissement médical spécialisé de la capitale britannique.

Près d’un mois après le début de son hospitalisation au King Faisal Hospital de Ryad, Ali Bongo Ondimba va finalement quitter l’Arabie saoudite pour Londres. Le transfert du président gabonais est prévu dans les prochains jours, voire les prochaines heures. Dans la capitale britannique, ABO doit être admis dans un établissement médical spécialisé.

Le chef de l’État gabonais va, selon nos informations, « beaucoup mieux », raison pour laquelle il a été autorisé à voyager. Conscient et ayant recouvré l’usage de la parole, il a décidé de suivre l’avis de la Première dame, Sylvia Bongo Ondimba, qui plaidait depuis plusieurs jours pour un transfert à Londres, où elle dispose d’une résidence dans le quartier de Mayfair.

 

Une convalescence au Maroc avait un temps été envisagée, sur insistance du roi Mohamed VI, proche d’ABO. Mais l’option a finalement été écartée. Aucune information n’a en revanche filtré concernant la durée de la convalescence du président gabonais.

 

 

Source : jeuneafrique.com

 

Mauritanie: la ville d'Oualata en rupture avec son sombre passé

Mauritanie: la ville d'Oualata en rupture avec son sombre passéEn Mauritanie, la ville d'Oualata est surnommée « la grande sœur de Tombouctou ». Inscrite depuis plus de vingt ans au patrimoine mondial de l’Unesco, elle accueille ces jours-ci la huitième édition du Festival des cités anciennes.

Mais Oualata est aussi connue pour de plus funestes raisons : la ville a abrité un bagne politique à partir des années 1970. Un passé récent et sombre que le gouvernement tente de faire oublier et cela a commencé par l'annonce de la fermeture de la prison.

La cité historique de Oualata se trouve dans l’est mauritanien, à plus de mille kilomètres de Nouakchott. C’est là que beaucoup de prisonniers politiques mauritaniens ont purgé leur peine à l’image de Fara Oumar Ba, président de l’Association mauritanienne de lutte contre l’exclusion et le racisme.

Il s’est dit surpris d’apprendre que la prison de Oualata doit être prochainement fermée : « Je suis agréablement surpris. Et pour nous, Oualata a été une véritable descente aux enfers. Le sinistre bagne de Oualata a été un centre de torture.

Quand nous sommes arrivés, nous étions menottés et ensuite, nous étions enchaînés. Nous avions des chaînes aux pieds. Vous partagez la chaîne avec votre camarade d’infortune. Et vous voyez la gêne que cela comporte, parce que, quand vous voulez aller aux toilettes vous allez ensemble. C’est des images extraordinaires, des images vraiment surréalistes ».


Fara Oumar Ba a fait partie d’un groupe des cadres négro-africains arrêtés et jugés entre 1986 et 1987 pour avoir produit et publié un document intitulé « le négro-africain de Mauritanie opprimé ». Mais les cadres noirs n’étaient pas les seuls à avoir été emprisonnés à Oualata. Ce fut également le cas du père de l’indépendance de la Mauritanie Moktar Ould Daddah après son renversement le 10 juillet 1978.

Source : RFI

 

Khashoggi: A Ryad, des membres du royaume tournent le dos à "MbS"

LONDRES (Reuters) - Alors que le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi a provoqué un tollé de la communauté internationale, des membres de la famille royale saoudienne s'activent pour empêcher le prince héritier Mohamed ben Salman d'accéder au trône à Ryad, ont dit à Reuters des sources proches de la Cour royale.

Selon la presse américaine, la CIA est parvenue à la conclusion que Mohamed ben Salman, dit "MbS", a ordonné l'assassinat du journaliste et opposant Jamal Khashoggi, tué dans l'enceinte du consulat d'Arabie saoudite à Istanbul (Turquie) le 2 octobre dernier et dont le corps reste introuvable.

Jamal Khashoggi, qui vivait en exil aux Etats-Unis, écrivait régulièrement pour le Washington Post des tribunes très critiques envers le prince héritier saoudien.

Plusieurs dizaines de princes et cousins de la puissante branche Al Saoud de la famille royale veulent un changement dans l'ordre de succession mais n'agiront pas tant que le roi Salman, âgé de 82 ans, est toujours vivant, ont dit les sources.

Il est peu probable, ont-elles précisé, que le roi Salman tourne le dos à son fils préféré "MbS".

Les membres de la famille royale qui ne veulent pas de "MbS" à la tête du royaume envisagent la possibilité que le prince Ahmed ben Abdoulaziz, frère cadet du roi Salman âgé de 76 ans, accède au trône après le décès de l'actuel roi.

D'après l'une des sources, le prince Ahmed, le seul frère du roi Salman encore en vie, aurait le soutien de membres de la famille royale, des services de sécurité et de plusieurs puissances occidentales.

Ahmed, qui a été ministre adjoint de l'Intérieur pendant près de quatre décennies, se serait opposé en 2017 au choix de "Mbs" comme héritier au trône, ont dit à l'époque deux sources saoudiennes.

Ni le prince Ahmed, ni ses représentants n'ont fait de communiqué sur les informations rapportées par Reuters.

Des représentants du royaume n'ont pas répondu aux demandes de commentaire sur la question de la succession du roi Salman.

S'exprimant sur les conclusions de la CIA sur la mort de Jamal Khashoggi, le ministre saoudien des Affaires étrangères a nié toute implication de Mohamed ben Salman dans ce meurtre.

SUCCESSION PAS AUTOMATIQUE

A Ryad, la succession n'est pas automatique entre un père et son ou l'un de ses fils. En plus du roi, les hauts membres de la famille royale - représentant les différentes branches qui la composent - choisissent celui qu'ils estiment le plus apte à hériter du trône.

Même désigné prince héritier, Mohamed ben Salman aura besoin que le Conseil d'allégeance ratifie son accession au trône une fois que le roi Salman ne sera plus en mesure de gouverner ou sera mort, a dit l'une des sources.

De hauts responsables américains ont indiqué ces dernières semaines à des conseillers saoudiens qu'ils soutiendraient le prince Ahmed comme potentiel successeur au roi Salman, a-t-on appris de sources saoudiennes informées des discussions.

Toutefois un haut représentant de l'administration américaine a déclaré que la Maison blanche ne comptait pas dans l'immédiat prendre ses distances avec Mohamed ben Salman malgré la pression de certains parlementaires et les conclusions de la CIA.

Il a ajouté que cela pourrait changer une fois que le président Donald Trump aura été complètement informé des conclusions des services du renseignement américain sur le meurtre de Khashoggi.

Les sources saoudiennes ont déclaré que des représentants américains se détournaient de Mohamed ben Salman pas seulement à cause de son implication présumée dans la mort de Jamal Khashoggi, mais aussi parce que "MbS" a récemment suggéré au ministre saoudien de la Défense d'explorer la conclusion d'un possible contrat d'armement avec la Russie.

Mohamed ben Salman, 33 ans, a connu une ascension fulgurante depuis qu'il est sorti de l'ombre en 2014. Il a évincé en juin 2017 son cousin et aîné, le prince Mohamed ben Nayef, qui était promis au trône et occupait le poste de ministre de l'Intérieur.

En novembre dernier, "MbS" a lancé une spectaculaire purge anti-corruption touchant les plus hauts cercles de la famille royale et des milieux d'affaires. Parmi les personnalités arrêtés figuraient le prince Miteb ben Abdallah, alors relevé de ses fonctions de la ministre de la très puissante Garde nationale.

Malgré le scandale provoqué par le meurtre de Jamal Khashoggi, le prince héritier n'a pas dévié de son cap politique.

Source : Reuters

 

Mohamed Ould Abdel Aziz: « Non, je ne me représenterai pas » pour un 3e mandat

Ce mardi 20 novembre, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz s'est rendu à Oualata, dans le sud du pays, pour inaugurer l’édition 2018 du Festival culturel des villes anciennes. L'occasion aussi pour lui de préciser ses intentions pour la prochaine élection présidentielle et d'évoquer la sécurisation du Sahel et la lutte contre le terrorisme dans la sous-région et en Mauritanie.

Le président Mohamed Ould Abdel Aziz va-t-il briguer un troisième mandat lors de la prochaine présidentielle en Mauritanie qui se profile à l’été 2019 ? Le chef de l’Etat mauritanien, rappelle qu’il compte bien respecter la Constitution mais qu’il « entend » aussi les appels de ses partisans en vue d’un maintien au pouvoir.

C’est qu’il a affirmé hier lors de l'ouverture du festival culturel de Oualata dans le sud du pays, où l’attendaient de nombreux soutiens.

Mohamed Ould Abdelaziz: pas de 3e mandat

« Je suis sensible à tous les appels. Il y en a aussi qui appellent à la limitation des mandats. Donc j’écoute tout le monde… De toutes façons, je suis là pour respecter et faire respecter la Constitution du pays.

Non, je ne me représenterai pas dans la mesure où je vais respecter la Constitution et la Constitution dit que je ne peux pas me représenter au-delà de deux mandats.

Je vais continuer à m’engager pour la Mauritanie, je reste en Mauritanie et je continuerai à faire de la politique. Je suis là et je ne quitte pas le pays. Je continuerai sur la même voie. Dès que la Constitution me permettra de me représenter, je le ferai.

Donc, si je ne peux pas me représenter au 3ème mandat, je peux me représenter après. La Constitution ne m’empêche pas de me représenter après ».

Sécurité : «Nous faisons ce que nous pouvons faire avec beaucoup de promesses»

Le président mauritanien a aussi défendu les débuts de la force conjointe du G5 Sahel qui tarde toutefois à être pleinement opérationnelle. Rappelons que Nouackshott accueillera le 6 décembre prochain une réunion sur le financement du G5. Mais il a la « dent dure » contre la Minusma, la Mission des Nations unies au Mali.

Mohamed Ould Abdel Aziz: «La Minusma a énormément de moyens»

« La Minusma coûte plus d’un milliard de dollars cette année. Elle engage plus de 13 000 hommes. Si on compare l’exécution de la mission du côté G5 Sahel et l’exécution de la mission du côté Minusma, on se rend compte que le G5 n’a pas échoué. D’abord, il n’a pas de moyens et il fait avec le peu de moyens qu’il a. Beaucoup de promesses… Nous faisons ce que nous pouvons faire avec beaucoup de promesses, alors que la Minusma a énormément de moyens et elle a engagé plus de 13 000 hommes… »

RFI : Est-ce qu’il n’y a pas des efforts, aussi, à consentir de la part de la Mauritanie par rapport à l’articulation de cette force conjointe du G5 Sahel ? On sait qu’on attend toujours notamment le PC de région à Nbeiket Laouach’ ?

« Ce combat ne se fait pas avec le PC. Il ne se fait pas avec l’infrastructure de base. Il se fait avec des équipements, avec des hommes. Et notre force, la force mauritanienne est prête à 92 % déjà. C’est vrai que le PC n’a pas été construit, mais ce n’est pas avec le PC que nous allons faire le combat ».

Zone rouge : « Nous n’avons plus de Mauritaniens qui partent vers ces centres d’entraînement de terroristes»

En Mauritanie, les touristes de retour depuis l’an 2017 lorsque le ministère français des Affaires étrangères a allégé ses recommandations aux voyageurs sur une partie du désert mauritanien. Quelque 1500 visiteurs sont venus dans le pays la saison passée et 4500 sont attendus dans l’Adrar mauritanien cette année selon l’Office mauritanien du tourisme. Tous les dimanches, jusqu’à fin avril un avion charter de touristes est attendu à Atar, dans le centre du pays.

Plus au sud, le ministère français des Affaires étrangères maintient toujours une partie du pays en Zone Rouge. C’est le cas autour de la cité historique de Oualata surnommée localement « la grande sœur de Tombouctou » où le président mauritanien a inauguré l’édition 2018 du Festival culturel des villes anciennes.

Mohamed Ould Abdel Aziz: la Zone rouge n'a plus de raison d'être

« Je crois que j’attends beaucoup que le Quai d’Orsay puisse faire évoluer cette carte, cette Zone Rouge, en Mauritanie. Parce que pour nous... elle s’explique de moins en moins. Je crois qu'il n’y a pas un pays au monde qui puisse assurer une sécurité à 100 %. Je pense que c’est impossible. C’est même utopique.

Mais en tout cas, depuis quelques années, nous avons fait beaucoup d’efforts pour sécuriser notre pays en réorganisant nos forces armées, en les entraînant, en leur confiant… En créant des unités spéciales capables de se mouvoir sur l’ensemble du territoire. En plus de cela aussi, nous avons agi sur le terrain en engageant des discussions avec des jeunes qui étaient perdus, qui s’étaient enrôlés dans le terrorisme et en ramenant le maximum. Et cela a donné des résultats parce que nous n’avons plus de Mauritaniens qui partent vers ces centres d’entraînement de terroristes, ni même qui se font recruter maintenant ».

Source : RFI

 

Les réformes de l'Union africaine, mode d'emploi

Les 55 membres de l'organisation continentale ont adopté plusieurs réformes lors du 11e sommet extraordinaire de l’Union africaine, organisé samedi 17 et dimanche 18 novembre à Addis-Abeba, en Éthiopie. Les réformes doivent notamment permettre de rendre l'institution plus efficace et autonome. Décryptage.

C'était un sommet « constructif », explique un membre d'une délégation étatique. « Satisfaisant », valide de son côté le président tchadien de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. Pourtant, durant deux jours, des observateurs les plus avisés aux acteurs mêmes de l'institution, tous étaient loin de partager cet optimisme. « La montagne a accouché d'une souris », tranche une source haut placée au sein de l'UA.

Il est en effet compliqué de saisir en quoi les mesures validées dimanche 18 après-midi, en présence de moins de la moitié des chefs d’État et de gouvernement d'Afrique (22 sur 55), vont révolutionner le quotidien de l'organisation panafricaine, vieille de 55 ans. « C'est la première fois qu'un sommet de chefs d’État se réunit pour parler de la réforme », se récrie Pierre Moukoko Mbonjo, qui dirige l'unité chargée du dossier auprès de la Commission de l'UA. Même l'Union européenne n'a pas lancé de réforme aussi vaste et ambitieuse, selon une autre cadre de l'organisation.

La refonte de la Commission, l'exécutif de l'Union.

Selon les réformes et leurs conséquences, la prochaine équipe sera élue en janvier-février 2021. À cette date, ils ne seront plus dix, mais huit : un président, un vice-président et six commissaires. La parité devra être respectée : si une femme est présidente, un homme sera vice-président et vice-versa. Il y aura également trois commissaires de sexe féminin et trois de sexe masculin. Par ailleurs, l'équilibre entre les cinq régions (Nord, Ouest, Est, Centre, Australe) devra également être pris en compte.

Mais ce sont le mode de nomination et le mandat de cette Commission qui, d’après leurs concepteurs, doivent changer la donne. Le président devrait ainsi devenir le véritable patron de son administration, car il est « le visage de l’Union africaine, il est le directeur général, en même temps qu’il est l’ordonnateur du budget de toute l’Union », rappelle Pierre Moukoko Mbonjo. Au début et à la fin du processus de nomination restent les États : chaque région désigne un candidat et l'Assemblée des 55 chefs d’État décide du vainqueur. Mais entre les deux, les volontaires pour le poste de président de la Commission devront se soumettre à un parcours digne du secteur privé : CV en ligne, profession de foi, débat télévisé, si possible diffusé sur les télévisions nationales, et grand oral final face aux dirigeants.

L’objectif : Réinstaurer une hiérarchie et faire des économies

Le mandat du « patron » va changer : il sera maître, avec son vice-président, du budget et des ressources humaines de l'institution continentale. Il pourra, par exemple, décider désormais de mettre fin aux fonctions d'un de ses commissaires. Il s'agit de réinstaurer clairement une hiérarchie afin que l'exécutif de l'UA ait la force et la légitimité suffisantes pour mettre en œuvre les décisions que les dirigeants prennent sommet après sommet – dont seuls 10% seraient effectivement appliquées, selon une source au sein de l'organisation. En contrepartie de cette indépendance accrue, il devra dresser des objectifs précis chaque année et rendre compte de leur avancée.

Selon ces changements, les États membres pourront par ailleurs mettre fin aux fonctions du président, du vice-président et des commissaires. Est-ce faire entrer le management du secteur privé à l'UA ? « C'est exactement cela, répond Pierre Moukoko Mbonjo, puisqu'il s'agit de mettre en place un système de gestion axé sur les résultats ».

Cette réforme de la Commission de l'Union africaine vise en outre à économiser. À l'unité chargée des réformes, on évoque 500 000 dollars mis de côté par an, rien qu'avec la suppression de deux postes de commissaires. Il faut aussi rappeler que les dirigeants s'étaient mis d'accord en juillet 2018, à Nouakchott, pour passer de deux à un sommet annuel avec les dirigeants - il y aura donc uniquement un Conseil exécutif entre ministres, suivi d'une réunion de coordination entre l’UA et communautés économiques régionales, à l'été 2019 à Niamey.

Réforme du financement et sanctions contre les mauvais payeurs

C'était l'une des grandes décisions du sommet ordinaire de Kigali, en juillet 2016 : l'adoption d'une taxe de 0,2% sur une liste de produits importés afin de « sécuriser » le paiement par les 55 membres de l'UA de leur contribution financière annuelle. L'idée étant simplement d'aider les États à trouver l'argent pour payer leur cotisation. Aujourd'hui, ils sont 24 à l'avoir mise en place, d'après les chiffres de la Commission. Juridiquement, il s'agit d'une directive donc « le rythme et les modalités de sa mise en œuvre dépendent de chaque État membre », décrypte Pierre Moukoko Mbonjo. Certains ont des contraintes spécifiques. « Il leur faut parfois modifier leur Constitution pour autoriser cette taxe et on sait ce que cela peut avoir comme signification de faire ça sur le continent », raconte un employé de la Commission.

Par ailleurs, les États-Unis continuent de mettre la pression. La mission américaine auprès de l'UA conteste auprès de l'AFP la régularité de ce type de « mesures commerciales », au regard des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais la Commission continue d'être optimiste sur cette taxe à 0,2% qui aurait permis de réduire de 60% à 30% la dépendance de l'organisation continentale vis-à-vis des donateurs, d'après l'équipe chargée des réformes.

Des sanctions aux membres qui ne payent pas leur contribution

Si cette taxe n'a pas été abordée durant ce 11e sommet extraordinaire à Addis-Abeba, les États ont en revanche avancé sur un autre point : le durcissement des sanctions contre les membres qui payent avec retard ou ne payent pas leur contribution annuelle. « Nous sommes à un mois de la fin de l'année budgétaire, les contributions sont seulement à hauteur de 50%, s'est insurgé le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, lors de la conférence de presse de clôture. Comment voulez-vous qu'une Commission puisse mettre en œuvre son programme annuel ? »

Le sommet a donc validé un dispositif de sanctions graduelles, selon le retard dans le paiement, qui peut conduire un État de la suspension de prise de parole durant les réunions de l'UA jusqu'à l'exclusion de toute participation aux activités de l'organisation, sommets compris, d'après un document de travail consulté par RFI. En revanche, la révision du barème des contributions financières a été repoussée au sommet des 10-11 février 2019, à Addis-Abeba. Elle doit permettre aux grands contributeurs de ne pas payer à eux seuls plus de 40% de la note.

La création d'une agence de développement

Le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) est transformé en Agence de développement de l'Union africaine – Nepad. « Les chefs d’État ont voulu garder la marque Nepad qui est déjà très connue », indique Pierre Moukoko Mbonjo. Concrètement, le sommet des 17-18 novembre a défini le mandat de cette institution refondée et, surtout, en a intégré le budget dans celui de l'UA.

L'idée est de s'assurer que chaque organe tire dans le même sens, et notamment dans celui de l'intégration régionale et continentale, c'est-à-dire le rapprochement des économies et des peuples africains. C'était l'idée à la base de la transformation de l'Organisation pour l'unité africaine (OUA) en Union africaine, en 2002, rappelait Moussa Faki Mahamat dans son discours d'ouverture. Dans le même ordre d'idée, le président Faki doit plancher sur une meilleure répartition du travail entre sa Commission, l'ex-Nepad, les organisations régionales (CEDEAO, SADC, IGAD, etc.) et les États.

De la théorie à la pratique, les échecs du Président Kagame

Le chef de l’État rwandais avait été désigné par ses pairs, en juillet 2016, chez lui à Kigali, pour proposer des pistes de réformes de l'UA et les mener à bien. En janvier 2017, Paul Kagame avait présenté son rapport avec pour but de « secouer le cocotier », rapportait alors une source proche du dossier au Monde Afrique. Le dirigeant du pays des mille collines souhaitait ainsi, selon Le Monde Afrique, que le Président de la Commission élu en 2021 puisse nommer directement ses commissaires, ce qui lui aurait conféré une légitimité et un pouvoir plus grand encore face aux États membres.

Cette option a vite été repoussée. « Kagame s’est heurté à une hostilité sourde, notamment de l’Afrique australe et du Nord qui ont taillé dans les propositions » cingle un haut-cadre de l'organisation. Des propositions qu'il qualifie de « plutôt révolutionnaires ». « Hostilité sourde, il me semble que l'expression est appropriée, abonde un autre membre de l'administration UA. L'Afrique du Nord est opposée à certains éléments fondamentaux de la réforme, notamment la question de la répartition du travail entre la Commission de l'UA, les communautés économiques régionales et les États. Ceci principalement parce qu'il n'existe pas de communautés économiques régionales en Afrique du Nord. Quant à l'Afrique australe, elle veut avoir plus de contrôle sur la Commission et met en avant qu'elle est (principalement l'Afrique du Sud) un grand contributeur. »

La crainte de trop renforcer la Commission, et de céder ainsi de la souveraineté, est au cœur du processus de réforme de cette institution qui « n'est plus adaptée au XXIe siècle », comme le dit une cadre. « La réforme est un processus, les États membres cèdent progressivement des parts de souveraineté », veut croire Pierre Moukoko Mbonjo. Pour l'ancien ministre camerounais des Relations extérieures, cela a mis beaucoup de temps aussi à l'Union européenne pour faire élire le président de la Commission par le Parlement européen. « Nous avons fait notre part du travail pour poursuivre le voyage et je m’attends à ce que le prochain […] président de l’UA poursuive sur la même lancée et avec les mêmes progrès », concluait Paul Kagame en refermant le sommet de novembre 2018. Reste à voir si son successeur, l’Égyptien Abdel Fatah Al-Sissi, aura cette même ambition.

Source : RFI

 

Communiqué de presse: Accord de pêche entre la Mauritanie et l'Union européenne

Communiqué de presse: Accord de pêche entre la Mauritanie et l'Union européenne.L'Union européenne vient de verser 57,5 millions d'Euros, soit près de 2,4 milliards d'ouguiyas (MRU), au gouvernement mauritanien en tant que contrepartie financière annuelle dans le cadre de l'Accord de pêche entre la Mauritanie et l'Union européenne.

Ce paiement forfaitaire vient en addition des licences obligatoires achetées par les armateurs européens pour chaque navire venant pêcher dans les eaux mauritaniennes et des redevances payées sur les prises effectuées après contrôle des autorités compétentes.

L'Accord multi-annuel est l'une des expressions de la longue et fructueuse coopération entre l'Union européenne et la République islamique de Mauritanie dans le secteur de la pêche. L'Union européenne souhaite que ce partenariat privilégié se poursuive et se renforce dans le contexte des négociations du futur protocole qui auront lieu au cours de l'année 2019.

Pour rappel, la contrepartie financière est relative à l'accès des navires de l'Union européenne aux zones de pêche mauritaniennes dans les conditions définies d'un commun accord par les deux parties. Celles-ci s'engagent à promouvoir une pêche responsable sur la base des principes d'une exploitation durable des ressources halieutiques et des écosystèmes marins.

Source : Délégation de l'Union européenne |

 

Union africaine : après le sommet extraordinaire d’Addis-Abeba, où en sont les réformes ?

À trois mois de la fin du mandat de Paul Kagame à la tête de l'Union africaine, le bilan des réformes proposées est en demi-teinte. Après le sommet extraordinaire de l’institution, qui s'est clôturé dimanche 18 novembre à Addis-Abeba, Jeune Afrique fait le point.

En janvier 2017, Paul Kagame présentait à ses pairs un ambitieux rapport pour une réforme de l’Union africaine (UA). L’idée : rendre la Commission plus forte, plus efficace et plus indépendante, afin que l’UA devienne plus qu’un simple forum des chefs d’État du continent, dont les résolutions sont rarement appliquées faute de moyens et de volonté.

Mais les propositions du président rwandais, qui a pris la présidence de l’UA en janvier de l’année suivante, se sont heurtées aux réticences de certains États soucieux de préserver leurs prérogatives, exprimées notamment ce week-end lors du sommet extraordinaire de l’institution panafricaine à Addis-Abeba.

À quelques mois de la fin de sa présidence, Kagame devra donc poursuivre le travail s’il veut pouvoir mettre en œuvre son plan. Résumé de l’avancée de six mesures emblématiques.

· Réforme de la commission : compromis trouvé

Les chefs d’État ont acté le principe de ramener de huit à six le nombre de commissaires. Selon les calculs de la Commission, cela devrait permettre chaque année près de 500 000 dollars d’économies.

Leur mode de sélection a aussi été revu : les candidats devront être présélectionnés par un panel d’éminentes personnalités africaines associées à un cabinet de recrutement, sur la base de leurs compétences, du respect de la parité femmes/hommes et de la rotation entre les régions.

Les États membres continueront à élire les commissaires, contrairement à la proposition initiale de Paul Kagame

Néanmoins, les États membres continueront à les élire, contrairement à la proposition initiale de Paul Kagame. Pour renforcer les pouvoirs du président de la Commission, le Rwandais avait en effet proposé de permettre à ce dernier de nommer directement ses commissaires.

Quant au président de ladite Commission, Moussa Faki Mahamat, il est chargé de continuer de réfléchir à une nouvelle organisation des départements de l’UA. La structure ne devrait véritablement être opérationnelle qu’en 2021, date de l’expiration des mandats des actuels commissaires.

· Sanctions des mauvais payeurs : accord

« Nous sommes en novembre. L’exercice budgétaire touche à sa fin, mais nous n’avons perçu que 50% des contributions », a dénoncé Moussa Faki Mahamat lors de la conférence de presse de clôture du sommet. Le président de la Commission s’est plaint de ne pas disposer d’un budget « soutenable et prévisible », à cause des membres qui ne paient pas leur cotisations à temps.

Pour remédier à cette situation, l’UA a adopté un nouveau barème de sanctions, qui pourra aller jusqu’à la suspension de la participation d’un État aux travaux de l’institution. Reste à savoir jusqu’où la Commission sera véritablement prête à aller lorsque ce cas se présentera.

· Nouveaux barèmes des donateurs : décision reportée

Pour éviter que le budget de l’UA ne soit trop dépendant d’un petit nombre de donateurs, une réforme du barème des contributions a été proposée.

Les contributions des cinq principaux donateurs devraient être limitées à 40% du budget, tandis qu’aucun ne devrait contribuer pour moins de 200 000 dollars

Selon l’une des modalités discutées, les contributions des cinq principaux donateurs devraient être limitées à 40% du budget, tandis qu’aucun n’État ne devrait contribuer pour moins de 200 000 dollars annuels. Face à cette épineuse question, « le sujet a été remis au prochain sommet, en février 2019 », a indiqué Moussa Faki Mahamat.

  • Taxe de 0,2% sur certaines importations : non discuté

Cette taxe, également surnommée « taxe Kaberuka », était l’une des mesures phares du projet de réforme de l’UA. Elle doit permettre de financer non seulement le budget de l’Union, mais aussi 75% de ses programmes et 25% de ses opérations de paix.

Si elle a été formellement adoptée par l’UA, sa mise en œuvre, qui revient aux États membres, patine dans plusieurs régions du continent. L’Afrique australe, notamment, y est farouchement opposée : ses pays veulent pouvoir déterminer eux-mêmes comment récolter les recettes nécessaires à leurs contributions.

Selon les chiffres de l’unité de mise en œuvre, 24 États ont déjà mis en place cette taxe ou entrepris de le faire. Ce qui signifie que plus de la moitié des pays du continent n’ont pas encore initié ce processus. Cette question sensible n’a pas été discutée lors du sommet extraordinaire.

  • Réintégration des agences du Nepad et du MAEP : validé

Les agences du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), institutions semi-indépendantes de l’Union africaine, vont être pleinement réintégrées à l’UA. L’agence du Nepad, qui portera désormais le nom d’Agence de développement de l’UA (AUDA), devrait être l’équivalent de ce qu’est le PNUD pour l’ONU.

  • Négociations post-Cotonou avec l’UE : compromis trouvé

Alors que l’accord de Cotonou entre l’Union européenne (UE) et les États d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) arrivent à expiration en 2020, la Commission de l’UA a souhaité pouvoir négocier directement avec les Européens le prochain accord. Cela permettrait à l’institution panafricaine de peser davantage sur la scène internationale et de mieux atteindre ses propres objectifs.

Il a été convenu que le groupe ACP continuerait de négocier avec l’UE, mais qu’un collectif de pays africains coordonné par l’UA sera créé en son sein

Problème : certains de ses membres, comme les pays d’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud ne font pas partie du groupe ACP et gèrent directement leurs accords avec les Européens. Au final, il a été convenu que le groupe ACP continuerait de négocier avec l’UE, mais qu’un collectif de pays africains coordonné par l’UA sera créé en son sein.

Source : jeuneafrique.com