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Présidentielle en Algérie: un début de campagne électorale sous tension

La campagne pour la présidentielle du 12 décembre a commencé dimanche en Algérie, mais les cinq candidats ont du mal à la mener comme ils l'entendent. Leurs meetings se tiennent en présence des forces de police, et plusieurs ont été perturbés par des contestataires, opposés à la tenue de la présidentielle dans les conditions actuelles.

Meetings interrompus, protestataires devant les salles, slogans hostiles à la présidentielle, voilà à quoi ressemble le début de la campagne pour l'élection du 12 décembre en Algérie. Les candidats se déplacent, depuis dimanche, pour tenter de convaincre les électeurs alors que des milliers de personnes continuent de manifester, chaque vendredi, contre cette élection.

Ali Benflis, qui a été le Premier ministre d'Abdelaziz Bouteflika au début des années 2000, était ce lundi dans l'Est. Ses deux meetings ont été perturbés. Le premier, par trois protestataires qui ont été interpellés, selon un journaliste local. Le second, par des dizaines de personnes massées à l'extérieur pour scander « pas de vote ». Même scénario pour le candidat Abdelmadjid Tebboune, également ex-Premier ministre, à Adrar, dans le centre du pays.

Appel au calme

La presse algérienne évoque des rassemblements contre le scrutin dans plusieurs autres villes. Près de Bejaia, la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme indique que la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes contre les protestataires et que l'on compte trois blessés légers. Son vice-président appelle au calme dans ce contexte sensible.

Source : RFI

 

Côte d’Ivoire – « Ils sont allés chercher tous les Maliens » : Henri Konan Bédié crée à nouveau la polémique

Henri Konan Bédié à son domicile parisien le 10 septembre 2019.Le président du PDCI, Henri Konan Bédié, a accusé le RHDP d'avoir recruté des « Maliens » pour grossir les rangs d'un meeting organisé à Paris. Des propos qui provoquent la polémique, jusqu'au sein de son propre parti.

Il s’agit de sa seconde sortie controversée du patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) en l’espace de cinq mois. Cette fois, c’est aux responsables du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) que le Sphinx de Daoukro a décidé de s’attaquer.

« Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que leur désillusion est grande. Et leur enthousiasme s’éteint progressivement à chacune de leurs timides sorties où ils ne cessent de convoyer de vrais faux militants pour espérer tromper l’opinion tant nationale qu’internationale, comme ce fut le cas récemment à Paris et à Sinfra », a lancé Bédié, le 14 novembre dernier, lors du Bureau politique de son parti.

Face à un public acquis à sa cause, le président du PDCI a alors mis de côté son discours écrit pour se lancer dans une saillie improvisée. « À Paris, il s’agissait effectivement d’une réunion pour laquelle ils sont allés chercher tous les Maliens à la sortie ! »

Propos confus

Et le vieux dirigeant, galvanisé par les ovations, de poursuivre son propos. « Mais laissez-moi terminer, d’ailleurs. Ils sont allés, un vendredi, à la sortie de la messe de 13 heures, en donnant 100 euros à tous les militants de cette mosquée. Il s’agit de la mosquée de Toits-Rouges à Paris… »

Un responsable, assis à ses côtés, lui glisse alors quelques mots à l’oreille. Bédié se corrige, il ne s’agit pas de la mosquée de Toits-Rouges – un quartier d’Abdidjan – « il s’agit de la mosquée de Château Rouge ». Au passage, Henri Konan Bédié un « détail » important : la réunion du RHDP n’a pas eu lieu un vendredi – jour de la grande prière hebdomadaire pour les musulmans – mais un samedi…

 

Pour confus qu’ils soient, ces propos ont été aussitôt été abondamment relayés sur les réseaux sociaux. Les uns dénonçant une sortie « xénophobe », les autres saluant « l’audace » du président du PDCI.

« Pourquoi le président Bédié voit-il des étrangers partout ? Pis, pourquoi ne voit-il que des étrangers ? Cette manière de faire la politique rend cette dernière nauséabonde et donne au PDCI l’image d’un parti politique ayant une offre politique moribonde. Le parti mérite mieux », s’inquiète l’analyste politique Sylvain N’Guessan.

Début mai, sa sortie contre des « étrangers » avait soulevé la polémique, au point que le gouvernement l’avait menacé de poursuites judiciaires. Mais cette fois, ses propos sur la supposée présence de Maliens à une réunion du RHDP à Paris est dénoncée jusque dans ses rangs. Selon nos informations, une délégation d’élus et de jeunes du PDCI compte le rencontrer pour lui demander d’être plus mesuré dans ses propos.

Source : jeuneafrique.com

 

Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international

Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international20 Minutes - Après l’ouverture de son ambassade à Jérusalem, l’administration Trump double la mise : les Etats-Unis ne considèrent plus contraires au droit international les colonies israéliennes en Cisjordanie, a annoncé lundi le chef de la diplomatie américaine, alors que ces occupations de territoires palestiniens sont au contraire jugées illégales par l’ONU et une grande partie de la communauté internationale.

« Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique, (nous concluons que) l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international », a dit Mike Pompeo.

Cette décision pourrait être interprétée comme un coup de pouce au Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahou, qui a proposé d’annexer une partie des colonies de Cisjordanie occupée.

Pas un feu vert à la colonisation, selon Pompeo

« La vérité, c’est qu’il n’y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n’apporteront pas la paix », a estimé Mike Pompeo, assurant qu’il ne s’agissait ni d’une ingérence dans la politique israélienne, ni d’un feu vert à la colonisation.

Cette décision a aussitôt été saluée par Netanyahou dans un communiqué : Cette décision « est le reflet d’une vérité historique – que les juifs ne sont pas des colonisateurs étrangers en Judée-Samarie (nom biblique utilisé en Israël pour désigner la Cisjordanie occupée). En fait, nous sommes appelés juifs car nous sommes le peuple de Judée », a-t-il dit dans un communiqué. L’Autorité palestinienne, de son côté a aussitôt dénoncé cette décision.

20 Minutes avec AFP

Source : 20 Minutes (France)

 

 

El Ghazouani : la résolution de la crise Libyenne, un préalable à une lutte efficace contre le terrorisme au Sahel

El Ghazouani : la résolution de la crise lybienne, un préalable à une lutte efficace contre le terrorisme au SahelAPS - Le président mauritanien, Mouhamed Ould Cheikh El Ghazouani, a souligné lundi à Dakar l’importance de résoudre la crise libyenne afin de combattre plus efficacement le terrorisme au Sahel.

"Toute tentative de lutte contre le terrorisme qui se veut efficace doit intégrer résolument la résolution de la crise libyenne", a-t-il déclaré lundi au sixième Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

La chute du régime de Mouammar Kadhafi à la suite d’un soulèvement populaire et armée en 2011 a entrainé une certaine déstabilisation au Sahel.

Elle a notamment été suivie par une montée en puissance de mouvements extrémistes qui ont eu à occuper une bonne partie du territoire malien, alors que la Lybie est en proie à une crise politique qui peine à être résolue.

Le terrorisme au Sahel a entraîné des milliers de morts et des millions de déplacés, a rappelé El Ghazouani, dans un discours aux allures d’un diagnostic sans complaisance de la situation sécuritaire dans la région sahélienne.

Expliquant aux participants le plan mis en œuvre par son pays pour combattre le terrorisme, le chef de l’Etat mauritanien a au passage salué les initiatives de lutte contre ce phénomène, citant notamment le G5 Sahel, la MINUSMA, le plan Barkhane et le plan de paix de la CEDEAO.

Le nouveau président mauritanien a dénoncé la montée du nationalisme susceptible de remettre en cause le mécanisme onusien et certains accords multilatéraux sur l’environnement et le commerce.

Il a cet égard plaidé pour le multilatéralisme, en appelant à la réforme de l’ONU et ses méthodes d’interventions.

Source : Agence de Presse Sénégalaise (APS)

 

 

UPR : La mésentente persiste

UPR : La mésentente persiste RMI Biladi - Son nouveau siège flambant neuf ne semble pas lui porter Bonheur. Depuis qu’il y est installé, L’UPR connait de graves tensions entre ses dirigeants. Il y a en effet ceux qui s’accrochent avec force à Aziz et ceux qui misent fermement sur Ghazouani.

Le fossé ne cesse de se creuser entre les deux camps. Le retour annoncé de l’ancien président Aziz au pays risque bien de compliquer cette situation… Absent depuis plus de trois mois du pays, Mohamed Ould Abdel Aziz, qui résidait ces derniers temps dans la capitale anglaise pour, rapportent ses proches, suivre un cours d’anglais (sic !), doit rentrer à Nouakchott le 25 novembre prochain.

Il est, tout comme les anciens présidents, invité à Akjoujt afin d’assister à la célébration de la fête de l’indépendance.

Et même si son retour devrait se faire sans tambour ni trompettes, il ne manquera pas tout de même de rallumer les dissensions déjà très vives au sein de ce parti qu’il a créé au forceps pour les besoins de la présidentielle de 2009, qui lui est resté fidèle pendant sa décennie de pouvoir sans partage et qui risque aujourd’hui de le quitter pour s’arrimer à son ami Ghazouani.

Un transfert qui est loin de se faire en douceur comme l’a été la passation de services au sommet de l’Etat. Depuis un mois, en effet, les réunions de la commission de l’UPR chargée de préparer certains côtés du futur et apparemment très hypothétique congrès du parti, sont houleuses et se terminent toujours en queue de poisson. Une question divise : la référence ‘’idéologique’’ –si l’on peut s’exprimer ainsi- du parti.

Aziz ou Ghazouani ? Il y a en effet ceux qui, nombreux, ont déjà définitivement tourné la page Aziz . Pour ne pas dire qu’ils l’ont enterré sans état d’âmes et sans sépulture et qu’ils célèbrent haut et fort le nouveau champion Ghazouani.

En face de ces ‘’traitres’’ se dressent les ‘’loyalistes’’ qui s’accrochent à Aziz comme un messie qui n’a pas dit son dernier mot et qui doit réapparaître un jour proche pour ordonner la vie de ses disciples.

La première tendance est animée –du moins en apparence- par l’ancien député et personnalité haut en couleur de la décennie écoulée : Khalil Ould Teyib. Ce nassériste toujours fier de son arabité n’a tout simplement pas d’états d’âmes.

Au cours de la première réunion de la commission de Boidjel, il a failli arriver aux mains avec ce dernier lorsqu’il a évoqué le cas de la personnalité référence de l’UPR qui, selon lui, ne peut être que Mohamed Ould Ghazouani.

Réaliste, opportuniste et très pragmatique, comme savent l’être nos hommes politique, Ould Teyib explique à qui veut l’entendre qu’un parti-Etat qui n’est pas soutenu par le président de la République en exercice n’a tout simplement pas d’avenir ni de raison d’être. En d’autres termes, si l’UPR n’est pas associé à Ghazouani, Khalil estime qu’il n’aura plus aucun poids sur la scène politique et qu’il n’y a plus lieu de l’intégrer.

Une position est bien compréhensible explique un observateur de la scène politique qui estime qu’à l’UPR, comme tout autre parti-Etat, on y adhère pas pour des principes mais plutôt à la recherche de l’homme qui incarne le pouvoir au sommet de l’état.

Ici à l’UPR, on ne se déchire pas sur des idées mais uniquement au sujet des hommes sensés détenir le pouvoir. Sur ce point les gens du parti-état sont pourtant d’accord, mais ils divergent sur l’incarnation du pouvoir ou, plus clairement sur le détenteur réel du pouvoir et celui qui continue d’avoir le plus grand mérite de ‘’forger l’UPR’’ et avec lui ‘’la Mauritanie nouvelle’’.

Boidjel Ould Homeyd, ce notable haratine président de cette fameuse commission de l’UPR qui ‘’donne le mal de mer sans bouger’’, très bien dans sa peau, sans complexe et imbu de lui-même, crie haut et fort le mérite du président comme s’il est ‘’propriétaire’’ de l’UPR. Dans le jargon de celui-ci le président désigne Aziz et non pas Ghazouani qu’il appelle toujours par son nom propre comme s’il lui refusait le titre de président.

Lorsqu’une dame lui a fait la remarque lors de la dernière réunion de l’UPR, mercredi dernier, il s’est élevé de son fauteuil énervé pour dire que l’UPR c’est Aziz et que si ce dernier ne s’était pas investi dans la campagne présidentielle, Ghazouani n’aurait même pas récolté 1%... Brouhaha dans la salle et fin de la réunion après le retrait de la plus grande partie de l’assistance.

Dans les salons nouakchottois et sur les réseaux sociaux, les dissensions au sein de l’UPR demeurent très commentées. On explique, le cas échéant, la férocité de Boidjel par rapport à Ghazouani par le fait que ce dernier n’a pas sauté au secours de ce leader haratine qui semble avoir tout perdu (son parti et son poste à l’Assemblée que lui aurait garanti Aziz pendant toute la législature) lorsqu’il a été démis du poste de vice-président de l’Assemblée nationale.

Il a donc objectivement une dent et une revanche à prendre sur Ghazouani. Ou plutôt, dénoncent ses détracteurs, vise-t-il à chanter Ghazouani en vue de lui arracher quelque dividende.

Vrai ou faux ? Ce n’est pas si important, tant il est difficile de croire qu’un homme aussi expérimenté et aussi réaliste que Boydjel puisse se comporter de manière virulente et aussi frontale à l’égard d’un président en exercice.

Certains expliquent la position de ce leader haratine qui risque de tout perdre par sa proximité au quotidien avec Mohamed Ould Abdel Aziz. Celui-ci, non content de ce qui se passe au pays après lui, appellerait, souvent et pendant de longues heures de la journée, ceux –pas très nombreux- qui lui sont restés fidèles. Il leur ferait miroiter que rien n’a changé et que les choses rentreront rapidement dans l’ordre.

Un calcul fou qui serait très pris au sérieux dans l’entourage de Ghazouani qui apprécierait à sa juste valeur la position de Khalil Ould Teyib et ses amis de l’ombre qui travaillent, nuit et jour, à effacer les traces de Aziz et à tuer, politiquement, ses hommes. Et ses manières.

Selon une personnalité de la majorité, au moins un proche collaborateur du président a bien appelé Khalil Ould Teyib au lendemain de l’une de ses passes d’armes avec Boidjel et l’a encouragé à persévérer dans sa ligne.

Si ces divergences au sein du parti-état venaient à se confirmer à travers une hostilité réelle entre les deux camps sensés soutenir le pouvoir, cela rappellerait un peu le scénario qui a provoqué le coup d’état contre Sidi Ould Cheikh Abdallahi.

A la tête de l’Etat se trouve actuellement un marabout, doux comme Ould Cheikh Abdallahi, ne voulant pas, comme lui, faire de vagues autour de sa personne et donnant même l’impression d’être faible. Ce qui donne une fausse impression à certains, allant même jusqu’à croire qu’ils peuvent l’affronter ou du moins déstabiliser.

Mais la comparaison avec l’époque Sidi s’arrête là, tant les munitions (armée, élus…) ont changé de camp. Ces leviers de force ou de pouvoir semblent être aujourd’hui rassemblés entre les mains de Ghazouani…

Mais peut-on croire à une volonté confirmée chez Aziz pour déstabiliser son dauphin ? Difficile à dire, même si les relations, aussi intimes soient elles, ne résistent généralement que très à l’exercice du pouvoir…

Source : RMI Biladi (Mauritanie)

 

 

Mauritanie et Sénégal réclament un mandat renforcé contre le djihadisme au Sahel

Mauritanie et Sénégal réclament un mandat renforcé contre le djihadisme au SahelLaLibre - Les présidents mauritanien et sénégalais Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et Macky Sall ont réclamé de concert lundi près de Dakar un mandat renforcé pour les forces combattant la progression djihadiste au Sahel, notamment celle de l’ONU déployée chez leur voisin malien en guerre.

Entre les forces maliennes et étrangères, « pas moins de 30.000 hommes (se trouvent) sur un terrain qui est pris en otage par une bande d’individus. Il y a un problème. Pourquoi nous ne sommes pas capables de régler ce problème ? « , a demandé le président sénégalais.

« Il s’agit pas de faire le procès de l’ONU. L’ONU, c’est génial, mais il faut qu’elle accepte de se réformer et de réformer ses procédures (…) Il faut un mandat robuste au Mali », a dit M. Sall, qui ouvrait près de Dakar le Forum international sur la paix et la sécurité réunissant responsables étrangers et experts.

Il a appelé directement la Chine et la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU à permettre que soit décerné un mandat plus fort à la Minusma, la force de l’ONU au Mali.

Dakar participe à la Minusma. La Mauritanie, elle, fait partie de la force conjointe du G5 Sahel, avec le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Les deux pays s’alarment de la propagation, dans la sous-région, des agissements djihadistes depuis 2012 à partir du nord du Mali.

Même discours côté mauritanien que sénégalais: « L’Onu doit se réformer (…) dans sa politique de maintien de la paix, qui n’est pas en adéquation avec les enjeux » sécuritaires au Sahel, a lancé le président mauritanien.

« Des forces régionales mobiles, plus légères, et connaissant mieux le terrain doivent être davantage privilégiées, plutôt qu’une force lourde et statique », a-t-il dit.

« L’Onu doit ainsi donner un mandat plus robuste et un financement plus pérenne aux forces sous-régionales telles que la force conjointe du G5 Sahel », qui « n’a hélas pas reçu jusqu’ici l’appui logistique et financier promis », a-t-il déploré.

« Combattre le terrorisme au Sahel est à la fois un devoir de solidarité et un impératif de sécurité collective », a renchéri le président sénégalais. « En Afrique et hors du continent nous sommes tous menacés, nous avons tous intérêt au maintien de la paix ».

« Autrement les forces terroristes, vaincues ailleurs, en Irak ou en Syrie, vont trouver dans les zones de vulnérabilité en Afrique des sanctuaires où ils vont prospérer, se réorganiser », a mis en garde M. Sall.​

Source : LaLibre (Belgique)

 

 

Mauritanie, le président Ghazouani se rapproche du Sénégal

Mauritanie, le président Ghazouani se rapproche du SénégalMondafrique - Depuis la prise de fonction de Mohamed ould Cheikh Mohamed Ahmed el-Ghazouani, dit Mohamed ould Ghazouani, le 1er août 2019, les relations entre le Sénégal et la Mauritanie connaissent une embellie, au même titre que celles entre la Mauritanie et le Royaume chérifien, comme cela va souvent de pair.

Le point d’orgue de ce retour à des relations apaisées entre les deux pays riverains du fleuve Sénégal est évidemment la présence de Mohamed ould Ghazouani, en qualité d’invité d’honneur, au Forum international de Dakar sur la paix et le sécurité, les 18 et 19 novembre 2019.

Le prédécesseur de Mohamed Ould Ghazouani, Mohamed ould Abel Aziz, n’a pas laissé un bon souvenir à Dakar tant pour les relations de voisinage peu conciliantes avec les pêcheurs Lébous de Saint-Louis du Sénégal qu’au sujet de l’appropriation des gisements gazier et pétrolier, situés à la frontière maritime des deux pays.

A certains moments de la gouvernance de Mohamed ould Abdel Aziz, le spectre des « événements sénégalo-mauritaniens » de 1989-1990 revenait avec une certaine appréhension sur les deux rives du fleuve Sénégal.

Ghazouani et le Sénégal

Par son origine familiale et tribale ainsi que son parcours militaire, le nouveau chef de l’État mauritanien était prédisposé à entretenir de bonnes relations avec le Sénégal dont l’histoire est tellement entremêlée avec la Mauritanie. La ville de Saint-Louis du Sénégal ne fut-t-elle pas un moment capitale du jeune État mauritanien et les grands marabouts mauritaniens ont toujours eu une foule de fidèles sénégalais.

Mohamed ould Ghazouani est le fils d’un guide spirituel de la Tariqa soufie Shâhiliyya de la tribu maraboutique des Ideïboussat. Par son éducation et ses références religieuses, le nouveau président mauritanien possède des points de convergences avec d’importantes personnalités politiques et religieuses sénégalaises appartenant aux confréries soufies du mouridisme ou de la Tijanyya.

Les relations personnelles entre Macky Sall et Mohamed ould Ghazouani sont aussi confortées par des objectifs communs que sont la lutte contre le terrorisme, le développement des régions agricoles et notamment la vallée du fleuve Sénégal et la meilleure gestion possible des prometteuses recettes de l’exploitation prochaine des gisements gazier et pétrolier. Dans sa politique d’entente cordiale avec le Sénégal, le président mauritanien peut compter sur son Premier ministre et son ministre de l’Intérieur.

Deux artisans du rapprochement

Le Premier ministre Ismaïl ould Bedda ould Cheikh Sidiya est originaire de Boutilimit, chef lieu du Trarza, région limitrophe du Sénégal qui accueille le plus de citoyens sénégalais et dont de nombreux ressortissants sont établis au Sénégal, notamment dans le commerce de proximité. Le Premier ministre appartient, lui aussi, à l’une des plus grandes familles maraboutiques du pays, les Ehel Cheikh Sidya de la confrérie Quadiriyya, qui est très influente sur les populations du fleuve Sénégal. Son parent et chef confrérique, décédé en 2002, Cheikh Yacoub ould Cheikh Sidiya, était un thaumaturge réputé et vénéré pour sa sainteté par d’innombrables Sénégalais.

Appartenant à l’importante confédération tribale des Oulad Biri -celle de feu Moktar ould Daddah-, Ismail ould Cheikh Bedda ould Cheikh Sidiya possède toutes les qualités pour nouer des relations de confiance avec les autorités sénégalaises, d’autant qu’il connaissait des relations difficiles avec Mohamed ould Abdel Aziz, après sa disgrâce pour avoir refusé d’entrer dans sa politique de prédation.

L’ancien conseiller politique du candidat Mohamed ould Ghazouani, Mohamed Salem ould Merzoug, est devenu le ministre de l’intérieur et de la décentralisation du nouveau chef de l’État. Cet universitaire, d’origine Haratine de la tribu maraboutique des Idawalis de l’Assaba, jadis très apprécié par la coopération française dans son laboratoire des sciences de la Terre de l’Université de Nouakchott, fut durant une décennie ( 2002-2013), le Haut Commissaire de l’Organisation de mise en valeur de fleuve Sénégal ( OMVS) qui est basée à Dakar.

En dépit de quelques problèmes qu’il a eus jadis avec la justice sénégalaise, ce promoteur d’un africanisme solidaire et ardent défenseur de l’intégration régionale est connu et apprécié par de très nombreux hommes politiques et hommes d’affaires sénégalais qu’il fréquenta à Dakar, durant une douzaine d’années. Nul doute que l’ancien Dakarois puis ancien ministre et conseiller de Mohamed ould Aziz a mis à disposition du président Ghazouani sa grande expérience politique et ses bonnes relations avec les milieux politiques sénégalais.

La venue à Dakar du président mauritanien dans le cadre du Forum international sur la paix et sécurité en Afrique pourrait amorcer l’arrivée du Sénégal dans le G5 sur le Sahel, à la grande satisfaction de la France et de son Premier ministre, également présent au Forum de Dakar. L’ancien président Mohamed ould Abdel Aziz n’y était guère favorable. Progressivement et prudemment, le président Ghazouani prend ses distances avec la politique de son prédécesseur.

Par La rédaction de Mondafrique
Source : Mondafrique