Sun09222019

Last update04:23:29 PM GMT

Back Economie Economie Economie en Mauritanie

Chronique en Mauritanie

Mauritanie : vers un gouvernement de Ould Cheikh Sidya plus technocratique que politique

Mauritanie : vers un gouvernement de Ould Cheikh Sidya plus technocratique que politiqueKassataya - Un mois après la formation du premier gouvernement de Ould Ghazouani dirigé par Ould Cheikh Sidya les observateurs ne sont pas indifférents à la volonté de l’équipe gouvernementale d’être plus lisibles et à l’écoute des citoyens.

Les ministres semblent montrer un nouveau visage et une ambition pour changer leur département. C’est très positif pour un gouvernement à peine installé. C’est un nouvel état d’esprit qui n’échappe pas aux observateurs. Tous les départements jouent la même musique. Les ministres sont au taquet. Le citoyen est au cœur des réformes.

Les ministères les plus problématiques comme la santé, l’emploi, l’éducation nationale et l’habitat sont dans le collimateur du chef du gouvernement désormais l’interlocuteur direct des ministres auprès du président. Un changement de style qui va dans le sens de privilégier d’abord les diagnostics et les solutions avant les décisions.

C’est un gouvernement d’action pour l’instant pour sortir de l’impasse économique. Tous les secteurs seront revus et corrigés surtout dans l’agriculture et l’élevage dans un contexte où la campagne agricole s’annonce difficile notamment dans la vallée avec les inondations récentes qui ont fait beaucoup de dégâts humains et matériels.

Les accords litigieux sous Ould Aziz au niveau de la santé sont annulés notamment celui de Nouakchott Medical Center et la CNAM. De nouvelles mesures sur l’autonomie des hôpitaux et les conditions des médecins et le personnel de la santé vont permettre à ce secteur délaissé depuis longtemps de repartir sur de nouvelles bases et d’offrir des soins gratuits aux populations les plus démunies.

De même de nouveau signes encourageants pour lutter contre le chômage endémique notamment des jeunes. Ils sont plus 371 000 en grande partie des filles en milieu rural et près de 70 000 diplômés chaque année.

Un plan Marshall est en cours d’élaboration pour éradiquer le fléau. Le logement c’est un des parents pauvres des politiques gouvernementales précédentes.

Le gouvernement de Cheikh Sidya va restructurer les quartiers populaires où vivent plus de la moitié de la population de Nouakchott. Et la réforme s’inspira de l’exemple marocain en matière d’aménagement du territoire. Au final un gouvernement plus technocratique qui entend avoir des résultats.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : la loyauté de Ould Ghazouani envers Ould Aziz fait polémique

Mauritanie : la loyauté de Ould Ghazouani envers Ould Aziz fait polémiqueKassataya - Le limogeage de Ould Ely patron de la SNIM suite à un rapport accablant sur la gestion de Ould Aziz et son remplacement par l’ancien ministre des finances et de l’économie Ould Djay c’est l’arbre qui cache la forêt.

Autant d’indicateurs pour les observateurs qui révèlent la méthode de pillage de l’ancien président sur la vente du fer et la complicité de son ministre de l’économie et des finances.

C’est surtout le laxisme du président mauritanien qui inquiète les observateurs. Cette affaire de limogeage du patron de la plus grande société d’Etat qui intervient dans un contexte où les observateurs et l’opposition mauritanienne ne sont pas dupes des difficultés financières du pays, suscite des interrogations sur la posture du président Ould Ghazouani à peine investi dans sa nouvelle fonction.

En effet Ould Ghazouani a annoncé de bonnes intentions pour sortir le pays de l’impasse économique léguée par son prédécesseur. Et depuis deux semaines la révision de certains accords conclus par Ould Aziz va dans ce sens mais dans une moindre mesure. La raison est simple.

Le cœur du redressement économique réside avant tout dans un audit de toutes les sociétés d’Etat au bord de la faillite dont certaines sont liquidées comme la SONIMEX et l’ENER pour ne citer que celles-ci.

En nommant un ancien ministre de l’économie et des finances nouveau patron de la SNIM, une personnalité décriée par la classe mauritanienne toutes tendances confondues Ould Ghazouani tente de couvrir son frère d’armes et sa méthode de pillage des ressources du fleuron de l’industrie mauritanienne notamment dans la vente du fer de 2011 à 2015.

C’est cette vérité amère qui résulte du rapport de Ould Ely qui est à l’origine de ce nouveau feuilleton. Et c’est Ould Aziz qui serait même à l’origine de cette pression une fois averti de cette révélation.

Et les tapages médiatiques sur la fronde des caciques de l’UPR après la formation du gouvernement de Ould Cheikh Sidya font partie de ce plan machiavélique pour empêcher le nouveau président d’agir.

L’ancien chef d’Etat serait même en possession de toutes les preuves de la casse de dix années au pouvoir. Une difficulté supplémentaire pour Ould Ghazouani et son gouvernement de procéder à des audits réclamés aujourd’hui par l’opposition.

Devant ce casse-tête le président mauritanien a choisi la loyauté chère aux généraux de l’armée en laissant partir son ami avec près de 300 valises et d’autres biens incommensurables dont le fugitif a le secret. Ould Ghazouani a prêté serment.

Ce qui l’oblige à agir sur la base de preuves. Cette difficulté est surmontable. Dans le cas échéant c’est une complicité synonyme de haute trahison condamnable par la justice.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : la gouvernance de Ould Aziz au banc des accusés

Mauritanie : la gouvernance de Ould Aziz au banc des accusésKassataya - Incontestablement l’affichage du gouvernement de Ould Cheikh Sidya comme le prolongement du régime de Ould Aziz a suscité des polémiques au sein de l’opposition mauritanienne et des observateurs qui remettent sur la sellette la gestion catastrophique de l’ancien régime.

Le tombeur du premier président élu démocratiquement depuis 78 Sidi Ould Cheikh Abdallahi le général Ould Aziz est élu en 2009. Le président mauritanien a fait de la lutte contre la gabegie et la corruption son cheval de bataille et s’est autoproclamé le « président des pauvres ».

En une année il s’est accaparé de tous les leviers économiques du pays dont les plus importants, la SNIM, les infrastructures portuaires et maritimes, l’aéroport, la pêche, le pétrole et l’immobilier. Et avant la fin de son premier quinquennat il est devenu le président le plus riche de ses homologues africains avec un salaire qui dépasserait la plupart de ses homologues occidentaux.

Et l’accaparement des terres agricoles au profit des investisseurs arabes et des terrains à Nouakchott ont profité au locataire du palais de Nouakchott.

Réélu en 2014 sa politique est comblée par des forces extraconstitutionnelles qu’il a favorisées au sein du palais grâce à des marchés publics de gré à gré.

Conséquences de cette mauvaise gestion, l’économie du pays connaît un état de dégradation avancé, handicap sérieux à une reprise normale des activités des principales sociétés d’Etat en faillite dont certaines ont été purement et simplement liquidées comme la SONIMEX, l’ENER et d’autres agences nationales de développement.

C’est cette mal gouvernance qui s’invite dans les débats aujourd’hui à la veille de la présentation de la politique générale du premier ministre devant l’assemblée nationale. Et c’est l’opposition depuis plus deux semaines qui est montée au créneau pour éclairer l’opinion publique sur les malversations de l’ancien président et dénoncer sa fuite rocambolesque avec sa famille en emportant dans ses 300 valises les biens de l’Etat.

Les leaders de l’opposition réclament au gouvernement un audit des sociétés et agences d’Etat. C’est la priorité des priorités face à la situation économique gravissime.

Le cœur de l’économie mauritanienne la SNIM est passée entre les main du gendre de Ould Aziz qui détient 80 pour cent du capital sur fond d’un accord avec une société australienne. Au-delà de cette mauvaise gestion économique du pays c’est l’autoritarisme de l’ancien président qui est pointé du doigt.

Durant 11 ans de pouvoir Ould Aziz s’est attaqué à la liberté d’expression, verrouillé les médias publics. Et pour des règlements de compte politique avec l’opposition en exil ou dans le pays il a exercé des pressions sur la presse privée indépendante et les syndicats libres en instrumentalisant la justice.

Après un mois de gouvernance Ould Ghazouani a compris que pour sortir de cette impasse économique il faut commencer par dénoncer les accords conclus par son prédécesseur dont bénéficie en général son clan. A l’actif 4 accords sont sur la voie d’être annulés.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : vers l’annulation des accords conclus sous le régime de Ould Aziz

Mauritanie : vers l’annulation des accords conclus sous le régime de Ould AzizKassataya - Le gouvernement de Ould Cheikh Sidya vient d’annuler tous les accords de licences de pêche au cours de l’année en cours et non encore exécutés. Une décision qui intervient après les révélations de la presse nationale sur les réseaux sociaux de l’annulation de trois autres accords relatifs à la 4ème licence dans le domaine des communications, à la fourniture de produits pétroliers en haute mer et entre Nouakchott Medical Center et la CNAM.

La quasi-totalité de ces accords étaient en faveur des proches de l’ancien président. C’est la politique qui prévaut au sommet de l’Etat depuis plusieurs années notamment depuis l’avènement au pouvoir des militaires en 78. Toutes ces sociétés agissent dans la proximité de la présidence. Le nouveau président Ould Ghazouani entend nettoyer l’écurie de son prédécesseur.

Les observateurs saluent ce début de volonté politique qui s’inscrit dans le cadre d’assainissement des finances publiques, objectif numéro un pour traduire dans les faits son ambition de redresser un pays à genou et fortement endetté.

Les observateurs attendent encore que le chef de l’Etat aille plus loin en révisant en particulier les accords qui appauvrissent les caisses de l’Etat par exemple l’accord de la SNIM et une société australienne pour l’exploitation des mines de F’Dérick dont 80 pour cent du capital reviennent au gendre de Ould Aziz. Aussi concernée la société chinoise Poly Hondong qui continue de piller les richesses halieutiques.

Les mauritaniens attendent également des explications sur les milliards d’ouguiya du pont de Rosso un projet avec le Sénégal, de l’échangeur du carrefour Madrid à Nouakchott, et du projet sucre de Foum Gleita dont personne n’a vu le produit fini pour ne citer que ceux-là.

La liste des biens de l’Etat vilipendés par Ould Aziz est très longue. Et l’opposition attend un audit de toutes les sociétés d’Etat. Ce nouveau régime a depuis le 1er août dernier toute la légitimité à mener des réformes qui s’imposent.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Autour d’un thé : Déclarez, déclarez, il en restera toujours quelque chose...

Autour d’un thé : Déclarez, déclarez, il en restera toujours quelque chose....Le Calame - Dans notre imaginaire populaire, les animaux nous sont maîtres en sagesse.

Pas seulement en cette histoire de phacochère ; je n’entre pas là-dedans, pas du tout, c’est du passé : les animaux nous ont appris à ne pas tirer sur les charognes. On peut les manger mais pas tirer dessus. Question de décence et de respectabilité. La roulette du phacochère, motus et bouche cousue, complètement, définitivement !

Maintenant, revenons-en un peu à ce loup qui précède le troupeau à l’étable ou cette hyène qui se roule (elle aussi ! Mais chut ! Ai-je dit…) par terre, toute en pleurs qu’on lui ait demandé de garder les animaux.

Sur les raisons de son étonnant découragement, la très sage hyène dira, tout simplement, qu’elle sait que ça « n’est pas vrai en eux ». Quant à cette histoire, très à la mode, de déclaration de patrimoine qui vient, visiblement, après coup, le Président sortant a déclaré, hors du pays, qu’il en avait remis toutes les informations, dans une petite enveloppe remise à qui de droit, de la main à la main. Serait-ce que tout ce que les gens racontaient (opposition, presse, ennemis et autres criminels transfrontaliers…) n’était que diffamation ? Une petite enveloppe…

Où sont alors toutes ces villas dont vous parliez ? Ces banques ? Ces comptes ? Ces sociétés de construction ? Ces bateaux de pêche ? Ces marchés de gré à gré ? Ces grosses fortunes accumulées ? Tout ça dans une si petite enveloppe ? Quand même, une seule feuille A4, même noircie recto/verso, ça ne peut pas décrire tout ce que vous racontiez ! Cette histoire d’avion loué pour quelques plusieurs millions d’ouguiyas, colis et personnel de maison ?

Mais, quand on va, on ne part pas les mains vides ! Quelles conneries, tout ça ! J’ai, moi-même, un patrimoine que je m’empresse de déclarer : moi, tout d’abord et tout debout, 1,87 met quelques dizaines de kilogrammes. Une modeste – très modeste – maison, loin – très loin – là-bas vers « Rue Messaoud » acquise par je ne sais trop quelle grâce du Seigneur des pauvres, béni soit-Il.

Un salaire aléatoire au Calame. Un compte rouge-sang dans une banque menacée de faillite. Zéro chèvre. Zéro vache. Zéro chameau. Zéro charrette. Zéro terrain. Zéro palmeraie. Zéro âne. Zéro cheval. Zéro boubou Ezbi. Zéro iphone. Les ministres sont comme le loup qu’on pense toujours rassasié.

Mais si la pierre dit : « je suis mouillée » ; le morceau d’argile lui répond : « moi, je ne pipe mot ». Quand le ministre des Finances et de l’économie dit qu’il n’a « presque rien » ; juste quelques petites choses, genre modeste maison à Magta Lahjar, quelques boutiques louées à Tevragh Zeïna ; deux voitures : une pour lui et une pour quelqu’un de la maison ; quelques petits terrains désespérément nus ; à peine « quelques ouguiyettes » qui ne dépassent pas la vingt-huitaine de millions très anciens et quelques créances avec des gens au dos long ; cela veut dire que les autres anciens ministres sont presque comme moi ou « plus pires » même, pour parler bon français.

Mais, quand même, la déclaration de patrimoine, c’est quand on rentre et quand on sort. Sinon ça veut dire quoi ? Si, quand tu viens, on ne sait pas ce que tu avais, à quoi ça sert de savoir ce que tu détiens quand tu pars ? Monsieur le nouveau Président, messieurs les nouveaux et anciens ministres, tous les messieurs et mesdames quelque chose, montrez-nous ce que vous avez aujourd’hui.

Comme ça, nous pourrons juger, demain, si vous êtes bien ou mal partis. Les hommes doivent montrer ce qu’ils ont et les femmes aussi. Combien de comptes ? Combien de femmes ou d’hommes ? Combien de seconds bureaux ? Combien de terrains à Tevragh Zeïna ou en zones populaires? Combien de maisons ? Combien de boutiques louées ou pas louées? Combien de cheveux sur la tête ? Combien de grandes ou de petites palmeraies ? Combien de voitures et de quelle marque ? Combien égorgez-vous de moutons par semaine et combien de casse-croûte par jour ?

Où passez-vous vos vacances ? Combien de boubous, costumes, paires de chaussures, cravates, sous-vêtements et téléphones ? Quels parfums, quelles cigarettes ? Combien d’argent en poche, en compte(s), dans les malles, sur et sous les tables ? Responsables de tous les gouvernements, déclarez, déclarez…on vous croira… peut-être. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : l’ambivalence de Ould Ghazouani pointée par les observateurs

Mauritanie : l’ambivalence de Ould Ghazouani pointée par les observateursKassataya - L’omerta sur les malversations de Ould Aziz ne donne pas une bonne image du président Ould Ghazouani investi depuis le 1er août dernier encore moins le nouveau gouvernement qui nie toute difficulté économique alors que les caisses de l’Etat semblent vides.

En même temps les observateurs s’interrogent sur l’engagement timide du chef de l’exécutif à lutter contre la corruption. Cette ambivalence inquiète les observateurs qui pointent un nouveau chef d’Etat qui a laissé partir tranquillement son prédécesseur à l’étranger dans des conditions rocambolesques.

En effet Ould Aziz a pris le soin de quitter le pays en affrétant la compagnie internationale mauritanienne. Dans les soutes de l’avion plus de 300 bagages signalés par la presse nationale et sans doute des millions de devises. Cette fuite laisse entendre un deal entre les deux hommes bien avant les présidentielles du 22 juin dernier.

Vu sous ce regard l’omerta sur les malversations de son prédécesseur est considéré par les observateurs comme une complicité. Et les nombreuses demandes de l’opposition pour des enquêtes sont peine perdue. Non seulement Ould Aziz est parti avec une déclaration de patrimoine gardée secrètement par le président de la cour suprême et dont la teneur sera difficilement révélée au grand public.

Les mauritaniens ne se font pas non plus d’illusion dès lors qu’ils constatent que depuis son investiture Ould Ghazouani n’a pas fait de déclaration de patrimoine comme l’exige la loi ainsi que son premier ministre et son gouvernement et d’autres personnalités concernées par la commission de transparence.

Cette position attentiste contraste avec les bonnes intentions du locataire du palais de Nouakchott de sortir du pays de l’impasse politique à laquelle est confrontée le pouvoir pour un dialogue inclusif avec l’opposition.

A trois semaines de pouvoir aucun signal n’est envoyé dans ce sens. Il s’agit également de sortir de l’impasse économique dans un contexte d’endettement publique qui dépasse les 100 pour cent du PIB et une nouvelle monnaie qui n’arrive pas à décoller.

Les finances publiques se portent mal compte tenu de la mauvaise santé des sociétés d’Etat, d’une banque centrale en quête de stabilité et un trésor public à genou. Pour réussir son programme Ould Ghazouani est appelé à lutter d’abord contre la corruption.

C’est le défi le plus urgent compte tenu des nombreux accords de son prédécesseur signés avec des sociétés fictives ou gérées par des proches de l’ancien régime et qui coûtent.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Mauritanie : les premières difficultés financières de Ould Ghazouani

Mauritanie : les premières difficultés financières de Ould GhazouaniKassataya - Au moment où le gouvernement de Ould Cheik Sidya fait des pieds et des mains pour mettre en œuvre le programme du président, les observateurs sont perplexes face aux emprunts financiers du chef de l’exécutif.

Des emprunts qui font polémique parce qu’ils remontent une semaine seulement après l’investiture du président mauritanien qui avait fait appel aux banques commerciales pour un montant de plus de 13 milliards d’ancienne ouguiya et un autre prêt de la banque d’Import-Export de Chine estimé à plus de 3 milliards de nouvelle monnaie.

Ce n’est pas une bonne nouvelle pour le premier gouvernement de Ould Cheikh Sidya qui aurait certainement préféré puiser sur les propres fonds du trésor public. Au total et pour deux semaines d’existence plus de 43 milliards d’ancienne monnaie à rembourser. Pas encourageant pour faire face aux défis titanesques sur l’emploi, la sécheresse, la fracture sociale.

Dans ces conditions de démarrage, la promesse des 20 milliards pour la création d’une agence nationale d’inclusion sociale pourrait être compromise. A moins encore de s’endetter davantage.

De même les réformes de l’éducation nationale et le redressement des sociétés d’Etat en faillite pourraient être remis aux calendes grecques. Après avoir vidé les caisses de l’Etat l’ancien président Ould Aziz laisse une ardoise de plus de 5 millions de dollars. L’opposition demande des enquêtes sur ces malversations.

Les observateurs s’interrogent sur ce silence au plus haut sommet de l’Etat synonyme de complicité et redoutent dès maintenant des perspectives d’un plan d’austérité imposé par les gendarmes financiers le FMI et la Banque mondiale.

Les mauritaniens ne font plus confiance à une nouvelle monnaie qui déclenche une inflation galopante et impacte sur les ménages les plus modestes. Ces premières difficultés de trésorerie du gouvernement risquent également d’impacter sur les entreprises notamment d’import-Export.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Réclamations

RéclamationsLe Calame - Nous, il faut bien qu’on soit comme quelque chose. Excusez-moi d’avoir oublié de vous dire coucou : on est revenu des vacances, j’ai foncé directement, à cause de vous. Coucou, donc. Nous, disais-je – c'est-à-dire la majorité, l’opposition, l’entre les deux, les culbuteurs, les double visages, les ceux qui sont là et les ceux qui sont là-bas –l’on est, ou comme le monde ou comme l’Afrique.

Je m’explique : un président à peine arrivé et nous voilà déjà à crier ! Il n’a même pas encore déposé ses valises que nous en sommes déjà tous à gueuler : réclamations par ci, réclamations par là...

Les civils veulent être des militaires et percevoir au moins un salaire supplémentaire ! Les créanciers de Cheikh Rhida être réglés ici et maintenant, séance tenante, au pied levé ! Les gens de l’éducation se réformer ! Ceux de la santé guérir ! Les marchands ambulants ne plus marcher longtemps ! La presse s’assainir ! Le climat des affaires rebondir ; Les agrégats économiques reverdir !

Les agriculteurs et les éleveurs la pluie et l’hivernage ! Avant même d’avoir commencé, le Président et son Premier ministre sont débordés, ne savent encore quoi faire et en sont encore à se demander par quel bout entamer le boulot. Une vraie histoire de « fais-moi réciter mon fils, mon cheval est prêt ». Comme si l’on allait chez le marabout pour des formules magiques.

Traditionnellement, c’est après seulement cent jours de pouvoir que les premiers bilans tombent. Pas quelques heures ! On a eu déjà le gouvernement : des hommes, des femmes, des jeunes et des moins jeunes ; des anciens, même, avec certains en place depuis quand même un bon bout de temps.

Selon les dernières statistiques, le pays compte quelque deux mille sept cents tribus, réparties en plusieurs dizaines de milliers de clans composés de quelques centaines de milliers de familles comptant quelques millions de membres. Il y a aussi une quinzaine de wilayas dont les trois de Nouakchott.

Il y a aussi les gens de la Vallée. Ceux du Charg avec quelques gros débats sur « où ça commence, où ça finit ». Un autre problème… Il y a aussi les gens du Nord, du Centre, d’El Gueble ! Avec encore quelques gros débats sur « où ça commence, où ça finit ». Une autre histoire...

Ehel Charg et Ehel El Gueble : deux entités parallèles, un peu comme les droites qui ne se rencontrent jamais. Il ya aussi les Beïdanes, avec leurs guerriers, leurs marabouts, leurs esclaves, leurs Harratines, leurs griots, leurs tributaires et leurs forgerons…Et encore les Wolofs, les Soninkés, les Halpulaars dont les Peuls des quatre points cardinaux.

Et aussi les Bambaras et les métis de Mauritanie qui commencent à revendiquer ! Or le gouvernement et toutes les fonctions assimilées, ça fait à peine quarante postes. Ça fait combien, quarante divisés par trois millions cinq cent mille ? Si l’on suit cette logique. Il faut diviser la trentaine de généraux par trois millions cinq cent mille.

Comme ça, chaque mauritanien aura un 0,00001143 ministre et un 0,00000857 général. Soit, grosso modo, 0,015 ministre et 0,011 général par tribu…Toujours dans la même affaire de « combien y a-t-il de ceux-ci et de ceux-là dans le gouvernement ? », restent, encore, les homosexuels et les LGBT ! Et ne me dites surtout pas, SVP, que nous sommes une république islamique ! Sinon, je vais mourir de rire. D’autant plus que rien n’a encore changé.

Ce n’est pas moi qui le dis : inter-changer n’est pas changer. C’est comme aux dames : un pion peut aller d’une case à une autre, sans problèmes, mais, pour devenir dame, il faut du temps et beaucoup, beaucoup de persévérance... Tout ça pour dire que les hommes et les femmes sont les hommes et les femmes.

C’est la volonté du chef et ses orientations qui en feront de bons ou de mauvais collaborateurs. Ils peuvent voler avec « l’autre » et « toucher la terre » avec celui-là.

Avoir été tordus avec « l’autre » et (re)devenir tout droits avec celui-là : Allah fait ce qu’ll veut… Une équipe, avec des bons et des mauvais mais, surtout, un chef, leader charismatique qui ne soit le prolongement, l’émanation et l’incarnation que de… lui-même. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Mauritanie : la dissolution du parlement, un véritable casse-tête de Ould Ghazouani

Mauritanie : la dissolution du parlement, un véritable casse-tête de Ould GhazouaniKassataya - L’idée de dissoudre le parlement par le nouveau président mauritanien focalise cette semaine l’attention des observateurs au moment où le nouveau gouvernement ne fait pas l’unanimité au sein de l’UPR majoritaire à l’assemblée nationale.

Même si cette dissolution a effleuré l’esprit du nouveau locataire du palais de Nouakchott ce n’est pas une bonne idée. La difficulté à laquelle fait fasse le président Ould Ghazouani c’est Le parti-Etat UPR qui traverse une zone de turbulences avec un début de grogne de certains caciques du régime qui déplorent l’absence de certains cadres dans le gouvernement de Ould Cheikh Sidya.

Ce malaise réside même dans l’élection du dauphin de Ould Aziz. Les militants du parti n’ont pas apprécié les méthodes utilisées par leur chef qui s’apparentaient à un deal entre les deux généraux pour reconduire l’armée au pouvoir.

C’est clair le forcing de Ould Aziz a joué beaucoup dans la victoire finale aux triples élections de septembre 2018 où le parti a obtenu une large majorité au parlement et conquis toutes les régions et plus de la moitié des mairies et l’élection de Ould Ghazouani avec une majorité de plus de 52 pour cent des suffrages à la présidentielle du 22 juin dernier.

L’UPR doit tous ces succès à Ould Aziz qui s’est impliqué personnellement même dans toutes les campagnes pour en arriver là. Ce rappel des faits est très significatif du malaise au sein de la majorité. Le nouvel homme fort entend tourner une page pour en écrire d’autres.

Mais c’est sans compter sur les fidèles de Ould Aziz qui veulent avoir leur part du nouveau gâteau. En tournant le dos à beaucoup de caciques du parti Ould Ghazouani court le risque d’être rattrapé par l’histoire en se faisant beaucoup d’ennemis pour le moment au sein de l’appareil du parti qui envisage de tenir son congrès pour élire son président.

Cette grogne n’est pas encore finie malgré les concertations du chef de l’Etat avec le président du parti et de l’assemblée nationale. Pour l’instant elle n’a pas atteint le parlement. Mais si le mécontentement touche beaucoup de députés le risque d’un bras de fer est réel.

Et dans ce cas c’est aussi un risque de blocage qui pourrait conduire à une crise parlementaire semblable à celle des sénateurs en 2007 sous le régime de Sidi Ould Cheikh Abdallahi qui a mal fini avec le coup de force en 2008 de Ould Aziz.

Un casse-tête pour le nouveau président qui devra agir vite pour convaincre ses troupes à rentrer dans les rangs surtout pour les irréductibles qui souhaitent le retour de Ould Aziz. Il a encore le temps avant la session extraordinaire du parlement en septembre prochain. Un passage obligé pour le chef du gouvernement pour présenter son programme.

Cherif Kane

Source : Kassataya

 

 

Mauritanie : Nouakchott, ville-poubelle inquiète les observateurs

Mauritanie : Nouakchott, ville-poubelle inquiète les observateursKassataya - Depuis plusieurs semaines la capitale mauritanienne vit sous des ordures ménagères. La presse nationale et les réseaux sociaux avaient lancé des sonnettes d’alarme qui sont restées sans réactions des pouvoirs publics.

Les mauritaniens ont l’impression qu’ils ne sont pas gouvernés et que les citoyens manquent aussi de civisme. Et pourtant Nouakchott vient d’accueillir 11 chefs d’Etat africain et plusieurs délégations du Maghreb du monde arabe et occidental pour l’investiture du nouveau président mauritanien.

Mais les efforts qui ont été déployés pour la réussite de la cérémonie contrarient avec l’autre image d’une capitale qui croupit dans des ordures ménagères depuis plusieurs semaines dont les responsables directs sont d’abord les citoyens et ensuite les pouvoirs publics qui continuent de faire la sourde oreille pour dégager toutes ces saletés.

Un spectacle d’immondices qui encombrent même certains trottoirs sans parler de tous les coins de la rue. L’ampleur du phénomène inquiète les observateurs qui pointent le laisser-aller des autorités de Nouakchott et interpellent le nouveau gouvernement à parer au plus pressé.

La protection de l’environnement est un devoir de l’Etat. Cette problématique semble être absente des priorités du gouvernement de Ould Cheikh Sidya.

Les poubelles à ciel ouvert sont source de plusieurs maladies pourvu qu’il ne pleuve pas les jours à venir. C’est également les municipalités de Nouakchott et sa nouvelle région qui sont mises devant leurs responsabilités.

Les ordures ménagères ont un coût mais qui est moindre par rapport à l’éducation de la citoyenneté et certainement plus important au niveau de la santé des populations.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste
Source : Kassataya (France)

 

Calamités du 9 aout par El Kory Sneiba

Calamités du 9 aout par El Kory SneibaLe Calame - Après six jours d’une longue attente, le premier ministre a dévoilé son gouvernement composé de vingt huit membres dont quelques uns (cinq) étaient déjà là dans les autres gouvernements de son prédécesseur Mohamed Salem Ould Béchir.

Sur les vingt huit membres, quatre sont des femmes dont trois nouvelles entrées pour la première fois au gouvernement. Les premières réactions à l’annonce de cette première équipe gouvernementale de l’ère Ghazwani sont naturellement mitigées.

Pour certains, la reconduction d’anciens ministres de Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas une bonne chose même si parmi les ‘’rescapés’’ il y en a qui ont fait leurs preuves dans les secteurs qu’ils avaient en charge. Pour d’autres, la composition de la nouvelle équipe constitue un signal fort du nouveau patron de rompre avec certaines traditions qui privilégiaient les dosages politico-ethnico-régionaux au détriment de la compétence et de l’intégrité.

La tendance générale étant la satisfaction d’ensemble de ce qui semble être une option très nette de la promotion d’un groupe de hauts cadres dont certains occupaient des postes de hautes responsabilités dans des institutions internationales de renom. Au niveau des ministères régaliens, les choix semblent faire l’unanimité.

Dr Haimoud Ould Ramdane est véritablement ce qu’on peut appeler l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. Cet éminent juriste et professeur d’université est depuis plusieurs décennies la boite noire du ministère de la justice et l’artisan en chef de ses textes et de ses instruments.

Le placement du général Hanena Ould Sidi, qui revient juste de la direction du G5, à la défense est incontestablement un bon choix pour ce militaire chevronné qui connaît parfaitement les dédales de l’institution militaire dont il est l’un des plus emblématiques symboles.

L’arrivée à l’intérieur et à la décentralisation de l’ancien commissaire de l’OMVS, Mohamed Salem Ould Merzoug consacre la promotion d’un grand intellectuel doté d’une solide expérience de gestion de gros dossiers et d’une capacité d’écoute et d’analyse qui ne sera pas de trop pour le pilotage d’un département ayant en charge l’administration du territoire et l’ancrage de la décentralisation.

L’éminent docteur en géographie ne sera certainement pas en terrain inconnu. Comme le ministre de la justice, l’arrivée d’Ould Dhebbi aux finances rassure les gens du secteur. L’homme est connu pour sa compétence et son intégrité.

Les affaires étrangères restent entre les mains d’un grand diplomate qui n’a véritablement plus rien à prouver. Pour ce premier gouvernement, le président Ghazouani semble avoir choisi des hommes et des femmes capables grâce à leurs compétences de relever les nombreux et complexes défis de leurs départements respectifs.

Pour l’instant, les considérations politiques dans le choix des ministres n’ont pas été ou pas du tout prises en compte. Selon certaines rumeurs, les Upéristes seraient très mécontents au point qu’avec certains anciens ministres débarqués et des députés de la majorité ayant soutenu le président élu, ils envisageraient d’entreprendre une action.

Les autres soutiens de Ghazwani : cadres du RFD, de Tawassoul ou de Adil et autres personnalités indépendantes sont tout aussi déçus de ne pas avoir été impliqués dans ce premier gouvernement.

Selon des rumeurs persistantes, le président et son premier ministre auraient demandé aux ministres sortants de produire des rapports détaillés sur leur gestion dans la perspective de la passation de service avec leurs remplaçants.

Une autre mesure qui vient ‘’mouiller davantage l’argile’’ et exacerber la tension entre la nouvelle direction nationale et ceux qui pensent l’avoir élue et dont le premier, l’ancien ministre de la fonction publique, Seyidna Aly Ould Mohamed Aly, président du comité de gestion de l’UPR a été débarqué avec fracas et sans appel.

Gros mécontentement. Tensions en perspective. Crise interne. Possibilité d’une motion de censure contre le gouvernement d’Ismail Ould Cheikh Sidiya pour mal commencer le mandat de Mohamed Cheikh Ghazwani qui a en tête de rompre avec un certain passé.

On dit chez nous que ‘’celui qui remplit sa bouche de farine sait avec quoi il va la mouiller’’. Ould Cheikh Sidiya et Ould Ghazwani connaissent bien l’adage.

El Kory Sneiba
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Mauritanie : le nouveau gouvernement face à des caisses de l’Etat vides

Mauritanie : le nouveau gouvernement face à des caisses de l’Etat videsKassataya - Le premier ministre mauritanien Ould Cheikh Sidya vient de former la première équipe gouvernementale qualifiée de technocratique par les observateurs. Coupant ainsi court aux informations bien fondées qui avaient lié son retard à une vérification d’informations sensibles relatives à la banque centrale et au trésor public.

Ces soupçons des caisses vides de l’Etat au lendemain du départ de Ould Aziz sont quand même troublants et inquiètent les observateurs. Mais en premier lieu cette situation gravissime interroge le nouveau gouvernement, dont l’ambition est de sortir le pays de l’état de dégradation économique avancé hérité de l’ancien président.

C’est un défi titanesque auquel est confronté le chef du gouvernement face à la banque centrale qui serait vidée de son trésor le plus précieux pour les entreprises et pour l’Etat, dont la mission est de faire tourner l’économie. Et c’est l’Etat, la principale victime, qui devra parer au plus pressé pour boucher les trous du trésor public. Ce n’est pas une vue de l’esprit.

Si ces informations se confirment le nouveau président doit revoir à la baisse son ambition de réformer le pays et en particulier la refonte du système éducatif qui demanderait des milliards de la nouvelle monnaie qui ne se porte pas bien autant pour faire face à l’inflation galopante et la mévente du fer dont la perte de recettes d’exportation pénalise le budget de l’Etat qui fait aujourd’hui polémique au sein du parlement.

La technicité de ce gouvernement ne peut pas tout régler. A moins de faire des emprunts mais la dette abyssale publique de plus 5 milliards de dollars peut être un frein. Il reste une porte de sortie qui prendra du temps.

Faire un audit de la banque centrale, du trésor public et des sociétés d’Etat pour recentrer les priorités. Ce qui évitera aux technocrates d’aller à l’aventure surtout pour le baptême du feu des nouveaux.

Cherif Kane
Coordinateur journaliste

 

Autour d’un thé : Après moi, le déluge !

Autour d’un thé : Après moi, le délugeLe Calame - Les candidats ont fini de dire aux citoyens ce qu’ils avaient à dire pour les convaincre de les choisir à leur tête. Que vont-ils donc encore pouvoir leur baragouiner, durant la campagne présidentielle ?

Avec quel argent vont-ils encore pouvoir rouler, après en avoir tant dépensé, en ce lancement pré-électoral ? La Commission électorale nationale indépendante qui semble surtout « s’occuper d’elle-même » ne pipe mot. Le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation pas plus. La Présidence encore moins, occupée qu’elle est à faire « couper » les députés, les maires, les oulémas.

A bien les faire manger, sur le compte des contribuables. Hum, c’est bon et à leur faire dire, clairement, que si ça ne va pas, ça n’ira pas ou que, pire, ce sera le chaos. La fin du Monde. L’Apocalypse.

Ce sera mon alter ego ou rien. Sans moi ni lui qui n’est, en fait, que moi ou une partie de moi, ce sera la catastrophe. Alors, chers députés, chers maires, chers oulémas : mangez, buvez, dispersez-vous mais ne laissez nulle place, nul coin où quelqu’un ne passe ou repasse, sans expliquer que l’enfer, le néant, la peste, la catastrophe, ce sont les autres !

Dès qu’on aura fait la fête, les députés, les maires, les oulémas retourneront le pays de ci, de là, en tous sens, si bien qu’au bout de la campagne, ils en rapporteront davantage de votes, de fraudes et de mensonges .Ha !Que le Président fut sage de les instruire, avant son départ, que la seule garantie, c’est son choix à lui ! Coupe de ta lèvre et fais-lui avaler : c’est un peu comme ça que procèdent nos autorités qui sont, soit dit au passage, très gentilles avec l’argent du peuple. Me voilà obligé de revenir très loin, pour expliquer une chose pourtant très simple.

Chaque année, l’Etat distribue des centaines de billets gratuits pour la Mecque. Chaque département en dispose d’un certain nombre ; après, c’est selon que vous êtes puissants ou misérables. Tirage au sort, pour désigner les heureux élus ?

Dans la cagnotte, c’est tout le monde mélangé : ministre, secrétaire général, planton, secrétaire et autres gros responsables, directeurs centraux, chargés de mission et conseillers… Pour un ou deux billets SVP ! Résultat : rien. Ha ! Ce n’est pas joli-joli, pour de hauts responsables, que de chercher à grignoter l’argent public, via un billet qu’une de leurs indues indemnités pouvait acheter ! C’est quoi, vingt mille euros, pour ces gens-là ? Surtout quand on n’a en a pas besoin et qu’ils peuvent bien servir ailleurs, quelque part dans les kebbas où les citoyens meurent de faim, de maladie et de soif. Justement, c’est ce qui nous manque, cette capacité à dire : « ça, je n’en ai pas besoin ».

Que nos walis, hakems, commissaires de police, maires et autres annoncent qu’ils n’ont pas besoin de la viande de « Saoudiya » et qu’il faut la laisser aux autres ! Que nos notables, imams, responsables du ministère des Affaires islamiques lancent, haut et fort, qu’ils n’ont pas besoin de produits pour rompre le jeûne, qu’ils ont déjà largement ce leur qu’il faut et qu’il faut les laisser aux autres ! Que les généraux, colonels, administrateurs, hommes d’affaires, femmes influentes, déclarent qu’ils n’ont besoin ni de gazra ni de terrain de l’Agence du développement urbain et qu’il faut les laisser aux autres ! Il faut savoir refuser ce dont on n’a pas besoin. SVP.

Un ministre qui descend avec une rame de papier sous l’aisselle, trois carnets de gasoil, se fait réformer une vieille voiture de marque chinoise ou ne « dépasse » pas une chaise, un photocopieur, une agrafeuse... C’est ça qui a « tué » la Mauritanie.

Les ministres du gouvernement ne doivent pas oublier qu’ils sont en Ramadan. Dans trois semaines, ce sera juste le début de la campagne. Cela va coïncider, semble-t-il, avec le recrutement de plus de deux mille sept cents nouveaux fonctionnaires. En tout cas, le mois béni du Ramadan « n’aime pas le mensonge ».

Tout le contraire d’une campagne électorale où tout est permis. Maintenant, trois semaines, ce n’est pas beaucoup. Et celui qui se cache derrière les jours est nu. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Autour d’un Thé : Chers compatriotes.....

Autour d’un Thé : Chers compatriotes.....Le Calame - Voilà que Ramadan est venu ! Bon Ramadan ! Mesdames et messieurs, il faut respecter votre Président.

Surtout que maintenant « il a, en lui, les os », puisqu’il va devoir quitter ses responsabilités, dans deux ou trois mois. Normalement. Le Président sortant a exhorté tout le monde à respecter les vertus cardinales du saint mois. Manger hallal. Parler hallal. Applaudir hallal. Danser hallal. Sinon, comme c’est dit dans le hadith, celui qui ne laisse pas le gros mensonge et l’action qui s’en suit, ferait mieux de ne pas laisser son manger et son boire.

En tout cas, Allah n’a pas besoin de son jeûne. Alors, à bon entendeur, salut ! Et, comme disent les autres, la première chose avec laquelle commence un certain quelqu’un, c’est sa tête. Le Président sortant dans deux ou trois mois n’a pas dit un mot de politique.

Sauf : « Mauritaniens, Mauritaniennes… ». Un peu comme quand une junte militaire prend le pouvoir. Ça commence toujours comme ça : drapeau flottant, hymne national, puis « Chers compatriotes… ». Ensuite tralalala, tralalala. Rien d’autre. Pas de politique. Pas de Ghazwani.

Candidaté ni par lui ni par sa tête. Ni par rien d’autre. Ni même pas de parrainages qui semblent faire problème. Comment ça ? Suivez-moi :le parti au pouvoir a fait preuve, en ce début de Ramadan, d’un esprit sans pareil de solidarité, partage et altruisme. Comme il dispose de milliers de conseillers et de centaines de maires titulaires, alors que certains de ses adversaires n’ont presque rien, Il a fait sien l’adage selon lequel celui qui « salit », sans que son voisin ne « salisse », est comme celui qui n’a pas « sali ».

Bref, il a pris, sans regarder, une poignée de conseillers et de maires et l’a fourrée dans la marmite de tel candidat. Une seconde, dans la gamelle d’un autre candidat, et une troisième enfoncée, jusqu’à pas possible, dans la casserole bouillonnante d’un encore autre dont la tête était nouée, ne sachant pas où trouver les incontournables parrains conseillers et maires. Mais c’est « inclair », tout ça !

Gens de l’opposition, attention, ne venez surtout pas nous raconter, demain, que telle lettre a sauté ou que telle autre a émigré vers la case Ghazwani ou la maison Aziz ! Pouah, c’est depuis ! Qu’est-ce que c’est ça ? Il ya, dans la majorité, un extraordinaire. Mais il ya, dans l’opposition, deux extraordinaires. Se faire parrainer par la majorité, ça veut dire quoi ?

Il ya des maires, au Hodh Chargui entrain de « frapper leur tête », ayant appris qu’ils ont parrainé la candidature d’un candidat candidaté par sa tête, en haut, et en bas, en bas en bas. C’est un peu ça que les Mauritaniens, Mauritaniennes n’ont pas compris lorsqu’Aziz déclara que Ghazwani avait candidaté sa tête.

En haut en haut. Mais, en fait, en bas en bas, il a été candidaté. Le parrainage, c’est un peu comme l’initiative. Parrainer Ghazwani, ce n’est pas comme parrainer non-Ghazwani. Lancer une initiative pour Ghazwani, ce n’est pas comme lancer une initiative pour non-Ghazouani. Si gouverner, c’est prévoir, il faut aussi savoir qu’applaudir, c’est prévoir. Savoir prendre le train en marche. Ne pas être un imbécile, puisqu’il n’ya que les imbéciles qui ne changent pas de camp. De fusil d’épaule. Et que mieux vaut tard que jamais.

Les choses ont changé, il faut changer avec, disait un certain Premier ministre, à une certaine députée de l’opposition. Vous savez, la politique, ça ne fait pas « tomber au Paradis ». Et puis, il n’ya pas de gens nés pour rester continuellement opposants. Surtout en ces temps de gare à ta mère, ô dernier ! Plus c’est vite, plus c’est mieux. Alors, il y aura bien d’autres qui prendront la relève pour faire de l’opposition. Ce n’est, ni plus ni moins, qu’une stratégie pour bien faire la majorité. Qui aime bien châtie bien. C’est exactement qui insulte bien applaudit bien. Ramadan est le mois du Coran, de la Miséricorde et de la Bienfaisance.

En ce mois, Satan et ses collaborateurs prennent congé. C’est tant mieux. Comme ça, les initiateurs des initiatives vont baisser pavillon. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Calam(ités)

Huit ans après une grosse vague de contestations qui  emporta d’aussi gros dictateurs que Ben Ali ou Hosni Moubarak, voilà qu’un vent nouveau vient de balayer, sans coup férir, deux autres gros potentats du monde arabe : Abdelaziz Bouteflika et Omar El Béchir, restés respectivement accrochés au pouvoir, pendant vingt et trente ans. Il n’aura fallu, aux Algériens, qu’à peine  cinq semaines de révolte non-violente pour dégager un homme malade, incapable de gouverner mais maintenu par une poignée de généraux obstinés à continuer d’user et abuser, sous couvert d’un président que les dispositions, on ne peut plus claires ; de l’article 102 de leur Constitution nationale auraient dû déclarer inapte, dès 2013, à assumer ses responsabilités, suite à AVC. Les Soudanais ont, eux, résisté quatre mois, pour venir à bout d’un intraitable général qui leur avait voir de toutes les couleurs, en termes d’emprisonnements abusifs, mal-gouvernance, musèlement de la presse et violations, intempestives et régulières, des fondamentaux des droits de l’homme. Grâce à leur détermination et à leur unité, les peuples algériens et soudanais, toutes tendances et générations confondues, ont maintenu la pression, jusqu’au déboulonnement – partiel, certes, mais déjà réel – des systèmes dont la gestion calamiteuse les avait tant meurtris. Imperturbables, les manifestants ne veulent pas s’arrêter à mi-chemin, ils veulent complètement rompre avec toutes les composantes des pouvoirs déchus. Autant les Algériens n’ont pas cédé aux tentatives de supercherie de leurs généraux, autant les Soudanais ont exigé le balayage de tous les proches de leur ancien bourreau.

En Mauritanie où la situation ressemble beaucoup au contexte de ces pays, le peuple continue à subir, sans réagir, les agissements et les politiques de dictatures militaires qui se succèdent, depuis le premier coup d’Etat du 10 Juillet 1978 qui renversa l’initial gouvernement civil du pays. Depuis, les populations nationales souffrent le martyr, entre le marteau impitoyable de militaires carrés et l’enclume d’une classe politique enrégimentée, divisée entre un camp allié apprivoisé et un camp opposé diabolisé et mis en quarantaine. Pour maintenir le statu quo et saper toutes les velléités, hautement improbables, de soulèvement, les régimes militaires ont ravivé, à des degrés différents, la flamme des appartenances tribales et produit la psychose des tensions intercommunautaires, via l’activation et le recrutement de groupes mis aux ordres, sous la tutelle des renseignements qui les manipule, conjoncturellement, suivant les intérêts du moment. Toutes les déferlantes de contestations, depuis  2011, ont épargné la Mauritanie. Paradoxalement, puisque toutes les causes objectives  qui ont conduit, ailleurs, à une révolution, sont toutes présentes en Mauritanie : dictature, mauvaise gestion, corruption, prestations bancales des secteurs sociaux, népotisme, violations des droits de l’homme, détournements des deniers publics, délabrement du secteur de la justice, torpillage des processus démocratiques, déplorables conditions de vie, chute de l’économie,  chômage, notamment des jeunes, insécurité, injustice sociale... Malgré tout cela, le peuple mauritanien paraît incapable d’entreprendre la moindre action, pour essayer de faire bouger les lignes et faire naître l’espoir de desserrer l’étau compresseur d’un pouvoir militaire qui se régénère indéfiniment. L’identification des Mauritaniens en tribus, communautés, gens de l’Est et de la Vallée, Guebla,  Nord et Sud, en ceci ou en cela, sert toujours l’agenda du pouvoir qui ne cherche, « justement », que continuer à davantage diviser pour continuer à mieux régner. La dernière « visitation » du candidat militaire à la présidentielle de 2019, dans tous les départements du pays, semble prouver, avec éloquence, que le soulèvement du « peuple » mauritanien n’est pas pour demain. Chacun est à sa propre soupe. Or, pour faire une révolution, il faut un peuple. La Mauritanie n’en a pas encore. Malheureusement.

El Kory Sneiba

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Autour d’un thé : Initiatives

Autour d’un thé : InitiativesLe Calame - Les déclarations de candidature se suivent et se ressemblent. D’abord celle du général Ould Ghazwani.

Stade de la capitale, versets coraniques, normal : nous sommes, quand même, une république islamique. Puis la mobilisation d’une maman assise, majestueusement, à la tribune. Entourée, de part et d’autre, de beaucoup de symboles de ce pouvoir crépusculaire. Puis l’évocation d’une certaine éducation. Pour dire quoi ? Surtout que chacun a été éduqué en rapport avec son milieu. Cela lui servira certainement à quelque chose.

Et puis, dans la vie, il y a les choses impromptues auxquelles rien ne prédestinait. La preuve, il suffit juste d’un concours de circonstances. Ce que n’importe quel candidat à n’importe quoi dira n’est pas important. Ce qui vaut, c’est ce qui viendra, après, quand il sera là.

Ce qui vaut, c’est ce qu’il était avant, quand il n’était pas encore là. Les déclarations d’intention et les vœux pieux ? Bon, ça, en tout cas, jusque-là, c’est la continuité. Les initiatives tombent de toutes parts. C’en est des rafales : Les dockers, les gros porteurs, les chars de combat, les tirailleurs, les anciens de ceci et les anciens de cela. Les tombés du ciel et les tombés de la terre. Les repris de justice, les récidivistes. Les marins, les sous-marins, les souterrains, les tout-terrain. Initiatives de soutien au candidat du consensus national. Pour la préservation des acquis nationaux.

Puis il y a eu Birame Dah Abeid. Ancienne maison des jeunes. Quelques gens de l’opposition. Des milliers de personnes. Tout un programme. Les Mauritaniens n’auront que l’embarras du choix. Continuer, virer à gauche ou à droite ; ou, même, vraiment foncer. Rec, tout droit, on ne sait où ! Les gens écoutent tout le monde. Les gens regardent tout le monde. Le gouvernement est ici.

Les oppositions sont là-bas. La Commission électorale nationale indépendante a le cœur refroidi, puisque les autorités ont déclaré qu’elles ne toucheront pas au moindre de ses cheveux. C’est normal, on ne change pas une équipe qui gagne ou… qui fait gagner. C’est pareil. La tête est ta tête, Ould Bellal : si tu veux, rase-la ou laisse-la, chevelure abondante. Surtout qu’abondance de disfonctionnements ne nuit pas. Du moins chez nous. Puis il y a eu Ould Boubacar. Un homme bilingue. C'est-à-dire à cheval sur plusieurs époques. Maouiste. Céemjidiste.

Hachecéiste. Aziziste. Ghazwaniste. Péerdéiste qui est le fils du Pépéemiste et ancêtre des Adilistes, des Upéristes et de ce qui viendra, juste après l’élection de 2019. Alors finalement, c’est vraiment une belle occasion de rencontres, entre beaucoup de monde. Des anciens, des jeunes, des moins jeunes, des fossiles, des clairs, des moins clairs, des ténébreux, des immortels qui sont là depuis « il était une fois », il y a très longtemps, vers la naissance de l’État en 1958.

Des personnes dont les têtes sont complètement « cassées » mais qui sont encore là, tout de même. Donc, celui-là connaît bien les choses et les choses le connaissent bien. Or, nous savons, par notre religion bénie, que ceux qui connaissent ne sont pas comme ceux qui ne connaissent pas. Exactement comme c’est venu dans le sujet « connaître ou ne pas connaître ». J’ai vu, de me propres yeux, le Président qui en a encore pour quelques mois, à l’avant du nouvel Embraer 157 que la Mauritania Airways vient d’acheter.

Le pilote lui disait quelque chose que personne n’a entendu. Certainement que le nouvel avion vient du Brésil et que sa capacité est de soixante-quatorze places dont cinquante assises et vingt-quatre « deboutes » et que, sur ses côtés, il y a l’emblème de la société et le drapeau national et qu’il va desservir Dakar, Casa, Las Palmas, Bamako, Conakry et que ça va, ça ça. Qu’avec six appareils dont deux Embraers 157 : un est là, l’autre en route ; notre flotte est une des meilleures d’Afrique, voire du Monde et que les Emirats, la Turquie, les Etats-Unis n’ont qu’à savoir à quoi s’en tenir.

Attention, pilote, on ne bourre pas un président comme on ne l’accuse pas sans preuve ! Sinon, bonjour la prison, à côté des deux bloggeurs et leurs deux milliards "fictifs" ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Calam(ités)

Calam(ités)Le Calame - Voilà maintenant six semaines que le peuple algérien manifeste, pacifiquement, pour protester contre un cinquième mandat que le président Aziz Bouteflika, cloué sur son fauteuil depuis six ans par un AVC, se « préparait » à engager.

Ayant compris la ferme détermination des millions d’Algériens de ne reculer devant rien, pour imposer le changement, le cercle de généraux qui prend en otage le pays a entrepris une série de manœuvres visant à juguler la contestation, à commencer par la renonciation à tout nouveau mandat, tout en maintenant Boutef au pouvoir, en attendant d’organiser des élections.

Une supercherie que le peuple a aussitôt refusée. Proposition, ensuite, de prolonger l’actuel mandat, de quatre mois, pour prendre les dispositions nécessaires au départ du président malade. Refus tout aussi catégorique et accentuation de la contestation.

Enfin, déclaration officielle, appuyée sur l’article 102 de la Constitution, déclarant l’incapacité du président en exercice àassumer ses responsabilités. La question n’est pas là, scandent les Algériens : l’équipe de généraux doit, tout simplement et complètement, quitter les affaires et retourner dans ses casernes. C’est qui qui disait : « tous les pays du monde ont une armée, sauf l’Algérie où les militaires ont un pays ».

Manière de dire combien les militaires, chez notre voisin, font et défont les hommes, au centre de tout ce qui se passe. Des militaires qui prennent en otage le pays depuis quasiment 1962, via Ben Bella, Boumedienne, Chadli, Boudiaf, Zeroual, Bouteflika. Des généraux immensément riches et qui tirent les ficelles pour continuer à maîtriser le pouvoir.

Exactement comme ce qui se passe chez nous, depuis le coup d’État militaire de 1978 qui renversa feu Moktar ould Daddah. 41 ans que ces militaires prennent en otage le pays, se le passant de l’un à l’autre, tantôt par coups d’État et tantôt par révolutions de palais, en attendant d’inaugurer, dans quelques mois, un nouveau mode opératoire qui consiste à organiser un simulacre d’élection à l’issue duquel un général héritera le pouvoir d’un autre général. Comme les militaires de l’Algérie, ceux de la Mauritanie sont exagérément riches. Comme eux, ils apprivoisent les élites et leur font marquer le pas, en les enrégimentant dans des organisations politiques de type casernement où le chef a toujours raison.

La honteuse manipulation des députés, en 2008, pour faire tomber un président démocratiquement élu en constitue une parfaite illustration. Comme en Algérie, les militaires mauritaniens sont très puissants. Omniprésents dans toutes les affaires, propriétaires des plus grosses fortunes : banques, sociétés, marchés, flottes, villas cossues et domaines fonciers…

Ils déterminent le choix des élus et orientent les nominations administratives. Secret de Polichinelle, les députés, les walis, les hakems, les ambassadeurs, les fonctionnaires de tel ou tel ministère et, même, les ministres eux-mêmes représentent, à l’ordinaire,la part réservée à tel général ou à tel autre, manifestation de sa volonté en rapport du rang qu’il occupe, dans le cercle très fermé des puissants lobbies militaires qui usent et abusent du pays et de ses ressources, depuis plus de quarante ans.

Comme en Algérie, les militaires mauritaniens useront de tous les stratagèmes et manœuvres les plus machiavéliques, pour ne pas lâcher un pouvoir dont ils ont goûté les délices, les honneurs et les privilèges. Mais beaucoup plus qu’en Algérie, la récupération du pouvoir des mains des militaires et le retour à un système civil et démocratique seront très difficiles en Mauritanie.

Autant toutes les composantes du peuple algérien sont capables de fédérer leur force, pour réaliser de grands objectifs, autant les tribus, groupuscules et lobbies mauritaniens sont corvéables, taillables et manipulables à merci, pour réaliser les plans d’une junte toute concentrée sur le projet, avoué, de maintenir un statu quo qui ne fait l’affaire que d’une poignée de personnes sans aucune foi en la démocratie, l’État de droit, la bonne gouvernance, l’égalité des chances, ni, encore moins, le partage équitable des ressources nationales.

El Kory Sneiba

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Calam(ités)

Après plusieurs mois au cours desquels tous les Mauritaniens ont retenu leur souffle, les partis de l’opposition ont encore une fois déçu, incapables d’accorder leurs violons sur un unique candidat susceptible de gêner – difficilement – le candidat de la majorité, à défaut de le battre et assurer, enfin, une transmission pacifique du pouvoir. Finalement et comme le présageaient beaucoup d’observateurs, cette opposition ira, en rangs dispersés, contre un candidat foncièrement puissant qui bénéficie du soutien de toute l’administration nationale et des lobbies d’affaires qui influencent et canalisent, d’habitude, les votes populaires, surtout en la Mauritanie des profondeurs, réservoirs électoraux qui ont toujours fait la différence, en toute consultation électorale. Comme le disait je ne sais plus qui, l’opposition se révèle, encore et toujours, le plus grand allié du pouvoir, par ses tergiversations et son incapacité à dépasser ses petites querelles de minarets, sur fond de mesquins calculs. Ses principales formations politiques, notamment le RFD et Tawassoul, idéologiquement presqu’aux antipodes l’une de l’autre, soutiendront respectivement, au premier tour, le docteur Mohamed Ould Mouloud,  président de l’UFP, et un ancien Premier ministre, Sidi Mohamed ould Boubacar.

Avec cette stratégie à peine commune de soutenir le candidat qui aurait éventuellement à croiser le fer avec celui du pouvoir, au cours d’un très improbable second tour. Comme si le spectre de l’élection de la présidentielle de 2009 avait disparu ou que ce qui vient de se passer, il y a moins d’un mois au Sénégal, ne devait pas nous alerter sur la volonté des pouvoirs sortants de ne prendre aucun risque. Entre l’enclenchement du processus démocratique (1992) et aujourd’hui, au moins cinq à six élections présidentielles furent organisées. Par deux fois, au moins (1992 et 2007), l’opposition  prétendit, à tort ou à raison, avoir été flouée. En un, par le refus du système à reconnaître sa défaite et, de deux, par la compromission d’un des imminents dirigeants de ladite opposition avec le candidat imposé par les généraux qui avaient conduit le coup d’Etat mettant fin aux vingt-et-un ans de règne de Maouiya ould Sid ‘Ahmed Taya.

Maintenant que l’opposition a échoué à s’entendre sur un candidat unique, il ne lui reste plusqu’à transformer ce retentissant et anéantissant fiasco, en une stratégie d’éparpillement proposant, aux électeurs, plusieurs profils au premier tour, dans l’espoir d’en communautariser les forces, en l’éventualité d’un second. Ainsi les militants et sympathisants de l’opposition et ceux de toutes les autres tendances qui aspirent enfin à un changement n’ont plus que l’embarras du choix : entre un cacique de l’opposition des premières heures aux pouvoirs qui se sont succédé, sans jamais tremper ni dans le compromis ni dans la compromission –un véritable progressiste dans l’âme qui a fondé, avec beaucoup d’autres, quasiment tous les mouvements de contestation, du PKM au MND, avant l’UFP – et un haut commis de l’Etat qui a gravi tous les échelons de l’administration, jusqu’au poste de Premier ministre qu’il a occupé deux fois, avec Maouiya– Vivent les nostalgiques ! – et avec les militaires de la Transition – Vivent les rectificateurs ! –sans oublier Birame Dah Abeid et deux autres candidats qui ne devraient plus tarder à se déclarer. Les contours de la liste des postulants au fauteuil présidentiel se précisent davantage. Si, comme l’ont dit Ould Abdel Aziz et sa majorité, à qui veut l’entendre, tout leur monde est bien rangé derrière leur candidat Mohamed ould Cheikh Ahmed Ghazwani, avec armes, bagages, infanterie, artillerie, BASEP, DGSN, ministère de l’Intérieur et de la décentralisation, députés, notables, présidents des conseils régionaux, maires, conseils d’administration des entreprises publiques, administration centrale et régionale, tribus, gens de l’Est et autres organisations de la société civile… aucun des autres candidats « n’entendra la balle », dès le premier tour. Mohamed OuldG hazwani remplacera, sans coup férir, Mohamed ould Abdel Aziz à la tête de la magistrature suprême. Mais si, comme le supputent des rumeurs persistantes, ce qui se fait en haut n’est pas ce qui se mijote en bas, au sein des forces de la majorité, toutes les hypothèses sont envisageables et pourraient conduire à de grosses surprises… aux conséquences imprévisibles.

El Kory Sneiba

Source : lealame.info (Mauritanie)

 

[Chronique] Statue géante à Ouagadougou : Thomas Sankara se retourne dans sa tombe

L’hommage solennel à l'ancien président révolutionnaire burkinabè Thomas Sankara (1983-1987) se révèle inopportun sur le plan politique, incongru sur le plan idéologique et raté sur le plan esthétique. Même le comité d’organisation s’excuse…

Ce samedi 2 mars, les autorités du Burkina Faso inauguraient une statue géante de Thomas Sankara – cinq mètres de haut sur un socle de quatre mètres – et les bustes de ses douze compagnons abattus avec lui le 15 octobre 1987. La cérémonie se tenait en présence de l’indéfectible ami ghanéen de Sankara, l’ancien président Jerry Rawlings. C’est par une aussi fidèle affection envers le capitaine burkinabè que nombre de citoyens s’enflamment depuis l’inauguration.

Les points de fixation de la polémique ne manquent pas. Dès le projet de mémorial dont la statue est un avant-goût, la veuve du président révolutionnaire désapprouvait, en octobre 2018, le lieu retenu : le « Conseil de l’Entente », où fut assassiné son époux. Par ailleurs, si le leader de la Révolution burkinabè a été étiqueté « marxiste », il ne prisait guère les excès bling-bling du culte de la personnalité. La statue kitsch inaugurée à Ouagadougou évoque davantage la démesure pompière d’un monument nord-coréen que la vie spartiate promue par Sankara.

Dépense somptuaire et récupération politique

Pour ce qui est du caractère somptuaire de la dépense liée au mémorial, c’est un appel à contribution qu’un groupe de la société civile avait lancé, dès 2017, pour un montant estimé à « plusieurs milliards de francs CFA ». Même si le budget n’est pas puisé dans la caisse publique, Thomas Sankara aurait sans doute préféré qu’une telle cagnotte soit utilisée au profit d’un centre de santé à son nom, d’écoles, voire de moyens qui font tant défaut aux forces armées aujourd’hui harcelées par les jihadistes.

Sur le plan politique, les aficionados du ‘Che Guevara africain’ réclament davantage la justice que la vénération sirupeuse

Sur le plan politique, les aficionados du « Che Guevara africain » réclament davantage la justice que la vénération sirupeuse de la part de politiciens dont les carrières ont fleuri sur le terreau de la « Rectification » anti-Sankara. Acte I : quelques années après avoir assis son pouvoir sur le drame du 15 octobre 1987, Blaise Compaoré décernait le titre de « héros national » à son prédécesseur déchu. Acte II : en 2019, la statue géante a été inaugurée par le chef de l’État Roch Marc Christian Kaboré, ancien Premier ministre, ex-président de l’Assemblée nationale et du parti majoritaire du régime de Compaoré. Quatre ans après l’insurrection populaire et les promesses de réouverture du dossier judiciaire de l’assassinat de Thomas Sankara, le procès, lui, ne s’est toujours pas tenu.

Après les polémiques, bientôt une V2

Au-delà des déclarations politiques passées et des incertitudes judiciaires futures, c’est l’esthétique même de la statue qui a choqué, samedi dernier, nombre de citoyens. Primo, dans un pays où l’usage de la main gauche est strictement réglementé – les enfants sont abondamment giflés pour cela – , un internaute affirme que le slogan « la patrie ou à la mort » ne saurait être mimé par un poing gauche levé.

Secundo, l’abréviation « Thom Sank », déjà triviale sur un uniforme militaire, ne saurait être calligraphiée comme l’anglicisme « Tom ». Tertio, c’est « avec des larmes aux yeux » qu’un autre forumiste a regardé cette statue qu’il qualifie de « sabotage » et d’ « escroquerie », tant l’ancien président est méconnaissable. Et les internautes de reconnaître – avec plus ou moins de cynisme – des personnalités burkinabè habituellement évoquées pour leur manque de joliesse. « L’artiste qui a fait cette statue doit changer de métier », tranche un citoyen meurtri.

Dès dimanche, le Comité international du mémorial Thomas Sankara (CIMTS) – dont Luc Damiba est secrétaire général – expliquait les imprécisions morphologiques par la précipitation liée à la tenue du Fespaco, le festival de cinéma dont il avait souhaité capter l’audience internationale. En présentant ses « excuses pour toutes les insuffisances constatées », il annonçait que « la statue sera recouverte, afin d’y apporter les corrections nécessaires en tenant compte des distances, volumes et angles de vision, mais aussi des observations et suggestions des populations ». Le martyre de Thomas Sankara n’a-t-il pas été assez cruel comme ça ?

Par Damien Glez

Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

Source : jeuneafrique.com

 

Autour d’un thé : Ridicule

Autour d’un thé : RidiculeEn réalité ou, plutôt, en fait, certaines choses ne viennent que comme ça : mine de rien.

Imaginez un peu ce que je veux dire, où veux-je en venir. Avec ce blabla, comme disait quelqu’un, de cette rubrique immonde qu’est « Autour d’un thé ». Ce qui me vient en tête, quand je regarde la télévision nationale. Les télévisions nationales. Toutes tendances confondues. Mais, surtout, quand je regarde la Mauritanienne.

Les rares fois où je m’y astreins. C'est-à-dire chaque jeudi soir, pour le communiqué du Conseil des ministres, suivi de la fameuse conférence de presse des commentaires du porte-parole et de certains ministres ;

ou quand la Mauritanienne sort feu Bleikhir, le virtuose d’El Hela et sa troupe de danseurs, chanteurs et flutistes extraordinaires, pour me replonger dans mon enfance de jeune garçon issu (attention au discours de haine et de racisme !) d’une famille de « l'unité nationale ».

Je n’en dis pas plus. Ce n’est pas moi qui inaugurerai la prison des propos racistes et haineux. Même si, en fait, on n’entend plus parler, ni de la marche du 9 Février, ni de la grosse campagne médiatique qui l’a précédée, ni de celle qui l’a suivie. Mais, mord ou ne mord pas j’y mets pas mon doigt ! Conférence de presse tout autant bourrée de montages que montée de bourrages.

Exemple, avec la dernière du ministre des Finances. Trente minutes de commentaires pour expliquer, aux journalistes, où sont passés des milliards égarés devenus œil blanc. Puis histoires de gaz. Puis histoires de l’administration et des administrés. Visites, dans toutes les wilayas, du ministre de l’Intérieur et de la décentralisation, pour, dixit le ministre de la Communication, « rapprocher l’administration des administrés ». Heureusement que le ridicule ne tue pas.

Sinon, on en serait tous morts. Depuis vraiment très longtemps. Le Président. Son candidat à la présidentielle de 2019. La presse. La Société civile. Les gouvernements successifs. Les députés. Les oppositions. Les majorités. Puisqu’il n’y en a plus qu’une, l’Armée, tout le monde serait « cadavéré » depuis très longtemps. Comme ça, on en aura fini avec cette grosse farce de très mauvais goût. Montage. Mensonge. Mauvaise foi.

Moquerie. Ministre de l’Intérieur et de la décentralisation. Réunion avec les chefs de service et les élus, le jour. Retrouvailles avec les notables, chefs de tribus, groupes politiques et tendances, le soir. Heureusement que le mensonge et le ridicule ne tuent pas. Sinon, on en serait tous morts, deux fois, depuis très longtemps. Jonglage. Equilibrisme. Comme ça, ni la taditt (récipient où l’on trait les animaux) ne s’assèche, ni le veau ne meurt. Encore six mois de « réalisations extraordinaires depuis les dix dernières années ». Encore six mois de « tout le pays est en chantier ».

Dans tous les domaines. Les villes anciennes : Ouadane, Chinguetti, Oualata, Tichitt, leurs mosquées, leurs manuscrits, leurs mahadras et autres vestiges, tout ça, c’est depuis dix ans que ça a commencé à exister. Ah oui ! Juste depuis dix ans. C'est-à-dire, pile en 2009. Avant ? Bon, c’était là-bas mais personne ne le savait. Depuis, petit à petit, plus ça approche, plus ça s’éloigne : formatage en cours. Dans les têtes. Les cures d’adaptation, ça prend du temps. Attention aux lapsus compromettants ! Il faut aller doucement, en procédant par substitution.

Va doucement, celui qui a « en lui » de courir. Salutations. En tendant la main à Christine Lagarde ou en s’inclinant (trop à mâcher la terre) très poliment devant le Président. Ça fait quoi, tout ça, au point de ravir la vedette des réseaux sociaux ? Cette histoire des-hommes-qui-ne-doivent-pas-saluer-les-femmes. Ce n’est pas dans l’absolu. Mais il faut faire comme son chef.

Même s’il est admis, chez les militaires, que celui-ci a toujours raison, certains saluent les femmes. Comme le fait d’ailleurs souvent le Président. D’autres ne le font pas. Des femmes saluent des hommes. Des hommes saluent des femmes. Tout ça me rappelle la croustillante anecdote d’un célèbre artiste national à qui un présentateur TV demandait pourquoi il ne jeûnait pas le Ramadan. Il répondit par une logique de fou : « Si tous les Mauritaniens jeûnent, je vais jeûner. Mais comme il y en a qui jeûnent et d’autres pas, moi, je choisis d’être avec ceux qui ne jeûnent pas ».

Saluer ou pas, applaudir ou pas, il faut choisir son camp. Comme l’artiste. Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Calamités ...

Calamités ...Dans quatre mois – en principe… – la Mauritanie va amorcer un tournant décisif de son histoire contemporaine, à travers une alternance qui devrait permettre le passage de témoin entre un président démocratiquement élu et Mohamed Ould Abdel Aziz qui aura épuisé les deux mandats autorisés par notre Constitution.

Cette élection intervient dans un contexte chargé. D’abord, par l’espoir de tous les Mauritaniens de remettre leur pays sur la voie du processus démocratique normal, avec l’organisation d’élections justes et transparentes, égalisant les chances entre tous les protagonistes.

Il est évident que des dysfonctionnements, liés à beaucoup de facteurs, endogènes et exogènes, sont inévitables pour une démocratie d’à peine vingt ans. Même dans les pays où des pratiques séculaires les assoient, il reste toujours à améliorer les choses.

Ensuite, par la complexité de l’organisation, dans un pays majoritairement analphabète, avec des populations encore facilement manipulables, via les systèmes traditionnels d’encadrement, encore très fortement maîtrisés par des cercles féodaux intraitables et calculateurs. Enfin, par une exacerbation sociale portée par de vives revendications où s’enchevêtre et s’interpose la légitimité des causes à la surenchère et à la surexcitation de ceux qui les portent.

Dans ce genre de contexte, la force de l’Etat est plus que nécessaire : impérative et urgente ; pour parer à tous les dérapages éventuels dont les ingrédients sont nettement et partout perceptibles. On constate, sur les réseaux sociaux, combien les tensions intercommunautaires, via posts des plus dangereux, sont très avivées.

Pour on ne sait quelle raison, les autorités administratives, sécuritaires et judiciaires ont laissé s’installer une cybercriminalité très préjudiciable aux fondements de l’unité nationale. Les incidents, répétitifs, de ces derniers mois ont motivé la fameuse marche du mercredi 9 Janvier contre la haine et le racisme.

Louable, en son principe, cette initiative ne permet pas, en son fond, de creuser la réflexion sur les causes de ces que l’Etat prétend combattre. Il faut avoir le courage, même au risque de « choquer » certains, de dire clairement la vérité : beaucoup d’autres Mauritaniens se sentent complètement marginalisés, à tous les niveaux des administrations nationales. C’est insupportable.

Les arguments avancés, par les tenants du statu quo, ne sont qu’« une vérité pour corroborer le faux ». Ce qui engendre la haine et le racisme, ce sont la marginalisation et l’exclusion. Il faut vraiment être aveugle, pour ne pas voir ce qui se passe aujourd’hui, en Mauritanie, en termes de marginalisation et d’exclusion de certaines communautés nationales, à quasiment tous les niveaux.

Voyez, par exemple, la composition du bureau du patronat… Il ne sert à rien de se voiler la face, pour ne pas voir la très dangereuse réalité qui prévaut dans le pays. Les illustrations des disfonctionnements structurels, dans le partage des ressources et des fonctions, affluent de toutes parts.

Mais, selon Ould Maham, le pays est démocratique et la politique des quotas n’est pas d’à-propos. Cette politique vaut pourtant mieux que les promotions indues, sur la base de diplômes falsifiés ou de considérations népotistes, tribalistes ou régionalistes qui ont permis de mettre hors-jeu des populations en faveur desquelles ne jouent, ni la tribu, ni l’influence, ni la paternité.

Les réajustements convenables relèvent de la responsabilité d’un Etat puissant, décidé à couper l’herbe sous les pieds de tous les malveillants et les hypocrites qui lui « embellissent » les choses, alors qu’ils ne lui seront d’aucun secours, le jour où celles-ci n’iraient plus comme ils le souhaitent.

La peur de lendemains qui déchantent justifie toutes leurs turpitudes. Si l’Etat était fort et conséquent, les parrains des derniers mouvements appelant à violer la Constitution seraient, aujourd’hui, en prison, comme ils l’ont été au Niger. Si l’Etat était fort, les initiateurs des initiatives tribales n’iraient pas à qui mieux mieux, ouvertement, pour mobiliser en faveur d’on ne sait quelle forfaiture.

Si l’Etat était fort, il ne permettrait à personne de s’exhiber dans une vidéo, largement partagée ces derniers jours sur les réseaux sociaux, mitraillant à la kalachnikov, dans une parade digne d’un western dans un no man’s land où la loi est en éclipse. Le futur président qui sera élu, dans quatre mois, aura du pain sur la planche.

De grands chantiers l’attendent dont la refondation de l’Etat sur des bases démocratiques n’est certainement pas le moindre. Ce sont de véritables écuries d’Augias et leur nettoyage sera très laborieux.

Les questions nationales de fond dépendent de la capacité du nouveau président à gérer les tribus, les communautés, les hypocrites et les multicolores. 2019 est un tournant très abrupt, il faudra bien manœuvrer, pour prendre la route qui mène à l’espoir et à la réconciliation d’un peuple en souffrance, depuis plus de quatre décennies.

El Kory Sneiba
Source : Le Calame (Mauritanie)