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Chronique en Mauritanie

Mauritanie : la nomination des délégués régionaux du développement rural fait polémique

Mauritanie : la nomination des délégués régionaux du développement rural fait polémiqueKassataya - La discrimination au niveau de l’administration mauritanienne se poursuit à grande vitesse depuis l’accession au pouvoir de Ould Ghazouani. Les nominations des délégués régionaux du développement rural tous issus d’une seule communauté, suscitent encore une fois des polémiques sur les réseaux sociaux.

Le développement rural est un secteur prioritaire du programme quinquennal de Ould Ghazouani qui en a fait son cheval de bataille en le scindant en deux départements : l’Agriculture et l’Élevage. Un changement intervenu dans le cadre de la relance économique qui résulte des implications sociales et économiques de la covid-19.

La mise en place de cette nouvelle politique du développement agricole est suivie de nouvelles nominations du personnel aux ministères de tutelle. Les régions ne font pas exception à ce mouvement. Le dernier en date concerne les 10 représentants régionaux du secteur rural. Tous issus d’une seule communauté.

Une discrimination dénoncée par les réseaux sociaux qui publient la note de service qui a pris effet depuis le 3 septembre dernier. Les observateurs sont surpris de cette absence de rupture du régime de Ould Ghazouani avec son prédécesseur dans un domaine aussi sensible que les postes de responsabilité dans l’administration.

Après deux ans de gouvernance, les nominations et concours ou examens au niveau des forces armées et de sécurité, de l’administration centrale et territoriale, de la diplomatie ont tendance à obéir à des critères tribalistes et clientélistes en faveur d’une seule communauté.

C’est la politique d’antagoniser la société mauritanienne qui est pointée du doigt. Et plus encore que ce racisme d’Etat qui ne date pas d’aujourd’hui est banalisé par un chef de l’exécutif, fort de ses pouvoirs et pourtant qui semble négliger qu’il a été élu par tous les Mauritaniens. Les discours sur l’unité nationale et la cohésion sociale, la lutte contre l’exclusion et la marginalisation, c’est du pipeau.

Cherif Kane

 

Mauritanie : le passif humanitaire divise la coalition de l’opposition

Mauritanie : le passif humanitaire divise la coalition de l’oppositionKassataya - Le retrait des verts de la coalition de l’opposition cette semaine à Nouakchott relance le débat sur le passif humanitaire sur la scène nationale.

La coalition de l’opposition mauritanienne regroupe les partis Al Mustaqbal, APP, CVE, CVE-VR, le RAG, le RNRD-TAWASSOUL et le parti mauritanien pour la Défense de l’Environnement. L’image de mélange de choux et de chèvres est bien réelle avec ses sept partis dont les leaders entendent peser sur la concertation politique conduite par la coordination parlementaire et des forces nationales extraparlementaires derrière une feuille de route approuvée par le président Ould Ghazouani.

Mais ce rapprochement de circonstances ressemble fort à un condensé de partis qui n’ont pas les mêmes principes de valeur d’opposition contre un système qui perdure depuis plus de 60 ans.

Malgré la présence du premier parti de l’opposition Tawassoul et les forces dites patriotiques symbolisées par la CVE-VR, la CVE et le RAG , cette coalition semble être tirée vers le bas en particulier par l’opportuniste président de l’APP qui est maître dans l’art de dialoguer avec le pouvoir. Ould Boulkheir est pris au piège avec ses sorties médiatiques qui flinguent le chef de l’Etat mauritanien.

Les observateurs ne sont pas surpris de cette tournure des évènements. Ainsi l’annonce d’une concertation nationale imminente par le pouvoir bouscule les leaders qui étalent au grand jour leurs divergences sur l’esprit et la lettre de la feuille de route qui ne laisse aucune chance aux participants de traiter du passif humanitaire dont le règlement est mis en sourdine par Ould Ghazouani et considéré définitivement soldé par son prédécesseur.

Un silence dénoncé par le président du parti mauritanien pour la Défense de l’Environnement qui prend ses distances à partir de maintenant. Les verts entendent que les veuves et orphelins et les rescapés civils et militaires du génocide des noirs en 1989 soient invités à la prochaine concertation nationale comme le dit un sage dicton africain « Quand la chèvre est présente, il ne faut pas bêler à sa place ».

En se démarquant des forces de l’opposition, le parti écologique envoie un message d’unité nationale et de cohésion sociale au pouvoir.

Cherif Kane

 

Mauritanie : les mauvais résultats du Bac relancent le débat sur les langues nationales

Mauritanie : les mauvais résultats du Bac relancent le débat sur les langues nationalesKassataya - Des associations culturelles nationales aux partis de l’opposition en passant par les réseaux sociaux, tout le monde s’accorde à dire qu’il est urgent de changer le système éducatif mauritanien à bout de souffle dont les résultats d’année en année suscitent des inquiétudes.

Les mauvais résultats du BAC confirmés même par le ministre de l’Éducation nationale relancent l’impérieuse nécessité d’enseigner les langues nationales dans un pays où cohabitent des communautés linguistiques différentes.

Après 60 ans d’indépendance et six réformes, ce n’est pas la pandémie qui est aujourd’hui la seule responsable d’un système éducatif qui aboutit à 8 pour cent de réussite toutes séries confondues en 2021.

Ce système moribond qui continue de fournir des abandons massifs à l’école publique qui forme depuis des années, des milliers de jeunes chômeurs en difficulté sur le marché du travail et des cancres en terminales et dans les universités mauritaniennes. C’est ce système à deux vitesses qui favorise l’excellence des écoles militaires et les écoles privées qui est pointé du doigt par les observateurs.

Un système éducatif à bout de souffle tournant le dos à la diversité socioculturelle. L’histoire retiendra la seule tentative d’enseigner les langues nationales (arabe, pulaar, soninké et wolof) en 1979 et qui sera interrompue en 1989 sous le régime de Ould Taya qui va accélérer le processus d’arabisation du pays et initier le génocide des négro-mauritaniens de la vallée.

La constitution de 1991 avait tranché en faveur de la langue arabe devenue la seule langue officielle et le pulaar, le soninké et le wolof comme étant des langues nationales Il s’agit d’un non-retour à la réintroduction des langues nationales dans le système éducatif écornant ainsi la cohabitation.

L’hécatombe des résultats de cette année est la résultante d’une politique négationniste de la culture négro-africaine portant ainsi atteinte à l’unité nationale et à la cohésion sociale.

Face à cette politique d’exclusion et de marginalisation, l’opposition et les associations nationales culturelles tirent la sonnette d’alarme pour une refonte de l’Education nationale qui devra passer par l’apprentissage des langues nationales à l’école.

Cherif Kane

 

Mauritanie : l’arrestation d’un journaliste remet à l’ordre du jour la loi sur la cybersécurité

Mauritanie : l’arrestation d’un journaliste remet à l’ordre du jour la loi sur la cybersécuritéKassataya - L’arrestation du journaliste Ould Atfagha cette semaine à Nouakchott pour avoir diffusé en direct sur sa page Facebook des images de gendarmes, relance le débat sur la loi sur la cybersécurité.

Les observateurs ne sont pas surpris de l’interpellation cette semaine à Nouakchott du journaliste mauritanien qui a publié sur sa page Facebook des photos de gendarmes à Nouakchott.

C’est un des gendarmes qui s’est reconnu sur cette vidéo qui a porté plainte avant de la retirer après des polémiques sur les réseaux sociaux qui pointent une atteinte aux droits d’expression et d’opinion garantis par la constitution mauritanienne.

Cette arrestation survient plus d’une semaine après le débat à l’Assemblée nationale sur la loi controversée relative à la cybersécurité dont la promulgation poserait des problèmes sur les offenses du chef de l’Etat et le moral des forces armées et de sécurité.

Le trublion blogueur Ould Atfagaha vient de faire ainsi les frais d’une loi liberticide qui n’est pas encore entrée en vigueur et dont les grands contours ne respectent pas la liberté démocratique. Le chef de l’Etat premier magistrat du pays ne peut échapper à des critiques parce qu’il est élu par le peuple. Les forces armées et de sécurité n’échappent pas non plus à la règle.

Le cas contraire fait basculer la Mauritanie dans une monarchie. Sans amendements à cette loi, les journalistes, défenseurs des droits de l’homme, militants anti-esclavagistes et les chefs de partis de l’opposition dits anti systèmes sont condamnés au silence ou la prison en critiquant le tribalisme, le clanisme, le racisme, le régionalisme ou le chef de l’Etat. C’est la porte ouverte à tous les excès de zèle du pouvoir sur les citoyens sans leur donner la possibilité de se défendre.

L’histoire judiciaire retiendra l’affaire du blogueur Ould Mkheitir qui a fait couler beaucoup d’encre et dont certains magistrats ont dénoncé les errements avant sa libération sous la pression de la communauté internationale. Dans un pays où ceux qui sont censés appliquer la loi font leurs propres lois on aboutit à une justice essentiellement punitive et répressive.

Cherif Kane

Guerre du Sahara : La Bataille de Ain Bintili (2ème Partie) / Colonel (E/R) Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Guerre du Sahara : La Bataille de Ain Bintili (2ème Partie) / Colonel (E/R) Mohamed Lemine Ould Taleb JeddouAdrar-Info - Dès son arrivée, le capitaine Soueidatt s’attèle à la formation des hommes et ouvre un stage de perfectionnement de deux semaines pour les tireurs et chargeurs des armes collectives.

Pendant la durée de son court séjour à Ain Bintili, le capitaine veille au fonctionnement du dispositif sécuritaire par des rondes, surtout aux heures les plus tardives de la nuit. La présence du fondateur de la 1CCP, son engagement et son souci permanent du bien-être de ses hommes et de la sécurité remontent le moral des unités.

18/01/76, au cours de l’après-midi, un détachement composé, d’un peloton de quatre Land-Rovers et de deux GBC 8, sous les ordres du sous-lieutenant Sidi Aly Ould Jeddeine, est envoyé en reconnaissance en direction du « Borj Espagnol » à un kilomètre à l’est du fortin. A mi-chemin, la patrouille en éclairage rend compte de la découverte sur le terrain d’une caisse à sable.

A sa vue, le chef du détachement réalise qu‘il s’agit d’une représentation de la préparation d’une attaque contre le fortin.

Pendant l’arrêt, un véhicule ennemi se manifeste et se dirige vers l’oued Bintili. Le détachement refuse de le suivre et fait mouvement en direction de sa base. Quelques minutes plus tard, des véhicules ennemis sortent de l’oued et se lancent sur les traces du détachement. Une escarmouche éclate entre les deux éléments. Après un bref accrochage, les véhicules ennemis s’esquivent et le détachement rentre à sa base.

Le lendemain, très tôt le matin, le même détachement de reconnaissance de la veille part pour reconnaître Ouad Bintili dans la direction de Tindouf mais, cette fois sous le commandement du Cne Soueidatt Ould Weddad.

Après un bond de quatre kilomètres, le détachement s’arrête, effectue des coups de sonde et continue son mouvement. Aux environs de 08H00, à peine le deuxième bond entamé, le détachement tombe dans une embuscade.

Le capitaine Soueidatt réalise que l’ennemi auquel son détachement fait face n’est pas n’est pas le Fpolisario, mais des unités d’une armée régulière bien structurée, bien encadrée et bien équipée. L’accrochage dure près de deux heures, l’ennemi se replie vers le nord et le détachement retourne au fort avec deux blessés, le sgt Diaw Abdoullaye au bas ventre et le soldat de 2Cl Boubacar Khalidou Youba au bras.

De retour au fort vers 09H00, Le Capitaine Soueidatt réunit les cadres pour faire un point de situation et donner son ordre de conduite pour la suite des opérations.

A l’issue de la réunion des cadres, le capitaine se dirige vers le portail avec des jumelles et scrute l’horizon. Un obus tombe à côté de lui, l’atteignant mortellement et ses éclats blessent sans gravité le sergent Ba El Hadj et le Sergent Ely.

La bataille, qui va durer plus de trois jours, a commencé, avec le décès du mythique commandant des unités commandos aéroportées mauritaniennes, le Capitaine Soueidatt Ould Weddad.

Le soldat Mohamed Ould Boubacar arrive en grandes foulées pour informer l’infirmier de la garnison, le sgt Daouda Ould Mbareck, que le Capitaine est décédé.

L’infirmier se rend rapidement sur les lieux et constate le décès du Capitaine.

Les hommes, bien que très affectés par cette terrible nouvelle, continuent le combat. Selon des témoins oculaires, avant de rendre son dernier souffle, le Capitaine Soueidatt, dans le souci de préserver la vie de ses hommes, aurait informé ses cadres que l’ennemi auquel ils font face leur est numériquement et techniquement supérieur et aurait ordonné aux unités de s’esquiver pour éviter l’anéantissement.

Un Defender piloté par le Lieutenant Sidi Mohamed Ould Heyine, dépêché de Bir Moghrein pour l’évacuation du Cne Soueidatt atterrit sur la piste à côté du fortin alors que la bataille faisait rage.

Le Cne étant décédé, le commandant de bord de l’avion fait embarquer la femme du caporal Baba Ould Khayna, le sergent Diaw Abdoullaye et le soldat de 2Cl Boubacar Khalidou Youba.

Malgré les présages des événements qui se profilent à l’horizon, la femme du 2 Cl Hamma Ould Bouzouma refusera de quitter son mari. Elle ne sortira d’Ain Bintili que le 24 janvier 1976, après avoir donné naissance à un enfant sous les déflagrations des roquettes, des missiles, des obus et la pluie diluvienne des munitions des armes individuelles et collectives de l’ennemi avec le dernier élément qui évacuera le fort, après que son mari ait été fait prisonnier.

Après le décès du Capitaine Soueidatt, Le lieutenant Mohamed Vall Ould Lemrabott prend le commandement du Sous-groupement et continue le combat.

Dès le lendemain de la mort du Capitaine Soueidatt, le fortin et Dcheira Elhamra seront totalement encerclés et soumis pendant trois jours d’affilée aux tirs et aux bombardements d’une artillerie blindée lourde et d’armes antichars performantes. Ensuite, deux puissants régiments s’intercalent entre le 1 ER et le 8 EDC et les isolent l’un de l’autre.

Deux unités envoyées en renforts de Fdérick et de Bir Moghrein n’arriveront jamais à destination. L’une d’elles tombe dans une embuscade au niveau de Rich Enagim et ses rescapés retourneront à leur base de départ. La deuxième flottera pendant quarante huit heures entre ordres et contre-ordres et n’arrivera aux environs de Ain Bintili que le 22 en fin de journée pour recevoir l’ordre de se rabattre sur Bir Moghrein.

Les unités du Sous-Groupement 22, fortement affaiblies par les lourdes pertes subies, sans liaisons entre elles et cloisonnées par un ennemi fortement armé, bien structuré et logistiquement bien soutenu, continuent leur résistance désespérée.

Après un baroud d’honneur de quarante huit heures, le sous-groupement 22 perd pied et ses rescapés, mettent à profit l’intervention de l’aviation marocaine, pour décrocher en éclatant dans toutes les directions.

Tard dans la journée du 24, le Lt Mohamed Vall Ould Lemrabott arrive avec un élément réduit à Bir Moghrein, alors que le S/lt Sidi Aly Ould Jeddeine et un petit élément, ayant perdu l’orientation, seront interceptés et faits prisonniers par l’ennemi.

Zeinebou, la femme du soldat Hama Ould Bouzouma, restée au fortin, accouchera sous les missiles, les roquettes, les obus et la pluie diluvienne des armes individuelles et collectives de l’ennemi.

Son mari ayant été fait prisonnier, elle ne quittera le fortin qu’avec les derniers combattants La Land-Rover dans laquelle Zeinabou avait pris place tombera en panne. Elle passera trois jours à marcher pour rejoindre Bir Moghrein, accompagnée par le Soldat de 2 Cl Ethmane Ould Soueid Ahmed qui portait son enfant.

Le 24 janvier 1976, Ain Bintili tombe définitivement aux mains de l’ennemi.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de « La Guerre sans Histoire »

Protection des symboles de l’Etat : Ghazouani « otage » des conseillers du soir !

Protection des symboles de l’Etat : Ghazouani « otage » des conseillers du soir !  Le Rénovateur Quotidien - Quels conseillers du soir ont soufflé à l’oreille de Mohamed Ould Ghazouani pour que tout d’un coup de tête il se fende un discours au cours d’une visite au Trarza où la misère des populations méritait plus d’être évoquée qu’une tentation très vive de légiférer sur le contrôle des libertés.

Du conseil des ministres au parlement le « thé est infusé ». Faut –t-il le boire ? A tous points de vue, faire entériner ce projet de loi vachement liberticide c’est museler l’espace des libertés déjà sous surveillance. Dans un parlement dominé par une majorité fidèle aux désidératas du prince, rien ne fera obstacle pour que ce projet de loi passe sans coup férir.

Au grand dam des libertés d’opinion et du droit d’expressions indépendantes. Ce ne sont ni les quelques voix discordantes dans la chambre d’’enrégisteement ni les communiqués des Ongs des droits de l’homme ou des partis d’opposition qui vont changer le cours de cette décision.

Ce projet de loi est d’autant plus inapproprié pour le magistère de l’homme fort du pays que ses rapports avec les acteurs de tous bords sont normalisés. Dans un Etat qui aspire à une démocratie moderne et civilisant les mœurs politiques et sociales, on ne doit pas bâillonner les libertés par quelques motifs que ce soit fussent ils pour le prétexte fallacieux de protéger les symboles de l’Etat. D’ailleurs en Mauritanie aucun symbole de l’Etat n’a, dans l’historie du pays été profané.

Ni le drapeau, ni l’hymne national, et tout autre sceau de l’Etat pour qu’il urge de contenir le danger ! La personne du chef de L’état est dotée de « balises » de protection sans pour autant qu’elle soit « sanctifiée » par la constitution comme dans un régime monarchique. Notre constitution inspirée par celle de la France n’a pas attribué des exceptions au chef de l’Etat au point qu’il soit exempt de critiques ou de griefs, tant que cela ne soit un affront moral ou dans sa vie privée. des actes récriminés par la loi même quand il s’agit d’un citoyen lambda.

Le président de la République comme incarnation des symboles de l’Etat, garant des libertés et de la sécurité tel que consacré par la constitution est élu par la volonté du peuple. A ce titre et conformément aux prérogatives que lui confèrent la constitution il doit en vertu de tous ces attributs et pouvoirs rendre au peuple ce que le peuple lui a prêté tout en respectant ce que celui -ci a de plus cher : la liberté. Une valeur dont nul n’a un droit de prééminence. Déjà l’arsenal juridique mauritanien est assez fourni pour en définir les contours en précisant où commence la liberté et où elle s’arrête.

Depuis son arrivée au pouvoir, le régime de Ghazoauni n’a été ni ébranlé par un quelconque activiste notoire, moins encore par une classe politique devenue aphone après les dernières élections. Le feuilleton Aziz est-il donc pour quelque chose dans le cours actuel des événements pour remettre le fer au feu ? Ou encore les dossiers de l’esclavage et du passif humanitaire loin d’être soldés. Ce dernier qui porte l’indexe des crimes de sang fait-il peur encore à ceux qui se reprochent quelque chose !

Peut-on bannir des survivances de l’histoire au cœur d’un système politique, prolongement naturel de reflexes tribalo- communautaristes, érigés en mode de gouvernement que nulle loi ne bannira si facilement. Comment dès lors empêcher des modes d’expression qui ne peuvent que se nourrir de ces excroissances anachroniques de s’exprimer autrement comme si on était arrivé à un niveau de maturité d’une démocratie elle –même moulée dans ses références archaïques et qu’un coup de baguette magique vienne tout changer.

Ghazouani est-il mal conseillé par ces inconditionnels de l’amalgame qui ont ce don d’ubiquité de rebondir dans tous les régimes et dont le secret de longévité est dans leur pouvoir d’entretenir l’illusion d’être les bons idéologues, eux qui excellent dans l’art de l’amalgame et des complots sournois permanents. Ces mange-mil investissent les officines occultes pour dicter leurs lois.

Ghazouani en homme averti doit rester vigilant et laisser dormir les vieux démons que ne sauraient dissuader ni l’embastillement moins encore les matraques. Restreindre les libertés, c’est inexorablement ouvrir les portes des geôles. Et ce sera parti pour que les jugements sur des crimes de lèse-majesté soient bien fréquents dans les tribunaux !

CTD

Guerre du Sahara : La bataille de Boulanouar

Guerre du Sahara : La bataille de BoulanouarLe Calame - Le 02 Décembre 1977, vingt-six jours après l’attaque de BirGendouz, le Front Polisario attaque la Base de Boulanouar. La base militaire de Boulanouar, au moment de l’attaque, est composée de deux escadrons statiques et d’un escadron motorisé réduit soit un effectif de cent cinquante-six hommes.

La mission de la base militaire est d’assurer la sécurité du Chantier de la Société Nationale Industrielle et Minière (SNIM) installé par la MIFERMA sur un forage équipé en charge d’assurer le ravitaillement en eau de Nouadhibou, Zouerate et d’autres chantiers éparpillés sur les six cent cinquante kilomètres de la voie ferrée reliant Zouerate à Nouadhibou.

Le dispositif de défense de la base est articulé en trois positions statiques et deux pelotons motorisés. Les positions statiques, armées de mitrailleuses (Mit 50 et Mit 30)et de mortiers (81m/m et 60m/m) et bien aménagées avec des fortifications à base de rails et de traverses, sont installées sur trois élévations points –clés au nord-ouest, au sud-ouest et au sud-est de la localité, leur permettant de contrôler la quasi-totalité du terrain.

Les positions sont distantes d’un kilomètre de la localité chacune avec des secteurs de tirs qui se recoupent sans angles morts. Les deux pelotons motorisés sont pré-positionnés, respectivement à l’extrémité de la piste d’atterrissage au nord de la voie ferrée et à l’est de la localité.

Le Lieutenant Attih Ould Sid’Ahmed et le Sous-lieutenant Youssouf Ould Mamady, qui venaient de finir la passation de consignes et de commandement, attendaient sur la piste d’atterrissage l’avion qui devait amener ce dernier à Tmeimichatt, son nouveau poste d’affection. Vers dix heures, l’avion passe en battant des ailes comme pour signaler un danger.

Quelques minutes après, l’opérateur du Commandant de Base, le soldat de 2 Cl Dioulde Malick arrive en courant pour les informer que l’avion signale un ennemi en attaque venant du Nord et de l’est. Les deux officiers se rabattent aussitôt sur les positions, le Lieutenant Attih se rend sur la position nord-ouest et le S/lieutenant Youssouf sur la position sud-est.

Terrible méprise

Dans son attaque, l’ennemi a axé son effort, dans un premier temps sur les deux pelotons motorisés qu’il tenait à mettre hors de combat pour détruire le potentiel de mobilité de la base. Le peloton motorisé à l’extrémité de la piste est vite encerclé, toutes ses voies de retraites sont coupées et sera complètement anéanti en moins d’une trentaine de minutes.

Par contre, le deuxième peloton motorisé qui se trouvait à l’est de la localité a réussi à rompre le contact avec l’ennemi et s’est esquivé en direction de la base en passant entre la positon sud-est tenue par le s/lt Youssouf et la position sud-ouest tenu par le brigadier Mohamed Ould Bowbaly.

En l’absence de liaison radio, une terrible méprise fit croire aux deux positions qu’il s’agissait d’un élément ennemi forçant une pénétration du dispositif et elles le prirent à partie, lui interdisant l’accès de la base. Le peloton alors contourne par le sud et s’esquive en direction de Nouadhibou où il arrive vers onze heures.

L’ennemi met à profit le déséquilibre tactique créé par le vide laissé par les pelotons motorisés, qu’il exploite pour exercer sa pression sur les positions en particulier les positions nord-ouest et sud-est, la position sud-ouest étant un ilot imprenable du fait du glacis l’entourant sur plus de cinq cents mètres, sauf à un prix que l’ennemi ne semblait pas disposé à payer dans l’immédiat.

L’artillerie ennemie concentre ses feux sur les positions et les éléments d’assaut multiplient leurs attaques, mais les positions résistent grâce à leurs avantages tactiques, positions bien aménagées dominant le champ de bataille et un terrain mou peu favorables aux mouvements des véhicules, mais qui présente tout de même quelques récifs qui seront mis à profit par l’ennemi pour s’accrocher au terrain.

Devant la détermination des positions, l’ennemi numériquement supérieur joue la carte de l’usure. Pendant plus de deux heures, les positions alternent les tirs des mitrailleuses et des mortiers pour repousser les attaques ennemies et lui interdire l’accès de la localité.

Vers 12 heures, la position nord-ouest que tenait le commandant de base, le LtAttih, qui n’avait plus que six hommes sur la vingtaine qu’elle comptait, perd pied et, bénéficiant de l’appui des armes de la positon sud-ouest, se replie en direction de la position sud-est, tenue par le S/lt Youssouf.

La tactique de « la tâche d’huile » faisait son inexorable œuvre d’enveloppement. La position sud-ouest, malgré son combat farouche, succombe une demi-heure après la position nord-ouest. Le brigadier Mohamed ouldBowbaly sera fait prisonnier avec une dizaine de ses hommes.

Il ne restait plus que la « Citadelle » du sud-est, au milieu des forces ennemies qui l’entouraient sur les trois cent soixante degrés. Entre la soumission et l’anéantissement, les occupants de la position sud-est avaient fait le choix que dictait la dignité : jusqu’à la dernière goutte de sang.

A deux reprises l’ennemi pénètre dans la localité, à deux reprises il est refoulé. Malgré sa supériorité numérique et sa mobilité tout de même réduite par la nature du terrain, l’ennemi n’arrive pas à briser la résistance de l’imprenable « Citadelle ».

Une citadelle imprenable

Les combats font rage. La consommation des munitions est hallucinante. Les rejets de gaz et la poussière s’élèvent en nuages. Les hommes, ayant épuisé très tôt leurs réserves d’eau, suffoquent et se déshydratent. La soif devient insupportable. Il devient impératif de se procurer de l’eau. Les officiers demandent des volontaires pour franchir le déluge du feu ennemi vers la localité pour un ravitaillement en eau.

Le garde de deuxième échelon Bounena Ould Ely Zeine se porte volontaire. Le Brigadier Ahmedou Ould Ely Zeine, l’oncle maternel de Bounena refuse de laisser son neveu partir tout seul et se porte volontaire. Un deuxième combattant, le garde de deuxième échelon, Ahmed Ould M’bareck se porte également volontaire. Les trois hommes, les armes à la main, descendent vers la localité en utilisant le terrain, sous la protection des feux amis.

Une quarantaine de minutes plus tard, les trois hommes reviennent transportant des jerricans pleins d’eau. A une vingtaine de mètres de la position, Ahmed Ould M’bareck est touché. Bounena transportera l’un des jerricans de son camarade et continuera àle soutenir, jusqu’à la position où le garde de 2ème échelon Ahmed Ould M’bareck matricule 3030 rendra son dernier soupir, donnant un exemple sublime du sens élevé du sacrifice et de l’abnégation.

A cause du rythme infernal des combats, les munitions des positions commencent à s’épuiser, leur imposant une drastique économie de consommation. Les tirs amis se réduisent et deviennent de plus en plus sporadiques. L’ennemi, s’apercevant que sa stratégie d’usure commence à produire ses effets, investit la localité et s’avance vers la « Citadelle » qui continue son baroud d’honneur, la prenant en tenaille.

A treize heures vingt, un avion de type Jaguar survole le champ de bataille. Les belligérants étaient si proche les uns des autres et, la confusion était telle que le pilote, ne pouvant distinguer les amis des ennemis, s’abstint d’intervenir. Dès le passage de l’avion, l’ennemi lève le siège et se replie vers le nord, en direction d’Adrar Souttouf. Les hommes de la « Citadelle » ont tenu leur serment.

La colonne ennemie sera rattrapée, vers quinze heures trente minutes, par les jaguars français à Jeloua où ils lui infligeront d’énormes pertes.

De son côté, le bilan de la base militaire de Boulanouar est lourd: 30 morts, 16 blessés et 35 disparus.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de « La Guerre sans Histoire »

 

Guerre du Sahara : L’attaque de Tidjikja (1ère Partie) /par Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Guerre du Sahara : L’attaque de Tidjikja (1ère Partie) /par Mohamed Lemine Ould Taleb JeddouLe Calame - Sortie du néant des Majabatt El Koubra, par cette journée grise du 03 Février 1977, la colonne d’une trentaine de véhicules s’infiltre en passant par Edavre et Lekhcheb. Au niveau du campement de Ehl Elvilali sur le côté Est de l’oued Keyal, un groupe d’hommes tente de s’interposer entre la colonne et le campement.

Le Chef du groupe Baddah Ould Vilali et l’un de ses membres tomberont sur le champ de bataille, alors que les autres seront faits prisonniers. La colonne de véhicules continue son infiltration en passant par Mreiba puis Nouag El Mich pour arriver à Timbahra.

Située sur le plateau du Tagant, la ville de Tidjikja s’est développée de part et d’autre d’une batha dont les deux affluents Arzak et Timbahra se rejoignent à Ndaghak avant de converger avec Iziv et Erchel Mowje à Melga Lebtah. Au nord-est, Tarev Ederg, une longue chaine de montagnes surplombe la ville. Au sud-est, Hnouk Baghdada, des falaises, canalisent l’accès de la ville par la route Tidjikja-Tichitt qui descend de Legréa.

Au sud, la ville est bordée par des récifs dont affleurent deux petits mamelons, JmeilattEdbech traversés par la pénétrante Nouakchott-Tidjikja. Au nord, où se trouve l’aéroport, le terrain est dégagé.

Le Secteur 9 qui couvre tout le Tagant, commandé par le capitaine de la Gendarmerie Jeddou Ould Hakki, est composé de trois escadrons: deux escadrons de la gendarmerie dont l’un est motorisé et l’autre statique à Tidjikja et un escadron amputé de la Garde Nationale dont un peloton est implanté à Tichitt.

L’escadron motorisé est en réserve au niveau du Poste de Commandement (PC) du Secteur 9, au Collège de Tidjikja. L’escadron statique de la Gendarmerie est réparti en trois positions: la première à Breikima (P1), à l’Est de la ville, la deuxième à RoussNoueiligatt (P2) sur TarevEderg et la troisième à Sambatali (P3) au nord-est du Collège.

Elan cassé

Un peloton renforcé de l’escadron de la Garde Nationale, en statique sur JmeilattEdbech, sous les ordres de l’Adjudant Da’ive de son vrai nom Mamadou Harouna Kane, occupe deux positions statiques, l’une à l’Est de la pénétrante (P4) avec une Mitrailleuse 50 et l’autre à l’ouest (P5) disposant d’un groupe de mortiers de 81m/m.

Apres avoir installé son Poste de Commandement Tactique (PCT) au niveau de l’oued Timbahra, l’ennemi déploie sa manœuvre.

L’élément d’appui est installé à l’Est de Tarev Ederg. Un élément de couverture est placé à Ledheim, sur le côté Est de Ndaghak avec pour mission de prendre en enfilade la bathaet d’interdire toute intervention en provenance de Tichitt. L’élément d’assaut progresse jusqu’à sa ligne de débouché, fixée au niveau du mausolée de Limam ElGhazouani, à l’extrémité Sud de Tarev Ederg.

A 16H00, deux éléments ennemis montent l’assaut, l’un motorisé dévalant la plaine à partir du cimetière, l’autre progressant à pied venant de l’embouchure de Timbahra. Lorsqu’ils furent à la portée pratique des armes, la position P1 ouvre le feu et casse net l’élan des assaillants.

Sous l’effet de la surprise et à découvert, les deux éléments ennemis se replient sous le feu intense de P1 et reprennent leurs positions initiales. L’accrochage continue, et l’ennemi, croyant avoir affaire à une seule position manœuvre pour l’occuper.

Un peloton motorisé de la Gendarmerie, commandé par le Quatrième Echelon Konaté Harouna doté de trois Mitrailleuses de 12,7m/m (Mit 50,) intervient au profit de la position sous la pression de l’ennemi. Simultanément, la position P5 déclenche un tir de barrage devant la position P1, devenue très tôt pour l’ennemi un objectif à conquérir au mieux ou au minimum à détruire.

Le peloton d’intervention se révèle particulièrement manœuvrier, changeant en permanence de position et engageant ses véhicules par alternance. L’ennemi, qui continuait son forcing pour effectuer un débarquement sur objectif,recule de nouveau sous l’effet de la boule de feu et campe derrière sa ligne de débouchéinitiale.

La position P1 profite de la neutralisation de l’ennemi et met à profit la couverture feu combinée des tirs tendus et courbes amis pour s’exfiltrer. L’accrochage tourne à la guerre des tranchées, chaque partie se barricadant dans ses positions.

Un groupe d’Ehl Meihimid, dont l’instinct belliqueux a été réveillé par les crépitements des balles et le bruit des explosions, armé de Mas 34 et de Mas 36, dirigé par un ancien sous-officier supérieur de la Garde Nationale à la retraite, Tfeil Ould Meihimid, profite de l’accrochage, pour sortir à pied de la ville par le nord-est de la ville.

Utilisant le maigre couvert végétal, essentiellement à base de Guendvor, pour se soustraire aux vues de l’ennemi, les hommes s’infiltrent par Elbehga à travers Tarev Ederg, en vue d’occuper ce passage stratégique et d’interdire à l’ennemi l’accès de la ville à partir de ce col. En plus de son chef, le groupe comprend Saleck Ould Ely Beibou, Lemdeirmez Ould Sid Elemine, ElMoctar Ould Ely Salem et Soueilem Ould Tfeil.

Instinct guerrier

Vers 13H00, en atteignant la crête topographique du versant Est de la montagne qu’il voulait occuper, le groupe se retrouve à l’improviste en face du Poste de Commandement de l’ennemi, installé dans l’oued Timbahra sous les acacias. N’ayant pas été repéré, il s’installe et s’organise. Le chef du groupe donne des instructions très précises qui seront respectées à la lettre: approvisionner les armes, attendre le signal pour tirer, changer de place après chaque tir.

C’est ainsi que le commandement de la colonne ennemi se trouve inopinément et, à bout portant sous les tirs nourris du groupe qui lui infligent des pertes importantes. Les échanges de tirs entre le groupe et l’ennemi continueront jusqu’au retrait de l’ennemi, juste avant le crépuscule.

L’accrochage n’avait pas duré plus d’une trentaine de minutes entre le groupe d’Ehl Meihimid et l’ennemi que des obus commencent à pleuvoir sur les emplacements de l’élément d’appui de l’ennemi. C’est ainsi que l’ennemi se trouve pris entre deux feux, le groupe d’Ehl Meihimid qui le domine à partir des hauteurs qu’il tient et les coups des obus à grande capacité des mortiers 81m/m qui font de véritables ravages parmi ses rangs.

Le Capitaine Jeddou Ould Hakki, très actif, coordonne et combine les actions de ses différents éléments.

Malgré les quatre roues à plat de son véhicule, le 4e Echelon Konate Harouna, renforcé par les tirs des hommes de la position de Breikima, fixe l’ennemi dans ses positions et lui interdit tout mouvement en direction de la ville. De son côté l’adjudant Da’ive continue le travail dévastateur de son groupe de mortiers.

L’action surprise du groupe d’Ehl Meihimid sur son centre névralgique, à Timbahra, semble avoir perturbé les prévisionsde l’ennemi, qui, attaqué sur ses arrières et bloqué à l’avant, tente de colmater les brèches en modifiant son plan d’attaque initial pour investir la ville, mais en vain.

Après plus de six heures d’accrochage, ne trouvant aucune solution pour investir la ville, l’ennemi se regroupe et s’esquive par son itinéraire d’arrivée. Sur son chemin de retour, il emporte avec lui une quinzaine de citoyens, qui resteront prisonniers à Tindouf jusqu’au retrait de la Mauritanie du Sahara Occidental, et le bétail du campement de Ehl ElVilali qui sera intercepté par les unités du Commandant Mohamed Khouna Ould Haidalla à Boujertala.

Le lendemain de l’attaque, un combattant du Polisario, du nom de Hemine de la tribu Rgueibatt, est trouvé blessé dans l’oued de Timbahra parmi les acacias par Sid’Ahmed Ould Soueilim qui le transporte sur un chameau au PC du Secteur 9, avec quelques armes et des munitions trouvées sur place.

Il s’avère selon les déclarations du blessé, qui rendra son dernier souffle dans l’après-midi de la même journée, qu’il a été laissé sous un arbre par son oncle maternel, le chef de la Katiba, qui lui a notifie de ne pas quitter sa place en attendant son retour. N’étant pas revenu le chercher et convaincu qu’il ne pouvait l’avoir oublié, le blessé en déduisit que son oncle était mort, ce que confirmeront les personnes enlevées ce jour-là après leur libération.

Le bilan du côté ami s’élève à six blessés : Gendarme de 1 échelon Kabrou, Gendarme Stagiaire (G/S) Kébé Ousmane, G/S Bara, G/S Maouloud, G/S Harouna, G/S Ould Talmoudane et le G/S Beina. Du côté civil, deux morts du campement d’Ehl Elvilali, 15 personnes enlevées dont une femme et deux enfants, 11 civils blessés à Tidjikja dont 6 femmes.

De son côté, l’ennemi a laissé sur le terrain, un blessé, quatre morts, des munitions et des armes individuelles et antichar. Au cours de leur ratissage, les unités du Secteur 9 découvriront une tombe collective.

Mohamed Lemine Ould Taleb Jeddou

Extrait de “La Guerre sans Histoire”

 

Mauritanie : le recul des libertés, une réalité constante du régime de Ould Ghazoauni

Mauritanie : le recul des libertés, une réalité constante du régime de Ould GhazoauniKassataya - La non autorisation d’une marche de l’opposition pour cette fin de semaine à Nouakchott au lendemain du refus des autorités administratives d’un meeting d’un député de l’opposition, la dispersion de la manifestation des islamistes la semaine dernière, sont autant de signaux contre la démocratie du régime autoritaire de Ould Cheikh Ghazouani.

C’est la continuité d’un régime autoritaire qui communique en intimidant et en s’attaquant à la liberté d’expression. En interdisant les manifestations de l’opposition et d’autres marches citoyennes, le régime de Ould Ghazouani s’attaque aux libertés et à la citoyenneté.

Contrairement à ce qu’a annoncé le porte-parole du gouvernement, il s’agit bien d’un recul de la démocratie et une atteinte à la constitution. C’est l’absence d’un Etat de droit qui est pointé du doigt.

Ce verrouillage des libertés est un signal fort à l’opposition qu’il n’y aura pas de dialogue inclusif. Le seul dialogue possible c’est au sein de l’assemblée nationale avec les partis représentés.

Une concertation est envisagée au palais dans les prochains jours avec la coordination parlementaire. Ould Ghazouani est affairé à préparer sa reproduction.

Et il entend bien mener cet objectif à l’abri des critiques de l’opposition et des observateurs. Presque deux ans de gouvernance qui brisent ainsi l’espoir des mauritaniens qui aspirent à la modernité politique, économique et sociale.

Cherif Kane

 

Ghazwani ne se fait pas vacciner contre le Corona

En première ligne dans la lutte contre le coronavirus en Mauritanie, les professionnels de la santé ont reçu, vendredi 26 Mars, les premières doses du vaccin chinois Sinopharm. Amadou Mamadou Ndiaye, figure de la lutte anti-Covid et responsable du site d’isolement du Covid-19,  et le spécialiste en anesthésie-réanimation, Mohamed ould Bebaha,« deux références dans le domaine », ont été les premiers mauritaniens à se faire vacciner, certifiant par la suite que « le vaccin ne présentait aucun danger ».

C’est par contre sans se faire lui-même vacciner que le président Ghazwani  a lancé la campagne de  vaccination. Ce qui a suscité de nombreuses interrogations au sein de l’opinion. Pour dissiper d’éventuels malentendus et équivoques, le ministre de la Santé est monté sur ses grands chevaux pour « justifier »cette étonnante attitude. « Le président de la République n’a pas pris le vaccin », estime-t-il dans une interview accordée à la chaîne El Mouritaniya, « par respect aux dispositions du plan de la campagne ».Mohamed Nedhirou ould Hamed a affirmé que la priorité de vaccination sera donnée au personnel médical puis aux personnes âgées, notamment les malades.

Après les professionnels de la santé, la deuxième phase d’immunisation de la population mauritanienne va donc cibler les personnes âgées, les malades souffrant d’affections chroniques et les couches vulnérables. La campagne commencera à Nouakchott et s’étendra sur le reste du pays dans quelques jours.

« Seuls ceux qui le souhaitent seront vaccinés contre le virus », affirmait, fin Janvier 2021, le directeur général de la Santé publique, Sidi ould Zahaf. Et Nedhirou d’attester, lui aussi, que « ce vaccin ne comporte aucun risque pour la santé, n’a pas de complications négatives et son efficacité est reconnue au niveau mondial. Tout le monde doit se rassurer ».La Mauritanie avait reçu, de Sinopharm, un premier lot de vaccins composé de 50.000 doses ARM suffisantes pour vacciner 25.000 personnes. Elle doit en recevoir 800.000 doses dans le cadre de l’initiative internationale COVAX.

Mystère autour de la tentative ratée d’un pirate de l’air

Souleymane ould Sidi Baba, l’homme qui s'est emparé,  jeudi 25 Mars,  d'un avion de type Embraer de Mauritania Airlines International, sur le tarmac de l’aéroport international de Nouakchott-OumTounsy, menaçait d'y mettre le feu. On avait, dans un premier temps, annoncé qu'il s'agissait d'un citoyen américain. En fait bel et bien de nationalité mauritanienne, Souleymane ould Sidi Baba  aurait posé cet acte après plusieurs tentatives infructueuses de se rendre aux États-Unis, révèle sa famille. Animé par ce désir, il aurait, après des années d'apprentissage de la langue anglaise, sillonné beaucoup de pays africains pour trouver un moyen d'aller en Amérique par voie maritime dans une embarcation de fortune. En vain, précise sa famille citée par Alakhbar. Écartant toute piste criminelle, elle a indiqué que « le jeune homme n’était pas armé, mais simplement animé par un fort désir d’émigrer vers les États-Unis d’Amérique. […] Il ne présente aucun trouble mental ».Le ministre de l’Equipement et des Transports avait avancé l’état mental déficient du pirate pour justifier  son acte désespéré.

Selon l’AMI, Souleymane a été maîtrisé sans aucun dégât, grâce à la preste intervention du Groupement d'Intervention et de Sécurité de la Gendarmerie Nationale (GISGN).Selon le site « Essahra », c’est un des ingénieurs en service au département technique aéronautique mauritanien  qui fut le premier à mettre à nu la tentative de piratage déjouée de l'avion, dont tout Nouakchott, voire le monde entier, suit avec suspens les tenants et les aboutissements, pour cerner ses vrais contours.

« Se rendant près de l’appareil, ledit ingénieur s’est étonné de constater que le cockpit était fermé de l'intérieur », indiquent des sources présentes à l’aéroport. « Il a même entendu des bruits inhabituels provenant de l’intérieur de la cabine, ce qui ne peut se produire si l’avion n’est pas électriquement alimenté, d’où le doute qui a commencé à le hanter sur une probable tentative de détournement de l’engin », ajoute la publication. « Il décida alors de débrancher immédiatement les câbles de la batterie, afin que le pirate de l'air ne puisse décoller, et informa aussitôt les services sécuritaires présents à l’aéroport ».

Certains témoignages évoquent l’arrivée de l’intrus le lendemain (mercredi 24 Mars), à l'aéroport de Nouakchott en provenance de Conakry, précisant qu’il était resté sur les lieux, avant de parvenir auprès de l’avion ce jeudi 25 Mars. Une autre version estime que le pirate n’est autre qu’un employé de la société des aéroports, autorisé à entrer après avoir présenté sa carte professionnelle. Une troisième tient plutôt à la thèse du trouble mental et de circonstances d’accès à l’aéroport encore mystérieuses.

L'avion objet de la tentative de piratage avait atterri à OumTounsy la veille à 17h en provenance de Conakry, via Dakar, et il n’était pas prévu qu’il  effectue un vol dans la journée Il s'agit d'un Embraer E175 5T-CLO, bien connu sous le nom de Wompou, selon une source interne de l'aéroport.

Source : Le Calame

La sextape du chef de file de l’opposition secoue la Toile

La vidéo compromettante mettant en scène Brahim Bekaye Messaoud, haut cadre du parti Tawassoul et chef de file de l’opposition démocratique, fait des vagues dans le pays. Les supputations vont bon train sur les réseaux sociaux quant à l’authenticité de la sextape. Selon diverses sources, le Parquet se serait autosaisi de cette affaire en ouvrant une enquête confiée à la police judiciaire. Mais, suivant une politique semble-t-il adoptée ces derniers temps, il n’a publié aucun communiqué à ce sujet. Le journaliste Moussa Bouhli attribue le chantage à des bandes criminelles béninoises qui auraient déjà piégé d’autres personnalités mais c’est la première fois qu’un homme politique mauritanien est pris dans leurs filets.

Pour le leader abolitionniste et député à l’Assemblée nationale, Biram Dah Abeid, le chef de file de l'opposition fait l’objet d’un « ciblage pernicieux et hypocrite. […] Les bonnes et vives consciences doivent se lever comme un seul homme pour que l'État mette fin à ce genre de pratiques, en menant des enquêtes sérieuses et en infligeant des sanctions sévères aux auteurs de ces montages, à ceux qui les véhiculent, ainsi qu’aux responsables des fuites et à ceux qui s’en servent pour nuire et porter préjudice à autrui ».Artifice « fabriqué de toutes pièces », comme le dénonce Biram  suite à la visite rendue à Neteg au chef de file de l’opposition ? Une opinion que partage également le parti Tawassoul, tandis que le principal concerné n’a toujours pas réagi.

Sur sa page Facebook, Ould Bouhli affirme de son côté que la vidéo n'est pas fabriquée. Le président de l'Association des journalistes mauritaniens réitère que le chef de l'opposition a été séduit par un gang international spécialisé dans la cybernétique et qui est passé à l'offensive, suite à un refus de paiement de rançon. Ould Bekaye, conseille-t-il, doit se rendre à la réalité du scandale et l’accepter  dans un esprit sportif. Tenter de surfer sur les vagues compliquerait la question. Un autre journaliste, Ahmedou ould  Weddia, a tenu pour sa part à manifester sa solidarité envers le chef de file de l’opposition, lors d'une visite à son domicile.

Présidence de la CAF : Ahmed ould Yahya se désiste

Ce ne sera donc pas le 12 Mars prochain qu’un mauritanien prendra les commandes de la CAF. Le président de la fédération mauritanienne de football, Ahmed ould Yahya, a en effet annoncé, samedi, le retrait de sa candidature à ladite présidence confédérale, en vertu d’un accord intervenu entre les différents candidats au poste parrainé par la fédération internationale de football (FIFA).

Dans un communiqué publié à l’issue d’une rencontre le même jour à Nouakchott entre les quatre candidats, Ould Yahya s’est réjoui de leur entente à constituer une liste unique et commune pour assurer la gestion optimale de la CAF.« Ma décision », a-t-il précisé,« a été prise en concertation avec les hautes autorités de la Mauritanie et tous les autres soutiens à ma candidature, après une étude pesée des différentes possibilités et une analyse approfondie de la situation ». Et de saluer plus particulièrement l’appui du président Mohamed ould Cheikh El Ghazwani et du gouvernement mauritanien, qui « m’ont soutenu dès le premier jour […]. J’adresse à tous mes sincères remerciements et ma profonde gratitude car ils m’ont offert une grande volonté et une force sans commune mesure. […] Œuvrer pour que le football africain obtienne le respect qu’il mérite dans le Monde, voilà la plus importante aspiration de notre cher continent, et je continuerai à m’y engager sans relâche. »

Le protocole de Nouakchott propose de répartir les postes de président de la CAF au sud-africain Patrice Motsepe, premier et deuxième vice-présidents respectivement à  Augustin Senghor et Ahmed ould Yahya. Celui de conseiller du président à l’ivoirien Jacques Anouma. « Cette alliance historique est le plus grand honneur qu’on puisse rendre à l’avenir de la confédération africaine de football et au football africain », a tenu à saluer Gianni Infantino, le président de la FIFA.

Ségrégation quasi-totale à la SOMELEC

Les feux des projecteurs sont braqués sur la SOciété Mauritanienne d’ELECtricité (SOMELEC), avec  son nouvel organigramme fortement teinté de discrimination. Sur la quarantaine de postes pourvus, un seul est en effet attribué à un noir :un halpulaar chargé de mission. Aucun soninké ni  wolof. La consternation dans les milieux négro-mauritaniens a atteint son paroxysme.

Deux entités distinctes : une direction de production et transport et une autre de distribution et commercialisation, seront mises sur orbite en Septembre prochain. Plus six directions centrales, faisant passer ainsi le nombre de directeurs d’onze à dix-neuf, abstraction faite des postes de directeur général et directeur général adjoint. Le nombre de conseillers passe de six à onze et les chargés de missions de six à dix. Tous sont issus de la même communauté, comme dit tantôt. Ces derniers mois, l’exclusion et la marginalisation se sont accentuées au sein de l’administration ainsi que des forces de sécurité et de défense mauritanienne dont les cadres négro-mauritaniens sont bannis.

TM

 

Mauritanie : le conseil national de l’éducation controversé

Mauritanie : le conseil national de l’éducation controverséKassataya - L’exclusion de la coordination des associations culturelles mauritaniennes au conseil national de l’éducation qui compte 23 membres suscite des interrogations sur la crédibilité de la réforme de l’éducation nationale engagée par le gouvernement de Ould Bilal.


C’est une mauvaise nouvelle pour les défenseurs des langues nationales dans un pays à vocation multiculturelle. Une exclusion considérée par les observateurs comme une volonté politique du gouvernement d’écarter les véritables acteurs de la diversité culturelle en Mauritanie.

Le flop au niveau de la désignation des membres est assez révélateur de la nature du régime de Ould Ghazouani. Trois anciens ministres font partie des conseillers nommés par le président et quatre autres par le premier ministre.

Des nominations dès le départ qui obéissent à des critères politiques et qui ne sont que la face émergée d’une politique éducative à plusieurs vitesses. La proximité de la présidence et de la primature contribue au verrouillage d’un conseil national de l’éducation qui ne garde que le nom en faisant fi à la diversité culturelle.

Entre des formules pas claires pour désigner l’urgence d’une réforme de l’éducation et des intentions du président Ould Cheikh Ghazouani de construire un nouvel état et son ministre de l’éducation nationale dépassé par l’ampleur de la réforme, ce conseil national remet en cause l’école de la république par conséquent la chance à tous les mauritaniens de réussir.

L’exclusion de la coordination des associations culturelles ainsi que celle des enseignants est une erreur de casting politique.

La promesse électorale du président mauritanien d’unité nationale, l’utilisation désormais des langues nationales à l’assemblée nationale débouchant à la création d’un groupe parlementaire pour la défense des langues nationales, l’introduction des langues nationales dans un cycle de l’Ecole nationale d’Administration de la Magistrature et du Journalisme.

Autant de repères qui deviennent un écran de fumée masquant l’exemple de réussite dans la sous-région de l’expérience mauritanienne en matière d’enseignement des langues nationales mené par l’institut des langues nationales.

Cherif Kane

 

 

Autour d’un thé : Impact….nul

Autour d’un thé : Impact….nulLe Calame - Bon, il faut dire que sans être ni de nous ni d’eux, il ya quand même quelque chose : si l’on regarde de près, de tout près, on va croire qu’Octobre passé n’est pas comme Octobre présent. Que même le Premier ministre parti est comme le nouveau venu et que tous les deux ressemblent à la centaine d’autres, voire plus, que le pays a connu depuis son indépendance. Je m’explique.

Par exemple, il y a une semaine, le président de la République est allé en Guinée-Bissau et aujourd’hui au Koweït. Soit dit en passant, il commence à aller. Chaque fois qu’il part et revient, il est accompagné d’une délégation variablement composée, par la direction de son cabinet, de conseillers, chargés de mission et ministres.

Et, à l’aller comme au retour, le Premier ministre escorte le Président jusqu’à la passerelle, ils se disent quelque chose sans qu’on ne sache jamais quoi, puis, juste avant d’entrer dans l’avion, le Président se retourne et fait un grand au revoir auquel le Premier ministre répond par un aussi grand au revoir, balançant sa main dans le sens du vent.

Un protocole universel, paraît-il… Ensuite, le Parlement et ses sessions. Ordinaires sur extraordinaires. Et vice-versa. Examen de projets de lois. Discussions en plénières ou en commissions. Parfois très très chaudes empoignades entre les députés, au point que nous ayons peur qu’ils n’en viennent aux mains.

Surtout qu’ils en sont déjà venus aux bouches. Il paraît aussi que c’est un protocole universel et que les honorabilités sont ainsi dans leur rôle. Vingt-huit ans que les nôtres y sont. Pas toujours exactement les mêmes, certes, même si l’un d’entre eux y est depuis le premier parlement.

Enfin bref, voici, moi, ce que je veux savoir, en fait : quand le Président voyage, le Parlement se réunit ou les ministres « se conseillent », c’est en réalité quoi, en termes d’impact sur la vie des citoyens ? Je sais que ça peut paraître ringard, voire un peu con, de s’interroger de la sorte mais c’est ainsi !

Parce que, nous, le peuple ou une partie du peuple dont moi-même, cela fait tout de même plus d’un an que nous attendons. Nous avons « entendu », comme dit l’adage arabe, « un grand bruit » mais n’avons vu aucune farine.

Nomination d’un gouvernement. Puis renomination d’un autre gouvernement, avec changement de Premier ministre. Puis commission d’enquête parlementaire avec toutes les péripéties qui s’en suivirent : convocations et reconvocations de la junte de la dernière décennie, insultes croisées, manœuvres de dédouanement, accusations des uns aux autres. Toi t’as menti, moi j’ai raison.

Toi grand voleur, toi petit escroc. On dit ici, chez nous, au pays des millions de cités dans le rapport de la CEP, que « beau ton argument, s’il échappe à celui de ton ami ». Nominations. Puis dénominations. Concours d’officiers ou de sous-officiers puis compositions et examens nationaux, fuite encore d’un sujet sans pouvoir en trouver l’instigateur(trice).

L’hivernage bon ici, mauvais là-bas ; vaste mouvement au sein de la police ou dans les régions militaires ; un coordinateur général nommé pour le programme national de la Relance doté de plus de deux cents milliards, et que ceci ou que cela.

Comme quoi les ex-ministres et leur ex-Président se sont copieusement et à qui mieux mieux arrachés les cheveux pour se disculper des lourdes charges dont on les a accablés ou que les ministres et leur cabinet, les directeurs généraux et leur conseil d’administration, les états-majors et leurs généraux, les bureaux de renseignements et leurs maquereaux et bien d’autres encore continuent à faire exactement semblant de bien faire aller les choses.

Mais toujours sans le moindre impact perceptible sur la vie des gens. Le peuple s’impatiente... Salut.

Sneiba El Kory



 

Autour d’un thé : Dîner

Autour d’un thé : DînerLe Calame - « Impossible de faire une omelette sans casser des œufs », dit le vieux dicton français. C’est tellement simple, tellement évident, tellement comme ça que c’est ça. Et si c’est ainsi, comment le Premier ministre pourrait-il donner dîner sans dépenser un sou ? Hé, dîner premier ministériel n’est pas n’importe quel dîner !

Tout comme Messieurs, Mesdames les convives, députés du peuple qui viennent juste d’adopter la politique générale du Premier ministre. « Un cheval incapable d’en retourner un autre n’est pas noble ».

Et « qui ne reconnaît pas le bien qu’on lui fait est un hrami » (un peu comme un bâtard…). Quand un Premier ministre donne dîner, il s’y trouve tout ce qu’«un œil n’a vu, ni une oreille entendu ni passé par l’esprit d’un humain ».

Attention, les cent vingt millions dont parlent certains ou la fameuse facture de quelque cinquante-cinq millions que les services ont fait fuiter, il y a tout là-dedans !

Faites bien vos comptes : boubous et pantalons, retournés ou pas retournés, de tous les députés, opposants et majoritants ; leurs montres, chemises, parfums, caftans ; turban du président de l’Assemblée et ses babouches made in Morrocco ; voiles, robes, colliers, bijoux et autres petites indiscrétions des honorables Mesdames les députées.

Ensuite, les petits quelques choses de tout celui ou celle qui a participé, de près ou de loin, à la préparation dudit dîner. Depuis le secrétaire à quelqu’un de là-bas, en passant par le chauffeur, le planton, le comptable, le directeur administratif et financier, le directeur de cabinet et Madame, plus encore quelqu’autre...

Bref, tout ça pour dire qu’un dîner de Premier ministre, Ce n’est pas n’importe quel dîner. Et je vais vous révéler un gros secret. Bon, en fait un gros secret de Polichinelle.

Vous savez, ce qui a tué la Mauritanie, des indépendances à aujourd’hui, ce qui l’a laissée « sur la trace » des nations, ce qui fait qu’aujourd’hui ses plus grandes villes n’ont pas d’assainissement et nagent honteusement à la moindre intempérie, que nos écoles ne sont plus rien, que nos dispensaires et simulacres d’hôpitaux ne ressemblent à rien de sérieux ou que nos administrations sont exactement comme nous, vous savez c’est quoi ?

Ben justement les dîners, petits déjeuners, déjeuners, thés, cafés, kinkélibas, tisanes, méchouis, couscous, zrig « en chaque bureau, s’il vous plaît ! » Un sandwich-bureau, ça coûte beaucoup, un thé bureau aussi.

Et c’est comme ça sur tout projet de construction de pont, route, école, établissement sanitaire, stade ou digue de rétention des eaux de pluie. Selon vous, combien ont coûté la chemise, le képi griffé Lacoste du président de la République, son pantalon avec lesquels il a visitationné Bassiknou et Adel Bagrou ?

Et sa montre qui ne devait surtout pas craindre de tomber à l’eau ? Chaque président mauritanien a son style, comme il a ses proches, ses hommes et femmes d’affaires, conseillers, amis, confidents…La tradition des dîners officiels, c’est toute une histoire… qui ne date pas que de ce denier Premier ministre.

Cent vingt millions engloutis en boissons, thés, viandes, poissons, poulets, fruits, eaux et l’on ne sait quoi encore…

Ça pèse combien en tables-bancs, masques chirurgicaux, de lits d’hospitalisation, ambulances, forages, camions-citernes, pelles, brouettes, charrettes, ânes, vaches ou chèvres ? Un diner à cent vingt millions ou même juste cinquante-cinq millions, « ça sonne très mal à l’oreille », comme disait feu mon illustre instituteur.

C’est comme un stylo vendu 10 MRU à la boutique du coin qui se retrouve surfacturé outrageusement à 100 MRU par le comptable ou le fournisseur de n’importe quel département. Bon appétit aux convives du dîner du Premier ministre ! Salut.

Sneiba El Kory

Mauritanie : le plébiscite de Ould Djay par la SNIM fait polémique

Mauritanie : le plébiscite de Ould Djay par la SNIM fait polémiqueKassataya - Le conseil d’Administration de la SNIM vient de renouveler sa confiance à son ADG à l’issue de son assemblée générale annuelle dans un contexte politique tendu où Ould Djay est placé en contrôle judiciaire par la police des crimes économiques et financiers.

Pour les observateurs c’est un camouflet au rapport de la commission d’enquete parlementaire qui cite l’ancien argentier de Ould Aziz dans plusieurs scandales financiers et fonciers. Un pied de nez au parquet général qui sait que cet ancien bras droit de l’ancien président est au cœur de l’empire économique de l’ex-president.

C’est l’ancien ministre des finances le plus cité dans plusieurs contrats juteux des marchés de gré à gré dénonces régulièrement par la presse et l’opposition. Les observateurs s’interrogent sur ce blanc-seing des administrateurs de la SNIM qui ne sont pas sans savoir que leur patron est placé sous contrôle judiciaire.

Ce qui a déclenché la suspicion de la Banque européenne d’investissement et le blocage du prêt de 59 millions de dollars. Une enveloppe que le fleuron de l’industrie mauritanienne risque de perdre à moins que son ADG soit lavé de tout soupçon.

Ce renouvellement de confiance suscite même d’autres inquiétudes des observateurs qui pointent déjà après un mois d’enquêtes préliminaires du parquet un blocage juridique qui pourrait relever de la procédure de l’enquête parlementaire.

Cherif Kane

Pandémie Covid-19 Mauritanie : le contrat mirobolant de tricycles de l’intérieur refait polémique

Pandémie Covid-19 Mauritanie : le contrat mirobolant de tricycles de l’intérieur refait polémiqueKassataya - Au moment où la traque des crimes économiques bat son plein à Nouakchott les observateurs ne manquent pas l’occasion de revenir sur un contrat du ministère de l’intérieur en pleine pandémie relatif à l’acquisition de 100 tricycles avec la société Waw international Mauritanie.

Les observateurs sont surpris par la rapidité avec laquelle s’est passée ce contrat juteux de plus de 2 millions nouvelle monnaie l’unité alors que le prix réel est estimé sur le marché à moins de 800 000 nouvelle monnaie.

Malgré ce surcoût la commission de contrôle des marchés publics a donné son feu vert. C’est la gestion des choses publiques qui est pointée du doigt dans un contexte de la covid-19 qui ne cesse de progresser malgré toutes les mesures de prévention.

Cette polémique refait surface au moment où la traque des crimes économiques du régime de Ould Aziz avance à grands pas avec au moins une dizaine d’anciens ministres placés sous contrôle judiciaire.

Comment les nouvelles autorités peuvent-elles faire croire aux mauritaniens qu’elles ont tourné la page de la gabegie et de la corruption avec un contrat aussi juteux de gré à gré qui souffre de transparence.

Le ministre de l’intérieur est appelé donc à donner plus d’explications sur les tenants et les aboutissants de ce marché qui pourrait ternir l’image d’un gouvernement qui se veut propre.

Cherif Kane

Source : Kassataya

Commission… médicale ?

Alors qu’on la croyait morte et enterrée, la commission parlementaire chargée de faire la lumière sur un certain nombre de dossiers et d’affaires louches qui ont émaillé la dernière décennie refait à nouveau surface. Devant les atermoiements du gouvernement, très hésitant avant de sauter le pas, on avait fini par croire qu’elle ne verrait jamais le jour. Et que les menaces d’Ould Abdel Aziz lors de sa dernière conférence de presse n’étaient pas tombées dans l’oreille d’un sourd. L’ex-Président avait en effet laissé entendre que la mise en place d’une telle commission risquait d’avoir un effet boomerang préjudiciable à beaucoup de monde, y compris parmi ceux qui entendaient fouiner d’un peu trop près dans sa gestion ; catastrophique, soi dit en passant. La commission a été finalement portée sur les fonts baptismaux la semaine dernière, après de longs et houleux débats sur sa composition. L’UPR, le parti ayant la plus forte représentation parlementaire, cherchait à en avoir, non seulement, la présidence mais, aussi, la majorité des membres. Un vœu exaucé (5/9), tandis que la tête de file échoit à Yahya ould El Waghf, frais émoulu de l’opposition. Un choix loin d’être fortuit. Dernier Premier ministre de Sidioca renversé par Ould Abdel Aziz en 2008, Yahya fut en effet envoyé en prison par celui-ci, lors de l’affaire dite du « riz avarié ». Puis libéré sans que sa responsabilité ne soit établie et avant qu’il ne soit jugé dans le cadre d’un arrangement consécutif aux accords de Dakar. Si le moins qu’on puisse dire est qu’il a une vieille dent contre celui qui le jeta en prison et ruina sa réputation, il ne veut pourtant pas voir les choses sous cet angle. Dans une déclaration à la presse, Ould El Waghf tient à préciser que la commission n’a pas vocation à faire le procès de la décennie mais à juste se pencher sur divers secteurs, conformément à la mission du Parlement. Elle ne passera donc au peigne fin que le Fonds des revenus pétroliers, la vente des domaines de l’État à Nouakchott, les activités de la société de pêche Poly Hondong, la gestion de la fondation de bienfaisance de la SNIM, le marché d’électrification publique à partir de l’énergie solaire, celui de la gestion du quai des conteneurs du Port Autonome de Nouakchott et la liquidation de  la SONIMEX. Elle aurait pu s’intéresser aussi à Afroport à qui fut cédé gracieusement l’aéroport de Nouakchott, au foncier de Nouadhibou, au marché de la centrale duale de Nouakchott, au canal d’irrigation de Keur Macène, au barrage de l’Oued Seguelil, à la voirie de Nouakchott, à la liquidation de l’ENER, aux avions de la MAI, etc. La liste est longue des méfaits d’un pouvoir qui, tel un cyclone, a tout ravagé sur son passage, laissant, derrière lui, une ardoise salée – plus de cinq milliards de dollars de dettes ! –dont l’encours risque de grever sérieusement le budget de l’État au détriment des secteurs sociaux.

Les six mois impartis à cette commission pour éclairer notre lanterne seront-ils suffisants ? Aura-t-elle droit à un délai supplémentaire pour finaliser son travail ? Et, dans l’hypothèse où le rapport voit enfin le jour, sera-t-il suivi d’effet s’il s’avère que certains de ceux encore aux affaires ont trempé dans des malversations ? En attendant, prions pour qu’il ne subisse pas le sort des précédents : Cour des comptes et IGE ; qui ont clairement montré du doigt des prédateurs apparemment recyclables. À y voir de près, ce n’est pourtant plus du recyclage mais de…l’acharnement thérapeutique !

Ahmed Ould Cheikh

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Mauritanie : Nouakchott supprime le visa avec les émirats

Mauritanie : Nouakchott supprime le visas avec les émiratsKassataya - La suppression de visas entre la Mauritanie et les Émirats arabes unis est considérée par les observateurs comme une diplomatie gagnante perdante de Nouakchott et une réponse à Abu Dabi pour son aide de 2 milliards de dollars pour des projets d’investissement et de développement.

Pour sa première sortie officielle dans un pays arabe depuis son élection c’est un succès diplomatique pour Ould Ghazouani.Le choix des Émirats arabes unis n’est pas du au hasard. Les relations bilatérales entre les deux pays sont au beau fixe depuis des années.

Et puis Abu Dabi est le plus grand investisseur en Mauritanie avec l’Arabie saoudite. C’est à fois un choix diplomatique et stratégique pour les 2 deux dirigeants.

Dans un contexte où la Mauritanie se trouve dans une impasse économique qui résulte de 11 années de gabegie et de corruption de son prédécesseur l’aide de 2 milliards de dollars des Émirats est un ballon d’oxygène pour faire face aux difficiles réformes déjà engagées par le gouvernement. Une manne financière qui va soulager le trésor public mauritanien quasi vide depuis quelques années.

En contrepartie les émiratis pourront venir en Mauritanie sans visas pour y investir ou y séjourner alors que la carte de séjour est obligatoire pour les ressortissants de l’Afrique subsaharienne. Les observateurs dénoncent une politique étrangère de Nouakchott à deux visages.

Mais c’est surtout le domaine militaire qui intéresse les Émirats qui envisageraient de construire une base militaire au Nord du pays bien que démenti par Nouakchott avant la visite du président. Un vieux rêve d’Abu Dabi qui entend jouer une première place en Afrique saharienne et subsaharienne.

C’est gagnant pour Abu Dabi en quête d’une position stratégique entre la Mauritanie l’Algérie et le Mali et perdant pour Nouakchott qui devra se souvenir de l’Algérie visée par l’installation de cette base et la Tunisie qui se méfie des visées hégémoniques d’Abu Dabi au Maghreb.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

L'Editorial du Calame : Toujours les mêmes

L'Editorial du Calame : Toujours les mêmesLe Calame - Quand le Président entreprenait, il y a trente-six ans de cela, l’une de ses nombreuses visitations, toute la République suivait.

Avec tous ses fonctionnaires : les plus hauts, les plus bas, les plus moyens et les entre-deux ; toute la république, avec tous ses badauds, ses troubadours, ses n’importe quoi et ses n’importe qui, comme disait l’autre, vont tous là où va le Président.

Aujourd’hui encore, c’est toujours la même chose, on va toujours et encore là où va le Président ; en faisant toujours la même chose, exactement comme on faisait, il y a même encore plus de trente-six ans.

En disant toujours la même chose. Les mêmes longues et fastidieuses réunions des quasiment les mêmes cadres se réunissant en quelque hôtel ou chez un quelqu’un de ces mêmes quasiment cadres qui refusent de partir à la retraite, après avoir pourtant culbuté généralement plusieurs fois le "séroual" de leur papa.

Les sempiternelles concertations des ressortissants de la région où doit se rendre le Président, pour lui garantir un accueil chaleureux et lui confirmer un soutien inconditionnel à son programme et à ses grandioses réalisations avant lesquelles le pays n’avait été dirigé que par des moins-que-rien pour qui pourtant ces mêmes ressortissants avaient organisé ces mêmes réunions, leur tenant ces mêmes commérages, maintes fois mâchés et remâchés par les veaux.

Les mêmes rencontres tribales, régionales, départementales, pour qu’à la fin on sache quel cadre, quel groupe, tribu ou communauté a contribué à la réussite de la visite, comme disaient nos regrettables peshmergas dont les plus talentueux et entreprenants se sont recyclés en des secteurs plus porteurs et prometteurs. Les visitations d’hier sont comme les visitations d’aujourd’hui. Exactement comme les responsables d’hier sont les responsables d’aujourd’hui.

Nous connaissons « Be’e’ta » qui était debout et qui s’est rassis. Notre version locale et adaptée de « bonnet blanc et blanc bonnet ». Il ne faut pas chauffer et resservir. Moi, ce que je ne comprends pas du tout est que depuis maintenant sept mois, voire huit, quasiment tous les noms que j’entends promus à quelque chose ne sont pas aussi nouveaux que ça ! Il y en a même qui ne sont même pas aussi blancs qu’on veille nous le faire croire.

Par exemple, je m’explique… Excusez de cette mauvaise formulation, je suis tellement déçu et fâché ; déçu, parce que je dois enfin venir moi, fâché parce que je dois enfin venir ; ou bien je ne suis pas dans la cagnotte aux hommes et femmes providentiels que tous les présidents belotent et rebelotent depuis quarante ans. Bref, suivez le très simple raisonnement suivant.

Les hautes fonctions et juteux strapontins sur lesquels certains et certains tournent et retournent, comme le ministère des Finances ou de l’Économie, la Banque centrale, les ports nationaux, les grosses directions, les pulpeuses institutions, les succulentes administrations sont soit profitables, soit dommageables. Dans le premier cas, moi et mes semblables vont variablement goûter, selon que nous soyons puissants ou misérables, à ces délices interdits.

Dans le second, nous nous portons candidats, moi et mes semblables, à décharger nos prochains d’un si lourd fardeau qu’ils portent depuis un si long moment et de partager ainsi avec eux les dommages injustement subis. Qu’est-ce qui a changé ici ? Les nominations de quasiment les mêmes gens. Les députés qui votent le budget. Le Président va lancer des travaux sur quelques hectares.

Le Premier ministre nomme un ou plusieurs attachés à son cabinet. Des ministres viennent et partent. La crise permanente ajoute une ou deux cordes à son arc, avec une augmentation inédite du prix des denrées de base et une rupture des stocks en carburant parce qu’un bateau n’a pas convenablement accosté. Des oulémas pris à partie par on ne sait quels « mécréants » ; un soit disant mariage de gays qui a défrayé la chronique.

Donnez autant de chèques sans provision à des bandes malhonnêtes ! Dépénalisation totale ! À bas la contrainte par corps ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Mauritanie : vers une commission parlementaire d’enquête peu probable sur la gestion de Ould Aziz

Mauritanie : vers une commission parlementaire d’enquête peu probable sur la gestion de Ould AzizKassataya - L’invraisemblable feuilleton parlementaire sur la commission d’enquête sur la gestion des 11 années du régime de Ould Aziz revient sur la scène nationale cette semaine avec la promesse que la conférence des présidents des commissions va trancher sur la question avant la fin de la session parlementaire.

Le moins qu’on puisse dire cette proposition des députés de l’opposition pour faire la lumière sur 10 ans de gabegie et de corruption de l’ancien président va connaître son épilogue cette fois-ci pour mettre fin au climat de suspicion au sein de la majorité qui ne donnera aucune chance à l’autre camp d’espérer avoir gain de cause.

Une enquête sur le régime de Ould Aziz reviendrait à révéler des vérités qui pourraient remettre en cause la gouvernance de beaucoup de personnalités en activité au sein du régime actuel dont le plus apparent est le patron de la SNIM ancien ministre de l'économie et des finances.

Les observateurs considèrent que dans cette recherche de vérité la déclaration de l’ancien président de l’UPR dispose à collaborer avec cette commission est une diversion. Peut être que certains députés remontés par la dernière attitude de Ould Aziz de récupérer manu militari le siège du parti vont hésiter à donner leur voix.

Mais ce qui est plus probable c’est la constitution d’une commission sur le contrôle financier de l’assemblée nationale pour une meilleure transparence du quinquennat de Ould Ghazouani.

Les mauritaniens attendent plus que des intentions et surtout la restauration d’un État de droit contre l’impunité et qui respecte la citoyenneté et les libertés.

Cherif Kane
Source : Kassataya (France)

 

 

Autour d’un thé : Faux

Autour d’un thé : FauxLe Calame - Qu’Allah nous révèle le « bien » du faux ! Le faux et l’usage du faux. Il n’y a pas que les faux médicaments et les faux produits alimentaires qui ont fait des ravages en vies humaines. Envahissant, le faux est partout. Tu n’as qu’à ouvrir les yeux et constater.

Et pas seulement les choses fausses : les personnes aussi. De faux médecins plus de faux médicaments, c’est explosif, nocif, triplement mortel, directement PK7 ! Les prestataires de services pour l’enseignement ? Faut les entendre se présenter avec leur prétendu bachot, master ou même doctorat : « J’ai né à Nouadhibou. Moi faire concours pour chercher travail ».

Les faux enseignants, ça existe tout autant que les faux professeurs, les faux avocats, les faux comptables, les faux hommes d’affaires, les faux directeurs, les faux chauffeurs de taxi, les faux marabouts, les faux rappeurs, les faux vendeurs de cure-dents, les faux danseurs de Jaguar, les faux diplomates, les faux militants des droits de l’homme, les faux imams, les faux soutiens du président Ghazouani, les faux opposants, les faux n’importe quoi, les faux ministres et les faux présidents.

Avec, parmi eux, des « totalement » faux, de fabrication locale made in Nouakchott. On compte, des indépendances à nos jours, une dizaine de présidents, un peu moins ou un peu plus. De vrais ou de faux ? Tous vrais ou tous faux ? Peut-être ceci, peut-être cela.

En tous cas, certainement de faux diplômes sur la base desquels présidents et ministres choisissent leurs faux collaborateurs.

Faux diplôme, plus faux fonctionnaire, plus mauvaise moralité, sans un seul grain de civisme, ça donne quoi que ce mélange-là ? Où le pays pouvait-il donc aller ailleurs que là où il en est maintenant ? Et l’on semble prendre les mêmes et recommencer !

Chassez le naturel, il revient au galop. Le saupoudrage, ça ne mène nulle part… puisque, fatalement, les mêmes causes produisent les mêmes effets, tout comme les mêmes hommes produiront les mêmes réflexes.

Le Président est parti. La délégation qui l’accompagne. Liste. Première Dame. Note de service pour untel à la direction générale de tel établissement, après un bras de fer entre untel et untel.

Agence Mauritanienne d’Informations. Le Président est revenu. Réunion du faux conseil interministériel aujourd’hui. Incinération de centaines voire de milliers de tonnes de faux produits alimentaires et de faux médicaments hier.

Ouverture de session de travaux de la commission patati patata avant-hier. Puis encore départ du Premier ministre pour quelque part. Et retour du ministre de ceci ou de cela. Cercle vicieux infernalement infernal.

Le peuple est en orbite. Le gouvernement sur une autre planète. Les vrais problèmes laissés en l’état. Les faux débats mis en exergue. Faux et usage de faux. Faux de continuer à nous abreuver de l’ex-Président.

Faux de continuer à nous demander d’accorder encore et encore du temps au nouveau Président. Faux de continuer à regarder s’enfoncer davantage l’école, sans aucune mesure concrète de nature à entamer un quelconque processus de réforme.

Faux de voir agoniser la SNIM, avec de fausses d’annonce de sa guérison. Faux de continuer à ignorer les conclusions compromettantes du rapport de la Cour des Comptes. Faux de passer sous silence le scandale des livres scolaires dont l’institution en charge de sa production a décaissé des centaines, voire milliards, d’ouguiyas.

Faux de continuer à regarder impuissamment les populations vulnérables mourir à petit feu, de faim, de maladie et d’ignorance. Il est temps de décréter, enfin, la fin du faux et de l’usage du faux ! La fin des fausses annonces. La fin des faux semblants. La fin des fuites en avant.

La fin de la langue de bois. La fin des faux bonds. La fin des fausses promesses. La fin des fausses tendances. La fin des fausses orientations.

Le pays a tellement souffert du faux et des faussaires ! Il est vraiment temps de lui offrir un bon départ. S’il vous plaît, Monsieur… si vous ne voulez pas être un faux président ! Salut.

Sneiba El Kory
Source : Le Calame (Mauritanie)