Fri07032020

Last update11:08:40 AM GMT

Back Divers Faits Divers Faits Divers dans le Monde

Politique dans le Monde

Liban: Michel Aoun charge Hassan Diab de former un nouveau gouvernement

  • PDF

mediaL'universitaire et ex-ministre de l'Éducation Hassan Diab, qui a reçu l'appui du puissant mouvement chiite Hezbollah,a été chargé ce jeudi 19 décembre de former un gouvernement par le président de la République Michel Aoun.

Le président libanais Michel Aoun a lancé ce jeudi des consultations parlementaires, plusieurs fois reportées, pour choisir un chef de gouvernement à la place de Saad Hariri, qui a démissionné fin octobre sous la pression des manifestants. Comme pressenti, son choix s'est porté sur Hassan Diab pour le poste de Premier ministre. Il a obtenu 69 voix et 39 députés se sont quant à eux abstenus de nommer quelqu’un.

Ingénieur peu connu du grand public, Hassan Diab a été ministre de l'Éducation dans un cabinet dominé par le Hezbollah et ses alliés en 2011. Un gouvernement formé après l'effondrement d'une coalition déjà dirigée à l'époque par Saad Hariri, qui a annoncé mercredi qu'il n'était pas candidat à sa propre succession. Ce sunnite modéré de 60 ans accède à la tête du pouvoir exécutif alors que le Liban traverse la plus grave crise économique et financière de son histoire et que le pays connaît un mouvement de contestation populaire sans précédent, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Une tâche qui s'annonce difficile

C’est dire que la tâche qui attend Hassan Diab est immense. Encore faut-il qu’il parvienne à former un gouvernement. Rien n’est moins sûr, car le nouveau Premier ministre ne semble pas disposer d’une couverture sunnite, communauté dont est issu le chef du gouvernement dans le système confessionnel libanais. Les principaux blocs parlementaires sunnites, notamment celui du Premier ministre sortant Saad Hariri, se sont abstenus de nommer quelqu’un lors de leurs consultations avec le chef de l’État jeudi matin.

Hassan Diab a donc été choisi par une majorité de députés chiites et chrétiens et une petite minorité de sunnites, alliés du Hezbollah. On imagine que dans ces conditions, sa tâche sera difficile, même si son profil correspond en quelque sorte aux revendications des manifestants, qui exigent un Premier ministre indépendant, qui ne soit pas issu des partis politiques traditionnels.

Au bord de l'effondrement économique, le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d'un soulèvement populaire inédit contre l'ensemble de la classe dirigeante, accusée de corruption et d'incompétence. Les manifestants réclament la formation d'un cabinet de technocrates indépendants du sérail politique au pouvoir depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

Source : RFI (Avec AFP)

 

 

Le Pentagone réagit aux menaces turques de fermer la base aérienne d’Incirlik

  • PDF

Le Pentagone réagit aux menaces turques de fermer la base aérienne d’IncirlikSputnik News - Le Pentagone fait des efforts afin de maintenir ses relations avec la Turquie en dépit des déclarations concernant la fermeture éventuelle des bases militaires d’Incirlik et de Kurecik, occupées par les États-Unis, selon un porte-parole de la Défense américaine.

Le Pentagone cherche à maintenir de bonnes relations avec la Turquie malgré les déclarations de ses dirigeants sur l’utilisation par les États-Unis des bases militaires d’Incirlik et de Kurecik, a révélé à Sputnik un porte-parole de la Défense américaine.

«Nous considérons le statut de nos forces en Turquie comme symbole de notre engagement depuis plusieurs dizaines années à aider à défendre notre allié de l'Otan et notre partenaire stratégique... Le ministère fait des efforts afin de maintenir ces relations en encourageant la Turquie à une politique plus constructive en ce qui concerne les S-400, la Syrie et d’autres aspects donnant lieu à des différends», a déclaré le militaire lundi 16 décembre.

Il a relevé le rôle de la Turquie en Afghanistan, au Kosovo et en Irak.

Menaces turques

Recep Tayyip Erdogan avait précédemment déclaré qu’Ankara pourrait fermer aux militaires américains les bases militaires d’Incirlik et de Kurecik en réponse aux sanctions états-uniennes suite à l’achat par la Turquie des systèmes antiaériens russes S-400.

Pomme de discorde entre Washington et Ankara

La livraison des systèmes antiaériens russes S-400 a provoqué une crise dans les relations entre la Turquie et les États-Unis. Selon Recep Tayyip Erdogan, les systèmes seront pleinement opérationnels en avril 2020.

Washington a exigé de retirer l'achat et en échange d'acquérir des systèmes américains Patriot, menaçant de retarder ou même d'annuler la vente des chasseurs F-35 à la Turquie, ainsi que d'imposer des sanctions conformément à la loi CAATSA, destinée à contrer les adversaires de l'Amérique au moyen de sanctions. Ankara a refusé de faire des concessions.

La base d’Incirlik, située dans la province turque d’Adana (Sud), est utilisée par l’US Air Force. La station radar de Kurecik, dans la province de Malatya (Sud-Est), est utilisée comme radar d’alerte précoce de l’Otan contre les attaques de missiles balistiques et fait partie du système de défense antimissile de l’Otan en Europe.




Source : Sputnik News (France)

 

Au Sahel, le combat antidjihadistes sera « très long » affirme Jean-Yves Le Drian

  • PDF

Ouest-France - Dans une récente interview accordée au journal Le Monde, le ministre des Affaires étrangères français est revenu sur le « positionnement militaire » de la France au Sahel, qu’elle devra repenser si certains « malentendus » concernant notamment la montée d’un « ressentiment antifrançais » persistent. Il a reconnu aussi que le combat antidjihadistes sera « très long ».

La France " « repensera son positionnement militaire » " au Sahel si les pays de la région ne lèvent pas certains "malentendus" concernant notamment la montée d’un "ressentiment antifrançais", a affirmé mercredi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

Il a également souligné, dans une interview au quotidien  Le Monde , que les cinq chefs d’État du Sahel conviés le 16 décembre en France par le président Emmanuel Macron pour "clarifier" leurs positions sur la force antidjihadiste française Barkhane, avaient été consultés au préalable au sujet de cette réunion.

"Nous avions sondé, auparavant, nos interlocuteurs sur leurs disponibilités à venir", a-t-il relevé alors que "l’invitation" des cinq présidents (Mali, Burkina, Niger, Tchad, Mauritanie) a été perçue comme une "convocation" dans leurs pays.

Parmi les points à "clarifier", le ministre a mis l’accent sur "le ressentiment antifrançais" au Sahel et le retard dans la mise en œuvre des accords de paix au Mali.

« Il faut que les choses soient très claires concernant notre présence »

"Sommes-nous bien d’accord pour poursuivre ensemble ce combat contre les djihadistes ? Il faut se le redire et que les autorités concernées le redisent à leur opinion", a insisté le ministre français des Affaires étrangères.

À Bamako, Ouagadougou ou Niamey, une partie des opinions s’agace de l’incapacité imputée aux forces nationales et internationales à venir à bout des mouvements djihadistes. Sur les réseaux sociaux, rumeurs et désinformation se multiplient au sujet des buts supposés ou réels de Barkhane.

"Il faut que les choses soient très claires concernant notre présence. Nous n’avons aucun intérêt dans cette région, sauf la défense du droit et de notre propre sécurité. Si ça ne passe pas par des accords et une clarification des engagements, il faudra se poser des questions et repenser notre positionnement militaire", avertit le ministre.

"Sinon, nous serions amenés à revoir nos postures, tout en gardant à l’esprit que cela concerne notre sécurité", poursuit-il suggérant ainsi non pas un retrait à court terme de Barkhane mais son repositionnement géographique.

Un triste constat

Au passage, Jean-Yves Le Drian, qui avait supervisé le déploiement de Barkhane lorsqu’il était ministre de la Défense de François Hollande, a dit faire ce constat "avec tristesse et un peu de révolte", soulignant que la France avait déjà perdu 41 soldats au Sahel et qu’elle intervenait "à la demande" des pouvoirs en place.

Concernant le processus de paix au Mali, les accords d’Alger de 2015, qui prévoient l’intégration d’ex-rebelles dans les forces de défense et une plus grande autonomie des régions, doivent voir "leurs objectifs réaffirmés et (leur) agenda clarifié", a également dit le ministre.

Ouest-France avec AFP
Source : Ouest-France

 

 

L'émir du Qatar absent d'un sommet à Ryad mais des signes de réchauffement

  • PDF

L'émir du Qatar absent d'un sommet à Ryad mais des signes de réchauffement Actu Orange - L'émir du Qatar n'a pas participé mardi à Ryad au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui avait été vu comme une occasion de réconciliation entre les deux voisins, mais son Premier ministre y a reçu un accueil chaleureux.

Cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani a été accueilli par le roi Salmane d'Arabie saoudite à l'aéroport où les deux dirigeants ont affiché un large sourire, peu avant l'ouverture du sommet qui s'est achevé dans l'après-midi.

"Bienvenue au peuple du Qatar. Bienvenue dans votre deuxième pays", a commenté de son côté la télévision publique Al-Ekhbariya dans un élan inhabituel de politesse envers l'émirat gazier généralement conspué dans les médias saoudiens.

Le chef du gouvernement qatari avait déjà représenté son pays au sommet du CCG en 2018, mais y avait reçu un accueil purement protocolaire.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont rompu en juin 2017 leurs liens avec le Qatar, accusé de soutenir des mouvements islamistes --ce qu'il nie-- et de se rapprocher de l'Iran, principal rival régional de Ryad.

Ces pays ont imposé un embargo à Doha, qui a entraîné notamment la fermeture des routes terrestres, l'interdiction de l'accès à leur espace aérien et la suspension du commerce.

Cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, l'émir du Koweït, médiateur entre les deux parties, a salué de récentes "avancées positives pour tourner la page du passé et regarder l'avenir avec optimisme", selon l'agence officielle koweïtienne Kuna.

Lors d'une conférence de presse, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, a assuré que les quatre pays qui boycottent le Qatar "soutiennent les efforts du Koweït et ont à coeur de les rendre fructueux".

- "Cohésion et unité" -

Dans sa déclaration de clôture, le CCG a affirmé "la force, l'invincibilité, la cohésion et l'unité en son sein" face à "tous les défis et dangers".

Selon les observateurs, la récente montée des tensions avec l'Iran pourrait avoir incité l'Arabie saoudite, chef de file des pays du Golfe, à modérer sa position envers Doha pour tenter de construire un front arabe uni.

Mais "mettre fin à la dispute dans le Golfe est un processus progressif d'engagement et de dialogue et non quelque chose qui peut se résoudre par un simple sommet", indique Kristian Ulrichsen, expert à la Rice University's Baker Institute aux Etats-Unis.

Lorsque la semaine dernière, le roi Salmane a convié au sommet l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, des observateurs ont vu un nouveau signe d'apaisement dans la foulée d'une déclaration du chef de la diplomatie qatarie, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, faisant état de "progrès" pour mettre fin à la dispute.

Autre signe d'un réchauffement potentiel: le Qatar vient d'accueillir la Coupe du Golfe de football à laquelle ont participé des sélections saoudienne, émiratie et bahreïnie, pour la première fois depuis le gel des relations avec Doha.

- "Confiance entamée" -

Les obstacles à une éventuelle normalisation des relations sont toujours là.

Des personnes proches du dossier, dont un diplomate arabe, ont indiqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat qu'Abou Dhabi, principal allié de Ryad, était notamment opposé à un réchauffement des relations avec Doha.

De son côté, le Qatar rejette toujours les demandes formulées par le quatuor anti-Doha imposées comme conditions sine qua non à une reprise des relations.

Pour revenir sur leurs sanctions, Ryad et ses alliés avaient en effet exigé en 2017 la satisfaction par Doha de 13 requêtes, dont la révision des liens avec l'Iran, la fermeture d'une base militaire turque --Ankara ayant des relations tendues avec plusieurs pays arabes-- mais également la suspension de la télévision Al-Jazeera, accusée de soutenir les islamistes et de semer le trouble dans la région.

Doha a justifié son refus en estimant que ces conditions violaient sa souveraineté. Et les autres parties n'ont pas montré de signes d'allègement de leurs positions.

"Il est possible que le Qatar puisse réduire ses liens avec les Frères musulmans, mais certainement pas avec la Turquie et l'Iran, car la confiance entre Doha et les autres pays du CCG a été gravement entamée", a indiqué à l'AFP Samuel Ramani, doctorant à l'Université d'Oxford.

Source : Actu Orange (France)

 

 

Opération Barkhane : "La France est là où elle doit être" sinon "le chaos s'installera", estime Sibeth Ndiaye

  • PDF

Opération Barkhane : Francetvinfo - La porte-parole du gouvernement était l'invitée de franceinfo, deux jours après la mort de 13 militaires français au Mali.

"La France est là où elle doit être, parce que si nous ne sommes pas là, nous avons l'assurance que la chaos s'installera", a estimé Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, mercredi 27 novembre sur franceinfo, après la mort de 13 militaires français au Mali dans la collision de deux hélicoptères.

Selon Sibeth Ndiaye, cet accident ne remet pas en cause la présence de la France dans la région sahélo-saharienne dans le cadre de l'opération Barkhane.

"Il faut rappeler que si nous sommes au Sahel, c'est d'abord à la demande d'un pays, le Mali, qui a connu un moment de déstabilisation importante et qui a appelé la France à la rescousse. Et la France a fait évidemment son devoir en venant aux côtés de l'Etat malien à un moment donné où il pouvait tomber", a-t-elle expliqué.

La France "a vocation à rester" au Sahel

La France, a poursuivi Sibeth Ndiaye, "a vocation à rester tant que nous ne serons pas en mesure d'assurer une stabilité pour les pays qui sont dans la zone du G5 Sahel [Tchad, Mauritanie, Niger, Mali, Burkina Faso], où des groupes jihadistes sévissent".

La porte-parole du gouvernement a par ailleurs assuré que la France n'était "pas seule" dans la région : "Nous avons une opération qui est Barkhane, mais nous avons également un appui de la Minusma, qui est une force des Nations unies qui comportent plusieurs pays en son sein", a-t-elle souligné.

Un hommage national aux 13 militaires tués aura lieu lundi 2 décembre aux Invalides à Paris, a appris franceinfo de source gouvernementale. "Cette cérémonie se prépare évidemment entre l'Elysée, l'état-major des forces armées mais aussi en relation avec les familles de victimes", a déclaré Sibeth Ndiaye.

Source : Francetvinfo

 

Forum de Dakar: le mandat de la Minusma au cœur des débats

  • PDF

Forum de Dakar: le mandat de la Minusma au cœur des débatsRFI Afrique - Tout au long du forum sur la paix et la sécurité de Dakar, les critiques se sont fait entendre contre l’ONU et la Minusma. Les présidents sénégalais et mauritanien ont appelé tour à tour les Nations unies à se réformer et ont réclamé un mandat renforcé pour la mission de l’ONU au Mali.

Une demande récurrente ces dernières années alors que la Minusma peut en réalité déjà avoir recours à la force si nécessaire. Ce possible usage de la force est consacré par le chapitre 7 de la charte des Nations unies, accordée à la Minusma dès sa création en 2013.

Mais face à une situation sécuritaire qui ne cesse de se dégrader, le Conseil de sécurité de l’ONU va décider de lui accorder trois ans plus tard un mandat « plus robuste » en l’autorisant à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour accomplir sa mission.

Ainsi, est-il précisé dans le texte de la résolution, la Minusma peut « anticiper et écarter les menaces » et « prendre activement des dispositions musclées pour contrer les attaques asymétriques dirigées contre des civils ». De fait, le mandat de la Minusma est le plus vaste jamais confié à une mission onusienne.

Si théoriquement la mission a donc la possibilité d’intervenir, en pratique elle ne le fait guère car selon Arthur Boutellis, conseiller senior à l’International Peace Institute, elle n’est pas configurée pour le combat, en raison notamment, d’un déficit en terme de renseignement tactique.

Un mandat de contre-terrorisme pour la Minusma ?

Mais au-delà de l’aspect technique, il y a aussi et surtout, un questionnement politique. Une force de maintien de la paix comme la Minusma a-t-elle vocation à faire du contre-terrorisme ? Car c'est ce qu'on lit entre les lignes des déclarations du président sénégalais Macky Sall, et de son homologue mauritanien Mohamed Ghazouani.

Mais, dans la charte de l’ONU, le contre-terrorisme n’est en aucun cas l’objet d’une mission de maintien de la paix et élargir à ce point le mandat de la Minusma serait un saut conceptuel que ne seraient pas prêtes à faire ni la Chine, ni la Russie, très soucieuses de conserver les limites du champ d’action des Nations unies, précise notre correspondante à New York, Carrie Nooten.

A l’ONU on se demande aussi s'il était utile d’aller plus loin. L’opération Barkhane et la force conjointe du G5 Sahel sont justement tout deux mandatées pour effectuer ces missions spéciales, débusquer et traquer les terroristes.

Les compétences en matière de renseignement, de coordination aux frontières ne sont pas celles auxquelles les casques bleus sont formés. Les membres du Conseil de sécurité tiennent justement une réunion sur le G5 Sahel ce mercredi à New York.

La plupart partagent la position du secrétaire général Antonio Guterres, et réclament que la Force G5 Sahel prenne plus d’importance, que son dispositif prenne de l’ampleur. Près de la moitié des 414 millions d’euros promis au lancement de la force ont déjà été versés.

Source : RFI Afrique

 

 

Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international

  • PDF

Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international20 Minutes - Après l’ouverture de son ambassade à Jérusalem, l’administration Trump double la mise : les Etats-Unis ne considèrent plus contraires au droit international les colonies israéliennes en Cisjordanie, a annoncé lundi le chef de la diplomatie américaine, alors que ces occupations de territoires palestiniens sont au contraire jugées illégales par l’ONU et une grande partie de la communauté internationale.

« Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique, (nous concluons que) l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international », a dit Mike Pompeo.

Cette décision pourrait être interprétée comme un coup de pouce au Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahou, qui a proposé d’annexer une partie des colonies de Cisjordanie occupée.

Pas un feu vert à la colonisation, selon Pompeo

« La vérité, c’est qu’il n’y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n’apporteront pas la paix », a estimé Mike Pompeo, assurant qu’il ne s’agissait ni d’une ingérence dans la politique israélienne, ni d’un feu vert à la colonisation.

Cette décision a aussitôt été saluée par Netanyahou dans un communiqué : Cette décision « est le reflet d’une vérité historique – que les juifs ne sont pas des colonisateurs étrangers en Judée-Samarie (nom biblique utilisé en Israël pour désigner la Cisjordanie occupée). En fait, nous sommes appelés juifs car nous sommes le peuple de Judée », a-t-il dit dans un communiqué. L’Autorité palestinienne, de son côté a aussitôt dénoncé cette décision.

20 Minutes avec AFP

Source : 20 Minutes (France)

 

 

Législatives en Espagne: les socialistes en tête, l'extrême droite renforcée

  • PDF

mediaLes socialistes du PSOE gagnent les élections, mais n'obtiennent pas la majorité absolue. Le parti d'extrême droite Vox a plus que doublé son score du mois d'avril et devient la troisième force politique du pays. Le résultat de ces élections augure d'une poursuite de l'instabilité politique.

Le Premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez est arrivé dimanche en tête mais n'a pas amélioré ses chances de gouverner. Après le dépouillement de près de 100% des bulletins de vote, le Parti socialiste (PSOE), qui espérait obtenir une majorité claire pour mettre fin au blocage politique, ne compte plus que 120 députés contre 123 après le précédent scrutin, en avril.

Le scénario se répète : pour la deuxième fois en six mois, les socialistes se retrouvent loin des 176 sièges nécessaires pour former un gouvernement stable. Un coup d'épée dans l'eau. Le deuxième parti est le Parti populaire, qui améliore son score par rapport à sa déroute du scrutin d'avril dernier. Les conservateurs du PP obtiennent 88 sièges, contre 66 aux législatives d'avril.

Le parti de l'extrême droite Vox, fondé il y a cinq ans, marginal il y a encore un an, arrive troisième et double son nombre de sièges. Vox obtient 52 députés, contre 24 lors des précédentes élections en avril. Il aurait bénéficié de l'émoi suscité par la crise en Catalogne, qui a dominé la campagne marquée par plusieurs nuits de violences, suite à la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

« L’unité nationale et le rétablissement de l’ordre constitutionnel »

Avec un score de 15% des suffrages, Vox a donc gagné un million d’électeurs, décompte notre envoyée spéciale Juliette Gheerbrandt. Ces derniers mois, au prix de nombreuses concessions programmatiques, cette formation a permis au Parti populaire et à Ciudadanos - le parti centriste qui s’effondre à 10 sièges contre 52 il y a six mois - de prendre le pouvoir à Madrid, mais aussi dans la région de Murcie et en Andalousie, un bastion historique des socialistes.

Devant des militants venus nombreux fêter la percée, son président Santiago Abascal s'est félicité que Vox ait réalisé la plus fulgurante ascension politique de l'histoire démocratique de l'Espagne : « Je crois que nous pouvons être très satisfaits, au-delà des incertitudes que le futur nous réserve, parce qu'aujourd’hui une alternative patriotique et sociale s’est affirmée en Espagne ».

Et d'énumérer : « Une alternative qui demande l’unité nationale et le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Catalogne, en appliquant nos lois de façon implacable ; qui demande l’égalité de tous les Espagnols sur l'ensemble du territoire national, en exigeant la transformation du statut des régions autonomies, anti-égalitaire et liberticide ; qui demande la concorde face aux vieilles haines que certains veulent réveiller. »

Si Vox a récemment progressé, ce serait notamment à cause des manifestations qui ont suivi la condamnation des dirigeants séparatistes à de lourdes peines de prison. Les séparatistes qui, précisément, sortent légèrement renforcés du scrutin, ce qui va encore compliquer la résolution de la crise catalane. Les fils du dialogue seront en effet encore plus difficiles à renouer à Barcelone.

Mais Vox « demande aussi des frontières sûres face à l’immigration illégale », « la défense de la famille et de la vie face au relativisme », « et bien entendu qu’on prête attention à l’urgence sociale ». « Des millions d’Espagnols sont en difficulté, et ils voient avec perplexité les affrontements sectaires des partis politiques, ils voient avec perplexité ce qui se passe en Catalogne et ils ne comprennent pas », analyse le dirigeant d'extrême droite.

« Appel à tous les partis politiques sauf à ceux qui s’excluent »

Pendant la campagne, le socialiste Pedro Sanchez a tenté de mobiliser son électorat contre la montée de Vox, qu'il présentait comme un retour du franquisme, en dénonçant la droite qui n'a pas hésité à s'allier avec ce parti pour prendre le contrôle de l'Andalousie, la région plus peuplée d'Espagne, de la région de Madrid, la plus riche, et de la mairie de la capitale. Il ne semble pas avoir été entendu.

Au terme des résultats définitifs, l’Espagne semble être un pays moins gouvernable que jamais. Et l'on voit mal aujourd’hui quelles peuvent être les possibles alliances pour former un gouvernement stable. Même si le socialiste Pedro Sanchez s’entendait avec le chef de Podemos Pablo Iglesias, cela ne lui donnerait pas une majorité suffisante à l’Assemblée.

« J’aimerais lancer un appel à tous les partis politiques, car ils doivent agir avec générosité et responsabilité pour débloquer la situation politique en Espagne, a réagi le président du gouvernement sortant. Le Parti socialiste lui aussi s’appliquera à débloquer cette situation avec générosité et responsabilité. La démocratie nous a appelés aux urnes aujourd’hui, elle nous appelle à partir de demain à sortir du blocage tous partis confondus, et elle appelle à un gouvernement progressiste dirigé par les socialistes. »

« Je dois vous dire que je m’engage à ce que cette fois, oui, oui et encore oui, nous réussissions à mettre en place un gouvernement progressiste, martèle Pedro Sanchez. Et pour cela, nous allons mettre fin à la paralysie du pays. Notre appel ne dépend pas que du PSOE, les Espagnols nous ont dit aujourd’hui dans les urnes qu’il dépendait de formations politiques différentes. Mais nous en appelons à tous les partis politiques sauf à ceux qui s’excluent eux-mêmes du vivre ensemble et qui sèment un discours haineux et  antidémocratique. »

Le phénomène est très préoccupant, alors que le pays vit de façon très instable depuis 2015, avec quatre élections qui n’ont abouti qu’à des exécutifs fragiles et minoritaires. La répétition électorale n’a fait qu’empirer la situation et provoqué une immense lassitude de l’opinion publique, relève notre correspondant à Madrid, François Musseau. Outre les conservateurs, ce sont surtout les populistes d’extrême droite qui réveillent les fruits de cette fatigue et de cette colère.

Source : RFI

 

L'ex-président brésilien Lula est sorti de prison

  • PDF

mediaL'ex-président brésilien Lula a été libéré vendredi 8 novembre, accueilli par une véritable marée rouge de militants de gauche à sa sortie de prison à Curitiba (sud), après plus d'un an et demi d'incarcération.

Veste sombre et grand sourire, Luiz Inacio Lula da Silva, 74 ans, est sorti à pied, souriant aux côtés de sa compagne, la sociologue Rosangela da Silva, et embrassant chaleureusement ses sympathisants munis de drapeaux rouges. Le dirigeant du Parti des travailleurs a promis de « continuer à lutter » pour le peuple brésilien, même si ses ennuis avec la justice sont loin d’être terminés.

Combatif, l'ancien chef d'État, favori de la dernière présidentielle avant son incarcération, a rapidement harangué la foule. Des milliers de militants étaient là, certains en larmes, devant le siège de la police fédérale de Curitiba, où il purgeait une peine de huit ans et dix mois de prison pour corruption et blanchiment. Il a été libéré suite à un arrêt du Tribunal suprême fédéral, après 580 jours de détention.

Sur un score serré de six voix contre cinq, les magistrats de ce tribunal, la plus haute juridiction du pays, ont ainsi mis fin, tard jeudi soir, à une jurisprudence selon laquelle une personne peut être emprisonnée avant l'épuisement de tous ses recours si sa condamnation a été confirmée en appel, comme c'est le cas pour l'ancien président socialiste, élu en 2002 et 2006 à la tête du pays.

À sa sortie, l'émotion était grande parmi ses soutiens. « Hier, je ne voulais même pas assister au vote (des juges de la Cour suprême, NDLR), je n'y croyais pas. Mais quand j'ai vu le résultat, j'ai crié, j'ai pleuré et maintenant je suis ici, je ne pouvais pas rater ça », confie Lucia Fernandes, 58 ans, arborant devant le siège de la police de Curitiba une casquette signée par Lula da Silva lui-même.

« Toute ma vie, j'ai échangé avec le peuple brésilien, mais je n'avais jamais imaginé un jour comme celui-là, un jour où je puisse discuter avec des hommes et des femmes qui ont tenus bon pendant 580 jours en m'adressant des messages comme "bonjour Lula", "bonne soirée Lula", hurlant "bonne nuit Lula" ! Qu'il pleuve ou qu'il vente, qu'il fasse 40° ou 0° degré, vous étiez là », a lancé Lula.

Je vais m'entretenir avec les membres du syndicat de la métallurgie, et après, les portes du Brésil me seront à nouveau ouvertes pour que je puisse parcourir le pays et aller à la rencontre du peuple

Dans son premier discours, l’ancien président a critiqué ce qu’il a appelé « le côté pourri » de l’État brésilien et de sa justice. Il s’est d’ailleurs adressé à Sergio Moro, l’ancien juge anti-corruption à l’origine de sa condamnation, nommé ministre de la Justice par le président Jair Bolsonaro. « Vous n’avez pas arrêté un homme, vous avez tenté de faire disparaitre une idée », a-t-il reproché.

Même s'il affirme qu'il n'éprouve pas de rancœur, celui qui avait laissé sa place en 2010 à une fidèle, Dilma Rousseff, à l'issue de ses deux mandats de président, a dénoncé la face sombre du parquet, de la police fédérale, mais aussi du fisc, qui ont tenté, dit-il, de « criminaliser la gauche ». Il a par ailleurs accusé le président d’extrême droite de passer son temps à mentir sur Twitter.

Après ce premier bain de foule, Lula doit se rendre près de Sao Paulo, au syndicat des métallurgistes de Sao Bernardo do Campo, en banlieue de Sao Paulo. C'est son quartier général historique, il y était resté retranché avec ses partisans avant de se rendre aux autorités pour commencer à purger sa peine en avril 2018. Il a annoncé qu’il allait entamer une tournée dans tout le Brésil pour fêter sa libération.

Il va donc relancer les fameuses « caravanes » qui lui ont permis d'accroître sa popularité auprès des plus pauvres du Brésil, pour incarner l'opposition à M. Bolsonaro. Si la justice l'autorise à quitter son pays, il compte également voyager à l'étranger : le journal O Globo croit savoir qu'il a été invité à l'investiture du nouveau président péroniste argentin Alberto Fernandez, le 10 décembre.

Lula affirme qu’il va reprendre son bâton de pèlerin et sillonner le Brésil, comme s’il voulait battre campagne - même si pour l’instant, il n’est pas éligible. Il va naturellement prendre la tête de l’opposition au président Bolsonaro. Une opposition qui a accusé le coup après la victoire de l’extrême droite aux élections de l’an dernier, et qui va donc tenter de retrouver un certain élan.

Des sympathisants de l'ancien président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva devant le siège de la police fédérale où Lula purge une peine de prison, à Curitiba, au Brésil, le 8 novembre 2019. REUTERS/Rodolfo Buhrer

Au delà de Lula, d'autres détenus pourraient bénéficier de l'arrêt pris jeudi soir : ils sont près de 5 000 à être concernés par cette décision, qui sera appliquée au cas par cas et change radicalement l'application des peines au Brésil. De nombreux détenus condamnés dans le cadre de l'opération « Lavage Express », qui a fait trembler toute la classe politique, pourraient recouvrer la liberté.

Adulé par une partie des Brésiliens, fascinés par cet ex-ouvrier métallurgiste arrivé au sommet de l'État pour sortir des millions de personnes de la misère grâce à d'ambitieux programmes sociaux, Lula da Silva est aussi détesté par une autre partie de la population, pour qui il est responsable d’avoir couvert d’énormes scandales de corruption à grande échelle, qui minent le Brésil.

« La Cour suprême a voté contre le peuple », a déploré Major Olimpo, le leader au Sénat du PSL, le parti du président Jair Bolsonaro, animé par une farouche haine du PT. Le président, habituellement très disert sur Twitter, est resté étrangement silencieux sur le sujet, alors qu'il y a un peu plus d'un an, il avait lâché en pleine campagne qu'il souhaitait voir Lula « pourrir en prison ».

Des rebondissements judiciaires sont possibles : Lula est mis en cause dans plusieurs affaires et la Cour suprême doit rendre de nouveaux jugements. Dans un procès en appel qui aura lieu le 27 novembre, il est accusé d’avoir reçu des pots-de-vin de plusieurs centaines de milliers d’euros, lors de travaux effectués dans une maison de vacances, par une entreprise de BTP, contre des contrats publics.

Sa libération divise profondément les Brésiliens. Ses opposants ont déjà appelé à manifester contre lui... dès ce samedi. Ce qui pourrait être le début d’une grande foire d’empoigne entre l’extrême droite et l’ancien président de gauche au Brésil. Mais Lula ne risque pas d'être incarcéré de nouveau prochainement. Son tout premier projet prioritaire désormais : épouser sa nouvelle campagne.

Source : RFI

 

Guerre au Yémen: l'Arabie saoudite annonce être en «contact» avec les Houthis

  • PDF

mediaL'Arabie saoudite annonce qu'elle a « des contacts » avec les rebelles houthis du Yémen dans le but de mettre fin à la guerre dans ce pays. Le royaume saoudien a pris la tête en 2015 d'une coalition régionale en guerre au Yémen contre ce mouvement rebelle sans être parvenu à défaire militairement les Houthis.

Pas de réaction des Houthis pour l'instant alors qu'un responsable saoudien parle de « contacts » depuis 2016 avec la rébellion houthie du Yémen.

Ces dernières années plusieurs efforts internationaux ont permis des discussions entre le gouvernement yéménite soutenu par l'Arabie saoudite et les Houthis sans réels résultats politiques.

Impasse militaire

En septembre dernier, un responsable américain a révélé que Washington était aussi en contact avec le mouvement rebelle. Désormais c'est le royaume saoudien qui reconnait qu'un canal de discussion existe avec les Houthis.

L'Arabie Saoudite, dont le choix militaire est dans une impasse puisque depuis 2015 son intervention au Yémen a causé des milliers de morts et provoqué une catastrophe humanitaire sans pour autant vaincre les rebelles qui contrôlent toujours un vaste territoire incluant Sanaa la capitale.

La négociation éventuelle passe aussi par l'Iran

Les Houthis sont soutenus politiquement par l'Iran et Téhéran est aussi accusé de les armer. Une éventuelle négociation de paix au Yémen passera donc aussi par la République islamique.

Source : RFI

 

Les États-Unis officialisent leur sortie de l'accord de Paris sur le climat

  • PDF

mediaLe gouvernement américain a notifié lundi à l’ONU sa décision de sortir de l’accord sur le climat, confirmant sa promesse.

Les États-Unis ont officiellement entamé les démarches pour quitter l’accord de Paris sur le climat. La lettre était attendue depuis 2017, mais ne pouvait pas être envoyée plus tôt, aucun pays ne pouvant sortir avant le troisième anniversaire de son entrée en vigueur, le 4 novembre 2016. C’est-à-dire lundi.

Donald Trump avait annoncé son intention de se désengager de cet accord qui vise notamment à limiter les émissions de gaz à effets de serre. « Aujourd'hui, les États-Unis entament le processus de retrait de l'accord de Paris. Conformément aux termes de l'accord, les États-Unis ont soumis une notification formelle de leur retrait aux Nations unies. Le retrait sera effectif un an après la notification », a déclaré le chef de la diplomatie Mike Pompeo dans un communiqué.

Retrait effectif le lendemain de la présidentielle

Le retrait des Américains sera donc effectif le 4 novembre 2020, au lendemain de l’élection présidentielle américaine.

« Ce que ça change, c’est le signal envoyé au reste du monde, estime David Levaï, spécialiste du climat, chercheur associé à l’Institut sur le développement durable et les relations internationales (Iddri). La question qui va se poser désormais, c’est : est-ce que la parenthèse Trump sera close l’année prochaine et qu’on pourra attendre un retour d’une nouvelle administration démocrate dans l’Accord de Paris et dans l’action collective sur le climat ? Ou est-ce qu’une nouvelle période Trump va s’ouvrir après l’élection présidentielle ? Auquel cas, cela va redistribuer les cartes et cela va poser énormément de questions sur la capacité de travailler au niveau multilatéral avec les États-Unis. On est dans un effort global, collectif. Les États-Unis, c’est 17% des émissions mondiales. Il n’y a que l’action collective qui puisse sauver la planète. Donc forcément, sans les États-Unis, sans l’action du gouvernement fédéral, il y a énormément de choses qui ne pourront pas être faites. »

Les États-Unis sont le seul pays à s’être désengagés du texte signé par 197 pays. Jusqu'à présent, Washington continuait à occuper leur siège, discrètement, pour peser sur son application, au cas où justement il réintègrerait l'accord. Ils devraient continuer à envoyer des délégations aux grands sommets, comme la COP25 en Espagne, selon l'AFP qui cite le département d'État.

Les conservateurs américains ont salué l'annonce. Mais la présidente de la chambre basse du Congrès, la démocrate Nancy Pelosi, y a vu une « nouvelle décision anti-science (...) qui vend l'avenir de notre planète et de nos enfants ». La France a de son côté dit « regretter » l’annonce américaine ».

Source : RFI

 

Florence Parly débute au Tchad une tournée sahélienne

  • PDF

Florence Parly débute au Tchad une tournée sahélienneLe Figaro - La ministre des Armées se rend dans les pays du Sahel, deux jours après la mort de Ronan Pointeau, un soldat de l'opération Barkhane.

La ministre française des Armées, Florence Parly, a débuté au Tchad lundi 4 novembre au matin une visite dans les pays du Sahel, deux jours après la mort au Mali d'un soldat français de l'opération antijihadiste Barkhane, dans un contexte sécuritaire régional très dégradé.

«Ce voyage se tient dans un contexte sécuritaire extrêmement difficile», a déclaré à l'AFP la ministre dans l'avion l'emmenant à N'Djamena, où elle devait rencontrer le président tchadien Idriss Déby, ainsi que le général Pascal Facon, nouveau commandant de la force Barkhane, qui mobilise 4500 militaires français dans la bande sahélo-saharienne.

La visite de Florence Parly au Sahel, dont les prochaines étapes restaient encore confidentielles pour des raisons de sécurité, intervient alors qu'un soldat français a trouvé la mort samedi dans le nord-est du Mali, près de la frontière du Niger, au lendemain d'une attaque dans la même région contre une base militaire malienne qui a fait 49 morts.

La pose de l'engin artisanal qui a tué le brigadier français Ronan Pointeau a été revendiquée par le groupe djihadiste État islamique au Grand Sahara (EIGS), de même que l'attaque la veille contre la base des forces armées maliennes (FAMa).

Les violences jihadistes persistent dans le nord du Mali, six ans après l'intervention militaire française Serval. Elles se sont propagées vers le centre du pays ainsi qu'au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des conflits intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts.

Les armées nationales de ces pays sahéliens, parmi les plus pauvres au monde, semblent incapables d'enrayer la progression des attaques malgré l'appui de troupes étrangères et notamment des militaires français.

Voisin du Mali, le Burkina Faso est pris depuis près de cinq ans dans une spirale de violences attribuées à des mouvements djihadistes, certains affiliés à al-Qaïda et d'autres au groupe État islamique. Depuis 2016, 204 militaires burkinabés ont péri lors d'attaques djihadistes, qui ont fait au moins 630 morts civils et militaires, selon un comptage de l'AFP.

Par Le Figaro avec AFP
Source : Le Figaro (France)

 

États-Unis : la Chambre des représentants approuve l'enquête en vue de destituer Donald Trump

  • PDF

États-Unis: la Chambre des représentants approuve l'enquête en vue de destituer Donald Trump La Chambre des représentants a voté pour le lancement d'une procédure de destitution à l'encontre du président Donald Trump.

La Chambre américaine des représentants a approuvé ce jeudi l'enquête en vue d'une procédure explosive de destitution contre Donald Trump, la propulsant dans une nouvelle phase publique. La Chambre des représentants, à majorité démocrate, a adopté cette résolution par 232 voix favorables contre 196 voix, les élus se conformant largement aux consignes de leur parti.

Les parlementaires démocrates tentent de démontrer que Donald Trump a fait pression sur Kiev pour obtenir de quoi salir l'ancien vice-président démocrate, Joe Biden, bien placé pour l'affronter lors de l'élection de 2020. Le président américain dément tout manquement à ses fonctions et se dit visé par un "coup d'Etat".

Le président Donald Trump a immédiatement réagi en publiant un tweet en lettres capitales. Il dénonce "LA PLUS GRANDE CHASSE AUX SORCIÈRES DE L'HISTOIRE AMÉRICAINE".

Source : BFMVT (France)

 

Le Premier ministre libanais Saad Hariri annonce sa démission

  • PDF

mediaLe Premier ministre libanais Saad Hariri a annoncé ce mardi qu'il allait présenter la démission de son gouvernement. Depuis treize jours, le Liban traverse une crise politique profonde marquée par de nombreuses manifestations.

« Je me rends au Palais de Baabda pour présenter la démission du gouvernement au président de la République. » C'est par ces mots que Saad Hariri a annoncé son départ ce mardi. Une brève allocution télévisée au cours de laquelle le Premier ministre a appelé les Libanais à préserver la paix civile.  Le chef du gouvernement a reconnu être dans une « impasse ».

Depuis deux semaines, les manifestations de défiance à l'encontre d'une classe politique accusée de corruption et de mauvaise gestion des finances publiques se multiplient. Les contestataires la jugent responsable de la pire crise économique depuis la guerre civile des années 1975-1990.

Peu de concessions

Le pouvoir n'avait jusqu'à présent fait aucune concession significative face à la colère populaire déclenchée le 17 octobre par l'annonce d'une taxe sur les appels via la messagerie WhatsApp. Un impôt annulé depuis, mais cela n'a pas suffi à faire retomber la colère. Lors d'un discours télévisé le 21 octobre dernier, Saad Hariri avait annoncé un plan de réformes, qui n'avait pas convaincu les foules.

De son côté, le président Michel Aoun avait évoqué, le 24 octobre, la possibilité d'un remaniement ministériel qui ne s'est pas concrétisé jusqu'ici en raison des divisions internes dans son gouvernement.

Dans ce contexte politique extrêmement tendu, ce mardi, des manifestants bloquaient déjà certains axes de Beyrouth. Peu avant l'annonce de la démission d'Hariri, des dizaines d'assaillants armés de bâtons avaient lancé une attaque contre le principal site de rassemblement des manifestants dans le centre de Beyrouth, signe des tensions grandissantes.

Source : RFI

 

Argentine: le péroniste Alberto Fernandez vainqueur dès le premier tour

  • PDF

mediaLe péroniste Alberto Fernandez a remporté dimanche la présidentielle argentine face au chef de l’État sortant, le libéral Mauricio Macri.

Les Argentins ont donc choisi le retour au péronisme. Le candidat de centre-gauche Alberto Fernandez a remporté, dès le premier tour dimanche, l'élection présidentielle avec plus de 47% des voix, contre un peu plus de 41% pour le président sortant Mauricio Macri. Selon le ministère de l'Intérieur, plus de 80% des Argentins sont allés voter.

Relancer l'économie

Dès ce lundi, le contrôle des changes a été renforcé afin de limiter la saignée qui a fait perdre 23 milliards de dollars à la Banque centrale depuis les primaires du 11 août. Objectif : éviter que le pays se retrouve sans réserves monétaires le 10 décembre, date de prise de fonctions du nouveau président, explique notre correspondant à Buenos Aires, Jean-Louis Buchet.

C’est ainsi que commence une transition longue – six semaines – et d’autant plus délicate que Mauricio Macri et Alberto Fernandez ne se parlent pas.

Il faudra pourtant qu’ils le fassent, afin que leurs équipes se rapprochent et commencent à travailler ensemble pour rassurer les marchés, mais aussi l’Argentin de la rue, toujours prêt à réagir de manière intempestive en cas d’incertitude. Une rencontre est prévue ce lundi. Et si la transition ne se passe pas trop mal, restera au président élu à bien préparer l’après-10 décembre.

Alberto Fernandez a promis de relancer une économie en récession depuis dix-huit mois, de diminuer progressivement l’inflation tout en améliorant le pouvoir d’achat, et de renégocier sans casse la dette avec le FMI et les investisseurs privés. Ce sera d’autant plus difficile qu’il n’aura pas toute la main sur un gouvernement où pèsera aussi, entre autres dirigeants péronistes, sa colistière, l’ancienne présidente Cristina Kirchner.

« Nous allons construire l’Argentine que nous méritons »

En attendant, dimanche soir, une foule de sympathisants du candidat péroniste s'est réunie devant son siège de campagne, à Buenos Aires, pour l'acclamer, rapporte notre correspondante dans la capitale, Aude Villiers-Moriamé

Dans la foule, Ruben Toco, 63 ans, soulagé de pouvoir tourner la page du gouvernement de Mauricio Macri : « C’est douloureux de voir la pauvreté et la misère qu’a créées ce gouvernement. Ça fait mal de voir toutes les fermetures d’usines, les gens sans travail. Je crois que, finalement, les Argentins se sont fatigués. »

À l'heure actuelle, 35% des Argentins vivent sous le seuil de pauvreté. Sous le gouvernement de Mauricio Macri, l’inflation et le chômage ont explosé. Lors de son discours, Alberto Fernandez a promis de sortir l’Argentine de la crise. « Nous allons construire l’Argentine que nous méritons. Car nous ne sommes pas condamnés à vivre dans ces conditions ! Nous allons nous insérer dignement sur la scène internationale ! Nous allons construire le pays dont ont rêvé nos ancêtres ! », a-t-il lancé.

La foule à Cordoba pour célébrer la victoire d'Alberto Fernandez.RFI/Pauline Gleize

Les péronistes ont aussi fêté le résultat à Cordoba, la deuxième ville du pays, qui a majoritairement voté pour Mauricio Macri (à plus de 61%, selon Clarin).

Maintenant, on place notre espoir en Alberto Fernandez. Tout va changer, tout !

Source : RFI

 

État paralysé et montée des violences en Irak

  • PDF

mediaEn Irak les violences ont continué ce samedi. Ces dernières 48 heures, 63 personnes ont perdu la vie lors de manifestations qui appellent à la « chute du régime ». Ce 26 octobre, le Parlement se réunissait d'urgence, et ce fut une fois de plus un échec.

Le Parlement avait publié un communiqué annonçant une réunion d'urgence ce samedi afin de se concentrer sur les demandes des manifestants et sur les moyens de mettre en œuvre un projet de réforme concret. Résultat, seul un tiers des députés a répondu à l'appel, selon les médias irakiens. La cession a rapidement été abandonnée.

Une preuve, une fois de plus, des profonds dysfonctionnements du système politique. Un système faible et profondément divisé par une multiplicité de partis politiques.

Alors que les autorités semblent paralysées, la violence continue de monter dans les rues d'un pays où les armes circulent dans toutes les mains. La colère populaire est particulièrement tournée vers les milices chiites nommées Hashd Al-Shaabi, elles représentent, entre autres, le pouvoir exercé par l'Iran sur un gouvernement irakien critiqué pour son manque d'autonomie.

De son côté le commandement des forces irakiennes accuse des groupes armés de s'immiscer au milieu des manifestants dans le but de tuer des militaires ou de libérer des prisonniers.  Un communiqué affirme que ces personnes seront jugées sévèrement par la loi anti-terroriste.

Source : RFI

 

Russie-Afrique à Sotchi : un sommet sur l’air des « amis retrouvés »

  • PDF

Ouverture réussie pour le premier sommet Russie-Afrique organisé par Vladimir Poutine et co-présidé par le président en exercice de l’Union africaine (UA), Abdel Fattah al-Sissi. Les dirigeants africains ont répondu à l’appel de Sotchi et, en ce premier jour surtout consacré à la coopération économique, promesses, serments d’amitié et contrats se sont multipliés.

Dans les allées bondées du bâtiment principal du Parc Sirius, construit spécialement pour les Jeux olympiques de 2014, les délégations se suivent en rangs serrés, chefs d’Etat impassibles entourés de ministres tout aussi sérieux, d’officiers de sécurité concentrés et de photographes virevoltants. Pour cette première journée, et même si l’organisation ne donne pas encore de liste officielle et se contente d’évoquer « plus de 40 chefs d’État africains » présents à Sotchi, il est clair que Vladimir Poutine a réussi son pari. Celui de faire de la station balnéaire flambant neuve des bords de la Mer noire, pour deux jours au moins, l’épicentre de l’Afrique, le lieu où tout se passe.

60 ans de relations russo-africaines

Entre les stands d’exposants – principalement de grosses entreprises russes désirant exporter leur savoir-faire sur le continent ou s’y tailler une place plus importante – , la célèbre agence de presse russe TASS expose 170 clichés retraçant plus de 60 ans de relations russo-africaines. Les paysages ou les images de sportifs célèbres côtoient la photo du président égyptien Nasser serrant la main de Gagarine, ou une vue monumentale du chantier du non moins monumental barrage d’Assouan. Le message est limpide : l’amitié entre la Russie – soviétique ou non, cela importe peu – et le continent ne date pas d’hier. Message apparemment reçu cinq sur cinq par les visiteurs, à commencer par l’Égyptien Abdel Fattah al-Sissi, co-président de la cérémonie d’ouverture. Qui souligne combien la Russie s’est toujours comportée en « partenaire fiable du continent ».

Au premier rang de la salle de conférence, les nombreux dirigeants qui ont fait le déplacement opinent. Ont répondu à l’appel Denis Sassou Nguesso, Alpha Condé, Ibrahim Boubacar Keïta, Roch Marc Christian Kaboré, Alassane Ouattara, Félix Tshisekedi, Mahamadou Issoufou, Paul Kagame, Patrice Talon, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, Ismaïl Omar Guelleh, Cyril Ramaphosa, Muhammadu Buhari, Nana Akufo-Addo, João Lourenço, Andry Rajoelina, Uhuru Kenyatta, Danny Faure, Macky Sall et beaucoup d’autres, accompagnés de dizaines de ministres… Un temps annoncé, le roi Mohammed VI a finalement délégué son chef du gouvernement, Saadeddine El Othmani. Quant à Paul Biya, qui brille par son absence, il semble qu’il ait finalement préféré rester à Yaoundé pour y recevoir le ministre français Jean-Yves Le Drian.

 

Doubler les échanges commerciaux avec l’Afrique

Tant pis pour les absents : c’est aux présents que Vladimir Poutine réserve ses annonces en forme de promesses. La Russie qui, rappelle-t-il, a déjà effacé pour 20 milliards de dettes contractées au temps de l’URSS, va continuer à soutenir l’Afrique dans son développement et entend « doubler le volume de [ses] échanges commerciaux avec le continent en quatre ou cinq ans. »

Source : jeuneafrique.com

Ouverture du forum Afrique-Russie en présence du Président de la République

  • PDF

Ouverture du forum Afrique-Russie en présence du Président de la RépubliqueAMI - Les travaux du forum économique Afrique-Russie ont débuté, mercredi à Sotchi (Russie), avec la participation du Président de la République, Son Excellence Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, aux côtés des dirigeants de plusieurs pays africains.

Son ouverture a été supervisée, conjointement, par le président égyptien, Monsieur Abdel Fattah –al Sissi, président en exercice de l’Union Africaine et le Président Russe, Monsieur Vladimir Poutine.

Le forum s’articule sur trois axes clés : le développement des relations économiques, la création des projets et la coopération dans les domaines humains et sociaux.

Ces axes englobent l’examen des perspectives de coopération entre la Russie et l’Afrique dans les domaines de l’investissement, de l’industrie, des échanges commerciaux, de l’habitat, des sciences et technologies, de l’enseignement, de l’information, des infrastructures, des technologies nucléaires, de l’autonomie économique africaine ainsi que la coopération bilatérale dans le domaine de l’industrie du diamant, du climat des affaires, de la transformation numérique, des ressources minières, de l’agriculture et des normes de santé ainsi que la contribution de la jeunesse africaine et russe au développement durable.

A son arrivée à la salle de conférences, le Président de la République, Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, a été accueilli par son homologue russe, Monsieur Vladimir Poutine et assisté à la prise des photos souvenirs commémorative cet événement historique de haute portée.

Outre le Président de la République, ce forum, de deux jours, a vu la participation d’une forte délégation d’homme d’affaires et opérateurs économiques mauritaniens.

Il offre une excellente opportunité pour le renforcement de la coopération bilatérale entre la Mauritanie et la Russie, d’une part, et entre la Russie et l’Afrique, d’autre part, afin d’assurer le développement durable et la stabilité de l’Afrique.

Les principales séances du forum verront des débats consacrés à des échanges sur la complémentarité entre les pays, sous le thème : l’union économique Euro-Asie-Afrique : orientations et perspectives de développement des opérations de complémentarité et de coopération.

Des invités ont assisté à la séance inaugurale dont figurent le président du conseil d’administration comité économique Euro-Asie, le président de la chambre russe de commerce et le secrétaire général du groupement de l’ouest africain.

Le forum économique Afrique-Russie constitue un évènement majeur dans l’histoire des relations Russie-Afrique. Il permettra de les renforcer dans les différents domaines.

Les cinq dernières années ont vu un accroissement considérable des activités des sociétés russes dans certains pays africains dans plusieurs domaines comme les mines, l’énergie et le pétrole.

Les estimations des institutions internationales précisent que le continent africain contient 12% des réserves mondiales en pétrole, 42% des gisements de l’or, 19% de l’uranium, 45% du plutonium et 50% de la demande mondiale sur le diamant.

Notons que le volume des échanges commerciaux entre la Russie et l’Afrique a connu un développement constatable dans la période 2010-2017 et a atteint, au cours, des premiers mois de 2018 un plafond de 12,6 milliards de dollars, selon les chiffres de la chambre russe de commerce et d’industrie.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Sommet de Sotchi: la grande offensive russe en Afrique

  • PDF

mediaÀ Sotchi, sur les bords de la mer Noire, débute ce mercredi 23 octobre 2019 un sommet Russie-Afrique. Une quarantaine de dirigeants sont reçus par Vladimir Poutine pour un rendez-vous présenté comme une réplique de ceux organisés par la France ou la Chine avec leurs partenaires africains. Une première.

Avec nos envoyés spéciaux à Sotchi,

L'évènement doit symboliser le « grand retour » de la Russie sur le continent africain. En 20 ans, Vladimir Poutine n’a fait que trois fois le déplacement en Afrique subsaharienne. Mais désormais, la Fédération russe ne cesse de répéter que l’Afrique est « importante » à ses yeux. Moscou veut s'ouvrir des marchés, trouver des relais diplomatiques et stratégiques. Pour ce faire, les Russes ont tout de même de solides arguments.

Conscients de leur retard, ils soignent leur rhétorique. La Russie tente de faire oublier qu’elle a déserté l'Afrique à la chute de l’Union soviétique ; elle essaie aussi de se démarquer de ses concurrents occidentaux, en jouant sur des cordes sensibles, à savoir son absence de passé colonial et sa défense du principe de souveraineté. Et de rappeler notamment le rôle joué par l'URSS plus tôt, au moment des indépendances, relate notre envoyée spéciale, Florence Morice.

Une relation historique, entretenue avec un grand nombre de pays africains à l'époque. « Non seulement la Russie n’a pas de passé colonial comme la France, la Belgique ou d’autres, mais elle a une histoire de lutte anticoloniale sur laquelle elle essaie de capitaliser, analyse Arnaud Dubien, directeur de l’Observatoire franco-russe de Moscou. Et c’est tout à fait véridique : l’URSS avait beaucoup investi en termes financiers, en termes militaires, en termes d’influence. »

« Entre des Occidentaux qui ont un passé ou un passif colonial, qui sont regardants sur les droits de l’homme, et des Chinois qui sont un peu envahissants, les Russes ont une des cartes à jouer, poursuit M. Dubien. Ils peuvent proposer plusieurs choses : des coopérations économiques, la formation d’élites, voire des pactes sécuritaires, pour des dirigeants qui s’inquiètent parfois pour leur avenir à la tête de leurs États respectifs. »

Lundi encore, M. Poutine a accusé dans la presse certaines anciennes puissances coloniales de pratiquer « l’intimidation » et « le chantage » pour conserver leur influence sur le continent. Lui ne demande « aucune contrepartie » à ses partenaires, insiste-t-il. La Russie rappelle aussi régulièrement aux Africains qu’elle dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, dont elle s’est par exemple servi pour protéger son allié syrien Bachar el-Assad…

Sans doute pour se démarquer de la Chine, accusée d'entraîner l’Afrique dans le surendettement, Moscou met en avant sa politique d'effacement de la dette, héritée de l'époque soviétique, et sa volonté de fonder une coopération équilibrée. Un discours qui masque la faiblesse financière de la Russie, comparée au géant chinois. Mais quoi qu'il en soit, les échanges entre la Russie et l’Afrique s’élèvent à 20 milliards de dollars, en constante augmentation depuis quelques années.

Le regain d’intérêt de Moscou pour l’Afrique ne date pas d'hier, il remonte à une quinzaine d’années. Le tournant date néanmoins de l'année 2014. À l’époque, les Russes annexent la Crimée, et l'Occident répond par des sanctions économiques. Résultat : la Russie doit trouver de nouveaux débouchés pour relancer sa croissance, déjà ralentie depuis 2008. Elle décide notamment de miser sur le continent africain, pour ne plus laisser ce marché prometteur aux Chinois.

Au cœur de cette offensive en Afrique, les ventes d’armes. Mais les Russes vendent également des céréales - beaucoup -, et ils veulent gagner des marchés dans d’autres secteurs. Moscou a de nombreuses cartes à jouer, explique Andreï Maslov, spécialiste des relations entre la Russie et l’Afrique : « Notre approche, dit-il, est différente de celle des Chinois ou des Européens. Nous voulons avant tout développer nos exportations vers l’Afrique. »

De nombreux chefs d’entreprises sont attendus à Sotchi, et des signatures de contrats sont annoncées. Les exportations russes vers le continent ont doublé en moins de quatre ans. En matière d'armes, son point fort, la Russie équipe notamment l'Algérie ou l'Égypte. Outre la vente de céréales qui se développe, Moscou espère également étendre son offensive commerciale dans les hydrocarbures et dans le secteur du nucléaire civil.

L'Afrique regorge de minerais et d'hydrocarbures. Or les stocks russes ne sont pas inépuisables. Néanmoins, « nous sommes très peu intéressés par ces matières premières, certifie M. Maslov. C’est le marché africain qui nous intéresse avant tout. Il croît en permanence et le nombre de consommateurs ne fait qu’augmenter. Depuis 2014, c’est vers l’Afrique que nos exportations augmentent le plus ; des produits que nous fabriquons, et non de matières premières. »

Dernier point, Moscou souhaite diversifier ses clients sur le continent africain : pour l’heure, elle réalise 80% de ses échanges avec l’Afrique du Nord. Le sommet de Sotchi sera donc une occasion en or pour les entreprises russes de s’aventurer dans de nouveaux secteurs et dans d’autres zones, avec le soutien des autorités russes, explique notre second envoyé spécial pour ce sommet russo-africain, notre correspondant à Moscou Daniel Vallot.

Pour le reste, l'enjeu économique se double d’une stratégie politique. Après son retour diplomatique au Moyen-Orient, à la faveur de la crise en Syrie, la Russie souhaite asseoir son statut de puissance mondiale. En avançant ses pions en Afrique, elle gagne des points dans sa confrontation avec l’Occident. Sans oublier que les pays africains représentent près d’un tiers des voix à l'Assemblée générale de l’ONU, et constituent donc un réservoir de votes utiles pour Moscou.

Reste qu’en dépit d’un discours offensif, la Russie a encore du chemin à parcourir, et a pris beaucoup de retard. Ses échanges commerciaux avec le continent sont deux fois moins importants que ceux de la France, dix fois moins que ceux de la Chine. Une dynamique qu’un sommet ne suffira sans doute pas à inverser. Le retour n’est pas toujours évident, et il s’est accompagné par le passé d’un certain nombre d’échecs, notamment en Afrique du Sud.

Dans ce pays, rappelle Arnaud Dubien, « la Russie avait beaucoup investi en termes d’influence par le biais notamment de Rosatom, qui espérait décrocher le grand programme d’électrification du pays. On voit qu’il y a eu un échec. Il y a en d’autres, des contrats qui ont été signés et qui n’ont pas été concrétisés. » « Ce qu'il faut bien avoir l’esprit aussi, ajoute-t-il, c’est que l’Afrique, contrairement sans doute du Moyen-Orient, est une région que les Russes connaissent moins. »

Selon le directeur de l’Observatoire franco-russe de Moscou, la Russie n’a « pas forcément la profondeur d’expertise et les lobbys pro-africains suffisants pour mobiliser l’appareil d’État ». Attention donc à ne pas trop surestimer son influence. Mais il est certain que la Russie a l’intention de peser davantage, et cette volonté se traduit par l’organisation de ce sommet. Réunir à Sotchi la plupart des dirigeants africains constitue, en soi, un très joli coup

Source : RFI

 

Le frère du président du Honduras reconnu coupable de trafic de drogue

  • PDF

mediaLa peine de prison ne sera prononcée que dans quelques mois, mais l'affaire risque d'avoir des conséquences politiques, d'autant que le procès a donné lieu à un grand déballage mettant en cause les dirigeants du Honduras.

« Tony » Hernandez a été arrêté il y a près d'un an à l'aéroport de Miami. Accusé d'être impliqué dans le trafic d'environ 200 tonnes de cocaïne depuis 2004, de faux témoignage et possession d’armes à feu, il a été reconnu coupable vendredi de tous les chefs d’accusation. Son procès s'est tenu ces deux dernières semaines devant un tribunal de New York qui a entendu des témoignages accablants pour le frère du président Juan Orlando Hernandez.

Un État lié au narcotrafic

Le tout dans « une impunité totale » selon le procureur, qui a souligné que l'accusé avait bénéficié de la protection de son frère. Et le président du Honduras aurait reçu des millions de dollars de pots-de-vin de la part de narcotrafiquants, notamment pour financer ses campagnes électorales, a notamment déclaré le procureur fédéral new-yorkais dès le premier jour d'audience.

Tony Hernandez connaîtra sa peine en janvier prochain. Il risque la prison à perpétuité.

Un jugement qui cherche à « salir le nom du Honduras »

Au Honduras, le président Juan Orlando Hernandez a immédiatement exprimé sa « tristesse », tout en critiquant le verdict. Pour le chef de l'État, le jugement repose « sur le témoignage d'assassins reconnus » et cherche « à salir le nom du Honduras ».

Dans ce pays d'Amérique centrale miné par la pauvreté et la criminalité, l'opposition, par la voix de l'ex-président de gauche Manuel Zelalya, avait appelé à des manifestations pour réclamer la démission du président Hernandez. Ce dernier est considéré par Donald Trump comme un partenaire privilégié de la politique américaine de lutte contre l'immigration clandestine.

Source : RFI

 

Sahara occidental : le Secrétaire général de l'ONU peine à trouver un envoyé spécial

  • PDF

Sahara occidental : le Secrétaire général de l'ONU peine à trouver un envoyé spécial Avant la prorogation du mandat de la Minurso, qui expire fin octobre dans l'ancienne colonie espagnole, Antonio Guterres souhaite la poursuite du processus des tables rondes à quatre.

Le secrétaire général de l'ONU espère, dans un rapport, voir maintenir la "dynamique" politique engagée l'an dernier pour une solution au conflit du Sahara occidental, en dépit de l'absence d'un envoyé spécial sur ce dossier depuis quatre mois.

L'ex-émissaire de l'ONU, Horst Köhler, démissionnaire en mai pour raison de santé, "a pu rétablir une dynamique et un élan pour le processus politique, via des tables rondes ayant réuni le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie", souligne Antonio Guterres dans ce document remis au Conseil de sécurité.

Après une longue interruption du dialogue, deux tables rondes ont réuni en Suisse, en décembre et mars, les parties sans cependant aboutir à une percée significative. "Il est essentiel que cet élan ne soit pas perdu", ajoute le chef de l'ONU, toujours en quête d'un successeur à Horst Köhler, quatre mois après son départ.

Pour plusieurs diplomates, trouver le bon profil n'est pas évident. "Il faut quelqu'un d'un bon niveau, qui accepte de se mettre dans ce truc-là", soupire l'un d'eux en allusion à un conflit qui semble sans fin.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été le théâtre d'un conflit jusqu'en 1991, entre le Maroc, qui a annexé le territoire en 1975, et le Front Polisario, qui réclame l'indépendance de cette étendue désertique de 266 000 km² dans une région riche en phosphates et bordée d'eaux poissonneuses.

Un cessez-le-feu, signé en septembre 1991 sous l'égide de l'ONU, prévoyait un référendum d'autodétermination dans les six mois, sans cesse repoussé depuis en raison d'un différend entre Rabat et le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire.

L'ONU maintient sur place une force de quelque deux cent quarante Casques bleus (Minurso) chargés de contrôler, notamment par des patrouilles aériennes et terrestres, le respect du cessez-le-feu. Sur la période considérée, entre avril et septembre, "la situation sur le terrain au Sahara occidental est restée relativement calme en dépit de certaines incertitudes (...) et le cessez-le-feu entre les parties a été respecté", note le secrétaire général.

La Minurso a modifié son mode opérationnel, précise-t-il. Sa zone d'intervention a été divisée en trois secteurs dotés chacun d'un hélicoptère.

Grâce à l'Union européenne, elle a accès à de l'imagerie géospatiale et à de l'analyse pour être "plus vite alertée en cas de violations ou de menaces à l'égard du cessez-le-feu". Un mécanisme pour des réunions militaires mensuelles à différents échelons a aussi été créé, mais sa mise en œuvre bute sur des divergences quant au lieu où doivent se tenir ces rencontres.

"Un manque de confiance continue de dominer entre les parties", regrette Antonio Guterres. Le Conseil de sécurité de l'ONU est appelé à renouveler en octobre le mandat de la Minurso.

Noël Ndong

Source : ADIAC (Congo)