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Politique dans le Monde

Déclaration de Catherine Ray, porte-parole de l’Union Européenne à propos du sommet UE/UA

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Déclaration de Mme Catherine Ray, porte-parole de l’Union Européenne à propos du Sommet UE/UA « Au cours des préparatifs de ce Sommet, certaines questions ont pu être posées au sujet de la participation de tel ou tel membre des organisations concernées, notamment s’agissant de la « RASD ».


En la matière, notre position constante a été de donner à chaque partie-Union Africaine et Union Européenne la responsabilité de la constitution respective de leurs listes de participants.


Toute participation à ce Sommet, comme il est d’usage pour une rencontre internationale de cette nature, ne constitue pas une modification de la position de l’Union Européenne quant à la non-reconnaissance de la
"RASD"».

Ci-après, le lien de la vidéo relative à cette déclaration :


http//ec.europa..eu/avservices/video/player.efm?sitelang


Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Face à l'ennemi iranien, Israël et l'Arabie saoudite de plus en plus proches

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Des soldats israéliens à la frontière avec le Liban, près de Metula, le 16 novembre.Alors que de nombreux observateurs pointent le risque d'escalade entre Israël et le Hezbollah depuis la démission du Premier ministre Saad Hariri, le chef d'Etat-major de Tsahal a brisé un tabou en s'exprimant dans la presse saoudienne pour démentir une telle éventualité à court-terme, tout en disant l'Etat hébreu parfaitement aligné sur les positions anti-iraniennes de Riyad.

C’est une première, et une preuve que les temps changent et les tabous sautent. Et vite. Jeudi, le pure player saoudien Elaph, basé à Londres, a publié une interview du chef d’Etat-major israélien Gadi Eizenkot. Officiellement, les deux pays n’entretiennent aucune relation diplomatique. Officiellement, seulement. Car des deux côtés, on ne s’embarrasse plus pour afficher les signes d’alignement face à l’ennemi commun iranien, «la plus réelle et grande menace dans la région», selon la tête de Tsahal, prêt à «partager expériences et renseignements avec les pays arabes modérés pour confronter l’Iran». Y compris l’Arabie saoudite, insiste le militaire, «avec qui nous sommes en total accord, et qui n’a jamais été notre ennemi». Israël est désormais une puissance sunnite comme les autres, plaisantent les observateurs israéliens dans la revue Foreign Policy.

Ces effusions diplomatiques répondent aux derniers coups de dés lancés par l’hyperactif prince saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, nouvel homme fort du royaume. Il y a d’abord eu l’inattendu et pour le moins trouble épisode Saad Hariri, Premier ministre libanais démissionnaire voire démissionné par les Saoudiens, qui s’est justifié depuis Riyad par un argumentaire anti-iranien musclé, fustigeant le rôle du Hezbollah dans le pays. Un développement qualifié par Eizenkot de «compliqué» et «surprenant», en concomitance avec la purge sans précédent opérée par MBS parmi les princes, ministres et autres oligarques saoudiens. Enfin, pour compléter le tableau, il y a eu ce missile tiré par les rebelles yéménites en direction de Riyad, intercepté par les Saoudiens qui en ont attribué la responsabilité à l’Iran.

Curieux tandem «sioniste-wahhabite»

Le tout donne une impression de glissement tectonique, avec d’un côté Téhéran et ses visées hégémoniques sur un croissant qui passerait par l’Irak, la Syrie, le Liban jusqu’à la Méditerranée, et de l’autre, un axe Washington-Riyad-Tel-Aviv à bout de patience avec l’Iran et ses immixtions au Yémen et en Syrie. Sans compter les doutes sur le respect de l’accord sur le nucléaire iranien, éternel cheval de bataille israélien désormais enfourché sans nuance par Donald Trump. Le chef d’Etat-major de Tsahal y voit une «opportunité pour une nouvelle coalition internationale dans la région. Il devrait y avoir un plan régional majeur pour stopper la menace iranienne.»

A lire aussi L’Arabie Saoudite fait accourir Macron

Ainsi, la déstabilisation du Liban entraînée par le feuilleton Hariri – qui devrait être «exfiltré» à Paris ce week-end – a réveillé le spectre d’une nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah libanais, grand allié de l’Iran. Le premier à avoir tiré la sonnette d’alarme est l’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, qui, dans une tribune publiée dans Haaretz, juge «plausible que les Saoudiens essaient de créer un contexte pour contester l’influence iranienne au Liban par de nouveaux moyens : une guerre entre Israël et le Hezbollah». Un épouvantail vite agité à son tour par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a accusé le curieux tandem «sioniste-wahhabite» de vouloir la destruction du Liban. En revanche, Nasrallah a bien pris garde de ne pas enflammer plus encore la situation en défendant l’unité nationale.

«Nous ne sommes pas idiots»

Observateurs et militaires l’ont toujours dit : un nouveau conflit, après la guerre de 2006, entre l’Etat hébreu et le Hezbollah n’est pas une question de «si» mais de «quand». En une décennie, le Hezbollah a considérablement renforcé sa force de frappe balistique, estimé entre 100 000 et 130 000 roquettes, soit presque dix fois plus que lors de la deuxième guerre du Liban. Ses hommes – environ 20 000 combattants et autant de réservistes – se sont aguerris en Syrie et ont reçu quantité d’armes de leurs alliés iraniens et russes.

Depuis des mois, les faucons du gouvernement Nétanyahou laisse entendre que cette menace devra être réglée tôt ou tard, expliquant que l’armée libanaise n’est désormais plus qu’une branche affiliée au Hezbollah et que toute distinction entre la force paramilitaire et les institutions libanaises est une illusion. A ce titre, si guerre il y a, les Israéliens ont déjà prévenu qu’ils ne feraient pas de distinction entre infrastructures militaires et civiles et qu’ils frapperaient très fort dès les premiers jours. En somme, si le Hezbollah entend s’attaquer à l’Etat hébreu après une décennie de relatif calme, il devra prendre le risque de voir Israël raser le Liban.

Cependant, il semble peu probable que Tel-Aviv se laisse emporter par l’impulsivité saoudienne. En off, un officiel israélien trouve même la tribune de Shapiro risible : «C’est mal nous connaître. Nous ne sommes pas idiots au point de faire les guerres des autres.» Eizenkot ne dit pas autre chose : «Nous n’avons aucune intention d’engager un conflit avec le Hezbollah au Liban.» Mais précise : «Cependant, nous n’accepterons pas une menace stratégique envers Israël.» De son côté, le Hezbollah, déjà engagé militairement sur plusieurs fronts en Syrie, a peu intérêt à prendre les devants d’une attaque sur Israël, dévastatrice pour le Liban.

Vendredi, lors d'une visite officielle à Moscou, Gebran Bassil, le chef de la diplomatie libanaise, mettait en garde l'Etat hébreu, dans une interview à Russia Today«Tout le monde peut partir en guerre contre nous. Mais je doute encore que ce scénario soit probable car les conséquences affecteraient ceux qui commenceraient une telle guerre. Bien sûr, le Liban en souffrirait et veut l'éviter, même s'il gagne la guerre. (...) Mais nous ne devons pas inciter Israël à déclencher cette guerre parce qu'il peut la perdre. Nous devons dissuader Israël de déclencher la guerre car il est certain que le Liban en serait le vainqueur.»

«Alarmiste et simpliste»

Ofer Zalzberg, analyste israélien à l’International Crisis Group, juge lui aussi la perspective d’un troisième conflit israélo-libanais peu probable à court terme : «Cette hypothèse apparaît alarmiste et simpliste. Car le coût d’une telle guerre pour le Hezbollah comme Israël serait excessivement élevé.» Selon Zalzberg, même si Israël mène une guerre parfaitement planifiée contre le Hezbollah, l’Etat hébreu devra faire face à un degré de violence «rarement vu depuis longtemps. On parle d’ogives de 400 kilos qui touchent le centre de Tel-Aviv, de l’aéroport Ben Gourion probablement durement touché. Ce sont des images auxquelles la société n’est plus prête. Politiquement, ce serait très difficile à assumer. Comment expliquer aux Israéliens que leurs fils meurent pour défendre les intérêts saoudiens ? Nétanyahou n’a aucune envie de ça.» Malgré ses saillies belliqueuses, le Premier ministre israélien est connu pour son aversion pour les conflits frontaliers, les deux guerres ayant éclaté sous son mandat touchant uniquement Gaza.

Néanmoins, l’analyste reconnaît que le nouvel agenda saoudien change la donne : «C’est une nouvelle source de souci. Les Saoudiens n’ont connu que des échecs : au Yémen, en Syrie, même leur stratégie vis-à-vis du Qatar ne semble pas fonctionner. Ils veulent un succès, et ils cherchent visiblement l’escalade avec l’Iran.» D’autres analystes estiment au contraire que les Saoudiens n’auraient pas grand-chose à gagner d’un conflit Israël-Liban, qui pourrait relégitimer le Hezbollah dans l’opinion arabe, y compris dans le royaume.

Pour Ofer Zalzberg, la zone à surveiller est la province syrienne de Kuneitra, sur le plateau du Golan, qui touche la ligne de l’armistice entre Israël et la Syrie : «Si les forces pro-Assad en prennent le contrôle avec des hommes du Hezbollah, Israël verra cela comme une agression, une nouvelle ligne de front, et se sentira obligé de réagir pour les déloger. Un échange de tirs peut alors vite dégénérer...»

Source : RFI

 

Israël prêt à coopérer avec Ryad pour "faire face à l'Iran"

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Israël prêt à coopérer avec Ryad pour Israël est prêt à coopérer et à échanger des renseignements avec l'Arabie saoudite "pour faire face à l'Iran", a déclaré le chef d'état-major israélien Gadi Eisenkot dans un rare entretien avec un média arabe publié jeudi.

"Nous sommes prêts à échanger notre expérience et les informations provenant du renseignement avec les pays arabes modérés pour faire face à l'Iran", a déclaré le lieutenant-général Eisenkot au site d'information en ligne Elaph, fondé par un homme d'affaires saoudien et basé en Grande-Bretagne.

"Nous sommes prêts à partager l'information si nécessaire", a-t-il insisté comme Elaph lui demandait si Israël avait partagé du renseignement récemment avec Ryad.

Un responsable de l'armée israélienne a confirmé à l'AFP la teneur des propos de l'officier. Il a ajouté que l'entretien, effectué à Tel-Aviv avec un correspondant du site d'informations privé, était le premier du genre pour un chef d'état-major en exercice avec un média arabe depuis 2005.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite.

L'Arabie saoudite n'a pas de relations diplomatiques avec Israël. L'Iran est quant à lui le grand ennemi d'Israël.

Les dirigeants israéliens répètent à l'envie que l'influence grandissante de l'Iran au Proche et Moyen-Orient et les inquiétudes qu'elle suscite parmi certains pays de la région créent une nouvelle convergence d'intérêts. Ils laissent entendre qu'elle pourrait conduire à une reconfiguration diplomatique dans une région où seuls deux pays arabes ont fait la paix avec Israël.

"Avec le président Donald Trump, il y a la chance d'une nouvelle alliance internationale dans la région et d'un plan stratégique majeur pour faire cesser la menace iranienne", a dit le général Eisenkot.

Israël s'alarme des activités nucléaires iraniennes et du danger que l'Iran, engagé militairement au côté du régime de Bachar al-Assad, n'établisse un nouveau front près des frontières israéliennes et ne trace un croissant stratégique continu passant par l'Irak, la Syrie et le Liban jusqu'à la Méditerranée.

L'Iran soutient un autre des grands ennemis d'Israël, le Hezbollah chiite libanais.

A la suite de la démission choc du Premier ministre libanais Saad Hariri, annoncée le 4 novembre à Ryad, le Hezbollah et l'Iran ont accusé l'Arabie saoudite de pousser Israël à attaquer le Liban.

"Nous n'avons aucune intention d'engager un conflit avec le Hezbollah au Liban et d'arriver à une guerre, mais nous ne pouvons pas accepter les menaces stratégiques venues de là-bas", a dit le général Eisenkot.

"Je suis très heureux de voir régner le calme de part et d'autre de la frontière depuis 11 ans (et la guerre du Liban de 2006). En revanche, nous assistons à des tentatives iraniennes d'escalade", a-t-il dit.

Israël promeut avec insistance l'idée que l'influence de l'Iran et les nouvelles réalités régionales annoncent une embellie de ses relations avec les pays arabes.

Une reconnaissance d'Israël par ces pays arabes paraît encore lointaine, mais cela n'empêche pas l'émergence de discrètes coopérations, selon experts et responsables. Ces coopérations sont très difficiles à confirmer de manière indépendante tant le sujet est sensible.

Source : Romandie News (Suisse)

 

 

Révolutions de palais en Arabie saoudite

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Présentée comme une opération anticorruption, la purge sans précédent décidée par le roi et le prince héritier s’apparente à un véritable coup de force. Objectif : s’arroger tous les pouvoirs.

L’opération mains propres saoudienne a viré à la panique géopolitique régionale. Fulgurante, elle a surpris, dans la nuit du 4 au 5 novembre, des hauts responsables sécuritaires, des princes puissants et des businessmans en vue. Une liste non officielle d’une quinzaine de personnalités a rapidement circulé, mais des dizaines d’autres les ont rejoints dans la prison dorée du Ritz-Carlton, à Riyad.

Les interpellations se sont poursuivies les jours suivants et des centaines d’individus ont été interdits de sortie du territoire. Au total, on dénombre pas moins de cinq cents arrestations. Blanchiment, corruption, détournements…

Les accusations ont été émises par une commission ad hoc formée quelques heures avant la rafle et présidée par l’homme fort du royaume, le jeune et impétueux prince héritier Mohamed Ibn Salman. « C’est un samedi noir pour la corruption et les corrompus, ceux qui ont trahi leur conscience et abusé de leurs positions », a déclaré la télévision nationale. « Nuit des longs couteaux », « grande purge », ont commenté des médias internationaux.

Personnalités très influentes

L’envergure des personnalités embastillées, à l’image du prince milliardaire Al Walid Ibn Talal, de Bakr Ibn Laden, président du géant local de la construction Saudi Binladin Group, du ministre de l’Économie en exercice ou des princes Mitab, ministre de la Garde nationale, et Turki, ex-gouverneur de Riyad, tous deux fils de feu le roi Abdallah, donnent à ce coup d’éclat judiciaire des airs de coup d’État.

« Le lien a été rapidement fait entre la purge anticorruption et la démission surprise »

La destruction, le 5 novembre, au-dessus de la capitale, d’un missile balistique tiré par les rebelles houthistes du Yémen, que l’armée saoudienne combat depuis 2015, a projeté sur le drame les lueurs de la guerre. Et le lien a été rapidement fait entre la purge anticorruption et la démission surprise, lue par lui-même depuis la capitale saoudienne le 4 novembre, du Premier ministre libanais, Saad Hariri.

Opération anti-corruption

Approuvant la méthode musclée des maîtres de Riyad, le président américain Donald Trump a tweeté : « Le roi Salman et le prince héritier d’Arabie saoudite savent très exactement ce qu’ils font. » Cette manœuvre risquée à l’audace inédite dans le royaume suscite autant d’interrogations que d’alarme.

« Fait vice-prince héritier en avril 2015, il a évincé le puissant Mohamed Ibn Nayef de sa place de dauphin en juin 2017 »

Mais elle s’inscrit dans la lignée des révolutions de palais qui, depuis l’intronisation du vieux Salman, en janvier 2015, portent méthodiquement son fils favori Mohamed vers le trône. Fait vice-prince héritier en avril 2015, il a évincé le puissant Mohamed Ibn Nayef de sa place de dauphin en juin 2017.

Ce remplacement avait été présenté comme librement accepté, vidéo d’allégeance de l’ancien au nouvel héritier à l’appui. Mais le traitement des personnalités incarcérées au Ritz-Carlton confirme les informations qui disaient alors Ibn Nayef placé en résidence surveillée après avoir été contraint d’accepter sa déchéance.

Assurer la transmission

Début septembre, l’arrestation de trente intellectuels, activistes et religieux au motif qu’ils agissaient contre la sécurité du royaume a amené l’ONG Human Rights Watch à condamner « une répression coordonnée des dissidents ». Des rumeurs au plus haut niveau avaient alors évoqué un coup de balai en vue de la transmission par Salman, avant la fin de 2017, de la couronne à son fils.

« L’homme aux affaires florissantes, actionnaire des hôtels Four Seasons, de Twitter, d’Apple et de Citigroup, est accusé de blanchiment d’argent »

Certaines personnes avaient même été arrêtées au motif qu’elles n’avaient pas dit haut et fort leur soutien à la politique de Mohamed Ibn Salman. En octobre, le prince milliardaire Al Walid Ibn Talal avait, lui, applaudi la politique de réformes économiques et sociales – dont l’autorisation accordée aux femmes de conduire – de l’héritier : « C’est notre version très paisible du Printemps arabe. »

Rien n’y a fait, l’homme aux affaires florissantes, actionnaire des hôtels Four Seasons, de Twitter, d’Apple et de Citigroup, est accusé de blanchiment d’argent. « Entendre que des princes saoudiens ont été arrêtés pour “corruption”, c’est comme lire que Donald Trump a renvoyé sept secrétaires de cabinet “pour mensonges” », écrit Thomas Friedman, du New York Times, qui a interviewé deux fois Ibn Salman.

Mettre de l’équilibre dans le royaume

Intervenant une semaine après un forum international d’investissement organisé sous l’égide du prince héritier, l’opération anticorruption a été présentée par le gouverneur de l’autorité saoudienne d’investissement comme « une étape vitale à la mise en place d’un terrain juste et équitable pour tous les potentiels investisseurs ». Mais l’arrestation des hommes d’affaires les mieux établis d’Arabie saoudite et le gel de leurs avoirs ont l’effet inverse. « C’est un mauvais signal », observe Joseph Bahout, chercheur invité à la Fondation Carnegie.

« On se focalise sur Ibn Talal mais la vraie cible est le prince Mitab, qui dirigeait la force d’élite de la Garde nationale »

L’arrestation du président du Saudi Binladin Group et la démission exigée du Libanais Hariri, patron du groupe Saudi Oger, ont mis sur la touche les deux plus grands groupes de construction du royaume. Au profit, futur et colossal, du prince ? se demande Rosie Bsheer dans le Washington Post. Un observateur averti remarque pour sa part que « les dirigeants de Rotana, de MBC et d’ART, les empires médiatiques saoudiens, ont été neutralisés. Le pouvoir veut mettre la main sur ces outils ».

D’une pierre, l’héritier tente de faire une multitude de coups, mais le principal n’est pas le plus évident, souligne Bahout : « On se focalise sur Ibn Talal mais la vraie cible est le prince Mitab, qui dirigeait la force d’élite de la Garde nationale, dernier bastion sécuritaire qui échappait au contrôle du clan Salman après la chute en juin de la citadelle policière d’Ibn Nayef. Secondaire, la mise au pas des milieux d’affaires était aussi nécessaire à la construction du nouveau pouvoir autocratique saoudien. »

Futures conséquences

Présentée comme une phase de la politique de libéralisation du prince, c’est bien une révolution absolutiste qui est en cours, où Ibn Salman se hisse à une place occupée pendant des décennies par des vieillards prudents et où l’autocratie supplante la culture du compromis familial, religieux et social qui prévalait chez les Saoud.

« En éradiquant tous les obstacles sur son chemin, l’ambitieux pourrait susciter de nouvelles oppositions »

Mais en éradiquant tous les obstacles sur son chemin, l’ambitieux pourrait susciter de nouvelles oppositions. Voire coaliser contre lui des oppositions jusqu’alors inconciliables, menaçant alors sérieusement la stabilité du pouvoir et de l’État saoudien. Sans rapport apparent avec l’opération de police intérieure, les stances virulentes proférées concomitamment à l’égard de l’Iran, les grandes manœuvres diplomatiques de Riyad dans cette partie du monde et les applaudissements de la Maison-Blanche lient le destin national à celui de la région. Et laissent craindre le pire.

Le futur roi cherche-t-il à entraîner les États-Unis et Israël dans une guerre contre le Hezbollah libanais et les milices pro-iraniennes au Liban et en Syrie ? Les Saoudiens démontrent au Yémen leur incompétence militaire et les Israéliens ne font pas de guerre pour les autres, souligne-t-on. Joseph Bahout est plus pessimiste : « Ibn Salman a intérêt à la conflictualité régionale qui galvanise le nationalisme saoudien à son profit. Trop convaincu du soutien américain et d’une complicité israélienne, il a pu se persuader qu’une guerre consoliderait son pouvoir. »


Une manne pour le royaume ?

Au 7 novembre, 1 200 comptes en banque avaient été gelés et 800 milliards de dollars d’avoirs bloqués, potentiellement confiscables par l’État. Plus de trois fois les pertes des réserves en devises enregistrées depuis la chute du cours du pétrole en 2014. Et de quoi amplement financer le projet Neom, une mégacité du futur, présenté au « Davos du désert » et représentant 500 milliards de dollars

Source : jeuneafrique.com

 

Liban: Pour Michel Aoun, Saad Hariri est «détenu» en Arabie saoudite

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mediaPour la première fois depuis la démission surprise de Saad Hariri, le 4 novembre, à Riyad, le président libanais Michel Aoun a officiellement annoncé, ce mercredi 15 novembre, que son Premier ministre et sa famille étaient «détenus» en Arabie saoudite. Quelques minutes plus tard, Hariri répondait sur son compte twitter qu’il se portait très bien et qu’il comptait revenir à Beyrouth «comme (il) l’a promis».

Le Liban a haussé le ton, ce mercredi, douze jours après la démission surprise de son Premier ministre annoncé à Riyad dans des conditions jugées «anormales» par Beyrouth. Le président Michel Aoun a affirmé que le Liban considérait officiellement Saad Hariri comme «détenu» en Arabie saoudite. Le chef de l’Etat a ajouté devant les patrons des radios et des télévisions du pays que les membres de la famille du Premier ministre étaient également détenus. «Ils sont fouillés au départ et à l’arrivée», a encore dit Michel Aoun.

Le président libanais a qualifié la «détention» de Saad Hariri par l’Arabie saoudite d’«acte hostile» qui porte préjudice à la dignité et à la souveraineté du Liban. Elle constitue, selon lui, une violation de la convention de Vienne et de la déclaration des droits de l’homme. Beyrouth, a-t-il indiqué, va porter l’affaire sur un plan international pour obtenir le retour de Saad Hariri.

Michel Aoun a indiqué qu’il ne prendrait pas acte de la démission du Premier ministre que si elle est présentée à Beyrouth conformément aux usages constitutionnels.

Quelques minutes plus tard, Saad Hariri insistait sur son compte twitter qu’il allait «très bien et si Dieu le veut», il compte retourner au Liban comme il l’a promis.

Dans une interview, dimanche, Saad Hariri, apparu en mauvaise forme, avait assuré qu’il rentrerait au Liban «dans deux ou trois jours».

Source : RFI

 

Financement du terrorisme : le grand déballage de l’ex-premier ministre Qatari

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Financement du terrorisme : le grand déballage de l’ex-premier ministre QatariDans un entretien accordé à la BBC l’ex- premier ministre et ex-chef de la diplomatie Qatarie Hamad bin Jassem al Thani, a fait de graves révélations sur le soutien considérable apporté par son pays aux factions armées en Syrie à travers la Turquie, avec la complicité des forces Américaines et d’autres pays de la région, en l’occurrence l’Arabie saoudite, la Jordanie, les Émirats Arabes Unis et la Turquie.

Hamad bin Jassem a été plus loin en révélant que la Syrie avait échappé en 2007 un an après la défaite d’Israël au Liban à un plan apocalyptique visant sa désintégration.

L’ex-premier ministre Qatari a par ailleurs indiqué que Doha a été désigné pour s’occuper du dossier de la crise Syrienne avec l’approbation totale de Washington et Riyad, soulignant que son pays est en possession de preuves irréfutables en forme de documents officiels émanant d’Arabie Saoudite et des Etats-Unis, mandatant le Qatar à prendre en charge le dossier de la crise Syrienne dès 2011.

Hamad Bin Jassem a tenu à souligner que le soutien militaire fourni par son pays aux groupes armés en Syrie, était acheminé via la Turquie en coordination avec les Etats-Unis.

L’acheminement du soutien logistique destiné aux factions armées opérant en Syrie, était selon l’ex-chef de la diplomatie Qatarie, assuré par les forces Américaines, Turques et Saoudiennes, à partir de la base américaine Incirlik en Turquie. Une base gérée par des officiers des services de renseignements Américains, Turcs, Saoudiens, Qataris, Emiratis, Marocains, Jordaniens, Israéliens, Français et Britanniques, et dont la première mission était la coordination des opérations militaires en Syrie.

Washington a de surcroît mis à la disposition de cette unité du renseignement militaire, six satellites d’espionnage opérant 24 heures sur 24, fournissant tous les détails les plus précis sur l’évolution de la situation sur le terrain, avec photos à l’appui, directement transmis à la salle d’opération dans la base Incirlik, chargée de superviser les opérations militaires dans la zone nord de la Syrie.

Les satellites Américains assuraient en même temps la transmission des informations à d’autres centres d’opérations implantés dans la région, notamment dans la ville d’Irbid en Jordanie, dans la région Nord du Royaume, dans la base aérienne Al-Hussein, gérée par des officiers du contre-espionnage Jordaniens, Israéliens, Saoudiens, Emiratis, Américains, Britanniques et Qataris, en charge aussi de superviser les opérations militaires dans la zone sud de la Syrie.

137 milliards de dollars dépensés par le Qatar

L’ancien premier ministre et ex ministre des affaires étrangères Qatari Hamed Bin Jassem al-Thani, qui était aux commandes du Qatar au moment du déclenchement de la guerre en Syrie (2001), affirme en substance que le conflit Syrien a coûté au trésor de son pays plus de 137 milliards de dollars, soulignant au passage que les émirs et commandants des factions armées ont profité de cette manne financière et de l’argent qui coulait à flot, au point où certains d’entre eux sont devenus des milliardaires, l’argent a aussi servi de provoquer des désertions dans les rangs de l’armée Syrienne. Un militaire sans grade qui accepte de déserter l’armée Syrienne et intégrer une milice armée, recevra une enveloppe de 15.000 dollars, alors qu’un officier touchera environ 30.000 dollars.

L’ex-premier ministre Qatari qui a décidé de faire la lumière sur toutes les manœuvres des pays de la région, avec l’appui des grandes puissances occidentales, pour instaurer le chaos en Syrie, n’a pas épargné certaines personnalités Syriennes qui avaient trahi leur pays pour une poignée de dollars. Il cite à titre d’exemple dans son entretien à la BBC le cas de l’ex-premier ministre Syrien Riyad Hidjab qui a décidé de claquer la porte, après avoir été approché par son cousin basé en Jordanie, qui lui a présenté une offre Saoudienne de 50 millions dollars en contrepartie de sa dissension, une offre alléchante qu’il avait immédiatement acceptée.

Hamed Bin Jassim revient aussi sur la défection de l’ex-commandant du corps d’élite syrien, la garde républicaine, Manaf Tlass, un arrangement mis au point dans les sous-sols de la DST Française, en collaboration avec la sœur de Manaf Tlass qui est établie depuis longtemps en France, naturalisée Française, Nahida Tlass, veuve de l’homme d’affaire Syro-Saoudien Akram Ojjeh. L’ancien responsable politique qatari qui a subitement décidé de briser l’omerta sur les manœuvres des principaux acteurs de la région dans le conflit Syrien a dans la foulée évoqué le rôle clef du premier ministre libanais Saad Hariri, dans le conflit du pays voisin la Syrie, à partir de son bureau dans la ville Turque de Gaziantep, bureau dirigé par le député Libanais Okab Sakr qui organisait le trafic d’armes vers la Syrie, et cette intrusion de Hariri dans le conflit syrien est une des cause de sa faillite dans les affaires.

Al-Magharibia financée par le Qatar

L’ancien ministre Qatari a enfin avoué que son pays a joué un rôle clef dans la destruction de l’Egypte, la Libye, la Syrie et le Yémen à travers un plan concocté aux Etats-Unis. Hamad Bin Jassem a tenu à mettre en garde contre le rôle joué par des médias comme la chaine Al-Jazeera dans cette stratégie globale d’instaurer le chaos dans plusieurs Etats de la région. Et de citer d’autres médias financés par l’Emirat du Qatar comme la chaîne de l’ex-FIS Al-Magharibia, chargée de ternir l’image de l’Algérie, en travestissant la réalité et en engageant même des enfants de Harkis pour accomplir une telle besogne, dans le pays du million et demi de chouhadas.

Cela dit, ce déballage à la BBC, par un des hommes clefs de l’Emirat du Qatar, montre preuves à l’appui, que les pays cités plus haut ont constitué une large alliance de guerre contre la Syrie qui a subi depuis 2011 une extraordinaire agression qui a mis en scène 200.000 terroristes venus de 87 pays, mis en ruine le pays, entrainant la mort de quelque 300.000 personnes et engendrant 7 millions de réfugiés.

A quand la Cour internationale de Justice (CPI) pour les responsables de ce génocide, de ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?

Source : Algérie 1

https://www.algerie1.com/actualite/destabilisation-de-la-syrie-le-grand-deballage-de-l-ex-premier-ministre-qatari

Source : Afrique-Asie (France)

 

Quand l’Amérique de Carter hésitait à soutenir Hassan II au Sahara

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Quand l’Amérique de Carter hésitait à soutenir Hassan II au SaharaWashington vient de déclassifier une série importante de ses câbles diplomatiques datant de 1977 à 1980 consacrés à l’Afrique du Nord.

En pleine Guerre froide, l’Administration du président Jimmy Carter explorait avec hésitation les solutions envisageables à l’époque pour une résolution du conflit du Sahara Occidental. Le Desk en rapporte quelques faits saillants.

Nouvelle mine d’informations pour les chercheurs en géopolitique : l’Office of the Historian (OH) vient de rendre publique une masse de télégrammes diplomatiques sur les relations extérieures des Etats-Unis avec les pays d’Afrique du Nord sur la période 1977-1980. Ce volume fait partie d’une sous-série qui documente les questions de politique étrangère les plus importantes de l’administration Jimmy Carter.

« Il porte sur les stratégies de l’administration pour promouvoir la paix et la stabilité dans le Maghreb dans ses relations avec le Maroc, l’Algérie, la Libye et la Tunisie, et sur le différend régional sur le Sahara occidental », écrit l’OH dans sa présentation.

Une autonomie au Sahara, « sauver la face » de l’Algérie

On y apprend notamment dans une série de câbles datant de juin 1977 que Washington avait poussé à la roue pour qu’une autonomie au Sahara occidental soit proposée aux belligérants. L’option a été catégoriquement rejetée par Hassan II et quelque peu boudée par Houari Boumedienne, alors qu’Alger cherchait, par la voix de Abdelaziz Bouteflika, à l’époque ministre des Affaires étrangères, de « sauver la face » de l’Algérie, selon les termes révélés par ces correspondances.

Refroidis, les Etats-Unis qui ne considéraient pas le conflit comme un danger majeur pour l’équilibre des grandes puissances et donc pas « une priorité de premier ordre », ont alors adopté une position de neutralité dans le dossier, préconisant ainsi une solution basée sur un accord régional.

Sur les ressorts du conflit, la diplomatie américaine insistait pour dire qu’elle ne « prenait pas pour vérité la souveraineté historique du Maroc sur le Sahara Occidental » et que « la partition du territoire entre le Maroc et la Mauritanie était quelque peu arbitraire » faisant valoir que le tracé n’obéissait pas aux allégeances tribales. Washington accordait peu de crédit aux arguments juridiques de Rabat et estimait qu’il s’agissait d’une « annexion par la force » et que le sentiment pour une indépendance du territoire était « dominant ». Pour autant, et malgré l’appui de Boumedienne à la guérilla du Polisario, les Américains étaient persuadés qu’il était « peu probable que la situation de fait accompli pourrait être inversée ».

La position américaine appuyait ainsi la recherche d’un consensus autour d’une « forme d’autodétermination basée sur une représentation élue locale bénéficiant d’une sorte d’autonomie (…) de nature à dépasser les arguments juridiques absurdes avancés de part et d’autre ». Elle soulignait cependant que Hassan II exigeait que « rien ne soit décidé ».

La posture du roi s’expliquait à l’évidence par la nature des négociations secrètes en cours entre Rabat, Alger et Nouakchott qu’une série de télégrammes américains révèlent : l’Algérie poussait vers une fédération Mauritanie-« RASD », alors que Hassan II, quoique très hostile à la création d’un « mini-Etat » sous la coupe d’Alger au sud du Maroc, « n’était pas totalement intransigeant » à une « entité » dépendant de la souveraineté du royaume ou tout du moins qui ne lui serait pas « idéologiquement hostile », selon les termes d’un diplomate mauritanien.

Quand Washington faisait l’analogie avec le Protectorat

A l’époque Washington avait pour doctrine d’accepter une administration conjointe du territoire contesté entre Nouakchott et Rabat, faisant même référence dans un câble datant de 1978 à une analogie avec le Protectorat français sur le Maroc, mais ne s’avançait pas sur un quelconque plan de partition impliquant son absorption pure et simple par l’une ou l’autre des nations riveraines. Pour autant, l’administration américaine était consciente d’un fait commenté comme suit : « Hassan II ne peut pas abandonner le Sahara. Ce serait sa fin s’il le fait, et nous suivrons le chemin d’Abdelaziz dont l’empire a été divisé par les Français et les Espagnols ».

« En bref, si nous voulons vraiment appliquer ce que nous disons à propos de l’autodétermination du Sahara, et si nous avons l’intention de faire pression sur les Marocains dans cette direction, nous devrons être conscients des conséquences à venir. Dans le cas improbable que de telles pressions réussissent, nous pourrions faire face à un désastre de notre politique étrangère avec la création d’un mini-Etat sur la côte saharienne. Si elles ne réussissent pas, nous encourrons encore le ressentiment des Marocains, qui pourraient sérieusement nuire à nos intérêts », résume un câble de l’ambassadeur américain Parker daté de juin 1979.

Celui-ci préconisait alors de « se taire désormais sur cette option », d’autant que le Département d’Etat américain était dans l’incapacité totale d’analyser avec précision les forces en présence, ni même d’évaluer le recensement des populations concernées, « un mystère total », écrivait-il par ailleurs. Certaines voix assuraient déjà au sein de la diplomatie américaine que la question de la « décolonisation était mal posée, voire obsolète » et qu’il fallait éventuellement envisager de facto « une concession territoriale » au Polisario.

Dans ce sens indique un autre câble de la même année, « en ce qui concerne les solutions possibles, Zbigniew Brzezinski (conseiller du président Carter pour la sécurité nationale, ndlr) a indiqué que Hassan II jouait avec l’idée de transformer la Mauritanie en Etat sahraoui souverain. (Il) a répondu que, par le passé, cela aurait pu être une solution logique et naturelle et que toute la Mauritanie et le Tirs El Gharbia aurait pu être reconstitué en Etat sahraoui. Mais, maintenant il est trop tard. (Il) a déclaré qu’il serait désormais impossible de revenir à un statu quo ante dans lequel les habitants du Sahara occidental pourraient être conduits pacifiquement à voter s’ils voulaient leur liberté ou voulaient être associés au Maroc ».
Une diplomatie américaine minée par la contradiction

Un autre son de cloche émanait cependant au même moment de l’ambassadeur des Etats-Unis en poste à Alger qui démontre combien la diplomatie américaine sur cette question sous Carter était à l’évidence hésitante, voire contradictoire :

« A cette date, les Etats-Unis ne peuvent pas se retirer de la position en faveur de l’autodétermination au Sahara occidental. C’est notre position, pour le bien ou le mal, et nous sommes coincés avec elle. Pour la changer, ce serait gagner quelques amis et en décevoir beaucoup, surtout les Etats africains. Pendant des années, nous avons utilisé le slogan de l’autodétermination pour apaiser l’OUA. Le rejeter maintenant serait de risquer une aliénation considérable en Afrique. De plus, l’autodétermination est devenue un processus irréversible dans cette moitié du XXe siècle. Le Maroc et le roi Hassan II ont besoin des États-Unis au moins autant que nous en avons besoin. Alors que le roi a souvent aligné ses politiques avec la nôtre, il a agi principalement dans son propre intérêt, pas celui des États Unis. »

Les Etats-Unis étaient aussi à l’époque très sensibles à la situation complexe que vivait l’Espagne à peine sortie du franquisme. Le dossier brulant du Sahara constituait selon différents câbles diplomatiques datant de 1980 une « menace directe pour la stabilité du pouvoir à Madrid ». « La position officielle espagnole est en faveur de l’autodétermination pour le peuple sahraoui. L’Espagne a reconnu le Polisario comme représentant le peuple sahraoui en lutte mais pas représentatif de l’ensemble du peuple sahraoui », notait alors la diplomatie américaine. Dans ce contexte, Carter affirmait « qu’il semblait que Hassan II devenait de plus en plus isolé et qu’il devrait réaliser qu’il avait besoin de l’Espagne. Il était difficile de voir comment Hassan II pouvait espérer obtenir des droits (…) et espérer gagner en exerçant une pression contre Ceuta et Melilla ».

Juan Carlos d’Espagne : Hassan II est « têtu, têtu, têtu ! »

Dans un memorandum de discussions bilatérales entre Jimmy Carter et le roi Juan Carlos datant de février 1980, ce dernier affirmait : « Le roi Hassan II est très difficile. Vous ne pouvez pas imaginer cet homme. Hassan ne pense rien que de m’appeler pour m’annoncer que le Maroc venait de s’emparer de quelques-uns des bateaux de pêche espagnols. Il se plaint que l’Espagne ne soutient pas le Maroc sur le Sahara. J’ai dit à Hassan II que ce dernier sait très bien ce qui est attendu du Maroc. Et pourtant il ne veut pas changer sa position. Il est têtu, têtu, têtu ! ».

Fait à souligner, une inquiétude était perceptible quant au rôle qu’allait désormais jouer le général Ahmed Dlimi. La reine Sofia, présente lors de cet échange, a directement posé la question au Président Carter : « Pensez-vous que Dlimi irait contre le roi ? », a-t-elle lancé. « Je n’espère pas », lui a répondu Carter…Trois ans plus tard, le général Dlimi était tué dans sa voiture dans des conditions jamais élucidées alors qu’il roulait sur le circuit de la Palmeraie à Marrakech

Hassan II ne veut pas entrainer les Etats-Unis dans « un nouveau Vietnam »

Sur le plan de la coopération militaire maroco-américaine, certains câbles datant de 1977 et 1978 décrivent l’anxiété de Hassan II face au peu d’appui concret de l’administration Carter en termes de livraisons de matériel militaire. A l’époque, le Maroc réclamait des avions de lutte antiguérilla OV-10 et des hélicoptères Cobra que Washington lui refusait ainsi que de munitions pour ses tanks postés sur la frontière avec l’Algérie, mais l’administration Carter était en minorité face à un Congrès qui exigeait des réformes politiques de la part du Maroc.




Autre point de discorde avec Carter, le stationnement au Sahara des chasseurs F-5. Washington faisait alors pression sur Rabat pour ne pas utiliser dans le conflit saharien du matériel militaire livré au Maroc dans le cadre de l’accord militaire de 1960. Le conseiller royal Ahmed Réda Guedira avait alors indiqué qu’ils « étaient bons pour la ferraille » et que dans le cas d’un refus persistant des Etats-Unis, l’armée marocaine allait se tourner vers d’autres pays comme la France pour renouveler son aviation militaire.

Manifestement excédé, Hassan II avait affirmé qu’il ne voulait pas entrainer les Etats-Unis dans « un nouveau Vietnam », mais faisait valoir « l’expansionnisme soviétique », qui au même moment livrait du « matériel sophistiqué au Polisario », via l’Algérie. En parallèle, le roi négociait le retrait des bases américaines, notamment celle de Kénitra, mais proposait d’offrir aux forces navales américaines la possibilité d’user de points d’accostage sur la façade atlantique du Maroc pour ses sous-marins nucléaires. Il avait en outre autorisé l’installation secrète de stations de surveillance satellitaires sous couvert de coopération civile.

Le roi mettait aussi dans la balance les capacités opérationnelles de la 6ème flotte américaine en Méditerranée. « Si nous perdons le Maroc, la 6ème flotte peut aller en cale sèche », alertait un câble de 1979. Aussi, alors que le Maroc avait décidé d’appliquer unilatéralement son « droit de suite » en pourchassant le Polisario sur les territoires algérien et mauritanien, Washington devait laisser-faire…

Source : Le DESK (Maroc)

 

Espagne: vers l'autoproclamation d'une indépendance catalane ce jeudi?

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mediaDébut du compte à rebours, ce jeudi 26 octobre 2017 en Catalogne. Le Parlement catalan doit se réunir en fin d’après-midi. Tout laisse à croire que Carles Puigdemont, le président de la Generalitat - la région -, pourrait déclarer l’indépendance à l’issue de cette session parlementaire.

Carles Puigdemont a convoqué mercredi vers 19 h plusieurs membres de sa famille politique pour se mettre d’accord sur une déclaration de sécession. La réunion s’est déroulée au palais de la Generalitat, devant lequel se trouvaient à ce moment-là quelque 700 professeurs qui manifestaient contre l’article 155. Etaient conviés à cette rencontre plusieurs conseillers, des députés du groupe parlementaire de la coalition indépendantiste « Ensemble pour le oui », des représentants de Barcelone et l’ex-président de la région, Artur Mas.

A l’issue de la réunion, c’est sur Instagram que Carles Puigdemont a annoncé officieusement sa décision. Il a publié une photo de cette rencontre assortie de la phrase suivante : « Ne perdons pas de temps avec ceux qui ont décidé de détruire l’autonomie de la Catalogne, continuons. »

Pendant que le Sénat espagnol enclenche l'article 155...

Le message se termine avec le hashtag #CatalanRepublic. Une légende qui laisse donc très peu de doutes sur les intentions du président. D'autant que l’assemblée parlementaire, qui devait tout d’abord siéger ce jeudi matin à 10 h, a été déplacée à 16 h puis à 17 h. La session devrait se poursuivre jusqu’à vendredi.

Ces horaires sont loin d'avoir été choisis au hasard, puisque c’est à la même heure qu’une commission de 27 membres du Sénat espagnol commencera à débattre sur la suspension de l’autonomie de la Catalogne. La chambre haute se réunira vendredi en séance plénière pour ce vote historique. A noter que Carles Puigdemont avait d'ores et déjà annoncé mercredi qu’il n’irait pas au Sénat. Ce jeudi, tout laisse à croire que c’est parce qu’il pourrait déclarer l’indépendance de la région au même moment depuis le Parlement catalan.

Source : RFI

 

La direction de l'Unesco échappe aux pays arabes en raison de leurs dissensions

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mediaLes divisions entre les pays arabes ont eu raison de leur accession à la direction générale de l’Unesco. Un poste auquel les Arabes estimaient avoir droit, vu que leur groupe n’a jamais dirigé l’organisation mondiale de l’éducation et la culture. Sauf qu’il a été remporté in extremis, vendredi 13 octobre, par la française Audrey Azoulay aux dépens du candidat du Qatar.

C’est l’illustration du vieux dicton arabe selon lequel « les Arabes se sont mis d’accord à ne jamais être d’accord ». Pour preuve, ils n’étaient pas moins de trois candidats à vouloir prendre la tête de l’Unesco : un Qatarien, une Egyptienne et une Libanaise.

Pourtant, l’élection qui aurait pu être tranchée dès le premier tour si les Arabes n’étaient pas divisés. Qatarien, Egyptienne et Libanaise ont, en effet, obtenu 36 voix sur 58. A la veille du tour décisif, le Qatarien avec 22 voix et l’Egyptienne avec 18 avaient 10 voix de plus que la majorité absolue.

Finalement l’Egypte – qui comme plusieurs pays arabes boycotte le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme islamiste – a appelé à voter pour la candidate française. Exit les Arabes, sauf aux yeux de quelques internautes qui font remarquer qu’Azoulay est d’origine marocaine. D’autres appellent sarcastiquement Doha à naturaliser Audrey Azoulay qatarienne à coups de millions.

Source : RFI

 

Corée du Nord-Etats Unis, la dangereuse escalade rhétorique

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mediaAux Etats-Unis, le tempérament impulsif du président inquiète jusque dans son camp. Un sénateur républicain a ainsi accusé Donald Trump de conduire le pays vers une troisième guerre mondiale. En cause notamment les multiples déclarations du président américain sur la Corée du Nord.

A l’ONU, en septembre, le président américain avait menacé de détruire la Corée du Nord et qualifié le leader de « little rocket man » (petit homme fusée). Confronté à sa première crise internationale majeure, le président américain continue depuis d’attiser les tensions et donne l’impression de se concentrer uniquement sur une stratégie guerrière.

Le président américain a affirmé sur Twitter que les discussions diplomatiques étaient une perte de temps et que les efforts engagés depuis 25 ans par les administrations américaines successives n’avaient rien donné.

Deux bombardiers américains ont survolé la péninsule mardi 10 octobre après que le président a été briefé sur les options militaires. Et en début de semaine, le secrétaire à la Défense a tenu un discours très martial pendant la réunion annuelle de l’Association de l’armée des Etats-Unis. « Personne ne peut dire ce que nous réserve l’avenir. Mais il y a une chose que l’armée américaine peut faire : vous devez être prêts à mettre en œuvre les options militaires que le président veut employer si nécessaire. L’armée américaine doit se tenir prête », a déclaré James Mattis.

Escalade verbale

Ces déclarations enflammées sont loin d’intimider les Nord-Coréens. Le président américain Donald Trump a allumé « la mèche de la guerre » contre la Corée du Nord, a dénoncé mercredi soir le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong-ho, avant de menacer : « Nous ne renoncerons pas à l'utilisation de nos derniers recours ».

Face à l'accélération des programmes balistique et nucléaire nord-coréens, la stratégie de l’escalade verbale choisie par le président américain est une opportunité pour le régime de Pyongyang, selon Jean Lee, spécialiste de la Corée au Wilson Center à Washington : « Cette escalade dans la rhétorique ne fait que nourrir les ambitions nord-coréennes. Ils ont besoin de cette rhétorique pour justifier de manière rationnelle la poursuite de leur programme nucléaire et le développement de leurs missiles balistiques. Cela sert les intérêts de  Kim Jong un : il montre à son peuple qu’il est prêt à le défendre » explique la chercheuse avant d’assener : « Je pense que la provocation verbale est une approche non constructive de la Corée du Nord. »

Approche diplomatique

Mais la solution diplomatique n’est pas complètement exclue : l’adjoint au secrétaire d’Etat sera la semaine prochaine à Séoul et à Tokyo pour des discussions sur la Corée du Nord. Les sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU risquent à terme de peser lourd sur le nord de la péninsule, car l’économie du pays est très concentrée, vulnérable.

Et les sanctions annoncées par Donald Trump fin septembre sont un pas important pour faire pression sur Pyongyang, comme l’explique David Cohen ancien directeur adjoint de la CIA : « Ces sanctions reviennent à imposer un embargo commercial mondial sur la Corée du Nord. Car toute banque qui aide la Corée du Nord à exporter ou à importer pourra être écartée du marché américain. Or une banque qui souhaite être active sur la scène internationale a besoin d’accéder au système financier américain. C’est un outil très puissant. »

Mais les sanctions sont un levier qui n’agit que sur le long terme, et le président américain est connu pour son impatience. Sa volonté de dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien risque par ailleurs de décrédibiliser toute approche diplomatique américaine sur le dossier nord-coréen, souligne Jacques Sullivan ancien membre du département d’Etat : « Pour moi il n’y a aucun doute, et c’est tout à fait logique : si les Etats-Unis se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien, cela nuira considérablement à tout effort futur pour amener les Nord-coréens à un accord sérieux sur la question du nucléaire. Nous aurons perdu toute fiabilité »,  estime-t-il.  Donald Trump devrait annoncer sa position sur l’accord nucléaire iranien d’ici vendredi 13 octobre : une décision qui sera attentivement surveillée sur la péninsule coréenne.

Source : RFI

 

Palestine : le Hamas et le Fatah parviennent à un accord au Caire

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Le Hamas et son rival palestinien du Fatah sont parvenus mercredi à un accord après deux jours de discussions menées à huis clos au Caire, en Égypte, censées concrétiser une réconciliation annoncée la semaine passée.

Les pourparlers portent sur les détails concrets du rapprochement entre les deux rivaux palestiniens, le Fatah et le Hamas, après une décennie de dissensions dévastatrices. Les négociations sur les questions les plus ardues, comme le contrôle de la sécurité dans la bande de Gaza et le sort des 25 000 hommes du bras armé du Hamas, risquaient d’être remises à plus tard.

Le bureau du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, qui a annoncé cet accord, n’en a pas livré les détails mais une conférence de presse est prévue en milieu de journée ce 12 octobre au Caire, en Égypte.

Quasi-guerre civile en 2007

Le Hamas gouverne la bande de Gaza sans partage depuis qu’il en a évincé l’Autorité palestinienne au prix d’une quasi-guerre civile avec le Fatah en 2007. L’Autorité palestinienne, entité internationalement reconnue supposée préfigurer un État palestinien indépendant, est dominée par le Fatah laïc et modéré.

Elle n’exerce plus son pouvoir, limité, que sur la Cisjordanie, occupée par Israël et distante de Gaza de quelques dizaines de kilomètres. Sous pression, le Hamas a accepté en septembre le retour à Gaza de l’Autorité et de son gouvernement.

Source : Jeuneafrique.com

 

Catalogne: Puigdemont promet l'indépendance, suspend son application

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mediaCarles Puigdemont, le président de la région catalane, a pris la parole avec une heure de retard mardi soir devant le Parlement régional à Barcelone. Il s'est exprimé sur les « conséquences politiques » du référendum catalan, soulignant la nécessité de « réduire les tensions » avec les autorités de Madrid. Selon lui, la Catalogne a gagné le droit d'être un Etat indépendant.

Carles Puigdemont a demandé au Parlement de suspendre l'application de la déclaration d'indépendance pour pouvoir dialoguer avec Madrid. Costume et cravate sombres, l'air grave, Carles Puigdemont, un ancien journaliste de 54 ans, devait définir sa ligne après le référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre au cours duquel son gouvernement assure que le « oui » l'a emporté à plus de 90% pour un taux de participation de 43%.

« J'assume le mandat selon lequel la Catalogne doit devenir un Etat indépendant sous la forme d'une République », a-t-il dit devant le Parlement de Barcelone. « Je propose de suspendre la mise en oeuvre de cette déclaration d'indépendance pour entamer des discussions afin de parvenir à une solution négociée. » Carles Puigdemont n'a cependant pas demandé un vote explicite du Parlement en faveur de cette déclaration d'indépendance.

« La Catalogne a gagné le droit d'être un Etat indépendant », a estimé le président de la Generalitat, en s'appuyant sur le résultat du référendum du 1er octobre.

Le gouvernement conservateur espagnol a estimé mardi soir que la stratégie de Carles Puigdemont, qui a selon lui déclaré implicitement l'indépendance, n'était « pas admissible », tout comme son offre postérieure de suspendre celle-ci. « Une déclaration implicite d'indépendance, suivie ensuite d'une suspension explicite (...) n'est pas admissible » a déclaré un porte-parole à Madrid. De leur côté, des alliés du gouvernement catalan ont regretté une « occasion perdue de proclamer solennellement» l'indépendance ».


L'indépendance catalane, le rêve de Carles Puigdemont

Né pendant la dictature franquiste en 1962, dans un village de la région de Gérone, Carles Puigdemont est le deuxième d'une fratrie de huit enfants. Il a baigné dès sa plus tendre enfance dans un climat nationaliste catalan.

A 20 ans, il cofonde les Jeunesses de Catalogne, formation proche de Convergence démocratique de Catalogne, un parti régionaliste, centriste, libéral et pro-européen. Il rencontre Jordi Pujol, président de la Catalogne de 1980 à 2003.

Carles Puigdemont fait des études de littérature et de linguistique, ses passions sont le journalisme et les nouvelles technologies. Il travaille à la revue El Punt,  « Le Point », où il devient rédacteur en chef, puis il prend la tête d'une revue en anglais, Catalonia Today. Sa femme, une Roumaine, avec laquelle il a deux filles, est également journaliste.

Elu au Parlement catalan en 2006, Carles Puigdemont gagne, en 2011, la mairie de la ville de Gérone, où il devient très populaire. En 2016, il est élu président de la Catalogne par le Parlement, certains partis de la coalition ayant préféré barrer la route au président sortant Artur Mas, mêlé à des scandales de corruption. Désormais, Carles Puigdemont peut se consacrer à son rêve, il fait tout pour mettre en oeuvre le référendum du 1er octobre.

Source : RFI

 

Référendum catalan: une première victoire dans la douleur pour les séparatistes

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mediaQuelque 5,3 millions de Catalans étaient appelés dimanche à se prononcer sur l’avenir de la région. Selon le gouvernement séparatiste, le « oui » à l’indépendance l'a emporté avec 90 % des voix. Il a aussi assuré que 2,26 millions de personnes avaient voté, établissant le taux de participation à 42,3 %. Mais le scrutin a été émaillé de nombreuses violences policières, ternissant durablement l’image du gouvernement Rajoy.

« Aujourd’hui, il n’y a pas eu de référendum d’autodétermination en Catalogne. Aujourd’hui, nous tous les Espagnols avons constaté que notre Etat de droit conserve sa force et son bien fondé. Aujourd’hui nous n’avons pas assisté à une consultation, mais à un simulacre. » Si le référendum de ce dimanche en Catalogne n’a pas de valeur aux yeux de Madrid, l’image du chef de gouvernement Mariano Rajoy, l'auteur de cette déclaration hier soir, a été passablement écornée, relate notre envoyé spécial François Musseau. Les vidéos de violences policières contre des votants catalans souvent pacifiques et sans défense ont fait le tour des réseaux sociaux et ont été reprises dans tous les médias espagnols et internationaux.

« Cela m’a beaucoup choqué, parce que je n’avais jamais imaginé que la police espagnole pouvait faire ça, commente à froid Oriol de Balanzo, un chroniqueur radio catalan de 38 ans, qui a pu voter ce dimanche. Je savais qu’il y avait à peu près 10 000 policiers espagnols qui étaient venus pour essayer d’arrêter [la consultation], mais je n’avais jamais imaginé qu’ils arriveraient à utiliser la violence contre des gens qui voulaient voter. »

Rajoy isolé

Politiquement Rajoy est plus isolé que jamais et il va lui être très difficile de tendre des ponts avec l’opposition : Podemos refuse de parler avec lui, les socialistes sont très critiques avec « un Rajoy incapable et autoritariste ». « Un jour triste pour notre démocratie », a également commenté sur Twitter le secrétaire général du PSOE, Pedro Sanchez.

Quant au séparatiste Carles Puigdemont, il n’a certes pas pu organiser le referendum qu’il souhaitait sans commission électorale, dissoute par la justice. Il est aussi à la tête d’une société catalane plus divisée que jamais. Mais le leader indépendantiste à certainement gagné des adeptes, il a su exploité sa position d’infériorité et de victime vis-à-vis de l’Etat espagnol.

Et pour le président de la région, avec 90% de « oui », les Catalans ont gagné « le droit d'avoir un Etat indépendant qui prenne la forme d'une République ».

« Aujourd'hui, nous avons gagné le droit d'être entendus, respectés et reconnus ».

Il lui reste aujourd’hui à affronter une situation très compliquée : ou il convoque immédiatement des législatives anticipées où il peut espérer emporter la majorité absolue, ou bien il fait ce qu’il a promis, c’est-à-dire demander au Parlement autonome de déclarer l’indépendance de manière unilatérale.

En effet, en vertu de la loi votée le 6 septembre par la majorité séparatiste, l'indépendance doit être proclamée dans les 48 heures suivant une victoire du « oui ». Ce qui constituerait un véritable saut dans l'inconnu que Madrid n’acceptera jamais.

« Je crois qu’aujourd’hui, la Catalogne a déconnecté de l’Espagne, conclut Oriol de Balanzo. Je crois qu’aujourd’hui la majorité de la population catalane a dit au revoir à l’Espagne, même des gens qui hier ou la semaine dernière pensaient qu’il y avait toujours une possibilité d’ accord avec l’Espagne. »

Source : RFI

 

 

Espagne: le référendum catalan provoque de nombreux heurts

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mediaLa police espagnole a fait usage de la force dimanche pour empêcher des milliers de Catalans de voter lors du référendum interdit sur l'indépendance de leur région, faisant plus de 90 blessés selon Madrid, et près de 800 blessés d'après les autorités catalanes. Des observateurs étrangers ont confirmé les violences pratiquées par les forces de l'ordre, mais tous les corps de police n'ont pas agi de la même façon.

La justice a ouvert plusieurs enquêtes à l'encontre des « Mossos », les policiers catalans, accusés de ne pas être intervenus avec zèle pour faire respecter la consigne du gouvernement de Madrid et empêcher  les opérations de vote.

Le Premier ministre espagnol Mariano Rajoy a remercié les policiers anti-émeute et ceux de la garde civile espagnole, qui ont tenté d'empêcher les opérations de vote. « Aujourd'hui, il n'y a pas eu de référendum d'autodétermination en Catalogne. L'Etat de droit reste en vigueur avec toute sa force », a déclaré le dirigeant conservateur lors d'une allocution télévisée.

Après des face à face tendus dans la rue, entre Catalans qui souhaitaient voter et ceux qui voulaient défendre pacifiquement les bureaux de vote, après avoir chassé les électeurs en utilisant des grenades assourdissantes et des balles en caoutchouc, sans hésiter à les frapper parfois, la garde civile espagnole a commencé à  s'emparer méthodiquement des urnes.

Près de 300 bureaux de vote ont été fermés, selon les autorités catalanes. Parfois même, les membres des forces de l'ordre ont fait irruption cagoulés dans les bureaux encore ouverts, pour arracher les urnes.

Près de 800 personnes ont été blessées, disent les Catalans, un chiffre que la presse nationale espagnole confirme en partie. On a pu voir des scènes d'une grande violence diffusées sur les réseaux sociaux et de nombreux témoignages en font également état, y compris ceux des observateurs étrangers, une trentaine, présents à Barcelone dimanche.

Source : RFI

 

Pour Trump, négocier avec Pyongyang est une perte de temps

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Pour Trump, négocier avec Pyongyang est Le président américain Donald Trump a estimé dimanche que négocier avec la Corée du Nord était "une perte de temps", au lendemain de la révélation par Washington de "lignes de communications" avec Pyongyang.

"J'ai dit à Rex Tillerson, notre merveilleux secrétaire d'Etat, qu'il perd son temps à négocier avec le petit Rocket Man..." (l'homme-fusée), a-t-il tweeté, reprenant l'une des ses références moqueuses au dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un.

"... Conserve ton énergie Rex, nous ferons ce que nous devons faire", a ajouté le président américain. Le chef de la diplomatie américaine, Rex Tillerson, avait affirmé samedi lors d'un déplacement en Chine que Washington avait ouvert des "lignes de communications" avec Pyongyang pour "sonder" la volonté du régime de Kim Jong-Un d'engager des discussions sur son programme nucléaire.

"Nous avons deux ou trois canaux ouverts avec Pyongyang (...) Nous pouvons leur parler, nous leur parlons", avait assuré aux journalistes M. Tillerson, alors que les deux pays n'ont pas de relations diplomatiques.

Le département d'Etat américain avait toutefois indiqué peu après que la Corée du Nord n'avait encore manifesté "aucun signe d'intérêt" pour des pourparlers avec les Etats-Unis.

"Les officiels nord-coréens n'ont montré aucun signe d'intérêt pour des pourparlers sur la dénucléarisation", avait déclaré la porte-parole de la diplomatie américaine Heather Nauert.

Rex Tillerson s'est fait le chantre de "pressions pacifiques" sur Pyongyang, via un durcissement des sanctions internationales et en travaillant avec la Chine pour resserrer l'étau autour du régime nord-coréen, alors que le président Donald Trump et Kim Jong-Un se livrent de leur côté à une surenchère verbale.

Source : Romandie News (Suisse)

 

 

Birmanie : Aung San Suu Kyi, une sainte en enfer

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Portée aux nues par les Occidentaux, Aung San Suu Kyi passait hier pour une icône de la démocratie. Soupçonnée, à tort ou à raison, de soutenir la sanglante répression des Rohingyas, elle est aujourd’hui traînée dans la boue.

Elle avait tout pour plaire. Pour conquérir le grand cirque politico-médiatique de l’Occident. D’abord, une ascendance prestigieuse et tragique : négociateur, avec d’autres, de l’indépendance de la Birmanie, le général Aung San, son père, fut assassiné quelques mois avant l’accomplissement de son œuvre ; Khin Kyi, sa mère, fut ambassadrice en Inde. Ensuite, une double culture birmane et euro-américaine : elle a étudié à Oxford, à Londres et à New York ; parle un anglais parfait ; ne se débrouille pas mal en français ; et a eu le bon goût d’épouser un ressortissant britannique, Michael Aris, avec qui elle a eu deux enfants. Enfin, sa beauté : elle a la grâce délicate et fragile d’une Audrey Hepburn mondialisée.

Au début des années 1990, Hollywood le comprit avant tout le monde : une star était en train de naître. Le film de son interminable affrontement avec les brutes galonnées et xénophobes au pouvoir à Rangoun puis à Naypyidaw (leur improbable capitale surgie de la jungle) promettait d’être spectaculaire et émouvant. Une ode grandiose à la démocratie occidentale. Titre envisagé : « un sari et des fusils ». Mais n’était-il pas imprudent de se fier aux dangereuses images d’actualité, si aisément manipulables ? Comment s’assurer qu’elles servent fidèlement le scénario ? La politique, c’est souvent moche, sale, violent, imprévisible et contradictoire. Tout l’inverse d’un cantique droit-de-l’hommiste. Mieux valait carrément recourir à la fiction. Avec des stars dont c’est le métier, comme la troublante Michelle Yeoh.

Célèbre cinéaste franco-hollywoodien, Luc Besson se porta volontaire. The Lady, son biopic hagiographique, est une œuvrette de circonstance dans laquelle la politique birmane sert de décor à d’innocentes effusions : les amours contrariées de Michael et de Suu Kyi. Mais d’autres, beaucoup d’autres, contribuèrent à la légende de la « sainte de Rangoun ». L’inévitable Bono et sa bande de bardes irlandais jouèrent leur partition (Walk On). Les jurés de maints prix prestigieux (Nobel, Sakharov), aussi.

L’icône birmane

Tout alla pour le mieux tant que l’icône de la non-violence accepta bon gré mal gré d’être persécutée. L’ennui avec les saintes et les militaires, c’est qu’ils ne sont pas forcément plus bêtes que les autres. En Birmanie comme ailleurs, il arrive – si, si – que les soudards en aient sous le képi. À partir de 2010, les membres de l’état-major prirent conscience que la notoriété désormais planétaire de leur souffre-douleur préférée commençait à poser problème. S’obstiner à la tourmenter, c’était aller au-devant de graves désagréments. Pour elle, bien sûr, mais aussi pour eux. La tortueuse mise en scène qu’ils échafaudèrent alors avait de quoi rendre jaloux le storyteller le plus retors. Vous voulez du spectacle ? Soit, allons-y ! Titre finalement retenu : « le fantôme de la démocratie ». Sujet ? L’art de conserver le pouvoir en créant l’illusion du contraire.

La junte entreprit donc une prudente ouverture. En 1990, déjà, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi, avait remporté aux législatives une victoire retentissante et vaine : le scrutin avait été promptement annulé, et l’illustre agitatrice placée en résidence surveillée. Le message était clair : dans leur grande mansuétude – et avec le dessein d’amadouer une opinion internationale de plus en plus remontée contre eux –, les militaires acceptaient d’organiser des élections libres… que l’opposition avait interdiction de gagner. La ficelle était un peu grosse ? Sans doute, mais les apprentis comploteurs allaient peu à peu apprendre de leurs erreurs.

En novembre 2010, Suu Kyi est libérée. En avril 2012, elle est élue députée. En novembre 2015, la LND ayant remporté les élections présidentielle et législatives, elle devient ministre des Affaires étrangères, conseillère de l’État et porte-parole de la présidence. Ce qui fait d’elle une sorte de Première ministre. Elle est désormais en pleine lumière mais ne détient que l’ombre du pouvoir. Les ministères clés (Défense, Intérieur et Frontières) ainsi qu’un quart des députés restent sous le contrôle direct de l’armée. Celle-ci ayant le projet de régler de très vieux comptes avec les Rohingyas, ces apatrides musulmans de l’ouest du pays qu’elle s’obstine à désigner sous le vocable de « Bengalais » pour souligner leur altérité, il était prévisible que l’opprobre qu’il en résulterait rejaillisse sur Aung San Suu Kyi. D’une balle deux coups !

Le silence d’Aung San Suu Kyi

La sainte a-t‑elle été insidieusement contaminée par le chauvinisme bouddhiste et la xénophobie qui gagnent tout le pays sous l’influence d’une armée de moines chauffés à blanc par les diatribes violemment islamophobes de leur chef, Ashin Wirathu, le « Hitler birman », auquel le réalisateur suisse Barbet Schroeder vient de consacrer un documentaire fort critique (Le Vénérable W) ? Certaines de ses déclarations pourraient le suggérer, mais rien n’est sûr. Son silence prolongé devant les discriminations, puis les terribles exactions (villages brûlés par dizaines, viols en série, sévices contre les civils, des milliers de morts au total) infligées aux Rohingyas est presque plus embarrassant. Pour ne rien arranger, aucun candidat de confession musulmane ne figurait sur les listes de la LND lors des législatives de 2015…

D’autres analystes se montrent plus indulgents et équilibrés. « On oublie que les généraux ont le droit constitutionnel de prendre le contrôle du gouvernement par un coup d’État légal s’ils considèrent que l’ordre doit être rétabli », écrit par exemple Kevin Rudd, un ancien Premier ministre australien. Après les attaques déclenchées le 25 août par une mystérieuse Armée du salut des Rohingyas de l’Arakan (Arsa) contre des postes-frontières et un camp de l’armée, nul doute qu’ils s’en sentent le droit. Et le devoir. Les hostilités étant ouvertes, plus question de tolérer la moindre discordance. Et surtout pas venant d’Aung San Suu Kyi, leur ennemie intime. « La question bengalie est une cause nationale pour laquelle nous devons tous rester unis », a prévenu le général Min Aung Hlaing, le chef de l’armée. Ce genre d’objurgation ne se discute pas. La vérité est que la dame de Rangoun n’a aucune marge de manœuvre : soit elle rentre dans le rang, soit elle est débarquée sans ménagement et la transition politique birmane prend fin avec elle.

L’indignation de la communauté internationale

L’argument ne convainc pas les professionnels de l’indignation, de Desmond Tutu à Bernard-Henri Lévy en passant par Bernard Kouchner et l’ancien chef de la diplomatie française Hubert Védrine, qu’on a connu plus avisé. Pour eux, aucun doute : le Prix Nobel de la paix cautionne les massacres et doit restituer le prix qui lui a été indûment décerné. L’archevêque sud-africain se fait pressant : « Si le prix de votre accession aux plus hautes fonctions est votre silence, alors ce prix est trop élevé. » Bref, chacun brûle allègrement ce qu’il adorait hier. D’un excès à un autre.

Quant aux réseaux sociaux, ce cloaque numérique, ils s’embrasent. L’Arakan étant hermétiquement bouclé, il n’existe aucune photo de la tragédie. Des témoignages verbaux, oui ; des images de camps de réfugiés au Bangladesh, bien sûr ; d’autres, prises par satellite, encore mieux ; mais rien d’autre. Les photos postées par bouddhistes et musulmans, pour une fois d’accord, sont donc des faux grossiers. Des documents filmés en d’autres temps et d’autres lieux généralement très éloignés de la Birmanie : Inde, Chine, Congo, Haïti, Indonésie, Rwanda… « Lies! Lies! Lies! » Mensonge partout, tout le temps. Cela ne ressuscitera pas les morts, mais pourquoi, pour une fois, ne pas laisser le dernier mot à Shakespeare ?

Source : jeuneafrique.com

 

Allemagne: courte victoire de Merkel

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Allemagne: courte victoire de Merkel La coalition de la Chancelière allemande Angela Merkel a recueilli 33% des voix, son plus mauvais score depuis 1949, selon les résultats définitifs publiés lundi matin. Mme Merkel sort victorieuse de ce scrutin mais affaiblie par un score électoral décevant.

"Une victoire cauchemardesque", résume le quotidien Bild. Victoire étriquée Elle doit former un gouvernement avec une nouvelle majorité dans un paysage politique éclaté.

C'est sa quatrième victoire consécutive depuis son arrivée au pouvoir en 2005. Cette victoire étriquée limite fortement sa capacité à forger une coalition majoritaire au Parlement.

Et les sociaux-démocrates, ses partenaires jusqu'ici, ont annoncé qu'ils rejoignaient les bancs de l'opposition après un score historiquement bas.

Il ne lui reste sur le papier qu'une solution: une alliance inédite au niveau national réunissant son parti conservateur, les Libéraux du FDP, qui reviennent au Bundestag avec 10,7%, et les Verts, qui ont atteint 8,9%.

L'AFD, la droite nationaliste, a commencé à se déchirer au lendemain même de son succès historique.

Elle a raflé 12,6% des suffrages après une campagne prenant pour modèle le président américain Donald Trump et les partisans de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Ce succès a été obtenu au prix d'une radicalisation du discours du mouvement, avec des propos révisionnistes sur le nazisme, des attaques très dures contre Angela Merkel, les musulmans et les étrangers.

Une des dirigeantes du parti, qui fut jusqu'en début d'année sa figure de proue, Frauke Petry, a créé la surprise en annonçant lundi qu'elle refusait de siéger au sein du groupe parlementaire de l'AfD à la chambre des députés.

Elle s'en est pris notamment à l'un des deux chefs de file de la campagne du parti, Alexander Gauland, qui a annoncé juste après les élections que l'AfD, forte de son succès, allait mener "la chasse" à Angela Merkel.

Source : BBC Afrique

 

 

ONU: une cinquantaine de pays signent un traité interdisant symboliquement l'arme nucléaire

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mediaUne cinquantaine de pays, Brésil en tête, ont lancé mercredi la signature d'un traité bannissant l'arme atomique, à la portée symbolique en raison du boycott du texte par les grandes puissances nucléaires. Le traité, élaboré en quelques mois, a été adopté en juillet par 122 pays. Il entrera en vigueur dès lors qu'il aura été ratifié par 50 pays.

Source : AFP

 

Sahara occidental : Horst Köhler, un nouveau prêcheur dans le désert

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Après huit ans de gestion américaine infructueuse, l’ex-président allemand Horst Köhler prend le dossier du Sahara en main pour l’ONU. Un choix qui sied à Rabat.

Son nom circulait déjà depuis quelques mois dans les couloirs des Nations unies. L’ancien président allemand, Horst Köhler, a été nommé, le 16 août, envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU, le Portugais António Guterres, pour le Sahara. Il succède à l’Américain Christopher Ross, qui a occupé ce poste huit ans sans parvenir à relancer les négociations entre le Maroc et le Front Polisario.

Un profil qui plaît

« Köhler a deux atouts majeurs : il est européen et pragmatique, contrairement aux anciens émissaires américains, qui avaient tendance à vouloir imposer leur propre rythme », confie une source diplomatique marocaine.

Il faut dire que les relations entre le royaume et Christopher Ross n’ont pas ressemblé à un long fleuve tranquille. À plusieurs reprises, les autorités chérifiennes lui ont reproché « sa partialité » dans ce dossier.

"Les Marocains attendent de voir ce que sa touche allemande apportera à la tonalité portugaise"

Le profil de son successeur est différent. Horst Köhler, 74 ans, n’est pas un diplomate mais un homme politique membre de l’Union chrétienne-démocrate (CDU) de la chancelière Angela Merkel.

Il est l’un des artisans de l’unification de la monnaie allemande après la chute du mur de Berlin et de la négociation du traité de Maastricht, fondateur de l’UE. Avant de devenir chef de l’État de 2004 à 2010, il a dirigé la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) ainsi que le FMI.

En finir avec un conflit qui dure depuis quarante-deux ans

Rabat affectionne les profils « dotés du sens de la mesure ». Le Néerlandais Peter van Walsum, qui avait initié les pourparlers de Manhasset en 2007 et jugé « irréaliste » l’option de l’indépendance du Sahara, avait ainsi laissé de bons souvenirs.

Mais, depuis, les négociations ont été interrompues, et les relations entre Rabat et Alger, allié du Polisario, se sont détériorées. Économiste de formation, l’émissaire allemand pourrait former un bon tandem avec le secrétaire général de l’ONU, désireux d’en finir avec ce conflit qui dure depuis quarante-deux ans.

Source : Jeuneafrique.com

 

Crise du Golfe: le Qatar annonce le retour de son ambassadeur en Iran

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Crise du Golfe: le Qatar annonce le retour de son ambassadeur en Iran Le Qatar a annoncé jeudi le retour de son ambassadeur en Iran et le rétablissement de relations diplomatiques totales avec Téhéran, sur fond de crise entre Doha et l'Arabie saoudite, une décision saluée par Téhéran.

Dans une déclaration, le ministère qatari des Affaires étrangères a ajouté qu'il souhaitait renforcer encore davantage les relations avec l'Iran, pays avec lequel il partage le plus grand champ gazier du monde.

Le Qatar est dirigé, comme l'Arabie saoudite, par une dynastie sunnite, alors que l'Iran est un pays majoritairement chiite.

Le 5 juin, l'Arabie saoudite et ses alliés ont rompu leurs relations avec le Qatar en l'accusant de soutenir des groupes extrémistes et de se rapprocher de l'Iran.

Le rappel de l'ambassadeur du Qatar à Téhéran avait fait suite à des attaques en janvier 2016 contre des missions diplomatiques saoudiennes en Iran, consécutives à l'exécution d'un dirigeant chiite en Arabie.

"L'Etat du Qatar a annoncé aujourd'hui que son ambassadeur à Téhéran retournerait (dans cette capitale) pour exercer ses devoirs diplomatiques", a indiqué le ministère des Affaires étrangères à Doha.

Il a exprimé "son désir de renforcer les relations bilatérales avec la République islamique d'Iran dans tous les domaines", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Bahram Ghassemi a salué cette décision en précisant le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif et son homologue qatari, Mohamed ben Abderrahmane Al-Thani, avait eu mercredi soir une conversation téléphonique.

"Lors de cette conversation (...), la partie qatarie a fait état de son désir de faire revenir son ambassadeur à Téhéran et nous avons salué cette décision", a déclaré M. Ghassemi.

"Comme l'a déclaré notre chef de la diplomatie, le développement des relations avec nos voisins est une priorité absolue de la diplomatie du nouveau gouvernement" entré en fonction cette semaine, a ajouté M. Ghassemi. "Nous accueillons favorablement tout pas constructif et positif".

Depuis le début de la crise avec des pays du Golfe qui ont fermé leurs frontières avec le Qatar, l'émirat gazier s'est tourné vers l'Iran et la Turquie, notamment pour importer des produits alimentaires. Ces deux pays ont exprimé une forte solidarité avec le Qatar.

Source : Romandie News (Suisse)

 

 

Crise du Golfe: les liaisons maghrébines des Émirats arabes unis

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Crise du Golfe: les liaisons maghrébines des Émirats arabes unis La crise entre le Qatar et ses voisins arabes du Golfe aura eu pour effet de révéler la position des États du Maghreb à l’égard de leurs frères de la péninsule.

En Libye, l’affrontement indirect entre Abou Dhabi, soutien majeur du maître de l’Est Khalifa Haftar, et Doha, qui parraine les milices de l’Ouest, s’est immédiatement traduit en diplomatie. Le 5 juin, le gouvernement non reconnu de l’Est suivait les quatre États ligués contre le Qatar, annonçant la rupture de relations diplomatiques, par ailleurs inexistantes.

Islamistes assimilés à des terroristes, milices adverses qualifiées d’islamistes, la rhétorique du général Haftar est en totale harmonie avec celle du maître d’Abou Dhabi. Face à lui, le gouvernement de Fayez el-Sarraj est resté coi : Mohamed Ibn Zayed ne lui avait-il pas permis de rencontrer enfin son rival Haftar, le 2 mai à Abou Dhabi, et de parvenir à la signature d’un accord?

Un fort soutien de la part de la Mauritanie

La Mauritanie a également suivi sans hésiter Abou Dhabi dans sa croisade contre Doha, devenant l’un des rares États à rompre officiellement avec le Qatar.

Les relations du président mauritanien sont notoirement exécrables avec Doha

Comme avec l’Arabie saoudite et le Koweït, Nouakchott entretient d’excellentes relations avec les EAU, et celles-ci se sont intensifiées ces quatre dernières années grâce à l’entremise de M. Ould Boya, conseiller diplomatique mauritanien auprès de Khalifa Ibn Zayed, frère de Mohamed et président des EAU.

À l’inverse, les relations du président mauritanien sont notoirement exécrables avec Doha, accusé de soutien clandestin aux islamistes. En janvier 2012, Hamad Al Thani, père de l’actuel émir, avait dû écourter une visite très houleuse à Nouakchott, raccompagné sans ménagement à son jet.

Relation compliquée avec le Maroc et l’Algérie

À Rabat, les EAU sont la monarchie du Golfe qui entretient les meilleures relations avec le Palais, également proche de Salman d’Arabie. Le discours critique sur le Printemps arabe prononcé à Riyad par Mohammed VI en avril 2016 a trahi ses convergences de vues avec Mohamed d’Abou Dhabi. Les F16 marocains qui ont participé à la coalition antihouthiste au Yémen décollaient des EAU.

Et, quand l’un d’entre eux a été abattu en mai 2015, Abou Dhabi a exprimé ses regrets et sa reconnaissance, faisant cadeau au roi d’un Boeing 747. « Mais le roi veut se tenir à l’écart des querelles familiales et lointaines qui troublent le Golfe. Le Qatar est aussi un partenaire important », commente-t-on à Rabat.

L’Algérie juge Abou Dhabi trop pro-Américains et pro-Français et s’en méfie quelque peu

Abdelaziz Bouteflika a lui aussi les meilleurs rapports avec Abou Dhabi, où il a trouvé asile pendant sa traversée du désert des années 1980. En 2016, les investissements émiratis en Algérie atteignaient 10 milliards de dollars.

Mais, si Alger observe une neutralité diplomatique de principe dans la crise du Golfe, une source locale rappelle qu’« elle juge Abou Dhabi trop pro-Américains et pro-Français et s’en méfie quelque peu. La sympathie algérienne penche davantage pour Doha, dont le champion libyen, Sarraj, est aussi soutenu par Alger ».

Discorde avec la Tunisie

À Tunis, enfin, Ibn Zayed, après avoir coupé les fonds quand les islamistes ­d’Ennahdha ont accédé au pouvoir, a misé sur Nidaa Tounes. « Son enthousiasme est vite retombé, la Tunisie refusant de le laisser opérer en Libye depuis son territoire, et il a été très heurté par la mise en cause de l’émir de Dubaï dans des dossiers tunisiens de malversations immobilières en 2015.

En représailles, les Tunisiens ont été interdits de visa aux Émirats jusqu’au début de cette année »,
rappelle une source locale.

Source : Jeune Afrique