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Politique dans le Monde

Ben Zayed et Ben Salmane racolent Israël ouvertement et bradent El-Qods

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Ben Zayed et Ben Salmane racolent Israël ouvertement et bradent El-QodsDes sources égyptiennes ont indiqué que l’homme fort du régime d’Abu Dhabi s’active avec une perceptible détermination à la préparation d’une réunion au sommet entre les dirigeants de certains pays arabes et le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu.

Selon le journal arabophone édité à Londres, Al-Araby, des Etats du Golfe seraient sur le point de déclarer la tenue de cette réunion, qui ne sera plus secrète donc, et qui verra la participation du prince héritier saoudien, fils du gardien des Lieux saints de l’islam, Mohamed Ben Salmane, selon le média panarabe.

Le sommet devrait se tenir avant les élections en Israël. Les pays arabes qui se sont dit prêts à prendre part à ce rendez-vous interféreraient ainsi indirectement dans la politique intérieure d’Israël où Benyamin Netanyahu a peu de chance de rempiler.

Une défaite de l’ami des monarques du Golfe semble inquiéter ces derniers qui ont définitivement lâché la cause palestinienne en contrepartie de dividendes qu’ils comptent tirer du deal du siècle que le président américain, Donald Trump, vient de révéler, provoquant un vent de colère en Palestine et dans certains pays du Golfe, du Moyen-Orient et du Maghreb qui s’y opposent farouchement.

Toujours selon Al-Araby, qui cite des sources fiables, Mohamed Ben Salmane a rencontré le Premier ministre israélien, dans l’est de l’Egypte, durant la deuxième quinzaine du mois de novembre dernier. Une rencontre secrète suivie d’une autre à Washington, entre l’Emirati Mohamed Ben Zayed et Benyamin Netanyahu. Les deux rencontres ont eu lieu avant l’annonce du plan américain qui entre dans le cadre du Grand Moyen-Orient (GMO), élaboré par Washington depuis de longues années et dont le «printemps arabe» destructeur fait partie.

Tel-Aviv joue la carte iranienne pour attirer les monarchies du Golfe dans ses filets. Le Premier ministre israélien a, ainsi, fait savoir à ses interlocuteurs du Golfe que le Mossad détiendrait des informations selon lesquelles Téhéran préparerait un plan de déstabilisation de la Péninsule arabique, notamment l’Arabie Saoudite qui constituerait la première cible des mollahs. Le ministre israélien des Affaires étrangères avait admis, sans entrer dans les détails, que son pays et l’Arabie Saoudite étaient liés par des intérêts communs.

La normalisation entre le régime wahhabite des Al-Saoud et l’entité sioniste est en voie d’être annoncée publiquement. Ce qui risque de provoquer un soulèvement généralisé des peuples musulmans qui verraient dans ce rapprochement du serviteur des Lieux saints avec la puissance coloniale israélienne qui occupe El-Qods, une grave offense à l’islam.

H. A.

Source : Algérie Patriotique

Procès en destitution : le Sénat américain acquitte Donald Trump

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Procès en destitution : le Sénat américain acquitte Donald TrumpFrance24 - Le Sénat américain a prononcé mercredi l'acquittement de Donald Trump au terme de son procès en destitution. Les parlementaires ont voté "non coupable" concernant les deux chefs d'accusation retenus contre le président des États-Unis.

Le Sénat américain a acquitté Donald Trump, mercredi 5 février. Sans surprise, les parlementaires ont jugé le président des États-Unis non coupable concernant deux chefs d'accusation : abus de pouvoir et entrave à la bonne marche du Congrès.

La Chambre haute a jugé le président non coupable d'abus de pouvoir par 52 voix contre 48, reflet quasi fidèle du rapport de forces entre la majorité républicaine et la minorité démocrate, Mitt Romney étant le seul républicain à se ranger du côté des démocrates.

Elle a ensuite jugé le président non coupable d'entrave aux travaux du Congrès par 53 voix contre 47.

Donald Trump était le troisième président des États-Unis à faire l'objet d'un procès en destitution après Andrew Johnson en 1868 et Bill Clinton en 1998, tous deux ayant eux aussi été acquittés.

Ce vote met fin à une procédure initiée cet automne par les démocrates, majoritaires à la Chambre des représentants, et concrétisée par la mise en accusation formelle du président américain le 18 décembre dernier en séance plénière.

Il était accusé d'avoir fait pression sur son homologue ukrainien Volodimir Zelenski et conditionné le déblocage d'une aide militaire à l'ouverture par les autorités ukrainiennes d'enquêtes contre Joe Biden, son possible adversaire démocrate à l'élection présidentielle de novembre prochain.

Avec Reuters
Source : France24

 

 

Proche-Orient: Réunion, jeudi, au conseil de sécurité de l'ONU, sur le plan de paix américain

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Proche-Orient: Réunion, jeudi, au conseil de sécurité de l'ONU, sur le plan de paix américain20 Minutes - Les Etats-Unis ont demandé une réunion à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU jeudi pour une présentation par le gendre et conseiller de Donald Trump, Jared Kushner, du plan de paix américain pour le Proche-Orient rejeté par les Palestiniens, a appris lundi l'AFP de sources diplomatiques.

Elle vise pour Washington à exposer ce plan américain dévoilé la semaine dernière et à entendre les positions des 14 autres Etats membres du Conseil, ont précisé les mêmes sources.

Cette réunion interviendra quelques jours avant la venue à New York du président palestinien Mahmoud Abbas, attendue le 11 février selon des diplomates, pour manifester à l'ONU son opposition au projet américain et réclamer l'application du droit international.

A l'occasion de cette visite du président Abbas, les Palestiniens ont indiqué avoir l'intention de soumettre un projet de résolution au Conseil de sécurité, via l'entremise de la Tunisie, membre non permanent du Conseil.

Une résolution en pourparlers

Aucune indication n'a filtré jusqu'à présent sur le contenu de cette future résolution à laquelle les Etats-Unis devraient s'opposer, au besoin en utilisant leur droit de veto si le texte recevait lors du scrutin le minimum requis de neuf voix favorables pour son adoption.

Fin 2017, une résolution d'inspiration palestinienne pour condamner la reconnaissance unilatérale par Washington de Jérusalem comme capitale d'Israël avait recueilli 14 voix favorables, mais les Etats-Unis avaient mis leur veto à son adoption.

Une résolution similaire proposée dans la foulée à l'Assemblée générale de l'ONU, composée de 193 membres et où le droit de veto n'existe pas, avait recueilli 128 voix pour, 9 contre et 35 abstentions tandis que 21 pays avaient choisi de ne pas être présents.

Jared Kushner est l'artisan du plan de paix révélé il y a près d'une semaine par le président Donald Trump et qui a été rejeté samedi par la Ligue arabe, puis lundi par l'Organisation de la coopération islamique (OCI).

Un plan très favorable à Israël

Il accorde de nombreuses concessions à Israël, en proposant notamment de créer une capitale d'un éventuel Etat palestinien à Abou Dis, un faubourg de Jérusalem. Les Palestiniens, eux, veulent faire de l'ensemble de Jérusalem-Est la capitale de leur Etat.

Dans son projet, Donald Trump prévoit aussi l'annexion de l'ensemble des colonies israéliennes, ainsi que de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, territoire palestinien occupé depuis 1967.

Aucune précision n'a pu être obtenue dans l'immédiat auprès de la mission américaine sur la demande des Etats-Unis d'une réunion du Conseil de sécurité.

Dans un communiqué samedi, l'ambassadeur israélien auprès de l'ONU, Danny Danon, avait annoncé être engagé dans une campagne à l'ONU pour persuader ses membres de ne pas soutenir une action palestinienne hostile au plan.

"Mahmoud Abbas doit comprendre que les discours à New York ne mèneront pas à la résolution du conflit entre Jérusalem et Ramallah. La communauté internationale doit admettre qu'Abbas est le seul à s'opposer à la paix", a-t-il dit.

Fabrice Pouliquen
Source : 20 Minutes (France)

 

 

Le « plan de paix » de Donald Trump unanimement rejeté par les Palestiniens et leurs alliés

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Le président palestinien Mahmoud Abbas.Les Palestiniens et leurs alliés ont immédiatement désavoué le plan de paix pour le Proche-Orient du président Trump, présenté mardi 28 janvier, et favorable à Israël. Tour d’horizon des réactions.

Sans surprise, les propositions du président américain ont immédiatement été rejetées par les Palestiniens. Ce plan, favorable à Israël auquel il accorde de nombreuses garanties et notamment un feu vert pour annexer les colonies, « ne passera pas » a rapidement réagi le président palestinien Mahmoud Abbas.

« Il est impossible pour n’importe quel enfant, arabe ou palestinien, d’accepter de ne pas avoir Jérusalem » comme capitale d’un État palestinien, a déclaré le président Abbas pour signifier l’étendue, selon lui, du refus palestinien de voir Jérusalem devenir la capitale « indivisible » d’Israël, comme l’a proposé le président américain.

Affichant son optimisme sur le devenir de ce projet « très détaillé », le locataire de la Maison Blanche a estimé qu’il pouvait permettre de faire « un grand pas vers la paix ». Parmi les nombreux points sensibles de ce plan, figure la reconnaissance de l’annexion par Israël à son territoire des colonies qu’il a implantées en Cisjordanie occupée, en particulier dans la vallée du Jourdain.

Haut du formulaire

Le mouvement islamiste palestinien Hamas, au pouvoir dans la bande de Gaza, a formellement rejeté ce plan. Avant même l’annonce du président Trump, le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, avait averti que ce plan pourrait conduire les Palestiniens vers une « nouvelle phase » de leur lutte. Pour le mouvement chiite libanais Hezbollah, cette proposition n’est qu’une « tentative d’éliminer les droits du peuple palestinien, historiques et légitimes ».

« Voué à l’échec »

De fait, le plan du président Trump accorde nombre de garanties territoriales à Israël, bien au-delà des frontières existantes au moment de la guerre des Six Jours de 1967.

L’Iran a jugé que « le plan de paix de la honte imposé par l’Amérique aux Palestiniens est la trahison du siècle et est voué à l’échec ». Pour le ministère turc des Affaires étrangères, ce projet « mort-né » est un « plan d’occupation visant à tuer une solution à deux États et à extorquer des territoires palestiniens ».

La Jordanie a pour sa part estimé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, que l’établissement d’un État palestinien indépendant sur les frontières de 1967 restait « la seule voie pour une paix globale et durable ».

L’Égypte a adopté une position neutre, se contentant d’appeler Israéliens et Palestiniens à un examen « attentif » et « approfondi » du plan. « L’Égypte appelle les deux parties concernées à un examen attentif et approfondi de la vision américaine (…) et à ouvrir des voies de dialogue, sous les auspices des États-Unis, pour une reprise des négociations », afin de parvenir à « une paix juste et globale » et « à l’établissement d’un État palestinien indépendant », a indiqué Le Caire dans un communiqué.

L’ONU s’en tient « aux frontières définies en 1967 »

Du côté des alliés des États-Unis, Londres était mardi soir le plus positif, qualifiant le plan de « proposition sérieuse » qui « pourrait constituer une avancée positive ». Le chef de la diplomatie de l’Union européenne Josep Borrell s’est pour sa part contenté d’indiquer que l’UE allait « étudier et évaluer les propositions avancées », tout en réaffirmant son engagement « ferme » en faveur d’« une solution négociée et viable à deux États ».

La Russie a de son côté prôné des « négociations directes » entre Israélien et Palestiniens, afin de parvenir à un « compromis mutuellement acceptable ». « Nous ne savons pas si la proposition américaine est mutuellement acceptable ou non. Nous devons attendre la réaction des parties », a déclaré aux agences russes le vice-ministre des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov.

À New York, le porte-parole des Nations unies a rappelé que l’organisation internationale s’en tenait aux frontières définies en 1967. « La position des Nations unies sur la solution à deux États a été définie à travers les ans par des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale auxquelles est tenu le secrétariat » de l’ONU, a précisé Stéphane Dujarric.

Source : jeuneafrique.com

 

Proche-Orient: Trump dévoile un plan de paix très favorable à Israël

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Donald Trump et Benyamin Netanyahu lors d’une conférence de presse conjointe autour d’une nouvelle proposition de plan de paix au Moyen-Orient à la Maison Blanche le 28 janvier 2020.Le président américain Donald Trump a dévoilé mardi son plan de paix pour le Proche-Orient fondé sur une solution à « deux États » dans lequel il accorde à Israël nombre de concessions qui devraient susciter de vives réactions dans le camp palestinien.

« Ma vision présente (...) une solution réaliste à deux États », a lancé M. Trump en donnant des garanties inédites à son « ami » Benyamin Netanyahu. Celui-ci a salué « une journée historique ».

Affichant son optimisme sur le devenir de ce projet « très détaillé » de 80 pages, le locataire de la Maison Blanche a estimé qu'il pouvait permettre de faire « un grand pas vers la paix ». Un plan de paix que le mouvement Hamas, premier à réagir dans le camp palestinien, a immédiatement rejeté.

Le futur État palestinien ne verrait le jour que sous plusieurs « conditions », dont « le rejet clair du terrorisme », a immédiatement souligné le milliardaire républicain, détaillant un projet qui avait été rejeté d'avance, avec force, par les Palestiniens.

Jérusalem restera « la capitale indivisible d'Israël », a-t-il par ailleurs assuré, restant évasif sur les moyens de concilier cette promesse avec la proposition qu'il a reprise à son compte de créer une capitale de l'État palestinien à Jérusalem-Est.

Le Premier ministre israélien a de son côté souligné que le plan de la Maison Blanche octroierait à Israël la souveraineté sur la vallée du Jourdain, vaste zone stratégique de la Cisjordanie occupée où l'armée israélienne vient de renforcer sa présence.

« Dernière chance »

Martelant sa conviction que les Palestiniens méritaient « une vie meilleure », M. Trump leur a aussi lancé une mise en garde. Il a annoncé avoir envoyé une lettre au président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas l'exhortant à saisir « une chance historique », et peut-être « la dernière », d'obtenir un État indépendant.

« Je lui ai expliqué que le territoire prévu pour son nouvel État resterait ouvert et sans développement » de colonies israéliennes « pendant une période de quatre ans », a-t-il précisé.

L'ancien homme d'affaires de New York, qui se targue d'être un négociateur hors pair, avait confié au printemps 2017 à son gendre et conseiller Jared Kushner, novice en politique, l'épineuse tâche de concocter une proposition susceptible d'aboutir à « l'accord ultime » entre Israéliens et Palestiniens. L'objectif : réussir là où tous ses prédécesseurs ont échoué. Mais la partie s'annonce très difficile.

Selon de hauts responsables palestiniens, le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a refusé au cours des derniers mois les offres de dialogue du président américain et juge son plan « déjà mort ».

Et le Premier ministre palestinien, Mohammed Shtayyeh, a appelé par avance la communauté internationale à boycotter le projet, contraire selon lui au droit international. « Ce n'est pas un plan de paix pour le Moyen-Orient », a-t-il martelé, jugeant que l'initiative visait avant tout à protéger « Trump de la destitution » et « Netanyahu de la prison ».

Signe que le calendrier est délicat, à un mois de nouvelles élections en Israël où Benyamin Netanyahu est aux prises avec une inculpation pour corruption, le locataire de la Maison Blanche a aussi reçu lundi son principal opposant, Benny Gantz.

« Accord du siècle »

Mais c'est avec « Bibi » qu'il a choisi d'apparaître devant les caméras, et le Premier ministre israélien, qui se rendra dès mercredi à Moscou pour informer le président russe Vladimir Poutine des détails du plan, n'a pas dissimulé son enthousiasme.

« Monsieur le président, votre accord du siècle est la chance du siècle », a-t-il lancé depuis la Maison Blanche.

Dimanche, Saëb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), a indiqué à l'AFP qu'il se réservait le droit de se retirer des accords d'Oslo, qui encadrent leurs relations avec Israël.

Aux termes de l'accord intérimaire dit d'Oslo II de septembre 1995 entre l'OLP et Israël, la Cisjordanie avait été partagée en trois zones : A, sous contrôle civil et sécuritaire palestinien, B, sous contrôle civil palestinien et sécuritaire israélien, et C, sous contrôle civil et sécuritaire israélien.

Or le plan de Donald Trump « va transformer l'occupation temporaire en occupation permanente », a dénoncé Saëb Erekat. Selon la Maison Banche, le projet propose un État palestinien « démilitarisé ».

Le projet américain avait aussi été rejeté par avance par le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, enclave palestinienne de deux millions d'habitants séparée géographiquement de la Cisjordanie, où se limite l'autorité de Mahmoud Abbas.

Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, a mis en garde contre une « nouvelle phase » de la lutte palestinienne contre l'occupation israélienne.

Source : RFI (Avec AFP)

 

Conflit israélo-palestinien: la paix, objectif introuvable du plan Trump

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Washington (AFP) - Un plan de paix qui n'a aucune chance d'aboutir à la paix: c'est le paradoxe du projet d'accord israélo-palestinien que doit présenter d'ici mardi Donald Trump après avoir pourtant fait perdre aux Etats-Unis leur statut de médiateur à force de favoriser Israël.

Ce plan censé, dans l'esprit du président américain, permettre "l'accord ultime" entre Israéliens et Palestiniens qu'aucun de ses prédécesseurs n'est parvenu à obtenir, a été concocté dans la plus grande discrétion depuis 2017 sous la houlette de son gendre Jared Kushner.

Sa présentation a été reportée plusieurs fois, prise au piège des élections israéliennes à répétition qui peinent à faire émerger un gouvernement.

Alors pourquoi maintenant, un mois avant un nouveau scrutin dans l'Etat hébreu?

Parce que "ça n'a aucun lien avec la paix", tranche Dennis Ross, ex-négociateur américain pour le Proche-Orient.

"C'est la première initiative de paix dont l'objectif n'a rien à voir avec les Israéliens et les Palestiniens, rien à voir avec le processus de paix, rien avoir avec l'ouverture de négociations", renchérit Aaron David Miller, qui a eu un parcours similaire.

La mise en scène est d'ailleurs surprenante.

Au lieu de réunir les dirigeants des deux camps en conflit pour leur soumettre son plan, Donald Trump a convié dans le Bureau ovale le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu... et son rival politique aux élections du 2 mars, Benny Gantz.

De fait, l'Autorité palestinienne a rompu avec le locataire de la Maison Blanche quand il a reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël, fin 2017. Une décision choc suivie par d'autres en faveur de l'Etat hébreu et contre les Palestiniens, qui jugent depuis que Washington ne peut plus prétendre au rôle de "médiateur impartial".

- Coup de pouce -

D'autres raisons permettent donc d'expliquer le timing de cette annonce.

D'abord, estime Aaron David Miller, maintenant expert au cercle de réflexion Carnegie Endowment for International Peace, l'équipe Kushner veut "démontrer qu'elle a vraiment un plan" -- à force d'attendre, et à l'approche de la présidentielle américaine de novembre, il risquait de rester dans un tiroir.

A court terme, ajoute Dennis Ross, "tout ce qui peut permettre de faire diversion" est aussi "bienvenu" pour Donald Trump et Benjamin Netanyahu, aux prises respectivement avec un procès en destitution et une inculpation pour corruption.

Le milliardaire américain, qui peut espérer ainsi consolider sa cote auprès des électeurs chrétiens évangéliques très attachés à la cause israélienne, veut aussi probablement donner un coup de pouce à "Bibi", son "ami" qui joue sa survie politique.

"Netanyahu pense probablement que cela va le mettre en position de force pour rester Premier ministre dans un gouvernement d'union nationale", ajoute cet expert du Washington Institute for Near East Policy.

Sur le plus long terme, Jared Kushner et l'ambassadeur des Etats-Unis à Jérusalem David Friedman, réputés être très pro-israéliens, veulent selon ces deux spécialistes laisser une trace en modifiant durablement la position américaine.

C'est ce qu'ils ont commencé à faire: Washington a reconnu la souveraineté israélienne sur le plateau du Golan syrien, a cessé de parler de la Cisjordanie comme d'un territoire "occupé" et ne considère plus les colonies israéliennes comme "contraires au droit international".

- Deux Etats? -

Autant de coups au consensus international forgé par des décennies de diplomatie mais critiqué par l'administration Trump comme "inefficace".

Si l'on sait peu du contenu du plan, de nombreux observateurs, comme Dennis Ross et Aaron David Miller, s'attendent à ce qu'il confirme cette tendance.

Il pourrait ainsi donner un feu vert à l'annexion d'une partie de la Cisjordanie par Israël, et faire de la Vallée du Jourdain la frontière orientale de l'Etat hébreu. Si certains quartiers de Jérusalem-Est pourraient être placés sous contrôle palestinien, le statut de cette partie de la ville sainte comme capitale d'un futur Etat de Palestine reste plus qu'incertain.

Y aura-t-il d'ailleurs un Etat palestinien dans la proposition américaine? Donald Trump et Jared Kushner ont refusé jusqu'ici d'utiliser le terme, rompant avec la position traditionnelle de la communauté internationale en faveur d'une solution "à deux Etats".

Si le plan en prévoit un, il "n'aura d'Etat que le nom", "démilitarisé", bien en deçà des attentes des Palestiniens qui veulent récupérer tous les territoires annexés en 1967, prédit Dennis Ross.

Les partisans de la démarche de la Maison Blanche ont longtemps compté sur les relations nouées par Jared Kushner avec les monarques du Golfe, ainsi que sur les contacts informels entre certains pays arabes et Israël.

Leur espoir: que l'Arabie saoudite presse l'Autorité palestinienne d'accepter le plan de paix, et tirer ainsi profit de son volet économique dévoilé en juin, avec 50 milliards de dollars d'investissements internationaux sur dix ans.

Mais Aaron David Miller "doute" d'un tel scénario. "Au mieux, ils diront "peut-être" pour ne pas s'aliéner Trump".

Source : AFP (France)

 

 

Espace maritime du Sahara occidental: l'offensive du Maroc fait polémique

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Espace maritime du Sahara occidental: l'offensive du Maroc fait polémiqueRFI Afrique - La ministre espagnole des Affaires étrangères s’est rendue au Maroc deux jours après le vote par le Parlement marocain de textes de loi qui intègrent les eaux du Sahara occidental à l'espace maritime du royaume.

Une décision dénoncée par les îles Canaries. Ces deux lois font aussi grincer des dents du côté des indépendantistes du Front Polisario. Arancha Gonzalez a rencontré le Premier ministre marocain, Saad-Eddine El Othmani, ainsi que son homologue Nasser Bourita.

« Le Maroc a le droit de délimiter sa zone maritime internationale », a affirmé Mme Gonzalez à l'issue de sa rencontre avec M. Bourita. Mais cela doit se faire « en accord avec l'autre pays et en respectant les règles et normes de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer », quand il y a « chevauchement » entre des zones maritimes, a-t-elle ajouté.

Quelques jours avant cette visite, la ministre espagnole des Affaires étrangères avait déjà rappelé, sur Twitter, que la définition de l'espace maritime du Maroc et de l'Espagne ne pourrait pas se faire de manière unilatérale. Au moment du vote, son homologue marocain a quant à lui déclaré que le royaume était prêt au dialogue dans le cadre de ses droits souverains.

Ces deux textes de loi ont été adoptés à l'unanimité par les parlementaires marocains. « Le Maroc doit comme tous les pays du monde délimiter toutes ses frontières, et c'est une revendication que nous portons depuis très très longtemps, explique Omar Balafrej, député de la Fédération de la gauche démocratique. Pour des raisons de droit international et de négociation politique, le Maroc a peut-être tardé un peu, mais on note positivement que le gouvernement soit venu avec cette délimitation aujourd'hui ».

Désaccord des Canaries et du Front Polisario

Le gouvernement des Canaries a exprimé son désaccord avec cette décision par la voix de son président. Angel Victor Torres évoque des lois susceptibles d'entraver la compétence espagnole sur les eaux qui entourent les Canaries. L'archipel espagnol des Canaries est situé à moins de 100 km des côtes marocaines et chaque État est en droit de revendiquer un plateau continental allant de 200 à 350 milles marins.

Le Front Polisario, qui réclame l'indépendance du Sahara occidental, a lui aussi fait part de son mécontentement. « Depuis plus de 40 ans, le Maroc s'arc-boute pour trouver le sceau de la légalité à son occupation. Il découvre tout à coup après 45 ans que la façade maritime a été oubliée. Il est notable que cela n'aura aucun impact juridique », veut croire Mahmed Khadad, responsable de sa commission des relations extérieures du Front Polisario. Le mouvement politique indépendantiste menace de saisir la justice internationale.




Source : RFI Afrique

 

Libye: un accord international pour aller vers la paix mais des doutes demeurent

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Les dirigeants des principaux pays concernés par le conflit en Libye se sont engagés dimanche 19 janvier à Berlin à respecter l'embargo sur les armes décidé en 2011 par les Nations unies et à renoncer à toute « interférence » étrangère dans le conflit. Mais un goût d'inachevé demeure.

Lors d'une conférence sous l'égide de l'ONU à Berlin, onze pays dont la Russie et la Turquie ont convenu qu'il n'existait pas de « solution militaire » à ce conflit, qui déchire la Libye depuis près de 10 ans, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel à l'issue d'une demi-journée de discussions.

Les participants ont aussi appelé à un véritable cessez-le-feu permanent sur le terrain, qui se fait attendre malgré l'entrée en vigueur le 12 janvier d'une fragile trêve entre belligérants.

Pour s'assurer du respect effectif et durable de la fin des hostilités, des rencontres inter-libyennes entre représentants militaires des deux camps devraient être organisées prochainement. Une invitation sera lancée « dans les prochains jours », a assuré Antonio Guterres, secrétaire général de l'ONU.

Pour la consolidation du cessez-le-feu, l'émissaire de l'ONU avait appelé les deux camps rivaux à former une « Commission militaire » composée de dix officiers, cinq de chaque côté. Les noms des candidats respectifs ont d'ores et déjà été communiqués aux Nations unies. Selon les informations de RFI, des invitations seront adressées pour la tenue de la première réunion le 28 et le 29 janvier à Genève.

Cette commission aura pour mission de définir sur le terrain les mécanismes de mise en œuvre du cessez-le-feu. Elle aura également la lourde charge de réunifier l'armée et les forces sécuriaires. Elle doit oeuvrer à dissoudre les milices. Mission difficile en Libye, pays pris en étaut par des dizaines de formations armées. Dimanche soir, des tirs d'artillerie nourris ont été entendus sur certaines lignes de front au sud de la capitale.

Je ne peux insister assez sur cette conclusion : il n'y a pas de solution militaire au conflit en Libye. Tous les participants l'ont répété plusieurs fois durant notre réunion. Même ceux qui sont impliqués le plus directement dans le conflit. Tous les participants se sont engagés à ne plus interférer dans le conflit armé ou dans les affaires intérieures libyennes. Cela fait partie des conclusions de ce sommet. Et bien sûr, cela doit être un prérequis, tout comme l'appel à faire taire les armes et à mettre une fin définitive aux hostilités militaires. Nous appelons tous les acteurs à éviter toute action qui pourrait exacerber le conflit. Et je demande à tous les participants et à la communauté internationale de se plier à leurs engagements à respecter sans réserve et sans équivoque l'embargo sur les armes décrété par le Conseil de sécurité. Enfin, le retour au processus politique est essentiel. Nous demandons aux deux parties libyennes de s'engager dans le dialogue sous l'égide des Nations unies, afin d'ouvrir la voie à une solution politique à cette crise.

Respect de l’embargo sur les armes

Les participants sont aussi tombés d'accord pour « respecter » strictement l'embargo sur les armes et que « cet embargo serait plus strictement contrôlé qu'auparavant », a expliqué la chancelière lors d'une conférence de presse commune avec Antonio Guterres et l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé. L'embargo a été décrété en 2011 par l'ONU mais est largement resté lettre morte.

« Nous avons assisté à une escalade dans le conflit. Il a atteint ces derniers jours une dimension dangereuse », a en effet fait valoir Antonio Guterres, pointant le « risque d'une véritable escalade régionale ».

Autre point sensible du conflit : les interventions plus ou moins directes de pays étrangers dans ce conflit. « Tous les participants se sont également engagés à renoncer à des interférences dans le conflit armé ou les affaires intérieures de la Libye », a indiqué M. Guterres.

La Turquie soutient en effet militairement le gouvernement de Fayez el-Sarraj à Tripoli et la Russie, malgré ses dénégations, est soupçonnée d'appuyer l'homme fort de l'est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar.

Depuis la reprise des combats entre camps rivaux en Libye en avril 2019, plus de 280 civils et 2 000 combattants ont été tués et, selon l'ONU, plus de 170 000 habitants ont été déplacés.


Un goût d’inachevé

Malgré un certain optimisme, l’envoyé spécial de l’ONU Ghassan Salamé n’a pas caché que l’incertitude demeure dans le dossier libyen :  « Je pense qu’aujourd’hui était une belle journée, qui nous a donné l’impulsion nécessaire pour continuer notre travail. J’espère que le Conseil de sécurité sera à nos côtés, j’espère que le Comité international de suivi sera à nos côtés pour mettre en application ce sur quoi nous nous sommes entendus. »

Par ailleurs, la conférence de Berlin n’aura pas permis aux protagonistes du conflit libyen de se parler. Fayez el-Sarraj et Khalifa Haftar ne se sont pas rencontrés et n’ont pas pris part aux négociations qui se sont tenus ce dimanche à Berlin. Angela Merkel l’a admis : les « différends sont si importants » entre eux qu’il était impossible de les réunir autour d’une même table.

Dans ce contexte, difficile d’imaginer quelle forme prendra le dialogue politique souhaité par la communauté internationale, même si les deux hommes ont chacun accepté de donner « cinq noms » pour former une « commission militaire » mixte de suivi.

En marge du sommet, Fayez el-Sarraj a de nouveau demandé qu’une « force militaire internationale » soit envoyée en Libye pour protéger la population civile.

Une option écartée lors de cette conférence, qui n’a débouché sur aucun mécanisme réellement contraignant pour garantir le cessez-le-feu de 2011 ou pour contrôler l’envoi d’armes en Libye. La chancelière allemande l’a admis : « Nous n'avons pas parlé de sanctions aujourd'hui. Les documents sur lesquels nous nous sommes mis d'accord  doivent encore être débattus et approuvés par le Conseil de sécurité de l'ONU. Nous partons du principe que ceux qui soutiennent cet accord savent ce que cela signifie si l'embargo sur les livraisons d'armes n'est pas respecté et nous ne manquerons de le dénoncer. »

Le renvoi du dossier devant le Conseil de sécurité de l’ONU est un échec en soi pour le spécialiste Jalel Harchaoui, qui rappelle que c’est bien « la paralysie du Conseil de sécurité » qui a poussé l’Allemagne à se saisir de ce dossier.

Reste le tour de force diplomatique, qui apparaît d’autant plus fragile qu’une rencontre de cette ampleur ne risque pas de se reproduire de sitôt.


Vu de Tripoli : Un embargo jamais respecté jusqu’à présent

Sur RFI, la semaine dernière, le chef de la mission de l’ONU, Ghassan Salamé, accusait une douzaine d’États d’avoir envoyé des armes en Libye depuis le début de l’année. L’offensive du 4 avril de Khalifa Haftar sur Tripoli a encore accentué les livraisons d’armes qui sont devenues un sport pour les deux parties.

La violation de l’embargo est considérée comme tellement normale en Libye, que l’arrivée des armes est parfois mise en scène. En mai dernier, c’est sous l’œil des caméras que 58 véhicules blindés anti-mines en provenance de Turquie ont fait leur entrée dans le port de Tripoli. Dans le camp de Khalifa Haftar, on n’est pas en reste. En 2017, un navire de patrouille de l’armée irlandaise, estampillé Yacht de loisir par une société des Émirats arabes unis s’est retrouvé dans le port de Benghazi où il a été immédiatement armé de mitrailleuses de 40mm.

Avec l’offensive sur Tripoli, c’est un nouveau type d’armes qui a fait son apparition en masse : les drones. Le gouvernement de Tripoli se fait livrer des drones turcs qui arrivent très souvent par containers dans le port de Misrata. L’autoproclamée armée nationale libyenne de Haftar bénéficie de drones de conception chinoise fournis par les Émirats arabes unis.

Outre les armes, les deux camps font aussi appel à des mercenaires étrangers. Des combattants soudanais ont rejoint les rangs de Haftar grâce à un contrat entre une société canadienne et des dirigeants de Khartoum. À l’ouest, des mercenaires tchadiens ont franchi en toute tranquillité la frontière pour défendre Tripoli. À Berlin, dimanche, le président français Emmanuel Macron a dénoncé la présence de combattants syriens envoyés par Ankara au côté des forces pro-Tripoli.

Chaque année depuis 2011, les experts de l’ONU constatent les violations répétées et flagrantes de l’embargo sur les armes. 2020 ne devrait pas échapper à la tradition.

Source : RFI

 

Mali: Christophe Bigot, en mission pour la France au Sahel, évoque «l'après Pau»

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Mali: Christophe Bigot, en mission pour la France au Sahel, évoque «l'après Pau»RFI Afrique - Christophe Bigot, l'envoyé spécial de la France pour le Sahel, séjourne à Bamako.

Dans la capitale malienne, il assistera notamment, dimanche 19 janvier, à la réunion de « relance » du comité de suivi de l'accord de paix d'Alger. Le vendredi 17 janvier, l'envoyé spécial de la France pour le Sahel, Christophe Bigot, a rencontré la presse nationale et internationale à Bamako pour parler notamment de « l'après Pau ».

En, d'autres termes, les actions en cours pour lutter efficacement contre le terrorisme au Sahel après la rencontre de Pau, une ville du sud-ouest de la France, entre le président français et ses homologues sahéliens.

« Lutter avec détermination contre le terrorisme »

« Tous ensemble, dit Christophe Bigot, nous allons lutter avec détermination contre le terrorisme. Aujourd’hui, l’armée malienne a réceptionné treize véhicules blindés de transport de troupes offerts par l’Union européenne. Donc, le renforcement des capacités militaires, c’est de la formation, c’est de l’équipement, c’est de l’armement, c’est très important. Il faut construire des routes, il faut construire des hôpitaux, et ça c’est l’alliance Sahel dont l’assemblée générale va se tenir à Nouakchott en février sous l’autorité de Jean-Yves Le Drian, mais qui vise essentiellement à faire plus, mais aussi à faire mieux pour répondre aux besoins des populations. »

« La situation est grave »

« Donc, c’est tout cela qui va être mis en œuvre après Pau, explique l'envoyé spécial de la France pour le Sahel. Les ministres des Affaires étrangères et des Armées doivent se réunir dans trois mois, puis, ensuite, dans six mois est prévu à Nouakchott un sommet des chefs d’États. On ne perd pas de temps, et on a un calendrier extrêmement serré. Pourquoi ? Parce que la situation est grave », conclut-il.

Source : RFI Afrique

 

Mali : Paris et Moscou s'opposent à une refonte de la Minusma réclamée par Washington

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Mali : Paris et Moscou s'opposent à une refonte de la Minusma réclamée par Washington RT France - Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie et la France ont exprimé leur profond désaccord avec la proposition américaine de redéfinir les prérogatives de la mission onusienne chargée du maintien la paix au Mali (Minusma).

Les Etats-Unis ont réclamé le 15 janvier au Conseil de sécurité de l'ONU une refonte, couplée à une réduction, de la mission de paix de l'ONU au Mali (Minusma), une position rejetée par la France et la Russie. «Il est temps pour ce Conseil de commencer à développer une approche alternative pour faire face à l'instabilité croissante au Mali», a affirmé l'ambassadrice américaine adjointe à l'ONU, Cherith Norman Chalet.

«Nous devons reconnaître que les missions de maintien de la paix ne sont pas la réponse aux menaces terroristes croissantes au Mali», a-t-elle insisté.

Les Etats-Unis, qui réfléchissent actuellement à une réduction de leur présence militaire en Afrique, mettent régulièrement en cause depuis 2018 l'utilité de la Minusma, une force de 15 000 casques bleus dotée d'un budget annuel de 1,2 milliard de dollars et présente au Mali depuis 2013.

Cherith Norman Chalet a par ailleurs souligné que la Minusma devait cesser de soutenir l'application d'un accord de paix signé en 2015 et peu respecté par ses signataires. Elle devrait «se focaliser sur la protection des civils» et «la mission peut réduire sa taille», a estimé la diplomate. La représentante des Etats-Unis a réclamé «une nouvelle approche qui rompe avec le statu quo» d'ici juin, mois au cours duquel le mandat de la Minusma arrive à expiration.

Cherith Norman Chalet a également réclamé que l'ONU adopte des sanctions «contre les individus et entités issus de toutes les parties au conflit, incluant des responsables du gouvernement et des membres de groupes armés» qui contreviennent à l'accord de paix.

Nous continuerons à en avoir besoin et à la soutenir Avant la réunion du Conseil de sécurité, l'ambassadeur français à l'ONU, Nicolas de Rivière, avait souligné au contraire devant les médias que «la Minusma restait un outil très important». «Nous continuerons à en avoir besoin et à la soutenir», avait-il ajouté. De son côté, l'ambassadeur adjoint de la Russie à l'ONU, Dmitri Polianski, a rejeté catégoriquement devant le Conseil la demande américaine relative à la Minusma.

«Nous ne sommes pas disposés à examiner des options pour une révision sérieuse de ses paramètres de fonctionnement ou pour la réduction de sa présence», a-t-il martelé. Intervenant au nom du Niger, de l'Afrique du Sud et de la Tunisie, les trois membres africains du Conseil de sécurité, l'ambassadeur nigérien à l'ONU, Abdou Abarry, a salué pour sa part «les progrès» réalisés par le Mali.

Il a dans le même temps lancé «un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux à renforcer leur soutien au gouvernement du Mali dans la mise en œuvre de l'accord de paix», demandant notamment «d'aider les forces de défense et de sécurité par le renforcement des capacités logistiques, opérationnelles et de renseignements».

Avec AFP
Source : RT France

 

Libye: le maréchal Haftar quitte la Russie sans signer d’accord de cessez-le-feu

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Cela ressemble de plus en plus à un échec : la diplomatie russe, qui s’était alliée pour l’occasion à la Turquie, n’a pas réussi à obtenir la signature du maréchal Haftar en vue d’un cessez-le-feu en Libye. En dépit de huit heures de négociations à Moscou en présence de Fayez el-Sarraj, le chef du gouvernement libyen basé à Tripoli, les négociations n’ont pas abouti.

L’homme fort de l’Est libyen aura fait planer le doute toute la nuit. Il a finalement quitté la capitale russe sans signer l’accord négocié d’arrache-pied lundi après-midi après huit heures de discussions. Des discussions qui ont tout de suite mal commencé, puisque les deux acteurs du conflit ont refusé de se parler directement. Ce qui a obligé les diplomates russes et turcs à effectuer des navettes entre les deux hommes et leurs délégations.

Le maréchal Haftar ne s’est pas exprimé publiquement. On ne sait pas donc officiellement pour quelle raison il a finalement rejeté le texte. Mais si l’on en croit les réactions sur les réseaux sociaux de son entourage, c’est le rôle joué par la Turquie dans ces négociations qui l’aurait poussé à rejeter l’accord. La Turquie a, en effet, récemment décidé d’envoyer des militaires en Libye pour soutenir Fayez el-Sarraj, le rival du maréchal Haftar. Autre point de blocage : la question du retrait des troupes déployées par le Khalifa Haftar autour de Tripoli, la capitale libyenne.

La Russie veut poursuivre ses efforts

Finalement, la médiation tentée par la Russie et par la Turquie se solde donc par un échec. Sergueï Lavrov l’a confirmé à demi-mot dans la matinée ce mardi. « Pour l’instant, aucun résultat définitif n’a été atteint », a déclaré le chef de la diplomatie russe. Moscou espérait parvenir à un résultat et engranger les dividendes diplomatiques de son implication dans le dossier libyen. Pour autant, la Russie ne renonce pas et « va poursuivre ses efforts » en vue d’un règlement politique et pacifique de la crise libyenne, a déjà annoncé Sergueï Lavrov.

Du côté du ministère russe de la Défense on se montre résolument optimiste : « Le principal résultat de la réunion » peut-on lire dans un communiqué publié ce mardi, « a été la conclusion d’un accord de principe pour maintenir indéfiniment la cessation des hostilités ». Et d’ajouter que le maréchal Haftar souhaitait un délai de réflexion supplémentaire, de deux jours, pour recueillir l’avis de ses alliés sur le terrain. Lundi soir, les autorités russes avaient pourtant évoqué un délai de réflexion beaucoup plus court. Dans la presse russe, des experts saluent tout de même des signes encourageants puisqu’une discussion indirecte a tout de même été engagée entre les deux protagonistes.

« Nous allons poursuivre nos efforts dans cette direction. Pour le moment, le résultat final n’est pas atteint. Mais nous avons l’intention de combiner tous les efforts, ceux des pays européens, des pays voisins de la Libye, de la Turquie et de la Russie pour agir ensemble dans la même direction. Et pour encourager toutes les parties libyennes à se mettre d’accord, à poursuivre le dialogue sans recourir à la force ». Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe

« Nous n'hésiterons jamais à infliger à Haftar la leçon qu'il mérite »

Malgré ces déclarations, la séquence diplomatique initiée la semaine dernière par Moscou et Ankara s’achève sur une impression pour le moins confuse, et bien peu encourageante. D'ailleurs, la réaction turque ne s’est pas fait attendre. « Nous n'hésiterons jamais à infliger au putschiste Haftar la leçon qu'il mérite s'il poursuit ses attaques contre l'administration légitime et contre nos frères en Libye », a déclaré le président Erdogan dans un discours devant les députés de son parti, avant d’assurer ne « pas avoir été surpris » par le refus de Khalifa Haftar. Néanmoins, l’échec de Moscou est d’autant plus embarrassant que le président turc s’était montré très optimiste la veille.

Le chef de l’État a estimé que la Turquie avait « tenu ses promesses », que le gouvernement de Tripoli avait eu une attitude « constructive » et qu’il revenait désormais à la Russie de convaincre le chef militaire de l’Est libyen. « La suite appartient à monsieur Poutine et à son équipe », a dit Recep Tayyip Erdogan. Le président turc a toutefois confirmé sa présence à la conférence de Berlin pour la paix en Libye, qui se tiendra dimanche, avant de regretter que la Tunisie et le Qatar en aient été exclus.


■ [Analyse] « Haftar estime que le champ de bataille lui offre des perspectives plus prometteuses »

Comment expliquer cette « rebuffade » d'Haftar' ? Que nous dit-elle de sa relation avec Moscou et du jeu des Russes dans ce dossier ? Florence Morice a posé la queston à Igor Delanoe, directeur-adjoint de l'Observatoire franco-russe, en charge du Moyen-Orient.

« Sur le champ de bataille, Haftar continue d’avoir la main haute. Il a pris Syrte, il y a quelques jours, sans pratiquement tirer un coup de feu ». Igor Delanoe

Source : RFI

 

Washington veut réduire sa présence militaire en Afrique et au Proche-Orient

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À Pau, les dirigeants des pays participants au sommet du G5 Sahel ont tenu à exprimer, dans un communiqué commun, leur « reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les États-Unis et ont exprimé le souhait de sa continuité ». Ces propos font suite à l’annonce d’une réduction des forces américaines en Afrique et au Proche-Orient par le général Milley, chef d’état-major des armées américaines, qui est ce mardi et ce mercredi à Bruxelles pour une réunion du comité militaire de l’Otan avec ses homologues.

Le général d’armée Mark Milley confirme des indications de plus en plus convergentes depuis le mois de décembre : les ressources militaires des États-Unis pour l’Afrique et le Proche-Orient pourraient être d’abord réduites puis rapatriées ou redéployées vers le Pacifique.

Le chef d’état-major des armées, au sommet de la hiérarchie militaire des États-Unis, affirme que toutes les options envisagées l’ont été en concertation avec les alliés.

Ce n'est pas du tout une surprise...

Le commandement militaire américain pour l’Afrique, Africom, a été créé en 2007. Son état-major est en Allemagne, mais sept mille hommes sont stationnés en Afrique dont la moitié à Djibouti. Deux mille autres soldats sont déployés dans des missions de formation au bénéfice d’armées nationales. Parmi les projets à l’étude pourrait figurer la fermeture de l’imposante base de drones de l’armée de l’Air américaine à Agadez, au Niger.

La motivation des États-Unis serait de réorienter les forces pour faire face à la Chine et à la Russie. Ces deux pays sont pourtant de plus en plus en plus présents en Afrique, avec par exemple le contingent chinois à Djibouti ou les militaires russes en Centrafrique.

Ca ne pourrait que laisser un trou parce qu'il y a des moyens américains qui ne sont pas facilement remplaçables...

Ce possible retrait américain est un véritable sujet d’inquiétude à Paris et dans les capitales des pays sahéliens. C’est pourquoi, dans la déclaration conjointe, les six présidents ont exprimé « leur reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les États-Unis ». Des chefs d’État qui ont dit souhaiter la poursuite de l’engagement américain dans la région.

« Si les Américains décidaient de se retirer de l’Afrique, ce serait une mauvaise nouvelle pour nous, a déclaré le président français, Emmanuel Macron. J’espère pouvoir convaincre le président Trump que la lutte contre le terrorisme, dans laquelle il est profondément engagé, se joue aussi dans cette région. »

Paris tente déjà, depuis des semaines, de convaincre Washington de rester sur place. « Des messages sont passés à tous les niveaux », confie une source à l’Élysée, car l’appui fourni par les États-Unis en matière de renseignement et de ravitaillement en vol est essentiel pour Barkhane. Des capacités qui seraient pour certaines impossibles à trouver chez les autres partenaires, précise-t-on dans l’entourage du président français.

Source : RFI

 

Impeachment de Trump: L'acte d'accusation transmis au Sénat la semaine prochaine, ouvrant la voie au procès

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Impeachment de Trump: L'acte d'accusation transmis au Sénat la semaine prochaine, ouvrant la voie au procès20 Minutes - On sort enfin de l’impasse. Vendredi, la patronne des démocrates à la Chambre a donné son feu vert pour envoyer les articles d’impeachment visant Donald Trump au Sénat la semaine prochaine.

Le procès du président américain devrait donc s’ouvrir dans la foulée, et sans doute durer plusieurs semaines. Donald Trump devrait échapper à une destitution, protégé par la majorité républicaine au Sénat. Mais la bataille pour auditionner des témoins-clés comme l’ex-conseiller de la Maison Blanche John Bolton s’annonce féroce.

Les démocrates doivent se réunir mardi pour décider de la marche à suivre. Ils doivent encore choisir une demi-douzaine de « managers de la Chambre », qui joueront le rôle des procureurs, et voter pour transmettre au Sénat les deux articles d’impeachment visant Trump pour « abus de pouvoir » et « entrave au Congrès ».

Les règles décidées plus tard par un vote

Sur le papier, le chef de file des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a eu gain de cause : le procès va démarrer sans qu’il se soit engagé à autoriser l’audition de nouveaux témoins. Mais en jouant la montre, Nancy Pelosi a réussi à mettre la pression sur le Sénat, et John Bolton a annoncé à la surprise générale qu’il était d’accord pour témoigner s’il était convoqué.

Il suffit d’un vote à la majorité simple pour établir les règles du procès. Avec 47 voix sur 100, les démocrates auront donc besoin de l’aide de quatre républicains pour obtenir gain de cause. « Bien sûr que je veux entendre John Bolton », a fait savoir Mitt Romney, qui ne porte pas vraiment Donald Trump dans son cœur. Deux autres sénatrices modérées, Susan Collins et Lisa Murkowski, qui avaient voté avec les démocrates pour sauver la réforme de la santé de Barack Obama, semblent également ouvertes à cette éventualité. En cas d’égalité 50-50, ce serait le chef de la Cour suprême, John Roberts, qui présidera les débats, qui serait amené à trancher.

John Bolton, témoin-clé

Les démocrates avaient demandé à entendre John Bolton et le chef de cabinet de Donald Trump, Mick Mulvaney, lors des auditions devant la Chambre, mais la Maison Blanche avait bloqué leur témoignage. Témoin central de l’affaire ukrainienne, John Bolton avait pris ses distances avec le blocage de l’aide militaire à l’Ukraine avant d’être limogé pour ses divergences avec Donald Trump, notamment sur la Corée du Nord.

Selon le témoignage de son ancienne adjointe Fiona Hill, Bolton avait notamment claqué la porte d’une réunion, indiquant ne pas vouloir prendre part à une « magouille », et comparé l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, envoyé en Ukraine pour chercher des informations compromettantes sur Joe Biden, de « grenade allait faire sauter tout le monde». John Bolton « dispose d’informations pertinentes », a récemment indiqué son avocat, sans donner davantage de précision. Des surprises ne sont pas exclues.

Source : 20 Minutes (France)

 

Iran: l'armée reconnaît avoir abattu le Boeing ukrainien par erreur

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mediaL'état-major des forces armées iraniennes a reconnu ce samedi 11 janvier qu'une « erreur humaine » était à l'origine de la catastrophe du Boeing 737-800 d'Ukraine International Airlines qui a coûté la vie à 176 personnes.

L'avion d'Ukraine International Airlines qui s'est écrasé mercredi en Iran avait survolé une zone située à proximité d'un site militaire sensible appartenant aux Gardiens de la révolution et a été abattu de manière accidentelle à cause d'une erreur humaine, a déclaré ce samedi l'armée iranienne.

L'appareil s'est écrasé avec 176 personnes à son bord quelques minutes après son décollage de l'aéroport international de Téhéran. Il n'y a eu aucun survivant.

Téhéran avait jusqu'à alors nié que le Boeing 737-800 de la compagnie ukrainienne avait été frappé par un missile iranien, comme l'affirmaient le Canada et les États-Unis.

La conséquence de « l'aventurisme des États-Unis »

Dans un communiqué relayé par la télévision publique, l'armée iranienne précise que les fautifs seront traduits devant un tribunal militaire et présente ses condoléances aux familles des victimes, qui sont pour la plupart des Iraniens et des Canadiens d'origine iranienne.

L'appareil s'est écrasé dans les heures qui ont suivi les attaques menées par l'Iran contre des bases irakiennes abritant des troupes américaines en représailles à l'assassinat par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani le 3 janvier.

Cet accident est la conséquence d'une erreur humaine et de « l'aventurisme des États-Unis », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif sur Twitter après la publication du communiqué de l'armée. « Nos profonds regrets, excuses et condoléances à notre peuple, aux familles de toutes les victimes et aux autres nations affectées », a-t-il ajouté.

Une « erreur impardonnable » pour Rohani

Le président de la République islamique s'est lui aussi exprimé sur Twitter. Il a déploré une « grande tragédie et une erreur impardonnable ».  Il a ajouté que l'Iran « regrettait profondément » d'avoir tiré par erreur contre l'appareil.

Le Canada, dont de nombreux resortissants se trouvaient à bord, a demandé par la voix de son Premier ministre Justin Trudeau « une enquête complète et approfondie ».  « Nous attendons de l'Iran (...) que les coupables soient traduits en justice » et « le paiement de compensations » a, quant à lui, réagi le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy sur Facebook.

La ministre française des Armées Florence Parly a estimé qu'il fallait « se saisir de ce moment pour redonner de l'espace à des discussions et des négociations » sur le nucléaire avec l'Iran.

Source : RFI (avec AFP)

 

Mort du sultan Qabous ben Saïd, transformateur d'Oman et discret diplomate

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mediaLe sultan Qabous ben Saïd, qui vient de mourir d’un cancer du côlon vendredi soir à l'âge de 79 ans, a dirigé son pays pendant un demi-siècle, transformant profondément le sultanat d’Oman. Au Moyen-Orient, il incarnait une forme de stabilité, non seulement du fait de la durée de son règne, mais par le souci qu’il a eu de maintenir des relations avec tous les pays de la région, qu’il s’agisse de l’Egypte de Sadate, de l’Irak de Saddam Hussein, d’Israël ou de la République islamique d’Iran, permettant souvent à des pays en conflit de se parler en toute discrétion.

Le 23 juillet 1970, Qabous ben Saïd, qui va avoir trente ans, renverse son père, le sultan Saïd ben Taymour, dans une révolution de palais avec l’appui des forces spéciales britanniques, les fameux SAS britanniques qui, dans le passé, avaient tant de fois conforté le trône de Saïd. On ne peut même pas dire que dans ce coup d’État, aucune goutte de sang n’a été versée : Saïd, dans un baroud d’honneur théâtral, se blesse lui-même en cherchant à prendre son pistolet pour résister.

En fait, il est probable que l’idée de renverser son père a été soufflée à Qabous par les Britanniques. La situation du sultanat les inquiète au plus haut point. Saïd ben Taymour, despote médiéval, maintient son pays dans un état d’arriération terrifiant : à sa chute, il n’existe qu’une clinique et qu’une seule école dans tout le sultanat, complètement fermé au monde extérieur. Il en résulte une situation sanitaire déplorable et un analphabétisme généralisé. Le sultan fait toutefois une exception à cette politique d’autarcie en envoyant son fils en 1958 se former à l’étranger dans la prestigieuse académie militaire britannique de Sandhurst. Les longues études du jeune Qabous creusent le fossé avec son père. Dès son retour en 1964, ce dernier l’assigne à résidence à Salalah, à la capitale du Dhofar, à côté du palais. Il y passe six ans, confiné dans une simple chambre. Sa mère, elle-même Dhofarie, vient de temps à autres réconforter Qabous et adoucir sa détention. Un vrai conte des Mille et une nuits en plein XXe siècle !

La guerre du Dhofar

Les seuls étrangers autorisés à résider dans le pays sont les soldats britanniques qui assurent la sécurité du sultanat de Mascate et d’Oman, et du sultan lui-même. La légende prétend même qu’il n’existe qu’un seul appareil téléphonique et que le sultan Saïd le garde sous clé ! En tout cas, le réseau téléphonique est effectivement embryonnaire à l’orée des années 70. Et, en application des lubies du souverain, les portes de la ville de Mascate, la capitale, sont fermées à la tombée de la nuit et les habitants ne peuvent sortir le soir que munis d’une lanterne à la hauteur du visage, sous peine d’être abattus par la police. Depuis 1964, la région du Dhofar, au sud-ouest du sultanat, est en proie à un soulèvement causé par l’extrême-pauvreté malgré la présence de pétrole ainsi que le mépris de la capitale pour les spécificités ethno-linguistiques des dhofaries. Mais rapidement, des puissances extérieures appuient la rébellion, d’abord l’Arabie saoudite, puis l’Egypte et enfin la Chine et l’Union soviétique. En Occident, on s’alarme des risques d’une poussée communiste dans la péninsule arabique, du fait de la politique rétrograde de Saïd ben Taymour.

Même relégué à Salalah, Qabous n’est pas aussi isolé que se l’imagine Saïd. Á Sandhurst, Qabous a noué d’utiles relations avec des officiers britanniques. Les autorités de Londres ont eu le temps d’évaluer et d’apprécier son intelligence et son ardeur au travail. Le Royaume-Uni commence à trouver pesant l’isolement imposé par le monarque à son pays. Certes, cet isolement a permis de tenir à l’écart la France au profit exclusif de la Grande-Bretagne, mais désormais, cet autocrate appartient vraiment trop au passé. Ils ne semblent pas avoir eu trop de mal à convaincre Qabous que l’avenir du sultanat passait par le renversement de son père.

Cooptation des anciens adversaires

A peine assis sur le trône, Qabous ne perd pas un instant pour rattraper le temps perdu. Son premier geste est de changer le nom du pays : le sultanat de Mascate et d’Oman devient le sultanat d’Oman pour affirmer l’unité du pays. Il met en chantier écoles et hôpitaux, et s’engage dans une lutte totale contre la rébellion du Dhofar, ouvertement soutenue par Pékin et Moscou. Pour ce faire, il s’appuie sur ses conseillers britanniques, sur des soldats jordaniens ainsi que des militaires iraniens dépêchés par le Shah en 1973. Deux ans plus tard, la révolte est écrasée. L’intelligence de Qabous est de coopter ses anciens ennemis en faisant preuve de magnanimité. Le Dhofar est désenclavé par la construction d’une autoroute Mascate Salalah d’un millier de kilomètres et les Dhofaris se taillent la part du lion dans les emplois administratifs de certains ministères, comme celui du pétrole. Son ministre des affaires étrangères emblématique nommé en 1982 est, lui aussi, dhofari. Le fait que Qabous lui-même soit à moitié dhofari par sa mère aide à la réconciliation.

Peu de dirigeants peuvent se targuer d’avoir façonné leur pays. C’est le cas de Qabous. En quelques années, la transformation du pays est spectaculaire. Jusqu’à ce jour, la propagande officielle parle de l’ère qui s’est ouverte en juillet 1970 comme de la nahda, la renaissance. Dans les rues, sur les immeubles, et dans les bureaux, partout s’affiche la figure paternelle et rassurante du sultan, le chef enturbanné au visage doux et régulier du teint cuivré de nombreux Omanais, riches d’une longue histoire de métissage entre Indiens, Arabes et Africains. Lorsqu’il arrive au pouvoir en 1970, qui aurait pu imaginer que s’ouvrait un règne de cinquante ans ? La population omanaise est jeune et aujourd’hui, bien peu ont connu d’autre souverain que Qabous.

« Un monarque absolu régnant par consensus »

Il veille à élargir la participation et la consultation, selon la tradition ibadite, mais à dose homéopathique. Il ne viendrait à l’idée de personne de parler de démocratisation, même si le conseil consultatif omanais institué dans les années 1990 est désormais élu depuis 2003. Mais le sultan est source de toute autorité et un observateur a pu le qualifier de « monarque absolu régnant par consensus ». Les opposants n’ont guère l’occasion de s’organiser : la police secrète, redoutablement efficace, s’occupe d’eux avant qu’ils aient pu représenter la moindre menace.

Sur le plan extérieur, la diplomatie omanaise est marquée par une très grande continuité selon un principe cardinal : Oman parle à tout le monde et ne rompt jamais ses relations. Seul dans le monde arabe, Qabous a gardé des liens avec Sadate après les accords de Camp David, après la chute de son allié le Shah d’Iran, il a noué des relations cordiales avec la République islamique, Oman n’a rompu ni avec l’Iran, ni avec l’Irak, ni même avec le Qatar malgré la pression de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Qabous a reçu deux Premiers ministres israéliens tout en gardant des liens étroits avec les Palestiniens. Alors que le Sud Yémen avait servi de base arrière à la guérilla dhofarie, Qabous a accueilli les anciens dirigeants sud-yéménites fuyant leur ancien pays. Certains d’entre eux ont même pris la nationalité omanaise, tout comme la fille adoptive de l’ancien dictateur libyen Kadhafi. Enfin, c’est en Oman que se sont, dix-huit mois durant, rencontrés en secret des diplomates iraniens et américains, ce qui a permis la signature de l’accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015.

Les deux enveloppes

Qabous, qui n’a été marié que trois ans, n’a pas d’enfant. Sans doute pour ne pas susciter des vocations de putschiste dans ce pays qui a connu cinq coups d’État familiaux en un siècle (y compris le sien) et pour conserver jusqu’au bout l’intégralité de son pouvoir, il s’est abstenu de désigner un prince héritier, faisant savoir que si le conseil de famille ne parvenait pas à lui trouver un successeur en trois jours, il avait inscrit un nom dans deux enveloppes, l’une conservée à Mascate et l’autre à Salalah. De ce fait même, il rassurait ceux qui se seraient inquiétés d’une crise de succession à son décès. Jusqu’au bout, Qabous est resté maître de son destin et de celui du sultanat dont il a pris la responsabilité depuis le renversement de son père, voici un demi-siècle.

Ce samedi 11 janvier, Haitham ben Tarek, ministre du Patrimoine et de la Culture et cousin du défunt sultan Qabous, a a prêté serment comme nouveau sultan d'Oman, a annoncé le gouvernement.

Source : RFI

 

Tirs de missiles iraniens en Irak: guerre de communiqués et de déclarations

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media Nouvelle escalade, dans la nuit, de la tension au Moyen-Orient avec des tirs de missiles iraniens sur deux bases accueillant des soldats américains en Irak. L'Iran et l'Irak avancent des bilans contradictoires dans une guerre de communiqués. Dans l'attente de la réponse annoncée du président américain, qui prendra la parole plus tard dans la journée, ce mercredi 8 janvier, l'Irak craint de redevenir le théâtre d'un grave conflit armé.

La télévision iranienne annonçait ce matin que les frappes iraniennes - 15 missiles qui n'ont pas été interceptés - ont tué 80 « terroristes américains ».  Selon une source des Gardiens de la Révolution, rapportée par notre correspondant Siavosh Ghazi, 104 cibles avaient été identifiées pour une riposte si les Américains attaquaient l’Iran à leur tour. Cent quatre, c’est deux fois plus que le nombre de cibles avancé par le président américain, qui avait parlé de 52 cibles en Iran.

Les Gardiens de la Révolution indiquent dans un communiqué que si les États-Unis ripostaient à l’attaque iranienne, ils lanceront une attaque encore plus importante contre les intérêts américains dans la région.

De son côté, le commandement militaire irakien annonce que 22 missiles se sont abattus sur deux bases sur son sol (Aïn al-Assad et Erbil) sans faire de « victime parmi les forces irakiennes ». « Il n'y a eu aucune victime dans les rangs des forces irakiennes », précise le communiqué du commandement militaire irakien publié sept heures après l'attaque menée par Téhéran.

Une guerre de communiqués compréhensible, nous explique le chercheur Vincent Eiffling, invité sur notre antenne ce matin. « Il faut bien comprendre que la télévision d’État iranienne et les médias iraniens d’une manière générale, sont habitués à une certaine dose de désinformation. Donc, je dirais qu’il faut prendre leurs déclarations avec retenue. Maintenant, les officiels irakiens, puisqu’il y avait aussi des soldats irakiens présents sur ces bases, ont évoqué le fait qu’il n’y avait pas de victime parmi le personnel irakien présent sur ces bases. Il faudra attendre les déclarations de Washington quant au bilan pour savoir exactement ce qu’il en est. »

Les dignitaires iraniens multiplient les déclarations

L'Iran explique que ces missiles tirés cette nuit -symboliquement à l'heure précise à laquelle le général Qassem Soleimani a été tué par une frappe américaine le 3 janvier- constituent la riposte annoncée. Ces tirs sont « une gifle à la face » des Américains, a déclaré le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a pris la parole devant plusieurs centaines de personnes. Il a appelé à mettre fin à la présence corrompue des Etats-Unis dans la région.

Le président iranien Hassan Rohani est allé dans le même sens. S’adressant aux Américains, il a déclaré lors du conseil des ministres : « Vous avez coupé la main de Qassem Souleimani, il sera mis fin à votre présence dans toute la région ». Il faisait allusion à des images et des photos qui ont circulé avec notamment la main coupée de Qassem Souleimani, portant une bague censée l’identifier.

De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, cite la Charte des Nations unies qui mentionne le droit à la légitime défense si un pays est attaqué. « Nous ne cherchons ni l'escalade ni la guerre mais nous nous défendrons contre toute agression », poursuit M. Zarif.

La suite viendra, ou pas, de Washington

C'est désormais à Washington que la suite va se décider. Escalade ou pas... Donald Trump a annoncé qu'il s'exprimerait ce mercredi, après avoir publié un tweet rassurant : « Jusqu'ici, tout va bien ». Donald Trump « savait très bien que les Iraniens allaient répondre, poursuit Vincent Eiffling, chercheur associé au Centre d'étude des crises et des conflits internationaux à l'université catholique de Louvain. Maintenant, je pense qu’ils sont toujours occupés à faire le bilan exact de ces frappes et de voir aussi quelle va être la réponse américaine. »

Une réponse qui devrait être proportionnelle au bilan humain. « Des victimes humaines importantes, cela engendre généralement un impact émotionnel plus important que des dégâts uniquement matériels ou des dégâts humains très limités. Donc je pense qu’il faudra vraiment attendre le bilan humain avec les déclarations venant du côté de Washington pour avoir une idée de ce qui va se passer par la suite », conclut Vincent Eiffling.

Les premières réactions aux frappes iraniennes

En Israël, pays ciblé par les déclarations du chef des Gardiens de la révolution, Benyamin Netanyahu a vigoureusement réagi ce mercredi. « Quiconque essaie de nous attaquer doit s'attendre à la réponse la plus forte », a lancé le chef du gouvernement qui soutient « intégralement » l’initiative américaine d’éliminer la semaine dernière le général Soleimani.

Du côté de Bruxelles, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a qualifié mercredi de « nouvel exemple d'escalade » les frappes iraniennes sur des bases en Irak. « L'usage des armes doit cesser pour laisser place au dialogue », a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent se retrouver demain jeudi sur ce dossier.

Londres a « condamné » aussi les attaques iraniennes en Irak « imprudentes et dangereuses » contre des bases de la coalition, incluant des forces britanniques.

La France ne compte pas retirer ses 160 soldats déployés en Irak après les frappes iraniennes de la nuit, a-t-on appris de source
gouvernementale à Paris. Aucun militaire français déployé en Irak n'a été touché par les frappes iraniennes déclenchées dans la nuit de mardi à mercredi, a cependant déclaré un porte-parole de l'état-major des armées françaises.

Source : RFI

 

Donald Trump menace l'Iran de représailles et l'Irak de sanctions

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Donald Trump menace l'Iran de réprésailles et l'Irak de sanctionsFrance24 - Le président des États-Unis Donald Trump a menacé l'Iran de représailles majeures et l'Irak de sanctions après un vote du Parlement réclamant l'expulsion des troupes américaines de ce pays.

Le ton monte chaque jour entre les États-Unis et l'Iran. La mort du général iranien Qassem Soleimani, vendredi, dans une frappe américaine en Irak fait craindre un embrasement au Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump menace de nouvelles représailles.

Depuis l'avion présidentiel Air Force One qui le ramenait à Washington après deux semaines de vacances en Floride, le locataire de la Maison Blanche n'a rien fait, dimanche 5 janvier, pour apaiser les inquiétudes.

Interrogé sur l'attitude de Téhéran, qui crie "vengeance" et promet une riposte "militaire", il a opté pour un ton très dur : "S'ils font quoi que ce soit, il y aura des représailles majeures". Le tempétueux président a par ailleurs maintenu sa menace de détruire des sites culturels iraniens. "Ils ont le droit de tuer nos ressortissants (...) et nous n'avons pas le droit de toucher leurs sites culturels ? Cela ne marche pas comme ça", a-t-il lancé.

Des tirs de roquettes

Dimanche soir, comme la veille, des roquettes se sont abattues près de l'ambassade américaine dans la Zone verte de Bagdad, sans faire de victimes, selon des témoins. Depuis plus de deux mois, des dizaines de roquettes ont frappé des zones où se trouvent diplomates et militaires américains en Irak, tuant un sous-traitant américain fin décembre.

Les assassinats du général Soleimani et d'Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition irakienne de paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces de sécurité, ont créé un consensus rare contre les États-Unis en Irak, secoué depuis des mois par une révolte notamment contre la mainmise de l'Iran.

Au Parlement, en l'absence des députés kurdes et de la plupart des députés sunnites, de nombreux élus ont scandé "Non à l'Amérique !". Le chef du Parlement Mohammed al-Halboussi a ensuite lu une décision qui "contraint le gouvernement à préserver la souveraineté du pays en retirant sa demande d'aide" au Conseil de sécurité de l'ONU pour combattre le groupe jihadiste État islamique (EI), et donc à retirer son invitation à la coalition internationale. Cette dernière a déjà dit avoir "suspendu" le combat contre l'EI, car elle se consacre désormais "totalement" à la protection de ses troupes.

"Nous ne partirons pas s'ils ne nous remboursent pas!"

Quelque 5 200 soldats américains sont actuellement stationnés en Irak. Si le vote a été salué par l'Iran, Donald Trump a très vivement réagi, évoquant la possibilité d'imposer des sanctions "très fortes" à l'encontre de Bagdad. "S'ils nous demandent effectivement de partir, si nous ne le faisons pas sur une base très amicale, nous leur imposerons des sanctions comme ils n'en ont jamais vu auparavant", a-t-il lancé. "Nous avons une base aérienne extraordinairement chère là-bas. Elle a coûté des milliards de dollars à construire. Nous ne partirons pas s'ils ne nous remboursent pas !", a-t-il martelé.

Les Brigades du Hezbollah, la faction la plus radicale du Hachd, avaient appelé samedi les soldats irakiens à s'éloigner "d'au moins 1 000 mètres" des sites où sont présents des soldats américains à partir de dimanche soir, sous-entendant que ces sites pourraient être la cible d'attaques. Le mouvement chiite libanais Hezbollah, dont les hommes sont engagés en Syrie auprès du régime de Bachar al-Assad et de son allié iranien, a affirmé de son côté que l'armée américaine "paierait le prix de l'assassinat" de Soleimani.

Face à la montée des tensions, Washington a annoncé récemment le déploiement de 3 000 à 3 500 soldats supplémentaires dans la région.

Dénonçant des "violations de la souveraineté de l'Irak", Bagdad a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur américain et porté plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU. Les morts de Soleimani et Mouhandis ont suscité une immense émotion en Irak et en Iran.

Dimanche, une marée humaine d'hommes et de femmes en pleurs criant "Mort à l'Amérique" a déferlé dans plusieurs villes d'Iran, notamment la cité sainte chiite de Machhad où le cercueil de Soleimani est arrivé.

Avec AFP
Source : France24

 

Le chef de l’ONU met en garde la Turquie contre l’envoi de troupes en Libye

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Le chef de l’ONU met en garde la Turquie contre l’envoi de troupes en LibyeLe Monde - Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est en proie à des luttes d’influence.

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a affirmé vendredi 3 janvier, sans mentionner explicitement la Turquie, que « tout soutien étranger aux parties en guerre » en Libye « ne fera[it] qu’aggraver un conflit et compliquer les efforts pour une solution pacifique ».

Visant clairement une éventuelle intervention militaire turque en Libye en soutien au gouvernement d’union nationale (GNA) installé à Tripoli, Antonio Guterres souligne dans un communiqué que « les violations continues de l’embargo sur les armes imposé par le Conseil de sécurité ne font qu’empirer les choses ».

Violations de l’embargo

Dans un récent rapport, des experts de l’ONU chargés de contrôler l’application de cet embargo instauré en 2011, la Turquie, au profit du GNA, comme la Jordanie et les Emirats Arabes unis, pour le compte du maréchal Khalifa Haftar, qui cherche depuis avril à s’emparer de Tripoli, sont accusés de multiples violations. « Un strict respect de l’embargo est essentiel pour créer un environnement favorable à la cessation des hostilités », insiste Antonio Guterres, en renouvelant « ses appels à un cessez-le-feu immédiat en Libye et au retour au dialogue politique par toutes les parties ».

Les députés turcs ont approuvé jeudi une motion permettant au président, Recep Tayyip Erdogan, d’envoyer des militaires en Libye pour soutenir le GNA, dont les troupes combattent les forces du maréchal Haftar.

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est en proie à des luttes d’influence. Deux autorités se disputent son contrôle : le GNA, reconnu par l’ONU, et un gouvernement et un Parlement dans l’Est libyen, acquis au maréchal Haftar.

Le Monde avec AFP
Source : Le Monde (France)

 

 

 

Mort de Soleimani: «L'escalade militaire toujours dangereuse», dit Paris

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mediaLa France tout comme la Chine appelle au calme et à la « stabilité », alors que le général iranien Qassem Soleimani a été tué par les États-Unis à Badgad dans une frappe qui a tué au moins huit personnes.

La France a plaidé vendredi 3 janvier pour la « stabilité » au Moyen-Orient, après la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué dans la nuit de jeudi à vendredi par une frappe américaine à Bagdad. Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux Affaires européennes, a estimé que « l'escalade militaire [était] toujours dangereuse ». « Quand de telles opérations ont lieu, on voit bien que l'escalade est en marche alors que nous souhaitons avant tout la stabilité et la désescalade », a-t-elle ajouté.

« Une agression contre l'Irak »

Le Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a estimé ce vendredi 3 janvier que le raid américain qui a tué le général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant en Irak Abou Mehdi al-Mouhandis allait « déclencher une guerre dévastatrice en Irak ».

« L'assassinat d'un commandant militaire irakien occupant un poste officiel est une agression contre l'Irak, son État, son gouvernement et son peuple », affirme M. Abdel Mahdi dans un communiqué, alors qu'Abou Mehdi al-Mouhandis est le numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran intégrée à l'Etat.

« Régler ses comptes contre des personnalités dirigeantes irakiennes ou d'un pays ami sur le sol irakien [...] constitue une violation flagrante des conditions autorisant la présence des troupes américaines », continue le chef d'État démissionnaire irakien dans le communiqué.

« On est passé très vite à une escalade incontrôlable ». Robert Malley, Président de l'International Crisis Group et ancien conseiller de Barack Obama pour le Proche-Orient

La Syrie dénonce une lâche agression

Le pouvoir syrien a dénoncé vendredi la « lâche agression américaine » qui a tué en Irak le général iranien Qassem Soleimani et un influant commandant irakien, y voyant une « grave escalade » pour le Moyen-Orient, a rapporté l'agence officielle Sana.

La Syrie est certaine que cette « lâche agression américaine [...] ne fera que renforcer la détermination à suivre le modèle de ces chefs de la résistance », souligne une source du ministère des Affaires étrangères à Damas citée par Sana.

La Chine appelle au calme

La Chine a fait aussi part de sa « préoccupation » et appelle au « calme » après un raid en Irak revendiqué par Washington qui a coûté la vie notamment au puissant général iranien Qassem Soleimani. « Nous demandons instamment à toutes les parties concernées, en particulier aux États-Unis, de garder leur calme et de faire preuve de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions », a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

Une frappe qui va accroître les tensions pour Moscou

La Russie a mis en garde vendredi contre les conséquences de l'assassinat ciblé à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani, une frappe américaine « hasardeuse » qui va se traduire par un « accroissement des tensions dans la région ».

« L'assassinat de Soleimani (...) est un palier hasardeux qui va mener à l'accroissement des tensions dans la région », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, cité par les agences RIA Novosti et TASS. « Soleimani servait fidèlement les intérêts de l'Iran. Nous présentons nos sincères condoléances au peuple iranien », a-t-il ajouté.

Au Liban, le Hezbollah promet un « juste châtiment »

Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, grand allié de l'Iran, a promis de son côté « le juste châtiment » aux « assassins criminels » responsables de la mort du général iranien.

Source : RFI (avec AFP)

 

Turquie: le Parlement autorise Erdogan à déployer l'armée en Libye

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Turquie: le Parlement autorise Erdogan à déployer l'armée en LibyeLa Croix - Les députés turcs ont approuvé jeudi une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d'envoyer des militaires en Libye pour soutenir le gouvernement reconnu par l'ONU, une mesure qui risque d'aggraver le conflit fratricide qui déchire ce pays.

Lors d'une session parlementaire extraordinaire, 325 députés ont voté pour et 184 contre ce texte qui donne à l'armée turque un mandat pour intervenir en Libye, valable pendant un an, a indiqué le président de l'Assemblée nationale turque Mustafa Sentop.

Reste à savoir désormais si le président Erdogan, à qui il appartient de décider, va effectivement dépêcher des troupes dans ce pays séparé de la Turquie par la Méditerranée, ou si le soutien militaire prendra une autre forme, comme l'envoi de «conseillers».

Le gouvernement turc affirme agir en réponse à un appel à l'aide du Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, confronté à une offensive de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui s'efforce de prendre Tripoli.

L'envoi de troupes turques en Libye risquerait d'aggraver les conflits fratricides qui déchirent ce pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, alimentés par des puissances régionales.

La Libye est en effet devenue le théâtre d'une lutte d'influence entre deux camps: d'un côté, la Turquie et le Qatar, qui appuient le GNA; de l'autre, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l'Egypte, qui soutiennent les forces de Haftar.

Le vote du Parlement turc jeudi s'inscrit dans le cadre d'un rapprochement entre Ankara et le GNA, illustré par un accord de coopération militaire et sécuritaire et un accord controversé de délimitation maritime conclus fin novembre entre MM. Erdogan et Sarraj.

Le chef de l'Etat turc a plusieurs fois déclaré que son pays était déterminé à aider militairement le GNA de M. Sarraj, reconnu par les Nations unies, mais n'a pas clairement affirmé que des troupes combattantes turques seraient déployées.

Mercredi, le vice-président turc Fuat Oktay a affirmé que l'armée turque était «prête» mais a souligné que la nature et l'ampleur du déploiement seraient déterminées par «les développements au sol».

- Dissuasion -

M. Oktay a ajouté qu'Ankara espérait que l'adoption du texte jeudi aurait un effet dissuasif. «Après le vote, si l'autre camp (pro-Haftar) change d'attitude et dit +On se retire, on arrête l'offensive+, alors pourquoi y aller?», a-t-il ainsi déclaré.

Les principaux partis d'opposition ont voté contre le texte adopté jeudi, arguant qu'une intervention en Libye pourrait déstabiliser la région et entraîner la Turquie, qui a perdu plusieurs dizaines de soldats en Syrie, dans un nouveau bourbier.

Outre les difficultés propres au déploiement de troupes dans un pays qui n'est pas frontalier, contrairement à la Syrie où Ankara intervient actuellement, un déploiement en Libye s'accompagnerait d'un risque d'incident avec la Russie.

Même si Moscou dément, l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, et le président Erdogan affirment que des mercenaires russes sont engagés aux côtés des forces de Haftar qui s'efforcent depuis avril de s'emparer de Tripoli.

Le président Vladimir Poutine doit se rendre mercredi en Turquie pour inaugurer un gazoduc avec son homologue turc, l'occasion pour les deux dirigeants de parler du dossier libyen.

Le soutien de la Turquie à M. Sarraj s'inscrit dans le cadre de l'affirmation croissante d'Ankara en Méditerranée orientale, théâtre d'une course aux forages d'hydrocarbures avec la découverte d'importants gisements ces dernières années.

En raison de l'accord maritime conclu en novembre qui étend considérablement son plateau continental, la Turquie a plus que jamais besoin du GNA pour faire valoir ses revendications en Méditerranée orientale où plusieurs pays comme la Grèce, Chypre et l'Egypte font front commun face aux initiatives turques.

Les accords signés entre Ankara et Tripoli représentent une «nette escalade du conflit», a estimé M. Salamé dans un entretien publié cette semaine dans le quotidien français Le Monde.

Le vote au Parlement turc était initialement prévu la semaine prochaine mais le gouvernement a décidé de l'avancer en raison des difficultés rencontrées par le GNA à Tripoli, où l'offensive des forces pro-Haftar a redoublé d'intensité.

La banlieue sud de la capitale libyenne est régulièrement bombardée et trois civils y ont été tués mercredi, d'après le GNA.

AFP
Source : La Croix (France)

 

Accord Tripoli-Ankara : le chef de la diplomatie grecque chez Haftar puis au Caire

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Accord Tripoli-Ankara : le chef de la diplomatie grecque chez Haftar puis au CaireLe Point - Le chef de la diplomatie grecque Nikos Dendias s'est rendu dimanche au Caire après une visite-éclair dans l'est de la Libye, où il a rencontré le maréchal Khalifa Haftar, sur fond de tensions après la signature d'un accord maritime entre la Turquie et le gouvernement de Tripoli.

Selon l'agence de presse grecque ANA, M. Dendias était en outre attendu en soirée à Larnaca (Chypre) pour des entretiens avec son homologue chypriote Nikos Christodoulidis.

Ce périple se déroule alors que le gouvernement libyen d'union (GNA), basé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, a signé fin novembre deux accords controversés avec Ankara: l'un porte sur la coopération militaire que la Turquie pourrait apporter au GNA, et l'autre sur la délimitation maritime entre les deux pays.

Ce dernier accord a été condamné par Athènes qui y voit une "violation du droit maritime international et des droits souverains de la Grèce et d'autres pays", dont Chypre et l'Egypte.

Dans ce contexte, M. Dendias s'est rendu au quartier général du maréchal Haftar avec lequel il a évoqué ces deux accords "dénués de fondement", et contraires au droit international, selon un communiqué du ministère grec des Affaires étrangères.

Il s'est entretenu auparavant à l'aéroport de Benghazi avec deux responsables des autorités parallèles de l'est de la Libye, un pouvoir rival de celui du GNA: le chef de ce gouvernement, Abdallah Al-Thini, et son ministre des Affaires étrangères, Abdulhadi Al-Houeij.

Puis M. Dendias a redécollé à bord de son avion pour Le Caire où il s'est entretenu avec son homologue égyptien, Sameh Choukri, selon un responsable de l'aéroport du Caire.

Négociations en cours

Le gouvernement basé dans l'est libyen ne reconnait pas la légitimité de son rival, le GNA de Fayez al-Sarraj. Ce dernier fait face depuis avril à une offensive du maréchal Haftar sur la capitale libyenne.

L'accord signé avec Ankara permet à la Turquie d'étendre ses frontières maritimes dans une zone de Méditerranée orientale où d'importants gisements d'hydrocarbures ont été découverts ces dernières années.

Mais la Grèce a appelé le 10 décembre les Nations unies à condamner cet accord, qu'elle a qualifié de "perturbateur" pour la paix et la stabilité dans la région.

Dans une interview dimanche à l'hebdomadaire grec Real News, M. Dendias a cependant écarté que "la Turquie agisse de manière imprudente (...) car elle sera la seule perdante", selon lui.

Il a également noté que la Grèce est en négociations avec des pays voisins, comme l'Egypte et l'Italie, pour délimiter également les zones maritimes.

"La Grèce n'hésitera pas à défendre ses droits et intérêts souverains de quelque manière que ce soit, toujours dans le cadre de ses obligations constitutionnelles et du droit international", a-t-il encore affirmé.

L'accord de coopération militaire conclu entre Ankara et le GNA, qui fait figure de pendant de l'accord de délimitation maritime, ouvre la voie à une implication militaire turque accrue en Libye.

Les forces du maréchal Haftar accusent déjà la Turquie de fournir des armes et des conseillers militaires à leurs rivales du GNA. En juin, elles avaient menacé de s'en prendre aux intérêts turcs en Libye.

Samedi soir, les forces pro-Haftar ont annoncé avoir saisi un cargo turc battant pavillon de la Grenade au large de l'est de la Libye, pour procéder à sa fouille.


AFP
Source : Le Point (France)