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Politique dans le Monde

Mali: Christophe Bigot, en mission pour la France au Sahel, évoque «l'après Pau»

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Mali: Christophe Bigot, en mission pour la France au Sahel, évoque «l'après Pau»RFI Afrique - Christophe Bigot, l'envoyé spécial de la France pour le Sahel, séjourne à Bamako.

Dans la capitale malienne, il assistera notamment, dimanche 19 janvier, à la réunion de « relance » du comité de suivi de l'accord de paix d'Alger. Le vendredi 17 janvier, l'envoyé spécial de la France pour le Sahel, Christophe Bigot, a rencontré la presse nationale et internationale à Bamako pour parler notamment de « l'après Pau ».

En, d'autres termes, les actions en cours pour lutter efficacement contre le terrorisme au Sahel après la rencontre de Pau, une ville du sud-ouest de la France, entre le président français et ses homologues sahéliens.

« Lutter avec détermination contre le terrorisme »

« Tous ensemble, dit Christophe Bigot, nous allons lutter avec détermination contre le terrorisme. Aujourd’hui, l’armée malienne a réceptionné treize véhicules blindés de transport de troupes offerts par l’Union européenne. Donc, le renforcement des capacités militaires, c’est de la formation, c’est de l’équipement, c’est de l’armement, c’est très important. Il faut construire des routes, il faut construire des hôpitaux, et ça c’est l’alliance Sahel dont l’assemblée générale va se tenir à Nouakchott en février sous l’autorité de Jean-Yves Le Drian, mais qui vise essentiellement à faire plus, mais aussi à faire mieux pour répondre aux besoins des populations. »

« La situation est grave »

« Donc, c’est tout cela qui va être mis en œuvre après Pau, explique l'envoyé spécial de la France pour le Sahel. Les ministres des Affaires étrangères et des Armées doivent se réunir dans trois mois, puis, ensuite, dans six mois est prévu à Nouakchott un sommet des chefs d’États. On ne perd pas de temps, et on a un calendrier extrêmement serré. Pourquoi ? Parce que la situation est grave », conclut-il.

Source : RFI Afrique

 

Mali : Paris et Moscou s'opposent à une refonte de la Minusma réclamée par Washington

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Mali : Paris et Moscou s'opposent à une refonte de la Minusma réclamée par Washington RT France - Lors d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, la Russie et la France ont exprimé leur profond désaccord avec la proposition américaine de redéfinir les prérogatives de la mission onusienne chargée du maintien la paix au Mali (Minusma).

Les Etats-Unis ont réclamé le 15 janvier au Conseil de sécurité de l'ONU une refonte, couplée à une réduction, de la mission de paix de l'ONU au Mali (Minusma), une position rejetée par la France et la Russie. «Il est temps pour ce Conseil de commencer à développer une approche alternative pour faire face à l'instabilité croissante au Mali», a affirmé l'ambassadrice américaine adjointe à l'ONU, Cherith Norman Chalet.

«Nous devons reconnaître que les missions de maintien de la paix ne sont pas la réponse aux menaces terroristes croissantes au Mali», a-t-elle insisté.

Les Etats-Unis, qui réfléchissent actuellement à une réduction de leur présence militaire en Afrique, mettent régulièrement en cause depuis 2018 l'utilité de la Minusma, une force de 15 000 casques bleus dotée d'un budget annuel de 1,2 milliard de dollars et présente au Mali depuis 2013.

Cherith Norman Chalet a par ailleurs souligné que la Minusma devait cesser de soutenir l'application d'un accord de paix signé en 2015 et peu respecté par ses signataires. Elle devrait «se focaliser sur la protection des civils» et «la mission peut réduire sa taille», a estimé la diplomate. La représentante des Etats-Unis a réclamé «une nouvelle approche qui rompe avec le statu quo» d'ici juin, mois au cours duquel le mandat de la Minusma arrive à expiration.

Cherith Norman Chalet a également réclamé que l'ONU adopte des sanctions «contre les individus et entités issus de toutes les parties au conflit, incluant des responsables du gouvernement et des membres de groupes armés» qui contreviennent à l'accord de paix.

Nous continuerons à en avoir besoin et à la soutenir Avant la réunion du Conseil de sécurité, l'ambassadeur français à l'ONU, Nicolas de Rivière, avait souligné au contraire devant les médias que «la Minusma restait un outil très important». «Nous continuerons à en avoir besoin et à la soutenir», avait-il ajouté. De son côté, l'ambassadeur adjoint de la Russie à l'ONU, Dmitri Polianski, a rejeté catégoriquement devant le Conseil la demande américaine relative à la Minusma.

«Nous ne sommes pas disposés à examiner des options pour une révision sérieuse de ses paramètres de fonctionnement ou pour la réduction de sa présence», a-t-il martelé. Intervenant au nom du Niger, de l'Afrique du Sud et de la Tunisie, les trois membres africains du Conseil de sécurité, l'ambassadeur nigérien à l'ONU, Abdou Abarry, a salué pour sa part «les progrès» réalisés par le Mali.

Il a dans le même temps lancé «un appel aux partenaires bilatéraux et multilatéraux à renforcer leur soutien au gouvernement du Mali dans la mise en œuvre de l'accord de paix», demandant notamment «d'aider les forces de défense et de sécurité par le renforcement des capacités logistiques, opérationnelles et de renseignements».

Avec AFP
Source : RT France

 

Libye: le maréchal Haftar quitte la Russie sans signer d’accord de cessez-le-feu

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Cela ressemble de plus en plus à un échec : la diplomatie russe, qui s’était alliée pour l’occasion à la Turquie, n’a pas réussi à obtenir la signature du maréchal Haftar en vue d’un cessez-le-feu en Libye. En dépit de huit heures de négociations à Moscou en présence de Fayez el-Sarraj, le chef du gouvernement libyen basé à Tripoli, les négociations n’ont pas abouti.

L’homme fort de l’Est libyen aura fait planer le doute toute la nuit. Il a finalement quitté la capitale russe sans signer l’accord négocié d’arrache-pied lundi après-midi après huit heures de discussions. Des discussions qui ont tout de suite mal commencé, puisque les deux acteurs du conflit ont refusé de se parler directement. Ce qui a obligé les diplomates russes et turcs à effectuer des navettes entre les deux hommes et leurs délégations.

Le maréchal Haftar ne s’est pas exprimé publiquement. On ne sait pas donc officiellement pour quelle raison il a finalement rejeté le texte. Mais si l’on en croit les réactions sur les réseaux sociaux de son entourage, c’est le rôle joué par la Turquie dans ces négociations qui l’aurait poussé à rejeter l’accord. La Turquie a, en effet, récemment décidé d’envoyer des militaires en Libye pour soutenir Fayez el-Sarraj, le rival du maréchal Haftar. Autre point de blocage : la question du retrait des troupes déployées par le Khalifa Haftar autour de Tripoli, la capitale libyenne.

La Russie veut poursuivre ses efforts

Finalement, la médiation tentée par la Russie et par la Turquie se solde donc par un échec. Sergueï Lavrov l’a confirmé à demi-mot dans la matinée ce mardi. « Pour l’instant, aucun résultat définitif n’a été atteint », a déclaré le chef de la diplomatie russe. Moscou espérait parvenir à un résultat et engranger les dividendes diplomatiques de son implication dans le dossier libyen. Pour autant, la Russie ne renonce pas et « va poursuivre ses efforts » en vue d’un règlement politique et pacifique de la crise libyenne, a déjà annoncé Sergueï Lavrov.

Du côté du ministère russe de la Défense on se montre résolument optimiste : « Le principal résultat de la réunion » peut-on lire dans un communiqué publié ce mardi, « a été la conclusion d’un accord de principe pour maintenir indéfiniment la cessation des hostilités ». Et d’ajouter que le maréchal Haftar souhaitait un délai de réflexion supplémentaire, de deux jours, pour recueillir l’avis de ses alliés sur le terrain. Lundi soir, les autorités russes avaient pourtant évoqué un délai de réflexion beaucoup plus court. Dans la presse russe, des experts saluent tout de même des signes encourageants puisqu’une discussion indirecte a tout de même été engagée entre les deux protagonistes.

« Nous allons poursuivre nos efforts dans cette direction. Pour le moment, le résultat final n’est pas atteint. Mais nous avons l’intention de combiner tous les efforts, ceux des pays européens, des pays voisins de la Libye, de la Turquie et de la Russie pour agir ensemble dans la même direction. Et pour encourager toutes les parties libyennes à se mettre d’accord, à poursuivre le dialogue sans recourir à la force ». Sergueï Lavrov, le chef de la diplomatie russe

« Nous n'hésiterons jamais à infliger à Haftar la leçon qu'il mérite »

Malgré ces déclarations, la séquence diplomatique initiée la semaine dernière par Moscou et Ankara s’achève sur une impression pour le moins confuse, et bien peu encourageante. D'ailleurs, la réaction turque ne s’est pas fait attendre. « Nous n'hésiterons jamais à infliger au putschiste Haftar la leçon qu'il mérite s'il poursuit ses attaques contre l'administration légitime et contre nos frères en Libye », a déclaré le président Erdogan dans un discours devant les députés de son parti, avant d’assurer ne « pas avoir été surpris » par le refus de Khalifa Haftar. Néanmoins, l’échec de Moscou est d’autant plus embarrassant que le président turc s’était montré très optimiste la veille.

Le chef de l’État a estimé que la Turquie avait « tenu ses promesses », que le gouvernement de Tripoli avait eu une attitude « constructive » et qu’il revenait désormais à la Russie de convaincre le chef militaire de l’Est libyen. « La suite appartient à monsieur Poutine et à son équipe », a dit Recep Tayyip Erdogan. Le président turc a toutefois confirmé sa présence à la conférence de Berlin pour la paix en Libye, qui se tiendra dimanche, avant de regretter que la Tunisie et le Qatar en aient été exclus.


■ [Analyse] « Haftar estime que le champ de bataille lui offre des perspectives plus prometteuses »

Comment expliquer cette « rebuffade » d'Haftar' ? Que nous dit-elle de sa relation avec Moscou et du jeu des Russes dans ce dossier ? Florence Morice a posé la queston à Igor Delanoe, directeur-adjoint de l'Observatoire franco-russe, en charge du Moyen-Orient.

« Sur le champ de bataille, Haftar continue d’avoir la main haute. Il a pris Syrte, il y a quelques jours, sans pratiquement tirer un coup de feu ». Igor Delanoe

Source : RFI

 

Washington veut réduire sa présence militaire en Afrique et au Proche-Orient

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À Pau, les dirigeants des pays participants au sommet du G5 Sahel ont tenu à exprimer, dans un communiqué commun, leur « reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les États-Unis et ont exprimé le souhait de sa continuité ». Ces propos font suite à l’annonce d’une réduction des forces américaines en Afrique et au Proche-Orient par le général Milley, chef d’état-major des armées américaines, qui est ce mardi et ce mercredi à Bruxelles pour une réunion du comité militaire de l’Otan avec ses homologues.

Le général d’armée Mark Milley confirme des indications de plus en plus convergentes depuis le mois de décembre : les ressources militaires des États-Unis pour l’Afrique et le Proche-Orient pourraient être d’abord réduites puis rapatriées ou redéployées vers le Pacifique.

Le chef d’état-major des armées, au sommet de la hiérarchie militaire des États-Unis, affirme que toutes les options envisagées l’ont été en concertation avec les alliés.

Ce n'est pas du tout une surprise...

Le commandement militaire américain pour l’Afrique, Africom, a été créé en 2007. Son état-major est en Allemagne, mais sept mille hommes sont stationnés en Afrique dont la moitié à Djibouti. Deux mille autres soldats sont déployés dans des missions de formation au bénéfice d’armées nationales. Parmi les projets à l’étude pourrait figurer la fermeture de l’imposante base de drones de l’armée de l’Air américaine à Agadez, au Niger.

La motivation des États-Unis serait de réorienter les forces pour faire face à la Chine et à la Russie. Ces deux pays sont pourtant de plus en plus en plus présents en Afrique, avec par exemple le contingent chinois à Djibouti ou les militaires russes en Centrafrique.

Ca ne pourrait que laisser un trou parce qu'il y a des moyens américains qui ne sont pas facilement remplaçables...

Ce possible retrait américain est un véritable sujet d’inquiétude à Paris et dans les capitales des pays sahéliens. C’est pourquoi, dans la déclaration conjointe, les six présidents ont exprimé « leur reconnaissance à l’égard de l’appui crucial apporté par les États-Unis ». Des chefs d’État qui ont dit souhaiter la poursuite de l’engagement américain dans la région.

« Si les Américains décidaient de se retirer de l’Afrique, ce serait une mauvaise nouvelle pour nous, a déclaré le président français, Emmanuel Macron. J’espère pouvoir convaincre le président Trump que la lutte contre le terrorisme, dans laquelle il est profondément engagé, se joue aussi dans cette région. »

Paris tente déjà, depuis des semaines, de convaincre Washington de rester sur place. « Des messages sont passés à tous les niveaux », confie une source à l’Élysée, car l’appui fourni par les États-Unis en matière de renseignement et de ravitaillement en vol est essentiel pour Barkhane. Des capacités qui seraient pour certaines impossibles à trouver chez les autres partenaires, précise-t-on dans l’entourage du président français.

Source : RFI

 

Impeachment de Trump: L'acte d'accusation transmis au Sénat la semaine prochaine, ouvrant la voie au procès

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Impeachment de Trump: L'acte d'accusation transmis au Sénat la semaine prochaine, ouvrant la voie au procès20 Minutes - On sort enfin de l’impasse. Vendredi, la patronne des démocrates à la Chambre a donné son feu vert pour envoyer les articles d’impeachment visant Donald Trump au Sénat la semaine prochaine.

Le procès du président américain devrait donc s’ouvrir dans la foulée, et sans doute durer plusieurs semaines. Donald Trump devrait échapper à une destitution, protégé par la majorité républicaine au Sénat. Mais la bataille pour auditionner des témoins-clés comme l’ex-conseiller de la Maison Blanche John Bolton s’annonce féroce.

Les démocrates doivent se réunir mardi pour décider de la marche à suivre. Ils doivent encore choisir une demi-douzaine de « managers de la Chambre », qui joueront le rôle des procureurs, et voter pour transmettre au Sénat les deux articles d’impeachment visant Trump pour « abus de pouvoir » et « entrave au Congrès ».

Les règles décidées plus tard par un vote

Sur le papier, le chef de file des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a eu gain de cause : le procès va démarrer sans qu’il se soit engagé à autoriser l’audition de nouveaux témoins. Mais en jouant la montre, Nancy Pelosi a réussi à mettre la pression sur le Sénat, et John Bolton a annoncé à la surprise générale qu’il était d’accord pour témoigner s’il était convoqué.

Il suffit d’un vote à la majorité simple pour établir les règles du procès. Avec 47 voix sur 100, les démocrates auront donc besoin de l’aide de quatre républicains pour obtenir gain de cause. « Bien sûr que je veux entendre John Bolton », a fait savoir Mitt Romney, qui ne porte pas vraiment Donald Trump dans son cœur. Deux autres sénatrices modérées, Susan Collins et Lisa Murkowski, qui avaient voté avec les démocrates pour sauver la réforme de la santé de Barack Obama, semblent également ouvertes à cette éventualité. En cas d’égalité 50-50, ce serait le chef de la Cour suprême, John Roberts, qui présidera les débats, qui serait amené à trancher.

John Bolton, témoin-clé

Les démocrates avaient demandé à entendre John Bolton et le chef de cabinet de Donald Trump, Mick Mulvaney, lors des auditions devant la Chambre, mais la Maison Blanche avait bloqué leur témoignage. Témoin central de l’affaire ukrainienne, John Bolton avait pris ses distances avec le blocage de l’aide militaire à l’Ukraine avant d’être limogé pour ses divergences avec Donald Trump, notamment sur la Corée du Nord.

Selon le témoignage de son ancienne adjointe Fiona Hill, Bolton avait notamment claqué la porte d’une réunion, indiquant ne pas vouloir prendre part à une « magouille », et comparé l’avocat de Donald Trump, Rudy Giuliani, envoyé en Ukraine pour chercher des informations compromettantes sur Joe Biden, de « grenade allait faire sauter tout le monde». John Bolton « dispose d’informations pertinentes », a récemment indiqué son avocat, sans donner davantage de précision. Des surprises ne sont pas exclues.

Source : 20 Minutes (France)

 

Iran: l'armée reconnaît avoir abattu le Boeing ukrainien par erreur

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mediaL'état-major des forces armées iraniennes a reconnu ce samedi 11 janvier qu'une « erreur humaine » était à l'origine de la catastrophe du Boeing 737-800 d'Ukraine International Airlines qui a coûté la vie à 176 personnes.

L'avion d'Ukraine International Airlines qui s'est écrasé mercredi en Iran avait survolé une zone située à proximité d'un site militaire sensible appartenant aux Gardiens de la révolution et a été abattu de manière accidentelle à cause d'une erreur humaine, a déclaré ce samedi l'armée iranienne.

L'appareil s'est écrasé avec 176 personnes à son bord quelques minutes après son décollage de l'aéroport international de Téhéran. Il n'y a eu aucun survivant.

Téhéran avait jusqu'à alors nié que le Boeing 737-800 de la compagnie ukrainienne avait été frappé par un missile iranien, comme l'affirmaient le Canada et les États-Unis.

La conséquence de « l'aventurisme des États-Unis »

Dans un communiqué relayé par la télévision publique, l'armée iranienne précise que les fautifs seront traduits devant un tribunal militaire et présente ses condoléances aux familles des victimes, qui sont pour la plupart des Iraniens et des Canadiens d'origine iranienne.

L'appareil s'est écrasé dans les heures qui ont suivi les attaques menées par l'Iran contre des bases irakiennes abritant des troupes américaines en représailles à l'assassinat par les États-Unis du général iranien Qassem Soleimani le 3 janvier.

Cet accident est la conséquence d'une erreur humaine et de « l'aventurisme des États-Unis », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammed Javad Zarif sur Twitter après la publication du communiqué de l'armée. « Nos profonds regrets, excuses et condoléances à notre peuple, aux familles de toutes les victimes et aux autres nations affectées », a-t-il ajouté.

Une « erreur impardonnable » pour Rohani

Le président de la République islamique s'est lui aussi exprimé sur Twitter. Il a déploré une « grande tragédie et une erreur impardonnable ».  Il a ajouté que l'Iran « regrettait profondément » d'avoir tiré par erreur contre l'appareil.

Le Canada, dont de nombreux resortissants se trouvaient à bord, a demandé par la voix de son Premier ministre Justin Trudeau « une enquête complète et approfondie ».  « Nous attendons de l'Iran (...) que les coupables soient traduits en justice » et « le paiement de compensations » a, quant à lui, réagi le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy sur Facebook.

La ministre française des Armées Florence Parly a estimé qu'il fallait « se saisir de ce moment pour redonner de l'espace à des discussions et des négociations » sur le nucléaire avec l'Iran.

Source : RFI (avec AFP)

 

Mort du sultan Qabous ben Saïd, transformateur d'Oman et discret diplomate

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mediaLe sultan Qabous ben Saïd, qui vient de mourir d’un cancer du côlon vendredi soir à l'âge de 79 ans, a dirigé son pays pendant un demi-siècle, transformant profondément le sultanat d’Oman. Au Moyen-Orient, il incarnait une forme de stabilité, non seulement du fait de la durée de son règne, mais par le souci qu’il a eu de maintenir des relations avec tous les pays de la région, qu’il s’agisse de l’Egypte de Sadate, de l’Irak de Saddam Hussein, d’Israël ou de la République islamique d’Iran, permettant souvent à des pays en conflit de se parler en toute discrétion.

Le 23 juillet 1970, Qabous ben Saïd, qui va avoir trente ans, renverse son père, le sultan Saïd ben Taymour, dans une révolution de palais avec l’appui des forces spéciales britanniques, les fameux SAS britanniques qui, dans le passé, avaient tant de fois conforté le trône de Saïd. On ne peut même pas dire que dans ce coup d’État, aucune goutte de sang n’a été versée : Saïd, dans un baroud d’honneur théâtral, se blesse lui-même en cherchant à prendre son pistolet pour résister.

En fait, il est probable que l’idée de renverser son père a été soufflée à Qabous par les Britanniques. La situation du sultanat les inquiète au plus haut point. Saïd ben Taymour, despote médiéval, maintient son pays dans un état d’arriération terrifiant : à sa chute, il n’existe qu’une clinique et qu’une seule école dans tout le sultanat, complètement fermé au monde extérieur. Il en résulte une situation sanitaire déplorable et un analphabétisme généralisé. Le sultan fait toutefois une exception à cette politique d’autarcie en envoyant son fils en 1958 se former à l’étranger dans la prestigieuse académie militaire britannique de Sandhurst. Les longues études du jeune Qabous creusent le fossé avec son père. Dès son retour en 1964, ce dernier l’assigne à résidence à Salalah, à la capitale du Dhofar, à côté du palais. Il y passe six ans, confiné dans une simple chambre. Sa mère, elle-même Dhofarie, vient de temps à autres réconforter Qabous et adoucir sa détention. Un vrai conte des Mille et une nuits en plein XXe siècle !

La guerre du Dhofar

Les seuls étrangers autorisés à résider dans le pays sont les soldats britanniques qui assurent la sécurité du sultanat de Mascate et d’Oman, et du sultan lui-même. La légende prétend même qu’il n’existe qu’un seul appareil téléphonique et que le sultan Saïd le garde sous clé ! En tout cas, le réseau téléphonique est effectivement embryonnaire à l’orée des années 70. Et, en application des lubies du souverain, les portes de la ville de Mascate, la capitale, sont fermées à la tombée de la nuit et les habitants ne peuvent sortir le soir que munis d’une lanterne à la hauteur du visage, sous peine d’être abattus par la police. Depuis 1964, la région du Dhofar, au sud-ouest du sultanat, est en proie à un soulèvement causé par l’extrême-pauvreté malgré la présence de pétrole ainsi que le mépris de la capitale pour les spécificités ethno-linguistiques des dhofaries. Mais rapidement, des puissances extérieures appuient la rébellion, d’abord l’Arabie saoudite, puis l’Egypte et enfin la Chine et l’Union soviétique. En Occident, on s’alarme des risques d’une poussée communiste dans la péninsule arabique, du fait de la politique rétrograde de Saïd ben Taymour.

Même relégué à Salalah, Qabous n’est pas aussi isolé que se l’imagine Saïd. Á Sandhurst, Qabous a noué d’utiles relations avec des officiers britanniques. Les autorités de Londres ont eu le temps d’évaluer et d’apprécier son intelligence et son ardeur au travail. Le Royaume-Uni commence à trouver pesant l’isolement imposé par le monarque à son pays. Certes, cet isolement a permis de tenir à l’écart la France au profit exclusif de la Grande-Bretagne, mais désormais, cet autocrate appartient vraiment trop au passé. Ils ne semblent pas avoir eu trop de mal à convaincre Qabous que l’avenir du sultanat passait par le renversement de son père.

Cooptation des anciens adversaires

A peine assis sur le trône, Qabous ne perd pas un instant pour rattraper le temps perdu. Son premier geste est de changer le nom du pays : le sultanat de Mascate et d’Oman devient le sultanat d’Oman pour affirmer l’unité du pays. Il met en chantier écoles et hôpitaux, et s’engage dans une lutte totale contre la rébellion du Dhofar, ouvertement soutenue par Pékin et Moscou. Pour ce faire, il s’appuie sur ses conseillers britanniques, sur des soldats jordaniens ainsi que des militaires iraniens dépêchés par le Shah en 1973. Deux ans plus tard, la révolte est écrasée. L’intelligence de Qabous est de coopter ses anciens ennemis en faisant preuve de magnanimité. Le Dhofar est désenclavé par la construction d’une autoroute Mascate Salalah d’un millier de kilomètres et les Dhofaris se taillent la part du lion dans les emplois administratifs de certains ministères, comme celui du pétrole. Son ministre des affaires étrangères emblématique nommé en 1982 est, lui aussi, dhofari. Le fait que Qabous lui-même soit à moitié dhofari par sa mère aide à la réconciliation.

Peu de dirigeants peuvent se targuer d’avoir façonné leur pays. C’est le cas de Qabous. En quelques années, la transformation du pays est spectaculaire. Jusqu’à ce jour, la propagande officielle parle de l’ère qui s’est ouverte en juillet 1970 comme de la nahda, la renaissance. Dans les rues, sur les immeubles, et dans les bureaux, partout s’affiche la figure paternelle et rassurante du sultan, le chef enturbanné au visage doux et régulier du teint cuivré de nombreux Omanais, riches d’une longue histoire de métissage entre Indiens, Arabes et Africains. Lorsqu’il arrive au pouvoir en 1970, qui aurait pu imaginer que s’ouvrait un règne de cinquante ans ? La population omanaise est jeune et aujourd’hui, bien peu ont connu d’autre souverain que Qabous.

« Un monarque absolu régnant par consensus »

Il veille à élargir la participation et la consultation, selon la tradition ibadite, mais à dose homéopathique. Il ne viendrait à l’idée de personne de parler de démocratisation, même si le conseil consultatif omanais institué dans les années 1990 est désormais élu depuis 2003. Mais le sultan est source de toute autorité et un observateur a pu le qualifier de « monarque absolu régnant par consensus ». Les opposants n’ont guère l’occasion de s’organiser : la police secrète, redoutablement efficace, s’occupe d’eux avant qu’ils aient pu représenter la moindre menace.

Sur le plan extérieur, la diplomatie omanaise est marquée par une très grande continuité selon un principe cardinal : Oman parle à tout le monde et ne rompt jamais ses relations. Seul dans le monde arabe, Qabous a gardé des liens avec Sadate après les accords de Camp David, après la chute de son allié le Shah d’Iran, il a noué des relations cordiales avec la République islamique, Oman n’a rompu ni avec l’Iran, ni avec l’Irak, ni même avec le Qatar malgré la pression de l’Arabie saoudite et des Émirats arabes unis. Qabous a reçu deux Premiers ministres israéliens tout en gardant des liens étroits avec les Palestiniens. Alors que le Sud Yémen avait servi de base arrière à la guérilla dhofarie, Qabous a accueilli les anciens dirigeants sud-yéménites fuyant leur ancien pays. Certains d’entre eux ont même pris la nationalité omanaise, tout comme la fille adoptive de l’ancien dictateur libyen Kadhafi. Enfin, c’est en Oman que se sont, dix-huit mois durant, rencontrés en secret des diplomates iraniens et américains, ce qui a permis la signature de l’accord sur le nucléaire iranien en juillet 2015.

Les deux enveloppes

Qabous, qui n’a été marié que trois ans, n’a pas d’enfant. Sans doute pour ne pas susciter des vocations de putschiste dans ce pays qui a connu cinq coups d’État familiaux en un siècle (y compris le sien) et pour conserver jusqu’au bout l’intégralité de son pouvoir, il s’est abstenu de désigner un prince héritier, faisant savoir que si le conseil de famille ne parvenait pas à lui trouver un successeur en trois jours, il avait inscrit un nom dans deux enveloppes, l’une conservée à Mascate et l’autre à Salalah. De ce fait même, il rassurait ceux qui se seraient inquiétés d’une crise de succession à son décès. Jusqu’au bout, Qabous est resté maître de son destin et de celui du sultanat dont il a pris la responsabilité depuis le renversement de son père, voici un demi-siècle.

Ce samedi 11 janvier, Haitham ben Tarek, ministre du Patrimoine et de la Culture et cousin du défunt sultan Qabous, a a prêté serment comme nouveau sultan d'Oman, a annoncé le gouvernement.

Source : RFI

 

Tirs de missiles iraniens en Irak: guerre de communiqués et de déclarations

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media Nouvelle escalade, dans la nuit, de la tension au Moyen-Orient avec des tirs de missiles iraniens sur deux bases accueillant des soldats américains en Irak. L'Iran et l'Irak avancent des bilans contradictoires dans une guerre de communiqués. Dans l'attente de la réponse annoncée du président américain, qui prendra la parole plus tard dans la journée, ce mercredi 8 janvier, l'Irak craint de redevenir le théâtre d'un grave conflit armé.

La télévision iranienne annonçait ce matin que les frappes iraniennes - 15 missiles qui n'ont pas été interceptés - ont tué 80 « terroristes américains ».  Selon une source des Gardiens de la Révolution, rapportée par notre correspondant Siavosh Ghazi, 104 cibles avaient été identifiées pour une riposte si les Américains attaquaient l’Iran à leur tour. Cent quatre, c’est deux fois plus que le nombre de cibles avancé par le président américain, qui avait parlé de 52 cibles en Iran.

Les Gardiens de la Révolution indiquent dans un communiqué que si les États-Unis ripostaient à l’attaque iranienne, ils lanceront une attaque encore plus importante contre les intérêts américains dans la région.

De son côté, le commandement militaire irakien annonce que 22 missiles se sont abattus sur deux bases sur son sol (Aïn al-Assad et Erbil) sans faire de « victime parmi les forces irakiennes ». « Il n'y a eu aucune victime dans les rangs des forces irakiennes », précise le communiqué du commandement militaire irakien publié sept heures après l'attaque menée par Téhéran.

Une guerre de communiqués compréhensible, nous explique le chercheur Vincent Eiffling, invité sur notre antenne ce matin. « Il faut bien comprendre que la télévision d’État iranienne et les médias iraniens d’une manière générale, sont habitués à une certaine dose de désinformation. Donc, je dirais qu’il faut prendre leurs déclarations avec retenue. Maintenant, les officiels irakiens, puisqu’il y avait aussi des soldats irakiens présents sur ces bases, ont évoqué le fait qu’il n’y avait pas de victime parmi le personnel irakien présent sur ces bases. Il faudra attendre les déclarations de Washington quant au bilan pour savoir exactement ce qu’il en est. »

Les dignitaires iraniens multiplient les déclarations

L'Iran explique que ces missiles tirés cette nuit -symboliquement à l'heure précise à laquelle le général Qassem Soleimani a été tué par une frappe américaine le 3 janvier- constituent la riposte annoncée. Ces tirs sont « une gifle à la face » des Américains, a déclaré le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a pris la parole devant plusieurs centaines de personnes. Il a appelé à mettre fin à la présence corrompue des Etats-Unis dans la région.

Le président iranien Hassan Rohani est allé dans le même sens. S’adressant aux Américains, il a déclaré lors du conseil des ministres : « Vous avez coupé la main de Qassem Souleimani, il sera mis fin à votre présence dans toute la région ». Il faisait allusion à des images et des photos qui ont circulé avec notamment la main coupée de Qassem Souleimani, portant une bague censée l’identifier.

De son côté, le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, cite la Charte des Nations unies qui mentionne le droit à la légitime défense si un pays est attaqué. « Nous ne cherchons ni l'escalade ni la guerre mais nous nous défendrons contre toute agression », poursuit M. Zarif.

La suite viendra, ou pas, de Washington

C'est désormais à Washington que la suite va se décider. Escalade ou pas... Donald Trump a annoncé qu'il s'exprimerait ce mercredi, après avoir publié un tweet rassurant : « Jusqu'ici, tout va bien ». Donald Trump « savait très bien que les Iraniens allaient répondre, poursuit Vincent Eiffling, chercheur associé au Centre d'étude des crises et des conflits internationaux à l'université catholique de Louvain. Maintenant, je pense qu’ils sont toujours occupés à faire le bilan exact de ces frappes et de voir aussi quelle va être la réponse américaine. »

Une réponse qui devrait être proportionnelle au bilan humain. « Des victimes humaines importantes, cela engendre généralement un impact émotionnel plus important que des dégâts uniquement matériels ou des dégâts humains très limités. Donc je pense qu’il faudra vraiment attendre le bilan humain avec les déclarations venant du côté de Washington pour avoir une idée de ce qui va se passer par la suite », conclut Vincent Eiffling.

Les premières réactions aux frappes iraniennes

En Israël, pays ciblé par les déclarations du chef des Gardiens de la révolution, Benyamin Netanyahu a vigoureusement réagi ce mercredi. « Quiconque essaie de nous attaquer doit s'attendre à la réponse la plus forte », a lancé le chef du gouvernement qui soutient « intégralement » l’initiative américaine d’éliminer la semaine dernière le général Soleimani.

Du côté de Bruxelles, le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell a qualifié mercredi de « nouvel exemple d'escalade » les frappes iraniennes sur des bases en Irak. « L'usage des armes doit cesser pour laisser place au dialogue », a déclaré de son côté la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent se retrouver demain jeudi sur ce dossier.

Londres a « condamné » aussi les attaques iraniennes en Irak « imprudentes et dangereuses » contre des bases de la coalition, incluant des forces britanniques.

La France ne compte pas retirer ses 160 soldats déployés en Irak après les frappes iraniennes de la nuit, a-t-on appris de source
gouvernementale à Paris. Aucun militaire français déployé en Irak n'a été touché par les frappes iraniennes déclenchées dans la nuit de mardi à mercredi, a cependant déclaré un porte-parole de l'état-major des armées françaises.

Source : RFI

 

Donald Trump menace l'Iran de représailles et l'Irak de sanctions

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Donald Trump menace l'Iran de réprésailles et l'Irak de sanctionsFrance24 - Le président des États-Unis Donald Trump a menacé l'Iran de représailles majeures et l'Irak de sanctions après un vote du Parlement réclamant l'expulsion des troupes américaines de ce pays.

Le ton monte chaque jour entre les États-Unis et l'Iran. La mort du général iranien Qassem Soleimani, vendredi, dans une frappe américaine en Irak fait craindre un embrasement au Moyen-Orient. Le président américain Donald Trump menace de nouvelles représailles.

Depuis l'avion présidentiel Air Force One qui le ramenait à Washington après deux semaines de vacances en Floride, le locataire de la Maison Blanche n'a rien fait, dimanche 5 janvier, pour apaiser les inquiétudes.

Interrogé sur l'attitude de Téhéran, qui crie "vengeance" et promet une riposte "militaire", il a opté pour un ton très dur : "S'ils font quoi que ce soit, il y aura des représailles majeures". Le tempétueux président a par ailleurs maintenu sa menace de détruire des sites culturels iraniens. "Ils ont le droit de tuer nos ressortissants (...) et nous n'avons pas le droit de toucher leurs sites culturels ? Cela ne marche pas comme ça", a-t-il lancé.

Des tirs de roquettes

Dimanche soir, comme la veille, des roquettes se sont abattues près de l'ambassade américaine dans la Zone verte de Bagdad, sans faire de victimes, selon des témoins. Depuis plus de deux mois, des dizaines de roquettes ont frappé des zones où se trouvent diplomates et militaires américains en Irak, tuant un sous-traitant américain fin décembre.

Les assassinats du général Soleimani et d'Abou Mehdi al-Mouhandis, numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition irakienne de paramilitaires pro-Iran intégrés aux forces de sécurité, ont créé un consensus rare contre les États-Unis en Irak, secoué depuis des mois par une révolte notamment contre la mainmise de l'Iran.

Au Parlement, en l'absence des députés kurdes et de la plupart des députés sunnites, de nombreux élus ont scandé "Non à l'Amérique !". Le chef du Parlement Mohammed al-Halboussi a ensuite lu une décision qui "contraint le gouvernement à préserver la souveraineté du pays en retirant sa demande d'aide" au Conseil de sécurité de l'ONU pour combattre le groupe jihadiste État islamique (EI), et donc à retirer son invitation à la coalition internationale. Cette dernière a déjà dit avoir "suspendu" le combat contre l'EI, car elle se consacre désormais "totalement" à la protection de ses troupes.

"Nous ne partirons pas s'ils ne nous remboursent pas!"

Quelque 5 200 soldats américains sont actuellement stationnés en Irak. Si le vote a été salué par l'Iran, Donald Trump a très vivement réagi, évoquant la possibilité d'imposer des sanctions "très fortes" à l'encontre de Bagdad. "S'ils nous demandent effectivement de partir, si nous ne le faisons pas sur une base très amicale, nous leur imposerons des sanctions comme ils n'en ont jamais vu auparavant", a-t-il lancé. "Nous avons une base aérienne extraordinairement chère là-bas. Elle a coûté des milliards de dollars à construire. Nous ne partirons pas s'ils ne nous remboursent pas !", a-t-il martelé.

Les Brigades du Hezbollah, la faction la plus radicale du Hachd, avaient appelé samedi les soldats irakiens à s'éloigner "d'au moins 1 000 mètres" des sites où sont présents des soldats américains à partir de dimanche soir, sous-entendant que ces sites pourraient être la cible d'attaques. Le mouvement chiite libanais Hezbollah, dont les hommes sont engagés en Syrie auprès du régime de Bachar al-Assad et de son allié iranien, a affirmé de son côté que l'armée américaine "paierait le prix de l'assassinat" de Soleimani.

Face à la montée des tensions, Washington a annoncé récemment le déploiement de 3 000 à 3 500 soldats supplémentaires dans la région.

Dénonçant des "violations de la souveraineté de l'Irak", Bagdad a annoncé dimanche avoir convoqué l'ambassadeur américain et porté plainte auprès du Conseil de sécurité de l'ONU. Les morts de Soleimani et Mouhandis ont suscité une immense émotion en Irak et en Iran.

Dimanche, une marée humaine d'hommes et de femmes en pleurs criant "Mort à l'Amérique" a déferlé dans plusieurs villes d'Iran, notamment la cité sainte chiite de Machhad où le cercueil de Soleimani est arrivé.

Avec AFP
Source : France24

 

Le chef de l’ONU met en garde la Turquie contre l’envoi de troupes en Libye

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Le chef de l’ONU met en garde la Turquie contre l’envoi de troupes en LibyeLe Monde - Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est en proie à des luttes d’influence.

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a affirmé vendredi 3 janvier, sans mentionner explicitement la Turquie, que « tout soutien étranger aux parties en guerre » en Libye « ne fera[it] qu’aggraver un conflit et compliquer les efforts pour une solution pacifique ».

Visant clairement une éventuelle intervention militaire turque en Libye en soutien au gouvernement d’union nationale (GNA) installé à Tripoli, Antonio Guterres souligne dans un communiqué que « les violations continues de l’embargo sur les armes imposé par le Conseil de sécurité ne font qu’empirer les choses ».

Violations de l’embargo

Dans un récent rapport, des experts de l’ONU chargés de contrôler l’application de cet embargo instauré en 2011, la Turquie, au profit du GNA, comme la Jordanie et les Emirats Arabes unis, pour le compte du maréchal Khalifa Haftar, qui cherche depuis avril à s’emparer de Tripoli, sont accusés de multiples violations. « Un strict respect de l’embargo est essentiel pour créer un environnement favorable à la cessation des hostilités », insiste Antonio Guterres, en renouvelant « ses appels à un cessez-le-feu immédiat en Libye et au retour au dialogue politique par toutes les parties ».

Les députés turcs ont approuvé jeudi une motion permettant au président, Recep Tayyip Erdogan, d’envoyer des militaires en Libye pour soutenir le GNA, dont les troupes combattent les forces du maréchal Haftar.

Plongée dans le chaos depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est en proie à des luttes d’influence. Deux autorités se disputent son contrôle : le GNA, reconnu par l’ONU, et un gouvernement et un Parlement dans l’Est libyen, acquis au maréchal Haftar.

Le Monde avec AFP
Source : Le Monde (France)

 

 

 

Mort de Soleimani: «L'escalade militaire toujours dangereuse», dit Paris

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mediaLa France tout comme la Chine appelle au calme et à la « stabilité », alors que le général iranien Qassem Soleimani a été tué par les États-Unis à Badgad dans une frappe qui a tué au moins huit personnes.

La France a plaidé vendredi 3 janvier pour la « stabilité » au Moyen-Orient, après la mort du général iranien Qassem Soleimani, tué dans la nuit de jeudi à vendredi par une frappe américaine à Bagdad. Amélie de Montchalin, secrétaire d'État aux Affaires européennes, a estimé que « l'escalade militaire [était] toujours dangereuse ». « Quand de telles opérations ont lieu, on voit bien que l'escalade est en marche alors que nous souhaitons avant tout la stabilité et la désescalade », a-t-elle ajouté.

« Une agression contre l'Irak »

Le Premier ministre démissionnaire irakien Adel Abdel Mahdi a estimé ce vendredi 3 janvier que le raid américain qui a tué le général iranien Qassem Soleimani et son lieutenant en Irak Abou Mehdi al-Mouhandis allait « déclencher une guerre dévastatrice en Irak ».

« L'assassinat d'un commandant militaire irakien occupant un poste officiel est une agression contre l'Irak, son État, son gouvernement et son peuple », affirme M. Abdel Mahdi dans un communiqué, alors qu'Abou Mehdi al-Mouhandis est le numéro deux du Hachd al-Chaabi, une coalition de paramilitaires pro-Iran intégrée à l'Etat.

« Régler ses comptes contre des personnalités dirigeantes irakiennes ou d'un pays ami sur le sol irakien [...] constitue une violation flagrante des conditions autorisant la présence des troupes américaines », continue le chef d'État démissionnaire irakien dans le communiqué.

« On est passé très vite à une escalade incontrôlable ». Robert Malley, Président de l'International Crisis Group et ancien conseiller de Barack Obama pour le Proche-Orient

La Syrie dénonce une lâche agression

Le pouvoir syrien a dénoncé vendredi la « lâche agression américaine » qui a tué en Irak le général iranien Qassem Soleimani et un influant commandant irakien, y voyant une « grave escalade » pour le Moyen-Orient, a rapporté l'agence officielle Sana.

La Syrie est certaine que cette « lâche agression américaine [...] ne fera que renforcer la détermination à suivre le modèle de ces chefs de la résistance », souligne une source du ministère des Affaires étrangères à Damas citée par Sana.

La Chine appelle au calme

La Chine a fait aussi part de sa « préoccupation » et appelle au « calme » après un raid en Irak revendiqué par Washington qui a coûté la vie notamment au puissant général iranien Qassem Soleimani. « Nous demandons instamment à toutes les parties concernées, en particulier aux États-Unis, de garder leur calme et de faire preuve de retenue afin d'éviter une nouvelle escalade des tensions », a indiqué devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang.

Une frappe qui va accroître les tensions pour Moscou

La Russie a mis en garde vendredi contre les conséquences de l'assassinat ciblé à Bagdad du général iranien Qassem Soleimani, une frappe américaine « hasardeuse » qui va se traduire par un « accroissement des tensions dans la région ».

« L'assassinat de Soleimani (...) est un palier hasardeux qui va mener à l'accroissement des tensions dans la région », a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères, cité par les agences RIA Novosti et TASS. « Soleimani servait fidèlement les intérêts de l'Iran. Nous présentons nos sincères condoléances au peuple iranien », a-t-il ajouté.

Au Liban, le Hezbollah promet un « juste châtiment »

Le chef du mouvement chiite libanais Hezbollah, grand allié de l'Iran, a promis de son côté « le juste châtiment » aux « assassins criminels » responsables de la mort du général iranien.

Source : RFI (avec AFP)

 

Turquie: le Parlement autorise Erdogan à déployer l'armée en Libye

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Turquie: le Parlement autorise Erdogan à déployer l'armée en LibyeLa Croix - Les députés turcs ont approuvé jeudi une motion permettant au président Recep Tayyip Erdogan d'envoyer des militaires en Libye pour soutenir le gouvernement reconnu par l'ONU, une mesure qui risque d'aggraver le conflit fratricide qui déchire ce pays.

Lors d'une session parlementaire extraordinaire, 325 députés ont voté pour et 184 contre ce texte qui donne à l'armée turque un mandat pour intervenir en Libye, valable pendant un an, a indiqué le président de l'Assemblée nationale turque Mustafa Sentop.

Reste à savoir désormais si le président Erdogan, à qui il appartient de décider, va effectivement dépêcher des troupes dans ce pays séparé de la Turquie par la Méditerranée, ou si le soutien militaire prendra une autre forme, comme l'envoi de «conseillers».

Le gouvernement turc affirme agir en réponse à un appel à l'aide du Gouvernement d'union nationale (GNA) de Fayez al-Sarraj, confronté à une offensive de l'homme fort de l'Est libyen, le maréchal Khalifa Haftar, qui s'efforce de prendre Tripoli.

L'envoi de troupes turques en Libye risquerait d'aggraver les conflits fratricides qui déchirent ce pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, alimentés par des puissances régionales.

La Libye est en effet devenue le théâtre d'une lutte d'influence entre deux camps: d'un côté, la Turquie et le Qatar, qui appuient le GNA; de l'autre, l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et l'Egypte, qui soutiennent les forces de Haftar.

Le vote du Parlement turc jeudi s'inscrit dans le cadre d'un rapprochement entre Ankara et le GNA, illustré par un accord de coopération militaire et sécuritaire et un accord controversé de délimitation maritime conclus fin novembre entre MM. Erdogan et Sarraj.

Le chef de l'Etat turc a plusieurs fois déclaré que son pays était déterminé à aider militairement le GNA de M. Sarraj, reconnu par les Nations unies, mais n'a pas clairement affirmé que des troupes combattantes turques seraient déployées.

Mercredi, le vice-président turc Fuat Oktay a affirmé que l'armée turque était «prête» mais a souligné que la nature et l'ampleur du déploiement seraient déterminées par «les développements au sol».

- Dissuasion -

M. Oktay a ajouté qu'Ankara espérait que l'adoption du texte jeudi aurait un effet dissuasif. «Après le vote, si l'autre camp (pro-Haftar) change d'attitude et dit +On se retire, on arrête l'offensive+, alors pourquoi y aller?», a-t-il ainsi déclaré.

Les principaux partis d'opposition ont voté contre le texte adopté jeudi, arguant qu'une intervention en Libye pourrait déstabiliser la région et entraîner la Turquie, qui a perdu plusieurs dizaines de soldats en Syrie, dans un nouveau bourbier.

Outre les difficultés propres au déploiement de troupes dans un pays qui n'est pas frontalier, contrairement à la Syrie où Ankara intervient actuellement, un déploiement en Libye s'accompagnerait d'un risque d'incident avec la Russie.

Même si Moscou dément, l'émissaire de l'ONU en Libye, Ghassan Salamé, et le président Erdogan affirment que des mercenaires russes sont engagés aux côtés des forces de Haftar qui s'efforcent depuis avril de s'emparer de Tripoli.

Le président Vladimir Poutine doit se rendre mercredi en Turquie pour inaugurer un gazoduc avec son homologue turc, l'occasion pour les deux dirigeants de parler du dossier libyen.

Le soutien de la Turquie à M. Sarraj s'inscrit dans le cadre de l'affirmation croissante d'Ankara en Méditerranée orientale, théâtre d'une course aux forages d'hydrocarbures avec la découverte d'importants gisements ces dernières années.

En raison de l'accord maritime conclu en novembre qui étend considérablement son plateau continental, la Turquie a plus que jamais besoin du GNA pour faire valoir ses revendications en Méditerranée orientale où plusieurs pays comme la Grèce, Chypre et l'Egypte font front commun face aux initiatives turques.

Les accords signés entre Ankara et Tripoli représentent une «nette escalade du conflit», a estimé M. Salamé dans un entretien publié cette semaine dans le quotidien français Le Monde.

Le vote au Parlement turc était initialement prévu la semaine prochaine mais le gouvernement a décidé de l'avancer en raison des difficultés rencontrées par le GNA à Tripoli, où l'offensive des forces pro-Haftar a redoublé d'intensité.

La banlieue sud de la capitale libyenne est régulièrement bombardée et trois civils y ont été tués mercredi, d'après le GNA.

AFP
Source : La Croix (France)

 

Accord Tripoli-Ankara : le chef de la diplomatie grecque chez Haftar puis au Caire

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Accord Tripoli-Ankara : le chef de la diplomatie grecque chez Haftar puis au CaireLe Point - Le chef de la diplomatie grecque Nikos Dendias s'est rendu dimanche au Caire après une visite-éclair dans l'est de la Libye, où il a rencontré le maréchal Khalifa Haftar, sur fond de tensions après la signature d'un accord maritime entre la Turquie et le gouvernement de Tripoli.

Selon l'agence de presse grecque ANA, M. Dendias était en outre attendu en soirée à Larnaca (Chypre) pour des entretiens avec son homologue chypriote Nikos Christodoulidis.

Ce périple se déroule alors que le gouvernement libyen d'union (GNA), basé à Tripoli (ouest) et reconnu par l'ONU, a signé fin novembre deux accords controversés avec Ankara: l'un porte sur la coopération militaire que la Turquie pourrait apporter au GNA, et l'autre sur la délimitation maritime entre les deux pays.

Ce dernier accord a été condamné par Athènes qui y voit une "violation du droit maritime international et des droits souverains de la Grèce et d'autres pays", dont Chypre et l'Egypte.

Dans ce contexte, M. Dendias s'est rendu au quartier général du maréchal Haftar avec lequel il a évoqué ces deux accords "dénués de fondement", et contraires au droit international, selon un communiqué du ministère grec des Affaires étrangères.

Il s'est entretenu auparavant à l'aéroport de Benghazi avec deux responsables des autorités parallèles de l'est de la Libye, un pouvoir rival de celui du GNA: le chef de ce gouvernement, Abdallah Al-Thini, et son ministre des Affaires étrangères, Abdulhadi Al-Houeij.

Puis M. Dendias a redécollé à bord de son avion pour Le Caire où il s'est entretenu avec son homologue égyptien, Sameh Choukri, selon un responsable de l'aéroport du Caire.

Négociations en cours

Le gouvernement basé dans l'est libyen ne reconnait pas la légitimité de son rival, le GNA de Fayez al-Sarraj. Ce dernier fait face depuis avril à une offensive du maréchal Haftar sur la capitale libyenne.

L'accord signé avec Ankara permet à la Turquie d'étendre ses frontières maritimes dans une zone de Méditerranée orientale où d'importants gisements d'hydrocarbures ont été découverts ces dernières années.

Mais la Grèce a appelé le 10 décembre les Nations unies à condamner cet accord, qu'elle a qualifié de "perturbateur" pour la paix et la stabilité dans la région.

Dans une interview dimanche à l'hebdomadaire grec Real News, M. Dendias a cependant écarté que "la Turquie agisse de manière imprudente (...) car elle sera la seule perdante", selon lui.

Il a également noté que la Grèce est en négociations avec des pays voisins, comme l'Egypte et l'Italie, pour délimiter également les zones maritimes.

"La Grèce n'hésitera pas à défendre ses droits et intérêts souverains de quelque manière que ce soit, toujours dans le cadre de ses obligations constitutionnelles et du droit international", a-t-il encore affirmé.

L'accord de coopération militaire conclu entre Ankara et le GNA, qui fait figure de pendant de l'accord de délimitation maritime, ouvre la voie à une implication militaire turque accrue en Libye.

Les forces du maréchal Haftar accusent déjà la Turquie de fournir des armes et des conseillers militaires à leurs rivales du GNA. En juin, elles avaient menacé de s'en prendre aux intérêts turcs en Libye.

Samedi soir, les forces pro-Haftar ont annoncé avoir saisi un cargo turc battant pavillon de la Grenade au large de l'est de la Libye, pour procéder à sa fouille.


AFP
Source : Le Point (France)

 

Liban: Michel Aoun charge Hassan Diab de former un nouveau gouvernement

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mediaL'universitaire et ex-ministre de l'Éducation Hassan Diab, qui a reçu l'appui du puissant mouvement chiite Hezbollah,a été chargé ce jeudi 19 décembre de former un gouvernement par le président de la République Michel Aoun.

Le président libanais Michel Aoun a lancé ce jeudi des consultations parlementaires, plusieurs fois reportées, pour choisir un chef de gouvernement à la place de Saad Hariri, qui a démissionné fin octobre sous la pression des manifestants. Comme pressenti, son choix s'est porté sur Hassan Diab pour le poste de Premier ministre. Il a obtenu 69 voix et 39 députés se sont quant à eux abstenus de nommer quelqu’un.

Ingénieur peu connu du grand public, Hassan Diab a été ministre de l'Éducation dans un cabinet dominé par le Hezbollah et ses alliés en 2011. Un gouvernement formé après l'effondrement d'une coalition déjà dirigée à l'époque par Saad Hariri, qui a annoncé mercredi qu'il n'était pas candidat à sa propre succession. Ce sunnite modéré de 60 ans accède à la tête du pouvoir exécutif alors que le Liban traverse la plus grave crise économique et financière de son histoire et que le pays connaît un mouvement de contestation populaire sans précédent, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

Une tâche qui s'annonce difficile

C’est dire que la tâche qui attend Hassan Diab est immense. Encore faut-il qu’il parvienne à former un gouvernement. Rien n’est moins sûr, car le nouveau Premier ministre ne semble pas disposer d’une couverture sunnite, communauté dont est issu le chef du gouvernement dans le système confessionnel libanais. Les principaux blocs parlementaires sunnites, notamment celui du Premier ministre sortant Saad Hariri, se sont abstenus de nommer quelqu’un lors de leurs consultations avec le chef de l’État jeudi matin.

Hassan Diab a donc été choisi par une majorité de députés chiites et chrétiens et une petite minorité de sunnites, alliés du Hezbollah. On imagine que dans ces conditions, sa tâche sera difficile, même si son profil correspond en quelque sorte aux revendications des manifestants, qui exigent un Premier ministre indépendant, qui ne soit pas issu des partis politiques traditionnels.

Au bord de l'effondrement économique, le Liban vit depuis le 17 octobre au rythme d'un soulèvement populaire inédit contre l'ensemble de la classe dirigeante, accusée de corruption et d'incompétence. Les manifestants réclament la formation d'un cabinet de technocrates indépendants du sérail politique au pouvoir depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).

Source : RFI (Avec AFP)

 

 

Le Pentagone réagit aux menaces turques de fermer la base aérienne d’Incirlik

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Le Pentagone réagit aux menaces turques de fermer la base aérienne d’IncirlikSputnik News - Le Pentagone fait des efforts afin de maintenir ses relations avec la Turquie en dépit des déclarations concernant la fermeture éventuelle des bases militaires d’Incirlik et de Kurecik, occupées par les États-Unis, selon un porte-parole de la Défense américaine.

Le Pentagone cherche à maintenir de bonnes relations avec la Turquie malgré les déclarations de ses dirigeants sur l’utilisation par les États-Unis des bases militaires d’Incirlik et de Kurecik, a révélé à Sputnik un porte-parole de la Défense américaine.

«Nous considérons le statut de nos forces en Turquie comme symbole de notre engagement depuis plusieurs dizaines années à aider à défendre notre allié de l'Otan et notre partenaire stratégique... Le ministère fait des efforts afin de maintenir ces relations en encourageant la Turquie à une politique plus constructive en ce qui concerne les S-400, la Syrie et d’autres aspects donnant lieu à des différends», a déclaré le militaire lundi 16 décembre.

Il a relevé le rôle de la Turquie en Afghanistan, au Kosovo et en Irak.

Menaces turques

Recep Tayyip Erdogan avait précédemment déclaré qu’Ankara pourrait fermer aux militaires américains les bases militaires d’Incirlik et de Kurecik en réponse aux sanctions états-uniennes suite à l’achat par la Turquie des systèmes antiaériens russes S-400.

Pomme de discorde entre Washington et Ankara

La livraison des systèmes antiaériens russes S-400 a provoqué une crise dans les relations entre la Turquie et les États-Unis. Selon Recep Tayyip Erdogan, les systèmes seront pleinement opérationnels en avril 2020.

Washington a exigé de retirer l'achat et en échange d'acquérir des systèmes américains Patriot, menaçant de retarder ou même d'annuler la vente des chasseurs F-35 à la Turquie, ainsi que d'imposer des sanctions conformément à la loi CAATSA, destinée à contrer les adversaires de l'Amérique au moyen de sanctions. Ankara a refusé de faire des concessions.

La base d’Incirlik, située dans la province turque d’Adana (Sud), est utilisée par l’US Air Force. La station radar de Kurecik, dans la province de Malatya (Sud-Est), est utilisée comme radar d’alerte précoce de l’Otan contre les attaques de missiles balistiques et fait partie du système de défense antimissile de l’Otan en Europe.




Source : Sputnik News (France)

 

Au Sahel, le combat antidjihadistes sera « très long » affirme Jean-Yves Le Drian

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Ouest-France - Dans une récente interview accordée au journal Le Monde, le ministre des Affaires étrangères français est revenu sur le « positionnement militaire » de la France au Sahel, qu’elle devra repenser si certains « malentendus » concernant notamment la montée d’un « ressentiment antifrançais » persistent. Il a reconnu aussi que le combat antidjihadistes sera « très long ».

La France " « repensera son positionnement militaire » " au Sahel si les pays de la région ne lèvent pas certains "malentendus" concernant notamment la montée d’un "ressentiment antifrançais", a affirmé mercredi le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian.

Il a également souligné, dans une interview au quotidien  Le Monde , que les cinq chefs d’État du Sahel conviés le 16 décembre en France par le président Emmanuel Macron pour "clarifier" leurs positions sur la force antidjihadiste française Barkhane, avaient été consultés au préalable au sujet de cette réunion.

"Nous avions sondé, auparavant, nos interlocuteurs sur leurs disponibilités à venir", a-t-il relevé alors que "l’invitation" des cinq présidents (Mali, Burkina, Niger, Tchad, Mauritanie) a été perçue comme une "convocation" dans leurs pays.

Parmi les points à "clarifier", le ministre a mis l’accent sur "le ressentiment antifrançais" au Sahel et le retard dans la mise en œuvre des accords de paix au Mali.

« Il faut que les choses soient très claires concernant notre présence »

"Sommes-nous bien d’accord pour poursuivre ensemble ce combat contre les djihadistes ? Il faut se le redire et que les autorités concernées le redisent à leur opinion", a insisté le ministre français des Affaires étrangères.

À Bamako, Ouagadougou ou Niamey, une partie des opinions s’agace de l’incapacité imputée aux forces nationales et internationales à venir à bout des mouvements djihadistes. Sur les réseaux sociaux, rumeurs et désinformation se multiplient au sujet des buts supposés ou réels de Barkhane.

"Il faut que les choses soient très claires concernant notre présence. Nous n’avons aucun intérêt dans cette région, sauf la défense du droit et de notre propre sécurité. Si ça ne passe pas par des accords et une clarification des engagements, il faudra se poser des questions et repenser notre positionnement militaire", avertit le ministre.

"Sinon, nous serions amenés à revoir nos postures, tout en gardant à l’esprit que cela concerne notre sécurité", poursuit-il suggérant ainsi non pas un retrait à court terme de Barkhane mais son repositionnement géographique.

Un triste constat

Au passage, Jean-Yves Le Drian, qui avait supervisé le déploiement de Barkhane lorsqu’il était ministre de la Défense de François Hollande, a dit faire ce constat "avec tristesse et un peu de révolte", soulignant que la France avait déjà perdu 41 soldats au Sahel et qu’elle intervenait "à la demande" des pouvoirs en place.

Concernant le processus de paix au Mali, les accords d’Alger de 2015, qui prévoient l’intégration d’ex-rebelles dans les forces de défense et une plus grande autonomie des régions, doivent voir "leurs objectifs réaffirmés et (leur) agenda clarifié", a également dit le ministre.

Ouest-France avec AFP
Source : Ouest-France

 

 

L'émir du Qatar absent d'un sommet à Ryad mais des signes de réchauffement

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L'émir du Qatar absent d'un sommet à Ryad mais des signes de réchauffement Actu Orange - L'émir du Qatar n'a pas participé mardi à Ryad au sommet du Conseil de coopération du Golfe (CCG), qui avait été vu comme une occasion de réconciliation entre les deux voisins, mais son Premier ministre y a reçu un accueil chaleureux.

Cheikh Abdallah ben Nasser Al-Thani a été accueilli par le roi Salmane d'Arabie saoudite à l'aéroport où les deux dirigeants ont affiché un large sourire, peu avant l'ouverture du sommet qui s'est achevé dans l'après-midi.

"Bienvenue au peuple du Qatar. Bienvenue dans votre deuxième pays", a commenté de son côté la télévision publique Al-Ekhbariya dans un élan inhabituel de politesse envers l'émirat gazier généralement conspué dans les médias saoudiens.

Le chef du gouvernement qatari avait déjà représenté son pays au sommet du CCG en 2018, mais y avait reçu un accueil purement protocolaire.

L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn et l'Egypte ont rompu en juin 2017 leurs liens avec le Qatar, accusé de soutenir des mouvements islamistes --ce qu'il nie-- et de se rapprocher de l'Iran, principal rival régional de Ryad.

Ces pays ont imposé un embargo à Doha, qui a entraîné notamment la fermeture des routes terrestres, l'interdiction de l'accès à leur espace aérien et la suspension du commerce.

Cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, l'émir du Koweït, médiateur entre les deux parties, a salué de récentes "avancées positives pour tourner la page du passé et regarder l'avenir avec optimisme", selon l'agence officielle koweïtienne Kuna.

Lors d'une conférence de presse, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Fayçal ben Farhane, a assuré que les quatre pays qui boycottent le Qatar "soutiennent les efforts du Koweït et ont à coeur de les rendre fructueux".

- "Cohésion et unité" -

Dans sa déclaration de clôture, le CCG a affirmé "la force, l'invincibilité, la cohésion et l'unité en son sein" face à "tous les défis et dangers".

Selon les observateurs, la récente montée des tensions avec l'Iran pourrait avoir incité l'Arabie saoudite, chef de file des pays du Golfe, à modérer sa position envers Doha pour tenter de construire un front arabe uni.

Mais "mettre fin à la dispute dans le Golfe est un processus progressif d'engagement et de dialogue et non quelque chose qui peut se résoudre par un simple sommet", indique Kristian Ulrichsen, expert à la Rice University's Baker Institute aux Etats-Unis.

Lorsque la semaine dernière, le roi Salmane a convié au sommet l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, des observateurs ont vu un nouveau signe d'apaisement dans la foulée d'une déclaration du chef de la diplomatie qatarie, Mohammed ben Abderrahmane Al-Thani, faisant état de "progrès" pour mettre fin à la dispute.

Autre signe d'un réchauffement potentiel: le Qatar vient d'accueillir la Coupe du Golfe de football à laquelle ont participé des sélections saoudienne, émiratie et bahreïnie, pour la première fois depuis le gel des relations avec Doha.

- "Confiance entamée" -

Les obstacles à une éventuelle normalisation des relations sont toujours là.

Des personnes proches du dossier, dont un diplomate arabe, ont indiqué à l'AFP sous le couvert de l'anonymat qu'Abou Dhabi, principal allié de Ryad, était notamment opposé à un réchauffement des relations avec Doha.

De son côté, le Qatar rejette toujours les demandes formulées par le quatuor anti-Doha imposées comme conditions sine qua non à une reprise des relations.

Pour revenir sur leurs sanctions, Ryad et ses alliés avaient en effet exigé en 2017 la satisfaction par Doha de 13 requêtes, dont la révision des liens avec l'Iran, la fermeture d'une base militaire turque --Ankara ayant des relations tendues avec plusieurs pays arabes-- mais également la suspension de la télévision Al-Jazeera, accusée de soutenir les islamistes et de semer le trouble dans la région.

Doha a justifié son refus en estimant que ces conditions violaient sa souveraineté. Et les autres parties n'ont pas montré de signes d'allègement de leurs positions.

"Il est possible que le Qatar puisse réduire ses liens avec les Frères musulmans, mais certainement pas avec la Turquie et l'Iran, car la confiance entre Doha et les autres pays du CCG a été gravement entamée", a indiqué à l'AFP Samuel Ramani, doctorant à l'Université d'Oxford.

Source : Actu Orange (France)

 

 

Opération Barkhane : "La France est là où elle doit être" sinon "le chaos s'installera", estime Sibeth Ndiaye

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Opération Barkhane : Francetvinfo - La porte-parole du gouvernement était l'invitée de franceinfo, deux jours après la mort de 13 militaires français au Mali.

"La France est là où elle doit être, parce que si nous ne sommes pas là, nous avons l'assurance que la chaos s'installera", a estimé Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, mercredi 27 novembre sur franceinfo, après la mort de 13 militaires français au Mali dans la collision de deux hélicoptères.

Selon Sibeth Ndiaye, cet accident ne remet pas en cause la présence de la France dans la région sahélo-saharienne dans le cadre de l'opération Barkhane.

"Il faut rappeler que si nous sommes au Sahel, c'est d'abord à la demande d'un pays, le Mali, qui a connu un moment de déstabilisation importante et qui a appelé la France à la rescousse. Et la France a fait évidemment son devoir en venant aux côtés de l'Etat malien à un moment donné où il pouvait tomber", a-t-elle expliqué.

La France "a vocation à rester" au Sahel

La France, a poursuivi Sibeth Ndiaye, "a vocation à rester tant que nous ne serons pas en mesure d'assurer une stabilité pour les pays qui sont dans la zone du G5 Sahel [Tchad, Mauritanie, Niger, Mali, Burkina Faso], où des groupes jihadistes sévissent".

La porte-parole du gouvernement a par ailleurs assuré que la France n'était "pas seule" dans la région : "Nous avons une opération qui est Barkhane, mais nous avons également un appui de la Minusma, qui est une force des Nations unies qui comportent plusieurs pays en son sein", a-t-elle souligné.

Un hommage national aux 13 militaires tués aura lieu lundi 2 décembre aux Invalides à Paris, a appris franceinfo de source gouvernementale. "Cette cérémonie se prépare évidemment entre l'Elysée, l'état-major des forces armées mais aussi en relation avec les familles de victimes", a déclaré Sibeth Ndiaye.

Source : Francetvinfo

 

Forum de Dakar: le mandat de la Minusma au cœur des débats

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Forum de Dakar: le mandat de la Minusma au cœur des débatsRFI Afrique - Tout au long du forum sur la paix et la sécurité de Dakar, les critiques se sont fait entendre contre l’ONU et la Minusma. Les présidents sénégalais et mauritanien ont appelé tour à tour les Nations unies à se réformer et ont réclamé un mandat renforcé pour la mission de l’ONU au Mali.

Une demande récurrente ces dernières années alors que la Minusma peut en réalité déjà avoir recours à la force si nécessaire. Ce possible usage de la force est consacré par le chapitre 7 de la charte des Nations unies, accordée à la Minusma dès sa création en 2013.

Mais face à une situation sécuritaire qui ne cesse de se dégrader, le Conseil de sécurité de l’ONU va décider de lui accorder trois ans plus tard un mandat « plus robuste » en l’autorisant à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour accomplir sa mission.

Ainsi, est-il précisé dans le texte de la résolution, la Minusma peut « anticiper et écarter les menaces » et « prendre activement des dispositions musclées pour contrer les attaques asymétriques dirigées contre des civils ». De fait, le mandat de la Minusma est le plus vaste jamais confié à une mission onusienne.

Si théoriquement la mission a donc la possibilité d’intervenir, en pratique elle ne le fait guère car selon Arthur Boutellis, conseiller senior à l’International Peace Institute, elle n’est pas configurée pour le combat, en raison notamment, d’un déficit en terme de renseignement tactique.

Un mandat de contre-terrorisme pour la Minusma ?

Mais au-delà de l’aspect technique, il y a aussi et surtout, un questionnement politique. Une force de maintien de la paix comme la Minusma a-t-elle vocation à faire du contre-terrorisme ? Car c'est ce qu'on lit entre les lignes des déclarations du président sénégalais Macky Sall, et de son homologue mauritanien Mohamed Ghazouani.

Mais, dans la charte de l’ONU, le contre-terrorisme n’est en aucun cas l’objet d’une mission de maintien de la paix et élargir à ce point le mandat de la Minusma serait un saut conceptuel que ne seraient pas prêtes à faire ni la Chine, ni la Russie, très soucieuses de conserver les limites du champ d’action des Nations unies, précise notre correspondante à New York, Carrie Nooten.

A l’ONU on se demande aussi s'il était utile d’aller plus loin. L’opération Barkhane et la force conjointe du G5 Sahel sont justement tout deux mandatées pour effectuer ces missions spéciales, débusquer et traquer les terroristes.

Les compétences en matière de renseignement, de coordination aux frontières ne sont pas celles auxquelles les casques bleus sont formés. Les membres du Conseil de sécurité tiennent justement une réunion sur le G5 Sahel ce mercredi à New York.

La plupart partagent la position du secrétaire général Antonio Guterres, et réclament que la Force G5 Sahel prenne plus d’importance, que son dispositif prenne de l’ampleur. Près de la moitié des 414 millions d’euros promis au lancement de la force ont déjà été versés.

Source : RFI Afrique

 

 

Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international

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Cisjordanie: Washington ne considère plus les colonies israéliennes contraires au droit international20 Minutes - Après l’ouverture de son ambassade à Jérusalem, l’administration Trump double la mise : les Etats-Unis ne considèrent plus contraires au droit international les colonies israéliennes en Cisjordanie, a annoncé lundi le chef de la diplomatie américaine, alors que ces occupations de territoires palestiniens sont au contraire jugées illégales par l’ONU et une grande partie de la communauté internationale.

« Après avoir examiné soigneusement tous les arguments de ce débat juridique, (nous concluons que) l’établissement de colonies de civils israéliens en Cisjordanie n’est pas en soi contraire au droit international », a dit Mike Pompeo.

Cette décision pourrait être interprétée comme un coup de pouce au Premier ministre israélien sortant Benjamin Netanyahou, qui a proposé d’annexer une partie des colonies de Cisjordanie occupée.

Pas un feu vert à la colonisation, selon Pompeo

« La vérité, c’est qu’il n’y aura jamais de solution judiciaire au conflit, et que les débats sur qui a raison et qui a tort au regard du droit international n’apporteront pas la paix », a estimé Mike Pompeo, assurant qu’il ne s’agissait ni d’une ingérence dans la politique israélienne, ni d’un feu vert à la colonisation.

Cette décision a aussitôt été saluée par Netanyahou dans un communiqué : Cette décision « est le reflet d’une vérité historique – que les juifs ne sont pas des colonisateurs étrangers en Judée-Samarie (nom biblique utilisé en Israël pour désigner la Cisjordanie occupée). En fait, nous sommes appelés juifs car nous sommes le peuple de Judée », a-t-il dit dans un communiqué. L’Autorité palestinienne, de son côté a aussitôt dénoncé cette décision.

20 Minutes avec AFP

Source : 20 Minutes (France)

 

 

Législatives en Espagne: les socialistes en tête, l'extrême droite renforcée

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mediaLes socialistes du PSOE gagnent les élections, mais n'obtiennent pas la majorité absolue. Le parti d'extrême droite Vox a plus que doublé son score du mois d'avril et devient la troisième force politique du pays. Le résultat de ces élections augure d'une poursuite de l'instabilité politique.

Le Premier ministre socialiste sortant Pedro Sanchez est arrivé dimanche en tête mais n'a pas amélioré ses chances de gouverner. Après le dépouillement de près de 100% des bulletins de vote, le Parti socialiste (PSOE), qui espérait obtenir une majorité claire pour mettre fin au blocage politique, ne compte plus que 120 députés contre 123 après le précédent scrutin, en avril.

Le scénario se répète : pour la deuxième fois en six mois, les socialistes se retrouvent loin des 176 sièges nécessaires pour former un gouvernement stable. Un coup d'épée dans l'eau. Le deuxième parti est le Parti populaire, qui améliore son score par rapport à sa déroute du scrutin d'avril dernier. Les conservateurs du PP obtiennent 88 sièges, contre 66 aux législatives d'avril.

Le parti de l'extrême droite Vox, fondé il y a cinq ans, marginal il y a encore un an, arrive troisième et double son nombre de sièges. Vox obtient 52 députés, contre 24 lors des précédentes élections en avril. Il aurait bénéficié de l'émoi suscité par la crise en Catalogne, qui a dominé la campagne marquée par plusieurs nuits de violences, suite à la condamnation mi-octobre de neuf dirigeants indépendantistes à de lourdes peines de prison pour la tentative de sécession de 2017.

« L’unité nationale et le rétablissement de l’ordre constitutionnel »

Avec un score de 15% des suffrages, Vox a donc gagné un million d’électeurs, décompte notre envoyée spéciale Juliette Gheerbrandt. Ces derniers mois, au prix de nombreuses concessions programmatiques, cette formation a permis au Parti populaire et à Ciudadanos - le parti centriste qui s’effondre à 10 sièges contre 52 il y a six mois - de prendre le pouvoir à Madrid, mais aussi dans la région de Murcie et en Andalousie, un bastion historique des socialistes.

Devant des militants venus nombreux fêter la percée, son président Santiago Abascal s'est félicité que Vox ait réalisé la plus fulgurante ascension politique de l'histoire démocratique de l'Espagne : « Je crois que nous pouvons être très satisfaits, au-delà des incertitudes que le futur nous réserve, parce qu'aujourd’hui une alternative patriotique et sociale s’est affirmée en Espagne ».

Et d'énumérer : « Une alternative qui demande l’unité nationale et le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Catalogne, en appliquant nos lois de façon implacable ; qui demande l’égalité de tous les Espagnols sur l'ensemble du territoire national, en exigeant la transformation du statut des régions autonomies, anti-égalitaire et liberticide ; qui demande la concorde face aux vieilles haines que certains veulent réveiller. »

Si Vox a récemment progressé, ce serait notamment à cause des manifestations qui ont suivi la condamnation des dirigeants séparatistes à de lourdes peines de prison. Les séparatistes qui, précisément, sortent légèrement renforcés du scrutin, ce qui va encore compliquer la résolution de la crise catalane. Les fils du dialogue seront en effet encore plus difficiles à renouer à Barcelone.

Mais Vox « demande aussi des frontières sûres face à l’immigration illégale », « la défense de la famille et de la vie face au relativisme », « et bien entendu qu’on prête attention à l’urgence sociale ». « Des millions d’Espagnols sont en difficulté, et ils voient avec perplexité les affrontements sectaires des partis politiques, ils voient avec perplexité ce qui se passe en Catalogne et ils ne comprennent pas », analyse le dirigeant d'extrême droite.

« Appel à tous les partis politiques sauf à ceux qui s’excluent »

Pendant la campagne, le socialiste Pedro Sanchez a tenté de mobiliser son électorat contre la montée de Vox, qu'il présentait comme un retour du franquisme, en dénonçant la droite qui n'a pas hésité à s'allier avec ce parti pour prendre le contrôle de l'Andalousie, la région plus peuplée d'Espagne, de la région de Madrid, la plus riche, et de la mairie de la capitale. Il ne semble pas avoir été entendu.

Au terme des résultats définitifs, l’Espagne semble être un pays moins gouvernable que jamais. Et l'on voit mal aujourd’hui quelles peuvent être les possibles alliances pour former un gouvernement stable. Même si le socialiste Pedro Sanchez s’entendait avec le chef de Podemos Pablo Iglesias, cela ne lui donnerait pas une majorité suffisante à l’Assemblée.

« J’aimerais lancer un appel à tous les partis politiques, car ils doivent agir avec générosité et responsabilité pour débloquer la situation politique en Espagne, a réagi le président du gouvernement sortant. Le Parti socialiste lui aussi s’appliquera à débloquer cette situation avec générosité et responsabilité. La démocratie nous a appelés aux urnes aujourd’hui, elle nous appelle à partir de demain à sortir du blocage tous partis confondus, et elle appelle à un gouvernement progressiste dirigé par les socialistes. »

« Je dois vous dire que je m’engage à ce que cette fois, oui, oui et encore oui, nous réussissions à mettre en place un gouvernement progressiste, martèle Pedro Sanchez. Et pour cela, nous allons mettre fin à la paralysie du pays. Notre appel ne dépend pas que du PSOE, les Espagnols nous ont dit aujourd’hui dans les urnes qu’il dépendait de formations politiques différentes. Mais nous en appelons à tous les partis politiques sauf à ceux qui s’excluent eux-mêmes du vivre ensemble et qui sèment un discours haineux et  antidémocratique. »

Le phénomène est très préoccupant, alors que le pays vit de façon très instable depuis 2015, avec quatre élections qui n’ont abouti qu’à des exécutifs fragiles et minoritaires. La répétition électorale n’a fait qu’empirer la situation et provoqué une immense lassitude de l’opinion publique, relève notre correspondant à Madrid, François Musseau. Outre les conservateurs, ce sont surtout les populistes d’extrême droite qui réveillent les fruits de cette fatigue et de cette colère.

Source : RFI