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Politique dans le Monde

« Pays de merde » : 78 anciens ambassadeurs américains en Afrique adressent une lettre à Donald Trump

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Les anciens diplomates ont appelé mardi le président américain à revoir ses propos sur l'Afrique, rappelant les "profonds liens" qu'entretient le continent avec les États-Unis.

La polémique autour des propos de Donald Trump n’en finit plus de rebondir. 78 anciens ambassadeurs américains de 48 pays d’Afrique ont adressé, mardi 16 janvier, une lettre au président américain pour faire part de leur « profonde indignation » concernant ses déclarations.

Au cours d’une réunion dans le Bureau ovale de la Maison Blanche jeudi 12 janvier, Donald Trump aurait, selon le New-York Times et le Washington Post, qui citent plusieurs sources anonymes, demandé « pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? », faisant référence à plusieurs nations africaines, dont le Salvador et Haïti.

Nous espérons que vous réévaluerez votre vision de l’Afrique

Dans leur lettre, les anciens ambassadeurs rappellent que l’Afrique « a de profonds liens historiques avec les États-Unis ». « Les États-Unis sont plus en sécurité […] et mieux équipés pour résoudre les problèmes auxquels l’humanité est confrontée lorsque nous travaillons, écoutons et apprenons de nos partenaires africains », poursuit ce courrier.

« Nous espérons que vous réévaluerez votre vision de l’Afrique, de ses citoyens et reconnaîtrez les importantes contributions que les Africains et les Africains-Américains ont fait et continuent à faire pour notre pays, notre histoire et les liens durables qui perdureront toujours entre l’Afrique et les États-Unis », concluent-ils.

« Troublant », « raciste », « offensant »

Cette réaction commune des anciens ambassadeurs est la dernière en date d’une longue liste. L’Union africaine (UA) a condamné le 12 janvier ces remarques « blessantes » et « dérangeantes ». Le président sénégalais Macky Sall s’est dit « choqué » par les propos du chef d’État américain.

Le Botswana a également réagi dans un communiqué et convoqué l’ambassadeur des États-Unis pour lui faire part de son « mécontentement » au sujet des propos « racistes » employés par le président américain Donald Trump.

Des citoyens du Botswana résident aux États-Unis

Le gouvernement du Botswana a invité l’ambassadeur à « clarifier si le Botswana est perçu comme un « pays de merde » compte tenu du fait qu’il y a des citoyens du Botswana qui résident aux États-Unis ».

« Que le 1er représentant des État-Unis s’exprime en ces termes est indigne, troublant et offensant », a réagi sur son compte Twitter la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), la Canadienne Michaëlle Jean.

Le lendemain de ce tollé, le président américain avait réagi avec une formule alambiquée sur Twitter : « Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés », avait-il affirmé. Plusieurs parlementaires ont de leur côté affirmé avoir bien entendu ces mots, ou avoir eu confirmation de première main de la part de personnes présentes.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Guterres inquiet du gel de l'aide à la Palestine

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Guterres inquiet du gel de l'aide à la PalestineLes Etats-Unis vont geler plus de la moitié de leurs versements prévus à l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, soit environ 65 millions de dollars.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres redoute une importante crise humanitaire.

Sur les 125 millions de dollars de contribution volontaire attendue en 2018, Washington confirme l'envoi d'une première tranche de 60 millions pour payer notamment les salaires dans les écoles et le système de santé en Jordanie, en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Le gel des 65 millions restants inquiète le secrétaire général des Nations Unies.

Je suis très préoccupé et j'espère vivement qu'à la fin, les États-Unis pourront maintenir ce financement. Cette agence n'est pas une institution palestinienne, elle a été créée par l'ONU et elle fournit des services essentiels aux réfugiés palestiniens dans les territoires occupés, en Jordanie, en Syrie et au Liban.

Et il y a aussi une préoccupation humanitaire sérieuse, et à mon avis c'est une opinion partagée par la plupart des observateurs internationaux, y compris les israéliens. Si l'agence n'est pas en mesure de continuer à opérer, il y' aura un très, très grave problème et nous ferons tout notre possible pour éviter que cela arrive

Antonio Guterres., SG ONU

Le département d'Etat précise que la contribution américaine n'a pas été annulée, elle est gelée jusqu'à nouvel ordre. Une décision que condamne Wasel Abou Youssef membre de l'organisation de libération de la Palestine.

« Voici le vrai problème, la soi-disant affaire du siècle qui vise à supprimer les droits des Palestiniens. Le président Trump a annoncé que Jérusalem était la capitale de l'occupation israélienne, mais c'est une violation de la loi et des accords internationaux, dans le but d'écarter l'idée que Jérusalem sera la capitale définitive de la Palestine.

Jérusalem sera toujours la capitale de la Palestine. L'autre problème est qu'il cherche à couper l'aide à l'agence et à mettre plus de pression pour supprimer le droit des refugiés de retourner chez eux. »


La diplomatie américaine ne cesse de critiquer l'ONU depuis l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, elle appelle à revoir en profondeur la manière dont l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens fonctionne et son financement.

Washington demande à d'autres pays de contribuer davantage, car les Etats-Unis ne veulent plus fournir à eux seuls 30% des fonds de cette agence.

Source : BBC Afrique

 

 

Diplomatie: de l’électricité dans l’air entre le Qatar et les Emirats arabes

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mediaSituation tendue entre le Qatar, et les Emirats Arabes Unis. Les deux voisins sont en rupture diplomatique depuis la crise du Golfe, qui dure depuis juin dernier et qui oppose presque toutes les monarchies de la région à Doha. Ces derniers jours, cette crise s’est aggravée et on assiste à une multiplication d’incidents entre les Emirats Arabes Unis et le Qatar.

Le Qatar et les Emirats Arabes Unis, déjà frères ennemis, voient la tension monter pour atteindre désormais leur espace aérien. Abou Dhabi est en colère en effet : des avions de chasse qatariens auraient intercepté un avion de ligne émirien. Il faisait route vers Bahreïn. Cet incident aérien est une « menace flagrante pour la sécurité de l'aviation civile et une violation de la loi internationale », dénonce des responsables aux Emirats Arabes Unis.

Le Qatar, surpris par cette déclaration, dément formellement mais le rappelle : dans toute cette histoire c’est bien lui la victime. Il subit depuis des mois les affres de ses voisins ligués contre lui.

A deux reprises, ces dernières semaines des avions militaires des Emirats Arabes Unis, auraient violé l’espace aérien du Qatar. Doha, a d’ailleurs porté plainte auprès des Nations unies. L’histoire ne se résume pas aux incidents aériens, la chaîne de télévision Al Jazeera basée au Qatar a diffusé une vidéo montrant un membre de la famille royale qatarienne retenu contre son gré aux Emirats Arabes Unis. Et évidemment Abou Dhabi rejette ces accusations.

Source : RFI

 

 

« Pays de merde » : le groupe africain à l’ONU réclame des excuses à Trump

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« Pays de merde » : le groupe africain à l’ONU réclame des excuses à Trump Les ambassadeurs du groupe africain à l'ONU ont exigé vendredi, dans un communiqué au langage très fort, "rétractation" et "excuses" au président américain Donald Trump, condamnant ses propos "racistes" rapportés la veille sur l'immigration en provenance de "pays de merde".

Après une réunion d’urgence qui a duré quatre heures, le groupe se dit à l’unanimité « extrêmement choqué » et « condamne les remarques scandaleuses, racistes et xénophobes » de Donald Trump « telles que rapportées par les médias ».

Le groupe exige ainsi « rétractation et excuses ». Il se dit « préoccupé par la tendance continue et grandissante de l’administration américaine vis-à-vis de l’Afrique et des personnes d’origine africaine à dénigrer le continent, et les gens de couleur ».

« Pour une fois, on est unis »

Il se dit « solidaire du peuple haïtien et des autres qui ont également été dénigrés » tout en remerciant « les Américains de toutes origines qui ont condamné ces remarques ». « Pour une fois on est unis », a souligné un ambassadeur à l’AFP, sous couvert d’anonymat.

C’est lors d’une réunion sur l’immigration avec des parlementaires à la Maison Blanche que Donald Trump s’est emporté jeudi sur l’immigration en provenance de « pays de merde », des mots qu’il a partiellement contestés.

« Ce ne sont pas les mots utilisés »

Sollicitée jeudi soir sur ces propos, la Maison Blanche n’avait pas contesté ou démenti, se bornant à souligner que Donald Trump se battrait « toujours pour le peuple américain ».

Le président américain a réagi au tollé vendredi matin avec une formule alambiquée sur Twitter : « Le langage que j’ai utilisé lors de la réunion était dur mais ce ne sont pas les mots utilisés », a-t-il affirmé. Plusieurs parlementaires ont de leur côté affirmé avoir bien entendu ces mots, ou avoir eu confirmation de première main de la part de personnes présentes.

Par AFP
Source : Jeune Afrique

 

 

Etats-Unis: pour Trump, Haïti et le Salvador sont «des pays de merde»

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mediaNouvel écart de langage raciste pour le président américain Donald Trump qui a qualifié Haïti et le Salvador, ainsi que plusieurs nations africaines de « pays de merde ». Le président s'est exprimé ainsi alors que des sénateurs venaient lui présenter un compromis trouvé sur l'immigration. Plusieurs élus républicains et démocrates ont fait part de leur indignation.

Plusieurs sources ont rapporté la scène et la Maison Blanche ne l'a pas démentie. Des sénateurs étaient dans le bureau ovale et présentaient au président le projet de compromis conclu sur l'immigration.

Les républicains imposaient la limitation du regroupement familial, la fin de la loterie pour obtenir des cartes vertes, et des mesures de sécurité à la frontière. Les démocrates obtenaient la prolongation du droit de résidence pour les jeunes « dreamers », arrivés lorsqu'ils étaient mineurs dans le pays, et celle du statut de protection temporaire pour les Haïtiens et les Salvadoriens.

C'est alors que le président a lâché, évoquant aussi les ressortissants africains : « Pourquoi est-ce que toutes ces personnes issues de pays de merde viennent ici ? ».

Roberto Lopez, vice-président de la Chambre de commerce des Salvadoriens aux Etats-Unis, n'en revient pas. « C'est terrible, c'est terrible... Je veux dire, ce n'est pas un langage à utiliser. J'attends autre chose du président américain, du leader du monde libre. C'est incroyable qu'il ait dit ça… », a-t-il lâché au micro de RFI.

Plusieurs élus ont immédiatement réagi après ces propos fort peu présidentiels. Mia Love, représentante républicaine d'origine haïtienne a notamment commenté : « Cela va à l'encontre de nos valeurs nationales. Cette attitude est inacceptable de la part du dirigeant de notre pays ».

Source : RFI

 

Corée du Nord: n'entrons pas "en somnambules dans une guerre"

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Corée du Nord: n'entrons pas Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a mis jeudi en garde contre le risque d'entrer "en somnambules dans une guerre" au sujet de la Corée du Nord, appelant à laisser une place à la diplomatie.

"La pire des choses possibles serait que nous entrions en somnambules dans une guerre qui pourrait avoir des circonstances dramatiques", a-t-il déclaré à l'occasion d'une visite à Tokyo.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté plusieurs séries de sanctions pour tenter de convaincre le pays reclus de renoncer à ses programmes balistique et nucléaire interdits.

Ces sanctions doivent être respectées "par la Corée du Nord en premier lieu mais aussi entièrement appliquées par tous les autres pays dont le rôle est crucial", afin de parvenir "à la dénucléarisation de la péninsule coréenne", a déclaré M. Guterres.

"L'unité du Conseil de sécurité est essentielle (...) Mais il est aussi crucial de laisser la possibilité de contacts diplomatiques qui permettent à la dénucléarisation de se faire de manière pacifique", a-t-il lancé.

"Il est important que toutes les parties comprennent l'urgence qu'il y a à trouver une solution", a-t-il déclaré au cours d'un briefing plus tard dans la journée.

S'exprimant aux côtés de M. Guterres, le Premier ministre japonais Shinzo Abe a appelé lui aussi à "appliquer complètement les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies" et à "un dialogue utile en vue d'une dénucléarisation".

La semaine dernière le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires politiques, l'Américain Jeffrey Feltman, s'est rendu en Corée du Nord.

Les Nord-Coréens "sont d'accord pour considérer qu'il est important d'éviter une guerre", a affirmé Jeffrey Feltman, en évoquant "la mission la plus importante" de sa carrière. "Nous avons besoin d'une solution politique" à cette crise dans la péninsule nord-coréenne et "de réduire les tensions". "Il n'y a pas de temps à perdre", a souligné le responsable.

Les Etats-Unis sont prêts à entamer des discussions avec la Corée du Nord "sans condition préalable", même s'ils restent déterminés à obtenir par tous les moyens, y compris militaires, que Pyongyang renonce à l'arme nucléaire, a déclaré mardi le secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson.

Interrogé sur les propos de M. Tillerson, M. Guterres a répondu qu'il ne "souhaitait pas faire de commentaires sur des expressions qui parfois pourraient ne pas rendre exactement la pensée" du gouvernement américain.

"Le dialogue doit avoir un but et le but pour nous est de parvenir à la dénucléarisation de la Péninsule coréenne et de manière pacifique", a souligné le secrétaire général.

Interrogé sur le fait de savoir s'il souhaiterait rencontrer le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un, il a répondu: "Les rencontres n'ont de sens que si elles ont une raison d'être. Je suis prêt à aller n'importe où, n'importe quand lorsque c'est utile mais non pas (...) juste pour me trouver devant les caméras de télévision".

"Nous sommes disponibles mais nous ne pouvons servir de médiateurs que lorsque les deux parties acceptent notre médiation".

Source : Romandie News (Suisse)



 

 

Les adieux de la MINUSCA au FPU mauritanien Issa Beilil

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VIDEO. Les adieux de la MINUSCA au FPU mauritanien Issa Beilil Il est tombé le 4 décembre 2017 à Bria, dans la Haute Kotto, au cours d’une attaque organisée par des groupes armées.

Ce 13 décembre, la MINUSCA, représentée par son leadership et par ses composantes Police, civile et militaire, a rendu un dernier hommage au gendarme de 4ème classe Issa Beilil de la FPU-2 de la Mauritanie, au cours d’une cérémonie d’hommage tenue au un dernier hommage au gendarme de 4ème classe Issa Beilil de la FPU-2 de la Mauritanie, au cours d’une cérémonie d’hommage.

C’est la prière musulmane dite par l’Imam et gendarme de première classe, Hassan Ould Mbarabatt qui a ouvert la cérémonie après l’accueil du peloton d’honneur. Puis, il est revenu au Lieutenant-colonel Hacen Ould Dah, commandant de la FPU-2 de Mauritanie, de prononcer l’oraison funèbre.

« Il n’y a rien de plus noble que de mourir pour la paix », dira-t-il, avant de saluer « le frère d’armes courtois, discipliné et cordial » dont la disparition « cause à tout le contingent, à sa famille et à ses amis, une peine immense ». Puis d’ajouter : « tu laisses chacun de nous face aux interrogations qui hantent nos vies… »

Le message de condoléances lu par le Chef d’Etat-major de la Composante Police de la MINUSCA, pour regretter la disparition de ce gendarme d’« une sociabilité indescriptible » selon le mot du Lieutenant-colonel Hacen Ould Dah, a souligné l’importance du sacrifice : « Le sacrifice du gendarme Beilil nous invite à poursuivre notre mission de protection des populations civiles » Hector Marcial Founa 7 ajoutera à l’endroit du Chef du contingent mauritanien, « je vous prie de transmettre la compassion et la solidarité de la Police à la famille et à tous les frères d’armes du défunt ».

Le Représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies, Parfait Onanga-Anyanga, a, quant à lui, dans une grande émotion, déploré cette nouvelle disparition « tragique » avant de déclarer : « je veux dire à chacune et à chacun de vous que vos actes héroïques sont gravés dans le cœur de tous (…) Ce sacrifice ne sera pas vain », a-t-il dit. Et il a promis : « les coupables de cet acte lâche seront interpelés ; les enquêtes sont en cours et sont avancées » Puis il dira : « Nous réclamons justice parce que nous considérons que ces actes sont inacceptables. »

Inacceptable en effet, la mort de ce jeune gendarme né le 29 avril 1989, qui entre dans la Gendarmerie de son pays, la Mauritanie, le 10 juillet 2010 et déployé à la MINUSCA le 7 juillet 2017.

Source : MINUSCA

 

 

Jérusalem: en Turquie, les leaders musulmans condamnent la décision de Trump

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mediaEn Turquie, les pays membres de l’Organisation de coopération islamique (OCI) se sont réunis ce mercredi à Istanbul, sur invitation du président turc Recep Tayyip Erdogan, pour étudier la réponse à donner à la reconnaissance par Washington de Jérusalem comme capitale de l’Etat d’Israël. Les représentants des 57 Etats musulmans se sont finalement entendus pour reconnaître à la Palestine le droit de choisir le lieu de sa propre capitale et pour lancer un appel aux autres pays du monde. Un résultat somme toute assez mince.

Ce sommet extraordinaire n’aura duré que quelques heures. Il s’est finalement conclu par un communiqué en 23 points, qui reconnaît Jérusalem-Est comme la capitale de la Palestine.

Le document invite le reste du monde à faire de même et, sans surprise, dénonce la décision de Donald Trump. Le communiqué demande ainsi à l’ONU de protéger le statut de Jérusalem. Tout au long de la journée, l’hôte du sommet, Recep Tayyip Erdogan, a dénoncé Israël, « un Etat terroriste, un Etat d’occupation ».

Le président palestinien Mahmoud Abbas a, lui, attaqué les Etats-Unis : une puissance partiale qui selon lui ne peut plus jouer de rôle politique dans la région.

Mais au-delà des mots, ce sommet annoncé en grande pompe n’a pas su, ou n’aurait pas pu aplanir les rivalités régionales, notamment entre l’Arabie saoudite et l’Iran, et semble avoir accouché d’une souris avec peut-être un seul gagnant : Recep Tayyip Erdogan, qui a ainsi organisé une vaste tribune, pour sa propre personne.

Source : RFI

 

Sommet G5 Sahel: de nouveaux contributeurs pour passer à la vitesse supérieure

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Une réunion sur le G5 Sahel s'est tenue ce mercredi 13 décembre à la Celle-Saint-Cloud, en banlieue parisienne. Les cinq chefs d'Etat des pays sahéliens ont été invités par le président Emmanuel Macron. L'objectif : accélérer la mobilisation internationale autour de cette force conjointe de lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Avec au cœur des préoccupations, la question d'un financement durable de cette force.

C'est avec une certaine satisfaction qu'Emmanuel Macron a annoncé deux nouveaux contributeurs financiers de la force G5 Sahel.

« Je souhaite souligner évidemment l’engagement de l’Union européenne, qui s’est engagée à hauteur sur 50 millions d’euros, mais également l’Arabie saoudite qui contribuera à hauteur de 100 millions et les Emirats Arabes unis à hauteur de 30. C’est un premier engagement. Ce qui n’est qu’une étape dans la mobilisation puisqu’une conférence de soutien et de planification se tiendra à Bruxelles le 23 février prochain pour rassembler tous les partenaires intéressés. »

Ces premiers financements pourront couvrir la première année d'opération de la force. Qu'en est-il pour l'avenir ? Ces contributions se dépensent vite, l'Union européenne par exemple en a déjà décaissé près de la moitié. D'où l'inquiétude des pays sahéliens qui préféreraient voir l'initiative du G5 sous l'égide de l'ONU.

« Nous sommes dans une phase cruciale. L’Union africaine apprécie les efforts de ses partenaires, a souligné Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l'Union africaine. Certes, la résolution qui a été prise par le Conseil de sécurité ne l’est pas encore sous chapitre 7 mais j’espère qu’avec le temps, en agissant sur le terrain et de manière concrète, nous aurons convaincu de la pertinence de cette approche. »

L'idée est donc de passer encore à la vitesse supérieure. Une réunion des ministres de la Défense des cinq pays sahéliens et de la France aura lieu mi-janvier. Et des résultats sont attendus dès le premier semestre 2018.

Source : RFI

 

Déclaration de Catherine Ray, porte-parole de l’Union Européenne à propos du sommet UE/UA

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Déclaration de Mme Catherine Ray, porte-parole de l’Union Européenne à propos du Sommet UE/UA « Au cours des préparatifs de ce Sommet, certaines questions ont pu être posées au sujet de la participation de tel ou tel membre des organisations concernées, notamment s’agissant de la « RASD ».


En la matière, notre position constante a été de donner à chaque partie-Union Africaine et Union Européenne la responsabilité de la constitution respective de leurs listes de participants.


Toute participation à ce Sommet, comme il est d’usage pour une rencontre internationale de cette nature, ne constitue pas une modification de la position de l’Union Européenne quant à la non-reconnaissance de la
"RASD"».

Ci-après, le lien de la vidéo relative à cette déclaration :


http//ec.europa..eu/avservices/video/player.efm?sitelang


Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Face à l'ennemi iranien, Israël et l'Arabie saoudite de plus en plus proches

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Des soldats israéliens à la frontière avec le Liban, près de Metula, le 16 novembre.Alors que de nombreux observateurs pointent le risque d'escalade entre Israël et le Hezbollah depuis la démission du Premier ministre Saad Hariri, le chef d'Etat-major de Tsahal a brisé un tabou en s'exprimant dans la presse saoudienne pour démentir une telle éventualité à court-terme, tout en disant l'Etat hébreu parfaitement aligné sur les positions anti-iraniennes de Riyad.

C’est une première, et une preuve que les temps changent et les tabous sautent. Et vite. Jeudi, le pure player saoudien Elaph, basé à Londres, a publié une interview du chef d’Etat-major israélien Gadi Eizenkot. Officiellement, les deux pays n’entretiennent aucune relation diplomatique. Officiellement, seulement. Car des deux côtés, on ne s’embarrasse plus pour afficher les signes d’alignement face à l’ennemi commun iranien, «la plus réelle et grande menace dans la région», selon la tête de Tsahal, prêt à «partager expériences et renseignements avec les pays arabes modérés pour confronter l’Iran». Y compris l’Arabie saoudite, insiste le militaire, «avec qui nous sommes en total accord, et qui n’a jamais été notre ennemi». Israël est désormais une puissance sunnite comme les autres, plaisantent les observateurs israéliens dans la revue Foreign Policy.

Ces effusions diplomatiques répondent aux derniers coups de dés lancés par l’hyperactif prince saoudien Mohammed ben Salmane, dit MBS, nouvel homme fort du royaume. Il y a d’abord eu l’inattendu et pour le moins trouble épisode Saad Hariri, Premier ministre libanais démissionnaire voire démissionné par les Saoudiens, qui s’est justifié depuis Riyad par un argumentaire anti-iranien musclé, fustigeant le rôle du Hezbollah dans le pays. Un développement qualifié par Eizenkot de «compliqué» et «surprenant», en concomitance avec la purge sans précédent opérée par MBS parmi les princes, ministres et autres oligarques saoudiens. Enfin, pour compléter le tableau, il y a eu ce missile tiré par les rebelles yéménites en direction de Riyad, intercepté par les Saoudiens qui en ont attribué la responsabilité à l’Iran.

Curieux tandem «sioniste-wahhabite»

Le tout donne une impression de glissement tectonique, avec d’un côté Téhéran et ses visées hégémoniques sur un croissant qui passerait par l’Irak, la Syrie, le Liban jusqu’à la Méditerranée, et de l’autre, un axe Washington-Riyad-Tel-Aviv à bout de patience avec l’Iran et ses immixtions au Yémen et en Syrie. Sans compter les doutes sur le respect de l’accord sur le nucléaire iranien, éternel cheval de bataille israélien désormais enfourché sans nuance par Donald Trump. Le chef d’Etat-major de Tsahal y voit une «opportunité pour une nouvelle coalition internationale dans la région. Il devrait y avoir un plan régional majeur pour stopper la menace iranienne.»

A lire aussi L’Arabie Saoudite fait accourir Macron

Ainsi, la déstabilisation du Liban entraînée par le feuilleton Hariri – qui devrait être «exfiltré» à Paris ce week-end – a réveillé le spectre d’une nouvelle guerre entre Israël et le Hezbollah libanais, grand allié de l’Iran. Le premier à avoir tiré la sonnette d’alarme est l’ancien ambassadeur américain en Israël, Dan Shapiro, qui, dans une tribune publiée dans Haaretz, juge «plausible que les Saoudiens essaient de créer un contexte pour contester l’influence iranienne au Liban par de nouveaux moyens : une guerre entre Israël et le Hezbollah». Un épouvantail vite agité à son tour par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui a accusé le curieux tandem «sioniste-wahhabite» de vouloir la destruction du Liban. En revanche, Nasrallah a bien pris garde de ne pas enflammer plus encore la situation en défendant l’unité nationale.

«Nous ne sommes pas idiots»

Observateurs et militaires l’ont toujours dit : un nouveau conflit, après la guerre de 2006, entre l’Etat hébreu et le Hezbollah n’est pas une question de «si» mais de «quand». En une décennie, le Hezbollah a considérablement renforcé sa force de frappe balistique, estimé entre 100 000 et 130 000 roquettes, soit presque dix fois plus que lors de la deuxième guerre du Liban. Ses hommes – environ 20 000 combattants et autant de réservistes – se sont aguerris en Syrie et ont reçu quantité d’armes de leurs alliés iraniens et russes.

Depuis des mois, les faucons du gouvernement Nétanyahou laisse entendre que cette menace devra être réglée tôt ou tard, expliquant que l’armée libanaise n’est désormais plus qu’une branche affiliée au Hezbollah et que toute distinction entre la force paramilitaire et les institutions libanaises est une illusion. A ce titre, si guerre il y a, les Israéliens ont déjà prévenu qu’ils ne feraient pas de distinction entre infrastructures militaires et civiles et qu’ils frapperaient très fort dès les premiers jours. En somme, si le Hezbollah entend s’attaquer à l’Etat hébreu après une décennie de relatif calme, il devra prendre le risque de voir Israël raser le Liban.

Cependant, il semble peu probable que Tel-Aviv se laisse emporter par l’impulsivité saoudienne. En off, un officiel israélien trouve même la tribune de Shapiro risible : «C’est mal nous connaître. Nous ne sommes pas idiots au point de faire les guerres des autres.» Eizenkot ne dit pas autre chose : «Nous n’avons aucune intention d’engager un conflit avec le Hezbollah au Liban.» Mais précise : «Cependant, nous n’accepterons pas une menace stratégique envers Israël.» De son côté, le Hezbollah, déjà engagé militairement sur plusieurs fronts en Syrie, a peu intérêt à prendre les devants d’une attaque sur Israël, dévastatrice pour le Liban.

Vendredi, lors d'une visite officielle à Moscou, Gebran Bassil, le chef de la diplomatie libanaise, mettait en garde l'Etat hébreu, dans une interview à Russia Today«Tout le monde peut partir en guerre contre nous. Mais je doute encore que ce scénario soit probable car les conséquences affecteraient ceux qui commenceraient une telle guerre. Bien sûr, le Liban en souffrirait et veut l'éviter, même s'il gagne la guerre. (...) Mais nous ne devons pas inciter Israël à déclencher cette guerre parce qu'il peut la perdre. Nous devons dissuader Israël de déclencher la guerre car il est certain que le Liban en serait le vainqueur.»

«Alarmiste et simpliste»

Ofer Zalzberg, analyste israélien à l’International Crisis Group, juge lui aussi la perspective d’un troisième conflit israélo-libanais peu probable à court terme : «Cette hypothèse apparaît alarmiste et simpliste. Car le coût d’une telle guerre pour le Hezbollah comme Israël serait excessivement élevé.» Selon Zalzberg, même si Israël mène une guerre parfaitement planifiée contre le Hezbollah, l’Etat hébreu devra faire face à un degré de violence «rarement vu depuis longtemps. On parle d’ogives de 400 kilos qui touchent le centre de Tel-Aviv, de l’aéroport Ben Gourion probablement durement touché. Ce sont des images auxquelles la société n’est plus prête. Politiquement, ce serait très difficile à assumer. Comment expliquer aux Israéliens que leurs fils meurent pour défendre les intérêts saoudiens ? Nétanyahou n’a aucune envie de ça.» Malgré ses saillies belliqueuses, le Premier ministre israélien est connu pour son aversion pour les conflits frontaliers, les deux guerres ayant éclaté sous son mandat touchant uniquement Gaza.

Néanmoins, l’analyste reconnaît que le nouvel agenda saoudien change la donne : «C’est une nouvelle source de souci. Les Saoudiens n’ont connu que des échecs : au Yémen, en Syrie, même leur stratégie vis-à-vis du Qatar ne semble pas fonctionner. Ils veulent un succès, et ils cherchent visiblement l’escalade avec l’Iran.» D’autres analystes estiment au contraire que les Saoudiens n’auraient pas grand-chose à gagner d’un conflit Israël-Liban, qui pourrait relégitimer le Hezbollah dans l’opinion arabe, y compris dans le royaume.

Pour Ofer Zalzberg, la zone à surveiller est la province syrienne de Kuneitra, sur le plateau du Golan, qui touche la ligne de l’armistice entre Israël et la Syrie : «Si les forces pro-Assad en prennent le contrôle avec des hommes du Hezbollah, Israël verra cela comme une agression, une nouvelle ligne de front, et se sentira obligé de réagir pour les déloger. Un échange de tirs peut alors vite dégénérer...»

Source : RFI

 

Israël prêt à coopérer avec Ryad pour "faire face à l'Iran"

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Israël prêt à coopérer avec Ryad pour Israël est prêt à coopérer et à échanger des renseignements avec l'Arabie saoudite "pour faire face à l'Iran", a déclaré le chef d'état-major israélien Gadi Eisenkot dans un rare entretien avec un média arabe publié jeudi.

"Nous sommes prêts à échanger notre expérience et les informations provenant du renseignement avec les pays arabes modérés pour faire face à l'Iran", a déclaré le lieutenant-général Eisenkot au site d'information en ligne Elaph, fondé par un homme d'affaires saoudien et basé en Grande-Bretagne.

"Nous sommes prêts à partager l'information si nécessaire", a-t-il insisté comme Elaph lui demandait si Israël avait partagé du renseignement récemment avec Ryad.

Un responsable de l'armée israélienne a confirmé à l'AFP la teneur des propos de l'officier. Il a ajouté que l'entretien, effectué à Tel-Aviv avec un correspondant du site d'informations privé, était le premier du genre pour un chef d'état-major en exercice avec un média arabe depuis 2005.

Ces déclarations interviennent dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite et l'Iran chiite.

L'Arabie saoudite n'a pas de relations diplomatiques avec Israël. L'Iran est quant à lui le grand ennemi d'Israël.

Les dirigeants israéliens répètent à l'envie que l'influence grandissante de l'Iran au Proche et Moyen-Orient et les inquiétudes qu'elle suscite parmi certains pays de la région créent une nouvelle convergence d'intérêts. Ils laissent entendre qu'elle pourrait conduire à une reconfiguration diplomatique dans une région où seuls deux pays arabes ont fait la paix avec Israël.

"Avec le président Donald Trump, il y a la chance d'une nouvelle alliance internationale dans la région et d'un plan stratégique majeur pour faire cesser la menace iranienne", a dit le général Eisenkot.

Israël s'alarme des activités nucléaires iraniennes et du danger que l'Iran, engagé militairement au côté du régime de Bachar al-Assad, n'établisse un nouveau front près des frontières israéliennes et ne trace un croissant stratégique continu passant par l'Irak, la Syrie et le Liban jusqu'à la Méditerranée.

L'Iran soutient un autre des grands ennemis d'Israël, le Hezbollah chiite libanais.

A la suite de la démission choc du Premier ministre libanais Saad Hariri, annoncée le 4 novembre à Ryad, le Hezbollah et l'Iran ont accusé l'Arabie saoudite de pousser Israël à attaquer le Liban.

"Nous n'avons aucune intention d'engager un conflit avec le Hezbollah au Liban et d'arriver à une guerre, mais nous ne pouvons pas accepter les menaces stratégiques venues de là-bas", a dit le général Eisenkot.

"Je suis très heureux de voir régner le calme de part et d'autre de la frontière depuis 11 ans (et la guerre du Liban de 2006). En revanche, nous assistons à des tentatives iraniennes d'escalade", a-t-il dit.

Israël promeut avec insistance l'idée que l'influence de l'Iran et les nouvelles réalités régionales annoncent une embellie de ses relations avec les pays arabes.

Une reconnaissance d'Israël par ces pays arabes paraît encore lointaine, mais cela n'empêche pas l'émergence de discrètes coopérations, selon experts et responsables. Ces coopérations sont très difficiles à confirmer de manière indépendante tant le sujet est sensible.

Source : Romandie News (Suisse)

 

 

Révolutions de palais en Arabie saoudite

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Présentée comme une opération anticorruption, la purge sans précédent décidée par le roi et le prince héritier s’apparente à un véritable coup de force. Objectif : s’arroger tous les pouvoirs.

L’opération mains propres saoudienne a viré à la panique géopolitique régionale. Fulgurante, elle a surpris, dans la nuit du 4 au 5 novembre, des hauts responsables sécuritaires, des princes puissants et des businessmans en vue. Une liste non officielle d’une quinzaine de personnalités a rapidement circulé, mais des dizaines d’autres les ont rejoints dans la prison dorée du Ritz-Carlton, à Riyad.

Les interpellations se sont poursuivies les jours suivants et des centaines d’individus ont été interdits de sortie du territoire. Au total, on dénombre pas moins de cinq cents arrestations. Blanchiment, corruption, détournements…

Les accusations ont été émises par une commission ad hoc formée quelques heures avant la rafle et présidée par l’homme fort du royaume, le jeune et impétueux prince héritier Mohamed Ibn Salman. « C’est un samedi noir pour la corruption et les corrompus, ceux qui ont trahi leur conscience et abusé de leurs positions », a déclaré la télévision nationale. « Nuit des longs couteaux », « grande purge », ont commenté des médias internationaux.

Personnalités très influentes

L’envergure des personnalités embastillées, à l’image du prince milliardaire Al Walid Ibn Talal, de Bakr Ibn Laden, président du géant local de la construction Saudi Binladin Group, du ministre de l’Économie en exercice ou des princes Mitab, ministre de la Garde nationale, et Turki, ex-gouverneur de Riyad, tous deux fils de feu le roi Abdallah, donnent à ce coup d’éclat judiciaire des airs de coup d’État.

« Le lien a été rapidement fait entre la purge anticorruption et la démission surprise »

La destruction, le 5 novembre, au-dessus de la capitale, d’un missile balistique tiré par les rebelles houthistes du Yémen, que l’armée saoudienne combat depuis 2015, a projeté sur le drame les lueurs de la guerre. Et le lien a été rapidement fait entre la purge anticorruption et la démission surprise, lue par lui-même depuis la capitale saoudienne le 4 novembre, du Premier ministre libanais, Saad Hariri.

Opération anti-corruption

Approuvant la méthode musclée des maîtres de Riyad, le président américain Donald Trump a tweeté : « Le roi Salman et le prince héritier d’Arabie saoudite savent très exactement ce qu’ils font. » Cette manœuvre risquée à l’audace inédite dans le royaume suscite autant d’interrogations que d’alarme.

« Fait vice-prince héritier en avril 2015, il a évincé le puissant Mohamed Ibn Nayef de sa place de dauphin en juin 2017 »

Mais elle s’inscrit dans la lignée des révolutions de palais qui, depuis l’intronisation du vieux Salman, en janvier 2015, portent méthodiquement son fils favori Mohamed vers le trône. Fait vice-prince héritier en avril 2015, il a évincé le puissant Mohamed Ibn Nayef de sa place de dauphin en juin 2017.

Ce remplacement avait été présenté comme librement accepté, vidéo d’allégeance de l’ancien au nouvel héritier à l’appui. Mais le traitement des personnalités incarcérées au Ritz-Carlton confirme les informations qui disaient alors Ibn Nayef placé en résidence surveillée après avoir été contraint d’accepter sa déchéance.

Assurer la transmission

Début septembre, l’arrestation de trente intellectuels, activistes et religieux au motif qu’ils agissaient contre la sécurité du royaume a amené l’ONG Human Rights Watch à condamner « une répression coordonnée des dissidents ». Des rumeurs au plus haut niveau avaient alors évoqué un coup de balai en vue de la transmission par Salman, avant la fin de 2017, de la couronne à son fils.

« L’homme aux affaires florissantes, actionnaire des hôtels Four Seasons, de Twitter, d’Apple et de Citigroup, est accusé de blanchiment d’argent »

Certaines personnes avaient même été arrêtées au motif qu’elles n’avaient pas dit haut et fort leur soutien à la politique de Mohamed Ibn Salman. En octobre, le prince milliardaire Al Walid Ibn Talal avait, lui, applaudi la politique de réformes économiques et sociales – dont l’autorisation accordée aux femmes de conduire – de l’héritier : « C’est notre version très paisible du Printemps arabe. »

Rien n’y a fait, l’homme aux affaires florissantes, actionnaire des hôtels Four Seasons, de Twitter, d’Apple et de Citigroup, est accusé de blanchiment d’argent. « Entendre que des princes saoudiens ont été arrêtés pour “corruption”, c’est comme lire que Donald Trump a renvoyé sept secrétaires de cabinet “pour mensonges” », écrit Thomas Friedman, du New York Times, qui a interviewé deux fois Ibn Salman.

Mettre de l’équilibre dans le royaume

Intervenant une semaine après un forum international d’investissement organisé sous l’égide du prince héritier, l’opération anticorruption a été présentée par le gouverneur de l’autorité saoudienne d’investissement comme « une étape vitale à la mise en place d’un terrain juste et équitable pour tous les potentiels investisseurs ». Mais l’arrestation des hommes d’affaires les mieux établis d’Arabie saoudite et le gel de leurs avoirs ont l’effet inverse. « C’est un mauvais signal », observe Joseph Bahout, chercheur invité à la Fondation Carnegie.

« On se focalise sur Ibn Talal mais la vraie cible est le prince Mitab, qui dirigeait la force d’élite de la Garde nationale »

L’arrestation du président du Saudi Binladin Group et la démission exigée du Libanais Hariri, patron du groupe Saudi Oger, ont mis sur la touche les deux plus grands groupes de construction du royaume. Au profit, futur et colossal, du prince ? se demande Rosie Bsheer dans le Washington Post. Un observateur averti remarque pour sa part que « les dirigeants de Rotana, de MBC et d’ART, les empires médiatiques saoudiens, ont été neutralisés. Le pouvoir veut mettre la main sur ces outils ».

D’une pierre, l’héritier tente de faire une multitude de coups, mais le principal n’est pas le plus évident, souligne Bahout : « On se focalise sur Ibn Talal mais la vraie cible est le prince Mitab, qui dirigeait la force d’élite de la Garde nationale, dernier bastion sécuritaire qui échappait au contrôle du clan Salman après la chute en juin de la citadelle policière d’Ibn Nayef. Secondaire, la mise au pas des milieux d’affaires était aussi nécessaire à la construction du nouveau pouvoir autocratique saoudien. »

Futures conséquences

Présentée comme une phase de la politique de libéralisation du prince, c’est bien une révolution absolutiste qui est en cours, où Ibn Salman se hisse à une place occupée pendant des décennies par des vieillards prudents et où l’autocratie supplante la culture du compromis familial, religieux et social qui prévalait chez les Saoud.

« En éradiquant tous les obstacles sur son chemin, l’ambitieux pourrait susciter de nouvelles oppositions »

Mais en éradiquant tous les obstacles sur son chemin, l’ambitieux pourrait susciter de nouvelles oppositions. Voire coaliser contre lui des oppositions jusqu’alors inconciliables, menaçant alors sérieusement la stabilité du pouvoir et de l’État saoudien. Sans rapport apparent avec l’opération de police intérieure, les stances virulentes proférées concomitamment à l’égard de l’Iran, les grandes manœuvres diplomatiques de Riyad dans cette partie du monde et les applaudissements de la Maison-Blanche lient le destin national à celui de la région. Et laissent craindre le pire.

Le futur roi cherche-t-il à entraîner les États-Unis et Israël dans une guerre contre le Hezbollah libanais et les milices pro-iraniennes au Liban et en Syrie ? Les Saoudiens démontrent au Yémen leur incompétence militaire et les Israéliens ne font pas de guerre pour les autres, souligne-t-on. Joseph Bahout est plus pessimiste : « Ibn Salman a intérêt à la conflictualité régionale qui galvanise le nationalisme saoudien à son profit. Trop convaincu du soutien américain et d’une complicité israélienne, il a pu se persuader qu’une guerre consoliderait son pouvoir. »


Une manne pour le royaume ?

Au 7 novembre, 1 200 comptes en banque avaient été gelés et 800 milliards de dollars d’avoirs bloqués, potentiellement confiscables par l’État. Plus de trois fois les pertes des réserves en devises enregistrées depuis la chute du cours du pétrole en 2014. Et de quoi amplement financer le projet Neom, une mégacité du futur, présenté au « Davos du désert » et représentant 500 milliards de dollars

Source : jeuneafrique.com

 

Liban: Pour Michel Aoun, Saad Hariri est «détenu» en Arabie saoudite

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mediaPour la première fois depuis la démission surprise de Saad Hariri, le 4 novembre, à Riyad, le président libanais Michel Aoun a officiellement annoncé, ce mercredi 15 novembre, que son Premier ministre et sa famille étaient «détenus» en Arabie saoudite. Quelques minutes plus tard, Hariri répondait sur son compte twitter qu’il se portait très bien et qu’il comptait revenir à Beyrouth «comme (il) l’a promis».

Le Liban a haussé le ton, ce mercredi, douze jours après la démission surprise de son Premier ministre annoncé à Riyad dans des conditions jugées «anormales» par Beyrouth. Le président Michel Aoun a affirmé que le Liban considérait officiellement Saad Hariri comme «détenu» en Arabie saoudite. Le chef de l’Etat a ajouté devant les patrons des radios et des télévisions du pays que les membres de la famille du Premier ministre étaient également détenus. «Ils sont fouillés au départ et à l’arrivée», a encore dit Michel Aoun.

Le président libanais a qualifié la «détention» de Saad Hariri par l’Arabie saoudite d’«acte hostile» qui porte préjudice à la dignité et à la souveraineté du Liban. Elle constitue, selon lui, une violation de la convention de Vienne et de la déclaration des droits de l’homme. Beyrouth, a-t-il indiqué, va porter l’affaire sur un plan international pour obtenir le retour de Saad Hariri.

Michel Aoun a indiqué qu’il ne prendrait pas acte de la démission du Premier ministre que si elle est présentée à Beyrouth conformément aux usages constitutionnels.

Quelques minutes plus tard, Saad Hariri insistait sur son compte twitter qu’il allait «très bien et si Dieu le veut», il compte retourner au Liban comme il l’a promis.

Dans une interview, dimanche, Saad Hariri, apparu en mauvaise forme, avait assuré qu’il rentrerait au Liban «dans deux ou trois jours».

Source : RFI

 

Financement du terrorisme : le grand déballage de l’ex-premier ministre Qatari

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Financement du terrorisme : le grand déballage de l’ex-premier ministre QatariDans un entretien accordé à la BBC l’ex- premier ministre et ex-chef de la diplomatie Qatarie Hamad bin Jassem al Thani, a fait de graves révélations sur le soutien considérable apporté par son pays aux factions armées en Syrie à travers la Turquie, avec la complicité des forces Américaines et d’autres pays de la région, en l’occurrence l’Arabie saoudite, la Jordanie, les Émirats Arabes Unis et la Turquie.

Hamad bin Jassem a été plus loin en révélant que la Syrie avait échappé en 2007 un an après la défaite d’Israël au Liban à un plan apocalyptique visant sa désintégration.

L’ex-premier ministre Qatari a par ailleurs indiqué que Doha a été désigné pour s’occuper du dossier de la crise Syrienne avec l’approbation totale de Washington et Riyad, soulignant que son pays est en possession de preuves irréfutables en forme de documents officiels émanant d’Arabie Saoudite et des Etats-Unis, mandatant le Qatar à prendre en charge le dossier de la crise Syrienne dès 2011.

Hamad Bin Jassem a tenu à souligner que le soutien militaire fourni par son pays aux groupes armés en Syrie, était acheminé via la Turquie en coordination avec les Etats-Unis.

L’acheminement du soutien logistique destiné aux factions armées opérant en Syrie, était selon l’ex-chef de la diplomatie Qatarie, assuré par les forces Américaines, Turques et Saoudiennes, à partir de la base américaine Incirlik en Turquie. Une base gérée par des officiers des services de renseignements Américains, Turcs, Saoudiens, Qataris, Emiratis, Marocains, Jordaniens, Israéliens, Français et Britanniques, et dont la première mission était la coordination des opérations militaires en Syrie.

Washington a de surcroît mis à la disposition de cette unité du renseignement militaire, six satellites d’espionnage opérant 24 heures sur 24, fournissant tous les détails les plus précis sur l’évolution de la situation sur le terrain, avec photos à l’appui, directement transmis à la salle d’opération dans la base Incirlik, chargée de superviser les opérations militaires dans la zone nord de la Syrie.

Les satellites Américains assuraient en même temps la transmission des informations à d’autres centres d’opérations implantés dans la région, notamment dans la ville d’Irbid en Jordanie, dans la région Nord du Royaume, dans la base aérienne Al-Hussein, gérée par des officiers du contre-espionnage Jordaniens, Israéliens, Saoudiens, Emiratis, Américains, Britanniques et Qataris, en charge aussi de superviser les opérations militaires dans la zone sud de la Syrie.

137 milliards de dollars dépensés par le Qatar

L’ancien premier ministre et ex ministre des affaires étrangères Qatari Hamed Bin Jassem al-Thani, qui était aux commandes du Qatar au moment du déclenchement de la guerre en Syrie (2001), affirme en substance que le conflit Syrien a coûté au trésor de son pays plus de 137 milliards de dollars, soulignant au passage que les émirs et commandants des factions armées ont profité de cette manne financière et de l’argent qui coulait à flot, au point où certains d’entre eux sont devenus des milliardaires, l’argent a aussi servi de provoquer des désertions dans les rangs de l’armée Syrienne. Un militaire sans grade qui accepte de déserter l’armée Syrienne et intégrer une milice armée, recevra une enveloppe de 15.000 dollars, alors qu’un officier touchera environ 30.000 dollars.

L’ex-premier ministre Qatari qui a décidé de faire la lumière sur toutes les manœuvres des pays de la région, avec l’appui des grandes puissances occidentales, pour instaurer le chaos en Syrie, n’a pas épargné certaines personnalités Syriennes qui avaient trahi leur pays pour une poignée de dollars. Il cite à titre d’exemple dans son entretien à la BBC le cas de l’ex-premier ministre Syrien Riyad Hidjab qui a décidé de claquer la porte, après avoir été approché par son cousin basé en Jordanie, qui lui a présenté une offre Saoudienne de 50 millions dollars en contrepartie de sa dissension, une offre alléchante qu’il avait immédiatement acceptée.

Hamed Bin Jassim revient aussi sur la défection de l’ex-commandant du corps d’élite syrien, la garde républicaine, Manaf Tlass, un arrangement mis au point dans les sous-sols de la DST Française, en collaboration avec la sœur de Manaf Tlass qui est établie depuis longtemps en France, naturalisée Française, Nahida Tlass, veuve de l’homme d’affaire Syro-Saoudien Akram Ojjeh. L’ancien responsable politique qatari qui a subitement décidé de briser l’omerta sur les manœuvres des principaux acteurs de la région dans le conflit Syrien a dans la foulée évoqué le rôle clef du premier ministre libanais Saad Hariri, dans le conflit du pays voisin la Syrie, à partir de son bureau dans la ville Turque de Gaziantep, bureau dirigé par le député Libanais Okab Sakr qui organisait le trafic d’armes vers la Syrie, et cette intrusion de Hariri dans le conflit syrien est une des cause de sa faillite dans les affaires.

Al-Magharibia financée par le Qatar

L’ancien ministre Qatari a enfin avoué que son pays a joué un rôle clef dans la destruction de l’Egypte, la Libye, la Syrie et le Yémen à travers un plan concocté aux Etats-Unis. Hamad Bin Jassem a tenu à mettre en garde contre le rôle joué par des médias comme la chaine Al-Jazeera dans cette stratégie globale d’instaurer le chaos dans plusieurs Etats de la région. Et de citer d’autres médias financés par l’Emirat du Qatar comme la chaîne de l’ex-FIS Al-Magharibia, chargée de ternir l’image de l’Algérie, en travestissant la réalité et en engageant même des enfants de Harkis pour accomplir une telle besogne, dans le pays du million et demi de chouhadas.

Cela dit, ce déballage à la BBC, par un des hommes clefs de l’Emirat du Qatar, montre preuves à l’appui, que les pays cités plus haut ont constitué une large alliance de guerre contre la Syrie qui a subi depuis 2011 une extraordinaire agression qui a mis en scène 200.000 terroristes venus de 87 pays, mis en ruine le pays, entrainant la mort de quelque 300.000 personnes et engendrant 7 millions de réfugiés.

A quand la Cour internationale de Justice (CPI) pour les responsables de ce génocide, de ces crimes de guerre et crimes contre l’humanité ?

Source : Algérie 1

https://www.algerie1.com/actualite/destabilisation-de-la-syrie-le-grand-deballage-de-l-ex-premier-ministre-qatari

Source : Afrique-Asie (France)

 

Quand l’Amérique de Carter hésitait à soutenir Hassan II au Sahara

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Quand l’Amérique de Carter hésitait à soutenir Hassan II au SaharaWashington vient de déclassifier une série importante de ses câbles diplomatiques datant de 1977 à 1980 consacrés à l’Afrique du Nord.

En pleine Guerre froide, l’Administration du président Jimmy Carter explorait avec hésitation les solutions envisageables à l’époque pour une résolution du conflit du Sahara Occidental. Le Desk en rapporte quelques faits saillants.

Nouvelle mine d’informations pour les chercheurs en géopolitique : l’Office of the Historian (OH) vient de rendre publique une masse de télégrammes diplomatiques sur les relations extérieures des Etats-Unis avec les pays d’Afrique du Nord sur la période 1977-1980. Ce volume fait partie d’une sous-série qui documente les questions de politique étrangère les plus importantes de l’administration Jimmy Carter.

« Il porte sur les stratégies de l’administration pour promouvoir la paix et la stabilité dans le Maghreb dans ses relations avec le Maroc, l’Algérie, la Libye et la Tunisie, et sur le différend régional sur le Sahara occidental », écrit l’OH dans sa présentation.

Une autonomie au Sahara, « sauver la face » de l’Algérie

On y apprend notamment dans une série de câbles datant de juin 1977 que Washington avait poussé à la roue pour qu’une autonomie au Sahara occidental soit proposée aux belligérants. L’option a été catégoriquement rejetée par Hassan II et quelque peu boudée par Houari Boumedienne, alors qu’Alger cherchait, par la voix de Abdelaziz Bouteflika, à l’époque ministre des Affaires étrangères, de « sauver la face » de l’Algérie, selon les termes révélés par ces correspondances.

Refroidis, les Etats-Unis qui ne considéraient pas le conflit comme un danger majeur pour l’équilibre des grandes puissances et donc pas « une priorité de premier ordre », ont alors adopté une position de neutralité dans le dossier, préconisant ainsi une solution basée sur un accord régional.

Sur les ressorts du conflit, la diplomatie américaine insistait pour dire qu’elle ne « prenait pas pour vérité la souveraineté historique du Maroc sur le Sahara Occidental » et que « la partition du territoire entre le Maroc et la Mauritanie était quelque peu arbitraire » faisant valoir que le tracé n’obéissait pas aux allégeances tribales. Washington accordait peu de crédit aux arguments juridiques de Rabat et estimait qu’il s’agissait d’une « annexion par la force » et que le sentiment pour une indépendance du territoire était « dominant ». Pour autant, et malgré l’appui de Boumedienne à la guérilla du Polisario, les Américains étaient persuadés qu’il était « peu probable que la situation de fait accompli pourrait être inversée ».

La position américaine appuyait ainsi la recherche d’un consensus autour d’une « forme d’autodétermination basée sur une représentation élue locale bénéficiant d’une sorte d’autonomie (…) de nature à dépasser les arguments juridiques absurdes avancés de part et d’autre ». Elle soulignait cependant que Hassan II exigeait que « rien ne soit décidé ».

La posture du roi s’expliquait à l’évidence par la nature des négociations secrètes en cours entre Rabat, Alger et Nouakchott qu’une série de télégrammes américains révèlent : l’Algérie poussait vers une fédération Mauritanie-« RASD », alors que Hassan II, quoique très hostile à la création d’un « mini-Etat » sous la coupe d’Alger au sud du Maroc, « n’était pas totalement intransigeant » à une « entité » dépendant de la souveraineté du royaume ou tout du moins qui ne lui serait pas « idéologiquement hostile », selon les termes d’un diplomate mauritanien.

Quand Washington faisait l’analogie avec le Protectorat

A l’époque Washington avait pour doctrine d’accepter une administration conjointe du territoire contesté entre Nouakchott et Rabat, faisant même référence dans un câble datant de 1978 à une analogie avec le Protectorat français sur le Maroc, mais ne s’avançait pas sur un quelconque plan de partition impliquant son absorption pure et simple par l’une ou l’autre des nations riveraines. Pour autant, l’administration américaine était consciente d’un fait commenté comme suit : « Hassan II ne peut pas abandonner le Sahara. Ce serait sa fin s’il le fait, et nous suivrons le chemin d’Abdelaziz dont l’empire a été divisé par les Français et les Espagnols ».

« En bref, si nous voulons vraiment appliquer ce que nous disons à propos de l’autodétermination du Sahara, et si nous avons l’intention de faire pression sur les Marocains dans cette direction, nous devrons être conscients des conséquences à venir. Dans le cas improbable que de telles pressions réussissent, nous pourrions faire face à un désastre de notre politique étrangère avec la création d’un mini-Etat sur la côte saharienne. Si elles ne réussissent pas, nous encourrons encore le ressentiment des Marocains, qui pourraient sérieusement nuire à nos intérêts », résume un câble de l’ambassadeur américain Parker daté de juin 1979.

Celui-ci préconisait alors de « se taire désormais sur cette option », d’autant que le Département d’Etat américain était dans l’incapacité totale d’analyser avec précision les forces en présence, ni même d’évaluer le recensement des populations concernées, « un mystère total », écrivait-il par ailleurs. Certaines voix assuraient déjà au sein de la diplomatie américaine que la question de la « décolonisation était mal posée, voire obsolète » et qu’il fallait éventuellement envisager de facto « une concession territoriale » au Polisario.

Dans ce sens indique un autre câble de la même année, « en ce qui concerne les solutions possibles, Zbigniew Brzezinski (conseiller du président Carter pour la sécurité nationale, ndlr) a indiqué que Hassan II jouait avec l’idée de transformer la Mauritanie en Etat sahraoui souverain. (Il) a répondu que, par le passé, cela aurait pu être une solution logique et naturelle et que toute la Mauritanie et le Tirs El Gharbia aurait pu être reconstitué en Etat sahraoui. Mais, maintenant il est trop tard. (Il) a déclaré qu’il serait désormais impossible de revenir à un statu quo ante dans lequel les habitants du Sahara occidental pourraient être conduits pacifiquement à voter s’ils voulaient leur liberté ou voulaient être associés au Maroc ».
Une diplomatie américaine minée par la contradiction

Un autre son de cloche émanait cependant au même moment de l’ambassadeur des Etats-Unis en poste à Alger qui démontre combien la diplomatie américaine sur cette question sous Carter était à l’évidence hésitante, voire contradictoire :

« A cette date, les Etats-Unis ne peuvent pas se retirer de la position en faveur de l’autodétermination au Sahara occidental. C’est notre position, pour le bien ou le mal, et nous sommes coincés avec elle. Pour la changer, ce serait gagner quelques amis et en décevoir beaucoup, surtout les Etats africains. Pendant des années, nous avons utilisé le slogan de l’autodétermination pour apaiser l’OUA. Le rejeter maintenant serait de risquer une aliénation considérable en Afrique. De plus, l’autodétermination est devenue un processus irréversible dans cette moitié du XXe siècle. Le Maroc et le roi Hassan II ont besoin des États-Unis au moins autant que nous en avons besoin. Alors que le roi a souvent aligné ses politiques avec la nôtre, il a agi principalement dans son propre intérêt, pas celui des États Unis. »

Les Etats-Unis étaient aussi à l’époque très sensibles à la situation complexe que vivait l’Espagne à peine sortie du franquisme. Le dossier brulant du Sahara constituait selon différents câbles diplomatiques datant de 1980 une « menace directe pour la stabilité du pouvoir à Madrid ». « La position officielle espagnole est en faveur de l’autodétermination pour le peuple sahraoui. L’Espagne a reconnu le Polisario comme représentant le peuple sahraoui en lutte mais pas représentatif de l’ensemble du peuple sahraoui », notait alors la diplomatie américaine. Dans ce contexte, Carter affirmait « qu’il semblait que Hassan II devenait de plus en plus isolé et qu’il devrait réaliser qu’il avait besoin de l’Espagne. Il était difficile de voir comment Hassan II pouvait espérer obtenir des droits (…) et espérer gagner en exerçant une pression contre Ceuta et Melilla ».

Juan Carlos d’Espagne : Hassan II est « têtu, têtu, têtu ! »

Dans un memorandum de discussions bilatérales entre Jimmy Carter et le roi Juan Carlos datant de février 1980, ce dernier affirmait : « Le roi Hassan II est très difficile. Vous ne pouvez pas imaginer cet homme. Hassan ne pense rien que de m’appeler pour m’annoncer que le Maroc venait de s’emparer de quelques-uns des bateaux de pêche espagnols. Il se plaint que l’Espagne ne soutient pas le Maroc sur le Sahara. J’ai dit à Hassan II que ce dernier sait très bien ce qui est attendu du Maroc. Et pourtant il ne veut pas changer sa position. Il est têtu, têtu, têtu ! ».

Fait à souligner, une inquiétude était perceptible quant au rôle qu’allait désormais jouer le général Ahmed Dlimi. La reine Sofia, présente lors de cet échange, a directement posé la question au Président Carter : « Pensez-vous que Dlimi irait contre le roi ? », a-t-elle lancé. « Je n’espère pas », lui a répondu Carter…Trois ans plus tard, le général Dlimi était tué dans sa voiture dans des conditions jamais élucidées alors qu’il roulait sur le circuit de la Palmeraie à Marrakech

Hassan II ne veut pas entrainer les Etats-Unis dans « un nouveau Vietnam »

Sur le plan de la coopération militaire maroco-américaine, certains câbles datant de 1977 et 1978 décrivent l’anxiété de Hassan II face au peu d’appui concret de l’administration Carter en termes de livraisons de matériel militaire. A l’époque, le Maroc réclamait des avions de lutte antiguérilla OV-10 et des hélicoptères Cobra que Washington lui refusait ainsi que de munitions pour ses tanks postés sur la frontière avec l’Algérie, mais l’administration Carter était en minorité face à un Congrès qui exigeait des réformes politiques de la part du Maroc.




Autre point de discorde avec Carter, le stationnement au Sahara des chasseurs F-5. Washington faisait alors pression sur Rabat pour ne pas utiliser dans le conflit saharien du matériel militaire livré au Maroc dans le cadre de l’accord militaire de 1960. Le conseiller royal Ahmed Réda Guedira avait alors indiqué qu’ils « étaient bons pour la ferraille » et que dans le cas d’un refus persistant des Etats-Unis, l’armée marocaine allait se tourner vers d’autres pays comme la France pour renouveler son aviation militaire.

Manifestement excédé, Hassan II avait affirmé qu’il ne voulait pas entrainer les Etats-Unis dans « un nouveau Vietnam », mais faisait valoir « l’expansionnisme soviétique », qui au même moment livrait du « matériel sophistiqué au Polisario », via l’Algérie. En parallèle, le roi négociait le retrait des bases américaines, notamment celle de Kénitra, mais proposait d’offrir aux forces navales américaines la possibilité d’user de points d’accostage sur la façade atlantique du Maroc pour ses sous-marins nucléaires. Il avait en outre autorisé l’installation secrète de stations de surveillance satellitaires sous couvert de coopération civile.

Le roi mettait aussi dans la balance les capacités opérationnelles de la 6ème flotte américaine en Méditerranée. « Si nous perdons le Maroc, la 6ème flotte peut aller en cale sèche », alertait un câble de 1979. Aussi, alors que le Maroc avait décidé d’appliquer unilatéralement son « droit de suite » en pourchassant le Polisario sur les territoires algérien et mauritanien, Washington devait laisser-faire…

Source : Le DESK (Maroc)

 

Espagne: vers l'autoproclamation d'une indépendance catalane ce jeudi?

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mediaDébut du compte à rebours, ce jeudi 26 octobre 2017 en Catalogne. Le Parlement catalan doit se réunir en fin d’après-midi. Tout laisse à croire que Carles Puigdemont, le président de la Generalitat - la région -, pourrait déclarer l’indépendance à l’issue de cette session parlementaire.

Carles Puigdemont a convoqué mercredi vers 19 h plusieurs membres de sa famille politique pour se mettre d’accord sur une déclaration de sécession. La réunion s’est déroulée au palais de la Generalitat, devant lequel se trouvaient à ce moment-là quelque 700 professeurs qui manifestaient contre l’article 155. Etaient conviés à cette rencontre plusieurs conseillers, des députés du groupe parlementaire de la coalition indépendantiste « Ensemble pour le oui », des représentants de Barcelone et l’ex-président de la région, Artur Mas.

A l’issue de la réunion, c’est sur Instagram que Carles Puigdemont a annoncé officieusement sa décision. Il a publié une photo de cette rencontre assortie de la phrase suivante : « Ne perdons pas de temps avec ceux qui ont décidé de détruire l’autonomie de la Catalogne, continuons. »

Pendant que le Sénat espagnol enclenche l'article 155...

Le message se termine avec le hashtag #CatalanRepublic. Une légende qui laisse donc très peu de doutes sur les intentions du président. D'autant que l’assemblée parlementaire, qui devait tout d’abord siéger ce jeudi matin à 10 h, a été déplacée à 16 h puis à 17 h. La session devrait se poursuivre jusqu’à vendredi.

Ces horaires sont loin d'avoir été choisis au hasard, puisque c’est à la même heure qu’une commission de 27 membres du Sénat espagnol commencera à débattre sur la suspension de l’autonomie de la Catalogne. La chambre haute se réunira vendredi en séance plénière pour ce vote historique. A noter que Carles Puigdemont avait d'ores et déjà annoncé mercredi qu’il n’irait pas au Sénat. Ce jeudi, tout laisse à croire que c’est parce qu’il pourrait déclarer l’indépendance de la région au même moment depuis le Parlement catalan.

Source : RFI

 

La direction de l'Unesco échappe aux pays arabes en raison de leurs dissensions

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mediaLes divisions entre les pays arabes ont eu raison de leur accession à la direction générale de l’Unesco. Un poste auquel les Arabes estimaient avoir droit, vu que leur groupe n’a jamais dirigé l’organisation mondiale de l’éducation et la culture. Sauf qu’il a été remporté in extremis, vendredi 13 octobre, par la française Audrey Azoulay aux dépens du candidat du Qatar.

C’est l’illustration du vieux dicton arabe selon lequel « les Arabes se sont mis d’accord à ne jamais être d’accord ». Pour preuve, ils n’étaient pas moins de trois candidats à vouloir prendre la tête de l’Unesco : un Qatarien, une Egyptienne et une Libanaise.

Pourtant, l’élection qui aurait pu être tranchée dès le premier tour si les Arabes n’étaient pas divisés. Qatarien, Egyptienne et Libanaise ont, en effet, obtenu 36 voix sur 58. A la veille du tour décisif, le Qatarien avec 22 voix et l’Egyptienne avec 18 avaient 10 voix de plus que la majorité absolue.

Finalement l’Egypte – qui comme plusieurs pays arabes boycotte le Qatar, accusé de soutenir le terrorisme islamiste – a appelé à voter pour la candidate française. Exit les Arabes, sauf aux yeux de quelques internautes qui font remarquer qu’Azoulay est d’origine marocaine. D’autres appellent sarcastiquement Doha à naturaliser Audrey Azoulay qatarienne à coups de millions.

Source : RFI

 

Corée du Nord-Etats Unis, la dangereuse escalade rhétorique

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mediaAux Etats-Unis, le tempérament impulsif du président inquiète jusque dans son camp. Un sénateur républicain a ainsi accusé Donald Trump de conduire le pays vers une troisième guerre mondiale. En cause notamment les multiples déclarations du président américain sur la Corée du Nord.

A l’ONU, en septembre, le président américain avait menacé de détruire la Corée du Nord et qualifié le leader de « little rocket man » (petit homme fusée). Confronté à sa première crise internationale majeure, le président américain continue depuis d’attiser les tensions et donne l’impression de se concentrer uniquement sur une stratégie guerrière.

Le président américain a affirmé sur Twitter que les discussions diplomatiques étaient une perte de temps et que les efforts engagés depuis 25 ans par les administrations américaines successives n’avaient rien donné.

Deux bombardiers américains ont survolé la péninsule mardi 10 octobre après que le président a été briefé sur les options militaires. Et en début de semaine, le secrétaire à la Défense a tenu un discours très martial pendant la réunion annuelle de l’Association de l’armée des Etats-Unis. « Personne ne peut dire ce que nous réserve l’avenir. Mais il y a une chose que l’armée américaine peut faire : vous devez être prêts à mettre en œuvre les options militaires que le président veut employer si nécessaire. L’armée américaine doit se tenir prête », a déclaré James Mattis.

Escalade verbale

Ces déclarations enflammées sont loin d’intimider les Nord-Coréens. Le président américain Donald Trump a allumé « la mèche de la guerre » contre la Corée du Nord, a dénoncé mercredi soir le ministre nord-coréen des Affaires étrangères Ri Yong-ho, avant de menacer : « Nous ne renoncerons pas à l'utilisation de nos derniers recours ».

Face à l'accélération des programmes balistique et nucléaire nord-coréens, la stratégie de l’escalade verbale choisie par le président américain est une opportunité pour le régime de Pyongyang, selon Jean Lee, spécialiste de la Corée au Wilson Center à Washington : « Cette escalade dans la rhétorique ne fait que nourrir les ambitions nord-coréennes. Ils ont besoin de cette rhétorique pour justifier de manière rationnelle la poursuite de leur programme nucléaire et le développement de leurs missiles balistiques. Cela sert les intérêts de  Kim Jong un : il montre à son peuple qu’il est prêt à le défendre » explique la chercheuse avant d’assener : « Je pense que la provocation verbale est une approche non constructive de la Corée du Nord. »

Approche diplomatique

Mais la solution diplomatique n’est pas complètement exclue : l’adjoint au secrétaire d’Etat sera la semaine prochaine à Séoul et à Tokyo pour des discussions sur la Corée du Nord. Les sanctions imposées par le Conseil de sécurité de l’ONU risquent à terme de peser lourd sur le nord de la péninsule, car l’économie du pays est très concentrée, vulnérable.

Et les sanctions annoncées par Donald Trump fin septembre sont un pas important pour faire pression sur Pyongyang, comme l’explique David Cohen ancien directeur adjoint de la CIA : « Ces sanctions reviennent à imposer un embargo commercial mondial sur la Corée du Nord. Car toute banque qui aide la Corée du Nord à exporter ou à importer pourra être écartée du marché américain. Or une banque qui souhaite être active sur la scène internationale a besoin d’accéder au système financier américain. C’est un outil très puissant. »

Mais les sanctions sont un levier qui n’agit que sur le long terme, et le président américain est connu pour son impatience. Sa volonté de dénoncer l’accord sur le nucléaire iranien risque par ailleurs de décrédibiliser toute approche diplomatique américaine sur le dossier nord-coréen, souligne Jacques Sullivan ancien membre du département d’Etat : « Pour moi il n’y a aucun doute, et c’est tout à fait logique : si les Etats-Unis se retirent de l’accord sur le nucléaire iranien, cela nuira considérablement à tout effort futur pour amener les Nord-coréens à un accord sérieux sur la question du nucléaire. Nous aurons perdu toute fiabilité »,  estime-t-il.  Donald Trump devrait annoncer sa position sur l’accord nucléaire iranien d’ici vendredi 13 octobre : une décision qui sera attentivement surveillée sur la péninsule coréenne.

Source : RFI

 

Palestine : le Hamas et le Fatah parviennent à un accord au Caire

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Le Hamas et son rival palestinien du Fatah sont parvenus mercredi à un accord après deux jours de discussions menées à huis clos au Caire, en Égypte, censées concrétiser une réconciliation annoncée la semaine passée.

Les pourparlers portent sur les détails concrets du rapprochement entre les deux rivaux palestiniens, le Fatah et le Hamas, après une décennie de dissensions dévastatrices. Les négociations sur les questions les plus ardues, comme le contrôle de la sécurité dans la bande de Gaza et le sort des 25 000 hommes du bras armé du Hamas, risquaient d’être remises à plus tard.

Le bureau du chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, qui a annoncé cet accord, n’en a pas livré les détails mais une conférence de presse est prévue en milieu de journée ce 12 octobre au Caire, en Égypte.

Quasi-guerre civile en 2007

Le Hamas gouverne la bande de Gaza sans partage depuis qu’il en a évincé l’Autorité palestinienne au prix d’une quasi-guerre civile avec le Fatah en 2007. L’Autorité palestinienne, entité internationalement reconnue supposée préfigurer un État palestinien indépendant, est dominée par le Fatah laïc et modéré.

Elle n’exerce plus son pouvoir, limité, que sur la Cisjordanie, occupée par Israël et distante de Gaza de quelques dizaines de kilomètres. Sous pression, le Hamas a accepté en septembre le retour à Gaza de l’Autorité et de son gouvernement.

Source : Jeuneafrique.com

 

Catalogne: Puigdemont promet l'indépendance, suspend son application

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mediaCarles Puigdemont, le président de la région catalane, a pris la parole avec une heure de retard mardi soir devant le Parlement régional à Barcelone. Il s'est exprimé sur les « conséquences politiques » du référendum catalan, soulignant la nécessité de « réduire les tensions » avec les autorités de Madrid. Selon lui, la Catalogne a gagné le droit d'être un Etat indépendant.

Carles Puigdemont a demandé au Parlement de suspendre l'application de la déclaration d'indépendance pour pouvoir dialoguer avec Madrid. Costume et cravate sombres, l'air grave, Carles Puigdemont, un ancien journaliste de 54 ans, devait définir sa ligne après le référendum d'autodétermination interdit du 1er octobre au cours duquel son gouvernement assure que le « oui » l'a emporté à plus de 90% pour un taux de participation de 43%.

« J'assume le mandat selon lequel la Catalogne doit devenir un Etat indépendant sous la forme d'une République », a-t-il dit devant le Parlement de Barcelone. « Je propose de suspendre la mise en oeuvre de cette déclaration d'indépendance pour entamer des discussions afin de parvenir à une solution négociée. » Carles Puigdemont n'a cependant pas demandé un vote explicite du Parlement en faveur de cette déclaration d'indépendance.

« La Catalogne a gagné le droit d'être un Etat indépendant », a estimé le président de la Generalitat, en s'appuyant sur le résultat du référendum du 1er octobre.

Le gouvernement conservateur espagnol a estimé mardi soir que la stratégie de Carles Puigdemont, qui a selon lui déclaré implicitement l'indépendance, n'était « pas admissible », tout comme son offre postérieure de suspendre celle-ci. « Une déclaration implicite d'indépendance, suivie ensuite d'une suspension explicite (...) n'est pas admissible » a déclaré un porte-parole à Madrid. De leur côté, des alliés du gouvernement catalan ont regretté une « occasion perdue de proclamer solennellement» l'indépendance ».


L'indépendance catalane, le rêve de Carles Puigdemont

Né pendant la dictature franquiste en 1962, dans un village de la région de Gérone, Carles Puigdemont est le deuxième d'une fratrie de huit enfants. Il a baigné dès sa plus tendre enfance dans un climat nationaliste catalan.

A 20 ans, il cofonde les Jeunesses de Catalogne, formation proche de Convergence démocratique de Catalogne, un parti régionaliste, centriste, libéral et pro-européen. Il rencontre Jordi Pujol, président de la Catalogne de 1980 à 2003.

Carles Puigdemont fait des études de littérature et de linguistique, ses passions sont le journalisme et les nouvelles technologies. Il travaille à la revue El Punt,  « Le Point », où il devient rédacteur en chef, puis il prend la tête d'une revue en anglais, Catalonia Today. Sa femme, une Roumaine, avec laquelle il a deux filles, est également journaliste.

Elu au Parlement catalan en 2006, Carles Puigdemont gagne, en 2011, la mairie de la ville de Gérone, où il devient très populaire. En 2016, il est élu président de la Catalogne par le Parlement, certains partis de la coalition ayant préféré barrer la route au président sortant Artur Mas, mêlé à des scandales de corruption. Désormais, Carles Puigdemont peut se consacrer à son rêve, il fait tout pour mettre en oeuvre le référendum du 1er octobre.

Source : RFI