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Dossiers dans le Monde

Dossiers dans le Monde

Qui sont les groupes djihadistes à travers le monde?

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Qui sont les groupes djihadistes à travers le monde?Aqmi, Boko Haram, Al-Nosra, Front islamique ou Ansar Dine, différents groupes djihadistes demeurent actifs dans le monde, alors que l'Etat islamique autoproclamé a gagné une influence prépondérante.

L'Etat islamique (EI) est un groupe terroriste créé en 2006 en Irak, devenu depuis lors une véritable armée qui pille, massacre, viole et s'empare de territoires de plus en plus importants - en Irak comme en Syrie.

Qu'est-ce que l'Etat islamique (EI)?

Ce groupe de djihadistes n'est toutefois pas unique au Proche-Orient, ainsi que sur le continent africain. Certains de ces groupes sont en compétition avec l'EI, d'autres s'y rallient, d'autres encore refusent de le reconnaître et le combattent.

Aqmi, le ralliement de la dernière heure

Al-Qaïda au Maghreb islamique est un groupe djihadiste algérien qui s'est déclaré en 2007, anciennement connu sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat. Aqmi opère au Sahel, le plus souvent en Mauritanie, au Mali et au Niger.

Une scission s'est opérée au sein d'Aqmi en 2011 pour constituer un deuxième groupe : le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest).

Discours évolutif

Depuis l'apparition de l'Etat islamique autoproclamé, deux tendances s'affrontent au sein d'Aqmi. Certains groupes, dont le chef d'Aqmi Abdelmalek Droukdel, considèrent qu'il vaut mieux combattre localement contre le gouvernement algérien et les intérêts français, alors que d'autres veulent rallier l'Etat islamique.

C'est notamment le cas du groupe Jund Al-Khilafa (les soldats du califat), dirigé par Khaled Abou Slimane, qui a déclaré son allégeance à l'organisation Etat islamique le 16 septembre. Quelques jours plus tard, ces djihadistes ont capturé un Français dans les montagnes de Kabylie.

Depuis ce ralliement, le discours évolue au sein d'Aqmi qui commence à défendre l'idée d'une alliance entre djihadistes pour contrer l'intervention américaine en Syrie.

Ansar Dine: instaurer la charia au Mali

Ce groupe islamiste, soutenu par Aqmi s'est déclaré en 2012 au Mali. Les exactions des membres d'Ansar Dine ont déclenché l'opération militaire française Serval. L'objectif annoncé d'Ansar Dine est d'imposer la Charia, son nom signifiant "défenseurs de la religion".

Le groupe de djihadiste d'Ansar Dine s'est déclaré allié d'Aqmi depuis le début de ses actions armées pour établir une "république islamiste" au Mali.

Boko Haram
: récent soutien

Boko Haram, ou "groupe pour la prédication et le djihad", est une organisation religieuse terroriste du Nigeria qui a pour objectif de faire appliquer la charia dans tout le pays. Fondée en 2002, l'organisation Boko Haram se revendique des Talibans d'Afghanistan. Les exactions de la secte djihadiste sont multiples, dont la dernière en date étant l'enlèvement de 276 lycéennes.

Une branche dissidente de l'organisation s'est constituée dans le nord du Nigeria, appelée Ansaru, soit l'Avant-garde pour la protection des musulmans en Afrique noire.

En juillet 2014, Aboubakar Shekau, le chef de Boko Haram a déclaré son soutien à l'Etat islamique, à Al-Qaida et aux talibans afghans.

Le Front Al-Nosra : rivalité avec l'EI

Le Front Al-Nosra est un groupe djihadiste issu d'Al-Qaïda en Irak bien que constitué en Syrie depuis 2012 pour s'opposer à Bachar el-Assad. Ce groupe de rebelles djihadistes a pour objectif la constitution d'un "émirat au Levant", un Etat islamique appliquant la charia.

Le Front Al-Nosra ne reconnaît toutefois pas l'EI et s'impose comme la branche unique d'Al-Qaïda en Syrie. C'est ce mouvement qu'a rallié le groupuscule islamiste Khorassan, composé de combattants auparavant postés en Afghanistan, au Pakistan ou en Iran.

Ces combattants sont considérés comme une menace par Washington selon qui ils préparaient des attaques "majeures" contre des cibles occidentales et sur le sol américain.

Le Front islamique

Sous cette appellation sont réunis sept groupes armés rebelles syriens depuis la fin 2013. Le Front islamique est la principale force d'opposition armée à Bachar el-Assad, et son objectif est identique à celui du groupe de l'Etat islamique: créer un Etat islamique dicté par la charia. S'il prétend vouloir protéger les minorités, le Front islamique n'en est pas moins hostile au principe de démocratie, qu'il rejette.

Le Front islamique, qui serait financé par l'Arabie saoudite, dispose du contingent le plus important de tous les groupes islamistes avec 50 à 80'000 combattants et il combat tant l'Etat islamique que le pouvoir syrien.

Source : RTS (Suisse)

 

Proche Orient : Israël utiliserait le DIME, une arme particulièrement effroyable

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Israël utiliserait le DIME, une arme particulièrement effroyable

Exclusif. Selon un chirurgien norvégien venu aider ses confrères à Gaza, l’armée israélienne lance des bombes DIME. Les blessures provoquées sont quasiment incurables et conduisent généralement à l’amputation. Nous l’avons constaté à l’hôpital al-Chifa de Gaza.

Gaza (Territoires palestiniens), envoyé spécial.

L’aviation israélienne pilonne sans relâche la bande de Gaza depuis bientôt une semaine. Le bilan s’alourdit de jour. Dimanche, à la mi-journée, 166 Palestiniens avaient été tués dont plus de la moitié serait des civils, selon l’Office de coordination des Nations unies pour les affaires humanitaires (OCHA).

Un déluge de feu sans précédent. Comme si cela ne suffisait pas, Israël utiliserait à nouveau – comme cela a été le cas au Liban Sud en 2006 et à Gaza lors de l’offensive menée fin 2008 début 2009 – une arme redoutable, baptisée DIME pour Dense Inert Metal Explosive.

C’est ce qu’a affirmé ce dimanche une équipe de chirurgiens qui travaillent et opèrent sans relâche à l’hôpital al-Chifa de Gaza city. Parmi eux, un praticien norvégien, professeur à Oslo, Erik Fosse, arrivé vendredi. « Nous opérons jour et nuit, souligne-t-il. Beaucoup de bombardements sur les maisons ont lieu durant la nuit.

Nous avons beaucoup de familles qui arrivent ici, avec des blessés beaucoup touchés par des éclats ou parce qu’ils ont été ensevelis sous les décombres. Nous avons également des patients qui présentent des blessures dues à l’utilisation d’armes anti-personnels. Nous en avons vu touchés par des armes conventionnelles, qui présentaient des lésions provenant d’éclats. C’est ce que l’on voit dans toutes les guerres.

Il faut souligner qu’à Gaza les gens sont très affaiblis par sept ans de blocus et quand ils sont blessés les effets sont plus graves. Mais il y aussi, comme en 2008/2009, des patients touchés par les bombes DIME qui sont tirées par des drones. Ils transportent ces petites bombes qui ont un effet spécial sur les victimes.
»

Devant le lit d’un blessé lors d’une attaque visant semble-t-il le chef de la police de Gaza lui aussi gravement blessé - alors que 18 autres personnes ont trouvé la mort à la sortie d’une mosquée et 15 ont été blessées, samedi soir -, le professeur Fosse montre les brûlures caractéristiques de cette arme qui marquent le corps.

« En général, les membres inférieurs sont touchés, ce qui est le cas ici », insiste-t-il en soulevant le drap. L’homme a perdu la jambe droite et se trouve entre la vie et la mort. Son visage est en partie brûlé. Il respire difficilement. « Nous vivons une énorme catastrophe humanitaire. Une catastrophe qui n’est pas naturelle mais créée par des hommes. »

Mis au point au début des années 2000 par les laboratoires de l’US Air Force, le DIME est une munition à base d’une enveloppe en fibres de carbone contenant un explosif mélangé à un alliage de métaux lourds et de poudre de tungstène avec du cobalt, du nickel ou du fer. Les blessures provoquées sont quasiment incurables et conduisent généralement à l’amputation.

Le DIME provoque des dommages très importants sur la matière vivante et les tissus mous (le derme, les muscles et les os). Une arme particulièrement utilisée lors des guerres asymétriques officiellement pour éviter les dommages collatéraux. Une arme qui n’est pas interdite mais dont les effets sont atroces. Samedi soir, à Gaza, on a malheureusement vérifié qu’entre la théorie d’une « bombe propre » (quel oxymore) et la pratique il y a un gouffre qui s’appelle la mort de civils.

Erik Fosse sait de quoi il parle. Lors de l’offensive « Plomb durci » en 2008/2009, il était déjà venu, avec d’autres médecins étrangers, prêter main forte à ses collègues palestiniens à qui il tient à rendre hommage pour le dévouement sans faille. A l’époque, il avait courageusement dénoncé l’utilisation du DIME.

« Peu de gens survivent, rappelle-t-il. Cet homme devait être un peu éloigné du point d’impact, c’est ce qui l’a sauvé. Mais si un enfant est touché par ce type de bombe, vous pouvez être sûr qu’il a été visé. J’ai vu personnellement deux enfants ces derniers jours touchés de cette manière. » Et Erik Fosse de lancer un cri d’alarme : « Nous vivons une énorme catastrophe humanitaire. Une catastrophe qui n’est pas naturelle mais créée par des hommes. »

Source : L’Humanité (France)

 

 

La justice sur la piste du « parrain des parrains »

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La justice sur la piste du « parrain des parrains »

Deux juges et des dizaines d'enquêteurs sont à ses trousses depuis de longs mois. Pour eux, pas de doutes possibles : l'homme d'affaires corse Michel Tomi, 66 ans, à la tête d'un empire industriel en Afrique, serait le dernier « parrain des parrains » français.

L'affaire inquiète jusqu'à l'Elysée, elle risque même de provoquer de forts remous dans les milieux diplomatiques, avec la mise en cause pour corruption du président malien, Ibrahim Boubacar Keita, dit « IBK ».

Selon les informations du Monde, depuis le 25 juillet 2013, date de l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet de Paris pour « blanchiment aggravé en bande organisée », « abus de biens sociaux » et « faux en écriture privée », les juges Serge Tournaire et Hervé Robert enquêtent en toute discrétion sur Michel Tomi, son groupe industriel Kabi, mais également sur ses réseaux politiques.

L'homme est soupçonné de blanchir en France une partie de l'argent gagné en Afrique. Et de financer des présidents africains. Plusieurs chefs d'Etat seraient impliqués dans le « système Tomi » : IBK, donc, mais aussi le président gabonais, Ali Bongo, et les présidents tchadien ou camerounais.

Deux enquêtes financières ouvertes à Ajaccio et Marseille, ainsi que des rapports de Tracfin (l'organisme anti-blanchiment de Bercy), visant M. Tomi, ont été centralisés à Paris à l'automne 2013, et joints au dossier.

En mars, les magistrats ont frappé fort : ils ont demandé un réquisitoire supplétif au parquet, afin d'étendre leurs investigations à des faits de « corruption d'agent public étranger ». Leur cible : Ibrahim Boubacar Keita, président du Mali depuis septembre 2013, activement soutenu par la France. C'est dire si l'affaire gêne la diplomatie française.

Les présidences malienne et gabonaise n'ont pas répondu aux sollicitations réitérées du Monde. Une autre piste est examinée par les policiers : celle des soutiens dont bénéficierait M. Tomi (condamné en 2008 pour « corruption active » pour avoir financé illégalement la campagne du Rassemblement pour la France de Charles Pasqua aux élections européennes) dans la classe politique française.

Cette enquête hyper-sensible démarre en 2011, dans le prolongement de l'affaire du cercle Wagram. La police découvre qu'un clan corse tente de mettre la main sur l'établissement de jeux parisien. Trois hommes, réputés dangereux, prennent la fuite : Frédéric Federici, Stéphane Luciani et Jean-Luc Germani. La direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) de Paris s'empare du dossier. Et tombe sur M. Tomi, suspecté de subvenir aux besoins du trio en Afrique. Dès lors, les policiers prennent en filature l'homme d'affaires. Et découvrent l'étendue de ses relations.

AMITIÉS

Avril 2012. Par un bel après-midi printanier, un homme en costume azur sort du restaurant parisien huppé La Maison de la truffe, escorté par ses gorilles. C'est IBK. Il serre dans ses bras un Michel Tomi en petite forme. Atteint d'une sclérose en plaques, il se déplace en fauteuil roulant. Son lieutenant, Jean-Luc Codaccioni, dit « Johnny », est également présent. Les trois hommes ne sont pas seuls : les policiers, en planque, mitraillent la scène au téléobjectif. M. Tomi sait entretenir ses amitiés. Il fournit des vêtements de marque au futur président malien, paie ses séjours à l'hôtel parisien La Réserve, met à sa disposition des avions pour sa campagne présidentielle – M. Tomi possède deux compagnies aériennes, Afrijet et Gabon Airlines.

Fin juillet 2013, la police judiciaire est saisie par les juges Tournaire et Robert. Une petite équipe travaille dans le secret. Au sein de la direction centrale de la PJ, l'enquête provoque des dissensions : le clan Tomi a des amis dans la maison, comme dans le monde politique. Placé sur écoute, M. Tomi est bavard au téléphone. Il discute avec ses hommes de main, chargés de rapatrier l'argent en France. Le nom d'IBK revient souvent. M. Tomi est d'ailleurs présent à la cérémonie d'intronisation du nouveau chef d'Etat malien, à Bamako, en septembre 2013. Dans un coin, pour ne pas se faire remarquer.

En décembre 2013, en marge d'un sommet africain qui se tient à Paris, IBK effectue un déplacement privé à Marseille, où il est pris en main par les hommes de M. Tomi. Celui-ci multiplie les séjours dans la cité phocéenne : il se rend deux fois par mois à l'hôpital de la Timone. Plus récemment, du 8 au 10 février, M. Tomi héberge son ami, tous frais payés, dans une suite du palace parisien le Royal Monceau. Il lui procure aussi des véhicules haut de gamme. Il s'occupe même de sa sécurité.

« JE NE FAIS PAS D'AFFAIRES AVEC TOMI ! »

Fin 2013, il contacte ainsi Bernard Squarcini, l'ancien patron de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), proche de Nicolas Sarkozy et débarqué par le pouvoir socialiste mi-2012. M. Squarcini est désormais consultant en sécurité dans le privé. M. Tomi, qui connaît bien l'ex-chef du contre-espionnage, le sollicite pour organiser la protection de son ami IBK. Les enquêteurs s'interrogent sur les relations entre M. Tomi et M. Squarcini. Le demi-frère de M. Tomi travaille d'ailleurs à la DCRI – il a été recalé par la PJ en raison de son patronyme sulfureux…

« Il fallait sauver le soldat IBK, protégé par la France, justifie M. Squarcini auMonde. Mais je ne fais pas d'affaires avec Tomi ! Ce n'est pas un ami. En revanche, il a des liens privilégiés avec un commandant de la police judiciaire… »

L'enquête va maintenant conduire les policiers à plonger au coeur de l'empire Tomi. Selon les services de renseignement, il est depuis 2009 l'unique détenteur d'une autorisation d'ouverture de casinos à Bamako, où il a créé la salle de jeux Fortune's club. D'après les enquêteurs, IBK y détiendrait des parts. M. Tomi reproduit partout le modus operandi qui lui a si bien réussi au Gabon, où son groupe est basé et emploie… 40 000 personnes !

Fort de ses relations privilégiées avec l'ex-président Omar Bongo, mort en 2012, il a su faire fructifier ses intérêts. Il possède le PMU local, a empoché, en 2010, 10 % de la vente à l'Etat gabonais pour 16 millions d'euros de quatre vedettes de surveillance maritime, sanscompter des milliers de logements en construction. Son notaire au Gabon ? Le propre frère du président Bongo…

INTOUCHABLE

Aux yeux des autorités gabonaises, M. Tomi est intouchable. D'ailleurs, en novembre 2013, elles ont refusé d'accorder un visa aux journalistes du Mondedésireux d'enquêter à Libreville. Très proche d'Alexandre Rodriguez, un homme d'affaires qui loue des yachts de luxe, il permet au couple présidentiel Ali et Sylvia Bongo de passer de bonnes vacances à Corfou, en juillet 2013, sur le yachtGrazia Dio. Il joue aussi les intermédiaires avec des investisseurs chinois, opère au Tchad, au Cameroun, au Bénin, au Niger, au Sénégal ou au Togo, et vise des marchés en Serbie, dans le golfe persique, en Asie… Les secteurs sont nombreux : BTP, centrales hydrauliques, sécurité, textile…

Une expansion commerciale qui en a fait un milliardaire… sous surveillance : le 2 juin 2013, les enquêteurs surprennent une conversation entre M. Tomi et Edgard Ngo'o, ministre camerounais de la défense. Ce dernier demande à son interlocuteur que les cadeaux offerts par le clan Tomi ne « laissent pas de traces ».

Car son argent, Michel Tomi le redistribue. Il subvient aux besoins de Sandra Germani, la veuve de Richard Casanova, membre du gang de la Brise de mer. Il supervise la réunion, toujours sur le Grazia Dio, de Sandra Germani, Felix Antonietti ou encore Dominique Pasqualetti, tous sous surveillance policière. Car s'il étend son empire en Afrique, Michel Tomi semble aussi, selon les enquêteurs,garder des liens avec le milieu corse, tout en soignant ses relations haut placées en France. L'enquête ne fait donc que débuter…

Gérard Davet
Journaliste au Monde

Fabrice Lhomme
Journaliste au Monde

 

PHILIPPINES. Plus de 10.000 morts et 2.000 disparus après le passage du typhon

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Après avoir semé la désolation aux Philippines, Haiyan, un des plus violents typhons de l'histoire, vole vers le Vietnam. 600.000 personnes ont été évacuées.

Le bilan d'un des plus violents typhons à avoir touché terre s'est brusquement aggravé dimanche 10 novembre, les autorités philippines évoquant désormais plus de 10.000 morts et 2.000 disparus, faisant de Haiyan la catastrophe naturelle la plus meurtrière de l'histoire récente du pays.

 Deux îles du centre de l'archipel, qui se trouvaient pile dans la trajectoire de Haiyan quand il a frappé vendredi à l'aube, sont particulièrement affectées.

 Un haut responsable de la police à Tacloban, une des villes les plus touchées, a ainsi évoqué le chiffre de 10.000 morts sur Leyte. "Nous avons eu une réunion avec le gouverneur la nuit dernière, et en nous basant sur les estimations du gouvernement, il y a 10.000 victimes (décès)", a déclaré à la presse Elmer Soria.

 Et sur Samar, point d'entrée du typhon dans le pays vendredi, 300 personnes sont confirmées mortes dans la petite ville de Basey, et 2.000 sont portées disparues dans toute l'île, a indiqué Leo Dacaynos, membre du conseil de gestion des catastrophes, à la radio DZBB.

 La mort de dizaines d'autres personnes a été confirmée dans d'autres villes et provinces ravagées par le super typhon sur un front de 600 kilomètres.

 Aide internationale

 Et de nombreuses localités restaient coupées du monde, alors que les autorités semblaient dépasser par l'ampleur de la catastrophe et le nombre de survivants à secourir.

 Maisons rasées, pylônes électriques arrachés, voitures renversées et survivants hébétés dans les rues: après le passage de Haiyan, accompagné de vagues de plusieurs mètres et de vents atteignant des pointes à 315 km/h, le paysage évoquait pour certains les destructions causées par le tsunami en Asie en décembre 2004.

 "Ce sont des destructions massives (...) La dernière fois que j'ai vu quelque chose de cette ampleur, c'était à la suite du tsunami dans l'océan Indien" qui avait fait 220.000 morts, a déclaré à Tacloban Sebastian Rhodes Stampa, chef de l'équipe de l'ONU chargée de la gestion des désastres.

 Face à l'ampleur de la catastrophe, plusieurs pays ont proposé leur aide.

 Les Etats-Unis vont fournir des hélicoptères, des avions, des navires et des équipements destinés à la recherche et au sauvetage, après une demande de Manille, a annoncé le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagels.

 "Les gens deviennent violents"

 L'Australie et la Nouvelle-Zélande ont accordé dimanche une aide de près d'un demi-million de dollars US (370.000 euros), alloués à la Croix Rouge de l'archipel.

 De son côté, l'Unicef a déjà préparé 60 tonnes de matériels de santé et de survie qui partiront d'un de ses centres de logistique à Copenhague et devraient arriver aux Philippines mardi. Et le Programme alimentaire mondial de l'ONU (PAM) est en train d'organiser le transfert de 40 tonnes d'aide alimentaire.

 La police a d'ailleurs annoncé avoir déployé des hommes à Tacloban pour prévenir les pillages, liés notamment au risque de manque de nourriture.

 "Les gens deviennent violents. Ils pillent les entreprises, les centres commerciaux, juste pour trouver de la nourriture, du riz et du lait (...). J'ai peur que dans une semaine, les gens s'entretuent à cause de la faim", a commenté Andrew Pomeda, professeur de lycée de 36 ans.

 Le pape François a appelé dans un tweet les catholiques à prier pour les victimes et le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, s'est dit "profondément attristé par l'ampleur des pertes humaines".

 Typhons, séismes, volcans...

 Chaque année, les Philippines sont touchées par une vingtaine de grosses tempêtes ou de typhons, entre juin et octobre. L'archipel est la première terre que rencontrent ces phénomènes météorologiques qui se forment au-dessus du Pacifique.

 Typhon, séismes, volcans... le pays subit régulièrement les foudres de la nature, avec presque à chaque fois un bilan d'autant plus meurtrier que la nation est pauvre et gangrénée par la corruption.

 Si le bilan des 10.000 morts se vérifie, Haiyan sera la catastrophe naturelle la plus grave de l'histoire récente des Philippines. La précédente date de 1976, lors qu'un séisme et un tsunami avaient causé la mort d'entre 5 et 8.000 personnes sur Mindanao, une île du sud.

 Après avoir semé la désolation aux Philippines, Haiyan volait vers le Vietnam, qu'il devrait atteindre lundi matin. Mais le typhon s'est affaibli au-dessus de la mer de Chine du Sud et pourrait être rétrogradé en niveau 1 avant son arrivée.

 Le Vietnam n'en a pas moins évacué plusieurs centaines de milliers de personnes, dans le centre du pays, puis plus au nord dimanche après une changement de trajectoire de la tempête qui pourrait également provoquer pluies diluviennes et inondations dans la capitale.

nouvelobs

 

«La communauté musulmane est aujourd'hui en danger»

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Kamel Kabtane, recteur de la grande mosquée de Lyon, dénonce l'augmentation des attaques contre les musulmans après la découverte du projet d'attentat contre une mosquée de Vénissieux.

Un militaire de 23 ans a été arrêté pour avoir fomenté une attaque contre une mosquée de Vénissieux lors de la fin du ramadan. Le recteur de la grande mosquée de Lyon, Kamel kabtane réagit à cette annonce.

Que vous inspire l'arrestation de ce militaire qui aurait eu un projet d'attentat contre une mosquée de Vénissieux, et «aurait par ailleurs violemment porté atteinte l’an dernier à une autre mosquée située dans la région bordelaise», d'après le ministère de l'Intérieur ?

Nous sommes d'autant plus inquiets qu'il s'agit justement d'un militaire qui a dû passer des tas de tests, rencontrer des tas de psys. Et chez qui on n'a rien détecté alors qu'il était, d'après le ministère de l'Intérieur, coutumier du fait.

Mais nous saluons la réaction de Manuel Valls qui a été de tout de suite mettre cette affaire sur la place publique, de façon à montrer que le gouvernement ne transigera pas devant des situations de la sorte.

Avez-vous une idée de la raison pour laquelle cette mosquée en particulier était visée ?

Le militaire concerné n'est pas originaire de la région, donc on ne sait pas quelle connaissance il a de cette mosquée. Elle a été inaugurée il y a très peu de temps et ses responsables sont des gens tout à fait normaux.

Peut être que pour ce militaire, Vénissieux est une ville emblématique, où la communauté musulmane est importante. C'est de là aussi où est partie la Marche des beurs en 1982.

Vous dénoncez un climat d'islamophobie en France, sur quelles bases ?

Selon le ministère de l'Intérieur, les attaques antimusulmanes ont augmenté de 50% depuis un an. Mais cela fait des années que le climat se dégrade, que la parole islamophobe se libère, et que l'on observe des mosquées vandalisées ou taguées, des agressions contre des femmes voilées. L'une d'elle a perdu son bébé après avoir été attaquée. Et ces actes ne sont pas suffisamment sanctionnés. Les personnes arrêtées sont condamnées à des peines symboliques ou relâchées.

Que réclamez-vous ?

L'arsenal juridique existe, il faut l'appliquer. Nous appelons également à la création d'une commission parlementaire afin de pouvoir mesurer cette situation et trouver les moyens d'y faire face.

La demande de la création d'une telle commission est ancienne, mais le précédent gouvernement ne l'a pas fait. Le regrettez-vous ?

Tous les gouvernements ont, face à cette situation, la même attitude : «Moins on en dit, mieux ce sera.» Ils préfèrent se voiler la face. Or, la communauté musulmane est aujourd'hui en danger.

liberation.fr