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Dossiers dans le Monde

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Les Emirats annoncent la mort de 22 de leurs soldats au Yémen

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Les Emirats annoncent la mort de 22 de leurs soldats au YémenLes Emirats arabes unis ont annoncé vendredi la mort de 22 de leurs soldats au Yémen, où ils font partie de la coalition arabe soutenant les forces du président Abd Rabbo Mansour Hadi contre les rebelles chiites Houthis.

Il s'agit du bilan le plus lourd annoncé par le commandement des forces armées émiraties qui ne précise cependant pas les circonstances exactes de la mort des soldats.

Mais selon des sources militaires yéménites, une explosion accidentelle a fait vendredi matin plusieurs victimes, dont des soldats de la coalition arabe, dans un entrepôt de munitions de la province de Marib, à l'est de la capitale Sanaa.

Une source militaire sur place, interrogée par l'AFP, a fait état aussi de plusieurs victimes parmi les Yéménites.

L'explosion est survenue sur une base militaire dans la région pétrolière de Safer, à quelque 250 km à l'est de Sanaa, selon les sources militaires.

Les Emirats sont l'un des piliers de la coalition mise en place en mars par l'Arabie saoudite qui a lancé notamment une campagne aérienne pour empêcher les rebelles chiites de prendre le contrôle de l'ensemble du Yémen voisin.

En août, ils ont révélé leur implication directe dans le théâtre des opérations au Yémen alors qu'ils étaient restés évasifs sur le déploiement de soldats au sol.

Source : Romandie News (Suisse)

 

L’Etat Islamique (DAECH) contre AQMI : Une féroce lutte d’influence en Mauritanie

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L’Etat Islamique (DAECH) contre AQMI : Une féroce lutte d’influence en MauritanieUne longue étude réalisée par Mohamed Mahmoud Ould Sidi, chercheur spécialiste des questions du terrorisme islamiste au Sahel, vient de publier une enquête sur la féroce lutte d’influence que se livreraient actuellement l’organisation de l’Etat Islamique (DAECH) et Al Qaïda au Maghreb Islamique (AQMI) pour imposer leur influence sur le courant djihadiste en Mauritanie.

Il ressort de la longue investigation réalisée par Mohamed Mahmoud Sidi, que l’organisation « Tabligh Wa Daewa » connue pour ses activités de prêche loin de toute violence armée, serait le noyau embryonnaire d’où sortiraient la plupart des recrues mauritaniennes au sein des organisations terroristes, telles que Daech ou Aqmi.

Ainsi, l’information qui avait circulé il y a quelques mois sur le démantèlement par la gendarmerie nationale à Zouerate d’une cellule de Daech constituerait la preuve que l’Etat Islamique s’intéresse à la Mauritanie.

Elle ferait suite à l’apologie lancée il y a quelques temps par l’organisation envers ceux qu’elle nomma les « Jihadiste sunnites de Mauritanie et du Maghreb » diffusée sur les ondes d’une radio contrôlée par l’organisation en Irak.

Ainsi, pour Mohamed Sidi, il existerait en Mauritanie deux courants islamistes qui se distinguent. La première est l’organisation « Tabligh Wa Daewa » proche du courant soufiste à la philosophie spirituelle entièrement tournée vers la conquête de la félicité par l’adoration, l’éducation et la dévotion.

Mais ce discours lénifiant aurait radicalement changé aujourd’hui laissant place à un discours faisant l’apologie du Jihad, n’hésitant plus à en parler publiquement dans les prêches développés par ses leaders. Résultat, la plupart des Mauritaniens membres d’Aqmi seraient issus de cette école pourtant connue dans le passé pour ses actions non violentes.

Le deuxième courant islamiste fort en Mauritanie est celui des Salafistes qui peuplent aujourd’hui les mosquées et contrôlent de plus en plus le discours religieux en Mauritanie. Il s’agit de discours radicaux où le Jihad occupe une place prégnante et prépondérante, au point qu’il serait même devenu sujet d’enseignement dispensé aux jeunes.

Pour Mohamed Mahmoud Sidi, l’incapacité de l’Etat mauritanien à catalyser le courant salafiste, résulterait du fait qu’elle lui a permis d’évoluer presque en clandestinité, ce qui renforce son aura auprès des jeunes toujours assoiffés d’interdits et de sensations à enfreindre le permissible.

Reconnaître à ce courant le droit d’œuvrer au grand jour ou lui accorder une reconnaissance politique, aurait brisé son illusoire discours. Et dans un tel cadre d’évolution au noir, Daech pourrait s’infiltrer et s’implanter avec force en Mauritanie, trouve le chercheur.

Daech évolue vite au Sahel

La menace que constitue l’organisation de l’Etat Islamique pour la Mauritanie serait d’autant plus réelle selon Ould Sidi, que les allégeances à son Emir, Baghdadi se multiplient au Sahel et au Maghreb.

Il en serait ainsi pour certains éléments leaders du mouvement jihadiste, comme le Mauritanien Hamahou Ould Mohamed Khaïry, l’ancien porte-parole d’Ançar Dine au Nord Mali qui aurait recruté des dizaines de jeunes jihadistes mauritaniens et qui a exprimé son allégeance à l’Emir Baghdadi, Chef de Daech.

Parmi les élèves de Hamahou Ould Mohamed Khairy, figure le jeune Mohamed Ould Breihmatt, titulaire d’un Master en communication en 2007 puis d’un diplôme supérieur en réseaux informatiques en 2012 à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il aurait écrit à ses parents pour leur annoncer qu’il a rejoint les rangs de l’EI.

Au cours de cette étude sur le mouvement jihadiste mauritanien, le chercheur Mohamed Sidi a recueilli l’avis de certains spécialistes mauritaniens de la question. L’un d’eux lui scindera l’histoire du mouvement jihadiste en Mauritanie entre deux périodes. La première vague de jeunes mauritaniens ayant rejoint les mouvements jihadistes serait intervenue en 2003 avec l’invasion de l’Irak par l’armée américaine.

Puis, le mouvement jihadiste prendra de l’ampleur dans les années 2006 avec la naissance d’AQMI des cendres du GSPC algérien (Groupe salafiste pour la prédication et le combat). Ces spécialistes mauritaniens, dont certains ont approché les chefs d’Aqmi au cours de missions de presse dans l’Azawad, fixent la deuxième période du mouvement jihadiste en Mauritanie en 2012, avec l’occupation du Nord Mali par les forces jihadistes.

Plusieurs dizaines de jeunes Mauritaniens avaient rejoint à cette période ces mouvements, certains d’entre eux parvenant même à se hisser à des postes de sous-commandement.

Mais avec la réoccupation du Nord Mali par les armées françaises et africaines, les mouvements jihadistes tels qu’Ançar Dine et Aqmi seront dispersés et leurs actions sévèrement entravées.

C’est alors qu’apparut l’Etat Islamique en Irak et au Cham (DAECH) avec à sa tête l’Emir Abou Bakar Al Baghdadi, autoproclamé Khalifa des Musulmans. Cette question de Khalifa des Musulmans aurait entraîné un vif débat au sein des mouvements islamistes armés dans le monde et semé de profondes dissensions au sein du mouvement Al Qaïda qui se considérait jusque-là comme la plus grande et la plus forte organisation jihadiste, donc la plus menacée par la naissance de Daech.

En effet, les spécialistes trouvent que l’influence de Daech sur la popularité d’Al Qaïda était bien réelle notamment sur sa branche au Sahel et au Maghreb, AQMI.

La raison serait que Daech venait de réaliser l’objectif ultime que beaucoup d’organisations islamistes armées rêvaient d’atteindre, à savoir la restauration du Khalifat musulman.

L’idée d’un Khalif des Musulmans en la personne d’Abou Bakar Al Baghdadi fut ainsi le catalyseur qui allait attirer des centaines de jeunes jihadistes éblouis par ce rêve, même si selon les spécialistes, une telle perspective est loin de la réalité.

Dès lors qu’il existe un Khalif des musulmans, la légitimité des autres organisations islamiques s’en trouvait poser avec acuité. D’où les scissions que connaîtra Aqmi. Plusieurs régions contrôlées par l’organisation firent ainsi défection pour prêter allégeance à Baghdadi.

Il en fut ainsi de la région centrale qui se renomma « Jundoul Khalifa » ou les « soldats du Khalifat », bientôt rejoint par unepartie de la Katiba des Mourabitounes qui se scinda en deux, une partie rejoignit Daech sous le commandement de Abou Waled Sahraoui et l’autre resta fidèle à Ayman Zawahari, successeur de Ben Laden, sous le leadership de Mokhtar Belmokhtar dit Belawar ».

La naissance de Daech aura une autre influence sur Aqmi. Il s’agit de sa présence sur les plus grands terrains d’opération et principaux centres d’accueil des jihadistes du monde, notamment en Irak, en Syrie, en Egypte, en Libye

La présence de Daech dans la région de Cham, entre la Syrie, le Liban et la Jordanie, entrait surtout dans le bréviaire des jihadistes qui voient dans cette vaste région le centre névralgique d’où partira « la fin du monde ». En même temps, Al Qaïda avait faibli et perdu du terrain depuis la mort de son chef, Oussama Ben Laden.

La Mauritanie dans le planisphère de Daech

Mohamed Mahmoud Sidi rappelle qu’il y a quelques mois, l’Etat Islamique avait publié dans son magazine « DABEGH » une carte de son futur empire et cette carte englobe la Mauritanie. Ainsi, Daech a divisé son Etat en treize grandes régions. Il s’agit de l’Irak, Cham, Hijaz, Yémen, Khorassan, Kurdistan, Caucasie, Anadole, Europe, Andalousie, le Pays des Cananéens, l’Ethiopie et le Maghreb.

L’EI utilise ainsi des dénominations géographiques usuelles dans les siècles précédents. Ainsi, le Khorassan est une vaste région située dans le Nord est de l’Iran, alors que le Caucase comprend le Caucase du Sud encore appelé Transcaucasie qui englobe la Georgie, l’Arménie, Azerbaïdjan et la région de Kars en Turquie, et le Caucase du Nord dénommé Ciscaucasie, situé en Russie et incluant les républiques de Karachaïévo-Tcherkessie, Kabardino-Balkanie, Ossétie du Nord, Ingouchie, Tchétchénie et Daguestan. Quant au Bilad el-Cham, c’est une région qui englobe la Syrie, la Jordanie, le Liban et la Palestine. Le Hidjaz est la région ouest de l’Arabie Saoudite.

Cette carte fixe ainsi définitivement les visées de Daech en Mauritanie, selon les spécialistes, qui estiment que le débat sur cette question est donc réglé. En attesterait également le démantèlement annoncé d’une cellule de Daech à Zouerate et l’arrestation de trois jeunes accusés par la justice mauritanienne d’appartenance à une organisation terroriste.

Il s’agit de Sidi Mohamed Ould Ely Lesvar, Yacoub Ould Moya et Boukhari Ould Dahane. Malgré le démenti des prévenus qui ont rejeté toutes les accusations, le parquet aurait projeté un film qui montre les trois jeunes faisant allégeance à Daech et à son Emir, Abou Bakara Al Baghdadi. Ils ont été condamnés à des peines allant de 5, 7 et 10 ans.

La question qui se pose aujourd’hui selon les spécialistes est de savoir si Daech va commettre des actes terroristes en Mauritanie ou dans les zones proches de ses frontières pour affirmer réellement son implantation dans la zone du Sahel.

Cheikh Aïdara
Source : L'Authentique (Mauritanie)

 

 

Les témoignages glaçants de soldats israéliens sur la guerre à Gaza

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mediaL’ONG israélienne Breaking The Silence (Brisons le silence) publie les témoignages de plus de 60 officiers et soldats engagés dans la guerre à Gaza durant l’été 2014. Ils racontent comment l’armée israélienne a mené des attaques de manière indiscriminée sur le territoire palestinien, tuant des centaines d’innocents. Une réalité encore peu rapportée au public israélien.

Avec notre correspondante à Jérusalem,

« Si vous voyez quelqu’un, tirez ! ». C’est l’ordre qu’ont reçu des soldats israéliens envoyés dans la bande de Gaza, durant la guerre de l’été 2014, selon plusieurs témoignages recueillis par l’ONG Breaking The Silence. « Les ordres étaient de tirer pour tuer, même si la personne n’était pas identifiée », rapporte un sergent. Autrement dit, même s’il s’agissait d’un civil innocent.

Avant d’entrer à Gaza, les soldats israéliens ont été briefés par leurs supérieurs. « Vous ne trouverez pas de civils dans les zones d’intervention. Si c’est le cas, ils sont forcément suspects », leur ont-ils affirmé. Un militaire raconte que deux Palestiniennes marchaient et discutaient dans un jardin lorsqu’elles ont été repérées par un drone. Elles ont été tuées, aucune arme n’a pourtant été retrouvée sur elles. « Si elles ont été tuées, c’est forcément qu’elles étaient terroristes… »

D’autres témoignages font état d’attaques délibérées contre des civils, comme ce vieil homme palestinien abattu par un soldat israélien alors qu’il ne représentait apparemment aucun danger. Des troupes avaient été prises pour cibles quelques heures avant, et les soldats étaient apparemment sur les nerfs.

« On bombardait tout »

Les destructions durant la guerre à Gaza ont aussi marqué les soldats israéliens. « Il y avait un sentiment de folie par rapport au nombre de bombardements », raconte un militaire. « 900 obus ont été tirés en une nuit à Chajaya », affirme un autre. Le but n’étant pas seulement de détruire des infrastructures du Hamas, mais de porter un coup au moral de la population, suggèrent plusieurs témoignages.

Les militaires qui témoignent remettent aussi en cause la fameuse politique du « knocking at the roof », les tirs d’avertissement de l’armée israélienne avant de bombarder un bâtiment. « Les militants du Hamas avaient le temps de sortir, déclare un soldat, les civils pas forcément. Lorsqu’il s’agit de bouger toute une famille avec une grand-mère, c’est difficile ».

L’armée avait aussi fait la liste des bâtiments sensibles, comme des écoles de l’ONU par exemple, à ne pas viser, sauf accord préalable du haut commandement. Mais la provenance des tirs des combattants palestiniens n’était pas toujours claire et « au final, on bombardait tout », raconte un commandant d’infanterie. Tant pis pour les dommages collatéraux.

« Si vous tuez quelqu’un à Gaza, c’est cool, ce n’est pas grave »

Certains officiers parlent aussi d’une atmosphère délétère durant cette guerre, incomparable aux guerres précédentes. « Le discours était vraiment d’extrème droite, un discours raciste et nationaliste », selon un lieutenant. « Il y avait beaucoup de gens qui haïssaient les Arabes, vous pouviez le voir dans leurs yeux », témoigne un autre. Un discours qui encourage la violence: « [nos supérieurs] nous ont dit : si vous tuez quelqu’un à Gaza, c’est cool, ce n’est pas grave », rapporte un sergent.

En publiant ces témoignages de militaires, tous anonymes, l’ONG Breaking The Silence, espère faire bouger les consciences des Israéliens qui, pendant la guerre, ont été surtout informés des pertes israéliennes, 73 morts dont six civils, et pratiquement pas du drame qui se déroulait côté palestinien, à Gaza, où 2 200 personnes ont été tuées, dont 1 500 civils.

« Ce qu’il ressort de ces témoignages, c’est un échec éthique énorme de la part de l’armée israélienne », déclare Yuli Novak, le directeur de Breaking The Silence, qui réclame une enquête indépendante. Dans un communiqué, l’armée se dite prête à « examiner toute plainte crédible », mais affirme ne pas avoir eu accès aux témoignages de l’ONG, avant publication.

Plusieurs enquêtes internationales ont par ailleurs été lancées sur la guerre à Gaza, toutes dénoncées par le gouvernement israélien qui prétend avoir « l’armée la plus morale au monde ».

Source : Reuters

 

Un mauritanien prisonnier de Guantanamo témoigne

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Le prisonnier Mohamedou Ould Slahi.Détenu depuis treize ans, Mohamedou Ould Slahi raconte dans un livre les tortures qu'il a subies.

«Mes pieds étaient engourdis à cause des chaînes qui coupaient la circulation du sang vers mes mains et mes pieds. J'étais content à chaque coup que je recevais parce que cela me permettait de changer de position. “Bouge pas fils de p.!” dit… [nom censuré]. Mais parfois, je ne pouvais m'empêcher de bouger. Cela valait bien le coup de pied reçu.» Humiliations, mauvais traitements, tortures, menaces de mort… La vie quotidienne à Guantanamo est racontée pour la première fois à la première personne par un prisonnier qui y croupit toujours depuis treize ans. Mohamedou Ould Slahi, arrêté après le 11 septembre 2001 en Mauritanie pour son affiliation à al-Qaida, a été emprisonné en Jordanie, puis en Afghanistan avant d'être transféré en août 2002 dans le camp américain basé à Cuba, sous le matricule 760.

Publiés simultanément dans vingt pays,Les Carnets de Guantanamo, dont le Guardian a reproduit de larges extraits ce week-end, paraîtront jeudi chez Michel Lafon en France. L'histoire de ce récit elle-même est extraordinaire. Le prisonnier entreprend d'écrire ce journal dans sa cellule à l'été et l'automne 2005, alors qu'il vient de se faire assigner des avocats. Chaque page est saisie par les autorités américaines. Le manuscrit est classifié «secret» et mis sous clé dans un bâtiment sécurisé près de Washington. Au bout de six ans de recours judiciaires de ses avocats, le texte de Slahi est enfin autorisé à la publication au prix de 2500 amendements et oblitérations. Jamais inculpé, le prisonnier a fait l'objet d'une décision de remise en liberté en 2010 mais il figure toujours parmi les 122 prisonniers encore détenus à Guantanamo en raison d'un appel du gouvernement américain.

Faux aveux

Amnesty International l'a adopté comme prisonnier de conscience. Il a reconnu ses liens avec al-Qaida pour lutter contre le régime soutenu par l'Union soviétique en Afghanistan mais dit avoir renoncé à son combat en 1992. Il a été arrêté à Nouakchott en 2001, soupçonné d'être impliqué dans un projet d'attentat contre l'aéroport de Los Angeles. Dans son livre, il dit avoir livré de faux aveux de complot contre une tour à Toronto pour faire cesser ses tortures. Lorsque l'un de ses interrogateurs lui demande si c'est la vérité, il répond: «Ça m'est égal, du moment que vous êtes satisfaits.»

Il raconte l'enfer de son transfert en avion d'Afghanistan à Guantanamo, convoyé comme un «mort vivant» par ses gardes. Entravé, bâillonné, la tête dans un sac. Lorsqu'il arrive à alerter un militaire de sa difficulté à respirer à cause de ses entraves, celui-ci resserre encore la ceinture qui lui compresse l'abdomen.

À partir de 2003, il dit avoir été soumis à des «techniques d'interrogatoire additionnelles» approuvées par le secrétaire à la Défense américain de l'époque, Donald Rumsfeld. Il est forcé à boire de l'eau salée, emmené en mer où il est roué de coups pendant trois heures puis recouvert de glaçons. Ses traitements entraînent chez lui des hallucinations dont ses geôliers auraient profité pour lui suggérer de s'attaquer à eux ou de tenter de s'évader.

Dès 2008, ses avocats avaient dénoncé les «tortures sévères» subies par leur client, qui avaient conduit à l'abandon de poursuites contre lui. «Je n'ai raconté que ce que j'ai vécu, ce que j'ai vu et appris directement, assure Mohamedou Ould Slahi. J'ai essayé de ne pas exagérer ni d'édulcorer, et d'être aussi juste que possible envers le gouvernement américain, envers mes frères et envers moi-même.»

Source : Le Figaro (France)

 

Qui sont les groupes djihadistes à travers le monde?

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Qui sont les groupes djihadistes à travers le monde?Aqmi, Boko Haram, Al-Nosra, Front islamique ou Ansar Dine, différents groupes djihadistes demeurent actifs dans le monde, alors que l'Etat islamique autoproclamé a gagné une influence prépondérante.

L'Etat islamique (EI) est un groupe terroriste créé en 2006 en Irak, devenu depuis lors une véritable armée qui pille, massacre, viole et s'empare de territoires de plus en plus importants - en Irak comme en Syrie.

Qu'est-ce que l'Etat islamique (EI)?

Ce groupe de djihadistes n'est toutefois pas unique au Proche-Orient, ainsi que sur le continent africain. Certains de ces groupes sont en compétition avec l'EI, d'autres s'y rallient, d'autres encore refusent de le reconnaître et le combattent.

Aqmi, le ralliement de la dernière heure

Al-Qaïda au Maghreb islamique est un groupe djihadiste algérien qui s'est déclaré en 2007, anciennement connu sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat. Aqmi opère au Sahel, le plus souvent en Mauritanie, au Mali et au Niger.

Une scission s'est opérée au sein d'Aqmi en 2011 pour constituer un deuxième groupe : le Mujao (Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest).

Discours évolutif

Depuis l'apparition de l'Etat islamique autoproclamé, deux tendances s'affrontent au sein d'Aqmi. Certains groupes, dont le chef d'Aqmi Abdelmalek Droukdel, considèrent qu'il vaut mieux combattre localement contre le gouvernement algérien et les intérêts français, alors que d'autres veulent rallier l'Etat islamique.

C'est notamment le cas du groupe Jund Al-Khilafa (les soldats du califat), dirigé par Khaled Abou Slimane, qui a déclaré son allégeance à l'organisation Etat islamique le 16 septembre. Quelques jours plus tard, ces djihadistes ont capturé un Français dans les montagnes de Kabylie.

Depuis ce ralliement, le discours évolue au sein d'Aqmi qui commence à défendre l'idée d'une alliance entre djihadistes pour contrer l'intervention américaine en Syrie.

Ansar Dine: instaurer la charia au Mali

Ce groupe islamiste, soutenu par Aqmi s'est déclaré en 2012 au Mali. Les exactions des membres d'Ansar Dine ont déclenché l'opération militaire française Serval. L'objectif annoncé d'Ansar Dine est d'imposer la Charia, son nom signifiant "défenseurs de la religion".

Le groupe de djihadiste d'Ansar Dine s'est déclaré allié d'Aqmi depuis le début de ses actions armées pour établir une "république islamiste" au Mali.

Boko Haram
: récent soutien

Boko Haram, ou "groupe pour la prédication et le djihad", est une organisation religieuse terroriste du Nigeria qui a pour objectif de faire appliquer la charia dans tout le pays. Fondée en 2002, l'organisation Boko Haram se revendique des Talibans d'Afghanistan. Les exactions de la secte djihadiste sont multiples, dont la dernière en date étant l'enlèvement de 276 lycéennes.

Une branche dissidente de l'organisation s'est constituée dans le nord du Nigeria, appelée Ansaru, soit l'Avant-garde pour la protection des musulmans en Afrique noire.

En juillet 2014, Aboubakar Shekau, le chef de Boko Haram a déclaré son soutien à l'Etat islamique, à Al-Qaida et aux talibans afghans.

Le Front Al-Nosra : rivalité avec l'EI

Le Front Al-Nosra est un groupe djihadiste issu d'Al-Qaïda en Irak bien que constitué en Syrie depuis 2012 pour s'opposer à Bachar el-Assad. Ce groupe de rebelles djihadistes a pour objectif la constitution d'un "émirat au Levant", un Etat islamique appliquant la charia.

Le Front Al-Nosra ne reconnaît toutefois pas l'EI et s'impose comme la branche unique d'Al-Qaïda en Syrie. C'est ce mouvement qu'a rallié le groupuscule islamiste Khorassan, composé de combattants auparavant postés en Afghanistan, au Pakistan ou en Iran.

Ces combattants sont considérés comme une menace par Washington selon qui ils préparaient des attaques "majeures" contre des cibles occidentales et sur le sol américain.

Le Front islamique

Sous cette appellation sont réunis sept groupes armés rebelles syriens depuis la fin 2013. Le Front islamique est la principale force d'opposition armée à Bachar el-Assad, et son objectif est identique à celui du groupe de l'Etat islamique: créer un Etat islamique dicté par la charia. S'il prétend vouloir protéger les minorités, le Front islamique n'en est pas moins hostile au principe de démocratie, qu'il rejette.

Le Front islamique, qui serait financé par l'Arabie saoudite, dispose du contingent le plus important de tous les groupes islamistes avec 50 à 80'000 combattants et il combat tant l'Etat islamique que le pouvoir syrien.

Source : RTS (Suisse)