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Dossiers en Afrique

Mali : les 11 militaires retenus en otage ont bien été tués lors d’un raid de l’opération Barkhane

Deux semaines après les faits, le Mali a finalement confirmé, dans un communiqué rendu public ce lundi, la mort de ses onze militaires détenus par un groupe terroriste et tués le 23 octobre dernier lors d'une opération anti-terroriste de l'armée française dans le cadre de l'opération Barkhane.

Le ministre de la Défense malien a confirmé cette information dans un communiqué de presse daté du 31 octobre dernier. Celui-ci, publié à l’issue d’un entretien avec l’ambassadrice de France au Mali, n’a été rendu public que ce lundi 6 novembre.

Une particularité qui n’a pas manqué de susciter l’interrogation de certains commentateurs maliens sur les réseaux sociaux : pourquoi ce communiqué de presse n’est-il rendu public qu’une semaine plus tard, au lendemain des révélations de l’AFP sur le sujet ? « Nous avons assez d’éléments pour le dire : début octobre, nous avons reçu des preuves de vie de nos militaires capturés par les terroristes. Dans la nuit du 23 au 24 octobre, après un raid anti-terroriste, nos militaires ont été tués », avait en effet déclaré le 5 novembre à l’AFP un responsable du ministère malien de la Défense sous couvert d’anonymat.

Pendant cet entretien avec l’ambassadrice de France au Mali, la partie française « a confirmé que cette action de Barkhane visait à détruire un camp d’entraînement et que les reconnaissances menées lors de la phase de préparation n’ont pas permis de déceler la présence de militaires maliens », poursuit le communiqué.

Refus de « commenter la propagande jihadiste »

Faits prisonniers entre juillet 2016 et mars 2017, ces soldats maliens étaient détenus par le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », organisation jihadiste née de la fusion de plusieurs groupes du Sahel et dirigée par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Après cet incident, l’état-major des armées françaises avait indiqué qu’un groupe armé terroriste affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait été mis hors de combat et 15 jihadistes tués par l’armée française dans le nord du Mali, sans évoquer la mort de soldats maliens.

« Barkhane refuse de commenter la propagande jihadiste. Nous confirmons avoir détruit un camp jihadiste », avait aussi déclaré la semaine dernière un responsable de la communication de cette opération dans le cadre de laquelle quelque 4 000 militaires français sont déployés dans la bande sahélo-saharienne.

Cette déclaration survenait peu après la diffusion d’un communiqué du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », qui avait publié des photos présentées comme celles de corps de militaires maliens et de jihadistes tués dans l’opération française.

Source : jeuneafrique.com

 

 

 

En Algérie, les travailleurs migrants se cachent pour survivre

Depuis quelques mois, Alger a durci sa politique l’égard des migrants subsahariens. Expulsions, déclarations racistes, travail précaire... Reportage sur les tracas rencontrés par une population devenue pourtant indispensable à l'économie locale.

Amadou presse le pas. Le Guinéen de 19 ans fait un aller-retour rapide entre le chantier où il dort et le restaurant où il a acheté à manger. Depuis un mois, il travaille et vit dans un immeuble où les fenêtres et les portes n’ont pas encore été posées. Derrière les grandes taules, il y a aussi d’autres migrants, venus de plusieurs pays subsahariens. Tous se font discrets et évitent de traîner longtemps dans les rues.

« Ici, la vie est difficile », estime Amadou. « Les Algériens n’aiment pas la couleur noire, ils ne me parlent pas. » Arrivé dans le pays il y a cinq mois, il travaille pour financer son projet de départ vers l’Europe. « Je fais la peinture pendant huit heures et je suis payé 1500 dinars la journée (11 euros) », détaille le jeune avant de repartir.

Ces dernières semaines, les forces de sécurité algéroises ont fait la chasse aux migrants, allant jusqu’à les rassembler sur les chantiers de construction ou sur leur lieu de vie, voire même les cueillir dans la rue. Plus de 3000 personnes ont été expulsées vers le Sud, à la frontière nigérienne, lors de vagues d’arrestations successives qui ont débuté en août.

Profilage racial

Malgré les protestations des ONG et les « préoccupations » exprimées par le ministre nigérien des Affaires étrangères, les autorités algériennes n’ont donné aucune explication. Au-delà des expulsions, c’est la méthode qui choque. Les associations dénoncent un « profilage racial ».

Alger, des migrants ont été transférés vers un centre puis vers le désert sans même avoir la possibilité de prendre avec eux leurs papiers ni le pécule qu’ils avaient amassé. D’autres ont été embarqués alors qu’il « bénéficiaient d’un droit de séjour ou seraient reconnus réfugiés sous mandat du Haut commissariat aux réfugiés (HCR) », indique Amnesty Algérie.

« On a fait le chemin dans un pick-up qui transportait vingt personnes. Il y avait six ou sept femmes et un enfant »

Abdurahim, croisé au quartier Hussein Dey, à l’est d’Alger, raconte son périple entre le Niger et le sud de l’Algérie, où il a passé quatre mois. « Ils [les passeurs] ont une route par le désert où il n’y a aucun officier de police. On a fait le chemin dans un pick-up qui transportait vingt personnes : des Guinéens, des Burkinabè, des Maliens, des Nigériens… Il y avait six ou sept femmes et un enfant », se rappelle le Libérien de 32 ans.

Après plusieurs mois dans le Sud, notamment à Ouargla, où il a travaillé au jour le jour, le voilà désormais à Alger. « Des amis qui vivaient déjà en Algérie m’ont dit que je trouverais du travail. Malheureusement, je n’en ai pas encore eu l’opportunité, la police ne me laisse pas la chance de travailler », poursuit-il.

Il montre sa blessure au bras, infligée par des voleurs dans le sud du pays, raconte comment il s’est fait arnaquer par un employeur peu scrupuleux, puis racketté par trois jeunes dans un quartier difficile d’Alger. Malgré les difficultés, il veut s’installer durablement et n’envisage pas du tout d’aller en Europe.

Algérie, point d’ancrage

Ces dernières années, l’Algérie est devenue un point d’ancrage pour des migrants d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest. D’après les estimations, ils seraient plus de 100 000 dans le pays.

« À certains moments, les autorités ont reconnu qu’ils étaient nécessaires au développement de l’économie pour couvrir le manque de main d’œuvre au niveau des travaux publics et de l’agriculture », déclare Abdelmoumen Khelil, secrétaire général de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH). « Cette main d’œuvre a bénéficié aux villes de l’intérieur et du Sahara et c’est un fait qui n’est pas assumé sur le plan politique ».

À une certaine période, des autorisations de travail ponctuelles avaient été délivrées, précise-t-il. Il faut dire que les migrants subsahariens sont devenus une main d’œuvre qui pèse au sein des effectifs de certains employeurs. Dans les régions d’Oran et de Ouargla, des chefs d’entreprise ont même conclu des accords tacites avec certains responsables locaux afin qu’ils laissent les migrants travailler, détaille Leïla Beratto, journaliste algérienne, spécialiste de la question.

Ici, les petits boulots ce sont les Subsahariens qui les font !

Si certains chefs d’entreprise profitent de leur situation précaire, d’autres refusent toutes discriminations. C’est le cas de Farid*, designer et restaurateur à Alger. Il emploie deux Béninois de 21 et 28 ans qui s’occupent de la maintenance et du nettoyage. « Le plus jeune est payé 35 000 dinars par mois (259 euros) et l’autre 30 000 dinars (222 euros). Il y a des Algériens qui sont payés 25 000 dinars (185 euros)», tient-il à préciser.

« Si ce n’était pas un problème de papiers, j’en ferais travailler plus », affirme le quadragénaire, qui signale que ses contacts dans le cercle des autorités locales savent qu’il emploie des travailleurs illégaux…

« En France, on dit que les petits boulots, ce sont les migrants, notamment les Arabes, qui les font. Ici, les petits boulots ce sont les Subsahariens qui les font parce qu’ils veulent travailler et ont besoin d’argent pour aider leur famille au pays. Sans ces personnes, je serais coincé. Des Algériens ne voudraient pas faire ce travail, et ce n’est même pas une question de salaire », ajoute le chef d’entreprise.

Durcissement de la politique algérienne

Abdelmoumen Khelil est persuadé que les autorités veulent mettre fin à toute migration subsaharienne en Algérie. « On a eu auparavant des déclarations qui allaient dans ce sens, notamment de la part de l’actuel chef du gouvernement qui avait donné des indices sur le durcissement de la politique algérienne », rappelle le secrétaire général de la LADDH.

Le 8 juillet dernier, l’actuel Premier ministre, Ahmed Ouyahia, alors chef de cabinet de la présidence, déclarait en effet que les migrants « sont une source de criminalité, de drogue et de plusieurs autres fléaux ».

Un avis partagé par Abdelkader Messahel, ministre des Affaires étrangères, qui assurait deux jours plus tard que les « clandestins » subsahariens « menacent la sécurité nationale » et que le gouvernement comptait prendre des mesures pour faire face à un « flux important de migrants clandestins derrière lequel se cache des réseaux organisés ». Des propos qui ont beaucoup choqué à l’international.

Il n’y a pas de vision. C’est une gestion au jour le jour

« Et si les autorités algériennes ne savaient tout simplement pas comment gérer la présence de migrants ? », fait remarquer le sociologue Nacer Djabi. « Cette immigration n’est pas prévue, c’est un fait accompli. Les questions liées à l’immigration souffrent d’un vide juridique en Algérie. Il y a des Subsahariens d’une quarantaine de nationalités différentes dans les quatre coins du pays. Comment faire ? », s’interroge le sociologue.

« Il n’y a pas de vision. C’est une gestion au jour le jour, sous la pression de l’opinion publique et des conditions économiques et sécuritaires. Parfois, le gouvernement enclenche des campagnes pour les aider. D’autres fois, il les expulse vers le Sud. »

Une société civile peu audible

Au sein de la société civile, le soutien est « mitigé », note Abdelmoumen Khelil. Les actes ou campagnes racistes engendrent quelques condamnations, mais face aux expulsions il n’y a pas eu de réactions importantes. « Je ne sais pas si c’est lié à la crise économique ou au contexte des élections locales », tente d’expliquer le militant des droits de l’homme.

Pour le sociologue Nacer Djabi, il est clair que la société algérienne s’est refermée sur elle-même lors des dernières décennies. Les nouvelles générations n’ont pas beaucoup de contacts avec l’Afrique. Elles ne connaissent pas les positions politiques algériennes au cours des années 1960 et 1970, et le soutien d’Alger aux mouvements de libération du Mozambique, d’Angola, d’Afrique du Sud…

Il y a aussi la peur exprimée par les jeunes Algériens quand ils voient, dans leur quartier, des migrants vivant dans des conditions très difficiles. « Si le gouvernement avait agi, on aurait eu affaire à une immigration plus ou moins organisée au lieu de laisser les migrants livrés à eux-mêmes », conclut le sociologue.

Plus que jamais, le problème de la migration se pose dans le calendrier politique algérien. Reste à savoir si le gouvernement prendra rapidement les mesures nécessaires pour y remédier. Au vu des dernières réactions officielles, c’est loin d’être gagné…

Source : jeuneafrique.com

 

Soldats américains tués au Niger : la mission devait « capturer mort ou vif » un dirigeant jihadiste, selon ABC

Des éléments de l'embuscade ayant causé la mort de quatre militaires américains au Niger contredisent la version officielle, selon un récit publié jeudi par la chaîne américaine ABC. Le média cite des sources nigériennes et des services de renseignement américain.

L’opération des 3 et 4 octobre de l’équipe américano-nigérienne a été présentée par le chef d’état-major Joe Dunford comme une « patrouille de reconnaissance ». Mais selon des témoignages de hauts-gradés nigériens recueillis par ABC, c’était en fait une mission destinée à « capturer mort ou vif » un dirigeant jihadiste lié aux groupes État islamique et Al-Qaïda et identifié comme Dandou.

L’objectif de la mission a « changé »

Selon des sources des services de renseignement, la mission initiale était bien une patrouille ordinaire. Mais elle a été modifiée en cours de route, rallongeant la présence des soldats américains dans la zone, où ils sont restés plus de 24 heures.

« Ils devaient faire l’aller-retour dans la journée », a indiqué un responsable des services de renseignement américain cité par la chaîne. « Mais ils sont restés là-bas tellement longtemps pour une mission qui a changé, qu’ils ont été remarqués, surveillés et finalement attaqués. »

Selon la version officielle présentée la semaine dernière par le général Dunford, la patrouille de reconnaissance composée de douze soldats américains des forces spéciales et trente soldats nigériens revenait du village de Tongo Tongo, près de la frontière avec le Mali, lorsqu’elle a été attaquée par un groupe de cinquante combattants affiliés au groupe État islamique. Les hommes étaient équipés de petites armes à feu, de grenades et de véhicules armés.

Une première demande de renforts refusée par les Américains

Les forces spéciales n’ont appelé des renforts qu’après une heure de combat, a précisé le chef d’état-major, laissant entendre que la patrouille américano-nigérienne pensait initialement pouvoir venir à bout de ces combattants. Or selon un officier nigérien cité par ABC, les Nigériens avaient demandé des renforts qui leur ont été refusés par la partie américaine.

Cinq soldats nigériens, qui patrouillaient avec les Américains, ont également été tués.

Selon des sources américaines, une deuxième équipe de forces spéciales américaines devait venir en renfort mais n’a pas pu les rejoindre pour des raisons encore incertaines. Certains évoquent des problèmes de communication, d’autres la mauvaise météo.

La présence d’une deuxième équipe a été reconnue par le Pentagone, mais la version officielle est qu’une attaque était improbable car il y a eu au moins 26 missions dans la même région ces six derniers mois sans problème.

Implication de la CIA

En outre, selon les sources d’ABC, la CIA était impliquée dans la mission, alors que le général Dunford a affirmé n’être pas au courant d’une implication des services secrets américains.

Enfin la version officielle est que le corps du quatrième Américain, le sergent La David Johnson, 25 ans, a été retrouvé par des soldats nigériens un peu à l’écart des autres. En fait, son corps aurait été restitué à l’armée nigérienne par les villageois alors qu’un groupe de soldats américains avançait vers le village en formation d’attaque.

Interrogé sur tous ces détails, le Pentagone s’est refusé à tout commentaire. « Mener une enquête approfondie sur cet événement malheureux est la priorité numéro un du ministère de la Défense », a indiqué une porte-parole. « Je ne ferai aucun autre commentaire tant que nous n’aurons pas une vision complète de ce qui s’est passé ou pas ».

Source : Jeuneafrique.com

 

Première opération pour la force antijihadiste G5 Sahel

Première opération pour la force antijihadiste G5 SahelSoutenue sur le terrain par la France, la nouvelle force antijihadiste G5 Sahel a lancé mercredi ses premières opérations conjointes aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, une zone très instable devenue un foyer pour les groupes extrémistes.

Le président français Emmanuel Macron avait estimé mardi que le succès de cette force, composée de soldats du Mali, Niger, Mauritanie, Burkina Faso et Tchad, était une "obligation collective" dans la lutte contre le terrorisme au Sahel, vaste région située au sud du Sahara.

Des forces maliennes se sont déployées dans la commune de Tessit, à 30 km du Niger et 40 km du Burkina, en vue d'effectuer des missions de reconnaissance. "On va patrouiller dans le secteur et sécuriser les axes routiers. Notre objectif c'est la sécurisation de la population et des déplacements des commerçants, pour que les habitants vivent tranquilles et que les éleveurs puissent travailler", a déclaré à l'AFP le lieutenant malien Gaoussou Diara dont les troupes sont soutenues par l'infanterie française.

"Nous sommes plus que satisfaits" de cette présence militaire, il y a des bandits, la zone est infestée jusqu'à la frontière du Niger, confie le maire de Tessit, Ibrahim Ag Effanfan, venu à la rencontre des soldats maliens au milieu d'une plaine désertique parsemée d'acacias où paissent les troupeaux d'éleveurs nomades.

"Le déploiement des Maliens, des Nigériens et des Burkinabè de la force G5 Sahel a débuté ce matin", a déclaré mercredi à l'AFP le lieutenant-colonel français Marc-Antoine depuis une base avancée française dans la région aride d'In-Tillit, dans le centre du Mali.

Sous son commandement, une centaine d'hommes de la force militaire française antijihadiste au Sahel Barkhane (4.000 hommes au total) va soutenir les troupes africaines déployées au sol lors de cette première opération, a-t-il expliqué. Barkhane va apporter aux quelques centaines de troupes maliennes, burkinabè et nigériennes engagées "du conseil et de l'accompagnement" sur le plan aérien (chasseurs, hélicoptères, drones de renseignement), ainsi qu'un appui de l'artillerie.

Cette première opération, baptisée "Hawbi", est "une démonstration de force pour reprendre pied dans une zone délaissée par les Etats", aux confins du Mali, du Burkina Faso et du Niger, "en entravant la liberté de mouvement dont bénéficient plusieurs groupes armés depuis des mois", a souligné le lieutenant-colonel Marc-Antoine.

- Pleine capacité d'ici à mars -

"L'objectif in fine est de faire monter cette force G5 Sahel en puissance pour qu'elle puisse se réimplanter dans les zones transfrontalières de façon autonome", a-t-il ajouté.

La force conjointe doit atteindre d'ici à mars 2018 sa pleine capacité de 5.000 hommes, répartis en sept bataillons: deux pour le Mali et le Niger, et un pour le Tchad, le Burkina Faso et la Mauritanie. Les soldats ne se mélangeront pas, à part quelques officiers de liaison.

Ce nouveau dispositif vise à combler les lacunes des dispositifs militaires nationaux et multinationaux dans la région du Sahel.

Elle est devenue une base pour les groupes extrémistes, notamment depuis que la Libye a sombré dans le chaos en 2011, que Boko Haram s'est étendu au Nigeria et que des groupes jihadistes liés à Al-Qaïda se sont emparés du nord du Mali en 2012.

Ces derniers avaient été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France, mais les violences perdurent dans le centre et le nord du Mali et se sont étendues aux pays voisins.

La force G5 Sahel se veut complémentaire de la Mission de l'ONU au Mali (Minusma, 12.000 hommes) et de Barkhane.

- Reprendre son destin en main -

"Le G5 Sahel, c'est une force de cinq armées africaines, appuyées essentiellement par la France, qui prend son destin transfrontalier en main pour conduire les opérations antiterroristes. Hawbi en est une expression", a commenté le colonel Arnaud Cervera, représentant du commandant de la force Barkhane à Gao, au Mali.

"L'enjeu ici, c'est que le Burkinabé comprenne qu'il a le même problème que le Malien et que le Malien comprenne qu'il a le même problème que le Nigérien. Le succès viendra de là", a-t-il expliqué.

Opérationnel depuis peu, le PC de la force G5 Sahel, à Sévaré (Mali), abrite désormais des officiers de liaison des cinq pays.

Le budget de fonctionnement de la force G5 Sahel a été estimé à 423 millions d'euros, mais il pourrait être revu à la baisse (environ 240 millions d'euros).

Une grande partie des fonds manque encore à l'appel. Les cinq pays créateurs ont promis chacun 10 millions, l'UE 50 millions et la France 8 millions, soit un total de 108 millions d'euros.

Les Etats-Unis se sont engagés lundi à apporter jusqu'à 60 millions de dollars (51,5 millions d'euros).

Source : Slate Afrique

 

 

Embuscade meurtrière au Niger : un quatrième soldat américain retrouvé mort

Un quatrième soldat des forces spéciales américaines, qui participait à une patrouille conjointe avec des militaires nigériens, a été retrouvé mort sur les lieux d'une embuscade dressée le 4 octobre par des groupes jihadistes à la frontière entre le Niger et le Mali.

« Le corps d’un autre militaire américain a été retrouvé sur le site de l’attaque» à la frontière entre le Niger et le Mali, a déclaré le colonel Mark Cheadle, porte-parole du commandement Afrique de l’armée américaine. Ce soldat américain avait été porté disparu après l’embuscade meurtrière du 4 octobre.

Le bilan de cette embuscade, qui a exposé au grand jour l’ampleur de l’implication américaine dans la région, s’élève désormais à quatre soldats américains tués ainsi que quatre militaires nigériens. Deux autres soldats américains ont été blessés.

Le colonel Cheadle a donné quelques détails sur cette embuscade mais refusé de dire qui les Etats-Unis soupçonnaient de l’avoir menée, « pour ne pas leur donner un sentiment de victoire ».

Il a ainsi indiqué que la patrouille américano-nigérienne était composée d’une quarantaine de soldats, qui circulaient à bord de plusieurs véhicules sans protection aérienne car la mission n’était pas supposée comprendre des combats.

Guet-apens très bien préparé

« C’était une mission destinée à établir des contacts avec les leaders locaux et le niveau de menace à ce moment-là était considéré comme très faible, a-t-il déclaré. Il n’y avait donc pas de couverture aérienne ».

Il a également précisé qu’il y avait eu des échanges de tirs. « Il y a eu des morts chez l’ennemi », a-t-il ajouté.

La patrouille américano-nigérienne est tombée dans une embuscade tendue par des terroristes à bord d’une dizaine de véhicules et une vingtaine de motos dans le sud-ouest du Niger près de la frontière avec le Mali.

Ce guet-apens, visiblement très bien préparé, s’inscrit dans une série d’innombrables attaques dans le secteur où les jihadistes harcèlent les troupes nigériennes, sans que celles-ci ne soient en mesure d’enrayer le processus.

Ce sont les premiers morts américains au combat dans le cadre de la mission de lutte contre les groupes jihadistes dans cette région. Un militaire américain était mort dans un accident de voiture au Niger en février.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Al-Qaïda : l’ex-otage sud-africain Stephen McGown raconte sa détention

 Al-Qaïda : l’ex-otage sud-africain Stephen McGown raconte sa détention L'ex-otage sud-africain Stephen McGown a confié jeudi lors d'une conférence de presse à Johannesburg avoir "été très bien traité" par ses ravisseurs en particulier après s'être converti à l'islam de son "propre chef". Libéré fin juillet après six ans de détention aux mains d'Al-Qaïda au Mali, il avoue cependant "avoir eu peur à trois reprises pour sa vie".

Cheveux roux ondulés jusqu’aux épaules, retenus par des lunettes de soleil, et barbe épaisse poivre et sel, Stephen McGown, 42 ans, est apparu mince, mais très souriant et en forme, entouré de son épouse et de son père.

« On a été très bien traités. J’avais des habits, de la nourriture. Quand j’étais malade, ils (mes ravisseurs) me donnaient des médicaments, des médicaments de base mais des médicaments », a déclaré Stephen McGown, qui s’exprimait pour la première fois depuis sa libération, le 29 juillet dernier, à l’occasion d’une conférence de presse à Johannesburg, jeudi 10 août.

« Quand on a été kidnappés, on nous a dit qu’on ne nous ferait pas de mal », a encore raconté M. McGown. Mais « on a craint pour notre vie à trois reprises. Surtout les trois premiers mois, c’était très instable », a-t-il ajouté sans donner plus de précisions. Il s’est cependant plaint de forts maux de tête dans les jours qui ont suivi son retour en Afrique du Sud, où il a suivi des examens médicaux.

Une fois converti à l’islam, les choses ont changé de façon spectaculaire…

Stephen McGown a expliqué à l’AFP s’être converti de son « propre chef » du christianisme à l’islam pendant sa longue détention. Un statut qui a conforté sa captivité selon l’ex-otage d’Al-Qaïda. « Une fois converti, les choses ont changé de façon spectaculaire (…). Les gars voulaient laver mes vêtements, ils me donnaient de la bonne viande de gazelle », a-t-il ajouté.

Pour garder le moral, il a fait notamment « un peu d’exercice physique et observé pendant six ans les migrations des hirondelles », dévoile celui qui est « fan d’oiseaux ».

« Aucune rançon » pour la libération

Le 25 novembre 2011, Stephen McGown a été kidnappé avec trois autres touristes occidentaux dans la ville de Tombouctou, dans le nord du Mali. Ses début en captivité l’ont souvent poussé à essayer de résister. « Parfois, je dormais beaucoup, parfois j’étais très triste et voulais me battre contre toute le monde. Mais je ne voulais pas devenir un fardeau pour ma famille, je veux devenir une meilleure personne », a-t-il expliqué.

Un Allemand capturé au même moment que McGown, qui avait tenté de résister, avait été tué. Les deux autres touristes, le Néerlandais Sjaak Rijke et le Suédois Johan Gustafsson, ont été libérés respectivement en 2015 et fin juin 2017.

La semaine dernière, le ministre sud-africain de la Sécurité intérieure, David Mahlobo, a assuré que Pretoria n’avait payé « aucune rançon » pour la libération de Stephen McGown.

Source : Jeune Afrique

 

 

Mali : Gatia et CMA impliqués dans des violations des droits de l’homme à Kidal, selon l’ONU

Dans un rapport préliminaire d’enquête de la section des droits de l’homme de la Minusma, 34 cas de violation ont été confirmés dans la région de Kidal.

Le Gatia et la CMA, signataires de l’accord de paix d’Alger, sont pointés du doigt, alors que leur comportement sur le terrain paralysent le processus de paix.
Dans la région de Kidal, près de la localité de Anefis, la Minusma a pu confirmer 34 cas de violation des droits de l’homme sur les 67 allégations qui ont fait l’objet d’enquête. Celles-ci ont été commises après la reprise des hostilités, début juin 2017, entre le Groupe autodéfense touareg imghad et alliés (Gatia), proche de Bamako, et les ex-rebelles indépendantiste de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA).

« Sur les 34 cas de violation des droits de l’homme confirmés, 23 ont été perpétrés par le Gatia et 11 par la CMA », explique à Jeune Afrique Guillaume Ngefa-a Andali, le chef de section droits de l’homme de la Minusma. Dans ce rapport préliminaire, la mission fait état d’exécutions sommaires, de torture, d’enlèvements de personnes, de destructions volontaires et de vols de véhicules.

Fosses communes

« Nous avons certifié huit cas d’exécutions sommaires, dans deux fosses communes et deux tombes individuelles, et j’ai peur que les enquêteurs trouvent d’autres cas similaire au cours de l’enquête », ajoute Ngefa-a Andali. De leur côté, les leaders des mouvements armés cités dans ce rapport reconnaissent certains cas de violation des droits de l’homme perpétrés dans la région de Kidal, mais disent qu’ils n’ont pas été commandités par leurs mouvements.

Les deux groupes se regardent depuis en chien de faïence, prêts en découdre à tous moment, paralysant ainsi le processus de la paix

« Il y a eu un conflit entre les communautés Idnan et les Imghad et effectivement durant ce conflit, il y a eu des violations des droits de l’homme de part et d’autre mais ces violations n’ont pas été commanditées par le Gatia », répond Fahad Ag Al Mahmoud, secrétaire général du groupe imghad. « La Minusma a envoyé des équipes de vérification qui ont vu des tombes et nous accusent d’être les commanditaires. Je pense que c’est une conclusion trop rapide », ajoute-t-il.

Forte tension entre la CMA et la Plate-forme

De son côté, la CMA reconnaît certains délits mineurs de ses combattants mais assure qu’elle a pris les mesures ad hoc et s’est dit prête à travailler avec la Minusma. « Nous avons dénombré de notre côté quatre cas de vol de véhicules par nos combattants. Les coupables ont été immédiatement radiés de nos rangs », affirme Ilad Ag Mohamed, le porte-parole de la CMA. « Il y a eu un cas où, au sein de la même famille, des jeunes partisans de la CMA ont malheureusement marqué au fer rouge leur frère partisan de la Plate-forme. C’est un problème familial auquel la CMA ne peut pas répondre », ajoute-t-il.

La section des droits de l’homme de la Minusma s’avoue très préoccupée par la forte tension qui règne en ce moment entre la CMA et la Plate-forme, d’autant que le Gatia a refusé de signer le cessez-le-feu et que les deux groupes se regardent depuis en chien de faïence, prêts en découdre à tous moment, paralysant ainsi le processus de la paix dans le nord du pays.

Source : Jeuneafrique.com

 

 

Au moins 37 femmes enlevées et 9 personnes tuées par Boko Haram au Niger

Au moins 37 femmes enlevées et 9 personnes tuées par Boko Haram au Niger L’enlèvement a été annoncé mardi. Selon le gouverneur de la région de Diffa (sud-est), il s'est produit dimanche.

Des "éléments" du groupe islamiste nigérian Boko Haram ont enlevé dimanche 37 femmes et tué 9 personnes dans un village du sud-est du Niger, près de la frontière avec le Nigeria, a annoncé mardi le gouverneur de la région de Diffa (sud-est).

"Les éléments de Boko Haram (...) ont égorgé neuf personnes (...) Ils ont pris des femmes, 37 femmes, et sont partis avec elles", a affirmé le gouverneur Laouali Mahamane Dan Dano à la télévision publique nigérienne.

"Des poursuites sont déjà engagées par les Forces de défense et de sécurité (FDS) et nous espérons que dans les prochaines jours ces femmes seront retrouvées et seront libérées", a-t-il ajouté.

Le gouverneur qui s'est rendu lundi à Ngalewa, le village attaqué, a expliqué que "les éléments de Boko Haram sont venus à pied" pour "mieux se faufiler" à travers le lac Tchad et le dispositif sécuritaire.

Ngalewa est situé à quelques kilomètres de la ville de Kabaléwa au nord de Diffa, théâtre d'un attentat suicide mercredi. "Ngalewa s'est toujours opposé à Boko Haram, voilà pourquoi ils sont venus s'en prendre à ses paisibles citoyens", a expliqué le gouverneur.

Joint par l'AFP par téléphone, le maire du village, Abari El Hadj Daouda, avait indiqué lundi que l'attaque avait eu lieu dimanche soir "entre 22h00 et 2300 (21h00 et 22h00 GMT)". Il avait aussi parlé "d'une trentaine ou quarantaine de femmes et enfants enlevés par les assaillants" ainsi que de "neuf morts".

La région de Diffa, qui compte quelques 600.000 habitants, subit depuis 2015 des attaques récurrentes de Boko Haram. Elle abrite plus de 300.000 réfugiés et déplacés, dont des milliers vivent au milieu d'une population locale déjà très pauvre, selon l'ONU qui demande à la communauté internationale d'accroître son soutien financier.

Mi-avril, l'armée nigérienne a repoussé une offensive de Boko Haram, tuant une cinquantaine de ses combattants près de la localité de Gueskérou, dans la même région. Depuis décembre, 150 combattants nigériens de Boko Haram ont déposé les armes et se sont rendus aux autorités nigériennes, selon les autorités.

Source : VOA Afrique Avec AFP

Longtemps taboue en Algérie, la question du racisme provoque un vif débat public

Longtemps taboue en Algérie, la question du racisme provoque un vif débat publicL’intellectuel algérien Kamel Daoud a joint sa voix à toutes celles qui ont dénoncé le racisme en Algérie, suite à une violente campagne qui a visé les migrants subsahariens la semaine dernière.

La semaine dernière, un hashtag viral rédigé en arabe sur Twitter (#لا_للافارقه_في_الجزاير, Non aux Africains en Algérie) a enflammé les réseaux sociaux algériens. Le Point Afrique a traduit certains de ces tweets, parfois accompagnés de photos de migrants subsahariens : "Rentrez chez vous", "Chassons-les pour préserver nos enfants et nos sœurs", "Ils violent et répandent le sida dans nos villes."

Cette violente campagne xénophobe s’est poursuivie jusqu’à dans les colonnes de certains médias locaux, rapporte le site en question, alors que les tweets incriminés feraient l’objet d’une enquête selon plusieurs journaux algériens.

"Nous devons réagir et montrer que les personnes qui tiennent ces propos ne reflètent pas l’ensemble de la société algérienne. Nous sommes un pays africain. Nous avons des compatriotes qui ont une couleur de peau plus foncée. Il est important que nous travaillions sur la tolérance et l’acceptation de nos différences", avait riposté Hassina Oussedik. La directrice d’Amnesty International Algérie a également appelé les autorités à prendre des mesures contre le racisme et les appels à la violence.

Parmi les nombreuses autres voix qui se sont élevées, dans la presse ou sur les réseaux sociaux, pour dénoncer ce phénomène et cette campagne, celle de Kamel Daoud. Dans une tribune intitulée "Une extrême droite arabe", l’intellectuel et écrivain algérien, menacé de mort dans son pays d'origine, s’est attaqué dans sa chronique hebdomadaire publiée dans le magazine Le Point, à cette "vague de racisme qui traverse l’Algérie ces jours-ci".

"Le racisme se durcit, devient violent, s’exprime sans tabou"

Estimant que "le racisme se durcit, devient violent, s’exprime sans tabou", le lauréat du prix Goncourt du premier roman en 2015 pour "Meursault, contre-enquête", regrette le fait que le racisme, généralement associé à un vice occidental, soit nié en Algérie et dans le monde dit "arabe".

Et ce, à cause d’un "refus d’admettre le racisme chez soi, en soi, pour le dénoncer sans cesse chez l’autre, derrière la Méditerranée". Et d’ajouter : "à cause de l’effet écran, vaniteux, du héros de la décolonisation, peut-être. Ou de la victimisation abusive".

Selon "Médecins du monde", les personnes originaires d’Afrique subsaharienne présentes sur le sol algérien, "qu’elles soient installées définitivement ou en attente de partir vers l’Europe", sont "stigmatisées, souvent victimes de violence".

Ces dernières années, les Observateurs de France 24 ont rapporté à plusieurs reprises des cas de mauvais traitements, d’expulsions arbitraires et de discriminations raciales basées sur l’origine ou la couleur de peau des victimes, des migrants souvent livrés à eux-mêmes dans le centre ou en périphérie des villes algériennes.

Texte par Marc DAOU
Source : France24

 

Mali: Trump hésite à soutenir le financement par l'ONU d'une force anti-djihadistes

Mali: Trump hésite à soutenir le financement par l'ONU d'une force anti-djihadistes Trump et Macron s'écharpent sur le financement d'une force de lutte contre le terrorisme au Mali. Washington pourrait opposer son veto à la proposition française. Paris cherche à convaincre Washington.

Les Etats-Unis sont très réservés à l'idée de laisser l'ONU appuyer politiquement et financièrement une force militaire africaine anti-djihadistes dans le Sahel. Le différent repose sur le financement de cette force de 5000 hommes constituée par le G5 Sahel, composé du Mali, de la Mauritanie, du Niger, du Tchad et du Burkina Faso.

Un premier texte retoqué

Un premier projet de résolution, présenté mardi dernier, proposait que cette force militaire puisse "utiliser tous les moyens nécessaires" pour "combattre le terrorisme, le trafic de drogue et le trafic de personnes".

Cependant, ce texte manquait de précision selon les Etats-Unis, estimant même qu'une simple déclaration du Conseil, plutôt qu'une résolution, pourrait être suffisante. "Nous trouvons le mandat de cette force beaucoup trop large, manquant de précision", a expliqué un responsable américain, craignant que cela ne "crée un dangereux précédent" en autorisant l'usage de la force pour une large palette d'activités.

Une nouvelle mouture du texte a alors été dévoilée au Conseil de sécurité vendredi. Cette version insiste sur l'action de cette force contre le terrorisme, en précisant que les groupes armés ciblés figurent sur la liste des groupes terroristes des Nations unies.

"Le vrai problème, c'est l'argent"

L'Union européenne a déjà accepté de verser 50 millions d'euros pour cette force régionale, mais Washington et Londres ne veulent pas utiliser de fonds des Nations unies pour cette opération. "Le vrai problème, c'est l'argent", a insisté un diplomate du Conseil de sécurité qui a souhaité conserver l'anonymat.

"Nous soutenons le principe d'une force conjointe du G5 Sahel comme important exemple potentiel des efforts africains pour combattre l'extrémisme", a repris le diplomate américain. "Mais une résolution du Conseil de sécurité n'est pas toujours la seule, ni la plus sage des solutions pour offrir un soutien politique."

Selon Foreign Policy, la France presse pour qu'un vote intervienne dans la semaine.

La France a lancé une intervention militaire internationale d'urgence en 2013 pour stopper des groupes djihadistes, proches d'Al-Qaïda, qui occupaient le nord du Mali. L'opération Serval, depuis devenue Barkhane, se poursuit encore dans cinq pays (Tchad, Niger, Mali, Mauritanie, Burkina Faso) de la bande sahélo-saharienne.

Des zones entières échappent au contrôle des forces maliennes, françaises et de l'ONU, régulièrement visées par des attaques meurtrières, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les djihadistes.

Source : L'Express (France)

 

 

Migrants: nouveau drame au large de la Libye

Migrants: nouveau drame au large de la LibyePlusieurs dizaines de migrants sont morts noyés mercredi, après être tombés d'une embarcation surchargée au large de la Libye. Plusieurs jeunes enfants font partie des victimes.

Cet énième drame survient au moment où la tension monte entre humanitaires et garde-côtes libyens. Les garde-côtes italiens, qui coordonnent les secours dans cette zone, ont fait état en fin de journée de 34 cadavres, dont une dizaine d'enfants.

La plupart ont été récupérés par le Phoenix de l'ONG maltaise Moas. Le fondateur de cet ONG, Chris Catrambone, qui se trouvait à bord, a publié sur Twitter des photos de dizaines de migrants appelant à l'aide dans l'eau et de sacs mortuaires blancs entassés sur le pont faute de morgue.

Au moins 500 migrants étaient à bord d'une embarcation en bois, à environ 20 milles nautiques au large de Zouara (100 km à l'ouest de Tripoli).

Avec l'aide d'un navire des garde-côtes italiens et de plusieurs navires commerciaux, les secouristes ont récupéré des dizaines de survivants.

Un avion militaire a largué des canots de sauvetage et un hélicoptère survolait la zone pour tenter de repérer d'autres survivants ou cadavres.

Source : BBC Afrique

 

Jihad dans le Sahel : Le Sénégal dans le viseur d’Iyad ag Ghali

Jihad dans le Sahel : Le Sénégal dans le viseur d’Iyad ag GhaliQuelques semaines après la constitution du groupe de soutien à l’islam et aux musulmans annoncée le 03 mars dernier, son émir a accordé un entretien à la revue hebdomadaire d’Al Qaida dans la péninsule arabique. Au cours de cette interview en arabe, Iyad Ag Ghali puisqu’il s’agit de lui, a indexé la France comme l’« ennemi historique de l’islam et des musulmans » dans le Sahara.

Mais pour l’ancien chef d’Ansar dine devenu commandant de la nouvelle organisation djihadiste née de la fusion de quatre groupes dont le sien, Al mourabitoun, Aqmi dans le Sahara et la brigade du Macina, tous les pays alliés de la France dans ce qu’il appelle la guerre qu’elle mène contre les « moudjahidine » sont aussi dans l’œil du cyclone. Il a cité les Etats-Unis, l’Allemagne, les pays bas, la Suède, le Tchad, la Guinée, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger et…le Sénégal.

Même s’il n’a pas été explicite sur la nature de l’aide qu’apporte le Sénégal à la France, il est évident qu’il fait allusion au contingent sénégalais présent dans le nord et dans le centre du Mali. En effet, aux 500 soldats depuis 2013, se sont ajoutés 600 autres avec des moyens conséquents pour sécuriser le centre du Mali en proie à une insurrection djihadiste.

Cette menace sera d’autant plus prise au sérieux que pour les autorités sénégalaises, notre pays a toujours été dans le viseur des groupes djihadistes. C’est d’ailleurs pour prendre les devants dans cette guerre asymétrique qu’une vague campagne de lutte contre le terrorisme a été lancée. Et à cet effet, plus d’une trentaine de personnes ont été mises aux arrêts et placées sous mandat de dépôt. Parmi ces mis en cause pour terrorisme présumé, figurent bien des sympathisants supposés de l’Etat islamique mais aussi de son rival Al Qaida.

Rappelons que l’organisation djihadiste dont Iyad ag Ghali est le commandant en chef a fait allégeance à Ayman al Zawahiri, successeur d’Oussama Ben Laden à la tête d’Al Qaida.

Source : Dakaractu.com

 

"L’Afrique de l’Ouest est devenue une zone de consommation et de production de la drogue" (ONUDUC)

Pierre Lapaque, Représentant régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDUC), a révélé, lundi, à l’ouverture de la conférence scientifique sur la prévention et le traitement des troubles liés aux addictions aux drogues en Afrique de l'Ouest que cette sous-région est devenue ''une zone de consommation et de production de production de drogue".

"Auparavant zone de transit, l’Afrique de l’Ouest est devenue, au cours des dernières années, une zone de consommation et même de production de drogue, au vu des dernières découvertes faites dans la région, en particulier au Nigéria et en Guinée concernant les drogues de synthèses", a précisé M. Lapaque.

Selon lui, les estimations financières générées par le trafic de cocaïne dans la région s’élèvent à environ "1 milliard de dollars annuels dont environ 500 millions sont blanchis dans la région, soit près de 1,3 milliard de pertes pour les économies des pays ouest-africains dans les secteurs de la santé, du travail et autres".

Par ailleurs, Pierre Lapaque a déploré que 10% des médicaments qui circulent en Afrique de l’Ouest sont "contrefaits et nuisibles à la santé avec dans certains pays des pics à plus de 30% de médicaments frauduleux".
Cette conférence qui se déroule dans la cadre du "Projet d’appui au Plan d’action régional de la CEDEAO (Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest) en matière de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, la criminalité organisée qui y est liée et l’abus des drogues en Afrique de l’Ouest est un tournant important dans la mise en œuvre du Plan d’action" de l’organisation sous régionale, a souligné le Représentant de l’ONUDUC.

Pour Babacar Carlos Mbaye, Représentant permanent de la CEDEAO en Côte d’Ivoire, la rencontre d’Abidjan a, donc, pour "objet de nous aider à éradiquer, dans notre sous-région, les défis multiformes et sans cesse renouvelés auxquels l’exposent le fléau de la drogue et les réseaux criminels organisés qui y tirent profit".
"(…) nous devons mettre notre jeunesse à l’abri des multiples troubles causés par une exposition addictive aux substances psychotropes. A cet égard, le recours aux résultats de la recherche scientifique en la matière et leur exploitation dans la formulation de nos réponses, rendront nos politiques de santé publiques plus adaptées et conformes au respect des droits de la personne", a-t-il espéré.

Ce qui a fait dire à Raymonde Goudou Coffie, ministre de la Santé et de l’Hygiène publique que "la question de la drogue est une question de santé publique en Côte d’Ivoire où 8% des consommateurs dans la banlieue abidjanaise sont des élèves et 4% des hospitalisés en psychothérapie souffrent des additions aux drogues".
Pour le Ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la sécurité, Hamed Bakayoko, qui a ouvert la conférence, "la lourdeur des défis posés par la drogue sur nos systèmes de santé soulève beaucoup de questions qui demandent des réponses durables. Car les addictions aux substances illicites qui touchent principalement la jeunesse africaine doivent être aussi appréhendées comme un problème de santé publique".

Les résultats des travaux de la présente conférence, s’est convaincu M. Bakayoko, "apporteront une contribution de haute facture dans la voie de la mise en œuvre" du Plan d’action de la CEDEAO.

70 experts issus des 15 pays de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) plus la Mauritanie, d’autres pays africains, notamment le Kenya et le Maroc, d’Europe (France, Belgique…), des Etats-Unis et d’Asie, prennent part à cette conférence internationale scientifique qui prendra, fin, mardi.

Source : News Abidjan (Côte d'Ivoire)

 

 

Algérie : que nous apprennent les documents récemment déclassifiés par la CIA ?

Ben Bella, Boumédiène, Chadli, le Sahara… Les archives déclassifiées de l’agence américaine constituent une plongée fascinante dans les arcanes du pouvoir algérien entre 1962 et 1988.

Sans être aussi explosifs et dévastateurs que les câbles diplomatiques de WikiLeaks, les documents que la CIA a récemment déclassifiés, conformément au Freedom of Information Act de 1966, qui oblige le gouvernement fédéral à donner libre accès à certains documents administratifs, n’en sont pas moins édifiants. Élaborés sur la base d’informations récoltées sur le terrain par les agents de la Centrale, ces mémorandums sont constitués de briefings quotidiens, de notes de synthèse, d’analyses et d’études prospectives qui touchent à tous les secteurs de la vie d’un pays. Ils proposent aux différentes responsables de l’administration américaine de précieux et indispensables supports stratégiques, orientations et autres conseils susceptibles de les aider dans le decision making.

Ainsi, peu de temps avant la visite historique du président Chadli Bendjedid aux États-Unis en avril 1985, la CIA avait produit des centaines de pages d’analyses sur le régime algérien, son arsenal militaire, sa situation économique, ses relations avec ses voisins, ainsi qu’un portrait psychologique du chef de l’État. Bien que certains de ces documents aient été caviardés pour protéger les sources de renseignements ou le processus de leurs collectes – procédé très courant chez tous les services d’intelligence du monde –, ils offrent une plongée fascinante et riche dans les arcanes du pouvoir algérien depuis l’indépendance du pays, en 1962, jusqu’à la fin des années 1980.

« Nous ne croyons pas que Boumédiène utilisera l’armée pour renverser Ben Bella. »

La CIA jugeait Boumédiène loyal

La CIA a-t-elle surestimé les capacités du président Ahmed Ben Bella, arrivé au pouvoir en 1962 avec le soutien de l’armée des frontières, à se maintenir à son poste ? Dans une longue note secrète élaborée avec le concours de différentes branches du renseignement et de l’intelligence, la Centrale écrit le 23 décembre 1964 : « Nous pensons que les chances de Ben Bella de demeurer au pouvoir durant les deux prochaines années sont bonnes. » L’agence de Langley estime que le président devrait s’appuyer sur l’establishment militaire, notamment Houari Boumédiène, vice-président et ministre de la Défense, qui « semble loyal ». Le mémo ajoute : « Nous ne croyons pas que Boumédiène utilisera l’armée pour renverser Ben Bella, sauf dans des conditions extrêmes. »

Dans le cas où Ben Bella « venait à mourir ou s’il était assassiné, Boumédiène assumerait probablement un rôle dominant en association avec la clique gouvernante ». Le 19 juin 1965, près de six mois après ces prévisions, Ben Bella est renversé par un coup d’État conduit par Boumédiène. Ce jour-là, un mémo secret de la CIA atterrit sur le bureau du président américain, Lyndon B. Johnson. L’agence annonce le putsch et esquisse un bref portrait de

 

 

Boumédiène. Pourquoi s’est-il donc retourné contre Ben Bella ? La CIA suppose que cette éviction serait liée à de récentes manœuvres contre Abdelaziz Bouteflika, son ministre des Affaires étrangères.

Bouteflika : « Si l’Espagne quitte le Sahara, aucun officier algérien ne franchira la frontière »

La CIA n’y croyait pas

C’est un mémo de cinq pages intitulé « L’Invasion marocaine du Sahara espagnol » que le directeur de la CIA, William Colby, adresse, en ce 3 octobre 1975, au chef de la diplomatie américaine, Henry Kissinger. Hassan II, note Colby, « a réitéré, en août, son intention d’accaparer le Sahara espagnol avant la fin de l’année, par la force si nécessaire ». Il pourrait se « décider à passer à l’acte dans un moment de faiblesse des Espagnols ». Pour le patron de la CIA, Rabat s’attend à une résistance de la part de 5 000 légionnaires espagnols et des forces aériennes stationnées sur les îles Canaries, mais peut-être aussi des forces terrestres algériennes.

Les Marocains, analyse le rapport, sont plutôt sceptiques quant à une éventuelle intervention militaire algérienne. Pour deux raisons. La première est le message rassurant adressé en juillet 1975 par le président Boumédiène à Hassan II via Abdelaziz Bouteflika, son ministre des Affaires étrangères. Lequel a déclaré, dans un palais de Marrakech, que, « si l’Espagne quitte le Sahara, aucun officier algérien ne franchira la frontière ». Les Algériens, a-t-il ajouté, ne veulent plus jamais revivre la guerre des Sables de 1963 avec le voisin marocain.

Les forces marocaines sous-estimées

La deuxième raison est liée à une ruse de guerre du Palais à forte charge symbolique. Les Marocains avaient en effet « enrôlé » à leurs côtés des soldats syriens, égyptiens, voire saoudiens, et des combattants palestiniens. Ces troupes arabes serviraient de barrière psychologique à une éventuelle intervention militaire d’Alger. Même si l’armée marocaine, qui disposait de 12 000 à 15 000 soldats dans le Sud, a mis en place une structure de commandement dans la région, la CIA est persuadée qu’elle éprouverait d’énormes difficultés à déclencher et à maintenir une offensive massive contre les forces espagnoles ou algériennes.

« S’il se décidait à faire la guerre, nous pensons que Hassan II aurait alors sérieusement sous-estimé une éventuelle réplique espagnole à une invasion », écrit Colby. L’Espagne n’a pas vocation à rester au Sahara ni à engager une guerre coloniale, mais elle résistera à une éventuelle éviction. Quid des Algériens ? Favorables à l’indépendance du Sahara, ils n’envisagent pas d’intervenir militairement. L’agence américaine s’attend donc à ce qu’Alger soutienne le Polisario, masse des troupes aux frontières avec le Maroc pour mettre la pression sur Hassan II et renouvelle son aide aux dissidents marocains. Les Algériens mèneront certainement « un intense effort diplomatique international pour dénoncer l’agression marocaine ». Le 11 décembre 1975, les troupes marocaines occupent Laayoune.

« L’Algérie ne soutient plus le « terrorisme palestinien »

Tournant dans le soutien à la cause palestinienne

La mort de Boumédiène en décembre 1978 et l’arrivée au pouvoir de Chadli Bendjedid marquent-elles un tournant dans la politique d’Alger à l’égard de la cause palestinienne ? Dans un mémorandum daté du 26 juin 1980, les analystes de CIA estiment qu’il n’existe aucune preuve que l’Algérie soutienne actuellement le « terrorisme palestinien ». Par le passé, elle avait accordé un support opérationnel, notamment des passeports vierges, à divers groupes palestiniens, tout comme elle avait permis à maintes reprises aux auteurs de détournements d’avion d’atterrir sur son sol ou encore avait refusé d’extrader les ravisseurs.

Pour différentes raisons, note la CIA, ce type d’aide n’est plus proposé aux « groupes terroristes ». Le nouveau régime souhaite en effet densifier ses relations avec les pays occidentaux, contrairement à Boumédiène, réputé proche des Soviétiques. Le nouveau pouvoir a pris conscience des dégâts occasionnés par ce soutien sur l’image du pays. « L’usage de passeports algériens par des combattants du Fatah dans l’attaque à la grenade qui a ciblé en juillet 1978 l’ambassadeur irakien à Londres a généré une mauvaise publicité », juge la CIA. Les détournements d’avion vers l’Algérie ont également desservi le gouvernement, qui a probablement compris les dangers que lui faisait courir son implication dans ces opérations.

Soutien de Yasser Arafat

Les autorités algériennes, note l’agence américaine, offrent des privilèges diplomatiques à l’OLP et à certains de ses membres influents. Des groupes radicaux, comme le FPLP de Georges Habache, ancien compagnon de Yasser Arafat, pourraient profiter de l’hospitalité algérienne pour mener des opérations secrètes à partir de leur bureau d’Alger. Toutefois, il est peu probable que les Algériens ferment les yeux sur ces activités, pronostique le mémo.

Les agents de la Centrale rappellent que l’Algérie est membre (avec l’Irak, la Syrie, le Sud-Yémen, la Libye et le Soudan) du Front du refus, « le plus radical et le plus farouche des groupes arabes anti-Israël ». Des signes laissent à penser, avance la CIA, que l’Algérie est probablement le plus modéré de ces États. Et qu’elle soutiendrait Yasser Arafat et l’aile modérée de l’OLP. Bonne pioche. Le 15 novembre 1988, huit ans après cette note, Arafat proclamait à Alger la création de l’État palestinien.

« Chadli fait face […] à la menace grandissante des fondamentalistes islamistes »

La victoire des islamistes aux législatives

L’alerte est donnée le 7 janvier 1987. Dans un Directorate of Intelligence, analyse élaborée sur la base de renseignements collectés par ses agents sur le terrain, la CIA prévient que le régime de Chadli, en proie à une crise économique née de l’effondrement des cours du pétrole en 1986, est désormais miné par des luttes de factions. De plus, il doit gérer un « mécontentement populaire croissant ». La Centrale estime que si la position du président « semble assez sûre », il pourrait « toutefois affronter cette année des difficultés politiques et économiques d’une telle magnitude qu’il serait affaibli et forcé de composer avec ses adversaires ».

La déflagration n’aura pas eu lieu cette année-là, mais dix-huit mois plus tard. En octobre 1988, de violentes émeutes éclatent. Chadli décrète l’état d’urgence et fait appel à l’armée pour restaurer l’ordre. La répression fait plus de 500 morts. Dans un mémorandum secret daté du 17 octobre, Charles E. Allen, officier au National Intelligence Warning, fait part des inquiétudes de son département. Il écrit : « Les efforts de Bendjedid pour régler les problèmes de l’Algérie ne s’attaquent pas aux causes profondes du mécontentement populaire, et il fait face à une opposition soutenue des vieux militants du parti [FLN] d’une part et à la menace grandissante des fondamentalistes islamistes. » Bien que le calme soit rétabli, constate-t-il, la marge de manœuvre de Bendjedid est encore plus étroite qu’auparavant, et il ne dispose virtuellement pas des ressources pour satisfaire les demandes du peuple.

La suite ? Une analyse saisissante de lucidité tant elle est prémonitoire. Charles E. Allen : « Les réformes économiques orientées vers l’ouverture du marché ne dureront que le temps d’un premier essai. Et d’autres désordres et violences auront lieu. » L’écrasante victoire des islamistes aux législatives de décembre 1991 oblige Chadli à renoncer au pouvoir, sous la pression des militaires. Les élections sont annulées. Les groupes islamiques armés entrent en action. L’état d’urgence est restauré en février 1992. L’Algérie plonge dans la guerre civile.

L’AFFAIRE WARREN

Une antenne de la CIA à Alger ? Les Algériens en découvrent l’existence en janvier 2009 après les révélations de la chaîne américaine ABC News sur une affaire de mœurs mettant en cause Andrew Warren, chef de cette antenne entre septembre 2007 et octobre 2008. Âgé à l’époque de 41 ans, Warren avait été mis en cause par deux Algériennes qui l’accusaient de les avoir violées dans la résidence de l’ambassade, à Alger. Jugé en 2011, l’agent secret a été condamné par un juge fédéral de Washington à soixante-cinq mois de prison pour agression sexuelle sur l’une des plaignantes. Radié en 2011, Andrew Warren a déposé plainte en 2015 contre l’ancien chef de la CIA, Leon Panetta, pour atteinte à la vie privée.

Discrétion

Au-delà du scandale, l’affaire a obligé les Américains à faire preuve de davantage de discrétion dans leurs activités d’intelligence en Algérie. À l’ambassade américaine, sur les hauteurs d’Alger, le Chief of Station travaille sous couverture diplomatique avec un adjoint, une assistante, au moins un analyste et sans doute un agent du Special Collection Service, un service de renseignements géré conjointement par la CIA et la National Security Agency (NSA).

Réseau

Edward Snowden, ex-analyste du renseignement américain aujourd’hui réfugié à Moscou, a révélé d’ailleurs la présence au sein de cette ambassade, ainsi que dans son consulat, d’une équipe et d’équipements consacrés au Special Collection Service. Ce dernier s’intéresse aux communications échangées par téléphone ou via internet par les diverses institutions et organismes publics et privés en Algérie. La CIA collecte ses renseignements grâce à des agents officiant dans les deux représentations et à des espions agissant sous couverture, ainsi qu’à travers des échanges diplomatiques avec des responsables du pouvoir ou de l’opposition, des membres de chancelleries étrangères en poste à Alger, des experts, des chefs d’entreprise, ainsi que des journalistes.

Source : Jeuneafrique.com

Algérie : Découverte de deux caches d'armes

Algérie : Découverte de deux caches d'armesL'armée algérienne a découvert deux importants lots d'armes et de munitions de guerre ce week-end à Adrar, région limitrophe du Mali, et à In Guezzam, une ville proche de la frontière avec le Niger.

La prise de l'impressionnant arsenal de guerre a été effectuée en l'espace de 24 heures.

Il comprend un canon lourd, une trentaine de mitrailleurs et autres fusils d'assaut, mais aussi plus d'une centaine de roquettes et d'obus de mortier ainsi que près de dix mille balles de différents calibres.

L'armée algérienne déploie, depuis la chute du leader libyen Mouammar Al Kadhafi, d'importants moyens humains et matériels tout au long des frontières avec les pays voisins comme le Mali, le Niger, la Tunisie et La Libye.

Le ministère de la défense algérien publie régulièrement des bilans de caches d'armes découvertes et de membres de groupes islamistes tués ou arrêtés.

Ces bilans proviennent aussi des opérations menées dans le nord de l'Algérie et dans les régions proches de la capitale, Alger.

Source : BBC Afrique

 

Mali : quatre militaires tués dans le nord

Mali : quatre militaires tués dans le nordL'attaque a été menée par des hommes armés. Les assaillants ont également subi des pertes en vies humaines.

Huit autres militaires maliens ont été blessés lors de l'attaque. Selon un élu local cité par l'Agence France Presse, les assaillants étaient lourdement armés. Après l'assaut mené contre le poste de sécurité, ils ont pris la fuite en direction du nord de Ménaka, alors que l'armée malienne s'était lancée à leur poursuite.

L'élu a par ailleurs indiqué que des mouvements suspects d'hommes armés avaient été signalés la veille dans la périphérie de Ménaka.

Source : BBC Afrique

 

L’insécurité alimentaire guette le Sahel

L’insécurité alimentaire guette le SahelLa bande sahélienne qui s’étend de la Mauritanie à l’Ouest jusqu’à la corne de l’Afrique à l’Est, est victime depuis quelques années d’une sécheresse chronique, une tendance climatique qui a engendré une insécurité alimentaire tant pour les populations que pour le bétail.

Le bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, qui a dévoilé fin décembre un rapport sur l’insécurité alimentaire, s’inquiète notamment pour les pays de cette région. En effet, que ce soit en Somalie, en Erythrée ou au Mali, le manque de denrées alimentaires est devenu inquiétant.

En somalie par exemple, près de cinq millions d’habitants sont touchés par l’insécurité alimentaire, dont un million qui sont en situation d’urgence. Ce triste constat est dû à plusieurs facteurs. En premier lieu les mauvaises récoltes.

Après plusieurs saisons consécutives de faible rendement céréalier, les pays du Sahel se trouvent plus que jamais démunis de ressources alimentaires propres. Ils doivent ainsi importer une bonne partie de leurs aliments de base tels que le blé ou le riz. Le second facteur, et qui n’est pas des moindres, est la situation géographique des régions les plus touchées par l’insécurité alimentaire.

Ainsi, en somalie, le sud et le centre du pays sont les zones où les populations sont les plus livrées à elles-mêmes. Les aides humanitaires ont donc beaucoup de mal à atteindre ces régions du fait de l’insécurité qui y règne.

Cette situation dramatique touche le plus souvent les enfants. En Erythrée, où l’insécurité alimentaire guette plus de deux millions de personnes, 60% des enfants au niveau national doivent faire face à une sous-alimentation chronique.

L’Unicef a d’ailleurs publié en début de semaine un rapport sur la malnutrition dans ce pays de la corne d’Afrique qui reste fermé aux aides humanitaires étrangères.

Source : Sahel Intelligence

 

 

Un nouveau chef pour Boko Haram

Un nouveau chef pour Boko HaramLe groupe Etat islamique (EI) annonce avoir désigné Abu Musab al-Barnawi pour diriger Boko Haram, sa branche en Afrique de l'Ouest. Un magazine appartenant à l'EI a publié dans son dernier numéro une interview présentée comme la première donnée par Abou Moussab al-Barnawi depuis sa désignation pour diriger la branche ouest-africaine de l'organisation djihadiste.

Al-Barnawi est présenté comme un ancien porte-parole de Boko Haram. La publication de l'EI ne dit pas ce qu'est devenu l'ex-leader du groupe djihadiste nigérian, Abubakar Shekhau.

Ce dernier n'a plus donné signe de vie depuis août 2015. Boko Haram a annoncé le 7 mars 2015 avoir fait allégeance au groupe Etat islamique, qui est actif en Irak, en Syrie et en Libye.

L'annonce avait été faite dans un message audio, dans lequel s'exprimait Abubukar Shekau, à travers un compte Twitter utilisé par Boko Haram.

En avril 2015, la secte islamiste basée au Nigeria avait publié de nouvelles images dans lesquelles elle disait avoir changé de nom pour s'appeler "la Province ouest africaine de l'Organisation de l'Etat islamique".

Boko Haram a commencé son insurrection dans le nord-est du Nigeria en 2009.

Il a ensuite étendu ses attaques meurtrières au Cameroun, au Niger et au Tchad.

Source : BBC Afrique

 

 

Maroc : Le Haut-Commissaire de l’OMVS appelle les pays africains à l’action en faveur de l’eau

Maroc : Le Haut-Commissaire de l’OMVS appelle les pays africains à l’action en faveur de l’eau La conférence internationale sur l’eau et le climat a démarré ce lundi, 11 juillet 2016 au jardin des roses de Sofitel, au Maroc.

A la clé, quatre sessions principales dans le but d’établir le lien entre la gestion des ressources hydriques et le réchauffement climatique.

Des panélistes experts du système onusien, acteurs politiques et scientifiques vont tout au long de ces deux journées de travaux, définir la place de l’eau dans la mise en œuvre de l’Accord de Paris et des objectifs du développement durable (ODD), la maitrise de la relation eau-climat, l’alliance eau – énergie – sécurité alimentaire – santé – éducation et également, les mécanismes de financement liés aux changements climatiques.

D’autres organismes y sont également présents pour partager leurs expériences. C’est le cas de l’Organisation de la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) classée en tête du quotient mondial pour la coopération autour des ressources en eaux transfrontalières qu’elle met en oeuvre au profit des pays membres que sont la Guinée, le Sénégal, le Mali et la Mauritanie.

Le Haut-Commissaire de l’OMVS, Kabiné Komara a salué la tenue de cette conférence qui se tient à un moment où dit-il "l’eau est menacée et en particulier du côté guinéen dans le massif du Foutah Djallon qui donne naissance à près de 800 cours d’eaux alimentant l’Afrique". Et de souligner : "nous gérons un bassin sur à peu près 300.000 mètres carré qui développe des programmes d’énergie, d’irrigation, de navigation, de pêche et de santé. Cette thématique est essentielle pour nous parce que c’est l’eau qui conditionne la production d’énergie dont 600 mégawatts se trouvent en Guinée, c’est cette denrée qui conditionne les 300.000 hectares que nous mettons en valeur, c’est l’eau qui conditionne également 900 km de navigation sur le fleuve Sénégal, c’est surtout l’eau qui conditionne toute l’agriculture que nous devons développer", a expliqué l’ancien premier ministre Guinéen.

Il a conclu ses propos en lançant un appel à l’action en faveur de l’eau à travers la mise en place des mécanismes de financement. Sans quoi, l’impact des changements climatiques sur l’eau dans les pays africains pourra passer de 47 pour cent en 2000 à 65 pour cent en 2025 tout en réduisant le PIB du continent d’environ 3 pour cent.

Source : Guinée News

 

Le témoignage d'un Sénégalais qui a rejoint le groupe EI en Libye

Les Etats-Unis estiment à 5 000 le nombre de combattants de l’organisation EI en Libye, dont une forte proportion de volontaires étrangers. Parmi eux, des Sénégalais. C’est une interview dans la presse sénégalaise qui a révélé leur présence dans le pays. Ils ne sont encore qu’une trentaine à avoir décidé de partir au jihad. Tous sont actuellement dans l’ancien bastion kadhafiste de Syrte, devenu fief des jihadistes depuis février 2015. RFI a pu s’entretenir avec l’un d’eux.

Sur les réseaux sociaux, ces Sénégalais de l’organisation Etat islamique en Libye s’affichent sans complexe. Une quinzaine de jihadistes sénégalais sont ainsi visibles avec fusils d’assaut et ceintures explosives sur des photos postées sur Facebook.

« Les Sénégalais sont très nombreux ici à Syrte, Nofiliah, Ben Jawad, et nous avons aussi des partisans au Sénégal », explique l’un d’eux à RFI, qui pose tout sourire sur le réseau social. Agé d’une trentaine d’années, parfaitement francophone, ce Sénégalais raconte notamment la bataille d’al-Sedra à laquelle il dit avoir participé pour le contrôle du croissant pétrolier libyen.

Ces derniers mois, le groupe EI a d’ailleurs officiellement annoncé la mort d’un Sénégalais au combat contre les milices Fajr Libya, maîtres de Tripoli. Comment sont-ils arrivés en Libye ? Pas de réponse, « le chemin est top secret », tempère ce jihadiste : « J’avais vu que je ne pouvais plus vivre au Sénégal car la charia n’est pas appliquée, explique-t-il, j’ai toujours voulu aller en Syrie mais Allah ne me l’a pas permis, je me suis donc dit qu’il fallait aller en Libye car c’est le même jihad ».

Le jihad au Sénégal ?

Ce jihadiste ne cache pas son animosité envers son pays d’origine : « Nous avons voulu commencer le combat au Sénégal, explique-t-il, mais les armes sont difficiles à trouver, alors nous avons décidé de rejoindre nos frères en Libye ».

Après avoir combattu et reçu un entraînement militaire en Libye, a-t-il l’intention de mener le jihad dans son pays ? La réponse de ce jihadiste sénégalais est claire : « Le jihad est notre religion, l’islam nous a ordonné de combattre ceux qui ont apostasié. Au Sénégal, l’islam est caricaturé et le Sénégal va savoir qu’Allah nous a choisis pour combattre », affirme-t-il avant de menacer la principale confrérie musulmane du pays, « les mourides qui adorent Serigne Touba en dehors d’Allah » et qui « seront combattus », selon ce jihadiste sénégalais de la branche libyenne de l’organisation Etat islamique.

Une trentaine en Libye

Tous sont installés, parfois en famille, dans l’ancien bastion kadhafiste de Syrte devenu en un an la place forte de l’organisation EI en Libye. Ils ne sont qu'une trentaine dans le pays, mais ce n’est sans doute qu’un début.

Ces jihadistes sénégalais parfaitement francophones ne cachent pas leur intention d’inciter le maximum de combattants étrangers à les rejoindre pour ce nouveau jihad africain. « Nous incitons tout le monde, pas seulement les Sénégalais, à nous rejoindre », explique-t-il.

Interrogées sur ce phénomène, les autorités sénégalaises, qui ont demandé aux forces de sécurité comme à la population d'être extrêmement vigilantes après les attentats dans la sous-région n’ont pas souhaité réagir.

Source : RFI

 

 

 

Sécurité routière : Statistiques maghrébines

Sécurité routière : Statistiques maghrébines Les cinq pays du Maghreb présentent tous des résultats catastrophiques en matière de sécurité routière. Selon les chiffres du rapport de l’Organisation Mondiale de la Santé, l’Algérie est le pays où on enregistre le plus de décès dus à des accidents de la route dans la région. Notre pays déclare 4.540 décès (données de 2013) mais selon les estimations de l’OMS, ce nombre serait de 9337.

Les autres pays maghrébins déclarent 4.398 décès pour la Libye (4.554 estimés), 3.832 pour le Maroc (6.870 estimés), 1.505 pour la Tunisie (2.679 estimés) et 204 pour la Mauritanie (952 estimés).

L’OMS utilise l’indicateur du nombre de décès pour 100.000 habitants pour avoir une lecture comparative de différents pays. Rapportés à la population, le nombre de décès sur les routes dans notre pays est de 23,8 pour 100.000 habitants. Selon cet indicateur, l’Algérie se classe à la 54e position sur 180 pays.

Nos voisins libyens affichent le plus mauvais résultat dans le monde est obtenu avec 73,4 décès pour 100.000 habitants. La situation de la sécurité routière s’est fortement dégradée dans le pays ces dernières années. Dans le rapport OMS de 2009, la Libye déclarait 2.138 décès (chiffres 2007) et l’organisation mondiale l’estimait à 2.497 loin des 4.554 estimés en 2013.

Après la Libye, c’est la Mauritanie qui affiche les plus mauvais chiffres au Maghreb avec 24,4 décès pour 100.000 habitants (41e rang mondial). La Tunisie avec 24,4 décès pour 100.000 habitants occupe le 44e rang mondial. Notre pays occupe la 54e position avec 23,8 décès pour 100.000 habitants et le Maroc la 64e position avec 20,8 décès pour 100.000 habitants.

L’OMS constate que ce sont les pays africains qui présentent la plus mauvaise situation de sécurité routière avec plus de 24 morts pour 100.000 habitants en moyenne. Les 30 premières positions du classement du nombre de décès rapportés à la population sont toutes occupées par des pays de notre continent, à l’exception de l’Iran (8e avec 32,1), de la République Dominicaine (15e avec 29,3) et de l’Arabie Saoudite (23e avec 27,4).

Le pays africain le mieux classé est l’Egypte (109e) avec 12,8 décès pour 100.000 habitants.


Source : Motors (Algérie)