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Libye: Abu Talha al-Liby, chef d’Aqmi, tué dans le sud du pays

Libye: Abu Talha al-Liby, chef d’Aqmi, tué dans le sud du pays En Libye, l’Armée nationale libyenne (ANL) mène, depuis mercredi 16 janvier, une opération anti-terroriste de grande envergure dans le sud du pays. 

Elle a annoncé, vendredi, avoir éliminé Abu Talha al-Liby, dit « Le Libyen », un chef de l’organisation al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Il aurait été tué avec deux autres terroristes, le Libyen el-Mehdi Dengo et l'Egyptien Abdallah Desouki. L'attaque, menée à l'aube, a visé deux maisons mitoyennes – l’une appartenant à Abu Talha et l’autre qu’il avait louée - dans la localité de Karda el-Shati, près de la vile de Sebha. Abu Talha était l'un des terroristes les plus actifs dans le sud libyen.

Abdel Meneem al Hasnaoui Bel Haj, alias Abou Talha al-Liby, est natif de Sebha dans le sud libyen. Ses activités terroristes remontent aux années 1990. Impliqué dans l'attaque qui a visé le colonel Kadhafi en 1996, il est emprisonné jusqu'en 2011 et devient l'un des chefs militaires les plus en vue du soulèvement.

Un des fondateurs du front al-Nosra

Membre du groupe jihadiste al-Moqatila, il est soutenu, en 2012, par le Congrès national transitoire. En 2013, il quitte la Libye pour la Syrie pour être l'un des fondateurs du front al-Nosra, fidèle à al-Qaïda, et devient le juriste de la brigade des Mohajirines (les étrangers).

Si son élimination se confirme, c'est un coup dur pour Aqmi en Libye. Ce n'est pas la première fois, en effet, qu' Abu Talha est donné pour mort. La rumeur de sa mort avait circulé en Irak, en 2013, avant qu'il ne regagne la Libye, un an plus tard, en compagnie de sa femme syrienne. Il y a fondé le conseil de choura de la tribu al Hasawna, une organisation jihadiste financée en Libye par al-Qaïda et l'organisation Etat islamique (EI), à l'instar du conseil de choura de Benghazi, de Derna et d'autres villes.

Déjà donné pour mort en 2016

Il se déplaçait alors dans les villes et oasis du sud pour acheter des véhicules et des armes, tout en essayant d'engager des jeunes gens dans les rangs de sa milice jihadiste mais il a trouvé une forte opposition de la part des habitants. En 2016, suite à une frappe aérienne conjointe entre Français et Américains, on le donne à nouveau pour mort, ainsi que Mokhtar Belmokhtar.

Source : RFI Afrique

 

 

Le Front Polisario aurait détruit la totalité de ses milliers de mines antipersonnel

Le Front Polisario aurait détruit la totalité de ses milliers de mines antipersonnelSelon le directeur de l’ONG Appel de Genève, le Front Polisario a définitivement renoncé à l’utilisation des mines antipersonnel en procédant à la destruction totale de son stock.

Le Front Polisario a détruit la totalité de son stock de mines antipersonnel, a affirmé Alain Délétroz, le directeur général de l'ONG Appel de Genève, cité par le quotidien Tribune de Genève.

«Le Front Polisario a désormais rempli ses engagements» liés à l'Acte qu'il a signé sur ces engins, a affirmé le directeur de l'ONG.

Bien qu'il ait été difficile au début de convaincre le Front Polisario de procéder à cette destruction, le journal indique que Mohamed Lamine Bouhali, l'ex-ministre de la défense sahraoui avait fini par admettre que «les mines ont affecté davantage d'innocents que de militaires», y compris auprès des Sahraouis eux-mêmes.

Au total, le Front Polisario a détruit 17.954 mines antipersonnel, selon l'Appel de Genève.

Des pourparlers consacrés à la résolution du conflit au Sahara occidental ont réuni les 5 et 6 décembre 2018, sous l'égide de l'Onu à Genève, le Maroc et le Front Polisario. À l'issue de cette rencontre, Nasser Bourita, le chef de la diplomatie marocaine, a annoncé devant la presse que son pays approuvait l'invitation de Horst Köhler, l'envoyé spécial du secrétaire général de l'Onu pour le Sahara occidental, à une seconde table ronde prévue durant le premier trimestre 2019, sous réserve qu'elle soit «bien préparée». Cette première rencontre de Genève a eu lieu avec la participation de l'Algérie et de la Mauritanie en tant qu'observateurs et pays voisins.

Tout en notant qu'aucun engagement n'avait été pris lors de ce premier tour des pourparlers, le diplomate a souligné que «le Maroc espère que la deuxième table ronde connaitra l'engagement de toutes les parties pour une discussion profonde sur la situation politique». Il a aussi mis l'accent sur le fait que ces rencontres avaient pour objectif de parvenir à une solution politique «pragmatique, réaliste, durable et consensuelle».

Source : Sputnik News (France)

 

280 djihadistes tués au Niger

280 djihadistes tués au NigerLe gouvernement du Niger annonce la mort de 280 combattants de Boko Haram tués par l’armée nigérienne durant ces derniers jours. Dans un communiqué diffusé par la télévision d'Etat, le ministère de la Défense a déclaré que la plupart des djihadistes étaient morts dans des frappes aériennes.

Ils ont été tués dans des raids terrestres et aériens menés depuis le 28 décembre dernier près de la frontière avec le Nigeria. L'armée nigérienne déclare que ses troupes ont également saisi des lance-roquettes, des armes d'assaut et des munitions, lors d'une offensive menée sur des îles du lac Tchad et le long du fleuve Komadougou Yobe.

Le Niger a récemment exprimé sa préoccupation face aux revers subis par l’armée du Nigeria, d’où est partie l’insurrection djihadiste menée par Boko Haram depuis dix ans dans la région (Cameroun, Niger, Nigeria et Tchad).

Source : BBC Afrique

 

Mali: les affrontements communautaires se multiplient dans le centre du pays

Mali: les affrontements communautaires se multiplient dans le centre du paysAu Mali, dans le centre du pays, les « affrontements communautaires se sont multipliés », selon un communiqué de l’armée malienne. Les Famas annoncent ce week-end avoir arrêté quatre chasseurs dozos la semaine dernière.

Car, en plus de la menace jihadiste qui pèse sur cette région, les affrontements communautaires opposent surtout les éleveurs peuls aux cultivateurs dogons et aux dozos, les chasseurs traditionnels. Chaque ethnie, regroupée en groupes d’autodéfense ou milices armées, continue de multiplier les exactions.

Ce jeudi 13 décembre, l’armée intervient à Sadia-Peulh, un village du cercle de Bankass au centre du Mali. Des chasseurs dozos y incendient des habitations et s’en prennent au bétail. Quatre d’entre eux sont interpellés par les militaires puis transférés dans la ville de Sévaré, indique un communiqué des forces maliennes.

« Propagande »

Fait nouveau : ce document officiel confirme que les chasseurs dozos ont attaqué un village peul. De son côté, Tabital Pulaku, une association de défense de cette communauté, considère ces arrestations en conférence de presse ce dimanche comme une « propagande », car « l’État soutient les milices dozos ou dogon » affirme Hamadoune Dicko, le président de l’organisation.

Les affrontements s'intensifient

Un récent rapport de Human Rights Watch (HRW) assure que les victimes des affrontements sont souvent des peuls ciblés par les groupes d’autodéfense dogon « au motif qu’ils soutiendraient des islamistes armés en lien avec al-Qaïda ». Ce communiqué reconnaît également que les affrontements entre communautés s’intensifient dans le centre du pays. Le 5 décembre, une attaque du village de Lessagou, toujours dans le cercle de Bankass, a fait quinze morts selon le gouverneur de Mopti. Sur place, il assure qu’une enquête est ouverte.

Source : RFI

Mali : Aqmi dément la mort d’Amadou Koufa, le chef jihadiste malien

Mali : Aqmi dément la mort d’Amadou Koufa, le chef jihadiste malien Un dirigeant d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), Abdelmalek Droukdel, a démenti mardi 11 décembre la mort du chef jihadiste malien Amadou Koufa, selon un communiqué diffusé par l'agence de presse privée mauritanienne Alakhbar.

La mort du chef jihadiste Amadou Koufa avait été annoncée le 23 novembre par les autorités françaises et maliennes à l’issue d’une opération militaire conjointe. « Plusieurs médias internationaux ont rapporté que le cheikh +Amadou Koufa+ avait été tué aux côtés de 34 autres dans une opération aéroportée.

Amadou Koufa « ni tué, ni blessé »

Toutefois, le cheikh n’était pas sur le site de l’opération et il n’a été ni tué, ni blessé »
, indique la retranscription, traduite en anglais et diffusée par Alakhbar, d’un enregistrement audio d’Abdelmalek Droukdel.

« De même, le nombre de frères (morts en) martyrs n’est pas celui du mensonge du ministère (français), mais il est de 16 moudjahidines » (combattants jihadistes), poursuit la même source.

Abdelmalek Droukdel, également connu sous le nom d’Abou Moussab Abdel Wadud, affirme que l’annonce de la disparition du prédicateur peul radical est une « manoeuvre » de Paris pour détourner l’attention de la population française de ce qui se passe « dans la rue », une allusion au mouvement social des « gilets jaunes » auquel ce texte de six pages est largement consacré.

Le 23 novembre, l’armée française avait annoncé avoir mené la nuit précédente une opération dans le centre du Mali, le fief d’Amadou Koufa, qui avait permis la « mise hors de combat » d’une « trentaine de terroristes ».

La ministre française des Armées, Florence Parly, avait salué une action « qui a permis de neutraliser un important détachement terroriste au sein duquel se trouvait probablement l’un des principaux adjoints de Iyad ag Ghali, Hamadoun Kouffa, chef de la katiba Macina ».

Les sources militaires maliennes pourtant formelles

Des sources militaires maliennes s’étaient montrées formelles sur la mort de Amadou Koufa, qui était apparu dans une vidéo deux semaines plus tôt aux côtés du Touareg Iyad Ag Ghaly, chef du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, et de Djamel Okacha, dit Yahia Aboul Hammam, autre dirigeant d’Al-Qaïda au Maghreb islamique.

« Le terroriste Amadou Koufa est mort de ses blessures après l’intervention militaire française, suite aux informations fournies par l’armée malienne », avait déclaré le général Abdoulaye Cissé, chef des opérations de l’armée malienne.

Source : Jeune Afrique

 

 

Le G5 Sahel peine à réunir les fonds promis pour sa force militaire

Le G5 Sahel peine à réunir les fonds promis pour sa force militaireDeutsche Welle - Seule une infime partie des 400 millions d’euros promis pour le financement de la force conjointe a été déboursée. Les 100 millions de dollars de l’Arabie saoudite serviront à acheter exclusivement des armes françaises.

Le sommet du G5 Sahel qui se réunit jeudi (6 décembre) à Nouakchott sera consacré au volet développement. Mais avant cela, le financement de la partie militaire a prouvé la complexité de ce type de montage international.

"L’Arabie saoudite souhaite acheter des armes françaises." En confirmant l’information, ce haut fonctionnaire français ne va pas au bout de sa phrase. En vérité, c’est Paris qui insiste pour que les 100 millions de dollars promis par Riyad à la force militaire conjointe du G5 Sahel (FC-G5S) soient utilisés pour faire tourner l’industrie militaire française.

Particulièrement recherchés : le blindé Aravis du fabricant français Nexter, anciennement Giat Industries, le véhicule des forces spéciales Bastion d’Arquus (l’ancien Renault Trucks Defense) ou les installations militaires du groupe Utilis.

Au centre de ce marchandage : la grande offensive stratégique de l’Arabie saoudite en Afrique à laquelle la France ouvre les portes, en échange de solides contrats militaires.

"On permet à l’Arabie saoudite de s’insérer dans une zone avec l’approbation de la France et en échange, ce pays finance la vente d’armes française", explique Tony Fortin de l’Observatoire des armements. "C’est-à-dire que vous avez un alignement dans la politique par rapport à l’Afrique. La France souhaite se créer de nouveaux marchés d’armements après le Yémen. Aujourd’hui, on essaye de profiter d’une nouvelle opportunité qui est le G5 Sahel."

"L’Arabie saoudite et la France ont un accord spécifique sur la question", confirme le Secrétaire permanent du G5 Sahel, Maman Sidikou. "Le problème ne se pose pas à ce niveau-là. Pour nous c’est un soutien de l’Arabie saoudite à la force conjointe et qui sera exclusivement réservé à l’acquisition de matériel militaire commandé à la France."

Contacté, l’état-major des armées françaises n’a "aucun commentaire à formuler concernant l’utilisation par la force conjointe du G5 Sahel de fonds saoudiens."

Mais celui-ci ajoute que concernant la participation de la France, "depuis le début de l’été 2017, 12,8 millions d’euros ont été versés dont 9,4 millions par les armées et 3,4 millions d’euros par la Direction de la coopération de sécurité et de défense."

12,8 millions d’euros de livraison de matériel contre des contrats de vente d’armements pour 100 millions de dollars : jusqu’ici le G5 Sahel, dont la création a été promue par Paris, semble une bonne affaire commerciale pour la France.

414 millions pour la force militaire du G5

Mais pour mieux comprendre ces montages financiers, il faut retourner neuf mois en arrière.

Le 23 février dernier, la communauté internationale se met en scène dans la lutte contre le djihadisme en Afrique.

Ce jour-là, à Bruxelles, se déroule une Conférence internationale sur le Sahel sous l’égide du président de la République du Niger, également président en exercice du G5 Sahel, Issoufou Mahamadou, du président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, du Secrétaire général des Nations unies, António Guterres, et du président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker

A l’issue de cette réunion "de haut niveau", l’humeur est excellente. L’Union européenne s’engage en effet à verser 100 millions d’euros pour la force militaire du G5 Sahel, même somme pour l’Arabie saoudite mais en dollars, tandis que les Etats-Unis évoquent 60 millions de dollars – Washington augmentera par la suite cette somme à 110 millions mais sous forme d’aides bilatérales.

"Des annonces cumulées de 414 millions d’euro ont été faites dont 176 millions d’euros de la part de l’Union européenne et de ses Etats membres, y compris 100 millions d’euros de la Facilité africaine de paix", peut-on lire sur le site de de la Commission européenne.

Mais quatre mois plus tard, le 29 juin, le quartier général de la force conjointe, le contingent militaire du G5 Sahel (1), subit une attaque suicide à Sévaré, au Mali. Celle-ci va porter un coup sévère aux efforts visant à rendre cette force opérationnelle – elle devait l’être en mars 2018 – et conduire à suspendre ses opérations.

A ce jour, seules six opérations militaires conjointes ont été conduites et celles-ci sont "principalement financées par les contributions des cinq pays du G5 Sahel, le Mali, le Niger, le Tchad, la Mauritanie et le Burkina Faso", assure une source proche du dossier.

13% des sommes promises

Car le secrétariat permanent du G5 Sahel, basé en Mauritanie, ne cesse de le répéter : l’argent promis par la conférence de Bruxelles n’arrive pas.

Les Nations unies confirment d’ailleurs ce retard dans les décaissements.

"A ce jour, près de 50% des contributions annoncées n’ont pas été réservées et encore moins décaissées. J’exhorte les donateurs à honorer leurs engagements", a déclaré le 16 novembre, lors d’une réunion du Conseil de sécurité consacré à la force conjointe du G5 Sahel, le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Pierre Lacroix.

Mais dans ce dossier les chiffres se contredisent. Un rapport des Nations-unies du 12 novembre avance la somme de 190,7 millions d’euros décaissés sur les 414 millions promis par les partenaires internationaux.

Une estimation supérieure aux 93 millions d’euros évoqués à Dakar par la ministre française des Armées, Florence Parly, lors du Forum pour la paix et la sécurité en Afrique, début novembre.

Les engagements "pour l’instant se matérialisent très lentement, à hauteur de 10 à 25% des fonds", a déploré Florence Parly.

Maman Sambo Sidikou, le Secrétaire permanent du G5 Sahel, avance pour sa part la somme de "17,9 millions d’euros en équipements et services (…) en plus de l’assistance technique des partenaires tels que l’Union européenne et l’Union africaine."

Maman Sidikou précise que ces chiffres sont "évolutifs mais nous nous en tenons pour l’instant juste à ce qui a été livré comme équipement et services rendus à la force."

Selon les calculs réalisés par la DW, et en comptant à la fois l’aide financière et celle qui repose sur la livraison de matériel, la totalité des versements atteindrait 55 millions d’euros, soit 13% des sommes promises en février dernier

"Quasiment rien n’a été versé à ce jour, seulement quelques millions", ajoute la même source proche du dossier.

Le G5 Sahel, combien de divisions ?

Cette confusion autour des chiffres s’explique par le fait que les responsables politiques mêlent souvent de deux choses différentes : la livraison de matériel et le virement de montants financiers.

Pour ce qui concerne la livraison de matériel, cela concerne surtout la délivrance d’équipements non létaux par l’Union européenne, dont 43,7 millions d’euros dont déjà été versés. "Le processus de délivrance des fonds est en cours pour un autre montant de 70,6 millions d’euros", ajoute une source bruxelloise.

Expertise France, une institution publique habilitée à organiser la distribution de ce type d’aide, est notamment chargée de passer les commandes pour l’aide financée par l’Union européenne.

Par ailleurs, un accord technique a été signé le 23 février 2018 entre l’UE et les Nations unies pour délivrer, grâce à la Minusma, la force militaire de l’ONU présente au Mali (10.000 hommes), un "support opérationnel et technique" à la force militaire du G5.

A ce jour, 10 millions d’euros ont été budgétés de la Facilité de paix pour l’Afrique (un partenariat UE-Union africaine) pour assurer aux soldats du G5, grâce à la Minusma, leurs rations alimentaires, l’alimentation en carburant de leurs véhicules ou des évacuations sanitaires aéroportées.

L’ironie de l’histoire est que la Minusma a elle aussi des soucis de budget pour assurer son soutien logistique au G5. Ainsi, l’ONU rappelait début novembre que sa force militaire au Mali a "seulement reçu l’engagement européen de 10 millions d’euros (…) sur les 44 millions de dollars que représente le budget de deux ans nécessaire à son soutien logistique et opérationnel aux forces du FC-G5S déployées sur le territoire malien."

Meilleur contrôle du fonds fiduciaire

Enfin, il y a le second volet et il concerne le virement de montants financiers. Pour les réceptionner, un fonds fiduciaire a été créé à Nouakchott, en Mauritanie, où est basé le secrétariat du G5 Sahel.

Selon le Secrétaire permanent, Maman Sidikou, ce fonds n’a reçu à ce jour "des contributions que de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), du Rwanda et récemment des Emirats arabes unis qui ont contribué à hauteur de dix millions de dollars à ce fonds."

En cumulant ces trois contributions, on atteint seulement la somme de onze millions et demi d’euros. Pourquoi les crédits tardent-il donc à arriver ? S’agit-il d’un phénomène assez répandu de "lenteur administrative", comme l’a affirmé le Secrétaire permanent du G5 Sahel, Maman Sidikou ?

L’obstacle principal à l’arrivée des fonds est en réalité lié au fait que les partenaires internationaux hésitent à virer l’argent sur ce fonds. Ils réclament auparavant un meilleur contrôle des sommes allouées.

"La France fait une priorité de la transparence dans la gestion des fonds", explique un diplomate. Les différents bailleurs souhaitent être associés à la gestion du fonds fiduciaire et notamment garder un œil sur le Comité de soutien qui vient d’être mis en place et dont le financement doit être assuré par l’Union européenne

Composé d’une "douzaine de membres, dont deux par pays du G5", ce comité est chargé de recevoir les requêtes du commandement militaire, de les évaluer et de passer les commandes.

"Oui, il s’agit d’une volonté mutuelle du G5 Sahel et des partenaires soucieux de mieux assurer la gestion des fonds", confirme Maman Sidikou, ajoutant que son conseiller principal sur la question est un financier militaire français, le commissaire Pierre-Olivier Quatrepoint, chargé de "veiller à la mise en place des structures du Comité de soutien et aussi du Comité de contrôle."

Plus largement, les blocages concernant le financement de la force conjointe du G5 Sahel sont la conséquence d’un imbroglio diplomatique qui a vu la mise sur pied d’une force internationale sans assurer au préalable son budget.

Paris, qui joué un rôle central dans la création de la force militaire du G5 Sahel destinée à épauler les 4.000 militaires de l’opération Barkhane, souhaite depuis le début un financement pérenne, au titre du chapitre VII de la Charte des Nations unies (Actions en cas de menace contre la paix.)

Elle a reçu en cela le soutien de Maman Sambo Sidikou, le Secrétaire permanent du G5 Sahel, mais cette idée est bloquée par Washington qui préfère une approche bilatérale des soutiens financiers.

"La pérennité du financement de la force conjointe est une nécessité impérieuse", ajoute Maman Sidikou. "L’Union africaine et la France nous soutiennent. Il s’agit d’une responsabilité partagée. Le monde ne peut pas observer cinq pays qui ont les moyens réduits que nous connaissons se charger de la défense du monde, pour ainsi dire, car le terrorisme est l’affaire de tous."

De source diplomatique, Paris et l’Union africaine attendraient que la force conjointe devienne opérationnelle avant de relancer l’offensive diplomatique sur un financement stable et durable de ce contingent militaire.

(1) La force militaire du G5 Sahel compte 5.000 hommes soit sept bataillons fournis par les cinq pays membres et composés de soldats et de gendarmes. Le Burkina Faso fournit un bataillon, de même que le Tchad, le Mali deux bataillons, la Mauritanie un et le Niger deux bataillons. Le budget opérationnel est évalué à 423 millions d’euros la première année et 115 millions d’euros pour les années suivantes.

Jean-Michel Bos
Source : Deutsche Welle (Allemagne)

 

Force G5 Sahel: les ministres française et allemande de la Défense au Mali

Force G5 Sahel: les ministres française et allemande de la Défense au Mali Visite au Mali des ministres française et allemande de la Défense. Elles ont rencontré, lundi 12 novembre à Bamako, les militaires européens qui, dans le cadre de la coopération, participent à la formation des militaires maliens.

Mais Florence Parly est son homologue allemande ont également rencontré à Bamako le commandement de la force conjointe G5 Sahel, qui a transféré ses quartiers généraux dans la capitale malienne après l'attaque jihadiste de fin juin dernier contre ses locaux de Sévaré.

Après le huis clos entre l’état-major du G5 et les ministres française et allemande de la Défense, le commandant de la force conjoint du G5 Sahel confie que « la rencontre s’est bien passée ». Mais pour être vraiment opérationnel, le général mauritanien demande « d’abord un quartier général, et puis on veut que les équipements arrivent beaucoup plus vite qu’ils ne le font actuellement ».

Parmi les équipements militaires, il faut des blindés, mais également des équipements contre les engins explosifs improvisés, qui font de nombreuses victimes. Une demande entendue par Florence Parly, la ministre de la Défense de la France, partenaire de la force conjointe G5 :

« Nous avons fait un point sur l’évolution de l’arrivée de l’aide financière, des équipements, la montée en puissance des différents PC de fuseaux. Parce que cette force conjointe a la capacité de franchir les frontières et les terroristes ne connaissent pas les frontières. Et c’est en cela que la force conjointe doit jouer un rôle complémentaire du rôle que jouent les forces armées de ces cinq pays. »

Les opérations militaires sur le terrain contre les terroristes, officiellement interrompus à cause de la saison des pluies, devraient bientôt reprendre.

Source : RFI

 

 

Libye: retour du groupe EI dans le sud du pays

En Libye, l'attentat commis lundi 29 octobre dans une petite ville du centre du pays située près d'al-Joufra, en plein désert, et revendiqué par l'Etat islamique, indique le retour de l'organisation dans le Sud libyen, un vaste territoire avec des frontières ouvert sur cinq pays sans contrôle des forces sécuritaires véritables. Au moins cinq personnes, dont trois civils, ont été tuées dans l'attaque, et dix autres enlevées. L'EI trouve dans le vide sécuritaire que connaît le Sud libyen un terrain fertile à son action. Et elle se venge.

La division politique et militaire dont souffre la Libye depuis plusieurs années profite aux organisations islamistes extrémistes. C'est ce qu’affirment plusieurs observateurs de la scène libyenne.

Alors que depuis de longs mois les discussions pour réunifier l'armée libyenne piétinent au Caire, la dégradation sécuritaire sur le terrain s’est accélérée et surtout dans le sud du pays.

Les observateurs ont toujours dit que l’organisation EI en Libye est affaiblie, mais pas finie, que sa défaite en Irak et en Syrie peut l’activer à nouveau en Libye. Preuve de la complexité de la situation sécuritaire : il y a quelques jours encore, le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, a annoncé une nouvelle opération pour sécuriser le sud. En vain.

En ce qui concerne l’attaque d'al-Fuqaha, lundi dernier, les habitants sont persuadés qu'il s'agit d'une vengeance. En effet, il y a deux semaines, ce sont ces habitants qui ont livré deux membres libyens du groupe EI à la brigade 128, force suppléante de l'armée nationale libyenne dans le sud. L'un des deux interpellés était un haut responsable de l'EI, permettant d'autres arrestations dans les rangs de l'Etat islamique.

Source : RFI

 

Sahel: Ahmedou Ould Abdallah décrypte l'hydre terroriste et prédit son extension

Sahel: Ahmedou Ould Abdallah décrypte l'hydre terroriste et prédit son extensionAhmedou Ould Abdallah, ancien ministre des Affaires étrangères de Mauritanie, haut fonctionnaire à la retraite de l’Organisation des Nations Unies (ONU), qu’il a représentée dans de nombreuses régions et Etats du continent, prédit une extension de la crise du terrorisme du Sahel vers d’autres pays d’Afrique, dans une tribune publiée par Mondafrique.

Le diplomate, très au fait de la situation sécuritaire au Sahel, regrette une situation marquée par «un statu quo très coûteux» depuis 2005. «L’extension des crises et des guerres vers les pays du Golfe du Bénin et de Guinée ne saurait tarder, il faut être aveugle pour l’ignorer.

Les réponses nationales et internationales tardent à apporter des solutions durables à ces conflits. Face à ce statu quo toujours plus coûteux, faudrait-il continuer avec les mêmes méthodes de lutte contre la violence armée ou, au contraire, introduire de nouveaux acteurs et de nouvelles approches?»
, s’interroge l’envoyé spécial de l’ONU au Burundi.

L’ancien haut responsable onusien rappelle que «depuis 2005, les prises d’otages au Sahel, libérés contre le paiement de rançons, y ont ruiné les industries touristiques naissantes. C'est-à-dire les infrastructures (routes, aéroports, hôtels), les activités commerciales (artisanat, cultures maraîchères, etc.), et les emplois locaux dans des régions désertiques».

Il note aussi que «le commerce Nord/Sud et Est/Ouest a été graduellement supplanté par des trafics bien plus juteux: êtres humains, migration irrégulière».

Une dégradation de la situation sécuritaire et économique devenue «un véritable défi pour les gouvernements. Elle est surtout une préoccupation de tous les jours pour des populations exposées à des menaces réelles contre leur vie et des activités déjà fragilisées par les mutations climatiques».
Le marasme sécuritaire et économique ambiant frappe également les prospections géologiques et exploitations minières «gelées, ou n’opérant plus qu’au ralenti. Une évolution qui a naturellement des conséquences sur les recettes des gouvernements, les travailleurs et les communautés locales, offrant ainsi des contingents de mécontents aux groupes radicaux».

L’ancien chef de la diplomatie mauritanienne estime que «l’occupation du Nord Mali en 2012, avec la tentative d’y installer une autorité djihadiste a profondément changé la donne régionale. L’intrusion armée des combattants «islamistes» déterminés, a fait entrer le Mali et la région dans une nouvelle ère. La réponse de la France à certes sauvegardé l’unité du pays pour le moment. Cependant, la crise perdure en se métamorphosant et en développant des métastases dans plusieurs provinces du pays et dans les périphéries du Sahel».

Du coup, Ould Abdallah rappelle alors «la nécessité de la réponse militaire» pendant la période actuelle, même si elle ne saurait suffire toute seule.

Conflits complexes

De nos jours, ces conflits qualifiés «d’idéologiques, sont en réalité plus complexes, car les trafics en sont le plus souvent les principaux lubrifiants. De plus, après un règlement formel, ils ne disparaissent pas, continuant à générer une insécurité structurelle, qui même de faible intensité, décourage les investisseurs.

D’où la nécessité d’un nouveau paradigme dans l’approche de la gestion des crises»,
poursuit-il. Partant, l’objectif recherché est alors «la maximisation du recours à l’expertise et à l’expérience du secteur privé en vue de contribuer davantage à la prévention et la gestion des nouvelles générations de conflit pervers».

Au rang des remèdes pour la prévention de ces nouveaux conflits, Ahmedou ould Abdallah cite également «la recherche de l’information structurée, la veille sur Internet, les sites, la presse en ligne et les réseaux sociaux» qui peuvent servir de relais aux ministères des Affaires Etrangères, de la défense et de l’Intérieur.

Il faut une nouvelle forme de coopération «débarrassée de tous les stéréotypes» entre les gouvernements, le secteur privé national et les grandes multinationales pour mener ce combat.

Les préoccupations des pays du Golfe du Bénin et de Guinée, semblent parfaitement recouper les prévisions d’Ahmedou Ould Abdallah. Ainsi, Ouagadougou abritait hier, mardi, une réunion des ministres des Affaires étrangères, de la défense et de la sécurité du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et du Niger, avec l’objectif de trouver une parade face à la menace terroriste.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya

Source : Le360 Afrique (Maroc)

Maroc : des centaines de migrants subsahariens interpellés et déplacés

Le Maroc a lancé une opération de déplacements de migrants subsahariens destinée à « lutter contre les réseaux mafieux » qui développent leurs activités dans le nord du pays.

Des centaines de migrants subsahariens qui se trouvaient dans le nord du Maroc dans l’espoir de rallier l’Europe ont été interpellés et déplacés vers plusieurs destinations dans le cadre de cette opération déclenchée le 22 août, selon une source gouvernementale.

« L’objectif est de les soustraire aux réseaux mafieux qui se sont développés dans le pays depuis la fermeture de la route via la Libye », a ajouté la même source qui n’a pas voulu donner de chiffres précis, l’opération étant « toujours en cours ». Celle-ci a commencé après l’assaut du 22 août contre la clôture séparant l’enclave de Ceuta (Espagne) du Maroc, qui a montré l’attitude « agressive » des passeurs.

Ce jour-là, 116 migrants subsahariens sont passés en force en escaladant la double barrière, tandis que certains jetaient des plastiques remplis d’excréments, de sang, de chaux vive et d’acides. Ils avaient été renvoyés au Maroc le lendemain, suscitant de vives critiques des ONG.

Le 26 juillet, plus de 600 migrants avaient déjà franchi la clôture de Ceuta en employant la même méthode. Deux Subsahariens accusés d’avoir organisé l’assaut ont depuis été arrêtés par la police espagnole.

Retour

Début août, l’AMDH, une association marocaine de défense des droits de l’Homme, avait dénoncé des opérations de déplacements forcés dans le nord du Maroc et critiqué leur caractère « illégal ». Entre 1 600 et 1 800 personnes avaient été à l’époque « déplacées vers des villes où les conditions de vie sont meilleures », d’après les autorités locales.

Le Maroc ne jouera pas le rôle de gendarme, mais respecte ses engagements

Selon la source gouvernementale citée par l’AFP, les personnes déplacées depuis le 22 août font l’objet de procédures de retour dans leur pays d’origine, en lien avec les ambassades concernées et avec l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM). Le Comité national des droits de l’Homme (CNDH), juge que ces déplacements respectent le « cadre légal », selon son président Driss El Yazami, qui précise que le CNDH s’assurait de la protection des personnes vulnérables.

Les autorités marocaines ont organisé jeudi deux réunions d’information à Rabat avec des ambassadeurs africains et européens pour leur faire savoir que « le Maroc ne jouera pas le rôle de gendarme, mais respecte ses engagements vis-à-vis de la politique migratoire », selon la source gouvernementale. Cette politique migratoire a notamment conduit le Maroc à régulariser environ 50 000 migrants en situation illégale, soit 82% des 60 000 dossiers déposées, selon le CNDH.

L’Espagne est devenue la première porte d’entrée pour l’immigration clandestine en Europe, avec plus de 32 000 arrivées par terre et par mer depuis le début de l’année, dont plus de 4 000 via les enclaves de Ceuta et Melilla, selon l’OIM. Ces deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord sont les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique.

Un récent rapport du département d’État américain notait que le Maroc menait « régulièrement des déplacements forcés de migrants en situation irrégulière à l’intérieur de son territoire » et évoquait ses « efforts limités » pour « poursuivre les trafics criminels » et identifier activement les « victimes ».

Source : jeuneafrique.com

 

Burkina Faso: une attaque contre une brigade de gendarmerie fait 8 morts

Au Burkina Faso, huit membres des forces de sécurité intérieure ont trouvé la mort lors de l'attaque de la brigade de gendarmerie de Pama dans l'est du pays, la nuit dernière. Les renforts composés de gendarmes et militaires qui venaient en soutien sont tombés dans une embuscade. Le bilan fait état de huit morts dans les rangs des forces burkinabè. Il s'agit de la deuxième attaque dans cette région en quelques semaines.

Durant la nuit du 27 au 28 août, des hommes armés ont attaqué la brigade de gendarmerie de Pama, à une centaine de kilomètres de la ville de Fada N'Gourma, dans l'est du Burkina Faso. Le bâtiment a été incendié et tout le matériel est parti en fumée.

Les forces de sécurité intérieure de Fada N'Gourma ont été appelées en renfort. Face à l'ampleur de l'attaque, plusieurs véhicules avec des hommes à leur bord ont pris la route. Quelques minutes après leur départ, à une trentaine de kilomètres de Fada N'Gourma, le véhicule de tête a sauté sur un engin explosif improvisé. La mine artisanale était placée sur la voie bitumée.

Plus lourd bilan depuis avril 2015

« L'engin explosif était placé dans un nid-de-poule de sorte qu'il ne soit pas visible par les renforts », confie une source sécuritaire. Sur place, deux morts ont été enregistrées suite à l'explosion du véhicule. Plusieurs blessés succomberont plus tard, portant à huit le nombre de décès. L'équipe d'intervention était uniquement composée de gendarmes et militaires.

Il s'agit du plus lourd bilan enregistré dans cette partie du pays depuis la recrudescence des attaques en avril 2015. Il y a quelques semaines, une escorte de la gendarmerie sautait sur une mine artisanale, faisant cinq morts. Les autorités avaient alors entrepris de mener une opération de ratissage dans toute la région.

Source : RFI

 

Force du G5 Sahel : Le nouveau commandant mauritanien prend fonction

Force du G5 Sahel : Le nouveau commandant mauritanien prend fonction L’ex-chef d’État-major général adjoint des Armées mauritaniennes, le général Hanane Ould Sidi, a pris officiellement ses fonctions de commandant de la Force conjointe du G5 Sahel.

Le Mauritanien remplace le général malien Didier Dacko à la tête de la Force conjointe. Cette force conjointe de 5000 hommes a pour mission de "ramener la paix et la sécurité dans la région du Sahel". Elle est fournie par les pays du G5 Sahel : la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad.

Le G5 a été mis en place le 16 février 2014 sur initiative du président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, pour s’attaquer aux problèmes de sécurité et de développement économique dont les pays membres font face.

Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

Hivernage 2018 : Évolution et déficits

Cette année, l'hivernage a démarré à la deuxième décade du mois de Juin, avec des pluies en majorité faibles, dans les wilayas du Guidimakha et des deux Hodhs, informe le Bulletin Agrométéorologique Décadaire (BAD) du service agrométéorologique de la Direction de l'aménagement agricole du ministère de l'Agriculture. Les pluies se sont poursuivies à la troisième décade du mois de Juin, dans presque toutes les wilayas de la zone agropastorale, occasionnant parfois des cumuls dépassant 50 mm en un jour de pluie.
La première décade de Juillet a connu le passage de lignes de grain qui provoqué des pluies en presque toutes les wilayas de la zone agropastorale. Tandis que la deuxième décade été marquée par cinq jours de pluies.

Les précipitations ont été dans l'ensemble bien réparties, dans l'espace et dans le temps, et sont, en majorité, à tendance moyenne. La quasi-totalité des wilayas agropastorales ont été arrosées. Environ 70% des postes suivis ont recueilli un cumul décadaire, excédent 20 mm permettant de réaliser des semis, estime le bulletin. Le seuil pluviométrique susceptible de déclencher les opérations de semis
(20mm sans séquence sèche de plus de dix jours consécutifs) a été enregistré en plusieurs postes et localités.

Comparée à l'an passé et à la même période, le bulletin note qu'environ 60% des postes et stations suivis présente une situation pluviométrique normale à excédentaire (voir tableaux en annexe). Par rapport à la normale 1981-2010, environ 85 % des postes pluviométriques suivis présente une situation normale à excédentaire. Il est à noter qu'au vu de l'évolution des pluies et malgré les déficits constatés dans quelques localités, l'hivernage s'est installé dans la quasi-totalité des localités de la zone agropastorale du pays. Les semis se poursuivent normalement dans toute cette zone.

Cumuls pluviométriques excédentaires à normaux

Des cumuls pluviométriques excédentaires à normaux sont attendus, durant la période Juin-Juillet et Août 2018, dans les zones situées au Sud de la Mauritanie, l'Est du Sénégal, la moitié Sud du Mali, le Burkina Faso (excepté l'extrême Sud), l'Ouest et l'Est du Niger, l'extrême Nord du Nigéria, le Centre du Tchad et les parties Nord du Bénin et du Togo. "Cette situation pourrait se persister jusqu'en Septembre", à en croire le BAD.

Des cumuls normaux à déficitaires sont attendus, en Juin-Juillet-Août, dans la zone littorale du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau, au Sud- Est Nigéria et Sud-Ouest Cameroun, et, de Juillet à Septembre, au Sud de la Guinée, l'extrême Ouest de la Côte d'Ivoire, au Libéria et en Sierra Léone.

Des dates de début de saison équivalentes à plus tardives, par rapport aux moyennes, sont attendues sur toute la bande soudano-sahélienne de l'Afrique de l'Ouest et du Tchad, excepté le Sud de la Mauritanie, le Nord du Sénégal et le Nord-Ouest du Mali où des dates de début équivalentes à plus précoces sont attendues.Situation phytosanitaire

Globalement, la situation est calme. Aucune attaque d'ennemis des cultures n'a été signalée. Relativement à la lutte anti-aviaire, les préparatifs de la campagne hivernale se poursuivent normalement (réparation des véhicules, acquisition des produits de lutte, etc.). Quant à la situation des cultures, les activités liées à la campagne de saison hivernale, se poursuivent aussi normalement. Les travaux de préparation du sol et la mise en eau sont toujours en cours, renseigne le bulletin. Également les intrants sont disponibles, au niveau des magasins de la SONIMEX. Concernant les cultures pluviales, les préparatifs se poursuivent (travaux de sol, nettoyage et défrichement). Des quantités de semences traditionnelles sont distribuées au profit des agriculteurs dans toutes les zones agropastorales.

Au vu de l'avancement de l'hivernage et des pluies enregistrées, des semis sont réalisés dans les wilayas des deux Hodh, Guidimakha, Gorgol et Assaba. L'indice de satisfaction des besoins en eau des cultures reste globalement satisfaisant, se félicite le BAD.

SYNTHÈSE DE THIAM MAMADOU

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Mali : au moins onze morts dans une attaque contre des Peuls près de Mopti

Au moins onze civils peuls ont été enlevés et tués mardi dans la région de Mopti, dans le centre du Mali, au cours d'une attaque attribuée à des chasseurs de l'ethnie dogon, ont alerté des associations communautaires.

« Onze civils peuls ont été enlevés mardi vers le fleuve Bani [un affluent du Niger, ndlr] alors qu’ils allaient à la foire de Sofara par des miliciens dogons venus à motos », a déclaré Abdoul Aziz Diallo, président de « Tabital Pulaaku », principale association peule au Mali. « Ce jeudi, nous avons la preuve qu’ils ont été exécutés par la milice des chasseurs « , a-t-il affirmé.

Cette information a été confirmée par Ousmane Cissé, membre de Tabital Pulaaku Afrique, une autre association peule, qui a lui aussi alerté sur « l’assassinat de onze civils peuls (…) qui se dirigeaient vers la foire de Sofara », à quelque 80 km au sud de Mopti.

Incertitudes sur le bilan

Le bilan serait plus élevé, selon un élu de cette région, qui a évoqué sous couvert de l’anonymat « quatorze civils peuls, tous mariés et chefs de famille, enlevés et froidement assassinés », attribuant ces meurtres aux « chasseurs basés dans le village Tréta ». Outre les onze personnes enlevées près de la rivière, « quatre autres civils peuls ont été arrêtés ensuite », a poursuivi cette source, selon laquelle « tous ont été conduits dans le village de Kunti » où ils « ont été assassinés ». « Mais un civil a pu s’échapper en faisant le mort » et a « donné tous les détails », a ajouté l’élu.

Les familles des défunts ont reçu mercredi soir « des bouts de vêtements » pour leur permettre « de faire les cérémonies de deuil », a-t-il dit. Une précédente attaque avait entraîné la mort de 17 civils peuls le 25 juillet. Elle avait été attribuée à des chasseurs de l’ethnie Dogon.

Depuis le début de l’année, la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a recensé une centaine d' »incidents de violence intercommunautaire qui ont fait au moins 289 morts parmi les civils », selon un bilan de l’ONU publié le 17 juillet. Près de 77% de ces incidents « se sont produits dans la région de Mopti », avait-il été précisé.

Les Peuls dénoncent régulièrement des exactions à leur encontre, au nom de la lutte contre les jihadistes, de la part de groupes de chasseurs armés, tolérés voire encouragés selon eux par les autorités ou l’armée.

Source : jeuneafrique.com

 

Contrôle de l’opérationnalité du contingent mauritanien au sein de la force commune du G5 Sahel

Contrôle de l’opérationnalité du Contigent  mauritanien au sein de la force commune du G5 SahelL’armée mauritanienne a dépêché une mission de contrôle de son Contingent formé pour participer à la force conjointe des États du G5 Sahel. Objectif : évaluer son opérationnalité avant son déploiement sur le terrain.

La mission était dirigée par le Colonel Zein Ould Soueidatt, du 3e Bureau à l’Etat-major général des forces armées. L’inspection de trois jours s’est déroulée du 16 au 18 juillet courant. Rappelons que la force commune du G5 Sahel a été mise en place par la Mauritanie, le Mali, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger, pour faire face à la recrudescence des attaques terroristes meurtrières et dévastatrices du groupe terroriste Boko Haram et des mouvements djihadistes armés basés dans le nord du Mali dans l'espace sahélo-saharien.

Elle a pour objectif de combattre les djihadistes dont les attaques visent le Mali et gagnent les États voisins, avec possibilité de poursuite au-delà des frontières nationales.

Elle devait démarrer avec environ 5.000 hommes fournis par les cinq pays, l'effectif est appelé à doubler à terme.

Traduit de l’Arabe par Cridem
Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

 

Niger: près de 600 nouveaux migrants expulsés d’Algérie arrivés à Agadez

Près de 600 de migrants sont arrivés à Agadez au cours de la deuxième semaine de juillet. Ces ressortissants africains ont été refoulés d'Algérie et abandonnés dans le désert.

180 Nigériens sont d'abord arrivés à Agadez vers le 9 juillet, suivis vendredi 14 juillet par près 391 ressortissants ouest-africains, selon l'Organisation internationale pour les migrations. En tout, 16 nationalités différentes sont représentées, avec beaucoup de femmes et d'enfants.

Des expulsions massives dont les conditions interrogent une fois encore. Début juillet l’Algérie avait invité des médias à participer à une opération d'expulsion, pour démentir les accusations de mauvais traitements des migrants subsahariens.

Cette fois-ci, les témoignages sont difficiles à obtenir et confirmer, mais selon l'Organisation internationale des migrations et un responsable à Agadez joint par l'AFP, les migrants ont été abandonnés tout près de la frontière entre l'Algérie et le Niger.

Ils ont ensuite dû marcher une cinquantaine de kilomètres dans le désert nigérien avec un minimum d'eau et de nourriture, avant d'être secourus. Il faut faire plus de 200 kilomètres pour arriver à la première ville d'Arlit, plus de 400 pour arriver à Agadez.

« Toutes les semaines il y a des migrants qui arrivent »

Ces migrants, des Sénégalais, Guinéens, Ivoiriens et Camerounais pour beaucoup d'entre eux, sont désormais pris en charge par l'OIM qui va les renvoyer dans leurs pays d'origine. Les Nigériens, eux, doivent retrouver le chemin de chez eux.

A Agadez on constate une certaine lassitude du côté des autorités. « Bien sûr que ça nous fait mal », nous confiait un responsable de la ville, « mais depuis le début de l'année c'est malheureusement monnaie courante, toutes les semaines il y a des migrants qui arrivent ».

Source : RFI

 

Mali: la force conjointe du G5-Sahel change de commandement

Mali: la force conjointe du G5-Sahel change de commandementLe général malien Didier Dacko, commandant du G5-Sahel, et son adjoint burkinabè, le colonel-major Yaya Séré, ont été remplacés à la tête de la force conjointe africaine en raison d’erreurs de commandement et d’un manque de résultats. Rapportée par les sites de Jeune Afrique et de la Deutsche Welle, l’information précise juste qu’ils doivent être remplacés par des officiers mauritanien et tchadien.

Réunis en marge du sommet de l’Union africaine (UA), le 2 juillet 2018 à Nouakchott, et en présence du président français Emmanuel Macron, les chefs des Etats membres du G5-Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad) ont pris la décision de changer le commandement de la force conjointe africaine destinée à lutter contre le terrorisme.

Des limogeages pour absence de résultats et erreurs de commandement

L’attaque du quartier général de cette force à Sévaré au Mali le 29 juin, qui a fait quatre morts quelques jours avant le sommet, suivie de celle contre les soldats français de Barkhane à Gao le 1er juillet, ont été déterminantes.

Le général malien, Didier Dacko, à la tête de la force du G5-Sahel depuis un an, et son adjoint burkinabè, le colonel-major Yaya Séré, payent ainsi une «absence de résultats», selon Jeune Afrique et «des erreurs de commandement», selon le site francophone de la Deutsche Welle, la radio internationale allemande.

«C’est fait, la décision est prise par les chefs d’Etat», a confirmé à cette dernière le ministre nigérien de la Défense. Ce n’est pas fait officiellement, mais «la Mauritanie a déjà proposé le général qui doit le remplacer et le Tchad son adjoint», a indiqué Kalla Mouari.

Un désaveu pour le général Didier Dacko nommé en juin 2017 commandant de la force conjointe. Agé de 50 ans, le chef d’état-major général des armées du Mali avait pourtant une riche carrière. Auréolé de la croix de la valeur militaire du Mali, il était qualifié de «fin stratège» par la presse nationale, selon la BBC.

Son limogeage rejaillit également sur le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, président en exercice du G5-Sahel lorsqu’il l’avait nommé et candidat à sa propre succession à la présidentielle du 29 juillet.

«Les terroristes ont frappé là où ils voulaient»

Interrogé par la Deutsche Welle, un ancien responsable de la communication du ministère malien de la Défense a déploré: «C’est le Mali qui met beaucoup en insécurité les autres pays limitrophes comme le Niger, le Burkina Faso et d’autres pays.»

«Nous pensons aujourd'hui qu'on pouvait gérer à partir du Mali parce que les terroristes se sont installés en masse sur la bande sahélo-saharienne surtout du côté malien, c'est pour cela que la responsabilité a été confiée au Mali. Mais cela ne veut pas dire qu'il a plus d'expertise que les autres», estime Nouhoum Togo, aujourd’hui proche de l’opposition.

«Nous reconnaissons qu'à l'intérieur ça n'a pas fonctionné parce que des cibles comme ça... normalement ça ne doit pas arriver. Ce n'est pas seulement ce qui s'est passé à Sévaré. Même à Gao nous avons remarqué qu'ils ont frappé là où ils voulaient. Donc il fallait prendre des dispositions pour dire tout simplement que ça doit s'arrêter», a toutefois précisé Nouhoum Togo au site allemand, soulignant l'ampleur de la tâche.

Des attaques terroristes «là où ils voulaient», tel est en tout cas le défi auquel se retrouveront confrontés à leur tour les officiers mauritanien et tchadien nommés en remplacement.

Par Alain Chemali
Source : Francetvinfo

 

Mali: le QG de la force du G5 Sahel frappé par un attentat-suicide

Au Mali, le quartier général de la force conjointe du G5 Sahel a été ciblé ce Vendredi 29 juin par une attaque, dans le centre du pays à Sévaré. Le bilan fait état d'au moins trois morts.

Selon plusieurs sources au sein de la force G5, l’attaque terroriste s’est déroulée au moment de la prière de ce vendredi.

Au moins un kamikaze était à bord d’un véhicule-bélier piégé, peint aux couleurs des forces internationales. Quand il a explosé, les témoins rapportent un « très grand bruit ». Le mur d’entrée du camp a été soufflé. Le véhicule a été projeté à l’intérieur du camp.

Des images montrent de la ferraille – tout ce qu’il reste de la voiture. La déflagration a été si forte que les murs, les plafonds de certains bâtiments du camp de l’armée malienne situé non loin du QG de la force conjointe ont tremblé.

A l’hôpital, des sources donnent le premier bilan : deux militaires et un civil tués, quatre autres militaires et un civil blessés. L’explosion a également détruit un bâtiment. On ignore à l’heure actuelle s’il y a des victimes dans ce bâtiment.

L’attentat n’a pas été revendiqué pour le moment.

Il s'agit de la première attaque contre ce quartier général de la force conjointe du G5 Sahel (regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad) lancée en 2017 pour lutter contre les jihadistes.

Elle intervient à trois jours d'une rencontre à Nouakchott, en marge du sommet de l'Union africaine dans la capitale mauritanienne, entre le président français Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel.

Source : RFI

 

Algérie: l’expulsion de milliers de migrants vers le désert continue

Algérie: l’expulsion de milliers de migrants vers le désert continue L'Algérie a expulsé plus de 13.000 personnes vers le désert nigérien au cours des 14 derniers mois, selon des chiffres révélés par Associated Press.

L'enquête de l'agence américaine publiée le 25 juin 2018 dénonce notamment les conditions de cette expulsion. Marche ou crève. C’est le titre du reportage de l’agence Associated Press basé sur les témoignages de migrants d’Afrique subsaharienne au Niger.

Chassés d’Algérie, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont été forcés, ces derniers mois, à traverser le désert du Sahara à pied. Tous ont été abandonnés au poste-frontière sans eau et sans nourriture.

Une marche de 15 kilomètres

Pour rejoindre Assamaka, le village frontalier le plus proche du Niger, il faut marcher plus 15 kilomètres sous des températures dépassant parfois les 40 degrés.

Une traversée fatale pour nombre d’entre eux qui ont disparu dans le Sahara selon de nombreux témoignages recueillis par Associated Press qui parle d’un nombre incalculable de victimes.

«Des femmes sont mortes, des hommes... D'autres personnes ont disparu dans le désert parce qu'elles ne connaissaient pas le chemin», raconte Janet Kamara, une ressortissante libérienne qui était enceinte et a perdu son bébé lors de cette marche.

Les expulsions massives

En février dernier, Médecins sans frontières dénonçait l’expulsion de centaines de migrants subsahariens «transportés en bus puis en camion à la frontière avec le Niger et contraints d’atteindre à pied, en plein désert, la ville de Assamaka».

Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme avaient pour leur part mis en garde contre les «conséquences désastreuses» de ces «expulsions collectives».

Pressions européennes?

Les autorités algériennes ont refusé de commenter l’enquête menée par Associated Press. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait déjà rejeté les accusations antérieures concernant l’expulsion des migrants. «Parce que l'Algérie n'accepte pas d'être un centre de rétention de migrants africains au bénéfice de l'Europe, elle est la cible d'attaques d'organisations extérieures qui osent même l'accuser de racisme», a-t-il déclaré cité par le site russe Sputnik.

Les expulsions massives de l’Algérie ont repris depuis octobre 2017, lorsque que l’Union européenne a renouvelé la pression sur les pays d’Afrique du Nord pour qu’ils bloquent les migrants qui veulent traverser la Méditerranée.

Les migrants en situation irrégulière en Algérie – essentiellement des ressortissants d'Afrique subsaharienne – sont estimés à environ 100.000 par les ONG.

Par Géopolis (avec Associated press)
Source : Francetvinfo

 

 

Au Mozambique ensanglanté par des islamistes, la fin du ramadan a un goût amer

Le stade de football de Pemba, dans le nord du Mozambique, s'est transformé en mosquée pour l'occasion de l'Aïd. La pelouse grillée est noire de monde, mais le temps n'est pas à la fête pour la fin du ramadan dans cette région ensanglantée par des attaques attribuées à des islamistes.

« Comment est-ce possible que des musulmans tuent d’autres musulmans en période de jeûne ? », s’interroge incrédule le cheikh Faruk Juma de Pemba.

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« Ce n’est pas l’islam. On ne peut confondre l’action de certaines personnes avec l’islam », prévient-il, en dénonçant des amalgames entre les assaillants et la communauté musulmane.

Depuis fin mai, la province du Cabo Delgado, dont Pemba est la capitale, est plongée dans la terreur.

Une trentaine de civils vivant dans des villages reculés ont été tués en pleine nuit, certains décapités, et des centaines de maisons ont été pillées et brûlées dans la province. Des raids attribués à un groupe islamiste baptisé « shabab » qui a émergé en octobre dans cette région riche en ressources gazières.

« Nous appelons tous ceux qui professent cette religion de ne pas adhérer à ces événements », implore le délégué provincial du Conseil musulman de la province, Nzé Assuate.

« Ne rejoignez pas » ce mouvement, insiste-t-il. « Les musulmans doivent être pacifiques. L’islam est une religion prônant la paix. »

Sur la pelouse du stade de Pemba couverte de nattes colorées, des milliers de fidèles – des hommes, la plupart en tunique blanche avec un couvre-chef assorti – sont alignés face à La Mecque, et à un but sans filet.

‘Le temps du pardon’

Dans la foule, l’incrédulité l’emporte face aux opérations meurtrières non revendiquées.

« Dans la province, pratiquement tout le monde est musulman, en particulier ici dans les villages de la côte où ces choses ont eu lieu », explique Abdul Assane pudiquement.

« Si ces assaillants sont en colère contre d’autres, comment peuvent-ils en arriver à tuer leurs propres frères ? Ce n’est pas l’islam ! », s’indigne-t-il.

Aissa Rachide ne peut pas non plus cacher sa colère et son incompréhension. « Cette période de ramadan, c’est le temps du pardon. Chaque musulman se doit de faire plaisir à Dieu. Celui qui tue un frère à cette période ne connaît pas la doctrine de l’islam. »

Le gouverneur de la province, qui n’est pas de confession musulmane, saisit l’occasion de l’Aïd pour tenter de rassurer une communauté qui représente 17% de la population mozambicaine et se sent soudain stigmatisée.

« Restez calmes ! L’ennemi essaie de semer la confusion, mais nous sommes très clairs quant à l’intégrité de l’homme musulman », assure Júlio Parruque en prenant le micro face aux fidèles.

« Ce groupe n’appartient à aucune congrégation religieuse. Sa motivation première est de créer du désordre en se rendant coupable de crimes de haine », poursuit-il.

« Les assaillants utilisent le prétexte de la religion pour instrumentaliser les frères, les soeurs, les pères et les enfants, sans raison logique apparente, en prenant cruellement des vies, en détruisant des propriétés, et pillant les biens de notre population laborieuse », ajoute-t-il.

Ils visent à « contrer les efforts du président Filipe (Nyusi) pour une paix durable dans notre pays », prévient-il, alors que le Mozambique se relève péniblement d’une guerre civile meurtrière de 1976 à 1992.

Et le gouverneur d’appeler, devant la foule, à la collaboration de tous, via « la surveillance et la dénonciation », pour venir à bout des assaillants.

Source : jeuneafrique.com

 

Sécurité : Alger et Rabat ne communiquent plus

Alors que la coopération est indispensable en matière de sécurité, il semblerait que le dialogue entre les services de renseignements algériens et marocains soit rompu.

« L’échange d’informations ? Nous y sommes prêts, dès demain. Encore faut-il qu’il soit réciproque. » C’est par cette litote que les responsables sécuritaires marocains répondent quand on les interroge sur l’absence totale de coopération avec l’Algérie dans le domaine de l’antiterrorisme. Une situation qui confine parfois à l’absurde.

Début décembre 2007, Abdellatif Hammouchi, patron de la DGST, fait parvenir au général Mediène, chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) algérien, une information sensible : deux véhicules 44 en provenance du Mali, avec à leur bord des individus fichés comme jihadistes, font route vers le nord. Hammouchi transmet à son correspondant les numéros des plaques minéralogiques et l’identité présumée des passagers. Réponse : « Merci, ne vous inquiétez pas, on a l’habitude. » Quelques jours plus tard, deux véhicules piégés explosent à Alger, faisant une cinquantaine de victimes. Depuis, les canaux de communication directe entre les deux voisins se sont bouchés un à un.

Des éléments incontrôlés du Polisario

Rabat s’en préoccupe d’autant plus que le phénomène de porosité entre une fraction de la jeunesse sahraouie des camps de Tindouf, en Algérie, et les réseaux jihadistes sahéliens est désormais une évidence. Certes, des éléments incontrôlés du Polisario ont été repérés depuis 2005 au sein de cellules islamistes armées, en Mauritanie tout d’abord, en Libye à partir de 2011 et surtout au Mali et au Niger.

Le plus connu d’entre eux est l’émir autoproclamé de l’« État islamique dans le Grand Sahara », franchise régionale de Daesh, Abou Walid al-Sahraoui, de son vrai nom Lahbib Ould Abdi Ould Saïd Ould El Béchir. À son actif : le raid sanglant sur Arlit en 2013, l’embuscade qui a causé la mort de quatre militaires américains à Tongo Tongo en octobre 2017 et sa récidive trois mois plus tard.

Apparition de cellules jihadistes et séparatistes

La nouveauté réside dans l’apparition de cellules mixtes, à la fois jihadistes et séparatistes, à l’intérieur même du Maroc et plus particulièrement dans ses provinces sahariennes. Leurs appellations – « combattants du califat au Maghreb, wilaya de Laayoune », « Front du jihad sahraoui », « Les nouveaux mourabitoune »… – sont significatives d’une volonté d’ancrage local.

L’arrestation il y a trois mois, à Laayoune, de l’un de leurs leaders, Ahmed Salek Tobali, natif de Tindouf, a permis d’en savoir plus sur leur genèse. Un imam de la tribu des Reguibat Souaad officiant dans une mosquée improvisée du camp dit de Boujdour, non loin de Tindouf, jouerait ainsi un rôle clé dans l’endoctrinement et l’envoi au front d’apprentis terroristes. Pour les services marocains, cet imam est désormais une cible.

Source : jeuneafrique.com