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Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque dans le Nord-Ouest

Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque dans le Nord-Ouest Un engin artisanal a explosé samedi au passage d'un véhicule de transport en commun, dans le nord-ouest du pays. Au moins 14 civils, dont les élèves d'un collège, ont été tués, selon des sources sécuritaires.

Au moins quatorze civils, dont des élèves, ont été tués, samedi 4 janvier, par l'explosion d'un engin artisanal au passage d'un bus dans le nord-ouest du Burkina Faso, selon des sources sécuritaires.

"Un véhicule de transport en commun a sauté sur un engin artisanal ce matin sur l'axe Toeni-Tougan (province du Sourou, frontalière du Mali), a indiqué une source sécuritaire. Le bilan provisoire est de 14 morts et quatre blessés graves qui ont été pris en charge."

"L'incident a eu lieu aux environs de 9 h et les missions de sécurisation et de secours ont été aussitôt déployées sur les lieux", a précisé cette même source.

Les attaques avec des engins artisanaux se multiplient

"Les victimes sont essentiellement des élèves (d'un collège) qui regagnaient leur localité d'études après avoir passé les fêtes de fin d'année en famille", a expliqué une autre source, confirmant le "bilan provisoire".

L'état-major général des armées burkinabè a par ailleurs fait cas, dans un communiqué, d'une attaque contre une unité de gendarmerie à Inata (nord) survenu "vendredi 3 janvier, vers 5 h du matin".

"Faisant preuve d'un sang-froid et d'une réactivité exemplaires, les éléments ont réussi à mettre en échec les assaillants. Le bilan fait état d'une dizaine de terroristes neutralisés", indique le document.

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est régulièrement confronté à des attaques jihadistes. Des attaques qui ont fait environ 750 morts et 560 000 déplacés depuis 2015.

Le Nord et l'Est sont particulièrement touchés. La capitale Ouagadougou a, elle, été frappée à trois reprises.

Les attaques avec des engins artisanaux, débutées en août 2018, se sont multipliées depuis.

Dans une adresse télévisée à la nation à l'occasion du Nouvel An, le président Roch Marc Christian Kaboré a assuré que la "victoire" sur le "terrorisme" était "certaine".

Avec AFP
Source : France24

 

Colonel Mohamed Lemin : Quelle strategie au Sahel?

Colonel Mohamed Lemin : Quelle strategie au Sahel?Adrar-Info - La dégradation de situation sécuritaire au sahel semble empirer comme le montrent les récentes attaques au Niger, au Burkina et l’enlèvement de treize mauritaniens a la frontière du Niger et du Burkina.

Une dégradation qui confirme les pronostics américains d’une situation sécuritaire dont les pays du G5S commencent à perdre le contrôle et qui préconise de l’effondrement précoce de certains pays. Le temps n’étant plus aux tergiversations, il s’avère désormais indispensable et urgent de réagir pour reprendre la situation en main.

Aux demandes répétées de l’admission de la FC-G5S au chapitre VII de la Charte des Nations unies et de l’octroi à la Minusma d’un mandat offensif, la réponse de l’ONU est on ne peut claire: “la lutte contre le terrorisme est un combat qui doit être portée par les armées nationales, elle ne rentre pas dans le cadre des missions de l’ONU. Les mandats déjà robustes des missions de maintien de la paix peuvent être adaptés mais ils sont indépendants de la lutte contre le terrorisme. J’insiste sur cela. Sinon, on fait de l’amalgame”, déclare la Guinéenne Bintou Keita, sous-secrétaire de l’ONU pour l’Afrique.

Il revient donc aux pays du Sahel de s’atteler et sans plus tarder à s’investir avec leurs propres moyens pour assurer leur sécurité. Toutes les mesures dilatoires utilisées jusqu’a ce jour n’ont fait que contribuer à l’accélération de la dégradation de la sécurité au Sahel.

Si les pays du G5 ne reconnaissent pas que la situation est hors de contrôle, ils admettent quand même sa gravité et son expansion à d’autre pays jusqu’à là épargnés.

Le déploiement de forces supplémentaires de la FC-G5S dans le ventre mou des pays du sahel (frontiers Burkina – Niger – mali) et une révision de la stratégie sont des actions qui peuvent se révéler salutaires dans la reprise en main de la situation.

Cette révision de la stratégie doit prendre en compte trois facteurs déterminants dans ce combat asymétrique, la présence indispensable de Barkhane, le déploiement prochain des forces spéciales européennes et le retrait probable des forces américaines du théâtre des opérations.

L’esquisse de la nouvelle stratégie doit se fonder essentiellement sur la mise en retrait de la force Barkhane et des forces spéciales européennes avec l’engagement en première ligne de la FC-G5S et des armées des pays du G5 avec un effort particulier sur la coordination des actions entre la FC-G5S, les forces des pays de Cedeao, la force Barkhane et les forces spéciales européennes d’une part, et d’autre part sur le renforcement de la coopération entre les différents services de sécurité et de renseignements, tout en axant l’effort sur la reconstruction des armées Burkinabé et malienne.

La FC-G5S doit privilégier la recherche du contact avec les groupes terroristes et se defaire de la tactique du cantonnement dans des positions statiques. Dans cette guerre, les facteurs de succès déterminants, sont la mobilité, la quête du renseignement sur le terrain, la souplesse dans l’action, une plus grande dispersion dans la recherche et un rapide regroupement au contact.

Les derniers tests même probants de la mise en œuvre de drones équipées d’armes n’apportent aucun changement majeur, mais constituent une capacité supplémentaire, permettant de traiter des objectifs ponctuels, dans une situation fugace.

En tout état de cause, il ne faut pas s’y tromper, l’élément déterminant dans cette guerre au terrorisme est l’homme et non le matériel. Les états du G5S doivent prouver que la FC-G5S est une réalité et non une idée.

Mohamed Lemin
Source : Adrar-Info (Mauritanie)

 

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général Lecointre

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général LecointreMaville - Le général Lecointre, chef d’état-major des armées françaises, estime que l’année 2020 sera cruciale en matière de sécurité au Sahel et qu’un échec de la stratégie retenue aura de graves conséquences.

En janvier, Emmanuel Macron réunira les chefs des 5 États du Sahel pour élaborer une position commune antiterroriste. L’avenir du Sahel se joue « dans l’année qui vient », a estimé le chef d’état-major français, le général François Lecointre, dans un entretien à France Info.

« C’est maintenant, dans l’année qui vient, que se joue l’avenir du Sahel », a-t-il prévenu lors d’un déplacement il y a quelques jours dans cette région. « C’est pour ça que nous nous engageons en avant-garde et que nous allons passer à la vitesse supérieure », a-t-il affirmé sans fournir de détails.

Peut-être faisait-il référence au projet français de faire déployer des forces spéciales européennes en soutien aux forces françaises pour épauler les armées nationales. Des armées bien à la peine depuis quelques mois et soumises à une très forte pression djihadiste. « Si nous loupons ce moment charnière, je suis assez pessimiste », a prévenu François Lecointre.

« Si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes »

Le chef d’état-major français a toutefois rejeté toute idée d’échec de la mission française Barkhane : « Ce qu’on demande à un soldat, c’est de permettre que le niveau de violences soit le plus bas possible, de façon à ce que des solutions politiques puissent être mises en œuvre sans que l’on ne sombre définitivement dans des situations de guerre civile », a-t-il relevé. « Nous évitons que le pire ne se produise et ça doit être porté à notre crédit ».

Mais si le travail de Barkhane « n’est pas complété par une action politique […] en partenariat entre les gouvernements des pays que nous venons aider et l’ensemble de la communauté internationale […], notre action ne servira à rien », a-t-il assuré.

Par ailleurs, « si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes, laisser la place à l’État islamique, ce qui provoquera une pression migratoire sur l’Europe, avec tous les risques populistes que cela entraînera », a-t-il averti, reprenant ainsi le discours tenu récemment par Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères.

Le sommet de Pau en janvier

Le sommet sur le Sahel voulu par Emmanuel Macron, annulé la semaine dernière après une attaque djihadiste contre une position de l’armée du Niger (71 morts et une trentaine de disparus), a été reprogrammé le 13 janvier.

Il aura lieu à Pau.

Ce sommet aura pour objectif « de réévaluer le cadre et les objectifs de l’engagement français au Sahel. Il permettra également de poser les bases d’un soutien international accru aux pays du Sahel », dit l’Élysée dans un communiqué diffusé lundi soir.

Les présidents des cinq pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) ont « confirmé leur accord et leur disponibilité pour cette date », a précisé l’Élysée. Devraient donc être présents les présidents du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, du Niger Mahamadou Issoufou et du Tchad, Idriss Déby ainsi que celui de Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, le président du Conseil européen, Charles Michel, le vice-président de la Commission européenne et Haut représentant pour les Affaires étrangères, Josep Borrel, ont également été conviés.

Philippe CHAPLEAU. Ouest-France
Source : Maville (France)

 

Niger: plus d'une centaine de morts dans l'attaque d’une garnison à Inates

Niger: plus d'une centaine de morts dans l'attaque d’une garnison à InatesRFI Afrique - Cette attaque est la plus meurtrière jamais enregistrée dans cette zone frontalière avec le Mali : au moins 70 militaires et 57 assaillants y ont perdu la vie, selon des sources militaires consultées par RFI.

Le poste militaire d’Inates a été attaqué mardi 10 décembre, dans la soirée, par plusieurs colonnes de véhicules, dont des blindés et des motos. Inates se situe à 250 km de Niamey et les assaillants sont des jihadistes en provenance du nord du Mali.

L’armée a été attaquée sur trois côtés et les combats ont été d’une rare violence. En témoigne la mort, les armes à la main, du chef de la garnison et de son adjoint, au milieu de leurs hommes.

L’arrivée de renforts militaires a permis de repousser les assaillants. Il n’y a pour l’instant aucun bilan officiel, mais des sources concordantes parlent de 70 soldats et de 57 terroristes tués.

Pas de revendication

C’est la seconde fois que ce poste est attaqué. En juillet dernier, 18 soldats nigériens avaient trouvé la mort dans un assaut mené par les hommes d'Abou Walid al-Sahraoui.

L’attaque de ce 10 décembre n’a elle pas encore été revendiquée, mais au Niger, les regards se tournent, vue l’ampleur des moyens utilisés, vers le groupe d’Iyad Ag Ghali, le consortium d’Aqmi, Ansar Dine et al-Mourabitoun. Celui-ci pourrait aussi avoir eu le renfort des combattants d'Abou Walid al-Sahraoui, au vu du nombre de motos utilisées.

Inates occupe une position stratégique pour l’armée nigérienne. Ce poste est situé à moins de 5 km de la frontière malienne et non loin de la réserve de faune d’Ansongo, qui abrite de nombreux terroristes du nord du Mali.

Cette localité se situe aussi non loin de deux bourgades maliennes qui servent de carrefour aux narcotrafiquants et aux terroristes, les villages d’Akabar et Tabankort. Et la présence militaire nigérienne gène ces trafiquants dans leurs acheminements vers la frontière algérienne.

Source : RFI Afrique

 

 

Mali: «inefficace» ou «indispensable», la présence de Barkhane fait débat

Mali: «inefficace» ou «indispensable», la présence de Barkhane fait débatRFI Afrique - Le président français a fait savoir ce jeudi 28 novembre qu'il allait réclamer à ses alliés une « plus grande implication » contre « le terrorisme » au Sahel. Mais au Mali, des voix s’élèvent contre la présence militaire française. Une fronde qui n'est pas partagée par tous les camps politiques et la société civile.

L’opposition modérée, comme le gouvernement, le martèle : la présence de la force Barkhane ne doit pas être remise en cause. Pour Moussa Mara, leader du parti d’opposition Yelema, la stabilité dépend de la présence militaire française.

« Ce n’est pas une question d’être dans l’opposition ou la majorité, c’est d’être conscient de la réalité de notre pays et donc du fait que nous avons absolument besoin de l’assistance internationale dans notre pays, et particulièrement de l’opération Barkhane », estime-t-il.

Son de cloche très différent sur l’aile gauche de l’opposition. Selon Oumar Mariko, président du parti SADI, la réponse doit être d’abord politique et unitaire. « Il faut aujourd’hui la réunion des forces politiques patriotiques pour remettre en cause le régime en place et son soutien qu’est la France… La question sécuritaire du Mali ne peut être résolue que par des dirigeants légitimes et légaux et non dans le sens des intérêts étrangers français. »

Pour Mahmoud Diko, l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali, la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical doit être menée par tous les moyens, à condition de trouver une porte de sortie. « Je pense que le Mali a encore besoin de l’aide, de l’accompagnement de tous ses partenaires… Une guerre sans fin n’existe pas, il faut trouver une solution pour en finir avec cette situation. »

Aujourd’hui, si un certain nombre de Maliens remettent en cause la pertinence de la force Barkhane, aucun dirigeant du pays n'a demandé son départ.

Source : RFI Afrique

 

 

Mali : 13 soldats français tués dans l'accident de deux hélicoptères lors d'une opération contre des jihadistes

Mali : 13 soldats français tués dans l'accident de deux hélicoptères lors d'une opération contre des jihadistesFrance24 - Treize militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort lundi soir au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé mardi l'Élysée.

Treize militaires français ont été tués au Mali, lundi soir, dans l'accident de leurs deux hélicoptères alors qu'ils menaient une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé l'Élysée, mardi 26 novembre, dans un communiqué.

Ces soldats de l'opération Barkhane appartenaient à l'armée de Terre. Il s'agissait de six officiers, de six sous-officiers, et d'un caporal-chef, précise la présidence. Il s'agit de l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

Emmanuel Macron a salué "avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l'armée de terre [...] tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manoeuvre et d'assaut Cougar, selon des sources de la défense.

Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif.

Le dernier accident mortel d'hélicoptères dans l'armée remonte à février 2018, lorsque deux hélicoptères d'une école de l'armée de Terre s'étaient écrasés dans le Var, à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Tropez, après une collision en vol, faisant cinq morts.

Avec AFP et Reuters
Source : France24

 

 

L’ONU appelle la communauté internationale à soutenir le G5 Sahel

L’ONU appelle la communauté internationale à soutenir le G5 SahelBintou Keita, la sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, a demandé que les montants d’aide à la force antiterroriste soient « prévus et fixes ».

Alors que la force conjointe du G5 Sahel, qui regroupe cinq pays (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad), va bientôt fêter ses deux ans d’existence et que le climat sécuritaire s’est largement dégradé dans la zone, Bintou Keita, la sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, a présenté son dernier état des lieux, mercredi 20 novembre.

Un bilan exhaustif, recouvrant l’opérationnalité des missions, le budget et les relations entre la force du G5 Sahel et celles des Nations unies (la Minusma), de l’Union européenne et de la France (l’opération « Barkhane »). En appelant la communauté internationale à soutenir le Sahel et en insistant pour que les montants d’aide soient « prévus et fixes », la représentante du patron de l’ONU appuie la demande des pays concernés.

Bintou Keita a tout d’abord voulu exposer l’aggravation des « attaques terroristes » : 489 incidents ont été enregistrés cette année au Burkina, contre 151 l’an dernier ; au Niger, les incidents de ce type ont triplé, pour passer à 218 en 2019.

Et la violence s’étend désormais à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. « Le terrorisme est un problème partagé, un problème pour tous. Aucun pays ne peut y faire face seul », a déclaré Mme Keita devant le Conseil de sécurité.

Un nouveau commandant

Si la force du G5 Sahel a peiné à faire ses preuves lors des huit premières opérations militaires de l’année, elle a accueilli un nouveau commandant militaire en juillet, le général nigérien Oumarou Namata Gazama.

Celui-ci a accéléré le tempo : trois opérations ont été menées successivement entre septembre et novembre sur chacune des trois zones de frontières qui séparent les cinq pays – toujours avec la collaboration, indispensable, des hommes de « Barkhane ».

Les 5 000 soldats du G5 Sahel ont commencé à obéir à une meilleure organisation entre eux. A en croire Alpha Barry, le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso (qui assure la présidence tournante du G5 Sahel), la force est encore « en phase de montée en puissance » et souffre de difficultés structurelles récurrentes.

Par exemple, le matériel militaire lourd vient seulement d’être réceptionné et cette lenteur aurait donné l’avantage aux groupes terroristes, qui ont pu multiplier leurs opérations face à une force mal équipée et pas encore assez coordonnée.

Les Américains refusent toujours de modifier les financements et montages mis en place, au profit d’aides bilatérales avec chaque membre du G5 Sahel. Pourtant, Alpha Barry assure que des dispositifs de contrôle des dépenses et des achats auraient été mis en place grâce à un fonds fiduciaire ad hoc.

« Les bailleurs de fonds ont même été invités à y siéger », confie-t-il. Or les pays du G5 Sahel estiment que leur force conjointe est sous-financée et que si la communauté internationale désire la voir prendre son autonomie et exceller en matière de contre-terrorisme, elle aura besoin de plus de moyens.

Les promesses de la Cédéao

Bintou Keita l’a rappelé : « La plupart des pays du G5 consacrent déjà près de 20 % de leur budget national à la défense et à la sécurité. » Elle s’est félicitée des promesses faites par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) en septembre. L’organisation sous-régionale s’est engagée à mobiliser 1 milliard de dollars pour la lutte antiterroriste, juste avant de demander à la communauté internationale un plus grand soutien.

Pour assurer sa mission de développement, l’autre pilier pour endiguer le terrorisme, le G5 Sahel aurait besoin de plus de fonds. « Que leur faut-il pour bouger ? », se plaint à New York le représentant de la Guinée équatoriale à l’ONU : « Qu’un califat se mette en place ? » La France a annoncé mercredi une contribution de 522 millions d’euros pour le programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel pour les années 2019 et 2020.

Carrie Nooten (New York, Nations unies, correspondante)
Source : Le Monde Afrique (France)

 

 

Au Mali, une attaque jihadiste fait 24 morts dans les rangs de l'armée

Au Mali, une attaque jihadiste fait 24 morts dans les rangs de l'arméeFrance24 - Les forces maliennes et nigériennes ont mené, lundi, une opération conjointe antiterroriste dans l'est du Mali, faisant 24 morts dans les rangs de l'armée et 17 dans ceux des jihadistes.

Nouvelle attaque meurtrière au Mali. Des combats ont fait 24 morts dans les rangs de l'armée malienne et 17 dans ceux des jihadistes, lundi 18 novembre dans l'est du pays, dans un contexte de dégradation sécuritaire continue, a indiqué l'armée sur les réseaux sociaux.

Les forces maliennes et nigériennes menaient une opération conjointe contre les jihadistes quand une patrouille a été attaquée à Tabankort, a affirmé l'armée. Les forces maliennes "déplorent 24 morts, 29 blessés et des dégâts matériels. Côté ennemi l'on dénombre 17 terroristes tués, une centaine de suspects appréhendés", a-t-elle rapporté.

Des prisonniers détenus

Les prisonniers sont aux mains des forces nigériennes, a-t-elle précisé. Dans un précédent communiqué, l'armée malienne avait indiqué avoir reçu le soutien de la force française antijihadiste Barkhane dans la contre-offensive contre les jihadistes.

Il s'agit d'un nouveau rude coup essuyé par l'armée malienne qui avait déjà perdu une centaine de soldats dans deux attaques jihadistes en un mois cet automne.

"La semaine dernière, les Forces armées maliennes avaient observé un repli stratégique pour resserrer leurs rangs vers l’intérieur du pays, explique Erwan Schiex, correspondant de France 24 au Mali. Elles avaient abandonné deux positions à la frontière du Niger. Un repositionnement qui s’était accompagné d’une série d’opérations dans plusieurs localités et repaires de groupes armés, notamment dans le centre, avec à la clé des saisies d’armes et de matériel. Pas assez, semble-t-il, pour contenir des assaillants toujours plus imprévisibles, organisés et redoutables."

Avec AFP
Source : France24

 

 

La force du G5 Sahel affirme avoir mené une opération «d’envergure» au Mali

La force du G5 Sahel affirme avoir mené une opération «d’envergure» au MaliRFI Afrique - Selon la force conjointe du G5 Sahel, lors de cette opération menée les deux premières semaines de novembre dans le centre et le nord du Mali, plusieurs combattants terroristes ont été tués, des armes saisies et des fabriques d'explosifs détruites.

Plus de 1 400 militaires venus du fuseau centre de la force conjointe G5 Sahel, c’est-à-dire du Mali, du Burkina Faso et du Niger, ont participé aux opérations, appuyés par la force française Barkhane. « D'importants moyens terrestres » étaient également mobilisés, selon le communiqué de la force conjointe.

Toutes les troupes étaient concentrées sur le territoire malien dans la zone communément appelée « le Gourma », c’est-à-dire dans une partie de la région de Gao, de Tombouctou et même un peu dans le Centre.

Mine d'informations

Selon le communiqué officiel, 25 terroristes tués ou capturés en deux semaines, plusieurs dizaines de motos, l’un des moyens de déplacement des jihadistes détruites. Une centaine de téléphones ont également été saisis sur l’équipement récupéré, ils pourraient constituer une véritable mine d’informations.

La force conjointe G5 rapporte également que lors de cette opération qualifiée « d’envergure », ses troupes ont détruit un dépôt de carburant, mais également un atelier de fabrication d’engins explosifs improvisés.

Ces engins explosifs, communément appelés des mines, font de nombreuses victimes chez les militaires, mais également parmi les populations civiles du centre et du nord du Mali.

Source : RFI Afrique

 

 

Sahel : Quand l'exploitation artisanale de l'or nourrit le jihad

Sahel : Quand l'exploitation artisanale de l'or nourrit le jihadLes groupes jihadistes gravitant dans le Sahel ne manquent pas d'inspiration pour trouver une source de financement. Face à la raréfaction des rançons sur des enlèvements d'occidentaux, les terroristes semblent s’être tournés vers l'orpaillage. Et pas que pour le financement. Les sites d'orpaillage serviraient aussi de lieux de recrutement et de formation.

Selon un rapport de Crisis Group intitulé « Reprendre en main la ruée vers l’or au Sahel central » publié le 13 novembre, c'est la tendance dans au moins trois pays du Sahel.

« Alors que les rançons des prises d’otage, source importante de revenus pour les groupes jihadistes au Sahel, se raréfient, l’or peut constituer pour eux un nouvel atout, à des fins de financement mais également de recrutement », peut on lire sur le document dont Dakaractu a obtenu copie.

Ce risque est d’autant plus élevé, selon Crisis Group, que les orpailleurs considèrent parfois la présence des jihadistes comme une aubaine, et non comme une menace.

Selon le rapport, « les modes de financement varient d’une région à l’autre ».

« Dans le Soum burkinabè, des unités jihadistes sont rémunérées par les orpailleurs pour effectuer des missions de sécurité sur les sites. Dans les zones de Tinzawaten, Intabzaz ou Talahandak, au nord de la région de Kidal au Mali, le groupe jihadiste Ansar Eddine (membre du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM)) n’exerce pas une présence armée destinée à la sécurisation du site, mais prélève la zakat (impôt religieux) auprès des orpailleurs et du reste de la population », explique Crisis Group.

Cette pratique n'est pas l'apanage du Groupe dirigé par Iyad Ag Ghali. Adnan Abou Walid et ses sbires, au sein de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), s'y adonneraient aussi.

Si les jihadistes trouvent leur compte dans ce nouveau business, les exploitants aurifères n'y trouvent pas à redire non plus. Cependant, « ils composent avec les groupes jihadistes moins par conviction que par pragmatisme ».

Des lieux de recrutement et de formation

Dans ses recherches, Crisis Group a constaté que les « les sites aurifères semblent être aussi des lieux de recrutement pour les groupes jihadistes ».

La tendance est remarquée « à l’Est du Burkina Faso ou dans le département de Torodi au Niger » où «  des prêches jihadistes qui appellent au respect de la Charia (loi islamique) sur les sites d’extraction, ont été rapportés.

La dernière remarque et non des moindres, c'est le fait que les sites aurifères soient utilisés comme des lieux de formation. « en matière d'explosifs », précise le rapport. Pour en attester, les auteurs du rapport convoquent les témoignages de membres de la Katiba Khalid Ben Walid, la branche sud d'Ansar Dine. Ils auraient rapporté avoir reçu une formation aux explosifs sur une des nombreuses mines d'or artisanale au nord de la Côte  d'Ivoire, près de la frontière malienne.

« Les filières aurifères constitueraient aussi une voie d’approvisionnement pour la fabrication d’engins explosifs improvisés (IED), en particulier dans le centre du Mali et dans certaines régions du Burkina Faso où le nitrate d’ammonium, commercialisé par des entreprises dans le Sahel, est le principal composant des IED », s’inquiète Crisis Group.

La réponse des États

Quelle doit être dès lors la réponse des États concernés ? Crisis Group préconise la régularisation et la sécurisation des sites aurifères, en y associant des « acteurs non étatiques qui mènent déjà des opérations de sécurité sur certains sites aurifères ». « Il ne s’agit pas de déléguer la sécurisation des mines à des groupes militarisés qui pourraient échapper au contrôle de l’État et commettre des exactions contre des civils », prévient le rapport.

Pour l'Ong, « Il s’agit plutôt de reconnaître le rôle des acteurs locaux de sécurité, qui assurent déjà de facto des missions de police dans les mines et leurs alentours, et de mieux les encadrer ».

À un niveau sous-régional, il est suggéré aux États d'harmoniser leurs approches et leurs cadres de régulation pour mieux maîtriser les circuits de commercialisation. « Cela nécessite enfin, au niveau international, un contrôle renforcé des circuits d’exportation et d’importation », conclut Crisis Group.

Source : Dakaractu.com

 

« Le Sénégal n’est pas considéré comme un pays d’origine important pour les trafics d’armes de la sous-région »

« Le Sénégal n’est pas considéré comme un pays d’origine important pour les trafics d’armes de la sous-région »Mali Actu - Le vol de milliers de munitions de guerre dans un stock de l’armée sénégalaise remet au goût du jour le débat sur la nécessite de lutter contre le flux illicite des armes et des munitions en Afrique. Une gangrène qui a causé beaucoup de morts dans les conflits qui fleurissent sur un pan non négligeable du Continent noir.

Suivant la feuille de route de l’Union Africaine visant à éradiquer la prolifération des armes en Afrique d’ici 2020, Small Arms Survey a produit, en janvier 2019, un rapport intitulé « L’Atlas des armes: Une cartographie des flux illicites d’armes légères en Afrique ».

Ce travail de longue haleine permet d’avoir une idée du nombre d’armes légères en circulation en Afrique, leurs détenteurs et les canaux de trafic.

80% des armes légères, entre les mains des civils et des groupes armés non étatiques

Selon ce rapport de 110 pages, « les acteurs civils africains, dont les individus, les entreprises immatriculées – comme les entreprises de sécurité privées – et les groupes armés non étatiques détiendraient donc plus de 40 millions d’armes légères – soit près de 80 % des armes en circulation sur le continent ». Les forces armées et de sécurité, quant elles, détiendraient moins de 11 millions d’armes légères, constate Small Arms Survey.

Qui fait remarquer que sur les 40 millions détenues par la population civile, seules 5 841 200 seraient enregistrées contre 16 043 800 non enregistrées. En chiffres absolus, rapporte le document parcouru par Dakaractu, la population civile de l’Afrique de l’Ouest arrive en tête avec près de 11 millions d’armes légères licites et illicites.

L’Afrique du nord occupe la deuxième place avec 10,2 millions d’armes légères en circulation. Grâce à ses 7,2 millions d’armes légères détenues par sa population civile, l’Afrique de l’Est occupe la troisième marche du podium.

Cependant en chiffres relatifs, c’est l’Afrique australe qui vole la vedette aux autres parties du continent. Elle présente un taux de 9/100 civils tandis que l’Afrique de l’Ouest n’arrive qu’à la quatrième place avec 2 habitants sur 100 qui détiendraient une arme légère.

Parmi les sources régionales d’armes illicite, il a été cité le trafic transfrontalier d’armes déjà illégales. Il est aussi noté le détournement des matériels des stocks nationaux et de maintien de la paix.

Dans une interview avec Dakaractu, Nicolas Florquin, l’un des auteurs du rapport de Small Arms Survey et de l’Union africaine, est d’avis que « le détournement des stocks des forces et services nationaux est reconnu comme étant une source importante de flux d’armes illicite dans la région (ouest-africaine) mais aussi au niveau international ».

Selon le chercheur qui capitalise plus de 10 ans d’expérience dans le domaine, des efforts sont entrepris par les États africains pour « sécuriser ces stocks », mais, reconnaît-il, « il y a certainement encore du chemin à parcourir ».

Le Sénégal, pas un grand fournisseur

Ce qu’il est intéressant par contre de noter dans le cas de l’affaire des 4500 cartouches d’AK-47 volées à la base de Ouakam et qui ont été stoppées net à Pire alors qu’elles étaient en partance pour la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, c’est la promptitude avec laquelle l’origine des munitions a été déterminée par les autorités sénégalaises.

« Ceci est intéressant car il est souvent plus difficile de tracer les munitions que les armes, ces dernières comportant des marquages individuels qui sont généralement absents des munitions elles-mêmes », fait remarquer le chercheur, visiblement heureux de constater que « les registres des stocks nationaux de munitions sont bien maintenus et permettent ce traçage national, qui est essentiel à l’identification des points de détournement. »

Nicolas Florquin de relativiser la place du Sénégal dans le trafic d’armes dans la sous région. « Le pays n’est pas généralement considéré comme un pays d’origine important pour les trafics d’armes de la sous-région, même si des petits trafics transfrontaliers ‘de fourmis’ existent comme dans la majorité des pays », tranche-t-il.

Dans ce lot, le chercheur convoque un trafic clandestin de pistolets d’alarme de fabrication turque du Sénégal vers la Mauritanie. « Ces armes qui sont à l’origine non-létales sont facilement transformées par les criminels pour le tir de balles réelles et alimentent les marchés illicites, en Afrique comme en en Europe », alerte-t-il.

Dans quelle catégorie mettre donc les munitions de calibre 7,62 mm subtilisées par un soldat de première classe de l’armée sénégalaise pour éventuellement les mettre dans le circuit illicite ?

AK-47, la préférée des groupes armés

Le rapport de Small Arms Survey renseigne que « la majorité des des armes illicites qui circulent parmi les groupes armés de zones touchées par un conflit, sont des fusils d’assaut militaires et des systèmes d’armes souvent fabriquées il y a plusieurs décennies dans des pays de l’Ex URSS.

« De même, selon la MINUSMA, le type d’arme illicite le plus fréquemment observé dans sa zone de mission est le fusil de type AK, suivi par le pistolet-mitrailleur de type PKM en proportion bien moindre – des armes produites, dans les deux cas, à partir des années 1960 dans les pays de l’ex-Union soviétique et en Chine », renseigne le rapport.

Pour autant, rien n’indique que les munitions de calibre 7,62 mm, pour AK-47 étaient destinées à approvisionner les groupes armés de la région qui en raffolent.

Seule l’information judiciaire ouverte par le parquet pour association de malfaiteurs en relation avec une activité terroriste et détention d’armes en vue de commettre des actes terroriste peut lever et mettre fin aux spéculations.

D’ici là, le chercheur Nicolas Florquin exhorte les états africains à mettre en œuvre les politiques clairement définis pour stopper les flux illicites d’armes et de munitions. Sinon l’objectif que s’est fixée l’Union africaine, à savoir faire taire les armes à l’horizon 2020, risque d’être une utopie, si ce n’est déjà le cas.

Dakaractu
Source : Mali Actu

 

Burkina Faso : au moins 37 personnes tuées dans une attaque "planifiée" contre un convoi minier

Burkina Faso : au moins 37 personnes tuées dans une attaque Le Monde Afrique - Une embuscade contre un convoi d’une compagnie minière a fait au moins 37 morts, civils, et plus de soixante blessés, mercredi 6 novembre, dans la région de l’est du Burkina Faso, selon un bilan encore provisoire, fourni par les autorités locales.

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière enregistrée dans le pays depuis le début des violences djihadistes, il y a près de cinq ans. Dans la matinée, « des individus armés non identifiés ont tendu une embuscade à un convoi transportant des travailleurs de la mine d’or Semafo sur l’axe Ougarou-Boungou », a indiqué le gouverneur de la région de l’Est dans un communiqué.

« Le convoi, accompagné d’une escorte militaire, comptait cinq autobus transportant des employés burkinabés, des entrepreneurs et des fournisseurs », a détaillé la société canadienne Semafo, qui exploite la mine d’or de Boungou, située à quarante kilomètres du lieu de l’attaque. Le site et ses activités « n’ont pas été affectés », précise la compagnie aurifère, sise à Montréal.

« C’était un massacre »

Selon nos informations, il s’agirait d’une attaque dite « complexe ». Le véhicule de tête a sauté sur un engin explosif placé sur la voie, les cars transportant les employés de la société ont ensuite été pris d’assaut par un groupe armé. « Les assaillants étaient nombreux et sans doute informés du passage du convoi, ils ont tiré en rafale sur les passagers, c’était un massacre, certains ont réussi à fuir en se réfugiant dans une forêt voisine », rapporte une source sécuritaire.

Une opération de « secours » et « un ratissage de la zone » ont été lancés par les forces de défense et de sécurité, a assuré le gouvernement burkinabé dans la soirée. Deux attaques meurtrières avaient déjà visé des convois de personnels de la mine de Boungou et leurs escortes en août et en décembre 2018. Au total, onze personnes avaient déjà été tuées.

Cette année, l’Etat burkinabé avait demandé aux compagnies minières de prendre « des dispositions spéciales pour le déplacement de leurs employés », selon l’Agence France-Presse, face à l’aggravation de la situation sécuritaire dans le pays, qui compte plus d’une dizaine de sites industriels miniers.

Spirale de violence

Pour l’heure, l’attaque n’a pas été revendiquée, mais les assauts des groupes djihadistes de la sous-région – Al-Qaida et l’organisation Etat islamique notamment –, ne cessent de se multiplier et ont déjà fait près de 700 morts dans le pays depuis 2015. Près d’un demi-million de personnes ont dû fuir leurs foyers à cause des violences, selon les estimations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

La capitale, Ouagadougou, elle, a déjà été frappée à trois reprises par des attentats d’envergure. Trente personnes, majoritairement des Occidentaux, avaient été tuées lors d’un raid djihadiste contre un hôtel et un restaurant du centre-ville le 15 janvier 2016. Plus récemment, le 19 août, l’armée burkinabée a subi son attaque la plus meurtrière, avec au moins vingt-quatre morts dans un assaut contre une base militaire à Koutougou, dans le nord du pays.

Sous-équipées, mal formées et désorganisées, les forces de défense et de sécurité locales semblent incapables d’enrayer le cycle des violences sur leur territoire. A la demande des autorités, les membres de l’opération française « Barkhane » ont dû intervenir à deux reprises en septembre pour épauler l’armée burkinabée.

« Le combat continue, il doit continuer, car c’est un combat de longue haleine que nous devons mener ensemble contre le terrorisme », a déclaré lundi la ministre française des armées, Florence Parly, en déplacement à Ouagadougou, avant d’annoncer le lancement d’une opération conjointe, conduite par la force « Barkhane » avec celles du G5 Sahel, comprenant notamment deux compagnies burkinabées, dans la zone des trois frontières, entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)
Source : Le Monde Afrique (France)

 

 

Burkina Faso : cinq gendarmes et cinq civils tués dans une attaque dans le nord

Burkina Faso : cinq gendarmes et cinq civils tués dans une attaque dans le nordLe Monde Afrique - Les assaillants auraient emporté un important stock d’armement et incendié divers matériels.

Cinq gendarmes et au moins cinq civils ont été tués, lundi 4 novembre au matin, dans une attaque contre le détachement de gendarmerie d’Oursi, localité de la province de l’Oudalan, dans le nord du Burkina, près de la frontière malienne, a-t-on appris de sources sécuritaires.

« Plusieurs dizaines d’individus armés ont mené une attaque contre le détachement de gendarmerie basé à Oursi lundi vers 3 heures [4 heures à Paris], a annoncé une source sécuritaire. Après plusieurs heures d’échanges de tirs, les assaillants ont réussi à pénétrer dans le camp. Malheureusement on a perdu cinq gendarmes. »

Selon une autre source sécuritaire, au moins cinq civils – des travailleurs d’une société privée – ont également été tués.

« Un renfort a été déployé sur les lieux, mais les assaillants s’étaient déjà repliés, après avoir également occasionné de nombreux dégâts matériels », dont notamment l’incendie d’un pick-up militaire. Selon plusieurs autres sources concordantes, les assaillants ont également emporté un « important stock d’armement et incendié divers matériels ».

Quatre personnes tuées dimanche

Cette attaque survient la veille d’une rencontre à Ouagadougou du conseil des ministres du G5 Sahel – dont le Burkina Faso assure la présidence – sur la mise en œuvre des décisions prises lors d’un sommet extraordinaire tenu à la mi-septembre dans la capitale.

Dimanche, quatre personnes, dont le député-maire de Djibo, grande ville du nord du Burkina Faso et chef-lieu de la province du Soum, ont été tuées dans une embuscade sur l’axe Djibo-Namssiguia.

Le Monde avec AFP
Source : Le Monde Afrique (France)

 

 

Burkina Faso : des militaires ciblés par une nouvelle attaque meurtrière près de la frontière malienne

Au moins cinq gendarmes ont été tués dans l'attaque d'un détachement militaire basé à Oursi, dans le nord du pays, près de la frontière malienne.

Le détachement de gendarmerie de Oursi, dans le Nord, a été attaqué ce lundi, ont confirmé à Jeune Afrique plusieurs sources sécuritaires concordantes.  près de la frontière malienne. « Le détachement a subi une attaque de grande ampleur, menée par un commando constitué de plusieurs hommes armés », précise un gradé de la gendarmerie. Un premier bilan, encore provisoire, fait état de cinq tués dans les rangs des gendarmes, a par ailleurs précisé un officier.

Cette nouvelle attaque meurtrière de militaires burkinabè intervient au lendemain de l’assassinat d’Oumarou Dicko, député-maire de la ville de Djibo, dans le nord du Burkina Faso, tué dimanche 3 novembre en même temps que trois autres personnes dans l’attaque de son véhicule par des hommes armés.

Florence Parly attendue à Ouaga

Cette série d’attaques intervient alors que doit se tenir à Ouagadougou, ce mardi 5 novembre, une rencontre du conseil des ministres du G5 Sahel – que le Burkina préside depuis février dernier – qui a pour objectif, notamment, d’accélérer la mise en œuvre des décisions prises lors du sommet de Ouagadougou, le 14 septembre dernier.

Florence Parly, ministre française des Armées, qui est arrivée ce lundi au Tchad pour une tournée dans le Sahel, est par ailleurs annoncée dans la capitale burkinabè, où elle doit notamment rencontré le président Roch Marc Christian Kaboré.

Le découragement n’a pas sa place dans le cœur des soldats burkinabè, ils sont debout et ils tiennent à le demeurer

Vendredi, à l’occasion du 59e anniversaire de l’armée, Chérif Sy, le ministre burkinabè de la Défense, avait rendu hommage aux 204 soldats tués dans les opérations contre des groupes « terroristes » sévissant principalement dans le nord du pays depuis 2016. Depuis 2016, 630 civils ont été tués dans ces violences.

« Face à cette barbarie, nous ne devons aucunement flancher, encore moins céder au découragement ou à une quelconque fatalité », a notamment lancé le ministre lors de son discours. « Le découragement n’a pas sa place dans le cœur des soldats burkinabè et, avec le peuple, ils sont debout et ils tiennent à le demeurer », a ajouté le ministre. « Le Burkina Faso restera debout, hier avec nos ancêtres comme aujourd’hui avec nous », a répondu en écho le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, assurant que « nous maintiendrons, coûte que coûte, vaille que vaille, l’intégrité de notre territoire ».

Source : jeuneafrique.com

 

Mali: 54 morts dans l'attaque d'un camp militaire à Indelimane

Au moins 53 soldats et un civil ont été tués ce vendredi 1er novembre dans une attaque qualifiée de « terroriste ». Un communiqué de l'armée indique que c'est une position des Fama à Indelimane, dans le secteur de Ménaka, dans le nord-est du pays, qui a été attaquée.

Indelimane est une localité malienne du Nord, située entre deux cercles : Ménaka et Ansogo. Sur place, le camp de l’armée malienne a été visé par des terroristes selon un communiqué officiel.

D’après nos informations, ce sont des obus qui ont dans un premier temps été tirés par les assaillants. Ensuite par petits groupes, certains à motos et tous armés, ont convergé vers le camp militaire de Indelimane.

Le communiqué de l’armée malienne avait donné un premier bilan provisoire de 15 morts avant de le revoir à la hausse avec 35 victimes. Plus tard dans la soirée, Yaya Sangaré, le ministre de la Communication, a fait état de 54 morts, dont un civil.

Le porte-parole du gouvernement, ajoute qu’il y a de nombreux blessés et des dégâts importants du côté des forces de défense et de sécuritaire. Yaya Sangaré appelle par ailleurs à l’union sacrée pour réussir « la guerre pour la liberté ».

On a pu retrouver dix rescapés et la situation est aujourd'hui sous contrôle. Le ratissage se poursuit dans la zone. Les renforts qui ont été envoyés sur place ont déjà pénétré le camp et se sont installés.

L’attaque n’a pas encore été officiellement revendiquée, mais des groupes jihadistes sont installés dans cette zone située non loin de la frontière nigérienne. Ils quittent le Niger pour venir commettre des attentats au Mali, ou partent du Mali pour attaquer des positions militaires dans des pays voisins.

Source : RFI

 

Sahara : La MINURSO veut construite un héliport à Tifariti

Sahara : La MINURSO veut construite un héliport à TifaritiYabiladi - La MINURSO a lancé, du 17 octobre et jusqu’au 7 novembre, un appel d’intérêt pour la construction d’un héliport sur son team site de Tifariti au Sahara.

Ce projet initié est à même de permettre à la mission onusienne un meilleur contrôle aérien des mouvements des éléments armés du Polisario et des civiles, dans la zone tampon. Pour rappel, dans son rapport d’avril 2018, le secrétaire général de l’ONU avait déploré l'incapacité de la MINURSO à surveiller le cessez-le-feu et les mouvements, surtout à l'Est du mur de sécurité.

Et de reconnaitre que «les patrouilles terrestres à l’Est du mur des Sables ont une portée limitée le jour et ne sont pas menées la nuit» et que «les convois logistiques sont vulnérables et tributaires de la reconnaissance aérienne préalable des itinéraires».

Dans le même document, Antonio Guterres avait réitéré sa demande de doter la mission onusienne de trois hélicoptères supplémentaires à dessein de renforcer les capacités aériennes de la MINURSO pendant le jour.

Cet appel à manifestation d’intérêt lancé le 17 octobre pour la construction d’un héliport intervient dans un contexte favorable pour la mission de l'ONU au Sahara, ses finances étant plutôt au vert. En effet, en juillet dernier, la Cinquième commission de l’Assemblée générale des Nations unies avait approuvé une augmentation du budget de la MINURSO.

Source : Yabiladi (Maroc)

 

Mali : l’armée affirme avoir « neutralisé » cinquante jihadistes depuis Boulkessy

L'armée malienne a indiqué vendredi soir avoir « neutralisé » une cinquantaine d'ennemis dans la contre-offensive lancée après le revers meurtrier infligé par les jihadistes au début du mois dans le centre du pays en guerre.

Mais elle est toujours à la recherche de 27 de ses soldats, portés disparus depuis la double attaque jihadiste du 30 septembre et du 1er octobre à Boulkessy et Mondoro, a-t-elle dit sur son site internet. Cette attaque est la plus meurtrière subie par l’armée malienne depuis des années. Deux civils ont été tués à Mondoro, 38 soldats sont morts et 17 ont été blessés à Boulkessy, dit l’armée.

Au cours des opérations de reprise du terrain et de ratissage qui ont suivi avec « un engagement très accru » de la force française Barkhane auprès des troupes maliennes, « une cinquantaine d’ennemis (ont été) neutralisés, une trentaine blessés, des matériels détruits », de même qu’un important stock de carburant, dit l’armée sans dire explicitement si les ennemis « neutralisés » sont morts. Aucune autre source n’a confirmé ces chiffres vendredi soir.

Impuissance

Les opérations ont confirmé la présence de femmes dans les groupes armés en cause, dit l’armée. Les évènements de Boulkessy et Mondoro ont frappé les esprits et posé plus crûment qu’avant encore la question de l’absence d’issue au conflit et de la possible impuissance des autorités.

L’armée malienne a par ailleurs fait état vendredi de la tentative de vol d’un important stock d’armes par un de ses soldats, chef de poste adjoint à la division du matériel. Le soldat avait placé une centaine de fusils d’assaut dans son véhicule le 12 octobre avant que son coup ne soit découvert, a dit l’armée. Il a pris la fuite, selon elle.

Source ; jeuneafrique.com

 

Burkina Faso. Au moins 16 morts dans une attaque contre une mosquée

Burkina Faso. Au moins 16 morts dans une attaque contre une mosquéeOuest-France - Au moins seize personnes ont été tuées dans une attaque contre une mosquée du nord du pays, vendredi soir.

Au moins seize personnes ont été tuées et deux blessées grièvement vendredi soir dans une attaque contre une mosquée à Salmossi, à une vingtaine de kilomètres de Gorom-Gorom, dans le nord du Burkina Faso, a-t-on appris samedi de sources sécuritaire et locale.

« Des individus armés ont attaqué la grande mosquée de Salmossi entre 19 h et 20 h, faisant au moins 16 morts », a déclaré à l’Agence France-Presse une source sécuritaire.

« 13 personnes sont mortes au cours de l’attaque et 3 autres ont succombé quelques heures après suite à de graves blessures », a-t-elle ajouté, et « deux autres blessés sont dans un état critique ».

Un habitant de Gorom-Gorom, joint depuis Ouagadougou, a confirmé l’attaque, précisant que des habitants de Salmossi avaient fui vers Gorom-Gorom.

Ouest-France avec AFP
Source : Ouest-France

 

Sahel: les groupes terroristes ensemble pour prendre le Burkina Faso

Sahel: les groupes terroristes ensemble pour prendre le Burkina FasoRFI Afrique - Plusieurs groupes terroristes seraient à la manœuvre dans les récentes attaques au Mali et au Burkina Faso, ce qui pose aujourd’hui la question de leur collaboration.

« Les terroristes ont aussi leur G5-Sahel. Ansar Dine, Front du Macina, al-Mourabitoune, AQMI, Ansarul Islam, État islamique dans le Grand Sahara : ça fait un G5 », ironise le chef d'un groupe d'anciens rebelles du nord-est du Mali.

Pour ce combattant, depuis la déroute de l'État islamique dans le Grand Sahara (EIGS) dans l'est du Mali et de la Katiba Macina (affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, GSIM) au centre, les jihadistes se sont retranchés au Burkina Faso pour se recomposer. Des connexions ont même été établies entre eux.

Ce serait le cas notamment pour la récente attaque de Boulkessi, attribuée par la force conjointe du G5 Sahel aux terroristes burkinabè d’Ansarul Islam. Une version qu'interrogent des sources sécuritaires et politiques au Burkina. « Les combattants d'Ansarul ne sont pas à la hauteur d'une attaque de ce genre, observe un analyste sécuritaire. Mais une collaboration avec le GSIM ou l’EIGS – car nous sommes dans leur zone d’action – est envisageable ».

Partenariats de circonstance

Ce type de partenariat de circonstance ne serait pas une première. Une note des renseignements burkinabè datée du 30 août 2019 explique notamment que l'attaque de Koutougou, dans le nord du Burkina, revendiquée par le GSIM, aurait finalement été menée par des hommes de l'EIGS.

« Il y a une porosité entre les groupes. Ils s’échangent parfois des combattants, travaillent ensemble ou se partagent les tâches », explique une source bien informée au Burkina Faso. « Boulkessi est à la frontière du Burkina Faso. On peut parfaitement imaginer qu’Ansarul Islam fait le travail de renseignement et que les combattants viennent ensuite de groupes plus habitués et formés aux opérations complexes. »

« Les terroristes veulent faire de la région Sahel du Burkina leur nouveau bastion, poursuit l'analyste. Pour l'heure, ils sanctuarisent la zone ensemble, et régleront leurs différends plus tard ».

Un carrefour stratégique

Depuis plusieurs mois en effet, le nord du Burkina fait l’objet d’assauts dont la logique semble se dessiner aux yeux des experts. Les terroristes ont d'abord fait sauter des infrastructures, comme les ponts autour de Djibo et Arbinda, coupant ainsi du reste du monde les deux principales villes de la région. Les attaques à un mois d’intervalle de Koutougou, au Burkina Faso, puis de Boulkessi, au Mali, ont ensuite libéré momentanément l’espace frontalier des forces militaires régulières.

La région du Sahel, au nord du Burkina, est un carrefour stratégique. Située à la frontière avec le Mali et le Niger, elle n'est séparée de la capitale Ouagadougou que de quelques centaines de kilomètres. Et le Burkina constitue aujourd’hui le dernier verrou avant d’atteindre les pays côtiers comme le Togo et le Bénin, voire la Côte d’Ivoire. Un verrou qui apparaît aujourd’hui bien fragile aux yeux des partenaires européens et régionaux.

Par Gaëlle Laleix

Source : RFI Afrique

 

 

Mali : Deuil national et manifestations de colère après un lourd revers militaire

Deuil national et manifestations de colère après un lourd revers militaire VOA Afrique - Des centaines de jeunes Maliens et de femmes de soldats en colère ont manifesté mercredi après-midi à Bamako pour réclamer la vérité sur le lourd revers infligé en début de semaine à l'armée par les jihadistes dans le centre du pays en guerre, ont rapporté les correspondants de l'AFP.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta a "déclaré un deuil national de trois jours, à compter de jeudi à zéro heure", selon un communiqué.

Plusieurs centaines de femmes se sont rassemblées devant un camp de parachutistes pour exprimer leur exaspération après la mort d'au moins 25 soldats dans des combats avec les jihadistes lundi et mardi, selon un bilan gouvernemental provisoire.

Une soixantaine d'autres soldats avaient été portés disparus après ce qui constitue le coup le plus dur essuyé par les forces maliennes depuis mars. Les opérations de "ratissage" de la zone, "qui se poursuivent", ont permis à 11 d'entre eux de regagner leur base, a indiqué dans la soirée l'armée malienne.

"Nous sommes sorties parce que le gouvernement ne dit pas la vérité sur le nombre des morts", a déclaré l'une des manifestantes à l'AFP. "Ce sont nos maris bérets rouges qui sont à Boulkessy", l'une des positions attaquées par les jihadistes.

"Nous exigeons que le nombre exact des morts soit communiqué", a-t-elle ajouté en larmes, répercutant les doutes circulant sur la réalité du bilan gouvernemental.

Au même moment, quelques centaines de jeunes incendiant des pneus ont bloqué l'avenue donnant accès au rassemblement des femmes et stratégiquement située sur la route menant à la résidence présidentielle. Quelques dizaines d'autres ont manifesté sur une route menant, elle, au palais présidentiel.

"Mon père est militaire, il est à Boulkessy, et je n'ai pas de nouvelles. On nous ment, l'armée n'est pas équipée", a dit l'un de ces jeunes, Ali Oumar Diakité, 15 ans.

"Depuis le 23 septembre nos papas (attendaient) du renfort" alors qu'ils savaient qu'ils seraient attaqués, a dit un autre fils de soldat. "Nous voulons la vérité et nous demandons aux autorités de nous dire qui est mort, qui est vivant".

Deux jours d'intense bataille autour des camps de Boulkessy et Mondoro, près du Burkina Faso, se sont soldés par la mort d'au moins 25 soldats maliens, selon un bilan officiel provisoire.

Quinze jihadistes ont été tués, selon le gouvernement malien.

Le ministre française des Armées, Florence Parly, a salué "la réaction des forces maliennes qui ont très rapidement dépêché des unités en renfort pour pourchasser les groupes terroristes et reprendre le contrôle des deux postes avec l'appui d'avions de chasse et d'hélicoptères Tigre de la force (antijihadiste française) Barkhane". "La détermination de ces unités a permis de rétablir une situation délicate et compromise et d'infliger des pertes aux terroristes", a-t-elle ajouté.

Motif supplementaire d'alarme: les assaillants se seraient emparés d'importantes quantités d'armes, de munitions et de matériel, l'un des objectifs présumés de leur offensive.

Impuissance


Ces hostilités sont une nouvelle illustration de la dégradation continue de la situation dans le pays en proie depuis 2012 aux insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes et aux violences interethniques meurtrières.

Elles mettent une fois de plus en lumière l'incapacité du pouvoir central à contrôler de larges pans du territoire, malgré l'appui de missions armées française, africaine et onusienne. Et elles alimentent les accusations répandues parmi les Maliens de faillite de leur Etat.

Les forces maliennes n'avaient pas connu un tel bain de sang depuis le 17 mars quand une attaque jihadiste contre un camp de l'armée à Dioura (centre) avait fait près de 30 morts.

C'est aussi une claque pour la Force conjointe du G5 Sahel, créée en 2017 par le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, avec le soutien de la France, pour faire face à la propagation de la menace à travers la sous-région.

Le bataillon malien attaqué à Boulkessy relevait de cette Force conjointe encore embryonnaire. Cette dernière n'avait encore jamais subi d'aussi lourdes pertes.

En mars, l'attaque jihadiste contre le camp militaire de Dioura, suivie une semaine après par le massacre de 160 villageois peuls au cours de violences intercommunautaires, avait débouché sur le limogeage des principaux chefs d'état-major. Le gouvernement avait démissionné en avril sous la pression de manifestations contre l'impuissance de l'Etat.

En 2012, l'inaptitude imputée au pouvoir à défendre le pays face aux insurrections émergentes dans le nord avait donné lieu à un coup d'Etat conduit par des officiers. Le renversement du gouvernement avait précipité la plongée du Mali dans la crise toujours en cours.

Les solutions sécuritaire et politique à la détérioration paraissent pour l'heure introuvables. Les violences jihadistes persistent et se sont propagées du nord vers le centre et le sud du Mali, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant à des conflits intercommunautaires qui ont fait des centaines de morts.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a encore déploré la lenteur des réformes politiques et sécuritaires au Mali dans un rapport trimestriel remis cette semaine au Conseil de sécurité et rédigé avant les événements de lundi et mardi.

Avec AFP
Source : VOA Afrique

 

Mali : au moins 25 soldat tués dans l’attaque de deux camps militaires dans le centre du pays

Mali : au moins 25 soldat tués dans l’attaque de deux camps militaires dans le centre du pays Jeune Afrique - Au moins vingt-cinq soldats maliens et une quinzaine de jihadistes ont été tués lundi et mardi, lors d'intenses combats pour le contrôle de deux camps militaires à Boulkessy et Mondoro, dans le centre du pays.

C'est l'attaque la plus meurtrière pour les forces armées maliennes, depuis le 17 mars denier, lorsqu'une attaque jihadiste contre un camp de l'armée à Dioura avait fait près de 30 morts. C’est l’un des coups les plus durs essuyés depuis des mois par l’armée malienne et la force des pays du G5 Sahel (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad et Niger), dont relève l’un des bataillons maliens attaqués lundi.

Au moins vingt-cinq militaires ont été tués, et une soixantaine de soldats maliens sont portés disparus. L’armée a essuyé de lourdes pertes en matériel, a ajouté le gouvernement dans un communiqué.

Les forces armées sont cependant parvenues à reprendre et conserver le contrôle des positions attaquées, à Boulkessy et, à une centaine de kilomètres de là, à Mondoro, ont indiqué les autorités, ajoutant que les combats se poursuivaient et qu’une opération « d’envergure » des forces maliennes mais aussi burkinabè, appuyées par la force française antijihadiste Barkhane était en cours pour neutraliser les assaillants.

Ces hostilités sont une nouvelle illustration de la dégradation continue de la situation sécuritaire dans le pays en proie depuis 2012 à des insurrections indépendantistes, salafistes et jihadistes, et à des violences interethniques meurtrières. De larges pans du territoire échappent au contrôle du pouvoir central malien.

Déroulés des attaques

Lundi, des éléments appartenant au groupe Ansaroul Islam –accusé de semer la terreur dans le nord du Burkina– ont, selon la Force du G5 Sahel, lancé l’offensive contre le bataillon malien de la force à Boulkessy, près de la frontière avec le Burkina Faso.

Au même moment, le détachement de l’armée malienne à Mondoro a lui aussi été attaqué. Les informations en provenance de la zone très difficile d’accès sont rares, mais celles qui en parvenaient faisaient état de violents affrontements et de lourdes pertes –y compris des civils– sur lesquelles les autorités maliennes ont gardé le silence jusqu’à mardi soir.

Frappes aériennes

Les positions de Boulkessy sont tombées entre les mains des assaillants. De lourds moyens, y compris aériens, et des forces spéciales ont été engagées pour les reprendre, a indiqué une source militaire.

Après le déploiement des forces spéciales, les forces maliennes, « malgré les tirs de harcèlement des terroristes, ont pu réoccuper le camp de Boulkessy ce mardi soir », a déclaré le gouvernement. Quant à Mondoro, la reprise de contrôle par les forces maliennes y étaient confirmées mardi matin.

Les forces maliennes n’avaient pas connu un tel bain de sang depuis le 17 mars, quand une attaque jihadiste contre un camp de l’armée à Dioura (centre) avait fait près de 30 morts. à lire Mali : la principale alliance jihadiste du Sahel revendique l’attaque contre l’armée à Dioura

L’impuissance face à la propagation des violences au Mali et au Sahel faisait dire il y a une semaine au secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, que la communauté internationale était « en train de perdre du terrain face à la violence et au terrorisme ».

« Le nombre de morts civiles entre 2012 et 2018 a été multiplié par quatre » dans les pays du G5 Sahel, avait également souligné M. Guterres lors d’une réunion de haut niveau consacrée au Mali et au Sahel, en marge de l’assemblée générale des Nations unies.

Source : Jeune Afrique (Par AFP)