Fri10232020

Last update05:00:27 PM GMT

Back Culture Culture Culture en Afrique

Dossiers en Afrique

Le Tchad annonce des renforts militaires pour le G5 Sahel

Le Tchad annonce des renforts militaires pour le G5 SahelRFI Afrique - Le Tchad va mobiliser prochainement un deuxième contingent militaire pour renforcer l’action de la force conjointe du G5 Sahel.

L’annonce en a été faite, ce lundi soir à Nouakchott, au terme de la 8e session ordinaire du Conseil des ministres de l’organisation, par le ministre tchadien des Affaires étrangères. Le Tchad va mobiliser prochainement un deuxième contingent militaire d’environ 1 000 hommes pour renforcer l’action de la force conjointe du G5 Sahel.

Les militaires tchadiens seront déployés dans les régions des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. L'envoi de ce contingent était attendu depuis l’année dernière, mais il avait été retardé officiellement en raison de l’engagement du pays au lac Tchad contre Boko Haram.

Cette fois-ci, le ministre des Affaires étrangères tchadien, Amine Abba Sidick, a confirmé que ce déploiement était imminent :

« Bien que la situation au Lac Tchad ne soit pas suffisamment stable, le maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, président de la République, chef suprême des armées, nous a instruit de faire engager ce bataillon au fuseau centre pour l’opération de SAMA II. À cet égard je viens vous annoncer solennellement l’engagement du deuxième bataillon tchadien de la force conjointe du G5 Sahel au fuseau centre. Le ministre délégué à la présidence chargé des armées et des anciens combattants et des victimes de guerre a été instruit pour peaufiner les détails logistiques avec les partenaires. Pris individuellement, aucun de nos États ne peut vaincre le terrorisme c’est pourquoi le Tchad est convaincu que la mutualisation de nos efforts reste la seule option pour combattre le terrorisme dans notre espace communautaire. »

Actuellement, le Tchad compte déjà un premier contingent de 750 soldats déployé dans le cadre du G5 Sahel.

Source : RFI

 

Deux Nigériens et six Français tués par des hommes armés au Niger

Un officiel du ministère de l'Environnement discute avec un agriculteur près de Kouré, où huit personnes ont été tuées par des hommes armés le 9 août 2020 (photo d'illustration).Huit personnes, deux Nigériens et six Français comprenant des salariés de l’ONG Acted, ont été tuées dimanche par des hommes armés arrivés à moto dans la zone de Kouré au Niger, qui abrite les derniers troupeaux de girafes d’Afrique de l’Ouest.

« Il y a huit morts : deux Nigériens dont un guide et un chauffeur, les six autres sont des Français », a annoncé le gouverneur de Tillabéri, Tidjani Ibrahim Katiella, en milieu d’après-midi, dimanche. Paris a confirmé que des Français avaient péri, sans en donner le nombre.

« Parmi les huit personnes tuées au Niger, plusieurs sont des Français, salariés d’Acted », a indiqué de son côté Joseph Breham, avocat de l’ONG. « Acted et Impact Initiatives condamnent dans les termes les plus forts le meurtre insensé et barbare de nos collègues et de leur guide », lit-on dans un communiqué publié par l’ONG dans la soirée.

« En ce moment tragique, nos pensées vont vers leurs familles et leurs proches, chez eux et au Niger », continue l’ONG, qui précise que ses agents « travaillaient pour soutenir les communautés nigériennes en difficulté, motivés par les valeurs d’humanité et de solidarité ».

« Ce crime odieux ne doit pas rester impuni, et ne nous détournera pas de notre engagement à soutenir le peuple nigérien », conclut Acted.

« Victimes ont été abattues par balle »

L’armée française a apporté un appui aux troupes nigériennes après cette attaque, a annoncé l’état-major des Armées dans la capitale française. Selon le ministère nigérien de l’Intérieur, « une enquête et des opérations de ratissage, en collaboration avec nos partenaires (français) sont en cours en vue de dénicher les auteurs de ces actes ignobles et de renforcer la sécurité dans la zone ». L’armée nigérienne a quadrillé la zone du crime, une vaste région boisée, survolée par des avions de chasse français.

Des agents de la police scientifique procèdent à des prélèvements, à côté des pompiers qui s’apprêtent à enlever les corps tandis que la nuit tombe sur la localité, selon le correspondant de l’AFP sur place. « L’attaque a eu lieu vers 11H30 (10H30 GMT) à 6 km à l’est de la localité de Kouré » qui se trouve à une heure en voiture de Niamey sur la route nationale numéro 1, a expliqué une source proche des services de l’environnement.

« La plupart des victimes ont été abattues par balle et une femme qui a réussi à s’enfuir a été rattrapée et égorgée. Sur place, on a trouvé un chargeur vidé de ses cartouches », a relevé cette source. « On ne connaît pas l’identité des assaillants mais ils sont venus à moto à travers la brousse et ont attendu l’arrivée des touristes. Le véhicule emprunté par les touristes appartient à l’ONG Acted ».

Il s’agit de la première attaque ayant visé des Occidentaux dans cette zone depuis une vingtaine d’années

Cette source a décrit à l’AFP les corps gisant, côte à côte, près d’un véhicule 4X4 à moitié incendié et aux portières ouvertes. Des traces de balles étaient visibles sur la vitre arrière du véhicule. L’un des corps était carbonisé. D’autres présentaient des blessures mortelles à la tête.

Des images des lieux ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Dans son communiqué Acted a insisté auprès des médias et du grand public, leur demandant de « respecter la dignité et la vie privée des victimes ».

Il s’agit de la première attaque ayant visé des Occidentaux dans cette zone depuis qu’elle est devenue une attraction touristique il y a une vingtaine d’années, quand un petit troupeau de girafes peralta, une espèce qui a disparu du reste de la planète, fuyant braconniers et prédateurs, y avait trouvé un havre de paix.

« Kouré est à 60 km de Niamey, une heure de route. On va tous a Kouré en sortie le week-end parce que c’est très facile d’accès () Tout le monde y va, même les ambassadeurs, les diplomates, les professeurs, tout le monde ! Ce n’est pas du tout considéré comme dangereux comme zone. Il y a des ONG de protection des girafes qui travaillent là-bas », a expliqué un humanitaire occidental à Niamey.

Échange entre Macron et Issoufou

Emmanuel Macron a dénoncé dimanche soir « l’attaque meurtrière qui a lâchement frappé un groupe de travailleurs humanitaires » et affirmé que « tous les moyens » seront mis en oeuvre pour « élucider » les circonstances de cet « attentat », selon un communiqué de la présidence française. Le chef de l’État français, qui s’est entretenu avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, a ajouté que « leur détermination à poursuivre la lutte en commun contre les groupes terroristes au Sahel » demeurait « intacte ».

« Je condamne l’attaque terroriste, lâche et barbare perpétrée ce dimanche dans la paisible localité de Kouré », a tweeté pour sa part le président Issoufou, qui a adressé ses condoléances « aux familles des victimes nigériennes et françaises » ainsi qu’ »au président Macron dont l’engagement à nos côtés dans la lutte contre le terrorisme est sans faille ».

Le président du Mali, un pays frontalier du Niger, Ibrahim Boubacar Keïta, a réagi à l’attaque perpétrée, « condamnant énergiquement cet acte barbare () récurrent dans notre espace sahélien où continuent de sévir l’extrémisme violent et l’économie criminelle malgré la guerre sans merci livrée par les armées nationales, la force conjointe du G5 Sahel et la force (française) Barkhane ».

Source : Jeuneafrique.com

L'ONU ferme deux importants camps de réfugiés maliens au Niger

L'ONU ferme deux importants camps de réfugiés maliens au NigerLe Figaro - L'ONU a annoncé, mercredi 5 août, avoir fermé deux importants camps au Niger abritant des milliers de réfugiés maliens qui vont désormais vivre au sein de la population de la région de Tillabéri (ouest), proche du Mali et théâtre d'attaques djihadistes.

«La fermeture des camps est une idée conjointe» du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) et du gouvernement nigérien «qui a été accélérée l'an dernier avec la détérioration de la situation sécuritaire», a indiqué à l'AFP Benoît Moreno, un responsable du HCR à Niamey.

Pour «le gouvernement nigérien, les camps ne sont pas une solution dans la mesure où il y a des services (publics de base) parallèles et ça isole les gens», a-t-il expliqué. Les camps de réfugiés fermés sont Tabarey Barey et Mangaizé dans l'ouest du Niger, où vivaient 15.000 Maliens ayant fui les violences dans leur pays depuis 2012.

Les pensionnaires ont été déjà transférés dans les villes d'Ayorou et Ouallam (ouest), selon lui. Benoît Moreno assure que le HCR va s'atteler «à accompagner les réfugiés» afin qu«ils puissent «s'intégrer (à la population locale) en attendant de pouvoir repartir au Mali».

«Le camp de Tabarey Barey et celui de Mangaizé ont déjà été abandonnés et leurs infrastructures ont été officiellement remises au gouvernement du Niger par le HCR», a affirmé à la radio publique un responsable du ministère de l'Intérieur.

Les camps soupçonnés d'abriter des terroristes Des maisons seront construites pour les réfugiés et des habitants «vulnérables» de la région en vue de «faciliter l'intégration», a-t-il dit. Ce transfèrement «a un double avantage: il met les réfugiés à l'abri des attaques terroristes et la population bénéficiera des services sociaux», santé, éducation, alimentation, fournis par l'ONU, a confié à l'AFP un élu local.

Les autorités nigériennes soupçonnent par ailleurs ces camps d'abriter «des terroristes ou leurs complices». L'ouest du Niger est le théâtre d'attaques fréquentes de groupes djihadistes, notamment de l'État Islamique au Grand Sahara (EIGS).

Entre 2014 et 2016, Tabarey Barey et Mangaizé ont subi des attaques djihadistes qui ont fait une dizaine de morts parmi les réfugiés et les membres des forces nigériennes qui assuraient leur sécurité.

Selon l'ONU, le Niger abrite près de 60.000 réfugiés maliens qui avaient fui le nord du Mali tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes. Le Niger doit aussi faire face aux attaques dans l'Est des djihadistes de la nébuleuse Boko Haram.

Source : Le Figaro avec AFP

 

Une vingtaine de civils tués dans une attaque jihadiste dans le nord du Burkina Faso

Une vingtaine de civils tués dans une attaque jihadiste dans le nord du Burkina FasoFrance24 - Une "attaque jihadiste" a fait une vingtaine de victimes civiles dans la nuit de samedi à dimanche, à Lamdamol, un village du nord du Burkina Faso, dans la province du Séno.

Une nouvelle "attaque jihadiste" survenue dans le nord du Burkina Faso a provoqué la mort d'une vingtaine de civils dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 février, à Lamdamol, un village du nord du Burkina Faso, a annoncé une source sécuritaire.

Les assaillants lourdement armés et à bord de motocyclettes ont littéralement exécuté les habitants de la localité" située dans la commune de Bani, à 40km de Gorgadji, dans la province du Séno, a ajouté cette source.

Selon un agent de santé joint à Dori (nord), "l'infirmier en chef du centre de santé de la localité, qui rejoignait son poste dans le village de Lamdamol, a été tué dans cette attaque". "C'est la panique dans le village et les localités environnantes. Les populations fuient vers le centre- nord, même des habitants de Gorgadji désertent la zone", a précisé ce fonctionnaire.

Une autre source sécuritaire, jointe par l'AFP, a confirmé cette attaque jihadiste, évoquant "des représailles contre les habitants qui avaient été sommés quelques jours plus tôt de quitter les lieux".

Cette attaque contre les populations civiles survient une semaine après plusieurs autres dans le nord et le centre.

Le 25 janvier, 39 civils ont été tués dans une attaque jihadiste, perpétrée dans le village de Silgadji, localité située dans la commune de Tongomayel, dans la province du Soum.

Spirale de violences

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est confronté à des attaques jihadistes qui ont fait près de 800 morts depuis 2015.

Sous-équipées et mal entraînées, les forces de sécurité burkinabè n'arrivent pas à enrayer la spirale de violences malgré l'aide de militaires étrangers, notamment de la force française Barkhane.

Selon l'ONU, les attaques jihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ont fait 4.000 morts en 2019 et provoqué une crise humanitaire sans précédent avec 600.000 déplacés et réfugiés qui fuient les violences.

Avec AFP
Source : France24

 

Une frégate turque a escorté mercredi une cargaison de blindés vers Tripoli

Le porte-avions français Charles de Gaulle a repéré mercredi au large des côtes libyennes une frégate turque escortant un cargo acheminant des véhicules blindés de transport de troupes à destination de Tripoli, a appris jeudi l'AFP de source militaire française. Le cargo Bana, battant pavillon libanais, a fait escale mercredi dans le port de Tripoli, a précisé cette source. Selon le site Marine Traffic, ce navire croisait jeudi après-midi au large de la Sicile.

Source : RFI

 

Burkina Faso. Nouveau massacre djihadiste dans le nord du pays

Burkina. Nouveau massacre djihadiste dans le nord du paysOuest-France - Un nouveau massacre a été perpétré samedi au Burkina dans un marché du village de Silgadji dans le nord du pays où des hommes ont été "exécutés" après avoir été séparés des femmes, ont indiqué ce mardi des sources locales, dans une région régulièrement ciblée par des attaques djihadistes.

Le bilan de cette attaque est impossible à établir dans l’immédiat mais plusieurs témoignages évoquent "près de cinquante morts".

Une source sécuritaire a évoqué de son côté une "attaque djihadiste" qui a fait "10 à 30 morts" soulignant que le bilan des victimes "est difficile à établir car ce sont des chiffres avancés par des personnes ayant fui la localité".

Les terroristes toujours sur place ?

"Selon les habitants (de Silgadji) qui sont arrivés (dimanche), les attaques ont eu lieu depuis le samedi. Les terroristes ont encerclé les populations au marché du village, avant de les séparer en deux groupes. Les hommes ont été exécutés et les femmes sommées de quitter le village", a déclaré lundi à l’AFP par téléphone un habitant de Bourzanga, ville où sont arrivés des gens fuyant Silgadji.

"Les terroristes, selon les habitants, ne sont pas partis. Les groupes armés sont toujours dans les environs de Silgadji et Naguèré. Hier lundi, ils étaient encore dans Silgadji et ses environs où ils ont vandalisé des installations téléphoniques", poursuit cette source locale.

"Les éléments de sécurité tentent de se rendre sur les lieux mais les accès au village ont vraisemblablement été piégés avec des mines artisanales donc il faut procéder avec prudence", a précisé cette source.

Ce massacre intervient moins d’une semaine après l’attaque des villages de Nagraogo et Alamo un peu plus au sud dans la province de Sanmatenga. Les assaillants avaient tiré dans le marché tuant 36 personnes, tous des civils.

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est confronté à des attaques djihadistes qui ont fait près de 800 morts depuis 2015.

Crise humanitaire

Sous-équipées et mal entraînées, les forces de l’ordre burkinabè n’arrivent pas à enrayer la spirale de violences malgré l’aide de forces étrangères notamment de la France, présente avec 4 500 hommes dans le cadre de l’opération antidjihadiste Barkhane dans le Sahel. Selon l'ONU, les attaques djihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ont fait 4 000 morts en 2019.

Ces attaques ont provoqué une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés et réfugiés qui fuient les violences.

"C’est la crise humanitaire qui grossit la plus vite au monde. En févier 2019, il y avait 60 000 déplacés au Burkina. Il doit y en avoir plus de 600 000 aujourd’hui. Les gens ont peur", a souligné lundi Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) en visitant Barsalogho, petite ville du nord du Burkina Faso qui accueille 10 000 déplacés et réfugiés.

"Ce chiffre devrait atteindre 900 000 personnes d’ici avril de cette année, alors que les violences continuent de contraindre des familles à quitter leur foyer", a estimé Jan Egeland, ancien secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires.

Ouest-France avec AFP
Source : Ouest-France

 

Mali: un camp de gendarmes attaqué par des hommes armés dans le centre

Troupes non loin de Ségou. (Photo d'illustration)Au moins 18 gendarmes ont perdu la vie, ce dimanche 26 janvier, dans le centre de Mali. Ils étaient stationnés dans un camp militaire, situé dans le centre du pays, à 85 kilomètres de la frontière avec la Mauritanie. Ils ont été pris pour cible, ce matin, par des hommes armés.

L'attaque a eu lieu peu avant l'aube, selon un élu local. L'objectif des assaillants était le camp d'une soixantaine de gendarmes dans la petite localité de Sokolo, dans le cercle de Niono, à environ 170 km du nord de Ségou.

Selon un premier bilan officiel, au moins 18 gendarmes ont été tués et plusieurs autres ont été blessés. Des témoins ont vu les assaillants s'enfuir avec plusieurs véhicules militaires, après avoir incendié et complètement détruit le camp, selon la même source.

D'après l'Agence France-Presse, s'appuyant aussi sur un élu local, « les terroristes sont arrivés à moto ». Une source humanitaire sur place ajoute: « On a le sentiment que les assaillants savaient où ils mettaient les pieds ».

L'élu local contacté par RFI souligne que le camp de Sokolo est un « verrou », selon ses propres termes. Il se trouve dans le centre du pays, à environ 85 kilomètres de la Mauritanie et de là, précise notre source, on peut passer la frontière, sans rencontrer aucun village où se réfugier, dans la forêt du Wagadou qui se trouve également dans le secteur.

Source : RFI

 

G5 Sahel : Une réunion pour permettre aux armées de passer d’un territoire à un autre

G5 Sahel : Une réunion pour permettre aux armées de passer d’un territoire à un autre LeFaso - Le comité de défense et de sécurité réunissant les chefs d’Etat-major des armées des pays du G5 Sahel est à Ouagadougou pour une réunion extraordinaire.

Ils vont modifier le concept d’opération de la force conjointe, pour intégrer les dernières décisions des Chefs d’Etat. Les échanges qui ont débuté ce 24 janvier 2020 devraient permettre aux hommes sur le terrain de passer d’un territoire à un autre pour traquer les terroristes.

Après la conférence extraordinaire des chefs d’Etats membres du G5 Sahel à Niamey au Niger et la rencontre de Pau en France, des décuisions importantes ont été prises.

A leur tour, les chefs d’Etat-major des pays de la force conjointe se réunissent à Ouagadougou pour intégrer les grandes décisions prises par les politiques. Pendant 48 h donc, le Comité de défense et de sécurité (CDS) va travailler à intégrer les nouvelles orientations.

« Nos décisions et orientations devront permettre au commandement de la force conjointe, après un changement de posture, d’envisager un plan de campagne plus réaliste à mesure d’inverser de façon significative la situation sécuritaire dans la zone des trois frontières », a expliqué le Général Moïse Miningou, chef d’Etat-major général des armées du Burkina Faso, et président en exercice du CDS.

Il a rappelé que depuis la dernière rencontre du CDS à Nouakchott en Mauritanie, en octobre 2019, la situation sécuritaire a connu une dégradation préoccupante particulièrement dans le fuseau centre et dans la région des trois frontières « Les attaques d’une rare barbarie visant tant les FDS que les paisibles populations civiles ont endeuillé nos différents pays ». Le Burkina Faso, le Mali et le Niger continuent de subir la furie des terroristes, avec de plus en plus de victimes.

Il y avait donc urgence à examiner au plus vite les dernières décisions prises par les chefs d’Etat. Le Gal Miningou s’est dit confiant en ce que les résultats des travaux impulseront à la force conjointe, une dynamique nouvelle afin qu’elle soit mieux adaptée à l’environnement sécuritaire du moment.

A l’issue de cette réunion extraordinaire du CDS, le concept stratégique des opérations du G5 Sahel va changer. « Au début, chaque bataillon ne pouvait manœuvrer que sur son territoire. Avec les décisions des chefs d’Etat-major, normalement tout l’espace devrait être une zone d’opération. Une troupe devrait pouvoir quitter son territoire pour aller sur un autre territoire », a poursuivi le chef d’Etat-major général des armées du Burkina avant de préciser que pour ce faire, la modification des textes est un préalable.

Le droit de poursuite transfrontalière est justement l’un des dossiers sur la table des discussions.

La rencontre d’Ouagadougou a réuni les Chefs d’Etat-major du Burkina, du Mali, du Niger, de la Mauritanie. La France était également présente avec son chef d’Etat-major général des armées et avec le commandant de la force Barkhane.

Tiga Cheickh Sawadogo

Lefaso.net

 

Au Mali, plusieurs soldats tués dans une attaque près du Burkina Faso

Au Mali, plusieurs soldats tués dans une attaque près du Burkina FasoFrance24 - Le Mali a annoncé, jeudi, qu'au moins six de ses soldats avaient été tués dans une attaque près de la frontière avec le Burkina Faso. Le pays et ses voisins sont la cible depuis plusieurs mois d'attaques visant leurs soldats et les civils.

Au moins six soldats maliens ont été tués, dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 janvier, dans l'attaque de leur poste dans le centre du pays en guerre, près de la frontière avec le Burkina Faso, a indiqué l'armée.

"Les FAMa (Forces armées maliennes) ont été attaquées à Dioungani par des hommes armés non identifiés [...] Les FAMa déplorent un bilan provisoire de six morts et des blessés", a indiqué l'armée sur son compte Twitter. L'attaque a été imputée aux jihadistes par les autorités du secteur et des habitants.

Ce secteur, ainsi que le Burkina et le Niger voisins, ont connu ces derniers mois une succession d'attaques jihadistes meurtrières contre les soldats et les civils, sans que les forces nationales et étrangères présentes dans la région parviennent à les enrayer.

Le nombre de victimes des violences a été multiplié par cinq depuis 2016 dans les trois pays pour atteindre environ 4 000 morts en 2019 selon l'ONU. Le conflit au Sahel a fait des centaines de milliers de déplacés.

Avec AFP
Source : France24

 

Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque dans le Nord-Ouest

Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque dans le Nord-Ouest Un engin artisanal a explosé samedi au passage d'un véhicule de transport en commun, dans le nord-ouest du pays. Au moins 14 civils, dont les élèves d'un collège, ont été tués, selon des sources sécuritaires.

Au moins quatorze civils, dont des élèves, ont été tués, samedi 4 janvier, par l'explosion d'un engin artisanal au passage d'un bus dans le nord-ouest du Burkina Faso, selon des sources sécuritaires.

"Un véhicule de transport en commun a sauté sur un engin artisanal ce matin sur l'axe Toeni-Tougan (province du Sourou, frontalière du Mali), a indiqué une source sécuritaire. Le bilan provisoire est de 14 morts et quatre blessés graves qui ont été pris en charge."

"L'incident a eu lieu aux environs de 9 h et les missions de sécurisation et de secours ont été aussitôt déployées sur les lieux", a précisé cette même source.

Les attaques avec des engins artisanaux se multiplient

"Les victimes sont essentiellement des élèves (d'un collège) qui regagnaient leur localité d'études après avoir passé les fêtes de fin d'année en famille", a expliqué une autre source, confirmant le "bilan provisoire".

L'état-major général des armées burkinabè a par ailleurs fait cas, dans un communiqué, d'une attaque contre une unité de gendarmerie à Inata (nord) survenu "vendredi 3 janvier, vers 5 h du matin".

"Faisant preuve d'un sang-froid et d'une réactivité exemplaires, les éléments ont réussi à mettre en échec les assaillants. Le bilan fait état d'une dizaine de terroristes neutralisés", indique le document.

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est régulièrement confronté à des attaques jihadistes. Des attaques qui ont fait environ 750 morts et 560 000 déplacés depuis 2015.

Le Nord et l'Est sont particulièrement touchés. La capitale Ouagadougou a, elle, été frappée à trois reprises.

Les attaques avec des engins artisanaux, débutées en août 2018, se sont multipliées depuis.

Dans une adresse télévisée à la nation à l'occasion du Nouvel An, le président Roch Marc Christian Kaboré a assuré que la "victoire" sur le "terrorisme" était "certaine".

Avec AFP
Source : France24

 

Colonel Mohamed Lemin : Quelle strategie au Sahel?

Colonel Mohamed Lemin : Quelle strategie au Sahel?Adrar-Info - La dégradation de situation sécuritaire au sahel semble empirer comme le montrent les récentes attaques au Niger, au Burkina et l’enlèvement de treize mauritaniens a la frontière du Niger et du Burkina.

Une dégradation qui confirme les pronostics américains d’une situation sécuritaire dont les pays du G5S commencent à perdre le contrôle et qui préconise de l’effondrement précoce de certains pays. Le temps n’étant plus aux tergiversations, il s’avère désormais indispensable et urgent de réagir pour reprendre la situation en main.

Aux demandes répétées de l’admission de la FC-G5S au chapitre VII de la Charte des Nations unies et de l’octroi à la Minusma d’un mandat offensif, la réponse de l’ONU est on ne peut claire: “la lutte contre le terrorisme est un combat qui doit être portée par les armées nationales, elle ne rentre pas dans le cadre des missions de l’ONU. Les mandats déjà robustes des missions de maintien de la paix peuvent être adaptés mais ils sont indépendants de la lutte contre le terrorisme. J’insiste sur cela. Sinon, on fait de l’amalgame”, déclare la Guinéenne Bintou Keita, sous-secrétaire de l’ONU pour l’Afrique.

Il revient donc aux pays du Sahel de s’atteler et sans plus tarder à s’investir avec leurs propres moyens pour assurer leur sécurité. Toutes les mesures dilatoires utilisées jusqu’a ce jour n’ont fait que contribuer à l’accélération de la dégradation de la sécurité au Sahel.

Si les pays du G5 ne reconnaissent pas que la situation est hors de contrôle, ils admettent quand même sa gravité et son expansion à d’autre pays jusqu’à là épargnés.

Le déploiement de forces supplémentaires de la FC-G5S dans le ventre mou des pays du sahel (frontiers Burkina – Niger – mali) et une révision de la stratégie sont des actions qui peuvent se révéler salutaires dans la reprise en main de la situation.

Cette révision de la stratégie doit prendre en compte trois facteurs déterminants dans ce combat asymétrique, la présence indispensable de Barkhane, le déploiement prochain des forces spéciales européennes et le retrait probable des forces américaines du théâtre des opérations.

L’esquisse de la nouvelle stratégie doit se fonder essentiellement sur la mise en retrait de la force Barkhane et des forces spéciales européennes avec l’engagement en première ligne de la FC-G5S et des armées des pays du G5 avec un effort particulier sur la coordination des actions entre la FC-G5S, les forces des pays de Cedeao, la force Barkhane et les forces spéciales européennes d’une part, et d’autre part sur le renforcement de la coopération entre les différents services de sécurité et de renseignements, tout en axant l’effort sur la reconstruction des armées Burkinabé et malienne.

La FC-G5S doit privilégier la recherche du contact avec les groupes terroristes et se defaire de la tactique du cantonnement dans des positions statiques. Dans cette guerre, les facteurs de succès déterminants, sont la mobilité, la quête du renseignement sur le terrain, la souplesse dans l’action, une plus grande dispersion dans la recherche et un rapide regroupement au contact.

Les derniers tests même probants de la mise en œuvre de drones équipées d’armes n’apportent aucun changement majeur, mais constituent une capacité supplémentaire, permettant de traiter des objectifs ponctuels, dans une situation fugace.

En tout état de cause, il ne faut pas s’y tromper, l’élément déterminant dans cette guerre au terrorisme est l’homme et non le matériel. Les états du G5S doivent prouver que la FC-G5S est une réalité et non une idée.

Mohamed Lemin
Source : Adrar-Info (Mauritanie)

 

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général Lecointre

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général LecointreMaville - Le général Lecointre, chef d’état-major des armées françaises, estime que l’année 2020 sera cruciale en matière de sécurité au Sahel et qu’un échec de la stratégie retenue aura de graves conséquences.

En janvier, Emmanuel Macron réunira les chefs des 5 États du Sahel pour élaborer une position commune antiterroriste. L’avenir du Sahel se joue « dans l’année qui vient », a estimé le chef d’état-major français, le général François Lecointre, dans un entretien à France Info.

« C’est maintenant, dans l’année qui vient, que se joue l’avenir du Sahel », a-t-il prévenu lors d’un déplacement il y a quelques jours dans cette région. « C’est pour ça que nous nous engageons en avant-garde et que nous allons passer à la vitesse supérieure », a-t-il affirmé sans fournir de détails.

Peut-être faisait-il référence au projet français de faire déployer des forces spéciales européennes en soutien aux forces françaises pour épauler les armées nationales. Des armées bien à la peine depuis quelques mois et soumises à une très forte pression djihadiste. « Si nous loupons ce moment charnière, je suis assez pessimiste », a prévenu François Lecointre.

« Si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes »

Le chef d’état-major français a toutefois rejeté toute idée d’échec de la mission française Barkhane : « Ce qu’on demande à un soldat, c’est de permettre que le niveau de violences soit le plus bas possible, de façon à ce que des solutions politiques puissent être mises en œuvre sans que l’on ne sombre définitivement dans des situations de guerre civile », a-t-il relevé. « Nous évitons que le pire ne se produise et ça doit être porté à notre crédit ».

Mais si le travail de Barkhane « n’est pas complété par une action politique […] en partenariat entre les gouvernements des pays que nous venons aider et l’ensemble de la communauté internationale […], notre action ne servira à rien », a-t-il assuré.

Par ailleurs, « si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes, laisser la place à l’État islamique, ce qui provoquera une pression migratoire sur l’Europe, avec tous les risques populistes que cela entraînera », a-t-il averti, reprenant ainsi le discours tenu récemment par Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères.

Le sommet de Pau en janvier

Le sommet sur le Sahel voulu par Emmanuel Macron, annulé la semaine dernière après une attaque djihadiste contre une position de l’armée du Niger (71 morts et une trentaine de disparus), a été reprogrammé le 13 janvier.

Il aura lieu à Pau.

Ce sommet aura pour objectif « de réévaluer le cadre et les objectifs de l’engagement français au Sahel. Il permettra également de poser les bases d’un soutien international accru aux pays du Sahel », dit l’Élysée dans un communiqué diffusé lundi soir.

Les présidents des cinq pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) ont « confirmé leur accord et leur disponibilité pour cette date », a précisé l’Élysée. Devraient donc être présents les présidents du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, du Niger Mahamadou Issoufou et du Tchad, Idriss Déby ainsi que celui de Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, le président du Conseil européen, Charles Michel, le vice-président de la Commission européenne et Haut représentant pour les Affaires étrangères, Josep Borrel, ont également été conviés.

Philippe CHAPLEAU. Ouest-France
Source : Maville (France)

 

Niger: plus d'une centaine de morts dans l'attaque d’une garnison à Inates

Niger: plus d'une centaine de morts dans l'attaque d’une garnison à InatesRFI Afrique - Cette attaque est la plus meurtrière jamais enregistrée dans cette zone frontalière avec le Mali : au moins 70 militaires et 57 assaillants y ont perdu la vie, selon des sources militaires consultées par RFI.

Le poste militaire d’Inates a été attaqué mardi 10 décembre, dans la soirée, par plusieurs colonnes de véhicules, dont des blindés et des motos. Inates se situe à 250 km de Niamey et les assaillants sont des jihadistes en provenance du nord du Mali.

L’armée a été attaquée sur trois côtés et les combats ont été d’une rare violence. En témoigne la mort, les armes à la main, du chef de la garnison et de son adjoint, au milieu de leurs hommes.

L’arrivée de renforts militaires a permis de repousser les assaillants. Il n’y a pour l’instant aucun bilan officiel, mais des sources concordantes parlent de 70 soldats et de 57 terroristes tués.

Pas de revendication

C’est la seconde fois que ce poste est attaqué. En juillet dernier, 18 soldats nigériens avaient trouvé la mort dans un assaut mené par les hommes d'Abou Walid al-Sahraoui.

L’attaque de ce 10 décembre n’a elle pas encore été revendiquée, mais au Niger, les regards se tournent, vue l’ampleur des moyens utilisés, vers le groupe d’Iyad Ag Ghali, le consortium d’Aqmi, Ansar Dine et al-Mourabitoun. Celui-ci pourrait aussi avoir eu le renfort des combattants d'Abou Walid al-Sahraoui, au vu du nombre de motos utilisées.

Inates occupe une position stratégique pour l’armée nigérienne. Ce poste est situé à moins de 5 km de la frontière malienne et non loin de la réserve de faune d’Ansongo, qui abrite de nombreux terroristes du nord du Mali.

Cette localité se situe aussi non loin de deux bourgades maliennes qui servent de carrefour aux narcotrafiquants et aux terroristes, les villages d’Akabar et Tabankort. Et la présence militaire nigérienne gène ces trafiquants dans leurs acheminements vers la frontière algérienne.

Source : RFI Afrique

 

 

Mali: «inefficace» ou «indispensable», la présence de Barkhane fait débat

Mali: «inefficace» ou «indispensable», la présence de Barkhane fait débatRFI Afrique - Le président français a fait savoir ce jeudi 28 novembre qu'il allait réclamer à ses alliés une « plus grande implication » contre « le terrorisme » au Sahel. Mais au Mali, des voix s’élèvent contre la présence militaire française. Une fronde qui n'est pas partagée par tous les camps politiques et la société civile.

L’opposition modérée, comme le gouvernement, le martèle : la présence de la force Barkhane ne doit pas être remise en cause. Pour Moussa Mara, leader du parti d’opposition Yelema, la stabilité dépend de la présence militaire française.

« Ce n’est pas une question d’être dans l’opposition ou la majorité, c’est d’être conscient de la réalité de notre pays et donc du fait que nous avons absolument besoin de l’assistance internationale dans notre pays, et particulièrement de l’opération Barkhane », estime-t-il.

Son de cloche très différent sur l’aile gauche de l’opposition. Selon Oumar Mariko, président du parti SADI, la réponse doit être d’abord politique et unitaire. « Il faut aujourd’hui la réunion des forces politiques patriotiques pour remettre en cause le régime en place et son soutien qu’est la France… La question sécuritaire du Mali ne peut être résolue que par des dirigeants légitimes et légaux et non dans le sens des intérêts étrangers français. »

Pour Mahmoud Diko, l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali, la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical doit être menée par tous les moyens, à condition de trouver une porte de sortie. « Je pense que le Mali a encore besoin de l’aide, de l’accompagnement de tous ses partenaires… Une guerre sans fin n’existe pas, il faut trouver une solution pour en finir avec cette situation. »

Aujourd’hui, si un certain nombre de Maliens remettent en cause la pertinence de la force Barkhane, aucun dirigeant du pays n'a demandé son départ.

Source : RFI Afrique

 

 

Mali : 13 soldats français tués dans l'accident de deux hélicoptères lors d'une opération contre des jihadistes

Mali : 13 soldats français tués dans l'accident de deux hélicoptères lors d'une opération contre des jihadistesFrance24 - Treize militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort lundi soir au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé mardi l'Élysée.

Treize militaires français ont été tués au Mali, lundi soir, dans l'accident de leurs deux hélicoptères alors qu'ils menaient une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé l'Élysée, mardi 26 novembre, dans un communiqué.

Ces soldats de l'opération Barkhane appartenaient à l'armée de Terre. Il s'agissait de six officiers, de six sous-officiers, et d'un caporal-chef, précise la présidence. Il s'agit de l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

Emmanuel Macron a salué "avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l'armée de terre [...] tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manoeuvre et d'assaut Cougar, selon des sources de la défense.

Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif.

Le dernier accident mortel d'hélicoptères dans l'armée remonte à février 2018, lorsque deux hélicoptères d'une école de l'armée de Terre s'étaient écrasés dans le Var, à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Tropez, après une collision en vol, faisant cinq morts.

Avec AFP et Reuters
Source : France24

 

 

L’ONU appelle la communauté internationale à soutenir le G5 Sahel

L’ONU appelle la communauté internationale à soutenir le G5 SahelBintou Keita, la sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, a demandé que les montants d’aide à la force antiterroriste soient « prévus et fixes ».

Alors que la force conjointe du G5 Sahel, qui regroupe cinq pays (Mauritanie, Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad), va bientôt fêter ses deux ans d’existence et que le climat sécuritaire s’est largement dégradé dans la zone, Bintou Keita, la sous-secrétaire générale de l’ONU pour l’Afrique, a présenté son dernier état des lieux, mercredi 20 novembre.

Un bilan exhaustif, recouvrant l’opérationnalité des missions, le budget et les relations entre la force du G5 Sahel et celles des Nations unies (la Minusma), de l’Union européenne et de la France (l’opération « Barkhane »). En appelant la communauté internationale à soutenir le Sahel et en insistant pour que les montants d’aide soient « prévus et fixes », la représentante du patron de l’ONU appuie la demande des pays concernés.

Bintou Keita a tout d’abord voulu exposer l’aggravation des « attaques terroristes » : 489 incidents ont été enregistrés cette année au Burkina, contre 151 l’an dernier ; au Niger, les incidents de ce type ont triplé, pour passer à 218 en 2019.

Et la violence s’étend désormais à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. « Le terrorisme est un problème partagé, un problème pour tous. Aucun pays ne peut y faire face seul », a déclaré Mme Keita devant le Conseil de sécurité.

Un nouveau commandant

Si la force du G5 Sahel a peiné à faire ses preuves lors des huit premières opérations militaires de l’année, elle a accueilli un nouveau commandant militaire en juillet, le général nigérien Oumarou Namata Gazama.

Celui-ci a accéléré le tempo : trois opérations ont été menées successivement entre septembre et novembre sur chacune des trois zones de frontières qui séparent les cinq pays – toujours avec la collaboration, indispensable, des hommes de « Barkhane ».

Les 5 000 soldats du G5 Sahel ont commencé à obéir à une meilleure organisation entre eux. A en croire Alpha Barry, le ministre des affaires étrangères du Burkina Faso (qui assure la présidence tournante du G5 Sahel), la force est encore « en phase de montée en puissance » et souffre de difficultés structurelles récurrentes.

Par exemple, le matériel militaire lourd vient seulement d’être réceptionné et cette lenteur aurait donné l’avantage aux groupes terroristes, qui ont pu multiplier leurs opérations face à une force mal équipée et pas encore assez coordonnée.

Les Américains refusent toujours de modifier les financements et montages mis en place, au profit d’aides bilatérales avec chaque membre du G5 Sahel. Pourtant, Alpha Barry assure que des dispositifs de contrôle des dépenses et des achats auraient été mis en place grâce à un fonds fiduciaire ad hoc.

« Les bailleurs de fonds ont même été invités à y siéger », confie-t-il. Or les pays du G5 Sahel estiment que leur force conjointe est sous-financée et que si la communauté internationale désire la voir prendre son autonomie et exceller en matière de contre-terrorisme, elle aura besoin de plus de moyens.

Les promesses de la Cédéao

Bintou Keita l’a rappelé : « La plupart des pays du G5 consacrent déjà près de 20 % de leur budget national à la défense et à la sécurité. » Elle s’est félicitée des promesses faites par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) en septembre. L’organisation sous-régionale s’est engagée à mobiliser 1 milliard de dollars pour la lutte antiterroriste, juste avant de demander à la communauté internationale un plus grand soutien.

Pour assurer sa mission de développement, l’autre pilier pour endiguer le terrorisme, le G5 Sahel aurait besoin de plus de fonds. « Que leur faut-il pour bouger ? », se plaint à New York le représentant de la Guinée équatoriale à l’ONU : « Qu’un califat se mette en place ? » La France a annoncé mercredi une contribution de 522 millions d’euros pour le programme d’investissements prioritaires du G5 Sahel pour les années 2019 et 2020.

Carrie Nooten (New York, Nations unies, correspondante)
Source : Le Monde Afrique (France)

 

 

Au Mali, une attaque jihadiste fait 24 morts dans les rangs de l'armée

Au Mali, une attaque jihadiste fait 24 morts dans les rangs de l'arméeFrance24 - Les forces maliennes et nigériennes ont mené, lundi, une opération conjointe antiterroriste dans l'est du Mali, faisant 24 morts dans les rangs de l'armée et 17 dans ceux des jihadistes.

Nouvelle attaque meurtrière au Mali. Des combats ont fait 24 morts dans les rangs de l'armée malienne et 17 dans ceux des jihadistes, lundi 18 novembre dans l'est du pays, dans un contexte de dégradation sécuritaire continue, a indiqué l'armée sur les réseaux sociaux.

Les forces maliennes et nigériennes menaient une opération conjointe contre les jihadistes quand une patrouille a été attaquée à Tabankort, a affirmé l'armée. Les forces maliennes "déplorent 24 morts, 29 blessés et des dégâts matériels. Côté ennemi l'on dénombre 17 terroristes tués, une centaine de suspects appréhendés", a-t-elle rapporté.

Des prisonniers détenus

Les prisonniers sont aux mains des forces nigériennes, a-t-elle précisé. Dans un précédent communiqué, l'armée malienne avait indiqué avoir reçu le soutien de la force française antijihadiste Barkhane dans la contre-offensive contre les jihadistes.

Il s'agit d'un nouveau rude coup essuyé par l'armée malienne qui avait déjà perdu une centaine de soldats dans deux attaques jihadistes en un mois cet automne.

"La semaine dernière, les Forces armées maliennes avaient observé un repli stratégique pour resserrer leurs rangs vers l’intérieur du pays, explique Erwan Schiex, correspondant de France 24 au Mali. Elles avaient abandonné deux positions à la frontière du Niger. Un repositionnement qui s’était accompagné d’une série d’opérations dans plusieurs localités et repaires de groupes armés, notamment dans le centre, avec à la clé des saisies d’armes et de matériel. Pas assez, semble-t-il, pour contenir des assaillants toujours plus imprévisibles, organisés et redoutables."

Avec AFP
Source : France24

 

 

La force du G5 Sahel affirme avoir mené une opération «d’envergure» au Mali

La force du G5 Sahel affirme avoir mené une opération «d’envergure» au MaliRFI Afrique - Selon la force conjointe du G5 Sahel, lors de cette opération menée les deux premières semaines de novembre dans le centre et le nord du Mali, plusieurs combattants terroristes ont été tués, des armes saisies et des fabriques d'explosifs détruites.

Plus de 1 400 militaires venus du fuseau centre de la force conjointe G5 Sahel, c’est-à-dire du Mali, du Burkina Faso et du Niger, ont participé aux opérations, appuyés par la force française Barkhane. « D'importants moyens terrestres » étaient également mobilisés, selon le communiqué de la force conjointe.

Toutes les troupes étaient concentrées sur le territoire malien dans la zone communément appelée « le Gourma », c’est-à-dire dans une partie de la région de Gao, de Tombouctou et même un peu dans le Centre.

Mine d'informations

Selon le communiqué officiel, 25 terroristes tués ou capturés en deux semaines, plusieurs dizaines de motos, l’un des moyens de déplacement des jihadistes détruites. Une centaine de téléphones ont également été saisis sur l’équipement récupéré, ils pourraient constituer une véritable mine d’informations.

La force conjointe G5 rapporte également que lors de cette opération qualifiée « d’envergure », ses troupes ont détruit un dépôt de carburant, mais également un atelier de fabrication d’engins explosifs improvisés.

Ces engins explosifs, communément appelés des mines, font de nombreuses victimes chez les militaires, mais également parmi les populations civiles du centre et du nord du Mali.

Source : RFI Afrique

 

 

Sahel : Quand l'exploitation artisanale de l'or nourrit le jihad

Sahel : Quand l'exploitation artisanale de l'or nourrit le jihadLes groupes jihadistes gravitant dans le Sahel ne manquent pas d'inspiration pour trouver une source de financement. Face à la raréfaction des rançons sur des enlèvements d'occidentaux, les terroristes semblent s’être tournés vers l'orpaillage. Et pas que pour le financement. Les sites d'orpaillage serviraient aussi de lieux de recrutement et de formation.

Selon un rapport de Crisis Group intitulé « Reprendre en main la ruée vers l’or au Sahel central » publié le 13 novembre, c'est la tendance dans au moins trois pays du Sahel.

« Alors que les rançons des prises d’otage, source importante de revenus pour les groupes jihadistes au Sahel, se raréfient, l’or peut constituer pour eux un nouvel atout, à des fins de financement mais également de recrutement », peut on lire sur le document dont Dakaractu a obtenu copie.

Ce risque est d’autant plus élevé, selon Crisis Group, que les orpailleurs considèrent parfois la présence des jihadistes comme une aubaine, et non comme une menace.

Selon le rapport, « les modes de financement varient d’une région à l’autre ».

« Dans le Soum burkinabè, des unités jihadistes sont rémunérées par les orpailleurs pour effectuer des missions de sécurité sur les sites. Dans les zones de Tinzawaten, Intabzaz ou Talahandak, au nord de la région de Kidal au Mali, le groupe jihadiste Ansar Eddine (membre du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM)) n’exerce pas une présence armée destinée à la sécurisation du site, mais prélève la zakat (impôt religieux) auprès des orpailleurs et du reste de la population », explique Crisis Group.

Cette pratique n'est pas l'apanage du Groupe dirigé par Iyad Ag Ghali. Adnan Abou Walid et ses sbires, au sein de l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), s'y adonneraient aussi.

Si les jihadistes trouvent leur compte dans ce nouveau business, les exploitants aurifères n'y trouvent pas à redire non plus. Cependant, « ils composent avec les groupes jihadistes moins par conviction que par pragmatisme ».

Des lieux de recrutement et de formation

Dans ses recherches, Crisis Group a constaté que les « les sites aurifères semblent être aussi des lieux de recrutement pour les groupes jihadistes ».

La tendance est remarquée « à l’Est du Burkina Faso ou dans le département de Torodi au Niger » où «  des prêches jihadistes qui appellent au respect de la Charia (loi islamique) sur les sites d’extraction, ont été rapportés.

La dernière remarque et non des moindres, c'est le fait que les sites aurifères soient utilisés comme des lieux de formation. « en matière d'explosifs », précise le rapport. Pour en attester, les auteurs du rapport convoquent les témoignages de membres de la Katiba Khalid Ben Walid, la branche sud d'Ansar Dine. Ils auraient rapporté avoir reçu une formation aux explosifs sur une des nombreuses mines d'or artisanale au nord de la Côte  d'Ivoire, près de la frontière malienne.

« Les filières aurifères constitueraient aussi une voie d’approvisionnement pour la fabrication d’engins explosifs improvisés (IED), en particulier dans le centre du Mali et dans certaines régions du Burkina Faso où le nitrate d’ammonium, commercialisé par des entreprises dans le Sahel, est le principal composant des IED », s’inquiète Crisis Group.

La réponse des États

Quelle doit être dès lors la réponse des États concernés ? Crisis Group préconise la régularisation et la sécurisation des sites aurifères, en y associant des « acteurs non étatiques qui mènent déjà des opérations de sécurité sur certains sites aurifères ». « Il ne s’agit pas de déléguer la sécurisation des mines à des groupes militarisés qui pourraient échapper au contrôle de l’État et commettre des exactions contre des civils », prévient le rapport.

Pour l'Ong, « Il s’agit plutôt de reconnaître le rôle des acteurs locaux de sécurité, qui assurent déjà de facto des missions de police dans les mines et leurs alentours, et de mieux les encadrer ».

À un niveau sous-régional, il est suggéré aux États d'harmoniser leurs approches et leurs cadres de régulation pour mieux maîtriser les circuits de commercialisation. « Cela nécessite enfin, au niveau international, un contrôle renforcé des circuits d’exportation et d’importation », conclut Crisis Group.

Source : Dakaractu.com

 

« Le Sénégal n’est pas considéré comme un pays d’origine important pour les trafics d’armes de la sous-région »

« Le Sénégal n’est pas considéré comme un pays d’origine important pour les trafics d’armes de la sous-région »Mali Actu - Le vol de milliers de munitions de guerre dans un stock de l’armée sénégalaise remet au goût du jour le débat sur la nécessite de lutter contre le flux illicite des armes et des munitions en Afrique. Une gangrène qui a causé beaucoup de morts dans les conflits qui fleurissent sur un pan non négligeable du Continent noir.

Suivant la feuille de route de l’Union Africaine visant à éradiquer la prolifération des armes en Afrique d’ici 2020, Small Arms Survey a produit, en janvier 2019, un rapport intitulé « L’Atlas des armes: Une cartographie des flux illicites d’armes légères en Afrique ».

Ce travail de longue haleine permet d’avoir une idée du nombre d’armes légères en circulation en Afrique, leurs détenteurs et les canaux de trafic.

80% des armes légères, entre les mains des civils et des groupes armés non étatiques

Selon ce rapport de 110 pages, « les acteurs civils africains, dont les individus, les entreprises immatriculées – comme les entreprises de sécurité privées – et les groupes armés non étatiques détiendraient donc plus de 40 millions d’armes légères – soit près de 80 % des armes en circulation sur le continent ». Les forces armées et de sécurité, quant elles, détiendraient moins de 11 millions d’armes légères, constate Small Arms Survey.

Qui fait remarquer que sur les 40 millions détenues par la population civile, seules 5 841 200 seraient enregistrées contre 16 043 800 non enregistrées. En chiffres absolus, rapporte le document parcouru par Dakaractu, la population civile de l’Afrique de l’Ouest arrive en tête avec près de 11 millions d’armes légères licites et illicites.

L’Afrique du nord occupe la deuxième place avec 10,2 millions d’armes légères en circulation. Grâce à ses 7,2 millions d’armes légères détenues par sa population civile, l’Afrique de l’Est occupe la troisième marche du podium.

Cependant en chiffres relatifs, c’est l’Afrique australe qui vole la vedette aux autres parties du continent. Elle présente un taux de 9/100 civils tandis que l’Afrique de l’Ouest n’arrive qu’à la quatrième place avec 2 habitants sur 100 qui détiendraient une arme légère.

Parmi les sources régionales d’armes illicite, il a été cité le trafic transfrontalier d’armes déjà illégales. Il est aussi noté le détournement des matériels des stocks nationaux et de maintien de la paix.

Dans une interview avec Dakaractu, Nicolas Florquin, l’un des auteurs du rapport de Small Arms Survey et de l’Union africaine, est d’avis que « le détournement des stocks des forces et services nationaux est reconnu comme étant une source importante de flux d’armes illicite dans la région (ouest-africaine) mais aussi au niveau international ».

Selon le chercheur qui capitalise plus de 10 ans d’expérience dans le domaine, des efforts sont entrepris par les États africains pour « sécuriser ces stocks », mais, reconnaît-il, « il y a certainement encore du chemin à parcourir ».

Le Sénégal, pas un grand fournisseur

Ce qu’il est intéressant par contre de noter dans le cas de l’affaire des 4500 cartouches d’AK-47 volées à la base de Ouakam et qui ont été stoppées net à Pire alors qu’elles étaient en partance pour la frontière entre le Sénégal et la Mauritanie, c’est la promptitude avec laquelle l’origine des munitions a été déterminée par les autorités sénégalaises.

« Ceci est intéressant car il est souvent plus difficile de tracer les munitions que les armes, ces dernières comportant des marquages individuels qui sont généralement absents des munitions elles-mêmes », fait remarquer le chercheur, visiblement heureux de constater que « les registres des stocks nationaux de munitions sont bien maintenus et permettent ce traçage national, qui est essentiel à l’identification des points de détournement. »

Nicolas Florquin de relativiser la place du Sénégal dans le trafic d’armes dans la sous région. « Le pays n’est pas généralement considéré comme un pays d’origine important pour les trafics d’armes de la sous-région, même si des petits trafics transfrontaliers ‘de fourmis’ existent comme dans la majorité des pays », tranche-t-il.

Dans ce lot, le chercheur convoque un trafic clandestin de pistolets d’alarme de fabrication turque du Sénégal vers la Mauritanie. « Ces armes qui sont à l’origine non-létales sont facilement transformées par les criminels pour le tir de balles réelles et alimentent les marchés illicites, en Afrique comme en en Europe », alerte-t-il.

Dans quelle catégorie mettre donc les munitions de calibre 7,62 mm subtilisées par un soldat de première classe de l’armée sénégalaise pour éventuellement les mettre dans le circuit illicite ?

AK-47, la préférée des groupes armés

Le rapport de Small Arms Survey renseigne que « la majorité des des armes illicites qui circulent parmi les groupes armés de zones touchées par un conflit, sont des fusils d’assaut militaires et des systèmes d’armes souvent fabriquées il y a plusieurs décennies dans des pays de l’Ex URSS.

« De même, selon la MINUSMA, le type d’arme illicite le plus fréquemment observé dans sa zone de mission est le fusil de type AK, suivi par le pistolet-mitrailleur de type PKM en proportion bien moindre – des armes produites, dans les deux cas, à partir des années 1960 dans les pays de l’ex-Union soviétique et en Chine », renseigne le rapport.

Pour autant, rien n’indique que les munitions de calibre 7,62 mm, pour AK-47 étaient destinées à approvisionner les groupes armés de la région qui en raffolent.

Seule l’information judiciaire ouverte par le parquet pour association de malfaiteurs en relation avec une activité terroriste et détention d’armes en vue de commettre des actes terroriste peut lever et mettre fin aux spéculations.

D’ici là, le chercheur Nicolas Florquin exhorte les états africains à mettre en œuvre les politiques clairement définis pour stopper les flux illicites d’armes et de munitions. Sinon l’objectif que s’est fixée l’Union africaine, à savoir faire taire les armes à l’horizon 2020, risque d’être une utopie, si ce n’est déjà le cas.

Dakaractu
Source : Mali Actu

 

Burkina Faso : au moins 37 personnes tuées dans une attaque "planifiée" contre un convoi minier

Burkina Faso : au moins 37 personnes tuées dans une attaque Le Monde Afrique - Une embuscade contre un convoi d’une compagnie minière a fait au moins 37 morts, civils, et plus de soixante blessés, mercredi 6 novembre, dans la région de l’est du Burkina Faso, selon un bilan encore provisoire, fourni par les autorités locales.

Il s’agit de l’attaque la plus meurtrière enregistrée dans le pays depuis le début des violences djihadistes, il y a près de cinq ans. Dans la matinée, « des individus armés non identifiés ont tendu une embuscade à un convoi transportant des travailleurs de la mine d’or Semafo sur l’axe Ougarou-Boungou », a indiqué le gouverneur de la région de l’Est dans un communiqué.

« Le convoi, accompagné d’une escorte militaire, comptait cinq autobus transportant des employés burkinabés, des entrepreneurs et des fournisseurs », a détaillé la société canadienne Semafo, qui exploite la mine d’or de Boungou, située à quarante kilomètres du lieu de l’attaque. Le site et ses activités « n’ont pas été affectés », précise la compagnie aurifère, sise à Montréal.

« C’était un massacre »

Selon nos informations, il s’agirait d’une attaque dite « complexe ». Le véhicule de tête a sauté sur un engin explosif placé sur la voie, les cars transportant les employés de la société ont ensuite été pris d’assaut par un groupe armé. « Les assaillants étaient nombreux et sans doute informés du passage du convoi, ils ont tiré en rafale sur les passagers, c’était un massacre, certains ont réussi à fuir en se réfugiant dans une forêt voisine », rapporte une source sécuritaire.

Une opération de « secours » et « un ratissage de la zone » ont été lancés par les forces de défense et de sécurité, a assuré le gouvernement burkinabé dans la soirée. Deux attaques meurtrières avaient déjà visé des convois de personnels de la mine de Boungou et leurs escortes en août et en décembre 2018. Au total, onze personnes avaient déjà été tuées.

Cette année, l’Etat burkinabé avait demandé aux compagnies minières de prendre « des dispositions spéciales pour le déplacement de leurs employés », selon l’Agence France-Presse, face à l’aggravation de la situation sécuritaire dans le pays, qui compte plus d’une dizaine de sites industriels miniers.

Spirale de violence

Pour l’heure, l’attaque n’a pas été revendiquée, mais les assauts des groupes djihadistes de la sous-région – Al-Qaida et l’organisation Etat islamique notamment –, ne cessent de se multiplier et ont déjà fait près de 700 morts dans le pays depuis 2015. Près d’un demi-million de personnes ont dû fuir leurs foyers à cause des violences, selon les estimations du Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

La capitale, Ouagadougou, elle, a déjà été frappée à trois reprises par des attentats d’envergure. Trente personnes, majoritairement des Occidentaux, avaient été tuées lors d’un raid djihadiste contre un hôtel et un restaurant du centre-ville le 15 janvier 2016. Plus récemment, le 19 août, l’armée burkinabée a subi son attaque la plus meurtrière, avec au moins vingt-quatre morts dans un assaut contre une base militaire à Koutougou, dans le nord du pays.

Sous-équipées, mal formées et désorganisées, les forces de défense et de sécurité locales semblent incapables d’enrayer le cycle des violences sur leur territoire. A la demande des autorités, les membres de l’opération française « Barkhane » ont dû intervenir à deux reprises en septembre pour épauler l’armée burkinabée.

« Le combat continue, il doit continuer, car c’est un combat de longue haleine que nous devons mener ensemble contre le terrorisme », a déclaré lundi la ministre française des armées, Florence Parly, en déplacement à Ouagadougou, avant d’annoncer le lancement d’une opération conjointe, conduite par la force « Barkhane » avec celles du G5 Sahel, comprenant notamment deux compagnies burkinabées, dans la zone des trois frontières, entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.

Sophie Douce (Ouagadougou, correspondance)
Source : Le Monde Afrique (France)