Fri04232021

Last update12:21:14 PM GMT

Back Culture Culture Culture en Afrique

Dossiers en Afrique

Algérie : Les généraux tentent de revenir au Sahel par la porte de la Mauritanie

Algérie : Les généraux tentent de revenir au Sahel par la porte de la MauritanieYabiladi - Les militaires algériens tentent de revenir au Sahel en relançant la Coordination de Tamanrasset, mise en place en 2009. Un objectif qui nécessite l’adhésion des membres du G5 du Sahel lancé par la France.

C’est dans ce cadre que s’inscrit l’invitation adressée au chef des armées de la Mauritanie à se rendre en Algérie. Le 21 décembre, Nouakchott accueillait la deuxième session de la commission mixte militaire maroco-mauritanienne. Trois semaines après cette réunion, le chef des armées de la Mauritanie reçoit une invitation de son homologue algérien, Said Chengriha.

Le général de division Mohamed Bamba Ould Meguett a commencé son séjour algérien par une visite à une unité industrielle militaire, située à Tiaret, destinée à la fabrication des véhicules multifonctions et tout-terrain.

Ould Meguett s’est réuni, hier, avec son homologue algérien. «Cette rencontre a constitué une occasion pour les deux parties, de passer en revue l’état de la coopération militaire bilatérale et échanger les analyses et points de vue sur les questions d’actualité et d’intérêt commun», indique le ministère de la Défense algérien dans un communiqué.

«Votre première visite en Algérie permettra sans doute le développement de nos relations et constitue une opportunité pour hisser la coopération entre nos deux armées dans les domaines d'intérêts communs, notamment à la lumière de l’évolution du contexte sécuritaire dans la région», a déclaré Chengriha dans une allocution de bienvenue à son invité de marque mauritanien.

Relancer la Coordination de Tamanrasset dans une conjoncture économique difficile

Il a saisi cette occasion pour remettre au gout du jour la Coordination de Tamanrasset, en rade depuis quelques années.

Le cadre idoine, selon lui, «pour faire face aux défis sécuritaires qui s’imposent dans notre région, à travers la mise à profit des mécanismes de coopération sécuritaire déjà existants, notamment le CEMOC (Comité d'Etat-Major Opérationnel Conjoint)» des membres de la Coordination à savoir : l’Algérie, Mauritanie, Mali et le Niger.

Le général Said Chengriha a estimé qu’il est «judicieux de valoriser davantage les mécanismes de coopération sécuritaire déjà existants, à l’instar du CEMOC» mais tout en veillant à faire l’impasse sur le G5 Sahel, mis en place depuis 2014 par la France.

Les généraux algériens tentent de profiter d’une conjoncture marquée par la multiplication de la commission d’attentats de groupes terroristes, au bilan humain très lourd, dans les Etats membres du G5 pour revenir dans la région. La nouvelle constitution, signée le 1er janvier par le président Abdelmadjid Tebboune, autorise en effet le déploiement de troupes hors des frontières.

Si le verrou légal a sauté, le coût financier du projet de retour au Sahel pourrait constituer un obstacle, sachant que la création de la Coordination de Tamanrasset en automne 2009 a coïncidé avec une rente pétrolière au zénith. D’ailleurs, c’est l’Algérie qui finançait les actions et les exercices militaires des armées du bloc régional, jusqu’à ce que le G5 les suspende.

Le souhait des Algériens de revenir au Sahel risque de se heurter à la nouvelle stratégie des Etats-Unis visant à étendre son influence au Sahel, marquée par la nomination en mars 2020 de Peter Pham, envoyé spécial pour le Sahel.

En septembre, cet ancien lobbyiste du Maroc a effectué une tournée en Mauritanie, au Niger et en France. La semaine dernière il a assisté à la cérémonie d’investiture du président du Burkina Faso, Roch Kaboré. Un pays lourdement frappé par le terrorisme des antennes de Daesh et AQMI. Aujourd’hui, Pham se trouve au Ghana pour prendre part à la prestation de serment du président Nana Akufo Addo.

Source : Yabildi (Maroc)

Mali : Alger affirme avoir récupéré une « tranche de la rançon » des otages

L’ex-otage Sophie Pétronin, accueillie en France à son retour de Bamako par Emmanuel Macron et Jean-Yves Le Drian.L’armée algérienne assure avoir mis la main sur 80 000 euros issus de la « rançon » versée pour la libération de quatre otages en octobre.

Les négociations qui ont abouti, en octobre, à la libération de quatre otages – dont la française Sophie Pétronin et l’opposant malien Soumaïla Cissé, décédé le 25 décembre – contre 200 prisonniers, avait été très mal accueillies par Alger. Les autorités algériennes ont alors dénoncé le paiement d’une rançon et la libération de jihadistes comme autant de facteurs d’aggravation de la crise sécuritaire qui sévit dans le Sahel. Alger s’est également, à plusieurs reprises, inquiété des conséquences de ces libérations pour sa propre sécurité intérieure.

Ce lundi 28 décembre, le ministère algérien de la Défense a affirmé que l’armée algérienne avait « découvert et détruit cinq casemates pour terroristes et récupéré la somme de 80 000 euros » lors d’une opération menée à Jijel, dans le nord du pays, sans donner plus de détails. Une annonce qui est intervenu quelques heures avant que la présidence française n’annonce la mort de trois soldats déployés dans le cadre de l’opération Barkhane, victimes d’un attentat à la bombe artisanale dans la zone des « trois frontières », dans le centre du Mali.

« Première tranche de la rançon »

Cette somme de 80 000 euros, assurent les autorités algériennes, « s’est avérée être la première tranche de la rançon, objet du marché conclu au Sahel le mois d’octobre passé, et supposée être versée au profit des résidus des groupes terroristes traqués par les services de sécurité. »

Cette opération a pu être menée grâce aux informations obtenues après la capture, le 16 décembre,dans la même localité à Jijel, du « terroriste Rezkane Ahcene », précise par ailleurs le communiqué du ministère algérien de la Défense. C’est dans la même région que trois islamistes armés, des vétérans du jihad en Algérie, ainsi qu’un sergent-chef de l’armée avaient été tués dans un accrochage, début décembre.

Selon la presse algérienne officielle, l’armée aurait ainsi déjoué un plan de redéploiement d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) après la mort de son chef, l’Algérien Abdelmalek Droukdel, tué en juin par les forces armées françaises dans le nord du Mali.

Négociée avec le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali, la libération en octobre de 200 prisonniers contre quatre otages, dont une Française, a alimenté les tensions entre Paris et Alger. Craignant notamment le retour de jihadistes sur leur sol, les autorités algériennes ont vivement critiqué les négociations et fustigé des « pratiques douteuses ».

Un jihadiste relâché au Mali en échange des otages et arrêté fin octobre en Algérie avait évoqué le versement d’une rançon de « millions d’euros », dans une vidéo diffusée sur la télévision publique algérienne, sans qu’il soit possible de corroborer ses dires ou de savoir dans quelles conditions les images avaient été enregistrées.

La « grande préoccupation » d’Alger

Début décembre, dans une référence implicite à la France, le Premier ministre algérien, Abdelaziz Djerad, avait indiqué que l’Algérie prenait « acte, avec une grande préoccupation, de la poursuite des transferts, au profit de groupes terroristes, de fonds colossaux au titre de rançons pour la libération des otages ».

Cette « démarche sape nos efforts de lutte antiterroriste », avait-il ajouté, selon des propos relayés par l’agence de presse officielle APS.

Les autorités algériennes font état de « résidus du terrorisme » depuis la fin de la sanglante guerre civile (1992-2002) qui a opposé des groupes islamistes aux forces de sécurité et fait au moins 200 000 morts.

L’Armée nationale populaire (ANP) fait régulièrement état de l’arrestation ou de la neutralisation de « terroristes », un terme utilisé par les autorités pour désigner les islamistes armés restés actifs dans le pays depuis le début des années 1990.

Paris nie toute implication

De son côté, la France a toujours démenti avoir été impliquée dans les négociations pour la libération des quatre otages et avoir payé une rançon pour l’otage française, Sophie Pétronin. « Nous n’étions pas partie de ces négociations », a affirmé le 12 octobre le Premier ministre Jean Castex, évoquant un « geste humanitaire » des jihadistes à propos de la libération de la Française.

Les paiements de rançon dans le cadre de libération d’otages occidentaux au Sahel sont réputés courants, sans que les détails ni la véracité de ceux-ci ne soient, dans la majorité des cas, officiellement confirmés.

Source : Jeune Afrique

Au Nigeria, Boko Haram revendique l’enlèvement de centaines de lycéens

Au Nigeria, Boko Haram revendique l’enlèvement de centaines de lycéensLe Monde Afrique - Au moins 333 adolescents sont portés disparus depuis l’attaque de leur pensionnat à Kankara, dans le nord-ouest du pays.

Abubakar Shekau, leader de Boko Haram, a revendiqué mardi l’enlèvement de plusieurs centaines de lycéens dans le nord-ouest du Nigeria, dans une zone éloignée de leur bastion, marquant un tournant important dans l’expansion du groupe djihadiste. Au moins 333 adolescents sont portés disparus depuis l’attaque de leur pensionnat à Kankara, dans l’Etat de Katsina, dans la nuit du vendredi 11 au samedi 12 décembre.

Plus d’une centaine d’hommes armés à moto ont attaqué cette école publique rurale et alors que certains lycéens ont réussi à s’échapper, d’autres ont été rattrapés, séparés en plusieurs groupes et emmenés par des assaillants, selon des habitants contactés par l’Agence France-Presse (AFP).

Bien que ce kidnapping de masse ait ravivé le spectre de l’enlèvement de Chibok, en 2014, lorsque 276 jeunes filles avaient été enlevées lors d’un examen, il a d’abord été attribué à des « bandits » agissant a priori sans motivation idéologique ni religieuse.

En effet, les kidnappings contre rançon sont monnaie courante dans cette partie du Nigeria, où des groupes armés terrorisent les populations, volent leur bétail et leur village pour des raisons financières.

Mais mardi matin, dans un message vocal diffusé sur les canaux traditionnels du groupe, le leader historique de Boko Haram a revendiqué l’enlèvement des lycéens à Katsina. « Je suis Abubakar Shekau et nos frères sont derrière l’enlèvement à Katsina », a-t-il fait savoir.

De nombreux observateurs avaient mis en garde contre un possible rapprochement de ces « bandits » criminels avec les groupes djihadistes qui étendent leur influence dans toute la région sahélienne, du centre du Mali au lac Tchad (nord du Cameroun).

« Il y a eu des informations selon lesquelles des anciens combattants qui ont quitté Boko Haram ou l’Iswap [Etat islamique en Afrique de l’Ouest] ont désormais rejoint les rangs des bandits dans le nord-ouest » du Nigeria, explique Idayat Hassan, experte en sécurité au Centre pour la démocratie et le développement (CDD-West Africa), un think tank établi à Abuja : « D’autre part, nous avons vu certains groupes prêter allégeance à Shekau ces derniers mois. »

« Infiltration djihadiste »

Un constat partagé par Nnamdi Obasi, chercheur nigérian pour l’International Crisis Group (ICG), qui avait publié un rapport, en mai, s’inquiétant de l’expansion de l’influence des groupes djihadistes à travers tout le nord du Nigeria, et notamment dans les Etats du Nord-Ouest (Katsina, Zamfara, Sokoto, Kaduna…). « Depuis début 2019, les gouverneurs de ces Etats ont prévenu [le pouvoir central] de l’infiltration djihadiste du groupe de Boko Haram dans la région », rappelle M. Obasi.

Le président nigérian, Muhammadu Buhari, qui est lui-même originaire de Katsina et qui était d’ailleurs en visite chez lui au moment de l’enlèvement, a condamné l’attaque et ordonné le renforcement de la sécurité dans toutes les écoles. Les établissements scolaires ont également été fermés. L’armée a affirmé lundi avoir localisé « le repaire des bandits », ajoutant qu’une opération militaire était en cours.

La situation sécuritaire s’est largement détériorée dans le nord du Nigeria depuis l’élection de M. Buhari, en 2015. Musulman originaire du nord du pays, il avait pourtant fait de la lutte contre Boko Haram sa priorité.

La semaine dernière, le chef de l’Etat, âgé de 77 ans, avait annoncé qu’il s’exprimerait devant l’Assemblée nationale pour s’expliquer au sujet de l’insécurité rampante qui gagne le pays, avant de faire marche arrière. « L’Assemblée nationale n’a aucun pouvoir constitutionnel pour faire la leçon au président en son rôle de commandant général des forces armées », a justifié le ministre de la justice, Abubakar Malami.

Le conflit djihadiste a fait 36 000 morts, essentiellement dans le nord-est du pays, sur les pourtours du lac Tchad, et plus de 2 millions de personnes ne peuvent toujours pas regagner leur foyer. Il s’est étendu au Tchad, au Cameroun et au Niger.

Le Monde avec AFP

Afrique de l’Ouest et centrale : l’OIM appelle à aider des milliers de migrants vulnérables

Afrique de l’Ouest et centrale : l’OIM appelle à aider des milliers de migrants vulnérablesONU Info - L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a lancé, lundi, un appel de 100 millions d’euros pour continuer à fournir une protection urgente aux migrants vulnérables originaires d’Afrique de l’Ouest et centrale qui tentent souvent d’atteindre l’Europe en traversant la mer Méditerranée.

Cet appel de l’OIM intervient alors que le financement au titre du Fonds fiduciaire de l’Union européenne (UE) arrive à son terme et suscite « de vives inquiétudes quant au sort de dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants vulnérables ».

Sans cette aide de l’UE, « ces migrants auraient pu être laissés dans des conditions très périlleuses, dans des centres de détention et laissés pour morts dans le désert, ou vivant dans des environnements extrêmement difficiles propices à la traite et au trafic, sans aucune alternative sûre pour améliorer leur vie et celle de leur famille », a déclaré le Directeur général de l’OIM, António Vitorino, dans un communiqué publié par l’agence onusienne.

Lancée en décembre 2016, dans le cadre du Fonds d’affectation spéciale d’urgence de l’UE pour l’Afrique, l’initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants rassemble 26 pays africains, l’UE et l’OIM autour d’un objectif commun : faire en sorte que les migrations soient plus sûres, mieux informées et mieux gérées, tant pour les migrants et leurs communautés que pour les pays d’accueil.

Depuis son lancement, au moins 77.000 ressortissants d’Afrique de l’Ouest et centrale ont bénéficié d’une aide au retour volontaire, dont quelque 68.000 ont reçu une assistance vitale à la réintégration adaptée à leurs besoins et à leurs vulnérabilités pour les aider à reconstruire leur vie, notamment ave un soutien économique, des conseils, un soutien en matière de santé mentale et psychosocial.

Le financement de cet appel de l’OIM permettra d’apporter une assistance directe à plus de 12.000 migrants et de leur permettre de retourner chez eux. Il aidera également à la réintégration d’au moins 24.000 personnes revenues d’Afrique du Nord, de l’Ouest et centrale, et d’Europe.

L’aide permettra également des opérations de recherche et de secours humanitaire dans le désert du Sahara ainsi qu’une aide humanitaire après le débarquement le long de la route de la Méditerranée occidentale.

Déjà 500 morts en 2020 sur la route migratoire vers les îles Canaries

Pendant la période la plus difficile de la crise de la Covid-19 en avril, un fonds a été créé et a aidé près de 5.000 migrants en leur fournissant des soins de santé et des couloirs humanitaires lorsque les voies de mobilité ont été interrompues en raison de la pandémie.

Plus de 26.000 migrants bloqués ont été aidés par le programme de recherche et de sauvetage dans le désert de l’OIM. Au cours des quatre dernières années, l’agence onusienne a pu intervenir rapidement à la faveur de ses centres de transit situés au Niger, au Mali et au Burkina Faso, le long des principaux couloirs migratoires. L’OIM estime ainsi avoir « sauvé des vies et offert aux migrants des alternatives sûres et dignes ».

« De nombreux migrants n’ont pas les moyens financiers et administratifs de rentrer chez eux lorsqu’ils veulent terminer leur voyage », a indiqué Christopher Gascon, Directeur régional de l’OIM pour l’Afrique de l’Ouest et centrale.

« Souvent, la seule option qui leur reste est de tenter la dangereuse traversée de la Méditerranée », a-t-il ajouté.

Or « de nouvelles routes vers l’Europe, souvent dangereuses, s’ouvrent ou se réactivent constamment », déplore M. Gascon. « Nous assistons aujourd’hui à un nombre croissant de départs vers les îles Canaries. Cette route maritime a déjà coûté la vie à plus de 500 migrants cette année ».

Source : ONU Info


Sahara occidental: scènes de vie sur la route de la Mauritanie

Sahara occidental: scènes de vie sur la route de la MauritanieTV5 MONDE - Trois motels, trois cafés, deux stations-services, trois épiceries et un coiffeur...

Dans le hameau poussiéreux de Guerguerat, à l'extrême sud du Sahara occidental, toute la vie tourne autour de la frontière avec la Mauritanie, sur la seule route reliant le Maroc et l'Afrique de l'Ouest. "Il n'y a rien d'autre ici", souligne l'épicier le plus prospère de Guerguerat, le Marocain Aziz Boulidane.

Cet homme entreprenant a aménagé une petite terrasse devant sa boutique pour servir des cafés aux routiers et aux voyageurs de passage, à proximité de la douane marocaine qui contrôle les poids-lourds en transit.

C'est ce point frontalier, situé au coeur d'une zone désertique aride et caillouteuse, proche du littoral atlantique, qui a récemment cristallisé les tensions entre le Maroc et les indépendantistes du Front Polisario, nouvel épisode d'un long conflit sur le devenir de l'ancienne colonie espagnole du Sahara occidental.

L'armée marocaine s'est déployée le 13 novembre dans la zone-tampon contrôlée par l'ONU pour "sécuriser" un passage crucial pour le commerce. Un groupe de militants indépendantistes sahraouis bloquaient depuis environ trois semaines la route construite, selon eux, en violation de l'accord de cessez-le-feu de 1991 signé sous l'égide de l'ONU après 15 ans de combat.

Depuis, le Maroc a conforté ses positions sur le terrain en protégeant le passage par un mur de sable surveillé par les militaires et en terrassant le dernier tronçon de route qui se réduit à un entrelacs de pistes de sable.

L'opération a été menée "dans l'intérêt de l'Afrique, du Maroc et des pays du Nord", a assuré le Premier ministre marocain, Saad-Eddine El Othmani, qui s'est rendu sur place pour la première fois vendredi, en même temps qu'une délégation d'hommes politiques.

- "Porte sur l'Afrique" -

"Le poste-frontière a un important poids économique et génère d'importants revenus", explique El Fekir Khattat, un élu municipal qui décrit fièrement sa région comme "la porte du Maroc sur l'Afrique".

L'intervention de l'armée marocaine "va renforcer l'attractivité économique", dit-il.

L'élu table sur la construction de deux zones industrielles "pour valoriser l'activité commerciale" générée par la route et pour "créer de l'emploi" dans cette région désertique et peu peuplée.

Rabat a déjà mené plusieurs grands chantiers dans ce territoire riche en eaux poissonneuses et en gisements de phosphate.

Le Front Polisario, lui, dénonce "le pillage des ressources naturelles appartenant au peuple sahraoui".

C'est en 2017, année de la réintégration du Maroc dans l'Union africaine, que le roi Mohamed VI débloque sept milliards d'euros d'investissements pour transformer cette partie du Sahara en "hub économique".

Deux des projets, représentant chacun une enveloppe de près d'un milliard d'euros, concernent l'aménagement d'une "voie express" nord-sud sur un millier de km et la transformation du port de Dakhla en "hub maritime régional", pour desservir le nord du Maroc, les ports de l'ouest africain et les Canaries.

- "Point stratégique"-

Daouda Sene, le gérant de l'hôtel Barbas, le plus vieil établissement de la région de Guerguerat, se flatte de travailler dans "un point stratégique sur le plan international".

"C'est par là que passent tous les Européens et tous les Africains qui veulent partir en Afrique de l'Ouest", souligne le Sénégalais de 46 ans, qui a été recruté il y a quelques mois pour "améliorer l'image et le niveau" du motel, situé à Bir Gandouz, à 80 km au nord de la frontière.

En temps normal, son établissement accueille "toutes les nationalités": Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Mauritaniens, Gambiens, Marocains, pour ce qui concerne le transport et le commerce; Français, Espagnols, Portugais ou Chinois pour les voyages de loisirs, le tourisme ou la pêche.

Mais ces derniers mois, l'activité a pâti de la fermeture des frontières liée à la pandémie de Covid-19, puis des blocages du Front Polisario sur la route.

"Avant, l'hôtel marchait bien, mais le chiffre d'affaires a baissé", regrette le gérant.

Il reste cependant persuadé que le bourg de Bir Gandouz, qui compte actuellement un millier d'âmes, deviendra un jour un grand centre touristique et commercial, "plus grand que le port de Dakhla".

Actuellement, quelque 200 camions empruntent quotidiennement la "Nationale 1" que traversent parfois des dromadaires élevés librement dans le désert.

Par Fadel SENNA, Hicham RAFIH

AFP

 

Mali : une rançon de 30 millions d'euros pour libérer Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin (médias algériens)

Mali : une rançon de 30 millions d'euros pour libérer Soumaïla Cissé et Sophie Pétronin (médias algériens) Agence Ecofin - Les quatre otages récemment libérés au Mali auraient été échangés contre une rançon de 30 millions d’euros et la libération de 207 djihadistes, a affirmé récemment un djihadiste libéré dans le cadre de cet accord, puis arrêté en Algérie, rapportent plusieurs médias.

Un enregistrement présenté comme les aveux d’un des djihadistes libérés au Mali et arrêté fin octobre dans son pays d’origine, l’Algérie, et largement diffusé par plusieurs médias algériens, donne des détails sur les conditions de libération de Soumaïla Cissé (photo), Sophie Pétronin et des deux italiens auparavant détenus dans le Sahel.

Le djihadiste affirme, en effet, que les quatre otages auraient été libérés contre le paiement d’une rançon de 30 millions d’euros (environ 19,6 milliards FCFA) et la libération de 207 djihadistes.

Selon RFI, citant des sources proches des négociations à Bamako, on ne conteste plus trop ces chiffres. « Oui, de l’argent a circulé avant, pendant et après les libérations », confie une source proche du dossier.

Le 08 octobre dernier, les autorités de la transition au Mali avaient annoncé la libération de Soumaïla Cissé, 70 ans, ancien chef de l'opposition et kidnappé le 25 mars, en pleine campagne pour les élections législatives, et Sophie Pétronin, 75 ans, une otage française enlevée le 24 décembre 2016 par des hommes armés à Gao.

Deux autres otages italiens, Nicola Chiacchio et le prêtre Pier Luigi Maccalli, aux mains de groupes djihadistes, avaient également été libérés.

Les autorités maliennes qui ont entamé les négociations sous le pouvoir de l’ex-président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) puis de la transition, ont depuis gardé l’omerta sur les conditions entourant la libération de ces otages.

Borgia Kobri

 

Le Tchad annonce des renforts militaires pour le G5 Sahel

Le Tchad annonce des renforts militaires pour le G5 SahelRFI Afrique - Le Tchad va mobiliser prochainement un deuxième contingent militaire pour renforcer l’action de la force conjointe du G5 Sahel.

L’annonce en a été faite, ce lundi soir à Nouakchott, au terme de la 8e session ordinaire du Conseil des ministres de l’organisation, par le ministre tchadien des Affaires étrangères. Le Tchad va mobiliser prochainement un deuxième contingent militaire d’environ 1 000 hommes pour renforcer l’action de la force conjointe du G5 Sahel.

Les militaires tchadiens seront déployés dans les régions des trois frontières entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso. L'envoi de ce contingent était attendu depuis l’année dernière, mais il avait été retardé officiellement en raison de l’engagement du pays au lac Tchad contre Boko Haram.

Cette fois-ci, le ministre des Affaires étrangères tchadien, Amine Abba Sidick, a confirmé que ce déploiement était imminent :

« Bien que la situation au Lac Tchad ne soit pas suffisamment stable, le maréchal du Tchad, Idriss Deby Itno, président de la République, chef suprême des armées, nous a instruit de faire engager ce bataillon au fuseau centre pour l’opération de SAMA II. À cet égard je viens vous annoncer solennellement l’engagement du deuxième bataillon tchadien de la force conjointe du G5 Sahel au fuseau centre. Le ministre délégué à la présidence chargé des armées et des anciens combattants et des victimes de guerre a été instruit pour peaufiner les détails logistiques avec les partenaires. Pris individuellement, aucun de nos États ne peut vaincre le terrorisme c’est pourquoi le Tchad est convaincu que la mutualisation de nos efforts reste la seule option pour combattre le terrorisme dans notre espace communautaire. »

Actuellement, le Tchad compte déjà un premier contingent de 750 soldats déployé dans le cadre du G5 Sahel.

Source : RFI

 

Deux Nigériens et six Français tués par des hommes armés au Niger

Un officiel du ministère de l'Environnement discute avec un agriculteur près de Kouré, où huit personnes ont été tuées par des hommes armés le 9 août 2020 (photo d'illustration).Huit personnes, deux Nigériens et six Français comprenant des salariés de l’ONG Acted, ont été tuées dimanche par des hommes armés arrivés à moto dans la zone de Kouré au Niger, qui abrite les derniers troupeaux de girafes d’Afrique de l’Ouest.

« Il y a huit morts : deux Nigériens dont un guide et un chauffeur, les six autres sont des Français », a annoncé le gouverneur de Tillabéri, Tidjani Ibrahim Katiella, en milieu d’après-midi, dimanche. Paris a confirmé que des Français avaient péri, sans en donner le nombre.

« Parmi les huit personnes tuées au Niger, plusieurs sont des Français, salariés d’Acted », a indiqué de son côté Joseph Breham, avocat de l’ONG. « Acted et Impact Initiatives condamnent dans les termes les plus forts le meurtre insensé et barbare de nos collègues et de leur guide », lit-on dans un communiqué publié par l’ONG dans la soirée.

« En ce moment tragique, nos pensées vont vers leurs familles et leurs proches, chez eux et au Niger », continue l’ONG, qui précise que ses agents « travaillaient pour soutenir les communautés nigériennes en difficulté, motivés par les valeurs d’humanité et de solidarité ».

« Ce crime odieux ne doit pas rester impuni, et ne nous détournera pas de notre engagement à soutenir le peuple nigérien », conclut Acted.

« Victimes ont été abattues par balle »

L’armée française a apporté un appui aux troupes nigériennes après cette attaque, a annoncé l’état-major des Armées dans la capitale française. Selon le ministère nigérien de l’Intérieur, « une enquête et des opérations de ratissage, en collaboration avec nos partenaires (français) sont en cours en vue de dénicher les auteurs de ces actes ignobles et de renforcer la sécurité dans la zone ». L’armée nigérienne a quadrillé la zone du crime, une vaste région boisée, survolée par des avions de chasse français.

Des agents de la police scientifique procèdent à des prélèvements, à côté des pompiers qui s’apprêtent à enlever les corps tandis que la nuit tombe sur la localité, selon le correspondant de l’AFP sur place. « L’attaque a eu lieu vers 11H30 (10H30 GMT) à 6 km à l’est de la localité de Kouré » qui se trouve à une heure en voiture de Niamey sur la route nationale numéro 1, a expliqué une source proche des services de l’environnement.

« La plupart des victimes ont été abattues par balle et une femme qui a réussi à s’enfuir a été rattrapée et égorgée. Sur place, on a trouvé un chargeur vidé de ses cartouches », a relevé cette source. « On ne connaît pas l’identité des assaillants mais ils sont venus à moto à travers la brousse et ont attendu l’arrivée des touristes. Le véhicule emprunté par les touristes appartient à l’ONG Acted ».

Il s’agit de la première attaque ayant visé des Occidentaux dans cette zone depuis une vingtaine d’années

Cette source a décrit à l’AFP les corps gisant, côte à côte, près d’un véhicule 4X4 à moitié incendié et aux portières ouvertes. Des traces de balles étaient visibles sur la vitre arrière du véhicule. L’un des corps était carbonisé. D’autres présentaient des blessures mortelles à la tête.

Des images des lieux ont été diffusées sur les réseaux sociaux. Dans son communiqué Acted a insisté auprès des médias et du grand public, leur demandant de « respecter la dignité et la vie privée des victimes ».

Il s’agit de la première attaque ayant visé des Occidentaux dans cette zone depuis qu’elle est devenue une attraction touristique il y a une vingtaine d’années, quand un petit troupeau de girafes peralta, une espèce qui a disparu du reste de la planète, fuyant braconniers et prédateurs, y avait trouvé un havre de paix.

« Kouré est à 60 km de Niamey, une heure de route. On va tous a Kouré en sortie le week-end parce que c’est très facile d’accès () Tout le monde y va, même les ambassadeurs, les diplomates, les professeurs, tout le monde ! Ce n’est pas du tout considéré comme dangereux comme zone. Il y a des ONG de protection des girafes qui travaillent là-bas », a expliqué un humanitaire occidental à Niamey.

Échange entre Macron et Issoufou

Emmanuel Macron a dénoncé dimanche soir « l’attaque meurtrière qui a lâchement frappé un groupe de travailleurs humanitaires » et affirmé que « tous les moyens » seront mis en oeuvre pour « élucider » les circonstances de cet « attentat », selon un communiqué de la présidence française. Le chef de l’État français, qui s’est entretenu avec son homologue nigérien Mahamadou Issoufou, a ajouté que « leur détermination à poursuivre la lutte en commun contre les groupes terroristes au Sahel » demeurait « intacte ».

« Je condamne l’attaque terroriste, lâche et barbare perpétrée ce dimanche dans la paisible localité de Kouré », a tweeté pour sa part le président Issoufou, qui a adressé ses condoléances « aux familles des victimes nigériennes et françaises » ainsi qu’ »au président Macron dont l’engagement à nos côtés dans la lutte contre le terrorisme est sans faille ».

Le président du Mali, un pays frontalier du Niger, Ibrahim Boubacar Keïta, a réagi à l’attaque perpétrée, « condamnant énergiquement cet acte barbare () récurrent dans notre espace sahélien où continuent de sévir l’extrémisme violent et l’économie criminelle malgré la guerre sans merci livrée par les armées nationales, la force conjointe du G5 Sahel et la force (française) Barkhane ».

Source : Jeuneafrique.com

L'ONU ferme deux importants camps de réfugiés maliens au Niger

L'ONU ferme deux importants camps de réfugiés maliens au NigerLe Figaro - L'ONU a annoncé, mercredi 5 août, avoir fermé deux importants camps au Niger abritant des milliers de réfugiés maliens qui vont désormais vivre au sein de la population de la région de Tillabéri (ouest), proche du Mali et théâtre d'attaques djihadistes.

«La fermeture des camps est une idée conjointe» du Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) et du gouvernement nigérien «qui a été accélérée l'an dernier avec la détérioration de la situation sécuritaire», a indiqué à l'AFP Benoît Moreno, un responsable du HCR à Niamey.

Pour «le gouvernement nigérien, les camps ne sont pas une solution dans la mesure où il y a des services (publics de base) parallèles et ça isole les gens», a-t-il expliqué. Les camps de réfugiés fermés sont Tabarey Barey et Mangaizé dans l'ouest du Niger, où vivaient 15.000 Maliens ayant fui les violences dans leur pays depuis 2012.

Les pensionnaires ont été déjà transférés dans les villes d'Ayorou et Ouallam (ouest), selon lui. Benoît Moreno assure que le HCR va s'atteler «à accompagner les réfugiés» afin qu«ils puissent «s'intégrer (à la population locale) en attendant de pouvoir repartir au Mali».

«Le camp de Tabarey Barey et celui de Mangaizé ont déjà été abandonnés et leurs infrastructures ont été officiellement remises au gouvernement du Niger par le HCR», a affirmé à la radio publique un responsable du ministère de l'Intérieur.

Les camps soupçonnés d'abriter des terroristes Des maisons seront construites pour les réfugiés et des habitants «vulnérables» de la région en vue de «faciliter l'intégration», a-t-il dit. Ce transfèrement «a un double avantage: il met les réfugiés à l'abri des attaques terroristes et la population bénéficiera des services sociaux», santé, éducation, alimentation, fournis par l'ONU, a confié à l'AFP un élu local.

Les autorités nigériennes soupçonnent par ailleurs ces camps d'abriter «des terroristes ou leurs complices». L'ouest du Niger est le théâtre d'attaques fréquentes de groupes djihadistes, notamment de l'État Islamique au Grand Sahara (EIGS).

Entre 2014 et 2016, Tabarey Barey et Mangaizé ont subi des attaques djihadistes qui ont fait une dizaine de morts parmi les réfugiés et les membres des forces nigériennes qui assuraient leur sécurité.

Selon l'ONU, le Niger abrite près de 60.000 réfugiés maliens qui avaient fui le nord du Mali tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes djihadistes. Le Niger doit aussi faire face aux attaques dans l'Est des djihadistes de la nébuleuse Boko Haram.

Source : Le Figaro avec AFP

 

Une vingtaine de civils tués dans une attaque jihadiste dans le nord du Burkina Faso

Une vingtaine de civils tués dans une attaque jihadiste dans le nord du Burkina FasoFrance24 - Une "attaque jihadiste" a fait une vingtaine de victimes civiles dans la nuit de samedi à dimanche, à Lamdamol, un village du nord du Burkina Faso, dans la province du Séno.

Une nouvelle "attaque jihadiste" survenue dans le nord du Burkina Faso a provoqué la mort d'une vingtaine de civils dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 février, à Lamdamol, un village du nord du Burkina Faso, a annoncé une source sécuritaire.

Les assaillants lourdement armés et à bord de motocyclettes ont littéralement exécuté les habitants de la localité" située dans la commune de Bani, à 40km de Gorgadji, dans la province du Séno, a ajouté cette source.

Selon un agent de santé joint à Dori (nord), "l'infirmier en chef du centre de santé de la localité, qui rejoignait son poste dans le village de Lamdamol, a été tué dans cette attaque". "C'est la panique dans le village et les localités environnantes. Les populations fuient vers le centre- nord, même des habitants de Gorgadji désertent la zone", a précisé ce fonctionnaire.

Une autre source sécuritaire, jointe par l'AFP, a confirmé cette attaque jihadiste, évoquant "des représailles contre les habitants qui avaient été sommés quelques jours plus tôt de quitter les lieux".

Cette attaque contre les populations civiles survient une semaine après plusieurs autres dans le nord et le centre.

Le 25 janvier, 39 civils ont été tués dans une attaque jihadiste, perpétrée dans le village de Silgadji, localité située dans la commune de Tongomayel, dans la province du Soum.

Spirale de violences

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est confronté à des attaques jihadistes qui ont fait près de 800 morts depuis 2015.

Sous-équipées et mal entraînées, les forces de sécurité burkinabè n'arrivent pas à enrayer la spirale de violences malgré l'aide de militaires étrangers, notamment de la force française Barkhane.

Selon l'ONU, les attaques jihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ont fait 4.000 morts en 2019 et provoqué une crise humanitaire sans précédent avec 600.000 déplacés et réfugiés qui fuient les violences.

Avec AFP
Source : France24

 

Une frégate turque a escorté mercredi une cargaison de blindés vers Tripoli

Le porte-avions français Charles de Gaulle a repéré mercredi au large des côtes libyennes une frégate turque escortant un cargo acheminant des véhicules blindés de transport de troupes à destination de Tripoli, a appris jeudi l'AFP de source militaire française. Le cargo Bana, battant pavillon libanais, a fait escale mercredi dans le port de Tripoli, a précisé cette source. Selon le site Marine Traffic, ce navire croisait jeudi après-midi au large de la Sicile.

Source : RFI

 

Burkina Faso. Nouveau massacre djihadiste dans le nord du pays

Burkina. Nouveau massacre djihadiste dans le nord du paysOuest-France - Un nouveau massacre a été perpétré samedi au Burkina dans un marché du village de Silgadji dans le nord du pays où des hommes ont été "exécutés" après avoir été séparés des femmes, ont indiqué ce mardi des sources locales, dans une région régulièrement ciblée par des attaques djihadistes.

Le bilan de cette attaque est impossible à établir dans l’immédiat mais plusieurs témoignages évoquent "près de cinquante morts".

Une source sécuritaire a évoqué de son côté une "attaque djihadiste" qui a fait "10 à 30 morts" soulignant que le bilan des victimes "est difficile à établir car ce sont des chiffres avancés par des personnes ayant fui la localité".

Les terroristes toujours sur place ?

"Selon les habitants (de Silgadji) qui sont arrivés (dimanche), les attaques ont eu lieu depuis le samedi. Les terroristes ont encerclé les populations au marché du village, avant de les séparer en deux groupes. Les hommes ont été exécutés et les femmes sommées de quitter le village", a déclaré lundi à l’AFP par téléphone un habitant de Bourzanga, ville où sont arrivés des gens fuyant Silgadji.

"Les terroristes, selon les habitants, ne sont pas partis. Les groupes armés sont toujours dans les environs de Silgadji et Naguèré. Hier lundi, ils étaient encore dans Silgadji et ses environs où ils ont vandalisé des installations téléphoniques", poursuit cette source locale.

"Les éléments de sécurité tentent de se rendre sur les lieux mais les accès au village ont vraisemblablement été piégés avec des mines artisanales donc il faut procéder avec prudence", a précisé cette source.

Ce massacre intervient moins d’une semaine après l’attaque des villages de Nagraogo et Alamo un peu plus au sud dans la province de Sanmatenga. Les assaillants avaient tiré dans le marché tuant 36 personnes, tous des civils.

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est confronté à des attaques djihadistes qui ont fait près de 800 morts depuis 2015.

Crise humanitaire

Sous-équipées et mal entraînées, les forces de l’ordre burkinabè n’arrivent pas à enrayer la spirale de violences malgré l’aide de forces étrangères notamment de la France, présente avec 4 500 hommes dans le cadre de l’opération antidjihadiste Barkhane dans le Sahel. Selon l'ONU, les attaques djihadistes au Mali, au Niger et au Burkina ont fait 4 000 morts en 2019.

Ces attaques ont provoqué une crise humanitaire sans précédent avec des centaines de milliers de déplacés et réfugiés qui fuient les violences.

"C’est la crise humanitaire qui grossit la plus vite au monde. En févier 2019, il y avait 60 000 déplacés au Burkina. Il doit y en avoir plus de 600 000 aujourd’hui. Les gens ont peur", a souligné lundi Jan Egeland, secrétaire général du Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) en visitant Barsalogho, petite ville du nord du Burkina Faso qui accueille 10 000 déplacés et réfugiés.

"Ce chiffre devrait atteindre 900 000 personnes d’ici avril de cette année, alors que les violences continuent de contraindre des familles à quitter leur foyer", a estimé Jan Egeland, ancien secrétaire général adjoint des Nations unies chargé des affaires humanitaires.

Ouest-France avec AFP
Source : Ouest-France

 

Mali: un camp de gendarmes attaqué par des hommes armés dans le centre

Troupes non loin de Ségou. (Photo d'illustration)Au moins 18 gendarmes ont perdu la vie, ce dimanche 26 janvier, dans le centre de Mali. Ils étaient stationnés dans un camp militaire, situé dans le centre du pays, à 85 kilomètres de la frontière avec la Mauritanie. Ils ont été pris pour cible, ce matin, par des hommes armés.

L'attaque a eu lieu peu avant l'aube, selon un élu local. L'objectif des assaillants était le camp d'une soixantaine de gendarmes dans la petite localité de Sokolo, dans le cercle de Niono, à environ 170 km du nord de Ségou.

Selon un premier bilan officiel, au moins 18 gendarmes ont été tués et plusieurs autres ont été blessés. Des témoins ont vu les assaillants s'enfuir avec plusieurs véhicules militaires, après avoir incendié et complètement détruit le camp, selon la même source.

D'après l'Agence France-Presse, s'appuyant aussi sur un élu local, « les terroristes sont arrivés à moto ». Une source humanitaire sur place ajoute: « On a le sentiment que les assaillants savaient où ils mettaient les pieds ».

L'élu local contacté par RFI souligne que le camp de Sokolo est un « verrou », selon ses propres termes. Il se trouve dans le centre du pays, à environ 85 kilomètres de la Mauritanie et de là, précise notre source, on peut passer la frontière, sans rencontrer aucun village où se réfugier, dans la forêt du Wagadou qui se trouve également dans le secteur.

Source : RFI

 

G5 Sahel : Une réunion pour permettre aux armées de passer d’un territoire à un autre

G5 Sahel : Une réunion pour permettre aux armées de passer d’un territoire à un autre LeFaso - Le comité de défense et de sécurité réunissant les chefs d’Etat-major des armées des pays du G5 Sahel est à Ouagadougou pour une réunion extraordinaire.

Ils vont modifier le concept d’opération de la force conjointe, pour intégrer les dernières décisions des Chefs d’Etat. Les échanges qui ont débuté ce 24 janvier 2020 devraient permettre aux hommes sur le terrain de passer d’un territoire à un autre pour traquer les terroristes.

Après la conférence extraordinaire des chefs d’Etats membres du G5 Sahel à Niamey au Niger et la rencontre de Pau en France, des décuisions importantes ont été prises.

A leur tour, les chefs d’Etat-major des pays de la force conjointe se réunissent à Ouagadougou pour intégrer les grandes décisions prises par les politiques. Pendant 48 h donc, le Comité de défense et de sécurité (CDS) va travailler à intégrer les nouvelles orientations.

« Nos décisions et orientations devront permettre au commandement de la force conjointe, après un changement de posture, d’envisager un plan de campagne plus réaliste à mesure d’inverser de façon significative la situation sécuritaire dans la zone des trois frontières », a expliqué le Général Moïse Miningou, chef d’Etat-major général des armées du Burkina Faso, et président en exercice du CDS.

Il a rappelé que depuis la dernière rencontre du CDS à Nouakchott en Mauritanie, en octobre 2019, la situation sécuritaire a connu une dégradation préoccupante particulièrement dans le fuseau centre et dans la région des trois frontières « Les attaques d’une rare barbarie visant tant les FDS que les paisibles populations civiles ont endeuillé nos différents pays ». Le Burkina Faso, le Mali et le Niger continuent de subir la furie des terroristes, avec de plus en plus de victimes.

Il y avait donc urgence à examiner au plus vite les dernières décisions prises par les chefs d’Etat. Le Gal Miningou s’est dit confiant en ce que les résultats des travaux impulseront à la force conjointe, une dynamique nouvelle afin qu’elle soit mieux adaptée à l’environnement sécuritaire du moment.

A l’issue de cette réunion extraordinaire du CDS, le concept stratégique des opérations du G5 Sahel va changer. « Au début, chaque bataillon ne pouvait manœuvrer que sur son territoire. Avec les décisions des chefs d’Etat-major, normalement tout l’espace devrait être une zone d’opération. Une troupe devrait pouvoir quitter son territoire pour aller sur un autre territoire », a poursuivi le chef d’Etat-major général des armées du Burkina avant de préciser que pour ce faire, la modification des textes est un préalable.

Le droit de poursuite transfrontalière est justement l’un des dossiers sur la table des discussions.

La rencontre d’Ouagadougou a réuni les Chefs d’Etat-major du Burkina, du Mali, du Niger, de la Mauritanie. La France était également présente avec son chef d’Etat-major général des armées et avec le commandant de la force Barkhane.

Tiga Cheickh Sawadogo

Lefaso.net

 

Au Mali, plusieurs soldats tués dans une attaque près du Burkina Faso

Au Mali, plusieurs soldats tués dans une attaque près du Burkina FasoFrance24 - Le Mali a annoncé, jeudi, qu'au moins six de ses soldats avaient été tués dans une attaque près de la frontière avec le Burkina Faso. Le pays et ses voisins sont la cible depuis plusieurs mois d'attaques visant leurs soldats et les civils.

Au moins six soldats maliens ont été tués, dans la nuit du mercredi 22 au jeudi 23 janvier, dans l'attaque de leur poste dans le centre du pays en guerre, près de la frontière avec le Burkina Faso, a indiqué l'armée.

"Les FAMa (Forces armées maliennes) ont été attaquées à Dioungani par des hommes armés non identifiés [...] Les FAMa déplorent un bilan provisoire de six morts et des blessés", a indiqué l'armée sur son compte Twitter. L'attaque a été imputée aux jihadistes par les autorités du secteur et des habitants.

Ce secteur, ainsi que le Burkina et le Niger voisins, ont connu ces derniers mois une succession d'attaques jihadistes meurtrières contre les soldats et les civils, sans que les forces nationales et étrangères présentes dans la région parviennent à les enrayer.

Le nombre de victimes des violences a été multiplié par cinq depuis 2016 dans les trois pays pour atteindre environ 4 000 morts en 2019 selon l'ONU. Le conflit au Sahel a fait des centaines de milliers de déplacés.

Avec AFP
Source : France24

 

Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque dans le Nord-Ouest

Burkina Faso : 14 civils, dont des collégiens, tués dans une attaque dans le Nord-Ouest Un engin artisanal a explosé samedi au passage d'un véhicule de transport en commun, dans le nord-ouest du pays. Au moins 14 civils, dont les élèves d'un collège, ont été tués, selon des sources sécuritaires.

Au moins quatorze civils, dont des élèves, ont été tués, samedi 4 janvier, par l'explosion d'un engin artisanal au passage d'un bus dans le nord-ouest du Burkina Faso, selon des sources sécuritaires.

"Un véhicule de transport en commun a sauté sur un engin artisanal ce matin sur l'axe Toeni-Tougan (province du Sourou, frontalière du Mali), a indiqué une source sécuritaire. Le bilan provisoire est de 14 morts et quatre blessés graves qui ont été pris en charge."

"L'incident a eu lieu aux environs de 9 h et les missions de sécurisation et de secours ont été aussitôt déployées sur les lieux", a précisé cette même source.

Les attaques avec des engins artisanaux se multiplient

"Les victimes sont essentiellement des élèves (d'un collège) qui regagnaient leur localité d'études après avoir passé les fêtes de fin d'année en famille", a expliqué une autre source, confirmant le "bilan provisoire".

L'état-major général des armées burkinabè a par ailleurs fait cas, dans un communiqué, d'une attaque contre une unité de gendarmerie à Inata (nord) survenu "vendredi 3 janvier, vers 5 h du matin".

"Faisant preuve d'un sang-froid et d'une réactivité exemplaires, les éléments ont réussi à mettre en échec les assaillants. Le bilan fait état d'une dizaine de terroristes neutralisés", indique le document.

Le Burkina Faso, frontalier du Mali et du Niger, est régulièrement confronté à des attaques jihadistes. Des attaques qui ont fait environ 750 morts et 560 000 déplacés depuis 2015.

Le Nord et l'Est sont particulièrement touchés. La capitale Ouagadougou a, elle, été frappée à trois reprises.

Les attaques avec des engins artisanaux, débutées en août 2018, se sont multipliées depuis.

Dans une adresse télévisée à la nation à l'occasion du Nouvel An, le président Roch Marc Christian Kaboré a assuré que la "victoire" sur le "terrorisme" était "certaine".

Avec AFP
Source : France24

 

Colonel Mohamed Lemin : Quelle strategie au Sahel?

Colonel Mohamed Lemin : Quelle strategie au Sahel?Adrar-Info - La dégradation de situation sécuritaire au sahel semble empirer comme le montrent les récentes attaques au Niger, au Burkina et l’enlèvement de treize mauritaniens a la frontière du Niger et du Burkina.

Une dégradation qui confirme les pronostics américains d’une situation sécuritaire dont les pays du G5S commencent à perdre le contrôle et qui préconise de l’effondrement précoce de certains pays. Le temps n’étant plus aux tergiversations, il s’avère désormais indispensable et urgent de réagir pour reprendre la situation en main.

Aux demandes répétées de l’admission de la FC-G5S au chapitre VII de la Charte des Nations unies et de l’octroi à la Minusma d’un mandat offensif, la réponse de l’ONU est on ne peut claire: “la lutte contre le terrorisme est un combat qui doit être portée par les armées nationales, elle ne rentre pas dans le cadre des missions de l’ONU. Les mandats déjà robustes des missions de maintien de la paix peuvent être adaptés mais ils sont indépendants de la lutte contre le terrorisme. J’insiste sur cela. Sinon, on fait de l’amalgame”, déclare la Guinéenne Bintou Keita, sous-secrétaire de l’ONU pour l’Afrique.

Il revient donc aux pays du Sahel de s’atteler et sans plus tarder à s’investir avec leurs propres moyens pour assurer leur sécurité. Toutes les mesures dilatoires utilisées jusqu’a ce jour n’ont fait que contribuer à l’accélération de la dégradation de la sécurité au Sahel.

Si les pays du G5 ne reconnaissent pas que la situation est hors de contrôle, ils admettent quand même sa gravité et son expansion à d’autre pays jusqu’à là épargnés.

Le déploiement de forces supplémentaires de la FC-G5S dans le ventre mou des pays du sahel (frontiers Burkina – Niger – mali) et une révision de la stratégie sont des actions qui peuvent se révéler salutaires dans la reprise en main de la situation.

Cette révision de la stratégie doit prendre en compte trois facteurs déterminants dans ce combat asymétrique, la présence indispensable de Barkhane, le déploiement prochain des forces spéciales européennes et le retrait probable des forces américaines du théâtre des opérations.

L’esquisse de la nouvelle stratégie doit se fonder essentiellement sur la mise en retrait de la force Barkhane et des forces spéciales européennes avec l’engagement en première ligne de la FC-G5S et des armées des pays du G5 avec un effort particulier sur la coordination des actions entre la FC-G5S, les forces des pays de Cedeao, la force Barkhane et les forces spéciales européennes d’une part, et d’autre part sur le renforcement de la coopération entre les différents services de sécurité et de renseignements, tout en axant l’effort sur la reconstruction des armées Burkinabé et malienne.

La FC-G5S doit privilégier la recherche du contact avec les groupes terroristes et se defaire de la tactique du cantonnement dans des positions statiques. Dans cette guerre, les facteurs de succès déterminants, sont la mobilité, la quête du renseignement sur le terrain, la souplesse dans l’action, une plus grande dispersion dans la recherche et un rapide regroupement au contact.

Les derniers tests même probants de la mise en œuvre de drones équipées d’armes n’apportent aucun changement majeur, mais constituent une capacité supplémentaire, permettant de traiter des objectifs ponctuels, dans une situation fugace.

En tout état de cause, il ne faut pas s’y tromper, l’élément déterminant dans cette guerre au terrorisme est l’homme et non le matériel. Les états du G5S doivent prouver que la FC-G5S est une réalité et non une idée.

Mohamed Lemin
Source : Adrar-Info (Mauritanie)

 

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général Lecointre

« Nous allons passer à la vitesse supérieure » au Sahel, annonce le général LecointreMaville - Le général Lecointre, chef d’état-major des armées françaises, estime que l’année 2020 sera cruciale en matière de sécurité au Sahel et qu’un échec de la stratégie retenue aura de graves conséquences.

En janvier, Emmanuel Macron réunira les chefs des 5 États du Sahel pour élaborer une position commune antiterroriste. L’avenir du Sahel se joue « dans l’année qui vient », a estimé le chef d’état-major français, le général François Lecointre, dans un entretien à France Info.

« C’est maintenant, dans l’année qui vient, que se joue l’avenir du Sahel », a-t-il prévenu lors d’un déplacement il y a quelques jours dans cette région. « C’est pour ça que nous nous engageons en avant-garde et que nous allons passer à la vitesse supérieure », a-t-il affirmé sans fournir de détails.

Peut-être faisait-il référence au projet français de faire déployer des forces spéciales européennes en soutien aux forces françaises pour épauler les armées nationales. Des armées bien à la peine depuis quelques mois et soumises à une très forte pression djihadiste. « Si nous loupons ce moment charnière, je suis assez pessimiste », a prévenu François Lecointre.

« Si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes »

Le chef d’état-major français a toutefois rejeté toute idée d’échec de la mission française Barkhane : « Ce qu’on demande à un soldat, c’est de permettre que le niveau de violences soit le plus bas possible, de façon à ce que des solutions politiques puissent être mises en œuvre sans que l’on ne sombre définitivement dans des situations de guerre civile », a-t-il relevé. « Nous évitons que le pire ne se produise et ça doit être porté à notre crédit ».

Mais si le travail de Barkhane « n’est pas complété par une action politique […] en partenariat entre les gouvernements des pays que nous venons aider et l’ensemble de la communauté internationale […], notre action ne servira à rien », a-t-il assuré.

Par ailleurs, « si nous laissons le chaos s’installer, les États sahéliens vont s’effondrer sur eux-mêmes, laisser la place à l’État islamique, ce qui provoquera une pression migratoire sur l’Europe, avec tous les risques populistes que cela entraînera », a-t-il averti, reprenant ainsi le discours tenu récemment par Jean-Yves Le Drian, ministre des Affaires étrangères.

Le sommet de Pau en janvier

Le sommet sur le Sahel voulu par Emmanuel Macron, annulé la semaine dernière après une attaque djihadiste contre une position de l’armée du Niger (71 morts et une trentaine de disparus), a été reprogrammé le 13 janvier.

Il aura lieu à Pau.

Ce sommet aura pour objectif « de réévaluer le cadre et les objectifs de l’engagement français au Sahel. Il permettra également de poser les bases d’un soutien international accru aux pays du Sahel », dit l’Élysée dans un communiqué diffusé lundi soir.

Les présidents des cinq pays du G5 Sahel (Mali, Niger, Burkina Faso, Tchad, Mauritanie) ont « confirmé leur accord et leur disponibilité pour cette date », a précisé l’Élysée. Devraient donc être présents les présidents du Mali, Ibrahim Boubacar Keïta, du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kabore, du Niger Mahamadou Issoufou et du Tchad, Idriss Déby ainsi que celui de Mauritanie Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki, le président du Conseil européen, Charles Michel, le vice-président de la Commission européenne et Haut représentant pour les Affaires étrangères, Josep Borrel, ont également été conviés.

Philippe CHAPLEAU. Ouest-France
Source : Maville (France)

 

Niger: plus d'une centaine de morts dans l'attaque d’une garnison à Inates

Niger: plus d'une centaine de morts dans l'attaque d’une garnison à InatesRFI Afrique - Cette attaque est la plus meurtrière jamais enregistrée dans cette zone frontalière avec le Mali : au moins 70 militaires et 57 assaillants y ont perdu la vie, selon des sources militaires consultées par RFI.

Le poste militaire d’Inates a été attaqué mardi 10 décembre, dans la soirée, par plusieurs colonnes de véhicules, dont des blindés et des motos. Inates se situe à 250 km de Niamey et les assaillants sont des jihadistes en provenance du nord du Mali.

L’armée a été attaquée sur trois côtés et les combats ont été d’une rare violence. En témoigne la mort, les armes à la main, du chef de la garnison et de son adjoint, au milieu de leurs hommes.

L’arrivée de renforts militaires a permis de repousser les assaillants. Il n’y a pour l’instant aucun bilan officiel, mais des sources concordantes parlent de 70 soldats et de 57 terroristes tués.

Pas de revendication

C’est la seconde fois que ce poste est attaqué. En juillet dernier, 18 soldats nigériens avaient trouvé la mort dans un assaut mené par les hommes d'Abou Walid al-Sahraoui.

L’attaque de ce 10 décembre n’a elle pas encore été revendiquée, mais au Niger, les regards se tournent, vue l’ampleur des moyens utilisés, vers le groupe d’Iyad Ag Ghali, le consortium d’Aqmi, Ansar Dine et al-Mourabitoun. Celui-ci pourrait aussi avoir eu le renfort des combattants d'Abou Walid al-Sahraoui, au vu du nombre de motos utilisées.

Inates occupe une position stratégique pour l’armée nigérienne. Ce poste est situé à moins de 5 km de la frontière malienne et non loin de la réserve de faune d’Ansongo, qui abrite de nombreux terroristes du nord du Mali.

Cette localité se situe aussi non loin de deux bourgades maliennes qui servent de carrefour aux narcotrafiquants et aux terroristes, les villages d’Akabar et Tabankort. Et la présence militaire nigérienne gène ces trafiquants dans leurs acheminements vers la frontière algérienne.

Source : RFI Afrique

 

 

Mali: «inefficace» ou «indispensable», la présence de Barkhane fait débat

Mali: «inefficace» ou «indispensable», la présence de Barkhane fait débatRFI Afrique - Le président français a fait savoir ce jeudi 28 novembre qu'il allait réclamer à ses alliés une « plus grande implication » contre « le terrorisme » au Sahel. Mais au Mali, des voix s’élèvent contre la présence militaire française. Une fronde qui n'est pas partagée par tous les camps politiques et la société civile.

L’opposition modérée, comme le gouvernement, le martèle : la présence de la force Barkhane ne doit pas être remise en cause. Pour Moussa Mara, leader du parti d’opposition Yelema, la stabilité dépend de la présence militaire française.

« Ce n’est pas une question d’être dans l’opposition ou la majorité, c’est d’être conscient de la réalité de notre pays et donc du fait que nous avons absolument besoin de l’assistance internationale dans notre pays, et particulièrement de l’opération Barkhane », estime-t-il.

Son de cloche très différent sur l’aile gauche de l’opposition. Selon Oumar Mariko, président du parti SADI, la réponse doit être d’abord politique et unitaire. « Il faut aujourd’hui la réunion des forces politiques patriotiques pour remettre en cause le régime en place et son soutien qu’est la France… La question sécuritaire du Mali ne peut être résolue que par des dirigeants légitimes et légaux et non dans le sens des intérêts étrangers français. »

Pour Mahmoud Diko, l’ancien président du Haut conseil islamique du Mali, la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical doit être menée par tous les moyens, à condition de trouver une porte de sortie. « Je pense que le Mali a encore besoin de l’aide, de l’accompagnement de tous ses partenaires… Une guerre sans fin n’existe pas, il faut trouver une solution pour en finir avec cette situation. »

Aujourd’hui, si un certain nombre de Maliens remettent en cause la pertinence de la force Barkhane, aucun dirigeant du pays n'a demandé son départ.

Source : RFI Afrique

 

 

Mali : 13 soldats français tués dans l'accident de deux hélicoptères lors d'une opération contre des jihadistes

Mali : 13 soldats français tués dans l'accident de deux hélicoptères lors d'une opération contre des jihadistesFrance24 - Treize militaires français de la force Barkhane ont trouvé la mort lundi soir au Mali dans une collision accidentelle de deux hélicoptères lors d'une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé mardi l'Élysée.

Treize militaires français ont été tués au Mali, lundi soir, dans l'accident de leurs deux hélicoptères alors qu'ils menaient une opération de combat contre des jihadistes, a annoncé l'Élysée, mardi 26 novembre, dans un communiqué.

Ces soldats de l'opération Barkhane appartenaient à l'armée de Terre. Il s'agissait de six officiers, de six sous-officiers, et d'un caporal-chef, précise la présidence. Il s'agit de l'un des plus lourds bilans humains essuyé par l'armée française depuis l'attentat du Drakkar, à Beyrouth en 1983.

Emmanuel Macron a salué "avec le plus grand respect la mémoire de ces militaires de l'armée de terre [...] tombés en opération et morts pour la France dans le dur combat contre le terrorisme au Sahel", a indiqué la présidence dans un communiqué.

Un hélicoptère de combat Tigre est entré en collision avec un hélicoptère de manoeuvre et d'assaut Cougar, selon des sources de la défense.

Cet accident porte à 38 le nombre de militaires français tués au Mali depuis le début de l'intervention française dans ce pays du Sahel en 2013, avec l'opération Serval. Le dernier mort était le brigadier Ronan Pointeau, 24 ans, tué début novembre dans l'explosion d'un engin explosif.

Le dernier accident mortel d'hélicoptères dans l'armée remonte à février 2018, lorsque deux hélicoptères d'une école de l'armée de Terre s'étaient écrasés dans le Var, à une cinquantaine de kilomètres de Saint-Tropez, après une collision en vol, faisant cinq morts.

Avec AFP et Reuters
Source : France24