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Dossiers en Afrique

Au Mozambique ensanglanté par des islamistes, la fin du ramadan a un goût amer

Le stade de football de Pemba, dans le nord du Mozambique, s'est transformé en mosquée pour l'occasion de l'Aïd. La pelouse grillée est noire de monde, mais le temps n'est pas à la fête pour la fin du ramadan dans cette région ensanglantée par des attaques attribuées à des islamistes.

« Comment est-ce possible que des musulmans tuent d’autres musulmans en période de jeûne ? », s’interroge incrédule le cheikh Faruk Juma de Pemba.

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« Ce n’est pas l’islam. On ne peut confondre l’action de certaines personnes avec l’islam », prévient-il, en dénonçant des amalgames entre les assaillants et la communauté musulmane.

Depuis fin mai, la province du Cabo Delgado, dont Pemba est la capitale, est plongée dans la terreur.

Une trentaine de civils vivant dans des villages reculés ont été tués en pleine nuit, certains décapités, et des centaines de maisons ont été pillées et brûlées dans la province. Des raids attribués à un groupe islamiste baptisé « shabab » qui a émergé en octobre dans cette région riche en ressources gazières.

« Nous appelons tous ceux qui professent cette religion de ne pas adhérer à ces événements », implore le délégué provincial du Conseil musulman de la province, Nzé Assuate.

« Ne rejoignez pas » ce mouvement, insiste-t-il. « Les musulmans doivent être pacifiques. L’islam est une religion prônant la paix. »

Sur la pelouse du stade de Pemba couverte de nattes colorées, des milliers de fidèles – des hommes, la plupart en tunique blanche avec un couvre-chef assorti – sont alignés face à La Mecque, et à un but sans filet.

‘Le temps du pardon’

Dans la foule, l’incrédulité l’emporte face aux opérations meurtrières non revendiquées.

« Dans la province, pratiquement tout le monde est musulman, en particulier ici dans les villages de la côte où ces choses ont eu lieu », explique Abdul Assane pudiquement.

« Si ces assaillants sont en colère contre d’autres, comment peuvent-ils en arriver à tuer leurs propres frères ? Ce n’est pas l’islam ! », s’indigne-t-il.

Aissa Rachide ne peut pas non plus cacher sa colère et son incompréhension. « Cette période de ramadan, c’est le temps du pardon. Chaque musulman se doit de faire plaisir à Dieu. Celui qui tue un frère à cette période ne connaît pas la doctrine de l’islam. »

Le gouverneur de la province, qui n’est pas de confession musulmane, saisit l’occasion de l’Aïd pour tenter de rassurer une communauté qui représente 17% de la population mozambicaine et se sent soudain stigmatisée.

« Restez calmes ! L’ennemi essaie de semer la confusion, mais nous sommes très clairs quant à l’intégrité de l’homme musulman », assure Júlio Parruque en prenant le micro face aux fidèles.

« Ce groupe n’appartient à aucune congrégation religieuse. Sa motivation première est de créer du désordre en se rendant coupable de crimes de haine », poursuit-il.

« Les assaillants utilisent le prétexte de la religion pour instrumentaliser les frères, les soeurs, les pères et les enfants, sans raison logique apparente, en prenant cruellement des vies, en détruisant des propriétés, et pillant les biens de notre population laborieuse », ajoute-t-il.

Ils visent à « contrer les efforts du président Filipe (Nyusi) pour une paix durable dans notre pays », prévient-il, alors que le Mozambique se relève péniblement d’une guerre civile meurtrière de 1976 à 1992.

Et le gouverneur d’appeler, devant la foule, à la collaboration de tous, via « la surveillance et la dénonciation », pour venir à bout des assaillants.

Source : jeuneafrique.com

 

Sécurité : Alger et Rabat ne communiquent plus

Alors que la coopération est indispensable en matière de sécurité, il semblerait que le dialogue entre les services de renseignements algériens et marocains soit rompu.

« L’échange d’informations ? Nous y sommes prêts, dès demain. Encore faut-il qu’il soit réciproque. » C’est par cette litote que les responsables sécuritaires marocains répondent quand on les interroge sur l’absence totale de coopération avec l’Algérie dans le domaine de l’antiterrorisme. Une situation qui confine parfois à l’absurde.

Début décembre 2007, Abdellatif Hammouchi, patron de la DGST, fait parvenir au général Mediène, chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) algérien, une information sensible : deux véhicules 44 en provenance du Mali, avec à leur bord des individus fichés comme jihadistes, font route vers le nord. Hammouchi transmet à son correspondant les numéros des plaques minéralogiques et l’identité présumée des passagers. Réponse : « Merci, ne vous inquiétez pas, on a l’habitude. » Quelques jours plus tard, deux véhicules piégés explosent à Alger, faisant une cinquantaine de victimes. Depuis, les canaux de communication directe entre les deux voisins se sont bouchés un à un.

Des éléments incontrôlés du Polisario

Rabat s’en préoccupe d’autant plus que le phénomène de porosité entre une fraction de la jeunesse sahraouie des camps de Tindouf, en Algérie, et les réseaux jihadistes sahéliens est désormais une évidence. Certes, des éléments incontrôlés du Polisario ont été repérés depuis 2005 au sein de cellules islamistes armées, en Mauritanie tout d’abord, en Libye à partir de 2011 et surtout au Mali et au Niger.

Le plus connu d’entre eux est l’émir autoproclamé de l’« État islamique dans le Grand Sahara », franchise régionale de Daesh, Abou Walid al-Sahraoui, de son vrai nom Lahbib Ould Abdi Ould Saïd Ould El Béchir. À son actif : le raid sanglant sur Arlit en 2013, l’embuscade qui a causé la mort de quatre militaires américains à Tongo Tongo en octobre 2017 et sa récidive trois mois plus tard.

Apparition de cellules jihadistes et séparatistes

La nouveauté réside dans l’apparition de cellules mixtes, à la fois jihadistes et séparatistes, à l’intérieur même du Maroc et plus particulièrement dans ses provinces sahariennes. Leurs appellations – « combattants du califat au Maghreb, wilaya de Laayoune », « Front du jihad sahraoui », « Les nouveaux mourabitoune »… – sont significatives d’une volonté d’ancrage local.

L’arrestation il y a trois mois, à Laayoune, de l’un de leurs leaders, Ahmed Salek Tobali, natif de Tindouf, a permis d’en savoir plus sur leur genèse. Un imam de la tribu des Reguibat Souaad officiant dans une mosquée improvisée du camp dit de Boujdour, non loin de Tindouf, jouerait ainsi un rôle clé dans l’endoctrinement et l’envoi au front d’apprentis terroristes. Pour les services marocains, cet imam est désormais une cible.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Burkina : trois jihadistes présumés et un gendarme tués dans une opération à Ouagadougou

Burkina : trois jihadistes présumés et un gendarme tués dans une opération à Ouagadougou Les forces spéciales de la gendarmerie nationale sont intervenues cette nuit contre des jihadistes présumés retranchés dans une villa en périphérie de Ouagadougou.

Le bilan provisoire de cette opération antiterroriste est de trois individus et un gendarme tués. Leur cache, une villa de Karpala, un quartier périphérique au sud-est de Ouaga, avait été localisée par les services de renseignement burkinabè. Dans la nuit du 21 au 22 mai, l’unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN) a donc mené une opération pour tenter d’arrêter ces jihadistes présumés.

À leur arrivée vers 3h du matin, les gendarmes ont rapidement été visés par des tirs, qui ont duré une partie de la nuit.

Cellules dormantes

Mardi matin, l’opération était terminée et le secteur bouclé par les forces de sécurité. Selon des sources concordantes, le bilan provisoire est de trois individus et un membre de l’USIGN tués. Un autre occupant de la villa a par ailleurs été arrêté. « Il va être interrogé dès que possible », explique une source sécuritaire burkinabè. Du matériel et des armes ont également été saisis sur place.

Les enquêteurs n’excluent pas que ce groupe de Karpala soit lié aux deux commandos jihadistes qui ont attaqué l’état-major et l’ambassade de France le 2 mars. « Cette opération confirme aussi qu’il y a des cellules dormantes à Ouaga. C’est préoccupant », s’inquiète une source gouvernementale.

Un temps présent au Burkina, Ayouri al-Battar, combattant malien d’Al-Mourabitoune et coordonnateur des attentats du 2 mars, n’a jamais été arrêté.

Source : Jeune Afrique

 

 

Terrorisme au Sahel: le temps est-il venu de négocier avec les djihadistes?

Terrorisme au Sahel: le temps est-il venu de négocier avec les djihadistes? Au cœur du Sahel plongé dans la violence, des voix s’élèvent pour suggérer le dialogue avec les mouvements terroristes.

Des acteurs politiques maliens estiment que la voie de la négociation pourrait changer la donne et arrêter les dégâts. Est-il possible de négocier avec le diable? Géopolis a posé la question à Ahmedou Ould Abdallah, ancien diplomate mauritanien et fin connaisseur de la région.

L’opposant malien Tiebilé Dramé est parmi ceux qui ont osé briser le tabou en défendant le principe d’une solution négociée. Depuis 2016, l’ancien chef de la diplomatie malienne invite ses compatriotes à ouvrir les yeux sur une évidence: la stratégie du tout militaire a montré ses limites.

«L’armée malienne s’est effondrée. Elle a besoin de répit pour se reconstruire. Face au harcèlement, il faut trouver une porte de sortie, y compris en prenant langue avec l’ennemi», explique-t-il au journal Le Monde.

Comme lui, l’ancien diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah constate que le Sahel fait face à un ennemi invisible et cruel. Un ennemi qui se radicalise et un adversaire toujours déterminé. Mais il reste très sceptique quant à l’éventualité de négociations avec les djihadistes. Le problème, dit-il, est de savoir «avec qui négocier, comment, quand, où et avec quel ordre du jour». Puis il rappelle que le cas du Mali est extrêmement complexe.

«Le cas du Mali est plus compliqué que dans les autres pays de la région. Il y a d’un côté une revendication identitaire dans les régions du nord à dominante touarègue, et de l’autre, des groupes djihadistes. L’aspect irrédentiste devient difficile à gérer dans le nord quand on y ajoute l’aspect religieux dans une région où se sont installés des groupes djihadistes venus d’ailleurs.»

Ahmedou Ould Abdallah note par ailleurs que le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, a déjà déclaré son opposition à une quelconque négociation avec ceux qui ont choisi de verser le sang de ses compatriotes.

«C’est très difficile pour le président malien de dire qu’il va négocier officiellement. Parce que ses soldats se battent. Dès que vous négociez, les militaires qui se battent se sentent démoralisés. Pour eux, c’est une façon de leur planter un couteau dans le dos. Ceux qui parlent de négociations au Mali sont souvent considérés comme des traîtres ou des faiblards», analyse-t-il.

Dans ses mémoires, Plutôt mourir que faillir, publiées aux éditions Descartes et Compagnies, Ahmedou Ould Abdallah consacre un chapitre à ce dossier complexe de la crise du Sahel. Pour lui, l’enjeu du problème dépasse largement le cadre du Mali. Il estime que si négociations il y a, il faudra que tous les pays du G5-Sahel y prennent part. Parce qu’il faut un consensus de tous les Etats, à savoir le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Et probablement celui d’autres pays voisins.

«Ce qui complique la donne dans le Sahel, c’est qu’aucune partie n’a encore senti et exprimé le besoin de négocier. Je pense que les pays les plus exposés à la menace, le Burkina, le Mali et le Niger, comme les autres pays du bassin du lac Tchad, ne sont pas prêts à s’engager dans un tel processus. Pour le moment, je vois difficilement l’amorce d’une négociation. Les conditions ne semblent pas du tout remplies ni sur le plan politique, ni sur le plan militaire», explique-t-il à Géopolis.

Ahmedou Ould Abdallah observe que le même problème se pose dans le camp des groupes djihadistes qui ne disposent d’aucune coordination pour piloter un tel processus.

«Pour les djihadistes aussi, négocier n’est pas facile. Il faut qu’il y ait un accord entre les différents groupes. Il faut des garanties pour les rassurer qu’ils ne seront pas trahis. Et cela doit se conclure dans les phases préliminaires. C’est pour cela que je suis très sceptique.»

Il pense que le statut quo pourrait donc durer encore longtemps dans le Sahel, au profit de ceux qui en tirent des bénéfices dans l’ombre. C’est pour cela que je parle «d’un marathon dans le désert. Il faut voir celui qui tiendra le plus longtemps», conclut Ahmed Ould Abdallah.

Par Martin Mateso
Source : francetvinfo

 

 

Un soldat mauritanien tué en Centrafrique

Centrafrique - L'identité (photo) du soldat mauritanien de la Minusca tué par des miliciens Un soldat mauritanien (photo) a été tué et huit autres blessés, dont trois grièvement, dans une attaque menée, ce jeudi en Centrafrique, par les milices chrétiennes, les Anti-balaka au village d’Alindao. Quarante assaillants sont également morts.

L’attaque a ciblé une patrouille du bataillon mauritanien qui escortait un convoi des Nations unies au niveau du village d’Alindao, a précisé un communiqué de l’état-major des Armées mauritaniennes.

Il s’agit de la troisième perte dans les rangs des forces mauritaniennes engagées, depuis mai 2016, au sein de la MINUSCA, la Mission Multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique.

La Mauritanie compte quelques 750 hommes en Centrafrique. Il s’agit de la première participation du pays dans une force de maintien de la paix des Nations unies. Les soldats mauritaniens sont déployés à Ouaka et à Basse-Kotto dans le centre du pays.

Source : Alakhbar (Mauritanie)


 

 

 

 

Menace terroriste et « conseils aux voyageurs » dans le Sahel : la cartographie de l’exclusion

La carte des zones à risque publiée par le ministère français des Affaires étrangères condamne des régions entières à l'isolement, ce qui contribue à l'expansion de l'islam radical.

Tribune. Face à la menace terroriste dans le Sahel, la France prend ses dispositions à l’intention de ses ressortissants établis dans la région ou projetant de s’y rendre. Au titre des « conseils aux voyageurs », le ministère des Affaires étrangères produit une carte des zones à risque mise à jour au rythme des attentats. La dernière en date a été publiée fin mars, immédiatement après l’attaque perpétrée à Ouagadougou.

En rouge, les zones « formellement déconseillées » ; en orange, celles qui sont « déconseillées sauf raison impérative » ; en jaune, celles où une « vigilance renforcée » est de rigueur ; et, enfin, en vert, les zones dans lesquelles une « vigilance normale » serait suffisante. Le Mali, le Niger, le Burkina, le Tchad, la Mauritanie, le Nigeria et le nord du Cameroun et du Bénin concentrent l’essentiel des zones rouges et orange.

Des régions entières condamnées

Vue de Paris, la légitimité de ces mesures ne fait aucun doute. Mais l’on tient trop peu compte de leurs incidences politiques, sociales et socio-économiques sur les régions désignées. Surtout, on sous-estime le fait que ces coloriages constituent en eux-mêmes une victoire pour le jihadisme : présenter des régions entières comme étant « à risque » isole les populations locales et crée un écosystème social clos, favorable à l’expansion de l’islam radical, ne serait-ce que parce que les économies des zones ainsi colorées s’en trouvent fortement perturbées.

Dans les localités concernées, les ONG qui suppléent habituellement aux défaillances des États plient bagage, les activités économiques liées au tourisme s’effondrent et la pauvreté s’accentue, tout comme les frustrations provoquées par un sentiment d’abandon.

Fondements socio-­économiques du jihadisme

Les groupes jihadistes et leurs parrains font même de ces cartes un usage politique alternatif, puisque les zones qu’elles désignent deviennent pour eux le lieu d’une intensification possible de leurs actions. Ils ont ensuite beau jeu de proposer une réponse religieuse à la désespérance – une réponse qui permet l’enracinement d’une société alternative grâce à l’ouverture de katibas, mais aussi de centres de santé et d’écoles islamiques, vecteurs potentiels de l’islamisation radicale, portant un imaginaire de la néo-Oumma et d’un retour à l’âge d’or des salafs.

Il n’est plus besoin de démontrer que la radicalisation des jeunes se nourrit aussi de la pauvreté, de la corruption et des injustices, et l’« Allah Akbar » crié pendant les attentats terroristes ne doit pas faire oublier les fondements socio-­économiques de la raison jihadiste. Toute initiative accentuant les facteurs précités contribue à alimenter les rangs des groupes armés, y compris donc les cartes comme celles produites par le ministère français des Affaires étrangères.

Les effets dévastateurs sur les économies africaines

Par ailleurs, la France n’est pas plus sécurisée que les pays dont il est ici question. Le terrorisme y sévit comme il sévit au Mali ou à Ouagadougou. Les récents événements de Trèbes viennent tristement nous le rappeler. En matière de terrorisme, la France est tout aussi exposée que le Mali ou le Niger. Mais jamais Paris, Madrid, Londres, Stockholm ou Bruxelles n’ont fait l’objet de cartographies stigmatisantes les décrétant zones rouges infréquentables.

Jamais il n’a été « formellement déconseillé » de s’y rendre. Jamais il n’a été dit aux voyageurs désireux d’aller à Nice, à Paris ou à Trèbes qu’ils devaient « savoir que leur sécurité et leur vie [étaient] explicitement et directement menacées ».

Après les attentats qu’a connus la France ces dernières années, le message politique véhiculé a même essentiellement été de ne pas céder à la peur. L’on devrait pouvoir tenir compte des effets dévastateurs de tels exercices de coloriage pour les économies africaines fragiles, et fragilisées davantage encore par le virus jihadiste. Les gouvernements des États en situation de grande précarité ont bien des urgences à traiter en matière d’éducation, de santé ou d’emploi des jeunes. Il est peu probable que ce coloriage les y aide.

Francis Akindes

Sociologue. Professeur à l'Université Alassane Ouattara à Bouaké (Côte d'Ivoire)

Source : jeuneafrique.com

 

Attaque « sans précédent » contre les Casques bleus et les forces françaises à Tombouctou

Des tirs de roquettes, des assaillants déguisés en Casques bleus montés à bord de véhicules piégés, des échanges de coups de feu : les camps de la Minusma et de la force Barkhane à Tombouctou ont été la cible samedi d'une attaque « sans précédent » qui a fait au moins un mort et une vingtaine de blessés.

L’assaut s’est produit peu après 14H00 (GMT et locales) sur le site aéroportuaire de cette ville légendaire du nord du Mali où sont cantonnés des Casques bleus de la Minusma et des hommes de l’opération française Barkhane.

Alors que les deux camps essuyaient une « dizaine de tirs de roquettes », des hommes portant des Casques bleus ont tenté de « s’infiltrer » dans la zone militaire à bord de deux véhicules piégés, a précisé dans un communiqué le ministère malien de la Sécurité.

L’un des véhicules portait les couleurs des Forces armées maliennes (FAMas) et l’autre le sigle « UN » des Nations unies. Le premier « a explosé », tandis que le second « a pu être immobilisé ».

Selon la Minusma, un de ses Casque bleus a été tué lors d’« échanges de tirs ». Une dizaine d’autres ont été blessés. Le ministère malien a indiqué que l’attaque avait également fait une « dizaine » de blessés « côté Barkhane ».

« Les combats ont pris fin vers 18H30 », plus de quatre heures après leur début, selon le ministère. Bamako et la Minusma ont assuré que la situation était à nouveau « sous contrôle ».

Sur Twitter, la force de l’ONU a évoqué une « importante attaque complexe » associant « mortiers », « échanges de tirs » et « attaque au véhicule suicide ».

« C’est la première fois qu’il y a eu une attaque de cette envergure contre la Minusma à Tombouctou », a relevé une source sécuritaire étrangère. « C’est une attaque qu’on n’avait jamais connue », a confirmé un responsable du gouvernorat de Tombouctou.

Renforts attendus

Déployée au Mali en juillet 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, est actuellement la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines.

Elle avait, avant l’attaque de samedi, perdu plus de 160 Casques bleus, dont 102 dans des actes hostiles, ce qui représente plus de la moitié des soldats de l’ONU tués sur cette période dans le monde.

Elle doit recevoir dans les prochains mois des renforts canadiens, Ottawa ayant annoncé le 19 mars sa décision de déployer pendant un an une force d’appui aérienne avec des hélicoptères et des Casques bleus.

Des groupes liés à Al-Qaïda ont dicté leur loi dans le nord du Mali de mars-avril 2012 à janvier 2013, date du déclenchement d’une opération militaire internationale à l’initiative de la France.

Bien qu’ils aient depuis lors été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières de ce pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et à la partie sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger, où quatre soldats américains et quatre militaires nigériens ont été tués dans une embuscade en octobre 2017.

Exécutions sommaires

Depuis le 11 avril, quelque 1.500 militaires africains, américains et européens sont engagés dans des manœuvres dans l’ouest et le nord du Niger, pour s’entraîner face aux menaces terroristes.

Ces exercices devraient renforcer l’efficacité de la force du G5 Sahel, qui devrait compter d’ici à la mi-2018 5.000 soldats issus du Mali, du Niger, de la Mauritanie, du Tchad et du Burkina Faso.

La signature en 2015 d’un accord pour ramener la paix au Mali n’a pas empêché la recrudescence des violences. Jeudi, le représentant du haut-commissaire aux droits de l’homme au Mali, Guillaume Ngefa, a évoqué les « exécutions sommaires d’au moins 95 personnes » dans la région de Menaka, frontalière du Niger.

Mise en cause, une coalition de deux groupes armés qui participent aux opérations de sécurisation avec les troupes françaises et maliennes, le MSA et le GATIA, a rejeté samedi ces accusations.

Ces deux groupes sont soupçonnés de profiter de leur proximité avec Barkhane pour régler de vieux contentieux territoriaux, notamment avec la communauté peule.

Source : jeuneafrique.com

 

 

« 10 à 15 ans » nécessaires pour régler le problème au Mali

Les problèmes sécuritaires au Mali ne peuvent pas être réglés « en moins de 10 à 15 ans », a estimé le chef d’état-major des armées françaises lors d’une récente audition parlementaire, tout en rejetant l’idée d’un d »enlisement » des forces françaises au Sahel.
« Je ne pense pas qu’il soit possible de régler le problème au Mali en moins de 10 à 15 ans, si tant est que nous le puissions », a déclaré le général François Lecointre fin février devant la commission défense de l’Assemblée nationale, dont le compte-rendu était disponible en ligne jeudi.
« Cette durée fut celle de notre engagement dans les Balkans, en Côte d’Ivoire ou en Afghanistan », rappelle-t-il.
Quelque 4.000 soldats français sont déployés depuis 2014 au Sahel dans la cadre de l’opération antijihadiste Barkhane, qui a succédé à l’opération Serval déclenchée au Mali en 2013.
« L’évolution de la situation au Mali n’est guère satisfaisante et nous n’en partirons pas demain, sans qu’il s’agisse pour autant d’un enlisement », fait-il valoir, en assurant être « en mesure de calibrer notre action en fonction de l’évolution de la situation ».
« Ma tâche consiste à expliquer au politique, qui demande un résultat rapide et facilement identifiable conforme au rythme de la vie démocratique, que seul le temps long produit des résultats durables en géopolitique et dans le domaine militaire », conclut le général Lecointre.
Bien que depuis 2013 les groupes liés à Al-Qaïda aient été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques.
Jeudi, cinq soldats français ont été légèrement blessés par des tirs contre le camp de la Minusma et de Barkhane à Kidal (nord).
Fin février, deux soldats français ont été tués et un blessé dans le nord-est du pays dans l’explosion d’une mine artisanale, portant à 22 le nombre de militaires français morts dans le Sahel depuis 2013.
Pour tenter de lutter plus efficacement contre les groupe jihadistes, cinq États de la région (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) ont mis sur pied la force du G5 Sahel, qui devrait compter 5.000 soldats d’ici à la mi-2018, et qui bénéficie sur le terrain de l’appui des forces armées françaises.
« La France sera présente aussi longtemps que nécessaire, mais la présence de la France n’est pas éternelle. Le Sahel doit prendre sa sécurité en main et nous sommes là pour les aider », avait souligné au Mali le 31 décembre la ministre française des Armées, Florence Parly.

Source : La Libre (France)

 

Sahel : Iyad Ag Ghaly, l’insaisissable ennemi public n°1

Depuis le double attentat d’Ouagadougou, Iyad Ag Ghaly est le chef jihadiste le plus recherché de la région. À moins que cet ancien interlocuteur privilégié d’Alger et de Bamako ne bénéficie toujours d’une protection…

Iyad Ag Ghaly : l'homme qui défie la France

Pour la troisième fois en un peu plus de deux ans, Ouagadougou a donc été frappée en plein cœur. Cette fois, les jihadistes n’ont pas tué indistinctement des civils dans un café, un hôtel ou un restaurant de l’avenue Kwame-NKrumah, comme en janvier 2016 et août 2017, mais se sont attaqués frontalement à deux cibles symboliques et osées. Le 2 mars au matin, à quelques minutes d’intervalle, deux commandos ont pris d’assaut l’ambassade de France et l’état-major général des armées, distants de moins de deux kilomètres en centre-ville.

Dès le lendemain, cette double opération de grande envergure était revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM). Dans son communiqué, cet agglomérat des principales katibas jihadistes actives au Mali, affilié à Al-Qaïda et dirigé par le Malien Iyad Ag Ghaly, a affirmé avoir agi en représailles à un raid français mené le 14 février dans l’extrême Nord malien.

Protection algérienne ?

Ce jour-là, les forces spéciales françaises du dispositif Sabre, basées à Ouagadougou, avaient attaqué trois campements et « neutralisé » 23 jihadistes entre Boghassa et Tinzawatène, à seulement 900 m de la frontière algérienne.

Pour le chef du GSIM, le coup est d’autant plus dur qu’il est porté dans son fief. Touareg de la tribu des Ifoghas, Ag Ghaly est natif de la région de Boghassa. Tinzawatène se trouve à quelques dizaines de kilomètres plus à l’est. Depuis 2013, cette petite localité algérienne, collée à la frontière, est pointée du doigt par les services de renseignements français comme étant la base arrière d’Ag Ghaly.

Entre la mi-2016 et la mi-2017, les services de renseignements français n’auraient relevé qu’un seul des déplacements d’Ag Ghaly : à Kidal

À Paris, voilà longtemps que les dirigeants français, sous François Hollande comme sous Emmanuel Macron, sont convaincus que l’ancien rebelle touareg bénéficie de la protection de l’Algérie et qu’il se terre de ce côté de la frontière. Selon un haut responsable du quinquennat Hollande, Ag Ghaly, 60 ans, passerait le plus clair de son temps dans une maison de Tinzawatène en compagnie de son épouse, Anna Walet Bicha et de sa fille.

Impossible, ajoute notre interlocuteur, que cela puisse se faire sans l’accord des puissants services de sécurité algériens. « Il est malin et sait très bien que l’armée française ne peut rien tenter contre lui tant qu’il est en Algérie pour des raisons historiques évidentes », affirme notre source. Ag Ghaly serait prudent et bougerait peu. À bord d’un pick-up ou deux maximum, et souvent en compagnie de femmes ou d’enfants en guise de boucliers humains.

Quel serait l’intérêt d’Alger de protéger le jihadiste le plus recherché du Sahel ?

Entre la mi-2016 et la mi-2017, les services de renseignements français n’auraient relevé qu’un seul de ses déplacements : à Kidal, pour voir Alghabass Ag Intalla, un ex-chef touareg d’Ansar Eddine aujourd’hui à la tête du Haut Conseil pour l’unité de l’Azawad. Depuis le déclenchement de l’opération Serval, les Français ont monté plusieurs opérations visant à le neutraliser en territoire malien, mais toutes ont échoué.

Quel serait l’intérêt d’Alger de protéger le jihadiste le plus recherché du Sahel ? « Depuis l’attaque d’In Amenas, en janvier 2013, les Algériens ne sont pas mécontents que les attentats aient lieu ailleurs que chez eux », affirme un décideur à Paris. Avoir Iyad Ag Ghaly de leur côté permettrait aux Algériens de garder un certain contrôle sur l’extrême nord du Mali pour sécuriser leur frontière sud.

Echanges tendus

Sans oublier que les Algériens n’apprécient guère la présence de troupes françaises si près de leur territoire. Après l’opération du 14 février près de Tinzawatène, ils ont d’ailleurs protesté auprès du président malien, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

C’est peu dire que ces accusations françaises de collusion avec Ag Ghaly agacent à Alger. « C’est totalement faux de dire que nous savons où il se trouve ou que nous le protégeons, avance une source diplomatique algérienne. Nous n’arrêtons pas de dire que, si notre armée peut le tuer, elle le fera. Si les Français ont des preuves que nous savons où il se trouve ou que nous le protégeons, qu’ils les donnent ! »

En juin dernier, le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, n’a d’ailleurs pas fait mystère de son agacement à son homologue français, Jean-Yves Le Drian, en visite à Alger. « Si on trouve Ag Ghaly, on l’élimine », lui a-t-il dit en substance. Un diplomate algérien renvoie la balle du côté des Français. « Le désert est immense, mais ils disposent de multiples moyens de renseignement qui pourraient leur permettre de le localiser, lâche-t-il. Quand Ag Ghaly se fait prendre la tension artérielle, ils sont au courant ! »

Lors de son déplacement à Alger, en décembre dernier, Emmanuel Macron n’a pas hésité à aborder l’épineux sujet avec Ahmed Gaïd Salah, le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major général des armées. Entre le président français et le plus haut gradé algérien, les échanges sur le chef du GSIM ont été tendus.

Tinariwen, alcool et rebellion

Côté français, nul doute que les soupçons sont nourris par la vieille relation qui unit Ag Ghaly aux autorités algériennes. Ancien proche du groupe de musique touarègue Tinariwen, cet homme, souvent décrit comme un ex-séducteur, adepte de fêtes alcoolisées et de poésie dans sa jeunesse, a longtemps vécu dans le Sud algérien.

Jusqu’à un passé récent, les Algériens pensaient qu’Ag Ghaly pouvait être un atout dans la lutte antiterroriste

Figure des dernières rébellions touarègues maliennes, il a été un acteur majeur des accords de paix entre 1991 et 2006 au Mali. Il a, à ce titre, été un interlocuteur privilégié des autorités algériennes, qui ont toujours surveillé de très près les soubresauts indépendantistes chez leurs voisins maliens.

Jusqu’à un passé récent, les Algériens pensaient qu’Ag Ghaly pouvait être un atout dans la lutte antiterroriste. « Nous pensions qu’il pouvait jouer un rôle, mais il nous a trahis », assure une source diplomatique algérienne. Bien qu’ils le soupçonnent d’avoir été de mèche avec le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest, qui avait pris en otage sept membres du consulat d’Algérie à Gao, en avril 2012, les Algériens ont tout de même approché Ag Ghaly pour qu’il serve d’intermédiaire avec les ravisseurs. C’est ainsi qu’il séjourna à plusieurs reprises à Alger courant 2013.

« En fait, il n’a participé en aucune façon à la libération des trois derniers otages [deux avaient été relâchés en 2012], affirme un proche du dossier. Et nous avons perdu contact avec lui quand il a retourné sa veste à la fin de l’année 2013. » Depuis, les responsables algériens jurent ne plus être en lien avec le jihadiste, dont le nom figure sur les listes de personnes accusées de terrorisme par le Conseil de sécurité de l’ONU et par le département d’État américain.

Jeu ambigu de Bamako ?

À Bamako, IBK répète la même antienne : il n’a jamais été question de négocier quoi que ce soit avec ce terroriste qui a du sang malien sur les mains. Début 2017, pourtant, les services de renseignements français (notamment la DGSE) avaient la quasi-certitude que les autorités maliennes avaient pris langue avec Ag Ghaly.

Sous François Hollande, certains responsables français estimaient déjà que le pouvoir jouait un jeu ambigu avec le fondateur d’Ansar Eddine. Pour étayer leurs propos, ils citaient le nom de plusieurs personnalités soupçonnées de jouer les émissaires, comme Ahmada Ag Bibi, réputé proche d’Iyad Ag Ghaly et élu député de la circonscription d’Abeïbara sous les couleurs du Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir). Plusieurs responsables politiques bamakois sont quant à eux ouvertement favorables à un dialogue avec les jihadistes maliens, estimant qu’aucune paix ne sera possible s’ils sont exclus du processus.

Influent et craint, Ag Ghaly a aussi été longtemps un intermédiaire de choix dans les affaires de libération d’otages occidentaux

Les canaux de communication entre « Iyad » et Bamako sont-ils toujours actifs ? Les dirigeants maliens jurent que non, mais Ag Ghaly demeure un acteur incontournable dans le Nord. Il a longtemps disposé d’un important réseau dans les cercles de pouvoir, constitué au fil de ses années de rébellion, puis sous la présidence d’Amadou Toumani Touré, qui l’avait même nommé conseiller consulaire à Djeddah, en Arabie saoudite, de 2007 à 2010.

Influent et craint, il a aussi été longtemps un intermédiaire de choix dans les affaires de libération d’otages occidentaux. Ses nombreuses connexions ne se limitent pas au Mali : Ag Ghaly a noué des liens en Libye, au Niger ou encore au Burkina Faso – sa proximité présumée avec l’entourage de Blaise Compaoré, médiateur dans la crise malienne en 2012-2013, alimente d’ailleurs aujourd’hui les interrogations des autorités burkinabè sur les récentes attaques à Ouagadougou.

Le patron du jihad sahélien

Habile et fin stratège, Iyad Ag Ghaly est parvenu à s’imposer progressivement comme le patron du jihad sahélien. Fin 2014, il se rapproche d’Amadou Koufa, un prédicateur radical peul rencontré dans les années 2000 sur les tapis d’une mosquée de la capitale. Ce dernier lance la katiba Macina, filiale d’Ansar Eddine dans le centre du pays essentiellement composée de combattants peuls.

En mars 2017, Ag Ghaly annonce la fusion des principaux mouvements jihadistes au Mali, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et Al-Mourabitoune, sous son commandement. Avec ses katibas implantées dans différentes régions du pays, le GSIM compterait aujourd’hui entre 500 et 1 000 combattants, selon les différentes estimations. « Il a réussi là où les chefs algériens d’Aqmi, comme Abou Zeïd, ont échoué : fédérer derrière lui des membres de différentes communautés du nord et du centre du Mali, comme des Peuls, des Songhaïs ou des Bambaras », explique une source sécuritaire malienne.

« C’est un opportuniste. Il a compris qu’il pouvait s’imposer comme le boss de la nébuleuse jihadiste régionale »

De fait, depuis la fin de 2015, les attentats de Bamako, Ouagadougou ou Grand-Bassam ont tous été menés par de jeunes Subsahariens. Ce fut encore le cas à Ouaga, le 2 mars, où le chef du commando était un certain Younous Al Fulani (« le Peul »).

Iyad Ag Ghaly a aussi profité de la perte d’influence d’Abdelmalek Droukdel, chef historique d’Aqmi, et de la disparition des écrans radars de Mokhtar Belmokhtar, le « Ben Laden du Sahara ». « C’est un opportuniste. Il a compris qu’il pouvait s’imposer comme le boss de la nébuleuse jihadiste régionale. Il est malheureusement en train d’y parvenir avec le GSIM, qui a montré ses capacités de nuisance bien au-delà des frontières maliennes », analyse une source onusienne.

 

Sa volonté d’expansion ne semble pas s’arrêter là. Ces derniers mois, il s’est rapproché d’Abou Walid al-Sahraoui, leader de l’État islamique dans le Grand Sahara, actif dans la zone dite des « trois frontières » (Mali-Burkina-Niger), ainsi que d’Ansarul Islam, groupe jihadiste burkinabè qui sévit dans le nord du pays.

Reste une question centrale : pourquoi Ag Ghaly agit-il ainsi ? Pour imposer la charia au Mali ? Sanctuariser le Nord ? Laisser sa marque en tant que « grand » du jihad ? Sans doute un peu de tout cela. L’intéressé ne s’est plus exprimé depuis la diffusion de la vidéo annonçant la création du GSIM, le 1er mars 2017. Soit un peu plus d’un an au cours duquel il a confirmé jour après jour son statut d’ennemi public numéro un au Sahel.

Pour le meilleur et pour le pire

Anna Walet Bicha, l’épouse d’Iyad Ag Ghaly, est la fille d’un colon français et d’une Touarègue de la tribu des Ifoghas. En 1991, elle épouse El Hadj Ag Gamou, ancien rebelle devenu général de l’armée malienne. Cinq ans plus tard, elle divorce pour se remarier avec Iyad Ag Ghaly. Beaucoup estiment que cette histoire de cœur a largement attisé la haine que se vouent les deux hommes depuis plus d’un quart de siècle. Ancienne partisane de la rébellion touarègue, elle s’est radicalisée au fil de ses années de mariage avec Ag Ghaly.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : quand les refoulés d’Algérie se révoltent

Une manifestation devant l'ambassade algérienne à Bamako a dégénéré lundi 12 mars. De jeunes Maliens se plaignent d'avoir été victimes de mauvais traitements après leur arrestation en Algérie.

L’ambassade algérienne à Bamako, sise dans le quartier de Daoudabougou, a été la cible de manifestants, lundi 12 mars. Jets de pierres et départ de petits incendies ont ponctué une manifestation de plusieurs dizaines de Maliens accusant les autorités algériennes de mauvais traitements. Les manifestants assurent avoir été expulsés d’Algérie dans des conditions inappropriées voire illégales. Dans un communiqué publié le 15 mars, Bamako a présenté ses regrets à Alger pour ces actes. Joint au téléphone, l’ambassadeur algérien s’est borné à nous renvoyer audit document des autorités maliennes.

La manifestation à Bamako suit une nouvelle vague d’arrestations massives de migrants originaires de pays d’Afrique subsaharienne en Algérie, les 11 et 12 mars. Selon un communiqué d’un groupe d’associations, parmi lesquelles l’Organisation marocaine des droits humains, l’AMDH Mauritanie et la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, plus de 280 personnes ont été arrêtées en deux jours. Des arrestations « arbitraires » et « au faciès » selon ces mêmes associations. « Ils ne demandent pas les papiers, ni rien. Résultat : ils arrêtent même des Algériens noirs de peau ! », accuse une source associative au Mali.

Des jeunes lâchés dans le désert ?

Un responsable associatif d’origine camerounaise et installé au Mali raconte les incidents de Bamako. « Le 6 mars, nous avons recueilli environ 92 jeunes migrants d’entre 20 et 25 ans. Ils avaient été reconduits à la frontière quelques jours plus tôt. Ils se sont plaint de mauvais traitements, d’humiliations… Certains sont repartis vers Bamako le 8 mars. Quelques uns étaient dans la manifestation du 12. »

Un jeune Malien expulsé nie avoir pu avoir accès à un représentant des autorités consulaires maliennes après son arrestation en Algérie. Les autorités algériennes, pourtant, assurent auprès des institutions internationales laisser les autorités consulaires avoir accès à leurs concitoyens. « À l’automne 2017, le consul du Mali a voyagé jusqu’à Tamanrasset. Il voulait voir des personnes retenues dans un centre de rétention plus ou moins formel. Il n’a pas pu », assure à Jeune Afrique un responsable de l’association EuroMed Droits.

Les personnes arrêtées sont transportées sous la contrainte dans des bus sous escorte de la gendarmerie puis abandonnées en plein désert

Selon le communiqué des associations sur les expulsions des 11 et 12 mars, après un transit dans un ancien centre de loisirs à Zeralda puis dans des préfabriqués à Tamanrasset, « les personnes arrêtées sont transportées sous la contrainte dans des bus sous escorte de la gendarmerie et avec le support d’éléments du Croissant Rouge algérien, puis abandonnées en plein désert dans la zone frontalière au sud du pays. » Autrement dit, elles ne sont pas expulsées, mais reconduites à la frontière. Ce qui signifie que dans le grand sud algérien, exposées à divers dangers, le plus souvent, elles doivent traverser la frontière pour rallier la petite ville frontalière d’In Khalil pour ensuite se dirigier vers Gao. À en croire un communiqué d’Human Rights Watch, de nombreuses personnes ressortissantes de pays d’Afrique subsaharienne sont aussi renvoyées vers la frontière malienne selon les mêmes méthodes.

Le nombre des expulsions en hausse

Les raccompagnements à la frontière vers le Mali sont un fait assez nouveau. Depuis 2015, année à laquelle les arrestations et expulsions s’accélèrent, la plupart des ressortissants de pays d’Afrique subsaharienne étaient renvoyés vers le Niger à la faveur d’un accord conclu entre les deux pays en 2014. En mission au centre de transit des migrants à Agadez, au Niger, le ministre de l’Intérieur nigérien, Mohamed Bazoum, n’a pas hésité à fustiger le comportement des autorités algériennes en février dernier. En cause : une propension, selon lui, à expulser au Niger, par la route, des ressortissants de différents pays d’Afrique subsaharienne. Dans une réponse adressée au Comité de l’ONU pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants en janvier 2018, les autorités algériennes assuraient avoir renvoyées environ 20 000 personnes depuis décembre 2014. Un chiffre qui semble vraisemblable à diverses sources associatives.

Source : jeuneafrique.com

 

Ouagadougou: soupçons de complicités dans l'armée

Ouagadougou: soupçons de complicités dans l'arméeL'enquête sur la double attaque de Ouagadougou progressait dimanche: un jihadiste présumé, soupçonné d'avoir joué un rôle clé était entendu par la justice du Burkina Faso qui soupçonne des complicités dans l'armée.

L'homme dont la nationalité n'a pas été révélée a été arrêté vendredi dans les heures qui ont suivi les attaques coordonnées contre l'état-major des armées burkinabè et l'ambassade de France à Ouagadougou, a déclaré à l'AFP une source gouvernementale.

Cet homme est soupçonné d'avoir participé à l'attaque de l'état-major général de l'armée, en plein centre de Ouagadougou et pourrait même être "un cerveau" de l'opération, a-t-on ajouté.

Les attaques ont fait sept morts parmi les forces de sécurité, selon un dernier bilan, et ont été revendiquées samedi soir par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM) lié à Al-Qaïda disant agir en représailles à une opération militaire française antijihadiste au Mali.

D'autres assaillants "jihadistes ont peut-être pu s'enfuir" après l'attaque de l'état-major, situé dans le quartier très fréquenté du grand marché de Ouagadougou, selon la source gouvernementale.

Les autorités ont de "très forts soupçons" qu'il y ait "des infiltrés dans l'armée" qui ont renseigné les jihadistes pour l'attaque de l'état-major, a ajouté la source burkinabè.

En effet l'explosion de la voiture piégée qui a précédé l'assaut a totalement détruit une salle de réunion, située en façade du bâtiment, où devait se tenir une réunion de l'état-major de la force antijihadiste du G5 Sahel. La réunion a été changée de salle au dernier moment, évitant un carnage.

- 'Connaissance des habitudes' de l'état major -

"Ils avaient une connaissance des habitudes et pratiques courantes au sein de l’état-major, ce qui explique la facilité avec laquelle ils ont accédé au sein de l’état-major par son accès de service, situé au dos de l’entrée principale", avait expliqué samedi une autre source gouvernementale.

Les enquêteurs se demandent si l'attaque contre l'ambassade de France n'était pas une "diversion" avant l'attaque contre l'état-major.

Située dans la zone des ambassades, l'ambassade de France est très bien protégée. La tentative s'est d'ailleurs soldée par la mort des quatre jihadistes qui n'ont pas pu pénétrer dans l'enceinte diplomatique, a aussi expliqué la source gouvernementale.

Toutefois, dans sa revendication, le GSIM a dit avoir agi "en réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l'armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines".

Le dernier bilan des attaques de vendredi fait état de sept morts parmi les forces de l'ordre burkinabè et plus de 80 blessés, ainsi que de neuf jihadistes tués, selon la première source gouvernementale.

L'un des hommes tués avait été compté à tort dans un bilan précédent parmi les forces de l'ordre parce qu'il portait un treillis militaire. Il s'agissait en réalité d'un jihadiste, dont plusieurs étaient en uniforme, a précisé cette source.

Un procureur et quatre enquêteurs français étaient attendus dimanche à Ouagadougou pour participer à l'enquête sur la double attaque de vendredi, a par ailleurs indiqué la source.

L'activité reprenait normalement dimanche dans la capitale burkinabè, mais, signe de l'extrême tension qui persiste, deux incidents armés se sont produits, dont l'un a fait un mort.

Vers 02H00 heures du matin (locales et GMT), une voiture avec trois hommes à bord a tenté sans succès de forcer un barrage dans la zone de la présidence du Burkina Faso, en périphérie de Ouagadougou, selon une deuxième source gouvernementale.

Deux hommes ont réussi à s'enfuir, le troisième a été arrêté par des membres de la sécurité présidentielle qui tenaient le barrage, à environ 1,5 kilomètre du palais présidentiel.

L'homme arrêté a été abattu deux heures plus tard après avoir tenté de s'emparer de l'arme d'un de ses gardiens, selon cette même source. Les forces de l'ordre ratissaient la zone dimanche.

Cet incident est apparemment sans lien avec l'attaque jihadiste, selon une source sécuritaire, car les hommes n'avaient pas d'armes.

Autre incident dimanche matin, des soldats ont effectué des tirs de sommation contre des passants qui voulaient franchir une barrière dans la zone de l'état-major, toujours totalement bouclée.

- 'On a tous peur' -

Le GSIM est une organisation jihadiste regroupant depuis tout juste un an plusieurs entités du Sahel liées à Al-Qaïda. Le nouveau groupe est dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, chef Ansar Dine.

Le Burkina Faso est depuis 2015 la cible d'attaques jihadistes, qui ont déjà frappé sa capitale, sans jamais toutefois atteindre un tel niveau d'organisation. Dans la population, la nervosité restait palpable dimanche.

"La paix soit au Burkina Faso. En tout cas nous les croyants, nous allons prier beaucoup pour que les terroristes ne viennent plus au Burkina Faso", a déclaré une commerçante, Suzane Kouama.

Bouri Sawadogo, étudiant, souhaite "que ça s’arrête, parce que, à l’allure ou ça va, franchement, on a tous peur". "Notre Etat Major, c’est le cœur de Ouagadougou, le cœur du Burkina Faso qui fut attaqué", dit-il.

Source : Romandie News (Suisse)

 

 

Nusrat al-Islam wal-Muslimin revendique l’attaque de Ouagdougou

Nusrat al-Islam wal-Muslimin revendique l’attaque de OuagdougouNusrat al-Islam wal-Muslimin, la coalition djihadiste active dans le nord du Mali, a revendiqué les attaques qui ont secoué vendredi la capitale burkinabé, Ouagadougou.

Dans un message envoyé à Alakhbar, la coalition djihadiste a affirmé avoir agi en réponse à la mort de plusieurs de ses leaders dont le chef djihadiste Mohamed Hacen Al-ançari dans un raid de l’armée française.

16 personnes ont été tuées dont 8 assaillants et 80 autres blessées dans l’attaque qui a ciblé la zone où se situent l'Etat major de l'armée, la Primature, l'Ambassade de France et l'Institut Français.

La France avait annoncé il y a plus de deux semaines avoir mené un raid dans le nord-est du Mali conduisant à la mort ou la capture d’une vingtaine de djihadistes. Quelque 4 000 soldats français sont stationnés dans le Sahel pour lutter contre les groupes islamistes armés qui opèrent notamment dans le nord du Mali.

Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

Mali : « l’insécurité se développe et gagne le centre », selon l’ONU

L'insécurité au Mali « continue à se développer et gagne de façon progressive le centre du pays », affirme un rapport intermédiaire de l'ONU, en précisant que plusieurs signataires de l'accord politique de 2015 reconnaissent perdre de leurs pouvoirs.

Des représentants des groupes armés Plateforme et CMA (Coordination du mouvement de l’Azawad) ont constaté un « déclin progressif de leur influence dans des zones qui étaient traditionnellement sous leur contrôle direct ou indirect », précise ce rapport d’experts onusiens, remis aux 15 membres du Conseil de sécurité et auquel l’AFP a eu accès vendredi.

« De telles pertes de contrôle territorial, ajoutées à une fragmentation croissante des groupes armés en fonction de leurs ethnies, et en conséquence le développement de groupes armés non-signataires, représentent aujourd’hui la plus grande menace à l’application de l’accord » d’Alger de 2015, jugent ces experts.

Ces spécialistes sont chargés du régime de sanctions relatif au Mali institué l’été dernier par l’ONU afin de faire pression sur les signataires de l’accord de 2015, dont l’exécutif malien, pour qu’ils appliquent leurs engagements. A ce jour, aucune sanction contre un individu ou une entité n’a été prise et les experts n’en recommandent pas dans leur document intermédiaire.

Toutes les parties sont responsables des retards actuels

Selon un diplomate s’exprimant sous couvert d’anonymat, le groupe d’experts « juge que toutes les parties sont responsables des retards actuels » à l’application de l’accord. Mais qu’à ce stade, « le processus n’est pas bloqué à un point où aucune avancée ne pourrait plus être réalisée », estime la même source.

Le rapport final de ces experts est attendu d’ici au 1er septembre.

Leur document intermédiaire souligne aussi que la montée en puissance de la force multinationale antijihadiste G5-Sahel (Mali, Burkina, Niger, Tchad et Mauritanie) va de pair avec des « menaces terroristes croissantes de l’Etat islamique dans le Grand Sahara (ISGS) et de Ansar al-Islam », notamment dans la région frontalière entre le Burkina Faso, le Mali et le Niger.

Cette région est le cœur d’action de la force G5-Sahel en cours de création. Vendredi, un attentat à Ouagadougou à la voiture piégée visait « peut-être » une réunion militaire du G5-Sahel, selon le ministre burkinabé de la Sécurité, Clément Sawadogo.

En dépit de l’accord de 2015, « la situation humanitaire dans le nord et le centre du pays reste volatile, instable et une détérioration continue persiste », ajoute le texte.

« A travers le pays, environ 4,1 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire », indiquent enfin les experts, qui prévoient dans les prochaines semaines de se rendre en Europe (Paris, Bruxelles, La Haye), avant un nouveau voyage au Mali et ultérieurement à Alger, Dakar, Niamey et Nouakchott.

Source : RFI

 

 

En direct – Burkina : plusieurs sites stratégiques attaqués par des hommes armés à Ouagadougou

La capitale burkinabè est ce vendredi matin le théâtre de plusieurs attaques dans les zones de l'ambassade de France, de la primature et de l'état-major des armées. La situation reste confuse et l'identité des assaillants demeure inconnue. Suivez l'évolution de la situation sur notre live.

13h04 – « Nos forces ont sécurisé ces endroits » (gouvernement)

« Deux lieux ont été attaqués : l’état-major général des armées et l’ambassade de France. À l’heure actuelle, nos forces de sécurité et de défense (FDS) ont sécurisé ces endroits. Nos FDS mènent en ce moment même des opérations », a affirmé à Jeune Afrique Rémi Dandjinou, ministre burkinabè de la Communication.

Il se refuse pour l’instant à livrer un bilan de l’attaque. « Nous ne savons pas la nature de l’attaque », insiste-t-il.

12h54 – Les forces spéciales burkinabè sont autour de l’état-major

Selon notre correspondant, les forces spéciales burkinabè ont bouclé la zone autour de l’état-major. Plusieurs blindés sont positionnés dans les rues alentours. L’un d’eux entre régulièrement dans le bâtiment pour aller chercher des gens coincés à l’intérieur.

Des tirs sporadiques continuent à être entendus.

12 h 41 – Premières images de Ouagadougou

Une forte fumée s’élève au-dessus de l’état-major, à Ouagadougou.

 

L’explosion a soufflé les vitres d’un immeuble proche du lieu de l’attaque.

Des tirs sporadiques continuent de se faire entendre. La situation reste encore extrêmement confuse dans la capitale burkinabè. Les images ci-dessus ont été prises dans les premières minutes de l’attaque. Les assaillants sont encore non identifiés.

12h32 – Un blessé témoigne

Djipo Mahamadi a été blessé dans les premiers instants de l’attaque. Nadoun Coulibaly, correspondant de Jeune Afrique à Ouagadougou, l’a rencontré. « Quand j’ai entendu l’explosion, je me trouvais près de l’état-major. Dans la panique, j’ai été percuté par une moto », rapporte-t-il, ajoutant souffrir d’une fracture du pied.

12h29 – Attaque en cours « à l’ambassade de France et à l’Institut français »

Sur son compte Facebook, l’ambassade de France au Burkina Faso précise que l’attaque est « en cours à l’ambassade de France et à l’Institut français ». Un peu plus tôt, l’ambassadeur de France au Burkina, Xavier Lapeyre de Cabanes, faisait état d’une attaque « aux abords » de l’ambassade.

12 h 12 – « Une très forte détonation a fait trembler les murs »

Notre correspondant, Nadoun Coulibaly, se trouvait à 300 mètres de l’état-major des armées lorsqu’il a entendu une forte détonation. Il était un peu plus de 10 h GMT et heure locale. « Une très forte détonation a fait trembler les murs de bâtiments sur plusieurs centaines de mètres. Tout de suite, il y a eu un grand mouvement de panique, les gens se sont tous mis à fuir. »

Selon des témoins, deux hommes armés étaient arrivés quelques instants auparavant, ouvrant le feu sur les sentinelles postées à l’entrée de l’état-major des armées. « J’achetais une montre avec un marchand près de l’état-major quand des tirs ont retenti. Des personnes cagoulées avec des sacs à dos échangeaient des tirs avec la sentinelle. Puis, on a entendu l’explosion. », raconte Kader.

Depuis, une épaisse fumée noire s’échappe de ce bâtiment, situé en plein centre de Ouagadougou. Selon un haut-gradé, joint par Jeune Afrique, certains des assaillants seraient « en tenues militaires ».

12 h 07 – La police burkinabè fait le point sur la situation dans la capitale

La police nationale burkinabè a diffusé un communiqué, indiquant qu’« une attaque armée est en cours présentement dans la ville de Ouagadougou ». « Cette attaque concerne les zones suivantes selon les premières informations disponibles : alentours du Premier Ministère ; alentours du rond point des Nations-Unies », précise le communiqué, qui invite les populations à « éviter ces zones au maximum pour l’instant ».

12 h 04 –  Une explosion près de l’état-major des armées, selon plusieurs témoins (AFP)

Des témoignages font état d’une explosion près de l’état-major des armées burkinabè et de l’institut français. Cette zone est située à environ un kilomètre de distance de la première attaque près de l’ambassade de France.

11 h 40 – Des tirs entendus dans le centre de Ouagadougou près de l’ambassade de France (AFP)

Un correspondant de l’AFP fait mention de tirs intenses dans le centre de Ouagadougou, non loin de l’ambassade de France au Burkina Faso. Selon des témoins, cinq hommes armés sont sortis d’une voiture et ont ouvert le feu sur des passants avant de se diriger vers l’ambassade.

Jean-Marc Châtaigner, l’ambassadeur français, envoyé spécial pour le Sahel, évoque une « attaque terroriste » sur Twitter, ce mardi 2 mars.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Maroc : les nouveaux seigneurs du Sahara occidental

Au lendemain de la récupération du Sahara occidental en 1975, Rabat s’était appuyé sur une élite du cru pour défendre sa cause. Choyées par le Palais, ces figures locales continuent de servir d’atout diplomatique.

Maroc : les cinq familles qui comptent au Sahara occidental

Le Polisario vient d’être convié à Bruxelles pour des consultations relatives aux accords Maroc-Union européenne (UE), objet de réserves de la part de la Cour de justice européenne. Des élus marocains des provinces du Sud seront également de la partie et s’exprimeront aussi en tant que Sahraouis marocains.

« La diplomatie du royaume a toujours usé de l’argument implacable selon lequel le Polisario ne peut se targuer d’être l’unique porte-parole des Sahraouis », explique un ancien diplomate. Et des élus marocains originaires des provinces du Sud, le royaume n’en a jamais manqué.

Aujourd’hui encore, les trois régions du Sahara sont toutes présidées par des figures locales, qui représentent aussi l’écrasante majorité des députés, des conseillers ou des élus locaux. Une élite politique sahraouie qui a connu peu de renouvellement entre le règne de Hassan II et celui de Mohammed VI, restant fidèle à une structure tribale avec des équilibres propres à la culture sahraouie.

Clan et ramification

« La réalité tribale du Sahara a toujours pesé dans l’équation politique, même du temps de la colonisation espagnole », explique Rahal Boubrik, professeur à l’université Mohammed-V de Rabat. Ainsi, au lendemain de la Marche verte de 1975, quelques leaders historiques et chefs de grandes tribus sahraouies sont érigés par le Palais en tout-puissants notables. Ils sont même surnommés « les seigneurs du désert ».

Parmi les têtes d’affiche, Khatri Ould Sidi Saïd El Joumani et Khalihenna Ould Errachid, deux représentants de deux branches de la tribu des Reguibat, le clan sahraoui le plus nombreux et le plus puissant. Plusieurs de ses membres sont d’ailleurs influents de l’autre côté de la frontière, dans les camps de Tindouf : El Ouali Moustapha Sayed, le fondateur du Polisario, appartenait par exemple à l’une des branches de cette tribu (Tahalat), tandis que l’autre filière de ce clan (Lbouihat) compterait aujourd’hui encore près de 50 % du corps diplomatique du Front Polisario, dont l’armée est également constituée de membres de la tribu.

« Quand Khalihenna Ould Errachid a été choisi [en mars 2006] pour présider le Conseil royal consultatif des affaires sahariennes (Corcas), c’était tout sauf un mauvais casting, nous explique notre source diplomatique. Il était destiné à se retrouver face à ses cousins du Polisario autour de la table des négociations à Manhasset, à la suite de la présentation du plan d’autonomie marocain. »

L’enrichissement de ces néoseigneurs a toujours été conditionné par leur contribution à préserver le calme et la stabilité au Sahara

Le système mis en place par Hassan II et son ministre Driss Basri était fondé sur une approche qui n’a pas substantiellement changé : la légitimité ancestrale de ces seigneurs en draaiya (habit traditionnel sahraoui) est renforcée à coups de privilèges économiques qui se sont appréciés entre les deux règnes.

Dynasties

Si, au départ, des secteurs clés de l’économie sahraouie leur ont été confiés – à travers la distribution de licences pour l’exploitation des carrières de sable ou pour la pêche en haute mer et la passation de marchés de construction ou d’équipement –, les grandes familles sahraouies ont su diversifier et développer leurs activités. L’enrichissement de ces néoseigneurs a toujours été conditionné par leur contribution à préserver le calme et la stabilité au Sahara.

D’ailleurs, à l’ère Basri, la confection des cartes électorales dans le Sud se faisait sur mesure, de manière à ce que les municipalités soient « équitablement » distribuées aux fidèles du pouvoir. Et, même après l’avènement du nouveau règne et l’organisation d’élections transparentes, les grandes familles ont su tirer parti de leur expérience politique et de l’effet de levier économique pour continuer d’enchaîner les mandats de députés ou d’élus locaux.

Les Joumani, Ould Errachid, Bouaida, Derham et autres familles influentes, avec leurs proches, sont systématiquement élus dans les instances de la région. « Aujourd’hui encore, aucune élite sahraouie ne peut émerger sans la bénédiction de l’État. Ce qui malheureusement réduit la marge de manœuvre du renouvellement des élites », déplore le professeur Boubrik.

« Hub économique »?

Mais ce système est de plus en plus critiqué. Le Conseil économique social et environnemental (Cese) a déjà signé un rapport sur les provinces du Sud aux constats édifiants. D’abord, il est reproché au régime fiscal du Sahara d’être « empirique, sans cadre légal précis ». Autant dire que le Sahara est une sorte de paradis fiscal.

Nous voulons opérer une véritable rupture avec les méthodes adoptées dans la prise en charge des affaires du Sahara

Autre anomalie : la région compterait près de 6 000 fonctionnaires fantômes, et des milliers de Sahraouis bénéficient des cartiyas, des cartes d’une valeur mensuelle de 900 à 1 600 dirhams (de 80 à 140 euros environ) distribuées par l’Entraide nationale, une structure de prise en charge de personnes en difficulté. De quoi nourrir l’esprit de rente de la région, mais aussi un sentiment d’injustice économique.

Une réalité dont le souverain a pris toute la mesure : lors du 40e anniversaire de la Marche verte, Mohammed VI s’est déplacé à Laayoune et en a profité pour donner un coup de pied dans la fourmilière : « Aujourd’hui, après quarante années […], nous voulons opérer une véritable rupture avec les méthodes adoptées dans la prise en charge des affaires du Sahara, rupture avec l’économie de rente et les privilèges. » Dans la foulée, un plan de 77 milliards de dirhams a été lancé, avec la promesse de faire du Sahara un « hub économique » profitable à l’ensemble de la population. Pourvu que ce ne soit pas un mirage.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali: six soldats et un garde forestier tués, l'armée accusée d'avoir tué sept civils

Mali: six soldats et un garde forestier tués, l'armée accusée d'avoir tué sept civilsSix militaires et un garde-forestier sont morts mardi dans deux attaques attribuées à des jihadistes dans le centre du Mali, où l'armée est accusée par des familles d'avoir tué sept civils après leur arrestation le 21 février.

Un véhicule des forces armées a "sauté (mardi) sur un engin explosif improvisé à environ 7 km à l'est de Dioura", dans la zone de Ségou (centre). Le bilan est de "6 morts", dont un lieutenant, a indiqué mercredi l'armée malienne sur son site d'information.

Par ailleurs, dans la nuit de mardi à mercredi, un "terroriste a tué à Douentza (centre) un agent des eaux et forêts avec une arme" à feu, a par ailleurs affirmé à l'AFP une source militaire. Le terme "terroriste" désigne un présumé jihadiste dans le langage des autorités au Mali.

Dans cette même région du centre du Mali, sept civils ont été tués la semaine dernière après avoir été arrêtés par l'armée malienne, ont accusé mercredi des proches et un parti d'opposition.

"Mon oncle figure parmi les sept civils" qui assistaient "à une cérémonie de baptême le 21 février à Sokolo lorsque des militaires maliens sont venus les arrêter", a déclaré à l'AFP Nouhoun Sarr, un parent des disparus.

Après une rencontre mardi des familles avec le ministre de la Défense, Tiéna Coulibaly, "on nous a appelés ce (mercredi) matin pour nous dire que nos parents avaient été tués lors d'opérations, sans plus de détails", a-t-il ajouté.

"Selon nos informations, les sept civils arrêtés le 21 février à Sokolo par l'armée malienne ont été tués par des militaires", a déclaré à l'AFP Yeyia Ag Mohamed Ali, ancien ministre et membre du parti d'opposition Sadi.

Dans un communiqué, le gouvernement a reconnu mercredi la mort de civils et annoncé l'ouverture d'une enquête.

"Des éléments des forces armées maliennes ont mené le 21 février 2018 des missions de reconnaissance et de fouilles dans la commune de Sokolo, au cours desquelles des personnes civiles ont malheureusement perdu la vie", indique-t-il sans donner plus de détails sur les circonstances de la mort de ces civils.

Le nord du Mali était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés par une intervention militaire internationale, lancée en janvier 2013 à l'initiative de la France et qui se poursuit.

Mais des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, régulièrement visées par des attaques, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix, censé isoler définitivement les jihadistes, mais dont l'application accumule les retards.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et au sud du Mali et le phénomène gagne les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger.

Source : Romandie News (Suisse)

 

 

G5 Sahel : Le défi sécuritaire

G5 Sahel : Le défi sécuritairePour que la force militaire conjointe soit efficace, les 5 pays du G5 Sahel réclament un soutien financier de la part de la communauté internationale. Une nouvelle conférence de financement a lieu ce vendredi à Bruxelles. Retour sur l’origine du G5 Sahel et sur les défis à relever.

L’argent, le nerf de la guerre… Ce vendredi, une nouvelle conférence a lieu à Bruxelles concernant le financement de la force conjointe du G5 Sahel. Le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad attendent beaucoup de cette conférence de donateurs pour récolter de nouveaux fonds.

Car pour le moment, les pays du G5 peinent à boucler le financement de cette force censée combattre les différents groupes djihadistes, nombreux dans la région.

Aux origines du G5 Sahel
Le Sahel géographique recouvre un territoire de 3 millions de km2. La zone est l’une des plus pauvres au monde, avec un climat aride, dont "les variations saisonnières et inter-annuelles engendrent des conséquences dramatiques pour la population", selon Patrice Gourdin, docteur en histoire.

Mais il rappelle que le seul facteur climatique n’explique pas toutes les difficultés de la région. "Quatre pays sur cinq (excepté la Mauritanie donc) sont enclavés, l’absence d’accès à la mer rend vulnérable la zone sahélienne au bon vouloir et/ou à la situation intérieure des pays voisins possédant des ports.

Cet enclavement n’est pas sans poser problème, notamment en matière d’infrastructures, de communications."
De plus, ces pays ont peu des ressources naturelles, "l’agriculture est en ruine, l’industrie inexistante et des services peur développée en dehors de l’économie informelle". La zone est également gangrenée par la corruption, les gouvernements peinent à assurer la sécurité et la justice.

Le Sahel géopolitique, le G5 Sahel a été créé en février 2014, à Nouakchott, en Mauritanie. Le Niger, le Mali, le Burkina Faso, le Tchad et la Mauritanie ont décidé de coordonner leurs actions pour combattre les attaques djihadistes dans la bande Sahelo-saharienne.

Une alliance sécuritaire, qui vise aussi à "garantir des conditions de développement, et promouvoir un développement régional inclusif et durable", selon les termes du site officiel du G5.

Serge Michailof, chercheur associé à l’Iris, ancien directeur de la Banque mondiale, et ancien dirigeant de l’Agence française de développement assure que "ces pays ont tous des ressources limitées" :

Ces pays ont tous des ressources limitées. Leurs économies sont faibles, et leur appareil sécuritaire est nécessairement de très petite taille. Les djihadistes ne connaissent pas de frontières et passent d’un pays à l’autre, d’où la création d’un G5 Sahel, qui facilite en particulier les actions de poursuite au-delà des frontières nationales.

Une menace multiple

Le manque de sécurité dans le Sahel, mais aussi une "dégradation des conditions de vie et la partialité des gouvernements ont entraîné une montée en puissance des groupes salafistes", selon l’historien Patrice Gourdin. Parmi la mosaïque de groupes armés, il existe deux principaux groupes, Daech et Al Qaïda. D'un côté, le groupe Etat islamique dans le grand Sahara, soutenu par Boko Hara.

De l'autre, le "groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans", qui est le résultat d’une fusion avec le groupe malien Ansar Dine, le Front de libération du Macina et de l’émirat du Sahara (branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique), et du groupe algérien Al Mourabitoune.

Mais le risque djihadiste n’est pas la seule menace. Il faut prendre en compte également l’insécurité alimentaire et le risque sanitaire, martèle Patrice Gourdin (lors du conférence donnée en juin 2017). "Les clivages ethniques accentués par la pauvreté peuvent, en période de pénurie, évoluer en rivalités voire en affrontements, notamment pour l’accès aux ressources.

Le banditisme est également un problème car les États sont défaillants en matière de sécurité."
Il ajoute : "Face à la pauvreté, une partie de la population se radicalise. Des rébellions (par exemple au Tchad contre le président Deby, ou les Touaregs au Mali) ont éclaté, mais les dissensions tribales et la diversité ethnique ne facilitent pas les ralliements, au demeurant fluctuants".

Force militaire conjointe

Le G5 Sahel a fondé, en juillet 2017, une force militaire conjointe pour sécuriser les frontières, notamment, la zone dite des trois frontières aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso. La première opération appelée Hawbi, vache noire, a eu lieu entre octobre et novembre 2017.

Quelques 500 soldats ont été mobilisés, nigériens, burkinabais et maliens, chargés de sécuriser cette zone où pullulent les groupes djihadistes et les groupes criminels organisés.

Le bilan de l’opération Hawbi est en demi-teinte. De l’aveu même du colonel nigérien Mahamadou Mounkaila, il y a eu des "problèmes logistiques", "c’est une première mission, nous avons beaucoup de leçons à tirer mais je ne pense pas que ce soit insurmontable", a-t-il ajouté. Une deuxième opération a été lancée le 15 janvier, toujours dans la même zone, sans précision sur le détail de la mission, "pour des raisons de sécurité", selon les ministres de la défense des cinq pays.

Défi financier

La force conjointe du G5 Sahel prévoit d’atteindre d’ici mars 2018 une capacité de 5 000 hommes, répartis en sept bataillons : deux pour le Mali et le Niger, un pour le Tchad, le Burkina Faso et la Mauritanie. Cet objectif est-il tenable ? "La force se heurte à des problèmes de financement, détaille le chercheur Serge Michailof.

Son coût annuel est de l’ordre de 220 millions d’euros. La France, qui finance déjà l’opération Barkhane (environ 650 millions d’euros) ne peut assurer seule ce financement.

L’Union européenne a promis 50 millions, ce qui est parfaitement ridicule quand on connait ses ressources. Alors on est allé chercher l’Arabie Saoudite, qui promet 100 millions d’euros mais quand on connait le rôle néfaste de ce pays dans la diffusion de l'idéologie Wahhabite au Sahel c'est un peu faire appel à un pompier pyromane...

Je pense que le financement sera bouclé pour 2018 mais le problème risque de se reposer chaque année."
D’où l’importance de cette nouvelle réunion de donateurs à Bruxelles ce vendredi.

Le Sahel, un enjeu international

L’instabilité de la zone sahélienne est prise au sérieux par la communauté internationale. La force sahélienne est appuyée par l’opération française Barkhane, présente depuis 2014, avec 4000 hommes, qui contiennent et tentent de réduire l’expansion des djihadistes. Deux militaires français ont été tués ce mercredi dans une attaque.

Outre cet appui militaire, il y a les détachements américains au Niger, avec des drones, et un bataillon allemand qui forme l’armée malienne, mais aussi des programmes d’appui technique et de formations importants, financés par l’Union européenne pour les armées locales et les services de sécurité. Et puis il y a la force des Nations Unies, la Minusma, avec 13 000 hommes. Serge Michailof

Les moyens militaires, LA solution ?

Des voix s’élèvent pour critiquer la force conjointe du G5 Sahel, notamment le groupe de réflexion "International Crisis Group". Dans un rapport publié en décembre, le groupe écrit : "Cette force, reste à construire. Elle soulève de nombreuses questions sans réponses quant à son financement, sa capacité opérationnelle, la coopération politique entre ses cinq membres et sa place dans un espace sahélien où se bousculent des initiatives militaires et diplomatiques parfois concurrentes."

La force est encore largement expérimentale, ajoute le rapport. Pour qu’à l’avenir elle soit opérationnelle, selon le groupe de réflexion, il faudra que les cinq pays l’intègrent dans un cadre plus large, dotés d’objectifs politiques : "Dans les zones où agit la force du G5 et si elle arrive à les pacifier, des espaces de négociation locaux doivent être rapidement ouverts et des canaux de communication avec certains chefs de groupes djihadistes, issus des terroirs sahéliens doivent être maintenus ou réactivés."

Pour d’autres, le problème sécuritaire au Sahel ne peut pas se résoudre uniquement par des moyens militaires. Selon Serge Michailof :

L'enjeu est de créer au plus vite des emplois pour les jeunes sahéliens qui se retrouvent aujourd'hui avec des économies atones et sans espoir d'insertions économique et sociale. C'est possible en particulier dans le domaine rural où de gros investissements sont nécessaires pour relancer une économie rurale largement en panne.

Il y a un potentiel non exploité mais les financements budgétaires de ces pays comme l'aide internationale boudent ce secteur, pourtant majeur. Un autre problème est la nécessité de reconstruire ou de consolider les appareils d'Etat qui pour certains pays, et en particulier le Mali, sont en ruine.

L'Algérie, absente du G5

L'Algérie reste étonnamment absente du G5 Sahel. Le pays a pourtant plus de 3000 km de frontière avec les principaux pays du Sahel : Mauritanie, Mali, et Niger. L'Algérie est elle aussi touchée par les attaques djihadistes : lors de la dernière attaque importante, il y a 5 ans, 40 employés ont été tué dans la prise d'otage sur le site gazier d'In Amenas, dans le Sahara algérien.

"Mais depuis, l'Algérie n'a pas évolué, explique Kader Abderrahim, maître de conférence à Sciences Po, spécialiste du Maghreb et de l’islamisme, _le pays n'a pas changé de paradigme et souhaite rester ce pays qui résiste à toute forme d'évolution, et je dirais, à presque toute forme de réalité_.

Aujourd'hui, c'est tout de même difficile d'imaginer pouvoir combattre seul le terrorisme pour un pays qui traverse une grave crise institutionnelle et économique".


Les raisons pour lesquelles l'Algérie refuse de participer à la lutte anti-terroriste du G5 restent floues. "Personne ne sait quelle est sa politique, selon Serge Michailof, chercheur associé à l’Iris, et surtout si elle en a une, ou s'il n'y pas 3 ou 4 politiques différentes conduites par des entités différentes.

Elle est en tout cas largement responsable de la dégradation sécuritaire ayant poussé des groupes djihadistes au Sahel pour s'en débarrasser. Elle a également géré médiocrement sa médiation lors des accords d'Alger, en 2015 avec le Mali.

De plus, ses services de sécurité manipulent certains groupes djihadistes au Mali, en particulier Ansar Dine".
Une hypothèse qu'évoque également Kader Abderrahim, "et cela provoque une complexification de la situation pour l’Algérie et ses voisins. Ça agrandit le spectre dans lequel il faut combattre le terrorisme".

Source : France Culture

 

Mali : un proche d’Iyad Ag Ghali tué dans un raid de Barkhane à la frontière algérienne

Malick Ag Wanasnat, ancien colonel de l’armée malienne présenté comme un proche d’Iyad Ag Ghali, aurait été abattu ce mercredi 14 février dans un raid mené par l’armée française à Tinzawaten, près de la frontière entre le Mali et l’Algérie. Au moins dix jihadistes présumés ont été tués dans ce qui est présenté comme un bastion d’Ansar Eddine.

Barkhane aurait abattu l’un des bras droit d’Iyad Ag Ghali, chef d’Ansar Eddine et du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, lors d’une opération menée dans la nuit du 13 au 14 février. Au moins dix personnes ont été tuées dans ce raid ciblant « trois objectifs de groupes armés terroristes », mené par air et au sol par les troupes de Barkhane « entre Boughessa et Tinzaouatène », dans le nord-est du pays.

« L’opération a débuté par des frappes aériennes simultanées sur les objectifs, suivies d’assauts héliportés appuyés par des hélicoptères Tigre et conclues par un engagement au sol », précise un communiqué de l’état-major des armées, qui fait état d’un bilan provisoire « d’une vingtaine de terroristes tués ou capturés », de trois véhicules détruits et d’un « grand nombre de documents saisis ».

« C’est la base du chef du réseau, Iyad Ag Ghaly, à Tinzaouatène qui a été la cible principale de cette opération », a affirmé une source sécuritaire citée par l’Agence France-Presse, qui évoque un bilan de 10 à 17 morts parmi les jihadistes présumés.

L’ex-colonel malien devenu allié des groupes armés

Parmi eux, Malick Ag Wanasnat, ancien colonel de l’armée malienne qui « avait fait défection en 2006, après avoir cassé et pillé le magasin d’armement à Ménaka [dans le nord-est du pays, ndlr] », selon un communiqué des Forces armées maliennes (FAMA). L’ex-officier malien aurait par la suite « orchestré des attaques en compagnie d’Assalat », affirment les FAMA, faisant référence à Assalat Ag Habi, ancien membre du MNLA qui a quitté le groupe en septembre 2016 pour créer le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA).

« Malick Ag Wanasnat était un allié et un pilier d’Iyad Ag Ghali », affirme l’armée malienne. Ce dernier, chef d’Ansar Eddine et aussi à la tête du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », qui rassemble Ansar Eddine, Al Mourabitoune ainsi que la katiba Macina. Ityad Ag Ghali s’est retranché dans la région proche de la frontière avec l’Algérie depuis 2015.

Ce groupe jihadiste avait revendiqué l’attaque menée en juin 2017 sur l’ecolodge de Kangaba, près de Bamako, lors duquel trois civils, deux militaires et trois assaillants avaient été tués.

Source : jeuneafrique.com

 

Le Marrakech Security Forum alerte sur les menaces émergentes au Sahel

Le Marrakech Security Forum alerte sur les menaces émergentes au Sahel   Au Maroc, de nombreux responsables et experts sécuritaires d’Afrique et d’Europe, réunis vendredi et samedi à Marrakech, ont tiré la sonnette d’alarme sur des menaces émergentes et de nouveaux risques de conflictualité en Afrique et au Sahel, une zone où l’accroissement de la violence terroriste suscite également l’inquiétude de l’Europe, et particulièrement de l’Espagne.

Les participants au Marrakech Security Forum (AfricaSEC 2018) ont insisté sur les récentes évolutions dans la région du Sahel et du Sahara, notamment à cause de la multiplication de milices et de groupes djihadistes liés au groupe terroriste de l’Etat islamique (EI). Une situation qui a été évoquée récemment par le ministre espagnol des Affaires étrangères Alfonso Dastis.

L’Espagne est inquiète de « l’arrivée croissante de personnes affiliées à Daesh et qui, ayant été vaincues en Irak et en Syrie, transfèrent leurs activités au Sahel et en Libye », a assuré le chef de la diplomatie espagnole, craignant le passage de combattants islamistes entre l’Espagne et les pays du Maghreb.

Des mouvements inquiétants confirmés par le marocain Abdelhak Khiam, le patron du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), l’ organisme chargé de la lutte antiterroriste et le crime transfrontalier au Maroc. Une partie du Sud de l’Algérie se trouve sous le contrôle d’AQMI, a-t-il affirmé, déplorant l’absence de coopération de l’Algérie sur les questions sécuritaires.

Ces évolutions ont été à l’ordre du jour des participants au forum AfricaSEC 2018 de Marrakech, qui ont mis sur la table l’expérience marocaine dans la lutte contre l’extrémisme religieux. Le Maroc qui a placé la lutte contre le terrorisme en tête de ses priorités, a réussi à démanteler de nombreuses cellules terroristes liées à Daech, Al-Qaïda dans le Maghreb Islamique (AQMI) ou d’autres groupes djihadistes.

Sa stratégie est guidée par une démarche basée sur l’anticipation. Elle conjugue gouvernance sécuritaire, accompagnement du champ religieux et promotion socio-économique, privant ainsi les extrémistes islamistes de leurs principaux viviers.

Source : Journal Tahalil (Mauritanie)

 

 

Mali: situation sécuritaire toujours aussi précaire dans le nord

Mali: situation sécuritaire toujours aussi précaire dans le nordAu Mali, de présumés jihadistes ont attaqué, samedi 6 janvier, dans le nord du pays, près de la frontière nigérienne, une position de combattants du Groupe d’autodéfense touareg Imghad et alliés (Gatia).

Ce groupe armé est impliqué dans le processus de paix et participe à la sécurisation de la zone sahélo saharienne avec le feu vert de l'armée malienne. Au moins trois personnes ont été tuées.

Selon plusieurs sources, c’est sur des motos que les présumés jihadistes sont arrivés dans la localité malienne de Andéramboukane (nord-est), près de la frontière nigérienne. Ils étaient au moins huit et avaient, semble-t-il, des complices locaux.

En tout cas, sur place, les combattants du Gatia ont été surpris. Le Gatia, groupe d’autodéfense, sont des Touaregs de la tribu des Imrads. Le groupe est impliqué dans le processus de paix et participe à la sécurisation de cette région.

Sur le coup, lors de l’attaque, au moins trois des combattants du Gatia ont été tués. On compte également un blessé dans les rangs du Gatia.

Après cette opération, les assaillants se sont dirigés vers une autre position d’un autre mouvement armé, le Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), qui participe également à la sécurisation de la région de Ménaka. L’endroit était désert.

Des combattants d’Adnane Abou Walid Al-Sahraoui, qui a fait allégeance à l’organisation Etat islamique, sont fortement soupçonnés d’être les auteurs de l’attaque. C’est en tout cas dans cette zone qu’ils opèrent depuis un moment.

Quand ils sont recherchés au Mali, ils sont sur le territoire nigérien et vice et versa. Ils recrutent localement et c’est actuellement l’une de leurs forces pour mener des opérations dans les deux pays voisins.

Par ailleurs, un civil et un militaire maliens enlevés, en juillet dernier, par de présumés djihadistes ont été libérés vendredi dans la région de Tombouctou, dans le nord-ouest du Mali.

Source : RFI

 

 

Mali : les 11 militaires retenus en otage ont bien été tués lors d’un raid de l’opération Barkhane

Deux semaines après les faits, le Mali a finalement confirmé, dans un communiqué rendu public ce lundi, la mort de ses onze militaires détenus par un groupe terroriste et tués le 23 octobre dernier lors d'une opération anti-terroriste de l'armée française dans le cadre de l'opération Barkhane.

Le ministre de la Défense malien a confirmé cette information dans un communiqué de presse daté du 31 octobre dernier. Celui-ci, publié à l’issue d’un entretien avec l’ambassadrice de France au Mali, n’a été rendu public que ce lundi 6 novembre.

Une particularité qui n’a pas manqué de susciter l’interrogation de certains commentateurs maliens sur les réseaux sociaux : pourquoi ce communiqué de presse n’est-il rendu public qu’une semaine plus tard, au lendemain des révélations de l’AFP sur le sujet ? « Nous avons assez d’éléments pour le dire : début octobre, nous avons reçu des preuves de vie de nos militaires capturés par les terroristes. Dans la nuit du 23 au 24 octobre, après un raid anti-terroriste, nos militaires ont été tués », avait en effet déclaré le 5 novembre à l’AFP un responsable du ministère malien de la Défense sous couvert d’anonymat.

Pendant cet entretien avec l’ambassadrice de France au Mali, la partie française « a confirmé que cette action de Barkhane visait à détruire un camp d’entraînement et que les reconnaissances menées lors de la phase de préparation n’ont pas permis de déceler la présence de militaires maliens », poursuit le communiqué.

Refus de « commenter la propagande jihadiste »

Faits prisonniers entre juillet 2016 et mars 2017, ces soldats maliens étaient détenus par le « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », organisation jihadiste née de la fusion de plusieurs groupes du Sahel et dirigée par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Après cet incident, l’état-major des armées françaises avait indiqué qu’un groupe armé terroriste affilié à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) avait été mis hors de combat et 15 jihadistes tués par l’armée française dans le nord du Mali, sans évoquer la mort de soldats maliens.

« Barkhane refuse de commenter la propagande jihadiste. Nous confirmons avoir détruit un camp jihadiste », avait aussi déclaré la semaine dernière un responsable de la communication de cette opération dans le cadre de laquelle quelque 4 000 militaires français sont déployés dans la bande sahélo-saharienne.

Cette déclaration survenait peu après la diffusion d’un communiqué du « Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans », qui avait publié des photos présentées comme celles de corps de militaires maliens et de jihadistes tués dans l’opération française.

Source : jeuneafrique.com