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Dossiers en Afrique

Force G5 Sahel: les ministres française et allemande de la Défense au Mali

Force G5 Sahel: les ministres française et allemande de la Défense au Mali Visite au Mali des ministres française et allemande de la Défense. Elles ont rencontré, lundi 12 novembre à Bamako, les militaires européens qui, dans le cadre de la coopération, participent à la formation des militaires maliens.

Mais Florence Parly est son homologue allemande ont également rencontré à Bamako le commandement de la force conjointe G5 Sahel, qui a transféré ses quartiers généraux dans la capitale malienne après l'attaque jihadiste de fin juin dernier contre ses locaux de Sévaré.

Après le huis clos entre l’état-major du G5 et les ministres française et allemande de la Défense, le commandant de la force conjoint du G5 Sahel confie que « la rencontre s’est bien passée ». Mais pour être vraiment opérationnel, le général mauritanien demande « d’abord un quartier général, et puis on veut que les équipements arrivent beaucoup plus vite qu’ils ne le font actuellement ».

Parmi les équipements militaires, il faut des blindés, mais également des équipements contre les engins explosifs improvisés, qui font de nombreuses victimes. Une demande entendue par Florence Parly, la ministre de la Défense de la France, partenaire de la force conjointe G5 :

« Nous avons fait un point sur l’évolution de l’arrivée de l’aide financière, des équipements, la montée en puissance des différents PC de fuseaux. Parce que cette force conjointe a la capacité de franchir les frontières et les terroristes ne connaissent pas les frontières. Et c’est en cela que la force conjointe doit jouer un rôle complémentaire du rôle que jouent les forces armées de ces cinq pays. »

Les opérations militaires sur le terrain contre les terroristes, officiellement interrompus à cause de la saison des pluies, devraient bientôt reprendre.

Source : RFI

 

 

Libye: retour du groupe EI dans le sud du pays

En Libye, l'attentat commis lundi 29 octobre dans une petite ville du centre du pays située près d'al-Joufra, en plein désert, et revendiqué par l'Etat islamique, indique le retour de l'organisation dans le Sud libyen, un vaste territoire avec des frontières ouvert sur cinq pays sans contrôle des forces sécuritaires véritables. Au moins cinq personnes, dont trois civils, ont été tuées dans l'attaque, et dix autres enlevées. L'EI trouve dans le vide sécuritaire que connaît le Sud libyen un terrain fertile à son action. Et elle se venge.

La division politique et militaire dont souffre la Libye depuis plusieurs années profite aux organisations islamistes extrémistes. C'est ce qu’affirment plusieurs observateurs de la scène libyenne.

Alors que depuis de longs mois les discussions pour réunifier l'armée libyenne piétinent au Caire, la dégradation sécuritaire sur le terrain s’est accélérée et surtout dans le sud du pays.

Les observateurs ont toujours dit que l’organisation EI en Libye est affaiblie, mais pas finie, que sa défaite en Irak et en Syrie peut l’activer à nouveau en Libye. Preuve de la complexité de la situation sécuritaire : il y a quelques jours encore, le maréchal Khalifa Haftar, l'homme fort de l'Est libyen, a annoncé une nouvelle opération pour sécuriser le sud. En vain.

En ce qui concerne l’attaque d'al-Fuqaha, lundi dernier, les habitants sont persuadés qu'il s'agit d'une vengeance. En effet, il y a deux semaines, ce sont ces habitants qui ont livré deux membres libyens du groupe EI à la brigade 128, force suppléante de l'armée nationale libyenne dans le sud. L'un des deux interpellés était un haut responsable de l'EI, permettant d'autres arrestations dans les rangs de l'Etat islamique.

Source : RFI

 

Sahel: Ahmedou Ould Abdallah décrypte l'hydre terroriste et prédit son extension

Sahel: Ahmedou Ould Abdallah décrypte l'hydre terroriste et prédit son extensionAhmedou Ould Abdallah, ancien ministre des Affaires étrangères de Mauritanie, haut fonctionnaire à la retraite de l’Organisation des Nations Unies (ONU), qu’il a représentée dans de nombreuses régions et Etats du continent, prédit une extension de la crise du terrorisme du Sahel vers d’autres pays d’Afrique, dans une tribune publiée par Mondafrique.

Le diplomate, très au fait de la situation sécuritaire au Sahel, regrette une situation marquée par «un statu quo très coûteux» depuis 2005. «L’extension des crises et des guerres vers les pays du Golfe du Bénin et de Guinée ne saurait tarder, il faut être aveugle pour l’ignorer.

Les réponses nationales et internationales tardent à apporter des solutions durables à ces conflits. Face à ce statu quo toujours plus coûteux, faudrait-il continuer avec les mêmes méthodes de lutte contre la violence armée ou, au contraire, introduire de nouveaux acteurs et de nouvelles approches?»
, s’interroge l’envoyé spécial de l’ONU au Burundi.

L’ancien haut responsable onusien rappelle que «depuis 2005, les prises d’otages au Sahel, libérés contre le paiement de rançons, y ont ruiné les industries touristiques naissantes. C'est-à-dire les infrastructures (routes, aéroports, hôtels), les activités commerciales (artisanat, cultures maraîchères, etc.), et les emplois locaux dans des régions désertiques».

Il note aussi que «le commerce Nord/Sud et Est/Ouest a été graduellement supplanté par des trafics bien plus juteux: êtres humains, migration irrégulière».

Une dégradation de la situation sécuritaire et économique devenue «un véritable défi pour les gouvernements. Elle est surtout une préoccupation de tous les jours pour des populations exposées à des menaces réelles contre leur vie et des activités déjà fragilisées par les mutations climatiques».
Le marasme sécuritaire et économique ambiant frappe également les prospections géologiques et exploitations minières «gelées, ou n’opérant plus qu’au ralenti. Une évolution qui a naturellement des conséquences sur les recettes des gouvernements, les travailleurs et les communautés locales, offrant ainsi des contingents de mécontents aux groupes radicaux».

L’ancien chef de la diplomatie mauritanienne estime que «l’occupation du Nord Mali en 2012, avec la tentative d’y installer une autorité djihadiste a profondément changé la donne régionale. L’intrusion armée des combattants «islamistes» déterminés, a fait entrer le Mali et la région dans une nouvelle ère. La réponse de la France à certes sauvegardé l’unité du pays pour le moment. Cependant, la crise perdure en se métamorphosant et en développant des métastases dans plusieurs provinces du pays et dans les périphéries du Sahel».

Du coup, Ould Abdallah rappelle alors «la nécessité de la réponse militaire» pendant la période actuelle, même si elle ne saurait suffire toute seule.

Conflits complexes

De nos jours, ces conflits qualifiés «d’idéologiques, sont en réalité plus complexes, car les trafics en sont le plus souvent les principaux lubrifiants. De plus, après un règlement formel, ils ne disparaissent pas, continuant à générer une insécurité structurelle, qui même de faible intensité, décourage les investisseurs.

D’où la nécessité d’un nouveau paradigme dans l’approche de la gestion des crises»,
poursuit-il. Partant, l’objectif recherché est alors «la maximisation du recours à l’expertise et à l’expérience du secteur privé en vue de contribuer davantage à la prévention et la gestion des nouvelles générations de conflit pervers».

Au rang des remèdes pour la prévention de ces nouveaux conflits, Ahmedou ould Abdallah cite également «la recherche de l’information structurée, la veille sur Internet, les sites, la presse en ligne et les réseaux sociaux» qui peuvent servir de relais aux ministères des Affaires Etrangères, de la défense et de l’Intérieur.

Il faut une nouvelle forme de coopération «débarrassée de tous les stéréotypes» entre les gouvernements, le secteur privé national et les grandes multinationales pour mener ce combat.

Les préoccupations des pays du Golfe du Bénin et de Guinée, semblent parfaitement recouper les prévisions d’Ahmedou Ould Abdallah. Ainsi, Ouagadougou abritait hier, mardi, une réunion des ministres des Affaires étrangères, de la défense et de la sécurité du Burkina Faso, du Bénin, du Togo et du Niger, avec l’objectif de trouver une parade face à la menace terroriste.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya

Source : Le360 Afrique (Maroc)

Maroc : des centaines de migrants subsahariens interpellés et déplacés

Le Maroc a lancé une opération de déplacements de migrants subsahariens destinée à « lutter contre les réseaux mafieux » qui développent leurs activités dans le nord du pays.

Des centaines de migrants subsahariens qui se trouvaient dans le nord du Maroc dans l’espoir de rallier l’Europe ont été interpellés et déplacés vers plusieurs destinations dans le cadre de cette opération déclenchée le 22 août, selon une source gouvernementale.

« L’objectif est de les soustraire aux réseaux mafieux qui se sont développés dans le pays depuis la fermeture de la route via la Libye », a ajouté la même source qui n’a pas voulu donner de chiffres précis, l’opération étant « toujours en cours ». Celle-ci a commencé après l’assaut du 22 août contre la clôture séparant l’enclave de Ceuta (Espagne) du Maroc, qui a montré l’attitude « agressive » des passeurs.

Ce jour-là, 116 migrants subsahariens sont passés en force en escaladant la double barrière, tandis que certains jetaient des plastiques remplis d’excréments, de sang, de chaux vive et d’acides. Ils avaient été renvoyés au Maroc le lendemain, suscitant de vives critiques des ONG.

Le 26 juillet, plus de 600 migrants avaient déjà franchi la clôture de Ceuta en employant la même méthode. Deux Subsahariens accusés d’avoir organisé l’assaut ont depuis été arrêtés par la police espagnole.

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Début août, l’AMDH, une association marocaine de défense des droits de l’Homme, avait dénoncé des opérations de déplacements forcés dans le nord du Maroc et critiqué leur caractère « illégal ». Entre 1 600 et 1 800 personnes avaient été à l’époque « déplacées vers des villes où les conditions de vie sont meilleures », d’après les autorités locales.

Le Maroc ne jouera pas le rôle de gendarme, mais respecte ses engagements

Selon la source gouvernementale citée par l’AFP, les personnes déplacées depuis le 22 août font l’objet de procédures de retour dans leur pays d’origine, en lien avec les ambassades concernées et avec l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM). Le Comité national des droits de l’Homme (CNDH), juge que ces déplacements respectent le « cadre légal », selon son président Driss El Yazami, qui précise que le CNDH s’assurait de la protection des personnes vulnérables.

Les autorités marocaines ont organisé jeudi deux réunions d’information à Rabat avec des ambassadeurs africains et européens pour leur faire savoir que « le Maroc ne jouera pas le rôle de gendarme, mais respecte ses engagements vis-à-vis de la politique migratoire », selon la source gouvernementale. Cette politique migratoire a notamment conduit le Maroc à régulariser environ 50 000 migrants en situation illégale, soit 82% des 60 000 dossiers déposées, selon le CNDH.

L’Espagne est devenue la première porte d’entrée pour l’immigration clandestine en Europe, avec plus de 32 000 arrivées par terre et par mer depuis le début de l’année, dont plus de 4 000 via les enclaves de Ceuta et Melilla, selon l’OIM. Ces deux enclaves espagnoles en Afrique du Nord sont les seules frontières terrestres de l’Union européenne avec l’Afrique.

Un récent rapport du département d’État américain notait que le Maroc menait « régulièrement des déplacements forcés de migrants en situation irrégulière à l’intérieur de son territoire » et évoquait ses « efforts limités » pour « poursuivre les trafics criminels » et identifier activement les « victimes ».

Source : jeuneafrique.com

 

Burkina Faso: une attaque contre une brigade de gendarmerie fait 8 morts

Au Burkina Faso, huit membres des forces de sécurité intérieure ont trouvé la mort lors de l'attaque de la brigade de gendarmerie de Pama dans l'est du pays, la nuit dernière. Les renforts composés de gendarmes et militaires qui venaient en soutien sont tombés dans une embuscade. Le bilan fait état de huit morts dans les rangs des forces burkinabè. Il s'agit de la deuxième attaque dans cette région en quelques semaines.

Durant la nuit du 27 au 28 août, des hommes armés ont attaqué la brigade de gendarmerie de Pama, à une centaine de kilomètres de la ville de Fada N'Gourma, dans l'est du Burkina Faso. Le bâtiment a été incendié et tout le matériel est parti en fumée.

Les forces de sécurité intérieure de Fada N'Gourma ont été appelées en renfort. Face à l'ampleur de l'attaque, plusieurs véhicules avec des hommes à leur bord ont pris la route. Quelques minutes après leur départ, à une trentaine de kilomètres de Fada N'Gourma, le véhicule de tête a sauté sur un engin explosif improvisé. La mine artisanale était placée sur la voie bitumée.

Plus lourd bilan depuis avril 2015

« L'engin explosif était placé dans un nid-de-poule de sorte qu'il ne soit pas visible par les renforts », confie une source sécuritaire. Sur place, deux morts ont été enregistrées suite à l'explosion du véhicule. Plusieurs blessés succomberont plus tard, portant à huit le nombre de décès. L'équipe d'intervention était uniquement composée de gendarmes et militaires.

Il s'agit du plus lourd bilan enregistré dans cette partie du pays depuis la recrudescence des attaques en avril 2015. Il y a quelques semaines, une escorte de la gendarmerie sautait sur une mine artisanale, faisant cinq morts. Les autorités avaient alors entrepris de mener une opération de ratissage dans toute la région.

Source : RFI

 

Force du G5 Sahel : Le nouveau commandant mauritanien prend fonction

Force du G5 Sahel : Le nouveau commandant mauritanien prend fonction L’ex-chef d’État-major général adjoint des Armées mauritaniennes, le général Hanane Ould Sidi, a pris officiellement ses fonctions de commandant de la Force conjointe du G5 Sahel.

Le Mauritanien remplace le général malien Didier Dacko à la tête de la Force conjointe. Cette force conjointe de 5000 hommes a pour mission de "ramener la paix et la sécurité dans la région du Sahel". Elle est fournie par les pays du G5 Sahel : la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad.

Le G5 a été mis en place le 16 février 2014 sur initiative du président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz, pour s’attaquer aux problèmes de sécurité et de développement économique dont les pays membres font face.

Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

Hivernage 2018 : Évolution et déficits

Cette année, l'hivernage a démarré à la deuxième décade du mois de Juin, avec des pluies en majorité faibles, dans les wilayas du Guidimakha et des deux Hodhs, informe le Bulletin Agrométéorologique Décadaire (BAD) du service agrométéorologique de la Direction de l'aménagement agricole du ministère de l'Agriculture. Les pluies se sont poursuivies à la troisième décade du mois de Juin, dans presque toutes les wilayas de la zone agropastorale, occasionnant parfois des cumuls dépassant 50 mm en un jour de pluie.
La première décade de Juillet a connu le passage de lignes de grain qui provoqué des pluies en presque toutes les wilayas de la zone agropastorale. Tandis que la deuxième décade été marquée par cinq jours de pluies.

Les précipitations ont été dans l'ensemble bien réparties, dans l'espace et dans le temps, et sont, en majorité, à tendance moyenne. La quasi-totalité des wilayas agropastorales ont été arrosées. Environ 70% des postes suivis ont recueilli un cumul décadaire, excédent 20 mm permettant de réaliser des semis, estime le bulletin. Le seuil pluviométrique susceptible de déclencher les opérations de semis
(20mm sans séquence sèche de plus de dix jours consécutifs) a été enregistré en plusieurs postes et localités.

Comparée à l'an passé et à la même période, le bulletin note qu'environ 60% des postes et stations suivis présente une situation pluviométrique normale à excédentaire (voir tableaux en annexe). Par rapport à la normale 1981-2010, environ 85 % des postes pluviométriques suivis présente une situation normale à excédentaire. Il est à noter qu'au vu de l'évolution des pluies et malgré les déficits constatés dans quelques localités, l'hivernage s'est installé dans la quasi-totalité des localités de la zone agropastorale du pays. Les semis se poursuivent normalement dans toute cette zone.

Cumuls pluviométriques excédentaires à normaux

Des cumuls pluviométriques excédentaires à normaux sont attendus, durant la période Juin-Juillet et Août 2018, dans les zones situées au Sud de la Mauritanie, l'Est du Sénégal, la moitié Sud du Mali, le Burkina Faso (excepté l'extrême Sud), l'Ouest et l'Est du Niger, l'extrême Nord du Nigéria, le Centre du Tchad et les parties Nord du Bénin et du Togo. "Cette situation pourrait se persister jusqu'en Septembre", à en croire le BAD.

Des cumuls normaux à déficitaires sont attendus, en Juin-Juillet-Août, dans la zone littorale du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée Bissau, au Sud- Est Nigéria et Sud-Ouest Cameroun, et, de Juillet à Septembre, au Sud de la Guinée, l'extrême Ouest de la Côte d'Ivoire, au Libéria et en Sierra Léone.

Des dates de début de saison équivalentes à plus tardives, par rapport aux moyennes, sont attendues sur toute la bande soudano-sahélienne de l'Afrique de l'Ouest et du Tchad, excepté le Sud de la Mauritanie, le Nord du Sénégal et le Nord-Ouest du Mali où des dates de début équivalentes à plus précoces sont attendues.Situation phytosanitaire

Globalement, la situation est calme. Aucune attaque d'ennemis des cultures n'a été signalée. Relativement à la lutte anti-aviaire, les préparatifs de la campagne hivernale se poursuivent normalement (réparation des véhicules, acquisition des produits de lutte, etc.). Quant à la situation des cultures, les activités liées à la campagne de saison hivernale, se poursuivent aussi normalement. Les travaux de préparation du sol et la mise en eau sont toujours en cours, renseigne le bulletin. Également les intrants sont disponibles, au niveau des magasins de la SONIMEX. Concernant les cultures pluviales, les préparatifs se poursuivent (travaux de sol, nettoyage et défrichement). Des quantités de semences traditionnelles sont distribuées au profit des agriculteurs dans toutes les zones agropastorales.

Au vu de l'avancement de l'hivernage et des pluies enregistrées, des semis sont réalisés dans les wilayas des deux Hodh, Guidimakha, Gorgol et Assaba. L'indice de satisfaction des besoins en eau des cultures reste globalement satisfaisant, se félicite le BAD.

SYNTHÈSE DE THIAM MAMADOU

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Mali : au moins onze morts dans une attaque contre des Peuls près de Mopti

Au moins onze civils peuls ont été enlevés et tués mardi dans la région de Mopti, dans le centre du Mali, au cours d'une attaque attribuée à des chasseurs de l'ethnie dogon, ont alerté des associations communautaires.

« Onze civils peuls ont été enlevés mardi vers le fleuve Bani [un affluent du Niger, ndlr] alors qu’ils allaient à la foire de Sofara par des miliciens dogons venus à motos », a déclaré Abdoul Aziz Diallo, président de « Tabital Pulaaku », principale association peule au Mali. « Ce jeudi, nous avons la preuve qu’ils ont été exécutés par la milice des chasseurs « , a-t-il affirmé.

Cette information a été confirmée par Ousmane Cissé, membre de Tabital Pulaaku Afrique, une autre association peule, qui a lui aussi alerté sur « l’assassinat de onze civils peuls (…) qui se dirigeaient vers la foire de Sofara », à quelque 80 km au sud de Mopti.

Incertitudes sur le bilan

Le bilan serait plus élevé, selon un élu de cette région, qui a évoqué sous couvert de l’anonymat « quatorze civils peuls, tous mariés et chefs de famille, enlevés et froidement assassinés », attribuant ces meurtres aux « chasseurs basés dans le village Tréta ». Outre les onze personnes enlevées près de la rivière, « quatre autres civils peuls ont été arrêtés ensuite », a poursuivi cette source, selon laquelle « tous ont été conduits dans le village de Kunti » où ils « ont été assassinés ». « Mais un civil a pu s’échapper en faisant le mort » et a « donné tous les détails », a ajouté l’élu.

Les familles des défunts ont reçu mercredi soir « des bouts de vêtements » pour leur permettre « de faire les cérémonies de deuil », a-t-il dit. Une précédente attaque avait entraîné la mort de 17 civils peuls le 25 juillet. Elle avait été attribuée à des chasseurs de l’ethnie Dogon.

Depuis le début de l’année, la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) a recensé une centaine d' »incidents de violence intercommunautaire qui ont fait au moins 289 morts parmi les civils », selon un bilan de l’ONU publié le 17 juillet. Près de 77% de ces incidents « se sont produits dans la région de Mopti », avait-il été précisé.

Les Peuls dénoncent régulièrement des exactions à leur encontre, au nom de la lutte contre les jihadistes, de la part de groupes de chasseurs armés, tolérés voire encouragés selon eux par les autorités ou l’armée.

Source : jeuneafrique.com

 

Contrôle de l’opérationnalité du contingent mauritanien au sein de la force commune du G5 Sahel

Contrôle de l’opérationnalité du Contigent  mauritanien au sein de la force commune du G5 SahelL’armée mauritanienne a dépêché une mission de contrôle de son Contingent formé pour participer à la force conjointe des États du G5 Sahel. Objectif : évaluer son opérationnalité avant son déploiement sur le terrain.

La mission était dirigée par le Colonel Zein Ould Soueidatt, du 3e Bureau à l’Etat-major général des forces armées. L’inspection de trois jours s’est déroulée du 16 au 18 juillet courant. Rappelons que la force commune du G5 Sahel a été mise en place par la Mauritanie, le Mali, le Tchad, le Burkina Faso et le Niger, pour faire face à la recrudescence des attaques terroristes meurtrières et dévastatrices du groupe terroriste Boko Haram et des mouvements djihadistes armés basés dans le nord du Mali dans l'espace sahélo-saharien.

Elle a pour objectif de combattre les djihadistes dont les attaques visent le Mali et gagnent les États voisins, avec possibilité de poursuite au-delà des frontières nationales.

Elle devait démarrer avec environ 5.000 hommes fournis par les cinq pays, l'effectif est appelé à doubler à terme.

Traduit de l’Arabe par Cridem
Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

 

Niger: près de 600 nouveaux migrants expulsés d’Algérie arrivés à Agadez

Près de 600 de migrants sont arrivés à Agadez au cours de la deuxième semaine de juillet. Ces ressortissants africains ont été refoulés d'Algérie et abandonnés dans le désert.

180 Nigériens sont d'abord arrivés à Agadez vers le 9 juillet, suivis vendredi 14 juillet par près 391 ressortissants ouest-africains, selon l'Organisation internationale pour les migrations. En tout, 16 nationalités différentes sont représentées, avec beaucoup de femmes et d'enfants.

Des expulsions massives dont les conditions interrogent une fois encore. Début juillet l’Algérie avait invité des médias à participer à une opération d'expulsion, pour démentir les accusations de mauvais traitements des migrants subsahariens.

Cette fois-ci, les témoignages sont difficiles à obtenir et confirmer, mais selon l'Organisation internationale des migrations et un responsable à Agadez joint par l'AFP, les migrants ont été abandonnés tout près de la frontière entre l'Algérie et le Niger.

Ils ont ensuite dû marcher une cinquantaine de kilomètres dans le désert nigérien avec un minimum d'eau et de nourriture, avant d'être secourus. Il faut faire plus de 200 kilomètres pour arriver à la première ville d'Arlit, plus de 400 pour arriver à Agadez.

« Toutes les semaines il y a des migrants qui arrivent »

Ces migrants, des Sénégalais, Guinéens, Ivoiriens et Camerounais pour beaucoup d'entre eux, sont désormais pris en charge par l'OIM qui va les renvoyer dans leurs pays d'origine. Les Nigériens, eux, doivent retrouver le chemin de chez eux.

A Agadez on constate une certaine lassitude du côté des autorités. « Bien sûr que ça nous fait mal », nous confiait un responsable de la ville, « mais depuis le début de l'année c'est malheureusement monnaie courante, toutes les semaines il y a des migrants qui arrivent ».

Source : RFI

 

Mali: la force conjointe du G5-Sahel change de commandement

Mali: la force conjointe du G5-Sahel change de commandementLe général malien Didier Dacko, commandant du G5-Sahel, et son adjoint burkinabè, le colonel-major Yaya Séré, ont été remplacés à la tête de la force conjointe africaine en raison d’erreurs de commandement et d’un manque de résultats. Rapportée par les sites de Jeune Afrique et de la Deutsche Welle, l’information précise juste qu’ils doivent être remplacés par des officiers mauritanien et tchadien.

Réunis en marge du sommet de l’Union africaine (UA), le 2 juillet 2018 à Nouakchott, et en présence du président français Emmanuel Macron, les chefs des Etats membres du G5-Sahel (Mali, Mauritanie, Niger, Burkina Faso et Tchad) ont pris la décision de changer le commandement de la force conjointe africaine destinée à lutter contre le terrorisme.

Des limogeages pour absence de résultats et erreurs de commandement

L’attaque du quartier général de cette force à Sévaré au Mali le 29 juin, qui a fait quatre morts quelques jours avant le sommet, suivie de celle contre les soldats français de Barkhane à Gao le 1er juillet, ont été déterminantes.

Le général malien, Didier Dacko, à la tête de la force du G5-Sahel depuis un an, et son adjoint burkinabè, le colonel-major Yaya Séré, payent ainsi une «absence de résultats», selon Jeune Afrique et «des erreurs de commandement», selon le site francophone de la Deutsche Welle, la radio internationale allemande.

«C’est fait, la décision est prise par les chefs d’Etat», a confirmé à cette dernière le ministre nigérien de la Défense. Ce n’est pas fait officiellement, mais «la Mauritanie a déjà proposé le général qui doit le remplacer et le Tchad son adjoint», a indiqué Kalla Mouari.

Un désaveu pour le général Didier Dacko nommé en juin 2017 commandant de la force conjointe. Agé de 50 ans, le chef d’état-major général des armées du Mali avait pourtant une riche carrière. Auréolé de la croix de la valeur militaire du Mali, il était qualifié de «fin stratège» par la presse nationale, selon la BBC.

Son limogeage rejaillit également sur le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, président en exercice du G5-Sahel lorsqu’il l’avait nommé et candidat à sa propre succession à la présidentielle du 29 juillet.

«Les terroristes ont frappé là où ils voulaient»

Interrogé par la Deutsche Welle, un ancien responsable de la communication du ministère malien de la Défense a déploré: «C’est le Mali qui met beaucoup en insécurité les autres pays limitrophes comme le Niger, le Burkina Faso et d’autres pays.»

«Nous pensons aujourd'hui qu'on pouvait gérer à partir du Mali parce que les terroristes se sont installés en masse sur la bande sahélo-saharienne surtout du côté malien, c'est pour cela que la responsabilité a été confiée au Mali. Mais cela ne veut pas dire qu'il a plus d'expertise que les autres», estime Nouhoum Togo, aujourd’hui proche de l’opposition.

«Nous reconnaissons qu'à l'intérieur ça n'a pas fonctionné parce que des cibles comme ça... normalement ça ne doit pas arriver. Ce n'est pas seulement ce qui s'est passé à Sévaré. Même à Gao nous avons remarqué qu'ils ont frappé là où ils voulaient. Donc il fallait prendre des dispositions pour dire tout simplement que ça doit s'arrêter», a toutefois précisé Nouhoum Togo au site allemand, soulignant l'ampleur de la tâche.

Des attaques terroristes «là où ils voulaient», tel est en tout cas le défi auquel se retrouveront confrontés à leur tour les officiers mauritanien et tchadien nommés en remplacement.

Par Alain Chemali
Source : Francetvinfo

 

Mali: le QG de la force du G5 Sahel frappé par un attentat-suicide

Au Mali, le quartier général de la force conjointe du G5 Sahel a été ciblé ce Vendredi 29 juin par une attaque, dans le centre du pays à Sévaré. Le bilan fait état d'au moins trois morts.

Selon plusieurs sources au sein de la force G5, l’attaque terroriste s’est déroulée au moment de la prière de ce vendredi.

Au moins un kamikaze était à bord d’un véhicule-bélier piégé, peint aux couleurs des forces internationales. Quand il a explosé, les témoins rapportent un « très grand bruit ». Le mur d’entrée du camp a été soufflé. Le véhicule a été projeté à l’intérieur du camp.

Des images montrent de la ferraille – tout ce qu’il reste de la voiture. La déflagration a été si forte que les murs, les plafonds de certains bâtiments du camp de l’armée malienne situé non loin du QG de la force conjointe ont tremblé.

A l’hôpital, des sources donnent le premier bilan : deux militaires et un civil tués, quatre autres militaires et un civil blessés. L’explosion a également détruit un bâtiment. On ignore à l’heure actuelle s’il y a des victimes dans ce bâtiment.

L’attentat n’a pas été revendiqué pour le moment.

Il s'agit de la première attaque contre ce quartier général de la force conjointe du G5 Sahel (regroupant le Mali, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie et le Tchad) lancée en 2017 pour lutter contre les jihadistes.

Elle intervient à trois jours d'une rencontre à Nouakchott, en marge du sommet de l'Union africaine dans la capitale mauritanienne, entre le président français Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel.

Source : RFI

 

Algérie: l’expulsion de milliers de migrants vers le désert continue

Algérie: l’expulsion de milliers de migrants vers le désert continue L'Algérie a expulsé plus de 13.000 personnes vers le désert nigérien au cours des 14 derniers mois, selon des chiffres révélés par Associated Press.

L'enquête de l'agence américaine publiée le 25 juin 2018 dénonce notamment les conditions de cette expulsion. Marche ou crève. C’est le titre du reportage de l’agence Associated Press basé sur les témoignages de migrants d’Afrique subsaharienne au Niger.

Chassés d’Algérie, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants ont été forcés, ces derniers mois, à traverser le désert du Sahara à pied. Tous ont été abandonnés au poste-frontière sans eau et sans nourriture.

Une marche de 15 kilomètres

Pour rejoindre Assamaka, le village frontalier le plus proche du Niger, il faut marcher plus 15 kilomètres sous des températures dépassant parfois les 40 degrés.

Une traversée fatale pour nombre d’entre eux qui ont disparu dans le Sahara selon de nombreux témoignages recueillis par Associated Press qui parle d’un nombre incalculable de victimes.

«Des femmes sont mortes, des hommes... D'autres personnes ont disparu dans le désert parce qu'elles ne connaissaient pas le chemin», raconte Janet Kamara, une ressortissante libérienne qui était enceinte et a perdu son bébé lors de cette marche.

Les expulsions massives

En février dernier, Médecins sans frontières dénonçait l’expulsion de centaines de migrants subsahariens «transportés en bus puis en camion à la frontière avec le Niger et contraints d’atteindre à pied, en plein désert, la ville de Assamaka».

Plusieurs associations de défense des droits de l'Homme avaient pour leur part mis en garde contre les «conséquences désastreuses» de ces «expulsions collectives».

Pressions européennes?

Les autorités algériennes ont refusé de commenter l’enquête menée par Associated Press. Le Premier ministre Ahmed Ouyahia avait déjà rejeté les accusations antérieures concernant l’expulsion des migrants. «Parce que l'Algérie n'accepte pas d'être un centre de rétention de migrants africains au bénéfice de l'Europe, elle est la cible d'attaques d'organisations extérieures qui osent même l'accuser de racisme», a-t-il déclaré cité par le site russe Sputnik.

Les expulsions massives de l’Algérie ont repris depuis octobre 2017, lorsque que l’Union européenne a renouvelé la pression sur les pays d’Afrique du Nord pour qu’ils bloquent les migrants qui veulent traverser la Méditerranée.

Les migrants en situation irrégulière en Algérie – essentiellement des ressortissants d'Afrique subsaharienne – sont estimés à environ 100.000 par les ONG.

Par Géopolis (avec Associated press)
Source : Francetvinfo

 

 

Au Mozambique ensanglanté par des islamistes, la fin du ramadan a un goût amer

Le stade de football de Pemba, dans le nord du Mozambique, s'est transformé en mosquée pour l'occasion de l'Aïd. La pelouse grillée est noire de monde, mais le temps n'est pas à la fête pour la fin du ramadan dans cette région ensanglantée par des attaques attribuées à des islamistes.

« Comment est-ce possible que des musulmans tuent d’autres musulmans en période de jeûne ? », s’interroge incrédule le cheikh Faruk Juma de Pemba.

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« Ce n’est pas l’islam. On ne peut confondre l’action de certaines personnes avec l’islam », prévient-il, en dénonçant des amalgames entre les assaillants et la communauté musulmane.

Depuis fin mai, la province du Cabo Delgado, dont Pemba est la capitale, est plongée dans la terreur.

Une trentaine de civils vivant dans des villages reculés ont été tués en pleine nuit, certains décapités, et des centaines de maisons ont été pillées et brûlées dans la province. Des raids attribués à un groupe islamiste baptisé « shabab » qui a émergé en octobre dans cette région riche en ressources gazières.

« Nous appelons tous ceux qui professent cette religion de ne pas adhérer à ces événements », implore le délégué provincial du Conseil musulman de la province, Nzé Assuate.

« Ne rejoignez pas » ce mouvement, insiste-t-il. « Les musulmans doivent être pacifiques. L’islam est une religion prônant la paix. »

Sur la pelouse du stade de Pemba couverte de nattes colorées, des milliers de fidèles – des hommes, la plupart en tunique blanche avec un couvre-chef assorti – sont alignés face à La Mecque, et à un but sans filet.

‘Le temps du pardon’

Dans la foule, l’incrédulité l’emporte face aux opérations meurtrières non revendiquées.

« Dans la province, pratiquement tout le monde est musulman, en particulier ici dans les villages de la côte où ces choses ont eu lieu », explique Abdul Assane pudiquement.

« Si ces assaillants sont en colère contre d’autres, comment peuvent-ils en arriver à tuer leurs propres frères ? Ce n’est pas l’islam ! », s’indigne-t-il.

Aissa Rachide ne peut pas non plus cacher sa colère et son incompréhension. « Cette période de ramadan, c’est le temps du pardon. Chaque musulman se doit de faire plaisir à Dieu. Celui qui tue un frère à cette période ne connaît pas la doctrine de l’islam. »

Le gouverneur de la province, qui n’est pas de confession musulmane, saisit l’occasion de l’Aïd pour tenter de rassurer une communauté qui représente 17% de la population mozambicaine et se sent soudain stigmatisée.

« Restez calmes ! L’ennemi essaie de semer la confusion, mais nous sommes très clairs quant à l’intégrité de l’homme musulman », assure Júlio Parruque en prenant le micro face aux fidèles.

« Ce groupe n’appartient à aucune congrégation religieuse. Sa motivation première est de créer du désordre en se rendant coupable de crimes de haine », poursuit-il.

« Les assaillants utilisent le prétexte de la religion pour instrumentaliser les frères, les soeurs, les pères et les enfants, sans raison logique apparente, en prenant cruellement des vies, en détruisant des propriétés, et pillant les biens de notre population laborieuse », ajoute-t-il.

Ils visent à « contrer les efforts du président Filipe (Nyusi) pour une paix durable dans notre pays », prévient-il, alors que le Mozambique se relève péniblement d’une guerre civile meurtrière de 1976 à 1992.

Et le gouverneur d’appeler, devant la foule, à la collaboration de tous, via « la surveillance et la dénonciation », pour venir à bout des assaillants.

Source : jeuneafrique.com

 

Sécurité : Alger et Rabat ne communiquent plus

Alors que la coopération est indispensable en matière de sécurité, il semblerait que le dialogue entre les services de renseignements algériens et marocains soit rompu.

« L’échange d’informations ? Nous y sommes prêts, dès demain. Encore faut-il qu’il soit réciproque. » C’est par cette litote que les responsables sécuritaires marocains répondent quand on les interroge sur l’absence totale de coopération avec l’Algérie dans le domaine de l’antiterrorisme. Une situation qui confine parfois à l’absurde.

Début décembre 2007, Abdellatif Hammouchi, patron de la DGST, fait parvenir au général Mediène, chef du Département du renseignement et de la sécurité (DRS) algérien, une information sensible : deux véhicules 44 en provenance du Mali, avec à leur bord des individus fichés comme jihadistes, font route vers le nord. Hammouchi transmet à son correspondant les numéros des plaques minéralogiques et l’identité présumée des passagers. Réponse : « Merci, ne vous inquiétez pas, on a l’habitude. » Quelques jours plus tard, deux véhicules piégés explosent à Alger, faisant une cinquantaine de victimes. Depuis, les canaux de communication directe entre les deux voisins se sont bouchés un à un.

Des éléments incontrôlés du Polisario

Rabat s’en préoccupe d’autant plus que le phénomène de porosité entre une fraction de la jeunesse sahraouie des camps de Tindouf, en Algérie, et les réseaux jihadistes sahéliens est désormais une évidence. Certes, des éléments incontrôlés du Polisario ont été repérés depuis 2005 au sein de cellules islamistes armées, en Mauritanie tout d’abord, en Libye à partir de 2011 et surtout au Mali et au Niger.

Le plus connu d’entre eux est l’émir autoproclamé de l’« État islamique dans le Grand Sahara », franchise régionale de Daesh, Abou Walid al-Sahraoui, de son vrai nom Lahbib Ould Abdi Ould Saïd Ould El Béchir. À son actif : le raid sanglant sur Arlit en 2013, l’embuscade qui a causé la mort de quatre militaires américains à Tongo Tongo en octobre 2017 et sa récidive trois mois plus tard.

Apparition de cellules jihadistes et séparatistes

La nouveauté réside dans l’apparition de cellules mixtes, à la fois jihadistes et séparatistes, à l’intérieur même du Maroc et plus particulièrement dans ses provinces sahariennes. Leurs appellations – « combattants du califat au Maghreb, wilaya de Laayoune », « Front du jihad sahraoui », « Les nouveaux mourabitoune »… – sont significatives d’une volonté d’ancrage local.

L’arrestation il y a trois mois, à Laayoune, de l’un de leurs leaders, Ahmed Salek Tobali, natif de Tindouf, a permis d’en savoir plus sur leur genèse. Un imam de la tribu des Reguibat Souaad officiant dans une mosquée improvisée du camp dit de Boujdour, non loin de Tindouf, jouerait ainsi un rôle clé dans l’endoctrinement et l’envoi au front d’apprentis terroristes. Pour les services marocains, cet imam est désormais une cible.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Burkina : trois jihadistes présumés et un gendarme tués dans une opération à Ouagadougou

Burkina : trois jihadistes présumés et un gendarme tués dans une opération à Ouagadougou Les forces spéciales de la gendarmerie nationale sont intervenues cette nuit contre des jihadistes présumés retranchés dans une villa en périphérie de Ouagadougou.

Le bilan provisoire de cette opération antiterroriste est de trois individus et un gendarme tués. Leur cache, une villa de Karpala, un quartier périphérique au sud-est de Ouaga, avait été localisée par les services de renseignement burkinabè. Dans la nuit du 21 au 22 mai, l’unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN) a donc mené une opération pour tenter d’arrêter ces jihadistes présumés.

À leur arrivée vers 3h du matin, les gendarmes ont rapidement été visés par des tirs, qui ont duré une partie de la nuit.

Cellules dormantes

Mardi matin, l’opération était terminée et le secteur bouclé par les forces de sécurité. Selon des sources concordantes, le bilan provisoire est de trois individus et un membre de l’USIGN tués. Un autre occupant de la villa a par ailleurs été arrêté. « Il va être interrogé dès que possible », explique une source sécuritaire burkinabè. Du matériel et des armes ont également été saisis sur place.

Les enquêteurs n’excluent pas que ce groupe de Karpala soit lié aux deux commandos jihadistes qui ont attaqué l’état-major et l’ambassade de France le 2 mars. « Cette opération confirme aussi qu’il y a des cellules dormantes à Ouaga. C’est préoccupant », s’inquiète une source gouvernementale.

Un temps présent au Burkina, Ayouri al-Battar, combattant malien d’Al-Mourabitoune et coordonnateur des attentats du 2 mars, n’a jamais été arrêté.

Source : Jeune Afrique

 

 

Terrorisme au Sahel: le temps est-il venu de négocier avec les djihadistes?

Terrorisme au Sahel: le temps est-il venu de négocier avec les djihadistes? Au cœur du Sahel plongé dans la violence, des voix s’élèvent pour suggérer le dialogue avec les mouvements terroristes.

Des acteurs politiques maliens estiment que la voie de la négociation pourrait changer la donne et arrêter les dégâts. Est-il possible de négocier avec le diable? Géopolis a posé la question à Ahmedou Ould Abdallah, ancien diplomate mauritanien et fin connaisseur de la région.

L’opposant malien Tiebilé Dramé est parmi ceux qui ont osé briser le tabou en défendant le principe d’une solution négociée. Depuis 2016, l’ancien chef de la diplomatie malienne invite ses compatriotes à ouvrir les yeux sur une évidence: la stratégie du tout militaire a montré ses limites.

«L’armée malienne s’est effondrée. Elle a besoin de répit pour se reconstruire. Face au harcèlement, il faut trouver une porte de sortie, y compris en prenant langue avec l’ennemi», explique-t-il au journal Le Monde.

Comme lui, l’ancien diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah constate que le Sahel fait face à un ennemi invisible et cruel. Un ennemi qui se radicalise et un adversaire toujours déterminé. Mais il reste très sceptique quant à l’éventualité de négociations avec les djihadistes. Le problème, dit-il, est de savoir «avec qui négocier, comment, quand, où et avec quel ordre du jour». Puis il rappelle que le cas du Mali est extrêmement complexe.

«Le cas du Mali est plus compliqué que dans les autres pays de la région. Il y a d’un côté une revendication identitaire dans les régions du nord à dominante touarègue, et de l’autre, des groupes djihadistes. L’aspect irrédentiste devient difficile à gérer dans le nord quand on y ajoute l’aspect religieux dans une région où se sont installés des groupes djihadistes venus d’ailleurs.»

Ahmedou Ould Abdallah note par ailleurs que le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, a déjà déclaré son opposition à une quelconque négociation avec ceux qui ont choisi de verser le sang de ses compatriotes.

«C’est très difficile pour le président malien de dire qu’il va négocier officiellement. Parce que ses soldats se battent. Dès que vous négociez, les militaires qui se battent se sentent démoralisés. Pour eux, c’est une façon de leur planter un couteau dans le dos. Ceux qui parlent de négociations au Mali sont souvent considérés comme des traîtres ou des faiblards», analyse-t-il.

Dans ses mémoires, Plutôt mourir que faillir, publiées aux éditions Descartes et Compagnies, Ahmedou Ould Abdallah consacre un chapitre à ce dossier complexe de la crise du Sahel. Pour lui, l’enjeu du problème dépasse largement le cadre du Mali. Il estime que si négociations il y a, il faudra que tous les pays du G5-Sahel y prennent part. Parce qu’il faut un consensus de tous les Etats, à savoir le Mali, le Burkina Faso, la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Et probablement celui d’autres pays voisins.

«Ce qui complique la donne dans le Sahel, c’est qu’aucune partie n’a encore senti et exprimé le besoin de négocier. Je pense que les pays les plus exposés à la menace, le Burkina, le Mali et le Niger, comme les autres pays du bassin du lac Tchad, ne sont pas prêts à s’engager dans un tel processus. Pour le moment, je vois difficilement l’amorce d’une négociation. Les conditions ne semblent pas du tout remplies ni sur le plan politique, ni sur le plan militaire», explique-t-il à Géopolis.

Ahmedou Ould Abdallah observe que le même problème se pose dans le camp des groupes djihadistes qui ne disposent d’aucune coordination pour piloter un tel processus.

«Pour les djihadistes aussi, négocier n’est pas facile. Il faut qu’il y ait un accord entre les différents groupes. Il faut des garanties pour les rassurer qu’ils ne seront pas trahis. Et cela doit se conclure dans les phases préliminaires. C’est pour cela que je suis très sceptique.»

Il pense que le statut quo pourrait donc durer encore longtemps dans le Sahel, au profit de ceux qui en tirent des bénéfices dans l’ombre. C’est pour cela que je parle «d’un marathon dans le désert. Il faut voir celui qui tiendra le plus longtemps», conclut Ahmed Ould Abdallah.

Par Martin Mateso
Source : francetvinfo

 

 

Un soldat mauritanien tué en Centrafrique

Centrafrique - L'identité (photo) du soldat mauritanien de la Minusca tué par des miliciens Un soldat mauritanien (photo) a été tué et huit autres blessés, dont trois grièvement, dans une attaque menée, ce jeudi en Centrafrique, par les milices chrétiennes, les Anti-balaka au village d’Alindao. Quarante assaillants sont également morts.

L’attaque a ciblé une patrouille du bataillon mauritanien qui escortait un convoi des Nations unies au niveau du village d’Alindao, a précisé un communiqué de l’état-major des Armées mauritaniennes.

Il s’agit de la troisième perte dans les rangs des forces mauritaniennes engagées, depuis mai 2016, au sein de la MINUSCA, la Mission Multidimensionnelle intégrée de stabilisation des Nations unies en Centrafrique.

La Mauritanie compte quelques 750 hommes en Centrafrique. Il s’agit de la première participation du pays dans une force de maintien de la paix des Nations unies. Les soldats mauritaniens sont déployés à Ouaka et à Basse-Kotto dans le centre du pays.

Source : Alakhbar (Mauritanie)


 

 

 

 

Menace terroriste et « conseils aux voyageurs » dans le Sahel : la cartographie de l’exclusion

La carte des zones à risque publiée par le ministère français des Affaires étrangères condamne des régions entières à l'isolement, ce qui contribue à l'expansion de l'islam radical.

Tribune. Face à la menace terroriste dans le Sahel, la France prend ses dispositions à l’intention de ses ressortissants établis dans la région ou projetant de s’y rendre. Au titre des « conseils aux voyageurs », le ministère des Affaires étrangères produit une carte des zones à risque mise à jour au rythme des attentats. La dernière en date a été publiée fin mars, immédiatement après l’attaque perpétrée à Ouagadougou.

En rouge, les zones « formellement déconseillées » ; en orange, celles qui sont « déconseillées sauf raison impérative » ; en jaune, celles où une « vigilance renforcée » est de rigueur ; et, enfin, en vert, les zones dans lesquelles une « vigilance normale » serait suffisante. Le Mali, le Niger, le Burkina, le Tchad, la Mauritanie, le Nigeria et le nord du Cameroun et du Bénin concentrent l’essentiel des zones rouges et orange.

Des régions entières condamnées

Vue de Paris, la légitimité de ces mesures ne fait aucun doute. Mais l’on tient trop peu compte de leurs incidences politiques, sociales et socio-économiques sur les régions désignées. Surtout, on sous-estime le fait que ces coloriages constituent en eux-mêmes une victoire pour le jihadisme : présenter des régions entières comme étant « à risque » isole les populations locales et crée un écosystème social clos, favorable à l’expansion de l’islam radical, ne serait-ce que parce que les économies des zones ainsi colorées s’en trouvent fortement perturbées.

Dans les localités concernées, les ONG qui suppléent habituellement aux défaillances des États plient bagage, les activités économiques liées au tourisme s’effondrent et la pauvreté s’accentue, tout comme les frustrations provoquées par un sentiment d’abandon.

Fondements socio-­économiques du jihadisme

Les groupes jihadistes et leurs parrains font même de ces cartes un usage politique alternatif, puisque les zones qu’elles désignent deviennent pour eux le lieu d’une intensification possible de leurs actions. Ils ont ensuite beau jeu de proposer une réponse religieuse à la désespérance – une réponse qui permet l’enracinement d’une société alternative grâce à l’ouverture de katibas, mais aussi de centres de santé et d’écoles islamiques, vecteurs potentiels de l’islamisation radicale, portant un imaginaire de la néo-Oumma et d’un retour à l’âge d’or des salafs.

Il n’est plus besoin de démontrer que la radicalisation des jeunes se nourrit aussi de la pauvreté, de la corruption et des injustices, et l’« Allah Akbar » crié pendant les attentats terroristes ne doit pas faire oublier les fondements socio-­économiques de la raison jihadiste. Toute initiative accentuant les facteurs précités contribue à alimenter les rangs des groupes armés, y compris donc les cartes comme celles produites par le ministère français des Affaires étrangères.

Les effets dévastateurs sur les économies africaines

Par ailleurs, la France n’est pas plus sécurisée que les pays dont il est ici question. Le terrorisme y sévit comme il sévit au Mali ou à Ouagadougou. Les récents événements de Trèbes viennent tristement nous le rappeler. En matière de terrorisme, la France est tout aussi exposée que le Mali ou le Niger. Mais jamais Paris, Madrid, Londres, Stockholm ou Bruxelles n’ont fait l’objet de cartographies stigmatisantes les décrétant zones rouges infréquentables.

Jamais il n’a été « formellement déconseillé » de s’y rendre. Jamais il n’a été dit aux voyageurs désireux d’aller à Nice, à Paris ou à Trèbes qu’ils devaient « savoir que leur sécurité et leur vie [étaient] explicitement et directement menacées ».

Après les attentats qu’a connus la France ces dernières années, le message politique véhiculé a même essentiellement été de ne pas céder à la peur. L’on devrait pouvoir tenir compte des effets dévastateurs de tels exercices de coloriage pour les économies africaines fragiles, et fragilisées davantage encore par le virus jihadiste. Les gouvernements des États en situation de grande précarité ont bien des urgences à traiter en matière d’éducation, de santé ou d’emploi des jeunes. Il est peu probable que ce coloriage les y aide.

Francis Akindes

Sociologue. Professeur à l'Université Alassane Ouattara à Bouaké (Côte d'Ivoire)

Source : jeuneafrique.com

 

Attaque « sans précédent » contre les Casques bleus et les forces françaises à Tombouctou

Des tirs de roquettes, des assaillants déguisés en Casques bleus montés à bord de véhicules piégés, des échanges de coups de feu : les camps de la Minusma et de la force Barkhane à Tombouctou ont été la cible samedi d'une attaque « sans précédent » qui a fait au moins un mort et une vingtaine de blessés.

L’assaut s’est produit peu après 14H00 (GMT et locales) sur le site aéroportuaire de cette ville légendaire du nord du Mali où sont cantonnés des Casques bleus de la Minusma et des hommes de l’opération française Barkhane.

Alors que les deux camps essuyaient une « dizaine de tirs de roquettes », des hommes portant des Casques bleus ont tenté de « s’infiltrer » dans la zone militaire à bord de deux véhicules piégés, a précisé dans un communiqué le ministère malien de la Sécurité.

L’un des véhicules portait les couleurs des Forces armées maliennes (FAMas) et l’autre le sigle « UN » des Nations unies. Le premier « a explosé », tandis que le second « a pu être immobilisé ».

Selon la Minusma, un de ses Casque bleus a été tué lors d’« échanges de tirs ». Une dizaine d’autres ont été blessés. Le ministère malien a indiqué que l’attaque avait également fait une « dizaine » de blessés « côté Barkhane ».

« Les combats ont pris fin vers 18H30 », plus de quatre heures après leur début, selon le ministère. Bamako et la Minusma ont assuré que la situation était à nouveau « sous contrôle ».

Sur Twitter, la force de l’ONU a évoqué une « importante attaque complexe » associant « mortiers », « échanges de tirs » et « attaque au véhicule suicide ».

« C’est la première fois qu’il y a eu une attaque de cette envergure contre la Minusma à Tombouctou », a relevé une source sécuritaire étrangère. « C’est une attaque qu’on n’avait jamais connue », a confirmé un responsable du gouvernorat de Tombouctou.

Renforts attendus

Déployée au Mali en juillet 2013, la Minusma, qui compte environ 12.500 militaires et policiers, est actuellement la mission de maintien de la paix de l’ONU la plus coûteuse en vies humaines.

Elle avait, avant l’attaque de samedi, perdu plus de 160 Casques bleus, dont 102 dans des actes hostiles, ce qui représente plus de la moitié des soldats de l’ONU tués sur cette période dans le monde.

Elle doit recevoir dans les prochains mois des renforts canadiens, Ottawa ayant annoncé le 19 mars sa décision de déployer pendant un an une force d’appui aérienne avec des hélicoptères et des Casques bleus.

Des groupes liés à Al-Qaïda ont dicté leur loi dans le nord du Mali de mars-avril 2012 à janvier 2013, date du déclenchement d’une opération militaire internationale à l’initiative de la France.

Bien qu’ils aient depuis lors été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières de ce pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU, régulièrement visées par des attaques.

Depuis 2015, ces attaques se sont étendues au centre et à la partie sud du Mali et le phénomène déborde sur les pays voisins, en particulier le Burkina Faso et le Niger, où quatre soldats américains et quatre militaires nigériens ont été tués dans une embuscade en octobre 2017.

Exécutions sommaires

Depuis le 11 avril, quelque 1.500 militaires africains, américains et européens sont engagés dans des manœuvres dans l’ouest et le nord du Niger, pour s’entraîner face aux menaces terroristes.

Ces exercices devraient renforcer l’efficacité de la force du G5 Sahel, qui devrait compter d’ici à la mi-2018 5.000 soldats issus du Mali, du Niger, de la Mauritanie, du Tchad et du Burkina Faso.

La signature en 2015 d’un accord pour ramener la paix au Mali n’a pas empêché la recrudescence des violences. Jeudi, le représentant du haut-commissaire aux droits de l’homme au Mali, Guillaume Ngefa, a évoqué les « exécutions sommaires d’au moins 95 personnes » dans la région de Menaka, frontalière du Niger.

Mise en cause, une coalition de deux groupes armés qui participent aux opérations de sécurisation avec les troupes françaises et maliennes, le MSA et le GATIA, a rejeté samedi ces accusations.

Ces deux groupes sont soupçonnés de profiter de leur proximité avec Barkhane pour régler de vieux contentieux territoriaux, notamment avec la communauté peule.

Source : jeuneafrique.com

 

 

« 10 à 15 ans » nécessaires pour régler le problème au Mali

Les problèmes sécuritaires au Mali ne peuvent pas être réglés « en moins de 10 à 15 ans », a estimé le chef d’état-major des armées françaises lors d’une récente audition parlementaire, tout en rejetant l’idée d’un d »enlisement » des forces françaises au Sahel.
« Je ne pense pas qu’il soit possible de régler le problème au Mali en moins de 10 à 15 ans, si tant est que nous le puissions », a déclaré le général François Lecointre fin février devant la commission défense de l’Assemblée nationale, dont le compte-rendu était disponible en ligne jeudi.
« Cette durée fut celle de notre engagement dans les Balkans, en Côte d’Ivoire ou en Afghanistan », rappelle-t-il.
Quelque 4.000 soldats français sont déployés depuis 2014 au Sahel dans la cadre de l’opération antijihadiste Barkhane, qui a succédé à l’opération Serval déclenchée au Mali en 2013.
« L’évolution de la situation au Mali n’est guère satisfaisante et nous n’en partirons pas demain, sans qu’il s’agisse pour autant d’un enlisement », fait-il valoir, en assurant être « en mesure de calibrer notre action en fonction de l’évolution de la situation ».
« Ma tâche consiste à expliquer au politique, qui demande un résultat rapide et facilement identifiable conforme au rythme de la vie démocratique, que seul le temps long produit des résultats durables en géopolitique et dans le domaine militaire », conclut le général Lecointre.
Bien que depuis 2013 les groupes liés à Al-Qaïda aient été dispersés et en grande partie chassés du nord du Mali, des zones entières du pays échappent encore au contrôle des forces maliennes, françaises et de l’ONU (Minusma), régulièrement visées par des attaques.
Jeudi, cinq soldats français ont été légèrement blessés par des tirs contre le camp de la Minusma et de Barkhane à Kidal (nord).
Fin février, deux soldats français ont été tués et un blessé dans le nord-est du pays dans l’explosion d’une mine artisanale, portant à 22 le nombre de militaires français morts dans le Sahel depuis 2013.
Pour tenter de lutter plus efficacement contre les groupe jihadistes, cinq États de la région (Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Tchad) ont mis sur pied la force du G5 Sahel, qui devrait compter 5.000 soldats d’ici à la mi-2018, et qui bénéficie sur le terrain de l’appui des forces armées françaises.
« La France sera présente aussi longtemps que nécessaire, mais la présence de la France n’est pas éternelle. Le Sahel doit prendre sa sécurité en main et nous sommes là pour les aider », avait souligné au Mali le 31 décembre la ministre française des Armées, Florence Parly.

Source : La Libre (France)