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Tribune Libre en Mauritanie

Mariem Mint Derwich : Nous avons fait de l’amoral et du mensonge une vertu…

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Je crois profondément aux valeurs que sont le partage, l’égalité, la justice sociale, élevée que je fus dans cette gauche que le politiquement correct appelle aujourd’hui « extrême gauche»…
Je crois profondément en la redistribution des richesses, en la mixité sociale, en la vertu et la morale en politique. Je crois profondément que la politique est le lieu de la mise à disposition au profit du bien de tous et non pas d’une élite.

Je crois profondément en l’école comme creuset citoyen, en construction d’une pensée commune, en outil de libération… Nous avions l’occasion, petit pays né de nulle part, de construire un modèle social qui profite à tous.

Nous ne sommes pas nombreux, nous sommes forces vives, nous sommes hommes. Nous pouvions décider d’être. Mais nous avons choisi de ne pas nous penser, de ne pas nous construire. Nous avons choisi la déconstruction d’un idéal…

Nous avons favorisé les élites, le mensonge, la corruption, le détournement, l’exclusion communautaire, les politiques de « saupoudrage », l’arrogance en lieu de l’action, le maintien dans un imaginaire fantasmé…

Nous avons découpé notre sous sol, bradé nos richesses, fait de notre seule entreprise, la SNIM, un outil à alimenter les campagnes électorales, atomisé le monde rural traditionnel, dépossédant les paysans au profit de commerçants..

Nous avons fait de l’amoral et du mensonge une vertu…

Nous avons menti à nos enfants, nous continuons à leur mentir et à les effacer de la carte du monde par une Education dite Nationale catastrophique et génératrice d’inculture…

Nous avons bradé nos valeurs islamiques, notre tolérance, notre savoir, notre intelligence au profit d’une » nouvelle » religion, le wahhabisme.

Nous avons fait de l’armée un outil d’asservissement de l’Etat.

Nous avons fait du mépris de l’humain une vertu cardinale…

Nous avons fait de la jalousie, de la méchanceté, une manière de vivre…

Nous nous sommes oubliés en chemin…

Nous sommes fantômes dans la survie….

Nos politiques ne nous méritent pas, nous peuple de Mauritanie…

Mariem Mint Derwich
Source : Adrar-Info (Mauritanie)

 

Sahel : Le règne d'un hitlérisme

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Sahel : Le règne d'un hitlérismeIl y a un vent mauvais, très mauvais qui souffle en ce moment dans tout le Sahel : celui de la haine interethnique.
En arrière fond : la "lutte contre l'insécurité et le terrorisme" et l’électoralisme carnassier. Le centre de gravité de ce chaos est clairement le Mali où s'applique la théorie du "nid de frelons". Tous les extrémismes s'y sont donnés rendez vous. Et toutes les erreurs d'analyse des stratèges de l'anti-terrorisme s'y épanouissent.

Les contre-mesures et les frappes aveugles contre des groupes "djihadistes" vite identifiés à l'appartenance ethnolinguiste de leurs chefs ou de leurs combattants, fait basculer la région dans la spirale de la guerre de tous contre tous, des petites gens contre d'autres petites gens, alimentée par des opérations spéciales de mains invisibles mais identifiables.

La haine contre les peuls ou les arabes ou les touarègues déchaine celle contre les dogons ou les bambaras...et, encore une fois, les réseaux sociaux ont la part belle, pour exciter les passions aveugles par la brutalité insoutenable des images et l'impunité scandaleuse des commentaires haineux qui les accompagnent. Il n'y a plus aucun frein, aucune limite, verbale ou symbolique, juridique ou morale. Tout se dit et s'expose.

C'est le règne d'un hitlérisme diffus qui s'empare rapidement des esprits et rend obsolètes toute logique et tout bon sens. Le sahel bascule dans la violence et ses dirigeants aiment se la raconter pour plaire à d'autres, tandis que meurt l'esprit de nos peuples sous la violence de la bêtise.

Par Gourmo Abdoul Lô
Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

 

Lettre à Michel Onfray sur les relations tumultueuses entre l’Occident et l’Orient (5)/Par Ahmedou Ould Moustapha

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Lettre à Michel Onfray sur les relations tumultueuses entre l’Occident et l’Orient (5)/Par Ahmedou Ould MoustaphaUn système à levier redoutable

On est là au milieu de la quatrième période. C’est un moment décisif, certes contemporain mais non moins historique dans les relations de l’Occident avec l’Orient et même avec la planète entière.

Car, cette fois-ci, Il s’organise au fur et à mesure, sous la conduite des Etats Unis, pour exercer une autre forme de domination, plus insidieuse, plus efficace et moins coûteuse. Cette ultime contre-offensive va reposer sur un système monétaire international à levier redoutable, auquel il sera impossible de s’échapper.

Il s’agit de ce système par lequel l’Occident contrôle exclusivement toute la circulation monétaire du monde à travers son réseau bancaire qui régit tous les mécanismes du marché mondial des échanges commerciaux à partir de ses grands centres de concentration ou courroies de transfert que sont New York, Londres, Zurich, Frankfort et Paris, qui s’étendent à l’aide de leurs filiales et correspondants sur toute la planète.

La maîtrise exclusive des rouages de toutes les opérations commerciales par lesquelles l’Occident contrôle le flux financier international et donc l’économie mondiale, loin de s’affaiblir, va s’accentuer de jour en jour et ira jusqu’à susciter, dans les pays du tiers monde, un paradoxe douloureux : voilà des pays producteurs très riches en matières premières, objets de fortes demandes, et qui peuvent se retrouver soudainement en manque de liquidité (…).

C’est un système d’autant plus redoutable que ce ne sont autres que ces mêmes banques américaines et européennes, pourtant toutes privées, qui se chargeront d’appliquer rigoureusement les sanctions occidentales contre n’importe quel concurrent ou adversaire non-occidental, telles que la Chine et la Russie, sans parler de l’Iran et autres.

Et il suffit que les Etats Unis décident de sanctionner un pays pour qu’il devienne vite la cible commune de toute cette structure financière internationale.

Donc une quatrième période largement marquée par ce système qui fut le principal levier que l’Occident avait activé de manière à la fois invisible et durable pour mettre à genoux l’ex URSS et les pays que l’on nommait alors ses satellites. Il demeure encore une arme redoutable entre les mains des Etats Unis qui, seuls, désignent les adversaires et décident quand faut-il les sanctionner.

C’est en cela qu’elle constitue une période plus que décisive, pour ce qu’elle représente dans le tournant des événements qui ont bouleversé beaucoup de certitudes et changé la face du monde.

Qui eût cru en effet que la puissante armée de l’Union Soviétique pouvait subir une si grave défaite en Afghanistan, telle qu’elle entrainât : l’éclatement de l’URSS en différents pays (…), la chute du Mur de Berlin suivie de l’unification des deux Allemagnes et une belle occasion pour l’OTAN de provoquer une guerre civile en Yougoslavie afin d’y intervenir militairement et de le diviser en cinq petits Etats (Serbie, Croatie, Monténégro, Macédoine et Bosnie), bref la disparition du communisme ?

Qui pouvait encore imaginer que l’Irak allait reculer d’un siècle parce que le président Saddam Hussein – dont le pays fut victime d’un raid aérien d’Israël visant à détruire un projet de centrale nucléaire civile – avait verbalement menacé Israël, lors d’un Sommet arabe à Amman, en brandissant une petite fiole, comme pour sous entendre que la bombe nucléaire irakienne était en cours de fabrication ?

Etait-il prévisible, à ce moment-là, que les Etats Unis allaient saisir ce prétexte, en se préparant longuement et avec beaucoup de détermination, pour envahir ce pays en l’absence de tout mandat du Conseil de Sécurité de l’ONU, tuant près d’un million d’irakiens, civils et militaires, avant de disloquer l’armée et de dissoudre toutes les autres structures étatiques du pays, le laissant ainsi en champ de ruine ?

Le reste de l’histoire appartient à l’actualité

C’est dans ce contexte que surgira Vladimir Poutine, gardant en lui une profonde blessure provenant de l’humiliation faite à la Russie pendant qu’elle sortait difficilement de sa convalescence, suite à l’implosion qui emporta l’ex URRS, humiliation particulièrement douloureuse lorsque la Russie ne pouvait qu’assister impuissante face aux événements, à conséquence géopolitique majeure, qui se déroulaient en Irak, en Serbie et en Lybie où elle fut considérée comme moins que rien par l’Occident(1).

C’est aussi dans ce contexte-là que la Chine connaîtra, presque discrètement, durant plus de deux décennies, une croissance économique prodigieuse, avec un taux à deux chiffres, faisant aujourd’hui de la Chine la première puissance économique mondiale, selon de récentes études d’institutions américaines prestigieuses. (Nous y reviendrons)

Le but de cette petite rétrospective était de présenter brièvement l’évolution historique des relations entre l’Occident et l’Orient. Le reste de l’histoire appartient à l’actualité que nous pouvons aborder à présent pour orienter notre perception de la dimension économique et la portée géopolitique qui en découlent :

Tout le monde sait que la géopolitique est d’abord une question économique, car le pouvoir politique et militaire repose sur le pouvoir économique. Or la posture économique des Etats Unis est de plus en plus insoutenable à court terme, elle se caractérise par un triple déséquilibre : le tarissement de l’épargne et l’endettement des ménages, le déficit budgétaire résultant du refus idéologique de toute hausse d’impôts significative, enfin le déficit abyssal de la balance des comptes publics – autrement dit la dette nationale qui s’élève à plus de 20 000 Milliards de dollars à la fin de l’année écoulée.

C’est donc un déséquilibre global qui n’est pas très loin de provoquer l’effondrement de l’économie américaine. La baisse continuelle de la valeur du dollar viendra renforcer cette tendance qui ne manquera pas d’entraîner un relèvement brutal des taux bancaires, ralentissant ainsi l’économie intérieure pour au moins plusieurs années…

Cette chute du dollar se traduit déjà par la dévalorisation des titres du trésor américain que détiennent pour la plupart, sous forme de réserves, les pays du Moyen Orient et asiatiques, la Chine en premier lieu en ce qu’elle possède à elle seule plus de 25% de ces titres, ce qui va tout simplement ruiner ses finances si cela continuait au moment où, poussée par des forces populistes, l’Administration de Donald Trump décide de réinstaurer le protectionnisme en augmentant les taxes sur quelques produits importés de Chine.

Précisons que parmi les raisons de cette mesure, il y a le déficit annuel de la balance commerciale, entre les deux pays, qui s’élève, en 2017, à plus de 370 milliards de dollars en faveur de la Chine ; encore que ce n’est pas nouveau que les Etats Unis piétinent les accords commerciaux ou autres chaque fois que ces derniers n’assurent plus leur hégémonie, même si, dans cette occurrence, la Chine avait aussitôt répliqué en ciblant 128 produits américains qui feront l’objet de taxes supplémentaires à l’importation.

(1)Voir mes articles publiés au Calame, en 2016, sous le titre : La crise Syrienne et la résurrection de la Russie

Par Ahmedou Ould Moustapha

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Lettre à Michel Onfray sur les relations tumultueuses entre l’Occident et l’Orient (4)/Par Ahmedou Ould Moustapha

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Lettre à Michel Onfray sur les relations tumultueuses entre l’Occident et l’Orient (4)/Par Ahmedou Ould MoustaphaL’Eurasie, prochain centre attractif du monde.

Les prémices de ces incertitudes sont maintenant très visibles : par ses envolées martiales contre la Russie ainsi que les menaces de protections économiques qu’il brandit devant la Chine, contrairement aux accords commerciaux qu’il a lui-même initiés et signés, l’Occident montre bien qu’il déborde de son lit.

A trop vouloir endiguer le cours de l’histoire, par des sanctions inefficaces et d’abord préjudiciables à ses propres économies, ainsi que des manœuvres d’intimidation qui ressemblent décidément à un trait de caractère, il ne fait que précipiter l’éruption des grandes forces de l’axe eurasiatique longtemps contenues et déjà en marche pour devenir le prochain centre attractif du monde :

en ce moment même, et ce n’est pas nouveau, beaucoup d’entreprises occidentales se délocalisent vers cet axe, attirées par sa vigueur économique, contrairement et au détriment du bloc occidental, elles se comptent en centaines par jour.

Mais l’Occident est comme animé par une forte volonté d’établir des règles fondées sur des principes et valeurs qu’il a lui-même définis et qui doivent absolument s’imposer à tout le monde, sauf à lui lorsqu’il n’y trouve plus son hégémonie. Toutefois, il ne faut pas croire que cette méprise ou ce comportement anachronique se rapporte uniquement aux oppositions commerciales ou politiques du moment. Que non, il vient de très loin !

Et pour bien le comprendre, il faut d’abord préciser une chose : nombreux sont ceux qui pensent en effet que l’Eurasie désigne seulement ou principalement la Russie et la Chine, parce qu’ils l’imaginent en termes d’alliance politique ou stratégique, bien que le culte païen de Mithra, d’origine indo-persan, alors massivement adopté par les romains, fasse référence à une entité plus large, comprenant l’Asie mineure, donc une grande partie de la Russie, ainsi que les autres grands ensembles, le tout étant désigné séparément par le Proche, le Moyen et l’Extrême Orient.

Les relations de cette Eurasie avec l’Occident existaient déjà depuis très longtemps et furent toujours caractérisées par cette nature tumultueuse.

C’est là un point de l’histoire que je ne puis m’empêcher d’aborder à grand trait, parce qu’il traduit les véritables pulsions de l’Occident dans ses rapports, dès le début, à l’Orient.

Il faut donc faire appel à quelques événements historiques en essayant – autant que faire se peut – de regrouper, succinctement, les quatre périodes majeures qui ont marqué ces relations, cela pourrait aider à voir plus claire dans le jeu des nations ou la géopolitique des temps qui courent :

La première période est très ancienne. Son objet était le commerce de la soie, de la Chine à l’Occident, vers le 2ème siècle avant notre ère ; un commerce qui se faisait depuis le nord-est de la Chine, par l’intermédiaire du peuple des Parthes (aujourd’hui iraniens) alors voisin de l’Empire romain qui, lui, avait ouvert les routes jusqu’à la méditerranée, permettant ainsi à ce commerce de se développer par voies maritimes.

Plus tard, au 7ème siècle de notre ère, en envahissant le royaume des Parthes, la Perse intégra ainsi un territoire stratégique qui va lui permettre d’obtenir un statut très important dans le concert des empires et surtout d’acquérir le secret de la production de la soie.

Et une fois tombée à son tour aux mains de la dynastie musulmane des abbassides, ce commerce n’en continua pas moins. Mais suite à la christianisation accélérée de l’Empire romain, l’Occident ouvrira, de la Byzance, un nouvel itinéraire qui passera par le Caucase et la mer Caspienne ; d’où les premières relations commerciales avec cette région. Et quand les routes terrestres se verront coupées au 9ème siècle, les musulmans du Caucase assureront cette voie maritime…

La deuxième période est essentiellement marquée par les croisades déjà évoquées précédemment. Celles-ci étaient prétendument guidées par la volonté de l’Eglise de s’affirmer vigoureusement devant l’Islam en qui elle voyait une forte menace.

Pour ce faire, il lui fallait centraliser son autorité et l’exercer en tant que pouvoir politique sous l’égide du Pape Nicolas 1er. Elle se lança alors à la conquête de Jérusalem pour s’ancrer dans ses lieux d’origine et se déployer au plus près dans son offensive contre l’Islam.

C’est le début de la première croisade dont l’objectif déclaré était de porter secours aux chrétiens d’Orient ‘’menacés par les musulmans’’, la septième et dernière croisade aura lieu en 1248, toujours pour le même prétendu motif.

Mais – faut-il le rappeler ? – ce sont les chrétiens d’Orient qui en seront les premières victimes, et les croisades ne prirent fin qu’en 1291 avec l’expulsion des derniers francs de toute la région qui redeviendra ainsi ce qu’elle fut : une région où vivaient en bon voisinage les musulmans, les juifs et les chrétiens.

Il demeure cependant que, bien avant cette expulsion, les succès alors remportés par les croisés avaient développé en Occident un esprit de conquête qui occulta complètement les terribles atrocités commises par ces derniers.

Peut-être que l’urgence de la lutte contre les musulmans justifiait-elle toutes ces atrocités ? Ou bien la querelle des investitures papales durant cette longue période constituait-elle un enjeu aussi important qu’elle masquât toutes ces horreurs qui ont fait fi au cœur humain et aux paroles d’amour du Christ ?

Quoi qu’il en soit, parallèlement à tout cela, des activités missionnaires furent entreprises en Russie et en direction de la Chine où régnaient encore les Mongols ; mais ces missionnaires n’ont pu enregistrer les mêmes succès que remportèrent les croisés.

Car, sur ce plan, la Russie sera plutôt gagnée par ce que l’Occident catholique appelait alors la secte des orthodoxes de la Byzance et la Chine tombera largement sous l’influence du Bouddhisme…

La troisième période se déroula au 15ème siècle. En 1453 Constantinople (Istanbul) tomba entre les mains des musulmans ; c’est l’époque où l’Espagne se prépara pour reconquérir l’Andalousie.

En 1492 la reprise de Grenade marqua la fin des principautés musulmanes d’Espagne, le catholicisme affirma son identité exclusive sur tout le pays avec l’expulsion des musulmans et des juifs.

A nouveau l’Occident catholique rejette et tente d’effacer violement toute identité qui ne se reconnaît pas en lui, comme il l’a fait avec la civilisation romaine ainsi que l’église orthodoxe en Byzance et, plus tard, avec l’église protestante, ces deux dernières ont, de surcroit, beaucoup souffert de l’intolérance de l’église catholique.

Commence alors l’époque des grandes découvertes se traduisant par l’expansion espagnole dans le nouveau monde et l’occasion d’implanter de nouvelles églises catholiques dans d’autres continents

C’est aussi l’époque où Christophe Colomb découvrît l’Amérique (1492) et où Vasco de Gama échoua sur les côtes des Indes pour s’emparer de Goa en 1510…

Cent ans pus tard, un Collège fut créé à Rome pour former des missionnaires et la propagation de la foi chrétienne. Les premiers missionnaires de ce collège seront envoyés en Chine pour rivaliser avec le Bouddhisme largement majoritaire et aussi avec l’Islam qui commençait à s’y implanter petit à petit, notamment dans la partie nord-ouest où vit aujourd’hui encore une importante communauté musulmane nommée les Ouighours ; mais la parole de ces missionnaires sera vite jugée menaçante, car trop liée au pouvoir politique en Occident

Toujours est-il que ce vaste mouvement de conquête spirituelle de l’Orient sera très affaibli par l’implosion interne de l’Eglise : Luther (16ème siècle) est excommunié par l’église catholique, suite à quoi naquit la chapelle protestante dont il est le père et qui fera l’objet de l’Edit de Nantes conduisant à une répression meurtrière sous forme d’une guerre de religion contre les protestants qui se voyaient ainsi obligés de prendre massivement les chemins de l’exil. Une curieuse question financière était à l’origine de ce conflit :

Au départ, il s’agissait de reconstruire le dôme de l’église St Pierre, ce qui nécessitait la mobilisation de fonds importants, l’entourage du Pape Léon X inventa donc les indulgences qui se traduisirent par des documents signés par le Pape et vendus aux fidèles qui croyaient s’absoudre ainsi de leurs péchés en achetant ces indulgences.

Seulement, après les travaux de réhabilitation du dôme, ce commerce continua de plus belle, massivement, cette fois-ci non plus pour de bonnes œuvres liées au culte mais pour financer les banquets fastueux du Pape ainsi que d’autres cérémonies mondaines très coûteuses et qui n’avaient rien à voir avec le culte.

C’est de là que le moine allemand, Martin Luther, éleva fortement la voix pour condamner ce commerce qu’il qualifiait de trafic honteux ; et comme son discours était convaincant, ses adeptes devenaient de plus en plus nombreux. Sa protestation prenait alors la forme d’un mouvement qui grandissait vite, d’où son nom de protestantisme et ce violent schisme entre les deux communautés, catholique et protestante, ainsi que les revendications périodiques de quelques autres groupes catholiques réformistes.

Mais les chefs catholiques qui tenaient le pouvoir à Rome finiront par imposer leurs structures et leur vision de la Chrétienneté, en se projetant vers d’autres continents comme indiqué ci-avant.

Soulignons toutefois qu’une une telle expansion territoriale et une telle victoire idéologique sur la dissidence interne n’étaient possibles que sous un fort centralisme politique.

Il se trouve que ces deux succès seront davantage consolidés, plus tard, sous le règne de Louis XIV ou le « roi soleil » qui se fera reconnaître roi de droit divin et dont le pouvoir était marqué par sa puissance et son caractère absolu.

Et parce que son pouvoir était fort, il promulgua un décret de révocation de l’Edit de Nantes, comme quoi le protestantisme était désormais toléré, même si la majorité catholique de l’époque restait toujours opposée à ce mouvement réformiste eu égard au nombre d’années (90, presque un siècle) qu’aura duré une campagne féroce et hostile à son encontre…

C’était au 17ème siècle, où s’ouvrirent des écoles de langues étrangères destinées à former des interprètes. On y étudia les langues orientales dont l’arabe, le chinois et autres.

L’apprentissage de ces langues pouvait donner à penser qu’il s’agissait de se les approprier pour s’ouvrir à d’autres cultures et acquérir une vertu de tolérance et d’égalité humaine supérieure à ce sentiment d’indifférence ou plutôt de suffisance, pour ne pas dire de mépris, duquel l’Occident n’arrive pas encore à se départir et à quoi est toujours réduite sa relation aux autres.

C’est une question de culture : la civilisation occidentale, de par sa nature consumériste et son historicité, a introduit dans la conscience de ses peuples une hiérarchie de valeurs culturelles qui réduit les nations non occidentales au dernier échelon, en sorte que le regard du plus ordinaire des citoyens européens traduit une supposée de supériorité qui signifie que le non occidental est culturellement inférieur…

Même le siècle des lumières (18ème) qui s’en suivit n’y changera rien. Il déclenchera par contre un long processus marqué par plusieurs soubresauts, avant d’aboutir à l’époque napoléonienne qui s’élargira jusqu’au cœur même de la Russie et de marquer l’histoire de manière décisive par la naissance de la révolution industrielle au 19ème siècle…

Là s’achève le projet initial de l’Occident chrétien, né à la fin de l’Empire romain. Car en voulant intégrer le grand Orient, il a méjugé de sa capacité et épuisé son projet d’expansion spirituelle.

Un autre état d’esprit apparaît. Il ne s’agit plus d’imposer une pensée spirituelle, ni d’engager des guerres au nom de la solidarité chrétienne, mais bien au nom des matières premières, c’est-à-dire de l’économie et du capitalisme.

C’est en effet au cours du 19ème et tout au début du 20ème siècle que l’Occident entreprit une autre forme de conquête, politique celle-là, à savoir la colonisation de territoires devenus un champ de batailles entre les différentes nations européennes.

Mais la deuxième guerre mondiale, qui en constitue l’une des conséquences, viendra perturber ce projet et accoucher d’une autre révolution qui va accélérer l’histoire à un rythme mécanique, de l’Afrique à l’Asie : les peuples soumis ou colonisés, dans un brusque élan de libération, se mettent simultanément et farouchement debout pour arracher leurs indépendances.

A partir de là, vint une courte période dite néocoloniale qui faisait beaucoup de mal mais n’avait aucun avenir, puisqu’une nouvelle ère allait se dessiner avec la révolution nassérienne, la glorieuse lutte du peuple algérien, les différents mouvements de libération africains et surtout la défaite cinglante des Etats Unis au Vietnam.

Dès lors, s’opposer aux souverainetés nationales des pays, ou s’immiscer ouvertement dans leurs affaires intérieures, devenait quelque chose d’anachronique. Mais ce n’est pas pour autant que l’Occident allait prendre un peu de distance ou manquer de ressource !

Il offrira alors à ces peuples nouvellement libres la possibilité d’orienter leur destin vers le meilleur ou le pire, tout en laissant place à l’expression de la pensée critique, c’est-à-dire différente et libre. Il jouissait bien de cette culture démocratique incomparable qui l’a conduit à une qualité de vie supérieure, et tous les peuples des autres zones de cette terre la lui enviaient, bien qu’on se disputât, ici ou là, sur l’adaptation ou la forme qu’il convenait de lui donner.

(A suivre)
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

 

Crise pastorale explosive en Mauritanie : Note d'alerte

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Crise pastorale explosive en Mauritanie : Note d'alerteLa densité et la qualité des pâturages sont intimement liées à la bonne pluviométrie et à sa bonne répartition spatiotemporelle.

Or, l’hivernage 2017/2018 fut caractérisé en Mauritanie par une mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies sur l’ensemble du pays et un déficit enregistré au niveau de la plupart des stations suivies par rapport à l’année dernière et à la normale. En effet, 52% des stations suivies par les services techniques compétents ont été déficitaires cet hivernage par rapport à l’année dernière et 39% par rapport à la normale (1981-2010).

Cette situation a engendré comme conséquence, un déficit fourrager au niveau des principales zones d’élevage du pays. A cela s’ajoute les difficultés d’abreuvement dues à la rareté des eaux de surface et le tarissement rapide des puits.

De ce constat inquiétant, on notait déjà en fin septembre, une forte pression dans les rares zones bien fournies en pâturages avec des conséquences sur la durée d’exploitation de ces zones mais également sur l’écosystème (dégradation causée par le surpeuplement). Par endroits, les pasteurs avaient même des difficultés d’abreuvement du cheptel à cause du tarissement rapide des marres. Une transhumance précoce avait débuté dès Octobre selon les zones.

La situation à la troisième décade de Septembre 2017 comparée avec celle Septembre 2016 montrait clairement un déficit réel reflété par l’imagerie satellitaire NDVI des deux indices de végétation aux deux périodes. La situation pastorale ainsi exposée par cette imagerie satellitaire affichait un espace fourrager nettement en deçà de celle de l’année dernière.

Cette évaluation de la situation pastorale fut renforcée par le Rapport d’Action Contre la Faim (ACF) relatif à la situation de la biomasse à travers l’analyse de la production de celle-ci effectuée en octobre 2017 mettant en exergue une production décroissante du nord vers le sud. Cependant et contrairement à la normale, plusieurs zones de faibles productions (moins de 500 Kg/Ha) étaient observées même dans les zones bordant le fleuve Sénégal jadis mieux fournies. Selon cette évaluation avisée d’ACF, la production de la biomasse de chaque Wilaya restait en dessous de sa production moyenne historique pour la plupart, et parfois leur production est comparable ou pire que celle de 2011.

Ces appréciations objectives de la situation et le flair des éleveurs avaient conduit à une transhumance très précoce du cheptel avec des mouvements importants relevés dès le mois d’octobre à l’intérieur du pays, du nord vers les zones de refuge du Sud et à l’extérieur vers les pays limitrophes.

Par ailleurs, la situation globale du pastoralisme au Sahel qualifiée de «crise pastorale explosive» fut l’objet d’une réunion de trois jours des membres du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA), au siège de l’OCDE à Paris.

Cette encontre qui regroupaient 150 responsables ouest-africains, dont plusieurs ministres de l’Agriculture ou de l’Elevage, des institutions régionales africaines et des organisations internationales (Onu, UE, Banque Mondiale, agences de développement, ONG…), n’a pas manqué de mettre en lumière la gravité de la situation pastorale dans la sous région au moment où: «la sécheresse chasse les troupeaux et leurs bergers vers des contrées plus accueillantes, déclenchant une « crise pastorale» qui risque d’aggraver l’insécurité alimentaire dans une région déjà fragilisée par la présence de groupes jihadistes». Selon ces Experts réunis à Paris, la production de fourrages a globalement baissé dans la région mais avec des disparités car en Mauritanie elle est de 95% par rapport à la moyenne des cinq dernières années faisant de cette année en cours l’une des pires années pastorales pour les éleveurs nationaux.

Devant une telle situation, les autorités nationales avaient anticipé avec la mise en place du Programme d’Assistance au Cheptel (PAC) suivant l’arrêté Arrêté N° 0825 du 28 Septembre 2017/PM/DGLTEJO. Cependant force est de constater le retard dans la mise en œuvre du Plan de Réponse et l’insuffisance des produits selon les éleveurs les contraignant à une ruée vers la Wilaya du Guidimaka où l’on assiste à une très forte concentration d’animaux avec ses effets négatifs sur l’écosystème. La rareté de l’aliment de bétail dans les magasins du CSA et des Boutiques EMEL couplée avec le renchérissement du produit, les éleveurs de la Wilaya rapportent que : «Le sac qui coûtait 300 N-UM (3.000 ancienne ouguiya) en temps normal, est remonté à la mi-mars à 650 N-UM puis à 850 N-UM ces derniers temps».

Avec cette rareté du couvert végétal, des aliments de bétail et la cherté du produits, les éleveurs se sont adonnés à l’exploitation des pâturages aériens abattant ainsi abusivement les arbres de «Techtaya» pour nourrir leur cheptel. Cette coupe abusive n’est pas sans risques pouvant contribuer à la déforestation de cette Wilaya qui reste la principale zone d’accueil du cheptel national aujourd’hui en détresse.

Compte tenu de l’importance de l’élevage et de sa contribution au PIB, et face à cette situation préoccupante, le Réseau des ONGs sur la Sécurité Alimentaire (ROSA) attire l’attention des autorités nationales sur les conséquences prévisibles de cette réalité pastorale et les exhorte à:

Accélérer et concrétiser la mise en œuvre rapide du plan national de réponse: i) pour assister les populations en crise et d’urgence alimentaire et nutritionnelle dans le pays avec une attention particulière pour les couches les plus vulnérables notamment les enfants en bas âge et les femmes enceintes et allaitantes ; ii) pour protéger les moyens d’existence des populations pastorales et agro-pastorales sous pression en mettant l’accent sur l’approvisionnement en aliments pour bétail et les autres instruments de gestion de la vulnérabilité pastorale;

combler le déficit de pâturages en disponibilisant l’aliment de bétail et en densifiant les points de vente;

Réapprovisionner les magasins du CSA et les Boutiques EMEL en aliment de bétail;

multiplier les points d’eau pastorale dans les zones non encore pourvues pour: (i) diminuer la pression des animaux sur des écosystèmes déjà fragiles et éviter ce recours à la coupe abusive des «Techtaya» pour nourrir le bétail; (ii) parer aux éventuels conflits que pourrait engendrer une telle concentration d’animaux dans une Wilaya agricole.

renforcer la surveillance épidémiologique dans les zones de concentration afin de prévenir d’éventuelles maladies animales;

Nouakchott, le 2 mai 2018

Réseau des ONGs sur la Sécurité Alimentaire (ROSA)

Appui au Développement Intégré des Communautés Rurales (ADICOR)

Association pour le Développement Intégré du Guidimagha (ADIG)

Association des Producteurs de Lait et Viande (APLV)

Association Mauritanienne d’Auto- Développement (AMAD)

Association Nutrition et Développement (ANED)

Association pour la Recherche et le Développement en Mauritanie (ARDM)

Banlieues du Monde Mauritanie (BLM)

Comité de Solidarité avec les Victimes des Violations des Droits de l’Homme (CSVVDH)

Forum des Organisations Nationales des Droits Humains (FONADH)

M2000

ONG ACTIONS

ONG Au Secours

Réseau des Femmes de la Pêche

Source : ROSA

 

Aidez-moi à comprendre (Libre Expression) par Adama Ngaide

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Aidez-moi à comprendre (Libre Expression) par Adama NgaideAdama Ngaide - Avons-nous besoin de dire que nous aimons notre pays. C’est justement tout le soubassement de notre combat contre le système en place. Nous aimons la Mauritanie pour son écosystème fascinant, ses composantes ethniques dont les richesses incommensurables sont certaines.

Notre musique, notre art, nos habitudes culinaires sont autant de choses dont on peut nous vanter. Notre sol et notre sous-sol sur lequel nous n’avons aucune souveraineté est abondamment riche. On a du fer, du pétrole, du gaz, des terres arables et des forêts.

Notre mer, notre Fleuve, nos phosphates, notre désert, cette vallée sont des richesses énormes. Nos langues ! l’arabe, le pulaar, le soninko, le Wolof ; Le Bambara et le berbère (Juste que là non reconnus) font partie de notre patrimoine linguiste. La nature nous a donc bien servie ! Qu’avons-nous fait de toutes ces richesses depuis notre accession à la souveraineté internationale ? Nada….

En effet, je constate médusé, renversé que notre élite, le mauritanien de l’intérieur et de la diaspora veulent trop se sauver la face et se détourner de la réalité quotidienne, qui est la nôtre, réalité qui renseigne éloquemment sur les démons qui nous habitent.

Je suis de ceux qui pensent que la misère que nous vivons (particulièrement la politique), n’est point en incohérence avec nos comportements. Au contraire ! Il y’a une parfaite communion entre les déboires de l’élite et les déboires du citoyen Lamda.

Nos comportements puants sont, grandeur nature, en cohérence avec la façon dont nous sommes gouvernés. Regardons intelligemment et honnêtement comment sont gérées nos associations sociales, culturelles, villageoises, politiques, de droits de l’Homme et même nos associations religieuses ?

La gestion de ces associations rappelle à bien des égards celle de l’état que nous combattons. Cet état géré par les dictateurs successifs est là devant nous avec sa cohorte d’incohérences : culte porté sur la personne, mis en scène et défilé des courtisans, on régente les personnes ; On asservi les personnes au lieu de les servir, la désinformation, la réduction des personnes à des gobeurs d’idées farfelues, tricheries, absence de bilans, fuite en avant, bref toutes choses qui caractérisent l’état dictatorial de Nouakchott.

En Mauritanie, l’élite gouvernante a changé la constitution pour conforter le chef suprême soit confortable dans son fauteuil. Tenez-vous bien, nous avons vu et avons assisté aux même scenarii dans des associations apolitiques où des changements de statuts et de règlements ont été opérés pour régler des comptes ! Et ironie du sort : Ce sont des « opposants » au régime de Nouakchott qui en sont les initiateurs.

Or, quand un chef d’état le fait, c’est INANCEPTABLE et des larmes de crocodiles sont versées. Mais quand un opposant en est l’auteur, et de surcroit dans une association apolitique, l’acte tombe dans l’ordre du normal. Aider moi à comprendre.

Ces bassesses et ces duplicités, pour ne pas dire hypocrisie, sont bien mauritaniennes et se rencontrent dans toutes nos associations dites de la société civile (Un fourre-tout) qui ressemble à un refuge a cartouchards ou à démissionnaires politiques et/ou à tricheurs.

Chers concitoyens, il est incohérent pour des gens qui combattent le désordre d’être eux-mêmes des adeptes du désordre et de l’incohérence. Il y’a des fondamentaux que nous devons embrasser, promouvoir, expérimenter a tous les niveaux pour enfin les mériter.

Comment un opposant peut-il promouvoir le culte de la personne et combattre la dictature ? Comment un opposant peut-il être réfractaire a la culture du bilan et prétendre se battre pour l’avènement de la démocratie et la transparence ? Aider à comprendre !

C’est dans notre pays où, la culture de la transhumance politique est devenue un sport auquel s’adonnent des milliers de mauritaniens. La bassesse, dans notre pays est aussi cette incapacité affectant les intellectuels incapables de se détacher de la masse pour assister un pays, une population laissée à elle-même.

Aider moi à comprendre comment une personne peut-elle se positionner en politique sur la base de la famille, de son appartenance territoriale, tribale, raciale ? Aider moi à comprendre pourquoi nos sommités religieuses et coutumières se détachent du livre pour servir le temporel dans ses injustices contre les pauvres ?

Aider moi a comprendre pourquoi un policier, un douanier, un gendarme devrait accepter des billets de 1000UM pour laisser filer une voiture non assurée ? Aider moi à comprendre pourquoi un charretier, gourdin à la main, arrive assener un coup mortel a un chauffeur et rester impuni ?

Aider moi a comprendre comment un instituteur ou un professeur arrivent à se détourner de l’école publique pour laquelle il a été formé et payé pour s’investir 98% de son temps dans des écoles privées et/ou au volants de sa voiture transformée en taxi urbain ou interurbain ? Quid de cet administrateur formé pour servir les citoyens qui se reconverti en un courtier toujours au bout du fil pour régler ses affaires personnelles ?

Quid de ces ministres, ambassadeurs, généraux, gouverneurs, préfets et chefs coutumiers devenus, tutti quanti, des Hommes d’affaires ? Aider moi à comprendre pourquoi le ministère de l’éducation nationale est devenu une boutique où on achète les diplômes de BAC.

Quid de ce citoyen d’une « bonne famille » déclaré admis dans une école militaire, ou à l’ENA grâce à un coup de fil ? Aider moi à comprendre pourquoi, un « médecin », cigarette a la main, déambulerait pendant qu’un malade gisait dans son lit d’urgence.

Chers concitoyens et concitoyennes, la Mauritanie se trouve dans une impasse. La liste de nos bassesses est longue et ce sont de telles bassesses qui ont conduit des pays à des crises irréparables et notre pays est aujourd’hui bien exposé. Et il n’est point besoin d’être un illuminé pour comprendre les dangers qui guettent ce pays tellement les bassesses sont nombreuses et graves.

Mais nous ne saurons jamais apporter le changement pendant que nous nous amusions à nous faire passer pour ce que nous ne sommes pas ou ce que nous n’essayons même pas d’être......!!!!!!

Adama Ngaide/USA
Source : Adama Ngaide

 

Nouvelles d’ailleurs : Chauvinisme

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Nouvelles d’ailleurs : ChauvinismeMauvais temps pour la langue française. Un temps de chien. C’est le truc à la mode dans les milieux « patriotico-nationalistes-chauvins ». Entre l’écriture toute personnelle de notre roman national, la chasse au squelette d’anciens résistants, l’apologie de la langue arabe, la politique, les sous de la politique, les sous des amis de la politique locale, une langue se meurt.


Attaquée de toutes parts, laminée, moquée, insultée. Ignorée. On lui fait porter tout le poids de nos péchés, de nos incompétences depuis des décennies, de nos manquements, de nos ignorances.

Coupable facile, pour un pays qui s’est construit en faisant l’économie d’une vraie réflexion sur le « Qui sommes-nous? Comment un ensemble épars se construit-il Nation ? » Pour élever un sentiment nationaliste, quoi de mieux qu’un coupable idéal ?

En oubliant les conséquences désastreuses d’une ancienne poussée d’urticaire nationaliste, lors de la 1èreguerre du Golfe : mise au ban des nations, isolement, fragilité étatique… Sans oublier l’autre poussée ultra-chauvine, celle qui a mené aux abominations des années de sang.

D’oubli en oubli, voilà qu’il est bon ton, aujourd’hui, d’être chauvin. Et d’être, même, chauvin inventif… J’ai lu, ici et là, des pamphlets déclarant que nous sommes, rien que ça, la « dernière nation arabe », « l’Oumma », « les derniers arabes »…
Rien que ça. Je comprends que cela puisse galvaniser le pauvre type au ventre creux, paumé, quelque part, entre deux élections et deux distributions de « dons à vote ».

Je comprends aussi que ces envolées lyriques fassent frissonner certains poètes profitant de l’occasion pour pondre de la Qasida figée, bien rimée, bien dégoulinante de louanges au Prince. Je comprends aussi qu’il faut un discours martial, à la hauteur des mannes financières venues de lointains pays arabes.

J’ai cru, à un moment, que la rhétorique toute guerrière qui sous-tend tous ces beaux discours allait faire, de nous, les gardiens du Paradis. Nos chauvins n’ont pas osé. Pas encore. Même s’ils ont relié notre arabité, notre langue arabe, au fait religieux, puisque c’est la langue du Coran.

Le raccourci fut facile, l’arabe est, donc, la langue du Paradis. Pour le moment, personne n’a nommé quelle langue parle-t-on en enfer. Ce serait osé et gonflé… même pour de vertueux xénophobes. Mais rien ne m’étonne, chez nous. Rien. Surtout pas mon manque d’étonnement.

Bref, la mode est d’insulter la France et les Français. Sus à Coppolani ! Sus aux Nazaras ! Haro sur le coq gaulois ! Nous voilà devenus Nation de résistance – la propagande officielle parle bien de résistance « nationale » – Nation pavée de cimetières et d’os de martyrs, Nation levée, en masse, contre l’envahisseur français.

Pendant des siècles, chaque tribu se glorifiait d’être descendante de notre Prophète béni (SAWS). C’était le minimum syndical, si elle voulait : et être noble, et posséder des esclaves, et lever le menton plus haut que celui de la tribu voisine. Cette proximité avec une généalogie glorieuse et sacrée consacrait l’endogamie, l’orgueil et les castes.

Maintenant c’est la course à la datte : tribu descendant de notre Prophète (SAWS) ET résistante ET arabe. Pas Africaine, Arabe. De l’Arabie. Ligne directe entre la péninsule arabique, nos patelins et nos dunes. Du coup, à imaginer une ligne directe entre la terre et le Ciel, pour remercier de tant de pureté… le raccourci est facile.

Mais retournons à nos langues. Bêtise sans fond qu’opposer une langue à une autre. Le multilinguisme est une chance, pas un fardeau. La langue arabe est une langue magnifique, complexe, riche de siècles et de siècles d’histoire et de rencontres avec d’autres langues.

Elle n’est pas restée figée, momifiée par des « puristes ». Elle s’est grandie au contact des autres langues. Elle en a fait du chemin, cette belle langue, depuis sa naissance nabatéenne (houla ! J’ai dit un gros mot, là : nabatéenne). Langue sémite devenue langue internationale.

Langue qui fut de culture, de progrès, de philosophie, d’inventions, de poésie. Langue qui rayonna. Langue en laquelle fut révélé le Coran. Langue psalmodiée, aujourd’hui, dans le monde entier, par tous les musulmans, même les non-arabophones, lors des prières.

Oui, elle en a fait du chemin, cette langue née quelque part vers la Palestine… Elle fait partie de notre mémoire et de notre Histoire. Elle est en nous.

Mais dire cela ne signifie pas xénophobie envers une autre ou d’autres langues. Le français n’appartient plus à la France depuis longtemps.

Depuis que cette dernière, au 19èmesiècle, s’est lancée dans le plus grand mouvement expansionniste de toute l’Histoire, la colonisation. Ce français, cette langue, appartient désormais au monde. Elle est riche aussi d’une diversité aux autres.

La langue n’a que faire de la politique. Elle vit. Elle permet. Elle dessine le monde. Elle prend le sens qu’on veut bien lui donner. Elle est adaptable à l’infini de nos richesses. En parlant une autre langue, en plus de la sienne, on adapte la pensée. Et nous nous ouvrons au questionnement. N’est-ce pas, cher et regretté Habib Ould Mahfoud ?

Que serons-nous si nous ne balbutions qu’une langue figée, dépositaires autoproclamés d’une pseudo-pureté ? Juste des poupées sans culture, sans ambition ? Des gardiens de musée ? Notre pays est riche de diverses langues. Le français en est une historique. Qu’on le veuille ou non. Qu’on crie au loup ou non.

Les Algériens ne disent-ils pas, fièrement eux : « Le français est notre butin de guerre » ? S’inventer un passé, écrire une histoire falsifiée, insulter les francisants n’ont jamais établi une Nation, tout au plus un mouvement d’extrême-droite réducteur.

Un mouvement. Pas une pensée. Or une Nation mérite une pensée, une intelligence, une culture plurielle. Elle exige plus que des rodomontades guerrières à vertus linguistiques et xénophobes.

Nous sommes tellement complexés, vis à vis de notre Histoire, que nous ne sommes capables que de poser deux bandes rouges sur un drapeau, composer un hymne en arabe littéraire et refuser de considérer le hassaniya, par exemple, en langue nationale… ce qu’il est, au demeurant.

Les puristes, les chauvins me diront que le hassaniya, c’est l’arabe. Je conseille, à nos zélotes purs et sans taches, d’aller faire un tour dans les adwabas, par exemple, et de revenir me dire si les gens, devant notre pauvre TVM uni-couleur, quasi unilingue, comprennent un traître mot des débats entre « gens biens », en arabe littéraire.

Non, ils comprennent le hassaniya. Et je ne parle pas de nos concitoyens non-beydhanes… Eux se tournent, du coup, vers des télés de pays voisins. Pathétique, n’est-ce pas ?

Ah oui, j’oubliais : dans la guerre menée au français, les noirs de ce pays (quand je dis noirs, je ne parle pas des haratines) sont assimilés à la collaboration et accusés de ne soutenir que le français. Xénophobes, dites-vous ? Oui.

Et plein de fantasmes mensongers. Mais, ça, nous y sommes habitués… Notre pays ne se construit que sur un racisme diffus et tout un chacun devient le raciste de l’autre. Voilà comment, de crispations en crispations, nous détricotons notre avenir.

Notre chance, pourtant, c’est l’acceptation de nos identités plurielles, façonnées depuis des siècles, faites de métissages, de partages. C’est l’acceptation de nous, sans complexes envers l’ancienne puissance coloniale.

C’est, aussi, revivifier la langue arabe, la rendre, à nouveau, langue de savoirs. C’est traduire. C’est inventer. C’est oser. Imaginez un peu la force que nous serions, si nous parlions, en plus de nos langues maternelles, l’arabe, le français et l’anglais ?

Le monde nous appartiendrait. Mais nous ne voulons pas que le monde nous soit ouvert. Nous, nous nous contentons d’agitations stériles, de débats dépassés et archaïques, de discours chauvins. Nous nous tournons autour du nombril. Nous sommes ignorants des autres et cela nous convient… Malheureusement.

Alors, moi, je dis merci aux langues que je connais. Elles m’ont permis le monde et l’autre, l’autre dans toute sa complexité, sa diversité, son humanité. Et je parle ma langue maternelle, en plus d’autres langues, notamment le français.

Et j’en suis fière. Cette langue et la femme merveilleuse qui me l’a transmise m’ont construite aussi, m’ont offert le monde et tous les concepts. Ha ! Comme je suis fière de l’arabe quand je prie ! Comme je suis fière du halpulaar, du soninké, du wolof, du bambara…

Comme je suis fière du bantou, du lingala et du haoussa, etc. Fière de toutes ces langues qui font le Monde. Comme je suis fière d’être de ce pays, Mauritanie, nom offert, par Coppolani, à ces étendues.

Je n’ai pas une langue ennemie. Le respect de l’autre passe, d’abord, par le respect de soi-même. Et aujourd’hui, chez nous, nous ne respectons même pas la mémoire ni ce que nous sommes. Nous ne sommes que complexés.

Nos « élites » insultent la langue française et la France mais courent se faire soigner dans l’Hexagone, à la moindre angine, mettent leurs enfants au Lycée Français… Hé oui, le chauvinisme a des limites : celles de l’hypocrisie. C’est nous, ça : devenus fades, si fades, si momifiés…Quand l’inculture et l’ignorance tiennent lieu de pensée…Salut.

Mariem Mint Derwich

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

L’Afrique de l’Ouest malade de ses frontières : le bon exemple ne pourrait-il pas venir de la Mauritanie et du Sénégal : deux pays voisins ?

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L’Afrique de l’Ouest malade de ses frontières : le bon exemple ne pourrait-il pas venir de la Mauritanie et du Sénégal : deux pays voisins ?DIA El Hadj Abderrahmane - La Mauritanie et le Sénégal c'est d'abord et avant tout cette histoire et ce passé communs largement partagés que chantent nos griots, détenteurs de la mémoire commune et veillant jalousement sur les fibres sensibles qui sommeillent en nous.

C'est ainsi qu'ils nous empêchent de nous faire distraire par les aléas du moment qui pourraient nous embarquer dans ces vaisseaux dont les destinations ne seraient pas toujours les mieux indiquées. Des destinations qui pourraient avoir comme premiers risques de nuire à ce qui doit, de toute évidence, nous unir.

Le Sénégal et la Mauritanie des pays frères

La Mauritanie et le Sénégal c'est ce lien ombilical de 700 km que constitue le fleuve Sénégal et où de part et d’autre vivent des populations identiques, partageant en majorité le même héritage culturel et, en bien des cas, les mêmes biens, si on se réfère aux terres arables situées de part et d’autre du fleuve, mais également aux liens de sang des familles qui les exploitent.

C’est aussi ce volume des échanges informels de tous ordres, de part et d’autre ; le bétail et les richesses halieutiques y jouant la part belle. Aussi, vu les rapports sur le plan religieux, nous pouvons nous enorgueillir d’avoir des oulémas, très sollicités, qui veillent sur cette quiétude, indispensable au bon développement des relations entre les Etats, mais surtout au bien-être des populations...

Le fleuve, une « frontière dynamique »

Parlant des échanges officiels par voie terrestre, la ville de Rosso constitue le nœud central, avec ses bacs, sollicités à longueur du jour, mais également de tout temps, en cas de besoins.

En outre, avec les prévisions du futur pont, dont les études et les financements sont déjà bouclés, nous pouvons déjà nous réjouir de découvrir dans un futur immédiat les villes de Rosso, de part et d'autre du fleuve, avec un visage tout à fait nouveau. Cette œuvre, une fois réalisée, constituera un bien commun, à la Mauritanie et au Sénégal, en même temps qu’elle créera, à coût sûr, des activités de tous ordres au profit des populations locales et même au-delà. Cette réalisation, par sa symbolique et son utilité, signe d’une coopération bien réussie, fera la fierté des deux nations.

Au-delà des intérêts des deux pays, ce pont constituera une passerelle, longtemps souhaitée, non seulement entre deux parties du continent, mais également entre l’Europe et l'Afrique.

En outre, il y a lieu de garder à l’esprit que ce fleuve n’est pas seulement une zone de vie et un lieu d’échanges intenses entre deux Etats que tout incite à développer des rapports fraternels, mais il est également une frontière entre deux pays frères que l’histoire et la géographie condamnent à entretenir des relations et des rapports apaisés.

Cependant, cette frontière demeure malgré tout une zone de trafics de tous ordres, quand bien même les autorités de ces Etats investissent des moyens fort importants pour sécuriser la zone et lutter efficacement contre ces fléaux de notre siècle…

Trafics et immigrations : maux de nos frontières et de notre temps

Les candidats à l’immigration clandestine, venus de nulle part, et même des pays d’Asie, continuent de jouer au chat et à la souris avec les Forces de Sécurité, chargées d’en assurer la surveillance. Les Postes de contrôle et des passages obligés installés le long du fleuve, même s’ils réduisent grandement ces pénétrations intempestives, n’en assurent pas pour autant un maillage complet, tellement ces tentations vers le Grand Nord est grande dans l’esprit de ces candidats, qui perdent par là tout esprit logique. Les morts dans le désert et les corps ramassés le long des Côtes de l’Atlantique et de la Méditerranée n’ont pas encore eu l’air d’émousser la détermination de ces « fous » des déserts et des mers pour qui les Etats Africains et Européens ne trouvent toujours pas de solutions.

Le Sénégal et la Mauritanie étant une des fenêtres de cette Europe, le défi n’en demeure qu’actuel. Il y a lieu cependant de préciser que sur ce point précis, les mauritaniens, d’une façon générale, et toutes Communautés confondues, ne sont pas candidats à cette prise de risques et de cette forme d’immigration, qui n’est pas dans leur culture.

Ce n’est pas pour autant que le pays est épargné par ces aventuriers, venus de nulle part, de plus en plus nombreux et de plus en plus audacieux. Et parlant de cette ruée de ces masses vers le sud méditerranéen, et sachant que bien des familles de ces pays incitent elles-mêmes leurs enfants à tenter l’AVENTURE, on est tenté de se poser la question de savoir quel DIABLE s’est emparé de l’esprit de tous.

De surcroît, le plus curieux de tout ça est que chaque membre de la famille donne sa PARTICIPATION, pour « financer » ce voyage du fils vers l’inconnu. Et même par endroits ce sont les voisins du quartier, qui participent financièrement aux frais du voyage. Tout cela, pour montrer par là la folie générale qui prend possession de tous les esprits.

Aussi c’est à juste titre qu’on est amené à se demander si l’Afrique ne serait pas devenue subitement si « mauvaise », ou alors quel mal habiterait les africains au point de conduire à cette fuite généralisée ! Sinon que cacherait cette Europe que les esprits saints ignorent et qui amène ces bandes et ces masses humaines, devenues désormais incontrôlables, à braver ces mers et ces déserts, au prix de la perte de leur vie ? Des questions à tous les niveaux, mais toujours pas de réponses…

Une croissance économique commune, des projets communs

Avec les récentes découvertes de pétrole et de gaz aux larges de la mer, à la frontière sud de la Mauritanie avec le Sénégal, les relations entre les deux pays vont obligatoirement connaitre une autre dimension : d’où le lieu de privilégier les intérêts économiques, à toute autre considération politique, qui pourrait conduire au contre-courant de la marche de l’histoire.

Aussi est-on en droit de dire que les relations entre les deux pays ont été gratifiées d’une grande bénédiction que nous accueillons certes avec beaucoup de bonheur, mais aussi d’humilité, car un don de Dieu, qui nous est tombé entre les bras au moment où nous nous y attendions le moins !

Mauritaniens et Sénégalais, tous unis, doivent retrousser les manches pour soutenir et accompagner cette nouvelle dynamique qui aura pour ambition de hisser la Mauritanie et le Sénégal aux rangs des pays qui n'hésitent pas à briser les obstacles qui auront tendance à freiner ou gêner leur développement.

Il n’est donc pas étonnant de voir émerger ce port, aux larges de Ndiago, qui sera le prolongement de ces exploitations en mer pour en constituer le complément indispensable.

Encore des challenges… mais challenges à la portée des Etats

Avec toutes ces potentialités de développement économique que nos pays ont en commun, nous devons éviter de tomber sous les charmes des flûtes de ces sirènes, souvent mal inspirées, car généralement soumises aux influences des intérêts particuliers.

Si nous manquions de réussir cette transition, nos forces vives continueraient à braver ces dangers et à se bousculer vers cette fuite vers ce Nord pour lequel ils sont très peu préparés.

Aussi, au vu de nos richesses et de nos matières premières, ne serait-il pas plus judicieux que nos partenaires au développement privilégient des chaines de transformations et de production sur place ! Ce qui aurait comme premier avantage de fixer cette jeunesse dans son environnement propre tout en lui procurant qualification et emploi. Cette forme d’intervention serait alors une coopération d'un genre nouveau à laquelle on pourrait appliquer la formule « gagnant/gagnant »! Etant entendu que la sécurité de l'Afrique c'est aussi la sécurité de l'Europe

Voilà donc autant de faits et d’atouts que le Sénégal et la Mauritanie doivent intégrer dans leurs réflexions de tous les jours en favorisant des relations de bons voisinages apaisés.

Par ailleurs, et pour tout dire, être convaincu que cette frontière de 700km est le lieu où se joue le destin de deux pays, deux peuples que l’histoire surveille, pour les maintenir tout le temps éveillés, car responsables du devenir de ces populations qui ont toujours aspiré à la paix.

Le Colonel (R) DIA El Hadj Abderrahmane
Ancien Secrétaire Général du Ministère de la Défense Nationale

La guerre contre la langue française

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La guerre contre la langue françaiseLes arabophones exagèrent, ils outrepassent toutes les limites.
Leur combat contre la langue française, et partant contre les francophones, qui, à leurs yeux, est une lutte contre les colonisateurs, prend les proportions d'une guerre ouverte et officielle contre leurs frères francophones. Il faut dire qu'en instituant l'arabe comme "SEULE" langue officielle du pays (j'insiste sur ce qualificatif de seule), le législateur mauritanien, renvoie le français des tribunes officielles, pour le confiner au statut de langue "morganatique", de la plèbe des "franchouillards", rabaissés au niveau de citoyens "indignes".

Auparavant, le français était d'usage, tout comme l'arabe. Par exemple, quand un intervenant parle arabe, la réponse lui est faite en cette langue par le conférencier.

S'il le fait en français, la réponse lui est faite en cette langue. Cet usage a disparu, depuis qu'un ministre francophone, en l’occurrence, Kane Ousmane, invité de l’émission "Le gouvernement sur la balance" (al houkouma vi el mizane), Mohamed Taghiyoullah El Ed-hem n'a pas laissé le ministre de l'économie et des finances s'exprimer en français, lui qui est francophone et ne parle pas arabe.

Depuis lors, TOUT se fait en arabe et les francophones sont relégués au second plan. Avec cette affiche, il ne manque plus qu'à les bannir. Le comble, c'est que l'Islam est invoqué pour légitimer et justifier cette infamie.

Med Yahya Abdel Wedoud
Source : Med Yahya Abdel Wedoud

Deuxième lettre à Michel Onfray, philosophe français (Première partie)

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Monsieur

Le sujet de ce propos, déjà annoncé dans ma précédente correspondance, porte sur la pensée profane, mère de l’athéisme qui vous guide, et l’herméneutique musulmane qui partage avec la philosophie le même fondement : le rationalisme, l’une des principales caractéristiques du théisme de l’Islam.

Entendons-nous bien : le rationalisme, ici, c’est la force de la raison alliée à l’autorité suprême de la Parole divine, exprimée dans le Coran, dont l’Omniscience infinie transcende la connaissance humaine.

Cela mérite explication, étant entendu qu’il ne serait pas nécessaire de trop nous appesantir sur le premier aspect du sujet, tout le monde connait son crédo, la simple référence à un grand maître de cette pensée devrait donc suffire :

Raison  et Religion

Déjà, au XI ème siècle, l’une des plus grandes figures de la littérature arabe, Abou Ala Al Maari, immense poète et libre penseur, mort en 1057, avait osé s’en prendre aux religions monothéistes, sans égard pour les interdits, affirmant qu’elles se valent toutes les trois dans l’égarement. Voici ce qu’il dit dans sa poésie :

« Réveillez-vous, réveillez-vous, Ô égarés !

Vos religions sont subterfuges des anciens

Ils disent que le temps mourra bientôt

Que les jours sont à bout de souffle

Ils ont menti, ils ignorent son échéance

N’écoutez pas ces maîtres de fourberie ».

Il dira ensuite :

« La raison ne peut que s’étonner des lois

Qu’elles soient musulmanes, juives ou chrétiennes ».

Et il ajoute :

« Les gens voudraient qu’un imam se lève et prenne la parole devant une foule muette

Illusion trompeuse, il n’est d’imam que la raison

Notre guide de jour comme de nuit ».

Mais les adeptes de l’athéisme ont surtout célébré ce libre penseur parce qu’il à écrit :

« Les habitants de la terre se divisent en deux

Ceux qui ont un cerveau, mais pas de religion

Ceux qui ont une religion, mais pas de cerveau ».

Qu’il me soit permis d’ouvrir ici une parenthèse pour souligner qu’il est tout de même étonnant, voire incroyable, qu’une telle personne, presque pauvre et à peine voyante donc handicapée, vivant alors dans la capitale de l’Islam, ait pu critiquer aussi violement les religions monothéistes sans distinction et sans être inquiétée outre mesure.

C’est parce que Baghdad était, à cette époque abbasside, le centre culturel du monde, une ville où régnait une tolérance presque complète et où les savants et les hommes de lettres étaient bien accueillis et bien traités. En somme tout le contraire des intégrismes intolérants d’aujourd’hui, aussi nombreux dans le rang des adeptes de la laïcité que dans celui des défenseurs de la religion qui se comptent à la fois chez les juifs, les musulmans et les chrétiens. Encore que l’intolérance des laïcs est maintenant beaucoup plus affichée en Europe, notamment à l’égard des musulmans, parce qu’elle s’est constituée désormais en mouvement d’esprits ‘’décomplexé’’ et virulent qui s’étend dans tout le vieux continent et qui entretient délibérément l’amalgame où l’essentiel est masqué par l’événement et l’important par le futile. Mais c’est là un autre sujet, fermons donc la parenthèse.

Et comme pour répondre au libre penseur Al Maari, dans un remarquable ouvrage intitulé Fasl el-maqâl (que l’on peut traduire par Discours décisif), Mohamed Ibn Rushd – un esprit supérieur, à la fois théologien, philosophe, astronome, mathématicien et médecin, né à Cordoba en Andalousie et mort à Séville en 1198 – connu en Occident sous le nom d’Averroès, avait alors tranché la question en ces termes : « le rationalisme, fondement de la philosophie, n’est pas en contradiction avec la religion et ne peut constituer un danger pour elle ».

C’est plutôt la prétention de détenir la vérité à tout propos qui trace le chemin des dogmatismes et des fanatismes, car on ne peut contraindre le raisonnement, d’autant qu’il n’y a jamais eu de parfaits consensus sur les questions théoriques, aussi bien entre les philosophes qu’entre les théologiens ou érudits de la religion appelés Oulémas en arabe.

Aussi, un grand poète persan soufi disait : « la soif de rencontrer Dieu ne s’étanche pas dans le faste des dignitaires ni dans l’austérité des magistères mais dans le jardin de la raison ».

Il parlait du cheminement graduel de la foi qui conduit vers  la certitude herméneutique et  exige du croyant, musulman en tout cas, un dépassement perpétuel de soi, un effort individuel de raisonnement et de méditation : d’abord sur la lecture du Coran, méditation ensuite sur la création des êtres et de la nature qui nous entourent. C’est une affaire personnelle qui exclut par là même tout magistère et tout clergé.

C’est dire que l’herméneutique musulmane postule la relativité de la connaissance et, du coup, l’humilité comme attitude dans le domaine de la recherche de la vérité et de l’épanouissement intérieur ou la sérénité du moi. Elle fait de la foi non pas le résultat d’une adhésion aveugle ou par mimétisme, un acte de paresse intellectuelle, mais une conquête incessante de l’esprit, le fruit d’un effort personnel et libre.

Mais cette liberté, où la pensée se meut en l’absence d’une autorité cléricale, trouve son contrepoids et donc son équilibre dans la Charia : la Loi prescrite par l’Islam, qui pose les règles de vie et codifie les obligations de l’homme vis-à-vis de son Créateur, de son entourage et des autres. Elle est fondée sur les  deux sources originelles (Oussoul) de l’Islam : le Coran qui en est la principale et la Sunna qui se trouve compilée dans des recueils de Hadiths du Prophète (PSL), c’est-à-dire les propos ou discours qu’il a tenus et les décisions qu’il a prises dans telle situation ou tel cas.

Parmi ces recueils, les deux principaux qui font vraiment l’unanimité dans le monde musulman, sunnite en particulier, sont le Sahih Al Boukhari et le Sahih  Muslim, éponymes de leurs auteurs et réputés les plus fiables en comparaison à d’autres, tels que celui de Abou Dawoud et celui de Tirmidhi, même s’il ne faut pas oublier l’incontournable Al Mouwatâ de Malik Ibn Enass et d’autres encore.

Les deux premiers font effectivement autorité, ils sortent du lot, car plus que les autres, ils avaient la vocation d’historiens et prirent l’initiative de rassembler ces Hadiths dans des textes après avoir mené personnellement des enquêtes minutieuses. Le souci de la précision et de l‘exactitude qu’ils eurent dans leur tâche ardue est illustré par le fait qu’ils aient mentionné les noms de ceux qui ont rapporté le récit, pour chaque épisode de la vie du Prophète (PSL) et pour chacun de ses propos cités, en remontant jusqu’au premier qui recueillit l’information au sein de la famille même du Prophète ou parmi ses compagnons et en éliminant systématiquement toute information qui n’était pas recoupée ou confirmée par d’autres sources.

C’est ainsi que naquît la Sunna en tant que deuxième source originelle de législation en Islam.

Viennent ensuite les éléments de jurisprudence ayant fait l’objet d’Ijmâ, c’est-à-dire d’unanimité au sein des quatre grandes écoles de jurisprudence (les quatre Medhaheb)  dont l’enseignement est reconnu dans tout le monde musulman, sunnite notamment, comme le plus conforme aux deux sources originelles sus évoquées. Il s’agit des quatre écoles portant les noms de leurs fondateurs : l’imam Malik, l’imam Chafi’i, l’imam Ahmed Ibn Hambal et l’imam Abou Hanifa.

Il y a enfin, subsidiairement, les Fatawi (pluriel de Fatwa) ou avis juridiques qui s’appliquent parfois mais qui ne peuvent être prononcés par n’importe quel jurisconsulte ou érudit, réservés en principe aux rares Oulémas capables de faire la synthèse ou la corrélation argumentée entre les Hadiths du Prophète (tenant compte de leur contexte) et l’exégèse coranique qui, elle, repose sur le Mantik ou l’interprétation démonstrative par la logique comparative et la science du Bayâne ou la linguistique.

Cette méthode d’interprétation est généralement retenue comme la plus raisonnable et la plus pertinente : certains croient qu’elle l’est plus que le Te’wil ou l’interprétation intuitive de la doctrine Ach’arite, leur croyance s’appuyant sur une sorte de confusion d’idées qui entoure cette doctrine ; d’autres pensent qu’elle l’est encore plus que l’interprétation littéraliste du Wahabisme dont les principes et idées rigoristes nourrissent, disent-ils, nombre de courants fondamentalistes qui se transforment souvent en mouvements plus politiques que religieux, extrémistes dans leur discours et violents dans leur action[1]

Ici, une précision est nécessaire, et quand bien même elle pourrait paraître un peu hors sujet, elle est néanmoins utile pour mieux comprendre la trame de ce propos : la doctrine Ach’arite et le Wahabisme ne sont comparables en rien, tant dans leur nature que dans leur fondement.

En effet, par sa prodigieuse pensée, Abou Hassan Al Ach’ari (mort en 913) a beaucoup apporté à l’Islam sunnite, tandis que la doctrine de Cheikh Mohamed Abdel Wahab (mort en 1792), qui se réclame de la même école sunnite, n’a jamais pu dépasser les frontières de l’Arabie Saoudite ; encore qu’elle fut imposée à la société de ce pays plus par le zèle d’une police religieuse que par un enseignement convaincant ou une pensée lumineuse qui  emporte l’adhésion. Le Wahabisme s’est fait connaître dans le monde grâce à sa police religieuse, et c’est d’autant plus vrai qu’on ne peut citer un seul théologien Wahabite dont l’influence avait franchi les frontières du royaume… (A suivre)

AHMEDOU  Ould  MOUSTAPHA

 

[1] Tels que DAEICH, AL QAÏDA, JEBHET NOUSRA, BOKO HARAM , etc.

 

 

’Gabegie transfrontalière’’ : Un test pour la justice et son indépendance

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‘’Gabegie transfrontalière’’ : Un test pour la justice et son indépendanceEn même temps que les mandats d’arrêt lancé contre Ould Bouamatou et son bras droit Ould Debagh, la justice a déclaré poursuivre aussi des entreprises appartenant à cet homme d’affaires qui, par les faits du régime, est en passe de devenir une icône de l’opposition en Mauritanie.

Les sénateurs, les journalistes et les syndicalistes arrêtés et poursuivis le sont parce qu’ils ont eu ou ont des relations avec Bouamatou ou qu’ils ont bénéficié de son capital, réputé immense, de générosité.

En fait, tout ce que le ministère public avait appelé «crimes de gabegie transfrontalière » tournait autour de ce richissime homme d’affaires qui –comble du paradoxe– fut l’un des artisans de la «Rectification » qui a porté le général Abdelaziz au pouvoir en Août 2008 !

On dit qu’il avait alors mobilisé son réseau de relations nationales et internationales dans le cadre d’un large plaidoyer visant à «faire passer » le putsch. Sans compter son généreux soutien en espèces sonnantes et trébuchantes au général qu’il avait accompagné, de bout en bout, durant la campagne présidentielle de Juillet 2009.

Aujourd’hui, c’est cet homme d’affaires là qui est voué aux gémonies, c’est à lui qu’est imputé l’impardonnable vote-rejet des amendements constitutionnels par le sénat et c’est aussi à lui qu’on prête le pouvoir exceptionnel –qu’il n’a jamais revendiqué– de s’immiscer dans les détails de politiques rédactionnelles de certains médias.

Pour ces griefs « rédhibitoires » et certainement pour d’autres, l’homme est à l’heure actuelle dans le collimateur du pouvoir et il semble que celui-ci ait la ferme volonté de le punir. Va-t-il pouvoir le faire dans le respect de l’indépendance de la justice ?

La justice va-t-elle demeurer à équidistance entre les deux parties ? Va-t-elle avoir son propre camp qui l’instrumentalisera pour des règlements de comptes avec ceux qui ne sont pas de son bord ? C’est de cela en réalité que dépendront les développements futurs de ce dossier qui occupe les devants de l’actualité dans le pays.

Même si rien n’et joué jusqu’ici, il y a déjà à s’inquiéter pour la suite car tous les signes déjà perceptibles n’incitent guère à l’optimisme. Les interpellations de personnalités, les interrogatoires et mises en examen opérées depuis le début des poursuites engagées dans le cadre du dossier connu sous le vocable «gabegie transfrontalière » vont crescendo.

L’escalade y atteindra son paroxysme avec la décision prise par le gouvernement, jeudi 14 septembre 2017, de créer un établissement public à caractère administratif dénommé l’Office de Gestion des Biens Gelés, Saisis et Confisqués et du Recouvrement des Avoirs Criminels, destiné, disent certains observateurs, à préparer le terrain à la saisie de quelques entreprises Bouamatou, qui font déjà l’objet de poursuites.

La création de cet établissement, qui rappelle de sombres pratiques ayant fleuri ici en période d’exception, permettra, selon le gouvernement, de prendre les dispositions utiles pour éviter la dépréciation des biens saisis «en attendant l’issue de la procédure qui en détermine la confiscation définitive ou la restitution à leurs propriétaires ».

On peut en déduire qu’au simple palier de l’accusation et même avant que la justice ne se prononce, des biens de particuliers peuvent déjà, figurez-vous, être confisqués !

Voilà qui ne peut rassurer, surtout dans un pays où des hommes d’affaires ont eu à être injustement dépouillés de leurs biens parce qu’ils ont eu, à un moment donné, maille à partir avec le pouvoir.

Rien à faire, c’est à ça, à cette période-là dont des dossiers demeurent pendants devant l’Administration, que renvoie la création du nouvel établissement public. Naturellement, le contexte n’est plus le même, les acteurs, le système politique et judiciaire, non plus.

Mais les risques de dérive existent toujours et c’est cela qui est redouté. On verra comment la justice s’en sortira de ce qui, tout compte fait, a valeur de test pour elle et pour les valeurs démocratiques. On verra !

Ely Abdellah
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Un père viole ses 7 filles au Hodh El Garbi

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Un père viole ses 7 filles au Hodh El GarbiLes forces de l'ordre à la Willaya du Hodh El Garbi ont arrêté un homme soupçonné de violer ses 7 filles après une plainte déposée par sa femme auprès du procureur qui a ordonné l'arrestation du suspect et de faire une enquête qui a révélé l'authenticité des faits qui ont été également confirmés par le juge d'instruction.

La plainte est venue suite à un contact de cette mère de famille avec l'Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l'Enfant AMSME à Nouakchott et qui a assisté la plaignante dans les démarches à suivre et a transmis cette plainte au Procureur de la République du Hodh El Garbi.

La mère des victimes confirme dans sa plainte que son mari a violé ses 7 filles et pendant une longue période après avoir forcé toute la famille à habiter dans des quartiers lointains et isolés privant les filles de leur droit d'aller à l'école.

L'AMSME qui a fait accompagner la plaignante par un assistant social a exprimé sa satisfaction au processus judiciaire entamé contre ce père et la qualité des entretiens menée avec les victimes mineures et adultes ainsi que le respect du droit du père au moment de son arrestation et sa traduction devant le procureur et le juges d’instruction.

La présidente de l'AMSME, Zeinebou Taleb Moussa a demandé au procureur dans un communiqué de presse de protéger ces 7 filles victimes de toutes formes de représailles qui peuvent découler du père ou de ses éventuels protecteurs. Elle lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté d’aider ces filles et leur maman à reprendre une vie normale parce que la seule source de satisfaction de leurs besoins vitaux était leur père et depuis son arrestation leurs conditions de vie sont devenues pénibles.

Mint Taleb Moussa demande à ceux qui cherchent à intervenir pour perturber le déroulement de la procédure judiciaire d’avoir honte de protéger une personne qui commet ce genre de crime odieux et les avertit qu’ils vont les dénoncer fortement et par tous les moyens possibles.

L'AMSME avait adressé, au procureur le 20 juin 2017, une lettre dans laquelle, elle renouvelle son soutien et accompagnement aux victimes jusqu'à l'apparition de la peine maximale sur l'auteur de ces faits.

Source : AMSME

 

 

El Mina : les habitants font leur propre loi

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El Mina : les habitants font leur propre loi À l'approche de la fête de Korité et juste pendant la fête, la ville de Nouakchott connait une forte recrudescence de vols et de viols surtout dans les banlieues.

Derrière juste le marché qui jouxte la station de service Arrêt Bus à El mina, les habitants de la zone se font passer des policiers en prenant le voleur malchanceux pour lui infliger toutes sortes d'humiliations, voire exécuter en pleine rue.

La police et la garde nationale au lieu de sécuriser la population la laissent en proie à des criminels et des ivrognes qui sèment la terreur dans les quartiers. Une fois le criminel attrapé, le lendemain on le retrouve en tout sourire dans les rues sirotant délicieusement son eau de Cologne ou d'autres produits psychotropes.

Depuis hier vers 22h à l'heure où on écrit l'article, plus de 05 (cinq) voleurs ont commis des forfaits irréparables à des passants innocents en leur blessant par des armes blanches et en leur dépouillant aussi de leurs maigres miettes.

Moi personnellement, j'ai remis à la police ce matin à 01h un voleur tabassé à mort par des habitants du quartier.

Nous demandons à la police et la garde nationale de bien maintenir leur rafle et rentrer dans les coins et les recoins et surtout de nous installer des lampadaires dans les endroits sombres où se cachent les voleurs.

Source : Souleymane Kide

 

De grâce, Monsieur le Président, n’écoutez pas les pyromanes !

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De grâce, Monsieur le Président, n’écoutez pas les pyromanesL'Authentique - Monsieur le Président,

Notre scène politique connait une effervescence sans précédent depuis le Vendredi 17 Mars 2017, jour du rejet du sénat du projet de loi de révision constitutionnelle proposé par le gouvernement. "Cataclysme", "Séisme politique", "Tournant historique", les titres fusent et l’expectative au sein de l’opinion publique est à son paroxysme.

Les sénateurs sont cloués au pilori, livrés à la vindicte populaire pour haute trahison et insultés pour la simple raison qu’ils ont exercé un droit naturel qui, de surcroît, ne fait que raffermir notre jeune démocratie dont la crédibilité est largement entachée par la succession des régimes monolithiques et totalitaires.

Nous pensions que les périodes des chambres d’enregistrement sont à jamais révolues et que cet acte hautement démocratique des sénateurs allait être comptabilisé dans la rubrique des "bonus politiques" pour donner une bonne image de notre démocratie, surtout, nous souffrions de la comparaison avec nos voisins de la sous-région. Vous qui aimez bien faire ce parallèle.

Mais Hélas, des baltagiyas épaulés par des apprentis juristes sont montés au créneau avant votre intervention télévisée en occupant le terrain médiatique et en jetant l’huile sur le feu.

Ils n’ont eu de cesse de diaboliser les sénateurs et de les traiter de tous les maux comme pour parachever cette campagne de dénigrement et de calomnies savamment orchestrée contre ces mêmes sénateurs depuis le discours de Néma. Permettez-moi de vous présenter un panel de ces baltagiyas, dont je ferais les portraits circoncis pour montrer combien il est dangereux de suivre leurs conseils suicidaires :

- Vadily Ould Raiss, ex directeur de la synthèse (actuelle Direction des affaires politiques et des libertés publiques du Ministère de l’intérieur) durant la période d’exception de Djibril Ould Abdellahi. L’homme est connu pour ses basses œuvres, à ses heures perdues, pour le compte de son patron. Il est aussi connu pour être le véritable artisan de la déportation de nos frères négro-africains en 1989. Comme vous ne l’ignorez sans doute pas, après le limogeage de Djibril Ould Abdellahi par Ould Taya, la carrière de Vadily a connu un tumultueux parcours en dents de scie. Aujourd’hui, il est revenu sur le devant de la scène, s’autoproclamant spécialiste du droit constitutionnel, statut auquel rien ne le prédestine.

- Abdellahi O/ Hormattallah : Maitre d’œuvre de la campagne de lynchage médiatique des sénateurs, les micros-trottoirs qu’il organise et dont les comparses sont certainement choisis à l’intérieur de la radio, dressent les mauritaniens les uns contre les autres et menacent dangereusement la paix civile dans notre pays. Abdellahi Ould Hormettalah est lui aussi un homme aux basses œuvres connu surtout pour exceller dans les mariages d’intérêt ratés qui ne durent que le temps de l’opportunité attendue. Faites le répertoire de ses nombreuses unions, et vous mesurerez combien cet homme est calculateur dans ses cibles. On se rappelle que l’une des ses épouses, grande diva de la chanson mauritanienne, l’avait traité de voleurs de bijoux dans une manifestation organisée dans le centre de conférences International de Nouakchott.

- Daoud Ould Ahmed Aicha : le Président du Parti "Nidaa El Watan" a pour seul projet politique de transformer notre pays en poudrière. Daoud dont le parti est un pur produit des officines de renseignements promet de bouffer du "Hartani" à tout bout de champ. Son discours chauvin, sectaire et féodal risque d’embraser le pays et retourner les communautés nationales les unes contre les autres. Le soutien affiché de l’État à ce parti à travers l’organisation en grande pompe de sa cérémonie de lancement au Palais des congrès et l’organisation de ses meetings à l’intérieur laissent plus d’un perplexe.

Monsieur le président de la République, revisitez le passé des ces hommes. Informez vous davantage sur ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent et ce qu’ils veulent. Les conseils qu’ils vous donnent et le chemin vers lequel ils veulent vous mener sont suicidaires. Pour vous et pour le pays. Réagissez, pendant qu’il est encore temps.

Source : L'Authentique (Mauritanie)

 

 

Nouvelles d’ailleurs : Absurdités

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C’est drôle (façon de parler), cette peur de l’autre qui justifie tous les décrets, toutes les exclusions. C’est drôle, cette nouvelle manie d’élire des bouffons, des étrangetés, à la tête de pays. Quand on confond champ politique et cirque, c’est que rien ne va plus.  Ou, alors, que le pire est toujours pire. Qu’au pire, il y a toujours un « plus » pire. Quand l’Amérique tousse, c’est la planète qui attrape la crève. Et quand un Trump nous la joue grand Barnum, nous ne sommes pas loin des jeux du cirque et du temps où le pouce baissé d’un empereur en mal d’amusement décidait de la vie ou de la mort de pauvres types qui n’en demandaient pas tant.

Nous voilà donc affublés d’un gag devenu président. Il n’est pas le premier. Nous, Africains, en avons connu, des gags investis présidents. Ce fut, même, notre marque de fabrique, pendant des décennies.  Idem dans le monde arabe… Ubu Roi ou l’art de la dangerosité mortifère à usage des citoyens. Mais, voilà, nos bouffons à nous sévissaient dans des pays qui n’étaient pas, loin s’en faut, des puissances mondiales. Ils exerçaient leur tyrannie à l’échelle d’un pays, massacraient, décrétaient, emprisonnaient, refoulaient, bannissaient, assassinaient, pillaient, entre soi et pauvres de nous, petite sauterie sur fond de grandes compagnies internationales qui savaient fermer les yeux, tant que le business marchait…

Ils n’étaient dangereux que pour leur peuple. Oh, parfois, dans une crise d’eczéma, ils s’en prenaient au pays voisin. Juste histoire de secouer un peu la parenté à plaisanterie. De temps à autre, une ancienne puissance coloniale déployait ses soldats, chicotait, de ci, de là, s’assurait que le business fonctionnait toujours et tout rentrait pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Les Ubu Roi mouraient sur leurs trônes. Ubu Junior prenait la place, le soleil pouvait continuer à se lever sur nos brousses.

Mais voilà qu’au pays du massacre des autochtones et de l’immigration, vient d’être inventé le concept du bannissement selon la religion et le lieu géographique de naissance. Dans une nation construite dans le ventre des bateaux d’immigrants, dans une puissance qui a élu, il y a quelques années, un métis, dans une nation où le communautarisme est une religion, où la Saint Patrick voit défiler des hordes d’Irlandais, où l’Italie s’est trouvée une extension, où les hispaniques sont la force vive de certains Etats, où un syrien, Steve Jobs, a bâti un empire, etc., etc., c’est un peu nier la colonne vertébrale du développement américain.

Musulmans de certains pays, vous êtes donc priés de rester chez vous. « Belle » généralisation du « Musulmans ? Tous terroristes ! » Oubliant, par-ci, que les Etats-Unis furent (sont ?) le plus grand Etat terroriste au monde, défaisant et faisant les pays, les hommes ; massacrant, espionnant, écrasant tout sur leur passage. Que la force américaine, son leadership, s’est faite, non pas dans la propagation de modèles démocratiques, mais dans le sang et la négation de la dignité humaine. Oubliant, par-là, qu’il est toujours « risible » de voir des terroristes accuser d’autres de terrorisme, sur la seule base empirique qu’une génétique prédisposerait certains peuples à plus de violences que d’autres.

Mais il faut reconnaître, dans cette folie instituée par Trump, ce non-sens et non-humain et, surtout, non-politique, qu’il faut aussi compter sur ce que l’Amérique a de beau : ces centaines de milliers de femmes et  d’hommes qui protestent contre le fameux  décret interdisant l’accès au territoire américain de citoyens de pays arabes ciblés ; des avocats, des procureurs, des juges qui rappellent que, dans ce pays, la justice n’est pas inféodée au pouvoir et qu’il existe des  valeurs que même un clown ne peut fouler aux pieds. C’est cette Amérique là que nous aimons, qui attire tant, qui nous réconcilie avec elle… Qui nous dit que l’Humanité est. Que la résistance est un droit et un devoir.

Mais, pendant que nous nous indignons contre Trump, pendant que l’anti-américanisme primaire refait surface, pendant que nous déclinons, sur tous les tons, notre indignation justifiée et nécessaire, un autre pays, beaucoup plus petit mais qui a justifié le déclenchement d’une des guerres les plus meurtrières au Proche- Orient, l’implosion de la région, l’anarchie actuelle, Daesch, les massacres, les attentats quotidiens, les centaines de milliers de morts, l’horreur banalisée, un petit pays, donc, a, lui aussi, décrété, pour une durée de  trois mois, renouvelable, l’interdiction d’entrée sur son territoire des ressortissants de cinq pays : Irak, Iran, Afghanistan, Pakistan, Syrie, pour motifs sécuritaires.

Ce petit pays c’est le Koweït. Même indignité, même méthodes, même ostracisme, mêmes stigmatisations, mêmes peurs mais… pas même indignation. Silence assourdissant de nos media, sur ce qui se passe dans un pays arabe. Comme si un décret revêtait moins d’importance qu’un autre. Comme si c’était plus grave pour les Etats Unis que pour le Koweït. Comme si, tout compte fait, nous étions tant dans la victimisation permanente que dénoncer l’attitude, AUSSI, du Koweït reviendrait à nous auto-juger. Exercice délicat et impossible, tout englués que nous sommes dans la posture de la victime.

Et pendant que nous décidons, sélectionnons nos indignations, pour x et y motifs qui nous déculpabilisent – et où l’anti-américanisme est plus porteur : il permet d’évacuer nos frustrations et nos colères, de façon confortable, intellectuellement parlant – l’humain est bafoué dans sa dignité, dans son droit à voyager, dans son droit à choisir son lieu de vie, dans son droit à la différence, à l’acceptation, à la tolérance, à être Autre, sans être cet Autre que l’on caricature.

Alors, moi, je ne fais pas de différence entre le décret Trump et le décret koweïtien.  Ils sont, tous deux, synonymes d’une époque de tensions et d’ignorance. Ils sont, tous deux, terreau fertile pour tous les apprentis kamikazes du monde, pour tous les groupes terroristes qui surfent sur le désespoir du monde arabe.

Ils sont, tous deux, ignominies. Et ils doivent être, tous deux, dénoncés. Sinon, nous n’avons plus rien d’humain. Salut.

Mariem mint Derwich

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Nouvelles d’ailleurs : Touche pas à mon drapeau....

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Nouvelles d’ailleurs : Touche pas à mon drapeau....Je suis d'un naturel peu porté aux drapeaux et aux hymnes nationaux, considérant que cette identification extrême n'a pas de sens si l'homme se souvient qu'avant d'être de tel ou tel pays il est d'abord à l'humanité, sans frontières, sans barrières, sans patriotismes et nationalismes. Au nom de ces derniers, des millions d'hommes sont morts...

Mais je me sens, paradoxalement, touchée par la volonté affichée de changer notre drapeau en y ajoutant deux bandes rouge sang, afin de, comme l'ont si bien clamé les chantres du changement, de glorifier nos « martyrs »... Je ne suis pas à une contradiction prés et je l'assume.

Ne me demandez pas de quels martyrs il s'agit, ni à quelle histoire « rectifiée » nous allons devoir dire oui ou non.... C'est le grand flou « historique » qui permet de nous inventer une Histoire de quasi guerre anti-coloniale...

Mais notre drapeau j'y tiens. Il est notre. Il nous a été légué et nous rappelle que nous avons reçu un pays en héritage, là où il n'y avait aucun pouvoir centralisé. Ce drapeau est nous.

Oh, notre pays est un pays « petit pois », entendez par là qu'il ne fait pas partie des grandes puissances. Il ne décide pas de la vie ou de la mort de centaines de milliers de gens de par le monde. Il ne fait pas la guerre pour le pétrole, ne renverse pas des présidents, ne déchire pas des pays.

Mais il est.

Nous sommes nés avec lui. Il est né avec nous. Il est nous.

Il est cette joie immense quand notre pays bat le Sénégal au football, cette marée verte et jaune qui colorie notre pays jusqu'au plus reculé de ses multiples coins ( j'en ai encore des frissons quand je repense à ce moment où j'ai participé à cette joie collective qui abolissait les barrières communautaires, dans les rues d'un Nouakchott qui se redécouvrait un seul et même peuple, une seule et même fierté).

Il est ce frisson aux Jeux Olympiques, brandi par nos athlètes qui, même s'ils ne gagnent jamais de médailles, rappellent au monde qu'il est un pays qui s'appelle Mauritanie. Un petit pays mais un pays quand même, avec ses femmes et ses hommes. Et ce magnifique vert et jaune qui flotte soudain face à des millions de téléspectateurs.

Il flotte au fronton des institutions internationales.

Il est ce lever des couleurs dans chaque caserne.

Il est ce frisson, cet orgueil des sans rien à la fierté bien assise, cette fierté que personne ne peut nous enlever.

Il est ces soldats morts dans une guerre absurde et ces soldats victimes du terrorisme.

Il appartient à chacun d'entre nous. A chaque citoyen de ce pays. Il n'appartient pas aux politiques en mal d'inspiration. Ceux-là, le drapeau ne leur sert que quand la pauvreté de leurs propositions politiques tient lieu de Dialogue.

Ce drapeau n'a aucune raison d'être ainsi dénaturé, enjeu d'une bataille misérable.

Il n'est pas qu'un tissu qui flotte, délavé, souvent effiloché, dans nos rues. Il est notre histoire. Le dernier rappel de ceux qui nous ont porté au monde, sur la scène internationale quand beaucoup ne voulaient pas de nous en tant que Nation.

Chaque Mauritanien l'emporte dans son cœur en quittant le pays.

Ce drapeau n'a jamais tué personne mais sert de prétexte pour toutes les exclusions et toutes les fanfaronnades nationalistes.

Il n'a pas de couleur ethnique et est le véritable symbole de notre pays qui se cherche encore, et encore, perclus d'idéologies nationalistes importées de pays lointains.

Cette étoffe n'a aucun sens si on lui rajoute du sang. Le sang appelle le sang pas la paix. Le sang appelle le malheur pas le souvenir.

On ne se souvient pas avec le sang. La mémoire a d'autres canaux que de vouloir pervertir un morceau de tissu qui porte en lui tant d'affectif et tant de souvenirs.

Faut-il que la misère intellectuelle soit bien grande pour s'attaquer à ce qui est nous.

Je n'aime pas les nationalistes étroits, les va-t-en guerre, les découpeurs, les lamineurs qui sont tentés de ré écrire l'Histoire à leur convenance comme si cette dernière leur appartenait.

Comme si le drapeau, notre drapeau, leur appartenait.

Ils n'ont pas le droit de nous ôter la dernière dignité qu'il nous reste, à nous qui sommes pauvres, à nous qui trimons, à nous qui nous accrochons à ce pays de vents et de sable, ce pays de misères, de douleurs, à nous qui tenons ce pays à bout de bras, chaque jour, dans chaque souffle, dans chaque survie, dans chaque petite victoire contre le chômage, contre la faim, contre le manque de tout, contre la précarité quotidienne, contre la fatalité.

Nous avons été dépossédés de tout. Laissez nous ce drapeau qui nous rappelle notre existence et ce moment qui nous fit en tant que pays contemporain, le 28 Novembre 1960.

Laissez nous ce drapeau vert et jaune, rêvé à la Closerie des Lilas quand l'existence de notre pays fut décidée dans ce café parisien.

Laissez nous l'offrir à nos enfants et aux enfants de nos enfants.

Je ne suis pas nationaliste mais ce drapeau, comme pour nous tous, est notre regard, notre sentiment d'appartenance à quelque chose.

Vert et jaune, pas vert, jaune et affublé de deux bandes rouges.

Si vous, ceux qui avez réclamé ces deux affreuses bandes rouges, vous sentez l'âme créatrice, allez donc acheter un pot de peinture rouge et barbouiller les murs de vos maisons. Mais fichez nous la paix avec votre tralala pseudo historique.

On ne crée pas un sentiment d’appartenance en dénaturant un drapeau. On le crée par des actes politiques autrement plus forts et courageux que cette honte qu'est cette proposition de toucher au drapeau, le seul que nous ayons et qui nous convient très bien.

La politique demande du courage. Changer le drapeau n'est qu'un acte vide de sens politique.

Nous crevons de la corruption, de l'hypocrisie, de la norme, de l'apathie, du mensonge, de la courtisanerie, de la misère, de la bêtise, du non sens, de l'absurde, de la violence, de tant de colères, de désespoirs.

Pas de notre drapeau.

Salut

Mariem Mint DERWICH
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Contribution au débat : S’Arracher d’une Spirale Mortifère/Par Mohamed Salem Merzoug, Universitaire

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Contribution au débat : S’Arracher d’une Spirale Mortifère/Par Mohamed Salem Merzoug, UniversitaireAu cours de son meeting tenu, à Néma, le 03 mai 2016, le Président de la République a parlé de la question du nombre d’enfants par famille et les effets nocifs du croît démographique non maîtrisé. C’est un fait. Un tel phénomène fait, on le sait, des ravages depuis, des lustres.

Il concerne tous les segments de la société mauritanienne à des degrés divers et selon des mécanismes à la fois globaux (polygamie) et endogènes (instabilité familiale).

A travers les âges, toutes les sociétés humaines en ont souffert. Chacune faisait de la forte fécondité un moyen de compensation d’un régime démographique cruel marqué par une mortalité massive et des pandémies graves.

L’inflexion associée à la Révolution Néolithique (agriculture, élevage, domestication des graminées, sédentarisation et, in fine, socialisation des hommes) n’aura pas eu les effets durables escomptés malgré, la multiplication par dix de la population mondiale d’alors, passée de quinze à cent cinquante millions d’âmes. Cette période n’aura pas changé la compensation classique qui permettait de gérer le croît démographique.

Il a fallu attendre le XVIIème et surtout le XVIII siècle pour que l’humanité connaisse le véritable tournant (transition démographique notamment en Europe) grâce à la convergence de nombreux facteurs : changement des mentalités avec l’amélioration des niveaux éducatifs et culturels, médecine, hygiène de vie, baisse de la mortalité, tendance haussière de l’espérance de vie. C’est, à tout cet ensemble, que l’Occident doit développement économique et progrès social puis, la révolution industrielle.

Donc, proposer cette question, au débat, est une démarche saine et nécessaire même si, elle bouscule, à raison, atavismes et mirages en tous genres.

Refuser les conservatismes

En l’évoquant, on s’adresse à tous, hommes et femmes, sans exception aucune, par delà les clivages et les appartenances. Et, pourtant, on a voulu, consciemment ou inconsciemment, faire croire qu’il ne pouvait s’agir que d’une frange, somme toute, important du peuple mauritanien. On a allumé une flamme, enclenché une bourrasque. Et, la surenchère a fait le reste. La question posée est au cœur du débat. Elle participe comme repère processuel de notre développement, de notre nécessaire ascension vers la modernité. Nous devrions en discuter sereinement et de manière froide. Car, ce sont les plus pauvres et les plus fragiles qui en subissent les ravages.

Je conçois, en effet, que si, pour la première fois, un tabou est brisé, un verrou est visé que les conservatismes, en tous genres, se hérissent. D’autant plus que les risques réels de mort précoce ont bâti un mythe rigide autour de la fécondité qui fonde encore, chez nous, les règles matrimoniales.

Or, il est indispensable que notre pays, nos populations soient édifiés sur certains verrous, certains obstacles structurels à notre développement. De quoi s’agit-il en pensant à ce vacarme ? De la question de la fécondité non maîtrisée avec son auréole de tragédies que chacun vit : mortalité, triptyque tragique de la faim, de la pauvreté et de la maladie. En l’abordant, on met, à l’ordre du jour, l’un des fondamentaux du moteur de l’histoire et une lame de fond de l’ascension de notre pays vers la modernité.

Si, la Mauritanie comme les autres états africains souffre de certains maux c’est bien à cause du blocage et/ou du retard accusé dans la transformation des mentalités et, dans la foulée, de l’inhibition de la transition démographique et du développement culturel.

Une telle inhibition participe de l’explication de la prolifération de la misère, des promiscuités, de la pauvreté de masse, de l’ignorance et du garrotage des forces productives. Jamais, un pays ne s’est développé sans résoudre cette question centrale. Avec les niveaux éducatifs et culturels, elle détermine la vraie trajectoire de l’évolution de toute société. Elle exprime et contingente les mutations et les transformations qualitatives structurantes comme socle de l’évolution des consciences et des mentalités et, in fine, de la modernité. Emmanuel TODD écrit « L’alphabétisation et la maîtrise de la fécondité apparaissent bien aujourd’hui comme des universels humains ».

Un leitmotiv : améliorer les conditions de vie

Donner tout son poids à ces variables qualitatives revient à reconnaitre ce que soutenait, avec prégnance, René DUMONT, à savoir que le développement est moins une question de ressources financières qu’un problème de rapport entre les personnes humaines et avec leur environnement. Il renvoie, à plusieurs choses à la fois, la maîtrise de son environnement, le taux de fécondité, l’éducation, les relations entre les sexes. En réfléchissant sur cette problématique, on ne saurait passer sous silence la loi du Révérend Thomas Malthus et aux enseignements de l’anthropologie sociale et culturelle moderne.

Que disait Thomas MALTHUS ? Il disait, très simplement, que les progrès techniques ne sauraient garantir, à eux seuls, une amélioration des conditions de vie dans la mesure où l’absence de contrainte pousse à une croissance démographique exponentielle et donc, à plus de personnes, à nourrir. Ce croît démographique s’est fracassé, tout au long de la longue odyssée humaine, sur l’impossibilité de retrouver de nouvelles terres, de nouvelles ressources frappées de dégradation et de finitude. D’où, au final, la misère et la faim. C’est un enseignement instructif de l’histoire des sociétés humaines, de toutes les sociétés humaines.

C’est surtout l’une des lois fondatrices de l’économie moderne. Elle explique, à travers la loi des rendements décroissants, l’émergence de la rente foncière et la liaison entre aristocratie et richesse. Faut-il en conclure que notre pays et l’Afrique de même que l’espèce humaine soient vouées à la faim, à la misère et à la pauvreté ? Bien sûr que non. La révolution néolithique précitée et la révolution industrielle sont là pour prouver le contraire.

En fait, il n’y a pas que les lois économiques pour comprendre l’évolution de la vie des sociétés humaines considérées comme des ensembles structurés ayant des règles et des modes de fonctionnement supra-individuels. Ceux-ci dépassent la simple rationalité individuelle. L’anthropologie sociale et culturelle permet, aujourd’hui, la compréhension de ces phénomènes qui dépassent l’individu. C’est cette discipline qui autorise une autre lecture du monde de Malthus confronté à un croît démographique supérieur à l’offre agricole. Aussi, favorise-t-elle une bien meilleure compréhension des problématiques de développement auxquelles nous sommes confrontées de même que nos frères africains.

Quelques études anthropologiques, démographiques et historiques montrent que chaque civilisation aura géré, selon ses croyances religieuses, son système de valeurs, son mécanisme particulier de régulation et les données contextuelles, la rareté des ressources et la pénurie et donc, l’exigence de survie du groupe. Certaines sociétés choisissaient l’abstinence, d’autres l’infanticide, la polyandrie etc. C’est un mécanisme de régulation anthropologique en l’absence des moyens modernes de contraception et d’une meilleure hygiène de vie.

On retrouve cette problématique dans la plupart des Etats Africains et Asiatiques sous des formes diverses et variées mais, le fond demeure le même: assurer une meilleure qualité de vies aux populations. L’acceptation d’un tel postulat renvoie à ce processus qu’on appelle « la transition démographique » comme moteur du changement qualitatif des conditions de vie. Elle permet de se sortir de ce cercle infernal. En mettant l’accent sur l’éducation, l’obligation de la scolarisation des mauritaniens, le rôle de la femme, le changement des mentalités et le développement culturel, le Président de la République donnait, à juste titre, la priorité, au capital humain. C’est à la fois légitime, pertinent et utile pour notre pays comme pour les autres africains.

En effet, la transition démographique, comme moteur du changement et d’ascension vers la modernité, est en panne, en Afrique, dans 50% des cas ou à peine amorcée dans 38% des cas.

Les pays africains ont, majoritairement, des taux de fécondité compris entre 4 à 5, avec un indice moyen de 4,86.

Maîtriser notre démographie

En nous fondant sur les données disponibles, l’Afrique apparaît comme une entité démographique relativement homogène avec des taux de dispersion assez tenus. Cinq pays ont, durablement, amorcé leur transition démographique : la Tunisie (2,04), l’Afrique du Sud (2,8), le Maroc (2,5), l’Algérie (3,2) et le Botswana (3,8).

Par contre, l’indice de fécondité atteint les niveaux records dans les pays suivants : au Bénin (5,3), au Burkina Faso (6,3), au Burundi (5,8), au Libéria (5,8), au Malawi (6,1), au Mali(6,1), en Mauritanie (6,2) en Ouganda(6) et au Tchad(6,2).

Le premier mouvement d’explication pourrait être recherché du côté de la religion (polygamie). La situation dans le monde arabe et musulman invalide une telle explication. Dans le Royaume d’Arabie Saoudite, en Egypte et en Jordanie, le nombre d’hommes polygames est respectivement de 30% et 8%. Un tel phénomène est totalement éradiqué en Turquie et en Tunisie. L’Irak l’a aboli en 1958 avant de le rétablir en 1994.

Par ailleurs, en termes de fécondité, le retard de notre pays par rapport à d’autres états musulmans est considérable : l’Iran (2,1), la Turquie (2,5), la Malaisie (1,98) et l’Indonésie (2,37) (le plus grand pays musulman au monde en termes de poids démographique). Les écarts sont encore plus creusés avec le Royaume Uni (1,7), la Chine (1,8), la France (2) et les Etats-Unis d’Amérique (2,6).

Donc, évoquer cette problématique est une responsabilité collective et un devoir d’avenir. Une telle situation est à mettre en relation avec l’ignorance, la pauvreté de masse, la forte magnitude de la mobilité maritale, la fragilité de la cellule familiale.

Or, développer notre pays dépend, entre autres facteurs, de la sortie d’une telle spirale mortifère. A cet égard, rien n’est plus nécessaire ni mieux adapté que le fil d’Ariane de la transition démographique et du développement culturel pour affronter les défis du progrès et de la modernité. Les variables en jeu constituent le vrai moteur de l’histoire et le réacteur des indispensables mutations qualitatives.

Maîtriser la fécondité, savoir lire et écrire, gérer au mieux son environnement fondent et structurent l’ascension vers la modernité. C’est, par biais, que les autres sociétés ont créé les conditions indispensables à la double exigence de la transformation mentale et de l’évolution des consciences. La profondeur et l’ampleur de l’impact de ces variables qualitatives engendre les conditions nécessaires à l’émergence d’une démocratisation véritable et d’une transformation sociale durable.

Un avenir pour notre jeunesse

La corrélation forte entre ces variables qualitatives évoquées et le progrès sont confirmées en convoquant l’histoire : la domination de l’Europe au XVIIème et XVIIIème siècle et le rôle actuel de l’Asie et de l’Amérique Latine de même que les Etats émergents. Le rôle dominant de ces continents confirment les relations quasi mécaniques entre baisse de la fécondité, éducation, alphabétisation de masse, évolution des consciences et des mentalités.

Celles-ci ont conduit Francis Fukuyama à soutenir la thèse d’une universalisation de la démocratie par l’extension massive de ce socle. C’est, dans la perspective de transformer et de développer le pays, qu’il faut remettre, à l’ordre du jour, l’exigence de l’accomplissement de la transition démographique et l’ampleur des innombrables dégâts inhérents à la forte fécondité. Ce n’est pas un hasard si tant d’hommes, de femmes, de pays se battent pour s’arracher d’une telle spirale mortifère.

L’inaction et l’immobilisme face à de telles tragédies constituent des fautes. Il appartenait aux Pouvoirs Publics et à nous tous d’indiquer un nouveau chemin qui brise le silence coupable face à une réalité inique devenue presque immuable. Il s’agit de nouer les fils du progrès, de stimuler l’imagination pour rendre possible et accélérer la nécessaire transition démographique en inventant de nouvelles règles. Ne laissons point la surenchère et la démagogie prendre le dessus sur la raison. L’avenir de nos jeunes, de nos enfants et de la libération des femmes est en jeu. Il s’agit de rendre le sursaut possible en leur dessinant des perspectives de nature à redonner confiance en l’avenir.

Mohamed Salem MERZOUG
Universitaire

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Condoléances

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La rédaction de Gps présente ses condoléances les plus attristées au Président de la République, Mohamed Abdel Aziz et à toute sa famille suite au décès d’El Marhoum  Ahmedou Abdel Aziz. Dans le même registre, nous adressons nos condoléances à la famille de notre confrère El Marhoum Cheikh Oumar N’Diaye.

Qu’ALLAH Le Tout Puisant les accueille en son saint Paradis et donne aux membres de leurs familles respectives la force et la foi de surmonter cette rude épreuve. Amine.

 

Nous sommes à ALLAH et à Lui nous revenons.

A Monsieur Ahmed Baba Miské, Par Feu Seydou Kane

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A Monsieur Ahmed Baba Miské, Par Feu Seydou KaneLorsque j’ai vu votre nom et votre « contribution » sur le site de forum de la Diaspora, j’en ai très rapidement lu le contenu. Avant de vous lire, j’avoue avoir un instant pensé que l’homme que vous êtes: une mémoire institutionnelle pour cette Mauritanie qui soufre et cherche sa voie, allait apporter quelque chose de nouveau comme vous l’aviez fait en écrivant votre livre sur l’indépendance du Sahara occidental à travers votre livre – célèbre à l’époque – « Fpolisario, l’âme d’un peuple ».

Je me représentais l’homme que j’ai connu et, mieux connu, grâce à l’amitié qui l’ avait toujours lié à mon modèle, mon regretté cousin utérin, Elimane kane (Elimane mame N’diack ou Elimane mamadou kane que ma maman a pratiquement élevé et qu’elle aimait appeler: « Mamadou Ndiko »), ancien directeur général adjoint du BIT.

Cet homme fut votre ami. Je le retrouvais à Genève à la cité du Lignon, en 1971( je venais de Moscou), lorsque vous étiez en désaccord avec votre épouse Annick Miské et Simon Malley sur l’épineuse question du « Maquis M22 de Ange Diawara, rejoint dans ses positions par Franklin Boukaka, au Congo Brazzaville, après la trahison de Marien Ngouabi.

J’ avais toujours pris fait et cause pour vous. Car, pour moi, vous incarniez l’idéal devant les caciques du système de Ould Daddah. J’avais dix ans quand, en vacances à Port Etienne, puis à Atar, j’avais rencontré votre oncle Ahmed Bazeid. C’est là que votre nom était spolmaldié dans l’ambiance où chaque famille s’honorait d’avoir quelqu’un qui savait se hisser au niveau des Blancs.

En septembre 1958, quand De Gaulle vint à Dakar, j’étais ce jeune qui vous avait accompagné à la librairie Brigaud, près de la printania de St.-Louis. Didi Ould Souedi était venu vous rencontrer. Il était chargé du journal parlé de la nouvelle radio Mauritanie qui venait d’être mise en place.

A Atar, lorsque j’avais été présenté par le vieux Mamoudou Fadoumé qui travaillait à la Météo d’Atar à votre oncle Ahmed Bazeid, ce dernier semblait fier de rappeler ( et j’ai une excellente mémoire) de se trouver devant le petit-fils de Elimane Boubacar Kane dont Cheikh Mohamed El Mami (des Hel Barikalla, comme vous), avait fait, dans son livre El Kitâb Al_badiyaat, celui qui avait parfait « La Charia d’Allah dans le Dimat du XIXème siècle ».

Ayant gardé ces rapports entre nos familles, je ne lirais ces pages de El Mami que plus tard, comme chercheur à l’Institut Mauritanien de recherche Scientifique où, après que je me fus occupé du programme de la Sauvegarde des Villes anciennes de Mauritanie, la Présidence du CMSN avait préféré vous en confier la direction.

Je rappelle tout cela pour dire que très tôt je vous ai côtoyé, souvent dans l’ombre. Parce que l’éducation que j’ai reçu m’oblige à me faire tout petit devant mes aînés. Mais quand nos aînés oublient d’être "l’ Âme d’un peuple", il faudra bien que nous prenions nos responsabilité s. C’est bien ce que j’ai dit à Mokhtar Ould Daddah quand j’ai fait le voyage des Pays Bas à l’Hôtel Mercure de Roissy, le 16 juillet 2001, pour lui dire au revoir.

Vous et moi, avions également, en 1976, décidé de travailler pour faire avancer la cause sahraouie. Je vous avais fait venir à l’Université Libre de Bruxelles où je dirigeais l’Union Générale des Etudiants Africains, après vous avoir contacté au département d’arabe de l’université Paris VIII (Vincennes) où vous enseigniez. Vous vous rappellerez, certainement, que vous étiez chez moi, à la maison avec Med Hondo qui devait sortir son film : « Nous avons toute la mort pour dormir » et avec Oumar Hadrami qui rejoindra le Maroc.

Je vous avais dit que je rejoindrais le Fpolisario après la soutenance de mon mémoire en sciences po sur la décolonisation du Sahara. Ceci fait, je vous ai rejoint à Alger.

Vous incarniez toujours la résistance mauritanienne à mes yeux pour une Mauritanie démocratique. Mais, après mon arrivée à Alger, notre rencontre, le 13 Août 1977 et nos discussions sur la question noire en Mauritanie, à l’Hôtel Genève, à la rue Druot, en plein Ramadan, après les discussions de l’Hôtel Saint Georges et Riad (Sidi Ferrouz) sur la part des démocrates mauritaniens sur la démocratisation de l’Ensemble du Nord ouest africain, après la trahison des Kadihines et du MND, je m’étais rendu compte que pour vous il fallait faire à tout jamais l’impasse sur la question nationale, l’égalité nationale et sociale entre nos composantes et l’avenir radieux d’un peuple pluriel.

Vous m’aviez demandé plutôt de retourner en Mauritanie pour connaître l’Etat d’esprit des officiers noirs dans la question du Sahara. Depuis lors j’avais compris qu’un Noir ne pouvait qu’être indésirable dans la lutte des « Sahrouis ». On m’avait gentillement demandé d’exprimer ailleurs mes convictions internationalistes.

Têtu, je revins en Mauritanie et suis allé chercher votre maman et votre fille pour m’en occuper par esprit de solidarité avec Elimane Kane (que la terre lui soit légère) qui vous idéalisait jusqu’à un certain temps où il s’était rendu à l’évidence qu’il est difficile de compter sur vous.

Après votre brève apparition à Nouakchott, entre 1982 et 1983, dans l’émission télévisée qui était organisée pour vous et fait perdre son emploi et son emprisonnement au jeune journaliste qui avait pris ce risque pour vous, je n’avais plus entendu parler de vous que lorsque j’ai lu, mes camarades d’infortune et moi, votre duel avec Doudou Diène, à l’UNESCO et avec Jean-Pierre N’diaye, ensuite, pour défendre le régime de Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya.

Vous le défendiez contre les Négro mauritaniens qui ne demandent toujours rien d’autres que leurs droits citoyens, mais jamais ni sécession, ni destruction de l’identité de leurs concitoyens.

Si j’ai tenu à rappeler ce qui précède, c’est que depuis ma tendre enfance sur les deux rives du fleuve Sénégal et dans le Sahel de Mauritanie, j’ai eu la chance d’être élevé auprès de gens que vous fréquentiez beaucoup sans jamais prêter attention à nos petites têtes rondes d’écoliers et de lycéens.

Si j’interviens après vous avoir lu, c’est surtout pour exprimer une surprise et une déception. certainement comme d’autres Mauritaniens qui attendaient de vous autre chose que de vouloir faire la part des choses en faveur du démocratisme de façade. Mais surtout de trouver quelque chose de positif (même si dialectiquement rien ne peut être univoque) dans le principat de Ould Taya.

Tout le peuple mauritanien a applaudi à son éviction. Le processus démocratique devait être mis au compte d’une conjoncture historique avec la chute du Mur de Berlin et la domination sans partage de l’occident et sa pression sur ses zones d’influence. Vous l’avait mis au compte de Taya. Vous avez essayé de parler de dosage tribal en attirant l’attention sur les ressortissants oubliés de certaines tribus.

Voyez, Monsieur Miské, je suis loin d’être naïf ou dupe comme certains qui s’y trompent souvent: vous voulez simplement attiré l’attention sur les Hel Barikalla, très fâchés que ce furent leurs haratines (Les Moïchines, d’origine portugaises) qui les ont le plus représentés dans le passé.

Vous invitez les nouvelles autorités à équilibrer plus entre les tribus, car le sort de vos concitoyens noirs ne vous intéresse pas. Vous m’aviez presque rabroué à Alger là-dessus. Maintenant , vous le faites à grand jour.

Quand vous dites que Ould « Taya a assuré « la préservation de la paix civile », vous insultez l’histoire de notre pays. Aucun verbiage ou colmatage ne peut occulter la tentative de génocide commis contre la composante mauritanienne de souche ouest africaine et noire.

Si vous raisonnez en partisan d’un modèle d’Etat maure achevé avec l’exclusion des Noirs de Mauritanie, il faut dire que vous avez réussi. Car vous ne mettez pas de gangs; logique avec vous-mêmes.

Les Déportés? l’Esclavage? les citoyens noirs chassés arbitrairement de leurs fonctions, malgré leur compétence et leur patriotisme (cf. Guerre du Sahara)?, les veuves qui pleurent leurs morts; les jeunes nés pendant ou après la déportation et dont l’avenir pèsera lourd dans la stabilité régionale?

J’avoue que vous êtes, avec une telle attitude dont vous n’avez pas réussi à vous départir, le premier à rompre le contrat de confiance qui avait fait de vous l’un des rares témoins de l’histoire de la Mauritanie en marche. Vous venez de cautionner encore l’arbitraire. Hier pour taire un génocide trop voyant. Aujourd’hui, pour enfouir à jamais les droits de ceux qui ont d’abord subi l’injure fondamentale dans leur être que Dieu a voulu tel et que vous couvrez d’opprobre sous le glacis des charniers encore sanglants.

Hélas, vous êtes nombreux pour fossoyer la Mauritanie à l’autel de vos intérêts strictement sectaires et égoïstes. C’est dommage de devenir « un géant aux pieds d’argile ».

A titre personnel:
Prof. Saïdou Kane
Fondateur de Forum de la Diaspora;
Président de l’Alliance Patriotique;
Président de Conscience et Résistance

Source : Hady Kodoye Anne

 

 

Le combat contre la gabegie tient-il encore? /El Wely Sidi Haiba

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Le combat contre la gabegie tient-il encore? /El Wely Sidi Haiba "La république - pour un, aujourd’hui, qui sacrifierait tout au bien public, il en est des milliers et des millions qui ne connaissent que leurs jouissances, leur vanité. On est considéré à Paris, à cause de sa voiture et non à cause de sa vertu." Napoléon

Est-il nécessaire de rappeler qu’il ne sert qu’aux ennemis de la nation et ses détracteurs de rester campés sur une position et ou dans une opposition négative? La lutte contre la gabegie et ses auteurs ne doit susciter qu’approbation et, au-delà même, soutien inconditionnel et accompagnement formel de tous. Elle n’est point que du seul ressort du régime en place. Elle est en tout temps et en toute circonstance le devoir de tous, c'est-à-dire un objet hautement consensuel.

Quelle logique peut légitimer que l’on relègue pour le compte de l’oubli la dilapidation et le gaspillage des immenses richesses d’un peuple qui en devient pauvre et d’un Etat qui s’en trouve fragilisé? N’est-ce pas là, si cela se justifiait, une haute trahison passible de la peine extrême; Non pas celle de la mort qui serait clémente, mais celle de l’exclusion qui ne serait que logique justice.

La Mauritanie, genre unique en l’espèce, présente une contradiction absurde; Pauvre à la limite de l’indécence (seuil zéro), riche à la limite de l’invraisemblable (minerais, pétrole et gaz off et on short, énorme potentiel halieutique, agriculture et élevage), a défrayé, depuis son accession à l’indépendance il y a cinquante cinq ans, la chronique, tant à l’échelle de son environnement immédiat qu’au niveau international.

En effet, pendant que les pays les plus pauvres s’évertuaient, par la volonté de leurs élites intellectuelle et politique fortement engagées et résolument déterminées, à relever le défi du sous développement et de la dépendance, la Mauritanie elle, s’enlisait dans la déchéance causée par les maux inéluctables de la gabegie, de la corruption, du clientélisme, du favoritisme, du népotisme, du bafouement des principes fondateurs de la République et de la notion même de l’Etat.

Les partis politiques qui ont vu le jour -quelles que soient par ailleurs les raisons ou les motivations de leur naissance - ont été tout au long de l’histoire de l’Etat moderne, les dépositaires exceptionnels de ces attitudes et comportements, leur donnant de fait force de dirigisme. Ces partis ont ainsi, toujours exprimé les volontés égoïstes de leurs fondateurs et en ont incontestablement pris les couleurs d’appartenance tribale, ethnique, sectaire, régionale, et leur coloration idéologique si tant elle existait.

Sous le sceau de la démocratie scandée par tous et dont chacun porte l’étendard, ces partis n’ont cependant jamais œuvré ensemble pour affermir les principes communs de l’action politique dans l’Etat égalitaire de droit, lesquels principes n’entament pourtant en rien leurs différences dans la philosophie, le discours et l’approche dans l’action.

Aujourd’hui encore cet élan fait cruellement défaut, d’où l’obstination des incorrigibles attardés à contribuer au strict maintien du statuquo, c'est-à-dire la résistance aux effets de l’ouverture d’esprit sur les apports intellectuels d’un siècle hors pair qui offre toutes les chances de divorce d’avec l’obscurantisme médiéval et toutes ses considérations fallacieuses.

Quelles voies plus propices donc pour l’installation confortable et pérenne de la gabegie que ce confinement de tous les acteurs politiques et intellectuels dans la dualité fatale et contradictoire de la pratique et du fustige de la gabegie.

N’est-ce pas bien là que réside hélas l’incapacité à combattre -quelles que soient par ailleurs la volonté déclarée et les tentatives engagées- ce mal qui n’épargne aucun en quelque endroit qu’il se trouve dans la nébuleuse du système, directement ou par voie d’appartenance tribale, sectaire, de lobbying ou à d’autres pôles ou forces de rassemblement. Fatalement que son influence et sa capacité de nuisance lui viennent de cette appartenance obscène.

Comment dans de telles et graves conditions d’incohérences psychiques, intellectuelles, civiques et patriotiques de l’esprit prévalent, espérer réussir un quelconque combat contre la gabegie ambiante ; Une gabegie que rien ne semble pouvoir arrêter malgré plusieurs et réelles actions menées tout au départ du combat engagé et qui avaient fait naître l’espoir d’un assainissement de la chose publique et sa répercussion sur un développement harmonieux et équitable.

Source : EL Wely Sidi Haiba

 

A quoi bon de créer autant de Centres de Formation des Instituteurs (ENIs) ?

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A quoi bon de créer autant de Centres de Formation des Instituteurs (ENIs) ?C’est par souci de diminuer la médiocrité du personnel enseignant que le gouvernement a décidé de recruter par voie de concours pour l’accès aux Écoles Nationales des Instituteurs.

En effet, tout récemment, un concours de recrutement pour 240 places s’est déroulé aux ENIs de Kaédi et d’Akjoujt et le dossier pour être accepté, il était question de posséder au minimum un Bac.

Effectivement, ce critère a été respecté et d’ailleurs la majorité des candidats admis étaient entre autres, des titulaires de DEUG et de Maîtrise. Pour le moment, on peut dire que les choses se sont déroulées comme prévues. Ce qui est encore plus important, c’est la qualité de formation que ces élèves-maîtres bénéficieront !

En tout cas, la situation qui prévaut pour le recrutement des formateurs des formateurs, ne donne en aucune manière les présages d’une formation appropriée. D’ailleurs, il serait même préférable d’annuler cette formation et affecter ces enseignants directement dans les écoles.

Comment peut-on assurer une formation de qualité digne de nom aux recrus qui sont déjà soit bacheliers, titulaires de DEUG, de Maîtrise, par des soit- disant professeurs, alors qu’ils ne sont ni diplômés, ni expérimentés et encore moins qui ne sont d’aucune origine professionnelle.

Des contractuels, à la fois ’’intouchables et couverts’’, qui ne sont même pas capables de couvrir le volume horaire qu’ils doivent aux élèves et totalement insuffisants dans leur enseignement, sont les choyés de cette nouvelle ENI de Kaédi.

Nous les connaissons, ils sont dans nos Collèges, dans nos Lycées, comme contractuels ! Ils sont là uniquement pour enterrer notre système éducatif d’avantage ; ils sont recrutés par ce qu’ils sont amis, parents ou tout simplement recommandés par une haute autorité afin de bénéficier d’un salaire non mérité. Je dirai, une autre forme de gabegie !

Par ailleurs, les enseignants de qualité, d’expérience, et des professionnels du métier sont bel et bien là et sont connus de tous, qui peuvent assurer des cours pour une formation de qualité !

Des sortants de l’ENS, des ENIs avec expérience de plus de vingt ans sont prêts à tenir ces futurs maîtres pour une formation digne de nom. Mais on préfère recruter ceux qui n’ont pas la moindre capacité intellectuelle et professionnelle pour une formation aussi importante.

Certains ont réussi au concours pendant qu’ils enseignaient en qualité de contractuels dans des établissements secondaires. J’en connais parmi eux ceux qui enseignent très bien, car étant des maîtrisards et ayant acquis de l’expérience. Ils assurent de façon formidable leurs cours. Tandis que, d’autres contractuels servant dans les mêmes établissements, non seulement, ne disposent d’aucun diplôme encore moins d’aucune expérience, accumulateurs de contrats de toutes sortes (professeur, journaliste, formateur), sont cette catégorie de personnes qui sont recrutées pour assurer la formation à l’ENI de Kaédi, qui se mettront devant ceux qui n’envient rien aux professeurs titulaires dans l’accomplissement de leur tâche. Quelle Insulte !

Alors, j’interpelle ici, les chargés de formation au Ministère de l’Education Nationale et le Secrétaire Général de l’Enseignement Secondaire, de bien vouloir prendre leurs responsabilités dans une situation aussi rocambolesque !

Source : Mohamedou Bakary Tandia