Tue09262017

Last update04:41:52 PM GMT

Back Dossier Dossier Dossier en Mauritanie

Tribune Libre en Mauritanie

’Gabegie transfrontalière’’ : Un test pour la justice et son indépendance

  • PDF

‘’Gabegie transfrontalière’’ : Un test pour la justice et son indépendanceEn même temps que les mandats d’arrêt lancé contre Ould Bouamatou et son bras droit Ould Debagh, la justice a déclaré poursuivre aussi des entreprises appartenant à cet homme d’affaires qui, par les faits du régime, est en passe de devenir une icône de l’opposition en Mauritanie.

Les sénateurs, les journalistes et les syndicalistes arrêtés et poursuivis le sont parce qu’ils ont eu ou ont des relations avec Bouamatou ou qu’ils ont bénéficié de son capital, réputé immense, de générosité.

En fait, tout ce que le ministère public avait appelé «crimes de gabegie transfrontalière » tournait autour de ce richissime homme d’affaires qui –comble du paradoxe– fut l’un des artisans de la «Rectification » qui a porté le général Abdelaziz au pouvoir en Août 2008 !

On dit qu’il avait alors mobilisé son réseau de relations nationales et internationales dans le cadre d’un large plaidoyer visant à «faire passer » le putsch. Sans compter son généreux soutien en espèces sonnantes et trébuchantes au général qu’il avait accompagné, de bout en bout, durant la campagne présidentielle de Juillet 2009.

Aujourd’hui, c’est cet homme d’affaires là qui est voué aux gémonies, c’est à lui qu’est imputé l’impardonnable vote-rejet des amendements constitutionnels par le sénat et c’est aussi à lui qu’on prête le pouvoir exceptionnel –qu’il n’a jamais revendiqué– de s’immiscer dans les détails de politiques rédactionnelles de certains médias.

Pour ces griefs « rédhibitoires » et certainement pour d’autres, l’homme est à l’heure actuelle dans le collimateur du pouvoir et il semble que celui-ci ait la ferme volonté de le punir. Va-t-il pouvoir le faire dans le respect de l’indépendance de la justice ?

La justice va-t-elle demeurer à équidistance entre les deux parties ? Va-t-elle avoir son propre camp qui l’instrumentalisera pour des règlements de comptes avec ceux qui ne sont pas de son bord ? C’est de cela en réalité que dépendront les développements futurs de ce dossier qui occupe les devants de l’actualité dans le pays.

Même si rien n’et joué jusqu’ici, il y a déjà à s’inquiéter pour la suite car tous les signes déjà perceptibles n’incitent guère à l’optimisme. Les interpellations de personnalités, les interrogatoires et mises en examen opérées depuis le début des poursuites engagées dans le cadre du dossier connu sous le vocable «gabegie transfrontalière » vont crescendo.

L’escalade y atteindra son paroxysme avec la décision prise par le gouvernement, jeudi 14 septembre 2017, de créer un établissement public à caractère administratif dénommé l’Office de Gestion des Biens Gelés, Saisis et Confisqués et du Recouvrement des Avoirs Criminels, destiné, disent certains observateurs, à préparer le terrain à la saisie de quelques entreprises Bouamatou, qui font déjà l’objet de poursuites.

La création de cet établissement, qui rappelle de sombres pratiques ayant fleuri ici en période d’exception, permettra, selon le gouvernement, de prendre les dispositions utiles pour éviter la dépréciation des biens saisis «en attendant l’issue de la procédure qui en détermine la confiscation définitive ou la restitution à leurs propriétaires ».

On peut en déduire qu’au simple palier de l’accusation et même avant que la justice ne se prononce, des biens de particuliers peuvent déjà, figurez-vous, être confisqués !

Voilà qui ne peut rassurer, surtout dans un pays où des hommes d’affaires ont eu à être injustement dépouillés de leurs biens parce qu’ils ont eu, à un moment donné, maille à partir avec le pouvoir.

Rien à faire, c’est à ça, à cette période-là dont des dossiers demeurent pendants devant l’Administration, que renvoie la création du nouvel établissement public. Naturellement, le contexte n’est plus le même, les acteurs, le système politique et judiciaire, non plus.

Mais les risques de dérive existent toujours et c’est cela qui est redouté. On verra comment la justice s’en sortira de ce qui, tout compte fait, a valeur de test pour elle et pour les valeurs démocratiques. On verra !

Ely Abdellah
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Un père viole ses 7 filles au Hodh El Garbi

  • PDF

Un père viole ses 7 filles au Hodh El GarbiLes forces de l'ordre à la Willaya du Hodh El Garbi ont arrêté un homme soupçonné de violer ses 7 filles après une plainte déposée par sa femme auprès du procureur qui a ordonné l'arrestation du suspect et de faire une enquête qui a révélé l'authenticité des faits qui ont été également confirmés par le juge d'instruction.

La plainte est venue suite à un contact de cette mère de famille avec l'Association Mauritanienne pour la Santé de la Mère et de l'Enfant AMSME à Nouakchott et qui a assisté la plaignante dans les démarches à suivre et a transmis cette plainte au Procureur de la République du Hodh El Garbi.

La mère des victimes confirme dans sa plainte que son mari a violé ses 7 filles et pendant une longue période après avoir forcé toute la famille à habiter dans des quartiers lointains et isolés privant les filles de leur droit d'aller à l'école.

L'AMSME qui a fait accompagner la plaignante par un assistant social a exprimé sa satisfaction au processus judiciaire entamé contre ce père et la qualité des entretiens menée avec les victimes mineures et adultes ainsi que le respect du droit du père au moment de son arrestation et sa traduction devant le procureur et le juges d’instruction.

La présidente de l'AMSME, Zeinebou Taleb Moussa a demandé au procureur dans un communiqué de presse de protéger ces 7 filles victimes de toutes formes de représailles qui peuvent découler du père ou de ses éventuels protecteurs. Elle lance un appel à toutes les personnes de bonne volonté d’aider ces filles et leur maman à reprendre une vie normale parce que la seule source de satisfaction de leurs besoins vitaux était leur père et depuis son arrestation leurs conditions de vie sont devenues pénibles.

Mint Taleb Moussa demande à ceux qui cherchent à intervenir pour perturber le déroulement de la procédure judiciaire d’avoir honte de protéger une personne qui commet ce genre de crime odieux et les avertit qu’ils vont les dénoncer fortement et par tous les moyens possibles.

L'AMSME avait adressé, au procureur le 20 juin 2017, une lettre dans laquelle, elle renouvelle son soutien et accompagnement aux victimes jusqu'à l'apparition de la peine maximale sur l'auteur de ces faits.

Source : AMSME

 

 

El Mina : les habitants font leur propre loi

  • PDF

El Mina : les habitants font leur propre loi À l'approche de la fête de Korité et juste pendant la fête, la ville de Nouakchott connait une forte recrudescence de vols et de viols surtout dans les banlieues.

Derrière juste le marché qui jouxte la station de service Arrêt Bus à El mina, les habitants de la zone se font passer des policiers en prenant le voleur malchanceux pour lui infliger toutes sortes d'humiliations, voire exécuter en pleine rue.

La police et la garde nationale au lieu de sécuriser la population la laissent en proie à des criminels et des ivrognes qui sèment la terreur dans les quartiers. Une fois le criminel attrapé, le lendemain on le retrouve en tout sourire dans les rues sirotant délicieusement son eau de Cologne ou d'autres produits psychotropes.

Depuis hier vers 22h à l'heure où on écrit l'article, plus de 05 (cinq) voleurs ont commis des forfaits irréparables à des passants innocents en leur blessant par des armes blanches et en leur dépouillant aussi de leurs maigres miettes.

Moi personnellement, j'ai remis à la police ce matin à 01h un voleur tabassé à mort par des habitants du quartier.

Nous demandons à la police et la garde nationale de bien maintenir leur rafle et rentrer dans les coins et les recoins et surtout de nous installer des lampadaires dans les endroits sombres où se cachent les voleurs.

Source : Souleymane Kide

 

De grâce, Monsieur le Président, n’écoutez pas les pyromanes !

  • PDF

De grâce, Monsieur le Président, n’écoutez pas les pyromanesL'Authentique - Monsieur le Président,

Notre scène politique connait une effervescence sans précédent depuis le Vendredi 17 Mars 2017, jour du rejet du sénat du projet de loi de révision constitutionnelle proposé par le gouvernement. "Cataclysme", "Séisme politique", "Tournant historique", les titres fusent et l’expectative au sein de l’opinion publique est à son paroxysme.

Les sénateurs sont cloués au pilori, livrés à la vindicte populaire pour haute trahison et insultés pour la simple raison qu’ils ont exercé un droit naturel qui, de surcroît, ne fait que raffermir notre jeune démocratie dont la crédibilité est largement entachée par la succession des régimes monolithiques et totalitaires.

Nous pensions que les périodes des chambres d’enregistrement sont à jamais révolues et que cet acte hautement démocratique des sénateurs allait être comptabilisé dans la rubrique des "bonus politiques" pour donner une bonne image de notre démocratie, surtout, nous souffrions de la comparaison avec nos voisins de la sous-région. Vous qui aimez bien faire ce parallèle.

Mais Hélas, des baltagiyas épaulés par des apprentis juristes sont montés au créneau avant votre intervention télévisée en occupant le terrain médiatique et en jetant l’huile sur le feu.

Ils n’ont eu de cesse de diaboliser les sénateurs et de les traiter de tous les maux comme pour parachever cette campagne de dénigrement et de calomnies savamment orchestrée contre ces mêmes sénateurs depuis le discours de Néma. Permettez-moi de vous présenter un panel de ces baltagiyas, dont je ferais les portraits circoncis pour montrer combien il est dangereux de suivre leurs conseils suicidaires :

- Vadily Ould Raiss, ex directeur de la synthèse (actuelle Direction des affaires politiques et des libertés publiques du Ministère de l’intérieur) durant la période d’exception de Djibril Ould Abdellahi. L’homme est connu pour ses basses œuvres, à ses heures perdues, pour le compte de son patron. Il est aussi connu pour être le véritable artisan de la déportation de nos frères négro-africains en 1989. Comme vous ne l’ignorez sans doute pas, après le limogeage de Djibril Ould Abdellahi par Ould Taya, la carrière de Vadily a connu un tumultueux parcours en dents de scie. Aujourd’hui, il est revenu sur le devant de la scène, s’autoproclamant spécialiste du droit constitutionnel, statut auquel rien ne le prédestine.

- Abdellahi O/ Hormattallah : Maitre d’œuvre de la campagne de lynchage médiatique des sénateurs, les micros-trottoirs qu’il organise et dont les comparses sont certainement choisis à l’intérieur de la radio, dressent les mauritaniens les uns contre les autres et menacent dangereusement la paix civile dans notre pays. Abdellahi Ould Hormettalah est lui aussi un homme aux basses œuvres connu surtout pour exceller dans les mariages d’intérêt ratés qui ne durent que le temps de l’opportunité attendue. Faites le répertoire de ses nombreuses unions, et vous mesurerez combien cet homme est calculateur dans ses cibles. On se rappelle que l’une des ses épouses, grande diva de la chanson mauritanienne, l’avait traité de voleurs de bijoux dans une manifestation organisée dans le centre de conférences International de Nouakchott.

- Daoud Ould Ahmed Aicha : le Président du Parti "Nidaa El Watan" a pour seul projet politique de transformer notre pays en poudrière. Daoud dont le parti est un pur produit des officines de renseignements promet de bouffer du "Hartani" à tout bout de champ. Son discours chauvin, sectaire et féodal risque d’embraser le pays et retourner les communautés nationales les unes contre les autres. Le soutien affiché de l’État à ce parti à travers l’organisation en grande pompe de sa cérémonie de lancement au Palais des congrès et l’organisation de ses meetings à l’intérieur laissent plus d’un perplexe.

Monsieur le président de la République, revisitez le passé des ces hommes. Informez vous davantage sur ce qu’ils sont, ce qu’ils représentent et ce qu’ils veulent. Les conseils qu’ils vous donnent et le chemin vers lequel ils veulent vous mener sont suicidaires. Pour vous et pour le pays. Réagissez, pendant qu’il est encore temps.

Source : L'Authentique (Mauritanie)

 

 

Nouvelles d’ailleurs : Absurdités

  • PDF

C’est drôle (façon de parler), cette peur de l’autre qui justifie tous les décrets, toutes les exclusions. C’est drôle, cette nouvelle manie d’élire des bouffons, des étrangetés, à la tête de pays. Quand on confond champ politique et cirque, c’est que rien ne va plus.  Ou, alors, que le pire est toujours pire. Qu’au pire, il y a toujours un « plus » pire. Quand l’Amérique tousse, c’est la planète qui attrape la crève. Et quand un Trump nous la joue grand Barnum, nous ne sommes pas loin des jeux du cirque et du temps où le pouce baissé d’un empereur en mal d’amusement décidait de la vie ou de la mort de pauvres types qui n’en demandaient pas tant.

Nous voilà donc affublés d’un gag devenu président. Il n’est pas le premier. Nous, Africains, en avons connu, des gags investis présidents. Ce fut, même, notre marque de fabrique, pendant des décennies.  Idem dans le monde arabe… Ubu Roi ou l’art de la dangerosité mortifère à usage des citoyens. Mais, voilà, nos bouffons à nous sévissaient dans des pays qui n’étaient pas, loin s’en faut, des puissances mondiales. Ils exerçaient leur tyrannie à l’échelle d’un pays, massacraient, décrétaient, emprisonnaient, refoulaient, bannissaient, assassinaient, pillaient, entre soi et pauvres de nous, petite sauterie sur fond de grandes compagnies internationales qui savaient fermer les yeux, tant que le business marchait…

Ils n’étaient dangereux que pour leur peuple. Oh, parfois, dans une crise d’eczéma, ils s’en prenaient au pays voisin. Juste histoire de secouer un peu la parenté à plaisanterie. De temps à autre, une ancienne puissance coloniale déployait ses soldats, chicotait, de ci, de là, s’assurait que le business fonctionnait toujours et tout rentrait pour le mieux, dans le meilleur des mondes. Les Ubu Roi mouraient sur leurs trônes. Ubu Junior prenait la place, le soleil pouvait continuer à se lever sur nos brousses.

Mais voilà qu’au pays du massacre des autochtones et de l’immigration, vient d’être inventé le concept du bannissement selon la religion et le lieu géographique de naissance. Dans une nation construite dans le ventre des bateaux d’immigrants, dans une puissance qui a élu, il y a quelques années, un métis, dans une nation où le communautarisme est une religion, où la Saint Patrick voit défiler des hordes d’Irlandais, où l’Italie s’est trouvée une extension, où les hispaniques sont la force vive de certains Etats, où un syrien, Steve Jobs, a bâti un empire, etc., etc., c’est un peu nier la colonne vertébrale du développement américain.

Musulmans de certains pays, vous êtes donc priés de rester chez vous. « Belle » généralisation du « Musulmans ? Tous terroristes ! » Oubliant, par-ci, que les Etats-Unis furent (sont ?) le plus grand Etat terroriste au monde, défaisant et faisant les pays, les hommes ; massacrant, espionnant, écrasant tout sur leur passage. Que la force américaine, son leadership, s’est faite, non pas dans la propagation de modèles démocratiques, mais dans le sang et la négation de la dignité humaine. Oubliant, par-là, qu’il est toujours « risible » de voir des terroristes accuser d’autres de terrorisme, sur la seule base empirique qu’une génétique prédisposerait certains peuples à plus de violences que d’autres.

Mais il faut reconnaître, dans cette folie instituée par Trump, ce non-sens et non-humain et, surtout, non-politique, qu’il faut aussi compter sur ce que l’Amérique a de beau : ces centaines de milliers de femmes et  d’hommes qui protestent contre le fameux  décret interdisant l’accès au territoire américain de citoyens de pays arabes ciblés ; des avocats, des procureurs, des juges qui rappellent que, dans ce pays, la justice n’est pas inféodée au pouvoir et qu’il existe des  valeurs que même un clown ne peut fouler aux pieds. C’est cette Amérique là que nous aimons, qui attire tant, qui nous réconcilie avec elle… Qui nous dit que l’Humanité est. Que la résistance est un droit et un devoir.

Mais, pendant que nous nous indignons contre Trump, pendant que l’anti-américanisme primaire refait surface, pendant que nous déclinons, sur tous les tons, notre indignation justifiée et nécessaire, un autre pays, beaucoup plus petit mais qui a justifié le déclenchement d’une des guerres les plus meurtrières au Proche- Orient, l’implosion de la région, l’anarchie actuelle, Daesch, les massacres, les attentats quotidiens, les centaines de milliers de morts, l’horreur banalisée, un petit pays, donc, a, lui aussi, décrété, pour une durée de  trois mois, renouvelable, l’interdiction d’entrée sur son territoire des ressortissants de cinq pays : Irak, Iran, Afghanistan, Pakistan, Syrie, pour motifs sécuritaires.

Ce petit pays c’est le Koweït. Même indignité, même méthodes, même ostracisme, mêmes stigmatisations, mêmes peurs mais… pas même indignation. Silence assourdissant de nos media, sur ce qui se passe dans un pays arabe. Comme si un décret revêtait moins d’importance qu’un autre. Comme si c’était plus grave pour les Etats Unis que pour le Koweït. Comme si, tout compte fait, nous étions tant dans la victimisation permanente que dénoncer l’attitude, AUSSI, du Koweït reviendrait à nous auto-juger. Exercice délicat et impossible, tout englués que nous sommes dans la posture de la victime.

Et pendant que nous décidons, sélectionnons nos indignations, pour x et y motifs qui nous déculpabilisent – et où l’anti-américanisme est plus porteur : il permet d’évacuer nos frustrations et nos colères, de façon confortable, intellectuellement parlant – l’humain est bafoué dans sa dignité, dans son droit à voyager, dans son droit à choisir son lieu de vie, dans son droit à la différence, à l’acceptation, à la tolérance, à être Autre, sans être cet Autre que l’on caricature.

Alors, moi, je ne fais pas de différence entre le décret Trump et le décret koweïtien.  Ils sont, tous deux, synonymes d’une époque de tensions et d’ignorance. Ils sont, tous deux, terreau fertile pour tous les apprentis kamikazes du monde, pour tous les groupes terroristes qui surfent sur le désespoir du monde arabe.

Ils sont, tous deux, ignominies. Et ils doivent être, tous deux, dénoncés. Sinon, nous n’avons plus rien d’humain. Salut.

Mariem mint Derwich

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Nouvelles d’ailleurs : Touche pas à mon drapeau....

  • PDF

Nouvelles d’ailleurs : Touche pas à mon drapeau....Je suis d'un naturel peu porté aux drapeaux et aux hymnes nationaux, considérant que cette identification extrême n'a pas de sens si l'homme se souvient qu'avant d'être de tel ou tel pays il est d'abord à l'humanité, sans frontières, sans barrières, sans patriotismes et nationalismes. Au nom de ces derniers, des millions d'hommes sont morts...

Mais je me sens, paradoxalement, touchée par la volonté affichée de changer notre drapeau en y ajoutant deux bandes rouge sang, afin de, comme l'ont si bien clamé les chantres du changement, de glorifier nos « martyrs »... Je ne suis pas à une contradiction prés et je l'assume.

Ne me demandez pas de quels martyrs il s'agit, ni à quelle histoire « rectifiée » nous allons devoir dire oui ou non.... C'est le grand flou « historique » qui permet de nous inventer une Histoire de quasi guerre anti-coloniale...

Mais notre drapeau j'y tiens. Il est notre. Il nous a été légué et nous rappelle que nous avons reçu un pays en héritage, là où il n'y avait aucun pouvoir centralisé. Ce drapeau est nous.

Oh, notre pays est un pays « petit pois », entendez par là qu'il ne fait pas partie des grandes puissances. Il ne décide pas de la vie ou de la mort de centaines de milliers de gens de par le monde. Il ne fait pas la guerre pour le pétrole, ne renverse pas des présidents, ne déchire pas des pays.

Mais il est.

Nous sommes nés avec lui. Il est né avec nous. Il est nous.

Il est cette joie immense quand notre pays bat le Sénégal au football, cette marée verte et jaune qui colorie notre pays jusqu'au plus reculé de ses multiples coins ( j'en ai encore des frissons quand je repense à ce moment où j'ai participé à cette joie collective qui abolissait les barrières communautaires, dans les rues d'un Nouakchott qui se redécouvrait un seul et même peuple, une seule et même fierté).

Il est ce frisson aux Jeux Olympiques, brandi par nos athlètes qui, même s'ils ne gagnent jamais de médailles, rappellent au monde qu'il est un pays qui s'appelle Mauritanie. Un petit pays mais un pays quand même, avec ses femmes et ses hommes. Et ce magnifique vert et jaune qui flotte soudain face à des millions de téléspectateurs.

Il flotte au fronton des institutions internationales.

Il est ce lever des couleurs dans chaque caserne.

Il est ce frisson, cet orgueil des sans rien à la fierté bien assise, cette fierté que personne ne peut nous enlever.

Il est ces soldats morts dans une guerre absurde et ces soldats victimes du terrorisme.

Il appartient à chacun d'entre nous. A chaque citoyen de ce pays. Il n'appartient pas aux politiques en mal d'inspiration. Ceux-là, le drapeau ne leur sert que quand la pauvreté de leurs propositions politiques tient lieu de Dialogue.

Ce drapeau n'a aucune raison d'être ainsi dénaturé, enjeu d'une bataille misérable.

Il n'est pas qu'un tissu qui flotte, délavé, souvent effiloché, dans nos rues. Il est notre histoire. Le dernier rappel de ceux qui nous ont porté au monde, sur la scène internationale quand beaucoup ne voulaient pas de nous en tant que Nation.

Chaque Mauritanien l'emporte dans son cœur en quittant le pays.

Ce drapeau n'a jamais tué personne mais sert de prétexte pour toutes les exclusions et toutes les fanfaronnades nationalistes.

Il n'a pas de couleur ethnique et est le véritable symbole de notre pays qui se cherche encore, et encore, perclus d'idéologies nationalistes importées de pays lointains.

Cette étoffe n'a aucun sens si on lui rajoute du sang. Le sang appelle le sang pas la paix. Le sang appelle le malheur pas le souvenir.

On ne se souvient pas avec le sang. La mémoire a d'autres canaux que de vouloir pervertir un morceau de tissu qui porte en lui tant d'affectif et tant de souvenirs.

Faut-il que la misère intellectuelle soit bien grande pour s'attaquer à ce qui est nous.

Je n'aime pas les nationalistes étroits, les va-t-en guerre, les découpeurs, les lamineurs qui sont tentés de ré écrire l'Histoire à leur convenance comme si cette dernière leur appartenait.

Comme si le drapeau, notre drapeau, leur appartenait.

Ils n'ont pas le droit de nous ôter la dernière dignité qu'il nous reste, à nous qui sommes pauvres, à nous qui trimons, à nous qui nous accrochons à ce pays de vents et de sable, ce pays de misères, de douleurs, à nous qui tenons ce pays à bout de bras, chaque jour, dans chaque souffle, dans chaque survie, dans chaque petite victoire contre le chômage, contre la faim, contre le manque de tout, contre la précarité quotidienne, contre la fatalité.

Nous avons été dépossédés de tout. Laissez nous ce drapeau qui nous rappelle notre existence et ce moment qui nous fit en tant que pays contemporain, le 28 Novembre 1960.

Laissez nous ce drapeau vert et jaune, rêvé à la Closerie des Lilas quand l'existence de notre pays fut décidée dans ce café parisien.

Laissez nous l'offrir à nos enfants et aux enfants de nos enfants.

Je ne suis pas nationaliste mais ce drapeau, comme pour nous tous, est notre regard, notre sentiment d'appartenance à quelque chose.

Vert et jaune, pas vert, jaune et affublé de deux bandes rouges.

Si vous, ceux qui avez réclamé ces deux affreuses bandes rouges, vous sentez l'âme créatrice, allez donc acheter un pot de peinture rouge et barbouiller les murs de vos maisons. Mais fichez nous la paix avec votre tralala pseudo historique.

On ne crée pas un sentiment d’appartenance en dénaturant un drapeau. On le crée par des actes politiques autrement plus forts et courageux que cette honte qu'est cette proposition de toucher au drapeau, le seul que nous ayons et qui nous convient très bien.

La politique demande du courage. Changer le drapeau n'est qu'un acte vide de sens politique.

Nous crevons de la corruption, de l'hypocrisie, de la norme, de l'apathie, du mensonge, de la courtisanerie, de la misère, de la bêtise, du non sens, de l'absurde, de la violence, de tant de colères, de désespoirs.

Pas de notre drapeau.

Salut

Mariem Mint DERWICH
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Contribution au débat : S’Arracher d’une Spirale Mortifère/Par Mohamed Salem Merzoug, Universitaire

  • PDF

Contribution au débat : S’Arracher d’une Spirale Mortifère/Par Mohamed Salem Merzoug, UniversitaireAu cours de son meeting tenu, à Néma, le 03 mai 2016, le Président de la République a parlé de la question du nombre d’enfants par famille et les effets nocifs du croît démographique non maîtrisé. C’est un fait. Un tel phénomène fait, on le sait, des ravages depuis, des lustres.

Il concerne tous les segments de la société mauritanienne à des degrés divers et selon des mécanismes à la fois globaux (polygamie) et endogènes (instabilité familiale).

A travers les âges, toutes les sociétés humaines en ont souffert. Chacune faisait de la forte fécondité un moyen de compensation d’un régime démographique cruel marqué par une mortalité massive et des pandémies graves.

L’inflexion associée à la Révolution Néolithique (agriculture, élevage, domestication des graminées, sédentarisation et, in fine, socialisation des hommes) n’aura pas eu les effets durables escomptés malgré, la multiplication par dix de la population mondiale d’alors, passée de quinze à cent cinquante millions d’âmes. Cette période n’aura pas changé la compensation classique qui permettait de gérer le croît démographique.

Il a fallu attendre le XVIIème et surtout le XVIII siècle pour que l’humanité connaisse le véritable tournant (transition démographique notamment en Europe) grâce à la convergence de nombreux facteurs : changement des mentalités avec l’amélioration des niveaux éducatifs et culturels, médecine, hygiène de vie, baisse de la mortalité, tendance haussière de l’espérance de vie. C’est, à tout cet ensemble, que l’Occident doit développement économique et progrès social puis, la révolution industrielle.

Donc, proposer cette question, au débat, est une démarche saine et nécessaire même si, elle bouscule, à raison, atavismes et mirages en tous genres.

Refuser les conservatismes

En l’évoquant, on s’adresse à tous, hommes et femmes, sans exception aucune, par delà les clivages et les appartenances. Et, pourtant, on a voulu, consciemment ou inconsciemment, faire croire qu’il ne pouvait s’agir que d’une frange, somme toute, important du peuple mauritanien. On a allumé une flamme, enclenché une bourrasque. Et, la surenchère a fait le reste. La question posée est au cœur du débat. Elle participe comme repère processuel de notre développement, de notre nécessaire ascension vers la modernité. Nous devrions en discuter sereinement et de manière froide. Car, ce sont les plus pauvres et les plus fragiles qui en subissent les ravages.

Je conçois, en effet, que si, pour la première fois, un tabou est brisé, un verrou est visé que les conservatismes, en tous genres, se hérissent. D’autant plus que les risques réels de mort précoce ont bâti un mythe rigide autour de la fécondité qui fonde encore, chez nous, les règles matrimoniales.

Or, il est indispensable que notre pays, nos populations soient édifiés sur certains verrous, certains obstacles structurels à notre développement. De quoi s’agit-il en pensant à ce vacarme ? De la question de la fécondité non maîtrisée avec son auréole de tragédies que chacun vit : mortalité, triptyque tragique de la faim, de la pauvreté et de la maladie. En l’abordant, on met, à l’ordre du jour, l’un des fondamentaux du moteur de l’histoire et une lame de fond de l’ascension de notre pays vers la modernité.

Si, la Mauritanie comme les autres états africains souffre de certains maux c’est bien à cause du blocage et/ou du retard accusé dans la transformation des mentalités et, dans la foulée, de l’inhibition de la transition démographique et du développement culturel.

Une telle inhibition participe de l’explication de la prolifération de la misère, des promiscuités, de la pauvreté de masse, de l’ignorance et du garrotage des forces productives. Jamais, un pays ne s’est développé sans résoudre cette question centrale. Avec les niveaux éducatifs et culturels, elle détermine la vraie trajectoire de l’évolution de toute société. Elle exprime et contingente les mutations et les transformations qualitatives structurantes comme socle de l’évolution des consciences et des mentalités et, in fine, de la modernité. Emmanuel TODD écrit « L’alphabétisation et la maîtrise de la fécondité apparaissent bien aujourd’hui comme des universels humains ».

Un leitmotiv : améliorer les conditions de vie

Donner tout son poids à ces variables qualitatives revient à reconnaitre ce que soutenait, avec prégnance, René DUMONT, à savoir que le développement est moins une question de ressources financières qu’un problème de rapport entre les personnes humaines et avec leur environnement. Il renvoie, à plusieurs choses à la fois, la maîtrise de son environnement, le taux de fécondité, l’éducation, les relations entre les sexes. En réfléchissant sur cette problématique, on ne saurait passer sous silence la loi du Révérend Thomas Malthus et aux enseignements de l’anthropologie sociale et culturelle moderne.

Que disait Thomas MALTHUS ? Il disait, très simplement, que les progrès techniques ne sauraient garantir, à eux seuls, une amélioration des conditions de vie dans la mesure où l’absence de contrainte pousse à une croissance démographique exponentielle et donc, à plus de personnes, à nourrir. Ce croît démographique s’est fracassé, tout au long de la longue odyssée humaine, sur l’impossibilité de retrouver de nouvelles terres, de nouvelles ressources frappées de dégradation et de finitude. D’où, au final, la misère et la faim. C’est un enseignement instructif de l’histoire des sociétés humaines, de toutes les sociétés humaines.

C’est surtout l’une des lois fondatrices de l’économie moderne. Elle explique, à travers la loi des rendements décroissants, l’émergence de la rente foncière et la liaison entre aristocratie et richesse. Faut-il en conclure que notre pays et l’Afrique de même que l’espèce humaine soient vouées à la faim, à la misère et à la pauvreté ? Bien sûr que non. La révolution néolithique précitée et la révolution industrielle sont là pour prouver le contraire.

En fait, il n’y a pas que les lois économiques pour comprendre l’évolution de la vie des sociétés humaines considérées comme des ensembles structurés ayant des règles et des modes de fonctionnement supra-individuels. Ceux-ci dépassent la simple rationalité individuelle. L’anthropologie sociale et culturelle permet, aujourd’hui, la compréhension de ces phénomènes qui dépassent l’individu. C’est cette discipline qui autorise une autre lecture du monde de Malthus confronté à un croît démographique supérieur à l’offre agricole. Aussi, favorise-t-elle une bien meilleure compréhension des problématiques de développement auxquelles nous sommes confrontées de même que nos frères africains.

Quelques études anthropologiques, démographiques et historiques montrent que chaque civilisation aura géré, selon ses croyances religieuses, son système de valeurs, son mécanisme particulier de régulation et les données contextuelles, la rareté des ressources et la pénurie et donc, l’exigence de survie du groupe. Certaines sociétés choisissaient l’abstinence, d’autres l’infanticide, la polyandrie etc. C’est un mécanisme de régulation anthropologique en l’absence des moyens modernes de contraception et d’une meilleure hygiène de vie.

On retrouve cette problématique dans la plupart des Etats Africains et Asiatiques sous des formes diverses et variées mais, le fond demeure le même: assurer une meilleure qualité de vies aux populations. L’acceptation d’un tel postulat renvoie à ce processus qu’on appelle « la transition démographique » comme moteur du changement qualitatif des conditions de vie. Elle permet de se sortir de ce cercle infernal. En mettant l’accent sur l’éducation, l’obligation de la scolarisation des mauritaniens, le rôle de la femme, le changement des mentalités et le développement culturel, le Président de la République donnait, à juste titre, la priorité, au capital humain. C’est à la fois légitime, pertinent et utile pour notre pays comme pour les autres africains.

En effet, la transition démographique, comme moteur du changement et d’ascension vers la modernité, est en panne, en Afrique, dans 50% des cas ou à peine amorcée dans 38% des cas.

Les pays africains ont, majoritairement, des taux de fécondité compris entre 4 à 5, avec un indice moyen de 4,86.

Maîtriser notre démographie

En nous fondant sur les données disponibles, l’Afrique apparaît comme une entité démographique relativement homogène avec des taux de dispersion assez tenus. Cinq pays ont, durablement, amorcé leur transition démographique : la Tunisie (2,04), l’Afrique du Sud (2,8), le Maroc (2,5), l’Algérie (3,2) et le Botswana (3,8).

Par contre, l’indice de fécondité atteint les niveaux records dans les pays suivants : au Bénin (5,3), au Burkina Faso (6,3), au Burundi (5,8), au Libéria (5,8), au Malawi (6,1), au Mali(6,1), en Mauritanie (6,2) en Ouganda(6) et au Tchad(6,2).

Le premier mouvement d’explication pourrait être recherché du côté de la religion (polygamie). La situation dans le monde arabe et musulman invalide une telle explication. Dans le Royaume d’Arabie Saoudite, en Egypte et en Jordanie, le nombre d’hommes polygames est respectivement de 30% et 8%. Un tel phénomène est totalement éradiqué en Turquie et en Tunisie. L’Irak l’a aboli en 1958 avant de le rétablir en 1994.

Par ailleurs, en termes de fécondité, le retard de notre pays par rapport à d’autres états musulmans est considérable : l’Iran (2,1), la Turquie (2,5), la Malaisie (1,98) et l’Indonésie (2,37) (le plus grand pays musulman au monde en termes de poids démographique). Les écarts sont encore plus creusés avec le Royaume Uni (1,7), la Chine (1,8), la France (2) et les Etats-Unis d’Amérique (2,6).

Donc, évoquer cette problématique est une responsabilité collective et un devoir d’avenir. Une telle situation est à mettre en relation avec l’ignorance, la pauvreté de masse, la forte magnitude de la mobilité maritale, la fragilité de la cellule familiale.

Or, développer notre pays dépend, entre autres facteurs, de la sortie d’une telle spirale mortifère. A cet égard, rien n’est plus nécessaire ni mieux adapté que le fil d’Ariane de la transition démographique et du développement culturel pour affronter les défis du progrès et de la modernité. Les variables en jeu constituent le vrai moteur de l’histoire et le réacteur des indispensables mutations qualitatives.

Maîtriser la fécondité, savoir lire et écrire, gérer au mieux son environnement fondent et structurent l’ascension vers la modernité. C’est, par biais, que les autres sociétés ont créé les conditions indispensables à la double exigence de la transformation mentale et de l’évolution des consciences. La profondeur et l’ampleur de l’impact de ces variables qualitatives engendre les conditions nécessaires à l’émergence d’une démocratisation véritable et d’une transformation sociale durable.

Un avenir pour notre jeunesse

La corrélation forte entre ces variables qualitatives évoquées et le progrès sont confirmées en convoquant l’histoire : la domination de l’Europe au XVIIème et XVIIIème siècle et le rôle actuel de l’Asie et de l’Amérique Latine de même que les Etats émergents. Le rôle dominant de ces continents confirment les relations quasi mécaniques entre baisse de la fécondité, éducation, alphabétisation de masse, évolution des consciences et des mentalités.

Celles-ci ont conduit Francis Fukuyama à soutenir la thèse d’une universalisation de la démocratie par l’extension massive de ce socle. C’est, dans la perspective de transformer et de développer le pays, qu’il faut remettre, à l’ordre du jour, l’exigence de l’accomplissement de la transition démographique et l’ampleur des innombrables dégâts inhérents à la forte fécondité. Ce n’est pas un hasard si tant d’hommes, de femmes, de pays se battent pour s’arracher d’une telle spirale mortifère.

L’inaction et l’immobilisme face à de telles tragédies constituent des fautes. Il appartenait aux Pouvoirs Publics et à nous tous d’indiquer un nouveau chemin qui brise le silence coupable face à une réalité inique devenue presque immuable. Il s’agit de nouer les fils du progrès, de stimuler l’imagination pour rendre possible et accélérer la nécessaire transition démographique en inventant de nouvelles règles. Ne laissons point la surenchère et la démagogie prendre le dessus sur la raison. L’avenir de nos jeunes, de nos enfants et de la libération des femmes est en jeu. Il s’agit de rendre le sursaut possible en leur dessinant des perspectives de nature à redonner confiance en l’avenir.

Mohamed Salem MERZOUG
Universitaire

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Condoléances

  • PDF

 

La rédaction de Gps présente ses condoléances les plus attristées au Président de la République, Mohamed Abdel Aziz et à toute sa famille suite au décès d’El Marhoum  Ahmedou Abdel Aziz. Dans le même registre, nous adressons nos condoléances à la famille de notre confrère El Marhoum Cheikh Oumar N’Diaye.

Qu’ALLAH Le Tout Puisant les accueille en son saint Paradis et donne aux membres de leurs familles respectives la force et la foi de surmonter cette rude épreuve. Amine.

 

Nous sommes à ALLAH et à Lui nous revenons.

A Monsieur Ahmed Baba Miské, Par Feu Seydou Kane

  • PDF

A Monsieur Ahmed Baba Miské, Par Feu Seydou KaneLorsque j’ai vu votre nom et votre « contribution » sur le site de forum de la Diaspora, j’en ai très rapidement lu le contenu. Avant de vous lire, j’avoue avoir un instant pensé que l’homme que vous êtes: une mémoire institutionnelle pour cette Mauritanie qui soufre et cherche sa voie, allait apporter quelque chose de nouveau comme vous l’aviez fait en écrivant votre livre sur l’indépendance du Sahara occidental à travers votre livre – célèbre à l’époque – « Fpolisario, l’âme d’un peuple ».

Je me représentais l’homme que j’ai connu et, mieux connu, grâce à l’amitié qui l’ avait toujours lié à mon modèle, mon regretté cousin utérin, Elimane kane (Elimane mame N’diack ou Elimane mamadou kane que ma maman a pratiquement élevé et qu’elle aimait appeler: « Mamadou Ndiko »), ancien directeur général adjoint du BIT.

Cet homme fut votre ami. Je le retrouvais à Genève à la cité du Lignon, en 1971( je venais de Moscou), lorsque vous étiez en désaccord avec votre épouse Annick Miské et Simon Malley sur l’épineuse question du « Maquis M22 de Ange Diawara, rejoint dans ses positions par Franklin Boukaka, au Congo Brazzaville, après la trahison de Marien Ngouabi.

J’ avais toujours pris fait et cause pour vous. Car, pour moi, vous incarniez l’idéal devant les caciques du système de Ould Daddah. J’avais dix ans quand, en vacances à Port Etienne, puis à Atar, j’avais rencontré votre oncle Ahmed Bazeid. C’est là que votre nom était spolmaldié dans l’ambiance où chaque famille s’honorait d’avoir quelqu’un qui savait se hisser au niveau des Blancs.

En septembre 1958, quand De Gaulle vint à Dakar, j’étais ce jeune qui vous avait accompagné à la librairie Brigaud, près de la printania de St.-Louis. Didi Ould Souedi était venu vous rencontrer. Il était chargé du journal parlé de la nouvelle radio Mauritanie qui venait d’être mise en place.

A Atar, lorsque j’avais été présenté par le vieux Mamoudou Fadoumé qui travaillait à la Météo d’Atar à votre oncle Ahmed Bazeid, ce dernier semblait fier de rappeler ( et j’ai une excellente mémoire) de se trouver devant le petit-fils de Elimane Boubacar Kane dont Cheikh Mohamed El Mami (des Hel Barikalla, comme vous), avait fait, dans son livre El Kitâb Al_badiyaat, celui qui avait parfait « La Charia d’Allah dans le Dimat du XIXème siècle ».

Ayant gardé ces rapports entre nos familles, je ne lirais ces pages de El Mami que plus tard, comme chercheur à l’Institut Mauritanien de recherche Scientifique où, après que je me fus occupé du programme de la Sauvegarde des Villes anciennes de Mauritanie, la Présidence du CMSN avait préféré vous en confier la direction.

Je rappelle tout cela pour dire que très tôt je vous ai côtoyé, souvent dans l’ombre. Parce que l’éducation que j’ai reçu m’oblige à me faire tout petit devant mes aînés. Mais quand nos aînés oublient d’être "l’ Âme d’un peuple", il faudra bien que nous prenions nos responsabilité s. C’est bien ce que j’ai dit à Mokhtar Ould Daddah quand j’ai fait le voyage des Pays Bas à l’Hôtel Mercure de Roissy, le 16 juillet 2001, pour lui dire au revoir.

Vous et moi, avions également, en 1976, décidé de travailler pour faire avancer la cause sahraouie. Je vous avais fait venir à l’Université Libre de Bruxelles où je dirigeais l’Union Générale des Etudiants Africains, après vous avoir contacté au département d’arabe de l’université Paris VIII (Vincennes) où vous enseigniez. Vous vous rappellerez, certainement, que vous étiez chez moi, à la maison avec Med Hondo qui devait sortir son film : « Nous avons toute la mort pour dormir » et avec Oumar Hadrami qui rejoindra le Maroc.

Je vous avais dit que je rejoindrais le Fpolisario après la soutenance de mon mémoire en sciences po sur la décolonisation du Sahara. Ceci fait, je vous ai rejoint à Alger.

Vous incarniez toujours la résistance mauritanienne à mes yeux pour une Mauritanie démocratique. Mais, après mon arrivée à Alger, notre rencontre, le 13 Août 1977 et nos discussions sur la question noire en Mauritanie, à l’Hôtel Genève, à la rue Druot, en plein Ramadan, après les discussions de l’Hôtel Saint Georges et Riad (Sidi Ferrouz) sur la part des démocrates mauritaniens sur la démocratisation de l’Ensemble du Nord ouest africain, après la trahison des Kadihines et du MND, je m’étais rendu compte que pour vous il fallait faire à tout jamais l’impasse sur la question nationale, l’égalité nationale et sociale entre nos composantes et l’avenir radieux d’un peuple pluriel.

Vous m’aviez demandé plutôt de retourner en Mauritanie pour connaître l’Etat d’esprit des officiers noirs dans la question du Sahara. Depuis lors j’avais compris qu’un Noir ne pouvait qu’être indésirable dans la lutte des « Sahrouis ». On m’avait gentillement demandé d’exprimer ailleurs mes convictions internationalistes.

Têtu, je revins en Mauritanie et suis allé chercher votre maman et votre fille pour m’en occuper par esprit de solidarité avec Elimane Kane (que la terre lui soit légère) qui vous idéalisait jusqu’à un certain temps où il s’était rendu à l’évidence qu’il est difficile de compter sur vous.

Après votre brève apparition à Nouakchott, entre 1982 et 1983, dans l’émission télévisée qui était organisée pour vous et fait perdre son emploi et son emprisonnement au jeune journaliste qui avait pris ce risque pour vous, je n’avais plus entendu parler de vous que lorsque j’ai lu, mes camarades d’infortune et moi, votre duel avec Doudou Diène, à l’UNESCO et avec Jean-Pierre N’diaye, ensuite, pour défendre le régime de Maawiya Ould Sid’Ahmed Taya.

Vous le défendiez contre les Négro mauritaniens qui ne demandent toujours rien d’autres que leurs droits citoyens, mais jamais ni sécession, ni destruction de l’identité de leurs concitoyens.

Si j’ai tenu à rappeler ce qui précède, c’est que depuis ma tendre enfance sur les deux rives du fleuve Sénégal et dans le Sahel de Mauritanie, j’ai eu la chance d’être élevé auprès de gens que vous fréquentiez beaucoup sans jamais prêter attention à nos petites têtes rondes d’écoliers et de lycéens.

Si j’interviens après vous avoir lu, c’est surtout pour exprimer une surprise et une déception. certainement comme d’autres Mauritaniens qui attendaient de vous autre chose que de vouloir faire la part des choses en faveur du démocratisme de façade. Mais surtout de trouver quelque chose de positif (même si dialectiquement rien ne peut être univoque) dans le principat de Ould Taya.

Tout le peuple mauritanien a applaudi à son éviction. Le processus démocratique devait être mis au compte d’une conjoncture historique avec la chute du Mur de Berlin et la domination sans partage de l’occident et sa pression sur ses zones d’influence. Vous l’avait mis au compte de Taya. Vous avez essayé de parler de dosage tribal en attirant l’attention sur les ressortissants oubliés de certaines tribus.

Voyez, Monsieur Miské, je suis loin d’être naïf ou dupe comme certains qui s’y trompent souvent: vous voulez simplement attiré l’attention sur les Hel Barikalla, très fâchés que ce furent leurs haratines (Les Moïchines, d’origine portugaises) qui les ont le plus représentés dans le passé.

Vous invitez les nouvelles autorités à équilibrer plus entre les tribus, car le sort de vos concitoyens noirs ne vous intéresse pas. Vous m’aviez presque rabroué à Alger là-dessus. Maintenant , vous le faites à grand jour.

Quand vous dites que Ould « Taya a assuré « la préservation de la paix civile », vous insultez l’histoire de notre pays. Aucun verbiage ou colmatage ne peut occulter la tentative de génocide commis contre la composante mauritanienne de souche ouest africaine et noire.

Si vous raisonnez en partisan d’un modèle d’Etat maure achevé avec l’exclusion des Noirs de Mauritanie, il faut dire que vous avez réussi. Car vous ne mettez pas de gangs; logique avec vous-mêmes.

Les Déportés? l’Esclavage? les citoyens noirs chassés arbitrairement de leurs fonctions, malgré leur compétence et leur patriotisme (cf. Guerre du Sahara)?, les veuves qui pleurent leurs morts; les jeunes nés pendant ou après la déportation et dont l’avenir pèsera lourd dans la stabilité régionale?

J’avoue que vous êtes, avec une telle attitude dont vous n’avez pas réussi à vous départir, le premier à rompre le contrat de confiance qui avait fait de vous l’un des rares témoins de l’histoire de la Mauritanie en marche. Vous venez de cautionner encore l’arbitraire. Hier pour taire un génocide trop voyant. Aujourd’hui, pour enfouir à jamais les droits de ceux qui ont d’abord subi l’injure fondamentale dans leur être que Dieu a voulu tel et que vous couvrez d’opprobre sous le glacis des charniers encore sanglants.

Hélas, vous êtes nombreux pour fossoyer la Mauritanie à l’autel de vos intérêts strictement sectaires et égoïstes. C’est dommage de devenir « un géant aux pieds d’argile ».

A titre personnel:
Prof. Saïdou Kane
Fondateur de Forum de la Diaspora;
Président de l’Alliance Patriotique;
Président de Conscience et Résistance

Source : Hady Kodoye Anne

 

 

Le combat contre la gabegie tient-il encore? /El Wely Sidi Haiba

  • PDF

Le combat contre la gabegie tient-il encore? /El Wely Sidi Haiba "La république - pour un, aujourd’hui, qui sacrifierait tout au bien public, il en est des milliers et des millions qui ne connaissent que leurs jouissances, leur vanité. On est considéré à Paris, à cause de sa voiture et non à cause de sa vertu." Napoléon

Est-il nécessaire de rappeler qu’il ne sert qu’aux ennemis de la nation et ses détracteurs de rester campés sur une position et ou dans une opposition négative? La lutte contre la gabegie et ses auteurs ne doit susciter qu’approbation et, au-delà même, soutien inconditionnel et accompagnement formel de tous. Elle n’est point que du seul ressort du régime en place. Elle est en tout temps et en toute circonstance le devoir de tous, c'est-à-dire un objet hautement consensuel.

Quelle logique peut légitimer que l’on relègue pour le compte de l’oubli la dilapidation et le gaspillage des immenses richesses d’un peuple qui en devient pauvre et d’un Etat qui s’en trouve fragilisé? N’est-ce pas là, si cela se justifiait, une haute trahison passible de la peine extrême; Non pas celle de la mort qui serait clémente, mais celle de l’exclusion qui ne serait que logique justice.

La Mauritanie, genre unique en l’espèce, présente une contradiction absurde; Pauvre à la limite de l’indécence (seuil zéro), riche à la limite de l’invraisemblable (minerais, pétrole et gaz off et on short, énorme potentiel halieutique, agriculture et élevage), a défrayé, depuis son accession à l’indépendance il y a cinquante cinq ans, la chronique, tant à l’échelle de son environnement immédiat qu’au niveau international.

En effet, pendant que les pays les plus pauvres s’évertuaient, par la volonté de leurs élites intellectuelle et politique fortement engagées et résolument déterminées, à relever le défi du sous développement et de la dépendance, la Mauritanie elle, s’enlisait dans la déchéance causée par les maux inéluctables de la gabegie, de la corruption, du clientélisme, du favoritisme, du népotisme, du bafouement des principes fondateurs de la République et de la notion même de l’Etat.

Les partis politiques qui ont vu le jour -quelles que soient par ailleurs les raisons ou les motivations de leur naissance - ont été tout au long de l’histoire de l’Etat moderne, les dépositaires exceptionnels de ces attitudes et comportements, leur donnant de fait force de dirigisme. Ces partis ont ainsi, toujours exprimé les volontés égoïstes de leurs fondateurs et en ont incontestablement pris les couleurs d’appartenance tribale, ethnique, sectaire, régionale, et leur coloration idéologique si tant elle existait.

Sous le sceau de la démocratie scandée par tous et dont chacun porte l’étendard, ces partis n’ont cependant jamais œuvré ensemble pour affermir les principes communs de l’action politique dans l’Etat égalitaire de droit, lesquels principes n’entament pourtant en rien leurs différences dans la philosophie, le discours et l’approche dans l’action.

Aujourd’hui encore cet élan fait cruellement défaut, d’où l’obstination des incorrigibles attardés à contribuer au strict maintien du statuquo, c'est-à-dire la résistance aux effets de l’ouverture d’esprit sur les apports intellectuels d’un siècle hors pair qui offre toutes les chances de divorce d’avec l’obscurantisme médiéval et toutes ses considérations fallacieuses.

Quelles voies plus propices donc pour l’installation confortable et pérenne de la gabegie que ce confinement de tous les acteurs politiques et intellectuels dans la dualité fatale et contradictoire de la pratique et du fustige de la gabegie.

N’est-ce pas bien là que réside hélas l’incapacité à combattre -quelles que soient par ailleurs la volonté déclarée et les tentatives engagées- ce mal qui n’épargne aucun en quelque endroit qu’il se trouve dans la nébuleuse du système, directement ou par voie d’appartenance tribale, sectaire, de lobbying ou à d’autres pôles ou forces de rassemblement. Fatalement que son influence et sa capacité de nuisance lui viennent de cette appartenance obscène.

Comment dans de telles et graves conditions d’incohérences psychiques, intellectuelles, civiques et patriotiques de l’esprit prévalent, espérer réussir un quelconque combat contre la gabegie ambiante ; Une gabegie que rien ne semble pouvoir arrêter malgré plusieurs et réelles actions menées tout au départ du combat engagé et qui avaient fait naître l’espoir d’un assainissement de la chose publique et sa répercussion sur un développement harmonieux et équitable.

Source : EL Wely Sidi Haiba

 

A quoi bon de créer autant de Centres de Formation des Instituteurs (ENIs) ?

  • PDF

A quoi bon de créer autant de Centres de Formation des Instituteurs (ENIs) ?C’est par souci de diminuer la médiocrité du personnel enseignant que le gouvernement a décidé de recruter par voie de concours pour l’accès aux Écoles Nationales des Instituteurs.

En effet, tout récemment, un concours de recrutement pour 240 places s’est déroulé aux ENIs de Kaédi et d’Akjoujt et le dossier pour être accepté, il était question de posséder au minimum un Bac.

Effectivement, ce critère a été respecté et d’ailleurs la majorité des candidats admis étaient entre autres, des titulaires de DEUG et de Maîtrise. Pour le moment, on peut dire que les choses se sont déroulées comme prévues. Ce qui est encore plus important, c’est la qualité de formation que ces élèves-maîtres bénéficieront !

En tout cas, la situation qui prévaut pour le recrutement des formateurs des formateurs, ne donne en aucune manière les présages d’une formation appropriée. D’ailleurs, il serait même préférable d’annuler cette formation et affecter ces enseignants directement dans les écoles.

Comment peut-on assurer une formation de qualité digne de nom aux recrus qui sont déjà soit bacheliers, titulaires de DEUG, de Maîtrise, par des soit- disant professeurs, alors qu’ils ne sont ni diplômés, ni expérimentés et encore moins qui ne sont d’aucune origine professionnelle.

Des contractuels, à la fois ’’intouchables et couverts’’, qui ne sont même pas capables de couvrir le volume horaire qu’ils doivent aux élèves et totalement insuffisants dans leur enseignement, sont les choyés de cette nouvelle ENI de Kaédi.

Nous les connaissons, ils sont dans nos Collèges, dans nos Lycées, comme contractuels ! Ils sont là uniquement pour enterrer notre système éducatif d’avantage ; ils sont recrutés par ce qu’ils sont amis, parents ou tout simplement recommandés par une haute autorité afin de bénéficier d’un salaire non mérité. Je dirai, une autre forme de gabegie !

Par ailleurs, les enseignants de qualité, d’expérience, et des professionnels du métier sont bel et bien là et sont connus de tous, qui peuvent assurer des cours pour une formation de qualité !

Des sortants de l’ENS, des ENIs avec expérience de plus de vingt ans sont prêts à tenir ces futurs maîtres pour une formation digne de nom. Mais on préfère recruter ceux qui n’ont pas la moindre capacité intellectuelle et professionnelle pour une formation aussi importante.

Certains ont réussi au concours pendant qu’ils enseignaient en qualité de contractuels dans des établissements secondaires. J’en connais parmi eux ceux qui enseignent très bien, car étant des maîtrisards et ayant acquis de l’expérience. Ils assurent de façon formidable leurs cours. Tandis que, d’autres contractuels servant dans les mêmes établissements, non seulement, ne disposent d’aucun diplôme encore moins d’aucune expérience, accumulateurs de contrats de toutes sortes (professeur, journaliste, formateur), sont cette catégorie de personnes qui sont recrutées pour assurer la formation à l’ENI de Kaédi, qui se mettront devant ceux qui n’envient rien aux professeurs titulaires dans l’accomplissement de leur tâche. Quelle Insulte !

Alors, j’interpelle ici, les chargés de formation au Ministère de l’Education Nationale et le Secrétaire Général de l’Enseignement Secondaire, de bien vouloir prendre leurs responsabilités dans une situation aussi rocambolesque !

Source : Mohamedou Bakary Tandia

 

 

Deux questions au Dr Mohamed Mahmoud Ould Mah, SG de l’UPSD

  • PDF

Deux questions au Dr Mohamed Mahmoud Ould Mah, SG de l’UPSD

Le Calame : Le président Mohamed Ould Abdel Aziz vient d’être reçu avec égard par le roi d’Arabie Saoudite. Quelles réflexions vous inspire cet accueil très chaleureux?

Dr Mohamed Mahmoud Ould Mah : Il est à noter que le président sénégalais, qui a précédé le nôtre en Arabie Saoudite, avait bénéficié, lui aussi, du même égard, si égard il y avait. Il s’agissait plutôt d’un rituel bien rôdé selon une vieille règle de la comptabilité publique, «qui paie commande». Les deux présidents sont venus apporter leur soutien à l’Arabie Saoudite et proposer la participation de leurs armées à la guerre contre le Yémen en guise de contribution de l’Islam musulman sunnite au Sud du Sahara à la croisade contre l’Islam chiite.

Les mauvaises langues parlent, quant à elles, de location des armées sénégalaise et mauritanienne en contrepartie du financement, par l’Arabie Saoudite, d’un certain nombre de projets dans les deux pays.

Mais tout le monde a constaté l’absence d’un grand sunnite africain, prompt à battre le pavé avec son armée à la moindre occasion : d’abord dans «la guerre de papa Hollande au Mali (1)» où elle a laissé des plumes et maintenant contre Boko Haram, au Nigéria où elle est en train de se déplumer entièrement sans contrepartie. Vous avez tout de suite compris qu’il s’agissait du président tchadien, Idriss Deby.

Encore une fois, les Mauritaniens et les Sénégalais se sont montrés plus rusés en allant en Arabie Saoudite plutôt qu’au Mali et au Nigéria.

L’Arabie Saoudite avait-elle besoin de mobiliser une telle coalition de dix pays avec autant de moyens contre les Houtis au Yémen?

Sous le prétexte de défendre une légalité constitutionnelle au Yémen, l’Arabie Saoudite, qui n’a pas de constitution, ficelle une coalition des pays musulmans sunnites contre «le danger chiite », principalement le Pakistan, la Turquie et l’Egypte, mais cette coalition s’est vite lézardée : le Pakistan et la Turquie, qui ont compris la gravité d’une telle mobilisation qui dépasse largement les dimensions d’un retour à la légalité constitutionnelle au Yémen, celle du retour d’un président démissionnaire qui a fui son pays pour se réfugier en Arabie Saoudite.

Ces pays et avec eux la Russie et l’Iran, nous dirions même le président Obama, ont vu la main invisible d’Israël derrière la manœuvre de l’Arabie Saoudite visant à saboter l’accord nucléaire entre l’Iran et les P5+1.

Cet accord n’a pas que des partisans, Israël, l’Arabie Saoudite, le Congrès américain, le ministre américain de la défense qui est un républicain et une partie des démocrates lui sont opposés, comme ils sont opposés à la politique du président des Etats unis, un président au demeurant d’origine musulmane et africaine, décidé à désengager les Etats unis des guerres d’agression, de signer un accord de paix et de coopération avec l’Iran et de rétablir des relations diplomatiques avec Cuba.

L’Arabie Saoudite se retrouve donc seule dans la guerre, la Turquie et le Pakistan refusent d’entrer en guerre contre le Yémen, en fait contre l’Iran et optent pour une neutralité; l’armée égyptienne refuse également d’entrer en guerre contre le Yémen. Obama déclare aux pays du golfe médusés : «le danger pour les pays du golfe ne vient pas de l’Iran, mais de l’intérieur de ces pays eux-mêmes, de leur propre système intérieur.»

Le président des Etats unis fait-il allusion au wahabisme, une idéologie se réclamant d’un «islam rigoureux et extrémiste» qui a inspiré l’idéologie des organisations terroristes telles que EI et autres.

Les russes, qui ont vu eux aussi le complot israélo-saoudien pour bombarder les installations nucléaires iraniennes, se sont dépêchés de livrer à l’Iran le fameux système de missiles de défense antiaérien, très sophistiqué, le S300 et autres, en les prélevant sur le stock de l’armée russe (sans attendre la fabrication.) Les russes s’engagent, en outre, à le livrer eux-mêmes par terre, air et mer jusqu’à l’Iran. La Maison blanche regrette et dénonce la livraison de S300 à l’Iran, mais déclare que «cela ne remet pas en cause l’accord nucléaire avec l’Iran.»

Tout le monde a fini par comprendre qu’il s’agit d’un complot israélo-saoudien visant à provoquer l’Iran pour qu’il entre dans le conflit afin de justifier le bombardement de ses installations nucléaires d’où le caractère féroce des bombardements aériens saoudiens et autres sur le Yémen.

Il est à noter qu’il n’est pas exclu que les pilotes qui sont en train de détruire le Yémen avec une telle férocité soient israéliens. La presse israélienne ne vient-elle pas de déclarer que les pilotes israéliens l’avaient fait par le passé.

Les autorités iraniennes gardent leur sang-froid et au lieu de tomber dans le piège, prônent plutôt le dialogue, s’inspirant d’un adage bien de chez nous :

«Quand un aveugle vous invite à un combat de jets de pierres, cela veut dire qu’il a déjà une pierre sous le pied.»

(1) Nicolas BEAU : «Papa Hollande au Mali» édition Balland

Source : Le Calame (Mauritanie)


 

La quatrième guerre du Golfe

  • PDF

La quatrième guerre du Golfe Si l’on compte la guerre Iran-Irak (1980-88) qui a fait entre 500.000 et 1.200.000 victimes, la guerre du Koweït (1990-91) qui a vu une coalition de 34 pays se liguer pour bouter les forces irakiennes hors du Koweït et la guerre contre l’Irak menée par les Etats-Unis et le Royaume Uni en avril 2003 et qui n’en finit pas de ne pas finir, on peut considérer que la guerre menée au Yémen par une coalition de pays arabes est la quatrième guerre du Golfe.

Elle n’est en fait que le prolongement des guerres américaines, par pays arabes interposés.

Mais cette guerre risque de radicaliser les positionnements et les clivages dans la région. Elle sonne le glas des systèmes dirigeants jusqu’à présent les monarchies de cette région riche en ressources naturelles.

Elle est déjà une matérialisation des clivages confessionnelles entre Sunnites et Chiites dans la région. Un affrontement voulu depuis longtemps par Israël et ses alliés américains. Mais au-delà des raisons invoquées ici et là, au-delà des analyses, il y a une situation contradictoire à relever immédiatement.

En Irak, les Américains apportent leur soutien militaire et politique aux forces régulières appuyées par les milices chiites contre l’Etat Islamique qui a fait main basse sur une grande partie du territoire irakien. Au Yémen, la coalition et ses alliés américains, combattent des milices, chiites pour l’essentiel, qui se battent contre les groupes sunnites jihadistes comme Al Qaeda et Da’esh. Comment expliquer cette contradiction ?

En fait dans le jeu des puissances régionales, chaque cas est considéré à part, quitte à l’intégrer plus tard dans une stratégie globale visant à affaiblir tel ou tel camp. Dans le cas du Yémen, l’Iran est le premier visé. Il s’agit d’affaiblir ce pays au moment où il entame le dernier round des négociations avec l’Occident à propos de ses projets nucléaires. Lui créer un foyer de tension au Yémen, c’est le divertir un peu afin de le déséquilibrer.

Si le dessein américain est réalisé, on peut entrevoir une nouvelle Fitna qui opposerait Chiites et Sunnites cette fois-ci dans une guerre qui sera longue et destructrice pour tous. Autour de l’Arabie Saoudite, se constitue déjà une coalition de pays sunnites et en face, il faut s’attendre à un front chiite dirigé nécessairement par l’Iran. Pour aboutir à une situation où le bourreau et la victime font la profession de foi qui fait de nous des Musulmans : laa ilaaha illa Allah, Muhammad rassoul Allah (il n’y a de Dieu qu’Allah, Mohammad est l’Envoyé d’Allah). Qui doit en supporter les conséquences ? qui en portera la responsabilité ?

Quelques jours de bombardements contre le Yémen, des dizaines de victimes civils, des destructions, des avions abattus… qui y gagne ? Pas les peuples dont les forces sont engagées en tout cas. Pas les Arabes, pas les Musulmans. J’ai demandé à un faqih de chez nous, quelle position prendre face à cette guerre ? Il m’a dit que du temps des premières conquêtes musulmanes, un naçrani, voyant que l’un des compagnons avait déjà son épée dirigée vers sa tête, prononça la profession de foi des Musulmans : «laa ilaaha illa Allah, Muhammad rassoul Allah».

Et le Prophète d’intimer l’ordre à son disciple de s’abstenir de faire du mal à cet homme qui vient de faire cette profession de foi. Le compagnon de protester : «Il le dit pour être épargné, ce n’est vrai en lui…» Le Prophète (PSL) de répliquer : «as-tu cherché dans son âme pour savoir s’il s’agit d’un acte sincère ?», d’expliquer ensuite combien la profession de foi protégeait son auteur, combien il était grave pour un Musulman de s’en prendre à un autre Musulman, combien il était dangereux pour le croyant de décider de tuer…

Le Faqih devait conclure, sans doute en interpellant le journaliste : «il faut s’abstenir de participer à l’assassinat d’un Musulman, même par un mot justificatif ou provocateur, sinon c’est le châtiment divin éternel qui vous poursuivra…»

Il est clair que le contrôle de Bab-al-Mandab est l’élément moteur de cette guerre, que le leadership dans la région en est l’enjeu principal, que le monde arabe en est la victime, qu’Israël en est le bénéficiaire… Alors ?

Source : Mohamed Fall Oumeir

 

 

Maurichronique : “Dépose le couteau, s’il te plait’’…

  • PDF

 

 

…’’Je connais bien les gens ici. On n’a jamais puni pour un crime sérieux. Même moi,  dans mes envolées de droiture, je n’ai puni que pour des larcins. Et, je n’ai  pas puni, ça il faut que je  te le dise, pour les larcins. Attends. Attends que je finisse ! Je n’ai pas puni, quand j’ai puni, des voleurs, j’ai puni de concurrents. Est-ce clair dans ta tête ?  Tu as déjà assez d’immobiliers aux Iles Canaries, à Dubaï, au Maroc.
En plus, je te cède le pays, tout entier.     Ou presque.  Je n’interviens plus que très peu dans les nominations. J’ai laissé ça pour toi, pour ton père, pour ta fille et pour son époux. Moi, je suis en train de sécuriser. Sécuriser les affaires. Tu sais que je sais bien comment faire. La sécurité, c’est mon fort. J’ai gagné la confiance de l’Occident grâce à cet atout. La sécurité, c’est pareille.


Qu’elle soit pour un pays, un président ou l’argent, c’est le même principe. Et moi, je sais faire.  Au cours de mes différents voyages, j’ai entrepris quelques options pour ça. J’ai un peu tâté les sri-lankais. Une banque là-bas,  une autre, ici, à partir de laquelle les mouvements de fonds seraient plus faciles.


Notre fiston suit ça de près. Toi, concentre-toi sur le gouvernement et les nominations aux charges publiques. Je vois que ça marche bien pour toi. Mais, il ne faut pas te faire avoir, il faut fixer tes prix : à chaque poste son prix. Et, il faut toujours exiger l’avance de l’intégralité du montant.


Tu as vu, tu t’en souviens, ce que j’ai fait avec l’autre, l’ex chef d’Etat Major de la gendarmerie national ? Je l’ai réhabilité en contrepartie de la cession d’un important lot de son patrimoine foncier. Je n’oublie pas ça.


Il ne faut pas dire que je suis un ingrat. Je ne suis pas un ingrat. Je n’oublie pas ce que ton père a fait pour moi. Mais, s’il te plait, dépose le couteau. On peut discuter sans couteau. Pas besoin de crier, il y a les petits gardes, qui sont là. Baisse ta voix.


Je vais te donner une malle. Calme-toi. Je vais te donner l’une des malles d’euros. Deux, c’est impossible, on ne pourra pas honorer nos engagements avec les sri-lankais. D’accord, dépose le couteau. Une autre malle en dollars. Je vais te la donner. Mais, dis à notre fille, s’il te plait, de dire à son mec de diminuer le prix de sa charcuterie. Ses prix sont excessifs. Il va lui offrir, la charcuterie ? Tu en es sûre ? C’est bien, ma fille, ma fille, ma fille’’…


Mouna Mint Ennas

Lettre de Moulaye Ould Mohamed Chein

  • PDF

 

En l’occasion du 54ème anniversaire de l’indépendance de la République Islamique de Mauritanie, je tiens à féliciter tous mes chers concitoyens libres, égaux et fraternels. Je demande au Tout-Puissant de bénir notre Mauritanie ainsi que ces habitants et ses fils un peu partout dans le monde.

Contrairement à ce que beaucoup de ma génération aurait vécu, je n’ai pas vraiment eu la chance de célébrer cette fête avec mon papa, Feu Mohamed Chein Ould Mouhamadou.

Pour ceux qui ne le connaissent pas, papa était le bâtonnier de l’ordre des avocats mauritaniens et l’un des meilleurs que ce pays connaitra.

Il fût aussi yarehmou ancien sénateur de la commune de Bababé, président de la commission des affaires étrangères et de la défense du sénat mauritanien, doublement membre du barreau mauritanien et français et membre actif important du parti des Kadihines de Mauritanie, le célèbre parti de jeunes non autorisé du gouvernement Daddah.

Sa mémoire m’a inculqué le sens de la justice patriotique, non seulement musulmane mais moderne. Il m’a appris à ne pas faire la différence entre les couleurs de peau ou les noms de famille tant que l’on ne touche pas à ma personne, il m’a appris que la liberté de l’un s’arrête là où commence la liberté de l’autre.

Aujourd’hui, majeur et vacciné grâce à Allah et à l’amour avec lequel m’a entouré ma mère, Mentate Mint Mouhamadou depuis ma venue au monde et c’est en grande partie à elle que je suis ce que je suis actuellement.

Justement, en cette occasion, j’aimerais accentuer ma contribution sur la justice sociale en Mauritanie.

Nous sommes issus du même pays, de la même famille si j’ose dire. Accomplir une justice sociale véritable.

 

Et durable est un défi de taille pour ma génération mais, pour voir le changement que l’on veut voir autour de soi, il faut l’incarner et c’est ce je compte faire.

Se taire et laisser faire est une pratique courante dans notre pays et encore plus dans ma société, enfin ça l’a été mais plus aujourd’hui.

Je suis appelé à me surpasser, à casser les tabous, les coutumes, les traditions, à dire ce que je pense être la vérité irréfutable, mon droit de pensée et d’expression qui me revient.

Je voudrais par cet article, prouver l’existence, la maturité et le sens de la responsabilité de ceux, qui comme moi, ont vu leurs destins, leurs jardins privés, ce qui définira plus tard leurs caractère social, se faire devant leurs yeux sans qu’ils y soient impliqués.

Nous, la jeunesse actuelle, sommes toujours considérés comme ignorants de ce qui est juste et sur tous les plans, notre avis n’est toujours pas égal à nos aînés. Pourtant, nous sommes égaux devant notre Créateur et théoriquement la loi.

Devant un tel fait, nous ne comptons pas me laisser faire ni nous taire, cette époque est désormais révolue.

En cette occasion, je lance un appel à tous les justiciers trompés, mutilés par le silence et par la société, à changer la donne en se libérant de ce fardeau.

Je veux aussi envoyer un message aux générations qui m’ont précédé pour dire que la période de silence prend fin ce 28 novembre. Nous sommes grands tout comme vous et nous avons notre place tout comme vous. Craignez Allah avant que votre dictature ne tombe, avant que le masque ne se défasse et avant que le rideau ne s’ouvre pour laisser place à un nouvel acte dans notre République Islamique de Mauritanie.

Le jour viendra où notre silence paiera, où notre nonchalance tombera et où pouvoir s’installera.

Nous ne sommes guère pressés de l’attendre après 24 ans. Allah est avec les patients et à Lui Seul que reviens la balance de la véritable égalité. Bonne et heureuse fête à vous tous, mes chers compatriotes silencieux. Vive la victoire de la justice Vive le changement de génération Vive la fin du crime impuni.

 

Moulaye Ould Mohamed Chein

Birame: Depuis que son hameçon ne mord plus, il n'en démord pas.

  • PDF

Bientôt viendra Birame dans les bureaux et les maisons exiger de céder les voitures aux chauffeurs parce qu’ils les utilisent plus que les propriétaires. Comme cela a été le cas à Rosso où selon sa logique  les terres agricoles doivent appartenir à ceux qui y travaillent car ils sont souvent "faiblement rémunérés", De quelles rémunérations parle-t-il, qu’est-ce qu’il en sait ?

Qui sont en réalité les propriétaires de ses terres ? Ne sait-il pas que cette frange qu’il prétend défendre, sans aucun titre ni mandat est majoritairement propriétaire desdites terres. Birame ferait bien de commencer déjà par balayer devant sa porte ! Combien sont payés ses domestiques ? A y voir de près, ils sont certainement sous payés par rapport à ceux qui travaillent paisiblement dans ces terres et gagnent dignement leurs vies

. Birame montre aujourd’hui clairement son essoufflement, il est à cours d’idées et cherche aveuglement à troubler l’ordre public. Son incapacité de porter atteinte à la cohésion nationale le conduit pathétiquement à entraîner une poignée de personnes avec lui dans l’indiscipline et le manque de civisme.

Il est connu de tous que le phénomène de l’esclavage en Mauritanie n’existe que sous la forme de séquelles aujourd’hui, laquelle forme est en phase d’éradication par les pouvoirs publics à travers des programmes de développement pertinents dans les zones les plus pauvres du pays

L' agence Tadamoune a été créée à cet effet, Birame devrait se diriger vers cette agence pour exposer les problèmes de ceux qui ne l’ont même pas mandaté, s’il veut être efficace et prouver que ce n’est pas le trouble de l’ordre public et l’instrumentalisation de la question de l’esclavage qui l’animent. En ancien greffier, il est bien placé pour savoir que la législation mauritanienne incrimine toute pratique esclavagiste et en punit les auteurs. D’ailleurs les quelques cas isolés qu’il avait exposés il y a quelques années ont été traités et punis au vu et au su de tout le monde. Depuis, son hameçon n’a plus mordu. Nostalgique, il n’en démord pas.

El Id Ould Mbareck

 

 

Hommage à Nourredine

  • PDF

Il n’était pas seulement fondateur de Cridem, mais et surtout celui qui a offert aux mauritaniens une tribune libre inédite, pour s’exprimer librement. Il s’est investi jusqu’à son dernier souffle pour nous  informer en temps réel, en relayant l’information en toute objectivité. Il a permis aux sans voix de s’exprimer ouvertement comme sous le sceau de l’anonymat, loin de toute censure, au point d’en faire assez souvent les frais.

C’est en 2006 que j’ai découvert Cridem, tout de suite j’ai été séduite par ce portail qui répondait à un vieux rêve. Depuis, je m’y suis inscrite et je participais régulièrement aux débats en toute liberté. Claude me disait : « Tu fais partie des personnes qui font vivre Cridem ! »

Au fil du temps, et au gré des événements, je continuais à poster de plus belle sur Cridem et notre amitié s’est renforcée. Même quand on n’était pas d’accord, Claude mettait en ligne mes soumissions aussitôt envoyées. J’intervenais aussi pour des raisons ou d’autres auxquelles il n’adhérait point, mais il respectait mon opinion.  Quand, en 2010,  j’ai décidé de créer mon site électronique, je lui en ai parlé et cela n’a pas changé nos rapports toujours cordiaux.

Mon ami Nourredine n’est plus, il est parti avec son amour pour mon pays, sa ferveur pour la liberté d’expression et son sérieux dans le travail. Qu’il repose en paix et que la terre lui soit légère.

En cette douloureuse occasion, je présente à mon nom personnel et à celui de la rédaction de gps, mes condoléances les plus attristées à ses enfants, son épouse, sa famille et à tous les épris de la liberté d’expression.

Nous sommes à Allah et à Lui, nous revenons.

Hindou Mohameden Baba

 

 

 

 

 

Maurichronique : L’ânesse “bleue” est de retour…

  • PDF

Notre ânesse ‘’bleue’’ est de retour. On s’est beaucoup inquiété. On a cru à un égarement sans fin. Sans lendemain. On a eu peur. Trop peur. Elle est revenue. Repue. Potelée. Et elle brait désormais avec les ânes. Reprend même ses joies antiques. Des trots pour des raisons qui échappent aux humains que nous sommes.

Mais, non ! Mais, non ! Que dire ?  Que dis-je ? J’étais, là. Je n’ai pas quitté le terroir. Oui, de l’embonpoint. Des pâturages dans le pré voisin.  Je broutais. Et je disais à chaque fois, comme disaient mes ancêtres, reste à ras le sol, reste à ras le sol. Et je broute. Et vous, pauvres de vous, inquiets  sur mon sort,  vous jurez même de mon égarement parmi les campements.

 

C’est dans la poésie, ces  choses-là. La fiction. La légende. ‘’Ô ! Dieu fasse que le troupeau de la bien-aimée ne s’égare parmi la confusion  des campements et que son ânesse ne trébuche dans ces monts et ravins!’’ C’est de la poésie. Les poètes de vrais désœuvrés.

 

Je ne suis ni le troupeau de la bien-aimée, qui s’égare, ni son ânesse, qui trébuche. Je suis l’ânesse ‘’bleue’’. Et je suis de retour. Je broutais dans le pré d’à côté. Et je dis à chaque fois à l’herbe, reste, reste à ras le sol. Et vous vous inquiétez ! Et vous, vous dites ras-le-bol !

Je suis devenue sophistiquée. C’est pourquoi vous ne me voyiez pas. Vous cherchiez l’ânesse ‘’bleue’’. Je le suis. Mais sophistiquée. Je vous ai vus passer par-ci et par-là. Vos lampes torches, parcourant de leurs lumières mon pré, m’aveuglaient les yeux, troublaient ma quiétude, et ne me découvraient pas.

 

Les éclaireurs hélaient, portant des sébiles, dans l’espoir de me faire revenir. Ils remuaient les petites graines, qui émettaient des voix pathétiques et  réconfortaient, à chaque fois, parvenues à mon oreille, mon instinct.

 

Vous cherchiez l’ânesse ‘’ bleue’’. Vous ne cherchiez pas la sophistiquée que je suis devenue. Eh ben, je suis devenue sophistiquée. Je suis une foreuse. Je fore. Je dis ras le sol. Et au bas du sol. Vous ne voyiez rien. Vous ne sauriez me voir foreuse, parce que vous me cherchiez ânesse ‘’bleue’’, avec vos lampes torches qui n’éclairent que les ânesses, qui trébuchent dans les monts et  ravins, ou les troupeaux qui se confondent dans la mêlée des campements.

 

Je fore. A ras le sol. A ras du fonds. Tous les fonds. Je suis foreuse. Appelez-moi, si vous le voulez bien,  ‘’ânesse bleue’’ !

 

 

Mouna Mint Ennas

rmibiladi.com

La révolution ratée (1)

  • PDF

La révolution ratée (1)

Selon Mohamed el Mokhtar Echinguitty, l’un des théoriciens et intellectuels de la mouvance islamiste mauritanienne qui est établi au Qatar où il enseigne, le «printemps arabe» a bien produit «une révolution», sinon «il n’y aurait pas eu de contre-révolution dans les pays concernés par ce printemps». L’on a envie de discuter cette perception des soulèvements sociaux de 2010-11 qui ont eu pratiquement la même destinée.

Le cas tunisien qui est encore en gestation et son issue reste incertaine au regard des risques réels que lui font courir les extrêmes (islamistes et athées, l’un et l’autre croyant détenir une Vérité à imposer aux autres).

C’est donc une exception qui peut trouver son explication dans le niveau d’éducation en Tunisie, dans l’ancrage de l’Etat et le parcours historique qui fait qu’au milieu du 19ème siècle, ce pays avait déjà sa Constitution, comme il fut le premier – avant la France – à abolir l’esclavage.

L’existence aussi d’un idéologue tunisien qui a fait toutes ses relectures pour enfin choisir d’inscrire son action et celle de son groupe dans le sillage de la bataille pour la modernisation de nos sociétés.

Rachid Ghanouchy quoi qu’en disent ses détracteurs, a pesé de son poids pour éviter à la Nahda, le mouvement islamiste qu’il inspire et dirige, de verser dans le sectarisme. Trouvant une forme d’équilibre – temporaire peut-être – entre forces politiques et sociales permettant une transition qui va durer certainement le temps de trouver le système politique qui stabilise les institutions tunisiennes.

Mais qu’en est-il des autres pays ? De l’Egypte où la «voracité» des Frères Musulmans les a empêchés de regarder où ils mettaient le pied et sur quel trépied fallait-il s’appuyer pour faire les premiers pas.

Le trop d’engagement en vue de pacifier les relations avec l’Occident – y compris en continuant à promouvoir la normalisation avec Israël – les a éloignés de leurs principes, les démystifiant du coup aux yeux de leurs soutiens et sympathisants. La volonté de tout accaparer tout de suite leur a fait commettre des fautes qui ont entrainé les fractures provoquant et justifiant le coup d’Etat de l’Armée.

Remettant à jour la question de savoir si le monde arabe avait ou non atteint la maturité qui lui permettrait d’assumer un système qui conduit à l’alternance pacifique au pouvoir. N’oublions pas que toute l’Histoire de l’espace arabe n’a jamais vu le pouvoir passer d’une main à l’autre que par la force qui le prend ou par la légitimité du droit à la succession.

En Libye, l’interférence de puissances étrangères aux côtés des rebelles s’explique par le soutien accordé par certains pays pétroliers dont le Qatar aux opposants libyens affiliés à la confrérie des Frères Musulmans.
Mais la stratégie adoptée qui fit de la destruction de la Libye un objectif à atteindre en même temps que la destitution du dictateur Kadhafi, cette stratégie a laissé derrière elle un chaos dont il est impossible de sortir à présent. La guerre civile fait aujourd’hui des victimes, la partition du pays semble inévitable et aucune révolution n’a eu lieu.

En Syrie, les revendications légitimes des populations ont vite été récupérées par des organisations islamiques – modérées ou radicales – fortement soutenues par les mêmes monarchies pétrolières qui ont poussé vers la déstabilisation de toute la région. Les protestations pacifiques se sont vite transformées en affrontements armés.

La Syrie est devenue le théâtre de guerres d’influences entre factions radicales de l’islamisme politique violent, chacune dépendant plus ou moins étroitement de l’une des monarchies. En moins de trois ans, la Syrie est effectivement détruite sans qu’il y ait une avancée démocratique.

Au Yémen, la situation est celle que nous suivons en ces jours où la faction des Huthiyine a réussi à occuper la capitale et à imposer la démission du gouvernement. Ce ne sont pas les gesticulations de l’Envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU qui vont empêcher ce pays de sombrer une fois encore dans le chaos.

En Irak, c’est bien la «révolution» promue et finalement réalisée par l’Armée américaine, c’est cette révolution qui a fait de ce pays une contrée du Tiers Monde où la misère et la malnutrition font désormais partie du quotidien des populations. La naissance et le développement du phénomène des bandes armées dont celles de l’Etat Islamique, font partie du plan de partition de la Nation irakienne. Le chaos d’aujourd’hui s’explique largement par la bêtise qui a été à la base de l’action de «la communauté internationale» qui s’est contentée de suivre aveuglément George W. Bush dans son entreprise revancharde.

…A qui la faute ? Aux Occidentaux bien sûr qui ont à chaque fois privilégié l’utilisation sans discernement de la force à la réflexion profonde qui prend en compte toutes les problématiques qui pourraient surgir.

A leurs alliés arabes : les Etats qui, pour masquer leurs situations intérieures (arriération, arbitraire, inégalité, injustice), ont adopté une fuite en avant en légitimant le recours à la violence des pays Occidentaux ; les avant-gardes politiques dont les Frères Musulmans et avant eux les Libéraux (toutes tendances confondues) qui ont cru qu’en accompagnant «la communauté internationale» dans ses aventures, elles trouveraient une place sur l’échiquier du nouvel ordre promis par les maîtres du jeu.

Les Islamistes, comme toutes les avant-gardes du Monde arabe, se sont trompés quand ils ont cru qu’un ordre plus juste, plus équitable importait vraiment quand il s’agissait de bouter Saddam Hussein du pouvoir.

Ils se sont trompés nouvellement quand ils ont cru que le mouvement social qui a secoué les pays en 2010-11 serait promu par les Etats Unis et leurs alliés pour en faire une révolution et asseoir un système politique nouveau. Ils continuent de se tromper en nous servant «un projet révolutionnaire» concocté dans les cercles de réflexion financés et entretenus par des monarques rétrogrades servant les intérêts des plus forts.

Source : Mohamed Fall Oumeir

 

Nouvelles d’ailleurs de Mint Derwich : Murs….

  • PDF

Nouvelles d’ailleurs de Mint Derwich : Murs….

Les Saoudiens auraient dû nous consulter avant d’investir des millions dans la construction de leur mur censé les protéger des incursions des djihadistes de tout acabit qui gambadent allègrement à leurs frontières, « joyeux » mélange de tendances extrémistes, chacune ayant son propre calendrier, ses propres objectifs, sa propre mémoire, son idéologie, ses combats, ses « Dieu est avec moi », etc…

Je ne m’appesantirai pas sur l’ironie de cette construction pharaonique qui voit les créateurs, les financiers, les soutiens de cet Islam rigoriste être obligés de se prémunir contre leur bébé.

Depuis ce que j’appelle la « création de la tradition » ou comment inventer, afin de mieux recruter, une « mémoire » sur qu’est ce que le Califat (l’argument ultime du Daech), son « islamité » et, surtout, depuis l’Afghanistan où, pour contrer le « mal » communiste, les alliances contre-nature entre les Etats Unis et les Saoudiens, ont ouvert la porte à toutes les dérives, partout où le regard porte, nous voyons la marque wahhabite.

A force de vendre aux occidentaux des discours comme « acceptez, négociez, avec ces extrémistes là, car ceux qui arrivent sont encore plus barbares » », nous voilà avec une pléthore de « plus extrémistes que moi tu meurs »….

Bref… Résultat de toute cette sauce : les Saoudiens s’emmurent. Ils en ont les moyens.

Mais ils auraient pu économiser tout cet argent. Et nous prendre comme modèles. Nous aussi avons nos murs. Ils sont invisibles mais d’une efficacité redoutable.

Ces murs étant « plantés » de façon aléatoire et ne figurant sur aucune carte, nous sommes devenus, par la force des choses, un peuple de gens qui rebondissent contre des murs invisibles.

Certains se retrouvent écrasés lamentablement contre ces murs invisibles. Il leur faut un temps certain pour récupérer du « je viens de m’écraser lamentablement contre du vide »…. D’autres, experts en la matière, marchent les bras tendus devant eux, à la recherche du « mur perdu ». Ce sont les petits malins, qui ont, dans une expérience antérieure, déjà testé le grand « ratatinage ».

Du coup, partout où le regard du Nous Z’Autres lambda porte, il ne voit que vols planés, décollages de corps divers et variés, triple salto arrières, écrabouillages…

Vu notre faculté d’adaptation à tout et n’importe quoi, surtout à n’importe quoi, certains d’entre nous ont développé des grâces aériennes, s’explosant avec grâce…. C’est beau un boubou en envol artistique…

Nous sommes le pays aux murs invisibles qui ne sont jamais à la même place, des murs migrants. Des murs statiques, ça ne serait pas rigolo. Là où il n’y a pas de gêne il n’y a pas de plaisir n’est ce pas ?

Même sur les plateaux télé, il y a des murs invisibles.

Le débat sur Chinguitty TV entre Samba Thiam (FPC, ex Flam), Lo Gourmo, Abdessalam Ould Horma (Sawab) et Bilal Ould Hamza ne fut qu’une histoire de mur, le premier d’entre eux : comment échanger, débattre quand on ne parle pas la même langue.

Un bel exercice vain de gens qui ne se comprenaient pas.

Pas de traducteurs, pas de passerelles….Juste des mauritaniens se regardant en chiens de faïence et ne comprenant pas ce que disaient les autres. C’est notre mur à nous : la langue, la cohabitation, l’entente, le partage… Il est nous, invisible et, en même temps, si palpable.

Il est notre mur « porteur », celui où sont agrégés d’autres murs, sous murs de sous murs : les murs de l’ignorance, les murs de l’incompréhension, les murs du mépris, les murs de l’acculturation, les murs politiques, les murs rejets, les murs défiance, les murs bêtises, les murs peurs….

Chacun rebondit contre ces murs, avec, parfois, des murs « rencontres »… Nous voilà donc heureux Z’habitants d’un pays emmuré vivant dans ses contradictions.

Quand d’autres avancent, nous nous construisons des murs « à reculons »…. Le seul avantage c’est qu’ils ne coûtent rien…si l’on peut penser que la mort de notre intelligence est une perte mineure.

En quoi une traduction aurait elle été impensable ?
En quoi traduire nuit-il à la cohabitation ? En quoi serait-il honteux et anachronique de faire de manière que tout le monde puisse s’entendre, se comprendre ?

L’arabe ou le halpulaar seraient ils dévalorisés s’ils étaient traduits ? Un débat sur la cohabitation aurait mérité mieux que cette émission lamentable.

Pour résumer cette émission massacrée, voilà ce qui me vient à l’esprit : une phrase dans toutes les langues de notre République, (et pourquoi pas ? Nous pourrions inventer notre langue officielle, la langue des Nous Z’Autres ; nous ne sommes plus à une incongruité prés) :

Pardonnez la transcription phonétique….

« Hasunka Mariemou (soninké, Bonsoir), khouti, lekwar khbarhoum (hassaniya, mes frères, que font les négro-mauritaniens ici,), minanta safaroré (Halpulaar, Je ne comprends pas), réro amoul niak wakhtane rek am (wolof, Tout malentendu vient de la communication….), problemou mania (Bambara, Les problèmes c’est pas bon) ! »

Bref… Vendons donc notre « technologie » de la surdité aux saoudiens….Pour une fois que c’est nous qui leur vendrions autre chose que nos policiers….

Salut !

Mariem mint Derwich

Qui a (encore) peur du FLAM?

  • PDF

Qui a (encore) peur du FLAM?

La tenue à Nouakchott du 8ème congrès du Front de libération des Africains de Mauritanie (FLAM) suscite un tollé.

D’abord autour de la vision de ce mouvement dont la démarche politique consiste à aller jusqu’à demander que soit appliqué le régime de l’autonomie en Mauritanie. Soi-disant pour permettre plus d’équité envers les minorités ethniques et culturelles.

Le tollé est aussi suscité par la présence de représentants de partis reconnus comme Tawaçoul – particulièrement Tawaçoul – à la cérémonie d’ouverture.

En s’abstenant de s’en prendre aux autres partis comme celui du Mouvement pour la Réforme (MPR de Kane Hamidou Baba), du Parti pour la liberté, l’égalité et la justice (PLEJ de Ba Alassane) ou encore de l’Alliance populaire progressiste (représentée par une forte délégation dirigée par son secrétaire général, Ladji Traoré), ceux qui paraissent scandalisés révèlent ce qu’ils sont réellement : des racistes qui reprochent la présence d’un Arabe parmi le FLAM tout en passant sous silence la présence de Négro-africains ayant le même statut. (On doit reprocher aussi au chef du parti islamiste d’avoir cherché à se justifier d’un acte normal).

Le tollé provoqué par les propos du FLAM n’avait pas ses raisons d’être. Sur le plan purement du principe, le FLAM, même s’il ne s’agit pas de parti reconnu, a le droit d’avoir sa vision, de la discuter et de la présenter publiquement. On ne peut pas prôner le dialogue, prétendre défendre le droit à la liberté d’expression et en même temps agir pour priver des concitoyens de l’exercice de ce droit.

On ne peut pas non plus accepter pour les uns tous les excès, refuser pour les autres une expression politique somme toute ancienne.

Accepter pour les uns d’appeler plus ou moins explicitement à la violence pour renverser un pouvoir issu d’une élection, de ternir l’image du pays en le présentant comme terreau de la criminalité internationale (drogue, terrorisme…), de fomenter des affaires en vue de déstabiliser le pays et de remettre en cause sa cohésion et refuser aux autres de prétendre parler au nom d’une communauté pour revendiquer ce qu’ils estiment être un droit. Mettons les exagérations, les fautes d’appréciation, les mauvaises lectures de la situation…, sur le compte des difficultés pour le mouvement de revenir en Mauritanie.

Il n’y a rien de nouveau dans le discours du FLAM. Ce mouvement qui a déjà pris les armes contre la Mauritanie et qui a favorisé, parfois revendiqué, des incursions armés qui ont fait de nombreuses victimes au lendemain des évènements de 1989 (attaques meurtrières perpétrées fin 89-début 90 à partir du Sénégal), a choisi depuis longtemps de passer à la lutte politique pacifique.

Et s’il n’a pas réussi à se transformer en parti depuis la libéralisation de la vie politique, il a donné plusieurs partis dont certains sont aujourd’hui représentés au Parlement. Sa présence comme courant a toujours marqué l’espace politique mauritanien, soit en association avec d’autres mouvements au sein d’un parti unitaire comme l’UFD (ancien FDUC), AC, APP, soit au sein de partis clairement sectaires comme le MPR, l’AJD/MR ou le PLEJ.

Cette présence n’a jamais dérangé l’espace politique et ne l’a jamais menacé. Après tout, les animateurs de ce qui reste du mouvement sont pour la plupart à l’étranger depuis près de quatre décennies. L’exil (et les droits d’asile) les ont coupés peu à peu du pays et de l’évolution qu’il connait.

Pour faire dans le bref, nous dirons que ce qui tient congrès aujourd’hui à Nouakchott, c’est ce qui est resté du FLAM après les débauchages soit par les formules citées plus haut, soit par le ralliement du pouvoir à différentes périodes.

Le FLAM ne représente pas la communauté négro-africaine. Il est pour elle ce qu’un parti Baath ou Nassérien est pour la communauté arabe. C’est-à-dire une expression politique qui pose la problématique de la cohabitation en termes identitaires qui sentent l’exclusion et le sectarisme. C’est dire donc que rien ne justifie ce branle-bas ethnique que les activistes du net tentent d’entretenir.

Toute vision nationaliste ou communautariste (parce qu’elle pose les problèmes d’une communauté) devient fatalement sectaire. Elle est dangereuse seulement si elle trouve un environnement favorable à son partage et à son expansion.

Dans le cas d’espèce, si nous continuons à nous ignorer les uns les autres, à refuser de revenir à nos ambitions premières pour la Mauritanie qui devait être terre de convergence, à nous ressourcer de notre Histoire commune, à nous parler, à s’écouter les uns les autres…, on ne peut pas parier sur un avenir commun. Que cela prenne la forme d’un éclatement en territoires communautarisés ou celle d’affrontements entre factions, c’est la même chose car cela signifiera la fin de ce pays.

Nous n’en sommes pas là. D’une part parce que la Mauritanie n’est pas un pays à diviser : où est la portion du territoire – si petite soit-elle – qui ferait une entité à part entière ? Où se trouvent les territoires Soninké, Pulhaar, Wolof ou Arabe ? Où est-ce qu’il est le pays de tel ou tel groupe ethnique et/ou tribal ? C’est une chimère de plus qui ne peut nourrir un projet.

D’autre part, nous avons accumulé assez d’expériences en matière de votes et d’expressions démocratiques, pour savoir que le peuple mauritanien rejette ces visions sectaires que certains acteurs politiques tentent d’utiliser en instrumentalisant des injustices réelles. Les partis qui se revendiquent du spectre nationalitaire n’ont jamais totalisé plus de quatre mille voix sur l’ensemble du territoire national.

Nous n’avons pas encore oublié les propos amers du candidat Sarr Ibrahima qui ne comprenait pas comment le candidat Ould Abdel Aziz pouvait largement le battre dans les camps des rapatriés qu’il croyait avoir servi tout ce temps. C’est bien cette raison qui l’a convaincu d’abandonner le terrain politique partisan et de se replonger dans ce qu’il sait très bien faire : la création littéraire.

Le peuple mauritanien n’est pas dupe. Contrairement à l’idée que s’en font ses politiques. Il sait toujours que l’avenir est dans la communauté de destin et non dans la division. Personne ne doit avoir peur du FLAM. Sauf quelques officiers reconvertis dans la politique, devenus ou non chefs de partis et qui ont peur à l’évocation de tout débat sur la question nationale. Car ce débat ne peut faire l’économie du devoir de mémoire. Notamment sur les évènements de 90-91 où ils furent acteurs ou complices (actifs ou passifs) d’exactions impunies jusque-là.

Comme eux, ces administrateurs, anciens gouverneurs de régions, anciens préfets de départements, anciens responsables de la sécurité à l’époque des faits, anciens hauts responsables dont ministre de l’intérieur…, ceux-là ont plongé dans l’exercice de l’arbitraire contre des populations civiles qu’ils ont expulsées avant de les exproprier.

Tout ce monde a peur de tout ce qui peut ramener la question de la gestion de ce dossier par le régime de Ould Taya. Le congrès du FLAM et la revendication d’autonomie sont justement l’occasion de savoir pourquoi on en arrive là.

Source : Mohamed Fall Oumeir