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Référendum du 5 Août 2017 : La voie vers un troisième mandat est-elle ouverte ?

Référendum du 5 Août 2017 : La voie vers un troisième mandat est-elle ouverte ? Saidou Diallo - Il n’est un secret pour personne, que dans le cadre d’une opération référendaire, le libellé de la question a une incidence sur le choix de la réponse.

D’où l’intérêt d’une question avec des termes clairs et précis, ce qui malheureusement n’était pas le cas lors du référendum de ce 5 août 2017. Le projet de réformes constitutionnelles initié par le président Mohamed Ould Abdel Aziz portait sur deux séries de questions distinctes. Mais, on peut se demander la question de savoir, si les mauritaniens étaient au fait de ce pour quoi ils s’exprimaient ?

La commission électorale nationale indépendante (CENI) à laquelle revient l’organisation et la supervision des opérations électorales, a mis à la disposition des électeurs des spécimens en vue de se préparer à l’opération de vote.

Les mauritaniens qui se sont rendus aux urnes, soit 53 % des inscrits sur les listes électorales (1.389 092 personnes) devaient répondre à une première question relative au changement du drapeau national.

Cependant, si on peut lire sur le spécimen de la CENI, qui doit préparer les électeurs au vote : Approuvez-vous par OUI, NEUTRE, NON la révision constitutionnelle des modifications à l’article 8 de la Constitution du 20 juillet 1991.

Elle est relative notamment au drapeau national. L’emblème national est un drapeau portant un croissant et une étoile de couleur or sur fond vert, portant, sur chaque coté une bande horizontale, rectangulaire de couleur rouge, on ne retrouve pas les deux dernières phrases précitées sur les bulletins de vote. Car sur le bulletin bleu, correspondant à ce point du projet de réformes constitutionnelle, il est écrit : Approuvez-vous le projet de loi constitutionnelle référendaire portant révision de l’article 8 de la Constitution du 20 juillet 1991 ?

Or cette formulation, contrairement à celle du spécimen, inclut à la lecture de la constitution, aussi bien le drapeau national, que le sceau national et l’hymne, même si ces deux derniers symboles sont fixés par la loi. Pour rappel, l’article 8 de la constitution est libellé comme suit - Article 8 : L’emblème national est un drapeau portant un croissant et une étoile d’or sur fond vert. Le sceau de l’Etat et l’hymne national sont fixés par la loi.

Force est de constater que pour un néophyte en droit constitutionnel, l’absence de ces deux phrases précisant le périmètre et l’objet de la sollicitation est susceptible d’impacter le choix des électeurs. Ces différentes zones d’ombre précitées sont susceptibles de remettre en cause l’ensemble de l’opération référendaire.

Mieux encore, l’entourloupe résiderait davantage, sur la seconde question posée aux électeurs tant elle manque de clarté. Le libellé de cette question est capital car durant le vote, il y a un face-à-face solitaire entre le citoyen-votant et la question référendaire. D’où l’exigence de clarté, afin de savoir sur quoi exactement portera le choix du votant.

Ainsi, sur la seconde série de question relative à la reforme institutionnelle, le spécimen a le mérite d’être plutôt très clair avec une question où on énumère les dispositions soumises au référendum. Approuvez-vous par OUI, NEUTRE, NON la révision constitutionnelle de certaines dispositions de la constitution du 20 juillet 1991. Elle est relative à certaines institutions de la République :

- Suppression du sénat et transfert de ses attributions à l’assemblée nationale

- Création de Conseils régionaux élus pour la promotion du développement local

- Institution aux lieux et place du Haut Conseil Islamique, du Médiateur de la République et du haut conseil de la Fatwa et des recours gracieux, d’un Haut Conseil de la Fatwa et des recours gracieux.

Ce libellé contenu dans le spécimen détaille les dispositions constitutionnelles faisant l’objet de la consultation référendaire. La question liste les institutions à supprimer et celles qui seront créées. Donc elle nous dit les différents articles de la constitution qui sont soumis au projet de réforme. Cependant, cette énumération exhaustive des dispositions constitutionnelles sur lesquelles devrait se pencher le citoyen-votant, disparaît miraculeusement dans le bulletin jaune à introduire dans l’urne le jour du vote.

En lieu et place de la question précitée on retrouve celle-ci : Approuvez-vous le projet de loi constitutionnelle référendaire portant révision de certaines dispositions de la Constitution du 20 juillet 1991 ? De ce fait, on retrouve dans le bulletin de vote qu’une question aux contours vagues, sans objet précis, ouvrant la voie à toute forme d’interprétation.

Le problème se trouve ici dans le terme DE CERTAINES DISPOSITIONS DE LA CONSTITUTION. Ce pronom indéfini peut faire englober des dispositions constitutionnelles plus larges que celles énumérées auparavant. Ainsi l’objet exact et réel de la consultation disparaît. Cette disparition mystérieuse de l’élément explicatif de ce point du référendum fausse inéluctablement le choix de l’électeur.

Dès cet instant, le projet de loi référendaire n’est plus respecté. D’autant plus que l’objet du projet de révision constitutionnelle a changé de meeting en meeting, au gré des humeurs du président Mohamed Ould Abdel Aziz.

Car si la suppression de la Haute Cour était actée dans le projet de référendum, on a vu un Président de la République en pleine campagne revenir sur ce point. Or, une consultation référendaire qui ne veut souffrir d’aucune irrégularité, doit avoir un objet précis, claire et définitif sous peine de nullité. Le danger de ce pronom indéfini (certaines dispositions constitutionnelles) est qu’il peut faire sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels (article 26 et 28 de la constitution) ainsi que d’autres dispositions importantes.

D’autant plus qu’il nous est promis d’autres réformes à venir pour modifier et compléter la nouvelle constitution.

Ainsi, il suffirait qu’on élargisse le terme « Certaines dispositions constitutionnelles » à l’article 99 de la constitution relative à la procédure de révision constitutionnelle et de modifier l’alinéa 2 de cet article. Un amendement de l’article 99 alinéa 2 ou sa suppression contribuerait à faire sauter le verrou de la limitation des mandats, car c’est cette dernière qui détermine les limites matérielles de la révision constitutionnelle.

Diallo Saidou dit Thierno, juriste
Source : Cridem.org

 

Lettre ouverte à Tasiast Mauritanie et Tasiast_Communications@kinross.com (1) par Brahim Ould Boïdaha

Lettre ouverte à Tasiast Mauritanie et 
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 </script>(1)/par Brahim Ould BoïdahaObjet : Risque Santé populations Tasiast et cheptel

Chers messieurs,

Tout d’abord, un court aperçu, pour nous rafraîchir la mémoire et nous édifier davantage sur l’or, notamment en ses valeur et risques liés à son traitement. Nous avons besoin, préalablement, de connaître, avec précision, son importance et son rôle, dans l’économie mondiale. Ceci nous amène à dire qu’il est la matière la plus chère et prisée, aujourd’hui, sur notre planète. Voici, en quelques mots, son rôle dans l’économie mondiale.

En un, son dépôt, dans les banques d’émission des Etats et de la Banque mondiale, garantit la convertibilité de leurs monnaies en devises, pour satisfaire et favoriser les fluctuations, sur des bases solides, des échanges, les équilibres des balances de paiement et les financements des investissements extérieurs inter-états et de la Banque mondiale.

En deux, c’est de l’importance de son dépôt, dans les banques précitées, que découle la valeur monétaire de chaque pays déposant. En trois, voici sa cotation actuelle sur le marché de l’euro : le lingot d’un kilo d’or brut est à 39.000 livres et le gramme à 39 livres ; pour l’or fin, 40.000 livres le kilo et 40 livres, le gramme. Sa pureté est exprimée en carat (mesure historique).

D’une façon très raccourcie, rappelons, à ce sujet, la déclaration historique du Général de Gaulle, le 4 Février 1965. Elle indiquait que le volume circulant de dollars, sur le marché mondial, était beaucoup trop supérieur aux réserves américaines en or, entraînant, en conséquence, d’importantes inflations dans tous les pays. Et, qu’à partir de cette date, la France demandait le remboursement, en or, de ses avoirs en dollars.

La France fut suivie par les cinq autres pays européens, ainsi que l’avait prévu de Gaulle. C’est à partir de cette position française, courageuse et difficile à prendre, à l’époque, que des équilibres internationaux ont commencé à s’installer, dans les rapports économiques mondiaux.

Rappelons, enfin, pour votre enseigne, que Tamaya, symbole du projet, est un arbre généreux, dans le pays, par ses trois bénéfiques apports ; à savoir : ses fleurs et ses feuilles sont une excellente nourriture, pour toute espèce animale, et un heureux secours, surtout en période de soudure ; sa gomme est de qualité supérieure ; ses écorces sont le meilleur produit pour tanner les peaux. Ceci dit, nous craignons fortement que votre projet ne soit pas à la hauteur de la générosité de notre arbre.

Des procédures bafouées

Chers messieurs, après ce prélude impératif à meilleure compréhension du sujet, nous avons bien reçu, par voie de presse, votre dernier communiqué qui annonce, au-delà del’imposture, le démarrage de l’enquête commodo-incommodo, sur le projet Tamaya, omise dans le communiqué de Benechab, et révèle, en même temps, des zones d’ombre.

Le commentaire est idéaliste sur tous les problèmes qui peuvent se poser ou surgir sur le projet et leur identification, dans le processus de l’EIE. Pourtant et pour raisons environnementales, l’EIE semble omettre la nécessité de retourner les stériles à leur terre initiale, en fin d’exploitation, au lieu de les stocker de manière permanente.

Poursuivant les analyses de cette imposture, on constate les erreurs suivantes de procédure. Elles constituent bien des infractions à notre réglementation. Primo, la consultation secrète de Benechab, le 9/11/2016 ; secundo, le communiqué, antérieur à l’événement censé l’avoir précédé ; tertio, absence d’enquête commodo, pourtant première obligation de la procédure ; quarto, dépôt du dossier EIE (contenu ignoré) à l’approbation du MEDD, avant les résultats de l’enquête ; quinto, probabilité d’un même dépôt aux Mines. Il est donc démontré que la consultation de Benechab était bel et bien la charrue avant les bœufs, comme le dépôt, sans date, du dossier du projet Tamaya, pour approbation au MEDD.

Zones d’ombre et leçons d’une belle prose

Nous relevons, tout d’abord, que le permis d’exploration N°428 est dénué de la date de son obtention qui devait, normalement, figurer, avec ses références juridiques. Par ailleurs, si l’impact négatif a été reconnu, enfin, il a été minimisé au maximum, pour le traitement de quinze millions de tonnes de minerai aurifère, alors que les réactifs séparateurs sont nécessairement utilisés, en abondance, pour une quantité aussi importante.

Est-ce que l’étude de l’état initial annoncée couvre la période d’Août 2010 à fin 2016 ou uniquement l’incidence toxique de Tamaya ? S’agissant de la sécurité des vies humaines et leurs biens, l’état actualisé des lieux, sur le niveau de la pollution du site de la mine de Tasiast, après six ans d’exploitation, est une condition sine qua none à toute approbation.

Ce qui pose, à la fois, les problèmes de la fraîcheur de l’étude et de la notoriété de ses auteurs, en la matière. Ce constat rafraîchi dudit site doit être un préalable à l’approbation de l’EIE du projet Tamaya, pour mesurer, en temps utile, le niveau résiduel du risque mortel, après une expérience suffisante d’exploitation, « compte-tenu que l’apparition de son risque est latente ».

Cette contrainte devrait être même une « curiosité technico-intellectuelle » et une référence d’expérience en ce domaine, pour vous et les ministères concernés. Il est à retenir, pour les mémoires et l’histoire, que tant qu’il y aura un gramme d’or, en Mauritanie, à traiter, le risque mortel sera systématiquement posé.

Par ailleurs, la fusion préméditée, entre TML-SA et TML est-elle approuvée par les ministères des Mines et le fisc (les finances) ? Si oui,l e pays sera confronté à une perte de maîtrise sur sa plus importante richesse. Pourquoi ? Parce que c’est le signal, fort, que l’or mauritanien a émargé sur le marché de thieb thieb cette ingénieuse production de l’intelligence mercantile mauritanienne où se recycle, à l’heure actuelle, tous les produits de vols dans le pays, y compris l’esclavage.

L’avis signé, le 11/01/2017, par le préfet d’Akjoujt affirme qu’il n’y a pas de conflit de compétences avec Chami mais aucune carte géographique n’est présentée, pour lever le doute, d’autant plus que le gisement se situe à plus de quinze kilomètres au Sud de celui TML-SA. Il précise aussi que son avis n’est pas domicilié à sa mairie d’Akjoujt.

Nous remarquons, également, que le projet Tamaya a une durée de vie de trois ans d’exploitation intensive, sans précision, ni de la quantité d’or, en lingot, ni de sa qualité, en carat, bien que le gisement, qualifié de fosse ou puits, soit à ciel ouvert, avec une séparation naturelle entre l’or et le stérile. A cet égard, il est important que les Mauritaniens connaissent, avec précision, la quantité réelle et la teneur en carat de l’or qui sortira de leur précieux gisement à ciel ouvert, d’autant plus que la teneur est la seule base de la valeur commerciale.

Il est aussi rappelé que la durée de ce projet dépend, exclusivement, de la compétence de l’Etat et non du désir de l’opérateur-commerçant. C’est aisément compréhensible : l’Etat planifie sa politique économique sur une stratégie de développement répondant à ses besoins à court et long termes.

A partir de cette stratégie, il fixe les besoins de financement, directs et indirects, assis d’abord sur ses possibilités nationales où entrent, en priorité, ses richesses naturelles. A partir de là, il définit, annuellement, leurs apports, répartis entre ces différentes richesses et les quantités exportables, pour satisfaire les nécessités du financement de sa politique de développement.

Il est naturellement évident que ledit projet Tamaya s’inscrit bien sur cette plage : la ductilité de la durée de son exploitation dépend, donc, exclusivement de l’appréciation de l’Etat qui mesure, à la fois, les nécessités économiques et sociales. Cette durée est une décision souveraine qui peut être prorogée à dix, quinze ans ou plus, selon les besoins mesurés de l’Etat, à partir desquels il opère les ajustages, limite et harmonise, graduellement ; les exportations annuelles de ses ressources à ses besoins.

Impact économique

Aucun chiffre n’est donné, pour corroborer l’augmentation des revenus de l’Etat mauritanien, à l’heure où tout est mesurable préalablement. S’il ne s’agit, uniquement, que des 3% de redevances, après déduction des amortissements et des frais d’exploitation non suivis ni contrôlés, par les Mauritaniens, comme dans les cas de MCM et TML-SA, nous ne pouvons certainement pas nous réjouir d’être arnaqués à ciel ouvert, dans un passé relativement récent et le présent.

C’est une « Porte béante » (réf : Le Prélude). Les 3% sont moins qu’une pitance et inférieurs à une aumône charitable, surtout quand il s’agit d’or 24 carats, sommité de pureté du métal jaune. Or, l’or mauritanien est, précisément, reconnu de 24 carats, ce qui porte le manque à gagner du pays à 93%, par estimation relative.

Si le projet Tamaya est autorisé pour une exploitation triennale, il sied, au ministère des Mines, de prendre les précautions nécessaires pour préserver le pays du risque de brader une partie importante de sa richesse de bonne teneur, comme les mines d’or d’Akjoujt et de Tasiast dont la teneur déclarée, par les opérateurs, est de 24 carats, paraît-il.

Avant de donner son aval à l’exploitation de la mine de Tamaya, il doit, nécessairement, exiger la fourniture d’un compte d’exploitation et un bilan prévisionnels, à auditer pour certification de leur sincérité, par au moins trois experts différents, aux fins d’avoir un tableau de bord pour le suivi et le contrôle des postes de charges et d’amortissement duditprojet. L’usine de TML-SA est déjà largement amortie.

La modération usuelle, en prévisionnel, est de 10 à 15% de marge d’erreur, en plus ou en moins, mais son montant conventionnel doit être arrêté en accord préalable, entre les parties. Après ces formalités, la partition des intérêts est également à fixer, sans référence aux pratiques revêches précédentes, car les exploitations permanente et temporaire n’ont pas les mêmes seuils de tolérances.Toute autre adéquation ne peut s’expliquer d’une façon recevable et il ne restera que s’esbigner sur le manque de préservation de l’intérêt supérieur du pays, chose historiquement grave.

Impact économique régional

Sinon préciser que régional est au singulier, pour marquer l’exclusion de Chami et annoncer l’agrandissement d’El-khoubra, tirée du milieu de la nappe du territoire de ce dernier vers Benechab, il n’y a pas d’augmentation prouvée, spectaculaire régionale. Il indique aussi que l’économie régionale est au singulier, ce qui veut dire que Chami est exclu, d’office, des retombées économiques d’une richesse au centre de son territoire. Voilà qui est juste ? Quels sont, finalement, les périmètres de TML-SA et TML ? Chami, parent pauvre, est exclu de la seule ressource qui assurerait sa survie.

Larmes aux yeux, il supportera, tout seul, les souffrances de ses administrés et de leur cheptel, menacés des effets mortels du traitement du minerai au cyanure, et le poids de la sécurité de TML-SA et TML. Il ne sera même pas accompagné aux cimetières, pour l’enterrement de ses morts cyanurés. Mais, il a la promesse, non ferme, qu’il sera, à la fin de l’exploitation de TML, dans trois ans, décoré du mérite national.

Chers messieurs, ce tripatouillage, dans l’irrespect total du cheminement normal des procédures du pays, accompagné du si peu d’attention accordée, aux populations environnantes, sur les plans de la santé et du social, est de nature, à peine voilée, de démontrer et minimiser la maturité du mauritanien.

Au lieu d’expier,vous tentez de le rendre imperceptible ; sinon, de le feindre inaperçu. C’est tout de même surprenant et contraire aux plus élémentaires règles universelles de courtoisie, même, si l’aveuglement du gain facile, en Mauritanie, est bien présent.

Scandale à ciel ouvert ?

L’analyse fine des contenus des deux communiqués du 9/11/2016 et du 13/01/2017 nous offre, en lecture, une bonne littérature platonique, sans arguments crédibles, ni chiffres convaincants, nous rappelant les promesses, non tenues, de «l’expansion de TML-SA de 8.000/tj à 38.000/tj », annoncées, par communiqué Kinross du 29/04/2013, toujours lettre morte, à ce jour.

En somme, voilà votre comportement, peu chevaleresque, dans le pays ; la faiblesse du revenu de l’Etat, sur l’or ; le silence des intellectuels, particulièrement des économistes et de leurs auxiliaires financiers et statisticiens ; réunis dans la marmite bouillante de la Mauritanie, avec des relents, de plus en plus perceptibles, ces derniers temps, d’un scandale probable de l’or mauritanien.

Et voilà comment nous, en tant que partie doublement concernée, réitérons nos appels, nos observations et nos remarques, déjà publiés dans Le Calame n°1050 du 23 Novembre 2016. Nous réservons, de surcroît, tous nos droits d’ester, au moment le plus approprié, pour défendre les intérêts des populations Tasiast menacées, dans leur vie et celle de leur bétail, seule source de leur subsistance, et leur droit au dédommagement, comme nous le rappelions déjà, dans l’article précité du Calame.

En conclusion, la responsabilité historique des ministères MEDD et des Mines est engagée, sur les risques mortels des populations et de leur cheptel à Tasiast, et les intérêts supérieurs du pays, sur l’or de cette région. Les mémoires et l’histoire retiendront que l’avenir de l’or mauritanien dépend du résultat du traitement du projet Tamaya. A demain, donc.

Brahim Ould Boïdaha

Document amplifié au MEDD et MINES, au wali de Nouadhibou et au Calame.

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

A Mohamed Lemine Ould Ghaly Ould Abdel Hamid, in memoriam: un mois, jour pour jour

Les africains ont l’habitude de dire qu’il est difficile de porter un jugement de valeur sur un homme de son vivant. Je dirais, pour ma part, qu’il est encore plus difficile de le faire sur quelqu’un qui vient de quitter, tout récemment, ce bas monde, sans tomber dans les travers.

Mohamed Lemine Ould Ghaly Ould Abdel Hamid n’avait pas encore 27 ans. C’était un jeune homme pétillant de vie, plein de vigueur, propre à toute jeunesse, et hyperactif. Eduqué par ses parents dans la pure tradition mauritanienne islamique, il en a acquis les qualités principales : généreux d’âme, altruisme, sensibilité, hospitalité et politesse. Au point que, tout jeune qu’il est, il a très vite embrassé la cause des faibles et des démunis. Donner tout de soi-même, avec abnégation, aux autres qui vivent dans la détresse, était, pour lui, un sacerdoce, une exigence humanitaire et morale.

J’ai vu le jeune Mohamed Lemine Ould Ghaly Ould Abdel Hamid, pour la dernière fois, en septembre 2016, alors qu’il s’apprêtait à retourner en France pour terminer son  cycle de Master en gestion des ressources humaines. Il avait un bel avenir tout tracé. Malgré les aléas et les vicissitudes de la vie, en bon croyant, il restait toujours optimiste, se battait pour décrocher son diplôme, et revenir servir son pays, en bon patriote qu’il est.

Mohamed Lemine est à l’image de ses parents, qu’il aimait et chérissait. Son père feu Ghaly Ould Abdel Hamid a, à une période de l’histoire de la Mauritanie, consacré sa vie à la défense des droits de l’homme, à ses risques et périls, et ce dans un univers politique très hostile marqué par le règne absolu de régimes d’exception. Encore, chose rare en Mauritanie, Ghaly a quitté ce bas monde sans la moindre fortune, preuve que, malgré la possibilité, il ne s’est jamais laissé distraire par la frénésie de l’accumulation de richesses qui gangrène le pays. Sa mère, Hindou Mint Mohameden Baba Fall, est une femme connue pour son engagement pour les causes humanitaires. Derrière une silhouette frêle et une allure juvénile, se cache une femme très forte, au caractère trempé, généreuse et modeste jusqu’à l’excès. Par mon amitié d’avec la mère, j’ai eu la chance de fréquenter une famille pétrie d’une grande Foi en Allah, soudée, disponible et ouverte aux autres. Il n’est pas donné à tout le monde d’être comme elle.

Aujourd’hui, c’est une famille durement éprouvée par la perte d’un être cher. Malgré sa douleur indescriptible ; elle a fait montre d’une grande force et d’une admirable dignité face à l’épreuve. En se remettant à la Volonté d’Allah, le Tout Puissant. Perdre un fils qui bouclait son cycle d’études universitaires par un Master, après tant d’années passées sur les bancs des écoles, c’est comme voir la terre se dérober sous ses pieds.

J’ai été particulièrement peiné et choqué par les insinuations malveillantes d’une certaine presse mauritanienne, en mal du sensationnel, à l’égard de la famille, à l’annonce du décès de Mohamed Lemine. C’est très mal la connaître, elle, dont la Foi en Allah, l’Unique et le Créateur, a toujours été une conduite dans la vie. Chez elle, aussi, les livres coraniques sont partout, et aident, chaque jour, à fortifier cette Foi, sur le chemin de la droiture.

Mohamed Lemine a été arraché à l’affection de toutes et de tous ceux qui l’aimaient, le 16 Novembre 2016, dans un hôpital Parisien. Il n’avait pas survécu à ses graves blessures, à la suite d’un tragique accident. C’est, en effet, un conducteur automobile qui l’avait percuté violemment en plein Paris, alors qu’il était en compagnie de deux jeunes autres mauritaniens. La gravité du choc est telle que cinq jours, à peine, à l’hôpital, il rendit l’âme.

Le plus choquant dans ce tragique accident qui l’a emporté, est que son auteur, une fois son forfait accompli, a pris la fuite, ce qui dénoterait un acte prémédité. Et que la police française, malgré que la ville de Paris soit truffée de caméras, à chaque coin de rue ou de ruelle, a été incapable jusqu’ici d’identifier le meurtrier et l’arrêter. Comme si, pour elle, la douleur indicible de la famille est négligeable. Il faut que justice lui soit rendue.

Le 20 Novembre, c’est une foule immense qui s’est déployée à l’aéroport international de Nouakchott pour accueillir le de Mohamed Lemine, ramené en Mauritanie, en l’accompagnant jusqu’à sa dernière demeure. Cette  importante mobilisation autour du décès d’un jeune homme qui n’était qu’un étudiant en France, prouve, si besoin était, la forte impression que Mohamed Lemine avait laissée dans les cœurs et les esprits, de par sa personnalité exceptionnelle. Désormais, il repose au cimetière du Ksar.

A toute sa famille, ses proches parents et amis, je renouvelle mes condoléances les plus attristées. Qu’Allah l’enveloppe de Son Saint, Immense et Voluptueux Paradis ! Repose-toi en paix !

Inna lillahi wa inna ileyhi raajioune !

Mamadou Alassane THIAM

Journaliste

 

La crise syrienne et la résurrection diplomatique de la Russie/ Par Ahmedou Ould Moustapha (Suite et fin)

La crise syrienne et la résurrection diplomatique de la Russie/ Par Ahmedou Ould Moustapha (Suite et fin)Alors que la crise syrienne entame sa sixième année, cette réflexion de M. Ahmedou Ould Moustapha permet de faire prendre la mesure de ce qui se trame en Syrie. Elle apporte un nouvel éclairage sur les véritables enjeux de ce conflit et montre en quoi celui-ci fut une occasion pour la Russie de marquer, avec force, son retour sur la scène internationale.

Question d’intérêt géostratégique :

Le fait que les forces armées syriennes soient principalement équipées d’armes russes est sans doute très important pour l’industrie militaire de la Russe ; mais sa base navale de Tartous (en Syrie), seule porte d’accès à la méditerranée pour la marine russe, constitue un enjeu encore plus important.

La problématique du transport des hydrocarbures par oléoducs constitue également l’une des motivations particulières de Moscou : la Syrie est un carrefour stratégique par lequel pourraient transiter des oléoducs de pétrole et de gaz venant des pays du Golfe.

Cette perspective laisse envisager une marginalisation inéluctable du gaz russe au profit de celui du Qatar, à destination des pays européens, premiers consommateurs de cette énergie au monde.

D’où l’obstination de l’Arabie Saoudite et du Qatar qui cherchent coûte que coûte à changer le régime de Bachar El Assad et imposer un autre plus faible, sous leur influence, très éloigné de la sphère russo-iranienne et qui ne trouverait aucune peine à transformer son territoire en zone ou route internationale de transport d’hydrocarbures, traversant tout le pays, sur laquelle il n’aurait qu’une insignifiante souveraineté et ne pourrait donc y mener aucune activité de développement économique ou de toute autre nature.

C’est pourquoi, trouvant dans cette crise ‘’une pierre qui tue deux oiseaux’’, le Royaume saoudien et l’Etat du Qatar ont mobilisé non seulement d’importants moyens financiers mais aussi tous leurs moyens médiatiques pour abattre le pouvoir de Damas et, par effet de domino, le Hezbollah qui constitue son allié indéfectible et une redoutable force de frappe à son service ; d’où également l’intérêt d’Israël pour le deuxième aspect de cet objectif.

Aussi, afin de les aider à réaliser leur dessein, ils ont conclu de gigantesques contrats d’armement et de travaux publics avec leurs alliés occidentaux les plus intransigeants sur le dossier Syrien, telle que la France qui s’est montrée depuis le début particulièrement en pointe dans les exigences de la diplomatie saoudienne : qu’il s’agisse d’appeler hier à « punir » Bachar El Assad par des frappes ou d’exiger aujourd’hui son départ préalable pour le règlement du conflit.

A vrai dire, pour qui connaît bien la France, cela n’étonne point, surtout depuis la présidence de Sarkozy et maintenant celle de François Hollande qui ont étrangement décidé de mettre toute la diplomatie de leur pays au service des grandes entreprises françaises pour conquérir des marchés au Moyen Orient, le plus grand foyer de pétrodollars.

On sait pourtant que les retombées effectives de ces marchés sur l’emploi en France sont très limitées et même douteuses, selon les spécialistes, car les activités qu’ils génèrent sont en grande partie délocalisées et les produits financiers qui en résultent sont souvent investis ailleurs pour éviter de payer des impôts en France, jugés trop élevés, ou simplement nichés dans des paradis fiscaux pour ne pas en payer du tout ; les révélations des scandales de Lux Leaks et de Panama Papers en sont une preuve tangible.

Encore que tous les observateurs avertis se demandent pourquoi le gouvernement français s’entête-il à suivre dans cette crise une ligne qui ne sert visiblement pas ses intérêts à moyen et long termes et ne respecte manifestement pas le droit international.

Peut-être que les achats d’armes de l’Arabie Saoudite et les investissements du Qatar expliqueraient-ils la chose : le volume de ces achats a effectivement progressé l’année dernière de plus de 50 % en France seulement et les investissements directs (IDE) du Qatar « s’élèvent à près de 12 milliards d’euros au titre de prises de participation dans de très grandes entreprises françaises (Total, AEDS, Vivendi, Veolia, Vinci, etc.) »

(1), sans compter d’autres investissements de prestige, tels que l’achat du club de football Paris Saint-Germain et la création de la chaîne de télévision Bein Sports, sans compter également que toutes ces entreprises – faut-il le répéter – ont déjà empoché de gros contrats portant sur des travaux publics ou des armes destinées à la rébellion syrienne et sont pressenties pour la réalisation des d’infrastructures destinées à la coupe du monde de football prévue à Doha en 2022.

Il n’en reste toujours pas moins que, dans les deux dossiers ici en question, la ligne suivie par la France est « un fiasco politico-médiatique de nature à affaiblir durablement la position diplomatique de la France », selon Bernard Squarcini, ancien chef des services de renseignement français (2).

Il est encore plus vrai qu’il ne s’agit pas de la position que les peuples de la région attendaient de la diplomatie française. Elle n’est pas celle qu’aurait dictée le général De Gaule ou François Mitterrand ou même Jacques Chirac, celle que l’on appelle ‘’ la politique arabe de la France’’, faite d’équilibre et de mesure au Proche Orient, capable de parler en amie avec tous les belligérants.

En sa qualité de membre permanent du Conseil de Sécurité, la France ne devrait plus donner l’impression d’ignorer que pour maintenir l’ordre mondial et sa stabilité, il faudrait que les mécanismes du droit international ne soient plus foulés au pied mais qu’ils devaient être respectés, plus encore par ceux-là même qui les édictent, afin de contenir les foyers de tension dans certaines limites et de réguler l’intensité de la concurrence naturelle entre les nations.

Question de principe :

La rigidité de la position russe sur le dossier syrien résulte directement du précédent libyen relatif à la résolution de mars 2011 ci-avant indiquée. La France et l’Angleterre, soutenues par les Etats Unis en ce qu’ils donnèrent leur accord pour l’utilisation des forces de l’OTAN, avaient transgressé celle-ci en la fragmentant et en torpillant son contenu. Les russes, suivis par les chinois, avaient pourtant bien négocié les termes de cette résolution ; ils ne s’attendaient pas à se faire muer si légèrement en dindons de la farce. Ils avaient alors retenu la leçon.

C’est donc à la lumière de ce précédent que les russes avaient engagé au Conseil de Sécurité, vers la fin de cette même année, les discussions sur le dossier syrien : Moscou opposa trois fois son véto et refusa d’accepter toute résolution.

Et comme expliqué ci-dessus, la position des Etats Unis est très nuancée sur ce dossier, ils n’y étaient impliqués que de manière formelle, sans doute pour faire semblant de satisfaire le Royaume saoudien ; ils finirent même par dissuader la France de présenter en discussions un quatrième projet de résolution, initié sur demande des saoudiens, voyant que les russes ne bougeraient pas d’un iota, qu’il n’était même pas question de leur demander une abstention de vote comme ce fut le cas avec le dossier Libyen ; qu’il était donc inutile de persister devant la rigidité de leur position qui consistait à s’en tenir au respect de la souveraineté de la Syrie et au maintien du principe de la non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats.

Moscou avait ainsi réussi à faire venir les Etats unis sur le terrain du droit international. Ici encore, ce fut un marqueur très important de sa résurrection diplomatique.

En fait, pour les russes, il n’est pas question d’ouvrir une quelconque perspective de changement de régime par une intervention extérieur dans le conflit syrien On peut dès lors penser que le concept ou principe « d’ingérence humanitaire », alors mis en avant par la diplomatie française, n’était pas vraiment pertinent pour Moscou, parce qu’il repose sur les indignations sélectives et la ‘’morale’’ oscillatoire des gouvernements occidentaux.

Ce principe s’oppose à la position russe qui est plutôt fondée sur une éthique de responsabilité : une intervention extérieure et un renversement brutal du régime syrien viendraient ajouter et amplifier le chaos ambiant, surtout que la réalité syrienne est tronquée par certains médias arabes et occidentaux qui jouent le rôle d’auxiliaires des partisans d’une intervention militaire, y compris en manipulant l’information, en maniant l’émotion des sunnites et en privilégiant systématiquement les sources de l’opposition.

Moyennant quoi ont-ils été mobilisés pour jouer ce rôle ? (3)

Une autre grille d’analyse

Mais il y a plus fondamental pour Moscou : la guerre de Tchétchénie est considérée comme un conflit importé de l’extérieur par « l’envoi de combattants Wahhabites ». Le président Poutine l’a dit à l’époque, publiquement et devant un parterre de diplomates étrangers au Kremlin.

Les autorités syriennes n’ont de cesse de répéter la même chose à qui veut les écouter : tous les observateurs, y compris les services de renseignement occidentaux, ont pu constater que les rebelles sont en grande majorité des étrangers et que la Syrie est en guerre contre l’extérieur, que le Conseil National Syrien et les autres mouvements de l’opposition syrienne ne parviennent pas, jusqu’à présent, à se faire reconnaître par les combattants sur le terrain et qu’ils ont été tous rejetés par ces derniers en 2013.

Voilà pourquoi les russes ont dû penser que la sortie de crise en Syrie pourrait être envisagée sur un scénario à la Tchétchène, parce qu’il s’agit pour Moscou de la même guerre contre le djihad mondial que finance la monarchie saoudienne aux fins de combattre par sous-traitance des ennemis qu’elle crée elle-même ici ou là, selon ses appréciations des évènements ou des situations du moment.

Des chercheurs et services de renseignement occidentaux affirment en effet que l’ingérence saoudienne dans les foyers de tension extérieurs constitue aussi une opportunité d’y envoyer – au nom du djihad – des groupes de jeunes intégristes saoudiens (‘’combattants Wahhabites’’?), par le biais des services de renseignement, s’appuyant sur une campagne religieuse fortement médiatisée, afin de se débarrasser de la menace politique que ces groupes intégristes faisaient peser sur le Royaume.

Et c’est en cela que la Tchétchénie constitue également l’une des grilles d’analyse du Kremlin sur le conflit syrien.

Le chef de la diplomatie russe n’a pas manqué de rappeler, à New York même, que la fourniture d’armes sophistiquées aux rebelles, tels que les missiles sol-air, était une stratégie dangereuse pour les pays occidentaux et arabes eux-mêmes.

La militarisation à outrance et la montée en puissance des groupes djihadistes constituent en effet un danger pour tout le monde sur les moyen et long termes : El QaÏda - produit de l’intervention en Afghanistan – est née il y a près de vingt ans, elle a frappé partout dans le monde et elle est toujours active. Daech est né en Syrie, tout récemment, elle a déjà frappé en France, en Belgique, en Turquie, au Nigéria, au Mali et rien ne dit qu’elle ne frapperait pas ailleurs demain.

Les services de renseignement occidentaux sont unanimes sur ce point : ni l’Afghanistan, ni l’Irak, ni la Bosnie, ni la Tchétchénie n’ont suscité un afflux de candidats au djihad aussi important. Ils parlent de plusieurs milliers de combattants étrangers en Syrie. Le nombre des djihadistes européens dans ce pays est si préoccupant que lesdits services ont tiré la sonnette d’alarme face à l’ampleur inédite de ces départs.

Mais qui s’en étonne vraiment, à l’heure de Youtube et de Facebook ?

Un nouveau sanctuaire du djihad mondial

En effet, cette guerre, qui frappe aux portes de l’Europe, suscite l’engouement virtuel d’une certaine jeunesse européenne désespérée devant ce qu’elle considère comme une vie sans perspective, une jeunesse égarée face à la discrimination à l’emploi dont est victime une grande frange d’origine musulmane ou arabe. Or les groupes djihadistes sont parfaitement conscients de la fragilité psychologique de cette jeunesse et de la dimension pédagogique de leurs exploits qu’ils postent sur les réseaux sociaux afin de pousser celle-ci sur la route du djihad par un simple clic.

En vérité, les pays occidentaux, et particulièrement la France, savaient parfaitement que l’islamisation de la rébellion syrienne était initiée et encouragée par le Royaume saoudien, mais ils ont laissé faire de manière imprécatoire, comme s’ils souhaitaient que la Syrie devienne un nouveau sanctuaire pour le djihad mondial, après l’Afghanistan.

On peut dès lors comprendre que le gouvernement français n’ait rien fait, absolument rien, pour dissuader prés d’un millier de jeunes français qui partent en Syrie pour le djihad et reviennent dans leur pays comme si de rien n’était. C’est à se demander si la France n’encourageait pas ces départs pour soutenir son riche allié qui poursuit ouvertement le même but.

De toute façon la réalité sur le terrain est là : depuis que les Etats-Unis ont décidé de réintégrer l’Iran dans le jeu de la politique régionale, la principale préoccupation de l’Arabie Saoudite est de contrer ce dernier pays par tous les moyens ; elle en fait une obsession, la priorité de ses priorités dont le Front El Nousra, El Qaïda et Daech sont les seuls leviers à sa disposition pour affaiblir l’influence iranienne dans la région, notamment en Syrie.

Et l’année dernière encore, c’est très officiellement qu’elle avait mis sur pied, avec l’appui du Qatar et de la Turquie, un commandement unifié de quelques brigades djihadistes au sein d’un nouveau groupe dénommé Jeych El Fatah, sous la supervision du Front El Nousra, branche syrienne autoproclamée d’El Qaïda. Donc dire aujourd’hui que le Royaume allait combattre El Qaïda n’est qu’une déclaration en trompe-l’œil…

A l’inverse, devant cette sorte de complicité franco-saoudienne et la quasi-indifférence des Etats Unis, la Russie ne pouvait pas rester passive face à cette montée en puissance des groupes djihadistes dont elle pourrait être aussi la victime par extension sur son propre territoire, elle qui compte dans sa population plus de vingt millions de musulmans.

Voilà pourquoi, sans compter ses motivations géostratégiques et principielles, elle s’est engagée militairement en Syrie, sur demande et en étroite collaboration avec le pouvoir légitime et souverain en place.

De plus, la seule question qui vaille vraiment est : qui menace les pays occidentaux et du Proche Orient ainsi que le monde entier, Bachar El Assad ou Daech et ses acolytes qui véhiculent une culture de la mort très éloignée de l’Islam ?

Le chemin de Damas

Si la priorité est de combattre le terrorisme, alors tous les pays concernés devraient entreprendre une action vigoureuse contre cette menace, en concertation avec le régime syrien. Car, vraisemblablement, ni ce nouveau sanctuaire du terrorisme ne sera vaincu ni la crise syrienne ne trouvera de solution politique sans Bachar El Assad et son armée.

Ceux qui appellent à son départ préalable, oublient trop souvent que ce conflit – comme tout conflit politique ou militaire – est d’abord une affaire de rapport de forces et que l’intervention russe a revigoré cette armée, tout en rassurant le président syrien qu’il ne finirait pas comme Kadhafi.

Plus qu’auparavant, Bachar El Assad est aujourd’hui l’incarnation du régime politico-militaire syrien, il a su faire l’unanimité au sein des forces armées, en imposant des mesures radicales inspirées par une très large majorité des officiers et non par les seuls officiers Alaouites ou les hiérarques du Parti Baas, comme par le passé, ce qui explique que seuls 5 généraux ont fait défection sur plus de 1200.

Ensuite, la grande majorité des syriens souhaite maintenant, par lassitude et par dégout, le retour de l’Etat syrien plutôt que l’anarchie et le chaos des organisations djihadistes. Même les opposants historiques de ce régime ont fini par convenir qu’il valait mieux Bachar El Assad que ce qui pourrait apparaître comme le chaos libyen ou irakien. Ils ont dû se rendre compte que « ce n’est jamais la lutte entre le bien et le mal, mais le préférable et le détestable », comme écrivit Raymond Aron dans Le Spectateur Engagé.

Autrement dit, l’éviction de Bachar de la scène politique risque de faire écrouler cet appareil étatique et tout ce qu’il en reste, à l’instar des régimes de Saddam Hussein et de Kadhafi. Or il n’est pas sûr que les pays qui le combattent aujourd’hui à travers les djihadistes aient un plan de rechange ni même que cette option soit souhaitable pour tout le monde, y compris les Etats Unis et Israël

Les pays européens devraient envisager encore moins cette option, parce qu’elle entraînerait de nouvelles vagues migratoires d’une autre ampleur, jamais égalées et plus dramatiques.

En définitive, le seul perdant dans l’équation syrienne sera, à n’en pas douter, le Royaume saoudien, comme il a tout perdu en Irak, notamment un rôle d’influence à la mesure de ses ambitions régionales.

S’il y avait adopté une politique réfléchie et mesurée, au lieu de soutenir et de financer en très grande partie la guerre qui emporta le régime de Saddam, il n’en serait pas aujourd’hui à regretter le désencrage de l’empreinte des Etats Unis dans la région et à s’affaiblir économiquement par des guerres extérieures qu’il s’impose lui-même, tout en se dispersant dans des initiatives diplomatiques infructueuses et sans lendemain.

En ce qui concerne ses deux principaux alliés régionaux dans cette crise, le Qatar et la Turquie, ils ont déjà démontré leur pragmatisme et leurs capacités de revirement politique qui feront vite oublier leur rôle agressif durant ces dernières années.

Doha reprendra certainement son rôle habituel, celui d’intermédiaire efficace dans les conflits de la région, qui lui sera facilité ici par quelques milliards de dollars sous forme de contribution à la reconstruction de la Syrie.

La Turquie, elle, n’aura pas le choix : Erdogan ou un autre reprendra l’idylle avec Bachar El Assad, comme avant 2011, afin de conjuguer ensemble leurs efforts pour désamorcer la bombe Kurde à retardement sur leurs frontières communes.

Ankara sera donc tenu de rompre ses relations inavouées avec les organisations djihadistes, il en va de sa sécurité. Quant à la République Islamique d’Iran, l’alliée de la Syrie, elle vient d’accéder politiquement au rang de puissance régionale grâce à l’accord qu’elle a conclu en juillet dernier avec Washington et Moscou. Les occidentaux parient désormais sur son marché de plus de 80 millions de consommateurs, ce qui signifie que la fin de l’embargo ferait d’elle un interlocuteur incontournable dans la nouvelle combinaison régionale.

En conséquence, l’actuel état de fébrilité de l’Arabie Saoudite serait davantage ressenti dans un proche avenir, sauf si elle reprenait dès à présent le chemin de Damas.

Mais, n’ayant pas encore retenu la leçon comme les Etats Unis, le Royaume saoudien serait-il capable d’un tel revirement politique ?

(1) Frédéric Pichon, professeur et chercheur, fin connaisseur du monde arabe et particulièrement de la Syrie à laquelle il a consacré son dernier livre, paru en novembre 2015, où il montre avec précision et hauteur de vue comment la France a donné la pénible impression d’une diplomatie s’alignant de manière troublante sur les désidératas du Qatar qui s’est étonnement imposé comme un acteur très courtisé.

(2) Bernard Squarcini et Etienne Pellot dans Renseignements français : nouveaux enjeux, publié en 2014

(3) Les chaînes de télévision ayant « une opinion contraire », comme Al Manar, se sont vues interdites de diffusion par Arabe SAT sur pression du Royaume saoudien qui en a fait de même sur Nile SAT au cours de la récente visite du Roi en Egypte.

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Ne pas trop se réjouir de certains effets d'annonce: l'hirondelle ne fait pas le printemps! Par Lô Gourmo

Libre Expression | Ne pas trop se réjouir de certains effets d'annonce: l'hirondelle ne fait pas le printemps! Par Lô GourmoLes FPC ex-Flam semblent se réjouir de l'annonce de la suppression du Sénat et de la création de Conseils régionaux par le Président de la République. Ce serait là des formes de reconnaissance de la justesse de leurs thèses fédéralistes.

Pourtant, fédéralistes assumés, nos amis fpecistes devraient, sur ces deux projets fumigènes de reforme constitutionnelle, se montrer plus que circonspects.

En effet, l'une des conditions de base, l'un des critères élémentaires du fédéralisme est l'existence non pas d'une, mais d'au moins deux Chambres dans le Parlement national dont l'une (le "Sénat") doit assurer la représentation des entités fédérées ( "Etats" ou "régions" -peu importe la dénomination) disposant chacune, à l'échelon local ( les "régions" par exemple), d'un "exécutif " ( dirigé par un "gouverneur" ou "Président régional"), d'une "assemblée " ( "Conseil régional" par exemple) et d'une instance judiciaire ( Cour de justice régionale par exemple), le tout défini dans des "constitutions locales"...

Toutes ces institutions politiques locales sont destinées à garantir l'autonomie des régions concernées et traduisent l'existence d'un véritable pouvoir local autonome. Si donc pour les FPC, il faut supprimer le Sénat ( ce dont personnellement je me réjouis mais pour d'autres motifs que j'exposerai plus tard) parce que "La Mauritanie ne "pèse" (sic) pas encore le Sénat ni économiquement ni démographiquement." et que "du reste, les communautés se feraient très bien représenter, et de manière encore plus équilibrée, au niveau des trois pôles que sont la Présidence, la Primature (?!), l'Assemblée Nationale" comme le dit si bien son Président M. Samba Thiam, alors cela signifie tout bonnement que c'est l'aveu que la Mauritanie ne "pèse pas encore le fédéralisme" et qu'il faut renoncer à cette idée derechef.

Très clairement, la renonciation à la 2eme Chambre c'est la renonciation, pure et simple à toute velléité d'idée fédérale. Sans 2ème Chambre, adieu Fédéralisme, vive l'Unitarisme.

La 2eme erreur consiste à se laisser abuser par les mots et par les usages qu'en font trop facilement certains journalistes de la place-forte du raccourci sémantique qu'est devenue Nouakchott. Il en est ainsi, depuis Néma (où il nous fut jeté en pâture par un Président qui nous connaît trop bien sur ce chapitre), du mot "régionalisme" auquel renvoie dans notre subconscient politique, les termes de "Conseils régionaux". Mais les Halpular disent avec raison que "wonaa ko rannwi fof muuDee" ou si on veut "Tout ce qui est poudre blanche n'est pas farine!".

Ni le régionalisme administratif ni a fortiori un de ses organes d'expression qu'est le "Conseil régional" ne renvoie, ni de près ni de loin au fédéralisme. Notre pays est presque l'un des rares au monde à n'avoir pas cette instance intermédiaire de simple décentralisation dans son système administratif. Pas besoin de renvoyer à l'exemple de la France, l'inventeur du jacobinisme et de son centralisme unitariste que nous avons copié ad nauseam. Le Sénégal, dont le modèle politique et administratif nous est très proche, et qui est on ne peut plus loin du fédéralisme, connaît depuis longtemps déjà ces "Conseils régionaux", au moins depuis les lois de 1996 au nom du principe dit de "participation responsable".

Ainsi, à côté du représentant de l'Etat qu'est le Gouverneur, il existe des autorités régionales représentées par une assemblée (le Conseil Régional) et son exécutif (Le Président du Conseil Régional). Ces autorités régionales sont élues par les populations locales et gèrent des "affaires régionales" avec des compétences administratives et des moyens plus ou moins affirmés.

Annoncer donc la création de "conseils régionaux" dans le contexte de la suppression du Sénat nous rapprocherait bien plus du schéma d'Etat unitaire du Sénégal (Chambre Unique et Conseils régionaux ) que du fédéralisme à base communautaire ou ethnique éthiopien ou même du régionalisme autonomiste mixte du schéma sud africain ou espagnol.

Une réforme globale de notre système de gouvernance nationale et régionale est impérative. Et un débat franc et sérieux mérite d'être instauré comme j'ai cru le comprendre de la part des FPC. Mais loin des calculs politiciens de reformes constitutionnelles fumigènes comme cherche clairement à les imposer M. Mohamed Ould Abdel Aziz!

Source : Lo Gourmo

Les sept points cardinaux du Président Mohamed ould Abdel Aziz

Les sept points cardinaux du Président Mohamed ould Abdel Aziz Le Rais a sillonné la quasi-totalité du pays et a organisé des conférences de presse. Incontestablement, il a été massivement accueilli par les populations mais également des doléances ont été posées à grande échelle dont la résultante tourne autour de sept points cardinaux, des doléances émanant de la base et adressées au sommet de l’Etat et premier Magistrat du pays.

Certes, le Premier Ministre a mis en place la stratégie de développement du pays dans sa Déclaration de Politique Générale (DPG) arborant ainsi une vocation étatique de penser et d’agir pour le peuple ; certes les Elus à travers les deux chambres (Senat et Assemblée) débattent des préoccupations de ceux qui les ont portés à l’Agora.

Mais cette fois-ci les préoccupations émanent de la base. Ainsi donc il y a lieu de dresser un parallélisme entre ces différents niveaux afin de mettre en place une vision symbiotique et intégrée pour le développement du pays. La tendance à la résolution des problèmes de ces sept secteurs participera au décollage politico-socio-économique du pays.

Depuis un demi-siècle d’existence la Mauritanie se cherche malgré une population pas très nombreuses (environ 3,5million d’habitants) pour une superficie de plus d’un million de KM² soit 5fois le Sénégal et 2fois et demi la France (pour une densité de 3 habitants au km²) avec des potentialités de richesses minières, énergétiques et halieutiques considérables le pays n’arrive pas à décoller.

Bonne Gouvernance

Dialogue opposition-mouvance présidentielle: Sans même débuter il tend vers Log de 1(Ln)

Pas de combat idéologique faute des combattants. Depuis qu’on a commencé à parler de ce dialogue il n’arrive pas à voir le jour. Diverge-t-on sur les modalités et les garanties sur de telles concertations? Ou bien certaines clauses de la Rencontre de Dakar n’ont pas été remplies?

De toutes les manières, d’une part le hadith qui dit » aime pour ton prochain ce que tu aimes pour toi » ne s’applique pas en politique d’autre part ni l’article premier de l’armée(le chef a toujours raison) ni le deuxième article (si le chef n’a pas raison alors appliquer l’article premier) ne riment avec démocratie.

Qu’on le veuille ou pas on doit dialoguer pour le salut du pays.

Arrestation du leader de l’IRA (Birame DahOuld Abeid) : Au Brakna (à Aleg), il n’était pas question que vive Aziz; des voix se sont également élevées pour dire libérez Biram. Quel a été le rôle de la société civile dans ce dossier? Nos sages ont toujours été peu brillants dans la résolution des dossiers brulants qui déchirent les fils de ce pays.

Tel a été le cas pendant les douloureux événements de 1989.Alors que dans la sous région un certain Abdoul Aziz sy Dabakah a œuvré pour la libération de Abdoulaye Wade et un certain Thierno Mountaga Tall a intercédé pour la libération de Jean Paul Diaz.

Nous ne sommes pas que justice, nous sommes également sentiments ; réalité ; nous devrons apprendre à tolérer et à pardonner

Enrôlement des populations: Des manifestations du mouvement « Ne touche pas à ma nationalité » à la mort du jeune Lamine Mangane à Maghama en passant par connais-tu Magatt, question adressée à un citoyen lors de son enrôlement, la marche des refugiés de Boghé à Nouakchott, y’a t-il eu des progrès ? Toujours est-il que le milieu nomade reste en retard.

Les éleveurs, par ignorance, par analphabétisme (qui peut expliquer les centaines de bulletins nuls si ce n’est voter pour son adversaire), par transhumance intra et internationale, par souci de satiété et d’abreuvage du bétail sont peu enclin à l’Etat Civil.

Les erreurs sur le fichier (délibérées ou pas), le fait d’avoir deux noms (un nom paternel et un maternel, caractéristique de la société peulhe),le mooytokoota (le fait de revenir sans passer par le canal du UNHCR ont compliqué l’enrôlement.

La progéniture des refugiés n’étant recensée, leurs enfants sont ipso facto éliminés des examens nationaux et ainsi leur avenir hypothéqué.

L’enrôlement de la diaspora tentée par la double nationalité ou l’hésitation du choix de la nationalité à adopter (Mauritanienne ou pays d’asile) aiguise la problématique de l’Etat civil.

De toute façon l’Etat Civil est un droit inalinéalable pour tout citoyen.

Problème de la SNIM: Il y a lieu d’exploiter et de transformer toutes nos ressources naturelles in-situ. L’Afrique a-t-elle les hommes et la technologie pour ce faire ? Quelle est notre place dans la compétition intellectuelle internationale ? et pourtant avec le techno tropisme les fils de ce pays participent à l’essor technologique du monde.

Il y a lieu d’aller à la vitesse supérieure et anticiper sur le développement car il y a une contradiction entre exploiter le fer et acheter le fer à béton ; sur ce plan nous ne sommes pas pardonnables. Où est donc notre sidérurgie ?

Et l’après-fer pour la survie des villes du nord ? Si on continue à exploiter le fer c’est beaucoup plus par l’infrastructure d’exploitation qui est en place que par la teneur en fer (la teneur de 65% a été oubliée depuis belle lurette consécutive à la surexploitation en un temps record et par système d’écrémage par la Miferma coloniale.

Quand la Somima a périclité, les activités de ville d’Akjoujt se sont estompées.

Si cette situation perdure, il n’y aura pas que le Nord qui perdra le nord mais tout le pays.

Ou est passé le Stabex (Système de Stabilisation des Produits Miniers Exportés)?. De toutes les façons, il faut apprendre à engager des contrats à terme quand on a le vent en poupe.

Expropriation des terres du Walo

Souhaite –t-on des terres sans populations? Ou des populations sans terre?

Il est utopique de réaliser des projets viables sans associer les ayant droits qui n’ont comme seule source de revenu que leurs terres héritées de père en fils. L’Islam ne reconnait-t-il pas l’héritage? Et la méthodologie participative doit être de mise.

Les douloureux événements qu’a connus le pays doit nous faire méditer sur les problèmes sensibles et dire plus jamais ça!

Erection de Boghé en Wilaya et de Dar El Barka et Djeol en Moughataa

Le Sud attend des signaux forts pour montrer la volonté étatique de rétablir les torts notamment l’embargo délibéré pendant un demi-siècle.

Ne mérite-t-il pas l’exploitation des tourbes de Keur Macène, des phosphates de Bofal ,de la canne à sucre de Foum Gleita, de la recherche de mines de la Chaine des Mauritanides ( entités du Guidimaka) avec la construction d’un chemin de fer de Diago à Khabou pour intégrer tous ces projets.

Sud ou Nord l’on doit penser à mettre en place des pôles de développement en fonction des potentialités des différentes régions.

Un pays ne l’est que dans sa globalité sinon, il ne l’est pas.

Lutte contre l’insécurité la pauvreté et le chômage: les forces du mal recrutent dans les banlieues où la paupérisation est criarde.

L’estomac, quand il n’a pas de quoi digérer, il se saisit du cerveau qui est à sa verticale et le broie autrement dit avec la faim il y a perte de la faculté de réflexion ce qui engendre le phénomène des enfants de rue, de la délinquance juvénile, de la prostitution, de la cybercriminalité, de la drogue avec tous ses corollaires.

Education

Antoine de Saint- Exupéry disait : « chaque enfant que l’on enseigne est un homme que l’on gagne ». Si un Etat souffre du déficit intellectuel de ses enfants, un tel Etat ne peut pas décoller. Ou le peuple est éduque et l’Etat sera sinon il ne sera pas. …

Le désert avance, le climat se réchauffe, le paludisme devient endémique, le sida est à nos portes. L’école mauritanienne est-t-elle capable de relever ces défis ?

Le déficit d’enseignants en qualité et en quantité est toujours là. Et à quand la fin de cette hémorragie qui gangrène le système éducatif ?

La promotion des langues nationales n’est qu’un vain mot.

L’enseignement doit être démocratique.

Au moment où nos pays cherchent l’Emergence qui passe inéluctablement par la Science et la Technologie nous nous voulons nous cantonner à la littérature et à la poésie.

Alors que les autres tentent de maitriser l’Espace et le Temps, lance des satellites, fabriquent de drone prône la standardisation, la taylorisation, la robotisation, l’automatisme. Gorbatchev disait : « Que le Japon devance de 70 ans, l’Union Soviétique en matière d’informatique, un Japon qui fabrique de la viande à partir d’algues, qui pèche en utilisant de la musique pour conditionner la proie, qui fait partie du G8 ( les huit Etats les plus industrialisés au monde) malgré sa démographie foudroyante, son manque de matière première, son espace réduit, son appartenance à la ceinture du feu ( les grands volcans et séismes), l’effet des bombes Hiroshima, Nagazaki… Quelle est la fracture numérique qui nous sépare du Japon ?

Les besoins horaires sont largement déficitaires car le temps d’apprentissage est inversement proportionnel aux programmes. Les mêmes disciplines dispensées en terminale devraient l’être depuis la seconde.

Ceci a pour conséquence que nos étudiants n’arrivent pas à tenir dans les Universités étrangères et faute de la place dérisoire octroyée à l’anglais, langue de base pour l’enseignement des sciences et de la technologie nos apprenants se retrouvent égarés.

Nos apprenants deviennent méconnaissable de par leur comportement (agressivité), de par leur accoutrement (l’épidémie des pantalons tombants, le nombril out,….regarde mon dos, des habits transparents qui fait légion dans nos établissements} des coiffures à la Balla Gaye, des portables….; et les parents eux qui devraient être sensés éteindre les téléviseurs affichent une désinvolture extravagante.

Le châtiment corporel étant interdit, quelles sont donc les méthodes de coercition? En tout cas, le par quatre, le tend la main, le front sur la table ont permis à nos écoles de former des cadres de valeurs par la maitrise de tables de multiplication, du calcul mental, de la dictée de mots difficiles, de la conjugaison des verbes irréguliers etc.

En tout cas, il s’impose et de façon diligente de mettre dans nos écoles des services de sécurité pour le civisme, l’éthique et la discipline.

Lycée public ordinaire, lycée d’excellence, lycée pilote où se situe la différence? Quels sont les critères mis en place pour le choix et des élèves et des professeurs?

Santé

SANTE : le ministère de la santé et des affaires sociales (MSAS) préconise zéro évacuation à l’étranger. Pour prétendre à cet idéal, il faut d’abord ménager les bases arrières ; ceci consistera à assurer la couverture vaccinale à 100%, à approvisionner tout le pays en eau potable, à prévenir les maladies endémiques (paludisme, sida…),à renforcer les unités de santé de bases avec une large sensibilisation sur la santé communautaire, à construire et équiper les hôpitaux départementaux, à moderniser le plateau médical tout en mettant un accent particulier sur la formation continue et la motivation du corps médical.

Pendant l hivernage, il y’a recrudescence des fièvres (fièvre paludéenne, fièvre de la vallée du rift, fièvre dingue) consécutives à la pluviométrie, à l’hygrométrie, à la température et à l’incubation des parasites et des agents vecteurs {notamment les moustiques}. Il y a donc nécessite de prendre les mesures appropriées {utilisation des moustiquaires imprégnées…

Eau

L’eau :« Par ta grâce s’ouvre en nous toutes les sources taries de notre cœur » Antoine de Saint-Exupery. C’est cette eau qui nous manque en quantité et en qualité.

Un pays désertique à plus de 70% ne peut voir son réseau hydrographique que limité.

La quasi-totalité des ressources hydrauliques se concentrent dans le Bassin Sédimentaire Sénégalo-mauritanien limité à l’ouest par la mer au sud par le fleuve et par la diagonale imaginaire qui s’étend de Nouadhibou à Khabou

Il y a lieu de drainer ces eaux vers les régions du socle et de la chaine des Mauritanides par des aqueducs ; comme il y a lieu d’épurer l’eau du fleuve pour l’alimentation de la ville de Boghé et l’acheminer ensuite vers la région du Biseau sec (Aleg, Magtarhajar etc…)

Les potentialités hydrologiques sont les suivantes :

Le fleuve Sénégal: Seul fleuve de la Mauritanie qui s’étant sur 550 KM Le gorgol: c’est l’affluent le plus important du fleuve qui se subdivise en gorgol blanc qui prend sa source à la base du plateau du Tagant et en gorgol noir dont l’ébauche est le pied de la falaise de l’Assaba

Des lacs: Lac d’Aleg et lac de Rkiz qui est l’équivalent du lac de Guires qui alimente Dakar en eau

Des oueds: Ketchi et Garfa

Des guwds dans les zones inter dunaires

Il existe de nombreux cours d’eau qui se perdent dans les sables avant de parvenir à la mer (phénomène d’endoréisme) par exemple en Adrar : l’oued Seguelil et l’oued El abiad ; et dans le Hodh, l’oued Tayarett El awsa

Il y’a possibilité d’épuration de l’eau de mer et alimenter la ville d’Atar en eau. Cette opportunité pourrait éviter (le drame écologique dans l’histoire de la phéniciculture avec la baisse du niveau piézométrique des nappes phréatiques consécutif à la raréfaction des pluies en partie) drame qui s’étend jusqu’au Tagant où les palmeraies sont sévèrement infectées. Est-ce que par les œufs des cochenilles qui masquent la chlorophylle empêchant toute activité photosynthétique et auquel cas il faut engager une lutte biologique en y introduisant la coccinelle.

La civilisation oasienne conditionnée par le palmier (et la Guetna ne serait qu’un vieux souvenir) est-t-elle en train de disparaitre comme la civilisation pastorale conditionnée par le zébu qui est en train de se sublimer.

Détournement des grands cours d’eau Africain. (Niger, Congo) vers les régions désertiques d’Afrique ? Est-ce une volonté de nos Chefs d’Etats au même titre que la monnaie unique (Afrika), le NEPAD au moment où les occidentaux ont brisé le mur de Berlin et au moment où en serrant la main de Raul Castro, Obama lui dit que la guerre froide est terminée, opportunité lie à la mort du sage de l’Afrique Nelson Mandela

Pour que le dialogue Sud-Sud réussisse, il faut que dans chaque pays un dialogue Nord-Sud Franc s’instaure.

NB : l’équipement d’un forage pour chaque hameau, chaque village est quasiment impossible et surtout avec la prolifération des campements champignons. Il y a lieu de penser à des réseaux d’adduction d’eau regroupés.

Routes

C’est par les Transcontinentaux que les Etats-Unis ont conquis le Grand Nord américain.

L’une des priorités du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique(Nepad) est de mettre l’accent sur les infrastructures et en particulier les routes.

Ceux qui ont une vision courte verront le futur pont entre Rosso Mauritanie et Rosso Sénégal comme un trait d’union entre deux pays mais c’est plus que tout cela : c’est un transcontinental qui relie non seulement l’Afrique septentrionale (Detroit de Gibraltar) à l’Afrique Australe (Cap) mais deux continents : l’Afrique et l’Europe.

Certes, toutes les routes mènent aux hommes mais la politique des routes a toujours été macrocosmique et non microcosmique.

La compilation des populations des campagnes et des villages est aussi importante que les populations des villes traversées. Le développement à la base doit être de mise tout en restant dans la limite du faisable. A défaut de routes, des pistes carrossables en toute saison

Il y a lieu de privilégier la collatéralité au détriment de la colinéarité. Il faut aller de l’avant. Ainsi donc par souci de désenclavement des centaines de villages situés dans la zone alluviale méritent d’être reliés à l’asphalte par des bretelles.

La navigation permanente de l’embouchure du fleuve à Khayes en passant par Khabou constituera la phase terminale de l’intégration des pays de l’OMVS.

Comme sur les traces de Diego Cao qui a eu adécouvrir l’embouchure du fleuve, elle permettra la redécouverte de celui-ci et sera une opportunité pour que des bateaux quittant l’Europe et cette fois-ci non pas pour les 3 M (Marchands-Missionnaires-Militaires) mais pour apporter les equipements, la technologie nécessaires pour le développement et les échanges culturelles dans le respect de l’identité des uns et des autres.

Energie

Le pays regorge de potentialités énergétiques :

De l’électricité domestique à partir de la combustion de fuel à partir de centrale électrique ou à partir du barrage hydro-électrique de Manatali ; Existence de combustibles liquides: Gaz et Pétrole offshore dans le plateau continental ;

Existence de combustibles solides: Tourbe et Uranium ;

En effet on peut trouver de l’uranium dans la Tasiast et à Birmoghrein (Vanadate d’uranium) et dans l’Assaba (des sables noirs radios actifs à monazite et zircon) ;

De l’énergie renouvelable: éolienne et Photovoltaïque (la plus grande centrale de la sous région).

Le pays peut donc asseoir son indépendance énergétique.

Ne faudrait-il pas alimenter tout le pays en électricité avant de prendre l’option d’en vendre au Sénégal (Thidé brille encore dans l’obscurité comme des centaines de villages de la vallée). Charité bien ordonnée ne commencerait-elle pas par soi ?

Monde Rural

Ce secteur nourrissant 70% de la population mérite la priorité des priorités.

AGRICULTURE : elle continue d’être, outre la riziculture rudimentaire, archaïque peut ou pas mécanisée est tributaire de la pluie donc aléatoire.

La quasi-totalité des produits agricoles sont importés. Malgré que le pays soit recouvert à plus de 70% par le désert, on peut solutionner l’équation agraire pour non pas une autosuffisance alimentaire qui, pour l’heure est une utopie mais pour une sécurité alimentaire. Que ne pourrait-on pas faire le long des 550 km de la cote fluviatile, le long du Kara Koro, le long des oueds Ketchi et Garfa, autour des lacs Rkiz, d’Aleg, de Male, entre les Guwdes dans l’Aftout es Sahéli. Et à quand la révolution verte ?

La culture traditionnelle du walo qui devrait être améliorée est laissée à elle-même.

ELEVAGE: C’est un secteur qui devrait profiter à toute la sous-région dans le cadre du marché sud-sud surtout à l’Afrique centrale ou la mouche Tsé Tsé constitue un facteur limitant pour le développement d’homophone, et à l’Europe dans le cadre du marché nord-sud. Cependant ce secteur est lui aussi conditionné par la pluie qui se raréfie ces dernières années.

En 2002, le cheptel a été décimé par milliers consécutivement à des pluies diverses et le thermomètre n’avait affiché que 13°c. Que se passerait-il si une telle situation récidiverait ?

Il y a lieu de chercher des solutions idoines pour rendre notre élevage plus performant qui passe entre autre par l’assurance de la couverture sanitaire des animaux, la gestion des pâturages, l’organisation des terroirs, l’introduction de l’insémination artificielle et la distribution de géniteurs de races pures aux associations pastorales, la formation , la sensibilisation et l’éducation des éleveurs en attendant la mise en place d’un élevage moderne, intensif, compétitif…

Pendant la saison des pluies, il y a lieu de diminuer les importations en lait pour favoriser la consommation et la commercialisation de la production laitière nationale.

L’exemple des Pays bas doit nous inspirer. Pour une superficie et un nombre de têtes de bétail plus réduit et une production exponentielle en viande et en lait dont la population s’alimente en robinet.

Conclusion

Il y a nécessité d’une complémentarité en le nord et sud : le Nord par les retombées des richesses extractives et halieutiques finance le Sud. Le Sud par l’énergie des Manantali, l’eau, l’agriculture et l’élevage ravitaille le nord qui connait désertification et désertisation.

Les équilibres sont nécessaires car la Mauritanie est au carrefour entre :

La civilisation Négro-africaine et la civilisation Arabo-Berbère avec des risques de tectonelique géo-économico-politique ;

Intersection des deux plus grands déserts du monde: le Sahara (l’azeffal, l’Akchar et l’Amoukrouz) avancent de façon vertigineuse ; la grande muraille verte peut-elle endiguer l’enlisement ?) et l’Océan Atlantique avec le réchauffement climatique ;

Rencontre entre des eaux chaudes d’origine guinéenne (Afro-tropicale) et des eaux froides (upwelling) d’origine canarienne ; qu’adviendrait-il d’un changement climatique brutal (sans conter les hydrocarbures (Gaz et Pétrole offshore qui peuvent compromettre les frayères et ainsi volatiliser nos ressources ichtyologiques.

Et si la Mauritanie refusait l’hybridation qui génère le polymorphisme donc la force, l’abondance, la croissance et le développement ? Malheureusement on part toujours dans un ordre dispersé et on n’arrive pas à parler d’une seule et même voix et à passer d’une phase sommative à une phase intégrative, seul gage de la fondation d’un Etat voire d’une Nation.

Quelle sera la fin du magistère présidentiel au moment où Barack Obama tente de finir en beauté en scellant définitivement la guerre froide avec sa visite dans le pays de Fidel castro et en fermant la célèbre prison Guantanamo. En tout cas, all iswell,who ends well!

Sy Alhousseynou dit Sy Aliou, professeur de Sciences Naturelles et Directeur du Lycée de BABABE
Source : Les Mauritanies

 

 

Libre Expression. Le Phénomène Peshmerga: Un cancer social à enrayer !

Libre Expression. Le Phénomène Peshmerga: Un cancer social à enrayer  ! Les mutations sociales subies par notre pays ces dernières années font apparaitre un phénomène nouveau, étranger et surtout étrange. Il s’agit en effet du phénomène « Peshmerga » . Il est né avec l’avènement d’une presse libre favorisée par l’ère démocratique.

Cette liberté d’expression entrainera une libéralisation anarchique des médias, au profit d’une caste de pseudo-journalistes dont les comportements ont pollué l’espace médiatique.

Aujourd’hui bon nombre de citoyens non avertis ont tendance à assimiler « Peshmerga » et journalisme. Deux types différents, même si par ailleurs, les « peshmerga » trouvent souvent le plaisir de confectionner pour et par eux-mêmes de cartes professionnelles, pour se passer pour des journalistes professionnels s’affichant avec des appareils de prise d’images. La réalité est tout autre.

Car n’est pas journaliste professionnel tout celui qui, à la faveur du développement de nouvelles technologie, porte un appareil photo, un Ipad, détient un site électronique ou un agrément d’un journal.

Sachant le laxisme ambiant qui entache le service public, il est de règle ancrée dans les mœurs que tout s’obtient par complaisance sans rigueur ni critères. C’est ce qui favorise la prolifération d’agréments, de dépôts pharmaceutiques, d’écoles privée, de cabinet médicaux, des terrains à plusieurs permis d’occuper etc. Sans aucun respect pour la législation.

Le phénomène « Peshmerga » prend dans ce contexte du laisser aller, une proportion inquiétante dans notre pays. Les « Peshmergas » s’affichent à travers un discours, un comportement, des attitudes ostentatoires et souvent très arrogantes qui reflètent leur niveau d’instruction très médiocre voire nul de ces « forcenés ».

Les « peshmergas » sont de deux types. Le premier, le plus crapuleux, s’investit dans le chantage à la recherche des miettes. Pour satisfaire sa cupidité sans scrupule aucun, cette catégorie de Peshmerga, cible surtout les hommes du pouvoir, des hommes d’affaires des personnalités politiques qu’ils extorquent à tout prix. Ils exploitent toutes les occasions que ce soit dans les cérémonies, ou à travers des articles publiés dans les journaux, sites électroniques ou les réseaux sociaux pour arriver à leurs fins. Prompts à louer ceux qui les « arrosent », ils sont tout aussi pervers dans la médisance.

Le second type de « Peshmerga » c’est le genre « Lahlaaha » ; à la différence du premier, il n’utilise pas d’outils de communication et se singularise par un sens de parasitisme débordant. Cette catégorie fait ses rondes inlassables dans les mosquées, séminaires, sommets, aéroports, cimetières, lieux de condoléances, mariages, visites officielles, points de presse,) pour racketter. Le plus frappant chez ce type, est qu’il soit constitué essentiellement de jeunes physiquement actifs, capables de travailler ailleurs.

Ces faux journalistes sont utilisés par des lobbies tribaux, politiques contre de l’argent pour vilipender, tel calomnier tel et même agresser, sur commande de quelqu’un. Véritablement ces gens sont un danger public ayant en dehors de toute impunité carte blanche de porter atteinte à la dignité d’autrui et à l’image de la profession journalistique.

Plus grave ces énergumènes portent atteinte à l’unité nationale, l’intégrité territoriale, la cohésion sociale, l’intégrité de personnalités publiques, l’intimité et intégrité de couples, familles. Ils incitent à la haine, la violence. Cette pègre très présente se cache derrière l’habillage journalistique au nom de la libéralisation des médias.

Si ces « Peshmergas » continuent à sévir, c’est qu’ils sont les instruments de personnalités publiques malhonnêtes et sans scrupules qui les utilisent à leur guise.

Face aux nombreux défis géostratégiques de notre pays, de l’intégrité territoriale, de l’unité nationale et surtout de la préservation de nos valeurs les plus sacrées les pouvoirs publics doivent agir et vite, au nom de la promotion d’une véritable culture citoyenne fondée sur le principe de la tolérance, du respect de la différence. Il faut plus que jamais que de tels groupes soient être démantelés pour assainir le secteur de la presse. La responsabilité incombe d’abord aux autorités de régulation la HAPA et aux pouvoirs judiciaires. La société aussi.

Brah Arouna
Source : Brah Arouna

 

Société Mauritanienne d’Electricité : Communiqué

Société Mauritanienne d’Electricité : CommuniquéLa Société Mauritanienne d’Electricité informe son aimable clientèle que des manœuvres de réglages de nouveaux équipements ainsi que des travaux d’entretien programmés sur le réseau interconnecté de l’OMVS peuvent entrainer des interruptions de la fourniture de l’électricité à Nouakchott les vendredi, samedi et dimanche 12, 13 et 14 février courant entre 07 Heures et 17 Heures.

La Somelec présente ses excuses à ses clients pour les désagréments liés à ces interruptions consécutives aux contraintes d’exploitation.

La Direction Générale

Source : SOMELEC

 

Contrepoint / Ethique et déontologie du métier de journaliste

Contrepoint / Ethique et déontologie du métier de journaliste« Une presse censurée a un effet démoralisant, le gouvernement n’entend plus que sa propre voix et sait bien qu’il n’entend qu’elle. Une partie du peuple s’habitue à croire que tout ce qui n’est pas libre est illégal et que tout ce qui est libre est légal…..Voilà comment la censure tue l’esprit civique » Karl Marx. (Cité par Paul Landvai, in « Les Fonctionnaires de la Vérité »).

L’exercice du métier de journaliste est fondé sur le respect de valeurs morales, religieuses et sociales. Ces obligations sont répertoriées dans des codes de déontologie. La déontologie apparait comme une sorte de table des lois en matière professionnelle. Elle est impersonnelle et s’applique normalement en tout temps et en tous lieux.

L’éthique est individuelle et interpelle l’individu dans son système de valeurs et de son adhésion à une certaine morale. Les principes de déontologie commandent la démarche du journaliste dans les phases de collecte, de traitement et de diffusion de l’information. Leur observation n’est pas facultative.

C’est une obligation à laquelle, le journaliste doit soumettre ses actes et ses décisions au plan professionnel. Les impératifs moraux contenus dans les codes de déontologie sont les suivants :

La vérité. La recherche et la diffusion de celle-ci constituent « le devoir primordial des journalistes » d’après le premier article de la Déclaration de principe de la FIJ (fédération internationale des journalistes), sur la conduite des journalistes.

Ce code de déontologie plus connu sous la désignation de Déclaration de Bordeaux, précise que « le journaliste ne rapportera que les faits dont il connait l’origine, ne supprimera pas les informations essentielle et ne falsifiera pas de document ».

La recherche et la publication de la vérité, peuvent se heurter à des objections que le journaliste se formule lui-même et qui peuvent aussi préoccuper les autorités et une partie du public.

Le préambule de la Charte de Munich reconnait en effet que « la mission d’informer comporte nécessairement des limites que les journalistes eux-mêmes s’imposent ». Ces limites sont celles de la conscience du journaliste, de sa liberté et de sa responsabilité ».

L’impartialité et l’équité du journaliste se démontrent lorsque son travail n’est entaché d’aucun parti pris ou préjugé. Il présente au public des faits avérés et ne tente pas de forcer la conviction des uns ou des autres. L’impartialité se manifeste également dans une certaine manière de rédiger l’information. Le ton laudateur peut rendre suspect le contenu de l’information.

Le journaliste est parfois troublé face à des événements qui agressent ses valeurs (scandale, injustice) ou qui au contraire, remportent son adhésion parce qu’ils renforcent ses convictions profondes. Il doit alors se départir du réflexe d’adhésion ou de rejet pour prendre du recul par rapport à l’événement. S’il ne le fait pas, le risque est réel qu’il transmette une information déformée par sa sensibilité et comme telle entachée de subjectivité.

De manière générale, il est recommandé au journaliste de publier seulement des informations dont il connait la source. A défaut, il doit accompagner ces informations, des réserves de rigueur. Ces sources peuvent êtres ordinaires, anonymes. La liberté et la responsabilité sont deux valeurs qui déterminent fortement son travail et ses prises de décisions.

ADN

Source : Rédaction Cridem

 

 

Nouvelles d’ailleurs : De la Fête, du mouton, des mathématiques et de la diplomatie...

Nouvelles d’ailleurs : De la Fête, du mouton, des mathématiques et de la diplomatie....Rendons hommage à notre animal totémique, le mouton mauritanien. Sans le vouloir, il est le symbole Z'à 4 pattes de la bonne entente stomacale entre nos voisins et frères sénégalais et nous.

L'Africain étant ce qu'il est, la diplomatie du mouton revêt une importance telle que cette consolidation des relations « moutonnantes » a son propre planning, pour preuve la réunion, jeudi dernier, de la commission technique mauritano-sénégalaise chargée de la préparation de la Fête de l'Aid el Kebir ou Tabaski qui a vu une franche et fructueuse collaboration entre la ministre sénégalaise de la production animale et de l'élevage et notre ministre de l'élevage...

Hormis le fait que nous avons appris que sans notre brave petit soldat mouton, nos amis sénégalais risquaient de se serrer la ceinture côté bouffe, nous découvrons que la politique de l'estomac est d'une précision édifiante.

La politique n'aimant pas les imprécisions, du moins quand cela l'arrange, nous possédons des chiffres fort sérieux sur les besoins sénégalais en viande mauritanienne : Dakar boulottera exactement 253 000 moutons, pas un de plus. N'allez pas gâter cette précision suisse en affirmant, dans une overdose de thé, que le dakarois consommera 254 000 moutons ou 252 000 bestiaux. Non, 253 000 pas un de plus ni un de moins...

Dire le contraire serait quasiment un crime...

Bref, 253 000 moutons finiront sous le couteau et dans les estomacs des dakarois...

Parmi ces futurs sacrifiés, il y aura 104 709 moutons des Nous Z'Autres, braves « volontaires désignés d'office » qui assureront la concorde, les bonnes relations bilatérales, la fraternité, etc etc....

Et, là aussi, 104 709...Le chiffre est précis.... 104 709. Si, de par malheur, apparaissait, dans les convois funéraires, un 710° ovin, cela relèverait soit du sabotage, soit de la malice...

Supposons s que certains moutons veuillent être de la « fête » et tentent de se fondre dans cette masse à cornes, à poils et à bêlements afin d'aller rendre heureux les estomacs sénégalais...Ces clandestins là, migrants, seront-ils arrêtés à la frontière ? Renvoyés dans leurs camps de rétention ?

Que se passera-t-il si se présente, cornes astiquées, le 105 000° mouton voyageur ?

Je suppose, dans mon ignorance, qu'à la frontière Sud de notre République ont été placés des « contrôleurs es moutons de Tabaski », chargés de compter le cheptel, sorte de brigade du mouton assermentée et forte en maths...

Vu que nous sommes connus, nous commerçants mauritaniens, pour notre sens à géométrie variable de l'honnêteté commerciale, je suppose aussi que nos voisins sénégalais vont placer, de leur côté de leur frontière Nord, leur propre brigade du mouton qui re comptera cette foule ovine....

« Hey, samarak, voilà le 101 231° mouton qui passe ! »

« Dé det, celui là n'est que le 101 230° mouton ! Rends nous le 101 231° mouton ! »

« Wallahi mon frère, me prendrais tu pour un voleur ?


Etc etc....

A savoir maintenant quels moutons seront envoyés au Sud, dans ce gouffre culinaire que devient le Sénégal au moment de la Tabaski...

Moutons « maure » ou mouton « peul » ? Touabir ou Poulfouli ? A poil ras ou à poil ras ?

Arabisant ou francisant ? Rectifié ou pas rectifié (castré ou pas) ? Dialoguiste ou pas ? Mouton gonflé à la pompe à vélo ou mouton de grain ? Mouton boutiquier ou mouton militaire ?....

Z'imaginez cette grande migration moutonnante ? Si le mouton est à l'image de son maître ça va swinguer, parler en n'en plus finir, décortiquer le monde, commérer, cancaner, surveiller, rapporter, voler, truander, draguer, se battre....

il y aura sûrement des « clans » de moutons : les ultras religieux et les plus tièdes qui s'éviteront non sans se lancer quelques anathèmes peu aimables : « Tekfiriste ! Terroriste ! » / « mécréant ! Apostat ! »...

Les célibataires et les mariés : « Hey, que je ne te vois plus tourner autour de ma femme ! » / « Ya oumry, ya habibti, vos pis d'amour mourir me font »....

Les travailleurs et les chômeurs : « Va travailler au lieu de me casser les sabots ! » / « Chuis un mouton diplômé chômeur moi M'Sieur... ! »

Les broussards et les citadins : « Retourne dans ta baddiya espèce de plouc ! »

Les « de la Majorité » et les « de l'opposition constructive et concertante » : « Nous, moutons de la Majorité, illuminés par la direction éclairante de notre Guide encore plus éclairé, n'avons rien à voir avec ces Bachi-bouzouks ignares de l'opposition... Nous allons au martyr le cœur gai et la queue frétillante » / « bachi-bouzouk toi même ! Nous, moutons de l'opposition, dénonçons le climat délétère de la république ovine et alertons l'opinion internationale sur la situation catastrophique dans lequel nous bêlons en rond... »....

Bref.....

Quand à la question primordiale qui nous taraude Nous Z'Autres mauritaniens, à savoir, que nous restera-t-il pour nos estomacs lors de la Fête, je ne peux que trouver des ébauches de solutions.

Il nous restera les poulets, ces petits poulets sportifs, durs comme un coup de chicote, tout en muscle et en insolence... On pourra se rabattre sur le poisson, non pas celui qui nourrit tout le Sénégal, notre poisson national dont on ne voit pas le bout de la nageoire, mais sur le poisson qui va apparaître dans les marigots qui font de notre belle capitale une cité lacustre, Venise de l'Afrique de l'Ouest....

Je suis sûre qu'avec un peu de bonne volonté, il suffit de s'armer d'un fil de pêche, d'un hameçon, d'un appât...A force de jeter nos lignes dans nos lacs citadins, nous finirons bien par attraper du poisson... Les miracles existent, en particulier chez nous....

En attendant , je demande une minute de silence officielle pour ces 104 709 moutons symboles des bonnes relations diplomatiques entre le Sénégal et nous....

A nos martyrs de la concorde et de la Fraternité, ouvrez le ban....

Salut

Mariem Mint Derwich
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Démocratie, médiocratie et méritocratie

Démocratie, médiocratie et méritocratieJe pense que les mutations que connait le monde de nos jours sont en train de mener vers une inéluctable réécriture de la politologie. En effet, n’a-t-on pas vu ce 14 juillet 2015 à Paris, 300 citoyens français manifester, pour réclamer le renversement de François Hollande par un coup d’Etat militaire ?

François Mitterrand, initiateur du discours de La Baule, qui a été le sifflet de départ de la démocratisation-médiocratisation du continent africain, doit se remuer dans sa tombe.

Il ne doit pas être content, son Jacques Attali non plus, de voir les français vivre, au XXIème siècle, un putsch, une période de transition, une suspension temporaire de l’OIF, très provisoire de l’UE, insignifiante du «Machin » (comme De Gaulles appelait l’ONU), des observateurs du Sud qui viennent à Paris, Grenoble, Lille, etc… pour s’assurer de la régularité du scrutin et/ou de la conformité des listes électorales, de la transparence des opérations de votes, que le nombre de bulletins de vote est suffisant, ainsi que de la présence effective des représentants de n’importe qui et de n’importe quoi…

En somme, l’arroseur arrosé. La démocratisation importée en Europe à partir de la pépinière Afro- Mitterrandienne qui pilule de démocrates chevronnés. On peut en citer le très inamovible Robert Mugabe, l’indéboulonnable Paul Biya du Cameroun, le quasi éternel Denis Sassou Nguessou du Congo (non démocratique), en plus des irremplaçables Faure Gnassingbe (très fort d’ailleurs), Ali Bongo et Kabila fils, héritiers illégitimes de leur trio de pères-empereurs-présidents.

En Afrique, en effet, on assiste à l’enracinement de la médiocratie. Exactement telle qu’ils nous la voulaient, les gars de La Baule et Cie. Au Burundi, à la Nkurunziza, on dialogue, on bloque, on dialogue de nouveau. Finalement on vote pour gagner à tous les coups et n’importe quels coûts (même en vies humaines).

On dialoguera plus tard. Rien ne presse. Les boycotteurs ? Ils ne comptent pas grand-chose : « suffrages non exprimés, immaturité démocratique d’opposants, sans base populaire, manipulés par les forces étrangères et les ennemis extérieurs et intérieurs de la nation ». C’est cela le grand Nkurunziza qui, narguant tout le Monde, massacre ses citoyens pour les gouverner, malgré eux, au moins, une troisième mandature, comme s’ils ne pouvaient vivre sans lui.

Voici aussi que le vieux colonel congolais Denis Sassou Nguessou, se ravise pour se rendre compte, que la Constitution de son pays devrait évoluer… Entendez par là : vers lui. Par le truchement de « concertations nationales », Il prépare avec grande habileté son auto succession.

Voilà encore qu’au Rwanda, le « Parle-ment » affirme qu’une pétition de 3,7 millions de Rwandais, sur un corps électoral de 6 millions d’électeurs et une population totale estimée (en 2012) à 10,5 millions d’habitants, constitue un élément qui ne pourrait être négligé et que, compte tenu des « réalisations grandioses » de Kagamé, la modification de la constitution « s’imposait » pour lui permettre de parachever (quand?) ce qu’aucun autre Rwandais, selon le même ‘’parle-ment’’, ne semble pouvoir poursuivre à sa place.

Il y aura, sans aucun doute, d’autres Kagamé, et d’autres cas non « gammés ». En tous cas, tous étoilés, et à plusieurs galons. C’est en respect, vous dira-t-on, du principe bien connu du « le peuple le veut« . Pauvre peuple qui ne sait pas, en réalité, ni ce qu’il veut ni ce qu’on lui en veut !

C’est, dans nos projets d’Etats émargeant, le passage de l’Etat-providence à l’Etat-individu, la mutation « profonde » des systèmes à partis uniques vers des institutions à unique partie. Une partie jouée et gagnée à l’avance.

Notre système de gouvernance médiocratique est maintenant bien enraciné. La méritocratie est pour plus tard. Elle se conquiert, et les peuples n’ont que les dirigeants qu’ils méritent.

Source : Génération Indépendances

 

 

Mention BIEN : Sortir l’islam de l’islamisme

Mention BIEN : Sortir l’islam de l’islamismeA Dacca comme à Chittagong, deuxième ville du Bangladesh, je constate qu’il est nécessaire de mettre en place un réseau des intellectuels et des artistes musulmans libéraux pour défendre nos pays contre la déferlante wahhabite salafiste. Celle-ci est en train de transformer l’islam et de conduire ses peuples vers le pire, vers la régression, l’obscurantisme, la fermeture, le fanatisme.

Il est étonnant de découvrir combien les problèmes sont les mêmes du Maroc à ces contrées de l’Asie du Sud. Toute l’horizontale qui oblique vers les tropiques à laquelle nous appartenons est contaminée, elle chancelle vers une uniformisation dévastatrice.

Et cette situation n’est pas le fruit du hasard, elle est le résultat d’une politique raisonnée, qui a montré sa cohérence, sa rigueur, son souffle. Elle produit des effets qui transforment le réel, après une action inscrite dans la durée entamée à la suite du premier choc pétrolier de 1974. Choc qui déversa sur l’Arabie saoudite la manne pétrolière dont une partie a été méthodiquement utilisée en faveur de la propagation de la foi wahhabite de par le monde.

A partir de ce moment, l’islam n’a cessé de changer de l’Indonésie à l’Occident maghrébin. Il est en train de subir une uniformisation et une universalisation du culte à la manière wahhabite simplificatrice, excluant la complexité théologique pour favoriser la constance de la pratique, sous l’égide du Dieu un transformé en un être exclusif, dépouillé de toute médiation.

Au point qu’on aboutit à l’adoration d’une idole menaçante, tyrannique, d’autant plus redoutable qu’elle demeure absente, inaccessible, irreprésentable en son immanence même. Telle conception réduit le Dieu à une sentinelle tatillonne, vous surveillant en chacun de vos gestes pour savoir s’ils sont conformes à la norme ou s’ils la transgressent.

Pour lutter contre ce péril, s’il n’est pas trop tard, il nous faut agir sur les quatre points qui ont été la cible préférée des wahhabites.

D’abord l’islam vernaculaire, celui qui tourne autour du culte des saints, qui récupère le fonds dionysiaque et tragique, c’est-à-dire qui prend au sérieux la scène qui active la catharsis, la purge par laquelle est évacué l’excédent dont la charge pèse sur les âmes des individus et de la communauté qu’ils constituent. Or cette scène vernaculaire récupère des matériaux qui proviennent de l’ère préislamique.

L’origine de cette matière remonte loin dans le temps ; elle actualise avec verve l’ancien, l’antique, qui, au Bangladesh, est indien ; elle se connecte avec des vestiges hindouistes, bouddhiques, qui donnent une forme de solidarité entre le ‘âlim (« savant ») et le pandit, entre le soufi (« mystique ») et le yogi. Comme il en est en Tunisie du fonds appartenant à la Méditerranée, à la berbérité, à la judéité, à la latinité, à l’Afrique subsaharienne, tant d’éléments ancestraux qui interfèrent, s’entrecroisent, se tissent pour être encadrés par la croyance islamique.

Ensuite, le deuxième point concerne l’approche doctrinale et la procédure juridique telle qu’elle a été adaptée et articulée à l’horizon du droit positif. C’est pour étouffer ces particularismes que la vague wahhabite voudrait submerger la mémoire hanafite [tendance libérale et rationaliste de l’islam] au Bangladesh et la mémoire malékite [de l'imam Malik ibn Anas (711-795), théologien et législateur qui vécut à Médine] au Maghreb.

Or ces mémoires, nonobstant leur carence opérationnelle, portent en elles une complexité et une propension au débat que ne supporte pas la schématisation wahhabite qui concentre son énergie sur l’orthopraxie au détriment de quelque autre questionnement.

Puis, j’en viens au troisième point, celui qui réclame le retour au fonds théologique et soufi impliquant la spéculation et l’interrogation. Pour revivifier un tel fonds, il faut au préalable dépasser aussi bien l’adhésion à l’un des quatre rites sunnites que le clivage sunnites/chiites. Il convient aussi de s’affranchir de la contrainte de l’ijmâ‘, du consensus qui a figé l’édifice constitué par la tradition ; et renouer avec l’ikhtilâf, le désaccord entre oulémas.

Celui-ci crée la polyphonie, ouvre grandes les portes de l’ijtihâd, cet effort d’interprétation qui suscite la controverse et maintient vive la diversité des opinions, ce qui relativise l’accès à la vérité. Ce mot-clé, l’ikhtilâf, rayonne dans le livre juridique du cadi philosophe Ibn Rushd (Averroès 1126-1198), dont le titre peut être traduit ainsi : « Ici commence celui qui fait effort d’interprétation, là finit celui qui en fait l’économie. »

A ce stade, il est aussi impératif d’élargir le domaine de nos références en puisant dans les corpus philosophique et poétique qui ont été consignés pendant des siècles par le truchement des grandes langues d’islam, surtout l’arabe et le persan.

Car nous trouvons à travers les saillies de ces textes les prémices, les annonces, les signes avant-coureurs des leçons libérales qui répondent d’une manière efficiente aux problèmes d’aujourd’hui. On peut, par exemple, combler avec elles notre déficience à penser la question de l’altérité.

Au Bangladesh, il existe un problème dans le rapport du musulman avec l’autre, bouddhiste. Les actualités ne manquent pas de nous rapporter l’investissement de sites bouddhistes par des bandes salafistes qui brûlent les temples et détruisent ou décapitent les statues de Bouddha.

Tel fut le cas récemment, le 29 septembre, dans la ville de Ramu et les villages alentour, près de Cox’s Bazar, sur le golfe du Bengale. Onze temples en bois ont été réduits en cendres, dont deux vieux de trois siècles. Et ces violences se sont propagées à Patria, plus près de Chittagong, où la présence bouddhiste est relativement dense.

Puis est venu le tour d’Ukhia, de Teknaf, toujours dans le sud-est du pays, non loin de la frontière birmane.

L’atteinte à l’harmonie entre communautés a blessé ici bien des individus appartenant au milieu des musulmans libéraux. Ce déni de l’altérité bouddhiste a suscité un poème de protestation qui redonne gloire au Bouddha écrit par Kaiser Haq, un des poètes que j’ai rencontrés à Dacca. Lors d’une séance de lecture publique, j’ai rappelé nombre d’évocations bouddhistes dans la tradition islamique chez des auteurs médiévaux.

Tous ces auteurs du Xe et du XIe siècle se révèlent autrement plus ouverts à l’altérité, plus curieux de l’autre, plus aptes à entendre la différence, plus pertinents à saisir le fonctionnement de la croyance étrangère, en la singularité de ses rites et de ses représentations que nos contemporains salafistes wahhabites qui veulent nous imposer leur vision fanatique et exclusive.

Après un tel rappel, la lecture du poème de Kaiser Haq a acquis une franche évidence qui a renforcé la conviction des auditeurs présents à travers la diversité de leurs opinions.

Enfin, j’en arrive au dernier point, celui qui recommande l’articulation de notre discours à la pensée moderne et postmoderne telle qu’elle s’est exprimée depuis le XVIIIe siècle, depuis Rousseau et Kant jusqu’à Karl Popper et Jacques Derrida en passant par John Stuart Mill et tant d’autres, celle qui prône l’ouverture et la liberté, qui use de l’arme de la critique et de la déconstruction d’un héritage qui ne vaut que lorsqu’il continue d’être porté comme trace interrogée avec constance.

L’assimilation d’une telle pensée nous restitue aussi à la complexité et nous réoriente vers l’interrogation, elle nous détourne des réponses toutes faites. Telles sont les conditions qui nous conduisent sur la voie de la liberté et de la reconnaissance de celui qui ne partage ni vos convictions ni votre croyance.

En honorant ces quatre points (honnis par les salafistes), nous serons en mesure de construire un discours alternatif destiné à contrer le propos wahhabite, à le réfuter et à en refuser le projet.

Il s’agit d’un « contre-discours », selon le mot utilisé par un penseur bangladais, le professeur Imtiaz Ahmed, avec qui j’ai participé à une conversation publique au Senate Hall de l’université de Dacca devant un public varié et attentif composé aussi bien de séculiers que d’islamistes bon teint comme d’autres d’apparence salafiste. Et la discussion avec le public qui a suivi nos interventions et notre échange a été constructive, cordiale.

Après cette séance, des jalons ont été posés pour avancer vers le tracé de cette voie alternative sur laquelle devrait cheminer le produit de nos échanges qui pourraient être facilités par la constitution d’un réseau qui tisserait la toile des libéraux musulmans, d’Indonésie au Maghreb, comme partout dans le monde, et les encourager à s’organiser pour ne pas que leurs pays soient une proie facile entre les griffes islamistes.

Abdelwahab Meddeb, écrivain et poète

Ecrivain et poète, Abdelwahab Meddeb est né à Tunis en 1946. Vivant en France, il enseigne la littérature comparée à l’université Paris-X et anime l’émission « Cultures d’islam » sur France Culture. En 2012, il est invité par l’Université libre de Berlin pour occuper la chaire Samuel Fischer Guest Professorship for Literature. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, dont La Maladie de l’islam (Seuil, 2002), Contre-prêches (Seuil, 2006) et Pari de civilisation (Seuil, 2009) ; Printemps de Tunis, la métamorphose de l’histoire (Albin Michel, 2011).

Source : Adrar-Info (Mauritanie)

 

Réflexions sur la corruption

Réflexions sur la corruptionLe Mauritanien est attaché au droit de propriété. Il ne rêve que d'avoir sa maison, ses chamelles, ses vaches, ses moutons ; sa terre, s'il est paysan. Le Mauritanien est attaché à l'héritage; il veut pouvoir transmettre, à ses enfants, tout ce qu’il a acquis. Si l'on interroge les Mauritaniens sur les hommes qui les gouvernent, ils les disent médiocres et corrompus.

Ces hommes se connaissent trop ; il y a des haines et des rancunes qui les séparent et, sous l'uniformité subie, grande est leur diversité d'opinion. De l'extérieur, on ne voit que leurs têtes alignées. Eux connaissent leurs divergences et leurs rivalités, de telle sorte que la promotion des médiocres est, souvent, le commun dénominateur.

Ce qu'ils savent les uns des autres, et qu'ils redoutent que l'on sache, les divise mais les maintient ensemble. Trop de raisons commandant les carrières s'entrecroisent ainsi pour que les capacités intellectuelles ou la fermeté de caractère y gardent les meilleures places. On croit la corruption généralisée.

Or il y a des corruptions vite décelées et d'autres que nulle trace, jamais, ne vient révéler. Et il ne suffirait pas d'étudier la corruption, sa gravité, son étendue : il faudra observer, aussi, les phénomènes de rejet, leur fréquence, leur intensité et, encore, les forces qui empêchent la corruption d’être réparable. De telle sorte qu'une réflexion sur la corruption serait peu distincte d'une réflexion sur l'Etat, sur la Police, sur la Justice, sur la Douane, sur la Société tout entière.

Encore faudrait-il tenter l'inventaire des formes de la corruption. Il en est de simples et d’autres compliquées. Un ministre qui reçoit une enveloppe, en échange d'un service ; un parlementaire qui fait payer une intervention ; ne témoignent que de modalités sommaires et, sans doute, rares de la corruption. Il n'y a pas que l'argent pour acheter l'influence ou arracher une décision.

Les hommes politiques peuvent se vendre pour des honneurs ou de petits et grands plaisirs : quelques chamelles, voyages à l'Etranger ou filles aimables. Moins l'argent est présent ou ostensible, plus la corruption est facile.

C'est que la bonne conscience s'arrange des formes déterminées de la corruption. Celui qui refuserait une enveloppe accepte son équivalent en avantages ou en plusieurs. Dans une société où l'argent est à la fois souverain et suspect, la commodité est d'offrir, et de recevoir, autre chose que pièces et billets.

C'est l'immense marché des services prêtés et rendus, des traites tirées et acceptées, qui constitue la voie royale de la corruption. L'argent ne sollicite des services que de ceux sont en état d'en rendre ; donc, du personnel au pouvoir. Tel paraît être, aujourd’hui, le cas.

Quantitativement, la ramasse d'argent disponible et capable de peser sur le pouvoir ne cesse de croître, dans une société en expansion. Ceci ne peut être sans effet. Plus l'argent est nombreux et fort, plus il est tenté de corrompre. Mais ce n'est pas, seulement, la masse croissante de l'argent privé qui multiplie les risques : c'est, aussi, sa plus grande mobilité.

Il existe une quantité variable d'argent vagabond, maraudeur, qui cherche à s'employer et se multiplier, non pas dans des circuits lents et sûrs mais dans des « coups » rapides, parfois hasardeux. Là se peuvent espérer d'énormes profits et ces profits tiennent, souvent, à des décisions administratives : un marché, un permis, une licence.

Car l’Etat, la Commune, l'Etablissement Public ne sont pas, pour l’argent, des entités abstraites. Mais nous vivons dans une société et un temps où l'argent donne accès à tout ; ou presque. Les cabinets ministériels dont l'accès est ouvert, parfois, par le mérite mais, surtout, par les relations, les grandes poussées électorales, en 2009, amenant, à proximité de pouvoir, quelques hommes de qualité et de conviction mais, aussi des opportuns pour qui la politique est un moyen, et, pour la majorité d’entre eux, un centre d'accueil.

Ils font carrière. Il est donc certain, il était, sans doute inévitable que la majorité, peu à peu, grossisse ses rangs d'hommes sans foi ni loi. Car ce ne sont pas des gens de très forte conviction qu'atteint la corruption.

Ce sont, toujours, des politiciens venus, aux affaires de l’Etat, comme ils seraient allés à d'autres affaires. Les raisons générales tiennent aux séductions de la société dite de consommation. Elle fait ou tend à faire, de chacun, un consommateur acharné et jamais satisfait. Les hommes politiques sont ainsi emportés par un mouvement qui les dépasse.

Il y a, de la satisfaction des besoins essentiels au confort du luxe, du luxe à l'opulence, une progression ininterrompue et il faut beaucoup de lucidité et d'énergie pour la briser. Il en va d'un élu, d'un haut fonctionnaire, d'un ministre, comme de tout autre : les sollicitations du mieux-vivre ne cessent de frapper à sa porte.

Ainsi la majorité a-t-elle été spécialement vulnérable aux pressions de l'argent, n'en doutons pas. Comme elle invente de nouveaux riches, la société mauritanienne ne cesse de produire de nouveaux pauvres. Quand les plus défavorisées d'aujourd'hui le seront moins, il est à craindre que d'autres le soient à leur place. Un gouvernement ne travaille pas avec l'éternité devant lui. Les hommes qu'il prend en charge ne font qu’une vie d'homme.

Promouvons une société basée sur l'éthique et le travail. Nous devons, tous, nous déterminer à débusquer et à écarter, « sans complaisance ni besoin, à punir, sans faiblesse, ceux qui ruinent ce pays ou le desservent, les corrompus, les antinationaux, les roublards et les paresseux ». II faut cultiver l'honnêteté, le courage au travail.

Que chacun, au poste où il est, du ministre au planton, du chef d'entreprise au manœuvre, considère comme reposant sur ses seules épaules le destin de la nation. Et, pour que l'éthique règne, deux conditions : une justice forte et respectée, servie par des magistrats « bien traités et indépendants », et la « réhabilitation de la fonction technique, au détriment de la fonction politique ».

Ahmed Bezeïd Ould Beyrouck
Chroniqueur politique

 

 

Mauritanie: L'unité nationale en question

Mauritanie: L'unité nationale en questionLes questions liées à la jeunesse et à la préservation de l’unité nationale sont au centre des préoccupations de « Mauritanie perspectives » (MP), un cercle de réflexion et d’échange, constitué d’intellectuels, ayant pour objectif d’œuvrer pour l’instauration d’un Etat de droit en Mauritanie.

C’est dans ce cadre que l’hôtel Iman de Nouakchott a abrité le 1er avril une rencontre sur les thèmes de la jeunesse, de l’emploi et de la communication en relation avec l’unité nationale.

Ouvrant le débat, M. Sall, professeur de philo à l’université de Nouakchott a insisté sur la nécessité de bien gérer la diversité que représentent les différentes composantes du peuple mauritanien. Au sujet de la communication, il s’est appesanti sur l’importance des contenus médiatiques et sur le temps imparti aux différentes émissions qui doivent cibler les différentes couches de la population sans discrimination aucune.

S’agissant des propositions émises par le professeur, il préconise, pour mieux rapprocher les mauritaniens les uns des autres d’encourager les colonies de vacances entre ressortissants des différentes villes du pays.

Pour M. Mohamed Vall Ould Oumeir, éditorialiste de la Tribune, qui affirme éprouver une certaine gène à l’évocation du concept « unité nationale », en Mauritanie, on fait plutôt face à un problème de cohésion nationale.

M.Oumeir a salué des initiatives telles que la création de la deuxième chaine publique et de la radio citoyenne qui, de son point de vue ont beaucoup contribué au rapprochement des différentes composantes de la population. Mais, il regrette que ces initiatives ne sont pas encouragées comme il se doit et d’aucuns s’évertuent à leur mettre des bâtons dans les roues.

Le directeur de la Tribune propose de faire un lobbying immédiat pour amener les responsables de l’État à inscrire leurs enfants à l’école publique. Ce n’est qu’à ce prix estime-t-il qu’on arrivera à redresser le système éducatif qui est la source de tous les problèmes.

Autre proposition du journaliste : réhabiliter les internats au sein des établissements scolaires. Il faut conseille-t-il profiter de l’enthousiasme suscité par la déclaration des autorités publiques qui ont décrété l’année 2015, Année de l’éducation.

Autre idées avancées, celles de M.Hamma Ould Soufi, dirigeant des associations de jeunes en Mauritanie. Il faut dit-il s’appuyer sur la jeunesse pour bâtir un état fort qui puisse solder les problèmes de cohésion et de justice sociales.

Pour Tabara M’Bodj, présidente de l’ONG, Citoyenneté et Droits Humains, en Mauritanie, il n’y a pas d’unité nationale mais une tolérance nationale. Elle a déploré les inégalités criantes entre les citoyens et l’application à leur égard du deux poids deux mesures.

Abondant dans le même sens, M.Moustapha Kane a soutenu que le problème de l’unité nationale se pose absolument et les éléments allant dans le contresens de cette unité sont légion.

Quant à M.Momme Ducros, fonctionnaire au sein d’une agence de l’ONU, il a déploré le manque de représentativité des jeunes au sein de tous les rouages de l’Etat. Pour lui, la religion, le sport, la musique sont des vecteurs essentiels de l’unité nationale. C’est pourquoi estime-t-il, il convient de prendre en compte les aspirations des jeunes évoluant dans le hip hop et autres.

Mme Hapsa Souleymane, l’unité nationale fait face à de grands défis depuis près de 20 ans, il convient donc d’œuvrer pour mettre en place une unité dans la diversité.

Et pour y arriver, M. Mohamed Ould Jdoud, enseignant chercheur propose de commanditer une étude-diagnostic qui devrait nous édifier sur ce qui nous unit et ce qui nous divise.

M. Memed Ould Ahmed, haut cadre à la retraite affirme qu’on doit régler nos problèmes nous-mêmes et ne jamais compter sur d’autres pour le faire à notre place. Selon M.Abdallahi, président du Conseil d’administration de la télévision du Sahel, le vrai combat en Mauritanie, c’est la lutte contre la langue.

Il faut dit-il arriver à instaurer une justice normale et que les ONG puissent jouer leur rôle en portant assistance aux personnes en difficulté. Pour lui, l’Etat, la religion ainsi que l’unité nationales sont prises en otage et il faut œuvrer pour desserrer l’étau autour d’elles.

M. Sarr de la société civile propose la mise en place d’un outil permettant de visualiser toutes les zones grises concernant l’unité nationale. Il faut également ajoute-t-il instaurer une forme d’apprentissage de la diversité, une immersion au sein des familles.

Pour M. Achraf, professeur à l’université de Nouakchott, en Mauritanie, on a besoin d’une vraie éducation et d’une vraie justice pour surmonter tous les problèmes.

M.Cheikh Aidara, journaliste a quant à lui mis en exergue dans son intervention, le problème de la mauvaise répartition des postes et des richesses qui est source de frustration pour de grandes franges de la population mauritanienne.

Même son de cloche pour son collègue Bakari Guèye qui a pourfendu l’attitude hypocrite des élites qui ont la fâcheuse tendance de ne pas vouloir reconnaitre les grands problèmes qui pourtant crèvent les yeux.

Selon M. Guèye, les nominations inéquitables au sein des postes de l’administration et l’exclusion manifeste de certaines couches des grandes écoles (École militaire, École des mines, École polytechnique…) sont autant de sources de frustrations qui ne contribuent guère au rapprochement tant souhaité entre communautés.

Source : Tawary (Mauritanie)

 

Peshmerga : La pratique mauritanienne du journalisme "alimentaire

Peshmerga : La pratique mauritanienne du journalisme En Mauritanie, le phénomène fait tâche d’huile : les journalistes peshmerga ! Ceux que j’ai pour habitude aussi d’appeler les « journulistes », nom qui, j’avoue, est loin de rendre compte de tous les aspects que revêt cette pratique du journalisme alimentaire.

L’appellation « peshmerga » (en référence aux combattants kurdes) vient sans doute de cette absence de règle. Absence de formation aussi. On peut être manœuvre, boucher, ou chamelier et décider, sans crier gare, de devenir « journaliste ».

Cela ne demande rien du tout: constituer un statut d’entreprise de presse, le faire légaliser et nous voilà dans un monde sans foi ni loi où tout ce qui compte c’est le profit. Un journaliste peshmerga ne refuse rien. Ne recule devant rien. Il a le courage – la témérité plutôt – de dire « merde » à la déontologie ou à toutes règles qui se dressent entre lui et le gain.

Je vous l’ai déjà dit, il ne refuse rien. Il vous laissera tranquille si vous lui filez 2000 UM (5 euros) mais pas quand vous lui promettez 100000 UM. Il sait, par expérience, que la promesse d’un responsable mauritanien n’est pas une dette, mais une manière de se tirer des griffes d’un peshmerga.

D’aucuns pensent, à tort ou à raison, que les peshmerga sont une création de l’État. Le fait d’autoriser n’importe qui à devenir « journuliste », au temps du président Taya, était une manière de décrédibiliser la presse. Pour ceux qui voient les agissements des peshmerga lors des déplacements du président à l’intérieur du pays ou à l’occasion de l’organisation d’un séminaire, c’est ça le vrai visage de la presse. Les journaux et sites sont un moyen non une fin.

Les peshmerga s’organisent en groupe, quand il y a opportunité de passer à l’action, désignent un chef qui parlera en leur nom et servira de trésorier. Le partage peut se faire après chaque « donation » ou attendre la fin de la « mission ». Avec le risque de voir le chef disparaître avec le pactole. Pourtant, les peshmerga sont connus pour être très solidaires.

Attaquez l’un d’eux et vous les aurez tous sur le dos. Ils ont l’avantage de pouvoir dire ce qu’ils pensent. Et même de le présenter comme la vérité. Leur Vérité. Celle qui fait de la presse le reflet de la société. Puisqu’il y a de faux docteurs ès n’importe quoi, eux incarneront cette presse qui ose. Cette presse qui demande aux voleurs de la République sa part du gâteau. De crainte de provoquer un scandale, le responsable sollicité est souvent obligé de se soumettre à leur injonction : « libérez-nous ».

Le verbe « libérer » est même devenu le plus usité dans la terminologie peshmerga. Vous les entendrez souvent dire: Le port « li-beu-re » (le port a libéré. Entendez: a distribué des abonnements). Toutes les administrations, publiques ou privées, y passent. Les ministres, les hommes d’affaires, les directeurs, les chefs de projets subissent le diktat des journalistes peshmerga. Une loi non écrite qu’on a même essayé d’appliquer à certaines chancelleries étrangères mais avec moins de réussite.

Le harcèlement, individuel ou par groupe, n’épargne aucun lieu: bureau, domicile et même mosquée! J’ai même été témoin une fois, et malgré moi, d’une scène de filature. Un très haut responsable militaire poursuivi de l’État-major à son domicile, « coincé » juste à la descente de sa voiture et obligé de donner numéro de téléphone et rendez-vous. C’est ce jour là que j’ai compris que pour être un journaliste connu, il ne suffit pas de signer dans les plus grands journaux de la place mais de se mettre à l’école du « peshmerguisme ».

PS : Il faut tout de même souligner que des journalistes « respectables » s’adonnent, à leur manière, au « peshmerguisme ». Ils le font seulement avec art et finesse.

Source : Medseib.mondoblog (Mauritanie)

 

 

Hommage à Lemrabott / Boubacar MESSAOUD

Il y a juste quelques jours, Lemrabott Sidi Mahmoud Ould CHEIKH  AHMED nous quittait, brusquement. Comme nombre de Mauritaniens qui l’ont connu, j’ai été attristé par cette grande perte. A cette douloureuse occasion, je ne peux résister au devoir de lui rendre hommage. Un hommage qui ne peut se lire et s’interpréter comme un rituel bien de chez nous (« dire du bien des disparus »), bien que je n’ai rien contre ce rituel, mais comme un témoignage sincère sur les qualités d’un homme que j’ai connu et apprécié.

On ne peut pas dire que lui et moi avions quelques atomes crochus. Chacun avait son combat. Chacun avait aussi ses choix. On ne partageait même pas les mêmes milieux sociaux. En dépit de cela et au fil des ans, j’ai pu comprendre et apprécier les grandes qualités de l’homme. Professionnel et rigoureux, voire tatillon dans son travail, courtois dans ses rapports avec les autres, sincère dans ses propos, respectueux des opinions des autres, humain dans sa vie de tous les jours et imbu de nos valeurs traditionnelles d’humilité, de fidélité, de générosité et de piété, Lemrabott était tout cela à la fois. Jamais le contexte, même aux pires moments de diabolisation de ma personne et de mon combat contre l’esclavage et pour la dignité de l’Homme mauritanien, n’a été un élément déterminant dans son attitude à mon égard. Il est resté le même homme qui sait dire avec le sourire, je ne suis pas d’accord avec vous mon frère mais je respecte vos choix.

Lemrabott est surtout pour moi un homme d’Etat comme il en existe ou en reste peu. Les hautes charges publiques qu’il a assumées, tout jeune comme au sommet de son art, ne l’ont jamais poussé à l’arrogance que procure le pouvoir. Et pourtant, il en avait les moyens et pouvait s’y donner à cœur joie et à peu de frais. Au lieu de cela, il a pu s’imposer la règle d’or ; du respect de tous et surtout de l’impersonnalité des décisions publiques.

Servir l’Etat était son crédo. Et il le faisait consciencieusement quelle que soit la fonction qu’il assumait. Son ambition était de faire avancer les choses, de toujours mieux faire pour que les actes qu’il pose impactent demain positivement sur toute la société. Directeur à moins de 25 ans, plusieurs fois ministres, donné « premier ministrable » à maintes reprises, plus d’une fois remis dans la petite chambre de la réserve de la République, il a su rester le même. Et c’est avec du cœur et beaucoup d’ambitions qu’il avait accepté de prendre la direction de l’ex-ENA, lui qui avait déjà assumé de très hautes charges publiques. Tel fut Lembrabott. Cinquante six ans c’est peu dans la vie d’un homme. Mais son œuvre est colossale dans la vie d’un fonctionnaire. C’est un exemple pour les générations. Et c’est un homme que notre histoire retiendra.

A sa famille et à tous les siens, je présente mes condoléances émues et prie ALLAH le miséricordieux, dans son infinie bonté, de l’entourer de sa Grâce et lui accorder son Paradis.

« Inna lillahi wa inna ileyhi raji’oun »

Nouakchott le 11 mars 2015

Boubacar MESSAOUD

Président de SOS - Esclaves

 

"La sortie de Maître Wade sur son successeur M. SALL: symptomatique du fond et dérapage heureux...!!!???

Abdoulaye WadeAbdoulaye Wade, 88 ans, marié à une française blanche depuis plusieurs décennies. Il fut lycéen au célèbre lycée Condorcet à Paris, titulaire d'un doctorat en droit et sciences économiques. Il exerça comme avocat au barreau de Dakar et enseigna à l'université Cheikh Anta Diop (l'UCAD) connue dans la sous région. Il fut aussi un ancien opposant de premier plan contre le pouvoir socialiste au Sénégal.
Il a dirigé le Sénégal pendant 12 ans ( 2000-2012) et était l'un des promoteurs du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique).
Monsieur Wade était champion du Sopi (changement en wolof) en battant le président Diouf au second tour de la présidentielle de l'an 2000. 
Au cours de son règne, l'homme communément appelé maître Wade peut se targuer d'un bilan marqué par d'importants travaux entrepris à l'échelle nationale mais aussi par une certaine allergie à la contradiction au sein de son entourage politique. En effet, l'ancien opposant comme la plupart de ses camarades africains chefs d'État, tombe peu à peu dans un système individualiste du pouvoir. Il s'était embrouillé un à un avec les figures emblématiques de la jeune garde de son parti politique, notamment Idrissa Sec et Macky Sall, l'actuel président du pays.

Sa gestion semi-autocratique aux visées héréditaires du pouvoir s'était incarnée en la personne de son super ministre du "ciel et de la terre" (Transport aérien et infrastructures publiques) , son fils Karim Wade. Au cours de son second mandat, le vieux n'avait jamais digéré le souhait du président de l'assemblée nationale de l'époque Mr Macky Sall, d'entendre son fils de ministre sur sa gestion liée au sommet de l'oci ( organisation de la conférence islamique) à Dakar. 
Son ancien premier ministre et futur tombeur, Macky Sall avait été évincé de la présidence de l'assemblée nationale par un parti politique sous les ordres princiers. Ainsi l'originaire de Fouta, était devenu l'opposant numéro Un contre le Wadisme qui s'était fait plusieurs ennemis politiques et dans une société civile très active. On reprochait au vieux, son tripatouillage constitutionnel pour sa troisième candidature et ses intentions d'assurer sa succession à son fils Karim. 
Il avait été nettement battu par Macky Sall amené par une coalition forte au second tour en 2012, et peu après il s'était retiré en France. 
Sous le nouveau pouvoir de son ancien allié, la machine judiciaire a attrapé son fils sur les origines douteuses de sa fortune colossale incompréhensible pour un sénégalais lambda. En effet dans cette tornade judiciaire qui dévoile les abus financiers du Wadisme, le fils Karim a été arrêté et les sénégalais vivent plusieurs mois au rythme de son procès que certains qualifient de politique. 
Rentré au pays après sa pause exagonale, maître Wade se fait le premier défenseur de son fils, ainsi entouré de ses partisans galvaudés par sa présence aux airs rajeunis, il s'est donné à des manifestations de soutien ressemblant à un défi vis-à-vis du pouvoir en place. 
Cependant c'est dans cette mission de sauvetage de son fils que le vieux s'est lâché ce 24/02/2015 lors d'une réunion de parti en tenant des propos inattendus sur son successeur. Pour lui, ce dernier serait d'ascendance esclave et qu'il l'aurait vendu dans d'autres circonstances, en ajoutant que le président actuel ne peut être jamais au-dessus d'eux  (lui-même et son fils). 
Ainsi la mini-bombe a explosé face aux peuples instruits ou pas, sur les non-dits qui couvent dans nos sociétés africaines ou au moins ouest-africaines. Le gorgui connu pour avoir une santé de fer, n'est pas sénile ni grabataire et en "authentique" africain, sait de quoi il vise par ces mots bien choisis aux relents féodaux et esclavagistes. Il sait pertinemment leur teneur dans le coeur social et sociétal africain même en 2015, qui minimise et dévalorise la qualité du Citoyen tout court par rapport à nos différents statuts sociaux hiérarchisés. 
Cette sortie sous cet angle de la caste, fait un écho transnational chez les peuls notamment originaires du Fouta, et à scruter les différentes réactions sur la toilo-sphère, on constate que la pensée Wadesque a des adeptes qui se dévoilent inconsciemment. D'aucuns presque sur la même tournure langagière que le vieux, essaient étrangement de prouver la noblesse de Macky Sall au lieu de dénoncer ouvertement la saillie verbale aux relents féodaux et esclavagistes. D'autres jouent sur un esprit malin et réducteur en ramenant la chose sous le prisme d'une plaisanterie de cousinage mal placée entre un Sall et un Wade.

Les propos de l'ancien président sénégalais ne visent pas les peuls ou les halpoulars en général mais une caste sociale bien définie, qui est transcommunautaire dans nos contrées. Au sein de nos communautés, les castes sociales ne se valent pas sur ce qu'on a en commun de matériel et d'immateriel et à mesurer le poids de mots de maître Wade, il ne ressort que le fond déterministe de nos voix autorisées ethniques et tribales à l'endroit de la caste esclave. 
Le président Macky Sall lui-même doit en savoir quelque chose de cette réalité stigmatisante que traînent les descendants d'esclaves dans toutes les communautés dans cette zone. En effet Maître Wade avec son cursus universitaire bien fourni, sa carrière politique historique et son vieux âge, ne représente pas un cas isolé dans ces réflexes qui traversent les non-dits au sein notre communauté intellectuelle lâche et trompeuse. Par exemple, un brillant diplômé dans une grande université occidentale, peut crier au scandale quand un ministre français de droite évoquait que pour eux, toutes les civilisations ne se valent pas. Après 6 heures de vol,  notre homme africain défenseur de l'Homme noir chez les blancs, se montrerait neutre voire complice face à nos réalités sociétales et traditionnelles basées sur une hiérarchisation sociale stricte. S'il est issu des milieux aristocratiques dans son giron, il trouverait la gymnastique intellectuelle nécessaire pour donner une coloration culturelle au système des castes dont l'essence n'admet jamais que les différentes castes puissent se valoir.

Ainsi sont nos réalités sur lesquelles l'ancien champion du Sopi, s'est attaqué à son successeur le taxant d'ascendance servile qui ne peut être au-dessus de lui nulle part. Se croyant évidemment noble, maître Wade aura un point commun avec ce soninké analphabète et ouvrier dans le nettoyage, qui digère difficilement que son chef de chantier soit un autre soninké dit de caste sociale inférieure. 
Par ailleurs on aura appris dans certains milieux aristocratiques dans le Fouta de deux rives du fleuve Sénégal et par extension chez d'autres peuples ( soninkés et d'autres), que le choc de l'accusation sur leur fils président passe amèrement et qu'il est temps de penser aux descendants d'esclaves vivant depuis toujours auprès d'eux et traînant des multiples clichés et stigmatisations. 
La fibre de la hiérarchisation sociale est la trame de nos rapports et Wade aura le mérite d'éveiller les consciences conditionnées parmi les vrais descendants d'esclaves qui croient naïvement que l'instauration de leur dignité d'Homme se joue à l'échelle nationale par une citoyenneté manipulée pour reproduire les anciennes références.  Certains rêveurs dociles parmi les castes dites subalternes, font le jeu du système des castes dont le fonctionnement est à l'encontre d'une nation des droits et devoirs égaux à toutes les échelles. Nous espérons que les électeurs d'ascendance esclave apprendront mieux de cette sortie non hypocrite de maître Wade et à tous les niveaux.

Merci Gorgui Wade pour ces mots instructifs pour Tous finalement ...!!!

K. S"

Source : Le calame (Mauritanie)

 

Noblesse vendue

Maître Wade sur son arbre perché
Clamait dans son bec ascendance fort plumée.
Il la vantait bien le bougre mais elle puait
Comme tout fromage trop longtemps délaissé.
Son fils Karim par l'odeur alléché
Jugea qu'il gagnerait beaucoup à se la déplumer.
Les temps se prêtaient bien à telle nudité
Et la noblesse des Wade en un instant bradée
A l'étal des marchés de quelque conférence
Le gamin enrichi put goûter à la danse
Des parvenus vit' fait mais pas vraiment bien fait.
L'odeur restait suspecte et les Sénégalais
Y comprirent enfin qu'on les avait dupés.
On descendit alors le baveux volatile
Qui s'était si bassement servi de la ville
Pour lui substituer quelqu'un de plus commun
Certes mais citoyen et nanti d'un parfum
Autrement plus seyant aux tout simplement nés.
Se grattant l'occiput, le déplumé déchu,
Pleurant de n'être plus assis que sur son cul,
Crut bon d'en appeler à ce que ses ancêtres
Avaient eu tant de mal à ériger en maître.
On vit alors combien père et fils se valaient
Incapables tous deux d'atteindre au marchepied
De leur nom tant naguère haut noblement porté
Et désormais reptile, gluant dans les marais
Des plus infâmes coups, plus basses vanités.
Oh, noblesse trahie en ces temps exilés !
Te voilà à pleurer non seulement ton sang
Mais aussi ta piété, l'esprit qui faisait rang
Sous les glapissements du Gorgui encrotté.
Vite, enterre-le et pars sur les hauts monts
Retrouver ton âme auprès de quelques moutons !

Feylili

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Séquelles de l’esclavage : reconnaître les acquis et éviter la surenchère

 

Dans le nouvel « Observateur » N°2613 du 04/12/2014, le moins qu’on puisse dire est que l’envoyé spécial du célèbre journal français ne s’est pas suffisamment informé sur un certain nombre d’aspects importants de la question. Il aurait pu au moins, à titre d’exemple, à défaut des autorités officielles rencontrer d’autres mauritaniens d’horizons politiques et culturels divers, y compris de la communauté H’ratine. Il aurait alors appris un tas des choses dont un certain nombre d’éléments à prendre nécessairement en considération dans tout effort d’information sérieux sur la question.

 

  1. La première constitution dès l’indépendance en 1960  consacrait l’égalité des citoyens devant la loi et des droits importants qui ont jeté les bases d’un Etat naissant mais moderne.
  2. Une loi spécifique pour l’éradication de l’esclavage (une ordonnance aux débuts des années 80 avait alors été prise et avait bénéficié du consensus politique et religieux national.
  3. Une reforme foncière et domaniale avait été initiée à la même période et aura été une avancée remarquable sur le plan juridique et au profit des populations rurales le plus pauvres.
  4. Le pouvoir actuel chez nous, sous l’impulsion du Président Mohamed Ould Abdel Aziz, est allé plus loin avec, ni plus ni moins, la criminalisation de l’esclavage dans la constitution du pays.
  5. Chaque fois que des personnes sont accusées ou soupçonnées de pratiques esclavagistes les Autorités Administratives et les juges agissent fermement conformément aux textes en vigueur et aux instructions fermes des dirigeants du pays.

 

En réalité, le problème, tout le problème, se situe au niveau des séquelles du phénomène.

Des efforts extrêmement importants sont fournis par les autorités publiques pour faire face à la pauvreté notamment chez les filles et fils de cette frange de la population. Cela va de la restructuration des quartiers précaires de Nouakchott (attribution de lots à usage d’habitation et appui à la construction des logements) en passant par l’édification des écoles, construction des postes de santé et forage des puits dans les villages, en passant par la création des centres de formation professionnelle ainsi que les faveurs en matière d’emploi.

 

  1. Au niveau politique, et s’agissant de la représentation au niveau des hautes sphères de l’Etat, le pays n’a jamais connu une si plus grande attention aux cadres issus de cette frange de la population qui n’en avait pas beaucoup, il vrai, dans le temps. Outre, le Président du Conseil Constitutionnel et celui de l’Assemblée Nationale (et les secrétaires Généraux de leurs institutions) ainsi que le président du Conseil Economique et Social (qui ont tous rang de Ministre, sinon plus le plan protocolaire), il y a 4 autres membres du Gouvernement  dans un pays, qui ne l’oublions pas compte 4 communautés nationales avec des langues différentes et dont il faut tenir compte-les langues de trois ethnies negro-africaines ont été pour la première fois consacrées à l’initiative du régime actuel langues nationales du pays dans l’actuelle constitution. Les départements ministériels confiés aux brillants cadres de cette couche sociale ne sont pas des moindres : l’Hydraulique et l’Assainissement, l’Enseignement Supérieur et la Recherche Scientifique, l’Emploi, la formation professionnelle et des Technologies ainsi que l’Elevage. Il y a aussi des secrétaires généraux non seulement des institutions constitutionnelles citées plus haut (Assemblée Nationale et Conseil Constitutionnel) mais aussi de ministères importants comme l’Habitat, l’Urbanisme et l’Aménagement du Territoire ainsi que la Jeunesse et des Sports ou encore l’Institution du Prix Chinguitti. Les secrétariats généraux de certaines institutions qui touchent aux problèmes de cette partie de la population reviennent également à d’honorables citoyens issue de cette couche sociale : le Commissariat à la Sécuritaire Alimentaire, la Commission Nationale des Droits de l’Homme et la Nouvelle et grande Agence Tadamoun (Solidarité )crée il y a de cela 2 ans avec pour mission d’élaborer et d’exécuter des projets de développement au profit des couches défavorisées et à  leurs tête les H’ratines de Mauritanie. Je serai incomplet- je le serai d’ailleurs forcement car je ne peux pas énumérer tous les postes- si je n’aurai pas rappelé que certains proches collaborateurs du Président de la République ( dont son propre Directeur Général du Protocole d’Etat) ainsi que ceux du Premier Ministre sont issus de cette communauté.

Elle compte également parmi ses fils des officiers supérieurs y compris des généraux  ainsi que de deux députés, des maires, des directeurs des sociétés d’Etat dont l’Agence Gouvernementale de Presse etc.…

Ainsi qu’au niveau diplomatique comme à Genève par exemple

 

En vérité, tout le monde veut dépasser les séquelles du phénomène et notamment sur les plans psychologique, social et économique.

Dans la vie quotidienne, dans les transports publics, les écoles, les stades, en dépit des inégalités sociales que l’on trouve même entre les enfants et les citoyens les plus proches sur le plan social et tribal, il y a non seulement la cohabitation pacifique   mais aussi l’entraide et la complémentarité emprunte de sympathie et de liens divers et forts.

Dans les Mosquées aussi, c’est ce climat de confiance et de sérénité qui règne et que le Gouvernement tient à renforcer avec l’unification du prêche hebdomadaire du vendredi en vue d’accompagner davantage la politique résolument réformiste de l’Etat.

Fort heureusement,  beaucoup des cadres H’ratine -et non des moindres- soutiennent cette politique qui est en fait la leur. Idem pour les populations cibles qui savent que les pouvoirs publics travaillent quotidiennement à l’amélioration de leurs conditions de vie. Les tenant du discours radical savent eux-mêmes que l’exacerbation des contradictions ne mène à rien.

 

Boubacar Ould Messaoud, le vieux militant et Président de « S.O.S esclave » semble le comprendre parfaitement. Je suis sûr qu’au sein d’Ira des voix, même en interne, ont la même position, et ce au delà des défections enregistrées de temps à autres dans le rang de leurs militants. Il n’est pas exclu que certains des cadres éclairés de cette organisation, sans renier leur engagement se ressaisissent et décident d’accompagner les efforts de la collectivité nationale pour le progrès  des populations. La surenchère, la haine et le sectarisme –d’où qu’ils viennent- sont une source désunion et d’affrontement utile et dangereux pour la construction de l’Etat à l’édification d’une société juste.

Quand au dialogue sur la question, l’Etat ne l’a jamais refusé : nous sommes dans un pays démocratique où le débat est permanent dans la très indépendante dizaine des radios et des télévisions privées ainsi qu’au Parlement où une bonne quinzaine des partis politiques sont représentés. La modération naturelle des mauritaniens, le réalisme des uns et des autres, la capacité d’adaptation et la volonté politique ferme de l’Etat et du pouvoir actuel issu d’élections démocratiques finiront par montrer le bon chemin à tous ceux qui ne le connaissent pas très bien ou qui pensent- à tort- qu’une autre voie est meilleure. La Mauritanie dépassera les séquelles du phénomène par les efforts de tous ses fils et filles unis pour parachever le travail efficace déjà effectué.

 

 

Dahmane Ould Beyrouk

Mise à jour (largement) dépassée

Mise à jour (largement) dépassée Moktar Ould Daddah est certes un choix du colon, mais il a très tôt pris ses distances avant de rompre carrément et de devenir l’un des présidents africains qualifiés de «progressistes». Pour ses choix pour son pays : révision des accords de défense avec la France, création de la monnaie nationale, nationalisation des ressources (fer et cuivre), instauration de l’Arabe comme langue officielle…, la fameuse trilogie des indépendances (indépendance politique, indépendance économique, indépendance culturelle). Ce qui a pour résultat pour le pays quelques années de rayonnement à l’extérieur et de ferveur unitaire à l’intérieur.

Nous sommes loin de la propagande d’un mouvement politique opposant qui mettait en avant – et c’est légitime – le caractère «donné» de l’indépendance nationale et qui dénonçait les liens supposés – on le saura plus tard – avec l’ancienne puissance coloniale. Les révélations des vrais acteurs, ceux qui étaient aux commandes en ce moment-là, sont là pour le confirmer : Moktar Ould Daddah a cru à une Mauritanie possible, et avec lui de nombreux autres fils du pays y ont cru. Les uns acceptant de le soutenir, les autres le poussant à plus de combativité dans sa volonté d’indépendance.

Ce qu’on peut reprocher à Moustapha Ould Bedredine, ce n’est pas d’exprimer un positionnement vis-à-vis d’un dirigeant avec lequel il n’a jamais pu ou su établir un rapport de confiance et qui est resté pour lui le premier responsable des premiers déboires de la jeune République (événements de 66, événements de Zouérate en 1968, répression du mouvement des Kadihines…), mais de l’exprimer sans nuance, sans mesure et finalement avec tout le parti pris qui correspond à la période.

Comme si la connaissance des réalités des choses ne s’est pas étoffée depuis. Comme si les lectures sont restées en l’état où elles étaient quand le foisonnement constructif des deux premières décennies contribuait à forger la réalité d’une Nation humble, digne, forte, authentique et ouverte.

Source : Mohamed Fall Ould Oumère

 

Nouvelles d’ailleurs : Nous...

Nouvelles d’ailleurs : Nous...

Pourquoi portons-nous ce regard d'amour/haine sur nous-mêmes et notre pays ? Comme si nous étions porteurs, chacun d'entre nous, d'une « Vérité » qui se voudrait unique et exclusive. Comme si nous ne percevions notre présent et notre futur qu'en les mélangeant à nos propres fractures et histoires personnelles.

Il n'y a pas une Mauritanie mais des milliers de Mauritanie. Chaque citoyen de ce pays transporte avec lui sa Mauritanie intime, la vision qu'il en a, le ressenti de son existence, dans ce conglomérat de groupes ethniques qui se supportent sans se mélanger.

Le mythe d'une Mauritanie Une et Indivisible a vécu, si tant est qu'il n’ait jamais eu une existence réelle, en dehors des discours politiques. Nous sommes un petit pays, arrimé entre désert et mer, entre désert et Fleuve.

Entre Maghreb et Afrique noire, entre mondialisation et traditions, entre aspirations légitimes à l'ouverture au monde et ancrage dans des manières de vivre et de penser le monde en termes rigides, mix de carcans sociologiques, tentatives de s'arrimer dans des milieux hostiles et de se donner une «légitimité » sociale où l'on est, soit forts et « nobles », soit faibles et dominés.

L'arrivée des Béni Hassan dans nos contrées a lancé la course à la « noblesse » et à qui serait meilleur musulman, meilleur arabe, meilleur guerrier, meilleur marabout. Le boum des généalogies des 15ème et 16ème siècles perdure aujourd'hui.

Cela fait six cents ans que nous évoluons dans une société qui s'est fortement castée, qui a projeté ses peurs et sa survie en érigeant des « histoires » devenues pensum officiels, chaque groupe, chaque tribu, chaque caste peaufinant l'illusion de s'être donné des racines, là où les racines ancestrales avaient été laminées par l'arrivée des Hassan et, avant eux, l'Islam.

Comme si nous n'étions pas, bien avant l'Islam et les Hassan. Comme s’il existait un trou noir, dont chacun garderait une mémoire inconsciente, un avant d'« obscurité » et de quasi-sauvagerie. La Mauritanie que nous connaissons aujourd'hui n'est pas née en 1960.

Elle est née au 15ème siècle. Tout ce qui se passe chez nous actuellement plonge ses racines là-bas. Nous n'avons fait que saupoudrer des idéaux européens de démocratie, de manières autres de vivre, sur nos idéaux archaïques. Nous étions sociétés féodales, nous sommes sociétés féodales.

Et ces féodalités-là n'ont pas de couleur de peau. A chaque féodalité répond une féodalité. Chaque féodalité regarde l'autre en chien de faïence. Chacune a construit son monde et les frontières qui vont avec, les frontières étant l'Autre, toléré mais jamais entièrement admis.

Chaque groupe, chez nous, transporte son « limes » (la frontière, selon les Romains de la Rome Antique), persuadé qu'il est d'appartenir au meilleur groupe, d'être meilleur musulman, d'être meilleur en tout.

On se marie entre féodaux, on vit entre féodaux. A chaque enfant qui naît, on apprend patiemment sa place dans ce millefeuille de féodalités. D'être humain, d'homme en devenir, il devient le porte-parole de la transmission des codes féodaux. Malheur aux « basses castes »...

Malheur à ceux qui n'ont pas su, ou pu, imposer, au monde, une force sociale de combat. Ils errent dans des strates appelées, pudiquement, forgerons, griots, esclaves, haratines, tributaires, etc. Malheur aux vaincus, dans la course à la survie...

Et nous voilà catapultés dans le monde moderne, dans ce monde façonné par l'Occident, lui qui a su imposer sa vision des choses et de la gouvernance. Et si cet Occident-là gagne, c'est parce que c'est, pour le moment, la seule chose qui soit acceptable, en termes de gouvernance.

Ceci explique notre attirance pour les idéaux européens mais, aussi, notre répulsion car nous sentons bien que nos certitudes vacillent, que nos mondes, si familiers dans leurs inégalités, leur orgueil, leur arrogance, sont en train d'imploser, sans que nous n'ayons quelque chose à proposer en échange.

Nous sommes les champions du paradoxe : nous pensons « occidentaux » et nous épousons notre cousine. Nous rêvons démocratie et nous perpétuons, dans le doute, le système traditionnel féodal de la tribu. Nous nous rêvons hommes nouveaux, nous ne sommes qu'hommes anciens, archaïques. Nous nous rêvons universels, nous nous nous levons, tous les matins, communautaires...

Aucun de nos gouvernements successifs, ersatz de régimes démocratiques, n'a su susciter le sentiment d'appartenance à une Nation. Chacun a tenté de réécrire l'Histoire, surfant sur les impératifs politiques du moment, cédant aux pressions de tel ou tel lobby, faisant le grand écart entre les aides financières venues de tel ou tel pays, aides accompagnées d'« obligations »...

Mais à force de réécrire l'Histoire à la seule lumière de la politique politicienne, nous n'avons fait que massacrer, un peu plus, nos chances de devenir pays neuf...

Le constat est amer pour qui aime profondément notre pays : nous sommes un pays raciste où le racisme n'a pas de couleur. Nous sommes un pays où les gens luttent pour la survie quotidienne. Nous sommes un pays sans système éducatif, sans réel système de santé, sans protection sociale digne de ce nom.

Nous sommes un pays où les biens mal acquis ont dessiné des villes hideuses et plombé le système économique. Nous sommes un pays où nous avons pensé qu'offrir le pouvoir aux militaires serait gage de sécurité, de cocon protecteur, pâle imitation des chefferies traditionnelles qui protégeaient tout le monde mais ne souffraient aucune contestation. Le mythe du chef bienveillant mais à la main de fer...

Nous n'avons rien offert au Monde mais nous croyons être le Monde. Combien sommes-nous à aimer vraiment la Mauritanie, à en avoir une vision non extrême ? Nous devons repenser notre pays, réinventer une nouvelle indépendance, accepter que nous nous sommes trompés, encouragés par les différentes politiques.

Nous devons briser les carcans sociologiques, les tribus, les féodalités. Nous avions une occasion d'offrir, enfin, quelque chose au Monde : un monde neuf, renouvelé, non momifié et englué dans ses contradictions.

Je m'appelle Mariem mint Derwich. Je n'appartiens à aucune tribu, je ne représente que moi. Je suis femme de ce pays, non pas au nom d'une histoire traditionnelle, mais parce que j'ai choisi ce pays. Je suis une simple citoyenne et ce pays m'est cher. Je suis moi, tout simplement. Pas la somme de féodalités. Si tout le monde pouvait penser ainsi, nous aurions, enfin, fait le premier pas...Celui vers une libération des esprits.

Salut,

Mariem mint Derwich

Source : le Calame (mauritanie)