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Faits Divers en Afrique

Au moins 40 migrants tués dans un centre de détention en Libye

Au moins 40 migrants tués dans un centre de détention en LibyeBBC Afrique - Des frappes aériennes ont fait près de 40 morts principalement africains et 80 blessés près de Tripoli la capitale libyenne. L'armée loyale au général Khalifa Haftar a rejeté toute responsabilité, affirmant que ses avions de combat n'ont pas attaqué ce centre de détention.

Les services de secours ont affirmé que ce bilan pourrait s'alourdir parce que disent-ils, 120 migrants étaient détenus dans un hangar atteint de plein fouet par les frappes aériennes. Des fouilles se poursuivent en vue de retrouver d'éventuels survivants dans les décombres.

Les premiers témoins ont décrit un spectacle de corps et de restes humains mêlés aux vêtements de migrants maculés de sang.

Le gouvernement d'union nationale reconnu par la communauté internationale a dénoncé dans un communiqué "un crime odieux", attribuant l'attaque au "criminel de guerre", Khalifa Haftar.

Ce leader de l'Est libyen mène en effet depuis 3 mois une offensive pour s'emparer de Tripoli la capitale mais son armée rejette toute responsabilité sur le drame.

L'attaque contre le centre n'a pas été revendiquée mais des médias pro-Haftar ont fait état d'une série de raids aériens sur Tripoli et la banlieue de Tajoura où se trouvent des camps militaires du gouvernement d'union.

Des migrants arrêtés en mer sont régulièrement ramenés en Libye où ils sont placés en détention arbitraire selon des agences onusiennes et organisations humanitaires qui le dénoncent.

3500 migrants et réfugiés sont en danger dans des camps de détention près des zones d'affrontements selon la mission des Nations Unies en Libye.

Source : BBC Afrique

 

Maroc – Affaire Khadija : report du procès du viol collectif de la jeune fille

Le procès de douze hommes accusés de la séquestration et du viol collectif de Khadija, une adolescente marocaine, en août dernier dans son village, une affaire qui avait suscité l'émoi au Maroc, s'est ouvert mardi devant un tribunal de Beni Mellal (centre), avant d'être immédiatement reporté.

Les avocats de la défense et celui de la victime, qui s’est portée partie civile, ont demandé davantage de temps pour se préparer, et le juge a reporté le procès au 25 juin, a déclaré le conseil de la jeune fille, Me Ibrahim Hachane.

Dans une vidéo diffusée en août et devenue virale, Khadija, une adolescente issue d’une famille défavorisée âgée de 17 ans au moment des faits, avait raconté avoir été kidnappée, séquestrée, violée et martyrisée pendant deux mois par des jeunes hommes de son village d’Oulad Ayad, près de Beni Mellal.

Son témoignage filmé, dans lequel elle montrait des traces de brûlures de cigarettes et des tatouages que ses agresseurs ont, selon elle, gravé de force sur son corps pendant sa séquestration, avait soulevé un tollé dans le royaume et suscité une forte mobilisation.

Briser le silence

Les 12 accusés, âgés de 19 à 29 ans, comparaissaient mardi devant la chambre criminelle de la cour d’appel de Beni Mellal, instance qui les jugera en première instance pour les chefs de « traite d’être humain », « viol », « constitution d’une bande organisée » ou « enlèvement et séquestration ».

La « traite d’être humain » est passible d’une peine maximale de trente ans. Un autre prévenu sera jugé séparément à huis clos le 11 juin, son dossier ayant été disjoint des autres puisqu’il était « mineur au moment des faits », a indiqué Ibrahim Hachane, l’avocat de Khadija.

Je suis encore traumatisée, ce qui m’est arrivé n’est pas facile à supporter

« Les accusés ont avoué les faits qui leur sont reprochés pendant l’interrogatoire de police, mais ont pour la plupart nié devant le juge d’instruction », selon Hachane. « Je suis encore traumatisée, ce qui m’est arrivé n’est pas facile à supporter », avait confié la jeune fille au lendemain des faits. « J’attends avec impatience le début des traitements pour me faire détatouer. Je ne peux même pas regarder mes mains, car je me souviens chaque jour de ce qui m’est arrivé », avait-elle dit.

Elle ne s’est toujours pas fait détatouer, le juge pouvant demander à voir ses tatouages pendant le procès, selon son avocat. « Son état psychologique est encore fragile », a confié son père Mohamed. Le choix de sa fille de briser le silence en s’exposant publiquement est une démarche rare, tant la peur pour leur image et pour la réputation de leur famille est grande pour les victimes. Plus de 90 % des Marocains ayant subi une forme de violence n’ont pas porté plainte contre leurs agresseurs, selon une récente enquête officielle.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : désolation à Bamako après des inondations meurtrières

Après l'orage qui a surpris Bamako jeudi, au tout début de la saison des pluies, l'eau continue à dévaler des collines entourant le quartier populaire de Niamakoro, où décharges sauvages et urbanisation anarchique ont alourdi le bilan d'un phénomène météo pourtant habituel au Mali.

 

Les caniveaux très étroits et encrassés ne parviennent pas à absorber les torrents d’eau qui font déborder les marigots, nombreux dans ce quartier du sud de la capitale malienne bâti dans une cuvette.

Trois des 16 victimes décédées dans les inondations, provoquées par les fortes pluies qui se sont abattues jeudi à l’aube, y habitaient.

Les rues boueuses sont envahies de tôles de toits arrachées, de tables, de chaises ou encore de morceaux de poupées démembrées. Vendredi 17 mai, deux enfants pleurent dans les bras de leurs mères, tous désormais des « sans abris ».

« Nous n’avons plus rien, la pluie a tout emporté. C’est vraiment Dieu qui nous a sauvé. Il fait des miracles, nous sommes un de ses miracles », dit Oumar Bagayoko, 45 ans, enseignant.

À l’angle d’une rue, deux voitures emportées par les eaux sont accrochées au flanc d’un mur. Les propriétaires tentent avec des mécaniciens de récupérer leurs biens. « J’ai acheté la voiture à crédit, je n’ai même pas terminé de payer la totalité et voilà qu’elle est fortement accidentée », se lamente l’un des propriétaires, Georges Kana.

« Changer les comportements »

Le Mali, pays sahélien, connaît souvent des inondations meurtrières dues à de fortes pluies. Ces inondations résultent notamment du mauvais état de maisons souvent en pisé ou bâties dans le lit de marigots, selon des spécialistes.

« ll faut que nous changions de comportement. Il est évident que face à la force de la pluie, des maisons ne pouvaient pas résister. Il nous faut tenir compte de l’environnement », dit Adama Sangaré, le maire du district de Bamako, qui regroupe les six communes de la capitale, lors d’une visite de terrain.

Il montre du doigt les dépôts d’ordures sauvages qui bouchent les canalisations et la construction d’habitations dans des zones inondables. Le maire a promis qu’une « prochaine réunion extraordinaire du conseil municipal » examinerait ces questions.

Près d’une école où se sont réfugiées une quinzaine de personnes ayant perdu leur maison, Maïmouna, une ménagère de 52 ans, fait chauffer une marmite pour préparer le repas. Un peu de riz, un peu de sauce. Le gouvernement a procédé vendredi à une distribution de vivres.

Le Premier ministre, Boubou Cissé, s’est rendu dans un autre quartier de Bamako, Daoudabougou.

« Dérèglement climatique »

Ces dernières années, le Mali a été régulièrement touché par des inondations – plus de 30 morts et des milliers de sans-abris en 2013, au moins cinq morts en 2015 et encore une quinzaine en 2016.

Les pluies diluviennes pourraient se multiplier « abruptement » au Sahel avec le dérèglement climatique et la modification du régime de la mousson africaine, indiquait en juillet 2017 une étude scientifique.

Le centre du Mali, le Niger, le Tchad pourraient recevoir autant d’eau que le nord du Cameroun ou le centre du Nigeria aujourd’hui, qui se caractérisent par un climat tropical, selon cette étude publiée par la revue Earth System Dynamics.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : Kayes, l'esclavage en héritage

Vidéo. Mali : Kayes, l'esclavage en héritageTV5 MONDE - L’esclavage est très répandu dans les zones sahéliennes. Contrairement à la Mauritanie, au Tchad, au Niger ou au nord du Mali, ce n’est pas un groupe ethnique qui en asservit un autre dans la région de Kayes et dans le reste du sud du Mali.

C’est un esclavagisme par ascendance, lié à l’hérédité, qui s'apparente à un système de castes. Dans la région de Kayes, des communautés entières sont victimes de violations de leurs droits. Depuis près d’un an, des « esclaves » ont décidé de s’élever contre l’ordre établi.

Victimes d’agressions physiques, de tortures ou de confiscations de biens, ils mènent une campagne de dénonciation auprès des Autorités. Reportage Kaourou Magassa.

Le jour se prépare à naître sur Bamako. Hamé Coulibaly n’a pas changé ses habitudes, malgré la fuite et la solitude. Et c’est loin de la mosquée de son village et de ses enfants qu’il commence sa journée.

Hamé Coulibaly, membre de l’association Gambana :

"Je suis ici car des gens m’ont dit qu’ils allaient me tuer et que s’ils ne me trouvaient pas sur place, dans mon village, ils me tueraient. Mes femmes sont à Diema, mes enfants aussi et ma mère est restée au village. Mais sans décision de justice comment puis-je rentrer ? J’y retournerai si la loi me garantit que je peux rentrer."

Hamé Coulibaly a été molesté, torturé et spolié dans sa localité de Kérouané dans la région de Kayes. Il vit dans un lieu tenu secret. Il est aujourd’hui la cible principale d’esclavagistes : "Je suis né dans une grande famille. Une famille avec beaucoup de charges. Mais les problèmes que je vis les ont tous impactés. Tous ont été frappés, au village. Certains ont été blessés au point de se rendre à l'hôpital. Nous nous sommes soulevés disant que nous ne sommes pas des esclaves, que nous ne voulons plus de l’esclavage. Cela ne nous plaît pas de l’être, on ne pratiquera plus l’esclavage et les traditions qui en découlent. C’est notre principale revendication."

Réfugié dans son propre pays, il reçoit le soutien d’organisations de défense des droits humains. L’association Temedt lutte depuis 2006 contre l’esclavage par ascendance au Mali.

Abdoulaye Mako, Président d’honneur de Temedt :

"Il y a une rivalité entre deux tendances. Ceux qui pensent que l’esclavage est une coutume, une tradition qu’il faut perpétuer, et ceux qui disent, « on en a assez, on refuse de s’adonner à l’esclavage ». La différence dans la région de Kayes, c’est que ceux qui ne veulent pas de cet esclavage-là, ils sont souvent violentés, ils sont battus, ils sont chassés de leurs maisons, ils sont stigmatisés, ils sont exclus de la société. Alors qu’au nord, si tu ne veux pas être avec quelqu’un, l’esclave de quelqu’un, on ne va pas t’empêcher de partir, ou se mettre à te battre. En tout cas, je n’en ai pas vu moi."

Au premier coup d’oeil, Mambry est un village comme les autres. Pourtant, plus de 1000 déplacés y vivent aujourd’hui. Lassim Konaté, membre d’une association anti-esclavagiste vient s'enquérir de leur sort. La famille de Hona est installée à Mambry depuis 4 mois.Ils sont une trentaine, femmes, vieillards et enfants. Eux sont des djons, "djons" veut dire esclave. Avant leur départ, ils étaient soumis aux « horons », les nobles selon le système de caste au Mali.

Moussokoura Hona, déplacée à Mambry :

"Je n’ai pas peur de la mort, mais mon mari a préféré partir. Des personnes ont été expropriées, nous étions ostracisés dans le village, nous ne pouvions pas sortir, nous ne pouvions pas aller au puits puiser de l’eau. Une personne âgée sera forcément affectée de cette situation. Surtout pour les enfants."

« La première fois que je suis venu, l’endroit était vide, il n’y avait rien. Mais aujourd’hui je vois que des maisons ont été construites. Je suis joyeux, je suis content. C’est la raison pour laquelle je prends des photos. A mon retour, je les montrerai aux membres l’association Gambana. Ils verront que l’endroit est en train d’avancer. Les gens qui sont ici ne souhaitent plus rentrer dans leur localité. C’est pour ça que les maisons ont été construites. Depuis qu’ils sont arrivés, le chef de village les a bien accueillis, ils disposent de tout ce dont ils ont besoin ici », explique Lassim Konaté, membre de l’association Gambana.

Maitre Modibo Sylla est lui avocat à la Cour du Mali, il défend les droits de ces personnes : « Toutes les Autorités de ce pays ont été saisies. Du Président de la République, au dernier citoyen. Tout le monde est informé aujourd’hui au Mali de ce problème. Nous avons saisi le Ministère de la Justice, le Ministère de l’Administration territoriale, de la Sécurité, malgré tout, on a l’impression que ça ne bouge pas ! »

Hamé Coulibaly explique à son avocat : "L’esclavage est aboli au Mali, et même si cela était toujours dans la Constitution, nous n’en voudrions plus. Nous avons besoin de notre liberté et cela en dérange certains, que la justice tranche !"

Au Palais de Justice de Diema, Hamé Coulibaly sort d’une audience avec son avocat. Accusé d’injure non publique, il est également plaignant dans une autre affaire pour avoir été menacé de mort.

« Pour décourager ces esclaves dans leur lutte, et c’est une lutte pacifique, on le dit, ce n’est pas avec violence, à travers la sensibilisation, donc on essaie de les décourager dans cette lutte, à travers des procédures qui ne tiennent pas comme vous l’avez vu ce matin, comme injure non publique. Hamé a dit qu’il n’a insulté personne. Si les audios existent, qu’on les fasse sortir, ça n’existe pas», raconte Maitre Modibo Sylla.

« Ma situation est très fâcheuse, les gens qui sont en train d’attendre dans les voitures, sont venus pour m’agresser car je suis là aujourd’hui. Ils ont fait des appels pour venir en nombre. Ces gens ne sont pas venus pour suivre l’audience, mais bien parce que je suis là. S’ils peuvent faire quoi que ce soit, ils le feront », répond Hamé Coulibaly, membre de l’association Gambana.

Hamé Coulibaly a finalement été exfiltré de la ville de Diema par la garde personnelle du président du tribunal. Remonté, il pourfend tout un système.

Hamé Coulibaly, membre de l’association Gambana :

"Sur 100 plaintes liées à des différends sur l’esclavage, aucune n’aura la mention d’esclavagisme. Les autorités préfèrent invoquer des différends, des coups et blessures, des problèmes de terre, ainsi que plein d’autres justifications, alors que le fond du problème entre les protagonistes est l’esclavage. Des gens se font tout arracher parce qu’ils sont esclaves, mais au lieu que ce soit inscrit sur les plaintes, les agents de la police judiciaire au lieu de prendre toutes les mesures, minimisent les choses en ne mentionnant pas l’esclavage."

La ville de Kayes est la capitale régionale. Le centre névralgique administratif et économique d’une région de 2 millions d’habitants. Waly Traoré s’y rend régulièrement. Elu communal, il est ressortissant du village de Bouillagui. C’est aussi un descendant d’une communauté d’esclaves affranchis.

Soumaguel Ouyahi, secrétaire général de l’association Temedt :

"Tous les soninkés doivent s’inspirer de votre exemple, parce que nous, on pensait que l’esclavage n’existait qu’au nord, mais on a découvert que l’esclavage est une réalité au Mali, et que si vous vous êtes soninkés, et qu’il y a l’égalité chez vous, pourquoi pas, les soninkés vont pas s’inspirer de votre exemple."

« Chez moi, il y a l’égalité totale, tout le monde a le droit d’être chef. Le plus vieux du village est le chef » selon Waly Traoré, élu communal. « Les grands-parents qui ont été capturés par certaines tribus, ce sont ces descendants qui sont là aujourd’hui et qui continuent à être des esclaves. Quand à nous, chez moi à Bouillagui, nos grands parents ont combattus. Nous avons fondé notre village en 1914. Et de nos jours, on dépend de nous-mêmes. Nos grands-parents ont pu combattre ce fléau, et ca n’existe plus » poursuit Waly Traoré, élu communal.

L’esclavage est officiellement aboli en 1905 par l’administration coloniale. Les traditions empêchent l’application de ce principe. L’association Temedt milite pour l’adoption d’un projet de loi portant répression de l’esclavage. Une grande conférence se tient au gouvernorat de Kayes.

Soumaguel Ouyahi, Secrétaire général de l’association Temedt :

"Qu’ils soient esclavagistes ou esclaves, ils sont tous des victimes, maintenant la sensibilisation va à l’endroit de toutes les deux catégories. Chacun a des compétences, mais seules les compétences de l’esclave sont exploitées. Du coup, ce qui va venir, c’est la disette, c’est le déplacement massif de population, c’est le déplacement des Autorités, et les maîtres qui restent là-bas, ils ne savent ni cultiver, ni faire du thé, ce sont les esclaves qui le font."

Waly Traoré tient à nous emmener dans son village. Situé à quelques encablures de la frontière mauritanienne, il est isolé dans un paysage semi désertique. 70 familles ont fondé ce village de liberté. Il en existe une dizaine dans les environs.

Waly traoré, élu communal :

"Depuis l’arrivée de nos grands-parents sur ces lieux jusqu’au jour d’aujourd’hui, nous vivons dans la paix et dans la cohésion. C’est une fierté pour moi. Mon père a immigré et je suis né ailleurs. Mais quand je suis revenu dans le village, j’ai rencontré les autres membres de ma famille. Ils étaient heureux et je suis resté. Je travaille ici comme enseignant. Mon rôle est de partager mes connaissances aux enfants. Ce sont eux qui seront les adultes de demain. La destinée de ce village leur appartiendra un jour. Ils doivent suivre nos traces pour vivre en paix."

C’est tout un héritage qu’il souhaite transmettre. Originaires du nord de la Côte d’Ivoire, des régions de Sikasso et de Ségou, les habitants de Bouillagui sont les descendants des captifs fait prisonniers lors des conquêtes de Samory Touré au 19e siècle.

Hamé Coulibaly poursuit sont combat. Il diffuse chaque vendredi des messages sur une multitude de groupes Whatsapp de son association. C’est sa seule arme pour continuer à sensibiliser contre l’esclavage.

« Nous menons nos campagnes de sensibilisation par téléphone pour que les gens comprennent ce qui se passe. Ils nous refusent le fait d’avoir des délégations qui puissent se rendre dans les villages, rencontrer les maires pour travailler ensemble afin qu’il n’y ait pas de violences. Mais comme ça avec le téléphone, toute personne peut entendre le message sans que l’on se déplace. Je vais continuer parce que si je ne le fais pas, cela montrera que notre lutte a été vaine. Je vais continuer jusqu’au bout. Je ne sais pas si l’esclavage se terminera de mon vivant. Cela peut prendre beaucoup de temps si le gouvernement ne prend pas les mesures adéquates » raconte Hamé Coulibaly, Membre de l’association Gambana.

De Bamako à Kayes et de Kayes à Kidal, plus de 800 000 maliens vivent toujours dans une forme d’asservissement.

La société malienne est castée. Il exist trois principaux groupes :

- Les « horons », les nobles majoritairement issus des familles de chefferie, ou de cultivateurs.

- Les « nyamakalas », qui regroupent les familles de griots, de forgerons, c’est leur nom de famille ou leur fonction sociale qui les définit.

- Les « djons », les esclaves, ils sont encore aujourd’hui dans certains villages au service du premier groupe social. Ils sont réduits au rang de citoyens inférieurs.

Malgré la signature par le Mali de tous les accords internationaux condamnant l’esclavage où les violations des droits de l’homme. Malgré aussi la constitution du pays qui déclare que « tous les maliens naissent libre et égaux en droit et en devoir », le pays est à la peine dans ces applications.

L’esclavage est tabou. Mais c’est une histoire ancienne. Durant tout le 20ème siècle, certaines populations ont réussi à se libérer du joug de l'esclavage mais la classe dominante a tout fait pour isoler les populations émancipées pour être sure que les autres ne suivent pas leur pas. Au Mali et selon les associations anti-esclavagistes, plus de 800 000 maliens vivent dans l’asservissement.



Kaourou Magassa, Arouna Sissoko, Kader Ouattara et Hamza Ouhbi
Source : TV5 MONDE (France)

 

Niger : au moins 58 morts dans l’explosion d’un camion-citerne à Niamey

Au moins 58 personnes sont mortes après l'explosion d'un camion-citerne à quelques centaines de mètres de l'aéroport international de Niamey. Un « riverain » qui aurait « laissé sa moto en marche » près du véhicule serait à l'origine de l’exposition, selon le ministre de l'Intérieur nigérien, Mohamed Bazoum.

Le bilan est lourd après l’explosion d’un camion-citerne à Niamey, intervenue dans la nuit de dimanche à lundi aux environs de 1 heure. Cinquante-cinq personnes ont été tuées par l’explosion de ce véhicule transportant de l’essence, à quelques centaines de mètres de l’aéroport international de Niamey. Trois autres personnes ont succombé des suites de leurs blessures à l’Hôpital national de Niamey (HNN), selon le porte-parole du gouvernement, Abdourahamane Zakaria.

Joint par Jeune Afrique, le ministre de l’Intérieur Mohamed Bazoum a confirmé ce bilan provisoire, faisant également état de « 37 personnes brûlées évacuées vers les centres médicaux » et de « 5 véhicules et 25 motos calcinés » durant l’explosion.

D’après le ministre de l’Intérieur, qui s’est rendu sur place ce lundi matin aux côtés du Premier ministre, Brigi Rafini, un « riverain serait à l’origine de l’explosion ». L’homme en question, « un motard venu pour siphonner l’essence avec un bidon », aurait « laissé sa moto en marche », a précisé Mohamed Bazoum, citant des témoignages.

Selon des témoins interrogés par un journaliste de l’AFP, le camion s’est renversé sur les voies de chemin de fer à la sortie de la ville. Des badauds tentaient de récupérer l’essence qui fuyait lorsque l’explosion s’est produite.

Mahamadou Issoufou sur place

Le président Mahamadou Issoufou s’est rendu lundi à l’Hôpital national de Niamey, où 31 blessés ont été transférés, 3 victimes étant soignés à l’Hôpital de référence de Niamey, 2 autres à l’Hôpital national de Lamordé et une victime au Centre hospitalier régional (CHR) de Poudrière.

Source : jeuneafrique.com

 

Crash du vol Ethiopian Airlines : « Boeing doit revoir son système de contrôle des vols »

Le rapport préliminaire de la commission d'enquête sur le crash du vol Ethiopian Airlines, qui a fait 157 morts le 10 mars dernier, confirme que la catastrophe ne vient pas d'une erreur humaine. Ses conclusions mettent plutôt l'accent sur le système de stabilisation de l'appareil, qui avait déjà joué un rôle-clé dans le crash du vol Lion Air, en octobre 2018.

Le Boeing 737 Max qui s’est écrasé le 10 mars dernier en Éthiopie « n’a pas été endommagé par un objet étranger » mais a subi, après un « décollage normal », un problème de « piqué répétitif et non commandé » auquel les pilotes ont vainement tenté de remédier en suivant les procédures d’urgence recommandées par Boeing pour désactiver le pilotage automatique et reprendre le contrôle de l’appareil.

C’est ce qui ressort de la conférence de presse qui a eu lieu ce 4 mars à Addis-Abeba, en présence de la ministre éthiopienne des Transports, Dagmawit Moges, et du responsable de l’enquête éthiopienne. Selon les conclusions qui avaient déjà fuité depuis plusieurs jours, c’est un logiciel, le système de stabilisation de l’appareil (MCAS), qui font l’objet principal du rapport préliminaire. Mais ce logiciel n’a pas été directement cité par les officiels éthiopiens durant la conférence de presse.

Une défaillance logicielle

L’enquête « n’a pas pour but de dresser des accusations, mais d’assurer la sécurité future », a précisé la ministre, selon laquelle « le système de contrôle des vols doit être revu par le fabricant ». Le problème du MCAS a déjà été identifié par Boeing, qui prépare une mise à jour logicielle pour empêcher la répétition d’un tel accident.

« Le fait que ce rapport ne présente pas de problème de conception, mais une défaillance logicielle qu’il connaît déjà et s’efforce de corriger est un soulagement pour le constructeur. Le système ne s’appuiera plus sur un seul capteur ni ne forcera le nez à plusieurs reprises », analyse Chris Bryant, chroniqueur pour Bloomberg.

Cependant, pour Michael Hewson, analyste de CMC Markts UK interrogé par l’agence de presse, ce rapport reste une « mauvaise nouvelle » pour Boeing : « Si les pilotes ne sont pas à blâmer, cela signifie que ses process vont être attentivement scrutés », a-t-il déclaré.

Le PDG d’Ethiopian Airlines, Tewolde GebreMariam, a réagi via un communiqué se disant « très fier de l’attitude de nos pilotes, qui ont suivi les procédures d’urgence recommandées, et de leur haut degré de professionnalisme dans une situation aussi difficile ».

Les 737 max immobilisés

L’avion d’Ethiopian s’est écrasé six minutes après son décollage le 10 mars. Le 29 octobre, un même appareil de la compagnie indonésienne Lion Air s’était abîmé en mer de Java, faisant 189 victimes.

Ces deux catastrophes rapprochées ont conduit il y a trois semaines les autorités à immobiliser toute la flotte des 737 Max dans le monde en raison de leurs similitudes : accidents survenus quelques minutes après le décollage à l’issue de mouvements d’oscillation brutaux et rapprochés. L’enquête éthiopienne n’est pas terminée : le rapport complet ne sera publié que dans un an, a annoncé Dagmawit Moges.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali: plus de cent morts dans un massacre dans le village peul d'Ogossagou

Mali: plus de cent morts dans un massacre dans le village peul d'OgossagouRFI Afrique - Au Mali, c’est un véritable massacre qui a eu lieu, au matin de ce samedi 23 mars, dans un village peul du centre du pays. Des hommes armés habillés en chasseurs traditionnels ont fait irruption dans le village d'Ogossagou. Selon des sources concordantes, plus de 100 personnes ont été tuées.

Cheick Harouna Sankaré est le maire d’une commune du centre du Mali. Comme d’autres, bouleversé, il décrit la scène. Tôt ce samedi matin, des hommes armés débarquent dans le village d'Ogossagou, non loin de la ville de Bankass, « massacrant plusieurs dizaines de civils peuls ».

Un autre élu donne des détails. Le chef de village, Amadou Belko Bari est « tué devant sa mère » qui sera, à son tour, « exécutée ».

Un chef religieux local, Bara Sékou, a également « été tué ».

Dans la furie, les assaillants n’épargnent personne… ni les femmes, ni les enfants, ni les jeunes, ni les vieillards, tous de la communauté peule.

Et comme s’ils s’étaient bien préparés, alors qu’un groupe tuait sans discernement, un autre groupe d'assaillants habillés en chasseurs traditionnels mettait le feu aux cases.

Dans le village d'Ogossagou, il y a également un endroit où étaient cantonnés les jeunes peuls armés, ex-jihadistes ou pas, qui souhaitaient intégrer le Processus désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR). Certains, parmi eux, ont perdu également la vie.

Selon des sources concordantes, le dernier bilan fait état de plus de 100 morts.

Source : RFI Afrique

 

 

La triste liste des 35 pays frappés par la tragédie d'Ethiopian Airlines

La triste liste des 35 pays frappés par la tragédie d'Ethiopian AirlinesLa catastrophe aérienne de la compagnie Ethiopian Airlines frappe bien sûr l'Ethiopie, où s'est écrasé le Boeing 737 peu après son décollage d'Addis Abeba, le Kenya, où devait atterrir l'appareil, mais aussi pas moins de 35 pays dans le monde qui ont perdu des ressortissants dans l'accident. A bord du vol ET 302 se trouvaient 149 passagers et 8 membres d'équipage, aucun n'a survécu.

Les Kényans payent le plus lourd tribut avec 32 personnes décédées. La capitale, Nairobi, abrite de plus le plus grand centre régional de l'ONU dans la région, et les Nations unies sont particulièrement endeuillées à la suite de ce drame : au moins 19 employés de plusieurs agences et organisations affiliées sont morts.

"La tragédie affecte profondément toute la famille de l'ONU", a déclaré Antonio Vitorino, le directeur de l'Organisation internationale pour les migrations basée à Genève.

Cinq autres organisations des Nations unies déplorent des victimes, le Programme alimentaire mondial, le Haut commissariat pour les réfugiés, la Banque mondiale, l'Union internationale des télécommunications et le Programme des Nations unies pour l'environnement. Seule la direction du Programme alimentaire mondial a pour le moment établi le nombre de ses employés décédés, ils sont 7.

Le Canada, deuxième pays le plus meurtri

Après le Kenya, c'est le Canada qui a perdu le plus de ressortissants dans la catastrophe aérienne, 18 au total. Ottawa n'a pas encore donné les identités des victimes. "Nous nous joignons à la communauté internationale pour pleurer la perte de tant de vies", a écrit le Premier ministre, Justin Trudeau sur son compte Twitter. "Nos pensées vont aux victimes du vol ET 302, y compris les Canadiens qui étaient à bord et ceux qui ont perdu un être cher", a-t-il également déclaré.

Neuf Français sont morts dans l'accident du Boeing 737 d'Ethiopian Airlines, c'est le dernier bilan fourni par le ministère français des Affaires étrangères. Un centre de crise et de soutien aux familles des victimes a été mis en place; une cellule de crise est également ouverte, on peut la joindre au 01.43.17.51.00.

On commence à connaître quelques identités. Parmi les 32 victimes kényanes se trouve Hussein Swaleh Mtetu, un ancien secrétaire général de la Fédération nationale de football. On sait aussi qu'un député slovaque, Anton Hrnko, a perdu son épouse et ses deux enfants dans la catastrophe.

On dénombre parmi les 157 personnes décédées :

32 Kényans, 18 Canadiens, 9 Ethiopiens, 9 Français, 8 Italiens, 8 Chinois, 8 Américains, 7 Britanniques, 6 Egyptiens, 5 Allemands, 4 Slovaques, 4 Indiens, 3 Autrichiens, 3 Suédois, 3 Russes, 2 Espagnols, 2 Polonais, 2 Marocains, 2 Israéliens. Djibouti, le Mozambique, le Rwanda, le Soudan, la Somalie, le Togo, l'Ouganda, le Nigeria, la Belgique, l'Irlande, la Norvège, la Serbie, l'Indonésie, le Népal, l'Arabie Saoudite et le Yémen ont tous perdu 1 ressortissant.

Source : Euronews

 

DGSN/Maroc : 980 g de cocaïne extraits des intestins d’un Brésilien interpellé à l’Aéroport Mohammed V

DGSN : 980 g de cocaïne extraits des intestins d’un Brésilien interpellé à l’Aéroport Mohammed V Une quantité totale de 980 grammes de cocaïne, emballée dans 81 capsules, a été extraite, samedi 26 janvier 2019, des intestins d’un ressortissant brésilien arrêté le 14 janvier à l’aéroport international Mohammed V, apprend-on auprès de la préfecture de police de Casablanca.

Les services de la sûreté nationale à l’aéroport Mohammed V avait interpellé le mis en cause (22 ans) à son arrivée à bord d’un vol en provenance de Sao Paulo (Brésil), précise la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) dans un communiqué, ajoutant que le prévenu, qui comptait se rendre à la capitale française (Paris), était soupçonné de trafic de cocaïne dans ses intestins, ce qui a nécessité son placement sous surveillance médicale au CHU Ibn Rochd de Casablanca.

Après la stabilisation de son état de santé, le suspect a été placé en garde à vue à la disposition de l’enquête menée sous la supervision du parquet compétent, souligne la même source.

Cette affaire s’inscrit dans le cadre des efforts intensifs déployés par les services de la DGSN pour la lutte contre le trafic de drogues et de psychotropes à l’échelle internationale, conclut le communiqué.

Source : L'Observateur du Maroc

 

 

Atterrissage en urgence d’un avion tunisien avec une majorité de passagers mauritaniens

Atterrissage en urgence d’un avion tunisien avec une majorité de passagers mauritaniensUn avion de la compagnie tunisienne qui assurait la liaison Tunis-Nouakchott dont la majorité des passagers étaient de nationalité mauritanienne a effectué dans la nuit de jeudi à vendredi un atterrissage en urgence sur l’aéroport international Carthage après une demi-heure de vol.

L’appareil a été contraint de rebrousser chemin après 30 minutes de vol à cause des mauvaises conditions atmosphériques, de fortes pluies, des éclairs et des tonnerres qui ont affecté l’un des moteurs de l’appareil.

Des sources recueilles parmi les passagers ont déclaré que le commandant de bord de l’appareil les avait informé de l’incident technique et leur a dit qu’il rebroussait chemin vers Tunis pour tenter un atterrissage en urgence.

Selon les mêmes sources une véritable panique a prévalu au sein des passagers dont certains se sont évanouis et d’autres ont été saisis d’une véritable hystérie.

A l’atterrissage de l’appareil sur l’aéroport de Tunis-Carthage il y avait des mesures exceptionnelles et des dizaines de pompiers sur place afin de faire face au pire.

Selon les mêmes sources le même appareil était arrivé vendredi matin à Nouakchott après que les conditions atmosphériques se soient améliorées.

La Tunisie et bon nombre de pays nord-africains et des pays du sud de l’Europe connaissent en cette période une vague de froid accompagnée de fortes pluies et de chute de neige qui ont affecté un grand nombre de vols.

Source : Sahara Medias (Mauritanie)

 

Les migrants naufragés : témoignage de l’unique rescapé

Les migrants naufragés : témoignage de l’unique rescapéLa prière de l’absent a été organisée vendredi à la mémoire des migrants mauritaniens qui ont péri en mer alors qu’ils tentaient de se rendre en Espagne à bord d’une embarcation de fortune.

Les proches des victimes, se sont basés sur les déclarations de l’unique rescapé, un malien qui était à bord de l’embarcation à bord de laquelle se trouvaient 54 migrants à majorité des mauritaniens.

Les familles des victimes continuent de privilégier les déclarations du jeune malien, parlant la langue Soninké qui a été recueilli en pleine mer par des pêcheurs marocains qui l’ont conduit vers la ville de Nador.

La version de ce rescapé, « véritable mystère », a été largement reprise dans les milieux des familles soninkés des naufragés à travers le Watsapp avant d’être ensuite propagée sur les réseaux sociaux et dans les médias mauritaniens.

Très peu d’informations sont encore disponibles à propos de ce rescapé, la source première à propos de ce naufrage collectif entre les côtes marocaines et espagnoles.

Sahara Medias, qui avait cherché à contacter cet unique rescapé a pu contacter des sources familiales et locales qui ont affirmé disposer d’enregistrements du rescapé qui donnent les détails du naufrage et comment il avait été sauvé en pleine mer par des pêcheurs marocains.

Seulement ces sources ignorent tout sur l’identité de cet unique rescapé et se limitent à affirmer qu’il est de nationalité malienne, parlant le Soninké, une langue parlée par des populations locales aussi bien en Mauritanie qu’au Mali.

Sahara Media a également contacté une organisation espagnole active dans le domaine de la migration et de l’assistance aux migrants, qui a affirmé avoir communiqué avec le rescapé, en traitement dans un hôpital marocain et qui serait encore, selon cette organisation, sous le choc.

Cette organisation a encore ajoutée que l’embarcation avait lancé un SOS intercepté par des équipes espagnoles de sauvetage et qui faisait état de la présence de 54 migrants dont 3 femmes, mais c’est le rescapé qui a donné les détails disponibles et déclaré que parmi les naufragés des personnes de nationalité mauritanienne.

Sahara Media s’est aussi adressé à la cellule de suivi mise en place par le gouvernement mauritanien pour tenter d’en savoir plus.

Une source parmi celle-ci, qui a souhaité garder l’anonymat, a révélé que la commission a eu un entretien téléphonique avec l’ambassadeur malien au Maroc qui a affirmé qu’il n’était pas au courant d’un naufragé malien dans les hôpitaux marocains mais il a reconnu la présence de ressortissants maliens détenus par les services de sécurité marocaine à Nador.

Le diplomate malien s’est étonné que ce rescapé n’ait pas communiqué avec les autorités de son pays ou sa famille, dès l’instant où il a pu communiquer avec des proches de migrants mauritaniens.

La source mauritanienne ajoute par ailleurs que tous les efforts ont été déployés auprès des autorités médicales et sécuritaires marocaines en vain, pour tenter de contacter ce survivant au naufrage collectif, alors que l’organisation espagnole affirme l’avoir contacté et discuté avec lui.

Selon l’organisation espagnole contactée par Sahara Media, il est difficile, en l’absence de cadavres ou d’autres rescapés de déterminer les nationalités des victimes, affirmant que l’information concernant des naufragés mauritaniens émane de l’unique rescapé et que la liste des victimes qui circule a pour origine des familles.

Source : Sahara Médias (Mauritanie)

 

 

Ghana: un journaliste d’investigation assassiné à Accra

Un journaliste d'investigation a été abattu par balles mercredi soir alors qu'il rentrait chez lui à Accra au Ghana. Ahmed Husein participait à une vaste enquête sur la corruption dans le football africain. Il faisait partie de l'équipe de reporters infiltrés dirigée par le célèbre journaliste Anas Aremeyaw Anas.

Ahmed Husein collaborait avec Anas Aremeyaw Anas, un journaliste qui apparaît masqué pour protéger sa sécurité, un peu à la manière d'un justicier masqué. C’est lui qui était à l’origine, l’année dernière, d’un documentaire sur des matchs de foot truqués au Ghana, « Number 12 ».

Membre de son équipe, Ahmed Husein, a été abattu mercredi soir alors qu’il rentrait chez lui. Pour l’instant, la police n’a pas encore identifié l’autre de cet acte. Mais la sécurité d’Ahmed Husein n’était pas totalement garantie. En effet, un député ghanéen, Kennedy Agyapong, avait récemment diffusé sa photo à la télévision nationale, promettant une récompense à qui le passerait à tabac. Le journaliste avait d’ailleurs déposé une plainte.

Anas Aremeyaw Anas a réagi à cet assassinat en mettant en ligne ce matin des extraits de l'interview de ce député du parti au pouvoir. En incrustation, on peut lire : « Personne ne nous réduira au silence dans notre combat contre la corruption. Le journalisme n’est pas un crime ».

Pour le documentaire « Number 12 », ces journalistes avaient utilisé des caméras cachées pour piéger des dizaines d'arbitres et plusieurs dirigeants de la Fédération ghanéenne de football, y compris son président, qui se voyaient proposer des pots-de-vin. Suite au scandale, plus de 50 arbitres avaient été suspendus par la Confédération africaine de football.

Source : RFI

 

Mali: après la tuerie de Koulogon l'émotion est forte dans le pays

Au Mali, l'émotion est encore forte dans le centre du pays, après la tuerie de Koulogon. Ce village peul du cercle de Bankass a été attaqué, le mardi 1er janvier, par des chasseurs dogons traditionnels, les « dozos », qui ont tué 37 personnes dont trois femmes et des enfants. Dans la soirée même, le gouvernement a publié un communiqué pour condamner ces violences. Dans le centre du Mali, les conflits intercommunautaires se multiplient depuis plus d'un an et demi. La communauté peule demande une action plus ferme du gouvernement.

Une vingtaine d'arrestations, des militaires déployés dans tout le cercle de Bankass... la réaction des autorités, hier, après le massacre de Koulogon, ne s'est pas fait attendre, selon Amadou Koïta, porte-parole du gouvernement : « Tous ceux qui seront impliqués dans cet acte ignoble seront condamnés conformément à la loi. Le procureur d’ailleurs a été saisi pour ouvrir des enquêtes. Le gouvernement condamne et ne saurait tolérer de tels actes. Le gouvernement de la République du Mali, à travers le Premier ministre qui a effectué plusieurs voyages dans le centre, s’emploie à amorcer une dynamique de dialogue intercommunautaire. »

« Mort certaine »

Mais la communauté peule n'a pas la même vision de la situation. Depuis plus d'un an, l'association culturelle Tabital Pulaaku tire la sonnette d'alarme, sans la moindre réaction des autorités, selon Abdul Aziz Diallo, l'un de ses membres : « Nous avons dit de procéder au désarmement immédiat de toutes les milices. Nous avons demandé de débloquer les marchés, parce qu’aujourd’hui vous ne pouvez acheter ni le riz, ni le mil, ni les condiments, ni vous rendre sur les points d’eau pour abreuver votre bétail ou aller dans les pâturages. C’est la mort certaine. »

« Et nous demandons au gouvernement d’appliquer les mêmes mesures pour toutes les communautés, poursuit-il. Il y a eu des mesures qui ont été éditées pour interdire la circulation à moto, la détention d’armes. Les Dogons circulent impunément avec leurs armes. Nous n’avons eu aucun résultat. Aucun »

Selon les Nations unies, en 2018, au moins 195 civils ont été tués lors d'attaques commises par des chasseurs dozos.

Source : RFI

 

Maroc : la « piste terroriste » envisagée dans le meurtre de deux jeunes Scandinaves

Maroc : la « piste terroriste » envisagée dans le meurtre de deux jeunes ScandinavesLes suspects arrêtés après la découverte des corps d’une Danoise et d’une Norvégienne auraient « des liens avec le milieu islamiste radical ».

La police marocaine envisage sérieusement la « piste terroriste » après le meurtre de deux jeunes Scandinaves dans le sud du Maroc, du fait des profils des suspects arrêtés, a-t-on appris de sources concordantes.

« La piste terroriste n’est pas à écarter. Les investigations se poursuivent » après la découverte des corps des deux randonneuses danoise et norvégienne, lundi 17 décembre, dans une vallée du Haut-Atlas, a déclaré à l’AFP Boubker Sabik, le porte-parole de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

« La piste radicale islamiste n’est pas écartée, du fait du profil » des suspects arrêtés, « qui ont des liens avec le milieu islamiste radical », a par ailleurs déclaré à l’AFP une source proche du dossier. Le suspect arrêté lundi dans un quartier populaire de Marrakech « appartient à un groupe extrémiste », selon un communiqué du procureur général du roi près la Cour d’appel de Rabat. Les trois autres suspects ont également été arrêtés à Marrakech, a-t-on appris jeudi de source proche du dossier. L’un des trois a un « passé judiciaire lié à des actes terroristes ».

Les deux victimes sont deux amies : Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans, et Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans. Elles étaient parties ensemble pour un mois de vacances au Maroc. Leurs corps ont été découverts lundi dans un site isolé où elles avaient planté la tente pour la nuit, sur la route du mont Toubkal, le plus haut sommet d’Afrique du Nord. L’une des deux a été décapitée, a indiqué à l’AFP la source proche du dossier.

Une vidéo en cours d’authentification

« Par ailleurs, les investigations se poursuivent pour authentifier une vidéo relayée sur les réseaux sociaux, présentée comme montrant le meurtre d’une des deux touristes », selon le communiqué du procureur. « La vidéo, nous sommes sur le plan technique en train de l’analyser, nous ne pouvons pas encore confirmer ou démentir son authenticité. La vidéo est entre les mains du laboratoire scientifique. C’est une question d’heures », a précisé le porte-parole de la DGSN. C’est le Bureau central d’investigations judiciaires, un service spécialisé dans la lutte antiterroriste et de la grande criminalité, qui a été chargé de l’enquête.

Le Maroc avait été meurtri par des attaques à Casablanca en 2003 (33 morts) et à Marrakech en 2011 (17 morts). Depuis, le pays, qui met souvent en avant sa sécurité, a été épargné par les attaques djihadistes. « C’est un événement qui peut arriver n’importe où mais qui n’entache en rien ni la stabilité et la sécurité assurée pour le tourisme », a tenu à souligner la source proche du dossier dans ses déclarations à l’AFP. Le double meurtre du Haut-Atlas « est pris très au sérieux » par les autorités marocaines, a assuré la même source, assurant que les ambassades du Danemark et du Norvège « sont associées » aux investigations et que « tout se fait dans la transparence totale ».

Le double assassinat a semé la consternation à Imlil, une localité de montagne de 10 000 habitants sans histoires qui, avec ses auberges et ses modestes gîtes, sert de camp de base aux randonneurs étrangers et s’inquiète d’une possible désaffection des touristes. A Imlil, qui vit essentiellement du tourisme vert et de l’agriculture, beaucoup préfèrent se taire pour ne pas « nuire à l’image de la région ». Certains disent avoir été sommés par les autorités de ne pas parler aux journalistes. « Notre région est sûre, ceux qui ont fait ça ne sont pas d’ici », a ainsi déclaré à l’AFP Mohamed, le patron sexagénaire d’une auberge familiale au bout de la route goudronnée qui conduit à Imlil, avant les pistes caillouteuses menant vers les cimes enneigées du mont Toubkal.

Le Monde avec AFP
Source : Le Monde Afrique (France)

 

 

Tunisie: attentat-suicide sur l'avenue Bourguiba

La capitale tunisienne a été frappée par un attentat-suicide ce lundi 29 octobre. Plusieurs blessés ont été déplorés. Cela fait plusieurs années que le pays n'avait pas connu d'acte terroriste.

Il est environ 14h lorsqu'une explosion est entendue dans le centre-ville de Tunis. Une femme vient de se faire exploser sur la grande artère de la ville, l'avenue Habib Bourguiba, en face de l'hôtel Africa, non loin du ministère de l'Intérieur. Le secteur, très fréquenté, a été rapidement bouclé.

La kamikaze ciblait vraisemblablement des véhicules de police. Selon le ministère de l'Intérieur, l'« explosion terroriste », selon ses termes, a fait neuf blessés, dont huit membres des forces de sécurité. La ceinture explosive était de fabrication artisanale et les explosifs n'étaient pas de forte intensité. La police tunisienne a pu l'identifier la terroriste comme originaire la ville de Mahdia et elle n'est pas connue de la police.

Sur des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, on voit plusieurs ambulances transporter des blessés de l'endroit de l'explosion.

La Tunisie, qui dépend largement du tourisme, a relevé ses mesures de sécurité depuis une série d'attentats commis en 2015, dont l'attaque contre le musée du Bardo où 21 personnes ont été tuées, puis dans la station balnéaire de Sousse, qui a fait 38 morts, et enfin sur l'avenue Mohamad, non loin du lieu de l'attentat d'aujourd'hui. Un kamikaze c'était fait exploser, visant un minibus de la garde présidentielle et tuant 13 membres de cette garde.

Source : RFI

 

L'ONG Médecins sans frontières à son tour accusée d'abus sexuels en Afrique

L'ONG Médecins sans frontières à son tour accusée d'abus sexuels en AfriqueDes témoignages ont mis en cause des personnels de l'ONG Médecins sans frontières (MSF), accusés d'avoir eu recours à de "très jeunes" prostituées lorsqu'ils étaient en poste au Kenya, au Liberia et en Afrique centrale.

Après Oxfam, un scandale MSF ? Des travailleurs humanitaires de l'ONG Médecins sans frontières (MSF) ont eu recours à de jeunes prostituées durant leurs missions en Afrique ou monnayé des médicaments en échange de relations sexuelles, ont dénoncé d'ex-employées auprès de la BBC.

Interrogée par l'AFP, l'association a dit prendre "au sérieux" ces accusations, qu'elle n'a toutefois pas été en mesure de confirmer, et appelé "quiconque ayant des inquiétudes de les signaler via les mécanismes de signalement confidentiel de MSF, de manière à ce que nous puissions agir".

"Nous ne tolérons pas les abus, le harcèlement et l'exploitation au sein de MSF", a-t-elle insisté dans un communiqué, se disant "désolée" pour les personnes qui en ont été victimes.

"Nous avons des mécanismes de signalement en place permettant de recueillir des plaintes, mais nous savons que nous devons faire plus pour nous assurer qu'ils soient connus et dignes de confiance", a-t-elle ajouté.

Selon la BBC, ces accusations visent des logisticiens, et non des médecins ou infirmiers, en poste au Kenya, au Liberia et en Afrique centrale.

"Il y avait ce collègue plus âgé, qui a installé une femme dans la base [de l'ONG]. Il était clair que c'était une prostituée, mais il l'appelait sa petite amie. Elle passait nuit après nuit avec lui", a raconté une des anciennes employées, qui travaillait auprès de malades du sida en Afrique centrale. "Il avait une cinquantaine d'année, et elle était beaucoup, beaucoup plus jeune. Et c'était si flagrant, si flagrant – et tellement répandu", a-t-elle ajouté sous couvert d'anonymat.

"Les filles étaient très jeunes"

Une autre a dit avoir vu un membre expérimenté de l'équipe, posté au Kenya, ramener des filles dans les logements de MSF. "Les filles étaient très jeunes et la rumeur disait qu'elles étaient des prostituées", a-t-elle dit, ajoutant qu'il était "implicite" qu'elles étaient là pour le sexe.

Certains travailleurs humanitaires "plus âgés" profitaient de leur position, a-t-elle poursuivi, s'interrogeant sur ce que MSF savait. "Il y avait sans aucun doute un abus de pouvoir. Ils se trouvaient là depuis longtemps, profitaient de leur aura comme travailleur humanitaire occidental. Peut-être que la direction n'était pas au courant, mais on ressentait clairement que certains des hommes se comportant comme des prédateurs étaient vus comme trop importants pour tomber."

Une troisième lanceuse d'alerte a raconté comment un de ses collègues se vantait d'obtenir des relations sexuelles avec des jeunes filles ayant perdu leurs parents dans l'épidémie de l'Ebola au Liberia en échange de médicaments. "Il disait : 'Oh, c'est si facile. Si facile d'échanger des médicaments avec ces filles faciles au Liberia'", a-t-elle confié.

La BBC a toutefois déclaré qu'elle n'avait pas pu vérifier ces accusations qui interviennent après le scandale provoqué par les révélations d'abus sexuels commis par certains employés de l'ONG britannique Oxfam après le séisme dévastateur de 2010 en Haïti.

Source : France24 avec AFP

 

 

Histoire : … d’une grave erreur…

MHistoire : … d’une grave erreur…r Seydou Sidibé, commerçant de son état à Bamako, s’est marié depuis seulement 6 mois avec la belle Mariam, une jeune fille monitrice de jardin d’enfants. Le couple qui a élu domicile à N’Tomikorobougou vit, depuis, dans une entente et une harmonie exemplaires. Mais, ce 25 mai 2018, les choses se sont gâtées à cause d’une erreur, mal digérée par Madame.

En effet, ce jour-là, Mr Sidibé était encore au marché quand, Madame avait accueilli à la maison sa jeune sœur qui venait de la Côte d’Ivoire lui rendre visite et faire la connaissance de son beau-frère qu’elle n’avait encore jamais vu.

Mariam installa donc sa sœur dans le salon et plaça ses bagages dans la chambre à coucher. Après, Madame, occupée à louer les mérites de son mari à sa sœur, n’avait même pas pris le soin d’informer son époux. Elle tenait à lui faire une surprise. Et, elle y réussira car, lasse d’attendre son mari qui, à 22 heures encore n’était toujours pas de retour, Mariam suggéra à sa jeune sœur de se reposer dans le salon.

Quant à elle-même, elle décida d’aller bavarder chez les voisins en attendant le retour de son mari.

Celui-ci ne tarda pas à rentrer à la maison.

Ayant remarqué “sa femme” couchée et qui dormait à poings fermés dans le salon, Sidibé ne daigna même pas allumer les lampes, de peur de la déranger. Marchant sur la pointe des pieds, fébrile comme un bouc, il rentra dans la chambre à coucher pour se débarrasser de sa tenue de ville. Et, c’est en ce moment qu’il changea d’avis, revint, nu comme un oisillon dans le salon, boucla la porte et se jeta sur “sa femme”.

De petites caresses, les choses évoluèrent vite et c’est le pagne de la jeune fille que Sidibé venait de détacher. Sa belle sœur se réveilla brusquement et, comme affolée, elle cria de toutes ses forces.

Sidibé stupéfait, resta comme paralysé. Il ne réalisa ce qui venait de se passer que, lorsque la jeune fille ouvrit la porte déjà assaillie par les voisins, et son épouse Mariam.

Le spectacle imposa le silence. Les curieux regagnèrent leur domicile.

Le trio était à présent seul dans le salon, et, malgré les explications du pauvre commerçant, son épouse, en compagnie de sa sœur a plié bagages, jurant que sa vie conjugale avec son mari s’arrêtait là.

Nombreuses ont été les interventions, mais, Mariam persiste et signe : “rien ne me prouve qu’ils n’ont rien fait. Avec moi, c’est fini”.

Boubacar Sankaré (maliweb.com) repris par Tawary (Mauritanie)

 

 

68 migrants secourus et au moins 35 morts au large des côtes tunisiennes

35 cadavres ont été repêchés et 68 migrants ont été secourus au large du sud de la Tunisie, a annoncé dimanche le ministère de l'Intérieur.

Dans la nuit de samedi à dimanche, une embarcation de migrants a été repérée alors qu’elle était « sur le point de couler », au large des côtes du gouvernorat de Sfax, avait indiqué plus tôt le ministère de l’Intérieur. Depuis, et jusqu’à « 13H00 locales (12H00 GMT), 35 corps ont été repêchés et 68 migrants ont été secourus », a précisé à l’AFP un porte-parole du ministère de la Défense, Rachid Bouhoula.

L’identité des personnes décédées n’est pas connue. Parmi les rescapés figurent des Tunisiens et sept ressortissants de Côte-d’Ivoire, du Mali, du Maroc et du Cameroun, a-t-il ajouté. « Les gardes-côtes et la marine poursuivent leurs recherches avec le soutien d’un avion militaire », d’après un communiqué du ministère de l’Intérieur.

Ce ministère avait fait état d’un « appel à l’aide le 2 juin à 22 h 45 locales (21 h 45 GMT) à propos d’un bateau de pêche sur le point de couler au large de Kerkennah avec des migrants à bord ».

Manque de perspectives

« Des unités de la garde maritime à Sfax et de la marine nationale se sont rendues auprès de l’embarcation qui se trouvait à 5 milles nautiques de l’île de Kerkennah et à 16 milles nautiques » de Sfax, la deuxième ville du pays, selon le ministère de l’Intérieur.

Des Tunisiens tentent régulièrement de traverser la Méditerranée, en direction de l’Italie, à la recherche d’un meilleur avenir. Selon des ONG, cela traduit un mal-être persistant chez les jeunes, très touchés par le chômage. En mars, 120 personnes, en majorité des Tunisiens, tentant de rejoindre clandestinement les côtes italiennes avaient été secourues par la marine tunisienne.

Après un pic en septembre et octobre dernier, les départs ont baissé fin 2017, mais « depuis janvier cette pause a pris fin », selon Matt Herbert, chercheur au sein de l’Initiative mondiale contre le crime organisé transnational, ONG suisse analysant notamment les migrations. « Beaucoup de gens prennent le large » à défaut de perspective d’emploi satisfaisantes, choisissant de partir « tant qu’ils ont encore des réserves financières » pour le faire, d’après le chercheur.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : trois jours de deuil national après le crash de l'avion militaire à Boufarik

Algérie : trois jours de deuil national après le crash de l'avion militaire à BoufarikAprès le crash d'un avion militaire algérien qui a fait 257 victimes mercredi, le président Abdelaziz Bouteflika a annoncé trois jours de deuil national.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a décrété un deuil national de trois jours à compter du mercredi 11 avril, après la mort de 257 personnes dans le crash d'un avion militaire au sud d'Alger, selon un communiqué officiel.

La présidence de la République a également annoncé que la Prière de l’Absent serait récitée en mémoire des victimes après la grande prière musulmane hebdomadaire du vendredi.

Pour une raison encore indéterminée, un avion militaire s'est écrasé peu après son décollage de la base aérienne de Boufarik, mercredi matin, à une trentaine de kilomètres au sud d'Alger, avant de prendre feu. Il assurait un vol entre Boufarik – qui abrite une importante base militaire – et les villes de Tindouf (sud-ouest) et Béchar (ouest).

Commission d’enquête

Le vice-ministre algérien de la Défense et chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a ordonné la mise en place "immédiate d'une commission d'enquête afin de déterminer les circonstances de l'accident".

La majorité des victimes sont des militaires et leur famille, selon le ministère de la Défense, qui n’a fait état d’aucun survivant. Parmi les victimes figurent également 30 Sahraouis, "des malades et leurs accompagnateurs, hommes, femmes et enfants, qui revenaient d’Algérie où ils étaient allés se soigner", a indiqué le Front Polisario, qui a déclaré sept jours de "deuil national".

Pire catastrophe aérienne


Cet accident est la pire catastrophe aérienne – civile ou militaire – survenue en Algérie et la quatrième la plus meurtrière dans le monde depuis 20 ans. Plusieurs appareils militaires algériens ont subi des accidents ces dernières années, faisant des dizaines de victimes.

En février 2014, 77 personnes, militaires et membres de leur famille, avaient péri dans l'accident d'un Hercules C-130, appareil de transport de l'armée algérienne, qui s'était écrasé alors qu'il survolait le mont Fortas, près d'Oum El Bouaghi (500 km à l'est d'Alger).

Plus récemment, en mars 2016, 12 militaires algériens sont morts quand leur hélicoptère s'est écrasé dans le sud du pays en raison d'une panne technique.

Source : France24 Avec AFP

 

 

Algérie : décès de trois femmes dont deux médecins résidentes suite à une intoxication au gaz

L'accident a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi à Douéra, près d'Alger. Ce drame survient alors que le collectif des médecins résidents est engagé dans un bras-de-fer tendu avec le gouvernement sur des revendications salariales et statutaires.

Le drame aurait pu être rangé dans la catégorie des fait divers, sauf qu’il intervient en pleine grogne des médecins en Algérie. Trois femmes, dont deux médecins résidentes – la troisième est vétérinaire-, sont décédées dans la nuit de mardi à mercredi, suite à l’inhalation de monoxyde de carbone. Elles habitaient dans un appartement collectif à Douéra, au sud-ouest d’Alger.

« Deux autres femmes médecins résidentes sont en réanimation », déclare Mohamed Taileb, membre du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) qui a décrété trois jours de deuil.  » En raison de la précarité de leurs salaires, certains médecins sont obligés de se rabattre sur des logements bon marché qui n’obéissent pas aux standards de sécurité « , se désole-t-il.

Sur sa page Facebook, la section locale du Camra a annoncé la mauvaise nouvelle, présentant ses condoléances aux familles des victimes.

Un bras de fer qui ne cesse de durcir

Depuis novembre 2017, l’Algérie est secouée par les grèves des médecins résidents, dont certaines ont été réprimées par les autorités. Les manifestants multiplient les sit-in dans les principales villes du pays – avec boycott des examens dans les facultés de médecine – demandant l’amélioration de leurs conditions de travail.

Leur principale revendication porte sur la réforme du service civil qui oblige un médecin à exercer de deux à quatre ans dans une zone éloignée afin de valider son diplôme. Ils veulent aussi avoir la possibilité d’être dispensés du service militaire d’un an sans comme le reste des Algériens.

Source : jeuneafrique.com

 

Etre mère célibataire au Maroc, un long calvaire

Dans une maternité de Rabat, au Maroc, en octobre 2011.Dans le royaume, où les relations extraconjugales et l’avortement sont interdits, 50 000 enfants naissent chaque année hors mariage.

Smahane* lisse de sa petite main potelée le drap du bébé. Yassir* est né il y a quatorze jours. « Il ne devait pas exister », murmure la maman, qui ne quitte pas des yeux le nourrisson endormi. « Je voulais me tuer. Moi et l’être qui grandissait dans ce ventre. Pour le protéger », ajoute-t-elle d’une voix tremblante. Il y a quelques semaines, la Marocaine de 20 ans s’est retrouvée à la rue, enceinte de sept mois, prête à mettre fin à ses jours. « Par chance, j’ai croisé une femme qui m’a parlé du foyer de l’Insaf et je suis venue ici, en dernier recours. »

Nichée dans un immeuble de Casablanca, l’Institution nationale de solidarité avec les femmes en détresse (Insaf) accueille depuis près de vingt ans les mères célibataires rejetées par leur partenaire, leur famille et la société. Elles sont logées et prises en charge pendant plusieurs mois, au moins jusqu’à la naissance de l’enfant. « La plupart ont été violées ou ont cru à une promesse de mariage et, lorsqu’elles sont tombées enceintes, ont été livrées à elles-mêmes, raconte la présidente de l’association, Meriem Othmani. Certaines vont jusqu’à se suicider. »

Au Maroc, où les relations extraconjugales sont passibles de prison ferme et l’avortement interdit, 50 000 naissances hors mariage sont enregistrées chaque année. Par crainte des autorités, mais aussi par peur des représailles de leur propre famille, beaucoup de jeunes mères finissent par se débarrasser de leur enfant. Selon les associations, vingt-quatre nourrissons sont abandonnés chaque jour dans le royaume et trois cents cadavres de bébés sont retrouvés tous les ans dans les poubelles de Casablanca. « Ces femmes sont terrorisées. Elles n’ont pas forcément le courage de se rendre dans un orphelinat, où elles risquent d’avoir affaire à la police, et ne savent pas où aller », explique Mme Othmani.

« Acide »

« Celles qui trouvent la force de garder l’enfant vont devoir affronter l’agressivité des gens », avertit-elle. La militante de 69 ans, qui travaille dans le domaine social depuis trente-huit, a fondé l’Insaf en 1999 : « Nous voulons changer le regard sur ces mamans, qui sont rejetées, bafouées et humiliées. » Dans une société où le conservatisme religieux reste très fort, devenir mère célibataire est le début d’un long calvaire : le rejet de la famille, le regard des autres, les difficultés administratives et, parfois, les menaces de mort. « J’en reçois moi-même sans arrêt. Les mouvements extrémistes veulent que nous disparaissions, mais nous ne lâcherons jamais », affirme la présidente.

Pour Smahane, le calvaire a commencé il y a bien longtemps. Originaire d’un douar (petit village) pauvre de la campagne marocaine, elle est employée comme femme de ménage à l’âge de 6 ans dans une famille de Beni Mellal, au nord-est de Marrakech. « Chaque fois que je faisais mal la vaisselle ou que le lavabo ne brillait pas assez, ma patronne me tabassait. » A seulement 20 ans, son visage strié de petites cicatrices est déjà abîmé par une vie en mille morceaux. Ses mains minuscules, qui ont longtemps servi à « frotter les escaliers à l’acide », ont gardé les traces du travail acharné. Seuls ses yeux en amande trahissent sa jeunesse sacrifiée.

A 14 ans, l’adolescente parvient à s’échapper et rentre chez elle. « Je n’ai pas reconnu mes frères et sœurs, continue-t-elle dans un sanglot. Je n’ai pas eu d’enfance. Je ne suis pas allée à l’école et je suis incapable de lire ne serait-ce qu’une pancarte dans la rue. » A peine est-elle de retour que son père menace de l’« égorger » si elle ne repart pas travailler. Comme beaucoup de jeunes filles privées d’instruction, Smahane décide de se rendre à Casablanca, la capitale économique, pour chercher du travail comme femme de ménage. « Mon employeur a essayé de me violer, alors je me suis enfuie. Je n’avais pas d’argent car j’envoie tout ce que je gagne à mes parents. »

« S’empoisonner à l’arsenic »

Livrée à elle-même dans une ville de 5 millions d’habitants, elle rencontre, après des semaines passées « à dormir dans les cages d’escalier », un homme qui promet de l’aider. « Au début, il était gentil. Il m’hébergeait gratuitement et se comportait comme un père. Un jour, il est rentré saoul et m’a violée. » Les violences sexuelles se poursuivent jusqu’au jour où elle lui annonce la nouvelle : « Quand je lui ai dit que j’attendais un enfant, il a déménagé et changé de numéro », se souvient la jeune femme. « Au bout du septième mois, j’ai décidé de nous empoisonner, le bébé et moi, avec de l’arsenic. » Ses yeux gonflés de chagrin s’assombrissent davantage. « Toute ma vie, les portes se sont fermées les unes après les autres. Je ne voulais pas lui faire subir ça », dit-elle en jetant un regard navré sur le petit Yassir.

Une porte, enfin, a fini par s’ouvrir. Dans une ruelle discrète d’Oulfa, un quartier populaire de Casablanca, un immeuble moderne sans cachet, presque introuvable, abrite une vingtaine de femmes célibataires. A l’intérieur, de petits cris de bébé résonnent sur plusieurs étages. Dans la salle qui sert de crèche, les treize nouveau-nés ont chacun leur berceau. Certains pleurent, d’autres sourient. Ils ont la vie sauve. « Je suis arrivée ici à temps. J’ai évité le pire », reconnaît Smahane.

On les appelle « les mamans ». Vingt et une femmes abandonnées logent ici pendant trois à six mois, entièrement prises en charge, avant, pendant et après l’accouchement. Rien n’est laissé au hasard : les éducatrices présentes vingt-quatre heures sur vingt-quatre, les séances avec le psychologue plusieurs fois par semaine, les cours d’éducation sexuelle et d’estime de soi. « L’objectif est de les réinsérer. On veut leur apprendre un métier pour qu’elles puissent être indépendantes une fois sorties d’ici, afin d’éviter qu’elles ne tombent dans la prostitution », confie Mme Othmani. Chaque jour, les mères suivent des ateliers d’apprentissage, pendant que les bébés sont à la crèche. « Elles choisissent la formation couture, cuisine ou coiffure. Beaucoup ne sont pas allées à l’école, nous leur donnons un choix de métiers accessibles », indique Hakima, une responsable de l’association.

« Aller chercher les filles nous-mêmes »

Pendant ce temps, les assistantes juridiques se chargent d’inscrire les bébés à l’état civil. Si la procédure a longtemps été source de discrimination pour les enfants nés hors mariage, qui n’avaient pas le droit à un nom de famille sans l’autorisation du père, la loi marocaine permet désormais aux mères célibataires de leur choisir un nom. Mais la filiation paternelle pose toujours problème : la mère ne peut pas obliger le géniteur à reconnaître l’enfant en recourant à un test ADN. Or, sans cette reconnaissance, elle ne peut obtenir de pension alimentaire. « On essaie de joindre le père pour le convaincre de reconnaître l’enfant, explique la responsable. Parfois, s’il y a des possibilités de réconciliation, on peut même négocier un mariage, mais c’est très rare. »

Malgré les dons et les subventions, dont une partie importante provient de l’Union européenne pour un projet destiné à autonomiser 1 600 mères célibataires marocaines, la structure reconnaît ses limites. L’Insaf a fêté cette année la 10 000e prise en charge d’une future jeune maman en détresse. « On compte trop sur les associations au Maroc ! », s’indigne Fatema, la plus ancienne des formatrices. « L’Insaf ne peut pas tout régler seule. Le plus dur, c’est de trouver les fonds. On arrive à récolter de l’argent pour financer les programmes mais pas pour couvrir les frais de personnel, regrette la présidente de l’organisation, qui emploie trente-cinq personnes. Je pensais qu’on faisait du super-boulot mais je me suis trompée : dernièrement, une gamine de 16 ans enceinte a erré toute une nuit dans les rues de Casablanca à la recherche de l’association, mais son frère l’a retrouvée avant et l’a assassinée. Il faut aller les chercher nous-mêmes, jusque dans les bidonvilles. »

Les promesses d’avenir de Smahane se sont déjà envolées. « Pour le moment, on est sauvés. Mais jusqu’à quand ? » Une fois qu’elle aura quitté le foyer, elle devra reprendre son travail de femme de ménage et envoyer une grande partie de ses revenus à ses parents, qui ne connaissent pas l’existence de Yassir. « Si mon père apprend que je suis tombée enceinte ou si je n’envoie plus d’argent, il va s’en prendre à ma mère, poursuit la jeune femme d’une voix douce. J’aurais voulu qu’elle s’assoie sur moi quand j’étais toute petite, pour m’étouffer, m’empêcher d’avoir cette vie. »

*Les prénoms ont été modifiés.

Source : Le Monde (France)