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Interviews en Mauritanie

Interview / Ahmedou Ould Abdallah : « La priorité, aujourd’hui est d’arrêter, au plus vite, la spirale suicidaire qui nous entraîne vers une catastrophe»

Mauritanie : Les changements des symboles du pays critiquésNotre compatriote Ahmedou Ould Abdallah, qui s’est illustré dans la diplomatie internationale, vient de boucler, pour le compte de la Francophonie, une assez longue mission au Gabon où s’y déroulait un scrutin présidentiel pour le moins compliqué.

Il se trouve actuellement à l’étranger où nous l’avons accroché pour le plonger dans notre univers politique peu brillant avec cette question lancinante de tripatouillage de la constitution… Et bien d’autres sujets de chez nous : la réforme de l’état civil, la question du drapeau, de l’hymne national…

Il a accepté de répondre, comme toujours, avec élégance et franchise, aux questions de Biladi.

Biladi : Depuis quelques semaines l’actualité nationale est dominée par les points proposés à l’ordre du jour du dialogue politique. Les sujets de discussion ont porté, entre autres questions, sur la modification du drapeau national ainsi que de l’hymne national. Qu’en pensez-vous ?

Ahmedou Ould Abdallah
(AOA) : Face aux difficultés quotidiennes rencontrées par les citoyens ainsi qu’aux défis sécuritaires qui s’accumulent, chez nous et dans la région, parler de la modification du format du drapeau national et de la reformulation de l’hymne national sont-elles vraiment prioritaires ou même nécessaires?

Les mauritaniens, comme tous ceux qui suivent l’actualité régionale du Maghreb/Sahel, en tombent des nues et se demandent si nous ne somment pas sur une autre planète.

Une élite nationale responsable doit pouvoir trouver un consensus sur les problèmes prioritaires du pays, c’est-à-dire ceux qui déterminent sa pérennité. Elle ne peut continuer à promouvoir ce qui distrait des problèmes fondamentaux ou divise les populations.

Face à d’immenses besoins nationaux, les priorités sont connues. Les dépenses doivent être affectées au renforcement des institutions, la lutte contre le chômage, en particulier celui des jeunes, l’éducation technique, la santé publique, l’urbanisation de la capitale où sont concentrés près de 30 % de la population, la lutte contre la corruption et le soutien à la compétitivité de nos hommes d’affaires en Afrique de l’Ouest, au port de Nouakchott et aux routes vers ces pays, pour l’accès à leurs marchés.

Un gouvernement qui ignore ces priorités a des problèmes qui relèvent, ou de l’irresponsabilité ou de l’incompétence.

A cet égard, les symboles de l’Etat font partie de leurs identités et doivent, à ce titre, être protégés. S’ingénier à vouloir les modifier, outre qu’elle n’est nullement prioritaire, une telle intervention n’a pas de sens. Par ailleurs, leur modification a souvent engendré des malheurs et une revanche de l’Histoire. On l’a vu avec le maréchal Mobutu et la colonel Kadhafi dont les drapeaux n’ont pas survécu à leurs règnes. Il faut tout faire pour éviter le ridicule avec de faux débats d’un autre temps: changer les emblèmes nationaux, les noms de familles, celui du pays ou le transfert de capitale.

Je ne peux comprendre que le président Ould Abdel Aziz se laisse fourvoyer dans ce genre d’exercice.

Biladi : Ce genre "de réforme" a-t-il un lien avec celui qui a proposé de mettre fin à notre fameux "Ould" comme composante des noms de familles ?

AOA :
D’abord une anecdote. Il y a environ deux ans, un haut responsable de notre pays annonçait fièrement, à un officiel d’un pays du Golfe, ceci: "désormais, le Ould va disparaître de nos papiers d’identité". Son interlocuteur, dont le pays n’a aucune intention de supprimer le si caractéristique "Al" de son patrimoine, lui répondit sèchement : "que vous restera-t-il alors" ?

Sur le fond, à l’époque où, de par le monde, les peuples luttent pour préserver leurs identités et leurs images, cet acharnement à gommer tout ce qui nous caractérise - drapeau, hymne national et le Ould si Mauritanien - est pour le moins sidérant.

Comme nous, de nombreux autres peuples ont des particules attachés à leurs noms de familles : justement le "Al" du Golfe, le Oglu des Turcs, le Van des Néerlandais, etc. En 2001 et 2010, de jeunes Mauritaniens, interpellés par la police aux Etas-Unis et en Belgique, ont été libérés grâce à leur identité avec Ould, alors non associée au terrorisme ou à la criminalité.

Enfin, au-delà de ce propos, cette particularité, le Ould, est commune à tous les Maures du Sud Maroc aux confins septentrionaux du Niger en passant par le Azaouad du Mali et de villes algériennes dont Tindouf. N’avons-nous pas, en Mauritanie, seul pays ou ce groupe exerce le pouvoir, d’autres priorités à mettre en œuvre que cet acharnement à nous éloigner de cet héritage Hassanophone ?

Il se dit que c’est souvent par manque de recul historique que nous adaptons ces comportements si nuisibles à notre image dans la région et au-delà. Mais cette manie de vouloir tout changer, y compris de capitale, outre son côté puéril et financièrement irresponsable, est un dangereux exercice de dépossession d’identité.

Biladi : Dans l’esprit de bien des gens, le véritable objectif du dialogue national portait essentiellement sur la réforme de la constitution ou, en d’autres termes, la révision de la constitution pour mettre fin à la limitation du nombre des mandats présidentiels. Mais le président vient d’affirmer qu’il ne sollicitera aucun nouveau mandat. Votre opinion sur ce sujet ?

AOA :
A cette question, mon premier réflexe est d’y répondre par une autre : troisième mandat, ou pas, mais pourquoi faire ? Cette question de troisième mandat est un faux débat, non parce qu’elle ne devrait pas être posée, bien au contraire, mais parce qu’elle en occulte une autre question, véritable celle-là, et qui se trouve en panne depuis bien longtemps.

Comment, avec ou sans un troisième mandat, mettre fin à la dérive politique qui dure depuis plusieurs décennies. Elle a "informalisé" l’administration, puis l’économie nationale et, aujourd’hui, elle ne produit plus que ce qui, à l’intérieur, comme à l’extérieur, divise davantage nos compatriotes et affaiblit l’Etat ? Comment mettre le pays sur le bon chemin et l’y amarrer est la toute première exigence pour gérer le lancinant problème de l’unité nationale. Une autre question est comment être plus réaliste et travailler, plus et mieux, en particulier avec le Maghreb et le Sahel.

De fait, si l’actuel président, comme il l’a juré solennellement, et confirmé ces jours - ci, ne se présentait effectivement pas, le règlement des problèmes structurels nationaux serait- il, pour autant en bonne voie?

Avec un focus uniquement sur le troisième mandat, la classe politique, toutes appartenances confondues, et une partie de la société civile, ont exposé leurs projets et le pays à plusieurs risques.

Le premier est celui de voir le président trouver la méthode et la procédure légales qui lui permettent de garder le pouvoir et même d’y revenir formellement au bout de cinq ans. A cet effet, il lui suffira de choisir un successeur et de s’assurer, les choses étant ce qu’elles sont chez nous, de son élection à la présidence. Le statu quo actuel, c’est-à-dire la gestion patrimoniale du pouvoir, en place depuis des décennies, se poursuivra. Le sujet du troisième mandat a fait oublier bien des choses. De fait, pour ne citer que ces cas, qui pense encore à Poly Hondone pour la pêche ou au prêt accordée par la SNIM pour l’aéroport de Nouakchott, ou aux projets en cours ?

Le second risque, encore plus sérieux, parce que non conjoncturel, est celui de fragiliser davantage une classe politique déjà très éclatée par la faiblesse des solidarités entre ses membres. Les contradictions internes entre leurs différentes composantes, dans la majorité comme au sein de l’opposition, vont s’exacerber bien davantage au détriment des questions de fond.

Les acteurs politiques doivent faire une pause pour évaluer la situation du pays. Elle servira à organiser un véritable débat national dans le but d’aider les dirigeants, actuels et futurs, à atteindre un consensus autour des grandes orientations stratégiques : diplomatiques, sécuritaires et économiques. L’établissement d’un Conseil National de Sécurité, ou son équivalent, évitera la privatisation des intérêts fondamentaux du pays.

Enfin et surtout, le trop grand focus sur la prochaine présidentielle, au plus tard en 2019, retardera la recherche de solutions durables à nos véritables problèmes nationaux : la cohabitation, désormais difficile, entre les différentes composantes nationales.

Biladi : Compte tenu de votre expérience, ici et ailleurs, que suggérez-vous aux différents acteurs nationaux pour éviter un dérapage fatal à notre pays ?

AOA :
D’abord deux observations. Diriger un pays au jour le jour par une série de coups politiques – débaucher des opposants, prendre des mesures démagogiques, boycotter des pays ou des organisations internationales – n’est ni suffisant ni acceptable de nos jours. Ces pratiques ne renforcent pas les structures étatiques et ne garantissent pas la paix. Par ailleurs, et contrairement à ce qui se dit dans notre pays, la pérennité des Etats mal gérés n’est pas assurée.

La Yougoslavie, naguère leader des pays non alignés, s’est effondrée, remplacée par plusieurs nouveaux Etats. La Somalie, jadis un état unitaire peuplé d’une population homogène, pratiquant la même religion et parlant la même langue, est aujourd’hui un pays déchiré par les rivalités tribales. Depuis 2010, le Soudan, indépendant depuis 1956, est coupé en deux Etats souverains et une guerre civile se poursuit dans ces deux composantes.

Un Etat moderne, qui vit dans la réalité du monde actuel, doit faciliter la cohabitation de ses citoyens au-delà de leurs rivalités politiques, ou appartenances sociales, ethniques, tribales et régionales. Sur ce plan, l’élite dirigeante doit se montrer plus inclusive, plus tolérante, bref plus de son temps.

Partout où elles ont sévi - Afrique, Asie et Europe - les idéologies raciales du siècle dernier, ont échoué. Et toujours au détriment de leurs premiers promoteurs. Devrons-nous continuer à encourager nos compatriotes dans la voie de la division et de la séparation, puis évoquer un complot international dirigé contre notre pays? Certainement pas.

Comme dans la plupart des Etats du Maghreb et du Sahel, notre pays connait un système de castes et d’ethnies qui vivent sur le même espace territorial. Cette diversité, au lieu d’évoluer pour nous enrichir, s’est cristallisée en menace pour tous.

Précisément, le rôle du groupe dirigeant est d’être ouvert. La priorité, aujourd’hui est d’arrêter, au plus vite, la spirale suicidaire qui nous entraîne vers une catastrophe. Les responsables doivent revenir à l’esprit traditionnel de détachement qui est en fait une pratique de tolérance sociale. Celle-ci existe dans la région Maghreb Sahel. Sur ce point, chacun sait ou devrait savoir que, contrairement à un individu, un Etat ne peut pas déménager. Nous devons vivre avec notre situation géographique.

Dans ce contexte Maghreb / Sahel, pour ne pas continuer à nous singulariser, trois urgences doivent être définitivement résolues.

D’abord les populations de la Vallée, traumatisées par les évènements des années 1987 – 91, doivent être pleinement rassurées, et se rassurer, quant à leur appartenance à la Nation. Ensuite, la question Haratine, un exemple de notre incompétence politique, doit rester ce qu’elle est, un problème de liberté, de droits de l’homme, d’inclusion économique et non une crise ethnique. Enfin, il est urgent de cesser de se créer de nouvelles fissures dans le tissu social. Ainsi, l’application de la rigueur de la loi – la peine de mort – prononcée uniquement à l’encontre d’un jeune de Nouadhibou, issu d’un milieu dit de castes, aggrave notre situation. Dans l’intérêt du pays, sa libération est un impératif.

Propos recueillis par Moussa O. Hamed
Source : Rmibiladi (Mauritanie)

 

 

La bande des vingt-trois

Faits divers... Faits divers...Le mois passé, les grands centres commerciaux de Nouakchott ont subi des séries de vols de coffres-forts et d’argent liquide. Le marché Capitale s’est notamment vu délesté de deux grands coffres-forts, lourds de plusieurs millions en devises.

Une bande de malfaiteurs dotés d’armes à feu s’en sont pris aux gardiens du marché, la nuit. Point de victimes, heureusement, mais un butin on ne peut plus conséquent. Même scénario en diverses autres boutiques et magasins du quartier et de Sebkha. Une boutique de la Medina R s’est même vue amputée de huit millions huit cent milles ouguiyas !

Largement de quoi mettre la police sur les dents. Sans grands résultats. Jusqu’à ces derniers jours où des éléments de la fameuse BRB raflent deux récidivistes : Mohamed « Gang » et « Aziz » ; dans le cadre d’une autre enquête. L’audition des deux suspects ouvre une piste.

Le CSPJ transmet, illico, le « tuyau » au commissariat Arafat 4. Et voilà le repaire de la bande aux coffres-forts encerclé, au quartier PK 10 de Riyad. Le chef n’est autre que le fameux récidiviste Saïd Sarr, tout juste sorti de prison. Il est arrêté avec ses vingt-trois comparses. Déférés au Parquet de la wilaya-sud, quinze d’entre eux sont écroués, les autres placés sous contrôle judiciaire.

Duel de deux titans

L’accalmie, au populeux quartier Dar El Beïdha, n’a pas fait long feu. Les habitants ont passé, jeudi dernier, une folle nuit de terreur et d’angoisse. Vers une heure du matin, des tirs d’armes légères y ont, en effet, retenti. Les rares personnes encore dehors se sont hâtées de rejoindre leur domicile pour se barricader. Transis de peur, on écoute…

Les tirs cessent un moment… avant de reprendre, de plus belle, dans une autre rue ! Les protagonistes semblent donc se déplacer à vive allure. Une attaque terroriste ?

Non, ce sont deux bandits de grands chemins qui s’affrontent. Diyah « Stup », fraîchement relâché de prison, se dispute, avec le non moins fameux Ely Lahmar, alias « L’Artiste », le butin de quelque opération effectuée de conserve. Comptant sur sa force physique et son grand gabarit, Ely veut la part du lion.

Mais Diyah vient de se doter, lui, d’un fusil de type G 3 volé, tout dernièrement, chez un particulier d’Arafat ! Sous la menace de l’arme, Ely prend la fuite. Grâce à Dieu, Diyah est piètre tireur et, courant au hasard, canarde à tout va, alors que « L’Artiste » est déjà bien planqué.

L’affaire se clôt vers deux heures du matin : des éléments de la BRB ont réussi à mettre la main sur les deux bandits, saisissant le fusil, au grand soulagement des habitants du quartier. Les deux repris de justice ont regagné, un peu plus tard, les cellules qu’ils venaient tout juste de quitter, à la prison de Dar Naïm.

Deux grands pickpockets coffrés

Le marché Capitale reste, pendant la journée, la destination privilégiée des pickpockets et voyous de Nouakchott. De longues heures aux aguets de la moindre occasion de dérober quelque marchandise ou sac à main, fort d’objets de valeur et/ou d’argent. Postes de police, rondes et patrouilles n’y font rien et le phénomène perdure, prend de l’ampleur.

Tout dernièrement, une commerçante a été sauvagement assassinée, juste avant la tombée de la nuit. Un meurtre qui a obligé les autorités à renforcer la sécurité. Des policiers en tenue et en civil ont commencé à tenir un œil plus conséquent sur les boutiques et leurs clients.

Pendant trois semaines, on n’a plus enregistré le moindre vol ou braquage. Mais, au premier relâchement de la surveillance, braquages et vols à l’arraché ont repris de plus belle. Ces derniers jours, plusieurs clientes et vendeuses ont ainsi été délestées de leur sac à main ou téléphone portable.

Aussitôt, le poste de la BRB dirigé par Hammoudi a repris sa traque au marché. Et, illico presto, voilà deux pickpockets connus des fichiers de la police pris en flagrant délit ! Embarqués au commissariat spécial de la police judiciaire, Hassen « Loujeh » et Salek « Bira » y ont été gardés à vue, avant d’être déférés et écroués.

Mosy
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Le coaching, un concept novateur pour la Mauritanie : Quelques questions à Magali Boivert

Nous avons rencontré Magali Boivert, installée depuis 3 mois à Nouakchott en tant que coach de vie de d'entreprises, un service inédit en Mauritanie. Nous l'avons interviewé afin d'en savoir plus son activité.

D'où venez-vous ?

Mes racines sont dans la terre, j'ai grandi dans une ferme au pied des montagnes du Jura à l'est de la France non loin de la Suisse, dans une culture traditionnelle avec des valeurs fortes. Je viens d'un milieu simple et humble.

Quel est votre parcours ?

Pendant plus de 15 ans, j'ai travaillé pour les services communication d'associations humanitaires et de développement en tant que chargée de communication, photographe ou vidéaste sur le terrain. J'ai passé la moitié de ma vie professionnelle sur le continent africain. L'autre moitié s'est déroulée aux sièges à Paris et à Bruxelles de Médecins Sans Frontières essentiellement et quelques temps aussi avec l'UNICEF, j'étais gestionnaire de projet. Pendant les périodes où j'étais en Europe j'étudiais pour obtenir différents diplômes en sciences humaines dont celui de coach de vie et d'entreprise, notamment.

Comment devient-on coach ?

Il faut des prédispositions humanistes, de la curiosité et un long travail sur soi-même. Le coach doit savoir repérer et maitriser les processus relationnels, c’est-à-dire la façon dont des relations s’établissent et se développent en fonction d’objectifs conscients ou inconscients. Pour y arriver, cela demande beaucoup d'observation, une riche expérience de vie, avec l'assimilation de connaissances dans le vaste domaine des sciences humaines et sociales.

Pourquoi aller voir un coach ?

Je pense qu'il est sain de se demander comment s'adapter dans une société malade sans le devenir soi-même. Les personnes qui consultent ont un certain besoin d'évolution et d'équilibre. La démarche est totalement personnelle. Trouver sa place, mieux se connaitre pour se réaliser, exploiter ses dons, se sentir plus heureux, en paix avec ses choix et ses principes sont autant de raisons qui amènent des personnes à me contacter. Il n'y a pas de honte à chercher de l'aide face à des choix difficiles, lorsqu'un enfant est en échec scolaire, lorsque l'on ne s'adapte pas à une situation, lorsque l'on souffre et que l'on avance plus, ou lorsque l'on a besoin d'appui dans la concrétisation d'un projet ou d'un rêve.

Qui peut aller voir un coach ?

Tout le monde. Je travaille avec des enfants, des adolescents et des adultes de tous âges en ce qui concerne les particuliers. Aussi, les chefs d'entreprises, les ONG, les associations et les bailleurs de fonds ont besoin de fédérer des équipes multiculturelles au sein même de leurs propres établissements d'une part, et d'autre part s'appuyer sur des structures partenaires proposant des projets novateurs et structurés. Ce type de coaching s'adresse aux dirigeants, managers qui souhaitent mieux fédérer leurs équipes en pratiquant un leadership gagnant-gagnant. Le coaching d'équipes permet d'identifier les potentiels individuels et les mutualiser, maitriser le stress et gagner en efficacité, optimiser l'organisation, créer des projets ambitieux et à hauts-potentiels entre autres.

Comment vous contacter ?

J'ai une page Facebook, « Magali Boivert - Coach de vie & d'entreprise », il suffit de m'envoyer un message.

Combien coûte une séance ?

Je m'adapte au niveau de vie de chacun cela varie de 2 000 à 10 000 UM la séance, avec les entreprises, les associations, ce sont des forfaits établis selon les besoins et les budgets.

Nous souhaitons à Magali une belle réussite pour ce projet utile et ambitieux pour la Mauritanie.

Propos recueillis par Hindou Baba pour gps.mr

Trois questions à Souleimane Breihim

Nous avons rencontré Souleimane Breihim, responsable de l'antenne de TADAMOUN au Trarza, dans le cadre des problèmes survenus  à Rosso, suite à la caravane de l'ONG "Agir". Nous vous livrons ses réponses.

Gps: Les  médias relaient ces derniers jours des informations selon lesquelles des heurts entre les forces de l'ordre et les sympathisants de Birame ont eu lieu à Rosso. Que s'est il passé au juste?

 

Souleimane Breihim:  En effet des heurts ont opposé les forces de l'ordre et quelques sympathisants de Birame. Dans un premier temps à l'entrée EST de Rosso, suite au refus des autorités locales de laisser la caravane rentrer dans la ville pour organiser un meeting et une marche non autorisés. Et le lendemain aussi devant la willaya pour réclamer la libération de Birame et de ses compagnons qui avaient été arrêtes la veille.

 

Gps: On raconte que Birame est venu prêter main forte à l'ONG, organisatrice de la caravane. Sur quelle base cette ONG a-t-elle organisé la caravane? Est-elle réellement mandatée par les cultivateurs?

Souleimane Breihim: Je ne pense pas que cette ONG ait été mandatée par qui que ce soit. C'est une initiative personnelle qui, dans son énoncé, se propose de "sensibiliser en éducation citoyenne sur les problèmes relatifs au développement communautaire rural (code pastoral,  législations foncières...)". Seulement, sur le terrain le discours a changé et s'est transformé en des termes plus radicaux et incitateurs à des comportements peu citoyens.

 

Gps: En tant que directeur régional de l'agence TADAMOUN au Trarza, quelles rectifications pouvez-vous apporter aux revendications de la caravane. Et quel rôle a joué l'agence sur la question "d'expropriation" des terres, aujourd'hui et du temps de l'ANAIR ?

 

Souleimane Breihim: L'agence que je représente au Trarza depuis 2009 a fait beaucoup et continue, à travers TADAMOUN, à œuvrer pour l'insertion des rapatriés par l'acquisition et l'aménagement de périmètres qui leur sont attribués. On a attribué près de 400ha déjà, depuis 2012 et plus de 200ha en cours de réalisation, seulement au Trarza. Le même programme est réalisé au Brakna. Au Trarza ce sont près  de 20 sites sur 33 (2/3) qui sont concernés. Nous avons toujours résolu les litiges fonciers sans tambours ni trompettes. Un seul persiste aujourd'hui et les pourparlers et négociations sont toujours maintenus.

Gps

Patrick Hickey Vice-Président Régional de Kinross en Afrique décide de quitter son poste

Patrick Hickey Vice-Président Régional de Kinross en Afrique décide de quitter son poste

Kinross a annoncé aujourd’hui que Patrik Hickey, vice-président régional pour l’Afrique de l’Ouest et président de TMLSA (Tasiast Mauritania, Limited SA), va quitter la société en Septembre prochain. Dans l’entretien, les raison du depart de M. Hickey.

Cridem : Pourquoi décidez-vous de quitter Kinross?

La raison est toute simple: je désire passer davantage de temps avec ma famille. Cela fait maintenant 4 ans que je suis loin d’elle, dans cette position, et c’est quand même beaucoup de temps. Ma femme et mes enfants se trouvent aux Etats-Unis et nous sentons, tous, que le moment est venu pour nous de passer plus de temps ensemble.

Cridem : Pourquoi avez-vous décidé de quitter à ce moment ?

Le timing est tout à fait approprié pour Kinross Tasiast. Je souhaitais voir certains projets achevés, comme par exemple l’étude de faisabilité, avant d’envisager mon départ. Nous avons pu mettre en œuvre certains processus, notre performance en matière de sécurité est excellente et nous avons pu réaliser un meilleur contrôle des coûts.

Plus important encore, comme je l’ai mentionné, j’ai pu accompagner l’étude de faisabilité du début jusqu’à la fin. Cette l’étude que nous avons publiée le 1er Mars a analysé les avantages et les risques potentiels que présente l’expansion de Tasiast. La décision relative à l’expansion sera prise dans le courant de l’année prochaine au plus tôt.

Cridem : Votre départ effectif est prévu pour quand exactement et qui sera votre remplaçant ?

Je continuerai à travailler jusqu’au mois de Septembre. Cette longue période permettra de conduire une transition en douceur. Pour ce qui est de mon remplaçant, la décision n’a pas encore été prise. Kinross mènera une recherche au niveau mondial pour trouver quelqu’un.

Cridem : Quel impact votre départ aura-t-il sur Tasiast ?

Nos opérations et notre stratégie au quotidien resteront les mêmes. L’équipe continuera de travailler sur les mêmes objectifs. Cela a été un réel plaisir pour moi de travailler avec une telle bonne équipe en Mauritanie. Je voudrais les remercier tous pour leur dévouement. Sans leur travail persévérant, nous n’aurions pas été capables de réaliser d’aussi nombreux succès au cours des 4 dernières années ni d’envisager avec optimisme des lendemains rayonnants pour Tasiast.

Cela a été un plaisir pour moi de voir l’impact positif que Tasiast a eu sur l’économie du pays et la vie des populations. Il est clair que Tasiast et d’autres projets miniers ont un rôle important à jouerr dans l’avenir de la Mauritanie.

Propos recueillis par Khalilou Diagana
Pour Cridem

 

 

Interiew:PATRICK HICKEY, Président de Tasiast Mauritanie

 

« La réduction des effectifs est une décision économique… »

Aujourd'hui Kinross, l'un des plus grands employeurs en Mauritanie à travers sa filiale Tasiast Mauritanie, a parachevé un processus de réduction de ses effectifs dans le pays. Processus ayant duré deux mois.

Le Président de Tasiast Mauritanie, M. Patrick Hickey parle dans l’entretien qui suit des raisons de la réduction des effectifs en Mauritanie.

Aujourd'hui Tasiast Mauritanie a compressé 272 personnes à la mine de Tasiast et 21 personnes à Nouakchott. Pourquoi était-ce nécessaire ?

Les décisions concernant les réductions d'effectifs ne sont jamais prises à la légère, elles ne sont prises que lorsque c'est absolument nécessaire. Et celles-ci n’ont pas été uniquement prises par Kinross ou par Tasiast Mauritanie.

Au cours des douze derniers mois, le prix de l'or a chuté d'environ trente pour cent. Les entreprises minières sont amenées à prendre des décisions difficiles. Nous devons tous être en mesure de prendre les décisions de sorte à garantir la pérennité de nos activités dans nos mines pour les années à venir.

En Juillet, Kinross a effectué un examen global de coûts pour faire face aux aléas résultant de la chute du prix de l'or. En conséquence, Kinross a réduit les coûts de ses activités, notamment une réduction de 200 millions de dollars des dépenses sur les immobilisations pour 2013, des coupures dans son programme d'exploration, l’unification des deux régions d’Amériques du Nord et du Sud en une seule région, et des réductions de personnel dans l'entreprise.

Cela inclut également les réductions de personnel dans notre région de l’Afrique de l'Ouest qui ont été annoncées, touchant aussi bien notre bureau régional de Las Palmas, la mine de Tasiast que notre bureau Nouakchott.

La pression sur le secteur aurifère a entraîné un dépassement significatif des dépenses de Tasiast Mauritanie par rapport à son chiffre d'affaires. En même temps, la construction d'infrastructures sur le site est maintenant en grande partie achevée, et la société a également reporté à 2015 sa décision sur l’expansion de l'usine de Tasiast. En conséquence, le niveau d'activité et de travail requis à Tasiast a considérablement diminué, et nous n'avons plus besoin d'autant de personnes qu’auparavant.

Sur la base de ces facteurs, Kinross et Tasiast Mauritanie devaient prendre des mesures pour s'assurer que la taille de la main-d'œuvre correspond à nos besoins réels, et, plus important encore, que nos activités en Mauritanie restent viables pour le long terme.

Il est question du remplacement des employés mauritaniens licenciés par des employés d'autres pays?

Absolument pas. Il s'agit d'une réduction des effectifs pour aligner le nombre d'employés avec l’activité. En fait, Kinross a réduit le nombre de ses employés partout à travers le monde, y compris d'environ 10% à Las Palmas, Espagne, où se trouve le siège régional de Kinross.

Kinross ne fait pas venir des employés d'autres pays en Mauritanie pour combler les postes supprimés, et nous ne cherchons pas non plus à embaucher d’autres mauritaniens pour ces postes. Les postes ont été supprimés en fonction de leur nécessité ou pas par rapport à l’activité actuelle. La réduction des effectifs est une décision économique basée sur l'activité actuelle à Tasiast, sur le report à 2015 de sa décision sur l'expansion de l’usine, et sur​​la baisse du prix de l'or.

Comment les employés concernés ont-ils été choisis ?

Ces décisions sont basées sur la réalité actuelle de nos activités et la nécessité de s'assurer que les niveaux d’effectifs correspondent au niveau d'activité dans les différents domaines. Les effectifs ont été choisis sur la base de la nécessité ou pas d’une fonction particulière par rapport à l'activité actuelle de la mine. Dans cette optique, nous voulions également nous assurer que les employés ayant la meilleure assiduité et les meilleures performances ont été protégés. Tasiast Mauritanie a travaillé avec le ministère mauritanien du Travail et d'autres représentants du gouvernement tout au long du processus afin de s'assurer que ce dernier a été équitable et transparent.

Bien évidemment, la suppression de postes signifie une perte d’emploi pour des gens, et je ne cesserai de le dire, ce n'est pas une décision que Tasiast Mauritanie a pris à la légère. Nous sommes reconnaissants envers les employés pour leur travail et leur dévouement, et nous leur souhaitons le meilleur.

Comment la réduction d'effectifs des locaux influe-t-elle sur les perspectives d’affaires de Kinross en Mauritanie ?

La réduction d’effectifs de cette année est le résultat de deux facteurs : premièrement, la réalisation de l'infrastructure du site cette année, et deuxièmement, le report à 2015 de la décision sur l'expansion de notre usine.

Elle n'affecte pas les opérations ou la production actuelle. Tasiast Mauritanie continuera à produire de l'or à la mine existante de Tasiast avec les installations de traitement existantes.

Tasiast Mauritanie envisage de finaliser son étude de faisabilité sur une éventuelle expansion de l'usine de Tasiast au premier trimestre de 2014. Cependant, quels que soient les résultats de l'étude de faisabilité, la société ne prévoit pas de prendre une décision sur l'opportunité ou non de procéder à un agrandissement de l'usine avant 2015. La société a reporté toute décision d’approbation suite à la chute du prix de l'or et à la nécessité de se concentrer sur la préservation de la trésorerie en 2014.

Pendant ce temps, la société continue également de forer à la recherche d’autres cibles prioritaires en dehors du corps de minerai principal ; à savoir l’or, et les résultats à ce jour sont encourageants.

La Mauritanie demeure très importante pour Kinross. Tasiast Mauritanie est l'une des plus grandes entreprises et l’un des plus grands employeurs du pays. Nous avons fait un investissement conséquent à Tasiast, identifié une ressource aurifère significative, et croyons qu’aussi bien la mine que ses alentours constituent un grand potentiel à long terme.

En plus de notre investissement, notre activité minière a généré une importante valeur économique pour les employés, les entreprises

locales et le gouvernement. De 2010 à nos jours, Tasiast Mauritanie a versé près de 120 millions de US dollars en salaires, créé plus de 3300 emplois, payé environ 750 millions de US dollars aux fournisseurs en Mauritanie, et environ 175 millions de US dollars ont été versés au gouvernement en impôts et taxes. Sans parler du capital total investi qui a été de 2.3 milliards de US dollars.

Notre investissement s'étend au-delà de la mine. Ainsi, au travers de nos engagements à soutenir les communautés, nous avons investi plus de 12 millions de US dollars. Tasiast Mauritanie continuera de soutenir de nombreuses initiatives de développement communautaire, y compris les projets locaux, visant à développer des compétences pouvant mener à des moyens de subsistance et des revenus durables.

D’autres réductions d'effectifs sont-elles prévues ?

Nous ne pouvons pas spéculer sur ce que l'avenir nous réserve, et comme toute entreprise, nous devons rester flexibles pour répondre aux réalités changeantes du marché. Les perspectives pour le secteur de l'extraction de l'or demeurent difficiles, et de toutes les façons, les pressions sur le secteur ne connaîtront pas de sitôt un assouplissement. Ce qui signifie que les entreprises vont devoir prendre des décisions difficiles. Mais, toujours dans une perspective de long terme, Kinross reste fermement engagée à développer une entreprise durable en Mauritanie.

Propos recueillis par

Khalilou Diagana

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cheikh Saad Bouh Kamara : "Le boycott des élections en Mauritanie serait une erreur"

 

 

Combattant de la liberté, Cheikh Saad Bouh Kamara est un sociologue résolument afro-optimiste. Il appelle le pouvoir et l'opposition de Mauritanie à faire des concessions réciproques dans l'intérêt de la démocratisation du pays.

Professeur émérite de sociologie, le MauritanienCheikh Saad Bouh Kamara, 68 ans, est, depuis 1982, consultant international en développement. Il a notamment été vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) et président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) de Mauritanie. Ce « combattant de la liberté », emprisonné plusieurs fois, est l'auteur de Afrique : Espérance*, un essai dans lequel il présente les réussites africaines dans de nombreux secteurs du développement durable.

Jeune Afrique : Pourquoi avoir choisi d'aller à contre-courant de l'afropessimisme ?

Cheikh Saad Bouh Kamara : Dès qu'il s'agit de l'Afrique, les médias mettent l'accent sur les guerres civiles, les attentats, les coups d'État ou les meurtres. Les initiatives qui fonctionnent sont malheureusement tues. J'ai alors décidé de lister toutes les actions positives du continent, tout en restant lucide.

Quels sont vos motifs d'« espérance » s'agissant de la Mauritanie ?

Certains sont communs à l'Afrique, comme la jeunesse de la population, le grand marché de consommateurs, la fertilité des terres, les ressources humaines ou encore la fidélité de la diaspora. En Mauritanie, ils ont trait à la libéralisation de l'audiovisuel, à la scolarisation des petites filles, à la signature de la Convention de l'ONU contre les discriminations à l'égard des femmes ou encore aux récentes réformes constitutionnelles. Il sera désormais difficile de prendre le pouvoir autrement que par les urnes.

Le pays a-t-il tourné la page en constitutionnalisant l'interdiction des coups d'État, mais aussi la criminalisation de l'esclavage et la multiethnicité de la nation ?

Je pense que c'est un mûrissement de la démocratie, lequel aboutira à la cohésion sociale et à l'unité nationale. Mais le processus est très long. Ces mesures en constituent le commencement et elles doivent impérativement être accompagnées par une réglementation efficace et une éducation citoyenne de sensibilisation.

Pourquoi la Mauritanie peine-t-elle à être pleinement démocratique ?

Il ne faut pas oublier que nous venons de très loin. Après la colonisation, le parti unique et la naissance de l'État mauritanien avec le président Moktar Ould Daddah, nous avons vécu des années difficiles ponctuées par les putschs. Le seul président démocratiquement élu en 2007 [Sidi Ould Cheikh Abdallahi, NDLR] a été déposé un an plus tard par l'actuel chef de l'État, Mohamed Ould Abdelaziz. Enfin, entre ce dernier et une partie de l'opposition, le dialogue s'est malheureusement rompu.

Quelles solutions proposez-vous pour sortir de cette crise avant les élections (dont la date n'a pas été fixée) ?

Chacun doit faire des concessions. L'État doit être davantage à l'écoute des revendications de ses opposants, allouer un financement aux partis politiques pour leur permettre de faire campagne et mettre en place une commission électorale transparente, composée de personnalités neutres. En contrepartie, l'opposition doit jouer son rôle et lutter pacifiquement, sans chercher à déstabiliser le pouvoir. Elle ferait une erreur en boycottant les élections, mais le pouvoir doit aussi tendre la main aux partis de la Coordination de l'opposition démocratique qui n'ont pas participé au dialogue national. Nous avons besoin de médiateurs pour sortir de l'impasse.

Comprenez-vous la colère des Mauri­taniens, notamment des jeunes ?

Leurs attentes sont très grandes et elles sont loin d'être satisfaites, en Mauritanie comme ailleurs. Outre l'accès à des services de base tels que l'eau ou l'électricité, ils demandent des emplois, une juste répartition des richesses et la cohésion nationale. Si elle veut que ses souhaits soient exaucés, la population doit continuer à manifester pacifiquement, mais l'État doit également faire des efforts pour éviter la répression systématique. Les jeunes peuvent porter haut et loin la démocratie, seul rempart contre l'instabilité.

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Propos recueillis par Justine Spiegel

* Afrique : Espérance, L'Harmattan Mauritanie, 202 pages, 21 euros

 


Mohamed Aly Chérif, député UPR à l’Assemblée Nationale : 'Un gouvernement d’union supprimerait ou, à tout le moins, ... ...diminuerait les prérogatives de la CENI, notamment la plus fondamentale : son indépendance'.

Mohamed Aly Chérif, député UPR à l’Assemblée Nationale : 'Un gouvernement d’union supprimerait ou, à tout le moins, ...

Le Calame : La Majorité Présidentielle (MP) à laquelle vous appartenez réaffirme sa disponibilité au dialogue pour améliorer l’accord signé avec une partie de l’opposition mais rejette le principe du gouvernement de consensus que préconisait l’initiative du président Messaoud Ould Boulkheïr et affirme que les élections auront bien lieu, même sans l’opposition, à la date fixée par la CENI. N’est-ce pas dire, tout compte fait, que la porte du dialogue est verrouillée?

Mohamed Aly Chérif : Je souhaite d’abord saluer l’intérêt constant que votre journal, Le Calame, a apporté à la naissance officielle d’une presse libre en Mauritanie. Une presse qui ne se prosterne pas. J’évoque, à cet égard et avec émotion, le rôle fondamental joué par le génial fondateur du Calame, Habib Ould Mahfoudh, dont je salue la mémoire en priant le Tout Miséricordieux de l’agréer en son Paradis.

Passons alors à votre question. Etant en voyage, j’étais pas présent à cette rencontre. Mais ce qui m’a été rapporté par les collègues et confirmé le lundi 21 mai, lors d’une longue réunion du groupe parlementaire de l’UPR, c’est que le président et la MP acceptent pleinement la mise en œuvre de l’initiative du président Messaoud Ould Boulkheïr, à l’exception du « gouvernement de consensus ».

Je partage personnellement cette position pour au moins deux raisons : la première est qu’il y aurait redondance, confusion et gaspillage de moyens, en introduisant un gouvernement d’union ou de consensus, car cela supprimerait ou, à tout le moins, diminuerait les prérogatives de la CENI, notamment la plus fondamentale : son indépendance.

La deuxième est précisément qu’à mon sens, il n’y a actuellement aucune crise nationale qui impose la mise en place d’une structure gouvernementale d’exception. Sur ce plan, je suis de ceux qui estiment que, depuis l’élection de Mohamed Ould Abdel Aziz à la présidence de la République, toutes les forces politiques ont cessé de contester sa légitimité.

A mon avis, ceux qui reviennent en arrière sur ce point devraient montrer un peu de patience car la fin du mandat du président de la République est proche, ils ont le temps de cultiver leur légitime ambition à se présenter à la prochaine élection présidentielle, s’ils le veulent. En tout état de cause, le président Mohamed Ould Abdel Aziz garde toutes ses prérogatives constitutionnelles et je ne vois aucune raison qu’il s’en dessaisisse par des voies détournées.

- Que vaudraient des élections sans les partis les plus significatifs de l’opposition ? Ne serait-ce pas là un pas en arrière, par rapport aux élections de 2007 ?

- Les élections sont un processus libre, tant pour les électeurs que les éventuels candidats. Il est effectivement fondamental que les citoyens, assurant toutes leurs responsabilités, y prennent part. Si la participation n’est pas obligatoire, je souhaite, comme les amis de la majorité, la participation la plus large et, notamment, de l’importante frange de l’opposition qui a marqué des réticences.

Je les respecte : elle a le droit, elle a le devoir, de tout faire pour que le scrutin soit réellement régulier et transparent. Or, cette double exigence concerne la mise en œuvre des moyens susceptibles d’aider la CENI à respecter, strictement, les claires modalités et conditions qui fondent et déterminent le fonctionnement du processus électoral.

La participation de cette frange de l’opposition – elle possède une grande expérience en la matière et un vivier de cadres généralement assez compétents pour y contribuer de manière réellement efficace – devrait fournir des garanties supplémentaires pour la réussite des consultations à venir. Concernant la date, c’est le texte même de la loi qui dispose que c’est la CENI qui la fixe.

Mais rien n’est tard, à mon avis, pour que tous ces problèmes et d’autres questions éventuelles fassent l’objet d’examen et d’accord, dans le cadre de l’initiative du président Messaoud. Je pense qu’il est essentiel que tous les acteurs concernés essaient de s’entendre, en accordant un minimum de bonne foi aux intentions de l’autre, dans le cadre de garanties consensuelles qu’à ma connaissance, la majorité ne rejette absolument pas.

- Lors de sa rencontre avec les députés de sa majorité, le président les aurait avertis que ceux d’entre eux sans assise populaire dans leur circonscription ne seraient pas reconduits. On imagine que beaucoup de vos collègues doivent « s’inquiéter » ?

- Concernant cette troisième question, cela devrait aller de soi, me semble-t-il, que ceux qui n’ont pas d’assise populaire ne peuvent être reconduits. C’est aussi valable, d’ailleurs, pour l’opposition. Mais chaque camp a ses modalités d’évaluation. En ce qui concerne la majorité, je pense qu’effectivement, il y a des ambitions diverses – comme dans l’opposition – qui peuvent se manifester et il est essentiel que les instances politiques assurent qu’il n’y aura pas de favoritisme, sans oublier qu’il est indispensable d’œuvrer au maintien de la cohésion interne, à tous les niveaux.

- Que répondez-vous, d’une part, à la COD qui surfe sur les présumés « scandales financiers » et suspecte le pouvoir de traiter avec les narcotrafiquants et, d’autre part, à l’APP qui doute de la sincérité de l’enrôlement ?

- Je ne pense pas que le « surfing « soit une arme de combat. A trop prendre comme argumentaire ce que publient les réseaux, par ailleurs démenti de façon catégorique, y compris par une haute personnalité étrangère qui y avait recouru, sans trop de précautions, le « surfing » dont vous parlez n’a eu de réalité que dans le virtuel.

Moi, c’est l’œuvre effectivement accomplie qui m’intéresse. Et les réalisations concrètes, amples, visibles du pouvoir se donnent à lire d’elles-mêmes. Tant en matière de forages, d’infrastructures routières, d’énergie électrique, de santé, d’éducation, de développement rural sur tout le territoire national. Et en des temps-records.

Mais, plus fondamental encore, pour moi, il y a eu le règlement du très lourd passif humanitaire. Tant au plan du rapatriement ordonné des déportés qu’au niveau, particulièrement délicat, de la régularisation – autant que ce terme puisse en exprimer la tragique réalité – de la terrible situation qui prévalut dans l’armée et les forces de sécurité. En plus du règlement, forcément lent mais accompli, des droits des fonctionnaires et des agents de l’Etat victimes des évènements de 1989-1991.

J’ajoute, à ce chapitre, la mise en œuvre d’une politique globale que je souhaite de plus en plus cohérente et ferme, pour encourager, avec la rigueur requise, la disparition de l’esclavage et de ses séquelles dans tous les domaines. Concernant l’enrôlement, il y a eu des défaillances certaines et des erreurs, que j’ai personnellement évoquées, à maintes reprises, à chaque fois que j’ai eu des éléments convaincants, avec le ministre de l’Intérieur et avec l’administrateur de l’Agence nationale.

Et s’il continue certainement de s’en présenter, je sais que des instructions fermes ont été données, pour apporter les remèdes appropriés et rétablir pleinement tous les citoyens dans leurs droits, à l’intérieur comme à l’extérieur. En tout état de cause, je suis convaincu qu’il n’y a absolument aucune volonté délibérée d’exclusion, à quelque titre que ce soit.

- Un des responsables de l’UPR disait, récemment, sur une radio privée de la place, que le gouvernement d’union réclamée par l’opposition va à l’encontre de la Constitution. Êtes-vous de son avis ?

- Je crois avoir répondu indirectement à cette question. N’étant pas juriste, je ne peux aller plus avant. Sauf à dire qu’à ma connaissance, aucune disposition, législative ou réglementaire, ne prévoit une telle structure. Le seul gouvernement est celui que forme le président de la République qui peut l’appeler, évidement, sous le vocable qu’il estime convenir.

-Lors de votre passage à la TVM, vous avez rendu un vibrant hommage à l’ancien président Moktar Ould Daddah. Pouvez –vous nous évoquer les rapports que vous aviez entretenus avec le père de la Nation mauritanienne ?

- Vous dites que j’ai rendu un vibrant hommage au Président Moktar Ould Daddah. En toute conscience, je pense que je n’ai évoqué que quelques unes de ses qualités d’homme, et réalisations d’homme d’Etat. Du reste, l’une de nos principales convergences fut toujours de tout faire pour placer les choses dans le cadre de la pondération, et d’éviter strictement d’inscrire les comportements et l’action sur le registre de la louange, signe pouvant pousser à la démesure.

Quant à nos rapports, je ne peux les caractériser mieux qu’il ne l’a fait – sans que le sache avant la parution de ses mémoires – dans son ouvrage « La Mauritanie contre vents et marées » : une compréhension réciproque exemplaire.

Je précise seulement que la relation qui s’est instaurée entre lui et moi durant la dizaine d’années que j’eus le privilège de le côtoyer, et d’assister autant que possible, s’inscrivait dans le cadre de l’œuvre complexe et périlleuse même, toujours déterminée qu’il s’était fixée pour jeter les bases d’un Etat mauritanien en vue de construire, avec tous les compatriotes qui l’ont voulu, une Patrie Mauritanienne, réelle, solide, tournée vers l’émancipation et le progrès partagé. Bref, une Mauritanie égalitaire, solidaire et fraternelle. Or, cet objectif fut largement atteint au prix, certes, d’immenses efforts.

Davantage, le Président Moktar Ould Daddah put, contre toute attente, et malgré le poids spécifique infime sur la scène internationale hisser son pays au rang d’une Nation connue et respectée, non seulement au plan africain et arabe, ou du tiers monde, mais dans le monde.

Il pesa même d’un poids non négligeable, dans l’accélération des luttes de libération en Afrique et en Asie, comme il contribua, à des niveaux élevés de la diplomatie internationale de l’époque, à aplanir des relations tendues entre des puissances qui comptent et à l’instauration d’ententes et d’une coopération durable, là où son influence et son action ne pouvaient être attendues. Voilà ce qui justifie ce qui ne pouvait qu’appeler la collaboration loyale et entière de ma part, et celle d’autres.

-Pensez-vous que la Mauritanie accorde à son premier président, la place qui lui sied dans son histoire ?

-Je ne révèle rien en disant que le Président Mohamed Ould Abdel Aziz a, très tôt, de son propre chef, courageusement et clairement exprimé la reconnaissance de la Nation à l’endroit du fondateur de l’Etat Mauritanien. Il l’a dit et répété publiquement, et même donné, à titre symbolique, le nom d’une des plus grandes rues de la capitale au premier chef de l’Etat de notre pays, bâtisseur justement de cette capitale à partir de rien.

Le président Aziz a également accordé une grande considération à la famille du Président Moktar Ould Daddah, et manifesté une estime et une attention réelles à Madame Mariem Daddah, ce qui n’est pas peu pour qui sait combien on vient de loin. J’estime évidement qu’on peut et doit aller plus loin, notamment en concertation avec la famille et ma Fondation Moktar Ould Daddah.

Source : Le Calame

Interview du Président de la CENI au journal « Horizon » : Réponses au questionnaire de l’AMI

 Interview du Président de la CENI au journal Horizon:  Réponses au questionnaire de l’AMI

Question : Quelles sont les garanties d’indépendance de la CENI ?

Réponse : Avant de répondre à votre question, je tiens à vous remercier et à remercier l’AMI pour l’intérêt qu’elle porte à la CENI et pour l’occasion qu’elle nous offre à nous adresser à l’opinion publique nationale, à travers les Journaux Chaab et Horizon à un moment crucial du processus électoral en cours.

Pour revenir à votre question, je crois que l’on peut dire d’une entité qu’elle est indépendante, lorsqu’elle dispose des attributions et des moyens lui permettant de décider et d’agir, sans relation de soumission ou de dépendance, de quelque nature que ce soit, vis-à-vis d’une autre autorité. De la sorte, la CENI doit être considérée comme indépendante, du moment qu’elle est dotée de pouvoirs, d’outils de décision et de moyens d’action, qui garantissent son indépendance.

La principale garantie découle de la loi organique n° 2012-027 du 12/04/2012 qui fonde cette indépendance et la protège. Un bref aperçu des dispositions de cette loi organique est suffisamment édifiant à cet égard. En effet, celle-ci dispose, en son article premier, que la CENI est une institution permanente chargée de superviser l’ensemble de l’opération électorale, en ce qui concerne l’élection présidentielle, les élections législatives, le référendum et les élections municipales. Le même article précise que la CENI est dotée de la personnalité juridique et de l’autonomie financière.

Il est également souligné, dans l’article 2, que la CENI dispose de la plénitude des pouvoirs pour préparer, organiser, et superviser l’ensemble de l’opération électorale, précisant qu’elle veille au bon déroulement du scrutin, à sa régularité et à sa transparence.

L’article 5 est encore plus explicite à ce sujet, quand il précise que « dans l’exercice de ses fonctions, la CENI dispose d’une indépendance totale et ne reçoit aucune instruction d’aucune autorité ou institution, publique ou privée ».

Dans le même ordre d’idées, la loi organique stipule, en son article 25 que : « les Autorités Administratives centrales ou territoriales et les autorités administratives décentralisées sont tenues de fournir à la CENI tous les renseignements et de lui communiquer tous les documents ou informations nécessaires à l’accomplissement de sa mission. La voie hiérarchique n’est pas opposable aux demandes de la CENI ».

Ensuite, il y’a une garantie d’indépendance qui résulte de la nature même du mandat dont la CENI a été investie et des conditions dans lesquelles il s’exerce. Cela concerne notamment le caractère permanent du mandat de l’Institution, la limitation du mandat à une période de cinq ans, non renouvelable, et les mesures de protection qui entourent la fonction, telles qu’édictées à l’article 9 qui dit : « Sauf cas de flagrant délit, le Président et les membres de la CENI ne peuvent être poursuivis, recherchés, détenus ou jugés pour des opinions exprimées ou des actes commis dans l’exercice de leurs fonctions ».

L’article ajoute qu’il ne peut être mis fin aux fonctions du Président et des membres de la CENI avant l’expiration de leur mandat, sauf cas exceptionnels. Toutes ces dispositions mettent les membres de la CENI à l’abri de pressions ou de contraintes en rapport avec leur mandat ou le libre exercice de leurs fonctions.

Autrement dit, les membres de la CENI n’auront pas à se soumettre à des pressions, dans l’espoir d’obtenir le renouvellement de leur mandat ou par crainte de le perdre, pas plus qu’ils n’auront à s’inquiéter pour leurs opinions ou positions au sein de la Commission.

En outre, l’aspiration populaire à des élections honnêtes et transparentes, doublée de la volonté exprimée par l’ensemble de la classe politique d’y contribuer résolument, confortent la CENI dans sa détermination à organiser des élections qui répondent aux attentes de tous et qui traduisent, par leurs résultats, le véritable choix des urnes.

Nous considérons que cette aspiration et cette volonté sont suffisamment fortes pour avoir valeur de garantie d’indépendance et de régularité des futures échéances électorales. Plus importante encore est la garantie liée à l’indépendance d’esprit et à la moralité.

Je pense que cette dimension a été prise en compte dans les critères de choix des membres de la CENI. On est mal à l’aise quand on parle de soi-même, mais je crois pouvoir affirmer que tous les membres de la CENI ont une perception claire et consciente de la lourde mission qui est la leur. Ils partagent le même sens élevé de l’intérêt général et de la responsabilité morale, par rapport à l’engagement qu’ils ont pris, aux termes de leur serment, de remplir leur mission en toute impartialité.

Je dirais enfin que si la loi organique dispose que les membres du Comité Directeur sont nommés par décret du Président de la République, sur proposition de la majorité et de l’opposition, aucun d’entre eux ne se reconnait dans quelque formation politique qu’elle soit, ce qui constitue une garantie supplémentaire.

Question : Comment comptez-vous convaincre la Coordination de l’Opposition, qui n’a pas encore annoncé sa participation aux élections, de votre indépendance et de votre position à égale distance de tous les acteurs politiques ?

Réponse : En fait, les acteurs politiques nationaux ont eu à connaître des commissions électorales qui n’avaient pas donné la preuve de leur réelle indépendance, peut-être parce qu’elles avaient des accointances dans les milieux politiques, mais surtout parce qu’elles ne jouissaient pas des garanties que je viens d’évoquer.

Aujourd’hui, par contre, la CENI dispose de tous ces arguments à faire valoir, comme autant de preuves d’une indépendance, à la fois, institutionnelle, juridique , financière, organisationnelle, politique et morale. Certes, il ne suffit pas de dire que l’on est indépendant pour que tout le monde l’admette au mot ; encore faut-il le démontrer par les actes, d’autant que les dispositions légales peuvent rester lettre morte, s’il n’existe pas une volonté, forte et sincère, de les mettre en application.

En tout cas, au nom de la CENI, je puis vous dire que nous ferons usage de toutes les prérogatives qui nous sont dévolues par la loi pour que les prochaines élections soient préparées, organisées et supervisées de manière à être honnêtes, transparentes et crédibles.

Pour le reste, la CENI n’est pas partie prenante au débat politique, parce qu’elle se veut, justement, indépendante et impartiale, et se positionne à égale distance de tous les acteurs politiques, de sorte à pouvoir leur assurer les mêmes chances dans les compétitions électorales.

Question : Certains regardent le ministère de l’Intérieur avec suspicion pour tout ce qui concerne les élections, en raison d’expériences antérieures dans ce domaine. Quelle est la nature de vos rapports avec ce ministère ?

Réponse : Comme je vous l’ai dit, en vertu de la loi organique 2012-027, l’indépendance de décision et d’action de la CENI est totale, par rapport à toute autre autorité, y compris le ministère de l’Intérieur et de la décentralisation.

Le seul lien existant est celui prévu par ladite loi, en son article 3 qui dit : « En liaison avec les services compétents de la Direction générale des services d’appui au processus électoral (DGAPE) instituée au niveau du ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation, la CENI contrôle la préparation, la révision et la gestion du fichier électoral et le recensement électoral et valide les opérations correspondantes ».

Il s’agit, en réalité, d’une simple coordination rendue nécessaire par le fait que le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation assure la tutelle administrative de l’Agence Nationale du Registre et des Titres Sécurisés, laquelle est responsable des opérations d’enrôlement de la population. Comme vous le savez, c’est cet enrôlement qui sert désormais de base à l’état-civil en Mauritanie, et donc de la Carte nationale d’identification qui est le document de référence pour la participation aux élections.

Il importe de souligner, à cet égard, que c’est le Recensement administratif à vocation électorale (RAVEL) qui servira à l’établissement de la liste électorale. Or, le RAVEL relève de la compétence exclusive de la CENI, comme le précise le décret adopté en Conseil des ministres, n° 030-2013 du mars 2013 qui précise que « ce recensement administratif à vocation électorale est organisé et exécuté sous l’autorité de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) ». Rien donc dans nos relations avec le ministère de l’Intérieur qui puisse être sujet à suspicion.

Question : Certains craignent que la présence d’anciens cadres du ministère de l’Intérieur parmi le personnel d’encadrement de la CENI n’influe sur l’indépendance de celle-ci et sur son comportement par rapport aux prochaines élections. Comment pouvez-vous rassurer l’opinion nationale sur cette question ?

Réponse : Dans sa politique de recrutement en général, la CENI prend en compte la compétence, le sérieux et le dévouement au travail. Effectivement, parmi les personnes sélectionnées, certains cadres ont travaillé, à un moment de leur carrière, au Ministère de l’Intérieur. Nous les avons choisis pour leur compétence, leur sens de la responsabilité et le savoir-faire qu’ils ont acquis tout au long de leur parcours professionnel.

Nous ne pensons pas que des cadres comme ceux-là puissent être disqualifiés pour la seule raison d’avoir servi dans une administration publique. Ce que nous avons exigé d’eux, comme condition de leur prise de service, c’est qu’ils n’aient aucune inféodation à une quelconque entité politique et aucun engagement vis-à-vis d’une quelconque autorité autre que la CENI.

En clair, les quelques cadres auxquels vous faites allusion assument des tâches qui requièrent un savoir-faire dans la préparation technique et matérielle des opérations électorales. Ils n’ont pas vocation à entacher les attributs d’indépendance et d’impartialité de la CENI, ni à influencer ses facultés d’appréciation et de décision.

Question : Certains suspectent le mode de recrutement par la CENI de ses cadres et agents, sans concours et sans sélection transparente, et disent que ces recrutements se sont faits sur la base de relations d’affinité avec les membres de la Commission des Sages. Que répondez-vous à de telles accusations ?

Réponse : Comme je l’ai indiqué plus haut, les choix de la CENI en matière de recrutement sont guidés par la recherche de la compétence, du sérieux et de la discipline, mais aussi, il faut le souligner, de la confiance.

Il s’agit, en effet, d’hommes et de femmes, appelés à s’impliquer dans des opérations et des situations qui font appel à un sens aigu de l’honnêteté et de la rectitude. C’est vrai que pour évaluer les compétences de quelqu’un, vous devez lui passer des tests, mais pour apprécier sa probité, il faut le connaître ou connaître des personnes qui en attestent la probité.

Ce sont des cas en rapport avec ce critère de confiance qui doivent avoir été mis sur le compte des relations d’affinité du Comité des Sages, comme vous dites. Ceci dit, les membres de la CENI ne sauraient être enclins à malmener des critères essentiels sur lesquels ils ont été choisis eux-mêmes.

Question : Vous avez récemment annoncé une date pour les élections. Est-ce que cette date est définitive ou susceptible d’être reconsidérée ?

Réponse : En réalité, la CENI a déterminé une fourchette de temps comprise entre la mi-septembre et la mi-octobre 2013 pour l’organisation des prochaines élections législatives et municipales, étant entendu que la date précise de ces élections sera fixée à la lumière des contacts et consultations que la CENI mène avec les acteurs du processus électoral.

Cette fourchette de temps a été choisie, parce qu’elle correspond à une période généralement de basse activité, donnant aux protagonistes la possibilité de se préparer aux compétitions électorales. Elle est également dictée par la volonté de concilier entre le souci de dépasser la situation institutionnelle actuelle et celui de donner aux acteurs politiques le temps de s’y préparer. J’ose espérer que tous les acteurs du processus électoral s’inscriront dans cette perspective.

A cette fin d’ailleurs, la CENI s’apprête à organiser, dans les tous prochains jours, un Recensement à Vocation Electorale (Ravel), au plan national et un Recensement à Vocation Electorale Spécifique (Ravels) devant concerner nos citoyens vivant à l’étranger.

Permettez-moi, à cet égard, de profiter des colonnes de votre journal pour exhorter les citoyens désireux de prendre part aux prochaines élections à s’orienter, sans plus tarder, vers les Centres d’enrôlement, pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, aux fins d’établissement de leur Carte Nationale d’Identification et/ou de retrait de ce Document indispensable pour l’inscription sur la liste électorale et obligatoire le jour du vote.

Question : Au cas où l’opposition n’ayant pas pris part au dialogue acceptait le principe de la participation aux élections, seriez-vous disposés à envisager un report des élections, comme prix de cette participation ?

Réponse : L’un des principaux objectifs de la CENI est de réunir, dans les limites de ses attributions, toutes les conditions nécessaires pour que les élections soient véritablement inclusives. Cela concerne les points énumérés à l’article 3 de la loi organique 2012-027, pour lesquels la CENI a entière compétence, notamment :

- l’organisation du RAVEL dans les meilleures conditions possibles ;

- l’établissement d’une liste électorale correcte ; le contrôle de la campagne électorale, dans le respect du principe de l’égal accès de tous les candidats en compétition aux organes d’information publics ;

- la confection et la distribution des cartes d’électeurs et des bulletins de vote ; la prise en main du matériel électoral et son acheminement jusqu’aux centres et bureaux de vote ;

- la désignation et l’organisation des bureaux de vote, y compris la localisation et le nombre d’inscrits par bureau ;

- l’organisation des opérations de vote, comprenant le dépouillement des voix, l’élaboration des procès-verbaux et leur acheminement ;

- la centralisation et la proclamation des résultats (provisoires pour les élections présidentielles et le Référendum et définitifs pour les autres élections).

C’est cet aspect des choses qui relève de la CENI et qu’elle assumera pleinement, afin d’offrir les conditions de régularité et de transparence requises pour la plus large participation possible aux élections. Il y’a sûrement d’autres considérations qui peuvent motiver la participation ou non d’une force politique à une compétition électorale, mais la CENI n’a pas à en débattre, puisqu’elles sortent de son champ de compétence.

N’allez pas en déduire qu’elle peut être insensible à des développements politiques marquants, de nature à produire des répercussions importantes pour la crédibilité et la qualité des consultations électorales. Seulement, la décision et le comportement qu’elle aura à adopter, en pareille situation, seront ceux dictés par son appréciation propre, son sens de responsabilité et la nature de ses attributions en la matière.

Source: CENI

Interview avec le SG de l'UGTM

Dans un article paru sur le site Taquadoumy, dans sa livraison du dimanche 06 Janvier 2013, a fait état  d’une prime qu’aurait perçu le Directeur Général du Trésor et de la comptabilité, Mr Sidi Mohamed Ould Braya à hauteur de 4% soit 60.000.000 Um.

Dans cet entretien exclusif, le Secrétaire Général  du syndicat des finances et SG de l’UGTM, Mr Cheikh Ould Mohamed Sidi balaie d’un revers de main les allégations portées contre Mr Broya

Mataka : Taqadoumy a, dans sa livraison du dimanche 06 Janvier 2013 fait état  d’une prime qu’aurait perçu le Directeur Général du Trésor et de la comptabilité, Mr Sidi Mohamed Ould Braya à hauteur de 4% soit 60.000.000 Um.

Pouvez-vous nous éclairer sur cette affaire ?

SG : Avant tout d’abord, vous me permettrez de vous remercier.

Pour en revenir à votre question, vous me permettrez aussi de rappeler que Monsieur Sidi Mohamed Ould Broya n’est pas le Directeur du budget comme l’a attesté l’article paru sur le site taqadoumy mais le Trésorier Général du Trésor et de la comptabilité publique. Avec l’arrivée du ministre des finances, Monsieur Thiam Diombar, nous avons connu une nette amélioration dans le trésor public avec la nomination de Sidi Mohamed Ould Broya à la tête de la direction générale du trésor. Le monde des finances a salué cette arrivée de ce cadre qui n’a ménagé aucun effort pour hisser le trésor public au rang où il se trouve aujourd’hui.

Cadre compétent, Mr Broya a été chef de division de la comptabilité en 1990, puis chef du service pendant 20 ans avant d’atterrir à la station de la direction à la comptabilité au niveau du trésor et payeur général au niveau de la direction générale du trésor. Convenez avec moi que c’est un homme du sérail.

J’ai été surpris par l’information relayée sur le site taqadoumy faisant état d’une prime de 4% soient 60 millions d’ouguiyas qu’aurait perçu Mr Broya. En tant que secrétaire général du syndicat des finances, je défie quiconque d’apporter la moindre preuve de ces allégations qui sont fausses, nulles et non avenues.  L’arrivée de Mr Thiam Diombar à la tête du ministère des finances a été un ouf de soulagement pour l’ensemble des travailleurs et Mr Broya a mis en arrêt cette prime jusqu’à sa généralisation. Mieux, M r Broya a conclu un protocole d’accords avec les Directeurs jusqu’à hauteur de 70% sur la prime pour tout le personnel alors qu’avant en bénéficiaient que les cadres.  Il s’en est suivi un arrêté, après la signature du protocole d’accords, un mode de distribution  transparent, cohérent et qui  ne souffre d’aucune ambigüité, respectant toute forme de procédure qui organise le fonctionnement de trésor.

MATAKA : Vous croyez, à vous entendre parler de la transparence au niveau de la gestion des deniers publics ?

Oui, il est évident que depuis que Mr Thiam Diombar a atterri à cette station, nous avons noté une grande amélioration au niveau du trésor public. Tenez, les pouvoirs des directeurs, chefs de services et payeurs sont renforcés avec à la clé le non retard des paiements de salaire. Mr broya a amélioré la direction du contrôle et de l’audit qui veille au grain quotidiennement sur les percepteurs, les trésoriers et les régisseurs, tout en formant le personnel sur les procédures juridiques et comptables.

Votre dernier mot

Je voudrai saisir cette occasion, en ma qualité de Secrétaire Général de l’UGTM et de Secrétaire Général des syndicats de finances pour réitérer mes remerciements au Président de la République sur la nomination de Thiam Diombar à la tête de ce ministère. Nous n’avons aucune réclamation et je certifie que  tout se passe bien car nous travaillons avec des gens compétents et intègres, n’en déplaisent aux détracteurs. Je demande aussi à ce taqadoumy présente ses excuses et de s’informer avant d’accuser des travailleurs honnêtes qui ont toujours œuvré pour la bonne marche de ce pays.

Propos recueillis par MATAKA

MAURITANIE: Mauritanie - Ould Abdelaziz : "Je n'ai jamais redouté de coup d'État"

Presque rétabli, le président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, revient sur "l'accident" qui a failli lui coûter la vie et sur sa convalescence. Sans oublier ses relations avec l'opposition, qu'il souhaite voir plus responsable.

Il a perdu du poids, son visage s'est creusé. Mais sa démarche est restée énergique et sa poignée de main ferme. Mohamed Ould Abdelaziz, 55 ans, va mieux. Beaucoup mieux que le 14 octobre, lorsqu'il était évacué vers la France à bord d'un avion médicalisé. La veille, le président mauritanien avait été blessé par balle à l'abdomen par un jeune lieutenant de l'armée de l'air. Par méprise, selon la version officielle. Rentré en Mauritanie le 24 novembre, « Aziz » a tenu à montrer que c'est encore lui le patron, bien qu'il soit contraint à un « suivi médical soutenu ». Depuis son putsch, en août 2008, et plus encore depuis son élection, en juillet 2009, il est l'homme fort de la Mauritanie. Fidèle à sa réputation, il n'a pas délégué officiellement ses pouvoirs après son « accident ». Pour sa première interview depuis son retour à Nouakchott, Aziz a reçu J.A. au palais présidentiel.

Jeune Afrique : L'épisode du 13 octobre a-t-il fait de vous un autre homme ?

Mohamed Ould Abdelaziz : Non, je suis toujours le même. Cela n'influe ni sur mes activités, ni sur mon comportement, ni sur ma vision des choses. Quant à l'incident, c'était un acte isolé de la part d'un officier qui a sans doute agi avec le souci de sécuriser une partie du territoire, alors qu'il n'en avait ni les prérogatives ni les moyens. Il ne visait personne en particulier. En tant que président, je n'ai pas voulu m'arrêter à ce contrôle irrégulier, c'est tout.

Vous avez tout de même failli perdre la vie. Pourquoi cet officier a-t-il été libéré le soir même ?

Parce que l'enquête, qui a été menée le soir même, a révélé qu'à aucun moment il n'avait pensé ouvrir le feu sur le président. Il a tiré pour arrêter un véhicule. Certes, il aurait pu être sanctionné. Mais ce n'était qu'une initiative malheureuse. Il était inutile d'envenimer la situation.

J'ai perdu au moins 2,5 litres de sang. Et suis resté trente-cinq jours sans m'alimenter.

N'avez-vous jamais douté de sa bonne foi ?

À aucun moment. Comment aurait-il pu s'imaginer que j'étais dans la voiture et que j'allais passer par cette route ? Il ne m'a pas vu au volant.

Quels soins avez-vous reçus ?

J'ai subi ma première opération à Nouakchott, car il fallait parer au plus pressé et arrêter l'hémorragie. Selon les médecins, j'ai perdu au moins 2,5 litres de sang. Après avoir été évacué vers la France, j'ai à nouveau été opéré. Je suis resté trente-cinq jours sans manger ni boire, cela a été très difficile. J'ai perdu pratiquement 20 % de mon poids. De 80 kg je me suis retrouvé à environ 68 kg. Mais j'ai depuis remonté la pente, et les choses sont rentrées dans l'ordre.

Pendant votre convalescence, avez-vous délégué certains de vos pouvoirs à des hommes de confiance ?

Non, ce n'était pas nécessaire. J'ai toujours gardé toutes mes facultés mentales et physiques. Même blessé, après l'accident, j'ai continué à conduire moi-même mon véhicule. J'ai tout organisé. J'ai moi-même convoqué les médecins. J'ai marché jusqu'à l'hôpital, je n'ai jamais été sur une civière. Je ne me suis jamais senti affaibli.

Donc vous n'avez pas délégué ?

J'ai continué à gérer le pays et à m'enquérir quotidiennement de la situation. Je n'avais pas à déléguer : j'étais conscient et en vie.

Pas même au chef d'état-major de l'armée, Mohamed Ould Ghazouani ?

L'a-t-on vu renvoyer des ministres ou nommer des gouverneurs ? Il n'a fait que tenir son rôle.

Avez-vous craint un coup d'État militaire pendant votre absence ?

Cette idée ne m'a même pas effleuré. Si par le passé le pays a connu beaucoup de coups d'État, c'est parce que l'armée était en déliquescence. Ce n'est plus le cas. Cela dit, la Mauritanie n'est pas à l'abri de quelques individus qui continuent d'agir de manière anarchique. Dans leurs meetings ou dans la rue, ils prônent la violence ou le changement par la force. Mais cela n'a rien à voir avec l'armée.

Vous faites allusion aux leaders de la Coordination de l'opposition démocratique (COD) ?

Je ne parle pas de la COD, mais de quelques personnes connues dont le comportement, inapproprié dans une démocratie, me paraît irresponsable. Si elles veulent du changement, cela doit passer par les urnes.

L'ancien président de la transition, Ely Ould Mohamed Vall, qui est aussi votre cousin, a tenu des propos très critiques en votre absence...

Je suis habitué à ces critiques, qui ne changent pas grand-chose. Le pays continue malgré tout, depuis 2008, d'avancer. Je prends cela avec beaucoup de philosophie.

En votre absence, une partie de l'Union pour la République (UPR, parti présidentiel) a accepté de dialoguer avec la COD. Est-ce une bonne chose ?

Les dirigeants de l'UPR m'ont consulté, je leur ai dit d'accepter la proposition de la COD. Il ne faut pas y voir une trahison. D'ailleurs, je suis prêt à recevoir les leaders de la COD s'ils le souhaitent.

L'idée d'un gouvernement d'union nationale est dépassée. Cela ne rimerait à rien.

Justement, comment résoudre cette crise de confiance avec la frange de l'opposition la plus radicale, qui exige toujours votre départ ?

Encore une fois, dans une démocratie, la meilleure solution pour régler les problèmes, c'est les urnes. Le meilleur jugement, c'est celui du peuple. Pour garantir la transparence des élections législatives et municipales [elles ont été reportées sine die en novembre 2011, NDLR], nous avons d'ailleurs mis en place une Commission électorale nationale indépendante [Ceni] et un état civil fiable, biométrique. Aujourd'hui, on a plus de 78 % d'électeurs potentiels recensés.

Quand ces élections vont-elles enfin se tenir ?

Le plus vite possible. Mais c'est la Ceni qui doit en fixer la date, pas le gouvernement.

Le président de l'Assemblée nationale, Messaoud Ould Boulkheir, propose la formation d'un gouvernement d'union nationale...

Cette proposition est dépassée. Mettre en place un tel gouvernement pour deux ou trois mois déstabiliserait le pays. Nous avons déjà un gouvernement stable. Cela ne rimerait à rien, et le peuple en souffrirait.

Pourquoi la Mauritanie ne veut-elle pas s'engager militairement dans le Nord-Mali ?

Parce que nous n'aimons pas faire la guerre. Dans le passé, nous sommes intervenus ponctuellement dans le Nord-Mali, mais c'était uniquement pour sécuriser notre territoire. Ce n'était pas par plaisir que nous franchissions nos frontières et perdions des hommes. Le Mali est membre de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao). C'est à elle de régler ce problème.

Concrètement, que préconisez-vous ?

Au lieu de faire la guerre à 60 % du territoire malien, il faut essayer de résoudre les problèmes. Nous conseillons à l'État malien de discuter avec le MNLA [Mouvement national pour la libération de l'Azawad] et Ansar Eddine [groupe jihadiste]. Ils sont présents dans des régions où les populations se sentent parfois lésées. On ne peut pas laisser cette situation perdurer. C'est vrai que leurs revendications sont parfois extrêmes, mais, en dialoguant, on peut les raisonner.

C'est une position que vous avez réaffirmée à François Hollande lors de votre rencontre le 20 novembre ?

Je l'ai réaffirmée partout. Non pas parce que la Mauritanie serait faible et n'aurait pas les moyens de se défendre. Nous connaissons bien la situation.

Quelles sont vos relations avec le président français ?

Nous entretenions de très bons rapports avec son prédécesseur, rien n'a changé avec François Hollande.

Vos opposants vous reprochent de faire le jeu de la France dans le Sahel...

Nous ne sommes inféodés à personne. Nous utilisons nos armes, nos munitions, nos hommes, notre aviation. Il n'est pas question de la France là-dedans, même si nous partageons la même vision des choses et la même stratégie.

Que pouvez-vous nous dire du jihadiste français récemment arrêté à Néma ?

Il s'agit d'un Français de souche qui a été arrêté au moment où il tentait de sortir par une zone contrôlée, après être entré par le Nord. Une enquête est en cours. Ce que nous savons, c'est qu'il a traversé tout le Maghreb, puis la Mauritanie pour apprendre l'arabe. Il est même déjà allé à Tombouctou. Il n'était pas armé, il n'avait pas de grenades sur lui, ni d'explosifs, donc il ne constitue pas une menace immédiate.

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Propos recueillis à Nouakchott par Justine Spiegel (@JustineSpiegel)