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Politique en Afrique

Algérie : Bouteflika limoge le patron de la gendarmerie nationale

Après le limogeage du chef de la police Abdelghani Hamel, c'est au tour du patron de la gendarmerie nationale, le général-major Menad Nouba, d'être démis de ses fonctions, a annoncé ce mercredi 4 juillet le ministère algérien de la Défense.

Dommage collatéral de l’affaire des 701 kilos de cocaïne, qui tourne à l’affaire d’État. Le patron de la gendarmerie nationale, le général-major Menad Nouba, a été démis de ses fonctions mercredi 4 juillet, annonce un communiqué officiel du ministère algérien de la Défense.

Une conséquence de l’affaire de saisie de cocaïne ?

En poste depuis 2013, Menad Nouba a été remplacé par le général Ghali Belekcir. « Au nom de Son Excellence, Monsieur le président de la République, chef suprême des Forces armées, ministre de la Défense nationale, et conformément au décret présidentiel du 03 juillet 2018, je nomme officiellement, commandant de la gendarmerie nationale, le général Ghali Belekcir, en succession au général-major Menad Nouba », indique le communiqué du ministère. Ancien chef du commandement régional d’Alger et de Blida, le nouveau patron de la gendarmerie assurait depuis octobre 2017 les fonctions de chef d’état-major de la gendarmerie nationale.

Aucune explication ou motif officiel n’ont été fournis par le ministère de la Défense pour justifier le départ du général Nouba. Sans doute que celui-ci est lié aux péripéties de l’affaire des 701 kilos de cocaïne saisis le 26 mai dernier à Oran. Un importateur connu sur la place d’Alger, des magistrats ainsi que des pontes dans l’administration font l’objet de plusieurs enquêtes par la gendarmerie et la justice.

Après le limogeage du puissant chef de la police

Le limogeage de Nouba, à la tête d’une des plus importantes institutions de l’armée, intervient donc une semaine après le débarquement du général Abdelghani Hamel de son poste de chef de la Sûreté nationale (DGSN). Proche du cercle présidentiel et donné par certains comme un éventuel prétendant à la succession du président Bouteflika, malade et âgé de 83 ans, le général Hamel paie certainement pour ses déclarations publiques faites mardi 26 juin devant des caméras de télévision.

Réputé homme pondéré, Hamel avait ce jour-là indirectement accusé la gendarmerie nationale, chargée de l’enquête sur la saisie de 701 kilos de cocaïne, de dépassements et de violations dans la procédure judiciaire autour de ce dossier. Il avait aussi indirectement attaqué les responsables de ce corps de sécurité en affirmant que « celui qui veut lutter contre la corruption doit être propre. »

Source : jeuneafrique.com

 

Côte d'Ivoire: remaniement gouvernemental, le Premier ministre reconduit

En Côte d’Ivoire, le président Alassane Ouattara a mis fin, ce mercredi 4 juillet, aux fonctions du gouvernement. Un remaniement, mais le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly a d’ores et déjà été reconduit.

Alassane Ouattara a demandé à son Premier ministre de lui proposer une équipe gouvernementale constituée de personnalités issues du RHDP, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, la coalition au pouvoir, et aussi deux membres de la société civile.

En mai, lors du Congrès extraordinaire de son parti, Alassane Ouattara avait déjà promis la formation de ce nouveau gouvernement, qui devait rassembler tous les partis qui auront adopté les textes du parti unifié, le RHDP.

La fusion des partis de la coalition au pouvoir en un seul et même parti, en vue de la présidentielle de 2020, est un projet ardemment défendu par le président Ouattara.

Ce nouveau gouvernement devrait donc voir l’arrivée en son sein de personnalités issues de petits partis de la coalition au pouvoir et qui ont ces derniers mois adopté les textes du parti unifié. Par exemple, le Parti ivoirien des travailleurs, mais aussi le MFA ou l’UDPCI de l’ancien ministre Mabri Toikeusse.

Est-ce à dire que le futur gouvernement se passera totalement de personnalités PDCI ? Rien n’est moins sûr. Pour l’instant, les membres du second poids lourd de la coalition gouvernementale sont treize dans le gouvernement.

En juin, le parti d’Henri Konan Bédié avait, certes, rejeté la mise en place du parti unifié avant la présidentielle de 2020. Cependant, mardi 3 juillet, une demi-douzaine de ministres PDCI ont pris leur distance avec la direction de leur parti et ont fondé un mouvement dissident pour promouvoir une création plus rapide du parti unifié. Peut-être se verront-ils donc récompensés pour leur engagement.

Source : RFI

 

Le Sahel : négocier, combattre, gouverner

Le Sahel : négocier, combattre, gouverner ? Par Ahmedou Ould Abdallah 	Par Ahmedou Ould Abdallah, président du Centre des stratégies pour la sécurité du Sahel Sahara (Centre4S)

Karl von Clausewitz
notait déjà : «Une grande partie de l'information obtenue en temps de guerre est contradictoire, une partie encore plus grande est fausse, et de loin la plus grande partie est sujette à une incertitude considérable». Ce weekend, en évoquant le conflit du Sahel lors de son adresse au sommet de l'Union africaine de Nouakchott, le président Macron, pourrait penser à ces mots de von Clausewitz.

De fait, sommes-nous véritablement bien informés des réalités militaires et sécuritaires du Sahel Sahara ? La réponse est essentielle à la compréhension de ce conflit vieux de plus de six ans. Un conflit au départ malien, mais désormais régional et international.

Faute d'une victoire militaire qui tarde à se concrétiser, comment éviter l'enlisement des Etats sahéliens et de leurs alliés dans «le brouillard de la guerre» ? Dans ce contexte, des voix appellent à négocier sans préciser qui devrait négocier et avec lesquels des groupes nombreux armés ?

Négocier avec qui ?

Depuis 1964, peu après son indépendance, le Mali a connu une succession de guerres civiles ayant pour principal enjeu le nord du pays. Rebellions et accords de paix font partie de l'actualité malienne des cinquante dernières années.

Le présent conflit remonte à 2012 avec l'occupation du nord du pays par des groupes armés composites : irrédentistes Touaregs, islamistes nord-africains : commerçants, trafiquants et leurs alliés de diverses origines.

Au cours de la même année, de nombreux combattants étrangers forcent leur entrée dans le pays où débarquent, en janvier 2013, les troupes françaises appelées à la rescousse.

Le conflit s'est alors internationalisé et transformé. Si les radicaux ne peuvent pas contrôler Bamako leur capacité de nuisance reste forte et celle de s'étendre à la région est bien réelle. Cependant, la vocation des troupes étrangères, plus de 15 000 hommes, n'est pas de s'éterniser au Mali.

Par ailleurs, si toute crise finit par un règlement, quel sera celui qui prévaudra au Sahel ? Plusieurs possibilités existent : une victoire militaire, la poursuite d'un long conflit de faible intensité, et enfin, une négociation aboutissant à la paix. Des précédents, illustrant ces trois situations, peuvent servir de modèles pour le Sahel.

L'écrasement de l'insurrection (Sri Lanka, Ouganda, Tchétchénie) ou l'amnistie après une ou plusieurs décennies de combats (Algérie, Colombie) et enfin, la perpétuation d'une crise de plus ou moins forte intensité (Egypte, Pakistan, Somalie, Soudan, Yémen).

Au cours des décennies passées, ces approches ont été appliquées au Mali. Chacune a abouti à un accord entre parties, mais chaque fois, le conflit renaissait de ses cendres.

Parmi les plus connus de ces accords, celui de Tamanrasset, Algérie, est conclu en janvier 1991.Puis suivit le «Pacte national», en avril 1992.Célébré par la «Flamme de la Paix» en 1996, une cérémonie organisée à Tombouctou. Une nouvelle rébellion éclate en mai 2006 et est réglée par les Accords d'Alger du 4 juillet 2006. Une autre, avec à sa tête Ibrahim Ag Bahanga, a lieu en 2008.

Le 17 janvier 2012 commence une nouvelle guerre avec le Mouvement pour la libération nationale de l'Azawad (MLNA) / Ansar Eddine. Entre Bamako et le MLNA les négociations aboutissent à «l'Accord pour la paix et la réconciliation au Mali» signé en juin 2015 à Alger. Trois ans plus tard, le conflit perdure, s'étendant à tout le Sahel. Combattre sur plusieurs fronts ?

Affectant simultanément plusieurs pays, il est plus complexe que les guerres civiles déjà citées où, en effet, chaque pays ne gère que sa rébellion. Au Sahel, celles-ci sont multiples : au niveau de leurs composantes, des idéologies qui les animent et des intérêts attendus.

Leurs soutiens extérieurs sont également divers et en concurrence. Dans ce contexte, une négociation peut engendrer des effets pervers en faisant éclater des mouvements radicaux en groupuscules plus extrémistes les uns que les autres. Comme en Irak, en Afghanistan, au Nigéria, au Pakistan ou en Somalie, la négociation avec les groupes radicaux n'est pas une panacée.

D'abord, négocier et conclure un accord dans un seul état n'est pas un gage de paix pour la région. Celui d'Alger signé en 2015 en est un exemple. Il a déplacé-et en l'aggravant par un transfert de combattants -le conflit vers les pays voisins et les Etats côtiers (Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée et Liberia) quand bien même le but des radicaux reste l'Europe et en particulier la France où les relais sont plus nombreux.

Deuxièmement, les rebelles qui acceptent de négocier sont souvent qualifiés de traîtres et exclus de leur groupe. S'ils sont majoritaires, la minorité entre en dissidence pour se déclarer la seule détentrice de la légitimité. Dans les deux cas, le conflit se poursuit avec violence.

En réalité, la longévité de la crise a transformé les pays sahéliens en vases communicants. Des vases entre lesquels, à travers les frontières nationales, les radicaux circulent aisément avec armes et sergents recruteurs. L'attaque meurtrière du siège de la Force du G5 Sahel à Savaré au Mali, ce vendredi 29 juin, par les radicaux prouve une fois cette situation.

Cet enlisement ne peut être lié à la qualité des troupes des pays du G5 Sahel. Auprès de leurs camarades français, elles se sont distinguées sur les champs de bataille lors des deux guerres mondiales. Loin de leurs pays et dans un environnement climatique des plus hostiles.

Les défaillances des armées de la région ont plusieurs causes. Elles sont plus le fait des gestions politiques que de la qualité intrinsèque des soldats, gendarmes, gardes nationaux et policiers. Très souvent les équipements ne sont pas adaptés ni de première main, les ressources pour la formation et les manœuvres sont notoirement limitées ou non affectées à leurs objectifs officiels.

Ceci est vrai pour les gendarmeries, gardes nationales, polices et les autres services. Par-dessus tout, les recrutements, rarement transparents, laissent peu de place au mérite et engendrent frustrations et refus d'engagement sur le terrain.

Enfin, la connivence, équivoque ou avérée, entre des cercles dirigeants et des groupes armés conforte le radicalisme. Mettre plus de lumière sur ces collusions d'intérêts devrait aider.

Dans cette ambiguïté, où les «brouillards de la guerre» sont des plus épais, la crise a de beaux jours devant elle et la question -continuer le combat ou négocier- apparaît, au mieux, comme un simple exercice de style. Un exercice d'autant plus difficile à résoudre que les acteurs régionaux ne jouent pas la même partition. Gouverner mieux ?

L'action gouvernementale doit être soutenue par des mesures cohérentes et complémentaires. La priorité doit viser à contenir le conflit, limitant ses effets de contagion. Mais celui-ci se métastase, rendant sa gestion plus incontrôlable. Des actions simultanées menées sur plusieurs fronts, y compris l'économique et le social, peuvent réduire les risques de contagion transfrontalière.

Dans cet esprit, les gouvernements doivent aider en consolidant leur base politique (cohésion nationale), diplomatique (cesser d'encourager la xénophobie et la retribalisation de leurs sociétés) et sécuritaire (professionnalisation des services de sécurité). La lutte contre la corruption, thème du sommet de l'Union africaine, doit être plus qu'un slogan.

Enfin, une des priorités essentielles de l'action de ces gouvernements devrait être de mettre fin au double langage en matière de gestion du terrorisme. Un discours officiel qui enrobe, sous des slogans martiaux, une connivence avec les mouvements radicaux, a fait des ravages partout où il a sévi. L'instabilité chronique en Afghanistan et en Somalie est largement liée à ce double langage.

Au Sahel, les populations sont alertes, les structures étatiques fragiles et la circulation de l'information rapide pour que les gouvernements continuent de privilégier un jeu suicidaire. Ce déni des réalités enfonce davantage la région dans la crise et piège ses partenaires extérieurs.

Une région qui a besoin du soutien extérieur de pays concernés et intéressés par sa situation : Europe, Etats- Unis, Maghreb, pays du Golfe, etc. De part et d'autre, chacun sait que les inerties bureaucratiques et le saupoudrage des ressources engendrent frustrations et malentendus parmi les donateurs et autant chez les récipiendaires. Avec, in fine, suspicion et inefficacité.

A ce niveau, et se remémorant von Clausewitz, la France, comme principal acteur extérieur dans la région, devrait concentrer ses moyens sur le seul Sahel et, concernant surtout la Libye, prendre plus de recul et moins d'engagements. La Libye est un pays retribalisé et déstructuré depuis des décennies et dont les voisins égyptiens et italiens privilégient essentiellement leurs savoir-faire.

(Tribune Afrique)
Source : RMI Biladi (Mauritanie)

 

Migrants, zone de libre-échange et Sahara à l'ordre du jour du sommet de l'UA

Vingt-quatre chefs d'Etat du continent sont présents ce 2 juillet à Nouakchott, la capitale mauritanienne, au deuxième jour du 31e sommet de l'Union africaine (UA). Cette année, ce rendez-vous est placé sous le signe de la lutte contre la corruption. Plusieurs thèmes figurent au programme des discussions, comme la réforme de l'UA ou encore la mise en place de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC).

Au sujet de la crise qui sévit en République démocratique du Congo (RDC), Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’Union africaine qui tient son sommet en ce moment à Nouakchott, en Mauritanie, a exhorté chaque partie au dialogue et à « dépasser les intérêts personnels ».

Sur la question du Sahara occidental, les chefs d’Etat ont désigné une troïka qui deviendra l’interlocuteur des Nations unies. Désormais, toutes les décisions de la gestion de cette crise se feront depuis New York et non plus depuis Addis-Abeba.

Contre « le deux poids, deux mesures »

Plusieurs prises de position critiques ont émergé ce matin à propos de la gestion de la crise migratoire par l'Union européenne (UE). Ce 2 juillet, lors d'une conférence de presse, Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères du Maroc, a fermement condamné la création prochaine d’une plateforme de débarquement des migrants hors de l'UE.

Ce projet avait été annoncé la semaine dernière par l’UE pour refouler les migrants clandestins. « C’est une décision mal appropriée, a déclaré Nasser Bourita. C’est une solution de facilité qui ne peut être que contre-productive ».

« Notre union ne saurait pratiquer une décision de deux poids deux mesures », déplore Moussa Faki Mahamat, qui a condamné des violations flagrantes des droits des migrants ailleurs et le fait de pratiquer « la politique de l’autruche » sur des faits similaires sur le continent.

Source : RFI

 

E. Macron en Mauritanie où l'UA poursuit un sommet assombri par des attaques au Sahel

Macron en Mauritanie où l'UA poursuit un sommet assombri par des attaques au SahelLe président français Emmanuel Macron est arrivé lundi à Nouakchott où les dirigeants africains poursuivent leurs réunions au dernier jour du sommet de l'Union africaine (UA) dans une atmosphère assombrie par une multiplication des attaques jihadistes dans des pays du Sahel.

Le président Macron a atterri lundi après-midi dans la capitale mauritanienne. "Nous avons une pensée pour nos amis maliens suite aux attaques lâches et odieuses" à Gao (nord) et Sévaré (centre). "Plusieurs soldats français ont été blessés et sont en cours d'évacuation. Ce sont les civils maliens qui sont les premières victimes", a-t-il déclaré.

En marge du sommet de l'UA, M. Macron doit s'entretenir avec les dirigeants des pays du G5 Sahel (Mauritanie, Niger, Burkina, Tchad, Mali), alors que plusieurs attaques meurtrières ont de nouveau frappé le Mali et le Niger depuis vendredi.

Dix soldats nigériens ont été tués et quatre sont portés disparus dans une attaque attribuée au groupe islamiste nigérian Boko Haram dans le sud-est du Niger.

Quelques heures plus tôt, au Mali voisin, des soldats français de l'opération Barkhane ont été visés par une opération "terroriste" à Gao (nord), qui a fait quatre morts et une vingtaine de blessés civils, selon les autorités maliennes. L'armée française a fait état à Paris de quatre blessés dans ses rangs. Un autre attentat perpétré vendredi au Mali contre le QG de la force antijihadiste du G5 Sahel avait fait trois morts, dont deux militaires de cette force.

- "Ne pas baisser les armes " -

"Ce sont des attaques qui ne doivent pas nous faire baisser les armes", a déclaré dimanche à l'AFP le président du Niger, Mouhamadou Issoufou, qui préside le G5 Sahel.

M. Macron doit s'entretenir avec ses homologues du G5 Sahel de la lente montée en puissance de la force conjointe mise en place par cette organisation régionale pour lutter contre les jihadistes.

La France soutient ce projet, y voyant un possible modèle de prise en main par les Etats africains de leur propre sécurité.

Mais sa mise en oeuvre est pour l'instant marquée par les problèmes de financement et les accusations de violations des droits de l'homme par des soldats de la force conjointe.

Avant l'ouverture du sommet dimanche, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, a appelé à plus d'efficacité dans la lutte antijihadiste. "Il y a encore énormément de failles" dans la sécurité qui doivent être "corrigées".

- "La Zlec, grand pas pour l'Afrique" -

Parallèlement aux questions de sécurité liées aux crises sur le continent, dont celles en République démocratique du Congo, au Sahara occidental, à la guerre civile au Soudan du Sud, les dirigeants africains parlent de la zone de libre-échange continentale (Zlec).

La création d'une Zlec pourrait représenter un marché de plus de 1,2 milliard de personnes.

44 pays sur 55 avaient en mars à Kigali signé l'accord. "Cinq nouveaux pays ont signé hier" dimanche: l'Afrique du Sud, la Sierra Leone, la Namibie, le Lesotho et le Burundi.

En plus des quatre pays qui ont déjà ratifié l'accord sur la Zlec (Ghana, Kenya, Rwanda et Niger), deux autres ont déposé leurs instruments de ratification auprès de l'UA, le Tchad et Eswatini (ex-Swaziland). Vingt-deux ratifications sont nécessaires pour l'entrée en vigueur de la Zlec.

"C'est un grand pas pour l'Afrique, vers l'intégration du continent, le développement économique et social. La Zlec va unifier le marché africain qui est actuellement un marché fragmenté", a souligné dimanche auprès de l'AFP le président du Niger.

- Francophonie-

La Francophonie s'est invitée à ce sommet avec la candidature du Rwanda pour diriger l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), après quatre ans de mandat de la Canadienne Michaëlle Jean, candidate à sa propre succession en octobre.

Avant l'ouverture, le président du Rwanda Paul Kagame avait fait savoir qu'il tenterait de s'assurer du soutien de ses pairs à la candidature de sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo.

Paris appuie cette démarche, qui permettrait de ramener la direction de l'OIF en Afrique.

"Nous allons nous aligner sur la position de l'Union africaine", a déclaré à l'AFP un responsable d'une délégation ouest-africaine. En plus de la lutte contre la corruption, thème principal du sommet, la réforme institutionnelle de l'UA, qui vise notamment à garantir son autonomie financière, est également au menu des chefs d'Etat.

Source : Romandie News (Suisse)

 

 

Mohammed VI, Lourenço, Sissi… les grands absents du sommet de l’Union africaine

Mohammed VI, Lourenço, Sissi… les grands absents du sommet de l’Union africaine Les dirigeants du continent se réunissent ce dimanche à Nouakchott pour un sommet consacré à la lutte contre la corruption.

Alors que s’ouvrira officiellement le 1er juillet le 31e sommet de l’Union africaine (UA) à Nouakchott, les autorités mauritaniennes confient attendre une trentaine de chefs d’État. Le sommet de la Ligue arabe, organisé dans cette même capitale en juillet 2016, n’avait attiré que six présidents sur les vingt-deux attendus…

Plusieurs d’entre eux ne feront pas le déplacement jusqu’au Palais des congrès Al Mourabitoune, flambant neuf, dont les couloirs semblent encore un peu endormis. Parmi les grands absents, Mohammed VI, qui avait pourtant donné son accord de principe. Présent au sommet de janvier 2016, qui marquait le retour du Maroc au sein de l’UA, le roi s’était fait représenter en janvier à Addis-Abeba par le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani.

Cette fois, la délégation marocaine sera conduite par le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita, dont la réaction sera très attendue après la remise du rapport du président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, sur le Sahara occidental. Cette délégation ne croisera donc pas Cyril Ramaphosa, à la tête de l’Afrique du Sud depuis février, qui a rencontré le 6 juin le président de la République arabe sahraouie démocratique (Rasd). Arrivé dans la matinée du 30 juin, il assistera à son tout premier sommet.

João Lourenço au Parlement européen

Nouveau venu parmi les chefs d’État africains, João Lourenço n’assistera pas non plus au sommet. L’Angolais, qui doit se rendre au Parlement européen, à Strasbourg, le 3 juillet, a missionné son ministre des Affaires étrangères, Manuel Domingos Augusto. Tout comme son homologue ivoirien Alassane Dramane Ouattara, qui dépêchera son vice-président Daniel Kablan Duncan, et le Béninois Patrice Talon, qui devrait être représenté par son ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci.

Enfin, le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, qui s’était exprimé lors de la réunion extraordinaire du Conseil paix et sécurité, en janvier, sera également absent. L’Egyptien devrait pourtant prendre, en janvier, la présidence tournante de l’organisation panafricaine.

Reste que plusieurs de leurs homologues sont déjà arrivés à Nouakchott, où le calme habituel de la fin de semaine commence à être troublé par les sirènes. Arrivé dès le 29 juin, le président en exercice de l’UA, le Rwandais Paul Kagame, a été accueilli à l’aéroport par son hôte mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz.

Denis Sassou Nguesso et Muhammadu Buhari attendus

Le Sénégalais Macky Sall a rejoint Nouakchott le 29 juin, précédant son homologie nigérien Mahamadou Issoufou. Ce dernier est arrivé en Mauritanie dans la matinée du 30 juin, obligeant son ministre des Affaires étrangères, Kalla Ankouraou, en fonction depuis avril, à quitter une réunion sur le Sahel en marge du sommet afin d’aller l’accueillir. Issoufou doit être rejoint par ses pairs membres du G5 Sahel, Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Idriss Déby Itno (Tchad) et Roch Marc Christian Kaboré (Burkina), puisqu’ils se réuniront avec Emmanuel Macron le 2 juillet, deux jours après l’attaque du QG de cette force conjointe à Sévaré.

Sont par ailleurs attendus le Congolais Denis Sassou Nguesso, qui présentera un rapport sur la Libye dimanche, le Nigérian Muhammadu Buhari, en charge du suivi de la lutte contre la corruption – le thème du sommet cette année -, ainsi que le Togolais Faure Gnassingbé, actuellement à Abidjan. Tous seront reçus par Mohamed Ould Abdelaziz à l’occasion d’un dîner organisé ce samedi au Palais présidentiel.

Par Justine Spiegel - Envoyée spéciale à Nouakchott
Source : Jeune Afrique

 

 

Sommet de l’UA: les mesures de gouvernance adoptées par le conseil exécutif

Sommet de l’UA: les mesures de gouvernance adoptées par le conseil exécutif Nouakchott, capitale mauritanienne, s’apprête à accueillir, dès dimanche et lundi 2 juin, le sommet semestriel des chefs de l’Etat de l'Union africaine (UA). Le conseil exécutif s’est achevé vendredi soir.

Les ministres des Affaires étrangères étaient réunis pendant deux jours pour préparer les décisions qui seront débattues par les chefs d'Etat. Ils ont, de manière unanime, décidé de soutenir la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, qui brigue le secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie.

Les ministres se sont par ailleurs mis d’accord sur une série de mesures, notamment en matière de transparence, comme pour s’aligner avec le thème du sommet consacré à la lutte contre la corruption.

On note, dans ce texte, plusieurs mesures pour assurer la bonne gouvernance au sein de l’institution.

Ce projet de décision prévoit une enquête sur des soupçons de corruption au sein du Parlement panafricain. Les ministres ont décidé de « suspendre temporairement » le budget du Parlement où des irrégularités ont été constatées dans le processus de recrutement.

Des mesures d’enquête sur le Nepad sont également prévues pour « déterminer s’il y a eu violation des règles de l’UA en ce qui concerne les indemnités de logement versées au personnel, sans autorisation préalable », lit-on dans ce texte.

Le Conseil suggère enfin une enquête sur le fonctionnement du Conseil consultatif pour l’UA sur la corruption.

En revanche, il n’y a pas eu de débat sur les accusations de mauvaise gouvernance au sein de la Commission de l’UA émises, il y a une dizaine de jours, par le Ghanéen Daniel Batidam, l’un des membres de cet organe sur la corruption.

« Ces questions cruciales ont été éludées et seront débattues par les chefs de l’Etat, ce dimanche », regrettent plusieurs diplomates.

Source : RFI


 

 

Réforme de l’Union africaine : les propositions choc de Paul Kagame et Moussa Faki Mahamat

Réforme de l’Union africaine : les propositions choc de Paul Kagame et Moussa Faki Mahamat La réforme de l'UA, portée par le président en exercice, Paul Kagame, et le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, est l'un des principaux enjeux du sommet de Nouakchott, qui s'ouvrira dimanche 1er juillet. Un rapport sur la question a été remis aux délégations et il dresse un état des lieux sans concession de l'avancement de ces réformes. JA a pu le consulter.

● Des sanctions immédiates en cas de retard de paiement

Au Sommet de Kigali, en 2016, l’Union africaine (UA) a pris la décision de s’autofinancer afin de préserver son indépendance vis-à-vis des bailleurs de fonds extérieurs.

Mais la mise en œuvre de cette décision se heurte notamment au retard de paiement de leur contribution par nombre de pays membres. « La plupart des États membres ne paient pas à temps », note le rapport, qui déplore « un impact négatif sur la mise en œuvre des programmes et l’exécution des budgets ».

Pour l’instant, les États disposent d’une certaine flexibilité : ils peuvent éviter les sanctions tant que les retards de paiement n’atteignent pas un arriéré cumulé de deux ans. Le rapport propose de réduire sensiblement cette tolérance et d’appliquer des sanctions pour « tout retard de paiement depuis plus d’un an ». Celles-ci incluraient la suspension de leur participation aux sommets et au bureau de tout organe de l’Union. Les États sanctionnés se verraient aussi privés du soutien de l’UA en vue de l’obtention de postes internationaux et ne pourraient plus non plus accueillir les organes, institutions ou bureaux de l’Union.

● Une révision du barème des contributions

« 48% du budget de l’UA dépendent des contributions de seulement cinq États membres, ce qui présente des risques évidents pour la stabilité du budget. » Les rapporteurs proposent plusieurs options de réforme pour augmenter les contributions de tous les États membres. L’une d’elle prévoit notamment qu’un « taux plancher » soit appliqué afin « qu’aucun État membre ne contribue à moins de 200 000 dollars (170 000 euros, ndlr) ».

● Pas d’excuse pour la mise en œuvre de la taxe de 0,2 %

Lors du sommet de Kigali, en 2016, les États membres ont convenu de lever chacun une taxe de 0,2 % sur les importations de certains produits dits « éligibles » pour lever les fonds nécessaires à leur contribution aux différents budgets de l’organisation. À ce jour, 23 États membres (sur 55) ont commencé à mettre en place cette taxe et « 13 ont effectivement commencé à collecter des fonds », notent les rapporteurs.

Pour justifier leur retard, certains États membres ont invoqué des incompatibilités avec leur Constitution et avec leurs engagements internationaux, tels que leur adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Ces arguments ne convainquent toutefois pas les rapporteurs, qui notent que les États peuvent déterminer « la forme et les moyens à utiliser pour leur mise en œuvre » et que les États membres de l’OMC « ont mis en œuvre la décision de prélèvement de 0,2 % sans enfreindre leurs obligations commerciales internationales ».

● Comment désigner les commissaires ?

Aujourd’hui, les États membres de l’UA élisent non seulement le président de la Commission mais aussi, directement, son vice-président et chacun de ses huit commissaires. Cela a pour conséquence de saper l’autorité du président de la Commission, situation identifiée comme problématique dès 2007 dans un rapport signé par le Nigérian Adebayo Adedeji, mais dont les conclusions étaient restées lettre morte.

Pour remédier à cette situation, les chefs d’État s’étaient mis d’accord à Addis-Abeba, en juillet 2017, pour que le vice-président et les commissaires soient désormais nommés par le président de la Commission. Mais cette option semble encore susciter des réticences de la part d’États attachés à leur pouvoir de décision, notamment ceux d’Afrique australe et d’Afrique du Nord. Un compromis est donc proposé par les rapporteurs : le vice-président et les commissaires resteraient élus par les États mais le président de la Commission décidera de l’attribution des portefeuilles et « aura les pouvoirs de les redéployer (et de résilier leurs contrats) ».

Par Pierre Boisselet - Envoyé spécial à Nouakchott
Source : Jeune Afrique

 

 

La Mauritanie et l'Union Africaine signent 11 conventions et protocoles d'accords

La Mauritanie et l'Union Africaine signent 11 conventions et protocoles d'accords La Mauritanie et l'Union Africaine (UA) ont signé vendredi au Centre International des Conférences « Al Mourabitounes » à Nouakchott 11 conventions t protocoles pour dynamiser leur coopération.

Les conventions et protocoles en question ont été signés par le ministre des affaires étrangères et de la coopération, M. Ismael Ould Cheikh Ahmed et la conseillère juridique de l’Union Africaine, Dr Nemira Nejm.

Il s’agit des conventions suivantes :

- La Convention pour la création du centre africain pour le développement des engrais

- La charte africaine de sécurité routière

- Protocole d’amendement de l’article 10 (4) de la constitution de 2009 de la commission africaine de l’aviation civile (CAFAC)

- La charte africaine de la renaissance culturelle africaine

- La convention africaine sur la conservation de la nature et des ressources naturelles

- La charte africaine du le transport maritime révisée

- Les statuts du centre africain du développement des minéraux

- Le protocole de la Cour de Justice de justice et des droits de l’homme

- La constitution de l’association des organisations africaines de promotion du commerce

- La charte africaine sur les valeurs et les principes du service public et de l’administration.

A cette occasion, le ministre des affaires étrangères et de la coopération a affirmé que la signature de ces conventions et protocoles prouve l’engagement de la Mauritanie à dynamiser l’action commune africaine et à élargir le cercle du partenariat dans l’intérêt du développement.

Pour sa part, la conseillère juridique de l’Union Africaine a loué la signature par la Mauritanie de ce grand nombre de conventions avec l’Union Africaine.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Mali : l’activiste Ras Bath annonce son soutien à Soumaïla Cissé

Le populaire meneur du Collectif pour la défense de la République (CDR) a déclaré jeudi qu'il soutiendrait la candidature de Soumaïla Cissé à la présidentielle du 29 juillet. Un soutien de poids pour le principal challenger du président sortant IBK.

Il aura laissé le doute planer pendant plusieurs semaines avant de dévoiler son choix. Jeudi 28 juin, le célèbre animateur radio Mohamed Youssouf Bathily, dit Ras Bath, a annoncé que son Collectif pour la défense de la République (CDR) soutenait la candidature de Soumaïla Cissé à la présidentielle du 29 juillet.

Lors d’une conférence de presse à son QG du Carrefour des jeunes, à Bamako, celui que ses partisans surnomment « le guide » a justifié son choix en expliquant que parmi les différents candidats de l’opposition à Ibrahim Boubacar Keïta, Soumaïla Cissé était celui qui avait montré le plus de points de convergence avec le CDR.

Postes de députés

En échange de ce soutien, Ras Bath dit avoir obtenu la garantie que son mouvement disposerait de 15 sièges de députés à l’Assemblée nationale en cas de victoire de Cissé – soit de quoi constituer un groupe parlementaire. Comme il l’expliquait à Jeune Afrique en avril, il souhaite que le CDR entre à l’Assemblée nationale pour y poursuivre son rôle de veille citoyenne et de vigie du pouvoir exécutif.

Figure de la mobilisation contre la révision constitutionnelle

Très populaire parmi la jeunesse malienne, Ras Bath, 44 ans, était courtisé par les principaux candidats de l’opposition. Il s’était rapproché d’eux lors de la mobilisation contre le projet de révision constitutionnelle, mi-2017. Grâce à ses milliers de fidèles, il s’était imposé comme une des principales figures de la plateforme Antè A Bana (« Touche pas à ma Constitution ! » en bambara), qui réunissait les principaux opposants à IBK et les meneurs de la société civile.

Capable de rassembler des foules immenses dans les rues de la capitale – jusqu’à en donner des sueurs froides aux autorités, comme le 3 août 2017, lorsque des dizaines de milliers de supporters l’avaient accueilli à son retour d’une tournée en Europe -, l’animateur de l’émission « Carte sur table » constitue un allié de poids pour Soumaïla Cissé. Le candidat de l’Union pour la République et la démocratie (URD), principal challenger d’IBK à la présidentielle du 29 juillet, s’est d’ailleurs rapidement félicité de son ralliement sur Twitter.

Source : jeuneafrique.com

 

Sahara occidental, réforme de l’UA, Macron… Les cinq enjeux clés du sommet de Nouakchott

Avant l’arrivée des chefs d’État le 1er juillet, le comité exécutif de l’Union africaine s’est ouvert ce 28 juin. Voici les principaux dossiers à surveiller de près lors du 31e sommet de l'organisation continentale.

  • Jusqu’où Paul Kagame fera-t-il avancer ses réformes ?

Le chef de l’État rwandais, actuel président en exercice de l’Union africaine (UA), souhaite faire aboutir un maximum de mesures issues de son projet de réforme de cette institution avant la fin de son mandat, en janvier 2019, au terme duquel son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi lui succédera.

Paul Kagame entend rendre l’UA plus efficace en accélérant le processus de décision en son sein et en s’assurant que ses résolutions soient appliquées. En cela, il a reçu le soutien de la plupart des pays d’Afrique de l’Est, d’Afrique de l’Ouest et du Maroc. Mais sa méthode et son empressement suscitent certaines réticences, notamment en Afrique du Nord et en Afrique australe.

  • Moussa Faki Mahamat parviendra-t-il à relancer le dialogue sur le Sahara occidental ?

Le président de la Commission de l’UA doit présenter le 1er juillet, lors d’une session à huis clos, avant même l’ouverture officielle du sommet, un rapport très attendu sur le Sahara occidental. Ce dossier empoisonne depuis des décennies les relations entre le Maroc et l’Algérie – principal soutien des indépendantistes du Front Polisario. Mais le retour du royaume chérifien au sein de l’UA, en janvier 2017, pourrait permettre à l’institution panafricaine de revenir au cœur des discussions.

Dans ce cadre, Moussa Faki Mahamat a effectué une visite de deux jours au Maroc, début juin, avant de visiter les camps de Tindouf. En mars, il avait rencontré le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz et le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel.

  • Comment Emmanuel Macron sera-t-il reçu par ses homologues africains ?

Le président français doit arriver à Nouakchott le 2 juillet, pour la clôture du sommet. Aucune intervention de sa part n’est toutefois inscrite à l’ordre du jour. L’ancienne présidente de la Commission de l’UA, la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, avait en effet mis un frein aux interventions de chefs d’État étrangers.

Parallèlement, Emmanuel Macron organisera un déjeuner auquel tous les chefs d’État présents sont conviés. Il devrait essentiellement y être question du financement des opérations de maintien de la paix en Afrique.

  • L’Afrique soutiendra-t-elle officiellement la candidature de Louise Mushikiwabo à l’OIF ?

Le dossier de la ministre rwandaise des Affaires étrangères, candidate au poste de secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), doit être examiné ce 28 juin par le comité des candidatures.

Ce vote sera politiquement très important pour Louise Mushikiwabo, qui se présente face à la sortante, la Canadienne Michaëlle Jean. En tant que pays observateur à l’UA, le Canada a envoyé à Nouakchott une délégation menée par son ambassadeur à Addis-Abeba, Philip Baker.

  • Quel sera le format des prochains sommets de juillet ?

Le 31e sommet de l’UA, à Nouakchott, devrait être le dernier du genre. En janvier dernier, l’UA a en effet pris la décision de supprimer son deuxième sommet annuel, qui réunissait habituellement tous les chefs d’État, en juillet, dans une capitale africaine différente.

Celui-ci devrait être remplacé par un conseil exécutif (réunion des ministres des Affaires étrangères) élargi aux ministres des Finances. Mais des questions se posent sur le sommet annuel, maintenu en janvier, qui se tient traditionnellement à Addis-Abeba. Certains pays souhaitent en effet pouvoir l’accueillir eux aussi.

Source : jeuneafrique.com

 

Sommet de l’Union africaine en Mauritanie: Moussa Faki Mahamat donne le coup d’envoi

Sommet de l’Union africaine en Mauritanie: Moussa Faki Mahamat donne le coup d’envoiEn Mauritanie, à Nouakchott, où s’est ouvert ce jeudi matin, le conseil exécutif de l’Union africaine. Une réunion de deux jours qui réunit les ministres des Affaires étrangères du continent. L’occasion pour le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat, de donner le « La » aux travaux des ministres. Ses deux priorités : la lutte contre la corruption et les réformes de l’UA.

Première priorité pour Moussa Faki Mahamat : éradiquer la corruption. « L’Afrique perd 50 milliards de dollars par an du fait des flux illicites », s’inquiète le président de la Commission de l’UA. Moussa Faki Mahamat prône une gestion exemplaire des finances de l’UA, fondée selon ses mots, « sur la reddition des comptes des plus transparentes ».

« Je m’engage à renforcer la gouvernance en interne de notre institution »
, insiste Moussa Faki Mahamat. Une phrase qui a toute son importance : on se souvient de la démission, il y a une dizaine de jours, d’un membre du conseil consultatif de lutte contre la corruption. Le Ghanéen Daniel Batidam, dans sa lettre du 8 juin dernier, dénonce la mauvaise gouvernance et des abus de pouvoir constatés au sein même de la Commission de l’Union africaine.

Autre préoccupation : les réformes de l’UA conduites par le président rwandais, Paul Kagamé. Moussa Faki Mahamat encourage les Etats à appliquer la taxe sur les produits importés, seule manière, selon lui, de financer l’institution qui dépend largement des donateurs étrangers. L’idée, c’est aussi d’encourager les Etats à adhérer à la zone de libre-échange sur le continent, de favoriser la libre circulation des personnes.

Deux programmes phares, surtout évoqués par Louise Mushikiwabo, qui assure la présidence du conseil exécutif de l’UA. La ministre rwandaise des Affaires étrangères, qui est aussi en campagne pour diriger l’Organisation de la francophonie, veut « définir des relations gagnant-gagnant » entre l’Afrique et l’Europe.

Source : RFI

 

Le Roi marocain Mohamed VI n’ira pas à Nouakchott

Le Roi marocain Mohamed VI n’ira pas à Nouakchott Le Souverain marocain Mohamed VI, dont certains observateurs envisageaient sur la base de facteurs conjugués internationaux et sous-régionaux d’ordre diplomatiques multiples, présent au Sommet de l’Union Africaine, sera l’un des grands absents de ce rendez-vous panafricain, révèle le Magazine « Jeune Afrique » dans sa livraison du 24 Juin dernier.

« Mohammed VI ne participera pas au sommet de L’UA (25 juin-2 juillet), où il sera représenté par Nasser Bourita, son ministre des Affaires étrangères », indique le média.

« Nommé en avril 2017, l’ambassadeur du Maroc, Hamid Chabar, avait enfin présenté ce 20 juin ses lettres de créance à Mohamed Ould Abdelaziz », ajoute « Jeune Afrique ».

Le Maroc a réintégré l’Union africaine après avoir longtemps snobé l’institution, rappelle-t-on. Rabat boudait l’UA parce qu’elle a accepté de faire siéger le Sahara occidental, une république indépendantiste dont le Maroc réclame la souveraineté.

Source : Essahraa (Mauritanie)

Algérie – Affaire Kamel Chikhi : les politiques réagissent près d’un mois après la saisie de cocaïne à Oran

En l’espace de trois jours, les langues des politiques algériens se délient au sujet de l’affaire de la saisie de 701 kg de cocaïne au port d'Oran. Après le Premier ministre Ahmed Ouyahia, c’est au tour du ministre de la Justice de s’exprimer sur le sujet.

L’affaire de la saisie de 701 kg de cocaïne à Oran, fin mai, fait – enfin – réagir les politiques algériens. Le ministre de la Justice, Tayeb Louh, est sorti de son silence lundi, pour déclarer devant l’Assemblée populaire nationale (APN) que l’affaire a révélé l’existence de plusieurs autres affaires. Au total, ce sont quatre enquêtes dans lesquelles apparaît le nom de Kamel Chikhi qui sont actuellement ouvertes, dont deux liées au trafic d’influence et une portant sur du blanchiment d’argent.

Le magnat de l’immobilier reconverti dans l’importation de viande congelée est notamment soupçonné d’avoir offert des pots de vins à des fonctionnaires afin de faciliter l’acquisition de terrains ou d’obtenir des permis de construire. Le ministre de la justice a également insisté sur l’importance de la distinction entre ces différentes enquêtes dans l’identification des témoins et des suspects.

« Tolérance zéro envers les corrompus »

Selon Tayeb Louh, c’est grâce à l’enquête préliminaire sur la saisie de cocaïne que certains éléments ont pu être révélés. Les enquêteurs se sont notamment appuyés sur l’exploitation du matériel informatique – en particulier des disques durs – et des images des caméras de surveillance saisies au bureau de Kamel Chikhi. L’homme filmait ses rencontres avec ses interlocuteurs à leur insu.

Le ministre de la Justice a également déclaré que « six personnes sont en détention » et que « 12 autres seront présentées au juge aujourd’hui ou demain [lundi ou mardi, ndlr] et pourraient être mises en prison ». Dans le dossier portant sur le blanchiment d’argent présumé, le parquet a diligenté des commissions rogatoires internationales, a affirmé le ministre, qui a martelé qu’il comptait appliquer la « tolérance zéro envers les corrompus ».

Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a de son côté profité de sa conférence de presse à l’issue de la réunion du conseil national du RND, vendredi, pour s’exprimer – en creux – sur l’enquête. Qualifiant le trafic de drogues « d’agression (qui)  s’abat sur nos frontières de plusieurs destinations ».

La crainte des juges

« La société algérienne a montré sa fermeté et son unité et les citoyens sont unis quand il s’agit des intérêts du pays. Donc, on tente de la pourrir de l’intérieur avec la drogue qui est une arme qui attaque d’abord notre jeunesse », a-t-il ajouté avant de rappeler la position du RND en matière de lutte contre le trafic de drogues, « à savoir l’application de la peine de mort ».

« Je ne parle pas d’un jeune qui serait pris dans un contrôle avec un gramme de drogue, celui-là, la justice le jugera selon la loi. Mais je parle de ceux qui veulent détruire le pays », a-t-il lancé.

Si 18 magistrats ont été entendus par l’inspection générale du ministère de la Justice, dont 11 ont été suspendu, le Syndicat national des magistrats (SNM) a affirmé dans un communiqué que les informations relayées sur une « pseudo-implication de juges » dans l’affaire des 107 kg de cocaïne saisies au port d’Oran « sont infondées et ont pour objectif d’attenter au corps des magistrats et de faire dévier l’enquête. » Ils dénoncent un amalgame entre les différentes enquêtes dans les médias.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Démarrage des réunions de la 36ème session du comité des représentants permanents de l’Union Africaine

Démarrage des réunions de la 36ème session du comité des représentants permanents de l’Union Africaine Les travaux de la 36ème session du comité des représentants permanents de l’Union Africaine (COREP), qui prépare la réunion des ministres des affaires étrangères des pays africains, ont débuté lundi au centre international des conférences «El Mourabitoune» de Nouakchott.

L’agenda de cette rencontre, de deux jours, porte sur l’examen des rapports d’activités du CROP, à savoir le rapport de la réunion conjointe entre le sous-comité du programme et des conférences et le sous-comité chargé de la coordination et de la supervision générale du budget et des affaires financières et administratives, le rapport du Sous-Comité pour la Coopération Multilatérale, le rapport du Sous-comité sur les Réfugiés, les Rapatriés et les Personnes Déplacées en Afrique et le rapport du Sous-comité sur la réforme des structures.

L'ordre du jour de la réunion comprend également l’examen d’un rapport sur la Commission de l’Union Africaine relatif à l'égalité des sexes en Afrique 2017, un rapport sur la situation en Palestine et au Moyen-Orient, les implications structurelles et financières de l'Agence spatiale africaine et la situation humanitaire en Afrique.

La réunion du COREP traitera également des différents rapports de la Commission de l'Union africaine sur la Cour africaine des droits de l'homme, de la Commission africaine des droits de l'homme et des peuples, du Conseil consultatif de l'Union africaine contre la corruption et du Parlement africain.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Union africaine. Sommet des chefs d'Etat: une trentaine de dirigeants attendus à Nouakchott

Union africaine. Sommet des chefs d'Etat: une trentaine de dirigeants attendus à NouakchottNouakchott se prépare activement à accueillir le 31e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA). A Nouakchott, on table sur la présence au plus haut niveau de la majorité des dirigeants africains.

Après avoir accueilli le 27e sommet de la Ligue Arabe en juillet 2016, une première dans l’histoire diplomatique de la Mauritanie, Nouakchott se prépare à abriter le 31e sommet des dirigeants de l’Union africaine (UA), prévu du 25 juin au 02 juillet 2018.

Dans cette perspective, les préparatifs vont bon train. S’exprimant jeudi après-midi, à l’occasion du point de presse hebdomadaire consacré aux commentaires des travaux des résultats de la réunion du gouvernement, le ministre de la Culture, de l’artisanat et des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement, Mohamed Lemine ould Cheikh, a donné des assurances quant à la réussite de la grand-messe panafricaine.

Le responsable gouvernemental mauritanien a notamment affirmé que «30 dirigeants africains ont déjà confirmé leur présence au prochain sommet de l’Union africaine (UA) prévue à Nouakchott. Les préparatifs se poursuivent dans de bonnes conditions et les travaux se termineront conformément aux délais initialement fixés. Il s’agit d’une rencontre qui aura un important impact dans la marche du continent et au niveau international».
Un petit coup de rétroviseur sur le déroulement matériel et logistique du sommet arabe de 2016, permet de comprendre le discours du porte-parole du gouvernement, quand il évoque les préparatifs.

En effet, organisée en partie sous une immense tente importée de Russie et implantée au Centre international des conférences de Nouakchott (CICN, Palais des Congrès), la rencontre arabe avait étalé au grand jour le manque criant d’infrastructures hôtelières de la capitale mauritanienne.

Alors, pour accueillir le sommet panafricain et ses 54 délégations, le challenge devient encore plus immense. Raison pour laquelle les autorités mauritaniennes ont décidé de réaliser un énorme complexe à proximité de l’aéroport international «Oum Tounsy». Le président Mohamed ould Abdel Aziz a visité les lieux ces derniers jours et constaté que les travaux avancent conformément au timing voulu par les autorités.

Interrogé sur l’identité des personnalités au plus haut niveau attendues à Nouakchott à l’occasion du sommet de l’UA, Moussa ould Mohamed Amar, analyste, ancien DG de l’agence gouvernementale de presse, livre ses prévisions: «On a à peu près la certitude de compter parmi nos hôtes le président du Sénégal, et les 4 autres partenaires du G5 Sahel, solidarité de proximité et communauté de destin obligent. Mais aussi le président Paul Kagamé, président en exercice de l’UA. Pour le reste, j’attends de voir».

Par ailleurs, l’hebdomadaire panafricain «Jeune Afrique» a révélé ce week-end, l’hypothèse probable de la participation du roi Mohammed VI du Maroc au sommet de Nouakchott, annonçant que «Rabat a transmis aux autorités mauritaniennes l’accord de principe quant à la présence du souverain marocain» aux assises de l’UA dans un contexte «de réchauffement des relations bilatérales depuis plusieurs mois». Pour nombre de Mauritaniens, la présence du roi du Maroc à cette manifestation rendrait un cachet particulier à ce sommet pour Nouakchott et permettrait surtout de renforcer le réchauffement des relations diplomatiques entre les deux voisins.

A ce titre, la nomination d’Ismaël ould Cheikh Ahmed, ancien Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU au Yémen, est interprétée comme un signe supplémentaire de la volonté de rapprochement entre Nouakchott et Rabat, estime une source bien introduite.

Enfin, il faut aussi rappeler la présence confirmée du président français, Emmanuel Macron.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya

Source : Le360 (Maroc)

 

Tunisie : héritage, droits des femmes, liberté de culte… Le rapport réformateur de la présidence

Après la Constitution de 2014, les recommandations du rapport de la Commission des libertés individuelles et de l'égalité (Colibe), dévoilées le 12 juin, constituent un tournant de la révolution tunisienne.

Publié le 12 juin, le document final des travaux de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) met en conformité le corpus juridique tunisien avec les principes d’égalité et de liberté inscrits dans la Constitution et les conventions internationales signées par la Tunisie. Un travail de fond conduit depuis août 2017 par des juristes à l’initiative du président de la République, Béji Caïd Essebsi.

Un document majeur

La mise en perspective des lois actuellement en vigueur avec les principes de la loi fondamentale met en exergue les textes obsolètes, notamment ceux hérités de la période coloniale qui distinguent les musulmans des non-musulmans en matière de droits. La présentation du rapport assorti cet état des lieux à des suggestions d’abrogations, d’amendements et de nouveaux textes de loi avec différentes options.

Il reviendra à la présidence de la République de soumettre les propositions à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour adoption. Cela ne se fera pas sans débats. Le rapport de la Colibe est un document majeur, le plus progressiste produit par la Tunisie après le Code du statut personnel (CSP) de 1957 qui octroie de larges droits aux Tunisiennes. Il n’en est pas moins respectueux de toutes les sensibilités et à même de réunir les plus larges suffrages.

Un contenu réformateur

Pas de démocratie sans prise en compte des droits humains, tel est le principe qui sous-tend l’esprit du rapport. Dans un contexte social conservateur, le projet de la Colibe fait tomber les tabous en puisant également dans les références religieuses et en rendant compatibles les réformes recommandées avec une lecture éclairée du Coran.

« Les dispositions mettent l’humain et ses droits au cœur du processus social alors que, jusqu’à présent, la communauté prenait le pas sur l’individu »

Abolition de la peine de mort, pénalisation des incitations au suicide, décriminalisation de l’homosexualité, non-interférence de la protection du sacré et de la religion dominante quant au respect de la liberté de conscience, de culte et des minorités, interdiction du prosélytisme, abrogation du crime de blasphème, redéfinition de l’ordre public et moral, droit de disposer de son corps.

Des dispositions qui mettent l’humain et ses droits au cœur du processus social alors que, jusqu’à présent, la communauté prenait le pas sur l’individu. Du jamais vu dans la sphère arabo-musulmane, qui privilégie l’Oumma.

« L’homme n’est plus l’unique chef de famille »

Les droits des femmes et les fondements de la famille

Très attendu sur la question de la succession, qu’il aborde en proposant des options quant aux legs entre ascendants et descendants au premier degré, le rapport positionne la femme comme citoyenne à part entière. À ce titre, l’homme n’est plus l’unique chef de famille, les enfants peuvent porter le nom des deux parents et être Tunisiens par la mère, le père ou la mère peuvent avoir la tutelle et la garde des enfants.

L’institution du mariage est également revue avec l’annulation de la dot, tandis que la pension alimentaire ne sera servie à la femme que si elle manque de ressources financières.

Un choc civilisationnel

Audacieuses, les suggestions de la Colibe vont alimenter un débat public et provoquer la levée de boucliers des fondamentalistes, notamment sur la peine de mort et l’égalité dans l’héritage, mais elles donnent tout leur sens aux revendications de liberté et d’égalité de la révolution. Le rapport illustre et met en pratique également l’article 2 de la Constitution qui proclame la Tunisie comme État civil, fondé par conséquent sur des valeurs d’égalité, détachées du religieux.

« Ce rapport est un acte de civilisation, une révolution », affirme Monia Ben Jemia

Au-delà des réactions immédiates, l’esprit de ce texte contribuera à apaiser une société prise en porte-à-faux entre les principes religieux et un désir de liberté, de cohérence et de bien-être. « Ce pays est étonnant, il peut aller très mal et tout à coup surprendre parce qu’il peut produire de novateur. Ce rapport est un acte de civilisation, une révolution », affirme émue Monia Ben Jemia, ancienne présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : un mort, des blessés et des milliers de cartes d’électeurs brûlées après des heurts à Kéniéba

Un jeune homme a été tué et des dizaines de milliers de cartes d'électeurs ont été brûlées lundi 11 juin lors d'affrontements dans une région aurifère du Mali, à moins de sept semaines de l'élection présidentielle, a appris l'AFP de sources concordantes.

Les événements se sont produits lundi 11 juin à Kéniéba (ouest), chef-lieu du cercle du même nom, une région aurifère frontalière du Sénégal. « Mardi [12 juin], les marchés et écoles sont restés fermés et les forces de l’ordre sont partout », a indiqué à l’AFP un responsable de la préfecture. Selon lui, la tension restait vive dans la ville, survolée par un hélicoptère de l’armée, d’après des témoins.

Les heurts ont éclaté à la suite d’un différend entre travailleurs et responsables de la mine d’or de Gounkoto, exploitée par la compagnie sud-africaine Randgold Resources, selon les autorités et un communiqué de l’entreprise, qui dit employer « plus de 300 personnes de la localité ».

Des cartes biométriques brûlées

« Des manifestants se sont attaqués aux édifices publics en saccageant les bureaux de la préfecture [et] les résidences du premier adjoint et du deuxième adjoint au préfet », a affirmé dans un communiqué le ministère de l’Administration territoriale. « Lors de ces attaques, les cartes d’électeurs biométriques récemment reçues ont été également brûlées », a précisé le ministère.

Selon un communiqué du parti au pouvoir lu à la télévision publique, c’est l’ensemble des cartes d’électeurs du cercle de Kéniéba, comptant quelque 200 000 habitants, qui ont été détruites.

« Les manifestants ont marché vers la préfecture avec des armes blanches, avec le soutien des chasseurs traditionnels dozo, qui avaient des armes », a précisé un employé de la préfecture. « Ils ont brûlé tous les bureaux de la préfecture, brûlé les cartes d’électeurs », a également déclaré le député local Boubacar Sissoko.

« Les mines sont dans notre village et le village est pauvre »

« Les forces de l’ordre sont intervenues et c’est à ce moment qu’il y a eu un mort et sept blessés », a-t-il précisé. Ce bilan a été confirmé à l’AFP de source hospitalière locale.

Plusieurs manifestants réclament une meilleure répartition des richesses. « Les mines sont dans notre village et le village est pauvre. Ce n’est pas normal ! Et quand nous voulons réclamer des droits, nos élus ou autorité soutiennent les employeurs miniers, qui font pourtant beaucoup de bénéfices », a déploré Yessouf Diarra, un habitant âgé de 30 ans, sans emploi.

Un premier lot de près de quatre millions de cartes d’électeurs biométriques sont arrivées la semaine dernière à Bamako et ont commencé à être acheminées vers les centres régionaux en prévision de l’élection présidentielle du 29 juillet.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Nigeria : réhabilitation tardive du vainqueur présumé des élections de 1993

Depuis 1993, la date du 12 juin symbolise au Nigeria la brutalité avec laquelle une dictature militaire a écrasé les espoirs de retour à la démocratie. Vingt-cinq ans plus tard, elle a été déclarée « jour de la démocratie » par le président Muhammadu Buhari. Certains le soupçonnent d'une manœuvre politique en vue des prochaines élections.

La semaine dernière, le président Muhammadu Buhari, ex-général qui fut au pouvoir dans les années 1980, a créé la stupeur en annonçant que le 12 juin serait désormais férié, « jour de la démocratie ». Il a en outre décerné à titre posthume la plus haute distinction honorifique à Moshood Abiola, l’homme d’affaires en passe de remporter la présidentielle face au candidat de la junte militaire ce fameux jour de 1993, lorsque le vote fut annulé.

L’annonce a fait couler beaucoup d’encre dans les médias, soulignant l’importance que revêt aux yeux des Nigérians cet événement, même 25 ans plus tard. Buhari a affirmé que le 12 juin était « bien plus symbolique » que le 29 mai, qui est officiellement célébré comme le « jour de la démocratie » depuis 1999, lorsque les généraux ont finalement rendu le pouvoir aux civils.

« Une reconnaissance formelle de sa victoire en 1993 »

Pour l’entourage de Moshood Abiola, la distinction à titre posthume de grand commandeur de la République fédérale, habituellement réservé aux anciens chefs d’État, est une reconnaissance formelle de sa victoire en 1993. « Le gouvernement a officiellement validé l’intégrité des élections justes et libres qui ont été annulées de manière criminelle par la junte d’Ibrahim Babangida », a affirmé l’avocat Femi Falana, une figure de la défense des droits de l’Homme au Nigeria.

« Bien que cela vienne tardivement, 25 ans après, nous sommes heureux que la victoire d’Abiola soit enfin reconnue », a déclaré Yinka Oduamkin, du mouvement Afenifere, qui représente les intérêts du groupe ethnique yorouba. Selon Dapo Thomas, politologue à l’université de Lagos, « le président n’a fait que corriger les erreurs du passé », et « devrait être félicité pour avoir fait ce que les autres dirigeants ont été incapables de faire. »

« Un génie du mal »

Ibrahim Babangida, qui se décrivait lui-même comme un « génie du mal » et avait pris le pouvoir par un coup d’État en 1985, organisa des élections huit ans plus tard, après des reports répétés. Les observateurs locaux et internationaux saluèrent alors le scrutin le plus juste, libre et pacifique qu’ait connu le Nigeria dans sa courte mais turbulente histoire post-coloniale.

Son annulation déclencha une crise politique et une telle protestation populaire que Babangida fut obligé de démissionner en août de la même année. Avant de se retirer, Babangida nomma un gouvernement civil intérimaire, mais celui-ci fut renversé trois mois plus tard par le général Sani Abacha, qui interdit aussitôt les partis politiques et fit arrêter Abiola.

Condamné pour trahison, pour s’être autoproclamé vainqueur de l’élection, Abiola tomba malade et mourut en prison en 1998, à peine un mois après la disparition dans des circonstances inexpliquées du général Abacha. Les civils revinrent au pouvoir l’année suivante, avec l’élection d’un autre ex-militaire, Olusegun Obasanjo, comme président de la quatrième république.

Une manœuvre politique de Buhari ?

Pour certains, l’acte posé par Buhari est davantage une manœuvre politique à l’approche de la présidentielle prévue en février prochain qu’une volonté de corriger les erreurs du passé. Le dirigeant de 75 ans espère briguer un second mandat de quatre ans, malgré les doutes sur son état de santé fragile, après avoir passé de longs mois à Londres pour se faire soigner d’une maladie non révélée.

Les généraux Obasanjo et Babangida, qui conservent une grande influence politique, ont tous deux critiqué vertement Buhari ces derniers mois, l’appelant à se retirer. La décoration posthume d’Abiola a dès lors été interprétée comme une tentative de les faire taire : Obasanjo, pourtant de la même ethnie yorouba, n’a pas été capable d’en faire autant durant les huit années passées au pouvoir de 1999 à 2007.

Babangida pourrait quant à lui devoir s’expliquer sur les raisons qui l’ont poussé à annuler l’élection de 1993, permettant ainsi à l’armée de conserver le pouvoir. Mais en réhabilitant Abiola, perçu comme un héros par de nombreux Yorouba, le président Buhari – Peul musulman issu du nord – espère sans doute aussi gagner en popularité dans leurs fiefs du sud-ouest, où leurs voix ne lui sont pas acquises.

Pour Yinka Oduamkin, le nom d’Abiola ne devrait pas être instrumentalisé pour « des gains politiques faciles », tandis que le principal parti d’opposition (Peoples Democratic Party, PDP), y voit « l’expression du désespoir ».

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc – Nigeria : le programme de la visite d’État de Muhammadu Buhari

Gazoduc, phosphate, agriculture et lutte contre le terrorisme. Autant de thèmes qui seront au programme de cette visite d'État. La première d'un président nigérian au Maroc.

Ce n’est pas la première fois que Muhammadu Buhari vient au Maroc. En novembre 2016, il avait en effet participé aux travaux de la Conférence sur le Climat (Cop 22) à Marrakech. Mais ce dimanche 10 juin, il vient en visite d’État pour appuyer le nouveau type de relations « économiques et pragmatiques » que son pays a décidé d’édifier avec Rabat, loin des chamailleries politiciennes sur la question du Sahara occidental. Sa visite, qui durera quelques jours, intervient suite à l’invitation de Mohammed VI qui s’était déjà rendu à Abuja en décembre 2016. Gazoduc ouest-africain, phosphate et agriculture seront les thèmes abordés par l’importante délégation de ministres et d’hommes d’affaires qui l’accompagne.

Des poids lourds de l’establishment nigérian

Selon nos sources, Buhari sera accompagné du ministre des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, du ministre de l’Agriculture, Audu Ogbeh, du patron du Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA, fonds souverain), Uche Orji, du directeur général de la National Nigeria petroleum corporation (NNPC), Maikanti Baru, du secrétaire général de l’Organisme des producteurs et utilisateurs des fertilisants (FEPSAN), Alhaji Ahmed Rabiu Kwa, du directeur du Nigerian intelligence agency, Ahmed Abubakar, de ses conseillers spéciaux, ainsi que des gouverneurs d’États fédérés et plusieurs personnalités.

« Le Maroc veut accompagner le Nigeria dans la diversification de son économie et la lutte contre le terrorisme », explique un officiel marocain.

En décembre 2016, à Abuja, Mohammed VI et Muhammadu Buhari annonçaient la signature d’un projet gazoduc ouest-africain – actuellement au stade d’étude- ainsi qu’un accord dans les phosphates. Le groupe marocain OCP et le milliardaire nigérian Aliko Dangote – qui ne fera pas partie de ce voyage car il est en pèlerinage à la Mecque – annonçaient un investissement croisé dans le secteur des engrais : une importante plateforme de production de fertilisants, alimentée par le phosphate marocain et le gaz nigérian, ainsi qu’une unité de fabrication d’acide phosphorique à Jorf Lasfar, au Maroc. Les deux unités nécessiteront un investissement de 2,5 milliards de dollars.

L’adhésion à la Cedeao en coulisses

Le dossier d’adhésion du Maroc à la Communauté des États d’Afrique de l’ouest (Cedeao) n’est pas inscrit à l’ordre du jour, nous précise-t-on, mais rien n’empêche qu’il soit abordé par les deux chefs d’États dans leurs discussions à huis clos. Le 16 décembre 2017, les États membres, réunis à Abuja, avaient décidé de mettre en place un comité composé des présidents togolais, ivoirien, ghanéen, guinéen et nigérien pour superviser une étude sur les retombées d’une adhésion marocaine qui suscite des réticences dans les milieux d’affaires ouest-africains, particulièrement au sein du patronat nigérian.

Cette étude est en cours de finalisation. Le Maroc espère convaincre le président Muhammadu Buhari qu’il n’est pas dans une démarche prédatrice mais que son objectif est de créer un marché commun avec un démantèlement progressif des droits de douane. Parallèlement, depuis quelques mois, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le think-thank Amadeus, un des canaux de la diplomatie chérifienne, multiplient les rencontres avec les hommes d’affaires de la zone pour rassurer quant à la démarche marocaine.

Source : jeuneafrique.com

 

Lotfi Brahem limogé : la stratégie de Youssef Chahed interroge les Tunisiens

48 heures après que Lotfi Brahem, le ministre de l’Intérieur, a été démis de ses fonctions par Youssef Chahed (Photo), la Tunisie spécule sur la stratégie du chef du gouvernement.

Une chose est certaine, Youssef Chahed est à l’heure des choix mais il semble surtout vouloir se mettre dans les starting-blocks de la présidentielle de 2019. Il n’a, certes, pas annoncé ses intentions, mais n’a jamais infirmé cette ambition. Dans cet objectif, il doit d’abord sortir son exécutif de la mauvaise passe dans laquelle il est englué. Avec une inflation qui se maintient à 7,7 % et un important déficit des caisses sociales, le locataire de la Kasbah peine à convaincre d’un bilan positif.

« Il a été sauvé par la pluie et le soleil », lance un cafetier de Tunis, puisque la pluie a permis une année oléicole remarquable et le soleil a ramené davantage de touristes. Outre son ton badin, l’homme semble avoir raison et cette conjoncture sera difficile à rééditer dans l’immédiat. Les Tunisiens, y compris les nantis, éprouvent néanmoins d’importantes difficultés au quotidien : certains traitements médicaux pour le cancer ou le diabète sont introuvables, les prix des produits de première nécessité sont prohibitifs et la grogne sociale se fait entendre, même pendant ramadan.

Les dessous d’une décision brutale

Dans ce contexte, le naufrage d’une embarcation de clandestins qui a fait au moins 66 morts, le 2 juin, au large de Kerkennah, ne suffit pas à justifier l’immédiate mise à l’écart de Lotfi Brahem, ministre de l’Intérieur. Elle apparaît plutôt comme une solution prétexte, dans la mesure où l’homme, qui a des liens avec l’Arabie saoudite, dérangeait la mise sous contrôle par l’exécutif de tout l’appareil de l’État. Il fait partie des ministres régaliens, indépendants et avait été désigné par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Dans l’offensive publique que mène Youssef Chahed contre Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif du parti Nidaa Tounes, il s’est toujours gardé de mêler Béji Caïd Essebsi, fondateur du parti et père de Hafedh, aux polémiques. Néanmoins, cette décision brutale dans un moment d’extrême fragilité du pays suscite des questionnements.

Youssef Chahed, mis sur la sellette par les signataires de l’accord de Carthage, doit à la suspension des discussions et au soutien d’Ennahdha d’être encore à son poste. Contre l’avis d’ambassadeurs de certains pays européens et de celui des États-Unis, Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur de France en Tunisie, aurait intercédé auprès de Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, en sa faveur.

Vers une refonte de l’exécutif ?

Une grâce temporaire : les discussions de l’accord de Carthage devraient reprendre le 11 juin, et une feuille de route en 63 points, destinée à être suivie par le gouvernement, a été préparée.

Si la décision de Carthage implique une refonte de l’exécutif, Youssef Chahed réfute que celui-ci lui soit imposé et estime que les directives de la feuille de route contreviennent à son plan de développement économique 2016-2020. Dans un désir d’anticipation, le chef du gouvernement a ainsi soumis au président de la République une ébauche de remaniement partiel, sans obtenir son assentiment. Dans tous les cas, le chef du gouvernement devra demander la confiance de l’Assemblée. Pourtant, après avoir accusé les dirigeants de Nidaa Tounes de la déconfiture du parti depuis plusieurs mois, il n’est pas sûr d’avoir l’appui du groupe parlementaire et celui d’Ennahdha ne lui est pas acquis.

« Le gouvernement va d’échec en échec, et Chahed est en train de compliquer la situation avec sa fuite en avant », estime Mohamed Fadhel Omrane, député de Nidaa Tounes, qui l’enjoint de démissionner ou de se présenter devant l’Assemblée.

Les autres partis observent les joutes et voient venir. Seul Mehdi Jomaa, ancien chef du gouvernement et fondateur d’ « Al Badil Ettounsi » déplore « le limogeage d’un responsable dont le bilan est positif et qu’on cherche des boucs émissaires, en ignorant les vraies solutions aux crises. La stabilité politique passe obligatoirement par le soutien des institutions et de ses cadres, en les éloignant des bas calculs politiciens. »

Un quitte ou double risqué à un moment où les Tunisiens attendent des résultats, s’impatientent et sont exaspérés par des politiques aux antipodes de leurs difficultés.

Source : jeuneafrique.com