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Politique en Afrique

Présidentielle au Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa élu au premier tour

Emmerson Mnangagwa, à la tête du Zimbabwe depuis qu'il a écarté son dirigeant historique Robert Mugabe en novembre dernier, a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle de lundi, un résultat contesté par l'opposition.

La présidente de la commission électorale zimbabwéenne a annoncé les résultats de la 10e province du pays dont les résultats manquaient encore à l’appel et ils confirment qu’Emmerson Mnangagwa a gagné l’élection présidentielle.

L'ancien bras droit de Robert Mugabe, tombé en novembre, a été élu dès le premier tour de la présidentielle avec 50,8% des suffrages contre 44,3% pour l'opposant Nelson Chamisa, a annoncé ce vendredi 3 août la commission électorale.

« Merci Zimbabwe (...). C'est un nouveau départ. Unissons-nous dans la paix, l'unité et l'amour et ensemble construisons un nouveau Zimbabwe pour tous », a lancé Emmerson Mnangagwa sur son compte Twitter. « Même si nous avons été divisés pendant les élections, nous sommes unis dans nos rêves », a-t-il ajouté.

L'opposition conteste

A Harare, c’est la déception puisque la capitale du pays est majoritairement en faveur de l’opposition. Un peu plus tôt dans la soirée, l'opposition zimbabwéenne avait par ailleurs dénoncé les résultats « faux » de l'élection présidentielle, a annoncé un porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Morgan Komichi.

Quelques heures avant l'annonce des premiers résultats de la présidentielle, Nelson Chamisa, le candidat du MDC, avait maintenu qu'il avait remporté l'élection et avait de nouveau accusé la commission électorale de « manipuler » les résultats. La Zanu-PF avait également revendiqué la victoire. « Je sais que nous avons remporté l'élection présidentielle, nous attendons simplement l'annonce » officielle, avait déclaré à la presse un haut responsable du parti, Paul Mangwana.

Mercredi 1er août des heurts entre des partisans de l'opposition et les forces de police ont fait six morts dans les rues de Harare. Depuis, le centre-ville est quadrillé par les forces de l'ordre et la tension persiste dans la capitale.

Source : RFI

 

Présidentielle au Mali: IBK et Soumaïla Cissé face-à-face au second tour

Les résultats du premier tour de la présidentielle malienne donnent Ibrahim Boubacar Keïta en tête avec 41,42% et devant Soumaïla Cissé qui obtient 17,80% des voix. Le second tour opposera le président sortant et le chef de file de l’opposition.

Après une longue attente pendant plus de 4 jours et dans la plus grande discrétion, c’est sur l’ORTM, la chaîne nationale, qu’ont été donnés les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, ce jeudi 2 août.

Il y aura donc un second tour, qui aura lieu le 12 août et qui opposera le président sortant qui rafle 41,42% des voix au premier tour et le chef de file de l’opposition qui lui obtient 17,80%. C’est donc la configuration attendue, IBK contre Soumaïla Cissé, qui se confirme. C’est aussi un remake de la dernière élection car en 2013, les deux hommes politiques s’étaient déjà affrontés.

Pour ce scrutin de 2018, une surprise : le troisième homme de cette élection est Aliou Diallo, un riche homme d’affaires qui a fait fortune dans l’exploitation minière et qui obtient 7,95%. Quasiment à égalité mais en quatrième position, avec 7,46% des voix, l’ancien Premier ministre Cheick Modibo Diarra.

Quant au reste des 24 candidats, ils obtiennent des scores compris entre un peu moins de 4% et un peu moins de 1%. Enfin, dernier chiffre clé à retenir pour ce premier tour de l'élection présidentielle malienne, le taux de participation qui s'élève à 43,06%.

Des partisans d'IBK célèbrent les résultats du premier tour de la présidentielle au siège du Rassemblement pour le Mali, le parti présidentiel, le 2 août 2018. © REUTERS/Luc Gnago

« Au Mali, c’est la première fois qu’un président en exercice doit se présenter pour un second tour»

A l'annonce des résultats, l'ambiance était très calme au QG de campagne de Soumaïla Cissé. Une heure environ après la proclamation des résultats, ils étaient une vingtaine devant le quartier général de leur candidat. « Nous sommes en finale, au Mali c’est la première fois qu’un président en exercice doit se présenter pour un second tour. C’est déjà un succès », assurent quelques militants.

« Le coup KO, c’est-à-dire une victoire d’IBK au premier tour est déjà un échec, assure Tiébilé Dramé, le directeur de campagne de Soumaïla Cissé. Mais ces résultats ne reflètent pas la réalité des urnes », poursuit Tiébilé Dramé. Le camp du chef de file de l’opposition continue de dénoncer des irrégularités du scrutin. Il n’exclut pas de saisir la Cour constitutionnelle.

Les candidats ont 48 heures pour déposer d’éventuelles réclamations. La Cour constitutionnelle devra valider ces résultats provisoires avant que ne commence la campagne pour le second tour.

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Présidentielle malienne: prudence de mise, malgré les calculs partisans

On attend les résultats provisoires du premier tour de l'élection présidentielle malienne du 29 juillet 2018. Et en attendant d'être fixés, les candidats se positionnent en cas de second tour. Les tractations ont commencé autour de certains candidats. A Bamako, les indiscrétions battent leur plein.

Alors que le décompte continue, les états-majors des partis politiques maliens lancent leurs tendances. Elles sont reprises sur les réseaux sociaux, mais restent pour le moment de l'ordre de la rumeur. Car seul le ministère de l'Administration du territoire est habilité à donner les résultats officiels.

Pour Amadou Bah, président de la Commission électorale, les partis politiques devraient d'ailleurs attendre les résultats officiels avant de se lancer dans des pronostics : « Dans les états-majors des partis, nous sommes habitués à ce que tout le monde se dise le premier. Mais officiellement, je ne pense pas qu’on puisse dessiner une tendance. Nous savons qu’au niveau du ministère de l'Administration territoriale, le siège, la Commission nationale de centralisation, on n’est pas à 40% des résultats reçus à ce niveau. Il faut attendre généralement les 70% pour, de façon sérieuse, commencer à se prononcer ». Comme j’ai dit, tout le monde est dans son rôle mais il ne faut pas préparer l’opinion à telle ou telle chose. C'est ça qui est dangereux. »

Qu'à cela ne tienne : en attendant d'être fixés, les candidats se positionnent en cas de second tour. Il y a plusieurs cas de figure, mais s’il s’agit du match retour de 2013, c’est-à-dire un nouveau duel Ibrahim Boubacar Keïta-Soumaïla Cissé, alors, parmi les faiseurs de rois, il y a notamment Aliou Diallo et Cheikh Modibo Diarra.

Le premier est ce qu’on peut appeler un « OVNI politique », c’est-à-dire un objet volant non identifié sur la scène politique malienne. Parce qu'Aliou Diallo est un homme d’affaires prospère. Il y a cinq ans, lors de la précédente présidentielle, il avait soutenu la candidature de l’actuel chef de l'Etat. Mais cette fois-ci, il s’est lancé lui-même dans la course, d’abord contre le même IBK. Et il a fait fort, parce que selon les tendances, il pourrait faire partie du quarté gagnant voire du tiercé - en tout cas le peloton de tête. Son thème de campagne a été l’alternance, rien que l’alternance, une éducation pour ces choix futurs.

Cheikh Modibo Diarra est lui un ancien Premier ministre. S’il fait partie des faiseurs de rois, il ne pourra rien décider au second tour sans son allié, détaille un autre ancien Premier ministre, Moussa Mara. Toujours en cas de second tour, sur le schéma du président sortant retrouvant son adversaire de 2013, il va falloir compter avec d’autres candidats comme Oumar Mariko, l’ancien ministre Amion Guindo ou encore un autre ancien Premier ministre, Modibo Sidibé.

Source : RFI

 

Algérie : Ouyahia et Ould Abbes s’affichent unis pour un cinquième mandat de Bouteflika

Ahmed Ouyahia, à la tête du Rassemblement national démocratique (RND), et Djamel Ould Abbes, patron du Front de libération national (FLN), ont fait front commun, lundi, pour plaider en faveur de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat.

Le chef du FLN et le Premier ministre, qui est également secrétaire général du RND, auraient-ils enterré la hache de guerre au nom de la défense d’une candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat ? C’est ce que laisse penser la visite de Djamel Ould Abbes à Ahmed Ouyahia, au Palais du gouvernement, le 30 juillet. Les deux hommes sont apparus tout sourire devant les caméras, le temps d’une courte rencontre.

« Nous parlons d’une seule voix avec le secrétaire général du RND, pour dire que ce qui a été accompli lors de ces vingt dernières années, ce capital qui a été amassé pour le pays est l’œuvre du président Bouteflika. C’est pour cela que nous demandons au président de la République de poursuivre son travail et de briguer un cinquième mandat en 2019, dans le but d’assurer un meilleur avenir pour les nouvelles générations », a déclaré Djamal Ould Abbes au micro de la chaîne publique Canal Algérie, avant de se déclarer « satisfait de l’action du gouvernement et rassuré pour l’avenir du pays ».

Alliance face à Makri ?

Si les deux responsables politiques ont échangé sur les questions économiques et sociales, le Premier ministre a tenu à préciser que la seconde partie de la rencontre s’était déroulée dans le cadre de leurs fonctions partisanes, afin de « renforcer l’alliance » entre les deux principales formations algériennes.

Une convergence affichée qui a de quoi surprendre, les relations entre les deux hommes étant loin d’être au beau fixe. Le 17 juillet, Djamel Ould Abbes avait même accusé implicitement le RND d’avoir marchandé son soutien au président Bouteflika en 1999 en échange de postes ministériels. Ould Abbes avait aussi fortement critiqué la politique économique du Premier ministre, notamment sur le projet de Loi de finances complémentaire 2018.

Abderrazak Makri aurait-il réussi à les réconcilier contre lui ? Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui a appelé à une « transition politique » de cinq ans avant de parvenir à un consensus national, a récemment rencontré les deux secrétaires généraux pour tenter de les rallier à sa cause. En vain. Tous deux ont refusé de participer, et Makri a essuyé une cinglante réponse en provenance du chef d’état-major des armées. Depuis, les deux dirigeants affichent leur adhésion commune à l’idée d’un cinquième mandat pour Abdelaziz Bouteflika.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle au Zimbabwe : les deux principaux candidats affirment être en tête du scrutin

Le chef de l'État Emmerson Mnangagwa et l'opposant Nelson Chamisa, les deux principaux candidats à la présidentielle au Zimbabwe, se sont chacun félicités mardi 31 juillet d'être en tête des élections organisées la veille.

Alors que les premiers résultats devraient être connus mardi après-midi, la commission électorale a d’ores et déjà annoncé en fin de matinée qu’ « aucune fraude » n’avait eu lieu lors des élections. « Nous sommes absolument confiants qu’il n’y a eu aucune fraude », a déclaré Priscilla Chigumba, la présidente de la commission, dont l’institution a été très critiquée par l’opposition pendant tout le processus électoral.

Sans attendre la proclamation des résultats, Nelson Chamisa, le jeune patron du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) dont le parti a dénoncé des fraudes, a revendiqué mardi après-midi une « victoire éclatante » dès le premier tour.

« Les résultats montrent au-delà de tout doute raisonnable que nous avons gagné les élections et que le prochain président du Zimbabwe est Nelson Chamisa », a déclaré Tendai Biti, haut responsable du parti et ancien ministre respecté des Finances, lors d’une conférence de presse au siège du MDC à Harare.

Mnangagwa évoque aussi sa victoire

Un peu plus tôt dans la matinée, Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF et ancien bras droit de Robert Mugabe, avait pour sa part sous-entendu qu’il menait la course. « Les informations obtenues par mes représentants sur le terrain sont extrêmement positives », a-t-il assuré sur son compte Twitter, demandant à la population d’attendre les résultats officiels.

Les Zimbabwéens se sont rendus en nombre lundi aux urnes pour ces élections historiques. Selon la commission électorale, le taux de participation se situait aux alentours de 75 % une heure avant la clôture des bureaux de vote lundi.

Vers un second tour ?

Emmerson Mnangagwa, qui a succédé en novembre à Robert Mugabe à la suite d’un coup de force de l’armée et de son parti, cherche à obtenir par les urnes la légitimité du pouvoir. Il était donné favori de la présidentielle, même si l’écart avec son principal adversaire s’était récemment réduit, selon un récent sondage.

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue des suffrages au premier tour, un second tour sera organisé le 8 septembre.

Promesse d’élections « justes »

Le président Mnangagwa a promis des élections « libres et justes », alors que les scrutins de l’ère Mugabe ont été régulièrement entachés de violences et de fraudes. Pour preuve de sa bonne volonté, il a invité – pour la première fois en seize ans – les observateurs occidentaux à surveiller le processus électoral.

Aucun incident violent n’avait été signalé lundi en fin d’après-midi, a indiqué le chef des observateurs de l’Union européenne (UE), Elmar Brok. En revanche, l’UE a noté « des déficiences » pendant les opérations de vote, notamment « la totale désorganisation » du vote dans deux quartiers pauvres d’Harare, alors que « tout s’est bien passé dans des quartiers plus favorisés ».

Source : jeueafrique.com

 

CEDEAO/CEEAC : des engagements pour un front commun contre les menaces sécuritaires

CEDEAO/CEEAC : des engagements pour un front commun contre les menaces sécuritairesA l’issue de leur premier sommet conjoint qui s’est tenu ce lundi 30 juillet à Lomé, les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Afrique occidentale et centrale ont décidé de mutualiser leurs forces pour faire face aux différentes menaces sécuritaires qui planent sur la région.

Bien que les risques soient réels, il reste à attendre la traduction en actes des engagements pris, lesquels ont un air de déjà-vu. Aux défis communs, des réponses communes ! C'est l'état d'esprit qui qui a prévalu lors du premier sommet conjoint des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO) et leurs pairs de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) qui s'est tenu, ce lundi 30 juillet 2018 à Lomé au Togo.

Pour ce premier sommet inédit des deux organisations d'intégrations sous régionales, l'objectif visé était de créer les conditions d'une paix durable et d'un environnement sécurisé dans l'espace commun.

A la fin du sommet et sur la base des travaux en amont balisés par les experts ainsi que les ministres des Affaires étrangères et ceux de la sécurité de la CEDEAO et de la CEEAC, les chefs d'Etat ainsi que les responsables des délégations mandatés dans la capitale togolaise ont passé en revue la situation sécuritaire générale dans les deux régions et ont relevé, « les risques créés par la montée des défis sécuritaires, notamment en ce qui concerne le terrorisme, les trafics d'armes, d'êtres humains et de drogue, le blanchiment d'argent et la cybercriminalité ».

Afin de mieux faire face ensemble aux défis sécuritaires, ils ont souligné la nécessité d'une coopération plus renforcée et effective entre les deux communautés, et dans cette perspective, les 15 pays de la CEDEAO et les 11 de la CEEAC ont décidé « d'avoir une vision partagée des menaces et une approche commune des solutions à y apporter ». Ainsi, ils ont adopté la Déclaration de Lomé sur la paix, la sécurité, la stabilité et la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent dans les espaces de la CEDEAO et de la CEEAC.

« Au titre de la promotion de la paix et de la stabilité, les chefs d’État et de gouvernement s'engagent à coopérer pour prévenir les conflits, promouvoir la paix et la stabilité dans les deux régions à travers notamment la mise en place et le renforcement, aux niveaux national et régional, de mécanismes d'alerte précoce et de réponse rapide aux crises impliquant la société civile, les leaders d'opinion, les femmes, les jeunes et les acteurs étatiques. Ils condamnent les actes violents commis notamment dans le cadre des crises internes visant à déstabiliser les États et tendant à remettre en cause les frontières nationales. Les Chefs d’État s'engagent également à adopter, lors de leur prochain Sommet, un cadre régional portant convergence des principes constitutionnels au sein de la CEDEAO et de la CEEAC », lit-on dans le communiqué final publié à la fin du sommet qui s'est terminé dans l'après-midi après une journée de travaux.

Feuille de route

Afin de traduire en acte leurs engagements, une série de mesures a été annoncé dans la « Déclaration de Lomé » ainsi que dans le communiqué final ayant sanctionné le sommet qui s'est déroulée sous la présidence conjointe du président togolais Faure Gnassingbé, président en exercice de la CEDEAO et son homologue du Gabon, Ali Bongo Ondimba, qui assure la présidence de la CEEAC.

S'appuyant sur des mécanismes de coopération déjà existant entre les deux organisations notamment dans le domaine de la sécurité et de la sûreté maritimes avec le Centre Interrégional de Coordination (CIC) issu des décisions du Sommet Conjoint CEDEAO-CEEAC du 25 juin 2013 à Yaoundé, des négociations seront bientôt entamées, entre les Etats des deux régions, en vue de la conclusion et de la mise en œuvre des procédures d'entraide et de coopération judiciaire. A cet effet, l'accord de coopération en matière de police criminelle entre les États de l'Afrique de l'Ouest et de l'Afrique Centrale devrait être signé par les ministres désignés, avant la fin de l'année 2018.

« Fortement préoccupés par la multiplication et l'étendue des conflits violents entre éleveurs et agriculteurs liés notamment aux effets négatifs du changement climatique », les chefs d’État ont également instruit les ministres en charge de l'agriculture, de l'élevage et de la sécurité des deux régions à engager des consultations régulières, avec la participation des organisations d'agriculteurs et d'éleveurs, dans le but d'identifier les mesures pour prévenir et gérer pacifiquement ces conflits. Au titre de la prévention et de la lutte contre le terrorisme et l'extrémisme violent, il a été décidé « l'implication des leaders religieux et communautaires, des femmes, des acteurs du système éducatif et autres groupes concernés de la société civile dans l'élaboration et la mise en œuvre des programmes de dé-radicalisation, de réinsertion, de réintégration et de réconciliation ».

Par ailleurs, le Sommet s'est engagé à promouvoir les échanges d'informations et de renseignements entre les services de sécurité habilités de leurs États respectifs et à renforcer mutuellement les capacités de leurs forces de défense et de sécurité dans le domaine de la formation du personnel, des exercices conjoints, du renseignement et du respect des règles des droits de l'Homme et du droit international humanitaire.

Plus encore, les Etats de la CEDEAO et de la CEEAC ont convenus de « mettre en œuvre des politiques publiques et des programmes de valorisation des régions affectées par les activités des groupes terroristes, notamment par la création de pôles moteurs de croissance et de développement, générateurs de revenus en faveur de la jeunesse ».

Dans la même lancée et toujours au titre des réponses communes, les chefs d'Etat se sont engagés à soutenir l'investissement public et privé dans tous les secteurs productifs pour une croissance inclusive afin de lutter contre la pauvreté.

Des engagements en attendant des actes

Des engagements donc en attendant des actes et pour mieux s'assurer la mise en œuvre des mesures annoncés, des mécanismes de coordination et de suivi ont été décidés notamment la création d'un comité ministériel ainsi que l'institutionnalisation du Sommet conjoint.

Le Sommet de Lomé a été également l'occasion de plaider pour un appui de la communauté internationale aux efforts des régions dans la résolution de certains conflits et la prise en charge de certains défis comme la situation en Libye, dans le Bassin du Lac Tchad, au Sahel mais aussi en RDC ainsi que les enjeux climatiques et la crise migratoire. Des questions qui ont un air de déjà-vu d'autant qu'elles sont traitées dans d'autres plateformes comme l'UA, ce qui risque de multiplier les interventions et donc de diluer l'efficacité de l'effort pour une réponse commune aux défis qui affectent les deux régions. C'est d'ailleurs l'un des aspects qui laissent assez circonspects certains spécialistes des questions sécuritaires et de développement, celle de la capacité des Etats à honorer leurs engagements.

Bien que les menaces soient réelles et la mutualisation des efforts comme l'une des alternatives les plus appropriées, l'absence de véritable intégration dans certaines zones et la rivalité entre certains pays malgré la montée des risques, sont de nature à hypothéquer cette ambition commune. L'absence au Sommet de Lomé de certains leaders à l'image de Paul Biya du Cameroun, Paul Kagamé du Rwanda ou Joseph Kabila de la RDC, en dit long bien que leurs pays aient été dûment représentés.

Par Aboubacar Yacouba Barma
Source : La Tribune Afrique (France)

 

Élections au Zimbabwe : forte participation au premier scrutin post-Mugabe

Ils étaient nombreux à se rendre aux urnes lundi à l'ouverture des bureaux de vote pour les premières élections générales depuis la chute du président Robert Mugabe, en novembre, après trente-sept ans de pouvoir.

« La participation est élevée », a annoncé lundi à la mi-journée Priscilla Chigumba, la présidente de la commission électorale. De fait, de longues files d’attente s’étaient formées à l’aube devant de nombreux bureaux de vote à Harare.

« J’espère un nouveau Zimbabwe », qui « offre des opportunités égales pour tous », a déclaré Lalita Mtetwa, une diplômée de 30 ans au chômage. « On a des millions de personnes éduquées sans emploi et vivant dans la pauvreté, seuls les riches sont dans une meilleure position », a-t-elle fulminé.

« J’ai voté pour Mnangagwa », a expliqué pour sa part Robina Mayobongwe, 80 ans, à bord d’une charrette tirée par un âne. « On ne peut pas faire confiance aux jeunots. Ils vont redonner le pays à nos colonisateurs », a-t-elle estimé.

Mugabe a voté

Huit mois après avoir été écarté du pouvoir, Robert Mugabe, accompagné de son épouse Grace, a lui aussi voté sous les flashs des photographes à Harare.

Celui-ci s’est refusé à tout commentaire. Mais la veille, il avait, lors d’une conférence de presse surprise, appelé les électeurs à faire chuter la Zanu-PF.

« J’espère que le vote de demain (lundi) va faire tomber la forme militaire de gouvernement » actuel, avait-il lancé. « Je ne peux pas voter pour ceux qui m’ont mal traité », avait-il poursuivi, avant de sous-entendre qu’il donnerait sa voix à l’opposant Nelson Chamisa, dont il a toujours combattu la formation.

23 candidats pour un fauteuil

Les Zimbabwéens doivent départager 23 candidats – un record – pour la présidentielle, organisée en même temps que les législatives et les municipales. Mais la course pour la fonction suprême se jouera entre l’actuel chef de l’État Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF, le parti au pouvoir depuis l’indépendance du Zimbabwe en 1980, et l’opposant Nelson Chamisa, à la tête du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) après le décès, en février, de l’opposant historique Morgan Tsvangirai.

Le premier, âgé de 75 ans, ancien bras droit du « camarade Bob », affirme avoir tiré un trait sur son passé de cacique du régime Mugabe et a promis de rétablir la démocratie et de remettre sur les rails une économie aux abois. Le second, âgé de 40 ans seulement, compte sur sa jeunesse pour séduire un électorat bien décidé à en finir avec la vieille garde politique.

Vers un second tour ?

Si Emmerson Mnangagwa reste favori de la présidentielle, l’écart entre les deux hommes s’est récemment réduit dans les sondages. Le premier est crédité de 40 % des suffrages, contre 37 % pour le second, selon un sondage publié il y a dix jours par le groupe Afrobarometer.

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue, un second tour sera organisé le 8 septembre.

Source : jeuneafrique.com

 

Mauritanie : exportation de 350000 moutons vers le Sénégal pour la Tabaski 2018

Mauritanie : exportation de 350000 moutons vers le Sénégal pour la Tabaski 2018 Le marché sénégalais pourra encore une fois de plus compter sur la Mauritanie pour satisfaire sa demande de mouton pour la fête de tabaski 2018.

Selon les estimations habituelles, le Sénégal a besoin de 750000 têtes de bétail dont 350000 seront importés de la Mauritanie et du Mali.

En marge des travaux entre la Mauritanie et le Sénégal, portant sur la bonne gestion de la transhumance frontalière et le commerce du bétail, tenu samedi 28 juillet à Nouakchott, la ministre sénégalaise de l’élevage et des productions animales, Mme Aminata Mbengue a révélé que la contribution des opérateurs mauritaniens se situait à elle seule à 342733 têtes de bétails, l’année écoulée.

S’aventurant à ses statistiques, la ministre a également indiqué que, « le cumul des importations avait atteint le chiffre record de 457643 têtes de moutons en provenance des Républiques sœurs de la Mauritanie et du Mali ».

Et de renseigner que, « sur ces importations, 294557 sujets étaient rentrés par le poste de Kidira et 157163 directement par les postes frontaliers de Bakel, de Podor, de Matam et de Saint-Louis ».

En outre la ministre a précisé que « le Sénégal va reconduire toutes les mesures de facilitations pour encourager l’exportation des moutons mauritaniens vers le Sénégal ».

Par ailleurs, les autorités mauritaniennes sous la houlette de la ministre de l’élevage, Mme Vatma Vall Mint Soueina ont évoqué avec la partie sénégalaise leur attachement à l’accord portant sur la transhumance frontalière liant les deux pays.

Source : Les Mauritanies

 

Présidentielle au Mali: un scrutin salué malgré des dysfonctionnements

L'heure est au dépouillement et à la compilation des résultats au Mali après le premier tour de la présidentielle organisé ce dimanche. 24 candidats en lice, dont le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta. Il y a eu quelques incidents dans la journée, dans des localités du centre et du nord, mais le vote s'est déroulé normalement et dans le calme dans les grandes villes du pays.

Au Mali, un peu avant la fermeture des bureaux de vote, en conférence de presse, le directeur de campagne du candidat Ibrahim Boubacar Keïta s'est félicité du bon déroulement du scrutin, tout en reconnaissant certains incidents, notamment dans le centre du pays.

« Je pense que nous devons nous satisfaire, nous réjouir des conditions d’organisation de tenue de scrutin du 29 juillet. J’observe que le dernier scrutin national organisé au Mali fut les élections communales de 2016. Aujourd’hui, j’atteste que le scrutin présidentiel de 2018 est organisé dans des localités où cela n’avait pas été possible en 2016. Bien sûr, je reconnais que nous sommes un pays qui cherche à sortir d’une crise profonde, qui a beaucoup duré, et qui a connu des enracinements. Donc ça et là, oui, nous avons noté quelques rebondissements, quelques cas de violence, mais qui sont à mon sens des cas isolés, qui ne remettent pas en cause en tout cas l’évolution positive sur le plan sécuritaire au plan national de notre situation et la satisfaction que nous avons. Fort heureusement, les choses évoluent bien », a déclaré Bokary Tréta, le directeur de campagne du candidat Ibrahim Boubacar Keïta.

L’opposition dénonce des irrégularités

L’enthousiasme est plus mitigé du côté du chef de l’opposition. Dimanche nuit, après la fermeture officielle des bureaux de vote, le camp de Soumaïla Cissé a organisé une conférence de presse, en présence de son porte-parole.

Une occasion pour Tiébilé Dramé de dénoncer ce qu’il appelle « les irrégularités » constatées lors du scrutin : « Ce 29 juillet a été marqué par des dizaines d’incidents violents. Fort heureusement, il n’y a eu ni blessés ni morts. Le vote n’a pu se tenir dans au moins 644 bureaux de vote à travers le pays, selon le recensement provisoire effectué par l’Administration territoriale. Vous voyez, nous sommes très loin des 105 bureaux de vote annoncés en fin d’après-midi par un membre du gouvernement. Nous dénonçons les multiples dysfonctionnements qui ont perturbé le vote de nos concitoyens. Dans de très nombreux bureaux, des Maliennes et des Maliens ont été empêchés de voter, car leur carte d’électeur n’était pas disponible dans les bureaux de vote, en violation de la loi ou en raison de l’absence de matériel électoral ».

Scrutin à Kidal

En tout, les opérations de vote n'ont pas pu avoir lieu dans 716 bureaux sur l'ensemble du territoire. Incident majeur de ce scrutin, dans le nord du pays, des obus ont été tirés à Aguelhok sans faire de victime. C’est là le seul incident notable signalé autour de Kidal. Le scrutin s'est bien déroulé dans la ville et aux alentours.

Ce dont se félicite le gouverneur de la région Sidi Mohamed Ag Ichrach : « Le seul fait qu’une élection puisse se tenir dans la région de Kidal sans incident du point de vue sécuritaire, c’est une grande victoire pour le peuple malien, pour la région de Kidal. J’ai observé que la participation au niveau des bureaux de vote est vraiment satisfaisante malgré la saison des pluies. Mais j’ai vu quand même que l’affluence au niveau des bureaux était très positive (.) A certains endroits, c’était la fête, à d’autres un peu de crispation. J’ai senti beaucoup de peur au niveau de la population. Pratiquement jusque vers 10 heures, beaucoup d’électeurs ne se précipitaient pas dans les bureaux. Les gens attendaient de voir comment ça allait se passer, est-ce qu’il y aura des incidents, des problèmes ? Mais plus la journée avançait, mieux la situation s’améliorait. Et une ambiance de fête, je veux dire ».

Pour l'heure, les observateurs n'ont pas fait état de tentatives de fraudes. Juste avant le scrutin, une polémique avait éclaté sur la validité du fichier électoral qui présenterait notamment des doublons.

Un point qui a tenu à clarifier le directeur général des élections, le général Siaka Sangaré : « Il n’y a pas de fichier parfait. Quand bien même qu’il soit biométrique, la biométrie admet un taux d’erreurs. Il peut y en avoir, mais très peu. Ça, c’est clair. Il n’y a pas de fichier parfait, surtout dans les pays en voie de développement où l’état civil n’est pas suffisamment fiable. Les insuffisances de notre fichier, nous ne les avons pas cachées. Il y en a deux qui ne passent pas inaperçues : l’insuffisance de l’inscription des jeunes majeurs ; la deuxième insuffisance, il y a des électeurs décédés dans le fichier. Tous simplement parce que les décès ne sont pas déclarés. Nous ne l’avons pas caché, mais le dispositif qui est en place et qui fonctionne merveilleusement dans les bureaux de vote avec la présence des accesseurs de l’opposition et de la majorité, ces dispositifs permettent de lutter contre l’utilisation des électeurs qui sont décédés parce que les deux accesseurs ne sont jamais complices l’un de l’autre ».

Les premiers résultats de ce premier tour sont attendus dans les deux prochains jours. Un éventuel second tour aura lieu le 12 août.

Source : RFI

 

Tunisie : Hichem Fourati, les cinq travaux du nouveau ministre de l’Intérieur

Le nouveau ministre de l'Intérieur, Hichem Fourati, a du pain sur la planche. Tour d'horizon des dossiers qui l'attendent sur son bureau alors que les syndicats de forces de l'ordre et les défenseurs des libertés scrutent de près son action.

Hichem Fourati, le nouveau ministre de l’Intérieur, successeur de Lotfi Brahem, passe son grand oral devant les députés ce samedi 27 juillet. Après l’obtention de la confiance de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), l’ancien chef de cabinet du ministère, fonction qu’il exerçait depuis 2015, aura cinq chantiers prioritaires à mener à bien en plus de devoir travailler avec l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE) pour préparer la présidentielle de 2019.

1- Sécuriser la saison touristique

L’attentat de Ghardimaou, au nord-ouest, le dimanche 8 juillet, a soulevé des craintes. Il s’est produit sur une route parfois empruntée par les vacanciers algériens. La fréquentation touristique vient de reprendre après trois années difficiles dues à l’attaque sur une plage de Sousse, devant un hôtel, en 2015, qui avait coûté la vie à 38 personnes. C’est la première mission de Hichem Fourati : rassurer les touristes qui ont retrouvé le chemin de la Tunisie. L’enjeu est clair : le secteur représente 7% du PIB en Tunisie, et emploie jusqu’à 12% de la population active.

2- Remonter le moral des troupes

Manque de reconnaissance, manque de moyens, limogeages et nominations en série… Hichem Fourati prend la tête d’une administration qui a le moral en berne. Le remaniement dans la hiérarchie de la garde nationale en juin 2018 par l’exécutif a suscité des interrogations dans les rangs. Ils sont nombreux à réclamer davantage de soutien du ministère de tutelle. Il va falloir rassurer, d’autant plus que les syndicats des forces de sécurité sont puissants. Certains de leurs leaders ont même serré les rangs autour des policiers accusés d’actes de torture en février 2018. Le ministre devra composer avec eux et avec une société civile qui au contraire, réclame davantage d’outils de contrôle de l’action policière. Mais il a un avantage : il connaît bien ce ministère, dont il était directeur de cabinet jusqu’à sa nomination.

3- Résoudre l’équation migratoire

C’est cette équation – officiellement du moins – qui a coûté son poste à son prédécesseur, Lotfi Brahem, après le naufrage d’une embarcation clandestine au large des îles Kerkennah. Là encore, le ministre est comme pris entre deux forces. D’un côté, la société civile tunisienne comme les ONG étrangères observent scrupuleusement les actions policières. De l’autre, les capitales européennes exigent toujours plus de Tunis. L’ouverture de « centres de débarquements » pour y placer des migrants secourus en mer par exemple, est la nouvelle exigence depuis le sommet européen du 28 juin dernier. Tunis a exprimé son refus, mais l’Union européenne dispose de forts moyens de pression financiers et logistiques. Depuis deux semaines, un navire commercial, le Sarost 5 est d’ailleurs bloqué aux larges de la Tunisie. La France, Malte et l’Italie ont refusé de le laisser accoster dans un de leurs ports, laissant la Tunisie en proie au doute entre son devoir humanitaire et ses positions politiques.

Fourati prend la tête d’un ministère qui est scruté par une société civile dynamique

4- Trouver Najem Gharsalli

Ancien ministre de l’Intérieur et ancien ambassadeur au Maroc, Najem Gharsalli est sous le coup d’un mandat d’amener. Il doit être entendu par la justice dans le cadre de l’affaire d’atteinte à la sûreté de l’État dite « affaire Chafik Jarraya ». Le hic : Gharsalli fuit la justice et ses défenseurs pointent un « procès politique ». Fourati pourrait bien avoir croisé dans les couloirs du ministère ce personnage dont l’exécutif exige l’audition.

5- Composer avec la société civile

Fourati prend la tête d’un ministère qui est scruté par une société civile dynamique. Le décès en mars 2018 d’un jeune supporter de football, Omar Laabidi, a relancé le débat sur les violences policières. Sa famille assure qu’après être tombé dans l’eau en cherchant à échapper à des agents, il leur aurait crié qu’il ne savait pas nager, avant de se noyer sans avoir été aidé. Supporters et militants associatifs ont manifesté côte à côte pour exiger la vérité sur l’affaire. Un projet de loi datant de 2015 et relatif à la répression des atteintes contre les forces armées a aussi suscité une bronca de la part de plusieurs associations ainsi que de l’UGTT : le texte serait liberticide. Dans la Tunisie post-révolutionnaire, la défiance est grande à l’égard de la police. Communication et compromis font maintenant partie des obligations d’un ministre de l’Intérieur.

Source : jeuneafrique.com

 

Le gouvernement allemand veut durcir sa politique d’asile à l’égard des Maghrébins

Le gouvernement allemand a validé un projet de loi visant à classer la Tunisie, le Maroc et l’Algérie comme « pays sûrs ». Si le texte est adopté par le Parlement, les ressortissants de ces pays ne seront donc plus considérés comme des réfugiés par Berlin.

Le gouvernement allemand a franchi une nouvelle étape dans sa volonté d’accélérer le rapatriement des Maghrébins déboutés du droit d’Asile. Le conseil des ministres de la chancellerie a validé le 18 juillet un projet de loi qui vise à admettre la Tunisie, le Maroc et l’Algérie en tant que « pays sûrs », rendant ainsi quasi-automatique le refus des dossiers de demande d’asile des ressortissants maghrébins, sans obligation de donner des motifs.

Le projet de loi que le gouvernement allemand entend présenter devant le Parlement affirme que dans ces trois pays « il peut être démontré que, d’une manière générale et uniformément, il n’y est jamais recouru à la persécution telle que définie à l’article 9 de la directive 2011/95/UE, ni à la torture, ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants, qu’il n’y a pas de menace en raison d’une violence aveugle dans des situations de conflit armé international ou interne ».

Un  premier projet de loi similaire avait été rejeté l’an dernier par la chambre haute du Parlement, le Bundesrat, faute d’avoir trouvé une majorité face à l’opposition des Verts et de Die Linke (gauche).

Le gouvernement justifie sa volonté de faire passer ce nouveau texte par « le nombre faible de demandes d’asile accepté en provenance de ces pays ». De fait, en Allemagne, 99% des demandes d’asile d’Algériens sont refusées et seulement 2,7% des demandes formulées par des Tunisiens et 4,1% de celles déposées par des Marocains ont reçu une réponse positive en 2017.

Crise politique

La décision de soumettre ce nouveau projet de loi survient dans un contexte politique particulier en Allemagne, théâtre d’un véritable bras de fer entre la chancelière et son nouveau ministre de l’Intérieur, Horst Seehofer, dirigeant du parti conservateur bavarois CSU. Affichant publiquement son désaccord avec Angela Merkel sur la politique migratoire, ce dernier a menacé de faire éclater la fragile coalition gouvernementale, difficilement mise en place en mars.

L’accord finalement trouvé début juillet entre les deux partis prévoit notamment de restreindre le nombre de demandeurs d’asile en Allemagne et la création de « centres de transit » à la frontière entre l’Allemagne et l’Autriche afin d’y installer  les demandeurs d’asile déjà enregistrés dans un autre État européen, en attendant leur expulsion.

Accords bilatéraux Allemagne-Maghreb

La volonté de durcir les conditions d’accès à l’asile pour les Maghrébins s’est renforcée, à Berlin, après l’épisode des agressions sexuelles survenues le soir du Nouvel An 2015 à Cologne, dont les auteurs étaient, selon la police, des hommes originaires d’Afrique du Nord.

En mars 2016, le ministre allemand de l’Intérieur de l’époque, Thomas de Maizière, a effectué une tournée maghrébine pour présenter les grands axes d’une campagne visant à accélérer le retour des déboutés du droit d’asile et autres sans-papiers.

Le gouvernement allemand cherchait à l’époque à assurer une meilleure coopération des gouvernements qui, souvent, refusaient de les rapatrier en l’absence de pièces nationales d’identité. La chancellerie avait alors proposé « le recours aux technologies modernes, comme l’utilisation de données biométriques pour l’identification ».

L’Allemagne a proposé de délivrer les noms et empreintes des demandeurs d’asile maghrébins déboutés, afin que le Maroc, l’Algérie et la Tunisie puissent les comparer avec leurs propres bases de données. Un dispositif dont l’efficacité est néanmoins soumise à la concordance des informations biométriques en possession des autorités des pays d’origine.

L’Allemagne avait également convenu avec la Tunisie le lancement d’un programme pilote imaginé par les autorités allemandes, consistant à expulser un groupe de 20 à 25 personnes dans des vols charters, aux frais de Berlin et sous escorte de forces de l’ordre allemandes. « Nous devons parvenir à ce que la procédure [de raptriement, NDLR] soit plus efficiente et plus rapide », avait déclaré Thomas de Maizière, évoquant pour cela un éventuel « recours aux technologies modernes, comme l’utilisation de données biométriques pour l’identification » des ressortissants.

Menaces

En décembre 2016, l’attaque du marché de Noël à Berlin, qui a fait 12 morts, a été perpétrée par un Tunisien débouté du droit d’asile six mois plus tôt et qui devait donc théoriquement être expulsé. L’expulsion d’Anis Amri, auteur de l’attentat, a été retardée parce que les autorités tunisiennes ne voulaient pas le reconnaître comme un ressortissant. Cet épisode a accroître l’envie de l’Allemagne d’accélérer par tous les moyens l’expulsion des demandeurs d’asile déboutés. La chancelière allemande, Angela Merkel, avait appelé en janvier 2017 à une meilleure coopération des pays maghrébins et avait, déjà, appelé à leur classification comme « pays sûrs ».

Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, et le ministre de l’Intérieur Thomas de Maizière avaient annoncé que les pays n’accepteraient pas les demandeurs d’asile refusés par l’Allemagne ne pourrait pas recevoir d’aide au développement.

Source : jeuneafrique.com

 

Visite de Xi en Afrique: le Sénégal première étape d'un voyage crucial

Le président chinois entame ce samedi 21 juillet 2018 une tournée d'une semaine sur le continent africain. La première depuis sa réélection en mars dernier, la troisième depuis son accession au pouvoir en 2013. Xi Jinping se rendra d'abord au Sénégal, puis il ira au Rwanda, avant d'assister au sommet des pays émergents, les Brics, à Johannesburg, en Afrique du Sud. Avec Dakar notamment, Pékin ne cesse d'approfondir les relations depuis que ce partenaire a lâché Taïwan, en 2005.

Xi Jinping, qualifié de « joueur de poker » par Donald Trump, entame une partie cruciale en Afrique ce samedi. Sur ce continent, la Chine est depuis plus de dix ans le premier partenaire commercial, grâce à ses prêts notamment. Et Pékin entend bien continuer d'avancer ses pions.

Objectif : assoir son emprise sur les ressources naturelles et trouver de nouveaux marchés, écouler ses surcapacités, notamment dans la construction. Pour faciliter le commerce, l'homme fort de Pékin mise sur les Nouvelles Routes de la soie, qui doivent relier l’Asie à l’Europe et à l’Afrique.

Exemple avec le Sénégal, première étape du président Xi. Plusieurs accords de coopération devraient y être signés, vraisemblablement dans le secteur des infrastructures. La Chine finance notamment la construction du plus grand projet routier du pays : une autoroute entre Dakar et Touba, pour un coût de 700 millions d’euros.

Il y a aussi le parc industriel de Diamniadio. Pékin finance plusieurs grands projets du « Plan Sénégal émergent », engagé par Macky Sall, avec à la clé des contrats souvent attribués aux entreprises chinoises. Et ces investissements pourraient encore augmenter avec les récentes découvertes sénégalaises d'hydrocarbures.

Un bon exemple de la méthode chinoise sur le continent africain

Le Sénégal ne fait pas partie des « gros » partenaires de la Chine sur le continent. Les échanges sont bien plus conséquents avec l'Afrique du Sud, la RDC ou le Ghana. Mais Dakar et Pékin tissent depuis 2005, année où Dakar a tourné le dos à Taïwan pour renouer avec la Chine, des liens toujours plus étroits.

Le Sénégal importe bien sûr massivement des produits manufacturés de Chine et y exporte ses arachides. Mais les liens vont au-delà du commerce. Sur place, Xi doit d'ailleurs participer, aux côtés de son homologue Macky Sall, à l'inauguration du Musée des civilisations noires de Dakar, financé lui aussi par la Chine.

Cette visite, la deuxième d'un président chinois en neuf ans à Dakar, sera d'ailleurs aussi l'occasion d'inaugurer en grande pompe d'une nouvelle arène de lutte, en banlieue de Dakar, construite et financée, là encore, par la Chine.

Mais pour l'heure, Pékin ne se fait pas prier pour remplir le vide laissé par l’Occident, écrit le journal officiel Global Times : « Le président américain Donald Trump traite les nations africaines comme des "pays de merde", preuve que les élites occidentales ont toujours tendance à discriminer l’Afrique. Alors que la Chine considère le continent comme une terre pleine de promesses. »

Le risque pour l’Afrique : dépendre de plus en plus de la Chine, qui détient une grande partie de sa dette.

■ Rwanda, Afrique du Sud : la suite de la visite du président chinois

Le Rwanda, où se rendra le numéro un chinois après la première étape de son voyage au Sénégal, espère toujours que Pékin l’aidera à désenclaver le pays, grâce à une ligne de train entre Mombasa, au Kenya, et Kigali.

Mais le président rwandais Paul Kagame étant le président en exercice de l'Union africaine (UA), il sera surtout question lors de cette deuxième étape du prochain sommet Chine-Afrique, qui aura lieu à Pékin au mois de septembre.

Enfin, à Johannesburg, avec les principales économies émergentes - Brésil, Russie, Inde, Afrique du Sud -, Xi Jinping viendra encore vanter son projet des Nouvelles Routes de la soie. Et le président égyptien devrait être présent.

Source : RFI

 

 

 

Présidentielle au Mali: polémique sur le fichier électoral

Fichier électoral contesté, «bureaux de votes fictifs»: de manière coordonnée, à Bamako avec son équipe de campagne et sur le terrain, le camp de Soumaïla Cisssé, candidat et chef de file de l'opposition malienne à la présidentielle du 29 juillet, a dénoncé  vendredi ce qu'il appelle «des fraudes en préparation» dans la perspective de la présidentielle. Le camp présidentiel lui réfute ces accusations.

Le camp du chef de file de l’opposition malienne est en colère. Il craint « des fraudes massives à l’élection présidentielle ». Et ce qui met le feu aux poudres, c’est le fichier électoral officiellement mis en ligne.

Tiébilé Dramé, directeur de campagne du candidat Soumaïla Cissé, explique : « Nous avons constaté qu’un fichier officiel a été mis en ligne par la délégation générale aux élections. Pour nous, il ne s’agit ni plus ni moins, que d’un fichier parallèle qui est distinct du fichier audité le 27 avril ».

Ces erreurs sont peut-être « involontaires », poursuit Tiébélé Framé, « mais on se retrouve avec des centaines de milliers de voix potentiellement fictives. Et ça c’est dangereux. Et ça, ça peut fausser les résultats d’une élection.

Nous n’irons pas aux élections avec un tel fichier

Nous n’irons pas aux élections avec un fichier électoral avarié, parallèle. Quelles options ? Comment corriger ? Le gouvernement a proposé une réunion du cadre de concertation. Pour nous, l’étendue des constatations, leur gravité, font que des solutions techniques ne suffisent pas. Il faut des mesures politiques avec l’implication des représentants de la communauté internationale à Bamako, ici ».

En campagne à l’intérieur du Mali où il rassemble comme d’autres des foules, le candidat Soumaïla Cissé a abordé aussi ce vendredi le sujet devant ses militants. « Nous avons découvert des milliers de noms en double, en triple, en quadruple, même parfois en quintuple, assure Soumaïla Cissé. Nous avons découvert des bureaux fictifs. Nous avons découvert des centres fictifs. Nous avons découvert des électeurs sans photo. Nous avons découvert des communes entières où le nombre d’électeurs est supposé nul. C’est qu’on a découvert une vaste fraude ».

L’URD, le parti de Soumaïla Cissé et ses nombreux alliés, n’entendent pas aller à un scrutin présidentiel avec ce fichier électoral qui ne correspondrait pas à celui qui a été audité en mai par l'Organisation internationale de la francophonie.

Les soutiens d'IBK appellent à trouver des solutions ensemble

Selon l'opposition, qui parle également de doublons, il pourrait y avoir plus d'un million deux cent mille « voix fictives ». Une accusation que réfute Abdou Soumaïla Maïga, secrétaire politique national de l'APR, l'Alliance pour la République, et soutien de l'actuel président, Ibrahim Boubacar Keïta.

Selon lui donc, le fichier audité est celui qui a servi à la confection des cartes électorales, et c'est bien tout ce qui compte. « Nous, nous pensons qu’il était très difficile de faire ce travail de confection des cartes d’électeurs sur la base d’un fichier qui n’est pas celui qui est audité.

Nous attendons les preuves par rapport à ça. Il se peut qu’il y ait un fichier qui ait été mis en ligne je ne sais à quel niveau. Mais ce qui est certain, c’est que c’est ce fichier audité, déclaré acceptable, qui a servi à faire les cartes d’électeurs qui aujourd’hui sont disponibles et qui sont ventilées partout pour la distribution. Ça c’est très important.

En fait, nous sommes tous engagés dans un processus. Si c’est avéré qu’il y a vraiment des difficultés à un niveau, c’est ensemble qu’on doit chercher à trouver les solutions. Mais pour nous, aujourd’hui, il faut peut-être que la preuve soit donnée d’abord qu’il y a une erreur. Mais seulement passer son temps à accuser sans proposer des solutions, cela aussi, ne facilite pas la tâche ».

Le Premier ministre malien Soumeylou Boubeye Maïga a reçu vendredi une délégation du directoire de campagne de Soumaïla Cissé, pour rassurer de la bonne foi du gouvernement.

Source : RFI

 

Mali : Ibrahim Boubacar Keïta à Kidal pour la première fois depuis cinq ans

En campagne électorale, Ibrahim Boubacar Keïta, président malien sortant candidat à sa propre succession, s'est rendu jeudi à Kidal, dans une ville bouclée par les ex-groupes rebelles touaregs et les forces internationales.

C’est à 13h, ce jeudi 19 juillet, qu’Ibrahim Boubacar Keita (IBK), le président malien en campagne pour un second mandat de 5 ans, a atterri à Kidal. À sa descente d’hélicoptère, il est accueilli par plusieurs personnalités, dont Mohamed Ag Intalla, l’Amenokal de la ville, Bilal Ag Achérif, le président en exercice de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), et Alghabass Ag intalla, le très influent secrétaire général du Haut conseil pour l’Unité de l’Azawad (HCUA). Après les salutations d’usage, le cortège dans lequel se trouve IBK se dirige d’abord, sous bonne escorte des combattants de la CMA, au cimetière, où se repose feu Intalla Ag Attaher, l’ancien Amenokal de la ville. « Homme de paix, qui a toujours œuvré pour l’unité du Mali », déclare sur sa tombe le président candidat.

Puis la délégation se rend au siège du mécanisme de Désarmement, démobilisation, réinsertion et réintégration (DDR), où une villa a été aménagée pour accueillir l’hôte du jour. Après la pause et des échanges avec les responsables de la CMA et des notables de la ville, IBK préside dans l’après-midi une conférence de cadres du Conseil régional de la ville. Au fond de la salle, le drapeau du MNLA, l’ex-rébellion touarègue séparatiste, flotte sur sur une banderole, tandis qu’une autre indique : « Les chefs de tribus de l’Adrar des Ifoghas souhaitent la bienvenue à Elhadj Ibrahim Boubacar Keïta ».

Promesses non tenues

La salle est remplie en majorité par des jeunes et des femmes des associations de la ville. « Le président a souhaité écouter Kidal dans sa profondeur, et nous n’avons pas fait de censure », prévient un membre de la CMA qui fait partie de l’organisation. Le président du conseil régional, le colonel Hassan Ag Fagaga, lui-même membre de l’ex-rébellion, a ainsi rappelé au président malien ses promesses non encore tenues de 15km de route bitumée à l’intérieur de la ville de Kidal, de reconstruction d’un aérodrome et du rétablissement de l’eau courante.

« Kidal attend la concrétisation de ces promesses », dit Ag Fagaga. « Le problème est lié au système de gouvernance et nous voulons une libre administration locale », ajoute Allou Ag Immama, représentant d’une association de jeunes. Dans la salle, deux associations rivales de femmes ont également eu droit à la parole. « Le mot Azawad nous est cher, et nous souhaitons, dès votre réélection, que vous trouviez une issue heureuse à son usage », demande Aminetou Walet Bibi, leader des femmes du MNLA.

« Il ne faut pas réfléchir avec le cœur, mais plutôt avec la tête, raisonne IBK »

« Vous nous demandez de voter pour vous, mais tous nos hommes sont morts. Comment voulez-vous que les gens votent s’ils ne sont plus ? Je vous demande, monsieur le président : libérez nos prisonniers », insiste pour sa part Bakdi Walet Ibrahim, connu pour ses positions radicales. L’ambiance devient électrique. « Adi (« ça », en langue tamasheq), c’est les femmes, on ne peut rien faire contre elles », sourit la source au sein de l’organisation. Mais IBK maîtrise rapidement le débat. « Il ne faut pas réfléchir avec le cœur, mais plutôt avec la tête », lance-t-il à la salle. Et de demander à toutes les parties signataires de l’accord de paix de faire preuve de bonne volonté, tout en promettant de garantir, s’il est réélu, le retour effectif des services de base ainsi que la construction d’un aéroport international et d’un hôpital de niveau régional.

Ambiance bon enfant

La rencontre prend fin dans une ambiance plutôt bon enfant. Les discussions avec les leaders de Kidal continuent toute la soirée à la villa de la résidence d’IBK, sécurisée par un dispositif impressionnant de combattants de la CMA qui, avec ceux de la Minusma et de la force française Barkhane, assurent la sécurité dans et autour de la ville.

Pour l’heure, la CMA n’a pas encore donné de consigne de vote. La semaine dernière, elle a dit qu’elle en donnerait une en faveur du candidat qui s’engagerait à appliquer « fermement » l’accord de paix. De son côté, IBK était attendu à Tombouctou ce 20 juillet pour un meeting et la prière du vendredi.

Source : Jeuneafrique.com

 

Côte d’Ivoire : Ouattara évoque le « transfert du pouvoir à une nouvelle génération en 2020 »

À l'occasion de l’assemblée générale constitutive du parti unifié RHDP, lundi, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a évoqué la présidentielle de 2020... suggérant qu'il ne serait pas candidat à sa propre succession.

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a levé un coin du voile sur son programme pour la présidentielle de 2020, le 16 juillet à Abidjan, lors de l’assemblée générale constitutive du parti unifié, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), dont il a été désigné président. Étaient présents tous les ministres du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’Henri Konan Bédié ainsi que des présidents d’institutions issus de cette même formation comme Charles Koffi Diby (Conseil économique et social), Jeannot Ahoussou-Kouadio (Sénat), Théophile Ahoua N’doli (Inspection générale d’État), et le vice-président de la République, Daniel Kablan Duncan.

Dans une allocution très attendue, le chef de l’État a laissé entendre de manière assez transparente qu’il n’envisageait pas de briguer un troisième mandat, voyant le nouveau parti comme une sorte d’ANC (le parti de Mandela) aux couleurs locales pour conduire les destinées du pays pendant encore des décennies. « Le RHDP est né de la vision clairvoyante de chacun d’entre nous, bien plus importante que nos ambitions personnelles et les ambitions de nos partis. Cette alliance durera, elle vivra. Nous devons travailler main dans la main, le président Bédié et moi pour transférer le pouvoir à une nouvelle génération en 2020 », a-t-il déclaré, provoquant une explosion de joie chez les congressistes agréablement surpris par cette annonce.

Nouvelle classe de dirigeants

Pour le chef de l’État, le monde a changé avec l’émergence d’une nouvelle classe de dirigeants plus jeunes, d’Emmanuel Macron, 40 ans, au Premier ministre belge, 38 ans, en passant par celui d’Autriche 31 ans… Une déclaration qui rebat les cartes et ouvre le jeu politique dans la perspective de 2020. Le numéro un ivoirien, qui a accepté de prendre la présidence du RHDP, n’a cependant pas fermé la porte du dialogue avec son allié Henri Konan Bédié, le président du PDCI avec lequel il est allié depuis 2005.

Bédié ne peut pas et ne va pas renier sa signature, selon Alassane Ouattara

Mais des frictions apparues autour du timing de la création du nouveau parti et, surtout, de l’épineuse question de l’alternance en 2020, qui a éloigné Bédié du RHDP. Les délégués de l’assemblée constitutive ont recommandé d’ailleurs la poursuite du dialogue avec Henri Konan Bédié pour que sa formation politique rejoigne le parti unifié. « Nous attendons le président Bédié pour qu’il ratifie les textes du RHDP. Bédié ne peut pas et ne va pas renier sa signature. Adopter les textes du parti unifié après les élections présidentielles de 2020 n’est pas acceptable. Dans ce mariage, pas de divorce. Nous devons rester ensemble », a martelé le président ivoirien.

Des discussions avec Henri Konan Bédié pourraient avoir lieu au cours des prochains jours, selon nos informations. Dans la nouvelle configuration du RHDP, le chef de l’État Alassane Ouattara est le président du parti, la grande chancelière nationale, Henriette Dagri Diabaté, en est la première vice-présidente et Albert Toikeusse Mabri, chef de l’Union pour la démocratie et la paix en Côte d’Ivoire (UDPCI), le deuxième vice-président.

Selon les statuts de la nouvelle formation, les dirigeants des partis qui la composent deviennent de facto des membres de la direction, et même présidents d’honneur quand il s’agit d’anciens chefs d’État. En cas d’accord, c’est donc la place que devrait occuper Henri Konan Bédié dans l’organigramme du RHDP.

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc : Hamieddine embarrasse le PJD devant la monarchie

La fuite d'une intervention de Abdelali Hamieddine, un dirigeant du PJD (parti islamiste), très critique envers la monarchie marocaine, a soulevé une tempête politique qui affaiblit davantage le chef du gouvernement, Saâdeddine El Othmani.

« L’institution monarchique, dans sa forme actuelle, est un obstacle au développement ». La phrase prononcée par Abdelali Hamieddine a provoqué un tollé dans les milieux politiques. La cador du Parti justice et développement (PJD) s’exprimait au cours de la Conférence nationale de dialogue interne du PJD, dédiée à l’évaluation du processus démocratique et la dynamique de développement depuis 2011. Une phrase qui n’aurait jamais été rendue publique si le site du parti (pjd.ma) n’avait diffusé des extraits vidéos de ce dialogue interne.

Cette critique ouverte à la monarchie, le président de la Commission de l’enseignement de la Chambre des conseillers n’a pas osé l’assumer pleinement. Dès le lendemain, le dirigeant islamiste a affirmé sur sa page Facebook que ses propos avaient été dénaturés et sortis de leur contexte, puisqu’ils n’avaient pas été publiés dans leur intégralité.

Grave faute professionnelle

Hamieddine s’est même offusqué que certains de ses «frères» tentent de créer un problème entre le parti et l’institution monarchique et a exigé de Saâdeddine El Othmani d’ouvrir une enquête pour identifier les auteurs « malintentionnés » de la mise en ligne de ces vidéos. Une enquête interne a été ainsi diligentée par la direction du parti.

« Il s’est avéré qu’il n’existe aucune mauvaise intention dans la diffusion des enregistrements du dialogue interne… Ce qui s’est passé relève d’une grave faute professionnelle d’un des responsables à la direction du site pjd.ma », a finalement annoncé un communiqué publié, le 15 juillet, sur le site de la formation politique.

Le parti ne se détournera jamais de ces convictions monarchiques, affirme Saâdeddine El Othmani

Et comme pour recadrer son camarde du parti, Saâdeddine El Othmani s’est senti obligé de consacrer une bonne partie de son intervention, lors d’une rencontre du Conseil régional du PJD à Rabat, pour exprimer sa fidélité à l’institution monarchique. « Le parti croit en la monarchie qui est l’une des constantes constitutionnelles essentielles du Maroc. Tenir compte de ces constantes est la condition sine qua non de l’existence du parti. Et le parti ne se détournera jamais de ces convictions », a affirmé le chef du gouvernement.

Malgré cette mise au point du leader islamiste, la déclaration de Hamieddine a été perçue par de nombreuses personnalités politiques comme révélatrice d’une conviction dissimulée au sein du parti. Une pluie de critiques s’est abattue sur ce dernier, et en particulier sur le sulfureux dirigeant qui a toujours eu maille à partir avec la justice, notamment pour son rôle supposé dans l’assassinat, en 1993, de l’étudiant gauchiste Benaissa Ait El Jid à la faculté de Fès.

Source : jeuneafrique.com

 

Cameroun : Paul Biya officiellement candidat à la présidentielle

Le président camerounais Paul Biya, 85 ans dont trente-cinq au pouvoir, a annoncé vendredi sa candidature à un septième mandat pour la présidentielle du 7 octobre prochain.

« Conscient des défis que nous devons, ensemble, relever pour un Cameroun encore plus uni, stable et prospère, j’accepte de répondre favorablement à vos appels pressants. Je serai votre candidat à la prochaine élection présidentielle ». Ce message, posté le 13 juillet sur le compte Twitter du président camerounais, est venu mettre fin au suspense. Paul Biya briguera bien un nouveau mandat lors de la présidentielle du 7 octobre prochain. Depuis plusieurs mois, des soutiens du président le présentaient comme le « candidat naturel » de la majorité.

Cette déclaration fait suite à l’annonce, le 9 juillet par décret, de la date du scrutin présidentiel. La clôture du dépôt des candidatures aura lieu le 19 juillet. La liste définitive sera ensuite officialisée le 8 août.

Parmi les principaux concurrents du président Biya figurent Joshua Osih, candidat du Social democratic front (SDF), Maurice Kamto, du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) et l’avocat et ancien vice-président de Transparency International, Akere Muna.

Crise en zone anglophone

Quatre scrutins étaient initialement prévus pour cette année 2018. Après les sénatoriales, largement remportées par le parti au pouvoir, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), le gouvernement devait également organiser les élections législatives et municipales d’ici la fin de l’année. Le 2 juillet, les députés ont voté un projet de prorogation de leur mandat d’un an avant que le président Biya ne décide de reporter, par décret, les municipales.

« La tenue au cours de l’année 2018 des élections présidentielle, législatives et municipales sensiblement aux mêmes périodes rend difficile leur organisation matérielle, à cause du chevauchement des opérations électorales », avait justifié le président camerounais dans une correspondance adressée à la présidence du Parlement.

Mais au-delà d’un calendrier électoral serré, le climat politique actuel au Cameroun complique l’organisation des différentes élections. Le scrutin présidentiel se prépare dans un contexte tendu, avec des tensions à l’Extrême-Nord, toujours sous la menace de Boko Haram, et la crise en zone anglophone où séparatistes armés et forces de défense et de sécurité s’affrontent depuis fin 2017.

Alors que le gouvernement a annoncé fin juin un plan d’urgence humanitaire de 12,7 milliards de francs CFA (près de 20 millions d’euros) pour répondre à la situation dans la région, le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo, était jeudi 12 juillet en visite officielle dans le Sud-Ouest anglophone.

Source : jeuneafrique.com

 

Côte d’Ivoire : un nouveau gouvernement ivoirien aux couleurs du RHDP

Le nouveau gouvernement ivoirien a été formé mardi. À noter : l’entrée de 10 nouvelles personnalités et la répartition de certains portefeuilles pour contenter les nouveaux alliés du RHDP.

Le suspens n’aura duré que six jours en Côte d’Ivoire, après la dissolution du gouvernement, le 4 juillet dernier, suite aux fortes divergences entre le chef de l’État, Alassane Ouattara, et son allié Henri Konan Bédié, le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), sur la question fondamentale du timing du parti unifié, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP). Le président Alassane Ouattara l’avait prévenu : le gouvernement ne serait constitué que des membres du RHDP et de la société civile, et il a tenu parole.

La liste du gouvernement de Amadou Gon Coulibaly II a donc été rendue public, mardi 10 juillet, par Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence. Sans surprise, tous les ministres de l’ancienne équipe ont été reconduits, dans un exercice de jeu de chaises musicales et de redistribution des postes en vue de la préparation de la présidentielle de 2020. Hamed Bakoyoko ou Kandia Camara n’ont ainsi pas bougé. « Ce gouvernement n’est pas définitif. Un réajustement sera fait après les élections locales prévues avant la fin de l’année », confie à Jeune Afrique un proche du chef de l’État, qui a requis l’anonymat.

Albert Toikeusse Mabri de retour

Le gouvernement de 40 membres est composé de 35 ministres et de 5 secrétaires d’État. Abdallah Albert Toikeusse Mabri, le leader de l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI), qui avait été limogé fin 2016 pour son refus de se présenter aux législatives sous les couleurs du RHDP, fait son retour au gouvernement en qualité de ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. Il remplace ainsi Ramata Ly-Bakayoko (qui récupère le ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfant), fortement contestée par les étudiants de la Fédération estudiantine et scolaire de Côte d’Ivoire (Fesci).

Laurent Tchagba, le numéro deux de l’UDPCI, prend les fonctions de ministre de l’Hydraulique, ministère nouvellement créée. Sidiki Konaté, un ancien ministre proche de Guillaume Soro, le président de l’Assemblée nationale, revient et s’installe à l’Artisanat, un poste qu’il avait occupé dans le gouvernement de Laurent Gbagbo. Quelques frictions sont néanmoins intervenues entre Sidiki Konaté et Guillaume Soro au cours de ces dernières semaines, suite à la volonté du premier de revenir au gouvernement tout en se rapprochant de Hamed Bakayoko, le ministre d’État de la Défense.

Souleymane Diarrassouba, ex-ministre du Commerce, de l’Artisanat, de la promotion des PME, et ministre par interim des Mines et de l’Industrie, conserve le Commerce et l’Industrie. Jean-Claude Kouassi reprend quant à lui le ministère des Mines et de la Géologie. Raymonde Goudou Coffie, la ministre de la Santé sortante, laisse son poste au profit du docteur Eugène Aka Aouélé, baron du PDCI dans le sud-est et proche du vice-président Daniel Kablan Duncan. Raymonde Goudou Coffie devient elle ministre de la Modernisation de l’administration et de l’Innovation du service public.

Sidi Tiémoko Touré devient porte-parole du gouvernement

Bruno Koné, gendre du chef de l’État, ex-ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Poste, prend désormais en charge la Construction et l’Urbanisme. Et laisse sa place à Isaac Dé, ancien titulaire de ce dernier portefeuille. Sidi Tiémoko Touré, ex-ministre de la Jeunesse, s’installe à la Communication et devient le porte-parole du gouvernement. Paulin Claude Danho, le maire de la commune d’Attécoubé, devient ministre des Sports. L’ancien titulaire du poste, François Amichia, prend un nouveau ministère, celui de la Ville.

Tous les ministres initiateurs du mouvement « Sur les traces d’Houphouët Boigny » ont été reconduits

On peut noter donc que tous les ministres initiateurs du mouvement « Sur les traces d’Houphouët Boigny », destiné à défier Henri Konan Bédié dans sa fin de non recevoir à la fondation d’un parti unique RHDP, ont été reconduits, mais aussi que certains initiateurs de ce courant interne au PDCI (Paulin Danho, Aka Aoulé) sont même entrés au gouvernement.

Enfin, Mamadou Touré, ancien secrétaire d’Etat chargé de la formation professionnelle, devient ministre de plein exercice à la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des jeunes (et porte-parole adjoint du gouvernement), tandis que Joseph Séka Séka, président du Parti des travailleurs (PIT), pro-RHDP est nommé ministre de l’Environnement et du développement durable. Au titre des secrétariats d’Etat, on compte quatre nouvelles entrées, en plus de Moussa Sanogo, qui est en charge du Budget et du portefeuille de l’Etat depuis juillet 2017. Felix Anoblé, député de San Pedro qui avait défié Henri Konan Bédié et qui est sous le coup d’une suspension au PDCI est nommé secrétaire d’Etat en charge de la promotion des PME. Nomel Essis, le directeur général du Centre de Promotion des investissements devient secrétaire d’Etat chargé de la promotion de l’investissement privé. Siaka Ouattara, membre de la dissidence du micro-parti Mouvement des Forces de l’Avenir (MFA), favorable au RHDP, a quant à lui été nommé secrétaire d’Etat chargé du service civique, tandis que la haute magistrate Aimée Zebeyoux devient secrétaire d’Etat chargée des droits de l’homme.


La composition du gouvernement Amadou Gon Coulibaly II :

1- M. Amadou Gon COULIBALY, Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Ministre du Budget et du Portefeuille de l’Etat
2- Ministre d’Etat, Ministre de la Défense : M. Hamed BAKAYOKO
3- Ministre des Affaires Etrangères : M. Marcel AMON-TANOH
4- Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique : M. Abdallah Albert Toikeusse MABRI
5- Ministre de l’Education Nationale, de l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle : Mme Kandia KAMISSOKO CAMARA
6- Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme : M. Sansan KAMBILE
7- Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité : M. Sidiki DIAKITE
8- Ministre des Eaux et Forêts : M. Alain Richard DONWAHI
9- Ministre de l’Intégration Africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur : M. Ally COULIBALY
10- Ministre de l’Agriculture et du Développement Rural : M. Mamadou Sangafowa COULIBALY
11- Ministre des Ressources Animales et Halieutiques : M. Kobenan Kouassi ADJOUMANI
12- Ministre du Plan et du Développement : Mme Nialé KABA
13- Ministre des Transports : M. Amadou KONE
14- Ministre de l’Emploi et de la Protection Sociale : M. Pascal Abinan KOUAKOU
15- Ministre de l’Economie et des Finances : M. Adama KONE
16- Ministre de la Construction, du Logement et de l’Urbanisme : M. Bruno Nabagné KONE
17- Ministre de la Santé et de l’Hygiène Publique : M. Aouélé Eugène AKA
18- Ministre de la Ville M. François Albert AMICHIA
19- Ministre des Mines et de la Géologie : M. Jean Claude KOUASSI
20- Ministre de l’Assainissement et de la Salubrité : Mme Anne Désirée OULOTO
21- Ministre de la Modernisation de l’Administration et de l’Innovation du Service Public : Mme Raymonde GOUDOU – COFFIE
22- Ministre de la Culture et de la Francophonie : M. Maurice Kouakou BANDAMAN
23- Ministre de l’Equipement et de l’Entretien Routier : M. Amedé Koffi KOUAKOU
24- Ministre du Pétrole, de l’Energie et des Energies Renouvelables : M. Thierry TANOH
25- Ministre de l’Environnement et du Développement Durable : M. Joseph SEKA SEKA
26- Ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant : Mme Ramata LY-BAKAYOKO
27- Ministre de la Solidarité, de la Cohésion Sociale et de la Lutte contre la Pauvreté : Mme Mariatou KONE
28- Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME : M. Souleymane DIARRASSOUBA
29- Ministre de l’Artisanat : M. Sidiki KONATE
30- Ministre de l’Economie Numérique et de la Poste : M. Claude Isaac DE
31- Ministre de la Fonction Publique : M. Issa COULIBALY
32- Ministre de la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement : M. Sidi Tiémoko TOURE
33- Ministre du Tourisme et des Loisirs : M. Siandou FOFANA
34- Ministre des Sports : M. Paulin DANHO
35- Ministre de l’Hydraulique : M. Laurent TCHAGBA
36- Ministre de la Promotion de la Jeunesse et de l’Emploi des Jeunes, Porte-parole adjoint du Gouvernement : M. Mamadou TOURE

Secrétariats d’Etat
1- Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé du Budget et du Portefeuille de l’Etat : M. Moussa SANOGO
2- Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargé de la Promotion de l’Investissement Privé : M. Emmanuel Esmel ESSIS
3- Secrétaire d’Etat chargé du Service Civique : M. Siaka OUATTARA
4- Secrétaire d’Etat auprès du Garde des Sceaux, Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, chargée des Droits de l’Homme : Mme Aimée ZEBEYOUX
5- Secrétaire d’Etat auprès Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Promotion des PME, chargé de la Promotion des PME : M. Félix ANOBLE

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : début de la campagne pour l’élection présidentielle du 29 juillet

La campagne pour l'élection présidentielle du 29 juillet a officiellement débuté samedi au Mali avec un dispositif de sécurité renforcé en vue d'un scrutin pour lequel vingt-quatre candidats sont en lice dans un pays toujours en proie à des violences jihadistes.

Quelques affiches étaient visibles samedi à différents endroits de la capitale Bamako pour ce premier jour de campagne, pour le moment sans grande effervescence. Des meetings de lancement des deux principaux candidats, le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, élu en 2013 pour cinq ans, et le principal opposant Soumaïla Cissé, sont prévus dimanche après-midi.

Le célèbre chanteur malien Salif Keita a appelé à voter pour Soumaïla Cissé, qui était arrivé en deuxième position lors de la dernière présidentielle.

Vingt-quatre candidats au total se présentent au premier tour de la présidentielle du 29 juillet. Parmi eux, Hamadoun Touré, un ancien fonctionnaire international, a prévu de faire « une campagne ambulante » avec « des bus à (son) effigie qui vont circuler à travers la ville de Bamako », selon un membre de son entourage.

Un autre candidat, l’homme d’affaires Aliou Diallo, a reçu vendredi le soutien de Chérif Hamaoulla Haïdara, dit « Bouillé », un influent chef religieux qui avait appelé en 2013 à voter pour Ibrahim Boubacar Keïta.

Présence de l’Union européenne

Plus de 80 observateurs de l’Union européenne (UE) seront présents pour l’élection du 29 juillet, a annoncé la Mission d’observation électorale de l’UE au Mali, dans un communiqué cette semaine.

La sécurité a été renforcée pour cette campagne. Plus de 30.000 membres des forces de sécurité et de défense été mobilisés pour « sécuriser les candidats sur le terrain et les opérations de vote », selon le ministère de l’Intérieur. Les attaques jihadistes se sont multipliées au Mali ces derniers jours.

Le Nord était tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes armés liés à Al-Qaïda, en grande partie chassés ou dispersés par une intervention militaire lancée en janvier 2013 à l’initiative de la France, qui se poursuit actuellement.

Malgré un accord de paix signé en mai-juin 2015, les violences ont persisté et se sont propagées du Nord vers le centre et le Sud, puis au Burkina Faso et au Niger voisins, se mêlant souvent à des tensions ou des conflits intercommunautaires.

Source : jeuneafrique.com

 

Côte d’Ivoire : vers la scission du PDCI ?

Après la dissolution du gouvernement par Alassane Ouattara, le sort réservé aux anciens ministres issus du PDCI est au centre des attentions. Au sein du parti d’Houphouët-Boigny, plus que jamais écartelé entre partisans et opposants au parti unifié, les tensions redoublent.

Après des mois d’atermoiements et d’intrigues, le temps s’accélère au sein de la majorité présidentielle. Alors qu’Alassane Ouattara a chargé Amadou Gon Coulibaly, reconduit à ses fonctions de Premier ministre, de former un nouveau gouvernement, le 4 juillet, ce remaniement pourrait sonner l’heure de la rupture entre pro et anti-Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) au sein du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI).

Selon les sources de Jeune Afrique, la plupart des ministres sortants issus du PDCI vont se voir offrir un maroquin dans le prochain gouvernement. Nombre d’entre eux ont en effet pris soin de souligner leurs divergences avec la direction du PDCI qui, lors d’un bureau politique mouvementé, le 17 juin dernier, a repoussé à la fin de l’élection présidentielle de 2020 son adhésion au projet de parti unifié.

Création d’un nouveau courant

Mardi 3 juillet, devant de nombreux membres du gouvernement issus du PDCI, Kobenan Adjoumani a annoncé la création d’un nouveau mouvement appelé « Sur les traces d’Houphouët-Boigny », qui devrait être créé officiellement fin juillet à Yamoussoukro, la ville natale du premier président ivoirien. Seuls deux membres de l’exécutif étaient absents : Thierry Tanoh et Jean-Claude Kouassi, les hommes les plus réfractaires à la création rapide d’un parti unifié et dont la place dans le prochain gouvernement semble ainsi la plus menacée.

Alors qu’Alassane Ouattara avait donné l’instruction à chacun de ses ministres de se positionner clairement ces dernières semaines, ces derniers s’y étaient refusés. Le président ivoirien conditionnait pourtant cette adhésion à l’appartenance à l’exécutif. Selon plusieurs sources, le président de l’UDPCI, Albert Toikeusse Mabri, devrait d’ailleurs faire son retour dans le gouvernement, tout comme des membres du Parti ivoirien des travailleurs (PIT). Par ailleurs, Sidiki Konaté, un des proches de Guillaume Soro, devrait également se voir offrir un poste.

À la veille de la constitution de ce nouveau courant, les ministres du PDCI s’étaient rendus à Daoukro, dans le fief d’Henri Konan Bédié. Ils avaient alors tenté de convaincre le chef de leur parti de revenir sur les décisions du bureau politique, ce que le Sphinx a catégoriquement refusé. Le lendemain, il leur a en revanche demandé de renoncer à la constitution de leur mouvement… sans toutefois être écouté.

Amédé Koffi Kouakou affirme ses dissensions

C’est bien un dialogue de sourds qui prévaut au sein du parti d’Houphouët-Boigny. Dans un enregistrement téléphonique pirate, dont le principal intéressé, joint par Jeune Afrique, a reconnu l’authenticité, le ministre Amédé Koffi Kouakou affirme clairement ses dissensions avec la direction du PDCI. « On n’est pas contre Bédié mais on veut aller au parti unifié… Nous, on est pour la paix dans ce pays… Les palabres inutiles, nous, on n’est pas dedans [sic] », peut-on ainsi l’entendre dire à Innocent Yao, le président de la jeunesse rurale du PDCI, à qui il semble faire la leçon.

« Nous, on est convaincus de notre majorité… », l’entend-on dire à Innocent Yao

« Au bureau politique, là, 70 % étaient pour le RHDP. Ceux qui étaient pour le parti unifié, ils étaient plus nombreux que ceux qui étaient contre. Mais voilà, on dit que ce sont ceux qui huent qui ont pris le dessus. Comme le président lui-même a dit : « Il y a des pro et des anti ». On va se peser pour voir qui est plus lourd que son camarade. […] Nous, on est convaincus de notre majorité… »

« Là où Bédié nous envoie, ce n’est pas digne », affirme un cadre pro-RHDP »

Un conseil de discipline

En privé, les « pro-RHDP » ne cachent pas leur défiance contre Henri Konan Bédié. « Cela suffit ! Les gens ne peuvent plus être des moutons. Là où Bédié nous envoie, ce n’est pas digne, il faut qu’on ait le courage de lui dire », affirme un cadre, pourfendant la prise de décision « unilatérale » du Sphinx de Daoukro.

Le beurre et l’argent du beurre

S’ils continuent à assurer publiquement qu’il n’y a pas de rupture au sein du PDCI, le conseil de discipline du parti pourrait se charger d’acter ces dissensions. Ce jeudi 5 juillet, celui-ci doit se réunir et étudier la suspension des partisans du nouveau mouvement, « Sur les traces d’Houphouët-Boigny ».

Des hommes qui, selon les proches de Henri Konan Bédié, cherchent seulement « le beurre et l’argent du beurre ». « Ils veulent garder leurs maroquins dorés, et c’est tout ce qui les intéresse », pourfend un anti-RHDP. Les tenants de cette ligne exigent « l’alternance » avant la mise en place du parti unifié.

Alors que le PDCI s’est rangé derrière Alassane Ouattara en 2015, ils réclament que le RDR fasse de même pour un candidat de leur formation en 2020. Un point sur lequel les deux poids lourds de la majorité semblent incapables de s’entendre. Reste à savoir combien de temps leur alliance peut encore perdurer.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : la candidature de Cheick Modibo Diarra validée par la Cour constitutionnelle

La Cour constitutionnelle a proclamé ce 4 juillet une liste définitive de 24 candidats pour l'élection présidentielle du 29 juillet. L'ex-Premier ministre Cheick Modibo Diarra et les anciens ministres Mountaga Tall et Choguel Kokalla Maïga, qui avaient vu leurs candidatures rejetées la semaine dernière, en font partie.

Ils ont probablement poussé un « ouf » de soulagement en apprenant la nouvelle. L’ex-Premier ministre Cheick Modibo Diarra, les anciens ministres Mountaga Tall et Choguel Kokalla Maïga, le chef religieux Harouna Sangaré ou encore l’ingénieur Hamadoun Touré ont finalement vu leurs candidatures à l’élection présidentielle du 29 juillet validées par la Cour constitutionnelle.

Tous avaient été recalés de la liste provisoire publiée la semaine dernière, en raison de dossiers incomplets. Selon la Cour, ils ont apporté la preuve qu’ils avaient une liste complète d’élus soutenant leur candidature, comme l’exige la loi.

Modibo Diarra en tandem avec Moussa Mara

En tout, 24 candidats figurent sur la liste définitive publiée ce mercredi 4 juillet. Parmi eux se trouvent le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), et le chef de file de l’opposition, Soumaïla Cissé. Une seule femme est candidate : Djeneba N’Diaye, une femme d’affaires peu connue du grand public. Plusieurs anciens ministres d’IBK se présentent par ailleurs contre leur ex-patron, comme Tall et Maïga donc, mais aussi Housseini Amion Guindo, Mohamed Ali Bathily, ou encore Mamadou Igor Diarra.

Un temps menacé, Cheick Modibo Diarra pourra finalement tenir sa place dans la course à Koulouba. L’ancien Premier ministre de la transition est considéré comme l’un des principaux outsiders derrière le duo de favoris IBK et Soumaïla Cissé. Déjà candidat en 2013, il dispose cette fois du soutien d’un allié de poids : Moussa Mara. L’ancien Premier ministre d’IBK et président du parti Yelema avait annoncé mi-juin qu’il retirait sa candidature pour se ranger derrière son aîné.

À eux deux, ils forment désormais un tandem qui pourrait perturber le duel annoncé entre IBK et Soumaïla Cissé. Bien que la campagne électorale débute officiellement le 7 juillet, la plupart des candidats ont déjà commencé meetings, tournées et autres activités à Bamako et en régions il y a plusieurs semaines. Malgré les nombreux problèmes sécuritaires – en particulier dans le centre du pays -, les autorités assurent que le premier tour de la présidentielle se tiendra le 29 juillet comme prévu.

Source : jeuneafrique.com