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Politique en Afrique

Soudan: signature d’une déclaration politique entre les militaires et les civils

Cet accord doit déterminer le partage du pouvoir au sommet de l’État jusqu’aux prochaines élections. Il s'agit d'une avancée dans la crise soudanaise même si les négociations ne sont pas encore terminées.

Cette déclaration politique est le premier accord formellement signé entre civils et militaires depuis la chute d’Omar el-Béchir début avril. Après son annonce le 5 juillet, ce document d’une vingtaine d’articles a nécessité près de deux semaines de négociations et un round final de 14h de discussions, pour aboutir à son adoption définitive.

« La coalition civile avait beaucoup d’amendements. La séance n’a pas été facile. Il a fallu faire preuve de souplesse, d’écoute. Mais ça a fini par déboucher », explique Mohamed Hacen Ould Lebatt, qui a présidé cette réunion marathon. L’envoyé spécial de l’UA parle d’une « déclaration très importante, avec des questions majeures désormais réglées ». « Revenir dessus est impossible », ajoute le diplomate mauritanien.

Encore des points litigieux

Le texte prévoit une transition de trois ans et trois mois, un partage du pouvoir dans le Conseil souverain, l’organe qui dirigera la transition, avec cinq militaires et six civils. Ce sixième civil sera choisi par consensus.

Une commission d’enquête se penchera sur les crimes commis ces derniers mois. Il s'agira d'une commission indépendante, mais nationale, alors que les civils la voulaient internationale. « Elle pourra demander des soutiens extérieurs », précise Mohamed Hacen Ould Lebatt.

Côté militaire, la déclaration a été signée par Hemetti lui-même, le chef des miliciens FSR, accusé d’avoir massacré des dizaines de civils. Il a parlé d’un « moment historique ». Mais pour lancer la transition, les deux parties doivent encore signer le décret constitutionnel d’une soixantaine d’articles, dans lequel il reste plusieurs points litigieux à régler, notamment la question d’une immunité des putschistes, totalement rejetée par les civils. Le dialogue doit reprendre vendredi.

Source ; RFI

 

Algérie : que devient Abdelaziz Bouteflika, président déchu ?

Poussé à la démission par l'armée et la rue, qui s'est massivement soulevée contre sa candidature à un cinquième mandat, l'ex-président algérien Abdelaziz Bouteflika n'est plus apparu en public depuis le mardi 2 avril dernier. Alors que bruissent les rumeurs les plus folles, Jeune Afrique a enquêté sur la nouvelle vie du raïs.

La dernière image que les Algériens gardent du président Bouteflika, chassé du pouvoir par la révolution pacifique initiée le 22 février dernier, est celle d’un homme en gandoura remettant sa démission au soir du mardi 2 avril.

Depuis, l’ancien chef de l’État est contraint au silence. Que devient-il ? Comment vit-il cette déchéance, lui qui a voulu s’accrocher au fauteuil présidentiel au point d’envisager l’irréparable ?

Rumeurs et spéculations

Plus de trois mois après son départ, le sort de Bouteflika alimente rumeurs et spéculations. Il serait à Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, où il possède d’un ranch de 500 hectares. Il aurait fui en famille à bord d’un avion présidentiel pour s’exiler dans un château près de Genève. Il serait placé en résidence surveillée dans sa villa de Sidi Fredj, sur le littoral ouest d’Alger. Il aurait été chassé de la résidence médicalisée de Zeralda, où il vit depuis qu’un AVC l’a cloué sur un fauteuil roulant, et tous ses meubles auraient été restitués à l’État. Pour d’autres, il serait même hospitalisé dans une clinique suisse sous une fausse identité…

Point de tout cela. Jeune Afrique a enquêté en Algérie sur la vie de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika et de ses proches. Contrairement à toutes les supputations, l’ex-raïs vit toujours dans sa maison médicalisée de Zeralda. Physiquement amoindri, il est psychologiquement très affecté par son exil intérieur. Et encore plus par l’incarcération de son jeune frère, Saïd Bouteflika, écroué dans une prison militaire pour « complot contre l’autorité de l’État » et « atteinte à l’autorité de l’armée ».

Source : RFI

 

Algérie : Djamel Ould Abbes placé en détention préventive

L'ancien ministre et ex-secrétaire général du Front de libération nationale (FLN) est notamment poursuivi pour "dilapidation de deniers publics", selon la télévision publique.

Djamel Ould Abbes a par ailleurs été placé en détention préventive dimanche 7 juillet par le magistrat enquêteur de la Cour suprême.

Il est poursuivi en tant qu’ancien ministre de la Solidarité nationale pour « dilapidation de deniers publics, conclusion d’un marché en violation des dispositions législatives et réglementaires en vigueur, abus de fonction et faux en écritures publiques », toujours selon la télévision publique.

Le parquet général près la Cour suprême avait engagé les procédures de poursuite judiciaire à l’encontre de Djamel Ould Abbes, après qu’il eut volontairement renoncé à son immunité parlementaire.

Plusieurs fois ministre

Djamel Ould Abbes a enchaîné jusqu’en 2012 les postes ministériels, dès l’arrivée à la tête de l’État, en 1999, du président déchu Abdelaziz Bouteflika.

Depuis 2013, il était membre de la Chambre haute, le Conseil de la Nation. Il avait été nommé sur le contingent du chef de l’État, qui désigne un tiers de ses membres. Il avait également été à la tête du FLN, parti au pouvoir, de 2016 à 2018.

Depuis qu’Abdelaziz Bouteflika a démissionné le 2 avril sous la pression conjuguée de la rue et de l’armée, la justice a lancé une série d’enquêtes sur des faits de corruption, visant de hauts responsables et des hommes d’affaires réputés proches de l’ancien président.

Source : jeuneafrique.com

 

Sommet de l’UA: la Zlec entre officiellement dans sa phase opérationnelle

Une plaque a été dévoilée à Niamey, la Zlec entre officiellement dans sa phase opérationnelle. La Zone de libre-échange économique continentale a été mise sur les rails ce dimanche soir dans la capitale nigérienne, à l'occasion d'un sommet extraordinaire de l'Union africaine. Trente-deux chefs d'État ont fait le déplacement pour la naissance de ce marché commun africain.

Il était environ 20 heures, hier soir à Niamey, lorsque les chefs d’État ont officiellement lancé la phase opérationnelle de cette zone de libre-échange, la Zlec ou la Zlecaf, comme on l’appelle, une nouvelle entité qui doit permettre de multiplier les échanges intra-africains et ainsi accélérer le développement du continent.

Les chefs d’État et de gouvernement ont donc officiellement lancé cette zone de libre-échange et se sont entendus sur certains des instruments à mettre en place pour permettre son fonctionnement, en particulier en ce qui concerne les offres tarifaires en ligne, le système de paiement numérique et l’observatoire africain du commerce.

Le choix d’Accra comme siège du futur secrétariat permanent de cette Zlec a été validé, il a également été confirmé que la zone n’entrera pleinement en vigueur que dans un an, le 1er juillet 2020.

Au cours de la cérémonie de lancement, les noms des pays qui ont signé cet accord ont été égrenés : ils sont 54. Seule l’Érythrée ne l’a pas signé ; le Nigeria et le Bénin, eux, l’ont fait ce matin. Vingt-sept pays au total ont ratifié ce texte, les deux derniers à l’avoir fait dimanche matin sont le Gabon et la Guinée équatoriale.

Pour beaucoup, ce lancement est un moment historique. En ouverture des travaux ce matin, le président nigérien Mahamadou Issoufou avait estimé que c’était là « l’événement le plus important dans la vie du continent africain », et ce depuis la création de l’OUA et sa transformation en Union africaine.

Source : RFI

 

Présidentielle en Mauritanie : Le président Macky Sall félicite El Ghazouani...

 Présidentielle en Mauritanie : Le président Macky Sall félicite El Ghazouani...DakarActu - Le président de la république du Sénégal Macky Sall a envoyé une lettre de félicitations à son homologue nouvellement élu de la Mauritanie le président Cheikh Mohamed Ahmed Cheikh El Ghazouani.

Le président Macky Sall lui souhaite plein succès dans l’accomplissement de ses hautes charges au service de ses compatriotes.

Le président du Sénégal n’a pas oublié d’indiquer à son homologue de la Mauritanie son attachement à l’idée d’œuvrer avec lui au raffermissement des liens privilégiés entre les deux pays qui sont des relations de bon voisinage, d’amitié cordiale et de coopération conviviale.

Source : DakarActu

 

Guinée-Bissau : un nouveau gouvernement formé après l’ultimatum de la Cédéao

Le nouveau gouvernement d'Aristides Gomes a été annoncé le 3 juillet, date limite de l’ultimatum adressé par la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), médiatrice dans la crise politique en Guinée-Bissau, qui exigeait aussi la nomination d'un nouveau procureur général.

Le nouveau gouvernement du Premier ministre Aristides Gomes formé mercredi compte 16 ministères – une équipe paritaire -, selon le décret présidentiel publié le 3 juillet. Quinze secrétaires d’État ont également été nommés.

Ce nouveau gouvernement est en grande partie composé de membres du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique qui a remporté les législatives du 10 mars. Suzi Barbosa devient la nouvelle cheffe de la diplomatie bissau-guinéenne, tandis que Luis Melo accède au ministère de la Défense. Autre maroquin clé, le ministère de l’Économie et des Finances est confié à Geraldo Martins.

à lire En Guinée-Bissau, l’attente d’un nouveau Premier ministre cristallise les tensions

Le nouveau gouvernement accorde aussi une place de choix aux alliés du PAIGC au Parlement. Ainsi, Armando Mango, de l’APU-PDGB – parti de Nuno Gomes Nabiam, 5 sièges à l’Assemblée nationale – devient ministre de la Présidence du conseil des ministres et des Affaires parlementaires. Issu du même parti, Juliano Fernandes est nommé ministre de l’Intérieur. Quant à Iaia Djalo, président du PND, il devient ministre du Commerce.

Un nouveau procureur général

Le président bissau-guinéen José Mário Vaz a par ailleurs nommé un nouveau procureur général après la démission du titulaire de ce poste, en conflit avec la majorité parlementaire, selon un décret présidentiel.

« M. Ladislau Clemente Fernando Embassa est nommé procureur général jusqu’à l’investiture du nouveau président de la République », indique un décret présidentiel publié mercredi 3 juillet. L’ancien titulaire du poste, Bacari Biai, avait démissionné la veille après un conflit avec la majoritaire parlementaire.

Il avait en effet réclamé le 29 juin l’arrestation, pour « tentative de subversion de l’ordre constitutionnel », du président de l’Assemblée nationale, Cipriano Cassama, désigné par la majorité pour assurer « l’intérim » du chef de l’État, José Mário Vaz, dont le mandat a expiré le 23 juin dernier.

« La conduite des affaires » revient au gouvernement

Contesté par le PAIGC, José Mário Vaz reste à la tête du pays mais « laissera la conduite des affaires au gouvernement », a tranché samedi la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), exigeant également qu’un nouveau procureur général soit nommé et qu’un nouveau gouvernement soit formé au plus tard le 3 juillet.

Le premier tour de l’élection présidentielle a été fixé au 24 novembre, et un second pourra avoir lieu le 5 janvier 2020, a annoncé mercredi la Commission électorale nationale.

La Guinée-Bissau est en crise politique depuis août 2015 et le limogeage par José Mário Vaz de son Premier ministre de l’époque, Domingos Simões Pereira, chef du PAIGC. Après la victoire de son parti aux législatives de mars, le président avait pourtant refusé de le renommer à la primature.

Après plusieurs semaines de bras de fer avec la majorité, Aristides Gomes, déjà en fonction depuis le printemps 2018, a finalement été désigné par le PAIGC comme Premier ministre. Le PAIGC et ses trois formations alliées contrôlent une majorité de 54 sièges sur 102 à l’Assemblée nationale contre 48 pour l’opposition représentée par le Madem G-15, formé de députés frondeurs du PAIGC, et le Parti pour la rénovation sociale (PRS).

Source ; jeuneafrique.com

 

Algérie : Abdelkader Bensalah propose un dialogue sans la participation de l’armée

Le président par intérim en Algérie, Abdelkader Bensalah, a proposé le 3 juillet un dialogue pour préparer la présidentielle, dans lequel ni les autorités politiques ni l'armée ne seront selon lui impliquées.

« Le processus de dialogue sera conduit et mené en toute liberté et en toute transparence par des personnalités nationales, crédibles, indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale », a déclaré mercredi Abdelkader Bensalah, qui assure l’intérim depuis le 9 avril.

« L’État dans toutes ses composantes, y compris l’Institution militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la plus stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus », a-t-il affirmé.

« Exigences irréalistes »

Selon lui, « il est devenu aujourd’hui nécessaire de mettre de côté (…) les exigences irréalistes qui sont de nature à prolonger la situation actuelle et d’entraîner notre pays dans une situation de vide constitutionnel, source d’incertitude et d’instabilité ».

Son discours est intervenu à quelques jours de l’expiration, prévue le 9 juillet, de la période d’intérim à la tête de l’État, ouverte par la démission d’Abdelaziz Bouteflika. Face à l’impossibilité d’organiser le scrutin à la date du 4 juillet, faute de candidats, Abdelkader Bensalah a déjà annoncé qu’il prolongerait ses fonctions jusqu’à l’élection d’un nouveau président, à une date pour l’heure non indiquée.

Il s’agit de la deuxième proposition de dialogue du chef de l’État par intérim. Le 6 juin, il avait appelé l’ensemble de la classe politique au dialogue afin d’arriver à un consensus autour de l’organisation de l’élection présidentielle. Mais cette proposition avait été rejetée par la contestation.

Appel de plusieurs personnalités

Ce discours survient par ailleurs alors que plusieurs personnalités algériennes ont appelé leurs compatriotes à participer massivement vendredi à la 20e manifestation hebdomadaire contre le régime, qui coïncidera avec le 57e anniversaire de l’indépendance de l’Algérie.

Cette année, « faisons du 5 juillet la concrétisation de la libération de l’Homme, après la libération de la patrie » du pouvoir colonial français, le 5 juillet 1962, ont lancé dans une vidéo postée sur internet ces personnalités. Parmi elles, le célèbre avocat Me Mustapha Bouchachi, la professeure de droit Fatiha Benabbou, l’économiste Smail Lalmas, le diplomate Abdelaziz Rahabi, le sociologue Nacer Djabi et Karim Tabbou, porte-parole de l’Union pour la démocratie sociale (UDS).

Source : jeuneafrique.com

 

Éthiopie: «tentative de coup d'État» opérée dans la région d'Amhara

En Éthiopie, les autorités dénoncent une tentative de coup d’État dans la région Amhara, dans le nord du pays. Le Premier ministre Abiy Ahmed a fait une déclaration à la télévision nationale. Le chef d'état-major, le général Seare Mekonnen, et le président de la région Amhara, Ambachew Mekonnen, ont été tués. Le gouvernement éthiopien assure ce dimanche 23 juin au matin que la situation est sous contrôle.

Dans la nuit de samedi à dimanche, en uniforme militaire et le visage grave, le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed a annoncé qu’une tentative de coup d’État avait été perpétrée dans l'État d'Amhara. L’Éthiopie est un État fédéral.

L’opération a échoué et la situation est sous contrôle, a affirmé le chef du gouvernement, expliquant que plusieurs officiers avaient été visés ainsi que des représentants de la région Amhara, lors d'une réunion dans la capitale, Bahir Dar.

Les dernières informations font état de la mort du président de la région, Ambachew Mekonnen, à Bahir Dar. Cet ancien conseiller en infrastructures du chef du gouvernement était en poste depuis le mois de mars seulement.

Il a été tué, samedi, alors qu’il était en réunion de travail, lors d'une attaque orchestrée par le chef de la sécurité de la région Amhara, selon les autorités. Selon plusieurs sources, un de ses principaux collaborateurs, Ezez Wasé, a été tué avec lui.

Le ministre de la Justice nationale a été grièvement blessé. Cela s'est passé aux environs de 6h30, heure locale. Quelques dizaines de minutes plus tard, cette fois-ci à Addis-Abeba, le chef d’état-major, le général Seare Mekonnen, a été tué par son garde du corps à son domicile.

Dans un premier temps blessé par balle, l’officier a été transporté à l’hôpital Washington de la capitale éthiopienne, où il a succombé à ses blessures. Un ancien militaire, haut gradé de l'armée à la retraite, Gezae Abera, qui était en sa compagnie a aussi été abattu.

Le dernier bilan fait donc état de quatre morts et un blessé grave. Des interpellations, dont celle du chef de la sécurité de la région Amhara Asaminew Tsige, ont eu lieu. La situation est sous contrôle, selon les autorités.

Les autorités affirment par ailleurs que les deux événements sont liés, que des opérations sont en cours pour arrêter les cerveaux de ce que le pouvoir présente comme une tentative de coup d’État. Depuis samedi soir, internet serait en grande partie coupé dans le pays.

Tôt ce dimanche matin, l'ambassade des États-Unis a alerté ses ressortissants au sujet d'échanges de coups de feu et leur a demandé d'éviter de sortir.

Le chercheur Awol Allo rappelle que ces violences surviennent après plusieurs mois de tension, de déplacements massifs et de montée de l’ethno-nationalisme. « Ces événements vont laisser des traces et seront un héritage menaçant » pour l’avenir, dit-il.

De fait, l'Éthiopie connaît régulièrement des violences intercommunautaires. Le Premier ministre Abiy Ahmed, salué dans le monde entier pour ses efforts en faveur de la paix dans la Corne de l’Afrique, et notamment au Soudan, ne trouve pour l’instant pas de solution pour stopper ces cycles d’affrontements dans son propre pays.

Source : RFI

 

Soudan: les contestataires acceptent une proposition éthiopienne de transition

La principale coalition d’opposition a annoncé samedi soir avoir accepté un plan proposé par la médiation éthiopienne prévoyant la formation d’un gouvernement de transition composé majoritairement de civils, et qui dirigerait le Soudan jusqu’à des élections prévues dans trois ans.

La proposition éthiopienne prévoit un gouvernement de transition constituée de 15 personnes : huit civils et sept militaires. Sur les huit civils, sept seraient issus de l’Alliance pour la liberté et le changement, fer-de-lance de la contestation. Le huitième poste serait attribué à une personnalité jugée impartiale.

Selon un porte-parole de l’opposition, cet organe serait dirigé par une présidence tournante entre militaires et civils, les militaires assurant la première moitié de la transition.

Cette ébauche de compromis a donc été acceptée par cette coalition d’opposition. Une rencontre est d’ailleurs prévue ce dimanche entre elle et le médiateur éthiopien.

Le Conseil militaire – au pouvoir – n’a pas encore réagi. Mais samedi, son numéro deux, le général Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemeti, a déploré que les deux tiers du Parlement soient réservés à cette coalition d’opposition. « Ce n'est pas possible qu'eux seuls imposent leurs opinions », estime celui qui dirige les Forces de réaction rapide (FSR), cette milice responsable de la dispersion sanglante du sit-in des manifestants, et dont plusieurs milliers d’hommes sont déployés dans Khartoum.

Les négociations entre le régime militaire en place et l’opposition sont suspendues depuis début juin. Les forces de sécurité avaient alors violemment dispersé un sit-in de manifestants, faisant plus de 120 morts.

Source : RFI

 

Algérie: 7 partis d'opposition se fédèrent pour sortir de l'impasse politique

En Algérie, en début de semaine, les organisations de la société civile se mettaient d'accord pour une « transition de six mois à un an ». Cette fois, ce sont les partis d'opposition démocratiques qui se réunissent. Et c'est une première depuis le début du mouvement populaire il y a 4 mois. Alors que le processus démocratique amorcé par le départ d'Abdelaziz Bouteflika est dans l'impasse, sept formations politiques d'opposition ont signé, mardi 18 juin, l'appel aux forces de l'alternative démocratique. Le Front des forces socialistes (FFS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), PT, PST, UCP, MDS, PLD ainsi que des responsables de Ligue algérienne des droits de l'homme (LADDH) – joignent leurs forces pour élaborer un plan de sortie de crise qui passe par une transition démocratique.

Fini l'isolement au sein de l'opposition, place au collectif. Le Mouvement démocratique et social (MDS), le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et 5 autres partis politiques entendent désormais travailler ensemble pour trouver une solution politique à la crise.

« Il n’y a aucun parti qui peut, à lui seul, trouver une issue réclamée par le peuple algérien qui veut en finir avec le régime actuel, explique Ramdane-Youssef Tazibt, dirigeant du Parti des travailleurs. Donc, chaque parti est conscient que l’enjeu est grand. »

Pour cette frange de l'opposition signataire de l'appel, la seule option possible est la transition démocratique. « On est pour le changement radical du système, on est pour la transition démocratique, pas pour la présidentielle, poursuit Ali Laskri, du Front des forces socialistes (FFS). C’est-à-dire qu’il y a une instance suppléante, et pourquoi pas par la suite un gouvernement de transition. On est pour la constituante pour aller par la suite à la présidentielle, aux législatives et locales. C’est un processus. Si on demande un changement du système, c’est pas pour pérenniser encore le système, le renforcer, le consolider. »

Pour ce qui est du dispositif détaillé, la réflexion se poursuit. L'opposition démocratique a donné rendez-vous aux adeptes de la transition le 26 juin prochain pour une concertation.

Source : RFI

 

Guinée-Bissau : l’élection présidentielle fixée au 24 novembre

Le président bissau-guinéen José Mário Vaz a fixé la date de l'élection présidentielle au 24 novembre 2019, quelques heures après avoir convié le parti vainqueur des législatives du 10 mars à indiquer le nom de son candidat au poste de Premier ministre.

« Le 24 novembre 2019 est la date retenue pour l’élection présidentielle », selon le décret publié mardi 18 juin après des concertations entre le président José Mário Vaz, les 49 partis politiques légalement inscrits dans le pays, le gouvernement et la Commission nationale des élections (CNE).

En mai, la CNE avait proposé la date du 3 novembre pour le premier tour du scrutin présidentiel qui doit se tenir cette année, avec un éventuel second tour le 8 décembre.

Malgré le bon déroulement des élections législatives du 10 mars, remportées par le Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) dirigé par Domingos Simões Pereira, la Guinée-Bissau ne parvient pas à sortir de la crise politique qui paralyse le pays depuis août 2015.

Un Premier ministre bientôt nommé ?

L’annonce de la date de la prochaine présidentielle n’a d’ailleurs pas permis de débloquer le contentieux autour de la composition du bureau de l’Assemblée nationale, où le PAIGC et ses alliés contrôlent une majorité de 54 sièges sur 102. Ce blocage contribue au retard persistant de la désignation du Premier ministre, poste pour lequel la majorité parlementaire a proposé Domingos Simões Pereira, dit DSP.

Un chef de gouvernement pourrait toutefois être prochainement nommé. Le président Vaz a ainsi demandé, dans une lettre datée du 17 juin, au PAIGC « d’indiquer le nom de son candidat au poste de Premier ministre ».

Blocage au Parlement

L’opposition contrôle le reste de l’Assemblée nationale populaire. Le Madem, formé par 15 députés frondeurs du PAIGC, et le Parti pour la rénovation sociale (PRS) se partagent les 48 sièges restants de l’Assemblée, respectivement 27 et 21.

Depuis la reprise des travaux parlementaires le 18 avril, les débats achoppent sur le poste de deuxième vice-président de l’Assemblée, revendiqué par le Madem pour un de ses dirigeants, Braima Camara. Mais le PAIGC et ses alliés rejettent le nom de cet ancien frondeur du PAIGC, qui avait préféré José Mário Vaz à DSP.

La crise entre les deux hommes, pourtant issus du même parti, a éclaté en août 2015 avec le limogeage par le président Vaz de Domingos Simões Pereira, qui était alors son Premier ministre. Elle inquiète d’autant plus la communauté internationale que les élections de 2014 – qui avaient abouti à l’arrivée des deux hommes au pouvoir – avaient marqué un retour à l’ordre dans ce pays secoué par de nombreuses tentatives de putsch.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie : le Code électoral polémique adopté à l’Assemblée

Après une première tentative avortée la semaine dernière, l’exécutif tunisien est parvenu à faire adopter une série d'amendements du Code électoral jugés contestables par une partie de la classe politique et de la société civile tunisienne.

L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) a adopté une série d’amendements au Code électoral, dont plusieurs ont fait polémique, lors de sa session plénière de ce mardi 18 juin. Le texte, adopté par 122 voix « pour », sur les 170 présents pour les 217 députés que compte l’ARP, entérine une série de modifications qui ont fait largement débat.

Un seuil de représentativité a notamment été instauré pour les législatives et la présidentielle. Fixé à 3% dans l’amendement voté ce mardi, là où la commission parlementaire avait proposé de le fixer à 5%, ce seuil fixe le niveau au-dessous duquel une liste se voit exclue de la répartition des sièges au Parlement. Si le seuil des 3% avait été appliqué lors des municipales de mai 2018, il est une nouveauté pour les scrutins nationaux.

Le nouveau texte prévoit également d’écarter les candidats qui, au cours des douze mois précédent le scrutin, ont assuré des postes de direction dans des médias ou des associations, au motif qu’ils auraient bénéficié par ce biais d’une publicité considérée comme politique. Un amendement taillé sur mesure pour exclure les favoris des derniers sondages : Nabil Karoui et Olfa Terras.

Autre amendement adopté, qui avait fait polémique, celui qui stipule que « ceux qui critiquent la révolution », « regrettent l’ère Ben Ali » ou « appellent à la haine ». Celui-là vise Abir Moussi, benaliste convaincue. L’amendement visant à moraliser la vie politique, en interdisant le « nomadisme parlementaire » lors de la prochaine législature a, en revanche, été rejeté par les députés.

Négociations et marchandages

Sous la coupole du Bardo, il semblait évident que les négociations et marchandages avaient été menés tambour battant pour arracher ce résultat. Les tentatives de la députée Samia Abbou (Courant démocratique) d’obtenir une discussion avant le vote ont été vaines. D’autres députés se sont indignés de ce que le projet leur soit parvenu en début de séance sans avoir  été soumis objet de discussion au préalable. « Si le texte ne vous convient pas, vous pouvez appuyer sur le bouton rouge », leur a rétorqué le vice-président de l’Assemblée, Abdelfatah Mourou.

Pour l’ancien ministre de la Justice Mohamed Salah Ben Aïssa, « les résultats sont contestables ».  Le constitutionnaliste cite notamment des recours possibles et plaidé pour obtenir l’avis de la Cour constitutionnelle, même si elle n’est que temporaire. « Ce n’est pas fini ! », a prévenu en écho le député indépendant Mondher Belhaj Ali.

Pour être validée, la loi doit en effet encore être signée par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Elle doit aussi être appliquée par l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), dont le président, Nabil Baffoun, avait estimé que ces modifications du code électoral étaient « inappropriées » et que la nouvelle loi risquait de provoquer un report des élections. Une crainte que partagent également l’UGTT (principale centrale syndicale) et l’Utica, qui représente le patronat. Des constitutionnalistes ont par ailleurs pointé le fait que cette nouvelle loi entrait en contradiction avec l’article 74 de la Constitution, qui prévoit explicitement les conditions requises pour les candidats au poste de Chef de l’État.

Réactions internationales

L’âpre débat a même débordé les frontières tunisiennes. L’Union européenne a fait par de sa position de soutien à l’Assemblée des représentant du peuple, tant que celle-ci « agit conformément à la Constitution ». Selon des sources diplomatiques européennes, la question doit être abordée par le Conseil européen, qui se réunit les 20 et 21 juin à Bruxelles. Donald Bloome, ambassadeur des États-Unis en Tunisie, s’est également élevé contre le vote de ces amendements. Par ailleurs, le député des Français de l’étranger de la 9e circonscription, M’jid El Guerrab (LRM, parti d’Emmanuel Macron), a déposé une question écrite à l’adresse du ministre français des Affaires étrangères à qui il réclame « la position de la France vis-à-vis de ces projets d’amendements ».

Outre ces inquiétudes, le vote de ce mardi à l’ARP met également en lumière la nouvelle alliance entre Tahya Tounes, parti du Chef de gouvernement Youssef Chahed, et Ennahda, qui se nouera après les élections, mais est déjà çà l’œuvre dans l’hémicycle. Une configuration que les Tunisiens connaissent d’autant plus que Tahya Tounes est lui-même un parti dérivé de Nida Tounes qui, après avoir remporté les précédentes législatives, avait noué une alliance avec Ennahdha.

Une alliance qui peut avoir un impact fort sur l’image internationale de la Tunisie. D’autant plus que des députés d’Ennahdha, qui nie toute proximité avec les Frères Musulmans, ont récité la fatiha en mémoire de Mohamed Morsi, l’ex-président égyptien décédé la veille, dont ils ont fait l’éloge. Un acte qui a clivé au sein de l’Assemblée, et qui ne devrait pas être sans conséquence sur les relations diplomatiques tunisiennes.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie: des organisations de la société civile adoptent une déclaration commune

Cela fait quatre mois que les Algériens manifestent. Cela fait aussi des semaines que des organisations de la société civile tentent de discuter ensemble de propositions de sortie de crise. Une centaine d’organisations étaient réunies, samedi 15 juin, à Alger. Elles ont adopté une déclaration commune et appelé à une transition politique, de six mois à un an, ainsi qu’à la nomination d’une commission indépendante pour organiser les élections. Mais certains expriment déjà des réserves.

C’est une initiative inédite en raison de la diversité des idéologies représentées. Une centaine de personnes sont autour de la table.

« Nous sommes arrivés à faire une feuille de route commune avec trois dynamiques avec leurs divergences et leurs idéologies. C’est très important sauf que je trouve - et c’est ce que je vais dire dans mon intervention – qu’il manque le principe important d’égalité », nous explique Siham Hammache, avocate et membre du Forum civil.

Dans le document commun, les participants ont listé des préalables nécessaires à la transition dont le respect des libertés individuelles mais l’expression « égalité hommes-femmes » a coincé et n’est pas mentionnée. Certains participants s’inquiètent de l’emprise des organisations les plus conservatrices sur les propositions de transition.

« Il reste des voix qui font le rappel du dialogue sans conditions, du dialogue avec le président intérimaire alors que c’était acté qu’il n’y aurait pas de dialogue avec les représentants du système, avec les vieux chevaux du système qui plus est… Ça me désole un peu parce que la voix des progressistes ne s’entend pas assez », déplore Samia Seguir, enseignante et membre du Collectif pour la société civile.

Prochaine étape pour ces organisations de la société civile: une rencontre prévue avec les partis d’opposition.

Source : RFI

 

Le président Issoufou accueille une base militaire émiratie au Niger

Le président Issoufou accueille une base militaire émiratie au NigerLes négociations entre le Niger et les Émirats arabes unis qui souhaitent installer une base militaire dans ce pays sahélien d’Afrique de l’Ouest sont entrées dans leur phase finale.

Les discussions entre les Émiratis et les Nigériens ont été longues et difficiles, mais elles sont désormais sur le point d’aboutir. Plus que quelques détails à régler afin que dans les prochains mois l’armée émiratie installe une base militaire à la frontière nord du Niger qui jouxte l’Algérie et la Libye.

Le risque d’embrasement

Il s’agit d’une opération à hauts risques pour le président Isssoufou qui met ainsi un pied dans le bourbier libyen. Cette alliance avec « le parrain » essentiel de l’offensive d’Haftar contre le gouvernement libyen d’union nationale présidé par Fayez Sarraj et cautionné par l’Onu pourrait fragiliser la situation sécuritaire au Niger qui n’est déjà pas brillante.

L’accord entre le Niger et les Émiratis témoigne à quel point la décision du maréchal Haftar de tenter une prise de pouvoir par la force en Libye pourrait embraser la région entière.

Le président du gouvernement libyen, Fayez Sarraj a déclaré, dans un entretien accordé à la chaîne Sky News, que les combats autour de Tripoli ont eu pour première conséquence, un regain certain de la force de Daech, avec le réveil de nombreuses cellules dormantes.

La diplomatie du carnet de chèques

Le président nigérien Mahamadou Issoufou avait, au départ, marqué sa réticence à un accord avec les Émirats, arguant que son pays venait de refuser l’installation d’une base militaire à l’Italie. Rome voulait justement installer une base militaire dans le nord du Niger surtout pour combattre l’immigration clandestine vers l’Europe.

S’ils sont entrés dans la quête de l’installation d’une base militaire longtemps après l’Italie, les Émiratis semblent avoir trouvé des arguments plus décisifs : le carnet de chèques et les pressions diplomatiques, notamment l’aide de leurs alliés saoudiens très influents au Niger.

Haftar en ligne de mire

En fait, ce n’est pas tant le Niger ou la menace terroriste dans le Sahel qui intéressent les Émirats arabes unis qui, soit-dit en passant, n’ont pas de tradition militaire. L’obsession de ce petit État de sept émirats répartis sur 83.600 km2, c’est la Libye. Prendre pied au nord du Niger, à un jet de pierre de la Libye, c’est pour les Émiratis être en mesure de soutenir massivement et plus facilement le maréchal Khalifa Haftar, leur allié dans le conflit qui oppose le chef de l’armée nationale libyenne au gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj.

Au-delà du soutien au maréchal Haftar, l’installation d’une base émiratie au Niger prolonge la rivalité entre, d’un côté, les Émirats arabes unis et leurs alliés saoudien et égyptien soutiens déclarés de l’armée nationale libyenne et de, l’autre côté, la Turquie et le Qatar, parrains du gouvernement d’union nationale d’el-Sarraj et des milices armées qui défendent Tripoli.

Une opération à hauts risques

Pour le Niger, l’arrivée d’une base militaire émiratie est une opération à hauts risques. En effet, plusieurs ressortissants nigériens sont déjà pris au piège de la guerre en Libye. Ils pourraient faire les frais d’une absence de neutralité de leur pays dans les affrontements qui opposent Haftar à el-Sarraj.

A quoi s’ajoutent les risques d’une nouvelle frustration des forces armées nigériennes déjà condamnées à cohabiter avec les bases militaires allemande, américaine et française.

Avec l’arrivée de l’armée émiratie, le Niger comptera donc 4 forces étrangères sur son sol sans que cela le mette forcément à l’abri d’attaques terroristes sur la frontière Ouest commune avec le Mali et le Burkina Faso ; sud-est qu’il partage avec le Nigeria.

La rédaction de Mondafrique
Source : Mondafrique

 

Algérie : l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal lui aussi écroué

Au lendemain de l'incarcération d'Ahmed Ouyahia, Abdelmalek Sellal, autre ancien Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika, a été placé peu avant 15h sous mandat de dépôt par un juge d'instruction de la Cour suprême, dans le cadre de vastes enquêtes sur des soupçons de corruption et de dilapidation de biens publics.

Deuxième sensation en Algérie après le placement en détention provisoire, mercredi 12 juin, de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia. L’autre ex-chef de gouvernement Abdelmalek Sellal, 70 ans, a été placé jeudi sous mandat de dépôt par un juge d’instruction de la Cour suprême.

Arrivé dans la matinée au siège de cette institution, Sellal a été longuement auditionné par le magistrat, qui a ordonné sa mise en détention provisoire dans le cadre d’enquêtes sur des soupçons de corruption, de dilapidation de biens publics, d’abus de fonction et d’octroi d’indus privilèges. Annoncée prématurément par certains médias alors que l’intéressé se trouvait encore dans le bureau du juge, la décision a été confirmée à Jeune Afrique peu avant 15h.

Le dossier d’Abdelmalek Sellal faisait partie d’un ensemble de 11 autres dossiers d’anciens hauts responsables politiques, parmi lesquels Ahmed Ouyahia, Amara Benyounès ou Amar Ghoul, qui ont été transmis à la Cour suprême. Belkacem Zeghmati, le nouveau procureur de la Cour d’Alger à l’origine du mandat d’arrêt contre Chakib Khelil en août 2013, avait remis fin mai à la Cour suprême les dossiers judiciaires de ces dirigeants en vue d’une instruction. Ayant tous été membres du cercle présidentiel, ils sont poursuivis dans le cadre « d’enquêtes préliminaires effectuées par la gendarmerie concernant des faits à caractère pénal », plus particulièrement « pour des faits punis par la loi relative à la conclusion de marchés publics et de contrats contraires à la réglementation et les lois en vigueur ».

Sellal, un pilier du système Bouteflika

Membres de tous les gouvernements entre 1999 et 2017, Premier ministre entre 2012 et 2017, Abdelmalek Sellal a été un des piliers du système de l’ancien président Abdelaziz Bouteflika, dont il était particulièrement proche. Alors que Bouteflika se remettait difficilement de l’AVC dont il a été victime en 2013, Sellal a été fortement pressenti pour prendre la succession du président, avant que l’ex-chef de l’État ne décide finalement de briguer un quatrième mandat.

Depuis, son nom revenait régulièrement comme éventuel successeur. La proximité de Sellal avec le président déchu et son frère Saïd lui a valu d’être directeur de campagne du candidat Bouteflika à quatre reprises, en 2004, 2009, 2014 et 2019.

Avant de prendre la chefferie du gouvernement, Sellal avait dirigé les ministères des Transports, des Travaux publics ou encore celui des Ressources en eau, tous grands pourvoyeurs de marchés publics octroyés à des hommes d’affaires qui font aujourd’hui l’objet de multiples enquêtes. Sellal avait noué de solides liens avec certains oligarques comme Ali Haddad, PDG du groupe ETHRB, aujourd’hui incarcéré, ou encore Ahmed Mazouz, un industriel actif dans le business de l’automobile et de l’agroalimentaire, et dont l’origine de la fortune intéresse la justice algérienne.

Sa fille citée dans les Panama Papers

Abdelmalek Sellal a été éclaboussé par deux scandales dans lesquelles sa fille Rym, âgée de 39 ans et résidant en Grande-Bretagne, tenait un rôle central. En 2015, le nom de cette dernière a ainsi été cité dans le livre Alger-Paris, une histoire passionnelle, en tant que propriétaire d’un appartement de luxe sur les Champs-Élysées, acquis en 2007 et d’une valeur de 860 000 euros.

Une année plus tard, le nom de Rym Sellal apparaissait aussi dans le scandale des Panama Papers, comme bénéficiaire d’une société offshore au capital de 50 000 dollars. Selon des documents publiés dans le cadre des enquêtes, Rym Sellal a profité entre 2005 et 2010 de la société Teampart Capital Holdings Limited (TCH), constituée aux Îles vierges britanniques le 26 octobre 2004 en faveur d’Omar Habour.

Homme d’affaires franco-algérien, ce dernier a été largement cité dans les affaires de corruption liées au groupe Sonatrach. En septembre 2018, il a été condamné par la justice italienne à quatre ans de prison par contumace pour avoir joué un rôle de premier plan dans de nombreux contrats litigieux accordés par Sonatrach à la compagnie italienne Saipem, à l’époque où Chakib Khelil dirigeait le ministère de l’Énergie.

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc : passeport, carte d’identité et billets de banque en amazigh

Maroc : passeport, carte d’identité et billets de banque en amazighBladi - La Chambre des représentants a adopté par consensus le lundi dernier, le Projet de loi organique 26.16 définissant le processus de mise en œuvre du caractère officiel de l’amazigh, ainsi que les modalités de son intégration dans l’enseignement et dans les domaines prioritaires de la vie publique.

Une grande avancée dans le processus d’officialisation du Tamazight qui n’aura que trop duré. Il aura fallu attendre huit ans après son officialisation et pratiquement deux ans de discussion au parlement, pour aboutir au résultat obtenu lundi dernier.

Le texte de loi approuvé par la Commission de l’éducation, de la culture et de la communication de la Chambre des représentants, rappelle Hespress, « fait suite à l’examen d’une vingtaine d’amendements proposés par les deux groupes d’opposition (PAM et Istiqlal) sur les 35 Article du Projet de loi organique.

Pour en revenir à l’essentiel, il convient de retenir que l’alphabet Tifinagh sera bel et bien destiné à écrire en langue Amazighe, comme décidé depuis la création de l’Institut royal de la culture Amazigh (IRCAM) par Dahir en 2001. « Seul le groupe PJD de la première Chambre a continué de réclamer l’écriture de la langue Amazighe en caractères arabes », fait remarquer le média.

Le projet de loi en question touche à tous les domaines publics où la langue et la culture Amazighes doivent se manifester.

Il stipule par exemple que « les cartes d’identité nationales, les passeports, les billets de banque et les pièces de monnaie, les facture d’eau, d’électricité et téléphonie, tous les certificats administratifs et les décisions des tribunaux » doivent être délivrés en Amazigh.

Mais également, d’autres domaines de services comme « les transports publics, les aéronefs, les navires, les trains, les véhicules de service public, de la Sûreté nationale, de la gendarmerie royale, de la protection civile, des forces auxiliaires et des ambulances » sont également concernés par le texte de loi.

Par ailleurs, la même loi organique stipule que l’enseignement de la langue amazighe doit être obligatoire et que celle-ci doit être diffusée sur le territoire national et dans l’ensemble des cycles d’enseignement. Tandis que pour le monde des médias, le projet prévoit » la transmission de communiqués et de déclarations à tous les citoyens marocains en langue Amazighe ».

Pour arriver à cet idéal, le Projet de loi accorde à l’administration un délai de 15 ans, pour publier les textes législatifs et réglementaires dans le Bulletin officiel en Amazigh. Un délai identique à celui accordé aux collectivités territoriales, afin de diffuser leurs décisions et leurs délibérations en Amazigh.

Source : Bladi (Maroc)

 

 

Algérie : Ahmed Ouyahia, ex-Premier ministre de Bouteflika, placé en détention provisoire

Coup de tonnerre à Alger. L'ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia a été placé mercredi sous mandat de dépôt par un juge d’instruction de la Cour suprême, dans le cadre de l’affaire visant le businessman Mahieddine Tahkout.

L’ancien chef de gouvernement Ahmed Ouyahia est arrivé mercredi en début d’après-midi dans le bâtiment de la Cour suprême. Il a été longuement auditionné par le juge en charge de l’enquête sur le patron Mahieddine Tahkout, avant d’être mis en examen pour plusieurs chefs d’inculpation. Il sera transféré à la prison d’El Harrach, où sont déjà incarcérés plusieurs hommes d’affaires inculpés dans le cadre d’enquêtes sur des affaires de corruption présumée.

L’ex-Premier ministre, 66 ans, avait été mis en examen lundi 11 juin par un juge d’instruction du tribunal d’Alger dans le cadre de l’affaire visant Mahieddine Tahkout, proche de l’ex-président Bouteflika. Deux anciens ministres, un actuel ministre, cinq anciens walis (préfets) et deux walis en exercice sont poursuivis pour le même dossier.

Il est reproché aux prévenus huit chefs d’inculpation, dont les peines prévues vont de deux à dix ans de prison. Ils sont inculpés notamment pour blanchiment d’argent, transfert de biens obtenus par des faits de corruption, dilapidation de deniers publics, abus de pouvoir volontaire à l’effet d’accorder d’indus privilèges en violation des lois et réglementations, conflit d’intérêts avec violation des procédures en vigueur en matière de marchés publics, au bénéfice du pouvoir et de l’influence des agents de l’État, et incitation d’agents publics à exploiter leur influence effective et supposée dans le but de bénéficier d’indus privilèges.

Les délits incriminés tombent sur le coup de la loi n°06 – 01 du 20 février 2006 relative à la prévention et à la lutte contre la corruption, adoptée à l’époque où Ahmed Ouyahia était encore chef du gouvernement.

D’autres ministres poursuivis

Quatre fois Premier ministre depuis 1995 – dont trois sous la présidence d’Abdelaziz Bouteflika – , Ahmed Ouyahia, débarqué de la primature le 11 mars dernier, avait déjà été entendu par un juge du tribunal de Sidi M’hamed, dans le centre d’Alger, dans le cadre d’une affaire en instruction dans laquelle est cité Ali Haddad, patron du groupe ETRHB et ancien président du patronat algérien, en prison depuis le 3 avril dernier.

Depuis le départ du pouvoir d’Abdelaziz Bouteflika sous la pression d’une contestation massive, la justice a ouvert une série d’enquêtes sur des faits de corruption visant plusieurs puissants hommes d’affaires et de hauts responsables de l’État. L’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, qui a dirigé le début de campagne électorale pour le cinquième mandat de Bouteflika, est également visé par ces poursuites. Son dossier avait été transmis en mai dernier à la Cour suprême. D’autres anciens ministres, Amara Benyounès, Karim Djoudi, Amar Ghoul, Abdelghani Zaalane, Amar Tou, Boudjemaa Talai, Abdelkader Bouazghi et Abdeslam Bouchouareb, sont également visés par ces procédures engagées au niveau de la Cour suprême.

Ouyahia, « l’homme des sales besognes »

C’est la première fois qu’un Premier ministre algérien fait l’objet d’une incarcération pour des délits économiques. Jadis fidèle parmi les fidèles du président déchu, Ahmed Ouyahia, qui avait occupé les fonctions de ministre de la Justice entre 1999 et 2002, passait pour être l’un des candidats crédibles à la succession de Bouteflika. Impopulaire en raison de politiques d’austérité conduites au milieu des années 1990, ainsi que pour son implication dans l’incarcération de plusieurs centaines de cadres d’entreprises publiques à la même époque, Ouyahia a toujours assumé et revendiqué cette réputation d’homme de basses besognes.

Ces enquêtes, qui touchent plusieurs hommes d’affaires et responsables politiques tous affiliés au cercle présidentiel, illustrent l’ampleur de la corruption durant le règne du président Bouteflika, qui avait pourtant fait de la lutte contre le pillage et la dilapidation des deniers publics l’un des crédos de sa gouvernance.

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc-France : à Rabat, Jean-Yves Le Drian et Nasser Bourita saluent des « principes identiques »

Jean-Yves Le Drian et son homologue Nasser Bourita ont tenu une conférence de presse conjointe, samedi 8 juin, à l'occasion d'un déplacement du ministre français des Affaires étrangères à Rabat. L'occasion pour chacun de marquer une position commune sur le conflit israélo-palestinien, mais un peu plus nuancée sur la question libyenne.

« Si quelqu’un a vu le plan américain, merci de nous en informer ! », a lancé samedi à Rabat le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, à propos du plan américain pour un règlement du conflit israélo-palestinien qui doit être prochainement dévoilé.

« J’en parle d’autant plus aisément que j’ai participé à la rencontre du président Macron avec le président Trump avant-hier », à l’occasion du 75ème anniversaire du Débarquement allié sur les plages de Normandie, a-t-il ajouté au cours d’un point de presse avec son homologue marocain. Le Maroc non plus n’a pas « encore connaissance d’un quelconque plan de paix et se prononcera quand il en aura connaissance des contours, du contenu et des détails », a indiqué Nasser Bourita.

Israël-Palestine : « Pas de solution sans deux États »

La Maison-Blanche a prévu de présenter le volet économique de ce plan de paix les 25 et 26 juin prochains lors d’une réunion à Bahreïn. En préparation de ce rendez-vous, le gendre du président américain, Jared Kushner, s’est déplacé fin mai au Maroc, en Jordanie et en Israël. Cette visite « a été l’occasion pour le Maroc de répéter ses positions bien connues », a indiqué Nasser Bourita.

À partir de là, s’il y a un plan de paix, nous le regarderons avec beaucoup d’attention et nous échangerons sur le sujet

« Nos principes sont identiques : il n’y a pas de solution sans la reconnaissance de deux États vivant en sécurité, l’un et l’autre, et ayant Jérusalem comme capitale, l’un et l’autre », a précisé Jean-Yves Le Drian. « À partir de là, s’il y a un plan de paix, nous le regarderons avec beaucoup d’attention et nous échangerons sur le sujet », a-t-il ajouté.

Les Palestiniens ont rejeté ce plan entouré du plus grand secret sans même le connaître, l’administration américaine s’étant discréditée à leurs yeux quand Washington a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël en décembre 2017.

Bourita : « Il y a des acteurs externes en Libye »

Concernant la Libye, le ministre français a plaidé pour « un cessez-le-feu immédiat » pour « permettre la mise en œuvre d’une feuille de route aboutissant à des élections ». « Si on laisse l’instabilité se développer, alors des retours de terroristes peuvent se produire, d’ailleurs on constate depuis quelques temps que l’on voit réapparaître Daesh dans le sud libyen », a-t-il dit, en référence aux jihadistes du groupe État islamique (EI).

Nasser Bourita a pour sa part estimé que « la situation s’est dégradée parce que les différents acteurs n’ont pas suffisamment de volonté et parce qu’il y a des acteurs externes ». « On est à un moment crucial : les Libyens d’abord ont la responsabilité d’être à la hauteur de ce moment, mais également les pays directement impliqués dans la question », a-t-il dit.

Le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l’est libyen, a lancé le 4 avril une offensive en vue de s’emparer de Tripoli, siège du Gouvernement d’union nationale (GNA) dirigé par Fayez al-Sarraj, le seul reconnu par la communauté internationale. Les combats ont fait plus de 600 morts et 3 200 blessés, poussant à la fuite plus de 80 000 personnes, selon l’ONU.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie: les militaires veulent aller aux élections

En Algérie, l’armée s'est prononcée ce vendredi pour l’organisation d’une élection dans les plus brefs délais. Si les manifestants rejettent le scrutin, les militaires estiment, eux, que c’est la seule manière de sortir de la crise politique.

La position de l’armée est celle de la légitimité constitutionnelle, et l’organisation d’une nouvelle élection présidentielle « dans les plus brefs délais ». Voilà ce qu’explique l’institution militaire dans l’édito de sa revue mensuelle El Djeich.

Cette élection serait précédée de discussions avec des personnalités nationales et « des élites sincères et fidèles à la nation », afin que le scrutin soit accepté par tous. Ces discussions auraient également pour but de mettre sur pied une instance d’organisation et de supervision des élections.

Pour l’armée, seul le dialogue pourra apporter une solution à la crise. Mais elle critique les discussions stériles et les intentions malveillantes de certains qui décrédibilisent, selon elle, par les voies médiatiques, les options proposées par les autorités.

Les militaires disent vouloir un dialogue sincère, fait de concessions réciproques, au service de l’intérêt suprême du pays. Mais ils expliquent qu’une période de transition, tel que souhaité par des manifestants et des organisations de la société civile, conduirait vers une situation « encore plus difficile à maîtriser ».

Source : RFI

 

Algérie : le président Bensalah appelle à une élection « dans les meilleurs délais »

Le chef de l'État par intérim Abdelkader Bensalah s'est exprimé jeudi soir dans un discours à la nation. Il a appelé l'ensemble de la classe politique au dialogue dans le but d'organiser au plus vite un scrutin présidentiel, à la veille de nouvelles manifestations contre le régime.

« J’invite la classe politique, la société civile et les personnalités patriotiques nationales (…) à opter pour la voie du dialogue inclusif » pour organiser « dans les meilleurs délais », la « prochaine échéance présidentielle », a déclaré Abdelkader Bensalah dans un discours à la nation retransmis par la télévision officielle.

Il a ajouté qu’il les invitait « à débattre de toutes les préoccupations portant sur la prochaine échéance présidentielle » afin de « tracer une feuille de route devant aider à l’organisation du scrutin dans un climat d’entente et de sérénité ».

Veille de manifestations

Ce discours intervient à la veille du 16e vendredi consécutif de contestation, le premier depuis l’annulation par le Conseil constitutionnel de la présidentielle du 4 juillet.

C’est le deuxième appel au dialogue en quelques jours. Fin mai, le chef d’état-major de l’armée, le général Ahmed Gaïd Salah, avait prôné un « dialogue » et des « concessions mutuelles », tout en continuant d’exiger une présidentielle « dans les plus brefs délais » et en exclure toute « période de transition aux conséquences incertaines ».

Vendredi dernier, les manifestants qui étaient descendus en masse dans la rue avaient rejeté l’offre de dialogue « avec le gang et le pouvoir ».

Période d’intérim prolongée de facto

La Constitution prévoit que la période d’intérim d’Abdelkader Bensalah, débutée le 9 avril dernier, dure 90 jours, durant lesquels il doit organiser une présidentielle, qui était prévue le 4 juillet, et remettre le pouvoir au nouvel élu.

En rejetant le 2 juin les deux seuls dossiers de candidature, le Conseil constitutionnel a toutefois constaté « l’impossibilité » de la tenue du scrutin du 4 juillet.

En chargeant Abdelkader Bensalah de « convoquer » une nouvelle élection, le Conseil a de facto prolongé sine die l’intérim, jusqu’à la prestation de serment d’un nouveau président élu.

Source ; jeuneafrique.com

 

L’Algérie dans une période de vide constitutionnel

En Algérie, il n’y aura pas d’élection présidentielle le 4 juillet prochain. Le scrutin qui devait permettre de désigner un successeur à Abdelaziz Bouteflika est impossible à tenir, selon le Conseil constitutionnel qui l’a annoncé ce dimanche 2 juin. L’Algérie entre donc dans une période de vide constitutionnel. Ce qui va obliger à des négociations politiques.

Début juillet, la période d’intérim arrivera à sa fin. En l’absence d’élection, il n’y aura pas de nouveau président. Depuis des semaines, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah répétait qu’il fallait suivre la solution constitutionnelle. Cette fois, il devra faire des choix politiques, puisque la Constitution n’offre plus aucune option.

La principale question qu’il faudra trancher est celle de la transition : qui peut l’organiser, avec qui négocier et, surtout, quelle place sera accordée à ceux qui manifestent, mais qui ne sont dans aucun parti ou organisation de la société civile ?

Ce dimanche, l’Association des oulémas a déjà fait une première proposition, évoquant une instance présidentielle de trois à cinq personnes. Des organisations de la société civile se réunissent régulièrement dans le but de proposer des feuilles de route de sortie de crise.

Vers un dialogue chapeauté par l'armée ?

Pour Mouloud Boumghar, professeur de droit public et spécialiste des questions juridiques en Algérie, la décision du Conseil constitutionnel risque de déboucher sur un dialogue qu'il perçoit comme vicié et chapeauté par l'armée.

« Alors, un des scénarios possibles, c’est celui du dialogue sérieux comme le dit celui qui exerce le pouvoir réel, c’est-à-dire le chef d’état-major, dit-il. Les conditions du dialogue avec le pouvoir réel ne sont pas remplies, notamment de son côté. De son côté, elles tiennent à l’arrêt de la répression, au démantèlement progressif du contrôle sur la société, et deuxièmement il y a aussi autre chose, c’est l’objet du dialogue. »

« L’objet du dialogue aujourd’hui, tel qu’il est proposé par le chef d’état-major, est d’appliquer sa solution à lui, poursuit-il. Sa solution à lui est d’aller vers l’élection présidentielle sous son contrôle, sous le contrôle du régime. Ils vont essayer de trouver des interlocuteurs qui vont leur sauver la mise, c’est-à-dire qu’ils vont accepter d’aller à l’élection présidentielle. Et ils vont faire cela par le biais d’un dialogue qui va essayer peut-être de débaucher dans l’opposition ceux qui veulent aller à l’élection présidentielle, et il y en a. »

Le Conseil constitutionnel a précisé qu'il revient au chef de l'État de convoquer à nouveau le corps électoral et de parachever le processus jusqu’à l'élection du président de la République et la prestation de serment. Un scénario qui n'est pas formellement prévu par la Constitution, alors que le mandat du président par intérim s'achève en juillet.

Pour Mouloud Boumghar, c'est la conséquence d'une véritable décrédibilisation des institutions.

Bien évidemment, la Constitution ne prévoit pas l’hypothèse dans laquelle personne ne se présenterait à l’élection présidentielle, tout simplement parce qu’elle ne prévoit pas l’hypothèse de la désaffection populaire à l’égard de la Constitution, du rejet total des institutions par le peuple algérien. Elle ne prévoit pas cela et c’est normal. Elle ne prévoit pas le cadre d’une révolution. Donc, aujourd’hui, le problème c’est que les institutions dans leur forme, leur fonctionnement et leur composition actuelle, sont décrédibilisées, dévitalisées et rejetées massivement par les Algériens. Et c’est cela le fond du problème. C’est cela que le haut commandement militaire, qui est aussi visé par la mobilisation populaire, n’accepte pas, parce que tout simplement il risque d’être emporté par la vague.

Les choix qui seront faits par les autorités et par l’armée montreront dans quelle mesure elles acceptent ou non de satisfaire les revendications de la rue.

Dans une petite salle du centre ville, un débat sur la transition politique a été organisé. Louisa Ait Hamadouche, politologue, tente de donner des clés pour comprendre ce qu’il est possible d’attendre comme changements politiques...

Source : RFI