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Politique en Afrique

Sahara occidental : le chef de l’ONU réclame des discussions "sans pré-conditions"

Sahara occidental : le chef de l’ONU réclame des discussions Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réclamé mardi que les parties réunies mercredi à Genève pour deux jours de table ronde sur l’avenir du Sahara occidental, "s’engagent dans des discussions de bonne foi, sans pré-conditions et dans un esprit constructif".

L’émissaire de l’ONU, Horst Köhler, réunit à Genève le Maroc, le Front Polisario, l’Algérie et la Mauritanie pour de premières rencontres multilatérales depuis la suspension des pourparlers en 2012. Volontairement vague, l’agenda des discussions prévoit d’aborder "la situation actuelle, l’intégration régionale et les prochaines étapes du processus politique", selon l’ONU.

L’objectif est de "rompre la glace" et de "rétablir de la confiance", notamment entre le Maroc et l’Algérie aux relations particulièrement mauvaises, précise une source onusienne sous couvert d’anonymat.

L’ONU maintient dans la région une force de Casques bleus, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) qui garantit un cessez-le-feu depuis 1991 entre Maroc et Polisario.

Rédaction avec AFP
Source : TSA-Algérie

Gabon : le roi Mohammed VI rend visite à Ali Bongo Ondimba, hospitalisé au Maroc

La première photo du président gabonais Ali Bongo Ondimba depuis son hospitalisation a été publiée le 3 décembre à l'issue d'une visite que lui a rendue le roi du Maroc, Mohammed VI, à l'hôpital militaire de Rabat.

Le roi du Maroc, Mohammed VI, a rendu visite le 3 décembre au président gabonais Ali Bongo Ondimba, qui poursuit sa convalescence depuis le 29 novembre à l’hôpital militaire de Rabat, a indiqué une source officielle marocaine.

Au cours de cette visite, le roi Mohammed VI s’est réjoui de l’état de santé du président gabonais Ali Bongo Ondimba, qui évolue favorablement de jour en jour, a précisé à l’AFP une source officielle marocaine. Une photo de la rencontre a été publiée, montrant les deux dirigeants assis dans des fauteuils installés autour d’une petite table sur laquelle sont posés deux verres et surmontée des drapeaux respectifs de leurs pays.

Une première photo

Vêtu d’un turban et d’une djellaba à rayures grises, le président gabonais, qui regarde le roi, y apparaît légèrement souriant. La publication de cette photo, qui doit être être suivie d’une vidéo, devrait faire taire les rumeurs persistantes et les fausses informations concernant l’état de santé du président Ali Bongo Ondimba.

Le président gabonais était arrivé jeudi 29 novembre à Rabat pour y poursuivre sa convalescence en milieu hospitalier, après plus d’un mois passé dans un hôpital de Riyad à la suite d’un AVC. La communication officielle sur la santé du chef de l’État gabonais est restée pour le moins parcimonieuse à Libreville, avec seulement deux interventions du porte-parole de la présidence, Ike Ngouoni Aila Oyouomi, en plus d’un mois.

Source : jeuneafrique.com

 

Sahara occidental : l’Algérie réitère son soutien

Sahara occidental : l’Algérie réitère son soutien À quelques jours d’une réunion à Genève sur le Sahara occidental, Abdelkader Bensalah, président du Conseil de la nation algérien, a réitéré le soutien « constant » de son pays au Polisario, lors d’un entretien avec le chef du Front Brahim Ghali.

La discussion s’est tenue à 9 000 kilomètres de Rabat. Plus précisément à Mexico, où Abdelkader Bensalah, deuxième personnage de l’État algérien, représentait Abdelaziz Bouteflika pour l’investiture samedi du nouveau président du Mexique Andrés Manuel López Obrador.

En marge de la cérémonie, le président du Conseil de la nation (le Sénat algérien) s’est entretenu avec Brahim Ghali, lui aussi présent. Au chef du Front Polisario, Abdelkader Bensalah a réitéré « le soutien constant de l’Algérie au peuple sahraoui pour le recouvrement de ses droits, conformément à la légalité internationale et aux résolutions des Nations unies », selon le communiqué diffusé par l’agence officielle algérienne APS.

La déclaration d’Abdelkader Bensalah est la première réaction publique d’un responsable algérien sur cette question depuis la main tendue de Mohammed VI. De son côté, Brahim Ghali « a salué la position de l’Algérie en faveur de la cause sahraouie ».

Un message à forte portée symbolique

La date de cette rencontre – et le rappel de ce « soutien » – ne doivent rien au hasard. Une réunion onusienne sur la question sahraouie doit se tenir mercredi et jeudi à Genève, afin d’«ouvrir un nouveau chapitre dans le processus politique», comme l’indique la lettre d’invitation envoyée par l’émissaire de l’ONU Horst Köhler au Maroc, au Polisario, à la Mauritanie et à l’Algérie.

Rabat rejette toute solution autre qu’une autonomie sous sa souveraineté, invoquant la nécessité de préserver la stabilité régionale. Le 6 novembre dernier, le roi Mohammed VI a proposé « la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation » avec l’Algérie. Cette dernière s’est bien gardée de répondre directement à cette proposition – qualifiée en off de « non-événement ». La diplomatie algérienne a en revanche proposé d’organiser au plus vite une réunion du Conseil des ministres de l’Union du Maghreb arabe (UMA), mais en prenant soin d’éluder la question du Sahara occidental.

L’Algérie a aussi indiqué fin octobre qu’elle se rendait à Genève « en qualité d’État voisin », convaincue qu’ « une négociation directe, franche et loyale entre le royaume du Maroc et le Front Polisario, est de nature à conduire à une solution définitive de la question du Sahara occidental ». Le dernier cycle de négociations directes lancé par l’ONU en mars 2007 s’est enlisé en mars 2012, le Maroc et le Polisario campant sur des positions inconciliables concernant le statut et le référendum d’autodétermination.

Source : Jeune Afrique

 

 

ONU-Sahara-Maroc-Algérie-Polisario-conflit-diplomatie-Mauritanie L'avenir du Sahara occidental débattu à Genève après des années d'impasse

ONU-Sahara-Maroc-Algérie-Polisario-conflit-diplomatie-Mauritanie L'avenir du Sahara occidental débattu à Genève après des années d'impasseL'émissaire de l'ONU Horst Kohler réunit mercredi et jeudi à Genève le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie pour une "table ronde initiale", avec l'espoir de relancer les négociations sur ce territoire disputé du Sahara occidental, au point mort depuis 2012.

"Il est temps d'ouvrir un nouveau chapitre dans le processus politique", souligne la lettre d'invitation adressée en octobre par Horst Kohler, décidé à trouver une solution pour le dernier territoire du continent africain en attente d'un statut post-colonial.

Le Polisario, qui a proclamé en 1976 une République arabe sahraouie démocratique (RASD), réclame l'organisation d'un référendum d'autodétermination pour régler le conflit né au moment du départ des colons espagnols.

Le Maroc contrôle dans les faits 80% de ce territoire désertique de 266.000 km2 et traite comme ses dix autres provinces cette région dotée de 1.500 km de littoral atlantique poissonneux et d'un sous-sol riche en phosphates.

Rabat rejette toute solution autre qu'une autonomie sous sa souveraineté en invoquant la nécessité de préserver la stabilité régionale.

- Réfugiés -

Dans l'attente d'un règlement, de 100.000 à 200.000 réfugiés --selon les sources, en l'absence de recensement officiel-- vivent dans des conditions précaires dans des camps près de la ville algérienne de Tindouf, à 1.800 km au sud-ouest d'Alger, près de la frontière avec le Maroc.

Le dernier cycle de négociations directes lancé par l'ONU en mars 2007 s'est enlisé en mars 2012, le Maroc et le Polisario campant sur des positions inconciliables concernant le statut et le référendum.

En charge du dossier depuis 2017, l'ex-président allemand Horst Kohler a déjà rencontré plusieurs fois, mais séparément, les différentes parties, notamment lors d'une tournée régionale.

Ses efforts ont permis d'asseoir à la même table le Maroc, le Polisario, l'Algérie et la Mauritanie, même si le format de la réunion ne fait pas l'unanimité parmi les invités: Alger assure venir en tant que "pays observateur" alors que Rabat considère son voisin comme "partie prenante".

La réunion, prévue au Palais des Nations de Genève, se veut "le premier pas d'un processus renouvelé de négociations" pour une "solution juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l'auto-détermination du peuple du Sahara occidental", selon une note d'information de l'ONU.

L'ordre du jour reste très vague: "situation actuelle, intégration régionale, prochaines étapes du processus politique", selon cette note.

L'approche est de ne pas mettre "trop de pressions et d'attentes" sur cette première rencontre, considérée plutôt comme un "échauffement" visant à "rompre la glace", décrypte une source diplomatique proche du dossier en soulignant les mauvaises relations entre Alger et Rabat.

Sur le terrain, "la situation est restée généralement calme des deux côtés du mur de sable" érigé par les Marocains sur 2.700 km et ce "malgré la persistance des tensions" survenues en début d'année, selon le dernier rapport publié par l'ONU.

Pour le Polisario, la récente réduction de 12 à six mois du mandat des casques bleus de la Minurso, notamment chargés de surveiller le cessez-le-feu, fait partie de la "dynamique" créée par la nomination de M. Kohler. C'est sous la pression des Etats-Unis qu'un mandat de six mois a été voté au Conseil de Sécurité, en avril puis en octobre, avec en ligne de mire le coût du dispositif pour un processus de paix qui n'avance pas.

Avant la réunion de Genève, chacun est resté sur ses positions tout en clamant sa bonne volonté.

Partisan d'une solution politique "durable" marquée par un "esprit de compromis", le Maroc ne transigera pas sur son "intégrité territoriale" et sur la "marocanité du Sahara", comme l'a récemment répété le roi Mohammed VI.

- "Solution définitive" -

Pour le Polisario, "tout peut être négociable sauf le droit inaliénable et imprescriptible de notre peuple à l'autodétermination", a déclaré à l'AFP Mhamed Khadad, membre du secrétariat national du Front Polisario et président de la commission des Affaires extérieures.

Principal soutien du Polisario, Alger appuie dans les mêmes termes "l'exercice, par le peuple du Sahara occidental, de son droit inaliénable et imprescriptible à l'autodétermination".

L'Algérie, qui ira à Genève "en qualité d'Etat voisin", prône elle une "négociation directe, franche et loyale" entre le Maroc et le Polisario pour une "solution définitive", selon un récent communiqué officiel.

Officiellement, c'est le point sur "la situation au Maghreb" qui "explique la présence de l'Algérie et de la Mauritanie" à Genève, selon une source algérienne proche du dossier.

Source : VOA Afrique avec AFP

 

Mauritanie-Sénégal: Macky Sall à Nouakchott pour finaliser l'accord sur le gaz et lancer le pont sur le fleuve

Mauritanie-Sénégal: Macky Sall à Nouakchott pour finaliser l'accord sur le gaz et lancer le pont sur le fleuveLe président Macky Sall sera à Nouakchott la semaine prochaine. Une visite sur fond de finalisation des négociations relatives au partage du gaz transfrontalier offshore et de pose de la première pierre du pont sur le fleuve Sénégal à Rosso.

Le président sénégalais, Macky Sall, sera à Nouakchott la semaine prochaine pour mettre la touche finale à l’accord relatif à l’exploitation commune du champ gazier offshore transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) et la pose de la première pierre du pont enjambant le fleuve Sénégal et reliant les deux pays.

Le chef de l’Etat sénégalais a fait cette révélation samedi, en marge d’une cérémonie d’investiture en grande pompe, comme candidat à l’élection présidentielle 2019, par la coalition Benno Bokk Yakaar (BBY). Une manifestation organisée au complexe sportif «Dakar Arena», situé dans la nouvelle ville de Diamniadio, en présence de quatre chefs d’Etat invités.

Il s’agit du président ivoirien Alassane Ouattara, du mauritanien Mohamed ould Abdel Aziz, du gambien Adama Barrow et du libérien Georges Weah.

Concernant le volet gazier de cette visite, il faut rappeler que la Mauritanie et le Sénégal ont signé un accord de principe pour l’exploitation commune du champ gazier offshore transfrontalier (Grand Tortue Ahmeyim) en février 2018 à Nouakchott. Les négociations relatives à la mise œuvre des aspects financiers de l’accord ont continué pendant toute l’année 2018, avec notamment des rencontres entre les deux pays organisées à Paris et Dakar.

Découvert en 2015, le champ gazier offshore transfrontalier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) est présenté comme un site de classe mondiale, avec des réserves évaluées à 25 milliards de pieds cubes, dont 8 milliards de pieds cubes pourront être exploités dès le démarrage du projet.

Ce projet gazier est porté par un consortium constitué de la société américaine Kosmos Energy et British Petrolum (BP). La décision finale d’investissement relative à l’exploitation de ce site gazier est attendue avant la fin de l’année 2018. D'où cette rencontre entre les deux chefs d'Etat pour mettre une touche finale au projet.

Quant au deuxième motif de la visite en Mauritanie annoncée par le président Macky Sall, il est relatif à la pose de la première pierre du pont sur le fleuve Sénégal à Rosso (localité frontalière située à 200 kilomètres au Sud de Nouakchott, et 350 kilomètres au Nord-Est de Dakar).

Ce projet de désenclavement des deux rives du fleuve est annoncé depuis plusieurs décennies. Son processus de réalisation a enregistré d’importantes avancées au cours de ces dernières années. Son coût est estimé à 54 milliards de francs CFA.

Le financement de l’ouvrage est porté par la Banque africaine de développement (BAD) pour 44 millions d’euros, l’Union européenne (UE) et la Banque européenne d’investissement pour 20 millions d’euros, et le Sénégal et de la Mauritanie contribueront chacun à hauteur de 5 millions d’euros.

Le pont sur le fleuve à Rosso à une dimension d’intégration au plan local, national et sous-régional, pour les espaces du Maghreb et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’ouest (CEDEAO) qui seront ainsi reliés.

D’où d’importantes retombées économiques et commerciales au profit des populations, des opérateurs économiques et des Etats.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya
Source : Le360 (Maroc)

 

Après la Mauritanie, le prince héritier saoudien MBS en Algérie

Arrivé ce dimanche 2 décembre dans la matinée en Mauritanie, le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salman, a quitté Nouakchott en début de soirée pour l’Algérie.

Le prince héritier saoudien a eu plusieurs entretiens avec le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz. Ce dernier a fustigé ce qu'il a qualifié de « campagne anti-saoudienne » suscitée par l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul le 2 octobre dernier.

Mohammed ben Salman a signé à Nouakchott trois conventions de financement dans les domaines de l’environnement, de l’hydraulique et de la lutte contre l’évasion fiscale. Leur montant n’a pas été révélé. Le royaume s’est également engagé, par ailleurs, à construire et équiper un hôpital ultramoderne à Nouakchott. L’hôpital portera le nom du roi d’Arabie saoudite, Salman ben Abdelaziz al-Saoud.

A Alger des voix s'élèvent pour critiquer cette visite

Après son passage en Mauritanie, Mohammed ben Salman est arrivé à Alger dans la soirée de dimanche, où il vient parler coopération commerciale et partenariats économiques. Mais, comme en Tunisie la semaine dernière, il n'est pas vraiment le bienvenu. Plusieurs responsables politiques et intellectuels ont publié une tribune dans laquelle ils critiquent cette visite.

Pour les signataires de cette tribune, dont le sociologue Nasser Djabi, MBS est « un assassin ». « C’est quelqu’un qui a tué un journaliste au sein même de son ambassade d’une manière atroce. Et donc on ne veut pas le voir chez nous », résume-t-il, en déplorant la position officielle du gouvernement algérien.

Pour Benjamin Augé, chercheur à l'Institut français des relations internationales, ces déplacements du prince héritier d'Arabie saoudite sont liés à l'affaire Khashoggi.

Pour la Mauritanie, c'est très clairement pour les remercier d'avoir soutenu [Riyad] pendant la crise. Il y a d'autres pays, comme l'Algérie, où il est nécessaire d'expliquer ce qui s'est passé. Le prince a besoin de se justifier, sachant que l'Algérie n'a pas pris position. Et comme c'est un pays qui a une influence importante dans la région, c'est nécessaire, dans sa vision des choses, de faire un stop à Alger. Pour la Tunisie, l'objectif est aussi de remercier la position très très mesurée du président tunisien qui a dit qu'il ne fallait pas déstabiliser l'Arabie saoudite, et faire en sorte aussi qu'Ennahdha soit de plus en plus marginalisée. Donc chaque pays a un agenda différent pour le prince héritier.

Benjamin Augé

02-12-2018 - Par Anne Cantener

Les questions pétrolières...

« Les autorités ont d’autres considérations, poursuit Nasser Djabi. L’Arabie saoudite est un gros producteur de pétrole et l’Algérie a besoin du soutien de Riyad pour maintenir les prix du pétrole à un niveau correct. » Riyad a récemment augmenté ses quotas de production, malgré l'accord de limitation entériné par l'Opep. Le ministre de l'Energie algérien a voulu rassurer la semaine dernière : les deux pays sont toujours partisans des quotas, et cette faible augmentation avait pour objectif de compenser le recul de la production au Venezuela et en Libye. L'entente signée en 2016 a permis au prix du baril de remonter et à Alger, de souffler. Une réunion des pays exportateurs est prévue à Vienne, en Autriche, à la fin de la semaine.

Au programme également, la coopération économique dans le secteur de la pétrochimie par exemple. Mohammed Ben Salman sera accompagné d'une délégation d'hommes d'affaires qui souhaitent augmenter leur volume d'investissements en Algérie. Les importations de produits saoudiens ont d'ailleurs fait un bon de 30% cette année.

... et géopolitiques

De plus, reprend Nasser Djabi, « l’Algérie a besoin aussi de la non-intervention saoudienne à l’intérieur de l’Algérie. L’Arabie saoudite a toujours manipulé des groupes terroristes dans les années 1990, a financé, donné des armes aux terroristes algériens. Donc, je crois que les autorités algériennes veulent un peu limiter les dégâts. On aurait aimé que la position officielle soit un peu plus claire pour dire non à cet assassinat, non à l’intervention dans la guerre au Yémen et que le pouvoir, les responsables algériens le disent assez clairement. »

Enfin, les autorités algériennes ont annoncé qu'elles aborderaient la question palestinienne. Une question rendue moins visible sur la scène internationale, selon les Algériens, notamment par les choix diplomatiques de Riyad.

Source : RFI

 

 

L'indépendance de la Mauritanie, l'autre pomme de discorde entre le Maroc et la France

Yabiladi - C’est aujourd’hui que le peuple mauritanien célèbre l’anniversaire de son indépendance de la France coloniale. Une indépendance que le Maroc ne reconnaitra que neuf ans plus tard. Bien avant le 28 novembre 1960, un bras de fer opposera la France coloniale au Maroc fraîchement indépendant. L’ancien colonisateur, ne souhaitant pas voir un Grand Maghreb ressuscité en Afrique du Nord, soutiendra l’indépendance de cette ancienne colonie française. Histoire.

Le peuple mauritanien célèbre chaque 28 novembre, l’anniversaire de son indépendance. Une date particulière qu’il partage aussi avec le Maroc et les Marocains. En effet, l’annonce du 28 novembre 1960, faite par le président du premier Conseil de gouvernement mauritanien Moktar Ould Daddah déclarant la Mauritanie comme Etat indépendant n’a pas réjoui tout le monde à l’époque.

Au moment où les Mauritaniens célébraient leur indépendance de la France coloniale, les Marocains voyaient le rêve d’un grand Maghreb se dissiper.

Bien avant son indépendance en 1956, le royaume chérifien n’a cessé de revendiquer ses droits sur les territoires sahariens. Des revendications qui se sont accentuées dès le lendemain de l’indépendance, compte tenu de l’histoire commune entre le royaume et le pays de Chenguit.

Mais la France ne souhaitait pas se retirer de l’Afrique du Nord en y laissant un Etat qui s’étend de Tanger jusqu’au fleuve Sénégal. La Mauritanie a en effet constitué l’autre pomme de discorde entre le Maroc, fraîchement indépendant, et la France coloniale.

Nous sommes le 25 février 1958. Quelques mois seulement après la déclaration du Maroc comme Etat enfin indépendant du protectorat français, feu le roi Mohammed V effectue une visite à M’Hamid El Ghizlane.

«Un moment historique et une suite logique de la stratégie visant la libération du royaume du joug du colonialisme pour l’émancipation totale de ses provinces du Sud», comme le souligne Jilali El Adnani, historien et enseignant-chercheur à l’Université Mohammed V de Rabat, dans une déclaration accordée à la MAP en février dernier.

«C’est à l’occasion de cette visite que les tribus sahraouies notamment des Teknas, des Rguibats, Ouled Dlim, Laârossiyines et autres étaient venues renouveler leur allégeance et leur attachement à la mère-patrie», enchaîne-t-il.

La France rentre en jeu pour «défendre ses propres intérêts»

Mais si cette stratégie a donné ses fruits quelques mois plus tard avec la récupération de Tarfaya le 16 avril 1958, le Maroc aspirait plutôt à revoir ses différentes provinces sahariennes revenir sous sa souveraineté.

Des provinces dont la Mauritanie voisine, à en croire un reportage du Journal des Actualités françaises, rendu public par l’Institut national audiovisuel (INA) français, quelques années plus tard. «Réalisé en 1960, [le reportage] semble avoir été produit par la société des actualités françaises mais n'a jamais été diffusé en salle.

La raison tient probablement à la thèse défendue par le journaliste, qui prend explicitement le parti du Maroc dans l'affaire mauritanienne»
, indique un éclairage précédant ledit reportage. Celui-ci fait état notamment du déplacement de plusieurs personnalités mauritaniennes au Maroc pour rencontrer le roi Mohammed V.

«La visite officielle de Sa Majesté Mohammed V dans le sud du pays ne constitue qu’un des aspects les plus récents de la souveraineté marocaine sur la Mauritanie. Ce vaste territoire d’un million de kilomètres carrés est peuplé d’un million d’habitants. Soucieuse de défendre ses propres intérêts, la France s’est empressée au lendemain de l’indépendance de constituer une République islamique de Mauritanie ; détachée de la souveraineté marocaine sous la conduite d’un pseudo-gouvernement», rapporte le journaliste.

Pour l’INA, le reportage «ne manque pas de mettre en avant la présence de Mauritaniens dans les plus hautes instances de l'État marocain, (…) oppose ces derniers au ‘pseudo gouvernement’ de Moktar Ould Daddah qu'il décrit comme entièrement soumis à la France [et] semble s'inscrire dans la campagne de presse initiée par le royaume pour défendre ses prétentions sur la Mauritanie».

Au lendemain du protectorat, le Maroc divisé en sept parties

Bien avant l’indépendance de la Mauritanie, c’est en 1955 qu’Allal El Fassi, père-fondateur du Parti de l’Istiqlal (PI) commence à défendre la thèse d'un «Grand Maroc», s'étendant «de Tanger jusqu'à Saint-Louis du Sénégal», dont seule la partie nord aurait été «libérée», pour reprendre les expressions utilisées par le commentateur. Ce dernier affirme même que le roi Mohammed V «a repris ces revendications territoriales à son compte en 1958».

Cette version de l’histoire est soutenue par les faits historiques rapportés par nos confrères de Zamane. Dans un article en arabe paru en 2014, le média spécialisé en histoire revient sur «la naissance de la Mauritanie». On y indique comment «le 28 novembre 1960 a été un jour de deuil au Maroc». Mais avant d’être accusé de dramatiser un fait historique, Zamane met en avant la situation géographique du Maroc bien avant le protectorat.

Avec l’arrivée de la France et de l’Espagne, le royaume verra ses territoires se diviser en sept parties. «Un protectorat français au centre, un autre espagnol au Nord, une zone internationale à Tanger, une colonie espagnole à Oued Eddahab, une autre à Saguia El Hamra, une présence espagnole à Sebta et Mellilia et enfin une colonie française à l’extrême sud du royaume jusqu’au fleuve du Sénégal», explique le média.

«Lorsque le Maroc signait les documents de son indépendance avec la France et l’Espagne, en mars et avril 1956, il était normal- du point de vue marocain- de voir ces sept zones accéder en même à l’indépendance pour former le Maroc avec ses frontières historiques et naturelles avant 1912. Mais cela n’arrivera pas. Le Maroc accédera à une indépendance sur plusieurs étapes, ce qui lui causera la perte de certaines de ses terres.»

Le Maroc et la Mauritanie ne tourneront la page qu’en 1969

Dans un dossier sur l’indépendance de la Mauritanie, datant de juin 2013, le quotidien Al Massae est lui aussi revenu sur ce fait historique, arguant que malgré l’opposition du roi Hassan II, alors prince héritier, «le roi Mohammed V a soutenu l’idée de l’annexion de la Mauritanie au Maroc». Une position qui s’est basée sur «les rapports historiques et l’allégeance apportée aux sultans alaouites par les chefs de tribus sahariennes». C’est donc depuis cette date que le royaume chérifien choisira de s’opposer à la France s’agissant de ce territoire.

Al Massae rapporte aussi que dans la foulée de ces événements, le roi Mohammed V accueillera, le 28 mars 1958, l'émir du Trarza, Fal Ould Oumeir, (nommé ministre d'État en novembre 1960), Mohammed Ould Bah, Edday Ould Sidi Baba et d’autres personnalités mauritaniennes «pour discuter des modalités du retour de la Mauritanie à la mère-patrie». Une rencontre qui ne manquera pas d’irriter, toujours selon le média arabophone, les autorités françaises.

Dans son bras de fer avec la France quant à la Mauritanie voisine, le Maroc se mobilisera pour couper l’herbe sous les pieds de son ancien colonisateur. «Une véritable offensive diplomatique tout au long de l'année 1960», est alors lancée, à en croire l’INA.

Al Massae fait état, quant à lui, d’un «livre blanc» datant du 4 novembre 1960 et dans lequel le royaume «expose les fondements historiques et juridiques de ses revendications». Même à l’Organisation des nations unies, les Mauritaniens partisans d’une annexion au Maroc iront défendre leur thèse face aux Mauritaniens pro-indépendance.

Le poids diplomatique de la France finira par porter ses fruits. Le 28 novembre de la même année, Moktar Ould Daddah déclare l’indépendance de son pays. L’année d’après, Nouakchott est admise à l'ONU. Une reconnaissance internationale que le Maroc refusera jusqu’en 1969, neuf ans après l’indépendance effective d’un territoire ayant fait partie du grand Maghreb du 19e siècle.

Al Massae met également en avant une déclaration du roi Hassan II, attestant de son opposition aux revendications initiées par le Parti de l’Istiqlal et soutenues par son père : «Si j’étais Roi au moment de l’indépendance de la Mauritanie, j’aurai été le premier à la reconnaître (comme Etat indépendant, ndlr)».

C’est d’ailleurs lui-même qui accueillera, le 22 septembre 1969, le président mauritanien Moktar Ould Daddah à Rabat, marquant ainsi la fin d’un chapitre controversé de l’histoire commune entre le Maroc et son voisin du Sud.

Saïd Aïssaoui

 

 

Réunion de l’UMA : selon Taïeb Baccouche, « les choses vont se concrétiser bientôt »

Réunion de l’UMA : selon Taïeb Baccouche, « les choses vont se concrétiser bientôt » La Tunisie a annoncé qu'elle souhaitait organiser prochainement une réunion à huis clos avec ses homologues maghrébins. Une énième tentative de réenclencher la coopération régionale et de réconcilier le Maroc et l'Algérie, renforçant l'optimisme du secrétaire général de l'UMA.

L’organisation d’une réunion de consultation à huis clos entre les ministres des Affaires étrangères des cinq États maghrébins, sans présence médiatique, est actuellement en discussion. C’est en tous cas ce qu’a affirmé le ministre des Affaires étrangères, Khemaies Jhinaoui, dans une interview accordée au quotidien tunisien Assabah. Il a également annoncé que la Tunisie était prête à accueillir la rencontre.

Cette réunion aura pour but, selon le ministre, la poursuite des efforts diplomatiques avec les dirigeants marocains et algériens, « en vue de tourner la page des divergences bilatérales arabes et régionales, y compris le différend maroco-algérien ».

« Il s’agit d’un message qui m’a été adressé. La Tunisie s’est proposée depuis un an pour abriter cette réunion », confie à Jeune Afrique Taïeb Baccouche, secrétaire général de l’Union du Maghreb arabe (UMA).

Optimisme

Une annonce qui intervient seulement trois jours après la publication d’un communiqué du ministère mauritanien des Affaires étrangères et de la coopération, qui exprimait la volonté du pays « d’abriter une session extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA ».

La Mauritanie a exprimé sa volonté d’abriter une session extraordinaire des ministres des Affaires étrangères des pays de l’UMA


L’Algérie avait appelé le 22 novembre dernier à la tenue de cette réunion, dans les plus brefs délais. La diplomatie algérienne a alors évoqué dans un communiqué la nécessité de relancer « l’édification de l’ensemble maghrébin et de la réactivation de ses instances ». Une « conviction intime et maintes fois exprimée » par le pays, insiste le ministère.

Face à cet engouement, Taïeb Baccouche se montre optimiste : « Je pense que les choses vont se concrétiser bientôt », déclare-t-il.

Pas de médiation tunisienne à proprement parler

Si certains médias ont analysé l’interview du ministre comme une proposition de médiation dans le cadre d’une réconciliation algéro-marocaine, aucun projet concret n’a été annoncé. Les députés de la commission des droits, libertés et des relations extérieures de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) tunisienne, n’ont d’ailleurs pas été informés d’un projet de médiation. « Nous avons été très occupés avec le projet de loi de finances 2019. Le ministère des Affaires étrangères ne nous a pas contactés à ce sujet », affirme à Jeune Afrique Naoufel Jammali, membre de ladite instance.

Dans son traditionnel discours de la Marche verte, mardi 6 novembre, Mohammed VI avait proposé « la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation ». Et le souverain d’affirmer : « Nous réitérons notre engagement à œuvrer main dans la main avec nos frères en Algérie ».
Toutefois, face au silence des officiels algériens, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, s’est entretenu lundi 26 novembre avec l’ambassadeur d’Algérie à Rabat afin d’exiger une réponse claire.

La proposition du département d’Abdelkader Messahel de réunir leurs homologues de l’UMA « est sans rapport avec l’initiative royale » car « celle-ci est bilatérale, alors que la démarche algérienne s’inscrit dans le cadre de la relance de la construction régionale », avait considéré Rabat.

Le ministère marocain indiquait également, dans le communiqué publié après la rencontre, qu’il n’avait « pas d’objection de principe quant à la tenue d’une réunion du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l’UMA ». Tout en ajoutant qu’il doutait que « cette 35e réunion ministérielle puisse parvenir à des résultats tangibles, différents des 34 précédentes, en l’absence d’une bonne préparation et d’un dialogue direct responsable entre deux États membres de l’UMA ».

Par Syrine Attia
Source : Jeune Afrique

 

 

Maroc: les raisons de la main tendue à l'Algérie

Rabat multiplie les appels pour tenter de reprendre une relation bilatérale avec Alger. Début novembre, le roi Mohammed VI a invité son éternel rival et voisin à « dépasser les différends ». En retour, Alger a annoncé sa disponibilité à relancer l’UMA, l’Union du Maghreb arabe. Pas de quoi satisfaire Rabat, qui exige une réaction officielle de l’Algérie. Ce volontarisme marocain à renouer avec l’éternel rival pourrait avoir plusieurs explications.

Lundi 26 novembre le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita, a dit « regretter » ne pas avoir obtenu de réponse officielle à la main tendue par le Maroc. Car pour Rabat, l’enjeu est tout d’abord diplomatique.

Par cette main tendue, le royaume chérifien prend à témoin la communauté internationale de son souhait de régler le différend régional du Sahara occidental et ce à quelques jours, le 6 décembre prochain, de la tenue à Genève d’une table ronde sous l’égide de l’ONU, réunissant les principaux acteurs du conflit du Sahara occidental. Une première depuis 7 ans, cette rencontre doit être le point de départ de la reprise des pourparlers sur la question.

Redynamiser la frontière

Au plan intérieur, le Maroc pourrait trouver aussi un intérêt à une reprise des relations diplomatiques courantes, et notamment par la réouverture de la frontière terrestre. De quoi largement redynamiser la région frontalière de l’Oriental en proie aux conflits sociaux.

Mais pour l’heure, pour beaucoup, il s’agit davantage d’une valse diplomatique. Ou chacun avance des solutions assez peu réalisables. Appeler à une reprise d’une relation conflictuelle depuis 60 ans, ou réactiver une organisation régionale en sommeil, aucune des réponses entre Rabat et Alger pour reprendre le dialogue ne semble viable d’un côté ou de l’autre de la frontière.

 

Sahara occidental : le Maroc exige une réponse officielle de l’Algérie à la proposition de Mohammed VI

Sahara occidental : le Maroc exige une réponse officielle de l’Algérie à la proposition de Mohammed VILe ministère marocain des Affaires étrangères, Nasser Bourita, a reçu l'ambassadeur d'Algérie, lundi 26 novembre à Rabat. Il demande une réponse officielle de l'Algérie à la « main tendue » par Mohammed VI sur le dossier du Sahara occidental.

Le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, s’est entretenu lundi 26 novembre avec l’ambassadeur d’Algérie à Rabat afin d’exiger une réponse à la main tendue du roi Mohammed VI.

« Cette rencontre intervient après plusieurs démarches, formelles et informelles, entreprises vainement, dix jours durant, afin d’établir un contact avec les autorités algériennes à un niveau ministériel », explique le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Rabat prône une initiative bilatérale

Cette rencontre intervient suite à la lettre adressée par l’Algérie au Secrétariat général de l’Union du Maghreb arabe (UMA), le 23 novembre, appelant à la tenue du Conseil des ministres des affaires étrangères de l’UMA. Une réponse qui ne satisfait pas Rabat, qui estime qu’elle « est sans rapport avec l’initiative royale » car « celle-ci est bilatérale, alors que la démarche algérienne s’inscrit dans le cadre de la relance de la construction régionale ».

En effet, dans son traditionnel discours de la Marche verte, mardi 6 novembre, Mohammed VI avait proposé « la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation ». Et le souverain d’affirmer : « Nous réitérons notre engagement à œuvrer main dans la main avec nos frères en Algérie ».

Si le ministère marocain indique qu’il « n’a pas d’objection de principe quant à la tenue d’une réunion du Conseil des Ministres des Affaires étrangères de l’UMA », il insiste sur le fait qu’il « ne peut que douter que cette 35e réunion ministérielle puisse parvenir à des résultats tangibles, différents des 34 précédentes, en l’absence d’une bonne préparation et d’un dialogue direct responsable entre deux Etats membres de l’UMA ». Le dialogue voulu par le Royaume doit donc être « bilatéral, direct et sans intermédiaires » précise le communiqué.

Alger tarde à répondre sur le fond

Lors de cette entrevue avec l’ambassadeur d’Algérie à Rabat, le ministre a réitéré le souhait du Maroc d’obtenir une réponse officielle des autorités algériennes à la volonté de voir se mettre en place un mécanisme politique de dialogue et de concertation avec l’Algérie, tel que défendu par Mohammed VI. Le Maroc « demeure ouvert et attentif à toutes propositions de l’Algérie concernant le niveau, les déclinaisons, l’ordre du jour, les modalités et le rythme de ce dialogue bilatéral », précise le communiqué.

Depuis cette annonce, le président algérien s’est contenté, lors de son traditionnel message à l’occasion de l’indépendance du pays, sa « détermination » à « consolider les relations de fraternité et de solidarité qui unissent » les deux voisins et à des « relations bilatérales basées sur le respect mutuel ». Des termes qui sont, peu ou prou, ceux utilisés dans les messages qu’adresse le chef d’État algérien au roi du Maroc à l’occasion des fêtes nationales ou religieuses. Le ministère marocain des Affaires étrangères se dit cependant « ouvert et optimiste quant au futur des relations entre les deux pays frères ».

Source : Jeune Afrique

 

 

Tunisie-Arabie saoudite: la visite de Mohamed Ben Salmane fait polémique

Tunisie-Arabie saoudite: la visite de Mohamed Ben Salmane fait polémiqueMBS a entamé le jeudi 22 novembre dernier, par les Emirats arabes unis, un périple qui le mènera dans plusieurs pays arabes, notamment dans le continent africain. Selon plusieurs sources, après les Emirats arabes unis et Bahreïn, le prince saoudien compte se rendre en Egypte, en Tunisie, en Algérie et en Mauritanie.

Selon le palais royal saoudien, «cette tournée arabe intervient sur instruction du roi saoudien Salmane Ben Abdelaziz, afin de renforcer les relations du Royaume au niveau régional et international, et en réponse à des invitations reçues de la part de chefs d’Etat».

Seulement voilà: cette tournée du prince saoudien intervient dans un contexte particulier, marqué par l’affaire au retentissement mondial du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, assassiné le 2 octobre dernier à l'intérieur du consulat d’Arabie saoudite à Istanbul.

A cause du scandale de l’assassinat de ce journaliste, la venue à Tunis du prince saoudien, prévue demain, mardi 27 novembre, a déclenché une grande polémique, même si cette visite intervient sur invitation du président tunisien Béji Caïd Essebsi, qui a déjà donné son point de vue sur cet assassinat. Tout en condamnant un acte abominable, il avait souligné que «profiter de cet assassinat pour viser tout un Etat, ne fera que déstabiliser tous les pays de la région».
Mais la société civile tunisienne et les médias critiquent fortement la présence de MBS sur le sol tunisien.

Ainsi, les journalistes tunisiens ont jugé que cette visite provocatrice constituait une «violation criante des principes de la révolution de 2011».

Vendredi dernier, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a adressé une lettre ouverte au président de la République, Béji Caïd Essebsi, pour lui faire part de son refus catégorique de la visite en Tunisie du prince héritier saoudien. Un courrier dans lequel ces journalistes soulignent que MBS «constitue un danger pour la sureté et la paix dans la région» et qu’il est, de plus, «un véritable ennemi de la liberté d’expression».

Par ailleurs, un collectif d’une cinquantaine d’avocats, unis sous l'idée de la défense des libertés, a demandé aux journalistes et aux activistes tunisiens de déposer des plaintes dans les tribunaux, dans l'objectif d'interdire la visite de MBS.

Dans les partis politiques, le député d’Ennahdha, Ajmi Lourimi, a aussi souligné que le contexte de la visite du prince héritier saoudien n’est pas opportun.

«Certes nous avons des relations séculaires avec l’Arabie Saoudite et c’est bien le président de la République qui définit la politique étrangère du pays, mais les circonstances dans lesquelles intervient la visite de MBS ne sont pas des meilleures», a-t-il déclaré à une station radio locale, Jawhara Fm.

Ajmi Liourimi a également assuré que plusieurs partis politiques réfutent cette visite, dans la mesure où elle constitue une atteinte aux droits de l’homme, et a souligné qu’elle n'était pas digne d’un Etat qui se respecte.

Bref, la visite de MBS en Tunisie semble bien mal partie, alors qu'elle a, avant tout, pour objectifs de redorer le blason du prince, extrêmement malmené ces derniers temps du fait de l’affaire Khashoggi, et de repositionner l’Arabie saoudite dans l’échiquier régional, où la Turquie et le Qatar semblent avoir pris une longueur d’avance, ces dernières années.

Par Karim Zeidane
Source : Le360 Afrique (Maroc)

 

Le harcèlement sexuel, une pratique «très répandue» au sein de l'Union africaine

Selon les conclusions rendues vendredi 23 novembre par le comité chargé d’une enquête interne au sein de la Commission africaine, il y a bien des pratiques de harcèlement moral et sexuel au sein de l’institution.

Le rapport avait été commandé en mai dernier par le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki Mahamat. Les enquêteurs ont interrogé 88 personnes, qui ont témoigné anonymement.

L’affaire est d’ailleurs partie d’une lettre anonyme au printemps dernier. D'après le comité de haut niveau mis en place pour enquêter, trois personnes sont venues témoigner de ce qu'elles auraient subi. Mais elles se sont ensuite rétractées. Aucune indication sur le pourquoi, les conditions de cette volte-face.

Quoi qu'il en soit, le communiqué de la Commission de l'UA cite in extenso les conclusions des enquêteurs, preuve qu'elles ne sont pas prises à la légère. Ils évoquent des « faiseurs de rois », capables de monnayer auprès de jeunes employées un travail contre des faveurs sexuelles. L'UA fait état d'une « confirmation quasi-unanime du caractère très répandu du harcèlement sexuel par les personnes invitées à témoigner ».

Au-delà du côté sexuel, de nombreux cas de harcèlement moral, de vexations et d'intimidations ont été rapportés par presque l'ensemble des employés qui sont venus témoigner.

Les principales victimes du harcèlement sont les précaires de l'institution.

Corruption

Le rapport évoque aussi des pratiques de corruption. Des responsables auraient validé des missions ou choisi des contractants en échange de services rendus, des contrats auraient été surfacturés.

De manière générale, le comité décrit des relations de travail malsaines dans plusieurs organes de l'UA.

Vendredi après-midi, le président Faki a réuni les employés. Ceux-ci restent discrets sur ce qu'il a dit. Pas de sanctions annoncées, semble-t-il. « Tout ça n'est pas nouveau. J'espère juste qu'il y aura des actions prises, qu'on ait une Union plus saine », conclut un participant.

Source : RFI

 

Le chef jihadiste peulh Amadou Kouffa aurait été tué par l'armée française

Le chef jihadiste peulh Amadou Kouffa aurait été tué par l'armée françaiseAmadou Kouffa aurait trouvé la mort dans une attaque menée dans la nuit du 22 au 23 novembre par l'opération Barkhane dans la région de Mopti où le chef jihadiste tenait une katiba dénommée le front de libération du Macina. L'annonce a été faite sut le réseau social Twitter par la ministre française des armées, Florence Parly.

Mais c'est le site des forces armées françaises qui a donné plus de détails sur cet assaut qui aurait permis de neutraliser le numéro trois du Groupe de soutien à l'Islam et aux musulmans.  
Selon defense.gouv.fr, une "trentaine de terroristes a été mise hors de combat, parmi lesquels figurent probablement le chef de la katiba Massina, Hamadoun Kouffa, et ses principaux cadres".

Si la mort d'Amadou Kouffa se confirme, ce sera sans doute une perte énorme pour le GSIM qui enregistrera au cas échéant, la mort encore de l'un de ses cadres en moins d'un an.
Rappelons que Mohamed Ould Nouini, alors numéro 3 de cette fédération d'organisations jihadistes s'activant au Mali et dans la sous région, a été neutralisé par l'Armée française le 14 février dernier dans région d'In-Aralouas, non loin de la frontière avec l'Algérie. 

Cette opération de l'armée française intervient moins de deux semaines après la diffusion d'une vidéo de Kouffa appelant les peulhs de toute l'Afrique de l'Ouest au jihad.

Source : RFI

 

Relance de l'UMA : l’Algérie appelle à une réunion des ministres maghrébins des affaires étrangères

Relance de l'UMA : l’Algérie appelle à une réunion des ministres maghrébins des affaires étrangèresDans un communiqué publié jeudi, le ministère algérien des affaires étrangères a invité le secrétaire général de l’union du Maghreb arabe à convoquer, dans les meilleurs délais, une réunion des ministres maghrébins des affaires étrangères.

Le communiqué précise que les chefs de la diplomatie des 5 pays maghrébins avaient déjà été informés par la diplomatie algérienne. « Cette initiative, ajoute le communiqué, émane de la conviction de l’Algérie, exprimée à plusieurs occasions, de la nécessité de relancer la construction maghrébine et de redynamiser ses structures ».

Le communiqué précise que la convocation d’une telle réunion par l’Algérie doit inciter à redynamiser les autres structures de l’union.

Cette invite algérienne pour la convocation d’une réunion des ministres maghrébins des affaires étrangères, intervient quelques jours après l’initiative du roi du Maroc, Mohamed VI qui avait appelé à la création d’un mécanisme politique commun pour le dialogue et la concertation entre son pays et l’Algérie.

Les ministres maghrébins des affaires étrangères ne se sont plus réunis depuis 2003 et le dernier sommet des chefs d’état s’est tenu en Algérie en 1994, quelques mois seulement avant la crise qui a présidé à la fermeture des frontières entre le Maroc et l’Algérie, intervenu en janvier 1995.

Le sommet qui devait se tenir en Algérie en 2003 et au cours duquel la présidence de l’organisation devait revenir au Maroc a été annulé.

Source : Sahara Médias (Mauritanie)

 

 

Angola : nouveau bras de fer entre l’ex-président dos Santos et son successeur

L'ancien président angolais José Eduardo dos Santos a réfuté mercredi les accusations de son successeur Joao Lourenço d'avoir vidé « les caisses de l'Etat », dans un nouveau bras de fer entre les deux hommes.

Joao Lourenço a affirmé au journal portugais Expresso paru ce week-end avoir « trouvé les coffres de l’Etat vides ». José Eduardo dos Santos lui a répondu mercredi lors d’une conférence de presse surprise à Luanda, la première depuis son départ de la présidence en septembre 2917.

« Je n’ai pas laissé les caisses de l’Etat vides. En septembre 2017, lors du passage de témoin, j’ai laissé environ 15 milliards de dollars à la Banque nationale d’Angola », a-t-il affirmé.

« Le budget général de l’Etat est adopté par l’assemblée nationale, et tous les revenus et dépenses de l’Etat doivent y être obligatoirement inscrits. Le budget 2017 avait un déficit de 6% », a-t-il ajouté depuis le siège de sa fondation éponyme.

Purge

José Eduardo dos Santos a dirigé l’Angola jusqu’en septembre 2017, un règne de trente-huit ans au cours duquel il a mis l’économie du pays en coupe réglée. Il a finalement cédé les rênes du pouvoir à Joao Lourenço, également membre du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA).

A peine arrivé, ce dernier a lancé une purge de grande ampleur dans l’administration et les entreprises publiques qui a visé pour l’essentiel les proches de son prédécesseur.

Symbole du nettoyage lancé par Lourenço, la justice a placé en détention l’un de ses fils, Jose Filomenu, inculpé de corruption alors qu’il dirigeait le fonds souverain du pays.

Source : jeuneafrique.com

 

Gabon : Ali Bongo Ondimba va poursuivre sa convalescence à Londres

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba va prochainement être transféré à Londres. Hospitalisé depuis le 24 octobre à la suite d'un accident vasculaire cérébral, il doit poursuivre sa convalescence dans un établissement médical spécialisé de la capitale britannique.

Près d’un mois après le début de son hospitalisation au King Faisal Hospital de Ryad, Ali Bongo Ondimba va finalement quitter l’Arabie saoudite pour Londres. Le transfert du président gabonais est prévu dans les prochains jours, voire les prochaines heures. Dans la capitale britannique, ABO doit être admis dans un établissement médical spécialisé.

Le chef de l’État gabonais va, selon nos informations, « beaucoup mieux », raison pour laquelle il a été autorisé à voyager. Conscient et ayant recouvré l’usage de la parole, il a décidé de suivre l’avis de la Première dame, Sylvia Bongo Ondimba, qui plaidait depuis plusieurs jours pour un transfert à Londres, où elle dispose d’une résidence dans le quartier de Mayfair.

 

Une convalescence au Maroc avait un temps été envisagée, sur insistance du roi Mohamed VI, proche d’ABO. Mais l’option a finalement été écartée. Aucune information n’a en revanche filtré concernant la durée de la convalescence du président gabonais.

 

 

Source : jeuneafrique.com

 

Les réformes de l'Union africaine, mode d'emploi

Les 55 membres de l'organisation continentale ont adopté plusieurs réformes lors du 11e sommet extraordinaire de l’Union africaine, organisé samedi 17 et dimanche 18 novembre à Addis-Abeba, en Éthiopie. Les réformes doivent notamment permettre de rendre l'institution plus efficace et autonome. Décryptage.

C'était un sommet « constructif », explique un membre d'une délégation étatique. « Satisfaisant », valide de son côté le président tchadien de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. Pourtant, durant deux jours, des observateurs les plus avisés aux acteurs mêmes de l'institution, tous étaient loin de partager cet optimisme. « La montagne a accouché d'une souris », tranche une source haut placée au sein de l'UA.

Il est en effet compliqué de saisir en quoi les mesures validées dimanche 18 après-midi, en présence de moins de la moitié des chefs d’État et de gouvernement d'Afrique (22 sur 55), vont révolutionner le quotidien de l'organisation panafricaine, vieille de 55 ans. « C'est la première fois qu'un sommet de chefs d’État se réunit pour parler de la réforme », se récrie Pierre Moukoko Mbonjo, qui dirige l'unité chargée du dossier auprès de la Commission de l'UA. Même l'Union européenne n'a pas lancé de réforme aussi vaste et ambitieuse, selon une autre cadre de l'organisation.

La refonte de la Commission, l'exécutif de l'Union.

Selon les réformes et leurs conséquences, la prochaine équipe sera élue en janvier-février 2021. À cette date, ils ne seront plus dix, mais huit : un président, un vice-président et six commissaires. La parité devra être respectée : si une femme est présidente, un homme sera vice-président et vice-versa. Il y aura également trois commissaires de sexe féminin et trois de sexe masculin. Par ailleurs, l'équilibre entre les cinq régions (Nord, Ouest, Est, Centre, Australe) devra également être pris en compte.

Mais ce sont le mode de nomination et le mandat de cette Commission qui, d’après leurs concepteurs, doivent changer la donne. Le président devrait ainsi devenir le véritable patron de son administration, car il est « le visage de l’Union africaine, il est le directeur général, en même temps qu’il est l’ordonnateur du budget de toute l’Union », rappelle Pierre Moukoko Mbonjo. Au début et à la fin du processus de nomination restent les États : chaque région désigne un candidat et l'Assemblée des 55 chefs d’État décide du vainqueur. Mais entre les deux, les volontaires pour le poste de président de la Commission devront se soumettre à un parcours digne du secteur privé : CV en ligne, profession de foi, débat télévisé, si possible diffusé sur les télévisions nationales, et grand oral final face aux dirigeants.

L’objectif : Réinstaurer une hiérarchie et faire des économies

Le mandat du « patron » va changer : il sera maître, avec son vice-président, du budget et des ressources humaines de l'institution continentale. Il pourra, par exemple, décider désormais de mettre fin aux fonctions d'un de ses commissaires. Il s'agit de réinstaurer clairement une hiérarchie afin que l'exécutif de l'UA ait la force et la légitimité suffisantes pour mettre en œuvre les décisions que les dirigeants prennent sommet après sommet – dont seuls 10% seraient effectivement appliquées, selon une source au sein de l'organisation. En contrepartie de cette indépendance accrue, il devra dresser des objectifs précis chaque année et rendre compte de leur avancée.

Selon ces changements, les États membres pourront par ailleurs mettre fin aux fonctions du président, du vice-président et des commissaires. Est-ce faire entrer le management du secteur privé à l'UA ? « C'est exactement cela, répond Pierre Moukoko Mbonjo, puisqu'il s'agit de mettre en place un système de gestion axé sur les résultats ».

Cette réforme de la Commission de l'Union africaine vise en outre à économiser. À l'unité chargée des réformes, on évoque 500 000 dollars mis de côté par an, rien qu'avec la suppression de deux postes de commissaires. Il faut aussi rappeler que les dirigeants s'étaient mis d'accord en juillet 2018, à Nouakchott, pour passer de deux à un sommet annuel avec les dirigeants - il y aura donc uniquement un Conseil exécutif entre ministres, suivi d'une réunion de coordination entre l’UA et communautés économiques régionales, à l'été 2019 à Niamey.

Réforme du financement et sanctions contre les mauvais payeurs

C'était l'une des grandes décisions du sommet ordinaire de Kigali, en juillet 2016 : l'adoption d'une taxe de 0,2% sur une liste de produits importés afin de « sécuriser » le paiement par les 55 membres de l'UA de leur contribution financière annuelle. L'idée étant simplement d'aider les États à trouver l'argent pour payer leur cotisation. Aujourd'hui, ils sont 24 à l'avoir mise en place, d'après les chiffres de la Commission. Juridiquement, il s'agit d'une directive donc « le rythme et les modalités de sa mise en œuvre dépendent de chaque État membre », décrypte Pierre Moukoko Mbonjo. Certains ont des contraintes spécifiques. « Il leur faut parfois modifier leur Constitution pour autoriser cette taxe et on sait ce que cela peut avoir comme signification de faire ça sur le continent », raconte un employé de la Commission.

Par ailleurs, les États-Unis continuent de mettre la pression. La mission américaine auprès de l'UA conteste auprès de l'AFP la régularité de ce type de « mesures commerciales », au regard des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais la Commission continue d'être optimiste sur cette taxe à 0,2% qui aurait permis de réduire de 60% à 30% la dépendance de l'organisation continentale vis-à-vis des donateurs, d'après l'équipe chargée des réformes.

Des sanctions aux membres qui ne payent pas leur contribution

Si cette taxe n'a pas été abordée durant ce 11e sommet extraordinaire à Addis-Abeba, les États ont en revanche avancé sur un autre point : le durcissement des sanctions contre les membres qui payent avec retard ou ne payent pas leur contribution annuelle. « Nous sommes à un mois de la fin de l'année budgétaire, les contributions sont seulement à hauteur de 50%, s'est insurgé le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, lors de la conférence de presse de clôture. Comment voulez-vous qu'une Commission puisse mettre en œuvre son programme annuel ? »

Le sommet a donc validé un dispositif de sanctions graduelles, selon le retard dans le paiement, qui peut conduire un État de la suspension de prise de parole durant les réunions de l'UA jusqu'à l'exclusion de toute participation aux activités de l'organisation, sommets compris, d'après un document de travail consulté par RFI. En revanche, la révision du barème des contributions financières a été repoussée au sommet des 10-11 février 2019, à Addis-Abeba. Elle doit permettre aux grands contributeurs de ne pas payer à eux seuls plus de 40% de la note.

La création d'une agence de développement

Le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) est transformé en Agence de développement de l'Union africaine – Nepad. « Les chefs d’État ont voulu garder la marque Nepad qui est déjà très connue », indique Pierre Moukoko Mbonjo. Concrètement, le sommet des 17-18 novembre a défini le mandat de cette institution refondée et, surtout, en a intégré le budget dans celui de l'UA.

L'idée est de s'assurer que chaque organe tire dans le même sens, et notamment dans celui de l'intégration régionale et continentale, c'est-à-dire le rapprochement des économies et des peuples africains. C'était l'idée à la base de la transformation de l'Organisation pour l'unité africaine (OUA) en Union africaine, en 2002, rappelait Moussa Faki Mahamat dans son discours d'ouverture. Dans le même ordre d'idée, le président Faki doit plancher sur une meilleure répartition du travail entre sa Commission, l'ex-Nepad, les organisations régionales (CEDEAO, SADC, IGAD, etc.) et les États.

De la théorie à la pratique, les échecs du Président Kagame

Le chef de l’État rwandais avait été désigné par ses pairs, en juillet 2016, chez lui à Kigali, pour proposer des pistes de réformes de l'UA et les mener à bien. En janvier 2017, Paul Kagame avait présenté son rapport avec pour but de « secouer le cocotier », rapportait alors une source proche du dossier au Monde Afrique. Le dirigeant du pays des mille collines souhaitait ainsi, selon Le Monde Afrique, que le Président de la Commission élu en 2021 puisse nommer directement ses commissaires, ce qui lui aurait conféré une légitimité et un pouvoir plus grand encore face aux États membres.

Cette option a vite été repoussée. « Kagame s’est heurté à une hostilité sourde, notamment de l’Afrique australe et du Nord qui ont taillé dans les propositions » cingle un haut-cadre de l'organisation. Des propositions qu'il qualifie de « plutôt révolutionnaires ». « Hostilité sourde, il me semble que l'expression est appropriée, abonde un autre membre de l'administration UA. L'Afrique du Nord est opposée à certains éléments fondamentaux de la réforme, notamment la question de la répartition du travail entre la Commission de l'UA, les communautés économiques régionales et les États. Ceci principalement parce qu'il n'existe pas de communautés économiques régionales en Afrique du Nord. Quant à l'Afrique australe, elle veut avoir plus de contrôle sur la Commission et met en avant qu'elle est (principalement l'Afrique du Sud) un grand contributeur. »

La crainte de trop renforcer la Commission, et de céder ainsi de la souveraineté, est au cœur du processus de réforme de cette institution qui « n'est plus adaptée au XXIe siècle », comme le dit une cadre. « La réforme est un processus, les États membres cèdent progressivement des parts de souveraineté », veut croire Pierre Moukoko Mbonjo. Pour l'ancien ministre camerounais des Relations extérieures, cela a mis beaucoup de temps aussi à l'Union européenne pour faire élire le président de la Commission par le Parlement européen. « Nous avons fait notre part du travail pour poursuivre le voyage et je m’attends à ce que le prochain […] président de l’UA poursuive sur la même lancée et avec les mêmes progrès », concluait Paul Kagame en refermant le sommet de novembre 2018. Reste à voir si son successeur, l’Égyptien Abdel Fatah Al-Sissi, aura cette même ambition.

Source : RFI

 

Union africaine : après le sommet extraordinaire d’Addis-Abeba, où en sont les réformes ?

À trois mois de la fin du mandat de Paul Kagame à la tête de l'Union africaine, le bilan des réformes proposées est en demi-teinte. Après le sommet extraordinaire de l’institution, qui s'est clôturé dimanche 18 novembre à Addis-Abeba, Jeune Afrique fait le point.

En janvier 2017, Paul Kagame présentait à ses pairs un ambitieux rapport pour une réforme de l’Union africaine (UA). L’idée : rendre la Commission plus forte, plus efficace et plus indépendante, afin que l’UA devienne plus qu’un simple forum des chefs d’État du continent, dont les résolutions sont rarement appliquées faute de moyens et de volonté.

Mais les propositions du président rwandais, qui a pris la présidence de l’UA en janvier de l’année suivante, se sont heurtées aux réticences de certains États soucieux de préserver leurs prérogatives, exprimées notamment ce week-end lors du sommet extraordinaire de l’institution panafricaine à Addis-Abeba.

À quelques mois de la fin de sa présidence, Kagame devra donc poursuivre le travail s’il veut pouvoir mettre en œuvre son plan. Résumé de l’avancée de six mesures emblématiques.

· Réforme de la commission : compromis trouvé

Les chefs d’État ont acté le principe de ramener de huit à six le nombre de commissaires. Selon les calculs de la Commission, cela devrait permettre chaque année près de 500 000 dollars d’économies.

Leur mode de sélection a aussi été revu : les candidats devront être présélectionnés par un panel d’éminentes personnalités africaines associées à un cabinet de recrutement, sur la base de leurs compétences, du respect de la parité femmes/hommes et de la rotation entre les régions.

Les États membres continueront à élire les commissaires, contrairement à la proposition initiale de Paul Kagame

Néanmoins, les États membres continueront à les élire, contrairement à la proposition initiale de Paul Kagame. Pour renforcer les pouvoirs du président de la Commission, le Rwandais avait en effet proposé de permettre à ce dernier de nommer directement ses commissaires.

Quant au président de ladite Commission, Moussa Faki Mahamat, il est chargé de continuer de réfléchir à une nouvelle organisation des départements de l’UA. La structure ne devrait véritablement être opérationnelle qu’en 2021, date de l’expiration des mandats des actuels commissaires.

· Sanctions des mauvais payeurs : accord

« Nous sommes en novembre. L’exercice budgétaire touche à sa fin, mais nous n’avons perçu que 50% des contributions », a dénoncé Moussa Faki Mahamat lors de la conférence de presse de clôture du sommet. Le président de la Commission s’est plaint de ne pas disposer d’un budget « soutenable et prévisible », à cause des membres qui ne paient pas leur cotisations à temps.

Pour remédier à cette situation, l’UA a adopté un nouveau barème de sanctions, qui pourra aller jusqu’à la suspension de la participation d’un État aux travaux de l’institution. Reste à savoir jusqu’où la Commission sera véritablement prête à aller lorsque ce cas se présentera.

· Nouveaux barèmes des donateurs : décision reportée

Pour éviter que le budget de l’UA ne soit trop dépendant d’un petit nombre de donateurs, une réforme du barème des contributions a été proposée.

Les contributions des cinq principaux donateurs devraient être limitées à 40% du budget, tandis qu’aucun ne devrait contribuer pour moins de 200 000 dollars

Selon l’une des modalités discutées, les contributions des cinq principaux donateurs devraient être limitées à 40% du budget, tandis qu’aucun n’État ne devrait contribuer pour moins de 200 000 dollars annuels. Face à cette épineuse question, « le sujet a été remis au prochain sommet, en février 2019 », a indiqué Moussa Faki Mahamat.

  • Taxe de 0,2% sur certaines importations : non discuté

Cette taxe, également surnommée « taxe Kaberuka », était l’une des mesures phares du projet de réforme de l’UA. Elle doit permettre de financer non seulement le budget de l’Union, mais aussi 75% de ses programmes et 25% de ses opérations de paix.

Si elle a été formellement adoptée par l’UA, sa mise en œuvre, qui revient aux États membres, patine dans plusieurs régions du continent. L’Afrique australe, notamment, y est farouchement opposée : ses pays veulent pouvoir déterminer eux-mêmes comment récolter les recettes nécessaires à leurs contributions.

Selon les chiffres de l’unité de mise en œuvre, 24 États ont déjà mis en place cette taxe ou entrepris de le faire. Ce qui signifie que plus de la moitié des pays du continent n’ont pas encore initié ce processus. Cette question sensible n’a pas été discutée lors du sommet extraordinaire.

  • Réintégration des agences du Nepad et du MAEP : validé

Les agences du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), institutions semi-indépendantes de l’Union africaine, vont être pleinement réintégrées à l’UA. L’agence du Nepad, qui portera désormais le nom d’Agence de développement de l’UA (AUDA), devrait être l’équivalent de ce qu’est le PNUD pour l’ONU.

  • Négociations post-Cotonou avec l’UE : compromis trouvé

Alors que l’accord de Cotonou entre l’Union européenne (UE) et les États d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) arrivent à expiration en 2020, la Commission de l’UA a souhaité pouvoir négocier directement avec les Européens le prochain accord. Cela permettrait à l’institution panafricaine de peser davantage sur la scène internationale et de mieux atteindre ses propres objectifs.

Il a été convenu que le groupe ACP continuerait de négocier avec l’UE, mais qu’un collectif de pays africains coordonné par l’UA sera créé en son sein

Problème : certains de ses membres, comme les pays d’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud ne font pas partie du groupe ACP et gèrent directement leurs accords avec les Européens. Au final, il a été convenu que le groupe ACP continuerait de négocier avec l’UE, mais qu’un collectif de pays africains coordonné par l’UA sera créé en son sein.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle malgache: Rajoelina et Ravalomanana qualifiés pour le 2e tour

Un duel entre deux ex-présidents : c'est l'affiche du second tour de la présidentielle malgache. Andry Rajoelina (39,19%) et Marc Ravalomanana (35,29%) se sont qualifiés selon les résultats provisoires , car non encore officiellement proclamés par la HCC, la Haute cour constitutionnelle. Le 2e tour est prévu pour le 19 décembre.

Les résultats sont à la mesure des tendances de ces derniers jours. Samedi soir, à 18h30, la Céni a donc donné très officiellement les résultats du scrutin. Andry Rajoelina, l’ex président de la Transition, arrive en tête avec 39,19% des suffrages. Suivi par son ennemi de toujours, l’ex-président Marc Ravalomanana avec 35,29% des voix.

Le président sortant Hery Rajaonarimampianina obtient un score de 8,84% qui le place en troisième position. Le pasteur Mailhol, fondateur de la secte Apocalyse sur la Grande Ile, arrive en 4e position avec 1,27% des suffrages. Les 32 autres candidats ramassent donc les miettes, comme Didier Ratsiraka avec un petit 0,45%. Le taux de participation s’élève à 54,2%. Quant au nombre de bulletins blancs ou nuls, il dépasse lui les 7%.

Ces résultats interviennent sur fond de contestation de la part d’un grand nombre de candidats. Les trois candidats arrivés en tête ont tous ces derniers jours mis en doute la fiabilité des résultats partiels et la manière peu transparente avec laquelle opérait la Céni. Samedi matin, un collectif d’une vingtaine de candidats, composé entre autres de Hery Rajaonarimampianina, a même déposé une requête devant la HCC demandant l’annulation du scrutin pour vice de procédure dans l’élection ayant entraîné des fraudes.

Les clans des deux qualifiés ont d’ores et déjà réagi : « Nous nous engageons sans problème dans le deuxième tour et avec espoir », a déclaré à l’issue de la cérémonie d’annonce des résultats, le directeur de campagne de Marc Ravalomanana. Il confirme toutefois de grosses différences de résultats entre ceux de la Céni et les leurs. Mais dit-il, « nous ne déstabiliserons pas l’institution dans la proclamation de ses résultats provisoires. »

Côté Andry Rajoelina, la réaction s’est faite par un tweet : « La population malagasy a montré sa soif de démocratie. Félicitations à tous ceux qui ont voté. J’appelle maintenant à un large rassemblement pour sauver Madagascar. Néanmoins, je soutiens la vraie démocratie et je regrette que le traitement des résultats par la #CENI n’ait pas été transparent. Cela ne nous empêchera de gagner, avec vous tous, et rendre sa fierté au peuple malagasy. »

Source : RFI

 

Changement d’heure au Maroc : le gouvernement face aux manifestations

Le maintien au dernier moment de l'horaire d'été, au cours d'un Conseil de gouvernement exceptionnel tenu fin octobre, suscite la colère des écoliers. L'exécutif, qui a du mal à remettre les pendules à l'heure, crie à l'instrumentalisation des élèves.

Une mère de famille qui risque le licenciement parce qu’elle doit désormais déposer son enfant à 9h à l’école, alors qu’elle doit pointer au bureau à 8h30 ; un lycéen qui se plaint des agressions dans son quartier, qu’il quitte dans le noir pour aller en cours… Sur les réseaux sociaux ou dans des émissions radios, les histoires racontant le chamboulement du quotidien des Marocains n’en finissent pas. Le pays, dans son ensemble, semble « jetlagué » – de l’anglais « jetlag », décalage horaire – depuis que le gouvernement a décidé de supprimer le retour à l’heure d’hiver. Flash-back.

Vendredi 26 octobre, Saadeddine El Othmani réunit un Conseil de gouvernement exceptionnel pour promulguer un décret relatif à l’heure légale qui devait rebasculer, deux jours plus tard, de GMT+1 à GMT [acronyme anglophone de Heure moyenne de Greenwich, soit l’heure mondiale de référence]. « Si ce décret n’a pas été à l’ordre du jour du Conseil de gouvernement hebdomadaire, tenu la veille, c’est que la décision a été prise hâtivement, sans aucune préparation préalable », assure un ancien ministre.

« Répercussions négatives »

L’exécutif légitime pourtant sa décision par des raisons de « stabilité », évoquant une étude approfondie démontrant les « répercussions négatives d’un changement d’heure ». Un document qui n’a été rendu public que deux semaines après la décision, et reste peu convaincant pour les Marocains. La synthèse du rapport, établi par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), se contente d’énumérer les avantages et inconvénients de chacun des horaires d’été et d’hiver, sans préciser pour autant lequel serait le mieux adapté au contexte du pays.

Cette décision brutale se traduit par l’improvisation des mesures d’accompagnement mises en œuvre. Pour les horaires des écoles, en particulier, le ministre de l’Éducation nationale s’est retrouvé à négocier avec les parents d’élèves, alors que l’année scolaire est lancée. Une négociation qui n’a finalement mené à rien, puisque son département a fini par déléguer aux académies régionales le choix des horaires. Une approche participative qui s’est révélée inefficace, la grogne aux portes des établissements scolaires ne faisant que s’amplifier.

Ces manifestations ne sont pas spontanées, mais attisées par des personnes étrangères aux établissements scolaires

Depuis deux semaines, plusieurs écoles publiques dans différentes villes du Maroc ont connu des sit-in qui ont parfois tourné aux actes de vandalisme. Des drapeaux du royaume ont même été brûlés. Selon les autorités, ces manifestations ne sont pas spontanées, mais attisées par des « personnes étrangères aux établissements scolaires ».

Plusieurs responsables politiques crient à l’instrumentalisation des écoliers. À Tanger, des individus ont même été interpellés pour leur implication présumée dans l’incitation des élèves à poursuivre les manifestations. À croire que ce changement d’heure vient cristalliser tout le décalage entre actions gouvernementales et attentes des citoyens…

Source : jeuneafrique.com

 

Guinée : Khalifa Gassama Diaby, ministre contrarié, a fini par jeter l’éponge

Le 14 novembre, le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté, Khalifa Gassama Diaby, annonçait sa démission. La fin d’une longue collaboration en dents de scie entre ce ministre, qui avait plusieurs fois songé à jeter l’éponge, et le président Alpha Condé.

« Lorsqu’on a définitivement acquis la certitude que le combat que l’on mène avec le cœur, l’honnêteté et l’engagement éthique n’est plus manifestement, clairement, une préoccupation et une priorité majeure ni pour le gouvernement auquel on appartient, ni pour les acteurs politiques nationaux, ni dans le jeu politique et institutionnel, on se retire. » Dans le communiqué annonçant sa démission, c’est en ces termes que Khalifa Gassama Diaby exprimait sa lassitude, estimant n’être pas parvenu à faire bouger les lignes au sein du gouvernement autant qu’il l’aurait voulu.

Une décision dont le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté aurait informé le président Alpha Condé en dernière minute, par SMS, choisissant de le placer devant le fait accompli, souffle l’un de ses proches. Selon la même source, « cette manière de faire ne traduit pas un manque d’égard envers le chef de l’État mais plutôt une volonté de rendre irréversible sa démission ». Auparavant, Diaby avait en effet envisagé à plusieurs reprises de démissionner, sans jamais franchir le pas.

Une dizaine de tentatives

« Il a brandi cette menace plus d’une dizaine de fois », assure l’un de ses collaborateurs au ministère. Sa première tentative est survenue seulement deux semaines après sa nomination, le 5 octobre 2012, à la tête du ministère des Droits de l’homme et des libertés publiques – qui deviendra le ministère de l’Unité nationale après la présidentielle de 2015. « C’était à la suite d’une divergence avec le président de la République lors d’un Conseil des ministres, ce sont des collègues qui l’avaient calmé », se souvient l’un d’entre eux.

Il a toujours été à deux doigts de démissionner », confie Siaka Barry

« Il a toujours été à deux doigts de démissionner, confie à Jeune Afrique l’ancien ministre des Sports, de la Culture et du Patrimoine historique, Siaka Barry. J’ai eu moi-même à l’en dissuader, au premier trimestre 2017. Je me souviens notamment d’un débat houleux qui l’a opposé au président Condé à propos du viol conjugal. Ils ont eu aussi des divergences sur la question des conditions carcérales. Le chef de l’État le taxait d’être l’homme des ONG internationales. »

Le point de non-retour

À plusieurs reprises, son propre père, âgé de 95 ans, avait dissuadé Khalifa Gassama Diaby de quitter le gouvernement. Leur tête-à-tête, qui a précédé l’officialisation de sa démission, n’a cette fois pas entamé la détermination du fils. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? En juillet, excédé par les manifestations contre la hausse du prix du carburant et contre les résultats des élections communales de février 2018, le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana avait déclaré préférer l’ordre public à la loi. Par la suite, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Bouréma Condé, avait annoncé l’interdiction de toute manifestation politique jusqu’à nouvel ordre. « Ma présence dans ce gouvernement n’a plus aucun sens », confie alors Gassama Diaby à un proche.

Toutefois, si les dernières opérations de répression contre des manifestations politiques – qui ont fait deux morts civils et une victime policière à Wanindara, un quartier de la commune de Ratoma, fief de l’opposition – n’ont pas arrangé les choses, Gassama Diaby avait rédigé sa lettre de démission dès le début du mois d’octobre.

Lors du Conseil des ministres, le 15 novembre, Alpha Condé a pris acte de la démission de Khalifa Gassama Diaby. « Le président de la République a instruit le ministre de l’Industrie et des PME [Tibou Kamara, ndlr] d’assurer l’intérim du démissionnaire », précise-t-on dans le compte rendu du conseil. Contacté par Jeune Afrique, le ministre de l’Information et de la Communication, Amara Somparé, préfère ne pas en dire davantage.

Plusieurs personnalités ont exprimé leurs regrets, à l’instar de Siaka Barry, qui a rendu hommage au « courage » et à « l’esprit patriotique » de Gassama, qu’il qualifie d’homme libre. « Il est resté citoyen avant d’être administrateur. Il a eu le courage de se battre pour des valeurs, des idées, même contre le gré du gouvernement ». Frédéric Foromou Loua, le président de l’ONG Mêmes droits pour tous (MDT), se dit lui aussi « déçu ». « Au sein du gouvernement, il incarnait la voix des droits de l’homme. La plupart des autres ministres sont davantage mus par des considérations politiques. » Selon lui, « cette démission n’a pas vraiment été une surprise. Je me souviens qu’il avait déclaré, au Palais du peuple, lors de la dédicace du livre Mémoires collectives, fin septembre, que la Guinée est un pays « triste et attristant ». »

C’est dans ce même lieu que Khalifa Gassama Diaby avait annoncé, le 7 novembre 2017, la fin de son « aventure » avec la Semaine nationale de la citoyenneté et de la paix (Senacip), qu’il avait initiée en 2016 avant de la faire adopter par l’Assemblée nationale. L’objectif était de désamorcer les tensions sociopolitiques par l’éducation civique. Faute du soutien des autorités, la Senacip a fait long feu. L’édition 2018, prévue le 1er novembre, n’a finalement pas eu lieu.

Source : jeuneafrique.com