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Politique en Afrique

Guinée équatoriale : Teodorín Obiang nommé général de division des forces armées terrestres

Le fils du président équato-guinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue, et trois autres membres de sa famille ont été promus à de hautes fonctions militaires, a annoncé un décret présidentiel daté du 15 octobre.

Teodoro Nguema Obiang Mangue a le pied marin, préférant les eaux turquoises de la planète aux forêts de ceiba de son pays. Mais c’est dans l’armée de terre que son père vient de le nommer général de division. À 49 ans, Teodorín Obiang, déjà vice-président de la Guinée équatoriale, a ainsi été promu avec trois autres membres de sa famille : un oncle, Victoriano Nsue Okomo, un cousin de son père, Jose Eneme Obama, et son beau-frère, Fausto Abeso Fuma, tous trois nommés généraux en même temps que lui, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance fêté le 12 octobre.

Teodorín Obiang augmente un peu plus sa mainmise sur la Guinée équatoriale. Depuis mi-juin, par exemple, les fonctionnaires ne peuvent plus voyager à l’étranger sans l’autorisation de celui qui est aussi le numéro 2 du Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE, au pouvoir).

Le clan Obiang se resserre

Le resserrement actuel du régime autour du clan de Mongomo, notamment depuis le coup d’État manqué de fin 2017, est en totale contradiction avec l’annonce d’une ouverture, qu’une table ronde organisée avec l’opposition en juillet était censée illustrer. Cette réunion (la sixième du genre depuis que Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a pris le pouvoir en 1979) a fini en monologue du régime.

Il ne faut pas se méprendre : les « nguémistes » (néologisme du chercheur suisse Max Liniger-Goumaz) n’ont jamais vraiment lâché les clés du palais. Le pays est entre les mains de la famille depuis cinq décennies et l’arrivée au pouvoir de Francisco Macías Nguema, l’un des pires despotes qu’ait connu le continent. Son tombeur, son neveu actuellement au pouvoir, a largement participé au régime de terreur imposé par celui qui se faisait appeler « le Tigre de Malabo ».

Cependant, ces nouvelles nominations ne font que renforcer l’idée selon laquelle une transmission du pouvoir du père vers le fils est en cours. « TNO » (ses initiales affichées en géant lors de son dernier dispendieux anniversaire) est pourtant plus connu pour ses frasques et ses ennuis judiciaires, dont les biens mal acquis en France.

Le nouveau général pourra d’ailleurs observer ses troupes depuis les eaux territoriales de son pays, à bord de l’Ice, un yacht de luxe de 90 mètres, qui a échappé de justesse à une saisie, contrairement à l’Ebony Shine, actuellement bloqué aux Pays-Bas. Ces bijoux qui ont coûté 250 millions de dollars seraient – à en croire les autorités équato-guinéennes – la propriété du ministère de la Défense.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Deux cents députés algériens bloquent l'accès de l'Assemblée à son président

Deux cents députés algériens bloquent l'accès de l'Assemblée à son président Environ 200 députés de la majorité bloquent l'entrée de l'Assemblée populaire nationale (APN) et en ont cadenassé la porte, pour en empêcher l'accès à son président dont ils réclament la démission.

Depuis fin septembre, cinq groupes parlementaires, dont ceux du Front de libération nationale (FLN) du chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika et du Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia -qui y détiennent à eux deux la majorité absolue- réclament sans succès la démission de Saïd Bouhadja, président de l'APN, la Chambre basse du Parlement.

Ils lui reprochent notamment "une mauvaise gestion, des dépenses exagérées et illicites et un recrutement douteux". M. Ouyahia et le secrétaire général du FLN, Djamel Ould, lui ont eux aussi publiquement demandé de démissionner.

Ni la Constitution ni la loi algériennes ne prévoient de procédure pour destituer le président de l'APN et l'intéressé, membre du FLN, refuse de quitter son poste. Depuis trois semaines, les passes d'armes quasi-quotidiennes entre M. Bouhadja et certains de ses opposants, animent la vie politique dans le pays.

"Nous sommes ici pour réclamer la démission du président de l'APN", a déclaré à l'AFP Si Affif, député FLN et président de la commission des Affaires étrangères.

Selon Cheikh Benbara, député du Mouvement populaire algérien (MPA), proche du pouvoir, au moins 351 députés sur les 462 que compte l'APN "ont signé en faveur de cette action de protestation pacifique visant à réclamer la démission du président de l'Assemblée".

A 11h15 locales (10h15 GMT), M. Bouhadja ne s'était toujours pas présenté à l'APN. Il a toutefois assuré au site en ligne TSA (Tout sur l'Algérie) qu'il ne céderait pas.

"Cette action ne me fait pas peur. Je vais venir à l’APN parce que je suis le président de cette institution", a déclaré à TSA Saïd Bouhadja.

Avec AFP
Source : VOA Afrique

 

 

Présidentielle au Cameroun : Paul Biya donné vainqueur par des chiffres rejetés par l’opposition

Avec 71,28 % des voix, Paul Biya arrive en tête du décompte effectué par la Commission nationale de recensement. Un chiffre rejeté par l'opposition, qui annonce des « débats houleux » lors de l’audience portant sur l’examen des recours post-électoraux, qui s'ouvre le 16 octobre devant le Conseil constitutionnel.

La victoire de Paul Biya à la présidentielle du 7 octobre dernier serait sans appel sur ses sept concurrents, selon les chiffres de la Commission nationale de recensement des votes. Ces derniers, issus du décompte des voix exprimées sur l’ensemble du territoire camerounais et dans la diaspora, donnent vainqueur le président sortant avec 71,28 % des voix, contre 14,23 % pour Maurice Kamto, candidat du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), et 6,28 % pour Cabral Libii, challenger de l’Union nationale pour l’intégration vers la solidarité (Univers).

Ce sont en tout cas les conclusions contenues dans le rapport transmis le 15 octobre par la Commission au Conseil constitutionnel, après trois jours d’examen de l’ensemble des procès-verbaux (PV) collectés à travers le pays. Une tache ardue pour Emile Essombe, le président de cette commission, et ses membres, notamment en raison de nombreuses « erreurs matérielles » retrouvées dans les PV. Des anomalies pour la plupart liées à de mauvais remplissages de PV, comme dans le bureau de vote de Biwong-Bulu où sur 171 votants, Paul Biya a obtenu 171 voix, et Cabral Libii une.

Signature du rapport

« Nous avons noté ces erreurs dans des dizaines de bureaux de vote répartis principalement dans les départements de la Mvila, la Haute-Sanaga, le Nyong-et-Kéllé, ainsi que dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest, explique à Jeune Afrique le professeur Alain Fogue, mandataire du MRC au sein de la Commission de recensement des votes. Nous avons suffisamment de preuves matérielles que nous présenterons au Conseil constitutionnel. »


Face à tout cela, le représentant du parti Univers, le professeur Prosper Nkou Mvondo, a refusé de signer le rapport final de la commission, trouvant « paradoxal » que des partis d’opposition se soient empressés de le faire « alors que ce sont les mêmes qui demandent l’annulation de l’élection. »

« La loi est pourtant claire, se défend le professeur Fogue. Si vous ne signez pas le rapport de la commission, vous n’en recevrez pas une copie. Dès lors, comment allez-vous vous défendre correctement devant le Conseil constitutionnel si vous n’avez pas toute la documentation nécessaire ? Cela ne veut pas dire que nous acceptons ces chiffres », explique celui dont le parti a introduit un recours pour une annulation partielle de l’élection.

Recours post-électoraux

Dans les états-majors des différents candidats, on s’accorde à dire que la réussite du processus électoral se jouera devant les 13 membres du Conseil constitutionnel, où s’ouvre le 16 octobre l’audience d’examen des recours post-électoraux. Face à Me Joseph Atangana, l’avocat d’Elecam (l’organe chargé des élections), le Social Democratic Front (SDF), le MRC et le parti Univers auront trois jours pour convaincre le président du Conseil, Clément Atangana et ses pairs, de trancher en leur faveur, avant la proclamation officielle des résultats attendue le 22 octobre.

Les choses ne s’annoncent pas pour autant aisées, en témoignent les propos tenus par le directeur général d’Elecam sur une radio locale samedi dernier. Selon Erik Essousse, en effet, lesdits recours « n’ont quasiment aucune chance d’aboutir », sa structure ayant organisé le scrutin « selon les règles de l’art ».

Un scepticisme que partage le politologue camerounais Mathias Eric Owona Nguini, qui estime qu’il y a « peu de doutes sur l’issue finale du scrutin, qui est favorable au président sortant Paul Biya ». Pour lui, « l’opposition devra réussir à apporter des preuves matérielles et documentaires assez solides pour étayer ses demandes d’annulation. Ce qui n’est pas donné. » Quant au crédit à accorder aux membres du Conseil constitutionnel, tous nommés par Paul Biya, « l’opposition connaissait les règles du jeu à l’avance », souligne Mathias Eric Owona Nguini, pour qui l’opposition doit s’y prêter.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie: cinq généraux placés en détention pour des malversations présumées

En Algérie, cinq généraux ont été placés ce dimanche en détention provisoire. Ils sont mis en cause dans une enquête sur des malversations présumées. A l'approche de la présidentielle de 2019, ces affaires dans la hiérarchie militaire sont scrutées de près.

La presse algérienne révèle les noms de ces généraux à qui on a retiré leur passeport. Il s'agit du général Menad Nouba, ex-commandant de la gendarmerie nationale, les généraux Habib Chentouf, Saïd Bey et Abderrazak Chérif, anciens chefs de régions militaires, et le général Boudjemaâ Boudouaour, ex-directeur des finances au ministère de la Défense.

Ils ont comparu pour la troisième fois, ce dimanche, devant un juge d'instruction du tribunal militaire de Blida près d'Alger. A l'issue de cette comparution, le juge a ordonné leur détention provisoire. Selon la chaîne de télévision Annahar, réputée proche du pouvoir algérien, les cinq généraux ont été écroués dans une affaire de biens mal acquis et de corruption.

Ces généraux ont été mis à la retraite dans le cadre d'une vague de limogeages lancée il y a plusieurs mois en Algérie et voulue par le président Abdelaziz Bouteflika. Vague qui suscite de nombreuses questions. D'autant plus que l'année 2019 sera une année d'élection présidentielle en Algérie. Un scrutin déjà marqué par l'incertitude autour d'un cinquième mandat du président Bouteflika. Agé de 81 ans, Abdelaziz Bouteflika est absent de la vie politique en raison de sa maladie, qui l'a beaucoup affaibli.

Source : RFI

 

Sahara: Le Polisario sommé de revenir à la table des négociations

Le dernier rapport du Secrétaire Général de l’Organisation des Nations (ONU), Antonio Gutteres, relatif à la situation au  Sahara, présenté devant le Conseil de Sécurité (CS), le 09 octobre dernier, sonne comme un véritable avertissement pour le Front Polisario, sommé de revenir à la table des négociations.
Ce document invite le mouvement à reprendre rapidement  contact avec «  les hauts responsables de la MINURSO à Rabouni,  conformément à une  pratique
établie depuis plusieurs années,  et exprime  une vive  inquiétude au sujet de   la situation sécuritaire prévalant à l’Est de mur de défense ».
Dans la partie « recommandations et observations » M. Gutteres est net,clair, précis et sans détour. Il exprime  « une vive préoccupation  par rapport à  la détérioration des relations entre la MINURSO et le Front Polisario ».
Une situation de tension  « qui empêche le Représentant spécial du Secrétaire Général, le canadien Colin  Stewart et le commandant de la MINURSO  de rencontrer les responsables du Polisario».
Suite à ce constat de blocage d’une concertation indispensable sur le terrain,  le Secrétaire général  de l’ONU  enjoint solennellement  « au Front Polisario de reprendre les réunions avec les hauts responsables de la MINURSO à Rabouni » suivant une pratique établie depuis de nombreuses années.
Par ailleurs, le haut responsable onusien  a fait part au Conseil de Sécurité de sa vive préoccupation au sujet de la sécurité et la sûreté du personnel de la MINURSO, qui reste, selon lui, «  très vulnérable face à diverses menaces, notamment celle que représentent les groupes
criminels et terroristes, en particulier à l’Est du mur de sable ».
C’est là un message clair adressé aux membres du Conseil de Sécurité, qui seront appelés à voter une résolution à ce sujet  fi

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Tunisie : Slim Azzabi, l’allié de Youssef Chahed, quitte Béji Caïd Essebsi

Le chef de cabinet du président de la République tunisienne, Slim Azzabi, a annoncé sa démission mardi 9 octobre. Nouveau signe d’affaiblissement de Béji Caid Essebsi et de Nidaa Tounes, son parti, ce départ pourrait annoncer une nouvelle entrée dans la course aux élections, aux cotés de Youssef Chahed.

Jeudi encore, Slim Azzabi a été aperçu à son bureau du palais présidentiel au poste de chef de cabinet qu’il occupe depuis février 2016. Homme de confiance, il y avait été nommé par Béji Caïd Essebsi dont il avait été premier conseiller après avoir travaillé dans le premier cercle de son équipe de campagne en 2014.

Souvent décrit comme un « homme de l’ombre », Slim Azzabi reste discret. Il n’a pas donné d’explications publiques sur sa démission, annoncée mardi mais dont la date d’entrée en effet n’est pas encore confirmée. Carthage n’a pas non plus commenté cette annonce.

Toujours est-il qu’elle suscite la polémique et semble être un signe d’isolement de plus d’un chef de l’État dont le parti, Nidaa Tounes, a des airs de passoire après la perte de dizaines de députés. Même si Slim Azzabi, lui, n’a jusqu’à présent pas exprimé sa volonté de quitter la formation.

La goutte d’eau qui a fait déborder le vase

Le communiqué publié par Nidaa Tounes à propos de la rencontre entre le chef de l’État et le leader d’Ennahda Rached Ghannouchi, lundi 8 octobre, a certainement précipité cette démission. Le texte scellant la fin du consensus n’aurait pas dû émaner du parti mais du bureau de la présidence, estiment nombre d’observateurs.

Slim Azzabi était au palais de Carthage l’homme de Youssef Chahed et non pas de Béji Caïd Essebsi

« Ça nous remet dans une situation du parti-État, cette confusion n’est pas permise dans une démocratie », s’indigne le député Mahmoud El May président du Conseil national du parti d’opposition Joumhouri, qui rappelle que « quand un chef d’État est élu, il devient président de tous les Tunisiens. Ce qui implique le respect d’un protocole ».

L’homme a côtoyé Slim Azzabi après la révolution. Ils ont fait leurs gammes en politique ensemble au sein du parti Républicain – aux côtés de l’actuel Premier ministre Youssef Chahed -, avant sa fusion en 2012 avec Joumhouri. Aujourd’hui il estime que le chef de cabinet du président cherchait de toute façon une porte de sortie après avoir été « mis à l’écart ».

C’est ce que croit aussi Mongi Harbaoui, porte-parole de Nidaa Tounes selon qui Slim Azzabi s’en était ouvert de longue date à des membres du parti. D’après lui, la raison de ce départ est ailleurs : « Je pense qu’il était au palais de Carthage l’homme de Youssef Chahed et non pas de Béji Caïd Essebsi ».

L’allié de Chahed

Camarades de parti dès 2011, Slim Azzabi et Youssef Chahed ont rejoint ensemble Nidaa Tounes à la suite de l’assassinat de Mohamed Brahmi durant l’été 2013. Ils avaient alors emboîté le pas de Saïd Aïdi, désormais leader de Bani Watani, qui y va de sa formule pour décrire leur relation : « Je dirais que c’est Chahed qui est proche de Slim Azzabi et non pas l’inverse ».

Il le voit comme le « métronome », ou encore « l’architecte du plan Chahed ». C’est Azzabi qui aurait influencé la décision de Chahed soutenir Hafedh Caid Essebsi à la tête du parti lors du Congrès de Sousse de 2016 alors qu’il travaillait déjà aux côtés du président, bien avant que leurs désaccords n’occupent la place publique.

Le retour en grâce de l’ex-Premier ministre Habib Essid n’a rien arrangé pour Slim Azzabi.

Il aurait également pesé sur l’infortune de l’ex-Premier ministre Habib Essid qui avait été remplacé la même année par son ministre des affaires locales : Youssef Chahed. Le retour en grâce d’Essid en août 2018 comme ministre conseiller spécial en charge des Affaires politiques auprès du chef de l’État n’a sans doute rien arrangé.

S’il n’a pas été ouvertement déloyal envers Béji Caïd Essebsi, la proximité de Slim Azzabi avec le chef du gouvernement devenait en tout cas intenable aux vues des tensions actuelles de l’exécutif et de Nidaa. S’agit-il dans ce contexte d’une démission ou a-t-il été poussé à prendre la porte ?

Ses relations pourraient continuer à le servir. « Je pense qu’il y a des chances pour qu’on le retrouve dans le noyau dur de la préparation des législatives aux côtés de Youssef Chahed », confie Mahmoud El May.

Le chef du gouvernement suspendu de Nidaa le mois dernier ne s’est pas officiellement positionné dans la course aux élections de 2019, mais beaucoup lui prêtent cette intention. Au sein même de la Coalition nationale, désormais deuxième groupe à l’Assemblée, des députés souhaiteraient le voir former un parti.

« Si cette formation arrivait en second place aux législatives Ennahdha pourrait le nommer de nouveau à la tête du futur gouvernement, car le pouvoir sera de toute façon à la Kasbah », imagine déjà Mahmoud El May. En attendant, d’autres verraient bien Youssef Chahed le nommer ministre en cas de remaniement, en s’appuyant pourquoi pas sur son parcours dans la finance.

Source : jeuneafrique.com

 

Loi contre le racisme : « tournant historique » en Tunisie, mais où en sont l’Algérie et le Maroc ?

Loi contre le racisme : « tournant historique » en Tunisie, mais où en sont l’Algérie et le Maroc ? Cette semaine, la Tunisie a étoffé son corpus législatif en adoptant un texte visant à criminaliser les actes, propos et discriminations racistes. Le pays conforte ainsi sa position de précurseur maghrébin en matière de droits humains, loin devant ses deux voisins.

La Tunisie a écrit une nouvelle page de son histoire en matière de droits de l’homme. Mardi dans la soirée, le Parlement tunisien a voté une loi criminalisant les propos racistes, l’incitation à la haine et les discriminations. À l’issue de longs débats, celle-ci a été votée par une grande majorité – 125 voix pour, une contre et cinq abstentions.

La loi sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale prévoit des peines allant d’un mois à un an de prison, et jusqu’à 1 000 dinars (300 euros) d’amende pour des propos racistes.

« L’incitation à la haine », les « menaces racistes », la « diffusion » et « l’apologie du racisme », ainsi que la « création » ou la « participation à une organisation soutenant de façon claire et répétitive les discriminations », sont également passibles d’un à trois ans de prison, et jusqu’à 3 000 dinars (920 euros) d’amende. La pénalité financière peut monter à 15 000 dinars (environ 5 000 euros) pour les personnes morales.

« C’est un tournant très important dans l’histoire de la Tunisie, équivalent à l’abolition de l’esclavage », a déclaré à l’AFP Messaoud Romdhani, président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES). Cette criminalisation est également une première dans le monde arabe. Dans les pays voisins, la question du racisme est soit au point mort, soit totalement occultée.

Maroc : pas de loi mais des régularisations

Au Maroc, malgré un changement de politique migratoire en 2013, des faits divers alimentent régulièrement l’actualité. En octobre 2013, un Sénégalais a été tué à l’arme blanche dans le quartier de Boukhalef à Tanger, provoquant de violentes tensions entre migrants et habitants – suscitant une vive émotion au Sénégal. En 2014, trois migrants (un Camerounais et deux Guinéens) sont de nouveau tués par les habitants de Boukhalef. En 2015, deux Ivoiriens sont eux aussi assassinés lors d’une opération d’expulsion massive.

En 2013, le Parti authenticité et modernité (PAM) a proposé une loi visant à sanctionner le racisme à l’encontre des Subsahariens. Une initiative très vite enterrée. En janvier 2018, c’est au tour de l’Istiqlal de présenter, devant la Commission de la justice et de la législation de la Chambre des représentants, un projet de loi sanctionnant de prison tout type de pratiques discriminatoires basées sur la race, la religion, la nationalité et la couleur de peau. Une proposition une nouvelle fois oubliée par les députés marocains.

Si une loi anti-racisme n’a toujours pas vu le jour dans le pays, le roi Mohammed VI a affirmé en 2013 que le Maroc est devenu une terre d’accueil pour les migrants, qui doivent être traités de manière globale et humanitaire. Depuis cette annonce, le royaume a régularisé quelque 50 000 étrangers, en deux vagues (2014 et 2016). Une telle politique reste inexistante en Tunisie.

Algérie : un débat absent

En Algérie, les autorités ne semblent pas prêtes à s’emparer de la question. Pour lors, aucune proposition de loi n’a vu le jour. Mercredi 10 octobre, le gouvernement a d’ailleurs rejeté, « globalement et dans le détail », les « assertions de l’ONU » reprochant à l’Algérie l’expulsion massive de plus de 12 000 migrants vers le Niger – et ce depuis début 2018, dans des conditions de vie inacceptables.

La principale particularité de la gestion des migrants en Algérie réside dans la pénalisation de l’immigration illégale. En effet, les articles 42 et 44 de la loi 08-11 du 25 juin 2008 pénalisent l’entrée, le séjour et la sortie irréguliers du territoire algérien.

L’été dernier, une violente campagne visant les migrants subsahariens s’est propagée sur les réseaux sociaux, à l’aide du hashtag « #لا_للافارقه_في_الجزاير » (#Non aux Africains en Algérie). Au niveau gouvernemental, le ton s’est également durci. Ahmed Ouyahia, à l’époque chef de cabinet d’Abdelaziz Bouteflika, a déclaré à Ennahar : « La communauté africaine qui réside en Algérie de manière illégale apporte de la drogue, de la délinquance et d’autres fléaux. On ne peut pas dire aux autorités ‘jetez-les à la mer’, mais il faut vivre en Algérie de manière légale. » Et celui qui deviendra Premier ministre d’ajouter : « On va me dire ‘les droits de l’homme’, mais on est les rois chez nous ! »

Par Syrine Attia
Source : Jeune Afrique

 

Terrorisme : Le G5 Sahel vole bas, Françoise Parly vole à son secours

Terrorisme : Le G5 Sahel vole bas, Françoise Parly vole à son secours  L’opérationnalisation du G5 Sahel peine à atteindre sa vitesse de croisière. Raison pour laquelle Françoise Parly a effectué une visite de 48 heures au Tchad, les lundi et mardi derniers, pour donner un coup de pouce à cette force antiterroriste.

G5 Sahel, Françoise Parly prend les choses en main

La menace terroriste est encore persistante dans la sous-région ouest-africaine. En dépit d’une baisse relative des attaques jihadistes, les autorités françaises estiment que les attentats pourraient reprendre de plus belle avec la saison sèche qui s’annonce.

Aussi, la ministre française des Armées, Françoise Parly, s’est rendue à N’Djamena, la capitale tchadienne, les lundi 8 et mardi 9 octobre dernier, en vue de booster la lutte contre le terrorisme dans la région sahélienne.

A cet effet, l’émissaire d’Emmanuel Macron entend redynamiser la force conjointe du Groupe des 5 pays pour la sécurisation du Sahel (G5 Sahel). « L'équipement de la force conjointe (du G5 Sahel) est encore très insuffisant », a-t-elle reconnu, avant d’ajouter : « Mais la force n'est pas inactive, loin s'en faut. »

La ministre française entend toutefois œuvrer au redéploiement de cette force, composée de la Mauritanie, du Burkina Faso, du Niger, du Mali et du Tchad, en vue de traquer les terroristes jusque dans leur dernier retranchement afin de les bouter hors de la région ou, au demeurant, réduire leur capacité de nuisance. Française Parly était également au Mali et au Niger, en juillet dernier, pour marquer son soutien à cette force antiterroriste.

Notons que lors de la conférence des donateurs à Bruxelles, en juillet, le G5 Sahel avait récolté un financement de 414 millions d’euros, le 22 février 2018, pour son opérationnalisation. Cependant, cette force conjointe demeure quasi-muette face à l’avancée des terroristes au nord du Faso et dans la région sahélienne.

Source : Afrique-sur7

 

Angola : le fils de l’ex-président dos Santos placé en détention provisoire

José Filomeno dos Santos, ancien président du fonds souverain angolais et fils de l'ex-président angolais Jose Eduardo dos Santos, a été placé en détention provisoire lundi 24 septembre dans le cadre d'une affaire de détournement de fonds portant sur 1,5 milliard de dollars.

José Filomeno dos Santos, surnommé Zénu, a été incarcéré, a annoncé le procureur général Alvaro Da Silva Joao dans un communiqué. « En raison de la complexité et de la gravité des faits et afin de garantir l’efficacité de l’enquête (…), le ministère public a décidé d’appliquer aux accusés une mesure de détention préventive », écrit le magistrat. « Les éléments de preuve rassemblés dans le dossier constituent des preuves suffisantes que les accusés se sont engagés dans des activités de corruption », a-t-il ajouté.

L’homme d’affaire angolo-suisse Jean-Claude Bastos de Morais, un de ses proches qui a géré une partie du fonds souverain, a lui aussi été placé en détention provisoire, selon le magistrat.

En mars dernier, José Filomeno dos Santos, surnommé Zenu, avait été inculpé pour avoir ordonné des virements suspects alors qu’il dirigeait le fonds souverain angolais. Jusque-là sous contrôle judiciaire, l’ancien président du fonds souverain angolais avait alors promis de « collaborer » avec la justice de son pays.

Il avait été nommé en 2013 par son père, le président José Eduardo dos Santos, à la tête du « Fundo Soberano de Angola », créé un an plus tôt et doté d’un capital de 5 milliards de dollars puisés dans la manne pétrolière du pays. Il a été limogé de son poste en janvier dernier par João Lourenço. Le président angolais, arrivé au pouvoir en septembre, a congédié de nombreux barons de l’ancien régime, au nom de la lutte contre la corruption.

Source : jeuneafrique.com

 

Voilà ce qui a été convenu entre le Maroc et la Mauritanie

Voilà ce qui a été convenu entre le Maroc et la MauritanieLe ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a eu, jeudi à Rabat, des entretiens avec son homologue mauritanien, Ismail Ould Cheikh Ahmed, axés sur les moyens de renforcer les relations entre le Maroc et la Mauritanie et d’activer les mécanismes de coopération existant entre les deux pays.

Lors d’un point de presse tenu à l’issue de ces entretiens, les deux ministres ont fait part de leur satisfaction de «la dynamique positive» qui marque les relations bilatérales et qui a été couronnée par la nomination des ambassadeurs dans les deux capitales.

Cette dynamique, ont-ils souligné, a été consacrée par la multiplication des rencontres dans le but de renforcer les relations bilatérales basées sur le rapprochement géographique, les liens historiques forts et de fraternité entre les deux peuples, ainsi que sur les intérêts et les défis que les deux pays affrontent sur les plans maghrébin et africain.

Bourita a indiqué, dans ce cadre, que Rabat et Nouakchott sont animés par une forte volonté de hisser encore plus haut leurs relations bilatérales, selon la vision du roi Mohammed VI et du président mauritanien, Mohamed Ould Abdelaziz, et les aspirations des deux peuples.

Ces entretiens ont été une occasion idoine pour examiner les moyens d’activer les mécanismes bilatéraux, telle que la Haute commission mixte, qui ne s’est pas réunie depuis 2013, a dit Bourita, précisant qu’il a été convenu de tenir une réunion de cette Commission au cours de l’année prochaine.

Bourita et son homologue mauritanien ont mis l’accent, dans ce cadre, sur l’importance de cette session de la Haute commission mixte, ainsi que sur la nécessité d’en faire une session modèle en termes de travaux et de résultats.

Les deux parties se sont mises d’accord également sur l’activation du mécanisme de coordination et de concertation politique entre Rabat et Nouakchott, ainsi que sur la coordination régulière entre les deux pays dans le but de donner une forte impulsion à leurs relations bilatérales.

Les deux ministres ont souligné aussi la nécessité pour les différents acteurs (parlementaires, hommes d’affaires …) d’adhérer, de manière plus importante, aux efforts visant à enrichir le contenu des relations entre le Maroc et la Mauritanie.

Par ailleurs, les deux parties ont examiné également la situation de l’Union du Maghreb arabe (UMA), soulignant que l’intégration maghrébine est tributaire de relations bilatérales fortes entre les cinq pays de l’Union, la coopération bilatérale étant le socle de toute action régionale réussie.

Elles ont souligné, à cet égard, la nécessité d’approfondir la concertation et de renforcer le dialogue bilatéral constructif et sérieux entre les pays du Maghreb afin de transcender les différends et élargir les marges de consensus au service des intérêts communs.

Source : Ya Watani (Maroc)

 

Libye : 111 morts dans des combats au sud de Tripoli

Libye : 111 morts dans des combats au sud de TripoliLa direction chargée des blessés au ministère de la santé du gouvernement d’entente libyen a annoncé samedi un chiffre à la hausse des victimes des combats qui se sont déroulés au sud de Tripoli, désormais de 111 morts.


Selon ces services, pour la seule journée d’hier, 15 personnes, à majorité des civils ont été tués et 59 autres blessés, en plus d’une personne portée disparue. En plus des 111 victimes, selon les mêmes sources, 518 personnes ont été blessées, 18 autres portées disparues, en plus de l’évacuation de 149 familles des zones de combat.

La zone sud de Tripoli connaît depuis mardi de violents affrontements entre les différents protagonistes, violant ainsi l’accord de cessez le feu décrété par les nations unies.

La mission onusienne en Libye a appelé les parties en conflit à l’arrêt immédiat des combats et à observer un cessez le feu.

Source : Sahara Medias (Mauritanie)

 

Tunisie : l’UGTT annonce deux grèves générales en octobre et novembre

L'Union générale tunisienne du travail (UGTT), baromètre historique des tensions sociales dans le pays, a lancé un appel au débrayage pour les journées du 24 octobre et du 22 novembre.

À couteaux tirés avec le gouvernement depuis plusieurs mois, la puissante centrale syndicale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a fait fi des différentes médiations dont celle, amorcée en fin de semaine dernière, du président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) Mohamed Ennaceur, en mettant à exécution ses menaces de grève générale.

Malgré un engagement du gouvernement et de l’UGTT à une reprise des négociations salariales dans le secteur public, l’organisation a néanmoins, à l’issue de la réunion de son instance administrative du jeudi 20 septembre, programmé deux journées de mobilisation. L’une concernera le secteur public le 24 octobre, l’autre la fonction publique le 22 novembre.

Ces dates n’ont pas été choisies au hasard : elles coïncident avec les discussions au Parlement de la loi de finances 2019.

Des grèves générales motivées par la détérioration du pouvoir d’achat et la privatisation du secteur public

Ras-le-bol général

La décision de la fédération n’en est pas moins exceptionnelle. Motivée par la dégradation de la situation de la Tunisie, tant au niveau économique que politique, elle dit aussi toute l’ampleur et la complexité de la crise qui affecte le pays.

L’UGTT dénonce régulièrement l’incapacité du gouvernement à lutter contre le florissant marché de l’économie parallèle, une iniquité fiscale et la volonté de l’exécutif à vouloir privatiser des entreprises publiques qui, selon la centrale, ne sont pas les plus déficitaires. Le secrétaire général de l’union, Noureddine Taboubi, précise que « la détérioration du pouvoir d’achat et la privatisation du secteur public » motivent les deux grèves générales programmées.

Depuis le début de l’année, l’instance syndicale, qui a historiquement toujours été le baromètre des tensions sociales en Tunisie, réclame le départ de la primature de Youssef Chahed. Elle estime que le chef du gouvernement a failli et que la crise politique, désormais dans l’impasse, impacte la situation économique.

Sur sa lancée, l’UGTT n’a pas non plus ménagé ses critiques à l’égard du parti Ennahdha, l’accusant de freiner les décisions sur les dossiers sociaux.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : une manifestation dispersée à la veille de l’investiture d’IBK

Une manifestation interdite de l'opposition au Mali a été dispersée à coup de gaz lacrymogène vendredi à Bamako, à la veille de la célébration du 58e anniversaire de l'indépendance du pays et de l'investiture du président réélu Ibrahim Boubacar Keïta.

Les partisans du chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé, qui ne reconnaît pas sa défaite lors du scrutin du mois d’août, avaient prévu de converger vers le centre-ville, d’y passer la nuit puis de manifester en marge des cérémonies organisées samedi.

Des échauffourées ont éclaté entre ces manifestants, dont certains brandissaient des affiches « IBK dégage », et les forces de l’ordre, à l’un des points de rassemblement, dans la Commune IV de Bamako, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène, tandis que les manifestants mettaient le feu à des pneus, selon ce correspondant.

« Au moins une personne » a été interpellée « pour besoin d’enquête », selon une source policière.

Douze personnes l’ont été, a affirmé dans la nuit de vendredi à samedi une source proche de l’ancien candidat à la présidentielle.

Ce sont des membres de la « direction de campagne » de Soumaïla Cissé, « dont Michèle Moncourt, présidente de la commission d’organisation » de ces manifestations « et dirigeante de premier plan de l’URD », le principal parti de l’opposition, d’après cette source. Elle a dénoncé des « violences policières sur des jeunes descendus dans la rue pour préparer les caravanes » de manifestants.

Fête de l’indépendance

« La marche est interdite, rentrez chez vous », avait lancé dans l’après-midi un policiers aux journalistes qui se dirigeaient vers la Bourse du travail, dans le centre de la capitale, où les manifestants avaient prévu de se réunir.

Le gouverneur de Bamako avait retoqué la demande d’autorisation de manifester vendredi « en raison des événements du 22 septembre 2018, fête de l’indépendance de notre pays », selon un courrier adressé au directeur de campagne de Soumaïla Cissé dont l’AFP a obtenu une copie.

Les présidents du Ghana, de Côte d’Ivoire, du Niger, du Congo ou encore du Tchad sont arrivés vendredi à Bamako, où ils doivent assister samedi matin à un défilé militaire et à une cérémonie. Ils marqueront le début du deuxième mandat d’Ibrahim Boubacar Keïta, qui a prêté serment le 4 septembre, après la validation de la réélection par la Cour constitutionnelle.

La France sera représentée par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Il a jugé dans une interview au journal Le Monde à paraître samedi de « bon augure » les projets du gouvernement malien pour rétablir la stabilité du pays, toujours confronté à la violence jihadiste malgré plus de cinq années d’intervention militaire étrangère.

Source : jeuneafrique.com

 

Sénégal : Cheikh Tidiane Gadio mis hors de cause par la justice américaine

Sénégal : Cheikh Tidiane Gadio mis hors de cause par la justice américaine Les États-Unis ont rejeté une plainte pour corruption contre un ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a déclaré le ministère américain de la Justice.

Un porte-parole du ministère a confirmé « le rejet de la plainte contre Gadio » dans un courriel adressé samedi à l’AFP. Les autorités américaines avaient arrêté en novembre 2017 M. Gadio et l’ancien ministre de l’Intérieur de Hong Kong, Patrick Ho Chi Ping, soupçonnés d’avoir mis sur pied un projet de corruption de plusieurs millions de dollars en Afrique au nom d’une grande entreprise énergétique chinoise.

L’entreprise n’a pas été identifiée mais le nom du conglomérat CEFC China Energy, l’étoile montante de l’industrie énergétique chinoise basée à Shanghai, apparaissait dans la plainte déposée devant le tribunal fédéral de district de New York.

Selon la plainte du ministère américain de la Justice, les deux hommes auraient offert un pot-de-vin de 2 millions de dollars au président du Tchad Idriss Déby Itno « pour obtenir de précieux droits pétroliers » et un autre pot-de-vin de 500.000 dollars sur un compte désigné par un ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda, Sam Kutesa, qui avait récemment terminé son mandat à la présidence de l’Assemblée générale des Nations unies.

Le président Déby et la CEFC avaient démenti à l’époque les accusations. Celles-ci étaient fondées sur l’utilisation par M. Gadio et Ho du système bancaire américain pour traiter près d’un million de dollars de gains, envoyés sous couvert de dons.

Par AFP
Source : Jeune Afrique

 

 

Kofi Annan: «Tirer les leçons de ses échecs»

Kofi Annan: «Tirer les leçons de ses échecs»La désignation de Kofi Annan au poste de secrétaire général des Nations unies en 1997 avait constitué un événement symbolique d’importance, d’une portée comparable à la remise, dix ans auparavant (en 1986), du prix Nobel de Littérature à Wole Soyinka.

Pour la première fois, une personnalité issue d’Afrique subsaharienne accédait à la plus haute fonction internationale. Une longue route semée d'embûches l'attendait...

Quand il entre aux Nations unies en 1962, Kofi Annan a 24 ans. Originaire de Kumasi, dans l’actuel Ghana, il a étudié l’économie aux Etats-Unis et en Suisse. De Genève, où il va rencontrer son épouse, Nana Wallenberg, fille d’un diplomate suédois qui sauva d’innombrables victimes des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, il est affecté à Addis-Abeba puis à Ismaïlia. Cet humaniste discret et pragmatique intègre le siège de l’ONU à New York en 1987.

Fin diplomate, il négocie le rapatriement de neuf cents fonctionnaires internationaux et ressortissants occidentaux pris dans les griffes de Saddam Hussein en 1990, ainsi que les premières modalités de la vente du pétrole irakien, destinée à financer l’aide humanitaire. Secrétaire général adjoint des Opérations de maintien de la paix de 1993 à 1996, « Annan est un être affable, à la voix douce, un chic type jusqu’au bout des ongles […], infatigable dans ses efforts pour sauver l’organisation de ses propres démons », rapportait Roméo Dallaire, commandant de la mission des Nations unies au Rwanda, après l’avoir rencontré en 1993, au trente-sixième étage de la maison de verre.

Quelques mois après, face au déclenchement du génocide, M. Annan lui rappelle toutefois les limites de son action, qui exclut tout usage de la force (chap.VI de la Charte des Nations unies). Homme du sérail, il fait appliquer la décision du Conseil de sécurité la plus contestée des dernières années. La « prudence » alors observée résulte en partie de la débâcle américaine en Somalie. Représentant spécial pour l’ex-Yougoslavie, Kofi Annan assume aussi les atrocités commises contre la population musulmane de Bosnie en 1995, dans la zone de sécurité de Srebrenica, dans un rapport qu’il présente à l’Assemblée générale en 1999. L’organisation enregistre des succès, comme au Timor-Oriental, en Namibie, en Afrique du Sud ou au Mozambique, mais « il est temps de tirer les leçons de ses échecs », estime-t-il alors.

Aider le continent africain

Secrétaire général de l’ONU en janvier 1997, Kofi Annan succède à l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali qui a retiré sa candidature face à l’opposition des Etats-Unis. Il cherche d’emblée à mobiliser les appuis internationaux pour aider le continent africain. En 1998, il publie un rapport sur Les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durable en Afrique, qui contient une série de mesures « réalistes et réalisables » pour réduire les tensions politiques et la violence, aux niveaux internes ou inter-Etats, et pour relever les grands défis que sont la dette, la gouvernance et la propagation des maladies comme le sida.

Premier Secrétaire général à sortir des rangs du personnel onusien, il tente de ramener le budget à une croissance zéro. Il est apprécié des fonctionnaires de New York, qui lui réservent une ovation en février 1998 à son retour de Bagdad où il était parti sauver la paix : l’accord qu’il signe avec Tarek Aziz autorise les experts à visiter les « sites présidentiels » en échange d’une levée éventuelle de l’embargo. Kofi Annan s’inscrit alors dans la lignée du troisième secrétaire général U Thant (1962-1971), qui s’était rendu à La Havane pour éviter un conflit américano-soviétique. Depuis la fin de la guerre froide, « on ne nous demande plus seulement de ‘maintenir la paix’ en aidant à faire appliquer des cessez-le-feu, explique-t-il, [mais] de participer au règlement des conflits. Cela suppose de s’attaquer aux problèmes à la racine. » En 2000, il fixe les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), pour réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici à 2015. En partage avec l’ONU, il reçoit le prix Nobel de la paix en 2001. Mais l’après-11 Septembre va marquer son second mandat, entamé en janvier 2002.

« La guerre d’Irak était illégale », déclare Kofi Annan à la BBC en septembre 2003. Selon Hans Blix, le chef des inspecteurs de l’ONU en Irak, le secrétaire général ne s’opposait pas à une intervention préventive, mais prônait une approche multilatérale qui seule aurait permis d’endiguer la prolifération des armes de destruction massive et des nouvelles formes de terrorisme. Une position qui devait lui valoir le ressentiment des conservateurs américains, qui réclamèrent sa démission, faisant éclater en 2004 divers scandales qui ont terni l’image de l’organisation (notamment le scandale de l’opération pétrole contre nourriture). Un an avant la fin de son mandat, c’est un homme affaibli qui proposait, en septembre 2005, à l’occasion des commémorations du soixantième anniversaire de l’institution, un vaste plan de réforme du système des Nations unies qui, une nouvelle fois, n’a pu aboutir…

In Les 100 Clés de l’Afrique (pp. 50 à 52), un ouvrage dirigé par Thierry Perret et Philippe Leymarie. Paris, RFI et Hachette Littérature, 2006.

Source : RFI

 

 

Libye: le maréchal Haftar se dit prêt à marcher sur Tripoli

Pour la première fois depuis les affrontements de Tripoli, l'homme fort de l'Est libyen est sorti de son silence lors d'une rencontre organisée jeudi 6 septembre avec une trentaine de sages et de chefs des tribus. Khalifa Haftar a fait passer plusieurs messages, directement retransmis par la chaîne de télévision Al Hadath qui lui appartient. Il refuse ouvertement le projet de nouvelle Constitution qui devrait être entériné par le Parlement avant ce 10 septembre. Mais il a surtout parlé de Tripoli.

Ce n'est pas la première fois que Khalifa Haftar exprime sa volonté de marcher avec son armée sur Tripoli, mais c'est la première fois qu'il le fait d'une manière aussi directe et avec insistance.

A plusieurs reprises, il est revenu sur le sujet, jeudi, assurant que l'armée nationale libyenne qu'il dirige est prête et que la prise de Tripoli serait rapide. Dans ce but, il a révélé être en contact direct avec des forces des villes de Misrata et de Zentan. L'homme fort de l'Est libyen a assuré que des forces à l'intérieur même de Tripoli seraient également prêtent à faire assaut sur la ville.

Les affrontements des derniers jours sont en train de changer la géographie de présence des milices dans la capitale. « Nous n'allons pas laisser tomber Tripoli et le peuple libyen doit y vivre en sécurité », a déclaré Khalifa Haftar.

Des analystes qui lui sont proches multiplient les déclarations pour indiquer que le maréchal a le feu vert pour se débarrasser des milices à Tripoli avant novembre prochain, date à laquelle l'Italie a annoncé l'organisation d'une conférence internationale sur la Libye.

Rome milite pour des élections en 2019 alors que la France pousse vers l'organisation des élections en Libye avant la fin de l'année.

Quant à la Constitution, le maréchal considère qu'il faut remettre le projet à une période qui suit les élections et non pas qui les précède, « sinon, affirme-t-il, le peuple libyen va refuser le projet de Constitution ».

Source : RFI

 

Mali: le président Ibrahim Boubacar Keïta investi pour son deuxième mandat

Mali: le président Ibrahim Boubacar Keïta investi pour son deuxième mandatAu Mali, plus de trois semaines après le second tour de la présidentielle, Ibrahim Boubacar Keïta a été investi ce matin pour un second mandat à la tête du Mali. Il a prêté serment devant la Cour suprême du pays.

La cérémonie de prestation et d’investiture s’est déroulée dans la grande salle du palais de la culture Amadou Hampâté Bâ de Bamako. Le président malien était tout de blanc vêtu.

Le procureur de la Cour suprême l’a invité à se lever : « Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, vous avez la parole ». Il a alors prêté serment : « Je jure devant dieu et le peuple malien de préserver en toute fidélité le régime républicain, de respecter et de faire respecter la Constitution et la loi ».

Beaucoup d’émotion dans la salle. Le président de la Cour suprême, Nounhoum Tapily, prend la parole et s’adresse directement au nouveau président élu : « Un des soucis majeurs demeure : la restauration de l’autorité de l’Etat à travers la présence effective des pouvoirs publics et des services sociaux de base sur toute l’étendue du territoire national ».

Le chef de l’Etat malien réélu pour un nouveau mandat de cinq ans a ensuite prononcé le premier discours de son second mandat : « Je serai le président de tous les Maliens, je suis le président de tous les Maliens, de toutes les Maliennes et de tous les Maliens de toutes les régions et de la diaspora ».

Selon le protocole d’Etat, la journée de ce mardi doit être marquée par plusieurs festivités pour célébrer l’évènement.

Source : RFI

 

 

RDC : Jean-Pierre Bemba « inéligible », selon le parquet général de la République

Au cours de l'audience sur le contentieux électoral entre Jean-Pierre Bemba et la Ceni, le procureur général de la République a demandé le 31 août à la Cour constitutionnelle de confirmer l'inéligibilité du candidat.

C’est une journée marathon qui a démarré, vendredi 31 août, devant la Cour constitutionnelle de la RDC. Des candidats invalidés à la présidentielle, représentés par leurs avocats respectifs, et des experts de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) s’y sont confrontés. Parmi les cas examinés, celui – très attendu – de Jean-Pierre Bemba, acquitté en appel début juin de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (CPI).

La candidature de l’ancien vice-président de la République a été déclarée, dans la nuit du 24 au 25 août, « non recevable » par la Ceni pour avoir été « condamné pour subordination de témoins » par la CPI.

Devant les juges constitutionnels, la Ceni s’est alors évertuée à démontrer la motivation de sa décision de ne pas reprendre le nom de Jean-Pierre Bemba sur la liste provisoire des candidats à la présidentielle, prévue le 23 décembre. Elle a expliqué s’être basée sur l’article 10 de la loi électorale, qui range « les personnes condamnées par un jugement irrévocable du chef de viol, d’exploitation illégale des ressources naturelles, de corruption, de détournement des deniers publics, d’assassinat, des tortures, de banqueroute et les faillis » parmi les cas d’inéligibilité au scrutin présidentiel.

« La Ceni a violé la loi », selon la défense de Bemba

Subordination de témoins, est-ce de la corruption ? « Dans le cas d’espèce, il s’agit des actes, des faits », n’a cessé de marteler l’expert principal de la Ceni, soulignant que le contentieux électoral n’est pas régi par le droit pénal. À l’en croire, suivant l’esprit de loi électorale congolaise, « les actes de corruption ne sont pas à confondre avec une quelconque infraction qui aurait été qualifiée comme telle par une juridiction ». Et que l’arrêt de la première chambre de la CPI, confirmé en appel le 8 mars, revêt un « caractère définitif » concernant le verdict.

Du côté du collectif des avocats de Jean-Pierre Bemba, l’argumentaire a en revanche consisté à démontrer que la subornation de témoins n’est pas reprise dans la « liste limitative » des causes d’inéligibilité. En conséquence, selon la défense de l’opposant, « la Ceni a violé l’article 10 de la loi électorale », en procédant à une « interprétation par analogie ». Car « on ne peut pas dire que, dans tous les cas, suborner un témoin, c’est de la corruption », a avancé un avocat du collectif de défense.

Les avocats de Jean-Pierre Bemba ont également soutenu qu’il n’y aurait pas encore de jugement irrévocable dans l’affaire de subornation de témoins. L’arrêt attendu le 17 septembre sur la peine sera « susceptible d’appel », selon eux. Ils ont aussi rappelé que le casier judiciaire de leur client indique que ce dernier a été « condamné en première instance ».

Cela n’a pas été suffisant pour convaincre le parquet général de la République. Appelé à donner son « avis » avant la clôture de l’audience, le procureur a demandé à la Cour constitutionnelle de déclarer « recevable » la requête de Jean-Pierre Bemba mais de la déclarer « non fondée ». Il a ainsi demandé aux juges de confirmer l’inéligibilité de l’ancien vice-président de la République. La Cour constitutionnelle dispose désormais de « dix jours ouvrables » pour rendre sa décision, suivant la loi électorale.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie : Youssef Chahed limoge le ministre de l’Énergie

Le chef du gouvernement tunisien a limogé, vendredi 31 août, le ministre de l'Énergie, Khaled Gaddour, le secrétaire d’État chargé des Mines, Hachem Hmidi, ainsi que plusieurs hauts responsables du ministère.

Le chef du gouvernement Youssef Chahed a annoncé vendredi 31 août une série de limogeages au sein du ministère de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables. Le ministre Khaled Gaddour a été démis de ses fonctions, ainsi que le secrétaire d’État chargé des Mines, Hachem Hmidi.

Le président-directeur général de l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap), le directeur général des Hydrocarbures et le directeur général des Affaires juridiques au ministère ont également été démis de leurs fonctions.

Dans son communiqué, la présidence du gouvernement a également annoncé la fusion du ministère de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables avec celui du ministère de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises (PME). Un comité d’experts a été chargé de restructurer le secteur de l’énergie.

Source : jeuneafrique.com

 

Libye: Tripoli à nouveau théâtre de violents affrontements entre milices rivales

Depuis le début de la semaine, des combats opposent des milices rivales près de la capitale libyenne. Au moins 27 morts et plus de 100 blessés sont à déplorer, dont beaucoup sont des civils, selon le ministère de la Santé.

Après quelques mois d'accalmie, la capitale libyenne est à nouveau en proie à de violents affrontements. Des secouristes locaux assurent que plusieurs familles sont toujours bloquées dans la zone de combats au sud de la capitale.

Ces heurts opposent des milices rivales à la recherche du pouvoir et d'enrichissement en mettant la main sur les biens de l'Etat. Ils illustrent également la faiblesse du gouvernement d'union nationale – soutenu par la communauté internationale – qui ne contrôle pas ses milices. Ce sont ces groupes qui sont les maîtres du jeu dans l'Ouest libyen. Ils gèrent le quotidien des citoyens à la place du gouvernement.

Certains observateurs libyens considèrent même que Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement de Tripoli, est une poupée aux mains des milices. Ils accusent des forces étrangères de vouloir faire durer la période de transition pour leur intérêt.

Motion de censure

Fayez al-Sarraj n'a pas réussi à fusionner ces milices en une seule armée comme le souhaitait l'ONU. Il n'a pas ramené non plus la sécurité, ni la stabilité politique et économique en Libye. D'ailleurs une motion de censure signée par 80 parlementaires a été déposée contre lui cette semaine.

Selon plusieurs observateurs, le scénario de la guerre de 2014, quand les milices se sont substituées à l'Etat, risque de se reproduire à Tripoli. Les milices de Zenten et de Misrata menacent effectivement d'avancer sur la capitale.

Source : RFI

 

L'ONU publie un rapport accablant sur la situation sécuritaire au Mali

Dans un rapport rendu public ce mercredi 29 août, l'Organisation des Nations unies révèle l'implication de groupes armés signataires de l'accord de paix d'Alger dans des attaques dirigées contre les forces armées et de sécurité maliennes et dans la criminalité organisée.

Les révélations de ce rapport sont accablantes. Noms à l'appui, le groupe d'experts indépendants de l'ONU sur le Mali explique d'abord que des membres de groupes armés, partie prenante dans l'accord pour la paix et la réconciliation signé en 2015, sont impliqués dans des attaques terroristes, notamment dirigées contre les forces de sécurité malienne.

Le document cite par exemple le nom de Salah Ag Ahmed, maire de Talataye dans la région de Gao. Les experts affirment que « plusieurs sources indépendantes » le décrivent comme un membre influent du Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad – groupe signataire de l'accord d'Alger – mais également comme « un officier de liaison avec Ansar Dine et le groupe Etat islamique dans le Grand Sahara », deux organisations terroristes à l'origine d'attaques armées dans la zone.

Trafics

Autres révélations de ce rapport : des membres des groupes armés signataires de l'accord d'Alger seraient impliqués dans des trafics de migrants, des trafics de drogues, ou encore du recrutement d'enfants. « Trois garçons ont ainsi été recrutés par la Plateforme [groupe signataire de l'accord de paix, ndlr] ou par la CME », un groupe non-signataire mais qui gravite autour de l'accord d'Alger.

Le groupe d'experts précise qu'il n'a pas constaté d'entraves délibérées à l'application de l'accord de paix d'Alger, mais ajoute que l'implication des groupes signataires et des groupes dits « coopératifs » dans de tels faits compromet indirectement son application et donc la stabilisation du Mali.

Source : jeuneafrique.com