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Politique en Afrique

Liberia : George Weah pourvoit les postes clés de son gouvernement

Au lendemain de son investiture, ce lundi 22 janvier, le nouveau président libérien a nommé les premiers membres de son cabinet. Gbezohngar Findley, ancien proche de l'ex-présidente, devient ministre des Affaires étrangères.

George Weah sait que les attentes sont à la hauteur des espoirs suscités par son élection. Il sait qu’il doit aller vite. Moins de 24 heures après son investiture, la superstar libérienne a nommé les premiers membres de son cabinet. « Il fallait immédiatement pourvoir les postes clés, d’autres nominations suivront dans les prochains jours », confie un de ses conseillers.

Son nom circulait avec insistance depuis plusieurs jours : Nathaniel McGill, le président du parti présidentiel, le Congress for Democratic Change (CDC), depuis 2015, a été nommé ministre d’État en charge des affaires présidentielles. Il jouera le rôle de directeur de cabinet du nouveau chef d’État.

Gbezohngar Findley aux Affaires étrangères

Aux Affaires étrangères, c’est une autre figure de la politique libérienne qui a été nommée : Gbezohngar Findley est ancien sénateur du comté de Grand Bassa. Proche d’Ellen Johnson Sirleaf, il a quitté avec fracas en août dernier le Unity party (UP), celui de l’ex-présidente, pour rejoindre l’équipe de George Weah. Ce changement de bord avait alimenté les rumeurs sur le rôle trouble de Sirleaf pendant la campagne. Celle-ci a été soupçonnée de préférer ses opposants à son vice-président, Joseph Boakai, candidat de l’UP.

Samuel Tweah, un des piliers du CDC depuis la première campagne présidentielle de 2005, formé aux États-Unis et passé par la BAD, a lui été nommé ministre des Finances et du développement. Charles Gibson prend le portefeuille de la Justice, Lenn Eugene Nagbe est nommé au ministère de l’Éducation et George Werner aux Affaires intérieures.

Des postes sécuritaires à confirmer

Deux nominations, qui devront être confirmées par un vote du Sénat, ont eu lieu à des postes sécuritaires. Dans ce pays marqué par une sanglante guerre civile entre 1989 et 2003, le ministère de la Défense a été confié à Daniel Dee Ziankahn, l’ancien chef d’État-Major. Celui-ci est remplacé par le Général Prince Charles Johnson, qui, malgré l’homonymie, ne doit pas être confondu avec le sénateur Prince Johnson. Sanglant chef de milice, ce dernier est connu pour avoir assassiné l’ancien président Samuel Doe en 1990. Désormais sénateur, il a apporté un soutien crucial à George Weah pendant la campagne. Selon nos informations, deux postes ministériels doivent revenir à son parti.

Dans les prochains jours, le cabinet du président devrait continuer à s’organiser. Pour sa première visite à l’étranger dans un costume de chef d’État, George Weah se rendra à Addis-Abeba, où il participera au sommet de l’Union africaine qui s’ouvrira lundi 29 janvier.

Source : jeuneafrique.com

 

George Weah investi président du Liberia

Ex-footballeur de légende, George Weah est investi président du Liberia ce lundi matin à Monrovia. Son arrivée au pouvoir ravive les attentes et les espoirs que sa victoire a soulevé, surtout chez les jeunes. C'est la première fois depuis les années 1940 qu’un chef de l’État démocratiquement élu succède à un autre au Liberia.

Ce n’est pas tous les jours qu’un Ballon d’or succède à un prix Nobel. George Weah est investi en grande pompe ce lundi matin à Monrovia.

La cérémonie a lieu au stade Samuel K. Doe, le plus grand de Monrovia, là où George Weah a tenu son dernier meeting avant de remporter le scrutin du 26 décembre. L’investiture, à laquelle sont conviés parlementaires, diplomates et chefs d’État étrangers, sera suivie d’un déjeuner, toujours au stade, et d’un bal, en début de soirée.

La victoire de l'ancien footballeur international, le gamin élevé par sa grand-mère dans le bidonville de Gibraltar, à Monrovia, suscite l’espoir au Liberia, surtout chez les jeunes. Au lendemain de la victoire, George Weah a promis de transformer le Liberia en profondeur grâce au secteur privé, assurant que les investissements privés allaient, à terme, remplacer l'aide au développement.

Au palais présidentiel, le « Manoir exécutif » comme on dit à Monrovia, George Weah sera épaulé par la vice-présidente Jewel Howard Taylor, une économiste, sénatrice et ex-épouse de Charles Taylor, le président libérien incarcéré pour crimes de guerre en Sierra Leone.

La corruption, un problème que la présidente sortante n’a pas réglé

Le palais présidentiel, rénové par suite d’un incendie, en 2006, est le symbole des défis qui attendent le nouveau chef de l’Etat. La résidence officielle brille comme un sou neuf, même si 8 millions de dollars qui devaient être consacrés à sa réfection ont disparu dans la nature, selon la « Cour des comptes » libérienne. La corruption est un problème que la présidente sortante n’a pas réglé. Ellen Johnson Sirleaf l’a reconnu elle-même lors de son dernier discours sur l’état de l’union, l’an dernier.

Pour Lawrence Yealue de l’ONG Accountability Lab, à Monrovia, le nouveau président devrait garantir l’indépendance de la commission anticorruption : « Sous la présidente Sirleaf, on sait que la commission a instruit 22 dossiers mais porté des accusations dans uniquement deux cas. On ne peut que s’interroger sur ce qui s’est passé en cours de route. La justice est pourtant au cœur de la réconciliation nationale parce que, quand les gens voient certaines personnes s’enrichir du jour au lendemain, cela fait jaser ».

Pour l’instant, nul ne sait ce que fera le nouveau chef de l’État pour lutter contre les fraudes en tout genre. La presse libérienne relève, cependant, que le président élu tarde à déclarer son patrimoine comme il est pourtant tenu de le faire.

 

Décryptage : quelles sont les attentes envers celui qui apparaît comme novice en politique?

« Nous attendons de voir le cabinet qu'il devrait former dans les prochains jours. Mais nous avons un jeune président, quelqu'un qui n’a pas été politiquement connecté, quelqu'un qui n'est pas si profondément enraciné dans le corps politique  du pays,  ça devrait lui permettre d'apporter une nouvelle énergie, un nouvel esprit et de  redonner un nouvel élan national pour réformer le pays, et transformer la vie des gens », analyse Ibrahim Al-Bakri Nyei, analyste politique libérien basé à la School of Oriental and African Studies de l'Université de Londres, retourné dans son pays pour l'occasion.

« Nous nous attendons à ce qu'il lutte pour former un gouvernement inclusif, un gouvernement intègre. Pour l'instant, nous avons une économie qui fonctionne au ralenti, donc cela va être un défi majeur pour le nouveau gouvernement. George Weah prend les commandes d'un pays ou les problèmes sont gigantesques, mais d'une certaine façon je vois le verre à moitié plein. Il a des réformes importantes à engager et doit s'efforcer de stabiliser l'économie, il doit s'efforcer de soutenir les réformes, mais il pourra aussi introduire des idées novatrices dans la politique et l'économie. »

Le retour de l'ex-femme de Charles Taylor

Jewel Howard-Taylor, l’ancienne femme de Charles Taylor, accède à la vice-présidence. Charles Taylor purge, lui, une peine de 50 ans de prison en Grande-Bretagne pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre perpétrés en Sierra Leone voisine. Portrait de l'ancienne première dame aujourd'hui vice-présidente du Liberia et qui est investie aujourd'hui également.

On la décrit comme une politicienne hors pair, une voix qui compte. Jewel Howard-Taylor a joué en tout cas un rôle majeur dans la victoire de George Weah.

Son mari ? Elle l'a rencontré dans les années 1980. Elle était encore étudiante. Des études en économie qu'elle poursuivra aux Etats-Unis alors que Charles Taylor prend la tête du Front national patriotique du Liberia dont les troupes vont commettre les pires atrocités. C'est en 1996, après les accords de paix, que Jewel Howard-Taylor rentre au Liberia. Un an plus tard, Charles Taylor devient président, elle, première dame.

Que savait-elle des crimes commis par son mari ? De la guerre civile en Sierra Leone ? Du recrutement des enfants soldats au Liberia ? La question n'a jamais été véritablement tranchée.

Elle a divorcé en 2006, un an après avoir été élue sénatrice du comté de Bong, une des provinces les plus peuplées du pays, l'ancien fief de Charles Taylor qui est aujourd'hui le sien. Son parti, le NPP, a « changé », assure-t-elle, « il faut aller de l'avant ». A 54 ans, cette femme d'influence devient le numéro deux du pouvoir libérien.

Source : RFI

 

Tunisie : le gouvernement prévoit de relancer l’ATCE, dissoute après la révolution

Le conseiller politique à la présidence, Noureddine Ben Ticha, a annoncé à la mi-janvier qu'un projet était actuellement en cours d'étude à l'Assemblée pour réactiver et restructurer l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure (ATCE). Devenue un outil de propagande et de censure sous Ben Ali, elle avait été dissoute après la révolution.

Noureddine Ben Ticha, conseiller politique à la présidence, a annoncé à la mi-janvier l’intention du gouvernement de remettre sur les rails l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure (ATCE), dissoute le 18 décembre 2012. La nouvelle agence sera refondée autour de sa mission première : promouvoir l’image de la Tunisie à l’étranger, encourageant ainsi le tourisme et les investissements directs à l’étranger (IDE).

Créée en 1990, l’ATCE a très rapidement été détournée pour servir les intérêts du clan Ben Ali, érigée en symbole de la propagande et utilisée comme outil de répression contre les journalistes.

« Autant faire revenir Ben Ali ! »

La refondation de cette institution fait aujourd’hui débat en Tunisie. « Autant faire revenir Ben Ali ! », s’est ainsi exclamé Néji Bghouri, le président du Syndicat National des Journalistes Tunisiens (SNJT), mardi 16 janvier, sur les ondes de Mosaique FM.

[Ben Ali] est parti et il ne reviendra pas

Également invitée sur la radio cette même journée, Saïda Guarrach, la porte-parole de la présidence, lui a répondu en estimant qu’ils ne se « sont pas encore libérés du syndrome de Ben Ali », alors que celui-ci « est parti et qu’il ne reviendra pas ».

Rapporter chaque décision au spectre de Ben Ali est, selon elle, un « discours populiste ». Elle rappelle notamment que « partout ailleurs, il y a des services qui travaillent l’image des pays », en donnant notamment l’exemple du Maroc.

Si le rôle annoncé de cette agence est de promouvoir l’image de la Tunisie à l’étranger, aucune précision n’a cependant encore été donnée sur les structures et ses fonctions précises.

Outil de propagande sous Ben Ali

Véritable pièce maîtresse de la propagande sous le régime de Ben Ali, l’ATCE a pendant longtemps censuré la presse et muselé les personnalités politiques et les journalistes tunisiens. Abdelwahab Abdallah, à l’époque conseiller du président, en avait d’ailleurs fait son principal organe de répression.

L’Agence était notamment chargée de gérer le budget publicitaire des entreprises étatiques, disposant ainsi d’un moyen de pression considérable sur les médias locaux et étrangers.

Des lois de plus en plus répressives envers les journalistes

Elle contrôlait également l’ensemble des activités en ligne des internautes tunisiens. Bénéficiant d’un accès direct aux adresses IP, elle pouvait ainsi surveiller les courriers électroniques échangés entre l’opposition et les journalistes, notamment au sujet du régime.

Pour promouvoir l’image de Ben Ali et de la Tunisie à l’étranger, l’Agence ne délivrait ainsi des autorisations qu’aux journalistes favorables au régime.

Vers un « retour en arrière » ?

Pour le SNJT, cette décision vient renforcer une attitude gouvernementale de plus en plus hostile vis-à-vis des journalistes. Contacté par Jeune Afrique, Néji Bghouri, président du syndicat, dénonce « des lois de plus en plus répressives », en prenant l’exemple de la loi relative à la protection des forces de l’ordre.

L’ATCE, si elle est restructurée, prépare l’ascension dictatoriale de Béji Caïd Essebsi

En effet, ce projet de loi, toujours en discussion à l’Assemblée, risque de compliquer la couverture médiatique lors des manifestations. Pour utiliser un appareil photo, une caméra, un téléphone ou des enregistrements audiovisuels dans des opérations sécuritaires ou militaires, il faudra au préalable bénéficier d’une autorisation de l’autorité compétente. Une peine de deux mois à deux ans de prison est également prévue en cas d’infraction, et la tentative est également punie.

« C’est simple, l’ATCE, si elle est restructurée, prépare l’ascension dictatoriale de Béji Caïd Essebsi pour 2019 », souligne le président du SNJT, qui dénonce également les propos du président tunisien, qui considère « qu’il y a eu beaucoup d’exagération de la part des médias étrangers », concernant la couverture des dernières manifestations.

Où allons-nous avec ce type de discours et de pratiques ? Vers un retour en arrière ?

De plus, le club des correspondants étrangers en Afrique du Nord a rapporté que plusieurs journalistes étrangers ont été inquiétés par les forces de police. « Où allons-nous avec ce type de discours et de pratiques ? Vers un retour en arrière ? », s’interroge Néji Bghouri.

Mofdi Mseddi, chargé de communication auprès du Premier ministère, assure que les journalistes peuvent travailler en toute quiétude et impute les dysfonctionnements à la non transmission des nouvelles dispositions aux forces de l’ordre par le ministère de l’Intérieur.

Source : jeuneafrique.com

 

 

La Tunisie « retombe dans ses travers autoritaires », selon International Crisis Group

Dans un rapport intitulé « Endiguer la dérive autoritaire en Tunisie », International Crisis Group pointe une « nostalgie du régime de Ben Ali » et un « manque de volonté politique » dans l'application de la Constitution de 2014.

La Tunisie vient de connaître le plus large mouvement de contestation à la politique du gouvernement depuis la révolution du 14 janvier 2011. Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes du pays pour dénoncer la cherté de la vie, débouchant sur des affrontement quotidiens opposant policiers et protestataires. Près d’un millier de personnes ont été arrêtées.

Un climat délétère qui jette une lumière crue sur les faiblesses de la transition démocratique dans une Tunisie qui célèbre le septième anniversaire de la révolution qui a conduit à la chute de Ben Ali, le 14 janvier 2011.

Le rapport publié le 11 janvier par International Crisis Group (ICG) – Endiguer la dérive autoritaire en Tunisie – dissèque la crise politique face à laquelle se trouve une majorité gouvernementale tiraillée par des dissensions internes – l’accord de Carthage signé en 2016 pour permettre la mise en place d’un gouvernement « d’union nationale » ne cesse de se voir larder de coups de canifs – et de plus en plus décriée par des mouvements populaires. Avec une conséquence principale : la tentation de « renvoyer sine die les réformes prévues par la Constitution ».

« Dans un contexte de marasme économique, la nostalgie d’un État fort, à l’image de celui que l’ancien régime prétendait défendre, se répand », écrivent les auteurs du rapport. Cependant, « la dérive autoritaire actuelle a peu de chances d’aboutir à l’établissement d’un régime comparable à celui de Ben Ali ».

Raison principale de cette impossible retour ? La vitalité de la société tunisienne. « Les divisions politiques et socioéconomiques sont nombreuses et la liberté de ton s’est installée dans les médias au cours des sept dernières années. Les tentatives visant à restaurer un climat de peur parmi la population s’opposeraient à de fortes résistances. La gouvernance n’en sera pas plus efficace et les conflits étouffés finiraient par resurgir de manière plus violente », juge ICG.

Retour sur les points saillants de ce rapport :

• L’alliance Nidaa-Ennahda « manque de cohérence »

La relation de défiance historique entre ces deux partis alimente la crainte, en interne, d’un éclatement de l’alliance, ce qui fragilise leur coopération. L’ICG décrit la relation des deux partis politiques comme étant une « coopération concurrentielle ».

Si les deux organisations tentent d’entretenir leur alliance, celle-ci est mise à mal par ce qu’elle provoque comme « manque de cohérence interne » et d’« identité politique ». Le rapport évoque également la mainmise des deux partis sur des postes clés au sein des administrations, des entreprises et des médias.

 

• Retards dans la mise en place de la Constitution de 2014

Les frictions entre les partis coalisés au sein du gouvernement ralentissent la mise en place des réformes – en particulier celles impliquées par la Constitution adoptée en 2014.

L’ONG cite notamment les mesures relatives à la loi électorale, qui a entraîné le report des élections municipales prévues initialement pour fin 2016.  ICG souligne également le retard pris dans la mise en place de la Cour constitutionnelle, qui reste la seule « institution pivot, notamment en cas de crise d’ampleur ».

Concernant les instances administratives indépendantes qui ont été créées depuis la révolution, l’ICG dénonce encore une fois la mainmise des deux forces politiques qui « ont réduit l’autonomie de ces instances, régissant de plus en plus leur composition, leur organisation, ainsi que les modalités de leur contrôle, à rebours de l’élan démocratique suscité par le départ de Ben Ali et que la Constitution est censée porter ».

Une mainmise que l’ONG estime s’étendre jusque dans le domaine judiciaire, notamment par le biais de la croisade anti corruption lancée par le Premier ministre Youssef Chahed. Celui-ci a « tiré profit de l’arrestation de l’homme d’affaires controversé, Chafik Jarraya, que plusieurs analystes politiques tunisiens présentent comme l’un des principaux mécènes du bloc parlementaire de Nida Tounes. Il a ainsi lancé une « guerre contre la corruption » que des militants d’Ennahda et de Nida Tounes accusent de servir ses intérêts politiques », lit-on dans le rapport.

• Un régime qui se présidentialise

L’ICG dénonce la personnalisation du pouvoir par Béji Caïd Essebsi qui tente de s’imposer comme le principal médiateur entre les entités politiques du pays. Le président multiplie par exemple les rencontres à huis clos avec les dirigeants des principales forces politiques et syndicales.

Selon un sociologue cité de manière anonyme dans le rapport, le but poursuivi par la multiplication de ces rencontres serait de « rendre plus opaque le contenu des discussions, pour éviter de prêter le flanc à la critique et avoir à justifier sans cesse l’utilité de l’alliance ou les choix stratégiques convenus de manière consensuelle et discrète. »

• Une Assemblée « gérée comme un ministère »

Le président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Mohamed Ennaceur, également membre de Nidaa Tounes « gère son Parlement comme un ministère », accuse le rapport de ICG.

« Malgré l’ambiance démocratique que l’opposition tente de préserver en y ouvrant des polémiques, l’Assemblée risque de devenir une chambre d’enregistre­ment de décisions politiques prises en amont, comme sous le régime de Ben Ali. Beaucoup de députés « changent leur position après avoir reçu un coup de fil », observe un ancien assistant parlementaire sous la troïka (2011-2014) » que l’ONG cite de manière anonyme.

International Crisis Group livre par ailleurs une série de recommandations à l’adresse des « décideurs » tunisiens, enjoints d’organiser au plus vite les élections municipales maintes fois reportées, d’accélérer la mise en place effective de la Cour constitutionnelle et d’« accroître l’autonomie du Parlement».

Source : jeuneafrique.com

 

30e sommet de l'UA à Addis Abeba: participation confirmée du roi Mohammed VI

30e sommet de l'UA à Addis Abeba: participation confirmée du roi Mohammed VIOuvrant la Conférence ministérielle africaine sur la Migration, qui se tient le 9 janvier au siège du ministère des Affaires étrangères à Rabat, Nasser Bourita a annoncé la participation du roi Mohammed VI au 30e sommet de l'Union africaine prévu du 28 au 30 janvier à Addis Abeba. Les détails.

Le roi Mohammed VI prendra part au 30e sommet des chefs d'Etat de l'Union africaine, qui aura lieu du 28 au 30 janvier à Addis Abeba, en Ethiopie. L'annonce en a été faite par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Nasser Bourita, qui ouvrait, ce mardi 9 janvier à Rabat, la Conférence ministérielle africaine sur la Migration, en présence de dix-sept ministres africains des Affaires étrangères.

Le 30e sommet de l'UA sera marqué par la présentation officielle par le roi Mohammed VI du résultat de "nos réflexions collectives sur la Migration", a souligné le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Pour rappel, lors du 29e sommet de l'UA, organisé du 3 au 4 juillet dernier, le royaume du Maroc, qui préside la Commission panafricaine sur la Migration, avait été chargé d'élaborer un agenda africain sur la migration en Afrique qui sera adoptée comme référence à l'échelle des Nations unies.

Lors du même Sommet, le roi Mohammed VI avait été salué par les chefs d'Etat africains pour son leadership sur ce dossier extrêmement important.

"Il s'agira, à Addis Abeba, certes de la culmination du processus de réflexion sur la migration, mais certainement pas de sa fin.

Bien au contraire, ce sera le début d'un nouveau chapitre qui verra notre vision africaine commune portée à nos partenaires extérieurs et aux Nations unies pour une appropriation commune à l'échelle internationale, c'est-à-dire une stratégie africaine en matière de migration qui encadrera le flux migratoire à l'intérieur du continent"
, a précisé Nasser Bourita, en ouverture de la Conférence qui réunit les chefs de la diplomatie de dix-sept pays africains, dont la république d'Afrique du sud, le Lésotho, la Sierra Leone, le Malawi, le Ghana, le Botswana, la Mauritanie et le Nigeria.

Source : Le360 (Maroc)

 

 

Ennahdha – Nidaa Tounes : divorce à la tunisienne

Rien ne va plus entre les deux principales composantes politiques du paysage politique tunisien. À la veille des municipales, prévues le 6 mai prochain, le parti d'Hafedh Caïd Essebsi a déclaré que les islamistes seront désormais ses concurrents et non ses alliés.

Le samedi 6 janvier, à l’issue d’une réunion sur l’organisation des élections municipales qui se tiendront le 6 mai, le parti au pouvoir, Nidaa Tounes, a renié son alliance avec les islamistes d’Ennahdha. « Nous sortons du consensus pour aller vers une situation concurrentielle avec le mouvement Ennahda », assène Borhène Bsaies, chargé des affaires politiques de Nidaa Tounes.

L’accord tacite de non-belligérance, établi depuis 2014 entre les deux partis qui ont remporté les élections, a volé en éclats en décembre dernier lorsque Nidaa Tounes a perdu les législatives partielles qui se tenaient en Allemagne.

Sûr de l’appui d’Ennahdha, le parti fondé par Béji Caïd Essebsi, actuel président de la République, pensait l’emporter ou du moins conserver le siège de Hatem Ferjani, nommé secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères. La victoire de l’outsider Yassine Ayari, du mouvement Al Amal, a été un revers qui a dévoilé le faible soutien apporté par Ennahdha et les limites de son alliance avec son allié au pouvoir. Pourtant, il avait été question que les deux formations fassent liste commune sur certaines villes pour les municipales.

Une crise structurelle

Cette situation souligne la fragilité du parti présidentiel qui n’en demeure pas moins le parti dont sont issus le président de la République, l’Assemblée et le chef du gouvernement. Malgré sa victoire aux législatives en 2014, son alliance avec Ennahdha et des problèmes de leadership lui ont valu la défection d’une vingtaine de députés, devenant ainsi la seconde formation à l’Assemblée. Le parti, qui ne cesse de reporter la tenue de son congrès électif depuis sa création en 2012, est sous la coupe de son directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi, et des hommes qu’il a mis en place.

Nidaa Tounes aurait perdu 200 000 électeurs

Un courant sans vision ni stratégie politique qui peine à fédérer, estiment les experts. Des sondages à usage interne auraient démontré que Nidaa aurait perdu 200 000 électeurs, soit près du quart de son électorat, selon des proches du bureau exécutif. Mais cela n’augure en rien de son échec aux élections municipales, même si le parti peine à établir des listes dans des villes importantes. « L’électeur ne se comporte pas comme les élites politiques », tempère Zyed Krichen, analyste politique.

En quête d’un repositionnement

Le moment est délicat : après avoir défendu bec et ongles la stratégie du consensus pour diriger le pays avec Ennahdha, Nidaa Tounes fait volte-face. « Il y a une différence entre ces deux partis, sur tous les plans, idéologique, politique et économique. Ennahdha est le principal et presque le seul vrai concurrent de Nidaa Tounes. Nous passons ainsi du consensus à la concurrence démocratique », souligne Mongi Harbaoui, porte-parole de Nidaa Tounes.

Des explications qui peinent à convaincre. Le consensus avait ainsi été décrié par une large majorité de Tunisiens, aboutissant à un immobilisme politico-économique. Pour regagner en crédibilité, Nidaa Tounes a intégré de nouvelles figures politiques dont des ministres jusque-là indépendants et tenté, sans succès, de battre le rappel auprès de ses dissidents. Aucun n’a été sensible à l’argument « tous unis contre Ennahdha », d’autant qu’un front de dix partis démocrates feront liste commune aux municipales.

La fin de l’alliance Nidaa/Ennahdha n’est effective que si Béji Caïd Essebsi l’exprime clairement

« Entendre dire que Nidaa se désengage d’Ennahdha pour divergence de vues sur le projet sociétal, cela ne peut que faire rire. Nidaa ignorait-il le projet d’Ennahdha ? », s’interroge Mustapha Saheb Ettabaa, secrétaire général du parti El Wifak.

La position de Nidaa Tounes n’en demeure pas moins ambiguë. Le parti confirme en effet être en accord avec Ennahdha sur la feuille de route du gouvernement. La séparation de corps ne serait pas une séparation de biens. Rivales sur les municipales, comment vont se comporter Nidaa Tounes et Ennahdha à l’Assemblée ? Que changera le résultat du scrutin dans les équilibres de l’hémicycle ? « Pas grand-chose », selon Rym Mourali, cofondatrice du Mouvement de l’Indépendance Tunisienne, fondé en 2015. « La fin de l’alliance n’est effective que si Béji Caïd Essebsi l’exprime clairement et qu’elle aboutisse à une rupture du consensus gouvernemental. »

Silence chez les islamistes

De fait, en septembre 2017, le président de la République avait ouvert les hostilités en déclarant : « nous nous sommes trompés sur Ennahdha ». Six mois plus tard, à l’issue de la réunion de Nidaa Tounes, Noureddine Ben Ticha, conseiller politique de Béji Caïd Essebsi, réclame un remaniement ministériel conforme aux résultats des législatives de 2014.

Entre temps, Ennahdha reste silencieux. Aucun de ses dirigeants n’a ainsi commenté la décision de Nidaa qui indiffère les Tunisiens. Ces derniers manifestent contre les augmentations du coût de la vie. « C’est bien les politiques et les partis qui nous ont conduits au désastre économique », assène Leith, un activiste du mouvement « #Fech_Nestanew » (Qu’attendons-nous ? ).

Source : Jeuneafrique.com

 

Guergarate: Le Polisario menace de bloquer le passage aux participants d'un rallye

Guergarate: Le Polisario menace de bloquer le passage aux participants d'un rallyeAprès avoir essayé de bloquer le passage aux participants du Rallye Sahara Desert Challenge qui tentaient de se rendre en Mauritanie depuis le Maroc, le Polisario menace cette fois-ci d'empêcher les participants d'un second rallye, l'Africa Eco Race, de traverser, le 8 janvier, la région de Guergarate, indique la MAP.

Face à ces menaces et au déploiement de nouveaux éléments armés du Polisario dans la région depuis le 5 janvier, Omar Hilale, ambassadeur représentant permanent du royaume du Maroc auprès des Nations unies à New York, a annoncé que le "Maroc est revenu à la charge auprès des plus hauts fonctionnaires du Secrétariat de l’ONU et saisi les 15 membres du Conseil de sécurité" pour les alerter de la gravité de la situation, poursuit la dépêche.

Hilale a rappelé, samedi dans une déclaration à la MAP, que les présentes manœuvres du Polisario visent "désespérément à recréer le même scénario de crise que celui de mars et avril derniers".

Ces "actes de provocation répétitifs" du Polisario violent, selon lui, "les accords militaires, mettent en péril le cessez-le-feu en place depuis 1991 et menacent dangereusement la sécurité et la stabilité dans la région", rapporte la MAP.

L'ambassadeur a ainsi réagi à l'avertissement, publié samedi dans un communiqué du Secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Le représentant de l'ONU avait déclaré qu'il était "profondément préoccupé par les récentes tensions accrues dans les environs de Guerguerate, dans la zone tampon".

Pour Guterres, "le retrait des éléments du Front Polisario de Guerguerat en avril 2017, ainsi que le retrait antérieur des éléments marocains de la région, ont été essentiels pour créer un environnement propice à la reprise du dialogue" sous les auspices de Horst Kohler, l'envoyé spécial des Nations unies pour le Sahara.

Guterres a également souligné que le transport civil et commercial “ne doit pas être entravé et qu’aucune mesure ne doit être prise qui pourrait constituer un changement au statu quo de la zone tampon”, indique la MAP.

La région de Guergarat, située à la frontière avec la Mauritanie, est, depuis août 2016, le théâtre de tensions entre Rabat et le Polisario. Le Maroc avait entamé des travaux de goudronnage d’une route entre une partie du Sahara et la Mauritanie dans l'objectif de "lutter contre la contrebande" et "garantir la sûreté et la sécurité des usagers de cet axe routier".

De son côté, le front indépendantiste avait envoyé des hommes sur place. En février dernier, Antonio Guterres avait demandé aux deux parties de se retirer de la zone tampon le plus rapidement possible. Le Maroc annoncera peu après son retrait "unilatéral" de la zone tampon.

Source : Huffpost Maghreb

 

 

Mali: l’ancien président Amadou Toumani Touré est rentré à Dakar

Amadou Toumani Touré est déjà reparti. ATT a quitté Bamako samedi dernier direction Dakar, au Sénégal, où il s'est installé en 2012 après le coup d'Etat qui l'a chassé du pouvoir. Au final, l’ancien président a passé une petite semaine au Mali.

Après un exil de plus de cinq années et demi, l'ancien président malien a surtout consacré son temps aux gens qu'il voulait voir, qu'il voulait revoir. Un de ses proches, qui l'a vu chaque jour pendant son séjour bamakois, explique que sa maison n'a pas désempli. « Chaque jour, il recevait, il y en avait dans toutes les pièces, il se couchait à trois heures du matin ».

ATT a aussi voyagé dans le centre du pays, d'où il est originaire : Mopti, puis Bandiagara. Il s'est recueilli sur les tombes de sa mère, morte en 2015 alors qu'ATT était en exil, sur celle du général Kafougouna Koné, ancien ministre et ami de l'ancien président malien, lui aussi décédé en son absence. ATT et sa femme ont rendu de nombreuses visites. « Un séjour très social », comme le résume un proche.

Aucune information ne circule sur le volet politique de ce voyage. Le contexte, bien sûr, le laisse penser : à huit mois de la présidentielle, c'est l'actuel chef de l'Etat et possible candidat à sa succession, Ibrahim Boubacar Keïta, qui est allé tirer ATT de son exil forcé. L'a-t-il fait avec des visées électoralistes et y a-t-il eu un accord entre les deux hommes ?

« Une ouverture de porte »

« Aucun acte politique n'a été posé », dit-on du côté du RPM, le parti présidentiel. Amadou Toumani Touré a dîné chez IBK, il a salué et rencontré du monde, mais tout cela était « protocolaire, social », assure-t-on encore au RPM. Les proches d'ATT disent quant à eux ne pas avoir d'autres informations.

Concernant les projets de l’ancien président, il a déclaré lors de son séjour et alors qu’il se trouvait à Mopti : « Je rentre définitivement, j'ai déjà mon champ ici ». C'était avant de repartir au Sénégal quelques jours plus tard. Ce qu'explique un proche d'Amadou Toumani Touré, c'est que ce premier séjour au Mali était « une ouverture de porte » pour voir et pour montrer que les conditions d'un vrai retour au pays étaient réunies, et se préparer à « rentrer vraiment ».

Source : RFI

 

Gambie: l'Assemblée vote la loi sur la Commission vérité et réconciliation

Gambie: l'Assemblée vote la loi sur la Commission vérité et réconciliationL’Assemblée nationale gambienne s’est penchée mercredi 13 décembre sur la loi établissant une Commission vérité, réconciliation et réparation.

Promesse de campagne de la coalition qui a battu le dictateur Yahya Jammeh lors des élections de décembre dernier, cette commission est l’une des mesures phares du nouveau gouvernement Adama Barrow. Après des voyages d’études en Sierra Leone et en Afrique du Sud, ainsi qu’une consultation nationale, le ministère gambien de la Justice a rendu sa copie, validée par les membres de l’Assemblée à l’unanimité.

La Commission sera finalement constituée de onze membres, nommés par le président après consultations. Une fois installée, elle aura pour mission d'établir un rapport détaillé de toutes les violations des droits humains survenues entre l'arrivée au pouvoir de Yahya Jammeh en juillet 1994, et son départ en exil en janvier dernier.

Le ministre de la Justice, Abubacarr Tambadou, estime avoir trouvé le juste équilibre, entre le désir de justice, et la nécessité d'établir la vérité. Il précise qu'il est de toute façon impossible de poursuivre tous les coupables.

La loi donne donc à la commission la possibilité de recommander une amnistie pour certains témoins venus reconnaitre leurs exactions, excepté ceux soupçonnés de crime contre l'humanité. Cette loi prévoit aussi de possibles réparations pour les victimes, sous forme financière ou plus symbolique.

La commission siégera pour une durée initiale de deux ans, qui pourra être prolongée sur décision du président. Elle remettra ensuite ses recommandations au gouvernement.

Source : RFI

 

 

Algérie : comment un amendement du Tamazight a rallumé la contestation en Kabylie

Depuis quelques jours, cette région historiquement frondeuse proteste contre le rejet par la majorité présidentielle d'une proposition de loi visant à promouvoir l'identité berbère. État des lieux.

C’est l’amendement qui a mis le feu aux poudres. Un mouvement de contestation a touché plusieurs villes et villages de Kabylie à cause du rejet par l’Assemblée nationale algérienne (APN) d’un amendement visant à promouvoir la langue et la culture berbère (Tamazight).

Point d’orgue de cette colère citoyenne, des manifestations ont drainé lundi 11 décembre des dizaines de milliers de personnes à Tizi Ouzou, Béjaia et Bouira, les trois principales villes de Kabylie. À Bouira, 120 km à l’Est d’Alger, des heurts opposent depuis trois jours des manifestants à des dispositifs anti-émeutes, alors que l’université est fermée. Mercredi 13 décembre, les affrontements se sont propagés à plusieurs quartiers de la ville, contribuant à entretenir davantage la tension en Kabylie, connue pour être une région frondeuse.

Le rejet de cet amendement n’est sans doute qu’un prétexte. La nouvelle génération de Kabyles, biberonnée aux réseaux sociaux, se sent de plus en plus frustrée par le manque d’empressement du pouvoir à promouvoir l’identité berbère, bien que le Tamazight soit promue langue officielle depuis la révision constitutionnelle de 2016.

Pour tenter de circonscrire cette protestation et éviter qu’elle ne dégénère, les autorités évoquent une manipulation visant à déstabiliser cette région qui a déjà été le théâtre d’émeutes qui ont fait plus de 126 morts entre 2001 et 2003.

Y a-t-il eu manipulation ? Que s’est-il donc passé à l’Assemblée nationale pour susciter la colère dans les rues kabyles ?

À l’origine, une initiative d’un parti d’opposition

Novembre 2017. Les députés de l’Assemblée nationale débattent de la loi de Finances 2018. Nadia Chouitem, députée du PT (Parti des travailleurs, opposition), propose un amendement pour renforcer l’enseignement de Tamazight dans les établissements scolaires.

« Depuis quelques années, notre parti propose systématiquement un amendement de cette nature dans le cadre de la promotion de l’identité berbère. Notre amendement est d’autant plus pertinent que nous avons constaté une baisse de 0,2 % dans le budget alloué pour le HCA [le Haut commissariat à l’Amazighité, l’organisme officiel chargé de la promotion et de la réhabilitation de cette langue et de cette culture, ndlr]. Le président du HCA confirme lui-même que les moyens ne suffisent pas et que le nombre d’élèves qui suivent les cours de Tamazight est insignifiant », explique Ramdane Taazibt, député du PT.

Déposé au bureau de l’Assemblée nationale, conformément au règlement intérieur, l’amendement est accepté. Il atterrit donc devant la Commission des Finances et du Budget, où on examine les propositions de loi avant leur passage en plénière. Devant les membres de cette Commission, la députée du PT argumente sa proposition qui sera finalement rejetée, au prétexte qu’un tel amendement n’a pas sa place dans la loi de Finances et que le budget alloué au HCA est largement suffisant.

Petit à petit, la grogne a grossi

La députée du PT n’en démord pas. Les règlements de l’Assemblée permettent en effet aux députés d’inscrire à nouveau un amendement en plénière, bien que celui-ci ait été rejeté par la Commission présidée par Toufik Torche, député du FLN. Le 26 novembre, donc, les députés sont appelés à voter la loi de Finances 2018. Soumis au vote par le président de l’Assemblée nationale, comme le reste des textes de cette loi, le fameux amendement est rejeté par les députés de la majorité dite présidentielle. Tous les autres amendements proposés par les partis de l’opposition sont également passés à la trappe.

L’adoption de la loi de Finances 2018 se fait presque dans l’indifférence générale. Le mercredi 29 novembre, les premières manifestations de rue débutent dans la région de Béjaia. Des lycéens et des collégiens sortent pour protester contre le rejet de cet amendement. Au fil des jours, le mouvement de protestation gagne du terrain pour toucher d’autres localités de Kabylie, mais également la ville de Batna, dans les Aurès.

Qui manipule qui ?

La protestation berbère se greffe sur une autre contestation liée à la politique d’austérité adoptée par la loi de Finances 2018, en raison de la crise financière que traverse l’Algérie depuis la chute des cours du pétrole. Devant l’ampleur des manifestations, les autorités montent au créneau pour tenter d’éteindre le feu.

Les partis de la majorité présidentielle justifient le rejet de cet amendement non sans accuser ses promoteurs de tentative de déstabilisation. Les partis de l’opposition, le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie) ainsi que le FFS (Front de forces socialistes) s’en démarquent et évoquent une manipulation politicienne.

Manipulation ou pas, cet amendement aura rallumé l’étincelle de la contestation populaire en Kabylie.

Source : Jeuneafrique.com

 

Financement de la force conjointe G5 Sahel : réunion au sommet à Paris ce mercredi

Au lendemain du sommet de Paris sur le climat qui s'est ouvert ce mardi, une réunion à la Celle Saint-CLoud, en région parisienne, réunira le président français, les membres du G5 Sahel ainsi que la chancelière allemande, le Premier ministre italien, le ministre saoudien des Affaires étrangères et le président de la Commission de l’UA. Objectif : discuter du financement de la force conjointe antiterroriste.

À Abidjan, le 29 novembre, en marge du sommet UA-UE, Emmanuel Macron et ses homologues du G5 Sahel étaient convenus de se revoir le mercredi 13 décembre à Paris, au lendemain du sommet international sur le climat, afin de poursuivre leur discussion sur la mise en place de la force conjointe de l’organisation sahélienne et d’évoquer son financement – sur les 450 millions d’euros nécessaires pour son lancement, seule la moitié a pour l’instant été rassemblée.

Recrudescence des attaques aux frontières

Face aux attaques répétées dans la zone dite « des trois frontières » (Mali, Burkina Faso, Niger), tous jugent indispensable d’accélérer le déploiement de cette force. « Il faut enclencher une dynamique militaire pour inverser la tendance », glisse une source à l’Élysée.

Le président Macron a convié à cette réunion, qui se tiendra au château de la Celle Saint-Cloud, en banlieue parisienne, les dirigeants des pays membres du G5 Sahel : Roch Marc Christian Kaboré (Burkina Faso), Ibrahim Boubacar Keïta (Mali), Mohamed Ould Abdelaziz (Mauritanie), Mahamadou Issoufou (Niger) et Idriss Déby Itno (Tchad).

Les Saoudiens promettent 100 millions d’euros

Sont également attendus Angela Merkel, la chancelière allemande, Paolo Gentiloni, le Premier ministre italien, et Moussa Faki Mahamat, le président de la Commission de l’UA.

La France a en outre invité le ministre saoudien des Affaires étrangères, dont on attend qu’il officialise le versement d’une aide qui pourrait atteindre 100 millions de dollars, ainsi que son homologue des Émirats arabes unis. Côté américain, le conseiller national à la lutte contre le terrorisme devrait être présent.

Source : Jeuneafrique.com

 

Algérie : le FLN grand vainqueur des élections locales

Taux de participation faible et victoire sans surprise du FLN, le parti au pouvoir. Les élections locales du 23 mai auront été conformes à la tradition en Algérie. Près de 22 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes pour élire leurs maires, conseillers municipaux et conseillers départementaux. Plus de 53 % se sont abstenus.

La tradition est donc respectée. Le Front de libération nationale (FLN), première force politique à l’Assemblée nationale avec 164 députés, arrive en tête des suffrages avec 603 communes gagnées sur 1541 en jeu. Le Rassemblement national démocratique (RND), partenaire du FLN au gouvernement et deuxième force à l’Assemblée avec 100 députés, rafle 451 communes. Le parti islamiste obtient 49 siège contre 62 pour le Mouvement populaire algérien (MPA) d’Amara Benyounes, allié du pouvoir.

Les deux partis laïc d’opposition, le Front des forces socialistes (FFS) et le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), obtiennent respectivement 64 et 37 communes. Le parti de l’ancien Premier ministre Ali Benflis, deux fois candidats aux présidentielles de 2004 et 2014, essuie une véritable déculottée en n’obtenant que 5 communes. La défaite est d’autant plus cuisante que Benflis avait obtenu plus d’un million de voix aux présidentielles de 2014.

Participation faible

Grande inconnue de ce scrutin, le taux de participation – revu à la hausse au cours de la journée de ce vendredi –  reste donc faible avec 46,83 %, même s’il est légèrement supérieur identique à celui des élections législatives de mai 2017 où l’on a enregistré 35 % de taux de participation. Près de 22 millions d’électeurs étaient appelés à choisir parmi une cinquantaine de partis politiques, quatre alliances et de nombreuses listes indépendantes. Enjeu de ce scrutin : la conquête des sièges de 1541 conseils municipaux et 48 conseils départementaux.

Le large boycott des urnes ce jeudi 23 octobre constitue encore une fois un désaveu des Algériens aussi bien pour le pouvoir que pour l’ensemble de la classe politique qui n’a pourtant pas ménagé sa peine lors de la campagne électorale pour convaincre les électeurs de se rendre aux urnes. Même l’appel du président Bouteflika, 80 ans, affaiblit par la maladie depuis son AVC de 2013, pour une large participation n’a pas trouvé d’échos auprès de ses compatriotes.

A moins de deux ans de l’élection présidentielle de 2019, cette nouvelle défection des électeurs n’augure rien de bon pour l’avenir.

Source : Jeuneafrique.com

 

 

Sahara occidental : la RASD participera au sommet UA-UE d’Abidjan

Sahara occidental : la RASD participera au sommet UA-UE d’Abidjan La décision est maintenant officielle. La Commission africaine et l'Union européenne ont annoncé que la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) participera au sommet UA-UE d'Abidjan, les 29 et 30 novembre. Le Maroc, qui réclame l'exclusion de la RASD de l'UA, ne boycottera pas le sommet. Il sera même représenté au plus haut niveau.

« L’Union africaine (UA) a résolu le problème. Tous les membres vont prendre part au sommet d’Abidjan », a déclaré le président de la Commission africaine, Moussa Faki, le mercredi 22 novembre depuis Bruxelles où il a animé une conférence de presse conjointe avec la Haute représentante de la politique extérieure et la sécurité de l’Union Européenne (UE), Federica Mogherini.

« Je me suis rendu moi-même au Maroc et j’ai rencontré le roi [le 3 novembre]. Je crois que la position de l’UA a été acceptée par l’ensemble de ses membres», a assuré Faki.

Même son de cloche du côté européen. » Nous avons exprimé le souhait que tous les membres soient présents. Mais pour nous, il était clair que la décision était africaine », a déclaré Federica Mogherini.

L’UE « a soutenu » le travail que M. Moussa Faki a effectué ces derniers mois pour résoudre « une question qui s’annonçait compliquée ». « Et bien évidemment, la composition des participants à ce sommet ne change pas notre position sur le Sahara occidental », a tenu à préciser la responsable européenne.

Le Maroc et le Polisario tous les deux présents

Après des tractations particulièrement serrées qui ont mobilisé les chancelleries africaines et européennes, la République arabe sahraouie et démocratique (RASD) aura donc son siège lors du sommet d’Abidjan, prévu les 29 et 30 novembre.

Même si cette décision est actée, le Maroc pourrait être représenté par « le plus haut sommet de l’État »– celui du roi Mohammed VI lui-même-, avait confié à Jeune Afrique une source marocaine. Rabat ne veut pas rentrer dans « des combats subalternes » et qui pourraient « gêner » ses amis africains.

En même temps, la politique « de la chaise vide » ne lui servira à rien. D’autant plus que la position de l’UE sur la Sahara occidental n’a pas changé et qu’elle ne reconnaît toujours pas la RASD.

Enquête africaine sur l’esclavage en Libye

À Bruxelles, Moussa Faki et Federica Mogherini ont participé à une conférence de haut niveau sous le thème “vers un partenariat renouvelé avec l’Afrique et où ont été abordées les scènes d’esclavage de migrants révélées par la scène américaine CNN.

Sur ce sujet, Moussa Faki a annoncé que la Commission africaine chargée des droits de l’Homme et des peuples (CACDHP) va procéder à une enquête sur la maltraitance et le trafic visant les migrants dans ce pays.

Source : Jeune Afrique

 

 

Zimbabwe: le président Robert Mugabe a démissionné

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a remis une lettre de démission au Parlement, a annoncé Jacob Mudenda, président de l'Assemblée nationale, ce mardi 21 novembre. Le chef de l'Etat, qui est âgé de 93 ans, était en résidence surveillée depuis l'intervention de l'armée, mercredi dernier, mais refusait de céder le pouvoir qu'il exerçait depuis l'indépendance, en 1980.

Le président du Parlement zimbabwéen Jacob Mudenda a annoncé la démission de Robert Mugabe avec « effet immédiat ». L'annonce a été faite ce mardi peu avant 17h, dans le bâtiment où étaient rassemblés tous les députés zimbabwéens qui devaient voter s'ils acceptaient de déposer une motion de défiance contre le chef d'Etat.

Alors que l'audience était en cours, le président de l'Assemblée nationale a reçu un courrier et l'a lu devant tous les députés, annonçant la démission de Robert Mugabe. Dès l'annonce, des centaines de personnes sont descendues dans la rue, devant le bâtiment pour crier leur joie sous les sifflets et les klaxons.

La demande du parti au pouvoir, la Zanu-PF, avait été faite devant les parlementaires d'engager une procédure de destitution contre le chef de l'Etat, âgé de 93 ans, au pouvoir depuis l'indépendance en 1980. Pour rappel, l'armée du Zimbabwe a pris le contrôle du pays dans la nuit du 14 au 15 novembre.

Les présidents sud-africain Jacob Zuma et angolais João Lourenço doivent arriver ce mercredi à Harare pour tenter de trouver une issue à la crise politique au Zimbabwe.

Source : RFI

 

 

Esclavage en Libye : le Burkina Faso rappelle son ambassadeur, Antonio Guterres se dit « horrifié »

Esclavage en Libye : le Burkina Faso rappelle son ambassadeur, Antonio Guterres se dit « horrifié » Après la diffusion d'images d'un marché aux esclaves de migrants africains en Libye, le Burkina Faso a rappelé son ambassadeur. De son côté, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a évoqué la possibilité de poursuivre les auteurs pour « crimes contre l'humanité».

La semaine dernière, un documentaire choc de la chaîne de télévision américaine CNN avait montré l’existence d’un marché aux esclaves près de Tripoli. De nombreuses personnalités politiques ou issues de la société civile, mais aussi des footballeurs célèbres, se sont depuis fait entendre, et certains pays sont passés aux actes, comme le Niger qui a convoqué l’ambassadeur libyen à Niamey ce 20 novembre pour explication.

Le président du Burkina Faso a décidé, lui, du rappel de l’ambassadeur à Tripoli, le général Abraham Traoré, pour consultation « après le choc d’images de traite négrière en Libye », a déclaré ce 20 novembre le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Alpha Barry.

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, a « demandé que l’ambassadeur revienne pour le « briefer » sur ce qui se passe en Libye pour qu’il ait toutes les informations nécessaires avant le sommet d’Abidjan qui va se pencher sur cette situation en Libye », a-t-il ajouté. La Côte d’Ivoire accueille en effet les 29 et 30 novembre prochain à Abidjan un sommet Union africaine (UA) – Union européenne (UE).

« L’esclavage n’a pas sa place dans notre monde »

Plus tôt dans la matinée, le chef de la diplomatie burkinabè a « convoqué le chargé d’affaires libyen à Ouagadougou pour lui exprimer toute l’indignation du gouvernement et du peuple burkinabè face aux images qui ont été vues, des images qui appartiennent à d’autres siècles, des images de traite négrière ».

Depuis 2011, 1 912 migrants burkinabè ont été rapatriés au Burkina, dont une dernière vague de 121 personnes en octobre dernier, selon des chiffres officiels. À ce jour, une trentaine d’autres seraient toujours détenus dans des camps en Libye, selon le gouvernement burkinabè.

Le 20 novembre, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est quant à lui dit « horrifié » par les révélations récentes de marché aux esclaves en Libye, jugeant que ceux qui en sont à l’origine pourraient être traduits en justice pour de possibles crimes contre l’humanité.

« L’esclavage n’a pas sa place dans notre monde et ces actes figurent parmi les abus les plus flagrants des droits de l’Homme », a-t-il déclaré.

Source : Jeune Afrique

 

 

Indice Mo Ibrahim 2017 : alerte sur la gouvernance en Afrique

Indice Mo Ibrahim 2017 : alerte sur la gouvernance en AfriqueL’édition 2017 de l’indice de gouvernance de la fondation Mo Ibrahim vient de paraître. Un document qui classe les performances des pays africains dans les domaines de la gouvernance, de l’économie, la justice et même à l’exposition au terrorisme.

Cette édition tire ainsi la sonnette d’alarme sur la résilience des réformes entreprises lors de la dernière décennie. La fondation Mo Ibrahim vient de publier l'édition 2017 de son Indice de Gouvernance. Les analystes de la Fondation estiment que le continent a enregistré des améliorations en terme de gouvernance lors de la dernière décennie (2007-2016).

Le score moyen en la matière au niveau continental est passé de 49,4 (sur 100) en 2007 à 50,8 en 2016, cette progression a connu un ralentissement entre 2012 et 2016 ne dépassant pas une hausse annuelle de 0,10.

La Côte d'Ivoire seule à maintenir le rythme

Cette amélioration de l'indice de gouvernance repose sur les efforts fournis par pas moins de 40 pays, alors que 12 pays ont vu leur notation baissée lors de cette période et que seul le Malawi a vu sa notation stagner en une décennie.

Bien que la majorité des pays africains semblent enregistrer une amélioration globale, cette tendance s'est essoufflée lors des 5 dernières années faisant passer le nombre de pays ayant réussi à maintenir l'amélioration de la gouvernance de 40 à 34 pays et les pays en déclin de 12 à 20.

Parmi les locomotives continentales en la matière, l'on retrouve des pays comme les Seychelles, la Namibie, la Tunisie ou encore le Sénégal qui occupent respectivement la seconde, la cinquième, la septième et la dixième place.

La fondation Mo Ibrahim a par ailleurs, salué « l'impressionnant effort » de la Côte d'Ivoire qui malgré sa vingtième place au classement enregistre une note annuelle d'un peu plus de 2 points lors des 5 dernières années contre une moyenne annuelle globale de 1,40 sur une décennie.

Le Rwanda perd de son lustre

L'indice alerte également de la lenteur du renforcement de la gouvernance dans 13 pays et évoque même des signaux d'alarmes. Le rapport pointe notamment le Rwanda qui faisait partie lors de la première partie de la décennie des top performers avec une croissance annuelle de 0,97 points qui a ralenti s'établissant à 0,75 points lors des 5 dernières années. Cette mise en garde vise également l'île Maurice, le Cap-Vert, le Lesotho, la Zambie, le Malawi, la Sierra Leone, le Cameroun, Djibouti, le Congo ou encore l'Angola.

Côté, « détérioration continue » de la gouvernance, l'indice pointe du doigt des pays comme le Burundi, la Libye, la Centrafrique, le Botswana ou encore le Ghana.

Ces deux derniers pays font paradoxalement partie des top performers de cet indice, tout en enregistrant respectivement la troisième et sixième baisse de notation lors des 5 dernières années. Niveau réglementation et lois, l'indice se montre beaucoup plus dur et parle d'une décennie « négative».

L'indice signale l'Algérie, le Bénin, l'Érythrée, le Malawi, la Mauritanie et le Soudan comme des Etats connaissant une « lente détérioration ».

Des pays comme le Burkina Faso, la RDC, l'Egypte, la Guinée-Bissau, le Madagascar, le Mali, le Maroc, le Nigeria, le Rwanda, Säo Tomé & Principe, Seychelles et l'Afrique du Sud, sont de leur côté classé comme des pays ayant rattrapé leur retard lors de cinq dernières années.

Global Terrorism Index

L'une des nouveautés de cette édition de l'indice Mo Ibrahim est le Global Terrorism Index (GTI). Un indice qui mesure le total des incidents terroristes, des victimes et dégâts aux propriétés subies suite aux actes terroristes enregistrés sur le continent lors de l'année précédente.

Le GTI dresse ainsi un « triste classement » où le trio de tête est composé du Nigeria, de la Somalie et de l'Egypte. Ces derniers sont suivis par la Libye, le Cameroun, le Niger, la RDC, le Soudan, le Kenya et la Centrafrique.

En terme d'opportunité économique durable, le top 3 continental de l'indice Mo Ibrahim est composé du Maroc, de la Namibie et de l'Egypte. La queue du peloton est composée de La Sierra Leone, la Libye ou encore le Sud-Soudan.

Des pays comme la Tanzanie, la Guinée et l'Érythrée ont été désignés comme des économies résilientes, alors que l'Algérie, le Madagascar, l'Afrique du Sud et la Tunisie ont été placé dans la zone de danger ou traversant une « lente détérioration ».

Source : La Nouvelle Tribune (Maroc)

 

Algérie : Controverse autour du 5e mandat du président Bouteflika

Algérie : controverse autour du 5ème mandat du président Bouteflika L’ancien président du comité consultatif des droits de l’homme en Algérie, FaroukGasnatiny a révélé samedi la volonté du président algérien Abdel Aziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat en 2019.


Gasnatiny, cité par le site « tout sur l’Algérie », a affirmé avoir décelé cette volonté chez le président algérien lors de sa rencontre avec lui la semaine dernière. Interrogé sur la santé du chef de l’état algérien, Gasnatiny a dit qu’elle était bonne et son analyse extrêmement perspicace.

Il ajoute cependant que sa voix a perdu de sa tonalité et qu’il avait des difficultés pour se mouvoir sur ses jambes et restait assis sur sa chaise roulante.

« Connaissant parfaitement
Bouteflika, ajoute Gasnatiny, il veut rester au service de son pays jusqu’à sa mort, telle est sa nature, serviable et toujours au service de son pays.

Cette audience avec le chef de l’état algérien a été formellement démentie par l’agence officielle de presse algérienne qui a affirmé que les propos de l’avocat n’étaient que
« pure imagination. » Abdel Aziz Bouteflika a été élu à la présidence de la république algérienne en 1999, puis lors des élections présidentielles qui ont suivi, puis en 2014.

Cette dernière réélection a été largement critiqué eu égard à la santé du chef de l’état algérien, contraint d’aller voter sur un fauteuil roulant.

Abdel Aziz Bouteflika avait été victime en 2013 d’un AVC qui a affecté sa mobilité et ses capacités de locution.

Source : Sahara Medias (Mauritanie)

Zimbabwe: la Zanu-PF veut le départ définitif du pouvoir de Robert Mugabe

Le parti au pouvoir au Zimbabwe, la Zanu-PF, a annoncé, dimanche 19 novembre, qu'il enclencherait au Parlement la procédure de destitution du président Robert Mugabe si le plus vieux dirigeant en exercice au monde, 93 ans, ne démissionnait pas avant lundi midi. Dans la foulée, la Zanu-PF a désigné Emmerson Mnangagwa candidat à la présidentielle de 2018.

Tout va très vite à Harare. « Le camarade Robert Mugabe doit démissionner de la présidence du Zimbabwe et s'il ne l'a pas fait d'ici lundi midi (...) le président du Parlement » enclenchera la procédure de destitution, a déclaré, sous les vivats, le porte-parole de la Zanu-PF, Simon Khaye Moyo, à l'issue d'une réunion d'urgence du parti. Plus tôt, le chef de l'Etat zimbabwéen avait été démis, ce dimanche matin 19 novembre de ses fonctions à la tête de son parti.

Donner un cadre légal au coup de force des militaires

Le nouvel homme fort du Zimbabwe est désormais Emmerson Mnangagwa, âgé de 75 ans, dont le limogeage est jugé inconstitutionnel par la Zanu-PF. C’est lui-même qui agira en tant que président par intérim du parti, et ce jusqu’au congrès extraordinaire de la Zanu-PF qui se tiendra du 12 au 17 décembre.

Ce congrès doit ratifier officiellement les consignes données aujourd’hui par le parti. La Zanu-PF a déclaré qu’Emmerson Mnangagwa est son candidat pour les élections présidentielles de 2018 en remplacement de Robert Mugabe. On se souvient que c'est sa destitution, le 6 novembre dernier, qui a provoqué l'intervention de l'armée et les événements actuels.

On est visiblement ici dans une situation où la Zanu-PF veut donner un cadre légal au coup de force des militaires de mercredi dernier, en actant tout d’abord la destitution de Robert Mugabe de la tête de son parti,  puis de la tête du pays. Les délégués de la Zanu-PF ne siègent d'ailleurs pas au complet aujourd’hui puisque certains de ses membres les plus éminents sont en fuite, ont été arrêtés ou sont absents.

Grace Mugabe exclue du parti

La Ligue des jeunes avait également réclamé ce dimanche matin l'expulsion définitive de Grace Mugabe du parti. Une réclamation apparemment suivie d'effets : la Première dame a également été démise de toutes ses fonctions pour entre autres incitation à la haine, à la division et pour avoir tenté d’exercer sans mandat des fonctions qui n’étaient pas les siennes.

La pression monte

La pression autour de Robert Mugabe s'accélère donc. Une rencontre a eu lieu dans l'après-midi entre le président et l'état-major de l'armée, qui espère bien amener le plus vieux chef de l'Etat en exercice de la planète à quitter rapidement et définitivement ses fonctions.

Source : RFI

 

Esclavage en Libye : Réaction de l’Union africaine, appels à la mobilisation de la société civile

Esclavage en Libye : Réaction de l’Union africaine, appels à la mobilisation de la société civileLa vidéo choquante réalisée par la chaîne américaine CNN a fini par pousser les autorités africaines à sortir de leur silence. Une situation dénoncée depuis plusieurs mois qui sort finalement les autorités de leurs gonds. Le point sur les différentes réactions.

LNT évoquait ce commerce abject depuis plusieurs mois. Mais le phénomène n’a fait qu’empirer depuis quelques mois. Choquée par la vidéo diffusée par CNN, la société civile africaine s’organise.

On en veut pour preuve les dernières initiatives annoncées sur la toile. Claudy Siar, animateur très reconnu dans la sphère africaine a exprimé son indignation dans une vidéo qui a fait le tour de la toile. Il rejoint certains activistes comme Kemi Seba pour manifester devant l’ambassade libyenne en France.

Outre cette manifestation, plusieurs organisations de la société civile sénégalaises et maliennes, mais également des artistes comme Alpha Blondy ont également appelé à manifester devant les ambassades libyennes les plus proches. Objectif : mettre la pression sur les autorités libyennes pour que cessent ces pratiques intolérables.

L’Union africaine réagit… enfin!

Il y a quelques heures, LNT dénonçait le silence des organisations africaines, avec en tête l’Union africaine. Quelques heures plus tard, le président guinéen, Alpha Condé, également président en exercice de l’Union africaine prenait la parole pour exprimer son indignation et appeler à une enquête immédiate des autorités libyennes. Lire ci-dessous le communiqué officiel.

Communique du Président en Exercice de L’Union Africaine

Le Président Alpha Condé, Président de la République de Guinée, Président en Exercice de l’Union Africaine, exprime son indignation face au commerce abject de migrants qui prévaut en ce moment en Libye et condamne fermement cette pratique d’un autre âge.

L’Union Africaine invite instamment les autorités libyennes à ouvrir une enquête, situer les responsabilités et traduire devant la justice les personnes incriminées.

Elle invite parallèlement les autorités libyennes à revoir les conditions de détention des migrants.

Ces pratiques modernes d’esclavage doivent cesser et l’Union Africaine usera de tous les moyens à sa disposition pour que plus jamais pareille ignominie ne se répète.

Notre force, c’est notre humanité. Sachons la garder.

Pour l’Union africaine

Le Président en exercice

Professeur Alpha Condé

Président de la République de Guinée

Source : La Nouvelle Tribune (Bénin)

 

Angola : le chant du cygne d’Isabel dos Santos

Limogée le 15 novembre de la tête de la compagnie pétrolière nationale, la fille de l'ancien président José Eduardo dos Santos a publié un communiqué dans lequel elle fait le bilan de son année passée à la Sonangol.

Pas rancunière, Isabel dos Santos. Au moins d’apparence. La fille de l’ex-président angolais, limogée le 15 novembre par le nouveau président João Lourenço de son poste de présidente du conseil d’administration de la compagnie pétrolière nationale Sonangol, a publié un long communiqué dans lequel elle revient sur son bilan. Un texte qui ressemble fort à un chant du cygne.

« La compagnie pétrolière était en état de pré-faillite »

Remerciant tant ses anciens collaborateurs que l’ancien exécutif de lui avoir confié cette responsabilité, elle rappelle d’abord l’état dans lequel elle a trouvé la compagnie. « En juin 2016, la compagnie pétrolière était en état de pré-faillite », rappelle-t-elle dans ce communiqué daté du 16 novembre.

« La Sonangol est l’épine dorsale de l’économie nationale »

Puis d’égrener : « Nous avons réduit la dette financière de 13 milliards de dollars à 7 milliards de dollars ; nous avons augmenté nos revenus de 14,8 milliards de dollars en 2016 à 15,6 milliards de dollars en 2017 ; nous avons identifié 400 initiatives de réduction des coûts, pour un montant de 1,4 milliard de dollars, dont certaines sont déjà en cours pour économiser 784 millions de dollars, tandis que 380 millions de dollars d’économies ont déjà été réalisées ; nous avons augmenté la production de la raffinerie de Luanda, passée de 50 000 à 60 000 barils [et] avons commencé l’exportation ; nous avons réduit le coût de production du baril de 14 $ à 7 $ ; nous avons augmenté la production de gaz de 238 % ; nous exportons maintenant du gaz pour la première fois ; en 2016, nous avons réduit la perte à 256 millions de dollars et en 2017 nous aurons un résultat d’exploitation positif de 100 millions de dollars (…). »

Symbole du népotisme

Elle ne fait aucune allusion aux conditions de son éviction. Et, en guise de conclusion, elle souligne que la Sonangol est « l’épine dorsale de l’économie nationale et le gardien de l’avenir de nos enfants », et « souhaite le meilleur succès à la nouvelle équipe de direction ».

Symbole du népotisme qui régnait dans le pays (son frère José Filomeno, actuellement pris dans l’affaire des Paradise Papers, est lui à la tête du fonds souverain), la nomination de la « Princesse », telle qu’elle est surnommée en Angola, avait fait l’objet de vives critiques tant de la population qu’au sein du parti présidentiel, le MPLA.

De nombreux observateurs craignaient que le nouveau chef de l’État n’arrive pas à s’émanciper du clan Dos Santos et ne soit qu’une marionnette. En choisissant de s’attaquer à l’un de ses symboles les plus forts, il prouve le contraire.

Source : jeuneafrique.com

 

Zimbabwe : première apparition publique de Mugabe depuis le coup de force de l’armée

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a fait vendredi sa première apparition publique depuis le coup de force de l'armée, à l'occasion d'une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare. Placé en résidence surveillée avec son épouse Grace depuis mardi soir, Robert Mugabe a refusé de démissionner jeudi.

Le chef de l’État, était vêtu d’une toge bleue et d’une coiffe assortie, lors de cette réception organisée à l’université Zimbabwe Open. La veille, il s’était entretenu avec le chef d’état-major, le général Constantino Chiwenga, et avait refusé de démissionner. Le parti au pouvoir, la Zanu-PF, préparerait la mise à l’écart de Robert Mugabe et se dit prête à engager une procédure de destitution selon le l’agence de presse Reuters.

Mais « Comrade Bob » tient bon. Pour l’heure, en dépit du coup de force de l’armée et sa mise en surveillance surveillée avec son épouse Grace par les militaires dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 novembre, Robert Mugabe reste, sur le papier du moins, président du Zimbabwe. Un poste que le plus vieux chef d’Etat de la planète, 93 ans, occupe depuis maintenant 37 ans. Mais pour combien de temps encore ?

La question est sur toutes les lèvres alors que le nouvel homme fort du pays, Emmerson Mnangagwa, l’ancien vice-président zimbabwéen dont l’éviction a provoqué le coup de force est rentré jeudi au Zimbabwe, a-t-on appris vendredi matin dans son entourage. « Oui, il est de retour », a ainsi confirmé sous couvert de l’anonymat une source proche des putschistes.

Une résidence surveillée moins stricte ?

Un retour que Mnangagwa espérait sans doute dans une situation plus stable. Mais Mugabe, qui a rencontré jeudi après-midi le chef de l’armée, le général Constantino Chiwenga, au siège de la présidence à Harare, n’a rien cédé aux putschistes. « Ils se sont rencontrés aujourd’hui. Il a refusé de démissionner, je pense qu’il essaie de gagner du temps », a poursuivi la source sous le couvert de l’anonymat.

Selon un porte-parole à Pretoria, deux ministres sud-africains dépêchés par le président Jacob Zuma, fidèle soutien de Mugabe, ont également participé à la réunion. Un prêtre catholique était présent lors de cette réunion, rapporte également le site internet du quotidien gouvernemental The Herald, qui a par ailleurs relayé un communiqué de l’armée faisant état de plusieurs arrestations dans l’entourage du président. « Nous avons mis la main sur plusieurs des criminels, tandis que d’autres sont toujours en fuite ».

Des images diffusées par la télévision d’Etat après la rencontre ont montré le président Mugabe en veste bleu marine et pantalon gris au côté du général Chiwenga, tout sourire dans son treillis. Selon la télévision, Mugabe pourrait participer vendredi à une cérémonie de remise de diplômes à l’université, comme il l’avait fait par le passé. Si cela était confirmé, cela laisserait à penser que les conditions de sa résidence surveillée sont devenues moins strictes.

Le flegme des Zimbabwéens

A Harare, l’intervention des militaires a été accueillie avec flegme par les habitants, qui ont continué jeudi à travailler ou à vaquer à leurs occupations. Certains se sont réjouis d’entrevoir le départ du président. « Nous espérons que le Zimbabwe sera meilleur une fois sorti de l’ère Mugabe », a confié Tafadzwa Masango, un chômeur de 35 ans. « Notre situation économique se dégrade de jour en jour, il n’y a plus d’emploi, plus de travail. »

Dans l’intérêt du peuple zimbabwéen, Robert Mugabe doit démissionner, a déclaré Morgan Tsvangirai

Jeudi, plusieurs voix de l’opposition se sont fait entendre pour exiger à leur tour son départ et une transition vers des élections libres. « Dans l’intérêt du peuple zimbabwéen, Robert Mugabe doit démissionner », a déclaré Morgan Tsvangirai, le chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), le principal parti de l’opposition.

« Il ne fait aucun doute qu’il nous faut un accord de transition qui doit traiter de la reprise économique et de la réforme électorale », a renchéri l’ex-vice-présidente, Joice Mujuru, écartée en 2014, elle aussi, sur ordre de Grace Mugabe.

Le pasteur Mawarire prêt à discuter avec l’armée

Emblème de la fronde qui a secoué le pays en 2016, le pasteur Evan Mawarire s’est dit prêt à discuter avec l’armée. « En tant que citoyens, nous ne pouvons rester les bras croisés », a-t-il plaidé sur Facebook, « nous devons participer ».

Selon les analystes, les militaires sont déterminés à sortir rapidement de la crise. « Ils veulent que Mugabe signe sa démission au plus vite », a expliqué Knox Chitiyo, du centre de réflexion britannique Chatham House. « Ensuite ils veulent un président de transition, qui serait probablement Mnangagwa ».

Quant à la communauté internationale, elle continue à suivre de près la situation au Zimbabwe, inquiète de l’intervention de l’armée. « Nous n’accepterons jamais le coup d’Etat militaire », a averti jeudi le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine (UA). « Nous exigeons le respect de la Constitution, le retour à l’ordre constitutionnel », a-t-il ajouté.

Vers un sommet extraordinaire de la SADC

Le commissaire pour la Paix et la Sécurité de l’UA, Smaïl Chergui, s’est montré moins alarmiste. « Au moment où nous parlons, le Parlement est toujours en fonctions et continue de travailler, le gouvernement continue de travailler, il n’y a pas de signes de violences dans le pays », a-t-il déclaré à Washington.

« Nous soutenons totalement les efforts de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) », a-t-il affirmé, « nous suivons leurs efforts en temps réel ».

A l’issue d’une réunion en urgence au Botswana jeudi, la SADC, que préside le président sud-africain Jacob Zuma, a appelé les protagonistes de la crise « à régler les défis politiques par des moyens pacifiques » en respectant la Constitution du Zimbabwe. L’organisation régionale a également annoncé la tenue d’un « sommet extraordinaire urgent » à une date à préciser.

Source : jeuneafrique.com