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Politique en Afrique

Maurice: la présidente a présenté sa démission, annonce son avocat

Maître Yusuf Mohamed, l'avocat de la présidente de Maurice, Ameenah Gurib-Fakim, a annoncé, ce samedi 17 mars, le départ de celle-ci qui prendra effet le 23 mars, à 12h00. L'avocat dit que la lettre de démission est partie, ce samedi après-midi, au bureau de la présidente de l'Assemblée nationale. «La présidente démissionne dans l'intérêt supérieur du pays. Elle veut mettre un terme à la crise constitutionnelle. Elle ne veut pas que l'économie et la population de Maurice souffrent de cette crise», a déclaré son avocat sur la radiotélévision nationale. La présidente mauricienne est impliquée dans un scandale financier.

Source : RFI

 

Guinée : deux jeunes tués par balles lors d’une manifestation de l’opposition

Deux jeunes hommes ont été tués mercredi à Conakry lors de nouvelles manifestations de l'opposition.

Des partisans de l’opposition se sont rassemblés mercredi dans la capitale guinéenne et en province, afin de contester à nouveau les résultats des élections locales du 4 février – officiellement remportées par le parti du président Alpha Condé. Les manifestations ont pris une tournure tragique dans la grande banlieue de Conakry, où un jeune identifié comme Mamadou Baïlo Diallo, 22 ans, a été tué par balles. L’information a été annoncée brièvement à la télévision nationale dans son édition du soir.

D’après le directeur de la polyclinique de Dixinn, le Dr Abdoulaye Barry, un autre jeune de 25 ans, Boubacar Diallo, a été tué dans le même quartier en milieu de journée. « J’ai reçu le corps d’un jeune blessé par balles », a précisé le médecin. ce jeune homme aurait été blessé par un tir dans le quartier de Wanidara, selon sa famille. « Il est arrivé ici déjà mort, il est décédé en cours de route », a ajouté le médecin.

« 91 opposants tués »

« C’est vraiment triste pour ce pays, c’est vraiment triste pour nous et sa famille », a déclaré à l’AFP le chef de l’opposition Cellou Dalein Diallo, qui participait à la manifestation. L’opposant affirme que 91 opposants ont été tués depuis l’accession au pouvoir d’Alpha Condé en 2010. Les organisations de défense des droits de l’homme dénoncent régulièrement le lourd bilan de victimes lors des manifestations politiques ou sociales en Guinée. « Jusqu’à présent, aucune des investigations menées dans le cadre des violences commises au cours de manifestations n’a conduit à un procès », avaient déploré en mars 2017 plusieurs de ces organisations, dont la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH).

Source : jeuneafrique.com

 

« Coup d’État » manqué en Guinée équatoriale : la justice désigne les exécutants

Un Français, un Tchadien et un Centrafricain ont été désignés par la justice de Guinée équatoriale comme étant les exécutants de la tentative de "coup d'Etat" que Malabo a affirmé avoir déjoué début janvier, a rapporté samedi la télévision d'Etat TVGE.

Les commanditaires sont des « Équato-guinéens » qui « ont contacté et contracté à Paris un citoyen français, Dominique Calas, à qui ils ont donné une avance de 500 000 euros », a affirmé David Nguema Obiang, procureur général de Guinée équatoriale, lors d’une conférence de presse retransmise par la TVGE.

Ce Français a ensuite fait appel à « un général tchadien, Mahammat Kodo Bani, chef de l’opération, et un militaire centrafricain, Ahmed Diallo », a ajouté le procureur.

« Organisé sur le territoire français »

Le 10 janvier, le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Agapito Mba Mokuy, avait affirmé que la tentative de « coup d’État » du 24 décembre avait « été organisée sur le territoire français », excluant cependant toute implication des autorités françaises.

Le 3 janvier, la Guinée équatoriale avait annoncé avoir déjoué un « coup d’État » en affirmant que le 24 décembre, un groupe de mercenaires étrangers avait voulu attaquer le chef de l’État, Téodoro Obiang Nguema.

Le président se trouvait à ce moment-là dans sa résidence de Koete Mongomo, située au carrefour des trois frontières entre Guinée équatoriale, Gabon et Cameroun.

Le « cerveau » de l’opération

Mahamat Kodo Bani avait été arrêté à Douala fin 2017 et désigné comme le « cerveau » de l’opération par des sources camerounaises.

II avait été présenté comme un ancien général de l’armée tchadienne et ex-membre des services de sécurité du président Idriss Déby Itno, déclenchant l’ire de N’Djamena qui avait très vite démenti cette information.

Ni M. Calas, ni M. Diallo n’avaient jusqu’à lors été cités dans cette affaire.

« Terrorisme »

« Les mercenaires arrêtés sur le territoire équato-guinéen, ainsi que les commanditaires sont détenus dans les centres pénitentiaires de Guinée équatoriale », a affirmé le procureur général, sans en préciser le nombre.

Il a ajouté que le parquet avait déposé plainte le 6 février au tribunal de Bata pour « terrorisme », « trahison », et « détention d’armes et munitions ».

La Guinée équatoriale, un des plus gros producteurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, mais dont la grande majorité de sa population vit dans la pauvreté, a connu une histoire agitée de coups et tentatives de coups d’État depuis son indépendance de l’Espagne en 1968.

Source : jeunefrique.com

 

L’affaire Ben Barka évoquée dans les mémoires d'un ancien Premier ministre

L’ancien Premier ministre marocain Abderrahmane Youssoufi qui a dirigé le pays de 1998-2002 évoque dans ses mémoires l'enlèvement non élucidé de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka à Paris et le rôle, selon lui "majeur", du dernier suspect toujours en vie, Larbi Chtouki.

Figure de proue du mouvement anticolonialiste, Mehdi Ben Barka a été enlevé le 29 octobre 1965 à Paris. Son corps n'a jamais été retrouvé et sa famille s'interroge toujours sur son sort, sur l'identité de ses assassins, sur les responsabilités de la France et du Maroc ou même d'Israël et des Etats-Unis.

"Tout le monde sait que ce Larbi Chtouki n'est autre que Miloud Tounzi des services secrets marocain +Cab 1+, mais il l'a toujours nié, même si les autorités françaises l'ont identifié" avec des expertises graphologiques, révèle M. Youssoufi, figure de la gauche marocaine dans ce livre de confidences, écrit par un de ses amis, M'barek Bouderka, et salué comme un évènement au Maroc.

Dans l'affaire Ben Barka, un premier procès en 1967 a permis d'établir que l'enlèvement avait été planifié par les services secrets marocains avec la complicité de policiers et de truands français.

"Larbi Chtouki a joué un rôle majeur, c'est lui qui a établi tous les contacts avec les quatre tueurs" et assurait la coordination de l'enlèvement, affirme M. Youssoufi dans ses mémoires intitulées "Récits du passé".

Miloud Tounzi "a fini par avouer devant l'Instance équité et réconciliation qu'il utilisait un passeport au nom de Larbi Chtouki", affirme cet ancien compagnon de route de Ben Barka qui accepta en 1998 de prendre la tête d’un "gouvernement d’alternance" à la demande du roi Hassan II, après des décennies de pouvoir absolu.

-'Trop tard'-

Dans son livre, Abderrahmane Youssoufi affirme qu'en avril 1965, six mois avant l’enlèvement de Ben Barka, Hassan II avait dit devant lui qu’il était "trop tard" pour envisager que l’opposant revienne au Maroc - où il avait été condamné à mort par contumace en 1964.

Cette phrase ambigüe avait été prononcée pendant une rencontre avec des dirigeants de l'Union des Forces Populaires du Maroc (UNFP) consacrée à la possible formation d'un gouvernement d'union nationale, selon son récit.

Cette alternance "consensuelle" allait permettre à la gauche de gouverner, après 38 ans d'opposition.

Arrêté deux fois pendant "les années de plomb", en 1960 et 63, libéré en 1964, exilé de 1965 à 1981, Aderrahmane Youssoufi devint ainsi l'unique opposant dans le monde arabe à prendre la tête d'un gouvernement dit d'alternance.

Son retrait de la vie politique en 2003 avait été interprété comme un constat d'échec de la transition démocratique promise. Il s'était alors retiré de la vie politique et astreint au silence.

La parution de son livre, qui coïncidait avec l'anniversaire de ses 94 ans a été célébrée par un hommage à Rabat, en présence notamment de l'ancien Premier ministre espagnol Felipe Gonzales et du diplomate et politicien algérien Lakhdar Brahimi.

- Évasif -

Le premier tome de ses mémoires relate son histoire personnelle, sa trajectoire de militant pour l'indépendance nationale, son engagement contre le régime d'Hassan II avant sa décision de coopérer avec lui.

Il décrit factuellement les principaux épisodes de l'alternance et les résistances rencontrées par son gouvernement, mais reste évasif sur plusieurs points sensibles.

Dans l'affaire Ben Barka, le ministre marocain de l'Intérieur de l'époque, Mohamed Oufkir, a été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité en 1967 aux assises de Paris, en même temps que quatre truands français impliqués dans l'enlèvement et le dénommé "Larbi Chtouki". Deux Marocains soupçonnés d'avoir participé à l'enlèvement et visés par un mandat d'arrêt sont décédés en octobre 2015 et septembre 2017.

Le juge d'instruction en charge de l'enquête française de 2004 à 2013 avait aussi lancé un mandat d'arrêt en 2007 contre le dénommé "Larbi Chtouki". Sans résultat. Il y a deux ans, ce magistrat déplorait que le suspect puisse vivre "tranquillement à Rabat, à quelques mètres de l'avenue Ben Barka".

Source : AFP

 

Côte d’Ivoire : le RDR et le PDCI iront ensemble aux sénatoriales

Après une semaine de négociations serrées, la coalition au pouvoir ivoirien est parvenue à s’entendre sur des listes communes pour les prochaines élections sénatoriales, prévues le 24 mars prochain. Mais les tensions demeurent au sein du RHDP.

La coalition au pouvoir aura attendu le dernier moment, ce vendredi 9 mars au matin, pour déposer les dossiers de ses candidats aux sénatoriales, prévues le 24 mars prochain, devant la Commission électorale indépendante (CEI). À quelques heures de la fin du délai légal, qui prenait fin ce vendredi à minuit, moins d’une dizaine de prétendants avaient en effet été enregistrés.

Alors que le contexte reste tendu entre les deux poids lourds de la coalition présidentielle, le Rassemblement des républicains (RDR) et le Parti démocratique de Côte d’ivoire (PDCI), les négociations ont en effet duré toute la semaine. Lundi 5, mardi 6 et jeudi 8 mars, les figures du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle), se sont réunies pendant de longues heures au sein du comité de haut niveau chargé de piloter le projet de parti unifié. Dans la matinée de ce vendredi, les derniers arbitrages ont été rendus.

L’opposition a décidé de ne pas présenter de candidat et de ne pas reconnaître les résultats de cette élection

L’enjeu n’est en aucun cas celui des résultats du scrutin des sénatoriales. Alors qu’un tiers des 99 futurs sénateurs seront nommés par Alassane Ouattara, deux-tiers seront élus au suffrage indirect. Le collège électoral est en effet composé de députés, de conseillers de district autonome élus, de conseillers régionaux, de conseillers municipaux, qui sont très majoritairement acquis à la coalition au pouvoir.

Le RDR et le PDCI majoritaires dans la répartition des sièges

L’opposition a ainsi décidé de ne pas présenter de candidat et de ne pas reconnaître les résultats de cette élection. Créée par la Constitution de la troisième République, le Sénat est très critiqué par les pro-Gbagbo, mais aussi par plusieurs organisations de la société civile, qui y voient une institution inutile et clientéliste.

90 % des postes vont au RDR et au PDCI et 10 % aux trois autres partis, confie ainsi un cadre du parti présidentiel

Cette répartition des sièges entre les différents partis du RHDP a ainsi été discutée pendant de longues heures. « In fine, 90 % des postes vont au RDR et au PDCI et 10 % aux trois autres partis », confie ainsi un cadre du parti présidentiel.

Si des grincements de dents se sont fait entendre au sein des « petits » partis de la coalition, les négociations n’ont pas été simples entre les deux poids lourds. « Le RDR voulait s’octroyer les deux sièges à pourvoir dans certaines régions du Nord, alors qu’il avait été acté qu’il devait partager les places », explique un des dirigeants du PDCI.

Les investitures dans les régions d’Abidjan, Bouaké, Divo et du Hambol, ont été les plus discutées

« Il fallait bien qu’on prenne en compte le poids réel de chacun de nos partis », répond un de ses collègues du RDR. Selon nos informations, les investitures dans les régions d’Abidjan, Bouaké, Divo et du Hambol, ont été les plus discutées.

Le parti unifié « proclamé » fin 2018 ?

Au-delà, c’est la question de l’alliance entre le RDR et le PDCI qui est en jeu. Annoncé depuis 2014, le parti unifié ne parvient toujours pas à voir le jour. « Sur le principe, nous sommes tous d’accord pour aller vers un parti unifié. Sa création sera proclamée avant les municipales et les régionales » qui doivent avoir lieu d’ici à la fin de l’année, assure Adama Bictogo, un des vice-présidents du RDR.

 

Aucun accord n’a néanmoins été trouvé sur les modalités et notamment sur la durée de la période transitoire qui sera mise en place avant que chacune des formations ne disparaisse pour rejoindre le parti unifié.

Henri Konan Bédié a été clair, ce sera d’abord l’alternance lors de la présidentielle, puis le parti unifié », assure un des proches du chef du PDCI

Si le RDR plaide pour aller vite, en citant une période d’un an, le PDCI opte, lui, pour deux ans, soit après la présidentielle de 2020. « Henri Konan Bédié a été clair, ce sera d’abord l’alternance lors de la présidentielle, puis le parti unifié », assure un des proches du chef du PDCI.

Toutes ces questions doivent être discutées entre les deux chefs de partis. Annoncée régulièrement depuis trois semaines, la rencontre entre Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié se fait toujours attendre.

Source : jeuneafrique.com

 

Kenyatta et Odinga se réconcilient pour faire sortir le Kenya de la crise

Spectaculaire rebondissement au Kenya. Uhuru Kenyatta et Raïla Odinga ont décidé d'enterrer la hache de guerre. A la surprise générale, le président kényan et son opposant se sont rencontrés vendredi 9 mars au matin. Alors que Raïla Odinga ne reconnaît pas la réélection du chef de l'Etat, qu'il s'est autoproclamé président du peuple, et que les tentatives de dialogue avaient jusqu'à présent échoué, les deux hommes ont annoncé la fin de leurs divisions. Ils ont aussi signé un document inédit pour sortir le pays de la crise.

C'est une poignée de main qui a pris tout le monde de cours. Même les principaux alliés de Raïla Odinga jurent qu'ils ne savaient pas. Mais ce n'est peut-être pas par hasard si cette réconciliation est survenue juste avant la visite du secrétaire d'état américain Rex Tillerson. En effet, les Américains étaient quasi les derniers à pousser encore au dialogue. Les églises et des entrepreneurs faisaient également pression en coulisse. Ce qui pourrait avoir permis un déblocage.

Selon Murithi Mutiga, le président Kenyatta entame son dernier mandat et devait se réconcilier avec son adversaire. « C'était une question d'héritage politique. Et la stabilité économique qu'il voulait n'était pas possible sans cohésion sociale », explique le chercheur de l'International Crisis Group.

Quant à Raïla Odinga, il se réinstalle comme leader incontesté de l'opposition, alors que sa coalition était en train de s'écrouler. Il faudra maintenant voir quelle responsabilité politique il va endosser. « Laisser un homme qui a tellement de partisans sans aucun poste, cela déstabilise le pays. Il pourrait obtenir un statut officiel », analyse Murithi Mutiga.

« Construire les ponts d'une nouvelles nation »

Une bonne source estime que les mots prononcés par les deux leaders sont très forts. Mais qu'il faudra voir si cela sera suivi d'effet. En tout cas cette déclaration commune pourrait signer la fin de la crise. A part quelques jusqu'au-boutistes, les partisans de chaque camp semblent accepter cette réconciliation-surprise.

Pour sortir de la crise, Raïla Odinga et Uhuru Kenyatta ont signé un document de 8 pages, dans lequel le Kenya se regarde en face. Intitulé « construire les ponts d'une nouvelle nation », il s’agit d’un condensé des problèmes qui minent le pays. L'accord est écrit avec une franchise étonnante, alors que les deux camps paraissaient irréconciliables. Kenyatta et Odinga y reconnaissent l'échec des réformes des 20 dernières années.

Le document remonte à la construction du Kenya indépendant. Même les pèresfondateurs ne sont pas épargnés. « Il leur a manqué une approche collective ce qui a entraîné exclusion et animosité » est-il écrit. Plus surprenant encore, Kenyatta et Odinga assument leur part de responsabilité et se décrivent eux-mêmes comme « deux leaders symbolisant la répétition des divisions ».

Les deux hommes s'engagent à trouver des solutions

Le président et son opposant décrivent sans tabous l'antagonisme ethnique et demandent la fin du profilage tribal. « Nous avons ont eu des mots durs l'un envers l'autre, mais nous sommes restés amis », écrivent par exemple les deux hommes. Ils y dénoncent aussi le manque d'inclusion, les ratés de la décentralisation, et le cycle sans fin des violences électorales. Chaque fois, ils s'engagent à trouver des solutions.

Selon une source diplomatique, l'Eglise, qui pousse pour un dialogue, pourrait avoir rédigé cet accord. « Je n'ai jamais vu un texte aussi clair et aussi constructif. Mais il faudra voir s'il sera suivi d'effets », confie cet expert.

Justement, au final Kenyatta et Odinga annoncent la création prochaine d'un bureau, avec à sa tête deux hommes de confiance, pour mettre en place ce programme.

Source : RFI

 

Le match de la semaine : Samura Kamara face à Julius Maada Bio en Sierra Leone

Concurrents à l'élection présidentielle prévue ce mercredi en Sierra Leone, Samura Kamara, le ministre des Affaires étrangères qui portera les couleurs de l'APC, parti au pouvoir, et Julius Maada Bio, investi par le SLPP à Freetown, font figure de favoris.

Pour les deux principaux candidats à la présidentielle du 7 mars prochain, tout s’est joué il y a de longues semaines déjà, le 15 octobre. Ce jour-là, le All People’s Congress (APC, au pouvoir) inaugure son nouveau siège dans son fief de Makeni, au centre du pays.

À la surprise générale, Ernest Bai Koroma, qui achève son second et dernier mandat à la tête de la Sierra Leone, annonce que c’est son ministre des Affaires étrangères, Samura Kamara, qui portera les couleurs de l’APC à l’élection présidentielle.

Parmi les 16 candidats, le diplomate et l’ex-chef militaire font figure de favoris

Quelques heures plus tard, après d’âpres luttes internes, Julius Maada Bio est investi par le Sierra Leone People’s Party (SLPP) à Freetown. Seize candidats s’affronteront dans les urnes, mais Kamara et Maada Bio font depuis figure de favoris.

L’un est un diplomate expérimenté, mais assez peu connu du grand public. L’autre, militaire de formation, a dirigé la junte qui a destitué le capitaine Valentine Strasser en janvier 1996 avant de laisser le pouvoir, trois mois plus tard, à l’issue de l’élection présidentielle.

Échanges houleux

Logique si l’on juge l’homme à son CV, la désignation de Samura Kamara, 66 ans, n’en reste pas moins controversée au sein de l’APC. Cet économiste de formation, ex-gouverneur de la Banque centrale et ancien ministre des Finances, paraissait moins bien placé que certains poids lourds du parti comme John Fitzgerald Kamara, le ministre de la Justice, ou John Bonoh Sisay, grosse fortune du milieu des mines.

Il a fallu beaucoup travailler en interne pour apaiser les tensions. Rassembler les gens derrière Kamara n’a pas été simple

Et nombreux sont ceux qui soupçonnent Ernest Bai Koroma de vouloir, à travers lui, garder une main sur le pouvoir. « Il a fallu beaucoup travailler en interne pour apaiser les tensions. Rassembler les gens derrière Kamara n’a pas été simple », admet un membre de l’APC.

Déjà candidat en 2012, Julius Maada Bio, 53 ans, devrait essayer de tirer parti du mécontentement économique et social qui a marqué le second mandat du président sortant. Pour beaucoup, son nom demeure aussi associé au retour à la démocratie et au multipartisme.

Agitations internes au SLPP

Mais, en interne, la situation est plus délicate. Après plusieurs mois de tensions, pressentant qu’il ne parviendrait pas à s’imposer comme candidat, Kandeh Yumkella a claqué la porte du SLPP en septembre.

Le 7 mars, il briguera la présidence sous la bannière de son nouveau parti, la National Grand Coalition (NGC), composé notamment des déçus du SLPP, et menace de fragiliser Maada Bio.

Réunis pour un premier débat, le 15 février dernier, Maada Bio et Kamara se sont livrés à quelques échanges houleux, notamment sur des questions économiques. Le candidat du SLPP a entre autres critiqué la gestion des fonds destinés à la lutte contre Ebola.

Prévisions difficiles

Difficile de pronostiquer un vainqueur pour cette quatrième élection depuis la fin de la guerre civile en 2002. Le SLPP est bien implanté dans le Sud, mais l’APC, majoritaire à l’Assemblée avec 71 sièges de députés, paraît plus à même de séduire en dehors de ses bastions traditionnels.

Une victoire dès le premier tour semble peu probable et, en cas de second tour, Yumkella pourrait se retrouver à jouer les arbitres. Et si, comme Charles Margai en 2007, il parvenait à totaliser un peu plus de 10 % des suffrages, il pourrait faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre.

Nous comptons sur [Kandeh Yumkella] pour appeler ses partisans à voter pour sa famille politique d’origine

« Le cas échéant, nous comptons sur lui pour appeler ses partisans à voter pour sa famille politique d’origine », insiste Michael Lavahun, chargé de campagne de Maada Bio. Sauf qu’il y a onze ans, Charles Margai, dissident du SLPP, avait appelé à voter Koroma…

Source : jeuneafrique.com

 

ONU: une feuille de route pour soutenir la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable en Afrique du Nord

ONU: une feuille de route pour soutenir la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable en Afrique du NordVingt-quatre organisations onusiennes, institutions internationales et bailleurs de fonds opérant en Afrique du Nord sont parvenus à un accord, lors d’une réunion tenue les 1er et 2 mars 2018 à Rabat –Maroc (dans le cadre du Mécanisme sous régional de coordination pour l’Afrique du Nord des Nations Unies), sur un projet de feuille de route conjointe pour assurer le suivi et le soutien à la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable (ODD) dans 7 pays de l'Afrique du Nord (Algérie, Egypte, Lybie, Maroc, Mauritanie, Soudan et Tunisie).

Cette feuille de route a pris en considération plusieurs domaines d’intervention communs tels que le renforcement de la compréhension et de l’appropriation des ODD par l’ensemble des acteurs concernés, l’intégration des ODD dans les politiques publiques, le renforcement des capacités statistiques et le suivi de la mise en œuvre des ODD ainsi que l’exploitation du potentiel de la coopération Sud-Sud.

Pour la période 2018-2019, la feuille de route régionale se concentrera sur des thématiques relevant des ODD prioritaires pour l’Afrique du Nord, notamment la sécurité alimentaire et la création d’emplois décents pour les jeunes et les femmes.

Selon la Commission Economique pour l’Afrique (CEA), relevant de l'ONU, la mise en œuvre de la feuille de route se fera sous le pilotage d’un comité conjoint UMA-CEA en concertation avec les points focaux des différentes institutions.

Ont pris part à la réunion, l’Union du Maghreb Arabe et plusieurs agences des Nations Unies dont les représentants régionaux de la FAO et du FIDA, les coordinateurs et représentants du Système des Nations Unies en Algérie, Egypte, Maroc, Mauritanie, l’ESCWA, l’OIT, l’ONUDI, le PNUD Maroc et Mauritanie, l’UNESCO et l’UNICEF. Ont également participé des acteurs de développement clés tels que l’AIDMO, la BAD, la BID, le CIDC, l’ISESCO, l‘ITFC et l’OADA.

Pour mémoire, l’Agenda de développement 2030, entré en vigueur le 1er janvier 2016, est le cadre de référence mondial qui oriente les politiques et actions de développement au niveau national, régional et international.

Il focalise ces efforts autour de 17 objectifs clés, connus sous le nom d’Objectifs de Développement Durable. Dans le cas des pays africains, ces objectifs convergent à plus de 90% avec ceux de l’Agenda 2063 fixé par l’Union Africaine.

Source : Atlasinfo (Maroc)

 

 

Présidentielle au Mali : autour d’IBK, une coalition en quête d’unité

À quelques mois de l’élection présidentielle du 29 juillet au Mali, les 64 partis politiques de la Convention de la majorité présidentielle (CMP) commencent à mobiliser leurs militants. Mais sur le terrain, c'est une unité à deux vitesses qu'on observe, entre ceux qui soutiennent déjà la candidature du président sortant IBK, et les autres...

Fin février, Bokary Tréta, président du Rassemblement pour le Mali (RPM), le parti du président Ibrahim Boubacar Keita, véritable colonne vertébrale de la majorité présidentielle, rentre à Bamako après un passage de quelques jours au Sénégal. « J’étais au festival Soninké, à Dakar, pour rencontrer les Soninkés maliens. Demain, je vais à Mopti, dans le centre, pour le festival des Dogons, afin de les rencontrer eux-aussi », explique-t-il entre deux coups de téléphone. Dans son bureau du quartier des affaires Hamdallaye-ACI 2000, Bokary Tréta, la voix cassée, visiblement fatigué, il nous expose la stratégie de la mouvance présidentielle : « Nous sommes à la phase de la revue des troupes, comme on dit dans le jargon militaire ».

IBK, « en phase avec la population malienne » ?

« Nous avons les ressources pour porter le président IBK vers un second mandat, assure Bokary Tréta »

En 2013, le président Ibrahim Boubacar Keïta avait été élu sur la base d’une série de promesses : parvenir à libérer le pays de l’emprise des groupes armés, rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire, reconstituer du « vivre ensemble » et relancer l’économie.

« Nous avons réussi à réaliser des choses essentielles », affirme Bokary Tréta, qui fut notamment ministre de l’Élevage et de la Pêche sous la primature de Cissé Mariam Kaïdama Sidibé, avant le coup d’État de mars 2012, et ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de Oumar Tatam Ly à partir de 2013.

Le président malien « est en phase avec la population malienne, malgré le chant de quelques Cassandre, et nous avons les ressources pour porter le président IBK vers un second mandat », assure encore Bokary Tréta.

« Malgré ce qu’on dit ici et là, c’est le président IBK qui a réussi à faire signer l’accord de paix [d’Alger, signé en juin 2015, NDLR]  entre le gouvernement et les groupes armés », abonde également Younous Hamey Dicko, 78 ans, président du Rassemblement pour le développement et la solidarité (RDS). Pour lui, « il est dangereux pour le pays de changer quelqu’un comme lui, à un tel niveau d’avancement du processus de paix ».

Comme la plupart de 64 partis politiques de la majorité présidentielle, le Rassemblement pour le Mali (RPM) a déjà son plan de campagne en vue de l’élection présidentielle. Des missions de mobilisation des militants sont même déjà en cours à l’intérieur du pays, assure son président.

En janvier, lors d’une réunion du bureau politique national, décision a été prise d’appeler le président Ibrahim Boubacar Keïta à se présenter à un second mandat. « Cette décision sera entérinée à la suite d’une réunion du comité central du parti, à la fin mars », confirme Bokary Tréta. Et ce n’est qu’après cette investiture officielle que le RPM se tournera vers les partis alliés, pour leur demander de soutenir le candidat IBK à sa propre succession.

Les hésitants et les activistes

Mais, à cinq mois de l’échéance électorale, deux camps se dessinent au sein de la majorité présidentielle : d’un côté les hésitants, de l’autre les activistes.

Younouss Hamey Dicko est à ranger parmi les seconds. Samedi 24 février, il s’est entretenu avec des leaders de son parti venus du nord du pays. Ce supporter inconditionnel du président Ibrahim Boubacar Keïta ne compte pas présenter de candidat et relaie auprès de ses militants un seul mot d’ordre : il faut voter IBK.

« Si on ne trouve pas un candidat de consensus pour l’Adema, nous soutiendrons le président IBK »

Dans le camp de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-PASJ), deuxième force politique au sein de la majorité présidentielle, la situation est déjà plus flottante. Mercredi 21 février, le bureau exécutif a pris la décision de trouver « un candidat de consensus et rassembleur » issu du parti.

« Si on ne trouve pas ce candidat, nous soutiendrons le président IBK », affirme Tiémoko Sangaré, président de l’Adema-PASJ et ministre malien du Pétrole et des Mines. Le week-end dernier, celui-ci était dans son village Bazana, à quelques centaines de kilomètre au sud de Bamako, où il a tenu meeting avec sa base. Si l’Adema-PASJ décide finalement de soutenir IBK, ses militants poseront des conditions, assure le ministre. « Il faut que nous nous retrouvions dans le programme du président IBK, dans son plan de gestion du pouvoir et dans le rôle que nous aurons à jouer dans sa gouvernance », prévient Tiémogo Sangaré, qui compte tenir le congrès de son parti fin mars pour fixer ses militants sur la décision finale que prendra le parti.

Objectif commun : éviter un « glissement » du calendrier électoral

"Nos militants n’ont pas aimé que certains, au sein de la majorité présidentielle, me traîne dans la boue"

Si l’Adema-PASJ hésite encore, la Convergence pour le développement du Mali (CODEM), troisième force politique de la majorité présidentielle, en est encore, pour sa part, à l’heure de la « réconciliation » avec le RPM.

Son président, Housseini Amion Guindo – dit « Poulo » -, 48 ans, a été nommé ministre de l’Éducation en décembre, après avoir été en charge des Sports – un ministère où il a (mal) vécu les turbulents épisodes de la crise interminable qui secoue la Fédération malienne de football.

« Nous sommes dans une phase de réconciliation avec le reste de la majorité présidentielle. Nos militants n’ont pas aimé que certains, au sein de la majorité présidentielle, me traîne dans la boue parce que je n’ai pas accepté qu’ils imposent au football malien leur candidat, au détriment des lois et texte en vigueur », lâche ce natif de Bandiagara, grand de taille, qui se déplace parfois pieds nus dans son bureau ministériel.

Depuis sa nomination au ministère de l’Éducation, les relations entre la Codem et le RPM se sont sensiblement détendues. Mais cela suffira-t-il pour que « Poulo » appelle ses militants à voter IBK en 2018 ? « Il faut d’abord que le RPM investisse le candidat IBK. Et c’est après son discours d’investiture que nous donnerons notre mot d’ordre », pose le président de la Codem.

Une chose est sûre, les partis politiques de la majorité présidentielle, tout comme ceux de l’opposition, sont unanimement d’accord pour mettre la pression sur l’État afin que la présidentielle – dont le premier tour est prévu le 29 juillet – se tienne dans les délais. Objectif : éviter un « glissement » du calendrier électoral, et donc une situation de vide constitutionnel qui serait dangereuse pour la stabilité du pays.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : Abdelaziz Bouteflika ou le temps suspendu

Le chef de l’État semble résolu à briguer un cinquième mandat l’an prochain. Son âge – il aura 82 ans – et son état de santé le lui permettront-ils ?

Abdelaziz Bouteflika a toujours nourri une forte appétence, sinon une obsession, pour l’exercice du pouvoir. Comme le montre un épisode rapporté par l’un de ses protagonistes. Nous sommes le dimanche 5 janvier 1958, aux heures les plus sombres de la guerre d’Algérie. Contrôleur général de la wilaya 5, le jeune Bouteflika achève une tournée d’inspection dans l’Ouest algérien avec son frère de lait Mustapha Berri, alias Boumédiène, quand ils croisent le chemin de deux autres officiers de l’Armée de libération nationale (ALN).

Avant de regagner leurs bases respectives, les quatre hommes partagent un dîner et devisent. « Si jamais nous sortions vivants, que feriez-vous après l’indépendance ? » demande Bouteflika à ses trois compagnons. Le premier souhaite poursuivre ses études de chimie, le deuxième aspire à prospérer dans les affaires et le troisième ambitionne de faire une carrière militaire. « Et vous, Abdelaziz, que feriez-vous ? » lui demande l’un d’eux. « Moi ? Président de la République ! » répond-il sans l’ombre d’une hésitation.

Une ambition présidentielle précoce

À peine âgé de 21 ans et tout juste monté au maquis, Bouteflika nourrit déjà l’ambition suprême. Soixante ans plus tard, le président octogénaire et valétudinaire qu’il est devenu cultive toujours cette soif. Et, à moins d’une surprise, restera au pouvoir jusqu’à son dernier souffle, exerçant de facto une présidence à vie sans précédent en Algérie. À un peu plus d’un an de la présidentielle, tout indique en effet qu’il briguera un cinquième mandat.

Secrétaire général du FLN et proche du cercle présidentiel, Djamel Ould Abbès est l’un des fervents avocats de ce cinquième mandat. Depuis des mois, il consacre son énergie et son temps à promouvoir l’idée que le chef de l’État se portera candidat à sa propre succession en 2019. Il n’est pas le seul. D’autres personnalités plus ou moins proches de ce cercle, en activité ou à la retraite, ne manquent pas une occasion de s’en faire l’écho et de l’appuyer avec empressement. En matière de zèle, Djamel Ould Abbès et consorts peuvent compter sur un sérieux concurrent en la personne de Baha Tliba, milliardaire, député FLN et ancien vice-président de l’Assemblée nationale. En novembre 2012, Tliba avait acheté pour quelque 5 000 euros une page de publicité dans le quotidien à fort tirage El Khabar pour exhorter Bouteflika à briguer un quatrième mandat.

Baha Tliba et la « coordination nationale »

Aujourd’hui, il récidive en annonçant la naissance d’une « coordination nationale » pour soutenir le cinquième mandat, initiative à laquelle se seraient associés d’anciens Premiers ministres et ministres, des députés, des sénateurs et toute une faune de courtisans qui gravitent autour du système. Devant l’embarras suscité par cet appel de Tliba et la cascade de démentis et de réprobations des personnes qu’il a citées, Djamel Ould Abbès est instruit en haut lieu pour désavouer l’initiative, ainsi que son promoteur. « Il est interdit de parler du cinquième mandat », menace Ould Abbès. Non seulement c’est trop tôt, mais l’agenda de Bouteflika n’obéit qu’à sa seule personne et, à un degré moindre, à son entourage familial, qui seul a sa confiance.

Qu’est-ce qui pourrait empêcher le président, qui se remet difficilement des séquelles de son AVC de 2013, de conserver son fauteuil en 2019 ? Rien, hormis son état de santé. La révision constitutionnelle de 2016, qui a rétabli la limitation des mandats présidentiels à deux, a remis en quelque sorte les compteurs à zéro. « C’est comme si Bouteflika entamait un premier mandat après vingt ans au pouvoir, dit l’un de ses anciens ministres. La Constitution lui donne le droit, comme à tout autre citoyen, de prendre part à la course pour la présidentielle. »

« Seule une contrainte physique peut le conduire à partir, croit savoir l’une de ses vieilles connaissances »

Il n’y a pas que la loi fondamentale qui soit de son côté. L’armée lui est totalement acquise, et son patron, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense, reste l’un de ses soutiens inconditionnels. Les services, qu’on prétendait hostiles au quatrième mandat, sont passés sous la coupe de la présidence de la République depuis leur restructuration en janvier 2016. Les clans au pouvoir ? Il n’y en a qu’un seul, celui du président. Cette coterie hétéroclite englobe l’exécutif, la majorité parlementaire, une kyrielle de petits partis, le syndicat UGTA, les médias publics et une bonne partie des hommes d’affaires, qui n’hésiteront pas à soutenir financièrement une nouvelle campagne présidentielle, comme ce fut le cas lors des précédents scrutins.

C’est plus qu’un boulevard qui s’ouvre devant Bouteflika, pour peu qu’il le veuille. « Seule une contrainte physique peut le conduire à partir, croit savoir l’une de ses vieilles connaissances. Et, de ce côté-là, il n’a absolument rien à craindre. » La maladie et ses multiples désagréments, ainsi que son âge avancé, auraient pu l’inciter à renoncer à se succéder à lui-même en 2014. Cela n’a pas été le cas. Ces facteurs pèseront-ils demain, quand viendra l’heure de la décision ? Rien n’est moins sûr.

Un modèle présidentiel de type monarchique

Ceux qui connaissent Bouteflika affirment que sa volonté de durer à la tête de l’État relève de sa culture politique et s’explique par les épreuves qu’il a vécues, sa conception du pouvoir et les ressorts psychologiques intimes de sa personnalité. « Ses modèles de gouvernance appartiennent au siècle passé, décrypte un connaisseur du sérail. Il ne se reconnaît que dans la lignée de dirigeants comme Kadhafi, Moubarak, Saddam Hussein, Bourguiba ou encore Hafez al-Assad, qui ont pris le pouvoir pour l’exercer d’une façon pérenne. C’est‑à-dire à vie. Bouteflika n’est pas un potentat comme pouvaient l’être certains de ses modèles, mais un homme convaincu qu’on ne cède plus le pouvoir une fois qu’on l’a pris. »

Pour avoir longtemps vécu au Moyen-Orient et côtoyé princes, émirs et sultans, Bouteflika s’est forgé un modèle présidentiel de type monarchique. Un apparatchik qui a travaillé avec lui pendant une dizaine d’années est encore plus tranchant : « Il pense être né pour commander. Il croit dur comme fer à la notion d’homme providentiel. Il ne croit pas à l’alternance, tout comme il est persuadé que le pluralisme est antinomique avec un régime ultraprésidentiel. »

« Bouteflika, c’est d’El-Mouradia à El-Alia [le cimetière d’Alger], sans escale, synthétise son ami Mohamed Cherif Messaadia »

La présidence, Bouteflika la lorgnait déjà avec malice en 1976, quand Boumédiène décide de doter le pays d’une Constitution dont il confie la rédaction au juriste Mohamed Bedjaoui. Discrètement, Bouteflika, qui dirigeait à l’époque la diplomatie, se rapproche de ce dernier pour lui suggérer de créer un poste de vice-­président, qui lui reviendrait de facto tant il était considéré comme le dauphin de Boumédiène. Mais ce dernier balaie l’idée d’un revers de main. En 1978, son éviction de la succession au profit de Chadli Bendjedid fait naître en lui un désir de revanche sur le sort et sur les hommes qui l’ont privé d’un destin national. « J’aurais pu prétendre au pouvoir à la mort de Boumédiène, confie-t‑il ainsi à un journaliste d’Europe 1 en juillet 1999. Mais il y a eu un coup d’État à blanc et l’armée a imposé un candidat imprévu. » Bendjedid n’était pas prévu ; Bouteflika, si.

L’heure de la revanche sonne en 1999. Avant même son accession au pouvoir, il assure à des convives lors d’une tournée électorale qu’il entend y rester le plus longtemps possible. Cette volonté inextinguible de durer, son ami Mohamed Cherif Messaadia, décédé en 2002, la synthétise par cette formule : « Bouteflika, c’est d’El-Mouradia à El-Alia [le cimetière d’Alger], sans escale. » Mais pour que la prédiction de Messaadia se vérifie, il faut déminer le terrain. « Nous allons faire deux mandats, puis modifier la Constitution », annonce le président à son chef de gouvernement, Ali Benflis, pour lui signifier son souhait de s’affranchir de la disposition lui interdisant d’aller au-delà de deux exercices présidentiels.

« Préparez Sellal [le Premier ministre], confie le président au général Toufik en 2010 »

S’inscrire dans la durée, voire mourir au pouvoir, ne s’accommode guère de l’idée de préparer la succession. Bien sûr, au cours des dix dernières années, ses soucis de santé et l’usure du pouvoir l’ont parfois conduit à entrevoir la possibilité de se retirer. En 2010, il fait part à l’un de ses vieux amis de sa lassitude et de sa volonté d’organiser une succession ordonnée et apaisée. Bouteflika acquiert même une résidence en Suisse, qui lui servirait de lieu de retraite. Avant de se raviser.

Mais en 2013, quelque temps après son hospitalisation au Val-de-Grâce, à Paris, pour soigner son AVC, il reçoit en tête‑à-tête l’ex-patron du DRS, le général Toufik, à qui il confie ne pas vouloir se représenter, et lui lance : « Préparez Sellal [le Premier ministre]. »

Bientôt le cinquième mandat ?

Volonté sincère ou ruse politique pour tester la loyauté de ses collaborateurs, Bouteflika fait planer le suspense sur ses intentions jusqu’au dernier moment. Une de ses connaissances qui lui rend visite dans sa résidence de Zeralda en janvier 2014 le trouve dubitatif, troublé, indécis : « Il était amer, n’avait pas le moral et n’avait pas encore tranché. »

Le 23 février, sa candidature pour un quatrième mandat est annoncée officiellement par Sellal, celui-là même qui s’était préparé à lui succéder. Pressions de l’entourage familial, réticences de l’armée à confier le sort du pays à un homme qui ne fait pas consensus, influence du milieu des affaires, qui avait beaucoup à perdre en cas de départ du président, et, bien sûr, volonté de durer… Tous les facteurs du quatrième mandat étaient réunis. À un peu plus d’un an de la prochaine présidentielle, ceux d’un cinquième bail le sont tout autant.

Quand le président évoque son successeur

Hiver 2011. Un vent de révolution souffle sur la Tunisie, la Libye et l’Égypte. Et gagne l’Algérie, où des opposants réclament le départ du régime. Dans une résidence sur les hauteurs de la capitale, le président réunit six hauts responsables de l’État. On y évoque des réformes politiques, notamment la promulgation d’une nouvelle Constitution qui accorderait plus de pouvoirs à l’opposition et consacrerait davantage les libertés démocratiques et individuelles. Bouteflika se montre réticent.

Une nouvelle Loi fondamentale ? « Ça sera pour celui qui me succédera, explique-t‑il à ses interlocuteurs. Ça sera l’œuvre d’un jeune. » Il faudra une autre réunion et beaucoup de persuasion de la part de certains responsables pour que le chef de l’État accepte de modifier la Constitution, qu’il avait déjà fait amender en 2008. Cette révision maintes fois promise ne surviendra qu’en janvier 2016.

Source : jeuneafrique.com

 

 

G 5 SAHEL : la Turquie annonce 5 millions de dollars pour appuyer la force conjointe

 

G 5 SAHEL : la Turquie annonce 5 millions de dollars pour appuyer la force conjointeLe président Turc, Recep Tayyip Erdogan a fait savoir que la Turquie va débloquer un montant de 5 millions de dollars, soit environ 4 millions d’euros pour appuyer la force commune du G5 SAHEL (Mauritanie, Tchad, Niger, Mali et Burkina-Faso), qui s’est fixée comme objectif de lutter efficacement contre le terrorisme dans cette zone.

Cette annonce a été faite, mercredi 28 février à Nouakchott, en marge de la visite officielle du chef de l’ État Turc en Mauritanie.

Ainsi, avec ce nouvel apport, la force conjointe se retrouve avec un montant de 418 millions d’euros dont 414 millions de l’EU et 5 millions de la Turquie. S’exprimant lors d’un point de presse, le chef de l’Etat turc a montré son inquiétude face à la montée du terrorisme dans cette région.

L’homme fort d’Ankara a souligné, « la Turquie est l’un des pays qui apprécient à leur juste valeur les risques auxquels sont confrontés les cinq pays du Sahel en raison du terrorisme ».

De son côté, le président mauritanien, Mouhamed Ould Abdel Aziz, a indiqué, « nous sommes confrontés au terrorisme, à l’extrémisme, à la contrebande et au trafic de drogue au Sahel et nous apprécions le soutien de son Excellence Monsieur Recep Tayyip Erdoğan au G5-Sahel dans le combat qu’il mène contre ces dangers ».

Source : Les Mauritanies

 

 

 

Afrique du Sud: Cyril Ramaphosa a dévoilé sa nouvelle équipe gouvernementale

Le nouveau chef de l’Etat sud-africain rappelle aux commandes plusieurs ministres qui avaient été remerciés par Jacob Zuma ces deux dernières années. Pourtant, plusieurs proches de l'ancien chef de l'Etat sont toujours présents : notamment Nkosazana Dlamini-Zuma qui hérite du ministère de la Plannification, ou Malusi Gigaba, qui passe des Finances au ministère de l'Intérieur, malgré ses liens avec la fratrie indienne Gupta.

Lors de son discours sur l’État de la nation il y a dix jours, Cyril Ramaphosa promettait une nouvelle aube en Afrique du Sud. Avec la nomination de son nouveau gouvernement, il a finalement choisi d’assurer une certaine
« continuité », malgré quelques symboles forts.

La décision la plus significative est sans doute de rappeler Nhlanhla Nene (photo) à la tête du ministère des Finances. Un poste que celui-ci avait déjà occupé, avant de se faire brutalement limoger par Jacob Zuma en 2015.

Ce remaniement signe également le retour de Pravin Gordhan aux affaires, au poste de ministre des Entreprises publiques. Très critique vis-à-vis de la corruption, Pravin Gordhan avait été lui aussi limogé de son poste de ministre des Finances par Jacob Zuma, il y a un peu plus d’un an.

Des éléments de la vieille garde

Pourtant, malgré ces changements, la vieille garde reste bel et bien au pouvoir. Avec plusieurs fidèles de Jacob Zuma toujours en place.

Le nouveau vice-président sud-africain David Mabuza est un ancien soutien du clan Zuma, et un personnage controversé. Il est notamment soupçonné d’avoir manipulé certains scrutins locaux, et d’avoir orchestré des assassinats politiques dans sa région du Mpumalanga.

Enfin, malgré ses promesses, Cyril Ramaphosa n’a pas réduit pour l’instant la taille du gouvernement.

Source : RFI

 

Liberia : l’agenda secret de George Weah à Paris

Lors de son passage à Paris, la semaine dernière, le nouveau président du Liberia a répondu à l'invitation de son homologue français pour une rencontre très médiatisée à l'Élysée. George Weah a aussi profité de son passage en France pour retrouver quelques-uns de ses fidèles.

En visite officielle à Paris du 20 au 23 février à l’invitation d’Emmanuel Macron, George Weah a d’abord posé ses valises au Plaza Athénée. L’État français a réglé la facture, avant que le président libérien ne prenne ses quartiers au Peninsula, cette fois aux frais du PSG, son ancien club de football.

Dans cet autre palace, où il a passé l’essentiel de la journée du 22 février, Weah a multiplié les rendez-vous. Il a discrètement reçu Nasser Al-Khelaïfi, le président du PSG, et le professeur Marc Gentilini, délégué général de la Fondation Chirac, qui pourrait apporter son aide au Liberia dans la lutte contre les faux médicaments.

Au Peninsula, le cercle des fidèles

Le successeur d’Ellen Johnson-Sirleaf a fait le déplacement à Paris en compagnie de son épouse, Clar Weah, et des ministres Trokon Kpui (sans portefeuille), Gbehzohngar Findley, aux Affaires étrangères, et Samuel Tweah, aux Finances.

Au Peninsula, il a préféré cette fois s’entourer de ses fidèles, tel le Camerounais Georges Wega, patron de la filiale sénégalaise de Société générale venu épauler son « grand frère ». Tous deux se sont connus lorsque Weah résidait à Yaoundé. D’autres hommes de l’ombre entouraient le président, notamment Rodrigue Fénelon Massala, journaliste congolais proche de Guillaume Soro, et Ousmane Bamba, homme d’affaires installé en Côte d’Ivoire, qui a géré la trésorerie de la campagne de Weah.

Avant de quitter Paris le 23 février à 5 heures du matin à bord d’un avion prêté par le chef de l’État sénégalais, Macky Sall, dont il est proche depuis 2014, Weah a fêté les 18 ans de son fils Timothy (qui a pris la suite de son père au PSG) dans les salons du Plaza. Parmi les invités triés sur le volet, les footballeurs Kylian Mbappé et Edinson Cavani et leur patron, Nasser Al-Khelaïfi. Ce dernier a, là encore, réglé la note.

Source : jeuneafrique.com

 

Egypte: la campagne pour l’élection présidentielle s’ouvre ce samedi

Le scrutin doit se dérouler du 26 mars au 28 mars, pour le premier tour, puis du 24 au 26 avril s’il y a un second tour. Mais le vote semble joué d’avance puisque le président sortant Abdel Fattah al-Sissi, candidat à sa propre succession, n’a qu’un seul adversaire, Moussa Mostafa Moussa, jugé peu crédible.

« Un poids plume ». C’est ainsi que Tewfik Aclimandos, enseignant à l’Université du Caire, résume la stature du candidat Moussa Mostafa Moussa. Le chef du parti libéral Al-Ghad s’est présenté au dernier moment à l’élection présidentielle, alors qu’il a toujours soutenu la candidature du président Sissi. Il jouera donc les figurants. Ces dernières semaines, plusieurs prétendants sérieux ont été écartés ou ont jeté l’éponge.

« Deux hauts gradés, Sami Anan et Ahmed Konsowa, ont été tout bonnement arrêtés », rappelle Ahmed Benchemsi, porte-parole pour le Moyen-Orient de Human Rights Watch, une des 14 organisations de défense des droits de l’Homme qui ont dénoncé le 13 février dernier « une élection ni libre, ni équitable, une farce ». D’autres candidats, comme l’ancien député Mohamed Anouar el Sadate [neveu de l'ancien président] ou l’avocat défenseur des droits de l’Homme Khaled Ali ont renoncé à se présenter, dénonçant des « pressions insoutenables ». Les appels au boycott se sont multipliés.

Le président a laminé toute forme d’opposition

Abdel Fattah al-Sissi, ancien chef de l’armée devenu président en 2013 après avoir chassé l’islamiste Mohamed Morsi du pouvoir, a non seulement réprimé les Frères musulmans mais il a aussi laminé toute forme d’opposition libérale, en ordonnant nombre d’arrestations. Sa réélection s’annonce comme une formalité mais le fait qu’il se soit débarrassé de tout adversaire crédible « témoigne d’une certaine inquiétude », analyse Robert Solé, journaliste-écrivain spécialiste de l’Égypte, auteur de Ils ont fait l’Égypte moderne (Editions Perrin). « Il veut s’assurer d’être élu car il est moins populaire qu’il y a quatre ans, les Égyptiens sont déçus, ils souffrent ».

Sur le plan économique, le président Sissi a lancé des réformes drastiques en 2016 pour redresser le pays en crise, des réformes jugées nécessaires par nombre d’experts. Mais la dévaluation de la monnaie et la réduction des subventions d’État sur les carburants notamment ont entraîné une paupérisation de la population. L’inflation est galopante. « Officiellement, l’inflation est passée de 33% l’an dernier à 25% cette année, selon Tewfik Aclimandos. Au quotidien les prix ont été multipliés par deux ou trois. Ce que vous payiez 10 livres, vous payez 30 et les salaires n’ont pas augmenté ! Les Égyptiens n’arrivent plus à joindre les deux bouts ».

Contexte économique et sécuritaire difficiles

Le contexte économique est difficile, le contexte sécuritaire aussi. L’Égypte est placée sous état d’urgence depuis avril 2017 après des attentats meurtriers contre des églises coptes, revendiquées par l’organisation État islamique. Une attaque contre une mosquée fin novembre a fait plus de 300 morts. Le pays est engagé dans des combats très violents contre des jihadistes dans le Sinaï. Il perd des soldats régulièrement et mène des contre-attaques comme début février où une quarantaine de jihadistes ont été tués et plus de 500 arrêtés, selon les autorités.

Bien que le président Sissi n’ait pas réussi à enrayer ces violences, ce contexte sécuritaire lui sert dans sa mainmise sur le pouvoir, selon Robert Solé : « Le président joue là-dessus en se présentant comme le rempart aux attentats, au terrorisme et c’est comme cela d’ailleurs qu’il est perçu par les États occidentaux ». Cet argumentaire sécuritaire devrait être mis en avant par le président Sissi lors de la campagne électorale pour sa réélection qui s’ouvre donc ce samedi 24 février en Égypte.

Source : RFI

 

Réunion du G5 Sahel: 414 millions d’euros de financement dont 50 millions de l'UE

Force conjointe cherche soutien politique et financier. C’est le nouvel appel lancé ce matin à la conférence des donateurs pour cette force antiterroriste du G5-Sahel. Les présidents des pays membres ; Mali, Niger, Tchad, Mauritanie, Burkina Faso ont fait le déplacement à Bruxelles, une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement européens aussi, pour marquer leur solidarité dans la lutte contre le jihadisme dans la zone sahélienne. La force du G5 avait déjà mobilisé 250 millions d’euros de budget. L’objectif était de dépasser les 300 millions. Mission accomplie.

Objectif atteint, puisque la communauté internationale va soutenir la force conjointe du G5-Sahel à hauteur de 414 millions d’euros. L’Union européenne et ses Etats membres participeront pour près de la moitié à ce financement.

« La paix n’a pas de prix dans le Sahel », avait déclaré la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini à son arrivée à Bruxelles ce vendredi. L’Union européenne a donc débloqué cette enveloppe supplémentaire de 50 millions d’euros pour la force conjointe du G5 Sahel, censée devenir pleinement opérationnelle en milieu d’année et dont la mission est de lutter contre les groupes jihadistes dans la région du Sahel.

« Il s’agit de donner un avenir aux enfants du Sahel, a insisté le président actuel du G5 Sahel, Mahamadou Issoufou. Une jeunesse qui n’a que deux options à l’heure actuelle : mourir en mer ou répondre à l’appel de bandes criminelles, responsables du trafic d’armes ou du trafic de drogue. »

Il faut un financement pérenne, explique Mahamadou Issoufou

Mahamadou Issoufou a insisté sur la nécessité d'un financement pérenne. « La lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée va coûter chaque année quelque 115 millions d’euros et on ne sait pas combien de temps ce combat va durer », a-t-il précisé.

Pour le président nigérien, « la sécurité est un bien public mondial. Nous luttons contre le terrorisme pour les habitants du Sahel, mais aussi pour les habitants du reste du monde nous avons donc besoin de votre soutien ». Deux soldats français de l’opération Barkhane ont encore été tués dans la région mercredi 21 février.

« Un combat qui ne concerne pas que les pays du Sahel. Le terrorisme n’a pas de frontières », a également insisté le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahamat. « Il faut donc une mobilisation aussi importante que pour l’Irak et pour la Syrie. C’est une course contre-la-montre , a-t-il poursuivi. Les terroristes de la région vont intensifier leurs attaques. Il faut donc que les financements débloqués arrivent le plus vite possible sur le terrain ».

Source : RFI

 

Côte d’Ivoire : les élections sénatoriales auront lieu le 24 mars

Les premières élections sénatoriales ivoiriennes se tiendront le 24 mars prochain, a précisé ce mercredi Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement. La campagne électorale se déroulera du 19 au 22 mars.

Comme le laissait présager la récente ordonnance relative à la première élection des sénateurs en Côte d’Ivoire, l’élection des membres de la deuxième chambre parlementaire du pays aura lieu fin mars, précisément le samedi 24. C’est ce qu’a indiqué Bruno Koné, le porte-parole du gouvernement, ce mercredi 21 février à l’issue du Conseil des ministres. « La campagne électorale est prévue du lundi 19 mars à 00 heure au jeudi 22 mars à minuit », a-t-il précisé.

Le gouvernement a donc décidé d’accélérer le processus électoral. L’ordonnance présidentielle prise le 14 février remplace la loi organique que devait voter l’Assemblée nationale et évite l’adoption d’un nouveau code électoral. Elle fixe le nombre de sénateurs, les conditions de leur éligibilité et de leur nomination, ainsi que les modalités du scrutin.

Une décision critiquée par les partis de l’opposition. « C’est au législateur [que revient le pouvoir] d’organiser le Sénat. Comment le chef de l’État peut s’arroger un pouvoir qu’il n’a pas au regard de la Constitution et pour lequel il n’a reçu aucune habilitation de l’Assemblée nationale ? », ont-ils estimé dans une déclaration faite ce mercredi avant l’annonce du gouvernement.

Un scrutin avant le renouvellement des élus locaux

En choisissant d’organiser ce scrutin avant le renouvellement des maires, conseillers régionaux et municipaux (qui pourrait avoir lieu en juillet prochain), le gouvernement a décidé de s’appuyer sur les élus en place pour procéder à cette élection. Il a également préféré organiser le vote avant la fin du mandat des conseillers régionaux et municipaux, en avril.

Enfin, « si on avait organisé les sénatoriales après les municipales, les mêmes conseillers auraient été obligés d’élire deux fois fois les sénateurs », précise une source à la Commission électorale indépendante (CEI).

66 personnalités seront élues lors de ces élections

Selon l’ordonnance présidentielle, les sénateurs seront élus sur une liste bloquée à un tour dans chaque district autonome et région, par un collège électoral composé de députés, de conseillers de district autonome élus, de conseillers régionaux, de conseillers municipaux, à l’exception de ceux figurant sur une liste de conseillers de district autonome élus.

Chaque région sera représentée par deux sénateurs. Ainsi, 66 personnalités seront élues lors de ces élections. Le troisième tiers des membres du futur Sénat seront désignés par le chef de l’État, Alassane Ouattara. Leur mandat prendra fin en 2020.

Candidature sous conditions

Selon le texte, « tout Ivoirien, âgé de 35 ans révolus à la date de l’élection, qui a la qualité d’électeur peut se présenter dans toute circonscription électorale de son choix, à l’exception des personnes ayant acquis la nationalité ivoirienne depuis moins de 10 ans, des présidents de conseil et conseillers régionaux, des maires, adjoints au maire et conseillers municipaux, démis d’office pour malversation, même s’ils n’ont pas encouru de peine privative de droits civiques sans préjudice des dispositions de la législation relative à l’organisation des collectivités territoriales ».

L’ancien Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio est pressenti pour être élu à sa tête

Les députés, les membres du Conseil constitutionnel et des juridictions suprêmes, du Conseil économique, social, culturel et environnemental, de cabinet ministériel, ou de la CEI sont également inéligibles.

Le nouveau Sénat sera installé à Yamoussoukro. L’ancien Premier ministre Jeannot Ahoussou Kouadio est forcément pressenti pour être élu à sa tête.

Source : jeuneafrique.com

 

RDC : la très controversée « machine à voter » enfin présentée

Les autorités congolaises ont présenté leur « machine à voter », mercredi. Une nouveauté qui, avant même sa présentation, a provoqué de nombreuses polémiques. Les États-Unis ont notamment laissé entendre que le système pourrait fausser les résultats des élections prévues le 23 décembre 2018.

« Ce n’est pas une machine à tricher » mais « une machine à simplifier » et à « réduire le coût » des élections, a proclamé d’entrée le rapporteur de la commission électorale (Céni), Jean-Pierre Kalamba, lors d’une présentation à la presse mercredi. « Sans machine à voter, il n’y aura pas d’élections le 23 décembre 2018 », avait prévenu il y a quelques jours le président de la Céni, Corneille Nangaa.

Une nouveauté qui crée la polémique

Une insistance que  l’ambassadrice américaine aux Nations unies, Nikky Haley a dénoncé  lors sa visite à Kinshasa fin octobre. Un tel recours représente « un risque colossal » et les États-Unis souhaitent le recours à « des bulletins papier pour qu’il n’y ait pas de doutes sur le résultat », a-t-elle ajouté le 12 février.

« Nikky a dit que c’était un vote électronique », mais le dépouillement reste « manuel », explique en substance Jean-Pierre Kalamba devant plusieurs dizaines de journalistes.

Bien avant la prise de position de l’ambassadrice américaine, l’opposition congolaise avait rejeté l’utilisation de la « machine à voter ». Le puissant épiscopat a « invité » lundi la commission électorale « à lever l’équivoque et les suspicions autour de la machine en acceptant sa certification par des experts nationaux et internationaux ».

Fonctionnement de la « machine à voter »

A vue d’œil, la machine de toutes les polémiques se présente sous la forme d’un simple écran tactile fabriqué en Corée du Sud. La machine ne fonctionnera qu’en français, langue officielle, et non dans les quatre langues nationales.

A l’ouverture du bureau de vote, son président devra glisser une carte verte dans la fente de la machine à voter. « Cette étape permet d’enregistrer l’heure d’ouverture du bureau et l’identité du président et ses assesseurs », poursuit Jean-Pierre Kalamba.

Ensuite, l’électeur glisse un seul bulletin dans la machine pour les trois élections. Pour chacune, la photo des candidats apparaît sur l’écran tactile. « Pour choisir votre candidat touchez sur sa photo et la machine zoome sur le candidat choisi », explique la commission électorale. Il est possible d’annuler son choix, en cas d’erreur.

« Il faut respecter la loi. On parle d’isoloirs. Si vous en voulez, on mettra des isoloirs »

A la fin de l’opération, la machine imprime les trois noms choisis au dos du bulletin de vote que l’électeur va plier et glisser dans l’urne. A la clôture du bureau de vote, la machine affiche les résultats (nombre d’inscrits, de votants, taux de participation, nombre de voix par candidats).

Le président clôt les opérations en fermant le bureau à l’aide d’une carte de couleur rouge : « A partir de ce moment là, vous ne pouvez plus voter. Donc bourrage zéro ! », s’enthousiasme le rapporteur de la commission électorale.

Le président et ses assesseurs peuvent passer au dépouillement manuel des bulletins glissés dans l’urne pour une « contre-vérification ». Les dizaines de journalistes congolais présents dans la salle sont plus circonspects. La « machine à voter » sera-t-elle protégée par un isoloir ? « Il faut respecter la loi. On parle d’isoloirs. Si vous en voulez, on mettra des isoloirs », répond le rapporteur, un peu vaguement.

Difficultés de mise en place

Au moins 60 000 machines doivent être déployées dans les bureaux de vote aux quatre coins du pays d’ici décembre 2018. La RDC affirme qu’elle finance seule ce processus électoral titanesque, sans l’aide de ses partenaires étrangers.

Beaucoup reste encore à faire pour tenir les élections dans les temps, a rappelé la Céni: révision du fichier en chassant les doublons après le recensement, inscription des Congolais de l’étranger, « recrutement de 600 à 650 000 agents électoraux ».

Dans cet immense pays de 2,3 millions km2 où la commission électorale affirme avoir recensé plus de 45 millions d’électeurs, trois élections -présidentielle, législatives et provinciales- doivent se tenir le 23 décembre dans ce pays qui n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son accession à l’indépendance en 1960.

La « machine à voter » reste au coeur de la polémique en RDC, où la réélection du président Kabila en 2011 a été entachée de fraudes massives. La communauté internationale maintient la pression sur Kinshasa pour tenir ce scrutin à la date prévue et organiser le départ du président Joseph Kabila. Son deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016.

Source : jeuneafrique.com

 

Élection présidentielle au Mali : l’Union européenne pose ses conditions

L'Union européenne a posé une série de conditions aux autorités maliennes pour l'envoi d'une mission d'observation lors du scrutin présidentiel de juillet 2018. Au premier rang de celles-ci : en finir avec « l'opacité » du recensement général des votes à la Cour constitutionnelle.

Lors de sa rencontre, le 22 janvier, avec Sékou Gaoussou Cissé, ambassadeur du Mali en Belgique, Birgitte Markussen, directrice générale adjointe pour l’Afrique au Service européen pour l’action extérieure, a exposé les conditions que posait l’UE pour envoyer une mission d’observation à l’occasion de la présidentielle, dont le premier tour est prévu le dimanche 29 juillet 2018.

 

Dans ce rapport, que Jeune Afrique a pu consulter, l’Union européenne fait dix-huit recommandations. « Le plan de ramassage des enveloppes destinées à la Cour constitutionnelle devrait être public, supervisé et garanti par l’administration, afin d’éviter la non-prise en compte des voix valablement exprimées dans les résultats définitifs proclamés », stipule notamment ce rapport.

Manque de transparence à la Cour constitutionnelle

« Le recensement général des votes par la Cour constitutionnelle constitue une étape opaque du processus électoral. Il devrait bénéficier d’une clarification de ses procédures [et apporter] toutes les précisions nécessaires pour le rendre transparent. »

Des observations ciblant le rôle de la Cour constitutionnelle qui correspondent aux conclusions des experts de la Mission d’observation électorale de l’UE au Mali de 2013. Une Cour constitutionnelle qui « joue un rôle crucial dans l’élection présidentielle », soulignait notamment le rapport final de l’UE, publié en octobre 2013.

« Elle statue sur la régularité du processus électoral, sur l’enregistrement des candidatures, et proclame les résultats définitifs lors de son recensement général des votes », listait alors les experts, avant de regretter qu’« aucune précision procédurale n’est mentionnée dans les textes concernant cette dernière étape qui reste opaque. »

Lors du dernier scrutin présidentiel, la Cour constitutionnelle avait, selon l’UE « procédé à diverses rectifications d’erreurs matérielles et aux redressements qu’elle a jugés nécessaires », mais les auteurs du rapport jugeaient alors « utile » de rendre public l’ampleur de ces rectifications et la méthodologie adoptée. La raison ? « Cela garantirait une meilleure transparence du processus électoral. »

Source : jeuneafrique.com

 

Le Tchad et le Qatar sur le point de renouer leurs relations diplomatiques

Après de fortes tensions au cours des derniers mois, le Tchad et le Qatar sont sur le point de renouer leurs relations diplomatiques rompues en août dernier. Les ministres des Affaires étrangères des deux pays se sont rencontrés à Doha, ce mardi 20 février. Une déclaration commune est attendue sous peu.

Mahamat Zene Cherif, le ministre tchadien des Affaires étrangères, est à Doha, la capitale du Qatar, où il a déjeuné ce mardi avec son homologue qatari Sheikh Mohamed Bin Abdul Rahman Al-Thani. Au menu des discussions : la reprise des relations entre les deux pays.

Une déclaration commune officielle est attendue sous peu. « Ils vont normalement annoncer la reprise des relations diplomatiques », a révélé à Jeune Afrique une source proche du dossier. Cette normalisation des relations entre les deux pays pourrait aboutir, à terme, à un véritable dégel.

Crise ouverte en août 2017

Après la crise ouverte en juin 2017 entre le Qatar et les alliés de l’Arabie saoudite, le second taxant le premier d’être un « État terroriste », plusieurs pays africains s’étaient alignés sur la position saoudienne. Certains ont très rapidement suivi, à l’image de la Mauritanie et du Sénégal, qui a rappelé son ambassadeur à Doha dès le 7 juin – pour l’y renvoyer finalement le 21 août.

 

D’autres ont temporisé, avant de finalement emboîter le pas. Ce fut le cas du Tchad, qui a annoncé la fermeture de l’ambassade du Qatar à N’Djamena le 23 août.

Le ministre tchadien des Affaires étrangères de l’époque, Hissein Brahim Taha, avait alors dénoncé l’« implication continue de l’État du Qatar dans les tentatives de déstabilisation du Tchad depuis la Libye », accusant Doha de soutenir la rébellion menée par l’opposant Timan Erdimi – installé à Doha depuis fin 2009 – de l’Union des Forces Républicaines (UFR).

Lors de sa visite en Afrique subsaharienne, fin décembre 2017, l’émir du Qatar Sheikh Tamim Bin Hamad Al Thani avait d’ailleurs pris soin d’éviter le Tchad.

Source : jeuneafrique.com

 

Sahel: populations en détresse et terre fertile pour Daech

Sahel: populations en détresse et terre fertile pour Daech «La montée en puissance» du G5 Sahel, brigade antiterroriste commune à 5 pays -Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad- coachée par la France, ne semble pas susciter un énorme espoir chez Ahmedou Ould Abdallah, ancien Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies (ONU) en Afrique de l’Ouest.

Cet ancien ministre mauritanien des Affaires étrangères, puis haut fonctionnaire international à la retraite, dirige actuellement le Centre de stratégie pour la sécurité au Sahel et au Sahara (C4S) basé à Nouakchott.

Fin connaisseur des réalités de la diplomatie sécuritaire de la région, il présente un tableau sombre de la situation au Sahel, zone avec des populations en profonde détresse économique et sociale «prêtes à s’allier avec le diable» et dans laquelle «Daech recrute en terre fertile». Une conviction exprimée à travers un entretien exclusif avec le site «GEOPOLIS».

Mettant le doigt là où ça peut faire mal, le promoteur du C4S dénonce «la politique démagogique de certains pouvoirs qui entretiennent des ententes occultes avec des mouvements djihadistes».

L’ancien chef de la diplomatie mauritanienne stigmatise l’attitude de quelques pays du Sahel «qui veulent le beurre et l’argent du beurre. Des gouvernements diffusant une campagne insidieuse contre les forces étrangères qui leur viennent en aide. Une véritable aberration» qu’il aurait constatée au cours de sa riche carrière au service de la paix et de la sécurité régionale.

Ahmedou Ould Abdallah va plus loin et explique ce double jeu. «Il y a plusieurs raisons à cela. La nécessité de survie de certains régimes qui sous-tend une politique démagogique. On veut une présence extérieure pour renforcer le pouvoir en place et lui donner du prestige, et en même temps on mène une campagne insidieuse qui encourage et renforce l’adversaire à travers cette présence extérieure.

Il y a aussi, je le pense sincèrement, des ententes occultes entre mouvements djihadistes et certains gouvernements, ou groupes de pression autour de ces gouvernements».


Il évoque par la suite la réalité d’un Sahel théâtre de tous les trafics et du crime transfrontalier organisé «ce qui contribue à maintenir l’insécurité et l’instabilité. Cette situation profite à certains régimes coupés des réalités des populations, abandonnées à elles-mêmes».

Le contexte ainsi décrit offre un alibi sécuritaire permettant aux gouvernants «de se servir sans le moindre contrôle dans les fonds publics. On détourne sous prétexte de lutte contre le terrorisme. On recycle les fonds de défense, les fonds destinés au renseignement, et les aides consenties par les partenaires extérieurs, que ce soit les pays du Golfe, les Etats-Unis, l’Union Européenne (UE) ou la France».

Les pays du G5 Sahel, organisation créée en 2014 en vue de coordonner les efforts de développement, les actions de lutte contre le terrorisme et l’insécurité, couvrent une superficie totale de plus 5 millions de kilomètres carrés, avec une population estimée à 60 millions d’habitants.

Ces Etats, situés dans une zone aride et désertique, sont confrontés à l’extrême pauvreté, au phénomène du changement climatique et à l’équation démographique matérialisée par une natalité très forte dans un contexte de profonde misère, à l’image du Niger.

Il y a également la question du chômage et une absence totale de perspectives, ce qui pousse les jeunes du Sahel à prendre la voie de l’immigration clandestine, ou intégrer les rangs des mouvements djihadistes qui les convertissent au terrorisme grâce à un discours démagogique et populiste.

De nouveaux venus arrivent massivement sur le marché du travail chaque année sans diplômes. «Ils sont éliminés du système scolaire, non pas parce qu’ils sont de mauvais élèves, mais parce qu’ils ne sont pas de la famille, de la tribu qu’il faut. Tout comme ces diplômés à qui on ne donne pas de travail parce qu’ils ne sont pas de l’ethnie et de la religion qu’il faut».

Ces pratiques désolantes renforcent la césure identitaire et plombent les chances de naissances de véritables nations dans ces Etats créés originellement pour répondre aux besoins de la colonisation.

Sur la base de ce constat, il convient alors de se prémunir contre les dangers liés au mode de gouvernance dans les pays du Sahel, pour se donner les moyens de combattre les autres dangers «hypothétiques et réels» tels que le terrorisme.

Dans cet entretien, Ahmedou Ould Abdallahi pose aussi l’équation de sécurité collective que les pays du Sahel continuent à sous-traiter auprès de la France et de l’Europe (Serval, Barkhane, GAR-SI…)

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya

Source : Le360 (Maroc)

 

 

29ème anniversaire de l'Union du Maghreb Arabe: Son secrétaire général Taïeb Baccouche promet l'organisation d'un 7ème sommet

29ème anniversaire de l'Union du Maghreb Arabe: Son secrétaire général Taïeb Baccouche promet l'organisation d'un 7ème sommetAlors que l'Union du Maghreb Arabe (UMA) fête son 29eme anniversaire lundi, son secrétaire-général Taïeb Bacchouche est revenu sur la radio Shems FM sur les défis qui attendent l'organisation.

Si depuis plusieurs années, certaines voix affirment que l'Union du Maghreb Arabe est un projet mort-né, Taïeb Baccouche indique que malgré ses 29 ans d'existence, "nous avons toujours l'impression que l'UMA est mort, mais cela n'est pas vrai".

"Certains disent que je suis en sinécure ou à la retraite à la tête de l'UMA. J'ai autant de travail que lorsque j'étais à la tête du ministère des Affaires étrangères" affirme-t-il.

Une volonté de changer les choses

Depuis plus d'un an et demi à la tête de l'Institution, l'ancien ministre tunisien des Affaires étrangères a mis 6 mois à faire un diagnostic de la situation: "Il y a des points forts et des points faibles, mais je dois avouer que l'UMA a de nombreux points faibles d'où la nécessité de préparer une nouvelle stratégie" concède-t-il.

Parmi les points faibles de l'UMA relevés par Taïeb Baccouche sont nombreux: "Les règlements qui régissent l'Union du Maghreb Arabe font que la décision est entre les mains d'un seul pouvoir: Le conseil de la Présidence. Celui-ci ne s'est pas réuni depuis 24 ans" déplore-t-il.

Le conseil de la Présidence, composé des chefs d'État des pays membres est l'organe suprême de l'Union et il est le seul habilité à prendre des décisions à l'unanimité. Depuis la création de l'UMA, il n'a tenu que 6 réunions dont la dernière a eu lieu, les 2-3 avril 1994 à Tunis.

Cependant malgré cet handicap, le secrétariat général arrive à faire son travail: "Son rôle est de préparer des études et de présenter des propositions aux organes de décision. Or le problème, c'est que la majorité des accords ne sont pas appliqués et les propositions présentées n'ont pas été adoptées".

Pour Taïeb Baccouche, cette situation de fait lui donne un premier objectif: "Organiser le 7eme sommet de l'UMA" ce qui serait une première depuis 24 ans.

Lors de ce sommet, des "changements doivent avoir lieu" préconise-t-il notamment en terme de gouvernance: "Il n'est pas normal qu'une minorité empêche la majorité de faire avancer les choses. Il n'est pas normal qu'un pays puisse arrêter tout un processus. Les textes doivent changer" a-t-il expliqué.

Ces changements doivent être selon Baccouche proposés lors de l'organisation d'un prochain sommet organisé par la Libye qui est actuellement à la tête de la présidence de l'UMA: "C'était le sujet principal de ma rencontre avec Fayez Al Sarraj" président du conseil présidentiel et du gouvernement d’entente nationale libyen, rencontré dimanche à Tripoli.

"Fayez Al Sarraj, tout comme les autres présidents que j'ai rencontré, sont d'accord là-dessus. Al Sarraj a affirmé être convaincu de la nécessité de relancer l'UMA. Il convoquera les autres présidents et les amènera à prendre leurs responsabilités".

Ce sommet permettra ainsi à mettre fin à "un non-UMA", une "absence de coopération économique" qui coûte aujourd'hui "un lourd tribut que j'estime à quelques centaines de milliers d'emplois pour les jeunes" a-t-il annoncé.

La relance de l'UMA entrainera une relance "au niveau économique, social, sécuritaire, culturel sans compter les perspectives d'emploi que propose le Maghreb" ajoute Taïeb Baccouche.

L'Affaire du Sahara occidental, cause de l'immobilisme de l'UMA

Interrogé sur l'affaire du Sahara occidental, le secrétaire général de l'UMA affirme qu'elle est "à l'origine de ce que vit l'UMA aujourd'hui".

"La question du Sahara occidental précède la création de l'Union du Maghreb Arabe. Si c'était réellement un obstacle, l'UMA n'aurait même pas vu le jour. Il y a eu des péripéties qui ont contribué à tendre la situation"
explique Taïeb Baccouche mettant en cause le rôle joué par les médias: "Les médias ont contribué à faire monter les tensions".

"Au lieu de s'appuyer sur ce que nos peuples partagent en commun, ils s'appuient sur le négatif. Il n'y a jamais eu de soutien médiatique à cette initiative" se désole-t-il.

Fondée le 17 février 1989 à travers le traité de Marrakech, l'Union du Maghreb Arabe est composée de la Tunisie, du Maroc, de l'Algérie, de la Libye et de la Mauritanie.

Source : Al Huffington Post Maghreb (Tunisie)