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Politique en Afrique

Au Mali, 3 000 djihadistes se jouent de 30 000 soldats

Au Mali, 3 000 djihadistes se jouent de 30 000 soldatsSelon le compte rendu de mission de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat français datant du 18 avril 2018, le succès relatif de l’opération Barkhane au Mali est en décalage total avec l’impasse politique dans laquelle semble embourbé l’accord de paix au Mali, à quelques mois des élections présidentielles qui doivent se tenir en juillet-août prochains.

Le message qui ressort de la lecture de ce rapport est assez pessimiste, malgré les succès militaires sur le terrain où 4 500 soldats français sont déployés au Sahel, pour un coût de 600 millions d’euros par an.

Et si 21 soldats français ont laissé leur vie sur le sol malien depuis 2013, ce rapport fait aussi mention des succès tactiques de Barkhane qui a tué plusieurs dizaines de grands chefs terroristes.

La mission de Barkhane est impressionnante

Selon le compte-rendu, les missions de Barkhane sont gigantesques. Les forces françaises doivent à la fois lutter contre le terrorisme dans un territoire grand comme l’Europe, faire émerger la force conjointe G5 Sahel, soutenir les forces armées maliennes et la MINUSMA (l’opération de maintien de la paix des Nations unies) composée de 13 000 hommes pour un coût de 1 Md$/an. La France y contribue pour 6% environ.

L’EUTM-Mali, l’opération européenne de formation des forces armées maliennes, compte pour sa part 600 membres venant de 27 nations. Elle coûte 33 millions d’euros sur 2 ans.

Quant à la force africaine conjointe G5 Sahel, elle mène des opérations sur 50 km de part et d’autre des frontières avec les armées nationales. Barkhane joue également dans ce dispositif complexe, un rôle central d’organisateur et de fédérateur.

Les moyens de Barkhane déployés sur 14 sites, sont impressionnants : 4 500 hommes, 21 hélicoptères, 370 blindés, 330 véhicules légers, 8 avions de chasse, 8 avions de transport, 5 drones.

Barkhane a su s’adapter suivant 5 axes pour accroître son effet : plus d’agilité, plus de liberté de manœuvre, du renseignement utilisé en boucle plus courte, occuper plus longtemps le terrain, promouvoir le développement dans une approche globale, en apportant des services à la population : puits, ponts, kits pour les écoles…

L’insécurité se propage

Le potentiel militaire des groupes terroristes est désormais réduit, grâce à un effort très soutenu du renseignement. Ils n’ont plus de sanctuaire. Mais l’insécurité s’est propagée dans le centre au Mali. Au nord du pays, des attaques ont lieu sur les postes éloignés de la MINUSMA, qui paye un tribut lourd en blessés et tués.

Si l’emprise de Barkhane s’étend sur plusieurs pays, l’épicentre des opérations est au Mali. Les forces spéciales, basées à Ouagadougou, agissent essentiellement dans le Nord du Mali, par des opérations « coup de poing » sur du renseignement, parfois avec l’appui de Barkhane, qui se concentre sur la boucle du Niger élargie de Ménaka à Gao, notamment le long des routes nationales 17 et 20.

Les opérations « Koufra », Koufra 1, Koufra 2, Koufra 3, s’enchaînent et inscrivent la présence de Barkhane sur le terrain dans la durée. Une opération Koufra mobilise pendant 4 semaines sur le terrain, 160 véhicules en colonne sur 10 km, 700 hommes, des hélicoptères, une couverture aérienne…

La formation des armées maliennes prend du temps

Les forces armées maliennes sont systématiquement associées à ces opérations. Le but est de leur permettre de s’autonomiser, de monter en puissance, pour mener à bien, progressivement, leurs propres opérations.

La participation européenne s’est améliorée au fil du temps. Les Allemands ont envoyé un contingent de plus de 800 soldats dans la MINUSMA, à Gao, où sont aussi présents les Pays-Bas. Un détachement de l’armée de l’air allemande opère aussi à Niamey avec deux avions Transall et une unité médicale.

23 Etats-membres participent à la mission de formation des forces armées maliennes. L’Italie a implanté une base au Niger. L’Union européenne soutient financièrement la force G5 Sahel. Trois hélicoptères lourds Chinook britanniques sont attendus prochainement à Gao. Le Canada va fournir prochainement un effort important pour la MINUSMA.

L’opération EUTM Mali dispense formation et conseil afin de contribuer à la restauration des Forces Armées Maliennes (FAMA). La mission est dans son 3e mandat, élargissant sa zone de travail jusqu’à Gao et Tombouctou avec un nouveau mode d’action décentralisé au niveau des régions militaires. Un 4e mandat sera défini en mai 2018.

Le pôle « Formation » de Koulikoro a entraîné 8 bataillons maliens, soit 12 000 hommes, afin de permettre leur engagement opérationnel. Différents cours sont assurés sur l’autorité et l’exemplarité, le respect du droit humanitaire, et surtout la formation de formateurs, pour aider à l’autonomisation des militaires maliens.

Mais la mission européenne souffre de plusieurs handicaps. L’insuffisance en nombre de francophones impose le recours à des traducteurs, ce qui ne facilite pas la meilleure compréhension entre tous les acteurs.

L’EUTM n’a pas de partenariat avec les écoles de sous-officiers, qui sont le maillon faible de l’armée malienne et un élément tout à fait central de la reconstruction de l’armée. Elle a formé 70 % des effectifs de l’armée de terre malienne. Mais les Maliens n’assurent aucun suivi des éléments formés.

Les stagiaires sont éparpillés au lieu de les projeter en unités constituées, alors que les stages de 5 semaines de formation ont créé le minimum de cohésion qui fait si cruellement défaut aux unités. Selon le rapport, l’EUTM a besoin de soutien dans la reconstruction de l’armée malienne, même si on a parfois «l’impression d’arroser le sable».

La Minusma à la peine malgré ses énormes moyens

Les contingents de la MINUSMA comprennent des éléments venus du Niger, du Burkina Faso, du Sénégal et du Bangladesh, les éléments logistiques étant assurés essentiellement par le Togo, la Chine et le Nigéria.

La MINUSMA manque de ressources. Son plafond de 13 000 hommes n’est pas atteint. Chaque contingent apporte son matériel. Ainsi, il manque 200 véhicules, des drones, des hélicoptères…

La MINUSMA est insuffisamment protégée, en particulier contre les engins explosifs. Assurer sa propre protection, consomme beaucoup de ses ressources. Elle déplore plus de 150 morts depuis son lancement.

La MINUSMA a aussi des défauts. Elle ne protège pas assez les populations civiles et reste confinée dans ses bases. Ses contingents sont inégaux. Les contingents africains, qui sortent le plus, sont insuffisamment préparés, formés et équipés. Ses contingents européens, les mieux équipés, ont parfois des restrictions nationales d’emploi qui les limitent.

La Mauritanie réticente

La force conjointe G5 Sahel, créée en février 2014, est une force transfrontalière. Elle rassemble le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso. Elle prévoit d’abord une force frontalière et à terme, un bataillon par État. Le principe est de pouvoir entrer sur 50 km à l’intérieur du pays voisin, le long de trois fuseaux : fuseau centre, fuseau est, fuseau ouest.

C’est le fuseau centre qui est le plus actif. Il s’agit d’une zone de deux fois 50 km le long des 1 800 km de frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, soit 180 000 km2. 650 soldats nigériens constitueront la force conjointe qui devrait atteindre prochainement sa pleine capacité. Deux opérations ont déjà été conduites : HAW BI en octobre, PAGNALI en janvier, toutes deux avec le soutien de Barkhane.

Selon le rapport de la commission, le G5 s’appuie aujourd’hui sur des armées nationales parmi les plus faibles au monde. On ne saurait en attendre des miracles dans l’immédiat. La force conjointe est survalorisée sur le plan politique. Elle mettra des années pour atteindre une véritable efficacité opérationnelle.

Si le Niger et le Tchad sont partants, la Mauritanie constitue, selon le rapport, un frein réel. Elle participe au G5 Sahel, mais il s’agit du pays le plus réticent pour la montée en puissance de cette force. Tout au long de sa mission, la commission dit avoir ressenti cette fragilité et ce manque d’investissement politique de la Mauritanie dans sa contribution au G5 Sahel.

Des attaques dans la région centre du Mali, qui semblent venir du territoire mauritanien, y trouvent souvent refuge. La Mauritanie traîne les pieds à mobiliser ses troupes pour des raisons budgétaires, semble-t-il. Elle reste réticente à l’intégration du Sénégal dans le G5 dont les troupes sont présentes au Mali.

L’Algérie ne souhaite pas que les troupes françaises s’éternisent

Quant à l’Algérie, il suffit de regarder sur une carte pour comprendre que rien ne se règlera au Sahel sans elle. Il est impossible de concevoir la paix et la stabilité de cette immense région sans l’Algérie dont l’armée compte 3 000 000 d’hommes. Dans les années 90, elle a fait face à la terreur islamiste et a payé un lourd tribut avec 100 000 morts. Sa frontière avec le Mali est longue de 1 200 km.

L’Algérie a joué un rôle positif au cours de l’opération Serval. Elle a autorisé le survol de son territoire par des avions de guerre français. Elle a livré de l’essence à l’armée française. Elle a aussi parrainé les accords d’Alger en 2015. Mais aujourd’hui, elle est en arrière-plan.

Les chefs terroristes neutralisés le 14 février dernier étaient à 900 m de la frontière algérienne. Mais au fond, l’Algérie ne souhaite pas que les troupes françaises s’éternisent dans la bande sahélo-saharienne. Elle joue un rôle ambigu pour la mise en œuvre de l’accord de paix dont elle est pourtant garante.

Au-delà de sa collaboration de façade sur le dossier malien, certains se demandent quel est son engagement réel pour le retour de la stabilité politique et la lutte contre le terrorisme.

Les mouvements armé du nord ne jouent pas le jeu

De leur côté, selon toujours le rapport de la commission française, les mouvements armés signataires ne donnent pas non plus l’impression de vouloir jouer pleinement le jeu de l’accord de paix.

Leurs représentants à Bamako donnent le change à la communauté internationale, tandis que dans le nord du Mali, les « affaires » continuent comme avant. On y connaît leur implication dans les trafics, de drogue en particulier.

Le rapport de la commission conclut sur une analyse plutôt pessimiste.

Le journal français « Le Canard enchaîné » affirme, dans son édition du 14 mars 2018 que selon l’Etat-Major de l’armée française, la guerre au Mali serait perdue d’avance. La hiérarchie n’aurait plus le moral. Les chefs militaires seraient de plus en plus pessimistes, désabusés voire irritables dès qu’il est question du Sahel ou de la chasse aux terroristes.

Selon le même journal, les chiffres rendus publics par le ministère des armées, l’armée française n’a réussi à éliminer que 450 djihadistes et à en capturer 150, d’août 2014 à février 2018. Quant à la durée d’une telle mission, l’Etat-Major se serait montré peu rassurant.

En ce qui concerne la reconstruction des armées africaines, son estimation est d’au moins 10 à 15 ans pour celle du Mali. C’est dire que les militaires français devront rester encore fort longtemps au Sahel, du fait du manque de formation, de moyens et de combativité de cette « fausse armée » appelée G5.

3000 djihadistes tiennent tête à une armée de plus de 30 000 hommes et leurs équipements

Cependant comment expliquer, selon le journal, que 3000 djihadistes selon l’estimation du renseignement militaire français, puissent tenir tête aux 4500 hommes de la force Barkhane équipée de blindés et protégée par des avions, des hélicoptères et des drones espions et bientôt tueurs. Il faut rappeler que les français ne sont pas seuls.

En plus des 11700 casques bleus et 1740 policiers de la MINUSMA, des 13000 hommes de l’armée malienne, un contingent de 800 militaires américains est basé au Niger voisin. Avec des drones espions, il fournit aux français, une somme importante de renseignements sur les déplacements des terroristes.

Les rapports militaires font état des « difficultés opérationnelles » face à une guérilla composite. Selon un rapport de l’ONU daté du 2 mars, c’est la situation sécuritaire et humanitaire déplorable des Etats membres du G5 qui favorise la montée en puissance des groupes djihadistes. C’est dans ce guêpier que l’armée canadienne annoncée, risque de s’enliser, pour protéger les installations des industries minières.

Malgré les promesses faites, les contributions financières et matérielles au G5 tardent à se concrétiser. Dernièrement, le conseil de sécurité de l’ONU a refusé, sous injonction des USA, de le financer.

En outre, il a refusé un renforcement du mandat de la MINUSMA afin de le rendre plus robuste et plus offensif. Dans ces conditions, que faut-il attendre du G5 ?

Source : Mondafrique

 

Présidentielle au Mali : IBK va devoir convaincre sur son bilan

Après l’annonce de sa candidature à sa propre succession, lundi 28 mai, Ibrahim Boubacar Keïta doit désormais constituer une équipe de campagne qui aura une priorité : défendre le bilan du président sortant.

Dans les rues de Bamako, la nouvelle a alimenté les discussions toute la nuit. Dans un quartier populaire, au bord de la route, un groupe de jeunes discute autour d’un thé. « La candidature d’IBK n’est pas une surprise, car un mandat n’a jamais suffi à nos présidents africains », dit Moussa Koné, 34 ans, médecin à Bamako. « Je ne pense pas que son bilan soit si positif que ça. Il nous a promis de reprendre le nord, de nous donner des emplois et à lutter contre la corruption… », liste-t-il.

« Sur son bilan, les gens jugent IBK avec passion ! », l’interrompt son ami Ibrahima Sissoko. « En réalité, c’est difficile de le jauger », estime ce jeune employé du secteur privé.

« Consolider les acquis »

Lundi 28 mai au soir, c’est par un discours diffusé lors du grand journal de la télévision nationale qu’Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé sa candidature aux élections présidentielles du 29 juillet prochain, répondant ainsi à l’appel lancé début mai par une coalition de près de 70 organisations.

« Je ressens simplement et seulement le profond désir de poursuivre mon devoir qui est de servir au mieux le Mali en ces heures où les incertitudes ne sont pas encore totalement levées », a-t-il assuré.

Dans ce discours de 15 minutes, IBK est revenu sur son bilan et a affirmé se « réjouir des acquis de ces cinq dernières années », citant notamment la montée en puissance de l’armée malienne et l’application de l’accord de paix signé en 2015 entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord. « Ce qui est à retenir, c’est que nous avons réussi à avancer », a insisté IBK.

Le président du Rassemblement pour le Mali, (RPM) a appelé les Maliens à lui renouveler leur confiance pour « consolider les acquis », mais aussi « à relever entièrement et définitivement le triple défi de la restauration de la paix, de la reconquête de l’unité et de la réussite de la réconciliation nationale ».

Qui pour diriger la campagne ?

Reste désormais à mettre la campagne en branle. La majorité présidentielle a prévu de se trouver un siège de campagne, dans les prochains jours, qui « pourra être situé dans le quartier ACI 2000 de Bamako », selon une source bien informée. IBK nommera également sous peu un directeur de campagne.

Une liste de noms lui a déjà été transmise, dans laquelle figure notamment Mahamadou Camara, son ancien ministre de la Communication, et Mahamane Baby, ancien ministre de l’Emploi, tous deux membres du RPM.

Cependant, « pour créer l’équilibre, IBK peut ne pas choisir quelqu’un de son parti », nous confie la même source. « Le RPM n’est pas le seul à soutenir sa candidature, il s’agit plutôt d’une plateforme d’associations et de partis politiques. »

Plus d’une dizaine de candidats

Face au président sortant, plus d’une dizaine de candidats se sont déjà déclarés. Parmi eux figurent notamment Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition et principal challenger de IBK, et Moussa Mara, l’ex-Premier ministre de Ibrahim Boubacar Keïta.

Ce dernier se trouve également face à trois autres de ses anciens ministres : Mohamed Ali Bathily (ancien ministre de la Justice), Housseini Amion Guindo (ancien ministre des Sports) et Dramane Dembélé (ancien ministre de l’Habitat).

Sont également en lice : Kalifa Sanogo, maire de Sikasso, dans le sud du pays ; Aliou Boubacar Diallo, homme d’affaires considéré comme l’une des personnalités les plus riches du Mali et deux hauts fonctionnaires internationaux, Modibo Koné et Hamadoun Touré.

Source : jeuneafrique.com

 

Madagascar : la Cour constitutionnelle ordonne la nomination d’un gouvernement d’union nationale

Saisie par l'opposition d'une demande de destitution du président Hery Rajaonarimampianina, la plus haute juridiction du pays a ordonné vendredi 25 mai la nomination d'un gouvernement d'union nationale pour tenter de sortir de la crise qui secoue le pays.

Dans son arrêt, la Cour constitutionnelle a décidé que « le président de la République met fin aux fonctions du gouvernement et procède à la nomination d’un Premier ministre de consensus, dans un délai de sept jours ». La composition de son gouvernement devra refléter proportionnellement les résultats des dernières élections législatives, a-t-elle ajouté.

Le nouveau gouvernement aura notamment pour tâche d’organiser « une élection anticipée durant la saison sèche au cours de cette année 2018 », soit entre mai et septembre. Les élections présidentielle et législatives étaient à l’origine prévues à la toute fin de l’année.

Convocation de la Haute Cour de justice

L’opposition, qui mobilise quotidiennement depuis fin avril ses partisans dans les rues d’Antananarivo, avait déposé devant la Cour constitutionnelle une demande de destitution du président Rajaonarimampianina, élu fin 2013.

La Cour ne s’est pas directement prononcée sur ce point mais a ordonné la convocation « dans les plus brefs délais » de la Haute Cour de justice (HCJ), dont le mandat est de juger le président en exercice et les anciens chefs d’État. Dans son arrêt, la Cour constitutionnelle n’a pas précisé qui comparaîtrait devant la HCJ.

Source : jeuneafrique.com

 

Le Burkina Faso annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec Taïwan

Le Burkina Faso a annoncé jeudi la rupture de ses relations avec Taïwan. Un changement majeur pour la diplomatie burkinabè, qui entretenait une coopération privilégiée avec Taipei depuis 1994, au détriment de ses relations avec la République populaire de Chine.

Comme le glisse une source gouvernementale à Ouagadougou, la décision était « dans les tuyaux depuis près d’un an ». Elle a été officialisée ce jeudi 24 mai par Alpha Barry, le ministre des Affaires étrangères : le Burkina Faso rompt ses relations diplomatiques avec Taïwan.

Celles-ci avaient été instaurées en 1994 par Blaise Compaoré, faisant du Burkina l’un des pays africains à reconnaître l’indépendance de l’île asiatique revendiquée depuis plus d’un demi-siècle par la République populaire de Chine.

Tournant majeur

« L’évolution du monde et les défis socio-économiques actuels de notre pays et de notre région recommandent que nous reconsidérons notre position », a expliqué Alpha Barry pour justifier la décision de son gouvernement et de son président, Roch Marc Christian Kaboré.

En clair, Ouagadougou entend désormais se rapprocher de Pékin, déjà très présent sur le continent, plutôt que de continuer sa coopération avec Taipei. Selon le chef de la diplomatie burkinabè, les « dispositions nécessaires » vont être prises pour fermer les ambassades des deux pays dans leurs capitales respectives.

Alpha Barry a aussi indiqué avoir reçu dans la matinée l’ambassadeur de Taïwan à Ouagadougou pour l’informer officiellement de cette décision, qui marque un tournant majeur dans la stratégie diplomatique du Burkina.

Démission du ministre taïwanais

Cette annonce du gouvernement burkinabè a par ailleurs amené le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Joseph Wu, à présenter publiquement sa démission. « En ma qualité de responsable gouvernemental, je dois porter la responsabilité des politiques et j’ai finalement présenté ma démission », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Face à l’offensive diplomatique et aux nombreux investissements de la République populaire de Chine sur le continent, Taïwan voit ses alliés africains lui glisser entre les doigts les uns après les autres ces dernières années. Avant le Burkina Faso, le Malawi (2008), la Gambie (2013) et Sao Tomé et Principe (2016) avaient rompu leurs relations diplomatiques avec le rival de Pékin. Aujourd’hui, le Swaziland, où la présidente taïwanaise Tsai Ing-Weng s’est rendue en avril dernier, est le dernier pays africain à lui être encore fidèle.

Source : jeuneafrique.com

 

Le prochain sommet de l’Union africaine prévu du 25 juin au 2 juillet à Nouakchott

Le prochain sommet de l’Union africaine prévu du 25 juin au 2 juillet à Nouakchott Le prochain sommet de l’Union africaine aura lieu à Nouakchott, du 25 juin au 2 juillet. Les préparatifs pour ce grand événement continental vont bon train. D’ailleurs, une délégation de l’UA s’est déplacée à Nouakchott, pour évaluer l’état d’avancement de l’organisation.

Au delà de ces questions techniques, le 31e sommet constitue un véritable défi pour la diplomatie marocaine. Le conclave devrait connaître la présentation par le président de la Commission de l’Union, Moussa Faki, d’un «rapport détaillé», comme il avait promis en janvier, sur la décision 653 prise lors la 29e Conférence des chefs d’Etats, tenue les 3 et 4 juillet 2017 à Addis-Abeba.

Le texte en question, qui était programmé lors du conclave de janvier dernier, devrait porter «sur les mesures et initiatives» que le Tchadien «prendra, seul ou en partenariat avec les Nations-unies, sur la question du Sahara occidental», indique la résolution 653.

Moussa Faki avait déjà évoqué le sujet avec les Algériens et le président mauritanien Mohammed Ould Abdelaziz. Le Polisario avait annoncé une probable visite du président de la Commission de l’Union africaine dans les camps de Tindouf.

Source : Yabiladi (Maroc)

 

 

Les relations entre le Maroc et l’Algérie battent à nouveau de l’aile

Les relations entre le Maroc et l’Algérie battent à nouveau de l’aileLe ministère marocain des Affaires étrangères a accusé, le 20 mai, l’Algérie de continuer à soutenir «ses mercenaires du Polisario», et a saisi les instances de l’Onu en leur demandant d’intervenir pour mettre un terme à ces tentatives de déstabilisation du royaume, selon un communiqué du ministère.

Suite à l'organisation d'une parade militaire dans la zone tampon de Tifariti (entre le Maroc et le Sahara occidental) par l'armée de libération populaire sahraouie (ALPS), à l'occasion du 45e anniversaire de sa création le 20 mai 1973, le Maroc a, à nouveau, accusé l'Algérie de «s'entêter à encourager ses mercenaires du Polisario», selon un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale rendu public le 20 mai 2018.

Rabat a saisi le Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, la Minurso (la Mission des Nations unies pour l´organisation d´un référendum au Sahara occidental) et la force d'interposition de l'ONU, en leur demandant «de prendre les mesures nécessaires contre ces agissements inacceptables», indique la même source.

«Le Maroc regrette que cette escalade se déploie avec la bénédiction et la complicité de l'Algérie, membre de l'UMA [Union du Maghreb arabe, ndlr], mais dont il viole doublement la charte: en fermant les frontières et en abritant sur son sol un mouvement armé qui menace l'intégrité territoriale d'un autre membre», souligne le même communiqué.

Face à cette situation jugée aussi dangereuse qu'inacceptable, «le Maroc a demandé officiellement aux instances internationales concernées d'ouvrir dans les plus brefs délais une enquête pour faire toute la lumière sur la situation qui prévaut dans les camps des réfugiés sahraouis dans la Wilaya algérienne de Tindouf gérés par le Front Polisario», affirme le ministère marocain des Affaires étrangères.

«Ces camps où nos concitoyens et nos frères marocains [Rabat qui revendique la marocanité du Sahara occidental, considère les Sahraouis comme des citoyens marocains, ndlr] sont détenus dans des conditions déplorables et inhumaines, et où les aides humanitaires internationales sont détournées et vendues dans les marchés du pays hôte [l'Algérie, ndlr] à des fins d'enrichissement personnel de la petite caste du Polisario», a-t-il ajouté.

Pour l'instant, les autorités algériennes n'ont pas encore réagit aux nouvelles accusations du Maroc.

Cependant Abdallah Lahbib, ministre sahraoui de la Défense, a défendu, le 20 mai, la décision de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de célébrer cette fête nationale à Tifariti. La célébration des événements nationaux dans ces régions libérées est un signe de la «consécration de l'exercice de la souveraineté sur ces territoires», a-t-il affirmé, réitérant la disposition de l'armée de son pays à les défendre en vue de recouvrer la souveraineté de l'État sahraoui sur l'ensemble de ses territoires, rapporte l'agence APS. L'ALPS « est présente dans ces territoires depuis 1975 et cela date non pas d'aujourd'hui, d'autant qu'une grande partie de ces territoires a été libérée dans les années soixante-dix du siècle dernier», a ajouté le ministre.

Pour mémoire, le 1er mai, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec Téhéran. Des «preuves irréfutables» et des «données très précises» démontrent, selon Rabat, le soutien miliaire dont aurait bénéficié le Front Polisario, à travers le Hezbollah, mouvement chiite libanais allié de Téhéran, et l'implication de l'ambassade de Téhéran à Alger pour lui livrer des armes de pointe, notamment des missiles Sam 9, Sam 11 et Strela.

Le ministère algérien des Affaires étrangères a catégoriquement réfuté le 2 mai les allégations marocaines concernant «une implication directe de l'Algérie» dans une supposée opération de livraison d'armes du mouvement chiite libanais, le Hezbollah, au Front Polisario, qui aurait transité par l'Ambassade d'Iran à Alger, a affirmé le porte-parole du ministère, Abdelaziz Benali Cherif, dans une déclaration à l'Agence presse Algérie (APS).

A l'occasion du début du mois sacré de ramadan, et dans le contexte de crise diplomatique entre les deux pays, le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a adressé le 17 mai un message de félicitations au roi Mohamed VI du Maroc, lui souhaitant bonne santé, paix et prospérité ainsi qu'à son peuple, selon l'Agence marocaine de presse (MAP).

Source : Sputnik News (France)

 

 

Migrants : les autorités algériennes gravement accusées

Migrants : les autorités algériennes gravement accusées Les autorités algériennes sont à nouveau accusées en ce qui concerne leur traitement des migrants issus des pays d’Afrique subsaharienne. Selon le site BBC News qui cite l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les autorités algériennes auraient transporté des migrants de différentes nationalités dans le désert et les y auraient abandonnés.

« Ils ont pris toutes nos affaires – argent, téléphone portable…tout. Ils nous ont maltraités et ils nous ont déposés dans le désert du Sahara. Et puis, nous avons été obligés de marcher des dizaines de kilomètres pour atteindre Assamaka, la première ville frontalière.

C’était comme marcher en enfer. Les femmes enceintes et les enfants mineurs marchaient difficilement tandis que le soleil du Sahara était vraiment brûlant. Nous n’avions rien à manger et nous avons appris qu’au moins deux personnes sont mortes dans les dunes »
relate notamment un migrant malien cité par le même média.

Selon la même source, les autorités auraient ainsi abandonné à leur sort plusieurs dizaines de migrants subsahariens dans le désert, en leur enjoignant de rejoindre par leurs propres moyens la ville frontalière la plus proche. Plusieurs migrants auraient ainsi trouvé la mort dans le désert, affirme la même source, qui précise également que des trafiquants d’humains ont aussi abandonner de nombreux migrants de la même façon.

À noter que ce n’est pas la première fois que l’Algérie fait face à des accusations sur sa façon de traiter les migrants issus des pays d’Afrique subsaharienne, mais les autorités du pays se sont toujours défendus d’avoir manqué au respect des lois internationales dans ce domaine.

Source : ObservAlgerie

 

 

Bande de Gaza: l'Egypte rouvre le terminal de Rafah à l'occasion du ramadan

mediaLe président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a annoncé jeudi 17 mai 2018 la réouverture par décret, pour un mois à l'occasion du ramadan, du point de passage de Rafah, seule ouverture de la bande de Gaza sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël. Depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza en 2007, le terminal n'estt que sporadiquement ouvert sur quelques jours. La dernière fois qu'il a été ouvert pour une période de trois semaines, c'était en 2013.

« Alléger le fardeau des frères de la bande de Gaza » à l'occasion du ramadan. Telle est la justification de l'ouverture du terminal frontalier de Rafah, annoncée jeudi 17 mai 2018 en soirée par le président égyptien sur les réseaux sociaux.

Après les manifestations de lundi, durant lesquelles environ 60 Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne à la barrière entre Israël et la bande de Gaza, le poste de passage séparant l'Egypte de l'enclave restera ouverte un mois.

La mort de ces dizaines de Palestiniens, et les centaines de blessés, dans leur tentative de franchir la frontière avec Israël, a suscité un grand élan de sympathie populaire en Egypte, rappelle notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti.

Alors qu'à Gaza, environ 2 millions d'habitants sont soumis au blocus israélien depuis plus de dix ans, le terminal de Rafah est la seule ouverture de l'enclave sur l'extérieur qui ne soit pas contrôlée par l'Etat d'Israël.

Or, ce terminal frontalier a été largement fermé ces dernières années, Le Caire invoquant des menaces pour la sécurité de l'Egypte, un pays qui entretient des relations compliquées avec le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Pour rappel, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, est issu des Frères musulmans, interdits en Egypte. Et le prédécesseur déchu du président Sissi, Mohamed Morsi, était lui-même issu de la confrérie.

L'Egypte, seul pays avec la Jordanie doté d'un traité de paix avec Israël

Ce vendredi 18 mai, une réunion est prévue à Istanbul entre les dirigeants de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui souhaitent faire condamner l'Etat hébreu après la bain de sang de lundi.

Mercredi, Abdel Fattah al-Sissi avait assuré être « en contact » avec Israéliens et Palestiniens pour que cesse « l'effusion de sang ». L'Egypte est, avec la Jordanie, le seul pays arabe à avoir conclu un traité de paix avec Israël.

La ville du Caire a également reçu, jeudi en session extraordinaire à la demande de l'Arabie saoudite, les chefs de la diplomatie des pays arabes, qui ont réclamé une enquête internationale sur les « crimes » israéliens.

Enfin, Le Caire est impliqué dans les pourparlers censés aboutir à la réconciliation inter-palestinienne, entre le Hamas qui dirige l'enclave de Gaza sous blocus et le Fatah au pouvoir en Cisjordanie occupée.

Cette tentative de médiation a capoté, mais elle a permis au Caire et au Hamas de parvenir à un accord sur l’arrêt de tout soutien de Gaza au groupe Etat islamique du Sinaï, où l’armée égyptienne mène une opération militaire depuis trois mois.

Source : RFI

 

Maroc : Moulay El Hassan, l’apprentissage d’un futur roi

À 15 ans, le prince héritier est de plus en plus présent sur la scène publique et semble déjà très à l’aise avec son destin royal. Comment Mohammed VI le prépare-t-il à lui succéder ? Quels sont les traits de sa personnalité ? Éléments de réponse.

Mardi 24 avril, sur le site de Sahrij Swani à Meknès. Moulay El Hassan préside l’ouverture du Siam (Salon international de l’agriculture au Maroc), grand-messe agricole du royaume. L’allure fière dans son costume sur mesure, les gestes posés, il remet des distinctions aux agriculteurs marocains – ces grands défenseurs du trône alaouite, comme les qualifiait le politologue Rémy Leveau – avant d’effectuer une tournée des stands.

Le temps est révolu donc où le petit Moulay El Hassan accompagnait son père à cet événement et bousculait le circuit de la visite. « Il avait presque 4 ans quand il a assisté pour la première fois avec Mohammed VI à l’inauguration de la deuxième édition de ce salon, se souvient un habitué de la manifestation. Comme tout petit garçon, quand il a vu des vaches, des moutons et autres animaux de la ferme, il a voulu les approcher de près. Mohammed VI, ravi de la vivacité de son enfant, est alors sorti du tracé officiel balisé par le tapis rouge. » Quitte à désorienter la cohorte des officiels. Ces attendrissants égarements protocolaires font désormais partie du passé…

Agenda princier

À la veille de ses 15 ans, qu’il fête le 8 mai, Moulay El Hassan s’apparente déjà à un « petit chef d’État » qui se forme au métier de roi à l’ombre de son père. Il est désormais omniprésent sur la scène publique, comme en témoigne son agenda princier chargé : le 20 mars, à Rabat, celui que l’on appelle Smyet Sidi – en référence à son grand-père – dans l’enceinte du palais, a présidé un dîner organisé en l’honneur de l’ancien président français François Hollande.

Le 8 février, Moulay El Hassan donnait le coup d’envoi du Salon international de l’édition et du livre à Casablanca. Le 4 février, c’est également lui qui a remis le trophée aux Lions de l’Atlas, grands vainqueurs du Championnat d’Afrique des nations 2018 de football.

Le tout en l’absence de Mohammed VI, alors en convalescence à Paris après une opération chirurgicale pour une arythmie cardiaque. Moulay El Hassan s’est d’ailleurs rendu dans la capitale française pour poser tout sourire au chevet de son père avec les autres membres de la famille royale. Détail significatif du cliché officiel : c’est Moulay El Hassan qui tient la main du chef de famille, du chef de l’État…

Mohammed VI, papa cool

La complicité entre le roi et son prince saute aux yeux. Accolades, bises franches, regards emplis de tendresse, selfies sans apparat, rires et moments de connivence… Avec son fils, Mohammed VI n’est pas avare de démonstrations d’affection et tient à montrer qu’il est avant tout un papa comme les autres. Différent en cela de son père, Hassan II.

Mohammed VI avait 8 ans quand il a prononcé son premier discours à l’Académie militaire de Kenitra et 10 ans quand, en 1974, il est chargé de représenter Hassan II à l’enterrement de Georges Pompidou. Sidi Mohammed, en djellaba et coiffé d’un tarbouche grenat ressemble à « une petite virgule rouge dans la cathédrale », comme le décrit alors la presse de l’Hexagone.

Le papa attentionné qu’il est devenu a longtemps préservé son fils en tenant compte de son caractère plutôt timide et fait en sorte depuis deux ans que celui-ci apprenne à se sentir à l’aise dans les mondanités et devant les caméras. Au point que le quotidien espagnol El Mundo, généralement peu tendre envers la monarchie marocaine, écrit : « On a rarement vu un petit garçon traiter avec autant de facilité et de courage avec les rois et les chefs d’État. »

Coqueluche des médias

C’est qu’en décembre 2017 père et fils posaient devant les photographes, sourires Ultra Brite, sur le perron de l’Élysée aux côtés d’Emmanuel et Brigitte Macron, en marge du One Planet Summit. Cela a été une nouvelle occasion pour la presse internationale de couvrir d’éloges ce « super beau gosse », ce « prince de la mode » au « maintien impeccable » et au « sens aiguisé du protocole ».

Les journalistes people s’émerveillent depuis toujours devant son regard « pétillant d’intelligence ». Dans un dossier intitulé « Leçon particulière », consacré à leur duo père-fils, le magazine Paris Match décrit l’actuel souverain comme un « père tendre et attentif », et Moulay El Hassan comme « un fils qui écoute les conseils de son père ».

Le reportage a eu lieu en marge de la COP22 sur les changements climatiques, organisée à Marrakech en novembre 2016. Pour le royaume, c’est un événement très attendu, dont tout le monde parle depuis des mois. Pour Moulay El Hassan c’est la plongée dans le grand bain de la géopolitique internationale : « À 13 ans, le prince héritier assiste déjà à certains grands événements officiels pour apprendre le métier de roi, comme son père au même âge », écrit l’hebdomadaire. En réalité, Moulay El Hassan a alors presque 14 ans, et cette première vraie apparition officielle intervient bien plus tard que celle de son père à l’époque où il était prince héritier.

Éducation royale

Soixante-treize ans plus tôt, son grand-père Moulay Hassan (le futur Hassan II), âgé lui aussi de 13 ans, participait à la conférence d’Anfa avec Churchill et Roosevelt. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il comprend que la superpuissance américaine est un acteur avec lequel il sera utile de composer dans l’avenir… Ainsi va l’éducation royale chez les Alaouites : aller sur le terrain, s’habituer à l’exercice des responsabilités, fréquenter les chefs d’État et l’élite, écouter religieusement les conversations feutrées des grands de ce monde pour développer son sens de l’analyse et définir sa grille de lecture.

En cela, Mohammed VI ne déroge pas à la façon de faire de Hassan II et de Mohammed V. Les enjeux, bien sûr, ont changé, question d’époque. Moulay El Hassan est sensibilisé à l’écologie, quand la génération de son grand-père avait surtout été marquée par le colonialisme et les horreurs de l’occupation nazie. Autre point commun : comme son père et son grand-père auparavant, Moulay El Hassan étudie dans l’enceinte du palais, au Collège royal, suivant des programmes quasi similaires à ceux qu’a connus Mohammed VI, incluant le cours d’apprentissage et de déclamation du Coran dispensé chaque matin.

Lors d’une interview accordée à Paris Match en 2004, Mohammed VI déclarait : « Mes sœurs, mon frère et moi avons été éduqués de manière sévère, avec un programme scolaire très chargé. Nous avons également eu une solide éducation religieuse à l’école coranique du palais. Je veux que mon fils reçoive les mêmes principes de base. » Avant d’ajouter : « Je ne veux pas qu’il soit forgé à mon image, mais qu’il forge sa propre personnalité. »

Sans doute. Reste que les études supérieures du prince se feront en adéquation avec les exigences de son futur métier de roi et seront donc décidées par son père sur cette base précise, non sur celle d’un quelconque élan personnel. Ainsi, et contrairement à ce qui a pu être dit (et écrit) récemment, Moulay El Hassan n’a nullement l’intention de préparer le concours d’entrée au collège de formation des pilotes de chasse. C’est une règle : la famille royale s’interdit de dépasser certaines limites, quelles que soient les passions – et les élans – personnels.

Autre idée fausse : celle selon laquelle Moulay El Hassan recevrait des cours de protocole. « Il n’y a rien de tel, confie une source au sein du palais, le protocole n’est pas une formation que l’on dispense. Le prince “grandit dedans” et c’est Mohammed VI lui-même qui en inculque les règles à son fils. » Par ailleurs, Moulay El Hassan, parfaitement polyglotte, parle déjà l’arabe, le français, l’anglais et l’espagnol. Et prononce des discours, à l’occasion des fêtes de fin d’année du Collège royal, de façon fluide et éloquente.

Concernant les loisirs, là aussi Moulay El Hassan se distingue de son père. Mohammed VI est un amoureux des voitures de course et de jet-ski. Son fils adore le foot et le basket, pratiquant aussi la natation, le ski et l’équitation. Lui-même cavalier émérite, Mohammed VI suit personnellement les programmes d’entraînement du prince, qui devrait bientôt participer à ses premiers concours hippiques.

La presse espagnole croit aussi savoir qu’il apprécie l’équipe du Barça et qu’il est fan de Lionel Messi, même s’il a dû remettre le trophée du Championnat du monde des clubs au Real Madrid, en 2014, à Marrakech. En revanche, père et fils partagent un certain penchant pour les performers et les chanteurs grand public, notamment Maître Gims.

Un prince du XXIe siècle

Dans les salons huppés de Rabat, les élites se plaisent à dire que Smyet Sidi est « éduqué pour devenir un monarque révolutionnaire dans le monde arabe ». Fantasme ou réalité ? Vu l’environnement dans lequel il a grandi, son futur règne sera en tout cas différent de celui de ses aïeux. D’abord, contrairement à son père, Moulay El Hassan a été élevé au sein d’une famille nucléaire. En cela, il sera un enfant certes hors du commun mais de plain-pied dans le XXIe siècle ; un siècle dont il connaît déjà les grands enjeux.

Ensuite, contrairement à son grand-père que tout le monde devait laisser gagner au tennis, Moulay El Hassan n’a pas été habitué à la flagornerie. Lorsqu’il joue au foot au centre d’entraînement des FAR de la Maamoura, à Rabat, avec plusieurs enfants de militaires, ses adversaires ne lui épargnent pas les tacles appuyés. Un camarade l’a même blessé au pied il y a quelques années, sans toutefois subir de châtiment ni même se retrouver écarté de la pelouse foulée par le prince…

Source : jeuneafrique.com

 

Gaza, Jérusalem: l’embarras des Etats africains

Depuis le début de la semaine, Israël fait face à une vague de condamnations internationales après le bain de sang dans la bande de Gaza où 60 personnes ont été tuées dans la répression féroce par l’armée des marches palestiniennes vers la frontière. Dans ce concert de protestation, le silence de la plupart des Etats africains traduit un certain malaise des chancelleries autour de la question palestinienne. Un silence qui a deux causes principales : les pressions américaines et le travail au long cours de la diplomatie israélienne.

Tout accaparés qu’ils étaient par le couple glamour Ivanka Trump - Jared Kushner, conseillers et émissaires du président américain à l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, les photographes auront probablement manqué la présence parmi les dignitaires d’une dizaine de représentants de pays africains. Alors que la cérémonie battait son plein, des milliers de manifestants palestiniens étaient au même moment pris sous le feu de militaires israéliens protégeant à balles réelles la frontière entre l’Etat hébreu et la bande de Gaza à une centaine de kilomètres de là. Des violences qui ont provoqué une vague de condamnations internationales.

Mais en Afrique ces condamnations ont été plutôt rares. L’Afrique du Sud a rappelé son ambassadeur. Le président de la commission de l’Union africaine s’est fendu d’un communiqué dans lequel il condamnait « l'usage disproportionné de la force par l’armée israélienne ». Moussa Faki Mahamat, qui soulignait « que la relocalisation de l'Ambassade des États-Unis à Jérusalem ne peut qu'aggraver les tensions dans la région ». De son côté, le Sénégal  a appelé « la Umma islamique et les Nations unies à se mobiliser pour mettre fin à cette tragédie humaine ». Et Macky Sall de réaffirmer son « ferme attachement aux droits légitimes de nos frères et sœurs de Palestine à un Etat indépendant et souverain avec Al Quds Al Sharif [Jérsualem NDLR] pour capitale ». Le président sénégalais s’exprimait lors d’une réunion du Comité des affaires culturelles de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Dakar.

Le Sénégal et Israël ont des rapports en dent-de-scie. Les relations diplomatiques entre les deux pays avaient été rompues en décembre 2016 quand Dakar avait obtenu du Conseil de sécurité des Nations unies le vote d’une résolution interdisant la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Le réchauffement s’était opéré six mois plus tard à l’occasion du sommet de la CEDEAO qui devait consacrer le retour du Maroc dans l’organisation ouest-africaine. Mais le roi avait annulé sa venue en raison de la présence au sommet du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

« Les Africains observent »

Lundi, Mohammed VI, en sa qualité de président du comité Al Quds de l’OCI, chargé notamment de suivre l’évolution de la situation de Jérusalem, s’est d’ailleurs exprimé sur le transfert de l’ambassade américaine, réitérant son « rejet de cet acte unilatéral, contraire à la volonté de la communauté internationale ». Mais rien sur les violences à Gaza.

La Ligue arabe qui compte parmi ses membres une dizaine d’Etats africains se réunit ce jeudi 17 mai au niveau ministériel après avoir déjà appelé la Cour Pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête. Quant à l’OCI, qui compte en son sein 25 pays africains, elle convoque une réunion extraordinaire vendredi. Mais en attendant, les capitales africaines se sont illustrées par leur silence. « Pour l’instant les Africains observent et estiment que peut-être, ce n’est pas à eux de faire le premier pas. Ils attendent que la Ligue arabe se manifeste avant d’emboîter le pas », commente Alhadji Bouba Nouhou, enseignant à l’université de Bordeaux-Montaigne. Alors pourquoi ce malaise sur une question palestinienne autour de laquelle l’Afrique a longtemps fait bloc ? « C’est une faiblesse de notre diplomatie multilatérale. Quand il s’agissait du régime d’apartheid sud-africain, de la Namibie et d’autres questions, l’Afrique était presque unanime. Aujourd’hui ça s’est bien effiloché à cause des pressions des Etats-Unis et d’Israël », estime le diplomate sénégalais Falilou Kane, ancien ministre et ancien président du Comité des droits des Palestiniens à l’ONU. Quand les Etats-Unis vous disent "Si vous votez contre moi je vous coupe les vivres", il y a beaucoup de pays qui, au maximum, vont s’abstenir ». Le désintérêt de l’administration Trump pour l’Afrique coïncide avec un intérêt croissant des Israéliens pour le continent. « Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, on voit bien que la politique israélienne semble se coordonner avec la politique américaine, et pour la majorité des Etats africains -- notamment confrontés à des problèmes sécuritaires l’accès à la porte des Américains passe par le biais israélien », selon Alhadj Bouba Nouhou.

Diplomatie israélienne active

S’il ne date pas d’hier, l’intérêt israélien pour l’Afrique a connu un coup d’accélérateur ces deux dernières années. Depuis une tournée de Benyamin Netanyahu en Afrique de l’Est en 2016, Israël déploie des trésors de séduction à l’attention de nombreux pays africains. Même si l’an dernier la tentative d’un sommet Afrique-Israël  à Lomé a échoué sous la pression de plusieurs Etats, comme le Maroc, il semble que lentement mais sûrement Benyamin Netanyahu parvienne à avancer ses pions sur un continent dont une vingtaine de pays reconnaissent la Palestine comme un Etat et accueillent une ambassade. Une offensive diplomatique qui se traduit dans les faits par une coopération parfois militaire, mais souvent économique. L’expertise des compagnies israéliennes dans des secteurs comme la sécurité informatique, la surveillance, la protection des frontières intéressent les capitales. « Israël a aussi décuplé son aide au développement ces 15 dernières années, par l’intermédiaire de son  département des affaires étrangères, le MASHAV, surtout  dans les domaines de l’hydraulique et de l’agriculture, et ça, c’est un outil considérable du soft power israélien en Afrique », explique Elisabeth Marteu, chercheuse à l’Institut international d’études stratégiques.

Israël est entré en Afrique par l’est. Au-delà de ses relations historiques avec l’Ethiopie et le Kenya, l’Etat hébreu discute avec le Rwanda et l’Ouganda de la question des migrants africains qu’il souhaiterait y envoyer. Le Rwanda où il compte une ambassade depuis quelques mois. Israël sourit même à un Soudan qui a rompu avec Téhéran il y a 2 ans. Khartoum a longtemps été  accusé par l’Etat hébreu de faire transiter par son territoire des armes en provenance d’Iran  à destination de la bande de Gaza. L’aviation israélienne aurait même mené à plusieurs reprises des frappes contre des convois au Soudan. Pourtant un représentant de Khartoum était présent à l’inauguration de l’ambassade américaine lundi.

« Même le Maroc se rapproche petit à petit d’Israël. Les deux pays pourraient rétablir leurs relations diplomatiques, commente Alhadji Bouba Nouhou. On le voit aussi avec d’autres Etats, notamment le Soudan qui entretient aujourd’hui quelques relations informelles avec Israël. Petit à petit, les pays africains qui étaient réticents commencent à se rapprocher diplomatiquement d’Israël. Et l’élection de Donald Trump accentue ce rapprochement. »

« Israël a des amis en Afrique, mais combien sont-ils ? », tempère Falilou Kane. La réalité c’est que ces pays ont des intérêts avec Israël. Il ne s’agit pas de dire « nous n’avons pas de relations », ou « nous avons des relations avec Israël ». Depuis Camp David, l’Egypte a des relations avec Israël, ça ne veut pas dire que l’Egypte  accepte tout ce qu’Israël fait. »

Contexte international

Les vents sont favorables au gouvernement israélien. La remise au ban des nations de l’Iran par les Etats unis devrait avoir des conséquences positives pour les positions israéliennes. L’Arabie saoudite et les pays du Golfe très actifs au sein de la Ligue arabe ou de l’OCI pourraient émousser leurs critiques pour concentrer le feu sur l’ennemi commun iranien. Et les Africains s’aligneraient. D’autant qu’en Afrique la cause palestinienne a perdu de sa superbe. Paradoxalement, si dans les années 60 la question palestinienne était perçue comme un mouvement de libération nationale, la reconnaissance par de nombreux pays africains de la Palestine comme un Etat a peu à peu fissuré le bloc pro-palestinien constitué par un certain nombre de pays africains. La mort de Kadhafi longtemps défenseur de la cause a probablement joué aussi. « Il y a également le fait que les Etats arabes ne sont plus aptes à proposer quelque chose qui puisse ramener les Etats africains vers la cause palestinienne », ajoute Alhadji Bouba Nouhou. En somme, le désintérêt arabe pour la Palestine s’étend à l’Afrique.

En plus des astres qui s’alignent pour Israël, son travail diplomatique semble porter ses fruits. « L’entreprise de charme de la diplomatie israélienne marche de mieux en mieux, affirme Elisabeth Marteu. Cela étant, quand il faudra voter à l’assemblée générale des Nations unies, à l’Unesco, dans ce genre d’instance, est-ce-que les Etats africains vont véritablement changer leur positionnement ? A voir. »

Source : RFI

 

Municipales en Tunisie : les indépendants, nouvelle force « politique » ?

Les listes indépendantes ont récolté 32,3 % des suffrages aux municipales du 6 mai, devançant les islamistes de Ennahdha (28,6 %) et le parti laïc Nidaa Tounes (20,8 %). Une sanction contre ces deux partis au pouvoir ?

Dans les heures qui ont suivi le scrutin du 6 mai, le parti islamiste Ennahdha semblait être arrivé en tête des premières élections municipales libres en Tunisie. Mais lors de la conférence de presse organisée le 9 mai au soir pour annoncer les résultats préliminaires, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a annoncé que les listes indépendantes étaient arrivées en tête avec 32,27 % des sièges, contre 28,64 % pour Ennahdha. Le parti présidentiel Nidaa Tounes recueille quant à lui 20,85 % des sièges. L’Isie a rappelé l’autre tendance majeure de ce scrutin : une abstention massive à hauteur de 64,4 % selon les chiffres les plus récents.

La percée des indépendants

Le taux de participation, environ deux fois plus faible que lors des élections législatives de 2014, semble indiquer un désaveu de la coalition au pouvoir entre les islamistes d’Ennahdha et les conservateurs de Nidaa Tounes. La percée des listes indépendantes indique la même dynamique. Dans plusieurs localités, les « istiqlalioun » (indépendants) passent devant ou talonnent les deux partis dirigeants.

À Kerkennah, c’est une liste indépendante, Kolouna Kerkennah, qui arrive en tête, ainsi qu’à Kelibia et dans bien d’autres villes

À Mahdia, la liste Manara Mahdia se glisse juste derrière celle d’Ennahdha, à quelques voix près. À Kerkennah, c’est une liste indépendante, Kolouna Kerkennah, qui arrive en tête, ainsi qu’à Kelibia et dans bien d’autres villes encore. Selon des observateurs, un certain nombre de listes indépendantes seraient proches d’Ennahdha ou du Front populaire, coalition d’extrême gauche qui n’a pas présenté de listes dans tout le pays.

Mais bien d’autres candidats aux municipales semblent se tenir à l’écart des formations politiques les plus puissantes du moment et sont ainsi célébrés. Dans la banlieue tunisoise, à La Marsa, le candidat indépendant Slim Meherzi a recueilli quelque 35 % des suffrages. Une importante percée, comparable à celle de Fadhel Moussa, un ancien militant d’Ettakatol, qui a de son côté créé la surprise à Ariana. Sa liste, Al Afdhal, est elle aussi passée devant les deux principaux partis tunisiens. Les deux hommes n’ont pas manqué d’attirer le regard des médias tunisiens et étrangers.

Ennahdha en tête chez les urbains

Les islamistes, eux, se sont le plus souvent confectionnés une belle place dans les villes. Ainsi, concernant la municipalité de Tunis, Ennahdha arrache 21 sièges sur 60, contre 17 pour Nidaa et 10 pour les listes indépendantes.

Ennahdha arrive en tête à Sfax, Bizerte, Kairouan, Gabès ou Gafsa

Le parti a ainsi remporté la première place à Sfax, deuxième plus grande ville du pays, mais aussi à Bizerte, Kairouan ou encore Gabès et Gafsa. La sahélienne et réputée bourguibienne Monastir revient en revanche à Nidaa Tounes.

La surprise « Tayyar »

Autre surprise, certes moins porteuse de conséquences, une petite formation se hisse à la quatrième place dans différentes localités : le Courant démocrate, dit « Tayyar », qui est une scission du Congrès pour la République (CPR), ex-parti présidentiel aujourd’hui fondu au sein du mouvement Al-Irada, toujours dirigé par l’ancien chef de l’État Moncef Marzouki.

À Douz, le Courant démocrate arrive à la quatrième place

À Douz, ville du Sud qui vit au rythme de l’industrie pétrolière, le Courant démocrate, dirigé par le député Ghazi Chaouachi, arrive à la quatrième place. Il obtient un siège à Hammamet, trois à Ksour Essef, et quatre à Ezzouhour, soit autant qu’Ennahdha. Le fondateur du parti, Mohamed Abbou, ancien secrétaire général du CPR, a fustigé à plusieurs reprises dans des médias nationaux l’alliance entre Ennahdha et Nidaa Tounes.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Mali: Ibrahim Boubacar Keïta sera candidat pour un second mandat présidentiel

 

Le président malien accepte d'être candidat à la présidentielle de juillet prochain. Ce sont ses partisans qui l'ont affirmé dimanche au cours d'un rassemblement, au lendemain d'une rencontre qu'ils ont eue avec le chef de l'Etat malien, Ibrahim Boubacar Keïta.

Le parti présidentiel et ses alliés ont mobilisé environ 3 000 personnes au palais de la culture Amadou Hampâté Bâ de Bamako. Les différents orateurs ont affirmé que le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a accepté d’être leur candidat à la présidentielle malienne de juillet 2018.

La veille de ce rassemblement, recevant ses partisans au palais présidentiel de Koulouba, le chef de l’Etat malien avait effectivement dit qu’il irait au charbon : « Je ne suis pas un homme aux ambitions solitaires. Nous sommes prêts à resservir ce pays de toutes nos forces dès lors que le peuple qui m’a porté là où je suis, à travers vous, revient avec ce même dessein. Je ne puis que m’y soumettre. »

Soulagement de ses partisans

Parmi les militants, certains se disent soulagés : « Oui, il est candidat et on est très contents. C’est une chose qu’on attendait depuis fort longtemps. Et le doute s’installait dans l’esprit des gens. Je crois que ce doute est levé pour de bon. J’ai confiance au candidat. J’ai confiance pour qu’il continue les œuvres pour un second mandat. »

La prochaine cérémonie d’investiture du désormais président-candidat sera grandiose, prévient le parti présidentiel.

Source : RFI

La Tunisie vote pour ses premières municipales de l’après-révolution

Les Tunisiens ont commencé à voter dimanche pour les premières élections municipales depuis la révolution de 2011, un scrutin jugé crucial pour enraciner au niveau local le processus démocratique mais accueilli sans ferveur dans l'unique pays rescapé du Printemps arabe.

A l’ouverture, à 08H00 locales (07H00 GMT), une quinzaine d’électeurs se sont présentés dans un bureau du centre de Tunis : à l’image de la campagne, l’enthousiasme est apparu moindre qu’en 2011, et la foule moins nombreuse que lors des élections législatives et présidentielle de 2014. Une forte abstention est ainsi pressentie.

Les résultats ne sont eux attendus qu’au cours des prochains jours.

« C’est un droit mais aussi un devoir », a de son côté affirmé à l’AFP un électeur, Ridha Kouki, 58 ans. « Même si on n’a pas beaucoup d’espoir, et si les projets sont vides, je viens quand même accomplir mon devoir », a-t-il ajouté.

Sept ans après la révolution, qui avait suscité de nombreux espoirs, beaucoup de Tunisiens se disent démobilisés en raison d’une inflation proche de 8%, d’un chômage toujours aussi élevé et des « arrangements » entre partis dominants, aux premiers rangs desquels Nidaa Tounès -fondé par le président Béji Caid Essebsi- et les islamistes d’Ennahdha.

« Pour la première fois (depuis la révolution) le peuple tunisien est appelé à participer à des élections municipales, un événement qui paraît ordinaire alors qu’il est très important ! », a pour sa part clamé vendredi M. Essebsi, appelant à une « participation massive ».

Repoussées à quatre reprises en raison de blocages logistiques, administratifs et politiques, ces municipales constituent les premières élections depuis les législatives et la présidentielle de 2014, alors saluées par la communauté internationale.

Ce dimanche, les 11.185 bureaux de vote du pays accueilleront jusqu’à 18H00 (17H00 GMT) les Tunisiens qui éliront leurs conseillers municipaux à la proportionnelle à un tour. Ces conseillers devront ensuite élire les maires d’ici la mi-juin.

« Lettre aux politiciens »

Quelque 60.000 policiers et militaires -qui ont déjà voté fin avril par anticipation, pour la première fois de leur histoire– ont été mobilisés : la Tunisie demeure sous état d’urgence depuis une série d’attentats jihadistes meurtriers en 2015.

A Kasserine, une zone marginalisée du centre-ouest, le vote n’aura d’ailleurs lieu que de 09H00 à 16H00 « par mesure de sécurité », selon l’instance chargée des élections (Isie). Des groupes extrémistes armés sont retranchés dans les montagnes avoisinantes.

Plus de 57.000 candidats sont en lice, dont la moitié de femmes et de jeunes. Sur les 2.074 listes en course, 1.055 sont issues de partis, 860 indépendantes et 159 de coalition, selon les chiffres de l’Isie.

De petites files d’électeurs se sont formées devant certains bureaux de vote avant l’ouverture. « Je suis là depuis 07h30 », a expliqué Chokri Haloui, 45 ans. « Le fait de voter me rend fier, c’est une lettre aux politiciens pour leur dire +nous avons voté, à vous de nous montrer ce que vous allez faire+ », a-t-il dit en sortant tout sourire de l’isoloir.

Une partie de la population dit tout de même espérer une amélioration de son quotidien : propreté, transports et développement.

Dans la foulée de la chute du régime de Zine Al Abidine Ben Ali en 2011, les municipalités avaient été dissoutes et remplacées par de simples « délégations spéciales », dont la gestion a été jugée défaillante au fil du temps.

Certains attendent aussi que les localités soient rendues plus attractives pour les investisseurs, afin de relancer le développement.

Décentralisation

A ce titre, ces municipales marquent le premier pas tangible de la décentralisation, inscrite dans la Constitution et l’une des revendications de la révolution.

Sous la dictature, les municipalités n’avaient que peu de pouvoir de décision, étant soumises au bon vouloir d’une administration centrale souvent clientéliste.

Mais le pays est désormais doté d’un Code des collectivités locales, voté in extremis fin avril, qui en fait pour la première fois des entités administrées librement et fortes d’un début d’autonomie.

Pour des experts, les deux poids lourds de la vie politique, Ennahdha et Nidaa Tounès, qui sont les seuls à avoir présenté des listes dans toutes les municipalités ou presque, pourraient rafler la mise.

Ennahdha a indiqué sa volonté de poursuivre à l’échelon local le consensus forgé avec Nidaa au plan national.

Ce scrutin doit malgré tout permettre de voir émerger une nouvelle génération d’élus. Il sera suivi de législatives et d’une présidentielle en 2019.

Pour cette dernière, le président Essebsi, 91 ans, n’a pas encore fait connaître ses intentions.

Source : jeuneafrique.com

 

Le Front Polisario et le Hezbollah démentent les accusations du Maroc

Le Front Polisario et le Hezbollah démentent les accusations du MarocLe Maroc a annoncé le 1er mai la rupture des relations diplomatiques avec l'Iran. Rabat accuse Téhéran d'avoir facilité une livraison d'armes au Front Polisario par le biais du Hezbollah. Depuis, les réactions des parties prenantes se sont enchaînées.

Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Maroc, explique comment le Maroc en est venu à prendre cette décision. « Nous avons présenté à de nombreux pays, y compris à l'Iran, des faits, des noms, des actions, des rencontres qui montrent que le Hezbollah, avec l'aide de l'ambassade d'Iran à Alger, a participé à des sessions de formation, à donner des entraînements militaires, a fourni des armes, a formé des commandos pour mener une guérilla urbaine.

Tout ceci a été fait à Tindouf, avec des éléments du Polisario. Nous avons réuni patiemment toutes ces données. Nous les avons recoupées, nous avons vérifié avant de prendre une telle décision.


Hier matin, j'étais à Téhéran. Je peux vous dire, c'est que rien dans la discussion n'a remis en cause les preuves dont dispose le Maroc. »

Alors que parti chiite libanais s’est contenté d’un communiqué de presse démentant ces accusations faites selon lui, sous « pressions américaines, israéliennes et saoudiennes », Mohamed Khaddad, coordinateur du Front Polisario avec la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental, de passage à Paris, déclare que le Maroc se sert d’un prétexte pour se dérober au processus de négociations sur le Sahara occidental auquel vient d'appeler le Conseil de sécurité.

« Le Polisario n'a aucune aide militaire de la part de l'Iran ou du Hezbollah. Les prétentions marocaines sont plutôt l'expression d'un malaise au niveau du Maroc qui vient d'être mis sous la loupe du Conseil de sécurité qui demande que le processus de négociation entre le Front Polisario et le Maroc commence le plus tôt possible, et le Conseil a fixé la date du 31 octobre pour reprendre le débat sur le Sahara occidental.

J'affirme le plus solennellement et le plus officiellement du monde que c'est infondé et qu'il n'y a ni connivence ni relation. Je pense qu'il serait téméraire et très risqué de voir la crise moyen-orientale importée au Maghreb. Il est la porte de l'Europe, il n'est dans l'intérêt de personne de suivre le Maroc dans cette logique. »


Source : RFI

 

 

La Libye veut récupérer l'argent prêté par Kadhafi aux pays africains

La Libye veut récupérer l'argent prêté par Kadhafi aux pays africains Le chef du gouvernement d'union nationale reconnu par la communauté internationale, Fayez al-Sarraj, veut renflouer les caisses libyennes. La Libye est dans un chaos politique et des pans de l'économie, notamment à cause de la division du pays, s'effondrent.

Sur notre antenne, le ministre libyen des Affaires étrangères l'a confirmé ce mercredi 2 mai : des procédures sont engagées en direction de plusieurs pays africains pour récupérer l'argent prêté par le colonel Kadhafi. Ces sommes sont considérables.

Soixante-sept milliards de dollars. C'est le montant, rendu public par Fayez el-Sarraj, des prêts octroyés et des prises de participation dans des sociétés en Afrique et dans le monde arabe. La grande partie de cette somme a été prêtée aux pays africains, parmi lesquels l'Afrique du Sud, la Tanzanie, la Zambie, la Côte d'Ivoire, le Niger ou l'Ouganda.

Mais côté africain, depuis 2011, des sociétés à participation libyenne ont été soit liquidées soit nationalisées. Plusieurs procédures judiciaires sont cependant engagées pour le retour de tout ou partie de ces fonds dans les caisses de la Banque centrale, restée loyale à Sarraj.

Dans cette procédure, Tripoli s'appuie sur des documents qui proviennent de plusieurs banques libyennes. Celles qu'on appelle les archives du colonel Kadhafi n'ont pas toutes brûlé. Mohamed Taher Siala, le ministre libyen des Affaires étrangères, affirme sur RFI ce mercredi 2 mai : « C'est de l'argent public. Le remboursement peut être échelonné, les intérêts revus. »
Comment vont réagir les nombreuses capitales africaines concernées ? Un président aujourd'hui est-il responsable de l'endettement réalisé dans les années 1990 et début 2000 ? Autre question : qui dit que cet argent récupéré par Tripoli ne tombera pas entre les mains des milices ?

Source : RFI

 

Algérie : « Génération Bouteflika », nouveau comité de soutien au cinquième mandat

Le FLN a mobilisé des organisations estudiantines afin de faire campagne pour le président. Les partis de l'opposition dénoncent une « recrutement éhonté de jeunes à des fins électoralistes ».

 

Qui l’aurait imaginé ? Les comités de soutien au cinquième mandat de Abdelaziz Bouteflika se mettent en ordre de marche avant même que le concerné n’exprime sa volonté de se porter ou non candidat à la présidentielle de 2019. Après l’Organisation nationale des zaouïas (confrères religieuses), l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), le Forum des chefs d’entreprise (FCE) qui ont apporté leur caution « inconditionnelle» au président, c’est au tour de plusieurs organisations estudiantines de se rassembler au sein d’une coordination baptisée « Génération  Bouteflika ». Son agenda :  Faire campagne pour son mentor.

Cette initiative annoncée en grande pompe, samedi 28 avril, par le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbas, regroupe des organisations estudiantines rattachées au parti présidentiel à l’instar de l’Union nationale des étudiants algériens (UNJA), l’Alliance pour le renouveau estudiantin national (AREN), l’Union nationale des étudiants algériens (UNEA), la Ligue nationale des étudiants algériens (LNEA), l’Organisation nationale de solidarité estudiantine (ONSE) et Solidarité nationale estudiantine (SNE).

1,7 million d’électeurs

Ce vivier électoral représente, à en croire un membre du bureau politique du FLN, pas moins de 1,7 million d’étudiants. « C’est le  rêve de Bouteflika qui se concrétise  aujourd’hui ! », martèle sans cesse à son entourage Ould-Abbas.

Ce n’est pas la première fois que des organisations estudiantines battent campagne pour Bouteflika. Elles l’ont fait pour chacun de ces quatre précédents mandats. Depuis, leur nombre qui étaient d’à peine 480 000 n’a cessé d’augmenter.

L’initiative du FLN est un recrutement éhonté de jeunes à des fins électoralistes

« C’est très grave ce qui se passe encore aujourd’hui. On utilise les institutions et les moyens de l’État au profit d’un seul candidat. On ne veut pas organiser un scrutin libre auquel tout le monde aspire depuis 1962 (l’indépendance, ndlr) », déplore Ali Laskri, membre du Front des forces socialistes (FFS, opposition). Il se souvient d’avoir fait face à l’instrumentalisation de l’université à des fins électorales lorsqu’il avait dirigé en 1999 – année de l’élection de Bouteflika – la campagne du défunt leader du parti, Hocine Ait-Ahmed, dans la wilaya de Boumerdes (à l’est d’Alger).

« L’initiative du FLN est un recrutement éhonté de jeunes à des fins électoralistes », fustige Yacine Aissiouane, chargé de la communication au sein du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition). Selon lui, elle veut faire oublier le record de longévité de Bouteflika à la tête de l’État algérien.

Jeudi 4 mai, le RCD organise le premier « congrès de la jeunesse progressiste » au siège de la mutuelle des matériaux de construction à Zéralda, près d’Alger. Il regroupera plus d’un millier de militants issus de différentes régions du pays. « À la différence du FLN, notre but est de préparer ces jeunes à prendre des responsabilités au sein du parti, les faire parler sur les questions qui les concernent directement », s’enorgueillit le parti.

Abdelaziz Bouteflika n’a pas pris la parole en public depuis son hospitalisation en France en 2013, à la suite d’un AVC. Son dernier discours public remonte à mai 2012 à Sétif, lorsqu’il avait laissé entendre qu’il faudrait déléguer la gouvernance du pays à la jeune génération.

Source : jeuneafrique.com

 

Gabon: la Cour constitutionnelle dissout l'Assemblée, sanctionne le gouvernement

Au Gabon, la Cour constitutionnelle a décidé, ce lundi 30 avril, de dissoudre l'Assemblée et de faire démissionner le gouvernement car la date limite pour organiser les élections législatives n’a pas été respectée. Les autorités gabonaises avaient jusqu'à fin avril pour le faire, c'est à dire jusqu'à ce soir. Dans cette situation de blocage, la Cour constitutionnelle décide de frapper fort.

C’est un véritable séisme politique qui vient de se produire dans le pays. Les décisions de la Cour constitutionnelle sont sévères. L’Assemblée nationale est dissoute. Entre temps, le Sénat a été désigné pour assurer l’intérim de l’Assemblée nationale.

A la surprise générale, Marie-Madeleine Mborantsuo, présidente de la Cour constitutionnelle, a sorti la chicotte : « les pouvoirs de l'Assemblée nationale prennent fin dès la notification de la présente décision aux autorités publiques, dont le président de l'Assemblée nationale. Dans le souci d'assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics, le pouvoir législatif sera représenté par le Sénat. »

Impossible pour les députés de continuer de siéger alors que leur mandat est épuisé depuis deux ans, a expliqué la Cour constitutionnelle.

La Cour a aussi décidé de sanctionner le gouvernement pour avoir été incapable d’organiser les élections législatives. Le gouvernement est donc obligé de démissionner. Le président de la République est prié de nommer un gouvernement de transition qui aura pour mission d’organiser les élections législatives.

Ce même gouvernement, après les élections législatives, sera obligé aussi de démissionner. Dans l'intervalle, puisque l’Assemblée nationale ne sera pas disponible, le gouvernement ne pourra pas répondre devant le Sénat. Il ne répondra uniquement que devant le président de la République.

Pour réagir à cette décision, une partie de l’opposition est actuellement en conclave pour préparer sa réaction. Mais d'ores et déjà, des voix s'élèvent et demandent l'intervention du chef de l'Etat.

« Pour une fois, la Cour constitutionnelle est allée dans la bonne direction, estime David Mabdinga, le porte-parole de la coalition des 41 partis de l'opposition. C'est ce qu'il fallait faire, mais de toute façon, elle ne pouvait pas faire autrement. Elle a donc pris une série de décisions, mais dans ces décisions, nous sommes un peu surpris qu'elle puisse conférer au Sénat les prérogatives de l'Assemblée nationale. Le Sénat est une émanation des collectivités locales, ses membres sont élus au suffrage indirect, alors que l'Assemblée nationale est une émanation du peuple parce que ses membres sont élus au suffrage universel direct. Nous demandons au président de la République, qui est la clé de voûte des institutions à constater cette crise grave, inédite - depuis 1960, nous n'avons jamais vécu cette situation - et de tirer les leçons de cette situation assez grave pour que la classe politique nationale, toutes tendances confondues, puisse se retrouver pour analyser la situation et prendre les décisions qui s'imposent pour sortir de l'ornière. »

Source : RFI

 

 

Mali : à trois mois de la présidentielle, l’Adema-PASJ suspendue au choix de Dioncounda Traoré

Désigné candidat du parti des abeilles, l'ex-président de transition se mure dans un silence qui entretient les doutes sur sa volonté de se présenter à la présidentielle du 29 juillet. Déjà minée par des divisions internes, l'Adema-PASJ semble dans l'impasse.

Que pense vraiment Dioncounda Traoré ? Va-t-il se lancer dans la course à Koulouba ? Personne, aujourd’hui, ne semble en mesure de répondre à ces questions. Si l’intéressé ne pipe mot, son entourage se veut formel : il n’a pas l’intention de se présenter à la présidentielle du 29 juillet. À 76 ans, l’ex-président de transition est fatigué et estime sa carrière politique terminée. Marqué par son passage éprouvant à la tête de l’État d’avril 2012 à septembre 2013, l’homme à l’écharpe blanche et aux tempes grisonnantes aspire davantage à une retraite paisible qu’à un nouveau mandat.

Certains, autour de lui, ne l’ont pas entendu de cette oreille. Alors que les militants de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-PASJ) se déchiraient sur la nécessité de présenter, ou non, un candidat face à leur allié Ibrahim Boubacar Keïta, ce membre historique du parti est apparu comme le seul capable d’unir les abeilles dans la ruche.

Ses partisans de la section de Nara, son fief, à 350 kilomètres au nord de Bamako, ont donc déposé un dossier à son nom aux primaires organisées fin mars. Sorti grand vainqueur de cette consultation interne, Dioncounda Traoré est depuis considéré comme le candidat du parti, malgré ses réticences personnelles à endosser ce rôle.

Divisions au sein du parti

« Tout ceci est une mascarade, peste Kalfa Sanogo, maire de Sikasso et ancien aspirant à l’investiture de l’Adema-PASJ. Certains cadres ont présenté la candidature de Dioncounda contre son gré pour enrayer le processus de désignation interne et empêcher toute candidature face à IBK. » Face à ce qu’il considère être une manœuvre de la direction du parti, favorable au président sortant, il mène depuis sa propre coalition, « Kalfa 2018 ».

Il n’est pas normal de se retrouver dans une telle situation », déplore Adama Sangaré

À trois mois de la présidentielle, l’Adema-PASJ semble dans une impasse : ses troupes sont divisées et personne ne sait ce que son candidat souhaite réellement faire. « Il n’est pas normal de se retrouver dans une telle situation, déplore Adama Sangaré, vice-président du parti et opposé à une candidature des abeilles. Tout cela ne serait pas arrivé si certains avaient compris qu’il ne servait à rien de se présenter sans un minimum de soutiens. »

Un mutisme qui alimente les spéculations

Le silence auquel s’astreint Dioncounda Traoré depuis un mois ne fait qu’accentuer les incertitudes autour de l’Adema-PASJ. Beaucoup n’expliquent pas – y compris dans son premier cercle – pourquoi il n’exprime pas clairement sa position, afin de mettre un terme aux spéculations.

Tout cela sont des fantasmes. Si Dioncounda soutenait IBK, il le dirait clairement », rétorque un de ses fidèles

Pour d’autres, ce mutisme serait volontaire : il permettrait d’entretenir le flou autour d’une éventuelle candidature et, in fine, de la rendre caduque au profit d’IBK – dont Traoré est réputé assez proche. « Tout cela sont des fantasmes. Si Dioncounda soutenait IBK, il le dirait clairement », rétorque un de ses fidèles. Selon lui, son mentor, de nature taiseuse, finira par parler. « Rien ne presse, estime-t-il. Regardez les autres grands partis : ni le RPM [le Rassemblement pour le Mali, le parti d’IBK, ndlr] ni l’URD [l’Union pour la république et la démocratie, le premier parti d’opposition, ndlr] n’ont encore investi leurs candidats ! ».

Pour tenter d’y voir plus clair, une réunion des secrétaires généraux de l’Adema-PASJ doit se tenir ce mardi 24 avril à Bamako.

Source : jeuneafrique.com

 

Crise à Madagascar : l’armée se pose en garante des institutions

Aux lendemains de la répression sanglante de la manifestation de samedi 21 avril, et à la veille des funérailles des victimes tombées sous les balles des forces de l'ordre, l'armée malgache enjoint les responsables politiques à « trouver une solution politique » à la crise.

La hiérarchie militaire de Madagascar est bien d’accord avec Hery Rajaonarimampianina. « Les forces de l’ordre accompliront leur devoir de protéger la population et ses biens », a confirmé le général et ministre de la Défense, Béni Xavier Rasolofonirina, lors d’une conférence de presse donnée à Antananarivo lundi 23 avril, entouré des commandants en chef de l’armée, de la police et de la gendarmerie.

Samedi : tirs à balles réelles sur la foule

Il se faisait ainsi l’écho des préoccupations énoncées la veille par le chef de l’État, tout juste rentré dans son palais d’Iavoloha après une escapade de trois jours à Paris. Dans son discours, dimanche soir, le président Rajaonarimampianina est évidemment revenu sur la manifestation du samedi 21 avril qui s’est soldée par la mort de six personnes sous les tirs à balles réelles des forces de l’ordre.

Il a vigoureusement dénoncé ce qu’il apparente « à une tentative de coup d’état ». Il a affirmé une nouvelle fois que « l’Etat prendra ses responsabilités » et que « les forces de l’ordre se dresseront toujours pour défendre la légalité et les institutions démocratiques », n’hésitant à mettre en garde ceux qui veulent « créer des troubles, diviser la nation et faire couler le sang ».

Comme s’ils étaient embarrassés par celui qu’ils ont versés quelques jours plus tôt, Béni Xavier Rasolofonirina et ses collègues se sont bien dits prêts à endosser l’uniforme de garant de la constitution, mais plus à n’importe quel prix.

La passivité des forces de l’ordre, lundi, ressemble à un avertissement pour la présidence

Après avoir officiellement présenté leurs condoléances aux familles des victimes, ils ont annoncé « refuser de voir Madagascar devenir à nouveau un champ de bataille » et appelé les politiciens à « trouver une solution politique », qui mènera « impérativement vers des élections, selon les délais et les conditions prescrits par la loi fondamentale ».

Lundi : retrait des troupes

La passivité des forces de l’ordre disposées lundi 23 avril autour de la place du 13 mai, devant l’Hôtel de ville, ressemble même à un avertissement pour la présidence. Mises en place pour interdire l’hommage rendu l’après-midi aux victimes, elles se sont finalement retirées, libérant la voie à des centaines de personnes venus écouter les principaux responsables de la société civile et de l’opposition.

Parmi les orateurs, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, dont c’était, pour ce dernier, la première prise de parole publique depuis son retrait du processus électoral de 2013.

Ces scènes de répression sont les pires que le pays ait connu depuis des années

Même si les deux opposants en chef affirment d’une même voix qu’aucune alliance n’est en vue dans la perspective de l’élection présidentielle de la fin de l’année, le fait de les voir se retrouver sur de nombreux points ne présage rien de bon pour Hery Rajaonarimampianina.

Les plaintes déposées par les familles des victimes non plus. L’enquête pourrait bien gêner le président dans les prochains mois, si sa responsabilité est établie. « Marc Ravalomanana a été condamné pour des faits pas si éloignés », estime un membre de l’opposition.

Mercredi : un test pour le président malgache

Si sa culpabilité était établie, le président pourrait alors être, à son tour, victime des nouvelles lois électorales qu’ils tentent de faire passer au forceps ces dernières semaines et dont le rejet a été la principale revendication des manifestations du 21 avril. En effet, les textes interdisent désormais à tout justiciable de participer à la moindre élection.

Mais le président Hery pourra-t-il tenir jusque là ? « Ces scènes de répression sont les pires que le pays ait connu depuis des années, alors que la manifestation était restée pacifiques. Sa position risque d’être intenable », estime un observateur international sur place.

Surtout que, pour la première fois, les représentants de la société civile et de l’opposition ont clairement appelé à la démission du chef de l’État, qui semble même diviser jusque dans son propre clan.

Les funérailles des six victimes, le 25 avril, vont être l’occasion de nouveaux rassemblements dans la capitale et constituer un véritable test quant à la survie politique du président malgache.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : le Premier ministre souhaite un 5e mandat de Bouteflika

Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a émis le souhait que le président Abdelaziz Bouteflika brigue un 5e mandat l'an prochain, une semaine après un appel en ce sens du chef du parti au pouvoir.

« Nous ne pourrions être que ravis que le président poursuive ses fonctions à la tête de l’Etat », a déclaré M. Ouyahia lors d’une conférence de presse, selon des propos cités par la presse dimanche.

A un an de la fin du mandat du chef de l’Etat, en avril 2019, les spéculations vont bon train en Algérie autour d’une nouvelle candidature du président Bouteflika, 81 ans, au pouvoir depuis 1999 et très affaibli depuis cinq ans par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

« Désir des militants de le voir poursuivre son œuvre »

Le 7 avril, le secrétaire général du Front de libération national (FLN), parti de M. Bouteflika, avait publiquement fait part du « souhait » et du « désir des militants de le voir poursuivre son œuvre » après 2019.

Deux jours plus tard, en fauteuil roulant, M. Bouteflika faisait une très rare apparition devant la population, en inaugurant dans le centre d’Alger une mosquée historique rénovée et deux nouvelles stations de métro.

Le chef de l’Etat est très affaibli depuis l’AVC dont il a été victime en 2013, qui a affecté sa mobilité et son élocution, suscitant des spéculations sur son état de santé et sa capacité à gouverner.

« L’image ne ment pas »

Cette sortie « a été pour le peuple algérien l’occasion de voir son président et l’image ne ment pas », s’est félicité M. Ouyahia, estimant qu’elle avait permis de montrer que « le président n’est pas une « poupée » ».

« Certains sont allés jusqu’à dire que les images montrant à la télévision le président recevant ses hôtes étrangers étaient truquées », s’est-il insurgé, « nous n’avons rien à cacher ».

Ces derniers mois, M. Bouteflika est essentiellement apparu devant les caméras de la seule télévision publique, présidant le conseil des ministres à sa résidence médicalisée ou y recevant des dirigeants étrangers.

En mai et novembre, lors des élections législatives puis locales, il avait été accompagné en fauteuil roulant à un bureau de vote d’Alger où il avait déposé son bulletin dans l’urne devant les médias privés et internationaux.

Source : jeuneafrique.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Obsèques de Winnie Mandela: la ferveur des milliers de Sud-Africains réunis à Soweto

L’Afrique du Sud rend, ce samedi, un dernier hommage à Winnie Mandela décédée le 2 avril dernier. Les obsèques de l’ancienne femme de Nelson Mandela se déroulent au stade du township de Soweto, figure elle aussi de la lutte contre l’Apartheid. Plusieurs milliers de personnes sont attendues après un deuil national de dix jours.

Le stade de Soweto continue de se remplir ce samedi matin. Les dignitaires, les officiels et les proches de Winnie Mandela sont arrivés sur le tapis rouge, déroulé au milieu de ce stade de Soweto. Ils ont pris place autour de la tribune officielle. Sur les écrans dressés autour de la scène, la foule a pu suivre le convoi qui a transporté la dépouille de Winnie Mandela, de sa résidence de Soweto au stade.

Le cercueil de Winnie Mandela, paré d’un drapeau sud-africain, a été déposé au centre du stade où l’on peut entendre la ferveur des milliers de Sud-Africains réunis, les chants de lutte qui sont entonnés à pleins poumons par le public. Plusieurs discours sont attendus. Le président Cyril Ramaphosa prendra bien sûr la parole. Et parmi les représentants étrangers invités aujourd’hui, on peut citer notamment le président de l'Etat congolais Denis Sassou-Nguesso qui devrait également faire un discours.

Winnie Mandela sera inhumée cet après-midi dans le cimetière de Fourways, au nord de Johannesburg, lors d’une cérémonie privée.

Source : RFI