Tue11202018

Last update07:23:07 PM GMT

Back Divers Faits Divers Faits Divers en Afrique

Politique en Afrique

Mali : à trois mois de la présidentielle, l’Adema-PASJ suspendue au choix de Dioncounda Traoré

Désigné candidat du parti des abeilles, l'ex-président de transition se mure dans un silence qui entretient les doutes sur sa volonté de se présenter à la présidentielle du 29 juillet. Déjà minée par des divisions internes, l'Adema-PASJ semble dans l'impasse.

Que pense vraiment Dioncounda Traoré ? Va-t-il se lancer dans la course à Koulouba ? Personne, aujourd’hui, ne semble en mesure de répondre à ces questions. Si l’intéressé ne pipe mot, son entourage se veut formel : il n’a pas l’intention de se présenter à la présidentielle du 29 juillet. À 76 ans, l’ex-président de transition est fatigué et estime sa carrière politique terminée. Marqué par son passage éprouvant à la tête de l’État d’avril 2012 à septembre 2013, l’homme à l’écharpe blanche et aux tempes grisonnantes aspire davantage à une retraite paisible qu’à un nouveau mandat.

Certains, autour de lui, ne l’ont pas entendu de cette oreille. Alors que les militants de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-PASJ) se déchiraient sur la nécessité de présenter, ou non, un candidat face à leur allié Ibrahim Boubacar Keïta, ce membre historique du parti est apparu comme le seul capable d’unir les abeilles dans la ruche.

Ses partisans de la section de Nara, son fief, à 350 kilomètres au nord de Bamako, ont donc déposé un dossier à son nom aux primaires organisées fin mars. Sorti grand vainqueur de cette consultation interne, Dioncounda Traoré est depuis considéré comme le candidat du parti, malgré ses réticences personnelles à endosser ce rôle.

Divisions au sein du parti

« Tout ceci est une mascarade, peste Kalfa Sanogo, maire de Sikasso et ancien aspirant à l’investiture de l’Adema-PASJ. Certains cadres ont présenté la candidature de Dioncounda contre son gré pour enrayer le processus de désignation interne et empêcher toute candidature face à IBK. » Face à ce qu’il considère être une manœuvre de la direction du parti, favorable au président sortant, il mène depuis sa propre coalition, « Kalfa 2018 ».

Il n’est pas normal de se retrouver dans une telle situation », déplore Adama Sangaré

À trois mois de la présidentielle, l’Adema-PASJ semble dans une impasse : ses troupes sont divisées et personne ne sait ce que son candidat souhaite réellement faire. « Il n’est pas normal de se retrouver dans une telle situation, déplore Adama Sangaré, vice-président du parti et opposé à une candidature des abeilles. Tout cela ne serait pas arrivé si certains avaient compris qu’il ne servait à rien de se présenter sans un minimum de soutiens. »

Un mutisme qui alimente les spéculations

Le silence auquel s’astreint Dioncounda Traoré depuis un mois ne fait qu’accentuer les incertitudes autour de l’Adema-PASJ. Beaucoup n’expliquent pas – y compris dans son premier cercle – pourquoi il n’exprime pas clairement sa position, afin de mettre un terme aux spéculations.

Tout cela sont des fantasmes. Si Dioncounda soutenait IBK, il le dirait clairement », rétorque un de ses fidèles

Pour d’autres, ce mutisme serait volontaire : il permettrait d’entretenir le flou autour d’une éventuelle candidature et, in fine, de la rendre caduque au profit d’IBK – dont Traoré est réputé assez proche. « Tout cela sont des fantasmes. Si Dioncounda soutenait IBK, il le dirait clairement », rétorque un de ses fidèles. Selon lui, son mentor, de nature taiseuse, finira par parler. « Rien ne presse, estime-t-il. Regardez les autres grands partis : ni le RPM [le Rassemblement pour le Mali, le parti d’IBK, ndlr] ni l’URD [l’Union pour la république et la démocratie, le premier parti d’opposition, ndlr] n’ont encore investi leurs candidats ! ».

Pour tenter d’y voir plus clair, une réunion des secrétaires généraux de l’Adema-PASJ doit se tenir ce mardi 24 avril à Bamako.

Source : jeuneafrique.com

 

Crise à Madagascar : l’armée se pose en garante des institutions

Aux lendemains de la répression sanglante de la manifestation de samedi 21 avril, et à la veille des funérailles des victimes tombées sous les balles des forces de l'ordre, l'armée malgache enjoint les responsables politiques à « trouver une solution politique » à la crise.

La hiérarchie militaire de Madagascar est bien d’accord avec Hery Rajaonarimampianina. « Les forces de l’ordre accompliront leur devoir de protéger la population et ses biens », a confirmé le général et ministre de la Défense, Béni Xavier Rasolofonirina, lors d’une conférence de presse donnée à Antananarivo lundi 23 avril, entouré des commandants en chef de l’armée, de la police et de la gendarmerie.

Samedi : tirs à balles réelles sur la foule

Il se faisait ainsi l’écho des préoccupations énoncées la veille par le chef de l’État, tout juste rentré dans son palais d’Iavoloha après une escapade de trois jours à Paris. Dans son discours, dimanche soir, le président Rajaonarimampianina est évidemment revenu sur la manifestation du samedi 21 avril qui s’est soldée par la mort de six personnes sous les tirs à balles réelles des forces de l’ordre.

Il a vigoureusement dénoncé ce qu’il apparente « à une tentative de coup d’état ». Il a affirmé une nouvelle fois que « l’Etat prendra ses responsabilités » et que « les forces de l’ordre se dresseront toujours pour défendre la légalité et les institutions démocratiques », n’hésitant à mettre en garde ceux qui veulent « créer des troubles, diviser la nation et faire couler le sang ».

Comme s’ils étaient embarrassés par celui qu’ils ont versés quelques jours plus tôt, Béni Xavier Rasolofonirina et ses collègues se sont bien dits prêts à endosser l’uniforme de garant de la constitution, mais plus à n’importe quel prix.

La passivité des forces de l’ordre, lundi, ressemble à un avertissement pour la présidence

Après avoir officiellement présenté leurs condoléances aux familles des victimes, ils ont annoncé « refuser de voir Madagascar devenir à nouveau un champ de bataille » et appelé les politiciens à « trouver une solution politique », qui mènera « impérativement vers des élections, selon les délais et les conditions prescrits par la loi fondamentale ».

Lundi : retrait des troupes

La passivité des forces de l’ordre disposées lundi 23 avril autour de la place du 13 mai, devant l’Hôtel de ville, ressemble même à un avertissement pour la présidence. Mises en place pour interdire l’hommage rendu l’après-midi aux victimes, elles se sont finalement retirées, libérant la voie à des centaines de personnes venus écouter les principaux responsables de la société civile et de l’opposition.

Parmi les orateurs, Marc Ravalomanana et Andry Rajoelina, dont c’était, pour ce dernier, la première prise de parole publique depuis son retrait du processus électoral de 2013.

Ces scènes de répression sont les pires que le pays ait connu depuis des années

Même si les deux opposants en chef affirment d’une même voix qu’aucune alliance n’est en vue dans la perspective de l’élection présidentielle de la fin de l’année, le fait de les voir se retrouver sur de nombreux points ne présage rien de bon pour Hery Rajaonarimampianina.

Les plaintes déposées par les familles des victimes non plus. L’enquête pourrait bien gêner le président dans les prochains mois, si sa responsabilité est établie. « Marc Ravalomanana a été condamné pour des faits pas si éloignés », estime un membre de l’opposition.

Mercredi : un test pour le président malgache

Si sa culpabilité était établie, le président pourrait alors être, à son tour, victime des nouvelles lois électorales qu’ils tentent de faire passer au forceps ces dernières semaines et dont le rejet a été la principale revendication des manifestations du 21 avril. En effet, les textes interdisent désormais à tout justiciable de participer à la moindre élection.

Mais le président Hery pourra-t-il tenir jusque là ? « Ces scènes de répression sont les pires que le pays ait connu depuis des années, alors que la manifestation était restée pacifiques. Sa position risque d’être intenable », estime un observateur international sur place.

Surtout que, pour la première fois, les représentants de la société civile et de l’opposition ont clairement appelé à la démission du chef de l’État, qui semble même diviser jusque dans son propre clan.

Les funérailles des six victimes, le 25 avril, vont être l’occasion de nouveaux rassemblements dans la capitale et constituer un véritable test quant à la survie politique du président malgache.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : le Premier ministre souhaite un 5e mandat de Bouteflika

Le Premier ministre algérien Ahmed Ouyahia a émis le souhait que le président Abdelaziz Bouteflika brigue un 5e mandat l'an prochain, une semaine après un appel en ce sens du chef du parti au pouvoir.

« Nous ne pourrions être que ravis que le président poursuive ses fonctions à la tête de l’Etat », a déclaré M. Ouyahia lors d’une conférence de presse, selon des propos cités par la presse dimanche.

A un an de la fin du mandat du chef de l’Etat, en avril 2019, les spéculations vont bon train en Algérie autour d’une nouvelle candidature du président Bouteflika, 81 ans, au pouvoir depuis 1999 et très affaibli depuis cinq ans par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

« Désir des militants de le voir poursuivre son œuvre »

Le 7 avril, le secrétaire général du Front de libération national (FLN), parti de M. Bouteflika, avait publiquement fait part du « souhait » et du « désir des militants de le voir poursuivre son œuvre » après 2019.

Deux jours plus tard, en fauteuil roulant, M. Bouteflika faisait une très rare apparition devant la population, en inaugurant dans le centre d’Alger une mosquée historique rénovée et deux nouvelles stations de métro.

Le chef de l’Etat est très affaibli depuis l’AVC dont il a été victime en 2013, qui a affecté sa mobilité et son élocution, suscitant des spéculations sur son état de santé et sa capacité à gouverner.

« L’image ne ment pas »

Cette sortie « a été pour le peuple algérien l’occasion de voir son président et l’image ne ment pas », s’est félicité M. Ouyahia, estimant qu’elle avait permis de montrer que « le président n’est pas une « poupée » ».

« Certains sont allés jusqu’à dire que les images montrant à la télévision le président recevant ses hôtes étrangers étaient truquées », s’est-il insurgé, « nous n’avons rien à cacher ».

Ces derniers mois, M. Bouteflika est essentiellement apparu devant les caméras de la seule télévision publique, présidant le conseil des ministres à sa résidence médicalisée ou y recevant des dirigeants étrangers.

En mai et novembre, lors des élections législatives puis locales, il avait été accompagné en fauteuil roulant à un bureau de vote d’Alger où il avait déposé son bulletin dans l’urne devant les médias privés et internationaux.

Source : jeuneafrique.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Obsèques de Winnie Mandela: la ferveur des milliers de Sud-Africains réunis à Soweto

L’Afrique du Sud rend, ce samedi, un dernier hommage à Winnie Mandela décédée le 2 avril dernier. Les obsèques de l’ancienne femme de Nelson Mandela se déroulent au stade du township de Soweto, figure elle aussi de la lutte contre l’Apartheid. Plusieurs milliers de personnes sont attendues après un deuil national de dix jours.

Le stade de Soweto continue de se remplir ce samedi matin. Les dignitaires, les officiels et les proches de Winnie Mandela sont arrivés sur le tapis rouge, déroulé au milieu de ce stade de Soweto. Ils ont pris place autour de la tribune officielle. Sur les écrans dressés autour de la scène, la foule a pu suivre le convoi qui a transporté la dépouille de Winnie Mandela, de sa résidence de Soweto au stade.

Le cercueil de Winnie Mandela, paré d’un drapeau sud-africain, a été déposé au centre du stade où l’on peut entendre la ferveur des milliers de Sud-Africains réunis, les chants de lutte qui sont entonnés à pleins poumons par le public. Plusieurs discours sont attendus. Le président Cyril Ramaphosa prendra bien sûr la parole. Et parmi les représentants étrangers invités aujourd’hui, on peut citer notamment le président de l'Etat congolais Denis Sassou-Nguesso qui devrait également faire un discours.

Winnie Mandela sera inhumée cet après-midi dans le cimetière de Fourways, au nord de Johannesburg, lors d’une cérémonie privée.

Source : RFI

 

Victoire du parti de Barrow aux municipales

Victoire du parti de Barrow aux municipalesEn Gambie, la Commission électorale confirme vendredi la victoire du parti au pouvoir aux élections municipales. Le Parti démocratique unifié (UDP) du président Adama Barrow gagne plus de la moitié des circonscriptions.

L'UDP est sorti vainqueur jeudi dans 62 localités devant le Congrès démocratique de Gambie (GDC) de l'opposant Mama Kandeh, qui l'a emporté dans 23 autres, selon les résultats annoncés vendredi par le président de la Commission électorale, Alieu Momar Njie.

Ces premières élections locales post-Jammeh visaient à renouveler les conseillers municipaux dans les 120 circonscriptions du pays.

La grande majorité de ces circonscriptions étaient contrôlées par l'Alliance patriotique pour la réorientation et la reconstruction (APRC), l'ex-parti de Yahya Jammeh qui a quitté le pouvoir il y a un peu plus d'un an.

L'ancienne formation de M. Jammeh, a obtenu 18 circonscriptions au terme du scrutin. Les autres partis et les candidats indépendants se partagent les 17 circonscriptions restantes. Les dernières élections locales ont eu lieu en 2013.

Le scrutin avait été boycotté par l'opposition qui le trouvait très peu démocratique et transparent. Quinze mois après l'exil à Malabo de son ancien dirigeant, la Gambie continue à tourner la page de l'ère Jammeh. En février, elle a annoncé un moratoire sur la peine de mort et a réintégré le Commonwealth, qu'elle avait soudainement quitté en 2013.

Source : BBC Afrique

 

Comité paritaire chargé du suivi de la transhumance transfrontalière entre le Sénégal et la Mauritanie : la déclaration de Saint-Louis

Comité paritaire chargé du suivi de la transhumance transfrontalière entre le Sénégal et la Mauritanie : la déclaration de Saint-LouisLe Comité paritaire chargé du suivi de la transhumance transfrontalière entre la République du Sénégal et la République Islamique de Mauritanie s’est réuni, les 12 et 13 avril 2018 à Saint-Louis, sous la présidence conjointe de :

Madame Aminata Mbengue Ndiaye, Ministre de l’Elevage et des Productions animales de la République du Sénégal ;
Madame Vatma Vall Mint Soueina, Ministre de l’Elevage de la République Islamique de Mauritanie.

Cette réunion, précédée de celle des Gouverneurs et Walis, s’est déroulée en présence de l’Ambassadeur du Sénégal en République Islamique de Mauritanie, Son Excellence Monsieur Mamadou Tall, du Conseiller technique de Monsieur le Premier Ministre du Sénégal en charge du secteur de l’élevage, Dr Papa Serigne SECK.

Y ont également pris part les Gouverneurs de Saint-Louis, Louga, Matam et Tambacounda et les Walis des wilayas du Trarza, du Brakna, du Gorgol et du Guidimakha, les représentants de l’Assemblée Nationale et du Haut Conseil des Collectivités Territoriales du Sénégal, l’Union des Associations des Elus Locaux, les Services techniques des départements ministériels concernés et les services de Sécurité déconcentrés ainsi que les représentants des organisations socio-professionnelles d’éleveurs des deux pays.

Dans leurs allocutions respectives, les deux Ministres ont rappelé la récente visite de travail et d’amitié que son Excellence Monsieur Macky SALL, Président de la République du Sénégal, a effectuée à Nouakchott, les 08 et 09 février 2018 sur invitation de son frère, son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République Islamique de Mauritanie en vue de renforcer la coopération entre les deux pays.

Au vu de l’importance accordée à la coopération dans le domaine de l’élevage à l’occasion de cette visite, instruction a été donnée aux Ministres en charge de l’Elevage de tenir au Sénégal, courant mars-avril 2018, la réunion du Comité paritaire de suivi de la transhumance transfrontalière.

Les deux Ministres ont réitéré leur attachement à l’Accord portant sur la transhumance transfrontalière liant les deux pays et l’importance de la tenue régulière des réunions du Comité paritaire. Aussi, les deux Ministres ont-ils réaffirmé l’engagement des Autorités à mettre en œuvre les dispositions dudit Accord.

Après la cérémonie d’ouverture, le Comité paritaire a examiné le compte-rendu de la réunion des Gouverneurs et Walis soumis à l’approbation des deux Ministres. Ce compte-rendu est le résultat des discussions consensuelles autour de plusieurs points à savoir :

l’Accord règlementant la transhumance transfrontalière entre les deux pays ;

le protocole d’Accord de coopération dans le domaine de la santé animale, de la santé publique vétérinaire et des productions animales ;

la situation pastorale dans les deux pays et, le commerce du bétail.

Le Comité paritaire a noté avec satisfaction, la mise en œuvre des recommandations de la Déclaration de Nouakchott de mai 2015 notamment :

l’exécution par la Commission Ad Hoc du recensement du cheptel transhumant au Sénégal et en Mauritanie ;

les échanges d’informations zoo-sanitaires ;

la contribution de la Mauritanie à l’approvisionnement en moutons du marché sénégalais à l’occasion de la Tabaski ou Aid El Kebir 2017.

En dépit des efforts consentis par les Etats et les acteurs pour une gestion durable des ressources naturelles dans l’intérêt mutuel, les deux parties ont souligné les préoccupations suivantes :

le non-respect, par certains des dispositions du protocole d’Accord réglementant la transhumance transfrontalière entre les deux pays notamment les formalités administratives prévues, les points de passage officiels, les effectifs, les zones et la durée de séjour autorisés ;

la non harmonisation des tarifs de l’eau et de l’aliment bétail appliquées aux transhumants et aux résidents ;

la sécurité des biens et des personnes ;

le retard accusé dans la mise en œuvre du protocole d’Accord de coopération dans le domaine de la santé animale, de la santé publique vétérinaire et des productions animales.

Après discussions et échanges fructueux, le Comité paritaire a examiné et adopté le compte-rendu et le plan d’actions de la réunion des Gouverneurs et Walis, tenue les 09 et 10 avril 2018 à Saint-Louis. Lesdits documents annexés font partie intégrante de la présente déclaration.

Les Ministres ont pris l’engagement de mettre en œuvre ledit plan d’actions dans les délais prescrits.

Toutefois, les deux parties ont mis un accent particulier sur :

le respect des termes de l’Accord réglementant la transhumance transfrontalière ;

la régularisation de la situation administrative des transhumants de part et d’autre ;

la mise en place du Comité technique prévu par l’article 3 du protocole d’Accord de coopération dans le domaine de la santé animale, de la santé publique vétérinaire et des productions animales ;

la participation des autorités locales et des instituts de recherche aux réunions des Gouverneurs et Walis et à celle du Comité paritaire ;

l’identification d’un commun accord de nouveaux points d’entrée et de sortie officiels ;

l’engagement d’assurer aux transhumants des deux pays des services administratifs de proximité ;

l’importance de la recherche et des études d’impacts socioéconomiques et environnementales de la transhumance transfrontalière ;

la création d’un observatoire de la transhumance transfrontalière par le PRAPS ;

le renforcement des capacités des éleveurs et la vulgarisation de la législation pertinente ;

les programmes de sauvegarde de bétail pour faire face à la période de soudure.

La partie sénégalaise a vivement remercié la partie mauritanienne pour sa contribution à la satisfaction de ses besoins en moutons pour la fête de Tabaski (Aid El Kebir) 2017.

La partie mauritanienne a, pour sa part, remercié la partie sénégalaise pour toutes les dispositions de facilitation prises pour l’accueil des opérateurs de moutons de Tabaski. Elle a aussi remercié la partie sénégalaise et notamment les éleveurs pour leur solidarité envers les transhumants mauritaniens durant cette période marquée par la soudure.

Les deux parties se sont réjouies du bon déroulement des travaux et de l’engagement des acteurs.

Aux termes des travaux, Madame la Ministre de l’Elevage de la République Islamique de Mauritanie a exprimé, au nom de la délégation mauritanienne, sa profonde gratitude au Gouvernement de la République du Sénégal et à son Homologue Madame le Ministre de l’Elevage et des Productions Animales de la République du Sénégal pour l’accueil chaleureux et toutes les marques d’attention dont ils ont été l’objet durant leur séjour.

Fait à Saint-Louis, le 12 avril 2018

Pour le Gouvernement
de la République du Sénégal

Pour le Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie

Madame Aminata MBENGUE NDIAYE
Ministre de l’Elevage et des Productions Animales
Madame Vatma Vall MINT SOUEINA
Ministre de l’Elevage

Source : NdarInfo (Sénégal)

 

Sierra Leone : vaincu au second tour, Samura Kamara conteste les résultats de la présidentielle

Le candidat malheureux à l'élection présidentielle en Sierra Leone, Samura Kamara, a saisi la Cour suprême pour contester la victoire de Julius Maada Bio, après l'avoir félicité le 7 avril. Parallèlement à ce recours, le nouveau chef de l'État a désigné un gouvernement jeudi.

Ce recours à la Cour suprême est un rebondissement inattendu dans l’élection présidentielle en Sierra Leone. Julius Maada Bio a été proclamé le 4 avril vainqueur du second tour, qui s’est tenu le 31 mars. Samura Kamara avait alors exprimé l’intention de contester en justice les résultats, entachés selon lui par un « bourrage d’urnes », avant de féliciter son adversaire le 7 avril lors d’une visite à son domicile. Au terme d’une rencontre qui a duré moins d’une heure, les deux hommes s’étaient serrés la main et donné l’accolade devant les caméras.

« Mon parti, l’APC, entend apporter le soutien nécessaire à votre gouvernement », avait-t-il déclaré, tout en exhortant le nouveau pouvoir à faire cesser les violences contre ses partisans à travers le pays depuis l’annonce des résultats.

Dans son recours daté du 10 avril, Samura Kamara et deux dirigeants de son parti reprochent à la Commission électorale nationale (NEC) d’avoir proclamé la victoire de Julius Maada Bio sans tenir compte des irrégularités qu’ils dénoncent.

Ils demandent en conséquence à la Cour suprême « d’ordonner l’exclusion du décompte des bureaux de vote où s’est produit un bourrage d’urnes » et d’invalider l’annonce de la victoire de Julius Maada Bio, qui prêtait serment deux heures plus tard.

Le bon déroulement du scrutin salué par les observateurs

« Nous en avons été officiellement notifiés hier (mercredi) soir », a déclaré Albert Massaquoi, porte-parole de la NEC, visé par ce recours, de même que le président Bio. « Cela fait partie du processus démocratique », a-t-il ajouté.

La date de la décision de la Cour suprême n’était pas connue dans l’immédiat.

Les observateurs présents lors des élections ont généralement salué le bon déroulement du scrutin et Julius Maada Bio a reçu les félicitations de la plupart des dirigeants internationaux.

Une cérémonie officielle d’intronisation du nouveau président est prévue le 12 mai à Freetown.

Nouveau gouvernement

Parallèlement à ce recours de son adversaire, le nouveau chef de l’État a désigné un gouvernement de 14 ministres : douze hommes et deux femmes. D’autres nominations restent encore à venir, selon un communiqué de la présidence publié jeudi.

Il a choisi comme ministre des Finances Jacob Jusu Saffa, un cadre de son parti, le SLPP, qui retrouve le pouvoir après plus de dix ans dans l’opposition, et à la Justice Charles Francis Margai, ministre dans les années 2000 et avocat de profession.

Ce dernier est le fils du deuxième Premier ministre de l’histoire de la Sierra Leone, Albert Margai et le neveu du premier chef de gouvernement et père de l’indépendance en 1961 de cette ancienne colonie britannique d’Afrique de l’Ouest. Candidat au premier tour de l’élection présidentielle le 7 mars, il s’est rallié à Julius Maada Bio.

Le portefeuille de l’Éducation revient à Alpha Timbo, architecte de formation, qui s’était retiré en sa faveur dans la course à l’investiture du SLPP pour l’élection présidentielle en octobre.

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc : les amis de Sa Majesté

Une pléiade de célébrités étrangères – hommes politiques, artistes et sportifs – entretiennent des relations privilégiées avec Mohammed VI. Florilège.

Maroc : qui sont les amis du Roi ?

Le pouvoir confine-t-il dans la solitude ? Les chefs d’État sont-ils forcément privés de l’amitié pure et désintéressée ? Depuis son arrivée sur le trône, Mohammed VI n’a jamais dissimulé, sans en faire étalage non plus, ses relations étroites, constructives et même chaleureuses avec plusieurs monarques et personnalités politiques étrangères.

D’abord, il y a les amitiés traditionnelles, souvent « au nom du père », feu Hassan II. C’est par exemple le cas avec la famille Bongo. Hassan II et Hadj Omar (comme il aimait l’appeler) étaient déjà proches. En juillet 1999, le chef de l’État gabonais avait porté le souverain marocain en terre et dès lors considéré le prince héritier, Sidi Mohammed, comme son « propre fils ». Ali Bongo Ondimba et Mohammed VI, qui se connaissent depuis leur adolescence, ont logiquement entretenu ces liens d’amitié.

Amitiés de longue date

Même chose avec Felipe VI, devenu roi d’Espagne en 2014. Sa première visite officielle fut réservée au Maroc. Juan Carlos et Hassan II entretenaient certes une amitié orageuse, mais il suffisait d’un simple coup de fil pour apaiser les tensions. À la mort de ce dernier, Juan Carlos a lui aussi promis d’être « comme un grand frère » pour Mohammed VI. Et malgré quelques incidents diplomatiques, les relations sont restées cordiales et chaleureuses. Raison d’État oblige.

Autre « ami de la famille » : Jacques Chirac, grand camarade de Hassan II, dans la pure tradition de la droite française, qui a toujours eu davantage d’atomes crochus avec la monarchie marocaine qu’avec la République socialiste algérienne. À la mort du souverain chérifien, Chirac a été un « soutien de la transition marocaine » et n’a pratiquement jamais raté un réveillon de Noël à la Gazelle d’or de Taroudant, relais quasi diplomatique entre la France et le Maroc. Il y a aussi le roi Abdallah de Jordanie. Les deux monarques ont de nombreux points communs : ils ont accédé au trône à la même époque, opté pour un mode de vie plus moderne et sont à la tête des deux monarchies les plus stables du monde arabe.

Des goûts éclectiques et modernes

Depuis son avènement, Mohammed VI s’est aussi émancipé de son père et a fait ses propres choix. Citons, par exemple, Alassane Ouattara, président de la Côte d’Ivoire, que le souverain n’a jamais hésité à soutenir publiquement et vice versa (notamment pour le retour du Maroc au sein de l’UA). Ou encore, plus récemment, Paul Kagame, président du Rwanda, qui partage avec le roi les envies de « réforme du continent ». Du côté français, Mohammed VI demeure un proche de Nicolas Sarkozy, qui avait défendu bec et ongles le plan marocain au Sahara et goûté aux délices de la « diplomatie pastilla » (dîners somptueux, vacances royales…).

Pour plus de légèreté sans doute, mais aussi au nom de son tropisme culturel, le souverain marocain s’est également rapproché des artistes, parfois binationaux. Depuis quelques années, les selfies affleurent sur les réseaux sociaux : le roi et Jamel Debbouze, le roi et Michel Polnareff, le roi et RedOne… M6 a des goûts éclectiques, grand public et dans l’air du temps, et une appétence certaine pour les performeurs.

Une distance monarchique

Fan et ami de Johnny Hallyday, le souverain s’est aussi rapproché de Maître Gims, originaire du Congo, avec qui il partage le plaisir de la « sape ». En cela, il ressemble à de nombreux hommes d’État. Un jour, Barack Obama confia : « Quand j’ai compris que je ne deviendrais pas Bruce Springsteen, j’ai voulu devenir président. » Mohammed VI était destiné à devenir roi, mais, comme tous les hommes de pouvoir, il nourrit une certaine admiration pour les stars et goûte leur compagnie.

Pour autant, proximité ne signifie pas promiscuité, encore moins familiarité. Là où Hassan II n’hésitait pas à qualifier le président français Valéry Giscard d’Estaing de « copain », M6 maintient toujours une certaine distance avec ses proches, comme un rappel de son statut de monarque et de commandeur des croyants. Gare à ceux qui confondraient amitié avec vulgarité : ils ne l’approcheront plus.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Dix choses à savoir sur Saïd Bouteflika, le frère du président algérien

Frère cadet et conseiller du président de la République algérienne, il a, au fil des ans, acquis une influence considérable.

• Oujdi

Dernier d’une fratrie de neuf (cinq frères, une sœur et trois demi-sœurs), il voit le jour en 1957 dans le quartier de Nedroma, dans la ville marocaine d’Oujda, proche de la frontière algérienne.

• Protégé

Un an après sa naissance, son père, mandataire au marché de gros et gérant du hammam Boussif à Oujda, meurt dans des conditions mystérieuses. Abdelaziz, son frère aîné, l’élève comme s’il était son fils. Plus tard, il aura pour mentor et parrain le colonel Houari Boumédiène, qui s’est pris d’affection pour lui.

• Élève des Jésuites

Primaire et collège chez les Pères blancs, lycée chez les jésuites… Il a fréquenté les mêmes établissements que les enfants des membres du Conseil de la révolution, dont faisait partie son frère, alors chef de la diplomatie algérienne.

 

• Parisien

L’étoile de son aîné ayant pâli, il part à Paris en 1983 pour y passer un doctorat en informatique, et s’installe dans un studio du 6e arrondissement, proche de la rue du Cherche-Midi. L’une de ses vieilles connaissances, qui l’aida financièrement, se souvient qu’il avait du mal à boucler ses fins de mois.

• Trotskiste

Doctorat en poche, il enseigne pendant plusieurs années à l’université de Bab Ezzouar (banlieue est d’Alger). Syndiqué au Conseil national des enseignants du supérieur, ce trotskiste participe à de nombreux mouvements de grève. Il prendra ses distances avec ses camarades en 1999, quand son frère sera élu président.

• Secret

Il ne dédaigne pas la compagnie des journalistes. Pourtant, il n’a jamais accordé la moindre interview. Ses vrais amis, qui se comptent sur les doigts d’une main, expliquent qu’il ne sert à rien de le solliciter : « Il ne parle jamais ! » Tout juste sait-on qu’il est marié à un médecin biologiste.

Éminence Grise

Après l’élection de son frère, il rejoint le palais d’El Mouradia pour s’occuper du réseau informatique. Nommé conseiller par décret non publiable, il deviendra beaucoup plus influent après l’hospitalisation du chef de l’État, en 2005, pour un ulcère hémorragique.

• Redouté

Les problèmes de santé qui handicapent son frère depuis son AVC de 2013 ont fait de lui la principale courroie de transmission entre la présidence, le gouvernement et l’institution militaire. Ministres, hauts fonctionnaires, hommes d’affaires… Tous le redoutent et cherchent ses faveurs.

• Successeur ?

Selon des rumeurs persistantes, il serait un candidat potentiel à la succession du raïs. Ses proches jurent pourtant qu’il ne nourrit aucune ambition présidentielle. Un jour, agacé par ces spéculations, le chef de l’État a même convoqué Ahmed Ouyahia, le Premier ministre, pour lui demander de les démentir dans la presse.

• Omniprésent

En coulisses, il exerce un contrôle total sur la communication qui entoure la personne du président et garde un œil vigilant sur le montage des brèves images d’Abdelaziz Bouteflika que diffuse la télévision nationale à l’occasion de chacune de ses audiences.

Source : jeuneafrique.com

 

Tchad: les réformes institutionnelles annoncées au forum inquiètent

Une IVe République est sur les rails au Tchad. Le forum sur la réforme des institutions s'est terminé mardi soir, le 27 mars, à N’Djamena. Un rendez-vous boycotté par l'opposition et une grande partie de la société civile. Plusieurs changements sont actés, comme la suppression du poste de Premier ministre et celle de certaines institutions. Le président Déby se félicite de « l’esprit démocratique du débat », mais l’opposition ne cache pas son inquiétude.

Le poste de Premier ministre est supprimé, tout comme certaines institutions importantes telles la Médiature, le Conseil économique et social. La création d'un poste de vice-président a été rejetée. La durée du mandat présidentiel passe de 5 à 6 ans, renouvelable une fois.

A l'issue de ce forum, le président tchadien s'est dit satisfait. « Le socle de la nouvelle République a été posé. Il me plait de souligner l’esprit démocratique du débat. Aucun point de vue n’a été imposé aux participants », a avancé Idriss Déby Itno.

Besoin de clarifications

Présent au forum, l'opposant Saleh Maki, qui dirige le Parti pour l'unité et la reconstruction (PUR), s'attendait au moins à la désignation d'un coordonnateur gouvernemental. De nombreuses interrogations restent en suspens.

Avant de passer à un référendum sur une nouvelle Constitution, un comité de juristes, de constitutionnalistes doit plancher. Quel régime politique Idriss Deby Itno veut-il instaurer ? Qui sera responsable devant l'Assemblée nationale ?

« Il est le président de la République. Il n’a pas de Premier ministre, donc il en assume l’entière responsabilité de tout ce qui adviendrait, de tous les actes posés par les membres du gouvernement et autres, souligne Saleh Maki. A ce que j’ai vu dans la salle qu’il y a eu des réactions assez houleuses, même du côté des députés de la Majorité ».

« Monarque » et « demi-dieu »

L'opposant Saleh Kebzabo, qui lui a boycotté le forum, dit qu'après avoir « triché en 2016 », Idriss Déby fait aujourd'hui un « coup d'Etat » et se prend pour un « demi-dieu » : « Je crois que c’est un nouveau coup d’Etat qui a été perpétré au Tchad. Il est arrivé à un stade où la concentration des pouvoirs entre ses mains n’est pas suffisante. Il évolue vers ce que les Africains appellent le « demi-dieu », c’est un régime présidentiel qui va vers la monarchie puisqu’il n’y a plus aucun responsable devant le Parlement ».

Ali Golhor n'était pas non plus dans la salle. Le porte-parole de la Coordination pour la défense de la Constitution affirme qu’Idriss Déby fait le vide autour de lui. Il dénonce un comportement de « monarque ». « Depuis un certain temps, il se conduit en véritable monarque. Il n’y a plus de contrepouvoir. Il a monopolisé tous le pouvoir. La dictature s’installe nécessairement. Pendant ce temps, le pays se meurt ».

Pour certains observateurs : pas de Premier ministre, ce n’est pas de concurrent potentiel en 2021. Le Tchad semble se diriger vers un régime présidentiel intégral. Mais qu’est-ce que cela signifie, concrètement ? Des membres du Mouvement patriotique du salut (MPS), le parti au pouvoir, l'opposition et la société civile se disent très inquiets et attendent la mise sur pied du comité de rédaction de juristes et d’experts qui doivent passer au crible les décisions du forum. Avec cette interrogation : les résolutions adoptées par le forum sont-elles applicables ? Des modifications sont encore possibles.

Source : RFI

 

Présidentielle en RDC : en quête du dauphin idéal de Joseph Kabila

À officiellement neuf mois de l'élection présidentielle, Joseph Kabila semble envisager de céder son fauteuil. Mais à qui ? En coulisses, l'agitation grandit entre les prétendants.

RC Congo : le bal des dauphins de Joseph Kabila

Une curieuse fièvre s’est emparée des grandes universités de Kinshasa ces derniers mois. Les caciques de la majorité s’y pressent pour obtenir un doctorat, puissant sésame dans ce pays qui valorise les titres universitaires parfois jusqu’au fétichisme. Mais après son obtention, le nouveau diplômé est généralement la cible d’attaques et se voit accusé d’avoir triché.

C’est ce qui est arrivé au président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku Ndjalandjoko, en décembre dernier. Puis à l’ancien Premier ministre, Matata Ponyo Mapon, en février. Emmanuel Ramazani Shadary, le chef du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD, au pouvoir), est pour sa part inscrit à l’école doctorale de l’université de Kinshasa depuis 2015…

Une loi électorale avantageuse

L’élection présidentielle, qui devrait donner un successeur à Joseph Kabila, n’est pas étrangère à cette agitation. Sa date, officiellement fixée au 23 décembre prochain, demeure encore très incertaine. Mais plusieurs signes tendent à montrer que le chef de l’État envisage désormais de céder son fauteuil, au moins pour un temps.

En décembre, le Parlement a adopté une nouvelle loi électorale qui devrait favoriser les partis riches et puissants comme le sien : elle introduit des seuils de représentativité et relève le montant des cautions à payer pour se porter candidat. Puis, en janvier, les statuts du PPRD ont été réformés, créant un poste de président qui semble taillé sur mesure pour Joseph Kabila après son départ.

Une étrange campagne a donc commencé, où personne n’est déclaré, mais où coups bas et intoxications pleuvent

Si le calendrier électoral est respecté, le parti devrait désigner son candidat avant le mois d’août. Une étrange campagne a donc commencé, où personne n’est déclaré, mais où coups bas et intoxications pleuvent. Chacun tente de se positionner, en prenant soin de ne pas paraître forcer la main du chef. Tout le monde le sait en effet : lui seul prendra la décision, selon ses propres critères.

Le premier d’entre eux sera sans nul doute la loyauté ­– une loyauté aveugle, à n’en pas douter. Joseph Kabila est d’une méfiance extrême et il a des intérêts, notamment économiques, à protéger. La mésaventure de son ancien homologue angolais, José Eduardo dos Santos, rapidement marginalisé après son départ du pouvoir en 2017, n’a pu que renforcer sa vigilance.

Une alternative géographique

La popularité est donc à double tranchant : le candidat devra en avoir assez pour se faire élire (avec l’appui de la machine étatique), mais pas au point de pouvoir s’émanciper de la tutelle de Joseph Kabila. L’origine régionale devrait en revanche être déterminante. On dit le chef de l’État échaudé par la confiance qu’il avait accordée à des personnalités originaires de l’est du pays, comme Vital Kamerhe, Moïse Katumbi et Pierre Lumbi, aujourd’hui passés dans l’opposition. Par ailleurs, étant donné que la RD Congo aura eu deux présidents successifs issus du Katanga (Sud-Est), il a tout intérêt à mettre en œuvre une alternance géographique.

Vient ensuite le critère sécuritaire : le président sortant entend bien garder le contrôle sur l’armée et les services, colonne vertébrale du régime, et le candidat devra lui faciliter la tâche.

Enfin, et dans une moindre mesure, Kabila pourrait être attentif à l’image du candidat auprès de la communauté internationale. Lassés par plus d’une année et demie de crise politique, les Occidentaux, tout comme les pays voisins de la RD Congo, pourraient mettre en sourdine leurs nombreuses réserves quant au scrutin en préparation si le candidat du pouvoir leur sied.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle au Sierra Leone : la Haute cour autorise la tenue du second tour

La Haute cour sierra-léonaise a validé la tenue du second tour de l'élection présidentielle, dont les préparatifs avaient été suspendus suite à une requête d'un juriste du parti au pouvoir. Le second tour, mardi 27 mars, opposera Samura Kamara (APC) à Julius Maada Bio (SLPP).

Le suspense a pris fin en début d’après-midi à Freetown. À quelques heures du vote, la Haute cour sierra-léonaise a fini par trancher. Le second tour de l’élection présidentiel se déroulera bien le 27 mars et opposera Samura Kamara, candidat du All Peoples Congress, le parti au pouvoir, à Julius Maada Bio, candidat du principal parti d’opposition, le Sierra Leone People’s Party (SLPP). À l’issue du premier tour, l’ancien général Julius Maada Bio a obtenu une courte avance sur son adversaire, avec 43,3% des suffrages contre 42,7 % .

Allégations de fraudes

Samedi, la Haute cour sierra-léonaise avait ordonné à la Commission électorale nationale (NEC) d’arrêter les préparatifs du second tour de la présidentielle prévu mardi, à la suite d’une requête d’Ibrahim Sorie Koroma, un juriste du parti au pouvoir, au sujet d’allégations de fraudes.

À 53 ans, Julius Maada Bio, militaire de formation, se présente à sa deuxième élection présidentielle, après celle de 2012, perdue face au président Ernest Bai Koroma. Le candidat du SLPP avait pris part au putsch de 1992 avant de déposer le chef de la junte, le capitaine Valentine Strasser, en 1996 et de rétablir trois mois plus tard, le multipartisme eu Sierra Leone.

Il sera donc opposé au second tour à Samura Kamara, économiste de formation, ex-gouverneur de la Banque centrale et ancien ministre des Finances dont la désignation, en octobre dernier par Ernest Bai Koroma avait surpris au sein du APC.

Yumkella arbitre ?

Arrivé en troisième position lors du premier tour, Kandeh Yumkella, un ancien dirigeant du SLPP qui se présentait au nom d’une nouvelle formation, la Grande coalition nationale (NGC), a obtenu 6,9 % des votes, et pourrait jouer le rôle d’arbitre entre les deux partis qui se partagent le pouvoir depuis l’indépendance en 1961.

À noter que les missions d’observateurs étrangers, notamment celle de l’Union européenne, et de la société civile avaient salué le bon déroulement du scrutin général, qui combinait élections présidentielle, législatives et locales. Une élection par ailleurs marquée par un très fort taux de participation, estimé à plus de 84%.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle en Égypte : réélection assurée pour Abdel Fattah al-Sissi

Les Égyptiens votent à partir de lundi pour élire leur président dans un scrutin sans surprise qui devrait donner à l'homme fort du pays, Abdel Fattah al-Sissi, un deuxième mandat de quatre ans.

Quelque 60 millions d’électeurs, sur près de 100 millions d’habitants du pays le plus peuplé du monde arabe, sont appelés aux urnes les 26, 27 et 28 mars.

Ils ont le choix entre le président sortant Abdel Fattah al-Sissi, 63 ans et archi-favori, et un homme méconnu du grand public, Moussa Mostafa Moussa, 65 ans. Ce dernier, l’un des plus fervents supporters du président, s’est lancé dans la course pour lui éviter d’avoir à se présenter seul.

« Moussa Mostafa Moussa a peu de chance de remporter un nombre significatif de voix (…). Beaucoup de gens ne savent même pas qu’il se présente », estime Mostafa Kamal el Sayed, professeur de sciences politiques à l’Université du Caire.

Dans une interview à la télévision cette semaine, le président a estimé que l’absence de concurrents sérieux n’était pas de sa responsabilité. « J’aurais aimé que soient présents un, deux, trois ou 10 des meilleurs » candidats, a-t-il assuré.

Culte de la personnalité

En 2014, Abdel Fattah al-Sissi faisait déjà face à un unique concurrent : Hamdeen Sabbahi, vieille figure de la gauche, jouissant d’une plus grande notoriété que Moussa Mostafa Moussa, qui dirige le parti libéral Al-Ghad. L’ex-maréchal al-Sissi l’avait emporté par le score sans appel de 96,9% des voix.

Dans ce contexte, la seule donnée à revêtir de l’importance dans le scrutin de 2018 pourrait être le taux de participation.

Lors de la dernière présidentielle, ce taux avait atteint 37% après deux jours de scrutin. Les autorités avaient alors décidé de le prolonger d’une journée pour atteindre 47,5%.

Selon Mostafa Kamal el Sayed, « le résultat est connu d’avance et ça n’encourage pas les Égyptiens à aller voter », dit-il. « Et il n’y a pas eu de campagne », ajoute-t-il.

En guise de campagne, Abdel Fattah al-Sissi a multiplié les apparitions théâtrales lors de divers évènements largement couverts par la télévision. Les journaux pour leur part couvrent amplement tous ses faits et gestes.

Les villes, en particulier Le Caire, sont inondées de portraits du chef de l’État, objet d’un véritable culte de la personnalité. Rares sont les affiches représentant Moussa Mostafa Moussa.

Nombre d’Égyptiens, notamment les commerçants, ont pris l’initiative d’acheter et afficher des portraits du président. Beaucoup estiment qu’il est l’artisan du retour au calme dans le pays après le chaos qui a suivi la révolution de 2011 ayant renversé le président Hosni Moubarak.

Mais avec la crise économique et le retour à un régime qui est souvent considéré comme encore plus autoritaire que celui de Moubarak, ce capital sympathie a commencé à s’effriter.

Le président a promis dès le début de son premier mandat de ramener la stabilité dans le pays, y compris économique. Un ambitieux programme de réformes a été entrepris en 2016 en vue de l’obtention d’un prêt du Fonds monétaire international (FMI) de 12 milliards de dollars.

Parmi les réformes figure la décision en novembre 2016 de laisser flotter la monnaie nationale, ce qui a entraîné une flambée des prix affectant durement les ménages égyptiens.

Dans le même temps, si l’Égypte a retrouvé une forme de stabilité politique, le pays, qui a été frappé par plusieurs attentats jihadistes sanglants ces dernières années, reste confronté à des enjeux de sécurité majeurs.

En novembre dernier, le président Abdel Fattah al-Sissi avait notamment donné trois mois à son chef d’état-major et son ministre de l’Intérieur pour rétablir la sécurité dans le nord de la péninsule du Sinaï, où sévit une branche locale du groupe jihadiste État islamique (EI).

À ce jour, la campagne, qui a fait plus de 100 morts parmi les jihadistes mais aussi au moins 20 au sein de l’armée, se poursuit.

Aucune contestation

Mais face aux grosses difficultés économiques et à la persistance de ces troubles sécuritaires, aucune contestation sérieuse n’est apparue car Abdel Fattah al-Sissi, cinquième président égyptien issu des rangs de l’armée depuis 1952, gouverne d’une main de fer depuis la destitution en 2013 de son prédécesseur islamiste Mohamed Morsi.

Premier président civil élu démocratiquement, Mohamed Morsi issu de la confrérie des Frères musulmans, avait succédé en 2012 à Hosni Moubarak. Un an après, à la faveur de manifestations de masse, Morsi, qui s’était vite rendu impopulaire, a été déposé par al-Sissi, alors chef de l’armée.

Depuis 2014, al-Sissi a engagé une répression implacable contre l’opposition islamiste, mais aussi libérale.

Plusieurs milliers de partisans de l’ex-président islamiste ont été tués ou emprisonnés, et des centaines, dont Mohamed Morsi lui-même, ont été condamnés dans des procès de masse expéditifs vivement dénoncés par l’ONU.

Selon Reporter sans frontières (RSF), 30 journalistes sont actuellement emprisonnés en Égypte, et près de 500 sites internet sont bloqués.

Source : jeuneafrique.com

 

Démission de la présidente de Maurice : comment l’affaire Sobrinho est devenue une affaire d’État

La présidente mauricienne a officiellement quitté ses fonctions ce vendredi midi, poussée vers la sortie par le Premier ministre alors qu’elle était au centre d’un scandale financier. Un départ qui n'est que le dernier épisode d'une série d'affaires dont l'épicentre est le sulfureux homme d'affaires angolais Alvaro Sobrinho.

Le 23 mars, à midi, Ameenah Gurib Fakim a plié bagage et quitté la résidence du Réduit. La présidente de la République mauricienne a ainsi mis un terme à un feuilleton qui commençait sérieusement à ternir sa réputation et la fonction qu’elle représentait. Mise en cause dans un scandale financier, elle a été poussée à la démission par le Premier ministre, Pravind Jugnauth, fils et successeur d’Anerood, qui l’avait nommée à ce poste, très honorifique, en juin 2015.

Ameenah Gurib Fakim avait pourtant refusé, dans un premier temps, de quitter ses fonctions, contredisant même le chef du gouvernement qui avait annoncé son départ le 9 mars. « La situation était intenable », confirme un témoin depuis le Réduit.

Démission sous pression

Agacé par ces atermoiements présidentiels, le locataire de Clarisse House a sérieusement haussé le ton, lors d’une conférence de presse donnée le 15 mars, jugeant l’attitude d’Ameenah Gurib Fakim « déplorable et indigne » et n’hésitant pas à brandir « les nombreux éléments » dont il disposerait à son encontre.

Deux jours plus tard, et bien qu’elle continue de clamer son innocence, cette dernière rend les armes et envoie sa démission à la présidente de l’Assemblée nationale, Maya Hanoomanjee. « Dans l’intérêt supérieur du pays et pour éviter une crise institutionnelle qui fera souffrir l’économie et la population », selon son avocat, Yusuf Mohamed.

Une déclaration qui ressemble davantage à une incantation, tant cette démission fait trembler les fondements constitutionnels d’une République mauricienne qui vient tout juste de fêter son cinquantième anniversaire.

« C’est une illustration supplémentaire de l’essoufflement de notre système politique », estime un membre du Parlement. Ce départ n’est en effet que le dernier épisode en date d’une « affaire Sobrinho » qui défraie la chronique depuis plusieurs années à Maurice et laisse apparaître, au fil des mois, les noms de nombreux responsables politiques et hauts fonctionnaires, sur fond de trafics d’influence et de gratifications occultes, à moins de deux ans des prochaines élections générales.

Alvaro Sobrinho, le sulfureux homme d’affaires angolais

Depuis août 2015, tout le monde a entendu parler d’Alvaro Sobrinho à Maurice. L’arrivée de l’homme d’affaires angolais, âgé de 55 ans, a pourtant été des plus discrètes. Attiré par les avantages de la place financière mauricienne, il cherche, à l’époque, à obtenir une licence bancaire sur l’île. Il engage des démarches dans ce sens auprès de la Bank of Mauritius (BoM) qui après une enquête de trois mois, refuse sa demande.

Sobrinho a été précédé sur place par sa réputation sulfureuse, héritée de ses années passées à la tête de la Banco Espirito Santo Angola (BESA). Pendant ses dix années à la tête de la filiale de la banque portugaise, jusqu’en 2012, il aurait détourné plus de 500 millions de dollars, selon les autorités judiciaires de Lisbonne qui ont ouvert une enquête suite à la faillite de l’empire Grupo Espirito Santo (GES) en 2014.

Trois ans plus tôt déjà, il était suspecté d’avoir utilisé, à des fins personnelles, plusieurs dizaines de millions de dollars pour l’acquisition d’une vingtaine de villas au Portugal. Il est également soupçonné d’avoir acheté des juges portugais pour éviter la saisie de ces biens immobiliers par la justice.

En Suisse, par contre, le parquet fédéral n’a pas hésité à demander la saisie préventive de 140 millions d’euros placés sur les comptes de différentes banques helvétiques au lendemain de la faillite de GES. Même si aujourd’hui encore, aucune preuve n’a pu être établie quant à sa culpabilité.

C’est d’ailleurs l’avis du parquet de Luanda, qui n’a pas souhaité poursuivre l’ancien banquier, bien que les sommes détournées aient transité via la Banco nacional de Angola (BNA).

Alvaro Sobrinho ne fait d’ailleurs l’objet d’aucune poursuite dans son pays, où il semble compter de nombreux appuis, à commencer par celui d’Isabel dos Santos, fille de l’ancien président et détentrice, selon plusieurs sources, de 19 % du capital de la BESA, également connue en Angola comme « la banque du MPLA ». C’est donc en s’appuyant sur ces nombreuses procédures judiciaires en cours, sur ces zones d’ombre qui émaillent le mandat d’Alvaro Sobrinho à la BESA, que la BoM rend sa décision fin 2015.

Quand Pravind Jugnauth va rechercher Alvaro Sobrinho

 

« Pravind Jugnauth cherche alors à attirer les investisseurs étrangers pour relancer une croissance économique qui ronronne »

La tentative d’implantation de l’Angolais à Maurice aurait pu s’arrêter là si, un an plus tard, la Financial Services Commission (FSC) n’avait pas octroyé la licence tant demandée. Entre temps, un amendement, passé en juillet 2016, dans le cadre de la loi des finances 2017, transfert certaines compétences de la BoM vers la FSC, concernant notamment l’attribution des licences bancaires.

« Tout nouveau ministre des Finances, Pravind Jugnauth cherche alors à attirer les investisseurs étrangers pour relancer une croissance économique qui ronronne », explique un spécialiste du dossier. Dans un tel contexte, Alvaro Sobrinho et ses millions apparaissent alors comme une aubaine aux yeux du gouvernement.

« Il suffit que je regarde Sobrinho dans les yeux, pour savoir que son argent est propre », n’hésite pas à déclarer Ivan Collendavelloo, alors ministre de l’Énergie et patron du Mouvement libérateur (ML), membre de la coalition Lepep au pouvoir.

Désormais vice-Premier ministre, il semble toujours être autant sous le charme de l’Angolais. Surtout que ce dernier, dans la vaste opération séduction qu’il a lancée au lendemain du refus de la Banque centrale, a eu la bonne idée de se rapprocher d’Ameenah Gurib Fakim, nommée au Réduit grâce au soutien du ML et de son très influent chef de file.

« Il a voulu infiltrer le Réduit pour tenter de faire avancer ses dossiers, avant de réaliser les limites constitutionnelles de la présidence »

Le 23 novembre 2015, Alvaro Sobrinho lance officiellement à Maurice le Planet Earth Institute (PEI), une ONG accréditée auprès des Nations unies et sise à Londres, dont il confie très opportunément la vice-présidence à celle qui reste avant tout une scientifique de renommée mondiale. « Il a voulu infiltrer le Réduit pour tenter de faire avancer ses dossiers, avant de réaliser les limites constitutionnelles de la présidence et de chercher d’autres soutiens », explique un haut fonctionnaire.

Interdit de licence bancaire par la BoM, l’homme d’affaires angolais dispose néanmoins depuis 2015 de deux instruments financiers, interdits pour l’instant de toute collecte de fonds, ASA Fund et PASET Fund. Il a également mis la main sur une compagnie offshore mauricienne, dans laquelle il n’a encore jamais injecté d’argent.

La quasi-totalité du spectre politique concerné

Malgré la provenance douteuse de ses fonds, Alvaro Sobrinho a pu largement investir dans l’immobilier. Il aurait notamment acheté une trentaine de villas dans le luxueux complexe du Royal Palm, situé dans le Nord de l’île, où la moindre construction est mise en vente pour 1 million de dollars.

Il a également fait l’acquisition, pour 1,2 million de dollars, de sept berlines de prestige (Range Rover et Jaguar) qu’on le soupçonne d’avoir distribuées à ses amis pour services rendus. Que du beau monde, selon la rumeur populaire relayée par les médias mauriciens : le Premier ministre ; son conseiller financier et président de la FSC jusqu’à sa démission début janvier, Dev Manraj ; Ivan Collendavello, l’actuel numéro 2 du gouvernement ; Roshi Bhadain, l’ex-ministre des services financiers qui a quitté le gouvernement après avoir créé son Reform Party début 2017 ou encore son ami et ancien consultant pour la FSC, Akilesh Deerpalsing, ont tour à tour été pointés du doigt.

Même Xavier-Luc Duval, l’actuel leader de l’opposition, à la tête du Parti mauricien social-démocrate (PMSD) et ministre du Tourisme au moment des faits, a dû démentir certaines allégations.

En dehors du parti travailliste, au fond du trou depuis les accusations portées en 2015 contre son leader, Navin Ramgoolam, et du Mouvement militant mauricien (MMM) de Paul Béranger, l’ensemble du spectre politique mauricien risquerait donc d’être éclaboussé par l’affaire Sobrinho.

« Erreur de casting »

Elle devenait encombrante pour le gouvernement

Elle pourrait déjà avoir eu un impact sur la prochaine élection générale, prévue pour la fin de l’année 2019 ou le tout début de la suivante. En vieux routier de la politique locale, Paul Béranger n’aurait en effet pas tardé à voir tous les avantages qu’il peut tirer de la situation.

Alors qu’une possible alliance serait en cours de négociation entre son MMM et le Mouvement socialiste mauricien (MSM) de Pravind Jugnauth, certains l’imaginent déjà demander la tête de la présidente au Premier ministre, pour mieux se débarrasser d’Ivan Collendavello, son ancien compagnon de route, passé du côté de la coalition Lepep avant le scrutin de 2014.

Si tel a été le cas, le patron du MMM n’a certainement pas dû insister longtemps, tant Ameenah Gurib Fakim semblait exaspérer l’exécutif ces derniers mois, au point que de nombreux observateurs parlent aujourd’hui d’une véritable « erreur de casting ».

Bien sûr, la notoriété de la présidente a largement contribué à améliorer l’image de Maurice à l’international, rapportant peut-être au passage plusieurs millions de dollars d’investissement au pays, comme elle aime à le dire. Son goût prononcé du voyage, sa « liste de courses », publiée dans la presse mauricienne et qui démontrerait un goût certain pour les articles de luxe, semblent l’avoir également éloigné de la population.

Elle a également pu faire de l’ombre au gouvernement, donnant l’impression qu’elle disposait d’un statut bien plus étendu que celui prévu par la Constitution. « Elle devenait encombrante pour le gouvernement », lâche un proche de Clarisse House. De nombreux observateurs estiment même qu’un de ses membres pourrait être la source qui a fourni les relevés bancaires de la présidente, publiés début mars par le journal l’Express.

D’autres craignent qu’elle n’ait été victime d’un règlement de compte communautaire, la classe politique, à très forte majorité hindoue à Maurice, voyant dans cette affaire, une bonne occasion de déloger la musulmane de son Réduit. Avec peut-être un coup de pouce du Research and Analysis Wing (RAW), les services de renseignement indiens, au moment où le pays, dirigé par le Premier ministre nationaliste Narendra Modi, investi massivement ces derniers mois dans les infrastructures de l’île.

Autant de questions soulevées par cette démission et qui attendent toujours leurs réponses. Seule certitude, l’Affaire Sobrinho n’est que le dernier avatar d’une série de scandales qui décrédibilise l’ensemble de la classe politique mauricienne et ce, depuis la constitution même du pays.

À l’heure où celui-ci vient de célébrer un demi-siècle d’existence, « il est urgent de revoir le fonctionnement de certaines institutions de notre République », assure un politologue mauricien, qui espère que Pravind Jugnauth « fera preuve de suffisamment de courage pour lancer les réformes nécessaires, en matière de financement des partis notamment ».

En attendant, le chef du gouvernement doit trouver une remplaçante à Ameenah Gurib Fakim. Plusieurs noms circulent déjà à Port-Louis, comme celui de Rashid Beebeejaun, ancien vice-Premier ministre de Navin Ramgoolam dans les années 2000. Mais la tendance voudrait qu’une personnalité musulmane soit choisie, ne serait-ce que pour éviter toute tension communautaire.

L’ancien président de l’Islamic Cultural Center (ICC), Samioullah Lauthan et l’ex-ministre de la Justice, première députée musulmane jamais élue dans le pays, Shirin Aumeeruddy Cziffra, font aujourd’hui figure de favoris. Le gouvernement devrait rendre sa décision rapidement pour que l’heureux nominé puisse au plus vite tenter de redonner un peu de lustre à sa fonction.

Source : jeuneafrique.com

 

Nigeria : les écolières de Dapchi libérées par Boko Haram rencontreront le président

Au lendemain de leur libération soudaine mercredi, les 104 écolières kidnappées à Dapchi, dans le nord-est du Nigeria par le groupe jihadiste Boko Haram, ont été reçues à Abuja. Elles doivent rencontrer ce vendredi le président Muhammadu Buhari.

Au total, 104 des 110 écolières enlevés le 19 février dernier dans leur pensionnat à Dapchi, dans le nord-est du Nigeria, ont été rapatriées mercredi 21 mars.

Cinq sont décédées quelques heures après l’enlèvement, selon les témoignages de leurs camarades, et l’une, chrétienne qui a refusé de se convertir à l’Islam, est toujours entre les mains des ravisseurs, vraisemblablement dans une des îles sur le Lac Tchad.

Vêtues de leurs longs hijabs traditionnels, les filles sont montées à bord d’un avion de transport militaire depuis Maiduguri, la capitale de l’État de Borno, jusqu’à Abuja.

Elles devraient y rencontrer le président Muhammadu Buhari vendredi, et suivre un programme médical.

Le président Buhari avait reçu 82 lycéennes de Chibok, libérées en échange de prisonniers en mai 2017, trois ans après leur enlèvement qui avait provoqué une indignation internationale.

Pas de « rançon »

La libération inattendue des écolières de Dapchi a fait la Une des journaux jeudi au Nigeria et a soulevé des questions sur les négociations et sur ce que les hommes de Boko Haram ont pu recevoir en retour.

Le ministre nigérian de l’Information, Lai Mohammed, a démenti tout versement de rançon : « Il n’est pas vrai que nous ayons payé une rançon […] il n’y a pas eu non plus d’échange de prisonniers pour obtenir leur libération ».

« L’enlèvement lui-même était une violation des pourparlers de cessez-le-feu entre les insurgés et le gouvernement », a-t-il justifié. « Cela était devenu un fardeau moral pour les ravisseurs. »

« Toute information selon laquelle nous avons payé une rançon ou effectué un échange de prisonniers est fausse », a martelé Lai Mohammed, en réponse à des articles parus dans la presse locale.

Selon des experts, les rançons versées et les prisonniers libérés, en échange de la libération d’une centaine de lycéennes de Chibok, ont pu motiver Boko Haram à commettre un nouvel enlèvement de masse.

Mais la capacité du groupe à réussir un kidnapping de cette ampleur met en lumière les graves failles sécuritaires dans le nord-est du pays et notamment la protection des écoles.

Le gouvernement local de l’État de Borno (nord-est), épicentre des violences commises par les islamistes de Boko Haram, a annoncé la fermeture « immédiate et jusqu’à nouvel ordre » de tous les pensionnats pour des raisons de sécurité.

« Mesures urgentes et immédiates »

Les autorités du Borno n’ont fait aucune allusion à la libération des jeunes filles de Dapchi, expliquant que cette décision de fermer les pensionnats a été prise suite à l’attaque menée à Rann, le 1er mars, qui a coûté la vie à trois travailleurs humanitaires et huit membres des forces de sécurité.

Muhammad Bulama, le ministre local aux affaires intérieures et à l’information, a déclaré que ces « mesures urgentes et immédiates » étaient prises pour améliorer la sécurité, mais cela va affecter encore un peu plus l’accès et le niveau scolaire, déjà très faible, pour de nombreux enfants de la région.

À la dernière rentrée scolaire, l’Unicef a indiqué qu’au moins 57 % des écoles dans le Borno étaient fermées, craignant de voir « une génération perdue d’enfants, menaçant leur avenir et celui du pays ».

De leur côté, les Nations unies ont annoncé jeudi avoir repris l’aide humanitaire à Rann, suspendue pendant trois semaines, mais leur personnel – ainsi que les humanitaires de Médecins sans Frontières -, ne peuvent toujours pas dormir sur les lieux et se rendent dans cette ville très isolée en hélicoptère.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Nations-unies : Le Mauritanien Ibrahim Thiaw nommé Conseiller spécial pour le Sahel

Nations-unies : Le Mauritanien Ibrahim Thiaw nommé Conseiller spécial pour le Sahel Le Secrétaire général des Nations Unies António Guterres a annoncé aujourd’hui la nomination du mauritanien Ibrahim Thiaw, au poste de Conseiller spécial pour le Sahel.

Ibrahim Thiaw épaulera dans cette mission le ghanéen Mohamed Ibn Chambas, Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel. Avec son expérience et son expertise M. Thiaw aura comme tâche de conseiller le Secrétaire général des Nations Unies Antonio Gutierrez.

Fin connaisseur de la région du Sahel, M. Thiaw hérite d’une zone stratégique du continent, confrontée à de multiples défis, allant de la sécurité transfrontalière à la lutte contre le chômage, en passant par la sécurité alimentaire et les défis environnementaux.

Jusqu’à cette nomination, Ibrahim Thiaw occupait le poste de Secrétaire général adjoint et Directeur exécutif adjoint du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).

Ce fonctionnaire international qui a rejoint le système des Nations Unies en 2007 est spécialisé dans le développement durable, la gestion des ressources naturelles ainsi que de la gouvernance environnementale.

Le tandem Ibn Chambas et Thiaw aura comme tache de relever aussi bien le niveau sécuritaire que de répondre aux aspirations pressantes d’une population majoritairement jeune.

Diallo Saidou
dit Thierno
Source : Kassataya (France)

 

Nicolas Sarkozy en garde à vue : "J'ai encore des preuves solides", le fils de Kadhafi Seif al-Islam se réjouit de "l'arrestation"

Nicolas Sarkozy en garde à vue : "J'ai encore des preuves solides", le fils de Kadhafi Seif al-Islam se réjouit de "l'arrestation"Il félicite "la justice française pour l'arrestation de Nicolas Sarkozy". Dans un entretien accordé au site Africanews ce mercredi 21 mars, Seif al-Islam, fils de Mouammar Kadhafi, a été interrogé sur la garde à vue de l'ancien président de la République dans le cadre de l'affaire portant sur le possible financement libyen de sa campagne de 2007.

Et le fils de l'ex-dictateur libyen, depuis sa "retraite quasi clandestine", se montre particulièrement loquace et enthousiaste. "Je précise que j'ai encore des preuves solides contre Sarkozy. Et je n'ai pas encore été entendu comme témoin dans cette affaire, ni Abdallah Senoussi, l'ex-directeur des services de renseignements libyens qui détient encore un enregistrement de la première réunion de Sarkozy et Kadhafi à Tripoli avant sa compagne électorale", affirme celui qui fait toujours l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale.

Autre émissaire cité par Seif al-Islam et qui pourrait, selon lui, aider la justice française: "Bachir Salah, l'ex-PDG de la Libya Investment, qui est prêt à témoigner malgré les menaces de mort".

Le fils du "Guide", qui occupait lui-même un poste stratégique au sein du régime dirigé son père, estime néanmoins que cette garde à vue arrive trop tard. "Elle vient en retard et après 7 ans de guerre. Je dis dommage parce que j'avais donné moi-même les preuves sur cette affaire dans une interview accordée à Euronews en 2011, à Tripoli, mais la justice, que ce soit en France ou à l'international, n'a pas bougé à l'époque".

Seif al-Islam profite de cet entretien pour adresser un message à Emmanuel Macron. "Je tiens à vous dire que l'ex-président Sarkozy est responsable du chaos et de la propagation du terrorisme et de l'immigration clandestine en Libye et dans la région. J'appelle donc le président Macron à prendre des mesures pour soutenir les élections en Libye qui pourraient corriger ce qu'a fait son prédécesseur", lance-t-il.

Source : Africanews

 

 

Sénégal : Maître Abdoulaye Wade au cœur de la mafia qui a liquidé Kadhafi

Sénégal : Maître Abdoulaye Wade au cœur de la mafia qui a liquidé KadhafiLe triste spectacle d’un chef d’Etat africain, enrôlé par une coalition occidentale sous la houlette de Nicolas Sarkozy, se rendant à Benghazi, en compagnie d’un ministre de son gouvernement, qui est également son fils, pour demander à Mouammar El Kadhafi de quitter le pouvoir, reste encore présent dans la mémoire collective de nombreux africains.

Acteur de la pièce, maître Abdoulaye Wade, président de la République du Sénégal, accompagné alors de son fils, Karim Wade, tout puissant ministre du ciel et de la terre. Ce douloureux souvenir a été réveillé mardi soir par « Dakaractu » citant le site « Kewoulou.info » qui publie un entretien avec Ziad Takieddine, un sulfureux intermédiaire entre Nicolas Sarkozy et Mouammar El Kadhafi.

Celui-ci affirme que « maître Abdoulaye Wade était l’homme-orchestre dans le plan de liquidation du défunt Guide de la Jamahiriya ».

Dans une espèce de réquisitoire sous forme de rouleau compresseur, l’intermédiaire de l’ex locataire du Palais de l’Elysée affirme; « Abdoulaye Wade n’a fait que suivre son maître Nicolas Sarkozy. C’est une mafia, ce sont les mêmes pratiques faites en Sicile en Italie. Ils se rendent des services criminels pour s’exonérer de leurs actes.

Abdoulaye Wade est un pion de cette mafia qui a voulu détruire l’Afrique. Il a joué ce jeu parce qu’il était le plus vieux et le plus c…..que Sarkozy pouvait manipuler».


L’auteur de ces propos sans détour et même crus, a formé avec Alexandre Djouri et Fara M’Bow, un triumvirat de choc qui a hanté et écumé de nombreux palais présidentiels et palaces des grandes villes du continent dans le cadre de l’évolution de la répugnante galaxie France-Afrique.

Expliquant les motivations du comportement indigne de l’ancien chef de l’Etat sénégalais, qui a modifié à 17 reprises la constitution du pays en 12 ans de magistère, le sulfureux intermédiaire franco-libanais assène le coup de grâce: «c’est pour faire adouber son fils, Karim Wade. Et le faire exonérer de ses crimes économiques… Tel père, tel fils ».

De nombreux observateurs sénégalais rappellent régulièrement une prédiction d’une figure religieuse jouissant d’une grande aura morale dans ce pays. Il s’agit de Serigne Abdel Aziz Sy, défunt khalife général de la confrérie Tidiane, affirmant que tous ceux qui ont trempé leurs mains dans l’assassinat du juge constitutionnel Babacar Seye (tué en 1993 en pleine tourmente consécutive à un scrutin présidentiel) seraient couverts d’opprobre pendant leur vivant.

Force est de constater que le comportement de maître vis-à-vis de cette affaire dans l’exercice du pouvoir et l’amnistie accordée aux individus condamnés pour ce crime ont troublé les esprits à Dakar.

La sortie de Ziad Takieddine tombe dans un contexte marqué par le placement en garde à vue de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, entendu dans les locaux de la police de Nanterre sur les soupçons de financement de sa campagne victorieuse pour l’élection présidentielle de 2007.

Déclenchée depuis plusieurs années par la justice française, l’enquête à l’origine de la garde à vue de Nicolas Sarkozy porte sur une série d’infractions présumées, dont les éléments ont été rassemblées après l’audition de plusieurs suspects de complicité, et la contribution d’anciens hauts dignitaires du régime Kadhafi, qui auraient ainsi décidé de se mettre à table, comme on dit dans le jargon des limiers.

En attendant l’épilogue de cette affaire, les africains n’ont que leurs gros yeux pour constater les dégâts collatéraux de l’action des Sarkozy et Wade, sur la configuration géopolitique et la sécurité d’une région du Sahel désormais livrée aux attaques des groupuscules terroristes, qui tuent grâce aux engins de mort dérobés à la faveur du pillage des puissants arsenaux libyens.

Pendant ce temps, maître Wade se la coule douce à Versailles, sans carte de séjour, en vertu d’une nationalité qu’il avait manifestement cachée aux sénégalais pour éviter l’invalidation de ses multiples candidatures à plusieurs élections présidentielles, organisées après l’introduction de la clause relative à la double nationalité.

Au finish, pour effacer un acte de délinquance financière portant sur la campagne du candidat Sarkozy, le président de la République française de l’époque a perpétré un véritable acte de gangstérisme international en provoquant la guerre en Libye, avec toutes les conséquences directes et collatérales qui en découlent aujourd’hui.

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

UA: 44 pays signent un accord

Quarante-quatre pays africains ont signé ce mercredi matin dans la capitale rwandaise, Kigali, l'accord établissant la Zone de libre-échange continentale. 40 chefs d'Etat ont lancé l'un de projets les plus ambitieux de l'agenda 2063 de l'Afrique, celui qui vise à créer un marché commun d'1,2 milliard d'habitants. Un projet en négociation depuis 2015 et qui ne fait pas encore l'unanimité puisque certains poids lourds comme le Nigeria ont besoin de consultations approfondies. Mais cette signature va indéniablement créer une dynamique.

C'est l'aboutissement de deux années de travail sous l'égide du Nigérien Mahamadou Issoufou. La Zlec vise à créer un marché commun sans barrières tarifaires ou autres, pour les biens et les services. Ce qui ferait à terme de l'Afrique la plus grande zone de libre-échange au monde.

Mais on peut dire que le plus dur ne fait que commencer. Les signataires doivent désormais faire ratifier l'accord par leurs Parlements nationaux. Pour qu'il entre en vigueur, il faudra au moins 22 ratifications. L'idée étant d'arriver à une ouverture effective en janvier 2019.

« 84 000 kilomètres de frontières, c’est trop. Abattre, c’est mieux. Se rassembler sous le même drapeau, chanter un seul hymne, c’est répondre aux aspirations des peuples africains à la prospérité pour que la Zone de libre-échange continentale ait un sens. Il faut que les pays africains aient des marchandises, des services à échanger entre eux. Cela suppose qu’on mette un terme au statut actuel d’une Afrique, réservoir de matières premières et consommatrice de produits finis fabriqués ailleurs que sur le continent. Cela suppose le développement industriel des pays africains, que l’Afrique soit capable de produire son alimentation, que soit réalisées les infrastructures énergétiques, routières, ferroviaires, portuaires, aéroportuaires et des télécommunications, indispensables au développement des échanges. Mahamadou Issoufou, président du Niger ».

D'ici là il faudra aussi convaincre les réticents dont le Nigeria. La décision dimanche 18 mars du président Buhari de ne pas signer la Zlec avait jeté un froid et fait craindre un effet boule de neige. Les pays ont encore du chemin à faire pour à la fois adapter leurs législations, trouver des solutions pour pallier la baisse des recettes douanières qui représentent souvent une part conséquente des recettes publiques et pour convaincre les syndicats et les entreprises que le libre-échange ne se traduira pas par des destructions d'activité.

Quid aussi des rapports entre les grandes zones comme l'Union européenne qui ont déjà des accords avec certains membres de l'UA comme le Maroc. Certains redoutent que le loup entre dans la bergerie. Beaucoup de question restent en suspens et beaucoup de travail est encore à accomplir, mais incontestablement, les dirigeants africains veulent envoyer au monde l'image de leur volontarisme.

Source : RFI

 

Union africaine : l’Afrique face aux défis de la Zone de libre-échange continentale

Les chefs d’État africains doivent signer mercredi l’accord-cadre de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), à l’occasion du sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA), du 17 au 21 mars à Kigali, au Rwanda. Un projet ambitieux, dont les modalités ne font pas encore totalement l’unanimité.

La nouvelle est tombée en début de soirée, ce dimanche 18 mars. Un communiqué de la présidence nigériane, annonçant l’absence du président Muhammadu Buhari au sommet extraordinaire de l’Union africaine à Kigali, au Rwanda, qui doit aboutir à la signature de l’accord sur la mise en place de la Zone de libre-échange continentale (ZLEC), est venu doucher l’enthousiasme autour du projet.

« Monsieur le président ne voyagera plus vers Kigali pour cet événement parce que certains actionnaires nigérians ont fait savoir qu’ils n’ont pas été consultés », explique ainsi le texte, qui met en avant « quelques réticences quant aux conditions de ce traité ». Un retrait de dernière minute qui s’expliquerait également par un besoin de ménager les acteurs du milieu économique à moins d’un an de la présidentielle, prévue en février 2019.

PIB cumulé de 2 500 milliards de dollars

L’information a vraisemblablement surpris les délégations sur place. « Nous avons un peu été pris de court. Nous avons terminé nos réunions à 4h du matin [ce lundi 19 mars, ndlr], il reste quelques points à négocier », glisse ainsi un diplomate.

Alors que les déclarations des chefs d’État et des représentants de l’Union africaine se multiplient depuis plusieurs jours pour saluer, comme l’a fait le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, un « moment historique », l’absence du président d’une des plus importantes économies du continent semble être révélatrice des points de friction qui persistent autour de l’accord.

Ce projet, un des étendards de l’agenda 2063 de l’UA, est en discussion depuis 2012 et avoisinerait 2 500 milliards de dollars de PIB cumulés.

Censé intégrer les 55 pays membres de l’UA à une zone de libre-échange commerciale et, à terme, regrouper les zones régionales commerciales, l’accord doit être officiellement signé ce mercredi 21 mars, en clôture du sommet de Kigali.

L’enjeu de la ratification

Si quelque 27 chefs d’État sont attendus dans la capitale rwandaise, le nombre de pays qui signeront l’accord officialisant la création de la ZLEC reste encore inconnu.

Pour entrer en vigueur, l’accord devra ensuite être ratifié à l’échelle nationale par un minimum de 22 pays. Un processus qui pourrait prendre du temps, compte tenu du fonctionnement différent d’un pays à l’autre.

L’enjeu semble pourtant important. Seulement 16 % du commerce des pays africains s’effectue ainsi avec d’autres pays du continent, loin derrière l’Asie (autour de 50 %) et l’Europe (près de 70 %)

Annoncé en janvier par le président rwandais Paul Kagame, qui a pris la tête de l’organisation panafricaine lors du dernier sommet, ce rendez-vous se veut la consécration de deux ans de travaux menés sous l’égide du « champion » désigné de cette ZLEC, le président nigérien Mahamadou Issoufou.

« Difficile de savoir qui seront les gagnants, qui seront les perdants »

Pour autant, le consensus autour du projet semble moins important qu’exprimer dans le discours officiel. « Les autres zones de libre-échange viennent formaliser des zones où le flux des échanges est déjà présent. Ici, nous partons du principe que cela va stimuler les échanges », constate ainsi un observateur. « Difficile de savoir qui seront les gagnants, qui seront les perdants », poursuit-il.

Il nous reste encore beaucoup de choses à négocier », explique un diplomate nigérien

« Nous ne sommes pas contre le projet mais nous n’avons pas vu d’études d’impact, nous n’avons pas beaucoup été consultés. Ce ne sont pas des manières, il ne faut pas essayer de pousser les choses trop vite si des États ne sont pas prêts », commente un membre de la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC).

Parmi les questions qui devront être adressées lors du sommet figure notamment celle de la mise en place d’un mécanisme de règlement des conflits concernant de potentiels abus du système. Les réunions ont déjà pris du retard, « il nous reste encore beaucoup de choses à négocier », explique un diplomate nigérien.

Source : jeuneafrique.com

 

Accords de pêche avec la Mauritanie : Idrissa Seck attaque, Oumar Guèye réplique

Accords de pêche avec la Mauritanie : Idrissa Seck attaque, Oumar Guèye réplique A Saint Louis où il se trouvait le leader de Rewmi, Idirssa Seck s’est attaqué au chef de l’Etat à propos des accords de pêche entre le Sénégal et la Mauritanie.

C’est pour les dénoncer car “ils (ces accords) ne prennent pas en compte les intérêts des pêcheurs de Guet Ndar encore moins du Sénégal. La réplique du ministre de la Pêche et de l’Economie maritime, Oumar Guèye ne s’est pas fait attendre qualifiant de “bourde” cette sortie de son ancien patron.

Idrissa Seck : “Macky Sall ne doit se comporter comme un sous préfet des Présidents mauritaniens et français”

«D’après les propos de Macky Sall et les confidences qui me sont faites qu’il fallait respecter la souveraineté de la Mauritanie et qu’il faut respecter les lois de la Mauritanie. La totalité de poissons doit être débarquée à Ndiago est à l’opposé des intérêts des pêcheurs de Guet Ndar et du Sénégal. Je suis opposé à ce projet. Macky Sall ne doit pas se comporter comme un sous préfet des présidents mauritanien et français”, a-t-il déclaré à Saint-Louis.

Oumar Guèye : “Idrissa Seck commet sa première bourde diplomatique”

La réplique du ministre de la Pêche et de l’Economie maritime Oumar Guèye ne s’est pas fait entendre à cette sortie d’Idrissa Seck. Pour la tutelle, Idrissa Seck a commis “sa première bourde diplomatique”

« Idrissa Seck, à travers cette sortie, a commis sa première bourde diplomatique en faisant l’apologie de la transgression des règles diplomatiques. Cette sortie montre qu’il ignore tout sur les accords entre les pays. A travers cette sortie, Idrissa Seck invite les pêcheurs de Guet Ndar à ne pas respecter la loi de la Mauritanie et par conséquent, il invite les autres à ne pas respecter les lois sénégalaises. C’est inviter les pêcheurs Guet Nadar à aller pêcher dans les eaux mauritaniennes“, s’est-il indigné.

“Débarquer à Ndiago, ne veut pas dire que le poisson va rester en Mauritanie. Le poisson ne fait que transiter. Le président Macky Sall a annoncé la construction d’une route jusqu’ à Saint- Louis et des camions frigorifiques à la disposition des pêcheurs”, a-t-il précisé.

Source : Ferloo (Sénégal)