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Politique en Afrique

Le régime en quête de soutiens à l’étranger : A quoi joue le pouvoir ?

Le régime en quête de soutiens à l’étranger : A quoi joue le pouvoir ?El Watan - Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, est en tournée à l’étranger. Il s’est entretenu, lundi, à Rome, avec le président du Conseil des ministres italien, Giuseppe Conte, et hier à Moscou, avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov.

Lamamra, dont le département n’a pas annoncé préalablement ces déplacements, compte également se rendre vers d’autres pays dans les heures ou jours à venir. L’ «activité» diplomatique de celui qui fut nommé à ce poste, il y a seulement quelques jours (le 11 mars), a suscité des appréhensions chez beaucoup d’Algériens.

Au-delà du fait qu’il est dans l’usage diplomatique de «rassurer» les partenaires étrangers, lorsqu’il y a un contexte particulier, certains y voient, par rapport notamment au fait que ce périple intervient au lendemain de l’annonce du report de l’élection présidentielle, une volonté du pouvoir en place de convaincre les partenaires étrangers de la «justesse» de sa démarche, d’autant plus que celle-ci est unanimement rejetée par la population et la classe politique d’opposition.

Ceci sachant qu’au-delà du 28 avril, date de fin de mandat de Bouteflika, le pays sera dans une situation d’illégalité constitutionnelle. Il est dans l’intérêt, donc, des tenants du pouvoir en place, d’arracher le «consentement» de ces «partenaires étrangers» pour ce qui est de la future démarche.

Une attitude qui a irrité au plus haut point beaucoup d’Algériens qui ont déjà exprimé, vendredi dernier, leur rejet de toute ingérence étrangère, notamment après que le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, ait exprimé son «soutien» à la feuille de route de Bouteflika. C’est dans ce sens que le président du partip Talaie El Hourriyet, Ali Benflis, a tenu, avant-hier, a «mettre en garde contre l’internationalisation de la crise algérienne».

Pour lui, l’initiative prise par le pouvoir en place de se lancer dans une campagne auprès des partenaires étrangers pourrait être source de «dangers». «Depuis deux jours, j’ai exprimé longuement ma position sur les dangers d’une internationalisation des affaires internes de notre pays.

J’ai ainsi souligné les périls que fait courir à notre pays l’initiative prise par le pouvoir en place face à la crise actuelle», nous a-t-il déclaré, hier, avant d’ajouter : «Je répète que cette internationalisation offre inévitablement un appel d’air aux interférences extérieures.

De leur côté, ces interférences extérieures conduisent à leur tour à des luttes d’influences.» Réagissant, pour l’occasion, à la déclaration du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, au sujet de «tentatives de déstabilisation de l’Algérie», Benflis a tenu à rappeler que ce n’est nullement les manifestations qui déstabilisent le pays mais c’est le régime en place.

«Le communiqué russe auquel vous faites allusion parle d’une opération de déstabilisation de l’Algérie. Je voudrais insister sur le fait que les manifestations du peuple algérien sont légitimes et ne déstabilisent pas le pays.

J’ajoute que le peuple algérien lui-même est farouchement opposé aux ingérences étrangères. Au total, il ne reste que le régime politique en place qui pousse au pourrissement et c’est lui et lui seul qui déstabilise le pays», a-t-il déclaré.

En d’autres termes, c’est l’initiative prise par le pouvoir d’aller chercher à l’étranger des soutiens à sa feuille de route qui aurait permis de telles «incursions» dans les affaires algériennes. D’autres personnalités ont également exprimé leur mécontentement par rapport à la démarche elle-même, mais aussi à la déclaration de Lavrov.

L’ancien ministre Abdelaziz Rahabi a estimé que «la déclaration du ministre Lavrov est aussi inamicale qu’inacceptable». «Elle engage davantage l’Algérie dans l’internationalisation de sa crise interne.

La Russie, pays ami et allié, ne doit pas s’ingérer dans nos affaires nationales en soutenant le plan Bouteflika qui représente aujourd’hui la principale source d’instabilité», a-t-il encore ajouté.

Pour sa part, Saïd Salhi, vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH), a déclaré que «c’est bien le gouvernement qui cherche à internationaliser la crise, en cherchant des soutiens en Russie et en Chine pour imposer son agenda contre la volonté populaire».

En somme, pour bon nombre de personnalités politiques, à défaut de pouvoir convaincre les Algériens de sa bonne foi, pour ce qui est de la démarche qu’il propose, le pouvoir en place tente de le faire avec les partenaires étrangers.

Les slogans dénonçant l’«ingérence étrangère» ont été fortement présents dans les manifestations du 15 mars. Ils le seront, probablement, davantage ce vendredi…

Source : El Watan (Algérie)

 

 

Algérie : Nasser Bourita réaffirme la position de «non-ingérence» du Maroc

Le chef de la diplomatie marocaine réfute toute implication de son pays dans la crise algérienne. Ainsi que les allégations de coordination avec la France sur ce sujet.

Réagissant à ce qu’il qualifie de « propos fallacieux » et de « positions dénuées de tout fondement », attribués selon lui aux autorités marocaines par « certains médias publiés en France et en Algérie » à propos de la crise que traverse ce dernier pays, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale du Maroc Nasser Bourita a diffusé ce 16 mars une mise au point.

« Le royaume du Maroc a décidé de s’en tenir à une attitude de non-ingérence par rapport aux récents développements en Algérie, et s’est abstenu de tout commentaire à ce sujet », explique Nasser Bourita, qui ajoute : « Le Maroc n’a ni à se mêler des développements internes que connaît l’Algérie, ni à les commenter de quelque manière que ce soit. Aucune déclaration n’a été faite à aucun média, de manière formelle ou officieuse. Le Maroc rejette également avec force l’allégation mensongère de coordination avec d’autres pays, notamment la France, sur les événements en Algérie. Aucun contact n’a été établi avec Paris, ni avec aucun autre pays d’Europe ou d’ailleurs à ce sujet. »

Affirmant que certains médias, « citant de prétendues sources anonymes au ministère, ou proches de la diplomatie, ou encore de soi-disant experts », auraient « poussé le fantasme jusqu’à alléguer l’existence d’officines obscures agissant sur ces événements », le ministre précise que « la diplomatie marocaine dispose de canaux appropriés pour faire connaître ses positions qu’elle a toujours eu le courage d’assumer. »

Source : jeuneafrique.com

 

Gambie : Adama Barrow limoge Ousainou Darboe et deux ministres

Le président Gambien Adama Barrow a limogé le vendredi 15 mars son vice-président, l'ancien opposant historique au régime de Yahya Jammeh Ousainou Darboe, et deux de ses ministres, sur fond de tension entre le chef de l’État et la direction du parti dont il est issu.

Adama Barrow, candidat du Parti démocratique uni (UDP), avait battu lors de la présidentielle de décembre 2016 Yahya Jammeh, qui a dirigé la Gambie pendant 22 ans. Chef de l’UDP, Ousainou Darboe, avocat et défenseur des droits de l’homme, n’avait quant à lui pas pu prendre part à ce scrutin car il purgeait à l’époque une peine de trois ans de prison.

Après le départ en exil de Yahya Jammeh en janvier 2017, Ousainou Darboe a été gracié par Adama Barrow, qui en a fait son ministre des Affaires étrangères puis son vice-président à partir du 30 juin 2018.
Les relations se sont toutefois détériorées ces derniers mois entre le chef de l’État et l’UDP, première formation du pays, qui soupçonne Adama Barrow de vouloir transformer un mouvement de jeunesse entièrement acquis à sa cause, le « Barrow Youth Movement for National Development » (le Mouvement de jeunesse Barrow pour le développement national) en parti politique et d’en faire une rampe de lancement pour une candidature à la prochaine élection présidentielle.

« Relevé » de ses fonctions

Dans un communiqué publié le vendredi 15 mars, la présidence gambienne a annoncé que Ousainou Darboe avait été « relevé » de ses fonctions de vice-président « avec effet immédiat », sans en dévoiler les raisons. Il a été remplacé par la ministre de la Santé Isatou Touray.

Allié de l’ancien vice-président, le ministre du Commerce, Amadou Sanneh, a lui aussi été relevé de ses fonction et remplacé par Lamin Jobe. Le ministre de l’Agriculture, Lamin Dibba perd son portefeuille et ses attributions seront reprises par le ministre de la Pêche, James Gomez, selon le communiqué. Les deux ministres révoqués avaient eux aussi été condamnés sous Yahya Jammeh puis graciés par Adama Barrow.

Le limogeage du gouvernement de ces trois figures de l’UDP intervient deux semaines après que Adama Barrow a révoqué la nomination d’une représentante de ce parti à l’Assemblée nationale, Ya Kumba Jaiteh. La Cour suprême doit se prononcer sur la légalité de cette décision, à une date qui n’a pas encore été annoncée.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : malgré le renoncement de Bouteflika à un cinquième mandat, la mobilisation ne faiblit pas

Une foule impressionnante a manifesté dans le centre d'Alger et dans plusieurs villes du pays vendredi 15 mars, contre la prolongation au-delà du terme prévu du mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

Il s’agit du quatrième vendredi consécutif de contestation massive contre le chef de l’État algérien, qui a annoncé lundi le report de l’élection présidentielle prévue le 18 avril. Le nombre exact de manifestants est difficile à établir, ni les autorités ni les protestataires ne communiquant de chiffres. La mobilisation semble similaire à celle du vendredi précédent, jugée exceptionnelle par les médias et analystes algériens.

Comme à Alger, une très forte mobilisation a été constatée à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, selon des journalistes de médias algériens sur place, qui l’estiment semblable à celle du vendredi précédent.

On voulait des élections sans Boutef, on se retrouve avec Bouteflika sans élections

À Alger, où régnait une ambiance festive, hommes, femmes et enfants ont marché en début d’après-midi dans les avenues, rues et ruelles sinueuses et parfois escarpées, autour du carrefour de la Grande-Poste, bâtiment emblématique du cœur de la capitale.

Âgé de 82 ans, affaibli par les séquelles d’un AVC qui l’empêche de s’adresser aux Algériens depuis 2013 et rendent ses apparitions publiques rares, Abdelaziz Bouteflika est la cible d’une contestation massive, jamais vue depuis son élection à la tête de l’État il y a 20 ans.

Face aux manifestations réclamant depuis le 22 février qu’il renonce à sa candidature à un cinquième mandat, le président Bouteflika a repoussé la présidentielle prévue le 18 avril, jusqu’à l’issue d’une prochaine conférence nationale devant réformer le pays et élaborer une nouvelle Constitution.

voulait des élections sans Boutef, on se retrouve avec Bouteflika sans élections », peut-on lire sur une pancarte à Alger, résumant le sentiment des contestataires depuis l’annonce du chef de l’État. « Quand on dit non au 5e mandat, il (Bouteflika) nous dit on garde le 4e, alors », indique une autre. Comme les semaines précédentes, le drapeau national – vert et blanc, frappé du croissant et de l’étoile rouges – est brandi par les manifestants et déployé aux balcons des immeubles.

Une population toujours mobilisée

De nombreux manifestants ont expliqué être venus dès la veille à Alger, où ils ont passé la nuit chez des parents ou amis, craignant de ne pouvoir rejoindre la capitale en raison de barrages ou en l’absence de bus. Naïma, 45 ans, a fait jeudi 350 km de route pour protester contre le « 4e mandat prolongé ». Lamia, enseignante de 30 ans, est venue de Bouira (80 km au sud-est d’Alger) pour manifester dans la capitale contre cette « mascarade anticonstitutionnelle ».

« Vous faites semblant de nous comprendre, on fait semblant de vous écouter », indiquent des pancartes de manifestants devant la Grande-Poste, en réponse aux efforts déployés toute la semaine par le pouvoir pour tenter de convaincre que le chef de l’État avait répondu à la colère des Algériens. En manifestant en nombre mardi et mercredi, les étudiants, enseignants et lycéens ont déjà fait savoir clairement qu’ils estimaient que le message de la rue n’était pas passé.

Toute la semaine, les appels à manifester massivement pour un quatrième vendredi consécutif ont été relayés par les réseaux sociaux, avec des mots-dièses explicites: « #Ils_partiront_tous », « #Partez! ». Avec souvent une touche d’humour : une image conjugue le mois de mars sur le modèle du verbe « marcher »: « je marche, tu marches (…) ils partent ».

La conférence de presse conjointe jeudi du nouveau Premier ministre Noureddine Bedoui, qui a remplacé lundi le très impopulaire Ahmed Ouyahia, et du vice-Premier ministre Ramtane Lamamra, diplomate chevronné, a peiné à convaincre. Au lieu d’apaiser la colère, vive mais toujours pacifique, elle a semblé au contraire la renforcer.

Sorce : jeuneafrique.com

 

 

 

Algérie: Bouteflika n'a pas reporté la présidentielle pour «rester au pouvoir»

A quoi pourrait ressembler la transition en Algérie après le retrait de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika et le report de la présidentielle ? Le nouveau vice-Premier ministre Ramtane Lamamra a tenté de répondre à cette question mercredi 13 mars en s'exprimant depuis la radio nationale.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika n'a pas reporté la présidentielle et prolongé de fait son mandat pour rester au pouvoir, mais parce que le scrutin était source de « division » des Algériens, a assuré mercredi 13 mars le nouveau vice-Premier ministre algérien.

Ramtane Lamamra a expliqué que le rôle de la conférence nationale serait de mettre sur pied une plate-forme complète de réformes. Certaines de ces réformes pourraient être incluses dans la Constitution, qui serait ainsi modifiée. La Constitution sera ensuite soumise à référendum.

Comment va se constituer cette conférence nationale ? Ramtane Lamamra explique que le gouvernement se lancera dans des consultations dès qu’il sera au complet. La conférence sera constituée de trois blocs, celui de la mouvance présidentielle, celui de l’opposition et celui de la société civile. Ramtane Lamamra a affirmé qu'elle devait refléter la démographie algérienne, il faudra donc une majorité de jeunes et une présence importante de femmes. Il a affirmé que si des membres de la société civile voulaient intégrer ce gouvernement, ils seraient les « bienvenus » ,  et a annoncé qu’il souhaitait faire contribuer les Algériens via les réseaux sociaux, mais aussi les Algériens installés à l’étranger.

Objectif : mettre sur pied des réformes. « Le message du président à la nation date du 3 mars. Il a indiqué qu'il était nécessaire de sortir de la conférence avec une plate-forme complète de réformes politiques, institutionnelles, économiques, sociales. Un certain nombre de ces réformes devraient avoir valeur constitutionnelle. Et ensuite, les politiques sectorielles et autres devront se faire dans le cadre normal. »

S’il n'a donné aucun délai, le nouveau vice-Premier ministre a affirmé qu’il souhaitait que le travail de cette conférence nationale se fasse rapidement et que le président avait demandé à ce qu’elle termine ses travaux avant la fin de l’année.

La société civile « bienvenue »

Enfin, de quoi pourra-t-on discuter au sein de cette conférence nationale ? De tout, affirme Ramtane Lamamra, à l’exception du caractère républicain et démocratique de l’Etat et des trois constantes nationales, l’islamité, l’arabité et l’amazighité.

Enfin, Ramtane Lamamra a expliqué que les consultations en vue de la formation d'un gouvernement étaient en cours. Ce gouvernement sera chargé d’appliquer la feuille de route présentée dans la lettre d’Abdelaziz Bouteflika. Ce dernier restera en poste jusqu’à l’aboutissement du travail de la conférence nationale et jusqu’à l’élection d’un nouveau président de la République. L’élection présidentielle du 18 avril supprimée, Ramtane Lamamra annonce que le mandat des institutions se prolonge : « Toutes les institiutions de la République continueront à fonctionner normalement, y compris l'institution présidentielle, jusqu'à ce que le peuple algérien ait librement choisi son successeur auquel il remettrait les charges de la présidence de la République. »

Mais du côté de la société civile, on regarde d'un mauvais oeil les mesures prises pour répondre à la contestation. Pour le vice-président de la Ligue algérienne des droits de l'homme, le régime continue à imposer ses choix sans concertation. « Le problème, c'est que cette conférence aujourd'hui est déjà verrouillée, discréditée, a déploré Saïd Salhi après les annonces de Ramtane Lamamra. On avance déjà des noms qui sont déjà discrédités par la rue. Lamamra lui-même était ancien ministre. On ne peut pas faire de changements avec les mêmes personnages. On ne peut pas imposer un agenda, il faut qu'il y ait des concertations, un dialogue préalable avec les acteurs politiques, dégager des consensus pour arriver à de telles propositions. On veut un départ négocié du système, on veut une transition avec le peuple, en le concertant. C'est une offense de plus. »

Lakhdar Brahimi : « Ce n'est pas vrai »

L'ex-diplomate algérien Lakhdar Brahimi a démenti mercredi 13 mars, sans fermer la porte à cette éventualité, avoir été nommé président de la future conférence nationale que le président Abdelaziz Bouteflika veut charger d'élaborer une nouvelle Constitution et d'organiser la prochaine présidentielle. « Ce n'est pas vrai », a-t-il assuré lorsque la question lui a été posée lors d'un entretien d'une heure à la télévision nationale.


Opération villes mortes en Kabylie

Rideaux tirés, rues désertes, à part quelques boulangeries et pompes à essence ouvertes... Dans la région de Kabylie, le quatrième jour de grève était toujours suivi à presque 100%. Du petit commerçant au petit café du village, tout est fermé, témoignent les habitants.

Lacen Amghar, retraité à Seddouk, une localité de 50 000 habitants à un peu moins de 200 km de la capitale, confirme : « Tout est fermé, les mairies sont fermées, La Poste est fermée. Il n'y a que le commissariat. Bon, c'est normal, c'est la police, ils sont là. C'est vraiment suivi. »

Ville morte aussi du côté de Tizi Ouzou et Gardaïa, les deux plus grandes villes de Kabylie, où des manifestations d'enseignants ont aussi eu lieu hier. Pour Abdelmalek Azzi, enseignant à Gardaïa, c'est dans cette mobilisation tous azimut que réside la spécificité et la force de ce mouvement de contestation : « C'est le plus important, parce que c'est ça qui démontre que le peuple est uni et qu'il continue à revendiquer le départ de ce régime. Lorsqu'[est nommé] un ancien ministre de l'Intérieur, ça ne s'appelle pas du changement ça », observe le coordonnateur du Conseil national des enseignants du supérieur.

Toutes les grandes villes du pays promettent de nouvelles manifestations à venir.
Le principal rendez-vous est fixé à vendredi pour faire partir le régime en place, disent les manifestants.

Source : RFI

 

Bénin : le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji convoqué à la brigade criminelle

Convoqué à la brigade criminelle le 12 mars à 10 heures, le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji ne devrait pas s'y présenter, selon nos informations. Si aucun motif officiel n'a été donné pour justifier convocation, plusieurs hypothèses se dégagent.

Le président de l’Assemblée nationale Adrien Houngbédji a reçu lundi une convocation à la brigade criminelle à Agblangandan, le mardi 12 mars à 10 heures, sur instructions du procureur de la République auprès du tribunal de première instance de Cotonou. Selon les informations de Jeune Afrique, Adrien Houngbédji ne devrait pas s’y présenter.

Aucun motif officiel n’a été donné pour justifier cette convocation largement partagée sur les réseaux sociaux. Y est toutefois mentionné l’article 14 du Code de procédure pénale du Bénin, qui rappelle le rôle de la police judiciaire, à savoir : constater les infractions à la loi pénale, en rassembler les preuves et en rechercher les auteurs.

Usage de faux ?

Deux hypothèses se dégagent pour justifier sa convocation à la brigade criminelle.

Pour certains, les raisons de la convocation d’Adrien Houngbédji seraient liées à la situation du dossier de candidature de son parti, le Parti du renouveau démocratique (PRD), en lice pour les législatives du 28 avril prochain mais dont le dossier a été rejeté, le 5 mars, par la Commission électorale nationale autonome (Cena), notamment pour usage de certificat de nationalité non légalisé et doublons de candidats avec une liste concurrente, celle du parti Moele-Bénin, proche de la mouvance présidentielle.

Y a-t-il eu un faux et usage de faux en écriture publique ? Depuis le rejet de son dossier comme cinq autres partis en lice, le PRD d’Adrien Houngbédji est accusé de fraude et de falsification de documents. Le sujet avait même fait l’objet de passe d’armes entre lui et le chef de l’État, Patrice Talon, lors d’une réunion de crise le 6 mars dernier. Le président Talon avait ouvertement soutenu que les chefs de parti ayant produit de faux documents à la Cena devraient être poursuivis. Ce à quoi le président de l’Assemblée nationale avait répondu que les partis n’avaient pas les moyens de savoir si les candidats étaient capables de fournir de faux documents ou de remettre leurs dossiers à deux partis différents.

Recel de documents ?

Pour d’autres, la convocation d’Adrien Houngbédji serait liée à sa ligne de défense depuis le rejet du dossier de candidature de son parti. Il a accusé la Cena de favoritisme vis-à-vis des deux partis de la mouvance présidentielle, le Bloc républicain (BR) et l’Union progressiste (UP), seuls partis ayant réussi à faire valider leurs dossiers pour les prochaines législatives.

Devant la Cour constitutionnelle lundi matin, le représentant du PRD, Laurent Gratien Ahouanmènou, a exposé avec force les irrégularités contenues dans les dossiers de candidature des partis BR et UP, indignant les ténors de ces derniers. « Comment le PRD a-t-il pu se procurer les dossiers de candidature des autres partis, qui sont censés être des documents confidentiels ? », ont ainsi voulu savoir Jean-Michel Abimbola et Abraham Zinzindohoué, représentants respectifs du BR et de l’UP, au cours de la séance.

Immunité parlementaire

Adrien Houngbédji pourra-t-il être poursuivi pour usage de faux ou pour recel de documents administratifs ? Le président de l’Assemblée reste couvert par une immunité parlementaire. Aux termes de l’article 90 de la Constitution béninoise, « aucun député ne peut, hors session, être arrêté qu’avec l’autorisation du bureau de l’Assemblée nationale, sauf les cas de flagrant délit, de poursuites autorisées ou de condamnation définitive ».

Source : jeuneafrique.com

 

Dans les rues, les Algériens mitigés après les annonces de la présidence

Après l’annonce du report des élections en Algérie, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées dans le centre d’Alger lundi 11 mars au soir. Si l’ambiance était à la fête, les avis sur cette décision sont très mitigés, voire pas satisfaits du tout. Une méfiance qu’on retrouve aussi en France, auprès de la diaspora algérienne.

« Il ne faut pas maintenant qu’ils nous disent qu’ils amènent quelqu’un de provisoire, et que le président, c’est fini, il n’est pas candidat et point final. Comment ça ? Les autres ils ne sont pas virés ? Ils doivent tous partir. Ouyahia, il faut qu’il rende des comptes. Les hommes de l’ombre qu’on ne connait pas, nous devons leur demander des comptes pour ce qu’ils ont fait pendant ces 10, 15 dernières années. Le président ne savait pas ce qu’il se passait. Ils l’ont utilisé. Alors que nous, nous allons en prison pour la moindre petite chose. Eux aussi doivent rendre des comptes. » Si tous les Algériens ne sont pas aussi remontés que cet homme, ils sont tout de même nombreux à estimer ce lundi que l’annonce de la présidence n’est pas suffisante.

« Nous demandons la chute du régime et nous demandons des comptes » appuie cet autre homme. Il retournera manifester cette semaine et cette fois « ça ne sera pas pacifique ». Sa crainte ? Que les autorités « nous ramènent un mini-Bouteflika ». Un autre, qui s’affiche « contre le système et pas contre le président » entend manifester « jusqu’à ce que le pays soit bien ».

D’autres, présents dans la rue ce soir, ne veulent pas entendre parler d’un report du vote. Ils souhaitent « qu’ils s’en aillent maintenant ». Afin d’empêcher les autorités de monter « un complot et qu’ensuite on le paye cher ».

« Toujours contre » un régime qui a « condamné 20 ans » les Algériens, cette Algéroise se montre « contente » mais ne croit pas à ce qu’elle qualifie de « pièce théâtrale politique », puisque le clan du président est toujours en place.

Une annonce à minima

Il faut dire que l'annonce du président ne dit rien sur son éventuel départ. Certes, il n’est plus question de 5e mandat, mais les propositions de cette lettre sont similaires à celles faites lors du dépôt de candidature du président le 3 mars. Pire, cette fois, en annulant l’élection, le président supprime la condition qui était celle de sa réelection.

Non seulement cette proposition n’entre pas dans le cadre de ce qui est prévu par la Constitution algérienne, mais surtout, pour les Algériens, elle ne correspond pas à leur besoin de changement à la tête de l'Etat. D'autant moins que nommer Nourredine Bedoui et Ramtane Lamara à la tête du nouveau gouvernement est plutôt un signe de continuité.

Ramtane Lamamra, 66 ans, est un diplomate de carrière, proche d'Abdelaziz Bouteflika. Sorti de l’Ena, il a été au service de presse de la Présidence de la République avant d’être ambassadeur, puis ministre des Affaires étrangères de 2013 à 2015. Nourredine Bedoui, 62 ans, est issu de l’administration algérienne. Plusieurs fois wali, c’est à dire préfet, il est ministre depuis septembre 2013, d’abord à la Formation professionnelle puis à l’Intérieur.

Nourredine Bedoui et Ramtane Lamamra nommés à la tête du gouvernement

12-03-2019 - Par Leïla Beratto

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Un homme à la voix souriante nuance : l’annonce d’Abdelaziz Bouteflika est tout de même « un bon début », même s’il « aimerait avoir plus ». Pour lui « c’est le début de la fête, car la victoire n’est pas loin inch’Allah ». « C’est une petite bataille qu’on a gagnée et on verra par la suite », conclut, philosophe, ce jeune homme.

« C’est tout un système qu’il faut changer »

De l’autre côté de la méditerranée, sur la Canebière, pas d’effusions de joie ou de klaxons ce lundi soir, juste une satisfaction toute en retenue, constate notre correspondant à Marseille, Stéphane Burgatt. Samir salue l’avancée du jour, mais « le problème c’est pas Bouteflika, c’est le régime en place, c’est tout un système qu’il faut changer ».

Fataliste, Mohammed s’attend, lui, « toujours au pire, parce que le président qui va venir ne va pas être mieux que Bouteflika. Ça sera toujours comme ça ». Pour Lila, qui suit la situation en Algérie grâce aux chaines de télévision locales et aux réseaux sociaux, le retrait de la candidature est une manœuvre : « Il reste là. Il reste là sauf qu’il saute le scrutin ». Alors, comme les autres, elle compte bien continuer de manifester, pour réclamer une nouvelle République.


■ Enthousiasme mesuré aussi sur les réseaux sociaux

Sur la Toile, c'est un peu la gueule de bois ce mardi matin après l'euphorie d'hier soir. « J'ai d'abord sauté de joie, écrit ainsi une Algérienne sur sa page Facebook, mais ce que j'apprends ensuite me donne froid dans le dos », poursuit cette enseignante à la retraite. Il y a aussi cet ingénieur en travaux publics qui appelle à la « vigilance ». Son Analyse de ce qui vient d'être annoncé : « Un subterfuge » pour « obtenir une année supplémentaire pour organiser la réincarnation du pouvoir mafieux ».

Dans un tweet, l'ex-diplomate et ancien ministre de la Culture, Abdelaziz Rahabi va même plus loin. Il affirme que « le président Bouteflika se moque du peuple ». « Son acharnement à rester au pouvoir (...) est un danger pour la stabilité de l'Etat et l'unité du pays », analyse cet opposant.

Résultat sur les réseaux sociaux, les appels à la mobilisation ont très vite repris. Appel à manifester dès jeudi contre ce 4e mandat et demi, 4e mandat et plus, disent les internautes. A l'image de ce tweet d'un ex-candidat à la présidentielle de 2014 : « La première partie est gagnée », estime Soufiane Djilali, mais « il ne faut pas arrêter la mobilisation de la rue. Il n'est pas question que la présidence actuelle se prolonge jusqu'à la fin de 2019. Aucune confiance ». Autre message se propage sur la Toile : « Non à l'arnaque du peuple, rendez-vous le 15 mars » pour un quatrième vendredi consécutif de manifestations.

Source : RFI

 

Algérie : Abdelaziz Bouteflika reporte la présidentielle et renonce à un cinquième mandat

Dans un message adressé lundi à la nation, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a annoncé qu'il reportait l'élection présidentielle du 18 avril et qu'il ne serait pas candidat à un cinquième mandat.

Le président Bouteflika a annoncé la tenue de l’élection présidentielle dans le prolongement d’une “conférence nationale inclusive et indépendante” qui doit se tenir “avant fin 2019”, ainsi que la formation d’un “gouvernement de compétences nationales”. Voici le texte intégral de son message :

“Chères concitoyennes,

Chers concitoyens,

L’Algérie traverse une étape sensible de son Histoire. Ce 8 mars, pour le troisième vendredi consécutif, d’importantes marches populaires ont eu lieu à travers le pays. J’ai suivi ces développements et, comme je vous l’ai déjà annoncé le 3 de ce mois, je comprends les motivations des nombreux compatriotes qui ont choisi ce mode d’expression dont je tiens, une fois de plus, à saluer le caractère pacifique.

Je comprends tout particulièrement le message porté par les jeunes en termes, à la fois, d’angoisse et d’ambition pour leur avenir propre et pour celui du pays. Je comprends aussi le décalage qui a pu être source de préoccupation entre, d’un côté, la tenue de l’élection présidentielle à une date techniquement appropriée en tant que jalon de gouvernance dans la vie institutionnelle et politique et, de l’autre, l’ouverture, sans délai indu, du vaste chantier, politiquement hautement prioritaire, de conception et de conduite de réformes profondes dans les domaines politique, institutionnel, économique et social, avec la participation la plus large possible et la plus représentative de la société algérienne, y compris la juste part devant revenir aux femmes et aux jeunes. Je comprends enfin que le projet rénovateur de notre État-nation, dont je vous ai annoncé les principales articulations, gagnerait à bénéficier d’un surcroît de clarifications et être préparé, pour chasser tout doute des esprits, par la réunion des conditions de son appropriation par toutes les couches sociales et les composantes de la Nation algérienne.

Mon état de santé et mon âge ne m’assignent comme ultime devoir que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République

En toute fidélité au serment que j’ai fait devant le peuple algérien de protéger et de promouvoir en toutes circonstances les intérêts bien compris de notre Patrie, et après les consultations institutionnelles requises par la Constitution, j’invoque la grâce et le soutien de Dieu Tout-Puissant pour me prévaloir des valeurs supérieures de notre peuple dont nos glorieux martyrs et nos valeureux moudjahidine ont consacré l’immortalité pour présenter à l’adresse de vos cœurs et à vos consciences les décisions suivantes :

Premièrement : Il n’y aura pas de cinquième mandat et il n’en a jamais été question pour moi, mon état de santé et mon âge ne m’assignant comme ultime devoir envers le peuple algérien que la contribution à l’assise des fondations d’une nouvelle République en tant que cadre du nouveau système algérien que nous appelons de tous nos vœux. Cette nouvelle République et ce nouveau système seront entre les mains des nouvelles générations d’Algériennes et d’Algériens qui seront tout naturellement les principaux acteurs et bénéficiaires de la vie publique et du développement durable dans l’Algérie de demain.

Deuxièmement : Il n’y aura pas d’élection présidentielle le 18 avril prochain. Il s’agit ainsi de satisfaire une demande pressante que vous avez été nombreux à m’adresser dans votre souci de lever tout malentendu quant à l’opportunité et à l’irréversibilité de la transmission générationnelle à laquelle je me suis engagé. Il s’agit aussi de faire prévaloir la noble finalité des dispositifs juridiques qui réside dans une saine régulation de la vie institutionnelle et dans l’harmonie des interactions socio-politiques, sur une observation rigide d’échéances pré-établies. Le report de l’élection présidentielle qui a été réclamé vient donc pour apaiser les appréhensions qui ont été manifestées afin d’ouvrir la voie à la généralisation de la sérénité, de la quiétude et de la sécurité publique, dans l’objectif d’entreprendre ensemble les actions d’importance historique qui permettront de préparer le plus rapidement possible l’avènement d’une nouvelle ère en Algérie.

Troisièmement : Dans la perspective d’une mobilisation accrue des pouvoirs publics et du rehaussement de l’efficacité de l’action de l’État dans tous les domaines, j’ai décidé de procéder tout prochainement à des changements importants au sein du Gouvernement. Ces changements constitueront une réponse adéquate aux attentes dont vous m’avez saisi, ainsi qu’une illustration de ma réceptivité à l’exigence de reddition de comptes et d’évaluation rigoureuse dans l’exercice des responsabilités à tous les niveaux et dans tous les secteurs.

Quatrièmement : La Conférence nationale inclusive et indépendante sera une enceinte dotée de tous les pouvoirs nécessaires à la discussion, l’élaboration et l’adoption de tous types de réformes devant constituer le socle du nouveau système que porte le lancement du processus de transformation de notre État-nation, que j’estime être ma mission ultime en parachèvement de l’œuvre dont Dieu Tout-Puissant m’a accordé la capacité et pour laquelle le peuple algérien m’a donné l’opportunité.

La Conférence nationale indépendante fixera souverainement la date de l’élection présidentielle à laquelle je ne serai en aucun cas candidat

Cette conférence sera équitablement représentative de la société algérienne comme des sensibilités qui la parcourent. Elle organisera librement ses travaux, sous la direction d’une instance présidentielle plurielle, avec à sa tête un président qui sera une personnalité nationale indépendante, consensuelle et expérimentée. La conférence doit s’efforcer de compléter son mandat avant la fin de l’année 2019.

Le projet de Constitution qui émanera de la Conférence sera soumis à un référendum populaire. La Conférence nationale indépendante fixera souverainement la date de l’élection présidentielle à laquelle je ne serai en aucun cas candidat.

Cinquièmement : L’élection présidentielle qui aura lieu dans le prolongement de la conférence nationale inclusive et indépendante sera organisée sous l’autorité exclusive d’une commission électorale nationale indépendante dont le mandat, la composition et le mode de fonctionnement seront codifiés dans un texte législatif spécifique qui s’inspirera des expériences et des pratiques les mieux établies à l’échelle internationale. La création d’une commission électorale nationale indépendante est décidée pour répondre à une revendication largement soutenue par les formations politiques algériennes ainsi qu’à une recommandation constante des missions d’observation électorale des Organisations internationales et régionales invitées et reçues par l’Algérie lors des consultations électorales nationales précédentes.

Sixièmement : Dans le but de contribuer de manière optimale à la tenue de l’élection présidentielle dans des conditions incontestables de liberté, de régularité et de transparence, il sera formé un Gouvernement de compétences nationales bénéficiant du soutien des composantes de la Conférence nationale. Ce Gouvernement assumera la supervision des missions de l’administration publique et des services de sécurité et apportera sa pleine collaboration à la commission électorale nationale indépendante. Pour sa part, le Conseil constitutionnel assumera, en toute indépendance, les pouvoirs que lui confèrent la Constitution et la loi en matière d’élections présidentielles.

Septièmement : Je m’engage solennellement devant Dieu le Tout-Puissant et devant le peuple algérien à ne ménager aucun effort pour que les Institutions, structures, démembrements de l’État et collectivités locales se mobilisent pour concourir à la pleine réussite de ce plan de travail. Je m’engage également à veiller à ce que toutes les Institutions constitutionnelles de la République poursuivent scrupuleusement l’accomplissement de leurs missions respectives et exercent leurs pouvoirs respectifs au service exclusif du peuple algérien et de la République. Je m’engage enfin, si Dieu m’accorde vie et assistance, à remettre les charges et les prérogatives de Président de la République au successeur que le peuple algérien aura librement élu.

Voici la voie du salut que je vous invite à emprunter ensemble pour prémunir l’Algérie contre des épreuves, des déchirements et des déperditions d’énergies

Chères concitoyennes,

Chers concitoyens,

Voici la voie du salut que je vous invite à emprunter ensemble pour prémunir l’Algérie contre des épreuves, des déchirements et des déperditions d’énergies.

Voici la voie d’un sursaut collectif pacifique pour permettre à l’Algérie de réaliser tout son potentiel dans une démocratie épanouie, digne des gloires de l’Histoire de notre Nation.

Voici la voie dans laquelle je vous demande de me suivre et de m’aider.

Gloire éternelle à nos vaillants martyrs.”

Source : jeuneafrique.com

 

Rwanda : Macron officiellement invité à Kigali pour les 25e commémorations du génocide des Tutsi

Selon nos informations, Emmanuel Macron a été officiellement convié aux 25e commémorations du génocide des Tutsi, le 7 avril à Kigali. Paris n'a pas encore communiqué sa réponse mais cette invitation marque une étape décisive dans le rapprochement amorcé entre la France et le Rwanda après l'élection d'Emmanuel Macron.

Ce n’est pas la première invitation que le Rwanda adresse à la France depuis le début du réchauffement des relations entre les deux pays, mais c’est assurément la plus symbolique tant le rôle de la France dans le génocide alimente la polémique et les tensions entre Paris et Kigali depuis plus de vingt ans. Selon les informations de Jeune Afrique, Emmanuel Macron a été convié aux 25èmes commémorations du génocide des Tutsi qui se tiendront à Kigali le 7 avril. Les invitations ont été adressées en début de semaine.

Selon nos informations, l’Élysée n’a pas encore communiqué sa réponse aux autorités rwandaises. Quoi qu’il en soit, si le président devait ne pas s’y rendre, Paris serait représentée à un haut niveau.

Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, la France et le Rwanda ont entamé un rapprochement diplomatique qui fait suite à une longue période de crise entre les deux pays. Des tensions qui se sont souvent cristallisées autour de l’enquête sur l’attentat du 6 avril 1994 pour laquelle les juges français ont rendu une ordonnance de non-lieu fin décembre. La poursuite de cette enquête, dans laquelle certains proches de Paul Kagame étaient visés, a longtemps perturbé les relations entre les deux pays. La France n’a plus d’ambassadeur à Kigali.

Pas encore de réponse de Paris

Après une première visite officielle de Paul Kagame en mai 2018 au cours de laquelle la France avait annoncé son soutien à la candidature de Louise Mushikiwabo à la tête de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), et un second déplacement pour la cérémonie du 11 novembre, c’est désormais Emmanuel Macron qui est attendu du côté de Kigali.

Les deux présidents pourraient se rencontrer lors du One Planet Summit de Nairobi, le 14 mars. Paul Kagame n’a pas encore confirmé sa présence à la nouvelle édition de ce sommet sur le climat, la première en Afrique, mais en coulisse on précise qu’il pourrait s’y entretenir avec Emmanuel Macron qui coorganise l’événement avec le président kényan Uhuru Kenyatta.

Source : Jeuneafrique.com

 

 

Bouteflika en Suisse : quand les Algériens appellent l’hôpital où est soigné leur président

La protestation contre la candidature à un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika prend de nouvelles formes. Des Algériens ont ainsi décidé d’accompagner les manifestations par une campagne d’appels téléphoniques et d'envoi de courriels - souvent humoristiques - à l’établissement hospitalier où leur président séjourne depuis dimanche 24 février.

Le standard téléphonique des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG), où le chef de l’État algérien a été admis dimanche 24 février, n’en finit pas de sonner. Depuis que les Algériens ont eu la confirmation dans la soirée du lundi 4 mars – dans une séquence de l’émission française Quotidien – que leur président se trouve bel et bien dans l’enceinte de l’établissement, ils ont décidé de lancer une opération sur les réseaux sociaux pour obliger la direction de ce dernier à communiquer sur l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika.

La campagne incite les Algériens à solliciter le standard de l’hôpital suisse et à adresser des courriels à la direction du HUG. « Il faut les harceler ! » s’exclame un internaute. Lancé comme une plaisanterie, le mouvement commence à prendre de l’ampleur. « Nous avons reçu plusieurs dizaines d’appels d’Algériens depuis ce matin », explique à Jeune Afrique une standardiste de l’établissement.

L’hôpital ne confirme toutefois pas la présence d’Abdelaziz Bouteflika dans ses locaux. Un Algérien, qui a partagé dans la soirée du lundi 4 mars l’enregistrement de son appel téléphonique, a eu pour tout commentaire de l’agente de permanence : « Je ne vois pas le nom de Monsieur Bouteflika sur le registre des patients ». Jeune Afrique a également tenté de contacter électroniquement l’hôpital pour confirmer ou infirmer la présence du président, mais n’a reçu qu’une réponse automatique, sans plus de détails.

« En réponse aux messages reçus, les Hôpitaux universitaires de Genève rappellent que leur unique mission est de soigner toute personne le nécessitant quel que soit son statut. Ils ne communiquent jamais sur l’état de santé de leurs patients. Seul le patient, ou une personne habilitée par lui, peut donner des informations. Nous vous remercions de respecter la déontologie et les valeurs universelles partagées par celles et ceux qui soignent », a réagi l’hôpital dans un commentaire Facebook.

Entre humour noir et action collective

Enseignante en arts graphiques à Alger, Dalal n’en revient pas de l’emballement sur les réseaux sociaux : « Au départ, un ami a simplement trouvé les coordonnées de l’hôpital, et évoqué l’idée d’envoyer un courrier commun, raconte-telle. Mais très vite, l’information s’est diffusée ! Puis les internautes ont mené l’enquête et transmis le numéro du huitième étage de l’établissement, où se trouve précisément le président. »

Lundi soir, l’émission Quotidien, diffusée sur la chaîne française TMC, a diffusé le reportage d’un de ses envoyés spéciaux qui a réussi à s’introduire dans l’enceinte de l’hôpital, vendredi 22 février, avant d’être prié de quitter les lieux. Une image furtive du frère du président, Nacer Bouteflika, a été captée par le journaliste, qui filmait à l’aide d’un téléphone portable dissimulé dans la poche de sa chemise.

Une autre initiative appelle à un départ collectif en covoiturage de Paris à Genève pour organiser un rassemblement devant le centre hospitalier

Dans leurs messages, certains Algériens font preuve d’originalité. Un citoyen suggère même d’euthanasier le président – une pratique légale en Suisse, qu’il compte appuyer « par une dérogation signée par 40 millions de personnes », plaisante-t-il. Une autre initiative appelle à un départ collectif en covoiturage de Paris à Genève, dimanche, pour organiser un rassemblement devant le centre hospitalier. « C’est formidable ce qu’il se passe, s’enthousiasme Dalal. C’est un festival de campagnes citoyennes ! »

Une assistante « transmet le message »

Certains vont même plus loin. Des messages contenant l’adresse courriel et le numéro de téléphone du médecin chef du service neurologie des HUG sont publiés sur les réseaux, afin d’inciter les internautes à prendre attache directement avec lui.

Rosh, Algérien établi en France, a par exemple décidé de joindre directement le docteur en question. « C’est une dame qui était à l’autre bout du fil, raconte Rosh. Elle m’a répondu que le médecin était en réunion et qu’elle pouvait lui transmettre un message si je le souhaitais, relate-t-il à Jeune Afrique. J’ai répondu que je souhaitais que le docteur nous donne des nouvelles du président Bouteflika, en précisant que j’appelais de la part du peuple algérien, car nous avons une élection en cours », continue-t-il. Dubitative, l’assistante a confirmé qu’elle allait bien transmettre le message. « Merci Madame, nous sommes plus de 40 millions à attendre sa réponse », a réagi le jeune homme, avant de raccrocher.

Plainte pour « certificat de complaisance » ?

« Nous ne comptons pas nous arrêter là, reprend Dalal. Nous avons contacté nos amis suisses pour qu’ils étudient la possibilité d’un dépôt de plainte contre ce médecin pour certificat de complaisance. » La législation algérienne oblige en effet un candidat à l’élection présidentielle de produire un certificat médical attestant de sa bonne santé – le Conseil constitutionnel n’a pas encore validé les candidatures déposées (dont celle du président Bouteflika).

D’emblée, des Algériens jugent que si son dossier est validé, il ne pourrait s’agir que d’un faux certificat médical, dans la mesure où l’état de santé du président est précaire – mardi 5 mars, l’Ordre des médecins algériens a d’ailleurs mis en garde tous les candidats contre d’éventuelles falsifications. L’article 318 du Code pénal prévoit « une peine privative de liberté de trois ans au plus ou une peine pécuniaire » en cas de « rémunération spéciale pour dresser ce certificat ». Si une fausse attestation est établie par négligence, la loi prévoit une amende sans privation de liberté. Le document ne peut être antidaté, sans quoi il peut être qualifié de faux certificat.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle au Sénégal : la victoire de Macky Sall validée par le Conseil constitutionnel

La victoire de Macky Sall à l’élection présidentielle du 24 février a été validée mardi 5 mars par le Conseil constitutionnel. Le président a été officiellement réélu dès le premier tour avec 58,26 % des voix, selon le Conseil, validant ainsi les résultats provisoires de la Commission nationale de recensement des votes (CNRV).

Macky Sall est arrivé en tête dans la plupart des 14 régions du pays face à Idrissa Seck (20,50 %), Ousmane Sonko (15,67 %), Issa Sall (4,07%) et Madické Niang (1,48 %).

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : Bouteflika promet, s’il est élu, une présidentielle anticipée à laquelle il ne serait pas candidat

Dans une lettre lue à la télévision publique et adressée aux rédactions, le président algérien Abdelaziz Bouteflika - dont le directeur de campagne a déposé dans la foulée le dossier de candidature à l'élection du 18 avril - se dit « déterminé à changer le système » et s'engage, s'il est élu pour un cinquième mandat, à organiser un scrutin présidentiel anticipé auquel il ne participerait pas. Jeune Afrique vous propose l'intégralité de son message.

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

Il y a quelques jours et en réponse aux sollicitations des citoyens, de la classe politique et de la société civile, dans un esprit d’accomplissement d’un devoir ultime au service de notre pays et de notre peuple, j’ai annoncé ma candidature à l’élection présidentielle du mois d’avril prochain.

Des millions de citoyens ont bien voulu m’apporter leur soutien, en contribuant activement à la campagne de collecte des signatures et en m’octroyant leur parrainage.

Servir mon pays est le plus grand honneur qui m’ait été fait tout au long de ma vie.

Je tiens, tout d’abord, à saluer, à cette occasion, le civisme qui a caractérisé les récentes marches populaires. Je salue également le comportement professionnel exemplaire des différents corps de sécurité. Je salue aussi l’attitude de tous nos concitoyens qui ont réservé l’expression de leur opinion pour le jour du scrutin à travers les urnes. Je tiens enfin à saluer l’Armée Nationale Populaire pour sa mobilisation en toutes circonstances dans l’accomplissement de ses missions constitutionnelles.

Je suis à l’écoute de toutes les opinions qui s’expriment dans notre société.

Je fais le serment que je ne laisserai aucune force, politique ou économique, détourner le destin et les richesses de notre nation au profit d’intérêts personnels ou de groupes occultes.

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

L’Algérie a besoin de poursuivre sa marche vers la démocratie, le progrès et la prospérité sans rompre les processus d’accumulation de ses acquis. Pour ce faire, elle a besoin d’un sursaut de toutes les forces politiques, économiques et sociales et de toutes les catégories de la population, en vue de se donner une nouvelle ambition.

J’ai écouté et entendu le cri du cœur des manifestants et en particulier des milliers de jeunes qui m’ont interpellé sur l’avenir de notre patrie. Ces jeunes dont beaucoup ont l’âge porteur de dignité et de générosité que j’avais au moment où j’ai rejoint les rangs de la glorieuse Armée de libération nationale, ont exprimé une inquiétude compréhensible face aux incertitudes qui les animent. J’ai le devoir et la volonté d’apaiser les cœurs et les esprits de mes compatriotes. Je le fais aujourd’hui en tant que Moudjahid fidèle à la mémoire de nos valeureux martyrs et au serment de tous les compagnons de notre épopée libératrice qui sont encore en vie. Je le fais également en tant que Président de la République pleinement respectueux de la volonté populaire qui m’a accordé l’insigne privilège de me porter à la magistrature suprême. Je le fais enfin en qualité de candidat à la prochaine élection présidentielle, avec conviction. Je suis déterminé, si Dieu le Tout Puissant m’en donne la possibilité, et si le peuple algérien me renouvelle sa confiance, à assumer la responsabilité historique de la concrétisation de leur exigence fondamentale, c’est-à-dire le changement du système. Dans cet esprit, je prends solennellement devant Dieu, et devant le peuple algérien, les engagements suivants :

Conférence nationale et nouvelle Constitution

Premièrement : La tenue, juste après l’élection présidentielle, d’une conférence nationale inclusive et indépendante pour débattre, élaborer et adopter des réformes politiques, institutionnelles, économiques et sociales, devant constituer le socle du nouveau système rénovateur de l’Etat national algérien en harmonie avec les aspirations de notre peuple.

Deuxièmement : L’élaboration et l’adoption par référendum populaire d’une nouvelle constitution qui consacrera la naissance de la Nouvelle République et du nouveau système algériens.

Troisièmement : La mise en œuvre rapide de politiques publiques garantissant une redistribution des richesses nationales plus juste et plus équitable et l’élimination de la marginalisation et de l’exclusion sociales, y compris le phénomène de la Harga, ainsi qu’une mobilisation nationale effective contre toutes les formes de corruption.

Quatrièmement : La prise de mesures concrètes pour faire de tous nos jeunes des acteurs et des bénéficiaires prioritaires dans la vie publique à tous les niveaux et dans toutes les sphères du développement économique et social.

Cinquièmement : La révision de la loi électorale avec notamment la création d’un mécanisme indépendant d’organisation des élections qui aura la responsabilité exclusive de l’organisation des élections.

Je m’engage à ne pas être candidat à l’élection présidentielle anticipée qui assurera ma succession et dont la date sera fixée par la conférence nationale

Sixièmement : L’organisation d’une élection présidentielle anticipée conformément au calendrier arrêté par la conférence nationale indépendante. Je m’engage à ne pas être candidat à cette élection qui assurera ma succession dans des conditions incontestables de sérénité, de liberté et de transparence. La date de cette élection présidentielle anticipée sera fixée par la conférence nationale.

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

Les engagements que je viens de prendre devant vous nous mèneront naturellement à une transmission générationnelle dans une Algérie réconciliée avec elle-même.

Je vous invite instamment à écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire en faisant de l’échéance électorale du 18 avril prochain l’acte de naissance d’une nouvelle république algérienne à laquelle le peuple algérien aspire.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie: nouvelle journée de manifestations attendue ce vendredi

Algérie: nouvelle journée de manifestations attendue ce vendrediRFI - Les Algériens sont de nouveau appelés à manifester aujourd'hui dans plusieurs grandes villes d'Algérie. Comme vendredi dernier, les appels se sont multipliés sur les réseaux sociaux. Ce mouvement mené par les jeunes a été rejoint ces derniers jours par quasiment tous les partis d'opposition, qui dénoncent comme les manifestants la candidature d'Abdelaziz Bouteflika pour un cinq mandat à la tête du pays.

Les jeunes Algériens qui dénoncent un cinquième mandat espèrent réunir encore plus de monde que vendredi dernier. Faire entendre dans toutes les grandes villes du pays, les mêmes slogans appelant à un renouveau à la tête du pays. Les manifestants souhaitent le départ d'Abdelaziz Bouteflika et la fin d'un système qu'ils jugent corrompu, autoritaire et incapable de relancer l'économie.

Depuis la semaine dernière, presque tous les partis d'opposition ont rejoint le mouvement. Les étudiants se sont également mobilisés cette semaine, tout comme les journalistes, notamment des médias publics, pour dénoncer la censure et les pressions dont ils font l'objet.

Hasard de calendrier : alors que la contestation prend de l'ampleur en Algérie, que la perspective d'un cinquième mandat du président est de plus en plus critiquée, on apprend qu'Abdelaziz Bouteflika a quitté Alger pour Genève pour y être soigné.

Le régime a tenté de faire passer des messages ces derniers jours : le Premier ministre a annoncé que le chef de l'Etat déposerait bien sa candidature dimanche, date limite pour le faire. Le chef d'état-major a de son côté dénoncé des appels à manifester qui poussent les Algériens vers l'inconnu.

Un mouvement sans leader

Mais à en croire les appels circulant sur les réseaux sociaux, ces messages n'ont pas découragé les manifestants. « Je pense qu'il [le mouvement] est appelé à durer, d'autant qu'il n'est pas violent, donc il n'appelle pas de réaction violente de la part du pouvoir, estime la politologue Khadija Mohsen-Finan, enseignante à l'université Paris-I et collaboratrice du journal Orient XXI.

Les manifestations sont partout. J'ai beaucoup de questions et peu de réponses : est-ce que l'exécutif est sûr que l'armée est de son côté, est-ce qu'ils sont sûrs que les forces de l'ordre sont de leur côté ? Les manifestants sont extrêmement nombreux, calmes et leurs revendications sont comprises et le monde entier adhère à leurs revendications. »


Pour Fayçal Mettaoui, journaliste pour le site d'information algérien TSA, le succès de la mobilisation a surpris les autorités d'Alger, qui ne s'attendaient pas à une telle ampleur pour un mouvement sans leader identifié. « On a vu presque deux millions de manifestants dans tous le pays bien qu'il n'y ait pas de chiffres officiels.

Cela a pris de l'ampleur et c'est surprenant d'autant plus qu'il n'y a pas un syndicat ou un parti ou un mouvement ou une organisation qui a encadré ces manifestations. Les slogans sont les mêmes. je pense que c'est un mouvement universel, pour ne pas dire mondial.

C'est un mouvement constaté dans beaucoup de pays, en France avec le mouvement des « gilets jaunes » : on ne sait pas qui organise, c'est un mouvement ou tout le monde peut s'exprimer ; on a vu d'autres mouvements s'organiser au Soudan. »


La France est « vigilante »

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est revenu sur la situation en Algérie, suivie de près depuis Paris, et a rappelé sa vigilance quant au processus électoral : « Sur l’Algérie, il faut que le processus électoral soit un processus électoral clair qui permette à la population algérienne de s’exprimer comme elle souhaite le faire dans la plus grande liberté. Et la France est vigilante, elle estime que la souveraineté algérienne passe par un processus électoral et que ce sont aux Algériens de définir eux-mêmes leur avenir ».

■ Qu'en pensent les Algériens vivant en France ?

Il est temps de changer l'Algérie, maintenant, et je pense que ça se fera, et ça va se faire cette année inch'Allah mais par contre, c'est pas la bonne méthode ; la jeunesse elle doit s'y mettre, mais c'est pas un jeune qui va gouverner un pays. Oui, ça doit changer mais pour quelqu'un de mature quand même

Au café le Soleil d'Oran, dans le quartier Barbès de Paris, tout le monde semble plutôt d'accord sur un point : il faut du changement

Par Alexis Bedu
Source : RFI

 

 

Sénégal: Macky Sall réélu président, selon des résultats provisoires

Macky Sall a été réélu président de la République du Sénégal avec 58,27% des voix, selon des résultats officiels provisoires annoncés ce jeudi 28 février en début d'après-midi par la Commission nationale de recensement des votes (CNRV).

Après une longue attente, les résultats du premier tour de l'élection présidentielle ont été annoncés en début d'après-midi par le président de la Commission nationale de recensement des votes, le juge Demba Kandji, devant des dizaines de journalistes ce jeudi 28 février.

Macky Sall arrive largement en tête avec 58,27% des voix, contre 20,5% pour le principal opposant et ancien Premier ministre Idrissa Seck. Loin derrière, Ousmane Sonko obtient 15,67% des voix, suivi par Issa Sall, avec 4,07% et Madické Niang, avec 1,48%.

L'annonce des résultats par le juge Demba Kandji, président de la CNRV

La Commission a justifié son retard par le fait que les derniers PV ont été récupérés dans la matinée, notamment ceux arrivant de l’étranger. Le juge Demba Kandji a également indiqué que la participation est de 66,23%. A titre de comparaison, elle était de 51,8% en 2012. Les électeurs se sont donc déplacés massivement.

L’annonce de ces résultats provisoires s’est déroulée dans un climat politique difficile. Depuis dimanche, la majorité annonçait la réélection de Macky Sall dès le premier tour, alors qu’Idrissa Seck était persuadé d’être qualifié pour le second tour.

« Nous rejetons fermement et sans aucune réserve ce résultat. Nous ne ferons aucun recours devant le Conseil constitutionnel », indique un communiqué signé d'Idrissa Seck, Ousmane Sonko, Madické Niang et Issa Sall et consulté par l'Agence France-Presse.

Le Conseil constitutionnel sera chargé d’annoncer d’ici 8 jours les résultats définitifs de ce premier tour de la présidentielle.

Majorité absolue

Macky Sall a donc réussi son coup KO : emporter la majorité absolue des suffrages des citoyens. C’est d’abord le résultat d’une campagne menée tambour battant. Le président candidat n’a rien laissé au hasard. Il a sillonné le pays et mené un meeting par jour.

Ce résultat est aussi dû à un jeu d’alliances mené par le chef de l’Etat depuis les législatives. La coalition Benno Bokk Yaakaar a emporté le plus vieux parti du pays, le Parti socialiste, dans cette alliance. De l’avis de certains opposants comme de certains observateurs, Macky Sall a tout fait pour assurer sa réélection, également facilitée par l’absence de deux candidats que sont Karim Wade et Khalifa Sall.

Macky Sall, ancien ministre d’Abdoulaye Wade, né à Fatick, sera donc au pouvoir de nouveau pendant cinq ans. Il compte mettre en place la deuxième phase de son plan « Sénégal émergent », son plan d’investissements publics dans le pays, de construction d’infrastructures. Autre défi du président : restaurer le dialogue politique, le consensus sénégalais. Un dialogue devenu quasi-impossible, ont relevé certains observateurs.

« C’est l’homme qui a innové. Nous sommes très satisfaits de cette victoire, nous sommes très émus. Nous félicitons le président de la République. Pour le second mandat, il faut qu’il regarde aussi la jeunesse et ses militants de la première heure. Nous sommes très satisfaits. » R&actions des partisans de Macky Sall.

Source : RFI

 

Tensions en Algérie : ce que craint le gouvernement français

VIDÉO - Tensions en Algérie : ce que craint le gouvernement françaisNouvelles manifestations en Algérie mardi 26 février. Cette fois ce sont les étudiants qui s'opposent à un cinquième mandat d'Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, physiquement très affaibli. La situation semble explosive et est suivie de près par les autorités françaises. Les enjeux sont majeurs.

Si, à Alger, les autorités craignent un soulèvement, une autre capitale suit très attentivement la situation : Paris. Mardi 26 février, les étudiants de la faculté centrale ont manifesté leur hostilité à un cinquième mandat du président Bouteflika, 81 ans et gravement malade. Une scène identique s'est répétée devant la faculté de sciences politiques.

Pour la France, la déstabilisation de l’Algérie est un scénario redouté au plus haut sommet de l'État pour plusieurs raisons, dont la première est économique. Partenaire historique, l'Algérie est l'un des premiers fournisseurs de gaz de l'Hexagone. La France est aussi le premier investisseur hors hydrocarbures et le premier employeur étranger avec 40.000 salariés d'entreprises françaises.

Mais, l'enjeu est également humain. C'est l'une des principales craintes de l’Élysée : un effondrement du régime qui engendrerait un exode de la jeunesse. "Il y aurait incontestablement un flux migratoire qui va s'accentuer, qui va alimenter le discours des populistes et des extrêmes-droites", analyse Mohamed Sifaoui, journaliste et auteur de "Où va l'Algérie?".

Quel enjeu sécuritaire?

Plus grand pays d’Afrique, l’Algérie, avec ses six frontières (Maroc, Mauritanie, Mali, Niger, Libye et Tunisie), est un partenaire crucial de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Ici aussi la France ne souhaite qu'une seule chose : la stabilité.

"La Libye est déstabilisée (...), la zone sahélienne (...) est aussi déstabilisée. Si vous ajoutez à cela la déstabilisation d'un grand pays comme l'Algérie, vous créez forcement une déstabilisation pour l'ensemble de la région maghrébine", explique Mohamed Sifaoui.

Entre la France et l’Algérie, le relation politique a toujours été sensible. Mardi matin, Benjamin Griveaux a appliqué le principe de précaution quant à la crédibilité de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika. "Vous ne trouverez aucune prise de position du gouvernement là-dessus. Ce serait de l'ingérence", assure le porte parole du gouvernement.

De son côté, le président algérien déposera le 3 mars prochain sa candidature à un cinquième mandat auprès du Conseil constitutionnel.

Source : RTL (France)

 

Nigeria : Muhammadu Buhari réélu pour un second mandat

Le scrutin s’annonçait serré, mais Buhari a réussi à maintenir une large avance sur son adversaire. Le président sortant « est déclaré vainqueur et est réélu », a ainsi officialisé le président de l’INEC, Mahmood Yakubu à l’aube mercredi 27 février, alors que la compilation des résultats avait mis fin au suspense dès mardi soir.

Avec les résultats des 36 États du pays ainsi que de la capitale fédérale Abuja, Muhammadu Buhari a gagné en comptant une avance de près de 4 millions de voix par rapport à son principal rival, Atiku Abubakar. Le candidat du Parti Populaire Démocratique (PDP) est quant à lui crédité de 41% de suffrages.

Quelques centaines de personnes s’étaient rassemblées dans le quartier général du parti au pouvoir, le Congrès des Progressistes (APC) à Abuja, pour sabrer le champagne au son de l’afropop. Toutefois, en raison de l’heure tardive de l’annonce, il y avait peu de ferveur ou célébration populaire dans le pays. Y compris à Kano, l’un de ses fiefs, où ses partisans étaient sortis en masse en 2015 pour célébrer sa première victoire.

Soutien du Nord

Depuis lundi, au fur et à mesure que l’INEC annonçait les résultats, État par État, parti par parti, le suspense se réduisait. Les écarts entre les candidats, tout deux haoussas du nord et musulmans, étaient certes moins prononcés que lors du scrutin de 2015, entre Buhari et Goodluck Jonathan, chrétien du Delta, mais Buhari a conservé une large avance.

Le Nord ne l’a pas trahi. Après un premier bilan très mitigé et critiqué sur les questions économiques et sécuritaires, Buhari gardait une large avance dans ses bastions où il dépassait les 70%, mais a perdu près de 435 000 voix dans l’immense ville de Kano (nord), l’un de ses fiefs.

Atiku Abubakar n’a de son côté pas réussi à faire l’unanimité dans la région yorouba du sud-ouest, où le parti au pouvoir a gardé la majorité des votes, ou dans le sud-est igbo, malgré le choix de Peter Obi, ancien gouverneur de l’État d’Anambra, comme vice-président.

Contestation de l’opposition

L’opposition a dénoncé des fraudes massives du parti au pouvoir pour maintenir Muhammadu Buhari à la tête du pays, et avait demandé l’interruption des résultats mardi soir. Toutefois, cette demande ne peut se faire que par voie de justice.

« Situation Room appelle les partis politiques et les candidats qui ont des griefs avec le processus électoral à utiliser les recours légaux pour le faire« , a annoncé le groupe de surveillance de la société civile dans un communiqué, après avoir dénoncé des manquements graves dans l’organisation du scrutin.

Retards à l’ouverture des bureaux de vote, intimidations d’électeurs, destruction de matériel électoral : la société civile et les observateurs ont dénoncé de nombreuses irrégularités et recensé au moins 53 morts dans des violences électorales.

Faible taux de participation

La mobilisation des électeurs nigérians a été faible lors de ce scrutin, avec un taux de participation d’environ 40%. L’affluence a ainsi reculé dans quasiment tous les États du pays, notamment dans le sud-est. Dans l’État d’Abia par exemple, où les mouvements séparatistes pro-Biafra ont une forte assise populaire, le taux de participation n’a été que de 18%.

À Lagos également, capitale économique de l’Afrique de l’ouest et réservoir très important de voix avec plus de 6 millions d’électeurs enregistrés, le niveau de participation ne dépassait pas les 20%. Les observateurs s’inquiètent de cette « faible mobilisation » qui « pourrait affecter la crédibilité du vainqueur de cette élection », déjà entachée par des accusations de fraudes.

« La raison principale pour laquelle les électeurs ne se déplacent pas, c’est qu’il ne sentent pas la présence de l’État dans leur vie quotidienne », explique à l’AFP Nana Nwachukwu, activiste pour la campagne Not Too Young Too Run (Pas trop jeune pour s’engager en politique). « L’apathie générale est due au fait que les Nigérians ne peuvent pas compter sur leur gouvernement », note-t-elle.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Edouard Philippe au Mali: «La tâche dans le Sahel est encore longue»

Edouard Philippe au Mali: «La tâche dans le Sahel est encore longue»Le Premier ministre français est depuis samedi soir sur la base de l’armée française à Gao, dans le nord du Mali.

Il est venu soutenir les troupes de l’opération Barkhane qui luttent contre les jihadistes dans le Sahel. Six ans après les premiers combats contre les groupes terroristes, les soldats tricolores ne sont pas près de rentrer au pays. Edouard Philippe le répète depuis son départ de Paris : « La tâche dans le Sahel est encore longue ».

Le Premier ministre français l’a redit samedi aux côtés de son homologue malien à Bamako. Une promesse doublée d’un conseil ferme : le gouvernement malien doit continuer ses efforts pour mettre en œuvre les Accords de paix d’Alger de 2015.

« C’est la mise en œuvre de l’accord d’Alger qui permettra la lutte contre le terrorisme et la stabilisation du Nord. Nous savons depuis longtemps et nous avons parfaitement conscience que la mise en œuvre d’un tel accord ne peut pas se faire dans un délai de temps incroyablement réduit, souligne-t-il. La France sera aux côtés du Mali aussi longtemps que nécessaire et aussi longtemps que le Mali le souhaitera. Nous sommes ici engagés dans une opération d'intérêt commun et aussi longtemps que le Mali le souhaitera, aussi longtemps que nous aurons besoin de lutter ensemble pour mettre en œuvre ces accords, nous serons à la disposition et mobilisés. »

La fin de l’opération Barkhane est d’autant plus lointaine qu’aucune force locale n’est capable de prendre le relais. Le Premier ministre malien Soumeylou Boubèye Maïga le reconnaît : la force du G5 Sahel n’est pas encore prête. Et c’est n’est pas seulement un problème d’argent.

« Je ne pense pas que l’action de la force conjointe soit fondamentalement impactée par le seul aspect financier, explique-t-il. Nous avons un théâtre considérable sur lequel nos armées mènent un combat permanent. »

La menace terroriste touche maintenant le centre du Mali et s’étend même jusqu’au Burkina Faso voisin. Deux raisons supplémentaires de garder Barkhane active pour une durée indéterminée.

Source : RFI Afrique

 

Présidentielle sénégalaise : 28 mille électeurs votent en Mauritanie

Présidentielle sénégalaise : 28 mille électeurs votent en Mauritanie28 mille 644 Sénégalais de Mauritanie sont appelés aux urnes, ce dimanche 24 février, pour élire leur président de la République.

Ces électeurs sont répartis dans 49 bureaux de vote : 42 à Nouakchott, la capitale (24798 inscrits), 6 à Nouadhibou (3571 inscrits) et 1 bureau à Rosso (275 inscrits). 6.7 millions de Sénégalais, dont les 309 592 de la diaspora, doivent choisir leur président pour les 5 ans à venir.

Les candidats en lice sont le président sortant, Macky Sall (57 ans), et quatre opposants: Ousmane Sonko, ex-inspecteur des impôts, (44 ans) Idrissa Seck, ancien premier ministre (59 ans), Madické Niang (65 ans), ancien ministre des Affaires étrangères et l’universitaire, Issa Sall (63 ans).

Les militaires, les paramilitaires et les civils votent le même jour.

8000 policiers ont été mobilisés pour sécuriser l'élection. L’ancien président Abdoulaye Wade - qui accuse son successeur, Macky Sall, d’avoir exclu son fils, Karim Wade, de la course à la présidentielle - a menacé de saboter le scrutin.

L’opposition sénégalaise accusent également le président Macky Sall d’avoir "exclu de la course ses deux principaux" rivaux à savoir Khalifa Sall, ex- maire de la capitale et Karim Wade, fils de l’ex-président Abdoulaye Wade, lesquels sont condamnés pour « détournement » de deniers publics et enrichissement « illicite ».

Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

Algérie : manifestation inédite à Alger pour protester contre un 5e mandat de Bouteflika

Plusieurs centaines de manifestants défilent ce vendredi contre le cinquième mandat que brigue le président algérien Abdelaziz Bouteflika. Le rassemblement se tient dans le centre d'Alger où toute manifestation est officiellement interdite depuis 2001.

« Pas de 5e mandat », « Ni Bouteflika ni Saïd » (frère du chef de l’État, souvent perçu comme son successeur potentiel), ont scandé les manifestants, des jeunes dans l’immense majorité, défilant dans les rues autour de la Grande-Poste, en plein centre de la capitale algérienne.

La police, déployée en nombre, n’est pas intervenue dans l’immédiat. Survolé par un hélicoptère des forces de l’ordre, le cortège, dans lequel plusieurs drapeaux algériens sont visibles, s’est formé à partir de différents points de la ville, à l’issue de la grande prière hebdomadaire musulmane. « Ouyahia, dégage! », chantent également les manifestants, en référence au Premier ministre Ahmed Ouyahia.

Toute manifestation est officiellement interdite depuis 2001 dans la capitale algérienne et toute tentative de rassemblement généralement rapidement empêché. En février 2018, un millier de médecins en formation avaient réussi à braver l’interdit en se rassemblant devant la Grande-Poste, mais avaient été rapidement encerclés et bloqués sur place par la police.

Contrôles médicaux à Genève

Plusieurs appels à manifester ce vendredi 22 février – notamment après la grande prière hebdomadaire musulmane de la mi-journée – contre l’idée d’un 5e mandat pour le président sortant ont été lancés sur les réseaux sociaux, sans que le mouvement apparaisse pour l’heure très structuré.

Plusieurs rassemblements ont été signalés dans la matinée, le plus important à Annaba, à environ 400 km à l’est d’Alger. La presse algérienne a également fait état de protestations d’ampleur variable à Oran, deuxième ville du pays, à environ 400 km à l’ouest d’Alger, à Tiaret et Relizane (respectivement 200 et 250 km au sud-ouest de la capitale) et à Sétif (200 km au sud-est d’Alger).

Au pouvoir depuis 1999, Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, a mis fin au suspens après des mois d’interrogations sur ses intentions en annonçant le 10 février dans une lettre-programme à la Nation qu’il briguerait un 5e mandat lors de la prochaine présidentielle prévue le 18 avril. Le président algérien a subi un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013 qui a affecté sa mobilité, il n’apparaît que rarement en public. Abdelaziz Bouteflika doit d’ailleurs se rendre à Genève le dimanche 24 février pour y « effectuer ses contrôles médicaux périodiques », selon un communiqué de la présidence.

Source : jeneafrique.com

Maroc-Espagne : onze accords signés au premier jour de la visite de Felipe VI à Mohammed VI

Les rois du Maroc Mohammed VI et d'Espagne Felipe VI ont présidé mercredi à Rabat une séance de signature de onze accords bilatéraux, à l'occasion de la visite d'État du souverain espagnol au Maroc, dont le voisin du nord est le premier partenaire commercial.

Rabat et Madrid s’engagent notamment à établir un « partenariat stratégique » dans plusieurs domaines : énergie, lutte contre la criminalité, développement d’une troisième interconnexion électrique Maroc-Espagne…

Un mémorandum d’entente pour l’organisation d’une exposition à Madrid sur les collections royales des deux pays a également été paraphé, tandis que l’Espagne a finalisé la « donation irrévocable » au Maroc du théâtre Cervantès de Tanger, un chef-d’oeuvre architectural du XXe siècle qui tombait en ruines depuis la fin de la colonisation espagnole.

Felipe VI, accompagné de la reine Letizia et d’une importante délégation, a entamé mercredi une visite d’État de deux jours au Maroc. Un « Conseil économique » maroco-espagnol sera lancé jeudi, selon le programme de la visite.

L’Espagne est un des principaux alliés du Maroc en Europe et son premier partenaire commercial, avec des flux commerciaux dépassant les 12 milliards d’euros en 2018, selon l’agence de presse officielle marocaine MAP. Le voisin du nord était en 2017 le premier client du Maroc, dont elle a absorbé 23,7 % des exportations, selon un organisme officiel marocain affilié au ministère de l’Économie. Mercredi soir, le roi du Maroc a offert un dîner de gala en l’honneur du roi et de la reine d’Espagne.

« Excellence » des relations entre les deux pays

Cette visite de Felipe VI, sa deuxième comme roi après celle de juillet 2014, peu après son couronnement, avait à maintes reprises été reportée. Le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez s’était rendu au Maroc en novembre, rencontrant le roi Mohammed VI et le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani.

L’an passé, plusieurs ministres et responsables espagnols se sont rendus à Rabat pour parler lutte antiterroriste et migration, louant l’ « excellence » des relations entre les deux pays voisins. Devenue l’an dernier la première porte d’entrée des migrants en Europe avec 55 756 arrivées par la mer, l’Espagne a plaidé des mois durant pour que l’Union européenne débloque des aides à destination de son voisin marocain afin de mieux gérer les flux clandestins sur la route occidentale de la Méditerranée.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle au Sénégal : Abdoulaye Wade persiste dans sa stratégie incendiaire

Arrivé il y a une semaine dans la capitale sénégalaise, l’ancien président sénégalais a multiplié les rencontres avec des représentants de l’opposition. Mais mercredi soir, Abdoulaye Wade a réitéré ses appels à attaquer les bureaux de vote pour empêcher la tenue de la présidentielle.

La rumeur s’est répandue via un tweet de Bougane Guèye Dany, candidat du mouvement Gueum Sa Bopp, recalé à l’épreuve des parrainages et désormais soutien d’Idrissa Seck. « L’ancien président [Abdoulaye Wade] reconsidère sa position sur la présidentielle du 24 février », a-t-il écrit le 13 février, au sortir d’un entretien avec le « Pape du Sopi », dans un grand hôtel de Dakar.

« Le président Abdoulaye Wade s’est montré très réactif, très engagé. Quand nous sommes revenus sur son appel à boycotter l’élection, il m’a affirmé que c’était une vieille histoire et qu’il avait envisagé une autre option », confirmait Bougane Guèye Dany à Jeune Afrique dans l’après-midi.

Mais il n’en fut rien. Pendant la semaine qui a suivi son retour à Dakar, l’opposition s’est pressée autour d’Abdoulaye Wade. Le candidat Ousmane Sonko, l’entourage de Khalifa Sall ou encore des émissaires d’Idrissa Seck ont, tour à tour, rendu visite à l’ex-président sénégalais. Mais Abdoulaye Wade reste sur sa ligne, et refuse de donner des consignes de vote. Il l’a réaffirmé, mercredi soir, à l’occasion du comité directeur du Parti démocratique sénégalais (PDS, opposition), devant plusieurs centaines de militants et de cadres du parti.

Propos incendiaires

« Il suffit de prendre un peu d’essence pour brûler la liste des électeurs. Et ce n’est pas un délit »

C’est coiffé d’une chéchia rouge et accompagné de son carré de fidèles lieutenants qu’Abdoulaye Wade a traversé la haie de photographes rassemblés à l’hôtel Terrou Bi, accueilli par  les « Gorgui ! » et « Sopi ! » scandés par les quelque trois cents militants présents. À la tribune, après quelques « leçons de grammaire et de mathématiques » dispensées devant une audience amusée, le patriarche de la politique sénégalaise a martelé son intention d’« empêcher pacifiquement cette élection, trafiquée par Macky Sall ».

Mais le pacifisme revendiqué fait long feu dans la bouche de l’ex-chef de l’État, qui réitère ses propos incendiaires de la semaine précédente, à sa descente de l’avion qui le ramenait à Dakar.  « Nous décidons de nous attaquer aux bureaux de vote pour qu’il n’y ait pas d’élection. Il suffit de prendre un peu d’essence pour brûler la liste des électeurs. Et ce n’est pas un délit. Ce sont des bulletins de fraude, qui participent à un système de fraude. Ce sont les devoirs des citoyens de les détruire », a-t-il déclaré.

Gêne des militants et cadres

Si les propos d’Abdoulaye Wade ont été salués par des applaudissements dans la salle, acquise à Gorgui, de nombreux partisans reconnaissent être mal à l’aise face au jusqu’au boutisme du leader du PDS. En début de semaine, certains cadres confiaient même à Jeune Afrique – en « off » – leur décision de « prendre leurs responsabilités et d’aller voter malgré tout ». D’autres, enthousiastes à l’idée de voir l’opposition se « réveiller avec le retour du président Wade », voulaient encore croire à un retournement de la position d’Abdoulaye Wade, et espéraient une consigne de vote de sa part.

Macky Sall sera le seul à bénéficier d’un boycott de l’élection

À la sortie du comité directeur du PDS, mercredi soir, l’un des militants résumait une amertume visiblement partagée dans les rangs du PDS : « Macky Sall sera le seul à bénéficier d’un boycott de l’élection. »

L’ancien ministre de la Justice El Hadj Amadou Sall, cadre du parti et fidèle d’Abdoulaye Wade, développe de son côté un argumentaire tentant de concilier les paroles de son mentor et les attentes des militants  : « Après les législatives de juillet 2017, notre coalition avait décidé de ne plus participer à aucune élection organisée et supervisée par un gouvernement de Macky Sall et de s’opposer par tous les moyens à l’organisation d’une telle mascarade. C’est pourquoi nous ne boycotterons pas l’élection, nous nous opposerons à sa tenue. »

Une nuance difficile à appréhender…

Source : jeuneafrique.com