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Politique en Afrique

Au Soudan, l'armée dénonce une tentative de coup d'État

Au Soudan, l'armée dénonce une tentative de coup d'ÉtatFrance24 - Un groupe, non identifié à ce stade, aurait tenté de prendre le pouvoir lundi lors d'un putsch visant le gouvernement de transition, à annoncé l'armée mardi.

Le Soudan a échappé à une tentative de coup d'État, lundi 20 septembre, a annoncé mardi l'armée dans un communiqué lu à la télévision nationale, précisant que les autorités maîtrisent la situation, sans donner d'informations sur l'identité des auteurs du complot.

Mohamed al Faki Suleiman, porte-parole du conseil de transition dirigeant le pays, a déclaré à Reuters que la tentative de putsch avait eu lieu lundi et que les interrogatoires des suspects allaient bientôt débuter.

Selon une source gouvernementale ayant requis l'anonymat, les putschistes ont notamment tenté de prendre le contrôle de la radio publique à Omdurman, qui fait face à la capitale Khartoum sur la rive opposée du Nil.

"Il y a eu une tentative de coup d'État manquée, le peuple doit y faire face", ont rapporté les médias d'État. Par ailleurs, une source militaire haut placée a déclaré qu'un groupe d'officiers était "impliqué dans la tentative", mais qu'il avait été "immédiatement suspendu".

Mardi, la circulation dans le centre de Khartoum semblait fluide, y compris autour du quartier général de l'armée. Les services de sécurité soudanais ont toutefois bloqué le principal pont reliant Khartoum à sa ville jumelle d'Omdourman, de l'autre côté du Nil.

Une transition fragile

La tentative de coup d'État visait le gouvernement de transition soudanais mis en place après l'éviction en mars 2019 du président Omar el-Béchir, renversé après trente ans de règne sans partage.

Le Soudan connaît depuis une transition fragile caractérisée par des difficultés économiques et de profondes divisions politiques. Ces derniers mois, le gouvernement a entrepris une série de réformes économiques difficiles pour pouvoir bénéficier d'un programme d'allègement de la dette du Fonds monétaire international (FMI).

Ces mesures comprenant la réduction des subventions et l'instauration d'un flottement contrôlé de la monnaie locale ont été jugées trop sévères par de nombreux Soudanais. Des manifestations sporadiques ont récemment eu lieu dans tout le pays pour protester contre les mesures soutenues par le FMI et l'augmentation du coût de la vie.

Avec AFP et Reuters

 

Mali: à mots couverts, le Premier ministre évoque la société paramilitaire russe Wagner

Le Premier ministre malien Choguel Maïga, ici le 6 juin 2021.Au moment de recevoir deux associations de la société civile du Mali, vendredi 17 septembre, le Premier ministre Choguel Maïga a fait allusion à une éventuelle collaboration de son pays avec la société militaire privée russe Wagner, sans citer son nom. Il a également critiqué l'action des forces internationales au Mali, ou du moins affirmé les limites de leurs actions.

Devant ses hôtes, le Premier ministre malien part d’un postulat : « Si, de la même façon que certains partenaires ont décidé de quitter certaines localités, ils décident de partir demain, qu'est-ce qu'on fait ? » Sans la citer nommément, Choguel Maïga parle de la France, qui a annoncé le retrait de ses troupes de plusieurs localités du nord du Mali.

Ensuite, le chef du gouvernement ne prononce pas le nom de la société militaire privée russe Wagner, qui a recours au mercenariat. Mais il glisse : « Il y a des zones abandonnées qu'il faut occuper aujourd'hui. On ne peut pas les laisser vides. [...] On ne peut pas nous interdire d'acheter du matériel à un pays avec lequel on a un accord parce qu'un autre ne veut pas. On ne peut pas nous empêcher d'envoyer des gens être formés dans un pays donné parce qu'un autre pays ne veut pas. On est obligé de nous interroger : ne faut-il pas avoir de plan B ? »

Et, probablement pour réconforter sa posture, il établit un bilan plutôt négatif de l’action des forces internationales au Mali : « Le terrorisme s'est étendu. L'autorité et la souveraineté de l'État ne sont pas restaurées partout. » Choguel Maïga termine ses propos sur le sujet sécuritaire par un nationalisme affiché. Ainsi pour n’avoir pas été associé aux discussions, le Mali aurait récemment refusé à l’ONU l’augmentation du nombre de casques bleus présents sur son territoire.

Source : RFI

Algérie: drapeaux en berne et deuil «a minima» pour Abdelaziz Bouteflika

À Alger, les drapeaux sont en berne, samedi 18 septembre, au lendemain de la disparition de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika à l'âge de 84 ans.Le décès de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika, vendredi 17 septembre, n'a pas suscité beaucoup de commentaires, que ce soit des autorités ou de la presse. Le gouvernement algérien n'a pas décrété de deuil national ni bouleversé le quotidien des citoyens et des citoyennes, samedi, tout en préparant discrètement les obsèques de celui qui fut, par quatre fois, président de la République.

Abdelaziz Bouteflika sera enterré à la mi-journée dimanche 19 septembre, dans le carré des Martyrs du cimetière d'El-Alia, à l'est d'Alger, auprès des héros de l'indépendance et de tous ses prédécesseurs. Le drapeau national restera en berne pendant trois jours, jusqu'à lundi inclus, partout dans le pays, sur décision du président Abdelmajid Tebboune. Et son frère Saïd pourrait même être autorisé à quitter la prison, où il est détenu officiellement pour des faits de corruption, pour rejoindre sa sœur Zhor et son frère Nacer lors de la mise en terre.

 

Voilà pour le dispositif officiel. Malgré ses vingt ans passés à la présidence et son très long parcours politique, le décès d'Abdelaziz Bouteflika n'est pas traité comme un événement majeur en Algérie. Samedi, il n'a fait l'objet que d'un entrefilet sur le site d'El-Moujahid, le quotidien gouvernemental, après avoir été annoncé par un modeste bandeau défilant, la veille, sur les antennes de la télévision publique. Selon l'AFP, radios et télévisions « s'en tenaient toujours à une brève, sans lui consacrer d'émission spéciale ».

« Bouteflika incarne un système qui a été honni par le peuple »

Saïdi Salhi, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, « ne se réjouit pas de la mort d'une personne, quelle qu'elle soit ». « Mais pour le peuple algérien, Bouteflika fait partie du passé. Pour nous, il était absent depuis pratiquement 2013, depuis son quatrième mandat. Il n'a pas adressé la parole au peuple algérien durant tout un mandat. Il faut quand même rappeler qu'en 2019, Bouteflika a été démis par le peuple », confie-t-il, rappelant que l'ancien chef d'État « incarne un système qui a été honni par le peuple ».

« Bien sûr, c'est un événement. Mais aujourd'hui, le peuple algérien s'occupe plus du quotidien : la situation des libertés, le nombre de détenus d'opinion, la situation sociale, le pouvoir d'achat qui se dégrade de plus en plus, la pandémie, le changement climatique, les incendies... », reprend Saïdi Salhi.

Malgré tout, des messages de condoléances sont parvenus du monde entier. Le roi du Maroc, Mohammed VI, a ainsi adressé un message au président algérien Abdelmajid Tebboune et à la famille du défunt pour leur faire part de « ses vives condoléances et sa sincère compassion ». Un message remarqué alors que l'Algérie et le Maroc traversent une grave crise diplomatique, notamment autour de la souveraineté du Sahara occidental. En parallèle, d'après le site en arabe Sabqpress, la famille Bouteflika a reçu toute la journée de samedi la visite d'éminentes personnalités du Front de Libération nationale (FLN).

Source : RFI

La CEDEAO tarde à accepter le retour de la Mauritanie à l'organisation

La CEDEAO tarde à accepter le retour de la Mauritanie à l'organisationEssahraa - La Mauritanie avait formulé en 2017, à l'intar du Maroc et de la Tunisie, une demande d’adhésion à la Cedeao, avec le statut d’observateur et de membre associé.

Quatre ans après, la situation reste floue, rapporte le magazine Jeune Afrique, selon lequel, aucune réponse ne profile à l’horizon. Concernant la Mauritanie, le pays membre de la Cedeao jusqu’en 2000 a multiplié les allers-retours pour intégrer l'organisation sous-régionale.

Au printemps 2017, Nouakchott a signé un accord avec la Cedeao portant sur la libre circulation des biens et des personnes entre le pays et les 15 États membres de la communauté, avec un retour dans la zone de libre-échange ouest-africaine prévu en janvier 2019.

Cet accord devait encore faire l’objet d’une validation lors du prochain sommet de la Cedeao, en juin de la même année.

La CEDEA est réticente à accepter l'adhésion de la Mauritanie comme membre de la zone de libre-échange ouest-africaine, a affirmé un expert au confrère panafricain, soulignant que le pays a été invité à revoir l'accord et à rédiger une nouvelle demande d'adhésion.

La Mauritanie avait quitté la Cedeao en 2000 pour se consacrer à la construction de l’Union du Maghreb Arabe. Mais ces espoirs se sont évaporés et le projet maghrébin s'est transformé en projet mort-né.

Source : Essahraaa

« Alpha Condé demeurera en Guinée » : les putschistes ne lâchent rien

« Alpha Condé demeurera en Guinée » : les putschistes ne lâchent rienDeutsche Welle - Après le départ de la mission de la Cédéao, le CNRD, la junte militaire au pouvoir, a affirmé que le président guinéen déchu resterait au pays.

Ce vendredi, le chef de l'Etat ghanéen Nana Akufo-Addo, dont le pays assure la présidence tournante de la Cédéao (Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest), et son homologue ivoirien, Alassane Ouattara, ont présenté à la junte (désormais connue sous le nom de CNRD, Comité national du rassemblement et du développement) les exigences pour l'organisation d'élections dans les six mois.

Le chef de l'Etat ivoirien a d'ailleurs déclaré qu'il avait rencontré Alpha Condé, le président renversé le 5 septembre dernier par la junte militaire :

"Nous avons eu un excellent séjour à Conakry. Je voudrais remercier mon jeune frère, le président Doumbouya, président du CNRD et dire que nous avons eu un excellent entretien", a estimé Alassane Ouattara. "Le président Nana Akufo-Addo que j'ai accompagné vient de vous dire l'essentiel: nous avons aussi rencontré mon frère Alpha Condé qui va bien et nous garderons le contact. Merci au peuple de Guinée."

Alpha Condé restera au pays, insiste le CNRD

Dès le départ des deux chefs d'Etat, le CNRD a publié un communiqué, qui a été lu à la télévision publique par la porte-parole, le Lieutenant-Colonel Aminata Diallo :

"Contrairement à de prétendues rumeurs qui font état de négociations entre le CNRD et la Cédéao, relatives à une éventuelle sortie hors du territoire de l'ancien président de la République, le CNRD et son président, le Colonel Mamady Doumbouya, tiennent à rassurer l'opinion nationale et internationale : l'ancien président de la République, Professeur Alpha Condé, est et demeurera en Guinée. Nous ne céderons à aucune pression. Il bénéficiera d'un traitement humain digne de son rang dans son pays."

Retour d'exil de quatre opposants politiques

Ibrahima Diallo, Sekou Koundouno, Fode Sanikayi Kouyate et Alpha Midiaou Bah dit Djani Alfa - ces quatre figures de la mobilisation contre un troisième mandat du président aujourd'hui déchu Alpha Condé ont été accueillis triomphalement à leur retour d'exil ce samedi à l'aéroport de Conakry. "Honneur aux patriotes", pouvait-on notamment lire sur des pancartes brandies par la foule de centaines de personnes qui les a attendus pendant de longues heures. Ce retour au pays fait écho à la libération d'opposants la semaine dernière.

Certains portaient des tee-shirts rouges du FNDC (Front national pour la défense de la Constitution), coalition de mouvements politiques et de la société civile qui a mené la contestation contre le troisième mandat, tandis que d'autres arboraient le rouge, jaune et vert du drapeau guinéen.

Le retour d'Ibrahima Diallo, Sékou Koundouno, Fode Sanikayi Kouyate et Alpha Midiaou Bah dit Djani Alfa a été salué par des cris de "liberté" et de "merci au colonel Doumbouya".

Par Ali Farhat (avec agences)

 

Mort d'Adbelaziz Bouteflika : autorités embarrassées et citoyens hostiles

Mort d'Adbelaziz Bouteflika : autorités embarrassées et citoyens hostilesEuronews - La mort de l'ancien président algérien Adbelaziz Bouteflika, chassé du pouvoir en avril 2019 par les manifestations du mouvement pro-démocratie Hirak, a suscité peu de commentaires à Alger samedi, aussi bien dans les médias que dans la rue, mis à part une certaine rancœur palpable.

M. Bouteflika, resté 20 ans à la tête de l'Algérie (1999-2019), un record de longévité dans ce pays, est décédé vendredi à l'âge de 84 ans, deux ans et demi après son spectaculaire départ du pouvoir.

Omniprésent durant des décennies mais devenu quasi invisible depuis un accident vasculaire cérébral (AVC) en 2013, M. Bouteflika n'avait donné aucun signe de vie depuis que la rue et l'armée l'avaient contraint à la démission, le 2 avril 2019.

Les autorités, mutiques jusqu'en fin de matinée samedi, ont annoncé que les drapeaux seraient mis en berne "pendant trois jours" à compter de samedi. Ceci a été décidé par le président Abdelmajid Tebboune, après "le décès de l'ancien président le Moudjahid (combattant de l'indépendance, ndlr) Abdelaziz Bouteflika", selon un communiqué de la présidence.

Dans la nuit, la présidence s'était contentée d'un communiqué laconique annonçant le décès de M. Bouteflika, né le 2 mars 1937, "à son lieu de résidence".

Samedi matin, radios et télévisions s'en tenaient toujours à une brève, sans lui consacrer d'émission spéciale. Les radios diffusaient de la musique et du divertissement comme un weekend normal.

L'information était absente aussi de la quasi-totalité des éditions papier des journaux, la nouvelle ayant été annoncée après leur bouclage.

Mais certains, comme le quotidien gouvernemental El Moudjahid, en faisaient état dans un entrefilet dans leur édition électronique.

La date et le lieu de son enterrement n'ont pas encore été annoncés officiellement. Mais selon le site en arabe Sabqpress, généralement bien informé, M. Bouteflika sera inhumé dimanche au carré des martyrs du cimetière d'El-Alia, dans l'est d'Alger.

C'est là que reposent tous ses prédécesseurs, aux côtés des grandes figures et martyrs de la guerre d'indépendance (1954-1962).

Par Euronews avec AFP

 

Tunisie : manifestation contre le coup de force du président Kais Saied

Tunisie : manifestation contre le coup de force du président Kais SaiedLe Figaro - Plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux pro islamistes, ont manifesté samedi à Tunis contre le coup de force du président Kais Saied qui s'est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet, scandant des slogans pour un retour à «la légitimité» du pouvoir.

Répondant à un appel publié sur les réseaux sociaux, les manifestants se sont rassemblés sur l'avenue Habib Bourguiba, qui traverse le cœur de la capitale tunisienne, encerclés par un important dispositif sécuritaire, ont constaté des journalistes de l'AFP. Un drone du ministère de l'Intérieur survolait également sur les lieux.

«Le peuple veut faire chuter le coup d'État», «Nous voulons la légitimité», «Constitution, liberté et dignité», scandaient les protestataires, parmi lesquels des personnalités du parti d'inspiration islamiste Ennahdha.
Des partisans de la coalition Al-Karama, parti ultra-conservateur, allié d'Ennahdha, participaient aussi à cette manifestation, ainsi que quelques figures de gauche.

«Les Tunisiens refusent le coup d'Etat»
«C'est une manifestation pour montrer qu'il y a des Tunisiens et des Tunisiennes qui refusent le coup d'État et les mesures prises par le président Saied», a indiqué à l'AFP Jawhar Ben Mbarek, un spécialiste en droit constitutionnel et ancien conseiller à la présidence du gouvernement, figure de la gauche tunisienne.

Le 25 juillet, M. Saied a limogé le Premier ministre Hichem Mechichi, suspendu le Parlement et s'est attribué le pouvoir judiciaire pour un mois renouvelable, avant de prolonger ces mesures le 24 août, «jusqu'à nouvel ordre». Il a depuis évoqué la possibilité d'amender la Constitution, adoptée en 2014 et qui a instauré un système hybride, ni présidentiel ni parlementaire, source de conflits récurrents entre les deux pouvoirs. «Ces mesures enfreignent la Constitution», a dit M. Ben Mbarek.

Nous manifestons pour «protéger notre liberté et nos droits après avoir constaté des indices concordants de régression portant atteinte au processus démocratique», en Tunisie, a-t-il ajouté. Face à cette foule compacte, quelques dizaines de militants favorables à Kais Saied ont réclamé une dissolution pure et simple du Parlement, scandant des slogans anti-Ennahdha et hostiles à son chef Rached Ghannouchi, président du Parlement gelé.

Pour justifier son coup de force, le président Saied s'est appuyé sur l'article 80 de la Constitution prévoyant des mesures exceptionnelles en cas de «péril imminent» à la sécurité nationale. Mais plusieurs ONG, opposants, partis politiques, magistrats et avocats ont dit craindre une «dérive autoritaire».

Par Le Figaro avec AFP

Les premiers taïkonautes de la station spatiale chinoise de retour sur Terre

Une capture d'écran montre les trois taïkonautes posant pour des photos après leur atterrissage dans le désert de Gobi, en Chine, le 17 septembre 2021. Après trois mois passés dans l’espace, un record pour la Chine, les trois taïkonautes qui se trouvaient dans la station spatiale chinoise en construction ont atterri dans les sables du désert de Gobi ce vendredi.

,En arrivant, les trois astronautes doivent faire une quarantaine. Cette période d’isolement n’est pas liée au Covid-19, mais parce que « leur immunité a été affaiblie » par ces 90 jours passés dans l’espace, selon Huang Weifen, l’une des responsables du programme spatial habité. Ce record marque une nouvelle étape importante pour la Chine. Personne, ici, n’aurait manqué cette descente impressionnante, 393 kilomètres à 7,9 km/seconde suivie au moment de l’atterrissage par 290 millions d’internautes.

Descente filmée en direct

Le retour est filmé en direct. Il y a d’abord la capsule qui s’embrase lors de l’entrée dans l’atmosphère – chocs violents, chaleurs extrêmes – qui donnent à la carapace d’acier du module un aspect Mad Max une fois posée dans les sables rouges de la province chinoise de Mongolie intérieure. Mais avant cela, les passionnés de l’espace ont retenu leur souffle, le regard fixé sur leur smartphone au moment du déploiement du parachute à rayures rouges et blanches, avant que l’engin ne s’immobilise sur le sol à 13h34, heure de Pékin.

Une fois l’intervention de l’équipe médicale terminée, les trois « héros » sont réapparus à l’écran (lien en anglais) dans leur combinaison d’astronautes, les traits tirés et sur des fauteuils roulants pour répondre aux questions de la Télévision centrale de Chine (CCTV). « Nous nous sentons tous très bien. L'or véritable ne craint pas le feu, a alors déclaré le commandant Nie Hasisheng, citant un proverbe chinois pour traduire ce qu’il a pensé lorsque la capsule s’est enflammée dans la chute.

Fierté nationale

« Je n’oublierai jamais ce jour » a affirmé Liu Boming. Et pour cause : ce dernier fêtait aujourd’hui son anniversaire. « L’univers est vaste, il est beau et il est fascinant, a-t-il poursuivi. À l’avenir, nous volerons plus loin et plus longtemps et nous rapporterons les plus beaux paysages de l’espace à des centaines de millions d’enfants chinois. » Quant au troisième homme, Tang Hongbo, il se contente de saluer ses parents sous une avalanche de bravos et de cœurs pixélisés envoyés par les weibonautes.

Les réseaux sociaux, mais également les diplomates chinois clament leur fierté. Shenzhou-12 était la première mission habitée chinoise depuis près de cinq ans. Sa réussite est aussi une question de prestige pour le PCC qui célèbre ses 100 ans cette année. Ce retour intervient également deux jours après l’inspection par le président Xi Jinping d’une base spatiale de l’Armée populaire de libération (APL) dans le nord-ouest du pays.

Source : RFI

Mali: la transition adopte deux lois d'amnistie pour les putschistes

Assimi Goïta, à la tête de la transition malienne.Les textes concernent le coup d'État d'août 2020 contre le président de l'époque, Ibrahim Boubacar Keïta, et le coup de force de mai 2021 contre le président de la transition, Bah N’Daw. Concrètement, cela signifie que les putschistes de la junte, en premier lieu Assimi Goïta, ne peuvent plus être poursuivis par la justice pour leurs actions contre les autorités en place à ces deux périodes.

La première loi d’amnistie couvre la période allant du 18 août au 24 septembre 2020, c’est-à-dire de la mutinerie menée par Assimi Goïta jusqu'à l'investiture de Bah N’Daw au poste de président de la transition. Le deuxième texte concerne, lui, la période allant du 24 mai 2021, jour de l'arrestation de Bah N’Daw et de son Premier ministre Moctar Ouane par les militaires, jusqu'à leur libération au mois d'août.

Pas de poursuites

En vertu de ces lois, pendant ces deux périodes, les auteurs d'actes « d'insoumission, de complot militaire, de désertion » ne peuvent pas être poursuivis par la justice malienne. Pourtant, dans l’article 121 de la Constitution malienne, il est bien stipulé que tout coup d'État ou putsch est un crime imprescriptible contre le peuple malien.

Un obstacle balayé par Souleymane Dé, le président de la commission des lois du Conseil national de la transition, qui fait actuellement office d'organe législatif : « Ce qui est inédit et ce qu’il faudra que tout le monde comprenne, c’est que ce n’était pas un coup d’État. Il n’y a pas eu de coup d’État, parce que la Constitution n’a pas été suspendue et que le président a volontairement démissionné. Il n’y a pas eu de démission sous pression, il n’y a pas de démission forcée, ça n’existe pas. Vraiment, en Guinée, il y a un coup d’État. Mais au Mali, il n’y a pas eu de coup d’État. »

Souleymane Dé évoque donc plutôt un « parachèvement d'un processus en cours », en référence aux manifestations populaires qui demandaient en 2020 la démission d’Ibrahim Boubacar Keïta et de « rectification de la transition » pour le coup de force de mai dernier.

« Réconciliation nationale »

À ce jour, selon lui, les seuls qui peuvent demander réparation sont les Maliens qui auraient vu leurs biens endommagés lors des manifestations contre le régime d’Ibrahim Boubacar Keïta : « À l’époque, il s’est passé beaucoup de choses. Certaines personnes, qui n’avaient peut-être rien à voir avec le régime en place, ont vu peut-être leur domicile saccagé, leur voiture incendiée ou ont eu un quelconque dommage. Ce sont ces personnes-là qui peuvent partir devant les juges pour obtenir réparations. »

Souleymane Dé défend ces deux projets de loi d'amnistie déposés par le ministre de la Justice comme des ingrédients nécessaires « à la réconciliation nationale et le retour de la quiétude et le rétablissement de la confiance entre les acteurs du moment. »

Source : RFI

 

La Cédéao annonce des sanctions individuelles contre les auteurs du putsch en Guinée

La Cédéao annonce des sanctions individuelles contre les auteurs du putsch en GuinéeFrance24 - Les membres de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) ont décidé, mercredi, de sanctionner les auteurs du coup d'État qui a renversé le président Alpha Condé, et appelé à des élections au plus tard dans six mois.

Après avoir suspendu la Guinée de leurs instances, les quinze États membres de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) passent aux mesures économiques, jeudi 16 septembre. Ils vont sanctionner individuellement les auteurs du putsch qui a renversé le président Alpha Condé le 5 septembre.

Les dirigeants d'Afrique de l'Ouest, réunis à Accra (Ghana), ont décidé de geler les avoirs financiers des membres de la junte militaire qui a pris le pouvoir et des membres de leurs familles, et de leur imposer des interdictions de voyager. Il s'agit de leur réponse la plus sévère depuis le coup d'État.

Le bloc "a insisté pour que la transition [militaire] soit très courte", à déclaré à la presse le président de la Commission de la Cédéao, Jean-Claude Kassi Brou. Elle "ne devrait pas durer plus de six mois. Dans six mois, il faudrait organiser des élections ."

L'organisation d'Afrique de l'Ouest avait déjà suspendu la semaine dernière la Guinée de ses instances et dépêché le 10 septembre à Conakry une mission qui a pu rencontrer le chef des putschistes, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, ainsi que Alpha Condé, 83 ans, renversé et arrêté cinq jours auparavant.

La Cédéao se retrouve dans une situation comparable à celle qu'elle a connue au Mali voisin en août 2020. À la suite d'un putsch, elle avait pris des sanctions essentiellement économiques et suspendu le pays de l'organisation. Ces sanctions avaient été levées une fois les militaires maliens engagés sur la voie d'une transition de dix-huit mois maximum pour rendre le pouvoir à des dirigeants civils issus d'élections.

Les concertations se poursuivent à Conakry

Parallèlement à la réunion d'Accra, se tenait jeudi au même moment à Conakry la troisième des quatre journées de concertation nationale convoquées au Palais du peuple, siège du Parlement dissous, par les putschistes, pour définir les "grandes lignes de la transition", qu'un futur "gouvernement d'union nationale" sera chargé de conduire.

Après les partis politiques, les chefs religieux, les représentants de la société civile et les diplomates étrangers, les militaires ont rencontré jeudi les patrons des compagnies minières, acteurs clé dans ce pays pauvre, mais regorgeant de ressources naturelles.

Ces derniers se sont montrés rassérénés après leur rencontre avec Mamady Doumbouya. "Nous sommes entièrement rassurés", a déclaré Frédéric Bouzigues, directeur général de la Société minière de Boké (SMB), un important acteur du secteur de la bauxite.

Les échanges ont été "prometteurs", déclare sous couvert d'anonymat un responsable pour la Guinée de Rusal, grand groupe russe spécialisé dans l'aluminium.

Le lieutenant-colonel Doumbouya n'a rien dit jusqu'ici sur le possible contenu de cette transition, sa durée, quel rôle les militaires y joueraient, ni comment seraient organisées des élections.

Avec AFP

 

Mali : bientôt des mercenaires russes pour former l'armée nationale ?

Mali : bientôt des mercenaires russes pour former l'armée nationale ?TV5 MONDE - Un accord serait sur le point d'être signé par le gouvernement malien permettant l'arrivée de mercenaires russes au Mali.

C'est ce qu'avance l'agence Reuters, citant des sources diplomatiques. Ces mercenaires russes du groupe de sécurité privé Wagner seraient chargés de former les soldats maliens. La France vient d'envoyer Christophe Bigot, le Monsieur Afrique du Quai d'Orsay, pour tenter de casser cet accord, toujours selon l'Agence Reuters.

Les mercenaires du groupe russe Wagner vont-ils débarquer à Bamako ? Selon l'Agence Reuters, qui évoque des sources diplomatiques, un accord serait proche entre l'entreprise de sécurité russe Wagner et le gouvernement Malien.

1000 mercenaires russes sur le sol malien ?

Selon l'agence Reuters plus de 1000 mercenaires du groupe russe de sécurité privé Wagner pourraient bientôt arriver et venir former les soldats de l'armée malienne. Les mercernaires du groupe Wagner seraient également chargés d'assurer la protection des autorités.

Toujours selon l'agence Reuters, qui évoque quatre sources, le groupe de sécurité Wagner, toucherait 6 milliard de francs CFA par mois pour ce travail de formation. Ce montant correspond à un peu moins de 10 millions d'euros. Le groupe de sécurité privé Wagner est dirigé par Yevgeny Prigozhin, un proche du président russe Vladimir Poutine.

L'arrivée de mercenaires russes comparable à ce qui s'est passé en République centrafricaine constitue une menace pour l'influence française au Mali. Toujours selon l'agence Reuters, Paris vient de dépecher à Bamako le Monsieur Afrique du Quai d’Orsay.

L'objectif est clair : empecher tout futur accord entre le gouvernement malien et la société russe Wagner. Des diplomates français ont également été envoyés à Moscou.

L'agence Reuters n'a pas réussi à joindre le groupe de sécurité Wagner pour obtenir confirmation d'un futur accord. La France possède encore plus de 5000 hommes au Sahel dans le cadre de l'opération Barkhane. Le président français Emmanuel Marcon a annoncé la fin de l'opération Barkhane et une réduction de la présence militaire française au Mali.


Source : TV5 MONDE

La Cédéao suspend la Guinée de ses instances suite au coup d'État

La Cédéao a décidé de suspendre la Guinée de ses instances (image d'illustration).La situation en Guinée est examinée ce mercredi par les chefs d'État de la Cédéao réunis en sommet extraordinaire virtuel, 72 heures après le coup d'État qui a renversé le président Alpha Condé à Conakry et des sanctions ont été annoncées.

Il n'y a pas encore eu de communiqué officiel de la Cédéao, suite à ce sommet extraordinaire, mais selon le ministre burkinabé des Affaires étrangères, Alpha Barry, la Guinée est suspendue des instances de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest. L'organisation régionale exige également la libération immédiate du président Alpha Condé et elle a décidé d'envoyer, dès demain jeudi, une délégation de haut rang en Guinée.

Dès l'ouverture de ce sommet virtuel, le président du Ghana Nana Akufo-Addo avait évoqué une « violation claire » de la charte de bonne gouvernance de la Cédéao et « un incident malheureux et regrettable » pour qualifier le coup d'État mené par les forces spéciales, emmenées par le colonel Mamady Doumbouya. Dès dimanche, la Cédéao avait déjà condamné la prise de pouvoir par les militaires, et l'arrestation du président Alpha Condé.

Les chefs d'État de la région ont aussi évoqué la transition en cours au Mali après y avoir envoyé une mission, qui s'est terminée mardi et qui s'est dite préoccupée quant à la possibilité de tenir les élections dans les délais. Présidentielle et législatives sont censées se tenir en février prochain, soit 18 mois après le coup d'État d'aout 2020.

Suite à ce putsch, la Cédéao avait aussi suspendu le pays et adopté des sanctions essentiellement économiques.

Source : RFI

Guinée-Conakry : les forces spéciales revendiquent l'arrestation du président Alpha Condé

Guinée-Conakry : les forces spéciales revendiquent l'arrestation du président Alpha CondéLe Figaro - Une unité d'élite de l'armée a pris d'assaut le palais présidentiel dimanche matin, où résidait Alpha Condé, 83 ans, président depuis 2010.

Vers 8h ce dimanche matin, des tirs nourris d'armes automatiques ont retenti dans le centre de Conakry, aux alentours du palais présidentiel où se trouvait le chef de l'État, Alpha Condé.

En début d'après-midi, le meneur de ce qui se révèle être un coup d'État, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, est apparu sur une vidéo circulant sur les réseaux sociaux. Il y affirme détenir le chef de l'État.

«Nous avons décidé, après avoir vu le président qui est avec nous, de dissoudre la constitution en vigueur, dissoudre le gouvernement, et la fermeture des frontières terrestres et aériennes», a déclaré le putschiste, justifiant ce revirement politique par «le dysfonctionnement des institutions républicaines», «l'instrumentalisation de la justice» et «le piétinement des droits des citoyens».

En début d'après-midi, plusieurs images circulant sur les réseaux sociaux montrent le chef de l'Etat de 83 ans sur son canapé, la mine sombre, entouré des soldats d'élite.

Ancien légionnaire de l'armée française, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya commande le Groupement des forces spéciales (GPS), une unité d'élite de l'armée extrêmement entraînée et équipée. Selon le magazine Jeune Afrique, il aurait tenté, ces derniers mois, de renforcer l'indépendance du GPS vis-à-vis du ministère de la Défense, suscitant de facto la méfiance de l'exécutif. En mai, des rumeurs auraient même fait état, à tort, d'une possible arrestation de Mamady Doumbouya à Conakry.

Un troisième mandat décrié

Des habitants joints au téléphone, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat pour leur sécurité, ont rapporté à l'AFP avoir vu de nombreux soldats intimant aux résidents de rentrer chez eux et de ne pas en sortir. La presqu'île de Kaloum, centre de la capitale guinéenne où siègent la présidence, les institutions et les bureaux d'affaires, a un accès restreint du fait de sa géographie, permettant facilement un blocage par des troupes armées.

Aucune réaction des autorités n'a été formulée depuis dimanche matin. Depuis des mois, ce pays d'Afrique de l'Ouest parmi les plus pauvres du monde malgré des ressources minières et hydrologiques considérables, est en proie à de profondes crises politique et économique. Alpha Condé, 83 ans, a été définitivement proclamé président pour un troisième mandat le 7 novembre, malgré les recours de son principal challenger, Cellou Dalein Diallo, et de trois autres candidats qui dénonçaient des «bourrages d'urnes» et des irrégularités de toutes sortes.

La candidature du chef de l'État à un troisième mandat, après une réforme de la constitution fortement controversée, avait provoqué avant et après l'élection des mois de tensions qui ont causé des dizaines de morts dans un pays coutumier des confrontations politiques sanglantes. L'élection a été précédée et suivie par l'arrestation de dizaines d'opposants.

Par Le Figaro avec AFP

 

Mali: Bah N’Daw et Moctar Ouane ne sont plus en résidence surveillée

L'ex-président de la Transition Bah N'Daw (à dr.) aux côtés du colonel Goïta à Bamako le 25 septembre 2020.Au Mali, l’ex-président de la Transition Bah N’Daw et l’ex-Premier ministre Moctar Ouane ne sont plus en résidence surveillée. C’est un communiqué du Comité de local de suivi de la Transition qui l’a indiqué ce vendredi.

L'annonce a été faite par le Comité local de suivi de la Transition composé des représentants au Mali de la Cédéao, de l’Union africaine et de la mission des Nations unies dans le pays qui se félicite de « la décision du gouvernement de lever toutes les mesures restrictives » imposées aux deux anciens dirigeants, qui n’étaient plus libres de leurs mouvements depuis le 24 mai dernier, date du second Coup d’État militaire mené par le colonel Assimi Goita, intronisé depuis président de la Transition.

Cela faisait donc plus de trois mois que tous les partenaires de l’État malien exigeaient la fin de leur placement en résidence surveillée. L’ex-président de la Transition Bah N’Daw et l’ex-Premier ministre Moctar Ouane étaient certes chez eux, et non plus au camp militaire de Kati où ils avaient été emmenés de force après le nouveau coup du 24 mai, mais leur domicile était gardé en permanence par des soldats en armes. Les deux hommes n’avaient le droit ni de sortir, ni de recevoir qui ils voulaient.

Une procédure devant la Cédéao

Les deux anciens dirigeants avaient donc pris un avocat - qui n’était pas autorisé à les rencontrer - et engagé une procédure devant la Cour de justice de la Cédéao. Laquelle exigeait que Bamako lui communique, au plus tard ce dimanche 28 août, tous les éléments pouvant justifier l’assignation à résidence de Bah N’Daw et Moctar Ouane.

« Cette plainte leur a fait peur », explique une source impliquée de très près dans le dossier, qui affirme également que les autorités maliennes avaient sollicité un délai supplémentaire d’un mois pour répondre à cette requête, un délai refusé.

Sollicité par RFI, la présidence malienne n’a pas souhaité faire de commentaire.

Selon leur entourage, l’ex-président de la Transition Bah N’Daw a décidé d’emménager dans un nouveau logement. L’ex-Premier ministre Moctar Ouane reste quant à lui à son domicile, mais cette fois la sécurisation des lieux lui incombera, avec notamment des gardes privés, financés par l'État malien.

Après s’être réjoui de cette annonce, le Comité local de suivi de la Transition a réitéré son appui au processus de Transition. Une visite du médiateur de la Cédéao pour le Mali, Goodluck Jonathan, est prévue la semaine prochaine.

Source : RFI

L’Algérie met fin au gazoduc Maghreb-Europe traversant le Maroc

L’Algérie met fin au gazoduc Maghreb-Europe traversant le MarocRFI Afrique - Deux jours après avoir rompu les relations diplomatiques avec le Maroc, l’Algérie annonce qu’elle pourrait se passer du gazoduc Maghreb-Europe, une infrastructure gazière vitale pour l’économie marocaine.

Alors que le personnel diplomatique fait ses valises, car c’est aujourd'hui que l’ambassade du Maroc en Algérie ferme ses portes, un nouvel épisode vient exacerber les tensions entre les deux voisins d’Afrique du Nord. L’Algérie a annoncé qu’elle pourrait se passer du gazoduc Maghreb-Europe.

Cette infrastructure extrêmement importante pour l’économie marocaine relie l'Algérie à l’Europe en passant par le Maroc depuis 1996. Avec une capacité de 13 milliards de m3, le gazoduc Maghreb-Europe achemine tout d’abord du gaz afin d’alimenter la production d’électricité marocaine puis livre ensuite l’Espagne.

« Je pense qu’on est au-delà du bluff, et qu’on est réellement dans des jeux de pouvoir entre l’Algérie et le Maroc », analyse le directeur de Géopolia, Philippe Sébille-Lopez, spécialiste des enjeux pétroliers et gaziers.

« C’est là tout l’enjeu du bras de fer entre les deux pays »

Lors d'une rencontre avec l'ambassadeur d'Espagne, le ministre algérien de l'Énergie et des Mines, Mohamed Arkab, a affirmé « l'engagement total de l'Algérie à couvrir l'ensemble des approvisionnements de l'Espagne en gaz naturel à travers le Medgaz » qui relie directement les deux pays, selon un communiqué du ministère rapporté par APS.

Le contrat entre l’Algérie et le Maroc arrivant à échéance fin 2021, « par anticipation, les Algériens avaient décidé d’augmenter les capacités de l’autre gazoduc qui va lui aussi vers l’Espagne, mais directement à partir de l’Algérie à travers la Méditerranée », rajoute le spécialiste.

Fermer les vannes au Maroc serait un coup dur pour le royaume de la part de l’Algérie. « Les Algériens prétendent qu’ils vont pouvoir maintenir l’approvisionnement gazier de l’Espagne sans passer par le Maroc dorénavant, et c’est là tout l’enjeu du bras de fer entre les deux pays Algérie-Maroc. Donc, on joue sur des registres stratégiques très clairement », conclut Philippe Sébille-Lopez.

Par RFI

Israël admis à l’Union africaine (UA) en tant qu’État observateur : une décision qui divise

Israël admis à l’Union africaine (UA) en tant qu’État observateur : une décision qui diviseFrancetvinfo - De nombreux pays africains disent n’avoir pas été consultés pour la décision prise durant l'été par le président de la commission de l’UA, le tchadien Moussa Faki Mahamat.

Israël est devenu, le 22 juillet 2021, membre de l’Union africaine avec un statut d’observateur. Aleli Admasu, l’ambassadeur israélien à Addis-Abeba, a présenté fin juillet ses lettres de créances au président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, et a soumis la charte d’Israël en tant que membre observateur à l’Union africaine, selon un communiqué discret de l’organisation panafricaine.

Victoire diplomatique

Une victoire diplomatique pour l’Etat hébreu, après une très longue bataille. Le gouvernement israélien a célébré l’événement dans un communiqué.

"C’est un jour de fête pour les relations israélo-africaines. Cela corrige une anomalie qui a perduré pendant près de deux décennies et représente une partie importante du renforcement des relations extérieures d’Israël "

Yaïr Lapid, ministre israélien des Affaires étrangères Journal Times of Israël

Israël avait ce statut d’observateur au sein de l’Organisation de l’unité africaine (OUA) ancêtre de l’Union africaine. Mais en 1973, tous les pays membres de l’OUA ont rompu leurs relations diplomatiques avec Israël en solidarité avec l’Egypte dont une partie du territoire, le Sinaï, était occupée par l’armée israélienne suite à la guerre de Kippour.

Israël entretient aujourd’hui des relations avec 46 pays africains sur les 55 que compte l'UA. L’Etat hébreu a récemment rétabli ses relations diplomatiques avec le Tchad, la Guinée, et le Soudan (suite à son adhésion aux Accords d’Abraham). Il a également fortement renforcé ses liens avec le Maroc, le Rwanda, l'Ouganda, le Kenya et l'Ethiopie. Autant d’alliés sur le continent.

Demande d’explications

Des demandes d’explications sont en revanches venues de plusieurs pays opposés à ce statut d’observateur. L'Afrique du Sud s’est dite "consternée par la décision injuste et injustifiée de la Commission de l’UA d’accorder à Israël le statut d’observateur au sein de l’Union africaine". La Commission de l’UA a pris cette "décision unilatéralement" sans consulter ses membres, selon le ministère sud-africain des Affaires étrangères.

"Israël continue d’occuper illégalement la Palestine en faisant fi de ses obligations internationales et des résolutions de l’ONU. La décision de lui accorder le statut d’observateur est encore plus choquante en cette année où le peuple opprimé de Palestine a été persécuté par des bombardements destructeurs et la poursuite de la colonisation illégale sur ses terres." a dénoncé la diplomatie sud-africaine.

Soutien historique de la Palestine, Pretoria a sommé Moussa Faki de s’expliquer sur sa décision. Alger, Tunis, Le Caire, Nouakchott et Tripoli se sont également opposés à la présence d’Israël à l’UA, en raison de la question palestinienne.

L’Autorité palestinienne, quant à elle, bénéficie de ce statut d’observateur à l’UA, où elle compte d’importants soutiens. Dans son communiqué, le président de la Commission Moussa Faki Mahamat souligne que l’UA " a été très claire sur sa position selon laquelle, dans la question de la Palestine et d’Israël, une solution à deux Etats est nécessaire à une coexistence pacifique ".

Partenariats renforcés

Israël affirme de son côté avoir des tisser des partenariats de grande ampleur avec les pays africains notamment dans les domaines de l’agriculture, de la lutte contre le terrorisme, de la high tech.... L’Etat hébreu explique vouloir renforcer ses liens avec l’Afrique, en raison de sa proximité géographique avec le continent, mais aussi du fait qu’il compte d’importantes communautés d’origine éthiopienne et marocaine.

À en croire les quelques pays africains qui se sont publiquement exprimés sur le sujet, aucune consultation générale n’a été menée auprès des 55 États membres avant que l’accréditation de l’ambassadeur israélien soit actée par le président de la Commission de l'UA. Mais seule une dizaine de pays y semble réellement opposée.

franceinfo Afrique

Tchad : Mahamat Idriss Déby Itno favorable à la création d’une force mixte aux frontières libyennes

Tchad : Mahamat Idriss Déby Itno favorable à la création d’une force mixte aux frontières libyennes Jeune Afrique - Le chef de l’État tchadien a également proposé, mercredi 25 août, de relancer l’accord conclu entre la Libye et trois de ses voisins pour prévenir notamment l’incursion de groupes rebelles.

Le président tchadien a proposé, mercredi 25 août, « de relancer l’accord quadripartite entre la Libye, le Soudan, le Niger et [son pays] » en créant une force mixte aux frontières libyennes, pour prévenir notamment l’incursion de groupes rebelles comme celle d’avril, qui a entraîné la mort d’Idriss Déby Itno.

Un accord de coopération sécuritaire entre ces quatre États pour lutter contre le terrorisme et les trafics a été signé en 2018, sans empêcher l’installation de groupes armés dans le sud libyen et l’incursion de rebelles par-delà la frontière dans un pays ravagé par une décennie de violences.

Lutte sans merci

« Le Tchad appuie l’initiative de relancer l’accord quadripartite entre la Libye, le Soudan, le Niger et le Tchad par la mise en place d’une force mixte tout au long de ses frontières», a déclaré Mahamat Idriss Déby Itno à l’occasion de la visite de Moussa Al-Kouni, vice-président du Conseil présidentiel libyen. C’est la première fois, depuis le décès du président Idriss Déby Itno, en avril dernier, qu’il se rendait au Tchad.

« Notre pays est engagé résolument à jouer sa partition pour aider le peuple libyen, mais en retour le Tchad souhaite vivement que des mercenaires et bandes armées écumant la Libye ne déstabilisent pas les pays voisins, a-t-il ajouté. Les questions relatives à la démilitarisation, à la démobilisation et à la réinsertion de ces hommes armés doivent être un préalable à ces objectifs. » Moussa Al-Kouni a de son côté annoncé qu’une « lutte sans merci [était] désormais engagée contre ces groupes de mercenaires armés », selon la présidence tchadienne.

Le 21 août, N’Djamena a annoncé diviser par deux ses effectifs déployés dans le cadre de la force antijihadiste du G5 Sahel dans la zone dite « des trois frontières », aux confins du Mali, du Niger et du Burkina Faso, évoquant « un redéploiement stratégique ».

Devenu président de la République et chef suprême des armées à la mort de son père, Mahamat Idriss Déby Itno a promis des élections « libres et démocratiques » au terme d’une période de transition de 18 mois renouvelable.

Par Jeune Afrique avec AFP

 

L’Algérie rompt ses relations diplomatiques avec le Maroc

Ramtane Lamamra, le ministre des Affaires étrangères algérien.C’est au cours d’une conférence de presse organisée en fin d’après-midi ce mardi 24 août que le ministre algérien des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, a officiellement annoncé la rupture des relations diplomatiques avec le voisin marocain, accusé « d’actions hostiles ».

Le 20 août dernier déjà, la présidence algérienne indiquait son intention de « revoir ses relations » avec Rabat. En cause : la responsabilité présumée dans les incendies qui ravagent une partie du pays du Mouvement pour l’autonomie de la Kabylie (MAK), qu’Alger juge soutenu par « le Maroc et l’entité sioniste ».

Cette dernière allusion renvoie à la normalisation récente des relations diplomatiques entre Rabat et Tel Aviv, que Ramtane Lamamra a citée au nombre des griefs lors de sa conférence. Le chef de la diplomatie algérienne, qui s’exprimait au Club des Pins, à Alger, et lisait une déclaration émanant du président Tebboune, a estimé que son pays avait « été patient concernant les actions du Maroc », déplorant au passage le soutien du Royaume à l’admission d’Israël comme membre observateur de l’Union africaine, alors que « tous les États nord-africains […] se sont opposés à la décision ».

Le ministre a également dénoncé ce qu’il qualifie de « dualité du discours marocain », faisant clairement allusion à la passe d’armes qui l’a opposé, en juillet, à l’ambassadeur marocain aux Nations unies, Omar Hilale. « Est-ce que les propos de l’ambassadeur marocain à l’ONU engageaient sa personne ou l’État marocain ?, s’est interrogé Lamamra. Dans son discours du 31 juillet, le roi n’a pas répondu à notre question. »

« Je ne peux pas prédire ce qui va se passer à l’avenir, mais j’espère que les raisons se réveilleront », a poursuivi le chef de la diplomatie algérienne, en ajoutant néanmoins que « les consulats vont poursuivre leur travail [et que] la rupture des relations ne va pas affecter les Algériens résidents au Maroc ni les Marocains résidents en Algérie. »

Dans les faits, il est d’ailleurs permis de se demander ce que cette fracassante annonce de rupture va réellement changer. La situation était déjà des plus tendues entre Alger et Rabat depuis plusieurs années, et singulièrement depuis que le Front polisario, basé en territoire algérien, a annoncé en novembre 2020 la rupture du cessez-le-feu et la reprise des hostilités contre le Maroc.

En dehors des échanges commerciaux qui, eux, se poursuivaient, les relations politiques, diplomatiques ou sécuritaires entre les deux voisins étaient depuis longtemps déjà en état de quasi mort cérébrale. Quant aux frontières terrestres, elles sont fermées depuis 27 ans.

Source : jeune Afrique

Tunisie: qui veut tuer Kaïs Saïed?

Tunisie: qui veut tuer Kaïs Saïed?RFI Afrique - Alors que le pays est encore plongé dans l'incertitude suite à la décision du président de s'arroger des pouvoirs exceptionnels il y a un mois, un nouvel élément vient encore brouiller un peu plus la situation. Kaïs Saïed se dit menacé de mort.

Mais qui veut donc assassiner le président ? La question est sur toutes les lèvres en ce début de semaine en Tunisie. Une interrogation qui surgit suite aux propos du principal intéressé vendredi 20 août :

« Je n'ai peur que de Dieu le tout Puissant. Ils envisagent le meurtre et le bain de sang mais si je meurs aujourd'hui ou bien demain, je mourrai en martyr. »

À demi-mot, Kaïs Saïed évoque des comploteurs se revendiquant de l'islam. Immédiatement, le parti islamiste, Ennahdha, a fait un communiqué pour assurer le président de son soutien mais aussi pour demander à ce qu'une enquête soit lancée pour faire la lumière sur ces menaces présumées.

Tentative empêchée par les services secrets tunisiens

Au même moment, un journal tunisien, Al Chourouk, faisait part d'une tentative d'assassinat qui aurait été démantelée par les services de sécurité tunisiens. À ce stade, la présidence, elle, n'a ni infirmé ni confirmé l'information.

Ces menaces interviennent alors que la Tunisie attend de savoir si le gel du Parlement sera ou non prolongé par le président de la République.

Avec notre correspondante à Tunis,
Amira Souilem

 

Zambie: Hakainde Hichilema, l'éternel opposant élu à la présidence

La Zambie a un nouveau président. Hakainde Hichilema, 59 ans, marié père de 3 enfants doit être investi chef de l’État mardi prochain. Surnommé HH ou encore Bally, l'opposant politique de toujours a été très largement élu le 12 aout dernier avec près d'un million de voix d'avance et une forte participation sur le président sortant Edgard Lungu selon la commission électorale.

Hakainde Hichilema se présentait pour la 6e fois à l’élection présidentielle. L’éternel opposant, enfin élu, avait jusqu'ici perdu à tous les scrutins depuis une quinzaine d'années. L’homme d’affaires, longtemps considéré par ses détracteurs comme un opportuniste en politique, a été catapulté à la tête du parti UPND en 2006.

Mais HH se présente aujourd’hui comme « un citoyen ordinaire ». Orateur éloquent, il a ainsi su, lors de la campagne, se débarrasser de son image élitiste, troquant ses costumes sur mesure pour des treillis ou des jeans.

PDG et investisseur

Né en 1962 dans une famille pauvre du Sud du pays, élevé, comme « un garçon simple qui surveillait le bétail », il obtient une bourse à l’Université de Zambie. Diplômé en économie et gestion des affaires, il part ensuite en Angleterre pour un MBA à l’université de Birmingham.

À 26 ans, il se retrouve PDG de la branche zambienne d'un cabinet comptable international. Il investit ensuite dans l'immobilier, puis dans la finance, l'élevage, la santé et le tourisme. Il a siégé au conseil d'administration de plusieurs grandes entreprises zambiennes.

Hakainde Hichilema, arrêté une quinzaine de fois depuis son entrée en politique, promet désormais « le changement » dans le pays à commencer par le redressement de son économie. « Les attentes des gens

Mali: la chute de Kaboul alimente le débat sur le retrait des forces étrangères

La force Barkhane contrôle les fermes isolées d’éleveurs maliens.Sur les réseaux sociaux ou lors de débats télévisés, la société malienne se questionne sur comment venir à bout de la guerre dans un pays qui fait face au terrorisme depuis plus de dix ans. Ce dimanche, la prise de Kaboul par les talibans suite au désengagement américain a alimenté le débat. Politiques, chercheurs ou simples citoyens sont préoccupés, inquiets de savoir ce qu'il adviendra du pays en cas de retrait des forces internationales.

Vue du Mali, la chute de Kaboul, c’est avant tout un électrochoc, la prise de conscience du fait que l’agenda des forces étrangères ne peut être maîtrisé et que leur retrait doit être pris en compte dans les stratégies de règlement du conflit, explique un chercheur sur les questions sahéliennes.

Deux situations différentes

Pourtant, sur le plan militaire, comparaison n’est pas raison. Pour Rida Lyammouri chercheur au Policy Center for the New South « les groupes jihadistes au Sahel n'ont ni les bases, ni les capacités et ni la popularité pour gouverner » à l’inverse des talibans dans leur pays. De plus, l’armée américaine était perçue comme une force d’occupation.

Pour d’autres, les similitudes idéologiques entre les talibans et les groupes terroristes du Sahel font craindre le pire dans un contexte où les forces françaises ont prévu de réduire leurs effectifs. Malgré la présence de Barkhane et des armées sahéliennes, les attaques et les morts atteignent des seuils critiques.

« Pour éviter la tragédie afghane » se dirige-t-on vers un changement de stratégie internationale dans la région ? Pour beaucoup la réponse est oui. Le cas afghan traduit l’échec des politiques de « construction de l’État » aux solutions non endogènes. La question de la gouvernance et de la lutte contre la corruption font également partie des mesures à appliquer pour éviter une « débâcle » des armées et un effondrement de toutes les structures de l’État.

Source : RFI