Sat01162021

Last update04:30:17 PM GMT

Back Divers Faits Divers Faits Divers en Afrique

Politique en Afrique

Maroc-États-Unis : bons baisers de Dakhla

Le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita (au centre), entouré de David Schenker, secrétaire d’Etat adjoint américain en charge du Moyen-Orient, et de David Fischer (à g.), ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, et son épouse Jennifer, à Dakhla le 11 janvier 2021.La visite de diplomates américains dans cette ville du Sud acte la reconnaissance par Washington de la souveraineté du royaume sur le Sahara.

En visite ce 10 janvier à Dakhla à l’occasion de l’ouverture d’un consulat US dans cette province du Sud du Maroc, le secrétaire d’État adjoint américain pour le Proche-Orient David Schenker, et l’ambassadeur de Washington à Rabat David T. Fischer ont affiché clairement leur soutien à la marocanité du Sahara.

Après avoir rappelé la décision prise un mois auparavant, le 10 décembre, par le président Donald Trump de reconnaître la souveraineté du royaume sur l’ensemble de ce territoire, les deux diplomates américains, vêtus pour l’occasion de la traditionnelle « derâa » sahraouie, ont réaffirmé que les États-Unis soutiennent la proposition d’autonomie du Maroc comme « seule solution crédible » à la résolution de ce conflit qui dure depuis 45 ans.

Tenue traditionnelle sahraouie

« En fait, ce n’est qu’après avoir visité Laâyoune et Dakhla que nous avons compris pourquoi cette région du Sud est si chère au cœur des Marocains », a lancé David Fischer. Venu en compagnie de son épouse, Jennifer, arborant elle aussi une « melhfa », à l’instar des femmes du Sahara, l’ambassadeur des États-Unis, a paru très enthousiaste : « Il était en verve, allant jusqu’à exprimer publiquement son désir d’acquérir une résidence secondaire dans la région », nous confie une source présente lors de la visite de la délégation à Dakhla.

Les relations américano-marocaines sont plus fortes que jamais »

« Les relations américano-marocaines sont plus fortes que jamais (..). Nos meilleures années sont devant nous », a déclaré quant à lui le sous-secrétaire d’État américain David Schenker, lors du point de presse qui s’est déroulé à l’issue de l’entretien qu’il a eu avec le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita. Un discours où le diplomate américain a notamment souligné que l’année 2021 correspond au 200e anniversaire de l’ouverture de la première mission diplomatique des États-Unis au Maroc, à Tanger — où se trouve « la plus ancienne installation diplomatique américaine du monde ».

Il a en outre mis en avant les efforts du Maroc pour « promouvoir la tolérance et l’harmonie religieuses » qui sont « un exemple dans la région », et a notamment cité « sa tradition historique de protection de sa communauté juive ».

« Les développements récents qu’ont connues les relations entre les États-Unis et le royaume ont été rendus possibles grâce au leadership du roi Mohammed VI dans la promotion d’un agenda de réforme audacieux et de grande envergure au cours des deux dernières décennies », a noté le secrétaire d’État américain adjoint.

Le Maroc, un partenaire-clé

Schenker s’est d’ailleurs félicité du « soutien continu et précieux » du souverain sur des questions d’intérêt commun telles que « la paix au Moyen-Orient, la stabilité et le développement en Afrique ». Et de préciser que le Maroc est « un partenaire clé pour la stabilité régionale », rappelant que les deux pays « bénéficient d’un large partenariat militaire ».

De son côté, le chef de la diplomatie marocaine s’est réjoui de voir que la coopération entre les deux pays « évolue à un rythme sans précédent », remerciant au passage l’administration américaine d’« avoir corrigé l’ensemble des cartes affichées dans ses représentations diplomatiques » aux quatre coins du monde — où une ligne séparait jusqu’alors le royaume du Sahara occidental.

L’ouverture du consulat américain de Dakhla est la vingtième ouverture consulaire dans la région depuis début 2020.

Précisant que l’ouverture de l’antenne diplomatique américaine de Dakhla est la vingtième ouverture consulaire dans la région depuis début 2020, le ministre a expliqué que le Maroc se sent ainsi renforcé dans la légitimité de sa cause nationale.

Arrivée de Lâayoune dans la soirée du 9 janvier, la délégation américaine a débuté sa journée à Dakhla par une réunion au siège de la wilaya, présidée par David Schenker en présence du wali Lamine Benomar, des élus locaux et régionaux dont le président de la région, Yanja Khattat, des représentants de la CGEM (le patronat marocain) et d’ONG locales. Une rencontre au cours de laquelle le diplomate américain a annoncé la création de « Dakhla Connect », une plateforme destinée à encourager et promouvoir les investissements dans la région.

Toutefois, l’une des activités phares de ce déplacement des diplomates américains à Dakhla a porté sur la visite des futurs locaux du consulat général des États-Unis, dont l’ouverture a été annoncée par la Maison Blanche, dans la foulée de la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Une cérémonie à laquelle ont assisté de nombreux notables de la région, aux côtés du MAE marocain et des autorités locales.

Un New Deal maroco-américain

Sur le volet économique, David Schenker a indiqué que le royaume était le seul pays d’Afrique avec lequel les États-Unis avaient signé un accord de libre-échange, expliquant que les exportations marocaines vers les États-Unis ont plus que doublé depuis l’entrée en vigueur de ce pacte en 2006. « La valeur de notre commerce bilatéral a quintuplé au cours de cette période », a-t-il déclaré, avant de préciser que les entreprises américaines arriveraient bientôt en force pour contribuer au développement économique régional mais aussi national.

Les États-Unis ont également décidé d’ouvrir un bureau des investissements, chargé de financer des projets, pour une enveloppe de l’ordre de 3 milliards de dollars, débloquée par la Banque américaine de développement — dont le président est Adam Boehler.

Depuis le début du conflit du Sahara, jamais un pays occidental, de surcroît membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, ne se sera autant impliqué pour conforter la marocanité de ce territoire.

Source : Jeune Afrique

Ghana: l’armée intervient au sein du Parlement en pleine session à Accra

Ghana: l’armée intervient au sein du Parlement en pleine session à AccraRFI Afrique - L'armée est intervenue, dans la nuit du mercredi 6 janvier au jeudi 7 janvier, dans l'enceinte du Parlement pour rétablir le calme entre les députés du parti au pouvoir et de l'opposition.

La tension est montée au moment de l’élection du président de la chambre. Des observateurs font déjà un parallèle avec la situation aux États-Unis. Les Ghanéens ont assisté à de véritables scènes de chaos à la chambre du Parlement cette nuit. Ils ont vu leurs députés se battre entre eux, alors qu’ils étaient réunis pour élire leur nouveau président.

Mais impossible de se mettre d’accord sur la façon d’y parvenir, le parti de la majorité, le NPP, voulait que le vote soit transparent alors que l’opposition, le NDC, a insisté pour un vote secret.

Dans l’impasse, un député du parti au pouvoir a tenté de s’emparer de l’urne contenant des bulletins de vote lors de l’élection du président de la chambre. Et c’est finalement un député de l’opposition, du Congrès national démocratique, qui a été élu.

Certains dénoncent déjà une honte pour la démocratie ghanéenne, car jamais l’armée n’avait dû intervenir dans la chambre du Parlement pour rétablir l’ordre. « L’armée n’a pas sa place ici », ont scandé des députés de l’opposition qui voient dans cette intervention une tentative du gouvernement de s’accrocher au pouvoir.

Ces événements coïncident avec l’investiture, ce jeudi, du président Nana Akufo-Addo, pour un deuxième mandat, après sa victoire aux élections du 7 décembre 2020. Une victoire toujours contestée par l’opposition qui n’accepte pas sa défaite et cela rend la gestion du Parlement compliquée.

En effet, c’est un Parlement hautement divisé, chaque camp dispose de 137 députés élus. Ce qui a donné lieu à une grande tension. Il y a eu des scènes ahurissantes, comme celle d’une députée du camp du pouvoir filmée en train de s’asseoir sur les genoux de son homologue de l’opposition, car celui-ci était assis de son côté, du côté de la majorité.

Des événements inédits qui rappellent la situation aux États-Unis où Donald Trump refuse de reconnaître sa défaite à la manière du NDC au Ghana. Mais c’est là où les parallèles se terminent. Les Ghanéens ne veulent plus suivre l’exemple de Washington. Tout le monde observe aujourd'hui la réaction de la délégation américaine attendue lors de l’investiture de Nana Akufo-Addo pour voir si elle va appeler au respect de la démocratie, alors que le président américain a tant de mal à le faire.

Source : RFI Afrique

Le Soudan signe l'accord de normalisation avec Israël (ambassade américaine)

Le Soudan a signé mercredi avec les États-Unis les accords dits d'Abraham sur la normalisation des relations avec Israël, a annoncé l'ambassade américaine à Khartoum. « Nous félicitons le gouvernement de transition (soudanais) pour la signature de la Déclaration des accords d'Abraham, qui aidera davantage le Soudan sur la voie de la stabilité, la sécurité et l'opportunité économique », a déclaré l'ambassade sur Twitter. « L'accord permet au Soudan, Israël et autres signataires des Accords d'Abraham de construire la confiance mutuelle et augmenter la coopération dans la région ».

Source : RFI

Centrafrique : le président Touadéra réélu mais sans la moitié des électeurs

Centrafrique : le président Touadéra réélu mais sans la moitié des électeursFrancetvinfo - Pas de surprise électorale en Centrafrique. Le président sortant Faustin Archange Touadéra a été déclaré réélu lundi 4 janvier à la présidentielle du 27 décembre.

Ce professeur de mathématiques pures de 63 ans a remporté 53,92% des suffrages exprimés, selon des résultats proclamés par l'Autorité nationale des élections (ANE). Il l'a emporté face à une opposition dispersée entre 16 candidats, l'ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé n'arrivant deuxième qu'avec 21,01% des suffrages exprimés.

Ces résultats doivent être validés par la Cour constitutionnelle après des recours contentieux que l'opposition a déjà annoncés, elle qui parle de "fraudes massives" et d'innombrables électeurs laissés pour compte. Un électeur sur deux n'a pas pu voter, sous la menace d'une offensive rebelle dans un pays aux deux tiers sous la coupe de groupes armés.

Une offensive rebelle contre l'élection

Le taux de participation, qui devait légitimer véritablement un second mandat du chef de l'Etat élu une première fois en 2016, a été annoncé à 76,31%, mais sur quelque 910 000 électeurs pris en compte alors qu'initialement 1,8 million étaient inscrits. "Nous avons comptabilisé les bulletins dans 2560 bureaux où le vote pu effectivement avoir lieu, sur un total de 5448. Dans les autres, le vote n'a pas pu avoir lieu ou bien les bulletins ont été détruits", a expliqué à l'AFP Théophile Momokoama, rapporteur général de l'ANE.

Ces élections se sont déroulées dans un pays où une guerre civile très meurtrière, initiée en 2013, avait considérablement baissé d'intensité depuis 2018, mais en proie à une nouvelle offensive de rebelles décidés à empêcher les élections. Le 19 décembre, une coalition des principaux groupes armés qui se partagent deux tiers du pays avait ainsi juré de "prendre le contrôle de tout le territoire". M. Touadéra avait immédiatement dénoncé une "tentative de coup d'Etat" sous les ordres de François Bozizé, l'ex-président renversé en 2013 et dont la candidature à la présidentielle avait été invalidée deux semaines plus tôt par la Cour constitutionnelle.

Plus de deux semaines après l'annonce de leur offensive, les groupes armés n'ont quasiment pas gagné de terrain, selon la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) et les autorités. D'importantes forces de sécurité, composées des Casques bleus de l'ONU, de paramilitaires russes et de forces spéciales rwandaises ont bloqué leur avancée.

Franceinfo avec AFP

 

Sahel : Selon Florence Parly, les effectifs de la force Barkhane vont « très probablement » être réduits

Sahel : Selon Florence Parly, les effectifs de la force Barkhane vont « très probablement » être réduits20 Minutes - La décision finale sera prise à l'occasion du prochain sommet conjoint de la France et des pays du G5 Sahel en février à N'djamena au Tchad.

La semaine qui vient de s’achever a été particulièrement meurtrière pour les militaires français au Mali. Au total cinq soldats y sont morts sur la période dans des attaques djihadistes.

Dans ce contexte, la France va « très probablement » réduire les effectifs de sa force antidjihadiste Barkhane au Sahel après des « succès militaires importants » en 2020, a déclaré la ministre française des Armées.

Un renfort « c’est temporaire »

« Nous serons très probablement amenés à ajuster ce dispositif : un renfort par définition, c’est temporaire », a expliqué Florence Parly dans une interview au quotidien Le Parisien à paraître lundi après le renfort de 600 soldats qui a porté les effectifs de Barkhane à 5.100 hommes en 2020. Une décision sera prise à l’occasion du prochain sommet conjoint de la France et des pays du G5 Sahel en février à N'djamena au Tchad, a ajouté la ministre.

En 2020, la force Barkhane a remporté « des succès militaires importants, à la fois en neutralisant plusieurs hauts responsables de groupes terroristes et en attaquant leurs chaînes logistiques », a par ailleurs rappelé Florence Parly. Le leader d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), l’Algérien Abdelmalek Droukdal, a par exemple été tué dans le nord du Mali en juin.

La France a aussi annoncé la « neutralisation » en novembre de Bah Ag Moussa, décrit comme le « chef militaire » du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida.

Pas de négociation avec Al-Qaida ou Daech

Mais cela ne suffit pas. « Oui, les conditions de sécurité au Sahel restent difficiles. Les terroristes utilisent l’arme des lâches », a lancé Florence Parly, affirmant que des engins explosifs artisanaux se déclenchent « indifféremment » au passage de véhicules civils et militaires. « Si les djihadistes adoptent ces méthodes pernicieuses de guérilla, c’est qu’ils refusent le combat, conscients qu’ils n’auraient aucune chance s’ils devaient se confronter aux soldats de Barkhane dans un combat régulier », a-t-elle jugé.

La ministre a en outre de nouveau exclu toute négociation « avec des groupes terroristes comme Al-Qaida ou Daech, qui assassinent de manière aveugle et ont du sang sur les mains ». Mais la porte est ouverte pour « des gens qui ont déposé les armes et qui ne sont pas motivés par une idéologie radicale et criminelle », a-t-elle relevé. Ils doivent se rallier aux accords de paix d’Alger de 2015, a-t-elle ajouté.

20 Minutes avec AFP

Présidentielle au Niger: M. Bazoum et M. Ousmane qualifiés pour le second tour de la présidentielle

Le candidat Mohammed Bazoum, dans un bureau de vote de Niamey lors de la présidentielle du 27 décembre 2020.Mohammed Bazoum et Mahmane Ousmane sont qualifiés pour le second tour de la présidentielle au Niger selon des résultats globaux provisoires annoncés ce samedi matin par la Commission électorale.

Selon les résultats du premier tour annoncés ce samedi matin par la Commission électorale, l'ancien ministre Mohamed Bazoum, candidat du PNDS obtient 1.879 543 voix, et l'ancien président M. Ousmane 811.836 voix. Les résultats étaient attendus hier vendredi mais le président de la Céni expliquait un peu plus tôt sur les médias nationaux que le nombre élevé de candidats cette année avait entraîné un traitement plus long des résultats, et que les contrôles avaient été rigoureux.

Source : RFI

Mali : Ras Bath placé en détention provisoire pour « atteinte à la sûreté de l’État »

L’activiste malien Ras Bath, lors d’un rassemblement de l’opposition à IBK en août 2018.Interpellées il y a une semaine, plusieurs personnalités poursuivies pour « atteinte à la sûreté de l’État », dont l’activiste Ras Bath, ont été présentées devant un juge qui a décidé de les placer sous mandat de dépôt.

Au terme d’une audience qui s’est tenue ce jeudi au tribunal de Bamako, le juge chargé du dossier a décidé de placer en détention préventive Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – , ainsi que cinq de ses coprévenus. Les cinq hommes sont poursuivis dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

« Ils sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’État et ont été placés sous mandat de dépôt, a confirmé à Jeune Afrique Boubacar Yalkoué, secrétaire administratif du Collectif pour la défense de la République (CDR, dont est membre Ras Bath). Nous pensions pourtant qu’au regard du fond du dossier, ils seraient libérés après avoir été entendus par le juge d’instruction. »

Il a par ailleurs précisé que les avocats des prévenus se sont réunis pour décider d’une stratégie commune dès la décision de placement sous mandat de dépôt connue, et insisté sur le fait que les actions futures s’inscriraient « dans le cadre légal ».

Flou autour des interpellations

C’est un dossier qui défraie la chronique à Bamako depuis que plusieurs personnalités ont été interpellées dans des circonstances troubles, dès lundi 21 décembre. Il avait fallu attendre le dimanche 27 septembre pour que le procureur de la République, Mamadou Kassogué, ne livre enfin les raisons qui avaient conduit à ces arrestations.

Dans un communiqué, le magistrat a alors expliqué que les mis en cause avaient été arrêtés « suite à une dénonciation des services de sécurité faisant état de faits d’atteintes à la sûreté de l’État » et qu’ils avaient été « mis à la disposition » du service d’investigation de la gendarmerie nationale « pour les besoins de l’enquête ».

Si l’affaire fait autant de bruit, c’est que les personnalités citées dans cette enquête sont, pour certaines, très connues. Outre Sékou Traoré, secrétaire général de la présidence, un statut qui lui donne le rang de ministre, on trouve en effet le polémiste Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – , célèbre chroniqueur sur Renouveau FM, une radio sur laquelle il anime « Grands dossiers », une émission dans laquelle il s’est montré critique à l’encontre des nouvelles autorités ces derniers mois.

Sont également concernés par l’enquête Mahamadou Koné, trésorier payeur général, Vital Robert Diop, directeur général de la société PMU-Mali, Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’AGEFAU, ainsi que Souleymane Kansaye, receveur général du district. Tous, à l’exception de Sékou Traoré, avaient été placés en détention préventive avant d’être présentés devant le juge, ce mardi.

Tous ont également été placés ce jeudi sous mandat de dépôt par le juge d’instruction. Sékou Traoré, qui a repris ses activités à la présidence, n’a quant-à lui pas été concerné par cette décision.

L’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), qui avait auparavant dénoncé des « arrestations extrajudiciaires », a pu avoir accès aux locaux de la gendarmerie au cours du week-end dernier. L’AMDH s’était réjouie, dans un communiqué daté du 28 décembre, « de la judiciarisation des dossiers » et avait assuré que les conditions de détention des personnes mises en cause étaient correctes.

Les prévenus devaient initialement être présentés au procureur de la République dès lundi, mais, selon une source judiciaire, le magistrat a décidé de reporter la convocation en raison d’une manifestation organisée par plusieurs militants du Collectif pour la défense de la République (CDR) de Ras Bath. Une nouvelle audience devant le juge avait été programmée pour ce mercredi 30, mais avait finalement été, à nouveau, reportée.

Source : Jeune Afrique

Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan remis en liberté provisoire

Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, lors d’une conférence de presse le 1er novembre au domicile d’Henri Konan Bédié à Abidjan.La justice a prononcé la remise en liberté provisoire de l’opposant ivoirien, qui avait été arrêté le 7 novembre dernier. Le président du Front populaire ivoirien (FPI) reste cependant toujours poursuivi pour « atteinte à l’autorité de l’État ».

Pascal Affi’N’Guessan va recouvrer sa liberté, mais sera soumis à un contrôle judiciaire. L’opposant, qui avait été arrêté dans la nuit du 6 au 7 novembre dernier, a été présenté ce mercredi devant un juge de la cellule judiciaire spéciale mise en place fin novembre par décret présidentiel pour traiter les dossiers relatifs à la crise pré et postélectorale.

À l’issue de l’audition, le magistrat a prononcé la remise en liberté provisoire du président officiellement reconnu du Front populaire ivoirien (FPI). Ce dernier, qui a co-fondé avec Henri Konan Bédié le Conseil national de transition (CNT), dont il fut le porte-parole, reste cependant sous le coup de poursuites pour « atteinte à l’autorité de l’État », a précisé une source judiciaire à Jeune Afrique.

Contrairement aux autres personnalités incarcérées dans le cadre des enquêtes en cours concernant la crise électorale, Pascal Affi N’Guessan n’était pas détenu à la prison de la Maca, mais était à l’isolement dans une villa de l’École de gendarmerie, dans le quartier de Cocody, à Abidjan.

Source : Jeune Afrique

Algérie : le président Tebboune de retour après deux mois d’absence

Le président Abdelmadjid Tebboune, lors d’une conférence de presse, en décembre 2019.Le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait été transféré en Allemagne le 28 octobre pour des « examens médicaux approfondis » après avoir contracté le Covid-19.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune est apparu mardi soir à la télévision publique de retour dans son pays après un séjour de deux mois en Allemagne où il a été soigné du Covid-19. « C’est difficile d’être loin de son pays et plus difficile encore pour quelqu’un qui a beaucoup de responsabilité », a déclaré le chef de l’État, dont les images ont été diffusées au journal télévisé de 20 heures de l’ENTV.

L’avion présidentiel avait quitté Berlin en milieu d’après-midi pour atterrir à Alger vers 18 heures locales (17 heures GMT). Apparemment en bonne santé, Abdelmadjid Tebboune, qui a repris du poids depuis sa dernière apparition télévisée le 13 décembre, a laissé entendre qu’il était presque guéri du Covid-19.

Fin de convalescence

Il a été accueilli à l’aéroport par plusieurs hauts responsables algérien, dont le Premier ministre Abdelaziz Djerad et le chef d’état-major e l’armée, le général Saïd Chengriha. Il s’est exprimé brièvement pour souhaiter « une heureuse année à tous les Algériens », « bien meilleure que 2020 ».

Le 13 décembre, Tebboune avait annoncé via un clip vidéo publié sur son compte Twitter son retour dans les « plus brefs délais ». « Aujourd’hui, grâce à Dieu, aux médecins de l’hôpital militaire [d’Alger] et allemands, je suis sur le chemin du rétablissement. Peut-être que ça prendra une semaine, deux semaines ou trois. Je vais récupérer toutes mes forces physiques », avait-il déclaré.

Âgé de 75 ans et grand fumeur, Abdelmadjid Tebboune avait quitté l’hôpital militaire de Aïn Naâdja à Alger pour un établissement spécialisé en Allemagne le 28 octobre, après avoir contracté le Covid-19. Il avait fini ses soins et quitté l’hôpital fin novembre, mais avait prolongé son séjour en Allemagne pour une période de convalescence.

Sur Twitter, le président algérien a annoncé avoir ordonné au Premier ministre de présider « immédiatement » une réunion avec le comité scientifique chargé du suivi épidémiologique et de choisir le vaccin « le plus approprié » contre le Covid-19 afin de démarrer le processus de vaccination à partir de janvier.

Source : Jeune Afrique

 

Investiture de Kaboré : Ouattara, Issoufou, Condé… Une dizaine de chefs d’État présents

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lors de son ivestiture pour un second mandat, le 28 décembre 2020 à Ouagadougou.Plusieurs chefs d’États ont pris part à la cérémonie d’investiture de Roch Marc Christian Kaboré, réélu président du Burkina Faso pour un second mandat le 22 novembre.

« Je resterai attentif aux préoccupations de l’ensemble de mes compatriotes, surtout en ce qui concerne la réconciliation nationale, la paix et la sécurité, gages de toute action de développement », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré lors de son investiture, dont la cérémonie s’est déroulée dans la matinée du 28 décembre en présence d’une dizaine de chefs d’État.

Les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest à Ouaga

C’est dans un Palais des Sports de Ouaga 2000 au public clairsemé, en raison des contraintes imposées par la pandémie de coronavirus, qu’il s’est adressé aux 1 200 invités triés sur le volet. Tous masqués, ils ont été tenus de respecter scrupuleusement les consignes sanitaires, en raison de la flambée de nouvelles contaminations observée dans le pays, avec près de 3 000 nouveaux cas enregistrés depuis le début de décembre.

Une dizaine de chefs d’État d’Afrique de l’Ouest ont effectué le déplacement à Ouagadougou. Depuis dimanche, l’aéroport de la capitale bukinabè a été le théâtre d’une véritable ballet aérien d’avions présidentiels.

Au premier rang des personnalités présentes pour l’occasion, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Ghanéen Nana Akufo Addo, le Guinéen Alpha Condé, le Bissau Guinéen Umaro Sissoko Embaló, le Libérien George Weah, le Mauritanien Mohammed Ould El Ghazouani, le Nigérien Mahamoudou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Togolais Faure Gnassingbé. Une forte présence de ses pairs que Roch Marc Christian Kaboré n’a pas manqué de saluer lors de son discours.

Le président de la transition au Mali, Bah N’Daw, était pour sa part représenté par son Premier ministre, Moctar Ouane. Arrivé le 27 décembre, le Premier ministre Malien a été reçu par son hôte. À l’issu des échanges, il a déclaré être « très heureux de cette belle leçon de démocratie que le Burkina vient d’administrer à l’ensemble du continent à travers la préparation, l’organisation, le déroulement et l’issue des scrutins présidentiel et législatif ».

« Ceci s’est passé dans un contexte sécuritaire difficile, incertain, mais le résultat a révélé la grande maturité du peuple Burkinabè. C’est un message fort envoyé à l’ensemble de nos pays. Cette élection a permis de révéler ce qu’un peuple uni peut faire pour son développement », a-t-il ajouté.

En effet, si les élections législatives et la présidentielle du 22 novembre ont été émaillées de quelques incidents, le processus a été salué par de nombreux observateurs. Les candidats malheureux ont tous reconnu leur défaite. Certains ont d’ailleurs pris part à la cérémonie sobre et solennelle de ce lundi, l’instar de Zéphirin Diabré, Kadré Désiré Ouédraogo, Eddie Komboïgo, Tahirou Barry ou encore Gilbert Noël Ouédraogo.

Vers de « larges consultations »

Kaboré a rendu hommage aux populations victimes du terrorisme ainsi qu’aux forces de défenses et de sécurité pour leur « détermination essentielle pour préserver la paix et l’unité nationale ».

Il a également décliné les axes majeurs de  l’action qu’il compte mener durant les cinq prochaines années, dont la sécurité, le renforcement de la démocratie, les réformes de l’administration et des services publics, l’investissement dans les infrastructures, les réformes foncières et agricoles et l’implication de la diaspora dans la construction du pays. Mais pour parvenir à atteindre ces objectifs, il a invité les Burkinabè « au travail ».

Pour parvenir à la réconciliation nationale, Kaboré a annoncé qu’il lancera dans les mois à venir de « larges consultations « . « La réconciliation nationale ne saurait faire l’économie des crimes de sang, des crimes économiques et politiques qui, de 1960 à nos jours, continuent d’envenimer les rapports entre les Burkinabè. Elle doit aller au-delà des questions conjoncturelles pour nous permettre de définir ensemble les bases d’une société burkinabè fondée sur les valeurs cardinales du travail, de la probité, de la dignité et de la défense de l’intérêt national », a-t-il ajouté.

Source : Jeune Afrique

 

Mali: cinq personnes poursuivies pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État

La capitale du Mali, Bamako, 9 août 2018 Sur les sept personnes arrêtées la semaine dernière par la sécurité d’État, cinq sont poursuivies. Les autorités de transition ne se sont pas exprimées sur ce sujet, mais RFI a pu recouper un certain nombre d’informations inédites.

Deux personnes ont été libérées, cinq autres transférées à la gendarmerie. Sékou Traoré, chef de cabinet de la présidence avec rang de ministre, ainsi que Souhahebou Coulibaly, directeur de l’agence d’État Agefau, ont bel et bien pu rentrer chez eux libres. Sékou Traoré a même repris son travail au palais présidentiel.

Mais les cinq autres personnes interpellées ont été transférées vendredi soir au Camp 1 de la gendarmerie de Bamako après avoir été détenues plusieurs jours en dehors de toute procédure légale. Leur cas a donc été judiciarisé.

Il s’agit de deux hauts cadres du Trésor public, messieurs Koné et Keita, du directeur du PMU, Vital Robert Diop, du chroniqueur radio et militant contestataire Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath, ainsi que du directeur adjoint de l’agence d’État Agefau, Aguibou Tall, par ailleurs demi-frère de l’ex-Premier ministre Boubou Cissé.

C’est le cabinet de Maître Kassoum Tapo qui défend les intérêts de l’ex-Premier ministre et d’Aguibou Tall, à qui l’un de ses collaborateurs a pu rendre visite. « Il est poursuivi pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État », explique l’avocat, qui précise que son client a été interrogé sur ses liens avec les autres personnes arrêtées ou avec le syndicat UNTM, l'Union nationale des travailleurs du Mali. Selon l’avocat, les autres personnes détenues seraient poursuivies pour les mêmes motifs.

Les autorités de transition n’ont jamais communiqué sur cette série d’interpellations, elles n’en ont donc jamais expliqué les raisons, mais les questions posées au client de Maître Tapo confirment certaines informations qui avaient déjà filtré : « Ils lui ont parlé de tentative de déstabilisation et de coup d’État. Mais il n’y a rien à part des questions, affirme Maître Tapo, ils n’ont aucune preuve matérielle ». Il appartient dorénavant au procureur d’en décider, et de transmettre ou non les dossiers à un juge d’instruction.

Source : RFI

 

 

Élections en Centrafrique: journée de vote sous haute tension

Les électeurs font la queue pour voter lors des élections présidentielles et législatives dans un bureau de vote à Petevo, 8e arrondissement de Bangui, en République centrafricaine, le 27 décembre 2020.La Centrafrique vote ce dimanche 27 décembre pour élire son président et ses députés dans un contexte tendu. Des groupes armés, réunis au sein d’une coalition afin d’empêcher les élections, ont entamé une descente vers la capitale Bangui. De violents combats ont éclaté dans l’intérieur du pays, où la tenue du scrutin demeure incertaine en raison des menaces et de la peur instaurée ces derniers jours.

Les bureaux de vote ont ouvert avec près d'une heure de retard, ce dimanche 27 décembre en Centrafrique pour des élections présidentielle et législatives sous haute tension. Quelque 1,8 million d'électeurs sont appelés aux urnes.

À l’école préfectorale du quartier Bimbo par exemple, l’ouverture était prévue à 6 heures, mais à cette heure-là les portes étaient encore fermées. Depuis, les urnes et les kits électoraux sont arrivés et les électeurs attendaient dans le calme, rapporte notre envoyée spéciale. À la mairie, le responsable de l’Autorité nationale des élections (ANE) pour ce secteur nous expliquait qu’en raison des craintes sécuritaires, il avait préféré attendre que le jour soit levé pour acheminer le matériel jusqu’au bureau de vote.

Aux alentours de 8h30, le président sortant Faustin-Archange Touadéra a voté au lycée Boganda de Bangui, la capitale. « C’est un moment important pour la république centrafricaine qui cherche à sortir de ces moments de crise. Je pense que la bonne voie pour le développement, pour l’épanouissement et le bien-être de noter pays et de nos populations c’est la démocratie, le choix libre des dirigeants par le peuple », a-t-il déclaré après avoir voté.

Appel de Bozizé au boycott

François Bozizé, accusé par les Nations unies d’être derrière la rébellion et qui avait jusque-là un positionnement ambigu, a lancé ce dimanche matin en sango un appel relayé sur internet, dans lequel il déclare fermement, cette fois, soutenir la rébellion. Il a également appelé les Centrafricains à ne pas se rendre aux urnes ce dimanche : « Mes compatriotes, je vous appelle à ne pas aller voter. Restez chez vous. Laissez Touadéra seul aller déposer son bulletin dans les urnes », clame-t-il dans ce message.

« C’est un pays qui a des lois, donc la loi et les dispositions seront prises en conséquences », a réagi le président Touadéra.

Samedi encore, à la veille du scrutin, des combats se poursuivaient dans le pays entre des groupes armés réunis au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et les forces gouvernementales. Vendredi 25 décembre encore, trois casques bleus ont été tués.

Quelques tirs dans la nuit

Quelques tirs isolés ont été entendus au milieu de la nuit à Bangui, d’origine indéterminée, mais depuis, tout est calme dans la capitale. Et les électeurs que RFI a rencontrés disent leur détermination à ne pas céder à la peur. « On veut voter car on veut la paix et en finir avec les rébellions », nous confiait une femme qui attendait l’ouverture du bureau, sa fille sur les genoux. Moi, je suis rassuré, « tout va bien se passer à Bangui, mais je m’inquiète pour mes frères dans le reste du pays », nous disait un père de famille, visiblement ému car une partie de sa famille est à l'intérieur du pays et lui ont confié au téléphone avoir reçu des menaces de la part de groupes armés pour les dissuader d'aller voter.

« Oui, j’ai de la famille à l’intérieur. Vraiment, c’est préoccupant. Quand j’ai appelé Moba, on m’a dit que là-bas, les groupes armés de l’UPC, les anti-balakas, ont déjà confisqué le matériel électoral. Je suis consterné, parce qu’on ne peut pas priver (aux citoyens) le droit de vote. Ça, c’est une violation des droits de l’Homme », témoigne-t-il au micro de RFI.

«Mon arme, c'est ma carte d'électeur !» : témoignages d'électeurs au micro de Florence Morice

Dans ce bureau de vote de Bangui, ce dimanche 27 décembre, les urnes sont prêtes pour recevoir les bulletins de vote des électeurs pour les scrutins présidentiel et législatif. © RFI/Charlotte Cosset

 

À Ngaragba, autre bureau de vote de la capitale, le scrutin a également débuté avec une petite heure de retard, rapporte notre correspondante. Un retard expliqué par un souci de transport : le matériel (urnes, isoloirs et autres) a été délivré avec l’aide des gendarmes qui sont arrivés à 6h, heure supposée de l’ouverture du bureau. Puis cela a été la course pour installer tout le matériel. Mais les premiers votants ont pu glisser leur bulletin dans les urnes vers 7h ce dimanche.

La Cour constitutionnelle confirme le scrutin

Ces derniers jours, les appels à un report technique du scrutin se sont multipliés, en raison de ces violences et de leurs conséquences sur les préparatifs du vote. Jeudi, après le retrait de Jean-Serge Bokassa, six candidats d’opposition ont ainsi saisi la Cour constitutionnelle pour demander la « reprise des élections », en vertu de l’article 115 du Code électoral. Celui-ci prévoit la reprise de l'organisation de l'élection avec une nouvelle liste de candidats en cas de « retrait de l’un des candidats entre la publication de la liste des candidats et le premier jour du scrutin ».

Au total, huit recours pour reporter ces élections ont été déposés. La Cour constitutionnelle les a tous rejetés. Dans une décision rendue samedi, elle fait valoir qu’un report du scrutin ne permettrait pas de respecter les délais constitutionnels prévoyant l'installation d'un nouveau président, au plus tard le 30 mars prochain. Les partenaires internationaux de la Centrafrique, la Minusca en tête, n’ont cessé de plaider pour maintenir le vote à la date prévue, pour ne pas « donner raison à ceux qui veulent entraîner le pays dans une transition », comme le déclarait encore vendredi le patron de la Minusca, optimiste sur la capacité de la mission des Nations unies à « faire face » à la situation.

Calme à Bangui, violences dans d'autres localités du pays

La Centrafrique a aussi reçu des renforts du Rwanda et de la Russie. Une aide qui n’empêchait pas, samedi soir, des sources diplomatiques d’exprimer en coulisse leur inquiétude sur les risques sécuritaires qui pèsent sur ce vote. Dans la capitale, restée épargnée par les violences (en dépit de rumeurs d'intrusion d'éléments armés en début de semaine), il y a un certain engouement. Gerville, Banguissois, a confié à Charlotte Cosset pour RFI sa satisfaction de voir ce vote maintenu : « C'est notre devoir, en tant que Centrafricain digne, de dire qu'on a le droit de voter pour construire notre pays. »

Mais la situation sécuritaire beaucoup plus incertaine dans le reste du pays suscite des inquiétudes et des incompréhensions. Raphaël, un autre habitant de la capitale, résume ce sentiment : « Les élections ne vont-elles se passer qu'à Bangui ? Et à l'intérieur du pays, comment ça va se passer ? La Cour a décidé, pas de problème ; mais les bandits armés sont en train de sévir à l'intérieur du pays ! Ça n'a pas de sens. »

De multiples motifs d'inquiétude

La Minusca et l'ANE ont tenu des discours rassurants ces trois derniers jours. Mais samedi, il était encore difficile d'obtenir des chiffres précis. Selon la Minusca, vendredi, la distribution des cartes d’électeurs avait débuté dans 87% des centres de vote, mais impossible de savoir combien de Centrafricains avaient effectivement retiré leur carte, note notre envoyée spéciale Florence Morice.

Même chose pour le déploiement du matériel : en parallèle des discours optimistes – et difficiles à vérifier –, des témoignages venus de plusieurs localités de l’intérieur du pays posent questions. Samedi, selon nos informations, le matériel était globalement arrivé dans les démembrements, mais commençait seulement dans de nombreux endroits à être acheminé jusqu’aux centres et bureaux de vote.

Quid aussi du matériel électoral détruit ou confisqué au cours des attaques, comme ce fut le cas à Bambari ? Sans oublier plusieurs témoignages de la part d’agents de l’Autorité en charge des élections, qui ont confié avoir reçu des menaces de la part de plusieurs groupes armés dans différentes zones du pays. Ces agents oseront-ils ouvrir les bureaux de vote ? Et la population osera-t-elle aller voter ? Sachant que, depuis le début de cette crise, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a déjà recensé des dizaines de milliers de nouveaux déplacés, fuyant les affrontements ou l’arrivée des groupes armés dans leurs localités.

Source : RFI

Élections au Niger: jour J pour un scrutin nouveau et sous surveillance

election nigerUne femme votant à Niamey, le 27 décembre 2020.Quelque 7,5 millions d'électeurs nigériens sont attendus aux urnes ce dimanche 27 décembre pour les élections présidentielle et législatives. Les 26 000 bureaux de vote doivent ouvrir à 8h et fermer à 19h, et une trentaine de candidats sont en lice pour succéder à Mahamadou Issoufou. Mohamed Bazoum, du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), est l'un des 30 candidats à se présenter au premier tour ce dimanche.

Samedi 26 décembre, Niamey était calme, avec un peu moins de monde que d’habitude dans les rues puisque certains électeurs ont quitté la capitale et sont partis en région pour pouvoir aller voter là où ils sont inscrits. Ce dimanche, 7,5 millions d'électeurs nigériens sont appelés à retourner aux urnes, deux semaines seulement après avoir voté pour les élections locales.

Devant le bureau de vote de l’école Amirou Djibo de Niamey ce dimanche matin, les électeurs étaient au rendez-vous. Il y avait beaucoup d’affluence et de longues files d’attente étaient visibles devant les bureaux de vote. Une dizaine de bureaux de vote sont installés dans cette école.

Au bureau de vote n°216, par exemple, 410 électeurs sont inscrits. « Ils vont tous passer d’ici la fin de la journée », prédit le président du bureau de vote. L’innovation, cette année, est que tout le matériel de vote a passé la nuit dans les centres, bien gardé par des éléments de la garde nationale. Dans cette école, ce sont donc les gardes nationaux qui assurent la sécurité des élections.

Les délégués des partis politiques sont également présents. Les électeurs sont avec l’index à encre bleue, preuve qu’ils ont voté. Beaucoup d’erreurs constatées lors des anciennes élections municipales du 13 décembre dernier ont été corrigées, selon plusieurs présidents de bureaux de vote. Les partis politiques ont sensibilisé leurs militants pour éviter des votes blancs sur un bulletin unique, qui comporte 30 candidats.

Un scrutin inédit pour la fin de dix ans de présidence Issoufou

Le président sortant, Mahamadou Issoufou, du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), arrive au terme de ses deux mandats et n'est pas candidat à sa propre succession. Mohamed Bazoum, qui veut assurer la « continuité » de son œuvre, est en lice pour lui succéder. Le premier tour est pour ce dimanche, mais y en aura-t-il un second ? Une victoire d’un candidat dès le premier tour de l’élection présidentielle serait une première au Niger.

Nouveauté de ce scrutin : le bulletin de vote devient unique. Tous les candidats figurent sur une même feuille, sur laquelle est apposée leur photo et le logo de leur formation politique. Les votants doivent choisir la case correspondante. Le scrutin présidentiel est couplé à des législatives pour élire les 166 nouveaux députés qui composeront l’Assemblée nationale. Les cinq représentants de la diaspora seront choisis ultérieurement.

La campagne électorale s'est déroulée sans violence. Elle est même passée presque inapercue dans certaines zones du pays, car très peu de candidats ont vraiment foulé le terroir. Hormis Mohamed Bazoum, les candidats ont mobilisé peu de moyens financiers et matériels, et la plupart d'entre eux ont visité leur région natale ou ont tenu des meetings dans les chefs-lieux des régions.

L'opposition a mené campagne en ordre dispersé. Ce n'est qu'à 48 heures du premier tour que Hama Amadou a apporté son soutien à Mahamane Ousmane. Ils ont ensuite été rejoints par Amadou Boubacar Cissé, qui a jeté l'éponge.

Des élections malgré le renforcement des mesures sanitaires

Ces élections se tiennent alors qu’il y a quelques jours, les autorités ont annoncé un renforcement des mesures de lutte contre le Covid-19. Les rassemblements sont interdits, les bars et les salles de spectacles sont également fermés pendant deux semaines, avec la possibilité d’un renforcement de ces mesures si besoin, passé ce délai.

Le candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, avait annulé son dernier meeting le vendredi 25 décembre dans la capitale, justement en raison de la hausse des cas de coronavirus. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) explique qu’elle dispose de certains kits sanitaires, que des spots existent et seront diffusés sur place pour inviter le public à respecter les mesures barrières dimanche dans les bureaux de vote. La Céni affirme ne pas vouloir prendre le risque d’être un vecteur de maladies.

La menace jihadiste inquiète les électeurs

Bien que la campagne se soit déroulée sans exaction violente, le Niger est, comme d'autres pays sahéliens, confronté à des attaques menées par des groupes jihadistes. En ce mois de décembre, des terroristes de Boko Haram ont frappé à Toumour, près du Nigeria. Et sept soldats ont été tués dans une embuscade, dans l’ouest. Conscients de cette menace, les électeurs nigériens attendent une sécurisation des opérations de vote.

La Céni rappelle que sa mission est de garantir le droit de tout citoyen à voter, sur toute l’étendue du territoire, et assure assure avoir pris des mesures pour sécuriser le scrutin. Son président, Issaka Souna, reconnaît que le Niger vit une situation sécuritaire difficile, notamment dans des zones situées aux frontières, dans les régions de Tillabéri, entre Tahoua et le Mali, ou encore dans la zone du lac Tchad. « Nous savons que le risque zéro n’existe pas », explique Issaka Souna, tout en précisant que toutes les forces de sécurité sont mobilisées et que des dispositifs préventifs et d’action existent, pour assurer la sécurité des personnes, des biens et du matériel.

Du côté de la société civile, certains acteurs affirment que les forces de l’ordre n’étaient pas visibles partout, lors de la tenue des élections locales. Ali Idrissa, coordinateur de l’Observatoire du processus électoral (OPELE), qui regroupe plusieurs organisations de la société civile, estime qu’il faut des patrouilles dans les communes pour que la présence des forces de sécurité puisse être ressentie au niveau des bureaux de vote.

Source : RFI

Mali : Soumaïla Cissé, opposant à jamais

Soumaïla Cissé, le 15 juin 2018 à Bamako.Décédé ce 25 décembre, Soumaïla Cissé aura consacré trente années de sa vie à la politique malienne, dont il était devenu l’un des personnages les plus emblématiques. Il avait aussi, à trois reprises, brigué la magistrature suprême.

Moins de trois mois se seront écoulés entre la libération de Soumaïla Cissé et son décès, survenu le 25 décembre, à Paris, où il était hospitalisé. Selon l’un de ses proches joint par Jeune Afrique, il avait contracté le coronavirus et son état s’était dégradé au point qu’il avait dû être transporté en France, il y a une dizaine de jours. Il avait 71 ans.

Sa libération, annoncée le 8 octobre, avait soulevé une vague d’espoir parmi ses partisans et les militants de son parti, l’Union pour la République et la démocratie (URD). Personnage emblématique de la scène politique malienne, Soumaïla Cissé était aussi, avant son enlèvement et avant qu’un coup d’État ne chasse Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) du pouvoir, en août dernier, la principale figure de l’opposition.

Il avait été kidnappé le 25 mars alors qu’il battait campagne pour les élections législatives prévues quatre jours plus tard dans son fief de Niafunké, dans la région de Tombouctou. L’enlèvement, en plein jour, d’une personnalité politique de premier plan était devenu le symbole de l’impuissance de l’État face aux violences jihadistes et l’exigence de sa libération avait été l’un des mots d’ordre de la contestation qui, de mai à juillet, a fait trembler le régime d’IBK.

Le 8 octobre, Soumaïla Cissé et d’autres otages occidentaux, dont la Française Sophie Pétronin, étaient finalement libérés et arrivaient à Bamako après avoir été échangés par le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali. En contrepartie, le groupe jihadiste avait obtenu la libération de prisonniers détenus dans les prisons maliennes et le versement d’une somme d’argent dont le montant n’a jamais été révélé.

Tournée de remerciements

Jeune Afrique avait pu rencontrer Soumaïla Cissé, fin octobre. Il était venu à Paris accompagné de son épouse, Astan Traoré, pour y passer quelques examens médicaux. Il expliquait être en forme, mais un check-up s’imposait. Il nous avait raconté sa longue détention (six mois) et comment il avait appris, en écoutant la radio alors qu’il était toujours retenu en otage, la chute du président IBK.

Interrogé sur ses intentions, il avait expliqué vouloir prendre le temps de « se reposer et se remettre à niveau ». Il était ensuite rentré à Bamako et avait entamé, ces dernières semaines, une tournée pour remercier les chefs d’État de la région qui s’étaient impliqués pour sa libération. Il avait notamment été reçu par le Sénégalais Macky Sall, par le Ghanéen Nana Akufo-Addo, par ailleurs président en exercice de la Cedeao, par le Togolais Faure Essozimna Gnassingbé et par le Nigérien Mahamadou Issoufou. Il devait encore se rendre au Burkina Faso, pour y rencontrer Roch Marc Christian Kaboré, et en Côte d’Ivoire pour échanger avec Alassane Ouattara.

Soumaïla Cissé n’avait pas encore formellement exprimé son intention de se relancer en politique. Il n’avait pas non plus dit s’il comptait partir à l’assaut de la présidence, mais certains de ses partisans le voyaient déjà à Koulouba à l’issue des dix-huit mois que doit durer la transition dirigée par Bah N’Daw.

Le 27 décembre, l’URD devait se réunir en congrès pour définir sa position vis-à-vis de la gestion de la transition et discuter des prochaines échéances électorales. À l’issue des dernières législatives, le parti avait remporté 19 sièges, avant la dissolution de l’Assemblée nationale par IBK le jour du putsch.

« Républicain »

Avec le décès de Soumaïla Cissé, c’est une figure de la classe politique malienne qui disparaît. « Soumaila Cissé s’en va à un tournant critique de notre évolution en tant que nation, a réagi Bah N’Daw dans un communiqué diffusé vendredi. Nul doute qu’en ce moment, le pays avait encore particulièrement besoin de son expérience et de sa sagesse pour relever les défis de l’heure. » « Je témoigne du leadership et de la remarquable contribution de Soumaïla Cissé à la préservation du cadre républicain ainsi que des acquis démocratiques, fruits de la lutte pluri-décennale des forces politiques et de la société civile du Mali », a pour sa part déclaré Tiébilé Dramé, ancien ministre des Affaires étrangères qui fut également le directeur de campagne de Cissé, en 2018. L’ancien Premier ministre Moussa Mara a pour sa part souligné que « Soumaila a consacré les 40 dernières années de sa vie aux Maliens, à notre pays et à notre région ouest-africaine. Partout où il a servi, il a laissé le souvenir d’un homme compétent et affable. »

 

Ingénieur-informaticien de formation, Soumaïla Cissé avait commencé par militer au sein de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-PASJ), dès sa création en 1991, avant de lancer son propre parti, au début des années 2000. Technocrate aux compétences reconnues, il avait à plusieurs reprises été ministre des Finances, entre 1993 et 2000.

En 2002, il s’est lancé dans sa première course à la présidentielle face à Amadou Toumani Touré (ATT, lui-même décédé début novembre). Battu, il s’éloignera de l’arène politique pour diriger la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 2004 à 2011.

De nouveau candidat en 2013, il est défait dans les urnes au second tour face à IBK et reconnaît rapidement sa défaite. En 2018 en revanche, alors que les résultats officiels le donnent une nouvelle fois perdant face à IBK, il les conteste et dénonce des fraudes. Tout au long de la présidence d’IBK, il n’aura d’ailleurs de cesse de critiquer la mauvaise gouvernance et l’incapacité de l’État à enrayer la crise sécuritaire.

Réagissant à l’annonce de son décès, Macky Sall a tenu à rendre hommage à « Soumaïla Cissé, ancien président de la commission de l’Uemoa et figure historique de la vie politique malienne ». « Au nom du Sénégal, je présente mes condoléances émues à sa famille, au président Bah N’daw et au peuple malien frère », a-t-il ajouté. « Je viens d’apprendre la disparition de Soumaila Cissé, chef de l’opposition malienne, que j’ai reçu récemment à Niamey, à pour sa part réagi Mahamadou Issoufou. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille, aux militants de son parti et à l’ensemble du peuple. Que son âme repose en paix. »

Source : Jeune Afrique

Centrafrique: le gouvernement dénonce une tentative de coup d'État de François Bozizé

Malgré la situation sécuritaire tendue, la nouvelle alliance de l’opposition entre Anicet-Georges Dologuélé et le parti de François Bozize a fait campagne dans les rues de Bangui vendredi 18 décembre.Le ministre de la Communication centrafricain et porte-parole du gouvernement s’est exprimé, ce samedi 19 décembre, dans un communiqué officiel alors qu'une offensive des groupes armés dans l'Ouest vendredi a contraint l'ONU à déployer ces casques bleus. Il y dénonce une tentative de coup d’État de la part de l'ancien président François Bozizé, exclu de la présidentielle du 27 décembre prochain.

Dans ce communiqué officiel, les autorités dénoncent « les intentions manifestes de marcher sur Bangui » des groupes armés et évoquent des velléités de coup d’État. Si jusqu’à présent son nom n’était que cité à demi-mot derrière l’organisation des derniers événements, le porte-parole du gouvernement Ange-Maxime Kazagui affirme ce samedi matin que François Bozizé est à l'origine encore de « cette tentative de déstabilisation ». Il assure que l'ancien chef d'État s’est attaché les services de mercenaires étrangers en échange de la possibilité pour ceux-ci de piller Bangui pendant 72 heures.

A l’heure où je vous parle, monsieur François Bozizé Yangouvounda a quitté la ville de Bossangoa où il s’était retranché et se trouve actuellement aux abords de la ville de Bossembélé avec l’intention manifeste de marcher avec ses hommes sur Bangui. Il s’agit manifestement d’une tentative de coup d’Etat que le gouvernement tient à dénoncer en cette période électorale où le gouvernement cherche à consolider les acquis démocratiques à travers les prochaines consultations.

Ange-Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication

Ce communiqué intervient alors que depuis vendredi des mouvements d’hommes armés sont signalés dans le nord-ouest du pays. Une avancée notamment sur les villes de Bozoum, Bossemptélé, Yaloke ou encore Bossembélé.

Le tenue du scrutin menacée ?

La Minusca et les forces de l’ordre centrafricaines sont intervenues vendredi pour dissuader ces éléments armés identifiés par la force onusienne comme appartenant aux groupes 3R, MPC et anti-Balaka. Le gouvernement déplore la mort de trois gendarmes durant ces opérations. Dans un communiqué conjoint, ces groupes armés menaçaient il y a quelques jours d’user de « tous les moyens » contre le pouvoir s’il poursuivait l'organisation d'un scrutin qu'ils considèrent manipulé.

Certains candidats continuent à battre campagne malgré le contexte sécuritaire compliqué. Pour la première fois la nouvelle alliance de l’opposition entre Anicet-Georges Dologuélé et le parti de François Bozizé (dont la candidature a été invalidée) a battu campagne main dans la main à Bangui vendredi après-midi.

On a fait le tour de certains quartiers de Bangui pour que les populations se rendent bien compte qu’on est ensemble, qu’on fait campagne ensemble.

Le parti d'Anicet-Georges Dologuélé et celui de François Bozizé main dans la main à Bangui

Mais la question de la possibilité de la tenue des élections dimanche prochain 27 décembre commence à se poser.

À noter que le président sortant Faustin-Archange Touadéra poursuit lui aussi sa campagne. Il a fait plusieurs déplacements en région et un grand meeting est prévu ce samedi au stade des 20 000 places.

Source : RFI

Mauritanie : Le Maroc s’exprime sur un média proche du Polisario

Mauritanie : Le Maroc s’exprime sur un média proche du PolisarioYabiladi - L’agence d’information Alakhbar, réputée pour sa proximité avec le Polisario, a ouvert son espace à l’ambassadeur du royaume à Nouakchott, Hamid Chabar.

Ce jeudi 17 décembre, le diplomate a accordé une interview, pour démentir les communiqués récurrents du Polisario faisant état de «tirs sur les positions des FAR tout le long du mur de sécurité de victoires».

«S'il y a une guerre, comme prétend le Polisario, les médias internationaux l'auraient traitée longuement, accompagnée de photos et de reportages. Le monde est un petit village, et le développement des médias et de la communication ne laisse aucune place au mensonge et à la dissimulation des faits», a expliqué Chabar.

Il a également précisé que c’est le mouvement séparatiste «qui a violé l'accord de cessez-le-feu» en procédant au blocage du passage d’El Guerguerate pendant trois semaines. «La présence de milices armées dans la zone tampon est en soi une violation du cessez-le-feu, conformément au contenu des accords militaires signés séparément par les parties avec les Nations unies en 1991».

L’ambassadeur a rappelé que le dernier rapport du secrétaire général des Nations Unies, publié en octobre, a «relevé 53 violations du cessez-le-feu par le Polisario» et seulement 8 pour les Forces armées royales.

Hamid Chabar s’est félicité de l’excellence des relations avec la Mauritanie. En témoigne les «42 visites officielles» effectuées par les représentants des deux pays durant les deux dernières années. Pour mémoire, c'est en juin 2018 que l'ambassadeur a présenté ses lettres de créances à l'ancien président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Au lendemain du lancement du blocage d’El Guerguerate, l’agence Alakhbar avait publié le 22 octobre une interview avec le chef des renseignements du Polisario, Abdellah Lahbib Belal.

La Rédaction

L'ancien président du Burundi Pierre Buyoya est décédé du Covid-19

Pierre Buyoya, ancien président burundais.L'ancien président du Burundi et ex-haut représentant de l'Union africaine pour le Mali et le Sahel est décédé à 71 ans. Il est mort cette nuit alors qu'il était en train de rejoindre un hôpital parisien.

Pierre Buyoya, 71 ans, avait contracté le coronavirus alors qu'il se trouvait à Bamako au Mali. Il était hospitalisé depuis une semaine dans la capitale malienne, placé sous respirateur artificiel. Son état de santé s'est brusquement dégradé et il a été transféré par avion médicalisé à Paris dans la nuit, mais il s'est éteint lors de son arrivée en France avant d’arriver à l’hôpital où il devait être conduit.

Il y a trois semaines, Pierre Buyoya avait démissionné de son poste de haut représentant de l'Union africaine pour le Mali et le Sahel. Une fonction qu'il occupait depuis 2012. Il avait remis sa démission après avoir été condamné à la prison à perpétuité dans un procès qui s'est tenu en son absence au Burundi, condamné pour avoir fomenté en 1993.  y a 27 ans, l'assassinat de Melchior Ndadaye qui était alors président du Burundi.

Pierre Buyoya avait qualifié ce procès de parodie de justice, de mascarade politique. Il expliquait fin novembre démissionner de son poste de haut représentant de l'UA afin de pouvoir « se défendre et laver son honneur ».

Source : RFI

Tunisie : le rappeur K2 Rhym, ancien gendre de Ben Ali et futur homme politique ?

K2 Rhym avec Naoufel Ouertani sur la chaîne Attessia© DOC TV ATESSIALe rappeur K2 Rhym, ex-époux de Nesrine Ben Ali, prépare-t-il sa reconversion dans la politique ? Ses interventions médiatiques et ses actions caritatives rappellent le précédent Nabil Karoui…

C’est sapé comme jamais que K2 Rhym se soumet à la déferlante de questions de Naoufel Ouertani sur la chaîne Attessia à une heure de grande écoute, le 12 décembre. À 40 ans, avec son costume sombre de belle facture et sa cravate grise assortie, le rappeur n’a jamais été aussi élégant. Pas même lors de son mariage en 2019 avec Nesrine, la troisième des filles de l’ex-président Ben Ali, dont il s’est séparé depuis. Sur le plateau, tout se passe comme si Karim Gharbi – son vrai nom –, en délaissant ses fourrures et ses tenues extravagantes pour une sobriété de bon ton, tentait de gommer sa réputation de bad boy.

Des moutons et des masques

Le rappeur, qui a notamment côtoyé Snoop Dogg, s’affiche désormais en bon samaritain qui compte restaurer les écoles et les lycées laissés à l’abandon en Tunisie. Un objectif louable, d’autant que les infrastructures d’éducation et de santé du pays sont particulièrement délabrées, faute de budget et d’entretien.

Si, K2 Rhym, natif de Ksar Saïd, quartier périphérique de Tunis, aime l’ostentatoire, exhibe volontiers ses tatouages et sa musculature et est plus familier du monde de la nuit que de celui de la bienfaisance, il semble pourtant y avoir pris goût et rappelle qu’il a été désigné ambassadeur de bonne volonté par l’ONU en 2017.

C’est à ce genre de personnes que s’identifient les jeunes Tunisiens »

Une nomination qui n’a pas été suivie d’actions référencées ou rendues publiques par l’organisme mais le rappeur n’en est pas à sa première action en Tunisie. En moins d’un an, il a abondamment médiatisé sa prise en charge de 14 enfants de l’association La Voix de l’enfant de Nabeul, son don de moutons aux plus démunis pour l’Aïd, sans compter la fourniture d’équipements sanitaires et de masques destinés aux hôpitaux, dont celui de Kasserine, un gouvernorat dans lequel il lance des chantiers de restauration d’écoles.

« Je vais reconstruire cette patrie », assène tout de go Karim Gharbi. Une volonté de pallier à lui seul les défaillances de l’État qui interpelle à plus d’un titre. « Mais attention, c’est à ce genre de personnes que s’identifient les jeunes Tunisiens », assure le spécialiste en communication politique Kerim Bouzouita.

Certains voient dans le parcours du rappeur une leçon de vie. Parti de rien, il s’est fait tout seul, jusqu’à s’imposer comme un véritable businessman dans le monde de la musique au Moyen-Orient, à la fois musicien et producteur. Après avoir débarqué à Paris à l’âge de 15 ans, il a signé avec EMI France puis Virgin Middle East. Reconnu comme une bête de scène, il a été nominé dans la catégorie meilleur artiste du Moyen-Orient au MTV Awards en 2012 et a reçu le prix du meilleur rappeur du Moyen-Orient en 2015. L’émission « Urban fen », qu’il a animée sur Hannibal TV, lui a donné une importante visibilité dans le monde arabe. Mais s’il a essentiellement évolué artistiquement dans les pays du Golfe et la péninsule arabique, il n’a jamais perdu de vue la Tunisie.

Dans la famille Ben Ali… et Escobar

Bourreau des cœurs ou homme à femmes, K2 Rhym assume ses conquêtes, surtout quand elles contribuent à sa réputation sulfureuse. Après s’être marié avec Nesrine Ben Ali – dont il a fait tatouer le prénom sur sa main – et avoir assuré être en relation avec la fille de Pablo Escobar, il s’affiche sur Instagram avec Manuelle Découper, fille d’un autre baron de la drogue.

Mais l’homme n’a que faire des ragots qui lui prêtent des relations dans le milieu et ne daigne pas répondre sur l’origine de sa fortune. Les médias devront se contenter d’un laconique : « J’ai réussi ma vie, je me suis fait beaucoup d’argent ».

Pour certains, l’action de K2 Rhym est téléguidée par son ex belle-mère, Leïla Ben Ali

Il n’empêche : la question de sa fortune est une faille exploitée par ses détracteurs, essentiellement des sympathisants du président Kaïs Saïed. C’est que K2 Rhym n’échappe pas à la comparaison avec l’homme d’affaires Nabil Karoui – fondateur de Qalb Tounes et candidat malheureux à la présidentielle de 2019 – qui avait fait de la bienfaisance un tremplin vers la politique. De quoi lui prêter des ambitions politiques… et imaginer les scénarios les plus délirants.

Certains assurent ainsi que l’action menée par K2 Rhym est téléguidée par son ex belle-mère, Leïla Ben Ali, qui « prépare le retour du clan Trabelsi en Tunisie ».  Son union avec Nesrine Ben Ali et leurs photos divulguées sur les réseaux sociaux avaient d’ailleurs levé le voile sur le devenir de la famille du président en exil en Arabie saoudite.

Mais le rappeur ne se perd pas en vains discours et assure vouloir tout simplement aider le pays. Alors qu’il s’est récemment affiché à Kasserine aux côtés de Rim Abdennadher et de Hajer Driss, toutes deux représentantes de la société civile, il affirme n’avoir aucun objectif politique. Seul l’avenir le dira.

Source : Jeune Afrique

Me Aissata Tall Sall revient sur les avantages du pont de Rosso

Me Aissata Tall Sall revient sur les avantages du pont de Rosso APS - La ministre des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur est revenu longuement, mercredi, devant les députés, sur les avantages et les objectifs du pont de Rosso sur le fleuve Sénégal.

Me Aissata Tall Sall s’exprimait lors de l’adoption par les députés du projet de loi autorisant le président de la République à ratifier la convention régissant le régime fiscal et douanier applicable au projet de construction du pont de Rosso entre le Sénégal et la Mauritanie. Ce projet a été adopté à l’unanimité par les élus.

’’L’objectif du pont est l’amélioration du niveau de service sur l’axe Nouakchott-Dakar, en vue d’accroître les échanges commerciaux sur les axes routiers transfrontaliers’’, a déclaré la ministre, ajoutant que l’infrastructure vise aussi à améliorer les conditions de passage et de traversée entre les deux pays.

Cette infrastructure permet aussi d’améliorer l’accessibilité aux services de base et les conditions de vie des populations de la zone d’influence directe du projet.

Dans le rapport de la commission des Lois, la ministre des Affaires étrangères a indiqué que les deux gouvernements ont décidé de construire le pont "pour assurer le franchissement permanent du fleuve Sénégal entre les rives de Rosso Mauritanie et de Rosso Sénégal".

La convention régit aussi le régime fiscal et douanier applicable au projet de construction du pont de Rosso entre le gouvernement du Sénégal et de celui de la République islamique de Mauritanie.

Cette convention signée au mois de février dernier à Nouakchott prévoit des dispositions fiscales et douanières.

Il s’agit de l’institution d’un impôt sur les sociétés de 3,5% sur le chiffre d’affaires réalisé par les entreprises titulaires des marchés, au profit des deux Etats et l’institution d’une taxe de 1% répartie équitablement entre les deux Etats sur le montant des marchés communs pour leur enregistrement, excepté les parts de dons.

L’exonération des taxes sur la valeur ajoutée et de toutes autres taxes indirectes perçues par les deux Etats pour les livraisons de biens et les prestations de services réalisées au profit des entreprises intervenant dans a réalisation du projet fait également partie des dispositions du texte.

AT/OID

Libye : les parlementaires des gouvernements d’est et d’ouest s'entendent pour « mettre fin aux divisions »

 Libye : les parlementaires des gouvernements d’est et d’ouest s'entendent pour « mettre fin aux divisions » Agence Ecofin - Après cinq jours de négociations pilotées par le Maroc, 123 députés libyens, ayant pris parti pour l’un ou l’autre des gouvernements revendiquant le pouvoir dans le pays, ont convenu, le 28 novembre, de « mettre fin aux divisions » et d’organiser des élections législatives « le plus tôt possible ».

Le samedi 28 novembre 2020, les parlementaires libyens issus des deux factions se disputant le pouvoir dans le pays ont fait un pas de plus vers la paix.

Réunis à Tanger, au Maroc, les députés de la Chambre des représentants (Chambre basse du Parlement libyen), soutenant les parties en conflit ont convenu de « mettre fin aux divisions » qui minent le pays et ses institutions et de cesser les « discours de haine ».

A l’issue des cinq jours de discussions menées dans le royaume chérifien, les députés libyens ont annoncé qu’ils réuniraient l’organe législatif du pays pour la première fois depuis plusieurs années.

En effet, après la chute du guide libyen, Mouammar Kadhafi, en 2011, l’institution mise en place pour conserver les « acquis de la révolution » a très tôt été divisée entre les forces du maréchal Khalifa Haftar, dont le pouvoir est basé à Tobrouk dans l’est du pays, et le Gouvernement d’union nationale reconnu par la communauté internationale et siégeant à Tripoli, la capitale.

La nouvelle annonce est un signe du dégel des tensions entre les deux parties qui a commencé depuis plusieurs mois.

En octobre, un accord de cessez-le-feu permanent a ainsi été signé et accueilli avec ferveur par les principaux protagonistes du conflit libyen, alors que des négociations se tiennent toujours pour organiser la transition devant mener le pays vers les élections nationales prévues le 24 décembre 2021.

De nouvelles discussions pilotées par le Maroc ont commencé le 30 novembre à Tanger, entre les responsables du Haut Conseil d’Etat (Chambre haute du Parlement) et de la Chambre des représentants. Désormais, il est question d’organiser des « élections législatives et de terminer la phase de transition le plus rapidement possible».

Moutiou Adjibi Nourou

Mali: nomination massive de militaires à la tête des régions

Mali: nomination massive de militaires à la tête des régionsRFI Afrique - Suite au nouveau découpage régional, le nombre de régions maliennes passe de 15 à 20. À cette occasion, 13 militaires proches d’Assimi Goïta, le vice-président chargé des questions de défense et de sécurité et homme fort de la junte, ont été nommés à la place de civils pour diriger la plupart des régions.

Ils n’étaient jusque-là que cinq militaires sur les quinze gouverneurs de régions au Mali. Mais avec le nouveau découpage régional, ils sont désormais treize militaires et sept civils pour les vingt régions.

Le vice-président de la transition, le colonel Assimi Goïta, chargé des questions de sécurité et de défense, et le ministre malien de l’Administration territoriale - son camarade de promotion - ont eu la haute main sur ces nominations.

Appliquer la nouvelle politique de défense

Au Mali, le gouverneur de région est le représentant du pouvoir central. C’est un homme clé à l’intérieur du pays. À Gao et Taoudeni, deux régions du nord du pays, ou encore à Mopti, au centre, des militaires sont à la tête des régions.

Selon un proche du vice-président, ces nominations ont pour but d’appliquer la nouvelle stratégie de défense et de sécurisation des populations maliennes.

Dans les rangs de la classe politique locale, ces nominations provoquent déjà des grincements de dents. Même réaction du côté des défenseurs des droits humains, qui rappellent que le nom d’un nouveau gouverneur nommé figure dans un récent rapport de l’ONU, pour « prise de décisions douteuses », lors d’un redéploiement programmé d’éléments de l’armée malienne dans le Nord, fin 2019.

Avec notre correspondant à Bamako,
Serge Daniel