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Politique en Afrique

Union africaine. Sommet des chefs d'Etat: une trentaine de dirigeants attendus à Nouakchott

Union africaine. Sommet des chefs d'Etat: une trentaine de dirigeants attendus à NouakchottNouakchott se prépare activement à accueillir le 31e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union africaine (UA). A Nouakchott, on table sur la présence au plus haut niveau de la majorité des dirigeants africains.

Après avoir accueilli le 27e sommet de la Ligue Arabe en juillet 2016, une première dans l’histoire diplomatique de la Mauritanie, Nouakchott se prépare à abriter le 31e sommet des dirigeants de l’Union africaine (UA), prévu du 25 juin au 02 juillet 2018.

Dans cette perspective, les préparatifs vont bon train. S’exprimant jeudi après-midi, à l’occasion du point de presse hebdomadaire consacré aux commentaires des travaux des résultats de la réunion du gouvernement, le ministre de la Culture, de l’artisanat et des relations avec le parlement, porte-parole du gouvernement, Mohamed Lemine ould Cheikh, a donné des assurances quant à la réussite de la grand-messe panafricaine.

Le responsable gouvernemental mauritanien a notamment affirmé que «30 dirigeants africains ont déjà confirmé leur présence au prochain sommet de l’Union africaine (UA) prévue à Nouakchott. Les préparatifs se poursuivent dans de bonnes conditions et les travaux se termineront conformément aux délais initialement fixés. Il s’agit d’une rencontre qui aura un important impact dans la marche du continent et au niveau international».
Un petit coup de rétroviseur sur le déroulement matériel et logistique du sommet arabe de 2016, permet de comprendre le discours du porte-parole du gouvernement, quand il évoque les préparatifs.

En effet, organisée en partie sous une immense tente importée de Russie et implantée au Centre international des conférences de Nouakchott (CICN, Palais des Congrès), la rencontre arabe avait étalé au grand jour le manque criant d’infrastructures hôtelières de la capitale mauritanienne.

Alors, pour accueillir le sommet panafricain et ses 54 délégations, le challenge devient encore plus immense. Raison pour laquelle les autorités mauritaniennes ont décidé de réaliser un énorme complexe à proximité de l’aéroport international «Oum Tounsy». Le président Mohamed ould Abdel Aziz a visité les lieux ces derniers jours et constaté que les travaux avancent conformément au timing voulu par les autorités.

Interrogé sur l’identité des personnalités au plus haut niveau attendues à Nouakchott à l’occasion du sommet de l’UA, Moussa ould Mohamed Amar, analyste, ancien DG de l’agence gouvernementale de presse, livre ses prévisions: «On a à peu près la certitude de compter parmi nos hôtes le président du Sénégal, et les 4 autres partenaires du G5 Sahel, solidarité de proximité et communauté de destin obligent. Mais aussi le président Paul Kagamé, président en exercice de l’UA. Pour le reste, j’attends de voir».

Par ailleurs, l’hebdomadaire panafricain «Jeune Afrique» a révélé ce week-end, l’hypothèse probable de la participation du roi Mohammed VI du Maroc au sommet de Nouakchott, annonçant que «Rabat a transmis aux autorités mauritaniennes l’accord de principe quant à la présence du souverain marocain» aux assises de l’UA dans un contexte «de réchauffement des relations bilatérales depuis plusieurs mois». Pour nombre de Mauritaniens, la présence du roi du Maroc à cette manifestation rendrait un cachet particulier à ce sommet pour Nouakchott et permettrait surtout de renforcer le réchauffement des relations diplomatiques entre les deux voisins.

A ce titre, la nomination d’Ismaël ould Cheikh Ahmed, ancien Envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU au Yémen, est interprétée comme un signe supplémentaire de la volonté de rapprochement entre Nouakchott et Rabat, estime une source bien introduite.

Enfin, il faut aussi rappeler la présence confirmée du président français, Emmanuel Macron.

Par notre correspondant à Nouakchott
Cheikh Sidya

Source : Le360 (Maroc)

 

Tunisie : héritage, droits des femmes, liberté de culte… Le rapport réformateur de la présidence

Après la Constitution de 2014, les recommandations du rapport de la Commission des libertés individuelles et de l'égalité (Colibe), dévoilées le 12 juin, constituent un tournant de la révolution tunisienne.

Publié le 12 juin, le document final des travaux de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe) met en conformité le corpus juridique tunisien avec les principes d’égalité et de liberté inscrits dans la Constitution et les conventions internationales signées par la Tunisie. Un travail de fond conduit depuis août 2017 par des juristes à l’initiative du président de la République, Béji Caïd Essebsi.

Un document majeur

La mise en perspective des lois actuellement en vigueur avec les principes de la loi fondamentale met en exergue les textes obsolètes, notamment ceux hérités de la période coloniale qui distinguent les musulmans des non-musulmans en matière de droits. La présentation du rapport assorti cet état des lieux à des suggestions d’abrogations, d’amendements et de nouveaux textes de loi avec différentes options.

Il reviendra à la présidence de la République de soumettre les propositions à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour adoption. Cela ne se fera pas sans débats. Le rapport de la Colibe est un document majeur, le plus progressiste produit par la Tunisie après le Code du statut personnel (CSP) de 1957 qui octroie de larges droits aux Tunisiennes. Il n’en est pas moins respectueux de toutes les sensibilités et à même de réunir les plus larges suffrages.

Un contenu réformateur

Pas de démocratie sans prise en compte des droits humains, tel est le principe qui sous-tend l’esprit du rapport. Dans un contexte social conservateur, le projet de la Colibe fait tomber les tabous en puisant également dans les références religieuses et en rendant compatibles les réformes recommandées avec une lecture éclairée du Coran.

« Les dispositions mettent l’humain et ses droits au cœur du processus social alors que, jusqu’à présent, la communauté prenait le pas sur l’individu »

Abolition de la peine de mort, pénalisation des incitations au suicide, décriminalisation de l’homosexualité, non-interférence de la protection du sacré et de la religion dominante quant au respect de la liberté de conscience, de culte et des minorités, interdiction du prosélytisme, abrogation du crime de blasphème, redéfinition de l’ordre public et moral, droit de disposer de son corps.

Des dispositions qui mettent l’humain et ses droits au cœur du processus social alors que, jusqu’à présent, la communauté prenait le pas sur l’individu. Du jamais vu dans la sphère arabo-musulmane, qui privilégie l’Oumma.

« L’homme n’est plus l’unique chef de famille »

Les droits des femmes et les fondements de la famille

Très attendu sur la question de la succession, qu’il aborde en proposant des options quant aux legs entre ascendants et descendants au premier degré, le rapport positionne la femme comme citoyenne à part entière. À ce titre, l’homme n’est plus l’unique chef de famille, les enfants peuvent porter le nom des deux parents et être Tunisiens par la mère, le père ou la mère peuvent avoir la tutelle et la garde des enfants.

L’institution du mariage est également revue avec l’annulation de la dot, tandis que la pension alimentaire ne sera servie à la femme que si elle manque de ressources financières.

Un choc civilisationnel

Audacieuses, les suggestions de la Colibe vont alimenter un débat public et provoquer la levée de boucliers des fondamentalistes, notamment sur la peine de mort et l’égalité dans l’héritage, mais elles donnent tout leur sens aux revendications de liberté et d’égalité de la révolution. Le rapport illustre et met en pratique également l’article 2 de la Constitution qui proclame la Tunisie comme État civil, fondé par conséquent sur des valeurs d’égalité, détachées du religieux.

« Ce rapport est un acte de civilisation, une révolution », affirme Monia Ben Jemia

Au-delà des réactions immédiates, l’esprit de ce texte contribuera à apaiser une société prise en porte-à-faux entre les principes religieux et un désir de liberté, de cohérence et de bien-être. « Ce pays est étonnant, il peut aller très mal et tout à coup surprendre parce qu’il peut produire de novateur. Ce rapport est un acte de civilisation, une révolution », affirme émue Monia Ben Jemia, ancienne présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : un mort, des blessés et des milliers de cartes d’électeurs brûlées après des heurts à Kéniéba

Un jeune homme a été tué et des dizaines de milliers de cartes d'électeurs ont été brûlées lundi 11 juin lors d'affrontements dans une région aurifère du Mali, à moins de sept semaines de l'élection présidentielle, a appris l'AFP de sources concordantes.

Les événements se sont produits lundi 11 juin à Kéniéba (ouest), chef-lieu du cercle du même nom, une région aurifère frontalière du Sénégal. « Mardi [12 juin], les marchés et écoles sont restés fermés et les forces de l’ordre sont partout », a indiqué à l’AFP un responsable de la préfecture. Selon lui, la tension restait vive dans la ville, survolée par un hélicoptère de l’armée, d’après des témoins.

Les heurts ont éclaté à la suite d’un différend entre travailleurs et responsables de la mine d’or de Gounkoto, exploitée par la compagnie sud-africaine Randgold Resources, selon les autorités et un communiqué de l’entreprise, qui dit employer « plus de 300 personnes de la localité ».

Des cartes biométriques brûlées

« Des manifestants se sont attaqués aux édifices publics en saccageant les bureaux de la préfecture [et] les résidences du premier adjoint et du deuxième adjoint au préfet », a affirmé dans un communiqué le ministère de l’Administration territoriale. « Lors de ces attaques, les cartes d’électeurs biométriques récemment reçues ont été également brûlées », a précisé le ministère.

Selon un communiqué du parti au pouvoir lu à la télévision publique, c’est l’ensemble des cartes d’électeurs du cercle de Kéniéba, comptant quelque 200 000 habitants, qui ont été détruites.

« Les manifestants ont marché vers la préfecture avec des armes blanches, avec le soutien des chasseurs traditionnels dozo, qui avaient des armes », a précisé un employé de la préfecture. « Ils ont brûlé tous les bureaux de la préfecture, brûlé les cartes d’électeurs », a également déclaré le député local Boubacar Sissoko.

« Les mines sont dans notre village et le village est pauvre »

« Les forces de l’ordre sont intervenues et c’est à ce moment qu’il y a eu un mort et sept blessés », a-t-il précisé. Ce bilan a été confirmé à l’AFP de source hospitalière locale.

Plusieurs manifestants réclament une meilleure répartition des richesses. « Les mines sont dans notre village et le village est pauvre. Ce n’est pas normal ! Et quand nous voulons réclamer des droits, nos élus ou autorité soutiennent les employeurs miniers, qui font pourtant beaucoup de bénéfices », a déploré Yessouf Diarra, un habitant âgé de 30 ans, sans emploi.

Un premier lot de près de quatre millions de cartes d’électeurs biométriques sont arrivées la semaine dernière à Bamako et ont commencé à être acheminées vers les centres régionaux en prévision de l’élection présidentielle du 29 juillet.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Nigeria : réhabilitation tardive du vainqueur présumé des élections de 1993

Depuis 1993, la date du 12 juin symbolise au Nigeria la brutalité avec laquelle une dictature militaire a écrasé les espoirs de retour à la démocratie. Vingt-cinq ans plus tard, elle a été déclarée « jour de la démocratie » par le président Muhammadu Buhari. Certains le soupçonnent d'une manœuvre politique en vue des prochaines élections.

La semaine dernière, le président Muhammadu Buhari, ex-général qui fut au pouvoir dans les années 1980, a créé la stupeur en annonçant que le 12 juin serait désormais férié, « jour de la démocratie ». Il a en outre décerné à titre posthume la plus haute distinction honorifique à Moshood Abiola, l’homme d’affaires en passe de remporter la présidentielle face au candidat de la junte militaire ce fameux jour de 1993, lorsque le vote fut annulé.

L’annonce a fait couler beaucoup d’encre dans les médias, soulignant l’importance que revêt aux yeux des Nigérians cet événement, même 25 ans plus tard. Buhari a affirmé que le 12 juin était « bien plus symbolique » que le 29 mai, qui est officiellement célébré comme le « jour de la démocratie » depuis 1999, lorsque les généraux ont finalement rendu le pouvoir aux civils.

« Une reconnaissance formelle de sa victoire en 1993 »

Pour l’entourage de Moshood Abiola, la distinction à titre posthume de grand commandeur de la République fédérale, habituellement réservé aux anciens chefs d’État, est une reconnaissance formelle de sa victoire en 1993. « Le gouvernement a officiellement validé l’intégrité des élections justes et libres qui ont été annulées de manière criminelle par la junte d’Ibrahim Babangida », a affirmé l’avocat Femi Falana, une figure de la défense des droits de l’Homme au Nigeria.

« Bien que cela vienne tardivement, 25 ans après, nous sommes heureux que la victoire d’Abiola soit enfin reconnue », a déclaré Yinka Oduamkin, du mouvement Afenifere, qui représente les intérêts du groupe ethnique yorouba. Selon Dapo Thomas, politologue à l’université de Lagos, « le président n’a fait que corriger les erreurs du passé », et « devrait être félicité pour avoir fait ce que les autres dirigeants ont été incapables de faire. »

« Un génie du mal »

Ibrahim Babangida, qui se décrivait lui-même comme un « génie du mal » et avait pris le pouvoir par un coup d’État en 1985, organisa des élections huit ans plus tard, après des reports répétés. Les observateurs locaux et internationaux saluèrent alors le scrutin le plus juste, libre et pacifique qu’ait connu le Nigeria dans sa courte mais turbulente histoire post-coloniale.

Son annulation déclencha une crise politique et une telle protestation populaire que Babangida fut obligé de démissionner en août de la même année. Avant de se retirer, Babangida nomma un gouvernement civil intérimaire, mais celui-ci fut renversé trois mois plus tard par le général Sani Abacha, qui interdit aussitôt les partis politiques et fit arrêter Abiola.

Condamné pour trahison, pour s’être autoproclamé vainqueur de l’élection, Abiola tomba malade et mourut en prison en 1998, à peine un mois après la disparition dans des circonstances inexpliquées du général Abacha. Les civils revinrent au pouvoir l’année suivante, avec l’élection d’un autre ex-militaire, Olusegun Obasanjo, comme président de la quatrième république.

Une manœuvre politique de Buhari ?

Pour certains, l’acte posé par Buhari est davantage une manœuvre politique à l’approche de la présidentielle prévue en février prochain qu’une volonté de corriger les erreurs du passé. Le dirigeant de 75 ans espère briguer un second mandat de quatre ans, malgré les doutes sur son état de santé fragile, après avoir passé de longs mois à Londres pour se faire soigner d’une maladie non révélée.

Les généraux Obasanjo et Babangida, qui conservent une grande influence politique, ont tous deux critiqué vertement Buhari ces derniers mois, l’appelant à se retirer. La décoration posthume d’Abiola a dès lors été interprétée comme une tentative de les faire taire : Obasanjo, pourtant de la même ethnie yorouba, n’a pas été capable d’en faire autant durant les huit années passées au pouvoir de 1999 à 2007.

Babangida pourrait quant à lui devoir s’expliquer sur les raisons qui l’ont poussé à annuler l’élection de 1993, permettant ainsi à l’armée de conserver le pouvoir. Mais en réhabilitant Abiola, perçu comme un héros par de nombreux Yorouba, le président Buhari – Peul musulman issu du nord – espère sans doute aussi gagner en popularité dans leurs fiefs du sud-ouest, où leurs voix ne lui sont pas acquises.

Pour Yinka Oduamkin, le nom d’Abiola ne devrait pas être instrumentalisé pour « des gains politiques faciles », tandis que le principal parti d’opposition (Peoples Democratic Party, PDP), y voit « l’expression du désespoir ».

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc – Nigeria : le programme de la visite d’État de Muhammadu Buhari

Gazoduc, phosphate, agriculture et lutte contre le terrorisme. Autant de thèmes qui seront au programme de cette visite d'État. La première d'un président nigérian au Maroc.

Ce n’est pas la première fois que Muhammadu Buhari vient au Maroc. En novembre 2016, il avait en effet participé aux travaux de la Conférence sur le Climat (Cop 22) à Marrakech. Mais ce dimanche 10 juin, il vient en visite d’État pour appuyer le nouveau type de relations « économiques et pragmatiques » que son pays a décidé d’édifier avec Rabat, loin des chamailleries politiciennes sur la question du Sahara occidental. Sa visite, qui durera quelques jours, intervient suite à l’invitation de Mohammed VI qui s’était déjà rendu à Abuja en décembre 2016. Gazoduc ouest-africain, phosphate et agriculture seront les thèmes abordés par l’importante délégation de ministres et d’hommes d’affaires qui l’accompagne.

Des poids lourds de l’establishment nigérian

Selon nos sources, Buhari sera accompagné du ministre des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, du ministre de l’Agriculture, Audu Ogbeh, du patron du Nigeria Sovereign Investment Authority (NSIA, fonds souverain), Uche Orji, du directeur général de la National Nigeria petroleum corporation (NNPC), Maikanti Baru, du secrétaire général de l’Organisme des producteurs et utilisateurs des fertilisants (FEPSAN), Alhaji Ahmed Rabiu Kwa, du directeur du Nigerian intelligence agency, Ahmed Abubakar, de ses conseillers spéciaux, ainsi que des gouverneurs d’États fédérés et plusieurs personnalités.

« Le Maroc veut accompagner le Nigeria dans la diversification de son économie et la lutte contre le terrorisme », explique un officiel marocain.

En décembre 2016, à Abuja, Mohammed VI et Muhammadu Buhari annonçaient la signature d’un projet gazoduc ouest-africain – actuellement au stade d’étude- ainsi qu’un accord dans les phosphates. Le groupe marocain OCP et le milliardaire nigérian Aliko Dangote – qui ne fera pas partie de ce voyage car il est en pèlerinage à la Mecque – annonçaient un investissement croisé dans le secteur des engrais : une importante plateforme de production de fertilisants, alimentée par le phosphate marocain et le gaz nigérian, ainsi qu’une unité de fabrication d’acide phosphorique à Jorf Lasfar, au Maroc. Les deux unités nécessiteront un investissement de 2,5 milliards de dollars.

L’adhésion à la Cedeao en coulisses

Le dossier d’adhésion du Maroc à la Communauté des États d’Afrique de l’ouest (Cedeao) n’est pas inscrit à l’ordre du jour, nous précise-t-on, mais rien n’empêche qu’il soit abordé par les deux chefs d’États dans leurs discussions à huis clos. Le 16 décembre 2017, les États membres, réunis à Abuja, avaient décidé de mettre en place un comité composé des présidents togolais, ivoirien, ghanéen, guinéen et nigérien pour superviser une étude sur les retombées d’une adhésion marocaine qui suscite des réticences dans les milieux d’affaires ouest-africains, particulièrement au sein du patronat nigérian.

Cette étude est en cours de finalisation. Le Maroc espère convaincre le président Muhammadu Buhari qu’il n’est pas dans une démarche prédatrice mais que son objectif est de créer un marché commun avec un démantèlement progressif des droits de douane. Parallèlement, depuis quelques mois, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) et le think-thank Amadeus, un des canaux de la diplomatie chérifienne, multiplient les rencontres avec les hommes d’affaires de la zone pour rassurer quant à la démarche marocaine.

Source : jeuneafrique.com

 

Lotfi Brahem limogé : la stratégie de Youssef Chahed interroge les Tunisiens

48 heures après que Lotfi Brahem, le ministre de l’Intérieur, a été démis de ses fonctions par Youssef Chahed (Photo), la Tunisie spécule sur la stratégie du chef du gouvernement.

Une chose est certaine, Youssef Chahed est à l’heure des choix mais il semble surtout vouloir se mettre dans les starting-blocks de la présidentielle de 2019. Il n’a, certes, pas annoncé ses intentions, mais n’a jamais infirmé cette ambition. Dans cet objectif, il doit d’abord sortir son exécutif de la mauvaise passe dans laquelle il est englué. Avec une inflation qui se maintient à 7,7 % et un important déficit des caisses sociales, le locataire de la Kasbah peine à convaincre d’un bilan positif.

« Il a été sauvé par la pluie et le soleil », lance un cafetier de Tunis, puisque la pluie a permis une année oléicole remarquable et le soleil a ramené davantage de touristes. Outre son ton badin, l’homme semble avoir raison et cette conjoncture sera difficile à rééditer dans l’immédiat. Les Tunisiens, y compris les nantis, éprouvent néanmoins d’importantes difficultés au quotidien : certains traitements médicaux pour le cancer ou le diabète sont introuvables, les prix des produits de première nécessité sont prohibitifs et la grogne sociale se fait entendre, même pendant ramadan.

Les dessous d’une décision brutale

Dans ce contexte, le naufrage d’une embarcation de clandestins qui a fait au moins 66 morts, le 2 juin, au large de Kerkennah, ne suffit pas à justifier l’immédiate mise à l’écart de Lotfi Brahem, ministre de l’Intérieur. Elle apparaît plutôt comme une solution prétexte, dans la mesure où l’homme, qui a des liens avec l’Arabie saoudite, dérangeait la mise sous contrôle par l’exécutif de tout l’appareil de l’État. Il fait partie des ministres régaliens, indépendants et avait été désigné par le président de la République, Béji Caïd Essebsi. Dans l’offensive publique que mène Youssef Chahed contre Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif du parti Nidaa Tounes, il s’est toujours gardé de mêler Béji Caïd Essebsi, fondateur du parti et père de Hafedh, aux polémiques. Néanmoins, cette décision brutale dans un moment d’extrême fragilité du pays suscite des questionnements.

Youssef Chahed, mis sur la sellette par les signataires de l’accord de Carthage, doit à la suspension des discussions et au soutien d’Ennahdha d’être encore à son poste. Contre l’avis d’ambassadeurs de certains pays européens et de celui des États-Unis, Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur de France en Tunisie, aurait intercédé auprès de Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, en sa faveur.

Vers une refonte de l’exécutif ?

Une grâce temporaire : les discussions de l’accord de Carthage devraient reprendre le 11 juin, et une feuille de route en 63 points, destinée à être suivie par le gouvernement, a été préparée.

Si la décision de Carthage implique une refonte de l’exécutif, Youssef Chahed réfute que celui-ci lui soit imposé et estime que les directives de la feuille de route contreviennent à son plan de développement économique 2016-2020. Dans un désir d’anticipation, le chef du gouvernement a ainsi soumis au président de la République une ébauche de remaniement partiel, sans obtenir son assentiment. Dans tous les cas, le chef du gouvernement devra demander la confiance de l’Assemblée. Pourtant, après avoir accusé les dirigeants de Nidaa Tounes de la déconfiture du parti depuis plusieurs mois, il n’est pas sûr d’avoir l’appui du groupe parlementaire et celui d’Ennahdha ne lui est pas acquis.

« Le gouvernement va d’échec en échec, et Chahed est en train de compliquer la situation avec sa fuite en avant », estime Mohamed Fadhel Omrane, député de Nidaa Tounes, qui l’enjoint de démissionner ou de se présenter devant l’Assemblée.

Les autres partis observent les joutes et voient venir. Seul Mehdi Jomaa, ancien chef du gouvernement et fondateur d’ « Al Badil Ettounsi » déplore « le limogeage d’un responsable dont le bilan est positif et qu’on cherche des boucs émissaires, en ignorant les vraies solutions aux crises. La stabilité politique passe obligatoirement par le soutien des institutions et de ses cadres, en les éloignant des bas calculs politiciens. »

Un quitte ou double risqué à un moment où les Tunisiens attendent des résultats, s’impatientent et sont exaspérés par des politiques aux antipodes de leurs difficultés.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie : le ministre de l’Intérieur Lotfi Brahem limogé par Youssef Chahed

Le ministre tunisien de l’Intérieur Lotfi Brahem (photo) a été démis de ses fonctions mercredi 6 juin par Youssef Chahed. Le chef du gouvernement entreprend ainsi de faire le ménage au sein de son gouvernement, une manière d’anticiper le remaniement ministériel prévu à la reprise des discussions de l’accord de Carthage, en début de semaine prochaine.

Le premier à passer à la trappe : le ministre de l’Intérieur, Lotfi Brahem. Le chef du gouvernement tunisien Youssef Chahed l’a démis de ses fonctions ce mercredi 6 juin, selon un communiqué du gouvernement, sans en donner les raisons.

Ghazi Jeribi, le ministre de la Justice, assurera l’intérim dans l’attente de la nomination de son successeur. « Premier flic du pays et chef du Parquet en même temps, même pour une courte période, cela n’est-il pas un peu dérangeant dans une démocratie qui se construit ? » s’interroge ainsi à Tunis l’avocat Ghazi Mrabet, suite à la désignation de Jeribi.

Relations tendues avec Youssef Chahed

Ce limogeage surprend mais était inéluctable au vu des relations tendues depuis quelques semaines entre le locataire de la Kasbah et le patron de la sécurité tunisienne qui avait pourtant nié, devant l’Assemblée, tout différend avec le chef de l’exécutif.

Lotfi Brahem, 56 ans, ancien commandant en chef de la garde nationale, est connu pour ses méthodes rigoureuses. À son actif, depuis sa nomination le 6 septembre 2017, il avait rétabli les équilibres au sein de son ministère traversé par différents courants politiques et obtenu des résultats tangibles en matière de lutte contre le terrorisme et la délinquance. Deux points essentiels pour consolider le retour de la sécurité dans le pays.

L’une des raisons de la tension entre les deux hommes : la difficulté des agents du ministère de l’Intérieur à exécuter le mandat d’amener émis à l’encontre de Najem Gharsalli, qui demeure introuvable depuis deux mois. Cet ancien ministre de l’Intérieur doit être entendu par la justice pour avoir été cité dans une affaire d’atteinte à la sûreté de l’État, révélée à faveur de la guerre contre la corruption lancée par Youssef Chahed en mai 2017.

Catastrophe humanitaire du 2 juin

Les différends entre les deux hommes ont été exacerbés suite à une opération de migration clandestine qui s’est soldée, le 2 juin dernier, par la disparition d’au moins 63 personnes au large des îles Kerkennah (sud-est). Suite à sa visite sur l’archipel le 4 juin, Lotfi Brahem a démis de leurs fonctions une dizaine de cadres de la sûreté nationale et de la garde nationale des districts de Sfax et Kerkennah. Cet énième drame en mer a mis en lumière l’existence de réseaux et de complicités mais a surtout provoqué des mouvements protestataires dans différentes villes du pays qui réclamaient la chute du gouvernement.

Tous avaient également remarqué que Youssef Chahed s’était également rendu à Kerkennah le 5 juin mais en compagnie du ministre de la Justice, Ghazi Jeribi, qui a été chargé d’assurer l’intérim de Lotfi Brahem, selon la présidence du gouvernement.

Une catastrophe humanitaire qui permet à Youssef Chahed d’anticiper le remaniement ministériel qu’il souhaite opérer sans prendre en compte les directives de l’accord de Carthage qui devraient lui édicter une nouvelle feuille de route. Il avait à ce propos présenter à Béji Caïd Essebsi, lors d’un entretien du 4 juin, une ébauche de gouvernement sans qu’elle ait été commentée par le président de la République.

Le ministre de l’Intérieur belge, lors de la réunion au Luxembourg, le 5 juin, des ministres de l’Intérieur européens, avait désigné la Tunisie comme nouveau hot spot du départ des clandestins. Le geste de Chahed sert-il à complaire à l’Union européenne ou à remettre de l’ordre dans la maison ?

Source : jeuneafrique.com

 

Accord Gaz Sénégal et Mauritanie : les précisions de Seydou Guèye

Accord Gaz Sénégal et Mauritanie : les précisions de Seydou GuèyeL’accord de coopération entre le Sénégal et la Mauritanie, portant sur le développement et l’exploitation des réservoirs de Gaz fait couler beaucoup d’encre et de salive. Certains Sénégalais dont le député Ousmane Sonko, prétendent qu'il existe une nébuleuse dans cette affaire. Le porte-parole du Gouvernement, Seydou Guèye, a tenu à apporter des précisions sur cette affaire.

Le porte-parole du gouvernement est revenu sur l’accord qui lie le Sénégal et la Mauritanie portant sur le développement et l’exploitation des réservoirs de Gaz. Seydou Guèye qui a été l'invitée de "Rfm matin" de ce lundi 4 juin, a tenu à préciser que l’Etat du Sénégal n’a pas négligé les intérêts des Sénégalais.

«Cet accord entre le Sénégal et la République de Mauritanie, est un accord de convention inter-Etats. Dieu a fait que ces deux pays ont un joyau qu’ils partagent. Et comme ce gisement se trouve sur la frontière, on ne saurait déterminer avec exactitude la part de chacun d'où les discussions qui se sont tenues entre les deux parties.

Seydou Guèye de rappeler quelques points des accords qui lient les deux pays. « Le premier point, on s’est entendu sur les deux parts égales. On s’est dit qu’on allait faire 50% pour chaque pays. De même, on s’est entendu pour que chaque 5 ans qu’on évalue les recettes afin de pouvoir réviser », informe-t-il.

Poursuivant, il ajoute «le second point, Il y a une entente sur ce qu’on appelle «l’unitisation ». Parce que pour les deux pays, l’exploitation est faite par la même société, soit Bp et Cosmos. Le troisième, concerne la fiscalité concernant les opérateurs de service».

Et, «en 4ème lieu, on partage les charges sur les exploitations mais également les évaluations et les développements», avance-t-il non sans préciser que cet accord a été fait pour la sauvegarde des intérêts du Sénégal. «Tant qu’on n’avait pas cet accord, aucun des pays ne pouvait exploiter ce gisement. Et y toucher sans l’accord de l’autre, c’est provoquer un conflit», laisse-t-il entendre.

Seydou Gueye persiste et signe : « Personne n’est plus patriote que quiconque dans ce pays. Le gouvernement n’a pas négligé les intérêts des Sénégalais. Je veux que ce soit clair. Sur certains points, la décision appartient au Gouvernement et sur d’autres on s’ouvre pour en discuter».

Le porte-parole du gouvernement de conclure : «depuis qu’on parle du pétrole et du gaz au Sénégal, on ne cesse d’attaquer le Gouvernement sans fondement. Ils ont commencé par la fiscalité sans apporter de preuves. Ils ont demandé à ce qu’on publie les contrats… Une fois fait, ça n’a même pas intéressé ceux qui le demandaient».

Source : Pressafrik

 

 

Égypte : le nouveau mandat de Sissi débute en pleine vague d’arrestations d’opposants

Égypte : le nouveau mandat de Sissi débute en pleine vague d’arrestations d’opposants Le nouveau mandat de quatre ans du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi débute le 2 juin, dans un contexte de crise interne avec l'arrestation de plusieurs opposants. Une répression qui reflète, selon des experts, les craintes du pouvoir de voir apparaître de nouveaux mouvements sociaux.

Abdel Fattah al-Sissi, élu avec plus de 97 % des voix en mars dernier face à un unique adversaire, Moussa Mostafa Moussa, un homme politique méconnu du grand public et partisan affiché du chef de l’État, prêtera serment samedi 2 juin devant le Parlement d’Égypte.

Sissi sera investi président dans un contexte de crise interne, avec l’arrestation ces dernières semaines de plusieurs opposants et membres de la société civile. Parmi eux figurent le blogueur et journaliste Waël Abbas, les blogueurs Sherif Gaber et Chadi Abouzeid ou encore l’opposant Hazem Abdelazim.

Waël Abbas publiait depuis plus d’une dizaine d’années sur Facebook, YouTube et Twitter des prises de position notamment contre les violences policières, la torture ou la corruption. Il est accusé d’être proche des Frères musulmans, déclarés « organisation terroriste » par l’Égypte en 2013.

Autre symbole de la répression accrue, un journaliste et chercheur spécialiste du mouvement jihadiste dans le Sinaï, Ismaïl Alexandrani, a été condamné la semaine dernière à 10 ans de prison par une cour militaire. Arrêté en 2015, il est lui aussi accusé de faire partie de la confrérie islamiste.

Reporters sans frontières (RSF) rapporte que le principal intéressé, n’ayant pas pu assister à l’audience, n’était même pas au courant de sa condamnation. C’est sa femme qui, selon l’ONG, a dû lui apprendre la nouvelle lors de sa dernière visite en prison.

Des arrestations liées au contexte économique

« Les arrestations s’inscrivent dans la continuité des politiques de répression des dernières années, qui visent à mater et domestiquer tous les contre-pouvoirs potentiels », a expliqué à l’AFP Karim Émile Bitar, chercheur à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris).

Selon lui, « le timing est sans doute lié au sentiment croissant d’insatisfaction au sein de vastes franges de la population égyptienne », allusion notamment aux difficultés économiques.

Depuis plusieurs jours, la presse et la télévision d’État préparent en effet l’opinion publique à une nouvelle hausse des prix, notamment de l’électricité, dans un contexte économique toujours difficile.

Les prix ont explosé en Égypte depuis la dévaluation de la monnaie locale en novembre 2016, dans le cadre d’un plan de réforme imposée par le Fonds monétaire international (FMI) en vue de l’obtention d’un prêt de 12 milliards de dollars.

Or l’économie égyptienne était déjà très mal en point depuis la révolte de 2011 et la chute de Hosni Moubarak. Si des signes encourageants apparaissent, comme la croissance du PIB qui devrait passer de 4,2 % en 2017 à 5,2 % en 2018 selon le FMI, les retombées pour l’égyptien moyen se font encore attendre.

La peur d’une nouvelle révolte

Fin février, avant la présidentielle, le parquet général avait menacé de poursuites judiciaires les médias qui diffuseraient de « fausses informations » jugées attentatoires à « la sécurité et la sûreté de la patrie ». Certaines des personnes arrêtées récemment avaient pourtant décidé de faire profil bas avant même cet avertissement.

Contacté par l’AFP, Mostafa Kamel El Sayed, professeur de Sciences politiques à l’Université du Caire, les responsables égyptiens « craignent que les activistes, surtout ceux dont les noms sont liés à la révolte de 2011 comme Hazem Abdelazim, Waël Abbas et Chadi el Ghazali Harb, n’exploitent la hausse attendue des prix des carburants et de l’électricité pour mobiliser les citoyens contre le régime de Sissi ».

Le pouvoir dément

Le 30 mai, l’Union européenne avait jugé « inquiétant » « le nombre croissant d’arrestations de défenseurs des droits de l’Homme, de militants politiques et de blogueurs ces dernières semaines en Égypte ».

Le Caire avait immédiatement répliqué en rejetant « totalement » ces critiques, « qui ne reflètent pas la réalité égyptienne ». « L’Égypte est un État de droit » et les Égyptiens y jouissent « de la liberté d’expression et d’opinion », avait affirmé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Source :Jeune Afrique avec AFP

 

 

Inculpation de jeunes qui appelaient à un 3e mandat pour le président nigérien

Inculpation de jeunes qui appelaient à un 3e mandat pour le président nigérienPour avoir appelé le président Mahamadou Issoufou à briguer un troisième mandat à la tête du Niger, deux acteurs de la société civile de Zinder dans l'est du pays ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt. Ils seront jugés ce jeudi par le tribunal de grande instance de Zinder.

C’est en flagrant délit que les deux acteurs de la société civile de Zinder seront jugés ce matin dans leur ville natale. En appelant leur président Issoufou Mahamadou à briguer un troisième mandat en 2021, Salissou Ibrahim et Issoufou Brah n’ont pas mesuré la gravité de leurs propos qui ont vite fait le tour des réseaux sociaux.

A la question de savoir pourquoi avoir tenu ces propos, le président de l’Union des jeunes nigériens pour le développement a répondu aux enquêteurs : « Nous sommes des jeunes citoyens qui ont apprécié pendant huit ans les actions de développement du président Issoufou Mahamadou ».

Après quatre jours de garde à vue, ils sont inculpés, selon le procureur du tribunal de grande instance de Zinder, pour avoir fait des propositions non agréées de former un complot pour détruire ou changer le régime constitutionnel.

Cette déclaration d’appel à un troisième mandat a été diversement appréciée au Niger. Mais pour Mohamed Bazoum, le président du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS) : « Un troisième mandat au Niger signifie un coup d’Etat. Nous sommes un parti qui a comme ambition de stabiliser le pays pour progresser ».

Lors d’un de ces messages à la nation et devant le président français, Emmanuel Macron, à Niamey, le président Issoufou Mahamadou l’a dit et répété : en 2021, il organisera des élections libres et transparentes, et passera le témoin.

Source : RFI

 

Au Mali, 3 000 djihadistes se jouent de 30 000 soldats

Au Mali, 3 000 djihadistes se jouent de 30 000 soldatsSelon le compte rendu de mission de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat français datant du 18 avril 2018, le succès relatif de l’opération Barkhane au Mali est en décalage total avec l’impasse politique dans laquelle semble embourbé l’accord de paix au Mali, à quelques mois des élections présidentielles qui doivent se tenir en juillet-août prochains.

Le message qui ressort de la lecture de ce rapport est assez pessimiste, malgré les succès militaires sur le terrain où 4 500 soldats français sont déployés au Sahel, pour un coût de 600 millions d’euros par an.

Et si 21 soldats français ont laissé leur vie sur le sol malien depuis 2013, ce rapport fait aussi mention des succès tactiques de Barkhane qui a tué plusieurs dizaines de grands chefs terroristes.

La mission de Barkhane est impressionnante

Selon le compte-rendu, les missions de Barkhane sont gigantesques. Les forces françaises doivent à la fois lutter contre le terrorisme dans un territoire grand comme l’Europe, faire émerger la force conjointe G5 Sahel, soutenir les forces armées maliennes et la MINUSMA (l’opération de maintien de la paix des Nations unies) composée de 13 000 hommes pour un coût de 1 Md$/an. La France y contribue pour 6% environ.

L’EUTM-Mali, l’opération européenne de formation des forces armées maliennes, compte pour sa part 600 membres venant de 27 nations. Elle coûte 33 millions d’euros sur 2 ans.

Quant à la force africaine conjointe G5 Sahel, elle mène des opérations sur 50 km de part et d’autre des frontières avec les armées nationales. Barkhane joue également dans ce dispositif complexe, un rôle central d’organisateur et de fédérateur.

Les moyens de Barkhane déployés sur 14 sites, sont impressionnants : 4 500 hommes, 21 hélicoptères, 370 blindés, 330 véhicules légers, 8 avions de chasse, 8 avions de transport, 5 drones.

Barkhane a su s’adapter suivant 5 axes pour accroître son effet : plus d’agilité, plus de liberté de manœuvre, du renseignement utilisé en boucle plus courte, occuper plus longtemps le terrain, promouvoir le développement dans une approche globale, en apportant des services à la population : puits, ponts, kits pour les écoles…

L’insécurité se propage

Le potentiel militaire des groupes terroristes est désormais réduit, grâce à un effort très soutenu du renseignement. Ils n’ont plus de sanctuaire. Mais l’insécurité s’est propagée dans le centre au Mali. Au nord du pays, des attaques ont lieu sur les postes éloignés de la MINUSMA, qui paye un tribut lourd en blessés et tués.

Si l’emprise de Barkhane s’étend sur plusieurs pays, l’épicentre des opérations est au Mali. Les forces spéciales, basées à Ouagadougou, agissent essentiellement dans le Nord du Mali, par des opérations « coup de poing » sur du renseignement, parfois avec l’appui de Barkhane, qui se concentre sur la boucle du Niger élargie de Ménaka à Gao, notamment le long des routes nationales 17 et 20.

Les opérations « Koufra », Koufra 1, Koufra 2, Koufra 3, s’enchaînent et inscrivent la présence de Barkhane sur le terrain dans la durée. Une opération Koufra mobilise pendant 4 semaines sur le terrain, 160 véhicules en colonne sur 10 km, 700 hommes, des hélicoptères, une couverture aérienne…

La formation des armées maliennes prend du temps

Les forces armées maliennes sont systématiquement associées à ces opérations. Le but est de leur permettre de s’autonomiser, de monter en puissance, pour mener à bien, progressivement, leurs propres opérations.

La participation européenne s’est améliorée au fil du temps. Les Allemands ont envoyé un contingent de plus de 800 soldats dans la MINUSMA, à Gao, où sont aussi présents les Pays-Bas. Un détachement de l’armée de l’air allemande opère aussi à Niamey avec deux avions Transall et une unité médicale.

23 Etats-membres participent à la mission de formation des forces armées maliennes. L’Italie a implanté une base au Niger. L’Union européenne soutient financièrement la force G5 Sahel. Trois hélicoptères lourds Chinook britanniques sont attendus prochainement à Gao. Le Canada va fournir prochainement un effort important pour la MINUSMA.

L’opération EUTM Mali dispense formation et conseil afin de contribuer à la restauration des Forces Armées Maliennes (FAMA). La mission est dans son 3e mandat, élargissant sa zone de travail jusqu’à Gao et Tombouctou avec un nouveau mode d’action décentralisé au niveau des régions militaires. Un 4e mandat sera défini en mai 2018.

Le pôle « Formation » de Koulikoro a entraîné 8 bataillons maliens, soit 12 000 hommes, afin de permettre leur engagement opérationnel. Différents cours sont assurés sur l’autorité et l’exemplarité, le respect du droit humanitaire, et surtout la formation de formateurs, pour aider à l’autonomisation des militaires maliens.

Mais la mission européenne souffre de plusieurs handicaps. L’insuffisance en nombre de francophones impose le recours à des traducteurs, ce qui ne facilite pas la meilleure compréhension entre tous les acteurs.

L’EUTM n’a pas de partenariat avec les écoles de sous-officiers, qui sont le maillon faible de l’armée malienne et un élément tout à fait central de la reconstruction de l’armée. Elle a formé 70 % des effectifs de l’armée de terre malienne. Mais les Maliens n’assurent aucun suivi des éléments formés.

Les stagiaires sont éparpillés au lieu de les projeter en unités constituées, alors que les stages de 5 semaines de formation ont créé le minimum de cohésion qui fait si cruellement défaut aux unités. Selon le rapport, l’EUTM a besoin de soutien dans la reconstruction de l’armée malienne, même si on a parfois «l’impression d’arroser le sable».

La Minusma à la peine malgré ses énormes moyens

Les contingents de la MINUSMA comprennent des éléments venus du Niger, du Burkina Faso, du Sénégal et du Bangladesh, les éléments logistiques étant assurés essentiellement par le Togo, la Chine et le Nigéria.

La MINUSMA manque de ressources. Son plafond de 13 000 hommes n’est pas atteint. Chaque contingent apporte son matériel. Ainsi, il manque 200 véhicules, des drones, des hélicoptères…

La MINUSMA est insuffisamment protégée, en particulier contre les engins explosifs. Assurer sa propre protection, consomme beaucoup de ses ressources. Elle déplore plus de 150 morts depuis son lancement.

La MINUSMA a aussi des défauts. Elle ne protège pas assez les populations civiles et reste confinée dans ses bases. Ses contingents sont inégaux. Les contingents africains, qui sortent le plus, sont insuffisamment préparés, formés et équipés. Ses contingents européens, les mieux équipés, ont parfois des restrictions nationales d’emploi qui les limitent.

La Mauritanie réticente

La force conjointe G5 Sahel, créée en février 2014, est une force transfrontalière. Elle rassemble le Niger, le Tchad, la Mauritanie, le Mali et le Burkina Faso. Elle prévoit d’abord une force frontalière et à terme, un bataillon par État. Le principe est de pouvoir entrer sur 50 km à l’intérieur du pays voisin, le long de trois fuseaux : fuseau centre, fuseau est, fuseau ouest.

C’est le fuseau centre qui est le plus actif. Il s’agit d’une zone de deux fois 50 km le long des 1 800 km de frontière entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso, soit 180 000 km2. 650 soldats nigériens constitueront la force conjointe qui devrait atteindre prochainement sa pleine capacité. Deux opérations ont déjà été conduites : HAW BI en octobre, PAGNALI en janvier, toutes deux avec le soutien de Barkhane.

Selon le rapport de la commission, le G5 s’appuie aujourd’hui sur des armées nationales parmi les plus faibles au monde. On ne saurait en attendre des miracles dans l’immédiat. La force conjointe est survalorisée sur le plan politique. Elle mettra des années pour atteindre une véritable efficacité opérationnelle.

Si le Niger et le Tchad sont partants, la Mauritanie constitue, selon le rapport, un frein réel. Elle participe au G5 Sahel, mais il s’agit du pays le plus réticent pour la montée en puissance de cette force. Tout au long de sa mission, la commission dit avoir ressenti cette fragilité et ce manque d’investissement politique de la Mauritanie dans sa contribution au G5 Sahel.

Des attaques dans la région centre du Mali, qui semblent venir du territoire mauritanien, y trouvent souvent refuge. La Mauritanie traîne les pieds à mobiliser ses troupes pour des raisons budgétaires, semble-t-il. Elle reste réticente à l’intégration du Sénégal dans le G5 dont les troupes sont présentes au Mali.

L’Algérie ne souhaite pas que les troupes françaises s’éternisent

Quant à l’Algérie, il suffit de regarder sur une carte pour comprendre que rien ne se règlera au Sahel sans elle. Il est impossible de concevoir la paix et la stabilité de cette immense région sans l’Algérie dont l’armée compte 3 000 000 d’hommes. Dans les années 90, elle a fait face à la terreur islamiste et a payé un lourd tribut avec 100 000 morts. Sa frontière avec le Mali est longue de 1 200 km.

L’Algérie a joué un rôle positif au cours de l’opération Serval. Elle a autorisé le survol de son territoire par des avions de guerre français. Elle a livré de l’essence à l’armée française. Elle a aussi parrainé les accords d’Alger en 2015. Mais aujourd’hui, elle est en arrière-plan.

Les chefs terroristes neutralisés le 14 février dernier étaient à 900 m de la frontière algérienne. Mais au fond, l’Algérie ne souhaite pas que les troupes françaises s’éternisent dans la bande sahélo-saharienne. Elle joue un rôle ambigu pour la mise en œuvre de l’accord de paix dont elle est pourtant garante.

Au-delà de sa collaboration de façade sur le dossier malien, certains se demandent quel est son engagement réel pour le retour de la stabilité politique et la lutte contre le terrorisme.

Les mouvements armé du nord ne jouent pas le jeu

De leur côté, selon toujours le rapport de la commission française, les mouvements armés signataires ne donnent pas non plus l’impression de vouloir jouer pleinement le jeu de l’accord de paix.

Leurs représentants à Bamako donnent le change à la communauté internationale, tandis que dans le nord du Mali, les « affaires » continuent comme avant. On y connaît leur implication dans les trafics, de drogue en particulier.

Le rapport de la commission conclut sur une analyse plutôt pessimiste.

Le journal français « Le Canard enchaîné » affirme, dans son édition du 14 mars 2018 que selon l’Etat-Major de l’armée française, la guerre au Mali serait perdue d’avance. La hiérarchie n’aurait plus le moral. Les chefs militaires seraient de plus en plus pessimistes, désabusés voire irritables dès qu’il est question du Sahel ou de la chasse aux terroristes.

Selon le même journal, les chiffres rendus publics par le ministère des armées, l’armée française n’a réussi à éliminer que 450 djihadistes et à en capturer 150, d’août 2014 à février 2018. Quant à la durée d’une telle mission, l’Etat-Major se serait montré peu rassurant.

En ce qui concerne la reconstruction des armées africaines, son estimation est d’au moins 10 à 15 ans pour celle du Mali. C’est dire que les militaires français devront rester encore fort longtemps au Sahel, du fait du manque de formation, de moyens et de combativité de cette « fausse armée » appelée G5.

3000 djihadistes tiennent tête à une armée de plus de 30 000 hommes et leurs équipements

Cependant comment expliquer, selon le journal, que 3000 djihadistes selon l’estimation du renseignement militaire français, puissent tenir tête aux 4500 hommes de la force Barkhane équipée de blindés et protégée par des avions, des hélicoptères et des drones espions et bientôt tueurs. Il faut rappeler que les français ne sont pas seuls.

En plus des 11700 casques bleus et 1740 policiers de la MINUSMA, des 13000 hommes de l’armée malienne, un contingent de 800 militaires américains est basé au Niger voisin. Avec des drones espions, il fournit aux français, une somme importante de renseignements sur les déplacements des terroristes.

Les rapports militaires font état des « difficultés opérationnelles » face à une guérilla composite. Selon un rapport de l’ONU daté du 2 mars, c’est la situation sécuritaire et humanitaire déplorable des Etats membres du G5 qui favorise la montée en puissance des groupes djihadistes. C’est dans ce guêpier que l’armée canadienne annoncée, risque de s’enliser, pour protéger les installations des industries minières.

Malgré les promesses faites, les contributions financières et matérielles au G5 tardent à se concrétiser. Dernièrement, le conseil de sécurité de l’ONU a refusé, sous injonction des USA, de le financer.

En outre, il a refusé un renforcement du mandat de la MINUSMA afin de le rendre plus robuste et plus offensif. Dans ces conditions, que faut-il attendre du G5 ?

Source : Mondafrique

 

Présidentielle au Mali : IBK va devoir convaincre sur son bilan

Après l’annonce de sa candidature à sa propre succession, lundi 28 mai, Ibrahim Boubacar Keïta doit désormais constituer une équipe de campagne qui aura une priorité : défendre le bilan du président sortant.

Dans les rues de Bamako, la nouvelle a alimenté les discussions toute la nuit. Dans un quartier populaire, au bord de la route, un groupe de jeunes discute autour d’un thé. « La candidature d’IBK n’est pas une surprise, car un mandat n’a jamais suffi à nos présidents africains », dit Moussa Koné, 34 ans, médecin à Bamako. « Je ne pense pas que son bilan soit si positif que ça. Il nous a promis de reprendre le nord, de nous donner des emplois et à lutter contre la corruption… », liste-t-il.

« Sur son bilan, les gens jugent IBK avec passion ! », l’interrompt son ami Ibrahima Sissoko. « En réalité, c’est difficile de le jauger », estime ce jeune employé du secteur privé.

« Consolider les acquis »

Lundi 28 mai au soir, c’est par un discours diffusé lors du grand journal de la télévision nationale qu’Ibrahim Boubacar Keïta a annoncé sa candidature aux élections présidentielles du 29 juillet prochain, répondant ainsi à l’appel lancé début mai par une coalition de près de 70 organisations.

« Je ressens simplement et seulement le profond désir de poursuivre mon devoir qui est de servir au mieux le Mali en ces heures où les incertitudes ne sont pas encore totalement levées », a-t-il assuré.

Dans ce discours de 15 minutes, IBK est revenu sur son bilan et a affirmé se « réjouir des acquis de ces cinq dernières années », citant notamment la montée en puissance de l’armée malienne et l’application de l’accord de paix signé en 2015 entre le gouvernement malien et les groupes armés du Nord. « Ce qui est à retenir, c’est que nous avons réussi à avancer », a insisté IBK.

Le président du Rassemblement pour le Mali, (RPM) a appelé les Maliens à lui renouveler leur confiance pour « consolider les acquis », mais aussi « à relever entièrement et définitivement le triple défi de la restauration de la paix, de la reconquête de l’unité et de la réussite de la réconciliation nationale ».

Qui pour diriger la campagne ?

Reste désormais à mettre la campagne en branle. La majorité présidentielle a prévu de se trouver un siège de campagne, dans les prochains jours, qui « pourra être situé dans le quartier ACI 2000 de Bamako », selon une source bien informée. IBK nommera également sous peu un directeur de campagne.

Une liste de noms lui a déjà été transmise, dans laquelle figure notamment Mahamadou Camara, son ancien ministre de la Communication, et Mahamane Baby, ancien ministre de l’Emploi, tous deux membres du RPM.

Cependant, « pour créer l’équilibre, IBK peut ne pas choisir quelqu’un de son parti », nous confie la même source. « Le RPM n’est pas le seul à soutenir sa candidature, il s’agit plutôt d’une plateforme d’associations et de partis politiques. »

Plus d’une dizaine de candidats

Face au président sortant, plus d’une dizaine de candidats se sont déjà déclarés. Parmi eux figurent notamment Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition et principal challenger de IBK, et Moussa Mara, l’ex-Premier ministre de Ibrahim Boubacar Keïta.

Ce dernier se trouve également face à trois autres de ses anciens ministres : Mohamed Ali Bathily (ancien ministre de la Justice), Housseini Amion Guindo (ancien ministre des Sports) et Dramane Dembélé (ancien ministre de l’Habitat).

Sont également en lice : Kalifa Sanogo, maire de Sikasso, dans le sud du pays ; Aliou Boubacar Diallo, homme d’affaires considéré comme l’une des personnalités les plus riches du Mali et deux hauts fonctionnaires internationaux, Modibo Koné et Hamadoun Touré.

Source : jeuneafrique.com

 

Madagascar : la Cour constitutionnelle ordonne la nomination d’un gouvernement d’union nationale

Saisie par l'opposition d'une demande de destitution du président Hery Rajaonarimampianina, la plus haute juridiction du pays a ordonné vendredi 25 mai la nomination d'un gouvernement d'union nationale pour tenter de sortir de la crise qui secoue le pays.

Dans son arrêt, la Cour constitutionnelle a décidé que « le président de la République met fin aux fonctions du gouvernement et procède à la nomination d’un Premier ministre de consensus, dans un délai de sept jours ». La composition de son gouvernement devra refléter proportionnellement les résultats des dernières élections législatives, a-t-elle ajouté.

Le nouveau gouvernement aura notamment pour tâche d’organiser « une élection anticipée durant la saison sèche au cours de cette année 2018 », soit entre mai et septembre. Les élections présidentielle et législatives étaient à l’origine prévues à la toute fin de l’année.

Convocation de la Haute Cour de justice

L’opposition, qui mobilise quotidiennement depuis fin avril ses partisans dans les rues d’Antananarivo, avait déposé devant la Cour constitutionnelle une demande de destitution du président Rajaonarimampianina, élu fin 2013.

La Cour ne s’est pas directement prononcée sur ce point mais a ordonné la convocation « dans les plus brefs délais » de la Haute Cour de justice (HCJ), dont le mandat est de juger le président en exercice et les anciens chefs d’État. Dans son arrêt, la Cour constitutionnelle n’a pas précisé qui comparaîtrait devant la HCJ.

Source : jeuneafrique.com

 

Le Burkina Faso annonce la rupture de ses relations diplomatiques avec Taïwan

Le Burkina Faso a annoncé jeudi la rupture de ses relations avec Taïwan. Un changement majeur pour la diplomatie burkinabè, qui entretenait une coopération privilégiée avec Taipei depuis 1994, au détriment de ses relations avec la République populaire de Chine.

Comme le glisse une source gouvernementale à Ouagadougou, la décision était « dans les tuyaux depuis près d’un an ». Elle a été officialisée ce jeudi 24 mai par Alpha Barry, le ministre des Affaires étrangères : le Burkina Faso rompt ses relations diplomatiques avec Taïwan.

Celles-ci avaient été instaurées en 1994 par Blaise Compaoré, faisant du Burkina l’un des pays africains à reconnaître l’indépendance de l’île asiatique revendiquée depuis plus d’un demi-siècle par la République populaire de Chine.

Tournant majeur

« L’évolution du monde et les défis socio-économiques actuels de notre pays et de notre région recommandent que nous reconsidérons notre position », a expliqué Alpha Barry pour justifier la décision de son gouvernement et de son président, Roch Marc Christian Kaboré.

En clair, Ouagadougou entend désormais se rapprocher de Pékin, déjà très présent sur le continent, plutôt que de continuer sa coopération avec Taipei. Selon le chef de la diplomatie burkinabè, les « dispositions nécessaires » vont être prises pour fermer les ambassades des deux pays dans leurs capitales respectives.

Alpha Barry a aussi indiqué avoir reçu dans la matinée l’ambassadeur de Taïwan à Ouagadougou pour l’informer officiellement de cette décision, qui marque un tournant majeur dans la stratégie diplomatique du Burkina.

Démission du ministre taïwanais

Cette annonce du gouvernement burkinabè a par ailleurs amené le ministre taïwanais des Affaires étrangères, Joseph Wu, à présenter publiquement sa démission. « En ma qualité de responsable gouvernemental, je dois porter la responsabilité des politiques et j’ai finalement présenté ma démission », a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse.

Face à l’offensive diplomatique et aux nombreux investissements de la République populaire de Chine sur le continent, Taïwan voit ses alliés africains lui glisser entre les doigts les uns après les autres ces dernières années. Avant le Burkina Faso, le Malawi (2008), la Gambie (2013) et Sao Tomé et Principe (2016) avaient rompu leurs relations diplomatiques avec le rival de Pékin. Aujourd’hui, le Swaziland, où la présidente taïwanaise Tsai Ing-Weng s’est rendue en avril dernier, est le dernier pays africain à lui être encore fidèle.

Source : jeuneafrique.com

 

Le prochain sommet de l’Union africaine prévu du 25 juin au 2 juillet à Nouakchott

Le prochain sommet de l’Union africaine prévu du 25 juin au 2 juillet à Nouakchott Le prochain sommet de l’Union africaine aura lieu à Nouakchott, du 25 juin au 2 juillet. Les préparatifs pour ce grand événement continental vont bon train. D’ailleurs, une délégation de l’UA s’est déplacée à Nouakchott, pour évaluer l’état d’avancement de l’organisation.

Au delà de ces questions techniques, le 31e sommet constitue un véritable défi pour la diplomatie marocaine. Le conclave devrait connaître la présentation par le président de la Commission de l’Union, Moussa Faki, d’un «rapport détaillé», comme il avait promis en janvier, sur la décision 653 prise lors la 29e Conférence des chefs d’Etats, tenue les 3 et 4 juillet 2017 à Addis-Abeba.

Le texte en question, qui était programmé lors du conclave de janvier dernier, devrait porter «sur les mesures et initiatives» que le Tchadien «prendra, seul ou en partenariat avec les Nations-unies, sur la question du Sahara occidental», indique la résolution 653.

Moussa Faki avait déjà évoqué le sujet avec les Algériens et le président mauritanien Mohammed Ould Abdelaziz. Le Polisario avait annoncé une probable visite du président de la Commission de l’Union africaine dans les camps de Tindouf.

Source : Yabiladi (Maroc)

 

 

Les relations entre le Maroc et l’Algérie battent à nouveau de l’aile

Les relations entre le Maroc et l’Algérie battent à nouveau de l’aileLe ministère marocain des Affaires étrangères a accusé, le 20 mai, l’Algérie de continuer à soutenir «ses mercenaires du Polisario», et a saisi les instances de l’Onu en leur demandant d’intervenir pour mettre un terme à ces tentatives de déstabilisation du royaume, selon un communiqué du ministère.

Suite à l'organisation d'une parade militaire dans la zone tampon de Tifariti (entre le Maroc et le Sahara occidental) par l'armée de libération populaire sahraouie (ALPS), à l'occasion du 45e anniversaire de sa création le 20 mai 1973, le Maroc a, à nouveau, accusé l'Algérie de «s'entêter à encourager ses mercenaires du Polisario», selon un communiqué du ministère marocain des Affaires étrangères et de la coopération internationale rendu public le 20 mai 2018.

Rabat a saisi le Conseil de sécurité, le secrétaire général de l'Onu, Antonio Guterres, la Minurso (la Mission des Nations unies pour l´organisation d´un référendum au Sahara occidental) et la force d'interposition de l'ONU, en leur demandant «de prendre les mesures nécessaires contre ces agissements inacceptables», indique la même source.

«Le Maroc regrette que cette escalade se déploie avec la bénédiction et la complicité de l'Algérie, membre de l'UMA [Union du Maghreb arabe, ndlr], mais dont il viole doublement la charte: en fermant les frontières et en abritant sur son sol un mouvement armé qui menace l'intégrité territoriale d'un autre membre», souligne le même communiqué.

Face à cette situation jugée aussi dangereuse qu'inacceptable, «le Maroc a demandé officiellement aux instances internationales concernées d'ouvrir dans les plus brefs délais une enquête pour faire toute la lumière sur la situation qui prévaut dans les camps des réfugiés sahraouis dans la Wilaya algérienne de Tindouf gérés par le Front Polisario», affirme le ministère marocain des Affaires étrangères.

«Ces camps où nos concitoyens et nos frères marocains [Rabat qui revendique la marocanité du Sahara occidental, considère les Sahraouis comme des citoyens marocains, ndlr] sont détenus dans des conditions déplorables et inhumaines, et où les aides humanitaires internationales sont détournées et vendues dans les marchés du pays hôte [l'Algérie, ndlr] à des fins d'enrichissement personnel de la petite caste du Polisario», a-t-il ajouté.

Pour l'instant, les autorités algériennes n'ont pas encore réagit aux nouvelles accusations du Maroc.

Cependant Abdallah Lahbib, ministre sahraoui de la Défense, a défendu, le 20 mai, la décision de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) de célébrer cette fête nationale à Tifariti. La célébration des événements nationaux dans ces régions libérées est un signe de la «consécration de l'exercice de la souveraineté sur ces territoires», a-t-il affirmé, réitérant la disposition de l'armée de son pays à les défendre en vue de recouvrer la souveraineté de l'État sahraoui sur l'ensemble de ses territoires, rapporte l'agence APS. L'ALPS « est présente dans ces territoires depuis 1975 et cela date non pas d'aujourd'hui, d'autant qu'une grande partie de ces territoires a été libérée dans les années soixante-dix du siècle dernier», a ajouté le ministre.

Pour mémoire, le 1er mai, le chef de la diplomatie marocaine, Nasser Bourita, a annoncé la rupture des relations diplomatiques avec Téhéran. Des «preuves irréfutables» et des «données très précises» démontrent, selon Rabat, le soutien miliaire dont aurait bénéficié le Front Polisario, à travers le Hezbollah, mouvement chiite libanais allié de Téhéran, et l'implication de l'ambassade de Téhéran à Alger pour lui livrer des armes de pointe, notamment des missiles Sam 9, Sam 11 et Strela.

Le ministère algérien des Affaires étrangères a catégoriquement réfuté le 2 mai les allégations marocaines concernant «une implication directe de l'Algérie» dans une supposée opération de livraison d'armes du mouvement chiite libanais, le Hezbollah, au Front Polisario, qui aurait transité par l'Ambassade d'Iran à Alger, a affirmé le porte-parole du ministère, Abdelaziz Benali Cherif, dans une déclaration à l'Agence presse Algérie (APS).

A l'occasion du début du mois sacré de ramadan, et dans le contexte de crise diplomatique entre les deux pays, le Président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a adressé le 17 mai un message de félicitations au roi Mohamed VI du Maroc, lui souhaitant bonne santé, paix et prospérité ainsi qu'à son peuple, selon l'Agence marocaine de presse (MAP).

Source : Sputnik News (France)

 

 

Migrants : les autorités algériennes gravement accusées

Migrants : les autorités algériennes gravement accusées Les autorités algériennes sont à nouveau accusées en ce qui concerne leur traitement des migrants issus des pays d’Afrique subsaharienne. Selon le site BBC News qui cite l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les autorités algériennes auraient transporté des migrants de différentes nationalités dans le désert et les y auraient abandonnés.

« Ils ont pris toutes nos affaires – argent, téléphone portable…tout. Ils nous ont maltraités et ils nous ont déposés dans le désert du Sahara. Et puis, nous avons été obligés de marcher des dizaines de kilomètres pour atteindre Assamaka, la première ville frontalière.

C’était comme marcher en enfer. Les femmes enceintes et les enfants mineurs marchaient difficilement tandis que le soleil du Sahara était vraiment brûlant. Nous n’avions rien à manger et nous avons appris qu’au moins deux personnes sont mortes dans les dunes »
relate notamment un migrant malien cité par le même média.

Selon la même source, les autorités auraient ainsi abandonné à leur sort plusieurs dizaines de migrants subsahariens dans le désert, en leur enjoignant de rejoindre par leurs propres moyens la ville frontalière la plus proche. Plusieurs migrants auraient ainsi trouvé la mort dans le désert, affirme la même source, qui précise également que des trafiquants d’humains ont aussi abandonner de nombreux migrants de la même façon.

À noter que ce n’est pas la première fois que l’Algérie fait face à des accusations sur sa façon de traiter les migrants issus des pays d’Afrique subsaharienne, mais les autorités du pays se sont toujours défendus d’avoir manqué au respect des lois internationales dans ce domaine.

Source : ObservAlgerie

 

 

Bande de Gaza: l'Egypte rouvre le terminal de Rafah à l'occasion du ramadan

mediaLe président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, a annoncé jeudi 17 mai 2018 la réouverture par décret, pour un mois à l'occasion du ramadan, du point de passage de Rafah, seule ouverture de la bande de Gaza sur le monde qui ne soit pas contrôlée par Israël. Depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza en 2007, le terminal n'estt que sporadiquement ouvert sur quelques jours. La dernière fois qu'il a été ouvert pour une période de trois semaines, c'était en 2013.

« Alléger le fardeau des frères de la bande de Gaza » à l'occasion du ramadan. Telle est la justification de l'ouverture du terminal frontalier de Rafah, annoncée jeudi 17 mai 2018 en soirée par le président égyptien sur les réseaux sociaux.

Après les manifestations de lundi, durant lesquelles environ 60 Palestiniens ont été tués par l'armée israélienne à la barrière entre Israël et la bande de Gaza, le poste de passage séparant l'Egypte de l'enclave restera ouverte un mois.

La mort de ces dizaines de Palestiniens, et les centaines de blessés, dans leur tentative de franchir la frontière avec Israël, a suscité un grand élan de sympathie populaire en Egypte, rappelle notre correspondant au Caire, Alexandre Buccianti.

Alors qu'à Gaza, environ 2 millions d'habitants sont soumis au blocus israélien depuis plus de dix ans, le terminal de Rafah est la seule ouverture de l'enclave sur l'extérieur qui ne soit pas contrôlée par l'Etat d'Israël.

Or, ce terminal frontalier a été largement fermé ces dernières années, Le Caire invoquant des menaces pour la sécurité de l'Egypte, un pays qui entretient des relations compliquées avec le mouvement islamiste palestinien Hamas.

Pour rappel, le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza depuis 2007, est issu des Frères musulmans, interdits en Egypte. Et le prédécesseur déchu du président Sissi, Mohamed Morsi, était lui-même issu de la confrérie.

L'Egypte, seul pays avec la Jordanie doté d'un traité de paix avec Israël

Ce vendredi 18 mai, une réunion est prévue à Istanbul entre les dirigeants de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), qui souhaitent faire condamner l'Etat hébreu après la bain de sang de lundi.

Mercredi, Abdel Fattah al-Sissi avait assuré être « en contact » avec Israéliens et Palestiniens pour que cesse « l'effusion de sang ». L'Egypte est, avec la Jordanie, le seul pays arabe à avoir conclu un traité de paix avec Israël.

La ville du Caire a également reçu, jeudi en session extraordinaire à la demande de l'Arabie saoudite, les chefs de la diplomatie des pays arabes, qui ont réclamé une enquête internationale sur les « crimes » israéliens.

Enfin, Le Caire est impliqué dans les pourparlers censés aboutir à la réconciliation inter-palestinienne, entre le Hamas qui dirige l'enclave de Gaza sous blocus et le Fatah au pouvoir en Cisjordanie occupée.

Cette tentative de médiation a capoté, mais elle a permis au Caire et au Hamas de parvenir à un accord sur l’arrêt de tout soutien de Gaza au groupe Etat islamique du Sinaï, où l’armée égyptienne mène une opération militaire depuis trois mois.

Source : RFI

 

Maroc : Moulay El Hassan, l’apprentissage d’un futur roi

À 15 ans, le prince héritier est de plus en plus présent sur la scène publique et semble déjà très à l’aise avec son destin royal. Comment Mohammed VI le prépare-t-il à lui succéder ? Quels sont les traits de sa personnalité ? Éléments de réponse.

Mardi 24 avril, sur le site de Sahrij Swani à Meknès. Moulay El Hassan préside l’ouverture du Siam (Salon international de l’agriculture au Maroc), grand-messe agricole du royaume. L’allure fière dans son costume sur mesure, les gestes posés, il remet des distinctions aux agriculteurs marocains – ces grands défenseurs du trône alaouite, comme les qualifiait le politologue Rémy Leveau – avant d’effectuer une tournée des stands.

Le temps est révolu donc où le petit Moulay El Hassan accompagnait son père à cet événement et bousculait le circuit de la visite. « Il avait presque 4 ans quand il a assisté pour la première fois avec Mohammed VI à l’inauguration de la deuxième édition de ce salon, se souvient un habitué de la manifestation. Comme tout petit garçon, quand il a vu des vaches, des moutons et autres animaux de la ferme, il a voulu les approcher de près. Mohammed VI, ravi de la vivacité de son enfant, est alors sorti du tracé officiel balisé par le tapis rouge. » Quitte à désorienter la cohorte des officiels. Ces attendrissants égarements protocolaires font désormais partie du passé…

Agenda princier

À la veille de ses 15 ans, qu’il fête le 8 mai, Moulay El Hassan s’apparente déjà à un « petit chef d’État » qui se forme au métier de roi à l’ombre de son père. Il est désormais omniprésent sur la scène publique, comme en témoigne son agenda princier chargé : le 20 mars, à Rabat, celui que l’on appelle Smyet Sidi – en référence à son grand-père – dans l’enceinte du palais, a présidé un dîner organisé en l’honneur de l’ancien président français François Hollande.

Le 8 février, Moulay El Hassan donnait le coup d’envoi du Salon international de l’édition et du livre à Casablanca. Le 4 février, c’est également lui qui a remis le trophée aux Lions de l’Atlas, grands vainqueurs du Championnat d’Afrique des nations 2018 de football.

Le tout en l’absence de Mohammed VI, alors en convalescence à Paris après une opération chirurgicale pour une arythmie cardiaque. Moulay El Hassan s’est d’ailleurs rendu dans la capitale française pour poser tout sourire au chevet de son père avec les autres membres de la famille royale. Détail significatif du cliché officiel : c’est Moulay El Hassan qui tient la main du chef de famille, du chef de l’État…

Mohammed VI, papa cool

La complicité entre le roi et son prince saute aux yeux. Accolades, bises franches, regards emplis de tendresse, selfies sans apparat, rires et moments de connivence… Avec son fils, Mohammed VI n’est pas avare de démonstrations d’affection et tient à montrer qu’il est avant tout un papa comme les autres. Différent en cela de son père, Hassan II.

Mohammed VI avait 8 ans quand il a prononcé son premier discours à l’Académie militaire de Kenitra et 10 ans quand, en 1974, il est chargé de représenter Hassan II à l’enterrement de Georges Pompidou. Sidi Mohammed, en djellaba et coiffé d’un tarbouche grenat ressemble à « une petite virgule rouge dans la cathédrale », comme le décrit alors la presse de l’Hexagone.

Le papa attentionné qu’il est devenu a longtemps préservé son fils en tenant compte de son caractère plutôt timide et fait en sorte depuis deux ans que celui-ci apprenne à se sentir à l’aise dans les mondanités et devant les caméras. Au point que le quotidien espagnol El Mundo, généralement peu tendre envers la monarchie marocaine, écrit : « On a rarement vu un petit garçon traiter avec autant de facilité et de courage avec les rois et les chefs d’État. »

Coqueluche des médias

C’est qu’en décembre 2017 père et fils posaient devant les photographes, sourires Ultra Brite, sur le perron de l’Élysée aux côtés d’Emmanuel et Brigitte Macron, en marge du One Planet Summit. Cela a été une nouvelle occasion pour la presse internationale de couvrir d’éloges ce « super beau gosse », ce « prince de la mode » au « maintien impeccable » et au « sens aiguisé du protocole ».

Les journalistes people s’émerveillent depuis toujours devant son regard « pétillant d’intelligence ». Dans un dossier intitulé « Leçon particulière », consacré à leur duo père-fils, le magazine Paris Match décrit l’actuel souverain comme un « père tendre et attentif », et Moulay El Hassan comme « un fils qui écoute les conseils de son père ».

Le reportage a eu lieu en marge de la COP22 sur les changements climatiques, organisée à Marrakech en novembre 2016. Pour le royaume, c’est un événement très attendu, dont tout le monde parle depuis des mois. Pour Moulay El Hassan c’est la plongée dans le grand bain de la géopolitique internationale : « À 13 ans, le prince héritier assiste déjà à certains grands événements officiels pour apprendre le métier de roi, comme son père au même âge », écrit l’hebdomadaire. En réalité, Moulay El Hassan a alors presque 14 ans, et cette première vraie apparition officielle intervient bien plus tard que celle de son père à l’époque où il était prince héritier.

Éducation royale

Soixante-treize ans plus tôt, son grand-père Moulay Hassan (le futur Hassan II), âgé lui aussi de 13 ans, participait à la conférence d’Anfa avec Churchill et Roosevelt. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il comprend que la superpuissance américaine est un acteur avec lequel il sera utile de composer dans l’avenir… Ainsi va l’éducation royale chez les Alaouites : aller sur le terrain, s’habituer à l’exercice des responsabilités, fréquenter les chefs d’État et l’élite, écouter religieusement les conversations feutrées des grands de ce monde pour développer son sens de l’analyse et définir sa grille de lecture.

En cela, Mohammed VI ne déroge pas à la façon de faire de Hassan II et de Mohammed V. Les enjeux, bien sûr, ont changé, question d’époque. Moulay El Hassan est sensibilisé à l’écologie, quand la génération de son grand-père avait surtout été marquée par le colonialisme et les horreurs de l’occupation nazie. Autre point commun : comme son père et son grand-père auparavant, Moulay El Hassan étudie dans l’enceinte du palais, au Collège royal, suivant des programmes quasi similaires à ceux qu’a connus Mohammed VI, incluant le cours d’apprentissage et de déclamation du Coran dispensé chaque matin.

Lors d’une interview accordée à Paris Match en 2004, Mohammed VI déclarait : « Mes sœurs, mon frère et moi avons été éduqués de manière sévère, avec un programme scolaire très chargé. Nous avons également eu une solide éducation religieuse à l’école coranique du palais. Je veux que mon fils reçoive les mêmes principes de base. » Avant d’ajouter : « Je ne veux pas qu’il soit forgé à mon image, mais qu’il forge sa propre personnalité. »

Sans doute. Reste que les études supérieures du prince se feront en adéquation avec les exigences de son futur métier de roi et seront donc décidées par son père sur cette base précise, non sur celle d’un quelconque élan personnel. Ainsi, et contrairement à ce qui a pu être dit (et écrit) récemment, Moulay El Hassan n’a nullement l’intention de préparer le concours d’entrée au collège de formation des pilotes de chasse. C’est une règle : la famille royale s’interdit de dépasser certaines limites, quelles que soient les passions – et les élans – personnels.

Autre idée fausse : celle selon laquelle Moulay El Hassan recevrait des cours de protocole. « Il n’y a rien de tel, confie une source au sein du palais, le protocole n’est pas une formation que l’on dispense. Le prince “grandit dedans” et c’est Mohammed VI lui-même qui en inculque les règles à son fils. » Par ailleurs, Moulay El Hassan, parfaitement polyglotte, parle déjà l’arabe, le français, l’anglais et l’espagnol. Et prononce des discours, à l’occasion des fêtes de fin d’année du Collège royal, de façon fluide et éloquente.

Concernant les loisirs, là aussi Moulay El Hassan se distingue de son père. Mohammed VI est un amoureux des voitures de course et de jet-ski. Son fils adore le foot et le basket, pratiquant aussi la natation, le ski et l’équitation. Lui-même cavalier émérite, Mohammed VI suit personnellement les programmes d’entraînement du prince, qui devrait bientôt participer à ses premiers concours hippiques.

La presse espagnole croit aussi savoir qu’il apprécie l’équipe du Barça et qu’il est fan de Lionel Messi, même s’il a dû remettre le trophée du Championnat du monde des clubs au Real Madrid, en 2014, à Marrakech. En revanche, père et fils partagent un certain penchant pour les performers et les chanteurs grand public, notamment Maître Gims.

Un prince du XXIe siècle

Dans les salons huppés de Rabat, les élites se plaisent à dire que Smyet Sidi est « éduqué pour devenir un monarque révolutionnaire dans le monde arabe ». Fantasme ou réalité ? Vu l’environnement dans lequel il a grandi, son futur règne sera en tout cas différent de celui de ses aïeux. D’abord, contrairement à son père, Moulay El Hassan a été élevé au sein d’une famille nucléaire. En cela, il sera un enfant certes hors du commun mais de plain-pied dans le XXIe siècle ; un siècle dont il connaît déjà les grands enjeux.

Ensuite, contrairement à son grand-père que tout le monde devait laisser gagner au tennis, Moulay El Hassan n’a pas été habitué à la flagornerie. Lorsqu’il joue au foot au centre d’entraînement des FAR de la Maamoura, à Rabat, avec plusieurs enfants de militaires, ses adversaires ne lui épargnent pas les tacles appuyés. Un camarade l’a même blessé au pied il y a quelques années, sans toutefois subir de châtiment ni même se retrouver écarté de la pelouse foulée par le prince…

Source : jeuneafrique.com

 

Gaza, Jérusalem: l’embarras des Etats africains

Depuis le début de la semaine, Israël fait face à une vague de condamnations internationales après le bain de sang dans la bande de Gaza où 60 personnes ont été tuées dans la répression féroce par l’armée des marches palestiniennes vers la frontière. Dans ce concert de protestation, le silence de la plupart des Etats africains traduit un certain malaise des chancelleries autour de la question palestinienne. Un silence qui a deux causes principales : les pressions américaines et le travail au long cours de la diplomatie israélienne.

Tout accaparés qu’ils étaient par le couple glamour Ivanka Trump - Jared Kushner, conseillers et émissaires du président américain à l’inauguration de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem, les photographes auront probablement manqué la présence parmi les dignitaires d’une dizaine de représentants de pays africains. Alors que la cérémonie battait son plein, des milliers de manifestants palestiniens étaient au même moment pris sous le feu de militaires israéliens protégeant à balles réelles la frontière entre l’Etat hébreu et la bande de Gaza à une centaine de kilomètres de là. Des violences qui ont provoqué une vague de condamnations internationales.

Mais en Afrique ces condamnations ont été plutôt rares. L’Afrique du Sud a rappelé son ambassadeur. Le président de la commission de l’Union africaine s’est fendu d’un communiqué dans lequel il condamnait « l'usage disproportionné de la force par l’armée israélienne ». Moussa Faki Mahamat, qui soulignait « que la relocalisation de l'Ambassade des États-Unis à Jérusalem ne peut qu'aggraver les tensions dans la région ». De son côté, le Sénégal  a appelé « la Umma islamique et les Nations unies à se mobiliser pour mettre fin à cette tragédie humaine ». Et Macky Sall de réaffirmer son « ferme attachement aux droits légitimes de nos frères et sœurs de Palestine à un Etat indépendant et souverain avec Al Quds Al Sharif [Jérsualem NDLR] pour capitale ». Le président sénégalais s’exprimait lors d’une réunion du Comité des affaires culturelles de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à Dakar.

Le Sénégal et Israël ont des rapports en dent-de-scie. Les relations diplomatiques entre les deux pays avaient été rompues en décembre 2016 quand Dakar avait obtenu du Conseil de sécurité des Nations unies le vote d’une résolution interdisant la colonisation en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. Le réchauffement s’était opéré six mois plus tard à l’occasion du sommet de la CEDEAO qui devait consacrer le retour du Maroc dans l’organisation ouest-africaine. Mais le roi avait annulé sa venue en raison de la présence au sommet du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu.

« Les Africains observent »

Lundi, Mohammed VI, en sa qualité de président du comité Al Quds de l’OCI, chargé notamment de suivre l’évolution de la situation de Jérusalem, s’est d’ailleurs exprimé sur le transfert de l’ambassade américaine, réitérant son « rejet de cet acte unilatéral, contraire à la volonté de la communauté internationale ». Mais rien sur les violences à Gaza.

La Ligue arabe qui compte parmi ses membres une dizaine d’Etats africains se réunit ce jeudi 17 mai au niveau ministériel après avoir déjà appelé la Cour Pénale internationale (CPI) à ouvrir une enquête. Quant à l’OCI, qui compte en son sein 25 pays africains, elle convoque une réunion extraordinaire vendredi. Mais en attendant, les capitales africaines se sont illustrées par leur silence. « Pour l’instant les Africains observent et estiment que peut-être, ce n’est pas à eux de faire le premier pas. Ils attendent que la Ligue arabe se manifeste avant d’emboîter le pas », commente Alhadji Bouba Nouhou, enseignant à l’université de Bordeaux-Montaigne. Alors pourquoi ce malaise sur une question palestinienne autour de laquelle l’Afrique a longtemps fait bloc ? « C’est une faiblesse de notre diplomatie multilatérale. Quand il s’agissait du régime d’apartheid sud-africain, de la Namibie et d’autres questions, l’Afrique était presque unanime. Aujourd’hui ça s’est bien effiloché à cause des pressions des Etats-Unis et d’Israël », estime le diplomate sénégalais Falilou Kane, ancien ministre et ancien président du Comité des droits des Palestiniens à l’ONU. Quand les Etats-Unis vous disent "Si vous votez contre moi je vous coupe les vivres", il y a beaucoup de pays qui, au maximum, vont s’abstenir ». Le désintérêt de l’administration Trump pour l’Afrique coïncide avec un intérêt croissant des Israéliens pour le continent. « Depuis l’arrivée de Donald Trump au pouvoir, on voit bien que la politique israélienne semble se coordonner avec la politique américaine, et pour la majorité des Etats africains -- notamment confrontés à des problèmes sécuritaires l’accès à la porte des Américains passe par le biais israélien », selon Alhadj Bouba Nouhou.

Diplomatie israélienne active

S’il ne date pas d’hier, l’intérêt israélien pour l’Afrique a connu un coup d’accélérateur ces deux dernières années. Depuis une tournée de Benyamin Netanyahu en Afrique de l’Est en 2016, Israël déploie des trésors de séduction à l’attention de nombreux pays africains. Même si l’an dernier la tentative d’un sommet Afrique-Israël  à Lomé a échoué sous la pression de plusieurs Etats, comme le Maroc, il semble que lentement mais sûrement Benyamin Netanyahu parvienne à avancer ses pions sur un continent dont une vingtaine de pays reconnaissent la Palestine comme un Etat et accueillent une ambassade. Une offensive diplomatique qui se traduit dans les faits par une coopération parfois militaire, mais souvent économique. L’expertise des compagnies israéliennes dans des secteurs comme la sécurité informatique, la surveillance, la protection des frontières intéressent les capitales. « Israël a aussi décuplé son aide au développement ces 15 dernières années, par l’intermédiaire de son  département des affaires étrangères, le MASHAV, surtout  dans les domaines de l’hydraulique et de l’agriculture, et ça, c’est un outil considérable du soft power israélien en Afrique », explique Elisabeth Marteu, chercheuse à l’Institut international d’études stratégiques.

Israël est entré en Afrique par l’est. Au-delà de ses relations historiques avec l’Ethiopie et le Kenya, l’Etat hébreu discute avec le Rwanda et l’Ouganda de la question des migrants africains qu’il souhaiterait y envoyer. Le Rwanda où il compte une ambassade depuis quelques mois. Israël sourit même à un Soudan qui a rompu avec Téhéran il y a 2 ans. Khartoum a longtemps été  accusé par l’Etat hébreu de faire transiter par son territoire des armes en provenance d’Iran  à destination de la bande de Gaza. L’aviation israélienne aurait même mené à plusieurs reprises des frappes contre des convois au Soudan. Pourtant un représentant de Khartoum était présent à l’inauguration de l’ambassade américaine lundi.

« Même le Maroc se rapproche petit à petit d’Israël. Les deux pays pourraient rétablir leurs relations diplomatiques, commente Alhadji Bouba Nouhou. On le voit aussi avec d’autres Etats, notamment le Soudan qui entretient aujourd’hui quelques relations informelles avec Israël. Petit à petit, les pays africains qui étaient réticents commencent à se rapprocher diplomatiquement d’Israël. Et l’élection de Donald Trump accentue ce rapprochement. »

« Israël a des amis en Afrique, mais combien sont-ils ? », tempère Falilou Kane. La réalité c’est que ces pays ont des intérêts avec Israël. Il ne s’agit pas de dire « nous n’avons pas de relations », ou « nous avons des relations avec Israël ». Depuis Camp David, l’Egypte a des relations avec Israël, ça ne veut pas dire que l’Egypte  accepte tout ce qu’Israël fait. »

Contexte international

Les vents sont favorables au gouvernement israélien. La remise au ban des nations de l’Iran par les Etats unis devrait avoir des conséquences positives pour les positions israéliennes. L’Arabie saoudite et les pays du Golfe très actifs au sein de la Ligue arabe ou de l’OCI pourraient émousser leurs critiques pour concentrer le feu sur l’ennemi commun iranien. Et les Africains s’aligneraient. D’autant qu’en Afrique la cause palestinienne a perdu de sa superbe. Paradoxalement, si dans les années 60 la question palestinienne était perçue comme un mouvement de libération nationale, la reconnaissance par de nombreux pays africains de la Palestine comme un Etat a peu à peu fissuré le bloc pro-palestinien constitué par un certain nombre de pays africains. La mort de Kadhafi longtemps défenseur de la cause a probablement joué aussi. « Il y a également le fait que les Etats arabes ne sont plus aptes à proposer quelque chose qui puisse ramener les Etats africains vers la cause palestinienne », ajoute Alhadji Bouba Nouhou. En somme, le désintérêt arabe pour la Palestine s’étend à l’Afrique.

En plus des astres qui s’alignent pour Israël, son travail diplomatique semble porter ses fruits. « L’entreprise de charme de la diplomatie israélienne marche de mieux en mieux, affirme Elisabeth Marteu. Cela étant, quand il faudra voter à l’assemblée générale des Nations unies, à l’Unesco, dans ce genre d’instance, est-ce-que les Etats africains vont véritablement changer leur positionnement ? A voir. »

Source : RFI

 

Municipales en Tunisie : les indépendants, nouvelle force « politique » ?

Les listes indépendantes ont récolté 32,3 % des suffrages aux municipales du 6 mai, devançant les islamistes de Ennahdha (28,6 %) et le parti laïc Nidaa Tounes (20,8 %). Une sanction contre ces deux partis au pouvoir ?

Dans les heures qui ont suivi le scrutin du 6 mai, le parti islamiste Ennahdha semblait être arrivé en tête des premières élections municipales libres en Tunisie. Mais lors de la conférence de presse organisée le 9 mai au soir pour annoncer les résultats préliminaires, l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a annoncé que les listes indépendantes étaient arrivées en tête avec 32,27 % des sièges, contre 28,64 % pour Ennahdha. Le parti présidentiel Nidaa Tounes recueille quant à lui 20,85 % des sièges. L’Isie a rappelé l’autre tendance majeure de ce scrutin : une abstention massive à hauteur de 64,4 % selon les chiffres les plus récents.

La percée des indépendants

Le taux de participation, environ deux fois plus faible que lors des élections législatives de 2014, semble indiquer un désaveu de la coalition au pouvoir entre les islamistes d’Ennahdha et les conservateurs de Nidaa Tounes. La percée des listes indépendantes indique la même dynamique. Dans plusieurs localités, les « istiqlalioun » (indépendants) passent devant ou talonnent les deux partis dirigeants.

À Kerkennah, c’est une liste indépendante, Kolouna Kerkennah, qui arrive en tête, ainsi qu’à Kelibia et dans bien d’autres villes

À Mahdia, la liste Manara Mahdia se glisse juste derrière celle d’Ennahdha, à quelques voix près. À Kerkennah, c’est une liste indépendante, Kolouna Kerkennah, qui arrive en tête, ainsi qu’à Kelibia et dans bien d’autres villes encore. Selon des observateurs, un certain nombre de listes indépendantes seraient proches d’Ennahdha ou du Front populaire, coalition d’extrême gauche qui n’a pas présenté de listes dans tout le pays.

Mais bien d’autres candidats aux municipales semblent se tenir à l’écart des formations politiques les plus puissantes du moment et sont ainsi célébrés. Dans la banlieue tunisoise, à La Marsa, le candidat indépendant Slim Meherzi a recueilli quelque 35 % des suffrages. Une importante percée, comparable à celle de Fadhel Moussa, un ancien militant d’Ettakatol, qui a de son côté créé la surprise à Ariana. Sa liste, Al Afdhal, est elle aussi passée devant les deux principaux partis tunisiens. Les deux hommes n’ont pas manqué d’attirer le regard des médias tunisiens et étrangers.

Ennahdha en tête chez les urbains

Les islamistes, eux, se sont le plus souvent confectionnés une belle place dans les villes. Ainsi, concernant la municipalité de Tunis, Ennahdha arrache 21 sièges sur 60, contre 17 pour Nidaa et 10 pour les listes indépendantes.

Ennahdha arrive en tête à Sfax, Bizerte, Kairouan, Gabès ou Gafsa

Le parti a ainsi remporté la première place à Sfax, deuxième plus grande ville du pays, mais aussi à Bizerte, Kairouan ou encore Gabès et Gafsa. La sahélienne et réputée bourguibienne Monastir revient en revanche à Nidaa Tounes.

La surprise « Tayyar »

Autre surprise, certes moins porteuse de conséquences, une petite formation se hisse à la quatrième place dans différentes localités : le Courant démocrate, dit « Tayyar », qui est une scission du Congrès pour la République (CPR), ex-parti présidentiel aujourd’hui fondu au sein du mouvement Al-Irada, toujours dirigé par l’ancien chef de l’État Moncef Marzouki.

À Douz, le Courant démocrate arrive à la quatrième place

À Douz, ville du Sud qui vit au rythme de l’industrie pétrolière, le Courant démocrate, dirigé par le député Ghazi Chaouachi, arrive à la quatrième place. Il obtient un siège à Hammamet, trois à Ksour Essef, et quatre à Ezzouhour, soit autant qu’Ennahdha. Le fondateur du parti, Mohamed Abbou, ancien secrétaire général du CPR, a fustigé à plusieurs reprises dans des médias nationaux l’alliance entre Ennahdha et Nidaa Tounes.

Source : jeuneafrique.com