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Politique en Afrique

Indice Mo Ibrahim 2017 : alerte sur la gouvernance en Afrique

Indice Mo Ibrahim 2017 : alerte sur la gouvernance en AfriqueL’édition 2017 de l’indice de gouvernance de la fondation Mo Ibrahim vient de paraître. Un document qui classe les performances des pays africains dans les domaines de la gouvernance, de l’économie, la justice et même à l’exposition au terrorisme.

Cette édition tire ainsi la sonnette d’alarme sur la résilience des réformes entreprises lors de la dernière décennie. La fondation Mo Ibrahim vient de publier l'édition 2017 de son Indice de Gouvernance. Les analystes de la Fondation estiment que le continent a enregistré des améliorations en terme de gouvernance lors de la dernière décennie (2007-2016).

Le score moyen en la matière au niveau continental est passé de 49,4 (sur 100) en 2007 à 50,8 en 2016, cette progression a connu un ralentissement entre 2012 et 2016 ne dépassant pas une hausse annuelle de 0,10.

La Côte d'Ivoire seule à maintenir le rythme

Cette amélioration de l'indice de gouvernance repose sur les efforts fournis par pas moins de 40 pays, alors que 12 pays ont vu leur notation baissée lors de cette période et que seul le Malawi a vu sa notation stagner en une décennie.

Bien que la majorité des pays africains semblent enregistrer une amélioration globale, cette tendance s'est essoufflée lors des 5 dernières années faisant passer le nombre de pays ayant réussi à maintenir l'amélioration de la gouvernance de 40 à 34 pays et les pays en déclin de 12 à 20.

Parmi les locomotives continentales en la matière, l'on retrouve des pays comme les Seychelles, la Namibie, la Tunisie ou encore le Sénégal qui occupent respectivement la seconde, la cinquième, la septième et la dixième place.

La fondation Mo Ibrahim a par ailleurs, salué « l'impressionnant effort » de la Côte d'Ivoire qui malgré sa vingtième place au classement enregistre une note annuelle d'un peu plus de 2 points lors des 5 dernières années contre une moyenne annuelle globale de 1,40 sur une décennie.

Le Rwanda perd de son lustre

L'indice alerte également de la lenteur du renforcement de la gouvernance dans 13 pays et évoque même des signaux d'alarmes. Le rapport pointe notamment le Rwanda qui faisait partie lors de la première partie de la décennie des top performers avec une croissance annuelle de 0,97 points qui a ralenti s'établissant à 0,75 points lors des 5 dernières années. Cette mise en garde vise également l'île Maurice, le Cap-Vert, le Lesotho, la Zambie, le Malawi, la Sierra Leone, le Cameroun, Djibouti, le Congo ou encore l'Angola.

Côté, « détérioration continue » de la gouvernance, l'indice pointe du doigt des pays comme le Burundi, la Libye, la Centrafrique, le Botswana ou encore le Ghana.

Ces deux derniers pays font paradoxalement partie des top performers de cet indice, tout en enregistrant respectivement la troisième et sixième baisse de notation lors des 5 dernières années. Niveau réglementation et lois, l'indice se montre beaucoup plus dur et parle d'une décennie « négative».

L'indice signale l'Algérie, le Bénin, l'Érythrée, le Malawi, la Mauritanie et le Soudan comme des Etats connaissant une « lente détérioration ».

Des pays comme le Burkina Faso, la RDC, l'Egypte, la Guinée-Bissau, le Madagascar, le Mali, le Maroc, le Nigeria, le Rwanda, Säo Tomé & Principe, Seychelles et l'Afrique du Sud, sont de leur côté classé comme des pays ayant rattrapé leur retard lors de cinq dernières années.

Global Terrorism Index

L'une des nouveautés de cette édition de l'indice Mo Ibrahim est le Global Terrorism Index (GTI). Un indice qui mesure le total des incidents terroristes, des victimes et dégâts aux propriétés subies suite aux actes terroristes enregistrés sur le continent lors de l'année précédente.

Le GTI dresse ainsi un « triste classement » où le trio de tête est composé du Nigeria, de la Somalie et de l'Egypte. Ces derniers sont suivis par la Libye, le Cameroun, le Niger, la RDC, le Soudan, le Kenya et la Centrafrique.

En terme d'opportunité économique durable, le top 3 continental de l'indice Mo Ibrahim est composé du Maroc, de la Namibie et de l'Egypte. La queue du peloton est composée de La Sierra Leone, la Libye ou encore le Sud-Soudan.

Des pays comme la Tanzanie, la Guinée et l'Érythrée ont été désignés comme des économies résilientes, alors que l'Algérie, le Madagascar, l'Afrique du Sud et la Tunisie ont été placé dans la zone de danger ou traversant une « lente détérioration ».

Source : La Nouvelle Tribune (Maroc)

 

Algérie : Controverse autour du 5e mandat du président Bouteflika

Algérie : controverse autour du 5ème mandat du président Bouteflika L’ancien président du comité consultatif des droits de l’homme en Algérie, FaroukGasnatiny a révélé samedi la volonté du président algérien Abdel Aziz Bouteflika de briguer un cinquième mandat en 2019.


Gasnatiny, cité par le site « tout sur l’Algérie », a affirmé avoir décelé cette volonté chez le président algérien lors de sa rencontre avec lui la semaine dernière. Interrogé sur la santé du chef de l’état algérien, Gasnatiny a dit qu’elle était bonne et son analyse extrêmement perspicace.

Il ajoute cependant que sa voix a perdu de sa tonalité et qu’il avait des difficultés pour se mouvoir sur ses jambes et restait assis sur sa chaise roulante.

« Connaissant parfaitement
Bouteflika, ajoute Gasnatiny, il veut rester au service de son pays jusqu’à sa mort, telle est sa nature, serviable et toujours au service de son pays.

Cette audience avec le chef de l’état algérien a été formellement démentie par l’agence officielle de presse algérienne qui a affirmé que les propos de l’avocat n’étaient que
« pure imagination. » Abdel Aziz Bouteflika a été élu à la présidence de la république algérienne en 1999, puis lors des élections présidentielles qui ont suivi, puis en 2014.

Cette dernière réélection a été largement critiqué eu égard à la santé du chef de l’état algérien, contraint d’aller voter sur un fauteuil roulant.

Abdel Aziz Bouteflika avait été victime en 2013 d’un AVC qui a affecté sa mobilité et ses capacités de locution.

Source : Sahara Medias (Mauritanie)

Zimbabwe: la Zanu-PF veut le départ définitif du pouvoir de Robert Mugabe

Le parti au pouvoir au Zimbabwe, la Zanu-PF, a annoncé, dimanche 19 novembre, qu'il enclencherait au Parlement la procédure de destitution du président Robert Mugabe si le plus vieux dirigeant en exercice au monde, 93 ans, ne démissionnait pas avant lundi midi. Dans la foulée, la Zanu-PF a désigné Emmerson Mnangagwa candidat à la présidentielle de 2018.

Tout va très vite à Harare. « Le camarade Robert Mugabe doit démissionner de la présidence du Zimbabwe et s'il ne l'a pas fait d'ici lundi midi (...) le président du Parlement » enclenchera la procédure de destitution, a déclaré, sous les vivats, le porte-parole de la Zanu-PF, Simon Khaye Moyo, à l'issue d'une réunion d'urgence du parti. Plus tôt, le chef de l'Etat zimbabwéen avait été démis, ce dimanche matin 19 novembre de ses fonctions à la tête de son parti.

Donner un cadre légal au coup de force des militaires

Le nouvel homme fort du Zimbabwe est désormais Emmerson Mnangagwa, âgé de 75 ans, dont le limogeage est jugé inconstitutionnel par la Zanu-PF. C’est lui-même qui agira en tant que président par intérim du parti, et ce jusqu’au congrès extraordinaire de la Zanu-PF qui se tiendra du 12 au 17 décembre.

Ce congrès doit ratifier officiellement les consignes données aujourd’hui par le parti. La Zanu-PF a déclaré qu’Emmerson Mnangagwa est son candidat pour les élections présidentielles de 2018 en remplacement de Robert Mugabe. On se souvient que c'est sa destitution, le 6 novembre dernier, qui a provoqué l'intervention de l'armée et les événements actuels.

On est visiblement ici dans une situation où la Zanu-PF veut donner un cadre légal au coup de force des militaires de mercredi dernier, en actant tout d’abord la destitution de Robert Mugabe de la tête de son parti,  puis de la tête du pays. Les délégués de la Zanu-PF ne siègent d'ailleurs pas au complet aujourd’hui puisque certains de ses membres les plus éminents sont en fuite, ont été arrêtés ou sont absents.

Grace Mugabe exclue du parti

La Ligue des jeunes avait également réclamé ce dimanche matin l'expulsion définitive de Grace Mugabe du parti. Une réclamation apparemment suivie d'effets : la Première dame a également été démise de toutes ses fonctions pour entre autres incitation à la haine, à la division et pour avoir tenté d’exercer sans mandat des fonctions qui n’étaient pas les siennes.

La pression monte

La pression autour de Robert Mugabe s'accélère donc. Une rencontre a eu lieu dans l'après-midi entre le président et l'état-major de l'armée, qui espère bien amener le plus vieux chef de l'Etat en exercice de la planète à quitter rapidement et définitivement ses fonctions.

Source : RFI

 

Esclavage en Libye : Réaction de l’Union africaine, appels à la mobilisation de la société civile

Esclavage en Libye : Réaction de l’Union africaine, appels à la mobilisation de la société civileLa vidéo choquante réalisée par la chaîne américaine CNN a fini par pousser les autorités africaines à sortir de leur silence. Une situation dénoncée depuis plusieurs mois qui sort finalement les autorités de leurs gonds. Le point sur les différentes réactions.

LNT évoquait ce commerce abject depuis plusieurs mois. Mais le phénomène n’a fait qu’empirer depuis quelques mois. Choquée par la vidéo diffusée par CNN, la société civile africaine s’organise.

On en veut pour preuve les dernières initiatives annoncées sur la toile. Claudy Siar, animateur très reconnu dans la sphère africaine a exprimé son indignation dans une vidéo qui a fait le tour de la toile. Il rejoint certains activistes comme Kemi Seba pour manifester devant l’ambassade libyenne en France.

Outre cette manifestation, plusieurs organisations de la société civile sénégalaises et maliennes, mais également des artistes comme Alpha Blondy ont également appelé à manifester devant les ambassades libyennes les plus proches. Objectif : mettre la pression sur les autorités libyennes pour que cessent ces pratiques intolérables.

L’Union africaine réagit… enfin!

Il y a quelques heures, LNT dénonçait le silence des organisations africaines, avec en tête l’Union africaine. Quelques heures plus tard, le président guinéen, Alpha Condé, également président en exercice de l’Union africaine prenait la parole pour exprimer son indignation et appeler à une enquête immédiate des autorités libyennes. Lire ci-dessous le communiqué officiel.

Communique du Président en Exercice de L’Union Africaine

Le Président Alpha Condé, Président de la République de Guinée, Président en Exercice de l’Union Africaine, exprime son indignation face au commerce abject de migrants qui prévaut en ce moment en Libye et condamne fermement cette pratique d’un autre âge.

L’Union Africaine invite instamment les autorités libyennes à ouvrir une enquête, situer les responsabilités et traduire devant la justice les personnes incriminées.

Elle invite parallèlement les autorités libyennes à revoir les conditions de détention des migrants.

Ces pratiques modernes d’esclavage doivent cesser et l’Union Africaine usera de tous les moyens à sa disposition pour que plus jamais pareille ignominie ne se répète.

Notre force, c’est notre humanité. Sachons la garder.

Pour l’Union africaine

Le Président en exercice

Professeur Alpha Condé

Président de la République de Guinée

Source : La Nouvelle Tribune (Bénin)

 

Angola : le chant du cygne d’Isabel dos Santos

Limogée le 15 novembre de la tête de la compagnie pétrolière nationale, la fille de l'ancien président José Eduardo dos Santos a publié un communiqué dans lequel elle fait le bilan de son année passée à la Sonangol.

Pas rancunière, Isabel dos Santos. Au moins d’apparence. La fille de l’ex-président angolais, limogée le 15 novembre par le nouveau président João Lourenço de son poste de présidente du conseil d’administration de la compagnie pétrolière nationale Sonangol, a publié un long communiqué dans lequel elle revient sur son bilan. Un texte qui ressemble fort à un chant du cygne.

« La compagnie pétrolière était en état de pré-faillite »

Remerciant tant ses anciens collaborateurs que l’ancien exécutif de lui avoir confié cette responsabilité, elle rappelle d’abord l’état dans lequel elle a trouvé la compagnie. « En juin 2016, la compagnie pétrolière était en état de pré-faillite », rappelle-t-elle dans ce communiqué daté du 16 novembre.

« La Sonangol est l’épine dorsale de l’économie nationale »

Puis d’égrener : « Nous avons réduit la dette financière de 13 milliards de dollars à 7 milliards de dollars ; nous avons augmenté nos revenus de 14,8 milliards de dollars en 2016 à 15,6 milliards de dollars en 2017 ; nous avons identifié 400 initiatives de réduction des coûts, pour un montant de 1,4 milliard de dollars, dont certaines sont déjà en cours pour économiser 784 millions de dollars, tandis que 380 millions de dollars d’économies ont déjà été réalisées ; nous avons augmenté la production de la raffinerie de Luanda, passée de 50 000 à 60 000 barils [et] avons commencé l’exportation ; nous avons réduit le coût de production du baril de 14 $ à 7 $ ; nous avons augmenté la production de gaz de 238 % ; nous exportons maintenant du gaz pour la première fois ; en 2016, nous avons réduit la perte à 256 millions de dollars et en 2017 nous aurons un résultat d’exploitation positif de 100 millions de dollars (…). »

Symbole du népotisme

Elle ne fait aucune allusion aux conditions de son éviction. Et, en guise de conclusion, elle souligne que la Sonangol est « l’épine dorsale de l’économie nationale et le gardien de l’avenir de nos enfants », et « souhaite le meilleur succès à la nouvelle équipe de direction ».

Symbole du népotisme qui régnait dans le pays (son frère José Filomeno, actuellement pris dans l’affaire des Paradise Papers, est lui à la tête du fonds souverain), la nomination de la « Princesse », telle qu’elle est surnommée en Angola, avait fait l’objet de vives critiques tant de la population qu’au sein du parti présidentiel, le MPLA.

De nombreux observateurs craignaient que le nouveau chef de l’État n’arrive pas à s’émanciper du clan Dos Santos et ne soit qu’une marionnette. En choisissant de s’attaquer à l’un de ses symboles les plus forts, il prouve le contraire.

Source : jeuneafrique.com

 

Zimbabwe : première apparition publique de Mugabe depuis le coup de force de l’armée

Le président zimbabwéen Robert Mugabe a fait vendredi sa première apparition publique depuis le coup de force de l'armée, à l'occasion d'une cérémonie de remise de diplômes universitaires à Harare. Placé en résidence surveillée avec son épouse Grace depuis mardi soir, Robert Mugabe a refusé de démissionner jeudi.

Le chef de l’État, était vêtu d’une toge bleue et d’une coiffe assortie, lors de cette réception organisée à l’université Zimbabwe Open. La veille, il s’était entretenu avec le chef d’état-major, le général Constantino Chiwenga, et avait refusé de démissionner. Le parti au pouvoir, la Zanu-PF, préparerait la mise à l’écart de Robert Mugabe et se dit prête à engager une procédure de destitution selon le l’agence de presse Reuters.

Mais « Comrade Bob » tient bon. Pour l’heure, en dépit du coup de force de l’armée et sa mise en surveillance surveillée avec son épouse Grace par les militaires dans la nuit de mardi 14 à mercredi 15 novembre, Robert Mugabe reste, sur le papier du moins, président du Zimbabwe. Un poste que le plus vieux chef d’Etat de la planète, 93 ans, occupe depuis maintenant 37 ans. Mais pour combien de temps encore ?

La question est sur toutes les lèvres alors que le nouvel homme fort du pays, Emmerson Mnangagwa, l’ancien vice-président zimbabwéen dont l’éviction a provoqué le coup de force est rentré jeudi au Zimbabwe, a-t-on appris vendredi matin dans son entourage. « Oui, il est de retour », a ainsi confirmé sous couvert de l’anonymat une source proche des putschistes.

Une résidence surveillée moins stricte ?

Un retour que Mnangagwa espérait sans doute dans une situation plus stable. Mais Mugabe, qui a rencontré jeudi après-midi le chef de l’armée, le général Constantino Chiwenga, au siège de la présidence à Harare, n’a rien cédé aux putschistes. « Ils se sont rencontrés aujourd’hui. Il a refusé de démissionner, je pense qu’il essaie de gagner du temps », a poursuivi la source sous le couvert de l’anonymat.

Selon un porte-parole à Pretoria, deux ministres sud-africains dépêchés par le président Jacob Zuma, fidèle soutien de Mugabe, ont également participé à la réunion. Un prêtre catholique était présent lors de cette réunion, rapporte également le site internet du quotidien gouvernemental The Herald, qui a par ailleurs relayé un communiqué de l’armée faisant état de plusieurs arrestations dans l’entourage du président. « Nous avons mis la main sur plusieurs des criminels, tandis que d’autres sont toujours en fuite ».

Des images diffusées par la télévision d’Etat après la rencontre ont montré le président Mugabe en veste bleu marine et pantalon gris au côté du général Chiwenga, tout sourire dans son treillis. Selon la télévision, Mugabe pourrait participer vendredi à une cérémonie de remise de diplômes à l’université, comme il l’avait fait par le passé. Si cela était confirmé, cela laisserait à penser que les conditions de sa résidence surveillée sont devenues moins strictes.

Le flegme des Zimbabwéens

A Harare, l’intervention des militaires a été accueillie avec flegme par les habitants, qui ont continué jeudi à travailler ou à vaquer à leurs occupations. Certains se sont réjouis d’entrevoir le départ du président. « Nous espérons que le Zimbabwe sera meilleur une fois sorti de l’ère Mugabe », a confié Tafadzwa Masango, un chômeur de 35 ans. « Notre situation économique se dégrade de jour en jour, il n’y a plus d’emploi, plus de travail. »

Dans l’intérêt du peuple zimbabwéen, Robert Mugabe doit démissionner, a déclaré Morgan Tsvangirai

Jeudi, plusieurs voix de l’opposition se sont fait entendre pour exiger à leur tour son départ et une transition vers des élections libres. « Dans l’intérêt du peuple zimbabwéen, Robert Mugabe doit démissionner », a déclaré Morgan Tsvangirai, le chef du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), le principal parti de l’opposition.

« Il ne fait aucun doute qu’il nous faut un accord de transition qui doit traiter de la reprise économique et de la réforme électorale », a renchéri l’ex-vice-présidente, Joice Mujuru, écartée en 2014, elle aussi, sur ordre de Grace Mugabe.

Le pasteur Mawarire prêt à discuter avec l’armée

Emblème de la fronde qui a secoué le pays en 2016, le pasteur Evan Mawarire s’est dit prêt à discuter avec l’armée. « En tant que citoyens, nous ne pouvons rester les bras croisés », a-t-il plaidé sur Facebook, « nous devons participer ».

Selon les analystes, les militaires sont déterminés à sortir rapidement de la crise. « Ils veulent que Mugabe signe sa démission au plus vite », a expliqué Knox Chitiyo, du centre de réflexion britannique Chatham House. « Ensuite ils veulent un président de transition, qui serait probablement Mnangagwa ».

Quant à la communauté internationale, elle continue à suivre de près la situation au Zimbabwe, inquiète de l’intervention de l’armée. « Nous n’accepterons jamais le coup d’Etat militaire », a averti jeudi le chef de l’Etat guinéen Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine (UA). « Nous exigeons le respect de la Constitution, le retour à l’ordre constitutionnel », a-t-il ajouté.

Vers un sommet extraordinaire de la SADC

Le commissaire pour la Paix et la Sécurité de l’UA, Smaïl Chergui, s’est montré moins alarmiste. « Au moment où nous parlons, le Parlement est toujours en fonctions et continue de travailler, le gouvernement continue de travailler, il n’y a pas de signes de violences dans le pays », a-t-il déclaré à Washington.

« Nous soutenons totalement les efforts de la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe) », a-t-il affirmé, « nous suivons leurs efforts en temps réel ».

A l’issue d’une réunion en urgence au Botswana jeudi, la SADC, que préside le président sud-africain Jacob Zuma, a appelé les protagonistes de la crise « à régler les défis politiques par des moyens pacifiques » en respectant la Constitution du Zimbabwe. L’organisation régionale a également annoncé la tenue d’un « sommet extraordinaire urgent » à une date à préciser.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie – Adellatif Hannachi : « On craint une nouvelle troïka hétérogène et bâtarde »

L'accord scellé entre Nidaa Tounes, Ennahdha et l'UPL de Slim Riahi a réactivé les craintes concernant une alliance contre-nature sur la scène politique tunisienne. Les vieux démons du parti unique refont surface.

Les deux annonces ont été faites presque simultanément. Le lendemain de la création, vendredi 10 novembre 2017, d’un nouveau Front parlementaire, mené par des déserteurs de Nidaa Tounes et deux autres partis au gouvernement, Ennahdha avait déjà évoqué – lors de l’assemblée générale de son bloc parlementaire – une éventuelle coalition avec Nidaa et l’Union Patriote Libre, le troisième parti le plus représenté au sein de l’Assemblée des Représentants du Peuple.

L’annonce de la formation d’un Front parlementaire progressiste intervient sur fond de crise économique, de tiraillements entre partis politiques autour de projets de loi controversés, et sur fond d’insécurité, en raison des attaques terroristes aux quatre coins du pays.

Formé à la suite de l’Accord de Carthage il y a un an, le gouvernement Chahed souffre déjà des dissensions qui traversent des partis au pouvoir, de leurs alliés et de leurs dissidents. Abdellatif Hannachi, analyste et professeur d’histoire politique moderne et contemporaine à l’Université de la Manouba à Tunis, livre à Jeune Afrique sa lecture d’un paysage politique tunisien constamment en ébullition.

Jeune Afrique : Comment expliquer les changements qui traverse la scène politique tunisienne ?

Abdellatif Hannachi : La situation politique n’est toujours pas stable en Tunisie, depuis 2011, comme on peut le constater. Le gouvernement d’union nationale en est à sa première année et à sa seconde version, et il semble être dos au mur, malgré des efforts et une volonté exprimée de lutter contre la corruption, la pollution… Il n’en reste pas moins qu’il subit les pressions des deux partis à la tête du pays, Nidaa Tounes et Ennahdha.

Composé au départ des partis signataires de l’Accord de Carthage, signé en juillet 2016, il n’en reste plus que deux au gouvernement (Nidaa et Ennahdha) aux postes-clés. D’autre part, les partis qui détiennent quelques postes de secrétaires d’Etat -Afek Tounes et Al Joumhouri- ne sont pas non plus en parfaite entente avec les partis principaux ou avec la politique du gouvernement même.

Comment se fait-il qu’Al Joumhouri (gauche), avec un unique représentant à l’ARP, perturbe autant un semblant d’apaisement au niveau du gouvernement ?

Al Joumhouri a signifié son désaccord à Nidaa et Ennahdha en se retirant du gouvernement, au début du mois de novembre, à cause de leurs choix politiques : la loi de réconciliation entre autres a créé beaucoup de scissions suite à son adoption au sein de l’ARP, malgré les réticences des partis et du public. Du côté des organisations, l’UGTT, une fois n’est pas coutume, soutient à 100% le gouvernement et ses décisions, et l’Utica émet des réserves par rapport à la Loi des finances 2018 que Youssef Chahed a présenté, menaçant même de se retirer de l’Accord de Carthage si Chahed la faisait passer. Le reste des partis de l’opposition a, enfin, un écho très limité au sein de l’Assemblée.

« Le duo Ennahdha-Nidaa Tounes tente de trouver un moyen de maîtriser ses « insurgés »

Depuis l’annonce d’un nouveau Front parlementaire progressiste, mené par Afek Tounes, Machrou Tounes, et plusieurs démissionnaires du Nidaa, celui-ci est en pleine ébullition. Un peu moins Ennahdha. Confirmez-vous ce constat?

Le Nidaa est confronté à des problèmes internes majeurs depuis un an, le despotisme régnant (ou émergeant, selon les interprétations) y est significativement pour quelque chose. Le fait que ses ex-députés soient en grande partie responsables de ce nouveau Front a inquiété Nidaa, qui s’est empressé de faire appel à son allié depuis les dernières présidentielles et législatives de 2014 pour y faire face. Il ne faut pas croire qu’Ennahdha ne subit pas des tensions internes : le parti gagne certes en pouvoir, mais perd sensiblement en popularité auprès du public. Et, depuis leur dernier congrès en mai 2016, où il a été décidé de séparer l’aspect prédicateur du politique, je sais que les bases moyenne et inférieure du parti ne sont pas satisfaites de cette nouvelle orientation. Ce parti évite simplement de laver son linge sale ouvertement.

Qu’est ce qui pourrait unir Nidaa à Ennahda dans le nouveau projet de coalition avec l’Union Patriotique Libre ?

Le Nidaa et Ennahdha s’entendaient sur l’absurdité du nouveau Front parlementaire. Cependant, comme des membres de Machrou Tounes et de Afek Tounes qui sont à l’initiative du nouveau Front, font aussi partie du gouvernement, et qu’ils ne comptent surtout pas partir comme Al Joumhouri, le duo devait absolument trouver un moyen de maîtriser ces « insurgés ». Au Nidaa, on voit bien que les membres du nouveau front sont plus homogènes qu’au sein de leur ancien parti.

Quelles perspectives peut-on entrevoir à partir de la formation de l’UPL, le parti de Slim Riahi qui sort à peine des méandres de la justice ?

Slim Riahi a bien réussi sa négociation : une place aux côtés de Nidaa Tounes et d’Ennahdha, en échange d’une certaine accalmie vis-à-vis de ses ennuis judiciaires et financiers. En tout cas, c’est ma perception de ce qui se passe. Maintenant que l’UPL les a rejoints,  le Nidaa et Ennahdha (il s’était retiré de l’Accord de Carthage début 2017), peuvent se retrouver dans une position de « majorité confortable », avec les 16 députés sur un total de 217 grâce auxquels l’UPL est troisième à l’ARP (trois d’entre eux ont migré vers le bloc de Nidaa).

Il est clair que cette coalition précipitée tente d’avorter le nouveau front avant sa naissance même : l’UTICA n’est pas le seul à contester la loi des finances 2018, plusieurs partis au sein de l’Assemblée se sont prononcés contre, notamment Afek Tounes, qui fait partie à la fois du gouvernement et du front parlementaire progressiste. On redoute surtout un empiétement sur les voix des autres partis politiques, que ce soit au sein de l’ARP ou au gouvernement. L’inquiétude générale monte au sujet d’une coalition de partis dont l’identité politique est divergente : un parti libéral « progressiste », un second d’obédience islamique, et un troisième dont l’idéologie est plus que floue. Cela porte fortement le souvenir, pas si lointain, d’une troïka hétérogène et bâtarde. Et le sort de cette dernière est désormais connu de tous.

Source : Jeuneafrique.com

 

Coup d'Etat» au Zimbabwe: depuis Pretoria, Jacob Zuma se pose en médiateur

Au Zimbabwe, l’armée a pris le contrôle du Parlement et de la télévision dans la nuit du 14 au 15 novembre à Harare.

Dans un communiqué, le porte-parole des forces armées affirme pourtant qu’il ne s’agit pas d’un « coup d’Etat », mais seulement de chasser les « criminels » dans l’entourage du président Robert Mugabe. Des arrestations ont eu lieu, notamment du ministre des Finances qui se trouve désormais aux mains de l’armée. Depuis Pretoria, le président sud-africain Jacob Zuma a joint Robert Mugabe par téléphone et appelé au calme.

Dans la matinée, Jacob Zuma a annoncé s’être entretenu au téléphone avec Robert Mugabe. Le président zimbabwéen lui a dit être détenu dans sa résidence privée mais aussi qu’il allait bien.

Soutien de Robert Mugabe, Jacob Zuma a tout l’air d’être le médiateur dans la crise au Zimbabwe. Le président sud-africain est également en contact avec l’état-major de l’armée zimbabwéenne.

Changement contraire à la « Constitution »

Mais Jacob Zuma s’est exprimé au nom de la SADC, la Communauté de développement d’Afrique australe. « Très préoccupé », le président sud-africain a appelé le gouvernement et les forces armées zimbabwéennes à résoudre leur conflit de manière pacifique.

Il s’oppose à un changement qui serait contraire à la constitution du pays, ce qui ne serait pas en accord avec les exigences de la SADC. L’organisation régionale pourrait d’ailleurs être utile selon lui en cas d’impasse politique au Zimbabwe.

Jacob Zuma a également demandé à son ministre de la Défense et son ministre de la sécurité d’Etat de prendre la direction d’Harare aujourd’hui pour rencontrer les deux parties.

Source : RFI

 

 

 

Maroc : pour Mohammed VI, l’autonomie est l’unique voie pour le règlement du conflit au Sahara occidental

Quelques heures avant son départ aux Émirats arabes unis, le roi du Maroc a réitéré qu’aucune solution à la question du Sahara occidental n’est possible en dehors de la souveraineté de son pays.

Pour le 42e anniversaire de la Marche verte – ordonnée par Hassan II pour récupérer le Sahara occidental de la main des Espagnols -, le roi Mohammed VI a préféré miser sur la carte de l’Histoire.

Il y a 60 ans, son grand-père, Mohammed V, prononçait un discours à M’hamid El Ghizlane, ville saharienne limitrophe du territoire algérien, en présence des chioukhs [pluriel de « cheikh »] et des chefs de tribus de la région qui lui avaient prêté allégeance.

Il y avait déclaré « qu’il poursuivra son action pour le retour du Sahara au Maroc » conformément « aux liens historiques » tissés avec le trône alaouite et « à la volonté de ses habitants ».

Cet évènement est survenu deux ans après l’indépendance du Maroc en 1956 et bien avant que la question du Sahara occidental ne soit consignée par les Nations-Unis en 1963. À l’époque, l’Algérie, alliée du Front Polisario, n’était alors qu’un département français et n’avait pas encore recouvré son indépendance…

Cette piqûre de rappel historique vise à démontrer que le Maroc n’acceptera aucune solution à ce conflit historique qui empoisonne la région depuis 41 ans sans prise en compte de la souveraineté marocaine.

« Marocanité » du Sahara occidental

Depuis le départ des Espagnols du Sahara en 1976, ce conflit régional est instruit par la communauté internationale qui a cherché à le régler mais sans y parvenir en raison de la profonde divergence des points de vue. Le Maroc revendique l’autonomie de ce territoire sous sa souveraineté. Tandis que le Front Polisario, soutenu par Alger, défend l’option de l’indépendance.

Mais Mohammed VI ne restera pas « les bras croisées » en attendant que ce conflit soit résolu au sein de l’ONU. Au vu des liens historiques qui lient le Sahara au Maroc, il entend continuer l’exécution du plan de développement qu’il a enclenché en 2015 dans ce vaste territoire de 266 000 km2.

Pas moins de 7 milliards d’euros d’investissements publics et privés ont été annoncés par Rabat sur une décennie, en plus de la valorisation de le culture hassanie – patrimoine de la région sahraouie – désormais inscrite dans la Constitution du royaume au même titre que les cultures arabe, judaïque et berbère.

La « marocanité » du Sahara occidental est la priorité de l’agenda politique du royaume. Outre ses enjeux de souveraineté, cette expérience est conçue comme un véritable laboratoire de la régionalisation avancée du royaume.

Une nouvelle ère à l’ONU

Sur la scène internationale, depuis son retour au sein de l’Union africaine (UA) en janvier 2016, Rabat a entamé une vaste offensive pour isoler le Polisario et le couper de ses soutiens historiques. Il en est résulté une détérioration sans précédent de ses relations avec son voisin algérien à coups d’insultes et de propos diffamatoires.

Mais l’arrivée du Portugais Antonio Guterres, à la tête des Nations-Unis en 2016 a redonné de l’espoir à Rabat après des relations extrêmement tendues avec son prédécesseur, Ban Ki-moon. Le nouveau secrétaire général ainsi que son émissaire personnel, l’Allemand Horst Köhler, semblent être dans de meilleures dispositions pour en finir avec ce conflit.

Tournée dans le Golfe

Quelques heures après son discours sur la Marche verte, Mohammed VI s’est envolé pour les Émirats arabes unis pour « une visite de travail et d’amitié ». Il est accompagné par ses porches conseillers tels que Fouad Ali El Himma, Yassir Zenagui et Abdelattif Mennouni, ainsi que d’autres personnalités, dont le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.

Une visite qui intervient en pleine crise du Golfe, accentuée par la purge sans précédent qui a lieu actuellement en Arabie saoudite suite à l’arrestation de dizaines de princes et hautes personnalités sur fond d’accusations de corruption.

Proche des monarchies du Golfe qui soutiennent politiquement et économiquement son pays, Mohammed VI a toujours privilégié la carte de la médiation. Le dimanche 12 novembre, il sera au Qatar, soumis aux sanctions de la coalition saoudienne. Sa dernière visite dans ce pays date d’avril 2016.

Source : Jeuneafrique.com

 

Égypte : le président Sissi annonce qu'il ne briguera pas de troisième mandat

Égypte : le président Sissi annonce qu'il ne briguera pas de troisième mandatLe président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a indiqué lundi, dans une interview à CNBC, qu'il ne comptait pas modifier la Constitution et qu'il ne briguerait pas un troisième mandat.

Le président Abdel Fattah al-Sissi le promet : il ne briguera pas de troisième mandat à la tête de l'Égypte, a-t-il affirmé lundi 2 octobre dans une interview à la chaîne de télévision américaine CNBC.

Abdel Fattah al-Sissi a déclaré qu'il ne souhaitait pas modifier la Constitution, qui prévoit une limite de deux mandats de quatre ans. "Je ne m'imagine pas rester au pouvoir un jour de plus contre la volonté des Égyptiens", dit dans cette interview l'ancien maréchal, auxquels ses adversaires et les défenseurs des droits de l'Homme reprochent d'étouffer toute forme d'opposition.

Élu en 2014 après la destitution par l'armée du président islamiste Mohamed Morsi, le maréchal Sissi n'a cependant pas révélé s'il comptait ou non être candidat à un second mandat lors de l'élection présidentielle prévue en mars 2018.

S'il se présente, il affrontera l'avocat défenseur des droits de l'Homme Khaled Ali, célèbre pour avoir mené une bataille judiciaire contre le régime. Khaled Ali est le premier candidat à s'être déclaré.

Source : France24

 

 

Algérie – Maroc : « It’s the economy, stupid* ! » Par Marwane Ben Yahmed

«La création d’un climat passionnel, les insultes, non seulement entre les dirigeants mais surtout entre les masses, encore sensibles au particularisme et au nationalisme, creusent un fossé qu’il sera difficile de combler. »

Cette analyse visionnaire émise en 1964 émane d’un certain Mohamed Boudiaf. Et n’a hélas, plus d’un demi-siècle plus tard, pas pris une ride. En témoignent les récentes déclarations antimarocaines du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, et la énième crise diplomatique qui en a découlé.

Sur le plan des relations bilatérales, l’encéphalogramme est toujours désespérément plat (aucune visite depuis plus de sept ans). Pis, le conflit qu’entretiennent les frères ennemis du Maghreb paralyse toute une région (les réunions de la mal nommée Union du Maghreb arabe ne se tiennent même plus), l’une des moins intégrées au monde, avec l’aberrante fermeture d’une frontière de 1 600 km, et empoisonne la vie du continent tout entier.

La tenue du sommet Union européenne (UE)-Union africaine (UA), à Abidjan, fin novembre, a ainsi donné lieu à un nouvel affrontement en coulisses autour de l’invitation ou non de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Depuis le retour du Maroc dans l’UA, le 30 janvier 2017, la tension est encore montée d’un cran. Consternant.

Le mal s’est enkysté

L’arrivée au pouvoir concomitante, en 1999, de Mohammed VI et d’Abdelaziz Bouteflika, lequel est né à Oujda, avait pourtant suscité l’espoir d’une détente entre les deux pays. Tout le monde s’accordait à penser que seule une volonté commune au plus haut sommet des États pouvait dénouer cet inextricable écheveau de rancœur, de fiel et d’aveuglement. Or leur dernier entretien remonte à… 2005, à l’occasion d’un sommet de la Ligue arabe à Alger. Deux longues heures de tête-à-tête, puis une trentaine de minutes d’échanges restés secrets dans un véhicule officiel, sur la route de l’aéroport. Chaleureuses accolades devant les caméras. Nous y avons cru.

Douze ans plus tard, les fruits n’ont jamais passé la promesse des fleurs. Le mal – défiance et jalousie permanentes, incessantes attaques contre le voisin, course effrénée à l’armement de part et d’autre, absence de dialogue même sur des questions cruciales (développement économique, lutte antiterroriste) – s’est au contraire enkysté.

Et on ne voit guère aujourd’hui ce qui pourrait le résorber. D’autant qu’il est impossible d’imputer la responsabilité de la situation actuelle à une seule partie. Les torts sont très largement partagés, comme les saillies verbales et les coups bas. Chaque capitale pose ses préalables à une normalisation des relations. Pour Rabat, c’est la réouverture de la frontière. Pour Alger, c’est le règlement global du conflit au Sahara, l’un des plus vieux du monde. La vipère à cornes se mord la queue…

Complémentarité

Seule solution pour sortir de cette impasse : construire une relation purement économique en laissant – comme cela a toujours été exprimé mais jamais appliqué – le dossier sahraoui entre les mains des Nations unies. Et cesser de remuer les sables du passé pour déterminer, comme dans les interminables vendettas corses ou sardes, qui a offensé l’autre en premier.

Il y a tant à faire et tant à gagner. Le Maroc et l’Algérie partagent la même langue, la même religion et les mêmes us et coutumes. Ils sont surtout parfaitement complémentaires. Sur le plan énergétique, le royaume chérifien se contente aujourd’hui de percevoir des droits de passage sur le pipeline qui traverse son territoire vers l’Europe, alors qu’il pourrait bénéficier des ressources algériennes en hydrocarbures.

Rêvons un peu : un partenariat stratégique entre l’Office chérifien des phosphates (OCP), numéro un mondial dans l’extraction, et l’algérien Sonatrach, première entreprise africaine en matière de chiffre d’affaires, pourrait aboutir à la naissance d’une industrie pétrochimique d’envergure et, soyons fous, à celle d’un leader mondial dans le domaine de la production d’engrais. Avec des débouchés colossaux en Inde, en Chine ou au Brésil.

Autre domaine où la complémentarité est criante : l’agroalimentaire. L’Algérie est le premier importateur de la rive sud de la Méditerranée, alors que son voisin produit massivement agrumes, céréales, tomates ou huile d’olive en quantité.

La liste des aberrations, notamment dans l’industrie, est tellement longue qu’elle prendrait plusieurs pages de cet hebdomadaire. Des Renault Logan importées de Roumanie par l’Algérie alors qu’elles sont assemblées à Tanger. Des entreprises contraintes de faire des transbordements via l’Europe pour s’approvisionner entre elles. Des billets d’avion Alger-Casablanca 60 % plus chers que ceux à destination de Paris.

Ressentiment pavlovien

Par la mer, c’est carrément ubuesque : un voyageur souhaitant se rendre à Oran depuis Tanger doit transiter par Almería ou Alicante et changer de compagnie de ferry…

Conséquence de ce grand gâchis pour les cinq pays du Maghreb : un manque à gagner annuel estimé entre 2 % et 3 % de leurs PIB cumulés. Aveuglées par un ressentiment pavlovien, les élites politiques, économiques et intellectuelles des deux pays perpétuent un conflit suranné qui ne concerne guère leurs populations, en particulier les jeunes, majoritaires, dont les priorités sont ailleurs.

Un jour, peut-être, ces nouvelles générations exigeront de leurs dirigeants qu’ils se préoccupent enfin de leurs intérêts en mettant fin à cette triste mascarade…


(*) Célèbre formule de James Carville, conseiller de Bill Clinton lors de la campagne présidentielle de 1992 face à George H. Bush. ce dernier avait mise sur son bilan en politique étrangère, alors que son adversaire, lui, avait fait de l’économie et de ses conséquences sur le quodien des Américains son cheval de bataille. Avec le succès que l’on sait.

Source ; jeuneafrique.com

 

Tunisie : le parti Al Joumhouri se désolidarise du gouvernement de Youssef Chahed

Al Joumhouri affirme ne plus s'entendre avec le parti au pouvoir, Nidaa Tounes. Un retrait sans véritables conséquences, mais qui dévoile les faiblesses du gouvernement d'union nationale.

Le secrétaire général du parti Al Joumhouri, Issam Chebbi, a annoncé, ce lundi 6 novembre que son parti retirait son soutien au gouvernement d’union nationale. Il avait pourtant compté parmi les neufs partis (Nidaa Tounes, Ennahdha, Afek Tounes, Machrou Tounes, Mouvement Achaab, Al Moubadara, Al Joumhouri et la Voie démocratique et sociale, Al Massar) et trois organismes nationaux à avoir paraphé, en juillet 2016, le document de Carthage, qui édictait les priorités et la feuille de route de l’exécutif, confié à Youssef Chahed en août 2016.

Issam Chebbi justifie cet abandon par une incompatibilité avec le parti au pouvoir, Nidaa Tounes, et son directeur exécutif, Hafedh Caïd Essebsi. Au passage, Al Joumhoury perd Iyed Dahmani, ministre chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, qui a préféré démissionner du parti le 4 novembre plutôt que de quitter la Kasbah. Membre du pré-carré de Youssef Chahed, qu’il connait depuis 2011, le dissident d’Al Joumhouri pourrait être tenté de suivre le chef du gouvernement dans d’éventuelles futures péripéties politiques.

Ne plus soutenir le gouvernement n’aura que peu d’effets négatifs sur Al Joumhouri. Au contraire. Le parti, qui avait enregistré en 2011 et 2014 des revers électoraux, aura ainsi les coudées franches pour s’inscrire dans l’opposition, bien que ne disposant que d’un siège à l’Assemblée tunisienne. Une situation qui lui permet d’aborder les municipales de 2018 et les législatives de 2019 en se prévalant non seulement d’une certaine indépendance vis-à-vis du gouvernement, mais aussi de la faculté de dire qu’il a donné donné l’alerte en prenant ses distances avec le document de Carthage.

Difficultés à tenir le cap

Le départ d’Al Joumhouri ne changera rien à la marche du gouvernement mais entache l’image d’une union nationale soudée autour d’un exécutif annoncé comme celui de la dernière chance pour la stabilité de la Tunisie, qui a connu depuis 2011 pas moins de dix gouvernements. Mais ce retrait dit aussi toutes les difficultés du gouvernement à tenir le cap. Issam Chebbi dénonce les pressions exercées par les deux partis majoritaires à l’Assemblée, Ennahda et Nidaa Tounes, qui, à ce titre, entendent mener la danse de l’exécutif. Il met aussi Youssef Chahed en fâcheuse posture en lui souhaitant « bon courage » et en lui souhaitant également « de  s’affranchir des pressions des autres partis ».

« Al Joumhouri n’a plus de réelle influence », assure un député du Front Populaire. Il est vrai que cette manœuvre, sans grandes conséquences, permet à Al Joumhouri d’obtenir de la visibilité le temps d’une conférence de presse. Il n’empêche que cette décision est une mauvaise publicité qui dévoile les faiblesses du gouvernement et va contribuer à alimenter les rumeurs et les interrogations sur sa fiabilité.

Source : Jeuneafrique.com

 

Kenya: l'IEBC déclare Uhuru Kenyatta réélu président avec 98,2% des voix

Le président sortant du Kenya, Uhuru Kenyatta, a remporté avec 98,26% des voix l'élection présidentielle du 26 octobre, boycottée par son principal opposant, Raila Odinga, a annoncé ce lundi 30 octobre le président de la Commission électorale (IEBC).

Uhuru Kenyatta a réuni sur son nom 7,483 millions de voix, contre 73 228 pour Raïla Odinga. La participation a été de 38,8 % des électeurs inscrits, en forte baisse par rapport au scrutin du 8 août (79 %), annulé par la Cour suprême pour « irrégularités ». Avant d'énoncer les résultats comté par comté, Wafula Chebukati, le président d'une Commission électorale très critiquée, a estimé que ce nouveau scrutin, organisé après l'invalidation de celui d'août, avait été « libre, équitable et crédible ».

La Commission a décidé de proclamer la victoire d'Uhuru Kenyatta, en dépit du fait que le scrutin n'a pas pu se tenir dans quatre comtés de l'ouest du pays acquis à l'opposition. Elle considère que le vote dans ces quatre comtés - sur les 47 que compte le pays -, même s'il devait avoir lieu, ne pourrait remettre en cause le résultat global.

L'opposition devrait réagir

Reste à savoir quel sera le message du chef de l’Etat ? Tendra-t-il la main à ses adversaires, comme en août ? Raïla Odinga est resté pour l’instant ferme. L’opposant devait s’exprimer devant ses partisans ce lundi pour expliquer sa stratégie. On s’attend à des annonces de boycott, des manifestations, des marches. Une résistance non armée, a précisé le chef de la coalition Nasa, il y a quelques jours.

Il n’empêche, on craint de nouvelles violences. Ce matin, même l’ambassadeur américain a demandé aux Kenyans de rejeter les politiques de haine. Bob Godec a appelé à un dialogue national, immédiat, ouvert et transparent.

Source : Jeuneafrique.com

 

Soutien à la force du G5 Sahel : "la stratégie avant l'argent", préviennent les États-Unis

Soutien à la force du G5 Sahel : Les États-Unis sont bien disposés à apporter leur soutien financier à la force du G5 Sahel, mais avant, il leur faut être convaincus de la stratégie que compte mettre en place la task force.

À l’ONU comme en France, les États-Unis sont appelés à l’aide pour l’opérationnalisation de la force du G5 Sahel, une force militaire composée de soldats de cinq pays (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad et Mauritanie) engagée dans la lutte contre l’extrémisme radical dans la région du Sahel.

Mais le discours de Washington reste le même : pas question d’apporter un soutien financier à cette force dont les orientations ne sont toujours pas claires. Nikki Haley, l’ambassadrice américaine à l’ONU l’a réitéré ce vendredi lors d’un point presse, en marge de sa visite en République démocratique du Congo.

"Qu’on nous montre quelque chose, nous sommes ouverts à cela. Nous ne sommes pas opposés, mais ce que nous disons maintenant, c’est que littéralement, aucune information qui nous a été donnée jusque-là nous convainc qu’ils savent exactement comment tout cela va se dérouler", a déclaré Haley aux journalistes vendredi.

L'une des choses les plus difficiles à faire dans une organisation comme celle-là est d'essayer de synchroniser les efforts de ces cinq pays et d'avoir une stratégie cohérente plutôt qu'une série d'engagements dans des endroits différents.

"L’une des choses les plus difficiles à faire dans une organisation comme celle-là est d’essayer de synchroniser les efforts de ces cinq pays et d’avoir une stratégie cohérente plutôt qu’une série d’engagements dans des endroits différents", a pour sa part déclaré le général Thomas Waldhauser, le commandant américain pour l’Afrique.

Certes, les États-Unis ont accepté en juin de ratifier une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, rédigée par la France, pour apporter un soutien politique à la force du G5 Sahel, mais ils refusent cependant de contribuer au budget de 490 millions de dollars nécessaires au lancement de la force prévu dans les tous prochains jours.

Encore que, quelques mois plus tôt, le président américain Donald Trump avait annoncé dès sa prise de fonction, une réduction drastique de la contribution américaine au budget des opérations de maintien de la paix de l’ONU, dont les États-Unis sont les principaux bailleurs.

Ce raidissement de Washington avait créé des tensions avec la France, que les États-Unis soupçonnent de vouloir trouver un exutoire à la fin de la mission Barkhane, embourbée dans le nord du Mali depuis 2014, en remplacement des précédentes opérations françaises Serval et Éperviers.

Pour l’heure, l’option américaine est une collaboration bilatérale avec les pays sous la menace djihadiste. Le général Waldhauser a ainsi indiqué que les États-Unis versent actuellement au total 51 millions de dollars en contributions bilatérales à la défense des pays du G5.

Une mesure apparente des États-Unis dont l’engagement antiterroriste en Afrique a récemment été mis sous le feu des projecteurs. En effet, si la participation du pays aux opérations antiterroristes en Afrique était jusque-là minimisée, elle a été mise en exergue avec la mort de quatre soldats américains tués dans une embuscade au Niger, le 4 octobre. Une affaire qui a créé un tollé aux États-Unis.

Carole Kouassi
avec REUTERS
Source : Africanews

 

 

Ces chefs d'Etat africains qui ont félicité Xi Jinping pour sa réélection

Ces chefs d'Etat africains qui ont félicité Xi Jinping pour sa réélectionIl est l’incarnation des pouvoirs politique, militaire et économique depuis son élection en 2012. Xi Jinping a été réélu cette semaine pour cinq ans à la tête de la Chine lors de son 19e Congrès du du Parti communiste chinois(PCC).

Une réélection applaudie sur le Continent où la deuxième puissance économique mondiale est devenue le premier investisseur. Sans exhaustivité, voici une sélection des réactions des chefs d’Etat africains qui ont acclamé la confirmation du leader chinois sur le fauteuil du palais présidentiel de Zhongnanhai à Pékin.

Une réélection avec à la clé, l'inscription de son nom dans la charte du Parti communiste chinois(PCC) à côté de Mao Zedong. Avec son rempilement à la tête de la Chine et du Bureau politique du PCC, la presse exagère à peine à flanquer Xi Jinping des surnoms de l'«Empereur Rouge » ou encore «Le Nouveau Timonier ». La « doctrine Xi Jinping » va être enseignée dans les écoles et universités chinoises.

La puissance de Xi Jinping fait fantasmer dans les palais africains

La toute-puissance de l'homme qui est confirmé à la tête de la deuxième puissance économique mondiale fait fantasmer les locataires des palais présidentiels africains qui cherchent la parade pour conserver leur fauteuil. Au-delà, la réélection de Xi Jinping a suscité des messages de félicitations de la part de ses pairs africains.

Il y a d'abord ces pays dont les présidents ont baigné dans l'idéologie marxiste-léniniste. Depuis le Zimbabwe, le message de Robert Mugabe a plaidé pour la consildation de la relation Chine-Afrique. « Nous félicitons le Président Xi Jinping d'être le leader d'un pays si progressiste.

Mais nous sommes aussi heureux que le Congrès [du PCC] se soit penché sur le contexte actuel des relations avec l'Occident comme sur les relations avec des pays en voie de développement, l'Afrique en particulier. Nous sommes heureux que cette question a été abordée »
, a réagi le président zimbawéen.

Dans le même sillage, après un message de féliciations pour sa « brillante élection », le Nigérien Mahamadou Issoufou n'a pas tari d'éloge sur ce partenaire économique qui accompagne plusieurs projets d'infrastructures ou de santé. « Le Niger salue la pertinence et la prééminence de vos initiatives à l'endroit de l'Afrique dont notamment le partenariat sino-africain qui est un modèle de coopération entre la Chine et les pays africains », ponctue le message.

A Aso Rock Villa d'Abuja, Muhammadu Buhari a souhaité plien succès au « rêve chinois » lors du second mandat de Xi Jinping. « Votre leadership avisé et ferme a joué un rôle essentiel dans les changements en Chine au cours des cinq dernières années et le renouvellement de votre mandat renforcera sans aucun doute l'unité du PCC et son leadership central et unifié et renforcera la cohésion de la nation chinoise », fait savoir le général-président.

Au Gabon, Ali Bongo a encensé ce nouveau partenaire qu'il place en face de ses partenaires économiques traditionnels. « Ce succès est le résultat de votre patriotisme avéré qui vous a permis de faire de la Chine un pays toujours plus prospère, un pays respecté et admiré sur la scène internationale », commente le locataire du Palais du Bord de mer.

Tout en indiquant sa disposition à poursuivre le partenariat sino-gabonais, il ajoute que « la confiance que le Comité central de votre grand parti vient de placer en vous est un vibrant hommage rendu à vos grandes qualités d'homme d'Etat ».

La même rhétorique est empruntée par le président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz. En affirmant sa détermination pour la coopération Chine-Mauritanie, il salue « les grandes réalisations accomplies par le peuple chinois ami au cours de votre premier mandat prouvent de façon éclatante vos capacités exceptionnelles de dirigeant et la portée stratégique de vos idées qui promettent un avenir radieux pour le peuple chinois et renforcent les fondements de la paix internationale ».

Félicitations en cascade et beaucoup d'absents

Le roi Mohamed VI du Maroc y est aussi allé de son message. « Le renouvellement de la confiance en votre personne et l'inclusion de votre pensée dans la charte du Parti communiste chinois témoignent de la grande considération dont vous jouissez auprès des représentants du peuple chinois, eu égard aux qualités de sagesse et d'acuité politique dont vous faites preuve, et de votre engagement indéfectible à conduire votre pays vers davantage de réalisations économiques, sociales et politiques lui permettant d'occuper la place d'avant-garde qui lui échoit dans le concert des nations ».

En Tunisie, c'est Hafedh Caïd Essebsi, directeur exécutif de Nidaa Tounes (au pouvoir) qui adresse le message au dirigeant chinois. Le fils du président tunisien souhaite « voir les efforts déployés par le président Xi Jinping couronnés par davantage de réussite et de prospérité ».

Au chapitre des félicitations sur le Continent, beaucoup d'absents notamment le Guinéen Alpha Condé, le Sénégalais Macky Sall, l'Ivoirien Alassane Ouattara, l'Angolais Joao Lourenço, le Togolais Faure Gnassingbé et même le très présent Béninois Patrice Talon.

On ne verra pas également le message de Roch Marc Christian Kaboré du Burkina dont le pays reconnaît Taïwan à la place de la Chine. Dans la ligne du dernier allié de Pékin sur le Continent, Sao-Tomé ou encore le Swaziland, passés sous le giron chinois récemment, ont joué la carte de la discrétion.

Par Ibrahima Bayo Jr.
Source : La Tribune Afrique

 

 

Maroc-Algérie: «Il est temps de dépasser cette querelle qui déshonore le Maghreb»

Maroc-Algérie: «Il est temps de dépasser cette querelle qui déshonore le Maghreb»Pressions, menaces de boycott... Le grand sommet entre Africains et Européens, prévu à Abidjan le 29 novembre prochain, est l'objet d'un bras de fer. La République Arabe sahraouie démocratique veut en être, mais la Côte d'Ivoire ne veut pas l'inviter. Qui est derrière ce bras de fer ? Quelle en seront les conséquences ? Le Mauritanien Ahmedou Ould Abdallah a été, de 1979 à 1980, le chef de la diplomatie de son pays, puis l'un des secrétaires généraux adjoints de l'ONU. Aujourd'hui, il préside une société de conseil, le Centre 4S - Stratégie, Sécurité, Sahel, Sahara. En ligne de Nouakchott, il répond aux questions de RFI.

RFI : Ahmedou Ould-Abdallah, qu’est-ce que vous pensez de ce bras de fer entre le Maroc et la République arabe sahraouie à propos du prochain sommet d’Abidjan ?

Ahmedou Ould-Abdallah : Pour moi, ce sommet entre l’Union européenne et les pays africains, est très intéressant. Ce sera d’ailleurs le 4ème, après Le Caire, Lisbonne, Tripoli. Ce sera très intéressant de voir Ouattara, qui est un économiste et qui attache une importance à l’économie. Contrairement à ce qu’on peut penser, Ouattara est jeune dans son approche des relations internationales. Il sait que sans économie on fait du surplace ou on fait des slogans comme dans les années 1970. Et donc ce sommet, la tenue de ce sommet à Abidjan, est importante.

En tant que membre de l’Union africaine, la République arabe sahraouie veut être présente. Mais en tant que pays organisateur, la Côte d’Ivoire ne veut pas l’inviter et déclare : « Nous convions qui nous voulons ».

Je sais qu’il y a eu des relations entre l’Afrique et certaines grandes puissances, comme les Etats-Unis et l’Afrique en 2014 ou la Chine. Je ne sais pas comment les arrangements se sont faits, mais je suis sûr qu’entre pays et dirigeants responsables une formule peut être dégagée.

Le 16 octobre à Addis-Abeba le Conseil exécutif de l’Union africaine a réaffirmé le droit de tous les Etats membres à participer à ce sommet, donc y compris la République arabe sahraouie, mais la Côte d'Ivoire ne veut y voir que les Etats souverains et donc pas la République arabe sahraouie.

L’intérêt pour beaucoup d’Africains est : comment faire en sorte que l’Afrique passe de l’aide au commerce. Et je pense qu’ils doivent arrêter ces querelles politiques qui datent depuis des décennies. Même avant qu’on ne parle de la guerre du Sahara, déjà l’Afrique était lancée dans ce qu’un ami sénégalais appelait « les guerres d’anciens combattants ». Des guerres qui ne concernent pas l’Afrique.

Si la République arabe sahraouie n’est pas invitée à Abidjan, les Etats qui la soutiennent menacent de boycotter le sommet d’Abidjan et d’exiger sa délocalisation à Addis-Abeba. Est-ce que cela vous inquiète ?

Je ne pense pas que ce soit faisable. Parce que, quand même, ce n’est pas les Africains seulement qui vont décider. Ce sont leurs partenaires. Et je suis sûr qu’il y aura assez de compréhension et de contact entre Africains pour que le sommet ait lieu à Abidjan. Le sommet à Abidjan donne une autre dimension. C’est la dimension, une fois de plus, commerce. Ce n’est pas une réunion diplomatique. C’est l’investissement et les échanges.

Derrière le forcing de la République arabe sahraouie certains disent qu’il y a l’Algérie. Et derrière le blocage de la Côte d’Ivoire certains disent qu’il y a le Maroc. Qu’en pensez-vous ?

Ce que je pense c’est que l’Afrique du Nord à laquelle j’appartiens largement, comme j’appartiens à l’Afrique de l’Ouest… N’exagérons pas, la Tunisie est un pays dynamique et actif, mais le Maroc et l’Algérie doivent trouver des capacités qui les aident à ne pas donner l’impression de bloquer l’Afrique subsaharienne dans ses efforts d’investissement et d’économie. Je sais que le Maroc est très présent sur tous les plans : économiques et autres en Afrique subsaharienne, en particulier en Afrique de l’Ouest, mais les statistiques de la Banque mondiale et de l’Organisation internationale du commerce montrent que le commerce intra-africain est bloqué, à cause de la faiblesse, de l’inexistence de commerce entre le Maroc et l’Algérie, qui sont quand même de grandes économies de ce continent. Ces querelles doivent épargner l’Afrique subsaharienne, en particulier le Mali, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Le 20 octobre dernier lors d’un forum des chefs d’entreprise à Alger, le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelkader Messahel, a accusé certaines entreprises marocaines de blanchir l’argent du hachisch en Afrique et la Royal Air Maroc de transporter, peut-être, des substances illicites. Et du coup, le lendemain, le royaume a rappelé son ambassadeur à Alger. Pourquoi cette crispation soudaine ?

Ce sont ces genres de querelles dont il faut épargner, et la Côte d’Ivoire et l’Afrique subsaharienne, en particulier le Mali, le Niger, le Sénégal et le Burkina Faso, sans parler du Tchad. Nos querelles en Afrique du Nord qui atteignent déjà l’Europe, qui bloquent les échanges entre les populations des deux pays, doivent épargner l’Afrique subsaharienne.

Est-ce que cette dernière crispation est liée au bras de fer sur le sommet d’Abidjan ?

Très probablement. Et dans mon esprit c’est assez regrettable que des pays frères et voisins depuis 1975 soient dans cette mésentente, tout en me félicitant en même temps qu’il n’y ait pas eu de guerre chaude. Mais je crois qu’il est temps de dépasser cette querelle qui ne fait pas honneur au Maghreb vis-à-vis des frères africains, des Européens ou des Asiatiques.

Quand vous dites depuis 1975 c’est depuis le conflit du Sahara occidental ?

Depuis le conflit du Sahara occidental, même si certains le font remonter à la première Guerre des Sables de 1962 ou 1963.

Voilà 27 ans que la frontière est fermée entre l’Algérie et le Maroc. Est-ce qu’on a chiffré le manque à gagner pour ces deux pays et peut-être au-delà ?

La commission économique pour l’Afrique, ou l’Organisation mondiale du commerce, ont considéré que ce blocage - cette fermeture des frontières - plombe le commerce intra-africain. Le commerce intra-africain est le plus faible dans le monde. Les vraies causes de la faiblesse du commerce intra-africain est la fermeture de la frontière entre l’Algérie et le Maroc, deux économies - quand même - parmi les plus puissantes du continent.

Source : RFI

 

Sahara occidental : la RASD n’est pas la bienvenue au sommet UA-UE d’Abidjan

Sahara occidental : la RASD n’est pas la bienvenue au sommet UA-UE d’Abidjan La participation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) au 5ème sommet UE-Afrique qui se tiendra le 29 et 30 novembre prochain à Abidjan en Côte-d’Ivoire est en suspens.

La Côte d’Ivoire n’a pas invité la République arabe sahraouie démocratique (RASD) à participer au sommet UA-UE prévu les 29 et 30 novembre à Abidjan. « Nous ne reconnaissons pas cet État et en avons informé le président de la Commission africaine, confie un officiel ivoirien. Nous finançons cette rencontre et y convions qui nous voulons. »

La Côte d’Ivoire refuse de servir de cadre à une bataille entre Marocains et Sahraouis, comme ce fut le cas lors du sommet arabo-africain de Malabo en novembre 2016 ou lors de celui de Maputo (entre le Japon et l’Afrique), en août. Réuni en session extraordinaire le 16 octobre à Addis-Abeba, le conseil exécutif de l’UA a réaffirmé, dans une ambiance tendue, le droit de tous les États membres à prendre part à cet événement.

Via ses canaux officiels, l’entité sahraouie continue d’annoncer sa participation…

Source : Jeune Afrique

 

Kenya: l'opposant Raila Odinga appelle au boycott de la présidentielle

L'élection présidentielle aura bien lieu ce jeudi 26 octobre au Kenya. Le chef de la commission électorale l'a confirmé dans l'après-midi. Le scrutin est boycotté par l'opposition, son chef de file, Raila Odinga n'y participe pas. Ce mercredi après-midi ce dernier a réuni plusieurs milliers de partisans dans la capitale Nairobi. Le chef de file de l'opposition kényane leur a demandé de ne pas aller voter. De son côté, le président Uhuru Kenyatta exhorte ses concitoyens à la «paix» pour le scrutin de demain, organisé après l'invalidation par la Cour suprême de l'élection du 8 août.

« Ne participez pas à cette élection truquée », a demandé l’opposant à ses supporters habillés tout en orange, la couleur de son parti. Un nouvel appel au boycott donc, auquel Raila Odinga a apporté des précisions cette fois. Il a demandé à ses partisans de convaincre leur entourage de ne pas aller voter. Il leur a conseillé d’organiser des prières ou de rester à la maison.

Pour le leader de la Nasa, il s’agit de protester contre une élection «anti-démocratique» mais aussi sauver des vies. « Nous savons que le régime est prêt pour utiliser n’importe quelle excuse pour massacrer notre peuple », a déclaré Raila Odinga.

A plus long terme, l’opposant a annoncé qu’à partir d’aujourd’hui, la coalition Nasa se transformait en mouvement de résistance. Pour lui cela veut dire une posture de désobéissance, cela passe par le boycott des biens, services et produits qui bénéficieraient au pouvoir. Il a aussi convoqué une assemblée du peuple pour le retour de la démocratie et de mobiliser toutes les forces en faveur d’une nouvelle élection dans les prochains 90 jours.

Le président kényan a parlé à son tour. Uhuru Kenyatta a dit qu’il était temps d’arrêter d’être dans la politique, dans l’incertitude, et qu’après cette élection, tout le monde devait travailler ensemble pour rattraper le temps perdu. Le chef de l’Etat a ajouté qu’il ne laisserait pas l’anarchie s’installer, que ceux qui n’étaient pas d’accord avec ce scrutin devaient rester dans le cadre de la loi et qu’il protégerait les Kényans.

Source : RFI

 

Maroc : Mohammed VI limoge plusieurs ministres, suite à la contestation dans le Rif

Le roi du Maroc a limogé mardi plusieurs ministres et un haut fonctionnaire en raison du retard d'exécution du projet de développement d'Al-Hoceïma, épicentre de la contestation dans le Rif.

Le roi du Maroc a remercié ce mardi quatre ministres et le directeur d’un établissement public suite à un rapport de la Cour des comptes épinglant leur défaillance dans la réalisation des projets de développement de la région du Rif.

Selon un communiqué de la Maison royale, il s’agit du ministre de l’Éducation nationale et ancien ministre de l’Intérieur, Mohammed Hassad ; du ministre de l’Habitat et de l’Urbanisme, Mohamed Nabil Benbdellah ; du ministre de la Santé, El Hocine El Ouardi ; ainsi que du secrétaire d’État à l’Éducation nationale et ancien directeur général de l’Office de formation professionnelle et de promotion du travail (OFPPT), Larbi Bencheikh. Le directeur de l’Office national de l’eau et de l’électricité (ONEE), Ali Fassi Fihri, a lui aussi été limogé.

Par ailleurs, le roi a exprimé son mécontentement concernant d’autres membres du gouvernement précédent, qui ne se verront plus attribuer de nouvelles fonctions officielles. Il s’agit de Rachid Belmokhtar, ancien ministre de l’Éducation nationale, de Lahcen Haddad, ancien ministre du Tourisme, de Mohamed Amin Sbihi, ancien ministre de la Culture, de Lahcen Sekkouri, ancien ministre de la Jeunesse et des sports ainsi que de Hakima El Haité, ancienne secrétaire d’État chargée de l’Énergie, des mines, de l’eau et de l’environnement.

Mesures disciplinaires pour 14 fonctionnaires

Le communiqué royal indique que Mohammed VI a donné ses instructions au chef du gouvernement pour qu’il prenne des mesures disciplinaires à l’égard de quatorze autres fonctionnaires de l’administration.

Mohammed VI a ordonné ces sanctions et limogeages suite à un rapport de la Cour des comptes qui lui a été présenté ce mardi après-midi par son directeur Driss Jettou. Ledit rapport a conclu à la responsabilité de plusieurs des ministres de l’ancien gouvernement et a épinglé de hauts fonctionnaires pour leur responsabilité dans le retard des projets de développement d’El-Hoceima ayant provoqué les contestations qui ont secoué depuis près d’un an cette province, chef-lieu du Rif.

La Cour des comptes a confirmé qu’il n’y a eu aucun cas de fraude ou de malversations, mais de la bureaucratie et des retards injustifiés. À titre d’exemple, la commission de suivi de ces projets, composée des responsables sanctionnés, ne s’est réunie qu’en février 2017, soit 16 mois après la signature de la convention…

Source : Jeuneafrique.com

 

Le Mali expulse un enseignant français qui a évoqué l’« Azawad » dans un devoir

Le gouvernement malien a ordonné lundi l'expulsion d'un professeur d'une école française de Bamako qui a utilisé le terme « Azawad » dans un devoir d'histoire-géographie distribué à ses élèves.

L’affaire a largement dépassé les murs de l’école française Liberté à Bamako et prend désormais une tournure diplomatique. Dans un communiqué publié lundi 23 octobre, le ministère malien des Affaires étrangères a annoncé l’expulsion du territoire national de M. Robin Guiovanopoulos sous 72 heures.

Depuis quelques jours, cet enseignant français en cycle primaire est au cœur d’une polémique pour avoir qualifié le nord du Mali d’« Azawad » dans un devoir d’histoire-géographie distribué à ses élèves.

Dans ce document, plusieurs questions reprennent ce terme controversé, utilisé par les indépendantistes et les ex-rebelles du Nord pour désigner le septentrion malien. Il est ainsi demandé aux élèves de répondre à plusieurs questions, comme « Qu’est-ce que l’Azawad ? », « Cette région appartient-elle au Mali ? »,  ou encore « Quelle est la capitale de l’Azawad ? ».

Tollé sur les réseaux sociaux

Ces formulations ont choqué plusieurs parents d’élèves et la publication du devoir sur les réseaux sociaux a immédiatement déclenché un tollé.

Face à la controverse naissante, l’ambassade de France au Mali s’est fendu d’une communiqué, le 18 octobre, pour « présenter ses excuses au ministère des Affaires étrangères et de la coopération internationale pour cet incident ».  L’ambassade dit notamment « regretter les inexactitudes et les raccourcis que pouvait contenir ce devoir, sur un sujet qui fait actuellement débat au Mali » et assure qu’il n’y avait « aucune intention malveillante de la part du professeur […] qui n’avait pas mesuré la portée politique du terme Azawad ».

La chancellerie française précise également avoir saisi le proviseur de l’établissement Liberté pour qu’il rappelle à l’ensemble des enseignants le « devoir de réserve auquel ils sont tenus ».

Quant au professeur mis en cause, il devrait être expulsé dans les heures à venir et être convoqué prochainement au siège de l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (Aefe), à Paris. « Nos hôtes doivent respecter les valeurs sur lesquelles notre pays est fondé, conclut une source ministérielle malienne. L’unité du Mali est un principe sacro-saint avec lequel nous ne transigeons pas. »

Source : Jeuneafrique.com

 

Maroc et « argent du haschich » : Rabat rappelle son ambassadeur en Algérie

Le Maroc a annoncé samedi avoir décidé du rappel pour consultation de son ambassadeur à Alger, en réaction à des déclarations du ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel, accusant des entreprises marocaines de "blanchir l'argent du haschich" en Afrique.

Qualifiant dans un communiqué les déclarations de M. Messahel de « gravissimes », le ministère marocain des Affaires étrangères a également indiqué avoir convoqué vendredi soir le chargé d’affaires de l?ambassade d?Algérie pour lui faire part du « caractère irresponsable, voire enfantin » des propos visés.

Intervenant la veille à Alger lors de l’université d’été du Forum des chefs d’entreprise, le chef de la diplomatie algérienne a évoqué la montée en puissance des investissements marocains sur le continent au cours des dernières années, et la rivalité entre voisins maghrébins dans ce domaine.

« Les banques marocaines, c’est le blanchiment de l?argent du haschisch, ça tout le monde le sait. C’est des chefs d’Etats africains qui me le disent », a affirmé Abdelkader Messahel, selon des extraits de l’intervention largement partagés samedi matin sur les réseaux sociaux et internet.

« Si c’est ça les banques, je ne sais pas, personne ne nous impressionne. La Royal Air Maroc (la compagnie publique marocaine, ndlr) transporte autre chose que des passagers, et cela tout le monde le sait. On n’est pas le Maroc, On est l’Algérie. On a un potentiel, on a de l’avenir. Nous sommes un pays stable », a-t-il renchéri.

Pour Rabat, ces « propos affabulatoires » sont « d’un niveau d?irresponsabilité sans précédent dans l’histoire des relations bilatérales » et « témoignent d’une ignorance aussi profonde qu’inexcusable des normes élémentaires du fonctionnement du système bancaire et de l’aviation civile ».

« Ces déclarations sans fondement ne sauraient porter atteinte à la crédibilité ni au succès de la coopération (…) avec les pays africains », a encore souligné Rabat, avant de cibler à son tour Alger.

« Ces allégations mensongères ne peuvent justifier les échecs ou cacher les véritables problèmes économiques, politiques et sociaux de ce pays », a ainsi fustigé le ministère marocain.

Les sources de tensions -parfois marquées par des rappels d’ambassadeur pour « consultation »- sont relativement fréquentes entre les deux frères ennemis du Maghreb.

Les frontières algéro-marocaines sont fermées depuis 1994, et les deux pays entretiennent des relations difficiles en particulier autour de la question du Sahara occidental.

Cette ancienne colonie espagnole est en grande partie sous contrôle du royaume, qui la considère comme partie intégrante de son territoire. Mais le Front Polisario, soutenu par l’Algérie, en réclame l’indépendance.

Source : Jeuneafrique.com