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Politique en Afrique

Présidentielle en Algérie: un début de campagne électorale sous tension

La campagne pour la présidentielle du 12 décembre a commencé dimanche en Algérie, mais les cinq candidats ont du mal à la mener comme ils l'entendent. Leurs meetings se tiennent en présence des forces de police, et plusieurs ont été perturbés par des contestataires, opposés à la tenue de la présidentielle dans les conditions actuelles.

Meetings interrompus, protestataires devant les salles, slogans hostiles à la présidentielle, voilà à quoi ressemble le début de la campagne pour l'élection du 12 décembre en Algérie. Les candidats se déplacent, depuis dimanche, pour tenter de convaincre les électeurs alors que des milliers de personnes continuent de manifester, chaque vendredi, contre cette élection.

Ali Benflis, qui a été le Premier ministre d'Abdelaziz Bouteflika au début des années 2000, était ce lundi dans l'Est. Ses deux meetings ont été perturbés. Le premier, par trois protestataires qui ont été interpellés, selon un journaliste local. Le second, par des dizaines de personnes massées à l'extérieur pour scander « pas de vote ». Même scénario pour le candidat Abdelmadjid Tebboune, également ex-Premier ministre, à Adrar, dans le centre du pays.

Appel au calme

La presse algérienne évoque des rassemblements contre le scrutin dans plusieurs autres villes. Près de Bejaia, la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme indique que la police a tiré des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes contre les protestataires et que l'on compte trois blessés légers. Son vice-président appelle au calme dans ce contexte sensible.

Source : RFI

 

Côte d’Ivoire – « Ils sont allés chercher tous les Maliens » : Henri Konan Bédié crée à nouveau la polémique

Henri Konan Bédié à son domicile parisien le 10 septembre 2019.Le président du PDCI, Henri Konan Bédié, a accusé le RHDP d'avoir recruté des « Maliens » pour grossir les rangs d'un meeting organisé à Paris. Des propos qui provoquent la polémique, jusqu'au sein de son propre parti.

Il s’agit de sa seconde sortie controversée du patron du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) en l’espace de cinq mois. Cette fois, c’est aux responsables du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) que le Sphinx de Daoukro a décidé de s’attaquer.

« Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que leur désillusion est grande. Et leur enthousiasme s’éteint progressivement à chacune de leurs timides sorties où ils ne cessent de convoyer de vrais faux militants pour espérer tromper l’opinion tant nationale qu’internationale, comme ce fut le cas récemment à Paris et à Sinfra », a lancé Bédié, le 14 novembre dernier, lors du Bureau politique de son parti.

Face à un public acquis à sa cause, le président du PDCI a alors mis de côté son discours écrit pour se lancer dans une saillie improvisée. « À Paris, il s’agissait effectivement d’une réunion pour laquelle ils sont allés chercher tous les Maliens à la sortie ! »

Propos confus

Et le vieux dirigeant, galvanisé par les ovations, de poursuivre son propos. « Mais laissez-moi terminer, d’ailleurs. Ils sont allés, un vendredi, à la sortie de la messe de 13 heures, en donnant 100 euros à tous les militants de cette mosquée. Il s’agit de la mosquée de Toits-Rouges à Paris… »

Un responsable, assis à ses côtés, lui glisse alors quelques mots à l’oreille. Bédié se corrige, il ne s’agit pas de la mosquée de Toits-Rouges – un quartier d’Abdidjan – « il s’agit de la mosquée de Château Rouge ». Au passage, Henri Konan Bédié un « détail » important : la réunion du RHDP n’a pas eu lieu un vendredi – jour de la grande prière hebdomadaire pour les musulmans – mais un samedi…

 

Pour confus qu’ils soient, ces propos ont été aussitôt été abondamment relayés sur les réseaux sociaux. Les uns dénonçant une sortie « xénophobe », les autres saluant « l’audace » du président du PDCI.

« Pourquoi le président Bédié voit-il des étrangers partout ? Pis, pourquoi ne voit-il que des étrangers ? Cette manière de faire la politique rend cette dernière nauséabonde et donne au PDCI l’image d’un parti politique ayant une offre politique moribonde. Le parti mérite mieux », s’inquiète l’analyste politique Sylvain N’Guessan.

Début mai, sa sortie contre des « étrangers » avait soulevé la polémique, au point que le gouvernement l’avait menacé de poursuites judiciaires. Mais cette fois, ses propos sur la supposée présence de Maliens à une réunion du RHDP à Paris est dénoncée jusque dans ses rangs. Selon nos informations, une délégation d’élus et de jeunes du PDCI compte le rencontrer pour lui demander d’être plus mesuré dans ses propos.

Source : jeuneafrique.com

 

Mauritanie et Sénégal réclament un mandat renforcé contre le djihadisme au Sahel

Mauritanie et Sénégal réclament un mandat renforcé contre le djihadisme au SahelLaLibre - Les présidents mauritanien et sénégalais Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et Macky Sall ont réclamé de concert lundi près de Dakar un mandat renforcé pour les forces combattant la progression djihadiste au Sahel, notamment celle de l’ONU déployée chez leur voisin malien en guerre.

Entre les forces maliennes et étrangères, « pas moins de 30.000 hommes (se trouvent) sur un terrain qui est pris en otage par une bande d’individus. Il y a un problème. Pourquoi nous ne sommes pas capables de régler ce problème ? « , a demandé le président sénégalais.

« Il s’agit pas de faire le procès de l’ONU. L’ONU, c’est génial, mais il faut qu’elle accepte de se réformer et de réformer ses procédures (…) Il faut un mandat robuste au Mali », a dit M. Sall, qui ouvrait près de Dakar le Forum international sur la paix et la sécurité réunissant responsables étrangers et experts.

Il a appelé directement la Chine et la Russie au Conseil de sécurité de l’ONU à permettre que soit décerné un mandat plus fort à la Minusma, la force de l’ONU au Mali.

Dakar participe à la Minusma. La Mauritanie, elle, fait partie de la force conjointe du G5 Sahel, avec le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Tchad. Les deux pays s’alarment de la propagation, dans la sous-région, des agissements djihadistes depuis 2012 à partir du nord du Mali.

Même discours côté mauritanien que sénégalais: « L’Onu doit se réformer (…) dans sa politique de maintien de la paix, qui n’est pas en adéquation avec les enjeux » sécuritaires au Sahel, a lancé le président mauritanien.

« Des forces régionales mobiles, plus légères, et connaissant mieux le terrain doivent être davantage privilégiées, plutôt qu’une force lourde et statique », a-t-il dit.

« L’Onu doit ainsi donner un mandat plus robuste et un financement plus pérenne aux forces sous-régionales telles que la force conjointe du G5 Sahel », qui « n’a hélas pas reçu jusqu’ici l’appui logistique et financier promis », a-t-il déploré.

« Combattre le terrorisme au Sahel est à la fois un devoir de solidarité et un impératif de sécurité collective », a renchéri le président sénégalais. « En Afrique et hors du continent nous sommes tous menacés, nous avons tous intérêt au maintien de la paix ».

« Autrement les forces terroristes, vaincues ailleurs, en Irak ou en Syrie, vont trouver dans les zones de vulnérabilité en Afrique des sanctuaires où ils vont prospérer, se réorganiser », a mis en garde M. Sall.​

Source : LaLibre (Belgique)

 

 

Burkina Faso : un parti d’opposition suspendu pour avoir réclamé la « démission » du président

Le président du Burkina Faso, Roch Marc Christian Kaboré, le 14 septembre 2019 à Ouagadougou.Le Front patriotique pour le renouveau (FPR, opposition) a été suspendu de toute activité pendant trois mois mercredi par arrêté ministériel. Le parti réclamait la "démission sans délai" du président Roch Marc Christian Kaboré et du gouvernement.

« Les activités du parti politique dénommé Front patriotique pour le renouveau (FPR), sont suspendues (…) trois mois (…) au motif que les propos tenus par M. Aristide Ouédraogo, président du FPR lors des déclarations publiques des 3 et 11 novembre portent atteinte » à la loi sur les partis politiques, a indiqué dans son arrêté le ministre de l’Administration territoriale, Siméon Sawadogo.

Le ministre cite plusieurs articles qui prévoient notamment que « les partis doivent, dans leur programme et dans leurs activités, proscrire l’intolérance, le régionalisme, l’ethnocentrisme, le fanatisme, le racisme, la xénophobie, l’incitation et le recours à la violence sous toutes ses formes (…) Ils s’abstiennent de répandre des opinions ou d’encourager des actions qui, d’une manière ou d’une autre, portent atteinte à la souveraineté, à l’intégrité et à la sécurité du Burkina Faso ».

Une situation « exécrable »

Le FPR ne pourra notamment pas pendant trois mois organiser de réunions publiques. Le parti se refuse à tout commentaire avant la réunion de la direction du FPR.

Dans une déclaration publiée le 3 novembre et dépeignant une situation nationale « simplement devenue exécrable » sur les plans économique, social et sécuritaire, « avec le terrorisme qui avance à grands pas et met à nue l’incapacité des gouvernants à sécuriser la nation », le FPR avait demandé la « démission sans délai du gouvernement actuel » du Burkina Faso.

Le 11 novembre, lors d’une sortie publique, Aristide Ouédraogo avait réitéré cet appel à la démission y compris celle du président Roch Marc Christian Kaboré.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie: le chef historique d'Ennahdha, Rached Ghannouchi, élu président du Parlement

Rached Ghannouchi, chef historique du parti d'inspiration islamiste Ennahdha arrivé en tête des législatives d'octobre en Tunisie, a été élu mercredi président du Parlement, institution clef de la jeune démocratie, avec 123 voix sur 217, selon l'AFP. M. Ghannouchi a accédé à la présidence de l'Assemblée après un accord avec le parti libéral Qalb Tounes de l'homme d'affaires controversé Nabil Karoui, ont indiqué plusieurs sources au sein de ces partis.

Source : RFI

 

Forum sur la paix: les pays du Sahel réclament plus de moyens face au terrorisme

Forum sur la paix: les pays du Sahel réclament plus de moyens face au terrorismeRFI Afrique - Le deuxième Forum de Paris sur la paix se tient jusqu’au jeudi 14 novembre dans la capitale française. Une trentaine de chefs d’État et de gouvernement étaient présents, à l’ouverture, pour évoquer la défense du multilatéralisme, et les grands défis internationaux.

Concernant l’Afrique, la situation sécuritaire a été évoquée, tout particulièrement celle du Sahel. Les dirigeants du Mali, du Niger et du Tchad ont défendu leur action dans la lutte contre le terrorisme lors d’une discussion publique.

Au-delà des actions militaires nécessaires pour contrer les groupes armés, les trois chefs d’État ont insisté sur l’importance du développement, car la pauvreté est, selon eux, le carburant du terrorisme.

Le président tchadien Idriss Déby affirme pourtant ne pas avoir connaissance d’engagements forts de la part de leurs différents partenaires, qui puissent aller directement aux populations des zones vulnérables. En revanche, il en existe au niveau du G5 Sahel, affirme son homologue du Niger. Mais les moyens manquent, selon Mahamadou Issoufou.

« On entend souvent les critiques dire : "Le G5 Sahel n’a pas de stratégie, les chefs d’États du G5 Sahel n’ont pas de stratégie". Nous avons une stratégie mais nous manquons de moyens pour la mettre en œuvre », affirme le président du Niger.

« Nous nous sentons comme esseulés »

Les budgets des pays du Sahel sont notamment plombés par les dépenses en matière de défense et de sécurité, a poursuivi le président malien. Malgré le déploiement de forces internationales sur le terrain, Ibrahim Boubacar Keïta affirme que le monde est sourd à leurs appels à la solidarité.

« Nous nous sentons comme esseulés. On nous écoute avec politesse, avec un petit sourire entendu, mais à l’arrivée il n’y a pas grand-chose, déplore le président malien. Alors qu’en face de nous, nous avons des gens déterminés qui ont des ressources dans une guerre asymétrique à laquelle nos forces ne sont pas préparées ».

Pour le président malien, il en va pourtant de la survie du Sahel. « Nous faisons notre part, aidez-nous à tenir la route », conclut-il.

En marge du Forum de Paris sur la paix, Emmanuel Macron a reçu à l'Élysée Ibrahim Boubacar Keïta, Mahamadou Issoufou et Idriss Déby pour un déjeuner de travail à l'issue duquel le président français a réaffirmé le soutien de la France dans la lutte contre le terrorisme au Sahel.

"On a avancé sur la situation sécuritaire dans chacun de ces pays. Ils ont beaucoup de courage et nous sommes vraiment en soutien et je crois que l'on a commencé à dessiner des décisions que nous allons prendre dans les prochaines semaines pour reconcentrer la force conjointe sur le fuseau central", dit Emmanuel macron qui a réaffirmé son soutien aux pays du Sahel.

Source : RFI Afrique

 

 

En Tunisie, Rached Ghannouchi ne sera pas Premier ministre

En Tunisie, le Premier ministre et le président de l’Assemblée doivent être connus dans la semaine. Le parti Ennahdha, arrivé en tête des législatives d’octobre, a tenu ce week-end son conseil de la choura, l’organe consultatif du parti. Il a désigné Rached Ghannouchi comme candidat à la présidence de l’hémicycle.

Le chef historique du parti d’inspiration islamiste ne sera finalement pas proposé au poste de Premier ministre. Le risque de ne pas obtenir le feu vert de l’Assemblée, en présentant un personnage clivant comme chef du gouvernement, était trop grand. Le perchoir doit être attribué mercredi lors de la première session de l’Assemblée issue des législatives du 6 octobre.

Dans le même temps, les tractations se sont intensifiées pour rassembler une majorité des députés derrière un futur Premier ministre. Les difficultés à former des alliances ne permettent pas pour l’heure de connaître celui ou celle qui succèdera à Youssef Chahed.

Une personnalité de consensus

Il semble difficile pour Ennahdha, premier parti avec 52 députés, de présenter un candidat issu de ses rangs. Les promesses de portefeuilles ministériels faites à différents partis n’ont pas permis d’établir la majorité nécessaire (109 voix) afin de porter un Nahdaoui à la Kasbah. Le choix pourrait donc se porter sur un Premier ministre de consensus adoubé par Ennahdha.

Selon la Constitution, d’ici vendredi, le président de la République doit confier à une personnalité choisie par le premier parti de l’Assemblée le soin de former un gouvernement. S’il ne parvient pas dans les deux mois à obtenir l’aval des députés, le président proposera un autre chef de gouvernement.

Source : RFI

 

Guinée-Bissau : le nouveau Premier ministre contesté démissionne, alors que la Cedeao réitère son soutien au gouvernement Gomes

José Mario Vaz, chef de l'État bissau-guinéen le 3 mars 2014.La conférence des chefs d'État de la Communauté économique des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) a réitéré, le 8 novembre à Niamey, son soutien au gouvernement d'Aristides Gomes et brandi la menace de sanctions, lors d'un sommet extraordinaire consacré à la crise bissau-guinéenne, dont l'organisation régionale est la médiatrice. Le même jour, le Premier ministre Faustino Imbali, fraîchement nommé, a annoncé sa démission.

La Cedeao a de nouveau dénoncé l’« illégalité » de la décision du président bissau-guinéen José Mário Vaz de destituer le gouvernement d’Aristides Gomes, chargé par l’organisation ouest-africaine d’organiser l’élection présidentielle prévue le 24 novembre. « Les chefs d’État et de gouvernement ont exprimé leur vive préoccupation face à cette nouvelle tournure de la situation, faisant courir au pays des risques politiques et institutionnels, ainsi que d’une guerre civile potentielle », souligne le communiqué publié vendredi.

De possibles sanctions ont également été annoncées. La conférence des chefs d’État « a demandé au président de la commission de proposer une liste de personnes ayant posé des actes visant à faire échouer le processus électoral et la normalisation politique afin qu’elles soient sanctionnées immédiatement », indique par ailleurs la Cedeao. Face au climat de tension, l’organisation régionale a en outre décidé de renforcer le mandat et les effectifs de l’Ecomib, sa force déployée en Guinée-Bissau depuis 2012.

« Envoi à Bissau d’une mission de chefs d’État »

« La Conférence décide de l’envoi à Bissau d’une mission de chefs d’État et de gouvernement dirigée par le président de la conférence [le Nigérien Mahamadou Issoufou] et composée des chefs d’État de la Côte d’Ivoire, de la Gambie, du Ghana, de la Guinée et du Nigeria pour transmettre au président Vaz les décisions de la Conférence. Cette mission sera précédée d’une mission des chefs d’état-major de la Cedeao », ajoute encore le communiqué.

Plusieurs présidents ouest-africains, accueillis par le ministre nigérien de l’Intérieur Mohamed Bazoum, avaient fait le déplacement à Niamey pour ce sommet placé sous la présidence de Mahamadou Issoufou : Patrice Talon, Macky Sall, Julius Maada Bio, Nana Akufo-Addo, Faure Gnassingbé, George Weah, Roch Marc Christian Kaboré et Alassane Ouattara. Des représentants de la Guinée, du Mali ou encore du Nigeria étaient également présents, tout comme le président de la Commission de la Cedeao, Jean-Claude Brou.

Jomav absent

José Mário Vaz (Jomav), au centre des attentions, était en revanche le grand absent de cette rencontre. Suzi Barbosa, la ministre bissau-guinéenne des Affaires étrangères du gouvernement d’Aristides Gomes (limogé par Jomav le 28 octobre), avait de son côté fait le déplacement à Niamey.

« La Guinée-Bissau, un État membre de notre Communauté, vit actuellement une situation de crise politique et institutionnelle grave, avec des conséquences désastreuses pour ce pays et pour notre sous-région », a déclaré Mahamadou Issoufou, président en exercice de l’organisation, à l’ouverture du sommet.

Démission de Faustino Imbali

La rencontre avait été convoquée en raison de la détermination affichée par José Mário Vaz malgré les avertissements de la communauté internationale. Celle-ci a définitivement perdu patience le 28 octobre, lorsque le président a limogé le gouvernement d’Aristides Gomes, annonçant dans la foulée la nomination de Faustino Imbali au poste de Premier ministre. Sous la pression de la Cedeao, ce dernier a annoncé sa démission ce vendredi.

Le décret présidentiel avait en effet été jugé « illégal » par la Cedeao, qui avait, dans la foulée, menacé de prendre de nouvelles sanctions. L’organisation a ainsi rappelé le consensus trouvé lors du sommet d’Abuja, le 29 juin dernier. Si celui-ci permet au président Vaz, dont le mandat s’est achevé le même mois, de rester au pouvoir, la gestion du pays a alors été confiée au gouvernement Gomes, chargé d’organiser la présidentielle du 24 novembre. Appuyée par les Nations unies, l’Union africaine et la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), l’organisation régionale a de nouveau soutenu le Premier ministre Gomes et demandé que le calendrier électoral soit respecté.

Ultimatum de la Cedeao

Mais José Mário Vaz, candidat (indépendant) à sa propre succession, avait persisté et nommé un nouveau gouvernement. Ses partisans, comme d’autres candidats à la présidentielle, ont de leur côté dénoncé des ingérences de la communauté internationale.

Les appels du pied de Vaz aux militaires pour forcer l’installation de Faustino Imbali dans le Palais du gouvernement, toujours occupé par l’administration Gomes, avaient aiguisé l’irritation de la Cedeao. Le 6 novembre, l’institution a donc lancé un ultimatum de 48 heures avant la tenue du sommet ce vendredi. « Le comité ministériel lance une dernière fois un appel solennel à tous ceux qui ont été abusivement entraînés dans le gouvernement illégal de Faustino Imbali afin qu’ils démissionnent », avait déclaré Blaise Diplo, le représentant de la Cedeao à Bissau.

Source : jeuneafrique.com

 

Bénin : Albert Tévoédjrè, figure intellectuelle et politique, est décédé

Albert Tévoédjrè (archives).Albert Tévoédjrè est décédé ce mardi 6 novembre à Port-Novo à l'âge de 90 ans. Éminente figure intellectuelle béninoise, fin politicien, celui que l'on surnommait « le renard Djrègbè » fut notamment l'un des artisans de la transition démocratique.

Il était à la fois professeur, intellectuel et homme politique. Il était aussi homme de médiation. Auteur de nombreux livres, dont les plus remarqués furent L’Afrique Revoltée, publié en 1958, et La Pauvreté, richesse des peuples, en 1978, ouvrages cultes dans les milieux tiers-mondistes en Afrique, Albert Tévoédjrè est décédé ce mardi 6 novembre dans une clinique de Porto-Novo.

Celui que l’on surnommait le « renard Djrègbè », sa bourgade d’origine, proche de Porto-Novo, avait aussi joué un rôle central lors de la conférence nationale souveraine du Bénin, qui fut le premier acte de la transition démocratique du pays.

Les années militantes

Né le 10 novembre 1929 dans une famille de sept enfants à Porto-Novo, dans ce que l’on appelait alors le Dahomey, Albert Tévoédjrè suit une formation dans les établissements catholiques. C’est à Dakar qu’il fera ses années de lycée, avant de partir pour la France où il suit des études de Lettres et d’Histoire à l’université.

Membre de l’Union des étudiants catholiques africains (UECA) et de la Fédération des étudiants d’Afrique noire en France  (FEANF) – il sera notamment l’une des plumes de l’Étudiant d’Afrique noire, la revue de la Fédération – Albert Tévoédjrè s’implique dans les mouvements indépendantistes et panafricains. Et n’échappe pas, alors, aux démêlés avec la police française. C’est à cette époque qu’il rédigera L’Afrique révoltée (Éditions Présence africaine), ouvrage qui deviendra rapidement une référence pour toute une génération de jeunes intellectuels et activistes engagés dans la lutte anti-coloniale.

De retour au Dahomey en 1959, il s’engage en politique au sein du Rassemblement démocratique dahoméen (RDD). Sous l’ère d’Hubert Maga, son ascension est alors très rapide. Secrétaire général de la présidence, il deviendra bientôt secrétaire d’Etat à la présidence chargé de l’information.

Carrière internationale

En 1961, il entame sa carrière internationale en devenant secrétaire général de l’Union africaine et malgache. Il en sera cependant écarté deux ans plus tard, sur fond de dissensions avec Hubert Maga. Après une courte traversée du désert, il part aux États-Unis, à Harvard, où il intègre le Bureau international du travail (BIT), dont il devient le coordinateur régional pour l’Afrique en 1966, et directeur général adjoint en 1974.

C’est à cette époque qu’il développera le concept de minimum social commun et celui de contrat de solidarité, une nouvelle approche des relations Nord-Sud, qu’il exposera dans La Pauvreté, richesse des peuples. Alors qu’il évolue depuis dix ans dans l’ambiance feutrée et polie des institutions internationales, Albert Tévoédjrè signe là un brûlot anti-impérialiste, plaidant pour que les États africains reprennent leur souveraineté – économique et politique – confisquée par les anciennes puissances coloniales et les sociétés multinationales.

Il semblerait que les Africains ne soient pas capables de la patience intellectuelle qui permet de résoudre les problèmes liés au partage du pouvoir

« Tévoédjrè ouvre la voie à un débat passionnant : celui qui explore les possibilités d’une libération négociée des pays dominés et de la transformation non capitaliste des sociétés autochtones africaines », écrit alors un certain Jean Ziegler, dans Le Monde diplomatique.

Au milieu des années 1980, il quitte le BIT pour fonder le Centre panafricain de prospective sociale (CPPS), qui se consacre à la recherche, à la formation et à la mise en œuvre de programmes en matière de développement socio-économique en Afrique.

Homme de médiation

Parallèlement, il reprend pied avec la scène politique béninoise, alors que les premiers signes de libéralisation commencent à poindre, au crépuscule du régime militaro-marxiste de Mathieu Kerekou. En 1990, il devient rapporteur de la conférence nationale des forces vives de la nation, qui débouchera sur le multipartisme.

Candidat à la présidentielle de mars 1991, il arrive en troisième position, derrière Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo, qui prend alors le pouvoir. Après avoir participé, aux côtés de Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji, à la Convention nationale des forces du changement, il finit par se rallier à la candidature de Mathieu Kérékou à la présidentielle de 1996. Il deviendra ministre – au Plan et à la restructuration économique – de 1996 à 1999.

Nommé en 2003 au poste de Représentant spécial en Côte d’Ivoire du secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, il posera sa démission deux ans plus tard. En 2005, il s’était confié à Jeune Afrique, dans des termes laissant affleurer une certaine amertume. « Il semblerait que les Africains ne soient pas capables de la patience intellectuelle qui permet de résoudre les problèmes liés au partage du pouvoir », glissait-il alors.

« Retour aux sources »

Proche notamment d’Aimé Césaire, il lui rendait alors un hommage appuyé, faisant le parallèle avec son propre parcours : « Il n’est pas uniquement fondateur du concept de négritude – avec Léopold Sédar Senghor et Léon-Gontran Damas -, il a aussi réfléchi sur le phénomène du pouvoir et l’empreinte des puissants sur l’Histoire. Cinquante ans de vie publique ne sont pas parvenus à faire changer mes convictions. Je me suis engagé pour les indépendances africaines après avoir lu le Discours sur le colonialisme. Vous voyez, je retourne aux sources ».

Si ses activités de médiateur et son travail intellectuel l’ont un temps éloigné de son pays, il n’a jamais vraiment quitté la scène politique béninoise. En 2006, après avoir soutenu la candidature de Thomas Boni Yayi à la présidence, il fut nommé médiateur de la République.

Quelques mois après le début du second mandat de ce dernier, un débat sur une éventuelle réforme de la Constitution de 1990 faisait – déjà – rage au Bénin. « La Constitution de décembre 1990, confrontée à l’épreuve du temps et des intrigues politiques, a mis à nu un certain nombre d’insuffisances que reconnaissent les acteurs politiques et la société civile. Depuis Kérékou II, il était question de toiletter la Loi fondamentale. Mais, craignant une révision opportune à des fins de conservation du pouvoir, cette option a été écartée », expliquait-il alors à Jeune Afrique. Avant d’ajouter, immédiatement : « Mais il faut bien que le texte soit révisé un jour, et que quelqu’un en prenne l’initiative. »

Source : jeuneafrique.com

 

 

Mali : face à la menace jihadiste, Ibrahim Boubacar Keïta appelle à « l’union sacrée »

Description imageIbrahim Boubacar Keïta a appelé lundi soir les Maliens à « l'union sacrée » derrière leur armée, face à « la gravité de la situation dans le pays ». Un discours que le président malien a adressé à la nation trois jours après l'une des attaques les plus meurtrières ayant visées l'armée.

Dans un message à la nation diffusé lundi 4 novembre, après un nouveau week-end meurtrier, Ibrahim Boubacar Keïta, qui avait décrété plus tôt dans la matinée trois jours de deuil national, a souligné « la gravité de la situation dans le pays » et mis en garde contre la tentation de tomber dans « le piège de l’ennemi qui est de nous opposer les uns aux autres et de saper le moral de nos vaillants combattants ».

« Dans ces circonstances particulièrement graves où la stabilité et l’existence de notre pays sont en jeu, notre seule réponse doit être l’union nationale, l’union sacrée autour de notre armée nationale » a-t-il rappelé.

Affaiblissement des forces maliennes

L’armée malienne a subi vendredi ses plus lourdes pertes depuis des années. Selon les autorités maliennes, quarante-neuf soldats maliens ont été tués dans l’attaque du camp d’Indelimane, près du Niger, dans le nord-est du pays.

à lire Au Mali, la multiplication des attaques renforce le sentiment anti-français

Cette attaque intervient un mois seulement après que 40 soldats eurent trouvé la mort dans une double attaque jihadiste près de la frontière du Burkina Faso. L’organisation État islamique a revendiqué samedi l’attaque d’Indelimane dans un communiqué signé de sa « Province Afrique de l’Ouest », ainsi que la pose d’une bombe artisanale dans la même zone qui a tué un soldat français de l’opération Barkhane.

Un « nouveau concept opérationnel »

La dégradation de la situation sécuritaire et les revers subis renforcent les interrogations sur la capacité de l’armée malienne à faire face aux agissements jihadistes et aux autres violences auxquelles le Mali est en proie depuis 2012 et qui ont fait des milliers de morts, civils et combattants.

Ils avivent aussi la crainte que l’État et le président malien ne soient à court de ressources. Face aux attaques, le président malien a dit avoir ordonné récemment pour l’armée l’élaboration d’un « nouveau concept opérationnel qui donne une part importante à l’offensive ».

Le soutien des forces étrangères, française, africaine et onusienne déployées au Mali « nous est plus que jamais nécessaire et c’est pourquoi je demande à ce que nous ne nous trompions pas d’ennemis », a-t-il dit, en écho évident aux voix qui s’élèvent contre la présence de troupes étrangères dans le pays. Il a présenté les condoléances du Mali à la France après la mort du brigadier Ronan Pointeau, tué ce week-end par un engin explosif.

La ministre française des Armées, Florence Parly, doit se rendre au Mali ce mardi, dans le cadre d’une tournée qui l’a menée lundi à N’Djamena et Ouagadougou.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : Khalida Toumi, ex-ministre de la Culture, placée en détention provisoire

Khalida Toumi, ancienne ministre de la Culture de 2002 à 2014, a été ce lundi 4 novembre mise en examen pour "dilapidation des deniers publics" et placée en détention provisoire à la prison d’El Harrach, dans la banlieue Est d’Alger. Elle s'était affichée depuis novembre dernier aux côtés des opposants au pouvoir en place.

Le placement de Khalida Toumi sous le régime du mandat de dépôt fait suite à son audition ce lundi par un magistrat instructeur près la Cour suprême, sur les hauteurs de la capitale, et à sa mise en examen pour des faits présumés de dilapidation des deniers publics.

L’incarcération de Khalida Toumi intervient dans un moment de vives tensions entre le ministre de la Justice et des magistrats. Depuis dimanche 27 octobre, des juges et des procureurs sont en « grève illimitée » pour réclamer l’indépendance de la justice et l’annulation du changement d’affectation qui touche 3 000 magistrats.

Khalida Toumi rejoint ainsi deux anciens Premiers ministres, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, ainsi que plusieurs ministres de l’ancien président Bouteflika qui font l’objet de poursuites judiciaires dans des affaires de malversations, de corruption et d’abus de fonctions supposées.

Une tente géante

Le parquet a entendu Khalida Toumi pour une affaire de dilapidation des deniers publics présumée. En juin 2019, le procureur de la République près le tribunal de Tlemcen, Me Koubai Belahoual, avait annoncé l’ouverture d’une enquête sur une affaire de surfacturation dans l’acquisition en Allemagne d’une tente géante lors de la manifestation « Tlemcen capitale de la culture islamique 2011 ».

L’ex-ministre de la Culture, Khalida Toumi, qui avait chapeauté cette manifestation, ainsi que l’ex-wali (préfet) de Tlemcen, Abdelouahab Nouri, devaient être entendus par la justice dans le cadre de ce dossier.

Les deux personnes n’ont pas pu être auditionnées par le juge d’instruction du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, puisque Khalida Toumi se trouvait en France et qu’Abdelwahab Nouri, malade, était dans l’incapacité de se rendre au tribunal, a indiqué le procureur de Tlemcen en juillet.

Une militante des droits humains passée par les arcanes du pouvoir

Khalida Toumi avait apposé un démenti sur sa supposée fuite à l’étranger en expliquant n’avoir jamais quitté le pays. « Je vis et j’habite à Alger, a-t-elle déclaré à l’agence officielle APS peu de temps après les propos du procureur évoquant son voyage en France. Je n’ai pas quitté mon pays depuis au moins un an et je ne compte pas du reste le quitter. Je suis à la fois stupéfaite, effarée et indignée par la légèreté avec laquelle des mensonges aussi graves sont colportés, sans chercher à aucun moment à faire des vérifications, en atteinte flagrante aux droits élémentaires d’une citoyenne. »

Âgée de 61 ans, Khalida Toumi était une militante des droits de l’Homme et de la démocratie durant les années 1980 et 1990 avant de rejoindre le RCD (Rassemblement pour la culture et la démocratie), parti au sein duquel elle a occupé les fonctions de député puis de vice-présidente, avant d’en être exclue en 2000.

Elle a été nommée ministre de la Culture en juin 2002, poste qu’elle assuré jusqu’à son débarquement de ce ministère le 5 mai 2014, au lendemain de la réélection du chef de l’État Abdelaziz Bouteflika, dont elle était très proche, à un 4e mandat.

Depuis, elle s’est tenue à une certaine discrétion. Installée à Alger, elle est restée auprès de sa mère, malade d’Alzheimer. Après avoir signé une demande d’entrevue avec le président Bouteflika en novembre 2015, conjointement avec 18 personnalités, pour vérifier son aptitude à gouverner, Khalida Toumi a rompu son silence en mai dernier pour apporter son soutien à Louisa Hanoune, secrétaire générale du PT (Parti des travailleurs) après son incarcération à la prison de Blida et sa mise en examen dans le cadre d’une affaire de complot contre l’autorité de l’armée pour laquelle la femme politique a été condamné à 15 ans de prison en septembre dernier.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : qui sont les cinq candidats retenus pour l’élection présidentielle ?

Le président de l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), Mohamed Charfi, a annoncé samedi 2 octobre lors d'une conférence de presse les noms des cinq candidats retenus pour le scrutin présidentiel du 12 décembre. Parmi eux figurent quatre anciens ministres.

Parmi les cinq candidats figurent sans surprise les deux favoris de la présidentielle du 12 décembre : Ali Benflis, 75 ans, ancien chef du gouvernement et deux fois candidat malheureux à l’élection présidentielle ; et Abdelmadjid Tebboune, ministre à plusieurs reprises, ancien wali (préfet) et éphémère Premier ministre – en 2017 – du président Abdelaziz Bouteflika.

Dans la liste de candidats annoncée par le président de l’Autorité nationale indépendante des élections, on retrouve également Azzedine Mihoubi, ex-ministre de la Culture et secrétaire général par intérim du Rassemblement national démocratique (RND). Sa candidature est une première pour cette formation, traditionnel soutien du président déchu.

Sont enfin en lice pour briguer la magistrature suprême, Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustakbel et Abdelkader Bengrina, ancien ministre du Tourisme et ex-cadre du Mouvement de la société pour la paix (MSP) – seul représentant islamiste, les autres formations de la mouvance ayant décidé de ne pas prendre directement part au scrutin.

5 candidats retenus sur 23 postulants

« Ce sont là les postulants dont les dossiers de candidature à la présidence de la République ont rempli toutes les conditions requises au terme de l’opération d’étude et de vérification des dossiers des 23 postulants, déposé samedi dernier jusqu’à minuit », a précisé le président de l’ANIE.

De gauche à droite sur la vidéo : Azzedine Mihoubi (60 ans), Abdelaziz Mihoubi (56 ans), Ali Benflis (75 ans), Abdelkader Bengrina (57 ans) et Abdelmadjid Tebboune (74 ans).

Il a également précisé que Abdelmadjid Tebboune est celui qui a présenté le plus de parrainages : 124 000, dont 104 000 ont été validés. Il est suivi de Ali Benflis (81 000 validés), Abdelaziz Belaïd (85 000), Abdelkader Bengrina (83 000) et Azzedine Mihoubi (65 000).

143 personnalités et partis politiques avaient retiré les formulaires de souscription, mais de nombreux aspirants candidats ont buté sur l’opération de collecte des parrainages des électeurs.

L’ANIE sera chargée de superviser la campagne électorale, et notamment de répartir équitablement le temps de parole entre les différents candidats. La course débutera officiellement le 7 novembre, dans un contexte marqué par le rejet populaire d’une élection organisée sous la houlette du système actuel, mais aussi par l’installation contrariée de plusieurs délégations locales de la commission électorale à travers le pays, notamment en Kabylie.

Source : jeuneafrique.com

 

Une marée humaine défile dans les rues d'Alger pour une «nouvelle indépendance»

Une marée humaine s'est répandue vendredi dans les rues d'Alger pour réclamer une « nouvelle indépendance », 65 ans jour pour jour après le début de la lutte armée contre le colonisateur français.

Ce 37e vendredi consécutif de manifestations en Algérie, la mobilisation est similaire à celle constatée au plus fort du « Hirak », le mouvement de contestation inédit du régime dont l'Algérie est le théâtre depuis le 22 février.

On s’attendait à une mobilisation importante puisque dès jeudi soir, des milliers de personnes avaient défilé dans le centre-ville et, effectivement, ils sont des centaines de milliers samedi après-midi à Alger.

Les Algériens sont venus en famille, il y a beaucoup d’enfants et de femmes cette semaine. La plupart des manifestants ont enroulé un drapeau autour de leurs épaules et certains ont même décroché les drapeaux installés dans les rues par les autorités - puisque le 1er novembre est une fête nationale -, pour manifester avec.

Les manifestants scandaient « indépendance », demandaient le départ des autorités, le départ du chef d’état-major. Les revendications d’état civil, de départ de la mafia étaient encore très présentes. L’actualité de l’élection présidentielle n’est pas oubliée puisque la foule chantait qu’elle n’irait pas voter.

Des messages virulents aussi auprès du président par intérim Abdelkader Bensalah. Il avait déclaré la semaine dernière en audience face à Vladimir Poutine, le président russe, que seuls quelques éléments continuaient à manifester. Cet entretien dans son ensemble, mais aussi cette phrase en particulier, visiblement, ne sont pas passés auprès de l’opinion algérienne.

Source : RFI

 

Tunisie : Kaïs Saïed dévoile les premiers noms de ses conseillers

Une semaine après son investiture, mercredi 23 octobre, le président Kaïs Saïed a désigné les premiers membres de son cabinet, avec un fort accent mis sur la diplomatie.

Depuis sa prise de fonction à Carthage, le président de la République enchaîne les rencontres, notamment avec les forces politiques du pays. Il n’en a pas moins pris le temps d’organiser son premier cercle, dont les noms ont été annoncés officiellement le 30 octobre – avec prise de fonctions immédiate.

Ces nominations, sans surprises pour ceux qui connaissent l’environnement du nouveau président, confirment qu’il accorde sa confiance à ses compagnons de route et des personnes dont il a éprouvé la fidélité – et la discrétion – notamment au cours de la campagne présidentielle. Les désignations ont néanmoins été élaborées « conformément aux normes de compétence et de professionnalisme, afin de préserver la neutralité de la présidence », affirme un communiqué du palais.

Tropisme arabe

À la tête du cabinet présidentiel, on retrouve Tarek Bettaïeb. Ancien ambassadeur à Téhéran, il a aussi dirigé jusqu’en 2014 la mission diplomatique tunisienne à Abou Dhabi, au Caire, à Jakarta ainsi qu’en Libye. Ce diplomate de carrière est d’ailleurs un spécialiste de la crise libyenne, ayant conduit plusieurs délégations nationales à l’occasion de réunions internationales sur le sujet.

Après le départ du ministre des Affaires étrangères, Bettaïeb aura vraisemblablement un rôle important à jouer en matière diplomatique

Sa nomination est conforme au règlement intérieur du ministère des Affaires étrangères, qui stipule que les chefs de mission diplomatique à l’étranger peuvent être rappelés pour des missions déterminées. En attendant la mise en place d’une nouvelle équipe gouvernementale, et après le départ du ministre des Affaires étrangères, il aura vraisemblablement un rôle important à jouer en matière diplomatique.

Le chef de l’État, à qui la Constitution confie le haut commandement des forces armées, a également fait du général de brigade Mohamed Salah Hamdi son conseiller à la sécurité nationale. Cet ancien chef d’état-major de l’Armée de terre, qui a quitté ses fonctions à la Défense en 2014, a été attaché militaire en Libye en 2011, avant de succéder en 2013 au général Rachid Ammar.

Diplomatie

Kaïs Saïed semble faire de la diplomatie, qui est avec la sécurité nationale l’une des prérogatives du président de la République, une priorité de son début de mandat, puisqu’il a désigné aussi le diplomate Tarek Hannachi à la tête du protocole. À ce poste, il pourra s’appuyer sur son expérience de terrain à Benghazi et à Alger, ainsi qu’au cabinet du ministre des Affaires étrangères.

Mais c’est la nomination d’un autre diplomate, Abderraouf Bettaïeb, au rang de ministre conseiller au cabinet présidentiel, qui a surtout attiré l’attention. Formé en droit international, il a occupé différents postes diplomatiques à La Haye et au Caire, avant d’être chargé en 1992 de la collaboration avec la Banque mondiale. Consul de Tunisie à Djeddah, en Arabie saoudite, il a fait un passage par Tunisair, avant de réintégrer les Affaires étrangères et de devenir ambassadeur à Budapest (Hongrie) de 2013 à 2015. Connu pour sa proximité avec le président, sa nomination était un secret de polichinelle, puisqu’il a participé à la plupart des entretiens que Kaïs Saïed a accordés depuis son entrée en poste.

Dossiers prioritaires

Parmi les nouveaux collaborateurs officiels du président se trouvent également deux femmes. Rachida Ennaifer, tout d’abord, qui sera chargée de la communication du palais. Cette ancienne journaliste et enseignante à la Faculté des sciences juridiques, politiques et sociales de Tunis et à l’Institut de presse et des sciences de l’information (Ipsi) connaît le président de longue date. Elle est réputée pour ses prises de position sans concessions, qui lui ont notamment valu de claquer en 2015 la porte de la Haute autorité indépendante de la communication audiovisuelle (Haica).

Ce premier socle de nominations sera étoffé dans les jours à venir, avec la nomination de conseillers et d’un chargé des affaires politiques

Pour veiller au respect de la Constitution, Nadia Akacha, docteure en droit public, spécialiste du droit constitutionnel, prend quant à elle la direction du département des affaires juridiques à la présidence. Cette jeune femme est aussi connue sur la scène internationale, notamment en Europe, pour sa participation en 2011 et 2014, en tant qu’analyste juridique puis conseillère, à la Mission d’observation électorale de l’Union européenne en Tunisie (MOE-UE). Comme Kaïs Saïed, elle est membre de l’Association tunisienne de droit constitutionnel. Parmi ses dossiers prioritaires figurera notamment celui, épineux, de la mise en place de la Cour constitutionnelle.

Ce premier socle de l’équipe sera étoffé dans les jours à venir, notamment avec la nomination de conseillers, mais également d’un chargé des affaires politiques. La désignation, mercredi 30 octobre, de nouveaux ambassadeurs à Alger, Doha, Moscou et Islamabad a par ailleurs confirmé la volonté de placer ce début de quinquennat sous le signe de l’action diplomatique.

Source : jeuneafrique.com

 

Sahara: l'ONU renouvelle la Minurso pour un an, "frustration" du Polisario

Sahara: l'ONU renouvelle la Minurso pour un an, VOA Afrique - Le Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé mercredi pour un an la mission Minurso au Sahara occidental, sur fond de "frustration" du Front Polisario qui déplore l'inaction des Nations unies à pousser plus fortement pour une solution au conflit qui l'oppose depuis des décennies au Maroc.

Une résolution en ce sens, rédigée par les Etats-Unis, a recueilli 13 voix pour et 2 abstentions (Russie, Afrique du Sud). "Nous regrettons que le Conseil de sécurité revienne au +business as usual+", avait souligné avant le vote, lors d'une rencontre avec quelques médias dont l'AFP le représentant du Front Polisario à l'ONU, Sidi Omar.

"Nous déplorons profondément la perte de l'élan créé ces 18 derniers mois", avait-il ajouté.

Après une longue interruption, le dialogue sous l'égide de l'ONU entre le Maroc, le Front Polisario, l'Algérie et la Mauritanie avait repris lors d'une table ronde en Suisse en décembre 2018, suivie d'une deuxième en mars 2019, sans qu'une percée ne soit enregistrée.

Le dossier ne bénéficie plus d'un émissaire de l'ONU depuis la démission en mai de l'ex-président allemand Horst Kohler.

Après le vote, les Etats-Unis ont réclamé la nomination d'un nouvel envoyé spécial "au plus tôt".

"Nous exhortons le secrétaire général (Antonio Guterres) à nommer une nouvelle personne", avait aussi dit Sidi Omar, en regrettant que le Maroc ait posé des "pré-conditions" comme le rejet de toute nouvelle personnalité allemande ou issue d'un des cinq pays permanents au Conseil de sécurité (Etats-Unis, Russie, Chine, Royaume-Uni et France).

- Nouveau conflit possible -

"Notre peuple a presque perdu toute foi dans ce processus" politique et le Front Polisario décidera d'ici fin décembre de poursuivre ou non son implication dans la négociation, avait aussi souligné le responsable du Front, évoquant implicitement le risque d'une reprise du conflit.

La résolution de l'ONU est sans changement majeur par rapport aux textes précédents. Seule différence, la prolongation de la Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso) est pour un an et non plus six mois.

Cela ne signifie pas un retour au "statu quo", ont assuré les Etats-Unis devant le Conseil de sécurité.

Ce revirement est dû à l'absence d'émissaire, a expliqué à l'AFP un responsable américain sous couvert d'anonymat. Du temps est nécessaire pour une nomination et une relance du processus politique, a-t-il fait valoir.

En 2018, contre l'avis de la France et du Maroc, Washington avait imposé un renouvellement de six mois en six mois pour mettre la pression sur les parties, sous l'impulsion de l'ex-conseiller à la sécurité nationale John Bolton qui avait même menacé de supprimer la mission très ancienne de l'ONU.

Dans une déclaration devant des médias, l'ambassadeur marocain à l'ONU, Omar Hilale, s'est félicité que la résolution consacre "la prééminence de l'initiative marocaine d'autonomie" qui est "considérée comme sérieuse et crédible". "Cette autonomie, dans le cadre de l'intégrité territoriale et la souveraineté nationale du Royaume, demeure la seule et unique solution à ce différend régional", a-t-il insisté.

Ex-colonie espagnole, le Sahara occidental a été le théâtre d'un conflit jusqu'en 1991 entre le Maroc, qui a annexé le territoire en 1975, et le Front Polisario, qui réclame l'indépendance de cette étendue désertique de 266.000 km2 dans une région riche en phosphates et bordée d'eaux poissonneuses. Rabat refuse toute indépendance et de discuter de sa souveraineté sur ce qu'il considère comme une partie intégrante de son territoire.

Source : VOA Afrique

 

Tunisie : limogeage des ministres de la Défense et des Affaires étrangères

La présidence du gouvernement tunisien a annoncé mardi le limogeage des ministres de la Défense et des Affaires étrangères, au moment où des négociations ont démarré pour la formation d'un nouveau cabinet dans le sillage des élections législatives et présidentielle.

Abdelkrim Zbidi (Défense) et Khemaies Jhinaoui (Affaires étrangères) ont été démis de leurs fonctions, après concertation avec le président de la République Kaïs Saïed, en fonctions depuis près d’une semaine, selon la même source.

L’intérim sera assuré respectivement par Karim Jamoussi, l’actuel ministre de la Justice, et par Sabri Bachtobji, le secrétaire d’État aux Affaires étrangères. Hatem Ferjani, le secrétaire d’Etat à la diplomatie économique, a aussi été démis de ses fonctions. Le communiqué ne donne pas d’explications sur ces limogeages.

Consultations pour un nouveau gouvernement

Abdelkrim Zbidi a été candidat à l’élection présidentielle, où il est arrivé en quatrième position lors du premier tour en septembre, avec 10,1 % des voix. Le limogeage de Khemaies Jhinaoui intervient quant à lui au lendemain d’informations sur la visite d’une délégation tunisienne en Israël, partagées sur les réseaux sociaux mais démenties par son ministère.

Ces décisions surviennent en outre au moment où les islamistes d’Ennahdha, arrivés en tête des législatives du 6 octobre, ont débuté mardi des entretiens avec des chefs de partis politiques sur la formation d’un nouveau cabinet.

Mercredi, le président Kaïs Saïed devrait officiellement charger le parti à la colombe de former le gouvernement. La formation aura un mois, renouvelable une fois, pour dégager une majorité, une tâche ardue du fait du morcellement du Parlement – Ennahdha n’ayant remporté que 52 sièges sur 217.

Source : jeuneafrique.com

 

Guinée : environ 300 ressortissants de pays d’Afrique de l’Ouest arrêtés

Selon les sources, ces arrestations pourraient être liées à des « infiltrations de corps étrangers », alors que la Guinée traverse une crise politique, ou aux pratiques controversées d’une société de vente directe.

Mardi et mercredi, les policiers ont interpellé 141 personnes qui étaient « confinées dans des concessions » dans la périphérie de Conakry : 84 Bissau-guinéens, 46 Sénégalais, neuf Guinéens, un Burkinabé et un Gambien, a indiqué le gouvernement. D’autres opérations ont eu lieu dans plusieurs régions du pays, portant à environ 300 le nombre de personnes interpellées.

« Cette opération prouve à suffisance la récurrence d’infiltration de corps étrangers tant à Conakry que dans des grandes villes de l’intérieur du pays », estime le gouvernement, alors que la Guinée connaît une vague de manifestations contre un éventuel projet de troisième mandat attribué au président Alpha Condé qui ont fait une dizaine de morts. L’action de la police et de la gendarmerie vise à « débarrasser la Guinée des mauvaises graines qui n’ont rien à faire ici en cette période de troubles », a déclaré dimanche à l’AFP un haut responsable de la police ayant requis l’anonymat.

Pratiques controversées

Un responsable de la présidence, le lieutenant-colonel Fodé Bakary Cissé, a toutefois donné une version différente, mêlant aux questions de sécurité celle de la lutte contre les pratiques jugées douteuses d’une multinationale de la vente directe bien implantée en Afrique, Qnet. Cette société, dont le siège est à Hong-Kong, aurait attiré en Guinée des jeunes de plusieurs pays et leur aurait vendu des produits divers, à charge pour eux de les revendre à leur entourage.

« Nous nous regroupons dans une concession parce que nous sommes dans un système. Quand vous achetez un produit, l’entreprise vous demande d’écouler deux autres produits. Si vous faites cela, la société va vous accorder des avantages », a expliqué Satigui Camara, l’un de ces vendeurs.

« Tout le monde a compris qu’il ne s’agit pas d’un simple commerce en ligne », a déclaré Fodé Bakary Cissé, chef de division au secrétariat de la Présidence chargé des services spéciaux. « Les responsables de Qnet vont devoir rembourser toutes les victimes. Nous sommes en face d’une situation sécuritaire nationale et chaque citoyen doit y veiller », a-t-il ajouté.

« En Guinée comme dans d’autres pays africains, il se trouve que le modèle d’affaire de Qnet est méconnu, ce qui ouvre la brèche à des incompréhension et à l’assimilation à des modèles illégaux tels que les plans pyramidaux », s’est défendu un responsable de la société, en dénonçant une « campagne de dénigrement » orchestrée selon lui par de hauts responsables guinéens.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle en Algérie: 7 candidats officiellement déclarés dont Ali Benflis

En Algérie, c’est ce samedi à minuit qu’expire le délai pour déposer sa candidature à l’élection présidentielle du 12 décembre prochain. Les candidats se sont succédé aujourd’hui au siège de l’organisation indépendante d’organisation des élections et il y a désormais 7 candidats.

Celui qui était attendu samedi après-midi s’est bien présenté. Ali Benflis, 75 ans, ancien chef de gouvernement, deux fois candidat déçu à la présidentielle, face à Abdelaziz Bouteflika, est venu accompagné de son staff. Ali Benflis avait annoncé sa candidature à l’élection du 17 avril, avant de renoncer, après la deuxième semaine de protestations. Cette fois, il confirme bien sa candidature.

Dans la matinée, c’est d’abord Ali Zeghdoud, âgé de plus de 80 ans, président d’un petit parti, Rassemblement algérien (RA), qui s’est rendu dans les locaux de l'instance d'organisation des élections, l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE). Peu connu, il avait été le premier à déposer un dossier de candidat pour l’élection prévue le 17 avril. A l’époque, il était encore question d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika.

Abdelmadjid Tebboune, âgé de 73 ans, s’est également présenté pour déposer son dossier. Ancien wali et plusieurs fois ministre. Il a notamment été le Premier ministre d’Abdelaziz Bouteflika pendant quelques mois en 2017, avant d’être remercié. Face à la presse, cet ancien proche d’Abdelaziz Bouteflika a déclaré qu’il n’y avait pas d’autre solution que l’élection.

Les autres candidats connus samedi soir sont l’ancien ministre de la Culture, Azzedine Mihoubi, 60 ans, et Abdelkader Bengrina, qui a été ministre du Tourisme. Mais il y a aussi deux autres hommes, inconnus du grand public : Abderrezak Habirat et Djamal Abbas.

Source : RFI

 

Au Botswana, le président sortant Mokgweetsi Masisi remporte les élections

Le président sortant du Botswana, Mokgweetsi Masisi, a été élu pour cinq ans à l'issue du scrutin du mercredi 23 octobre. Son parti, actuellement au pouvoir, a remporté la majorité au Parlement.

 

« Moi, Terrence Rannowane, j'ai l'honneur de déclarer à la nation du Botswana et au monde que le Dr Mokgweetsi Eric Keabetswe Masisi est élu président de la République du Botswana », a déclaré ce vendredi 25 octobre le plus haut magistrat du pays.

Conformément à la tradition, le président sortant a été déclaré vainqueur dès la confirmation que son parti avait remporté 29 des 57 sièges du Parlement. Même si le dépouillement se poursuit dans les autres circonscriptions.

Une élection qui s’annonçait serrée

Mokgweetsi Masisi, 58 ans, a accédé à la présidence du Botswana en avril 2018 après la démission de son prédécesseur Ian Khama, conformément à la Constitution du pays qui limite à dix ans maximum le mandat des chefs de l'État.

À la tête du pays depuis son indépendance en 1966, le Parti démocratique du Botswana (BDP) du président Masisi était pour la première fois menacé de perdre sa majorité au Parlement lors de ce scrutin à cause d'une fronde lancée par son prédécesseur.

Ian Khama, qui accuse son successeur de dérive autoritaire, a claqué la porte du BDP, créé son propre parti et appelé ouvertement pendant la campagne à voter pour l'opposition. Reste à savoir à président si le fils du premier président du Botswana, acceptera ces résultats. Ses alliés de l'UDC ont dénoncé des fraudes et des pressions le jour de l'élection, mais il n'y a pas eu pour l'instant de réaction officielle de leur part à l'annonce des résultats.

Source : AFP

 

Le CDS du G5 Sahel renouvelle son engagement à aller de l’avant dans sa lutte contre le terrorisme

Le CDS du G5 Sahel renouvelle son engagement à aller de l’avant dans sa lutte contre le terrorismeAMI - Le comité de défense et de sécurité (CDS) du G5 Sahel a renouvelé, jeudi, son engagement d’aller de l’avant dans la lutte contre le terrorisme qui menace la sécurité et la stabilité dans son espace.

Cet engagement du CDS a été annoncé, au terme des travaux de sa 9ème session ordinaire de défense et de sécurité du G5 Sahel, qui a vu la participation des Chefs d’État-major et les directeurs de la sûreté dans les pays du G5 ainsi que le en chef des armées françaises.

Commentant les travaux de la session, l’expert militaire et sécuritaire au secrétariat permanent du G5 Sahel, M. Mohamed Znagui Ould Sid’Ahmed Laala, a déclaré à l’AMI que la rencontre de Nouakchott a permis de faire l’état des lieux de l’action du CDS et l’esquisse des perspectives d’avenir de son travail.

Il a ajouté que les résultats enregistrés jusqu’ici montrent que le groupe suit la bonne voie et qu’il est déterminé, plus que tout autre moment, à poursuivre son action pour gagner sa bataille contre la terrorisme dans la région.

Pour sa part, le Chef d’État-major Général des Armées de Burkina Faso, le général Moise Minoungou, président en exercice du comité de défense et de sécurité du G5 Sahel, a remercié les autorités mauritaniennes et à travers elles l’armée mauritanienne pour l’hospitalité généreuse et la parfaite organisation des travaux de la session.

Il a ajouté que la situation sécuritaire dans la zone est inquiétante à cause des actes de violence perpétués par des groupes de terroristes, ce qui constitue une menace pour la sécurité et la paix et un handicap pour les efforts de développement et du progrès des pays du G5 Sahel.

Pour sa part, le commandant en chef des armées françaises, Général François Lecointre, il a apprécié les progrès accomplis par la force conjointe G5 Sahel dans sa guerre contre le terrorisme en dépit de la faiblesse des moyens.

Il a ajouté qu’il est venu à Nouakchott exprimer le soutien de la France aux efforts entrepris dans la zone, surtout au niveau de la force conjointe qui a été déployée dans un temps record sur les frontières et a effectué plusieurs opérations militaires efficaces contre les terroristes afin de permettre aux peuples de la région de réaliser ses aspirations légitime pour davantage de progrès et de prospérité.




Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Tunisie : « Je n’ai pas le droit de décevoir », affirme Kaïs Saïed dans son discours d’investiture

Tunisie : « Je n’ai pas le droit de décevoir », affirme Kaïs Saïed dans son discours d’investitureJeune Afrique - Après avoir prêté serment, le nouveau président tunisien Kaïs Saïed a prononcé mercredi 23 octobre son premier discours devant le Parlement. Une allocution aux accents tantôt solennels et fermes, tantôt rassembleurs.

Sous la coupole du Bardo, où flotte l’effervescence des grands jours, le protocole est scrupuleusement respecté. Anciens présidents de la République, nouveaux élus, présidents des corps constitués, dirigeants des instances nationales, diplomates, ainsi qu’une délégation parlementaire marocaine, composent un parterre trié sur le volet.

La présence, au premier rang des convives, des représentants des trois religions monothéistes, ne passe pas non plus inaperçue.

Reçu par l’islamiste Abdelfattah Mourou, président par intérim de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), Kaïs Saïed – impassible disent les uns, égal à lui-même ajoutent d’autres – prête solennellement serment, quatre-vingt-dix jours exactement après le décès du président Béji Caïd Essebsi, comme l’exigent les délais impartis par la Constitution. Le moment le plus attendu de la cérémonie est le discours d’investiture, qui donne traditionnellement le ton du mandat à venir.

Au-dessus de la mêlée

Le nouveau président, parfois décrit comme introverti, se plie à l’exercice avec aisance. D’emblée, il entend se placer dans une position supra-partisane, faisant du « peuple » son interlocuteur privilégié. Après un hommage aux « martyrs » de la révolution, il fait sienne les aspirations de ces derniers à davantage de liberté, de dignité et de justice sociale, qu’il promet de concrétiser. Et prend des accents lyriques pour décrire un scrutin qui, près de neuf ans après les premiers soulèvements, sonne comme une prise de conscience qui « a changé le cours de l’histoire ». « Je n’ai pas le droit de décevoir ces attentes », déclare-t-il.

En appelant à l’unité nationale dans la lutte contre le terrorisme, Kaïs Saïed endosse ensuite ses habits d’autorité. Il n’y aura aucun pardon, « même pour un centime dilapidé », lance-t-il, jurant qu’il sera impitoyable dans la lutte contre la corruption et ses dérives.

Fait inattendu, son discours tranche alors avec l’une de ses promesses phares de campagne, celle de revoir en profondeur le fonctionnement étatique, lorsqu’il proclame « la continuité de l’État et la pérennité de ses institutions » qu’il faut sauvegarder. Il n’en précise pas moins dans la foulée que la Constitution est au-dessus des querelles politiques, et qu’il n’hésitera pas à organiser un référendum si les partis n’avalisent pas ses initiatives.

Peu après, il prend l’engagement de rétablir la confiance des citoyens dans la justice, et affirme vouloir préserver, voire renforcer, les libertés et les acquis sociaux, dont ceux de la femme. Il annonce par ailleurs le prélèvement d’un jour de salaire sur cinq ans, dans l’objectif d’endiguer la dette nationale.

Humanisme

Dans le dernier temps de sa prise de parole d’une vingtaine de minutes, Kaïs Saïed en profite pour envoyer quelques signaux aux partenaires étrangers, se disant attaché à « l’humanisme des relations entre peuples et nations » et au respect des conventions internationales. Pour lui, la Tunisie s’inscrit parmi les nations arabes et non plus dans le monde arabe. Et s’il évoque le continent africain et « la rive nord de la Méditerranée », il ne mentionne pas explicitement l’Union européenne, pourtant allié économique et politique de premier plan.

Contrairement aux thématiques développées lors des débats de campagne, il ne fait aucune référence aux deux grands principes de politique étrangère que sont la légalité internationale et la non-ingérence dans les affaires internes d’un pays. Le président dit cependant faire de la cause palestinienne une cause tunisienne, précisant qu’il fait la distinction entre Juifs et sionistes.

Plusieurs fois applaudie, son allocution a donc fait la part belle à « la volonté du peuple », tout en se voulant fédératrice et soucieuse de l’unité nationale. En annonçant la couleur de son mandat, le nouveau locataire du Palais de Carthage a séduit, donnant un aperçu de ce que sera sa ligne de conduite pour les cinq prochaines années.

Par Frida Dahmani - à Tunis
Source : Jeune Afrique