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Politique en Afrique

Tunisie : l’UGTT annonce deux grèves générales en octobre et novembre

L'Union générale tunisienne du travail (UGTT), baromètre historique des tensions sociales dans le pays, a lancé un appel au débrayage pour les journées du 24 octobre et du 22 novembre.

À couteaux tirés avec le gouvernement depuis plusieurs mois, la puissante centrale syndicale de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) a fait fi des différentes médiations dont celle, amorcée en fin de semaine dernière, du président de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) Mohamed Ennaceur, en mettant à exécution ses menaces de grève générale.

Malgré un engagement du gouvernement et de l’UGTT à une reprise des négociations salariales dans le secteur public, l’organisation a néanmoins, à l’issue de la réunion de son instance administrative du jeudi 20 septembre, programmé deux journées de mobilisation. L’une concernera le secteur public le 24 octobre, l’autre la fonction publique le 22 novembre.

Ces dates n’ont pas été choisies au hasard : elles coïncident avec les discussions au Parlement de la loi de finances 2019.

Des grèves générales motivées par la détérioration du pouvoir d’achat et la privatisation du secteur public

Ras-le-bol général

La décision de la fédération n’en est pas moins exceptionnelle. Motivée par la dégradation de la situation de la Tunisie, tant au niveau économique que politique, elle dit aussi toute l’ampleur et la complexité de la crise qui affecte le pays.

L’UGTT dénonce régulièrement l’incapacité du gouvernement à lutter contre le florissant marché de l’économie parallèle, une iniquité fiscale et la volonté de l’exécutif à vouloir privatiser des entreprises publiques qui, selon la centrale, ne sont pas les plus déficitaires. Le secrétaire général de l’union, Noureddine Taboubi, précise que « la détérioration du pouvoir d’achat et la privatisation du secteur public » motivent les deux grèves générales programmées.

Depuis le début de l’année, l’instance syndicale, qui a historiquement toujours été le baromètre des tensions sociales en Tunisie, réclame le départ de la primature de Youssef Chahed. Elle estime que le chef du gouvernement a failli et que la crise politique, désormais dans l’impasse, impacte la situation économique.

Sur sa lancée, l’UGTT n’a pas non plus ménagé ses critiques à l’égard du parti Ennahdha, l’accusant de freiner les décisions sur les dossiers sociaux.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : une manifestation dispersée à la veille de l’investiture d’IBK

Une manifestation interdite de l'opposition au Mali a été dispersée à coup de gaz lacrymogène vendredi à Bamako, à la veille de la célébration du 58e anniversaire de l'indépendance du pays et de l'investiture du président réélu Ibrahim Boubacar Keïta.

Les partisans du chef de file de l’opposition Soumaïla Cissé, qui ne reconnaît pas sa défaite lors du scrutin du mois d’août, avaient prévu de converger vers le centre-ville, d’y passer la nuit puis de manifester en marge des cérémonies organisées samedi.

Des échauffourées ont éclaté entre ces manifestants, dont certains brandissaient des affiches « IBK dégage », et les forces de l’ordre, à l’un des points de rassemblement, dans la Commune IV de Bamako, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les policiers ont fait usage de gaz lacrymogène, tandis que les manifestants mettaient le feu à des pneus, selon ce correspondant.

« Au moins une personne » a été interpellée « pour besoin d’enquête », selon une source policière.

Douze personnes l’ont été, a affirmé dans la nuit de vendredi à samedi une source proche de l’ancien candidat à la présidentielle.

Ce sont des membres de la « direction de campagne » de Soumaïla Cissé, « dont Michèle Moncourt, présidente de la commission d’organisation » de ces manifestations « et dirigeante de premier plan de l’URD », le principal parti de l’opposition, d’après cette source. Elle a dénoncé des « violences policières sur des jeunes descendus dans la rue pour préparer les caravanes » de manifestants.

Fête de l’indépendance

« La marche est interdite, rentrez chez vous », avait lancé dans l’après-midi un policiers aux journalistes qui se dirigeaient vers la Bourse du travail, dans le centre de la capitale, où les manifestants avaient prévu de se réunir.

Le gouverneur de Bamako avait retoqué la demande d’autorisation de manifester vendredi « en raison des événements du 22 septembre 2018, fête de l’indépendance de notre pays », selon un courrier adressé au directeur de campagne de Soumaïla Cissé dont l’AFP a obtenu une copie.

Les présidents du Ghana, de Côte d’Ivoire, du Niger, du Congo ou encore du Tchad sont arrivés vendredi à Bamako, où ils doivent assister samedi matin à un défilé militaire et à une cérémonie. Ils marqueront le début du deuxième mandat d’Ibrahim Boubacar Keïta, qui a prêté serment le 4 septembre, après la validation de la réélection par la Cour constitutionnelle.

La France sera représentée par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Il a jugé dans une interview au journal Le Monde à paraître samedi de « bon augure » les projets du gouvernement malien pour rétablir la stabilité du pays, toujours confronté à la violence jihadiste malgré plus de cinq années d’intervention militaire étrangère.

Source : jeuneafrique.com

 

Sénégal : Cheikh Tidiane Gadio mis hors de cause par la justice américaine

Sénégal : Cheikh Tidiane Gadio mis hors de cause par la justice américaine Les États-Unis ont rejeté une plainte pour corruption contre un ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, a déclaré le ministère américain de la Justice.

Un porte-parole du ministère a confirmé « le rejet de la plainte contre Gadio » dans un courriel adressé samedi à l’AFP. Les autorités américaines avaient arrêté en novembre 2017 M. Gadio et l’ancien ministre de l’Intérieur de Hong Kong, Patrick Ho Chi Ping, soupçonnés d’avoir mis sur pied un projet de corruption de plusieurs millions de dollars en Afrique au nom d’une grande entreprise énergétique chinoise.

L’entreprise n’a pas été identifiée mais le nom du conglomérat CEFC China Energy, l’étoile montante de l’industrie énergétique chinoise basée à Shanghai, apparaissait dans la plainte déposée devant le tribunal fédéral de district de New York.

Selon la plainte du ministère américain de la Justice, les deux hommes auraient offert un pot-de-vin de 2 millions de dollars au président du Tchad Idriss Déby Itno « pour obtenir de précieux droits pétroliers » et un autre pot-de-vin de 500.000 dollars sur un compte désigné par un ministre des Affaires étrangères de l’Ouganda, Sam Kutesa, qui avait récemment terminé son mandat à la présidence de l’Assemblée générale des Nations unies.

Le président Déby et la CEFC avaient démenti à l’époque les accusations. Celles-ci étaient fondées sur l’utilisation par M. Gadio et Ho du système bancaire américain pour traiter près d’un million de dollars de gains, envoyés sous couvert de dons.

Par AFP
Source : Jeune Afrique

 

 

Kofi Annan: «Tirer les leçons de ses échecs»

Kofi Annan: «Tirer les leçons de ses échecs»La désignation de Kofi Annan au poste de secrétaire général des Nations unies en 1997 avait constitué un événement symbolique d’importance, d’une portée comparable à la remise, dix ans auparavant (en 1986), du prix Nobel de Littérature à Wole Soyinka.

Pour la première fois, une personnalité issue d’Afrique subsaharienne accédait à la plus haute fonction internationale. Une longue route semée d'embûches l'attendait...

Quand il entre aux Nations unies en 1962, Kofi Annan a 24 ans. Originaire de Kumasi, dans l’actuel Ghana, il a étudié l’économie aux Etats-Unis et en Suisse. De Genève, où il va rencontrer son épouse, Nana Wallenberg, fille d’un diplomate suédois qui sauva d’innombrables victimes des nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, il est affecté à Addis-Abeba puis à Ismaïlia. Cet humaniste discret et pragmatique intègre le siège de l’ONU à New York en 1987.

Fin diplomate, il négocie le rapatriement de neuf cents fonctionnaires internationaux et ressortissants occidentaux pris dans les griffes de Saddam Hussein en 1990, ainsi que les premières modalités de la vente du pétrole irakien, destinée à financer l’aide humanitaire. Secrétaire général adjoint des Opérations de maintien de la paix de 1993 à 1996, « Annan est un être affable, à la voix douce, un chic type jusqu’au bout des ongles […], infatigable dans ses efforts pour sauver l’organisation de ses propres démons », rapportait Roméo Dallaire, commandant de la mission des Nations unies au Rwanda, après l’avoir rencontré en 1993, au trente-sixième étage de la maison de verre.

Quelques mois après, face au déclenchement du génocide, M. Annan lui rappelle toutefois les limites de son action, qui exclut tout usage de la force (chap.VI de la Charte des Nations unies). Homme du sérail, il fait appliquer la décision du Conseil de sécurité la plus contestée des dernières années. La « prudence » alors observée résulte en partie de la débâcle américaine en Somalie. Représentant spécial pour l’ex-Yougoslavie, Kofi Annan assume aussi les atrocités commises contre la population musulmane de Bosnie en 1995, dans la zone de sécurité de Srebrenica, dans un rapport qu’il présente à l’Assemblée générale en 1999. L’organisation enregistre des succès, comme au Timor-Oriental, en Namibie, en Afrique du Sud ou au Mozambique, mais « il est temps de tirer les leçons de ses échecs », estime-t-il alors.

Aider le continent africain

Secrétaire général de l’ONU en janvier 1997, Kofi Annan succède à l’Egyptien Boutros Boutros-Ghali qui a retiré sa candidature face à l’opposition des Etats-Unis. Il cherche d’emblée à mobiliser les appuis internationaux pour aider le continent africain. En 1998, il publie un rapport sur Les causes des conflits et la promotion d’une paix et d’un développement durable en Afrique, qui contient une série de mesures « réalistes et réalisables » pour réduire les tensions politiques et la violence, aux niveaux internes ou inter-Etats, et pour relever les grands défis que sont la dette, la gouvernance et la propagation des maladies comme le sida.

Premier Secrétaire général à sortir des rangs du personnel onusien, il tente de ramener le budget à une croissance zéro. Il est apprécié des fonctionnaires de New York, qui lui réservent une ovation en février 1998 à son retour de Bagdad où il était parti sauver la paix : l’accord qu’il signe avec Tarek Aziz autorise les experts à visiter les « sites présidentiels » en échange d’une levée éventuelle de l’embargo. Kofi Annan s’inscrit alors dans la lignée du troisième secrétaire général U Thant (1962-1971), qui s’était rendu à La Havane pour éviter un conflit américano-soviétique. Depuis la fin de la guerre froide, « on ne nous demande plus seulement de ‘maintenir la paix’ en aidant à faire appliquer des cessez-le-feu, explique-t-il, [mais] de participer au règlement des conflits. Cela suppose de s’attaquer aux problèmes à la racine. » En 2000, il fixe les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), pour réduire de moitié l’extrême pauvreté d’ici à 2015. En partage avec l’ONU, il reçoit le prix Nobel de la paix en 2001. Mais l’après-11 Septembre va marquer son second mandat, entamé en janvier 2002.

« La guerre d’Irak était illégale », déclare Kofi Annan à la BBC en septembre 2003. Selon Hans Blix, le chef des inspecteurs de l’ONU en Irak, le secrétaire général ne s’opposait pas à une intervention préventive, mais prônait une approche multilatérale qui seule aurait permis d’endiguer la prolifération des armes de destruction massive et des nouvelles formes de terrorisme. Une position qui devait lui valoir le ressentiment des conservateurs américains, qui réclamèrent sa démission, faisant éclater en 2004 divers scandales qui ont terni l’image de l’organisation (notamment le scandale de l’opération pétrole contre nourriture). Un an avant la fin de son mandat, c’est un homme affaibli qui proposait, en septembre 2005, à l’occasion des commémorations du soixantième anniversaire de l’institution, un vaste plan de réforme du système des Nations unies qui, une nouvelle fois, n’a pu aboutir…

In Les 100 Clés de l’Afrique (pp. 50 à 52), un ouvrage dirigé par Thierry Perret et Philippe Leymarie. Paris, RFI et Hachette Littérature, 2006.

Source : RFI

 

 

Libye: le maréchal Haftar se dit prêt à marcher sur Tripoli

Pour la première fois depuis les affrontements de Tripoli, l'homme fort de l'Est libyen est sorti de son silence lors d'une rencontre organisée jeudi 6 septembre avec une trentaine de sages et de chefs des tribus. Khalifa Haftar a fait passer plusieurs messages, directement retransmis par la chaîne de télévision Al Hadath qui lui appartient. Il refuse ouvertement le projet de nouvelle Constitution qui devrait être entériné par le Parlement avant ce 10 septembre. Mais il a surtout parlé de Tripoli.

Ce n'est pas la première fois que Khalifa Haftar exprime sa volonté de marcher avec son armée sur Tripoli, mais c'est la première fois qu'il le fait d'une manière aussi directe et avec insistance.

A plusieurs reprises, il est revenu sur le sujet, jeudi, assurant que l'armée nationale libyenne qu'il dirige est prête et que la prise de Tripoli serait rapide. Dans ce but, il a révélé être en contact direct avec des forces des villes de Misrata et de Zentan. L'homme fort de l'Est libyen a assuré que des forces à l'intérieur même de Tripoli seraient également prêtent à faire assaut sur la ville.

Les affrontements des derniers jours sont en train de changer la géographie de présence des milices dans la capitale. « Nous n'allons pas laisser tomber Tripoli et le peuple libyen doit y vivre en sécurité », a déclaré Khalifa Haftar.

Des analystes qui lui sont proches multiplient les déclarations pour indiquer que le maréchal a le feu vert pour se débarrasser des milices à Tripoli avant novembre prochain, date à laquelle l'Italie a annoncé l'organisation d'une conférence internationale sur la Libye.

Rome milite pour des élections en 2019 alors que la France pousse vers l'organisation des élections en Libye avant la fin de l'année.

Quant à la Constitution, le maréchal considère qu'il faut remettre le projet à une période qui suit les élections et non pas qui les précède, « sinon, affirme-t-il, le peuple libyen va refuser le projet de Constitution ».

Source : RFI

 

Mali: le président Ibrahim Boubacar Keïta investi pour son deuxième mandat

Mali: le président Ibrahim Boubacar Keïta investi pour son deuxième mandatAu Mali, plus de trois semaines après le second tour de la présidentielle, Ibrahim Boubacar Keïta a été investi ce matin pour un second mandat à la tête du Mali. Il a prêté serment devant la Cour suprême du pays.

La cérémonie de prestation et d’investiture s’est déroulée dans la grande salle du palais de la culture Amadou Hampâté Bâ de Bamako. Le président malien était tout de blanc vêtu.

Le procureur de la Cour suprême l’a invité à se lever : « Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, vous avez la parole ». Il a alors prêté serment : « Je jure devant dieu et le peuple malien de préserver en toute fidélité le régime républicain, de respecter et de faire respecter la Constitution et la loi ».

Beaucoup d’émotion dans la salle. Le président de la Cour suprême, Nounhoum Tapily, prend la parole et s’adresse directement au nouveau président élu : « Un des soucis majeurs demeure : la restauration de l’autorité de l’Etat à travers la présence effective des pouvoirs publics et des services sociaux de base sur toute l’étendue du territoire national ».

Le chef de l’Etat malien réélu pour un nouveau mandat de cinq ans a ensuite prononcé le premier discours de son second mandat : « Je serai le président de tous les Maliens, je suis le président de tous les Maliens, de toutes les Maliennes et de tous les Maliens de toutes les régions et de la diaspora ».

Selon le protocole d’Etat, la journée de ce mardi doit être marquée par plusieurs festivités pour célébrer l’évènement.

Source : RFI

 

 

RDC : Jean-Pierre Bemba « inéligible », selon le parquet général de la République

Au cours de l'audience sur le contentieux électoral entre Jean-Pierre Bemba et la Ceni, le procureur général de la République a demandé le 31 août à la Cour constitutionnelle de confirmer l'inéligibilité du candidat.

C’est une journée marathon qui a démarré, vendredi 31 août, devant la Cour constitutionnelle de la RDC. Des candidats invalidés à la présidentielle, représentés par leurs avocats respectifs, et des experts de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) s’y sont confrontés. Parmi les cas examinés, celui – très attendu – de Jean-Pierre Bemba, acquitté en appel début juin de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité devant la Cour pénale internationale (CPI).

La candidature de l’ancien vice-président de la République a été déclarée, dans la nuit du 24 au 25 août, « non recevable » par la Ceni pour avoir été « condamné pour subordination de témoins » par la CPI.

Devant les juges constitutionnels, la Ceni s’est alors évertuée à démontrer la motivation de sa décision de ne pas reprendre le nom de Jean-Pierre Bemba sur la liste provisoire des candidats à la présidentielle, prévue le 23 décembre. Elle a expliqué s’être basée sur l’article 10 de la loi électorale, qui range « les personnes condamnées par un jugement irrévocable du chef de viol, d’exploitation illégale des ressources naturelles, de corruption, de détournement des deniers publics, d’assassinat, des tortures, de banqueroute et les faillis » parmi les cas d’inéligibilité au scrutin présidentiel.

« La Ceni a violé la loi », selon la défense de Bemba

Subordination de témoins, est-ce de la corruption ? « Dans le cas d’espèce, il s’agit des actes, des faits », n’a cessé de marteler l’expert principal de la Ceni, soulignant que le contentieux électoral n’est pas régi par le droit pénal. À l’en croire, suivant l’esprit de loi électorale congolaise, « les actes de corruption ne sont pas à confondre avec une quelconque infraction qui aurait été qualifiée comme telle par une juridiction ». Et que l’arrêt de la première chambre de la CPI, confirmé en appel le 8 mars, revêt un « caractère définitif » concernant le verdict.

Du côté du collectif des avocats de Jean-Pierre Bemba, l’argumentaire a en revanche consisté à démontrer que la subornation de témoins n’est pas reprise dans la « liste limitative » des causes d’inéligibilité. En conséquence, selon la défense de l’opposant, « la Ceni a violé l’article 10 de la loi électorale », en procédant à une « interprétation par analogie ». Car « on ne peut pas dire que, dans tous les cas, suborner un témoin, c’est de la corruption », a avancé un avocat du collectif de défense.

Les avocats de Jean-Pierre Bemba ont également soutenu qu’il n’y aurait pas encore de jugement irrévocable dans l’affaire de subornation de témoins. L’arrêt attendu le 17 septembre sur la peine sera « susceptible d’appel », selon eux. Ils ont aussi rappelé que le casier judiciaire de leur client indique que ce dernier a été « condamné en première instance ».

Cela n’a pas été suffisant pour convaincre le parquet général de la République. Appelé à donner son « avis » avant la clôture de l’audience, le procureur a demandé à la Cour constitutionnelle de déclarer « recevable » la requête de Jean-Pierre Bemba mais de la déclarer « non fondée ». Il a ainsi demandé aux juges de confirmer l’inéligibilité de l’ancien vice-président de la République. La Cour constitutionnelle dispose désormais de « dix jours ouvrables » pour rendre sa décision, suivant la loi électorale.

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie : Youssef Chahed limoge le ministre de l’Énergie

Le chef du gouvernement tunisien a limogé, vendredi 31 août, le ministre de l'Énergie, Khaled Gaddour, le secrétaire d’État chargé des Mines, Hachem Hmidi, ainsi que plusieurs hauts responsables du ministère.

Le chef du gouvernement Youssef Chahed a annoncé vendredi 31 août une série de limogeages au sein du ministère de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables. Le ministre Khaled Gaddour a été démis de ses fonctions, ainsi que le secrétaire d’État chargé des Mines, Hachem Hmidi.

Le président-directeur général de l’Entreprise tunisienne d’activités pétrolières (Etap), le directeur général des Hydrocarbures et le directeur général des Affaires juridiques au ministère ont également été démis de leurs fonctions.

Dans son communiqué, la présidence du gouvernement a également annoncé la fusion du ministère de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelables avec celui du ministère de l’Industrie et des Petites et Moyennes Entreprises (PME). Un comité d’experts a été chargé de restructurer le secteur de l’énergie.

Source : jeuneafrique.com

 

Libye: Tripoli à nouveau théâtre de violents affrontements entre milices rivales

Depuis le début de la semaine, des combats opposent des milices rivales près de la capitale libyenne. Au moins 27 morts et plus de 100 blessés sont à déplorer, dont beaucoup sont des civils, selon le ministère de la Santé.

Après quelques mois d'accalmie, la capitale libyenne est à nouveau en proie à de violents affrontements. Des secouristes locaux assurent que plusieurs familles sont toujours bloquées dans la zone de combats au sud de la capitale.

Ces heurts opposent des milices rivales à la recherche du pouvoir et d'enrichissement en mettant la main sur les biens de l'Etat. Ils illustrent également la faiblesse du gouvernement d'union nationale – soutenu par la communauté internationale – qui ne contrôle pas ses milices. Ce sont ces groupes qui sont les maîtres du jeu dans l'Ouest libyen. Ils gèrent le quotidien des citoyens à la place du gouvernement.

Certains observateurs libyens considèrent même que Fayez al-Sarraj, le chef du gouvernement de Tripoli, est une poupée aux mains des milices. Ils accusent des forces étrangères de vouloir faire durer la période de transition pour leur intérêt.

Motion de censure

Fayez al-Sarraj n'a pas réussi à fusionner ces milices en une seule armée comme le souhaitait l'ONU. Il n'a pas ramené non plus la sécurité, ni la stabilité politique et économique en Libye. D'ailleurs une motion de censure signée par 80 parlementaires a été déposée contre lui cette semaine.

Selon plusieurs observateurs, le scénario de la guerre de 2014, quand les milices se sont substituées à l'Etat, risque de se reproduire à Tripoli. Les milices de Zenten et de Misrata menacent effectivement d'avancer sur la capitale.

Source : RFI

 

L'ONU publie un rapport accablant sur la situation sécuritaire au Mali

Dans un rapport rendu public ce mercredi 29 août, l'Organisation des Nations unies révèle l'implication de groupes armés signataires de l'accord de paix d'Alger dans des attaques dirigées contre les forces armées et de sécurité maliennes et dans la criminalité organisée.

Les révélations de ce rapport sont accablantes. Noms à l'appui, le groupe d'experts indépendants de l'ONU sur le Mali explique d'abord que des membres de groupes armés, partie prenante dans l'accord pour la paix et la réconciliation signé en 2015, sont impliqués dans des attaques terroristes, notamment dirigées contre les forces de sécurité malienne.

Le document cite par exemple le nom de Salah Ag Ahmed, maire de Talataye dans la région de Gao. Les experts affirment que « plusieurs sources indépendantes » le décrivent comme un membre influent du Haut Conseil pour l'unité de l'Azawad – groupe signataire de l'accord d'Alger – mais également comme « un officier de liaison avec Ansar Dine et le groupe Etat islamique dans le Grand Sahara », deux organisations terroristes à l'origine d'attaques armées dans la zone.

Trafics

Autres révélations de ce rapport : des membres des groupes armés signataires de l'accord d'Alger seraient impliqués dans des trafics de migrants, des trafics de drogues, ou encore du recrutement d'enfants. « Trois garçons ont ainsi été recrutés par la Plateforme [groupe signataire de l'accord de paix, ndlr] ou par la CME », un groupe non-signataire mais qui gravite autour de l'accord d'Alger.

Le groupe d'experts précise qu'il n'a pas constaté d'entraves délibérées à l'application de l'accord de paix d'Alger, mais ajoute que l'implication des groupes signataires et des groupes dits « coopératifs » dans de tels faits compromet indirectement son application et donc la stabilisation du Mali.

Source : jeuneafrique.com

 

Angela Merkel en tournée en Afrique de l'ouest

Angela Merkel en tournée en Afrique de l'ouestAngela Merkel débute ce mercredi 29 août une tournée en Afrique de l'ouest qui la conduira au Sénégal, au Ghana et au Nigeria. Une visite à forte coloration économique qui a relégué au second des dossiers comme celui de l'immigration.

L'Allemagne veut renforcer sa présence sur le continent. C'est un passage éclair au Sénégal pour Angela Merkel. Moins de 24h dans la capitale sénégalaise. Sa visite revêt avant tout un caractère politique. Dire au Sénégal que son rôle joué dans les crises régionales, notamment au Mali et en Gambie l'année dernière, est apprécié depuis Berlin.

Au menu des discussions également, la coopération économique. Angela Merkel est accompagnée d'une délégation d'hommes d'affaires pour voir comment intensifier les échanges commerciaux entre les deux pays. En Afrique de l'ouest, l'Allemagne investit davantage dans les pays anglophones.

Au Sénégal, les investissements allemands concernent majoritairement les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. En 2016, il ont atteint les 17 millions d'euros. Une présence économique dans le pays que l'ambassadeur allemand Stephan Ràken qualifie d'« un peu faible ». Cette visite devrait donc permettre de faire bouger les lignes, avec la signature d'une série d'accords économiques.

En plus d'échanges bilatéraux avec Macky Sall, la chancelière allemande doit aussi s'entretenir avec des membres de la société civile.

Source : RFI

 

Algérie : la série de limogeages touche de nouveau l’armée

Le général major Abderrazak Cherif, chef de la 4e région militaire, et Ahcène Tafer, le commandant des forces terrestres, ont été démis de leurs fonctions le 27 août. Une série de limogeages qui ouvre la voie à des spéculations quant aux rôles respectifs du chef de l’État et de son vice-ministre de la Défense, Gaïd Salah.

Nouvelles mises à l’écart au sein de l’institution militaire. Le général major Abderrazak Cherif, chef de la 4e région militaire, a été relevé de ses fonctions et admis à la retraite. Citant la présidence de la République, la chaîne privée Ennahar TV indique le 27 août que Abderrazak Cherif a été remplacé par son adjoint Hassan Alaïmia. Commandant des forces terrestres depuis août 2004, le général major Ahcène Tafer a également été remplacé à son poste par le général major Saïd Chengriha, qui occupait le poste de commandant de la 3e région militaire également depuis 2004.

Ni la présidence de la République ni le ministère de la Défense n’ont officialisé ou démenti les informations de la chaîne privée devenue le canal semi-officiel de l’institution présidentielle pour annoncer des changements dans les structures de l’armée.

Ces nouvelles valses interviennent après d’importants limogeages et nominations qui ont touché des chefs de régions militaires et d’autres responsables des services de sécurité.

Une armée réorganisée

Le 17 août dernier, les généraux majors qui commandaient la 1ère et la 2e région militaire ont été écartés et remplacés par deux autres responsables.

La Direction centrale de la sécurité de l’armée (DCSA), chargée de la protection du personnel et des infrastructures de l’armée, n’a pas échappé à ces valses. À la tête de cette structure depuis l’été 2013, le général major Mohamed Tirèche, dit « Lakhdar », a été évincé. Contrôleur général de l’armée, le général Boumediene Benattou a lui aussi été remercié et remplacé par l’ancien directeur central de l’intendance, le général major Hadji Zerhouni.

La farandole des mises à l’écart ne devrait pas en rester là. Des changements touchant d’autres structures de l’armée et des services de sécurité pourraient intervenir dans les prochains jours.

En juin dernier, le général Abdelghani Hamel qui dirigeait la police nationale depuis juillet 2010 a été brutalement démis de ses fonctions. Considéré comme un potentiel successeur du président algérien et réputé proche de son entourage, Hamel a payé pour le scandale du trafic de 701 kilos cocaïne quiDu côté de la gendarmerie nationale, également, le directeur a été démis de ses fonctions. Le général Menad Nouba a cédé sa place à Ghali Belkecir, réputé ennemi farouche de Abdelghani Hamel.

Une communication qui interroge

a éclaboussé de nombreux fonctionnaires, des magistrats, deux hauts gradés de l’armée ainsi que le « chauffeur personnel » du général Hamel.

Rien ne permet d’établir des liens directs ou indirects entre ce scandale de la cocaïne et ces nombreux changements opérés à la tête des régions militaires et autres structures de la Grande Muette.

Ce n’est pas la première fois que des changements importants affectent l’institution militaire. En février 2000 comme en août 2004, le président Bouteflika a opéré de vastes remaniements dans les commandements militaires, notamment avec la nomination d’Ahmed Gaïd Salah en août 2004 comme chef d’état-major de l’armée. À l’époque, la présidence avait officiellement communiqué via l’agence officielle APS et des décrets avaient été publiés dans le journal officiel.

Aujourd’hui, ces mises à l’écart interviennent à dose homéopathique et ne bénéficient pas d’une communication officielle de la part de la présidence de la République dont le siège était de facto transféré du Palais d’El Mouradia, sur les hauteurs d’Alger, vers la résidence de Zéralda, sur le littoral ouest de la capitale, où le chef de l’État vit et travaille depuis son AVC de 2013.

Gaïd Salah, l’homme fort ?

Cette absence de communication présidentielle ouvre la voie à des spéculations autour des rôles respectifs du chef de l’État et de son vice-ministre de la Défense. L’effacement de Bouteflika sur la scène politique – sa dernière apparition publique remonte au 5 juillet et la dernière audience accordée remonte à début avril – peut laisser penser que la gestion des carrières de hauts gradés de l’armée a été déléguée à Gaïd Salah, qui apparaît de plus en plus comme l’homme fort du régime algérien. Le vice-ministre de la Défense multiplie les sorties publiques sur le terrain et dans les médias. Son activisme est inversement proportionnel au retrait de Bouteflika.

Mais la nature opaque du système algérien impose la prudence, tant il est difficile de décrypter les décisions qui touchent des postes de hautes responsabilités. Durant ses quatre précédents mandats, le président Bouteflika a aussi démontré qu’il n’aimait partager ni le pouvoir ni ses prérogatives, bien que certaines soient de facto dévolues à son frère cadet et conseiller spécial, Saïd Bouteflika. Certains y voient un travail de concertation entre les deux hommes, d’autres pensent que le président garde encore la haute main sur l’armée et que ces valses déboucheraient ultimement sur le départ de Gaïd Salah. Le chef de l’État demeure imprévisible et déroutant.

Des limogeages liés à la prochaine présidentielle ?

Cette série de limogeages dans l’institution miliaire, dans la police et la gendarmerie, est-elle liée à la prochaine présidentielle qui, sauf événement majeur, aura lieu en avril 2019 ? Deux certitudes émergent. Comme pour le quatrième mandat en 2014, où il s’était déclaré en février, Bouteflika fera officiellement connaître au dernier moment sa décision concernant une candidature à sa succession.

S’il se décidait à repartir en campagne, Gaïd Salah resterait donc à ses côtés comme pour honorer un pacte de loyauté scellé depuis 2004. Sa fidélité au vieux raïs n’empêche pas le vice-ministre de la Défense de préparer sereinement l’avenir en plaçant ses hommes à la tête des régions militaires, de la police, de la gendarmerie et pourquoi pas demain dans la garde républicaine, à la sécurité intérieure et à la tête des services de renseignements. Fidèle oui, mais aussi ambitieux.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Côte d’Ivoire : confusion autour des listes du PDCI et du RHDP aux élections locales

La publication des listes de candidats aux élections locales du PDCI et du RHDP a étalé au grand jour la confusion qui règne au sein des directions des principaux partis ivoiriens.

Ce week-end a été riche en rebondissements. C’est le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) qui a ouvert le bal des publications de ses listes aux élections municipales et régionales du 13 octobre prochain.

Samedi 18 août, le parti d’Henri Konan Bédié qui a récemment rompu son alliance avec le président Alassane Ouattara a publié ses listes de 126 candidats aux municipales et 21 candidats aux régionales.

Fuite

Première forme de confusion : Le Nouveau Réveil, quotidien proche du PDCI avait, deux jours auparavant, publié une liste différente dans ses colonnes. Une fuite qui, au sein du PDCI, est une vieille pratique. Mais le même jour, Samy Merhy, maire sortant de Lakota (Centre-Ouest) élu sous la bannière du Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) et non investi par celui-ci, a démenti être l’un des candidats parrainés par Bédié alors qu’il figurait sur la liste publiée par Le Nouveau Réveil.

Du côté du Plateau (commune d’Abidjan), Fabrice Sawegnon, qui s’était jusque-là présenté comme un candidat indépendant et n’ayant pas fait acte de candidature pour être parrainé par le RDR, se proclamait candidat du RHDP, sans attendre de lettre d’investiture et alors que le consensus s’était dégagé autour de Ouattara Dramane, candidat à la candidature du RDR.

Précipitation

La deuxième forme de confusion est, quant à elle, intervenue suite à la publication des listes du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP, mouvance présidentielle). Preuve qu’au sein de la mouvance présidentielle les choses se sont, aussi, faites dans la précipitation, les rédactions ont reçu tour à tour trois moutures différentes de listes au cours de la seule soirée du dimanche 26 août.

À la suite de la publication de la deuxième mouture, le PDCI est monté au créneau, à travers un communiqué laconique signé de son secrétaire exécutif en chef, Maurice Kakou Guikahué : « Des cadres du PDCI, candidats aux municipales et aux régionales figurent également sur la liste RHDP. Ils sont au nombre de 18. Afin d’avoir une idée claire sur leur position, le président du PDCI, Henri Konan Bédié, convoque ce lundi [27 août] ces candidats à double casquette. »

Le RHDP va parrainer 29 candidats aux Conseils régionaux – contre 21 pour le PDCI – sur les 31 que compte le pays

Conséquence : le RHDP a rendu publique, tard dans la nuit, une troisième mouture où ne figurait plus deux personnalités issues du PDCI, dont le ministre Pascal Kouakou Abinan.

En définitive, le RHDP va parrainer 29 candidats aux Conseils régionaux – contre 21 pour le PDCI – sur les 31 que compte le pays. Abinan, président du conseil régional sortant, élu en 2013, sous la bannière du PDCI, pourrait donc y aller en tant que candidat indépendant.

Quant aux ministres Jean Claude Kouassi (Centre) et Kobenan Kouassi Adjoumani (Nord-Est), tous issus du PDCI, ils représenteront le RHDP. De leur côté, les ministres Alain Richard Donwahi, Aka Aouélé et Patrick Achi, parrainés par le PDCI et présentés comme candidats du RHDP, devront clarifier leurs positions.

Ce sont les conséquences des errements politiques de cette classe dirigeante qui régente la vie politique depuis des décennies

Tous ces rebondissements auront sans nul doute contribué à renforcer l’image, au sein des jeunes générations, d’une classe politique aux méthodes jugées archaïques.

« Ce sont les conséquences des errements politiques de cette classe dirigeante qui régente la vie politique depuis des décennies. Des amalgames entre la chose publique et le besoin alimentaire de ces leaders ivoiriens qui donnent très peu l’exemple car ils gèrent leurs partis comme une affaire familiale où un clan prend les décisions pour tous et applicables à tous », commente Innocent Gnelbin, analyste politique et ex-président de Initiative ivoirienne pour la démocratie et le développement (2IDé, mouvement de la société civile).

Confusion

À trois jours de la date butoir du dépôt des candidatures, la même confusion règne au sein de l’opposition. Disposé à participer aux élections, en dépit de la configuration actuelle de la Commission électorale indépendante (CEI) appelée à être réformée, Pascal Affi N’Guessan du Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo) n’a pas encore rendu publique la liste de ceux qu’il compte parrainer.

Aboudramane Sangaré, son grand rival au sein du parti – qui avait jusque-là appelé à boycotter tous les scrutins passés -, semble pour sa part miser sur un hypothétique report des élections.

Source : jeuneafrique.com

 

Emmerson Mnangagwa officiellement investi président du Zimbabwe

Le président du Zimbabwe Emmerson Mnangagwa a officiellement prêté serment dimanche, après plusieurs semaines de vive controverse sur les conditions de son élection le 30 juillet, jugée frauduleuse par l'opposition.

« Moi, Emmerson Dambudzo Mnangagwa, jure qu’en tant que président de la République du Zimbabwe, je serai fidèle au Zimbabwe et défendrai la Constitution du Zimbabwe », a déclaré M. Mnangagwa lors de la cérémonie d’investiture.

« Je protégerai et promouvrai les droits des Zimbabwéens, avec l’aide de Dieu », a-t-il ajouté, le buste ceint d’une écharpe verte, devant des milliers de partisans et de nombreux chefs d’État africains réunis dans un stade de Harare. Sa prestation de serment a été acclamée par un tonnerre d’applaudissements.

Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a pris la tête du Zimbabwe en novembre dernier après la démission de Robert Mugabe, lâché par l’armée et son parti au pouvoir, la Zanu-PF, au terme d’un règne autoritaire de trente-sept ans.

Candidat de la Zanu-PF, l’ancien vice-président a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 juillet, crédité de 50,8% des suffrages contre 44,3% à son rival du Mouvement pour un changement démocratique (MDC), Nelson Chamisa.

Arguant de nombreuses fraudes, le MDC a contesté ces résultats devant la Cour constitutionnelle. Mais la plus haute instance judiciaire du pays a validé finalement le scrutin vendredi, estimant que l’opposition n’avait pas fait la preuve de ces irrégularités.

Source : Jeuneafrique.com

 

 

Algérie : limogeage de deux importants responsables militaires

Algérie : limogeage de deux importants responsables militairesLe président algérien Abdel Aziz Bouteflika a limogé vendredi deux grands responsables militaires, selon un communiqué de la présidence algérienne. Il s’agit de deux chefs de régions militaires, celui de la deuxième, le général Said Bay, et celui de la première région militaire, le général Lehbib Chetouf.

Pour leur succéder, le président algérien a choisi respectivement pour les deux régions les généraux Ali Sidan ancien directeur de l’académie militaire de Cherchell et Mouftah Sawab, précédemment chef de la sixième région.

Les dernières semaines ont connu le limogeage d’importantes personnalités des appareils sécuritaires sensibles comme le général Abdel Ghani Hamel, ancien directeur général de la sureté nationale et le général Menad Noba commandant général de la gendarmerie nationale.

Les mesures décidées par le chef de l’état algérien ont touché par ailleurs des directeurs de la sureté dans des régions du pays, des dizaines de magistrats et des responsables des services de la présidence.

Source : Sahara Medias (Mauritanie)

 

 

Présidentielle au Mali : IBK réélu pour un second mandat avec 67,17% des suffrages

Ibrahim Boubacar Keïta a remporté le second tour de la présidentielle. Il arrive en tête avec 67,17% des suffrages, face à Soumaïla Cissé, crédité de 32,83%. Ces résultats doivent désormais être validés par la Cour constitutionnelle.

Cinq ans plus tard, l’issue du match retour a donc été la même.  D’après les résultats provisoires rendus publique par le ministère de l’Administration territoriale, les  Maliens ont décidé de reconduire Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) au Palais de Koulouba. Au second tour, le président sortant totalise 67,17% des suffrages. Un score largement supérieur à celui de l’opposant Soumaïla Cissé, qui ne récolte que 32,83% des suffrages exprimés, au terme d’une joute électorale marquée par de nombreux défis sécuritaires et par des tensions entre acteurs politiques.

Dans le détail, les chiffres rendus publics jeudi 16 août à 9 h 45, heure de Bamako, sont les suivants :

Nombre d’inscrits : 8,462 millions

Nombre de votants : 2 763 339

Bulletins nuls : 856 536

Suffrages exprimés : 2 677 803

Taux de participation : 34,54 %

Ibrahim Boubacar Keïta : 1 798 632 voix, soit 67,17%

Soumaïla Cissé : 879 235 voix, soit 32,83 %

Abstention et tensions

La bataille n’aura peu passionné les Maliens. Si, en 2013, l’envie de tourner la page après le coup d’État militaire avait poussé la majorité des électeurs à se rendre aux urnes, la présidentielle de 2018 a en revanche été marquée par un fort taux d’abstention : le taux de participation à ce second tour a en effet été de 34,84%.

IBK, qui avait largement devancé son challenger au premier tour (41,70% contre 17,78%), partait favori dimanche 12 août. Dans l’entre-deux tours, Soumaïla Cissé n’a pas réussi à réunir autour de sa candidatures les principaux candidats malheureux de l’opposition.

Soumaïla Cissé isolé

L’opposant aura maintenu jusqu’au bout sa volonté de participer au second tour, « dans une démarche patriotique et démocratique », contre l’avis de la majorité des autres candidats, qui souhaitaient, eux, un retrait du processus. En cause : la transparence du scrutin, dont l’opposition estime qu’il a été entaché de « fraudes » et d’irrégularités.

Soumaïla Cissé, qui avait reconnu sa défaite face à IBK avant même la publication des résultats, lors de la présidentielle de 2013, a opté cette fois pour une contestation franche.

« La fraude, elle est avérée ! C’est pour ça qu’il y a des résultats que nous n’accepterons pas. Ceux qui ont fraudé, ce sont eux qui embrasent le pays », a-t-il indiqué lundi, affirmant que les résultats  compilés par sa propre équipe lui donnaient la victoire avec un score de « 51,93% contre 47,53% pour le président de la République (sortant) » – avant le piratage de son système informatique, dimanche dans la nuit.

« Nous allons utiliser toutes les méthodes possibles pour que la vérité soit établie », assurait alors le chef de file de l’opposition.

Les missions d’observation ont pour leur part déploré les nombreux incidents ayant émaillé le scrutin, tout en saluant l’amélioration de son organisation au second tour. Lundi 13 août, le gouvernement a indiqué que 490 bureaux de vote (sur les 23 000 prévus) n’avaient pu ouvrir la veille pour des raisons de sécurité. Ils étaient 871 au premier tour.

« Je peux affirmer que nos observateurs n’ont pas observé de fraudes mais des problèmes d’irrégularités procédurales », tels « deux cas de procès-verbaux pré-signés et préremplis » avant même la fin du scrutin, a notamment déclaré Cécile Kyenge, la chef de la mission d’observation de l’Union européenne (UE).

Elle a également appelé « les candidats à se tourner vers les voies légales en cas de contestation et à s’en référer à la Cour constitutionnelle du Mali », alors que les deux camps alimentaient depuis dimanche des rumeurs sur leur victoire r

Source : jeuneafrique.com

 

Tunisie : Béji Caïd Essebsi tranche en faveur de l’égalité dans l’héritage

Soixante-deux ans après la promulgation du code du statut personnel (CSP), qui confère aux Tunisiennes les droits les plus larges jamais octroyés aux femmes dans le monde arabe, Béji Caïd Essebsi est à l’initiative d’une réforme clé : l’égalité dans l’héritage.

Dans l’allocution qu’il a tenue le 13 août à Carthage, à l’occasion de la fête de la femme et de la famille, le président de la République Béji Caïd Essebsi a lancé un nouveau défi sociétal en annonçant, devant un parterre essentiellement féminin, qu’il proposerait dans les semaines qui viennent un projet de loi établissant l’égalité dans l’héritage. Un amendement au code du statut personnel (CSP), qui avait essuyé en 1956 le refus des oulémas tunisiens.

Sans être drastique, ce projet bouleverse les traditions ancrées dans les pays arabo-musulmans. Il permet au légataire d’opter pour l’égalité entre ses héritiers ou de préférer la formule édictée par la loi coranique. Un système à la carte qui permet de satisfaire l’ensemble des partis.

Démarche progressiste

La démarche n’en demeure pas moins audacieuse au regard d’une mesure aussi taboue que clivante pour la société. Depuis la publication, en juin 2018, du rapport de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), qui met en conformité les lois en vigueur avec les principes d’égalité et de libertés inscrits dans la Constitution et les conventions internationales paraphées par la Tunisie, une polémique virulente enfle, alimentée par les islamistes et les conservateurs.

Ces derniers craignent que ces mesures ne détruisent la famille, notamment avec le point permettant à la femme d’être chef de famille et surtout celui attribuant, aux femmes et aux hommes, des parts égales dans l’héritage. Toucher à cette question est un bouleversement que les fondamentalistes récusent en s’appuyant sur les règles coraniques.

Dans ses propos, Béji Caïd Essebsi a adopté une approche quasi pédagogique. De manière très simple, il a expliqué aux Tunisiens qu’en tant que « garant de la Constitution », sa référence est « la loi fondamentale qui définit la Tunisie comme État civil » et considère dans son article 29 que les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et devoirs sans aucune distinction.

Par ce biais, le locataire de Carthage a pris à revers les détracteurs du projet de la Colibe. Il a également rappelé que le parti Ennahdha, dont l’idéologie est en lien avec l’islam, avait voté à une large majorité cette Constitution et ne pouvait aujourd’hui se dédire de cet engagement. Le président a précisé que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) aurait le dernier mot et a ainsi mis la balle dans le camp des partis.

Le projet sera-t-il accepté par les Tunisiens ?

Certains seront sans doute déçus que les autres libertés et égalités figurant au rapport de la Colibe (telles que la liberté de culte, l’abolition de la peine de mort, la décriminalisation de l’homosexualité etc.) n’aient pas été évoquées mais, en Tunisie, la question de l’héritage est cruciale pour les réformes sociétales et la position de la femme.

D’autres s’attendaient à ce que le président attaque plus directement les conservateurs. Mais Béji Caïd Essebsi, qui considère que « le CSP a été la principale révolution de la Tunisie au XXe siècle », s’est positionné avec solennité comme le président de tous les Tunisiens, qu’il invite à aller de l’avant.

Il a ainsi lancé à sa manière une révolution tranquille et sait que la partie est à peine amorcée. Il faudra un lobbying dans les cercles du pouvoir et une solide vulgarisation auprès des citoyens pour faire accepter un projet qui conviendrait à tous.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle Mali: plus de 400 bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir

Le Mali attend les résultats du second tour de l’élection présidentielle qui s’est tenu dimanche 12 août. Des résultats vivement rejetés à l'avance par Soumaïla Cissé, le candidat de l'opposition opposé au président sortant Ibrahim Boubacar Keïta. Comme au premier tour, cette élection a été émaillée par des incidents sécuritaires. D’après un premier bilan, donné ce lundi matin par le ministère de la Sécurité intérieure, 490 bureaux de vote n’ont pas pu organiser le scrutin dimanche. Comme au premier tour, ce sont le nord, notamment la région de Tombouctou, et le centre du pays qui sont concernés.

La région de Mopti arrive en tête avec environ 440 bureaux qui n’ont pas pu ouvrir et sur les 440, vous avez, au minimum, 100 bureaux qui n’ont pas pu ouvrir pour cause d’inaccessibilité. Le reste des bureaux qui n’ont pas pu ouvrir – et ceci est valable pour toutes les trois régions qui sont concernées – c’est essentiellement la peur de certaines populations qui n’ont pas accepté qu’on ouvre les bureaux par peur des représailles. Il y a quelques cas où les bandits sont venus effectivement perturber les lieux et le dispositif. Ceux qui ont juré qu’il n’y aurait pas d’élections, nous ne les avons jamais sous-estimés. Nous avons déployé plus de 6 000 éléments supplémentaires tant que tous les bulletins, tous les procès-verbaux ne sont pas acheminés jusqu’à Bamako, à la Commission nationale de centralisation. Nous allons rester vigilants. Je voudrais quand même que tout le monde note que nous sommes un pays à enlèvements et que cela a déjà été un grand défi pour nous. Jusqu’à la veille, certains croyaient que cela ne se ferait pas et pourtant, nous avons tenu un premier tour sans de très grands dommages et un deuxième tout avec moins de dommages encore », a déclaré Salif Traoré, ministre de la Sécurité intérieure.

De son côté, Soumaïla Cissé, candidat de l’opposition, s'est exprimé, ce lundi 13 août, dans l’après-midi, devant ses partisans. Certain de sa victoire, il a accusé de nouveau le gouvernement de fraude électorale. Soumaïla Cissé rejette d'ores et déjà les résultats, avant même d’être annoncés, et appelle les Maliens à la mobilisation. Depuis le début de la campagne électorale, Soumaïla Cissé n'a eu de cesse de dénoncer un scrutin frauduleux sans pour autant se retirer de la course présidentielle. Les résultats du second tour sont attendus dans les jours qui viennent

 

Tunisie : manifestation contre l’égalité successorale et d’autres réformes

Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Tunis contre l'égalité entre hommes et femmes au moment de l'héritage, la dépénalisation de l'homosexualité et d'autres réformes sociétales proposées par une commission présidentielle.

« Avec notre sang, nous défendrons l’islam », ont scandé hommes et femmes, dont certains ont brandi le Coran. Sous un soleil de plomb, ils ont manifesté à l’appel de la « Coordination nationale pour défendre le Coran et la Constitution », un collectif réunissant universitaires, dignitaires religieux et personnalités pro-islamistes.

« Nous sommes venues défendre les principes de notre religion » a dit Dorra Farrah, 22 ans, casquette et longue robe fleurie, arrivée avec un groupe de Kairouan (centre-est), un déplacement organisé par la mosquée et des enseignants.

« Je suis contre la reconnaissance de l’homosexualité et l’égalité dans l’héritage », a-t-elle déclaré.

En juin, la Commission pour les libertés individuelles et l’égalité (Colibe), formée il y a un an par le président Béji Caïd Essebsi, a proposé une série de réformes pour traduire dans les lois l’égalité inscrite dans la Constitution depuis 2014.

Elle suggère principalement que le patrimoine familial soit par défaut partagé de façon égale entre héritiers hommes et femmes, alors que la loi actuelle, qui s’appuie sur le Coran, prévoit qu’en règle générale, un homme hérite le double d’une femme du même degré de parenté.

Discours attendu

Béji Caïd Essebsi, qui doit prononcer lundi un discours à l’occasion de la journée de la Femme, pourrait évoquer cette réforme épineuse qui lui tient à coeur.

La Colibe, après plusieurs mois de consultation avec la société civile et les partis politiques, a également proposé de dépénaliser l’homosexualité, abolir la peine de mort et nombre d’autres réformes sociétales saluées par les défenseurs des droits de l’Homme.

« Ils veulent changer des piliers de l’islam », a protesté Mokhtar Abderrahmane, 60 ans.

L’égalité dans l’héritage, « c’est une ligne rouge tracée par le Coran, qu’il ne faut pas franchir », a affirmé Sabiha Chelbi, 56 ans, venue manifester avec sa fille, Emna.

« Je ne suis pas obligée de travailler, et si je le fais, je pourrai garder l’argent pour moi », a indiqué Emna, étudiante en design. « Mais l’homme, lui il n’a pas le choix, il doit travailler et subvenir aux besoins du foyer, c’est pour cela qu’il hérite plus », a renchéri Sabiha.

La Colibe a assuré que son approche n’était « pas contraire à l’essence de l’islam ».

Une manifestation en faveur de l’égalité et des libertés individuelles est prévue lundi soir, après le discours présidentiel.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle au Mali : les ex-rebelles de la CMA récusent les accusations de bourrage d’urnes

Ibrahim Boubacar Keïta a remporté quelques-uns de ses meilleurs scores dans le nord du pays, en particulier dans les zones sous contrôle de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). De quoi alimenter le doute sur la neutralité de l’ex-mouvement rebelle, dont les combattants sécurisaient les centres de vote.

Le 29 juillet, le vote a bien eu lieu dans le Nord. Mais les écarts de voix entre le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, et les autres candidats dans la région a fait monter d’un cran la fièvre de l’entre-deux tours à Bamako.

Au niveau national, IBK est arrivé en tête du premier tour avec 41,70% des suffrages, largement devant son principal challenger, Soumaïla Cissé (17,78%). Mais dans le Nord-Mali, où les deux candidats ont enregistré des scores supérieurs à leurs résultats nationaux, l’écart est parfois encore plus important.

Soupçons de fraude

A Gao, « Boua » – « Le vieux », surnom d’IBK – a obtenu 58,4% de voix contre 22,4% pour Soumaila Cissé. A Tombouctou, IBK a engrangé 44,5% des voix contre 36,4% pour Cissé. Seule exception, à Kidal, où IBK n’a obtenu « que » 36,5% des voix, contre 20,5% pour Soumaila Cissé.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), dont les combattants ont sécurisé une partie des bureaux de vote à Kidal et Ménaka, est pointée du doigt et accusée par les candidats malheureux de bourrage d’urnes en faveur d’IBK.

La sécurisation des bureaux de vote est une activité qui relève de la routine pour nos combattants

Au sein de la CMA, tous les cadres disent la même chose. « Aucune consigne de vote n’a été donnée », confie à JA un proche de Bilal Ag Achérif, le secrétaire général du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), l’une des composantes de la CMA.

« La sécurisation des bureaux de vote est une activité qui relève de la routine pour nos combattants. Il est normal que là où il y attroupement, nos services d’ordre viennent sécuriser le lieu. Le reste ne nous regarde pas. Pour nous, qu’il y ait des votants ou pas, c’est la même chose », assure le secrétaire général du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), Sidi Brahim Ould Sidatti, qui a signé l’accord de paix en 2015 pour le compte de la CMA.

La réponse de la CMA

Certains hommes politiques sont plus influents que d’autres. Cela s’est reflété dans les urnes

D’où viennent, alors, ces soupçons de fraude envers la CMA qui ont créé tant de tensions à Bamako ? Ilad Ag Mohamed, un ex porte-parole de la CMA qui se trouve en ce moment à Kidal, avance une explication : « Ici, les électeurs de base ne votent pas pour élire un candidat à l’élection présidentielle, mais plutôt par rapport aux consignes données par les responsables locaux. »

Or plusieurs députés originaires du Nord ont battu campagne pour leurs candidats respectifs dans les zones contrôlées par la CMA, et « il se trouve que certains hommes politiques sont plus influents d’autres. Cela s’est reflété dans les urnes », explique Ilad Ag Mohamed. « Est-ce que ça s’est fait de manière régulière ou non ? Je ne sais pas », élude-t-il, sur un ton qui laisse poindre un désintérêt pour le sujet.

Depuis quelques mois, les leaders de l’ex-rébellion font profil bas. Le puissant secrétaire général du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), Alghabass Ag intalla, petit frère de l’Amenokal de Kidal, « est allé faire le hadj à la Mecque, où il se trouve en ce moment même », nous confie l’un de ses proches.

Nous avons signé un accord de paix avec le pouvoir central, et on se tient à ça

Au mois de mai dernier, les leaders de la CMA ont fait savoir au gouvernement malien leur souhait de participer activement au processus électoral, notamment dans les zones qu’ils contrôlent.

Contexte tendu

La tension qui règne à Bamako entre l’opposition et le gouvernement inquiète les ex-rebelles. Pour eux, ni le gouvernement ni l’opposition, et encore moins la population, ne sortirait gagnant en cas de crise postélectorale.

« Nous avons tenus des rencontres avec plusieurs membres du gouvernement dans le cadre de cette élection présidentielle. Nous avons même proposé un programme de sensibilisation de la population sur le processus de vote, mais finalement nous avons été écartés », explique le porte-parole de la CMA, Mohamed Ould Mahmoud, connu sous le surnom de Mado. « Notre position est simple : nous avons signé un accord de paix avec le pouvoir central, et on se tient à ça », conclut Mado.

Une assertion qui intervient dans un contexte particulier. Le 9 août, un rapport confidentiel remis aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait être rendu public fin août, a « fuité » dans la presse.

Les experts mandatés par les Nations unies y dressent un état des lieux extrêmement critique de la situation sécuritaire dans le pays, pointant notamment la responsabilité des forces armées dans de graves atteintes aux droits de l’homme. Les experts recommandent notamment la mise en place de sanctions à l’encontre d’acteurs de la crise qui entravent l’application de l’accord de paix d’Alger, sans que la liste de ces personnalités ne soit pour l’instant connue.

Source : jeuneafrique.com

 

RDC: la non candidature de Kabila soulage les milieux diplomatiques

En République démocratique du Congo, la non candidature de Joseph Kabila pour la présidentielle du 23 décembre prochain a suscité des réactions de soulagement parmi les milieux diplomatiques. Une bonne nouvelle pour l'alternance politique au sommet de cet Etat d'Afrique centrale.

Au sein des milieux diplomatiques, c'est le soulagement. « C’est une étape très importante », se réjouit un ambassadeur. A l’approche de la date butoir, l’inquiétude était remontée d’un cran dans les milieux diplomatiques. Si Joseph Kabila avait annoncé sa candidature, comment réagir alors face à un chef de l’Etat devenu intransigeant sur sa souveraineté, comme en témoigne la crise qui perdure avec la Belgique et, sans risquer, c’était la crainte, le scénario d’un durcissement tel qu’observé au Burundi ? L’équation s’annonçait compliquée.

Le bras de fer final est évité. Pour autant, le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary suscite un certain malaise. « Un choix logique, mais problématique », résume une source onusienne. D’abord, l’ex-ministre de l’Intérieur est sous sanction de l’Union européenne pour entrave au processus électoral. Comment donc traiter avec lui s’il était élu et que les sanctions étaient renouvelées à leur échéance en décembre prochain ? Problématique aussi, car potentiellement « il représente le scénario du dauphin provisoire », explique une autre source qui craint le scénario d’une succession à la Poutine, cette fois qui verrait le président Kabila partir en apparence pour mieux revenir plus tard.

Fidèle parmi les fidèles, Emmanuel Ramazani Shadary osera-t-il tuer le père et surtout redistribuer les cartes dans l’appareil sécuritaire s’il est élu alors que Joseph Kabila a bien pris soin d’y faire revenir récemment à des postes-clés ses généraux les plus fidèles ? Autant de questions qui agitent les milieux diplomatiques à Kinshasa.

Les alternances se font rares en Afrique Centrale...il y a deux écoles

L'Afrique centrale est d'abord une Afrique d'hommes forts. Depuis 2015, au Burundi, Pierre Nkurunziza a fait le choix de rester au pouvoir pour un troisième mandat. Juste de l'autre côté du fleuve Congo, troisième mandat consécutif également en 2016 pour Denis Sassou-Nguesso même si le chef de l'Etat congolais avait déjà passé plus de 30 ans au pouvoir.

En 2016 également, l'Ougandais Yoweri Museveni en était déjà à son 5e mandat, il a quand même fait changer sa Constitution directement après l'élection pour pouvoir se représenter à nouveau en 2021. Même chose pour Paul Kagame, le chef d'Etat rwandais et président en exercice de l'Union africaine s'est fait élire en 2017 pour un troisième mandat avec 98% des voix et peut rester au pouvoir jusqu'en 2034. Autant dire que l'exemple en matière de voisins, c'était plutôt de se maintenir au pouvoir.

Le vent du changement vient plutôt de l'Afrique australe. Un vent de changement tout relatif, puisque l'alternance observée au sein de la SADC se limite à une alternance au sein du parti au pouvoir, souvent d'ailleurs des partis qui sont des mouvements indépendantistes. C'était ce que les chefs d'Etat de la communauté d'Afrique australe défendaient a minima auprès de Joseph Kabila. L'Angola a fait ce choix, celui d'un parti-Etat fort et remplacé José Eduardo dos Santos par João Lourenço, tout comme au Zimbabwe ou en Tanzanie.

Source : RFI