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Politique en Afrique

Tunisie : Béji Caïd Essebsi tranche en faveur de l’égalité dans l’héritage

Soixante-deux ans après la promulgation du code du statut personnel (CSP), qui confère aux Tunisiennes les droits les plus larges jamais octroyés aux femmes dans le monde arabe, Béji Caïd Essebsi est à l’initiative d’une réforme clé : l’égalité dans l’héritage.

Dans l’allocution qu’il a tenue le 13 août à Carthage, à l’occasion de la fête de la femme et de la famille, le président de la République Béji Caïd Essebsi a lancé un nouveau défi sociétal en annonçant, devant un parterre essentiellement féminin, qu’il proposerait dans les semaines qui viennent un projet de loi établissant l’égalité dans l’héritage. Un amendement au code du statut personnel (CSP), qui avait essuyé en 1956 le refus des oulémas tunisiens.

Sans être drastique, ce projet bouleverse les traditions ancrées dans les pays arabo-musulmans. Il permet au légataire d’opter pour l’égalité entre ses héritiers ou de préférer la formule édictée par la loi coranique. Un système à la carte qui permet de satisfaire l’ensemble des partis.

Démarche progressiste

La démarche n’en demeure pas moins audacieuse au regard d’une mesure aussi taboue que clivante pour la société. Depuis la publication, en juin 2018, du rapport de la Commission des libertés individuelles et de l’égalité (Colibe), qui met en conformité les lois en vigueur avec les principes d’égalité et de libertés inscrits dans la Constitution et les conventions internationales paraphées par la Tunisie, une polémique virulente enfle, alimentée par les islamistes et les conservateurs.

Ces derniers craignent que ces mesures ne détruisent la famille, notamment avec le point permettant à la femme d’être chef de famille et surtout celui attribuant, aux femmes et aux hommes, des parts égales dans l’héritage. Toucher à cette question est un bouleversement que les fondamentalistes récusent en s’appuyant sur les règles coraniques.

Dans ses propos, Béji Caïd Essebsi a adopté une approche quasi pédagogique. De manière très simple, il a expliqué aux Tunisiens qu’en tant que « garant de la Constitution », sa référence est « la loi fondamentale qui définit la Tunisie comme État civil » et considère dans son article 29 que les citoyens et les citoyennes sont égaux en droits et devoirs sans aucune distinction.

Par ce biais, le locataire de Carthage a pris à revers les détracteurs du projet de la Colibe. Il a également rappelé que le parti Ennahdha, dont l’idéologie est en lien avec l’islam, avait voté à une large majorité cette Constitution et ne pouvait aujourd’hui se dédire de cet engagement. Le président a précisé que l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) aurait le dernier mot et a ainsi mis la balle dans le camp des partis.

Le projet sera-t-il accepté par les Tunisiens ?

Certains seront sans doute déçus que les autres libertés et égalités figurant au rapport de la Colibe (telles que la liberté de culte, l’abolition de la peine de mort, la décriminalisation de l’homosexualité etc.) n’aient pas été évoquées mais, en Tunisie, la question de l’héritage est cruciale pour les réformes sociétales et la position de la femme.

D’autres s’attendaient à ce que le président attaque plus directement les conservateurs. Mais Béji Caïd Essebsi, qui considère que « le CSP a été la principale révolution de la Tunisie au XXe siècle », s’est positionné avec solennité comme le président de tous les Tunisiens, qu’il invite à aller de l’avant.

Il a ainsi lancé à sa manière une révolution tranquille et sait que la partie est à peine amorcée. Il faudra un lobbying dans les cercles du pouvoir et une solide vulgarisation auprès des citoyens pour faire accepter un projet qui conviendrait à tous.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle Mali: plus de 400 bureaux de vote n’ont pas pu ouvrir

Le Mali attend les résultats du second tour de l’élection présidentielle qui s’est tenu dimanche 12 août. Des résultats vivement rejetés à l'avance par Soumaïla Cissé, le candidat de l'opposition opposé au président sortant Ibrahim Boubacar Keïta. Comme au premier tour, cette élection a été émaillée par des incidents sécuritaires. D’après un premier bilan, donné ce lundi matin par le ministère de la Sécurité intérieure, 490 bureaux de vote n’ont pas pu organiser le scrutin dimanche. Comme au premier tour, ce sont le nord, notamment la région de Tombouctou, et le centre du pays qui sont concernés.

La région de Mopti arrive en tête avec environ 440 bureaux qui n’ont pas pu ouvrir et sur les 440, vous avez, au minimum, 100 bureaux qui n’ont pas pu ouvrir pour cause d’inaccessibilité. Le reste des bureaux qui n’ont pas pu ouvrir – et ceci est valable pour toutes les trois régions qui sont concernées – c’est essentiellement la peur de certaines populations qui n’ont pas accepté qu’on ouvre les bureaux par peur des représailles. Il y a quelques cas où les bandits sont venus effectivement perturber les lieux et le dispositif. Ceux qui ont juré qu’il n’y aurait pas d’élections, nous ne les avons jamais sous-estimés. Nous avons déployé plus de 6 000 éléments supplémentaires tant que tous les bulletins, tous les procès-verbaux ne sont pas acheminés jusqu’à Bamako, à la Commission nationale de centralisation. Nous allons rester vigilants. Je voudrais quand même que tout le monde note que nous sommes un pays à enlèvements et que cela a déjà été un grand défi pour nous. Jusqu’à la veille, certains croyaient que cela ne se ferait pas et pourtant, nous avons tenu un premier tour sans de très grands dommages et un deuxième tout avec moins de dommages encore », a déclaré Salif Traoré, ministre de la Sécurité intérieure.

De son côté, Soumaïla Cissé, candidat de l’opposition, s'est exprimé, ce lundi 13 août, dans l’après-midi, devant ses partisans. Certain de sa victoire, il a accusé de nouveau le gouvernement de fraude électorale. Soumaïla Cissé rejette d'ores et déjà les résultats, avant même d’être annoncés, et appelle les Maliens à la mobilisation. Depuis le début de la campagne électorale, Soumaïla Cissé n'a eu de cesse de dénoncer un scrutin frauduleux sans pour autant se retirer de la course présidentielle. Les résultats du second tour sont attendus dans les jours qui viennent

 

Tunisie : manifestation contre l’égalité successorale et d’autres réformes

Des milliers de personnes ont manifesté samedi à Tunis contre l'égalité entre hommes et femmes au moment de l'héritage, la dépénalisation de l'homosexualité et d'autres réformes sociétales proposées par une commission présidentielle.

« Avec notre sang, nous défendrons l’islam », ont scandé hommes et femmes, dont certains ont brandi le Coran. Sous un soleil de plomb, ils ont manifesté à l’appel de la « Coordination nationale pour défendre le Coran et la Constitution », un collectif réunissant universitaires, dignitaires religieux et personnalités pro-islamistes.

« Nous sommes venues défendre les principes de notre religion » a dit Dorra Farrah, 22 ans, casquette et longue robe fleurie, arrivée avec un groupe de Kairouan (centre-est), un déplacement organisé par la mosquée et des enseignants.

« Je suis contre la reconnaissance de l’homosexualité et l’égalité dans l’héritage », a-t-elle déclaré.

En juin, la Commission pour les libertés individuelles et l’égalité (Colibe), formée il y a un an par le président Béji Caïd Essebsi, a proposé une série de réformes pour traduire dans les lois l’égalité inscrite dans la Constitution depuis 2014.

Elle suggère principalement que le patrimoine familial soit par défaut partagé de façon égale entre héritiers hommes et femmes, alors que la loi actuelle, qui s’appuie sur le Coran, prévoit qu’en règle générale, un homme hérite le double d’une femme du même degré de parenté.

Discours attendu

Béji Caïd Essebsi, qui doit prononcer lundi un discours à l’occasion de la journée de la Femme, pourrait évoquer cette réforme épineuse qui lui tient à coeur.

La Colibe, après plusieurs mois de consultation avec la société civile et les partis politiques, a également proposé de dépénaliser l’homosexualité, abolir la peine de mort et nombre d’autres réformes sociétales saluées par les défenseurs des droits de l’Homme.

« Ils veulent changer des piliers de l’islam », a protesté Mokhtar Abderrahmane, 60 ans.

L’égalité dans l’héritage, « c’est une ligne rouge tracée par le Coran, qu’il ne faut pas franchir », a affirmé Sabiha Chelbi, 56 ans, venue manifester avec sa fille, Emna.

« Je ne suis pas obligée de travailler, et si je le fais, je pourrai garder l’argent pour moi », a indiqué Emna, étudiante en design. « Mais l’homme, lui il n’a pas le choix, il doit travailler et subvenir aux besoins du foyer, c’est pour cela qu’il hérite plus », a renchéri Sabiha.

La Colibe a assuré que son approche n’était « pas contraire à l’essence de l’islam ».

Une manifestation en faveur de l’égalité et des libertés individuelles est prévue lundi soir, après le discours présidentiel.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle au Mali : les ex-rebelles de la CMA récusent les accusations de bourrage d’urnes

Ibrahim Boubacar Keïta a remporté quelques-uns de ses meilleurs scores dans le nord du pays, en particulier dans les zones sous contrôle de la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA). De quoi alimenter le doute sur la neutralité de l’ex-mouvement rebelle, dont les combattants sécurisaient les centres de vote.

Le 29 juillet, le vote a bien eu lieu dans le Nord. Mais les écarts de voix entre le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, et les autres candidats dans la région a fait monter d’un cran la fièvre de l’entre-deux tours à Bamako.

Au niveau national, IBK est arrivé en tête du premier tour avec 41,70% des suffrages, largement devant son principal challenger, Soumaïla Cissé (17,78%). Mais dans le Nord-Mali, où les deux candidats ont enregistré des scores supérieurs à leurs résultats nationaux, l’écart est parfois encore plus important.

Soupçons de fraude

A Gao, « Boua » – « Le vieux », surnom d’IBK – a obtenu 58,4% de voix contre 22,4% pour Soumaila Cissé. A Tombouctou, IBK a engrangé 44,5% des voix contre 36,4% pour Cissé. Seule exception, à Kidal, où IBK n’a obtenu « que » 36,5% des voix, contre 20,5% pour Soumaila Cissé.

La Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), dont les combattants ont sécurisé une partie des bureaux de vote à Kidal et Ménaka, est pointée du doigt et accusée par les candidats malheureux de bourrage d’urnes en faveur d’IBK.

La sécurisation des bureaux de vote est une activité qui relève de la routine pour nos combattants

Au sein de la CMA, tous les cadres disent la même chose. « Aucune consigne de vote n’a été donnée », confie à JA un proche de Bilal Ag Achérif, le secrétaire général du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), l’une des composantes de la CMA.

« La sécurisation des bureaux de vote est une activité qui relève de la routine pour nos combattants. Il est normal que là où il y attroupement, nos services d’ordre viennent sécuriser le lieu. Le reste ne nous regarde pas. Pour nous, qu’il y ait des votants ou pas, c’est la même chose », assure le secrétaire général du Mouvement arabe de l’Azawad (MAA), Sidi Brahim Ould Sidatti, qui a signé l’accord de paix en 2015 pour le compte de la CMA.

La réponse de la CMA

Certains hommes politiques sont plus influents que d’autres. Cela s’est reflété dans les urnes

D’où viennent, alors, ces soupçons de fraude envers la CMA qui ont créé tant de tensions à Bamako ? Ilad Ag Mohamed, un ex porte-parole de la CMA qui se trouve en ce moment à Kidal, avance une explication : « Ici, les électeurs de base ne votent pas pour élire un candidat à l’élection présidentielle, mais plutôt par rapport aux consignes données par les responsables locaux. »

Or plusieurs députés originaires du Nord ont battu campagne pour leurs candidats respectifs dans les zones contrôlées par la CMA, et « il se trouve que certains hommes politiques sont plus influents d’autres. Cela s’est reflété dans les urnes », explique Ilad Ag Mohamed. « Est-ce que ça s’est fait de manière régulière ou non ? Je ne sais pas », élude-t-il, sur un ton qui laisse poindre un désintérêt pour le sujet.

Depuis quelques mois, les leaders de l’ex-rébellion font profil bas. Le puissant secrétaire général du Haut conseil pour l’unité de l’Azawad (HCUA), Alghabass Ag intalla, petit frère de l’Amenokal de Kidal, « est allé faire le hadj à la Mecque, où il se trouve en ce moment même », nous confie l’un de ses proches.

Nous avons signé un accord de paix avec le pouvoir central, et on se tient à ça

Au mois de mai dernier, les leaders de la CMA ont fait savoir au gouvernement malien leur souhait de participer activement au processus électoral, notamment dans les zones qu’ils contrôlent.

Contexte tendu

La tension qui règne à Bamako entre l’opposition et le gouvernement inquiète les ex-rebelles. Pour eux, ni le gouvernement ni l’opposition, et encore moins la population, ne sortirait gagnant en cas de crise postélectorale.

« Nous avons tenus des rencontres avec plusieurs membres du gouvernement dans le cadre de cette élection présidentielle. Nous avons même proposé un programme de sensibilisation de la population sur le processus de vote, mais finalement nous avons été écartés », explique le porte-parole de la CMA, Mohamed Ould Mahmoud, connu sous le surnom de Mado. « Notre position est simple : nous avons signé un accord de paix avec le pouvoir central, et on se tient à ça », conclut Mado.

Une assertion qui intervient dans un contexte particulier. Le 9 août, un rapport confidentiel remis aux membres du Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait être rendu public fin août, a « fuité » dans la presse.

Les experts mandatés par les Nations unies y dressent un état des lieux extrêmement critique de la situation sécuritaire dans le pays, pointant notamment la responsabilité des forces armées dans de graves atteintes aux droits de l’homme. Les experts recommandent notamment la mise en place de sanctions à l’encontre d’acteurs de la crise qui entravent l’application de l’accord de paix d’Alger, sans que la liste de ces personnalités ne soit pour l’instant connue.

Source : jeuneafrique.com

 

RDC: la non candidature de Kabila soulage les milieux diplomatiques

En République démocratique du Congo, la non candidature de Joseph Kabila pour la présidentielle du 23 décembre prochain a suscité des réactions de soulagement parmi les milieux diplomatiques. Une bonne nouvelle pour l'alternance politique au sommet de cet Etat d'Afrique centrale.

Au sein des milieux diplomatiques, c'est le soulagement. « C’est une étape très importante », se réjouit un ambassadeur. A l’approche de la date butoir, l’inquiétude était remontée d’un cran dans les milieux diplomatiques. Si Joseph Kabila avait annoncé sa candidature, comment réagir alors face à un chef de l’Etat devenu intransigeant sur sa souveraineté, comme en témoigne la crise qui perdure avec la Belgique et, sans risquer, c’était la crainte, le scénario d’un durcissement tel qu’observé au Burundi ? L’équation s’annonçait compliquée.

Le bras de fer final est évité. Pour autant, le choix d’Emmanuel Ramazani Shadary suscite un certain malaise. « Un choix logique, mais problématique », résume une source onusienne. D’abord, l’ex-ministre de l’Intérieur est sous sanction de l’Union européenne pour entrave au processus électoral. Comment donc traiter avec lui s’il était élu et que les sanctions étaient renouvelées à leur échéance en décembre prochain ? Problématique aussi, car potentiellement « il représente le scénario du dauphin provisoire », explique une autre source qui craint le scénario d’une succession à la Poutine, cette fois qui verrait le président Kabila partir en apparence pour mieux revenir plus tard.

Fidèle parmi les fidèles, Emmanuel Ramazani Shadary osera-t-il tuer le père et surtout redistribuer les cartes dans l’appareil sécuritaire s’il est élu alors que Joseph Kabila a bien pris soin d’y faire revenir récemment à des postes-clés ses généraux les plus fidèles ? Autant de questions qui agitent les milieux diplomatiques à Kinshasa.

Les alternances se font rares en Afrique Centrale...il y a deux écoles

L'Afrique centrale est d'abord une Afrique d'hommes forts. Depuis 2015, au Burundi, Pierre Nkurunziza a fait le choix de rester au pouvoir pour un troisième mandat. Juste de l'autre côté du fleuve Congo, troisième mandat consécutif également en 2016 pour Denis Sassou-Nguesso même si le chef de l'Etat congolais avait déjà passé plus de 30 ans au pouvoir.

En 2016 également, l'Ougandais Yoweri Museveni en était déjà à son 5e mandat, il a quand même fait changer sa Constitution directement après l'élection pour pouvoir se représenter à nouveau en 2021. Même chose pour Paul Kagame, le chef d'Etat rwandais et président en exercice de l'Union africaine s'est fait élire en 2017 pour un troisième mandat avec 98% des voix et peut rester au pouvoir jusqu'en 2034. Autant dire que l'exemple en matière de voisins, c'était plutôt de se maintenir au pouvoir.

Le vent du changement vient plutôt de l'Afrique australe. Un vent de changement tout relatif, puisque l'alternance observée au sein de la SADC se limite à une alternance au sein du parti au pouvoir, souvent d'ailleurs des partis qui sont des mouvements indépendantistes. C'était ce que les chefs d'Etat de la communauté d'Afrique australe défendaient a minima auprès de Joseph Kabila. L'Angola a fait ce choix, celui d'un parti-Etat fort et remplacé José Eduardo dos Santos par João Lourenço, tout comme au Zimbabwe ou en Tanzanie.

Source : RFI

 

Présidentielle au Mali : le puissant chérif de Nioro soutient Soumaïla Cissé

Présidentielle au Mali : le puissant chérif de Nioro soutient Soumaïla Cissé C'est un soutien de taille que vient d'engranger Soumaïla Cissé, qui affrontera dimanche dans les urnes Ibrahim Boubacar Keïta au second tour de la présidentielle : le chérif de Nioro, qui compte parmi les trois chefs religieux les plus puissants du Mali.

Soumaïla Cissé est en quête de soutiens. Arrivé second avec 17,78 % des suffrages exprimés, loin derrière Ibrahim Boubacar Keïta, crédité de 41,70 %, le candidat de la plateforme « Ensemble restaurons l’espoir » en a besoin en vue du second tour, prévu le 12 août.

Mardi, c’est à Nioro du Sahel, près de la frontière avec la Mauritanie, qu’il est allé en chercher auprès du puissant guide spirituel Mohamed Ould Bouyé Haïdara, surnommé le chérif de Nioro.

Soutien affiché

La rencontre a eu lieu dans l’une des villas d’accueil du chef religieux, en présence de ses trois fils, qui ont parfois assuré le rôle de traducteur entre ce dernier, qui s’exprime en hassanya (arabe dialectal parlé au Mali et en Mauritanie), et Soumaïla Cissé, qui lui répondait en bambara. Les deux hommes ont échangé pendant un peu plus d’une heure.

Vous êtes notre candidat au second tour de l’élection présidentielle
À l’issue de la rencontre, le chérif de Nioro, qui avait apporté son soutien à Aliou Diallo au premier tour, a tenu des propos sans ambiguïté au chef de file de l’opposition : « Au premier tour, j’ai soutenu Aliou Diallo. Aujourd’hui, Aliou n’est plus dans la course, sa place vous revient. (…) Pour vous faire élire, nous avons décidé de multiplier nos efforts par trois. Vous êtes notre candidat au second tour de l’élection présidentielle. »

Visiblement satisfait, Soumaïla Cissé a pour sa part salué un homme « extrêmement ouvert » et « très au fait de ce qu’il s’est passé à Bamako et dans le reste du pays : le bourrage des urnes, l’accaparement de l’élection… »

« Il met le Mali au-dessus de tout le monde et de tous les candidats », a-t-il ajouté, affirmant s’être « nourri » des conseils et « orientations » donnés par le chef religieux. « Nous en tiendrons compte dans tout ce que nous ferons », a conclu le candidat.

Quel poids électoral ?
De quel poids électoral peut se prévaloir le chérif de Nioro ? Descendant de Cheikh Hamallah, fondateur de la branche hamalliste de la confrérie Tidjane, considéré comme la figure religieuse « historique » du pays, il dispose d’un poids symbolique très fort, ainsi que d’importantes ressources financières. Avec Mahmoud Dicko et Madani Haïdara, ils forment le trio des chefs religieux les plus influents au Mali.



À Bamako, certains considèrent que « les 8 % de voix obtenues par Aliou Diallo viennent des électeurs du chérif de Nioro », comme l’estime un membre de la direction de campagne de Soumaïla Cissé. L’homme d’affaires a, de son côté, fait savoir qu’il ne donnerait pas de consigne de vote pour le deuxième tour, laissant la liberté de choix à ses électeurs.

En 2013, le chérif de Nioro avait soutenu Ibrahim Boubacar Keïta lors de la campagne présidentielle. Mais au fil du quinquennat, les relations entre les deux hommes se sont dégradées. La rupture a été consommée en 2017, lorsque le chérif de Nioro s’est opposé frontalement à IBK.

Sur instruction de l’État turc, le groupe scolaire Horizon – qui appartient à Fethullah Gülen, l’ennemi juré du président turc Recep Tayyip Erdogan -, a alors été fermé à Bamako.

« Le chérif de Nioro, qui a des connexions avec ce prédicateur, avait demandé à IBK de ne pas laisser la fermeture intervenir. Le président malien n’avait pas réagi, privilégiant les bonnes relations entre le Mali et la Turquie », rapporte une source proche de la présidence, qui souligne que cette intervention du chef religieux sur un dossier « qui relève de la souveraineté de l’État », a agacé le président malien.

Source : Jeune Afrique

Présidentielle au Mali : le match Keïta-Cissé aura bien lieu, malgré les contestations de l’opposition

Le président sortant, Ibrahim Boubacar Keïta, et le chef de file de l'opposition, Soumaïla Cissé, seront bien opposés au second tour de l'élection présidentielle le 12 août, a confirmé mercredi la Cour constitutionnelle malienne, en rejetant les recours introduits par l'opposition.

Les résultats définitifs annoncés par la présidente de la cour constitutionnelle, Manassa Danioko, donnent IBK largement en tête du premier tour avec 41,70% des suffrages. Un score légèrement supérieur aux 41,42% qui lui avaient été attribués le 2 août lors de l’annonce de résultats provisoires par le ministre de l’Administration territoriale, Mohamed Ag Erlaf.

Soumaïla Cissé, qui clamait depuis lors que ces résultats n’étaient « ni sincères, ni crédibles » car entachés de fraudes, a vu son score très légèrement revu à la baisse, puisqu’il a obtenu 17,78% des voix, selon le décompte définitif, contre 17,8% annoncés la semaine dernière.

>>> A LIRE – Présidentielle au Mali : IBK Vs Soumaïla Cissé, le match retour, cinq ans après

Les 18 candidats de l’opposition, dont Soumaïla Cissé, qui ont constitué un « front démocratique contre la fraude » et ont vu leurs espoirs d’une révision des résultats balayés par la Cour constitutionnelle, étaient réunis mercredi soir pour envisager la suite.

Requêtes « irrecevables »

La présidente de la plus haute juridiction du pays a déclaré « irrecevables » les requêtes introduites par l’opposition pour dénoncer des fraudes dans certains bureaux, faute d’avoir été déposées dans les délais, et en a rejeté trois.

Elle a également retoqué les demandes de récusation, qui la visaient, elle, ainsi que d’autres membres de la Cour constitutionnelle, déposées par les trois principaux candidats de l’opposition. Elle a expliqué qu’il n’existe « aucune procédure constitutionnelle de récusation ».

« Cette proclamation de la cour constitutionnelle est sans surprise », a déclaré  un membre de l’entourage de Soumaïla Cissé. « Nous continuons à dénoncer les fraudes manifestes du premier tour et en appelons à la mobilisation et au rassemblement du camp du changement, majoritaire dans le pays », a ajouté ce proche du leader de l’opposition.

« Nous alertons la communauté internationale pour qu’elle prenne ses responsabilités face à ce hold-up électoral », a-t-il également plaidé, au lendemain d’un appel adressé par l’Union européenne pour davantage de transparence et pour que l’accès aux bureaux de vote soit garanti lors du second tour.

« Campagne très courte »

Du côté du gouvernement, on se félicite de « la bonne dynamique en faveur du président ».  Au cours d’une campagne « très courte » de deux jours à peine, le camp d’IBK ira « à la rencontre des Maliens » pour leur expliquer son programme, soit « de consolider les acquis, amplifier les réussites et corriger les manques », a indiqué son porte-parole, Mahamadou Camara

Des rassemblements sont prévus jeudi « dans l’ensemble du pays » et, vendredi, « des caravanes » partiront des différents quartiers de la capitale pour converger vers 17H00 (locale et GMT) place du Cinquantenaire. Le président sortant s’adressera alors à ses militants et aux électeurs, a ajouté le porte-parole d’IBK.

Source : jeuneafrique.com

 

Côte d'Ivoire: Simone Gbagbo a été remise en liberté

L'ex-Première dame de Côte d'Ivoire Simone Gbagbo a été libérée ce mercredi 8 août, après avoir été amnistiée par le président ivoirien Alassane Ouatarra. Simone Gbagbo a quitté l'école de gendarmerie où elle était détenue depuis sept ans et a regagné sa résidence du quartier de Cocody où un millier de sympathisants l'attendaient.

Source : RFI

 

Urgent : RDC: Emmanuel Ramazani Shadary nommé candidat de la majorité présidentielle à l'élection du 23 décembre

Le candidat du Front Commun pour le Congo, la plateforme électorale de Joseph Kabila, est Emmanuel Ramazani Shadary, le secrétaire permanent du PPRD, le parti présidentiel, c’est ce qu’a annoncé à RFI un membre du gouvernement à l’issue d’une réunion de deux heures, information confirmée par Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Source : RFI

 

Nigeria : le chef des renseignements limogé après un blocus du Parlement par les forces de sécurité

Le directeur directeur général du Service de sécurité de l'État nigérian, Lawal Musa Daura, a été limogé mardi « avec effet immédiat » par la présidence. Cette décision fait suite à la prise de contrôle temporaire du Parlement, le même jour, jugée « illégale » par le gouvernement.

Mardi, des hommes armés et cagoulés portant des insignes de la police et de l’agence de renseignement nationale (Department of State Services – DSS) s’étaient postés dès 7 h (heure locale) devant les portes du Parlement nigérian, empêchant parlementaires, employés et journalistes d’y accéder. Un blocus levé en milieu de matinée.

Devant l’indignation générale qui s’en est suivie sur les réseaux sociaux et dans les médias, la présidence de la République a annoncé en début d’après-midi le limogeage du patron de la DSS. Le vice-président Yemi Osinbajo – assurant l’intérim du président Muhammadu Buhari actuellement en vacances à Londres – « a ordonné la cessation des fonctions du directeur général du Service de sécurité de l’État, Lawal Musa Daura, avec effet immédiat », indique un communiqué.

Une violation flagrante de l’ordre constitutionnel, de la primauté du droit et de toutes les notions acceptables de la loi et de l’ordre

La présidence considère « la prise de contrôle non autorisée du complexe de l’Assemblée nationale (…) comme une violation flagrante de l’ordre constitutionnel, de la primauté du droit et de toutes les notions acceptables de la loi et de l’ordre ». Elle souligne également que l’opération avait été menée à son insu.

Lawal Musa Daura, le chef des renseignements limogé, est un ancien militaire à la retraite. Originaire de Katsina (dans le nord), tout comme le président Buhari, dont il est proche, il avait été nommé en juillet 2015 à la tête de la DSS.

Un coup politique ?

Plusieurs membres de l’opposition bloqués à l’extérieur du Parlement ont accusé la présidence de vouloir lancer une procédure de destitution contre le président du Sénat, avec lequel les relations sont notoirement exécrables. « Nous sommes envahis par la sécurité de l’État. Nos collègues ne peuvent pas se rendre au travail », s’est insurgé le sénateur Ben Murray-Bruce, membre du principal parti d’opposition, le Parti démocratique du peuple (PDP). « Nous avons été informés que les sénateurs de le Congrès des progressistes (APC – parti pouvoir, Ndlr) essayaient de renverser le leadership. C’est anti-démocratique », a-il ajouté.

Atiku Abubakar, ancien président qui a récemment basculé dans l’opposition, également candidat déclaré à la présidentielle, a lui aussi condamné une « tentative illégale et non-démocratique de s’introduire dans l’Assemblée nationale pour imposer son agenda consistant à changer le leadership du Sénat ».

Les élections générales au Nigeria sont prévues en février 2019. D’ores et déjà, les jeux d’alliances et les intrigues politiciennes occupent tous les esprits. L’incident du mardi 7 août est le dernier rebondissement du bras de fer entre le chef de l’État, qui espère briguer un second mandat, au président du Sénat Bukola Saraki.

Beaucoup prêtent des ambitions présidentielles à ce dernier, qui a quitté l’APC pour rejoindre le PDP la semaine dernière. Il est soupçonné d’avoir orchestré la vague de défections massives qui a secoué le parti au pouvoir, mi-juillet, avec la démission de 14 sénateurs et 37 membres de la Chambre basse.

Les parlementaires avaient ensuite ajourné les sessions du Parlement au 25 septembres, suscitant de vives critiques de la part de l’exécutif, qui réclamait en urgence le déblocage de fonds pour l’organisation des élections générales.

Source : jeuneafrique.com

 

En Algérie, les propos d’une députée reflètent la banalisation du racisme anti-migrant

En Algérie, les propos d’une députée reflètent la banalisation du racisme anti-migrantL’élue islamiste Naïma Salhi a accusé les migrants issus d’Afrique subsaharienne de propager « les maladies et la sorcellerie » en Algérie et appelé à prévenir cette « catastrophe », suscitant la controverse.

Dans une émission diffusée fin juillet par la chaîne arabophone El Bilad TV, Naïma Salhi, députée islamiste à l’Assemblée populaire nationale (APN) et présidente du Parti de l’équité et la proclamation (PEP), a tenu des propos controversés à l’encontre des migrants subsahariens en Algérie.

« Avant, on était un pays de transit, par lequel ces Africains passaient pour arriver en Europe, mais maintenant, on est devenu un pays de résidence, et ces Africains ramènent avec eux les maladies et la sorcellerie », a déclaré l’élue, qui a ajouté : « J’avais déjà demandé à l’ex-Premier ministre Abdelmadjid Tebboune d’éloigner de nous cette catastrophe ».

Ces déclarations ont suscité l’indignation de certains internautes, qui les ont qualifiées de « racistes » et dignes de « l’extrême droite ». D'autres ont préféré rappeler à la députée ses origines africaines.

Naïma Salhi n’est pas la première responsable politique à avoir prononcé un discours controversé sur les migrants en Algérie. En 2016, Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative pour la protection et la promotion des droits de l’Homme (CNCPPDH), avait appelé à l’expulsion des migrants subsahariens, les accusant de « propager le sida ainsi que d’autres maladies sexuellement transmissibles ».

Ces discours sont le symptôme d’un racisme de plus en plus visible en Algérie. En 2017, une campagne intitulée « Non aux Africains en Algérie » avait été lancée sur les réseaux sociaux pour demander le renvoi des migrants dans leurs pays d’origine. Cette campagne avait été largement partagée par les internautes algériens, qui avaient appelé à « nettoyer les villes algériennes » des migrants.

Source : Middle East Eye

 

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, annonce l'amnistie de Simone Gbagbo

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, annonce l'amnistie de Simone Gbagbo Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a annoncé, lundi soir, l'amnistie de 800 prisonniers dont l'ex-première dame Simone Gbagbo, condamnée à 20 ans de prison, et le directeur de protocole de Guillaume Soro, Souleymane Kamaraté Koné.

L'annonce était inattendue. Lors de son allocution télévisée à la nation, lundi 6 août au soir, à la veille de la fête de l'indépendance, le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé l'amnistie d'"environ 800 personnes" poursuivis pour des crimes en lien avec la crise post-électorale de 2010-2011, dont l'ex-première dame Simone Gbagbo. L'épouse de l'ancien président Laurent Gbagbo sera "libérée prochainement", selon lui.

Elle avait été condamnée en 2015 à vingt ans de prison pour "atteinte à la sureté de l'État". Lors d'un autre procès ouvert en 2016, Simone Gbagbo avait été acquittée des chefs d'accusation de "crime contre l'humanité" et "crimes de guerre" pour son rôle joué dans la crise post-électorale de 2010-2011, qui avait fait environ 3 000 victimes.

Le chef du protocole du président de l'Assemblée nationale Guillaume Soro, Souleymane Kamaraté Koné, alias Soul to Soul, arrêté en octobre pour "complot contre l'État" dans une affaire de caches d'armes, et l'ex-ministre de la Défense de Laurent Gbagbo, Moïse Lida Kouassi, ont également été amnistiés.

Source : France24

 

 

Tunisie : Habib Essid nommé conseiller à la présidence de Béji Caïd Essebsi

L'ancien chef du gouvernement Habib Essid a été nommé lundi ministre conseiller spécial auprès du président de la République en charge des affaires politiques. Un atout pour Béji Caïd Essebsi, en pleine crise politique avec le gouvernement Chahed.

Le 30 juillet 2016, Habib Essid avait quitté l’hémicycle du Bardo, son poste de chef du gouvernement et le pouvoir sous les applaudissements des députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP). Ils venaient pourtant de lui notifier sa disgrâce en lui signifiant le retrait de la confiance du Parlement. Deux ans plus tard, Habib Essid revient en première ligne en tant que ministre conseiller spécial auprès du président de la République en charge des affaires politiques.

Depuis quelques semaines, cette nomination se faisait sentir. Habib Essid avait rencontré plusieurs fois le président de la République, Béji Caïd Essebsi, et l’entretien qu’il a eu le 31 juillet 2018 avec le chef du gouvernement Youssef Chahed allait dans ce sens.

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Cette nomination intervient en pleine crise politique entre Carthage et la Kasbah et semble refléter une volonté de Béji Caïd Essebsi de renouveler son personnel politique et de revenir à des fondamentaux en s’entourant de certaines expertises. Dans une interview accordée à Nessma TV le 15 juillet 2018, il avait signifié « qu’il ne retenait personne et que chacun pouvait s’en aller à sa guise » ; une petite phrase qui en disait long sur les lézardes au sein de son équipe.

Durant ces deux dernières années, le président avait reconnu à des proches que son évaluation de Habib Essid avait été biaisée par des propos fallacieux qu’on lui avait rapportés. Mais sa désignation, aujourd’hui parmi les membres du premier cercle à Carthage, ne tient pas à des regrets mais au profil de l’homme, qui a été ministre de l’Intérieur en 2011 puis chef du gouvernement en 2015.

Indépendant et d’une probité extrême, ce fin connaisseur des rouages de l’État sera d’un apport certain pour mettre la présidence au-dessus de la mêlée politique. « Il sera utile à Carthage à plus d’un titre. Un bon atout pour réussir la fin de mandat en 2019 », précise le journaliste Taoufik Habaieb, tandis que des observateurs soulignent l’isolement apparent du président.

Source : jeuneagfrique.com

 

Présidentielle en RDC: l’heure du choix pour Joseph Kabila

Dernière ligne droite pour le dépôt des candidatures pour la présidentielle en République démocratique du Congo. A 72 heures de la fin du dépôt des candidatures, au sein du Front commun pour le Congo, la nouvelle plateforme du président Joseph Kabila, beaucoup spéculent encore.

Il y a dix jours, Joseph Kabila a créé la surprise en demandant aux différentes composantes de sa plateforme électorale de lui fournir chacune une liste de quatre noms de candidats. « On ne sait toujours pas comment le choix va s'opérer », expliquait encore dimanche soir un membre du Front commun pour le Congo.

Du côté du parti présidentiel, le PPRD, on continue de compter sur une candidature de Joseph Kabila qui a pourtant plusieurs fois promis de respecter la Constitution qui limite le nombre de mandats.

« Pour nous, il n'y a que lui et il a le droit à un nouveau mandat à cause de la réforme constitutionnelle de 2011 », assure le président de sa ligue des jeunes, Papy Pungu. « Le PPRD est plus royaliste que le roi, le président a insisté sur sa volonté de désigner un dauphin », jure un autre membre du FCC.

A 72 h de la fin du dépot, le suspense est donc le même qu'il y a six mois ou même six ans, tous les successeurs possibles sont cités :  l'ancien Premier ministre Matata Ponyo, le président de l'assemblée nationale Aubin Minaku, des militaires à la retraite comme Didier Etumba, le patron des patrons, Albert Yuma, le propre directeur de cabinet du chef de l'Etat, Nehemie Mwilanya ou même la Première Dame, Olive Lembe.

« Joseph Kabila n'a pas encore annoncé sa décision, car il veut éviter des candidatures concurrentes dans son camp, contre lui ou un autre », commente un ancien collaborateur du chef de l'Etat.

Katumbi toujours bloqué

Du côté des autres poids lourds de la politique congolaise, on devrait voir défiler d'ici à mercredi dans les bureaux de la Céni, Vital Kamerhe de l'UNC, Felix Tshisekedi de l'UDPS ainsi que l'ancien Premier ministre Adolphe Muzito.

Moïse Katumbi, l'ancien gouverneur du Katanga, est lui toujours bloqué à l'extérieur du pays. Dans un message diffusé dimanche soir sur les réseaux sociaux, il a directement accusé le président Kabila de chercher à choisir les candidats à la présidentielle et d'être une menace à la paix.

Source : RFI

 

Mali: les deux principaux opposants saisissent la justice pour "bourrage d'urnes"

Mali: les deux principaux opposants saisissent la justice pour Les deux principaux opposants maliens ont annoncé dimanche la saisine de la cour constitutionnelle du pays pour "bourrages d'urnes" par le camp du chef d'Etat sortant, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), arrivé en tête du premier tour de la présidentielle.

Le chef de l'opposition, qui défiera IBK au deuxième tour, Soumaïla Cissé, "a déposé hier soir (samedi, NDLR) une vingtaine de recours auprès de la cour constitutionnelle pour bourrages d'urnes, violation de la loi électorale, irrégularités", a indiqué à l'AFP un porte-parole de M. Cissé. "Les bourrages d'urnes expliquent notamment les scores d'IBK dans le Nord et le Centre", a-t-il affirmé.

Le camp de l'ex-ministre des Finances a ajouté avoir déposé "une requête en récusation de six des juges de la cour pour suspicion de partialité, dont la présidente", Manassa Danioko.

"Cette récusation est collective" et est portée par "les 17 candidats du front démocratique", a affirmé le parti de M. Cissé.

La cour constitutionnelle, composée de neuf juges, doit proclamer officiellement mercredi les résultats du premier tour pour que démarre la campagne du second tour qui se tient le 12 août et pour lequel Ibrahim Boubacar Keïta est donné grand favori.

La cour n'a pas confirmé la réception de cette saisine car "les requêtes viennent en confidentialité et sont directement remises au secrétaire de la présidente", a déclaré à l'AFP Mamadou Magassouba, secrétaire général de la cour constitutionnelle du Mali.

Il a refusé en outre de commenter les accusations de partialité portées par le camp Cissé.

- "Dépouillement sans agents" -

Soumaïla Cissé, qui a recueilli le 29 juillet 17,8% des voix, contre 41,42% pour Ibrahim Boubacar Keïta, selon des résultats officiels proclamés jeudi soir, avait dénoncé dès vendredi des résultats "ni sincères, ni crédibles".

Arrivé troisième du scrutin, avec 7,95% des suffrages, l'homme d'affaires Aliou Boubacar Diallo a également "déposé un recours à la cour constitutionnelle qui concerne les résultats et le recomptage des voix", a indiqué à l'AFP son porte-parole, Cheick Diallo.

"Il y a beaucoup d'irrégularités que nous avons constatées le jour du scrutin" telles que "des dépouillements sans agents électoraux" ou encore "l'enlèvement illégal de certaines urnes", a-t-il déclaré, accusant également le camp IBK de "bourrage".

Bien que la cour constitutionnelle soit "tendancieuse dans certains de ses arrêts, nous sommes obligés de rester dans ces procédures, car il n'y en a pas d'autres", a observé Cheick Diallo.

La suspicion de fraude électorale, et en particulier de bourrages d'urnes, est sur toutes les lèvres des partisans de l'opposition, car le ministère de l'Administration territoriale a annoncé les résultats provisoires du premier tour seulement à l'échelle nationale.

Le gouvernement n'a "pas du tout l'intention de les publier en détail, bureau par bureau", a indiqué une source proche du ministère, resté sourd aux demandes répétées de l'opposition et des observateurs internationaux au nom de l'exigence de "transparence".

Face à ce manque de détails, les allégations de manipulation du vote sont nombreuses, en particulier dans le Nord du pays, où le camp du chef d'État est accusé par l'opposition d'avoir profité des violences pour truquer les élections, ce qu'il était impossible dans l'immédiat de vérifier de manière indépendante.

Source : Romandie News (Suisse)

 

 

Présidentielle au Mali: les regards tournés vers les faiseurs de roi

Au Mali, ils étaient 24 candidats au départ et ils ne sont plus que deux. Le second tour de la présidentielle malienne opposera donc Ibrahim Boubacar Keïta, le président sortant, au chef de file de l'opposition malienne, Soumaïla Cissé. Le jeu des négociations a déjà commencé du côté des candidats malheureux. Les regards sont tournés vers les faiseurs de roi qui occupent la troisième et quatrième place.

Aliou Diallo et Cheick Modibo Diarra sont les deux premiers faiseurs de roi du second tour. Arrivé troisième avec près de 8% des suffrages exprimés, Aliou Diallo, homme d’affaires, a bousculé les codes en s’imposant à la classe politique traditionnelle malienne pour sa première candidature à la présidentielle.

Entre Soumaïla Cissé et Ibrahim Boubacar Keïta vers qui va-t-il se diriger ? Son entourage explique qu’effectivement il a battu campagne autour du terme de l’alternance, mais qu’il veillera sur les intérêts de son parti avant de rallier l’un des deux candidats du second tour. Avant, il va falloir digérer une certaine amertume. Le camp d’Aliou Diallo était convaincu d’être présent au second tour. Et d’ores et déjà, il laisse un petit peu planer la menace d’une contestation possible des résultats.

« Après six mois seulement du parcours politique d’Alou Diallo, réussir à se hisser dans une position de favori et de force politique incontestable de ce pays, c’est déjà un grand pas que nous avons franchi, estime Cheick Oumar Diallo, directeur de communication d'Aliou Diallo. Mais nous estimons également qu’il y a un certain nombre d’irrégularités qui ont floué et qui ont entamé de manière très claire la sincérité et la transparence de ce scrutin. L’enlèvement de certaines urnes de manière irrégulière, le dépouillement qui s’est produit dans certaines localités en l’absence de certains agents électoraux, mais également la question des plus de 200 000 bulletins déclarés nuls par l’administration nous interrogent. Les conseils juridiques du candidat Aliou Diallo sont actuellement en train de plancher sur l’ensemble des voies que nous pourrons emprunter afin de rétablir le candidat Aliou Diallo dans ces droits et d’assurer la transparence et la sincérité de ce scrutin ». Le candidat devrait prendre la parole aujourd’hui lors d’une déclaration officielle.

Des premiers rendez-vous calés

Arrivé lui en quatrième position, l’ancien Premier ministre Cheick Modibo Diarra est l’autre monsieur 7% de cette élection. Des pourcentages de suffrages exprimés qui pèseront lourd dans la balance. D’après nos informations, les proches de l’un des deux candidats du second tour devraient chercher à le rencontrer dès ce vendredi.

Mais Cheick Modibo Diarra prendra une décision vraisemblablement après avoir consulté son allié, Moussa Mara, ancien Premier ministre, comme lui qui a jeté l’éponge pour le soutenir dès le premier tour. « Le candidat a décidé de consulter sa base. La base de la coalition, c’est sept partis politiques, c’est une centaine d’organisations de la société civile. Il va les consulter et prendre leur opinion en compte avant d’aller dans un sens ou dans un autre. A ce moment précis, aucune indication. Et s’il y en a, elle viendra du candidat lui-même. C’est lui, Cheikh Modibo Diarra, qui prendra cette décision », assure Moussa Mara.

Réponse avant le 12 août et le second tour de la présidentielle.

Source : RFI

 

Présidentielle au Zimbabwe: Emmerson Mnangagwa élu au premier tour

Emmerson Mnangagwa, à la tête du Zimbabwe depuis qu'il a écarté son dirigeant historique Robert Mugabe en novembre dernier, a été proclamé vainqueur de l'élection présidentielle de lundi, un résultat contesté par l'opposition.

La présidente de la commission électorale zimbabwéenne a annoncé les résultats de la 10e province du pays dont les résultats manquaient encore à l’appel et ils confirment qu’Emmerson Mnangagwa a gagné l’élection présidentielle.

L'ancien bras droit de Robert Mugabe, tombé en novembre, a été élu dès le premier tour de la présidentielle avec 50,8% des suffrages contre 44,3% pour l'opposant Nelson Chamisa, a annoncé ce vendredi 3 août la commission électorale.

« Merci Zimbabwe (...). C'est un nouveau départ. Unissons-nous dans la paix, l'unité et l'amour et ensemble construisons un nouveau Zimbabwe pour tous », a lancé Emmerson Mnangagwa sur son compte Twitter. « Même si nous avons été divisés pendant les élections, nous sommes unis dans nos rêves », a-t-il ajouté.

L'opposition conteste

A Harare, c’est la déception puisque la capitale du pays est majoritairement en faveur de l’opposition. Un peu plus tôt dans la soirée, l'opposition zimbabwéenne avait par ailleurs dénoncé les résultats « faux » de l'élection présidentielle, a annoncé un porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC, opposition), Morgan Komichi.

Quelques heures avant l'annonce des premiers résultats de la présidentielle, Nelson Chamisa, le candidat du MDC, avait maintenu qu'il avait remporté l'élection et avait de nouveau accusé la commission électorale de « manipuler » les résultats. La Zanu-PF avait également revendiqué la victoire. « Je sais que nous avons remporté l'élection présidentielle, nous attendons simplement l'annonce » officielle, avait déclaré à la presse un haut responsable du parti, Paul Mangwana.

Mercredi 1er août des heurts entre des partisans de l'opposition et les forces de police ont fait six morts dans les rues de Harare. Depuis, le centre-ville est quadrillé par les forces de l'ordre et la tension persiste dans la capitale.

Source : RFI

 

Présidentielle au Mali: IBK et Soumaïla Cissé face-à-face au second tour

Les résultats du premier tour de la présidentielle malienne donnent Ibrahim Boubacar Keïta en tête avec 41,42% et devant Soumaïla Cissé qui obtient 17,80% des voix. Le second tour opposera le président sortant et le chef de file de l’opposition.

Après une longue attente pendant plus de 4 jours et dans la plus grande discrétion, c’est sur l’ORTM, la chaîne nationale, qu’ont été donnés les résultats du premier tour de l’élection présidentielle, ce jeudi 2 août.

Il y aura donc un second tour, qui aura lieu le 12 août et qui opposera le président sortant qui rafle 41,42% des voix au premier tour et le chef de file de l’opposition qui lui obtient 17,80%. C’est donc la configuration attendue, IBK contre Soumaïla Cissé, qui se confirme. C’est aussi un remake de la dernière élection car en 2013, les deux hommes politiques s’étaient déjà affrontés.

Pour ce scrutin de 2018, une surprise : le troisième homme de cette élection est Aliou Diallo, un riche homme d’affaires qui a fait fortune dans l’exploitation minière et qui obtient 7,95%. Quasiment à égalité mais en quatrième position, avec 7,46% des voix, l’ancien Premier ministre Cheick Modibo Diarra.

Quant au reste des 24 candidats, ils obtiennent des scores compris entre un peu moins de 4% et un peu moins de 1%. Enfin, dernier chiffre clé à retenir pour ce premier tour de l'élection présidentielle malienne, le taux de participation qui s'élève à 43,06%.

Des partisans d'IBK célèbrent les résultats du premier tour de la présidentielle au siège du Rassemblement pour le Mali, le parti présidentiel, le 2 août 2018. © REUTERS/Luc Gnago

« Au Mali, c’est la première fois qu’un président en exercice doit se présenter pour un second tour»

A l'annonce des résultats, l'ambiance était très calme au QG de campagne de Soumaïla Cissé. Une heure environ après la proclamation des résultats, ils étaient une vingtaine devant le quartier général de leur candidat. « Nous sommes en finale, au Mali c’est la première fois qu’un président en exercice doit se présenter pour un second tour. C’est déjà un succès », assurent quelques militants.

« Le coup KO, c’est-à-dire une victoire d’IBK au premier tour est déjà un échec, assure Tiébilé Dramé, le directeur de campagne de Soumaïla Cissé. Mais ces résultats ne reflètent pas la réalité des urnes », poursuit Tiébilé Dramé. Le camp du chef de file de l’opposition continue de dénoncer des irrégularités du scrutin. Il n’exclut pas de saisir la Cour constitutionnelle.

Les candidats ont 48 heures pour déposer d’éventuelles réclamations. La Cour constitutionnelle devra valider ces résultats provisoires avant que ne commence la campagne pour le second tour.

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Présidentielle malienne: prudence de mise, malgré les calculs partisans

On attend les résultats provisoires du premier tour de l'élection présidentielle malienne du 29 juillet 2018. Et en attendant d'être fixés, les candidats se positionnent en cas de second tour. Les tractations ont commencé autour de certains candidats. A Bamako, les indiscrétions battent leur plein.

Alors que le décompte continue, les états-majors des partis politiques maliens lancent leurs tendances. Elles sont reprises sur les réseaux sociaux, mais restent pour le moment de l'ordre de la rumeur. Car seul le ministère de l'Administration du territoire est habilité à donner les résultats officiels.

Pour Amadou Bah, président de la Commission électorale, les partis politiques devraient d'ailleurs attendre les résultats officiels avant de se lancer dans des pronostics : « Dans les états-majors des partis, nous sommes habitués à ce que tout le monde se dise le premier. Mais officiellement, je ne pense pas qu’on puisse dessiner une tendance. Nous savons qu’au niveau du ministère de l'Administration territoriale, le siège, la Commission nationale de centralisation, on n’est pas à 40% des résultats reçus à ce niveau. Il faut attendre généralement les 70% pour, de façon sérieuse, commencer à se prononcer ». Comme j’ai dit, tout le monde est dans son rôle mais il ne faut pas préparer l’opinion à telle ou telle chose. C'est ça qui est dangereux. »

Qu'à cela ne tienne : en attendant d'être fixés, les candidats se positionnent en cas de second tour. Il y a plusieurs cas de figure, mais s’il s’agit du match retour de 2013, c’est-à-dire un nouveau duel Ibrahim Boubacar Keïta-Soumaïla Cissé, alors, parmi les faiseurs de rois, il y a notamment Aliou Diallo et Cheikh Modibo Diarra.

Le premier est ce qu’on peut appeler un « OVNI politique », c’est-à-dire un objet volant non identifié sur la scène politique malienne. Parce qu'Aliou Diallo est un homme d’affaires prospère. Il y a cinq ans, lors de la précédente présidentielle, il avait soutenu la candidature de l’actuel chef de l'Etat. Mais cette fois-ci, il s’est lancé lui-même dans la course, d’abord contre le même IBK. Et il a fait fort, parce que selon les tendances, il pourrait faire partie du quarté gagnant voire du tiercé - en tout cas le peloton de tête. Son thème de campagne a été l’alternance, rien que l’alternance, une éducation pour ces choix futurs.

Cheikh Modibo Diarra est lui un ancien Premier ministre. S’il fait partie des faiseurs de rois, il ne pourra rien décider au second tour sans son allié, détaille un autre ancien Premier ministre, Moussa Mara. Toujours en cas de second tour, sur le schéma du président sortant retrouvant son adversaire de 2013, il va falloir compter avec d’autres candidats comme Oumar Mariko, l’ancien ministre Amion Guindo ou encore un autre ancien Premier ministre, Modibo Sidibé.

Source : RFI

 

Algérie : Ouyahia et Ould Abbes s’affichent unis pour un cinquième mandat de Bouteflika

Ahmed Ouyahia, à la tête du Rassemblement national démocratique (RND), et Djamel Ould Abbes, patron du Front de libération national (FLN), ont fait front commun, lundi, pour plaider en faveur de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat.

Le chef du FLN et le Premier ministre, qui est également secrétaire général du RND, auraient-ils enterré la hache de guerre au nom de la défense d’une candidature d’Abdelaziz Bouteflika à un cinquième mandat ? C’est ce que laisse penser la visite de Djamel Ould Abbes à Ahmed Ouyahia, au Palais du gouvernement, le 30 juillet. Les deux hommes sont apparus tout sourire devant les caméras, le temps d’une courte rencontre.

« Nous parlons d’une seule voix avec le secrétaire général du RND, pour dire que ce qui a été accompli lors de ces vingt dernières années, ce capital qui a été amassé pour le pays est l’œuvre du président Bouteflika. C’est pour cela que nous demandons au président de la République de poursuivre son travail et de briguer un cinquième mandat en 2019, dans le but d’assurer un meilleur avenir pour les nouvelles générations », a déclaré Djamal Ould Abbes au micro de la chaîne publique Canal Algérie, avant de se déclarer « satisfait de l’action du gouvernement et rassuré pour l’avenir du pays ».

Alliance face à Makri ?

Si les deux responsables politiques ont échangé sur les questions économiques et sociales, le Premier ministre a tenu à préciser que la seconde partie de la rencontre s’était déroulée dans le cadre de leurs fonctions partisanes, afin de « renforcer l’alliance » entre les deux principales formations algériennes.

Une convergence affichée qui a de quoi surprendre, les relations entre les deux hommes étant loin d’être au beau fixe. Le 17 juillet, Djamel Ould Abbes avait même accusé implicitement le RND d’avoir marchandé son soutien au président Bouteflika en 1999 en échange de postes ministériels. Ould Abbes avait aussi fortement critiqué la politique économique du Premier ministre, notamment sur le projet de Loi de finances complémentaire 2018.

Abderrazak Makri aurait-il réussi à les réconcilier contre lui ? Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), qui a appelé à une « transition politique » de cinq ans avant de parvenir à un consensus national, a récemment rencontré les deux secrétaires généraux pour tenter de les rallier à sa cause. En vain. Tous deux ont refusé de participer, et Makri a essuyé une cinglante réponse en provenance du chef d’état-major des armées. Depuis, les deux dirigeants affichent leur adhésion commune à l’idée d’un cinquième mandat pour Abdelaziz Bouteflika.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle au Zimbabwe : les deux principaux candidats affirment être en tête du scrutin

Le chef de l'État Emmerson Mnangagwa et l'opposant Nelson Chamisa, les deux principaux candidats à la présidentielle au Zimbabwe, se sont chacun félicités mardi 31 juillet d'être en tête des élections organisées la veille.

Alors que les premiers résultats devraient être connus mardi après-midi, la commission électorale a d’ores et déjà annoncé en fin de matinée qu’ « aucune fraude » n’avait eu lieu lors des élections. « Nous sommes absolument confiants qu’il n’y a eu aucune fraude », a déclaré Priscilla Chigumba, la présidente de la commission, dont l’institution a été très critiquée par l’opposition pendant tout le processus électoral.

Sans attendre la proclamation des résultats, Nelson Chamisa, le jeune patron du Mouvement pour le changement démocratique (MDC) dont le parti a dénoncé des fraudes, a revendiqué mardi après-midi une « victoire éclatante » dès le premier tour.

« Les résultats montrent au-delà de tout doute raisonnable que nous avons gagné les élections et que le prochain président du Zimbabwe est Nelson Chamisa », a déclaré Tendai Biti, haut responsable du parti et ancien ministre respecté des Finances, lors d’une conférence de presse au siège du MDC à Harare.

Mnangagwa évoque aussi sa victoire

Un peu plus tôt dans la matinée, Emmerson Mnangagwa, patron de la Zanu-PF et ancien bras droit de Robert Mugabe, avait pour sa part sous-entendu qu’il menait la course. « Les informations obtenues par mes représentants sur le terrain sont extrêmement positives », a-t-il assuré sur son compte Twitter, demandant à la population d’attendre les résultats officiels.

Les Zimbabwéens se sont rendus en nombre lundi aux urnes pour ces élections historiques. Selon la commission électorale, le taux de participation se situait aux alentours de 75 % une heure avant la clôture des bureaux de vote lundi.

Vers un second tour ?

Emmerson Mnangagwa, qui a succédé en novembre à Robert Mugabe à la suite d’un coup de force de l’armée et de son parti, cherche à obtenir par les urnes la légitimité du pouvoir. Il était donné favori de la présidentielle, même si l’écart avec son principal adversaire s’était récemment réduit, selon un récent sondage.

Si aucun candidat n’obtient la majorité absolue des suffrages au premier tour, un second tour sera organisé le 8 septembre.

Promesse d’élections « justes »

Le président Mnangagwa a promis des élections « libres et justes », alors que les scrutins de l’ère Mugabe ont été régulièrement entachés de violences et de fraudes. Pour preuve de sa bonne volonté, il a invité – pour la première fois en seize ans – les observateurs occidentaux à surveiller le processus électoral.

Aucun incident violent n’avait été signalé lundi en fin d’après-midi, a indiqué le chef des observateurs de l’Union européenne (UE), Elmar Brok. En revanche, l’UE a noté « des déficiences » pendant les opérations de vote, notamment « la totale désorganisation » du vote dans deux quartiers pauvres d’Harare, alors que « tout s’est bien passé dans des quartiers plus favorisés ».

Source : jeueafrique.com