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Culture en Afrique

Mali : un nouveau chef du Haut conseil islamique succède à l’imam Mahmoud Dicko

Chérif Ousmane Madani Haïdara a été élu dimanche à la tête du Haut conseil islamique du Mali (HCIM), où il succède à l'imam Mahmoud Dicko, bête noire du gouvernement qui ne se représentait pas.

 

« Chérif Ousmane Madani Haïdara a été élu par consensus nouveau Président du Haut conseil islamique du Mali », indique un communiqué publié à l’issue du 3e congrès ordinaire de la principale organisation islamique d’un pays à 90% musulman.

« Je veux travailler pour la paix, pour un Mali uni, pour la fraternité entre tous les musulmans du monde. Je veux que notre pays se retrouve, retrouve la paix », a déclaré M. Haïdara après son élection, alors que le Mali continue à être la cible d’attaques de groupes jihadistes malgré la signature en mai-juin 2015 d’un accord de paix censé les isoler définitivement.

Né le 12 mai 1955, Chérif Ousmane Madani Haïdara, a créé en 1993 le mouvement religieux appelé « Ançar Dine » (sans lien avec le groupe islamiste malien Ansar Dine), qui compte des adeptes dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest.

Il s’inspire du rite malékite, dominant au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, prônant un islam « tolérant » et non violent. L’imam Dicko, à la tête du HCIM depuis 2008, incarne au Mali la tendance rigoriste inspirée par la doctrine wahhabite, en vigueur en Arabie saoudite.

L’imam Dicko, après avoir entretenu pendant des années des relations en dents de scie avec le chef de l’État Ibrahim Boubacar Keïta, a mené ces derniers mois une fronde, avec notamment le chérif de la localité de Nioro, Bouyé Haïdara, contre le Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga, qui a fini par démissionner le 18 avril et dont le successeur n’a pas encore été désigné.

Chérif Ousmane Madani Haïdara s’était abstenu de participer à la manifestation géante du 10 février dans un stade de Bamako où l’imam Dicko et le chérif de Nioro avaient appelé au départ du chef du gouvernement, auquel ils reprochaient notamment une approche laxiste de l’homosexualité et d’être incapable d’enrayer les violences.

Un porte-parole du président sortant du Haut conseil, Issa Kaou Djime, a remis en cause la « légitimité » du nouveau bureau du HCIM. « On ne peut pas parler d’islam au Mali sans Mahmoud Dicko et le chérif Bouyé de Nioro », a dit M. Djime à l’AFP.

En ouverture du congrès samedi, le président Ibrahim Boubacar Keïta a remercié l’imam Dicko pour avoir « su assurer avec brio » sa fonction. « Vous restez un frère, malgré les divergences qui peuvent arriver, malgré nos fâcheries d’hommes », lui avait-il lancé.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : Ousmane Bocoum, l’homme qui dialogue avec les djihadistes

Mali : Ousmane Bocoum, l’homme qui dialogue avec les djihadistesLe Monde Afrique - Le centre du pays dans la tourmente (5/6). Le jeune religieux et commerçant peul a trouvé une solution pour lutter contre l’enrôlement des jeunes dans les rangs terroristes. Comme beaucoup de jeunes du centre du Mali, Ousmane Bocoum a grandi en écoutant les prêches d’Amadou Koufa.

A l’époque, il n’était pas encore le chef djihadiste qui a aujourd’hui la main sur une grande partie du terrorisme au centre du Mali. L’homme qui dirige aujourd’hui la katiba Macina, affiliée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), a tôt diffusé sur cassettes des prêches rigoristes, mais son discours n’avait alors rien de djihadiste.

« A partir de 2008 ou 2009, tout a changé. Ses prêches ont commencé à se radicaliser. Surtout après 2012 et le déclenchement de la guerre », raconte M. Bocoum. Ce jeune Peul malien venait de rentrer dans son pays, après sept longues années passées « en aventure » en Guinée et au Sénégal, selon l’expression consacrée au Mali pour parler des migrations.

Par curiosité, M. Bocoum continue à écouter le discours du chef djihadiste, observant que la rhétorique comme le canal de diffusion ont changé. Les messages vocaux diffusés sur WhatsApp remplacent la cassette audio. « Je n’ai pas bien compris sur quoi s’appuyait leur changement de discours. La seule chose que je savais, c’est que c’était de religion, d’islam, dont ils parlaient.

Alors, en 2018, je me suis dit : si c’est de religion qu’ils veulent discuter, il n’y a pas de problème. Je vais leur expliquer les versets qu’ils ne comprennent pas », raconte-t-il, avec un pragmatisme étonnant. Le Coran, M. Bocoum le connaît parfaitement. Il l’a étudié jusqu’à ses 22 ans dans une école coranique.

Déconstruire les interprétations erronées

Autour de lui, on le taxe de naïveté. Car, à l’été 2018, M. Bocoum se met à faire la même chose qu’Amadou Koufa, mais avec un autre contenu. Sur WhatsApp, il interpelle directement les membres de la katiba du prédicateur et, contre toute attente, certains lui répondent. « On a discuté pendant trois mois comme ça sur les réseaux sociaux », explique-t-il.

Dans ses audios, M. Bocoum envoie des versets, les décortique et les explique pour déconstruire les interprétations erronées, utilisées par les hommes d’Amadou Koufa pour enrôler les jeunes de la région.

« Ils disaient parfois dans leurs audios que si quelqu’un voyait un Occidental, il fallait le tuer, sans avoir besoin de demander la permission, poursuit M. Bocoum. En réponse, je leur ai envoyé ce verset : “Dieu ne vous interdit pas d’être bons et justes envers ceux qui ne vous ont pas combattus à cause de votre religion et qui ne vous ont pas expulsés de vos demeures.” Et puis, j’ai posé une question : “Si ces Occidentaux dont vous parlez combattaient votre religion, est-ce qu’il y aurait autant de mosquées dans leur pays ?” Ça les a beaucoup choqués», sourit-il.

Malgré les divergences d’analyse des deux camps, le débat s’est poursuivi. « Je me suis lancé là-dedans parce que j’ai toujours su qu’ils étaient dans l’erreur. Au début, ils pensaient que j’allais avoir peur et que j’allais fuir», dit-il. Mais M. Bocoum ne craint que Dieu. Et pour le leur prouver, il leur propose l’impensable : une rencontre, à Mopti, afin de débattre, en chair et en os.

« C’est là qu’Amadou Koufa est intervenu. Il a fait un audio pour dire qu’il n’était pas d’accord pour une rencontre », regrette-t-il aujourd’hui encore. Les hommes de la katiba craignent pour leur sécurité. Une rencontre risquait de les exposer. M. Bocoum tente pourtant une fois encore de les convaincre, un brin provocateur. « Si vous aviez des croyances, vous seriez venu parce que vous auriez eu confiance dans la protection que Dieu vous aurait apportée lors la rencontre ! Vous dites qu’en brousse, Dieu vous protège. Alors pourquoi il ne vous protégerait pas en ville ? », précise-t-il sur WhatsApp.

Des populations qui peinent à faire confiance

Mais, du côté des terroristes, le chef a parlé. La rencontre n’aura pas lieu. Pas de quoi décourager M. Bocoum pour autant. L’homme laisse passer des mois, réfléchit, analyse ses erreurs tout en s’occupant de son magasin de pagnes et de bazin. Jusqu’à ce que, début 2019, une autre idée lui vienne : « J’ai compris que je n’avais pas réussi à négocier avec les combattants eux-mêmes.

Donc je me suis dit qu’il fallait aller échanger avec ceux qui peuvent avoir une réelle influence sur eux. » M. Bocoum estime qu’un dialogue réussi doit être nécessairement pris par la racine et non par la tête et, à ses yeux, ce sont les villageois qui ont le pouvoir de changer les choses.

« Le Mali a besoin de ses villageois. Ce sont eux qui savent qui, dans leur localité, peut parler avec les djihadistes de leur zone. […] Ils peuvent nous aider à obtenir cela mais, avant, il faut les aider », détaille-t-il. Car, au centre du Mali, les populations peinent à faire confiance, épuisées d’un côté par des années de menaces terroristes et, de l’autre, par des promesses d’aide de l’Etat qui ne se concrétisent pas toujours.

Le 1er mars, M. Bocoum a monté une structure approuvée par les autorités : l’Association des prédicateurs pour la préservation de l’unité et de la paix sociale. A travers elle, il entend, dans un premier temps, gagner la confiance des villageois par l’agriculture. Il propose à plusieurs chefs de villages du centre du Mali de les aider à exploiter un champ de cinq hectares dont ils auront accepté de dédier les récoltes aux plus démunis et aux écoles coraniques de la localité. Que le village soit peul ou dogon, pro ou antidjihadiste importe peu à M. Bocoum. Selon lui, c’est justement cette neutralité, fondée sur la proposition et le volontariat, qui fait la force du projet.

« Renforcer la position des marabouts »

« Les villageois qui partent avec Koufa le font, soit parce qu’on leur propose mieux que ce qu’ils ont, soit parce qu’ils n’avaient pas une connaissance suffisante de la religion pour comprendre que les arguments utilisés par les djihadistes ne tiennent pas la route », analyse-t-il. Pour lui, l’agriculture n’est qu’une porte d’entrée permettant ensuite d’installer un réel dialogue avec les très influents maîtres coraniques.

Dans leur localité, les marabouts détiennent le savoir religieux et le transmettent à la jeunesse. Mais quel discours transmettent-ils aux générations futures ? « Aujourd’hui, il y a des marabouts qui acceptent de collaborer avec les hommes d’Amadou Koufa. Certains par peur, d’autres parce qu’ils sont vraiment convaincus par leurs idées, explique Ibrahim Yahaya Ibrahim, l’analyste principal au Sahel de l’International Crisis Group (ICG). Le fait d’avoir un projet qui essaie de renforcer la position des marabouts, en leur donnant plus de voix et en les aidant à faire prévaloir un discours modéré, est je crois une bonne idée. »

Ousmane Bocoum a déjà fait tous ses calculs : son projet coûterait chaque année 2 millions de francs CFA (3 000 euros) par village participant. Trois localités de la région ont déjà accepté de le tester. Mais, pour l’heure, les financements posent problème. « Je vais trouver, c’est certain, parce que c’est peu de dépenses, comparé au revenu qui peut être tellement énorme », se persuade-t-il.

« Une approche moderne et pragmatique »

L’ancien élève coranique qui dialogue aujourd’hui encore sur les réseaux sociaux avec les djihadistes du centre n’abandonnera pas son combat de sitôt. « Il faut que nous, Maliens, ayons la volonté de changer les choses. Ce sont nos affaires, nous devons nous en occuper », martèle-t-il. Au Mali, le dialogue avec les chefs djihadistes n’a jamais vraiment porté ses fruits et les influents leaders religieux semblent de plus en plus réticents à se positionner. « Ils avaient commencé à le faire, vers 2012. […] Mais beaucoup ont pensé qu’on ne combattait ces gens qu’avec la guerre, pas avec des arguments », explique M. Ibrahim.

Comme Ousmane Bocoum, le chercheur est persuadé du contraire : « Je pense qu’on sous-estime les motivations religieuses des hommes d’Amadou Koufa. […] Quoi qu’on dise, ils sont très intéressés par la religion. Je ne pense pas qu’il soit impossible de dialoguer avec ces gens-là. Ce que je crois, c’est qu’il est très important d’essayer de déconstruire ce débat avec les djihadistes. Il ne faut pas se focaliser seulement sur ceux qui sont déjà enrôlés, mais aussi sur ceux qui pourraient les rejoindre. Et pour les convaincre, il faut démontrer que les arguments djihadistes ne tiennent pas la route. »

Pour M. Ibrahim, la rhétorique utilisée par M. Bocoum est une nouveauté : « Il a une approche de la religion moderne et pragmatique. Elle est très adaptée au type de discours qu’utilisent les djihadistes. Les arguments très frontaux qu’il utilise, les grands leaders religieux ne les ont pas. » A 36 ans, le commerçant a fait de sa jeunesse une force. « C’est à nous, jeunes religieux, de nous engager pour la paix dans notre région », dit-il. M. Bocoum ne pense pas que son combat soit impossible. Car il a une conviction profonde qu’il répète encore une dernière fois : « Au Mali, personne ne veut la guerre. »

Sommaire de notre série « Le centre du Mali dans la tourmente »

Ce 23 mars aura été un choc. Près de 160 personnes ont été sauvagement tuées à Ogossagou, un petit village peul du centre du Mali. Jamais, dans la zone, un conflit intercommunautaire opposant principalement des miliciens dogon et peuls n’aura causé autant de victimes. Ces hommes armés s’affrontent pourtant depuis des années. Déjà, en 2016, les humanitaires et les défenseurs des droits de l’homme alertaient sur le danger de l’instrumentalisation de ces vieux conflits fonciers par les groupes terroristes.

Quatre ans plus tard, leurs craintes se sont transformées en une macabre réalité. La liste des victimes n’a fait que s’allonger, de mois en mois. Depuis mars 2018, plus de 600 civils ont été tués dans ces conflits, au centre du Mali, selon l’ONU. Le Monde Afrique vous raconte, en six épisodes, la tourmente sécuritaire d’une région, trop longtemps passée sous silence. Ses causes, ses conséquences, mais aussi les solutions qui émergent pour tenter de mettre fin à ces conflits multidimensionnels qui font aujourd’hui du centre du Mali la principale menace pour la stabilité de ce pays clé du Sahel.


Episode 1 Avec les rescapés du massacre d’Ogossagou

Episode 2 La contestation a pris le visage de l’islam politique

Episode 3 Le difficile désarmement des milices

Episode 4 Un magistrat : « J’ai reçu tellement de pressions et de menaces de mort… »

Episode 5 Ousmane Bocoum, l’homme qui dialogue avec les djihadistes

Morgane Le Cam (Mopti, envoyée spéciale)
Source : Le Monde Afrique (France)

 

 

Au Maroc, le pape défend la « liberté de conscience » et « la liberté religieuse »

Le pape François a défendu samedi « liberté de conscience » et « la liberté religieuse », permettant à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse, dans un discours prononcé sur une immense esplanade de Rabat, devant des milliers de Marocains et le roi Mohammed VI.

« La liberté de conscience et la liberté religieuse – qui ne se limitent pas à la seule liberté de culte mais qui doivent permettre à chacun de vivre selon sa propre conviction religieuse – sont inséparablement liées à la dignité humaine », a souligné le souverain pontife, en appelant les croyants à « vivre en frères ».

Le sujet reste sensible au Maroc. En juin dernier, le ministre d’État chargé des droits de l’Homme, l’islamiste Mustapha Ramid, avait ainsi estimé que la liberté de conscience était « une menace » pour la « cohésion » du Maroc.

Le souverain pontife a également jugé « indispensable d’opposer au fanatisme et au fondamentalisme la solidarité de tous les croyants, ayant comme références inestimables de notre manière d’agir les valeurs qui nous sont communes ». À cet égard, « une préparation appropriée des futurs guides religieux est nécessaire, si nous voulons raviver le véritable sens religieux dans les coeurs des nouvelles générations », a-t-il ajouté

Après un tête-à-tête avec Mohammed VI au palais royal, le pape se rend samedi à l’Institut de formation des imams qui accueille des Marocains, mais aussi des étrangers d’une dizaine de pays, dont la France. Ils sont 1.300 étudiants, hommes et femmes, à suivre des cursus de deux ou trois ans dans cet établissement, fer de lance de « l’islam modéré » prôné par le roi.

C’est la première fois qu’un pape sera accueilli dans un institut de formation d’imams. Le pape s’est dit heureux de visiter ce centre promu par le roi du Maroc pour « fournir une formation adéquate et saine contre toutes les formes d’extrémisme, qui conduisent souvent à la violence et au terrorisme et qui, en tout cas, constituent une offense à la religion et à Dieu lui-même ».

Rappelant aussi la rencontre en pleines croisades voici 800 ans entre saint François d’Assise et le sultan d’Égypte Malik al-Kamil, le pape a encore jugé qu’elle « manifeste que le courage de la rencontre et de la main tendue est un chemin de paix et d’harmonie pour l’humanité, là où l’extrémisme et la haine sont des facteurs de division et de destruction ».

Source : RFI

 

La nouvelle Miss Algérie enflamme les réseaux sociaux

La jeune femme, élue vendredi face à treize autres finalistes lors d’un grand gala dans la capitale, est Miss Adrar, une région du sud de l’Algérie. Et son élection est loin de faire l’unanimité.

Sa photo tournait sur les réseaux sociaux depuis l’annonce de son élection. Khadidja Benhamou, grande jeune femme aux longs cheveux noirs bouclés et à la peau mate, a été beaucoup critiquée sur son physique.

Plusieurs articles de presse ont également dénoncé des critiques racistes à son égard. Et c’est là que les réseaux sociaux se sont enflammés. Marques de solidarité, compliments, dénonciation du racisme, mais aussi appel à promouvoir la diversité de l’Algérie et son africanité.

L’élection de Miss Algérie a repris en 2013 après dix ans d’interruption. Et c’est la première fois qu’une jeune femme d’une région du sud de l’Algérie, c’est-à-dire d’une région où les habitants ont la peau plus foncée, est élue. Khadidja Benhamou vient d’Adrar, la région de la frontière sud-ouest du pays et travaille comme hôtesse d’accueil dans un restaurant de la capitale.

Invitée à la télévision, elle a répondu aux critiques d’un simple : « Que Dieu leur montre le chemin. » Elle a aussi expliqué qu’elle espérait que cette année lui permette de s’investir dans plusieurs initiatives caritatives.

Source : RFI

 

Mali: l'offensive de l'imam Mahmoud Dicko sur la scène politique

Démonstration de force plutôt réussie ce week-end à Bamako pour Mahmoud Dicko, président du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM). Alors que la majorité des membres du HCIM étaient contre la tenue d'un meeting pour dénoncer le projet d'un manuel scolaire sur l'éducation sexuelle abordant notamment la question de l'homosexualité, il a réussi à mobiliser des milliers de partisans sur le sujet.

Et visiblement, Mahmoud Dicko, va continuer à faire parler de lui sur le terrain politique. Mahmoud Dicko et ses proches laissent clairement entendre qu’entre lui et les membres du Haut Conseil islamique du Mali (HCIM), qu’il accuse de faire le jeu du pouvoir, c’est bientôt la rupture, le divorce.

L’influent président du Haut conseil islamique du Mali depuis 2008 mettra les formes - que détruira-t-il au terme de son mandat ? - mais il a l’intention de créer une autre structure pour « continuer son combat ».

Imam rigoriste

D’abord, il se veut le gardien du temple. C’est un imam rigoriste. Alors que le gouvernement a annoncé qu’il abandonnait le projet de manuel scolaire sur l’éducation sexuelle, avec dans le texte la question sur l’homosexualité, Mahmoud Dicko ne veut pas lâcher prise. Il affirme qu’il livrera bientôt des informations confidentielles sur le sujet.

Mais chez ce professeur d’arabe, qui a notamment enseigné à Tombouctou, à côté de la religion, il y a la politique. Il est connu pour ses prises de position, sur la crise dans le Nord par exemple. « Il faut tendre la main à tous les fils du pays », dit-il.

Sur la gouvernance, il est plutôt actuellement critique. Très proche à un moment du président malien, leur relation du jour ne serait pas très chaleureuse. Veut-il faire ouvertement de la politique au Mali ? Créer un mouvement dans ce sens par exemple ? Son plus proche entourage donne l’indication. C’est clair : Mahmoud Dicko s’intéressera de plus en plus à la gestion de la chose publique.

Source : RFI

 

 

"Je suis un cinéaste mendiant qui met ses sous dans les films!" Med Hondo #188

"Je suis un cinéaste mendiant qui met ses sous dans les films!" Med Hondo #188.

25 minutes de résistance incarnée par un comédien qui a joué Brecht ou Césaire, un homme de cinéma et un professionnel du doublage, viatique de ses films.

Un travailleur manuel devenu intellectuel, soucieux de l'Histoire et du colonialisme qui ont accumulé les mensonges, un Africain préoccupé du statut de la femme sur le continent. "Des mots de minuit": radical, métis réjouissant!

Des mots de minuit:
Émission #188 du 5 janvier 2005
Avec le comédien et cinéaste Med Hondo
Musique avec l'interprète malien et as du djembé Maré Sanogo

MANIÈRES DE VOIR :

- Le réalisateur Med Hondo est né en Mauritanie en 1936. Il évoque le cinéma africain, le néo-colonialisme, le racisme, sa carrière de comédien (Brecht, Césaire, Yacine), d'acteur (chez John Huston ou Costa-Gavras) et de cinéaste (West Indies, Lumière noire d'après le livre de Didier Daeninckx, Fatima l'Algérienne de Dakar). Fondateur des festivals de Carthage et de Ouagadougou, il a été aussi la voix française d'Eddy Murphy, celle de Sydney Poitier ou de Ben Kingsley; il est l'âne qui parle dans Shrek. Mais Med Hondo est d'abord "un bloc de résistance et de détermination", une expression que je lui propose et qu'il reprend à son compte. Il fut en délicatesse avec un copain sur le ventre duquel il tapait: Jean Rouch auquel il reprochait de créer du folklore à partir d'une expression culturelle. Il fut plus en phase avec Joris Ivens ou René Vauthier. Il déteste qu'on qualifie l'Afrique de "blanche" ou "noire", estime qu'il est plus juste de dire "c'est du p'tit blanc" que "c'est du p'tit nègre". Plus généralement, il est extrêmement critique d'un néo-colonialisme "toujours vivant", des gouvernements africains et des politiques mises en œuvre sur le continent.

"Le cinéma africain est une usine sans gaz. Malheureusement. C'est L'Afrique! Elle est comme ça. Quand les politiques et les gouvernements ne font strictement rien pour un peuple ou pour des peuples, que ce soit en matière de santé ou d'agriculture, ce serait presque insultant de dire: "Je veux faire des films!". La Mauritanie est dans un état de misère absolue... Moi, je suis un cinéaste mendiant qui mendie mais qui met ses sous dans les films. Mon état, mon gouvernement mendient des sous à L'Europe mais ils les mettent dans des coffres-forts suisses. C'est une différence!" (Med Hondo. Des mots de minuit, 2005)

MUSIQUE :

- Maré Sanogo est un percussionniste malien. Il interprète au djembé un air traditionnel, Di.

Source : Francetvinfo

 

Pourquoi « Jeune Afrique » est absent en Algérie

Suite à une décision unilatérale du gouvernement algérien, notre magazine « Jeune Afrique » est absent des kiosques algériens depuis le 23 avril dernier. JA interdit ? Indésirable ? Censuré ? Nous vous dévoilons les dessous d'une situation totalement indépendante de notre volonté.

Depuis le 23 avril dernier, notre magazine Jeune Afrique est absent des kiosques en Algérie. Des lecteurs, des amis, de fidèles compagnons qui nous suivent depuis des décennies, des responsables d’institutions publiques et privées, des confrères, des opérateurs économiques ou encore des diplomates accrédités à Alger ne cessent de s’interroger et de nous questionner et sur cette absence prolongée et qui hélas risque de durer. JA interdit ? Indésirable ? Censuré ? Suspendu jusqu’à nouvel ordre ? JA boycotte-t-il ses lecteurs en Algérie ? Pour clarifier la situation, éclairer l’opinion et lever les équivoques, nous vous devons des explications.

Décision unilatérale

L’absence de Jeune Afrique ne relève pas de notre choix, mais d’une décision qui nous a été imposée par le gouvernement algérien sans concertation et sans consultation. Comment et pourquoi cette décision unilatérale ? Fin mars, notre distributeur sur place reçoit une notification du ministère algérien de la Communication dans laquelle il lui est demandé de ne plus importer Jeune Afrique ainsi que d’autres titres édités par Jeune Afrique Media Group (The Africa Report et La Revue). Seul un quota de 350 exemplaires de JA, destiné aux diverses institutions, est autorisé à l’importation.

Cette décision de mettre un terme à l’importation de la presse ne concerne pas uniquement nos publications. Elle touche de nombreux titres internationaux comme Le Monde, Le Figaro, Afrique Magazine, Paris Match, L’Equipe ou Le Canard Enchaîné. Mais contrairement à Jeune Afrique qui reste absent des kiosques, nos confrères sont toujours disponibles chez les buralistes d’Alger et ailleurs. Pourquoi ? Mystère.

Venons-en maintenant à l’argument qui justifie cette décision. Les autorités algériennes, nous dit-on, entendent faire des économies en devises en supprimant ou en limitant drastiquement l’importation de la presse internationale. Sous couvert de l’anonymat, un conseiller au ministère de la Communication nous explique : « Il n’y a aucune censure qui frappe Jeune Afrique, rassure-t-il. En raison de la politique d’austérité imposée par la crise, le gouvernement a décidé de serrer la vis sur les importations. Aucun secteur n’est épargné. La presse étrangère est donc concernée. C’est une mesure temporaire qui peut être levée à un moment opportun. »

Une mesure préjudiciable

On savait que la crise qui touche l’Algérie en raison de la chute de revenus pétroliers était aiguë, pour l’avoir largement rapportée, expliquée et décryptée dans nos colonnes et sur notre site depuis le début de la dégringolade des cours du pétrole à l’été 2014. Mais qu’un grand pays comme l’Algérie en soit aujourd’hui réduit à limiter l’importations de journaux, qui restreint donc, pour ne pas dire interdit, l’accès de sa population à l’information et à la culture, pour manque de devises, en dit long sur la gravité de la situation. On connaît suffisamment le caractère chatouilleux et ombrageux des responsables algériens quand ils entendent des critiques qui mettent en cause, étrillent ou questionnent leur mode de gouvernance. Mais suspendre les journaux étrangers est-il sérieusement de nature à réduire cette facture des importations qui, malgré toutes les mesures, tous les tours de vis, toutes les restrictions et toutes les professions de bonne foi, n’arrive pas à descendre sous la barre de 44 milliards de dollars par an ?

Ce n’est pas en privant les Algériens de journaux étrangers – ce qui ne va pas, au passage, améliorer son classement international en matière de protection et de respect de la presse -, que le gouvernement fera des épargnes en devises et réduira son déficit commercial. On peut encore importer des kiwis, du Nutella, des bananes, des Kinder Surprise, ou de la mayonnaise en tube mais pas la presse étrangère.

Aberrant, désuet et surtout en porte-à-faux avec les accords que l’Algérie a signé avec l’UE. Le droit de la libre circulation de l’information doit être garanti et protégé comme le droit à la libre circulation des personnes.

En attendant que le gouvernement revienne à de meilleurs sentiments en abrogeant cette mesure préjudiciable pour tout monde, y compris pour l’image de l’Algérie, nous présentons à nos lecteurs nos excuses pour notre absence qui est, bien sûr, indépendante de notre volonté. Nous les invitons à continuer à nous suivre et à nous lire sur notre site internet et à travers son édition digitale téléchargeable

Source : jeunefrique.com

 

À Dakar, les Soninkés rappellent leur passé glorieux et la richesse de leurs cultures

Après Kayes au Mali et Nouakchott en Mauritanie, Dakar est devenue le temps d'une semaine de festivités la capitale des communautés soninkés venues de toute l'Afrique de l'Ouest et au-delà.

Dakar s’est transformé, du 21 au 25 février, en capitale de la culture soninké. Cette ethnie a l’âme voyageuse a vu sa diaspora régionale, continentale et même mondiale rallier la presqu’île du Cap-Vert pour la 5e édition du Festival international soninké (FISO). La liste – non exhaustive – des pays représentés lors de ce FISO parle d’elle-même : Mali, Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée Bissau et Conakry, Côte d’Ivoire, RDC, Angola, Égypte, France, Espagne, États-Unis…

Un héritage à protéger

Pour les initiateurs de l’événement, il s’agissait de rappeler la grande histoire, si souvent méconnue, de cette communauté qui a fondé et dirigé les premiers empires ouest-africains, du Wagadou et du Ghana.

 

La langue est la colonne vertébrale de la culture

C’était d’ailleurs le thème central de cette édition : « Le Wagadou, premier empire africain, hier, aujourd’hui, demain ». Les conférenciers ont mis en évidence le rayonnement de ces organisations politiques sur une bonne partie de l’Afrique de l’Ouest, ainsi que l’héritage culturel qui a imprégné toute les sociétés ouest-africaines, tels que l’apparition des corps de métier, l’organisation militaire ou encore le cousinage à plaisanterie.

La préservation de la langue soninké a également été au centre d’ateliers qui ont ponctué les trois journées du festival. Un aspect « extrêmement important pour nous », insiste Idrissa Diabira, président du Wagadou Jiida (« Renaissance du Wagadou »), l’Association de la communauté soninké au Sénégal créée en 1985 et maître d’œuvre du FISO 2018. « Chaque année, selon l’Unesco, une dizaine de langues disparaissent. Or, la langue est la colonne vertébrale de la culture », martèle-t-il. La manifestation culturelle a d’ailleurs coïncidé avec la Journée internationale des langues maternelles instituée par l’Unesco.

Adama Barrow et Soumaïla Cissé présents

C’est la Gambie qui accueillera, dans deux ans, la 6e édition du FISO.

Défilés du millier de festivaliers provenant des douzaine de délégations, ballets équestres de haute facture, chants et danses de femmes drapées dans leurs grands boubous indigo – une spécialité vestimentaire soninké -, ont rythmé cette 5e édition du FISO ouverte par le président Macky Sall.

On notera également la représentation du spectacle sons et lumières Une journée ordinaire à Koumbi Saleh, du dramaturge sénégalais Seiba Lamine Traoré, qui retrace la vie de cet empire.

Plusieurs personnalités soninkés ont participé à cette 5e édition du FISO, dont Diocounda Traoré, ancien président de transition du Mali ou encore Soumaïla Cissé, opposant malien et ex-président de la Commission de l’UEMOA.

Adama Barrow, chef de l’État gambien, a également fait le déplacement. C’est d’ailleurs la Gambie qui accueillera, dans deux ans, la 6e édition du FISO, après Kayes au Mali en 2011 et Nouakchott en Mauritanie, qui furent les premières villes hôtes de cette manifestation bisannuelle initiée par l’Association pour la promotion de la langue et la culture soninké en France (APLCSF), aujourd’hui présidée par le Franco-Malien Diadjé Soumaré.

Soninkés et dynamiques d’émigration

Les membres de la diaspora soninké soutiennent à bout-de-bras les régions dont elles sont originaires.

Au Sénégal, les principaux foyers de peuplement soninkés sont notamment situés dans la vallée du fleuve Sénégal, à Bakel (correspondant à la province du Gadiaga), au Fouta (le Haïré), dans le Boundou (entre Tambacounda et la Gambie) et à Vélingara, en Casamance. Ils sont essentiellement établis dans la région de Kayes, à l’ouest du Mali. Cette région constitue, avec une petite partie du sud-ouest mauritanien, le Guidimakha.

Ces différents foyers alimentent depuis la fin de la première moitié du vingtième siècle les dynamiques d’émigration soninkés en direction de l’Afrique centrale (vers les deux Congo) et, surtout, vers la France, à partir des années 1950.

Réputés pour leur attachement aux valeurs fondatrices de leur culture  – discrétion, solidarité, respect des anciens, etc. -, les membres de la diaspora soninké soutiennent à bout-de-bras les régions dont elles sont originaires, souvent laissées pour compte par les pouvoirs centraux.

Source : jeuneafrique.com

 

Maroc : Taoufik Bouachrine accusé de « viol » et « tentative de viol »

Taoufik Bouachrine, arrêté vendredi 23 février, directeur de publication du quotidien d’Akhbar al-Youm comparaîtra le 8 mars devant la Cour criminelle de Casablanca. Il est notamment accusé de viol et tentative de viol, abus de pouvoir, traite d'êtres humains.

Le communiqué est tombé lundi 26 février dans la soirée. Le procureur général du roi auprès de la Cour d’appel de Casablanca annonce que Taoufik Bouachrine, directeur de publication du quotidien arabophone Akhbar Al Yaoum Al Maghribia, après interrogatoire, comparaîtra ce 8 mars devant la cour criminelle.

Il a été placé en détention dans l’attente de son passage devant les juges. Les accusations retenues sont graves : viol et tentative de viol, abus de pouvoir, traite d’êtres humains… Le communiqué fait état de l’existence d’une cinquantaine de vidéos sur lesquelles on apercevrait pas moins de huit victimes présumées.

Taoufik Bouachrine, 49 ans, a été interpellé dans la soirée du 23 février, dans les locaux de son journal à Casablanca pour répondre à « des plaintes pour agression sexuelles ». Une vingtaine de policiers ont fouillé les locaux, selon des journalistes salariés de la rédaction.

Le journal arabophone le plus lu au Maroc

Le quotidien dirigé par Bouachrine assure dans son édition du lundi 26 février que des micros ont été retrouvés dans la rédaction. Le même journal est paru avec un éditorial « blanc », un espace vide simplement surmonté de la signature et du portrait de son directeur.

Avec un tirage de 28 345 et une diffusion de 15 661 selon les chiffres 2016 de l’OJD Maroc, le journal Akhbar Al Yaoum fait partie des publications arabophones les plus lues dans le pays, en raison notamment de son ton critique à l’égard du pouvoir.

En 2009, une affaire avait opposé devant des tribunaux Taoufik Bouachrine au cousin du roi Moulay Ismaïl d’une part, et au ministère de l’Intérieur de l’autre. En cause : une caricature jugée offensante envers le prince et envers le drapeau national. Le patron de presse avait perdu et écopé de quatre ans de prison avec sursis contre l’Intérieur.

Moulay Ismaïl avait de son côté décidé de renoncer à l’exécution du jugement rendu en sa faveur et qui attendait de Bouachrine le versement de dommages et intérêts. À la mi-février, il a encore été condamné à verser l’équivalent de 40 000 euros à deux ministres pour « diffamation ».

Source : jeuneafrique.com

 

Le cinéaste burkinabè Idrissa Ouédraogo est mort

Le cinéaste burkinabè Idrissa Ouédraogo est mortFigure emblématique du cinéma africain, auteur d'une quarantaine de films, le réalisateur burkinabè Idrissa Ouédraogo Grand Prix du Jury à Cannes pour "Tilaï" en 1990, est décédé dimanche à Ouagadougou, à l'âge de 64 ans.

Il avait été récompensé dans les plus grands festivals de cinéma. Le réalisateur et producteur burkinabè Idrissa Ouédraogo est décédé dimanche à Ouagadougou à l'âge de 64 ans "des suites de maladie", a annoncé l'Union nationale des cinéastes du Burkina dans un communiqué transmis à l'AFP. Au Burkina, il était appelé "le professeur" et il va laisser "un grand vide", estime le correspondant de France 24 Bangaly Touré.

Idrissa Ouédraogo avait débuté sa carrière cinématographique en 1981 avec une fiction intitulée "Poko" qui avait obtenu, la même année, le prix du meilleur court-métrage au Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco).

Après avoir complété sa formation à l'Institut des hautes études cinématographiques (Idhec) de Paris et à la Sorbonne, il réalise en 1986 son premier long-métrage, "Yam daabo" (Le choix), suivi deux ans plus tard de "Yaaba" (Grand-mère).

"Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l'immense talent"

En 1990, il sort "Tilaï", transposition d'une tragédie grecque dans l'Afrique contemporaine, qui triomphe au festival de Cannes où il obtient le Grand prix du Jury et au Fespaco, qui le récompense de l'Étalon de Yennenga.

Idrissa Ouédraogo s'est aussi essayé au théâtre. En 1991, il avait mis en scène "La Tragédie du roi Christophe" d'Aimé Césaire à la prestigieuse Comédie-Française à Paris.

"Le Burkina Faso vient de perdre un réalisateur à l'immense talent", qui "aura beaucoup œuvré au rayonnement du cinéma burkinabè et africain hors de nos frontières", a réagi le président du Burkina Faso Roch Marc Christian Kaboré, dans un communiqué dimanche.

Source : France24 (Avec AFP)

 

 

Au Gabon, des étudiantes dénoncent les « moyennes sexuellement transmissibles »

"Moyennes sexuellement transmissibles": au Gabon, les élèves parlent des "MST" pour désigner l'utilisation des notes par les enseignants comme moyen de harcèlement sexuel à l'encontre des étudiantes.

« Il (un professeur de lycée) a commencé à me faire des avances. J’ai commencé à refuser, refuser, refuser jusqu’au jour où il m’a mis zéro à mon premier devoir », se souvient Mélanie (nom d’emprunt), qui parle visage caché face à la caméra de l’AFP et se dit fière d’avoir « su résister ».

Comme d’autres élèves, la jeune femme, aujourd’hui étudiante à l’université Omar Bongo de Libreville au Gabon, n’hésite pas à parler de « harcèlement sexuel » de la part des professeurs qui utiliseraient les notes comme moyen de pression pour obtenir les faveurs de certaines élèves.

Une autre étudiante sous couvert d’anonymat raconte avoir changé de filière après avoir refusé les avances d’un professeur qui lui a « rendu la vie infernale ».

Dans les cours de l’université et des lycées, le sujet des « MST » alimente depuis des décennies les « kongossa » (la « rumeur » gabonaise), sans faire scandale sur la place publique. Le problème est connu et a déjà fait l’objet d’articles dans la presse dénonçant ces enseignants « prédateurs ».

Des hommes aussi veulent désormais prendre la parole.

« Si une fille a un petit ami qui est étudiant, ce petit ami va subir les foudres de l’enseignant et aura des zéros lui-même pour amener la fille à céder », témoigne auprès de l’AFP Franck Matoundou, leader étudiant de l’université Omar Bongo qui dit avoir déjà porté le problème des « MST » devant l’administration.

– Rumeur et chantage –

Côté enseignants, on parle de « rumeurs », même si « le phénomène existe », reconnaît Valéry Mimba, chef du département d’études ibériques.

« Quand la note de certaines étudiantes remonte, on va directement penser que celle-ci a couché avec l’enseignant », déplore-t-il.

Mais les professeurs accusent des étudiants d’utiliser eux aussi différents moyens de pression pour faire du « chantage » sur les notes.

« On m’a proposé de coucher pour remonter une moyenne », se plaint un chef de département sous couvert d’anonymat. Un autre enseignant dit avoir refusé 150.000 FCFA (près de 230 euros) d’un étudiant qui voulait passer en Master.

Pour l’administration, difficile de prouver l’existence du harcèlement sexuel de la part des enseignants: il faudrait que les étudiantes fassent remonter leurs plaintes auprès des chefs de départements, estiment ces derniers.

« S’il y a des preuves incontestables sur un enseignant coupable, cette personne devra répondre de ses actes », s’insurge un représentant du ministère de l’Enseignement supérieur.

« Si ce phénomène existe, c’est inadmissible et le gouvernement condamne de tels actes », ajoute cette même source.

– Propositions bienvenues –

« Je comprends les étudiantes qui n’osent pas porter plainte », reconnaît un professeur, qui admet que les élèves aient peur des représailles et des complicités entre enseignants.

Selon lui, l’administration universitaire a tendance à minimiser le phénomène des « moyennes sexuellement transmissibles », également constaté au lycée.

Certains élèves comme Franck Matoundou aimeraient voir naître une structure spécialisée pour briser le « tabou » et sortir de la peur de porter plainte.

« Les propositions des étudiants sont les bienvenues », indique le représentant du ministère de l’Enseignement qui estime que l’institution n’a pas pu agir jusqu’alors, faute de preuves tangibles.

Membre de la Ligue estudiantine des droits de l’homme (LEDH), Franck déplore l’utilisation du sexe comme « moyen de pression » ou « moyen d’échange » en milieu scolaire.

Les mêmes pressions et tabous se retrouvent au sein des administrations et des entreprises, ajoute l’étudiant en droit qui condamne l’utilisation de la femme comme « un moyen pour l’homme d’affirmer sa virilité mais aussi de montrer sa réussite sociale ».

En 2012, le président Ali Bongo avait dénoncé dans un discours « le harcèlement sexuel et le trafic d?influence qui prend de l?ampleur et démotive les personnes compétentes ».

La loi gabonaise prévoit des sanctions au sujet du harcèlement sexuel contre « toute personne occupant une position hiérarchique ». Mais aucun professeur n’a été encore condamné par la justice pour de tels faits, reconnaissent des sources au sein des ministères de l’Enseignement et de la Justice.

Source : Jeuneafrique.com

 

Maroc : les six mesures chocs du ministre de l’Éducation, Mohamed Hassad

Le ministre marocain vient d'ouvrir une nouvelle page dans la vie de l'école publique. Et il est déterminé à réussir.

La touche Hassad commence à se faire sentir. À l’occasion d’une conférence de presse, lundi 18 septembre, le ministre de l’Éducation nationale a fait une rentrée en trombe en annonçant une série de mesures qui visent à réanimer une école publique en crise. Celui qui a longtemps officié à la tête du ministère de l’Intérieur veut employer la méthode forte dans le secteur de l’enseignement. Mais tout en ménageant ses nombreuses complexités.

Son objectif : réinstaurer la confiance dans un secteur qui absorbe 54 milliards de dirhams chaque année, le tiers du budget de l’État. Une méthode forte mâtinée de nationalisme, telle est la touche de celui qui a redressé nombre d’entreprises publiques au Maroc.

1- Retour à l’hymne national

Les enfants chanteront l’hymne national chaque début et fin de semaine. Le ministre entend restaurer le sentiment de fierté national chez les nouvelles générations et créer chez elles une prise de conscience de l’histoire et des enjeux de développement du royaume.

2- Réduction du nombre d’élèves par classe

Désormais, la moyenne nationale par classe sera de 25 élèves pour la première année primaire et 30 élèves par classe pour les autres niveaux, tous cycles confondus. Fini les classes archi-bondées et qui pouvaient contenir jusqu’à 60 élèves ! C’est l’n des principaux défis d’un méga-ministère qui supervise près de 7 millions d’élèves et dont les ressources n’ont pas tout le temps été bien gérées pour assurer un apprentissage à tous les enfants dans des conditions égales.

3- Recrutement de plus d’enseignants et amélioration des infrastructures

Cette année, le ministère a recruté 24 000 nouveaux enseignants afin de soutenir l’effort de désengorgement des classes et d’amélioration des contenus pédagogiques et 55 nouveaux établissements scolaires ont ouvert leurs portes. Sans compter plusieurs milliers d’écoles et d’internats qui ont été réhabilitées et modernisés.

Dans le secteur de la formation professionnelle, 27 nouvelles filières seront créées

Dans le secteur de la formation professionnelle, 27 nouvelles filières seront créées afin de renforcer les débouchés. Sont concernés les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, de l’environnement, des énergies renouvelables et de l’industrie pharmaceutique.

4- L’âge de la scolarisation avancé

Ceux qui, dans les années 1980 et 1990, sont entrés à l’école publique à 7 ans, apprécieront cette nouveauté à sa juste valeur. Désormais, l’école primaire sera accessible à 5 ans et demi au lieu de 6. La mesure, déjà pratiquée dans le secteur privé, vise à permettre aux enfants de se familiariser plus tôt avec les milieux d’apprentissage. Mais aussi de se familiariser très tôt avec les nouvelles technologies.

5- Rendre public l’absentéisme des enseignants

Voilà une mesure qui va fâcher les enseignants adeptes de l’école buissonnière. Car toutes leurs absences seront quotidiennement notifiées sur la plateforme électronique du ministère, appelée Massar. Le ministre dit vouloir protéger les enseignants eux-même face à la mauvaise réputation que traîne une partie d’entre eux et qui nuit à l’image de l’école publique. « J’ai pris cette décision pour défendre les enseignants eux-mêmes. Car l’on dit souvent qu’ils s’absentent beaucoup, alors que les chiffres dont nous disposons attestent que 75 % d’entre eux sont toujours présents en classe », a-t-il expliqué.

6- Renforcement des langues étrangères

Le français sera enseigné au Maroc dès la première année du primaire et non au CE2 comme c’était l’usage jusque là. Oralement d’abord et ensuite à l’écrit. Car l’objectif est de permettre aux petits élèves de mener une discussion basique dans cette langue. Dans la même veine, l’enseignement de l’anglais se fera à partir de la troisième année du collège et non au lycée comme avant. Ces mesures font partie d’une révision plus globale des méthodes et des approches pédagogiques d’enseignement des langues arabe et française qui sera déclinée progressivement dans les prochaines années. « Après quatre ans passés à l’école primaire, la majorité des enfants marocains ne savent ni lire ni écrire », avait alerté le prédécesseur de Mohamed Hassad, Rachid Benmokhtar. Il y a urgence.

Source : Jeuneafrique.com

 

Sénégal/Fuites au bac : 19 personnes déférées, un prof, un président de jury et des agents de l’Office du bac arrêtés

content_imageL’enquête sur les fuites au bac, ouverte jeudi dernier, avance à grands pas. Dans ce cadre, un groupe de 19 personnes, principalement des élèves, a été déféré au parquet hier, lundi 10 juillet. Il a profité d’un retour de parquet le même jour et sera présenté au procureur ce mardi.

Dans le même temps, la Dic, qui mène l’enquête en même temps que la section de recherches de la gendarmerie, a placé en garde à vue un professeur, un président de jury du bac et des agents de l’Office du bac. Ces personnes sont soupçonnées d’avoir joué un rôle actif dans l’organisation des fuites constatées pour les épreuves de français, d’histo-géo et de mathématiques.

Des sources judiciaires signalent que les élèves arrêtés ne devraient pas être sanctionnés pénalement. Elles confient : «Ils ont été arrêtés juste pour les besoins de l’enquête, mais ils seront libérés après. Seulement ils seront sanctionnés dans leur cursus scolaire.»

Par contre, s’empressent d’ajouter les mêmes sources, «toutes les autres personnes occupant des postes de responsabilités et impliquées dans le trafic des épreuves du bac général 2017, seront sanctionnées pénalement et radiées de la Fonction publique».

Le directeur de l’Office du bac a été entendu pour la troisième fois depuis le début de l’enquête. Mais, précise-t-on, il «est loin d’être mêlé à ces histoires de fuites».

Parallèlement à la Dic, la Section de recherches de la gendarmerie mène ses investigations dans le cadre du même dossier. Les éléments du commandant Diack de la section de lutte contre la cybercriminalité s’intéressent surtout aux ordinateurs de l’Office du bac. Ils en ont saisis quelques-uns et sont en train de les passer au peigne fin.

Source : Seneweb.com

 

Le mariage précoce au Mali, une réalité bien ancrée

Le mariage précoce au Mali, une réalité bien ancrée Dans le nord du Mali, le mariage précoce des filles, une des formes de violence à l’égard des femmes, gangrène toujours le tissu social, notamment dans les zones rurales. Le phénomène serait en hausse, même si les statistiques et chiffres fiables manquent.

Mariem Ansari, 18 ans, originaire de Tombouctou, a été mariée à 15 ans et a beaucoup souffert de ce mariage précoce, ce qui l’a poussé à fuir le foyer conjugal à maintes reprises. Elle affirme : « Je fuyais cet époux auquel ma famille m’a mariée sans mon consentement.

A cause de mes fugues répétées, il a fini par me répudier. Je me suis remariée deux ans près et j’ai donné naissance à un fils »
. Elle se remémore son premier mariage, une triste page de sa vie : « Malheureusement, mon premier mariage me hante toujours et j’en souffre encore ».

Dans les faits, des fillettes sont donc obligées d’assumer la responsabilité d’un mariage et d’une famille alors qu’elles n’ont encore pas passé le cap de l’enfance. Elles se trouvent, contre leur gré, partie prenante d’une relation conjugale qu’elles n’arrivent même pas à assimiler et que ni leur corps ni leur psychologie ne sont capables d’assumer.

Les histoires malheureuses des mariages précoces dans le nord du Mali ont chacune leurs spécificités, mais la souffrance reste toujours la même. Nito Miqa, dont l’histoire ressemble à celle de Mariem Ansari, avait 14 ans quand sa famille l’a mariée sans son consentement à un vieil homme, au village de Bourim, à 30 kms à l’est de Tombouctou. Nito a, elle aussi, fui le foyer conjugal plusieurs fois.

Le visage emprunt de tristesse, elle raconte : « Après chaque fugue, mes proches m’obligeaient à revenir à mon vieux mari. La dernière fois, mon père m’a carrément battue et m’a formellement interdit de venir chez lui… J’ai décidé alors de fuir tout le monde ». Elle poursuit : « J’ai fui ce vieillard de mari et je préfère vivre en enfer que de revenir vivre à ses côtés. J’ai choisi de m’installer à la ville de Gawa, où personne ne me connait et où j’ai vécu, pendant une année, avec une amie mariée. ».

Selon Mohamed Ali Ag, expert en affaires sociales, les facteurs religieux figurent, pour nombre de Maliens, parmi les principales causes de la propagation du phénomène du mariage précoce, notamment au nord du Mali.

Ceci est dû aux idées véhiculées par la société tribale qui croit ainsi exécuter les préceptes de la religion. « Il existe plusieurs coutumes et traditions erronées qui contribuent à l’essor des mariages précoces dans le nord du Mali, dont notamment la préservation de l’honneur. C’est un facteur majeur qui pousse les familles à marier leurs filles en bas âge » note l’expert.

Pour sa part, Assia Sissi, mère de sept filles, dont quatre ont été mariées à un âge précoce, assume: « Bien évidemment, nous choisissons de marier nos filles précocement afin de conserver notre honneur et nos traditions. D’ailleurs, nous leur choisissons un mari dès le jour de leur naissance… Quatre de mes filles ont été fiancées à leurs cousins entre l’âge de 8 et 10 ans ».

Le Dr. Othmen Jalou évoque de son côté les pathologies que peut causer un tel phénomène, affirmant que le mariage précoce entraine des problèmes psychologiques chez les filles qu’on empêche de vivre pleinement chaque étape de leur vie, mais aussi des problèmes physiques. « Le mariage précoce pourrait causer plusieurs maladies et symptômes parfois méconnus…

A titre d’exemple, la grossesse précoce peut entraîner plusieurs complications dont l’anémie, les troubles utérins et même les fausses couches à répétition dont les séquelles sont parfois indélébiles »
explique-t-il.

Dr. Jalou accuse la juridiction malienne de violer les conventions internationales qui s’élèvent contre le mariage précoce et incriminent toute personne établissant un contrat de mariage contraire au droit international.

En effet, la loi malienne, qui fixe l’âge du mariage à 15 ans pour les filles et 18 ans pour les hommes, viole le protocole de la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, qui fixe dans son article 6 l’âge de mariage à 18 ans pour les filles. Le Mali a pourtant ratifié ce protocole.

Housseyne Ag Issa
Source : DuneVoices

 

 

Le Maroc enterre trente ans d’arabisation pour retourner au français

Le Maroc enterre trente ans d’arabisation pour retourner au françaisLe 1er décembre 2015, le chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane, apprend que le ministre de l’éducation nationale, Rachid Belmokhtar, un proche du palais, avait présenté au cabinet royal un important programme visant à « franciser » l’enseignement des mathématiques, des sciences naturelles et des sciences physiques.

Ce projet, qui prévoit aussi l’enseignement du français dès la première année du primaire au lieu de la troisième actuellement, a été préparé en catimini et présenté par le ministre au roi sans que Benkirane en soit informé.

Celui-ci est hors de lui et devant les députés médusés, il ne mâche pas ses mots en s’adressant à son ministre de l’éducation :

« Tu t’es attelé à l’introduction du français, mais alors le feu va prendre ! Cela, c’est le chef du gouvernement qui l’estime et l’évalue… C’est pour cela que quand sa majesté le roi a décidé un jour de choisir un chef du gouvernement, il n’a pas désigné Belmokhtar, il a choisi Benkirane… S’il voulait Belmokhtar, il l’aurait pris, il le connaît avant moi. Il m’a désigné moi pour que ce soit moi qui décide… et c’est pour cela que je [t’ai] adressé une lettre pour [te] dire que cette décision de franciser ces matières, il faut que [tu] l’ajournes afin que nous y réfléchissions parce que moi je n’étais pas au courant et que [tu] n’y as pas accordé d’importance. »

Mais rien n’y fait. Le 10 février, l’enterrement de l’arabisation de l’enseignement est validé lors du dernier conseil des ministres présidé par le roi à Lâayoune, chef-lieu du Sahara occidental. La bataille pour la mise à l’écart de ce projet paraît définitivement perdue pour les islamistes qui dirigent l’actuel gouvernement, se réjouissent les partisans du retour à la langue de Molière dans les écoles et les lycées.

« Arabisation et islamisation vont de pair »

« Pour eux [les islamistes], arabisation et islamisation vont de pair car la langue est liée à la pensée », se félicite Ahmed Assid, un professeur de philosophie aux positions laïques. « Ce retour aurait dû se faire depuis longtemps. Nous avons perdu trente ans à cause de petits calculs idéologiques. Avant d’arabiser, l’Etat marocain aurait dû d’abord réformer la langue arabe dont le lexique et les structures n’ont pas varié depuis la période préislamique », ajoute-t-il.

C’est dans le début des années 1980, avec l’arrivée au gouvernement du parti conservateur de l’Istiqlal, que l’arabisation de l’enseignement public a été mise en place avec la bénédiction implicite du roi Hassan II (1961-1999). Renforcer les conservateurs et les islamistes au détriment de la gauche marocaine (moins enthousiaste à l’égard de l’arabisation) était un objectif majeur du palais.

« A partir des années 1960, le Maroc a commencé à “importer” des enseignants d’Egypte et de Syrie afin de conduire le processus d’arabisation. C’est à cette époque que le wahhabisme et la pensée des Frères musulmans se sont progressivement introduits dans le royaume », souligne l’historien Pierre Vermeren. Plus de seize ans après la mort d’Hassan II, la réforme de l’éducation n’a toujours pas eu lieu alors que l’enseignement privé ne cesse de s’amplifier au détriment de l’école publique : de 9 % en 2009, la part des élèves scolarisés dans le privé est passée à 15 % en 2015, selon Global Initiative for Economic, Social and Cultural Rights, un centre de recherches sur les inégalités dans l’accès à l’éducation.

« Inutile et contreproductif »

Ouvertement hostiles au projet, les islamistes du PJD adoptent pour l’instant un profil bas. « Franciser notre enseignement n’est pas la meilleure solution, mais nous n’allons pas entrer en conflit avec la monarchie. C’est inutile et contreproductif. Ce projet montre à quel point le lobby francophone est encore puissant et à quel point notre pays dépend de la France », commente, désabusé, un député du PJD qui a préféré garder l’anonymat.

Selon les derniers chiffres officiels, le réseau des établissements scolaires d’enseignement français au Maroc est tout simplement le plus dense au monde avec, à la rentrée de 2015, plus de 32 000 élèves dont plus de 60 % de Marocains. Ces établissements (près de vingt-cinq aujourd’hui) couvrent les principales villes du royaume. Seuls les Marocains les plus aisés ont les moyens d’y inscrire leurs rejetons.

Omar Brouksy, Contributeur, Le Monde Afrique, Rabat
Source : Adrar Info (Mauritanie)

 

 

Côte d’Ivoire : le batteur et chef d’orchestre de Magic System est mort

Le batteur et chef d'orchestre du groupe Magic System, Didier Bonaventure Deigna, dit Pépito, est mort à l'âge de 46 ans, a annoncé le célèbre groupe ivoirien.

« C’est avec une grande tristesse et le cœur lourd que nous vous annonçons le décès de notre batteur Didier Bonaventure Deigna dit Pépito », a indiqué lundi 2 mai le groupe ivoirien sur son compte Facebook. Le musicien, également chef d’orchestre de Magic System, s’est noyé dimanche dans la cité balnéaire de Jacqueville, à l’ouest d’Abidjan.

« À jamais gravé dans nos cœurs »

Depuis 16 ans, il sillonnait les routes africaines et européennes lors des tournées des Magiciens. Didier Bonaventure Deigna s’apprêtait d’ailleurs à reprendre la route pour une nouvelle série de concerts en France. « Il restera à jamais gravé dans nos cœurs. Repose en paix « pasteur » comme certains le surnommait », a ajouté Magic System.

Formé en 1997 par quatre garçons issus des quartiers populaires d’Abidjan, Magic System avait connu la célébrité avec le titre « Premier gaou », un tube qui les avait propulsé sur la scène musicale francophone. Engagé dans le processus de réconciliation après la crise postélectorale ivoirienne, le groupe avait activement contribué à la création du Femua (Festival des musiques urbaines d’Anoumabo).

Moins de deux semaines après la mort du légendaire chanteur congolais Papa Wemba lors de la dernière édition du festival, la scène musicale ivoirienne est à nouveau endeuillée.

Source : JeuneAfrique.com

 

Mort de Papa Wemba: la Côte d'Ivoire prépare le retour de l'enfant de Matongé

La capitale ivoirienne se prépare au rapatriement du corps de Papa Wemba. Le roi de la rumba congolaise est mort dans la nuit de samedi à dimanche. Il avait 66 ans. Il s’est effondré sur scène en plein concert samedi soir. C’était à Abidjan en Côte d’Ivoire, pendant le Festival des musiques urbaines. Aujourd’hui l’émotion est très vive dans le monde de la musique et en Afrique.

On devrait connaître la date précise à laquelle sera rapatriée la dépouille mortelle de Papa Wemba dans la journée. Les organisateurs du Femua, le Festival des musiques urbaines d’Anoumabo et les autorités ivoiriennes y travaillent d’arrache-pied.
Dimanche soir, les 22 musiciens et choristes de Papa Wemba souhaitaient pouvoir rentrer le plus rapidement possible à Kinshasa. Mais les organisateurs du Festival avaient quelques difficultés à trouver des places d’avion disponibles. Ils travaillent donc sur une autre hypothèse, l’hypothèse qu’ils puissent rentrer chez eux en compagnie de la dépouille mortelle de l’enfant de Matongé.

A’Salfo, le commissaire du Femua, souhaite aussi organiser à Anoumabo sur la scène du Festival, une grande veillée funèbre où les artistes ivoiriens pourront venir rendre hommage au roi de la rumba disparu dimanche matin. C’est une possibilité qui est encore à l’étude et qui sera confirmée dans la journée.

Papa Wemba était apparu en bonne forme samedi matin, lors de la conférence de presse du Femua. On le disait fatigué après les ennuis de santé qu’il avait eus à Paris en mars dernier, mais il n’en a rien laissé paraître. Samedi, Papa Wemba ne cachait pas sa joie d’être ici et de jouer au Femua, un festival de renom, organisé, disait-il, en terre africaine.

j’ai toujours dit que l’Afrique doit se prendre en charge, l'Afrique doit pour voir organiser sans l'aide de qui que ce soit et je suis très content parce que cette 9e édition [le] prouve... c'est vraiment encourageant... quand A’Salfo m'a appelé, je n'ai pas hésité ! Papa Wemba témoignait de sa joie à participer à la 9e édition du Femua

 

Source : AFP

 

Adieux discrets en Égypte à Omar Sharif

Des proches et des vedettes égyptiennes ont fait dimanche leurs adieux à Omar Sharif, l'acteur mythique de "Lawrence d'Arabie" et du "Docteur Jivago", dont les funérailles ont été célébrées dans la discrétion dans une mosquée du Caire.

« Le monde a perdu un grand acteur », a salué l’ex-ministre des Antiquités et égyptologue de renom Zahi Hawass à l’issue de la cérémonie.

« Omar Sharif a représenté l’Égypte dans le monde de la meilleur façon possible », a renchéri le célèbre acteur Hussein Fahmy.

Le comédien au regard pénétrant, au sourire de jeune premier et à la voix rauque est mort vendredi d’une crise cardiaque à l’âge de 83 ans.

Ses proches et quelques vedettes égyptiennes se sont retrouvés pour ses funérailles dans une mosquée de la banlieue du Caire où se tiennent les cérémonies religieuses officielles. Aucune vedette d’Hollywood n’était présente, a constaté un journaliste de l’AFP.

Après la prière traditionnelle, le cercueil, couvert d’un drapeau de l’Égypte et d’une étoffe noire sur laquelle étaient brodés des versets du Coran, a été transporté dans une voiture pour être conduit au cimetière Sayyeda Nefissa, au sud de la capitale.

Omar Sharif, qui souffrait de la maladie d’Alzheimer, avait été interné un mois avant son décès dans une clinique huppée du Caire. « Je l’ai vu la semaine dernière, il ne mangeait plus et ne buvait plus », a témoigné Zahi Hawass.

Après l’annonce de sa mort, les médias égyptiens et les utilisateurs des réseaux sociaux avaient multipliés les hommages émus, partageant des extraits de ses films ou des photos de l’acteur.

La maladie avait contraint Omar Sharif à s’éloigner des plateaux en 2012, après une dernière apparition dans « Rock The Casbah », de Laïla Marrakchi, clôturant une carrière riche de plus de 70 films.

« Beau, sophistiqué et charmant »

Né Michel Chalhoub le 10 avril 1932 à Alexandrie (nord) dans une famille de négociants en bois précieux d’origine syro-libanaise, il fut élevé dans le rite grec-catholique melkite.

Il se convertit à l’islam pour épouser l’icône du cinéma arabe, l’actrice égyptienne Faten Hamama -décédée en janvier- avec qui il aura un fils, Tarek.

Le couple, l’un des plus glamours et les plus charismatiques du cinéma égyptien, a divorcé en 1974 alors que l’acteur, déjà célèbre en Égypte, lançait sa carrière à Hollywood. Cela n’avait pas empêché Omar Sharif de la décrire comme le seul amour de sa vie.

« C’était des gens de valeurs. Ils font partie de l’Histoire et tout le monde les aimait », a déclaré Mohamed al-Bassiouni, un Caïrote de 75 ans qui avait tenu à être présent à l’enterrement tout comme il avait assisté aux funérailles de Faten Hamama en janvier.

Omar Sharif était devenu une vedette internationale après « Lawrence d’Arabie » (1962), qui lui valut le Golden Globe du Meilleur second rôle.

En 1965, il retrouve David Lean qui le dirige dans « Le docteur Jivago » pour lequel il reçoit le Golden Globe du Meilleur acteur pour son interprétation du médecin russe.

Très éclectique, il incarne par la suite Gengis Khan, le tsar Nicolas II, le Capitaine Nemo et joue notamment dans « Funny girl » de William Wyler (1968) avec Barbara Streisand, et « Mayerling » (1968) de Terence Young.

« Il était beau, sophistiqué et charmant (…) J’ai de la chance d’avoir eu l’opportunité de travailler avec Omar », avait salué vendredi Barbara Streisand.

Son caractère colérique l’a amené devant la justice. Champion de bridge, propriétaire d’une importante écurie de chevaux de course, habitué des casinos, il dira en 2006 avoir arrêté de jouer « pour ne plus être esclave d’une passion », à l’exception du cinéma.

Polyglotte, il a surtout vécu en France, aux États-Unis et en Italie. Mais l’acteur, dont l’humour était aussi fin que le caractère ombrageux, préférait mener une vie de « nomade ». Au soir de sa vie, il s’était rapproché de sa famille en Égypte.

Source : Jeuneafrique.com

 

Burkina Faso : tonnerre d’applaudissements pour « Timbuktu » au FESPACO

"Timbuktu", qui décrit la vie dans le nord du Mali sous le règne des jihadistes, a récolté un tonnerre d'applaudissements jeudi soir au Fespaco de Ouagadougou, un festival sous haute protection du fait de la diffusion de ce film vedette.

"Pour moi, cette projection est une victoire en soi. C'est mon palmarès", a réagi son réalisateur Abderrahmane Sissako, venu présenter son oeuvre dans la capitale burkinabè, qui a dit n'avoir "jamais été aussi ému et bouleversé "Timbuktu" "a fait le tour du monde, mais regardez l'accueil ici. A travers le Fespaco, c'est comme si toute l'Afrique regardait ce film", s'est écrié devant la presse le Mauritanien, protégé par des éléments anti-terroristes de la garde républicaine.

La fiction a attiré les foules jeudi. Nombre de spectateurs, venus plusieurs heures avant la projection n'ont pu entrer dans la salle, surveillée par une trentaine de policiers.

Car des "problèmes sécuritaires" se posaient autour de sa diffusion, avait déclaré le ministre de la Culture Jean-Claude Dioma il y a une semaine.

Le gouvernement avait envisagé de retirer le film aux 7 Césars (l'équivalent français des Oscars américains) de la programmation, même s'il n'avait reçu aucune "menace sur le Burkina", pays du Sahel voisin du Mali, à cause de cette oeuvre.

Patrouilles aux abords de la manifestation, fouille minutieuse des spectateurs, portiques détectant les métaux: le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco), pour sa 24e édition, s'est dès lors vu doter d'un dispositif de sécurité inédit.

Abderrahmane Sissako, s'était dit "consterné" par la perspective d'un retrait de son film.

"Le public ne doit pas avoir peur de venir. Je demande aux gens de venir massivement aux prochaines projections", a lancé Binta Gadiaga, une Burkinabè de 49 ans, qui a salué "une grande oeuvre", "un film grandiose et sublime".

Le président Michel Kafando, qui avait apporté son soutien à la diffusion du film, n'était finalement pas dans la salle pour la visionner.

- "Barbarie" -

"Timbuktu" raconte la vie quotidienne dans le nord du Mali sous la coupe des jihadistes qui l'ont contrôlé plusieurs mois entre 2012 et 2013.

A Bamako, où il a été projeté une fois, le film n'a pas fait l'unanimité, certains lui reprochant d'édulcorer la réalité.

"Les jihadistes-terroristes ont coupé des mains et des femmes ont été violées. C'était la barbarie. On ne voit pas ça clairement dans le film", avait déclaré mi-février à l'AFP un enseignant de Tombouctou.

Faute de pouvoir le voir chez lui, Moustaph Touré, boubou bleu et toque blanche, affirme être arrivé mercredi à Ouagadougou en provenance de Tombouctou, à plus de 500 km au nord, "dans l'intention de voir +Timbuktu+".

La fiction, qui avait été sélectionnée aux Oscars dans la catégorie du meilleur film étranger, a été l'objet d'une polémique en France. Le statut d'Abderrahmane Sissako, conseiller culturel du président Mohamed Ould Abdel Aziz, y a été vivement critiqué.

Fondé en 1969, le Fespaco se tient tous les deux ans au Burkina Faso, pays pauvre dont il constitue la carte de visite à l'international.

L'édition 2015 est la première depuis la chute du président Blaise Compaoré en octobre dernier à la suite d'une révolte populaire.

Manifestation où le public se mêle aux réalisateurs, comédiens et acheteurs, le Fespaco se conclura samedi quand l'Etalon d'or de Yennenga, la distinction la plus prestigieuse, sera décerné à l'un des 19 films en compétition.

"Il y a des films sur la guerre, sur les problèmes religieux, politiques. . . ", souligne Ardiouma Soma, son délégué général. Pour lui, le Fespaco est "une photographie de la situation de l'Afrique au cours de ces deux dernières années".


Source : Jeuneafrique.com

 

 

Culture Cinéma : rétropédalage du Fespaco qui maintient '"Timbuktu" en compétition officielle

Culture Cinéma : rétropédalage du Fespaco qui maintient '

Après la tempête médiatique déclenchée par la décision des organisateurs de retirer Timbuktu de la compétition officielle de la 24e édition du Fespaco, le ministre burkinabè de la Culture a annoncé vendredi que le film serait finalement "diffusé" et maintenu en compétition officielle.

Il aura fallu qu'une pluie de critiques s'abatte sur les organisateurs du Fespaco pour que leur décision de déprogrammer le film Timbuktu de la compétition officielle soit remise en cause.

À peine l'information du retrait du film d'Abderrahmane Sissako avait-elle été annoncée par Jeune Afrique, le 25 février, que le tollé médiatique faisait vaciller la détermination d'Ardiouma Soma, délégué général du Festival, qui avait choisi dans les heures suivantes de ne pas publier le communiqué officiel de sa décision, pourtant fin prêt selon les dires de son chargé de communication, Gervais Hien.

Il s'agit donc bien d'un rétropédalage en règle, après 48 heures pendant lesquelles le Fespaco avait systématiquement refusé de démentir l'information de Jeune Afrique : on comprend le désarroi des organisateurs, puisque la star annoncée du festival, Abderrahmane Sissako, avait fait part de sa colère et annoncé sa décision de ne pas faire le déplacement à Ouagadougou si son film n'était pas projeté.

"Mesures sécuritaires"

"Le gouvernement du Burkina Faso a décidé de la diffusion de Timbuktu", a simplement déclaré Jean-Claude Dioma, ministre burkinabè de la Culture, lors d'une conférence de presse, vendredi 27 février. "Mais pour accompagner cela, des mesures sécuritaires renforcées vont être prises", a-t-il poursuivi, faisant état de "risques" que les autorités avaient d'abord dû évaluer avant de trancher sur la projection du film. De son côté, contacté par Jeune Afrique, Gervais Hien confirme : "Le film sera bien projeté en compétition officielle", le 5 mars comme initialement prévu.

Source : Mauriweb (Mauritanie)

 

Timbuktu: «Les musulmans sont les premières victimes des extrémistes», dit le cinéaste Abderrahmane Sissako

Timbuktu: «Les musulmans sont les premières victimes des extrémistes», dit le cinéaste Abderrahmane SissakoEn lice pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère, Timbuktu a été salué par la critique lors sa présentation en compétition officielle au dernier Festival de Cannes. Le nouveau long métrage d’Abderrahmane Sissako (Bamako) est une œuvre poétique qui dévoile les drames du fondamentalisme religieux au cœur du magnifique désert du Sahel.

Le Huffington Post Québec s’est entretenu avec l’un des plus grands noms du cinéma africain. Les djihadistes sont là. Les armes d’une main et la charia de l’autre, ils imposent à la population leurs interprétations rigoristes des textes religieux. Abderrahmane Sissako l’avoue d’emblée, son film est planté au cœur de l’actualité.

«Tout est né d’une révolte, déclare-t-il en entrevue. La lapidation en 2012 d’un couple d’une petite ville au nord du Mali oublié de tous a déclenché quelque chose en moi. Dans une indifférence implacable, ces deux êtres humains anonymes étaient enterrés vivants. Je ne pouvais pas l’accepter.»

Les drames de ce genre, l’Afrique en vie tous les jours. Continent oublié, Sissako voulait mettre ses malheurs et ses douleurs sur la carte. «Du jour au lendemain, les milliers d’hommes et de femmes de Tombouctou ont dû changer leur façon de vivre. Ils ne pouvaient plus chanter ou écouter de la musique au risque d’être fouetté ou lapidé. Ils n’étaient plus libres. Et que personne n’en parle était pour moi insupportable.»

L’islam, une religion de tolérance

Car ceux qui souffrent sont d’abord et avant tout des musulmans rappelle le cinéaste. La scène où les djihadistes obligent une femme voilée à porter des gants pour cacher ses mains montre le degré d’obscurantisme d’un groupe déconnecté de la culture locale.

«Les musulmans sont les premières victimes des extrémistes, lance-t-il. La religion est prise en otage par des radicaux qui ne la représente pas. L’islam est l’amour de l’autre et la tolérance.»

Timbuktu, tourné en Mauritanie sous haute sécurité, refuse le manichéisme. Tout n’est pas noir et blanc, la preuve avec la représentation «humaine» parfois ridicule des fondamentalistes. «Il faut bien leur accorder un brin d’humanité puisque ceux qui commettent des actes barbares sont comme vous et moi, à la différence qu’ils ont basculé dans l’inacceptable.»

L’espoir demeure malgré tout. Cette séquence magnifique où l’on voit ces enfants qui n’ont plus le droit de jouer avec un ballon, mais qui continuent pourtant de s’envoyer une balle imaginaire.

«Même s’ils peuvent vous tuer, ils ne peuvent pas tuer vos rêves. Si quelqu’un vous interdit de chanter, vous pouvez toujours chanter dans votre tête. Nos actes de résistance seront toujours plus forts que leurs menaces.»

 

Source : Huffington Post Maghreb