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Politique en Mauritanie

Procès de la balle de Tweyla: le verdict

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L’ancien sénateur Mohamed ould Ghadda,  et l’ex sergent Mohamed ould Mohamed MBareck,  ont été condamnés à  6 mois de prison, dont 3 fermes, pour « calomnie »  ce lundi par le tribunal correctionnel de Nouakchott Ouest.
Le parquet avait requis une peine de 5 ans de prison ferme et 200.000 nouvelles ouguiyas d’amende, à travers un  réquisitoire prononcé un peu plutôt dans la journée.
Pour sa part, la défense  dénonçait  un procès purement  politique et vide du point du droit, plaidant l’acquittement.
Au cours des débats, le sous-officier s’est rétracté par rapport aux déclarations à l’origine des poursuites.
Une « dérobade » que  Mohamed ould Ghadda a mise au  compte « des pressions énormes exercées » sur MBareck, tout en réaffirmant « la véracité » de la déclaration contenue dans l’image diffusée sur sa page « Facebook ».
Cette décision est l’épilogue d’un procès ouvert la semaine dernière et dont l’audience avait été suspendue juste avant le week-end.
Mohamed ould Ghadda et Mohamed ould MBareck étaient poursuivis dans une affaire numéro RP 585/2017, suite à la publication d’une vidéo de l’ancien sous-officier remettant en cause la thèse officielle au sujet de la blessure par balle du président Mohamed ould Abdel Aziz à Tweila (40 kilomètres au Nord de Nouakchott), en novembre 2012.
Détenu à titre préventif depuis le 01 septembre 2017, Mohamed ould Ghadda est également poursuivi pour «corruption » dans le cadre d’une information relative aux péripéties du référendum controversé ayant débouché sur la suppression du sénat, l’ancienne chambre haute du parlement.
Le banquier Mohamed ould Bouamatou, et Mohamed ould Debagh, un de ses proches, sont également sous le coup d’un mandat international pour les mêmes motifs.
11 anciens sénateurs, des syndicalistes et des acteurs de médias sont aussi  sous contrôle judiciaire dans le cadre de l’information relative au dossier du sénat supprimé.

Source : lecalame.Info (Mauritanie)

 

La HAPA appelle à faire des prochaines élections une occasion pour ancrer la pratique de la démocratie

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La HAPA appelle à faire des prochaines élections une occasion pour ancrer la pratique de la démocratie AMI - La Haute Autorité de la Presse et de l'Audiovisuel (HAPA) a appelé, dans un communiqué rendu public jeudi et dont une copie est parvenue à l'AMI, à faire des prochaines élections en Mauritanie une occasion pour ancrer la pratique de la démocratie, consacrer les libertés et les principes du pluralisme politique et de la consolidation de l'unité nationale, de la paix sécuritaire et de la concorde sociale.

Voici le texte intégral de ce communiqué:

" Dans le but d'assurer un accès égal de tous les partis politiques concurrents aux moyens d'information à l'occasion des élections législatives, municipales et régionales prévues les 1 et 15 septembre 2018 et dans le souci de créer la base d'une large concertation, la Haute Autorité de la presse et de l'Audiovisuel (HAPA) a organisé des réunions selon le calendrier suivant:

- le 8 août 2018 avec les directeurs des moyens d'information publics


- le 9 août 2018 avec les moyens d'information privés commerciaux

- le 9 août 2018 avec les partis politiques en compétition aux élections.

Toutes ces réunions ont connu des discussions positives, franches et fructueuses qui ont porté sur les sujets évoqués.

Au cours des réunions avec les responsables des moyens d'information audiovisuels publics et privés et des responsables des groupements et des associations de presse, le président de la CENI a donné des recommandations insistant sur la nécessité de respecter la déontologie de la profession, de faire preuve d'un grand degré de prévoyance et de respect total du professionnalisme et de neutralité vis-à-vis des différents acteurs.

Il a en outre insisté sur la nécessité de faire de ces élections une occasion pour ancrer la pratique de la démocratie, consacrer les libertés et les principes du pluralisme politique et consolider l'unité nationale, la paix, la sécurité et la concorde sociale.

Les partis politiques en compétition dans ces élections ont été aussi écoutés pour la circonstance et un tirage au sort a été effectué pour tous les partis participants pour déterminer l'ordre de leur accès aux moyens d'information publics.

Tous ont exprimé leur satisfaction par rapport aux conditions dans lesquelles s'est déroulée l'opération".

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

 

La CENI publie les listes candidates aux élections municipales et régionales sur son site Internet

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La CENI publie les listes candidates aux élections municipales et régionales sur son site Internet La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a annoncé dans son communiqué n ° 11 daté du 8 août 2018, dont copie est parvenue à l’AMI, que les listes candidates aux élections municipales et régionales et leurs logos peuvent être consultés sur le site internet de la CENI.

Voici le texte intégral de ce communiqué :

“La Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) porte à la connaissance des partis et coalitions de partis politiques que les listes candidates aux élections municipales et régionales, et leurs logos peuvent être consultés sur le site officiel de la CENI : www.ceni.mr.

La Commission invite les partis et coalitions de partis concernés à lui faire part de leurs réclamations liées à une erreur matérielle ou de saisie dans les noms de listes, leur ordre ou leurs logos au plus tard 24 heures à partir de la diffusion du présent communiqué’’.


Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Mauritanie : le processus électoral « pas rassurant » (opposition)

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Mauritanie : le processus électoral « pas rassurant » (opposition) Le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU) qui regroupe l’essentiel de l’opposition mauritanienne a estimé, mercredi à Nouakchott, que le processus électoral en cours « n’est pas du tout rassurant et n’augure pas d’une possibilité d’organisation d’élections transparentes et justes permettant aux Mauritaniens d’exprimer leurs opinions librement».

Ce processus a commencé par la « désignation d’une commission électorale hors-la-loi » et la confection d’un « fichier électoral suspect entaché de violations et d’ambiguïté », a dit le FNDU à la presse.

Le Forum a également déploré les arrestations à l’encontre de plusieurs candidats dans le but de les empêcher de valider leurs dossiers aux élections législatives et locales prévues le 1er septembre prochain ainsi que de terroriser les électeurs.

Il a cité dans ce cadre l’arrestation mardi du leader antiesclavagiste Biram Ould Dah, par ailleurs candidat à la députation, sur plainte déposée contre lui par un journaliste.

« Pourquoi le choix a été porté sur ce timing précis si ce n’est dans le but de priver » Ould Dah de son droit à la candidature, s’est interrogé le FNDU, sachant que cette arrestation est intervenue au dernier jour du délai de validation des dossiers par la Commission électorale nationale et indépendante (CENI).

Il a rappelé le cas de l’ancien sénateur Mohamed Ould Ghadda, détenu depuis quelque temps dans une affaire de corruption, et qui a été empêché de se présenter devant la CENI pour valider sa candidature à la députation.

L’opposition a, en outre, évoqué l’arrestation depuis une semaine d’un autre candidat, Mohamed Ould Cheikh, et sa détention dans un lieu inconnu pour sa famille et ses avocats.

De tels cas sont « inquiétants » et démontrent l’ingérence flagrante du pouvoir exécutif dans le processus électoral et l’utilisation par celui-ci de la justice pour régler ses comptes politiques, a considéré le Forum national pour la démocratie et l’unité (FNDU).

Source : Agence de Presse Africaine

 

 

Mauritanie : La HAPA convoque les partis participants aux scrutins de septembre à une réunion

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Mauritanie : La HAPA convoque les partis participants aux scrutins de septembre à une réunion La Haute Autorité de la Presse et de l’Audiovisuelle (HAPA) a rendu public, ce mardi 7 août, un communiqué dans lequel, elle convoque tous les partis politiques participants aux scrutins des 1 et 15 septembre prochains à une réunion de travail, au siège de l’institution, à Nouakchott, le jeudi 9 août, à 12 heures.

Selon le communiqué, la HAPA doit instruire les participants sur les conditions et le climat dans lesquels doivent se dérouler la campagne d’information relative aux échéances électorales, durant les deux tours prévus, les 1 et 15 septembre 2018.

Le représentant de chaque formation politique doit se munir d’une lettre dûment signée par le président de ladite formation, et de la lettre qui l’accrédite auprès de la HAPA, précise le communiqué.

Source : Tawary (Mauritanie)

 

15 ans après le 3 août 2005 : Mission accomplie pour Ould Abdel Aziz

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15 ans après le 3 août 2005 :  Mission accomplie pour Ould Abdel AzizOn est loin aujourd’hui du pays en proie à toutes les crises (politique, économique, social, culturelle et morale) en août 2005. Un grand chemin a été parcouru.

Dans un an autre président entamera un nouveau mandat à la tête du pays. Tandis que Mohamed Ould Abdel Aziz profitera tranquillement de la notoriété acquise tout au long d’un parcours atypique mais entrepreneur…Qui est cet homme qui s’apprête à ouvrir la grande porte de l’Histoire ?

Faire le portrait de Mohamed Ould Abdel Aziz n’est pas chose aisée. Un homme timide et plutôt introverti, difficile à cerner et à faire parler sur (de) lui-même. Mais le courage, voire la témérité – pour ne pas dire le culot – de l’homme permet de suivre son parcours. Un parcours de combattant qui ne manque pas de chance.

On sait cependant que la chance a besoin d’être boostée pour ouvrir les portes de la vie… Rien de mieux que la détermination pour pousser le destin…

Quand, dans la matinée du 3 août 2005, les Nouakchottois se rendent compte que «quelque chose est en train de se passer», le colonel Mohamed Ould Abdel Aziz est peu connu du grand public. Même si l’on a beaucoup parlé de lui lors des deux tentatives de putsch de 2003 et 2004, comme le principal élément ayant fait échouer ces tentatives de renversement. La première en résistant farouchement aux assauts des mutins, la seconde en réussissant à infiltrer les acteurs du complot fomenté depuis l’extérieur.

Né en 1953 en Inchiri, il fait son entrée à l’Armée en mars 1977 alors que le pays est en pleine guerre. Très retiré, il gravit les échelons pour se retrouver à la base de la création du Bataillon de la sécurité présidentielle (BASEP). Timide et prudent, il ne se révèle au public qu’à partir du 3 août 2005.

A l’origine de la transition de 2005

Le 8 août 2005, alors que le Président du CMJD n’avait toujours pas prononcé de discours, ni fait la moindre déclaration, c’est le colonel Mohamed Ould Abdel Aziz qui prit l’initiative dans une interview à la Voix de l’Amérique (reproduite intégralement dans la Tribune N°267 du 10 août 2005) dans laquelle il annonça avec une lucidité et une détermination évidentes les intentions du CMJD.

Après ces premiers moments, les déclarations et apparitions publiques de Ould Abdelaziz se firent très rares. Cependant, l’influence du Général sur l’armée mauritanienne et sur la vie politique du pays n’a cessé de se renforcer au point que certains voient son empreinte partout. Il est à l’origine de la réduction du mandat du CMJD de 24 à 19 mois, d’avoir fait adopter le décret interdisant le comptage des votes blancs lors des présidentiels de 2007, ainsi que le réaménagement de l’armée après les limogeages de quelques Colonels dont Ould Boubacar et feu Ould El Alem. Ce n’est, dit-on, qu’après s’être assuré de son appui, que le candidat Sidi Ould Cheikh Abdallahi se présenta aux élections présidentielles. Secret et peu bavard, Ould Abdel Aziz semble pourtant bénéficier d’un sens tout militaire de l’organisation et d’un courage à toute épreuve. Avec son alter ego, Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed (Ghazwani), c’est un duo battant qui va se retrouver sous les feux de la scène après avoir longtemps hésité.

D’ailleurs le fait que les noms des deux amis figurent en troisième et quatrième places sur la liste du Comité militaire pour la justice et la démocratie (CMJD) en 2005, ne trompe personne. Tous les observateurs savaient que les véritables auteurs du changement du 3 août étaient ceux-là. Ils semblaient avoir mûri leur action. La seule chose qu’ils avaient mal appréciée est la force d’inertie de l’Appareil. Ils ont aussi sous-estimé la capacité de nuisance des hommes de cet Appareil. C’est certainement cela qui avait créé le malaise qui avait fini par s’amplifier devenant une crise majeure. Et c’est certainement ce qui a donné à ces officiers une idée qui n’était pas forcément juste. Le 6 août 2008, Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Cheikh Mohamed Ahmed renversent le pouvoir civil pour reprendre le processus enclenché en 2005.

Résistances au changement annoncé

Ils traînent cependant plusieurs handicaps dont le plus grave n’est certainement pas l’absence de reconnaissance internationale. En fait, l’opinion a toujours jugé qu’ils étaient associés étroitement au pouvoir durant ces quinze derniers mois. Leurs détracteurs sont nombreux : caciques du régime Ould Taya qui les rendent responsables de leur fin, les prétendants «naturels» à l’héritage de Ould Taya (politiques du PRDS, Apparatchiks civils et militaires, vieille garde des comités militaires de l’époque d’exception…), les opposants qui trouvent qu’ils leur ont volé leur victoire en soutenant un candidat et leur discours de changement en l’adoptant… Et vite ils sont perçus comme «les méchants».

http://lire aussi: https://initiativesnews.com/1595-2/

Ils ont eu à fournir d’énormes efforts pour inverser l’image que l’opinion avait d’eux. Ils ont été les vrais auteurs du 3 août, alors que la gloire est allée à leurs aînés. Le premier défi pour eux était de refaire l’unité intérieure autour d’eux, de construire un front intérieur capable d’accompagner leurs actions.

Un putsch n’a jamais été une solution durable à une crise politique. La vraie solution est l’ancrage de la démocratie et le renforcement des institutions existantes. Il ne faut pas oublier que la cause première de la situation qui suivra est l’interférence du CMJD dans le jeu politique de la Transition. Un péché originel pour la jeune démocratie mauritanienne. Qui expliquera le reste.

La méconnaissance de l’espace politique et la «trop» grande confiance placée dans le Président élu, véritable «poulain», les amènent à baisser la garde un moment. Le bloc du nouveau pouvoir se fissure. A la présidence se retrouvent quelques rebus du pouvoir civil d’avant juillet 1978, et l’essentiel de la classe politique ayant exercé directement avec Ould Taya. En somme tous les ennemis de ce que Ould Abdel Aziz a fini par incarner : l’Armée et le changement. Raison d’une alliance objective entre les victimes du coup d’Etat de juillet 1978 et celles de celui d’août 2005.

Les manœuvres commencent. Première étape : s’approprier la Présidence et pour ce faire évincer le Premier ministre Zeine Ould Zeidane qui gênait à ce moment-là. Deuxième étape : nommer un chef de gouvernement issu du sérail en constitution et ouvrir ce gouvernement à ceux de l’opposition qui voudrait soutenir l’entreprise de déconstruction en contrepartie de portefeuilles ministériels. Troisième étape : liquider les militaires et s’en libérer définitivement. C’était compter sans le sens de la manœuvre et l’intelligence politique des deux officiers concernés.

La contre-stratégie se basait sur une déstabilisation constitutionnelle. Mobiliser les élus de l’Assemblée d’abord pour voter la défiance d’un gouvernement jugé incarnation du passé. L’aile politique joue et perd. Inspiré par son nouvel entourage politique, le Président Ould Cheikh Abdallahi descend dans l’arène pour défendre «son» gouvernement au lieu de rester le modérateur du jeu d’influence.

L’aile militaire a tout loisir à préparer un moment où ce seront les élus qui viendront en grande majorité devant le Président lui dire : «les élus du peuple vous retirent leur confiance». Ce qui augure d’un scrupule certain. Nous en sommes à attendre l’issue politique d’une crise politique somme toute normale dans une transition mal entamée en 2005.

Survient le 6 août. Au petit matin, le Président Ould Cheikh Abdallahi annonce le limogeage des cinq commandants de corps : Etat Major de la présidence (Général Ould Abdel Aziz), Etat Major national (Général Mohamed Ould Ghazwani), Gendarmerie (colonel Ahmed Ould Bicrine), Garde nationale (colonel Felix Negri) et Sûreté nationale (colonel Mohamed Ould El Hady).

Délégitimer pour construire

C’est le premier coup d’Etat que les Mauritaniens suivront en direct. C’est sans surprise qu’on apprend que le chef de la nouvelle junte n’est autre que le Général Mohamed Abdel Aziz, le plus proche des collaborateurs du Président Sidi Ould Cheikh Abdallahi. Nous assistons ainsi aux prolongations d’un match dont le coup d’envoi a été donné le 3 août 2005.

Dans son édition N°408 (23 avril 2007), La Tribune écrivait : «Le symbole, en avril 2007, était fort. Le 10 juillet 1978, Eli Ould Mohamed Val, était un jeune lieutenant en charge d’une unité sous les ordres du commandant Moulaye Ould Boukhreiss. Ce dernier avait fait bouger ses troupes en direction de Nouakchott. Si lui savait pourquoi, ses subordonnés ignoraient tout de l’action.

C’est ce jeune lieutenant qui passera le pouvoir à l’un des plus jeunes ministres du gouvernement civil renversé à l’époque. En effet Sidi Ould Cheikh Abdallahi était, avec Ahmed Ould Daddah (son cadet), les plus jeunes de l’équipe.

Les vrais auteurs de cette orchestration n’ont appartenu ni au CMRN, ni au CMSN. Les colonels Mohamed Ould Abdel Aziz et Mohamed Ould Ghazwani appartiennent à une génération d’officiers qui sont venus à l’Armée pour le métier. Non pour le pouvoir. S’ils sont aux affaires, c’est bien pour sauver une situation qui a failli les entraîner eux-mêmes. 19 mois pour relancer l’espoir d’un ordre nouveau. Malgré les interférences du Conseil militaire».


On découvre l’ampleur de l’incompétence politique de notre encadrement national.

Le Général Ould Abdel Aziz essaye d’abord d’engager avec lui les acteurs politiques majeurs. L’idée d’un «Haut Conseil d’Etat» comprenant cinq civils et cinq militaires, chargés de superviser la constitution d’un gouvernement d’union nationale ayant pour mission de préparer et d’organiser des élections est avancée. Elle est naturellement refusée par les grandes figures politiques. On estime ici que les militaires sont assez faibles, que leurs positions sont indéfendables. Surtout que les condamnations fusent de partout.

Le Front nationale pour la défense de la démocratie (FNDD) est immédiatement constitué. Composé des partis Adil que dirigeait Yahya Ould Ahmed Waghf, l’Alliance populaire progressiste (APP) du président de l’Assemblée nationale Messaoud Ould Boulkheir, l’Union des forces du Progrès (UFP) de Mohamed Ould Maouloud, Tawassoul de Jemil Ould Mansour… En somme ceux qui ont perdu le pouvoir veulent le reconquérir au nom de la restauration de la démocratie. Même s’ils organisent une résistance interne, ils comptent plus sur la pression extérieure. Et y croient plus.

Conquérir par les urnes


Le HCE s’en va à l’intérieur expliquer ses faits. Les missionnaires du FNDD vont à l’extérieur en quête d’une intervention pour déboulonner les militaires. Le Rassemblement des forces démocratiques (RFD) accompagne le «mouvement de rectification» dans un premier temps. Le nouvel homme fort du pays avait déjà largement recruté dans les rangs du parti de Ould Daddah. Son Premier ministre, la plupart de ses ministres sont issus de l’école du parti.

Il faudra attendre les Etats généraux de la démocratie pour voir la rupture s’opérer. Les desseins du Général Mohamed Ould Abdel Aziz sont de plus en plus clairs. L’exigence de non candidature des militaires ne risque pas d’être adoptée par les EGD. Cela ne dérangera pas pour autant le Général Ould Abdel Aziz qui décide d’accélérer le processus.

Il descend lui-même sur le terrain et va à la conquête du pouvoir par les urnes. Il fait un premier tour dans toutes les capitales régionales.

Le discours est le même : appel à combattre la gabegie et les «moufsidine» (mauvais gestionnaires), à redistribuer les richesses, à rendre au peuple ce qui lui appartient, à investir dans les infrastructures, à faire des réalisations concrètes, à répondre aux attentes des populations… Pour cela rompre les relations avec Israël. Un acte fondateur qui lui vaut le soutien de pans entiers de la société politique. Mais aussi de nombreux pays arabes.

Multipliant ses sorties, le Général Mohamed Ould Abdel Aziz ne manque pas d’occasion pour fustiger ses adversaires auxquels il fait porter la responsabilité des dérives du passé. Selon lui, ceux qui s’opposent sont les mêmes qui ont, par le passé, organisé le sac du pays. Ils ne peuvent prétendre à aucun statut moral leur permettant de s’instituer «défenseurs de la démocratie». Au terme de ses sorties, le Général Ould Abdel Aziz rappellera toujours que “les problèmes de la Mauritanie ne peuvent être résolus qu’entre Mauritaniens, ceux qui vont à l’étranger mentir et prétendre à une quelconque représentativité n’aboutiront à rien du tout“. Il ira jusqu’à dire à l’adresse de ses adversaires en campagne à l’extérieur : “Les Européens ne votent pas en Mauritanie, ils ne s’y portent pas candidat“. En face, Mohamed Ould Maouloud rétorque dans une dépêche de l’AFP : “la junte veut gagner du temps pour asseoir la dictature militaire en utilisant les armes traditionnelles du pouvoir personnel, que sont les intimidations, la répression et la falsification des faits“.

A “Dar el Baydha” (quartier populaire de Nouakchott), le Général Ould Abdel Aziz relèvera cette amère vérité : “il est inconcevable que la tonne d’eau continue d’être vendue dans ces quartiers entre 2.000 et 2.500 UM, alors que son prix à Tevragh Zeina, où vivent les gens aisées, varie entre 180 et 200 UM“. Le Général n’hésitera pas à promettre que la situation va changer dans tous les domaines qui intéressent directement la vie des populations (santé, éducation, infrastructures). En affirmant qu’il a les moyens nécessaires pour honorer ces engagements. Il a jugé que 5% de la population monopolisent les richesses du pays, laissant l’écrasante majorité survivre dans la misère. Avant d’appeler ceux qu’ils considèrent coupables de gabegie de cesser de voler le bien public et de s’opposer à la volonté du peuple qui a accepté de les laisser impunis. “Ils demandent secours à l’extérieur et voyagent sans arrêt mais cela ne résoudra aucun problème pour eux ; ils peuvent faire croire à l’étranger, pendant un certain temps, qu’ils représentent quelque chose en Mauritanie, ils seront démentis ; le temps prouvera qu’ils représentent seulement la gabegie“, répète-t-il. “Eux-mêmes savent cela et tout le monde les connaît par leurs actes ; ils n’ont de liens avec les populations qu’en périodes d’élections“.

Il précise quelque part : «Les contrôles lancés ces derniers mois ont démontré que des centaines de millions ont été détournés». «Nous sommes confus (Ehna Hayriin), nous ne savons pas si on doit envoyer tout ce monde en prison». Le problème de la Mauritanie, affirme-t-il, n’a jamais été un problème de ressources mais plutôt un problème de gestion. “Il est vrai que les espoirs du peuple, fait remarquer le Chef de l’Etat, ont été longtemps déçus par ceux qui avaient eu à gérer ses affaires. C’est pourquoi il est temps que notre peuple prenne conscience de ses véritables intérêts et place sa confiance en ceux qui la méritent. Nous avons le devoir de léguer aux générations futures un Etat fiable fondé sur des bases saines et pérennes “. C’était devant les populations de l’Aftout, le fameux triangle de la pauvreté. La campagne était lancée. Ce que certains appelleront «le populisme du Général» sera payant le moment venu. Le processus d’apaisement aussi…

La difficile normalisation

Les négociations sont ouvertes. Le Sénégal propose sa médiation. Cheikh Tidjane Gadio réussit là où Kadhafi a échoué. Le Général démissionne et fixe une date pour l’élection présidentielle : 6 juin 2009. Pressions sur tous les protagonistes politiques. Accord de Dakar. Rien ne semble perturber les plans du Général. Pas même l’épisode de la panne de son hélicoptère en plein désert. 24 heures sans nouvelles de lui et pourtant rien de son dispositif n’est remis en cause. La cohésion du HCE est forte.

C’est sans doute cette impression de diriger le pays et de tenir les rennes du pouvoir. Autre atout fondamental dans la victoire psychologique du futur candidat. Sa stratégie lui permet d’aller aux élections comme candidat gagnant. A l’avance. Une situation unique. Surtout qu’il accepte de confier les portefeuilles de l’intérieur, des finances, de la communication et de la défense à l’opposition. Il peut prendre ce risque.

Le 18 juillet 2009, c’est la consécration pour Ould Abdel Aziz : il est élu à 52%. Mais les protagonistes politiques refusent de reconnaître les résultats… Le Général devient le Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz. Son expérience au cœur du pouvoir, puis à la tête de l’Etat lui apprend à savoir sortir des situations les plus risquées.

Juillet 2010, les grandes figures de son opposition acceptent d’entrer dans un dialogue qui est subitement interrompu suite aux premiers soubresauts des révoltes arabes. Mais ce qui s’annonce comme «un printemps arabe» prend la forme de guerres civiles dans de nombreux pays, pour devenir une entreprise de destruction systématique de ces pays (Libye, Syrie, Yémen…). En Mauritanie, la faiblesse de l’engagement politique, la peur des risques mais aussi l’existence de réelles avancées sur le plan des libertés (expression, politique…) empêchent la révolution annoncée.

Un premier dialogue permet en 2012 de normaliser une situation politique enlisée. La série de dialogues va continuer sans jamais inclure tous les acteurs. Les clivages sont puissants. Le radicalisme des positions pousse les uns et les autres dans leurs derniers retranchements. Une partie de l’opposition choisit le boycott sans réussir à inverser le rapport de force. La stabilisation du pouvoir est effective. Tout comme la sécurisation du pays.

Sur le plan extérieur, les chefs d’Etats africains qui menaçaient en 2009 d’intervenir pour le chasser du pouvoir, sont reçus par le Président Mohamed Ould Abdel Aziz dans des sommets à Nouakchott. Il préside aux destinées du Conseil Paix et Sécurité (CPS) de l’Union Africaine. Il dirige le panel de chefs d’Etats chargés de régler des conflits comme ceux de la Libye et de la Côte d’Ivoire. Il finit par présider l’Union africaine. Avant de recevoir, à Nouakchott, le sommet de la Ligue arabe et celui de l’Union africaine. Il réussit à faire de la Mauritanie un pôle de stabilité dans une région en proie à de graves crises que l’insécurité permanente alimente. Quand il est élu pour un deuxième mandat en 2014, Mohamed Ould Abdel Aziz a déjà fait une Grande marche à la mesure de son pays.

Quinze ans après le 3 août 2005, la Mauritanie reprend des couleurs et peut envisager sereinement son avenir. Les élections en cours préparent le tournant qui donne une dimension encore plus porteuse à la démocratie mauritanienne : en 2019, le Président Mohamed Ould Abdel Aziz est au rendez-vous avec l’Histoire. En refusant de tomber sous la tentation facile de garder le pouvoir, il a tenu à maintenir le cap des changements. Rien ne l’oblige, sauf l’engagement moral de respecter son serment en se conformant au texte fondamental de la Constitution.

Une fois de plus, Mohamed Ould Abdel Aziz arrivera à bout de ses détracteurs qui ne souhaitent qu’une chose : le voir s’accrocher au pouvoir. Sous un prétexte ou un autre.

La détermination de l’homme lui vaudra de forcer encore une fois le Destin pour être célébré comme sauveur et pour entrer dans le panthéon de ceux qui fondent les récits pour marquer l’Histoire.

Ould Oumeir (La Tribune)
Source : Initiatives News (Mauritanie)

 

L'Arabie saoudite expulse l’ambassadeur du Canada pour «ingérence» et rappelle le sien

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L'Arabie saoudite expulse l’ambassadeur du Canada pour «ingérence» et rappelle le sien L’Arabie saoudite a annoncé lundi qu’elle avait décidé d’expulser l’ambassadeur du Canada à Ryad et de rappeler son propre ambassadeur à Ottawa après une «ingérence» commise selon elle par le Canada dans ses affaires intérieures.

Les mesures décidées par Ryad comprennent également le gel des relations commerciales avec le Canada. Elles interviennent à la suite d’un appel de l’ambassade du Canada à la libération immédiate de militants des droits de l’Homme emprisonnés en Arabie saoudite.

Le royaume d’Arabie saoudite «n’acceptera d’aucun pays une ingérence dans ses affaires intérieures ou des diktats imposés», a déclaré le ministère saoudien des Affaires étrangères sur Twitter.

«Le royaume annonce qu’il rappelle son ambassadeur au Canada pour consultations», a indiqué le ministère saoudien.

Il a en outre annoncé que l’ambassadeur du Canada à Ryad avait 24 heures pour quitter le pays et que le royaume avait décidé de «geler toutes nouvelles transactions concernant le commerce et les investissements» avec le Canada.

L’ambassade canadienne s’était dite «gravement préoccupée» par une nouvelle vague d’arrestations de militants des droits de l’Homme dans le royaume.

«Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des #droitsdel’Homme», avait déclaré l’ambassade vendredi dans un communiqué publié sur Twitter.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé sa réprobation concernant la formulation du communiqué de l’ambassade.

«Il est très regrettable que les mots ‘libération immédiate’ figurent dans le communiqué canadien», a déclaré le ministère. «C’est inacceptable dans les relations entre deux pays».

Source : Le Devoir (Canada)

 

 

RDC : Joseph Kabila maintient le suspense

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Le président congolais, Joseph Kabila, maintient le suspense en République démocratique du Congo, à quatre jours de la date-butoir du dépôt des candidatures à la présidentielle.

Joseph Kabila, 47 ans, qui ne peut pas se représenter, a jusqu’au 8 août pour désigner un candidat de sa majorité, ou briguer un troisième mandat, selon le calendrier électoral. Dans ce dernier cas, ce calendrier vers le scrutin du 23 décembre, qui se déroule normalement avec des polémiques sur la « machine à voter », irait au-devant de franches turbulences. Les catholiques ont prévu trois jours de mobilisation dès le 12 août si le président se représente.

Kabila n’a rien dit sur son avenir lors d’une visite de deux jours en Angola, pays voisin en première ligne dans les efforts diplomatiques de l’Afrique et de la communauté internationale dans le dossier congolais.

Le président angolais Joao Lourenço a dit avoir « reçu les garanties que le processus électoral se déroulera dans la normalité ». Son ministre des Affaires étrangères, Manuel Augusto, affirme avoir recommandé au président Kabila « le respect de la Constitution ».

Quatre noms pour un dauphin

De retour à Kinshasa, Joseph Kabila prépare avec sa majorité les « derniers réglages » pour désigner un candidat qui sera connu d’ici le 8 août, affirme le porte-parole du gouvernement Lambert Mende. Le président a demandé aux composantes de sa plate-forme du Front commun pour le Congo (FCC) de lui suggérer quatre noms pour faire son choix.

« La réponse c’est : ne nous quittez pas, mais si vous voulez l’alternance voici des noms », ironise un fin connaisseur de la vie politique congolaise.

D’après lui, les interlocuteurs du président tiennent en majorité ce langage : « Notre premier choix c’est vous, le deuxième choix c’est moi, le troisième c’est Aubin Minaku (le président de l’Assemblée nationale) parce qu’il est secrétaire général de la Majorité présidentielle ». « Plusieurs ministres nous disent que Kabila va désigner un dauphin. On attend toujours. Tout est possible », selon cet autre observateur informé.

Challengers

Si Kabila fait mystère de ses intentions, ses deux principaux opposants, Moïse Katumbi et Jean-Pierre Bemba, sont clairement candidats à sa succession à la tête du géant d’Afrique centrale qui regorge de ressources à commencer par le cobalt, mais où une majorité de Congolais vit dans la pauvreté.

L’opposant en exil Moïse Katumbi, menacé d’arrestation en RDC, affirme avoir été bloqué vendredi en Zambie à la frontière de la RDC où il venait déposer sa candidature avant le 8 août.  L’incertitude pèse aussi sur l’avenir de Jean-Pierre Bemba, même s’il a bel et bien déposé sa candidature après son retour triomphal mercredi à Kinshasa. Pourrait-il rentrer? Sa candidature sera-t-elle validée à Kinshasa? Réponse le 19 août avec une liste provisoire des candidats, puis le 19 septembre avec la liste définitive. Selon ce que prévoit le calendrier électoral.

À l’unanimité en mars, le Conseil de sécurité de l’ONU a placé au cœur de son nouveau mandat la préparation d’élections dans « des conditions requises de transparence, de crédibilité, d’ouverture et de sécurité », mais la Monusco en est réduite à proposer un soutien logistique aux élections, que le gouvernement congolais s’est engagé à financer intégralement malgré ses faibles ressources.

Source : jeuneafrique.com

 

Nouadhibou : Des leaders et militants de l’APP claquent la porte

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Nouadhibou : Des leaders et militants de l’APP claquent la porteDes cadres et plusieurs militants du parti Alliance populaire progressiste (APP) à Nouadhibou, ont au cours d’un meeting populaire organisé, cet après-midi, du jeudi 2 Août, devant le siège départemental du parti, annoncé leur démission du parti, selon le récit de notre correspondant dans la capitale économique du pays.

Les leaders démissionnaires figuraient sur les listes électorales à Nouadhibou. Mais pas en bonne position! Ces derniers accusent le président, Messaoud Ould Boulkheir, de gérer le parti à sa façon. Ould Boukheir a transformé la formation politique en une affaire personnelle, disent-ils. Il est parti jusqu’à favoriser ses proches, martèlent les protestataires.

Selon notre correspondant, le groupe qui a réalisé le plus grand nombre de sièges (5/6) dans toute la wilaya de Dakhlet-Nouadhibou, a été mal placé sur les listes candidates. De ce fait, le président a classé au premier plan, un groupe dirigé par son neveu sur les listes (municipale, législative et régionale), selon les propos des démissionnaires, rapporte notre source.

Nous signalons que les partants sont dirigés par : Mohamed El Vaghih Ould Rchid, (candidat sur la liste municipale), Bedahiya Ould Sebai (candidat sur la liste législative) et Mohamed Ould Cheikh (candidat sur la liste municipale).

Nous rappelons selon nos sources, que le président Messaoud Ould Boulkheir dirige la liste nationale du parti. Et au courant des semaines passées, le parti a connu des départs massifs de leaders et militants surtout à Nouakchott.

Source : Tawary (Mauritanie)

Coup d’Etat du 3 Août 2005 : Chronique d’un voyage inachevé /Par Ely Ould Abdellah

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"Toujours lui ! Lui partout ! Ou brûlante ou glacée,

Son image sans cesse ébranle ma pensée."

Victor Hugo

Le 3 Août 2005, il y a de cela treize ans, le président Maaouya Ould Taya quittait le pouvoir après 21 ans de règne sans partage. Poussé vers la sortie par ceux-là qui furent ses plus proches collaborateurs,  qui bénéficiaient de toutes ses faveurs, Maaouya réalisait, à sa grande surprise, la précarité des soutiens en cette Mauritanie où, pour les Beydanes en particuler, le retournement de vestes est un sport favori.

Ce 3 Août là, le régime s’était effondré comme un château de cartes. Même le parti au pouvoir, ses laudateurs zélés, ses maîtres de la courbette et de l’hypocrisie ont adopté un profil très bas. Pas un traitre mot ! On dirait même que personne parmi tout ce beau monde n’a survécu au putsch. Dans leur immense majorité, les dignitaires du régime et ses flagorneurs ont vite tourné le dos au président Taya comme ils l’avaient fait pour tous ses devanciers et, comme sûrement, ils feront pour ceux qui viendront après.  Seul le ministre Boydiel Houmeid, qui avait clamé haut et fort sa fidélité au président Maaouya et avait décliné une offre de collaboration avec les putschistes d’alors avait émergé du lot.

Mais aujourd’hui, tout cela relève du passé. On ne saurait en dire plus que ce qui a été dit. Les tenants et les aboutissants du coup d’Etat de ce 3 Août sont connus, son déroulement aussi. Comment et où le président Maaouya a-t-il été informé du putsch ? Qu’est-ce qui s’est passé quand l’information est tombée ? Voilà, entre autres, des questions  sur lesquelles revient ce témoignage suivant, dont l’auteur a eu, le 3 Août 2005, le redoutable privilège de se trouver dans l’avion présidentiel.

C'était, il y a 13 ans, le putsch qui a renversé le président Maaouya Ould Taya.

Reporter attitré de l'Agence Mauritanienne d'Information, je me trouvais dans l'avion présidentiel qui nous ramenait de Ryadh où le chef de l'Etat présentait ses condoléances à l'Arabie Saoudite qui venait de perdre le roi Fahd Ibn Abdel Aziz.

On ne se doutait de rien en prenant, tôt dans la matinée le Boeing 737 d'Air Mauritanie qui devait nous ramener à Nouakchott, le même jour dans l’après midi. On ne se doutait de rien, même si moi, qui à force d’écouter certains analystes, je pressentais que quelque chose ne tournait pas rond, côté sécuritaire et qu’un autre  coup d'Etat, plus méchant que la tentative du  8 juin 2003, était à redouter.

Déjà, en juin 2005, deux mois plutôt, j'avais redouté que le BASEP ne renversât le président Taya à son retour d’une visite au Yémen, En ce moment là, resté pour une mission supplémentaire dans la capitale yéménite, après le départ du président et de sa suite pour Nouakchott,  j’avais tenu à suivre le retour du président à la télé pour m’assurer que rien de mal ne s’était  passé.  Vous savez, c’est comme ça, vous ne pouvez vous empêcher d’être inquiet quand, à longueur de journée, quelqu’un n’arrête pas de vous dire qu’un putsch est imminent et qu’il y a des risques de carnage. J’avais  effectivement peur, très peur : la mésaventure des Cavaliers du Changement était encore si proche : à tout bout de champ, je voyais le feu, la fumée,  les combats de rue, les chars, les roquettes et les hommes. Je n’arrêtais donc pas de téléphoner pour m’informer. Ce qui ne me rassurait pas, c’est que des contacts à Nouakchott m'avaient alors informé que de draconiennes mesures de sécurité – qui étaient, pour moi,  suspectes– avaient été prises lors de l'accueil de la délégation présidentielle à son retour de Sanaa. Des Blindés avaient été mobilisés, m'a-t-on rapporté, des soldats postés sur les toits de bâtiments au quartier "Carrefour", des agents de renseignement avaient été partout déployés… Bref, toute une batterie de mesures avait été prise pour faire croire au président Taya  qu'il y avait un sérieux danger  mais aussi pour lui montrer que le Bataillon de la Sécurité présidentielle veillait au grain et que, par conséquent, il n’y avait pas de soucis.

…Le coup d’Etat

Mais en dépit de toutes ces appréhensions que j’étais peut-être le seul à avoir, je ne me doutais de rien, dans l’avion présidentiel, le 3 Août 2005, jour de notre départ de la capitale saoudienne. Plutôt, je savais que Maaouya avait un tel ascendant sur tous les officiers, que peu d’entre eux osaient se le mettre sur le dos, que tous le respectaient bien et le craignaient tout aussi bien. Ce jour là, on ne pensait donc qu’au retour à Nouakchott après ce bref séjour dans la fournaise de Ryadh.

A notre départ de la cité saoudienne,  il devait encore se faire tard dans la nuit à Nouakchott. Au moment de notre décollage, il devait être 3 heures du matin à Nouakchott. En ce moment là, les putschistes avaient déjà "monté" leur plan et planchaient sur  la manière de porter leur forfait à la connaissance de l’opinion nationale et internationale.  Mais, à travers l’annonce du coup d’Etat, les putschistes tenaient aussi et surtout  à informer le président Maaouya  pour  éviter de le voir rentrer à Nouakchott, ce qui pourrait occasionner pour eux une gêne pour beaucoup compréhensible. On n’est pas censé facilement trahir son chef et, si d’aventure, on le faisait, il serait préférable de ne pas avoir à souffrir son regard. C’est vrai, le palais a ses petits secrets, les hommes qui y sont, ont leurs petites misères qui ne se savent pas dehors mais qui ont de lourds effets sur la résilience de l’individu et, surtout, sur sa capacité de soutenir le regard inquisiteur du protecteur abusé. Mais ça, c’est toute une autre histoire !

Revenons donc maintenant à notre départ de Ryadh. Il était tôt, très tôt lorsque la petite délégation présidentielle mauritanienne s’était rassemblée dans le hall du palace où étaient logées les délégations étrangères venues présenter les condoléances au Royaume d’Ibn Séoud.

A la réception, à cette heure de la journée, un calme plat régnait. Seul, un chef d’Etat, Jalal Talbani d’Irak, faisait d’innombrables va-et-vient que je ne m’expliquais pas. Il circulait sans sécurité rapprochée visible, entre la réception, le restau, les ascenseurs et je ne sais où. Les membres de la délégation mauritanienne, enveloppés d’une indescriptible indolence, sûrement due à un réveil si matinal, étaient là au grand complet. On n’attendait plus que la sortie du président pour aller en cortège et sous bonne escorte à l’aéroport. Il y avait les deux conseillers à la présidence de la République, qui étaient du voyage, Mohamed Salem Elouma et Mohamed Abdallahi Ould Siyam, le Colonel El Hadi Sedigh, chef d’état-major particulier du président,  le directeur de cabinet Tomy, le directeur Général du protocole d’Etat, mon frère et ami  Feu Hamoud Ould Hadi, l’aide de camp, Feu le colonel Mokhtar Mohamed Mahmoud, des membres de la sécurité,  les quelques journalistes dont je faisais partie et  le maître d’hôtel Mohamed Cheikh qui s’occupait apparemment de toutes questions domestiques et de tout ce qui se rapporte à la vie privée de la famille Taya au palais : appro,  médicaments, éducation et encadrement de la progéniture présidentielle etc...

Ce 3 Août là, il  ramenait aux enfants de gigantesques ballons volants de couleur rouge vif dont l’un  a échappé à celui qui le tenait par un lacet et était resté suspendu comme une nacelle  au toit très élevé de l’entrée du palace où nous nous trouvions. Même si je ne suis pas superstitieux pour un sou, j’avoue que j’ai toujours pensé à la couleur de ces grosses bulles et au hasard de la coïncidence de leur acquisition avec le putsch. Habituellement, je n’accorde aucune importance à ce qui se dit de ce côté-là mais j’avoue que c’est à cause ou grâce à mes relations avec des amis de l’Est mauritanien que, face à cette mauvaise fortune du 3 Août,  j’ai, inconsciemment, pensé à cette couleur et, depuis,  elle m’est restée à l’esprit et je n’arrête pas d’y penser.

Pourquoi cherche-t-on les fréquences de Radio Mauritanie ?

A l’aéroport de Ryadh, le cérémonial, plutôt sobre, du départ du président, s’est déroulé  assez rapidement. C’est tout juste, si, encore au sol, le Directeur Général du protocole mauritanien a eu le temps de recommander aux gens de Niamey de placer une passerelle à l’arrière de l’appareil pour les cameramen et photographes afin qu’ils puissent descendre avant le chef de l’Etat. En faisant cette recommandation, il ne se doutait pas que  cela devait se faire sans préjudice à la principale passerelle à l’avant de l’appareil qui est celle par laquelle descend habituellement le président de la République.

Durant le vol, rien,  ou presque, ne sortait de l’ordinaire ! Il faut dire qu’il se faisait encore très tôt dans la matinée, que les quelques passagers de l’avion parlaient très peu et avaient suffisamment d’espace pour soulever les accoudoirs et s’étendre sur les sièges pour un petit somme. Moi, je prenais l’habitude d’occuper les sièges N° 16, juste à l’arrière de l’aile gauche de l’avion pour mieux avoir une vue du sol et de l’extérieur de l’appareil. Mon collègue de Radio Mauritanie, Ahmed Ould Yacoub, m’y tenait généralement compagnie et on y prenait habituellement tout notre temps pour confectionner nos papiers et, parfois,  pour parler de tout et de rien, question de s’occuper durant des vols parfois très, très longs comme celui de 3 Août 2005.

Cette fois, alors qu’on était à peu près au dessus du Darfour soudanais, aux environs de 9 heures, le directeur de cabinet Tomy se présenta devant nous  et, de façon inhabituelle, demanda à mon collègue Ahmed Yacoub de lui donner les fréquences de Radio Mauritanie. Mon ami le fit rapidement et Tomy disparut dans l’avant de l’appareil. On s’était tout de suite posé la question «pourquoi cherche-ton les fréquences de la Radio à cette heure-ci ? Quoiqu’ayant les appréhensions signalées plus haut, j’avoue qu’à ce moment là, je n’avais bêtement pas pensé à un putsch. On s’était demandé, Yacoub et moi, si, à la présidence de la République, ils ne voulaient pas réécouter une émission ou vérifier si un reportage avait été bien ou mal fait. J’avais taquiné Yacoub en lui disant : «peut-être veulent-ils te réécouter, comme si tu n’es pas si ancien pour pouvoir confectionner des reportages si anodins pour le vieux reporter que tu es !»  On s’est posé de petites questions là-dessus, juste pour nous marrer mais on a vite oublié en s’enfermant dans notre certitude qu’il n’y a rien de particulier et que la recherche des fréquences relève de la simple routine.

Dans le cockpit  et même dans la cabine, rien, absolument rien, ne laissait douter de quoi que ce soit. Le calme habituel des avions présidentiels régnait. Peut-être même un peu plus que d’habitude du fait de l’horaire du vol et de la propension de tous à retrouver un peu de sommeil.

Ce n’est que, bien plus tard, avec un copieux recul,  que nous sûmes que le commandant de bord, un certain Dahmoudi, qui écoutait RFI, a eu vent de quelque chose, un  putsch, dit-on, ou une tentative de putsch ou quelque chose comme ça, et qu’il en a informé Tomy qui, lui aussi, a informé le président Taya. Les fréquences de Radio Mauritanie allaient donc peut-être permettre d’en savoir plus sur le sérieux de cette information et, le cas échéant, sur l’identité des conjurés et leurs atouts pour réussir une conspiration. Mais ça, c’est avec le recul que nous le sûmes … Pour le moment, nous sommes dans l’avion qui continue son avancée inexorable vers Niamey. A ce niveau, seuls étaient informés du putsch, le pilote et le copilote ainsi que le président et son directeur de cabinet et,  tout  naturellement,  tous gardaient l’information pour eux.

Vers midi ou un plus tard, nous entamons notre descente sur Niamey où nous attendaient le président nigérien Mamadou Tandja, des ministres et hauts dignitaires nigériens, le consul général de Mauritanie  et des représentants de la communauté mauritanienne installée au Niger. Il y a avait aussi une haie d’honneur et une petite unité de musique militaire.

Sortie de l’avion et, en même temps, du… pouvoir

L’avion se pose sans bruit à Niamey et s’immobilise devant le tapis rouge et la haie d’honneur. Mais, là encore, un malheur ne vient jamais seul : à Niamey, ils avaient compris à partir de la requête du directeur du protocole qu’il fallait se limiter à placer une seule passerelle à l’arrière du Boeing ! Imaginez le désastre ! A l’intérieur de l’avion,  on se rendit compte de cette bourde lorsque la porte avant de l’appareil était restée verrouillée, plusieurs minutes après l’immobilisation de l’avion.

Quelle méprise !  Ils sont vraiment passés à côté de la recommandation faite par le directeur général du protocole d’Etat ! Un minimum de bon sens interdit quand même de comprendre que celui-ci demande  de faire sortir le président par l’arrière de l’appareil ! Mais, bon, c’est fait, c’est le Destin ! Celui-ci a des signes qui sont là mais qu’il n’est pas donné à tout le monde de déchiffrer valablement.

Ici, on est en face d’un chef d’Etat, qui demeurera chef d’Etat jusqu’au moment de sa descente d’avion et celle-ci se fera par… une porte dérobée, que personne n’a demandée et que nul n’a programmée de la sorte !

Est-ce que tout ça a un sens profond ? Est-ce que les grosses bulles rouges et l’absence de passerelle au bon endroit sont de petits faits anodins sans grande signification ou alors s’agit-il de  présages significatifs mais que seuls pourraient déchiffrer ceux qui ont l’habitude de voir au-delà des faits ?

Je ne prétends pas pouvoir donner de réponses à ces questions. Je me contente seulement de les poser, laissant à chacun le soin de trouver la réponse  qui lui semble convenir.

L’annonce du putsch n’avait pas altéré le calme du président Taya

Mais revenons un peu maintenant à l’avion et à l’arrivée du président Maaouya Ould Taya à Niamey : l’absence de passerelle à l’avant a occasionné un léger désagrément  pour tout le monde. Dans l’avion, on s’est gêné un coup, on s’est  demandé, un instant,  ce qu’il y avait à faire face à ce désagrément. Mais, au fond, rien de grave ! Devant une situation pareille, on n’a pas le choix : on se gratte la tête un bout de temps, on sourit comme pour faire contre mauvaise fortune bon cœur et… on fait avec. Et, comme Maaouya est généralement expéditif, il se résout le plus simplement du monde à se diriger vers la seule issue offerte, quitte  l’appareil et, en même temps, le pouvoir qu’il a dirigé d’une main de maître depuis la journée historique du mercredi 12 décembre 1984, soit depuis 21 années, à ce moment là.

A la descente du président, le cérémonial d’accueil était réduit à sa plus simple expression. Pas de prise d’armes, pas d’hymnes nationaux. Juste un passage sommaire devant la haie d’honneur et une rapide poignée de mains aux personnalités nigériennes de haut rang venues à l’accueil. De passage au salon d’honneur, les deux présidents s’enferment dans une aile isolée tandis que  les autres membres des délégations occupent les salons meublant le pavillon présidentiel.

Assis à côté de ministres nigériens, je me fais surprendre par l’un d’entre eux qui m’interroge sur ce qui s’est passé à Nouakchott. Naturellement, je le déçois parce que je ne suis au courant de rien et je m’aperçois facilement que ma réponse, très évasive, ne le satisfait pas. Me regardant avec beaucoup de commisération, mon ministériel interlocuteur se leva sans coup férir et sera rapidement suivi de ses collègues qui, ne voulant pas risquer de m’annoncer le putsch, ont sûrement choisi de s’éloigner de moi. Resté seul avec un ou deux membres de la délégation mauritanienne, on vit une autre personne, le maître d’hôtel Mohamed Cheikh, venir nous demander les fréquences de radio Mauritanie et, en plus, cette fois, un poste de radio. Là, nous comprimes, pour sûr,  que quelque chose a dû se passer. Là-dessus, je me lève pour rejoindre le directeur du protocole qui échangeait, non loin, avec le Colonel El Hadi Sedigh. A Hamoud, mon ami, qui connaît très bien ma spontanéité, je demande : «que se passe-t-il ? Pourquoi des gens de la grande maison sont-ils venus à plus d’une reprise nous demander les fréquences de Radio Mauritanie ? » Il me répond avec son excès de calme habituel en ces termes : «Non… rien de particulier ;  aujourd’hui, tu sais, c’est la fête nationale du Niger et les autorités des deux pays tiennent à un échange d’émissions radiotélévisées, juste ça, pas de soucis !». Sachant que d’habitude, il essaie de me rouler, je lui fais une tape dans le dos et lui dis : «Hamoud, toi tu n’arrêtes pas de te moquer de moi ? » Il me répond avec sa sérénité à toute épreuve : «Non, il y a un bruit de bottes à Nouakchott depuis les premières heures de la matinée et la situation demeure un peu confuse ». Là-dessus, et me basant sur certaines informations que j’entends depuis longtemps chez un ami versé dans ces histoires là, mais auxquelles  je n’ai jamais prêté un grand crédit, je lui réponds de façon péremptoire : «Non, ce n’est pas un simple bruit de bottes, c’est un coup d’Etat réussi en bonne et due forme et ses auteurs ne sont autres que les colonels Ely Mohamed Vall et Mohamed Abdel Aziz». Le colonel El Hadi écarquilla les yeux mais resta de marbre devant cette affirmation qui, à ce niveau,  ne pouvait être étayée d’aucune preuve. Il est vrai que même si cet ami n’a jamais cessé de me parler de ce coup d’Etat, moi, je ne prenais ce qu’il me disait que pour de fantaisistes bobards. Mais, cette fois, je n’ai pu m’empêcher de penser à cette histoire qu’il ne cessait de ressasser depuis des années. Déjà, trois jours plutôt, lorsqu’on quittait Nouakchott le dimanche 31 juillet dans l’après midi, ce même ami là qui était le dernier à me serrer la main au salon d’honneur, me dit : «je te confie à Allah et L’implore pour qu’Il vous protège. Je te recommande tel et tel versets du Saint Coran». C’est dire combien mon ami là n’arrêtait pas de me parler de ce «coup» qu’il voyait venir et auquel moi je ne croyais pas du tout.

Après un long entretien en tête à tête entre les présidents et sûrement plusieurs appels téléphoniques, les deux chefs d’Etat traversent, en toute sérénité, le grand pavillon d’honneur en direction des limousines qui les attendent.

Cap sur Nouakchott après l’escale de Niamey

Les membres de la délégation  s’engouffrèrent dans les véhicules officiels qui devaient nous déposer dans une maison d’hôtes située juste à côté du palais présidentiel.

En dépit de tous les bobards que j’ai entendus à propos de la conduite du président et de l’attitude avec laquelle il a accusé le coup, il faut dire que, durant toute la journée  qu’on a passée dans la capitale nigérienne, Maaouya Ould Taya était resté d’un imperturbable calme et que rien, de visible du moins,  n’a altéré sa démarche ni sa bonhomie habituelles. A l’aéroport, comme à la villa des hôtes où je l’ai observé de près, la nouvelle du coup d’Etat ne m’a semblé ni ébranler le président ni altérer son calme.

 

 

 

Le président devait occuper la majeure partie de la villa des hôtes et les autres membres de la délégation le reste des lieux où, franchement, on se sentait à l’étroit.

Ayant remarqué cela, le protocole demanda aux gens des médias et à l’équipage de se rendre dans un hôtel de la place. Là, on prit congé de la délégation et on se rendit rapidement à l’hôtel. Il faut dire qu’on en avait besoin pour prendre davantage de nouvelles et nous informer auprès de nos sources. Lorsqu’on prit possession de nos chambres d’hôtel, on fit un tour pour trouver des cartes à puces afin de téléphoner, le Roaming  ne fonctionnant   pas à Niamey. Déception complète : pas de cartes à puce à vendre et donc pas de téléphone ! On revient  à l’hôtel où un steward d’Air Mauritanie vint nous dire à l’emporte-pièce: « dépêchez-vous si vous ne voulez pas rester à Niamey, Air Mauritanie a dit que Maaouya n’est plus président et qu’elle réclame le retour de son avion dans l’immédiat. Alors, venez rapidement !»  Je lui répondis spontanément au nom de l’ensemble du groupe : «Ecoutez, comme vous, nous avons appris le putsch, par conséquent, nous savons que Maaouya Taya a perdu sa qualité de chef de l’Etat, néanmoins – et c’est un minimum –  il demeure chef de cette délégation et dis-toi bien qu’il est hors de question pour nous de partir avant qu’il  nous le dise. Mais ne t’en fais pas pour nous, nous pouvons rentrer par train, par voiture ou par les vols réguliers. Donc, partez, ne nous attendez pas » !

Après une bonne heure à l’hôtel, nous reçûmes un émissaire du président Maaouya, venu nous transmettre ses salutations et nous dire de rentrer au pays. Cet émissaire nous a précisé  que le président et seulement certains membres de la délégation allaient  rester. Là-dessus, on  s’était  demandé s’il était faisable d’aller lui faire nos adieux mais, après concertations, et pour ne pas nous montrer indélicats en ces moments fatidiques,  nous décidions d’y renoncer et de nous préparer pour aller directement à l’aéroport.

Sur place, à l’aéroport, nous avons eu la surprise de ne pas trouver d’avion ! On passa un bon quart d’heure avant que les militaires nigériens, qui avaient mis l’avion en lieu sûr,  ne le ramènent   tracté par un petit engin de remorquage.

On embarqua rapidement. La première classe était vide. Quelqu’un d’assez haut placé invita le Conseiller Elouma à y prendre place à ses côtés mais celui-ci déclina poliment cette offre et lorsque son interlocuteur insista, il trouva l’une de ces répliques qui lui sont connues : «…non, non, tout simplement parce qu’en arrivant, je n’y étais pas ».

Nous regagnâmes Nouakchott en début de soirée. Il n’y avait pas couvre-feu ni de mesures de sécurité particulières. La parenthèse semblait s’être refermée sans coup férir sur ce long  intervalle de 21 ans où la Mauritanie a fait un bonhomme de chemin, diversement apprécié. Sans daigner émettre un quelconque jugement de valeur sur cet intervalle, je me limiterai à déplorer la faillite qui a gangréné les valeurs morales et sapé les fondements de la société mauritanienne, son code d’honneur et les normes comportementales qui la régissaient depuis la nuit des temps.

A Nouakchott, que nous avons retrouvé,  cette faillite était largement perceptible. Les langues s’étaient déliées. Le régime n’a plus eu de fidèles. Tout le monde ou presque lui tire dessus. Même ceux qui rivalisaient d’ardeur dans l’expression de leur soutien au président Maaouya et faisaient la courbette à ses proches, s’en sont souvent donné à cœur joie. Y a-t-il plus décevant ? Imaginez le choc que pareils retournements de vestes  peuvent produire chez tout dirigeant  qui se croyait adulé par tout un peuple!

Resté à Niamey pour 3 ou 4 jours, le président Maaouya a, malgré son incommunicabilité habituelle, fini par se confier sommairement à une chaîne de télévision, mais à ce qui a été dit, c’était une mauvaise sortie. Le président devait se rendre par la suite à Banjul pour un bref séjour au terme duquel il devait prendre le chemin de Doha où il s’est installé durablement et où, m’a-t-on dit, il répugne même à  voir les Mauritaniens. Et pour cause ! Pour lui, nous, Mauritaniens, nous l’avons trahi, notre peuple l’a désavoué au moment où il s’y attendait le moins.

Il a eu d’abord du mal à admettre que ses proches soient, eux-mêmes, ses tombeurs, que ses amis d’hier deviennent, aujourd’hui,   ses pires ennemis. Incroyable, tout ça, non ?

En fait, ici, le peuple excelle dans l’art de flouer les dirigeants  en leur faisant croire qu’ils sont irremplaçables, que le peuple vit par eux et pour eux et  que, sans eux, tout va  s’écrouler. En  prêtant une oreille attentive aux flagorneurs et aux hypocrites de tous bords,  les dirigeants se font toujours avoir mais ne s’en rendent compte qu’au moment  où c’est perdu et où il devient tard pour eux de rectifier le tir.

Cette duplicité atavique, Maaouya en a fait les frais en 2005. Il ne sera, hélas, sûrement pas le dernier. Les mêmes chants des sirènes auxquels il  a cédé, continueront inexorablement d’envoûter tous ses successeurs qui passeront tous par la même porte.

Et ça a l’air de ne jamais finir, comme ce voyage du président Maaouya qui se poursuit encore 13 ans après…Sauf si 2019 apportera du nouveau. Si, à cette date, le pays arrive à connaître une vraie alternance, tout ira certainement pour le mieux et, en ce moment là, Maaouya pourra, pourquoi pas, songer au retour au pays.   Mais le problème est que beaucoup de bruit court à propos de cette alternance qui ne cesse d’être de plus en plus hypothétique. Au point  que  certains ministres en sont arrivés à dire qu’il n’y aura même pas de… 2019 en Mauritanie. Même le calendrier n’en sort pas indemne !

Source : lecalame.info (Mauritanie)

 

Le secrétaire général de la CENI : Le RAVEL s’est déroulé dans d’excellentes conditions

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Le secrétaire général de la CENI : Le RAVEL s’est déroulé dans d’excellentes conditions M. Ahmed Mohamed Khayrou, secrétaire général de la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) a souligné que les opérations de Recensement Administratif à Vocation Electorale (RAVEL) ont pris fin hier comme prévu.

Le nombre de personnes inscrites sur la liste électorale provisoire a atteint un million 428 mille inscrits, un chiffre qui dépasse les prévisions. Il a précisé que le Ravel a commencé le 1er juin et pris fin le 31 juillet et visé le recensement de l’ensemble des mauritaniens et mauritaniennes ayant atteint l’âge de 18 ans et plus au moment du scrutin et disposant de leur carte nationale d’identité biométrique.

Ce recensement s’est déroulée, sous la supervision de la CENI, dans d’excellentes conditions, dans le calme grâce à la conjugaison des efforts de toutes les parties: autorités administratives, partis politiques, société civile et peuple mauritanien dans toutes ses composantes.

M. Ould Khayrou a exprimé son regret à l'endroit de tout celui qui n’a pas pu s’inscrire car le temps ne permet pas de proroger les délais de ces opérations.

Le secrétaire général a réaffirmé que la commission va entamer la mise en œuvre des autres phases avec, au premier chef, l’opération de vérification de la liste provisoire pour évoluer vers une liste définitive et ensuite la conception des cartes d’électeur pour ces échéances législatives, régionales et municipales avant de remercier tout celui qui a contribué de près ou de loin à la réussite de cette première phase importante en dépit du temps court qui lui a été consacré.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Élections/RAVEL : Le Trarza domine avec le nombre d’inscrits (Source)

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Élections/RAVEL : Le Trarza domine avec le nombre d’inscrits (Source) Le nombre d’électeurs inscrits sur les listes du RAVEL, lundi 30 juillet, était d’1.335.729 dont 161.912 dans la wilaya du Trarza, nous renseigne une bonne source.

Lundi, en fin de journée, 6592 électeurs se sont inscrits dans un bureau du RAVEL ouvert quelque part dans le Trarza, selon le site Tiguent qui rapporte l’information.

A en croire que ces nombres nous sont communiqués quelques heures avant la clôture de ce Ravel prévue, ce mardi 31 juillet, à minuit, selon nos informations.

En date du lundi 30 juillet

Hodh Echarghi 144 190

Hodh ElGharbi 113 720

Assaba 124 983

Gorgol 105 668

Brakna 138 282

Trarza 161 912

Adrar 41 989

Nouadhibou 64 705

Tagant 39 591

Guidimakha 69 910

Tiris Zemour 24 365

Inchiri 15 841

Nouakchott-Ouest 85 994

Nouakchott-Sud 104 066

Nouakchott-Nord 100 603

Total : 1.335.729 inscrits

Source : Tawary (Mauritanie)

 

 

Ould Boulkheir tête de liste de son parti aux prochaines élections

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Ould Boulkheir tête de liste de son parti  aux prochaines élections Le Bureau Exécutif de l’Alliance Populaire Progressiste (APP) a choisi son président Messaoud Ould Boulkheir pour diriger sa liste pour les prochaines législatives de septembre 2018.

Ould Boulkheir avait occupé par le passé le poste de Président de l’Assemblée nationale, rappelle-t-on. C’est le leader Mariem Mint Yargueit qui a été également choisie tête de liste des femmes de l’APP.

A propos de la liste régionale de Nouakchott, c’est le leader Sghair Ould Atigh qui a été investi tête de liste.

L’APP a enregistré dernièrement la démission de plusieurs de ses adhérents dont la députée Malouma Mint Bilal, portée candidate au nom du parti Moustaghbel à la mairie de Tevragh-Zeina et à la liste nationale des femmes.

Traduit de l’Arabe par
Cridem
Source : Alakhbar (Mauritanie)

 

 

A l’approche des élections générales, la CENI multiplie les bourdes

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A l’approche des élections générales, la CENI multiplie les bourdes Une Commission électorale nationale indépendante (CENI) non consensuelle, décriée, incompétente et ignorante de ses missions.

Voilà l’institution qui va présider dans quelques mois à des élections décisives dans l’histoire de la Mauritanie. Depuis sa création, elle multiplie les bourdes en se faisant taper deux fois sur les doigts par la Chambre administrative près de la Cour suprême.

Près de deux mois après leur désignation, les membres de la CENI ne semblent pas toujours au frais de leurs prérogatives. La première décision que cette institution avait prise il y a plus d’une semaine, c’était de reporter de quatre jours, bien au-delà des délais légaux, la date de clôture du dépôt des candidatures pour les municipales et législatives de septembre 2018. Et elle se fendit au besoin par un communiqué largement diffusé.

Mais mal lui en sera pris, car quelques heures plus tard, le gouvernement par l’entremise du Ministère de l’Intérieur introduisit une plainte auprès de la Chambre administrative près de la Cour Suprême qui annula cette décision de report. Ce qui obligea la CENI à se fendre d’un deuxième communiqué, pour annoncer que la mesure qu’elle avait prise était nulle et non avenue. Mais le mal a déjà été fait, car plusieurs candidats qui avaient pris acte de la première décision, seront pris au dépourvu. Les listes qu’ils pensaient pouvoir déposer en faveur de la clémence de la CENI, ne le seront jamais.

Quelques jours plus tard, la CENI se fera rappeler à l’ordre. En effet, sa décision d’instituer l’inscription à distance sur les listes électorales pour les prochaines élections a été également annulée par la Chambre administrative près de la Cour Suprême.

Avec de telles bourdes, ajoutées à la démission de son président pour dit-on, raison de santé, et la nomination d’un ancien opposant en la personne de Mohamed Vall Ould Bellal, ex-ministre des Affaires étrangères durant les périodes les plus sombres de l’histoire de la Mauritanie, en disent long sur une CENI dont on doute fort de sa capacité à mener dans les règles de l’art, des consultations cruciales où pour la deuxième fois dans l’histoire du pays, les Mauritaniens auront peut-être l’opportunité de vivre d’importants bouleversements politiques et une alternance qui déterminera leur avenir.

Cheikh Aïdara

Source : Le Courrier du Nord (Mauritanie)

 

 

 

L’Espagne salue les efforts de la Mauritanie en matière de sécurité

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L’Espagne salue les efforts de la Mauritanie en matière de sécurité Le ministre de l’Intérieur espagnol, Fernando Grande-Marlaska Gomez, a indiqué que son pays est bien conscient de l’ampleur de la responsabilité qui incombe à la Mauritanie et des efforts que celle-ci déploie pour faire face aux défis communs dans le domaine sécuritaire.

Les réseaux terroristes et ceux des autres formes de crime organisé s’efforcent à développer leurs outils de travail et leurs plans d’action pour parvenir à leurs desseins criminels dans la région, a expliqué M. Gomez au cours d’une réunion de travail avec son homologue mauritanien, Ahmedou Ould Abdallah, lundi à Nouakchott.

Arrivé aujourd’hui à Nouakchott pour une visite d’un jour, le responsable espagnol a rappelé que la coopération sécuritaire entre les deux pays est vieille de 12 ans, considérant qu’elle a donné des résultats « très positifs ».

Madrid sera toujours à la hauteur des attentes de Nouakchott dans ces domaines, a-t-il souligné.

S’exprimant à la même occasion, le ministre de l’Intérieur mauritanien a indiqué que l’accord de coopération sécuritaire entre les deux pays avait été signé le 26 mai 2015 à Madrid pour constituer une base solide d’un partenariat efficace.

Cet accord porte notamment sur la lutte contre le terrorisme, le crime organisé et l’immigration illégale, avec ce que cela requiert comme échange d’informations, appui technique, formation, détection et prévention des catastrophes, etc..

L’accord liant Nouakchott et Madrid prévoit notamment que la Mauritanie empêche toute tentative d’émigration illégale vers l’Espagne à partir de son territoire ou de ses eaux.

Dans ce cadre, les forces de sécurité mauritaniennes bénéficient d’une assistance technique et logistique espagnole conséquente, surtout dans le domaine de la surveillance maritime.

Source : Apanews

 

Le ministre espagnol de l’intérieur entame une visite de travail en Mauritanie

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Le ministre espagnol de l’intérieur entame une visite de travail en Mauritanie Le ministre espagnol de l’intérieur, M. Juan Ignacio Zoido est arrivé, lundi à Nouakchott dans le cadre d’une visite de travail en Mauritanie qui dure un seul jour.

Il a été accueilli à l’aéroport international Oumtounsy par le ministre de l’intérieur et de la décentralisation, M. Ahmedou Ould Abdalla et l’ambassadeur espagnol accrédité en Mauritanie SEM. Jesus Santos Aguado.

La visite comprend des réunions de travail avec les autorités administratives et de sécurité de Nouakchott et Nouadhibou pour connaître les derniers développements dans le cadre des relations entre les deux pays amis, notamment dans le domaine de l'immigration illégale et de la lutte contre la criminalité transfrontalière.

Source : Agence Mauritanienne d'Information

 

Plus que trois avant la fin du RAVEL : La CENI osera-t-elle jouer les prolongations ?

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Plus que trois avant la fin du RAVEL : La CENI osera-t-elle jouer les prolongations ? Plus que 72 heures avant la fin du recensement à vocation électorale organisé par la CENI et confiée à l’office national des statistiques (ONS).

Démarré il y a bientôt deux mois, le RAVEL aura accusé des retards à l’allumage à l’intérieur du pays. Les agents recenseurs ont mis du temps à visiter certaines localités et à Nouakchott, les citoyens ne se sont pas bousculés dans les bureaux, contrairement à l’engouement lors de enregistrement des adhérents à l’UPR, il y a déjà quelques mois.

Il est difficile de connaître aujourd’hui le nombre d’inscrits. Le site de la CENI étant accessible ; Rien sur celui de l’ONS. Mais, à en croire certains chiffres circulant sur les réseaux sociaux, il aurait atteint 961.814 au niveau national, le 25 juillet.

Pour faciliter la tâche aux citoyens des centres urbains, désireux de voter dans leurs villages, la CENI avait adopté l’inscription à distance, comme celui expérimenté par l’UPR. Ce fut l’affluence dans les bureaux ouverts à cette occasion, contrairement aux bureaux des différentes communes de Nouakchott où les agents recenseurs se rongeaient les ongles parce qu’ils n’avaient presque rien à faire. Les citoyens ne venaient qu’au compte-gouttes.

En dépit des affluences observées, la CENI a été contrainte de fermer lesdits bureaux, 48 h après leur ouverture. Comme elle avait été obligée de revenir sur la décision de proroger la date de dépôt des listes candidates. Le gouvernement redoutait de voir la majorité des populations des gros centres urbains comme Nouakchott, Nouadhibou préférer voter chez eux.

Pour sa part, l’opposition rassemblée au sein de l’alliance électorale de l’opposition démocratique (AEOD) a dénoncé les lenteurs des opérations d’enregistrement. Le président du FNDU, Mohamed Ould Mouloud déclarait, il ya quelques semaines qu’il était techniquement impossible de tenir le délai du 1er septembre pour organiser les élections, sauf si, redoute-t-il, l’UPR ne convertisse ses 1, 2 millions d’adhérents en potentiels électeurs.

La question que l’on se pose aujourd’hui est de savoir, 48 H avant la fin de l’opération si la CENI ose jouer les prolongations.

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

Présidentielle au Mali : les électeurs appelés aux urnes après une campagne tendue

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Dimanche, les électeurs maliens se rendent aux urnes pour élire leur président. Ils ont le choix entre 24 candidats qui ont sillonné le pays du 7 au 27 juillet pour les convaincre. Retour sur une campagne électorale mouvementée.

Depuis vingt jours, affiches, spots publicitaires, apparitions médiatiques et meetings ont plongé le pays tout entier dans une ferveur particulière, qui s’est aussi transformée en polémique durant la dernière semaine de mobilisation. Le 20 juillet, Tiébilé Dramé, directeur de campagne de Soumaïla Cissé, principal rival du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta, évoquait l’existence d’un fichier « parallèle » avec près de 1,2 million d’électeurs fictifs sur environ 8 millions d’inscrits.  Et dénonçait également une « préparation de fraudes » de la part du gouvernement.

Jeudi dernier, le Premier ministre a donc rencontré des mandataires de candidats à la présidentielle afin d’échanger sur cette controverse. Sans succès. Une dizaine d’entre eux, dont le représentant de Soumaïla Cissé, ont quitté la rencontre, exigeant une réunion avec les candidats et la communauté internationale. Ce 28 juillet, à la veille du scrutin, une autre rencontre a eu lieu avec l’ensemble des candidats afin de rétablir la confiance entre les différents acteurs.

Les premiers résultats du scrutin maximum 48 heures après le vote

Les premiers résultats du scrutin sont attendus maximum 48 heures après le vote, et les résultats officiels provisoires le 3 août au plus tard. Le 12 août est la date prévue pour un éventuel second tour…

En attendant, c’est sur un air de fête que la campagne s’est achevée à Bamako, vendredi 27 juillet au soir. Les candidats ont réunis une dernière fois leurs militants avant de les appeler à voter dimanche. La pluie n’a par exemple pas dissuadé la centaine de partisans réunis sur la place du cinquantenaire, au bord du fleuve Niger. Les artistes se succèdent et dans la foule, les pancartes et les slogans appellent de leurs vœux le « Ta ko kelen », une victoire au premier tour du président sortant Ibrahim Boubacar Keïta.

Pour le dernier jour de campagne, l’alliance Ensemble pour le Mali (EMP) qui soutient la candidature de IBK a vu les choses en grand. Plusieurs députés et membres du gouvernement, dont le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga, ont fait le déplacement. « J’ai trouvé un État presque inexistant. Aujourd’hui, il n’y a plus de guerre au Mali. Notre armée est mieux équipée », martèle IBK, vêtu d’un boubou blanc. « Et ils veulent faire croire le contraire dans une certaine presse étrangère », ajoute-t-il, faisant allusion à ses opposants.

De leur côté, les petits candidats ont été beaucoup moins visibles

La veille, c’est à Mopti que le candidat Soumaila Cissé tenait un avant-dernier meeting, devant 10 000 militants, selon les organisateurs. « Notre nation est meurtrie et fracturée, notre république est affaiblie et fissurée, notre pays est humilié et paupérisé, notre pays va mal, il est même à l’agonie », a lancé Soumaïla Cissé dans un stade conquis à sa cause. « Mon programme est basé sur la recherche de la sécurité, la paix et la réconciliation des Maliens et entre les Maliens et les institutions de l’État qui ne sont pas aujourd’hui au service des populations malheureusement», a poursuivi le chef de file de l’opposition.

De leur côté, les « petits candidats », eux, ont été moins visibles. Housseini Hamion Guindo, président de la Convergence pour le développement du Mali (Codem) qui compte cinq députés au Parlement et a remporté 5% des suffrages à la présidentielle de 2013, dit avoir mené une campagne « directe ». Pas de tournée, aucun meeting, seules quelques affiches de lui dans le quartier populaire de Yirimadjo, sur la route de Ségou sont visibles.

La question de l’insécurité dans le centre du Mali

« Nous n’avons pas les même moyens que les deux principaux candidats mais nous comptons sur notre point fort : la Codem est un parti populaire. Je ne suis pas un homme à présenter. Je suis de Sikasso, ma famille y habite encore et je suis régulièrement sur le terrain. Pendant que les militants de base font campagne dans les régions, j’ai passé les deux semaines à Bamako, où je suis moins connu, pour convaincre », explique le candidat.

La question de la campagne dans les zones du pays occupées par des groupes jihadistes et le centre où l’insécurité règne a finalement été résolue. Du moins, pour les gros candidats qui ont tous réussi à tenir un meeting dans chaque grande ville du pays, de Sikasso à Kidal. IBK et son principal challenger, Soumaïla Cissé, se sont par exemple tous deux rendus à Kidal, où ils ne s’étaient plus rendus depuis la campagne présidentielle de 2013.

Un incident est à déplorer cependant. Une des équipes de campagne du riche homme d’affaires Aliou Boubacar Diallo a été victime d’une attaque dans la nuit du dimanche 22 au lundi 23, dans le cercle de Nara, près de la Mauritanie. Aucune perte en vie humaine n’est à déplorer, mais les assaillants ont volé trois véhicules et brûlé un quatrième.

Des Peuls visés dans une attaque attribuée à des dozos

Le ministre de la Sécurité, Salif Traoré, a annoncé que 30 000 hommes (FMS, FAMAS, MINUSMA, Barkhane et groupes signataires de l’accord de paix), regroupés au sein d’un Comité de sécurité, seront déployés pour la sécurisation du scrutin le 29 juillet. À Kidal, c’est la CMA qui s’occupera de la sécurisation de l’élection le jour du vote.

Mais les violences persistent dans le centre du pays et pourraient avoir un impact sur la participation dans ces régions où les bureaux de vote sont parfois éloignés des villages. Mercredi, au moins trois civils peuls ont été tués lors d’une attaque attribuée à des chasseurs traditionnels dozos, selon des sources sécuritaires et associatives.

Source : jeuneafrique.com

 

La Mauritanie aura 20% des recettes de son gaz (ministre)

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La Mauritanie aura 20% des recettes de son gaz (ministre)Le ministre mauritanien du Pétrole, de l’Energie et des Mines, Mohamed Ould Abdel Vettah, a annoncé que la part de son pays dans les recettes de la production du gaz atteindrait 20% en vertu de l’accord conclu avec les sociétés chargées de l’exploitation de cette énergie.

Le ministre qui s’exprimait lors d’un point de presse, jeudi soir à Nouakchott, a ajouté que la Mauritanie, conformément à l’accord, verra ses revenus s’accroitre progressivement contre un rétrécissement graduel de ceux des sociétés en charge de l’exploitation.

Découvert en 2015 à cheval entre la Mauritanie et le Sénégal, le champ de gaz Grand Tortue/Ahmeyim dont les réserves sont estimées entre 15 et 20 billions de pieds cubes est exploité par un consortium mondial comprenant BP et Kosmos Energy. Sa première production est attendue en 2021.

L’accord conclu avec ces sociétés est l’un des meilleurs du genre dans le monde, a soutenu Ould Abdel Vettah avant de rappeler qu’il a été signé le 9 février 2018 entre la Mauritanie et le Sénégal sur la base d’un partage fifty-fifty des coûts de développement, de la production et même de la réhabilitation du champ pour chacun des deux pays.

L’accord prévoit également un plan d’action renouvelé chaque 2 ans dans le but de favoriser l’émergence de ressources nationales exploitables dans les deux Etats, de limiter le recours au personnel étranger et d’encourager la naissance de fournisseurs de prestations et de biens entre les deux Etats qui soient capables de satisfaire les exigences de l’industrie pétrolière, aussi bien en terme de qualité que de critères.

Au chapitre des retombées positives, le ministre mauritanien a aussi cité l’approvisionnement des marchés locaux en gaz naturel et la création par Nouakchott et Dakar d’une commission consultative pour faciliter la mise en œuvre du suivi de l’accord et traiter tous les aspects liés au développement du champ.

Apanews
Source : Journal du Cameroun

 

 

Heures sombres à l’UPR : Le début de la fin ?

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Heures sombres à l’UPR : Le début de la fin ? Le docteur Mohamed Lemine Ould Cheikh, porte-parole du gouvernement, vient de déclarer que l’actuel président de la République ne quittera pas le pouvoir, à la fin de son deuxième et dernier mandat, en dépit de la Constitution qui limite le mandat présidentiel à deux.

Ce n’est pas la première fois que le ministre s’avance à telle annonce. Cet énième remake intervient quelques semaines après les déclarations de l’intéressé, sur les antennes de France 24, réaffirmant qu’il respectera les termes de la Constitution et qu’un troisième mandat ne le tente pas.

Ould Abdel Aziz ne dit pas plus que ce que dit la Constitution. Ce n’était donc pas un scoop mais certains ne comprennent pas et veulent le pousser à parjurer. À quelle fin ? Le nouvel écart du ministre scandalise en tout cas l’opposition et le FNDU l’a fait savoir. Elle demande même à traduire Ould Cheikh devant la justice.

Divers responsables n’ont pas hésité à parler de « provocation » et se demandent si le ministre n’a pas reçu l’aval de son patron… qui se refuse de le sanctionner, conformément à l’usage, sous d’autres cieux. Un peu curieux, cependant, dans une démocratie. Même bananière !

Agenda perturbé

Mais, à la différence des précédentes sorties d’Ould Cheikh, celle de jeudi dernier tombe dans un contexte particulièrement délicat pour la Mauritanie. Les citoyens sont appelés à renouveler leurs mandataires municipaux, régionaux et nationaux (députés). Le scrutin est fixé au 1er Septembre prochain.

Plus l’échéance approche, plus la tension monte, entre le pouvoir et son opposition dite radicale qui a décidé de participer aux élections. Elle y va avec, pour la première fois, de fortes alliances, parfois coalisées.

En dépit du patron de l’UPR qui l’en croit incapable, elle présente des listes un peu partout dans le pays. Tawassoul, actuel premier parti de l’opposition parlementaire, en a monté, à lui seul, cent cinquante-six.

La décision de l’opposition de prendre part aux élections semble avoir perturbé l’agenda du pouvoir qui s’attendait à un autre boycott qui lui aurait grand ouvert les portes, ainsi qu’à ses partis satellites.

C’est d’abord pour empêcher le pouvoir de « se maintenir par la fraude », comme le rappelaient, de concert, Ahmed Ould Daddah et Mohamed Ould Maouloud, lors d’une récente conférence de presse au siège du RFD, que les partis de l’opposition ont scellé des alliances entre leurs différentes coalitions.

L’Alliance Électorale de l’Opposition Démocratique (AEOD) rassemble ainsi le FNDU, le RFD-UNAD, l’IRA-Sawab, le CDN et Al Watan-RD, affichant sa détermination à entrer, en masse, à l’Assemblée nationale et à lutter contre la fraude dont elle suspecte le pouvoir, lors des prochaines consultations. Sa faiblesse : un cruel manque de moyens financiers, avec de fortes disparités entre ses divers partis.

Côté pouvoir, si l’argent ne fait pas défaut pour battre campagne – les nouveaux hommes d’affaires sont prompts à décaisser… – le choix de ses candidats et la grogne qui s’en est suivie, avec quelques dissidences en corolaire, ont formé une équation à plusieurs inconnues. Les querelles de tendances, réapparues de plus belle lors de la dernière campagne d’implantation du parti-état, ont ébranlé ses rangs.

Si la composition des listes, pour les municipales et les régionales, semble passée sans grand accroc, le choix des députés exacerbe tant les tensions que l’UPR aurait envisagé de le « rééquilibrer ». La manœuvre consisterait à substituer, aux candidats déjà investis par le parti, des candidats membres de tendances rivales.

On annonce que ses instances, dont la commission d’investitures, seraient en conclave pour peaufiner une nouvelle mouture. Le député sortant de M’Bagne, Belou Bâ, a ainsi annoncé, samedi dernier, à ses sympathisants, lors d’une rencontre chez lui à Niabina, qu’il a été reconduit à la place de Cheikh Dia, précédemment retenu.

Selon des informations concordantes, l’homme avait informé, mécontent de sa non-reconduction, qu’il quittait l’UPR pour l’UDP, invitant ses supporters à le suivre.

En laissant entendre qu’il s’employait à « rééquilibrer » ses listes, l’UPR espère retenir les mécontents dont bon nombre auraient choisi de se faire investir sous d’autres couleurs, pour les municipales et les législatives. Selon diverses sources, d’autres sont à l’affût.

Du jamais vu sous le magistère du PRDS. Une fois les candidatures annoncées, les mécontents prenaient le large avant de revenir, à la maison, une fois élus sous d’autres couleurs ou en indépendants.

Pourtant, c’est le même UPR qui avait déclaré, lors de sa campagne de réimplantation, que le choix des candidats relevait, désormais, exclusivement des structures de base (unités de base, sous-section et section) majoritaires. Pourquoi revenir, aujourd’hui, sur cette décision ? S’il y a eu des irrégularités, pourquoi le parti ne sévit-il pas ?

En procédant à un « rééquilibrage », l’UPR ne risque-t-elle d’ouvrir une boîte de pandore ? Comment gérera-t-elle les « défalqués » ? Ce parti est suffisamment ébranlé pour en ajouter une couche.

Ce faisant, il risque d’ouvrir le couloir, non seulement, à d’autres partis de la majorité présidentielle, comme l’UDP qui recrute bien les défalqués et certains « recommandés » comme El Karama ou Sursaut, mais, aussi, à des partis de l’opposition dite radicale, comme Tawassoul ou le RFD, et, dans une certaine mesure, l’UFP, El Moustaqbel, le MPR, etc.

Un parti en lambeaux

Autre difficulté, pour le pouvoir, la gestion, jugée calamiteuse par l’opposition, du processus électoral. En plus d’être non inclusive, la CENI a prouvé, avec la réaction du pouvoir à sa décision de proroger la date de dépôt des listes candidates pour les municipales, régionales et législatives, après concertation avec les partis politiques impliqués et l’inscription à distance sur les listes électorales, combien sa marge de manœuvre est limitée par le gouvernement.

Ces décisions pouvaient calmer, un peu, l’opposition, en lui donnant le temps de confectionner ses listes et, aux urbains, surtout celui de se rendre chez eux pour voter. Mais, très vite contestées par le ministère de l’Intérieur, elles ont été déclarées illégales par la Cour suprême.

Et, en dépit de la décision de la CENI de maintenir, lors de sa réunion de samedi dernier, l’inscription à distance, les bureaux ouverts à cette fin sont restés fermés, depuis vendredi. On n’y comprend plus rien. Surtout côté opposition où l’on fait feu de tout bois, pour accuser le pouvoir d’instrumentaliser la CENI qui vient de changer de président.

Ould Bellal, ancien président du FNDU qui pourfendait, il y a peu, le régime en place, vient d’être porté à la tête de cet organe d’organisation et de contrôle des élections.

Selon plusieurs observateurs, la remise du 3èmemandat sur le tapis, par le porte-parole du gouvernement, tend surtout à calmer le jeu, au sein de la majorité, éviter ce qu’un journaliste appelle le risque de « débandade » dans les rangs de l’UPR.

En effet, explique un de ces analystes, l’UPR ne tient qu’à la présence du président Ould Abdel Aziz qui a tenté, dix ans durant, d’en faire un vrai parti politique. Presque en vain. Certains responsables de l’UPR lui font porter la responsabilité de tous les aléas.

Le porte-parole du gouvernement aurait-il entendu que les choses n’allaient pas bien, au sein du parti-État, et qu’il fallait ressouder les rangs autour du Président ? Au final, une menace à peine voilée, donc, à l’endroit de ceux qui voudraient quitter le navire, puisque le président de la République s’était dit résolu, lui, à le faire, en 2019…

Dalay Lam
Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

Communiqué du Conseil des Ministres du Jeudi 26 Juillet 2018

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Communiqué du Conseil des Ministres du Jeudi 26 Juillet 2018Le Conseil des Ministres s'est réuni le Jeudi 26 juillet 2018 sous la Présidence de son Excellence Monsieur Mohamed Ould Abdel Aziz, Président de la République.

Le Conseil a examiné et approuvé un projet de loi autorisant la ratification de l’accord de coopération Inter-Etat signé le 09 février 2018 à Nouakchott, entre la République Islamique de Mauritanie et la République du Sénégal portant sur le développement et l’exploitation des réservoirs du champ Grand Tortue/Ahmeyim.

Le présent projet de loi a pour objet la finalisation de la procédure de ratification de l'Accord de Coopération Inter-états (ACI) entre le Gouvernement de la République Islamique de Mauritanie et le Gouvernement de la République du Sénégal portant sur le développement et l'exploitation conjoints du champ Grand Tortue/Ahmeyim(Champ GTA), signé à Nouakchott le 09 février 2018.

Cet accord confirme la volonté commune des gouvernements des deux pays de promouvoir leur coopération bilatérale dans le domaine des hydrocarbures bruts à travers l'autorisation du développement et de l'exploitation conjoints des réservoirs du Champ GTA.

Le Conseil a également examiné et adopté les projets de décrets suivants:

-Projet de décret portant approbation du contrat d’exploitation-production portant sur le bloc C-10 du bassin côtier, signe le 23 juillet 2018 entre l’Etat Mauritanien et la société Shell Exploitation and Production Mauritania C10 B.V.

-Projet de décret portant approbation du contrat d’Exploitation-Production portant sur le bloc C-19 du bassin côtier signe le 23 juillet 2018 entre l’Etat Mauritanien et la société Shell Exploitation and production Mauritania C19 B.V.

-Projet de décret portant nomination des membres du Conseil d’Administration de l’Ecole Nationale de la Santé Publique de Kiffa.

-Projet de décret portant nomination des membres du Conseil d’Administration du Centre National d’Orthopédie et de Réadaptations Fonctionnelles.

-Projet de décret portant nomination des membres du Conseil d’Administration du Centre Hospitalier d’Atar.

-Projet de décret portant approbation et déclaration d’utilité publique le plan de lotissement de la Zone d’Habitat et d’Activités Commerciales et Administratives Ouest Tevragh Zeina (ZHACA-TZO).

Le Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération a présenté une communication relative à la situation internationale.

Le Ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation a présenté une communication relative à la situation intérieure.

Enfin, le Conseil a pris les mesures individuelles suivantes:

Ministère Délégué auprès du Ministre de l'Economie et des Finances chargé du Budget

Cabinet du Ministre

Conseiller en matière des Assurances: Ba Adama Moussa, précédemment Directeur du Contrôle des Assurances.

Administration Générale

Direction du Contrôle des Assurances

Directeur: Nagi Sidi Bouna, précédemment Directeur Adjoint des Dépenses Communes à la Direction Générale du Budget.

Directeur Adjoint: Lefghihe Ahmed Elhadi Babiya, précédemment cadre au Ministère de l'Intérieur et de la Décentralisation.

Direction chargée des Dépenses Communes

Directeur Adjoint: Salek Jelal, précédemment Directeur Adjoint du Suivi- Evaluation au Ministère de l'Economie t des Finances.

Source : AMI