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Politique dans le Monde

Trump: les USA détermineront dans les prochains jours qui a tué Khashoggi

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Trump: les USA détermineront dans les prochains jours qui a tué KhashoggiLe président américain Donald Trump a déclaré samedi que les Etats-Unis détermineraient dans les prochains jours qui a tué le Saoudien Jamal Khashoggi, assassiné le 2 octobre au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul.

Parlant à des journalistes à Malibu (Californie), où il a visité samedi des zones ravagées par les incendies, M. Trump a annoncé qu'un "rapport complet" sur le point de savoir "qui l'a fait" serait achevé "dans les deux prochains jours", soit dimanche ou lundi, puis il a mentionné un délai différent, "lundi ou mardi".

Quelques heures plus tôt, Heather Nauert, porte-parole du département d'Etat américain, a déclaré que les Etats-Unis n'avaient, à ce stade, abouti à aucune "conclusion définitive" sur les responsabilités dans l'assassinat de Jamal Khashoggi.

Elle réagissait à des informations du Washington Post et du New York Times, qui citent des sources anonymes selon lesquelles la CIA a conclu que c'était le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane qui avait commandité l'assassinat du journaliste.

Heather Nauert a déclaré qu'au moment où elle parlait il était prématuré de désigner tel ou tel responsable.

"Les récentes informations selon lesquelles le gouvernement américain a abouti à une conclusion définitive sont inexactes", a-t-elle indiqué dans un communiqué. "Nombre de questions sans réponses demeurent".

Source : Romandie News

 

Le prince héritier saoudien a ordonné le meurtre de Jamal Khashoggi, selon la CIA

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Le prince héritier saoudien a ordonné le meurtre de Jamal Khashoggi, selon la CIACette information contredit les récentes affirmations du royaume saoudien, qui a totalement dédouané Mohammed ben Salmane.

Les conclusions de la CIA sont accablantes. Selon l'agence américaine de renseignements, le prince héritier d'Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane ("MBS"), a ordonné l'assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, en octobre, au consulat de son pays à Istanbul (Turquie).

Cette révélation est faite par le Washington Post, dans lequel écrivait régulièrement le journaliste critique de Riyad, et confirmée par une source proche du dossier à Reuters. Cette information contredit les récentes affirmations du royaume saoudien, qui a totalement dédouané "MBS".

Un appel du frère du prince héritier au journaliste

Pour parvenir à ces affirmations, précise le Washington Post, la CIA a notamment examiné un appel entre le frère du puissant prince héritier – également ambassadeur saoudien aux Etats-Unis – et Jamal Khashoggi, qui vivait en exil aux Etats-Unis. Selon le quotidien de Washington, Khaled ben Salmane a conseillé à Jamal Khashoggi de se rendre au consulat saoudien à Istanbul, lui assurant qu'il ne lui arriverait rien. Le quotidien ajoute que Khaled ben Salmane a passé ce coup de fil à la demande de son frère, mais précise qu'il n'est pas clair qu'il était au courant que Jamal Khashoggi serait ensuite assassiné.

Khaled ben Salmane a très rapidement réagi, sur son compte Twitter, à ces accusations, en réfutant fermement les allégations du Washington Post. "C'est une accusation grave qui ne devrait pas être laissée à des sources anonymes", dénonce-t-il, accompagnant son tweet d'un communiqué qu'il dit avoir transmis au journal. "A aucun moment, le prince Khaled n'a discuté de quoi que ce soit avec Jamal à propos d'un voyage en Turquie."

Franceinfo avec AFP et Reuters
Source : Francetvinfo

 

 

Israël: le ministre de la Défense démissionne après le cessez-le-feu à Gaza

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mediaLe ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman a annoncé sa démission ce mercredi 14 novembre. Il s’oppose à l’accord de cessez-le-feu avec le Hamas. Et provoque ainsi une crise ministérielle au sein du gouvernement du Premier ministre Benyamin Netanyahu.

Avec notre correspondant à JérusalemMichel Paul

L’information circulait depuis ce mercredi matin. C’est maintenant chose faite. Le ministre israélien de la Défense Avigdor Lieberman, le chef d'Israël Beitenou, parti russophone, a présenté sa démission au lendemain de l’accord de cessez-le-feu. Et dans la foulée, il appelle à des élections anticipées le plus tôt possible.

« En ce qui me concerne, ce qui s'est passé hier, le cessez-le-feu et avant, les négociations avec le Hamas, c'est une capitulation face au terrorisme. Il n'y a pas d'autre définition, pas d'autre signification. Une capitulation face au terrorisme », répète M. Lieberman. Sa démission entrera en vigueur dans 48 heures. Reste à voir si son parti restera au sein de la coalition.

Avant même la conférence de presse du ministre de la Défense, l’entourage de Benyamin Netanyahu a réagi et a prévenu qu’à ce stade et jusqu’à nouvel ordre, le portefeuille de la défense restera aux mains du Premier ministre. Il n’est par ailleurs « pas nécessaire non plus d’avancer les élections », indique un proche conseiller de Benyamin Netanyahu.

Avigdor Lieberman a également fait état une série de différends avec Netanyahu, notamment sur le dossier du village bédouin de Khan al-Ahmar. Plusieurs commentateurs font remarquer que le message qui se cache derrière cette démission est problématique : « Les 500 missiles tirés depuis Gaza ces derniers jours ont provoqué le départ de Lieberman et Netanyahu est un chef de gouvernement faible. »

Le Hamas, pour sa part, s’est félicité de cette démission. Le mouvement au pouvoir dans l’enclave estime que c’est « une victoire politique pour Gaza qui a réussi, par sa résistance, à ébranler la scène politique » israélienne.

Lieberman, l'homme qui fait et défait les alliances politiques

Ancien videur de boîte de nuit, Avigdor Lieberman est parfois qualifié de « Vladimir Poutine à l'israélienne ». En Israël depuis 1978, cet immigrant d'Union soviétique est connu pour ne pas mâcher ses mots. Sans que les actions suivent nécessairement. Il s'était notamment engagé à éliminer le dirigeant du Hamas, Ismaël Haniyeh dans les premières 48 heures de son mandat de ministre de la Défense. Dans la même veine, il a également menacé de bombarder Téhéran et le barrage d'Assouan en Egypte. Il propose de décapiter à la hache les Arabes israéliens déloyaux et qualifie une conférence internationale organisée par la France de version moderne du procès Dreyfus.

Il est le fondateur et le dirigeant du parti russophone à l'origine Israel Beytenou, un mouvement politique où les décisions ne sont prises que par un seul homme : Lieberman lui-même. Il a occupé plusieurs postes au sein du gouvernement, sous Ariel Sharon et Benyamin Netanyahu notamment. Il est l'auteur d'un plan étonnant qui prône notamment deux Etats avec échanges de territoires et de populations.

Lieberman est qui fait et défait les alliances politiques. Pour ses détracteurs, sa plus grave erreur n'est pas d'avoir démissionné mais plutôt d'avoir accepté le portefeuille de la Défense.

Source : RFI

 

Forum pour la paix: le dialogue, nouvelle arme contre le terrorisme au Sahel

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Forum pour la paix: le dialogue, nouvelle arme contre le terrorisme au Sahel Le Forum sur la paix de Paris s’est achevé ce mardi 13 novembre à la Grande Halle de la Villette au nord de la capitale française. Cet évènement a clos les commémorations du centenaire de l’Armistice qui a mis un terme à la Première Guerre mondiale.

Trois jours de réflexion sur le multilatéralisme au service de la paix avec pour but de remettre le dialogue au cœur de la stratégie contre les conflits et la montée du terrorisme. C’est justement ce que certains acteurs d’Afrique de l’Ouest ont essayé de plaider.

Dan Dano Mahamadou Lawaly est l’ancien gouverneur de Diffa, au sud-est du Niger. Une région en proie aux attaques des jihadistes de Boko Haram. Malgré les opérations anti-terroristes de l’armée, la menace est toujours réelle. L’ancien gouverneur plaide pour un changement de stratégie, car il ne voit pas de solution dans l’approche militaire.

« Nous avons mis en place le processus d’accueil des repentis de Boko Haram. On a parlé avec ces jeunes, nous avons compris quelles étaient leurs motivations et nous avons fait en sorte que plus de 200 jeunes soient revenus au pays et aient déposé les armes, explique-t-il. Il faut les conditions du retour de la paix et ces conditions passent nécessairement par le dialogue, il faut parler ».

La mise en place d'une approche globale

Alors que la force conjointe du G5 Sahel continue de chercher des financements, la menace jihadiste s’est étendue gagnant récemment l’est du Burkina. Une vraie inquiétude pour la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Le général Francis Behanzin, commissaire paix et sécurité de la Cédéao demande qu’une approche globale soit mise en place.

« Il faut pouvoir fidéliser les jeunes et les déradicaliser, détaille le militaire. La solution n’est jamais militaire, il faut prévenir avant d’en arriver là. Des instructions ont été données à la Commission de la Cédéao de s’intéresser davantage au G5 Sahel afin de demander à être ensemble sur certains projets ».

Le G5 Sahel dispose aussi d’un outil de financement de projets de développement : l’Alliance Sahel qui devrait soutenir à hauteur de 6 milliards d’euros 500 projets d’ici 2022. Mais ses débuts sont encore timides.

Des débats aussi marqués par les questions climatiques

Sur le continent africain, le lien entre le réchauffement climatique et l'augmentation des conflits ne fait plus aucun doute chez les chercheurs. Il suffit d'un degré et demi de plus pour que l'existence d'un milliard et demi de personnes en Afrique et en Asie soit menacée. Ces conclusions viennent du rapport du GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur le climat, rendu le mois dernier.

Un degré et demi, et la saison des pluies du Golfe de Guinée à l'Afrique centrale serait plus courte mais plus violente, entraînant de fortes inondations. Un degré et demi, et 7 à 10% du bétail d'Afrique subsaharienne serait menacé. Un degré et demi et 40% des surfaces cultivables de maïs en Afrique de l'Ouest pourraient disparaître.

La diminution des ressources naturelles augmente la pression sur le foncier et les conflits éclatent. En témoigne le centre du Mali, où les affrontements entre agriculteurs et éleveurs sont instrumentalisés par les groupes jihadistes.

Le constat est d'autant plus amer, que l'Afrique produit moins de 4% du total des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Durant la COP 21 de Paris, en 2015, les pays du Nord ont promis 100 milliards de dollars par an au Fonds vert pour le climat, qui doit soutenir les pays du sud. Selon Oxfam, trois ans plus tard, moins de la moitié de ces fonds ont été débloqués.

Source : RFI


 

Donald Trump s'en prend avec virulence à la France et à Emmanuel Macron

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Donald Trump s'en prend avec virulence à la France et à Emmanuel MacronLe président américain Donald Trump a raillé sur Twitter mardi la "très faible cote de popularité" de son homologue français, dans une série de messages assez agressifs contre son allié, deux jours après son retour de Paris pour le centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale.

"Le problème est qu'Emmanuel Macron souffre d'une très faible cote de popularité en France, 26%, et un taux de chômage à près de 10%", a écrit le locataire de la Maison Blanche.

"Il n'y a aucun pays plus nationaliste que la France, des personnes très fières-à juste titre", a-t-il poursuivi avant d'écrire, dans un autre tweet et en lettres capitales, "MAKE FRANCE GREAT AGAIN", en écho à son slogan de campagne, "Rendre à l'Amérique sa grandeur".

La présidence française s'est refusée à commenter cette série de tweets.

Le président américain a tweeté à cinq reprises mardi à propos de la France et d'Emmanuel Macron, ironisant sur l'occupation allemande pendant la Seconde guerre mondiale pour justifier son opposition à la création d'une armée européenne et s'en prenant aux pratiques commerciales de son allié historique.

Une série de tweets acerbes, en contraste avec la proximité affichée autrefois par les deux hommes, notamment au cours de la visite d'Etat de M. Macron à Washington en avril.

"Emmanuel Macron a suggéré la création de leur propre armée pour protéger l'Europe contre les Etats-Unis, la Chine et la Russie. Mais c'était l'Allemagne dans la Première et la Seconde Guerre mondiale", a écrit le président américain après avoir passé le weekend en France pour commémorer, avec de nombreux chefs d'Etat, le centenaire de l'armistice de la Première Guerre mondiale.

"Comment ça a marché pour la France? Ils commençaient à apprendre l'allemand à Paris avant que les Etats-Unis n'arrivent", a-t-il ironisé, faisant référence, sur un ton moqueur, à l'occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale.

Le président Macron a proposé la semaine dernière la création d'une "véritable armée européenne" pour protéger le Vieux Continent. Il a également évoqué la nécessité de se "protéger de la Chine, de la Russie et même des Etats-Unis d'Amérique" dans le domaine du cyberespace.

Vendredi, à peine arrivé à Paris pour ces commémorations, il avait déjà dénoncé, avec virulence sur Twitter, cette idée du président français.

Dans sa série de message, M. Trump a également tenu à justifier l'annulation samedi d'un déplacement prévu au cimetière américain de Bois Belleau, dans le nord de la France en raison du mauvais temps, une décision qui avait suscité interrogations et critiques.

"Quand l'hélicoptère ne pouvait pas voler pour le premier cimetière en France à cause d'une visibilité proche de zéro, j'ai suggéré la voiture. Le Secret Service (le service de protection de la Maison Blanche) a répondu NON", a écrit M. Trump.

Le dirigeant américain s'en est aussi pris, sur le terrain commercial, à la France.

"Le problème est que la France rend la tâche très difficile aux Etats-Unis de vendre son vin en France et applique des tarifs élevés alors que les Etats-Unis rendent ça facile pour les vins français et appliquent de très bas tarifs", a-t-il accusé, appelant au changement.

Source : Romandie News

 

 

Conférence de Palerme sur la Libye : incertitude sur la présence d’Haftar et divisions entre les États

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Une conférence internationale sur l'avenir de la Libye, en proie au chaos depuis 2011, s'ouvre lundi à Palerme, mais ses résultats sont d'ores et déjà menacés par l'incertitude entourant la présence en Sicile du maréchal Haftar, homme fort de l'est du pays.

Enième tentative pour lancer un processus électoral et politique censé sortir le pays de l’ornière, cette conférence suit celle de Paris en mai dernier qui avait abouti à un accord sur une date, le 10 décembre, en vue de tenir des élections nationales.

Les Nations unies, chargés de trouver une solution en vue de stabiliser la Libye, minée par les divisions et les luttes de pouvoir depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, ont toutefois annoncé jeudi que le processus électoral a été retardé et devrait finalement démarrer au printemps 2019.

Et cette nouvelle conférence est déjà fragilisée, avant même son coup d’envoi, par le refus du maréchal Khalifa Haftar d’y participer, selon des médias libyens proches de ce militaire dont les forces contrôlent la plus grande partie de l’est du pays.

Un haut responsable de l’Armée nationale libyenne (ANL) autoproclamée par le maréchal, a affirmé à l’AFP que le chef du gouvernement italien Giuseppe Conte s’était rendu dimanche 11 novembre à Bengahzi dans l’est de la Libye pour y rencontrer Haftar.

A Rome, une source proche du gouvernement italien a toutefois catégoriquement démenti un tel voyage. Cette source n’a pas été en mesure de confirmer si Conte s’était en revanche entretenu par téléphone avec le maréchal Haftar, ou s’il avait pu avoir confirmation ou non de sa présence en Sicile. Comme lors du sommet de Paris en mai dernier, Haftar a été invité autour de la même table avec le chef du gouvernement d’union nationale (GNA) internationalement reconnu, Fayez al-Serraj, le président du Parlement, Aguila Salah, et celui du Conseil d’Etat, équivalent d’une chambre haute à Tripoli, Khaled al-Mechri. Rome a aussi invité des dignitaires et représentants tribaux et de la société civile.

La conférence de Palerme, minée par les tensions entre factions libyennes, l’est aussi par les divisions entre les différents pays qui s’intéressent de près à la Libye.

« Unifier les positions de Paris et Rome »

Dans une interview à l’AFP jeudi, Serraj a ainsi souhaité que la conférence débouche sur « une vision commune vis-à-vis du dossier libyen », soulignant « la nécessité d’unifier les positions » de Paris et Rome.

L’Italie est surtout très préoccupée par le problème des migrants dont des dizaines de milliers cherchent chaque année à joindre ses côtes à partir de la Libye où les passeurs, profitant du chaos, sont très actifs.

« La conférence de Palerme est un pas fondamental dans l’objectif de la stabilisation de la Libye et pour la sécurité de toute la Méditerranée », a affirmé cette semaine Giuseppe Conte. Après la rencontre de Paris, Rome avait reproché à Paris de vouloir faire cavalier seul sur la Libye, dirigée aujourd’hui par deux entités rivales : le GNA, issu d’un processus onusien basé à Tripoli et une autorité installée dans l’Est soutenue par un Parlement élu en 2014 et une force armée dirigée par Haftar.

En mai dernier, Paris avait fortement plaidé pour la tenue d’élections en décembre, rencontrant très vite le scepticisme côté italien, mais aussi côté américain.

Salame enterre la perspective d’élections avant 2019

« Nous soutenons les élections le plus tôt possible, mais des délais artificiels et un processus précipité seraient contre-productifs », a déclaré jeudi David Hale, numéro trois de la diplomatie américaine, au Middle East Institute de Washington.

Un avis partagé par l’envoyé spécial des Nations unies Ghassan Salame qui a indiqué jeudi devant le Conseil de sécurité de l’ONU qu’une conférence nationale devrait se tenir début 2019, enterrant de facto la perspective d’élections avant la fin de l’année. Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian est attendu à Palerme, tout comme la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini. Ce nouveau rendez-vous en Sicile intervient après un regain de combats dans la capitale libyenne où au moins 117 personnes ont été tuées entre fin août et fin septembre.

Le retour au calme et la remise en marche de l’économie sont d’ailleurs deux des thèmes qui seront abordés lors de cette conférence, a-t-on indiqué de source diplomatique italienne.

Source : jeuneafrique.com

 

Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le ton

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Yémen: combats meurtriers à Hodeida, Washington et Londres haussent le tonDes combats particulièrement meurtriers font rage lundi dans la ville portuaire de Hodeida, dans l'ouest du Yémen, au moment où Washington, Londres et l'ONU font pression sur l'Arabie saoudite pour que la coalition qu'elle commande dans ce pays cesse les hostilités.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a, lui, mis en garde contre les conséquences "catastrophiques" d'une éventuelle destruction du port de Hodeida, point d'entrée de plus des trois-quarts des importations et de l'aide humanitaire internationale dans le pays en guerre.

Au moins 111 rebelles, 32 loyalistes et sept civils ont été tués au cours des dernières 24 heures dans ces affrontements dans la région, dont certains se déroulent dans des quartiers résidentiels de Hodeida, ont indiqué lundi à l'AFP des sources militaires et hospitalières.

Ce bilan a été donné alors que les rebelles Houthis, soutenus par l'Iran, opposent une farouche résistance à la progression des forces progouvernementales appuyées par l'Arabie saoudite et réussissent à la ralentir, a admis une source militaire loyaliste.

Le chiffre de 32 combattants loyalistes tués en moins de 24 heures est le plus élevé depuis le début de cette phase de l'offensive sur Hodeida, il y a 12 jours.

Une source de la coalition antirebelles a indiqué que les Houthis avaient repoussé une tentative majeure d'avancée loyaliste en direction du port.

La coalition a de son côté visé les rebelles avec de multiples frappes aériennes, selon des sources militaires loyalistes.

Dans la nuit, des corps carbonisés ont été amenés à l'hôpital militaire Al-Alfi, contrôlé par les rebelles depuis 2014, ont indiqué des sources de cet établissement.

Au pouvoir à Hodeida, grande ville stratégique sur la mer Rouge, les Houthis ont commencé à évacuer leurs blessés vers la capitale Sanaa dont ils sont maîtres également depuis quatre ans.

"Si à Hodeida, il y a une destruction du port, ça peut engendrer une situation absolument catastrophique", a mis en garde M. Guterres, rappelant que le Yémen se trouve déjà dans une situation humanitaire "désastreuse". Il a réitéré un appel pressant à "l'arrêt des combats".

- Pompeo et Hunt montent au créneau -

L'offensive des forces progouvernementales sur Hodeida avait été lancée en juin, mais elle s'est nettement intensifiée depuis le 1er novembre avec un bilan d'au moins 593 morts jusqu'ici dans la région (461 rebelles, 125 loyalistes et 7 civils), selon des sources militaires et hospitalières.

L'Arabie saoudite a été considérablement affaiblie par l'affaire Jamal Khashoggi, du nom de ce journaliste tué le 2 octobre au consulat saoudien à Istanbul. Elle était déjà vivement critiquée pour des "bavures" à répétition ayant fait des centaines de victimes civiles lors de frappes aériennes depuis 2015 au Yémen.

Tour à tour, le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue britannique Jeremy Hunt ont estimé que le temps de la négociation était venu pour le Yémen.

Lors d'un entretien dimanche avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, également ministre de la Défense, M. Pompeo a explicitement appelé à "la fin des hostilités" au Yémen, demandant que "toutes les parties viennent à la table pour négocier une solution pacifique au conflit".

L'administration américaine de Donald Trump, visiblement sous la pression du Congrès, a confirmé l'annonce samedi par Ryad que la coalition sous commandement saoudien au Yémen allait désormais effectuer elle-même le ravitaillement en vol de ses avions, assuré jusqu'ici par les Etats-Unis.

De son côté, M. Hunt a évoqué le coût humain "incalculable" du conflit yéménite, estimant que sa résolution passe par une solution "politique".

Le ministre britannique, qui doit être reçu au plus haut niveau lundi en Arabie saoudite, est favorable à une "nouvelle action" au Conseil de sécurité pour soutenir les efforts du médiateur de l'ONU au Yémen Martin Griffiths qui cherche à organiser un nouveau round de négociations "d'ici la fin de l'année".

- Inquiétudes pour les civils -

Dimanche, des premiers combats de rue ont éclaté dans un quartier résidentiel de l'est de Hodeida. Un responsable militaire progouvernemental a affirmé que l'objectif était de "purger" ces rues de toute présence rebelle.

Les Houthis ont positionné des snipers sur les toits des bâtiments et ont posé de nombreuses mines pour freiner l'avancée de leurs adversaires, tandis que des avions de combat et des hélicoptères d'attaque de la coalition sous commandement saoudien pilonnent régulièrement les positions rebelles.

Paradoxe de la situation, le port de Hodeida, situé dans le nord de la ville, est "jusqu'à présent ouvert" et opère "normalement", selon son directeur adjoint Yahya Sharafeddine.

De son côté, Hervé Verhoosel, porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM), a indiqué que les combats n'avaient pas affecté jusqu'ici ses opérations.

Le Yémen est le théâtre de la pire crise humanitaire au monde, rappelle régulièrement l'ONU, qui précise que 14 millions de civils sont en situation de pré-famine.

"La situation est vraiment mauvaise", a déclaré à l'AFP Mariam Aldogani, coordinatrice des opérations de terrain de l'organisation humanitaire Save the Children à Hodeida.

Selon elle, "il y a beaucoup de peur parmi les habitants" et les installations médicales "reçoivent un nombre croissant de civils blessés".

Source : Romandie News

 

 

Les leaders mondiaux célèbrent l'armistice à Paris, Macron dénonce une paix en danger

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Les leaders mondiaux célèbrent l'armistice à Paris, Macron dénonce une paix en dangerPlus de 70 chefs d'Etat et de gouvernement, dont les présidents américain et russe, ont commémoré en grande solennité le centenaire de l'armistice dimanche à Paris, l'occasion pour Emmanuel Macron de dénoncer le nationalisme cher à Donald Trump.

Plusieurs chefs d'Etat ont profité de cette journée symbolique pour mettre en garde contre les risques de guerre, ravivés selon eux par la remise en cause croissante du modèle multilatéral, socle des relations internationales depuis l'après-guerre.

Sur la tombe du soldat inconnu de la Grande guerre, Emmanuel Macron, grand ordonnateur de cette commémoration hors-norme, a mis en avant le patriotisme et dénoncé le "nationalisme", dont se réclame Donald Trump, principal contempteur de l'ordre mondial multilatéral.

"Le patriotisme est l'exact contraire du nationalisme. Le nationalisme en est sa trahison", a affirmé le président français pendant la cérémonie solennelle dimanche matin, point d'orgue pour Emmanuel Macron, après une semaine de commémorations en France.

Sous une pluie fine, Donald Trump, Angela Merkel, Vladimir Poutine, Benjamin Netanyahu, Recep Tayyip Erdogan, Justin Trudeau, Mohammed VI se sont réunis sous l'Arc de Triomphe, en haut de la célèbre avenue des Champs-Elysées, sous lequel gît le soldat inconnu et brûle perpétuellement la flamme du souvenir, rappelant l'ampleur d'un conflit aux 18 millions de morts.

Après les honneurs militaires, le célèbre violoncelliste Yo-Yo Ma a joué du Bach, des lycéens ont lu des témoignages de 1918, et la chanteuse béninoise Angélique Kidjo a chanté en hommage aux troupes coloniales, avant qu'Emmanuel Macron ne conclue en ravivant la flamme.

- "Je suis là pour lui" -


"C'est une très belle cérémonie, très émouvante", a commenté au côté de son fils de 3 ans Jessie Rumbaugh, 25 ans, originaire de l'Idaho aux États-Unis, venue spécialement pour le centenaire, célébré aussi en d'autres points du globe, en Australie, en Inde, ou à Londres.

"Mon grand-père a fait la Première Guerre mondiale", expliquait non loin Nevan Lancaster, Néo-zélandais de 47 ans. "Il est mort quand j'avais 8 ans. Je suis là pour lui".

Après un déjeuner au palais de l'Elysée (au cours duquel Donald Trump et Vladimir Poutine ont eu un échange informel assez long sur les dossiers diplomatiques mondiaux, les dirigeants se sont rendus dans l'Est parisien pour participer au Forum sur la paix, deuxième temps fort de cette journée et nouvelle occasion pour le camp du multilatéralisme de dire le mal qu'il pense des vents nationalistes qui soufflent un peu partout sur le monde.

Mais sans Donald Trump, qui lui est allé au cimetière américain de Suresnes, en banlieue parisienne, pour rendre hommage à ses concitoyens tombés au champ de bataille, au lendemain d'un rendez-vous manqué à Bois Belleau, haut lieu de la mémoire militaire américaine pendant la Première Guerre mondiale.

Le déplacement du président à ce mémorial avait été annulé à cause de la météo empêchant l'hélicoptère présidentiel de voler, suscitant de vives critiques aux Etats-Unis. Sous la pluie, le locataire de la Maison Blanche a "rendu hommage" dimanche aux "courageux Américains qui ont donné leur dernier souffle", avant de regagner l'aéroport dans l'après-midi.

Auparavant, environ 1.500 personnes s'étaient réunies dans le calme à Paris pour dénoncer sa présence. En revanche, incident notable et rarissime, trois militantes Femen ont réussi dimanche matin à forcer la sécurité sur les Champs-Elysées pour s'approcher du convoi de Donald Trump, avant d'être interpellées.

"La sécurité du cortège et du président des Etats-Unis n'a été en rien menacée", a assuré le ministre français de l'Intérieur, Christophe Castaner alors que le dispositif de sécurité était massif, avec quelque 10.000 membres des forces de l'ordre déployés. La dernière fois que Paris a accueilli autant de dignitaires remonte au 11 janvier 2015, après les attentats islamistes contre Charlie Hebdo et le magasin juif Hyper Cacher.

- "Années 30" -

Au Forum pour la paix, dans une ambiance à la mi-chemin entre un Forum de Davos et un sommet de la COP, plusieurs des plus fervents défenseurs de l'ordre multilatéral ont plaidé pro domo devant une assistance globalement acquise, regroupant chefs d'Etat, d'organisations internationales et membres de la société civile.

Ils ont multiplié les mises en garde. Car si multilatéralisme et coopération offrent selon eux paix et progrès, nationalisme et unilatéralisme n'apporteraient que guerre et malheur.

"Bien des éléments aujourd'hui me semblent emprunter et au début du XXe siècle, et aux années 30, laissant craindre un engrenage invisible", a jugé Antonio Guterres, le secrétaire général de l'Onu.

"Nous voyons bien que la coopération internationale, un équilibre pacifique entre les intérêts des uns et des autres, et même le projet européen de paix sont de nouveau remis en question", a affirmé Mme Merkel.

Le président kenyan Uhuru Kenyatta a déploré "cette tendance d'un nombre croissant de pays au repli au lieu de chercher ensemble des solutions aux problèmes".

"Nous sommes fragilisés par les retours des passions tristes, le nationalisme, le racisme, l'antisémitisme, l’extrémisme, qui remettent en cause cet horizon que nos peuples attendent", a prévenu M. Macron.

Dans la foule des Champs-Elysées, le Néo-Zélandais Nevan Lancaster ne dit pas autre chose: "Nous entrons dans un futur plus incertain. Je ne pense pas qu'après 70 ans de paix, nous en aurons 70 de plus".

Source : Romandie News

 

 

Yémen: Washington ne ravitaillera plus les avions saoudiens de la coalition

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mediaAu Yémen, les forces gouvernementales affirment avoir repris vendredi 9 novembre le principal hôpital de la ville d'Hodeïda aux rebelles Houthis, alors que les combats continuent à faire rage depuis plusieurs jours pour la reprise du port stratégique de cette ville. Parallèlement, la coalition sous commandement saoudien, qui vient en aide au gouvernement yéménite, a demandé samedi 10 novembre la fin du ravitaillement américain des avions saoudiens, demande aussitôt acceptée par Washington.

La coalition arabe a désormais les moyens de ravitailler indépendamment ses avions en vol au-dessus du Yémen : elle n'a plus besoin des États-Unis, selon l’annonce de l'agence officielle saoudienne SPA. Et Washington s'en réjouit. En réalité, les deux parties étaient en discussion sur le sujet, car les États-Unis voulaient mettre un terme à cette forme de soutien à l'Arabie saoudite au Yémen, un appui de plus en plus contesté.

Depuis 2015, les Saoudiens sont à la tête d'une coalition combattant, aux côtés des forces gouvernementales yéménites, les rebelles Houthis. Mais cette coalition est régulièrement accusée de bombarder des civils.

Les Américains, qui appuient militairement Riyad, sont aussi sous le feu des critiques. À Washington, des sénateurs ont menacé de prendre des mesures si les États-Unis ne cessaient pas les ravitaillements d'avions au Yémen. L'aide aux Saoudiens est devenue encore plus problématique depuis l'affaire Khashoggi, dont le meurtre aurait été commandité en haut lieu et a considérablement terni l'image du royaume.

Source : RFI

 

Khashoggi: Ankara a partagé des enregistrements avec Riyad, Washington et Paris

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mediaEn Turquie, le président Recep Tayyip Erdogan a affirmé samedi 10 novembre avoir des preuves audio de l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, disparu au consulat saoudien d’Istanbul le 2 octobre. Le président turc assure avoir partagé ces informations avec Riyad et avec les renseignements des pays occidentaux, qui sont des preuves irréfutables, selon lui. À Paris, Emmanuel Macron et Donald Trump ont à nouveau appelé le pouvoir saoudien à faire « toute la lumière » sur le meurtre du journaliste.

Avec notre correspondant à Istanbul, Alexandre Billette

« Ils connaissent la vérité sur le meurtre de Jamal Khashoggi », a dit Recep Tayyip Erdogan samedi 10 novembre. « Ils », ce sont les autorités saoudiennes, mais aussi les services de renseignements français, allemands, anglais et américains.

C’est la première fois que le président turc confirme ce que des médias et des officiels anonymes avaient affirmé : il existe des enregistrements du meurtre du journaliste saoudien au consulat d’Istanbul.

Recep Tayyip Erdogan met ainsi encore un peu plus de pression sur Riyad, mais aussi sur ses alliés occidentaux. Il a également accusé à nouveau les autorités saoudiennes de tout faire pour que l’enquête échoue alors que les responsables sont connus, affirme-t-il.

Ces déclarations n’ont pas été faites innocemment ce samedi 10 novembre: la conférence de presse du président turc avait lieu avant son départ pour les commémorations du 11-Novembre à Paris. Une visite lors de laquelle il pourrait notamment avoir un entretien avec Donald Trump, pour évoquer le dossier du journaliste saoudien assassiné.

Source : RFI

 

Trump limoge son ministre de la Justice, premier acte post-élections

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mediaAu lendemain des élections de mi-mandat, le président américain a limogé son ministre de la Justice. Jeff Sessions était attaqué de manière récurrente par Donald Trump pour s'être récusé dans l'enquête russe. Cette décision de la Maison Blanche a immédiatement tendu les relations avec le camp démocrate qui a remporté la majorité à la Chambre des représentants.

Avec notre correspondante à WashingtonAnne Corpet

Comme toujours, le président américain a pris tout le monde de court et impose son tempo sur la vie politique. Le limogeage de Jeff Sessions a immédiatement changé le ton des échanges entre la nouvelle majorité démocrate de la Chambre et la Maison Blanche.

« Il est impossible de voir dans le limogeage du ministre de la Justice autre chose qu'une nouvelle tentative flagrante de mettre un terme à l'enquête du procureur Mueller » a réagi Nancy Pelosi avant d'appeler au vote immédiat d'une loi pour protéger « la capacité du procureur à déterminer les faits ».

La veille, après la victoire de son camp à la Chambre des représentants, Nancy Pelosi avait évoqué la nécessité d'unité. « Les Américains en ont assez des divisions » avait-elle lancé. Le président avait lui aussi souligné son intention de travailler en bonne entente avec les démocrates.

S'il est brutal, le départ de  Jeff Sessions n'est pas une surprise. Le ministre de la Justice était constamment conspué par le président pour s'être récusé dans l'enquête sur les ingérences russes.

Donald Trump a annoncé qu'il serait pour l'instant remplacé par Matthew Whitacker, l'actuel chef de cabinet du ministre. Il avait écrit un éditorial dans lequel il estimait que l'enquête du procureur Mueller allait trop loin.

Source : RFI

 

 

Etats-Unis: victoire démocrate à la Chambre, le Sénat reste républicain

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media Les démocrates ont engrangé une précieuse victoire mardi 6 novembre lors des élections de mi-mandat, en reprenant le contrôle de la Chambre des représentants. Mais les républicains ont conservé leur majorité au Sénat, évitant la « vague » anti-Trump un temps annoncée.

Avec notre envoyée spéciale à Washington, Anne Corpet

Dans son style caractéristique, Donald Trump a rapidement revendiqué un « succès extraordinaire ». Il faut dire que le président avait fait de ce scrutin un référendum autour de sa personne. Et il expliquera sans doute qu’il est normal de perdre des sièges à la Chambre. Et il est vrai que le parti au pouvoir perd traditionnellement les élections de mi-mandat, un scrutin dit « maudit ».

De fait, les résultats pourraient même l'enhardir, le pousser à réorganiser son équipe, faire taire les rares voix dissidentes dans son entourage ou au sein du parti. Après tout, le « style Trump » semble toujours fonctionner, comme l'ont prouvé les victoires emblématiques des républicains au Texas (Ted Cruz réélu au Sénat) ou en Floride (élection au poste de gouverneur du très pro-Trump Ron DeSantis), deux Etats où il s'était personnellement impliqué.

Les républicains gagnent trois sièges au Sénat

Au Sénat, les démocrates devaient défendre dix sièges dans des États ayant voté pour Donald Trump en 2016. C’était donc un pari extrêmement difficile. Ils ont cédé leur place dans le Dakota du Nord, dans le Missouri et dans l’Indiana. Trois États gagnés par Donald Trump. Ils ont en revanche sauvé leur siège en Virginie-Occidentale, l’État qui avait élu Donald Trump avec la marge la plus importante.

Une course attirait tous les regards cette nuit, celle qui s’est déroulée au Texas où concourrait un jeune espoir du parti démocrate, le charismatique Beto O'Rourke. Mais le sénateur sortant Ted Cruz, auquel Donald Trump était venu prêter main-forte, a été réélu à l'issue d'une course très serrée.

Majorité démocrate à la Chambre

Les démocrates ont donc emporté la Chambre des représentants. Ils ont arraché 26 sièges aux républicains, dont quatre en Pennsylvanie, mais aussi en Floride, dans le Colorado, le Kansas, le New Jersey, à New York ou en Virginie.

La chef de la nouvelle majorité, Nancy Pelosi, s’est exprimée ce soir. Elle entend être constructive, coopérer. « Demain sera un jour nouveau en Amérique », a-t-elle déclaré avant d’ajouter : « Aujourd'hui, ce ne sont pas juste les démocrates ou les républicains. C'est la restauration des pouvoirs et des contrepouvoirs constitutionnels face à l'administration Trump. Il s'agit de stopper les assauts du Parti républicain contre le système de santé de 130 millions d'Américains qui ont des antécédents médicaux. Il s'agit de stopper le règne sans limites des intérêts des plus riches à Washington. Mais avant tout, c'est ce que signifie une nouvelle majorité démocrate dans la vie des Américains qui travaillent dur. Nous avons une base bipartisane d'idées qui rend notre démocratie plus forte. »

Nouvelles têtes

Ces élections font également émerger de nouveaux visages, à la Chambre des représentants en particulier. Il s’agit de jeunes démocrates qui avaient déjà créé la surprise lors des primaires, comme Alexandria Ocasio-Cortez, élue à New York. Cette Hispanique de 29 ans devient la plus jeune membre du Congrès. Avec un programme résolument à gauche, elle risque de bousculer les caciques du parti. Elle est la figure de proue d’une nouvelle vague de femmes et de membres des minorités.

Il y a aussi Ayanna Pressley, la première femme noire à représenter le Massachusetts au Congrès. Elle aussi avait emporté aux primaires contre un vieux routier démocrate. Ilhan Omar et Rashida Tlaib deviennent pour leur part les deux premières femmes de confession musulmane à être élues au Congrès américain. Elles ont gagné dans le Minnesota et dans le Michigan.

Arrivées aussi de deux premières élues amérindiennes à la Chambre, une avocate férue d’arts martiaux et homosexuelle, et une mère célibataire. Et puis à noter chez les gouverneurs dans le Colorado, la victoire d’un gouverneur ouvertement homosexuel, une première aux États-Unis.

Revue de presse américaine

« Les démocrates s'emparent de la chambre » titre le Washington Post, pour qui c'est « un grand jour pour la démocratie américaine », un signe de sa « bonne santé ». Le quotidien estime qu'« au cours de ces deux dernières années, les majorités républicaines à la Chambre et au Sénat n'ont pas exercé un contrôle raisonnable sur l'exécutif. »

« Et maintenant ? » s'interroge de son côté, plus prudent peut-être, le New York Times, qui publie tout de même en Une des photos d'électeurs démocrates en liesse. « Les deux prochaines années vont donner aux démocrates l'occasion de montrer qu'il existe un meilleur modèle de législation, que le Congrès est capable de faire plus pour les Américains que de réduire les impôts des riches et de menacer la santé des autres ». Mais « comment éviter de tout foutre en l'air ? », s’interroge le New York Times ce matin.

Le quotidien conseille aux démocrates de « choisir judicieusement leurs batailles politiques ». Par exemple le combat pour la protection des « Dreamers », ces immigrés sans papiers entrés dans le pays quand étaient enfants. Pour le journal, les démocrates doivent surtout éviter de prononcer le mot qui commence par un I, comme impeachment. Destitution. Le journal new-yorkais croit savoir « même de nombreux Américains qui n'aiment pas Donald Trump regretteront, en l'absence de preuves accablantes, les efforts visant à destituer un président en exercice ».

Pour le très conservateur Washington Times, « Donald Trump sera forcément assailli d'enquêtes et d'assignations à comparaître ». Certes, « mais avec le Sénat toujours aux mains des républicains, le président aura un pare-feu contre les tentatives de défaire son programme ». Autre atout, renchérit le National Review : « l'emprise du parti républicain sur le Sénat permettra au chef de l'Etat de nommer facilement un plus grand nombre de juges fédéraux » conservateurs.

En tout cas, avec ces résultats, « les républicains écrivent l'histoire ». C'est la une de USA Today. Car « c'est la première fois depuis que le pays élit directement des sénateurs qu'un parti prend le contrôle de la Chambre sans gagner un seul siège au Sénat ».

Dernière remarque, piochée cette fois dans le Miami Herald. « Il faut reconnaitre quelque chose à Donald Trump, c'est qu'il n'a pas seulement inspiré sa base. Sa politique, son attitude belliqueuse ont motivé quasiment tout le monde, quel que soit son parti, à s'intéresser à la politique et à aller voter ».

Source : RFI

 

Brésil: liesse chez les pro-Bolsonaro, effroi au Parti des travailleurs

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mediaAprès l'élection de Jair Bolsonaro avec plus de 55 % des voix, les partisans du candidat d'extrême droite se sont réunis en masse devant sa résidence à Rio. Dans le camp de Fernando Haddad, les militants du Parti des travailleurs (PT) affichaient plutôt leur profonde tristesse et leur crainte pour la démocratie brésilienne.

Les Brésiliens ont choisi l’extrême droite. Après une campagne très polarisée entre les partisans de Jair Bolsonaro et ceux du Parti des travailleurs, de Fernando Haddad, le résultat est tombé ce dimanche soir. Jair Bolsonaro l’emporte avec 55 % des voix, contre 44 % pour Fernando Haddad. Une large victoire que les militants d’extrême droite sont venus célébrer à Rio, devant sa résidence dans le quartier chic de Barra da Tijuca, rapporte notre correspondante dans la capitale brésilienne, Sarah Cozzolino.

« Le mythe est arrivé, le Brésil s’est réveillé. » Les chansons étaient déjà prêtes pour la victoire de Jair Bolsonaro ce dimanche. L’assurance d’un changement pour Raul Guereiro, qui a choisi le candidat d’extrême droite parce qu’il déteste le Parti des travailleurs. « Nous sommes fatigués du PT qui a tout volé ces dernières années, dénonce ce chef d'entreprise de 65 ans. Donc on parie sur une personne qui est honnête au moins. Même s’il n’a pas beaucoup d’expérience, ça va venir avec le temps, mais au moins on sera sûr que lui n’est pas un voleur. »

Le thème de la sécurité a aussi convaincu les électeurs de Jair Bolsonaro, comme Claudio Stancato, venu célébrer la victoire de son candidat en famille. « Nous voulons que Rio redevienne comme avant, que le Brésil redevienne comme avant, explique-t-il. Quand on avait le droit d’aller et venir, de se promener le téléphone à la main avec sa famille… On ne veut plus enterrer nos enfants, comme c’est le cas aujourd’hui. Beaucoup de gens meurent ici, les bandits ont plus de droits que les autres, ça n’arrive nulle part ailleurs. »

« Notre drapeau ne sera jamais rouge », répètent en choeur les militants devant la résidence de Jair Bolsonaro. Vania Araujo, elle, porte haut les couleurs du Brésil jusque sur ses boucles d’oreilles. « Sur notre drapeau c’est écrit "ordre et progrès". Mais il n’y aura pas de progrès si l’ordre n’est pas une priorité », lance-t-elle. Cet « ordre » promis par Jair Bolsonaro était sur toutes les bouches ce dimanche soir. Ses électeurs espèrent que l’alternance pourra résoudre les maux du Brésil.

Désillusion au QG de Fernando Haddad

Du côté du Parti des travailleurs, c’est évidemment la déception. D’autant que les derniers sondages avaient indiqué un resserrement de l’écart entre les deux candidats. Fernando Haddad n’a pas réussi à mettre en place un large front démocratique contre Jair Bolsonaro. Dans une brève déclaration devant des sympathisants réunis dans un hôtel de São Paulo dimanche 28 octobre, il s’est posé comme le défenseur de la démocratie et le chef de l'opposition, souligne notre envoyé spécial dans la plus grande ville du Brésil, Achim Lippold.

Il est 19h quand les grandes chaînes de télévision diffusent les résultats sortis des urnes : 56% pour Jair Bolsonaro, 44% pour Fernando Haddad. Les militants accueillent l’information dans un grand silence. Il faut attendre l’allocution de Fernando Haddad pour que la salle s’anime un peu. Le candidat malheureux du PT refuse de féliciter son adversaire. Il se pose en futur chef de l’opposition qui entend défendre la démocratie. « Les droits civiques, politiques, du travail et sociaux sont en jeu maintenant », prévient Fernando Haddad.

Pour Carolina, ce qui est en jeu aussi, c’est la sécurité pour les femmes et pour les minorités. « Hier j’ai failli être agressée par un homme. Ça s’est passé dans un bar. Il m’a demandé si je votais pour Bolsonaro. J’ai dit non. Alors il m’a dit qu’il trouvait normal qu’une femme gagnait moins qu’un homme. Il s’est montré très agressif, m’a suivi dans la rue en me disant qu’il était armé. Et c’est justement ce genre de personnes auxquelles Bolsonaro donne une voix. J’ai un ami homosexuel à qui un homme a dit : si Bolsonaro gagne, tu seras fusillé. C’est tendu ici », s'inquiète la jeune militante.

Le mot « peur » revient très souvent dans la bouche des militants du PT. Ils ne croient pas du tout que Jair Bolsonaro veuille vraiment respecter la Constitution comme il l'a promis. Lorsque le président élu fait sa première allocution, les militants commencent à scander : « Les fascistes ne passeront pas ! »

Source : RFI

 

Allemagne : Merkel se retirera de la politique à l’issue de son mandat en 2021

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Après un nouvel échec électoral, la chancelière ne briguera pas une nouvelle présidence de l’Union démocrate-chrétienne (CDU) en décembre et compte abandonner son poste de chancelière en 2021.

Elle a posé les jalons de la fin de sa carrière politique. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé lundi sa décision de renoncer en décembre à la présidence de son parti, un signe que la chancelière allemande prépare sa succession au lendemain d’un nouveau revers électoral cuisant.

Dans le même temps, elle a annoncé à la direction de sa formation qu’elle resterait à la tête du gouvernement jusqu’en 2021. Ce mandat sera le dernier pour la chancelière, qui affirme qu’il est temps « d’ouvrir un nouveau chapitre ».

Angela Merkel a également annoncé qu’elle ne choisira pas de successeur à la présidence de son parti, strapontin vers la chancellerie. « Je sens que cette phase (de quête d’un nouveau chef de la CDU) est pleine de possibilités, et c’est très bien car nous ne l’avions pas eue depuis 18 ans », a-t-elle justifié.

Une proche, la secrétaire générale du parti Annegret Kramp-Karrenbauer, et un de ses détracteurs, tenant d’un virage à droite, le ministre de la Santé Jens Spahn, ont déjà fait acte de candidature.

La crédibilité de la chancelière dégradée

Ces annonces sont la preuve d’une volte-face, conséquence d’un lourd revers électoral la veille pour son mouvement dans la région de Hesse. La CDU est certes arrivée en tête en Hesse et va pouvoir continuer à diriger le Land au sein d’une alliance, mais son score de 27 % représente un recul de plus de 11 points par rapport au précédent scrutin de 2013. L’allié de la CDU, le SPD, a souffert d’un repli similaire en émargeant à 19,8 %.

Angela Merkel avait jusqu’ici toujours dit considérer que la présidence de l’Union démocrate-chrétienne (CDU) et la chancellerie allaient de pair, au risque sinon pour le chef du gouvernement de perdre en crédibilité et autorité. En agissant ainsi, elle permet à un ou une successeur d’émerger.

La chancelière lutte depuis des mois pour le maintien de sa coalition avec les sociaux-démocrates, mais celle-ci apparaît au bord de l’implosion après des échecs électoraux pour les deux partis, dimanche en Hesse et début octobre en Bavière.

Une cote de popularité en chute libre

La chancelière, qui dirige le pays depuis 13 ans, est de plus en plus contestée dans ses rangs et dans l’opinion publique. Les deux scrutins régionaux du mois d’octobre faisaient figure de test national de popularité pour Angela Merkel et son équipe à Berlin. Son retrait de la présidence de la CDU apparaît comme la première conséquence de ces échecs.

Depuis des semaines, le débat sur la succession de Merkel au sein du parti CDU n’est plus tabou, tant elle apparaît usée par le pouvoir 13 mois après sa victoire étriquée aux législatives.

En réalité, sa popularité n’a cessé de refluer depuis sa décision d’ouvrir les frontières du pays à plus d’un million de demandeurs d’asile en 2015 et 2016, à mesure que celle de l’extrême droite anti-migrants progressait. Plusieurs cadres de son parti réclament depuis des mois un coup de barre à droite et demandent à Angela Merkel de préparer sa succession. Celle-ci avait refusé jusqu’ici de publiquement débattre de son avenir.

Nouvelle percée de l’extrême droite

L’autre grande source de difficultés pour la chancelière est son alliance avec les sociaux-démocrates. La présidente du SPD Andrea Nahles a agité dimanche soir la menace d’un départ du gouvernement, faute de garanties rapides sur un meilleur fonctionnement du gouvernement, miné depuis des mois par des querelles internes, notamment sur la politique migratoire.

« L’état dans lequel se trouve le gouvernement est inacceptable », a-t-elle lancé. Les militants sociaux-démocrates sont de plus en plus nombreux à réclamer une cure d’opposition, par crainte de voir leur parti disparaître.

A l’inverse, les écologistes ont doublé leur score et l’extrême droite est entrée dans le dernier parlement régional où elle n’était pas encore représentée.

Source : Le Parisien (France)

 

Etats-Unis: Cesar Sayoc, un pro-Trump arrêté dans l'affaire des colis suspects

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mediaUn suspect a été arrêté vendredi 26 octobre par la police fédérale américaine dans l'enquête sur les treize colis suspects adressés à des personnalités anti-Trump.

Le suspect arrêté vendredi dans l'affaire des colis suspects a été inculpé de cinq chefs d'accusation, a indiqué lors d'un point presse le ministre américain de la Justice Jeff Sessions. Il risque jusqu'à 48 ans de prison. Lors de cette même conférence de presse, le chef du FBI Christopher Wray a précisé que 13 engins explosifs avaient été envoyés à travers les Etats-Unis. « Il pourrait encore y avoir d'autres paquets », a-t-il prévenu.

L'homme interpellé s'appelle Cesar Sayoc. Ses empreintes ont été retrouvées sur au moins un des colis. Agé de 56 ans, il était déjà connu des services de police pour avoir notamment en 2002 menacé d'activer un engin explosif. Une camionnette blanche qui pourrait être la sienne a également été saisie, indique notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier. Ses vitres étaient entièrement recouvertes de photos et d'autocollants à l'effigie de Donald Trump, mais aussi montrant une cible placée sur Hillary Clinton ou Barack Obama, ou encore insultant la chaîne d'information CNN. « Il est trop tôt pour parler des motivations du suspect », a cependant prévenu le directeur du FBI.

« Nous devons tous être mobilisés, nous devons rester vigilants. Christopher Wray, directeur du FBI »

Fervent supporteur de Donald Trump

Même s'il était souvent confus et décousu, c'est pour l'heure ses interventions sur les réseaux sociaux qui dessinent le portrait de Cesar Sayoc, rapporte notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier. Il dit avoir fait des études vétérinaires, mais l'université indique qu'il a seulement postulé ; il prétend travailler dans le domaine du spectacle mais ses activités restent encore floues, tout comme ses origines. Il fait notamment souvent référence à une tribu amérindienne. Ce qui apparaît surtout en étudiant ses messages et les photos postées, c'est qu'il se présentait comme un fervent supporteur de Donald Trump, qu'il était allé voir en meeting. Mais aussi qu'il était obsédé par quelques-uns des adversaires du président, puisqu'il avait évoqué la plupart des personnalités ciblées cette semaine.

Capture d'écran montrant un policier inspecter un van saisi dans le cadre de l'enquête sur les colis suspects, à Plantation (Floride), le 26 octobre 2018.WPLG/Handout via REUTERS

Il s'agit de la première arrestation depuis le début de l'enquête sur les colis suspects adressés à des personnalités anti-Trump, parmi lesquelles l'ancien président démocrate Barack Obama, l'ex-candidate à la présidentielle de 2016 Hillary Clinton ou encore l'acteur Robert de Niro, féroce détracteur du président américain.

Ce vendredi encore, des paquets ont été adressés à l'ancien directeur du renseignement américain James Clapper et au sénateur Cory Booker, candidat démocrate pressenti pour la présidentielle américaine de 2020. Aucun des 13 engins n'a explosé, mais d'importants moyens ont été mobilisés pour mettre la main sur le ou les auteurs de ces envois, qui ont fait monter la tension à l'approche des élections de mi-mandat du 6 novembre.

Trump déplore l'impact sur la « dynamique » républicaine

Dans une brève prise de parole à la Maison Blanche, Donald Trump a salué « le travail incroyable » de la police fédérale. « Les Américains doivent s’unir. Nous devons montrer au monde qu’en tant que citoyens américains, nous sommes unis, ensemble, dans la paix, l’amour et l’harmonie, a-t-il également déclaré. Nous ne pouvons laisser la violence politique prendre racine en Amérique et je m’engage à faire tout ce qui est en mon pouvoir en tant que président pour y mettre fin. »

Un peu plus tôt, sur Twitter, le président américain avait déploré l'impact de l'affaire des colis suspects adressés, en pleine campagne électorale, à nombre de ses opposants politiques, jugeant qu'elle nuisait à la « dynamique » des candidats de son parti. « Les républicains ont de bons chiffres dans les votes par anticipation et dans les sondages, et maintenant cette histoire de 'Bombe' surgit et la dynamique ralentit », a-t-il écrit.

L'emploi des guillemets pour parler des bombes artisanales semble indiquer que le président américain minimise la menace. Dès mercredi, des commentateurs d'extrême droite avaient propagé une théorie du complot voulant que ces colis soient des faux, destinés à faire pencher la balance en faveur des démocrates lors des élections parlementaires.

Mais vendredi, le patron du FBI a bien insisté : malgré les doutes émis par certains conservateurs, et bien qu'il n'y ait pas eu d'explosion, les colis piégés n'était pas un « canular ».

Source : RFI

 

Affaire Khashoggi: les eurodéputés réclament des sanctions contre Riyad

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Affaire Khashoggi: les eurodéputés réclament des sanctions contre RiyadRéunis à Strasbourg en session plénière, les députés européens ont voté ce jeudi 25 octobre une résolution demandant aux Etats membres de prendre des sanctions contre l'Arabie saoudite, dès lors que la responsabilité du royaume dans l'assassinat du journaliste au sein du consulat saoudien à Istanbul aura été prouvée.

Le Parlement européen a jugé « hautement improbable » que le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul ait été mené à l'« insu » du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman.

« Le contrôle absolu que Mohammed ben Salman Al-Saoud exerce sur ses services de sécurité rend hautement improbable l'hypothèse d'une opération menée à son insu ou en dehors de son contrôle », écrivent les eurodéputés dans le texte de la résolution votée ce jeudi à Strasbourg où le Parlement est réuni en session plénière.

Pour les députés européens, l'« assassinat » du journaliste saoudien s'inscrit « dans le contexte d'une vague de répression à grande échelle contre les défenseurs des droits de l'homme, des avocats, des journalistes, des écrivains et des blogueurs de premier plan ». Cette répression « s'est intensifiée depuis que le prince héritier Mohammed ben Salman s'emploie à renforcer son contrôle sur les services de sécurité nationaux », estiment-ils.

Dans leur résolution adoptée par 325 voix contre 1 et 19 abstentions, les eurodéputés appellent l'UE et les Etats membres à se préparer à « imposer des sanctions ciblées » contre les coupables. « L'Arabie saoudite a financé les groupes terroristes islamistes les plus fondamentalistes, a lancé une guerre au Yémen et jusque là, elle s'attirait tout au plus des remontrances très discrètes des Etats occidentaux. Si on continue à vendre à l'Arabie saoudite des armes au nom du fait qu'il faut faire tourner des usines, l'Europe pourra toujours continuer à parler de valeurs, mais comment pourra-t-elle être prise au sérieux ? », s'interroge Philippe Lamberts, coprésident du groupe des Verts.

Le texte voté plaide également pour un embargo sur les ventes d'armes à l'Arabie saoudite, indique notre envoyée spéciale à Strasbourg Anastasia Becchio. L'amendement n'a pas été soutenu par une partie de la droite française. Dès dimanche, l'Allemagne a annoncé la suspension des exportations d'armements vers le royaume wahhabite et appelé ses partenaires européens à faire de même.

Mais Philippe Juvin, porte-parole de la délégation française du PPE, qui rassemble la droite européenne, dénonce « un bal des hypocrites » : « Ils savent que la balance extérieure française, qui est très déficitaire, a un seul petit élément positif qui sont les ventes d'armes. Donc ils veulent affaiblir la France. On ne va pas arrêter les ventes d'armes parce qu'il y a eu un acte aussi barbare soit-il. »

Dans leur résolution, les eurodéputés appellent les gouvernements à trouver une position commune en vue d'imposer un embargo à l'Arabie saoudite.

Source : RFI

 

 

Affaire Khashoggi: Erdogan parle d'un «crime politique» et «planifié»

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mediaTrois semaines jour pour jour après la mort du journaliste saoudien Jamal Khashoggi au consulat d’Arabie saoudite à Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan a prononcé ce mardi 23 octobre une déclaration très attendue, sa première depuis que Riyad a enfin reconnu la mort du journaliste en prétextant une bagarre qui aurait mal tourné. Après ces aveux accueillis avec le plus grand scepticisme par la communauté internationale, le chef de l’Etat turc avait promis de livrer en détails « toute la vérité » sur l’affaire. Ce mardi, il a finalement fait peu de révélations, mais a confirmé que le meurtre du journaliste avait été prémédité.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Pendant une vingtaine de minutes, en reprenant méthodiquement toute la chronologie des faits, le président turc a fait la démonstration que la mort de Jamal Khashoggi était un crime prémédité, « planifié » plusieurs jours avant. Un « crime sauvage », un « crime politique », a-t-il même dit.

Recep Tayyip Erdogan a longuement décrit les allers et venues entre Riyad et Istanbul des 15 Saoudiens accusés d’avoir assassiné le journaliste, parmi lesquels, a-t-il confirmé, figuraient des agents de sécurité et du renseignement saoudien, et même un spécialiste de médecine légale.

Recep Tayyip Erdogan a ensuite estimé que les autorités saoudiennes avaient fait un « pas important » en reconnaissant la mort de Jamal Khashoggi, mais ils les a appelées à répondre à toutes les questions qui restaient en suspens. Parmi elles : « De qui ces 15 Saoudiens ont-il reçu l’ordre de tuer Jamal Khashoggi ? » Ou encore : « Pourquoi, si sa mort est accidentelle, n’a-t-on pas encore retrouvé le corps de Jamal Khashoggi ? »

En clair le président turc n’est pas allé jusqu’à pointer un doigt accusateur vers le régime saoudien, mais il a adressé à Riyad toutes les questions embarrassantes qui suffisent à mettre en doute de manière implacable la version officielle des faits. Une façon de continuer à temporiser et de dire aux Saoudiens : la balle est dans votre camp.

Source : RFI

 

Affaire Khashoggi: le scepticisme de la communauté internationale

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mediaL'Arabie Saoudite n'a toujours pas livré d'éléments concrets sur l'affaire Khashoggi pour étayer la thèse d'un interrogatoire ayant mal tourné au consulat saoudien d'Istanbul. Et ce flou renforce le scepticisme de la communauté internationale.

« Sa mort est inacceptable, il faut que l'Arabie Saoudite clarifie d'urgence sa version des faits ». C'est la position martelée dimanche dans un communiqué commun publié par la France, le Royaume-Uni, et l'Allemagne. Berlin ajoute qu'à ce stade, « il n'est plus question que l'industrie allemande maintienne ses exportations d'armement vers le territoire saoudien. »

Gel côté canadien aussi

La menace de gel des contrats militaires plane aussi côté canadien. Le Canada n'exclut pas de suspendre une énorme transaction signée avec Ryad. Pour 10 milliards d'euros, Ottawa doit en principe livrer près d'un millier de véhicules blindés aux forces de sécurité saoudiennes. Mais Justin Trudeau souligne que son pays entend défendre les droits de l'homme, y compris dans ses relations avec l'Arabie Saoudite. A Washington, après avoir jugé les explications saoudiennes crédibles, Donald Trump hausse le ton. Dans le Washington Post, il dénonce les mensonges de Riyad et une défense qui part dans tous les sens.

Alliés fidèles

Les seuls à faire front, ce sont les alliés traditionnels de l'Arabie saoudite : ses voisins, Emirats Arabes Unis, Bahreïn, Egypte, Oman, Jordanie, Autorité palestinienne qui répètent leur confiance en la version saoudienne et disent s'attendre à ce que la vérité se manifeste très vite.

Source : RFI

 

Khashoggi : Erdogan promet la « vérité », Riyad assure ignorer où est le corps

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La Turquie va révéler "toute la vérité" sur le meurtre du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul, a promis dimanche son président Recep Tayyip Erdogan. De son côté, Ryad a assuré ignorer le "détail" des circonstances de sa mort, comme l'endroit où se trouve son corps.

Au lendemain des aveux de l’Arabie Saoudite qui ont suscité une vague de scepticisme, Donald Trump allant jusqu’à dénoncer des « mensonges », le président turc est monté au créneau. « Nous cherchons la justice ici, et toute la vérité sera révélée », a-t-il lancé lors d’un rassemblement à Istanbul. M. Erdogan a précisé qu’il ferait une déclaration sur cette affaire mardi au Parlement.

Les explications de Riyad sur la mort du journaliste critique du prince héritier Mohamed Ben Salman et exilé aux États-Unis sont loin d’avoir convaincu les grandes capitales occidentales. Dans un communiqué commun, Londres, Paris et Berlin ont estimé dimanche qu’il y avait « un besoin urgent de clarification » sur les circonstances de la mort « inacceptable » du journaliste, âgé de 59 ans, au consulat saoudien à Istanbul.

Après avoir qualifié de « crédible » la version des Saoudiens, le président américain Donald Trump a évoqué « des mensonges », jugeant que « leurs histoires partent dans tous les sens ». « Il y a eu manifestement tromperie et mensonges », a-t-il déclaré dans un entretien au Washington Post, journal auquel collaborait Jamal Khashoggi.

Guerre des versions

Dans la soirée, la présidence turque a fait savoir que MM. Erdogan et Trump avaient eu un entretien téléphonique et qu’ils étaient d’accord sur la « nécessité d’éclaircir » l’affaire Khashoggi. Après sa disparition le 2 octobre, les autorités saoudiennes ont finalement admis samedi ce que tout le monde redoutait : le journaliste a bien été tué dans le consulat.

Les discussions ont débouché sur une rixe à coups de poing, ce qui a conduit à sa mort

C’est le procureur général Saoud al-Mojeb qui a confirmé sa mort. « Les discussions entre lui et les personnes qui l’ont reçu au consulat ont débouché sur une bagarre et sur une rixe à coups de poing, ce qui a conduit à sa mort », a-t-il dit, cité par l’agence SPA. Signe de contradictions persistantes, le directeur d’un centre de réflexion proche du pouvoir saoudien, Ali Shihabi, a affirmé que Khashoggi était mort étouffé des suites d’un « étranglement ». Dans un premier temps, les autorités saoudiennes avaient affirmé que le journaliste était ressorti vivant du consulat.

Des responsables turcs ont, eux, donné une autre version affirmant que Jamal Khashoggi avait été torturé et assassiné par une équipe de 15 agents saoudiens venus spécialement de Ryad. Selon des journaux turcs, son corps a été démembré. « Pourquoi ces quinze hommes sont-ils arrivés ici? Pourquoi dix-huit personnes ont-elles été arrêtées? », a demandé dimanche le président turc.

Des services saoudiens incontrôlés ?

Dans le contexte de cette affaire, Riyad a annoncé le limogeage du numéro deux du Renseignement saoudien, le général Ahmed al-Assiri, et de trois autres hauts responsables de ces services, ainsi que d’un conseiller « médias » à la cour royale, Saoud al-Qahtani. Dix-huit suspects saoudiens ont été interpellés. Mais des analystes occidentaux ont vu dans ces limogeages et arrestations une tentative de désigner des boucs émissaires et d’épargner le prince héritier, considéré comme l’homme fort du royaume.

Mohamed Ben Salman n’était « pas informé » de l’opération, non-autorisée par le pouvoir, a affirmé dimanche le ministre saoudien des Affaires étrangères Adel al-Jubeir, dans un entretien à la chaîne américaine Fox News.

Les individus qui ont fait cela l’ont fait en dehors du champ de leurs responsabilités

« Les individus qui ont fait cela l’ont fait en dehors du champ de leurs responsabilités. Une erreur monumentale a été faite, qui a été aggravée par la tentative de la cacher », a-t-il ajouté.

« Nous avons découvert qu’il a été tué au consulat (saoudien à Istanbul). Nous ne savons pas comment, dans le détail. Nous ne savons pas où se trouve le corps », a-t-il encore déclaré. Cette affaire a provoqué une onde de choc mondiale et considérablement terni l’image de Riyad. Allié des Saoudiens, le président américain est visiblement embarrassé par cette crise, avec des critiques y compris dans son propre camp républicain, mais il refuse de remettre en cause des méga-contrats, notamment militaires, avec Riyad.

Insistant sur l’importance des liens « stratégique » entre Washington et Riyad, le chef de la diplomatie saoudienne a estimé que cette « relation surmontera » l’affaire Khashoggi et ses répercussions diplomatiques. Les principaux alliés de Riyad dans la région – Émirats arabes unis, Bahreïn, Egypte, Jordanie, Oman, Koweït et Autorité palestinienne -, ainsi que la Ligue arabe et l’Organisation de la coopération islamique (OCI), ont salué les annonces du royaume saoudien.

Conséquences économiques et politiques

Entre-temps, les enquêteurs turcs ont poursuivi leurs investigations, fouillant une vaste forêt proche d’Istanbul. Disant s’appuyer sur des enregistrements sonores, la presse turque a évoqué une décapitation de Khashoggi. Vingt-cinq nouveaux témoins ont été convoqués dimanche par les procureurs engagés dans l’enquête en Turquie, a indiqué la télévision turque NTV.

Outre une crise de crédibilité, ce scandale international a poussé au boycott, par des responsables occidentaux et des dirigeants de firmes internationales, d’une grande conférence économique, chère au prince héritier, prévue à Riyad à partir de mardi. De son côté, la chancelière allemande Angela Merkel a prévenu dimanche que l’Allemagne n’autoriserait pas en l’état d’exportations d’armes vers l’Arabie Saoudite.

Cette affaire a aussi alimenté des spéculations selon lesquelles le prince héritier risquait d’être délogé du pouvoir par des membres de la famille royale irrités par ses « abus ». Mais, parmi les décrets de samedi, son père, le roi Salmane, a annoncé la formation d’une commission ministérielle dirigée par le prince héritier pour réorganiser les services de renseignement, montrant ainsi son intention de le maintenir aux plus hautes fonctions à ce stade.

Source : jeuneafrique.com

 

Arabie saoudite confirme que Khashoggi a été tué au consulat d'Istanbul

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mediaSelon la télévision publique saoudienne, les premiers résultats de l'enquête sur la disparition du journaliste Jamal Khashoggi au consulat saoudien à Istanbul montrent que ce dernier est mort. L'Arabie saoudite a annoncé que 18 de ses ressortissants ont été arrêtés dans le cadre de cette affaire.

L'annonce a été faite dans la nuit de vendredi à samedi par le biais de l'agence de presse officielle saoudienne SPA lors du journal TV de la télévision publique. Riyad a diligenté une commission chargée d'enquêter sur la disparition de Jamal Khashoggi au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul. Cette commission, composée notamment du ministre saoudien des Affaires étrangères et de celui de l'Intérieur, a un délai d'un mois pour produire ses conclusions.

« Bagarre »

L'Arabie saoudite a déclaré qu'une bagarre avait éclaté entre Jamal Khashoggi et les personnes qui l'ont rencontré au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul, ce qui a conduit à son décès selon Riyad. « Les discussions entre Jamal Khashoggi et ceux qu'il a rencontrés au consulat du royaume à Istanbul [...] ont débouché sur une rixe, ce qui a conduit à sa mort », indique le communqiué de l'agence SPA.

La télévision publique saoudienne a également annoncé qu'un haut responsable des services de renseignement avait été limogé. « Ahmad al-Assiri, vice-président du service général de renseignement, a été renvoyé de sa fonction », ont annoncé les médias officiels, citant un décret royal. Un conseiller de haut rang à la cour royale a lui aussi été limogé, selon la même source.

Outre qu'elle intervient après plus de deux semaines de dénégations fermes - Riyad ayant soutenu jusque-là que Jamal Khashoggi avait quitté son consulat d'Istanbul sain et sauf - et que le communiqué saoudien ne dit pas ce qu'il est advenu du corps du journaliste après cette supposée bagarre qui aurait mal tourné, la version de Riyad est à mille lieues du scénario vers lequel semble se diriger l'enquête de la justice turque, relève notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer : celui d'un assassinat de Jamal Khashoggi, d'un guet-apens dans lequel serait tombé le journaliste en se rendant ce 2 octobre au consulat saoudien.

Ces derniers jours, les autorités turques ont laissé fuiter dans la presse des allégations faisant état d'un enregistrement sonore censé prouver l'assassinat de Jamal Khashoggi, ou encore des images de vidéosurveillance retraçant les allées et venues d'un groupe de 15 officiels saoudiens arrivés de Riyad le jour de la disparition du journaliste et repartis tout aussi vite. Vendredi, les enquêteurs turcs fouillaient encore une vaste forêt d'Istanbul à la recherche du corps de Jamal Khashoggi.

Des explications crédibles selon Trump

Le président turc Recep Tayyip Erdogan et le roi Salman d'Arabie saoudite ont convenu de poursuivre leur coopération dans l'enquête au cours d'une seconde conversation téléphonique. Cet appel a eu lieu peu de temps avant que Ryad ne confirme que Khashoggi était mort dans le consulat.

« Nous sommes attristés d'apprendre que la mort de Jamal Khashoggi a été confirmée, a affirmé de son côté la porte-parole de l'exécutif américain, Sarah Sanders. Les Etats-Unis prennent note de l'annonce par le royaume d'Arabie saoudite que l'enquête sur le sort de Jamal Khashoggi progresse et qu'il a entrepris des actions à l'encontre des suspects qui ont été pour l'instant identifiés ».

Le président américain Donald Trump a affirmé qu'il considérait les explications saoudiennes sur la mort du journaliste comme étant crédibles. « Encore une fois, il est tôt, nous n'avons pas fini notre évaluation ou enquête mais je pense qu'il s'agit d'un pas très important », a-t-il ajouté.

En fait, Donald Trump ne le cache pas : la relation diplomatique avec l'Arabie saoudite est l'un des piliers de sa politique. C'est à Ryad qu'il avait réservé son premier déplacement présidentiel à l'étranger, et il souhaiterait certainement que cette affaire se tasse, souligne notre correspondant à New York, Grégoire Pourtier.

Depuis le début, le président navigue à vue chaque jour pour gérer ce que la Maison Blanche qualifie avec délicatesse de « tragique incident ». Désormais, le président américain dit qu'il préférerait ne pas avoir à sanctionner l'Arabie saoudite, calculant que cela pénaliserait aussi les Etats-Unis, qui ont passé des contrats militaires pour plus de 100 milliards de dollars avec le royaume.

Mais comme les services de renseignements américains sont eux convaincus que Ryad est bien davantage responsable que ce qu'il prétend, et comme plusieurs élus du Congrès - et même des proches du président - comptent eux aussi se faire entendre, l'affaire ne devrait pas s'arrêter là. Et au-delà de toutes les conséquences diplomatiques, voire économiques, elle pourrait aussi perturber la politique intérieure.

Source : RFI

 

 

Le pétrole grimpe, la tension monte entre les Etats-Unis et l'Arabie saoudite

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Le pétrole grimpe, la tension monte entre les Etats-Unis et l'Arabie saouditeLes prix du pétrole montaient lundi en cours d'échanges européens alors que l'Arabie saoudite, premier exportateur mondial, a rejeté les menaces de sanctions après la disparition du journaliste saoudien Jamal Khashoggi.

Vers 10H00 GMT (12H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en décembre valait 81,29 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 86 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de "light sweet crude" (WTI) pour le contrat de novembre prenait 53 cents, à 71,87 dollars.

L'Arabie saoudite a promis de riposter à d'éventuelles sanctions après la menace de "châtiment sévère" évoquée par le président américain, Donald Trump, en cas d'implication avérée de Ryad dans la disparition de Jamal Khashoggi.

Si des sanctions sont appliquées, le royaume répondra avec de "plus grandes" sanctions, a averti un haut responsable saoudien non identifié, cité par l'agence de presse saoudienne SPA.

"Riyad est la capitale du pétrole (saoudien) et y toucher affecterait la production", a explicité un éditorial de la télévision saoudienne Al Arabiya. La chaine affirme que "si la hausse du prix du pétrole à 80 dollars déplaisait au président Trump, il ne faudra pas s'étonner de voir le cours s'envoler à 100, ou même 200 dollars" en cas de sanctions.

Pour les analystes de Rabobank, "il ne fait aucun doute que le prince saoudien Mohammed ben Salmane voulait voir cet éditorial publié". "Si les Etats-Unis insistent, ne pariez pas sur un abandon" du prince, ont-ils averti.

"L'Arabie saoudite peut certainement jouer la même carte qu'en 1973, avec un embargo sur le pétrole", a concédé Naeem Aslam, analyste chez Think Markets.

Mais, pour lui, ces menaces sont moins efficaces puisque "les Etats-Unis ont révolutionné le marché du pétrole" en devenant un producteur de la même envergure que l'Arabie saoudite avec leurs extractions de pétrole de schiste.

"Le marché mondial comptait sur l'Arabie saoudite pour remplacer les barils iraniens", a pour sa part souligné Jasper Lawler, analyste chez London Capital Group.

Les exportations de l'Iran, troisième plus grand producteur de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ont chuté en amont des sanctions américaines contre le pays, qui viseront directement son industrie pétrolière à partir de novembre.

Source : Romandie News (Suisse)