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Politique en Afrique

Gabon : Ali Bongo Ondimba va poursuivre sa convalescence à Londres

Le président gabonais Ali Bongo Ondimba va prochainement être transféré à Londres. Hospitalisé depuis le 24 octobre à la suite d'un accident vasculaire cérébral, il doit poursuivre sa convalescence dans un établissement médical spécialisé de la capitale britannique.

Près d’un mois après le début de son hospitalisation au King Faisal Hospital de Ryad, Ali Bongo Ondimba va finalement quitter l’Arabie saoudite pour Londres. Le transfert du président gabonais est prévu dans les prochains jours, voire les prochaines heures. Dans la capitale britannique, ABO doit être admis dans un établissement médical spécialisé.

Le chef de l’État gabonais va, selon nos informations, « beaucoup mieux », raison pour laquelle il a été autorisé à voyager. Conscient et ayant recouvré l’usage de la parole, il a décidé de suivre l’avis de la Première dame, Sylvia Bongo Ondimba, qui plaidait depuis plusieurs jours pour un transfert à Londres, où elle dispose d’une résidence dans le quartier de Mayfair.

 

Une convalescence au Maroc avait un temps été envisagée, sur insistance du roi Mohamed VI, proche d’ABO. Mais l’option a finalement été écartée. Aucune information n’a en revanche filtré concernant la durée de la convalescence du président gabonais.

 

 

Source : jeuneafrique.com

 

Les réformes de l'Union africaine, mode d'emploi

Les 55 membres de l'organisation continentale ont adopté plusieurs réformes lors du 11e sommet extraordinaire de l’Union africaine, organisé samedi 17 et dimanche 18 novembre à Addis-Abeba, en Éthiopie. Les réformes doivent notamment permettre de rendre l'institution plus efficace et autonome. Décryptage.

C'était un sommet « constructif », explique un membre d'une délégation étatique. « Satisfaisant », valide de son côté le président tchadien de la Commission de l'Union africaine (UA), Moussa Faki Mahamat. Pourtant, durant deux jours, des observateurs les plus avisés aux acteurs mêmes de l'institution, tous étaient loin de partager cet optimisme. « La montagne a accouché d'une souris », tranche une source haut placée au sein de l'UA.

Il est en effet compliqué de saisir en quoi les mesures validées dimanche 18 après-midi, en présence de moins de la moitié des chefs d’État et de gouvernement d'Afrique (22 sur 55), vont révolutionner le quotidien de l'organisation panafricaine, vieille de 55 ans. « C'est la première fois qu'un sommet de chefs d’État se réunit pour parler de la réforme », se récrie Pierre Moukoko Mbonjo, qui dirige l'unité chargée du dossier auprès de la Commission de l'UA. Même l'Union européenne n'a pas lancé de réforme aussi vaste et ambitieuse, selon une autre cadre de l'organisation.

La refonte de la Commission, l'exécutif de l'Union.

Selon les réformes et leurs conséquences, la prochaine équipe sera élue en janvier-février 2021. À cette date, ils ne seront plus dix, mais huit : un président, un vice-président et six commissaires. La parité devra être respectée : si une femme est présidente, un homme sera vice-président et vice-versa. Il y aura également trois commissaires de sexe féminin et trois de sexe masculin. Par ailleurs, l'équilibre entre les cinq régions (Nord, Ouest, Est, Centre, Australe) devra également être pris en compte.

Mais ce sont le mode de nomination et le mandat de cette Commission qui, d’après leurs concepteurs, doivent changer la donne. Le président devrait ainsi devenir le véritable patron de son administration, car il est « le visage de l’Union africaine, il est le directeur général, en même temps qu’il est l’ordonnateur du budget de toute l’Union », rappelle Pierre Moukoko Mbonjo. Au début et à la fin du processus de nomination restent les États : chaque région désigne un candidat et l'Assemblée des 55 chefs d’État décide du vainqueur. Mais entre les deux, les volontaires pour le poste de président de la Commission devront se soumettre à un parcours digne du secteur privé : CV en ligne, profession de foi, débat télévisé, si possible diffusé sur les télévisions nationales, et grand oral final face aux dirigeants.

L’objectif : Réinstaurer une hiérarchie et faire des économies

Le mandat du « patron » va changer : il sera maître, avec son vice-président, du budget et des ressources humaines de l'institution continentale. Il pourra, par exemple, décider désormais de mettre fin aux fonctions d'un de ses commissaires. Il s'agit de réinstaurer clairement une hiérarchie afin que l'exécutif de l'UA ait la force et la légitimité suffisantes pour mettre en œuvre les décisions que les dirigeants prennent sommet après sommet – dont seuls 10% seraient effectivement appliquées, selon une source au sein de l'organisation. En contrepartie de cette indépendance accrue, il devra dresser des objectifs précis chaque année et rendre compte de leur avancée.

Selon ces changements, les États membres pourront par ailleurs mettre fin aux fonctions du président, du vice-président et des commissaires. Est-ce faire entrer le management du secteur privé à l'UA ? « C'est exactement cela, répond Pierre Moukoko Mbonjo, puisqu'il s'agit de mettre en place un système de gestion axé sur les résultats ».

Cette réforme de la Commission de l'Union africaine vise en outre à économiser. À l'unité chargée des réformes, on évoque 500 000 dollars mis de côté par an, rien qu'avec la suppression de deux postes de commissaires. Il faut aussi rappeler que les dirigeants s'étaient mis d'accord en juillet 2018, à Nouakchott, pour passer de deux à un sommet annuel avec les dirigeants - il y aura donc uniquement un Conseil exécutif entre ministres, suivi d'une réunion de coordination entre l’UA et communautés économiques régionales, à l'été 2019 à Niamey.

Réforme du financement et sanctions contre les mauvais payeurs

C'était l'une des grandes décisions du sommet ordinaire de Kigali, en juillet 2016 : l'adoption d'une taxe de 0,2% sur une liste de produits importés afin de « sécuriser » le paiement par les 55 membres de l'UA de leur contribution financière annuelle. L'idée étant simplement d'aider les États à trouver l'argent pour payer leur cotisation. Aujourd'hui, ils sont 24 à l'avoir mise en place, d'après les chiffres de la Commission. Juridiquement, il s'agit d'une directive donc « le rythme et les modalités de sa mise en œuvre dépendent de chaque État membre », décrypte Pierre Moukoko Mbonjo. Certains ont des contraintes spécifiques. « Il leur faut parfois modifier leur Constitution pour autoriser cette taxe et on sait ce que cela peut avoir comme signification de faire ça sur le continent », raconte un employé de la Commission.

Par ailleurs, les États-Unis continuent de mettre la pression. La mission américaine auprès de l'UA conteste auprès de l'AFP la régularité de ce type de « mesures commerciales », au regard des règles de l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Mais la Commission continue d'être optimiste sur cette taxe à 0,2% qui aurait permis de réduire de 60% à 30% la dépendance de l'organisation continentale vis-à-vis des donateurs, d'après l'équipe chargée des réformes.

Des sanctions aux membres qui ne payent pas leur contribution

Si cette taxe n'a pas été abordée durant ce 11e sommet extraordinaire à Addis-Abeba, les États ont en revanche avancé sur un autre point : le durcissement des sanctions contre les membres qui payent avec retard ou ne payent pas leur contribution annuelle. « Nous sommes à un mois de la fin de l'année budgétaire, les contributions sont seulement à hauteur de 50%, s'est insurgé le président de la Commission, Moussa Faki Mahamat, lors de la conférence de presse de clôture. Comment voulez-vous qu'une Commission puisse mettre en œuvre son programme annuel ? »

Le sommet a donc validé un dispositif de sanctions graduelles, selon le retard dans le paiement, qui peut conduire un État de la suspension de prise de parole durant les réunions de l'UA jusqu'à l'exclusion de toute participation aux activités de l'organisation, sommets compris, d'après un document de travail consulté par RFI. En revanche, la révision du barème des contributions financières a été repoussée au sommet des 10-11 février 2019, à Addis-Abeba. Elle doit permettre aux grands contributeurs de ne pas payer à eux seuls plus de 40% de la note.

La création d'une agence de développement

Le nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique (Nepad) est transformé en Agence de développement de l'Union africaine – Nepad. « Les chefs d’État ont voulu garder la marque Nepad qui est déjà très connue », indique Pierre Moukoko Mbonjo. Concrètement, le sommet des 17-18 novembre a défini le mandat de cette institution refondée et, surtout, en a intégré le budget dans celui de l'UA.

L'idée est de s'assurer que chaque organe tire dans le même sens, et notamment dans celui de l'intégration régionale et continentale, c'est-à-dire le rapprochement des économies et des peuples africains. C'était l'idée à la base de la transformation de l'Organisation pour l'unité africaine (OUA) en Union africaine, en 2002, rappelait Moussa Faki Mahamat dans son discours d'ouverture. Dans le même ordre d'idée, le président Faki doit plancher sur une meilleure répartition du travail entre sa Commission, l'ex-Nepad, les organisations régionales (CEDEAO, SADC, IGAD, etc.) et les États.

De la théorie à la pratique, les échecs du Président Kagame

Le chef de l’État rwandais avait été désigné par ses pairs, en juillet 2016, chez lui à Kigali, pour proposer des pistes de réformes de l'UA et les mener à bien. En janvier 2017, Paul Kagame avait présenté son rapport avec pour but de « secouer le cocotier », rapportait alors une source proche du dossier au Monde Afrique. Le dirigeant du pays des mille collines souhaitait ainsi, selon Le Monde Afrique, que le Président de la Commission élu en 2021 puisse nommer directement ses commissaires, ce qui lui aurait conféré une légitimité et un pouvoir plus grand encore face aux États membres.

Cette option a vite été repoussée. « Kagame s’est heurté à une hostilité sourde, notamment de l’Afrique australe et du Nord qui ont taillé dans les propositions » cingle un haut-cadre de l'organisation. Des propositions qu'il qualifie de « plutôt révolutionnaires ». « Hostilité sourde, il me semble que l'expression est appropriée, abonde un autre membre de l'administration UA. L'Afrique du Nord est opposée à certains éléments fondamentaux de la réforme, notamment la question de la répartition du travail entre la Commission de l'UA, les communautés économiques régionales et les États. Ceci principalement parce qu'il n'existe pas de communautés économiques régionales en Afrique du Nord. Quant à l'Afrique australe, elle veut avoir plus de contrôle sur la Commission et met en avant qu'elle est (principalement l'Afrique du Sud) un grand contributeur. »

La crainte de trop renforcer la Commission, et de céder ainsi de la souveraineté, est au cœur du processus de réforme de cette institution qui « n'est plus adaptée au XXIe siècle », comme le dit une cadre. « La réforme est un processus, les États membres cèdent progressivement des parts de souveraineté », veut croire Pierre Moukoko Mbonjo. Pour l'ancien ministre camerounais des Relations extérieures, cela a mis beaucoup de temps aussi à l'Union européenne pour faire élire le président de la Commission par le Parlement européen. « Nous avons fait notre part du travail pour poursuivre le voyage et je m’attends à ce que le prochain […] président de l’UA poursuive sur la même lancée et avec les mêmes progrès », concluait Paul Kagame en refermant le sommet de novembre 2018. Reste à voir si son successeur, l’Égyptien Abdel Fatah Al-Sissi, aura cette même ambition.

Source : RFI

 

Union africaine : après le sommet extraordinaire d’Addis-Abeba, où en sont les réformes ?

À trois mois de la fin du mandat de Paul Kagame à la tête de l'Union africaine, le bilan des réformes proposées est en demi-teinte. Après le sommet extraordinaire de l’institution, qui s'est clôturé dimanche 18 novembre à Addis-Abeba, Jeune Afrique fait le point.

En janvier 2017, Paul Kagame présentait à ses pairs un ambitieux rapport pour une réforme de l’Union africaine (UA). L’idée : rendre la Commission plus forte, plus efficace et plus indépendante, afin que l’UA devienne plus qu’un simple forum des chefs d’État du continent, dont les résolutions sont rarement appliquées faute de moyens et de volonté.

Mais les propositions du président rwandais, qui a pris la présidence de l’UA en janvier de l’année suivante, se sont heurtées aux réticences de certains États soucieux de préserver leurs prérogatives, exprimées notamment ce week-end lors du sommet extraordinaire de l’institution panafricaine à Addis-Abeba.

À quelques mois de la fin de sa présidence, Kagame devra donc poursuivre le travail s’il veut pouvoir mettre en œuvre son plan. Résumé de l’avancée de six mesures emblématiques.

· Réforme de la commission : compromis trouvé

Les chefs d’État ont acté le principe de ramener de huit à six le nombre de commissaires. Selon les calculs de la Commission, cela devrait permettre chaque année près de 500 000 dollars d’économies.

Leur mode de sélection a aussi été revu : les candidats devront être présélectionnés par un panel d’éminentes personnalités africaines associées à un cabinet de recrutement, sur la base de leurs compétences, du respect de la parité femmes/hommes et de la rotation entre les régions.

Les États membres continueront à élire les commissaires, contrairement à la proposition initiale de Paul Kagame

Néanmoins, les États membres continueront à les élire, contrairement à la proposition initiale de Paul Kagame. Pour renforcer les pouvoirs du président de la Commission, le Rwandais avait en effet proposé de permettre à ce dernier de nommer directement ses commissaires.

Quant au président de ladite Commission, Moussa Faki Mahamat, il est chargé de continuer de réfléchir à une nouvelle organisation des départements de l’UA. La structure ne devrait véritablement être opérationnelle qu’en 2021, date de l’expiration des mandats des actuels commissaires.

· Sanctions des mauvais payeurs : accord

« Nous sommes en novembre. L’exercice budgétaire touche à sa fin, mais nous n’avons perçu que 50% des contributions », a dénoncé Moussa Faki Mahamat lors de la conférence de presse de clôture du sommet. Le président de la Commission s’est plaint de ne pas disposer d’un budget « soutenable et prévisible », à cause des membres qui ne paient pas leur cotisations à temps.

Pour remédier à cette situation, l’UA a adopté un nouveau barème de sanctions, qui pourra aller jusqu’à la suspension de la participation d’un État aux travaux de l’institution. Reste à savoir jusqu’où la Commission sera véritablement prête à aller lorsque ce cas se présentera.

· Nouveaux barèmes des donateurs : décision reportée

Pour éviter que le budget de l’UA ne soit trop dépendant d’un petit nombre de donateurs, une réforme du barème des contributions a été proposée.

Les contributions des cinq principaux donateurs devraient être limitées à 40% du budget, tandis qu’aucun ne devrait contribuer pour moins de 200 000 dollars

Selon l’une des modalités discutées, les contributions des cinq principaux donateurs devraient être limitées à 40% du budget, tandis qu’aucun n’État ne devrait contribuer pour moins de 200 000 dollars annuels. Face à cette épineuse question, « le sujet a été remis au prochain sommet, en février 2019 », a indiqué Moussa Faki Mahamat.

  • Taxe de 0,2% sur certaines importations : non discuté

Cette taxe, également surnommée « taxe Kaberuka », était l’une des mesures phares du projet de réforme de l’UA. Elle doit permettre de financer non seulement le budget de l’Union, mais aussi 75% de ses programmes et 25% de ses opérations de paix.

Si elle a été formellement adoptée par l’UA, sa mise en œuvre, qui revient aux États membres, patine dans plusieurs régions du continent. L’Afrique australe, notamment, y est farouchement opposée : ses pays veulent pouvoir déterminer eux-mêmes comment récolter les recettes nécessaires à leurs contributions.

Selon les chiffres de l’unité de mise en œuvre, 24 États ont déjà mis en place cette taxe ou entrepris de le faire. Ce qui signifie que plus de la moitié des pays du continent n’ont pas encore initié ce processus. Cette question sensible n’a pas été discutée lors du sommet extraordinaire.

  • Réintégration des agences du Nepad et du MAEP : validé

Les agences du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad) et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (MAEP), institutions semi-indépendantes de l’Union africaine, vont être pleinement réintégrées à l’UA. L’agence du Nepad, qui portera désormais le nom d’Agence de développement de l’UA (AUDA), devrait être l’équivalent de ce qu’est le PNUD pour l’ONU.

  • Négociations post-Cotonou avec l’UE : compromis trouvé

Alors que l’accord de Cotonou entre l’Union européenne (UE) et les États d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) arrivent à expiration en 2020, la Commission de l’UA a souhaité pouvoir négocier directement avec les Européens le prochain accord. Cela permettrait à l’institution panafricaine de peser davantage sur la scène internationale et de mieux atteindre ses propres objectifs.

Il a été convenu que le groupe ACP continuerait de négocier avec l’UE, mais qu’un collectif de pays africains coordonné par l’UA sera créé en son sein

Problème : certains de ses membres, comme les pays d’Afrique du Nord et l’Afrique du Sud ne font pas partie du groupe ACP et gèrent directement leurs accords avec les Européens. Au final, il a été convenu que le groupe ACP continuerait de négocier avec l’UE, mais qu’un collectif de pays africains coordonné par l’UA sera créé en son sein.

Source : jeuneafrique.com

 

Présidentielle malgache: Rajoelina et Ravalomanana qualifiés pour le 2e tour

Un duel entre deux ex-présidents : c'est l'affiche du second tour de la présidentielle malgache. Andry Rajoelina (39,19%) et Marc Ravalomanana (35,29%) se sont qualifiés selon les résultats provisoires , car non encore officiellement proclamés par la HCC, la Haute cour constitutionnelle. Le 2e tour est prévu pour le 19 décembre.

Les résultats sont à la mesure des tendances de ces derniers jours. Samedi soir, à 18h30, la Céni a donc donné très officiellement les résultats du scrutin. Andry Rajoelina, l’ex président de la Transition, arrive en tête avec 39,19% des suffrages. Suivi par son ennemi de toujours, l’ex-président Marc Ravalomanana avec 35,29% des voix.

Le président sortant Hery Rajaonarimampianina obtient un score de 8,84% qui le place en troisième position. Le pasteur Mailhol, fondateur de la secte Apocalyse sur la Grande Ile, arrive en 4e position avec 1,27% des suffrages. Les 32 autres candidats ramassent donc les miettes, comme Didier Ratsiraka avec un petit 0,45%. Le taux de participation s’élève à 54,2%. Quant au nombre de bulletins blancs ou nuls, il dépasse lui les 7%.

Ces résultats interviennent sur fond de contestation de la part d’un grand nombre de candidats. Les trois candidats arrivés en tête ont tous ces derniers jours mis en doute la fiabilité des résultats partiels et la manière peu transparente avec laquelle opérait la Céni. Samedi matin, un collectif d’une vingtaine de candidats, composé entre autres de Hery Rajaonarimampianina, a même déposé une requête devant la HCC demandant l’annulation du scrutin pour vice de procédure dans l’élection ayant entraîné des fraudes.

Les clans des deux qualifiés ont d’ores et déjà réagi : « Nous nous engageons sans problème dans le deuxième tour et avec espoir », a déclaré à l’issue de la cérémonie d’annonce des résultats, le directeur de campagne de Marc Ravalomanana. Il confirme toutefois de grosses différences de résultats entre ceux de la Céni et les leurs. Mais dit-il, « nous ne déstabiliserons pas l’institution dans la proclamation de ses résultats provisoires. »

Côté Andry Rajoelina, la réaction s’est faite par un tweet : « La population malagasy a montré sa soif de démocratie. Félicitations à tous ceux qui ont voté. J’appelle maintenant à un large rassemblement pour sauver Madagascar. Néanmoins, je soutiens la vraie démocratie et je regrette que le traitement des résultats par la #CENI n’ait pas été transparent. Cela ne nous empêchera de gagner, avec vous tous, et rendre sa fierté au peuple malagasy. »

Source : RFI

 

Changement d’heure au Maroc : le gouvernement face aux manifestations

Le maintien au dernier moment de l'horaire d'été, au cours d'un Conseil de gouvernement exceptionnel tenu fin octobre, suscite la colère des écoliers. L'exécutif, qui a du mal à remettre les pendules à l'heure, crie à l'instrumentalisation des élèves.

Une mère de famille qui risque le licenciement parce qu’elle doit désormais déposer son enfant à 9h à l’école, alors qu’elle doit pointer au bureau à 8h30 ; un lycéen qui se plaint des agressions dans son quartier, qu’il quitte dans le noir pour aller en cours… Sur les réseaux sociaux ou dans des émissions radios, les histoires racontant le chamboulement du quotidien des Marocains n’en finissent pas. Le pays, dans son ensemble, semble « jetlagué » – de l’anglais « jetlag », décalage horaire – depuis que le gouvernement a décidé de supprimer le retour à l’heure d’hiver. Flash-back.

Vendredi 26 octobre, Saadeddine El Othmani réunit un Conseil de gouvernement exceptionnel pour promulguer un décret relatif à l’heure légale qui devait rebasculer, deux jours plus tard, de GMT+1 à GMT [acronyme anglophone de Heure moyenne de Greenwich, soit l’heure mondiale de référence]. « Si ce décret n’a pas été à l’ordre du jour du Conseil de gouvernement hebdomadaire, tenu la veille, c’est que la décision a été prise hâtivement, sans aucune préparation préalable », assure un ancien ministre.

« Répercussions négatives »

L’exécutif légitime pourtant sa décision par des raisons de « stabilité », évoquant une étude approfondie démontrant les « répercussions négatives d’un changement d’heure ». Un document qui n’a été rendu public que deux semaines après la décision, et reste peu convaincant pour les Marocains. La synthèse du rapport, établi par le cabinet PricewaterhouseCoopers (PwC), se contente d’énumérer les avantages et inconvénients de chacun des horaires d’été et d’hiver, sans préciser pour autant lequel serait le mieux adapté au contexte du pays.

Cette décision brutale se traduit par l’improvisation des mesures d’accompagnement mises en œuvre. Pour les horaires des écoles, en particulier, le ministre de l’Éducation nationale s’est retrouvé à négocier avec les parents d’élèves, alors que l’année scolaire est lancée. Une négociation qui n’a finalement mené à rien, puisque son département a fini par déléguer aux académies régionales le choix des horaires. Une approche participative qui s’est révélée inefficace, la grogne aux portes des établissements scolaires ne faisant que s’amplifier.

Ces manifestations ne sont pas spontanées, mais attisées par des personnes étrangères aux établissements scolaires

Depuis deux semaines, plusieurs écoles publiques dans différentes villes du Maroc ont connu des sit-in qui ont parfois tourné aux actes de vandalisme. Des drapeaux du royaume ont même été brûlés. Selon les autorités, ces manifestations ne sont pas spontanées, mais attisées par des « personnes étrangères aux établissements scolaires ».

Plusieurs responsables politiques crient à l’instrumentalisation des écoliers. À Tanger, des individus ont même été interpellés pour leur implication présumée dans l’incitation des élèves à poursuivre les manifestations. À croire que ce changement d’heure vient cristalliser tout le décalage entre actions gouvernementales et attentes des citoyens…

Source : jeuneafrique.com

 

Guinée : Khalifa Gassama Diaby, ministre contrarié, a fini par jeter l’éponge

Le 14 novembre, le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté, Khalifa Gassama Diaby, annonçait sa démission. La fin d’une longue collaboration en dents de scie entre ce ministre, qui avait plusieurs fois songé à jeter l’éponge, et le président Alpha Condé.

« Lorsqu’on a définitivement acquis la certitude que le combat que l’on mène avec le cœur, l’honnêteté et l’engagement éthique n’est plus manifestement, clairement, une préoccupation et une priorité majeure ni pour le gouvernement auquel on appartient, ni pour les acteurs politiques nationaux, ni dans le jeu politique et institutionnel, on se retire. » Dans le communiqué annonçant sa démission, c’est en ces termes que Khalifa Gassama Diaby exprimait sa lassitude, estimant n’être pas parvenu à faire bouger les lignes au sein du gouvernement autant qu’il l’aurait voulu.

Une décision dont le ministre de l’Unité nationale et de la Citoyenneté aurait informé le président Alpha Condé en dernière minute, par SMS, choisissant de le placer devant le fait accompli, souffle l’un de ses proches. Selon la même source, « cette manière de faire ne traduit pas un manque d’égard envers le chef de l’État mais plutôt une volonté de rendre irréversible sa démission ». Auparavant, Diaby avait en effet envisagé à plusieurs reprises de démissionner, sans jamais franchir le pas.

Une dizaine de tentatives

« Il a brandi cette menace plus d’une dizaine de fois », assure l’un de ses collaborateurs au ministère. Sa première tentative est survenue seulement deux semaines après sa nomination, le 5 octobre 2012, à la tête du ministère des Droits de l’homme et des libertés publiques – qui deviendra le ministère de l’Unité nationale après la présidentielle de 2015. « C’était à la suite d’une divergence avec le président de la République lors d’un Conseil des ministres, ce sont des collègues qui l’avaient calmé », se souvient l’un d’entre eux.

Il a toujours été à deux doigts de démissionner », confie Siaka Barry

« Il a toujours été à deux doigts de démissionner, confie à Jeune Afrique l’ancien ministre des Sports, de la Culture et du Patrimoine historique, Siaka Barry. J’ai eu moi-même à l’en dissuader, au premier trimestre 2017. Je me souviens notamment d’un débat houleux qui l’a opposé au président Condé à propos du viol conjugal. Ils ont eu aussi des divergences sur la question des conditions carcérales. Le chef de l’État le taxait d’être l’homme des ONG internationales. »

Le point de non-retour

À plusieurs reprises, son propre père, âgé de 95 ans, avait dissuadé Khalifa Gassama Diaby de quitter le gouvernement. Leur tête-à-tête, qui a précédé l’officialisation de sa démission, n’a cette fois pas entamé la détermination du fils. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase ? En juillet, excédé par les manifestations contre la hausse du prix du carburant et contre les résultats des élections communales de février 2018, le Premier ministre Ibrahima Kassory Fofana avait déclaré préférer l’ordre public à la loi. Par la suite, le ministre de l’Administration du territoire et de la Décentralisation, Bouréma Condé, avait annoncé l’interdiction de toute manifestation politique jusqu’à nouvel ordre. « Ma présence dans ce gouvernement n’a plus aucun sens », confie alors Gassama Diaby à un proche.

Toutefois, si les dernières opérations de répression contre des manifestations politiques – qui ont fait deux morts civils et une victime policière à Wanindara, un quartier de la commune de Ratoma, fief de l’opposition – n’ont pas arrangé les choses, Gassama Diaby avait rédigé sa lettre de démission dès le début du mois d’octobre.

Lors du Conseil des ministres, le 15 novembre, Alpha Condé a pris acte de la démission de Khalifa Gassama Diaby. « Le président de la République a instruit le ministre de l’Industrie et des PME [Tibou Kamara, ndlr] d’assurer l’intérim du démissionnaire », précise-t-on dans le compte rendu du conseil. Contacté par Jeune Afrique, le ministre de l’Information et de la Communication, Amara Somparé, préfère ne pas en dire davantage.

Plusieurs personnalités ont exprimé leurs regrets, à l’instar de Siaka Barry, qui a rendu hommage au « courage » et à « l’esprit patriotique » de Gassama, qu’il qualifie d’homme libre. « Il est resté citoyen avant d’être administrateur. Il a eu le courage de se battre pour des valeurs, des idées, même contre le gré du gouvernement ». Frédéric Foromou Loua, le président de l’ONG Mêmes droits pour tous (MDT), se dit lui aussi « déçu ». « Au sein du gouvernement, il incarnait la voix des droits de l’homme. La plupart des autres ministres sont davantage mus par des considérations politiques. » Selon lui, « cette démission n’a pas vraiment été une surprise. Je me souviens qu’il avait déclaré, au Palais du peuple, lors de la dédicace du livre Mémoires collectives, fin septembre, que la Guinée est un pays « triste et attristant ». »

C’est dans ce même lieu que Khalifa Gassama Diaby avait annoncé, le 7 novembre 2017, la fin de son « aventure » avec la Semaine nationale de la citoyenneté et de la paix (Senacip), qu’il avait initiée en 2016 avant de la faire adopter par l’Assemblée nationale. L’objectif était de désamorcer les tensions sociopolitiques par l’éducation civique. Faute du soutien des autorités, la Senacip a fait long feu. L’édition 2018, prévue le 1er novembre, n’a finalement pas eu lieu.

Source : jeuneafrique.com

 

Union africaine : dernier espoir pour faire avancer la réforme institutionnelle

Union africaine : dernier espoir pour faire avancer la réforme institutionnelle Les chefs d'État africains se rassemblent ce week-end à Addis Abeba pour un sommet extraordinaire de l'Union africaine (UA), où ils chercheront à s'accorder sur un projet de réforme institutionnelle de l'organisation porté depuis deux ans par le président rwandais Paul Kagame.

Il reste peu de temps à Paul Kagame, qui a insisté pour que ce sommet soit convoqué, pour faire passer ces réformes destinées à rendre l’UA moins bureaucratique et plus efficace, mettent en garde les analystes.

En janvier, il cèdera son poste annuel de président en exercice de l’UA au chef de l’État égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, bien moins enclin que lui à défendre ces réformes.

« L’inquiétude tient à ce que, même si elle ne devait pas chercher pas à revenir dessus, l’Égypte ne ferait très probablement pas la promotion de ces réformes », explique Elissa Jobson, du centre d’analyse International Crisis Group (ICG).

Pour elle, le sommet de samedi et dimanche est le « dernier effort » pour faire adopter autant de modifications que possible avant que Kagame ne passe la main au président égyptien.

Une réforme nécessaire

Longtemps critiquée pour sa lourdeur administrative et son inefficacité, l’UA avait chargé en 2016 le leader rwandais de réfléchir à une réforme visant notamment à garantir l’autonomie financière de l’organisation pour lui donner les moyens de sa souveraineté politique.

Kagame a cherché à tailler dans les dépenses de l’UA, en limitant le nombre de sommets et de commissions, et à réduire sa dépendance à l’égard des donateurs étrangers. Il a aussi suggéré qu’elle circonscrive ses priorités à la sécurité, la politique et l’intégration économique.

Mais plus de deux ans et cinq sommets après, plusieurs Etats clés sont toujours extrêmement réticents et l’espoir de voir un accord global être conclu cette semaine dépend surtout de qui se rendra à Addis Abeba.

« Il faudra voir combien de chefs d’État viennent, et ça déterminera le succès du sommet, (qui) déterminera d’une manière ou d’une autre le succès des réformes », remarque Liesl Louw-Vaudran, consultante auprès du centre sud-africain d’analyse Institute of Security Studies (ISS).

Pour l’instant, l’Afrique du Sud, le Zimbabwe, le Botswana, les Comores, le Togo et le Ghana ont confirmé qu’ils enverraient leur président. Le Nigeria et le Mozambique délégueront leur ministre des Affaires étrangères. Les autres pays n’ont pas fait savoir qui se déplacerait.

Des réticences

Certaines réformes ont déjà été adoptées. En début d’année, les chefs d’État de l’UA avaient accepté de faire passer de deux à un le nombre de sommets annuels.

Selon Elissa Jobson, analyste à l’ICG, près de la moitié des 55 Etats membres ont accepté de payer une taxe de 0,2% sur les importations, pour réduire la dépendance de l’UA à l’égard des bailleurs étrangers, lesquels contribuent à son budget à hauteur de 50%, et l’autre moitié trouvera un autre moyen de payer.

Aucune décision n’a encore été prise sur les autres propositions du président rwandais, comme celle de charger le président de la Commission de l’UA, actuellement le Tchadien Moussa Faki Mahamat, de nommer le vice-président de la Commission et les autres commissaires.

La plupart des pays africains les plus puissants sont en effet réticents à donner à l’UA la capacité de prendre des décisions à leur place, observe Liesl Louw-Vaudran.

« Ils ne veulent abandonner aucune part de souveraineté à la Commission de l’UA. Ils la voient encore comme une sorte de secrétariat chargé de mettre en oeuvre ce que les chefs d’État décident », explique-t-elle.

Méfiance de l’Égypte

Elissa Jobson souligne que les réserves de l’Égypte tiennent à une sorte de ressentiment, le pays ayant été suspendu de l’UA un an après le coup d’État de 2013 ayant amené Al-Sissi au pouvoir.

« Il y a un sentiment général que cette décision avait été plus impulsée par la Commission que par les États membres. C’est une raison supplémentaire pour l’Égypte de vouloir voir les pouvoirs de la Commission réduits », pense-t-elle.

Un diplomate travaillant à l’UA et ayant requis l’anonymat ajoute que l’Égypte a publiquement soutenu les réformes, mais aimerait probablement qu’elles se concentrent sur d’autres aspects que ceux défendus par Kagame, comme la sécurité et la reconstruction post-conflits.

« Personne n’espère vraiment que ce sommet va permettre de résoudre quoi que ce soit, mais vous verrez peut-être quelques décisions prises », laisse-t-il entendre.

Source : Jeune Afrique

 

 

Algérie : Djamel Ould Abbès démissionne de la direction du FLN

Djamel Ould Abbès, le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), a démissionné mercredi 14 novembre de la direction du parti, sans en donner les raisons. Moad Bouchareb, le nouveau président de l’Assemblée nationale, devrait assurer l'intérim.

Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbès, a déposé le mercredi 14 novembre sa démission de la direction du parti qu’il assure depuis octobre 2016. Réputé proche du cercle présidentiel, Djamel Ould Abbès n’a pas expliqué les raisons de son départ du FLN.

L’agence officielle APS a de son côté confirmé la démission de Djamel Ould Abbès en raison de « soucis de santé qui lui imposent un congé de longue durée », citant une source officielle non identifiée.

Dans une déclaration faite à la presse quelques instants plus tard devant le siège du parti, Ahmed Boumehdi, membre du bureau politique du FLN, a démenti que Ould Abbès avait présenté sa démission. Ce dernier aurait pris un congé en raison de son état de santé, a-t-il précisé, en ajoutant que le bureau politique se réunira pour prendre une décision.

L’intérim assuré par Moab Bouchareb

Selon des sources à Alger proches du FLN et contactées par Jeune Afrique, Djamel Ould Abbès aurait été remplacé par Moad Bouchareb, qui assure depuis le 24 octobre dernier la présidence de l’Assemblée nationale. L’agence APS précise que l’intérim sera assuré par Moab Bouchareb en attendant que les organes habilités du parti du FLN se prononcent sur son remplacement. Chef du groupe parlementaire du FLN, député de Sétif depuis trois législatures, le nouveau président de l’Assemblée nationale, âgée de 47 ans et détenteur d’une licence en langue arabe, avait déjà occupé les fonctions de vice-président de l’APN.

Controverses

Ces dernières semaines, Djamel Ould Abbès avait provoqué différentes controverses, notamment en annonçant le 28 octobre que le président algérien Abdelaziz Bouteflika sera bien le candidat du FLN à la présidentielle prévue en avril 2019. Nombreux sont ceux qui avaient interprété son annonce comme une candidature officielle du chef de l’État pour un cinquième mandat.

En début de semaine, Djamel Ould Abbès est également entré en conflit direct avec Tayeb Louh, ministre de la Justice et membre du FLN, en le désavouant au profit du Premier ministre Ahmed Ouyahia. Dans une déclaration publique tenue le 5 novembre dernier, Tayeb Louh a vivement critiqué son Premier ministre en l’accusant d’avoir été à l’origine de l’incarcération de milliers de cadres dans les années 1990. Plutôt que de manifester de la solidarité à l’égard de son confère du FLN, Djamel Ould Abbès a pris la défense du Premier ministre, également secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), le parti rival.

Lundi 12 novembre, Djamel Ould Abbès a affirmé que les déclarations de Tayeb Louh contre Ahmed Ouyahia « n’engagent en rien » le FLN. Selon lui, Louh a « agi en tant que ministre et non comme militant du FLN » en assurant que son parti « ne l’a pas délégué » pour « s’attaquer à Ouyahia ». Rien n’indique actuellement que le départ surprise de Ould Abbès est lié à sa prise de position en faveur du Premier ministre.

Légitimité contestée

Depuis sa désignation au secrétariat général de l’ex-parti unique, Djamel Ould Abbès n’a jamais fait l’unanimité parmi ses pairs. Certains contestent sa légitimité, d’autres sa gestion solitaire des affaires du FLN. La personnalité de cet ancien ministre ainsi que ses déclarations loufoques et à l’emporte-pièce suscitent souvent moqueries et atterrement.

C’est à la faveur d’un concours de circonstances que cet homme au passé révolutionnaire controversé s’est retrouvé, à l’automne 2016, propulsé sur le devant de la scène. Lassée des saillies intempestives d’Amar Saadani, SG du FLN depuis août 2013, la présidence de la République avait décidé de le congédier. Qui pour remplacer le secrétaire général dont le mandat à la tête du FLN avait causé tant de dégâts et de tumultes ? À la surprise générale, Abdelaziz Bouteflika avait choisi Djamel Ould Abbès.

Source : jeuneafrique.com

 

 

Santé d'Ali Bongo: toujours dans l'attente d'un communiqué des autorités

A 3 jours des cérémonies du 11 novembre à Paris, la venue du président Ali Bongo paraît de plus en plus hypothétique. Selon les informations de l’agence Reuters, Ali Bongo a été victime d’un AVC, la Lettre du continent parle pour sa part d’un œdème cérébral. Selon le journal Le Monde, Ali Bongo serait maintenu en coma artificiel. A la présidence gabonaise, pas de nouvelle communication. Il y a 10 jours, le porte-parole avait expliqué que le chef de l'Etat gabonais était toujours hospitalisé à Riyad en Arabie saoudite où il a fait un malaise le 24 octobre. Il souffre selon lui d'une fatigue « sévère ».

« Pourquoi ne publie-t-on pas son bulletin de santé ? Dans le cadre du respect de la personne, le gouvernement doit tout de même nous informer de la réalité de la maladie du chef de l'Etat », déclare l'ancien président de l'Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama, le chef de file des Démocrates.

Selon une source qui préfère garder l'anonymat, cette prudence peut aussi s'expliquer : « Certains termes médicaux pourraient avoir des conséquences constitutionnelles immédiates ». Confiant que le président va se rétablir, le gouvernement a déjà affirmé que « la question de la vacance du pouvoir n'était pas à l'ordre du jour ».

Or c'est à lui ou aux deux chambres du Parlement de saisir la Cour constitutionnelle afin qu'elle constate éventuellement la vacance du pouvoir. L'article 13 de la Constitution ne prévoit cependant aucune contrainte de temps. « C'est exact, reconnaît un autre responsable de l'opposition, mais on ne va pas attendre 150 ans non plus ».

Si l'état de santé du président Ali Bongo n'évolue pas d'ici là, ou si aucune annonce n'est faite, il existe cependant dans la Constitution plusieurs contraintes juridiques. Ainsi, quand la Cour constitutionnelle aura publié les résultats définitifs des législatives, le gouvernement devra présenter sa démission au chef de l’Etat.

La Constitution prévoit en fait en son article 34 que les fonctions du gouvernement cessent à ce moment-là. Le gouvernement assure l'expédition des affaires courantes jusqu'à la formation d'un nouveau gouvernement. En l'absence du président, aucune loi ne pourra être promulguée.

Source : RFI

 

Maroc : « Le discours du roi est un préalable à la rencontre de Genève sur le Sahara occidental »

Dans son discours commémorant le 43e anniversaire de la Marche verte, le roi Mohammed VI a proposé « la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation » avec l'Algérie. Un geste fort, à quelques semaines de la reprise de pourparlers inclusifs sur le Sahara occidental.

Entre le renouvellement du mandat de la Minurso, la mission onusienne au Sahara occidental, le 31 octobre, et une rencontre prévue à Genève les 5 et 6 décembre entre le Maroc, le Front Polisario, la Mauritanie et l’Algérie, le roi Mohammed VI a décidé de tendre la main à son voisin de l’est. Dans son traditionnel discours de la Marche verte, mardi 6 novembre, il a ainsi proposé « la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation ». Et le souverain d’affirmer : « Nous réitérons notre engagement à œuvrer main dans la main avec nos frères en Algérie ».

À quelques semaines de la rencontre sous égide onusienne à Genève, Mohammed VI met en garde : « Le Maroc est (…) persuadé de la nécessité que (…) les Nations Unies tirent parti des leçons et des expériences du passé, et évitent notamment les blocages et les insuffisances qui ont entaché le ‘Processus de Manhasset’ .

En 2007, sous houlette onusienne déjà, le Maroc et le Front Polisario avaient entamé des discussions dans cette localité de l’État de New York. La diplomatie marocaine a souvent considéré qu’Alger devait assumer son rôle dans les négociations, à la hauteur de celui qu’elle joue dans le conflit. Pour Rabat, le Front Polisario ne peut être son seul interlocuteur. Or, à Manhasset, les Algériens n’étaient présents qu’en observateurs. La résolution 2 440 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en octobre 2018, cite l’Algérie comme un acteur de la crise et de sa possible résolution.

En parallèle, le Maroc tente de s’assurer que le niveau de représentation algérienne à Genève sera à la hauteur

« Le discours est bien un préalable à la rencontre de Genève », admet une source diplomatique marocaine, sous couvert d’anonymat. Le politologue Mustapha Sehimi, qui suit de près ce dossier, estime également que cette allocution est à analyser dans le contexte d’un nouveau chapitre des négociations. Jeune Afrique apprend d’ailleurs qu’en parallèle, le Maroc mène des discussions et tente de s’assurer auprès de Horst Köhler, l’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, que le niveau de représentation algérienne à Genève sera à la hauteur.

2 à 3% du PIB perdu chaque année

Les discours de Mohammed VI sont inégalement reçus de l’autre côté de la frontière. Particulièrement ceux prononcés à l’occasion de l’anniversaire la « Marche verte » de 1975, qui commémorent la récupération par Rabat du Sahara occidental espagnol. Dans son intervention de 2012, le roi avait déclaré qu’il refusait « que le sort du Sahara soit tributaire des calculs et des basses manœuvres des autres parties ». L’année précédente, il avait a contrario insisté sur le besoin d’ouverture. Chaque allocution est ainsi liée aux circonstances du moment où elle est prononcée.

Si elles avaient honoré leur engagement, les deux économies seraient parmi les plus importantes du monde arabe

Le coût de la non-intégration au Maghreb, dont la fermeture de la frontière terrestre depuis 1994 entre le Maroc et l’Algérie est un symbole, est souvent estimé par différentes personnalités ou institutions entre 2 et 3% du Produit intérieur brut (PIB) des économies régionales.

« Si le Maroc et l’Algérie avaient honoré leur engagement de 1989 pour former une Union économique avec la Tunisie, la Libye et la Mauritanie, ils seraient parmi les économies les plus importantes du monde arabe et du Moyen-Orient », écrivait en 2017 l’hebdomadaire britannique The Economist, citant un rapport de la Banque mondiale.

Source : jeuneafrique.com

 

Madagascar: un vote dans le calme pour le premier tour de la présidentielle

A Madagascar, près de dix millions d’électeurs sont appelés aux urnes pour le premier tour de la présidentielle. Beaucoup de monde sur la ligne de départ avec 36 candidats pour une élection cruciale pour la Grande Île qui a tout connu depuis 15 ans : coup d'Etat, tentative de destitution, démission. Le vote a commencé quasiment à l’heure pour les opérations se déroulent dans le calme.

Dans le quartier Ampefiloha de la capitale Antananarivo, où vivent classes moyennes et populaires, il commence à y avoir un peu de monde dans les bureaux de vote. Mais la capitale était étonnamment calme ce mercredi matin. Sans embouteillage, la ville prenait des allures de dimanche matin, les rues étaient vides à 7h, heure locale. Aucun vendeur de rues. Pas de transport en commun, ce qui tranche avec l’effervescence habituelle.

Un élément tout de même qui rappelle que cette journée est spéciale, c’est le nombre considérable de forces de l’ordre déployées, notamment autour du grand stade municipal de Mahamasina, plus de 200 membres des forces d’intervention rapide. Puis devant ce bureau de vote d’un quartier de la ville, il y a des militaires en uniforme et à l’intérieur, des policiers en civil.

A 6h, il y avait une petite affluence. Mais depuis 8h (5h TU), de plus en plus de monde se presse devant les cinq bureaux de vote. L’ambiance est assez détendue, assez familiale même, en majorité des femmes accompagnées parfois de jeunes enfants. Le président du bureau de vote disait qu’il y avait peu de jeunes.

A la mi-journée, le taux de participation est de 40% selon les autorités. Pas de problèmes constatés au niveau des listes électorales jusqu’à présent et les gens semblent bien informés sur la procédure de vote, en tous les cas dans la capitale.

Un peu de retard dans certains bureaux

Dans un autre bureau de vote du centre-ville, les opérations ont commencé avec 25 minutes de retard, car il manquait les isoloirs. Ici aussi, n’y a pas une grosse affluence. Il n’y a pas de file d’attente, les gens rentrent et ressortent. C’est un quartier de la classe moyenne, de petits commerçants, une catégorie de la population qui a été beaucoup touchée par les différentes crises ces dernières années. Tous les votants ce matin évoquent cette l’économie qui n’a cessé de décroître depuis dix ans. « La situation est de pire en pire dans notre pays », disait une mère de famille, « c’est une catastrophe. On voit de plus en plus d’enfants dormir dans la rue qui ne sont pas scolarisés. Les jeunes même s’ils font des études ne trouvent pas de travail ». Un vieux monsieur qui a connu toutes les crises de ces dernières années déplorait justement ces crises politiques à répétition qui n’ont fait qu’appauvrir le pays : « Il faut du changement ».

Dans ce bureau de vote, la majorité des votants semblent pencher pour Marc Ravalomanana et estiment qu’il n’a pas pu terminer son mandat en 2009 quand il a été forcé de démissionner. En tout cas, c’est une élection importante à leurs yeux, car l’île est régulièrement secouée par des crises politiques. Et tous estiment qu’il est important que ce scrutin se déroule dans de bonnes conditions pour que le prochain président soit bien élu et puisse ancrer le pays dans la démocratie.

Vote à Toamasina

On vote aussi à Toamasina, la deuxième ville du pays. C’est une grande portuaire de l’Est et avec sa périphérie, elle compte 226 000 électeurs. Elle est l’une des villes qui comptent le plus de votants. Les électeurs sont arrivés au compte-gouttes ce matin dans un bureau de vote situé dans en plein centre de Toamasina. Des électeurs qui se sont levés tôt pour éviter l’affluence de la mi-journée. Le bureau de vote a ouvert ses portes à 6 heures du matin, comme prévu avec ses cinq membres. Un observateur de la société civile est aussi sur place. Cette année, de nouveaux bureaux de vote ont été mis en place pour éviter les files d’attente. Un bureau de vote peut accueillir au maximum 700 électeurs.

Les opérations sont moins fluides que prévu, car pas mal d'électeurs ne sont pas très au point sur l’utilisation du bulletin de vote unique même si des campagnes de sensibilisation ont eu lieu avant l’élection. Il faut régulièrement réexpliquer aux électeurs comment voter avec ce bulletin unique qui comporte les noms et les photos des 36 candidats à la présidentielle. Un des assesseurs de ce bureau de vote est chargé d’expliquer aux électeurs comment utiliser ce bulletin. Ce n’est pas la première fois que le bulletin unique est utilisé à Madagascar, mais la différence cette fois-ci, c’est qu’il faut compter de gauche à droite et non de bas en haut, ce qui perturbe certains électeurs et ralentit la fluidité dans ce bureau de vote.

Source : RFI

 

Sahara occidental: le mandat de la Minurso renouvelé pour six mois

Sahara occidental: le mandat de la Minurso renouvelé pour six moisLe Conseil de sécurité de l'ONU a renouvelé ce 31 octobre, pour six mois seulement, sa mission au Sahara occidental.

Les Américains, qui portent la plume sur ce dossier, estiment que le raccourcissement du mandat maintient la pression sur les parties pour parvenir à un accord politique après plus de quatre décennies de conflit. Le Maroc, le Front Polisario, la Mauritanie et l'Algérie ont déjà fait un premier pas en acceptant de se retrouver les 5 et 6 décembre prochains à Genève pour la première fois depuis une décennie.

Accord sur le fond, mais désaccord sur la forme. Le Conseil de sécurité a voté pour le prolongement de la mission au Sahara occidental que les diplomates ont jugé indispensable à la stabilité de la région et pour promouvoir un accord politique.

Mais les ambassadeurs se sont divisés sur la méthode. Les Américains ont estimé qu'un renouvellement pour 6 mois et la menace de mettre un terme à la mission faute de résultats concrets poussaient les parties à la négociation.

La France, comme le secrétaire général Antonio Guterres, aurait préféré un mandat pour un an, gage selon elle de stabilité et condition nécessaire pour aboutir à une solution politique.

Le Maroc, le Front Polisario ainsi que les pays voisins, l'Algérie et la Mauritanie, ont toutefois convenu de se rencontrer à Genève les 5 et 6 décembre prochains sous l'égide de l'ONU pour fixer les bases des discussions futures. Des pourparlers qui s'annoncent difficiles.

Le principal point de désaccord restant le droit à l'autodétermination que souhaite le peuple du Sahara occidental et le plan d'autonomie que propose au contraire le Maroc. Le texte adopté hier occulte ces points de contentieux.

Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau
Source : RFI

 

 

Algérie : Bouteflika candidat en 2019, annonce le secrétaire général du FLN

Algérie : Bouteflika candidat en 2019, annonce le secrétaire général du FLN Le secrétaire général du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbès, a annoncé le 28 octobre que le président algérien Abdelaziz Bouteflika sera bien le candidat du FLN à la présidentielle prévue en avril 2019.

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika sera le candidat du Front de libération nationale (FLN), son parti, à la présidentielle prévue en avril 2019, a annoncé le 28 octobre au soir Djamel Ould Abbès, le secrétaire général du parti, cité par l’agence de presse d’État APS.

« Je le dis en tant que secrétaire général du parti, le candidat du FLN pour l’élection présidentielle de 2019 c’est Abdelaziz Bouteflika », a-t-il déclaré lors d’une cérémonie en l’honneur du nouveau chef du groupe parlementaire du parti, Mohamed Bouabdallah.

« Cette candidature est une revendication de tous les cadres et militants du FLN sur l’ensemble du territoire national », a-t-il ajouté, selon l’APS.

Le comité central (instance dirigeante) du FLN se réunira prochainement pour officialiser cette candidature, a déclaré à l’AFP le chef de cabinet de Ould Abbes, Nadir Boulegroune.

Insistance de ses proches

Âgé de 81 ans et affaibli par les séquelles d’un accident vasculaire cérébral (AVC) remontant à 2013 qui ont affecté son élocution et sa motricité, le chef de l’État n’a jusqu’ici pas fait part de ses intentions. Chef de l’Etat depuis 1999 et détenteur du record de longévité à la tête de l’Algérie, Bouteflika ne fait que de rares apparitions, sur un fauteuil roulant, et ne s’exprime plus en public depuis son AVC. Sa santé fait l’objet de spéculations récurrentes.

Ces derniers mois, son camp avait multiplié les appels à un cinquième mandat.

Le 7 avril dernier, Ould Abbes, réputé être un proche de longue date du chef de l’Etat, avait le premier publiquement fait part du « souhait » et du « désir des militants de voir Bouteflika poursuivre son oeuvre » après 2019.

En 2014, Bouteflika n’avait mis fin au suspens qu’à deux fois de l’élection et uniquement une dizaine de jours avant la clôture des candidatures

Lui avaient emboîté le principal allié du FLN, le Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouhayia, les islamistes du Rassemblement de l’Espoir de l’Algérie (TAJ), d’autres membres de la majorité présidentielle, la centrale syndicale UGTA, l’ex-syndicat unique ou encore le Forum des chefs d’entreprises (FCE), principale organisation patronale.

Pourtant, le chef de l’Etat ne s’est toujours pas exprimé à ce sujet.

Un scénario qui rappelle celui de 2014. Comme aujourd’hui, Bouteflika n’a toujours pas confirmé lui-même sa prise de candidature.

A l’époque il n’avait mis fin au suspens qu’à deux fois de l’élection et uniquement une dizaine de jours avant la clôture des candidatures. Et c’était encore une fois le secrétaire général du FLN de l’époque, Amar Saïdani qui avait assuré, plusieurs semaines auparavant, que Abdelaziz Bouteflika serait candidat à sa succession.

Une opposition affaiblie

L’incertitude autour d’une nouvelle candidature du chef de l’Etat a monopolisé ces derniers mois le débat politique en Algérie, mais semble dans l’immédiat susciter moins d’opposition affichée qu’en 2014, notamment au sein du sérail politique et militaire.

Les opposants à un nouveau mandat d’Abdelaziz Bouteflika restent dans l’immédiat peu audibles et semblent se résigner à ce qui leur apparaît inéluctable.

De nombreux observateurs, algériens et étrangers, se disent également persuadés que Bouteflika sera de nouveau candidat en 2019.

Auquel cas, la victoire ne devrait pas échapper au président sortant, considéré par de nombreux Algériens comme l’artisan de la réconciliation nationale après la guerre civile (1992-2002) et réélu haut la main en 2014 avec 81,5% des suffrages au premier tour.

Source : Jeune Afrique

 

Centrafrique : tirs à Bangui après la destitution du président de l’Assemblée nationale

Le président de l'Assemblée nationale centrafricaine Karim Meckassoua a été destitué vendredi soir par les députés, ce qui a entraîné des tirs dans sa circonscription, le quartier PK5 de Bangui, souvent théâtre de violences et abritant la majorité des musulmans de la capitale.

Les tirs, épars et qui ont cessé après quelques minutes, ont été entendus à 18H30 (17H30 GMT), peu après que les députés centrafricains ont voté à 98 voix pour, 41 contre et une abstention la destitution de Karim Meckassoua, président de l’Assemblée.

Mardi, plus de 400 personnes, dont de nombreux habitants du PK5, ont manifesté depuis leur secteur jusqu’au quartier général de la Mission de l’ONU en Centrafrique (Minusca, 13.000 Casques bleus), pour protester contre la procédure de destitution du président de l’Assemblée.

Celle-ci a été lancée mi-octobre par une pétition, signée par 95 députés sur 140.

Selon le règlement de l’Assemblée, après réception de la pétition, un vote devait avoir lieu et recueillir au moins les 2/3 des voix des députés, soit 94, pour que M. Meckassoua soit destitué.

Il était accusé par ses détracteurs d’avoir « confisqué des dossiers essentiels pour les députés », selon Mathurin Dimbélet Makoé, 2e vice-président de l’Assemblée, évoquant mi-octobre devant la presse une « opacité dans la gestion des finances » de l’Assemblée, notamment.

« Pour que le gouvernement puisse faire son travail, il fallait que la stabilité institutionnelle soit préservée », s’est réjoui après le vote à l’AFP Steve Koba, président du groupe parlementaire « Coeur Uni » réputé proche du président Faustin-Archange Touadéra.

Un nouveau président doit être élu dans les trois jours ouvrés.

Lors de la marche mardi, certains manifestants, habitants du PK5, avaient prévenu de possibles troubles si M. Meckassoua était destitué : « Si il y a la destitution du président de l’Assemblée, je vous assure qu’il y aura la crise totale dans le pays », avait ainsi déclaré, lors de cette manifestation, pacifique et sans heurts, Moussa.

« Si Meckassoua part, il y aura des tensions, ça sera autre chose » qu’une marche pacifique, avait aussi prévenu Cherif, manifestant.

Dans le quartier du PK5, poumon économique de la capitale, des milices armées ont établi leur QG et combattent souvent, entre elles et contre les forces armées nationales et de l’ONU.

Relation tumultueuse avec Touadéra

Début octobre, au moins trois personnes avaient été tuées lors d’échanges de tirs entre un membre d’une milice du quartier et des hommes armés non-identifiés.

En avril, le PK5 avait été le théâtre de violences meurtrières qui avaient fait plusieurs dizaines de morts. Les violences s’étaient ensuite propagées à proximité du PK5, avec notamment des combats autour d’une église catholique le 1er mai qui avaient fait au moins 24 morts et 170 blessés.

Après le déferlement de haine entre rebelles de la coalition Séléka à dominante musulmane et groupes antibalaka prétendant défendre les chrétiens du sud du pays à partir de 2013, l’élection de Karim Meckassoua, un musulman, au perchoir en 2016, était apparu comme un symbole de réconciliation en Centrafrique, dirigée par un chrétien, Faustin-Archange Touadéra.

Mais dans ce pays où l’influence politique reste en partie communautaire, les relations entre les deux hommes n’ont jamais été bonnes. En 2017, des rumeurs de coups d’État avaient circulé, des proches de M. Touadéra n’hésitant pas à accuser publiquement M. Meckassoua.

En mars, un proche du président Touadéra avait été élu vice-président du Parlement : une volonté, selon les observateurs à l’époque, de saper l’autorité de M. Meckassoua.

Selon plusieurs députés interrogés par l’AFP, la pétition et la tentative de destituer M. Meckassoua pourraient avoir été pilotées par la présidence centrafricaine, qui souhaiterait placer un de ses fidèles à la tête de l’Assemblée.

M. Meckassoua, qui a répondu vendredi à chacun des points de reproche, a demandé aux députés à la tribune : « Qu’est-ce que vous êtes invités à faire aujourd’hui ? La procédure qui s’ouvre devant vous est-elle la procédure de destitution voulue par les Centrafricains, où est-ce autre chose ? »

En Centrafrique, l’État ne contrôle qu’une petite partie du territoire : depuis 2013, la quasi-totalité de celui-ci vit sous la coupe de groupes armés, dans un pays de 4,5 millions d’habitants classé parmi les plus pauvres au monde mais riche en diamants, or et uranium.

Source : jeuneafrique.com

 

Un nouveau président de l'Assemblée élu en Algérie

L'Assemblée nationale algérienne (APN) a élu son nouveau président, mais le sortant, en conflit ouvert avec la majorité parlementaire, se proclame légalement toujours en fonction, laissant craindre un possible imbroglio institutionnel.

Mouad Bouchareb, 47 ans, a été élu sans surprise président de l'Assemblée populaire nationale (APN), par 320 voix et une abstention. Il était jusqu'ici chef du groupe parlementaire du Front de libération nationale (FLN), parti du chef de l'Etat Abdelaziz Bouteflika, qui détient 161 des 462 sièges à la Chambre basse.

Unique candidat, il était également soutenu par les 100 députés du Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia et par ceux de deux autres partis de la majorité présidentielle. L'opposition a boycotté la séance.

Le titulaire sortant du perchoir, Saïd Bouhadja, 80 ans, lui-même membre du FLN, a martelé mercredi qu'il "reste et demeure le président légal et légitime de l'APN" et dénoncé une "atteinte" à "l'Etat de droit", à "la séparation des pouvoirs" et au "respect des institutions".

Selon la Constitution, "le président de l'APN est élu pour la durée de la législature" et aucune procédure légale de destitution n'est prévue. Les députés de la majorité ont donc argué de "l'incapacité" de M. Bouhadja à "assurer ses fonctions, du fait de son désaccord avec les députés et son refus de démissionner" pour constater "la vacance" du poste.

L'accusant notamment de "mauvaise gestion", cinq partis de la majorité, dont le FLN et le RND, réclament en vain depuis fin septembre la démission de M. Bouhadja, élu au perchoir en mai 2017 par l'APN tout juste issue des législatives.

M. Ouyahia et le secrétaire général du FLN, Djamel Ould Abbès ont eux-mêmes réclamé publiquement sa démission. L'opposition a dénoncé une lutte politique entre clans du pouvoir et une atteinte aux institutions.

Pour la constitutionnaliste Fatiha Benabbou, M. Bouhadja reste "légalement le président" de l'APN, car le constat de vacance "n'a pas été établi juridiquement selon les règles".

"Nous risquons de nous retrouver avec deux présidents" à l'APN, "un président légal et un président de fait", craint cette professeure de droit à l'Université d'Alger, "c’est une situation délirante".

Avec AFP

Source : VOA Afrique

 

 

Mali : plusieurs blessés dans une bousculade à la Commission électorale

Au moins quatre personnes ont été légèrement blessées mardi 24 octobre à Bamako lors d'une bousculade au siège de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), au lendemain de la destitution contestée du président de cette institution chargée de veiller au bon déroulement des élections au Mali par des frondeurs.

« Le Président destitué de la Ceni voulait tenir une conférence de presse et nous voulions participer à cette conférence. Il y a eu refus, suivi d’une cohue qui a fait plusieurs blessés, dont moi », a déclaré un membre de la Ceni, Sanogo Issiaka, touché par des éclats de verre. Les autres blessés sont des membres du service d’ordre.

La veille, une réunion plénière de la Ceni avait décidé le « retrait des responsabilités de président à Amadou Bâ et de premier questeur à Beffon Cissé » pour « violation du principe de bonne conduite de la Ceni ».

Dans son communiqué, signé par le 2e vice-président, Moktar Mariko, l’institution faisait état d’un rapport pointant des « manquements, errements, ainsi que des indisciplines » dans l’exécution du budget de l’année en cours, marquée par l’élection présidentielle fin juillet et début d’août, remportée par le président sortant Ibrahim Boubacar Keïta.

« Indiscipline budgétaire »

« Nous reprochons aux deux une indiscipline budgétaire. Il n’est pas normal que l’argent destiné à payer le salaire des travailleurs puisse servir à autre chose », a déclaré Moktar Mariko, chef de file des frondeurs, en ajoutant qu’à ses yeux, la Ceni « en l’état actuel ne marche plus ».

Réfutant ces critiques, Beffon Cissé a affirmé que lui et le président restaient à leurs postes parce que la décision prise par « les frondeurs est illégale ». « Notre règlement intérieur stipule que pour convoquer une réunion extraordinaire, il faut les 2/3 des 15 membres du bureau de la Ceni. Or, les deux-tiers n’étaient pas présents », a expliqué Beffon Cissé.

« Nous avions de l’argent et il fallait acheter des véhicules, ce que nous avons fait. Le ministère des Finances devait rembourser cette somme pour nous permettre de régulariser les choses. Ça n’a pas été fait. Voilà », a-t-il ajouté.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : décès de Mahamadou Djéri Maïga, ancien vice-président du MNLA

Mahamadou Djéri Maïga est décédé dans la nuit du lundi 22 au mardi 23 octobre à Bamako. Membre fondateur du MNLA, il en était une figure historique et œuvrait au sein du comité de suivi de l'Accord de paix d'Alger depuis 2015.

Pris d’un malaise à son domicile bamakois, Mahamadou Djéri Maïga est mort peu après son arrivée à l’hôpital dans la nuit du 22 au 23 octobre. Son décès reste pour l’instant inexpliqué. « Il ne se sentait pas très bien ces derniers jours, comme s’il couvait une sorte de paludisme, mais il continuait ses activités normalement », explique un de ses proches, qui était encore avec lui dimanche.

En 2010, Mahamadou Djéri Maïga, alors professeur d’anglais au collège de Kidal, fait partie des membres fondateurs du mouvement national de l’Azawad (MNA), qui affirme lutter pacifiquement pour les droits des populations de l’Azawad. Fin 2011, à la faveur du retour de combattants touaregs en provenance de Libye, le MNA mute en Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et s’engage dans la lutte armée contre les autorités maliennes. Djéri Maïga en est une des figures fondatrices et en devient officiellement le vice-président.

Au cœur des négociations

Mahamadou Djéri Maïga était un des rares chefs non-touaregs du MNLA

Début 2012, Mahamadou Djéri Maïga participe à la conquête du nord du Mali par le MNLA et ses alliés jihadistes. Il est désigné chef politique de la région de Tombouctou. Après que ses hommes aient été chassés de la cité aux 333 saints et des autres grandes villes du Nord par les jihadistes d’Ansar Eddine, d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), le numéro 2 du MNLA prend la direction de Ouagadougou.

Il s’y installe pour négocier, au nom du MNLA, un accord de paix avec les autorités maliennes grâce à la médiation du régime de Blaise Compaoré. Cet accord sera signé en juin 2013.

Mahamadou Djéri Maïga retourne au Mali mais continue à se rendre régulièrement à Ouaga – il y sera notamment brièvement interpellé en 2015, après avoir été suspecté de soutien au putsch manqué contre les autorités de transition.

En juin 2015, c’est encore lui qui représente la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA, qui regroupe les principaux groupes rebelles du Nord) durant la cérémonie de signature de l’accord de paix d’Alger organisée à Bamako. Symbole de cette réconciliation entre les rebelles et l’État, Mahamadou Djéri Maïga et le président Ibrahim Boubacar Keïta avaient alors échangé une longue accolade devant les objectifs des journalistes.

Comme chez lui à Bamako

Songhaï de la région d’Ansongo, près de Gao, Mahamadou Djéri Maïga était un des rares chefs non-touaregs du MNLA. Il était d’ailleurs souvent mis en avant par ses frères d’armes pour expliquer que le MNLA n’était pas une rébellion exclusivement touarègue. « C’était surtout un exemple en terme d’engagement et de convictions. Il ne se battait pas pour une communauté mais pour une seule cause, celle de l’Azawad », affirme Mossa Ag Attaher, le porte-parole du MNLA.

Depuis 2015, Djéri Maïga représentait la CMA au comité de suivi de l’accord de paix (CSA), chargé de superviser sa mise en œuvre. Comme chez lui à Bamako, il rencontrait régulièrement les autorités maliennes et était convié à des cérémonies officielles au palais de Koulouba. Un retour en grâce qui faisait grincer les dents de tous ceux qui réclament justice pour les nombreux crimes de guerre commis par le MNLA durant la crise de 2012-2013.

Source : jeuneafrique.com

 

Burkina Faso : les autorités dépassées face aux attaques jihadistes ?

Burkina Faso : les autorités dépassées face aux attaques jihadistes ? Une semaine après l’attaque d’une gendarmerie dans le nord, Ouagadougou paraît dépassé par les attaques jihadistes. Les humanitaires peinent à faire leur travail alors que des milliers de personnes sont déplacées par les violences.

S’il n’y a eu aucune victime lors de l’attaque d’une gendarmerie dans le nord du Burkina Faso la semaine dernière, c’est parce que les gendarmes, surpassés en nombre, ont fui, permettant à un nombre inconnu de détenus de s’échapper.

Cette attaque à Djibo, chef-lieu du nord du pays, région en proie à une guérilla jihadiste d’intensité croissante, est survenue quelques heures après l’arrivée à Ouagadougou du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Mouvement de troupes aux frontières

C’était la deuxième visite de Le Drian cette année, alors que la sécurité se dégrade. Le gouvernement semble impuissant face aux attaques répétées depuis le premier trimestre 2015. Ouagadougou, la capitale, a été frappée à trois reprises.

L’attaque de Djibo est « catastrophique », juge une source diplomatique française de haut rang. « C’est clair que le Burkina est devenu le souci principal », devant le Mali, parmi les pays du G5 Sahel, alliance qui regroupe ces deux pays ainsi que le Niger, la Mauritanie et le Tchad.

Quelque 220 écoles sont fermées dans le nord du Burkina, et 40 000 personnes ont été déplacées dans la région, vers Djibo. Après le Nord, touché depuis 2015, c’est l’Est qui est maintenant frappé par des attaques jihadistes, menées notamment à l’aide d’engins explosifs artisanaux.

Dans cette région frontalière du Niger, peu densément peuplée, qui abrite des parcs nationaux, les ONG recommandent à leurs employés de rester dans les villes, par peur des mines. La série d’attaques de septembre n’a pas été revendiquée. Certains analystes y voient la main du groupe Ansarul Islam (basé dans le Nord), d’autres tiennent pour responsable le groupe Etat islamique au grand Sahara (EIGS), impliqué dans l’embuscade meurtrière contre des soldats américains au Niger en octobre 2017.

A la suite de cette flambée de violences, le Togo et le Bénin voisins ont commencé, selon une autre source diplomatique française, à envoyer des troupes vers leurs frontières nord. Des rencontres ministérielles entre le Burkina, le Niger, le Togo et le Bénin ont eu lieu à Ouagadougou la veille de la visite de Le Drian, pour parler stratégie et coopération contre la menace jihadiste. Le président dépassé ?

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kabore apparaît dépassé, allant même jusqu’à accuser les « nostalgiques » de l’ancien régime de Blaise Compaoré qui voudraient déstabiliser son gouvernement. « Ce n’est pas une thèse qu’on considère crédible », juge un haut responsable français.

Kaboré n’a pas accompagné Le Drian au point presse qui a suivi leur rencontre. Certains y ont vu la crainte d’avoir à répondre à des questions sur la gestion de la crise. « La population a peur, » juge un journaliste burkinabè sous couvert de l’anonymat, pour lequel le silence de Kaboré est « un aveu de faiblesse ». Kaboré « ne peut rien faire, il n’a pas les moyens ! », estime la source diplomatique française de haut rang.

« On va voir ce qu’ils vont faire, ce qu’ils vont nous demander », confie cette source, alors que le président Kaboré doit se rendre en France en décembre. Début octobre, le Burkina a réclamé, pour la première fois, l’appui de la force militaire française Barkhane, dédiée à la lutte antijihadiste au Sahel, pour des frappes aériennes. Un changement notable, alors que pendant des années le Burkina refusait le soutien de l’ancienne puissance coloniale.

Jean-Yves Le Drian a d’ailleurs réitéré à Ouagadougou la disponibilité de la France « à aider à la sécurisation » du pays. Mais le gouvernement de Kaboré a fort à faire pour améliorer le niveau de l’armée burkinabè, purgée après le renversement de Blaise Compaoré en 2014, puis après la tentative de putsch de 2015. Ce coup d’Etat raté a entraîné la dissolution du Régiment de sécurité présidentiel, garde prétorienne de l’ex-président mais aussi véritable service de renseignement et unité d’élite de l’armée.

Des ONG qui peinent

Dans un pays qui a subi de nombreux coups militaires depuis son indépendance, on hésite à redonner trop de pouvoir à l’armée. Pour lutter contre le terrorisme aussi sur le plan socio-économique, Le Drian a annoncé durant son séjour une aide de 30 millions d’euros pour le projet de développement « Trois frontières » (Burkina, Mali, Niger). La pauvreté demeure endémique au Burkina, dont la moitié des 20 millions d’habitants a moins de 17 ans.

Les ONG « ont de plus en plus des difficultés » même pour faire des choses simples comme creuser des puits, en raison des risques sécuritaires, selon une source diplomatique, renforçant le sentiment au sein de la population des régions frontalières qu’elle est abandonnée par le pouvoir central de Ouagadougou.

Source : Jeune Afrique

 

 

Côte d’Ivoire: disparition brutale de Marcel Gossio

On a appris dimanche soir la mort d’un pilier du régime Gbagbo. Marcel Gossio a succombé à un arrêt cardiaque dans la soirée. Il avait 67 ans.

On l’a souvent présenté comme l’argentier du régime Gbagbo. Banquier de formation, Marcel Gossio a dirigé l’une des principales sources de revenu de l’Etat ivoirien : le port. En effet entre 2000 et 2011, il occupe la fonction de directeur général du port autonome. A ce titre il sera soupçonné – par l’Union européenne notamment - de détournement de fonds, de financer des milices du régime et d’être impliqué dans des trafics d’armes.

A la chute de Laurent Gbagbo en 2011, Marcel Gossio est contraint de fuir le pays, en pirogue jusqu’au Ghana, racontera-t-il plus tard, puis vers le Maroc où il restera exilé trois ans. En 2014 il rentre au pays. Vice-président du FPI de Pascal Affi Nguessan, il en dirige la campagne présidentielle en 2015. Mais surtout, depuis son retour en Côte d‘Ivoire, Marcel Gossio n’a eu de cesse de prôner le dialogue avec le gouvernement, et de se poser en artisan de la réconciliation.

Marcel Gossio est mort ce dimanche, sur le chemin qui le conduisait à une clinique de Marcory après un malaise.

Source : RFI

 

Il est recommandé de ne pas critiquer l'Egypte, ni le président al-Sissi

Il est recommandé de ne pas critiquer l'Egypte, ni le président al-Sissi Faire des commentaires négatifs sur l’Egypte ou ce qui la caractérise (le Nil), même sur le ton de la plaisanterie, se révèle très risqué.

Critiquer le président al-Sissi, ou avoir des velléités de s'y opposer, n'est pas plus recommandé. D’ailleurs, il vient de mettre en place une loi qui vise à surveiller de près gens influents et ONG sur les réseaux sociaux. Depuis, plus grand chose ne filtre...

Boire l'eau du Nil

Ça a commencé en janvier 2017, quand une chanteuse égyptienne connue, Sherine, donne un concert aux Emirats arabes unis. Un auditeur lui demande d’interpréter la chanson Avez-vous bu l’eau du Nil?, qui est un hymne d’amour déclaré à l’Egypte.

La chanteuse d’humeur facétieuse lui répond, comme si la question contenue dans le titre s’adressait à elle: «Non, vous risqueriez d'attraper la bilharziose», un parasite se trouvant dans l’eau, véritable fléau en Egypte.

En dépit du fait qu’elle ne se trouvait pas sur le sol national au moment de sa boutade et parce qu'en novembre de la même année une vidéo a circulé sur les réseaux sociaux, elle a été poursuivie en justice. Et ce, malgré des excuses publiques postées sur Facebook. En février 2018, elle a été condamnée à six mois de prison, aux motifs d’avoir «nui à l’intérêt général» via de «fausses informations».

Le harcèlement systématique des femmes

En mai 2018, une touriste libanaise publie une vidéo dans laquelle elle dénonce, avec rage et force insultes, le harcèlement dont elle se dit victime dans les rues et taxis du Caire, ainsi que la très mauvaise qualité de l’accueil dans le pays, en particulier lors du mois de ramadan.

La vidéo ne fait pas dans la nuance et atteste surtout de l’état d’énervement de la jeune femme de 24 ans, au moment où elle l’enregistre. Arrêtée à l’aéroport, elle est condamnée au maximum encouru, à savoir 8 ans de réclusion, pour avoir (comme précédemment), fait circuler de fausses informations, s’être attaquée à la religion et avoir tenu des propos obscènes. Après un pourvoi en appel, sa peine a été ramenée à un an assorti du sursis en appel en septembre.

S'opposer et remettre en question

En août 2018, c’est un diplomate de carrière égyptien qui apprend à ses dépens qu’il ne faut pas aller trop loin dans la critique. Opposant notoire, il appelle à organiser un référendum pour destituer le gouvernement Sissi et un grand rassemblement place Tahrir, siège du printemps arabe égyptien de 2011, si le gouvernement ne respecte pas le résultat. Plus de nouvelles depuis la fin du mois d’août.

Réseaux sociaux scrutés

Le président égyptien a promulgué une loi votée par le parlement début juillet qui met les réseaux sociaux en surveillance rapprochée. Le compte de toute personne ayant plus de 5.000 abonnés pourra être considéré comme un média et donc mis sous surveillance.

Le conseil supérieur de régulation des médias sera autorisé à suspendre ou bloquer tout site ou compte s’il juge qu’ils «publient ou diffusent de fausses nouvelles» ou «incitent à violer la loi, à la violence ou à la haine».

Membres de l’opposition, mais aussi journalistes, blogueurs et autres cartoonistes en ont déjà fait les frais, et sont sous les verrous sous divers prétextes. C’est ainsi qu’un journaliste, déjà arrêté, à fait l’objet d’un procès auquel il n’a pas pu assister, à l’issu duquel il a été condamné à 10 ans de prison. C’est sa femme qui l’en a informé lors d’une visite en prison, rapporte Reporters sans frontières dans Jeune Afrique.

Depuis le mois de juin, très peu de d’informations venant d’Egypte percent, preuve, s’il en fallait, que le verrouillage est efficace.

Par Frédérique Harrus
Source : Géopolis (France)

 

Réunion de l'ONU à Genève sur le Sahara Occidental : Algérie et Mauritanie participeront aux discussions

Réunion de l'ONU à Genève sur le Sahara Occidental :  Algérie et Mauritanie participeront aux discussions Le dernier cycle de négociations entre le Maroc et le Front Polisario remonte à 2012. Dans un rapport récent, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres évoque «des discussions préliminaires» début décembre à Genève, appelées à être renouvelées.

L'Algérie et la Mauritanie ont récemment accepté l'invitation de l'émissaire onusien Horst Kohler à venir discuter les 5 et 6 décembre à Genève de l'avenir du Sahara occidental avec le Maroc et le Front Polisario, selon l'ONU. Les deux pays avaient jusqu'au 20 octobre pour répondre à l'invitation envoyée fin septembre par l'émissaire à leur ministre des Affaires étrangères. Le Maroc et le Front Polisario avaient répondu par l'affirmative début octobre.

Lundi, lors de son point-presse quotidien, le porte-parole de l'ONU, Stéphane Dujarric, avait rappelé que le Maroc et le Front Polisario, mis «à la table des négociations», devaient venir «de bonne foi et sans pré-conditions».

Dans son invitation, à laquelle ont eu accès les agences, l'ex-président allemand Horst Kohler évoque non pas des «négociations» mais «une table ronde». L'ordre du jour n'est pas détaillé et l'émissaire demande aux destinataires de lui soumettre des propositions à cet égard.

Le dernier cycle de négociations entre le Maroc et le Front Polisario remonte à 2012. Dans un rapport récent, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres évoque «des discussions préliminaires» début décembre à Genève, appelées à être renouvelées. Nommé en 2017, Horst Kohler a déjà rencontré les différentes parties au conflit en début d'année mais de manière séparée. Fin juin-début juillet, il avait effectué une tournée régionale qui l'avait conduit à Alger, Nouakchott, Tindouf, Rabouni, Rabat, Laayoune, Smara et Dakhla.

Soutenu par Alger, le Front Polisario indépendantiste réclame la tenue du référendum d'autodétermination pour le Sahara occidental, une région au sous-sol riche en phosphates et dotée d'eaux poissonneuses, référendum auquel le Maroc s'était initialement engagé avant d'opter pour des manœuvres dilatoires qui durent depuis plusieurs décennies.

Rabat soutenu par la France prétend imposer sa solution qui consisterait en une autonomie sous sa souveraineté. L'Algérie considère au contraire que le règlement du conflit au Sahara occidental «ne peut être trouvé qu'à travers l'exercice, par le peuple du Sahara occidental, de son droit inaliénable et imprescriptible à l'autodétermination», conformément au principe de la décolonisation tel qu'édicté par l'Union africaine.

Source : L'Expression (Algérie)