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Politique en Afrique

Un vent contestataire en Tunisie

Un vent contestataire en TunisieRFI Afrique - Dix ans après le « printemps arabe », un vent contestataire balaye de nouveau la Tunisie.

« Les troubles n’ont pas arrêté ce lundi », relate le site Réalités. Des troubles encore hier soir dans plusieurs villes, comme à Sousse où « les forces de l’ordre étaient sur le qui-vive », peut-on lire.

Des échauffourées à Sfax également. « Le pays est à feu et à sang, déplore le site Tunisie Numérique. Les jeunes sont dans les rues. Les forces de l’ordre sont exténuées, les militaires qui devraient garder le pays et ses frontières sont harcelés dans les rues, et entrainés dans une guérilla urbaine. Des centaines de jeunes sont arrêtés », constate encore Tunisie Numérique.

Des scènes de pillage

Et sur place, des scènes de pillage également. Ce qui interpelle le site internet, « ce sont les pillages des magasins et grandes surfaces, et, surtout, ce qui interpelle, encore plus, ce sont les produits volés ». En effet, explique l’auteur de l’article, « on a été interloqué de voir que les pilleurs ont volé… du lait, des pâtes, du poulet… Bref ! Ces pillards se sont avérés être, plutôt, des affamés. Ça fait honte… »

Constat amer de Tunisie Numérique. « Et pourquoi donc ? », se demande le site de façon rhétorique. « Parce que les politiciens semblent complètement déconnectés de la réalité de la rue tunisienne », conclut-il. Une rue dans laquelle s’est pourtant rendu, hier, le président Kais Saied. On le lit dans le journal La Presse : « À M’nihla, dans le gouvernorat de l’Ariana, le président a mis en garde contre toute instrumentalisation des jeunes ».

Des troubles suivis hors des frontières tunisiennes

Chez le voisin algérien, par exemple, El Watan voit une « Tunisie dans la tourmente ». Une Tunisie qui « vit mal cette période, marquée par le 10e anniversaire de sa révolution. La crise liée au coronavirus n’a fait qu’approfondir les difficultés socioéconomiques et financières rencontrées par le pays, au bord de la faillite », analyse le journal algérien.

Mais il a du mal voir clair sur le profil des manifestants. « Observateurs et politiciens s’interrogent si ce sont vraiment des affamés qui s’attaquent aux symboles de la richesse, comme les banques et les grandes surfaces », explique El Watan. Ou bien s’il s’agit de « groupes de jeunes, manipulés par des personnes malintentionnées, qui ne veulent pas de la stabilité de la Tunisie ».

Par : Sébastien Duhamel

 

Tunisie : qui sont les nouveaux ministres du gouvernement Mechichi ?

Le nouveau Premier ministre tunisien Hichem Mechichi s’exprime lors de la cérémonie de passation de pouvoirs à Tunis, le 3 septembre 2020.Entre confinement et tensions sociales, le chef du gouvernement tunisien a effectué un remaniement ministériel attendu depuis sa prise de fonction en septembre.

Aux commandes de la Kasbah depuis début septembre, Hichem Mechichi a subi, dès sa nomination, la pression exercée par les partis et la présidence, qui lui ont imposé plusieurs de ses ministres.

La polémique autour de Walid Zidi, éphémère ministre des Affaires culturelles (du 2 septembre au 5 octobre 2020) voulu par Carthage, avait rendu public le désaccord entre les deux têtes de l’exécutif Kaïs Saïed et Hichem Mechichi, ce dernier ayant pourtant été adoubé par le président de la République. Un premier bras de fer qui indique que Mechichi n’entend pas être le porte-voix de Carthage, mais souhaite jouer pleinement son rôle de chef de gouvernement avec l’appui de l’assemblée.

Sept mois plus tard, son émancipation est actée. L’énarque vient d’opérer une refonte de son équipe, une mesure devenue urgente après le limogeage du ministre de l’Intérieur, Taoufik Charfeddine, début janvier. Un poste-clé sur lequel Carthage avait des visées, bien que le département de l’Intérieur ne relève pas de ses prérogatives. Le remaniement, qui a porté sur onze portefeuilles, écarte tous ceux qui avaient supposément été désignés par Kaïs Saïed en septembre.

Soutien d’Ennahdha

Le onze qui fait son entrée sur le terrain gouvernemental est hétéroclite. L’ancien ministre de Ben Ali, Ridha Ben Mosbah, est rappelé aux affaires, aux manettes de l’Industrie et des PME, secteur qu’il connaît bien. Le gouvernement fait aussi appel à deux jeunes pointures : le polytechnicien Zakaria Belkhodja à la Jeunesse et aux Sports, et Youssef Fenira, un ancien du groupe Lagardère, à l’Emploi. L’exécutif répond aussi aux urgences actuelles avec le spécialiste de la santé publique, le docteur Hédi Khairi, à la Santé.

La configuration du gouvernement prend en compte les équilibres partisans et fait la part belle aux proches d’Ennahdha. « C’est ainsi qu’il faut interpréter le retour à l’Agriculture de l’ingénieur Oussema Kheriji ou celui de Chiheb Ben Ahmed, ancien ministre des Transports, nommé aux Affaires locales et à l’Environnement », commente un observateur.

L’ancien chef du gouvernement et dirigeant d’Ennahdha Ali Larayedh a d’ailleurs salué la nouvelle équipe : « Certains des nouveaux ministres ont été nommés auparavant. La majorité d’entre eux ont eu un bon rendement et sont des compétences respectables, voire très respectables. »  Hichem Mechichi a pourvu aux postes vacants mais aussi confirmé certains ministres, comme Ali Kooli, ministre de l’Économie, des Finances et du soutien de l’investissement.

À peine le chef du gouvernement a-t-il énoncé les noms qui rejoignent son équipe qu’il a été taxé de machiste pour n’avoir pas nommé de femme à l’un de ces postes, même si quatre femmes sont en fonction depuis septembre. Certains crient aussi au conflit d’intérêts en suggérant notamment que Sofiane Ben Tounes, membre de Qalb Tounes, à la tête du ministère de l’Énergie et des Mines, serait actionnaire d’une entreprise concernée par des marchés publics. La déclaration de biens dont devront s’acquitter les nouveaux ministres permettra de tirer au clair ces accusations lancées par l’ONG I Watch.

Décrédibilisation des prises de décision

Mechichi a ainsi fait le choix de privilégier et de consolider ses appuis politiques au parlement, mais entérine également une rupture, ou du moins une prise de distance, avec Carthage. Dans son annonce de remaniement, il a simplement signifié qu’il avait informé le président de la République, une démarche courtoise qui n’appelle pas de réponse ou d’aval de Kaïs Saïed.

Plus question, donc, de consulter Carthage hors des questions de défense nationale et de diplomatie, prérogatives du président. « L’ingérence dans les affaires de l’État, sans consulter le chef du gouvernement, de la directrice du cabinet présidentiel, Nadia Akacha, a conduit à cette situation. Sans compter les intromissions récentes de Kaïs Saïed lui-même, qui finissent par décrédibiliser les prises de décisions au sein de l’exécutif », affirme un conseiller de Mechichi.

Les nominations ministérielles portent l’empreinte d’Ennahdha et de Qalb Tounes, et rappellent que ces partis ont appuyé Mechichi en septembre pour empêcher Kaïs Saïed de dissoudre éventuellement l’assemblée.

 

Entre temps, des liens se sont tissés et Mechichi est devenu le champion des deux principales formations politiques au parlement. Elles devraient d’ailleurs approuver sans rechigner les nouveaux venus de l’équipe Mechichi quand ce dernier les présentera à l’hémicycle. Une démarche qui n’est pas obligatoire. « La Constitution prévoit le passage devant l’assemblée lors de la création d’un gouvernement et non à faveur d’un remaniement », précise Salsabil Klibi, professeur de droit constitutionnel. Mais c’est devenu une tradition depuis que l’ancien chef du gouvernement Habib Essid a souhaité, lors d’un remaniement partiel en 2015, demander la confirmation de nouveaux ministres aux députés.

Le gouvernement de Mechichi aurait tort de s’embarrasser de contraintes superflues tant les urgences se multiplient. Malgré l’expansion de la pandémie, la grogne sociale est si exacerbée qu’elle défie, depuis une semaine, le confinement et le couvre-feu de rigueur. Des heurts et affrontements nocturnes opposent des jeunes aux forces de l’ordre, un peu partout sur le territoire, comme en 2011, avant la révolution.

Les nominations :

  • Ministre de l’Intérieur : Walid Dhahbi
  • Ministre de la Justice : Youssef Zouaghi
  • Ministre des Domaines de l’État et des Affaires foncières : Abdellatif Missaoui
  • Ministre de l’Industrie et des PME : Ridha Ben Mosbah
  • Ministre de l’Énergie et des Mines : Sofiene Ben Tounes
  • Ministre des Affaires locales et de l’Environnement : Chiheb Ben Ahmed
  • Ministre de la Formation professionnelle et de l’Emploi : Youssef Fennira
  • Ministre de la Jeunesse et des Sports : Zakaria Belkhodja
  • Ministre de l’Agriculture, de la Pêche et des Ressources hydriques : Oussama Kheriji
  • Ministre de la Culture : Youssef Ben Brahim
  • Ministre de la Santé : Hédi Khairi

Source : Jeune Afrique

Les grandes manœuvres militaires algériennes à la frontière du Sahara occidental

Les grandes manoeuvres militaires algériennes à la frontière du Sahara occidentalRFI Afrique - Importantes manœuvres de l'armée algérienne ces dimanche et lundi à Tindouf, dans le sud, province à la frontière du Sahara occidental et du Maroc. Cet exercice intervient dans un contexte de tensions au Sahara occidental.

Chars, véhicules tout terrain, hélicoptères, avions de combats, de reconnaissances, ou appareils ravitailleurs... et des tirs réels de missiles. Les manœuvres spectaculaires de l'armée algérienne auront duré deux jours, sous la supervision du chef d'état-major de l'armée nationale populaire, le général Saïd Chanegriha, et retransmis à la télévision nationale ce lundi pendant près d'un quart d'heure.

Baptisé « Résolution 2021 », l'exercice très symbolique survient à un moment où l'Algérie s'inquiète d'un risque potentiel d'un conflit à ses frontières, en particulier depuis la reprise des hostilités au Sahara occidental.

Dans son numéro de décembre, l'influente revue de l'armée, El-Djeïch, avait appelé les Algériens à se « tenir prêts » à faire face à des « menaces imminentes » et constatait « une détérioration de la situation régionale ».

Alors que le Maroc revendique la souveraineté sur le Sahara occidental, l'Algérie soutient les indépendantistes sahraouis du Front Polisario.

Le pays avait d'ailleurs dénoncé des « manœuvres étrangères » et pointé du doigt Israël, après la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, en contrepartie d'une normalisation des relations de Rabat avec l'État hébreu.

Source : RFI Afrique

Tunisie : vaste remaniement ministériel

Le chef du gouvernement tunisien, Hichem Mechichi, lors du vote de confiance du Parlement, le 1er septembre 2020.Le Premier ministre tunisien Hichem Mechichi a annoncé samedi un vaste remaniement de son gouvernement affectant douze ministères, dont ceux de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé.

Ce nouveau gouvernement, dans lequel aucun des ministères redistribués n’a été attribué à une femme, doit encore être approuvé par le Parlement. « L’objectif de ce remaniement est d’avoir davantage d’efficacité dans le travail du gouvernement », a déclaré Hichem Mechichi à la presse.

Son directeur de cabinet Walid Dhahbi est proposé au ministère de l’Intérieur après le limogeage début janvier de l’ancien avocat Taoufik Charfeddine, pilier de la campagne électorale du président Kaïs Saïed. Le ministre de l’Environnement Mustapha Aroui, en détention pour une affaire de déchets dangereux importés d’Italie, est remplacé par Chiheb Ben Ahmed, PDG du Centre de promotion des exportations (CEPEX).

Youssef Zouaghi, directeur général de la Douane, obtient le portefeuille de la Justice tandis qu’Hédi Khairi, gynécologue-obstétricien et ancien doyen de la faculté de médecine à Sousse (est), reçoit celui de la Santé.

« Intégrité »

Les autres ministères concernés sont ceux de l’Industrie, de l’Énergie, de la Jeunesse, de l’Agriculture, du Développement régional et de l’Investissement, de la Formation professionnelle et de l’Emploi, de la Culture ainsi que celui des Domaines de l’État et des Affaires foncières. Par ailleurs, Hichem Mechichi supprime le ministère chargé des Relations avec les instances constitutionnelles et de la société civile, et le poste de secrétaire d’État aux Finances.

Il avait rencontré quelques heures plus tôt Kaïs Saïed, qui avait insisté sur le choix de ministres « dont l’intégrité ne soulève aucun doute », a rapporté un communiqué de la présidence de la République. « Il n’y a pas de place (dans le gouvernement) pour les personnes faisant l’objet de poursuites judiciaires » ou pour lesquelles « il existe des doutes sur leurs parcours ou leurs comportements qui pourraient porter atteinte à l’État et à la crédibilité de ses institutions et à la légitimité de ses décisions », a-t-il souligné, selon le communiqué.

La classe politique, plus fragmentée que jamais depuis les élections législatives de 2019, se déchire alors que l’urgence sociale s’accentue avec la pandémie de coronavirus (175 065 cas, dont 5 528 morts), qui s’ajoute à la hausse des prix, la persistance du chômage et la défaillance croissante des services publics.

Source : Jeune Afrique

 

Présidentielle en Ouganda : le président Yoweri Museveni réélu pour un sixième mandat

Une affiche de campagne du président Museveni, au pouvoir depuis 35 ans en Ouganda, qui a été réélu, ce samedi 16 janvier 2021, pour un sixième mandat.En Ouganda, le président Yoweri Museveni, âgé de 76 ans, au pouvoir depuis 1986, a été réélu, dès le premier tour, ce samedi 16 janvier, pour un sixième mandat, avec 58,64% des voix, a annoncé la commission électorale du pays. Le principal rival du président sortant, Bobi Wine, a obtenu 34,83% et la participation a été de 57,22%.

Le président sortant Yoweri Museveni est réélu avec plus de 58,6% des votes, ce qui correspond à un peu plus de 5 850 000 voix. Le principal candidat de l’opposition, Bobi Wine, sous son vrai nom Robert Kyagulanyi, du parti National united plateforme (Plateforme de l'unité nationale), obtient, lui, 34,83% des voix, soit 3 775 000 votes.

Appel au calme

Le directeur de la commission électorale a demandé à tous les candidats et à leurs partisans de rester calmes et d’accepter les résultats. Vendredi matin, l’opposant Bobi Wine, dans une conférence de presse, chez lui, à Magere, avait déclaré avoir certainement gagné cette élection et l’avoir gagnée de loin. Il a appelé tous les Ougandais à rejeter le chantage que représente, selon lui, ce scrutin.

Yoweri Museveni est donc réélu pour un sixième mandat, après 35 ans à la tête de l’État.

Source : RFI

Maroc-États-Unis : bons baisers de Dakhla

Le ministre des Affaires étrangères marocain Nasser Bourita (au centre), entouré de David Schenker, secrétaire d’Etat adjoint américain en charge du Moyen-Orient, et de David Fischer (à g.), ambassadeur des Etats-Unis au Maroc, et son épouse Jennifer, à Dakhla le 11 janvier 2021.La visite de diplomates américains dans cette ville du Sud acte la reconnaissance par Washington de la souveraineté du royaume sur le Sahara.

En visite ce 10 janvier à Dakhla à l’occasion de l’ouverture d’un consulat US dans cette province du Sud du Maroc, le secrétaire d’État adjoint américain pour le Proche-Orient David Schenker, et l’ambassadeur de Washington à Rabat David T. Fischer ont affiché clairement leur soutien à la marocanité du Sahara.

Après avoir rappelé la décision prise un mois auparavant, le 10 décembre, par le président Donald Trump de reconnaître la souveraineté du royaume sur l’ensemble de ce territoire, les deux diplomates américains, vêtus pour l’occasion de la traditionnelle « derâa » sahraouie, ont réaffirmé que les États-Unis soutiennent la proposition d’autonomie du Maroc comme « seule solution crédible » à la résolution de ce conflit qui dure depuis 45 ans.

Tenue traditionnelle sahraouie

« En fait, ce n’est qu’après avoir visité Laâyoune et Dakhla que nous avons compris pourquoi cette région du Sud est si chère au cœur des Marocains », a lancé David Fischer. Venu en compagnie de son épouse, Jennifer, arborant elle aussi une « melhfa », à l’instar des femmes du Sahara, l’ambassadeur des États-Unis, a paru très enthousiaste : « Il était en verve, allant jusqu’à exprimer publiquement son désir d’acquérir une résidence secondaire dans la région », nous confie une source présente lors de la visite de la délégation à Dakhla.

Les relations américano-marocaines sont plus fortes que jamais »

« Les relations américano-marocaines sont plus fortes que jamais (..). Nos meilleures années sont devant nous », a déclaré quant à lui le sous-secrétaire d’État américain David Schenker, lors du point de presse qui s’est déroulé à l’issue de l’entretien qu’il a eu avec le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita. Un discours où le diplomate américain a notamment souligné que l’année 2021 correspond au 200e anniversaire de l’ouverture de la première mission diplomatique des États-Unis au Maroc, à Tanger — où se trouve « la plus ancienne installation diplomatique américaine du monde ».

Il a en outre mis en avant les efforts du Maroc pour « promouvoir la tolérance et l’harmonie religieuses » qui sont « un exemple dans la région », et a notamment cité « sa tradition historique de protection de sa communauté juive ».

« Les développements récents qu’ont connues les relations entre les États-Unis et le royaume ont été rendus possibles grâce au leadership du roi Mohammed VI dans la promotion d’un agenda de réforme audacieux et de grande envergure au cours des deux dernières décennies », a noté le secrétaire d’État américain adjoint.

Le Maroc, un partenaire-clé

Schenker s’est d’ailleurs félicité du « soutien continu et précieux » du souverain sur des questions d’intérêt commun telles que « la paix au Moyen-Orient, la stabilité et le développement en Afrique ». Et de préciser que le Maroc est « un partenaire clé pour la stabilité régionale », rappelant que les deux pays « bénéficient d’un large partenariat militaire ».

De son côté, le chef de la diplomatie marocaine s’est réjoui de voir que la coopération entre les deux pays « évolue à un rythme sans précédent », remerciant au passage l’administration américaine d’« avoir corrigé l’ensemble des cartes affichées dans ses représentations diplomatiques » aux quatre coins du monde — où une ligne séparait jusqu’alors le royaume du Sahara occidental.

L’ouverture du consulat américain de Dakhla est la vingtième ouverture consulaire dans la région depuis début 2020.

Précisant que l’ouverture de l’antenne diplomatique américaine de Dakhla est la vingtième ouverture consulaire dans la région depuis début 2020, le ministre a expliqué que le Maroc se sent ainsi renforcé dans la légitimité de sa cause nationale.

Arrivée de Lâayoune dans la soirée du 9 janvier, la délégation américaine a débuté sa journée à Dakhla par une réunion au siège de la wilaya, présidée par David Schenker en présence du wali Lamine Benomar, des élus locaux et régionaux dont le président de la région, Yanja Khattat, des représentants de la CGEM (le patronat marocain) et d’ONG locales. Une rencontre au cours de laquelle le diplomate américain a annoncé la création de « Dakhla Connect », une plateforme destinée à encourager et promouvoir les investissements dans la région.

Toutefois, l’une des activités phares de ce déplacement des diplomates américains à Dakhla a porté sur la visite des futurs locaux du consulat général des États-Unis, dont l’ouverture a été annoncée par la Maison Blanche, dans la foulée de la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté du Maroc sur le Sahara. Une cérémonie à laquelle ont assisté de nombreux notables de la région, aux côtés du MAE marocain et des autorités locales.

Un New Deal maroco-américain

Sur le volet économique, David Schenker a indiqué que le royaume était le seul pays d’Afrique avec lequel les États-Unis avaient signé un accord de libre-échange, expliquant que les exportations marocaines vers les États-Unis ont plus que doublé depuis l’entrée en vigueur de ce pacte en 2006. « La valeur de notre commerce bilatéral a quintuplé au cours de cette période », a-t-il déclaré, avant de préciser que les entreprises américaines arriveraient bientôt en force pour contribuer au développement économique régional mais aussi national.

Les États-Unis ont également décidé d’ouvrir un bureau des investissements, chargé de financer des projets, pour une enveloppe de l’ordre de 3 milliards de dollars, débloquée par la Banque américaine de développement — dont le président est Adam Boehler.

Depuis le début du conflit du Sahara, jamais un pays occidental, de surcroît membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, ne se sera autant impliqué pour conforter la marocanité de ce territoire.

Source : Jeune Afrique

Ghana: l’armée intervient au sein du Parlement en pleine session à Accra

Ghana: l’armée intervient au sein du Parlement en pleine session à AccraRFI Afrique - L'armée est intervenue, dans la nuit du mercredi 6 janvier au jeudi 7 janvier, dans l'enceinte du Parlement pour rétablir le calme entre les députés du parti au pouvoir et de l'opposition.

La tension est montée au moment de l’élection du président de la chambre. Des observateurs font déjà un parallèle avec la situation aux États-Unis. Les Ghanéens ont assisté à de véritables scènes de chaos à la chambre du Parlement cette nuit. Ils ont vu leurs députés se battre entre eux, alors qu’ils étaient réunis pour élire leur nouveau président.

Mais impossible de se mettre d’accord sur la façon d’y parvenir, le parti de la majorité, le NPP, voulait que le vote soit transparent alors que l’opposition, le NDC, a insisté pour un vote secret.

Dans l’impasse, un député du parti au pouvoir a tenté de s’emparer de l’urne contenant des bulletins de vote lors de l’élection du président de la chambre. Et c’est finalement un député de l’opposition, du Congrès national démocratique, qui a été élu.

Certains dénoncent déjà une honte pour la démocratie ghanéenne, car jamais l’armée n’avait dû intervenir dans la chambre du Parlement pour rétablir l’ordre. « L’armée n’a pas sa place ici », ont scandé des députés de l’opposition qui voient dans cette intervention une tentative du gouvernement de s’accrocher au pouvoir.

Ces événements coïncident avec l’investiture, ce jeudi, du président Nana Akufo-Addo, pour un deuxième mandat, après sa victoire aux élections du 7 décembre 2020. Une victoire toujours contestée par l’opposition qui n’accepte pas sa défaite et cela rend la gestion du Parlement compliquée.

En effet, c’est un Parlement hautement divisé, chaque camp dispose de 137 députés élus. Ce qui a donné lieu à une grande tension. Il y a eu des scènes ahurissantes, comme celle d’une députée du camp du pouvoir filmée en train de s’asseoir sur les genoux de son homologue de l’opposition, car celui-ci était assis de son côté, du côté de la majorité.

Des événements inédits qui rappellent la situation aux États-Unis où Donald Trump refuse de reconnaître sa défaite à la manière du NDC au Ghana. Mais c’est là où les parallèles se terminent. Les Ghanéens ne veulent plus suivre l’exemple de Washington. Tout le monde observe aujourd'hui la réaction de la délégation américaine attendue lors de l’investiture de Nana Akufo-Addo pour voir si elle va appeler au respect de la démocratie, alors que le président américain a tant de mal à le faire.

Source : RFI Afrique

Le Soudan signe l'accord de normalisation avec Israël (ambassade américaine)

Le Soudan a signé mercredi avec les États-Unis les accords dits d'Abraham sur la normalisation des relations avec Israël, a annoncé l'ambassade américaine à Khartoum. « Nous félicitons le gouvernement de transition (soudanais) pour la signature de la Déclaration des accords d'Abraham, qui aidera davantage le Soudan sur la voie de la stabilité, la sécurité et l'opportunité économique », a déclaré l'ambassade sur Twitter. « L'accord permet au Soudan, Israël et autres signataires des Accords d'Abraham de construire la confiance mutuelle et augmenter la coopération dans la région ».

Source : RFI

Centrafrique : le président Touadéra réélu mais sans la moitié des électeurs

Centrafrique : le président Touadéra réélu mais sans la moitié des électeursFrancetvinfo - Pas de surprise électorale en Centrafrique. Le président sortant Faustin Archange Touadéra a été déclaré réélu lundi 4 janvier à la présidentielle du 27 décembre.

Ce professeur de mathématiques pures de 63 ans a remporté 53,92% des suffrages exprimés, selon des résultats proclamés par l'Autorité nationale des élections (ANE). Il l'a emporté face à une opposition dispersée entre 16 candidats, l'ancien Premier ministre Anicet Georges Dologuélé n'arrivant deuxième qu'avec 21,01% des suffrages exprimés.

Ces résultats doivent être validés par la Cour constitutionnelle après des recours contentieux que l'opposition a déjà annoncés, elle qui parle de "fraudes massives" et d'innombrables électeurs laissés pour compte. Un électeur sur deux n'a pas pu voter, sous la menace d'une offensive rebelle dans un pays aux deux tiers sous la coupe de groupes armés.

Une offensive rebelle contre l'élection

Le taux de participation, qui devait légitimer véritablement un second mandat du chef de l'Etat élu une première fois en 2016, a été annoncé à 76,31%, mais sur quelque 910 000 électeurs pris en compte alors qu'initialement 1,8 million étaient inscrits. "Nous avons comptabilisé les bulletins dans 2560 bureaux où le vote pu effectivement avoir lieu, sur un total de 5448. Dans les autres, le vote n'a pas pu avoir lieu ou bien les bulletins ont été détruits", a expliqué à l'AFP Théophile Momokoama, rapporteur général de l'ANE.

Ces élections se sont déroulées dans un pays où une guerre civile très meurtrière, initiée en 2013, avait considérablement baissé d'intensité depuis 2018, mais en proie à une nouvelle offensive de rebelles décidés à empêcher les élections. Le 19 décembre, une coalition des principaux groupes armés qui se partagent deux tiers du pays avait ainsi juré de "prendre le contrôle de tout le territoire". M. Touadéra avait immédiatement dénoncé une "tentative de coup d'Etat" sous les ordres de François Bozizé, l'ex-président renversé en 2013 et dont la candidature à la présidentielle avait été invalidée deux semaines plus tôt par la Cour constitutionnelle.

Plus de deux semaines après l'annonce de leur offensive, les groupes armés n'ont quasiment pas gagné de terrain, selon la mission de l'ONU en Centrafrique (Minusca) et les autorités. D'importantes forces de sécurité, composées des Casques bleus de l'ONU, de paramilitaires russes et de forces spéciales rwandaises ont bloqué leur avancée.

Franceinfo avec AFP

 

Sahel : Selon Florence Parly, les effectifs de la force Barkhane vont « très probablement » être réduits

Sahel : Selon Florence Parly, les effectifs de la force Barkhane vont « très probablement » être réduits20 Minutes - La décision finale sera prise à l'occasion du prochain sommet conjoint de la France et des pays du G5 Sahel en février à N'djamena au Tchad.

La semaine qui vient de s’achever a été particulièrement meurtrière pour les militaires français au Mali. Au total cinq soldats y sont morts sur la période dans des attaques djihadistes.

Dans ce contexte, la France va « très probablement » réduire les effectifs de sa force antidjihadiste Barkhane au Sahel après des « succès militaires importants » en 2020, a déclaré la ministre française des Armées.

Un renfort « c’est temporaire »

« Nous serons très probablement amenés à ajuster ce dispositif : un renfort par définition, c’est temporaire », a expliqué Florence Parly dans une interview au quotidien Le Parisien à paraître lundi après le renfort de 600 soldats qui a porté les effectifs de Barkhane à 5.100 hommes en 2020. Une décision sera prise à l’occasion du prochain sommet conjoint de la France et des pays du G5 Sahel en février à N'djamena au Tchad, a ajouté la ministre.

En 2020, la force Barkhane a remporté « des succès militaires importants, à la fois en neutralisant plusieurs hauts responsables de groupes terroristes et en attaquant leurs chaînes logistiques », a par ailleurs rappelé Florence Parly. Le leader d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), l’Algérien Abdelmalek Droukdal, a par exemple été tué dans le nord du Mali en juin.

La France a aussi annoncé la « neutralisation » en novembre de Bah Ag Moussa, décrit comme le « chef militaire » du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaida.

Pas de négociation avec Al-Qaida ou Daech

Mais cela ne suffit pas. « Oui, les conditions de sécurité au Sahel restent difficiles. Les terroristes utilisent l’arme des lâches », a lancé Florence Parly, affirmant que des engins explosifs artisanaux se déclenchent « indifféremment » au passage de véhicules civils et militaires. « Si les djihadistes adoptent ces méthodes pernicieuses de guérilla, c’est qu’ils refusent le combat, conscients qu’ils n’auraient aucune chance s’ils devaient se confronter aux soldats de Barkhane dans un combat régulier », a-t-elle jugé.

La ministre a en outre de nouveau exclu toute négociation « avec des groupes terroristes comme Al-Qaida ou Daech, qui assassinent de manière aveugle et ont du sang sur les mains ». Mais la porte est ouverte pour « des gens qui ont déposé les armes et qui ne sont pas motivés par une idéologie radicale et criminelle », a-t-elle relevé. Ils doivent se rallier aux accords de paix d’Alger de 2015, a-t-elle ajouté.

20 Minutes avec AFP

Présidentielle au Niger: M. Bazoum et M. Ousmane qualifiés pour le second tour de la présidentielle

Le candidat Mohammed Bazoum, dans un bureau de vote de Niamey lors de la présidentielle du 27 décembre 2020.Mohammed Bazoum et Mahmane Ousmane sont qualifiés pour le second tour de la présidentielle au Niger selon des résultats globaux provisoires annoncés ce samedi matin par la Commission électorale.

Selon les résultats du premier tour annoncés ce samedi matin par la Commission électorale, l'ancien ministre Mohamed Bazoum, candidat du PNDS obtient 1.879 543 voix, et l'ancien président M. Ousmane 811.836 voix. Les résultats étaient attendus hier vendredi mais le président de la Céni expliquait un peu plus tôt sur les médias nationaux que le nombre élevé de candidats cette année avait entraîné un traitement plus long des résultats, et que les contrôles avaient été rigoureux.

Source : RFI

Mali : Ras Bath placé en détention provisoire pour « atteinte à la sûreté de l’État »

L’activiste malien Ras Bath, lors d’un rassemblement de l’opposition à IBK en août 2018.Interpellées il y a une semaine, plusieurs personnalités poursuivies pour « atteinte à la sûreté de l’État », dont l’activiste Ras Bath, ont été présentées devant un juge qui a décidé de les placer sous mandat de dépôt.

Au terme d’une audience qui s’est tenue ce jeudi au tribunal de Bamako, le juge chargé du dossier a décidé de placer en détention préventive Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – , ainsi que cinq de ses coprévenus. Les cinq hommes sont poursuivis dans le cadre d’une instruction judiciaire ouverte pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

« Ils sont accusés d’atteinte à la sûreté de l’État et ont été placés sous mandat de dépôt, a confirmé à Jeune Afrique Boubacar Yalkoué, secrétaire administratif du Collectif pour la défense de la République (CDR, dont est membre Ras Bath). Nous pensions pourtant qu’au regard du fond du dossier, ils seraient libérés après avoir été entendus par le juge d’instruction. »

Il a par ailleurs précisé que les avocats des prévenus se sont réunis pour décider d’une stratégie commune dès la décision de placement sous mandat de dépôt connue, et insisté sur le fait que les actions futures s’inscriraient « dans le cadre légal ».

Flou autour des interpellations

C’est un dossier qui défraie la chronique à Bamako depuis que plusieurs personnalités ont été interpellées dans des circonstances troubles, dès lundi 21 décembre. Il avait fallu attendre le dimanche 27 septembre pour que le procureur de la République, Mamadou Kassogué, ne livre enfin les raisons qui avaient conduit à ces arrestations.

Dans un communiqué, le magistrat a alors expliqué que les mis en cause avaient été arrêtés « suite à une dénonciation des services de sécurité faisant état de faits d’atteintes à la sûreté de l’État » et qu’ils avaient été « mis à la disposition » du service d’investigation de la gendarmerie nationale « pour les besoins de l’enquête ».

Si l’affaire fait autant de bruit, c’est que les personnalités citées dans cette enquête sont, pour certaines, très connues. Outre Sékou Traoré, secrétaire général de la présidence, un statut qui lui donne le rang de ministre, on trouve en effet le polémiste Mohamed Youssouf Bathily – dit Ras Bath – , célèbre chroniqueur sur Renouveau FM, une radio sur laquelle il anime « Grands dossiers », une émission dans laquelle il s’est montré critique à l’encontre des nouvelles autorités ces derniers mois.

Sont également concernés par l’enquête Mahamadou Koné, trésorier payeur général, Vital Robert Diop, directeur général de la société PMU-Mali, Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’AGEFAU, ainsi que Souleymane Kansaye, receveur général du district. Tous, à l’exception de Sékou Traoré, avaient été placés en détention préventive avant d’être présentés devant le juge, ce mardi.

Tous ont également été placés ce jeudi sous mandat de dépôt par le juge d’instruction. Sékou Traoré, qui a repris ses activités à la présidence, n’a quant-à lui pas été concerné par cette décision.

L’Association malienne des droits de l’homme (AMDH), qui avait auparavant dénoncé des « arrestations extrajudiciaires », a pu avoir accès aux locaux de la gendarmerie au cours du week-end dernier. L’AMDH s’était réjouie, dans un communiqué daté du 28 décembre, « de la judiciarisation des dossiers » et avait assuré que les conditions de détention des personnes mises en cause étaient correctes.

Les prévenus devaient initialement être présentés au procureur de la République dès lundi, mais, selon une source judiciaire, le magistrat a décidé de reporter la convocation en raison d’une manifestation organisée par plusieurs militants du Collectif pour la défense de la République (CDR) de Ras Bath. Une nouvelle audience devant le juge avait été programmée pour ce mercredi 30, mais avait finalement été, à nouveau, reportée.

Source : Jeune Afrique

Côte d’Ivoire : Pascal Affi N’Guessan remis en liberté provisoire

Pascal Affi N’Guessan, président du FPI, lors d’une conférence de presse le 1er novembre au domicile d’Henri Konan Bédié à Abidjan.La justice a prononcé la remise en liberté provisoire de l’opposant ivoirien, qui avait été arrêté le 7 novembre dernier. Le président du Front populaire ivoirien (FPI) reste cependant toujours poursuivi pour « atteinte à l’autorité de l’État ».

Pascal Affi’N’Guessan va recouvrer sa liberté, mais sera soumis à un contrôle judiciaire. L’opposant, qui avait été arrêté dans la nuit du 6 au 7 novembre dernier, a été présenté ce mercredi devant un juge de la cellule judiciaire spéciale mise en place fin novembre par décret présidentiel pour traiter les dossiers relatifs à la crise pré et postélectorale.

À l’issue de l’audition, le magistrat a prononcé la remise en liberté provisoire du président officiellement reconnu du Front populaire ivoirien (FPI). Ce dernier, qui a co-fondé avec Henri Konan Bédié le Conseil national de transition (CNT), dont il fut le porte-parole, reste cependant sous le coup de poursuites pour « atteinte à l’autorité de l’État », a précisé une source judiciaire à Jeune Afrique.

Contrairement aux autres personnalités incarcérées dans le cadre des enquêtes en cours concernant la crise électorale, Pascal Affi N’Guessan n’était pas détenu à la prison de la Maca, mais était à l’isolement dans une villa de l’École de gendarmerie, dans le quartier de Cocody, à Abidjan.

Source : Jeune Afrique

Algérie : le président Tebboune de retour après deux mois d’absence

Le président Abdelmadjid Tebboune, lors d’une conférence de presse, en décembre 2019.Le président algérien Abdelmadjid Tebboune avait été transféré en Allemagne le 28 octobre pour des « examens médicaux approfondis » après avoir contracté le Covid-19.

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune est apparu mardi soir à la télévision publique de retour dans son pays après un séjour de deux mois en Allemagne où il a été soigné du Covid-19. « C’est difficile d’être loin de son pays et plus difficile encore pour quelqu’un qui a beaucoup de responsabilité », a déclaré le chef de l’État, dont les images ont été diffusées au journal télévisé de 20 heures de l’ENTV.

L’avion présidentiel avait quitté Berlin en milieu d’après-midi pour atterrir à Alger vers 18 heures locales (17 heures GMT). Apparemment en bonne santé, Abdelmadjid Tebboune, qui a repris du poids depuis sa dernière apparition télévisée le 13 décembre, a laissé entendre qu’il était presque guéri du Covid-19.

Fin de convalescence

Il a été accueilli à l’aéroport par plusieurs hauts responsables algérien, dont le Premier ministre Abdelaziz Djerad et le chef d’état-major e l’armée, le général Saïd Chengriha. Il s’est exprimé brièvement pour souhaiter « une heureuse année à tous les Algériens », « bien meilleure que 2020 ».

Le 13 décembre, Tebboune avait annoncé via un clip vidéo publié sur son compte Twitter son retour dans les « plus brefs délais ». « Aujourd’hui, grâce à Dieu, aux médecins de l’hôpital militaire [d’Alger] et allemands, je suis sur le chemin du rétablissement. Peut-être que ça prendra une semaine, deux semaines ou trois. Je vais récupérer toutes mes forces physiques », avait-il déclaré.

Âgé de 75 ans et grand fumeur, Abdelmadjid Tebboune avait quitté l’hôpital militaire de Aïn Naâdja à Alger pour un établissement spécialisé en Allemagne le 28 octobre, après avoir contracté le Covid-19. Il avait fini ses soins et quitté l’hôpital fin novembre, mais avait prolongé son séjour en Allemagne pour une période de convalescence.

Sur Twitter, le président algérien a annoncé avoir ordonné au Premier ministre de présider « immédiatement » une réunion avec le comité scientifique chargé du suivi épidémiologique et de choisir le vaccin « le plus approprié » contre le Covid-19 afin de démarrer le processus de vaccination à partir de janvier.

Source : Jeune Afrique

 

Investiture de Kaboré : Ouattara, Issoufou, Condé… Une dizaine de chefs d’État présents

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré lors de son ivestiture pour un second mandat, le 28 décembre 2020 à Ouagadougou.Plusieurs chefs d’États ont pris part à la cérémonie d’investiture de Roch Marc Christian Kaboré, réélu président du Burkina Faso pour un second mandat le 22 novembre.

« Je resterai attentif aux préoccupations de l’ensemble de mes compatriotes, surtout en ce qui concerne la réconciliation nationale, la paix et la sécurité, gages de toute action de développement », a déclaré Roch Marc Christian Kaboré lors de son investiture, dont la cérémonie s’est déroulée dans la matinée du 28 décembre en présence d’une dizaine de chefs d’État.

Les chefs d’État d’Afrique de l’Ouest à Ouaga

C’est dans un Palais des Sports de Ouaga 2000 au public clairsemé, en raison des contraintes imposées par la pandémie de coronavirus, qu’il s’est adressé aux 1 200 invités triés sur le volet. Tous masqués, ils ont été tenus de respecter scrupuleusement les consignes sanitaires, en raison de la flambée de nouvelles contaminations observée dans le pays, avec près de 3 000 nouveaux cas enregistrés depuis le début de décembre.

Une dizaine de chefs d’État d’Afrique de l’Ouest ont effectué le déplacement à Ouagadougou. Depuis dimanche, l’aéroport de la capitale bukinabè a été le théâtre d’une véritable ballet aérien d’avions présidentiels.

Au premier rang des personnalités présentes pour l’occasion, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Ghanéen Nana Akufo Addo, le Guinéen Alpha Condé, le Bissau Guinéen Umaro Sissoko Embaló, le Libérien George Weah, le Mauritanien Mohammed Ould El Ghazouani, le Nigérien Mahamoudou Issoufou, le Sénégalais Macky Sall, le Tchadien Idriss Déby Itno et le Togolais Faure Gnassingbé. Une forte présence de ses pairs que Roch Marc Christian Kaboré n’a pas manqué de saluer lors de son discours.

Le président de la transition au Mali, Bah N’Daw, était pour sa part représenté par son Premier ministre, Moctar Ouane. Arrivé le 27 décembre, le Premier ministre Malien a été reçu par son hôte. À l’issu des échanges, il a déclaré être « très heureux de cette belle leçon de démocratie que le Burkina vient d’administrer à l’ensemble du continent à travers la préparation, l’organisation, le déroulement et l’issue des scrutins présidentiel et législatif ».

« Ceci s’est passé dans un contexte sécuritaire difficile, incertain, mais le résultat a révélé la grande maturité du peuple Burkinabè. C’est un message fort envoyé à l’ensemble de nos pays. Cette élection a permis de révéler ce qu’un peuple uni peut faire pour son développement », a-t-il ajouté.

En effet, si les élections législatives et la présidentielle du 22 novembre ont été émaillées de quelques incidents, le processus a été salué par de nombreux observateurs. Les candidats malheureux ont tous reconnu leur défaite. Certains ont d’ailleurs pris part à la cérémonie sobre et solennelle de ce lundi, l’instar de Zéphirin Diabré, Kadré Désiré Ouédraogo, Eddie Komboïgo, Tahirou Barry ou encore Gilbert Noël Ouédraogo.

Vers de « larges consultations »

Kaboré a rendu hommage aux populations victimes du terrorisme ainsi qu’aux forces de défenses et de sécurité pour leur « détermination essentielle pour préserver la paix et l’unité nationale ».

Il a également décliné les axes majeurs de  l’action qu’il compte mener durant les cinq prochaines années, dont la sécurité, le renforcement de la démocratie, les réformes de l’administration et des services publics, l’investissement dans les infrastructures, les réformes foncières et agricoles et l’implication de la diaspora dans la construction du pays. Mais pour parvenir à atteindre ces objectifs, il a invité les Burkinabè « au travail ».

Pour parvenir à la réconciliation nationale, Kaboré a annoncé qu’il lancera dans les mois à venir de « larges consultations « . « La réconciliation nationale ne saurait faire l’économie des crimes de sang, des crimes économiques et politiques qui, de 1960 à nos jours, continuent d’envenimer les rapports entre les Burkinabè. Elle doit aller au-delà des questions conjoncturelles pour nous permettre de définir ensemble les bases d’une société burkinabè fondée sur les valeurs cardinales du travail, de la probité, de la dignité et de la défense de l’intérêt national », a-t-il ajouté.

Source : Jeune Afrique

 

Mali: cinq personnes poursuivies pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État

La capitale du Mali, Bamako, 9 août 2018 Sur les sept personnes arrêtées la semaine dernière par la sécurité d’État, cinq sont poursuivies. Les autorités de transition ne se sont pas exprimées sur ce sujet, mais RFI a pu recouper un certain nombre d’informations inédites.

Deux personnes ont été libérées, cinq autres transférées à la gendarmerie. Sékou Traoré, chef de cabinet de la présidence avec rang de ministre, ainsi que Souhahebou Coulibaly, directeur de l’agence d’État Agefau, ont bel et bien pu rentrer chez eux libres. Sékou Traoré a même repris son travail au palais présidentiel.

Mais les cinq autres personnes interpellées ont été transférées vendredi soir au Camp 1 de la gendarmerie de Bamako après avoir été détenues plusieurs jours en dehors de toute procédure légale. Leur cas a donc été judiciarisé.

Il s’agit de deux hauts cadres du Trésor public, messieurs Koné et Keita, du directeur du PMU, Vital Robert Diop, du chroniqueur radio et militant contestataire Mohamed Youssouf Bathily alias Ras Bath, ainsi que du directeur adjoint de l’agence d’État Agefau, Aguibou Tall, par ailleurs demi-frère de l’ex-Premier ministre Boubou Cissé.

C’est le cabinet de Maître Kassoum Tapo qui défend les intérêts de l’ex-Premier ministre et d’Aguibou Tall, à qui l’un de ses collaborateurs a pu rendre visite. « Il est poursuivi pour atteinte à la sûreté intérieure de l’État », explique l’avocat, qui précise que son client a été interrogé sur ses liens avec les autres personnes arrêtées ou avec le syndicat UNTM, l'Union nationale des travailleurs du Mali. Selon l’avocat, les autres personnes détenues seraient poursuivies pour les mêmes motifs.

Les autorités de transition n’ont jamais communiqué sur cette série d’interpellations, elles n’en ont donc jamais expliqué les raisons, mais les questions posées au client de Maître Tapo confirment certaines informations qui avaient déjà filtré : « Ils lui ont parlé de tentative de déstabilisation et de coup d’État. Mais il n’y a rien à part des questions, affirme Maître Tapo, ils n’ont aucune preuve matérielle ». Il appartient dorénavant au procureur d’en décider, et de transmettre ou non les dossiers à un juge d’instruction.

Source : RFI

 

 

Élections en Centrafrique: journée de vote sous haute tension

Les électeurs font la queue pour voter lors des élections présidentielles et législatives dans un bureau de vote à Petevo, 8e arrondissement de Bangui, en République centrafricaine, le 27 décembre 2020.La Centrafrique vote ce dimanche 27 décembre pour élire son président et ses députés dans un contexte tendu. Des groupes armés, réunis au sein d’une coalition afin d’empêcher les élections, ont entamé une descente vers la capitale Bangui. De violents combats ont éclaté dans l’intérieur du pays, où la tenue du scrutin demeure incertaine en raison des menaces et de la peur instaurée ces derniers jours.

Les bureaux de vote ont ouvert avec près d'une heure de retard, ce dimanche 27 décembre en Centrafrique pour des élections présidentielle et législatives sous haute tension. Quelque 1,8 million d'électeurs sont appelés aux urnes.

À l’école préfectorale du quartier Bimbo par exemple, l’ouverture était prévue à 6 heures, mais à cette heure-là les portes étaient encore fermées. Depuis, les urnes et les kits électoraux sont arrivés et les électeurs attendaient dans le calme, rapporte notre envoyée spéciale. À la mairie, le responsable de l’Autorité nationale des élections (ANE) pour ce secteur nous expliquait qu’en raison des craintes sécuritaires, il avait préféré attendre que le jour soit levé pour acheminer le matériel jusqu’au bureau de vote.

Aux alentours de 8h30, le président sortant Faustin-Archange Touadéra a voté au lycée Boganda de Bangui, la capitale. « C’est un moment important pour la république centrafricaine qui cherche à sortir de ces moments de crise. Je pense que la bonne voie pour le développement, pour l’épanouissement et le bien-être de noter pays et de nos populations c’est la démocratie, le choix libre des dirigeants par le peuple », a-t-il déclaré après avoir voté.

Appel de Bozizé au boycott

François Bozizé, accusé par les Nations unies d’être derrière la rébellion et qui avait jusque-là un positionnement ambigu, a lancé ce dimanche matin en sango un appel relayé sur internet, dans lequel il déclare fermement, cette fois, soutenir la rébellion. Il a également appelé les Centrafricains à ne pas se rendre aux urnes ce dimanche : « Mes compatriotes, je vous appelle à ne pas aller voter. Restez chez vous. Laissez Touadéra seul aller déposer son bulletin dans les urnes », clame-t-il dans ce message.

« C’est un pays qui a des lois, donc la loi et les dispositions seront prises en conséquences », a réagi le président Touadéra.

Samedi encore, à la veille du scrutin, des combats se poursuivaient dans le pays entre des groupes armés réunis au sein de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) et les forces gouvernementales. Vendredi 25 décembre encore, trois casques bleus ont été tués.

Quelques tirs dans la nuit

Quelques tirs isolés ont été entendus au milieu de la nuit à Bangui, d’origine indéterminée, mais depuis, tout est calme dans la capitale. Et les électeurs que RFI a rencontrés disent leur détermination à ne pas céder à la peur. « On veut voter car on veut la paix et en finir avec les rébellions », nous confiait une femme qui attendait l’ouverture du bureau, sa fille sur les genoux. Moi, je suis rassuré, « tout va bien se passer à Bangui, mais je m’inquiète pour mes frères dans le reste du pays », nous disait un père de famille, visiblement ému car une partie de sa famille est à l'intérieur du pays et lui ont confié au téléphone avoir reçu des menaces de la part de groupes armés pour les dissuader d'aller voter.

« Oui, j’ai de la famille à l’intérieur. Vraiment, c’est préoccupant. Quand j’ai appelé Moba, on m’a dit que là-bas, les groupes armés de l’UPC, les anti-balakas, ont déjà confisqué le matériel électoral. Je suis consterné, parce qu’on ne peut pas priver (aux citoyens) le droit de vote. Ça, c’est une violation des droits de l’Homme », témoigne-t-il au micro de RFI.

«Mon arme, c'est ma carte d'électeur !» : témoignages d'électeurs au micro de Florence Morice

Dans ce bureau de vote de Bangui, ce dimanche 27 décembre, les urnes sont prêtes pour recevoir les bulletins de vote des électeurs pour les scrutins présidentiel et législatif. © RFI/Charlotte Cosset

 

À Ngaragba, autre bureau de vote de la capitale, le scrutin a également débuté avec une petite heure de retard, rapporte notre correspondante. Un retard expliqué par un souci de transport : le matériel (urnes, isoloirs et autres) a été délivré avec l’aide des gendarmes qui sont arrivés à 6h, heure supposée de l’ouverture du bureau. Puis cela a été la course pour installer tout le matériel. Mais les premiers votants ont pu glisser leur bulletin dans les urnes vers 7h ce dimanche.

La Cour constitutionnelle confirme le scrutin

Ces derniers jours, les appels à un report technique du scrutin se sont multipliés, en raison de ces violences et de leurs conséquences sur les préparatifs du vote. Jeudi, après le retrait de Jean-Serge Bokassa, six candidats d’opposition ont ainsi saisi la Cour constitutionnelle pour demander la « reprise des élections », en vertu de l’article 115 du Code électoral. Celui-ci prévoit la reprise de l'organisation de l'élection avec une nouvelle liste de candidats en cas de « retrait de l’un des candidats entre la publication de la liste des candidats et le premier jour du scrutin ».

Au total, huit recours pour reporter ces élections ont été déposés. La Cour constitutionnelle les a tous rejetés. Dans une décision rendue samedi, elle fait valoir qu’un report du scrutin ne permettrait pas de respecter les délais constitutionnels prévoyant l'installation d'un nouveau président, au plus tard le 30 mars prochain. Les partenaires internationaux de la Centrafrique, la Minusca en tête, n’ont cessé de plaider pour maintenir le vote à la date prévue, pour ne pas « donner raison à ceux qui veulent entraîner le pays dans une transition », comme le déclarait encore vendredi le patron de la Minusca, optimiste sur la capacité de la mission des Nations unies à « faire face » à la situation.

Calme à Bangui, violences dans d'autres localités du pays

La Centrafrique a aussi reçu des renforts du Rwanda et de la Russie. Une aide qui n’empêchait pas, samedi soir, des sources diplomatiques d’exprimer en coulisse leur inquiétude sur les risques sécuritaires qui pèsent sur ce vote. Dans la capitale, restée épargnée par les violences (en dépit de rumeurs d'intrusion d'éléments armés en début de semaine), il y a un certain engouement. Gerville, Banguissois, a confié à Charlotte Cosset pour RFI sa satisfaction de voir ce vote maintenu : « C'est notre devoir, en tant que Centrafricain digne, de dire qu'on a le droit de voter pour construire notre pays. »

Mais la situation sécuritaire beaucoup plus incertaine dans le reste du pays suscite des inquiétudes et des incompréhensions. Raphaël, un autre habitant de la capitale, résume ce sentiment : « Les élections ne vont-elles se passer qu'à Bangui ? Et à l'intérieur du pays, comment ça va se passer ? La Cour a décidé, pas de problème ; mais les bandits armés sont en train de sévir à l'intérieur du pays ! Ça n'a pas de sens. »

De multiples motifs d'inquiétude

La Minusca et l'ANE ont tenu des discours rassurants ces trois derniers jours. Mais samedi, il était encore difficile d'obtenir des chiffres précis. Selon la Minusca, vendredi, la distribution des cartes d’électeurs avait débuté dans 87% des centres de vote, mais impossible de savoir combien de Centrafricains avaient effectivement retiré leur carte, note notre envoyée spéciale Florence Morice.

Même chose pour le déploiement du matériel : en parallèle des discours optimistes – et difficiles à vérifier –, des témoignages venus de plusieurs localités de l’intérieur du pays posent questions. Samedi, selon nos informations, le matériel était globalement arrivé dans les démembrements, mais commençait seulement dans de nombreux endroits à être acheminé jusqu’aux centres et bureaux de vote.

Quid aussi du matériel électoral détruit ou confisqué au cours des attaques, comme ce fut le cas à Bambari ? Sans oublier plusieurs témoignages de la part d’agents de l’Autorité en charge des élections, qui ont confié avoir reçu des menaces de la part de plusieurs groupes armés dans différentes zones du pays. Ces agents oseront-ils ouvrir les bureaux de vote ? Et la population osera-t-elle aller voter ? Sachant que, depuis le début de cette crise, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) a déjà recensé des dizaines de milliers de nouveaux déplacés, fuyant les affrontements ou l’arrivée des groupes armés dans leurs localités.

Source : RFI

Élections au Niger: jour J pour un scrutin nouveau et sous surveillance

election nigerUne femme votant à Niamey, le 27 décembre 2020.Quelque 7,5 millions d'électeurs nigériens sont attendus aux urnes ce dimanche 27 décembre pour les élections présidentielle et législatives. Les 26 000 bureaux de vote doivent ouvrir à 8h et fermer à 19h, et une trentaine de candidats sont en lice pour succéder à Mahamadou Issoufou. Mohamed Bazoum, du parti au pouvoir, le Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), est l'un des 30 candidats à se présenter au premier tour ce dimanche.

Samedi 26 décembre, Niamey était calme, avec un peu moins de monde que d’habitude dans les rues puisque certains électeurs ont quitté la capitale et sont partis en région pour pouvoir aller voter là où ils sont inscrits. Ce dimanche, 7,5 millions d'électeurs nigériens sont appelés à retourner aux urnes, deux semaines seulement après avoir voté pour les élections locales.

Devant le bureau de vote de l’école Amirou Djibo de Niamey ce dimanche matin, les électeurs étaient au rendez-vous. Il y avait beaucoup d’affluence et de longues files d’attente étaient visibles devant les bureaux de vote. Une dizaine de bureaux de vote sont installés dans cette école.

Au bureau de vote n°216, par exemple, 410 électeurs sont inscrits. « Ils vont tous passer d’ici la fin de la journée », prédit le président du bureau de vote. L’innovation, cette année, est que tout le matériel de vote a passé la nuit dans les centres, bien gardé par des éléments de la garde nationale. Dans cette école, ce sont donc les gardes nationaux qui assurent la sécurité des élections.

Les délégués des partis politiques sont également présents. Les électeurs sont avec l’index à encre bleue, preuve qu’ils ont voté. Beaucoup d’erreurs constatées lors des anciennes élections municipales du 13 décembre dernier ont été corrigées, selon plusieurs présidents de bureaux de vote. Les partis politiques ont sensibilisé leurs militants pour éviter des votes blancs sur un bulletin unique, qui comporte 30 candidats.

Un scrutin inédit pour la fin de dix ans de présidence Issoufou

Le président sortant, Mahamadou Issoufou, du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS), arrive au terme de ses deux mandats et n'est pas candidat à sa propre succession. Mohamed Bazoum, qui veut assurer la « continuité » de son œuvre, est en lice pour lui succéder. Le premier tour est pour ce dimanche, mais y en aura-t-il un second ? Une victoire d’un candidat dès le premier tour de l’élection présidentielle serait une première au Niger.

Nouveauté de ce scrutin : le bulletin de vote devient unique. Tous les candidats figurent sur une même feuille, sur laquelle est apposée leur photo et le logo de leur formation politique. Les votants doivent choisir la case correspondante. Le scrutin présidentiel est couplé à des législatives pour élire les 166 nouveaux députés qui composeront l’Assemblée nationale. Les cinq représentants de la diaspora seront choisis ultérieurement.

La campagne électorale s'est déroulée sans violence. Elle est même passée presque inapercue dans certaines zones du pays, car très peu de candidats ont vraiment foulé le terroir. Hormis Mohamed Bazoum, les candidats ont mobilisé peu de moyens financiers et matériels, et la plupart d'entre eux ont visité leur région natale ou ont tenu des meetings dans les chefs-lieux des régions.

L'opposition a mené campagne en ordre dispersé. Ce n'est qu'à 48 heures du premier tour que Hama Amadou a apporté son soutien à Mahamane Ousmane. Ils ont ensuite été rejoints par Amadou Boubacar Cissé, qui a jeté l'éponge.

Des élections malgré le renforcement des mesures sanitaires

Ces élections se tiennent alors qu’il y a quelques jours, les autorités ont annoncé un renforcement des mesures de lutte contre le Covid-19. Les rassemblements sont interdits, les bars et les salles de spectacles sont également fermés pendant deux semaines, avec la possibilité d’un renforcement de ces mesures si besoin, passé ce délai.

Le candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, avait annulé son dernier meeting le vendredi 25 décembre dans la capitale, justement en raison de la hausse des cas de coronavirus. La Commission électorale nationale indépendante (Céni) explique qu’elle dispose de certains kits sanitaires, que des spots existent et seront diffusés sur place pour inviter le public à respecter les mesures barrières dimanche dans les bureaux de vote. La Céni affirme ne pas vouloir prendre le risque d’être un vecteur de maladies.

La menace jihadiste inquiète les électeurs

Bien que la campagne se soit déroulée sans exaction violente, le Niger est, comme d'autres pays sahéliens, confronté à des attaques menées par des groupes jihadistes. En ce mois de décembre, des terroristes de Boko Haram ont frappé à Toumour, près du Nigeria. Et sept soldats ont été tués dans une embuscade, dans l’ouest. Conscients de cette menace, les électeurs nigériens attendent une sécurisation des opérations de vote.

La Céni rappelle que sa mission est de garantir le droit de tout citoyen à voter, sur toute l’étendue du territoire, et assure assure avoir pris des mesures pour sécuriser le scrutin. Son président, Issaka Souna, reconnaît que le Niger vit une situation sécuritaire difficile, notamment dans des zones situées aux frontières, dans les régions de Tillabéri, entre Tahoua et le Mali, ou encore dans la zone du lac Tchad. « Nous savons que le risque zéro n’existe pas », explique Issaka Souna, tout en précisant que toutes les forces de sécurité sont mobilisées et que des dispositifs préventifs et d’action existent, pour assurer la sécurité des personnes, des biens et du matériel.

Du côté de la société civile, certains acteurs affirment que les forces de l’ordre n’étaient pas visibles partout, lors de la tenue des élections locales. Ali Idrissa, coordinateur de l’Observatoire du processus électoral (OPELE), qui regroupe plusieurs organisations de la société civile, estime qu’il faut des patrouilles dans les communes pour que la présence des forces de sécurité puisse être ressentie au niveau des bureaux de vote.

Source : RFI

Mali : Soumaïla Cissé, opposant à jamais

Soumaïla Cissé, le 15 juin 2018 à Bamako.Décédé ce 25 décembre, Soumaïla Cissé aura consacré trente années de sa vie à la politique malienne, dont il était devenu l’un des personnages les plus emblématiques. Il avait aussi, à trois reprises, brigué la magistrature suprême.

Moins de trois mois se seront écoulés entre la libération de Soumaïla Cissé et son décès, survenu le 25 décembre, à Paris, où il était hospitalisé. Selon l’un de ses proches joint par Jeune Afrique, il avait contracté le coronavirus et son état s’était dégradé au point qu’il avait dû être transporté en France, il y a une dizaine de jours. Il avait 71 ans.

Sa libération, annoncée le 8 octobre, avait soulevé une vague d’espoir parmi ses partisans et les militants de son parti, l’Union pour la République et la démocratie (URD). Personnage emblématique de la scène politique malienne, Soumaïla Cissé était aussi, avant son enlèvement et avant qu’un coup d’État ne chasse Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) du pouvoir, en août dernier, la principale figure de l’opposition.

Il avait été kidnappé le 25 mars alors qu’il battait campagne pour les élections législatives prévues quatre jours plus tard dans son fief de Niafunké, dans la région de Tombouctou. L’enlèvement, en plein jour, d’une personnalité politique de premier plan était devenu le symbole de l’impuissance de l’État face aux violences jihadistes et l’exigence de sa libération avait été l’un des mots d’ordre de la contestation qui, de mai à juillet, a fait trembler le régime d’IBK.

Le 8 octobre, Soumaïla Cissé et d’autres otages occidentaux, dont la Française Sophie Pétronin, étaient finalement libérés et arrivaient à Bamako après avoir été échangés par le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali. En contrepartie, le groupe jihadiste avait obtenu la libération de prisonniers détenus dans les prisons maliennes et le versement d’une somme d’argent dont le montant n’a jamais été révélé.

Tournée de remerciements

Jeune Afrique avait pu rencontrer Soumaïla Cissé, fin octobre. Il était venu à Paris accompagné de son épouse, Astan Traoré, pour y passer quelques examens médicaux. Il expliquait être en forme, mais un check-up s’imposait. Il nous avait raconté sa longue détention (six mois) et comment il avait appris, en écoutant la radio alors qu’il était toujours retenu en otage, la chute du président IBK.

Interrogé sur ses intentions, il avait expliqué vouloir prendre le temps de « se reposer et se remettre à niveau ». Il était ensuite rentré à Bamako et avait entamé, ces dernières semaines, une tournée pour remercier les chefs d’État de la région qui s’étaient impliqués pour sa libération. Il avait notamment été reçu par le Sénégalais Macky Sall, par le Ghanéen Nana Akufo-Addo, par ailleurs président en exercice de la Cedeao, par le Togolais Faure Essozimna Gnassingbé et par le Nigérien Mahamadou Issoufou. Il devait encore se rendre au Burkina Faso, pour y rencontrer Roch Marc Christian Kaboré, et en Côte d’Ivoire pour échanger avec Alassane Ouattara.

Soumaïla Cissé n’avait pas encore formellement exprimé son intention de se relancer en politique. Il n’avait pas non plus dit s’il comptait partir à l’assaut de la présidence, mais certains de ses partisans le voyaient déjà à Koulouba à l’issue des dix-huit mois que doit durer la transition dirigée par Bah N’Daw.

Le 27 décembre, l’URD devait se réunir en congrès pour définir sa position vis-à-vis de la gestion de la transition et discuter des prochaines échéances électorales. À l’issue des dernières législatives, le parti avait remporté 19 sièges, avant la dissolution de l’Assemblée nationale par IBK le jour du putsch.

« Républicain »

Avec le décès de Soumaïla Cissé, c’est une figure de la classe politique malienne qui disparaît. « Soumaila Cissé s’en va à un tournant critique de notre évolution en tant que nation, a réagi Bah N’Daw dans un communiqué diffusé vendredi. Nul doute qu’en ce moment, le pays avait encore particulièrement besoin de son expérience et de sa sagesse pour relever les défis de l’heure. » « Je témoigne du leadership et de la remarquable contribution de Soumaïla Cissé à la préservation du cadre républicain ainsi que des acquis démocratiques, fruits de la lutte pluri-décennale des forces politiques et de la société civile du Mali », a pour sa part déclaré Tiébilé Dramé, ancien ministre des Affaires étrangères qui fut également le directeur de campagne de Cissé, en 2018. L’ancien Premier ministre Moussa Mara a pour sa part souligné que « Soumaila a consacré les 40 dernières années de sa vie aux Maliens, à notre pays et à notre région ouest-africaine. Partout où il a servi, il a laissé le souvenir d’un homme compétent et affable. »

 

Ingénieur-informaticien de formation, Soumaïla Cissé avait commencé par militer au sein de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adéma-PASJ), dès sa création en 1991, avant de lancer son propre parti, au début des années 2000. Technocrate aux compétences reconnues, il avait à plusieurs reprises été ministre des Finances, entre 1993 et 2000.

En 2002, il s’est lancé dans sa première course à la présidentielle face à Amadou Toumani Touré (ATT, lui-même décédé début novembre). Battu, il s’éloignera de l’arène politique pour diriger la commission de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) de 2004 à 2011.

De nouveau candidat en 2013, il est défait dans les urnes au second tour face à IBK et reconnaît rapidement sa défaite. En 2018 en revanche, alors que les résultats officiels le donnent une nouvelle fois perdant face à IBK, il les conteste et dénonce des fraudes. Tout au long de la présidence d’IBK, il n’aura d’ailleurs de cesse de critiquer la mauvaise gouvernance et l’incapacité de l’État à enrayer la crise sécuritaire.

Réagissant à l’annonce de son décès, Macky Sall a tenu à rendre hommage à « Soumaïla Cissé, ancien président de la commission de l’Uemoa et figure historique de la vie politique malienne ». « Au nom du Sénégal, je présente mes condoléances émues à sa famille, au président Bah N’daw et au peuple malien frère », a-t-il ajouté. « Je viens d’apprendre la disparition de Soumaila Cissé, chef de l’opposition malienne, que j’ai reçu récemment à Niamey, à pour sa part réagi Mahamadou Issoufou. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille, aux militants de son parti et à l’ensemble du peuple. Que son âme repose en paix. »

Source : Jeune Afrique

Centrafrique: le gouvernement dénonce une tentative de coup d'État de François Bozizé

Malgré la situation sécuritaire tendue, la nouvelle alliance de l’opposition entre Anicet-Georges Dologuélé et le parti de François Bozize a fait campagne dans les rues de Bangui vendredi 18 décembre.Le ministre de la Communication centrafricain et porte-parole du gouvernement s’est exprimé, ce samedi 19 décembre, dans un communiqué officiel alors qu'une offensive des groupes armés dans l'Ouest vendredi a contraint l'ONU à déployer ces casques bleus. Il y dénonce une tentative de coup d’État de la part de l'ancien président François Bozizé, exclu de la présidentielle du 27 décembre prochain.

Dans ce communiqué officiel, les autorités dénoncent « les intentions manifestes de marcher sur Bangui » des groupes armés et évoquent des velléités de coup d’État. Si jusqu’à présent son nom n’était que cité à demi-mot derrière l’organisation des derniers événements, le porte-parole du gouvernement Ange-Maxime Kazagui affirme ce samedi matin que François Bozizé est à l'origine encore de « cette tentative de déstabilisation ». Il assure que l'ancien chef d'État s’est attaché les services de mercenaires étrangers en échange de la possibilité pour ceux-ci de piller Bangui pendant 72 heures.

A l’heure où je vous parle, monsieur François Bozizé Yangouvounda a quitté la ville de Bossangoa où il s’était retranché et se trouve actuellement aux abords de la ville de Bossembélé avec l’intention manifeste de marcher avec ses hommes sur Bangui. Il s’agit manifestement d’une tentative de coup d’Etat que le gouvernement tient à dénoncer en cette période électorale où le gouvernement cherche à consolider les acquis démocratiques à travers les prochaines consultations.

Ange-Maxime Kazagui, porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication

Ce communiqué intervient alors que depuis vendredi des mouvements d’hommes armés sont signalés dans le nord-ouest du pays. Une avancée notamment sur les villes de Bozoum, Bossemptélé, Yaloke ou encore Bossembélé.

Le tenue du scrutin menacée ?

La Minusca et les forces de l’ordre centrafricaines sont intervenues vendredi pour dissuader ces éléments armés identifiés par la force onusienne comme appartenant aux groupes 3R, MPC et anti-Balaka. Le gouvernement déplore la mort de trois gendarmes durant ces opérations. Dans un communiqué conjoint, ces groupes armés menaçaient il y a quelques jours d’user de « tous les moyens » contre le pouvoir s’il poursuivait l'organisation d'un scrutin qu'ils considèrent manipulé.

Certains candidats continuent à battre campagne malgré le contexte sécuritaire compliqué. Pour la première fois la nouvelle alliance de l’opposition entre Anicet-Georges Dologuélé et le parti de François Bozizé (dont la candidature a été invalidée) a battu campagne main dans la main à Bangui vendredi après-midi.

On a fait le tour de certains quartiers de Bangui pour que les populations se rendent bien compte qu’on est ensemble, qu’on fait campagne ensemble.

Le parti d'Anicet-Georges Dologuélé et celui de François Bozizé main dans la main à Bangui

Mais la question de la possibilité de la tenue des élections dimanche prochain 27 décembre commence à se poser.

À noter que le président sortant Faustin-Archange Touadéra poursuit lui aussi sa campagne. Il a fait plusieurs déplacements en région et un grand meeting est prévu ce samedi au stade des 20 000 places.

Source : RFI

Mauritanie : Le Maroc s’exprime sur un média proche du Polisario

Mauritanie : Le Maroc s’exprime sur un média proche du PolisarioYabiladi - L’agence d’information Alakhbar, réputée pour sa proximité avec le Polisario, a ouvert son espace à l’ambassadeur du royaume à Nouakchott, Hamid Chabar.

Ce jeudi 17 décembre, le diplomate a accordé une interview, pour démentir les communiqués récurrents du Polisario faisant état de «tirs sur les positions des FAR tout le long du mur de sécurité de victoires».

«S'il y a une guerre, comme prétend le Polisario, les médias internationaux l'auraient traitée longuement, accompagnée de photos et de reportages. Le monde est un petit village, et le développement des médias et de la communication ne laisse aucune place au mensonge et à la dissimulation des faits», a expliqué Chabar.

Il a également précisé que c’est le mouvement séparatiste «qui a violé l'accord de cessez-le-feu» en procédant au blocage du passage d’El Guerguerate pendant trois semaines. «La présence de milices armées dans la zone tampon est en soi une violation du cessez-le-feu, conformément au contenu des accords militaires signés séparément par les parties avec les Nations unies en 1991».

L’ambassadeur a rappelé que le dernier rapport du secrétaire général des Nations Unies, publié en octobre, a «relevé 53 violations du cessez-le-feu par le Polisario» et seulement 8 pour les Forces armées royales.

Hamid Chabar s’est félicité de l’excellence des relations avec la Mauritanie. En témoigne les «42 visites officielles» effectuées par les représentants des deux pays durant les deux dernières années. Pour mémoire, c'est en juin 2018 que l'ambassadeur a présenté ses lettres de créances à l'ancien président mauritanien, Mohamed Ould Abdel Aziz.

Au lendemain du lancement du blocage d’El Guerguerate, l’agence Alakhbar avait publié le 22 octobre une interview avec le chef des renseignements du Polisario, Abdellah Lahbib Belal.

La Rédaction