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Politique en Afrique

Algérie : le général Gaïd Salah menace-t-il la révolution ?

Depuis la chute du clan Bouteflika, c’est le tout-puissant chef d’état-major de l’armée qui détient la réalité du pouvoir. Contre la volonté du peuple.

Il est 17 heures passées ce mardi 2 avril quand s’achève la réunion du commandement de l’armée, en conclave depuis la fin de la matinée au ministère de la Défense. Le sort d’Abdelaziz Bouteflika, qui fait face à une révolution depuis février, vient d’être scellé. La veille, la présidence avait annoncé que la démission du chef de l’État interviendrait avant le 28 avril, date d’expiration de son quatrième mandat. Sauf que le commandement de l’armée n’y croit pas.

Pendant la réunion, les généraux sont finalement convaincus par Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’armée, que Bouteflika, son frère Saïd et son entourage cherchent à gagner du temps en mettant en place un plan B. Ils préparent, selon lui, un coup tordu pour le démettre de ses fonctions et garder leur mainmise sur le pouvoir. Pas de temps à perdre, Bouteflika et sa clique doivent partir sur le champ. La messe est dite.

Sommation

C’est Ahmed Gaïd Salah lui-même qui se charge d’annoncer la nouvelle. Il appelle alors Mohamed Rougab, secrétaire particulier de Bouteflika. Le ton est sec, martial. « Vous allez immédiatement rendre publique la lettre de démission », lui ordonne-t-il. Rougab bafouille et explique à son interlocuteur – lui donnant du « Mon Général » – qu’il lui faut du temps pour joindre le président, reclus dans sa résidence de Zeralda, ainsi que ses proches, son frère Saïd en particulier.

Il lui faut aussi du temps, argue-t-il, pour préparer le texte. Au bout du fil, Gaïd Salah ne veut rien entendre. Nouvelle sommation : l’annonce de la démission doit être immédiate, ou il envoie les troupes à Zeralda pour obtenir la capitulation du chef de l’État. Message reçu cinq sur cinq. Peu avant 20 heures, la télévision nationale diffuse des images de Bouteflika, vêtu d’une gandoura, remettant sa démission au président du Conseil constitutionnel.

Tout est dans cette séquence qui clôt vingt années de règne de Bouteflika : l’obsession de ce dernier et de ses proches de garder le pouvoir, le caractère et la personnalité de Gaïd Salah, le poids qu’il prendra sur l’échiquier politique à partir de là et la brutalité avec laquelle il écarte ceux qu’il désigne sous le vocable d’« Al Issaba » (comprendre : la bande mafieuse).

Un homme de fer

On disait d’Ahmed Gaïd Salah qu’il allait être le grand ordonnateur de l’après-Bouteflika. Il a fait mieux. Depuis le départ forcé du président, il est le seul maître à bord, donnant, au fil des semaines, l’image d’un homme de fer, un peu trop ambitieux aux yeux de ses multiples contempteurs, qui l’accusent ouvertement de vouloir instaurer une dictature militaire. Ou, à tout le moins, de détourner à son profit une révolution populaire qui exige la fin du système, dont il est l’une des reliques.

Gaïd Salah veut-il vraiment accompagner la révolution vers une nouvelle république ou s’emparer du pouvoir d’une manière ou d’une autre ?

Comment cet homme qui jurait loyauté et fidélité au moudjahid Bouteflika « jusqu’à la mort » est-il devenu son pire ennemi ? Pourquoi Gaïd Salah, bouclier de Bouteflika depuis l’AVC qui, en 2013, l’a cloué dans un fauteuil roulant, est-il depuis devenu le fossoyeur du clan présidentiel ?

L’incarcération de Saïd Bouteflika, du général Toufik, ex-patron du Département du renseignement et de la sécurité (DRS), et de son successeur, Athmane Tartag, tous poursuivis pour « complot contre l’autorité de l’armée et complot contre l’autorité de l’État », ainsi que celle de Louisa Hanoune, chef du Parti des travailleurs, et les poursuites judiciaires engagées contre les oligarques relèvent-elles d’une vengeance personnelle ou d’une volonté sincère de nettoyer les écuries d’Augias ? Gaïd Salah veut-il vraiment accompagner la révolution vers une nouvelle république ou s’emparer du pouvoir d’une manière ou d’une autre ? Retour au fameux conclave du 2 avril.

Coup de poignard

Devant ses pairs du commandement de l’armée, Ahmed Gaïd Salah dit détenir des preuves – documents, enregistrements, écoutes – qu’un complot se prépare pour l’évincer et déstabiliser l’institution militaire. La conjuration serait fomentée par l’entourage présidentiel, avec la complicité de son pire ennemi, le général Toufik, mis à la retraite en septembre 2015, ainsi que de plusieurs acteurs, dont des officines de puissances étrangères.

Gaïd Salah obtient alors carte blanche pour démanteler le système Bouteflika, confondre les conjurés et poursuivre l’opération mains propres contre ceux qui ont « pillé les richesses du pays ». En échange de ce blanc-seing, il s’engage à passer la main lorsque la révolution du 22 février aura accouché de nouvelles institutions légitimes.

Le divorce entre Gaïd Salah et Bouteflika relève davantage d’une trahison, du moins d’une parole non tenue, que d’une conjuration. Après avoir soutenu mordicus l’option du cinquième mandat, le chef de l’armée a rétropédalé à mesure que le mouvement de révolte prenait de l’ampleur. Poussé par le commandement militaire à se dédire, Gaïd Salah fait comprendre au président et à son cercle immédiat qu’il est temps de partir.

Il comprend que l’entourage présidentiel joue la montre et concocte un plan alternatif dont il sera fatalement exclu. Ce sera lui ou Bouteflika

Au terme d’une réunion avec la famille présidentielle, le 22 mars, à Zeralda, le vice-ministre de la Défense obtient l’engagement de la démission du président en échange de garanties pour sa sécurité et celle des siens. « La lettre sera rendue publique au plus tard dans trois jours », assure Saïd Bouteflika. Gaïd attend. La démission ne viendra pas. Il comprend alors que l’entourage présidentiel joue la montre et concocte un plan alternatif dont il sera fatalement exclu. Ce sera lui ou Bouteflika.

Sentant venir le coup de poignard dans le dos, Gaïd Salah ordonne, le 26 mars, l’application dans les plus brefs délais de l’article 102 de la Constitution, qui prévoit la destitution du président ou sa démission en cas d’incapacité. Le divorce entre la fratrie et le fidèle général est définitivement consommé.

Crainte de son limogeage

Deux événements viennent conforter le vice-ministre dans la certitude que les Bouteflika ont décidé de lui couper la tête. Le 30 mars, l’ancien président Liamine Zéroual rencontre le général Toufik à la demande de celui-ci dans sa résidence, à Moretti. À l’initiative de Saïd Bouteflika, Toufik propose à Zéroual de présider une instance de transition. Comprenant la manœuvre, ce dernier refuse et conseille à son interlocuteur, ainsi qu’à ses sponsors, de satisfaire plutôt les revendications de la rue.

Le jour même, alors qu’une partie du commandement de l’armée est en réunion à Alger, Saïd Bouteflika appelle Khaled Nezzar, ancien ministre de la Défense et autre ennemi de Gaïd Salah. Les deux hommes s’étaient déjà rencontrés le 7 mars au domicile de Nezzar. Au cours de l’entretien organisé à la demande de Saïd, celui-ci avait confié sa détermination à décréter l’état d’urgence ou l’état de siège si la contestation devait perdurer. Ce samedi 30 mars, Saïd veut aller plus loin. Devant Nezzar, qui a été entendu mardi 14 mai comme témoin par le tribunal militaire dans le cadre des poursuites engagées contre Saïd, Toufik et Tartag, il évoque la possibilité de destituer Gaïd Salah.

Vous doutiez qu’il allait agir ainsi ? s’étonne une de ses connaissances. Il ne connaît pas la marche arrière

Le décret de limogeage est déjà prêt. Saïd Bouteflika en donnera la teneur lors d’un échange téléphonique qu’il aura en fin de journée avec Liamine Zéroual, dans une ultime tentative de le convaincre d’accepter l’offre de conduire la transition. Gaïd Salah ne rate rien de ces manœuvres. Sur ses gardes, il surveille, écoute, s’informe et ferme toutes les écoutilles pour empêcher la diffusion du communiqué. La suite est connue. Le match se termine par un KO technique en sa faveur. Ahmed Gaïd Salah poursuivra de sa vindicte ceux qui ont pris part à cette conjuration. « Vous doutiez qu’il allait agir ainsi ? s’étonne une de ses connaissances. Il ne connaît pas la marche arrière. »

« Fonceur et bourru »

La personnalité d’Ahmed Gaïd Salah, 79 ans, éclaire sous un autre jour l’ascendant qu’il a pris sur la scène politique. Elle explique la manière implacable avec laquelle il élimine ses détracteurs. Ses amis, ceux qui le connaissent ou ont travaillé à ses côtés, dressent de lui un portrait peu nuancé. « Fonceur, bourru, kamikaze, il est capable de colères homériques », dit l’un d’eux. « Il écoute, mais n’aime pas la contradiction », ajoute un autre.

Ahmed Gaïd Salah agit seul et ne fait confiance à personne. Il s’est enfermé dans une tour d’ivoire au risque de se mettre en danger

« C’est un solitaire qui a fini par s’entourer d’une poignée de conseillers et de collaborateurs en mesure de lui faire entendre raison », jure un de ses anciens subalternes. « Il agit seul et ne fait confiance à personne, tranche de son côté un militaire à la retraite. Il s’est enfermé dans une tour d’ivoire au risque de se mettre en danger. » Ambitieux ? À ceux qui sondent ses intentions à ce propos, il répond que Chadli Bendjedid et Liamine Zéroual, deux hauts gradés de l’armée, ont bien été présidents. Pourquoi pas lui ?

En se plaçant au centre du jeu depuis la démission de Bouteflika, Ahmed Gaïd Salah donne du grain à moudre à ses adversaires, qui lui reprochent de vouloir prendre la place du chef qu’il a contribué à évincer. En s’impliquant directement dans la succession de Bouteflika, en assumant personnellement le suivi des affaires de corruption et en définissant semaine après semaine la feuille de route, le vice-ministre de la Défense est devenu l’une des cibles des manifestants, qui continuent de défiler par milliers chaque vendredi. Hier, les têtes de turc étaient Bouteflika, Saïd, l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia ou encore l’homme d’affaires Ali Haddad, en prison depuis le 3 avril pour une histoire de passeport. Aujourd’hui, c’est Gaïd Salah lui-même.

Et les messages, brouillés et contradictoires, qu’il délivre au fil de ses sorties médiatiques entretiennent la méfiance de la rue. D’un côté, il répète à l’envi la volonté de l’armée de satisfaire toutes les revendications du peuple. De l’autre, il soutient le chef de l’État par intérim, Abdelkader Bensalah, et le gouvernement de Noureddine Bedoui, tenus pour des symboles du système Bouteflika et dont les départs sont réclamés chaque vendredi. Un jour, il appelle au dialogue avec les institutions de l’État pour sortir de l’impasse. Le lendemain, il rejette l’idée d’une transition négociée. Plus l’échéance de l’élection présidentielle, le 4 juillet, approche, plus la position de Gaïd Salah et de l’institution militaire deviendra inconfortable. Voire intenable.

Maintenir ce scrutin, boycotté par l’opposition et rejeté par les millions de marcheurs, c’est prendre le risque d’aller au clash. C’est aussi prendre le risque de s’aliéner l’armée et le peuple. Mais donner satisfaction aux manifestants en lâchant Bensalah et Bedoui comme il a lâché Bouteflika reviendrait à renier la feuille de route qu’il a lui-même tracée depuis la démission du vieux raïs. Dilemme cornélien.

Comparutions en cascade

Les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal ainsi que le président du parti MPA et ancien ministre Amara Benyounes ont été auditionnés jeudi 16 avril par un juge du tribunal d’Alger. Détenu depuis le 3 avril dans le cadre d’une affaire de passeport qu’il aurait indûment acquis, Ali Haddad, PDG du groupe ETRH, a été également extrait de sa prison pour être auditionné. Ces responsables qui comptaient parmi les grandes figures du cercle présidentiel comparaissent dans le cadre d’enquêtes sur l’attribution de marchés publics. Le même jour, Tayeb Belaiz, ex-président du Conseil constitutionnel, comparaissait comme témoin devant le tribunal militaire dans l’affaire de la conjuration.

Source ; jeuneafrique.com

 

Soudan : la contestation veut un civil à la tête de la transition

Les leaders de la contestation au Soudan se sont dits déterminés à ce qu'un civil dirige le futur Conseil souverain, institution-clé de la transition dont la composition sera au coeur de la reprise prévue des négociations avec l'armée dimanche soir.

Selon un communiqué de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de la contestation, les négociations reprendront à 19h GMT et se focaliseront sur la répartition, entre armée et contestation, des sièges du Conseil souverain ainsi que sur son futur chef.

Les négociations avaient été suspendues mercredi soir par les généraux, au pouvoir depuis la destitution le 11 avril du président Omar el-Béchir, qui réclamaient la levée des barricades installées par des manifestants à Khartoum.

Depuis le 6 avril, des milliers de Soudanais campent devant le QG de l’armée. Leur revendication principale, appuyée par la communauté internationale qui fait aussi pression sur les militaires, est le transfert du pouvoir à une administration civile.

Vendredi, des manifestants ont déconstruit des barricades mais menacé de les installer à nouveau si les généraux ne reprenaient pas les négociations. Samedi soir, le Conseil militaire de transition a annoncé la reprise des discussions dimanche avec l’ALC au palais présidentiel.

Depuis plusieurs semaines, les négociations butent sur la composition du Conseil. Les généraux insistent pour y obtenir une majorité de sièges tandis que les leaders de la contestation ont réaffirmé dimanche leur volonté de limiter la présence des militaires et de placer un des leurs à la tête du Conseil.

Débat sur la charia

Le Conseil militaire de transition actuellement au pouvoir est dirigé par le général Abdel Fattah al-Burhane. Les généraux qui négocient avec l’ALC ont annoncé que le général Burhane, nouvel homme fort du pays, dirigerait la future instance de gouvernement pour la transition.

Militaires et protestataires s’étaient entendus sur plusieurs points avant la suspension des négociations : la durée de la période de transition – trois ans – et la création d’un Parlement composé de 300 personnes, dont les deux tiers seraient issus de l’ALC.

La reprise des négociations dimanche soir se fera toutefois dans un contexte tendu, au lendemain d’une manifestation d’islamistes qui a rassemblé devant le palais présidentiel des centaines de personnes. Ceux-ci ont rejeté toute future administration civile qui n’utiliserait pas la charia (loi islamique) comme source de la législation.

La charia est appliquée au Soudan depuis le coup d’État de Omar el-Béchir, soutenu par les islamistes, en 1989.

L’ALC n’a pour le moment pas exprimé sa position sur la charia, affirmant que la priorité était d’instaurer une administration civile.

Source : jeuneafrique.com

 

« Complot » en Algérie : quels liens entre les protagonistes présumés ?

Depuis la démission de l'ex-président Bouteflika, le chef d'état-major Ahmed Gaïd Salah mène une vaste purge contre des personnalités accusées de « complot contre l’autorité de l’État ». L’accusation se fonde principalement sur des contacts avec les réseaux de Saïd Bouteflika. Mais qui a rencontré qui ?

La purge menée par Ahmed Gaïd Salah fait tellement trembler que ceux qui n’ont pas encore été convoqués se défendent déjà. Pour le moment, le frère cadet de l’ex-président Bouteflika, ainsi que les généraux Toufik et Tartag, ont été placés sous mandat de dépôt par le tribunal militaire de Blida, pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’État ».

Dans le cadre de la même affaire, la leader de gauche Louisa Hanoune a elle aussi été incarcérée en fin de semaine dernière. Jeune Afrique vous résume les liens entre les différents « complotistes », qu’ils soient soupçonnés d’avoir été instigateurs, acteurs ou simples témoins [l’infographie est à retrouver en fin d’article].

• Saïd et Toufik, cerveaux du « complot » ?

Fin mars dernier, les réseaux du général Mohamed Mediène, alias Toufik, avec l’assentiment du frère du président, sont soupçonnés d’avoir voulu détrôner le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah, en relançant un vieux plan : proposer à Liamine Zéroual, en retrait depuis son départ de la présidence en 1999, de diriger l’instance de transition. Mais celui-ci a refusé. Selon les informations de Jeune Afrique, un décret de limogeage du chef d’état-major était déjà prêt le 30 mars.

Dimanche 5 mai, le frère cadet de l’ex-président Bouteflika, ainsi que les généraux Toufik et Tartag, ont été placés sous mandat de dépôt par le tribunal militaire de Blida. Ils sont accusés « d’atteinte à l’autorité de l’armée » et de « complot contre l’autorité de l’État ». D’après la chaîne étatique ENTV, les trois piliers de la présidence Bouteflika seront jugés en vertu des articles 77 et 78 du Code pénal, mais aussi 284 du Code de justice militaire.

• Le général Nezzar, témoin direct

L’ancien ministre de la Défense et général à la retraite Khaled Nezzar a été entendu par la justice militaire mardi 14 mai, dans le cadre de l’enquête visant Saïd Bouteflika et les deux généraux. Il est ressorti libre au bout de deux heures. Si on ne connaît pas les détails de l’audition, Nezzar avait livré un premier témoignage dans un courrier publié par le site Algérie patriotique. Dans sa tribune, le général raconte notamment sa première rencontre avec le frère de l’ex-président, qui a eu lieu jeudi 7 mars.

Selon Nezzar, Saïd Bouteflika l’a ensuite rappelé samedi 30 mars :  « Il m’a dit que le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP [Armée nationale populaire] était en réunion avec des commandants des forces et qu’il pouvait agir contre Zeralda [la résidence présidentielle où se trouvait Abdelaziz Bouteflika] d’un instant à l’autre. Il voulait savoir s’il n’était pas temps de destituer le chef d’état-major », écrivait-il. Dans sa lettre, l’ancien ministre de la Défense accuse explicitement Saïd Bouteflika de complot contre Ahmed Gaïd Salah.

• Louisa Hanoune, « prisonnière politique » ?

Toujours dans le cadre de l’affaire dite « Tartag, Toufik, Saïd Bouteflika », Louisa Hanoune a été convoquée et arrêtée par le tribunal militaire de Blida. La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) a fait appel de la décision du juge d’instruction, et sa requête sera examinée lundi 20 mai. Si la responsable politique a admis avoir effectivement rencontré, mercredi 27 mars, le frère cadet et conseiller de l’ex-président, elle assure ne pas être impliquée dans le « complot » et se considère comme une « prisonnière politique », ont fait savoir ses avocats.

La « réunion consultative » à laquelle la dirigeante du PT a participé « avait pour objectif de donner son avis sur la situation politique. Elle pensait que cette rencontre était officielle, avec l’accord de la présidence de la République », a expliqué son avocat, Me Rachid Khane. Louisa Hanoune a demandé à son défenseur de « transmettre un message spécial à tous les libéraux et aux libéraux d’Algérie » pour qu’ils soutiennent sa libération « en tant que prisonnier politique. Le seul pêché que j’ai commis est d’avoir rempli mes hautes fonctions politiques », jure-t-elle.

Des personnalités politiques françaises ont qualifié son incarcération d’ ‘arrestation arbitraire qui suscite une légitime émotion’

Ce vendredi, une centaine de personnalités politiques françaises ont répondu à l’appel en réclamant sa libération, dans un communiqué qui qualifiait son incarcération d’« arrestation arbitraire qui suscite une légitime émotion ». Le texte a notamment été signé par l’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, le leader d’opposition Jean-Luc Mélenchon (gauche), le syndicaliste Philippe Martinez ou encore Me Henri Leclerc, président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme.

• Abderrazak Makri prend les devants

Abderrazak Makri, président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), a lui aussi rencontré secrètement le frère cadet de l’ancien président, en octobre puis en décembre derniers. Le responsable islamiste souhaitait s’entretenir avec le chef de l’État, mais l’état de santé d’Abdelaziz Bouteflika ne l’a pas permis.

Comme le révélait Jeune Afrique, selon des sources proches du dirigeant islamiste, Saïd Bouteflika s’est contenté d’écouter son interlocuteur et lui a expliqué qu’il était difficile de trouver un consensus quant à l’organisation de l’élection présidentielle en 2019. Peu après cette rencontre, Makri a proposé de reporter l’élection initialement prévue mi-avril.

Invité ce lundi 13 mai du forum du quotidien d’État El Moudjahid, Abderrazak Makri s’est finalement expliqué sur sa rencontre avec le frère de l’ex-chef de l’État. « L’initiative du consensus national était publique et devait être discutée entre le pouvoir et l’opposition. Nous nous sommes donc adressés au pouvoir, représenté par la présidence de la République. Cette dernière a mandaté Saïd Bouteflika, en sa qualité de conseiller du président. […] Nous avons déposé l’initiative à la présidence et celle-ci a répondu. Notre rencontre a eu lieu au sein de la présidence de la République », a-t-il précisé.

• Le conclave de Zeralda

Le 19 décembre dernier, Saïd Bouteflika a réuni à Zeralda les responsables des partis de l’alliance de soutien à Abdelaziz Bouteflika, ainsi que son entourage proche. Ont notamment participé à cette rencontre le Premier ministre de l’époque, Ahmed Ouyahia, l’ex-ministre de l’Intérieur et actuel Premier ministre, Noureddine Bedoui, l’ex-ministre de l’Intérieur Tayeb Belaïz, le nouveau président de l’Assemblée nationale Mouad Bouchareb, ainsi que les ex-ministres Amar Ghoul (président du TAJ, parti membre de l’alliance présidentielle), Amara Benyounès et Benamar Zerhouni.

À cette réunion, qui a porté sur l’avenir politique du pays et sur l’incertitude de la tenue des élections en avril, Ahmed Gaïd Salah n’a pas été convié. En conclave, Saïd Bouteflika a répété, selon nos informations : « Le président ne peut pas faire de cinquième mandat. Sa santé le lâche. Il lui faut une sortie honorable. » Amar Ghoul s’est vu demander si l’armée validait le plan. « Oui, el djeich maana (“l’armée est avec nous”) », aurait-il répondu.

Si aucun des participants n’a pour l’heure été convoqué par la justice militaire, quelques-uns ont comparu jeudi 16 mai devant le tribunal de Sidi M’hamed

Si aucun des participants à cette rencontre n’a pour l’heure été convoqué par la justice militaire, quelques-uns ont comparu jeudi 16 mai devant le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger : les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, mais aussi l’ex-ministre du Commerce Amara Benyounès, l’ex-ministre des Finances Karim Djoudi et l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh. Ces derniers, entendus dans le cadre de l’affaire Ali Haddad, ont finalement quitté le tribunal en soirée.

 

Lors de ce 13e vendredi de marche populaire, les manifestants ont arraché le sigle du Rassemblement national démocratique (RND), le parti d’Ahmed Ouyahia, tout en scandant des slogans hostiles au chef du gouvernement actuel, Noureddine Bedoui. « Non à la mascarade du 4 juillet », « Gaïd Salah dégage », pouvait-on également lire sur les pancartes des protestataires, à l’occasion de ce deuxième vendredi de ramadan.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie: l’armée défend une élection le 4 juillet, la mobilisation se poursuit

Alors qu’ils manifestent depuis trois mois, les Algériens demandent plus de changements politiques. Le chef d’état-major, lui, continue de privilégier la « solution constitutionnelle ».

L’appel à manifester a été publié sur les réseaux sociaux. Vendredi 17 mai, une manifestation pour demander un changement de système politique est organisée en Algérie, pour la 13e semaine consécutive. « Désormais, avec ou sans appel, on sort manifester quand même », rit Amine, 32 ans. Le jeune homme a participé à toutes les manifestations dans la capitale depuis le 22 février et ne compte pas s’arrêter. « Le départ d’Abdelaziz Bouteflika, ça ne nous suffit pas, on veut qu’ils partent tous ! ».

Le slogan « Yetnahaw gaa » (Qu’ils partent tous) est repris par les manifestants pour résumer les revendications. Ni les arrestations d’hommes d’affaires, dont Ali Haddad, l’ancien leader du Forum des chefs d’entreprises (FCE), la principale organisation patronale, du frère de l’ancien président, Saïd Bouteflika, ou encore des anciens responsables des services de renseignements, Mohamed Médiène et Athmane Tartag, ni les auditions dans le cadre d’enquêtes pour des affaires de corruption d’anciens responsables politiques ne semblent avoir eu que peu d’impact sur les revendications des manifestants. « J’ai l’impression qu’ils règlent leurs comptes », estime Amine. Fin avril, le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah avait annoncé que l’armée était en possession d’informations sur « des faits de spoliation de biens publics » « de montants faramineux » et que l’opération de lutte contre la corruption n’en était qu’à « son début ».

Depuis plusieurs semaines, le nombre de personnes qui manifestent en Algérie a diminué. Farid, la trentaine, ne se rend plus dans le centre de la capitale pour manifester. « Un changement de régime, ça nous prendra 20 ans. Je ne crois pas que manifester chaque semaine permette un changement rapide », explique-t-il. Pourtant, vendredi 10 mai, des milliers de personnes ont manifesté : une mobilisation qui a surpris pour le premier week-end du Ramadan. « C’est un peu comme un 22 février (le jour de la première manifestation nationale contre le 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika) à nouveau », estime un journaliste. Habituellement, pendant le mois du jeûne, les habitants réduisent leurs activités pendant la journée et sortent peu. Dans la ville de Ouargla, à 800 kilomètres au sud de la capitale, une manifestation a eu lieu de nuit, après la rupture du jeûne et la prière.

«La question de l’armée divise»

Après 12 semaines de mobilisation, les changements politiques ne sont pas aussi importants que ceux espérés par les manifestants. Abdelaziz Bouteflika a quitté le pouvoir, mais Abdelkader Bensalah, l’un de ses proches, est toujours président par intérim et  Nourredine Bedoui est lui à la tête du gouvernement. En parallèle, Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état-major est bel et bien devenu l’homme fort du pays. Vendredi 10 mai, les slogans visaient directement le chef d’état-major dans le cortège d’Alger.

« La question de l’armée divise les gens. Ceux qui soutiennent l’armée ne le disent pas forcément publiquement, mais ils ne vont pas manifester », affirme Samir, la trentaine, qui a fait son service militaire. Dans la ville de Ouargla par exemple, la journaliste Houria Alioua rapporte d’importantes divergences entre habitants, certains estimant que le soutien à l’armée est indissociable du nationalisme.

Aujourd’hui, le chef d’état-major défend l’organisation d’une élection présidentielle le 4 juillet prochain, expliquant que c’est la « solution constitutionnelle ». L’application de l’article 102 de la Constitution, après la démission du président Abdelaziz Bouteflika, prévoit qu’une élection présidentielle doit être organisée dans les trois mois qui suivent le départ du président. Mardi 14 mai, 73 personnes avaient déposé une lettre d’intention de candidature, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur. Pourtant, de nombreux Algériens semblent rejeter cette élection. « S’ils maintiennent l’élection, nous irons manifester ce jour-là », affirme Kahina, la quarantaine, qui a pourtant toujours voté.

Mobilisation inédite de la société civile

Parallèlement, des initiatives qui visent à poursuivre la mobilisation se succèdent. Une trentaine de groupes d’acteurs de la société civile tentent ainsi de s’organiser. Des militants des droits de l’homme, des collectifs citoyens, des universitaires, des syndicats autonomes, des associations de femmes et de jeunes ou encore des collectifs d’artistes se réunissent chaque semaine pour tenter de parvenir à présenter une feuille de route de sortie de crise. « Les discussions ne sont pas simples, mais c’est inédit qu’il y ait autant de monde autour de la table », témoigne un participant. L’ancien ministre Ahmed Benbitour a proposé lui d’élire des représentants du mouvement de protestation dans chaque préfecture du pays. « Après trois mois de mobilisation, nous n’avons aucun représentant. Le pouvoir lui se régénère, et nous allons perdre », s’inquiète Sana, commerciale dans une entreprise privée.

D’autres signes accentuent les craintes. À Skikda, un militant a été convoqué au tribunal pour « incitation à attroupement armée ». Au début du mois de mai, quatre journalistes de la télévision publique ont été sanctionnés. Leur direction leur reproche notamment d’avoir exprimé un avis politique et d’avoir fait des déclarations à des médias privés. Les journalistes des médias publics algériens organisent des rassemblements devant leurs locaux depuis plusieurs mois. Début mars, ils dénonçaient la censure au sein de leurs rédactions et des pressions qui les avaient forcés à ne pas mentionner les manifestations au début du mouvement. Depuis, les choses avaient changé. « Rien n’est gagné, il faut maintenir la pression », estime un journaliste qui demande à rester anonyme.

Source : RFI

 

Algérie: forte tension à Alger pour le 13e vendredi de mobilisation

Aujourd'hui encore malgré la fatigue du ramadan, des barrages policiers pour accéder au centre-ville et des tirs de gaz lacrymogène à Alger, les manifestants ont répondu présents. Pour le 13e vendredi consécutif de manifestations en Algérie, plusieurs appels ont été lancés : appel à la mobilisation pour demander le départ du président de transition et du chef du gouvernement considérés comme des figures de l'ancien régime ; appel aussi contre l'organisation de la présidentielle prévue le 4 juillet prochain.

Ce vendredi, le climat a été particulièrement tendu à Alger, bien plus que les vendredis précédents. Interdite d'accès toute une partie de la journée, en milieu d'après-midi la foule a finalement eu raison du barrage policier et des gaz lacrymogènes qui les empêchaient d'accéder au parvis et aux marches de la Grande Poste, pour s'étaler sur l'ensemble de la place.

Des milliers de manifestants ont manifesté à Alger dans une ambiance plus tendue aujourd'hui, mais il y a eu foule aussi à Oran et Constantine, 2e et 3e villes du pays, à Bouira et Tizi Ouzou en Kabylie ou encore à Bordj Bou Arreridj, localité située à 150 km à l'ouest d'Alger devenue un haut lieu de la contestation.

Partout les mêmes mots d'ordre : « Non à l'élection du 4 juillet », « Non aux militaires au pouvoir », peut-on lire sur l'une des banderoles postées sur Twitter. Ce sont les deux principaux mots d'ordre de ce 13e vendredi de mobilisation. Car si le pouvoir maintient toujours son calendrier électoral, les manifestants le jugent intenable pour avoir un véritable renouvellement de la classe politique et veulent une période de transition politique.

Le dépôt des candidatures à la présidentielle se termine jeudi prochain et, pour le moment, pas de grande figure de l'opposition, peu de candidats ont validé leur candidature. Il faut voir si cette date pourra être maintenue.

« Un État civil, pas d'État militaire », c'est l'autre mot d'ordre du jour, alors que l'armée est revenue au centre du jeu politique, après avoir contribué au départ du président Bouteflika. Les manifestants s'inquiètent de plus en plus du rôle joué par le général Ahmed Gaïd Salah, soutien indéfectible du président Bouteflika pendant 15 ans.

Le chef d'état-major Ahmed Gaïd Salah tient les ficelles du pouvoir, mais c’est un cacique du régime Bouteflika. Un sujet qui divise néanmoins. Si à Alger le rejet est très fort, dans le reste du pays beaucoup soutiennent toujours l'armée au nom d'un certain nationalisme.

De leur côté, les autorités de transition poursuivent leur opération mains propres. Ce jeudi, deux procureurs d’Alger ont été démis de leurs fonctions. Idem pour le patron de l'organisme chargé de la lutte contre la corruption. Enfin, plusieurs personnalités du régime Bouteflika ont été convoquées par la justice. Beaucoup de mouvements dont il est difficile encore d'analyser la portée. Car aucun motif pour ces démissions et ces comparutions n'a été communiqué officiellement. Ce travail de la justice n'a, en tout cas, aucun impact sur la mobilisation de la rue.

Source : RFI

 

Tunisie : Selma Elloumi Rekik, du cabinet présidentiel à la direction de Nidaa Tounes ?

Selma Elloumi Rekik a démissionné le 15 mai de son poste de directrice du cabinet présidentiel. Cette fidèle du président Béji Caïd Essebsi aurait rejoint la branche de Nidaa Tounes menée par Sofiene Toubel, en guerre ouverte avec le fils du chef de l'État, et serait même susceptible de la diriger, selon des sources au parti.

Selma Elloumi Rekik est l’une des fidèles parmi les fidèles du chef de l’État, Béji Caïd Essebsi. Cette femme discrète, qui a pris de l’assurance et de la visibilité au gré des charges qu’elle occupe depuis six ans, a pourtant démissionné le 15 mai de son poste de chef du cabinet présidentiel.

Son départ est l’une des conséquences de la division de Nidaa Tounes. Depuis le congrès du 6 avril à Monastir, deux factions – celle menée par Sofiene Toubel, président du groupe parlementaire, et celle de Hafedh Caïd Essebsi, fils du fondateur du parti, Béji Caïd Essebsi – revendiquent leur légitimité à la direction du parti. Selon des proches de Nidaa Tounes, Selma Elloumi Rekik, qui avait été élue au bureau politique à l’issue du congrès, aurait non seulement choisi de rejoindre la première formation, mais serait également susceptible d’en devenir la présidente, à l’occasion d’une refonte de la direction qui serait imminente. La désormais ex-chef du cabinet présidentiel s’inscrit ainsi dans une opposition ou un rejet du leadership de Hafedh Caïd Essebsi, une position pour le moins étonnante au vu du dévouement qu’elle loue à Béji Caïd Essebsi depuis des années.

Avec son frère, Faouzi, patron du groupe Coficab, Selma Elloumi Rekik avait rejoint en 2012 les rangs de Nidaa Tounes, nouant une telle relation de confiance avec le fondateur du parti, Béji Caïd Essebsi, que celui-ci lui avait confié la trésorerie de la formation. Rien ne destinait pourtant cette présidente-directrice générale dans l’agroalimentaire, issue d’une famille de capitaines de l’industrie tunisienne, à la politique.

Devenue députée sur la circonscription de Nabeul en 2014, elle avait été nommée ministre du Tourisme et de l’Artisanat en 2015 avant de succéder à Selim Azzabi au palais en 2018.

Source ; jeuneafrique.com

 

Algérie : Louisa Hanoune admet avoir participé à une « réunion consultative » avec Saïd Bouteflika

La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a avoué avoir pris part à une « réunion consultative » avec Saïd Bouteflika, le frère cadet de l'ex-président, en présence du général Toufik, mais nie toute implication dans le « complot » dont ces derniers sont accusés.

Une rencontre « d’une heure environ » entre Louisa Hanoune, le frère de l’ex-chef de l’État et le général Mohamed Mediène (dit Toufik) – incarcérés début mai pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’État » – a effectivement eu lieu à la résidence officielle « Dar El Afia » d’Alger ce 27 mars, une semaine avant la chute d’Abdelaziz Bouteflika. C’est ce qu’a confirmé un avocat de la responsable politique, qui a pu la rencontrer pour la première fois depuis son incarcération.

Selon Me Rachid Khane, qui a rendu publique cette information dans un message diffusé sur sa page Facebook, cette « réunion consultative » avait pour objectif pour sa cliente de « donner son avis sur la situation politique, et elle pensait que cette rencontre était officielle avec l’accord de la présidence de la République ».

« Prisonnière politique »

L’avocat et militant du PT affirme que Louisa Hanoune a participé à cette rencontre pour « accomplir son devoir en tant que cheffe d’un parti agréé » et « députée » autorisée par la Constitution à « représenter le peuple devant les instances officielles ». « Comment expliquer qu’en l’espace d’une heure, elle aurait pu commettre des actes qui sont des accusations graves passibles de la peine de mort ? », s’interroge l’homme de loi.

La justice militaire a retenu quatre chefs d’inculpation, dont ‘complot pour changer le régime’

Selon la même source, Louisa Hanoune se considère comme une « prisonnière politique » et demande sa libération immédiate. « Le seul péché que j’ai commis est d’avoir rempli mes hautes fonctions publiques », aurait-elle affirmé. D’après un communiqué publié par les défenseurs de la responsable politique, la justice militaire a retenu contre elle quatre chefs d’inculpation, dont « complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité du commandant d’une formation militaire » (article 284 du Code de justice militaire) et « complot pour changer le régime » (un acte prévu et puni par l’article 77 du Code pénal).

Son appel examiné le 20 mai

Louisa Hanoune reste donc en prison après avoir été placée sous mandat de dépôt jeudi 9 mai par le tribunal militaire de Blida. La secrétaire générale du parti d’opposition a fait appel de la décision du juge d’instruction. Selon le collectif d’avocats qui s’occupe de sa défense, sa requête sera examinée ce 20 mai. Leur cliente est poursuivie dans le cadre de l’affaire dite « Toufik, Tartag et Saïd Bouteflika ».

Ces trois piliers du régime Bouteflika – le frère et ancien conseiller de l’ex-président, ainsi que deux anciens patrons des services de renseignement – sont eux-mêmes accusés d’avoir « comploté » contre le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaïd Salah. Ils sont soupçonnés d’avoir voulu détrôner, fin mars dernier, le général, tout en relançant un vieux plan : proposer à Liamine Zéroual, en retrait du pouvoir depuis son départ de la présidence en 1999, de diriger l’instance de transition.

Louisa Hanoune a précisé par le biais de ses avocats avoir « seulement participé à une initiative politique » et n’avoir rien à voir avec cette tentative présumée de « complot ».

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : le général Nezzar entendu par la justice militaire pour ses échanges avec Saïd Bouteflika

L’ancien ministre de la Défense et général à la retraite Khaled Nezzar a été entendu par la justice militaire mardi 14 mai, dans le cadre de l'enquête pour « complot contre l’autorité de l’État » visant notamment le frère de l’ancien président Bouteflika. Il est ressorti libre au bout de deux heures.

L’ancien ministre de la Défense Khaled Nezzar a témoigné ce mardi devant le tribunal militaire de Blida sur la tentative présumée de destitution du chef d’état-major. En effet, en mars dernier, les réseaux du général Mohamed Mediène – dit Toufik – sont soupçonnés d’avoir eu l’intention, avec l’assentiment du frère du président, de détrôner le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), Ahmed Gaïd Salah. Les deux suspects ont depuis été placés en détention, de même que le général Athmane Tartag – alias Bachir.

Le général Nezzar a témoigné sur sa rencontre avec Saïd Bouteflika lors d’une audience qui a duré deux heures et de laquelle il est ressorti libre, selon les informations rapportées par la presse algérienne. Si les détails n’ont pas été rendus publics, Khaled Nezzar les avait déjà révélés dans une tribune publiée lundi 29 avril par le site Algeriepatriotique.

« Jusqu’à la dernière minute, le porte-parole du président – son frère Saïd – s’est accroché au pouvoir, multipliant les tentatives de diversion, les manœuvres, les manigances désespérées », révélait-il, deux semaines avant sa convocation devant la juridiction militaire. Des déclarations qui ne feront qu’alourdir les accusations contre le frère du président déchu.

Deux échanges entre Nezzar et Saïd Bouteflika

Dans le texte, Nezzar revient sur sa première rencontre avec Saïd Bouteflika, le 7 mars, peu après le début du mouvement de contestation contre le régime. Les deux hommes ont ensuite échangé au téléphone « le 30 mars, vers 17 heures ». « Il m’a dit que le vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP était en réunion avec des commandants des forces et qu’il pouvait agir contre Zéralda d’un instant à l’autre. Il voulait savoir s’il n’était pas temps de destituer le chef d’état-major », affirmait Nezzar.

Nezzar dévoilait jusqu’où était décidé à aller Saïd Bouteflika, qui ne voulait pas comprendre que le rideau était définitivement tombé

L’ancien ministre de la Défense accusait alors explicitement le conseiller de l’ex-président de complot contre Ahmed Gaïd Salah. En effet, les réseaux de Saïd Bouteflika avaient relancé un vieux plan : proposer à Liamine Zéroual, en retrait depuis sa démission de la présidence en 1998, de prendre la tête de l’instance de transition, en limogeant le chef d’état-major. Mais l’ex-chef de l’État avait refusé. Selon nos informations, un décret de limogeage de Gaïd Salah était déjà prêt le 30 mars.

Dans son courrier, l’objectif affiché de Khaled Nezzar était de « dire jusqu’où était décidé à aller cet homme [Saïd Bouteflika] qui ne voulait pas comprendre que le rideau était définitivement tombé ». Le haut gradé résumait ainsi la menace du frère de l’ex-président : « ce sera l’état d’urgence ou l’état de siège ! »

Source : jeuneafrique.com

 

Guinée-Bissau : l’ONU juge « cruciale » la nomination d’un nouveau Premier ministre

Des représentants de l'ONU en Afrique de l'Ouest ont jugé « cruciale » la nomination rapide d'un nouveau Premier ministre par le président de Guinée-Bissau José Mario Vaz pour mettre fin à la crise que traverse le pays depuis près de quatre ans et alors que le FMI a souligné la fragilité de ses finances publiques.

La Guinée Bissau traverse une crise politique depuis le limogeage en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), formation historique qui a conduit le pays à l’indépendance et dont José Mario Vaz est également issu.

Réunis vendredi à Bissau en session annuelle, les chefs des missions de maintien de la paix de l’ONU en Afrique de l’Ouest, « ont exhorté tous les partis politiques représentés à l’Assemblée populaire nationale à collaborer de manière constructive pour permettre à cet organe législatif de se concentrer sur les priorités post-électorales », selon un communiqué.

« En outre, ils ont souligné que la nomination rapide d’un nouveau Premier ministre par le président de la république est cruciale » et appelé à la tenue « avant la fin 2019 » de l’élection présidentielle.

Impasse

Organisées le 10 mars, des législatives n’ont pas permis de sortir de l’impasse. Depuis que la reprise des travaux parlementaires, les débats achoppent sur l’attribution du poste de deuxième vice-président de l’Assemblée, condition préalable à la composition du gouvernement.

Le PAIGC et ses alliés s’opposent à l’élection au poste de deuxième vice-président de Braima Camara, coordonnateur du Madem G15, une formation dissidente du PAIGC, qui n’entend pas proposer un autre candidat et a déposé plainte.

Un bureau provisoire de l’Assemblée a soumis au président la proposition du PAIGC, qui a mis en place une coalition majoritaire, pour la nomination de Domingos Simoes Pereira au poste de Premier ministre.

« Situation budgétaire sous tension »

Interrogé sur la tenue de la présidentielle lors d’une conférence de presse, José Mario Vaz, dont le mandat s’achève le 23 juin, a expliqué vendredi que « pour pouvoir organiser des élections, il est nécessaire d’écouter le gouvernement et les partis politiques » et que dans le contexte actuel, il ne pouvait pas fixer de date « tant que ces instances ne se seront pas prononcées ».

« La situation budgétaire de la Guinée-Bissau reste sous tension », a indiqué vendredi le Fonds monétaire international (FMI), en soulignant qu' »en raison de dépenses plus élevées que prévu, le déficit public au début de 2019 a largement dépassé l’objectif budgétaire ».

« Une combinaison de mobilisation accrue des recettes, de maîtrise des coûts et d’identification de financements supplémentaires sera nécessaire pour réduire le déficit, garantir les obligations salariales et autres, ainsi que des augmentations soutenables de la dette publique », estime le FMI, alors que les fonctionnaires et enseignants ont observé la semaine dernière une nouvelle grève de trois jours pour réclamer le paiement d’arriérés de salaires.

Source : jeuneafrique.com

 

Angola : une des filles de l’ex-président dos Santos affirme avoir « fui » le pays

L'une des filles de l'ancien président angolais José Eduardo dos Santos, Welwitschia, députée du parti au pouvoir MPLA, a déclaré à la presse angolaise avoir « fui » son pays après avoir reçu des intimidations, selon elles, des services secrets.

« J’ai souffert de menaces de la part du président du groupe parlementaire et d’agents des services secrets », a affirmé Welwitschia dos Santos, dite Tchizé, dans un message audio adressé à des journalistes angolais.

« J’ai fui depuis qu’ils ont kidnappé un député dans l’avion » en janvier, a-t-elle ajouté. Un député du MPLA et ancien ministre du président dos Santos, Manuel Antonio Rabelais, qui était poursuivi pour détournement de fonds, avait été empêché de quitter l’Angola alors qu’il s’apprêtait à embarquer pour Lisbonne.

Le MPLA a « suggéré » jeudi de suspendre le mandat de Welwitschia dos Santos, qui « a dépassé le délai de 90 jours d’absence » du pays, selon une lettre du groupe parlementaire du parti adressée au président du parlement. Très critique du gouvernement de l’actuel président Joao Lourenço, Welwitschia dos Santos a accusé le MPLA de vouloir se « débarrasser » d’elle.

Purge

Elle se trouve actuellement au Royaume-Uni, tout comme sa demi-soeur Isabel dos Santos, la fille aînée de l’ex-président considérée comme la femme la plus riche d’Afrique. Cette dernière a ignoré plusieurs convocations récentes de la justice angolaise dans une enquête sur des virements suspects alors qu’elle exerçait les fonctions de PDG de la compagnie pétrolière nationale Sonangol. Si elle rentre en Angola, elle pourrait être arrêtée.

Son frère, José Filomeno dos Santos, ancien patron du fonds souverain angolais, est lui interdit de quitter le territoire angolais, après avoir passé six mois en détention provisoire dans une affaire de détournement de fonds. Les relations entre la famille dos Santos et le président Lourenço sont exécrables depuis que José Eduardo dos Santos a passé le relais à Joao Lourenço en 2017, après trente-huit ans de règne.

Le nouveau président, issu lui aussi du MPLA, a lancé une purge de grande ampleur dans l’administration et les entreprises publiques qui a visé les proches de l’ancien chef de l’État.

Symboles de ce nettoyage, Isabel dos Santos a été évincée en novembre 2017 du poste de PDG de la Sonangol, et José Filomeno dos Santos a été démis de ses fonctions à la tête du Fonds souverain en janvier 2018.

La plupart des membres de la famille dos Santos se trouve désormais à l’étranger. L’ex-président, âgé de 76 ans, est actuellement soigné en Espagne, selon la présidence angolaise.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie: première mobilisation du ramadan, un test pour la contestation

En Algérie, un nouvel appel à manifester a été lancé pour ce vendredi 10 mai, et ce pour la 12e semaine consécutive. Pour la première fois, les Algériens sont appelés à se mobiliser pendant le jeûne du mois de ramadan. C’est donc une journée test pour la mobilisation.

Il y a moins de monde à la mi-journée dans les rues de la capitale que les semaines précédentes. Le dispositif de sécurité semble allégé, même si un hélicoptère survole le centre-ville.

La question que se sont posée beaucoup de manifestants, c’est : faut-il aller manifester de jour, sous le soleil sans eau ni nourriture ? Au-delà de l’effort physique que cela représente, certains s’inquiétaient de la capacité à garder la mobilisation pacifique dans ces conditions.

Toujours les mêmes revendications

L’autre possibilité, manifester de nuit, ne rassure pas non plus. Pourtant, depuis lundi, la mobilisation s’est poursuivie même si elle a baissé en intensité et même si elle a pris d’autres formes.

Les revendications n’ont pas changé. Sur les pancartes des manifestants qui sont déjà présents à Alger, ce vendredi à la mi-journée, on voit une série de messages adressés au chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah. Des messages qui demandent de rendre le pouvoir au peuple, d’autres qui dénoncent une dictature militaire ou encore les arrestations de personnalités politiques, militaires et économiques qui ont commencé il y a plus d’un mois maintenant.

Enfin, de nombreux manifestants répètent qu’ils veulent maintenir l’union et que le plus gros danger, selon eux, c’est la division.

Source : RFI

 

Ghana: arrestation de 81 indépendantistes dans la ville de Ho

Au Ghana, 81 indépendantistes ont été arrêtés mercredi 8 mai dans la ville de Ho, près de la frontière avec le Togo. Passés devant la justice ce jeudi, des charges ont été retenues à l'encontre de 10 militants, libérés sous caution. La police les accuse de faire partie du « Homeland Study Group Foundation », un mouvement qui rassemble les partisans d'une sécession des régions à l'est du Ghana et la restauration du « Togoland Occidental ».

C'est la deuxième vague d'arrestations au sein du groupe indépendantiste. Dimanche déjà, un communiqué de la police ghanéenne annonçait détenir 8 dirigeants présumés du « Homeland Study Group Foundation », pris sur le fait lors d'une réunion pour préparer la déclaration d'indépendance du « Togo Occidental ».  Ils sont également accusés de vouloir former une milice.

Parmi les preuves rassemblées par la police : un brouillon de Constitution, un hymne national et un emblème. Ils sont également accusés de vouloir former une milice. Les 81 personnes arrêtées hier étaient, quant à elles, soupçonnées d'organiser une manifestation pour protester contre la détention de leurs leaders. Selon le porte-parole de la police, seuls 10 séparatistes ont finalement été inculpés d'organisation de manifestation illégale. Leurs dirigeants, eux, risquent bien plus lourd.

Le groupe, créé en 1994, veut revenir aux frontières du Togoland britannique. Il s'agit de la partie ouest de l'ancien Togoland allemand, passée sous le contrôle du Royaume-Uni après la Première Guerre mondiale. La région a été intégrée au Ghana à la suite d'un référendum organisé il y a 63 ans jour pour jour, le 9 mai 1956. Un résultat applaudi par les populations du Nord-Est, mais contesté par la population du Sud-Est qui avait des liens forts avec le Togo. Et c'est dans cette zone, autour de la ville de Ho, que le mouvement séparatiste est né.

Source : RFI

 

Afrique du Sud : l’ANC en tête des législatives selon des résultats partiels

Le Congrès national africain (ANC), au pouvoir depuis 1994 en Afrique du Sud, arrive en tête des élections législatives, selon des premiers résultats partiels présentés ce jeudi par la Commission électorale indépendante, portant sur près d'un quart des districts du pays.

L’ANC, parti historique de Nelson Mandela qui possède la majorité absolue dans l’Assemblée nationale sortante, est actuellement crédité de 54,65% des suffrages, selon les chiffres de la commission électorale indépendante.

L’Alliance démocratique (DA), principal parti d’opposition, arrive en deuxième position avec 26,49% des suffrages, largement devant la troisième force politique du pays, le parti radical de gauche des Combattants pour la liberté économique (EFF) avec 8,07%.

Vainqueur de tous les scrutins qui ont suivi la chute du régime de l’apartheid et l’avènement de la démocratie en 1994, l’ANC a vu sa popularité plonger sous le règne émaillé de scandales du président Jacob Zuma (2009-2018).

Mais son successeur Cyril Ramaphosa, l’actuel chef de l’Etat, s’est donné comme mission d’insuffler une nouvelle dynamique au parti, promettant de lutter contre la corruption, le chômage et les disparités sociales.

Source : jeuneafrique.com

 

Algérie : Louisa Hanoune incarcérée dans l’enquête sur Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag

La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, a été placée jeudi 9 mai sous mandat de dépôt par le tribunal militaire de Blida. Elle avait répondu le matin à une convocation du juge d’instruction dans le cadre de l'enquête pour « complot » impliquant Saïd Bouteflika et les généraux Toufik et Tartag.

Louisa Hanoune a été placée jeudi en fin d’après-midi sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal militaire de Blida, avoir été longuement auditionnée depuis le matin. « On ignore les motifs de son incarcération. Le bureau du juge nous a simplement demandé de lui ramener ses médicaments », confie Ramdane Taazibt, député du parti.

La patronne de ce parti d’opposition avait reçu mercredi une convocation du juge d’instruction pour se rendre au tribunal en qualité de témoin, a appris Jeune Afrique de sources internes au PT. « Elle a été convoquée comme témoin et non comme prévenue, explicitait un député du parti qui a souhaité garder l’anonymat. Elle a été appelée à témoigner en sa qualité de responsable politique. » « Elle s’y est rendue sereine », confiait un parlementaire de sa formation qui l’a accompagnée à Blida.

Saïd Bouteflika, frère cadet et conseiller de l’ex-président Bouteflika, ainsi que les généraux et ex-patrons du renseignement Mohamed Mediène, dit Toufik, et Athmane Tartag, alias Bachir, ont été placés sous mandat de dépôt ce week-end par le tribunal militaire de Blida, et inculpés pour « atteinte à l’autorité de l’armée » et « complot contre l’autorité de l’État ».

Témoin des discussions sur le report de l’élection

La convocation de Hanoune a-t-elle un lien direct avec l’inculpation de Saïd, Toufik et Tartag ? « Louisa Hanoune se trouve jusqu’à présent [13h40 heure d’Alger] au tribunal militaire de Blida, où elle est entendue comme témoin, selon ce qui a été indiqué sur sa convocation », a confirmé en début d’après-midi un communiqué du PT. Une source proche de la Secrétaire générale (SG) précise que son audition est liée aux discussions qui avaient eu lieu en décembre dernier au sommet du pouvoir autour du report de l’élection présidentielle d’avril 2019, et de l’idée de prolonger le quatrième mandat du président Bouteflika.

La convocation de la SG du PT pourrait être le prélude à la convocation d’autres dirigeants de partis proches du pouvoir ou de l’opposition

L’incarcération de la SG du PT pourrait être le prélude à la convocation d’autres dirigeants de partis proches du pouvoir ou de l’opposition, qui avaient pris part à ces pourparlers pilotés par Saïd Bouteflika. Opposante de longue date, Louisa Hanoune n’a jamais fait mystère de sa proximité avec l’ex-chef de l’État et sa famille. Jusqu’à un passé récent, elle était en contact régulier avec Saïd Bouteflika et aussi avec Zhor, la sœur qui s’occupe de l’ex-président dans sa résidence bunker de Zéralda.

Source : jeuneafrique.com

 

Faure Gnassingbé s'offre une prolongation du mandat

Faure Gnassingbé s'offre une prolongation du mandatBBC Afrique - Les députés togolais ont adopté tard ce mercredi, la loi qui introduit dans la constitution la limitation du mandat du président de la république à cinq ans renouvelable une fois.

Toutefois, les nouveaux députés viennent de trancher, en précisant que les mandats déjà réalisés et ceux en cours ne seront pas pris en compte dans l'application des nouvelles modifications constitutionnelles.

Ainsi, Faure Gnassingbé au pouvoir depuis 2005 après des élections controversées pourra se représenter à la fin de son mandat actuel de 5 ans qui prendra fin en 2020.

Ce qui signifie qu'après la fin du mandat actuel, le chef de l'Etat togolais pourrait briguer deux autres mandats et rester au pouvoir jusqu'en 2030.

L'opposition boycotte le recensement au Togo

Sur les 91 députés présents au parlement, les 90 ont voté pour l'adoption de ce projet de loi qui a déjà échoué à deux reprises, faute de recueillir la majorité qualifiée des 4 cinquièmes des députés.

Les nouvelles modifications consacrent également le mode de scrutin à deux tours pour l'élection du président de la république.

Le mandat des députés est aussi désormais limité à six ans renouvelables deux fois.

Source : BBC Afrique

Maroc : le prince héritier Moulay El Hassan toujours plus sur le devant de la scène

Le prince héritier Moulay El Hassan, qui fête mercredi 8 mai ses seize ans, multiplie les déplacements et les cérémonies. Autant de moments utiles pour apprendre le métier de roi.

Le prince héritier du royaume du Maroc, le fils de Mohammed VI, souffle sa seizième bougie ce mercredi 8 mai. « Smyet Sidi » continue de suivre sa scolarité, à l’intérieur du palais, à Rabat, mais son emploi du temps est toujours plus occupé par des activités officielles ou protocolaires.

Les remises de trophées d’équitation ne sont plus les seules sorties publiques du prince qui a commencé le « job » à 8 ans, avec un premier discours à l’Académie militaire de Kenitra. Fin février, c’est lui qui a accueilli au Palais des invités à Rabat le prince Harry de la famille royale britannique, petit-fils de la reine Élizabeth II, et son épouse Meghan Markle. Le protocole, qui occupe déjà une place importante dans la vie du prince, n’est pas une « matière » enseignée au Collège royal, mais plutôt une éducation.

Formation accélérée en 2018

Dans les semaines qui précédaient, le prince a aussi été remarqué par la presse française, en selham et tarbouch, aux obsèques de Henri d’Orléans, Comte de Paris. Le prince représentait son pays aux côtés de l’ambassadeur du roi du Maroc en France, Chakib Benmoussa, et de Fouad Ali El Himma, conseiller du roi. À la veille de son anniversaire, il s’est rendu à la Fondation Abou Bakr El Kadiri, du nom d’un intellectuel du mouvement national marocain.

Ces dernières années, le prince héritier s’est plié à la plupart des exercices publics auxquels le roi est habitué : il a présidé une prière rogatoire, assisté à la nomination d’un gouvernement, passé des troupes en revue, remis des trophées sportifs, rencontré des personnes de la société civile…

L’année 2018 a été l’occasion d’une accélération dans la vie officielle de Moulay Hassan, puisqu’il l’avait entamé en présidant un dîner en l’honneur de l’ancien président français François Hollande. Durant le mois de février 2018, il avait multiplié les sorties : son père, le roi Mohammed VI, était alors en convalescence à Paris après une opération chirurgicale pour une arythmie cardiaque.

Source : jeuneafrique.com

 

Soudan : les militaires accusés de retarder le transfert du pouvoir

Les leaders de la contestation au Soudan ont accusé les généraux de chercher à retarder la transition du pouvoir vers le civil, et menacé de lancer un mouvement national de "désobéissance".

« Les formes de l’escalade sont (déjà) définies : poursuivre les sit-in et préparer un mouvement de désobéissance civile », a déclaré à la presse mercredi 8 mai l’un de ces leaders, Khaled Omar Youssef.

Il a jugé « décevantes » les réponses des généraux aux propositions de son groupe et estimé qu’elles risquaient de plonger le pays dans une « situation dangereuse ».

Le Conseil militaire de transition a pris le pouvoir après la destitution et l’arrestation, le 11 avril par l’armée, du président Omar el-Béchir sous la pression de la rue.

Les chefs de la contestation tirent eux leurs forces des milliers de manifestants qui campent depuis le 6 avril devant le QG de l’armée à Khartoum et réclament désormais un transfert du pouvoir à une autorité civile.

Mercredi, ces leaders, dont des laïcs venant notamment du Parti communiste, ont dans un premier temps publié un communiqué comportant leur réponse aux réserves du Conseil militaire à leur vision de la période de transition.

« La réponse du Conseil militaire va dans le sens d’une prolongation des négociations et non vers une transition » rapide, a souligné l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), qui représente les manifestants.

La veille, les généraux ont déclaré qu’ils étaient d’accord avec la plupart des propositions de l’ALC sur la transition, mais précisé qu’ils avaient « beaucoup de réserves » sur d’autres.

Divergences

Ils ont soulevé notamment la question de la charia (loi islamique), en estimant qu’elle devait rester la source de la législation, et en reprochant à l’ALC de ne pas l’avoir mentionnée dans leurs propositions.

Dans sa réaction, l’ALC a estimé que les généraux avaient soulevé « des questions non pertinentes, y compris celles de la langue officielle du pays et des sources de la législation dans une répétition ennuyeuse des surenchères de l’ancien régime ».

Le régime du président déchu appliquait la charia, ce qui avait donné lieu, selon les défenseurs des droits humains, à de violents abus comme la flagellation de femmes pour « comportement indécent ».

« Nous appelons le Conseil militaire à conclure un accord pour transférer le pouvoir aux forces révolutionnaires », ont ajouté les dirigeants de la contestation.

Des responsables anonymes de l’ALC cités par le quotidien Sudan Tribune avaient estimé dans des réactions à chaud à la déclaration des militaires que la nature du régime pendant la période de transition et au-delà ne pouvait être définie dans l’immédiat.

Des experts estiment eux que la question devrait être soumise à référendum après une réflexion nationale.

Outre la charia, le porte-parole du Conseil militaire, le général Chamseddine Kabbachi, a exprimé d’autres réserves aux propositions de l’ALC.

Selon lui, le Conseil est d’avis que la déclaration de l’état d’urgence devait revenir à un « conseil souverain » et non au gouvernement comme le proposent les leaders des manifestants. La composition d’un « conseil souverain » n’a pas encore fait l’objet de discussions entre les militaires et l’ALC.

Les deux parties divergent sur sa composition. L’ALC exige qu’il soit dominé et dirigé par des civils, et les généraux insistent pour y garder la main haute.

Résidence surveillée

Autre point de désaccord : les civils veulent une période de transition de quatre ans alors que les militaires considèrent qu’elle peut être de deux ans seulement, selon le général Kabbachi.

Mardi, l’un des chefs de l’ALC, Mohamed Naji al-Assam, a réitéré l’opposition de l’alliance à toute participation des figures de l’ancien régime à la période de transition.

« Le succès de la révolution repose sur le transfert du pouvoir à une autorité civile à part entière », a-t-il dit.

L’une des figures de ce régime, l’ancien patron du renseignement, Salah Ghosh, a été placé en résidence surveillée, a indiqué le général Kabbachi pour souligner la volonté du Conseil militaire de rompre avec l’ère Béchir.

Source : jeuneafrique.com

 

Élections en Afrique du Sud: les électeurs entre amertume et déception

Élections en Afrique du Sud: les électeurs entre amertume et déceptionRFI Afrique - En Afrique du Sud, on vote ce mercredi pour des élections législatives et provinciales.

Le Parlement désigné à la fin de cette journée aura ensuite la tâche d’élire le prochain chef de l’État. Des élections qui coïncident avec le 25e anniversaire de la fin de l‘apartheid. L’ANC, le parti au pouvoir, est certain de garder sa majorité et donc son président Cyril Ramaphosa d’être réélu même s’il est de plus en plus contesté dans le pays.

Il y a de l’amertume et de la déception parmi les électeurs rencontrés ce mercredi matin dans un bureau de vote du quartier de Sophiatown de la banlieue ouest de Johannesburg. Dans ce quartier de classe moyenne, très mélangé, Blancs, Noirs, Indiens, les électeurs en veulent au parti au pouvoir de ne pas avoir tenu ses promesses.

Vingt-cinq ans après la fin de l’apartheid, ils dénoncent le chômage élevé, la corruption au sein du gouvernement sur les dix dernières années de la présidence de Jacob Zuma. Les scandales financiers se sont multipliés et les Sud-Africains en ont assez. Ils veulent du travail et que le futur chef de l’État s’occupe de l’économie du pays.

Ce scrutin risque d’être un avertissement à l’ANC. « Il faut arrêter les promesses et agir », disent ses électeurs. Reste à savoir comment va se traduire ce désaveu dans les urnes. L’ANC reste en effet loin devant ses rivaux et va conserver sa majorité au Parlement, mais avec quelle avance ? Les sondages le créditent de 51 à 61% des votes, c’est en baisse par rapport aux élections précédentes. Certains électeurs veulent tout de même croire que le chef de l’État, Cyril Rapaphosa, est l’homme du changement. Il a notamment promis de relancer l’économie.

Mais l’on risque d’assister à une montée en puissance de l’opposition qui d’année en année grignote l’électorat indécis de l’ANC. Les deux principaux partis d’opposition sont l’Alliance démocratique de Mmusi Maimane qui convoite le vote de classe moyenne noire, et l’EFF, les Combattants pour la liberté économique. Le parti de la gauche radicale de Julius Malema est en train de rafler le vote des jeunes et des plus pauvres. C’est notamment le cas dans les townships comme à Alexandra, à Johannesburg.

Dans ce quartier pauvre, où de nombreuses personnes habitent dans des cabanes de tôles, les électeurs veulent des logements, des sanitaires et de l’eau.

Source : RFI Afrique

 

 

La corruption des élites africaines : "Un cancer qui tue" les institutions et les peuples

La corruption des élites africaines : La tragédie de l’Afrique, c’est la "scandaleuse impunité" qui protège ses élites, responsables du pillage systématique des ressources de leurs pays. L’ancien diplomate mauritanien Ahmedou Ould Abdallah accuse "ces oligarchies" qui ruinent le continent. Il s’est confié à franceinfo Afrique.

"La concentration du pouvoir et des richesses aux mains des élites est un mélange cancérigène devenu de plus en plus une marque dans nos pays." C’est le constat amer d’Ahmedou Ould Abdallah. L’ancien chef de la diplomatie mauritanienne sait de quoi il parle. C’est un bon connaisseur du continent africain qu’il a sillonné pendant plusieurs années en tant que Secrétaire général adjoint de l’ONU.

"La corruption est un véritable cancer qui tue sur le continent africain. C’est vrai qu’il s’agit d’un phénomène international, mais il y a une énorme différence en Afrique. C’est l’impunité qui protège les élites corrompues", explique-t-il à franceinfo Afrique.

"Une escroquerie à grande échelle qui discrédite les Etats"

En plus de sa casquette de diplomate, Ahmedou Ould Abdallah est membre fondateur de Transparency International. Il siège encore aujourd'hui au sein de son conseil d’administration. Cette organisation non gouvernementale a pour vocation principale la lutte contre la corruption à travers le monde. Tous les rapports publiés ces dernières années font le même constat : les élites opèrent de véritables hold-up sur les ressources du pays. Ahmedou Ould Abdallah dénonce une escroquerie à grande échelle qui discrédite et tribalise les Etats.

"Un petit groupe, un petit clan contrôle l’économie d’un pays et se met au-dessus de la loi. Ce phénomène d’oligarchie se développe avec arrogance. Ces oligarchies ruinent nos pays et se drapent dans la souveraineté nationale pour ne pas rendre compte à leurs propres populations. Ce fléau explique certains sujets brûlants actuels comme les guerres civiles et l’immigration", observe Ahmedou Ould Abdallah. Et il tient à préciser qu’il ne parle pas ici de la corruption du petit douanier ou du petit policier au coin de la rue, qui n'est que le résultat de la grande corruption des élites dirigeantes jouissant d’une scandaleuse impunité.



Ainsi, des dizaines de milliards de dollars s’évaporent chaque année sur le continent, sans que personne ne lève le petit doigt. "En Europe de l’Ouest, lorsque les dirigeants sont accusés de corruption, c’est la fin de leur carrière. Ça provoque immédiatement un scandale et les responsables se retrouvent derrière les barreaux. La tragédie dans nos pays, c’est l‘impunité et l’arrogance de ceux qui sont corrompus", se désole l'ancien haut fonctionnaire de l'ONU.

Et les multinationales dans tout ça ? Ne sont-t-elles pas complices de ce fléau qui pénalise les populations africaines ? Ahmed Ould Abdallah balaye l’argument qui veut qu’il n’y a pas de corruption sans corrupteur. "Mais pourquoi vous l’acceptez ? Pourquoi à Singapour on ne l’accepte pas ? Pourquoi on le refuse de plus en plus en Malaisie ? Si quelqu’un vous donne un million de dollars pour sauter du haut de la tour Eiffel, allez-vous le faire ?", interroge-t-il.

"La corruption justifie le terrorisme et le radicalisme"

Depuis Nouakchott, en Mauritanie, où il s’est installé, Ahmedou Ould Abdallah mène ses recherches sur les enjeux globaux de la paix et de la sécurité en Afrique. Pour lui, la corruption rampante des élites africaines constitue aujourd’hui la plus grande menace sur la paix et la sécurité qui justifie le terrorisme et le radicalisme dans la société africaine.

"Il faut que cessent les pillages arrogants et systématiques de nos pays. Des contrats distribués en une journée, sans appels d’offres, qui se concluent par la cession de vastes concessions minières, pétrolières, agricoles et j’en passe. C’est une véritable tragédie."

La corruption ne disparaîtra pas d’un coup de baguette magique, reconnaît-il. C’est un combat de longue haleine, un combat de toute une vie, auquel tous les citoyens et la société civile africaine doivent être sensibilisés, explique-t-il à franceinfo Afrique.

Martin Mateso
Source : Francetvinfo

 

Mali : ce qu’il faut retenir de la composition d’un gouvernement d’ouverture inédit

Le nouveau gouvernement malien a été dévoilé ce dimanche. Arrivée d'opposants dans une logique d'ouverture, mais aussi de nouveaux ministres et des poids lourds toujours présents : voici les principaux enseignements à retenir de la nouvelle équipe gouvernementale dirigée par le Premier ministre Boubou Cissé.

Depuis sa réélection contestée en aout 2018, de nombreuses voix s’élevaient pour réclamer à Ibrahim Boubacar Keïta un gouvernement d’union nationale. Seule manière, pour ses partisans, de répondre aux innombrables défis – à commencer par celui de la sécurité – auxquels le Mali fait face.

Après avoir fait la sourde oreille à ces promoteurs de l’union sacrée, le président a fini par se laisser convaincre. Pour la première fois depuis son arrivée au palais de Koulouba, en 2013, il gouvernera avec ses adversaires politiques.

• Des ministres issus de l’opposition

Ce n’est peut-être pas une « large ouverture », comme cela avait été annoncé après la nomination de Boubou Cissé, mais c’est une ouverture quand même. Trois jours après la signature d’un accord politique entre la majorité présidentielle et une partie de l’opposition, le 2 mai, plusieurs opposants ont fait leur entrée au gouvernement.

L’arrivée la plus marquante est celle de Tiébilé Dramé, le président du Parti pour la renaissance nationale (Parena), à la tête du prestigieux ministère des Affaires étrangères. Cette figure du Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD, la principale coalition de l’opposition) et ex-directeur de campagne de Soumaïla Cissé était un des plus virulents opposants à Ibrahim Boubacar Keïta, à l’égard duquel il n’avait pas de mots assez durs.

Lui aussi membre du FSD, Oumar Hamadoun Dicko, le président du Parti pour la solidarité et le progrès (PSP), rejoint également le gouvernement au poste sensible de ministre du Dialogue social, du travail et de la fonction publique.

Housseini Amion Guindo, dit « Poulo », hérite lui du ministère de l’Environnement. Ce quadragénaire était arrivé en cinquième position de la présidentielle de 2018, en recueillant 3,9% des voix.

Autre figure montante de la classe politique malienne à intégrer le gouvernement : Amadou Thiam, député de l’Alliance démocratique pour la paix – Maliba (ADP-Maliba), nommé ministre des Réformes institutionnelles et des relations avec la société civile.

• Plusieurs nouveaux ministres

Le général Ibrahim Dahirou Dembélé, un des officiers de la junte qui a renversé le président ATT est désormais ministre de la Défense

Outre les opposants, de nouvelles personnalités ont été choisies par IBK pour tenter de donner un nouveau souffle au pouvoir exécutif.

Michel Hamala Sidibé, jusqu’à présent directeur exécutif de l’Onusida, est nommé ministre de la Santé et des Affaires sociales. Fragilisé depuis la publication d’un rapport pointant sa gestion de cas de harcèlement sexuel au sein de l’organisation, il avait annoncé qu’il mettrait un terme à ses fonctions en juin, soit six mois avant la fin de son mandat.

De son côté, Malick Coulibaly hérite du ministère de la Justice. Un poste de Garde des Seaux qu’il a déjà occupé sous le gouvernement de transition, en 2012.

À l’époque, le général Ibrahim Dahirou Dembélé, un des officiers de la junte qui a renversé le président Amadou Toumani Touré, était chef d’état-major général des armées. Cet ex-putschiste est désormais ministre de la Défense, dans un contexte sécuritaire très complexe. Poursuivi dans l’affaire de l’assassinat d’une vingtaine de Bérets rouges opposés au coup d’État de 2012, le général Dembélé avait réintégré l’armée après la levée de son contrôle judiciaire, en janvier 2018.

Autre poste stratégique : celui de ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation, qui revient à Boubacar Alpha Bah, dit « Bill », ancien maire de la commune V de Bamako.

Témoré Tioulenta, ex-député de l’Alliance pour la démocratie au Mali – Parti africain pour la justice et la solidarité (Adema-Pasj), est lui le nouveau ministre de l’Éducation nationale. Il a la délicate mission de mettre fin aux grèves à répétition qui font planer la menace d’une année scolaire blanche.

• Des poids lourds toujours présents

Kamissa Camara, ex-ministre des Affaires étrangères et symbole de la volonté de rajeunissement du gouvernement, lui succède à Arouna Modibo Touré à l’Économie numérique

Plusieurs ministres déjà présents dans le dernier gouvernement de Soumeylou Boubeye Maïga ont conservé la confiance du président.

Le général Salif Traoré est une fois de plus maintenu au ministère de la Sécurité et de la protection civile, qu’il occupe depuis 2015. Lui aussi présent au gouvernement depuis 2015, Mohamed Ag Erlaf quitte l’Administration territoriale pour l’Industrie et le commerce. Ag Erlaf n’est pas le seul à changer de portefeuille.

Amadou Koita, ex-ministre de la Jeunesse, est nommé ministre des Maliens de l’extérieur. Il est remplacé par Arouna Modibo Touré, ex-ministre de l’Économie numérique et de la communication, qui récupère aussi le ministère des Sports.

Kamissa Camara, ex-ministre des Affaires étrangères et symbole de la volonté de rajeunissement du gouvernement affichée par IBK, lui succède à l’Économie numérique. Cette trentenaire passée par les États-Unis est une des rares femmes du gouvernement : elles ne sont que neuf ministres, contre onze dans la précédente équipe. La plupart  d’entre elles ont conservé leurs postes, à l’instar de Nina Wallet Intalou à l’Artisanat et au tourisme, de Seynabou Diop Traoré aux Infrastructures et à l’équipement, ou encore de Ramatoulaye Diallo N’Diaye à la Culture.

Source : jeuneafrique.com

 

Mali : le nouveau gouvernement de Boubou Cissé dévoilé

La liste du nouveau gouvernement de Boubou Cissé a été dévoilée le 5 mai. Des membres de l'opposition y font notamment leur entrée, comme Tiébilé Dramé, président du Parti pour la renaissance nationale, nommé ministre des Affaires étrangères.

Les noms des membres du gouvernement de Boubou Cissé, nommé Premier ministre le 22 avril dernier, ont été annoncés dimanche par Moustapha Ben Barka, le secrétaire général de la présidence.

Le nouveau gouvernement comporte au total 36 ministres et deux secrétaires d’État (dont huit femmes), contre 32 membres dans l’équipe gouvernementale sortante.

La composition de ce nouveau gouvernement intervient quelques jours après la signature, jeudi 2 mai, d’un accord politique qualifié d’« historique » entre la mouvance présidentielle et une partie de l’opposition. Le Premier ministre Boubou Cissé, nommé par Ibrahim Boubacar Keïta le 22 avril, avait promis un gouvernement d’ouverture. L’arrivée de Tiébilé Dramé, président du Parti pour la renaissance nationale, nommé au poste de ministre des Affaires étrangères – 7e dans l’ordre protocolaire – en est l’un des signes les plus visibles.

La lecture du decret portant nomination des membres du Gouvernement Dr Boubou Cissé, par le Ministre Secrétaire Général de la Présidence, Monsieur Moustapha Ben Barka

Publiée par Présidence de la République du Mali sur Dimanche 5 mai 2019

Voici la liste complète :

1. Premier ministre, chef du gouvernement, ministre de l’Économie et des Finances :
Docteur Boubou CISSE

2. Ministre de la Santé et des Affaires sociales :
Monsieur Michel Hamala SIDIBE

3. Ministre de la Justice et des Droits de l’homme, garde des Sceaux :
Monsieur Malick COULIBALY

4. Ministre de la Défense et des Anciens combattants :
Général de Division Ibrahim Dahirou DEMBELE

5. Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation :
Monsieur Boubacar Alpha BAH

6. Ministre de la Sécurité et de la Protection civile :
Général de Division Salif TRAORE

7. Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale :
Monsieur Tiébilé DRAME

8. Ministre de l’Intégration africaine :
Maître Baber GANO

9. Ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté :
Monsieur Hamadou KONATE

10. Ministre de la Cohésion sociale, de la Paix et de la Réconciliation nationale :
Monsieur Lassine BOUARE

11. Ministre de l’Industrie et du Commerce :
Monsieur Mohamed AG ERLAF

12. Ministre de l’Aménagement du Territoire et de la Population :
Monsieur Adama Tiémoko DIARRA

13. Ministre du Dialogue social, du Travail et de la Fonction publique :
Monsieur Oumar Hamadoun DICKO

14. Ministre des Infrastructures et de l’Équipement :
Madame TRAORE Seynabou DIOP

15. Ministre de l’Énergie et de l’Eau :
Monsieur Sambou WAGUE

16. Ministre des Transports et de la Mobilité urbaine :
Monsieur Ibrahima Abdoul LY

17. Ministre de la Culture :
Madame N’DIAYE Ramatoulaye DIALLO

18. Ministre des Mines et du Pétrole :
Madame LELENTA Hawa Baba BAH

19. Ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement :
Monsieur Yaya SANGARE

20. Ministre de l’Économie numérique et de la Prospective :
Madame Kamissa CAMARA

21. Ministre de la Promotion de l’Investissement privé, des Petites et Moyennes Entreprises et de l’Entreprenariat national :
Madame Safia BOLY

22. Ministre chargé des Réformes institutionnelles et des Relations avec la Société civile :
Monsieur Amadou THIAM

23. Ministre des Maliens de l’Extérieur :
Monsieur Amadou KOITA

24. Ministre des Affaires religieuses et du Culte :
Monsieur Thierno Amadou Omar Hass DIALLO

25. Ministre de l’Agriculture :
Monsieur Moulaye Ahmed BOUBACAR

26. Ministre de la Jeunesse et des Sports :
Monsieur Arouna Modibo TOURE

27. Ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable :
Monsieur Housseini Amion GUINDO

28. Ministre de l’Éducation nationale :
Docteur Témoré TIOULENTA

29. Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique :
Professeur Mahamadou FAMANTA

30. Ministre de l’Elevage et de la Pêche :
Docteur KANÉ Rokia MAGUIRAGA

31. Ministre de l’Artisanat et du Tourisme :
Madame Nina WALET INTALLOU

32. Ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille :
Docteur DIAKITE Aïssata Kassa TRAORE

33. Ministre des Domaines et des Affaires foncières :
Monsieur Alioune Badara BERTHE

34. Ministre de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Logement social :
Monsieur Hama Ould Sidi Mohamed ARBI

35. Ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle :
Maître Jean Claude SIDIBE

36. Ministre délégué auprès du Premier ministre, Chef du Gouvernement, ministre de l’Économie et des Finances, chargé du Budget :
Madame BARRY Aoua SYLLA

37. Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Éducation nationale, chargé de la Promotion et de l’Intégration de l’Enseignement bilingue :
Monsieur Moussa Boubacar BAH

38. Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Agriculture, chargé de l’Aménagement et de l’Équipement rural :
Monsieur Adama SANGARE

Source : jeuneafrique.com