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Politique en Afrique

Côte d’Ivoire: le gouvernement de Patrick Achi dévoilé

Patrick Achi, le nouveau Premier ministre ivoirien.À Abidjan, les autorités ont annoncé, ce mardi 6 avril, le nouveau gouvernement avec à sa tête le Premier ministre Patrick Achi. La nouvelle équipe gouvernementale compte désormais 37 ministres.

Les Ivoiriens connaissent donc la nouvelle équipe de Patrick Achi. Et elle compte plusieurs nouveautés : Kandia Camara est ainsi nommée aux Affaires étrangères, en remplacement d’Ally Coulibaly. Elle devient donc numéro 2 d’une équipe ou les fidèles de feu Amadou Gon Coulibaly sont encore nombreux. Autre ministre d’État, celui de la Défense, Téné Birahima Ouattara, le frère du président, qui est confirmé à ce poste, où il assurait l’intérim depuis un mois, peu avant la mort d’Hamed Bakayoko. Troisième ministre d’État, le ministre de l’Agriculture, Kouassi Adjoumani, qui garde son fauteuil. Pas de changement aussi à la Justice ni à l’Intérieur ni encore aux Eaux et forêts.

En revanche, l'universitaire Mariatou Koné remplace Kandia Camara à l’Éducation nationale. Eugène Aka Aouélé, le ministre de la Santé, laisse la place à Pierre Dimba, ancien patron de Agéroute. Eugène Aka Aouélé est pour sa part nommé président du Conseil économique social et environnemental. Thomas Camara, ancien directeur de la société ivoirienne de raffinage est quant à lui, nommé à la tête d’un ministère qui regroupe le pétrole, l’énergie et les mines.

Le magistrat Epiphane Zoro Bi Ballo aura lui en charge le ministère de la promotion de la bonne gouvernance et de la lutte contre la corruption. Amadou Coulibaly, ancien patron du service de renseignement extérieur devient ministre de la communication et porte-parole du gouvernement à la place de Sidi Touré qui prend la pêche et les ressources animales. Pas d’ouverture à l’opposition, mais KKB, Bertin Kouadio Konan, reste ministre de la réconciliation.

C’est un gouvernement rajeuni et moins pléthorique que le précédent, puisqu’il compte 37 ministres, contre 41 auparavant. Le nombre de secrétaires d’État est passé de sept à quatre désormais.

Source : RFI

Niger: le nouveau président élu Mohamed Bazoum prend la tête du pays

Le nouveau président du Niger, Mohamed Bazoum.Dans son tout premier discours, le nouveau président a rendu un hommage appuyé à Mahamadou Issoufou qui passe la main après dix ans de pouvoir. Mohamed Bazoum a parlé longuement de son ami de 30 ans, avec qui il a fondé le PNDS, le parti au pouvoir, en 1990. « L’acte de naissance d’un projet dont la présente cérémonie n’est pas le moindre aboutissement », a-t-il déclaré.

Mohamed Bazoum place clairement son futur mandat dans la continuité de ce qu’a accompli Mahamadou Issoufou. Il reprend donc des thèmes de son prédécesseur : l’amélioration de l’éducation, et notamment la scolarité des jeunes filles. La démographie également. Mohamed Bazoum a évoqué le « cercle vicieux » dans lequel le Niger se trouve enfermé. Le nouveau président a aussi promis de prendre à bras le corps la question de la corruption. Plusieurs scandales ont émaillé le mandat de son prédécesseur, comme celui des détournements au ministère de la Défense. « Quiconque a une responsabilité dans l’administration répondra de ses actes », a-t-il prévenu.

Fait notable de ce discours, cette main tendue à la société civile. Mohamed Bazoum a déclaré qu’il fallait « mettre un terme au malentendu » qui les opposait, le nouveau président assurant qu’il consacrerait son mandat à la lutte pour la justice sociale.

Un parterre de chefs d’État

Cette cérémonie d'investiture se déroule en présence d'une dizaine de chefs d’État africains au centre Mahatma Gandhi de Niamey. Parmi eux, certains voisins sahéliens, comme le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le tchadien Idriss Déby ou encore le mauritanien Mohamed Ould Ghazouani. La France quant à elle, est représentée par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Ses partenaires dans la lutte contre le terrorisme sont donc là, car la sécurité sera l’un des plus grands défis de Mohamed Bazoum.

Cette sécurité est loin d’être acquise, y compris à Niamey où, selon les autorités, une tentative de coup d’État a échoué il y a deux jours. Pour sécuriser cette investiture un dispositif sécuritaire colossal a donc été mis en place. La garde présidentielle, la police, la garde nationale ont été mobilisées.

Dans son discours Mohamed Bazoum a remis les points sur les i, la justice fera son travail et quiconque tentera de remettre en cause l’ordre républicain, devra y répondre. Enfin, le président élu a évoqué la lutte contre le terrorisme, temps fort de son discours d'investiture.

Le terrorisme est un vrai malheur pour notre pays, cela d’autant plus que ses bases ont hors de notre territoire. Ceux qui en sont les chefs relèvent d’autres pays. Jamais aucun chef terroriste n’a fait cas de griefs contre notre État, encore moins formulé de revendication à sa direction. Dans la région de Diffa, Boko Haram a déstabilisé l’économie depuis janvier 2015. Mon ambition est d’engager immédiatement des discussions avec les autorités du Nigeria pour particulièrement créer les conditions du retour dans les meilleurs délais de tous les réfugiés dans leur pays. Mon ambition est de permettre le retour tout aussi rapide des déplacés dans leur village respectif en leur assurant la sécurité à laquelle ils ont droit. Cela est une nécessité impérieuse car les enfants déscolarisés et désœuvrés, vivant dans les camps de réfugiés et de déplacés, constituent à mes yeux qu’ils grandissent une véritable pépinière pour le banditisme et le terrorisme.

Source : RFI

Niger: les enquêtes se poursuivent après la «tentative de coup d'État»

De nombreux habitants de la capitale ont été réveillés en sursaut à 3h du matin par des tirs nourris qui ont duré moins d'une demi heure (image d'illustration)Les autorités affirment qu'une « tentative de coup d'État » a été déjouée dans la nuit de mardi à mercredi 31 mars à Niamey. De nombreux habitants de la capitale ont été réveillés en sursaut à 3h du matin par des tirs nourris qui ont duré moins d'une demi-heure. Des tirs dans le centre-ville, dans le quartier administratif, aux abords du ministère des Affaires étrangères et de la présidence. Le chef des assaillants, le capitaine Gourouza serait en fuite. C’est aujourd’hui l’homme le plus recherché du Niger.

Quarante-huit heures avant l’investiture du nouveau président de la République, les enquêtes pour identifier les auteurs et complices de la « tentative de coup d'État » se poursuivent activement. Selon des sources concordantes, au moins 15 militaires ont été mis aux arrêts pour les besoins de l’enquête.

Les soldats arrêtés lors de l’assaut et d’autres interpelés ailleurs auraient reconnus être aux ordres du capitaine Gourouza, cet officier de l’armée de l’air qui, selon d‘autres sources, a réussi à traverser la ville de Niamey d’est en ouest, de l’aéroport aux abords du palais présidentiel, avec des armes lourdes sans se faire repérer.

« On les a vus venir depuis quelques semaines, confirme une source sécuritaire de haut niveau. Aujourd’hui, nous les avons pris la main dans le sac, ils ont tiré sur nos soldats », précise-t-il. Le capitaine Gourouza dont les photos sont sur les réseaux sociaux est l’homme le plus recherché au Niger. Tous les services de renseignement sont à ses trousses.

Au palais présidentiel, cette tentative n’a pas entravé le fonctionnement normal des institutions. Mercredi, Mahamadou Issoufou a présidé la cérémonie de prestation de serment de deux nouveaux membres de la Cour constitutionnelle et a fait ses adieux au personnel de la présidence.

Source : RFI

Congo-Brazzaville: Sassou-Nguesso réélu président avec 88,57% des voix selon les résultats provisoires

Rassemblement à Brazzaville des partisans de Denis Sassou Nguesso, le président sortant candidat à sa propre succession, le 19 mars 2021.Le président sortant du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso, a été réélu avec 88,57% des voix pour un mandat de cinq ans, selon les résultats provisoires officiels de la Commission électorale, annoncés par le ministre de l'Intérieur.

Le ministre de l'Intérieur, Raymond Mboulou, a lu ce mardi après-midi les résultats circonscription par circonscription en direct à la télévision publique. Deux heures de déclaration des résultats qui ont été une accumulation de triomphes pour le président sortant, auquel les chiffres de la commission électorale offrent une victoire écrasante.

À 77ans, dont 37 ans cumulés à la tête du pays, il l'emporte partout. Au niveau national, la Commission électorale lui octroie 88,57% des suffrages, c'est plus de 700 000 voix supplémentaires par rapport à 2016, où il avait obtenu 60,19%.

Les opposants ont annoncé des recours

Parmi les six autres candidats en lice, c'est Guy-Brice Parfait Kolélas décédé dimanche soir des suites du coronavirus juste après son arrivée sur le sol français qui est crédité du plus de voix, avec 7,84%. L'ancien ministre Mathias Dzon obtient 1,90% et les autres candidats sont en dessous de 1%. La participation officielle est de 67,55%.

Les opposants ont déjà annoncé qu'ils déposeraient des recours, à commencer par les proches de Guy-Brice Parfait Kolélas qui dénoncent des irrégularités massives. Mathias Dzon a de son côté parlé de « scrutin calamiteux ». Ils ont maintenant trois jours pour saisir la cour constitutionnelle.

Avec ce score de 88,57% des suffrages obtenus, Denis Sassou Nguesso arrive largement devant le regretté opposant Guy-Brice Parfait Kolélas qui totalise 7,84% de voix.

Le président réélu a suivi la publication des résultats en direct à la télévision publique au siège de sa direction de campagne, prise d’assaut par plusieurs centaines de militants qui ont chanté et dansé au rythme de la fanfare.

Les observateurs de l’Union africaine ou encore de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (CEEAC) ont relevé des dysfonctionnements au cours du scrutin qui s’est déroulé sans incidents majeurs.

En attendant la validation des résultats de l’élection par la Cour constitutionnelle, l’opposant Mathias Dzon, 73 ans, qui a recueilli moins de 2% de voix les conteste déjà. Il se dit surpris par la vitesse avec laquelle ces résultats ont été compilés et se propose d’introduire un recours pour obtenir leur annulation.

Source : RFI

Niger: la Cour constitutionnelle déclare Mohamed Bazoum vainqueur du 2nd tour de la présidentielle

Le candidat du parti au pouvoir Mohamed Bazoum, à Niamey, le 23 février 2021.Le candidat du parti au pouvoir Mohamed Bazoum, à Niamey, le 23 février 2021. La Cour constitutionnelle nigérienne déclare Mohamed Bazoum, du parti au pouvoir, le PNDS, vainqueur du second tour de l'élection présidentielle du 21 février dernier avec 55,66 % des suffrages. L'opposant Mahamane Ousmane du RDR-Tchanji recueille 44,34% des voix. Le taux de participation était de 62,81%, selon les résultats définitifs du scrutin.

Les résultats de la Cour constitutionnelle sont quasiment identiques à ceux qu’avait annoncés la Céni le 23 février. Peu de changement donc, malgré le recours de l’opposition qui encore cette semaine affirmait avoir plus de 3 000 procès litigieux justifiant l’annulation de certains résultats.

Abdourahmane Zakaria, le porte-parole de Mohamed Bazoum a salué cette victoire, qu’il considère comme « l’expression de la souveraineté populaire ». Selon lui, ce jugement met un terme à toute polémique. Interrogé sur d’éventuelles contestations, il a rappelé que la Cour constitutionnelle est la plus haute juridiction du pays. « C’est fini, a-t-il dit. On doit maintenant se mettre au travail. »

La Cour constitutionnelle est la juridiction compétente en matière constitutionnelle et électorale. Tout le monde doit s’y conformer. La décision de la Cour doit être respectée. Même Mahamane Ousmane a dit s’en remettre à la Cour constitutionnelle. Il a déposé ses recours. Elle a tranché. Donc c’est fini, on doit se mettre au travail.

Dimanche soir, le candidat de l’opposition Mahamane Ousmane est resté silencieux. Les cadres de l’opposition se sont rencontrés dans la soirée pour parler de la suite. Dans l’après-midi, Maître Larwanou, avocat de Mahamane Ousmane a tenu un point presse dans lequel il ne cachait pas sa surprise de voir la Cour donner son jugement dans la journée, compte tenu de l’ampleur de la tâche.

La stratégie de l’opposition reste encore incertaine. Lors de sa dernière intervention cette semaine, le candidat de l’opposition a assuré qu’il ne se laisserait pas « voler la victoire », tout en rappelant qu’il résisterait « en toute légalité ». Il a d’ailleurs reporté une marche pacifique, à une date qu’il doit encore annoncer.

Lundi matin, la cérémonie d’installation de la nouvelle Assemblée nationale doit se tenir. Et la celle d’investiture de Mohamed Bazoum est prévue pour le 2 avril.

Source : RFI

Tanzanie: après la mort de Magufuli, peut-on s'attendre à un assouplissement du régime?

La vice-président Samia Hassan et le président tanzanien John Magufuli, le 24 juillet 2019 à Dar es Salaam.La Tanzanie a maintenant une présidente. Après l'annonce du décès du président John Magufuli, à l'âge de 61 ans, officiellement en raison de problèmes cardiaques, la vice-présidente Samia Suluhu Hassan, a pris les rênes du pays. John Magufuli, élu une première fois en 2015, puis réélu fin 2020 lors d'un scrutin contesté, est connu pour sa politique de grands travaux, mais aussi accusé de dérive autoritaire. Ce changement à la tête du pays peut-il inverser la tendance ?

L'opposition tanzanienne appelle déjà à un changement. Tundu Lissu, le vice-président du principal parti d'opposition Chadema, déclarait jeudi à la télévision kényane que la nouvelle présidente se dirige vers une impasse, si elle prend le même chemin que John Magufuli, tout en soulignant que Samia Suluhu Hassan n'a pas le même tempérament que lui.

Le chercheur Fergus Kell, analyste au think tank Chatham House relève lui aussi que la nouvelle présidente du pays a une personnalité différente de celle de son prédécesseur. Il juge son approche « moins conflictuelle », et « plus ouverte sur l'extérieur ». Elle a aussi « exprimé son désaccord sur certaines de ses déclarations controversées », pointe Fergus Kell. Mais il estime toutefois qu'un changement de personne ne sera pas « nécessairement suffisant pour inverser la tendance ». D'autant que de nombreuses personnalités publiques de premier plan étaient en phase avec le président Magufuli.

« Je pense qu'il est important de rappeler que c'est aussi un défi institutionnel pour la Tanzanie, souligne le chercheur Fergus Kell. De nombreuses personnalités publiques de premier plan, comme le président du Parlement ou le ministre des Affaires étrangères, étaient très en phase avec le président. Donc, il n'est pas certain que la nouvelle cheffe de l'État puisse affirmer son autorité sur ce point et impulser un changement important dans la trajectoire plus autoritaire que la Tanzanie a prise. »

Par ailleurs, Samia Suluhu Hassan, qui ne semble pas bénéficier d'une grande popularité parmi les proches du président défunt, devra nommer un vice-président, après consultation de son parti, et son choix devra être validé par l'Assemblée nationale. Pour l'analyste tanzanien Thabit Jacob, la nouvelle présidente devra gouverner avec une base plus faible, qui sera contrôlée par le clan Magufuli et les renseignements et aura du mal à construire sa propre base

Samia Hassan est originaire de l’archipel de Zanzibar. De confession musulmane, elle est issue d’une famille modeste. Après un parcours universitaire sans faute, elle intègre plusieurs postes dans l’administration du gouvernement de Zanzibar. Puis Samia Hassan se tourne vers le milieu humanitaire : elle dirige pendant neuf ans, le bureau du PAM à Zanzibar.

Sa carrière politique démarre en 2000 : elle est nommée membre du Parlement de Zanzibar par le parti présidentiel tanzanien. Entre 2000 et 2010, elle a assumé plusieurs portefeuilles ministériels. Discrète et posée, en tant que vice-présidente, elle avait jusque-là endossé un rôle de l'ombre, avec un acquis à son actif : l’interdiction des sachets plastiques.

D’après la Constitution, Samia Hassan devrait achever le mandat du président défunt et assumer les fonctions de Cheffe de l’Etat pendant cinq ans, à savoir jusque 2025.

Ça, c’était un bon président Magufuli. Il a tout fait, les routes, l’électricité, l’accès à l’eau, tout ! Il a fait plein de bonnes choses pendant son mandat. Il n’y aura pas d’autres présidents comme Magufuli !

Source : RFI

Le Mauritanien El-Ghassim Wane, nouvel émissaire de l’ONU pour le Mali

El-Ghassim Wane, à la tribune de l'Union africaine.El-Ghassim Wane a été nommé ce lundi par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Il va remplacer le Tchadien Mahamat Saleh Annadif à la tête de la Minusma, cette importante force de la paix de l’ONU qui compte près de 14 500 hommes au Mali.

Juriste de formation, El-Ghassim Wane a fait ses études au Sénégal et en France, avant de gravir les échelons à l’Union africaine. Chef de la division de la gestion des conflits, attaché à la division des réfugiés, porte-parole de l’UA : El-Ghassim Wane a enchaîné une série de postes clés au sein de l’institution panafricaine avant de diriger, de 2009 à 2015, le département « Paix et sécurité » de la Commission de l’UA.

En le désignant émissaire de l’ONU au Mali, Antonio Guterres compte notamment sur son expertise en matière de résolution des conflits. En effet, El-Ghassim Wane part en « terrain connu » relève un diplomate, qui vante son carnet d’adresse. « Au nom de l’UA, El-Ghassim Wane était le chef d’orchestre du déploiement des forces armées africaines en appui à l’opération Serval », ajoute cette source qui se souvient que le diplomate africain était très impliqué pour faire infléchir les positions de la junte alors dirigée par Amadou Sanogo.

Mais El-Ghassim Wane est aussi un technicien. « Un grand bosseur solitaire », selon un connaisseur des arcanes de l’UA. « Tout le défi pour lui, poursuit cet observateur, sera d’être un bon politicien » pour diriger la Minusma.

Source : RFI

Législatives.En Côte d'Ivoire, le parti du président Alassane Ouattara s’achemine vers une victoire

Législatives.En Côte d'Ivoire, le parti du président Alassane Ouattara s’achemine vers une victoireCourrier International - Le parti au pouvoir semblait, lundi 8 mars, assuré d’obtenir au moins 128 des 255 sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale.

La victoire aux législatives de la formation présidentielle devrait permettre à Alassane Ouattara de poursuivre sa politique de “réformes”, après sa réélection le 31 octobre dernier pour un troisième mandat controversé. Au sortir des élections législatives ivoiriennes du samedi 6 mars, Alassane Ouattara pourrait bien voir son pouvoir consolidé.

Bien que la Commission électorale indépendante (CEI) ne dispose pas encore des résultats définitifs des 205 circonscriptions, le parti au pouvoir semblait assuré lundi soir d’obtenir la majorité des 255 sièges à pourvoir à l’Assemblée nationale.

Selon le site Koaci, “la tendance est nettement pour l’heure en faveur du RHDP [Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, le parti au pouvoir]”. D’après les informations du portail africain, la formation d’Alassane Ouattara “pourrait dépasser les 145 sièges sur les 255 que compte l’Assemblée Nationale, avec un taux général de participation qui pourrait avoisiner les 40 %”.

Selon Koaci, “si cette victoire venait à être confirmée par la CEI, elle permettrait à Alassane Ouattara de transformer l’essai de sa réélection et de lui assurer une certaine forme de confort politique, en vue de sa probable succession en 2025”.

Le calme qui règne en Côte d’Ivoire “n’est-il que le ‘silence d’un fusil chargé’” ?

“Une question se pose actuellement”, note toutefois le quotidien burkinabé Le Pays. “Les protagonistes se soumettront-ils au verdict des urnes ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que les choses, qui avaient si bien commencé, donnaient l’impression d’une réussite quasi parfaite de l’organisation”, estime le journal.

Samedi, en dehors d’incidents sans conséquence majeure sur le déroulement du vote, le scrutin s’est déroulé “dans le calme et la sérénité”, confirme Wakat Séra. “Cependant, ce calme n’est-il que le ‘silence d’un fusil chargé’ ?” s’interroge Le Pays. “Comme cela arrive souvent en Afrique subsaharienne, la proclamation des résultats provisoires ou définitifs constitue le moment le plus sensible dans l’organisation des élections”, rappelle le quotidien burkinabé.

Les élections de samedi ont réuni, pour la première fois depuis dix ans en Côte d’Ivoire, l’ensemble des principaux acteurs politiques : face au RHDP, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-président Henri Konan Bédié a formé une alliance avec Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (EDS), coalition regroupant les partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo. Une situation qui avait laissé espérer un apaisement de la vie politique d’un pays à l’histoire récente marquée par de fortes tensions et des violences électorales.

“Certains ministres de la mouvance présidentielle” ayant “perdu les élections dans leurs localités respectives”, on peut “s’attendre à ce que l’opposition ait une certaine poigne sur le futur échiquier politique ivoirien”, note Le Pays. “Ce n’est pas rien !”

Nomination d’un Premier ministre par intérim

Outre la victoire quasi assurée du parti présidentiel, la journée de lundi a aussi été marquée par la nomination du secrétaire général de la présidence, Patrick Achi, au poste de Premier ministre par intérim, en remplacement d’Hamed Bakayoko, rapporte Abidjan.net. Téné Birahima Ouattara, ministre des Affaires présidentielles et frère cadet du président Alassane Ouattara, a quant à lui été nommé ministre de la Défense par intérim, toujours en remplacement d’Hamed Bakayoko, qui occupait également cette fonction.

Selon la Deutsche Welle, l’ex-Premier ministre aurait été transféré en France puis en Allemagne, où il suit un traitement contre le cancer. Mais “depuis son départ du pays, les réseaux sociaux en Côte d’Ivoire sont envahis par les rumeurs. Certains pensent que le Premier ministre serait victime d’un empoisonnement”, note le site allemand tout en précisant que, selon ses sources, ces affirmations seraient “sans aucun fondement”.

Noémie Taylor-Rosner

La Jordanie ouvre un consulat général à Laâyoune

La Jordanie ouvre un consulat général à LaâyouneSahara Médias - Le Royaume hachémite de Jordanie a ouvert jeudi un consulat général à Laâyoune, la 11ème représentation diplomatique inaugurée dans la capitale du Sahara marocain depuis un peu plus d’un an.

La cérémonie d’ouverture de ce consulat a été présidée par le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, et le vice-Premier ministre, ministre jordanien des Affaires étrangères et des Expatriés, Ayman Al-Safadi.

La Jordanie devient ainsi le 11ème pays à avoir inauguré un consulat à Laâyoune, après les Émirats arabes unis, le Bahreïn, la Côte d’Ivoire, les Iles Comores, le Gabon, Sao-Tomé-Et principe, la République centrafricaine, le Burundi, Eswatini et la Zambie.

Source : Sahara Médias

Niger: l'opposant Hama Amadou transféré à la prison de Filingué

Affiche de campagne de Hama Amadou lors des élections de 2016. L'opposant a été emprisonné lundi 1er mars 2021 à Niamey après trois jours de garde à vue pour son rôle présumé dans les troubles ayant suivi la proclamation des résultats de la présidentielle au Niger.L’opposant du Moden Fa Lumana Africa, Hama Amadou, a été conduit lundi soir, après un peu plus de 72 heures de garde à vue, à la prison de Filingué. Il s’était lui-même rendu à la police judiciaire de Niamey vendredi dernier. Il est soupçonné d’être derrière les troubles survenus mardi dernier, au moment de la proclamation des résultats provisoires du second tour de la présidentielle, contestés par l’opposition.

Hama Amadou est sous le coup d’une dizaine de chefs d’accusation, dont propagande à caractère raciste, propos de nature à dresser les citoyens les uns contre les autres, et complicité dans des manifestations et destructions de biens. L’opposant est soupçonné d’être responsable des échauffourées qui ont duré plusieurs jours, suite à la proclamation des résultats provisoires de la présidentielle.

L’un de ses avocats, maitre Boubacar Mossi, dénonce une « justice des vainqueurs ». Il affirme que son client n’a jamais commenté les résultats provisoires des élections, et qu’il n’est pas juridiquement responsable du parti auquel il appartient.

Pour la présidentielle, Hama Amadou a apporté son soutien au candidat du RDR-Tchanji, puisque sa propre candidature a été invalidée par la Cour constitutionnelle. La coalition de soutien à Mahamane Ousmane, a appelé à la libération de toutes les personnes interpellées et rappelé que Hama Amadou n’était candidat à rien.

Plusieurs autres personnes ont été placées sous mandat de dépôt, dont le général à la retraite Moumouni Boureima, dit « Tchanga ». Il a été conduit à la prison de Ouallam, à une centaine de kilomètres de la capitale

Sénégal : Ousmane Sonko perd son immunité parlementaire

Sénégal : Ousmane Sonko perd son immunité parlementaireJeune Afrique - L’Assemblée nationale a voté vendredi la levée de l’immunité du député d’opposition visé par une plainte pour viols. Une procédure jugée « viciée et illégale » par Ousmane Sonko, qui a déjà annoncé qu’il ne répondra à aucune convocation de la justice.

L’issue du vote ne faisait aucun doute. Enclenchée le 9 février, la procédure de levée d’immunité de l’opposant Ousmane Sonko s’est achevée vendredi vers 14h. Les députés étaient appelés à se prononcer lors d’un vote à main levée, au cours d’une session plénière mouvementée, organisée à huis clos mais filmée par une député présente.

Tandis qu’un important dispositif sécuritaire avait été mis en place autour du bâtiment, auquel les journalistes n’avaient pas accès, plusieurs députés de l’opposition ont déclaré ne pas se rendre à l’Assemblée, qualifiant le vote de « mascarade ».

L’affaire Sweet Beauté

Les députés ont donc choisi d’approuver les recommandations de la commission ad hoc chargée d’examiner la procédure. Dans le rapport de la commission consulté par Jeune Afrique, les députés établissent que « le député Ousmane Sonko doit aller se défendre devant la justice et l’accusatrice doit avoir la possibilité de se défendre devant la justice, seule compétente pour dire le droit et faire triompher la vérité ».

« Au regard du caractère sérieux de la saisine et des accusations graves contre le député Ousmane Sonko, la commission a adopté, à une très large majorité, la décision de recommander à la séance plénière de lever [son] immunité parlementaire pour permettre à la justice de poser les actes, conduire les procédures et appliquer les dispositions de la loi pour aboutir à la manifestation de la vérité », a conclu la commission.

Ce rapport s’est basé sur un dossier constitué notamment des procès-verbaux des auditions réalisées par les gendarmes suite à la plainte déposée le 3 février contre Ousmane Sonko.

Dans celle-ci, l’employée du salon de massage le Sweet Beauté accuse l’opposant de l’avoir violée et menacée de mort sur son lieu de travail, à plusieurs reprises. Le député a admis être un client régulier de ce salon, qu’il dit fréquenter pour des « raisons médicales », mais nie les accusations de la plaignante.

Ce dernier avait déjà annoncé, jeudi soir face à la presse, qu’il ne comptait pas répondre à une éventuelle convocation de la justice. Une posture en contradiction avec celle qu’il avait prise le 7 février dernier, lorsqu’il s’était dit prêt à répondre à la justice dès lors que son immunité serait levée. « Je ne répondrais pas si la levée d’immunité n’est pas légale », a justifié Ousmane Sonko.

Procédure « expéditive » ?

L’opposition a en effet dénoncé plusieurs vices de formes dans la procédure menée à l’Assemblée nationale. Le 20 février, deux députés de l’opposition ont même démissionné de la commission ad hoc, dénonçant le manque d’indépendance d’une Assemblée largement acquise à Benno Bokk Yakaar, (BBY, la coalition présidentielle), qui détient 125 députés sur 165. Une démission qualifiée de « fuite en avant » par le président de la commission Pape Birame Touré, membre de la majorité.

« Il y a eu obstruction, a dénoncé l’un des démissionnaires vendredi à l’Assemblée, le député Moustapha Mamba Guirassy. Nous n’avons eu aucune possibilité d’aller au fond du dossier pour statuer pour savoir si on pouvait lever l’immunité de notre collègue. »

La procédure a été « expéditive », a également dénoncé Ousmane Sonko jeudi, ironisant sur la vitesse d’exécution de sa levée d’immunité, « le seul domaine où Macky Sall fait du fast track », en référence à une expression chère au chef de l’État s’agissant des réformes qu’il initie.

Sonko a également pointé du doigt le juge d’instruction chargé de l’affaire, Mamadou Seck, « faible et non indépendant », membre « du triangle des Bermudes judiciaires » également composé du procureur de la République Bassirou Guèye et du doyen des juges Samba Sall selon le leader de Pastef.

Accusations

« Je suis le protagoniste malgré moi de ce feuilleton que ne mérite pas notre nation », a-t-il affirmé, dénonçant une « machination politique sordide aux conséquences imprévisibles ». Il a d’ailleurs affirmé avoir été placé sous surveillance.

Au cours d’une longue diatribe, il s’est adressé directement au président Macky Sall, qu’il accuse d’être à la tête de ce complot visant à l’écarter du jeu politique. « Nous connaissons vos viles méthodes, mais je peux vous assurer que nous avons du répondant », lui a lancé Ousmane Sonko.

Macky Sall s’est exprimé au sujet de cette affaire pour la première fois cette semaine lors d’un entretien accordé à nos confrères de RFI, évoquant une « affaire regrettable ». « Il y a une accusation, des procédures, il ne faut pas mêler le président à ça. J’ai suffisamment de choses à faire pour comploter des choses aussi basses », a-t-il ajouté.

Le spectre du mandat de dépôt

«[M’]arrêter le plus rapidement possible, décerner un mandat de dépôt, ouvrir une instruction non limitée dans le temps pour me laisser pourrir et me radier de la liste électorale, et ternir mon image auprès des Sénégalais : voilà l’objectif de Macky Sall », a rétorqué l’opposant, qui a fait appel au « droit constitutionnel, naturel et individuel de résistance à l’oppression ».

Le 8 février, des heurts avaient opposé ses partisans et les forces de l’ordre devant son domicile, alors que l’opposant avait refusé de se rendre à la convocation que lui avaient adressé les gendarmes.

Après Karim Wade, cadre du Parti démocratique sénégalais, condamné à six ans de prison en 2016 pour enrichissement illicite et désormais exilé au Qatar et Khalifa Sall, ex-maire de Dakar gracié de sa peine pour détournements de fonds public mais aujourd’hui inéligible, Ousmane Sonko sera-t-il le prochain opposant à visiter les cellules de la prison dakaroise de Rebeuss ?

Le Pastef se prépare quoi qu’il en soit à « l’arrestation illégale et imminente » de son leader ». « On s’achemine vers sa convocation devant le juge. S’il ne répond pas, la justice peut venir le cueillir, glisse un responsable du parti. Nous n’avons jamais envisagé l’avenir du parti sans lui, mais aujourd’hui, ça va peut-être être le moment de se poser la question. »

Par Anne-Sophie Faivre Le Cadre et Marième Soumaré

 

Les Algériens dans la rue, le Hirak se remet en marche face au pouvoir

Les Algériens dans la rue, le Hirak se remet en marche face au pouvoirTV5 MONDE - Après un an d'arrêt, Covid oblige, des milliers d'Algériens sont descendus dans la rue vendredi, marquant un retour spectaculaire des marches hebdomadaires du mouvement de protestation populaire Hirak face à un pouvoir sur ses gardes.

Malgré l'interdiction des rassemblements pour raisons sanitaires, plusieurs imposants cortèges se sont formés sitôt après la prière dans des quartiers d'Alger, notamment à Bab El Oued, pour rejoindre le centre-ville.

"C'est grandiose. C'est comme les grands vendredis du Hirak", a confié Yacine, un protestataire, à propos des défilés hebdomadaires interrompus après le 13 mars 2020 en raison de la pandémie due au coronavirus.

A Alger, les manifestants ont été aussi nombreux que lundi quand des milliers de personnes ont défilé à l'occasion du 2e anniversaire du Hirak, déclenché le 22 février 2019 et qui avait forcé l'ex-homme fort Abdelaziz Bouteflika à quitter le pouvoir, selon des témoins.

Les forces de l'ordre ont utilisé matraques et gaz lacrymogène quand des manifestants ont forcé un barrage pour rejoindre la Grande Poste, lieu emblématique des rassemblements antirégime, selon une vidéo diffusée par le site internet d'information Interlignes.

"Ni islamiste ni laïc mais hirakiste", pouvait-on lire sur une affiche brandie par la foule qui scandait "Un Etat civil et pas militaire", une des principales revendications des contestataires qui réclament une "démilitarisation" de l'Etat.

Les slogans phares du Hirak ont été également repris : "Le peuple veut la chute du régime !", "Algérie libre et démocratique !" ou encore "Silmiya, silmiya (pacifique) !", une allusion à la nature non violente du mouvement.

Le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (LADDH), Saïd Salhi, a fait état, sur sa page Facebook, de près de 500 personnes interpellées dans une vingtaine de wilayas (préfectures), dont la plupart ont été relâchées en fin de journée.

- "Conscience et responsabilité" -

Comme si le temps était resté suspendu pendant un an, les mêmes foules, les mêmes drapeaux et les mêmes chants ont réinvesti la rue.

"On ne reviendra pas en arrière", ont scandé des femmes regroupées en marge de la marche à Alger, tandis que les derniers manifestants se sont dispersés dans le calme.

Des rassemblements ont également eu lieu en province, notamment à Bejaïa et Tizi Ouzou, en Kabylie (nord-est), à Bordj Bou Arreridj (est) et à Oran et Tlemcen (nord-ouest).

Jeudi, des militants du Hirak avaient appelé sur les réseaux sociaux à respecter le port du masque au cours des manifestations, après le relâchement observé en début de semaine.

"La port du masque sanitaire nous protège", "Notre Hirak se poursuit avec conscience et responsabilité", pouvait-on lire sur des affiches publiées en ligne par le collectif de la diaspora algérienne Ibtykar.

Nombreux cependant étaient ceux à ne pas le porter.

Cette mobilisation massive "confirme bien le retour irréversible et la volonté de poursuite du Hirak avec la même détermination et le même attachement au revendications, notamment de libération du champ démocratique et de changement effectif du système", a déclaré à l'AFP M. Salhi.

- "Votre départ" -

"(...) Le peuple est dans la rue. Il faut maintenant lui proposer une offre politique, celle qu'il réclame. Il faut la structurer, lui donner des mots, un sens, un mode d'emploi, une ligne conductrice. Il faut faire une offre politique au pouvoir", a plaidé un internaute algérien sur Twitter.

Amnesty International a dénoncé cette semaine "une stratégie délibérée des autorités algériennes visant à écraser la dissidence". "Une stratégie qui vient contredire leurs promesses en matière de respect des droits humains".

Vendredi, à Genève, la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l’Homme, Michelle Bachelet, a invité le gouvernement algérien à continuer sur la voie du dialogue et à "immédiatement libérer tous ceux détenus pour avoir participé pacifiquement à des manifestations".

Mme Bachelet, qui s'exprimait devant le Conseil des droits de l'homme (CDH), à l'occasion de la présentation de son rapport annuel, a salué la récente décision du président Abdelmadjid Tebboune d'appeler à des élections législatives anticipées et de gracier quelques dizaines de détenus d'opinion.

M. Tebboune a ainsi tenté de reprendre la main, après une longue hospitalisation à l'étranger, et d'apaiser la crise politique, sociale et économique qui ébranle le plus grand pays du Maghreb.

"Vous avez attisé dans nos coeurs une révolution qui ne peut s'éteindre qu'avec votre départ", lui a répondu vendredi un groupe de manifestantes.

AFP

 

Présidentielle au Niger : des heurts éclatent, l'opposition clame sa victoire

Présidentielle au Niger : des heurts éclatent, l'opposition clame sa victoireFrance24 - La tension est montée d'un cran, mercredi, au Niger où l'opposition a revendiqué sa victoire à la présidentielle après l'annonce officielle de celle du candidat du pouvoir, Mohamed Bazoum. Cette situation a provoqué des manifestations de mécontentement dans plusieurs villes du pays.

Le candidat de l'opposition au Niger, Mahamane Ousmane, a revendiqué, mercredi 24 février, la victoire à la présidentielle de dimanche dans un discours reçu par la presse au lendemain de l'annonce officielle des résultats provisoires par la Commission électorale donnant pour vainqueur Mohamed Bazoum, candidat du pouvoir.

"La compilation des résultats des PV en notre possession à travers nos délégués dans les différents bureaux de vote nous donnent gagnants avec 50,3 % des voix", a affirmé Mahamane Ousmane depuis son fief de Zinder, dans le sud-est du pays, dans un discours dont une vidéo a été reçue par l'AFP et authentifiée auprès de cadres de son parti.

L'accès au réseau internet était très réduit mercredi matin dans la capitale Niamey et à Zinder, deuxième ville du pays, sans qu'un lien direct avec la revendication de Mahamane Ousmane puisse être clairement établi.

À Agadez, dans la circonscription de Timia, "le taux de participation de 103 % a été rapporté avec un score de 99 % en faveur du candidat du pouvoir", a accusé le candidat de l'opposition dans son discours prononcé dans la nuit de mardi à mercredi depuis son fief de Zinder, selon son parti. "Dans ces zones, nos délégués ont été contraints sous la menace d'armes à feu à signer les PV, sans aucune possibilité de porter des observations", a-t-il affirmé.

Des heurts dans la capitale

Cette annonce a été suivie mercredi matin par des heurts dans la capitale, notamment dans le quartier central du grand-marché où au moins une station essence Total a été vandalisée.

Des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre – les premiers jetant des pavés contre les seconds répondant par des gaz lacrymogènes – ont également été constatés par des journalistes de l'AFP.

La veille, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) avait donné vainqueur, avec 55,75 % des voix, Mohamed Bazoum, dauphin du président sortant Mahamadou Issoufou, selon des résultats provisoires qui doivent être confirmés par la Cour constitutionnelle.

Un "hold-up électoral", selon l'opposition

Avant cette annonce, l'opposition avait déjà dénoncé un "hold-up électoral" et demandé la suspension de l'annonce des résultats. Des heurts sporadiques avaient alors eu lieu à Niamey, des jeunes marchant dans les rues du centre-ville en jetant des pierres vers les forces de l'ordre.

Aux abords du siège du parti au pouvoir où Bazoum a fait une déclaration en saluant le score d'Ousmane et en souhaitant "que nous regardions dans la même direction", des gaz lacrymogènes avaient été tirés contre des manifestants tentant de s'en approcher.

La nuit a ensuite été agitée dans la capitale et à Dosso, à 100 km au sud de Niamey, où des affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont eu lieu. À Niamey, au moins un commissariat et des boutiques de présumés proches du pouvoir ont été saccagés par des manifestants.

À Dosso, le siège d'un parti allié au pouvoir qui avait appelé durant l'entre-deux tours à voter pour Bazoum, a été partiellement incendié durant la nuit, selon des habitants. À Zinder, aucune manifestation n'a été rapportée durant la nuit, mais un important dispositif de police était déployé en ville depuis mardi soir, selon un journaliste local.

La vraie réussite du scrutin dans ce pays sahélo-saharien à l'histoire marquée par les putschs et déjà confronté à de multiples défis, dont celui des attaques jihadistes, réside dans l'acceptation des résultats par toutes les parties une fois les résultats annoncés, selon de nombreux observateurs.

Entre les deux tours, l'opposition avait déclaré qu'elle ne reconnaîtrait pas les résultats si elle les estimait entachés de fraudes. Elle avait déjà dénoncé des irrégularités lors du premier tour, mais avait été déboutée par la justice.

Si elle avait refusé de participer à la Céni au premier tour, elle l'avait finalement rejointe pour le second. "Si l'opposition a des doutes, elle doit pouvoir disposer d'éléments de preuves" à transmettre à la Cour constitutionnelle, a relevé Mohamed Bazoum mardi soir à la presse.

Avec AFP

 

Tunisie : Ghannouchi veut un Maghreb sans le Maroc et la Mauritanie

Vidéo. Tunisie : Ghannouchi veut un Maghreb sans le Maroc et la MauritanieYabiladi - Le chef du Parti Ennahda et président du Parlement tunisien ne se prive pas d’étaler publiquement sa proximité avec l’Algérie.

Il en a apporté une nouvelle preuve à l’occasion d’une interview accordée, mardi, à la Radio Diwan FM, en plaidant pour un Maghreb à trois, composé uniquement de l’Algérie, la Tunisie et la Libye. «Ce noyau doit être le point de départ de la relance du rêve de l’Union du Maghreb Arabe, qui contribuera à résoudre les problèmes de la Tunisie dans un cadre régional», a-t-il souligné.

Ghannouchi a confié qu’il souhaite que ce «noyau» réalise de grands projets, tels «l'ouverture des frontières entre les trois pays et l'unification de la monnaie car l'avenir de ces pays du Maghreb est commun».

Le président d’Ennahda a, par ailleurs, qualifié ses relations avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune d’«excellentes».

La proximité entre le voisin de l’Est et le chef d’Ennahda a été scellée lors des visites qu’il a effectuées à Alger en 2013, 2014, 2016 et 2017 où il a été accueilli avec les honneurs dus à un chef d'Etat et reçu par l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. Une alliance qui dure encore malgré le changement de locataire au Palais d'Al Mouradia.

Suites aux sorties de l’ancien président tunisien, Moncef Marzouki, accusant l’Algérie d’avoir avorté la révolution du jasmin, la direction d’Ennahda avait salué dans un communiqué «les positions algériennes en appui à la Tunisie, particulièrement à l'expérience démocratique émergente dans le pays, et les efforts des deux pays pour consolider la coopération entre eux, notamment dans le domaine économique, la lutte contre le terrorisme et faire face à la pandémie du Covid-19».

Source : Yabiladi

Niger : Mohamed Bazoum élu président face à Mahamane Ousmane

Mohamed Bazoum lors de la campagne pour la présidentielle 2020Le candidat du parti au pouvoir, Mohamed Bazoum, a été élu lors du second tour de l’élection présidentielle, avec 55,75% des voix, selon les résultats provisoires de la Ceni. Il devance l’opposant Mahamane Ousmane.

Selon les résultats provisoires annoncés par la commission électorale nationale et indépendante (CENI), Mohamed Bazoum a remporté le second tour de l’élection présidentielle, qui s’est tenu le 21 février dernier. Le candidat du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS, au pouvoir) a remporté 55,75 % des suffrages (2 501 459 voix).

L’ancien ministre de l’Intérieur devance l’opposant Mahamane Ousmane (44,25 % des suffrages et 1 985 736 voix), qui avait reçu le soutien de Hama Amadou, de Salou Djibo ou encore d’Ibrahim Yacouba. Mohamed Bazoum avait quant à lui bénéficié du ralliement, entre les deux tours, de Seini Oumarou et d’Albadé Abouba (8,95 % et 7,07 % des suffrages au premier tour).

Mohamed Bazoum l’aurait emporté largement dans les régions de Tahoua, Agadez et Diffa, et arrive également en tête à Maradi et, de justesse, à Zinder, où les scores sont cependant très serrés (340 397 voix contre 340 249). Mahamane Ousmane gagne quant à lui à Dosso et, surtout, dans les centres urbains de Tillabéri et Niamey.

Présidentielle au #Niger : selon les résultats de la totalité des 266 communes, Mohamed Bazoum l'emporterait avec 2 501 459 voix contre 1 985 736 pour Mahamane Ousmane, lequel a cependant déjà contesté ces chiffres.

Huit agents électoraux tués

Ces chiffres provisoires doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle, qui ne proclamera pas les résultats définitifs avant plusieurs semaines. La mission d’observation de la Communauté des États sahélo-sahariens (CEN-SAD) a « exhorté tous les candidats en lice à respecter les résultats issus des urnes et à recourir aux procédures et aux voies légales pour le règlement de tout contentieux ».

« Si jamais les citoyens constatent que ces élections ont encore (…) été des élections truquées, je crains que la situation soit difficile à gérer », avait déclaré Mahamane Ousmane après avoir voté à Zinder le 21 février. Mardi 23 février, la direction de campagne de l’ancien président a encore contesté les résultats et dénoncé un « hold-up électoral ».

La tension est ensuite montée d’un cran à l’annonce des chiffres provisoires, notamment à Niamey, où plusieurs dizaines de partisans de l’opposition sont descendus dans la rue. Le scrutin s’est cependant déroulé dans « des conditions satisfaisantes », avait auparavant estimé la CEN-SAD.

Ce matin, j'ai accompli mon devoir civique en tant que citoyen à l'hôtel de ville de Niamey.
Je vous invite tous à voter massivement pour renforcer la maturité démocratique de notre pays.

Le deuxième tour de cette présidentielle a cependant été endeuillé par la mort d’au moins huit agents électoraux – sept dans la région de Tillabéri, après l’explosion d’une mine, et un dans la région de Diffa.

Le ministre de l’Intérieur, Alkache Alhada, a dénoncé un « acte barbare », dont l’objectif est d’instaurer une « dictature moyenâgeuse ». « Nous ne céderons pas aux menaces terroristes », a ajouté le successeur de Mohamed Bazoum.

« Une victoire pour la démocratie nigérienne »

Ce scrutin marque la première transition pacifique entre deux chefs d’État démocratiquement élus au Niger, une promesse du président sortant. Mahamadou Issoufou, qui prépare aujourd’hui sa reconversion et la création d’une fondation, avait en effet assuré qu’il ne tenterait pas de modifier la limite constitutionnelle de deux mandats présidentiels.

« Je suis fier d’être le premier président démocratiquement élu de notre histoire à pouvoir passer le relais à un autre président démocratiquement élu », a-t-il déclaré après avoir voté dimanche 21 février. « C’est une victoire pour la démocratie nigérienne », se réjouit un ministre, contacté par Jeune Afrique.

Bazoum devra faire de la place au gouvernement pour ses alliés, mais il a les coudées franches »

Lors d’une visite à la présidence de la République, les représentants des missions d’observation électorale (notamment de l’Union africaine et de la Cedeao) ont félicité Mahamadou Issoufou « pour avoir pris la décision de ne pas se présenter à l’élection ». Ceci constitue « une leçon pour tous les leaders de l’Afrique », ont-ils affirmé.

« C’est surtout une victoire pour le PNDS », glisse un cadre du parti au pouvoir, qui rappelle que la formation du nouveau président élu a remporté 80 des 166 sièges mis en jeu lors des législatives organisées en même temps que le premier tour de la présidentielle, le 27 décembre dernier.

Un gouvernement début avril

« Bazoum a sécurisé sa victoire à la présidentielle en s’alliant avec Seini Oumarou et Albadé Abouba, mais le PNDS reste ultra-dominateur », analyse un politologue. « Il a concédé à Seini Oumarou la présidence de l’Assemblée et devra faire de la place au gouvernement pour ses alliés, mais il a les coudées franches », ajoute un cadre du parti au pouvoir.

Le PNDS se taillera donc logiquement la part du lion dans la future équipe gouvernementale. Selon nos sources, celle-ci ne sera pas dirigée par un Touareg, comme ce fut le cas sous Mahamadou Issoufou avec Brigi Rafini. La fonction devrait revenir à un membre de l’une des deux ethnies majoritaires, les Haoussas et les Djermas, Bazoum étant lui issu de la minorité arabe.

Selon nos informations, le nom du prochain Premier ministre devrait être annoncé le 4 avril prochain, jour de l’investiture du nouveau chef de l’État. La liste complète des ministres devrait quant à elle être connue le lendemain, 5 avril.

Source : Jeune Afrique

Présidentielle au Niger: Mohamed Bazoum déclaré vainqueur, selon les résultats provisoires

Mohamed Bazoum s'adresse aux médias à l'extérieur du bureau de vote après avoir voté lors du second tour des élections nigériennes, à Niamey, le 21 février 2021.Le candidat du parti au pouvoir à la présidentielle au Niger, Mohamed Bazoum, l'a emporté avec 55,75% des voix face au candidat de l'opposition Mahamane Ousmane (44,25%), a annoncé ce mardi la Commission électorale nationale indépendante (Céni).

Ces « résultats sont provisoires et doivent être soumis à l'analyse de la Cour constitutionnelle », a précisé Issaka Souna, président de la Céni, devant le corps diplomatique et les autorités nigériennes rassemblés au Palais des congrès de Niamey.

Source : RFI

Sahara, Maroc : le roi Mohammed VI sur le point d’acclamer la Mauritanie ?

Sahara, Maroc : le roi Mohammed VI sur le point d’acclamer la Mauritanie ?Afrik - Se basant sur la position des Nations Unies qui ne reconnaît pas la « République arabe sahraouie démocratique (RASD) » et les récentes résolutions de son Conseil de Sécurité sur le sujet, la Mauritanie s’active pour la remise en cause du décret portant reconnaissance du Polisario. Acte qui, s’il est posé, sera acclamé par le roi Mohammed VI.

Le Sahara Occidental est devenu un enjeu international majeur. Si les États-Unis reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, ce n’est pas le cas de l’Algérie. Également au cœur de cette crise du Sahara Occidental, la Mauritanie s’apprêterait à annoncer prochainement l’annulation du décret portant reconnaissance du Front Polisario.

Le pouvoir actuel de la Mauritanie veut remettre en cause cette décision prise sous l’ancien Président Mohamed Khouna Ould Haidala, et qui n’a été jusque-là contrariée par aucun gouvernement par crainte de représailles ou de pressions.

Se basant sur la position des Nations Unies qui ne reconnaît pas la « République arabe sahraouie démocratique (RASD) » et les récentes résolutions de son Conseil de Sécurité sur le sujet, la Mauritanie s’active pour la remise en cause du décret portant reconnaissance du Polisario, rapporte le journal électronique mauritanien Anbaa.info.

Les gouvernements successifs n’ont jamais approuvé cette décision prise, en février 1984, par le gouvernement de l’ancien Président Mohamed Khouna Ould Haidala mais n’ont pas pu l’annuler par craintes de représailles ou de pressions, selon une source du journal.

Ces gouvernements ont toujours redouté que la remise en cause de cette décision provoque des tensions entre la Mauritanie et le Polisario, protégé de l’Algérie. À l’époque, l’armée mauritanienne n’était pas capable de gérer une situation conflictuelle.

La source a ajouté que la Mauritanie est en mesure de prendre la décision historique, qui sert ses intérêts géopolitiques stratégiques et les intérêts de la stabilité et de la sécurité de toute la région, sans craindre les pressions. une décision qui, si elle se concrétise, sera certainement acclamée par les autorités royales, avec à leur tête le roi Mohammed VI.

Source : Afrik

Algérie: des milliers de manifestants dans les rues pour les deux ans du Hirak

Un homme est porté par la police et des manifestants lors d'une manifestation marquant deux ans depuis le début du Hirak, à Alger, en Algérie, le 22 février 2021.

 

 

De nombreux rassemblements ont lieu ce lundi dans le pays pour marquer l'anniversaire de ce mouvement de contestation qui avait conduit à la démission du président Abdelaziz Bouteflika en avril 2019.

Le mouvement avait dû interrompre pendant plusieurs mois ses rassemblements en raison de l’épidémie de Covid-19, mais il a continué de réclamer le démantèlement du système en place, synonyme à ses yeux d’autoritarisme et de corruption.

Ce lundi, à l’occasion des deux ans du mouvement de protestation, plusieurs rassemblements ont été organisés un peu partout en Algérie.

Dans la capitale Alger, un important dispositif policier a été déployé tôt ce matin et des barrages de police ont été mis en place sur plusieurs axes routiers menant à la capitale. Les forces de l'ordre ont également procédé à des contrôles d'identité près de la Grande Poste, lieu de rassemblement emblématique du Hirak.

« La situation est beaucoup plus effrayante qu’au début »

Mais malgré ce dispositif, les manifestants ont commencé à défiler à la mi-journée et plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées dans la capitale. Il y aurait également eu quelques interpellations dans le centre-ville ce lundi matin, avant l’arrivée des marcheurs.

Dans le reste du pays, des rassemblements à Bouira, Bejaia, Constantine, Tlemcen, Oran, Tizi Ouzou ont été organisés. Dans ces villes, il semblerait qu’ils étaient plusieurs centaines tout au plus.

À Skikda, par exemple, dans l’est du pays,  500 à 700 personnes ont défilé dans le calme du stade à l’hôtel de ville. Les forces de l’ordre étaient présentes mais elles ne sont pas intervenues.

Pour de nombreux manifestants, les mesures prises par le gouvernement ces derniers jours, comme la dissolution de l’Assemblée, le remaniement du gouvernement ou encore la libération de plusieurs dizaines de détenus d’opinion, n’ont pas convaincu. « Ils essaient de nous faire croire que le système a été changé par les dernières présidentielles, mais en fait non, ce n’est pas le cas du tout. La situation est beaucoup plus effrayante qu’au début. Il y a des intimidations par les forces de l’ordre, il y a toujours des intimidations », confiait à RFI un étudiant de 23 ans.

Source : RFI

Le Sénégal aux portes du G5 Sahel

Le Sénégal aux portes du G5 SahelMondafrique - Avec la participation de son président au Sommet de N’Djamena, organisé lundi et mardi derniers, le Sénégal a fait un grand pas vers son entrée dans le G5 Sénégal. Une chronique de Francis Sahel...

Ce n’est pas encore le ticket d’entrée. Mais, en se rendant au Sommet du G5 organisé les 15 et 16 février à N’Djamena, le président sénégalais Macky Sall a accru les chances de son pays de devenir membre du G5 Sahel qui regroupe à ce jour le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad.

Outre sa participation en présentiel, là où Macron intervenait en visioconférence depuis Paris, Macky Sall a versé au Secrétariat exécutif du G5 Sahel la somme d’un milliard de FCFA (près de 1,5 million d’euro) et promis un engagement militaire du Sénégal sur le fuseau Ouest (Mauritanie/Mali) de la force conjointe du G5 Sahel.

La médiation de la Mauritanie

Les portes du G5 Sahel étaient restées fermées à double tour au Sénégal, notamment à cause du véto de l’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz qui entretenait de mauvaises relations avec son homologue sénégalais. Avec Mohamed Ould Ghazouani, les relations entre Dakar et Nouakchott ont pris un autre cap. C’est d’ailleurs le président mauritanien, président sortant du G5 Sahel, qui avait invité Macky Sall au sommet de N’Djamena.

Pour le G5 Sahel, l’entrée du Sénégal dans ses rangs devrait être une opération rentable. En rejoignant le fuseau Ouest de la force conjointe qui regroupe le Mali et la Mauritanie, l’armée sénégalaise apportera son appui à la lutte contre la katiba Macina du prédicateur malien Amadou Koufa, numéro 2 du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) dirigé par Iyad Ag Ghali.

Nouveaux horizons

Même si elle a fait un pas important, l’adhésion du Sénégal au G5 Sahel nécessite une révision des textes portant création de l’organisation. Tirant les enseignements de l’échec du Comité mixte d’état-major opérationnel conjoint (CEMOC), qui regroupait l’Algérie, le Mali, la Mauritanie et le Niger, les pays du G5 avaient fermé toute possibilité d’accueillir un nouveau membre. En dépit du soutien de la France, la candidature du Sénégal s’est heurtée à cet obstacle juridique, mais surtout au véto mauritanien sous le règne de l’ancien président mauritanien Aziz.

Après sept années d’existence, le G5 semble désormais inscrire son action dans une ouverture à la coopération avec d’autres Etats africains et des organisations sous-régionales. Le président ghanéen Nana Akuffo-Ado, président en exercice de la CEDEAO, était présent au Sommet de N’Djamena ainsi que le président de la Commission de l’Union africaine Moussa Faki qui a annoncé une contribution financière de l’organisation panafricaine.

En quête de financements stables

Au-delà de l’élargissement à d’autres pays de la région et du renforcement de la coopération internationale, le G5 Sahel reste mobilisé sur l’urgence d’obtenir le placement de sa force conjointe sous le chapitre 7 de la Charte des Nations unies. Ce qui lui garantirait un financement pérenne. Avec le soutien de la France, de l’Union africaine, de l’Union européenne et du Secrétaire des Nations unies, les pays du G5 réclament ce placement sous chapitre 7 qui s’est constamment heurté au refus de l’administration américaine sous Trump.

Tous espèrent un revirement de la position américaine avec l’arrivée de Joe Biden qui affiche nettement une meilleure prévenance pour les dossiers africains. Il n’est finalement pas exclu donc que ce placement sous le chapitre 7 intervienne en même temps que l’élargissement du G5 Sahel au Sénégal.

Par Francis Sahel

 

Mali : Moctar Ouane promet une révision de la Constitution

Le Premier ministre malien de transition, Moctar Ouane.Le Premier ministre malien Moctar Ouane a présenté vendredi son plan d’action devant le Conseil national de transition (CNT).

Près de six mois jour pour jour après le coup d’État du 18 août qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta, la feuille de route du gouvernement était très attendue. Devant les fauteuils de velour rouge du Centre internationale de conférences de Bamako (CICB), le chef du gouvernement de la transition a décliné sa déclaration de politique générale face aux membres du CNT.

Renforcer les institutions

Un plan d’action en six axes qui s’étalera jusqu’à mars 2022 -date à laquelle devraient se tenir les prochaines élections- et qui appuie sur la nécessité de « réformes politiques et institutionnelles nécessaires à la consolidation de la démocratie, c’est-à-dire à renforcer la stabilité des institutions démocratiques et républicaines ».

S’il a largement été question du renforcement de la sécurité sur l’ensemble du territoire national et du renforcement de la cohésion nationale à l’heure où le Mali fait face à une crise sécuritaire et des violences inter-communautaires sans précédent, le Premier ministre a fait de la bonne gouvernance l’un des principaux chevaux de bataille de son programme.

Lutte contre la corruption

« La lutte contre l’impunité et la corruption s’inscrit en droite ligne des préoccupations soulevées par le peuple malien […], elle pose les questions fondamentales relatives à l’amélioration de la gouvernance et à la mise en place d’institutions fortes et crédibles », a-t-il ainsi martelé en réponse aux accusations de corruption et de mauvaise gestion administratives longtemps soulevées par l’opposition et la société civile.

Révision constitutionnelle

Promettant une « rationalisation des dépenses de l’État » et des contrôles plus assidus sur la gestion des deniers publics, Moctar Ouane a surtout fait valoir la nécessité d’une refonte de la loi fondamentale malienne, proposant l’adoption d’une nouvelle constitution « par voie référendaire ».

Maintes fois mise sur la table, la révision de la loi fondamentale malienne de 1992 est réclamée de longue date par les Maliens. Déjà en 2011, en 2017 et de nouveau en 2019, des projets de révision constitutionnelle avaient été entamés en vue d’un référendum avant d’être abandonnés face aux soubresauts politiques et sociaux.

Source : Jeune Afrique

Algérie: le journaliste Khaled Drareni a été libéré de prison

Le journaliste Khaled Drareni à Alger le 10 mars 2020.Le journaliste Khaled Drareni, devenu le symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, a été libéré vendredi soir au lendemain de l'annonce d'une grâce présidentielle en faveur de dizaines de détenus d'opinion, a-t-on appris auprès de son avocat.

« Je voudrais remercier tous ceux qui m’ont soutenu et qui ont soutenu les détenus d’opinion car votre soutien est essentiel pour nous tous, votre soutien est la preuve de notre innocence », a déclaré Khaled Drareni vendredi soir, dans la voiture qui le ramenait chez lui. Le correspondant de TV5 Monde et de Reporters sans frontières en Algérie a été accueilli par ses proches à sa sortie de la prison de Koléa, en fin de journée, comme les 32 autres détenus d'opinion libérés le même jour à la faveur d'une grâce présidentielle accordée à trois jours du 2e anniversaire du soulèvement populaire du Hirak.

Mais sa libération à lui a revêtu un caractère particulier, tant son incarcération et sa condamnation avaient mobilisé hors des frontières de l'Algérie, appelant donc ce petit mot adressé à ses soutiens sur Twitter.

Le journaliste âgé de 40 ans est apparu sur des images des réseaux sociaux à sa sortie de prison, porté par une foule de sympathisants. Condamné en appel par la Cour d’Alger le 15 septembre dernier à deux ans de prison ferme pour « incitation à attroupement » et « atteinte à l’unité nationale », Khaled Drareni est en attente d'une décision de la Cour suprême le 25 février sur son pourvoi en cassation. Il est pour le moment en « liberté provisoire », a expliqué l'un de ses avocats.

« On est encore suspendu à la décision de la Cour suprême, rappelle le directeur de RSF pour l'Afrique du Nord, Souhaieb Khayati. Après, on verra bien les suites au niveau judiciaire. On espère très bientôt revoir Khaled à l’antenne ou en train de faire son travail de journaliste. Ce serait un véritable message d’espoir pour la jeunesse algérienne qui s’est mobilisée pour une véritable transition démocratique, qui trouve aussi sa base dans le droit à l’information. »

C'est une grande joie car j'ai connu Khaled il y a quelques années et il m'avait interviewé dans une émission à lui donc c'est devenu comme un ami, un petit frère.

L'opposant Rachid Nekkaz, 47 ans, a également été remis en liberté, selon le Comité national de libération des détenus (CNLD). Incarcéré à la prison d'El Bayadh (sud-ouest), il avait commencé une grève de la faim dans la journée pour protester contre sa détention prolongée, sans jugement, malgré la détérioration de son état de santé selon son entourage.

« Au total, 33 personnes ont été libérées jusqu'ici. Les procédures sont en cours pour le reste », a indiqué un communiqué du ministère de la Justice sans préciser leurs noms. Des photos et vidéos relayées sur les réseaux sociaux ont montré des détenus retrouvant leurs proches dans plusieurs régions dont celle de Koléa à l'ouest d'Alger, ou familles et journalistes ont attendu toute la journée la libération des prisonniers.

« Nous souhaitons que la grâce (présidentielle) soit un premier pas vers une véritable transition politique où le peuple sera souverain », a déclaré l'avocat Badi devant la prison de Koléa. RSF espère également y voir « un premier pas vers la bonne voie », estimant qu’on « ne peut pas lutter contre le sens de l’Histoire ». « La rue algérienne s’est prononcée pour plus de démocratie et ça repose aussi sur une presse libre et indépendante, a rappelé le directeur de RSF pour l'Afrique du Nord, Souhaieb Khayati. Khaled en est le symbole. Et on espère un véritable apaisement et une véritable transition démocratique. »

Dans son discours à la nation jeudi, le président Abdelmadjid Tebboune avait déclaré : Le "Hirak béni" a sauvé l'Algérie. J'ai décidé d'accorder une grâce présidentielle (...) Entre 55 et 60 personnes rejoindront leurs familles » d'ici ce vendredi soir.

Il n’a absolument rien fait qui mérite qu’il aille en prison, donc tant mieux que ce soit aujourd’hui, qu’il n’ait pas attendu une journée de plus pour sortir. Je crois qu’on peut dire que la mobilisation aussi bien en Algérie et qu’à l’international a payée.

Source : RFI