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Nouakchott : Deux meurtres au même moment

Le Calame : Le taux de criminalité est à son comble dans les grandes villes du pays. À Nouakchott, les crimes sont devenus habituels, pour les habitants de certains quartiers où l’on assiste quotidiennement à toutes sortes de ses manifestations. Le nombre de ceux déjà commis au cours du premier trimestre de la présente année dépasse celui de l'année passée. Dimanche fut particulièrement tragique en deux quartiers non loin du centre-ville, en milieu de journée, alors que la circulation battait son plein et les rues grouillaient de monde. Il y a un mois, deux autres quartiers de la ville avaient connu un vendredi similaire.

Le meurtre de Sebkha

Dimanche 21 Mars vers 15 h, l'axe  qui relie le cinéma El Veth au carrefour Sabah est bondé de monde, comme d'habitude à cette heure. Habillé d'un boubou et d'une culotte, un jeune homme passe hâtivement du côté des jardins maraîchers. Il semble inquiet et jette de fréquents coups d'œil derrière lui. Arrivé en face de l'usine de savons, le voilà rejoint en courant par un autre jeune homme habillé à l'européenne qui l'attrape au collet. Les coups commencent à pleuvoir sous les yeux indifférents des passants. Une violente bagarre les oppose pendant un bon quart d'heure, sans que personne n'intervienne ni n'informe la police. Celui qui porte le boubou encaisse plusieurs coups. Il finit par sortir un couteau et en assène plusieurs coups à son antagoniste qui s'écroule en sang, tandis que l'autre prend ses jambes à son cou... Le cadavre a été évacué vers l’hôpital à bord d'une charrette avant l'arrivée de la police.

Drame à Cité-plage

Au même moment, un cinquantenaire portant un sac marche dans une rue de Cité-plage. Une Toyota Corolla de couleur beige sans plaques d'immatriculation s'arrête tout près. Son chauffeur se couvre le visage à l'aide de son boubou et reste au volant, tandis que son passager descend pour essayer de soutirer le sac que porte l'homme. Mais ce dernier résiste et ne lâche pas son bien. L’agresseur le poignarde légèrement au bras. En vain. Un second coup plus violent lui donne cependant gain de cause et les bandits s’enfuient à bord de leur véhicule. Hélas,          le coup a sectionné une artère principale et c’est une terrible hémorragie. Le pauvre homme ne peut être secouru à temps et meurt  un peu plus tard, vidé de son sang. La police est venue accomplir les formalités de constat et  évacuer le cadavre.

Les enquêtes

La DRS de Nouakchott-Ouest a chargé une commission d'enquête d'élucider ces deux meurtres. Celle-ci est présidée par le commissaire de Tevragh Zeina3, épaulé par le fameux brigadier Sidi ould Moubarak et ses hommes, tous fins limiers à la traque des criminels. À Sebkha, le cadavre est vite identifié :c’est un multirécidiviste appelé Bolla. La piste de son meurtrier est presque tout aussi vite levée car des témoins ont pu donner sa description. Un portrait-robot est dressé dare-dare, il conduit à un autre repris de justice relâché tour juste de prison : Abdallahi « malien ». Ils s'étaient disputés, comme d'habitude, autour d'un butin saisi lors d'une série de braquages les jours passés.  « Malien »est épinglé le même soir vers vingt heures. Quant au meurtre du vieil homme, un indice permet de suivre une piste vers un « Michelin », réparateur de pneus en jargon populaire. Celui ci déclare que deux suspects à bord d'une Toyota Corolla de location lui avaient demandé d'enlever les plaques d'immatriculation qu'ils lui ont confiées avec les pièces du véhicule. Et les enquêteurs de prendre contact avec l'agence de location qui leur communique aussitôt le nom et le numéro du téléphone d'Abderrahmane, un jeune récidiviste venant de Nouadhibou où il avait séjourné en prison. Le même jour vers dix-huit heures, un appartement de location du quartier Centre émetteur est cerné puis investi. Deux jeunes hommes sont cueillis en compagnie d'une jeune fille. Conduit au commissariat, leurs auditions permettent de tout éclaircir. Abderrahmane est le neveu de l'homme assassiné. Il est arrivé de Nouadhibou avec son complice Ahmed Salem ould Mohamed Mahmoud – lui aussi récidiviste – quelques jours plus tôt et ont décidé de louer voiture et appartement pour mener la belle vie, en ne comptant que sur les braquages et autres délestages des sacs aux passants. Ils ont emmené une jeune prostituée pour leur tenir compagnie et faire croire au gérant des appartements qu'elle est la femme de l'un d'eux. Durant les deux premiers jours, ils ont réussi à accumuler suffisamment de butin pour payer l'appartement et les premières dépenses. Dimanche, ils ne se sont réveillés que vers quatorze heures. En quête de butin pour couvrir les dépenses de la journée, les voilà à tomber sur leur première proie: Sidi ould Abdessalam… l'oncle maternel d'Abderrahmane !Et ce dernier d’ordonner à son complice de lui soutirer son sac plein d'argent de la CAPEC, suppute-t-il, ‘’je vais me couvrir le visage pour qu'il ne me voie pas". Après la reconstitution du meurtre et l'instruction du dossier, les deux bandits sont placés au centre de confinement avant incarcération.

Mosy