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Ould Abdel Aziz brouille les cartes

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Ould Abdel Aziz brouille les cartes

L'Authentique - Objet d’une enquête pour des soupçons de corruption et de détournement de fonds pendant sa présidence, l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz, exporte le problème sur le terrain politique et affirme être la cible d’une "vendetta politique" menée par le régime de son successeur Mohamed Ould Ghazouani.

Dans un entretien accordé mercredi à la chaine de télévision France 24, l’ancien président, Mohamed Ould Abdel Aziz qualifie toutes les accusations à son encontre, d’"histoires créées de toutes pièces". Assurant « tout assumer », il a estimé qu’il s’agit-là d’une opération visant à l’empêcher de jouer à nouveau un rôle politique.

Comme preuve, il a évoqué les obstacles qu’il a rencontrés quand il a essayé de « reprendre la formation de l’UPR créée par ses soins alors qu’il présidait aux destinées du pays ». Ce qui lui permettrait, selon lui, de contrôler l’assemblée nationale. Autre preuve, la fermeture et la suspension des activités d’une formation politique qu’il a tentée de contrôler.

Derrière tous ses obstacles, l’ancien président voit la main de collaborateurs et autres partenaires de son successeur, pointant du doigt, les Islamistes et des hommes politiques. Pointant d’un doigt accusateur la justice qu’il considère être aux mains de l’exécutif, Ould Abdel Aziz a considéré que « seuls trois individus « exempts de tout reproche » sont dans le viseur de la brigade de répression des crimes économiques et financiers.

Il s’agit de Mohamed Ould Abdel Aziz en personne, de son beau- fils Mohamed Ould M’Sabou de Mechri Saleh comptable de la Fondation Errahma appartenant à la famille Ould Abdel Aziz. Etayant ses propos, il va évoquer le cas des « 317 personnes dont les noms sont confinés dans le Rapport de la Commission d’enquête Parlementaire » et desquels seules les trois citées ont été longuement entendues.

Pour rappel, il est fait grief à l’ex-président d’avoir passé toute une kyrielle de juteux contrats en contravention avec la loi.

A Mohamed Ould M’Sabou, beau fils de l’ex-président, des soupçons portent sur des malversations commises par lui en sa qualité de représentant d’entreprises bénéficiaires de contrats de gré à gré sous le règne du beau-père.et à Mechri Saleh, les accusations porte sur des opérations de blanchiment efectuées par ses soins en sa qaulité de comptable de la Fondation Errhama de bienfaisance appartenant à la famille Ould Abdel Aziz.

De sources informées, 24 milliards d’Anciens ouguiyas, auraient transité par les comptes bancaires de cette institution en quatre ans.

Estimant vivre dans une "grande prison", puisque privé de son passeport et empêché de sortir de la capitale, Nouakchott, il a soutenu s’attendre "à tout" de la part du régime actuel, même s’il affirme ne pas avoir peur.

Puis, l’ancien président a farouchement nié avoir ourdi un coup d’État ces derniers mois et assure ne pas regretter de ne pas avoir changé la Constitution, afin d’effectuer un troisième mandat, malgré les sollicitations qu’il aurait reçues dans son pays et dans la région.

"J’ai tenu à incruster la démocratie dans mon pays", affirme-t-il, révélant que l’ancien chef d’état-major des forces armées ( actuel président de la République ) tenait à ce qu’il se représente pour un troisième mandat que les dispositions de la constitution lui interdisaient pourtant formellement.

L’occasion pour lui de multiplier les sorties intempestives avec l’intention de brouiller un peu plus les cartes, avouant dans la foulée que des présidents de la sous-région lui auraient demandé de ne pas céder le pouvoir et de briguer un troisième mandat mais il a tenu à respecter les dispositions de la Constitution.

L’appréciation générale des observateurs suite à cette sortie, est que l’homme a paru fragilisé et perturbé. Certains sont allés jusqu’à le qualifier de « pathétique ». Nombreux ont été ceux qui n’ont pas reconnu l’ancien président qui avait habitué l’opinion à une image autre, faite d’assurance, de maitrise de soi voire « d’arrogance ».

Pour autant, une impression commune a été relevée auprès des populations qui semblent l’avoir condamné en amont de son éventuel jugement, l’accusant d’être en partie responsable de la crise multiforme qui frappe le pays « si l’argent manque tant aujourd’hui, c’est qu’il se trouve en grande partie avec l’ex-président » soutiennent nombre de personnes, qui affirment que « si les fonds et autres biens détournés étaient restitués, la Mauritanie se porterait bien mieux ! ».

L’ex-président a par ailleurs été démenti par les commentateurs et autres invités des chaines de télévision publique qui ont affirmé en substance que contrairement à ses affirmations sur le « troisième mandat », c’est l’armée, à travers quelques généraux qui ont rédigé en son nom, le communiqué annonçant sa "décision" de ne pas briguer un troisième mandat, qui a fini par trancher.

JOB

Source : L’Authentique