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Le déserteur terroriste

Faits divers… Faits divers… Faits divers…

Il y a quelques mois, une jeune femme cherchait nuitamment un taxi pour une course urgente à Teyaret. Elle est embarquée à bord d’une Toyota Avensis grise, conduite par un homme de teint clair, la quarantaine, visage marqué par un turban.

En cours de route, il lui demande la permission d’un petit détour pour déposer un colis. Elle accepte sans réfléchir. La voiture entre dans un quartier obscur et s'arrête entre deux grandes concessions. Personne n'était en vue. Et le prétendu taximan d’exhiber soudain un pistolet qu'il braque vers sa cliente.

« Passe-moi vite ton sac et tes téléphones sinon tu mourras », menace-t-il d’un air mauvais. Effrayée et surprise, la pauvre femme ne peut que s'exécuter. Satisfait de son butin, il la vire de sa voiture et redémarre en trombe...

Deux jours plus tard, même topo avec une autre femme. Puis deux autres et cinq encore dans la semaine suivante. Les plaintes affluent auprès de la police qui charge la BRB d’enquêter. Ses agents ont tôt fait de découvrir une piste, avec le numéro de la plaque de la Toyota Avensis utilisée par le malfaiteur qui opère une ou deux fois chaque nuit.

Il s'avère que deux autres voitures portent cette même plaque et cela fait traîner l'enquête. Finalement, les policiers comprennent que le bandit utilise trois véhicules: une Mercedes 200, la dite Avensis et une Toyota Carina.

Après une longue traque, les agents de la BRB finissent par l’alpaguer, la semaine passée. Il s'agit d'un soldat de l'armée appelé Chrif Ahmed, en service l’an dernier à la sécurité présidentielle comme chauffeur. Muté à Zouérate en Décembre, il a déserté et s’est mis à plumer des femmes.

Au cours de son audition, il reconnaît en avoir dépouillé plus de soixante-dix. Son domicile se révèle véritable caverne d'Ali Baba :des dizaines de sacs à main, bijoux de valeurs, téléphones portables de bonne marque et de grosses sommes d'argent.

Déféré au Parquet de Nouakchott-Ouest en compagnie de plusieurs de ses victimes qui l’accablent, il est écroué en suivant à la prison civile de Dar Naïm.

Un maître de Coran braqué

Le crime et délinquance ne cessent de prospérer à Dar Naïm. On y enregistre chaque jour un nombre élevé de méfaits. Des bandes d'hors-la-loi y sévissent sans scrupules, au vu et au su des autorités qui semblent dans l'incapacité totale de réagir.

Au cours de la nuit du jeudi passé, le maître d'une mahadra située au secteur 16 est réveillé vers trois heures du matin par le bruit de la porte d'entrée qu'on est en train d'enfoncer.

Cagoulés, trois gaillards de teint foncé viennent lui mettre machettes au cou. « Tu bouges, t’es mort ! », menacent-ils, avant de se saisir de tout ce qui peut être emporté et qui a une valeur. Sa déclaration le lendemain au commissariat n’a toujours pas de suite, à ce jour.

Le couple et le malfaiteur

L'axe Aziz est un passage propice aux sorties nocturnes, surtout en cette période caniculaire. Souvent accompagnées de leurs enfants, les familles s'y rendent dès le coucher du soleil pour profiter du calme et de l'air frais.

Une de ces nuits dernières, un couple s'y rend sans les enfants. Et de s'installer sur une dune, à quelque distance d'un groupe de gens. Madame prépare du thé, monsieur découpe des morceaux de viande grillée…

Un jeune homme habillé d'un boubou et visage masqué par un turban se présente. « Tvadel », l’invite l'époux sans le regarder, « assieds-toi et partage notre casse- croûte ». Pour toute réponse, l’homme met un poignard au cou de la dame et menace de l'égorger au moindre geste ou appel au secours.

Puisil les déleste de leur argent et de leurs téléphones, avant de disparaître dans l'obscurité. Le couple s’empresse d’alerter les gens à l’entour. On entreprend des recherches, en vain. Et madame de jurer qu’elle ne posera plus jamais la patte dans le coin !

Le mari assassin court toujours

Il y a trois semaines, une domestique appelée Zeinabou mint Mahamest retrouvée morte, poignardée dans sa chambre au rez-de-chaussée de la villa de ses employeurs à Teyaret. Les doigts accusateurs se portent aussitôt sur son mari aperçu fuyant les lieux la nuit du drame, à une heure tardive.

Depuis, la police le traque sans pouvoir l'épingler. Ayant eu vent, tout dernièrement, de sa présence à Nouadhibou, elle crible cette ville au peigne fin afin d’arrêter ce tueur qui n'en est apparemment pas à son premier meurtre.

Source : Le Calame