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Libye: devant l’ONU, Ghassan Salamé dénonce toujours les ingérences étrangères

Libye: devant l’ONU, Ghassan Salamé dénonce toujours les ingérences étrangères

RFI Afrique - Alors que la Turquie envoie des hommes et des drones soutenir en Libye le gouvernement d’union nationale de Fayez el-Sarraj, le représentant du secrétaire général des Nations Unies pour la Libye Ghassan Salamé de passage à New York a à nouveau pointé du doigt tous les pays étrangers qui s’intercalent dans le conflit.

Ghassan Salamé a presque réussi à rester calme, ce lundi, à l’ONU, mais il avait l’air las, et fatigué. L’envoyé spécial du secrétaire général pour la Libye a pris son poste à l’été 2017, avec pour mission de réconcilier le pays, et de lui redonner un État solide. Mais voilà, avec l’envoi de troupes turques en renfort du GNA, le gouvernement d’union nationale, le conflit libyen s’internationalise.

À son dernier passage à New York, il y a quelques mois, Ghassan Salamé avait déjà mis en garde les pays étrangers qui violent l’embargo sur les armes décidé en 2011, y compris des pays qui siègent au Conseil de sécurité. Il les avait suppliés de ne plus se mêler du conflit.
Ce lundi, Ghassan Salamé s’est montré encore une fois très sévère à l'égard du Conseil de sécurité, incapable de s'entendre depuis avril sur une résolution réclamant un cessez-le-feu en Libye.

« Restez hors de Libye ! Le pays souffre de toutes ces interventions étrangères, souffre d’armes vendues, données à la Libye, souffre d’interventions militaires étrangères qui cherchent à installer des bases dans le pays. Toutes ces interventions étrangères rendent les choses vraiment difficiles. Ce que je demande au Conseil de sécurité, et à ces pays, est très clair : restez hors de la Libye ! Il y a assez d’armes dans le pays, ils n’en ont pas besoin de plus. Il y a assez de mercenaires. Donc, arrêtez d’en envoyer, comme c’est le cas actuellement », a-t-il déclaré légèrement en colère devant la presse hier, expliquant que l’ingérence étrangère ne faisait qu’empirer la situation.

Alors que les diplomates onusiens attendent avec impatience la confirmation de la tenue d’une conférence internationale sur la Libye en Allemagne d’ici fin janvier, Ghassan Salamé a confié qu’Angela Merkel pourrait décider de sa tenue avec Vladimir Poutine, qu’elle rencontre samedi.

■ Le président congolais plaide pour l'Afrique ait l'initiative

À l’occasion des vœux du corps diplomatique, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, a plaidé, pour que l’Union africaine soit au cœur de toute initiative visant à résoudre la crise libyenne. Le président congolais, également président du comité de haut niveau de l’Union africaine (UA) sur la Libye, a fait savoir que l’un des objectifs de l’UA en 2020 était de faire taire les armes en Afrique et en Libye singulièrement.

Pour lui, toute initiative visant à faire taire ces armes venues d’ailleurs et n’associant pas l’Afrique était vouée à l’échec, allusion faite sans nul doute à la démarche de la Turquie qui veut envoyer des troupes en terre libyenne. « La Libye est un pays africain et les victimes du conflit libyen sont essentiellement en Afrique. Dès lors, toute stratégie de règlement de la crise libyenne tendant à marginaliser le continent africain pourrait se révéler complètement inefficace et contre-productive », a laissé entendre le chef de l’État congolais.

Les déclarations du président congolais sont soutenues par des diplomates africains. C’est le cas de Christophe Muzungu, ambassadeur de la République démocratique du Congo (RDC) en poste à Brazzaville. « Vous savez, on ne peut pas régler le problème d’une maison sans les propriétaires de la maison. C’est impossible », a lâché M. Muzungu.

Avec notre correspondante à New York, Carrie Nooten
Source : RFI Afrique