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Révolte des Libanais après l’annonce d’une taxe sur les messageries internet

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Révolte des Libanais après l’annonce d’une taxe sur les messageries internet

Le Figaro - Le gouvernement libanais a annoncé la mise en place d’une taxe sur les messageries telles que WhatsApp, avant de se rétracter.

Des centaines de manifestants libanais sont sortis dans la rue dans tout le pays jeudi 17 octobre alors que le ras-le-bol visant la classe politique, accusée de corruption et d’affairisme, grandit. La raison de la colère: une nouvelle taxe annoncée par le gouvernement et finalement avortée. Retour sur le déroulé de la soirée.

Jeudi, le gouvernement libanais a dévoilé une taxe sur les appels effectués via les applications de messagerie internet. Cette mesure devait entrer en vigueur le 1er janvier 2020. Les usagers devaient être facturés 20 centimes de dollar (18 centimes d’euro) pour chaque appel.

L’organisation de défense des libertés numériques dans le monde arabe SMEX a affirmé que les principaux opérateurs téléphoniques envisageaient déjà d’introduire un système qui permettra de détecter sur leurs réseaux les appels Internet des usagers. «Au Liban, le prix de la téléphonie mobile est parmi les plus élevés de la région», rappelle SMEX sur Twitter. Et, avec cette mesure, «les usagers vont devoir payer deux fois pour les services internet», prévient l’ONG.

• Pourquoi cette taxe?

Cette mesure vise à générer des revenus pour l’État: environ 200 millions de dollars par an, d’après le gouvernement. Elle fait partie d’une série de mesures d’austérité introduites pour tenter de redresser une économie en berne.

Le Liban connaît depuis plusieurs années une dégradation de son économie, souffrant notamment de la guerre en Syrie voisine, et dont les répercussions sont venues s’ajouter à une corruption endémique et des infrastructures en déliquescence. La dette publique culmine à plus de 86 milliards de dollars, soit plus de 150% du PIB. Beyrouth s’était engagé en avril 2018 à engager des réformes lors d’une conférence internationale en contrepartie de promesses de prêts et de dons d’un montant total de 11,6 milliards de dollars. En septembre, le premier ministre Saad Hariri avait fait état d’«un état d’urgence économique».

• Tensions et manifestations dans le pays toute la soirée

Dans le centre de Beyrouth, près du ministère de l’Intérieur, mais aussi dans la banlieue sud, ou d’autres régions du pays, les manifestants ont brandi des drapeaux libanais, chanté l’hymne national et scandé «le peuple réclame la chute du régime», brûlant parfois des pneus et coupant des routes, d’après des correspondants de l’AFP et l’Agence de presse nationale (ANI).

«Cette taxe sur les communications Whatsapp, c’est vraiment la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Ils ont touché à ce qui nous permet de communiquer, c’est quelque chose d’important pour nous», a déclaré un manifestant à L’orient le jour. D’après le quotidien, les routes menant au cœur de la capitale étaient coupées par des bennes incendiées. Les manifestations se sont répandues dans d’autres villes comme Rachaya, au sud-est de Beyrouh, et Zghorta (au nord). Plus au sud, les Libanais ont notamment manifesté devant le bureau et le domicile de deux députés.

Des heurts entre militants et policiers ont également éclaté. Des dizaines de personnes ont été blessées, selon la Croix-Rouge. Les forces de sécurité intérieure libanaises ont déclaré que 60 policiers ont été blessés.

• Le gouvernement renonce finalement à imposer la taxe

Le gouvernement libanais a finalement renoncé à imposer cette taxe , a annoncé le ministre de l’Information Mohammad Choucair. D’après L’Orient le jour, une réunion doit avoir lieu au palais de Baabda ce vendredi, après que «le président de la République, Michel Aoun, a appelé le premier ministre, Saad Hariri, pour discuter des derniers développements».

• Grève générale ce vendredi

«Nous ne sommes pas ici pour le WhatsApp, nous sommes ici pour tout: pour le carburant, la nourriture, le pain, pour tout», a déclaré un manifestant à Beyrouth à Reuters. Malgré l’annonce du gouvernement, les manifestations se poursuivent ce vendredi pour dénoncer, non plus la taxe des messageries, mais la situation économique désastreuse du pays.

Un rassemblement devrait avoir lieu place Riad el-Solh, dans le centre-ville de Beyrouth. La ligue des employés du secteur public a prévu une «grève générale». «En raison de la situation actuelle du pays», le ministre de l’Éducation, Akram Chehayeb, a annoncé la fermeture des écoles privées et publiques ainsi que des universités. Les banques aussi ont décidé de fermer leurs portes.

Par Le Figaro et AFP, Reuters Agences
Source : Le Figaro (France)