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Mauritanie : le nouveau gouvernement face à des caisses de l’Etat vides

Mauritanie : le nouveau gouvernement face à des caisses de l’Etat vides

Kassataya - Le premier ministre mauritanien Ould Cheikh Sidya vient de former la première équipe gouvernementale qualifiée de technocratique par les observateurs. Coupant ainsi court aux informations bien fondées qui avaient lié son retard à une vérification d’informations sensibles relatives à la banque centrale et au trésor public.

Ces soupçons des caisses vides de l’Etat au lendemain du départ de Ould Aziz sont quand même troublants et inquiètent les observateurs. Mais en premier lieu cette situation gravissime interroge le nouveau gouvernement, dont l’ambition est de sortir le pays de l’état de dégradation économique avancé hérité de l’ancien président.

C’est un défi titanesque auquel est confronté le chef du gouvernement face à la banque centrale qui serait vidée de son trésor le plus précieux pour les entreprises et pour l’Etat, dont la mission est de faire tourner l’économie. Et c’est l’Etat, la principale victime, qui devra parer au plus pressé pour boucher les trous du trésor public. Ce n’est pas une vue de l’esprit.

Si ces informations se confirment le nouveau président doit revoir à la baisse son ambition de réformer le pays et en particulier la refonte du système éducatif qui demanderait des milliards de la nouvelle monnaie qui ne se porte pas bien autant pour faire face à l’inflation galopante et la mévente du fer dont la perte de recettes d’exportation pénalise le budget de l’Etat qui fait aujourd’hui polémique au sein du parlement.

La technicité de ce gouvernement ne peut pas tout régler. A moins de faire des emprunts mais la dette abyssale publique de plus 5 milliards de dollars peut être un frein. Il reste une porte de sortie qui prendra du temps.

Faire un audit de la banque centrale, du trésor public et des sociétés d’Etat pour recentrer les priorités. Ce qui évitera aux technocrates d’aller à l’aventure surtout pour le baptême du feu des nouveaux.

Cherif Kane
Coordinateur journaliste