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Présidentielle en Mauritanie: Journée de vote

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C’est le jour J pour l’élection présidentielle en Mauritanie. Le premier tour se tient ce samedi 22 juin. Quelque 1,5 million d’électeurs appelés aux urnes vont devoir départager six candidats. Cinq sont issus de l’opposition, ils affrontent le dauphin du président sortant, Mohamed Ould Abdel Aziz, empêché par la Constitution de se représenter.

Grosse ambiance à 10h30 devant le bureau de vote du collège du Ksar, dans l'ouest de la capitale. Ils sont plusieurs jeunes envoyés par les équipes de campagne pour motiver les électeurs. Fatimata est là pour soutenir la candidature de Mohamed Ould Ghazouani. A ses côtés Mohamed roule pour Sidi Mohamed Ould Boubacar. Il précise bien être là bénévolement, pour le changement.

Tous les candidats espèrent mobiliser un maximum de votants d’ici la fin de la matinée, avant la grosse chaleur, qui risque peut-être de décourager les derniers électeurs.

Dans ce quartier, on a pu observer quelques couacs, des électeurs ne parvenant pas à trouver leur bureaux de vote. Un système de code envoyé par téléphone portable mis en place par la Céni doit normalement les aider. Mis à part cela, tout semble se dérouler normalement. Il n'y a ni retard, ni absence de matériel.

 

La matinée avance et les électeurs continuent de se présenter à leurs bureaux de vote respectifs, même si certains ont des difficultés à le trouver. Écoutez ces électrices et électeurs rencontrés par notre envoyée spéciale dans un bureau de vote du 5è arrondissement de Nouakchott :

C'est très important. Il faut que tout le monde vote, que les gens sortent massivement faire leur devoir de citoyens. On doit changer, c'est le régime qui doit changer, parce qu'on a le droit d'être vivre nous aussi, on a le droit d'être libres.... C'est notre pays encore.

Mohamed Ould Abdel Aziz a voté vers 8h avec le Premier ministre, Mohamed Salem Ould Béchir, dans un bureau de vote près du palais présidentiel. Le président sortant a ensuite fait une longue déclaration à la presse. « Ce qui m'intéresse est que les choses se passent dans l’ordre, la discipline, et la responsabilité », a-t-il affirmé. Avant d'assurer que l'éventualité d'un second tour lui était « égale », tant que « la cohésion du pays » était assurée. Son souhait est « qu’on arrive aujourd’hui le 22 juin à élire un président pour ce pays qui puisse continuer l’œuvre que nous avons commencée ensemble » a précisé celui qui fut l'auteur de deux coups d’Etat, en 2005 et en 2008, avant d'organiser et de gagner la présidentielle de 2009.

Dans un bureau de vote au centre de la capitale, à 9h45, nous retrouvons trois observateurs - un représentant de Mohamed Ould Ghazouani, un de Sidi Mohamed Ould Boubacar et un de Mohamed Ould Maouloud -, fidèles à leur poste. Si aucune mission d'observation internationale n'a été déployée pour cette élection, les candidats ont déployés des observateurs dans les 500 bureaux de vote du pays. Sont aussi présents les scrutateurs de l'organisation de la société civile, le Forum national des associations de défense des droits de l’homme (Fonadh). Ce sont les seuls observateurs indépendants.

Croisé à 9h, Dicko, responsable de l'Union des forces du progrès (UFP), parti du candidat Mohamed Ould Maouloud, raconte comment il accompagne les gens pour aller voter. Il explique qu'avec d'autres militants, ils ont prévu des moyens de transport pour conduire les électeurs dans leurs bureaux de vote respectifs. Il dit conduire pas moins de 200 personnes rien que dans le bureau de vote à Sebkha, quartier de Nouakchott où notre envoyée spéciale l'a retrouvé.

A 8h15, au lycée d’excellence 4 de Tevragh Zeina, quartier de Nouakchott, les électeurs votent. Gabriel est venu faire son « devoir électoral », il nous montre sa carte d'électeur tamponnée et son doigt encré, preuves de sa participation au vote (photo principale). Son ami Tomi, lui, n'a pas encore pu voter, alors qu'il est là depuis 7h du matin, faute de trouver son nom sur les listes. Il va « s'accrocher », car pour lui, « pas question de ne pas voter ».

8h, devant un bureau de vote à Nouakchott, des jeunes en chasubles bleues affirment être là pour aider à voter. Militants en faveur de Mohamed Ould Ghazouani, ils ont découpé des spécimens de bulletins - qu'ils ont avec eux - pour n'en garder que la partie dédiée au candidat du pouvoir. Et ils donnent ce document aux gens qui viennent leur demander des conseils, afin de les pousser à voter pour le dauphin du président.

Peu avant 7h TU et l'ouverture du scrutin, le fond de l'air est encore frais à Nouakchott, tandis que les premiers électeurs se pressent devant les bureaux. Devant la maison de la commune de Tevragh Zeina, une localité de Nouakchott, quartier plutôt chic du côté des ambassades, une vingtaine de personnes attendent devant les grilles pour aller glisser leur bulletin dans l’urne, rapporte notre envoyée spéciale à Nouakchott, Paulina Zidi.

À 7h TU, c'est l'ouverture du scrutin. Dans le 5e arrondissement de Nouakchott, un quartier plutôt proche de l’opposition, des Mauritaniens font déjà la queue pour voter dans ce bureau situé dans une école. Quelques policiers assurent la sécurité. Adam a été des premiers à voter ce matin. Tout s’est bien passé pour lui. Le bureau a ouvert à l’heure. Il y a même récupéré sa carte d’électeur. Au Stade olympique de Nouakchott, des files d'attente se sont également constituées dès l'ouverture, scène inhabituelle dans ce quartier chic.

7h30, alors que des électeurs continuent d'arriver, certains affirment être bien décidés à exercer leurs droits, rapporte notre envoyée spéciale Gaëlle Laleix. Un soutien de Mohamed Ould Ghazouani, candidat du parti au pouvoir, espère qu'un « maximum de personnes se déplacent avant midi ». Et pour cela, des militants vont jusqu'à payer du carburant ou des places de bus à des électeurs de province, afin qu'ils se rendent dans leurs bureaux de vote.

En tout, près de 5 000 bureaux de vote sont déployés à travers le pays ce samedi. Six candidats sont en lice pour succéder à Mohamed Ould Abdel Aziz, le président sortant. Ce scrutin doit marquer la première transition entre un président sortant et son successeur élu dans ce pays secoué par de nombreux coups d'État de 1978 à 2008. Les bureaux de vote sont ouverts de 7h à 19h TU. Les premiers résultats sont attendus en début de semaine prochaine.

Source : RFI