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Iran : l'avertissement de Téhéran aux Européens

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Iran : l'avertissement de Téhéran aux Européens

Le Point - Pour le ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, les pays de l'Union européenne sont « mal placés pour critiquer l'Iran ».

Un an apres le retrait americain, Teheran a menace de s'affranchir progressivement de l'accord de Vienne a moins que ses partenaires, en particulier europeens, ne l'aident a contourner les sanctions americaines. L'Iran ne veut pas recevoir de leçons de l'Europe.

Dimanche 9 juin, le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif a estimé que les pays de l'Union européenne étaient « mal placés pour critiquer l'Iran ». Lundi 10 juin, le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas, est attendu à Téhéran.

« Assurément, les Européens sont mal placés pour critiquer l'Iran, même sur les questions qui n'ont rien à voir avec » l'accord sur le nucléaire iranien conclu à Vienne en 2015, a déclaré Mohammad Javad Zarif à des journalistes iraniens. « Les politiques de l'Europe dans notre région, les politiques de l'Occident dans notre région n'ont eu d'autre résultat, pour la région, que de produire des dégâts », a-t-il ajouté, selon des images de l'échange diffusées par la télévision d'État iranienne.

Programme nucléaire réduit

« Certains pays comme l'Allemagne ont cessé de vendre des armes à l'Arabie saoudite (que celle-ci utilise) pour bombarder la population au Yémen, mais d'autres continuent », a encore ajouté Mohammad Javad Zarif, visant sans les nommer la France et la Grande-Bretagne, avant d'ajouter : « D'une manière générale, l'Occident a autorisé les régimes autocratiques de la région à commettre des crimes. »

L'Allemagne est, avec la Chine, la France la Grande-Bretagne et la Russie, l'un des États encore partenaires de l'Iran dans le cadre de l'accord de Vienne depuis que les États-Unis ont décidé en mai 2018 de se retirer unilatéralement de ce pacte et de réimposer une batterie de sanctions économiques contre Téhéran.

Aux termes de l'accord, la République islamique s'est engagée à ne jamais chercher à se doter de la bombe atomique et a accepté de réduire drastiquement son programme nucléaire en échange de la levée d'une partie des sanctions économiques internationales qui asphyxiaient son économie.

S'affranchir de l'accord de Vienne

En mai, un an après le retrait américain, Téhéran a menacé de s'affranchir progressivement de l'accord de Vienne à moins que ses partenaires, en particulier européens, ne l'aident à contourner les sanctions américaines. « Le devoir qu'ont les Européens » est de contribuer à ce que « la situation des relations économiques de l'Iran soit normalisée », a redit Mohammad Javad Zarif.

Téhéran a opposé vendredi une nouvelle fin de non-recevoir à l'idée défendue par le président français Emmanuel Macron d'un nouvel accord avec l'Iran qui viendrait élargir l'accord de Vienne en intégrant notamment des éléments qui limiteraient l'activité balistique de Téhéran ou sa politique de voisinage, que les Occidentaux jugent « déstabilisatrice ».

Source AFP

Source : Le Point (France)