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Mondial 2018 : la France asphyxie la Belgique et se qualifie pour la finale (1-0)

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Très solide défensivement, la France a marqué sur un corner grâce à une tête de Samuel Umtiti. Face au bloc des Bleus, les Belges n'ont jamais été en mesure de briller offensivement.

 

Le football est le reflet de notre monde. Dans les années 1950, la vedette de l’équipe de France était Raymond Kopaszewski, dit « Kopa », fils de mineurs polonais venus en France chercher une nouvelle vie. Aujourd’hui, la pépite de la même équipe est Kylian Mbappé, 19 ans, l’enfant d’un père d’origine camerounaise et d’une mère aux racines algériennes. Les Bleus sont une cartographie à eux seuls des nouvelles vagues d’immigrants qui ont débarqué dans l’Hexagone ces dernières décennies.

Face à eux, dans la première demi-finale de ce Mondial 2018, la Belgique, puissance montante de la planète football, s’est aussi appuyée sur les enfants d’immigrés venus s’installer sur son sol pour accoucher d’une « génération dorée », dont Romelu Lukaku ou Marouane Fellaini sont les fers de lances. Au début des années 2000, un programme national a été créé pour aider les migrants à s’intégrer grâce au football. Presque deux décennies plus tard, les Diables rouges en récoltent les fruits.

Paralysés par l’enjeu

Trente-deux ans après leur première et unique demi-finale de Coupe du monde, les hommes du Plat pays se sont invités de nouveau dans le dernier carré en éliminant le Brésil, favori de la compétition, en quarts de finale (2-1). Un exploit qui les a convaincu que la victoire finale était à leur portée.

Mais en face, la sélection française, décriée pour son manque de cohésion avant le Mondial, est aussi montée en puissance pendant la compétition, en éliminant successivement l’Argentine et l’Uruguay, grâce à une solidité défensive retrouvée et à ses talents offensifs évidents (Griezmann, Mbappé, Giroud…).

Une demi-finale de Coupe du monde où l’enjeu transforme parfois les joueurs en machine à calculer

Les premières minutes de ce choc ont vite laissé deviner que le duel serait serré. Le premier round a été celui de l’observation. Tous les deux conscients du potentiel du camp adverse, Bleus et Diables rouges se sont appliqués à ne pas être pris en défaut, surtout dans le dos de leur défense, en première mi-temps. Les occasions dangereuses ont été rares, ce qui n’est pas une surprise dans une demi-finale de Coupe du monde où l’enjeu transforme parfois les joueurs en machine à calculer.

Du côté des Belges, Eden Hazard s’est procuré la première véritable opportunité de la rencontre suite à une mauvaise relance française, mais sa frappe était trop croisée (15e). C’est surtout son tir, quatre minutes plus tard, qui a fait passer un frisson dans le camp bleu. Heureusement pour les Français, le défenseur Raphael Varane déviait la balle de la tête juste au dessus de la barre transversale de son gardien, Hugo Lloris. Ce dernier, excellent depuis le début du tournoi, sortait un arrêt de grande classe à la 21e minute sur un frappe en pivot d’Alderweireld suite à un corner. C’était le gros temps fort belge. Ensuite, les Bleus sont sortis de leur coquille. Mais la tête de Giroud passait à côté (31e) et le tir de Mbappé était arrêté par Thibaut Courtois (39e).

Un héros nommé Samuel Umtiti

Au très haut niveau, là où l’air ce fait plus rare, des personnalités se révèlent. Vingt ans après Lilian Thuram, sauveur des Bleus face à la Croatie en demi-finales déjà, c’est un autre défenseur qui est sorti. À la 51e minute, sur un corner venu de la droite, Samuel Umtiti, défenseur de talent né à Yaoundé il y a 24 ans, a sauté plus haut que tout le monde pour placer une tête croisée dans les filets belges (1-0). La France passait devant et se déridait un peu.

Dans tous les bons coups, le prodige Kylian Mbappé talonnait le ballon de façon magnifique dans la surface de réparation belge pour son compère Olivier Giroud, dont la frappe était contrée in extremis par un défenseur (56e). Face aux contre-attaques français, plus tranchantes à mesure que les espaces s’ouvraient sur le terrain, les Diables rouges étaient au bord du K.O.

Hugo Lloris, l’ange gardien des Bleus

Entravés par les lignes très resserrées du bloc équipe français, les Belges qui avaient ouvert en deux la défense brésilienne en quarts de finale, n’ont jamais réussi à lancer leur fusée, Romelu Lukaku, auteur de 4 buts dans ce Mondial, dans la profondeur. Mais au fil des minutes, les jeunes français, évidemment stressés à l’idée de perdre leur but d’avance, ont commencé à reculer sur la pelouse. Ce qui a accentué la pression de la cage des Bleus. Sur une frappe puissante de Witsel de 20 mètres, Hugo Lloris sauvait une nouvelle fois son camp d’un arrêt décisif (81e). Pas assez pour renverser cette défense Bleue, fragile depuis des mois, voire des années, et devenue comme par magie de fer en terre russe.

C’est la marque des grandes équipes : savoir se sublimer au bon moment. Champion du monde 1998, le sélectionneur français Didier Deschamps, qui avait déjà emmené son équipe en finale de l’Euro 2016, a distillé une nouvelle fois sa culture de la gagne pour offrir à la France sa troisième finale de Coupe du monde en vingt ans. Cette victoire français diffuse également l’idée que dans ce tournoi, moins une équipe a la possession de la balle, plus elle a de chances de gagner. Ce soir, la Belgique a eu le monopole du ballon contre-nature. C’était un piège décidé par Deschamps et cela a parfaitement fonctionné.

Source : jeuneafrique.com