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Élections locales, partis politiques : Quels enjeux ?

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Élections locales, partis politiques : Quels enjeux ?

Depuis que la date des prochaines élections locales a été fixée, la scène politique mauritanienne ne cesse de s’agiter, la température grimpe. Et la décision de l’opposition dite radicale (FNDU), abonnée depuis quelques années au boycott, de prendre part aux scrutins est presque venue ravir la vedette à la campagne de réimplantation de l’UPR en cours.

Divers partis sont entrés en phase de réchauffement, réactivant leurs structures en hibernation, depuis fort longtemps. Missions, réunions et rencontres se succèdent en ce sens.

L’objectif, pour les non-boycotteurs de 2013, est de maintenir, par tous les moyens, leurs acquis. C’est le cas du principal parti de la majorité présidentielle, qui risque fort de sortir éprouvé de sa campagne de réimplantation. Les élections locales de cette année lui seront, ainsi qu’au chef de l’État, un véritable test pour la présidentielle de 2019. D’où la forte mobilisation pour la campagne de réimplantation de ce parti.

L’enjeu est quasiment le même pour Tawassoul qui avait ravi, en 2013, la place de leader de l’opposition démocratique, avec plusieurs députés à l’Assemblée nationale et plusieurs mairies. Très bien implantés dans le pays, les Islamistes disposent de moyens conséquents, contrairement aux autres partis de l'opposition.

Mais pourront-ils résister au tsunami UPR, avec son plus d’un million d’adhérents ? Tawassoul devra également combattre, non seulement ses amis du FNDU mais, aussi, les autres partis de l’opposition, notamment le RFD dont les instances s’apprêtent à décider de la conduite à tenir vis-à-vis des élections.

Un adversaire de poids : même au plus fort de sa « débâcle annoncée », le parti d’Ahmed Ould Daddah a toujours réussi à mobiliser et surprendre.

À côté de Tawassoul, UFP, ADIL, MPR, HATEM, Avant-garde, RD, tous du FNDU, et le RFD tenteront de reconquérir les places qu’ils détenaient en 2007. Leurs députés animaient beaucoup l’Assemblée nationale. On se souvient des interventions, ordinairement pertinentes et perspicaces, parfois musclées, des députés Bédredine, Kadiata Malick Diallo, Yacoub Ould Moine…Ils ont marqué la législature 2006- 2013.

Pour sa part, El Wiam, du président Boydiel, qui fit belle moisson, pour sa première participation aux élections locales, devra limiter la casse, alors que des départs de ses rangs sont annoncés.

En 2013, le Pachyderme avait battu – à plate couture, on s’en souvient – les candidats de l’UPR à Rosso, où régnait pourtant la deuxième personnalité de l’État, Mohcen El Hadj, président du Sénat aujourd’hui supprimé.

Les choses ont changé : des cadres rossossois, proches ou amis du député maire Sidi Diara, ont récemment annoncé leur retrait d’El Wiam, indiquant, dans la foulée, leur intention de fonder un nouveau parti. Des rumeurs persistantes ont circulé, faisant croire que le député-maire ambitionnait de se présenter à la prochaine présidentielle. Selon d’autres, il y aurait renoncé.

Pour l’APP qui a perdu quelques sièges de députés, lors des dernières élections, la bataille risque d’être difficile mais il peut compter, comme toujours, sur la verve et le charisme de son président, Messaoud Ould Boulkheïr, député lui-même à l’Assemblée nationale. L’UDP, Karama et Sursaut qui ont servi de « refuge » à des mécontents de l’UPR risquent fort de faire les frais de la bataille de tous les risques.

Les autres partis, comme l’AND d’Ould Moine, CDN d’Ould Bettah, l’UNAD, Arc- en ciel ou les FPC, qui partent, pour la première fois, à la conquête des électeurs, vont pouvoir jauger leurs forces mais devront batailler dur, pour éviter d’être laminés.

Les jeux seront-ils ouverts et transparents ? C’est peut-être la question la plus vive, pour tous. Nombre d’acteurs politiques de l’opposition FNDU et RFD doutent en effet de l’indépendance et des compétences de la nouvelle CENI, mise en place il y a quelques semaines.

Ils mettent en cause le népotisme qui marqué le choix de plusieurs des onze membres de son directoire. Autre source d’inquiétude de l’opposition, les récentes déclarations du président de l’UPR, remettant sur le tapis l’éventualité d’un troisième mandat, pour le locataire du Palais gris qui semblait pourtant avoir clos le débat, il y a quelque mois, en écartant toute probabilité en ce sens et annonçant, dans la foulée, qu’il soutiendrait un candidat à la présidentielle de 2019, après redynamisation de son parti, l’UPR.

En tout cas, relative ou décisive, la recomposition de l’arène politique mauritanienne paraît bel et bien le plus sûr enjeu de ces élections 2018.

Source : Le Calame (Mauritanie)