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Le cauchemar d'une famille afghane pour avoir nommé son fils «Donald Trump»

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Donald Trump a un an et demi, et il vit en Afghanistan. Son père, grand admirateur du président américain a choisi de nommer ainsi son fils. Mais dans la République islamique d’Afghanistan, ce choix est vivement critiqué. Sur les réseaux sociaux, les mots sont souvent très durs à l’égard du père de famille, qui a même dû quitter sa province pour rejoindre la capitale pour des « questions de sécurité ». Sa vie est menacée pour avoir osé nommer son fils Donald Trump.

La photo du petit Donald Trump a été publiée il y a quelques semaines sur Facebook, avec l’extrait d’acte de naissance sur lequel on peut lire en lettres persanes le nom de « Donald Trump ». C’est l’identité d’un petit garçon afghan né dans le centre de l’Afghanistan dans un village du district de Shahristan, dans la province de Daikundi.

Le bambin est né le 3 septembre 2016. Ce jour-là, Jamila accouche de son enfant, à domicile comme la plupart des femmes afghanes, alors qu’aux Etats-Unis, l’idole de son époux, Donald Trump, est dans la course à la Maison Blanche.

Mais comment l’extrait d’acte de naissance s’est-il retrouvé sur les réseaux sociaux ? Le père du petit Trump afghan accuse les services de l’état-civil d’être derrière la publication de ses documents administratifs personnels. Une action qui n’est pas innocente puisque, depuis, la famille de Donald Trump vit un cauchemar.

Il faut dire que le nom choisi par Sayed Assadullah Pooya, un enseignant de 28 ans, pour son fils, est considéré par certains comme un affront à l’islam. L’Afghanistan est une république islamique et surtout un pays encore très conservateur, où le niveau d’éducation reste peu élevé. Nommer son fils avec un nom non musulman peut être est mal perçu, même si cela n’est pas interdit par la loi.

« Hérésie » et « provocation »

Mais dans le cas de cette histoire, c’est surtout la référence directe aux autorités américaines, à travers le nom de son président, qui génère autant de haine. En Afghanistan, une grande partie de la population qui a une opinion très critique sur la présence américaine dans leur pays.

Dix-sept ans après l’invasion américaine en Afghanistan, la population souffre toujours énormément des violences avec des combats quotidiens entre les forces de sécurité afghane et les groupes d’insurgés talibans, ou de l'organisation État islamique.

À cela s’ajoute le contexte de crise économique. Une grande partie de l’opinion publique est défavorable à la présence de troupes américaines, tout en reconnaissant dépendre des aides internationales. Nommer son fils Donald Trump tient de « l’hérésie » selon certaines internautes afghans, de « la provocation » pour d’autres.

Et les propos sont très violents. « Il faut lui couper la tête » réagissent certains, en parlant du père. « Celui-ci a nommé son fils ainsi pour obtenir l’asile aux États-Unis », accusent d’autres. Ce que dément formellement Sayed Assadullah Pooya.

Une famille en fuite

La famille a quitté son village pour vivre à Kaboul, la capitale, en raison de menaces. Malgré tout, le père de famille ne regrette pas son choix. Avec leurs trois enfants, le couple vit dans une petite maison dans un quartier populaire dans l’ouest de Kaboul. Ils disent ne plus avoir de contact avec leurs parents, qui leur ont tourné le dos après leur décision d’appeler leur fils Donald Trump.

L’enseignant explique avoir une grande admiration pour le président américain. Il a emprunté dans une bibliothèque municipal un livre signé de Donald Trump dont le titre est Comment devenir riche et cela l’a « inspiré » avoue-t-il. En appelant son fils comme le milliardaire devenu président des Etats-Unis, il voulait en quelque sorte « attirer la bonne étoile » sur le dernier de la fratrie.

Mais pour l’instant, ce nom n’a pas porté chance à la famille, bien au contraire. Même si Sayed Assadullah Pooya affirme ne pas regretter son choix, il a dû fermer son compte Facebook, las des commentaires violents, des insultes et des menaces. Depuis que le nom de son fils a été révélé sur les réseaux sociaux, il confie se sentir intimidé en permanence.

Source : RFI